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Aurores boréales : Tout ce qu’il faut savoir avant de partir Destinations Afrique Namibie Amérique du Nord Canada Europe Autriche Danemark Irlande Islande Liechstenstein Norvège Pologne Royaume-Uni Suède Suisse Guides & Conseils Guides de voyage Conseils pratiques Galerie photos Contact Accueil > Aurores boréales : Tout ce qu’il faut savoir avant de partir Aurores boréales : Tout ce qu’il faut savoir avant de partir 07.12.2025 – Article écrit par Lilian Dernière modification: 16.12.2025 Sommaire Où voir des aurores boréales ? Quand observer des aurores boréales ? Comment observer les aurores boréales ? Comment suivre l’intensité des aurores boréales ? Guide pour photographier les aurores boréales L’équipement La technique La créativité Bonus : Se prendre en photo devant les aurores boréales Vous devriez aussi aimer Road trip en Namibie de 15 jours : Itinéraire… 08.04.2025 Road trip de 7 jours dans le sud de l’Islande 30.06.2025 Les aurores boréales sont un phénomène naturel véritablement extraordinaire , offrant des images spectaculaires dignes d’un monde fantastique . Cependant, lorsqu’on voyage dans l’espoir d’admirer un tel spectacle lumineux et d’en rapporter ses propres photos d’aurores boréales , de nombreuses questions se posent. Il est donc essentiel de bien se préparer et de maîtriser les techniques de photographie nocturne , car une simple photo rapide avec un smartphone ne suffit généralement pas à capturer toute la magie des aurores boréales . Mais au fait, que sont exactement les aurores boréales ? Lorsque notre Soleil projette des particules chargées en direction de la Terre lors d’une éruption solaire , celles-ci entrent en collision avec les gaz de la haute atmosphère au niveau des pôles magnétiques . Ces collisions produisent un effet lumineux qui, selon l’ intensité du vent solaire , illumine le ciel de couleurs magnifiques , plus ou moins éloignées des pôles. Ce phénomène naturel est appelé aurore boréale dans l’ hémisphère Nord , et aurore australe dans l’ hémisphère Sud . Dans cet article, nous allons vous donner toutes les clés pour faire de votre prochaine chasse aux aurores boréales une véritable réussite et, nous l’espérons, vous permettre de capturer une superbe photographie à encadrer ou d’emporter avec des souvenirs inoubliables . Où voir des aurores boréales ? La majorité des endroits propices à l’observation des aurores boréales se trouvent dans l’hémisphère Nord , car il existe beaucoup plus de territoires habités proches du pôle Nord que du pôle Sud . Voici une liste des pays où il est le plus facile d’admirer les aurores boréales : Norvège Au nord de la Norvège se trouve Tromsø , la plus grande ville située le plus au nord du monde. Cette destination est réputée pour être l’un des meilleurs endroits pour observer les aurores boréales . Même lorsque l’ activité solaire est faible, le ciel s’illumine, et les fjords offrent un cadre idéal pour la photographie . Si vous vous rendez dans les îles Lofoten en hiver , vous aurez également une excellente chance d’admirer ces spectacles lumineux extraordinaires . Suède et Finlande Une région très célèbre dans le nord de la Finlande , la Laponie , est également réputée comme un lieu idéal pour observer les aurores boréales . Dans cette région, il est facile de trouver de grandes étendues sans pollution lumineuse , permettant de capturer des photographies spectaculaires des aurores boréales . Islande Peu importe où vous vous trouvez en Islande , il est possible d’ observer des aurores boréales . Pour réaliser de belles photographies , il est idéal d’avoir un beau paysage en arrière-plan , ce qui est le cas dans la majeure partie de l’île. Nous vous recommandons particulièrement de vous rendre à Jökulsárlón , où les lumières des aurores se reflètent sur les icebergs , créant un spectacle naturel à couper le souffle. C’est d’ailleurs en Islande que nous avons eu la chance de vivre une soirée haute en couleurs avec toute notre famille , quel moment inoubliable ! Etats-Unis (Alaska) Dans le parc national de Denali ou aux alentours de la ville de Fairbanks , vous trouverez des spots idéaux pour observer et photographier les aurores boréales . Ces lieux offrent un ciel dégagé et peu de pollution lumineuse , parfaits pour capturer des images magnifiques du phénomène lumineux . Canada Dans les régions du Yukon ou des Territoires du Nord-Ouest , vous aurez une e xcellente chance d’observer des aurores boréales , même lors de nuits d’activité solaire faible . Quand observer des aurores boréales ? La période idéale pour observer les aurores boréales s’étend de septembre à mars dans la plupart des pays. Pendant ces mois, les nuits sont beaucoup plus longues, voire totales dans les régions les plus au nord, comme la Laponie ou la ville de Tromsø . À lire aussi : Notre voyage à Tromsø : Aurores boréales et aventures arctiques L’ observation des aurores boréales demande de la patience . Les moments les plus propices pour partir à la chasse aux aurores se situent souvent tard dans la soirée ou en pleine nuit , afin de limiter au maximum la pollution lumineuse naturelle et artificielle. Il faut également tenir compte du cycle solaire , d’une durée moyenne de 11 ans (variant entre 8 et 15 ans), pour maximiser vos chances d’avoir des soirées favorables à l’observation des aurores boréales. Lors des pics d’intensité solaire , il peut se produire des tempêtes géomagnétiques suffisamment puissantes pour perturber les GPS et rendre les aurores boréales visibles à des latitudes très basses dans l’ hémisphère nord . Nous avons même réussi à capturer des photographies d’aurores boréales en Suisse romande lors d’une de ces soirées à très haute intensité ! Le saviez-vous ? Nous sommes actuellement, en 2025 , au top de ce cycle solaire . Ce qui veut dire que cette année et les suivantes sont vraiment idéales pour observer et photographier des aurores boréales . N’hésitez pas à organiser votre prochain voyage dans un des pays cités plus haut dans cet article ! Comment observer les aurores boréales ? Il ne suffit pas de sortir dehors et d’y aller au petit bonheur la chance, même si cela peut parfois fonctionner. La meilleure méthode reste de bien préparer une sortie pour mettre toutes les chances de votre côté. La première étape consiste à vérifier l’ intensité actuelle ou en fin de journée, ainsi que les prévisions pour les prochains jours , afin de consacrer une soirée à l’ observation d’aurores boréales . Nous vous détaillons plus loin dans cet article notre méthode complète. La deuxième étape consiste à consulter la météo , car pour pouvoir apercevoir des aurores , le ciel doit être totalement dégagé . Une chose à ne pas oublier est qu’une soirée dédiée à l’ observation des aurores boréales peut durer plusieurs heures avant de voir les premières lumières, et il est parfois nécessaire de se déplacer pour éviter les nuages . Pour cette raison, nous vous recommandons vivement de bien vous équiper contre le froid afin de tenir tout au long de votre sortie . Dans les régions touristiques , il est possible de réserver une place pour des soirées d’observation en groupe , accompagnées par des entreprises connaissant bien la région et capables de vous emmener au meilleur endroit pour admirer les aurores boréales . Cependant, ce type d’ activité peut rapidement devenir coûteux . Comment suivre l’intensité des aurores boréales ? Suivre l’ intensité aurorale est très important pour savoir si, le soir venu, vous aurez une chance d’en voir ou s’il vous faudra attendre un ou plusieurs jours. Pour cela, plusieurs applications existent et permettent d’avoir à portée de main les prévisions et l’ intensité en temps réel . Nous vous recommandons Aurora Forecast , très complète et capable d’envoyer des notifications lorsque l’ intensité atteint un certain seuil à votre emplacement géographique . Aurora Forecast Android – iOS À lire aussi : Les applications indispensables pour voyager Guide pour photographier les aurores boréales Photographier des aurores boréales demande un peu d’ équipement , un peu de technique et un peu de créativité si vous souhaitez réaliser des photos uniques . Notre premier essai remonte à notre premier voyage en Islande en 2019 . À cette époque, c’était plutôt catastrophique ! Nous ne regardions pas vers le nord , nous pensions que nous allions tout voir à l’œil nu , et nous ne comprenions pas pourquoi les personnes autour de nous sautaient de joie , alors que nous, nous ne voyions absolument rien … C’est d’ailleurs après ce désastre photographique (où nous avons tout de même réussi à capturer une photo d’aurore boréale au smartphone avec une minuscule tache verte , ce qui était toujours mieux que rien ) que nous avons décidé de prendre les choses en main en visitant le musée des aurores boréales de Reykjavik pour en apprendre davantage sur ce phénomène et sur la technique photographique adéquate . Ci-dessous , nos premières tentatives de photographie après la visite du musée, réalisées à l’aide d’ un trépied acheté sur place et en apprenant la technique avec notre appareil photo . L’équipement Même s’il est tout à fait faisable aujourd’hui de faire de belles photos d’aurores boréales avec un smartphone , il est quand même conseillé d’utiliser un appareil photo réflexe ou hybride pour tirer le meilleur de ce spectacle . Pour accompagner votre appareil photo , nous vous recommandons un objectif grand-angle , qui vous permettra d’inclure un maximum d’ aurores boréales dans le cadre . Privilégiez une grande ouverture afin de capter le plus de lumière possible sans avoir à augmenter excessivement les ISO . On pense souvent qu’une grande ouverture sur un grand-angle rime avec un grand prix . Pourtant, il est possible, au détriment de l’ autofocus , de trouver des objectifs ultra grand-angle dotés d’une grande ouverture à des prix très raisonnables . Sachant que vous allez devoir exposer longuement le capteur de votre appareil photo à la lumière , un trépied sera votre meilleur allié pour éviter tout flou de mouvement . N’hésitez pas à investir dans un bon trépied de qualité si votre budget le permet, car les trépieds de mauvaise qualité sont souvent plus sensibles au vent . La technique Les aurores boréales sont des phénomènes émettant très peu de lumière . Tellement peu que l’œil humain perçoit des teintes plus ternes que le vert éclatant visible sur les photos . En revanche, le capteur d’un appareil photo peut accumuler progressivement la lumière sur un temps d’exposition plus long , révélant ainsi toutes les couleurs de l’aurore . Pour commencer, photographier les aurores boréales nécessite de passer votre appareil photo en mode manuel (ou mode pro sur smartphone ). Ce mode est indispensable, car le mode automatique ne parvient pas à interpréter correctement une scène aussi sombre . Le premier réglage consiste à augmenter votre temps d’exposition , aussi appelé vitesse d’obturation , afin de laisser entrer un maximum de lumière dans le capteur . Selon la sensibilité ISO choisie et l’ ouverture de votre objectif , commencez par une exposition de quelques secondes , puis ajustez progressivement jusqu’à trouver la durée idéale . Le second réglage concerne votre objectif : choisissez la plus grande ouverture possible (autour de f/2 étant idéal, même si des ouvertures plus modestes comme f/5.6 restent exploitables). Une grande ouverture permet de capter davantage de lumière , ce qui vous aidera à diminuer le temps d’exposition ou l’ ISO pour obtenir la meilleure qualité d’image . Enfin, le troisième réglage concerne la sensibilité ISO , qui permet d’ éclaircir une photo trop sombre. Comme des valeurs ISO élevées génèrent du bruit numérique et dégradent la qualité du cliché, il est préférable de rester le plus près possible de ISO 100 (ou ISO 50 pour certains appareils photo). Il ne faut toutefois pas tomber dans l’excès en cherchant à maintenir votre ISO à 100 , car cela impliquerait un temps d’exposition plus long et pourrait rendre votre photo floue en cas de vent important . Le dernier réglage consiste à désactiver l’ autofocus (AF) et à passer en mise au point manuelle (MF) . En effet, l’ autofocus nécessite une quantité de lumière suffisante pour fonctionner correctement. Il est donc indispensable de régler la mise au point manuellement afin d’obtenir une image nette en pleine nuit , même après une longue exposition . Une astuce très utile lors des sorties photo nocturnes consiste à utiliser la fonction de zoom (si votre appareil en dispose) pour effectuer la mise au point sur les étoiles . Une fois les étoiles parfaitement nettes, prenez une photo avec un temps d’exposition très court , puis zoomez dans cette image de test afin de confirmer la netteté . La créativité Même si une photographie d’aurores boréales sans paysage ni bâtiment est déjà sublime, vous pouvez aller plus loin en ajoutant une véritable composition à votre cliché . L’un des éléments incontournables des plus belles photos d’ aurores boréales est le lac , ou au minimum un étang . Celui-ci apporte une réflexion naturelle qui crée un effet de profondeur , renforçant encore la puissance de ce phénomène extraordinaire . Intégrer un paysage tel que des montagnes enneigées , dans un lieu dépourvu de pollution lumineuse , permet de créer une ambiance presque surnaturelle , où la neige se teinte des couleurs des aurores observées. Si vous êtes en Norvège , capturer une photo au cœur des fjords permet de combiner l’ étendue d’eau et les montagnes pour un résultat encore plus spectaculaire . Bonus : Se prendre en photo devant les aurores boréales Un temps d’exposition trop long peut vous empêcher de vous photographier avec les aurores boréales en arrière-plan , car il est presque impossible de rester immobile plusieurs secondes sans obtenir une image floue au niveau du visage . Pour éviter cela, vous pouvez augmenter les ISO afin de réduire drastiquement le temps d’exposition à environ 4 secondes . Vous aurez toutefois besoin d’ une personne supplémentaire pour déclencher la prise de vue et utiliser une lampe torche (celle d’un smartphone suffit largement) afin de vous éclairer pendant une seconde ou moins . Grâce à cette technique , votre visage sera brièvement illuminé par la lampe torche , tandis que le reste du temps d’exposition permettra de capturer la lumière des aurores boréales , obtenant ainsi une photo réussie avec vous dans le cadre. En réservant via les liens présents dans cet article (ou les liens ci-dessous), vous nous soutenez sans aucun coût supplémentaire pour vous . Un grand merci pour votre soutien, qui nous aide à poursuivre cette aventure avec vous ! Réservez un hôtel avec booking.com Cherchez une activité sur GetYourGuide Louez une voiture sur Discover Cars Où voir des aurores boréales ? Quand observer des aurores boréales ? Comment observer les aurores boréales ? Comment suivre l’intensité des aurores boréales ? Guide pour photographier les aurores boréales L’équipement La technique La créativité Bonus : Se prendre en photo devant les aurores boréales Vous devriez aussi aimer Road trip en Namibie de 15 jours : Itinéraire… 08.04.2025 Partir en road trip en Namibie est idéal pour ceux… Road trip de 7 jours dans le sud de l’Islande 30.06.2025 En octobre 2019, nous avons fait un road trip dans… Islande – Volcan de Fagradalsfjall 20.05.2024 Nous sommes partis en Islande pour voir le volcan dans… Laisser un commentaire Annuler la réponse Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec * Commentaire * Nom * E-mail * Site web Abonnez-vous… …à notre newsletter pour rester au courant chaque mois des dernières publications et mises à jour ! Suivez nos aventures Facebook YouTube TikTok Pinterest Instagram Catégories © Le Journal de Bellevue 2024-2025 – Site développé par nos soins – Mentions légales
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Ebola (maladie à virus) Skip to main content WHO/L. Mackenzie A member of the ring vaccination team vaccinates a man in Bosolo village. © Photo Ebola (maladie à virus) 24 avril 2025 English العربية 中文 Русский Español Principaux faits La maladie à virus Ebola est une maladie rare, mais grave, souvent mortelle chez l’humain. Trois virus différents sont connus pour être à l’origine de flambées majeures de maladie à virus Ebola : le virus Ebola, le virus Soudan et le virus Bundibugyo. Le taux de létalité moyen de cette maladie est d’environ 50 %. Au cours des flambées précédentes, les taux sont allés de 25 % à 90 %. Des soins de soutien précoces et intensifs avec réhydratation et traitement des symptômes améliore la survie. Les vaccins et les traitements approuvés ne sont disponibles que pour l’un des virus (le virus Ebola) et sont en cours de développement pour les autres. Pour endiguer efficacement les flambées, il convient d’avoir recours à un ensemble d’interventions, notamment les suivantes : soins de soutien précoces et intensifs, lutte anti-infectieuse, surveillance et recherche des contacts, services de laboratoire de qualité, enterrement digne et sécurisé, vaccination le cas échéant et mobilisation sociale. Généralités La maladie à virus Ebola (MVE) est une maladie rare, mais grave chez l’humain ; elle est souvent fatale. La MVE est causée par des virus appartenant au genre Orthoebolavirus de la famille des filoviridae (2) . Six espèces d’ Orthoebolavirus ont été identifiées à ce jour, dont trois sont à l’origine de grandes flambées : le virus Ebola causant la maladie à virus Ebola (MVE) le virus Soudan à l’origine de la maladie à virus Soudan (SVD) le Virus Bundibugyo responsable de la maladie à virus Bundibugyo. La maladie à virus Ebola est apparue pour la première fois en 1976 lors de deux flambées simultanées : l’une était la maladie à virus Soudan à Nzara, à savoir le Soudan du Sud d’aujourd’hui, et l’autre était la maladie à virus Ebola à Yambuku, aujourd’hui République démocratique du Congo. Yambuku étant situé près de la rivière Ebola, celle-ci a donné son nom à la maladie. Bien qu’il existe des vaccins et des traitements homologués contre la MVE, il n’existe aucun vaccin ou traitement approuvé pour d’autres maladies à virus Ebola, telles que la maladie à virus Soudan ou la maladie à virus Bundibugyo. Plusieurs produits candidats en cours de développement. Des soins de soutien intensifs précoces, y compris une réhydratation et le traitement symptomatique, peuvent améliorer les chances de survie. Le fait de consulter rapidement permet de sauver des vies. Transmission On pense que les chauves-souris frugivores de la famille des Pteropodidés sont les hôtes naturels de l’ Orthoebolavirus . Le virus peut atteindre la population humaine lorsque des personnes ont un contact étroit avec le sang, les sécrétions, les organes ou d’autres liquides biologiques d’animaux infectés comme les chauves-souris frugivores, les chimpanzés, les gorilles, les singes, les antilopes forestières ou les porcs-épics trouvés malades ou morts ou dans la forêt tropicale. Une personne peut être infectée par le virus par contact direct avec une autre personne (à travers des éraflures ou les muqueuses) avec : du sang ou des liquides biologiques d’une personne atteinte de la MVE ou décédée des suites de cette maladie ; et des objets ou surfaces qui ont été contaminés par des liquides biologiques (sang, excréments, vomissements) provenant d’une personne atteinte de la maladie ou d’une personne qui en est décédée. Les personnes infectées ne peuvent pas transmettre la maladie tant qu’elles n’ont pas développé de symptômes, et elles restent contagieuses tant que leur sang contient le virus. Il est arrivé fréquemment que des agentes et agents de santé soient infectés en traitant des cas de MVE. Cela s’est produit lors de contacts étroits avec les patients, lorsque les précautions anti-infectieuses n’ont pas été strictement appliquées. Les cérémonies d’inhumation qui supposent un contact direct avec le corps de la personne défunte peuvent aussi contribuer à la transmission du virus. Symptômes La période d’incubation, ou le délai entre l’infection et l’apparition des symptômes, varie de 2 à 21 jours. Les symptômes de la MVE peuvent être soudains et sont notamment les suivants : fièvre, fatigue, malaise, douleurs musculaires, céphalées, maux de gorge. Ils sont suivis de vomissements, de diarrhée, de douleurs abdominales, d’une éruption cutanée, et des symptômes d’insuffisance rénale et hépatique. Il est important que les personnels de santé et d’aide à la personne surveillent ces symptômes. Contrairement à l’impression selon laquelle les saignements sont un symptôme courant, ceux-ci sont moins fréquents et peuvent survenir à un stade plus avancé de la maladie. Certains patients et patientes peuvent développer des hémorragies internes et externes, notamment du sang dans les vomissures et les selles et des saignements du nez, des gencives et du vagin. Des saignements peuvent également survenir aux points de ponction des aiguilles. Le système nerveux central peut également être touché, ce qui peut causer une confusion, une irritabilité et une agressivité. Diagnostic Sur le plan clinique, il peut être difficile de distinguer la MVE d’autres maladies infectieuses telles que le paludisme, la fièvre typhoïde, la shigellose, la méningite et d’autres fièvres hémorragiques virales, car les symptômes sont similaires au stade précoce de la maladie. Les méthodes de diagnostic suivantes servent à confirmer que la personne est atteinte d’une infection à Orthoebolavirus : transcription inverse et amplification en chaîne par polymérase (RT-PCR) test d’immunoadsorption enzymatique (ELISA) test d’immunocapture des antigènes isolement du virus sur culture cellulaire. Les échantillons prélevés sur les personnes infectées présentent un risque biologique extrêmement élevé ; les analyses en laboratoire sur des échantillons non inactivés doivent s’effectuer dans des conditions de confinement biologique maximales. Tous les échantillons biologiques non inactivés doivent être emballés à l’aide du système de triple emballage lorsqu’ils sont transportés à l’échelle nationale et internationale (voir le document intitulé : Diagnostic testing for Ebola and Marburg diseases , en anglais). Traitement Au fil des ans, l’OMS et ses partenaires ont élaboré des orientations et des formations qui décrivent comment fournir les meilleurs soins possibles aux patientes et patients et augmenter leurs chances de survie, que des traitements spécifiques soient utilisés ou non. Appelés soins de soutien optimisés, ils comprennent les tests pertinents à effectuer, la prise en charge de la douleur, la nutrition et les co-infections (comme le paludisme), ainsi que et d’autres approches qui assurent à la patiente ou au patient la meilleure voie vers le rétablissement. Concernant la MVE, l’OMS a formulé des recommandations fortes pour le traitement par mAb114 (ansuvimabTM) ou REGN-EB3 (InmazebTM), qui sont des anticorps monoclonaux. Il n’existe pas de traitements approuvés contre la maladie à virus Soudan ou la maladie à virus Bundibugyo, toutefois des produits candidats sont en cours de développement (en anglais) et un protocole CORE (en anglais) pour les essais cliniques est disponible. Vaccins Contre la maladie à virus Ebola : Deux vaccins sont approuvés : Ervebo (Merck & Co.) et Zabdeno et Mvabea (Janssen Pharmaceutica). Le vaccin Ervebo est recommandé dans le cadre de la riposte à une flambée, consulter les recommandations du Groupe stratégique consultatif d’experts (SAGE) publiées en juillet 2024. En cas de flambée confirmée de MVE, les vaccins Ervebo peuvent être obtenus par l’intermédiaire du Groupe international de coordination pour l’approvisionnement en vaccins. Pour la vaccination préventive des agentes et agents de santé ainsi que des intervenantes et intervenants de première ligne, les vaccins Ervebo peuvent être demandés par le biais de la vaccination préventive contre Ebola de Gavi . Contre d’autres maladies à virus Ebola, telles que la maladie à virus Soudan : Plusieurs vaccins candidats sont à différents stades de développement (en anglais). Dans le cadre de la riposte à une flambée, un protocole CORE est disponible ( CORE protocol to evaluate the safety, tolerability, immunogenicity, and efficacy of vaccine candidates ). Prévention et lutte Il est essentiel de mobiliser les communautés pour juguler toute flambée épidémique. La lutte contre les flambées épidémiques repose sur une série d’interventions, notamment : soins cliniques, surveillance et recherche des contacts, services de laboratoire, lutte anti-infectieuse dans les établissements de santé, enterrements dignes et sécurisés, et mobilisation sociale. Sensibiliser aux facteurs de risque et aux mesures de protection que chacun et chacune peut prendre est un moyen efficace de réduire la transmission humaine. Les messages visant à réduire les risques doivent porter sur plusieurs facteurs : Réduire le risque de transmission de la MVE d’un animal sauvage à un être humain par contact avec des chauves-souris frugivores ou des singes/primates ou par consommation de viande crue de ces espèces. Réduire le risque de transmission interhumaine résultant d’un contact direct ou rapproché avec des personnes infectées, en particulier avec leurs liquides biologiques. Tout contact physique étroit avec des personnes infectées par le virus Ebola doit être évité. Les patients doivent être isolés dans un centre de traitement désigné pour y recevoir des soins rapidement et pour éviter toute transmission du virus à domicile. Les communautés doivent être bien informées, tant sur la maladie que sur la manière d’endiguer une flambée. Le meilleur moyen d’y parvenir est de les impliquer dans la riposte et d’engager une discussion ouverte. Les mesures visant à endiguer les flambées épidémiques sont notamment les suivantes : enterrement digne et sécurisé des personnes défuntes, identifier les personnes susceptibles d’avoir été en contact avec une personne infectée par le virus Ebola et surveiller leur état de santé pendant 21 jours, isoler les malades des personnes saines pour éviter toute transmission, prodiguer des soins aux personnes chez qui la maladie a été confirmée. Le maintien d’une bonne hygiène et d’un environnement propre est également important. Lutte contre l’infection dans les établissements de santé Les agents et agentes de santé doivent toujours appliquer les précautions standard lorsqu’ils s’occupent des patientes et des patients, quel que soit le diagnostic présumé. Ces précautions comprennent les mesures de base de l’hygiène des mains et de l’hygiène respiratoire, le port d’un équipement de protection individuelle (pour éviter tout contact avec des éclaboussures et autres matières infectées), la sécurité des injections et les pratiques d’enterrement digne et sécurisé. Les agentes et agents de santé qui s’occupent de patients chez lesquels une MVE est suspectée ou confirmée doivent appliquer des mesures supplémentaires de lutte contre l’infection pour éviter tout contact avec le sang et les liquides biologiques des patients et avec les surfaces et objets contaminés comme les vêtements et le linge de lit. Infection prevention and control guideline for Ebola and Marburg diseases (en anglais). Les personnels de laboratoire sont également à risque. Les échantillons qui ont été prélevés sur des sujets humains ou des animaux à des fins de recherche de l’infection à Orthoebolavirus doivent être manipulés par du personnel qualifié et traités dans des laboratoires convenablement équipés. Soins aux personnes survivant à la MVE Tous les survivants, leurs partenaires et leurs familles méritent respect, dignité et compassion. L’OMS ne recommande pas d’isoler les patientes ou les patients convalescents, dont les tests sanguins ont donné des résultats négatifs pour le virus Ebola. Les personnes qui survivent à la maladie peuvent souffrir de séquelles à la fois cliniques et psychologiques. L’OMS encourage les pays touchés à envisager de mettre en place un programme de soins aux personnes survivantes afin d’atténuer les séquelles, de favoriser leur réintégration au sein de la communauté, de leur prodiguer des conseils et de leur proposer des examens biologiques. Les Orthoebolavirus sont connus pour persister dans des sites anatomiques immunisés chez certaines personnes qui se sont rétablies. Les testicules, l’intérieur de l’œil et le cerveau sont notamment concernés. La rechute symptomatique en l’absence de réinfection chez une personne qui s’est rétablie de la MVE est un événement rare, mais attesté. On ne connaît pas encore la cause de ce phénomène. La transmission du virus Ebolapar du sperme infecté a été signalée jusqu’à quinze mois après la guérison clinique. Pour atténuer le risque de cette transmission, il faut mettre en place un programme de dépistage du sperme visant : à donner des conseils aux hommes ayant survécu à la MVE et à leurs partenaires sexuels pour les informer des risques potentiels et les aider à adopter des pratiques sexuelles à moindre risque (y compris l’usage de préservatifs et une bonne hygiène des mains et personnelle) ; à proposer des analyses de sperme mensuelles jusqu’à l’obtention de deux résultats négatifs consécutifs. et Après deux résultats négatifs consécutifs, les hommes ayant survécu à la MVE pourront reprendre des pratiques sexuelles normales en toute sécurité, avec un risque minime de transmission du virus. En l’absence d’un programme de dépistage du sperme, les hommes ayant survécu à la maladie doivent adopter des pratiques sexuelles à moindre risque pendant 12 mois. L’Orthoebolavirus peut persister dans le placenta, le liquide amniotique et le fœtus des femmes infectées pendant la grossesse et dans le lait maternel des femmes infectées pendant l’allaitement. Les programmes de soins aux survivantes devraient englober les soins aux femmes enceintes et allaitantes après leur rétablissement. Action de l’OMS L’OMS travaille avec les pays pour prévenir les flambées épidémiques de MVE en maintenant une surveillance de la maladie et en aidant les pays à risque à élaborer des plans de préparation. Le document suivant fournit des orientations générales pour la lutte contre les flambées d’Ebola et des virus Marburg : Flambées épidémiques de maladie à virus Ebola et Marburg : préparation, alerte, lutte et évaluation Lorsqu’une flambée est détectée, l’OMS intervient en prêtant son concours à la mobilisation des communautés, à la détection des cas, à la recherche des contacts, à la vaccination, à la prise en charge des cas, aux services de laboratoire, à la lutte anti-infectieuse, à l’appui logistique et à la formation et à l’assistance en matière de pratiques d’inhumation sans risque et dans la dignité. Classification internationale des maladies (CIM-11), 2024 : Classification internationale des maladies (CIM) International Committee on Virus Taxonomy, ICTV: https://ictv.global/report/chapter/filoviridae/filoviridae/orthoebolavirus Focus Maladie à virus Ebola Bulletins d'information sur les flambées épidémiques Actualités Lancement aujourd’hui d’un essai révolutionnaire de vaccination contre la maladie à virus Ebola en Ouganda 3 février 2025 L’OMS et ses partenaires facilitent l’accès à un vaccin et à des traitements candidats pour combattre l’épidémie de maladie à virus Ebola-Soudan en Ouganda 31 janvier 2025
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Hépatite E en France : l'affaire du cochon cru Médicaments Par nom de gamme Par nom de spécialité Par substance active Par laboratoire Par domaine thérapeutique Par classe ATC Par indication Analyse d'ordonnance Alternatives thérapeutiques Calculateurs et convertisseurs Bien utiliser ses médicaments DM & Parapharmacie Par nom commercial Par fabricant & distributeur Par domaine d'utilisation Phytothérapie Compléments alimentaires Bien utiliser ses produits de parapharmacie Maladies VIDAL Recos Maladies de A à Z Maladies chez l'adulte Maladies chez l'enfant Maux et maladies de la grossesse J'ai mal à Mon enfant a Santé des patients Maladies de A à Z Agir pour ma santé Examens, tests et analyses Médecine thermale SantéBD Grossesse Enfants Voyage Nutrition Sport Prise en charge médicale Recherche par nom de médicament Recherche par nom de produit de parapharmacie Calculateurs et convertisseurs VIDAL Recos VIDAL Live Médicosport-Santé Médecine thermale Produits toxiques Infos pratiques professionnelles Rein / GPR Ressources Formations médicales Mon espace formation Par domaine thérapeutique Par métier VIDAL Flash Cards Handi connect Actualités Toutes les actualités Médicaments et produits de santé Diagnostic et thérapeutique Socioprofessionnel Santé publique Technologie et innovation Santé et société Études et congrès S'inscrire Se connecter Veuillez saisir au moins 3 caractères pour votre recherche. Actualités Santé publique Hépatite E en France : l'affaire du cochon cru #Santé publique #Données épidémiologiques Hépatite E en France : l'affaire du cochon cru Trop souvent considérée comme une infection du voyageur, l'hépatite E sévit également en France, essentiellement à partir des viandes crues issues des porcs, des sangliers et des cervidés. Prévalence, origines, symptômes, précautions, mieux la connaître pour mieux la prévenir. Stéphane Korsia-Meffre 13 mars 2025 10 minutes Ajouter un commentaire 1 2 3 4 5 3,3 (7 notes) Copier l'url Partager Partager Email Les jeunes porcs d'élevage sont la principale source de virus de l'hépatite E en France. Julia Spricigo / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images Résumé L’ hépatite E est une infection virale du foie causée par un virus à ARN. Même si elle reste asymptomatique dans plus de 70 % des cas , cette maladie touche des millions de personnes à travers le monde , avec une répartition géographique et une transmission fortement influencées par les conditions sanitaires et alimentaires. Si les génotypes 1 et 2 sont surtout responsables d’épidémies dans les pays en voie de développement via la contamination de l’eau, les génotypes 3 et 4 , présents dans plusieurs espèces animales, sont la principale source de transmission dans les pays industrialisés où cette hépatite reste essentiellement une zoonose . En France, la contamination humaine est largement associée à la manipulation et à la consommation de produits crus issus du porc, du sanglier et des cervidés . Début février 2025, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié les dernières données épidémiologiques concernant l’hépatite E en France : plus de 60 000 cas par an, dont au moins 3 000 symptomatiques depuis 2022. Dans ce contexte, comprendre les modes de transmission, identifier les sources d’exposition et adopter des mesures de prévention adaptées sont essentiels, en particulier pour les personnes le plus à risque de formes symptomatiques. L e virus de l’hépatite E (VHE) est un virus à ARN monobrin qui appartient à la famille des Hepeviridae et dont la diversité génétique est importante [ 1 ]. Les génotypes 1 et 2 sont présents uniquement dans l’ espèce humaine alors que les génotypes 3 et 4 le sont également dans plusieurs espèces animales : porc domestique, sanglier, cervidés, lapin et lièvre. En France et dans les pays industrialisés, les génotypes 3 et 4 sont ceux essentiellement impliqués dans les cas humains (contamination par les produits animaux et par les captages hydriques contaminés). Les génotypes 1 et 2 sont surtout présents dans les pays en voie de développement. Les réservoirs du VHE sont les humains et les animaux, principalement le porc et le sanglier, malades ou asymptomatiques, qui éliminent le virus dans leurs matières fécales et leurs urines . Après infection, le virus se multiplie dans les tissus intestinaux et dans le foie. Il est excrété dans la bile puis dans la lumière intestinale et enfin dans les fèces des animaux infectés. Le virus peut se trouver dans l’environnement des abattoirs, contaminant les surfaces, les ustensiles de découpe, les camions de transport, etc. Également dans les eaux usées , et dans les eaux de surface ou souterraines quand l’assainissement des eaux usées ou le traitement et l’épandage des lisiers sont mal maîtrisés [ 2 ]. Certaines études ont détecté le virus dans le lait de ruminants (vache, brebis, chèvre) [ 1 ]. Comment se contamine-t-on par le VHE ? Le virus de l’hépatite E peut se transmettre par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés , par contact direct entre humains ou avec des animaux , de la mère à l’enfant ou par transfusion sanguine . Dans les pays industrialisés, les génotypes 3 et 4 sont responsables de cas sporadiques et, parfois, de cas groupés. L’origine et le mode de transmission sont le plus souvent inconnus. Dans les principaux cas documentés, la contamination est associée à l’ ingestion de produits provenant des animaux réservoirs tels que le porc, le sanglier et les cervidés, lorsqu'ils sont consommés crus ou peu cuits . La transmission par voie hydrique a aussi été rapportée, mais elle ne semble pas aussi fréquente que dans les pays en voie de développement (où elle est prépondérante). Si la transmission maternofœtale des génotypes 1 et 2 est possible, celle des génotypes 3 et 4 n’a jamais été documentée [ 3 ]. La part relative des différentes modalités de contamination (alimentaire, contact avec les animaux ou interhumaine) n’est pas connue. Quels sont les aliments les plus impliqués dans la contamination ? La présence du génome du VHE dans des foies de porc commercialisés (de 1 à 13 %) et dans les produits à base de foie de porc cru (jusqu’à 30 %) a été mise en évidence dans plusieurs études [ 1 ]. L’infectiosité du virus a pu être démontrée dans certains échantillons. Au cours des principales épidémies étudiées, les aliments incriminés étaient de la viande ou du foie de sanglier ou de porc , des sashimis de viande de cervidé ou de foie de porc, des figatelli [ 4 ] ou des saucisses de foie de porc crues, fraîches ou mi-sèches . En 2011, un plan de surveillance ponctuelle, réalisée sur des aliments contenant du foie cru de porc et destinés à être consommés crus, a permis d’estimer une prévalence de l’ARN du VHE de 30 % dans les figatelli , 29 % dans les saucisses sèches et fraîches de foie , 25 % dans les pâtes à quenelles à base de foie et 3 % dans les foies salés séchés [ 2 ]. En effet, les procédés de fabrication de charcuteries sans traitement thermique, tels que le salage, le fumage à froid ou le séchage ne permettent pas d’inactiver le VHE . Des études cas-témoins conduites en France et en Allemagne ont également montré que la consommation d’abats de porc, de sanglier ou de cervidé était un facteur de risque d’infection par le VHE. Par ailleurs, le génome du VHE a été détecté sur des fruits rouges, des fraises, des salades, des algues et dans des épices, suggérant que ces derniers puissent être des sources d’exposition après contamination par des eaux souillées [ 1 ]. Enfin, la consommation de coquillages et fruits de mer a été identifiée comme étant un facteur de risque, l’ARN du VHE ayant été détecté dans les moules et les huîtres. La bioaccumulation du virus a été démontrée dans des huîtres en conditions expérimentales. Quelle est la prévalence du VHE dans les élevages porcins français ? En France, la source principale d’excrétion du VHE est le porc domestique en croissance , et principalement entre 3 et 5 mois d’âge . Une enquête nationale menée en 2009 [ 5 ] a permis d’estimer que 65 % des élevages étaient contaminés (prévalence des anticorps anti-VHE chez les porcs à l’abattoir). Lors de cette enquête, pour 186 fermes contaminées, l’analyse de 3 715 foies frais a montré que 4 % contenaient de l’ARN viral (infection active). En Corse , en 2022, la séroprévalence des élevages porcins était de 88 % . Elle était plus élevée chez les porcs plus âgés ou provenant d’élevages extensifs (souvent en contact avec des sangliers). En règle générale, les élevages porcins qui associent conditions d’hygiène défavorables et mélanges importants de jeunes porcs sevrés sont davantage touchés (avant le sevrage, les anticorps maternels protègent les porcelets). De plus, l’utilisation d’eau de boisson issue de captages superficiels augmente le risque de présence du VHE dans un élevage. Quelle est la prévalence humaine de l'hépatite E en France ? En France, en médecine humaine, l’hépatite E fait l’objet d’une surveillance par le Centre national de référence des hépatites entéro-transmissibles. Une enquête réalisée en 2011-2012 a révélé une séroprévalence nationale estimée à 22,4 % , mais variant de 8 % à 86,4 % selon les zones géographiques [ 3 ]. Celles présentant une séroprévalence élevée étaient localisées dans le sud-ouest, le sud-est et le nord-est de la France, ce qui ne peut pas être expliqué par la seule consommation de produits à base de porc. Une exposition par le biais de l’ eau de captage pourrait également expliquer ces chiffres. En 2023, le dépistage génomique chez les donneurs de sang a identifié 1 634 cas asymptomatiques, ce qui conduit à une incidence d’environ 1/1 000 avec des variations régionales allant de 0,5/1 000 (nord-ouest) à 2/1 000 (sud-ouest). En conséquence, le nombre annuel des infections à VHE en France est probablement supérieur à 60 000 [ 1 ]. L’hépatite E, fréquemment asymptomatique La caractéristique clinique essentielle de l’hépatite E est la fréquence élevée des formes asymptomatiques (plus de 70 %) . Dans les pays industrialisés, les formes symptomatiques d’hépatite E aiguë sont plus fréquentes chez l’adulte de plus de 55 ans (dans les pays en voie de développement, les adultes de moins de 35 ans sont fréquemment atteints). Elles apparaissent après un délai d’incubation moyen de 40 jours . Des formes fulminantes peuvent survenir en cas de maladie hépatique sous-jacente. Elles sont mortelles dans 3 à 10 % des cas [ 1 ]. À noter que le diagnostic sérologique de l'hépatite E est pris en charge par l'Assurance maladie en cas de suspicion d’une infection récente : la prescription doit mentionner « recherche d'IgM anti-VHE ». Les infections chroniques par le VHE , où il existe une persistance virale, sont à l'origine d'atteintes inflammatoires chroniques du foie, de cirrhoses et peuvent être létales. Elles concernent essentiellement des personnes immunodéprimées . Des manifestations extra-hépatiques (syndrome de Guillain-Barré, encéphalites, glomérulonéphrites) ont été observées au cours des infections aiguës ou chroniques par le VHE dans environ 15 % des cas. Depuis 2022, environ 3 000 cas symptomatiques ont été répertoriés en France avec plus de 98 % de cas autochtones [ 1 ]. Quelles sont les personnes à risque plus élevé ? Les personnes en contact avec les porcs domestiques ou la faune sauvage (sangliers), comme les vétérinaires, les éleveurs, les forestiers, les chasseurs, les personnels d’abattoir ou les bouchers-charcutiers, ont une séroprévalence significativement plus élevée que dans la population générale, suggérant que le contact direct avec des animaux infectés, vivants ou abattus, est un facteur de risque [ 1 ]. En ce qui concerne le risque de développer une forme symptomatique , les sujets les plus à risque sont : ceux présentant une maladie hépatique sous-jacente (risque d’hépatite fulminante) ; les immunodéprimés avec risque d’hépatite chronique et de cirrhose (personnes greffées, atteintes de cancers hématologiques, atteintes de maladies auto-immunes traitées par immunosuppresseurs ou infectées par le VIH avec un faible nombre de lymphocytes CD4) ; dans les pays en voie de développement, les femmes enceintes . Comment se protéger du virus de l’hépatite E ? Les mesures de protection contre le VHE [ 6 ] varient selon que l’on est exposé en tant que consommateur et/ou en tant que professionnel. Elles sont importantes chez les personnes le plus à risque de développer une forme symptomatique. Chez celles-ci, une recherche d’anticorps dirigés contre le VHE peut se révéler utile pour identifier les individus qui doivent respecter rigoureusement ces mesures de prévention. Les mesures de prévention pour les consommateurs Toutes les personnes ayant été en contact avec de la viande de porc, de sanglier ou de cervidés (chasseurs, consommateurs) doivent se laver les mains après ce contact . L’ entretien (grattage, lavage à l’eau chaude et au détergent) des surfaces de travail et des ustensiles doit être rigoureux et s’effectuer immédiatement après chaque utilisation, et en particulier après manipulation de foie de porc cru. Tous les aliments contenant du foie de porc, sanglier, cervidé cru ( figatelli , saucisses de foie de porc crues, fraîches ou sèches, quenelles de foie) sont des aliments à risque et ne doivent pas être consommés crus . Ils doivent être cuits à cœur , tout comme les produits issus de cochons de lait et porcelets . Dans les pays à faible niveau d’hygiène ou dans les régions où cette hépatite est fréquente (Asie du Sud et de l’Est, Afrique subsaharienne et du Nord, Moyen-Orient), il est recommandé de ne consommer que des végétaux cuits ou pelés après lavage . L’eau de boisson ou servant à la préparation culinaire (notamment au lavage des végétaux) doit être une eau embouteillée , bouillie (10 minutes) ou filtrée puis désinfectée (avec des pastilles chlorées ou dérivés). Les mesures de prévention pour les professionnels Les professionnels exposés (notamment les éleveurs de porcs, vétérinaires, techniciens) doivent s'équiper de protections individuelles et respecter les bonnes pratiques d’hygiène, en particulier au contact des jeunes animaux. Le personnel de cuisine ou toute personne amenée à manipuler des aliments , surtout s'ils sont destinés à être consommés crus ou peu cuits, doit être sensibilisé au risque de transmission féco-orale et à la nécessaire mise en œuvre des bonnes pratiques d’hygiène. Le personnel se sachant atteint d’une hépatite E doit être incité à obtenir un avis médical et à ne pas manipuler directement des aliments en période de contagiosité. Les procédures de nettoyage-désinfection des surfaces et du matériel doivent être respectées, avec les désinfectants habituels. L’ eau utilisée dans la production des aliments que ce soit en tant qu'ingrédient, en contact direct avec les denrées ou pour le nettoyage des surfaces en contact avec elles, doit répondre aux exigences réglementaires. Les viandes et abats de cochons de lait et de porcelets sont plus à risque de contamination et doivent être manipulés et traités en conséquence. L’étiquetage des produits contenant du foie cru de porc doit porter lisiblement la mention « à consommer cuit à cœur ». Conclusion L’hépatite E demeure un enjeu de santé publique souvent sous-estimé , notamment en raison du grand nombre de cas asymptomatiques. Si la majorité des infections restent bénignes, certaines personnes, immunodéprimées ou atteintes de maladies hépatiques, sont à risque de complications graves, voire mortelles . En France, l’exposition au VHE est principalement d’origine alimentaire , avec une contamination fréquente des produits à base de foie de porc cru ou peu cuit. Une meilleure sensibilisation du public, associée à une surveillance accrue et à la mise en place de mesures de prévention, tant pour les consommateurs que pour les professionnels en contact avec des animaux réservoirs, est indispensable pour réduire les risques de transmission. Cet article d'actualité rédigé par un auteur scientifique reflète l'état des connaissances sur le sujet traité à la date de sa publication. Il ne s'agit pas d'une page encyclopédique régulièrement remise à jour. L'évolution ultérieure des connaissances scientifiques peut le rendre en tout ou partie caduc. Pour en savoir plus [1] Fiche de description de danger biologique transmissible par les aliments relative au virus de l’hépatite E (Anses, septembre 2024) [2] Avis relatif au virus de l’hépatite E : méthodes de détection, risques pour le consommateur et risques liés à l’environnement (Afssa, septembre 2009) [3] Avis relatif à la Demande d’évaluation du risque lié à la contamination des produits de charcuterie à base de foie cru par le virus de l’hépatite E (VHE) (Anses, février 2013) [4] Avis relatif au risque de contamination humaine par le virus de l’hépatite E (VHE) après ingestion de figatelli (saucisses crues à base de foie de porc) (Afssa, avril 2019) [5] Rose N, Lunazzi A, Dorenlor V et al . High prevalence of Hepatitis E virus in French domestic pigs. Comparative immunology, microbiology and infectious diseases , 2011; 34(5), 419-427 [6] L’hépatite E (Anses, janvier 2025) Sources Anses Les commentaires sont momentanément désactivés La publication de commentaires est momentanément indisponible. Abonnement Pour vous abonner, vous devez vous identifier Se connecter S'inscrire Cliquez ici pour revenir à l'accueil. Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail Je m'abonne ! Dans la même rubrique 18 décembre 2025 Un dépistage de l'infection à CMV a été réalisé dans près d'un tiers des grossesses en 2022-2023, avec d'importantes disparités (HAS) #Santé publique 17 décembre 2025 La hausse des cas de syphilis chez les femmes en France fait peser un "risque croissant" de transmission congénitale #Santé publique Stéphane Korsia-Meffre Depuis trente ans, Stéphane Korsia-Meffre se consacre à la diffusion de l’information médicale de référence auprès du grand public, des patients et des professionnels de santé. Vétérinaire et neurobiologiste, il a exercé sa mission au sein d’associations de patients (...) Du même auteur 17 décembre 2025 Sauna et santé cardiovasculaire : bénéfices et précautions #Santé 25 novembre 2025 Le serment d’Hippocrate : éternel… lement changeant ! #Socio-professionnel 04 novembre 2025 Le moustique tigre, un voisin qui vous veut du mal #Santé publique #Santé Voir toutes les actualités de cet auteur Espace produit Boutique VIDAL Expert VIDAL Hoptimal eVIDAL VIDAL Mobile VIDAL widget VIDAL Sécurisation VIDAL e-Services Charte formation médicale Espace institutionnel Qui sommes-nous ? VIDAL France Carrières Charte éthique et déontologique Service client Contact Aide Espace partenaires Devenir partenaire VIDAL sur votre site Vidal Mobile Presse - CGU - Conditions générales de vente - Données personnelles - Politique cookies - Mentions légales Fréquentation certifiée par l'ACPM/OJD | Copyright 2025 Vidal
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Même si elle reste asymptomatique dans plus de 70 % des cas , cette maladie touche des millions de personnes à travers le monde , avec une répartition géographique et une transmission fortement influencées par les conditions sanitaires et alimentaires. Si les génotypes 1 et 2 sont surtout responsables d’épidémies dans les pays en voie de développement via la contamination de l’eau, les génotypes 3 et 4 , présents dans plusieurs espèces animales, sont la principale source de transmission dans les pays industrialisés où cette hépatite reste essentiellement une zoonose . En France, la contamination humaine est largement associée à la manipulation et à la consommation de produits crus issus du porc, du sanglier et des cervidés . Début février 2025, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié les dernières données épidémiologiques concernant l’hépatite E en France : plus de 60 000 cas par an, dont au moins 3 000 symptomatiques depuis 2022. Dans ce contexte, comprendre les modes de transmission, identifier les sources d’exposition et adopter des mesures de prévention adaptées sont essentiels, en particulier pour les personnes le plus à risque de formes symptomatiques. L e virus de l’hépatite E (VHE) est un virus à ARN monobrin qui appartient à la famille des Hepeviridae et dont la diversité génétique est importante [ 1 ]. Les génotypes 1 et 2 sont présents uniquement dans l’ espèce humaine alors que les génotypes 3 et 4 le sont également dans plusieurs espèces animales : porc domestique, sanglier, cervidés, lapin et lièvre. En France et dans les pays industrialisés, les génotypes 3 et 4 sont ceux essentiellement impliqués dans les cas humains (contamination par les produits animaux et par les captages hydriques contaminés). Les génotypes 1 et 2 sont surtout présents dans les pays en voie de développement. Les réservoirs du VHE sont les humains et les animaux, principalement le porc et le sanglier, malades ou asymptomatiques, qui éliminent le virus dans leurs matières fécales et leurs urines . Après infection, le virus se multiplie dans les tissus intestinaux et dans le foie. Il est excrété dans la bile puis dans la lumière intestinale et enfin dans les fèces des animaux infectés. Le virus peut se trouver dans l’environnement des abattoirs, contaminant les surfaces, les ustensiles de découpe, les camions de transport, etc. Également dans les eaux usées , et dans les eaux de surface ou souterraines quand l’assainissement des eaux usées ou le traitement et l’épandage des lisiers sont mal maîtrisés [ 2 ]. Certaines études ont détecté le virus dans le lait de ruminants (vache, brebis, chèvre) [ 1 ]. Comment se contamine-t-on par le VHE ? Le virus de l’hépatite E peut se transmettre par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés , par contact direct entre humains ou avec des animaux , de la mère à l’enfant ou par transfusion sanguine . Dans les pays industrialisés, les génotypes 3 et 4 sont responsables de cas sporadiques et, parfois, de cas groupés. L’origine et le mode de transmission sont le plus souvent inconnus. Dans les principaux cas documentés, la contamination est associée à l’ ingestion de produits provenant des animaux réservoirs tels que le porc, le sanglier et les cervidés, lorsqu'ils sont consommés crus ou peu cuits . La transmission par voie hydrique a aussi été rapportée, mais elle ne semble pas aussi fréquente que dans les pays en voie de développement (où elle est prépondérante). Si la transmission maternofœtale des génotypes 1 et 2 est possible, celle des génotypes 3 et 4 n’a jamais été documentée [ 3 ]. La part relative des différentes modalités de contamination (alimentaire, contact avec les animaux ou interhumaine) n’est pas connue. Quels sont les aliments les plus impliqués dans la contamination ? La présence du génome du VHE dans des foies de porc commercialisés (de 1 à 13 %) et dans les produits à base de foie de porc cru (jusqu’à 30 %) a été mise en évidence dans plusieurs études [ 1 ]. L’infectiosité du virus a pu être démontrée dans certains échantillons. Au cours des principales épidémies étudiées, les aliments incriminés étaient de la viande ou du foie de sanglier ou de porc , des sashimis de viande de cervidé ou de foie de porc, des figatelli [ 4 ] ou des saucisses de foie de porc crues, fraîches ou mi-sèches . En 2011, un plan de surveillance ponctuelle, réalisée sur des aliments contenant du foie cru de porc et destinés à être consommés crus, a permis d’estimer une prévalence de l’ARN du VHE de 30 % dans les figatelli , 29 % dans les saucisses sèches et fraîches de foie , 25 % dans les pâtes à quenelles à base de foie et 3 % dans les foies salés séchés [ 2 ]. En effet, les procédés de fabrication de charcuteries sans traitement thermique, tels que le salage, le fumage à froid ou le séchage ne permettent pas d’inactiver le VHE . Des études cas-témoins conduites en France et en Allemagne ont également montré que la consommation d’abats de porc, de sanglier ou de cervidé était un facteur de risque d’infection par le VHE. Par ailleurs, le génome du VHE a été détecté sur des fruits rouges, des fraises, des salades, des algues et dans des épices, suggérant que ces derniers puissent être des sources d’exposition après contamination par des eaux souillées [ 1 ]. Enfin, la consommation de coquillages et fruits de mer a été identifiée comme étant un facteur de risque, l’ARN du VHE ayant été détecté dans les moules et les huîtres. La bioaccumulation du virus a été démontrée dans des huîtres en conditions expérimentales. Quelle est la prévalence du VHE dans les élevages porcins français ? En France, la source principale d’excrétion du VHE est le porc domestique en croissance , et principalement entre 3 et 5 mois d’âge . Une enquête nationale menée en 2009 [ 5 ] a permis d’estimer que 65 % des élevages étaient contaminés (prévalence des anticorps anti-VHE chez les porcs à l’abattoir). Lors de cette enquête, pour 186 fermes contaminées, l’analyse de 3 715 foies frais a montré que 4 % contenaient de l’ARN viral (infection active). En Corse , en 2022, la séroprévalence des élevages porcins était de 88 % . Elle était plus élevée chez les porcs plus âgés ou provenant d’élevages extensifs (souvent en contact avec des sangliers). En règle générale, les élevages porcins qui associent conditions d’hygiène défavorables et mélanges importants de jeunes porcs sevrés sont davantage touchés (avant le sevrage, les anticorps maternels protègent les porcelets). De plus, l’utilisation d’eau de boisson issue de captages superficiels augmente le risque de présence du VHE dans un élevage. Quelle est la prévalence humaine de l'hépatite E en France ? En France, en médecine humaine, l’hépatite E fait l’objet d’une surveillance par le Centre national de référence des hépatites entéro-transmissibles. Une enquête réalisée en 2011-2012 a révélé une séroprévalence nationale estimée à 22,4 % , mais variant de 8 % à 86,4 % selon les zones géographiques [ 3 ]. Celles présentant une séroprévalence élevée étaient localisées dans le sud-ouest, le sud-est et le nord-est de la France, ce qui ne peut pas être expliqué par la seule consommation de produits à base de porc. Une exposition par le biais de l’ eau de captage pourrait également expliquer ces chiffres. En 2023, le dépistage génomique chez les donneurs de sang a identifié 1 634 cas asymptomatiques, ce qui conduit à une incidence d’environ 1/1 000 avec des variations régionales allant de 0,5/1 000 (nord-ouest) à 2/1 000 (sud-ouest). En conséquence, le nombre annuel des infections à VHE en France est probablement supérieur à 60 000 [ 1 ]. L’hépatite E, fréquemment asymptomatique La caractéristique clinique essentielle de l’hépatite E est la fréquence élevée des formes asymptomatiques (plus de 70 %) . Dans les pays industrialisés, les formes symptomatiques d’hépatite E aiguë sont plus fréquentes chez l’adulte de plus de 55 ans (dans les pays en voie de développement, les adultes de moins de 35 ans sont fréquemment atteints). Elles apparaissent après un délai d’incubation moyen de 40 jours . Des formes fulminantes peuvent survenir en cas de maladie hépatique sous-jacente. Elles sont mortelles dans 3 à 10 % des cas [ 1 ]. À noter que le diagnostic sérologique de l'hépatite E est pris en charge par l'Assurance maladie en cas de suspicion d’une infection récente : la prescription doit mentionner « recherche d'IgM anti-VHE ». Les infections chroniques par le VHE , où il existe une persistance virale, sont à l'origine d'atteintes inflammatoires chroniques du foie, de cirrhoses et peuvent être létales. Elles concernent essentiellement des personnes immunodéprimées . Des manifestations extra-hépatiques (syndrome de Guillain-Barré, encéphalites, glomérulonéphrites) ont été observées au cours des infections aiguës ou chroniques par le VHE dans environ 15 % des cas. Depuis 2022, environ 3 000 cas symptomatiques ont été répertoriés en France avec plus de 98 % de cas autochtones [ 1 ]. Quelles sont les personnes à risque plus élevé ? Les personnes en contact avec les porcs domestiques ou la faune sauvage (sangliers), comme les vétérinaires, les éleveurs, les forestiers, les chasseurs, les personnels d’abattoir ou les bouchers-charcutiers, ont une séroprévalence significativement plus élevée que dans la population générale, suggérant que le contact direct avec des animaux infectés, vivants ou abattus, est un facteur de risque [ 1 ]. En ce qui concerne le risque de développer une forme symptomatique , les sujets les plus à risque sont : ceux présentant une maladie hépatique sous-jacente (risque d’hépatite fulminante) ; les immunodéprimés avec risque d’hépatite chronique et de cirrhose (personnes greffées, atteintes de cancers hématologiques, atteintes de maladies auto-immunes traitées par immunosuppresseurs ou infectées par le VIH avec un faible nombre de lymphocytes CD4) ; dans les pays en voie de développement, les femmes enceintes . Comment se protéger du virus de l’hépatite E ? Les mesures de protection contre le VHE [ 6 ] varient selon que l’on est exposé en tant que consommateur et/ou en tant que professionnel. Elles sont importantes chez les personnes le plus à risque de développer une forme symptomatique. Chez celles-ci, une recherche d’anticorps dirigés contre le VHE peut se révéler utile pour identifier les individus qui doivent respecter rigoureusement ces mesures de prévention. Les mesures de prévention pour les consommateurs Toutes les personnes ayant été en contact avec de la viande de porc, de sanglier ou de cervidés (chasseurs, consommateurs) doivent se laver les mains après ce contact . L’ entretien (grattage, lavage à l’eau chaude et au détergent) des surfaces de travail et des ustensiles doit être rigoureux et s’effectuer immédiatement après chaque utilisation, et en particulier après manipulation de foie de porc cru. Tous les aliments contenant du foie de porc, sanglier, cervidé cru ( figatelli , saucisses de foie de porc crues, fraîches ou sèches, quenelles de foie) sont des aliments à risque et ne doivent pas être consommés crus . Ils doivent être cuits à cœur , tout comme les produits issus de cochons de lait et porcelets . Dans les pays à faible niveau d’hygiène ou dans les régions où cette hépatite est fréquente (Asie du Sud et de l’Est, Afrique subsaharienne et du Nord, Moyen-Orient), il est recommandé de ne consommer que des végétaux cuits ou pelés après lavage . L’eau de boisson ou servant à la préparation culinaire (notamment au lavage des végétaux) doit être une eau embouteillée , bouillie (10 minutes) ou filtrée puis désinfectée (avec des pastilles chlorées ou dérivés). Les mesures de prévention pour les professionnels Les professionnels exposés (notamment les éleveurs de porcs, vétérinaires, techniciens) doivent s'équiper de protections individuelles et respecter les bonnes pratiques d’hygiène, en particulier au contact des jeunes animaux. Le personnel de cuisine ou toute personne amenée à manipuler des aliments , surtout s'ils sont destinés à être consommés crus ou peu cuits, doit être sensibilisé au risque de transmission féco-orale et à la nécessaire mise en œuvre des bonnes pratiques d’hygiène. Le personnel se sachant atteint d’une hépatite E doit être incité à obtenir un avis médical et à ne pas manipuler directement des aliments en période de contagiosité. Les procédures de nettoyage-désinfection des surfaces et du matériel doivent être respectées, avec les désinfectants habituels. L’ eau utilisée dans la production des aliments que ce soit en tant qu'ingrédient, en contact direct avec les denrées ou pour le nettoyage des surfaces en contact avec elles, doit répondre aux exigences réglementaires. Les viandes et abats de cochons de lait et de porcelets sont plus à risque de contamination et doivent être manipulés et traités en conséquence. L’étiquetage des produits contenant du foie cru de porc doit porter lisiblement la mention « à consommer cuit à cœur ». Conclusion L’hépatite E demeure un enjeu de santé publique souvent sous-estimé , notamment en raison du grand nombre de cas asymptomatiques. Si la majorité des infections restent bénignes, certaines personnes, immunodéprimées ou atteintes de maladies hépatiques, sont à risque de complications graves, voire mortelles . En France, l’exposition au VHE est principalement d’origine alimentaire , avec une contamination fréquente des produits à base de foie de porc cru ou peu cuit. Une meilleure sensibilisation du public, associée à une surveillance accrue et à la mise en place de mesures de prévention, tant pour les consommateurs que pour les professionnels en contact avec des animaux réservoirs, est indispensable pour réduire les risques de transmission. Cet article d'actualité rédigé par un auteur scientifique reflète l'état des connaissances sur le sujet traité à la date de sa publication. Il ne s'agit pas d'une page encyclopédique régulièrement remise à jour. L'évolution ultérieure des connaissances scientifiques peut le rendre en tout ou partie caduc. Pour en savoir plus [1] Fiche de description de danger biologique transmissible par les aliments relative au virus de l’hépatite E (Anses, septembre 2024) [2] Avis relatif au virus de l’hépatite E : méthodes de détection, risques pour le consommateur et risques liés à l’environnement (Afssa, septembre 2009) [3] Avis relatif à la Demande d’évaluation du risque lié à la contamination des produits de charcuterie à base de foie cru par le virus de l’hépatite E (VHE) (Anses, février 2013) [4] Avis relatif au risque de contamination humaine par le virus de l’hépatite E (VHE) après ingestion de figatelli (saucisses crues à base de foie de porc) (Afssa, avril 2019) [5] Rose N, Lunazzi A, Dorenlor V et al . High prevalence of Hepatitis E virus in French domestic pigs. Comparative immunology, microbiology and infectious diseases , 2011; 34(5), 419-427 [6] L’hépatite E (Anses, janvier 2025) Sources Anses Les commentaires sont momentanément désactivés La publication de commentaires est momentanément indisponible. Abonnement Pour vous abonner, vous devez vous identifier Se connecter S'inscrire Cliquez ici pour revenir à l'accueil. Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail Je m'abonne ! Dans la même rubrique 18 décembre 2025 Un dépistage de l'infection à CMV a été réalisé dans près d'un tiers des grossesses en 2022-2023, avec d'importantes disparités (HAS) #Santé publique 17 décembre 2025 La hausse des cas de syphilis chez les femmes en France fait peser un "risque croissant" de transmission congénitale #Santé publique Stéphane Korsia-Meffre Depuis trente ans, Stéphane Korsia-Meffre se consacre à la diffusion de l’information médicale de référence auprès du grand public, des patients et des professionnels de santé. 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Maladies professionnelles des salariés en contact avec des porcs - Articles - 3trois3, Le site de la filière porc 333 Santé Articles Articles sur la production porcine 0 1 Home Une maladie professionnelle est toute maladie qui se produit comme résultat du métier d'une personne, à cause duquel cette personne peut être plus exposée à certaines maladies que la population générale. Une maladie professionnelle a été la silicose des miniers due à leur exposition prolongée à la poussière dans les mines ou la perte auditive induite par le bruit chez les personnes qui ont travaillé avec des machines bruyantes sans aucune protection auditive. Dans les chaînes d'approvisionnement de porcs, les employés de chaque niveau peuvent également être exposés à des risques de maladies professionnelles à cause de leur travail avec les porcs. L'éleveur, un vétérinaire ou le transporteur d'animaux vivants peuvent se faire mordre par un animal ; mais à part le danger physique, les porcs peuvent être porteurs de maladies potentiellement infectieuses pour les humains qui peuvent être transmises à travers le contact ou la manipulation d'animaux infectés (figure 1). Le niveau d'exposition dans l'exploitation ou pendant le transport dépend en grande mesure du type de production ; par exemple, les éleveurs commerciaux qui gèrent des exploitations de centaines ou de milliers d'animaux généralement n'ont pas un contact étroit avec leurs animaux et, s'ils l'ont, ils utilisent pour la plupart des équipements de protection. Dans les pays à faibles revenus où les porcs sont élevés principalement par de petits éleveurs dans des systèmes de production extensive, en contact avec l'environnement, les infections par des maladies provenant des porcs sont beaucoup plus habituelles et couvrent un large éventail, et comprennent les vers gastro-intestinaux, la brucellose ou des infections par les virus de l'influenza porcine zoonotique (Tableau 1). Figure 1. Voies de transmission des maladies zoonotiques. Les zoonoses sont des maladies infectieuses qui peuvent être transmises des animaux aux humains, mais également des humains aux animaux. Source : London School of Hygiene and Tropical Medicine. Tableau 1 : Principales zoonoses transmises par les porcs dans des pays en développement* Principalement à partir de viande contaminée Principalement professionnelles Transmises à travers l'ingestion du pathogène dans la viande (par ex. Trichinella spp.) ou sur la surface de la viande (par ex. Cryptosporidium spp. à travers l'eau contaminée utilisée pour traiter la viande) Ascaris suum Campylobacter spp. Cryptosporidium spp. Echinococcus spp. (toxigène) Escherichia coli Giardia duodenalis Hepatitis E Listeria spp. Salmonella spp. Sarcystis suihominis Staphylococcus aureus c oagulase-positive Taenia solium , larval Toxoplasma gondii Trichuris suis Trichinella spp., larvaire Yersinia entérocolique Transmises à travers l'air (par ex. Coxiella burnetii ), la peau (par ex. Brucella suis ) ou des vecteurs ( Trypanosoma spp.), particulièrement chez les personnes exposées plus fréquemment à ces voies de transmission à cause de leur métier Bacillus anthracis Brucella suis Coxiella burnetii Erysipelothrix rhusiopathiae Virus influenza Leptospira interrogans Complexe Mycobacterium avium intracellulaire (MAIC) Rage Sarcoptes scabiei var. suis Streptococcus suis Trypanosoma spp. Tunga penetrants Ebola (en discussion) *Les auteurs n'assument aucune responsabilité concernant l'exhaustivité de cette liste Cependant, la plupart des infections causées par des maladies professionnelles se produisent lorsque les personnes manipulent de la viande ou des fluides corporels potentiellement infectés. Nous aborderons ici deux infections potentielles : les érysipèles et S. suis. 1. Érysipèle porcine chez l'humain L'érysipèle porcine est causée par une bactérie appelée Erysipelothrix rhusiopathiae. Beaucoup de mammifères, de poissons et de volailles dans le monde en sont porteurs, mais les porcs sont le réservoir le plus important. Elle peut aussi survivre jusqu'à un mois dans le sol. Les porcs peuvent être infectés lorsqu'ils l'ingèrent avec de la terre ou dans de l'eau contaminée, et les humains peuvent être infectés lorsque la bactérie rentre dans la peau humaine à travers de petites égratignures ou des blessures. Il est plus probable que cela se produise lors de l'abattage et le traitement subséquent des carcasses porcines, lorsque les bouchers manipulent des objets tranchants (par exemple, des couteaux et des crochets) et de la viande, des sécrétions nasales, de l'urine ou des fèces contaminées sans l'équipement de protection approprié (par exemple, des gants en maille). Chez les porcs, la maladie peut provoquer des lésions différentes dont les principales caractéristiques, dans la phase aiguë de la maladie, sont les lésions cutanées en forme de losange et d'une couleur rouge, raison pour laquelle on l'appelle souvent le Mal Rouge (figure 2). Figura 2. La infección por Erysipelothrix rhusiopathiae en su forma aguda puede provocar lesiones en la piel con forma romboide que se asemejan a la forma de los diamantes, y que son características de la infección con esta bacteria. Fuente: Professor Dr. Reinhard Fries/ Freie Universität Berlin. Chez les humains, l'infection peut se circonscrire à une semaine ou deux. Elle peut cependant provoquer aussi une infection cutanée douloureuse (appelée érysipéloïde), souvent dans les mains, qui peut être facilement traitée à l'aide d'un antibiotique. Si elle n'est pas traitée, elle peut provoquer de la fièvre, des douleurs articulaires, une septicémie et, dans le pire des cas, le décès à cause d'une infection cardiaque. L'érysipèle porcine n'est plus un problème commun en Europe Centrale, car la vaccination contre les souches qui causent la maladie chez les truies et les primipares est disponible et largement administrée dans la plupart des exploitations. En plus, les équipements de protection dans les abattoirs est obligatoire et la population humaine est généralement saine, elle n'est donc pas vraiment susceptible. L'érysipèle en tant que maladie professionnelle chez des bouchers et des personnes qui manipulent de la viande crue semble être en train d'émerger dans des pays à revenus faibles et moyens (Musewa et coll., dans la presse) où les systèmes de production porcine sont moins rigoureux et où il y a des populations humaines à risque, à immunité potentiellement compromise (par ex., mauvaise nutrition ou présence de maladies compromettant le système immunitaire). La bactérie peut être facilement détruite par une coction appropriée, mais les salariés qui traitent de la viande crue de porc, y compris ceux qui la cuisinent, doivent prendre cela en considération. 2. Infection par Streptococcus suis Les porcs sains généralement portent la bactérie dans leur nez et leur bouche, dans leur appareil digestif et urogénital. Cependant, certaines souches (notamment le sérotype 2) causent une maladie grave chez le porc. Toute personne qui traite des porcs vivants (producteurs, vétérinaires, transporteurs, employés d'abattoir) ou de la viande de porc crue (employés d'abattoir, inspecteurs de viande, transporteurs et cuisiniers) peut être exposée. La bactérie rentre dans la peau humaine à travers de piqûres ou d'égratignures pratiquement invisibles et peut ensuite se reproduire dans le sang (Hughes et coll., 2009). Chez les humains, ceci peut provoquer une septicémie et une infection cérébrale qui, non traitée, peut provoquer une surdité permanente. Il semblerait qu'il y a des souches différentes dans des zones géographiques différentes, et les souches en Asie sont apparemment plus nocives pour les humains que les souches dans les pays occidentaux. Cependant, dans les pays industrialisés, il peut aussi y avoir des cas de mortalité. Aucun vaccin n'a été développé pour les porcs ni pour les humains, mais un traitement antibiotique peut être administré lorsque la maladie est diagnostiquée chez les porcs et/ou les humains. Conclusions Il y a beaucoup plus de maladies que les humains peuvent contracter à travers la consommation de viande de porc, appelées infections alimentaires, qui provoquent la maladie seulement lorsqu'elles sont ingérées à travers la consommation. Celles-ci incluent, entre autres, des infections par Campylobacter, Listeria, Salmonella, Yersinia ou Escherichia coli toxigène, certains complexes de Staphylococcus aureus et Mycobacterium avium intracellulare (MAIC). Lorsque les consommateurs préparent eux-mêmes la viande, chez eux, ils doivent observer des règles similaires à celles des chefs professionnels dans les restaurants : ne jamais utiliser les mêmes instruments pour couper des aliments crus et cuits, ou de la viande et des légumes, se protéger la peau des coupures et égratignures, éviter de se toucher la bouche et se laver les mains à l'eau chaude et au savon après avoir préparé les aliments. Vu 10265 fois Commentaires de l'article Cet espace n'est pas destiné a être une zone de consultation des auteurs mais c'est un lieu de discussionouverts à tous les utilisateurs de 3trois3. 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Les ambiances de la mort. Frayer une voie à la vengeance entre les cris, le sang et les larmes - Persée Saut au contenu Plan Les cris, le sang, la mort : quand le sens de l'ordinaire se dérobe « Quartier de merde » : l'empêtrement dans des histoires Ambiance d'apaisement : faire descendre Dieu ou l'art de temporiser Conclusion : l'être affecté par des ambiances de ravissement Figures Les ambiances de la mort. Frayer une voie à la vengeance entre les cris, le sang et les larmes [article] Kamel Boukir Communications Année 2018 102 pp. 169-184 Fait partie d’un numéro thématique : Exercices d'ambiances. Présences, enquêtes, écritures Résumés Référence bibliographique Boukir Kamel. Les ambiances de la mort. Frayer une voie à la vengeance entre les cris, le sang et les larmes. In: Communications , 102, 2018. Exercices d'ambiances. Présences, enquêtes, écritures. pp. 169-184. DOI : 10.3917/commu.102.0169 www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_2018_num_102_1_2899 BibTex RefWorks RIS (ProCite, Endnote, …) Cet article contient des illustrations pour lesquelles nous n’avons pas reçu d’autorisation de diffusion (en savoir plus) Avant de procéder à toute mise en ligne, les responsables des revues sollicitent les auteurs d’articles et d’illustrations pour obtenir leurs autorisations. Dans cet article, la personne disposant des droits sur les illustrations a dû refuser la diffusion libre et gratuite de son travail. Nous avons donc apposé des masques permettant de dissimuler l’illustration (et donc de satisfaire la demande de l’ayant droit) et de laisser un accès libre au texte de l’article. Kamel Boukir Les ambiances de la mort Frayer une voie à la vengeance entre les cris, le sang et les larmes Montrimond1 est une banlieue de la petite couronne parisienne. Bien qu''elle ne figure pas dans l''atlas des zones urbaines sensibles, la commune a d''après les acteurs locaux deux « quartiers difficiles » , le Belvédère et le Val. Chacun d''eux a ses « mecs de cité » qui en revendiquent l''affiliation. Territorial et amical, ce lien social ne cesse d''interroger les recherches urbaines. La violence y est souvent traitée comme fondement de la sociabilité ; pourtant, le lien social des « mecs de Montrimond » ne s''y résorbe pas tout entier. Bien que les « mecs de cité » soient engagés dans des échanges agonistiques récurrents, il reste que ces jeunes adultes (ils ont entre 24 et 30 ans) ne vivent pas, tels les gangs américains et sud-américains, « à l''ombre de la mort2 » . L''apologie de la violence y joue néanmoins un rôle décisif : relevant aussi bien du défi que de la fanfaronnade, elle participe d''un style expressif dont les jeunes sont de fervents adeptes. Ainsi, l''approche analytique par les ambiances permet de contourner l''écueil des discours sur la vengeance. En ce qu''elle nous ébranle, la vengeance repose sur un « sentiment vindicatif et haineux3 » . Celui-ci hante et habite par-devers soi. Seuls des événements circonstanciés sont capables de piquer à vif et, ce faisant, de produire les émotions et le sens moral qui sous-tendent les échanges de violence présidant à la vengeance en acte. Au revers de l''agir, il y a du pâtir. C''est pour cela que la « violence » phénoménalise mal le vécu : parce que derrière le mot il y a des hurlements, des coups, des couteaux, du sang, de la peur, de l''adrénaline, de la haine. Une mêlée, et un corps sans vie. Celui d''un être cher dont il faudra maintenant venger la mort. Ce chaos d''affects et de sentiments moraux peut s''analyser comme une séquence temporelle d''ambiances qui permettent d''affronter le choc de la mort, puis de la rendre signifiante et enfin de trouver une réparation acceptable. En deçà du commandement éthique, la vengeance se présente d''abord dans l''expérience comme un temps inaugural, celui de l''effroi. 169
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Elections locales en Namibie: victoire écrasante du parti au pouvoir Tirez le meilleur de Jeune Afrique. Complétez votre profil en quelques secondes pour recevoir nos newsletters et télécharger notre appli. Découvrir les avantages Elections locales en Namibie: victoire écrasante du parti au pouvoir Le parti au pouvoir en Namibie depuis 1990, la Swapo, a remporté une victoire écrasante aux élections locales et régionales de vendredi, remportant 92% des circonscriptions en jeu, ont annoncé des officiels lundi soir. Elections locales en Namibie: victoire écrasante du parti au pouvoir © AFP Par AFP Publié le 29 novembre 2010 Lecture : 1 minute. Fichier généré le Selon la télévision d’état Namibia Broadcasting Corporation (NBC), la Swapo (Organisation des peuples du Sud-ouest africain) a remporté 98 des 107 circonscriptions régionales en jeu, tandis que le Rassemblement pour la démocratie (RDP), fondé en 2007 et plus grand parti d’opposition n’en a conquis qu’une. Citant des résultats officiels de la commission électorale nationale, la NBC a précisé que la Swapo a également obtenu la majorité dans 33 des 44 assemblées locales. la suite après cette publicité « Notre parti n’a que trois ans et ce sont nos premières élections », a relativisé l’un de ses principales figures Nic Kruger, interrogé par l’AFP. M. Kruger a remporté le seul siège de conseiller régional enlevé par l’opposition dans la banlieue est de la capitale Windhoek, avec 130 voix d’avance sur son rival. la suite après cette publicité Le RDP, qui avait recueilli environ 10% des voix lors des élections législatives et présidentielle de novembre 2009, estime avoir également enlevé 3 des 15 sièges au conseil municipal de Windhoek contre 11 à la Swapo, soit un depuis qu’en 2004. Pour ces scrutins, 1,18 million d’électeurs sur 2 millions d’habitants étaient appelés à voter dans 107 circonscriptions électorales pour élire les responsables des 13 régions de ce pays semi-désertique d’Afrique australe. la suite après cette publicité La Matinale. Chaque matin, recevez les 10 informations clés de l’actualité africaine. Jeune Afrique utilise votre adresse e-mail afin de vous adresser des newsletters. Consultez notre politique de gestion des données personnelles AFP Les plus lus – Politique Militaires accusés de tentative de coup d’État au Mali : ce que l’on sait des procédures judiciaires Entre l’Algérie et la Tunisie, un accord militaire qui fait réagir Où est passé Pascal Tigri ? Révélations sur la cavale du chef des putschistes béninois Quelles sont les villes les plus sûres d’Afrique ? Comment Alger a tenté jusqu’au bout de court-circuiter l’inscription du caftan marocain au patrimoine de l’Unesco Contenus partenaires Sur le même sujet Législatives en Côte d’Ivoire : Adama Bictogo et Dia Houphouët à l’assaut de Yopougon Fuite d’Issa Tchiroma Bakary : l’armée camerounaise cherche encore les responsables En Algérie, le film sur l’émir Abdelkader tourne à l’affaire d’État CAN 2025 : le Maroc s’impose avec la manière dans son match d’ouverture Autour d’Alain Nkontchou, le cercle qui accompagne le futur actionnaire de référence d’Ecobank
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LOI n° 2022-296 du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France (1) - Légifrance LOI n° 2022-296 du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France (1) NOR : MENX2105502L Accéder à la version consolidée ELI : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2022/3/2/MENX2105502L/jo/texte Alias : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2022/3/2/2022-296/jo/texte JORF n°0052 du 3 mars 2022 Texte n° 2 Extrait du Journal officiel électronique authentifié PDF - 366,1 Ko Dossier Législatif : LOI n° 2022-296 du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France / Échéancier d'application Recherche simple dans le code Rechercher dans le texte... Réinitialiser ChronoLégi Version à la date ou du (JJ/MM/AAAA) July 2015 lu ma me je ve sa di Javascript must be enabled Choisir la date Go to previous month Go to next month Go to previous year Go to next year Close the date picker Version initiale Naviguer dans le sommaire Titre Ier : RELATIF AU DÉVELOPPEMENT DE LA PRATIQUE POUR LE PLUS GRAND NOMBRE (Articles 1 à 28) Article 1 Article 2 Article 3 Article 4 Article 5 Article 6 Article 7 Article 8 Article 9 Article 10 Article 11 Article 12 Article 13 Article 14 Article 15 Article 16 Article 17 Article 18 Article 19 Article 20 Article 21 Article 22 Article 23 Article 24 Article 25 Article 26 Article 27 Article 28 Titre II : RELATIF AU RENOUVELLEMENT DU CADRE DE LA GOUVERNANCE DES FÉDÉRATIONS, DE LEURS INSTANCES DÉCONCENTRÉES, DES LIGUES PROFESSIONNELLES ET DES ORGANISMES DE REPRÉSENTATION ET DE CONCILIATION (Articles 29 à 44) Article 29 Article 30 Article 31 Article 32 Article 33 Article 34 Article 35 Article 36 Article 37 Article 38 Article 39 Article 40 Article 41 Article 42 Article 43 Article 44 Titre III : RELATIF AU MODÈLE ÉCONOMIQUE SPORTIF (Articles 45 à 59) Article 45 Article 46 Article 47 Article 48 Article 49 Article 50 Article 51 Article 52 Article 53 Article 54 Article 55 Article 56 Article 57 Article 58 Article 59 L'Assemblée nationale et le Sénat ont délibéré, L'Assemblée nationale a adopté, Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit : Titre Ier : RELATIF AU DÉVELOPPEMENT DE LA PRATIQUE POUR LE PLUS GRAND NOMBRE (Articles 1 à 28) Article 1 I.-L'article L. 311-1 du code de l'action sociale et des familles est ainsi modifié : 1° Au 6°, après le mot : « culturel, », sont insérés les mots : « à la pratique d'activités physiques et sportives et d'activités physiques adaptées, au sens de l'article L. 1172-1 du code de la santé publique, » ; 2° Après le même 6°, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : « Les actions mentionnées au 6° du présent article comprennent l'information des personnes accueillies ou prises en charge par les établissements et services médico-sociaux quant à l'offre d'activités physiques et sportives et d'activités physiques adaptées, au sens de l'article L. 1172-1 du code de la santé publique, assurées en leur sein, à proximité de ces établissements et services ou à proximité du lieu de résidence de ces personnes. » ; 3° Au début du huitième alinéa, les mots : « Ces missions » sont remplacés par les mots : « Les missions mentionnées aux 1° à 6° du présent article ». II.-La section 2 du chapitre Ier du titre Ier du livre III du code de l'action sociale et des familles est complétée par un article L. 311-12 ainsi rédigé : « Art. L. 311-12.-Chaque établissement social et médico-social désigne parmi ses personnels un référent pour l'activité physique et sportive. Les modalités de sa désignation et de sa formation continue ainsi que ses missions sont définies par décret. » III.-Le deuxième alinéa de l'article L. 313-11 du code de l'action sociale et des familles est complété par une phrase ainsi rédigée : « Les objectifs mentionnés au présent alinéa tiennent compte des missions de l'action sociale et médico-sociale mentionnées au 6° de l'article L. 311-1. » Versions Liens relatifs Article 2 L'article L. 1172-1 du code de la santé publique est ainsi modifié : 1° Au premier alinéa, les mots : « patients atteints d'une affection de longue durée » sont remplacés par les mots : « personnes atteintes d'une affection de longue durée ou d'une maladie chronique ou présentant des facteurs de risques et des personnes en perte d'autonomie » et le mot : « traitant » est remplacé par les mots : « intervenant dans la prise en charge » ; 2° Le second alinéa est ainsi modifié : a) Après le mot : « dispensées », sont insérés les mots : « par des personnes qualifiées, » ; b) Est ajoutée une phrase ainsi rédigée : « Un décret fixe la liste des maladies chroniques, des facteurs de risque et des situations de perte d'autonomie ouvrant droit à la prescription d'activités physiques adaptées. » Versions Liens relatifs Article 3 Le Gouvernement présente au Parlement, avant le 1er septembre 2022, un rapport sur la prise en charge par l'assurance maladie des séances d'activités physiques adaptées prescrites en application de l'article L. 1172-1 du code de la santé publique. Versions Article 4 Avant le dernier alinéa de l'article L. 4321-1 du code de la santé publique, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : « Le masseur-kinésithérapeute peut renouveler et adapter, sauf indication contraire du médecin, les prescriptions médicales initiales d'activité physique adaptée, dans des conditions définies par décret. » Versions Liens relatifs Article 5 I.-Le titre VII du livre Ier de la première partie du code de la santé publique est complété par un chapitre III ainsi rédigé : « Chapitre III « Maisons sport-santé « Art. L. 1173-1.-I.-Afin de faciliter et de promouvoir l'accès à l'activité physique et sportive à des fins de santé et à l'activité physique adaptée au sens de l'article L. 1172-1, la maison sport-santé assure des activités : « 1° D'accueil, d'information et d'orientation du public concernant la pratique de ces activités ; « 2° De mise en réseau et de formation des professionnels de santé, du social, du sport et de l'activité physique adaptée. « Les activités et les modalités de fonctionnement et d'évaluation de ces maisons sport-santé sont précisées par un cahier des charges défini par arrêté conjoint des ministres chargés de la santé et des sports. « II.-Les maisons sport-santé sont habilitées par l'autorité administrative. Les conditions et les modalités de cette habilitation ainsi que de son renouvellement, son retrait ou sa suspension sont définies par voie réglementaire. » II.-Les maisons sport-santé en activité avant la publication de la présente loi peuvent continuer leur activité et sont tenues de se mettre en conformité avec le cahier des charges mentionné au I de l'article L. 1173-1 du code de la santé publique avant le 1er janvier 2024. III.-Le I entre en vigueur le 1er janvier 2023. Versions Liens relatifs Article 6 Le chapitre V du titre II du livre II du code de commerce est ainsi modifié : 1° A la fin de la première phrase du premier alinéa de l'article L. 225-35, les mots : « prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux » sont remplacés par les mots : « considérant les enjeux sociaux, environnementaux, culturels et sportifs » ; 2° A la fin de la troisième phrase du premier alinéa de l'article L. 225-64, les mots : « prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux » sont remplacés par les mots : « considérant les enjeux sociaux, environnementaux, culturels et sportifs ». Versions Article 7 L'article L. 100-1 du code du sport est ainsi rédigé : « Art. L. 100-1.-Le développement du sport pour tous et le soutien aux sportifs de haut niveau et aux équipes de France dans les compétitions internationales sont d'intérêt général. « La pratique des activités physiques et sportives participe à la réalisation des objectifs de développement durable inscrits au Programme de développement durable à l'horizon 2030, adopté le 25 septembre 2015 par l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies. « Cette pratique fait partie intégrante de l'éducation et de la culture. Elle s'exerce dans le respect des principes de la République et contribue à l'intégration sociale, à la solidarité intergénérationnelle et à l'apprentissage de la citoyenneté et de la vie démocratique. « Elle constitue une dimension nécessaire des politiques publiques ayant notamment pour but l'égalité des chances, la préservation et la restauration de la santé et du bien-être moral et physique des individus et, plus généralement, l'épanouissement de la personne et le progrès collectif. « La loi favorise un égal accès aux activités physiques et sportives, sans discrimination fondée sur le sexe, l'identité de genre, l'orientation sexuelle, l'âge, le handicap, l'appartenance, vraie ou supposée, à une nation ou à une ethnie, la religion, la langue, la condition sociale, les opinions politiques ou philosophiques ou tout autre statut. » Versions Article 8 Après le deuxième alinéa de l'article L. 100-2 du code du sport, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : « Ils veillent également à prévenir et à lutter contre toutes formes de violence et de discrimination dans le cadre des activités physiques et sportives. » Versions Article 9 L'article L. 221-1 du code du sport est complété une phrase ainsi rédigée : « Ils participent au développement de la pratique sportive pour toutes et tous. » Versions Article 10 Le titre Ier du livre II du code de l'éducation est ainsi modifié : 1° L'article L. 212-4 est complété par un alinéa ainsi rédigé : « Lors de la création d'une école publique, un accès indépendant aux locaux et aux équipements affectés à la pratique d'activités physiques ou sportives est aménagé. Un tel accès est également aménagé à ces locaux et équipements qui font l'objet de travaux importants de rénovation, lorsque le coût de cet aménagement est inférieur à un pourcentage, fixé par décret en Conseil d'Etat, du coût total des travaux de rénovation. Ce décret en Conseil d'Etat fixe également les conditions d'application du présent alinéa. » ; 2° L'article L. 213-2 est complété par un alinéa ainsi rédigé : « Lors de la création d'un collège public, un accès indépendant aux locaux et aux équipements affectés à la pratique d'activités physiques ou sportives est aménagé. Un tel accès est également aménagé à ces locaux et équipements qui font l'objet de travaux importants de rénovation, lorsque le coût de cet aménagement est inférieur à un pourcentage, fixé par décret en Conseil d'Etat, du coût total des travaux de rénovation. Ce décret en Conseil d'Etat fixe également les conditions d'application du présent alinéa. » ; 3° La première phrase du premier alinéa de l'article L. 213-2-2 est ainsi modifiée : a) Après le mot : « pratiques », il est inséré le mot : « sportives, » ; b) Sont ajoutés les mots : « et par des établissements d'enseignement supérieur » ; 4° Après le II de l'article L. 214-4, il est inséré un II bis ainsi rédigé : « II bis.-Lors de la création d'un établissement public local d'enseignement, un accès indépendant aux équipements prévus au I est aménagé. « Un accès indépendant est également aménagé aux équipements prévus au même I qui font l'objet de travaux importants de rénovation, lorsque le coût de cet aménagement est inférieur à un pourcentage, fixé par décret en Conseil d'Etat, du coût total des travaux de rénovation. « Ce décret en Conseil d'Etat détermine également les conditions d'application du présent II bis. » ; 5° La première phrase du premier alinéa de l'article L. 214-6-2 est ainsi modifiée : a) Après le mot : « pratiques », il est inséré le mot : « sportives, » ; b) Sont ajoutés les mots : «, par des établissements d'enseignement supérieur ». Versions Article 11 La seconde phrase de l'article L. 841-1 du code de l'éducation est ainsi modifiée : 1° Après le mot : « avec », sont insérés les mots : « des associations, notamment » ; 2° Les deux dernières occurrences du mot : « les » sont remplacées par le mot : « des ». Versions Article 12 L'article L. 312-2 du code du sport est ainsi modifié : 1° Après le premier alinéa, sont insérés trois alinéas ainsi rédigés : « Sous la responsabilité des ministres chargés de l'éducation et des sports, il est établi un recensement par académie des lieux publics, des locaux et des équipements susceptibles de répondre aux besoins de l'enseignement de l'éducation physique et sportive ainsi que de la pratique des activités physiques et sportives volontaires des élèves mentionnées à l'article L. 552-1 du code de l'éducation. « Le recensement mentionné au deuxième alinéa du présent article est transmis aux collectivités territoriales et aux établissements publics de coopération intercommunale pour l'établissement du plan local sportif mentionné à l'article L. 113-4 et aux conférences régionales du sport mentionnées à l'article L. 112-14. « Il a lieu avant le 1er janvier 2023. Il est mis à jour tous les deux ans. » ; 2° A l'avant-dernier alinéa, les mots : « dispositions de l'alinéa précédent » sont remplacés par les références : « quatre premiers alinéas ». Versions Article 13 La section 2 du chapitre II du titre II du livre Ier de la deuxième partie du code général de la propriété des personnes publiques est complétée par une sous-section 4 ainsi rédigée : « Sous-section 4 « Dispositions applicables à l'usage des locaux et des équipements de l'Etat et de ses établissements publics affectés à la pratique d'activités physiques et sportives « Art. L. 2122-22.-Sous leur responsabilité et, le cas échéant, après avis des instances consultatives compétentes ou accord de la collectivité territoriale propriétaire des bâtiments, les ministres ou les présidents des établissements publics relevant de l'Etat peuvent autoriser l'utilisation de locaux et d'équipements affectés à la pratique d'activités physiques ou sportives, pendant les heures ou les périodes au cours desquelles ils ne sont pas utilisés pour le fonctionnement des services. Cette utilisation favorise la pratique sportive féminine. « L'autorisation prévue au premier alinéa peut être accordée aux établissements scolaires, aux établissements d'enseignement supérieur et aux associations pour l'organisation d'activités physiques et sportives. Elle est subordonnée à la conclusion d'une convention entre le représentant de l'Etat dans le département ou le représentant de l'établissement public et la personne physique ou morale organisant ces activités. La convention précise notamment les obligations pesant sur l'organisateur en ce qui concerne l'application des règles de sécurité, la prise en charge des responsabilités et de la réparation des dommages éventuels ainsi que les conditions financières de l'utilisation des locaux et des équipements. Les activités organisées doivent être compatibles avec la nature des installations, l'aménagement des locaux et le fonctionnement normal du service. « Un décret détermine les conditions d'application du présent article. » Versions Article 14 Le chapitre III du titre Ier du livre Ier du code du sport est complété par un article L. 113-4 ainsi rédigé : « Art. L. 113-4.-Les communes et les établissements publics de coopération intercommunale mentionnés à l'article L. 5211-28 du code général des collectivités territoriales peuvent établir un plan sportif local afin de formaliser et d'ordonner les orientations et actions visant à la promotion et au développement de la pratique des activités physiques et sportives sur leur territoire. Le plan tend à l'organisation d'un parcours sportif diversifié tout au long de la vie pour l'ensemble des publics, par la coopération et la mutualisation des ressources humaines et matérielles de la vie sportive locale. Le plan intègre une réflexion sur le développement de la pratique sportive féminine, du sport adapté et du handisport. Il favorise les initiatives environnementales et d'intégration sociale et professionnelle par le sport. « Les communes et les établissements publics de coopération intercommunale associent notamment à l'élaboration du plan sportif local mentionné au premier alinéa du présent article : « 1° Les représentants du mouvement sportif ; « 2° Les représentants des associations œuvrant au développement des activités physiques et sportives ; « 3° Les représentants des services de l'Etat compétents en matière de conduite des politiques de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale ; « 4° Les personnes physiques et morales intéressées par le développement du sport, en particulier les organisations professionnelles représentatives du monde économique ; « 5° Les représentants des associations sportives scolaires des premier et second degrés et de la communauté éducative ; « 6° Les représentants du handicap ; « 7° Les représentants des établissements d'enseignement supérieur ; « 8° Les représentants des établissements et services médico-sociaux ; « 9° Les représentants des établissements publics de santé. « Le plan sportif local mentionné au premier alinéa peut donner lieu à la conclusion de contrats pluriannuels avec une ou plusieurs des personnes physiques ou morales consultées pour son élaboration. Les contrats déterminent les actions et les ressources que leurs signataires peuvent engager afin d'atteindre les objectifs fixés par le plan sportif local. « Les plans sportifs locaux, lors de leur élaboration, prennent en compte le projet sportif territorial défini par la conférence régionale du sport, mentionné à l'article L. 112-14. « Un décret détermine les conditions d'application du présent article. » Versions Article 15 Le chapitre II du titre V du livre V du code de l'éducation est ainsi modifié : 1° L'article L. 552-2 est ainsi modifié : a) Au début du premier alinéa, est ajoutée la mention : « I.-» ; b) Il est ajouté un II ainsi rédigé : « II.-Dans les établissements du premier degré, l'Etat et les collectivités territoriales qui participent au plan sportif local mentionné à l'article L. 113-4 du code du sport favorisent, dans le cadre d'une alliance éducative territoriale, l'organisation d'activités de nature à susciter l'engagement des élèves dans le cadre de projets culturels, sportifs, artistiques ou citoyens. Ces activités peuvent donner lieu à la création d'associations dans chaque établissement du premier degré. » ; 2° A la première phrase de l'article L. 552-3, les mots : « visés à » sont remplacés par les mots : « mentionnées au I de ». Versions Article 16 Au deuxième alinéa de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme, après le mot : « équipements », sont insérés les mots : «, notamment sportifs, ». Versions Article 17 Après l'article L. 321-3 du code de l'éducation, il est inséré un article L. 321-3-1 ainsi rédigé : « Art. L. 321-3-1.-Outre le programme d'enseignement de l'éducation physique et sportive, l'Etat garantit une pratique quotidienne minimale d'activités physiques et sportives au sein des écoles primaires. « Un décret fixe les conditions d'application du présent article. » Versions Article 18 L'article L. 312-2 du code de l'éducation est complété par un alinéa ainsi rédigé : « Les programmes scolaires comportent l'enseignement de l'aisance aquatique. » Versions Article 19 Le code de l'éducation est ainsi modifié : 1° Après le deuxième alinéa de l'article L. 321-4, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : « Des aménagements appropriés et des actions de soutien sont prévus au profit des élèves manifestant des aptitudes sportives particulières, en vue de la pratique sportive d'excellence et d'accession au haut niveau. La scolarité peut être adaptée en fonction du rythme d'apprentissage de l'élève et de ses évènements sportifs. » ; 2° Après le troisième alinéa de l'article L. 332-4, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : « Des aménagements appropriés et des actions de soutien sont prévus au profit des élèves manifestant des aptitudes sportives particulières, en vue de la pratique sportive d'excellence et d'accession au haut niveau. La scolarité peut être adaptée en fonction du rythme d'apprentissage de l'élève et de ses évènements sportifs. » Versions Article 20 Le troisième alinéa de l'article L. 212-13 du code du sport est complété par une phrase ainsi rédigée : « Dans le cas où l'intéressé fait l'objet de poursuites pénales, la mesure d'interdiction temporaire d'exercer auprès de mineurs s'applique jusqu'à l'intervention d'une décision définitive rendue par la juridiction compétente. » Versions Article 21 Après la troisième phrase du neuvième alinéa de l'article L. 721-2 du code de l'éducation, est insérée une phrase ainsi rédigée : « Ils forment les futurs enseignants du premier degré à la promotion des activités physiques et sportives comme facteurs de santé publique. » Versions Article 22 I.-L'article L. 112-14 du code du sport est ainsi modifié : 1° Le premier alinéa est complété par les mots : « et les organismes représentant les personnes en situation de handicap » ; 2° Au deuxième alinéa, après la seconde occurrence du mot : « sport », sont insérés les mots : « et les plans sportifs locaux de son ressort territorial prévus à l'article L. 113-4, » ; 3° Au 6°, après le mot : « développement », sont insérés les mots : « et la promotion » et le mot : « adaptées » est remplacé par le mot : « destinées » ; 4° Au 7°, après la première occurrence du mot : « de », sont insérés les mots : «, la formation » ; 5° Après le 8°, sont insérés des 9° à 13° ainsi rédigés : « 9° Les savoirs sportifs fondamentaux ; « 10° Le sport santé ; « 11° L'intégration sociale et professionnelle par le sport ; « 12° La promotion de l'inclusion et le développement des activités physiques et sportives adaptées aux besoins particuliers des personnes ; « 13° Le développement durable. » ; 6° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé : « Au sens du présent article, les savoirs sportifs fondamentaux mentionnés au 9° désignent l'ensemble des connaissances, compétences et aptitudes susceptibles de permettre la pratique d'une activité physique ou sportive de manière autonome et en toute sécurité, notamment le savoir-nager et le savoir-rouler-à-vélo. Relève de la pratique du sport santé mentionné au 10° toute pratique d'activités physiques ou sportives qui contribuent au bien-être et à la santé physique, mentale et sociale du pratiquant, conformément à la définition de la santé retenue par l'Organisation mondiale de la santé, ainsi qu'à la prévention des maladies. » II.-Le premier alinéa de l'article L. 321-3 du code de l'éducation est complété par une phrase ainsi rédigée : « Cette formation participe à l'apprentissage de l'autonomie et des règles de sécurité grâce à l'acquisition des savoirs sportifs fondamentaux définis à l'article L. 112-14 du code du sport. » Versions Article 23 Le code du sport est ainsi modifié : 1° Les I et II de l'article L. 231-2 sont ainsi rédigés : « I.-Pour les personnes majeures, la délivrance ou le renouvellement d'une licence par une fédération sportive peut être subordonné à la présentation d'un certificat médical permettant d'établir l'absence de contre-indication à la pratique de la discipline concernée. « II.-Après avis simple d'un organe collégial compétent en médecine, les fédérations mentionnées à l'article L. 131-8 fixent dans leur règlement fédéral : « 1° Les conditions dans lesquelles un certificat médical peut être exigé pour la délivrance ou le renouvellement de la licence ; « 2° La nature, la périodicité et le contenu des examens médicaux liés à l'obtention de ce certificat, en fonction des types de participants et de pratique. » ; 2° Les II à IV de l'article L. 231-2-1 sont remplacés par des II à VI ainsi rédigés : « II.-Pour les personnes majeures non licenciées, l'inscription peut être subordonnée à la présentation d'un certificat médical établissant l'absence de contre-indication à la pratique de la discipline concernée. « III.-Après avis simple d'un organe collégial compétent en médecine, les fédérations mentionnées à l'article L. 131-8 fixent dans leur règlement fédéral : « 1° Les conditions dans lesquelles un certificat médical peut être exigé ; « 2° La nature, la périodicité et le contenu des examens médicaux liés à l'obtention de ce certificat, en fonction des types de participants et de pratique ; « 3° La liste des licences délivrées par d'autres fédérations agréées ou délégataires permettant de participer aux compétitions sportives qu'elles organisent ou autorisent ou qui sont soumises à autorisation pour les personnes majeures. « IV.-Par dérogation aux II et III du présent article, lorsqu'une compétition sportive organisée ou autorisée par une fédération sportive agréée ou soumise à autorisation pour les personnes majeures a lieu, pour la partie en territoire français, sur le territoire d'un ou de plusieurs départements frontaliers, les participants sont soumis à la réglementation de leur lieu de résidence quant aux conditions d'inscription. « V.-Pour les personnes mineures non licenciées, sans préjudice de l'article L. 231-2-3, l'inscription est subordonnée au renseignement d'un questionnaire relatif à l'état de santé du sportif mineur, réalisé conjointement par le mineur et par les personnes exerçant l'autorité parentale. « Lorsqu'une réponse au questionnaire de santé conduit à un examen médical, l'inscription à une compétition sportive nécessite la présentation d'un certificat médical attestant l'absence de contre-indication à la pratique sportive. « VI.-Un décret précise les modalités de mise en œuvre du présent article. » Versions Liens relatifs Article 24 Après le premier alinéa de l'article L. 231-2-3 du code du sport, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : « Le décret mentionné au premier alinéa est pris après avis des fédérations sportives concernées. » Versions Liens relatifs Article 25 La loi n° 2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine est ainsi modifiée : 1° Au 2° du I de l'article 1er, après le mot : « culture, », sont insérés les mots : « au sport, » ; 2° L'article 6 est ainsi modifié : a) Le I est ainsi modifié : -à la première phrase du premier alinéa, les mots : « et ses établissements publics » sont remplacés par les mots : «, ses établissements publics et les groupements d'intérêt public dont il est membre » ; -au deuxième alinéa, après le mot : « supérieur », sont insérés les mots : «, le Comité national olympique et sportif français, le Comité paralympique et sportif français, les fédérations sportives agréées » ; b) Après le VI, il est inséré un VI bis ainsi rédigé : « VI bis.-Les contrats de ville conclus après la promulgation de la loi n° du visant à démocratiser le sport en France définissent des actions stratégiques dans le domaine du sport. » Versions Article 26 A l'article L. 611-9 du code de l'éducation, après le mot : « professionnelle, », sont insérés les mots : « d'une activité sportive exercée par les personnes inscrites sur les listes mentionnées à l'article L. 221-2 du code du sport, ». Versions Article 27 Au deuxième alinéa du III de l'article L. 225-102-1 du code de commerce, après le mot : « diversités », sont insérés les mots : «, aux actions visant à promouvoir la pratique d'activités physiques et sportives ». Versions Article 28 Le Gouvernement remet au Parlement, dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, un rapport sur les voies d'accès aux parcours sportifs de haut niveau en outre-mer, avec pour objectif d'éviter le déracinement précoce des jeunes talents. Ce rapport envisage le renforcement des moyens des centres de ressources d'expertise et de performance sportive et des structures territoriales dédiées au sport, de l'Institut martiniquais du sport en Martinique et de l'Institut de formation et d'accès aux sports en Guyane et leur intégration à une réelle dynamique de performance au sein du réseau Grand Institut national du sport, de l'expertise et de la performance. Versions Titre II : RELATIF AU RENOUVELLEMENT DU CADRE DE LA GOUVERNANCE DES FÉDÉRATIONS, DE LEURS INSTANCES DÉCONCENTRÉES, DES LIGUES PROFESSIONNELLES ET DES ORGANISMES DE REPRÉSENTATION ET DE CONCILIATION (Articles 29 à 44) Article 29 I.-Les 1 à 3 du II de l'article L. 131-8 du code du sport sont ainsi rédigés : « 1. Les statuts prévoient les conditions dans lesquelles est garanti le fait que, dans les instances dirigeantes de la fédération, l'écart entre le nombre d'hommes et le nombre de femmes n'est pas supérieur à un. « 2. Les statuts prévoient les conditions dans lesquelles est garanti le fait que, dans les instances dirigeantes des organes régionaux, l'écart entre le nombre d'hommes et le nombre de femmes n'est pas supérieur à un. « 3. La proportion de licenciés de chacun des deux sexes est appréciée, au niveau national, sans considération d'âge ni d'aucune autre condition d'éligibilité aux instances dirigeantes. » II.-A.-Le 1 du II de l'article L. 131-8 du code du sport, dans sa rédaction résultant de la présente loi, est applicable à compter du premier renouvellement des instances dirigeantes des fédérations postérieur au 1er janvier 2024. B.-Le 2 du II de l'article L. 131-8 du code du sport, dans sa rédaction résultant de la présente loi, est applicable à compter du premier renouvellement des instances dirigeantes des fédérations postérieur au 1er janvier 2028. Versions Article 30 Le premier alinéa du I de l'article L. 131-8 du code du sport est complété par deux phrases ainsi rédigées : « La délivrance ou le renouvellement de l'agrément est, en outre, subordonné à la capacité de la fédération à participer à la mise en œuvre de la politique publique du sport. Cette capacité est appréciée discrétionnairement par le ministre chargé des sports. » Versions Article 31 Après le II de l'article L. 131-8 du code du sport, il est inséré un II bis ainsi rédigé : « II bis.-Les statuts mentionnés au I prévoient également les conditions dans lesquelles les instances dirigeantes de la fédération se prononcent, dans un délai de deux mois à compter de l'élection de son président, sur le principe et le montant des indemnités allouées à celui-ci au titre de l'exercice de ses fonctions. » Versions Article 32 I.-Le titre IV du livre Ier du code du sport est ainsi modifié : 1° Le dernier alinéa de l'article L. 141-1 est complété par une phrase ainsi rédigée : « Son bureau est composé à parité de femmes et d'hommes. » ; 2° L'article L. 141-6 est complété par une phrase ainsi rédigée : « Son bureau est composé à parité de femmes et d'hommes. » II.-Le 2° du I du présent article s'applique à compter du premier renouvellement du bureau du Comité paralympique et sportif français mentionné à l'article L. 141-6 du code du sport postérieur à la publication de la présente loi. Versions Article 33 I.-Après l'article L. 131-5 du code du sport, il est inséré un article L. 131-5-1 ainsi rédigé : « Art. L. 131-5-1.-Les dispositions obligatoires des statuts des fédérations prévoient : « 1° Que l'assemblée générale élective est composée au minimum du président ou du dirigeant, ou de l'un de ses membres dûment mandaté en cas d'empêchement de ce dernier, de chaque membre de ladite fédération représentant au minimum 50 % du collège électoral et au minimum 50 % des voix de chaque scrutin à partir de l'année 2024 ; « 2° Que le président de la fédération et les membres de l'organe collégial d'administration sont élus par les membres de l'assemblée générale. « Les statuts des fédérations peuvent prévoir que les règles de composition de l'assemblée générale élective fixées au présent article déterminent la composition des assemblées générales ordinaires. » II.-Après l'article L. 131-15-2 du code du sport, il est inséré un article L. 131-15-3 ainsi rédigé : « Art. L. 131-15-3.-Les statuts des fédérations délégataires prévoient les modalités selon lesquelles les sportifs de haut niveau participent aux instances dirigeantes de la fédération. Ils créent à cet effet une commission des sportifs de haut niveau, composée de membres élus par leurs pairs, qui désigne deux représentants, un homme et une femme, pour siéger dans les instances dirigeantes de la fédération délégataire, avec voix délibérative. « Des représentants des entraîneurs et des arbitres, élus par leurs pairs, siègent avec voix délibérative au sein de l'organe collégial d'administration de la fédération délégataire. « La part des sièges réservés au sein des instances dirigeantes de la fédération à des licenciés ayant une qualité particulière ne peut représenter plus de 25 %. » III.-Les I et II du présent article entrent en vigueur le 1er janvier 2024. Versions Article 34 Le 3° de l'article L. 131-15 du code du sport est ainsi rédigé : « 3° Proposent un projet de performance fédéral constitué d'un programme d'excellence sportive, d'un programme d'accession au haut niveau comprenant notamment des mesures visant à favoriser la détection, y compris en dehors du territoire national, des sportifs susceptibles d'être inscrits sur les listes mentionnées au 4° et d'un programme d'accompagnement à la reconversion professionnelle des sportifs de haut niveau ; ». Versions Article 35 L'article L. 321-4 du code du sport est complété par un alinéa ainsi rédigé : « Elles informent également leurs adhérents de l'existence de garanties relatives à l'accompagnement juridique et psychologique ainsi qu'à la prise en charge des frais de procédure engagés par les victimes de violences sexuelles, physiques et psychologiques. » Versions Article 36 Le 1° de l'article L. 131-5 du code du sport est ainsi rédigé : « 1° Le nombre des représentants des organismes affiliés ou agréés est proportionnel aux nombres d'adhérents de chacune des catégories, lorsque cette catégorie représente au moins 10 % des membres de l'assemblée générale ; ». Versions Article 37 L'article L. 141-3 du code du sport est ainsi rédigé : « Art. L. 141-3.-Le Comité national olympique et sportif français veille au respect de l'éthique et de la déontologie du sport définies dans une charte établie par lui. » Versions Article 38 I.-Après le II de l'article L. 131-8 du code du sport, il est inséré un II ter ainsi rédigé : « II ter.-Les statuts mentionnés au I du présent article prévoient que le nombre de mandats de plein exercice exercés par un même président ne peut excéder le nombre de trois. Cette limite s'applique aussi aux présidents des organes régionaux des fédérations mentionnées au présent article. » II.-L'article L. 132-1 du code du sport est complété par un alinéa ainsi rédigé : « Les statuts de la ligue professionnelle prévoient que le nombre de mandats de plein exercice exercés par un même président de ligue professionnelle ne peut excéder le nombre de trois. » III.-Le présent article est applicable à compter du premier renouvellement des mandats de président de la fédération, de président de l'un de ses organes régionaux ou de président de ligue professionnelle postérieur au 1er janvier 2024. Pour l'application de la limitation prévue au II ter de l'article L. 131-8 du code du sport, est considéré le nombre des mandats exercés à cette date. A titre dérogatoire, un président dont le troisième mandat est en cours à la date de la promulgation de la présente loi peut être candidat à un quatrième mandat et, le cas échéant, exercer celui-ci pour la période courant jusqu'au 31 décembre 2028. Versions Article 39 I.-Le III bis de l'article 11 de la loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique est ainsi modifié : 1° Au 1°, après le mot : « présidents », sont insérés les mots : «, vice-présidents, trésoriers et secrétaires généraux » ; 2° Aux 2° et 3°, après le mot : « président », sont insérés les mots : «, au vice-président, au trésorier et au secrétaire général ». II.-Le second alinéa de l'article L. 131-15-1 du code du sport est remplacé par deux alinéas ainsi rédigés : « Elles instituent en leur sein un comité d'éthique, dont elles garantissent l'indépendance. Ce comité veille à l'application de la charte mentionnée au premier alinéa du présent article ainsi qu'au respect des règles d'éthique, de déontologie, de prévention et de traitement des conflits d'intérêts qu'elle définit. Il saisit le cas échéant les organes disciplinaires compétents. « Le comité d'éthique est compétent pour déterminer la liste des membres des instances dirigeantes nationales et régionales des fédérations délégataires ainsi que des commissions mentionnées dans les statuts prévus à l'article L. 131-8, des ligues professionnelles et des organismes mentionnés à l'article L. 132-2 qui lui adressent une déclaration faisant apparaître les intérêts détenus à la date de leur nomination, au cours des cinq années précédant cette date et, au moyen de déclarations rectificatives, jusqu'à la fin de l'exercice de leur mandat. Il saisit la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique de toute difficulté concernant ces déclarations d'intérêts. » Versions Article 40 L'article L. 211-7 du code du sport est complété par un alinéa ainsi rédigé : « Ils comprennent également un enseignement sur la prévention et la lutte contre toutes formes de violence et de discrimination dans le cadre des activités physiques et sportives, en particulier contre les violences sexuelles. » Versions Article 41 A l'article L. 332-17 du code du sport, les mots : « autre association ayant pour objet social la lutte contre le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme et » sont remplacés par les mots : « association mentionnée aux articles 48-1,48-4,48-5 ou 48-6 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, ». Versions Article 42 Au premier alinéa de l'article L. 332-7 du code du sport, les mots : « rappelant une idéologie raciste ou xénophobe » sont remplacés par les mots : « incitant à la haine ou à la discrimination à l'encontre de personnes à raison de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, de leur sexe ou de leur appartenance, réelle ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Versions Article 43 La section 2 du chapitre Ier du titre III du livre Ier du code du sport est complétée par un article L. 131-13-1 ainsi rédigé : « Art. L. 131-13-1.-Dans les collectivités régies par les articles 73 et 74 de la Constitution et en Nouvelle-Calédonie, les statuts mentionnés au I de l'article L. 131-8 du présent code peuvent permettre l'affiliation de toute ligue ou de tout comité sportif à la fédération régionale de la même discipline, sous réserve que la fédération régionale soit elle-même reconnue par la fédération internationale et avec l'accord préalable de la fédération sportive à laquelle il est affilié. « Les ligues et comités sportifs affiliés à une fédération régionale peuvent organiser des compétitions ou des manifestations sportives internationales à caractère régional, constituer des équipes en vue de participer à de telles compétitions ou manifestations et intégrer les organisations internationales, dès lors que leurs statuts le permettent et que la fédération sportive nationale à laquelle ils sont affiliés ne s'y oppose pas par une décision motivée, valable pour une durée maximale de trois mois. Ils veillent au respect des dispositions du présent code en matière de participation à des compétitions internationales. Les sportifs concourent au nom de la France et, éventuellement, du territoire ou de la collectivité dont relève la ligue ou le comité sportif dont ils sont licenciés. » Versions Article 44 A la deuxième phrase du premier alinéa de l'article L. 131-6 du code du sport, les mots : « sportives qui s'y rapportent » sont remplacés par les mots : « que la fédération et ses structures affiliées organisent ». Versions Titre III : RELATIF AU MODÈLE ÉCONOMIQUE SPORTIF (Articles 45 à 59) Article 45 Le code du sport est ainsi modifié : 1° L'article L. 141-5 est ainsi modifié : a) Au II, après la référence : « I », sont insérés les mots : « ou leurs traductions » ; b) Il est ajouté un III ainsi rédigé : « III.-Par exception au II et pour les faits commis entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2024, les droits et actions découlant du présent article sont exercés par le comité d'organisation des jeux olympiques et paralympiques pour son propre compte. Toutefois, le Comité national olympique et sportif français peut se joindre à toute procédure ou instance afin d'obtenir la réparation du préjudice qui lui est propre. » ; 2° L'article L. 141-7 est ainsi modifié : a) Au II, après la référence : « I », sont insérés les mots : « ou leurs traductions » ; b) Il est ajouté un III ainsi rédigé : « III.-Par exception au II et pour les faits commis entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2024, les droits et actions découlant du présent article sont exercés par le comité d'organisation des jeux olympiques et paralympiques pour son propre compte. Toutefois, le Comité paralympique et sportif français peut se joindre à toute procédure ou instance afin d'obtenir la réparation du préjudice qui lui est propre. » Versions Article 46 Le titre III du livre III du code du sport est complété par un chapitre V ainsi rédigé : « Chapitre V « Plateforme nationale de lutte contre la manipulation des compétitions sportives « Art. L. 335-1.-I.-La plateforme nationale de lutte contre la manipulation des compétitions sportives veille à : « 1° Servir de centre de recueil, de collecte et de partage des informations et des documents utiles à la lutte contre la manipulation des compétitions sportives en procédant, le cas échéant, à leur transmission aux autorités compétentes et aux organisations sportives ; « 2° Favoriser la coopération avec les acteurs nationaux et internationaux concernés en matière de prévention, de détection et de répression des manipulations des compétitions sportives, notamment à travers l'échange d'informations entre ces derniers ; « 3° Sensibiliser les acteurs du sport au sujet de la manipulation des compétitions sportives. « II.-La plateforme mentionnée au I est présidée par le ministre chargé des sports. « III.-Dans le cadre de la mission de surveillance des opérations de jeux d'argent et de hasard qui lui est conférée par l'article 34 de la loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 relative à l'ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard en ligne, l'Autorité nationale des jeux reçoit, centralise et analyse, pour la plateforme mentionnée au présent article, les signalements relatifs aux paris atypiques et suspects pris sur des compétitions sportives organisées ou ouvertes aux paris sur le territoire français. « IV.-Un décret en Conseil d'Etat détermine la composition et le fonctionnement de la plateforme. « Art. L. 335-2.-Les membres de la plateforme nationale de lutte contre la manipulation des compétitions sportives peuvent se communiquer et échanger avec les acteurs nationaux et internationaux mentionnés au 2° du I de l'article L. 335-1, dans des conditions et selon des modalités prévues par un décret en Conseil d'Etat pris après avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés, les informations et les documents utiles à la lutte contre la manipulation de compétitions sportives, y compris ceux couverts par le secret professionnel, sous réserve de l'article 11 du code de procédure pénale. « Les membres de la plateforme nationale de lutte contre la manipulation des compétitions sportives et toutes les personnes physiques ou morales qui, à quelque titre que ce soit, participent, même occasionnellement, à l'activité de celle-ci sont tenus au secret professionnel pour les faits, actes et renseignements dont ils ont pu avoir connaissance en raison de leurs fonctions. Le non-respect du secret professionnel, établi par une décision de justice devenue définitive, entraîne la cessation d'office des fonctions au sein de la plateforme. Ce secret n'est pas opposable à l'autorité judiciaire. « Art. L. 335-3.-Les membres de la plateforme nationale de lutte contre la manipulation des compétitions sportives ne peuvent engager, a ̀ titre personnel, directement ou par personne interposée, des mises sur des jeux ou paris proposés par les opérateurs de jeux ou de paris sportifs en ligne titulaires de l'agrément prévu a ̀ l'article 21 de la loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 relative à l'ouverture a ̀ la concurrence et a ̀ la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard en ligne ou par la société titulaire de droits exclusifs mentionnée a ̀ l'article 137 de la loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à ̀ la croissance et a ̀ la transformation des entreprises. » Versions Liens relatifs Article 47 Le troisième alinéa de l'article L. 211-5 du code du sport est complété par une phrase ainsi rédigée : « Par dérogation, lorsqu'un accord collectif de discipline le prévoit, cette durée maximale peut être portée à cinq ans, dans des conditions prévues par décret. » Versions Article 48 Le V de l'article 12 de la loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 relative à l'ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard en ligne est complété par une phrase ainsi rédigée : « La décision du président est publiée sur le site internet de l'Autorité et entre en vigueur immédiatement. » Versions Article 49 La loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 relative à l'ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard en ligne est ainsi modifiée : 1° L'article 61 est ainsi rédigé : « Art. 61.-Le président de l'Autorité nationale des jeux adresse à la personne dont l'offre de jeux d'argent et de hasard en ligne est accessible sur le territoire français et qui ne peut se prévaloir de l'une des dérogations mentionnées à l'article L. 320-6 du code de la sécurité intérieure une mise en demeure de cesser cette activité. Cette mise en demeure, qui peut être notifiée par tout moyen propre à en établir la date de réception, rappelle les dispositions de l'article 56 de la présente loi et invite son destinataire à présenter ses observations dans un délai de cinq jours. « Le président de l'Autorité nationale des jeux adresse à la personne qui fait de la publicité en faveur d'un site de jeux d'argent et de hasard non autorisé ou qui diffuse au public les cotes et rapports proposés par un tel site une mise en demeure de cesser cette activité. Cette mise en demeure, qui peut être notifiée par tout moyen propre à en établir la date de réception, rappelle les dispositions des premier ou deuxième alinéas de l'article 57 applicables en l'espèce, enjoint à son destinataire de cesser cette promotion et l'invite à présenter ses observations dans un délai de cinq jours. « Le président de l'Autorité nationale des jeux adresse aux personnes mentionnées au 2 du I de l'article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique une copie des mises en demeure adressées aux personnes mentionnées aux deux premiers alinéas du présent article. Il enjoint à ces mêmes personnes de prendre toute mesure pour empêcher l'accès à ces contenus illicites et les invite à présenter leurs observations dans un délai de cinq jours. La copie des mises en demeure et l'injonction leur sont notifiées par tout moyen propre à en établir la date de réception. « Lorsque tous les délais mentionnés aux trois premiers alinéas du présent article sont échus, le président de l'Autorité nationale des jeux notifie aux personnes mentionnées au 1 du I de l'article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 précitée ainsi qu'à toute personne exploitant un moteur de recherche ou un annuaire les adresses électroniques des interfaces en ligne dont les contenus sont illicites et leur ordonne de prendre toute mesure utile destinée à en empêcher l'accès ou à faire cesser leur référencement, dans un délai qu'il détermine et qui ne peut être inférieur à cinq jours. « Pour l'application du quatrième alinéa du présent article, une interface en ligne s'entend de tout logiciel, y compris un site internet, une partie de site internet ou une application, exploité par un professionnel ou pour son compte et permettant aux utilisateurs finaux d'accéder aux biens ou aux services qu'il propose. « Le non-respect des mesures ordonnées en application du même quatrième alinéa est puni des peines mentionnées au 1 du VI de l'article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 précitée. « Le président de l'Autorité nationale des jeux peut également être saisi par le ministère public et toute personne physique ou morale ayant intérêt à agir, afin qu'il mette en œuvre les pouvoirs qui lui sont confiés en application du présent article. » ; 2° Le dernier alinéa de l'article 57 est supprimé. Versions Article 50 Au deuxième alinéa du III de l'article L. 333-10 du code du sport, la deuxième occurrence des mots : « l'autorité » est remplacée par les mots : « le président de l'autorité ou, en cas d'empêchement, tout membre du collège de l'autorité désigné par lui ». Versions Article 51 La section 1 du chapitre III du titre III du livre III du code du sport est ainsi modifiée : 1° L'article L. 333-1 est complété par neuf alinéas ainsi rédigés : « La ligue professionnelle peut, pour la commercialisation et la gestion des droits d'exploitation des manifestations ou compétitions sportives qu'elle organise, créer une société commerciale soumise au code de commerce, sous réserve de l'accord de la fédération sportive délégataire qui a créé cette ligue professionnelle. « Le champ de commercialisation et de gestion, par la société commerciale, des droits d'exploitation des manifestations ou compétitions sportives organisées par la ligue professionnelle ne peut excéder celui concédé à la ligue professionnelle par la fédération sportive délégataire concernée, dans les conditions déterminées par la convention précisant les relations entre la fédération et la ligue professionnelle mentionnée à l'article L. 131-14 du présent code. « Le droit de consentir à l'organisation de paris sur les manifestations ou compétitions sportives organisées par la ligue professionnelle, prévu à l'article L. 333-1-1, est exclu du champ des droits d'exploitation susceptibles d'être confiés à la société commerciale. « Lorsqu'ils sont confiés à la société commerciale créée par la ligue professionnelle, les droits d'exploitation des manifestations ou compétitions sportives organisées par la ligue professionnelle sont commercialisés par cette société dans des conditions et limites précisées par décret en Conseil d'Etat, qui permettent notamment le respect des règles de la concurrence. « La société commerciale créée par la ligue professionnelle ne peut déléguer, transférer ou céder tout ou partie des activités qui lui sont confiées. « Les statuts de la société commerciale ainsi que leurs modifications sont approuvés par l'assemblée générale de la fédération sportive délégataire concernée et par le ministre chargé des sports. Les statuts de la société commerciale précisent notamment les décisions qui ne peuvent être prises sans l'accord des associés ou actionnaires minoritaires ainsi que les modalités permettant de garantir le respect des principes mentionnés à l'article L. 333-3. Les décisions de la société commerciale ne peuvent être contraires à la délégation mentionnée à l'article L. 131-14 ni porter atteinte à l'objet de la ligue professionnelle ou aux compétences que la fédération lui a subdéléguées en application du même article L. 131-14. « Les statuts de la société commerciale prévoient la présence d'un représentant de la fédération sportive délégataire dans les instances dirigeantes de la société commerciale, avec voix consultative. « La ligue professionnelle ne peut détenir moins de 80 % du capital et des droits de vote de la société commerciale. « Un décret en Conseil d'Etat détermine les catégories de personnes physiques et morales, de droit français ou étranger, ne pouvant pas détenir de participation au capital ni de droits de vote de la société commerciale. » ; 2° Après l'article L. 333-2, il est inséré un article L. 333-2-1 ainsi rédigé : « Art. L. 333-2-1.-La ligue professionnelle peut, pour la commercialisation et la gestion des droits d'exploitation audiovisuelle cédés aux sociétés sportives, créer une société commerciale soumise au code de commerce, sous réserve de l'accord de la fédération sportive délégataire qui a créé cette ligue professionnelle. « Les droits d'exploitation audiovisuelle cédés aux sociétés sportives sont commercialisés par la société commerciale créée par la ligue professionnelle, dans des conditions et limites précisées par décret en Conseil d'Etat. « Cette commercialisation est effectuée dans les conditions mentionnées au second alinéa de l'article L. 333-2. « La société commerciale créée par la ligue professionnelle ne peut déléguer, transférer ou céder tout ou partie des activités qui lui sont confiées. « Les statuts de la société commerciale ainsi que leurs modifications sont approuvés par l'assemblée générale de la fédération sportive délégataire concernée et par le ministre chargé des sports. Les statuts de la société commerciale précisent notamment les décisions qui ne peuvent être prises sans l'accord des associés ou actionnaires minoritaires ainsi que les modalités permettant de garantir le respect des principes mentionnés à l'article L. 333-3. Les décisions de la société commerciale ne peuvent être contraires à la délégation mentionnée à l'article L. 131-14 ni porter atteinte à l'objet de la ligue professionnelle ou aux compétences que la fédération lui a subdéléguées en application du même article L. 131-14. « Les statuts de la société commerciale prévoient la présence d'un représentant de la fédération sportive délégataire dans les instances dirigeantes de la société commerciale, avec voix consultative. « La ligue professionnelle ne peut détenir moins de 80 % du capital et des droits de vote de la société commerciale. Un décret en Conseil d'Etat détermine les catégories de personnes physiques et morales, de droit français ou étranger, ne pouvant pas détenir de participation au capital ni de droits de vote de la société commerciale. » ; 3° Le premier alinéa de l'article L. 333-3 est ainsi modifié : a) Après la première occurrence du mot : « ligue », sont insérés les mots : « ou, le cas échéant, par la société commerciale mentionnée au premier alinéa de l'article L. 333-2-1 » ; b) Après la seconde occurrence du mot : « ligue », la fin est ainsi rédigée : «, les sociétés et, le cas échéant, la société commerciale mentionnée au même premier alinéa. » Versions Liens relatifs Article 52 Le livre Ier du code du sport est ainsi modifié : 1° Au deuxième alinéa de l'article L. 112-10, après le mot : « groupements », sont insérés les mots : « et les sociétés coopératives d'intérêt collectif » ; 2° L'article L. 122-2 est complété par un 7° ainsi rédigé : « 7° Soit une société coopérative d'intérêt collectif. » Versions Article 53 Le deuxième alinéa de l'article L. 332-1 du code du sport est complété par une phrase ainsi rédigée : « Ce refus de délivrance d'un titre d'accès ne peut pas être décidé plus de trois mois après la constatation des faits par les organisateurs de ces manifestations. » Versions Article 54 L'article L. 332-8 du code du sport est ainsi modifié : 1° Après le premier alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : « Par dérogation au premier alinéa, à titre expérimental et pour une durée de trois ans à compter de la promulgation de la loi n° du visant à démocratiser le sport en France, le représentant de l'Etat dans le département ou, à Paris, le préfet de police, saisi d'une demande en ce sens par l'organisateur de la manifestation sportive et le propriétaire de l'enceinte sportive qui l'accueille, peut y autoriser l'introduction, la détention et l'usage d'engins pyrotechniques lors du déroulement ou de la retransmission en public d'une manifestation sportive, dans des conditions de nature à préserver la sécurité des personnes et des biens. L'autorisation peut imposer aux organisateurs toute mesure nécessaire à la sécurité de la manifestation sportive, notamment la mise en place d'un service d'ordre ou l'aménagement des modalités d'accueil du public. La fédération délégataire à laquelle l'organisateur de la manifestation sportive est affilié ainsi que le maire de la commune sur le territoire de laquelle se situe l'enceinte accueillant la manifestation sportive sont informés de la délivrance de cette autorisation. Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions d'application du présent alinéa, notamment les catégories d'enceintes sportives concernées et les catégories d'engins autorisés. » ; 2° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé : « Pour le délit prévu au même premier alinéa, y compris en cas de récidive, l'action publique peut être éteinte, dans les conditions prévues aux articles 495-17 à 495-25 du code de procédure pénale, par le versement d'une amende forfaitaire d'un montant de 500 euros. Le montant de l'amende forfaitaire minorée est de 400 euros et le montant de l'amende forfaitaire majorée est de 1 000 euros. » Versions Article 55 Après l'article L. 332-16-2 du code du sport, il est inséré un article L. 332-16-3 ainsi rédigé : « Art. L. 332-16-3.-Les mesures prises au titre des articles L. 332-11, L. 332-16, L. 332-16-1 et L. 332-16-2 font l'objet d'un rapport public annuel par les services du ministère de l'intérieur. » Versions Article 56 I.-La section 4 du chapitre II du titre III de la loi n° 2016-1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique est complétée par un article 102-1 ainsi rédigé : « Art. 102-1.-I.-Nul ne peut exercer les fonctions d'enseignement, d'animation ou d'encadrement d'une activité de jeux vidéo ou entraîner ses pratiquants, à titre d'occupation principale ou secondaire, de façon habituelle, saisonnière ou occasionnelle, à titre rémunéré ou bénévole, ou exercer les fonctions d'arbitre ou de juge dans de telles activités, ni intervenir auprès de mineurs au sein d'un établissement dans lequel sont pratiquées des activités de jeux vidéo s'il a fait l'objet d'une condamnation pour crime ou pour l'un des délits prévus : « 1° Au chapitre Ier du titre II du livre II du code pénal, à l'exception du premier alinéa de l'article 221-6 ; « 2° Au chapitre II du même titre II, à l'exception du premier alinéa de l'article 222-19 ; « 3° Aux chapitres III, IV, V et VII dudit titre II ; « 4° Au chapitre II du titre Ier du livre III du même code ; « 5° Au chapitre IV du titre II du même livre III ; « 6° Au livre IV du même code ; « 7° Aux articles L. 235-1 et L. 235-3 du code de la route ; « 8° Aux articles L. 3421-1, L. 3421-4 et L. 3421-6 du code de la santé publique ; « 9° Au chapitre VII du titre Ier du livre III du code de la sécurité intérieure. « II.-En outre, nul ne peut enseigner, animer ou encadrer une activité de jeux vidéo auprès de mineurs s'il fait l'objet d'une mesure administrative d'interdiction de participer, à quelque titre que ce soit, à la direction et à l'encadrement d'institutions et d'organismes soumis aux dispositions législatives ou réglementaires relatives à la protection des mineurs accueillis en centre de vacances et de loisirs, ainsi que de groupements de jeunesse, ou s'il fait l'objet d'une mesure administrative de suspension de ces mêmes fonctions. « III.-En outre, nul ne peut enseigner, animer ou encadrer une activité de jeux vidéo s'il a été définitivement condamné par le juge pénal pour crime ou délit à caractère terroriste. » II.-Un décret en Conseil d'Etat précise les modalités d'application du présent article. Versions Article 57 Le chapitre Ier du titre II du livre II du code du sport est ainsi modifié : 1° A l'article L. 221-3, après le mot : « sportifs », sont insérés les mots : « et arbitres et juges » ; 2° L'article L. 221-4 est ainsi modifié : a) Au premier alinéa, après le mot : « sportifs », sont insérés les mots : « ni aux arbitres et juges de haut niveau » ; b) A la première phrase du second alinéa, après le mot : « niveau », sont insérés les mots : « ou celle d'arbitre ou de juge sportif de haut niveau » ; 3° L'article L. 221-11 est ainsi modifié : a) A la fin de la première phrase du premier alinéa, les mots : « et des sportifs des collectifs nationaux » sont remplacés par les mots : «, des sportifs des collectifs nationaux et des arbitres et juges sportifs de haut niveau » ; b) A la fin du 2°, les mots : « du sportif » sont supprimés ; c) Au 3°, les mots : « à chaque sportif » sont supprimés ; 4° L'article L. 221-12 est abrogé. Versions Article 58 Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport concernant l'impact de la crise actuelle sur les dépenses de partenariat sportif des entreprises et les moyens de les encourager dans la perspective de l'accueil des jeux olympiques et paralympiques de Paris en 2024. Versions Article 59 Le code du sport est ainsi modifié : 1° L'article L. 332-15 est ainsi modifié : a) Au premier alinéa, après le mot : « identité », sont insérés les mots : « et la photographie » ; b) Au deuxième alinéa, le mot : « la » est remplacé par le mot : « les » ; 2° Le cinquième alinéa de l'article L. 332-16 est ainsi modifié : a) A la première phrase, après le mot : « identité », sont insérés les mots : « et la photographie » ; b) A la seconde phrase, le mot : « la » est remplacé par le mot : « les ». La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat. Versions Fait à Paris, le 2 mars 2022. Emmanuel Macron Par le Président de la République : Le Premier ministre, Jean Castex Le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, Jean-Michel Blanquer Le ministre de l'intérieur, Gérald Darmanin La ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, Jacqueline Gourault Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran La ministre déléguée auprès du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, chargée des sports, Roxana Maracineanu (1) Travaux préparatoires : loi n° 2022-296. Assemblée nationale : Proposition de loi n° 3808 ; Rapport de Mme Céline Calvez, M. Pierre-Alain Raphan et M. Cédric Roussel, au nom de la commission des affaires culturelles, n° 3980 ; Discussion les 17, 18 et 19 mars 2021 et adoption, après engagement de la procédure accélérée, le 19 mars 2021 (TA n° 584). Sénat : Proposition de loi, adoptée par l'Assemblée nationale, n° 465 (2020-2021) ; Rapport de M. Michel Savin, au nom de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication, n° 319 (2021-2022) ; Texte de la commission n° 320 (2021-2022) ; Discussion les 18 et 19 janvier 2022 et adoption le 19 janvier 2022 (TA n° 75, 2021-2022). Assemblée nationale : Proposition de loi, modifiée par le Sénat, n° 4930 ; Rapport de Mme Céline Calvez, au nom de la commission mixte paritaire, n° 4977. Sénat : Rapport de M. Michel Savin, au nom de la commission mixte paritaire, n° 420 (2021-2022) ; Résultat des travaux de la commission n° 421 (2021-2022). Assemblée nationale : Proposition de loi, modifiée par le Sénat, n° 4930 ; Rapport de Mme Céline Calvez, M. Pierre-Alain Raphan et M. Cédric Roussel, au nom de la commission des affaires culturelles, n° 4994 ; Discussion et adoption le 9 février 2022 (TA n° 797). Sénat : Proposition de loi, adoptée par l'Assemblée nationale en nouvelle lecture, n° 477 (2021-2022) ; Rapport de M. Michel Savin, au nom de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication, n° 482 (2021-2022) ; Résultat des travaux de la commission n° 483 (2021-2022) ; Discussion et rejet le 16 février 2022 (TA n° 103, 2021-2022). Assemblée nationale : Proposition de loi, rejetée par le Sénat en nouvelle lecture, n° 5050 ; Discussion et adoption, en lecture définitive, le 24 février 2022 (TA n° 816). Extrait du Journal officiel électronique authentifié PDF - 366,1 Ko Retourner en haut de la page LOI n° 2022-296 du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France (1) Version à la date : ou du July 2015 lu ma me je ve sa di Javascript must be enabled Choisir la date Go to previous month Go to next month Go to previous year Go to next year Close the date picker LOI n° 2022-296 du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France (1) × Cookies est désactivé. Autorisez le dépot de cookies pour accéder à cette fonctionnalité Votre avis nous intéresse ! 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USA Gymnastics Foundation unveils new mission, vision, values • USA Gymnastics News USA Gymnastics Foundation unveils new mission, vision, values Recent News Year-End Message from Li Li Leung Shawnee State Announces Acrobatics & Tumbling Program USA Gymnastics honors its 2025 annual award recipients USA Gymnastics Foundation awards Daniel Zimpfer Memorial Fund Grant to Burkhart, Malone USA Gymnastics Foundation unveils new mission, vision, values The newly reconstituted USA Gymnastics Foundation board of directors has unveiled a strategic vision rooted in the principle of being “The All-Around Champion for the Sport.” December 2, 2024 INDIANAPOLIS (December 2, 2024) – The newly reconstituted USA Gymnastics Foundation board of directors has unveiled a strategic vision rooted in the principle of being “The All-Around Champion for the Sport.” With a vision of Empowering champions and enriching communities for all-around success , the USA Gymnastics Foundation raises funds to inspire world-class achievement at all levels of the sport and in life. Fundraising centers on two primary pillars: Empowering Champions by supporting athlete performance, health and wellness at all levels of the sport; and Enriching Communities by holistically supporting the gymnastics community. “It is important to the Foundation that our mission reflects the direction of the sport as a whole,” USA Gymnastics Board Chair John Deary said. “We will fundraise and invest in supporting programs where the gymnastics community and athletic achievement thrive together.” The Foundation board currently includes Fortune 500 executives, gymnastics community stalwarts, hall of fame athletes and experienced fundraisers. Together, the Foundation strives to embody six core values: Excellence – strive to be the best Integrity – instill transparency and trust Impact – make a measurable difference Collaboration – build teamwork and community Joy – inspire love of the sport Wellness – support the whole athlete and person To learn more about the USA Gymnastics Foundation or to make a donation, visit usagymfoundation.org .
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La radio sur internet, phénomène nouveau ? | Onde-numerique.fr La radio sur internet, phénomène nouveau ? La radio sur internet, phénomène nouveau ? 10th septembre 2019 La radio sur internet, phénomène nouveau ? Comment préparer une émission radio ? Différence entre AM et FM Posted by amandine on 10th septembre 2019 in Industrie et thématique La radio sur internet a progressivement vu le jour après la généralisation de l’internet. Il s’agit d’une façon de diffuser des programmes sur internet. Elle constitue un phénomène en plein essor qui est susceptible de renverser la radio FM. Qu’est-ce que la radio sur internet ? Également appelée netradio ou webradio , la radio sur internet est une technologie qui permet de diffuser du contenu radiophonique sur internet via un système de lecture en continu. Elle offre plusieurs avantages que sont la possibilité d’écouter des programmes à partir de n’importe quels lecteurs, qu’il s’agisse de lecteurs MP3, de tablettes, de Smartphones, d’ordinateurs, etc. Elle donne également la possibilité d’écouter les émissions ou les programmes désirés, soit à la demande ou en direct, et ceci à n’importe quel moment. Un phénomène qui date de plusieurs années La première radio sur internet a vu le jour en 1995 avec la création du web radio “Radio HK” qui diffusait du cont enu 24h/24. Et ce, grâce à un logiciel d’audioconférence qui diffusait le contenu d’un CD audio qui tournait en boucle. Cette radio a ensuite opté pour le Real Audio qui permettait de diffuser de la musique sur internet à partir de la technique du streaming. Progressivement, d’autre web radios ont vu le jour. En 2000, plusieurs radios FM existantes ont affirmé leurs intérêts pour la diffusion sur internet. Plusieurs groupes de presse et entreprises de l’audiovisuel ont également créé leur propre radio sur internet. En 2002, on assiste à la création de la première net radio française de service public : Arte radio. En 2007, suite à une réglementation prise à l’égard des radios sur internet, plusieurs structures ont dû fermer leur web radio à cause de la demande des droits de diffusion qui se trouvent être trop élevée par rapport aux recettes. De nos jours, n’importe qui peut lancer sa radio sur internet, mais en tenant compte de la réglementation en vigueur dans son pays. 2019-09-10 Partager cet article 0 A propos amandine Articles sur le même thème Comment préparer une émission radio ? Les radios d’information Les radios sportives L’impact de la radio communautaire sur le développement local Articles récents L’impact de la radio communautaire sur le développement local Comment préparer une émission radio ? La radio sur internet, phénomène nouveau ? Différence entre AM et FM Radio internationale : BBC Catégories Comprendre la radio Industrie et thématique Radio, faits intéressants décembre 2025 L M M J V S D « Avr 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 dante
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Biographie de ZBIGNIEW BRZEZINSKI (1928-2017) - Encyclopédie Universalis Accéder au contenu Mon Compte BRZEZINSKI ZBIGNIEW (1928-2017) Politologue américain, spécialiste des relations internationales des États-Unis, Zbigniew Brzezinski fut le conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter de 1977 à 1981. Zbigniew Kazimierz Brzezinski est né le 28 mars 1928 à Varsovie (Pologne). Son père, membre éminent du gouvernement polonais, est nommé ambassadeur au Canada en 1938. Lorsque les communistes, soutenus par les Soviétiques, renversent le gouvernement polonais en 1945, la famille Brzezinski se retrouve bloquée au Canada. Cet événement fait naître chez le jeune Zbigniew une hostilité profonde et durable à l’égard du communisme et du régime soviétique. Après des études d’économie et de sciences politiques à l’université McGill à Montréal et à Harvard, où il soutient une thèse sur le totalitarisme soviétique, Brzezinski enseigne à Harvard et à l’université Columbia de New York. Durant les années 1960, il est également conseiller pour les affaires étrangères des présidents John F. Kennedy et Lyndon B. Johnson. Alors qu’il est le premier directeur (1973-1976) de la toute nouvelle Commission trilatérale, il fait la connaissance du gouverneur démocrate de Georgie Jimmy Carter, dont il devient le conseiller pour les affaires étrangères pendant sa campagne présidentielle. Une fois élu, le président Carter le nomme conseiller à la sécurité nationale, poste où il succède à Henry Kissinger . Zbigniew Brzezinski Hulton Archive/ Getty Images L’équipe de Jimmy Carter chargée de la politique étrangère remporte plusieurs succès majeurs, auxquels Zbigniew Brzezinski est associé plus ou moins étroitement. Le premier d’entre eux reste la signature des accords de Camp David (septembre 1978), témoignant de l’engagement du président dans le conflit du Proche-Orient. Brzezinski aide également le président américain à renégocier le traité du canal de Panamá (ratifié en 1978) et à préparer la rétrocession du canal au Panamá. Dans la négociation des accords SALT II (signés en juin 1979) avec l’URSS sur la limitation des armements stratégiques, des dissensions entre sa position et celle du secrétaire d’État Cyrus Vance se font jour, Brzezinski souhaitant lier la question du désarmement au problème des droits de l’homme en URSS. En outre, Brzezinski travaille au rapprochement des États-Unis avec la Chine qui se concrétise par l’ouverture, au début de 1979, de la première ambassade officielle des États-Unis dans la capitale chinoise depuis la prise du pouvoir par les communistes en 1949. Il commet en revanche une erreur d’appréciation, en 1978, en préconisant le soutien inconditionnel des États-Unis au shah d’Iran. Malgré les doutes émis par les services secrets américains quant à la possibilité pour le shah de garder le pouvoir à l’issue de la révolution iranienne (1978-1979), Brzezinski persuade Jimmy Carter de rejeter les exigences de l’opposition. Par conséquent, après le renversement du régime, Washington n’a plus aucun contact avec les nouveaux leaders religieux iraniens, ce qui restreindra sérieusement ses options diplomatiques au moment de la crise des otages américains à Téhéran (1979-1981). La mauvaise gestion de cette crise est une des raisons de la défaite de Jimmy Carter à l’élection présidentielle de 1980. Zbigniew Brzezinski fait ensuite partie de divers organismes, privés ou publics, liés à la défense, à la sécurité et au renseignement. Il meurt à Falls Church (Virginie) le 26 mai 2017. —  ENCYCLOPÆDIA UNIVERSALIS 1 2 3 4 5 6 Accédez à l'intégralité de nos articles Des contenus variés, complets et fiables Accessible sur tous les écrans Pas de publicité Découvrir Déjà abonné ? Se connecter Écrit par Encyclopædia Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis Carte mentale Élargissez votre recherche dans Universalis Classification Média Zbigniew Brzezinski Hulton Archive/ Getty Images Autres références TOTALITARISME Écrit par Brigitte STUDER 1 367 mots ...s'applique dès lors presque exclusivement au système soviétique. Le modèle structurel d'analyse élaboré dès 1953 par Carl Joachim Friedrich et son assistant Zbigniew Brzezinski établit six critères pour définir un système totalitaire : une idéologie officielle, un parti de masse unique, des mesures de... Voir aussi SALT (Strategic Arms Limitation Talks) ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE, histoire, de 1945 à nos jours AMBASSADE SÉCURITÉ PUBLIQUE Rejoignez-nous Inscrivez-vous à notre newsletter Accédez à l'intégralité d'Universalis.fr sans publicité Aide L'outil Données Pays met à disposition un très grand nombre de données. Aussi, pour des raisons de performances et pour conserver une bonne expérience utilisateur, des règles de comparaison en nombre et en durée ont été mises en place : Pays Indicateurs Années Graphe Jusqu'à 12 pays Toutes les données De 1960 à nos jours Affiché en courbe Affiché en barre De 13 à 50 pays 5 données simultanées De 1960 à nos jours Masqué en courbe Affiché en barre 51 pays et plus 1 seule donnée Sur une durée de 25 ans maximum Masqué en courbe Masqué en barre Lorsque la recherche porte sur une seule année , les résultats s’affichent sous forme de graphe en barre . Lorsque la recherche porte sur une période , les résultats s’affichent sous forme de graphe en courbe . 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Fin de campagne à Saint-Domingue, novembre 1802-novembre 1803 - Persée Saut au contenu Plan La mort du général Leclerc, ou comment Bonaparte renonce à la colonie de Saint-Domingue Une armée sacrifiée ? Les insurgés Un but : maintenir l'ordre La terreur : une stratégie voulue ? Les insurgés : un adversaire dévalorisé Les Anglais et la fièvre jaune, des adversaires surestimés Une défaite oubliée Conclusion Fin de campagne à Saint-Domingue, novembre 1802-novembre 1803 [article] Bernard Gainot Mayeul Macé Outre-Mers. Revue d'histoire Année 2003 340-341 pp. 15-40 Fait partie d’un numéro thématique : Haïti Première République Noire Résumés Documents liés Référence bibliographique Gainot Bernard, Macé Mayeul. Fin de campagne à Saint-Domingue, novembre 1802-novembre 1803. In: Outre-mers , tome 90, n°340-341, 2e semestre 2003. Haïti Première République Noire, sous la direction de Marcel Dorigny. pp. 15-40. DOI : https://doi.org/10.3406/outre.2003.4041 www.persee.fr/doc/outre_1631-0438_2003_num_90_340_4041 BibTex RefWorks RIS (ProCite, Endnote, …) Fin de campagne à Saint-Domingue, novembre 1802-novembre 1803. Mayeul MACÉ et Bernard GAINOT" Dans la Constitution de Saint-Domingue de 1801, l'article 1er (Saint- Domingue dans toute son étendue, et Samana, la Tortue, la Gonâve...et autres îles adjacentes forment le territoire d'une seule colonie, qui fait * Université de Paris I. Outre-Mers, T. 90, N° 340-341 (2003)
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L’origine de l’épidémie de choléra à Haïti en 2010 - Alternatives Humanitaires L’origine de l’épidémie de choléra à Haïti en 2010 - Alternatives Humanitaires Perspectives Publié dans Numéro 25 - Crises alimentaires : quel rôle pour les acteurs humanitaires ? L’origine de l’épidémie de choléra à Haïti en 2010 Elba Rahmouni Emmanuel Baron Jean-Hervé Bradol Elba Rahmouni Chargée de diffusion au Centre de réflexion sur l’action et les savoirs humanitaires (CRASH) de Médecins Sans Frontières-France depuis avril 2018, Elba Rahmouni est diplômée d’un master de recherche en histoire de la philosophie classique et d’un master professionnel en conseil éditorial et gestion des connaissances numériques. Au cours de ses études, elle a travaillé sur des questions de philosophie morale et s’est intéressée notamment à la nécessité pratique et à l’interdiction morale, juridique et politique du mensonge chez Kant. Emmanuel Baron Médecin généraliste diplômé de l’université de Nantes, Emmanuel s’est engagé avec Médecins Sans Frontières de nombreuses années sur le terrain dans des contextes de déplacements de populations, de conflits, d’épidémies ou d’endémies, puis comme directeur médical au siège parisien. Formé à l’épidémiologie à Londres, il est aujourd’hui directeur d’Épicentre, le centre d’épidémiologie, de recherche et de formation de MSF. Jean-Hervé Bradol Médecin, diplômé de médecine tropicale, de médecine d’urgence et d’épidémiologie médicale. Il est parti pour la première fois en mission avec Médecins Sans Frontières en 1989, entreprenant des missions longues en Ouganda, en Somalie et en Thaïlande. En 1994, il est entré au siège parisien comme responsable de programmes. Entre 1996 et 2000, il a été directeur de la communication, puis directeur des opérations. De mai 2000 à juin 2008, il a été président de la section française de Médecins Sans Frontières. De 2000 à 2008, il a été membre du conseil d’administration de MSF USA et de MSF International. En 2009, il codirige avec Claudine Vidal l’ouvrage Innovations médicales en situations humanitaires. Le travail de Médecins Sans Frontières (L’Harmattan). Aujourd’hui directeur de recherches au Crash (Centre de réflexion sur l’action et les savoirs humanitaires), il a publié en 2017 avec Marc Le Pape Génocide et crimes de masse. L’expérience rwandaise de Médecins Sans Frontière s (1982-1997) aux Éditions Manchester Univers En 2010, quelques mois à peine après le séisme qui avait dévasté Haïti et causé tant de victimes, le pays était frappé par une épidémie de choléra. À l’origine de celle-ci, les Nations unies mettront six années à reconnaître à demi-mot leur responsabilité. Les trois auteurs de cet article reviennent sur la chronologie de cette affaire et en tirent les leçons. De 2010 à 2019, une épidémie de choléra a sévi en Haïti, causant environ 10 000 décès. La question de l’origine émergea en même temps que se propageaient les premiers cas. Bien que la communauté scientifique ait rencontré peu de difficultés à établir l’origine du fléau, sa reconnaissance ne sera officielle qu’en 2016, après des années de controverses. Quels étaient les débats conduisant de nombreux acteurs, dont Médecins Sans Frontières (MSF), à ne pas vouloir se prononcer ? Le début de l’épidémie : détection précoce et enquête épidémiologique En octobre 2010, quand l’épidémie de choléra [1] Le choléra est une maladie diarrhéique épidémique, strictement humaine, due à des bactéries. La pandémie actuelle (la septième) touche toutes les régions du monde. L’Organisation mondiale … Continue reading débute à Haïti, l’incrédulité aurait pu prévaloir puisque cette maladie ne s’était pas manifestée dans cette partie de l’île d’Hispaniola depuis plus d’un siècle. Depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010, la surveillance épidémiologique était sur le qui-vive. Un réseau d’alerte épidémies avait été déployé sur cinquante et un sites par le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), par la branche américaine de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Pan American Health Organization, et par une institution étasunienne, le Center for Disease Control and Prevention (CDC). Cette surveillance s’est, de fait, avérée utile pour détecter l’épidémie de choléra à un stade précoce. Son démarrage est en effet établi en un temps record. Dès la mi-octobre, des soignants haïtiens et cubains de l’hôpital de Mirebalais (90 000 habitants) signalent aux autorités sanitaires du département du Centre une épidémie de plusieurs dizaines de cas de diarrhées aqueuses sévères, et la mort à l’hôpital d’un homme de 20 ans. À Port-au-Prince, le 18 octobre, une brigade de la mission médicale cubaine communique l’information aux autorités sanitaires nationales. Deux épidémiologistes sont désignés en appui à la mission d’investigation mandatée par l’échelon départemental, déjà arrivée le 19 octobre dans les communes du département du Centre. Les membres de la mission d’investigation recueillent six échantillons de selles auprès de personnes symptomatiques identifiées lors d’une visite à leur domicile à Meille. Ce hameau de quelques dizaines d’habitants, situé à un peu plus de quatre kilomètres de Mirebalais, leur a été désigné par les résidents et les équipes soignantes comme le lieu d’apparition des premiers cas. Meille est traversé par un cours d’eau qui rejoint la rivière Latem, laquelle se jette dans l’Artibonite, le fleuve le plus important du pays. C’est à Meille qu’a été identifié le premier cas de diarrhée aqueuse sévère, le 12 octobre. L’enquête de terrain diligentée par le département ne retrouve aucun cas suspect antérieur à cette date en aval sur les rives du fleuve Artibonite [2] Louise C. Ivers and David A. Walton, “The ‘first’ case of cholera in Haiti: lessons for global health”, The American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, vol. 86, no. 1, 2012, … Continue reading . Dans le village de Meille se trouve le camp Annapurna, où un contingent d’environ 400 casques bleus est arrivé progressivement début octobre en provenance de Katmandou, au Népal, où le choléra est présent. La mission d’investigation sanitaire se voit refuser l’accès au camp militaire et à son personnel. Le médecin du camp affirme qu’aucun soldat n’a été affecté par la diarrhée, ce qui est improbable quand on connait la fréquence élevée des diarrhées aqueuses de toute nature chez les voyageurs. Les enquêteurs constatent que les eaux usées de la garnison sont en partie rejetées dans le cours d’eau, ce qui sera confirmé par les journalistes Jonathan Katz et Sebastian Walker d’ Associated Press et d’ Al-Jazeera, lors d’un reportage sur place le 27 octobre [3] Sebastian Walker, “UN Investigates Cholera Spread in Haiti”, Al Jazeera English , October 28, 2010, https://www.youtube.com/watch?v=gk-2HyQHUZ0&ab_channel=AlJazeeraEnglish . Roberson Alphonse, un journaliste du quotidien haïtien Le Nouvelliste , met quant à lui en évidence que l’autre destination des eaux usées du camp militaire, après pompage et transport par camion, est une fosse septique à ciel ouvert, en train de déborder, non loin du cours d’eau qui traverse le hameau [4] Roberson Alphonse, Louis F., Pierre Louis J.S., « Mirebalais. Cholera, Part 1 », Le Nouvelliste , 8 novembre 2010, https://www.youtube.com/watch?v=Ke4m7mtBuks&ab_channel=LeNouvelliste . Les prélèvements de ces eaux usées à la recherche de vibrion cholérique [5] Vibrion est le nom donné aux bactéries en forme de virgule, comme celles qui provoquent le choléra. par les enquêteurs de l’échelon sanitaire départemental s’avèreront négatifs. Cela est troublant, mais peut évoquer une chloration de la fosse septique. Les échantillons prélevés le 19 octobre par la mission d’investigation sanitaire, et qui ont été envoyés à Port-au-Prince, sont analysés par le Laboratoire national de santé publique (LNSP). Cinq sur six s’avèreront positifs : la présence du vibrion en cause dans la septième pandémie de choléra est bel et bien relevée pour la première fois à Haïti. La question de l’origine de l’épidémie Ces résultats suscitent une controverse alors qu’apparaissent des milliers de cas le long des rives du fleuve Artibonite. Une question taraude la société haïtienne : le vibrion cholérique a-t-il été introduit sur l’île par les casques bleus népalais ou a-t-il une origine environnementale ? L’enquête épidémiologique conduit tout droit à la porte du camp Annapurna, à Meille, comme lieu d’origine des premiers cas. En outre, une deuxième série de résultats d’analyses de laboratoire effectuées par le CDC à partir de vibrions fournis par le LNSP sont rendus publics le 13 novembre. Ils montrent qu’une souche unique de vibrion cholérique a été introduite sur l’île en une seule fois. Le 6 décembre 2010, une troisième série de résultats est publiée dans le New England Journal of Medicine [6] Chen-Shan Chin, Jon Sorenson, Jason B. Harris et al., “The origin of the Haitian cholera outbreak strain”, New England Journal of Medicine, vol. 364, no. 1, 2011, pp. 33–42. … Continue reading et ils confirment l’aire géographique d’origine du vibrion responsable de l’épidémie à Haïti : l’Asie du Sud, et non les Amériques ou l’Afrique de l’Est. « Le vibrion cholérique a-t-il été introduit sur l’île par les casques bleus népalais ou a-t-il une origine environnementale ? » Ces éléments auraient dû mettre fin à tout débat. En effet, au moment du diagnostic des premiers cas à la mi-octobre 2010, il n’y a pas eu à Meille d’autres afflux de populations venues d’un territoire où une épidémie de choléra sévissait, à l’exception des casques bleus népalais arrivés entre le 8 et le 24 octobre. Pourtant la controverse durera cinq ans. Dans ce laps de temps, l’épidémie aura fait au moins 10 000 morts, sans qu’officiellement nous sachions comment la bactérie est parvenue dans le pays. L’interdiction initialement opposée par les Nations unies – et maintenue par la suite – d’examiner les soldats népalais ou d’accéder à leurs dossiers médicaux nourrira le doute. La publication, en décembre 2010, de données montrant que les génomes [7] Ensemble du capital génétique d’un être vivant. des vibrions en cause dans l’épidémie haïtienne sont en tout point identiques à ceux collectés au Népal en 2009 et 2010 clôt le débat dans le champ scientifique [8] Chen-Shan Chin, Jon Sorenson, Jason B. Harris et al., “The origin of the Haitian cholera…”, art. cit. . En revanche, dans la sphère politique et sociale, notamment aux Nations unies, il faudra attendre l’année 2016. Afin de mieux comprendre la controverse, nous pouvons classer de façon schématique les participants au débat en fonction de leurs différentes attitudes envers les soldats népalais : la décharge, la désignation publique et le reproche à huis clos. La décharge Ceux qui formulent des éléments à décharge pour les casques bleus népalais sont les agences des Nations unies, Rita Colwell – une chercheuse de l’université du Maryland considérée comme une sommité dans son domaine –, la revue de l’académie étasunienne de médecine, David Sack – un chercheur de l’université Johns-Hopkins –, le quotidien anglais The Guardian , la revue scientifique The Lancet et Alejandro Cravioto, un chercheur mexicain, directeur exécutif du Centre international pour la recherche sur les maladies diarrhéiques (basé à Dhaka au Bangladesh) et chargé d’une enquête sur l’origine du choléra par l’ONU. Tous défendent la thèse environnementaliste selon laquelle le choléra aurait émergé en raison de la transformation de vibrions présents dans l’environnement haïtien, mais habituellement non susceptibles de provoquer la maladie. Cette transformation serait à mettre en relation avec l’augmentation de la température et de la salinité des eaux saumâtres des estuaires, consécutive au tremblement de terre de janvier 2010. « Sous l’apparence de rigueur scientifique, les Nations unies se livrent à ce qui s’apparente – d’après l’expert français Renaud Piarroux – à un exercice de production et de propagation de fausses informations. » Sous l’apparence de rigueur scientifique, les Nations unies se livrent à ce qui s’apparente – d’après l’expert français Renaud Piarroux – à un exercice de production et de propagation de fausses informations [9] Renaud Piarroux, Choléra. Haïti 2010-2018. Histoire d’un désastre , CNRS Éditions, 2019. https://www.cnrseditions.fr/catalogue/biologie-et-sante/cholera-haiti-2010-2018-histoire-d-un-desastre . Plusieurs éléments sont nécessaires pour décrire une épidémie : une définition de cas, des lieux et des périodes concernés. Or, pour toutes ces dimensions, les Nations unies ont fourni des explications en contradiction avec l’enquête épidémiologique du ministère mettant en cause les casques bleus. Ainsi, la définition biologique des cas a été remise en question par les Nations unies grâce aux arguments empruntés aux scientifiques partisans d’une origine environnementale du choléra. Les Nations unies reprennent la thèse de Rita Colwell, selon laquelle des vibrions qui ne produisent pas de toxine et qui n’ont jamais été identifiés dans d’autres contextes comme responsables de cas sévères et d’épidémies meurtrières pourraient être à l’origine de cette épidémie. La localisation des faits est aussi présentée de manière tronquée : exclure les premiers cas cliniques enregistrés à Meille de l’analyse des données – comme le fait l’ONU (faute de confirmation biologique possible à ce stade initial) – permet de situer l’apparition de l’épidémie en aval dans le département de l’Artebonite. Cela revient à exonérer les soldats népalais puisque les localités en aval de Meille apparaissent alors touchées avant et non après ce hameau. Enfin, en datant arbitrairement le début de l’épidémie au mois de septembre et non au mois d’octobre, les Nations unies suggèrent que l’épidémie aurait démarré avant l’arrivée des casques bleus népalais à Haïti. La désignation publique Ceux qui désignent, dans l’espace public, le contingent de casques bleus népalais comme responsable de l’importation du choléra sont très nombreux. On compte d’abord le maire de Mirebalais, des administrés de cette ville comme du village de Meille et, plus globalement, une partie conséquente de la population haïtienne [10] Des habitants manifesteront d’ailleurs dans les rues, comme à Cap-Haïtien à la mi-novembre 2010, « Choléra : des heurts éclatent en Haïti entre casques bleus et manifestants », Le … Continue reading . On dénombre également des soignants haïtiens et cubains basés à Mirebalais et à Lascahobas (une autre ville du département du Centre) – et Fidel Castro lui-même, qui reprendra à son compte les constatations de la brigade médicale cubaine présente sur place. Les journalistes déjà cités – Roberson Alphonse, Jonathan Katz et Sebastian Walker – s’inscrivent dans ce mouvement de dénonciation publique, tout comme une équipe de scientifiques de l’université d’Harvard, l’ambassadeur de Suède [11] Isolé parmi les ambassadeurs, il se retrouvera en tension avec l’agence suédoise de coopération internationale. , Thierry Durand, directeur des opérations de MSF – France, et deux anciens présidents de l’association – Rony Brauman et Jean-Hervé Bradol, alors directeurs d’études au Centre de réflexion sur l’action et les savoirs humanitaires (Crash), minoritaires au sein de leur institution, comme nous le verrons plus loin. Enfin, l’expert français Renaud Piarroux, missionné par le ministère des Affaires étrangères et l’ambassade de France, qui sera présent sur place dès le 7 novembre 2010. Il soutiendra les conclusions de l’enquête du ministère de la Santé haïtien (MSPP) en expliquant que l’épidémie n’est pas la conséquence de changements dans l’environnement, mais qu’elle est due à un germe importé par les casques bleus népalais. D’après lui, les Nations unies devraient reconnaître leur responsabilité et mobiliser les ressources pour répondre à l’épidémie, l’émergence de nouveaux cas pouvant être stoppée en appliquant des mesures préventives simples, renforcées par la vaccination. Une reconnaissance d’autant plus nécessaire qu’une partie de la population, excédée, cherche des boucs émissaires tels que les prêtres vaudous : quelque quarante-cinq d’entre eux mourront, lynchés après avoir été accusés de sorcellerie et d’empoisonnement [12] « Haïti – Social : Lynchages, au moins 45 morts, choléra ou guerre de religion ? », Haïti  Libre, 23 décembre 2010, … Continue reading . Le reproche à huis clos Ceux qui formulent des opinions à huis clos au sujet des casques bleus népalais sont les exécutants de l’enquête épidémiologique du ministère de la Santé haïtien (MSPP) à l’échelon local et départemental, les directeurs concernés du MSPP à Port-au-Prince, le ministre de la Santé et le Président lui-même. Certains de ses membres transmettent discrètement à Renaud Piarroux des documents confidentiels du ministère, qui incriminent les casques bleus népalais, tout en s’abstenant de toute dénonciation publique. Les autorités sanitaires et politiques craignent d’affaiblir la position des casques bleus en les désignant comme étant à l’origine d’une épidémie meurtrière, alors qu’ils sont une composante essentielle des forces de l’ordre dans ce pays où l’État est si faible. Le contexte est d’autant plus sensible que le premier tour des élections générales est prévu pour le 28 novembre 2010 et que de nombreux candidats réclament leur report. MSF appartient à cette catégorie d’acteurs qui jugent la discussion au sujet de l’origine de l’épidémie inutile pour organiser la réponse, voire l’estiment dangereuse au vu du contexte social et politique. Le débat au sein de Médecins Sans Frontières Le tremblement de terre de janvier 2010 a provoqué un très grand nombre de morts et de blessés. Cette catastrophe dite naturelle a été suivie d’une configuration humanitaire aussi rare que spectaculaire : couverture médiatique très importante, intervention militaire étasunienne, afflux par centaines, voire par milliers, d’organismes d’aide. Ce séisme s’inscrit dans un moment de tension entre l’ONU – qui travaillait alors à une normalisation et une spécialisation des réponses aux situations d’urgence sous l’égide de ses agences – et MSF qui s’inquiétait d’une approche complexe et lente, par ailleurs en contradiction avec le principe d’indépendance des organismes humanitaires vis-à-vis des États. Avec l’objectif de contribuer à une réaction en urgence, plus rapide et plus massive contre l’épidémie de choléra en Haïti, Rony Brauman publie une tribune dans Le Monde du 23 novembre 2010 [13] Rony Brauman, « Faiblesses du dispositif anti-choléra à Haïti. Il faut soigner par la réhydratation intensive », Le Monde, 23 novembre 2010, … Continue reading . D’après lui, les sujets de commentaires sont la faible mobilisation des organismes d’aide en réponse à l’épidémie, les violences lors de manifestations contre les soldats des Nations unies en charge de la « stabilisation » que la vox populi soupçonnait d’avoir importé la maladie, la nécessité de traiter les cas selon les protocoles simples et efficaces de réhydratation, la mise en œuvre des mesures de prévention vis-à-vis des sources d’eau et des aliments pouvant être contaminés. Au sujet de l’origine de l’épidémie, l’auteur de la tribune dans Le Monde reprend à son compte la thèse environnementaliste. Peu après, Rony Brauman reçoit la copie d’un télégramme diplomatique français dans lequel se trouvent exposées les conclusions de Renaud Piarroux ; le télégramme se termine par l’injonction de ne pas divulguer l’information. En parallèle, l’expert français découvre à la lecture du quotidien Le Monde l’opinion de l’ancien président de MSF en faveur de la thèse environnementaliste. Connaissant ce dernier, il lui écrit et, une fois rentré à Paris, se rend au siège de MSF où il rencontre Marie-Pierre Allié, la présidente de l’association, Thierry Durand, le directeur des opérations, Rony Brauman et Jean-Hervé Bradol. Pour Renaud Piarroux, qui leur donne une copie de son rapport, cela ne fait aucun doute : les dirigeants de MSF ont été bernés par la campagne de désinformation des Nations unies. « Au sein de MSF, les partisans d’une communication publique incluant la question de l’origine de l’épidémie restent isolés. » À partir de cet échange, Rony Brauman et Jean-Hervé Bradol sont désormais convaincus que les casques bleus sont à l’origine de l’épidémie. Mais au sein de MSF, les partisans d’une communication publique incluant la question de l’origine de l’épidémie restent isolés. La présidente de la section française et Unni Karunakara, le président de MSF international, déclarent que rechercher l’origine d’une épidémie fait bien partie des données nécessaires aux analyses pour planifier une réponse, mais que dans ce cas, ils ne connaissent pas avec certitude l’origine de l’épidémie. L’hypothèse que le contingent népalais des Nations unies pourrait être à l’origine de l’épidémie induit un certain désarroi chez MSF, comme l’atteste la façon dont la rédaction du journal satirique interne, Dazibao , rend compte de la discussion au sein de l’association : « Alors que la population meurt du choléra dans l’indifférence des ONG paralysées par la bureaucratie du système de l’aide… les intellos du Crash ne trouvent rien de mieux à faire que de lancer MSF dans un débat futile sur l’origine de l’épidémie… déclenchant une violence aussi débridée que gratuite entre les membres de l’association… tout en contribuant à nourrir l’animosité de la plèbe à l’encontre de braves casques bleus n’ayant que d’inoffensifs rouleaux de papier hygiénique pour se défendre. [14] Dazibao : revue interne de MSF pour le débat associatif, automne 2010. » Cette opinion est partagée par de nombreux cadres de MSF qui considèrent que l’entreprise visant à connaître l’origine de l’épidémie est futile, qu’elle est un gaspillage de temps en raison d’une absence de conséquences sur le traitement des patients comme sur la dynamique épidémique. Le 13 décembre 2010, les directeurs généraux des sections MSF se réunissent et s’entendent au sujet de la communication publique sur l’origine des cas de choléra à Haïti. Contre l’avis du directeur général de la session française, les quatre autres centres opérationnels [15] MSF compte cinq centres opérationnels : Paris, Bruxelles, Genève, Amsterdam et Barcelone. choisissent de ne pas évoquer l’origine de l’épidémie. Le travail de Renaud Piarroux est jugé trop faible par l’association pour être repris dans sa communication. Les dirigeants de MSF préfèrent insister sur l’échec de la réponse du système de l’aide et lancer un appel pour l’accès libre aux rapports et aux enquêtes épidémiologiques, en souhaitant que ces dernières se développent. La fin de l’épidémie Après le double séquençage des génomes des vibrions haïtien et népalais et leur comparaison en 2014, la négation par les Nations unies de la responsabilité de leur contingent népalais dans l’importation du choléra n’est plus crédible d’un point de vue scientifique. S’il n’existe pas d’enquête permettant de connaître les opinions de la population haïtienne, les données qualitatives disponibles laissent à penser que peu d’acteurs et d’observateurs doutent de la responsabilité des casques bleus népalais dès la fin 2010. Pour justifier leur attitude, les Nations unies invoquent un risque sécuritaire et politique majeur : émeutes, violences mortelles contre les casques bleus, annulation des élections, échec de la mission onusienne de stabilisation… La surestimation des menaces d’atteinte à l’ordre public a pu reposer sur une certaine défiance à l’égard de la population haïtienne présumée immature et dangereuse. Finalement, en 2016, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, reconnaît la responsabilité de son organisation [16] Martine Valo, « L’ONU admet sa responsabilité dans l’épidémie de choléra en Haïti », Le Monde, 19 août 2016, … Continue reading . Entretemps, les poursuites intentées par certains malades et familles de personnes décédées se sont éteintes en raison du statut d’immunité juridique des Nations unies. La controverse sur l’origine de l’épidémie a finalement contribué à une mobilisation qui aura conduit à l’élimination de la maladie en 2019, après des années d’intenses efforts. L’origine d’une épidémie, une question cruciale Les autorités politiques et sanitaires endossent la responsabilité de la réponse aux épidémies. Cette tâche complexe nécessite qu’elles soient créditées d’une forme de légitimité politique autant que scientifique. Pour ce faire, leur communication doit reposer sur une certaine connaissance de la situation épidémiologique, à laquelle la question de l’origine de l’épidémie n’échappe pas. Comment les autorités pourraient-elles en effet apporter une réponse appropriée ou prévenir un phénomène morbide, voire mortel, dont elles ne connaissent pas l’origine ? Quand bien même il n’est pas toujours aisé de déterminer l’origine de ces fléaux, si les autorités laissent cette interrogation en suspens, elles prennent le risque d’affaiblir leur crédibilité au sein des sociétés concernées. « Comment les autorités pourraient-elles en effet apporter une réponse appropriée ou prévenir un phénomène morbide, voire mortel, dont elles ne connaissent pas l’origine ? » Par ailleurs, dans le cas où la communication au sujet de l’origine d’une épidémie ne réussit pas à s’imposer, l’espace politique s’ouvre à des alternatives aux discours des autorités officielles. Le pouvoir politique peut s’en trouver déstabilisé. Les affirmations qui circulent, alors même que leur véracité n’est pas encore établie, peuvent se transformer en accusation et entraîner des conséquences allant du mépris à la violence sociale. Transmission iatrogène par les institutions de soins [17] Le VIH et l’hépatite C sont des exemples de maladies où la transmission de l’infection lors des soins a joué un rôle important dans les dynamiques épidémiques. , accident de laboratoire [18] Il existerait à ce jour un exemple historique de grande épidémie provenant d’un accident de laboratoire : en 1977, une épidémie de grippe A (H1N1), provenant probablement d’un … Continue reading , programmes de recherches biologiques à des fins militaires [19] Tels ceux menés par l’Unité 731 de l’armée japonaise (1936-1945) qui a inoculé la peste et le choléra à des villages chinois, entraînant le décès de 400 000 personnes. , portage et transmission passive de germes par les représentants des autorités elles-mêmes comme dans le cas haïtien, il a existé plusieurs situations dans lesquelles les gouvernants ou les acteurs des soins et de la santé publique ont eu une responsabilité dans l’émergence des épidémies. La connaissance de ces exemples permet de rappeler l’utilité, pour les acteurs de santé, de considérer la question de l’origine des épidémies et de penser leurs pratiques comme pouvant apporter des solutions, mais aussi poser des problèmes. Partager sur LinkedIn Facebook Twitter Vous êtes membre de la communauté d’AH ? Ajoutez cet article à votre sélection. Je deviens membre Imprimer en PDF Cet article vous a été utile et vous a plu ? Soutenez notre publication ! L’ensemble des publications sur ce site est en accès libre et gratuit car l’essentiel de notre travail est rendu possible grâce au soutien d’un collectif de partenaires . Néanmoins tout soutien complémentaire de nos lecteurs est bienvenu ! Celui-ci doit nous permettre d’innover et d’enrichir le contenu de la revue, de renforcer son rayonnement pour offrir à l’ensemble du secteur humanitaire une publication internationale bilingue, proposant un traitement indépendant et de qualité des grands enjeux qui structurent le secteur. 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Le taux global de létalité a été de 1,8 % en 2016, et il a dépassé les 6 % parmi les groupes vulnérables résidant dans des zones à haut risque. ↑ 2 Louise C. Ivers and David A. Walton, “The ‘first’ case of cholera in Haiti: lessons for global health”, The American Journal of Tropical Medicine and Hygiene , vol. 86, no. 1, 2012, pp. 36–38. ↑ 3 Sebastian Walker, “UN Investigates Cholera Spread in Haiti”, Al Jazeera English , October 28, 2010, https://www.youtube.com/watch?v=gk-2HyQHUZ0&ab_channel=AlJazeeraEnglish ↑ 4 Roberson Alphonse, Louis F., Pierre Louis J.S., « Mirebalais. Cholera, Part 1 », Le Nouvelliste , 8 novembre 2010, https://www.youtube.com/watch?v=Ke4m7mtBuks&ab_channel=LeNouvelliste ↑ 5 Vibrion est le nom donné aux bactéries en forme de virgule, comme celles qui provoquent le choléra. ↑ 6 Chen-Shan Chin, Jon Sorenson, Jason B. Harris et al., “The origin of the Haitian cholera outbreak strain”, New England Journal of Medicine , vol. 364, no. 1, 2011, pp. 33–42. Résultats de décembre 2010 mis à jour en janvier 2011. ↑ 7 Ensemble du capital génétique d’un être vivant. ↑ 8 Chen-Shan Chin, Jon Sorenson, Jason B. Harris et al., “The origin of the Haitian cholera…”, art. cit. ↑ 9 Renaud Piarroux, Choléra. Haïti 2010-2018. Histoire d’un désastre , CNRS Éditions, 2019. https://www.cnrseditions.fr/catalogue/biologie-et-sante/cholera-haiti-2010-2018-histoire-d-un-desastre ↑ 10 Des habitants manifesteront d’ailleurs dans les rues, comme à Cap-Haïtien à la mi-novembre 2010, « Choléra : des heurts éclatent en Haïti entre casques bleus et manifestants », Le Nouvelliste , 15 novembre 2010. ↑ 11 Isolé parmi les ambassadeurs, il se retrouvera en tension avec l’agence suédoise de coopération internationale. ↑ 12 « Haïti – Social : Lynchages, au moins 45 morts, choléra ou guerre de religion ? », Haïti  Libre , 23 décembre 2010, https://www.haitilibre.com/article-1975-haiti-social-lynchages-au-moins-45-morts-cholera-ou-guerre-de-religion.html ↑ 13 Rony Brauman, « Faiblesses du dispositif anti-choléra à Haïti. Il faut soigner par la réhydratation intensive », Le Monde , 23 novembre 2010, https://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/23/faiblesses-du-dispositif-anti-cholera-a-haiti_1443887_3232.html ↑ 14 Dazibao : revue interne de MSF pour le débat associatif, automne 2010. ↑ 15 MSF compte cinq centres opérationnels : Paris, Bruxelles, Genève, Amsterdam et Barcelone. ↑ 16 Martine Valo, « L’ONU admet sa responsabilité dans l’épidémie de choléra en Haïti », Le Monde , 19 août 2016, https://www.lemonde.fr/planete/article/2016/08/19/l-onu-admet-sa-responsabilite-dans-l-epidemie-de-cholera-en-haiti_4985249_3244.html#:~:text=Du%20bout%20des%20l%C3%A8vres%2C%20les,rendu%20malades%20800%20000%20personnes ↑ 17 Le VIH et l’hépatite C sont des exemples de maladies où la transmission de l’infection lors des soins a joué un rôle important dans les dynamiques épidémiques. ↑ 18 Il existerait à ce jour un exemple historique de grande épidémie provenant d’un accident de laboratoire : en 1977, une épidémie de grippe A (H1N1), provenant probablement d’un laboratoire chinois, s’étend à l’URSS voisine et au reste du monde. ↑ 19 Tels ceux menés par l’Unité 731 de l’armée japonaise (1936-1945) qui a inoculé la peste et le choléra à des villages chinois, entraînant le décès de 400 000 personnes. 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Une expertise qui justifiait à coup sûr un entretien mené de main de maître par Virginie Troit, directrice générale […] Virginie Troit Perspectives La gestion des dévouements, des risques et des affects : récits d’expérience de bénévoles de la Croix-Rouge française face à l’urgence Covid-19 Au plus près des bénéficiaires, les bénévoles de la Croix-Rouge française se sont engagés au risque de leur santé physique et mentale. Comment ont-ils géré cette situation exceptionnelle qui impactait autant leur engagement que les habituelles méthodes de management ? C’est à ces questions que l’autrice, s’appuyant sur une étude financée par la Fondation Croix-Rouge […] Olivia Nevissas Perspectives Continuum des violences dans les trajectoires migratoires forcées : le reconnaître et agir S’ajoutant à la contrainte ou à l’angoisse du départ, les violences de tous ordres ne cessent d’accompagner les personnes migrantes le long de leur exil. Pour les autrices, reconnaître l’existence de ce « continuum » est une étape indispensable pour en atténuer les manifestations. Isabelle Auclair - Lorena Suelves Ezquerro You cannot copy content of this page Gérer le consentement aux cookies Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions. 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Jeu décisif — Wikipédia Aller au contenu Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Ne doit pas être confondu avec Jeu décisif (téléfilm) . Un jeu décisif , également appelé tie-break en anglais ou bris d'égalité au Canada francophone ( Québec et Nouveau-Brunswick ), est un jeu au tennis — le jeu étant ici une subdivision d’une manche — qui est d’un type particulier, utilisé pour départager les joueurs à la fin d'une manche (subdivision d’une partie, aussi appelée set ) Règles [ modifier | modifier le code ] Un jeu décisif se joue avec les règles de base . Le joueur (ou l'équipe) dont c'était le tour de servir au terme des douze jeux engage le premier point ; l'adversaire sert ensuite pour le deuxième et troisième point, chacun servant ensuite alternativement deux fois. Le premier joueur (ou première équipe) à atteindre 7 points remporte le set, à condition d'avoir au moins deux points d'écart (sinon le jeu se poursuit jusqu'à ce qu'il y ait deux points d'écart). Les joueurs doivent changer de côté tous les 6 points. Le jeu décisif compte pour un jeu pour le changement des balles, mais si le changement de balles doit intervenir au début d'un jeu décisif, il doit être repoussé jusqu'au second jeu de la manche suivante. Le joueur (ou l'équipe) qui a servi le premier point du jeu décisif doit relancer dans le premier jeu de la manche suivante. Dans un jeu décisif joué à partir de 6 jeux partout, le score final du set est noté 7-6 (ou 6-7 selon que le joueur ait gagné ou non ce jeu décisif) . Parfois les points du jeu décisif sont affichés également, par exemple, 7-6 (10-8), pour un jeu décisif gagné 10 points à 8. Une autre façon de noter les points est de noter uniquement les points du perdant ; par exemple, 7-6 (8). De même 7-6 (3) signifie que le score du jeu décisif était de 7 points à 3. Histoire [ modifier | modifier le code ] Le jeu décisif en 9 points est utilisé pour la première fois en janvier 1970 , lors des Championnats professionnels intérieurs américains . Il se déroule à 6 jeux partout et le premier à cinq points gagne la manche. Lorsque les deux joueurs atteignent 4 points partout, c'est le dernier à avoir servi qui engage un cinquième point. C'est d'ailleurs la faiblesse de ce jeu décisif qui permet à un joueur n'ayant gagné aucun point sur service adverse de remporter la manche (ou le match). L' US Open 1970 devient le premier tournoi du Grand Chelem à adopter ce tie-break [ 1 ] . Lors de l'été 1970 , l' International Tennis Federation propose aux fédérations un système alternatif dit en 12 jeux, à 6 jeux partout donc, le premier joueur à remporter au moins sept points (avec deux points d'écart) emporte la manche. La Grande-Bretagne adopte ce système. En 1971 , un système de jeu décisif à 8 jeux partout et joué en 12 points est proposé. Il est utilisé pour la première fois à l'occasion du Tournoi de Wimbledon 1971. À compter de 1975 , il fait partie des règles optionnelles et se déroule, au choix, à 6 ou 8 jeux partout. En 1979 , les règles du jeu décisif sont uniformisées à 6 jeux partout et 7 points dans tous les tournois, sauf dans la dernière manche pour l'Open d'Australie, Roland-Garros et Wimbledon. A cette époque, l'US Open était donc le seul tournoi du Grand Chelem à l'utiliser dans la dernière manche : de 1970 à 2010, 120 tie-break dans la 5 e manche y ont été joués. Il a toutefois été utilisé dans la dernière manche à l'Open d'Australie en 1980, 1981 et 1982 [ 2 ] , [ 3 ] , [ 4 ] . Il est de nouveau utilisé dans la dernière manche à l'Open d'Australie à partir de 2019, sous la forme d'un super jeu décisif en 10 points à 6 jeux partout. Il sera utilisé pour la première fois à Wimbledon dans la dernière manche à partir de 2019, sous la forme d'un jeu décisif normal mais à 12 jeux partout. En 1989 , le jeu décisif fait son apparition en Coupe Davis pour les 4 premiers sets. En 2002, en double, un set particulier appelé super tie-break est disputé lorsque le score est de un set partout. La première équipe à remporter au moins dix points avec deux points d'écart gagne le match. Cette règle a été employée la première fois à l' Open 13 en 2002 [ 5 ] . En 2016 le jeu décisif dans la 5 e manche est instauré en Coupe Davis [ 6 ] . Aux Jeux olympiques , le tie-break dans la troisième manche (cinquième pour la finale homme) est appliqué à partir de 2016. Le super tie-break fait son apparition pour la première fois en simple, à 6 jeux partout dans le cinquième set à l' Open d'Australie 2019 . Lors du tournoi de Wimbledon 2019 , un tie-break doit être joué si le score atteint 12 jeux partout au cinquième set [ 7 ] . Le terme de tie-break s'emploie également dans d'autres disciplines que le tennis, par exemple pour le système de départage aux échecs. En 2022, les 4 tournois du Grand Chelem adoptent conjointement la règle du jeu décisif en 10 points à 6 jeux partout lors du dernier set [ 8 ] . Statistiques et jeu décisifs célèbres [ modifier | modifier le code ] Le jeu décisif du troisième set de la finale 1976 de l'US Open remporté par Jimmy Connors 6-4, 3-6, 7-6(9), 6-4 contre Björn Borg , 11 points à 9 est le tournant du match. À noter que d'invention récente le changement de côté tous les six points n'est pas encore rentré dans les habitudes et seul un ramasseur de balles s'aperçoit que ce changement est nécessaire à 9-9 alors que ni l'arbitre ni les joueurs ne s'en sont rendu compte. Un des jeux décisifs les plus célèbres de l'histoire a lieu lors de la finale du Tournoi de Wimbledon 1980 . Au 4 e set, alors que Björn Borg mène deux manches à une contre John McEnroe , un jeu décisif d'anthologie les oppose, McEnroe l'emporte 18-16 à sa 7 e balle de set, non sans avoir sauvé 5 balles de match. Borg remporte la 5 e manche (8-6). Le film Borg McEnroe relate l'histoire de cette finale et les jours précédents. Le second plus long jeu décisif en finale de Grand Chelem oppose Roger Federer à Andy Murray à l' Open d'Australie 2010 , après 5 balles de sets sauvées Roger Federer remporte le titre 13 à 11 à sa 3 e balle de match. Dans la finale du Tournoi de Wimbledon 1982, John McEnroe aurait pu remporter le titre s'il avait gagné le jeu décisif du 4 e set face à Jimmy Connors (3-6, 6-3, 6-7, 7-6, 6-4) comme Roger Federer à l'US Open 2009 face à Juan Martín del Potro (3-6, 7-6, 4-6, 7-6, 6-2) Finales de tournois du Grand Chelem conclues sur un jeu décisif dans le cinquième set : Wimbledon 2019, US Open 2020, Roland-Garros 2025. Une demi-finale de l'US Open s'est conclue par un jeu décisif : l'US Open 1980 voit John McEnroe triompher 6-4, 5-7, 0-6, 6-3, 7-6 de son compatriote Jimmy Connors . À Wimbledon en 1991, Stefan Edberg , tenant du titre et finaliste dans les trois dernières éditions, s'incline en demi-finale face à Michael Stich , après avoir remporté la première manche. Il perd les trois suivantes au jeu décisif 4-6, 7-6(5), 7-6(5), 7-6(2), et il perd le match sans perdre son service, alors que Stich s'est fait breaker dans la première manche. Hasard, Jimmy Van Alen l'inventeur du premier jeu décisif, est mort ce jour-là. À Wimbledon en juin 2010 , l'absence de jeu décisif au 5 e set a provoqué le match le plus long de l'histoire du tennis , qualifié de « sans fin » entre John Isner et Nicolas Mahut, au cours duquel le 5 e set s'est terminé à 70-68 pour John Isner et a duré 11 heures et 8 minutes, s'étalant sur trois jours [ 9 ] . Records [ modifier | modifier le code ] Fait unique sur le circuit ATP , Jan Siemerink a remporté un tie-break en remontant de 0-6 à 10-8 contre Richard Krajicek à l'US Open 1994. Il perd néanmoins le match 6-7, 4-6, 7-6, 7-6(8), 4-6. Fait unique sur le circuit ATP, Martin Lee n'a laissé aucun point dans les deux tie-break des deux sets du match qui l'opposait à Sjeng Schalken lors du tournoi de Rotterdam 2002, 7-6(0), 7-6(0). Le plus long tie break en double : Jan Gunnarsson / Michael Mortensen battent John Frawley / Víctor Pecci 6-3, 6-4, 3-6, 7-6(26-24) Wimbledon 1985 Le plus long tie break en double mixte : Mareen Louie-Harper / Andy Lucchesi battent Diane Desfor / Horace Reid 6-2, 6-7, 7-6(18-16) US Open 1978 Le plus long tie break dans le 3 e set (match en 3 sets) : Goran Ivanišević bat Greg Rusedski 4-6, 6-4, 7-6(20-18) Queens 1997 Le plus long tie break dans un set décisif en doubles : David Dowlen / Nduka Odizor battent Tim Gullikson / Tom Gullikson 7-5, 6-7, 7-6(19-17) Boca West 1984 Le plus long super tie break : Albert Montañés / Rubén Ramírez Hidalgo battent Simon Aspelin / František Čermák 7-6, 1-6, [23-21] Estoril 2007 Le plus de tie break joués dans une carrière : 801 - Ivo Karlović , suivi de 797 - John Isner (à la date du 15 juillet 2022 ) Le plus de tie break joués dans un tournoi : 11 - Goran Ivanišević (Wimbledon 1998) Le plus de tie break gagnés dans une carrière : 493 - John Isner (à la date du 30 août 2022 ) Le plus de tie break gagnés consécutivement : 18 - Andy Roddick (2007 arrêté par Richard Gasquet ) Le plus de tie break perdus consécutivement : 15 (de 2012 à 2013) Robin Haase Le plus de tie break gagnés dans le 5 e set : 4 - Marat Safin Le plus de tie break gagnés dans un tournoi : 8 - Goran Ivanišević (Wimbledon 1998), Wayne Arthurs (Wimbledon 1999), Novak Djokovic (Wimbledon 2007) Le plus de tie break gagnés dans le set décisif : 35 - John Isner Le plus de tie break gagnés sur une année : 38 - Michael Stich (1993) Le plus de tie break gagnés dans le set décisif consécutivement : 17 - Carlos Moyà (2002-2008) Le plus de match gagnés consécutivement au tie break dans le set décisif : 5 - John Isner (Washington 2007) Le plus de sets gagnés au tie break consécutivement en Grand chelem : Tomáš Berdych (Open d'Australie 2012), Albert Montañés (Roland Garros 2008), Wayne Arthurs (Wimbledon 1999), Goran Ivanišević (Wimbledon 1998) Les plus longs tie-breaks [ modifier | modifier le code ] Le plus long tie-break a eu lieu en 2022 entre Reilly Opelka et John Isner , au tournoi de Dallas en 2022 , où Opelka s'impose dans la dernière manche 6 22 -7, ce qui constitue le record depuis 1990 soit la création de l'ATP [ 10 ] . Le score de 20 points à 18 a également été réalisé à sept reprises [ 11 ] : 2017 - Andy Murray bat Philipp Kohlschreiber 6 4 -7, 7-6 18 , 6-1 en quart de finale à Dubaï (7 balles de matchs sauvées). 2007 - Andy Roddick bat Jo-Wilfried Tsonga 6 18 -7, 7-6 2 , 6-3, 6-3 au 1 er tour de l' Open d'Australie . 2006 - José Acasuso bat Björn Phau 7-5, 7-6 18 1 er tour de Toronto . 2004 - Roger Federer bat Marat Safin 6-3, 7-6 18 en demi-finale du Masters à Houston . 1997 - Goran Ivanišević bat Greg Rusedski 4-6, 6-4, 7-6 18 en demi-finale du Queen's . 1993 - Goran Ivanišević bat Daniel Nestor 6-4, 7-6 5 , 7-6 18 1 er tour de l' US Open 1973 - Björn Borg bat Premjit Lall 6-3, 6-4, 9-8 18 1 er tour de Wimbledon . Au premier tour des qualifications à Copenhague en 1992, Aki Rahunen bat Peter Nyborg 7-6 22 , 2-6, 6-3 [ 12 ] . En finale du tournoi Future d'Aktobe, au Kazakhstan, en janvier 2016 , Evgeny Tyurnev bat Danilo Petrović 7-6 23 , 6-3 [ 13 ] . Au dernier tour des qualifications de tournoi Future de Plantation en 2013, Benjamin Balleret bat Guillaume Couillard 7-6 34 , 6-1 [ 14 ] . En double, à Wimbledon 1985, Michael Mortensen et Jan Gunnarsson battent John Frawley et Víctor Pecci 6-4, 6-4, 3-6, 7-6 24 . En Coupe Davis , le plus long tie-break est joué en double, remporté par la paire allemande Kevin Krawietz et Andreas Mies face à la paire argentine Máximo González et Leonardo Mayer : 6 4 -7, 7-6 2 , 7-6 18 en 2019 [ 15 ] . Matchs avec quatre tie-breaks [ modifier | modifier le code ] Il n'y a pas encore eu un seul match joué en cinq tie-breaks, ce qui n'était d'ailleurs possible qu'à l'US Open (avec un tie-break normal à 6-6 au cinquième set) avant un changement de règles en 2019, à l'Open d'Australie (avec un super tie-break en 10 points à 6-6 au cinquième set), à Wimbledon (avec un tie-break normal à 12-12 au cinquième set) et en 2022 avec le jeu décisif en 10 points à 6-6 au cinquième set pour tous les tournois de Grand Chelem. Cela a également été possible en Coupe Davis entre 2016 et 2018. En deux occasions un match en cinq tie-breaks aurait pu se produire si la compétition en question avait appliqué la règle du tie-break au cinquième set : en 2009 en Coupe Davis et en 2017 à Wimbledon. L'astérisque en bout de ligne signifie dans les matchs joués en cinq sets que le joueur vainqueur a gagné trois des quatre tie break à lui seul [ 16 ] . Cinq sets [ modifier | modifier le code ] 2020 - Nick Kyrgios bat Karen Khachanov 6-2, 7-6 5 , 6-7 6 , 6-7 7 , 7-6 8 à l'Open d'Australie 2017 - Aljaz Bedene bat Ivo Karlović 6-7 5 , 7-6 6 , 6-7 7 , 7-6 7 , 8-6 à Wimbledon 2016 - Feliciano López bat Guido Pella 7-6 2 , 6-7 4 , 7-6 3 , 6-7 8 , 6-4 à l'Open d'Australie 2011 - Paul Capdeville bat John Isner 6-7 5 , 6-7 2 , 7-6 3 , 7-6 5 , 6-4 en Coupe Davis 2009 - Radek Štěpánek bat Ivo Karlović 6-7 5 , 7-6 5 , 7-6 6 , 6-7 2 , 16-14 en Coupe Davis 2002 - Richard Krajicek bat Mark Philippoussis 6-7 2 , 7-6 4 , 6-7 1 , 7-6 5 , 6-4 à Wimbledon 1993 - Richard Fromberg bat Markus Zoecke 7-6 3 , 6-7 5 , 7-6 3 , 6-7 9 , 6-3 à l'Open d'Australie 1991 - Jacco Eltingh bat Richard Vogel 7-6 1 , 6-7 6 , 7-6 5 , 6-7 7 , 6-3 à Wimbledon 1989 - Ivan Lendl bat Jakob Hlasek 7-6 5 , 1-6, 7-6 4 , 6-7 0 , 7-6 5 à Dallas * 1986 - Tom Gullikson bat Greg Holmes 7-6 1 , 7-6 2 , 6-7 8 , 0-6, 7-6 6 à l'US Open * 1983 - Johan Kriek bat Roscoe Tanner 6-7 5 , 3-6, 7-6 4 , 7-6 3 , 7-6 2 à l'US Open * 1971 - Stanley Matthews bat D.Richard Russell 6-7, 6-7, 7-6, 7-6, 6-3 à l'US Open 1971 - Clark Graebner bat Frank Froehling 6-7, 6-7, 7-6, 7-6, 6-3 à Merion (Philadelphie) Matchs de Coupe Davis hors groupe mondial 2010 - Jarkko Nieminen bat Michał Przysiężny 6-7 5 , 7-6 4 , 6-7 5 , 7-6 7 , 6-4 en Coupe Davis 2003 - Victor Hănescu bat Giovanni Lapentti 7-6 3 , 6-7 5 , 7-6 5 , 6-7 1 , 6-4 en Coupe Davis (barrage) 2003 - Kim Young-jun bat Aisam-Ul-Haq Qureshi 6-7 4 , 7-6 5 , 6-7 2 , 7-6 5 , 6-4 en Coupe Davis Quatre sets [ modifier | modifier le code ] 2023 - Laslo Djere bat Maxime Cressy 6-7 5 , 7-6 3 , 7-6 8 , 7-6 7 à Wimbledon (1er tour) 2022 - Félix Auger-Aliassime bat Alejandro Davidovich Fokina 7-6 4 , 6-7 4 , 7-6 5 , 7-6 4 à l'Open d'Australie ( 2 e tour) 2020 - John Isner bat Thiago Monteiro 6-7 5 , 7-6 4 , 7-6 7 , 7-6 5 à l'Open d'Australie (1er tour) 2019 - Milos Raonic bat Stanislas Wawrinka 6-7 4 , 7-6 6 , 7-6 11 , 7-6 5 à l'Open d'Australie ( 2 e tour) 2019 - Ivo Karlović bat Hubert Hurkacz 6-7 5 , 7-6 5 , 7-6 3 , 7-6 5 à l'Open d'Australie (1er tour) 2019 - Reilly Opelka bat John Isner 7-6 4 , 7-6 6 , 6-7 4 , 7-6 5 à l'Open d'Australie (1er tour) 2016 - Gilles Müller bat Fabio Fognini 7-6 6 , 7-6 7 , 6-7 5 , 7-6 1 à l'Open d'Australie 2016 - Simone Bolelli bat Brian Baker 7-6 6 , 7-6 3 , 6-7 2 , 7-6 5 à l'Open d'Australie 2002 - Wayne Arthurs bat Taylor Dent 7-6 2 , 7-6 3 , 6-7 4 , 7-6 5 à Wimbledon (aucune balle de break convertie) 2001 - Pete Sampras bat Andre Agassi 6-7 7 , 7-6 2 , 7-6 2 , 7-6 5 à l'US Open (aucune balle de break convertie) 2001 - Marat Safin bat Ivan Ljubičić 7-6 5 , 6-7 2 , 7-6 5 , 7-6 5 à l'US Open 2001 - Wayne Arthurs bat Nicolas Coutelot 7-6 5 , 6-7 5 , 7-6 5 , 7-6 4 à Roland-Garros 2000 - Max Mirnyi bat Antony Dupuis 6-7 3 , 7-6 6 , 7-6 5 , 7-6 5 à l'Open d'Australie 1999 - Wayne Arthurs bat Vincenzo Santopadre 7-6 7 , 6-7 5 , 7-6 10 , 7-6 4 à Wimbledon (aucune balle de break convertie) 1991 - Derrick Rostagno bat Jakob Hlasek 6-7 2 , 7-6 3 , 7-6 2 , 7-6 4 à l'US Open 1980 - Paul McNamee bat John McEnroe 7-6 6 , 6-7 4 , 7-6 4 , 7-6 2 à Roland Garros Matchs de Coupe Davis hors groupe mondial 2000 - Harel Levy bat Ivaylo Traykov 6-7 5 , 7-6 8 , 7-6 3 , 7-6 6 en Coupe Davis * 7-5 ou plus dans tous les sets [ modifier | modifier le code ] 2007 - Novak Djokovic bat Radek Štěpánek 6-7 4 , 7-6 5 , 5-7, 7-5, 7-6 2 à l'US Open 2004 - Guillermo Cañas bat Tim Henman 6-7 5 , 5-7, 7-6 3 , 7-5, 9-7 à l'Open d’Australie 1995 - Sláva Doseděl bat Olivier Mutis 6-7 6 , 7-5, 5-7, 7-6 4 , 8-6 à Roland-Garros 1994 - Boris Becker bat Andreï Medvedev 6-7 5 , 7-5, 7-6 3 , 6-7 3 , 7-5 à Wimbledon 1988 - Ivan Lendl bat Mark Woodforde 7-5, 6-7, 6-7, 7-5, 10-8 à Wimbledon 1984 - Ievgueni Kafelnikov bat Laurence Tieleman 7-5, 6-7, 7-5, 6-7, 11-9 à Wimbledon 1979 - John Lloyd bat Paul McNamee 5-7, 6-7, 7-5, 7-6, 7-6 à l'US Open 7-6 ou plus dans tous les sets [ modifier | modifier le code ] 2017 - Aljaz Bedene bat Ivo Karlović 6-7 5 , 7-6 6 , 6-7 7 , 7-6 7 , 8-6 à Wimbledon 2009 - Radek Štěpánek bat Ivo Karlović 6-7 5 , 7-6 5 , 7-6 6 , 6-7 2 , 16-14 en Coupe Davis Finales avec tie break dans le 5 e set [ modifier | modifier le code ] 1982 - Hambourg, José Higueras bat Peter McNamara , 4-6, 6-7, 7-6, 6-3, 7-6 1988 - New-York (Masters), Boris Becker bat Ivan Lendl , 5-7, 7-6 5 , 3-6, 6-2, 7-6 5 1991 - Indian Wells, Jim Courier bat Guy Forget , 4-6, 6-3, 4-6, 6-3, 7-6 4 2000 - Hambourg, Gustavo Kuerten bat Marat Safin , 6-4, 5-7, 6-4, 5-7, 7-6 3 2000 - Paris (Masters 1000), Marat Safin bat Mark Philippoussis , 3-6, 7-6 7 , 6-4, 3-6, 7-6 8 2005 - Rome, Rafael Nadal bat Guillermo Coria , 6-4, 3-6, 6-3, 4-6, 7-6 6 2005 - Madrid, Rafael Nadal bat Ivan Ljubičić , 3-6, 2-6, 6-3, 6-4, 7-6 3 2005 - Shanghai (Masters), David Nalbandian bat Roger Federer , 6-7 4 , 6-7 11 , 6-2, 6-1, 7-6 3 2006 - Rome, Rafael Nadal bat Roger Federer , 6-7, 7-6 5 , 6-4, 2-6, 7-6 5 2019 - Wimbledon, Novak Djokovic bat Roger Federer , 7-6 5 , 1-6, 7-6 4 , 4-6, 13-12 3 2020 - US Open, Dominic Thiem bat Alexander Zverev , 2-6, 4-6, 6-4, 6-3, 7-6 6 2025 - Roland-Garros, Carlos Alcaraz bat Jannik Sinner , 4-6, 6 4 -7, 6-4, 7-6 3 , 7-6 2 Finales avec tie break dans tous les sets [ modifier | modifier le code ] 1985 - Los Angeles, Paul Annacone bat Stefan Edberg 7-6 5 , 6-7 8 , 7-6 4 1997 - Halle, Ievgueni Kafelnikov bat Petr Korda 7-6 2 , 6-7 5 , 7-6 7 2012 - Chennai, Milos Raonic bat Janko Tipsarević 6-7 4 , 7-6 4 , 7-6 4 2013 - Atlanta, John Isner bat Kevin Anderson 6-7 3 , 7-6 2 , 7-6 2 2014 - Queen's, Grigor Dimitrov bat Feliciano López 6-7 8 , 7-6 1 , 7-6 6 2016 - Newport, Ivo Karlović bat Gilles Müller 6-7 2 , 7-6 5 , 7-6 12 En Masters 1000 [ modifier | modifier le code ] Il y a eu 16 finales jouées au tie break du dernier set dans les tournois classés Masters 1000 (9 par an depuis 1990). 11 sur des matchs en 2 sets gagnants ( Novak Djokovic en a remporté 5) et 5 en 3 sets gagnants ( Rafael Nadal en a remporté 3). Notes et références [ modifier | modifier le code ] ↑ « Il était une fois le jeu décisif », sur Slate.fr , 24 juin 2010 (consulté le 23 août 2020 ) . ↑ (en) « Official Website of the Australian Open 2023 », sur ausopen.com (consulté le 5 juin 2023 ) . ↑ (en) « Official Website of the Australian Open 2023 », sur ausopen.com (consulté le 5 juin 2023 ) . ↑ (en) « Official Website of the Australian Open 2023 », sur ausopen.com (consulté le 5 juin 2023 ) . ↑ (fr) « Double: l'Open 13 joue les cobayes » sur le site de la FFT . ↑ « Le tie-break au 5e set dès 2016 - Coupe Davis », sur lequipe.fr , L'Équipe , 25 septembre 2015 (consulté le 29 septembre 2020 ) . ↑ Maxime Ducher (avec E.G.D. et W.P.), « Wimbledon: Le super tie-break à 12-12 dans le 5e set, une décision «nécessaire» ou la fin du «charme» des matchs épiques? », 20 minutes ,‎ 3 juillet 2019 ( lire en ligne , consulté le 23 août 2020 ) . ↑ « Roland-Garros et tous les tournois du Grand Chelem adoptent le tie-break en 10 points à 6-6 au dernier set », sur L'Équipe (consulté le 29 mai 2025 ) ↑ « Mahut – Isner, retour sur le match de tennis le plus long de l’histoire », sur We Sport - "Partageons notre passion !" , 15 mai 2022 (consulté le 10 juin 2023 ) . ↑ « Tennis. Avec un tie-break de 46 points, Opelka et Isner entrent dans l’histoire », sur Ouest-France.fr , 13 février 2022 (consulté le 10 juin 2023 ) . ↑ « ATP - Dubai, un tie-break record », sur welovetennis , 3 mars 2017 (consulté le 3 mars 2017 ) . ↑ Bud Collins Modern Encyclopedia of Tennis ↑ (en) [1] sur "www.itftennis.com" ↑ (en) "Longest tie-break recorded as Monaco's Benjamin Balleret beats Guillaume Couillard 36-34 sur "www.telegraph.co.uk", 9 janvier 2013. ↑ (en) « Germany seal sweep by winning record 38-point tie-break », sur daviscupfinals.com , 20 novembre 2019 . ↑ (en) http://the-history-of-mens-tennis.com/ Voir aussi [ modifier | modifier le code ] Super tie-break v · m Records du tennis Grand Chelems Simple messieurs Simple dames Double messieurs Double dames Double mixte Simple garçons Simple filles Double garçons Double filles Hommes Numéros 1 mondiaux en simple en double Titres Top 10 ATP Awards Femmes Numéros 1 mondiales en simple en double Titres WTA Awards Autres Set d'or Aces Jeu décisif Match Isner-Mahut Records et statistiques en Masters 1000 Portail du tennis Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Jeu_décisif&oldid=230910678 ». 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Jeu décisif — Wikipédia Aller au contenu Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Ne doit pas être confondu avec Jeu décisif (téléfilm) . Un jeu décisif , également appelé tie-break en anglais ou bris d'égalité au Canada francophone ( Québec et Nouveau-Brunswick ), est un jeu au tennis — le jeu étant ici une subdivision d’une manche — qui est d’un type particulier, utilisé pour départager les joueurs à la fin d'une manche (subdivision d’une partie, aussi appelée set ) Règles [ modifier | modifier le code ] Un jeu décisif se joue avec les règles de base . Le joueur (ou l'équipe) dont c'était le tour de servir au terme des douze jeux engage le premier point ; l'adversaire sert ensuite pour le deuxième et troisième point, chacun servant ensuite alternativement deux fois. Le premier joueur (ou première équipe) à atteindre 7 points remporte le set, à condition d'avoir au moins deux points d'écart (sinon le jeu se poursuit jusqu'à ce qu'il y ait deux points d'écart). Les joueurs doivent changer de côté tous les 6 points. Le jeu décisif compte pour un jeu pour le changement des balles, mais si le changement de balles doit intervenir au début d'un jeu décisif, il doit être repoussé jusqu'au second jeu de la manche suivante. Le joueur (ou l'équipe) qui a servi le premier point du jeu décisif doit relancer dans le premier jeu de la manche suivante. Dans un jeu décisif joué à partir de 6 jeux partout, le score final du set est noté 7-6 (ou 6-7 selon que le joueur ait gagné ou non ce jeu décisif) . Parfois les points du jeu décisif sont affichés également, par exemple, 7-6 (10-8), pour un jeu décisif gagné 10 points à 8. Une autre façon de noter les points est de noter uniquement les points du perdant ; par exemple, 7-6 (8). De même 7-6 (3) signifie que le score du jeu décisif était de 7 points à 3. Histoire [ modifier | modifier le code ] Le jeu décisif en 9 points est utilisé pour la première fois en janvier 1970 , lors des Championnats professionnels intérieurs américains . Il se déroule à 6 jeux partout et le premier à cinq points gagne la manche. Lorsque les deux joueurs atteignent 4 points partout, c'est le dernier à avoir servi qui engage un cinquième point. C'est d'ailleurs la faiblesse de ce jeu décisif qui permet à un joueur n'ayant gagné aucun point sur service adverse de remporter la manche (ou le match). L' US Open 1970 devient le premier tournoi du Grand Chelem à adopter ce tie-break [ 1 ] . Lors de l'été 1970 , l' International Tennis Federation propose aux fédérations un système alternatif dit en 12 jeux, à 6 jeux partout donc, le premier joueur à remporter au moins sept points (avec deux points d'écart) emporte la manche. La Grande-Bretagne adopte ce système. En 1971 , un système de jeu décisif à 8 jeux partout et joué en 12 points est proposé. Il est utilisé pour la première fois à l'occasion du Tournoi de Wimbledon 1971. À compter de 1975 , il fait partie des règles optionnelles et se déroule, au choix, à 6 ou 8 jeux partout. En 1979 , les règles du jeu décisif sont uniformisées à 6 jeux partout et 7 points dans tous les tournois, sauf dans la dernière manche pour l'Open d'Australie, Roland-Garros et Wimbledon. A cette époque, l'US Open était donc le seul tournoi du Grand Chelem à l'utiliser dans la dernière manche : de 1970 à 2010, 120 tie-break dans la 5 e manche y ont été joués. Il a toutefois été utilisé dans la dernière manche à l'Open d'Australie en 1980, 1981 et 1982 [ 2 ] , [ 3 ] , [ 4 ] . Il est de nouveau utilisé dans la dernière manche à l'Open d'Australie à partir de 2019, sous la forme d'un super jeu décisif en 10 points à 6 jeux partout. Il sera utilisé pour la première fois à Wimbledon dans la dernière manche à partir de 2019, sous la forme d'un jeu décisif normal mais à 12 jeux partout. En 1989 , le jeu décisif fait son apparition en Coupe Davis pour les 4 premiers sets. En 2002, en double, un set particulier appelé super tie-break est disputé lorsque le score est de un set partout. La première équipe à remporter au moins dix points avec deux points d'écart gagne le match. Cette règle a été employée la première fois à l' Open 13 en 2002 [ 5 ] . En 2016 le jeu décisif dans la 5 e manche est instauré en Coupe Davis [ 6 ] . Aux Jeux olympiques , le tie-break dans la troisième manche (cinquième pour la finale homme) est appliqué à partir de 2016. Le super tie-break fait son apparition pour la première fois en simple, à 6 jeux partout dans le cinquième set à l' Open d'Australie 2019 . Lors du tournoi de Wimbledon 2019 , un tie-break doit être joué si le score atteint 12 jeux partout au cinquième set [ 7 ] . Le terme de tie-break s'emploie également dans d'autres disciplines que le tennis, par exemple pour le système de départage aux échecs. En 2022, les 4 tournois du Grand Chelem adoptent conjointement la règle du jeu décisif en 10 points à 6 jeux partout lors du dernier set [ 8 ] . Statistiques et jeu décisifs célèbres [ modifier | modifier le code ] Le jeu décisif du troisième set de la finale 1976 de l'US Open remporté par Jimmy Connors 6-4, 3-6, 7-6(9), 6-4 contre Björn Borg , 11 points à 9 est le tournant du match. À noter que d'invention récente le changement de côté tous les six points n'est pas encore rentré dans les habitudes et seul un ramasseur de balles s'aperçoit que ce changement est nécessaire à 9-9 alors que ni l'arbitre ni les joueurs ne s'en sont rendu compte. Un des jeux décisifs les plus célèbres de l'histoire a lieu lors de la finale du Tournoi de Wimbledon 1980 . Au 4 e set, alors que Björn Borg mène deux manches à une contre John McEnroe , un jeu décisif d'anthologie les oppose, McEnroe l'emporte 18-16 à sa 7 e balle de set, non sans avoir sauvé 5 balles de match. Borg remporte la 5 e manche (8-6). Le film Borg McEnroe relate l'histoire de cette finale et les jours précédents. Le second plus long jeu décisif en finale de Grand Chelem oppose Roger Federer à Andy Murray à l' Open d'Australie 2010 , après 5 balles de sets sauvées Roger Federer remporte le titre 13 à 11 à sa 3 e balle de match. Dans la finale du Tournoi de Wimbledon 1982, John McEnroe aurait pu remporter le titre s'il avait gagné le jeu décisif du 4 e set face à Jimmy Connors (3-6, 6-3, 6-7, 7-6, 6-4) comme Roger Federer à l'US Open 2009 face à Juan Martín del Potro (3-6, 7-6, 4-6, 7-6, 6-2) Finales de tournois du Grand Chelem conclues sur un jeu décisif dans le cinquième set : Wimbledon 2019, US Open 2020, Roland-Garros 2025. Une demi-finale de l'US Open s'est conclue par un jeu décisif : l'US Open 1980 voit John McEnroe triompher 6-4, 5-7, 0-6, 6-3, 7-6 de son compatriote Jimmy Connors . À Wimbledon en 1991, Stefan Edberg , tenant du titre et finaliste dans les trois dernières éditions, s'incline en demi-finale face à Michael Stich , après avoir remporté la première manche. Il perd les trois suivantes au jeu décisif 4-6, 7-6(5), 7-6(5), 7-6(2), et il perd le match sans perdre son service, alors que Stich s'est fait breaker dans la première manche. Hasard, Jimmy Van Alen l'inventeur du premier jeu décisif, est mort ce jour-là. À Wimbledon en juin 2010 , l'absence de jeu décisif au 5 e set a provoqué le match le plus long de l'histoire du tennis , qualifié de « sans fin » entre John Isner et Nicolas Mahut, au cours duquel le 5 e set s'est terminé à 70-68 pour John Isner et a duré 11 heures et 8 minutes, s'étalant sur trois jours [ 9 ] . Records [ modifier | modifier le code ] Fait unique sur le circuit ATP , Jan Siemerink a remporté un tie-break en remontant de 0-6 à 10-8 contre Richard Krajicek à l'US Open 1994. Il perd néanmoins le match 6-7, 4-6, 7-6, 7-6(8), 4-6. Fait unique sur le circuit ATP, Martin Lee n'a laissé aucun point dans les deux tie-break des deux sets du match qui l'opposait à Sjeng Schalken lors du tournoi de Rotterdam 2002, 7-6(0), 7-6(0). Le plus long tie break en double : Jan Gunnarsson / Michael Mortensen battent John Frawley / Víctor Pecci 6-3, 6-4, 3-6, 7-6(26-24) Wimbledon 1985 Le plus long tie break en double mixte : Mareen Louie-Harper / Andy Lucchesi battent Diane Desfor / Horace Reid 6-2, 6-7, 7-6(18-16) US Open 1978 Le plus long tie break dans le 3 e set (match en 3 sets) : Goran Ivanišević bat Greg Rusedski 4-6, 6-4, 7-6(20-18) Queens 1997 Le plus long tie break dans un set décisif en doubles : David Dowlen / Nduka Odizor battent Tim Gullikson / Tom Gullikson 7-5, 6-7, 7-6(19-17) Boca West 1984 Le plus long super tie break : Albert Montañés / Rubén Ramírez Hidalgo battent Simon Aspelin / František Čermák 7-6, 1-6, [23-21] Estoril 2007 Le plus de tie break joués dans une carrière : 801 - Ivo Karlović , suivi de 797 - John Isner (à la date du 15 juillet 2022 ) Le plus de tie break joués dans un tournoi : 11 - Goran Ivanišević (Wimbledon 1998) Le plus de tie break gagnés dans une carrière : 493 - John Isner (à la date du 30 août 2022 ) Le plus de tie break gagnés consécutivement : 18 - Andy Roddick (2007 arrêté par Richard Gasquet ) Le plus de tie break perdus consécutivement : 15 (de 2012 à 2013) Robin Haase Le plus de tie break gagnés dans le 5 e set : 4 - Marat Safin Le plus de tie break gagnés dans un tournoi : 8 - Goran Ivanišević (Wimbledon 1998), Wayne Arthurs (Wimbledon 1999), Novak Djokovic (Wimbledon 2007) Le plus de tie break gagnés dans le set décisif : 35 - John Isner Le plus de tie break gagnés sur une année : 38 - Michael Stich (1993) Le plus de tie break gagnés dans le set décisif consécutivement : 17 - Carlos Moyà (2002-2008) Le plus de match gagnés consécutivement au tie break dans le set décisif : 5 - John Isner (Washington 2007) Le plus de sets gagnés au tie break consécutivement en Grand chelem : Tomáš Berdych (Open d'Australie 2012), Albert Montañés (Roland Garros 2008), Wayne Arthurs (Wimbledon 1999), Goran Ivanišević (Wimbledon 1998) Les plus longs tie-breaks [ modifier | modifier le code ] Le plus long tie-break a eu lieu en 2022 entre Reilly Opelka et John Isner , au tournoi de Dallas en 2022 , où Opelka s'impose dans la dernière manche 6 22 -7, ce qui constitue le record depuis 1990 soit la création de l'ATP [ 10 ] . Le score de 20 points à 18 a également été réalisé à sept reprises [ 11 ] : 2017 - Andy Murray bat Philipp Kohlschreiber 6 4 -7, 7-6 18 , 6-1 en quart de finale à Dubaï (7 balles de matchs sauvées). 2007 - Andy Roddick bat Jo-Wilfried Tsonga 6 18 -7, 7-6 2 , 6-3, 6-3 au 1 er tour de l' Open d'Australie . 2006 - José Acasuso bat Björn Phau 7-5, 7-6 18 1 er tour de Toronto . 2004 - Roger Federer bat Marat Safin 6-3, 7-6 18 en demi-finale du Masters à Houston . 1997 - Goran Ivanišević bat Greg Rusedski 4-6, 6-4, 7-6 18 en demi-finale du Queen's . 1993 - Goran Ivanišević bat Daniel Nestor 6-4, 7-6 5 , 7-6 18 1 er tour de l' US Open 1973 - Björn Borg bat Premjit Lall 6-3, 6-4, 9-8 18 1 er tour de Wimbledon . Au premier tour des qualifications à Copenhague en 1992, Aki Rahunen bat Peter Nyborg 7-6 22 , 2-6, 6-3 [ 12 ] . En finale du tournoi Future d'Aktobe, au Kazakhstan, en janvier 2016 , Evgeny Tyurnev bat Danilo Petrović 7-6 23 , 6-3 [ 13 ] . Au dernier tour des qualifications de tournoi Future de Plantation en 2013, Benjamin Balleret bat Guillaume Couillard 7-6 34 , 6-1 [ 14 ] . En double, à Wimbledon 1985, Michael Mortensen et Jan Gunnarsson battent John Frawley et Víctor Pecci 6-4, 6-4, 3-6, 7-6 24 . En Coupe Davis , le plus long tie-break est joué en double, remporté par la paire allemande Kevin Krawietz et Andreas Mies face à la paire argentine Máximo González et Leonardo Mayer : 6 4 -7, 7-6 2 , 7-6 18 en 2019 [ 15 ] . Matchs avec quatre tie-breaks [ modifier | modifier le code ] Il n'y a pas encore eu un seul match joué en cinq tie-breaks, ce qui n'était d'ailleurs possible qu'à l'US Open (avec un tie-break normal à 6-6 au cinquième set) avant un changement de règles en 2019, à l'Open d'Australie (avec un super tie-break en 10 points à 6-6 au cinquième set), à Wimbledon (avec un tie-break normal à 12-12 au cinquième set) et en 2022 avec le jeu décisif en 10 points à 6-6 au cinquième set pour tous les tournois de Grand Chelem. Cela a également été possible en Coupe Davis entre 2016 et 2018. En deux occasions un match en cinq tie-breaks aurait pu se produire si la compétition en question avait appliqué la règle du tie-break au cinquième set : en 2009 en Coupe Davis et en 2017 à Wimbledon. L'astérisque en bout de ligne signifie dans les matchs joués en cinq sets que le joueur vainqueur a gagné trois des quatre tie break à lui seul [ 16 ] . Cinq sets [ modifier | modifier le code ] 2020 - Nick Kyrgios bat Karen Khachanov 6-2, 7-6 5 , 6-7 6 , 6-7 7 , 7-6 8 à l'Open d'Australie 2017 - Aljaz Bedene bat Ivo Karlović 6-7 5 , 7-6 6 , 6-7 7 , 7-6 7 , 8-6 à Wimbledon 2016 - Feliciano López bat Guido Pella 7-6 2 , 6-7 4 , 7-6 3 , 6-7 8 , 6-4 à l'Open d'Australie 2011 - Paul Capdeville bat John Isner 6-7 5 , 6-7 2 , 7-6 3 , 7-6 5 , 6-4 en Coupe Davis 2009 - Radek Štěpánek bat Ivo Karlović 6-7 5 , 7-6 5 , 7-6 6 , 6-7 2 , 16-14 en Coupe Davis 2002 - Richard Krajicek bat Mark Philippoussis 6-7 2 , 7-6 4 , 6-7 1 , 7-6 5 , 6-4 à Wimbledon 1993 - Richard Fromberg bat Markus Zoecke 7-6 3 , 6-7 5 , 7-6 3 , 6-7 9 , 6-3 à l'Open d'Australie 1991 - Jacco Eltingh bat Richard Vogel 7-6 1 , 6-7 6 , 7-6 5 , 6-7 7 , 6-3 à Wimbledon 1989 - Ivan Lendl bat Jakob Hlasek 7-6 5 , 1-6, 7-6 4 , 6-7 0 , 7-6 5 à Dallas * 1986 - Tom Gullikson bat Greg Holmes 7-6 1 , 7-6 2 , 6-7 8 , 0-6, 7-6 6 à l'US Open * 1983 - Johan Kriek bat Roscoe Tanner 6-7 5 , 3-6, 7-6 4 , 7-6 3 , 7-6 2 à l'US Open * 1971 - Stanley Matthews bat D.Richard Russell 6-7, 6-7, 7-6, 7-6, 6-3 à l'US Open 1971 - Clark Graebner bat Frank Froehling 6-7, 6-7, 7-6, 7-6, 6-3 à Merion (Philadelphie) Matchs de Coupe Davis hors groupe mondial 2010 - Jarkko Nieminen bat Michał Przysiężny 6-7 5 , 7-6 4 , 6-7 5 , 7-6 7 , 6-4 en Coupe Davis 2003 - Victor Hănescu bat Giovanni Lapentti 7-6 3 , 6-7 5 , 7-6 5 , 6-7 1 , 6-4 en Coupe Davis (barrage) 2003 - Kim Young-jun bat Aisam-Ul-Haq Qureshi 6-7 4 , 7-6 5 , 6-7 2 , 7-6 5 , 6-4 en Coupe Davis Quatre sets [ modifier | modifier le code ] 2023 - Laslo Djere bat Maxime Cressy 6-7 5 , 7-6 3 , 7-6 8 , 7-6 7 à Wimbledon (1er tour) 2022 - Félix Auger-Aliassime bat Alejandro Davidovich Fokina 7-6 4 , 6-7 4 , 7-6 5 , 7-6 4 à l'Open d'Australie ( 2 e tour) 2020 - John Isner bat Thiago Monteiro 6-7 5 , 7-6 4 , 7-6 7 , 7-6 5 à l'Open d'Australie (1er tour) 2019 - Milos Raonic bat Stanislas Wawrinka 6-7 4 , 7-6 6 , 7-6 11 , 7-6 5 à l'Open d'Australie ( 2 e tour) 2019 - Ivo Karlović bat Hubert Hurkacz 6-7 5 , 7-6 5 , 7-6 3 , 7-6 5 à l'Open d'Australie (1er tour) 2019 - Reilly Opelka bat John Isner 7-6 4 , 7-6 6 , 6-7 4 , 7-6 5 à l'Open d'Australie (1er tour) 2016 - Gilles Müller bat Fabio Fognini 7-6 6 , 7-6 7 , 6-7 5 , 7-6 1 à l'Open d'Australie 2016 - Simone Bolelli bat Brian Baker 7-6 6 , 7-6 3 , 6-7 2 , 7-6 5 à l'Open d'Australie 2002 - Wayne Arthurs bat Taylor Dent 7-6 2 , 7-6 3 , 6-7 4 , 7-6 5 à Wimbledon (aucune balle de break convertie) 2001 - Pete Sampras bat Andre Agassi 6-7 7 , 7-6 2 , 7-6 2 , 7-6 5 à l'US Open (aucune balle de break convertie) 2001 - Marat Safin bat Ivan Ljubičić 7-6 5 , 6-7 2 , 7-6 5 , 7-6 5 à l'US Open 2001 - Wayne Arthurs bat Nicolas Coutelot 7-6 5 , 6-7 5 , 7-6 5 , 7-6 4 à Roland-Garros 2000 - Max Mirnyi bat Antony Dupuis 6-7 3 , 7-6 6 , 7-6 5 , 7-6 5 à l'Open d'Australie 1999 - Wayne Arthurs bat Vincenzo Santopadre 7-6 7 , 6-7 5 , 7-6 10 , 7-6 4 à Wimbledon (aucune balle de break convertie) 1991 - Derrick Rostagno bat Jakob Hlasek 6-7 2 , 7-6 3 , 7-6 2 , 7-6 4 à l'US Open 1980 - Paul McNamee bat John McEnroe 7-6 6 , 6-7 4 , 7-6 4 , 7-6 2 à Roland Garros Matchs de Coupe Davis hors groupe mondial 2000 - Harel Levy bat Ivaylo Traykov 6-7 5 , 7-6 8 , 7-6 3 , 7-6 6 en Coupe Davis * 7-5 ou plus dans tous les sets [ modifier | modifier le code ] 2007 - Novak Djokovic bat Radek Štěpánek 6-7 4 , 7-6 5 , 5-7, 7-5, 7-6 2 à l'US Open 2004 - Guillermo Cañas bat Tim Henman 6-7 5 , 5-7, 7-6 3 , 7-5, 9-7 à l'Open d’Australie 1995 - Sláva Doseděl bat Olivier Mutis 6-7 6 , 7-5, 5-7, 7-6 4 , 8-6 à Roland-Garros 1994 - Boris Becker bat Andreï Medvedev 6-7 5 , 7-5, 7-6 3 , 6-7 3 , 7-5 à Wimbledon 1988 - Ivan Lendl bat Mark Woodforde 7-5, 6-7, 6-7, 7-5, 10-8 à Wimbledon 1984 - Ievgueni Kafelnikov bat Laurence Tieleman 7-5, 6-7, 7-5, 6-7, 11-9 à Wimbledon 1979 - John Lloyd bat Paul McNamee 5-7, 6-7, 7-5, 7-6, 7-6 à l'US Open 7-6 ou plus dans tous les sets [ modifier | modifier le code ] 2017 - Aljaz Bedene bat Ivo Karlović 6-7 5 , 7-6 6 , 6-7 7 , 7-6 7 , 8-6 à Wimbledon 2009 - Radek Štěpánek bat Ivo Karlović 6-7 5 , 7-6 5 , 7-6 6 , 6-7 2 , 16-14 en Coupe Davis Finales avec tie break dans le 5 e set [ modifier | modifier le code ] 1982 - Hambourg, José Higueras bat Peter McNamara , 4-6, 6-7, 7-6, 6-3, 7-6 1988 - New-York (Masters), Boris Becker bat Ivan Lendl , 5-7, 7-6 5 , 3-6, 6-2, 7-6 5 1991 - Indian Wells, Jim Courier bat Guy Forget , 4-6, 6-3, 4-6, 6-3, 7-6 4 2000 - Hambourg, Gustavo Kuerten bat Marat Safin , 6-4, 5-7, 6-4, 5-7, 7-6 3 2000 - Paris (Masters 1000), Marat Safin bat Mark Philippoussis , 3-6, 7-6 7 , 6-4, 3-6, 7-6 8 2005 - Rome, Rafael Nadal bat Guillermo Coria , 6-4, 3-6, 6-3, 4-6, 7-6 6 2005 - Madrid, Rafael Nadal bat Ivan Ljubičić , 3-6, 2-6, 6-3, 6-4, 7-6 3 2005 - Shanghai (Masters), David Nalbandian bat Roger Federer , 6-7 4 , 6-7 11 , 6-2, 6-1, 7-6 3 2006 - Rome, Rafael Nadal bat Roger Federer , 6-7, 7-6 5 , 6-4, 2-6, 7-6 5 2019 - Wimbledon, Novak Djokovic bat Roger Federer , 7-6 5 , 1-6, 7-6 4 , 4-6, 13-12 3 2020 - US Open, Dominic Thiem bat Alexander Zverev , 2-6, 4-6, 6-4, 6-3, 7-6 6 2025 - Roland-Garros, Carlos Alcaraz bat Jannik Sinner , 4-6, 6 4 -7, 6-4, 7-6 3 , 7-6 2 Finales avec tie break dans tous les sets [ modifier | modifier le code ] 1985 - Los Angeles, Paul Annacone bat Stefan Edberg 7-6 5 , 6-7 8 , 7-6 4 1997 - Halle, Ievgueni Kafelnikov bat Petr Korda 7-6 2 , 6-7 5 , 7-6 7 2012 - Chennai, Milos Raonic bat Janko Tipsarević 6-7 4 , 7-6 4 , 7-6 4 2013 - Atlanta, John Isner bat Kevin Anderson 6-7 3 , 7-6 2 , 7-6 2 2014 - Queen's, Grigor Dimitrov bat Feliciano López 6-7 8 , 7-6 1 , 7-6 6 2016 - Newport, Ivo Karlović bat Gilles Müller 6-7 2 , 7-6 5 , 7-6 12 En Masters 1000 [ modifier | modifier le code ] Il y a eu 16 finales jouées au tie break du dernier set dans les tournois classés Masters 1000 (9 par an depuis 1990). 11 sur des matchs en 2 sets gagnants ( Novak Djokovic en a remporté 5) et 5 en 3 sets gagnants ( Rafael Nadal en a remporté 3). Notes et références [ modifier | modifier le code ] ↑ « Il était une fois le jeu décisif », sur Slate.fr , 24 juin 2010 (consulté le 23 août 2020 ) . ↑ (en) « Official Website of the Australian Open 2023 », sur ausopen.com (consulté le 5 juin 2023 ) . ↑ (en) « Official Website of the Australian Open 2023 », sur ausopen.com (consulté le 5 juin 2023 ) . ↑ (en) « Official Website of the Australian Open 2023 », sur ausopen.com (consulté le 5 juin 2023 ) . ↑ (fr) « Double: l'Open 13 joue les cobayes » sur le site de la FFT . ↑ « Le tie-break au 5e set dès 2016 - Coupe Davis », sur lequipe.fr , L'Équipe , 25 septembre 2015 (consulté le 29 septembre 2020 ) . ↑ Maxime Ducher (avec E.G.D. et W.P.), « Wimbledon: Le super tie-break à 12-12 dans le 5e set, une décision «nécessaire» ou la fin du «charme» des matchs épiques? », 20 minutes ,‎ 3 juillet 2019 ( lire en ligne , consulté le 23 août 2020 ) . ↑ « Roland-Garros et tous les tournois du Grand Chelem adoptent le tie-break en 10 points à 6-6 au dernier set », sur L'Équipe (consulté le 29 mai 2025 ) ↑ « Mahut – Isner, retour sur le match de tennis le plus long de l’histoire », sur We Sport - "Partageons notre passion !" , 15 mai 2022 (consulté le 10 juin 2023 ) . ↑ « Tennis. Avec un tie-break de 46 points, Opelka et Isner entrent dans l’histoire », sur Ouest-France.fr , 13 février 2022 (consulté le 10 juin 2023 ) . ↑ « ATP - Dubai, un tie-break record », sur welovetennis , 3 mars 2017 (consulté le 3 mars 2017 ) . ↑ Bud Collins Modern Encyclopedia of Tennis ↑ (en) [1] sur "www.itftennis.com" ↑ (en) "Longest tie-break recorded as Monaco's Benjamin Balleret beats Guillaume Couillard 36-34 sur "www.telegraph.co.uk", 9 janvier 2013. ↑ (en) « Germany seal sweep by winning record 38-point tie-break », sur daviscupfinals.com , 20 novembre 2019 . ↑ (en) http://the-history-of-mens-tennis.com/ Voir aussi [ modifier | modifier le code ] Super tie-break v · m Records du tennis Grand Chelems Simple messieurs Simple dames Double messieurs Double dames Double mixte Simple garçons Simple filles Double garçons Double filles Hommes Numéros 1 mondiaux en simple en double Titres Top 10 ATP Awards Femmes Numéros 1 mondiales en simple en double Titres WTA Awards Autres Set d'or Aces Jeu décisif Match Isner-Mahut Records et statistiques en Masters 1000 Portail du tennis Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Jeu_décisif&oldid=230910678 ». 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Texte de base : Convention collective nationale de la production cinématographique du 19 janvier 2012 (1) (2) (3) - Légifrance Convention collective nationale de la production cinématographique du 19 janvier 2012 (1) (2) (3) Etendue par arrêté du 31 mars 2015 JORF 10 avril 2015 IDCC 3097 Signataires Fait à : Fait à Paris, le 19 janvier 2012. Organisations d'employeurs : API. Organisations syndicales des salariés : SNTPCT ; FNSAC ; FC CFTC ; SGTIF CGT ; SNTR CGT ; USNA CFTC ; SFR CGT ; SNCAMTC CFE-CGC ; FORTAC FO. Adhésion : AFPF, APC, SPI et UPF par avenant du 8 octobre 2013, article 4 (BO n°2013-45) L'AFPF, l'APC, le SPI, l'UPF, par lettre du 25 novembre 2013 (BO n°2013-50) Sud culture, 61 rue de Richelieu, 75002 Paris, par lettre du 20 octobre 2016 (BO n°2016-45) Nota (1) Décision n o 370629, 371732 du 24 février 2015 du Conseil d'Etat statuant au contentieux : L'arrêté du ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social du 1er juillet 2013 portant extension de la convention collective nationale de la production cinématographique (n° 3097) (NOR: ETST1332092A) est annulé. (2) Décision n o 375882 du 7 mai 2015 du Conseil d'Etat statuant au contentieux : L'arrêté du ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social du 24 décembre 2013 portant extension du titre III de la convention collective nationale de la production cinématographique (n° 3097) (NOR: ETST1332092A) est annulé en tant qu'il porte extension du sous-titre II de ce titre III. (3) Décision n o 390810 du 15 mars 2017 du Conseil d’Etat statuant au contentieux. L’arrêté du ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social du 31 mars 2015 portant extension de la convention collective nationale de la production cinématographique et d’avenants à ladite convention nationale (n° 3097) (NOR : ETST1508472A) est annulé en tant qu’il prononce l’extension, d’une part, du deuxième alinéa de l’article 4.1.2 du sous-titre II du titre III de cette convention et, d’autre part, de l’annexe III.2 au sous-titre II du titre III de cette convention. Sous réserve des actions contentieuses engagées à la date du 15 mars 2017 contre les actes pris sur son fondement, les effets produits antérieurement à cette date par l’arrêté en tant qu’il prononce l’extension de l’annexe III.2 du sous-titre II du titre III de la convention collective nationale de la production cinématographique sont regardés comme définitifs. Numéro du BO 2013-34 Code NAF 59-11B 59-11C Recherche simple dans la convention Recherche dans l'intitulé de la table des matières... Rechercher dans le texte affiché Rechercher dans toute la convention Réinitialiser Afficher les "non en vigueur" Naviguer dans le sommaire Convention collective nationale de la production cinématographique du 19 janvier 2012 Texte de base : Convention collective nationale de la production cinématographique du 19 janvier 2012 (Articles 1er à Annexe Grille des salaires) Article Titre Ier Dispositions communes (Articles 1er à 39) Chapitre Ier Champ d'application (Articles 1er à 3) Article 1er Article 2 Article 3 Chapitre II Libertés civiques et égalité (Articles 4 à 6) Article 4 Article 5 (1) Article 6 Chapitre III Dialogue social (Articles 7 à 11) Article 7 Article 8 Article 9 Article 10 Article 11 (1) Chapitre IV Contrats de travail (Articles 12 à 15) Article Article 12 Article 13 Article 14 Article 15 Chapitre V Congés (Articles 16 à 18) Article 16 Article 17 Article 18 Chapitre VI Durée du travail (Articles 19 à 23) Article Article 19 Article 20 Article 21 Article 22 Article 23 Chapitre VII Santé, prévoyance, retraite complémentaire (Articles 24 à 28) Article 24 Article 25 Article 26 Article 27 Article 28 Chapitre VIII Formation et emploi (Articles 29 à 30) Article 29 Article 30 Chapitre IX Dispositions finales Article 31 Article 32 Article 33 Article 34 Article 35 Article 36 (1) Chapitre IX Prévention des violences et des harcèlements sexistes et sexuels (VHSS) (Articles 31 à 34) Article 31 Article 32 Article 33 Article 34 Chapitre X Dispositions finales (Articles 35 à 39) Article 35 Article 36 Article 37 Article 38 Article 39 Titre II Techniciens de la production cinématographique (Articles 1er à 53) Article 1er Chapitre Ier Titres des fonctions (Articles 2 à 3) Article 2 Article 3 Chapitre II Droit syndical et représentation des salariés (Articles 4 à 8) Article 4 Article 5 Article 6 Article 7 Article 8 Chapitre III Salaires (Articles 9 à 12) Article 9 Article 10 Article 11 Article 12 Chapitre IV Engagement (Articles 13 à 15) Article 13 Article 14 Article 15 Chapitre V Contrat de travail (Articles 16 à 23) Article 16 Article 17 Article 18 Article 19 Article 20 Article 21 Article 22 Article 23 Chapitre VI Durée du travail (Articles 24 à 43) Article 24 Article 25 Article 26 (1) Article 27 Article 28 Article 29 Article 30 Article 31 Article 32 Article 33 Article 34 Article 35 (1) Article 36 (1) Article 37 Article 38 Article 39 Article 40 Article 41 Article 42 Article 43 Chapitre VII Congés (Articles 44 à 45) Article 44 Article 45 Chapitre VIII Restauration, transports et défraiement (Articles 46 à 50) Article 46 Article 47 Article 48 Article 49 Article 50 Chapitre IX Commission paritaire d'interprétation et de conciliation Article Chapitre X Réalisateur (Articles 51 à 53) Article Article 51 Article 52 Article 53 Titre III Salariés de l'équipe artistique (Articles 1er à 6.8) Article 1er Article 2 (1) Article 3 (3) Article 4 Article 5 Article 6 Article 7 Sous-titre Ier Artistes-interprètes (Articles 1.1 à 6.8) Chapitre Ier Fonctions (Articles 1.1 à 1.2) Article 1.1 Article 1.2 Chapitre II Contrats de travail (Articles 2.1 à 2.3) Article 2.1 Article 2.2 Article 2.3 Chapitre III Conditions de travail (Articles 3.1 à 3.8) Article 3.1 Article 3.2 Article 3.3 Article 3.4 Article 3.5 Article 3.6 Article 3.7 Article 3.8 Chapitre IV Durée du travail (Articles 4.1 à 4.4) Article 4.1 Article 4.2 Article 4.3 Article 4.4 Chapitre V Défraiements et voyages (Articles 5.1 à 5.4) Article 5.1 Article 5.2 Article 5.3 Article 5.4 Chapitre VI Droits et obligations de l'artiste-interprète (Articles 6.1 à 6.8) Article 6.1 Article 6.2 Article 6.3 Article 6.4 Article 6.5 Article 6.6 Article 6.7 Article 6.8 Sous-titre II Acteurs de complément (Articles 1.1 à 5.4) Chapitre Ier Fonctions (Articles 1.1 à 1.2) Article 1.1 Article 1.2 Chapitre II Contrats de travail (Articles 2.1 à 2.3) Article 2.1 Article 2.2 Article 2.3 Chapitre III Conditions de travail (Articles 3.1 à 3.7) Article 3.1 Article 3.2 Article 3.3 Article 3.4 Article 3.5 Article 3.6 Article 3.7 Chapitre IV Durée du travail (Articles 4.1 à 4.4) Article 4.1 Article 4.2 Article 4.3 Article 4.4 (1) Chapitre V Défraiements et voyages (Articles 5.1 à 5.4) Article 5.1 Article 5.2 Article 5.3 Article 5.4 (1) Titre IV Salariés attachés à l'activité permanente de l'entreprise (Articles I.1 à article non numéroté) Chapitre Ier Fonctions (Articles I.1 à I.2) Article I.1 Article I.2 Chapitre II Contrats de travail (Articles II.1 à II.6) Article II.1 Article II.2 Article II.3 Article II.4 Article II.5 Article II.6 Chapitre III Congés (Articles III.1 à III.2) Article III.1 Article III.2 Chapitre IV Durée du travail (Articles IV.1 à IV.6) Article IV.1 Article IV.2 Article IV.3 Article IV.4 Article IV.5 Article IV.6 Chapitre V Frais et voyages (Articles V.1 à V.5) Article V.1 Article V.2 Article V.3 Article V.4 Article V.5 Chapitre VI Salaires (Articles VI.1 à VI.4) Article VI.1 Article VI.2 Article VI.3 Article VI.4 Chapitre VII Santé, prévoyance Article Chapitre VIII Formation professionnelle Article ANNEXES (Articles 1er à article non numéroté) Annexe I : Techniciens de la production cinématographique - Grille de salaires minimaux garantis et montant des indemnités repas et casse-croûte Grille de salaires minimaux garantis et montant des indemnités repas et casse-croûte Article Rémunération conventionnelle des réalisateurs Article Annexe II : Techniciens de la production cinématographique - Grille des durées hebdomadaires de travail comprenant des durées d'équivalence Grille des durées hebdomadaires de travail comprenant des durées d'équivalence Article Annexe III : Techniciens de la production cinématographique - Intéressement aux recettes d'exploitation Article 1er Article 2 Article 3 Article 4 Article 5 Article 6 Article 7 Grille des salaires minima garantis et montant des indemnités repas et casse-croûte Article Grille des durées hebdomadaires de travail comprenant des durées d'équivalence Article Annexe III : Techniciens de la production cinématographique - Intéressement aux recettes d'exploitation (Articles 1er à Annexe Grille des salaires) Article 1er Article 2 Article 3 Article 4 Article 5 Article 6 Article 7 Article 8 Article 9 Article 10 Article 11 Article 12 Annexe Règlement intérieur Annexe Grille des salaires Annexe III.1 : Annexe au sous-titre Ier (Artistes-interprètes) du titre III (Articles 1er à 7) Article Article 1er Article 2 Article 3 Article 4 Article 5 Article 6 Article 7 Annexe III.2 : Annexe au sous-titre II (Acteurs de complément) du titre III Article Annexe III.2 : Annexe au sous-titre II du titre III Article Annexe IV.A : Grille des salaires minima conventionnels Article Annexe IV.B : Emplois repères Article Annexe V : Clause dédiée à la prévention des VHSS Article Annexe VI : Clause dédiée aux artistes jouant des scènes d'intimité ou à caractère sexuel Article (1) Décision nos 370629,371732 du 24 février 2015 du Conseil d'Etat statuant au contentieux : L'arrêté du ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social du 1er juillet 2013 portant extension de la convention collective nationale de la production cinématographique (n° 3097) (NOR: ETST1332092A) est annulé. (2) Décision no 375882 du 7 mai 2015 du Conseil d'Etat statuant au contentieux : L'arrêté du ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social du 24 décembre 2013 portant extension du titre III de la convention collective nationale de la production cinématographique (n° 3097) (NOR: ETST1332092A) est annulé en tant qu'il porte extension du sous-titre II de ce titre III. (3) Décision n o 390810 du 15 mars 2017 du Conseil d’Etat statuant au contentieux. L’arrêté du ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social du 31 mars 2015 portant extension de la convention collective nationale de la production cinématographique et d’avenants à ladite convention nationale (n° 3097) (NOR : ETST1508472A) est annulé en tant qu’il prononce l’extension, d’une part, du deuxième alinéa de l’article 4.1.2 du sous-titre II du titre III de cette convention et, d’autre part, de l’annexe III.2 au sous-titre II du titre III de cette convention. Sous réserve des actions contentieuses engagées à la date du 15 mars 2017 contre les actes pris sur son fondement, les effets produits antérieurement à cette date par l’arrêté en tant qu’il prononce l’extension de l’annexe III.2 du sous-titre II du titre III de la convention collective nationale de la production cinématographique sont regardés comme définitifs. Article 1er (non en vigueur) Remplacé Le titre II est établi en conformité et en application des dispositions du titre Ier « Dispositions communes ». Le titre II est applicable limitativement aux salariés techniciens concourant à la réalisation des films. Les dispositions du titre II sont applicables spécifiquement et exclusivement aux salariés de l'équipe technique engagés pour la réalisation des films sous contrat de travail à durée déterminée d'usage au titre des fonctions fixées au chapitre Ier du présent titre, et par exception à certains personnels concourant spécifiquement à la réalisation du film, engagés sous contrat de travail à durée déterminée de droit commun et entrant dans la comptabilité du film. A compter de son entrée en vigueur, ce présent titre, à l'exception de l'accord national professionnel du 30 décembre 1991 relatif à la retraite complémentaire des intermittents techniques cadres et non cadres, annule et remplace les dispositions de la convention collective nationale des techniciens signée le 30 avril 1950, celles de la convention collective nationale des travailleurs indépendants signée le 1er août 1960 et celles des dispositions communes du protocole d'accord du 29 mars 1973 relatives aux conventions susdites. Versions Article 1er (non en vigueur) Remplacé Le titre II est établi en conformité et en application des dispositions du titre Ier « Dispositions communes ». Le titre II est applicable limitativement aux salariés techniciens concourant à la réalisation des films. Les dispositions du titre II sont applicables spécifiquement et exclusivement aux salariés de l'équipe technique engagés pour la réalisation des films sous contrat de travail à durée déterminée d'usage au titre des fonctions fixées au chapitre Ier du présent titre, et par exception à certains personnels concourant spécifiquement à la réalisation du film, engagés sous contrat de travail à durée déterminée de droit commun et entrant dans la comptabilité du film. A compter de son entrée en vigueur, ce présent titre, à l'exception de l'accord national professionnel du 30 décembre 1991 relatif à la retraite complémentaire des intermittents techniques cadres et non cadres, annule et remplace les dispositions de la convention collective nationale des techniciens signée le 30 avril 1950, celles de la convention collective nationale des travailleurs indépendants signée le 1er août 1960 et celles des dispositions communes du protocole d'accord du 29 mars 1973 relatives aux conventions susdites. Pour l'application de l'avant-dernier paragraphe de l'article 1er du titre Ier de la présente convention collective, concernant les films de fiction de longue durée dont le budget prévisionnel ne dépasse pas 1 million d'euros de dépenses extérieures à la société de production (hors imprévus), les partenaires sociaux conviennent que le régime spécifique suivant est nécessaire pour les films d'initiative française : – la masse salariale effective brute des personnels techniques sous contrat de travail de droit français est au moins égale à 15 % des dépenses françaises du budget du film. Le producteur précisera le calcul de ce ratio dans son dossier d'agrément ; – le producteur prévoit un intéressement aux recettes nettes d'exploitation consistant en l'attribution d'une participation aux recettes nettes producteur du film. Les conditions et les modalités de cet intéressement doivent être communiquées aux salariés avant leur 1er jour de travail. À partir de 10 mois à compter de la sortie du film et au plus tard dans un délai de 18 mois à compter de cette date, le producteur leur transmet une reddition de comptes. Versions Article 1er En vigueur étendu Champ d'application Le titre II est établi en conformité et en application des dispositions du titre Ier « Dispositions communes ». Le titre II est applicable limitativement aux salariés techniciens concourant à la réalisation des films. Les dispositions du titre II sont applicables spécifiquement et exclusivement aux salariés de l'équipe technique engagés pour la réalisation des films sous contrat de travail à durée déterminée d'usage au titre des fonctions fixées au chapitre Ier du présent titre, et par exception à certains personnels concourant spécifiquement à la réalisation du film, engagés sous contrat de travail à durée déterminée de droit commun et entrant dans la comptabilité du film. A compter de son entrée en vigueur, ce présent titre, à l'exception de l'accord national professionnel du 30 décembre 1991 relatif à la retraite complémentaire des intermittents techniques cadres et non cadres, annule et remplace les dispositions de la convention collective nationale des techniciens signée le 30 avril 1950, celles de la convention collective nationale des travailleurs indépendants signée le 1er août 1960 et celles des dispositions communes du protocole d'accord du 29 mars 1973 relatives aux conventions susdites. Pour l'application de l'avant-dernier paragraphe de l'article 1er du titre Ier de la présente convention collective, concernant les films de fiction de longue durée dont le budget prévisionnel ne dépasse pas 1 million d'euros de dépenses extérieures à la société de production (hors imprévus), les partenaires sociaux conviennent que le régime spécifique suivant est nécessaire pour les films d'initiative française : – la masse salariale effective brute des personnels techniques sous contrat de travail de droit français est au moins égale à 15 % des dépenses françaises du budget du film. Le producteur précisera le calcul de ce ratio dans son dossier d'agrément ; – le producteur prévoit un intéressement aux recettes nettes d'exploitation consistant en l'attribution d'une participation aux recettes nettes producteur du film. Les conditions et les modalités de cet intéressement doivent être communiquées aux salariés avant leur 1er jour de travail. À partir de 10 mois à compter de la sortie du film et au plus tard dans un délai de 18 mois à compter de cette date, le producteur leur transmet une reddition de comptes. Pour l'application de l'avant-dernier paragraphe de l'article 1er du titre Ier de la présente convention collective, les partenaires sociaux conviennent que le régime spécifique suivant est nécessaire pour les films d'initiative française de fiction de longue durée dont le budget prévisionnel ne dépasse pas 1 million d'euros de dépenses extérieures à la société de production (hors imprévus) : – la masse salariale effective brute des personnels techniques sous contrat de travail de droit français est au moins égale à 15 % des dépenses françaises du budget du film. Le producteur précisera le calcul de ce ratio dans son dossier d'agrément. – le producteur prévoit un intéressement aux recettes nettes d'exploitation consistant en l'attribution d'une participation aux recettes nettes producteur du film. Les conditions et les modalités de cet intéressement doivent être précisées aux contrats de travail des salariés. À partir de 10 mois à compter de la sortie du film et au plus tard dans un délai de 18 mois à compter de cette date, le producteur leur transmet une première reddition de comptes. Versions Chapitre Ier Titres des fonctions Article 2 (non en vigueur) Remplacé Les titres des fonctions s'entendent au masculin comme au féminin. Ces présentes classifications sont fondées indistinctement, dans le respect de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Conformément aux dispositions de l'article L. 2241-7 du code du travail, les organisations représentatives de la branche de la production cinématographique se réuniront au moins une fois tous les 5 ans pour examiner et, s'il y a lieu, réviser, modifier, supprimer ou ajouter des classifications à la présente grille. La présente liste précise, pour chacune d'elles, sa classification cadre ou non-cadre. Titres et définitions des fonctions Branche réalisation Réalisateur cinéma Cadre collaborateur de création En qualité de technicien salarié de la société du producteur délégué ou du producteur exécutif, il assure, indépendamment de son contrat d'auteur, la direction artistique et dirige la mise en scène et les acteurs, les prises de vues et de son. Dans le cadre de son contrat de travail, en accord avec le producteur délégué ou son représentant et en collaboration avec les techniciens cadres collaborateurs de création, il dirige et coordonne la préparation du tournage. Avec le producteur délégué, il choisit les acteurs et ses collaborateurs de création et détermine les lieux des décors. Il établit le découpage technique du film. Il collabore à l'établissement du plan de travail dans le cadre du devis prévisionnel. Il dirige les travaux de montage et de mixage et supervise les travaux de finitions jusqu'à la copie standard. Il accomplit sa mission dans le cadre des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Réalisateur de films publicitaires Cadre collaborateur de création En qualité de technicien salarié de la société du producteur, il assure, indépendamment de son contrat d'auteur, la direction artistique et dirige la mise en scène et les acteurs, les prises de vues et de son. Dans le cadre de son contrat de travail, en accord avec le producteur ou son représentant et en collaboration avec les techniciens cadres collaborateurs de création, il dirige et coordonne la préparation du tournage. Avec le producteur et sur accord du commanditaire du film, il choisit ses collaborateurs de création ainsi que les acteurs en accord avec le commanditaire du film et détermine les lieux des décors. Il établit le découpage technique du film. Il collabore à l'établissement du plan de travail dans le cadre du devis prévisionnel. Il participe éventuellement aux travaux de montage, de mixage et de finitions jusqu'à la copie standard, suivant les indications du producteur et du commanditaire du film. Il accomplit sa mission dans le cadre des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Technicien réalisateur deuxième équipe cinéma Cadre A partir des directives artistiques et techniques du réalisateur du film et sur ses indications, il dirige l'équipe complémentaire de tournage. Conseiller technique à la réalisation cinéma Cadre Technicien d'expérience confirmée dans la mise en scène, engagé par la société de production en vue de conseiller techniquement le réalisateur dont l'expérience de la réalisation est insuffisante pour ce qui concerne soit le découpage, soit la prise de vues, soit la direction d'acteurs. Premier assistant réalisateur cinéma Cadre Collaborateur du réalisateur, il seconde celui-ci durant la préparation et la réalisation du film. Il peut être engagé pour des études préalables. En accord avec la production et en coordination avec les collaborateurs de création concernés, il établit et met en œuvre le plan de travail. Il coordonne avec les différents départements du film la préparation et la mise en œuvre du tournage de chaque séquence. Il élabore les feuilles de service. En lien avec le réalisateur, il exerce ses fonctions dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Second assistant réalisateur cinéma Non-cadre Collaborateur du premier assistant réalisateur, il assiste celui-ci dans ses fonctions. Durant la préparation et le tournage, il assure notamment la liaison et la diffusion des différentes informations de service. Il formalise les feuilles de service des jours suivants et transmet les prévisions à plus long terme aux comédiens et à tous les services. Auxiliaire à la réalisation cinéma Non-cadre Sous les directives des assistants réalisateurs, il est chargé notamment de veiller à la circulation des personnes sur le lieu de tournage, d'aller quérir les comédiens dans leurs loges et les conduire sur le lieu de tournage. Pendant la période de tournage, il ne peut être engagé en tant qu'auxiliaire à la réalisation cinéma qu'à la condition que les postes de premier assistant réalisateur cinéma et second assistant réalisateur cinéma soient pourvus ou que le poste de premier assistant réalisateur soit pourvu dans le cas des films documentaires. Scripte cinéma Cadre Collaborateur technique et artistique du réalisateur, il fait le lien avec le directeur de production et le monteur, notamment via les rapports artistiques et administratifs. Pendant la préparation, il est chargé de préminuter le scénario et d'établir une continuité chronologique. Responsable de la continuité, il veille à sa bonne mise en œuvre pendant le tournage. Assistant scripte cinéma Non-cadre Assiste le scripte dans ses fonctions et exécute les tâches confiées par celui-ci. Technicien retour image cinéma Non-cadre A disposition du réalisateur et du producteur, il installe et assure l'organisation technique des reprises de visée depuis la caméra jusqu'aux différents moniteurs. Il peut assurer la gestion et la bonne conservation des enregistrements témoins. Premier assistant à la distribution des rôles cinéma Cadre En fonction du scénario et en collaboration avec le producteur et le réalisateur, il est chargé de rechercher et de proposer des interprètes correspondant aux différents rôles. A ce titre, il détermine avec la production les moyens techniques et humains nécessaires à l'accomplissement de sa mission. Il peut être engagé pour des études préalables. Chargé de la figuration cinéma Non-cadre En fonction des demandes du réalisateur, il est chargé de rechercher les différents acteurs de complément. Il veille à leur préparation et à leur mise en place pour les prises de vues. Il est chargé de faire remplir et de collecter les fiches de renseignements. Assistant au chargé de la figuration cinéma Non-cadre Assiste le chargé de la figuration et exécute les tâches confiées par celui-ci. Répétiteur cinéma Non-cadre Dans le respect des consignes du réalisateur, il assure, avant et pendant le tournage, la préparation des acteurs, notamment pour jouer dans une langue qui leur est étrangère. Il assure, éventuellement, le suivi du travail en postsynchronisation. Responsable des enfants cinéma Non-cadre Il est chargé de la surveillance et de l'encadrement des enfants et en assure le confort pendant, le cas échéant, la durée de préparation du film et pendant le tournage. Il peut assurer la préparation des enfants à leur rôle et assure, le cas échéant, leur suivi scolaire. Il justifie de toute qualification et habilitation nécessaires. Il veille au respect des règles d'hygiène et de sécurité dans l'exercice de ses fonctions. Branche administration Directeur de production cinéma Cadre collaborateur de création Engagé par la société de production en vue de la réalisation d'un film, il représente le producteur de la préparation à la fin des prises de vues et, éventuellement, jusqu'à l'établissement de la copie standard. Il assure la direction et l'organisation générale du travail dans le cadre des lois et règlements en vigueur. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Il est responsable de l'établissement du devis et gère les dépenses de la production du film. Il supervise le plan de travail et agrée celui-ci. Il est chargé notamment de l'engagement des salariés concourant à la réalisation du film. Administrateur de production cinéma Cadre Collaborateur du producteur et du directeur de production, il assure la gestion administrative, comptable et sociale du film et, notamment, établit les bulletins de salaire. Il établit les données nécessaires au suivi du devis et aux prévisions de trésorerie. Il assure le contrôle des opérations et écritures comptables en référence au plan comptable des entreprises de production. Il vérifie leur régularité et fournit les éléments pour l'établissement des situations de dépenses. Administrateur adjoint comptable cinéma Non-cadre Il assiste l'administrateur de production dans ses fonctions de gestion de la production du film, en particulier la comptabilité de la production du film. Assistant comptable de production cinéma Non-cadre Assistant de l'administrateur adjoint film, il est chargé d'exécuter des travaux d'administration et de comptabilité courante de la production du film. Secrétaire de production cinéma Non-cadre Collaborateur du directeur de production et du régisseur général. En charge des travaux de secrétariat, il assure des tâches de coordination et le suivi des dossiers administratifs et contractuels avec chacun des départements de la production du film. Branche régie Régisseur général cinéma Cadre Collaborateur direct du directeur de production. Pendant la préparation, il participe aux repérages et à l'établissement du plan de travail. Il est responsable de la bonne marche des services de régie, supervise et assure la logistique selon les lieux de tournage (fournitures, autorisations administratives, hébergement, restauration, transports, etc.) en collaboration avec le réalisateur du film ou son assistant. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Régisseur adjoint cinéma Non-cadre L'(les) adjoint(s) du régisseur général est (sont) qualifié(s) pour aider celui-ci dans l'organisation et l'exécution des tâches de régie. Auxiliaire à la régie cinéma Non-cadre Sous les directives du régisseur général cinéma ou du régisseur adjoint cinéma, il effectue des travaux liés à la régie, notamment : – il effectue des courses diverses de proximité en liaison avec le tournage du film ; – il participe à l'organisation des tournages en décors naturels et à la surveillance de la circulation sur le lieu de tournage ; – dans les lieux de décors naturels, il installe l'intérieur des loges des comédiens et maquillage ; – il assure la fourniture et la tenue de la table régie, mise à la disposition de l'équipe de tournage. Pendant la période de tournage, il ne peut être engagé d'auxiliaire à la régie cinéma qu'à la condition que les postes de régisseur général et de régisseur adjoint soient pourvus ou que le poste de régisseur général soit pourvu dans le cas des films documentaires. Branche image Directeur de la photographie cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur direct du réalisateur, il a la responsabilité de la qualité technique et artistique de la photographie et des prises de vues du film. A ce titre, il détermine avec le directeur de production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires aux prises de vues. Pendant la préparation et le tournage, il participe au repérage, au découpage et au choix des cadres et, plus généralement, à toute décision qui a une incidence sur la qualité de l'image. En fonction des demandes artistiques du réalisateur, il choisit et compose les ambiances lumineuses du film. Il définit et contrôle les travaux de l'équipe de prises de vues, du chef électricien et, éventuellement, du chef machiniste pour les problèmes de lumière. Il surveille l'étalonnage du film et est consulté sur les travaux de finition ayant une incidence sur l'image du film. Il est consulté en cas de modification de l'image par les techniques informatiques. Dans l'exercice de ses fonctions, il veille aux règles d'hygiène et de sécurité. Cadreur cinéma Cadre A la responsabilité du cadrage de l'image et de l'harmonie des mouvements de l'appareil de prises de vues, suivant les directives du réalisateur sous le contrôle, d'un point de vue technique, du directeur de la photographie. Cadreur spécialisé cinéma Cadre Suivant les directives du réalisateur et sous le contrôle du directeur de la photographie, il assure les cadrages et l'harmonie des mouvements de l'appareil de prises de vues au moyen d'un bras mécanique stabilisateur (exemple : steadicam), porté ou fixe, ou dans le cadre de toute autre prise de vues spécialisée. Premier assistant opérateur cinéma Cadre A la responsabilité de la mise au point de l'objectif en fonction des déplacements des acteurs et de la caméra. Il réceptionne et vérifie les appareils de prises de vues, les objectifs et les accessoires avant le début du tournage et en surveille le bon fonctionnement pendant toute la durée du film. Il veille au bon conditionnement des matériels en vue des transports. Deuxième assistant opérateur cinéma Non-cadre Assiste le premier assistant opérateur dans toutes ses tâches et peut notamment effectuer les zooms sous les directives du cadreur film. En particulier, a la responsabilité du chargement et du déchargement des supports d'enregistrement (pellicule et/ou supports numériques) et de leur conditionnement pour expédition au lieu de traitement. Il est responsable de l'alimentation électrique de la caméra. Il gère et comptabilise les supports vierges et enregistrés, veille à leur conservation et à leurs bonnes conditions de transport. Technicien d'appareils télécommandés (prise de vues) cinéma Cadre Il a la responsabilité technique de l'appareil support des mouvements télécommandés de la caméra et des différents déports. Il le prépare, dirige son installation et sa mise en service en collaboration avec les machinistes et les assistants opérateurs si nécessaire. Il est responsable des opérations de démontage et de rangement. Il a les connaissances techniques qui lui permettent d'assurer le bon fonctionnement des appareillages. Photographe de plateau cinéma Cadre Exécute, en accord avec le réalisateur, le directeur de la photographie et le producteur, les photos du film pour la production, en vue de l'exploitation et de la promotion du film. Il est responsable de leur qualité technique et assure la compatibilité des supports photographiques. Branche son Chef opérateur de son cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique des enregistrements et de la réalisation sonores du film par l'apport des sons synchrones et des sons seuls. A ce titre, il détermine avec le directeur de production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires. Assistant opérateur du son cinéma Cadre Sous les directives du chef opérateur du son, il assure, en fonction de la prise de vues, la captation du son par tous moyens techniques, en particulier par l'entremise de la perche, et a la charge d'installer les différents microphones. Il a la charge du stock de support son et du matériel son. Branche costumes Créateur de costumes cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique de la composition visuelle des personnages du film, en référence au scénario. Il assure, durant la préparation et le tournage, la coordination et le suivi de la conception et de la réalisation des costumes et des accessoires. Le cas échéant, il coordonne le travail artistique des coiffures, perruques et maquillage. Il a la connaissance des styles et des époques. Il fournit au réalisateur une présentation visuelle de sa conception des personnages à l'aide de différents supports : maquettes, échantillonnages, documentation… Il établit le devis costumes en fonction du scénario et des demandes du réalisateur et en accord avec le producteur ou son représentant. Il suit la gestion de son budget. Il dirige et coordonne le travail de ses assistants et des différentes équipes qu'il a choisis d'un commun accord avec le producteur. Il collabore avec le directeur de la photographie et le chef décorateur. Il dirige les essayages des costumes, assiste aux essais de maquillage et de coiffure. Chef costumier cinéma Cadre Dans le cas des films où il n'y a pas de création originale de costumes, durant la préparation et le tournage, en accord avec le réalisateur et le producteur ou son représentant, il a pour charge de rechercher, en référence au scénario, les costumes et accessoires vestimentaires nécessaires à la composition visuelle des personnages du film. Il établit le devis costumes en fonction du scénario et des demandes du réalisateur et en accord avec le producteur ou son représentant. Il suit la gestion de son budget. Il dirige et coordonne le travail de ses assistants et des différentes équipes qu'il a choisis d'un commun accord avec le producteur. Il collabore avec le directeur de la photographie et le chef décorateur. Il dirige les essayages des costumes, assiste aux essais de maquillage et de coiffure. Costumier cinéma Non-cadre Il assiste dans ses fonctions le créateur de costumes cinéma ou le chef costumier cinéma dans la recherche et les essayages de costumes ainsi que dans l'organisation du travail. Il veille à la logistique du tournage, à la gestion des stocks et à la coordination entre les fournisseurs et la production. Il planifie les durées de location en fonction du plan de travail et assure la restitution des costumes aux loueurs. Habilleur cinéma Non-cadre Sur le plateau, il a en charge la responsabilité de l'habillage des comédiens, en veillant au respect des choix du créateur de costumes ou du chef costumier ainsi que du réalisateur. Il assure la continuité (raccords) en collaboration avec le scripte. Il a la responsabilité du rangement et de l'entretien des costumes. Teinturier patineur costumes cinéma Non-cadre En étroite collaboration avec le créateur de costumes et le chef d'atelier costumes, il prépare les tissus et autres matériaux en amont de la fabrication (couleurs, impressions, apprêts, motifs…) et effectue, sur le plateau, les patines ponctuelles de circonstance. Chef d'atelier costumes cinéma Non-cadre Collaborateur direct du créateur de costumes, il a la connaissance des textiles, des coupes de toutes les époques. Il effectue le patronage et la coupe des costumes dans le respect des maquettes du créateur de costumes. Il est responsable de l'organisation de son atelier ainsi que de son équipe de réalisation de costumes. Il participe aux essayages des nouveaux modèles. Couturier costumes cinéma Non-cadre Il exécute les tâches confiées par le chef d'atelier costumes cinéma, notamment dans la fabrication des costumes. Branche maquillage Chef maquilleur cinéma Cadre A la responsabilité de la création du maquillage des interprètes selon les directives du réalisateur et conformément au scénario. Travaille en collaboration avec le directeur de la photographie, le créateur de costumes et le chef coiffeur cinéma. Il est responsable des travaux exécutés par ses assistants. Il assure le suivi des compositions initiales durant la réalisation du film. Dans le cadre de la préparation, il établit un budget en accord avec le directeur de production et en contrôle la gestion. Maquilleur cinéma Non-cadre Exécute des maquillages et raccords sous la responsabilité du chef maquilleur. Il surveille l'état du maquillage des artistes sur le plateau. Branche coiffure Chef coiffeur cinéma Non-cadre Est chargé, selon les directives du réalisateur, en collaboration avec le directeur de la photographie et le chef maquilleur, de la confection des perruques postiches et de l'exécution de toutes coiffures d'époque ou modernes. Il doit assurer, tout au long du film, avec exactitude et méthode, la forme initiale de chaque coiffure et son adaptation conformément au scénario, en accord, s'il y a lieu, avec les maquettes du créateur de costumes. Coiffeur cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef coiffeur, il procède à la coiffure des interprètes selon le scénario et en surveille l'état sur le plateau. Branche décoration Chef décorateur cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique des décors du film. Il est chargé par le producteur, en accord avec le réalisateur, de la conception, de l'aménagement et de la construction des décors conformément au scénario et au plan de travail dans le cadre du budget. Il participe au choix des lieux de tournage et assure la cohérence artistique des décors. Il collabore à la mise au point du plan de travail, établit le devis décoration en fonction du scénario et des demandes du réalisateur, en accord avec le producteur ou son représentant. Il dirige et coordonne le travail des différentes équipes et de ses assistants mis à sa disposition. En cas de recours à des moyens numériques, il assure également le suivi de la cohérence artistique de la conception et de la construction des décors. Il veille à la conception, à l'aménagement et à la construction des décors dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Ensemblier décorateur cinéma Cadre Lorsqu'un film ne nécessite aucune construction, il peut assurer l'aménagement des décors naturels. Il est en outre chargé de choisir les meubles, accessoires, objets d'art et éléments décoratifs nécessaires au tournage. Il collabore à l'établissement du devis décoration. Il assure la cohérence artistique des décors. L'ensemblier décorateur n'a pas qualité pour assurer la construction des décors du film. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Premier assistant décorateur cinéma Cadre Il seconde le chef décorateur cinéma et doit pouvoir le remplacer en cas d'absence temporaire. Il s'occupe particulièrement, sous la direction de celui-ci, de la partie technique des décors, collabore à la conception des plans et à l'établissement du devis décoration et coordonne selon le plan de travail, les différents corps de métiers lors de la construction et de l'aménagement des décors. Deuxième assistant décorateur cinéma Non-cadre Il assiste le premier assistant décorateur cinéma dans ses fonctions et exécute les plans et détails nécessaires à la réalisation des décors. Il est capable de réaliser des maquettes d'étude et de représentation des décors. Troisième assistant décorateur cinéma Non-cadre Salarié membre de l'équipe de l'assistanat de décoration, il s'initie à la fonction d'assistant décorateur. Il est chargé d'exécuter des tâches simples. Durant la période de tournage, il ne peut être employé qu'à la condition que les postes de premier et de deuxième assistants soient pourvus. Ensemblier cinéma Cadre Il est chargé par le chef décorateur cinéma de rechercher et de choisir les meubles et objets d'art nécessaires à l'installation des décors, d'en assurer la livraison et la restitution en temps utile, et de procéder à leur mise en place sur le décor. Dans le cadre du devis et sous la responsabilité du chef décorateur cinéma, il assure la gestion du budget meubles et accessoires. Régisseur d'extérieurs cinéma Cadre Il est chargé de la recherche, de la fourniture et de la restitution aux fournisseurs, s'il y a lieu, de tous les accessoires, animaux, matériaux, éléments non décoratifs, véhicules d'époque, etc., liés à la réalisation du décor et des accessoires jouant. Il est éventuellement l'adjoint de l'ensemblier. Il peut arrêter et exécuter toutes dépenses inhérentes à son poste sous le contrôle du chef décorateur ou, le cas échéant, de l'ensemblier décorateur. Accessoiriste de plateau cinéma Non-cadre Selon les indications du chef décorateur cinéma, de l'ensemblier décorateur cinéma ou de la mise en scène, il est chargé, pendant le tournage, de la surveillance, de la préparation et de l'emploi de tous les accessoires jouant, et de la mise en place – raccord – de l'ensemble mobilier installé sur le plateau de prise de vues. Veille à l'entretien de ceux-ci et assure, en suivant la continuité, les raccords de scène indiqués sur la feuille de service. Il assure les effets spéciaux simples ne nécessitant pas de mesures de sécurité particulières à l'égard des membres de l'équipe artistique et technique participant au tournage. Accessoiriste de décor cinéma Non-cadre Chargé de réceptionner les meubles et accessoires, d'installer, d'équiper et de préparer les décors sous les directives de l'ensemblier. Il contrôle l'identité, l'état et la conservation des objets reçus et rendus. Peintre d'art de décor cinéma Non-cadre Peintre d'art, il compose et exécute les fresques, découvertes ou tous motifs décoratifs de style sous la direction du chef décorateur cinéma ou de l'ensemblier décorateur cinéma. Infographiste de décor cinéma Non-cadre Chargé, sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, de la fabrication et de la transformation d'accessoires graphiques numériques par des moyens informatiques. Il peut effectuer la simulation modélisée et la représentation des décors en images de synthèse. Illustrateur de décor cinéma Non-cadre Chargé, sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, d'effectuer des représentations artistiques des décors par le dessin et la peinture. Il peut réaliser des calligraphies ou tout accessoire faisant appel au dessin d'art. Chef tapissier de décor cinéma Non-cadre Collaborateur du chef décorateur cinéma, de l'ensemblier décorateur cinéma ou de l'ensemblier cinéma. Est capable d'exécuter une esquisse, d'en arrêter graphiquement les coupes, d'accomplir tous travaux d'après des dessins et des documents d'époque. Est capable de coordonner au décor et aux techniques de prise de vues des ensembles décoratifs textiles et d'en assurer l'exécution et l'installation. Tapissier de décor cinéma Non-cadre Assistant du chef tapissier de décor cinéma, il exécute et installe tous les ouvrages de couture que nécessitent les travaux de tapisserie. Branche montage Chef monteur cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur de création, il donne au film sa construction et son rythme par l'assemblage artistique et technique des images et des sons, dans l'esprit du scénario et sous la responsabilité du réalisateur. Il participe avec le réalisateur à la postproduction. Il est chargé, en collaboration avec le réalisateur, de veiller à la cohérence de l'espace sonore du film. Premier assistant monteur cinéma Non-cadre Il assiste le chef monteur pendant la durée des travaux liés au montage et, sous sa responsabilité, assure le suivi des différentes étapes du montage : organisation et préparation du travail, gestion des matériaux images et sons, dialogue avec les industries techniques et travail avec les différents intervenants (bruitage, postsynchronisation…). Deuxième assistant monteur cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef monteur et sous la direction du premier assistant monteur cinéma, il est chargé d'exécuter des tâches simples liées au montage. Il ne peut être recouru à un deuxième assistant monteur cinéma sans que le poste de premier assistant monteur cinéma soit pourvu ; il peut cependant être engagé pour une durée de travail distincte de celle du premier assistant monteur cinéma. Chef monteur son cinéma Cadre Dans le cas où l'équipe de montage cinéma n'assure pas conjointement le montage de l'image et du son, le chef monteur son est chargé, en collaboration avec le réalisateur et en lien avec le chef monteur cinéma, de donner sa cohérence et son rythme à l'espace sonore du film. Durant le mixage, il est appelé à donner des indications au mixeur. Bruiteur Cadre Illustrateur sonore, il exécute en direct, sous la direction du réalisateur, l'habillage sonore du film pour le mixage de la version originale et de la version internationale, en complément du montage son. Assistant bruiteur Non-cadre Collaborateur direct du bruiteur, il travaille sous ses directives. Il gère tous les matériels et accessoires nécessaires à l'exécution des bruits. Coordinateur de postproduction cinéma Cadre En relation avec les chefs de poste concernés, en particulier avec le chef monteur, il assure des tâches de coordination, de suivi et de mise en œuvre des moyens de postproduction tels qu'ils sont définis conformément au planning de postproduction et au devis établi par le directeur de production. Branche mixage Mixeur cinéma Cadre Sous la direction du réalisateur, il est chargé, en auditorium, de l'enregistrement, des postsynchronisations et des effets sonores, puis du mélange et de la spatialisation de tous les éléments fournis qui incluent la musique. Il assure la conformité technique sur les différents supports de diffusion. Assistant mixeur cinéma Cadre Collaborateur direct du mixeur, il travaille sous ses directives. Il prend en charge une partie des éléments sonores à mélanger. Branche collaborateurs techniques spécialisés Superviseur d'effets physiques cinéma Cadre Il est chargé de la conception et de l'exécution des effets spéciaux physiques (pluie, brouillard, explosions, armes à feu…). Il doit justifier des habilitations nécessaires. Lors de la mise en œuvre de ces effets, il a la charge, en collaboration avec le directeur de production, de faire mettre en place tous les moyens nécessaires à la sécurité des personnes, des lieux et du décor. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Assistant effets physiques cinéma Non-cadre Il assiste, dans ses fonctions, le superviseur d'effets physiques et installe, sous sa direction, les moyens nécessaires à la réalisation de l'effet. Il doit justifier des habilitations nécessaires. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Animatronicien cinéma Non-cadre Spécialiste chargé de réaliser et d'animer des automates électromécaniques. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Branche machinistes de prise de vues Chef machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Collaborateur de la prise de vues, il constitue, en accord avec la production, dirige et encadre l'équipe machinerie. Il est chargé de répondre, par sa compétence technique, aux diverses demandes de la mise en scène et de définir, d'installer et de manipuler tous les moyens techniques nécessaires à la mise en place des éclairages et du matériel de prise de vues. Il veille à leur utilisation, dans le respect des règles de sécurité. Sous la direction, d'un point de vue technique, du directeur de la photographie et en relation avec le cadreur, il exécute les déplacements de la caméra durant les prises de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Sous-chef machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Machiniste qui assiste ou supplée le chef machiniste de prise de vues, si l'organisation du tournage l'exige, notamment dans son travail de coordination de l'équipe machinerie. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Spécialiste de la mise en place et du bon fonctionnement de tous les moyens techniques nécessaires à la prise de vues et à la mise en place des éclairages, il travaille sous la direction du chef machiniste de prise de vues et/ou du sous-chef machiniste de prise de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Branche électriciens de prise de vues Chef électricien prise de vues cinéma Non-cadre Collaborateur du directeur de la photographie, il constitue en accord avec la production, dirige et encadre l'équipe d'électriciens. Il assure, avec leur concours, l'installation et le fonctionnement des moyens techniques d'éclairage nécessaires. Il en assure le réglage selon les directives du directeur de la photographie. Il a la connaissance des matériels d'éclairage et doit justifier des habilitations réglementaires. A partir de la source de courant électrique mise à sa disposition, il est qualifié pour vérifier et veiller au bon fonctionnement et à la conformité des branchements électriques sur le lieu du tournage, dans le respect des règles de sécurité. Sous-chef électricien prise de vues cinéma Non-cadre Electricien prise de vues capable d'assister ou de suppléer le chef électricien, si l'organisation du tournage l'exige, notamment dans son travail de coordination de l'équipe d'électriciens. Il doit justifier des habilitations et qualifications réglementaires nécessaires à l'utilisation de moyens d'éclairage. Electricien prise de vues cinéma Non-cadre Electricien de formation, spécialiste chargé de la mise en place des branchements et du réglage des éclairages et de leurs accessoires. Il travaille sous la direction du chef électricien de prise de vues et/ou du sous-chef électricien de prise de vues. Il doit justifier des habilitations et qualifications réglementaires nécessaires à l'utilisation de moyens d'éclairage. Conducteur de groupe cinéma Non-cadre Il a la charge de l'entretien, du bon fonctionnement du groupe électrogène sur les lieux de tournage et de l'acheminement du courant électrique fourni par celui-ci jusqu'aux branchements principaux nécessités par le tournage, en veillant à la sécurité des installations. Il vérifie la conformité du courant produit avec la cadence de prise de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires nécessaires à la conduite et à l'utilisation du groupe. Il peut assister l'équipe d'électriciens pour l'installation du matériel. Branche construction de décors Chef constructeur cinéma Cadre Il est chargé par le chef décorateur de la mise en œuvre de la construction et de l'exécution technique des décors. A cet effet, il a la responsabilité de coordonner l'ensemble des travaux de construction et d'exécution des décors. Il constitue en accord avec la production et dirige les différentes équipes des différents corps professionnels participant à leur réalisation. Dans ce cadre, il est chargé de l'organisation du travail de ces différents corps de métiers. Il veille, dans l'emploi des matériaux et dans l'exécution des décors, au respect des règles de sécurité et d'hygiène en vigueur. Chef machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il dirige l'équipe machinerie de construction. Il est responsable de la coordination et de l'exécution du montage et du démontage de toutes les parties construites, des éléments fixes et mobiles. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles de sécurité et d'hygiène en vigueur. Sous-chef machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il seconde le chef machiniste dans le montage et le démontage des décors. Machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, spécialiste capable d'effectuer le montage et le démontage des décors sous la direction du chef et/ou du sous-chef machiniste de construction. Chef électricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il dirige l'équipe d'électriciens de studio. Chargé, sous la double direction du directeur de la photographie et du chef électricien prise de vues, de l'installation de tous les moyens d'éclairage nécessaires au tournage. Il doit justifier des habilitations réglementaires. A partir de la source de courant électrique mise à sa disposition, il est qualifié pour intervenir sur toutes les installations électriques et est responsable des branchements électriques. Il veille aux branchements électriques dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef électricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, électricien de studio capable de seconder le chef électricien de construction, notamment dans la coordination de l'équipe d'électriciens de studio. Il justifie de la qualification professionnelle et des habilitations dans la mise en œuvre et l'utilisation des moyens d'éclairage. Electricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, électricien chargé, sous la direction du chef et/ou du sous-chef électricien, de la mise en place des moyens d'éclairage studio et de leur alimentation. Il justifie de la qualification professionnelle et des habilitations dans la mise en œuvre et l'utilisation des moyens d'éclairage. Chef menuisier de décor cinéma Non-cadre Responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de menuiserie spécifiques aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef menuisier de décor cinéma Non-cadre Menuisier capable de seconder le chef menuisier de décor, notamment dans la coordination des équipes de menuiserie. Menuisier traceur de décor cinéma Non-cadre Menuisier spécialisé capable de tracer et d'exécuter tous les ouvrages de menuiserie inhérents et spécifiques aux décors de cinéma. Menuisier de décor cinéma Non-cadre Menuisier chargé d'assurer l'exécution de tout ouvrage nécessaire au décor et de travailler sur toutes les machines, excepté la toupie. Toupilleur de décor cinéma Non-cadre Menuisier qualifié dans le toupillage. Il est chargé de l'exécution des éléments de menuiserie réalisés à la toupie. Maquettiste de décor cinéma Non-cadre Spécialiste chargé d'exécuter tous travaux fins en modèle réduit, sous les indications du chef décorateur. Maçon de décor cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef constructeur, spécialiste chargé d'exécuter les travaux de maçonnerie inhérents et spécifiques aux décors. Chef serrurier de décor cinéma Non-cadre Serrurier responsable de la fabrication des ouvrages métalliques, mécaniques ou de ferronnerie inhérents et spécifiques aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Serrurier de décor cinéma Non-cadre Spécialiste chargé de réaliser des ouvrages métalliques, mécaniques ou de ferronnerie inhérents et spécifiques aux décors. Chef sculpteur de décor cinéma Non-cadre Sous les directives du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de sculpture nécessaires aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sculpteur de décor cinéma Non-cadre Sculpteur capable de seconder le chef sculpteur de décor, exécute les travaux de sculpture inhérents aux décors. Chef staffeur de décor cinéma Non-cadre Sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de moulage et de staff nécessaires aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Staffeur de décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute les travaux de moulage et de staff sous la direction du chef staffeur. Chef peintre de décor cinéma Non-cadre Sous les directives du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de peinture et de la préparation des tons, des matières et des patines spécifiques aux prises de vues. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef peintre de décor cinéma Non-cadre Il seconde le chef peintre et coordonne le travail de l'une des équipes de peintres en décoration. Peintre de décor cinéma Non-cadre Peintre spécialiste, il exécute les travaux de peinture spécifiques aux décors de cinéma. Peintre en lettres de décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute les graphismes et logos peints selon les indications du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur. Peintre faux bois et patine décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute tous travaux d'imitation bois, marbre, trompe-l'œil et de patine selon les indications du chef décorateur et/ou du chef peintre. Versions Article 2 (non en vigueur) Remplacé Les titres des fonctions s'entendent au masculin comme au féminin. Ces présentes classifications sont fondées indistinctement, dans le respect de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Conformément aux dispositions de l'article L. 2241-7 du code du travail, les organisations représentatives de la branche de la production cinématographique se réuniront au moins une fois tous les 5 ans pour examiner et, s'il y a lieu, réviser, modifier, supprimer ou ajouter des classifications à la présente grille. La présente liste précise, pour chacune d'elles, sa classification cadre ou non-cadre. Titres et définitions des fonctions Branche réalisation Réalisateur cinéma Cadre collaborateur de création En qualité de technicien salarié de la société du producteur délégué ou du producteur exécutif, il assure, indépendamment de son contrat d'auteur, la direction artistique et dirige la mise en scène et les acteurs, les prises de vues et de son. Dans le cadre de son contrat de travail, en accord avec le producteur délégué ou son représentant et en collaboration avec les techniciens cadres collaborateurs de création, il dirige et coordonne la préparation du tournage. Avec le producteur délégué, il choisit les acteurs et ses collaborateurs de création et détermine les lieux des décors. Il établit le découpage technique du film. Il collabore à l'établissement du plan de travail dans le cadre du devis prévisionnel. Il dirige les travaux de montage et de mixage et supervise les travaux de finitions jusqu'à la copie standard. Il accomplit sa mission dans le cadre des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Réalisateur de films publicitaires Cadre collaborateur de création En qualité de technicien salarié de la société du producteur, il assure, indépendamment de son contrat d'auteur, la direction artistique et dirige la mise en scène et les acteurs, les prises de vues et de son. Dans le cadre de son contrat de travail, en accord avec le producteur ou son représentant et en collaboration avec les techniciens cadres collaborateurs de création, il dirige et coordonne la préparation du tournage. Avec le producteur et sur accord du commanditaire du film, il choisit ses collaborateurs de création ainsi que les acteurs en accord avec le commanditaire du film et détermine les lieux des décors. Il établit le découpage technique du film. Il collabore à l'établissement du plan de travail dans le cadre du devis prévisionnel. Il participe éventuellement aux travaux de montage, de mixage et de finitions jusqu'à la copie standard, suivant les indications du producteur et du commanditaire du film. Il accomplit sa mission dans le cadre des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Technicien réalisateur deuxième équipe cinéma Cadre A partir des directives artistiques et techniques du réalisateur du film et sur ses indications, il dirige l'équipe complémentaire de tournage. Conseiller technique à la réalisation cinéma Cadre Technicien d'expérience confirmée dans la mise en scène, engagé par la société de production en vue de conseiller techniquement le réalisateur dont l'expérience de la réalisation est insuffisante pour ce qui concerne soit le découpage, soit la prise de vues, soit la direction d'acteurs. Premier assistant réalisateur cinéma Cadre Collaborateur du réalisateur, il seconde celui-ci durant la préparation et la réalisation du film. Il peut être engagé pour des études préalables. En accord avec la production et en coordination avec les collaborateurs de création concernés, il établit et met en œuvre le plan de travail. Il coordonne avec les différents départements du film la préparation et la mise en œuvre du tournage de chaque séquence. Il élabore les feuilles de service. En lien avec le réalisateur, il exerce ses fonctions dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Second assistant réalisateur cinéma Non-cadre Collaborateur du premier assistant réalisateur, il assiste celui-ci dans ses fonctions. Durant la préparation et le tournage, il assure notamment la liaison et la diffusion des différentes informations de service. Il formalise les feuilles de service des jours suivants et transmet les prévisions à plus long terme aux comédiens et à tous les services. Auxiliaire à la réalisation cinéma Non-cadre Sous les directives des assistants réalisateurs, il est chargé notamment de veiller à la circulation des personnes sur le lieu de tournage, d'aller quérir les comédiens dans leurs loges et les conduire sur le lieu de tournage. Pendant la période de tournage, il ne peut être engagé en tant qu'auxiliaire à la réalisation cinéma qu'à la condition que les postes de premier assistant réalisateur cinéma et second assistant réalisateur cinéma soient pourvus ou que le poste de premier assistant réalisateur soit pourvu dans le cas des films documentaires. Scripte cinéma Cadre Collaborateur technique et artistique du réalisateur, il fait le lien avec le directeur de production et le monteur, notamment via les rapports artistiques et administratifs. Pendant la préparation, il est chargé de préminuter le scénario et d'établir une continuité chronologique. Responsable de la continuité, il veille à sa bonne mise en œuvre pendant le tournage. Assistant scripte cinéma Non-cadre Assiste le scripte dans ses fonctions et exécute les tâches confiées par celui-ci. Technicien retour image cinéma Non-cadre A disposition du réalisateur et du producteur, il installe et assure l'organisation technique des reprises de visée depuis la caméra jusqu'aux différents moniteurs. Il peut assurer la gestion et la bonne conservation des enregistrements témoins. Premier assistant à la distribution des rôles cinéma Cadre En fonction du scénario et en collaboration avec le producteur et le réalisateur, il est chargé de rechercher et de proposer des interprètes correspondant aux différents rôles. A ce titre, il détermine avec la production les moyens techniques et humains nécessaires à l'accomplissement de sa mission. Il peut être engagé pour des études préalables. Chargé de la figuration cinéma Non-cadre En fonction des demandes du réalisateur, il est chargé de rechercher les différents acteurs de complément. Il veille à leur préparation et à leur mise en place pour les prises de vues. Il est chargé de faire remplir et de collecter les fiches de renseignements. Assistant au chargé de la figuration cinéma Non-cadre Assiste le chargé de la figuration et exécute les tâches confiées par celui-ci. Répétiteur cinéma Non-cadre Dans le respect des consignes du réalisateur, il assure, avant et pendant le tournage, la préparation des acteurs, notamment pour jouer dans une langue qui leur est étrangère. Il assure, éventuellement, le suivi du travail en postsynchronisation. Responsable des enfants cinéma Non-cadre Il est chargé de la surveillance et de l'encadrement des enfants et en assure le confort pendant, le cas échéant, la durée de préparation du film et pendant le tournage. Il peut assurer la préparation des enfants à leur rôle et assure, le cas échéant, leur suivi scolaire. Il justifie de toute qualification et habilitation nécessaires. Il veille au respect des règles d'hygiène et de sécurité dans l'exercice de ses fonctions. Branche administration Directeur de production cinéma Cadre collaborateur de création Engagé par la société de production en vue de la réalisation d'un film, il représente le producteur de la préparation à la fin des prises de vues et, éventuellement, jusqu'à l'établissement de la copie standard. Il assure la direction et l'organisation générale du travail dans le cadre des lois et règlements en vigueur. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Il est responsable de l'établissement du devis et gère les dépenses de la production du film. Il supervise le plan de travail et agrée celui-ci. Il est chargé notamment de l'engagement des salariés concourant à la réalisation du film. Administrateur de production cinéma Cadre Collaborateur du producteur et du directeur de production, il assure la gestion administrative, comptable et sociale du film et, notamment, établit les bulletins de salaire. Il établit les données nécessaires au suivi du devis et aux prévisions de trésorerie. Il assure le contrôle des opérations et écritures comptables en référence au plan comptable des entreprises de production. Il vérifie leur régularité et fournit les éléments pour l'établissement des situations de dépenses. Administrateur adjoint comptable cinéma Non-cadre Il assiste l'administrateur de production dans ses fonctions de gestion de la production du film, en particulier la comptabilité de la production du film. Assistant comptable de production cinéma Non-cadre Assistant de l'administrateur adjoint film, il est chargé d'exécuter des travaux d'administration et de comptabilité courante de la production du film. Secrétaire de production cinéma Non-cadre Collaborateur du directeur de production et du régisseur général. En charge des travaux de secrétariat, il assure des tâches de coordination et le suivi des dossiers administratifs et contractuels avec chacun des départements de la production du film. Branche régie Régisseur général cinéma Cadre Collaborateur direct du directeur de production. Pendant la préparation, il participe aux repérages et à l'établissement du plan de travail. Il est responsable de la bonne marche des services de régie, supervise et assure la logistique selon les lieux de tournage (fournitures, autorisations administratives, hébergement, restauration, transports, etc.) en collaboration avec le réalisateur du film ou son assistant. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Régisseur adjoint cinéma Non-cadre L'(les) adjoint(s) du régisseur général est (sont) qualifié(s) pour aider celui-ci dans l'organisation et l'exécution des tâches de régie. Auxiliaire à la régie cinéma Non-cadre Sous les directives du régisseur général cinéma ou du régisseur adjoint cinéma, il effectue des travaux liés à la régie, notamment : – il effectue des courses diverses de proximité en liaison avec le tournage du film ; – il participe à l'organisation des tournages en décors naturels et à la surveillance de la circulation sur le lieu de tournage ; – dans les lieux de décors naturels, il installe l'intérieur des loges des comédiens et maquillage ; – il assure la fourniture et la tenue de la table régie, mise à la disposition de l'équipe de tournage. Pendant la période de tournage, il ne peut être engagé d'auxiliaire à la régie cinéma qu'à la condition que les postes de régisseur général et de régisseur adjoint soient pourvus ou que le poste de régisseur général soit pourvu dans le cas des films documentaires. Branche image Directeur de la photographie cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur direct du réalisateur, il a la responsabilité de la qualité technique et artistique de la photographie et des prises de vues du film. A ce titre, il détermine avec le directeur de production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires aux prises de vues. Pendant la préparation et le tournage, il participe au repérage, au découpage et au choix des cadres et, plus généralement, à toute décision qui a une incidence sur la qualité de l'image. En fonction des demandes artistiques du réalisateur, il choisit et compose les ambiances lumineuses du film. Il définit et contrôle les travaux de l'équipe de prises de vues, du chef électricien et, éventuellement, du chef machiniste pour les problèmes de lumière. Il surveille l'étalonnage du film et est consulté sur les travaux de finition ayant une incidence sur l'image du film. Il est consulté en cas de modification de l'image par les techniques informatiques. Dans l'exercice de ses fonctions, il veille aux règles d'hygiène et de sécurité. Cadreur cinéma Cadre A la responsabilité du cadrage de l'image et de l'harmonie des mouvements de l'appareil de prises de vues, suivant les directives du réalisateur sous le contrôle, d'un point de vue technique, du directeur de la photographie. Cadreur spécialisé cinéma Cadre Suivant les directives du réalisateur et sous le contrôle du directeur de la photographie, il assure les cadrages et l'harmonie des mouvements de l'appareil de prises de vues au moyen d'un bras mécanique stabilisateur (exemple : steadicam), porté ou fixe, ou dans le cadre de toute autre prise de vues spécialisée. Premier assistant opérateur cinéma Cadre A la responsabilité de la mise au point de l'objectif en fonction des déplacements des acteurs et de la caméra. Il réceptionne et vérifie les appareils de prises de vues, les objectifs et les accessoires avant le début du tournage et en surveille le bon fonctionnement pendant toute la durée du film. Il veille au bon conditionnement des matériels en vue des transports. Deuxième assistant opérateur cinéma Non-cadre Assiste le premier assistant opérateur dans toutes ses tâches et peut notamment effectuer les zooms sous les directives du cadreur film. En particulier, a la responsabilité du chargement et du déchargement des supports d'enregistrement (pellicule et/ou supports numériques) et de leur conditionnement pour expédition au lieu de traitement. Il est responsable de l'alimentation électrique de la caméra. Il gère et comptabilise les supports vierges et enregistrés, veille à leur conservation et à leurs bonnes conditions de transport. Technicien d'appareils télécommandés (prise de vues) cinéma Cadre Il a la responsabilité technique de l'appareil support des mouvements télécommandés de la caméra et des différents déports. Il le prépare, dirige son installation et sa mise en service en collaboration avec les machinistes et les assistants opérateurs si nécessaire. Il est responsable des opérations de démontage et de rangement. Il a les connaissances techniques qui lui permettent d'assurer le bon fonctionnement des appareillages. Photographe de plateau cinéma Cadre Exécute, en accord avec le réalisateur, le directeur de la photographie et le producteur, les photos du film pour la production, en vue de l'exploitation et de la promotion du film. Il est responsable de leur qualité technique et assure la compatibilité des supports photographiques. Branche son Chef opérateur de son cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique des enregistrements et de la réalisation sonores du film par l'apport des sons synchrones et des sons seuls. A ce titre, il détermine avec le directeur de production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires. Assistant opérateur du son cinéma Cadre Sous les directives du chef opérateur du son, il assure, en fonction de la prise de vues, la captation du son par tous moyens techniques, en particulier par l'entremise de la perche, et a la charge d'installer les différents microphones. Il a la charge du stock de support son et du matériel son. Branche costumes Créateur de costumes cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique de la composition visuelle des personnages du film, en référence au scénario. Il assure, durant la préparation et le tournage, la coordination et le suivi de la conception et de la réalisation des costumes et des accessoires. Le cas échéant, il coordonne le travail artistique des coiffures, perruques et maquillage. Il a la connaissance des styles et des époques. Il fournit au réalisateur une présentation visuelle de sa conception des personnages à l'aide de différents supports : maquettes, échantillonnages, documentation… Il établit le devis costumes en fonction du scénario et des demandes du réalisateur et en accord avec le producteur ou son représentant. Il suit la gestion de son budget. Il dirige et coordonne le travail de ses assistants et des différentes équipes qu'il a choisis d'un commun accord avec le producteur. Il collabore avec le directeur de la photographie et le chef décorateur. Il dirige les essayages des costumes, assiste aux essais de maquillage et de coiffure. Chef costumier cinéma Cadre Dans le cas des films où il n'y a pas de création originale de costumes, durant la préparation et le tournage, en accord avec le réalisateur et le producteur ou son représentant, il a pour charge de rechercher, en référence au scénario, les costumes et accessoires vestimentaires nécessaires à la composition visuelle des personnages du film. Il établit le devis costumes en fonction du scénario et des demandes du réalisateur et en accord avec le producteur ou son représentant. Il suit la gestion de son budget. Il dirige et coordonne le travail de ses assistants et des différentes équipes qu'il a choisis d'un commun accord avec le producteur. Il collabore avec le directeur de la photographie et le chef décorateur. Il dirige les essayages des costumes, assiste aux essais de maquillage et de coiffure. Premier assistant costume cinéma Cadre Il assiste dans ses fonctions le créateur de costumes cinéma et/ ou le chef costumier cinéma, avec une fonction d'encadrement d'une équipe, dans la conception, la fabrication, la recherche et les essayages de costumes, dans l'organisation du travail, notamment sur l'élaboration et la gestion du devis costume, ainsi que dans la direction et la gestion du travail de l'équipe dont celui-ci a la responsabilité. Il veille à la logistique du tournage, à la gestion des stocks et à la coordination entre les fournisseurs et la production. Il planifie les durées de location en fonction du plan de travail et assure la restitution des costumes aux loueurs. Costumier cinéma Non-cadre Sous la direction, selon le cas, du créateur de costumes, du chef costumier ou du premier assistant costumes, il collabore à la recherche et aux essayages de costumes, ainsi qu'à l'organisation du travail. Il veille à la logistique du tournage, à la gestion des stocks, à la coordination entre les fournisseurs et la production, ainsi qu'à l'entretien des vestiaires des comédiens et au confort de ces derniers tant lors de l'installation des loges que sur le plateau et assure la supervision de l'activité du ou des habilleurs. Il peut planifier les durées de location en fonction du plan de travail et assure la restitution des costumes aux loueurs. Habilleur cinéma Non-cadre Sur le plateau, il a en charge la responsabilité de l'habillage des comédiens, en veillant au respect des choix du créateur de costumes ou du chef costumier ainsi que du réalisateur. Il assure la continuité (raccords) en collaboration avec le scripte. Il a la responsabilité du rangement et de l'entretien des costumes. Teinturier patineur costumes cinéma Non-cadre En étroite collaboration avec le créateur de costumes et le chef d'atelier costumes, il prépare les tissus et autres matériaux en amont de la fabrication (couleurs, impressions, apprêts, motifs…) et effectue, sur le plateau, les patines ponctuelles de circonstance. Chef d'atelier costumes cinéma Non-cadre Collaborateur direct du créateur de costumes, il a la connaissance des textiles, des coupes de toutes les époques. Il effectue le patronage et la coupe des costumes dans le respect des maquettes du créateur de costumes. Il est responsable de l'organisation de son atelier ainsi que de son équipe de réalisation de costumes. Il participe aux essayages des nouveaux modèles. Couturier costumes cinéma Non-cadre Il exécute les tâches confiées par le chef d'atelier costumes cinéma, notamment dans la fabrication des costumes. Branche maquillage Chef maquilleur cinéma Cadre A la responsabilité de la création du maquillage des interprètes selon les directives du réalisateur et conformément au scénario. Travaille en collaboration avec le directeur de la photographie, le créateur de costumes et le chef coiffeur cinéma. Il est responsable des travaux exécutés par ses assistants. Il assure le suivi des compositions initiales durant la réalisation du film. Dans le cadre de la préparation, il établit un budget en accord avec le directeur de production et en contrôle la gestion. Maquilleur cinéma Non-cadre Exécute des maquillages et raccords sous la responsabilité du chef maquilleur. Il surveille l'état du maquillage des artistes sur le plateau. Branche coiffure Chef coiffeur cinéma Non-cadre Est chargé, selon les directives du réalisateur, en collaboration avec le directeur de la photographie et le chef maquilleur, de la confection des perruques postiches et de l'exécution de toutes coiffures d'époque ou modernes. Il doit assurer, tout au long du film, avec exactitude et méthode, la forme initiale de chaque coiffure et son adaptation conformément au scénario, en accord, s'il y a lieu, avec les maquettes du créateur de costumes. Coiffeur cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef coiffeur, il procède à la coiffure des interprètes selon le scénario et en surveille l'état sur le plateau. Branche décoration Chef décorateur cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique des décors du film. Il est chargé par le producteur, en accord avec le réalisateur, de la conception, de l'aménagement et de la construction des décors conformément au scénario et au plan de travail dans le cadre du budget. Il participe au choix des lieux de tournage et assure la cohérence artistique des décors. Il collabore à la mise au point du plan de travail, établit le devis décoration en fonction du scénario et des demandes du réalisateur, en accord avec le producteur ou son représentant. Il dirige et coordonne le travail des différentes équipes et de ses assistants mis à sa disposition. En cas de recours à des moyens numériques, il assure également le suivi de la cohérence artistique de la conception et de la construction des décors. Il veille à la conception, à l'aménagement et à la construction des décors dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Ensemblier décorateur cinéma Cadre Lorsqu'un film ne nécessite aucune construction, il peut assurer l'aménagement des décors naturels. Il est en outre chargé de choisir les meubles, accessoires, objets d'art et éléments décoratifs nécessaires au tournage. Il collabore à l'établissement du devis décoration. Il assure la cohérence artistique des décors. L'ensemblier décorateur n'a pas qualité pour assurer la construction des décors du film. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Premier assistant décorateur cinéma Cadre Il seconde le chef décorateur cinéma et doit pouvoir le remplacer en cas d'absence temporaire. Il s'occupe particulièrement, sous la direction de celui-ci, de la partie technique des décors, collabore à la conception des plans et à l'établissement du devis décoration et coordonne selon le plan de travail, les différents corps de métiers lors de la construction et de l'aménagement des décors. Deuxième assistant décorateur cinéma Non-cadre Il assiste le premier assistant décorateur cinéma dans ses fonctions et exécute les plans et détails nécessaires à la réalisation des décors. Il est capable de réaliser des maquettes d'étude et de représentation des décors. Troisième assistant décorateur cinéma Non-cadre Salarié membre de l'équipe de l'assistanat de décoration, il s'initie à la fonction d'assistant décorateur. Il est chargé d'exécuter des tâches simples. Durant la période de tournage, il ne peut être employé qu'à la condition que les postes de premier et de deuxième assistants soient pourvus. Ensemblier cinéma Cadre Il est chargé par le chef décorateur cinéma de rechercher et de choisir les meubles et objets d'art nécessaires à l'installation des décors, d'en assurer la livraison et la restitution en temps utile, et de procéder à leur mise en place sur le décor. Dans le cadre du devis et sous la responsabilité du chef décorateur cinéma, il assure la gestion du budget meubles et accessoires. Régisseur d'extérieurs cinéma Cadre Il est chargé de la recherche, de la fourniture et de la restitution aux fournisseurs, s'il y a lieu, de tous les accessoires, animaux, matériaux, éléments non décoratifs, véhicules d'époque, etc., liés à la réalisation du décor et des accessoires jouant. Il est éventuellement l'adjoint de l'ensemblier. Il peut arrêter et exécuter toutes dépenses inhérentes à son poste sous le contrôle du chef décorateur ou, le cas échéant, de l'ensemblier décorateur. Accessoiriste de plateau cinéma Non-cadre Selon les indications du chef décorateur cinéma, de l'ensemblier décorateur cinéma ou de la mise en scène, il est chargé, pendant le tournage, de la surveillance, de la préparation et de l'emploi de tous les accessoires jouant, et de la mise en place – raccord – de l'ensemble mobilier installé sur le plateau de prise de vues. Veille à l'entretien de ceux-ci et assure, en suivant la continuité, les raccords de scène indiqués sur la feuille de service. Il assure les effets spéciaux simples ne nécessitant pas de mesures de sécurité particulières à l'égard des membres de l'équipe artistique et technique participant au tournage. Accessoiriste de décor cinéma Non-cadre Chargé de réceptionner les meubles et accessoires, d'installer, d'équiper et de préparer les décors sous les directives de l'ensemblier. Il contrôle l'identité, l'état et la conservation des objets reçus et rendus. Peintre d'art de décor cinéma Non-cadre Peintre d'art, il compose et exécute les fresques, découvertes ou tous motifs décoratifs de style sous la direction du chef décorateur cinéma ou de l'ensemblier décorateur cinéma. Infographiste de décor cinéma Non-cadre Chargé, sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, de la fabrication et de la transformation d'accessoires graphiques numériques par des moyens informatiques. Il peut effectuer la simulation modélisée et la représentation des décors en images de synthèse. Illustrateur de décor cinéma Non-cadre Chargé, sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, d'effectuer des représentations artistiques des décors par le dessin et la peinture. Il peut réaliser des calligraphies ou tout accessoire faisant appel au dessin d'art. Chef tapissier de décor cinéma Non-cadre Collaborateur du chef décorateur cinéma, de l'ensemblier décorateur cinéma ou de l'ensemblier cinéma. Est capable d'exécuter une esquisse, d'en arrêter graphiquement les coupes, d'accomplir tous travaux d'après des dessins et des documents d'époque. Est capable de coordonner au décor et aux techniques de prise de vues des ensembles décoratifs textiles et d'en assurer l'exécution et l'installation. Tapissier de décor cinéma Non-cadre Assistant du chef tapissier de décor cinéma, il exécute et installe tous les ouvrages de couture que nécessitent les travaux de tapisserie. Branche montage Chef monteur cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur de création, il donne au film sa construction et son rythme par l'assemblage artistique et technique des images et des sons, dans l'esprit du scénario et sous la responsabilité du réalisateur. Il participe avec le réalisateur à la postproduction. Il est chargé, en collaboration avec le réalisateur, de veiller à la cohérence de l'espace sonore du film. Premier assistant monteur cinéma Non-cadre Il assiste le chef monteur pendant la durée des travaux liés au montage et, sous sa responsabilité, assure le suivi des différentes étapes du montage : organisation et préparation du travail, gestion des matériaux images et sons, dialogue avec les industries techniques et travail avec les différents intervenants (bruitage, postsynchronisation…). Deuxième assistant monteur cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef monteur et sous la direction du premier assistant monteur cinéma, il est chargé d'exécuter des tâches simples liées au montage. Il ne peut être recouru à un deuxième assistant monteur cinéma sans que le poste de premier assistant monteur cinéma soit pourvu ; il peut cependant être engagé pour une durée de travail distincte de celle du premier assistant monteur cinéma. Chef monteur son cinéma Cadre Dans le cas où l'équipe de montage cinéma n'assure pas conjointement le montage de l'image et du son, le chef monteur son est chargé, en collaboration avec le réalisateur et en lien avec le chef monteur cinéma, de donner sa cohérence et son rythme à l'espace sonore du film. Durant le mixage, il est appelé à donner des indications au mixeur. Bruiteur Cadre Illustrateur sonore, il exécute en direct, sous la direction du réalisateur, l'habillage sonore du film pour le mixage de la version originale et de la version internationale, en complément du montage son. Assistant bruiteur Non-cadre Collaborateur direct du bruiteur, il travaille sous ses directives. Il gère tous les matériels et accessoires nécessaires à l'exécution des bruits. Coordinateur de postproduction cinéma Cadre En relation avec les chefs de poste concernés, en particulier avec le chef monteur, il assure des tâches de coordination, de suivi et de mise en œuvre des moyens de postproduction tels qu'ils sont définis conformément au planning de postproduction et au devis établi par le directeur de production. Branche mixage Mixeur cinéma Cadre Sous la direction du réalisateur, il est chargé, en auditorium, de l'enregistrement, des postsynchronisations et des effets sonores, puis du mélange et de la spatialisation de tous les éléments fournis qui incluent la musique. Il assure la conformité technique sur les différents supports de diffusion. Assistant mixeur cinéma Cadre Collaborateur direct du mixeur, il travaille sous ses directives. Il prend en charge une partie des éléments sonores à mélanger. Branche collaborateurs techniques spécialisés Superviseur d'effets physiques cinéma Cadre Il est chargé de la conception et de l'exécution des effets spéciaux physiques (pluie, brouillard, explosions, armes à feu…). Il doit justifier des habilitations nécessaires. Lors de la mise en œuvre de ces effets, il a la charge, en collaboration avec le directeur de production, de faire mettre en place tous les moyens nécessaires à la sécurité des personnes, des lieux et du décor. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Assistant effets physiques cinéma Non-cadre Il assiste, dans ses fonctions, le superviseur d'effets physiques et installe, sous sa direction, les moyens nécessaires à la réalisation de l'effet. Il doit justifier des habilitations nécessaires. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Animatronicien cinéma Non-cadre Spécialiste chargé de réaliser et d'animer des automates électromécaniques. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Branche machinistes de prise de vues Chef machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Collaborateur de la prise de vues, il constitue, en accord avec la production, dirige et encadre l'équipe machinerie. Il est chargé de répondre, par sa compétence technique, aux diverses demandes de la mise en scène et de définir, d'installer et de manipuler tous les moyens techniques nécessaires à la mise en place des éclairages et du matériel de prise de vues. Il veille à leur utilisation, dans le respect des règles de sécurité. Sous la direction, d'un point de vue technique, du directeur de la photographie et en relation avec le cadreur, il exécute les déplacements de la caméra durant les prises de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Sous-chef machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Machiniste qui assiste ou supplée le chef machiniste de prise de vues, si l'organisation du tournage l'exige, notamment dans son travail de coordination de l'équipe machinerie. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Spécialiste de la mise en place et du bon fonctionnement de tous les moyens techniques nécessaires à la prise de vues et à la mise en place des éclairages, il travaille sous la direction du chef machiniste de prise de vues et/ou du sous-chef machiniste de prise de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Branche électriciens de prise de vues Chef électricien prise de vues cinéma Non-cadre Collaborateur du directeur de la photographie, il constitue en accord avec la production, dirige et encadre l'équipe d'électriciens. Il assure, avec leur concours, l'installation et le fonctionnement des moyens techniques d'éclairage nécessaires. Il en assure le réglage selon les directives du directeur de la photographie. Il a la connaissance des matériels d'éclairage et doit justifier des habilitations réglementaires. A partir de la source de courant électrique mise à sa disposition, il est qualifié pour vérifier et veiller au bon fonctionnement et à la conformité des branchements électriques sur le lieu du tournage, dans le respect des règles de sécurité. Sous-chef électricien prise de vues cinéma Non-cadre Electricien prise de vues capable d'assister ou de suppléer le chef électricien, si l'organisation du tournage l'exige, notamment dans son travail de coordination de l'équipe d'électriciens. Il doit justifier des habilitations et qualifications réglementaires nécessaires à l'utilisation de moyens d'éclairage. Electricien prise de vues cinéma Non-cadre Electricien de formation, spécialiste chargé de la mise en place des branchements et du réglage des éclairages et de leurs accessoires. Il travaille sous la direction du chef électricien de prise de vues et/ou du sous-chef électricien de prise de vues. Il doit justifier des habilitations et qualifications réglementaires nécessaires à l'utilisation de moyens d'éclairage. Conducteur de groupe cinéma Non-cadre Il a la charge de l'entretien, du bon fonctionnement du groupe électrogène sur les lieux de tournage et de l'acheminement du courant électrique fourni par celui-ci jusqu'aux branchements principaux nécessités par le tournage, en veillant à la sécurité des installations. Il vérifie la conformité du courant produit avec la cadence de prise de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires nécessaires à la conduite et à l'utilisation du groupe. Il peut assister l'équipe d'électriciens pour l'installation du matériel. Branche construction de décors Chef constructeur cinéma Cadre Il est chargé par le chef décorateur de la mise en œuvre de la construction et de l'exécution technique des décors. A cet effet, il a la responsabilité de coordonner l'ensemble des travaux de construction et d'exécution des décors. Il constitue en accord avec la production et dirige les différentes équipes des différents corps professionnels participant à leur réalisation. Dans ce cadre, il est chargé de l'organisation du travail de ces différents corps de métiers. Il veille, dans l'emploi des matériaux et dans l'exécution des décors, au respect des règles de sécurité et d'hygiène en vigueur. Chef machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il dirige l'équipe machinerie de construction. Il est responsable de la coordination et de l'exécution du montage et du démontage de toutes les parties construites, des éléments fixes et mobiles. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles de sécurité et d'hygiène en vigueur. Sous-chef machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il seconde le chef machiniste dans le montage et le démontage des décors. Machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, spécialiste capable d'effectuer le montage et le démontage des décors sous la direction du chef et/ou du sous-chef machiniste de construction. Chef électricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il dirige l'équipe d'électriciens de studio. Chargé, sous la double direction du directeur de la photographie et du chef électricien prise de vues, de l'installation de tous les moyens d'éclairage nécessaires au tournage. Il doit justifier des habilitations réglementaires. A partir de la source de courant électrique mise à sa disposition, il est qualifié pour intervenir sur toutes les installations électriques et est responsable des branchements électriques. Il veille aux branchements électriques dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef électricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, électricien de studio capable de seconder le chef électricien de construction, notamment dans la coordination de l'équipe d'électriciens de studio. Il justifie de la qualification professionnelle et des habilitations dans la mise en œuvre et l'utilisation des moyens d'éclairage. Electricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, électricien chargé, sous la direction du chef et/ou du sous-chef électricien, de la mise en place des moyens d'éclairage studio et de leur alimentation. Il justifie de la qualification professionnelle et des habilitations dans la mise en œuvre et l'utilisation des moyens d'éclairage. Chef menuisier de décor cinéma Non-cadre Responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de menuiserie spécifiques aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef menuisier de décor cinéma Non-cadre Menuisier capable de seconder le chef menuisier de décor, notamment dans la coordination des équipes de menuiserie. Menuisier traceur de décor cinéma Non-cadre Menuisier spécialisé capable de tracer et d'exécuter tous les ouvrages de menuiserie inhérents et spécifiques aux décors de cinéma. Menuisier de décor cinéma Non-cadre Menuisier chargé d'assurer l'exécution de tout ouvrage nécessaire au décor et de travailler sur toutes les machines, excepté la toupie. Toupilleur de décor cinéma Non-cadre Menuisier qualifié dans le toupillage. Il est chargé de l'exécution des éléments de menuiserie réalisés à la toupie. Maquettiste de décor cinéma Non-cadre Spécialiste chargé d'exécuter tous travaux fins en modèle réduit, sous les indications du chef décorateur. Maçon de décor cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef constructeur, spécialiste chargé d'exécuter les travaux de maçonnerie inhérents et spécifiques aux décors. Chef serrurier de décor cinéma Non-cadre Serrurier responsable de la fabrication des ouvrages métalliques, mécaniques ou de ferronnerie inhérents et spécifiques aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Serrurier de décor cinéma Non-cadre Spécialiste chargé de réaliser des ouvrages métalliques, mécaniques ou de ferronnerie inhérents et spécifiques aux décors. Chef sculpteur de décor cinéma Non-cadre Sous les directives du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de sculpture nécessaires aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sculpteur de décor cinéma Non-cadre Sculpteur capable de seconder le chef sculpteur de décor, exécute les travaux de sculpture inhérents aux décors. Chef staffeur de décor cinéma Non-cadre Sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de moulage et de staff nécessaires aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Staffeur de décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute les travaux de moulage et de staff sous la direction du chef staffeur. Chef peintre de décor cinéma Non-cadre Sous les directives du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de peinture et de la préparation des tons, des matières et des patines spécifiques aux prises de vues. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef peintre de décor cinéma Non-cadre Il seconde le chef peintre et coordonne le travail de l'une des équipes de peintres en décoration. Peintre de décor cinéma Non-cadre Peintre spécialiste, il exécute les travaux de peinture spécifiques aux décors de cinéma. Peintre en lettres de décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute les graphismes et logos peints selon les indications du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur. Peintre faux bois et patine décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute tous travaux d'imitation bois, marbre, trompe-l'œil et de patine selon les indications du chef décorateur et/ou du chef peintre. Versions Article 2 (non en vigueur) Remplacé Les titres des fonctions s'entendent au masculin comme au féminin. Ces présentes classifications sont fondées indistinctement, dans le respect de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Conformément aux dispositions de l'article L. 2241-7 du code du travail, les organisations représentatives de la branche de la production cinématographique se réuniront au moins une fois tous les 5 ans pour examiner et, s'il y a lieu, réviser, modifier, supprimer ou ajouter des classifications à la présente grille. La présente liste précise, pour chacune d'elles, sa classification cadre ou non-cadre. Titres et définitions des fonctions Branche réalisation Réalisateur cinéma Cadre collaborateur de création En qualité de technicien salarié de la société du producteur délégué ou du producteur exécutif, il assure, indépendamment de son contrat d'auteur, la direction artistique et dirige la mise en scène et les acteurs, les prises de vues et de son. Dans le cadre de son contrat de travail, en accord avec le producteur délégué ou son représentant et en collaboration avec les techniciens cadres collaborateurs de création, il dirige et coordonne la préparation du tournage. Avec le producteur délégué, il choisit les acteurs et ses collaborateurs de création et détermine les lieux des décors. Il établit le découpage technique du film. Il collabore à l'établissement du plan de travail dans le cadre du devis prévisionnel. Il dirige les travaux de montage et de mixage et supervise les travaux de finitions jusqu'à la copie standard. Il accomplit sa mission dans le cadre des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Réalisateur de films publicitaires Cadre collaborateur de création En qualité de technicien salarié de la société du producteur, il assure, indépendamment de son contrat d'auteur, la direction artistique et dirige la mise en scène et les acteurs, les prises de vues et de son. Dans le cadre de son contrat de travail, en accord avec le producteur ou son représentant et en collaboration avec les techniciens cadres collaborateurs de création, il dirige et coordonne la préparation du tournage. Avec le producteur et sur accord du commanditaire du film, il choisit ses collaborateurs de création ainsi que les acteurs en accord avec le commanditaire du film et détermine les lieux des décors. Il établit le découpage technique du film. Il collabore à l'établissement du plan de travail dans le cadre du devis prévisionnel. Il participe éventuellement aux travaux de montage, de mixage et de finitions jusqu'à la copie standard, suivant les indications du producteur et du commanditaire du film. Il accomplit sa mission dans le cadre des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Technicien réalisateur deuxième équipe cinéma Cadre A partir des directives artistiques et techniques du réalisateur du film et sur ses indications, il dirige l'équipe complémentaire de tournage. Conseiller technique à la réalisation cinéma Cadre Technicien d'expérience confirmée dans la mise en scène, engagé par la société de production en vue de conseiller techniquement le réalisateur dont l'expérience de la réalisation est insuffisante pour ce qui concerne soit le découpage, soit la prise de vues, soit la direction d'acteurs. Premier assistant réalisateur cinéma Cadre Collaborateur du réalisateur, il seconde celui-ci durant la préparation et la réalisation du film. Il peut être engagé pour des études préalables. En accord avec la production et en coordination avec les collaborateurs de création concernés, il établit et met en œuvre le plan de travail. Il coordonne avec les différents départements du film la préparation et la mise en œuvre du tournage de chaque séquence. Il élabore les feuilles de service. En lien avec le réalisateur, il exerce ses fonctions dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Second assistant réalisateur cinéma Non-cadre Collaborateur du premier assistant réalisateur, il assiste celui-ci dans ses fonctions. Durant la préparation et le tournage, il assure notamment la liaison et la diffusion des différentes informations de service. Il formalise les feuilles de service des jours suivants et transmet les prévisions à plus long terme aux comédiens et à tous les services. Auxiliaire à la réalisation cinéma Non-cadre Sous les directives des assistants réalisateurs, il est chargé notamment de veiller à la circulation des personnes sur le lieu de tournage, d'aller quérir les comédiens dans leurs loges et les conduire sur le lieu de tournage. Pendant la période de tournage, il ne peut être engagé en tant qu'auxiliaire à la réalisation cinéma qu'à la condition que les postes de premier assistant réalisateur cinéma et second assistant réalisateur cinéma soient pourvus ou que le poste de premier assistant réalisateur soit pourvu dans le cas des films documentaires. Scripte cinéma Cadre Collaborateur technique et artistique du réalisateur, il fait le lien avec le directeur de production et le monteur, notamment via les rapports artistiques et administratifs. Pendant la préparation, il est chargé de préminuter le scénario et d'établir une continuité chronologique. Responsable de la continuité, il veille à sa bonne mise en œuvre pendant le tournage. Assistant scripte cinéma Non-cadre Assiste le scripte dans ses fonctions et exécute les tâches confiées par celui-ci. Technicien retour image cinéma Non-cadre A disposition du réalisateur et du producteur, il installe et assure l'organisation technique des reprises de visée depuis la caméra jusqu'aux différents moniteurs. Il peut assurer la gestion et la bonne conservation des enregistrements témoins. Premier assistant à la distribution des rôles cinéma Cadre En fonction du scénario et en collaboration avec le producteur et le réalisateur, il est chargé de rechercher et de proposer des interprètes correspondant aux différents rôles. A ce titre, il détermine avec la production les moyens techniques et humains nécessaires à l'accomplissement de sa mission. Il peut être engagé pour des études préalables. Chargé de la figuration cinéma Non-cadre En fonction des demandes du réalisateur, il est chargé de rechercher les différents acteurs de complément. Il veille à leur préparation et à leur mise en place pour les prises de vues. Il est chargé de faire remplir et de collecter les fiches de renseignements. Assistant au chargé de la figuration cinéma Non-cadre Assiste le chargé de la figuration et exécute les tâches confiées par celui-ci. Répétiteur cinéma Non-cadre Dans le respect des consignes du réalisateur, il assure, avant et pendant le tournage, la préparation des acteurs, notamment pour jouer dans une langue qui leur est étrangère. Il assure, éventuellement, le suivi du travail en postsynchronisation. Responsable des enfants cinéma Non-cadre Il est chargé de la surveillance et de l'encadrement des enfants et en assure le confort pendant, le cas échéant, la durée de préparation du film et pendant le tournage. Il peut assurer la préparation des enfants à leur rôle et assure, le cas échéant, leur suivi scolaire. Il justifie de toute qualification et habilitation nécessaires. Il veille au respect des règles d'hygiène et de sécurité dans l'exercice de ses fonctions. Branche administration Directeur de production cinéma Cadre collaborateur de création Engagé par la société de production en vue de la réalisation d'un film, il représente le producteur de la préparation à la fin des prises de vues et, éventuellement, jusqu'à l'établissement de la copie standard. Il assure la direction et l'organisation générale du travail dans le cadre des lois et règlements en vigueur. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Il est responsable de l'établissement du devis et gère les dépenses de la production du film. Il supervise le plan de travail et agrée celui-ci. Il est chargé notamment de l'engagement des salariés concourant à la réalisation du film. Administrateur de production cinéma Cadre Collaborateur du producteur et du directeur de production, il assure la gestion administrative, comptable et sociale du film et, notamment, établit les bulletins de salaire. Il établit les données nécessaires au suivi du devis et aux prévisions de trésorerie. Il assure le contrôle des opérations et écritures comptables en référence au plan comptable des entreprises de production. Il vérifie leur régularité et fournit les éléments pour l'établissement des situations de dépenses. Administrateur adjoint comptable cinéma Non-cadre Il assiste l'administrateur de production dans ses fonctions de gestion de la production du film, en particulier la comptabilité de la production du film. Assistant comptable de production cinéma Non-cadre Assistant de l'administrateur adjoint film, il est chargé d'exécuter des travaux d'administration et de comptabilité courante de la production du film. Secrétaire de production cinéma Non-cadre Collaborateur du directeur de production et du régisseur général. En charge des travaux de secrétariat, il assure des tâches de coordination et le suivi des dossiers administratifs et contractuels avec chacun des départements de la production du film. Branche régie Régisseur général cinéma Cadre Collaborateur direct du directeur de production. Pendant la préparation, il participe aux repérages et à l'établissement du plan de travail. Il est responsable de la bonne marche des services de régie, supervise et assure la logistique selon les lieux de tournage (fournitures, autorisations administratives, hébergement, restauration, transports, etc.) en collaboration avec le réalisateur du film ou son assistant. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Régisseur adjoint cinéma Non-cadre L'(les) adjoint(s) du régisseur général est (sont) qualifié(s) pour aider celui-ci dans l'organisation et l'exécution des tâches de régie. Auxiliaire à la régie cinéma Non-cadre Sous les directives du régisseur général cinéma ou du régisseur adjoint cinéma, il effectue des travaux liés à la régie, notamment : – il effectue des courses diverses de proximité en liaison avec le tournage du film ; – il participe à l'organisation des tournages en décors naturels et à la surveillance de la circulation sur le lieu de tournage ; – dans les lieux de décors naturels, il installe l'intérieur des loges des comédiens et maquillage ; – il assure la fourniture et la tenue de la table régie, mise à la disposition de l'équipe de tournage. Pendant la période de tournage, il ne peut être engagé d'auxiliaire à la régie cinéma qu'à la condition que les postes de régisseur général et de régisseur adjoint soient pourvus ou que le poste de régisseur général soit pourvu dans le cas des films documentaires. Branche image Directeur de la photographie cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur direct du réalisateur, il a la responsabilité de la qualité technique et artistique de la photographie et des prises de vues du film. A ce titre, il détermine avec le directeur de production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires aux prises de vues. Pendant la préparation et le tournage, il participe au repérage, au découpage et au choix des cadres et, plus généralement, à toute décision qui a une incidence sur la qualité de l'image. En fonction des demandes artistiques du réalisateur, il choisit et compose les ambiances lumineuses du film. Il définit et contrôle les travaux de l'équipe de prises de vues, du chef électricien et, éventuellement, du chef machiniste pour les problèmes de lumière. Il surveille l'étalonnage du film et est consulté sur les travaux de finition ayant une incidence sur l'image du film. Il est consulté en cas de modification de l'image par les techniques informatiques. Dans l'exercice de ses fonctions, il veille aux règles d'hygiène et de sécurité. Cadreur cinéma Cadre A la responsabilité du cadrage de l'image et de l'harmonie des mouvements de l'appareil de prises de vues, suivant les directives du réalisateur sous le contrôle, d'un point de vue technique, du directeur de la photographie. Cadreur spécialisé cinéma Cadre Suivant les directives du réalisateur et sous le contrôle du directeur de la photographie, il assure les cadrages et l'harmonie des mouvements de l'appareil de prises de vues au moyen d'un bras mécanique stabilisateur (exemple : steadicam), porté ou fixe, ou dans le cadre de toute autre prise de vues spécialisée. Premier assistant opérateur cinéma Cadre A la responsabilité de la mise au point de l'objectif en fonction des déplacements des acteurs et de la caméra. Il réceptionne et vérifie les appareils de prises de vues, les objectifs et les accessoires avant le début du tournage et en surveille le bon fonctionnement pendant toute la durée du film. Il veille au bon conditionnement des matériels en vue des transports. Deuxième assistant opérateur cinéma Non-cadre Assiste le premier assistant opérateur dans toutes ses tâches et peut notamment effectuer les zooms sous les directives du cadreur film. En particulier, a la responsabilité du chargement et du déchargement des supports d'enregistrement (pellicule et/ou supports numériques) et de leur conditionnement pour expédition au lieu de traitement. Il est responsable de l'alimentation électrique de la caméra. Il gère et comptabilise les supports vierges et enregistrés, veille à leur conservation et à leurs bonnes conditions de transport. Technicien d'appareils télécommandés (prise de vues) cinéma Cadre Il a la responsabilité technique de l'appareil support des mouvements télécommandés de la caméra et des différents déports. Il le prépare, dirige son installation et sa mise en service en collaboration avec les machinistes et les assistants opérateurs si nécessaire. Il est responsable des opérations de démontage et de rangement. Il a les connaissances techniques qui lui permettent d'assurer le bon fonctionnement des appareillages. Photographe de plateau cinéma Cadre Exécute, en accord avec le réalisateur, le directeur de la photographie et le producteur, les photos du film pour la production, en vue de l'exploitation et de la promotion du film. Il est responsable de leur qualité technique et assure la compatibilité des supports photographiques. Branche son Chef opérateur de son cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique des enregistrements et de la réalisation sonores du film par l'apport des sons synchrones et des sons seuls. A ce titre, il détermine avec le directeur de production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires. Assistant opérateur du son cinéma Cadre Sous les directives du chef opérateur du son, il assure, en fonction de la prise de vues, la captation du son par tous moyens techniques, en particulier par l'entremise de la perche, et a la charge d'installer les différents microphones. Il a la charge du stock de support son et du matériel son. Branche costumes Créateur de costumes cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique de la composition visuelle des personnages du film, en référence au scénario. Il assure, durant la préparation et le tournage, la coordination et le suivi de la conception et de la réalisation des costumes et des accessoires. Le cas échéant, il coordonne le travail artistique des coiffures, perruques et maquillage. Il a la connaissance des styles et des époques. Il fournit au réalisateur une présentation visuelle de sa conception des personnages à l'aide de différents supports : maquettes, échantillonnages, documentation… Il établit le devis costumes en fonction du scénario et des demandes du réalisateur et en accord avec le producteur ou son représentant. Il suit la gestion de son budget. Il dirige et coordonne le travail de ses assistants et des différentes équipes qu'il a choisis d'un commun accord avec le producteur. Il collabore avec le directeur de la photographie et le chef décorateur. Il dirige les essayages des costumes, assiste aux essais de maquillage et de coiffure. Chef costumier cinéma Cadre Dans le cas des films où il n'y a pas de création originale de costumes, durant la préparation et le tournage, en accord avec le réalisateur et le producteur ou son représentant, il a pour charge de rechercher, en référence au scénario, les costumes et accessoires vestimentaires nécessaires à la composition visuelle des personnages du film. Il établit le devis costumes en fonction du scénario et des demandes du réalisateur et en accord avec le producteur ou son représentant. Il suit la gestion de son budget. Il dirige et coordonne le travail de ses assistants et des différentes équipes qu'il a choisis d'un commun accord avec le producteur. Il collabore avec le directeur de la photographie et le chef décorateur. Il dirige les essayages des costumes, assiste aux essais de maquillage et de coiffure. Premier assistant costume cinéma Cadre Il assiste dans ses fonctions le créateur de costumes cinéma et/ ou le chef costumier cinéma, avec une fonction d'encadrement d'une équipe, dans la conception, la fabrication, la recherche et les essayages de costumes, dans l'organisation du travail, notamment sur l'élaboration et la gestion du devis costume, ainsi que dans la direction et la gestion du travail de l'équipe dont celui-ci a la responsabilité. Il veille à la logistique du tournage, à la gestion des stocks et à la coordination entre les fournisseurs et la production. Il planifie les durées de location en fonction du plan de travail et assure la restitution des costumes aux loueurs. Costumier cinéma Non-cadre Sous la direction, selon le cas, du créateur de costumes, du chef costumier ou du premier assistant costumes, il collabore à la recherche et aux essayages de costumes, ainsi qu'à l'organisation du travail. Il veille à la logistique du tournage, à la gestion des stocks, à la coordination entre les fournisseurs et la production, ainsi qu'à l'entretien des vestiaires des comédiens et au confort de ces derniers tant lors de l'installation des loges que sur le plateau et assure la supervision de l'activité du ou des habilleurs. Il peut planifier les durées de location en fonction du plan de travail et assure la restitution des costumes aux loueurs. Habilleur cinéma Non-cadre Sur le plateau, il a en charge la responsabilité de l'habillage des comédiens, en veillant au respect des choix du créateur de costumes ou du chef costumier ainsi que du réalisateur. Il assure la continuité (raccords) en collaboration avec le scripte. Il a la responsabilité du rangement et de l'entretien des costumes. Teinturier patineur costumes cinéma Non-cadre En étroite collaboration avec le créateur de costumes et le chef d'atelier costumes, il prépare les tissus et autres matériaux en amont de la fabrication (couleurs, impressions, apprêts, motifs…) et effectue, sur le plateau, les patines ponctuelles de circonstance. Chef d'atelier costumes cinéma Non-cadre Collaborateur direct du créateur de costumes, il a la connaissance des textiles, des coupes de toutes les époques. Il effectue le patronage et la coupe des costumes dans le respect des maquettes du créateur de costumes. Il est responsable de l'organisation de son atelier ainsi que de son équipe de réalisation de costumes. Il participe aux essayages des nouveaux modèles. Couturier costumes cinéma Non-cadre Il exécute les tâches confiées par le chef d'atelier costumes cinéma, notamment dans la fabrication des costumes. Branche maquillage Chef maquilleur cinéma Cadre A la responsabilité de la création du maquillage des interprètes selon les directives du réalisateur et conformément au scénario. Travaille en collaboration avec le directeur de la photographie, le créateur de costumes et le chef coiffeur cinéma. Il est responsable des travaux exécutés par ses assistants. Il assure le suivi des compositions initiales durant la réalisation du film. Dans le cadre de la préparation, il établit un budget en accord avec le directeur de production et en contrôle la gestion. Maquilleur cinéma Non-cadre Exécute des maquillages et raccords sous la responsabilité du chef maquilleur. Il surveille l'état du maquillage des artistes sur le plateau. Branche coiffure Chef coiffeur cinéma Non-cadre Est chargé, selon les directives du réalisateur, en collaboration avec le directeur de la photographie et le chef maquilleur, de la confection des perruques postiches et de l'exécution de toutes coiffures d'époque ou modernes. Il doit assurer, tout au long du film, avec exactitude et méthode, la forme initiale de chaque coiffure et son adaptation conformément au scénario, en accord, s'il y a lieu, avec les maquettes du créateur de costumes. Coiffeur cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef coiffeur, il procède à la coiffure des interprètes selon le scénario et en surveille l'état sur le plateau. Branche décoration Chef décorateur cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique des décors du film. Il est chargé par le producteur, en accord avec le réalisateur, de la conception, de l'aménagement et de la construction des décors conformément au scénario et au plan de travail dans le cadre du budget. Il participe au choix des lieux de tournage et assure la cohérence artistique des décors. Il collabore à la mise au point du plan de travail, établit le devis décoration en fonction du scénario et des demandes du réalisateur, en accord avec le producteur ou son représentant. Il dirige et coordonne le travail des différentes équipes et de ses assistants mis à sa disposition. En cas de recours à des moyens numériques, il assure également le suivi de la cohérence artistique de la conception et de la construction des décors. Il veille à la conception, à l'aménagement et à la construction des décors dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Ensemblier décorateur cinéma Cadre Lorsqu'un film ne nécessite aucune construction, il peut assurer l'aménagement des décors naturels. Il est en outre chargé de choisir les meubles, accessoires, objets d'art et éléments décoratifs nécessaires au tournage. Il collabore à l'établissement du devis décoration. Il assure la cohérence artistique des décors. L'ensemblier décorateur n'a pas qualité pour assurer la construction des décors du film. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Premier assistant décorateur cinéma Cadre Il seconde le chef décorateur cinéma et doit pouvoir le remplacer en cas d'absence temporaire. Il s'occupe particulièrement, sous la direction de celui-ci, de la partie technique des décors, collabore à la conception des plans et à l'établissement du devis décoration et coordonne selon le plan de travail, les différents corps de métiers lors de la construction et de l'aménagement des décors. Deuxième assistant décorateur cinéma Non-cadre Il assiste le premier assistant décorateur cinéma dans ses fonctions et exécute les plans et détails nécessaires à la réalisation des décors. Il est capable de réaliser des maquettes d'étude et de représentation des décors. Troisième assistant décorateur cinéma Non-cadre Salarié membre de l'équipe de l'assistanat de décoration, il s'initie à la fonction d'assistant décorateur. Il est chargé d'exécuter des tâches simples. Durant la période de tournage, il ne peut être employé qu'à la condition que les postes de premier et de deuxième assistants soient pourvus. Ensemblier cinéma Cadre Il est chargé par le chef décorateur cinéma de rechercher et de choisir les meubles et objets d'art nécessaires à l'installation des décors, d'en assurer la livraison et la restitution en temps utile, et de procéder à leur mise en place sur le décor. Dans le cadre du devis et sous la responsabilité du chef décorateur cinéma, il assure la gestion du budget meubles et accessoires. Régisseur d'extérieurs cinéma Cadre Il est chargé de la recherche, de la fourniture et de la restitution aux fournisseurs, s'il y a lieu, de tous les accessoires, animaux, matériaux, éléments non décoratifs, véhicules d'époque, etc., liés à la réalisation du décor et des accessoires jouant. Il est éventuellement l'adjoint de l'ensemblier. Il peut arrêter et exécuter toutes dépenses inhérentes à son poste sous le contrôle du chef décorateur ou, le cas échéant, de l'ensemblier décorateur. Accessoiriste de plateau cinéma Non-cadre Selon les indications du chef décorateur cinéma, de l'ensemblier décorateur cinéma ou de la mise en scène, il est chargé, pendant le tournage, de la surveillance, de la préparation et de l'emploi de tous les accessoires jouant, et de la mise en place – raccord – de l'ensemble mobilier installé sur le plateau de prise de vues. Veille à l'entretien de ceux-ci et assure, en suivant la continuité, les raccords de scène indiqués sur la feuille de service. Il assure les effets spéciaux simples ne nécessitant pas de mesures de sécurité particulières à l'égard des membres de l'équipe artistique et technique participant au tournage. Accessoiriste de décor cinéma Non-cadre Chargé de réceptionner les meubles et accessoires, d'installer, d'équiper et de préparer les décors sous les directives de l'ensemblier. Il contrôle l'identité, l'état et la conservation des objets reçus et rendus. Peintre d'art de décor cinéma Non-cadre Peintre d'art, il compose et exécute les fresques, découvertes ou tous motifs décoratifs de style sous la direction du chef décorateur cinéma ou de l'ensemblier décorateur cinéma. Infographiste de décor cinéma Non-cadre Chargé, sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, de la fabrication et de la transformation d'accessoires graphiques numériques par des moyens informatiques. Il peut effectuer la simulation modélisée et la représentation des décors en images de synthèse. Illustrateur de décor cinéma Non-cadre Chargé, sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, d'effectuer des représentations artistiques des décors par le dessin et la peinture. Il peut réaliser des calligraphies ou tout accessoire faisant appel au dessin d'art. Chef tapissier de décor cinéma Non-cadre Collaborateur du chef décorateur cinéma, de l'ensemblier décorateur cinéma ou de l'ensemblier cinéma. Est capable d'exécuter une esquisse, d'en arrêter graphiquement les coupes, d'accomplir tous travaux d'après des dessins et des documents d'époque. Est capable de coordonner au décor et aux techniques de prise de vues des ensembles décoratifs textiles et d'en assurer l'exécution et l'installation. Tapissier de décor cinéma Non-cadre Assistant du chef tapissier de décor cinéma, il exécute et installe tous les ouvrages de couture que nécessitent les travaux de tapisserie. Branche montage Chef monteur cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur de création, il donne au film sa construction et son rythme par l'assemblage artistique et technique des images et des sons, dans l'esprit du scénario et sous la responsabilité du réalisateur. Il participe avec le réalisateur à la postproduction. Il est chargé, en collaboration avec le réalisateur, de veiller à la cohérence de l'espace sonore du film. Premier assistant monteur cinéma Non-cadre Il assiste le chef monteur pendant la durée des travaux liés au montage et, sous sa responsabilité, assure le suivi des différentes étapes du montage : organisation et préparation du travail, gestion des matériaux images et sons, dialogue avec les industries techniques et travail avec les différents intervenants (bruitage, postsynchronisation…). Deuxième assistant monteur cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef monteur et sous la direction du premier assistant monteur cinéma, il est chargé d'exécuter des tâches simples liées au montage. Il ne peut être recouru à un deuxième assistant monteur cinéma sans que le poste de premier assistant monteur cinéma soit pourvu ; il peut cependant être engagé pour une durée de travail distincte de celle du premier assistant monteur cinéma. Chef monteur son cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique de choisir, monter à l'image les sons provenant du tournage, des sons additionnels et, le cas échéant, créer ou faire créer les sons nécessaires à l'élaboration de l'univers sonore du film défini avec le réalisateur, en liaison avec le chef monteur cinéma. À ce titre, il détermine avec la production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires. Pour le mixage, il collabore avec le mixeur cinéma pendant une durée adaptée aux spécificités artistiques et techniques du film pour réaliser l'équilibre entre les différents éléments de la bande-son. Enfin, il prépare la version internationale. Assistant monteur son cinéma Non-cadre Sous les directives du chef monteur son cinéma, l'assistant monteur son cinéma se voit confier des tâches techniques ou artistiques par ce dernier. De plus, il assure le suivi des échanges entre les différents intervenants de la post-production (montage, image, bruitage, postsynchronisation, mixage) concernant les différentes versions de montage du film (réception des éléments, export de sons nécessaires, conformation des sessions …). Bruiteur Cadre collaborateur de création Illustrateur sonore, il exécute en direct, sous la direction du réalisateur, l'habillage sonore du film pour le mixage de la version originale et de la version internationale, en complément du montage son. Assistant bruiteur Non-cadre Collaborateur direct du bruiteur, il travaille sous ses directives. Il gère tous les matériels et accessoires nécessaires à l'exécution des bruits. Coordinateur de postproduction cinéma Cadre En relation avec les chefs de poste concernés, en particulier avec le chef monteur, il assure des tâches de coordination, de suivi et de mise en œuvre des moyens de postproduction tels qu'ils sont définis conformément au planning de postproduction et au devis établi par le directeur de production. Branche mixage Mixeur cinéma Cadre collaborateur de création Sous la direction du réalisateur, il est chargé, en auditorium, de l'enregistrement, des postsynchronisations et des effets sonores, puis du mélange et de la spatialisation de tous les éléments fournis qui incluent la musique. Il assure la conformité technique sur les différents supports de diffusion. Assistant mixeur cinéma Cadre Collaborateur direct du mixeur, il travaille sous ses directives. Il prend en charge une partie des éléments sonores à mélanger. Branche collaborateurs techniques spécialisés Superviseur d'effets physiques cinéma Cadre Il est chargé de la conception et de l'exécution des effets spéciaux physiques (pluie, brouillard, explosions, armes à feu…). Il doit justifier des habilitations nécessaires. Lors de la mise en œuvre de ces effets, il a la charge, en collaboration avec le directeur de production, de faire mettre en place tous les moyens nécessaires à la sécurité des personnes, des lieux et du décor. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Assistant effets physiques cinéma Non-cadre Il assiste, dans ses fonctions, le superviseur d'effets physiques et installe, sous sa direction, les moyens nécessaires à la réalisation de l'effet. Il doit justifier des habilitations nécessaires. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Animatronicien cinéma Non-cadre Spécialiste chargé de réaliser et d'animer des automates électromécaniques. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Branche machinistes de prise de vues Chef machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Collaborateur de la prise de vues, il constitue, en accord avec la production, dirige et encadre l'équipe machinerie. Il est chargé de répondre, par sa compétence technique, aux diverses demandes de la mise en scène et de définir, d'installer et de manipuler tous les moyens techniques nécessaires à la mise en place des éclairages et du matériel de prise de vues. Il veille à leur utilisation, dans le respect des règles de sécurité. Sous la direction, d'un point de vue technique, du directeur de la photographie et en relation avec le cadreur, il exécute les déplacements de la caméra durant les prises de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Sous-chef machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Machiniste qui assiste ou supplée le chef machiniste de prise de vues, si l'organisation du tournage l'exige, notamment dans son travail de coordination de l'équipe machinerie. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Spécialiste de la mise en place et du bon fonctionnement de tous les moyens techniques nécessaires à la prise de vues et à la mise en place des éclairages, il travaille sous la direction du chef machiniste de prise de vues et/ou du sous-chef machiniste de prise de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Branche électriciens de prise de vues Chef électricien prise de vues cinéma Non-cadre Collaborateur du directeur de la photographie, il constitue en accord avec la production, dirige et encadre l'équipe d'électriciens. Il assure, avec leur concours, l'installation et le fonctionnement des moyens techniques d'éclairage nécessaires. Il en assure le réglage selon les directives du directeur de la photographie. Il a la connaissance des matériels d'éclairage et doit justifier des habilitations réglementaires. A partir de la source de courant électrique mise à sa disposition, il est qualifié pour vérifier et veiller au bon fonctionnement et à la conformité des branchements électriques sur le lieu du tournage, dans le respect des règles de sécurité. Sous-chef électricien prise de vues cinéma Non-cadre Electricien prise de vues capable d'assister ou de suppléer le chef électricien, si l'organisation du tournage l'exige, notamment dans son travail de coordination de l'équipe d'électriciens. Il doit justifier des habilitations et qualifications réglementaires nécessaires à l'utilisation de moyens d'éclairage. Electricien prise de vues cinéma Non-cadre Electricien de formation, spécialiste chargé de la mise en place des branchements et du réglage des éclairages et de leurs accessoires. Il travaille sous la direction du chef électricien de prise de vues et/ou du sous-chef électricien de prise de vues. Il doit justifier des habilitations et qualifications réglementaires nécessaires à l'utilisation de moyens d'éclairage. Conducteur de groupe cinéma Non-cadre Il a la charge de l'entretien, du bon fonctionnement du groupe électrogène sur les lieux de tournage et de l'acheminement du courant électrique fourni par celui-ci jusqu'aux branchements principaux nécessités par le tournage, en veillant à la sécurité des installations. Il vérifie la conformité du courant produit avec la cadence de prise de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires nécessaires à la conduite et à l'utilisation du groupe. Il peut assister l'équipe d'électriciens pour l'installation du matériel. Branche construction de décors Chef constructeur cinéma Cadre Il est chargé par le chef décorateur de la mise en œuvre de la construction et de l'exécution technique des décors. A cet effet, il a la responsabilité de coordonner l'ensemble des travaux de construction et d'exécution des décors. Il constitue en accord avec la production et dirige les différentes équipes des différents corps professionnels participant à leur réalisation. Dans ce cadre, il est chargé de l'organisation du travail de ces différents corps de métiers. Il veille, dans l'emploi des matériaux et dans l'exécution des décors, au respect des règles de sécurité et d'hygiène en vigueur. Chef machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il dirige l'équipe machinerie de construction. Il est responsable de la coordination et de l'exécution du montage et du démontage de toutes les parties construites, des éléments fixes et mobiles. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles de sécurité et d'hygiène en vigueur. Sous-chef machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il seconde le chef machiniste dans le montage et le démontage des décors. Machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, spécialiste capable d'effectuer le montage et le démontage des décors sous la direction du chef et/ou du sous-chef machiniste de construction. Chef électricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il dirige l'équipe d'électriciens de studio. Chargé, sous la double direction du directeur de la photographie et du chef électricien prise de vues, de l'installation de tous les moyens d'éclairage nécessaires au tournage. Il doit justifier des habilitations réglementaires. A partir de la source de courant électrique mise à sa disposition, il est qualifié pour intervenir sur toutes les installations électriques et est responsable des branchements électriques. Il veille aux branchements électriques dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef électricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, électricien de studio capable de seconder le chef électricien de construction, notamment dans la coordination de l'équipe d'électriciens de studio. Il justifie de la qualification professionnelle et des habilitations dans la mise en œuvre et l'utilisation des moyens d'éclairage. Electricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, électricien chargé, sous la direction du chef et/ou du sous-chef électricien, de la mise en place des moyens d'éclairage studio et de leur alimentation. Il justifie de la qualification professionnelle et des habilitations dans la mise en œuvre et l'utilisation des moyens d'éclairage. Chef menuisier de décor cinéma Non-cadre Responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de menuiserie spécifiques aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef menuisier de décor cinéma Non-cadre Menuisier capable de seconder le chef menuisier de décor, notamment dans la coordination des équipes de menuiserie. Menuisier traceur de décor cinéma Non-cadre Menuisier spécialisé capable de tracer et d'exécuter tous les ouvrages de menuiserie inhérents et spécifiques aux décors de cinéma. Menuisier de décor cinéma Non-cadre Menuisier chargé d'assurer l'exécution de tout ouvrage nécessaire au décor et de travailler sur toutes les machines, excepté la toupie. Toupilleur de décor cinéma Non-cadre Menuisier qualifié dans le toupillage. Il est chargé de l'exécution des éléments de menuiserie réalisés à la toupie. Maquettiste de décor cinéma Non-cadre Spécialiste chargé d'exécuter tous travaux fins en modèle réduit, sous les indications du chef décorateur. Maçon de décor cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef constructeur, spécialiste chargé d'exécuter les travaux de maçonnerie inhérents et spécifiques aux décors. Chef serrurier de décor cinéma Non-cadre Serrurier responsable de la fabrication des ouvrages métalliques, mécaniques ou de ferronnerie inhérents et spécifiques aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Serrurier de décor cinéma Non-cadre Spécialiste chargé de réaliser des ouvrages métalliques, mécaniques ou de ferronnerie inhérents et spécifiques aux décors. Chef sculpteur de décor cinéma Non-cadre Sous les directives du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de sculpture nécessaires aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sculpteur de décor cinéma Non-cadre Sculpteur capable de seconder le chef sculpteur de décor, exécute les travaux de sculpture inhérents aux décors. Chef staffeur de décor cinéma Non-cadre Sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de moulage et de staff nécessaires aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Staffeur de décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute les travaux de moulage et de staff sous la direction du chef staffeur. Chef peintre de décor cinéma Non-cadre Sous les directives du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de peinture et de la préparation des tons, des matières et des patines spécifiques aux prises de vues. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef peintre de décor cinéma Non-cadre Il seconde le chef peintre et coordonne le travail de l'une des équipes de peintres en décoration. Peintre de décor cinéma Non-cadre Peintre spécialiste, il exécute les travaux de peinture spécifiques aux décors de cinéma. Peintre en lettres de décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute les graphismes et logos peints selon les indications du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur. Peintre faux bois et patine décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute tous travaux d'imitation bois, marbre, trompe-l'œil et de patine selon les indications du chef décorateur et/ou du chef peintre. Versions Article 2 (non en vigueur) Remplacé Les titres des fonctions s'entendent au masculin comme au féminin. Ces présentes classifications sont fondées indistinctement, dans le respect de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Conformément aux dispositions de l'article L. 2241-7 du code du travail, les organisations représentatives de la branche de la production cinématographique se réuniront au moins une fois tous les 5 ans pour examiner et, s'il y a lieu, réviser, modifier, supprimer ou ajouter des classifications à la présente grille. La présente liste précise, pour chacune d'elles, sa classification cadre ou non-cadre. Titres et définitions des fonctions Branche réalisation Réalisateur cinéma Cadre collaborateur de création En qualité de technicien salarié de la société du producteur délégué ou du producteur exécutif, il assure, indépendamment de son contrat d'auteur, la direction artistique et dirige la mise en scène et les acteurs, les prises de vues et de son. Dans le cadre de son contrat de travail, en accord avec le producteur délégué ou son représentant et en collaboration avec les techniciens cadres collaborateurs de création, il dirige et coordonne la préparation du tournage. Avec le producteur délégué, il choisit les acteurs et ses collaborateurs de création et détermine les lieux des décors. Il établit le découpage technique du film. Il collabore à l'établissement du plan de travail dans le cadre du devis prévisionnel. Il dirige les travaux de montage et de mixage et supervise les travaux de finitions jusqu'à la copie standard. Il accomplit sa mission dans le cadre des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Réalisateur de films publicitaires Cadre collaborateur de création En qualité de technicien salarié de la société du producteur, il assure, indépendamment de son contrat d'auteur, la direction artistique et dirige la mise en scène et les acteurs, les prises de vues et de son. Dans le cadre de son contrat de travail, en accord avec le producteur ou son représentant et en collaboration avec les techniciens cadres collaborateurs de création, il dirige et coordonne la préparation du tournage. Avec le producteur et sur accord du commanditaire du film, il choisit ses collaborateurs de création ainsi que les acteurs en accord avec le commanditaire du film et détermine les lieux des décors. Il établit le découpage technique du film. Il collabore à l'établissement du plan de travail dans le cadre du devis prévisionnel. Il participe éventuellement aux travaux de montage, de mixage et de finitions jusqu'à la copie standard, suivant les indications du producteur et du commanditaire du film. Il accomplit sa mission dans le cadre des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Technicien réalisateur deuxième équipe cinéma Cadre A partir des directives artistiques et techniques du réalisateur du film et sur ses indications, il dirige l'équipe complémentaire de tournage. Conseiller technique à la réalisation cinéma Cadre Technicien d'expérience confirmée dans la mise en scène, engagé par la société de production en vue de conseiller techniquement le réalisateur dont l'expérience de la réalisation est insuffisante pour ce qui concerne soit le découpage, soit la prise de vues, soit la direction d'acteurs. Premier assistant réalisateur cinéma Cadre Collaborateur du réalisateur, il seconde celui-ci durant la préparation et la réalisation du film. Il peut être engagé pour des études préalables. En accord avec la production et en coordination avec les collaborateurs de création concernés, il établit et met en œuvre le plan de travail. Il coordonne avec les différents départements du film la préparation et la mise en œuvre du tournage de chaque séquence. Il élabore les feuilles de service. En lien avec le réalisateur, il exerce ses fonctions dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Second assistant réalisateur cinéma Non-cadre Collaborateur du premier assistant réalisateur, il assiste celui-ci dans ses fonctions. Durant la préparation et le tournage, il assure notamment la liaison et la diffusion des différentes informations de service. Il formalise les feuilles de service des jours suivants et transmet les prévisions à plus long terme aux comédiens et à tous les services. Auxiliaire à la réalisation cinéma Non-cadre Sous les directives des assistants réalisateurs, il est chargé notamment de veiller à la circulation des personnes sur le lieu de tournage, d'aller quérir les comédiens dans leurs loges et les conduire sur le lieu de tournage. Pendant la période de tournage, il ne peut être engagé en tant qu'auxiliaire à la réalisation cinéma qu'à la condition que les postes de premier assistant réalisateur cinéma et second assistant réalisateur cinéma soient pourvus ou que le poste de premier assistant réalisateur soit pourvu dans le cas des films documentaires. Scripte cinéma Cadre Collaborateur technique et artistique du réalisateur, il fait le lien avec le directeur de production et le monteur, notamment via les rapports artistiques et administratifs. Pendant la préparation, il est chargé de préminuter le scénario et d'établir une continuité chronologique. Responsable de la continuité, il veille à sa bonne mise en œuvre pendant le tournage. Assistant scripte cinéma Non-cadre Assiste le scripte dans ses fonctions et exécute les tâches confiées par celui-ci. Technicien retour image cinéma Non-cadre A disposition du réalisateur et du producteur, il installe et assure l'organisation technique des reprises de visée depuis la caméra jusqu'aux différents moniteurs. Il peut assurer la gestion et la bonne conservation des enregistrements témoins. Premier assistant à la distribution des rôles cinéma Cadre En fonction du scénario et en collaboration avec le producteur et le réalisateur, il est chargé de rechercher et de proposer des interprètes correspondant aux différents rôles. A ce titre, il détermine avec la production les moyens techniques et humains nécessaires à l'accomplissement de sa mission. Il peut être engagé pour des études préalables. Chargé de la figuration cinéma Non-cadre En fonction des demandes du réalisateur, il est chargé de rechercher les différents acteurs de complément. Il veille à leur préparation et à leur mise en place pour les prises de vues. Il est chargé de faire remplir et de collecter les fiches de renseignements. Assistant au chargé de la figuration cinéma Non-cadre Assiste le chargé de la figuration et exécute les tâches confiées par celui-ci. Répétiteur cinéma Non-cadre Dans le respect des consignes du réalisateur, il assure, avant et pendant le tournage, la préparation des acteurs, notamment pour jouer dans une langue qui leur est étrangère. Il assure, éventuellement, le suivi du travail en postsynchronisation. Responsable des enfants cinéma Non-cadre Il est chargé de la surveillance et de l'encadrement des enfants et en assure le confort pendant, le cas échéant, la durée de préparation du film et pendant le tournage. Il peut assurer la préparation des enfants à leur rôle et assure, le cas échéant, leur suivi scolaire. Il justifie de toute qualification et habilitation nécessaires. Il veille au respect des règles d'hygiène et de sécurité dans l'exercice de ses fonctions. Branche administration Directeur de production cinéma Cadre collaborateur de création Engagé par la société de production en vue de la réalisation d'un film, il représente le producteur de la préparation à la fin des prises de vues et, éventuellement, jusqu'à l'établissement de la copie standard. Il assure la direction et l'organisation générale du travail dans le cadre des lois et règlements en vigueur. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Il est responsable de l'établissement du devis et gère les dépenses de la production du film. Il supervise le plan de travail et agrée celui-ci. Il est chargé notamment de l'engagement des salariés concourant à la réalisation du film. Administrateur de production cinéma Cadre Collaborateur du producteur et du directeur de production, il assure la gestion administrative, comptable et sociale du film et, notamment, établit les bulletins de salaire. Il établit les données nécessaires au suivi du devis et aux prévisions de trésorerie. Il assure le contrôle des opérations et écritures comptables en référence au plan comptable des entreprises de production. Il vérifie leur régularité et fournit les éléments pour l'établissement des situations de dépenses. Administrateur adjoint comptable cinéma Non-cadre Il assiste l'administrateur de production dans ses fonctions de gestion de la production du film, en particulier la comptabilité de la production du film. Assistant comptable de production cinéma Non-cadre Assistant de l'administrateur adjoint film, il est chargé d'exécuter des travaux d'administration et de comptabilité courante de la production du film. Secrétaire de production cinéma Non-cadre Collaborateur du directeur de production et du régisseur général. En charge des travaux de secrétariat, il assure des tâches de coordination et le suivi des dossiers administratifs et contractuels avec chacun des départements de la production du film. Branche régie Régisseur général cinéma Cadre Collaborateur direct du directeur de production. Pendant la préparation, il participe aux repérages et à l'établissement du plan de travail. Il est responsable de la bonne marche des services de régie, supervise et assure la logistique selon les lieux de tournage (fournitures, autorisations administratives, hébergement, restauration, transports, etc.) en collaboration avec le réalisateur du film ou son assistant. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Régisseur adjoint cinéma Non-cadre L'(les) adjoint(s) du régisseur général est (sont) qualifié(s) pour aider celui-ci dans l'organisation et l'exécution des tâches de régie. Auxiliaire à la régie cinéma Non-cadre Sous les directives du régisseur général cinéma ou du régisseur adjoint cinéma, il effectue des travaux liés à la régie, notamment : – il effectue des courses diverses de proximité en liaison avec le tournage du film ; – il participe à l'organisation des tournages en décors naturels et à la surveillance de la circulation sur le lieu de tournage ; – dans les lieux de décors naturels, il installe l'intérieur des loges des comédiens et maquillage ; – il assure la fourniture et la tenue de la table régie, mise à la disposition de l'équipe de tournage. Pendant la période de tournage, il ne peut être engagé d'auxiliaire à la régie cinéma qu'à la condition que les postes de régisseur général et de régisseur adjoint soient pourvus ou que le poste de régisseur général soit pourvu dans le cas des films documentaires. Branche image Directeur de la photographie cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur direct du réalisateur, il a la responsabilité de la qualité technique et artistique de la photographie et des prises de vues du film. A ce titre, il détermine avec le directeur de production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires aux prises de vues. Pendant la préparation et le tournage, il participe au repérage, au découpage et au choix des cadres et, plus généralement, à toute décision qui a une incidence sur la qualité de l'image. En fonction des demandes artistiques du réalisateur, il choisit et compose les ambiances lumineuses du film. Il définit et contrôle les travaux de l'équipe de prises de vues, du chef électricien et, éventuellement, du chef machiniste pour les problèmes de lumière. Il surveille l'étalonnage du film et est consulté sur les travaux de finition ayant une incidence sur l'image du film. Il est consulté en cas de modification de l'image par les techniques informatiques. Dans l'exercice de ses fonctions, il veille aux règles d'hygiène et de sécurité. Cadreur cinéma Cadre A la responsabilité du cadrage de l'image et de l'harmonie des mouvements de l'appareil de prises de vues, suivant les directives du réalisateur sous le contrôle, d'un point de vue technique, du directeur de la photographie. Cadreur spécialisé cinéma Cadre Suivant les directives du réalisateur et sous le contrôle du directeur de la photographie, il assure les cadrages et l'harmonie des mouvements de l'appareil de prises de vues au moyen d'un bras mécanique stabilisateur (exemple : steadicam), porté ou fixe, ou dans le cadre de toute autre prise de vues spécialisée. Premier assistant opérateur cinéma Cadre A la responsabilité de la mise au point de l'objectif en fonction des déplacements des acteurs et de la caméra. Il réceptionne et vérifie les appareils de prises de vues, les objectifs et les accessoires avant le début du tournage et en surveille le bon fonctionnement pendant toute la durée du film. Il veille au bon conditionnement des matériels en vue des transports. Deuxième assistant opérateur cinéma Non-cadre Assiste le premier assistant opérateur dans toutes ses tâches et peut notamment effectuer les zooms sous les directives du cadreur film. En particulier, a la responsabilité du chargement et du déchargement des supports d'enregistrement (pellicule et/ou supports numériques) et de leur conditionnement pour expédition au lieu de traitement. Il est responsable de l'alimentation électrique de la caméra. Il gère et comptabilise les supports vierges et enregistrés, veille à leur conservation et à leurs bonnes conditions de transport. Technicien d'appareils télécommandés (prise de vues) cinéma Cadre Il a la responsabilité technique de l'appareil support des mouvements télécommandés de la caméra et des différents déports. Il le prépare, dirige son installation et sa mise en service en collaboration avec les machinistes et les assistants opérateurs si nécessaire. Il est responsable des opérations de démontage et de rangement. Il a les connaissances techniques qui lui permettent d'assurer le bon fonctionnement des appareillages. Photographe de plateau cinéma Cadre Exécute, en accord avec le réalisateur, le directeur de la photographie et le producteur, les photos du film pour la production, en vue de l'exploitation et de la promotion du film. Il est responsable de leur qualité technique et assure la compatibilité des supports photographiques. Branche son Chef opérateur de son cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique des enregistrements et de la réalisation sonores du film par l'apport des sons synchrones et des sons seuls. A ce titre, il détermine avec le directeur de production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires. Assistant opérateur du son cinéma Cadre Sous les directives du chef opérateur du son, il assure, en fonction de la prise de vues, la captation du son par tous moyens techniques, en particulier par l'entremise de la perche, et a la charge d'installer les différents microphones. Il a la charge du stock de support son et du matériel son. Branche costumes Créateur de costumes cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique de la composition visuelle des personnages du film, en référence au scénario. Il assure, durant la préparation et le tournage, la coordination et le suivi de la conception et de la réalisation des costumes et des accessoires. Le cas échéant, il coordonne le travail artistique des coiffures, perruques et maquillage. Il a la connaissance des styles et des époques. Il fournit au réalisateur une présentation visuelle de sa conception des personnages à l'aide de différents supports : maquettes, échantillonnages, documentation… Il établit le devis costumes en fonction du scénario et des demandes du réalisateur et en accord avec le producteur ou son représentant. Il suit la gestion de son budget. Il dirige et coordonne le travail de ses assistants et des différentes équipes qu'il a choisis d'un commun accord avec le producteur. Il collabore avec le directeur de la photographie et le chef décorateur. Il dirige les essayages des costumes, assiste aux essais de maquillage et de coiffure. Chef costumier cinéma Cadre Dans le cas des films où il n'y a pas de création originale de costumes, durant la préparation et le tournage, en accord avec le réalisateur et le producteur ou son représentant, il a pour charge de rechercher, en référence au scénario, les costumes et accessoires vestimentaires nécessaires à la composition visuelle des personnages du film. Il établit le devis costumes en fonction du scénario et des demandes du réalisateur et en accord avec le producteur ou son représentant. Il suit la gestion de son budget. Il dirige et coordonne le travail de ses assistants et des différentes équipes qu'il a choisis d'un commun accord avec le producteur. Il collabore avec le directeur de la photographie et le chef décorateur. Il dirige les essayages des costumes, assiste aux essais de maquillage et de coiffure. Premier assistant costume cinéma Cadre Il assiste dans ses fonctions le créateur de costumes cinéma et/ ou le chef costumier cinéma, avec une fonction d'encadrement d'une équipe, dans la conception, la fabrication, la recherche et les essayages de costumes, dans l'organisation du travail, notamment sur l'élaboration et la gestion du devis costume, ainsi que dans la direction et la gestion du travail de l'équipe dont celui-ci a la responsabilité. Il veille à la logistique du tournage, à la gestion des stocks et à la coordination entre les fournisseurs et la production. Il planifie les durées de location en fonction du plan de travail et assure la restitution des costumes aux loueurs. Costumier cinéma Non-cadre Sous la direction, selon le cas, du créateur de costumes, du chef costumier ou du premier assistant costumes, il collabore à la recherche et aux essayages de costumes, ainsi qu'à l'organisation du travail. Il veille à la logistique du tournage, à la gestion des stocks, à la coordination entre les fournisseurs et la production, ainsi qu'à l'entretien des vestiaires des comédiens et au confort de ces derniers tant lors de l'installation des loges que sur le plateau et assure la supervision de l'activité du ou des habilleurs. Il peut planifier les durées de location en fonction du plan de travail et assure la restitution des costumes aux loueurs. Habilleur cinéma Non-cadre Sur le plateau, il a en charge la responsabilité de l'habillage des comédiens, en veillant au respect des choix du créateur de costumes ou du chef costumier ainsi que du réalisateur. Il assure la continuité (raccords) en collaboration avec le scripte. Il a la responsabilité du rangement et de l'entretien des costumes. Teinturier patineur costumes cinéma Non-cadre En étroite collaboration avec le créateur de costumes et le chef d'atelier costumes, il prépare les tissus et autres matériaux en amont de la fabrication (couleurs, impressions, apprêts, motifs…) et effectue, sur le plateau, les patines ponctuelles de circonstance. Chef d'atelier costumes cinéma Non-cadre Collaborateur direct du créateur de costumes, il a la connaissance des textiles, des coupes de toutes les époques. Il effectue le patronage et la coupe des costumes dans le respect des maquettes du créateur de costumes. Il est responsable de l'organisation de son atelier ainsi que de son équipe de réalisation de costumes. Il participe aux essayages des nouveaux modèles. Couturier costumes cinéma Non-cadre Il exécute les tâches confiées par le chef d'atelier costumes cinéma, notamment dans la fabrication des costumes. Branche maquillage Chef maquilleur cinéma Cadre A la responsabilité de la création du maquillage des interprètes selon les directives du réalisateur et conformément au scénario. Travaille en collaboration avec le directeur de la photographie, le créateur de costumes et le chef coiffeur cinéma. Il est responsable des travaux exécutés par ses assistants. Il assure le suivi des compositions initiales durant la réalisation du film. Dans le cadre de la préparation, il établit un budget en accord avec le directeur de production et en contrôle la gestion. Maquilleur cinéma Non-cadre Exécute des maquillages et raccords sous la responsabilité du chef maquilleur. Il surveille l'état du maquillage des artistes sur le plateau. Branche coiffure Chef coiffeur cinéma Non-cadre Est chargé, selon les directives du réalisateur, en collaboration avec le directeur de la photographie et le chef maquilleur, de la confection des perruques postiches et de l'exécution de toutes coiffures d'époque ou modernes. Il doit assurer, tout au long du film, avec exactitude et méthode, la forme initiale de chaque coiffure et son adaptation conformément au scénario, en accord, s'il y a lieu, avec les maquettes du créateur de costumes. Coiffeur cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef coiffeur, il procède à la coiffure des interprètes selon le scénario et en surveille l'état sur le plateau. Branche décoration Chef décorateur cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique des décors du film. Il est chargé par le producteur, en accord avec le réalisateur, de la conception, de l'aménagement et de la construction des décors conformément au scénario et au plan de travail dans le cadre du budget. Il participe au choix des lieux de tournage et assure la cohérence artistique des décors. Il collabore à la mise au point du plan de travail, établit le devis décoration en fonction du scénario et des demandes du réalisateur, en accord avec le producteur ou son représentant. Il dirige et coordonne le travail des différentes équipes et de ses assistants mis à sa disposition. En cas de recours à des moyens numériques, il assure également le suivi de la cohérence artistique de la conception et de la construction des décors. Il veille à la conception, à l'aménagement et à la construction des décors dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Ensemblier décorateur cinéma Cadre Lorsqu'un film ne nécessite aucune construction, il peut assurer l'aménagement des décors naturels. Il est en outre chargé de choisir les meubles, accessoires, objets d'art et éléments décoratifs nécessaires au tournage. Il collabore à l'établissement du devis décoration. Il assure la cohérence artistique des décors. L'ensemblier décorateur n'a pas qualité pour assurer la construction des décors du film. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Premier assistant décorateur cinéma Cadre Il seconde le chef décorateur cinéma et doit pouvoir le remplacer en cas d'absence temporaire. Il s'occupe particulièrement, sous la direction de celui-ci, de la partie technique des décors, collabore à la conception des plans et à l'établissement du devis décoration et coordonne selon le plan de travail, les différents corps de métiers lors de la construction et de l'aménagement des décors. Deuxième assistant décorateur cinéma Non-cadre Il assiste le premier assistant décorateur cinéma dans ses fonctions et exécute les plans et détails nécessaires à la réalisation des décors. Il est capable de réaliser des maquettes d'étude et de représentation des décors. Troisième assistant décorateur cinéma Non-cadre Salarié membre de l'équipe de l'assistanat de décoration, il s'initie à la fonction d'assistant décorateur. Il est chargé d'exécuter des tâches simples. Durant la période de tournage, il ne peut être employé qu'à la condition que les postes de premier et de deuxième assistants soient pourvus. Ensemblier cinéma Cadre Il est chargé par le chef décorateur cinéma de rechercher et de choisir les meubles et objets d'art nécessaires à l'installation des décors, d'en assurer la livraison et la restitution en temps utile, et de procéder à leur mise en place sur le décor. Dans le cadre du devis et sous la responsabilité du chef décorateur cinéma, il assure la gestion du budget meubles et accessoires. Régisseur d'extérieurs cinéma Cadre Il est chargé de la recherche, de la fourniture et de la restitution aux fournisseurs, s'il y a lieu, de tous les accessoires, animaux, matériaux, éléments non décoratifs, véhicules d'époque, etc., liés à la réalisation du décor et des accessoires jouant. Il est éventuellement l'adjoint de l'ensemblier. Il peut arrêter et exécuter toutes dépenses inhérentes à son poste sous le contrôle du chef décorateur ou, le cas échéant, de l'ensemblier décorateur. Accessoiriste de plateau cinéma Non-cadre Selon les indications du chef décorateur cinéma, de l'ensemblier décorateur cinéma ou de la mise en scène, il est chargé, pendant le tournage, de la surveillance, de la préparation et de l'emploi de tous les accessoires jouant, et de la mise en place – raccord – de l'ensemble mobilier installé sur le plateau de prise de vues. Veille à l'entretien de ceux-ci et assure, en suivant la continuité, les raccords de scène indiqués sur la feuille de service. Il assure les effets spéciaux simples ne nécessitant pas de mesures de sécurité particulières à l'égard des membres de l'équipe artistique et technique participant au tournage. Accessoiriste de décor cinéma Non-cadre Chargé de réceptionner les meubles et accessoires, d'installer, d'équiper et de préparer les décors sous les directives de l'ensemblier. Il contrôle l'identité, l'état et la conservation des objets reçus et rendus. Peintre d'art de décor cinéma Non-cadre Peintre d'art, il compose et exécute les fresques, découvertes ou tous motifs décoratifs de style sous la direction du chef décorateur cinéma ou de l'ensemblier décorateur cinéma. Infographiste de décor cinéma Non-cadre Chargé, sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, de la fabrication et de la transformation d'accessoires graphiques numériques par des moyens informatiques. Il peut effectuer la simulation modélisée et la représentation des décors en images de synthèse. Illustrateur de décor cinéma Non-cadre Chargé, sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, d'effectuer des représentations artistiques des décors par le dessin et la peinture. Il peut réaliser des calligraphies ou tout accessoire faisant appel au dessin d'art. Chef tapissier de décor cinéma Non-cadre Collaborateur du chef décorateur cinéma, de l'ensemblier décorateur cinéma ou de l'ensemblier cinéma. Est capable d'exécuter une esquisse, d'en arrêter graphiquement les coupes, d'accomplir tous travaux d'après des dessins et des documents d'époque. Est capable de coordonner au décor et aux techniques de prise de vues des ensembles décoratifs textiles et d'en assurer l'exécution et l'installation. Tapissier de décor cinéma Non-cadre Assistant du chef tapissier de décor cinéma, il exécute et installe tous les ouvrages de couture que nécessitent les travaux de tapisserie. Branche montage Chef monteur cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur de création, il donne au film sa construction et son rythme par l'assemblage artistique et technique des images et des sons, dans l'esprit du scénario et sous la responsabilité du réalisateur. Il participe avec le réalisateur à la postproduction pour une durée adaptée aux spécificités techniques et artistiques du film. Il est chargé, en collaboration avec le réalisateur, de veiller à la cohérence de l'espace sonore du film. À ce titre, il peut être appelé à donner des indications au mixeur durant le mixage. Premier assistant monteur cinéma Non-cadre Il assiste le chef monteur pendant la durée des travaux liés au montage et, sous sa responsabilité, assure le suivi des différentes étapes du montage : organisation et préparation du travail, gestion des matériaux images et sons, dialogue avec les industries techniques et travail avec les différents intervenants (bruitage, postsynchronisation…). Deuxième assistant monteur cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef monteur et sous la direction du premier assistant monteur cinéma, il est chargé d'exécuter des tâches simples liées au montage. Il ne peut être recouru à un deuxième assistant monteur cinéma sans que le poste de premier assistant monteur cinéma soit pourvu ; il peut cependant être engagé pour une durée de travail distincte de celle du premier assistant monteur cinéma. Chef monteur son cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique de choisir, monter à l'image les sons provenant du tournage, des sons additionnels et, le cas échéant, créer ou faire créer les sons nécessaires à l'élaboration de l'univers sonore du film défini avec le réalisateur, en liaison avec le chef monteur cinéma. À ce titre, il détermine avec la production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires. Pour le mixage, il collabore avec le mixeur cinéma pendant une durée adaptée aux spécificités artistiques et techniques du film pour réaliser l'équilibre entre les différents éléments de la bande-son. Enfin, il prépare la version internationale. Assistant monteur son cinéma Non-cadre Sous les directives du chef monteur son cinéma, l'assistant monteur son cinéma se voit confier des tâches techniques ou artistiques par ce dernier. De plus, il assure le suivi des échanges entre les différents intervenants de la post-production (montage, image, bruitage, postsynchronisation, mixage) concernant les différentes versions de montage du film (réception des éléments, export de sons nécessaires, conformation des sessions …). Bruiteur Cadre collaborateur de création Sous la direction du réalisateur et en concertation avec les équipes de montage et de montage son, il crée en auditorium, à l'aide des accessoires qu'il fournit, et en parfait synchronisme avec les images du film, les éléments sonores qui seront utilisés en complément du montage son pour le mixage de la bande sonore originale du film et de sa version internationale. Assistant bruiteur Non-cadre Collaborateur direct du bruiteur et sous sa responsabilité, il gère tous les matériels et accessoires nécessaires à la création des éléments sonores. Il peut seconder le bruiteur en participant à cette création. Coordinateur de postproduction cinéma Cadre En relation avec les chefs de poste concernés, en particulier avec le chef monteur, il assure des tâches de coordination, de suivi et de mise en œuvre des moyens de postproduction tels qu'ils sont définis conformément au planning de postproduction et au devis établi par le directeur de production. Branche mixage Mixeur cinéma Cadre collaborateur de création Sous la direction du réalisateur, en collaboration directe avec celui-ci et les équipes de montage et de montage son pendant une durée adaptée aux spécificités techniques et artistiques du film, il s'occupe de l'enregistrement des postsynchronisations et des bruitages et il est chargé en auditorium, dans les conditions d'écoute d'une salle de cinéma, du traitement, du mélange et de la spatialisation de tous les éléments qui constitueront la bande sonore définitive du film. Il est, artistiquement et techniquement, le responsable final de celle-ci et, à ce titre, garantit sa bonne transposition en salle de cinéma ainsi que sur l'ensemble des supports de diffusion utilisés. Assistant mixeur cinéma Cadre Collaborateur direct du mixeur, il travaille sous sa responsabilité. Il prend en charge une partie des éléments sonores à mélanger. Branche collaborateurs techniques spécialisés Superviseur d'effets physiques cinéma Cadre Il est chargé de la conception et de l'exécution des effets spéciaux physiques (pluie, brouillard, explosions, armes à feu…). Il doit justifier des habilitations nécessaires. Lors de la mise en œuvre de ces effets, il a la charge, en collaboration avec le directeur de production, de faire mettre en place tous les moyens nécessaires à la sécurité des personnes, des lieux et du décor. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Assistant effets physiques cinéma Non-cadre Il assiste, dans ses fonctions, le superviseur d'effets physiques et installe, sous sa direction, les moyens nécessaires à la réalisation de l'effet. Il doit justifier des habilitations nécessaires. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Animatronicien cinéma Non-cadre Spécialiste chargé de réaliser et d'animer des automates électromécaniques. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Branche machinistes de prise de vues Chef machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Collaborateur de la prise de vues, il constitue, en accord avec la production, dirige et encadre l'équipe machinerie. Il est chargé de répondre, par sa compétence technique, aux diverses demandes de la mise en scène et de définir, d'installer et de manipuler tous les moyens techniques nécessaires à la mise en place des éclairages et du matériel de prise de vues. Il veille à leur utilisation, dans le respect des règles de sécurité. Sous la direction, d'un point de vue technique, du directeur de la photographie et en relation avec le cadreur, il exécute les déplacements de la caméra durant les prises de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Sous-chef machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Machiniste qui assiste ou supplée le chef machiniste de prise de vues, si l'organisation du tournage l'exige, notamment dans son travail de coordination de l'équipe machinerie. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Spécialiste de la mise en place et du bon fonctionnement de tous les moyens techniques nécessaires à la prise de vues et à la mise en place des éclairages, il travaille sous la direction du chef machiniste de prise de vues et/ou du sous-chef machiniste de prise de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Branche électriciens de prise de vues Chef électricien prise de vues cinéma Non-cadre Collaborateur du directeur de la photographie, il constitue en accord avec la production, dirige et encadre l'équipe d'électriciens. Il assure, avec leur concours, l'installation et le fonctionnement des moyens techniques d'éclairage nécessaires. Il en assure le réglage selon les directives du directeur de la photographie. Il a la connaissance des matériels d'éclairage et doit justifier des habilitations réglementaires. A partir de la source de courant électrique mise à sa disposition, il est qualifié pour vérifier et veiller au bon fonctionnement et à la conformité des branchements électriques sur le lieu du tournage, dans le respect des règles de sécurité. Sous-chef électricien prise de vues cinéma Non-cadre Electricien prise de vues capable d'assister ou de suppléer le chef électricien, si l'organisation du tournage l'exige, notamment dans son travail de coordination de l'équipe d'électriciens. Il doit justifier des habilitations et qualifications réglementaires nécessaires à l'utilisation de moyens d'éclairage. Electricien prise de vues cinéma Non-cadre Electricien de formation, spécialiste chargé de la mise en place des branchements et du réglage des éclairages et de leurs accessoires. Il travaille sous la direction du chef électricien de prise de vues et/ou du sous-chef électricien de prise de vues. Il doit justifier des habilitations et qualifications réglementaires nécessaires à l'utilisation de moyens d'éclairage. Conducteur de groupe cinéma Non-cadre Il a la charge de l'entretien, du bon fonctionnement du groupe électrogène sur les lieux de tournage et de l'acheminement du courant électrique fourni par celui-ci jusqu'aux branchements principaux nécessités par le tournage, en veillant à la sécurité des installations. Il vérifie la conformité du courant produit avec la cadence de prise de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires nécessaires à la conduite et à l'utilisation du groupe. Il peut assister l'équipe d'électriciens pour l'installation du matériel. Branche construction de décors Chef constructeur cinéma Cadre Il est chargé par le chef décorateur de la mise en œuvre de la construction et de l'exécution technique des décors. A cet effet, il a la responsabilité de coordonner l'ensemble des travaux de construction et d'exécution des décors. Il constitue en accord avec la production et dirige les différentes équipes des différents corps professionnels participant à leur réalisation. Dans ce cadre, il est chargé de l'organisation du travail de ces différents corps de métiers. Il veille, dans l'emploi des matériaux et dans l'exécution des décors, au respect des règles de sécurité et d'hygiène en vigueur. Chef machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il dirige l'équipe machinerie de construction. Il est responsable de la coordination et de l'exécution du montage et du démontage de toutes les parties construites, des éléments fixes et mobiles. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles de sécurité et d'hygiène en vigueur. Sous-chef machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il seconde le chef machiniste dans le montage et le démontage des décors. Machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, spécialiste capable d'effectuer le montage et le démontage des décors sous la direction du chef et/ou du sous-chef machiniste de construction. Chef électricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il dirige l'équipe d'électriciens de studio. Chargé, sous la double direction du directeur de la photographie et du chef électricien prise de vues, de l'installation de tous les moyens d'éclairage nécessaires au tournage. Il doit justifier des habilitations réglementaires. A partir de la source de courant électrique mise à sa disposition, il est qualifié pour intervenir sur toutes les installations électriques et est responsable des branchements électriques. Il veille aux branchements électriques dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef électricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, électricien de studio capable de seconder le chef électricien de construction, notamment dans la coordination de l'équipe d'électriciens de studio. Il justifie de la qualification professionnelle et des habilitations dans la mise en œuvre et l'utilisation des moyens d'éclairage. Electricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, électricien chargé, sous la direction du chef et/ou du sous-chef électricien, de la mise en place des moyens d'éclairage studio et de leur alimentation. Il justifie de la qualification professionnelle et des habilitations dans la mise en œuvre et l'utilisation des moyens d'éclairage. Chef menuisier de décor cinéma Non-cadre Responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de menuiserie spécifiques aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef menuisier de décor cinéma Non-cadre Menuisier capable de seconder le chef menuisier de décor, notamment dans la coordination des équipes de menuiserie. Menuisier traceur de décor cinéma Non-cadre Menuisier spécialisé capable de tracer et d'exécuter tous les ouvrages de menuiserie inhérents et spécifiques aux décors de cinéma. Menuisier de décor cinéma Non-cadre Menuisier chargé d'assurer l'exécution de tout ouvrage nécessaire au décor et de travailler sur toutes les machines, excepté la toupie. Toupilleur de décor cinéma Non-cadre Menuisier qualifié dans le toupillage. Il est chargé de l'exécution des éléments de menuiserie réalisés à la toupie. Maquettiste de décor cinéma Non-cadre Spécialiste chargé d'exécuter tous travaux fins en modèle réduit, sous les indications du chef décorateur. Maçon de décor cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef constructeur, spécialiste chargé d'exécuter les travaux de maçonnerie inhérents et spécifiques aux décors. Chef serrurier de décor cinéma Non-cadre Serrurier responsable de la fabrication des ouvrages métalliques, mécaniques ou de ferronnerie inhérents et spécifiques aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Serrurier de décor cinéma Non-cadre Spécialiste chargé de réaliser des ouvrages métalliques, mécaniques ou de ferronnerie inhérents et spécifiques aux décors. Chef sculpteur de décor cinéma Non-cadre Sous les directives du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de sculpture nécessaires aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sculpteur de décor cinéma Non-cadre Sculpteur capable de seconder le chef sculpteur de décor, exécute les travaux de sculpture inhérents aux décors. Chef staffeur de décor cinéma Non-cadre Sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de moulage et de staff nécessaires aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Staffeur de décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute les travaux de moulage et de staff sous la direction du chef staffeur. Chef peintre de décor cinéma Non-cadre Sous les directives du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de peinture et de la préparation des tons, des matières et des patines spécifiques aux prises de vues. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef peintre de décor cinéma Non-cadre Il seconde le chef peintre et coordonne le travail de l'une des équipes de peintres en décoration. Peintre de décor cinéma Non-cadre Peintre spécialiste, il exécute les travaux de peinture spécifiques aux décors de cinéma. Peintre en lettres de décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute les graphismes et logos peints selon les indications du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur. Peintre faux bois et patine décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute tous travaux d'imitation bois, marbre, trompe-l'œil et de patine selon les indications du chef décorateur et/ou du chef peintre. Versions Article 2 (non en vigueur) Remplacé Les titres des fonctions s'entendent au masculin comme au féminin. Ces présentes classifications sont fondées indistinctement, dans le respect de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Conformément aux dispositions de l'article L. 2241-7 du code du travail, les organisations représentatives de la branche de la production cinématographique se réuniront au moins une fois tous les 5 ans pour examiner et, s'il y a lieu, réviser, modifier, supprimer ou ajouter des classifications à la présente grille. La présente liste précise, pour chacune d'elles, sa classification cadre ou non-cadre. Titres et définitions des fonctions Branche réalisation Réalisateur cinéma Cadre collaborateur de création En qualité de technicien salarié de la société du producteur délégué ou du producteur exécutif, il assure, indépendamment de son contrat d'auteur, la direction artistique et dirige la mise en scène et les acteurs, les prises de vues et de son. Dans le cadre de son contrat de travail, en accord avec le producteur délégué ou son représentant et en collaboration avec les techniciens cadres collaborateurs de création, il dirige et coordonne la préparation du tournage. Avec le producteur délégué, il choisit les acteurs et ses collaborateurs de création et détermine les lieux des décors. Il établit le découpage technique du film. Il collabore à l'établissement du plan de travail dans le cadre du devis prévisionnel. Il dirige les travaux de montage et de mixage et supervise les travaux de finitions jusqu'à la copie standard. Il accomplit sa mission dans le cadre des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Réalisateur de films publicitaires Cadre collaborateur de création En qualité de technicien salarié de la société du producteur, il assure, indépendamment de son contrat d'auteur, la direction artistique et dirige la mise en scène et les acteurs, les prises de vues et de son. Dans le cadre de son contrat de travail, en accord avec le producteur ou son représentant et en collaboration avec les techniciens cadres collaborateurs de création, il dirige et coordonne la préparation du tournage. Avec le producteur et sur accord du commanditaire du film, il choisit ses collaborateurs de création ainsi que les acteurs en accord avec le commanditaire du film et détermine les lieux des décors. Il établit le découpage technique du film. Il collabore à l'établissement du plan de travail dans le cadre du devis prévisionnel. Il participe éventuellement aux travaux de montage, de mixage et de finitions jusqu'à la copie standard, suivant les indications du producteur et du commanditaire du film. Il accomplit sa mission dans le cadre des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Technicien réalisateur deuxième équipe cinéma Cadre A partir des directives artistiques et techniques du réalisateur du film et sur ses indications, il dirige l'équipe complémentaire de tournage. Conseiller technique à la réalisation cinéma Cadre Technicien d'expérience confirmée dans la mise en scène, engagé par la société de production en vue de conseiller techniquement le réalisateur dont l'expérience de la réalisation est insuffisante pour ce qui concerne soit le découpage, soit la prise de vues, soit la direction d'acteurs. Premier assistant réalisateur cinéma Cadre Collaborateur du réalisateur, il seconde celui-ci durant la préparation et la réalisation du film. Il peut être engagé pour des études préalables. En accord avec la production et en coordination avec les collaborateurs de création concernés, il établit et met en œuvre le plan de travail. Il coordonne avec les différents départements du film la préparation et la mise en œuvre du tournage de chaque séquence. Il élabore les feuilles de service. En lien avec le réalisateur, il exerce ses fonctions dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Second assistant réalisateur cinéma Non-cadre Collaborateur du premier assistant réalisateur, il assiste celui-ci dans ses fonctions. Durant la préparation et le tournage, il assure notamment la liaison et la diffusion des différentes informations de service. Il formalise les feuilles de service des jours suivants et transmet les prévisions à plus long terme aux comédiens et à tous les services. Auxiliaire à la réalisation cinéma Non-cadre Sous les directives des assistants réalisateurs, il est chargé notamment de veiller à la circulation des personnes sur le lieu de tournage, d'aller quérir les comédiens dans leurs loges et les conduire sur le lieu de tournage. Pendant la période de tournage, il ne peut être engagé en tant qu'auxiliaire à la réalisation cinéma qu'à la condition que les postes de premier assistant réalisateur cinéma et second assistant réalisateur cinéma soient pourvus ou que le poste de premier assistant réalisateur soit pourvu dans le cas des films documentaires. Scripte cinéma Cadre Collaborateur technique et artistique du réalisateur, il fait le lien avec le directeur de production et le monteur, notamment via les rapports artistiques et administratifs. Pendant la préparation, il est chargé de préminuter le scénario et d'établir une continuité chronologique. Responsable de la continuité, il veille à sa bonne mise en œuvre pendant le tournage. Assistant scripte cinéma Non-cadre Assiste le scripte dans ses fonctions et exécute les tâches confiées par celui-ci. Technicien retour image cinéma Non-cadre A disposition du réalisateur et du producteur, il installe et assure l'organisation technique des reprises de visée depuis la caméra jusqu'aux différents moniteurs. Il peut assurer la gestion et la bonne conservation des enregistrements témoins. Premier assistant à la distribution des rôles cinéma Cadre En fonction du scénario et en collaboration avec le producteur et le réalisateur, il est chargé de rechercher et de proposer des interprètes correspondant aux différents rôles. A ce titre, il détermine avec la production les moyens techniques et humains nécessaires à l'accomplissement de sa mission. Il peut être engagé pour des études préalables. Chargé de la figuration cinéma Non-cadre En fonction des demandes du réalisateur, il est chargé de rechercher les différents acteurs de complément. Il veille à leur préparation et à leur mise en place pour les prises de vues. Il est chargé de faire remplir et de collecter les fiches de renseignements. Assistant au chargé de la figuration cinéma Non-cadre Assiste le chargé de la figuration et exécute les tâches confiées par celui-ci. Répétiteur cinéma Non-cadre Dans le respect des consignes du réalisateur, il assure, avant et pendant le tournage, la préparation des acteurs, notamment pour jouer dans une langue qui leur est étrangère. Il assure, éventuellement, le suivi du travail en postsynchronisation. Responsable des enfants cinéma Non-cadre Il est chargé de la surveillance et de l'encadrement des enfants et en assure le confort pendant, le cas échéant, la durée de préparation du film et pendant le tournage. Il peut assurer la préparation des enfants à leur rôle et assure, le cas échéant, leur suivi scolaire. Il justifie de toute qualification et habilitation nécessaires. Il veille au respect des règles d'hygiène et de sécurité dans l'exercice de ses fonctions. Branche administration Directeur de production cinéma Cadre collaborateur de création Engagé par la société de production en vue de la réalisation d'un film, il représente le producteur de la préparation à la fin des prises de vues et, éventuellement, jusqu'à l'établissement de la copie standard. Il assure la direction et l'organisation générale du travail dans le cadre des lois et règlements en vigueur. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Il est responsable de l'établissement du devis et gère les dépenses de la production du film. Il supervise le plan de travail et agrée celui-ci. Il est chargé notamment de l'engagement des salariés concourant à la réalisation du film. Administrateur de production cinéma Cadre Collaborateur du producteur et du directeur de production, il assure la gestion administrative, comptable et sociale du film et, notamment, établit les bulletins de salaire. Il établit les données nécessaires au suivi du devis et aux prévisions de trésorerie. Il assure le contrôle des opérations et écritures comptables en référence au plan comptable des entreprises de production. Il vérifie leur régularité et fournit les éléments pour l'établissement des situations de dépenses. Administrateur adjoint comptable cinéma Non-cadre Il assiste l'administrateur de production dans ses fonctions de gestion de la production du film, en particulier la comptabilité de la production du film. Assistant comptable de production cinéma Non-cadre Assistant de l'administrateur adjoint film, il est chargé d'exécuter des travaux d'administration et de comptabilité courante de la production du film. Secrétaire de production cinéma Non-cadre Collaborateur du directeur de production et du régisseur général. En charge des travaux de secrétariat, il assure des tâches de coordination et le suivi des dossiers administratifs et contractuels avec chacun des départements de la production du film. Branche régie Régisseur général cinéma Cadre Collaborateur direct du directeur de production. Pendant la préparation, il participe aux repérages et à l'établissement du plan de travail. Il est responsable de la bonne marche des services de régie, supervise et assure la logistique selon les lieux de tournage (fournitures, autorisations administratives, hébergement, restauration, transports, etc.) en collaboration avec le réalisateur du film ou son assistant. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Régisseur adjoint cinéma Non-cadre L'(les) adjoint(s) du régisseur général est (sont) qualifié(s) pour aider celui-ci dans l'organisation et l'exécution des tâches de régie. Auxiliaire à la régie cinéma Non-cadre Sous les directives du régisseur général cinéma ou du régisseur adjoint cinéma, il effectue des travaux liés à la régie, notamment : – il effectue des courses diverses de proximité en liaison avec le tournage du film ; – il participe à l'organisation des tournages en décors naturels et à la surveillance de la circulation sur le lieu de tournage ; – dans les lieux de décors naturels, il installe l'intérieur des loges des comédiens et maquillage ; – il assure la fourniture et la tenue de la table régie, mise à la disposition de l'équipe de tournage. Pendant la période de tournage, il ne peut être engagé d'auxiliaire à la régie cinéma qu'à la condition que les postes de régisseur général et de régisseur adjoint soient pourvus ou que le poste de régisseur général soit pourvu dans le cas des films documentaires. Branche image Directeur de la photographie cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur direct du réalisateur, il a la responsabilité de la qualité technique et artistique de la photographie et des prises de vues du film. A ce titre, il détermine avec le directeur de production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires aux prises de vues. Pendant la préparation et le tournage, il participe au repérage, au découpage et au choix des cadres et, plus généralement, à toute décision qui a une incidence sur la qualité de l'image. En fonction des demandes artistiques du réalisateur, il choisit et compose les ambiances lumineuses du film. Il définit et contrôle les travaux de l'équipe de prises de vues, du chef électricien et, éventuellement, du chef machiniste pour les problèmes de lumière. Il surveille l'étalonnage du film et est consulté sur les travaux de finition ayant une incidence sur l'image du film. Il est consulté en cas de modification de l'image par les techniques informatiques. Dans l'exercice de ses fonctions, il veille aux règles d'hygiène et de sécurité. Cadreur cinéma Cadre A la responsabilité du cadrage de l'image et de l'harmonie des mouvements de l'appareil de prises de vues, suivant les directives du réalisateur sous le contrôle, d'un point de vue technique, du directeur de la photographie. Cadreur spécialisé cinéma Cadre Suivant les directives du réalisateur et sous le contrôle du directeur de la photographie, il assure les cadrages et l'harmonie des mouvements de l'appareil de prises de vues au moyen d'un bras mécanique stabilisateur (exemple : steadicam), porté ou fixe, ou dans le cadre de toute autre prise de vues spécialisée. Premier assistant opérateur cinéma Cadre A la responsabilité de la mise au point de l'objectif en fonction des déplacements des acteurs et de la caméra. Il réceptionne et vérifie les appareils de prises de vues, les objectifs et les accessoires avant le début du tournage et en surveille le bon fonctionnement pendant toute la durée du film. Il veille au bon conditionnement des matériels en vue des transports. Deuxième assistant opérateur cinéma Non-cadre Assiste le premier assistant opérateur dans toutes ses tâches et peut notamment effectuer les zooms sous les directives du cadreur film. En particulier, a la responsabilité du chargement et du déchargement des supports d'enregistrement (pellicule et/ou supports numériques) et de leur conditionnement pour expédition au lieu de traitement. Il est responsable de l'alimentation électrique de la caméra. Il gère et comptabilise les supports vierges et enregistrés, veille à leur conservation et à leurs bonnes conditions de transport. Technicien d'appareils télécommandés (prise de vues) cinéma Cadre Il a la responsabilité technique de l'appareil support des mouvements télécommandés de la caméra et des différents déports. Il le prépare, dirige son installation et sa mise en service en collaboration avec les machinistes et les assistants opérateurs si nécessaire. Il est responsable des opérations de démontage et de rangement. Il a les connaissances techniques qui lui permettent d'assurer le bon fonctionnement des appareillages. Photographe de plateau cinéma Cadre Exécute, en accord avec le réalisateur, le directeur de la photographie et le producteur, les photos du film pour la production, en vue de l'exploitation et de la promotion du film. Il est responsable de leur qualité technique et assure la compatibilité des supports photographiques. Branche son Chef opérateur de son cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique des enregistrements et de la réalisation sonores du film par l'apport des sons synchrones et des sons seuls. A ce titre, il détermine avec le directeur de production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires. Assistant opérateur du son cinéma Cadre Sous les directives du chef opérateur du son, il assure, en fonction de la prise de vues, la captation du son par tous moyens techniques, en particulier par l'entremise de la perche, et a la charge d'installer les différents microphones. Il a la charge du stock de support son et du matériel son. Branche costumes Créateur de costumes cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique de la composition visuelle des personnages du film, en référence au scénario. Il assure, durant la préparation et le tournage, la coordination et le suivi de la conception et de la réalisation des costumes et des accessoires. Le cas échéant, il coordonne le travail artistique des coiffures, perruques et maquillage. Il a la connaissance des styles et des époques. Il fournit au réalisateur une présentation visuelle de sa conception des personnages à l'aide de différents supports : maquettes, échantillonnages, documentation… Il établit le devis costumes en fonction du scénario et des demandes du réalisateur et en accord avec le producteur ou son représentant. Il suit la gestion de son budget. Il dirige et coordonne le travail de ses assistants et des différentes équipes qu'il a choisis d'un commun accord avec le producteur. Il collabore avec le directeur de la photographie et le chef décorateur. Il dirige les essayages des costumes, assiste aux essais de maquillage et de coiffure. Chef costumier cinéma Cadre Dans le cas des films où il n'y a pas de création originale de costumes, durant la préparation et le tournage, en accord avec le réalisateur et le producteur ou son représentant, il a pour charge de rechercher, en référence au scénario, les costumes et accessoires vestimentaires nécessaires à la composition visuelle des personnages du film. Il établit le devis costumes en fonction du scénario et des demandes du réalisateur et en accord avec le producteur ou son représentant. Il suit la gestion de son budget. Il dirige et coordonne le travail de ses assistants et des différentes équipes qu'il a choisis d'un commun accord avec le producteur. Il collabore avec le directeur de la photographie et le chef décorateur. Il dirige les essayages des costumes, assiste aux essais de maquillage et de coiffure. Premier assistant costume cinéma Cadre Il assiste dans ses fonctions le créateur de costumes cinéma et/ ou le chef costumier cinéma, avec une fonction d'encadrement d'une équipe, dans la conception, la fabrication, la recherche et les essayages de costumes, dans l'organisation du travail, notamment sur l'élaboration et la gestion du devis costume, ainsi que dans la direction et la gestion du travail de l'équipe dont celui-ci a la responsabilité. Il veille à la logistique du tournage, à la gestion des stocks et à la coordination entre les fournisseurs et la production. Il planifie les durées de location en fonction du plan de travail et assure la restitution des costumes aux loueurs. Costumier cinéma Non-cadre Sous la direction, selon le cas, du créateur de costumes, du chef costumier ou du premier assistant costumes, il collabore à la recherche et aux essayages de costumes, ainsi qu'à l'organisation du travail. Il veille à la logistique du tournage, à la gestion des stocks, à la coordination entre les fournisseurs et la production, ainsi qu'à l'entretien des vestiaires des comédiens et au confort de ces derniers tant lors de l'installation des loges que sur le plateau et assure la supervision de l'activité du ou des habilleurs. Il peut planifier les durées de location en fonction du plan de travail et assure la restitution des costumes aux loueurs. Habilleur cinéma Non-cadre Sur le plateau, il a en charge la responsabilité de l'habillage des comédiens, en veillant au respect des choix du créateur de costumes ou du chef costumier ainsi que du réalisateur. Il assure la continuité (raccords) en collaboration avec le scripte. Il a la responsabilité du rangement et de l'entretien des costumes. Teinturier patineur costumes cinéma Non-cadre En étroite collaboration avec le créateur de costumes et le chef d'atelier costumes, il prépare les tissus et autres matériaux en amont de la fabrication (couleurs, impressions, apprêts, motifs…) et effectue, sur le plateau, les patines ponctuelles de circonstance. Chef d'atelier costumes cinéma Non-cadre Collaborateur direct du créateur de costumes, il a la connaissance des textiles, des coupes de toutes les époques. Il effectue le patronage et la coupe des costumes dans le respect des maquettes du créateur de costumes. Il est responsable de l'organisation de son atelier ainsi que de son équipe de réalisation de costumes. Il participe aux essayages des nouveaux modèles. Couturier costumes cinéma Non-cadre Il exécute les tâches confiées par le chef d'atelier costumes cinéma, notamment dans la fabrication des costumes. Branche maquillage Chef maquilleur cinéma Cadre A la responsabilité de la création du maquillage des interprètes selon les directives du réalisateur et conformément au scénario. Travaille en collaboration avec le directeur de la photographie, le créateur de costumes et le chef coiffeur cinéma. Il est responsable des travaux exécutés par ses assistants. Il assure le suivi des compositions initiales durant la réalisation du film. Dans le cadre de la préparation, il établit un budget en accord avec le directeur de production et en contrôle la gestion. Maquilleur cinéma Non-cadre Exécute des maquillages et raccords sous la responsabilité du chef maquilleur. Il surveille l'état du maquillage des artistes sur le plateau. Branche coiffure Chef coiffeur cinéma Cadre Est chargé, selon les directives du réalisateur, en collaboration avec le directeur de la photographie et le chef maquilleur, de la confection des perruques postiches et de l'exécution de toutes coiffures d'époque ou modernes. Il doit assurer, tout au long du film, avec exactitude et méthode, la forme initiale de chaque coiffure et son adaptation conformément au scénario, en accord, s'il y a lieu, avec les maquettes du créateur de costumes. Coiffeur cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef coiffeur, il procède à la coiffure des interprètes selon le scénario et en surveille l'état sur le plateau. Branche décoration Chef décorateur cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique des décors du film. Il est chargé par le producteur, en accord avec le réalisateur, de la conception, de l'aménagement et de la construction des décors conformément au scénario et au plan de travail dans le cadre du budget. Il participe au choix des lieux de tournage et assure la cohérence artistique des décors. Il collabore à la mise au point du plan de travail, établit le devis décoration en fonction du scénario et des demandes du réalisateur, en accord avec le producteur ou son représentant. Il dirige et coordonne le travail des différentes équipes et de ses assistants mis à sa disposition. En cas de recours à des moyens numériques, il assure également le suivi de la cohérence artistique de la conception et de la construction des décors. Il veille à la conception, à l'aménagement et à la construction des décors dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Ensemblier décorateur cinéma Cadre Lorsqu'un film ne nécessite aucune construction, il peut assurer l'aménagement des décors naturels. Il est en outre chargé de choisir les meubles, accessoires, objets d'art et éléments décoratifs nécessaires au tournage. Il collabore à l'établissement du devis décoration. Il assure la cohérence artistique des décors. L'ensemblier décorateur n'a pas qualité pour assurer la construction des décors du film. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Premier assistant décorateur cinéma Cadre Il seconde le chef décorateur cinéma et doit pouvoir le remplacer en cas d'absence temporaire. Il s'occupe particulièrement, sous la direction de celui-ci, de la partie technique des décors, collabore à la conception des plans et à l'établissement du devis décoration et coordonne selon le plan de travail, les différents corps de métiers lors de la construction et de l'aménagement des décors. Deuxième assistant décorateur cinéma Non-cadre Il assiste le premier assistant décorateur cinéma dans ses fonctions et exécute les plans et détails nécessaires à la réalisation des décors. Il est capable de réaliser des maquettes d'étude et de représentation des décors. Troisième assistant décorateur cinéma Non-cadre Salarié membre de l'équipe de l'assistanat de décoration, il s'initie à la fonction d'assistant décorateur. Il est chargé d'exécuter des tâches simples. Durant la période de tournage, il ne peut être employé qu'à la condition que les postes de premier et de deuxième assistants soient pourvus. Ensemblier cinéma Cadre Il est chargé par le chef décorateur cinéma de rechercher et de choisir les meubles et objets d'art nécessaires à l'installation des décors, d'en assurer la livraison et la restitution en temps utile, et de procéder à leur mise en place sur le décor. Dans le cadre du devis et sous la responsabilité du chef décorateur cinéma, il assure la gestion du budget meubles et accessoires. Régisseur d'extérieurs cinéma Cadre Il est chargé de la recherche, de la fourniture et de la restitution aux fournisseurs, s'il y a lieu, de tous les accessoires, animaux, matériaux, éléments non décoratifs, véhicules d'époque, etc., liés à la réalisation du décor et des accessoires jouant. Il est éventuellement l'adjoint de l'ensemblier. Il peut arrêter et exécuter toutes dépenses inhérentes à son poste sous le contrôle du chef décorateur ou, le cas échéant, de l'ensemblier décorateur. Accessoiriste de plateau cinéma Non-cadre Selon les indications du chef décorateur cinéma, de l'ensemblier décorateur cinéma ou de la mise en scène, il est chargé, pendant le tournage, de la surveillance, de la préparation et de l'emploi de tous les accessoires jouant, et de la mise en place – raccord – de l'ensemble mobilier installé sur le plateau de prise de vues. Veille à l'entretien de ceux-ci et assure, en suivant la continuité, les raccords de scène indiqués sur la feuille de service. Il assure les effets spéciaux simples ne nécessitant pas de mesures de sécurité particulières à l'égard des membres de l'équipe artistique et technique participant au tournage. Accessoiriste de décor cinéma Non-cadre Chargé de réceptionner les meubles et accessoires, d'installer, d'équiper et de préparer les décors sous les directives de l'ensemblier. Il contrôle l'identité, l'état et la conservation des objets reçus et rendus. Peintre d'art de décor cinéma Non-cadre Peintre d'art, il compose et exécute les fresques, découvertes ou tous motifs décoratifs de style sous la direction du chef décorateur cinéma ou de l'ensemblier décorateur cinéma. Infographiste de décor cinéma Non-cadre Chargé, sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, de la fabrication et de la transformation d'accessoires graphiques numériques par des moyens informatiques. Il peut effectuer la simulation modélisée et la représentation des décors en images de synthèse. Illustrateur de décor cinéma Non-cadre Chargé, sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, d'effectuer des représentations artistiques des décors par le dessin et la peinture. Il peut réaliser des calligraphies ou tout accessoire faisant appel au dessin d'art. Chef tapissier de décor cinéma Non-cadre Collaborateur du chef décorateur cinéma, de l'ensemblier décorateur cinéma ou de l'ensemblier cinéma. Est capable d'exécuter une esquisse, d'en arrêter graphiquement les coupes, d'accomplir tous travaux d'après des dessins et des documents d'époque. Est capable de coordonner au décor et aux techniques de prise de vues des ensembles décoratifs textiles et d'en assurer l'exécution et l'installation. Tapissier de décor cinéma Non-cadre Assistant du chef tapissier de décor cinéma, il exécute et installe tous les ouvrages de couture que nécessitent les travaux de tapisserie. Branche montage Chef monteur cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur de création, il donne au film sa construction et son rythme par l'assemblage artistique et technique des images et des sons, dans l'esprit du scénario et sous la responsabilité du réalisateur. Il participe avec le réalisateur à la postproduction pour une durée adaptée aux spécificités techniques et artistiques du film. Il est chargé, en collaboration avec le réalisateur, de veiller à la cohérence de l'espace sonore du film. À ce titre, il peut être appelé à donner des indications au mixeur durant le mixage. Premier assistant monteur cinéma Non-cadre Il assiste le chef monteur pendant la durée des travaux liés au montage et, sous sa responsabilité, assure le suivi des différentes étapes du montage : organisation et préparation du travail, gestion des matériaux images et sons, dialogue avec les industries techniques et travail avec les différents intervenants (bruitage, postsynchronisation…). Deuxième assistant monteur cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef monteur et sous la direction du premier assistant monteur cinéma, il est chargé d'exécuter des tâches simples liées au montage. Il ne peut être recouru à un deuxième assistant monteur cinéma sans que le poste de premier assistant monteur cinéma soit pourvu ; il peut cependant être engagé pour une durée de travail distincte de celle du premier assistant monteur cinéma. Chef monteur son cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique de choisir, monter à l'image les sons provenant du tournage, des sons additionnels et, le cas échéant, créer ou faire créer les sons nécessaires à l'élaboration de l'univers sonore du film défini avec le réalisateur, en liaison avec le chef monteur cinéma. À ce titre, il détermine avec la production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires. Pour le mixage, il collabore avec le mixeur cinéma pendant une durée adaptée aux spécificités artistiques et techniques du film pour réaliser l'équilibre entre les différents éléments de la bande-son. Enfin, il prépare la version internationale. Assistant monteur son cinéma Non-cadre Sous les directives du chef monteur son cinéma, l'assistant monteur son cinéma se voit confier des tâches techniques ou artistiques par ce dernier. De plus, il assure le suivi des échanges entre les différents intervenants de la post-production (montage, image, bruitage, postsynchronisation, mixage) concernant les différentes versions de montage du film (réception des éléments, export de sons nécessaires, conformation des sessions …). Bruiteur Cadre collaborateur de création Sous la direction du réalisateur et en concertation avec les équipes de montage et de montage son, il crée en auditorium, à l'aide des accessoires qu'il fournit, et en parfait synchronisme avec les images du film, les éléments sonores qui seront utilisés en complément du montage son pour le mixage de la bande sonore originale du film et de sa version internationale. Assistant bruiteur Non-cadre Collaborateur direct du bruiteur et sous sa responsabilité, il gère tous les matériels et accessoires nécessaires à la création des éléments sonores. Il peut seconder le bruiteur en participant à cette création. Coordinateur de postproduction cinéma Cadre En relation avec les chefs de poste concernés, en particulier avec le chef monteur, il assure des tâches de coordination, de suivi et de mise en œuvre des moyens de postproduction tels qu'ils sont définis conformément au planning de postproduction et au devis établi par le directeur de production. Branche mixage Mixeur cinéma Cadre collaborateur de création Sous la direction du réalisateur, en collaboration directe avec celui-ci et les équipes de montage et de montage son pendant une durée adaptée aux spécificités techniques et artistiques du film, il s'occupe de l'enregistrement des postsynchronisations et des bruitages et il est chargé en auditorium, dans les conditions d'écoute d'une salle de cinéma, du traitement, du mélange et de la spatialisation de tous les éléments qui constitueront la bande sonore définitive du film. Il est, artistiquement et techniquement, le responsable final de celle-ci et, à ce titre, garantit sa bonne transposition en salle de cinéma ainsi que sur l'ensemble des supports de diffusion utilisés. Assistant mixeur cinéma Cadre Collaborateur direct du mixeur, il travaille sous sa responsabilité. Il prend en charge une partie des éléments sonores à mélanger. Branche collaborateurs techniques spécialisés Superviseur d'effets physiques cinéma Cadre Il est chargé de la conception et de l'exécution des effets spéciaux physiques (pluie, brouillard, explosions, armes à feu…). Il doit justifier des habilitations nécessaires. Lors de la mise en œuvre de ces effets, il a la charge, en collaboration avec le directeur de production, de faire mettre en place tous les moyens nécessaires à la sécurité des personnes, des lieux et du décor. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Assistant effets physiques cinéma Non-cadre Il assiste, dans ses fonctions, le superviseur d'effets physiques et installe, sous sa direction, les moyens nécessaires à la réalisation de l'effet. Il doit justifier des habilitations nécessaires. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Animatronicien cinéma Non-cadre Spécialiste chargé de réaliser et d'animer des automates électromécaniques. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Branche machinistes de prise de vues Chef machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Collaborateur de la prise de vues, il constitue, en accord avec la production, dirige et encadre l'équipe machinerie. Il est chargé de répondre, par sa compétence technique, aux diverses demandes de la mise en scène et de définir, d'installer et de manipuler tous les moyens techniques nécessaires à la mise en place des éclairages et du matériel de prise de vues. Il veille à leur utilisation, dans le respect des règles de sécurité. Sous la direction, d'un point de vue technique, du directeur de la photographie et en relation avec le cadreur, il exécute les déplacements de la caméra durant les prises de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Sous-chef machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Machiniste qui assiste ou supplée le chef machiniste de prise de vues, si l'organisation du tournage l'exige, notamment dans son travail de coordination de l'équipe machinerie. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Spécialiste de la mise en place et du bon fonctionnement de tous les moyens techniques nécessaires à la prise de vues et à la mise en place des éclairages, il travaille sous la direction du chef machiniste de prise de vues et/ou du sous-chef machiniste de prise de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Branche électriciens de prise de vues Chef électricien prise de vues cinéma Non-cadre Collaborateur du directeur de la photographie, il constitue en accord avec la production, dirige et encadre l'équipe d'électriciens. Il assure, avec leur concours, l'installation et le fonctionnement des moyens techniques d'éclairage nécessaires. Il en assure le réglage selon les directives du directeur de la photographie. Il a la connaissance des matériels d'éclairage et doit justifier des habilitations réglementaires. A partir de la source de courant électrique mise à sa disposition, il est qualifié pour vérifier et veiller au bon fonctionnement et à la conformité des branchements électriques sur le lieu du tournage, dans le respect des règles de sécurité. Sous-chef électricien prise de vues cinéma Non-cadre Electricien prise de vues capable d'assister ou de suppléer le chef électricien, si l'organisation du tournage l'exige, notamment dans son travail de coordination de l'équipe d'électriciens. Il doit justifier des habilitations et qualifications réglementaires nécessaires à l'utilisation de moyens d'éclairage. Electricien prise de vues cinéma Non-cadre Electricien de formation, spécialiste chargé de la mise en place des branchements et du réglage des éclairages et de leurs accessoires. Il travaille sous la direction du chef électricien de prise de vues et/ou du sous-chef électricien de prise de vues. Il doit justifier des habilitations et qualifications réglementaires nécessaires à l'utilisation de moyens d'éclairage. Conducteur de groupe cinéma Non-cadre Il a la charge de l'entretien, du bon fonctionnement du groupe électrogène sur les lieux de tournage et de l'acheminement du courant électrique fourni par celui-ci jusqu'aux branchements principaux nécessités par le tournage, en veillant à la sécurité des installations. Il vérifie la conformité du courant produit avec la cadence de prise de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires nécessaires à la conduite et à l'utilisation du groupe. Il peut assister l'équipe d'électriciens pour l'installation du matériel. Branche construction de décors Chef constructeur cinéma Cadre Il est chargé par le chef décorateur de la mise en œuvre de la construction et de l'exécution technique des décors. A cet effet, il a la responsabilité de coordonner l'ensemble des travaux de construction et d'exécution des décors. Il constitue en accord avec la production et dirige les différentes équipes des différents corps professionnels participant à leur réalisation. Dans ce cadre, il est chargé de l'organisation du travail de ces différents corps de métiers. Il veille, dans l'emploi des matériaux et dans l'exécution des décors, au respect des règles de sécurité et d'hygiène en vigueur. Chef machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il dirige l'équipe machinerie de construction. Il est responsable de la coordination et de l'exécution du montage et du démontage de toutes les parties construites, des éléments fixes et mobiles. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles de sécurité et d'hygiène en vigueur. Sous-chef machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il seconde le chef machiniste dans le montage et le démontage des décors. Machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, spécialiste capable d'effectuer le montage et le démontage des décors sous la direction du chef et/ou du sous-chef machiniste de construction. Chef électricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il dirige l'équipe d'électriciens de studio. Chargé, sous la double direction du directeur de la photographie et du chef électricien prise de vues, de l'installation de tous les moyens d'éclairage nécessaires au tournage. Il doit justifier des habilitations réglementaires. A partir de la source de courant électrique mise à sa disposition, il est qualifié pour intervenir sur toutes les installations électriques et est responsable des branchements électriques. Il veille aux branchements électriques dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef électricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, électricien de studio capable de seconder le chef électricien de construction, notamment dans la coordination de l'équipe d'électriciens de studio. Il justifie de la qualification professionnelle et des habilitations dans la mise en œuvre et l'utilisation des moyens d'éclairage. Electricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, électricien chargé, sous la direction du chef et/ou du sous-chef électricien, de la mise en place des moyens d'éclairage studio et de leur alimentation. Il justifie de la qualification professionnelle et des habilitations dans la mise en œuvre et l'utilisation des moyens d'éclairage. Chef menuisier de décor cinéma Non-cadre Responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de menuiserie spécifiques aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef menuisier de décor cinéma Non-cadre Menuisier capable de seconder le chef menuisier de décor, notamment dans la coordination des équipes de menuiserie. Menuisier traceur de décor cinéma Non-cadre Menuisier spécialisé capable de tracer et d'exécuter tous les ouvrages de menuiserie inhérents et spécifiques aux décors de cinéma. Menuisier de décor cinéma Non-cadre Menuisier chargé d'assurer l'exécution de tout ouvrage nécessaire au décor et de travailler sur toutes les machines, excepté la toupie. Toupilleur de décor cinéma Non-cadre Menuisier qualifié dans le toupillage. Il est chargé de l'exécution des éléments de menuiserie réalisés à la toupie. Maquettiste de décor cinéma Non-cadre Spécialiste chargé d'exécuter tous travaux fins en modèle réduit, sous les indications du chef décorateur. Maçon de décor cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef constructeur, spécialiste chargé d'exécuter les travaux de maçonnerie inhérents et spécifiques aux décors. Chef serrurier de décor cinéma Non-cadre Serrurier responsable de la fabrication des ouvrages métalliques, mécaniques ou de ferronnerie inhérents et spécifiques aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Serrurier de décor cinéma Non-cadre Spécialiste chargé de réaliser des ouvrages métalliques, mécaniques ou de ferronnerie inhérents et spécifiques aux décors. Chef sculpteur de décor cinéma Non-cadre Sous les directives du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de sculpture nécessaires aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sculpteur de décor cinéma Non-cadre Sculpteur capable de seconder le chef sculpteur de décor, exécute les travaux de sculpture inhérents aux décors. Chef staffeur de décor cinéma Non-cadre Sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de moulage et de staff nécessaires aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Staffeur de décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute les travaux de moulage et de staff sous la direction du chef staffeur. Chef peintre de décor cinéma Non-cadre Sous les directives du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de peinture et de la préparation des tons, des matières et des patines spécifiques aux prises de vues. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef peintre de décor cinéma Non-cadre Il seconde le chef peintre et coordonne le travail de l'une des équipes de peintres en décoration. Peintre de décor cinéma Non-cadre Peintre spécialiste, il exécute les travaux de peinture spécifiques aux décors de cinéma. Peintre en lettres de décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute les graphismes et logos peints selon les indications du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur. Peintre faux bois et patine décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute tous travaux d'imitation bois, marbre, trompe-l'œil et de patine selon les indications du chef décorateur et/ou du chef peintre. Versions Article 2 En vigueur étendu Titres et définitions des fonctions Les titres des fonctions s'entendent au masculin comme au féminin. Ces présentes classifications sont fondées indistinctement, dans le respect de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Conformément aux dispositions de l'article L. 2241-7 du code du travail , les organisations représentatives de la branche de la production cinématographique se réuniront au moins une fois tous les 5 ans pour examiner et, s'il y a lieu, réviser, modifier, supprimer ou ajouter des classifications à la présente grille. La présente liste précise, pour chacune d'elles, sa classification cadre ou non-cadre. Titres et définitions des fonctions Branche réalisation Réalisateur cinéma Cadre collaborateur de création En qualité de technicien salarié de la société du producteur délégué ou du producteur exécutif, il assure, indépendamment de son contrat d'auteur, la direction artistique et dirige la mise en scène et les acteurs, les prises de vues et de son. Dans le cadre de son contrat de travail, en accord avec le producteur délégué ou son représentant et en collaboration avec les techniciens cadres collaborateurs de création, il dirige et coordonne la préparation du tournage. Avec le producteur délégué, il choisit les acteurs et ses collaborateurs de création et détermine les lieux des décors. Il établit le découpage technique du film. Il collabore à l'établissement du plan de travail dans le cadre du devis prévisionnel. Il dirige les travaux de montage et de mixage et supervise les travaux de finitions jusqu'à la copie standard. Il accomplit sa mission dans le cadre des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Réalisateur de films publicitaires Cadre collaborateur de création En qualité de technicien salarié de la société du producteur, il assure, indépendamment de son contrat d'auteur, la direction artistique et dirige la mise en scène et les acteurs, les prises de vues et de son. Dans le cadre de son contrat de travail, en accord avec le producteur ou son représentant et en collaboration avec les techniciens cadres collaborateurs de création, il dirige et coordonne la préparation du tournage. Avec le producteur et sur accord du commanditaire du film, il choisit ses collaborateurs de création ainsi que les acteurs en accord avec le commanditaire du film et détermine les lieux des décors. Il établit le découpage technique du film. Il collabore à l'établissement du plan de travail dans le cadre du devis prévisionnel. Il participe éventuellement aux travaux de montage, de mixage et de finitions jusqu'à la copie standard, suivant les indications du producteur et du commanditaire du film. Il accomplit sa mission dans le cadre des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Technicien réalisateur deuxième équipe cinéma Cadre A partir des directives artistiques et techniques du réalisateur du film et sur ses indications, il dirige l'équipe complémentaire de tournage. Conseiller technique à la réalisation cinéma Cadre Technicien d'expérience confirmée dans la mise en scène, engagé par la société de production en vue de conseiller techniquement le réalisateur dont l'expérience de la réalisation est insuffisante pour ce qui concerne soit le découpage, soit la prise de vues, soit la direction d'acteurs. Premier assistant réalisateur cinéma Cadre Collaborateur du réalisateur, il seconde celui-ci durant la préparation et la réalisation du film. Il peut être engagé pour des études préalables. En accord avec la production et en coordination avec les collaborateurs de création concernés, il établit et met en œuvre le plan de travail. Il coordonne avec les différents départements du film la préparation et la mise en œuvre du tournage de chaque séquence. Il élabore les feuilles de service. En lien avec le réalisateur, il exerce ses fonctions dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Second assistant réalisateur cinéma Non-cadre Collaborateur du premier assistant réalisateur, il assiste celui-ci dans ses fonctions. Durant la préparation et le tournage, il assure notamment la liaison et la diffusion des différentes informations de service. Il formalise les feuilles de service des jours suivants et transmet les prévisions à plus long terme aux comédiens et à tous les services. Auxiliaire à la réalisation cinéma Non-cadre Sous les directives des assistants réalisateurs, il est chargé notamment de veiller à la circulation des personnes sur le lieu de tournage, d'aller quérir les comédiens dans leurs loges et les conduire sur le lieu de tournage. Pendant la période de tournage, il ne peut être engagé en tant qu'auxiliaire à la réalisation cinéma qu'à la condition que les postes de premier assistant réalisateur cinéma et second assistant réalisateur cinéma soient pourvus ou que le poste de premier assistant réalisateur soit pourvu dans le cas des films documentaires. Scripte cinéma Cadre Collaborateur technique et artistique du réalisateur, il fait le lien avec le directeur de production et le monteur, notamment via les rapports artistiques et administratifs. Pendant la préparation, il est chargé de préminuter le scénario et d'établir une continuité chronologique. Responsable de la continuité, il veille à sa bonne mise en œuvre pendant le tournage. Assistant scripte cinéma Non-cadre Assiste le scripte dans ses fonctions et exécute les tâches confiées par celui-ci. Technicien retour image cinéma Non-cadre A disposition du réalisateur et du producteur, il installe et assure l'organisation technique des reprises de visée depuis la caméra jusqu'aux différents moniteurs. Il peut assurer la gestion et la bonne conservation des enregistrements témoins. Premier assistant à la distribution des rôles cinéma Cadre En fonction du scénario et en collaboration avec le producteur et le réalisateur, il est chargé de rechercher et de proposer des interprètes correspondant aux différents rôles. A ce titre, il détermine avec la production les moyens techniques et humains nécessaires à l'accomplissement de sa mission. Il peut être engagé pour des études préalables. Chargé de la figuration cinéma Non-cadre En fonction des demandes du réalisateur, il est chargé de rechercher les différents acteurs de complément. Il veille à leur préparation et à leur mise en place pour les prises de vues. Il est chargé de faire remplir et de collecter les fiches de renseignements. Assistant au chargé de la figuration cinéma Non-cadre Assiste le chargé de la figuration et exécute les tâches confiées par celui-ci. Répétiteur cinéma Non-cadre Dans le respect des consignes du réalisateur, il assure, avant et pendant le tournage, la préparation des acteurs, notamment pour jouer dans une langue qui leur est étrangère. Il assure, éventuellement, le suivi du travail en postsynchronisation. Responsable des enfants cinéma Non-cadre Il est chargé de la surveillance et de l'encadrement des enfants et en assure le confort pendant, le cas échéant, la durée de préparation du film et pendant le tournage. Il peut assurer la préparation des enfants à leur rôle et assure, le cas échéant, leur suivi scolaire. Il justifie de toute qualification et habilitation nécessaires. Il veille au respect des règles d'hygiène et de sécurité dans l'exercice de ses fonctions. Branche administration Directeur de production cinéma Cadre collaborateur de création Engagé par la société de production en vue de la réalisation d'un film, il représente le producteur de la préparation à la fin des prises de vues et, éventuellement, jusqu'à l'établissement de la copie standard. Il assure la direction et l'organisation générale du travail dans le cadre des lois et règlements en vigueur. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Il est responsable de l'établissement du devis et gère les dépenses de la production du film. Il supervise le plan de travail et agrée celui-ci. Il est chargé notamment de l'engagement des salariés concourant à la réalisation du film. Administrateur de production cinéma Cadre Collaborateur du producteur et du directeur de production, il assure la gestion administrative, comptable et sociale du film et, notamment, établit les bulletins de salaire. Il établit les données nécessaires au suivi du devis et aux prévisions de trésorerie. Il assure le contrôle des opérations et écritures comptables en référence au plan comptable des entreprises de production. Il vérifie leur régularité et fournit les éléments pour l'établissement des situations de dépenses. Administrateur adjoint comptable cinéma Non-cadre Il assiste l'administrateur de production dans ses fonctions de gestion de la production du film, en particulier la comptabilité de la production du film. Assistant comptable de production cinéma Non-cadre Assistant de l'administrateur adjoint film, il est chargé d'exécuter des travaux d'administration et de comptabilité courante de la production du film. Secrétaire de production cinéma Non-cadre Collaborateur du directeur de production et du régisseur général. En charge des travaux de secrétariat, il assure des tâches de coordination et le suivi des dossiers administratifs et contractuels avec chacun des départements de la production du film. Branche régie Régisseur général cinéma Cadre Collaborateur direct du directeur de production. Pendant la préparation, il participe aux repérages et à l'établissement du plan de travail. Il est responsable de la bonne marche des services de régie, supervise et assure la logistique selon les lieux de tournage (fournitures, autorisations administratives, hébergement, restauration, transports, etc.) en collaboration avec le réalisateur du film ou son assistant. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Régisseur adjoint cinéma Non-cadre L'(les) adjoint(s) du régisseur général est (sont) qualifié(s) pour aider celui-ci dans l'organisation et l'exécution des tâches de régie. Auxiliaire à la régie cinéma Non-cadre Sous les directives du régisseur général cinéma ou du régisseur adjoint cinéma, il effectue des travaux liés à la régie, notamment : – il effectue des courses diverses de proximité en liaison avec le tournage du film ; – il participe à l'organisation des tournages en décors naturels et à la surveillance de la circulation sur le lieu de tournage ; – dans les lieux de décors naturels, il installe l'intérieur des loges des comédiens et maquillage ; – il assure la fourniture et la tenue de la table régie, mise à la disposition de l'équipe de tournage. Pendant la période de tournage, il ne peut être engagé d'auxiliaire à la régie cinéma qu'à la condition que les postes de régisseur général et de régisseur adjoint soient pourvus ou que le poste de régisseur général soit pourvu dans le cas des films documentaires. Branche image Directeur de la photographie cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur direct du réalisateur, il a la responsabilité de la qualité technique et artistique de la photographie et des prises de vues du film. A ce titre, il détermine avec le directeur de production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires aux prises de vues. Pendant la préparation et le tournage, il participe au repérage, au découpage et au choix des cadres et, plus généralement, à toute décision qui a une incidence sur la qualité de l'image. En fonction des demandes artistiques du réalisateur, il choisit et compose les ambiances lumineuses du film. Il définit et contrôle les travaux de l'équipe de prises de vues, du chef électricien et, éventuellement, du chef machiniste pour les problèmes de lumière. Il surveille l'étalonnage du film et est consulté sur les travaux de finition ayant une incidence sur l'image du film. Il est consulté en cas de modification de l'image par les techniques informatiques. Dans l'exercice de ses fonctions, il veille aux règles d'hygiène et de sécurité. Cadreur cinéma Cadre A la responsabilité du cadrage de l'image et de l'harmonie des mouvements de l'appareil de prises de vues, suivant les directives du réalisateur sous le contrôle, d'un point de vue technique, du directeur de la photographie. Cadreur spécialisé cinéma Cadre Suivant les directives du réalisateur et sous le contrôle du directeur de la photographie, il assure les cadrages et l'harmonie des mouvements de l'appareil de prises de vues au moyen d'un bras mécanique stabilisateur (exemple : steadicam), porté ou fixe, ou dans le cadre de toute autre prise de vues spécialisée. Premier assistant opérateur cinéma Cadre A la responsabilité de la mise au point de l'objectif en fonction des déplacements des acteurs et de la caméra. Il réceptionne et vérifie les appareils de prises de vues, les objectifs et les accessoires avant le début du tournage et en surveille le bon fonctionnement pendant toute la durée du film. Il veille au bon conditionnement des matériels en vue des transports. Deuxième assistant opérateur cinéma Non-cadre Assiste le premier assistant opérateur dans toutes ses tâches et peut notamment effectuer les zooms sous les directives du cadreur film. En particulier, a la responsabilité du chargement et du déchargement des supports d'enregistrement (pellicule et/ou supports numériques) et de leur conditionnement pour expédition au lieu de traitement. Il est responsable de l'alimentation électrique de la caméra. Il gère et comptabilise les supports vierges et enregistrés, veille à leur conservation et à leurs bonnes conditions de transport. Technicien d'appareils télécommandés (prise de vues) cinéma Cadre Il a la responsabilité technique de l'appareil support des mouvements télécommandés de la caméra et des différents déports. Il le prépare, dirige son installation et sa mise en service en collaboration avec les machinistes et les assistants opérateurs si nécessaire. Il est responsable des opérations de démontage et de rangement. Il a les connaissances techniques qui lui permettent d'assurer le bon fonctionnement des appareillages. Photographe de plateau cinéma Cadre Exécute, en accord avec le réalisateur, le directeur de la photographie et le producteur, les photos du film pour la production, en vue de l'exploitation et de la promotion du film. Il est responsable de leur qualité technique et assure la compatibilité des supports photographiques. Branche son Chef opérateur de son cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique des enregistrements et de la réalisation sonores du film par l'apport des sons synchrones et des sons seuls. A ce titre, il détermine avec le directeur de production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires. Premier assistant opérateur du son cinéma Cadre Sous les directives du chef opérateur du son, il assure, en fonction de la prise de vues, la captation du son par tous moyens techniques, en particulier par l'entremise de la perche, et a la charge d'installer les différents microphones. Il a la charge du stock de support son et du matériel son. En suite de la fonction de premier assistant opérateur du son cinéma sont ajoutés le titre et la définition de fonction suivants : Second assistant opérateur du son cinéma Non-cadre Il assiste le premier assistant opérateur du son cinéma dans sa fonction. Il assure les perches de complément. Il a la connaissance de tous moyens d'enregistrements, assure la mise en place, le rangement et l'entretien du matériel son. Branche costumes Créateur de costumes cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique de la composition visuelle des personnages du film, en référence au scénario. Il assure, durant la préparation et le tournage, la coordination et le suivi de la conception et de la réalisation des costumes et des accessoires. Le cas échéant, il coordonne le travail artistique des coiffures, perruques et maquillage. Il a la connaissance des styles et des époques. Il fournit au réalisateur une présentation visuelle de sa conception des personnages à l'aide de différents supports : maquettes, échantillonnages, documentation… Il établit le devis costumes en fonction du scénario et des demandes du réalisateur et en accord avec le producteur ou son représentant. Il suit la gestion de son budget. Il dirige et coordonne le travail de ses assistants et des différentes équipes qu'il a choisis d'un commun accord avec le producteur. Il collabore avec le directeur de la photographie et le chef décorateur. Il dirige les essayages des costumes, assiste aux essais de maquillage et de coiffure. Chef costumier cinéma Cadre Dans le cas des films où il n'y a pas de création originale de costumes, durant la préparation et le tournage, en accord avec le réalisateur et le producteur ou son représentant, il a pour charge de rechercher, en référence au scénario, les costumes et accessoires vestimentaires nécessaires à la composition visuelle des personnages du film. Il établit le devis costumes en fonction du scénario et des demandes du réalisateur et en accord avec le producteur ou son représentant. Il suit la gestion de son budget. Il dirige et coordonne le travail de ses assistants et des différentes équipes qu'il a choisis d'un commun accord avec le producteur. Il collabore avec le directeur de la photographie et le chef décorateur. Il dirige les essayages des costumes, assiste aux essais de maquillage et de coiffure. Premier assistant costume cinéma Cadre Il assiste dans ses fonctions le créateur de costumes cinéma et/ ou le chef costumier cinéma, avec une fonction d'encadrement d'une équipe, dans la conception, la fabrication, la recherche et les essayages de costumes, dans l'organisation du travail, notamment sur l'élaboration et la gestion du devis costume, ainsi que dans la direction et la gestion du travail de l'équipe dont celui-ci a la responsabilité. Il veille à la logistique du tournage, à la gestion des stocks et à la coordination entre les fournisseurs et la production. Il planifie les durées de location en fonction du plan de travail et assure la restitution des costumes aux loueurs. Costumier cinéma Non-cadre Sous la direction, selon le cas, du créateur de costumes, du chef costumier ou du premier assistant costumes, il collabore à la recherche et aux essayages de costumes, ainsi qu'à l'organisation du travail. Il veille à la logistique du tournage, à la gestion des stocks, à la coordination entre les fournisseurs et la production, ainsi qu'à l'entretien des vestiaires des comédiens et au confort de ces derniers tant lors de l'installation des loges que sur le plateau et assure la supervision de l'activité du ou des habilleurs. Il peut planifier les durées de location en fonction du plan de travail et assure la restitution des costumes aux loueurs. Habilleur cinéma Non-cadre Sur le plateau, il a en charge la responsabilité de l'habillage des comédiens, en veillant au respect des choix du créateur de costumes ou du chef costumier ainsi que du réalisateur. Il assure la continuité (raccords) en collaboration avec le scripte. Il a la responsabilité du rangement et de l'entretien des costumes. Teinturier patineur costumes cinéma Non-cadre En étroite collaboration avec le créateur de costumes et le chef d'atelier costumes, il prépare les tissus et autres matériaux en amont de la fabrication (couleurs, impressions, apprêts, motifs…) et effectue, sur le plateau, les patines ponctuelles de circonstance. Chef d'atelier costumes cinéma Non-cadre Collaborateur direct du créateur de costumes, il a la connaissance des textiles, des coupes de toutes les époques. Il effectue le patronage et la coupe des costumes dans le respect des maquettes du créateur de costumes. Il est responsable de l'organisation de son atelier ainsi que de son équipe de réalisation de costumes. Il participe aux essayages des nouveaux modèles. Couturier costumes cinéma Non-cadre Il exécute les tâches confiées par le chef d'atelier costumes cinéma, notamment dans la fabrication des costumes. Branche maquillage Chef maquilleur cinéma Cadre A la responsabilité de la création du maquillage des interprètes selon les directives du réalisateur et conformément au scénario. Travaille en collaboration avec le directeur de la photographie, le créateur de costumes et le chef coiffeur cinéma. Il est responsable des travaux exécutés par ses assistants. Il assure le suivi des compositions initiales durant la réalisation du film. Dans le cadre de la préparation, il établit un budget en accord avec le directeur de production et en contrôle la gestion. Maquilleur cinéma Non-cadre Exécute des maquillages et raccords sous la responsabilité du chef maquilleur. Il surveille l'état du maquillage des artistes sur le plateau. Branche coiffure Chef coiffeur cinéma Cadre Est chargé, selon les directives du réalisateur, en collaboration avec le directeur de la photographie et le chef maquilleur, de la confection des perruques postiches et de l'exécution de toutes coiffures d'époque ou modernes. Il doit assurer, tout au long du film, avec exactitude et méthode, la forme initiale de chaque coiffure et son adaptation conformément au scénario, en accord, s'il y a lieu, avec les maquettes du créateur de costumes. Coiffeur cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef coiffeur, il procède à la coiffure des interprètes selon le scénario et en surveille l'état sur le plateau. Branche décoration Chef décorateur cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique des décors du film. Il est chargé par le producteur, en accord avec le réalisateur, de la conception, de l'aménagement et de la construction des décors conformément au scénario et au plan de travail dans le cadre du budget. Il participe au choix des lieux de tournage et assure la cohérence artistique des décors. Il collabore à la mise au point du plan de travail, établit le devis décoration en fonction du scénario et des demandes du réalisateur, en accord avec le producteur ou son représentant. Il dirige et coordonne le travail des différentes équipes et de ses assistants mis à sa disposition. En cas de recours à des moyens numériques, il assure également le suivi de la cohérence artistique de la conception et de la construction des décors. Il veille à la conception, à l'aménagement et à la construction des décors dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Ensemblier décorateur cinéma Cadre Lorsqu'un film ne nécessite aucune construction, il peut assurer l'aménagement des décors naturels. Il est en outre chargé de choisir les meubles, accessoires, objets d'art et éléments décoratifs nécessaires au tournage. Il collabore à l'établissement du devis décoration. Il assure la cohérence artistique des décors. L'ensemblier décorateur n'a pas qualité pour assurer la construction des décors du film. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Premier assistant décorateur cinéma Cadre Il seconde le chef décorateur cinéma et doit pouvoir le remplacer en cas d'absence temporaire. Il s'occupe particulièrement, sous la direction de celui-ci, de la partie technique des décors, collabore à la conception des plans et à l'établissement du devis décoration et coordonne selon le plan de travail, les différents corps de métiers lors de la construction et de l'aménagement des décors. Deuxième assistant décorateur cinéma Non-cadre Il assiste le premier assistant décorateur cinéma dans ses fonctions et exécute les plans et détails nécessaires à la réalisation des décors. Il est capable de réaliser des maquettes d'étude et de représentation des décors. Troisième assistant décorateur cinéma Non-cadre Salarié membre de l'équipe de l'assistanat de décoration, il s'initie à la fonction d'assistant décorateur. Il est chargé d'exécuter des tâches simples. Durant la période de tournage, il ne peut être employé qu'à la condition que les postes de premier et de deuxième assistants soient pourvus. Ensemblier cinéma Cadre Il est chargé par le chef décorateur cinéma de rechercher et de choisir les meubles et objets d'art nécessaires à l'installation des décors, d'en assurer la livraison et la restitution en temps utile, et de procéder à leur mise en place sur le décor. Dans le cadre du devis et sous la responsabilité du chef décorateur cinéma, il assure la gestion du budget meubles et accessoires. Régisseur d'extérieurs cinéma Cadre Il est chargé de la recherche, de la fourniture et de la restitution aux fournisseurs, s'il y a lieu, de tous les accessoires, animaux, matériaux, éléments non décoratifs, véhicules d'époque, etc., liés à la réalisation du décor et des accessoires jouant. Il est éventuellement l'adjoint de l'ensemblier. Il peut arrêter et exécuter toutes dépenses inhérentes à son poste sous le contrôle du chef décorateur ou, le cas échéant, de l'ensemblier décorateur. Accessoiriste de plateau cinéma Non-cadre Selon les indications du chef décorateur cinéma, de l'ensemblier décorateur cinéma ou de la mise en scène, il est chargé, pendant le tournage, de la surveillance, de la préparation et de l'emploi de tous les accessoires jouant, et de la mise en place – raccord – de l'ensemble mobilier installé sur le plateau de prise de vues. Veille à l'entretien de ceux-ci et assure, en suivant la continuité, les raccords de scène indiqués sur la feuille de service. Il assure les effets spéciaux simples ne nécessitant pas de mesures de sécurité particulières à l'égard des membres de l'équipe artistique et technique participant au tournage. Accessoiriste de décor cinéma Non-cadre Chargé de réceptionner les meubles et accessoires, d'installer, d'équiper et de préparer les décors sous les directives de l'ensemblier. Il contrôle l'identité, l'état et la conservation des objets reçus et rendus. Peintre d'art de décor cinéma Non-cadre Peintre d'art, il compose et exécute les fresques, découvertes ou tous motifs décoratifs de style sous la direction du chef décorateur cinéma ou de l'ensemblier décorateur cinéma. Infographiste de décor cinéma Non-cadre Chargé, sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, de la fabrication et de la transformation d'accessoires graphiques numériques par des moyens informatiques. Il peut effectuer la simulation modélisée et la représentation des décors en images de synthèse. Illustrateur de décor cinéma Non-cadre Chargé, sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, d'effectuer des représentations artistiques des décors par le dessin et la peinture. Il peut réaliser des calligraphies ou tout accessoire faisant appel au dessin d'art. Chef tapissier de décor cinéma Non-cadre Collaborateur du chef décorateur cinéma, de l'ensemblier décorateur cinéma ou de l'ensemblier cinéma. Est capable d'exécuter une esquisse, d'en arrêter graphiquement les coupes, d'accomplir tous travaux d'après des dessins et des documents d'époque. Est capable de coordonner au décor et aux techniques de prise de vues des ensembles décoratifs textiles et d'en assurer l'exécution et l'installation. Tapissier de décor cinéma Non-cadre Assistant du chef tapissier de décor cinéma, il exécute et installe tous les ouvrages de couture que nécessitent les travaux de tapisserie. Branche montage Chef monteur cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur de création, il donne au film sa construction et son rythme par l'assemblage artistique et technique des images et des sons, dans l'esprit du scénario et sous la responsabilité du réalisateur. Il participe avec le réalisateur à la postproduction pour une durée adaptée aux spécificités techniques et artistiques du film. Il est chargé, en collaboration avec le réalisateur, de veiller à la cohérence de l'espace sonore du film. À ce titre, il peut être appelé à donner des indications au mixeur durant le mixage. Premier assistant monteur cinéma Non-cadre Il assiste le chef monteur pendant la durée des travaux liés au montage et, sous sa responsabilité, assure le suivi des différentes étapes du montage : organisation et préparation du travail, gestion des matériaux images et sons, dialogue avec les industries techniques et travail avec les différents intervenants (bruitage, postsynchronisation…). Deuxième assistant monteur cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef monteur et sous la direction du premier assistant monteur cinéma, il est chargé d'exécuter des tâches simples liées au montage. Il ne peut être recouru à un deuxième assistant monteur cinéma sans que le poste de premier assistant monteur cinéma soit pourvu ; il peut cependant être engagé pour une durée de travail distincte de celle du premier assistant monteur cinéma. Chef monteur son cinéma Cadre collaborateur de création Collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique de choisir, monter à l'image les sons provenant du tournage, des sons additionnels et, le cas échéant, créer ou faire créer les sons nécessaires à l'élaboration de l'univers sonore du film défini avec le réalisateur, en liaison avec le chef monteur cinéma. À ce titre, il détermine avec la production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires. Pour le mixage, il collabore avec le mixeur cinéma pendant une durée adaptée aux spécificités artistiques et techniques du film pour réaliser l'équilibre entre les différents éléments de la bande-son. Enfin, il prépare la version internationale. Assistant monteur son cinéma Non-cadre Sous les directives du chef monteur son cinéma, l'assistant monteur son cinéma se voit confier des tâches techniques ou artistiques par ce dernier. De plus, il assure le suivi des échanges entre les différents intervenants de la post-production (montage, image, bruitage, postsynchronisation, mixage) concernant les différentes versions de montage du film (réception des éléments, export de sons nécessaires, conformation des sessions …). Bruiteur Cadre collaborateur de création Sous la direction du réalisateur et en concertation avec les équipes de montage et de montage son, il crée en auditorium, à l'aide des accessoires qu'il fournit, et en parfait synchronisme avec les images du film, les éléments sonores qui seront utilisés en complément du montage son pour le mixage de la bande sonore originale du film et de sa version internationale. Assistant bruiteur Non-cadre Collaborateur direct du bruiteur et sous sa responsabilité, il gère tous les matériels et accessoires nécessaires à la création des éléments sonores. Il peut seconder le bruiteur en participant à cette création. Coordinateur de postproduction cinéma Cadre En relation avec les chefs de poste concernés, en particulier avec le chef monteur, il assure des tâches de coordination, de suivi et de mise en œuvre des moyens de postproduction tels qu'ils sont définis conformément au planning de postproduction et au devis établi par le directeur de production. Branche mixage Mixeur cinéma Cadre collaborateur de création Sous la direction du réalisateur, en collaboration directe avec celui-ci et les équipes de montage et de montage son pendant une durée adaptée aux spécificités techniques et artistiques du film, il s'occupe de l'enregistrement des postsynchronisations et des bruitages et il est chargé en auditorium, dans les conditions d'écoute d'une salle de cinéma, du traitement, du mélange et de la spatialisation de tous les éléments qui constitueront la bande sonore définitive du film. Il est, artistiquement et techniquement, le responsable final de celle-ci et, à ce titre, garantit sa bonne transposition en salle de cinéma ainsi que sur l'ensemble des supports de diffusion utilisés. Assistant mixeur cinéma Cadre Collaborateur direct du mixeur, il travaille sous sa responsabilité. Il prend en charge une partie des éléments sonores à mélanger. Branche collaborateurs techniques spécialisés Superviseur d'effets physiques cinéma Cadre Il est chargé de la conception et de l'exécution des effets spéciaux physiques (pluie, brouillard, explosions, armes à feu…). Il doit justifier des habilitations nécessaires. Lors de la mise en œuvre de ces effets, il a la charge, en collaboration avec le directeur de production, de faire mettre en place tous les moyens nécessaires à la sécurité des personnes, des lieux et du décor. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Assistant effets physiques cinéma Non-cadre Il assiste, dans ses fonctions, le superviseur d'effets physiques et installe, sous sa direction, les moyens nécessaires à la réalisation de l'effet. Il doit justifier des habilitations nécessaires. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Animatronicien cinéma Non-cadre Spécialiste chargé de réaliser et d'animer des automates électromécaniques. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Branche machinistes de prise de vues Chef machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Collaborateur de la prise de vues, il constitue, en accord avec la production, dirige et encadre l'équipe machinerie. Il est chargé de répondre, par sa compétence technique, aux diverses demandes de la mise en scène et de définir, d'installer et de manipuler tous les moyens techniques nécessaires à la mise en place des éclairages et du matériel de prise de vues. Il veille à leur utilisation, dans le respect des règles de sécurité. Sous la direction, d'un point de vue technique, du directeur de la photographie et en relation avec le cadreur, il exécute les déplacements de la caméra durant les prises de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Sous-chef machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Machiniste qui assiste ou supplée le chef machiniste de prise de vues, si l'organisation du tournage l'exige, notamment dans son travail de coordination de l'équipe machinerie. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Machiniste prise de vues cinéma Non-cadre Spécialiste de la mise en place et du bon fonctionnement de tous les moyens techniques nécessaires à la prise de vues et à la mise en place des éclairages, il travaille sous la direction du chef machiniste de prise de vues et/ou du sous-chef machiniste de prise de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires liées à la mise en œuvre des matériels utilisés. Branche électriciens de prise de vues Chef électricien prise de vues cinéma Non-cadre Collaborateur du directeur de la photographie, il constitue en accord avec la production, dirige et encadre l'équipe d'électriciens. Il assure, avec leur concours, l'installation et le fonctionnement des moyens techniques d'éclairage nécessaires. Il en assure le réglage selon les directives du directeur de la photographie. Il a la connaissance des matériels d'éclairage et doit justifier des habilitations réglementaires. A partir de la source de courant électrique mise à sa disposition, il est qualifié pour vérifier et veiller au bon fonctionnement et à la conformité des branchements électriques sur le lieu du tournage, dans le respect des règles de sécurité. Sous-chef électricien prise de vues cinéma Non-cadre Electricien prise de vues capable d'assister ou de suppléer le chef électricien, si l'organisation du tournage l'exige, notamment dans son travail de coordination de l'équipe d'électriciens. Il doit justifier des habilitations et qualifications réglementaires nécessaires à l'utilisation de moyens d'éclairage. Electricien prise de vues cinéma Non-cadre Electricien de formation, spécialiste chargé de la mise en place des branchements et du réglage des éclairages et de leurs accessoires. Il travaille sous la direction du chef électricien de prise de vues et/ou du sous-chef électricien de prise de vues. Il doit justifier des habilitations et qualifications réglementaires nécessaires à l'utilisation de moyens d'éclairage. Conducteur de groupe cinéma Non-cadre Il a la charge de l'entretien, du bon fonctionnement du groupe électrogène sur les lieux de tournage et de l'acheminement du courant électrique fourni par celui-ci jusqu'aux branchements principaux nécessités par le tournage, en veillant à la sécurité des installations. Il vérifie la conformité du courant produit avec la cadence de prise de vues. Il doit justifier des habilitations réglementaires nécessaires à la conduite et à l'utilisation du groupe. Il peut assister l'équipe d'électriciens pour l'installation du matériel. Branche construction de décors Chef constructeur cinéma Cadre Il est chargé par le chef décorateur de la mise en œuvre de la construction et de l'exécution technique des décors. A cet effet, il a la responsabilité de coordonner l'ensemble des travaux de construction et d'exécution des décors. Il constitue en accord avec la production et dirige les différentes équipes des différents corps professionnels participant à leur réalisation. Dans ce cadre, il est chargé de l'organisation du travail de ces différents corps de métiers. Il veille, dans l'emploi des matériaux et dans l'exécution des décors, au respect des règles de sécurité et d'hygiène en vigueur. Chef machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il dirige l'équipe machinerie de construction. Il est responsable de la coordination et de l'exécution du montage et du démontage de toutes les parties construites, des éléments fixes et mobiles. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles de sécurité et d'hygiène en vigueur. Sous-chef machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il seconde le chef machiniste dans le montage et le démontage des décors. Machiniste de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, spécialiste capable d'effectuer le montage et le démontage des décors sous la direction du chef et/ou du sous-chef machiniste de construction. Chef électricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, il dirige l'équipe d'électriciens de studio. Chargé, sous la double direction du directeur de la photographie et du chef électricien prise de vues, de l'installation de tous les moyens d'éclairage nécessaires au tournage. Il doit justifier des habilitations réglementaires. A partir de la source de courant électrique mise à sa disposition, il est qualifié pour intervenir sur toutes les installations électriques et est responsable des branchements électriques. Il veille aux branchements électriques dans le respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef électricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, électricien de studio capable de seconder le chef électricien de construction, notamment dans la coordination de l'équipe d'électriciens de studio. Il justifie de la qualification professionnelle et des habilitations dans la mise en œuvre et l'utilisation des moyens d'éclairage. Electricien de construction cinéma Non-cadre En studio et en construction extérieure de décors, électricien chargé, sous la direction du chef et/ou du sous-chef électricien, de la mise en place des moyens d'éclairage studio et de leur alimentation. Il justifie de la qualification professionnelle et des habilitations dans la mise en œuvre et l'utilisation des moyens d'éclairage. Chef menuisier de décor cinéma Non-cadre Responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de menuiserie spécifiques aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef menuisier de décor cinéma Non-cadre Menuisier capable de seconder le chef menuisier de décor, notamment dans la coordination des équipes de menuiserie. Menuisier traceur de décor cinéma Non-cadre Menuisier spécialisé capable de tracer et d'exécuter tous les ouvrages de menuiserie inhérents et spécifiques aux décors de cinéma. Menuisier de décor cinéma Non-cadre Menuisier chargé d'assurer l'exécution de tout ouvrage nécessaire au décor et de travailler sur toutes les machines, excepté la toupie. Toupilleur de décor cinéma Non-cadre Menuisier qualifié dans le toupillage. Il est chargé de l'exécution des éléments de menuiserie réalisés à la toupie. Maquettiste de décor cinéma Non-cadre Spécialiste chargé d'exécuter tous travaux fins en modèle réduit, sous les indications du chef décorateur. Maçon de décor cinéma Non-cadre Sous la responsabilité du chef constructeur, spécialiste chargé d'exécuter les travaux de maçonnerie inhérents et spécifiques aux décors. Chef serrurier de décor cinéma Non-cadre Serrurier responsable de la fabrication des ouvrages métalliques, mécaniques ou de ferronnerie inhérents et spécifiques aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Serrurier de décor cinéma Non-cadre Spécialiste chargé de réaliser des ouvrages métalliques, mécaniques ou de ferronnerie inhérents et spécifiques aux décors. Chef sculpteur de décor cinéma Non-cadre Sous les directives du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de sculpture nécessaires aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sculpteur de décor cinéma Non-cadre Sculpteur capable de seconder le chef sculpteur de décor, exécute les travaux de sculpture inhérents aux décors. Chef staffeur de décor cinéma Non-cadre Sous la direction du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de moulage et de staff nécessaires aux décors. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Staffeur de décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute les travaux de moulage et de staff sous la direction du chef staffeur. Chef peintre de décor cinéma Non-cadre Sous les directives du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur, il est responsable de l'organisation, de la coordination, de l'exécution des travaux de peinture et de la préparation des tons, des matières et des patines spécifiques aux prises de vues. Il veille, dans l'exercice de ses fonctions, au respect des règles d'hygiène et de sécurité en vigueur. Sous-chef peintre de décor cinéma Non-cadre Il seconde le chef peintre et coordonne le travail de l'une des équipes de peintres en décoration. Peintre de décor cinéma Non-cadre Peintre spécialiste, il exécute les travaux de peinture spécifiques aux décors de cinéma. Peintre en lettres de décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute les graphismes et logos peints selon les indications du chef décorateur ou de l'ensemblier décorateur. Peintre faux bois et patine décor cinéma Non-cadre Spécialiste, il exécute tous travaux d'imitation bois, marbre, trompe-l'œil et de patine selon les indications du chef décorateur et/ou du chef peintre. Versions Informations Articles cités Code du travail - art. L2241-7 Article 3 En vigueur étendu Dépôt institutionnel de la liste des titres et définitions de fonctions La liste des titres et fonctions professionnelles définie ci-dessus sera déposée auprès de la caisse des congés spectacles, de l'Unédic, de Pôle emploi et de l'Afdas, ainsi notamment que de l'IRPS (ARRCO) et de l'IRCPS (AGIRC) Audiens, afin d'intégrer les modifications d'appellation des titres de fonctions existants et les titres et définitions de fonctions qui sont ajoutés. Versions Chapitre II Droit syndical et représentation des salariés Article 4 En vigueur étendu Liberté syndicale L'exercice du droit syndical s'exerce dans le cadre des dispositions légales et réglementaires en vigueur et des dispositions particulières, applicables spécifiquement aux salariés engagés sous contrat à durée déterminée d'usage et concourant à la réalisation des films. Les parties contractantes reconnaissent à chacun des salariés une totale liberté d'opinion et le droit d'adhérer au syndicat de son choix et reconnaissent le droit pour tous les salariés de s'organiser et d'agir librement pour la défense collective et individuelle de leurs intérêts professionnels. Les employeurs s'engagent à ne pas prendre en considération le fait d'appartenir ou non à un syndicat, d'exercer ou non des fonctions syndicales, mutualistes ou civiques, notamment en ce qui concerne l'embauche, la conduite ou la répartition du travail, les mesures d'avancement, de discipline ou de licenciement. Dans les conditions légales en vigueur, les salariés peuvent participer à des stages ou à des sessions de formation économique, sociale et syndicale. Les parties signataires s'engagent à veiller à la stricte observation des dispositions définies dans les articles du présent chapitre. Versions Article 5 En vigueur étendu Exercice du droit syndical L'exercice du droit syndical s'accomplit dans le cadre des dispositions légales et réglementaires en vigueur. Compte tenu du fait : – que l'activité de réalisation de films est indépendante de l'activité des personnels liés à l'activité permanente des entreprises de production au siège desdites entreprises et s'exerce dans des lieux itinérants et extérieurs aux locaux des sièges des sociétés de production ; – que les techniciens concourant à la réalisation d'un film sont engagés pour la durée déterminée en vue de sa réalisation, allant de quelques jours à quelques semaines, outrepassant rarement 12 semaines, les parties contractantes, constatant que les dispositions de droit commun concernant l'exercice du droit syndical ne peuvent trouver d'effet, conviennent d'adapter, par les dispositions qui suivent l'exercice du droit syndical propre aux techniciens, afin d'assurer à ceux-ci un exercice de ces droits et une représentation collective effective. Versions Article 6 En vigueur étendu Droit d'information syndicale Chaque organisation syndicale représentative de la branche production cinématographique pourra mandater un représentant, qui disposera, durant le tournage du film, et sur rendez-vous fixé en accord avec le directeur de production, d'un droit d'information syndicale auprès des équipes de tournage des films, pris sur le temps de travail. Cette réunion d'information, lors du tournage du film, ne pourra excéder 15 minutes. Versions Article 7 En vigueur étendu Délégués de plateau Il est institué une représentation spécifique, pour la réalisation de chacun des films, des équipes de techniciens par des délégués de plateau élus. Ces délégués de plateau sont les représentants directs des techniciens auprès du producteur ou de son représentant pour toute question relative à la présente convention. Dans les trois premiers jours de tournage des films seront organisées des élections de délégués de production titulaires et suppléants : – un titulaire et un suppléant représentant les techniciens de tournage ; – le cas échéant, un titulaire et un suppléant représentant les salariés de construction de décors, dont le lieu de travail est distinct du tournage. Ces élections sont organisées en un seul tour. Les candidats devront se présenter au nom de l'une des organisations syndicales représentatives de la branche production cinématographique et/ou du titre II. A défaut, pourra faire acte de candidature, sans référence à une organisation syndicale représentative des techniciens, tout autre salarié appartenant à l'équipe technique. Les candidats à ces élections devront justifier avoir collaboré dans la production cinématographique ou la production de films publicitaires sur au moins trois films et cumulé un total minimal de 20 semaines de travail et sont engagés pour la durée du tournage du film ou pour la durée de construction des décors. Si le contrat de travail d'un délégué de plateau prend fin avant la fin du tournage ou avant le terme de la construction des décors, de nouvelles élections devront être organisées dans les mêmes conditions que celles décrites ci-dessus. Aucune mesure discriminatoire dans le cadre de leur mandat ou de leurs fonctions professionnelles ne pourra être prise à leur encontre par le producteur ou son représentant. L'existence et le mandat de ces délégués de plateau sont indépendants de ceux des représentants du personnel représentant les salariés liés à l'activité pérenne et permanente des entreprises de production, employés sous contrat à durée indéterminée ou sous contrat à durée déterminée de droit commun. Versions Article 8 En vigueur étendu Comité central interentreprises d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de la production cinématographique et de films publicitaires Les entreprises de production, préalablement à tout tournage de films, doivent adresser une déclaration de chantier au comité central d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de la production cinématographique institué par l'accord du 17 décembre 2007 ainsi que toute déclaration d'accident de travail ou de trajet survenu dans leur entreprise. Toutes les entreprises de production visées par le champ d'application sont tenues de s'acquitter des cotisations fixées par l'accord précité. Conformément aux dispositions de l'article 6 de l'accord du 17 décembre 2007, seront organisées les élections des représentants des organisations syndicales de salariés en confiant à Audiens la mise en œuvre des opérations électorales. Les premières élections se dérouleront au plus tard fin avril 2012. Ces élections auront lieu tous les 4 ans. Seront électeurs pour le collège des techniciens concourant à la réalisation des films ceux qui auront justifié avoir perçu dans l'année de référence retenue, dans la branche production cinématographique et films publicitaires, des salaires dont le montant total est au moins équivalent à 3 Smic mensuels sur les trois années précédant l'année de la date des élections. Versions Chapitre III Salaires Article 9 En vigueur étendu Grilles de salaires minimaux garantis Pour chacune des fonctions fixées à l'article 2, chapitre Ier, est établi un salaire minimum garanti de 39 heures hebdomadaires comprenant 35 heures au salaire horaire de base et 4 heures supplémentaires majorées de 25 %. La grille de salaires ci-dessus définie est fixée dans l'annexe I de la présente convention. Versions Article 10 En vigueur étendu Réévaluation des salaires Les salaires minimaux des techniciens de la production cinématographique seront réévalués au 1er janvier et au 1er juillet de chaque année. Lors des négociations, afin de fixer le montant éventuel de ces réévaluations, il sera tenu compte du pourcentage d'augmentation du coût de la vie, mesuré par l'Insee (indice des prix à la consommation hors tabac des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé [France entière, métropole et DOM], valorisé respectivement au 30 novembre et au 31 mai). Les grilles de salaires minimaux garantis réévalués au 1er janvier et au 1er juillet de chaque année feront l'objet, s'il y a lieu, d'un avenant qui sera déposé par la partie la plus diligente auprès de la direction générale du travail, conformément aux articles L. 2231-5 et L. 2231-6 ainsi que de l' article D. 2231-2 du code du travail. Les diverses indemnités (repas, casse-croûte et transport) seront réévaluées aux mêmes dates et selon le même pourcentage que les salaires minimaux garantis. Versions Informations Articles cités Code du travail - art. D2231-2 Code du travail - art. L2231-5 Articles cités par Révision des salaires de l'équipe technique (ti... - art. (VE) Article 11 En vigueur étendu Paiement des salaires Les salaires sont établis sur la base de chaque semaine civile. Le paiement du salaire correspondant à la période hebdomadaire doit être effectué dans les 2 premiers jours de la semaine qui suit. Versions Article 12 En vigueur étendu Intéressement aux recettes Il est institué, dans les conditions fixées en annexe III pour les techniciens participant à la réalisation d'un film déterminé et correspondant à des caractéristiques économiques particulières définies dans ladite annexe, un accord d'intéressement spécifique aux recettes d'exploitation desdits films. Versions Chapitre IV Engagement Article 13 En vigueur étendu Visite médicale d'embauche Conformément aux dispositions légales en vigueur, tout salarié devra justifier d'un certificat d'aptitude au travail en cours de validité, délivré par le centre médical de la Bourse ou par un autre centre médical agréé. Versions Article 14 En vigueur étendu Conditions exceptionnelles de travail Dans le cas où le tournage du film demanderait à être exécuté dans des conditions exceptionnelles, particulièrement pénibles ou dangereuses (haute montagne, régions polaires ou tropicales, films d'aviation, de mer, conditions périlleuses), les conditions d'engagement et la composition de l'équipe technique seront réglées avant l'engagement des techniciens et après une étude approfondie des problèmes posés. Le salarié doit se soumettre à toute visite médicale, vaccination et autres traitements préventifs demandés par le producteur ou des compagnies d'assurances. Le cas échéant, une visite médicale spécifique permettra de déterminer si le salarié est apte à accomplir sa prestation de travail dans les conditions exceptionnelles envisagées. Ces visites médicales ainsi que ces vaccinations ou autres traitements préventifs seront à la charge du producteur. Le producteur sera, en outre, tenu de souscrire une assurance spéciale indépendante, garantissant un capital décès et invalidité payable à l'assuré ou à ses ayants droit, basée sur les appointements du salarié pour la durée de son contrat multiplié par 5, avec un minimum de 150 000 €, cette assurance couvrant également les frais médicaux et d'hospitalisation et, bien sûr, les frais de rapatriement du corps en cas de décès. Les équipements particuliers nécessaires à l'exécution du travail dans ces conditions pénibles ou dangereuses seront fournis par le producteur ou remboursés au technicien sur justificatif. En cas d'accident du travail grave ou de maladie grave nécessitant une hospitalisation survenant dans un pays étranger, l'assurance devra couvrir les frais sanitaires exposés et l'éventuel rapatriement du salarié. Versions Article 15 En vigueur étendu Interdiction du recours à des entreprises de travail temporaire En aucun cas, les emplois, au titre de l'une des fonctions définies à l'article 3 du chapitre Ier, ne peuvent être pourvus par le recours à une entreprise de travail temporaire française ou étrangère, ni par le recours à toute entreprise tierce. Tous les techniciens visés à la présente convention doivent être salariés par le ou l'un des producteurs délégués ou par l'entreprise de production cinématographique exécutive agissant pour le compte des entreprises de production déléguées. Dans le cas de coproduction internationale, les emplois sont répartis entre les entreprises coproductrices du film de chacun des pays parties prenantes à la coproduction. Versions Chapitre V Contrat de travail Article 16 En vigueur étendu Contrat de travail Les techniciens concourant à la réalisation des films sont engagés en application des dispositions des articles L. 2142-2 et L. 2142-3 du code du travail par contrat à durée déterminée d'usage. Tout engagement fera l'objet d'un contrat de travail à durée déterminée d'usage écrit et signé par les deux parties. Les contrats seront établis en double exemplaire dont l'un sera remis au salarié au plus tard au jour de sa prise d'effet. Les contrats seront conclus pour l'une des durées suivantes : – pour la durée déterminée prévisionnelle de l'emploi correspondant à la réalisation du film ; – pour une durée déterminée de date à date ; – à la journée, pour toute durée inférieure à 5 jours consécutifs dans la même semaine civile. Dans ce dernier cas, la journée est indivisible et payable pour 7 heures au minimum. Versions Informations Articles cités Code du travail - art. L2142-2 Article 17 En vigueur étendu Mentions sur le contrat de travail Nonobstant les dispositions légales et réglementaires en vigueur, le contrat précise : 1. La nature du contrat : contrat à durée déterminée d'usage, en application de l' article L. 1242-2 du code du travail ; 2. L'identité des parties ; 3. Le titre de l'œuvre cinématographique ou du film publicitaire ; 4. Le titre de la fonction et le statut du salarié (cadre ou non-cadre) ; 5. La date de prise d'effet du contrat ; 6. La durée prévisionnelle du contrat ou la date de son terme ; 7. Le montant de la rémunération et la périodicité de son versement ainsi que tous les éléments constitutifs du salaire ; 8. L'affiliation aux caisses de retraite complémentaires et à la caisse des congés spectacles ; 9. Les nom et adresse des organismes de protection, des caisses de retraite complémentaires et cadre et de l'institution de prévoyance ; 10. La mention de la présente convention collective nationale ; 11. La durée de travail journalière ou hebdomadaire de référence. Versions Informations Articles cités Code du travail - art. L1242-2 Article 18 En vigueur étendu Prise d'effet du contrat de travail Pour les engagements conclus pour la durée de réalisation du film, la date de prise d'effet du contrat doit être obligatoirement indiquée dans celui-ci. Dans le cas où la date précise de prise d'effet du contrat n'est pas arrêtée et où le producteur désire s'assurer de la collaboration de certains techniciens, celle-ci doit être fixée de façon prévisionnelle à l'intérieur d'une période qui ne peut excéder 15 jours. Le contrat prendra effet au plus tard à l'expiration de cette période. Le contrat prendra effet : – à la date du commencement effectif du travail de l'intéressé (préparation et/ou tournage) ; – ou, pour le travail nécessitant un voyage, le jour du départ du technicien de sa résidence. Versions Article 19 En vigueur étendu Durée prévisionnelle du contrat et prorogation Sous réserve des dispositions visées ci-après et concernant les durées éventuelles de dépassement de la durée prévisionnelle pour l'exécution du film, le terme du contrat sera celui qui correspond au terme de la durée prévisionnelle ou durée minimale. Au-delà de la durée prévisionnelle du contrat, en cas de dépassement, tout membre du personnel technique est tenu de rester à la disposition du producteur pour une période calculée de la façon suivante : – 6 jours de dépassement seront accordés pour les contrats d'une durée de 6 semaines ; – 12 jours de dépassement pour des contrats de 7 à 12 semaines ; – pour les contrats d'une durée inférieure à 6 semaines ou supérieure à 12 semaines, il sera accordé un jour de dépassement par semaine. Versions Article 20 En vigueur étendu Exécution du contrat Il ne pourra y avoir aucune interruption dans l'exécution d'un contrat, quelle que soit la durée ou le motif d'une suspension quelconque du travail (préparatifs, durée du voyage, mauvais temps, décors non prêts à la date prévue ou tout autre incident). Toutefois, au cas où, pour des raisons techniques ou artistiques, un film serait réalisé en plusieurs périodes de tournage, chacune de ces périodes fera l'objet d'un contrat distinct. Versions Article 21 En vigueur étendu Rupture du contrat En cas de rupture du contrat de travail d'un technicien du fait du producteur ou du producteur exécutif, sauf faute grave, le producteur est tenu au paiement de l'intégralité des salaires correspondant à la date de la durée prévisionnelle fixée au contrat. En cas de rupture du contrat pour faute grave, le producteur devra notifier au salarié par écrit le motif de la rupture. En cas de non-exécution du contrat, injustifiée et imputable au producteur, celui-ci sera dans l'obligation de verser au salarié la totalité des salaires prévus au contrat pour la durée prévisionnelle de celui-ci. Si, par suite de cas de force majeure, le producteur était amené à interrompre le travail à un moment quelconque, la faculté lui serait réservée soit de résilier les engagements en cours, soit d'en suspendre l'exécution pour une durée égale à celle qui aurait entraîné l'arrêt de son activité. Dans ce dernier cas, le salarié, s'il est disponible, sera réintégré dans son emploi à la fin de la période de suspension du contrat. Versions Article 22 En vigueur étendu Transferts d'entreprise Dans le cas où au producteur délégué se substitue un autre producteur délégué pour la réalisation du film envisagé ou en cours de réalisation, le producteur délégué cessionnaire devra notifier par lettre recommandée la cession opérée aux techniciens. Tous les contrats de travail en cours subsistent de plein droit entre le cessionnaire et les salariés, et leur continuité d'exécution ne peut être subordonnée à une quelconque modification. Versions Article 23 En vigueur étendu Brevets d'invention En application de l' article L. 611-7 du code de la propriété intellectuelle : Lorsqu'un salarié réalise une invention dans le cadre de l'exécution de son contrat de travail, c'est-à-dire selon les instructions de l'employeur, cette invention appartient à l'employeur. Si ce dernier décide de déposer l'invention à titre de brevet, le nom du salarié devra figurer sur la demande de brevet et être reproduit dans l'exemplaire imprimé de la description. Le salarié et l'employeur détermineront le montant de la rémunération supplémentaire qui devra être versée au salarié. Ce montant devra notamment prendre en compte le cadre général de l'invention, les difficultés de mise au point pratique et la contribution personnelle de l'inventeur. En cas d'exploitation et/ou de cession du brevet, le montant de cette rémunération sera défini d'un commun accord. Lorsque le salarié fait une invention en dehors de l'exécution de son contrat de travail mais soit dans le cours de l'exécution de ses fonctions, soit dans le domaine des activités de l'entreprise, soit par la connaissance ou l'utilisation des techniques ou de moyens spécifiques à l'entreprise ou de données procurées par elle, l'employeur a le droit de se faire attribuer la propriété ou la jouissance de tout ou partie des droits attachés au brevet protégeant l'invention de son salarié. L'employeur et le salarié se réuniront alors pour déterminer le montant du juste prix qui devra être attribué au salarié en cas d'attribution. Toute invention n'entrant pas dans les cas prévus ci-dessus appartiendra de droit et exclusivement au salarié, sans aucun recours de l'employeur. Versions Informations Articles cités Code de la propriété intellectuelle - art. L611-7 Chapitre VI Durée du travail Article 24 En vigueur étendu Préambule La durée de réalisation d'un film se décompose en trois étapes : la préparation, le tournage et la postproduction. Les périodes de préparation et de postproduction ne nécessitent pas une organisation de la durée du travail dérogeant au droit commun. En revanche, l'organisation de la journée de tournage se définit par une durée de travail collective à la majorité des techniciens et, pour certaines catégories devant obligatoirement effectuer une durée de travail de préparation avant le tournage et une durée de travail de rangement après la fin de la durée de tournage, par une durée individualisée. Ces durées individualisées, dérogeant aux durées maximales de droit commun, peuvent atteindre, dans certains cas exceptionnels (terminaison d'un plan en cours, terminaison d'un décor, disponibilité d'un acteur), une durée journalière de 12 heures comprenant les durées de préparation et de rangement et une durée de repos entre deux journées de travail de 11 heures, sans pouvoir outrepasser une durée hebdomadaire – intégrant les durées d'équivalence fixées à l'article 30 et à l'annexe II – de 60 heures de travail hebdomadaire. Cette spécificité, inhérente à la réalisation des films et propre au tournage dans tous les pays du monde, est une condition impérative au maintien du tournage des films en France, une condition pour éviter que le tournage des films soit délocalisé à l'étranger aux fins d'échapper aux contraintes des dispositions de droit commun du code du travail. Sans une réglementation dérogatoire, la durée du travail collective se trouverait réduite, selon les lieux de prises de vues, à une durée bien inférieure à 7 heures de travail journalier. Versions Article 25 En vigueur étendu Durée hebdomadaire du travail La durée hebdomadaire du travail, sous réserve des dispositions dérogatoires visées à l'article 24 relatives au tournage, est celle qui est définie par les dispositions légales. Dans l'attente de l'entrée en vigueur des dispositions dérogatoires, la durée hebdomadaire maximale moyenne du travail est portée à 46 heures sur 12 semaines consécutives au maximum, étant précisé que la durée hebdomadaire maximale est de 48 heures. Le travail est organisé sur la base d'une durée hebdomadaire minimale garantie de 39 heures comprenant 4 heures supplémentaires majorées de 25 %. La répartition du temps de travail doit réserver aux salariés 2 jours, soit 48 heures de repos consécutives comprenant le dimanche, sauf circonstances exceptionnelles imposées par le scénario (actualité, fête populaire, manifestation sportive, meeting, etc.) qui ne pourraient être tournées que le dimanche. Versions Article 26 (1) En vigueur étendu Organisation de la durée du travail lors du tournage Tournages en studio et en décors naturels en région parisienne, le personnel regagne chaque soir son domicile habituel : Le travail est organisé sur la base de 5 jours hebdomadaires. Exceptionnellement, une semaine de travail pourra être portée à 6 jours, à condition que le travail du 6e jour fasse l'objet d'un repos compensateur au plus tard le lundi ou le vendredi de la semaine suivante. Dans le cas où ce repos compensateur ne peut pas être pris, le salaire du travail du 6e jour bénéficiera d'une majoration complémentaire s'ajoutant aux diverses autres majorations de salaire fixées dans le présent accord. La journée de travail commence à l'heure du rendez-vous fixé par la convocation et se termine à l'heure du retour à ce rendez-vous. Dans Paris intra-muros, le lieu de rendez-vous est celui du tournage. Lorsque le lieu de rendez-vous est fixé en dehors de Paris intra-muros et nécessite un déplacement, l'heure du rendez-vous fixée par la convocation et l'heure du retour à ce lieu de rendez-vous fixent l'amplitude de la journée de travail. La durée de transport entre le lieu de rendez-vous et le lieu de tournage, aller et retour, n'est pas considérée comme du temps de travail effectif, dans la limite de 2 heures. Les déplacements entre deux lieux de tournage dans la même journée sont considérés comme des durées de travail effectif. Si le travail se termine au-delà de 24 heures, le dernier jour de la semaine de travail, un repos compensateur de 10 heures au minimum suivra la fin du travail. Le repos sera lui-même suivi de 48 heures de repos hebdomadaire. Tournages hors région parisienne, France continentale et étranger : La semaine de travail pourra être organisée sur 6 jours de la semaine civile. Dans ce cas, le nombre d'heures minimal de travail effectif garanti sera de 47 heures. Les heures supplémentaires éventuelles effectuées au-delà de cette durée seront rémunérées selon les dispositions fixées au présent titre. Si le travail se termine au-delà de 24 heures, le dernier jour de la semaine civile de travail, un repos compensateur de 10 heures au minimum suivra la fin du travail. Le repos sera lui-même suivi de 24 heures ou de 48 heures de repos hebdomadaire. Pour les tournages qui nécessitent une durée de transport entre le lieu de rendez-vous et le lieu de tournage, la durée de transport entre le lieu de rendez-vous et le lieu de tournage, aller et retour, n'est pas considérée comme du temps de travail effectif, dans la limite de 2 heures. Les déplacements entre deux lieux de tournage dans la même journée sont considérés comme des durées de travail effectif. Le lieu de rendez-vous est fixé à l'intérieur de la commune fixée par l'employeur comme lieu de résidence. Il ne pourra en aucun cas être effectué plus de 4 semaines consécutives de 6 jours. (1) Article étendu sous réserve du respect des dispositions de l'article L. 3121-35 du code du travail. (ARRÊTÉ du 31 mars 2015 - art. 1) Versions Article 27 En vigueur étendu Amplitude de la journée de travail Le total journalier concernant les heures de travail, les heures supplémentaires éventuelles, les durées de préparation préalable aux prises de vues et de rangement suivant les prises de vues pour certains techniciens, l'arrêt pour les repas, les pauses, les heures de transport entre le lieu de rendez-vous et le lieu de tournage ne devra pas excéder 13 heures. La durée de repos minimum devant s'écouler entre le retour au lieu de rendez-vous et la reprise du lendemain au lieu de rendez-vous ne pourra être inférieure à 11 heures. Versions Article 28 En vigueur étendu Journée continue Dans le cas où l'horaire de tournage s'effectue de 12 heures à 20 heures, il y aura une pause obligatoire de 1 demi-heure prise au bout de 6 heures de travail continues au plus tard ; cette durée de pause est rémunérée au salaire horaire de base mais n'est pas considérée comme du temps de travail effectif. Versions Article 29 En vigueur étendu Décompte administratif Un décompte individuel sera établi dans le but de déterminer les durées respectives des heures de travail effectives, des pauses repas et du transport entre le lieu de rendez-vous et le lieu de tournage. Ce décompte, établi pour chaque journée, sera remis au salarié au plus tard le premier jour de la semaine suivante de travail et au terme du lendemain du dernier jour de travail sur le film ; et pour les salariés engagés pour une durée inférieure à 5 jours, au terme du lendemain du dernier jour de travail. Ce décompte sera attesté par le directeur de production où par un responsable désigné par celui-ci. Versions Article 30 En vigueur étendu Equivalence Exclusivement pour la période de tournage, le nombre d'heures de travail garanti pour certains techniciens s'inscrit dans un décompte de durée de présence d'équivalence, consistant hebdomadairement en une durée d'heures de travail effectif et de temps d'inactivité qui n'est pas considéré comme une durée de travail effectif. Ce temps d'inactivité ne comprend pas les pauses repas et autres. Ces durées et la rémunération afférente sont fixées, pour ces catégories, dans les annexes I et II. Il est rappelé que pour les besoins de lisibilité de ces annexes, les minima garantis correspondent à 5 ou 6 jours de travail. Il est bien entendu que les rémunérations indiquées seront proratisées en fonction du nombre de jours concernés. Les heures supplémentaires de tournage qui seraient effectuées et qui amèneraient, le cas échéant, un dépassement de la durée du travail effectif préfixée s'ajoutent au total des heures de travail effectif et sont rémunérées conformément aux dispositions de la présente convention. Les durées d'équivalence ne s'appliquent pas pour les engagements inférieurs à 5 jours consécutifs. Versions Article 31 En vigueur étendu Contrats établis sur une base forfaitaire Pour les périodes de préparation et de postproduction, les techniciens qui ont notamment pour fonctions : créateur de costumes, directeur de production, chef décorateur, directeur de la photographie et premier assistant à la distribution des rôles cinéma (ce dernier pouvant être engagé durant la période de tournage) et, de manière générale, tous les techniciens disposant d'une autonomie dans l'organisation de leur emploi du temps qui ne les conduit pas, durant ces périodes, à suivre un horaire collectif de travail, dans la limite des dispositions légales applicables, peuvent être engagés, par accord entre les parties, pour une durée du travail calculée en jours, excluant ainsi l'application des dispositions légales et conventionnelles relatives aux heures supplémentaires. Versions Article 32 En vigueur étendu Rémunération des durées de déplacement A Paris et en région parisienne, pour le personnel qui regagne chaque soir son domicile, la durée de transport est déterminée comme suit : – du domicile des techniciens au lieu de rendez-vous ou au lieu de tournage dans Paris intra-muros, il est fait application des dispositions de droit commun ; – du lieu de rendez-vous déterminé par une porte de Paris au lieu de tournage, l'indemnité de transport est égale au salaire horaire de base plafonné au montant du salaire horaire minimum garanti de base du machiniste de prise de vues, à concurrence de 2 heures par jour aller et retour ; – au-delà de 2 heures de transport par jour aller et retour, les heures de déplacement sont décomptées comme heures de travail effectif. En extérieurs défrayés, pour le personnel qui ne regagne pas chaque soir son domicile, les durées de transport entre le lieu de rendez-vous déterminé comme lieu de résidence et les lieux de tournage ne sont pas considérées comme des durées de travail effectif, dans la limite de 2 heures par jour. Au-delà de 2 heures par jour, les temps de transport sont décomptés comme heures de travail effectif. Du lieu de rendez-vous au lieu de tournage, l'indemnité de transport est égale au salaire horaire de base du technicien plafonné au montant du salaire horaire minimum garanti de base du machiniste de prise de vues, à concurrence de 2 heures par jour aller et retour. Lorsque le tournage a lieu dans la commune de résidence, le lieu de tournage constitue le lieu de rendez-vous. Versions Article 33 En vigueur étendu Lieux habituels de travail En région parisienne, les studios agréés, les bureaux de l'entreprise de production, les salles de montage, les auditoriums, les laboratoires sont considérés comme des lieux de travail habituels, sous réserve que le temps de transport pour se rendre depuis une station parisienne à ces lieux par le réseau métropolitain et le réseau express régional n'excède pas 1 heure aller et retour. Dans ce cas, le transport est indemnisé en application des dispositions de droit commun. La durée excédentaire sera indemnisée sur la base du salaire horaire de base du salarié plafonné au montant du salaire horaire minimum garanti de base du machiniste de prise de vues. Au cas où la production n'est pas à même d'assurer le transport des techniciens et que ceux-ci sont contraints d'utiliser leur véhicule personnel, ces frais de transport seront remboursés sur la base du barème kilométrique établi par l'administration fiscale. Versions Article 34 En vigueur étendu Engagement à la journée hors forfait jours Le salaire horaire de base minimum garanti est majoré de 25 %. Les heures supplémentaires effectuées au-delà de la durée de 7 heures sont majorées de 50 % du salaire horaire de base minimum garanti. Au-delà de la 10e heure, elles sont majorées de 100 % du salaire horaire de base minimum garanti. La rémunération journalière minimale garantie ne peut être inférieure à 7 heures. Pour les films publicitaires uniquement : Le salaire horaire de base minimum garanti est majoré de 50 %. Les heures supplémentaires effectuées au-delà de la durée de 8 heures sont majorées de 100 % du salaire horaire de base minimum garanti. La rémunération journalière minimale garantie ne peut être inférieure à 8 heures. Versions Article 35 (1) En vigueur étendu Heures anticipées La durée d'amplitude de travail qui amputerait la durée de repos journalier fixée à l'article 27 entre la fin de la journée et le début de la suivante est majorée de 100 % à concurrence du nombre d'heures. Il en est de même pour la durée de repos hebdomadaire entre le dernier jour de la semaine de travail et le début de la semaine suivante. Cette majoration est indépendante des autres majorations fixées dans le présent titre. (1) Article étendu sous réserve du respect des dispositions des articles D. 3131-3 et D. 3131-6 du code du travail. (ARRÊTÉ du 31 mars 2015 - art. 1) Versions Article 36 (non en vigueur) Modifié Les différentes majorations définies ci-avant et ci-après aux articles 34 et 35 et de 37 à 42 se calculent en référence au salaire horaire de base et s'appliquent indépendamment les unes des autres, chacune de ces majorations ayant son objet spécifique, étant précisé que leur cumul ne peut conduire à dépasser une majoration de 200 % du salaire de base. Versions Article 36 (1) En vigueur étendu Majorations de salaires Les différentes majorations définies ci-avant et ci-après aux articles 34 et 35 et de 37 à 42 se calculent en référence au salaire horaire de base et s'appliquent indépendamment les unes des autres, chacune de ces majorations ayant son objet spécifique, étant précisé que leur cumul ne peut conduire à dépasser une majoration de 100 % du salaire horaire de base. (1) Article étendu sous réserve de l'application des dispositions des articles L. 3121-22 et L. 3133-6 du code du travail. (ARRÊTÉ du 31 mars 2015 - art. 1) Versions Article 37 En vigueur étendu Heures supplémentaires effectuées au-delà de 35 heures dans la même semaine civile De la 36e à la 43e heure supplémentaire : majoration de 25 % du salaire horaire de base. De la 44e à la 48e heure supplémentaire : majoration de 50 % du salaire horaire de base. Au-delà de la 48e heure supplémentaire : majoration de 75 % du salaire horaire de base. Versions Article 38 En vigueur étendu Majoration des heures de travail effectuées au-delà de la 10e heure de tournage Les heures effectuées au-delà de la 10e heure de tournage dans la même journée bénéficient d'une majoration complémentaire spécifique de 100 % du salaire horaire de base. Versions Article 39 En vigueur étendu Poursuite du travail le 6e jour consécutif de la semaine civile pour les tournages en région parisienne La poursuite du travail le 6e jour ouvrable de la semaine civile donne lieu à une majoration spécifique de 100 % qui exclut l'application des autres majorations relatives à la durée hebdomadaire du travail. Le travail du 6e jour doit être récupéré le lundi ou le vendredi de la semaine suivante. Au cas où la récupération du 6e jour de travail ne peut avoir lieu, à la rémunération du samedi sera ajoutée une rémunération équivalente à 3,5 heures de travail au salaire horaire de base. Versions Article 40 En vigueur étendu Travail de nuit Au cas où, pour des raisons artistiques relatives au scénario, le tournage nécessite un tournage de nuit, à savoir les heures de travail effectuées : – pour la période du 1er avril au 30 septembre, entre 22 heures et 6 heures ; – pour la période du 1er octobre au 31 mars, entre 20 heures et 6 heures, sauf exception pour le travail en studio agréé entre 21 heures et 6 heures, les heures de travail de nuit sont majorées comme suit : – le salaire horaire de base des 8 premières heures de travail effectuées pendant la tranche horaire de nuit d'une même nuit est majoré de 50 % ; au-delà de ces 8 premières heures de nuit, le salaire horaire de base des éventuelles dernières heures de nuit est majoré de 100 %. Si le travail de nuit se poursuit sur la journée du dimanche ou sur un jour férié, ces heures bénéficient complémentairement de la majoration fixée pour les heures de travail effectuées respectivement le dimanche ou un jour férié. Versions Article 41 En vigueur étendu Travail du dimanche Sous réserve d'une modification réglementaire ad hoc à intervenir, le travail de l'équipe technique le dimanche est autorisé. En revanche, le travail en studio est interdit le dimanche. Dans l'attente de la modification réglementaire, les partenaires sociaux conviennent que si un événement indispensable au scénario (actualité, fête populaire, manifestation sportive, meeting, etc.) ne peut être tourné que le dimanche, le travail du dimanche fera l'objet d'une demande d'autorisation exceptionnelle. Le travail du dimanche fera l'objet d'une journée de repos le lundi ou le vendredi de la semaine suivante, ou le samedi dans le cas de tournage hors Paris et région parisienne lorsque le technicien ne regagne pas chaque soir son domicile. Le salaire de base horaire des heures de travail effectuées le dimanche est majoré de 100 %. Un jour férié ne pourra en aucun cas être considéré comme journée de repos du dimanche travaillé. Si le travail du dimanche correspond au terme de la durée de l'emploi et si le travail du dimanche ne peut faire l'objet d'une récupération le lundi ou le vendredi de la semaine suivante, à la rémunération du travail du dimanche sera ajoutée une rémunération équivalente à 7 heures au salaire horaire de base du salarié. Versions Article 42 En vigueur étendu Jours fériés Le travail en studio est interdit les jours fériés. Si un événement indispensable au scénario (actualité, fête populaire, manifestation sportive, meeting, etc.) ne peut être tourné qu'un jour férié, le travail du jour férié sera autorisé exceptionnellement. Les jours fériés sont ceux qui sont définis par la loi ou les textes réglementaires comme fêtes légales, soit actuellement : – le 1er janvier ; – le lundi de Pâques ; – le 1er Mai ; – le 8 Mai ; – l'Ascension ; – le lundi de Pentecôte ; – le 14 Juillet ; – le 15 août ; – le 1er novembre ; – le 11 Novembre ; – le 25 décembre. A ces 11 jours, s'ajoutent : – dans les départements et territoires d'outre-mer (DOM-TOM), la journée anniversaire de l'abolition de l'esclavage, retenue par chaque département ou territoire ; – dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, le vendredi saint dans les communes ayant un temple protestant ou une église mixte et le 26 décembre. Tous les jours fériés non travaillés sont rémunérés comme un jour de travail normal pour une durée minimale de 7 heures. Lorsqu'un jour férié est travaillé, le salaire horaire de base est majoré de 100 %, auquel s'ajoute une journée de récupération payée pour 7 heures, la récupération devant avoir lieu au plus tard dans la semaine qui suit le jour férié. Dans le cas où cette récupération n'a pas lieu et n'est donc pas payée, à la rémunération majorée du travail du jour férié sera ajoutée une rémunération équivalente à 7 heures au salaire horaire de base du salarié. Versions Article 43 En vigueur étendu Journée de solidarité Attendu que l'activité professionnelle des techniciens contribuant à la réalisation de films est déterminée par des durées d'engagement formalisées par des contrats à durée déterminée d'usage en vue de la réalisation d'un film déterminé, ces durées nominales de contrats de travail, en règle générale, n'excèdent pas 8 à 10 semaines. A une période d'emploi succède, pour les techniciens, une période de chômage plus ou moins longue, dans l'attente d'un nouvel engagement pour la réalisation d'un nouveau film. L'activité des sociétés de production est caractérisée également par une activité intermittente correspondant à la durée de réalisation d'un film déterminé, suivie d'une période d'attente indéterminée de reprise de l'activité de réalisation d'un autre film. Il résulte de cette situation que les techniciens qui pourraient être engagés par plusieurs contrats à durée déterminée correspondant à différentes périodes de travail pour le même employeur en dehors de la date du jour férié fixé comme journée de solidarité seraient exemptés de toute contribution à la journée de solidarité fixée un jour déterminée tout en ayant effectué une ou plusieurs périodes d'emploi à durée déterminée préalablement au jour férié fixé. Alors que ceux dont le contrat à durée déterminée comprend le jour férié fixé quel que soit le nombre de jours de travail préalable, même s'il ne s'agit que de quelques jours, seraient assujettis à la durée de 7 heures de solidarité. Il résulte de cette situation d'emploi que les dispositions actuelles de la loi ne sauraient s'appliquer sans enfreindre le principe de l'égalité des droits. En conséquence, il est convenu d'adapter les dispositions de la loi afin d'assujettir tous les techniciens à une durée de travail de solidarité au prorata de la durée d'emploi qu'ils effectueront pour chacun de leurs différents employeurs. Cette durée contributive sera totalisée et décomptée proportionnellement en référence à la durée annuelle du travail de 1 607 heures et à la durée de solidarité de 7 heures. Versions Chapitre VII Congés Article 44 En vigueur étendu Congés payés Les salariés dont les fonctions sont listées à l'article 2.1, à l'exclusion de tout autre, sont obligatoirement affiliés à la caisse des congés spectacles, visée aux articles L. 3141-30 et D. 3141-9 du code du travail. Au terme de leur engagement, l'employeur doit obligatoirement remettre à chaque salarié le certificat justificatif de ses droits à congés afférents à la période d'emploi, lors de la remise du dernier bulletin de paie. Le montant de salaire pris en compte pour le calcul des cotisations congés spectacles est plafonné au triple du montant des salaires journaliers minimaux garantis sur la base de 39 heures au 1er janvier de chaque année (soit salaires minimaux sur la base de 39 heures divisé par 5, multiplié par 3). Versions Article 45 En vigueur étendu Prévoyance et complémentaire santé Les salariés techniciens intermittents visés au titre II de la présente convention sont couverts en matière de prévoyance décès, invalidité et frais de santé par l'accord interbranches du 20 décembre 2006 et ses avenants désignant Audiens Prévoyance comme organisme gestionnaire. Il est convenu que, à dater du 1er janvier 2014, le taux de la cotisation propre à la branche production de films cinématographiques et de films publicitaires pour les non-cadres, actuellement fixé à 0,42 % dans l'accord interbranches, sera réévalué de 1,08 point et porté à 1,5 % du salaire tranche A. Le taux de cette cotisation pour les non-cadres sera pris en charge en totalité par l'employeur, au même titre que celui qui est applicable aux cadres. Du fait de l'augmentation du taux de cotisation ainsi déterminé, les garanties spécifiques en résultant feront l'objet d'une révision détaillée, améliorant les garanties actuelles fixées dans l'accord interbranches. Cette révision fera l'objet d'un accord d'application avec Audiens Prévoyance. Versions Informations Articles cités accord interbranches du 20 décembre 2006 Chapitre VIII Restauration, transports et défraiement Article 46 En vigueur étendu Frais de restauration Les repas et casse-croûte durant la période de tournage et durant les périodes de construction de décors pour les techniciens concernés de la branche construction de décors sont à la charge du producteur. Il en est de même pour le repas qui précède les journées de travail continu. Par ailleurs, pour les tournages en extérieurs, de jour ou de nuit et quel que soit le lieu, il sera mis à disposition des salariés des boissons chaudes ou froides, à la charge de l'employeur. A défaut de l'organisation du repas par la production, il sera versé au technicien une indemnité de repas dont le montant est fixé à l'annexe du barème des salaires. Dans le cas où la journée de travail commence avant 7 heures du matin, une indemnité de casse-croûte sera versée au technicien si le casse-croûte n'est pas fourni par le producteur. Le montant de cette indemnité de casse-croûte est fixé à l'annexe du barème des salaires. Versions Article 47 En vigueur étendu Frais de voyage Les voyages sont dans tous les cas à la charge de l'employeur, qu'il s'agisse des titres de transport, des assurances, des formalités administratives obligatoires (passeport, visa ou frais divers liés au voyage) ou des bagages. Les heures de voyage ne sont pas des heures de travail effectif et sont indemnisées au salaire horaire de base du technicien, plafonné au montant du salaire horaire minimum garanti de base du machiniste de prise de vues cinéma. Dans le cas où la durée de voyage est supérieure à 7 heures, le nombre d'heures indemnisées sera plafonné à ce nombre. A l'aller, la durée de voyage correspond à la durée de transport depuis le domicile du technicien jusqu'au lieu d'hébergement, et inversement pour le retour. La durée du voyage s'intègre dans la durée d'amplitude définie à l'article 27. Sous réserve de cette durée d'amplitude, le travail effectif peut avoir lieu le jour du voyage, sous réserve d'une période de repos de 1 heure minimum entre l'arrivée au lieu de résidence ou au lieu de tournage et la prise effective du travail ; sinon, le travail effectif commencera dans la journée du lendemain. Dans les cas où, en accord avec l'employeur, le salarié utilise son propre véhicule, il ne pourra en aucun cas être dans l'obligation de transporter du personnel de la production. Les frais d'utilisation de son véhicule seront remboursés sur la base du barème kilométrique établi par l'administration fiscale. En outre, il percevra l'indemnité de transport prévue au deuxième paragraphe du présent article, dans les limites du caractère usuel et raisonnable du temps de trajet. Dans les cas où le salarié utilise son véhicule en accord avec l'employeur et accepte d'y transporter du personnel de la production, l'employeur vérifiera que l'assurance du conducteur bénéficie d'une extension pour les personnes qu'il transporte. Versions Article 48 En vigueur étendu Défraiements Un défraiement unique sera accordé à tous les membres du personnel technique. Le montant du défraiement dépendra des lieux où s'effectuent les déplacements et sera fixé selon le lieu et le coût de la vie dans la région considérée. Ce défraiement prendra effet le jour du départ du lieu de domicile élu du salarié et s'achèvera à son retour audit lieu. Les défraiements seront payés à la semaine et d'avance. Le montant du défraiement doit correspondre au montant du prix de la chambre d'hôtel, des petits déjeuners et repas pris en dehors de la journée de travail et non déjà pris en charge par la production, majoré d'un montant au moins égal au montant de l'indemnité repas. Versions Article 49 En vigueur étendu Résidence L'hébergement des techniciens doit être assuré par l'employeur par chambre individuelle comprenant douche et WC dès lors qu'il existe de telles infrastructures. Toutefois, en accord avec l'employeur, chaque technicien pourra choisir son lieu d'hébergement. Dans ces conditions, le montant du remboursement de l'hébergement et du transport sera fixé d'un commun accord entre l'employeur et le salarié. Versions Article 50 En vigueur étendu Equipements et fournitures Pour l'exécution de leur travail, toutes les fournitures nécessaires aux salariés à cette exécution seront payées, après validation, par le producteur, qui fournira l'avance financière préalablement à leur achat. En aucun cas, les techniciens n'auront à faire l'avance de ces frais. Si, en raison du lieu choisi et de la nature du travail demandé, un équipement spécial était nécessaire, il serait entièrement à la charge du producteur et resterait la propriété de ce dernier. Versions Chapitre IX Commission paritaire d'interprétation et de conciliation (abrogé) (non en vigueur) Abrogé En référence au titre Ier, dans le cadre du présent titre II, il est institué une commission d'interprétation et de conciliation à laquelle tout litige entre un employeur et un ou plusieurs salariés relatif à l'application de la présente convention peut être soumis. La commission est composée d'un représentant de chaque organisation syndicale de salariés représentative, signataire ou adhérente du présent titre, et d'un nombre égal de représentants des organisations d'employeurs signataires ou adhérentes. La commission sera présidée par un représentant des organisations du collège employeurs, lesquelles désigneront la personne qui la présidera. La commission peut être saisie par l'une des organisations signataires. Elle se réunira dans un délai n'excédant pas 8 jours à compter de sa saisie. La commission ne peut valablement délibérer qu'à la condition d'une parité de membres entre le collège employeurs et le collège salariés. En cas d'avis unanime de la commission, cet avis sera transmis à chacune des parties. Versions Chapitre X Réalisateur Article En vigueur étendu Des dispositions particulières aux réalisateurs sont prévues ci-dessous. Versions Article 51 En vigueur étendu Conditions d'engagement Durée de l'engagement En application de sa définition de fonction figurant en annexe du présent titre, le réalisateur est engagé par contrat(s) de travail à durée déterminée d'usage, incluant des périodes discontinues, qui commencent au début de la préparation technique et se terminent par l'établissement de la copie standard du film ou du master numérique. On considérera ici que la préparation technique débute à partir de l'exécution des travaux relatifs à la préparation du film tels qu'ils sont fixés dans la définition de fonction du réalisateur et au plus tard à la date de la mise en production du film. Les dates de début et de fin de l'engagement (ou la période minimale d'engagement en cas de contrat sans terme précis) ainsi que les dates prévisionnelles des différentes phases de celui-ci (préparation, tournage, montage, mixage, finitions) sont déterminées d'un commun accord entre le producteur et le réalisateur. Les différentes phases de travail se déroulent normalement en continuité et, sauf impossibilité, successivement. Si les différentes phases ne peuvent se dérouler en continuité, les dates des différentes phases seront fixées au contrat en accord avec le réalisateur. Si certaines dates ne peuvent pas être fixées lors de la signature du contrat initial (sous réserve de la période minimale d'engagement en cas de contrat sans terme précis), elles feront l'objet d'une fixation entre les parties dès que possible. Les contrats de 5 mois ou plus pourront être suspendus en raison des impératifs de la production. La période de suspension du contrat ne donnera pas lieu à rémunération seulement si elle est d'une durée égale ou supérieure à une semaine consécutive. En cas d'engagement de date à date, tout dépassement de la date du terme fixée initialement dans le contrat de travail doit faire l'objet d'un avenant au contrat. Le réalisateur peut être également engagé par contrat de travail pour une préparation technique dans le cadre d'une étude préalable de faisabilité avant toute mise en production. Ce contrat ne préjuge pas la décision ultérieure du producteur quant à la suite à donner à ce projet. Ainsi, ce contrat est indépendant du contrat de travail qui serait éventuellement conclu en cas de mise en production du projet. Type de contrat d'engagement En référence à l' article L. 3111-2 du code du travail , les parties conviennent que les réalisateurs ont vocation à conclure avec l'employeur une convention de forfait à temps plein sans référence horaire, compte tenu des responsabilités importantes qui leur sont confiées dans l'organisation générale et la bonne marche de la production pour laquelle ils sont engagés. Il est rappelé que la convention de forfait doit expressément figurer dans le contrat de travail conclu avec le réalisateur. Les dispositions spécifiques relatives aux conventions de forfait sans référence horaire s'appliquent en conséquence aux réalisateurs en tant que cadres dirigeants. Versions Informations Articles cités Code du travail - art. L3111-2 Article 52 En vigueur étendu Salaire minimum conventionnel Le réalisateur, dans le cadre de sa définition de fonction, dirige les personnels techniques concourant à la réalisation du film. Compte tenu de sa qualité de cadre dirigeant, le salaire minimum de référence du réalisateur se situe au niveau le plus élevé du barème conventionnel des salaires des techniciens. Le salaire du réalisateur est déterminé par les parties. Cependant, il ne peut pas être inférieur à un montant fixé à l'annexe I. Le salaire minimum se détermine comme suit : Réalisateur cinéma : – contrat d'une durée inférieure à 5 mois : salaire hebdomadaire brut indiqué à l'annexe I ; – contrat d'une durée d'au moins 5 mois : compte tenu de l'étalement de la mission sur une durée longue avec des périodes de travail continues et discontinues, salaire mensuel brut indiqué à l'annexe I. Pour les mois incomplets, salaires au pro rata temporis du tarif mensuel ; – contrats hors production du film (étude préalable de faisabilité) : application des proratas hebdomadaires ou journaliers du tarif mensuel indiqués à l'annexe I. Réalisateur de films publicitaires : – contrat d'une durée d'au moins 5 jours consécutifs : salaire hebdomadaire brut indiqué à l'annexe I ; – contrat d'une durée inférieure à 5 jours consécutifs : salaire journalier brut indiqué à l'annexe I. Versions Article 53 En vigueur étendu Mode de rémunération En application de l' article L. 7121-2 du code du travail , de l'article L. 311-3-15 du code de la sécurité sociale et de l'arrêté ministériel du 24 janvier 1975, le réalisateur est rémunéré en cachet (« forfaits journaliers »), sans référence horaire, et bénéficie du taux réduit de cotisation de sécurité sociale et d'allocations familiales au titre de l'emploi des artistes du spectacle. Au titre de l'article 32, la convention collective de la production cinématographique est applicable à compter du décret d'extension. Les parties conviennent de sa mise en application dès le jour de sa signature (1), étant précisé que si des clauses plus favorables à l'employeur étaient consenties ultérieurement à d'autres syndicats de producteurs, elles seraient intégrées au texte signé ce jour. (1) Sous réserve de l'homologation des titres de fonction par l'Unédic. Versions Informations Articles cités Code du travail - art. L7121-2 Retourner en haut de la page Convention collective nationale de la production cinématographique du 19 janvier 2012 (1) (2) (3) × Cookies est désactivé. Autorisez le dépot de cookies pour accéder à cette fonctionnalité Votre avis nous intéresse ! Les équipes de Légifrance sont à votre écoute pour améliorer le site et ses services. Participez en répondant à cette enquête, en quelques minutes ! Merci. Je donne mon avis
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Valise égarée, victoire retrouvée : l’incroyable triomphe de Fisichella au GP du Brésil 2003 LA VOITURE DE VOS RÊVES Dès 349€/mois LA VOITURE DE VOS RÊVES Dès 349€/mois LA VOITURE DE VOS RÊVES Dès 349€/mois Blog / F1 actu / Valise égarée, victoire retrouvée : l’incroyable triomphe de Fisichella au GP du Brésil 2003 Valise égarée, victoire retrouvée : l’incroyable triomphe de Fisichella au GP du Brésil 2003 Thibaud Carrai F1 F1 actu mercredi 5 novembre 2025 Parfois, l’histoire du sport se joue à un souffle, à une décision, ou… à une valise. Le Grand Prix du Brésil 2003, disputé sous des trombes d’eau à Interlagos, a offert l’une des conclusions les plus improbables de l’ère moderne de la Formule 1. Au cœur de cette épopée: Giancarlo Fisichella et l’écurie Jordan. Une victoire arrachée non pas sous le drapeau à damier, mais quelques jours plus tard, après une analyse pointue des données de chronométrage et une course contre la montre pour récupérer un boîtier électronique oublié dans une voiture de location. Ce récit, à la fois chaotique et exaltant, raconte comment l’alliance de la performance, de la persévérance et de la preuve technique a réécrit le palmarès. Ce jour-là, sous la pluie brésilienne, tout a basculé. Les sorties de piste, les neutralisations et, finalement, le drapeau rouge ont brouillé la hiérarchie. À la surprise générale, le résultat initial a favorisé Kimi Räikkönen, avant qu’une enquête officielle ne vienne tout remettre à plat. Entre la règle de countback (le reclassement en remontant de deux tours), un passage de ligne crucial et la donnée incontestable issue de l’ECU (unité de contrôle électronique), c’est une bataille d’interprétations et de chiffres qui a désigné le vrai vainqueur. Cette histoire serait déjà extraordinaire sans le rebondissement logistique: l’ECU de la Jordan de Fisichella, contenant la clé de voûte des preuves, a failli disparaître dans un coffre de voiture louée, perdue pendant des heures en plein São Paulo. Sans ces données, la vérité aurait pu rester dans l’ombre. Heureusement, la détermination de l’équipe a fait le reste. 🌧️ Chaos d’Interlagos : pluie, neutralisations et opportunité saisie Interlagos, circuit mythique de São Paulo, est réputé pour ses conditions capricieuses, ses dénivelés, ses courbes en appui et ses retournements de situation. En 2003, la météo a transformé la course en véritable loterie maîtrisée. Dès les premières boucles, la pluie intense a provoqué aquaplaning, sorties de piste et interventions répétées de la voiture de sécurité. Les stratégies se sont faites et défaites à coups de ravitaillements calculés à la minute, de pneus choisis au dernier instant, et d’un sang-froid indispensable pour survivre au chaos. Giancarlo Fisichella, au volant d’une Jordan qui n’était plus la force qu’elle avait été quelques années plus tôt, a brillé par sa gestion des conditions. Il a maintenu un rythme sûr mais incisif, profitant des erreurs des autres et d’une stratégie carburant pertinente au moment clé. À mesure que l’averse redoublait, le peloton s’est effiloché et de violents incidents ont finalement bloqué la piste, menant à l’interruption de l’épreuve par drapeau rouge. Dans cette confusion finale, le sentiment que Fisichella avait accompli un exploit grandissait, mais l’issue officielle restait incertaine. Car si la piste racontait une histoire, les papiers de classement en racontaient une autre. En bord de piste, les mécanos, ingénieurs et dirigeants ressentaient autant la fatigue que la tension. La Jordan avait de bonnes raisons de croire à la victoire: Fisichella semblait avoir pris la tête de manière nette juste avant l’arrêt de la course. Mais dans un sport où l’invisible (les capteurs, les marquages électroniques de ligne, les délais d’activation de procédures) pèse autant que l’image TV, il fallait plus qu’une intuition: il fallait une preuve. ⏱️ L’imbroglio du chronométrage et la règle du countback Au moment du drapeau rouge, la procédure en vigueur imposait de figer le classement à partir d’un countback — un recul de deux tours par rapport au tour supposé en cours. Or, un élément s’est révélé décisif: sur quel tour se trouvait exactement Fisichella quand la course a été interrompue ? Les résultats initiaux ont été calculés en partant du postulat que la Jordan n’avait pas encore entamé le 56e tour au moment de l’interruption. Avec un reclassement deux tours plus tôt, le verdict favorisait Kimi Räikkönen, leader au 53e passage. Mais chez Jordan, l’analyse télémétrique racontait une autre histoire. Les ingénieurs étaient convaincus que Fisichella avait bel et bien franchi la ligne et commencé le 56e tour quelques secondes avant que le drapeau rouge ne soit brandi. Cette nuance changeait tout: si le 56e tour avait débuté, le reclassement deux tours plus tôt devait s’opérer sur le 54e, et non le 53e — un tour où Fisichella menait la danse. La discussion, d’abord informelle, est devenue une démarche officielle auprès des autorités sportives. La pièce maîtresse ? Les données extraites de l’ECU de la Jordan EJ13. Selon ces enregistrements, Fisichella aurait entamé le 56e tour environ 12 secondes avant l’arrêt de l’épreuve. Une marge suffisante pour justifier une révision du classement. Ce détail technique, rigoureusement horodaté, a annulé la perception initiale et replacé la réalité sportive au cœur du jugement. Cette affaire met en lumière la complexité du chronométrage en Formule 1. Derrière les chronos se cache un empilement d’horloges, de capteurs, de boucles magnétiques et de synchronisations. Un léger décalage d’interprétation ou de transmission peut influer sur l’analyse, surtout en cas de neutralisation brutale. À Interlagos en 2003, la pluie n’a pas seulement fait déraper les voitures: elle a mis à l’épreuve la précision des protocoles. La décision finale, rendue après examen approfondi, a rectifié une page d’histoire pour la rendre conforme à la piste. 🧳 Une valise, une voiture de location… et l’ECU sauvé in extremis Comme si l’intrigue n’était pas suffisamment tendue, un rebondissement digne d’un thriller logistique a failli tout compromettre. Au cœur du dossier: la précieuse boîte électronique, l’ECU, contenant les données brutes de la voiture de Fisichella. Après la course, dans la frénésie des déplacements et des célébrations mesurées, l’ECU a été placé dans une valise – avant d’être oublié dans l’un des véhicules de location utilisés par l’équipe durant le week-end. Le problème ? Tout le monde n’empruntait pas les mêmes trajets pour rallier l’aéroport, et le véhicule en question a disparu du radar. Il a fallu environ six heures de recherches, de coups de fil et de coordination pour localiser la voiture et récupérer l’objet le plus important du moment. Sans cet ECU, la démonstration technique de Jordan aurait été nettement plus fragile. Dans un sport où l’on gagne à la milliseconde, le destin d’une victoire s’est joué à une poignée d’heures et à la vigilance d’un groupe de mécaniciens épuisés mais déterminés. Andy Stevenson, alors chef mécanicien chez Jordan — aujourd’hui directeur sportif chez Aston Martin — a raconté combien l’équipe était persuadée d’avoir gagné sur la piste, mais savait aussi que la conviction ne suffisait pas. Il fallait un dossier irréfutable. Le boîtier électronique, son horodatage, les temps de franchissement et les métriques embarquées constituaient la colonne vertébrale de la vérité sportive. Les célébrations, déjà timides car suspendues à une décision, se sont transformées en mission de sauvetage d’un élément de preuve. Une leçon de préparation et de contrôle qualité qui dépasse le simple cadre des stands. Récupérer l’ECU, c’était sécuriser la justice du résultat. Et dans cette quête, Jordan a démontré une qualité rare: la capacité à gagner aussi en dehors de la piste, avec méthode, calme et obstination. 🏆 Podium différé et passation symbolique à Imola La décision finale des instances sportives a confirmé la victoire de Giancarlo Fisichella quelques jours après la course. Une consécration méritée mais singulière: le pilote italien n’a pas levé le trophée sur le podium d’Interlagos. Pour réparer en partie ce rendez-vous manqué, une cérémonie spéciale a été organisée à Imola, lors de l’épreuve suivante, où Kimi Räikkönen a remis le trophée de vainqueur à Fisichella. Un geste respectueux et marquant, à la hauteur de l’esprit de compétition qui unit les pilotes au-delà des verdicts administratifs. Le cœur du pilote, lui, a vécu un véritable ascenseur émotionnel. Passer d’une joie instinctive à l’incrédulité, puis à l’attente d’une confirmation officielle en dit long sur la pression propre à la F1. Fisichella a raconté avoir reçu l’annonce tard dans la nuit: la délivrance d’un « tu es le vainqueur » gravée à jamais. S’il a regretté de ne pas avoir connu l’ivresse du podium sur le moment, il a aussi reconnu l’importance du symbole: être l’Italien qui met fin à une longue disette nationale en F1, et inscrire le nom de Jordan une dernière fois au sommet. Cette victoire est d’autant plus mémorable qu’elle fut la dernière de l’écurie Jordan. Après 2003, l’équipe a peiné à retrouver de la compétitivité, a traversé une période de transition et a finalement changé de mains avant d’être rebaptisée. Le GP du Brésil 2003 fait donc figure d’étoile filante dans l’histoire de l’écurie: brève, lumineuse, inoubliable. 🟡 Héritage de Jordan et leçons pour la F1 moderne Au-delà de l’anecdote, ce Grand Prix incarne plusieurs leçons utiles aux équipes de F1, hier comme aujourd’hui: La souveraineté de la donnée: les enregistrements ECU et la télémétrie ne sont pas de simples courbes; ils fondent la vérité d’une course. Leur intégrité et leur traçabilité sont vitales. La rigueur des procédures: en cas de drapeau rouge, la bonne application du countback dépend du tour de référence. Une seconde d’inattention peut inverser le résultat. La logistique comme atout de performance: de l’étiquetage du matériel à la traçabilité des boîtiers et valises, une organisation irréprochable peut faire gagner… des victoires. La résilience d’équipe: entre pluie diluvienne, débats réglementaires et chasse à la voiture de location, Jordan a tenu la ligne, unie et méthodique, jusqu’au bout. Sur le plan sportif, la victoire de Fisichella rappelle qu’en F1, tout peut arriver quand les éléments s’en mêlent. Les circuits à l’ancienne, comme Interlagos, génèrent des scénarios imprévisibles qui valorisent la science du pilotage autant que la vision stratégique. Dans ces contextes, la capacité à lire la course, à anticiper les neutralisations et à maximiser les fenêtres de ravitaillement peut renverser des montagnes. Elle souligne aussi l’importance de la clarté réglementaire. Depuis, la F1 a affiné ses protocoles, renforcé l’outillage de direction de course et amélioré la coordination avec les systèmes de chronométrage. L’objectif: garantir des décisions plus rapides, mieux documentées et plus faciles à expliquer aux équipes comme au public. L’affaire de 2003 montre que, même dans l’incertitude, une chaîne de preuves solide peut rétablir l’équité sportive. Enfin, sur le plan humain, ce récit célèbre la ténacité. Le nom de Fisichella s’est inscrit dans l’histoire non pas seulement grâce à la pluie ou au hasard, mais parce qu’une équipe entière a refusé d’abandonner la vérité. Dans un championnat où l’on parle chevaux, ailerons et maps moteur, la victoire s’est jouée sur un objet à la fois banal et crucial: une valise contenant l’ECU, retrouvée à temps. 🚀 De l’instant décisif à la postérité : pourquoi cette victoire résonne encore Vingt ans plus tard, le GP du Brésil 2003 reste cité comme l’exemple parfait d’une victoire conquise autant sur l’asphalte que dans les coulisses. Pour les passionnés, il symbolise la magie brute de la F1: un sport où le talent d’un pilote peut se marier à la sagacité d’ingénieurs, où un tour franchi au bon moment peut valoir un destin, où le fracas d’un drapeau rouge ne recouvre pas la vérité quand des données fiables parlent. Pour les équipes contemporaines, c’est un rappel utile: la performance ne s’arrête pas à la ligne d’arrivée. Elle englobe la gestion de l’information, la validation des faits, la communication avec les autorités et la capacité à orchestrer une défense technique convaincante. Jordan a transformé une conviction en certitude par la preuve, et c’est toute la différence entre une belle histoire et une victoire officielle. Pour Giancarlo Fisichella, ce moment fut le premier sommet d’une carrière marquée par la finesse et la régularité. Il ne vivra pas le champagne au Brésil ce dimanche-là, mais l’empreinte laissée par sa victoire tardive n’en est que plus forte: elle rappelle que l’on peut gagner de bien des manières, et que l’essentiel est de faire triompher la réalité sportive. Quant à Kimi Räikkönen, sa classe lors de la passation du trophée à Imola a ajouté une touche d’élégance à cette page unique, rappelant que les champions le sont aussi par le respect qu’ils portent à leurs adversaires et à la vérité du chrono. Interlagos, la pluie, un drapeau rouge, un ECU sauvé in extremis, un podium différé, et une justice rendue: toutes les pièces d’un puzzle inouï se sont assemblées pour offrir l’une des fables modernes de la Formule 1. Et c’est précisément ce qui fait la beauté de ce sport: l’issue n’est jamais écrite, même lorsque la course s’arrête. Conclusion inspirante — Dans le vacarme des moteurs comme dans le silence d’une salle d’audience, la vérité finit toujours par passer la ligne: quand la passion s’allie à la preuve, aucune pluie ne peut éteindre la lumière d’une victoire. Et puisqu’un destin se joue parfois à une seconde, pourquoi remettre votre rêve automobile à plus tard ? De l’ Aston Martin Vantage en LOA/LLD à l’achat à distance, faites simple avec Joinsteer et gardez la pole de l’occasion. Joinsteer, votre marketplace automobile Joinsteer scanne toute l’Europe pour trouver LE véhicule de vos rêves et vous le délivrer dans les meilleures conditions. 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Valise égarée, victoire retrouvée : l’incroyable triomphe de Fisichella au GP du Brésil 2003 LA VOITURE DE VOS RÊVES Dès 349€/mois LA VOITURE DE VOS RÊVES Dès 349€/mois LA VOITURE DE VOS RÊVES Dès 349€/mois Blog / F1 actu / Valise égarée, victoire retrouvée : l’incroyable triomphe de Fisichella au GP du Brésil 2003 Valise égarée, victoire retrouvée : l’incroyable triomphe de Fisichella au GP du Brésil 2003 Thibaud Carrai F1 F1 actu mercredi 5 novembre 2025 Parfois, l’histoire du sport se joue à un souffle, à une décision, ou… à une valise. Le Grand Prix du Brésil 2003, disputé sous des trombes d’eau à Interlagos, a offert l’une des conclusions les plus improbables de l’ère moderne de la Formule 1. Au cœur de cette épopée: Giancarlo Fisichella et l’écurie Jordan. Une victoire arrachée non pas sous le drapeau à damier, mais quelques jours plus tard, après une analyse pointue des données de chronométrage et une course contre la montre pour récupérer un boîtier électronique oublié dans une voiture de location. Ce récit, à la fois chaotique et exaltant, raconte comment l’alliance de la performance, de la persévérance et de la preuve technique a réécrit le palmarès. Ce jour-là, sous la pluie brésilienne, tout a basculé. Les sorties de piste, les neutralisations et, finalement, le drapeau rouge ont brouillé la hiérarchie. À la surprise générale, le résultat initial a favorisé Kimi Räikkönen, avant qu’une enquête officielle ne vienne tout remettre à plat. Entre la règle de countback (le reclassement en remontant de deux tours), un passage de ligne crucial et la donnée incontestable issue de l’ECU (unité de contrôle électronique), c’est une bataille d’interprétations et de chiffres qui a désigné le vrai vainqueur. Cette histoire serait déjà extraordinaire sans le rebondissement logistique: l’ECU de la Jordan de Fisichella, contenant la clé de voûte des preuves, a failli disparaître dans un coffre de voiture louée, perdue pendant des heures en plein São Paulo. Sans ces données, la vérité aurait pu rester dans l’ombre. Heureusement, la détermination de l’équipe a fait le reste. 🌧️ Chaos d’Interlagos : pluie, neutralisations et opportunité saisie Interlagos, circuit mythique de São Paulo, est réputé pour ses conditions capricieuses, ses dénivelés, ses courbes en appui et ses retournements de situation. En 2003, la météo a transformé la course en véritable loterie maîtrisée. Dès les premières boucles, la pluie intense a provoqué aquaplaning, sorties de piste et interventions répétées de la voiture de sécurité. Les stratégies se sont faites et défaites à coups de ravitaillements calculés à la minute, de pneus choisis au dernier instant, et d’un sang-froid indispensable pour survivre au chaos. Giancarlo Fisichella, au volant d’une Jordan qui n’était plus la force qu’elle avait été quelques années plus tôt, a brillé par sa gestion des conditions. Il a maintenu un rythme sûr mais incisif, profitant des erreurs des autres et d’une stratégie carburant pertinente au moment clé. À mesure que l’averse redoublait, le peloton s’est effiloché et de violents incidents ont finalement bloqué la piste, menant à l’interruption de l’épreuve par drapeau rouge. Dans cette confusion finale, le sentiment que Fisichella avait accompli un exploit grandissait, mais l’issue officielle restait incertaine. Car si la piste racontait une histoire, les papiers de classement en racontaient une autre. En bord de piste, les mécanos, ingénieurs et dirigeants ressentaient autant la fatigue que la tension. La Jordan avait de bonnes raisons de croire à la victoire: Fisichella semblait avoir pris la tête de manière nette juste avant l’arrêt de la course. Mais dans un sport où l’invisible (les capteurs, les marquages électroniques de ligne, les délais d’activation de procédures) pèse autant que l’image TV, il fallait plus qu’une intuition: il fallait une preuve. ⏱️ L’imbroglio du chronométrage et la règle du countback Au moment du drapeau rouge, la procédure en vigueur imposait de figer le classement à partir d’un countback — un recul de deux tours par rapport au tour supposé en cours. Or, un élément s’est révélé décisif: sur quel tour se trouvait exactement Fisichella quand la course a été interrompue ? Les résultats initiaux ont été calculés en partant du postulat que la Jordan n’avait pas encore entamé le 56e tour au moment de l’interruption. Avec un reclassement deux tours plus tôt, le verdict favorisait Kimi Räikkönen, leader au 53e passage. Mais chez Jordan, l’analyse télémétrique racontait une autre histoire. Les ingénieurs étaient convaincus que Fisichella avait bel et bien franchi la ligne et commencé le 56e tour quelques secondes avant que le drapeau rouge ne soit brandi. Cette nuance changeait tout: si le 56e tour avait débuté, le reclassement deux tours plus tôt devait s’opérer sur le 54e, et non le 53e — un tour où Fisichella menait la danse. La discussion, d’abord informelle, est devenue une démarche officielle auprès des autorités sportives. La pièce maîtresse ? Les données extraites de l’ECU de la Jordan EJ13. Selon ces enregistrements, Fisichella aurait entamé le 56e tour environ 12 secondes avant l’arrêt de l’épreuve. Une marge suffisante pour justifier une révision du classement. Ce détail technique, rigoureusement horodaté, a annulé la perception initiale et replacé la réalité sportive au cœur du jugement. Cette affaire met en lumière la complexité du chronométrage en Formule 1. Derrière les chronos se cache un empilement d’horloges, de capteurs, de boucles magnétiques et de synchronisations. Un léger décalage d’interprétation ou de transmission peut influer sur l’analyse, surtout en cas de neutralisation brutale. À Interlagos en 2003, la pluie n’a pas seulement fait déraper les voitures: elle a mis à l’épreuve la précision des protocoles. La décision finale, rendue après examen approfondi, a rectifié une page d’histoire pour la rendre conforme à la piste. 🧳 Une valise, une voiture de location… et l’ECU sauvé in extremis Comme si l’intrigue n’était pas suffisamment tendue, un rebondissement digne d’un thriller logistique a failli tout compromettre. Au cœur du dossier: la précieuse boîte électronique, l’ECU, contenant les données brutes de la voiture de Fisichella. Après la course, dans la frénésie des déplacements et des célébrations mesurées, l’ECU a été placé dans une valise – avant d’être oublié dans l’un des véhicules de location utilisés par l’équipe durant le week-end. Le problème ? Tout le monde n’empruntait pas les mêmes trajets pour rallier l’aéroport, et le véhicule en question a disparu du radar. Il a fallu environ six heures de recherches, de coups de fil et de coordination pour localiser la voiture et récupérer l’objet le plus important du moment. Sans cet ECU, la démonstration technique de Jordan aurait été nettement plus fragile. Dans un sport où l’on gagne à la milliseconde, le destin d’une victoire s’est joué à une poignée d’heures et à la vigilance d’un groupe de mécaniciens épuisés mais déterminés. Andy Stevenson, alors chef mécanicien chez Jordan — aujourd’hui directeur sportif chez Aston Martin — a raconté combien l’équipe était persuadée d’avoir gagné sur la piste, mais savait aussi que la conviction ne suffisait pas. Il fallait un dossier irréfutable. Le boîtier électronique, son horodatage, les temps de franchissement et les métriques embarquées constituaient la colonne vertébrale de la vérité sportive. Les célébrations, déjà timides car suspendues à une décision, se sont transformées en mission de sauvetage d’un élément de preuve. Une leçon de préparation et de contrôle qualité qui dépasse le simple cadre des stands. Récupérer l’ECU, c’était sécuriser la justice du résultat. Et dans cette quête, Jordan a démontré une qualité rare: la capacité à gagner aussi en dehors de la piste, avec méthode, calme et obstination. 🏆 Podium différé et passation symbolique à Imola La décision finale des instances sportives a confirmé la victoire de Giancarlo Fisichella quelques jours après la course. Une consécration méritée mais singulière: le pilote italien n’a pas levé le trophée sur le podium d’Interlagos. Pour réparer en partie ce rendez-vous manqué, une cérémonie spéciale a été organisée à Imola, lors de l’épreuve suivante, où Kimi Räikkönen a remis le trophée de vainqueur à Fisichella. Un geste respectueux et marquant, à la hauteur de l’esprit de compétition qui unit les pilotes au-delà des verdicts administratifs. Le cœur du pilote, lui, a vécu un véritable ascenseur émotionnel. Passer d’une joie instinctive à l’incrédulité, puis à l’attente d’une confirmation officielle en dit long sur la pression propre à la F1. Fisichella a raconté avoir reçu l’annonce tard dans la nuit: la délivrance d’un « tu es le vainqueur » gravée à jamais. S’il a regretté de ne pas avoir connu l’ivresse du podium sur le moment, il a aussi reconnu l’importance du symbole: être l’Italien qui met fin à une longue disette nationale en F1, et inscrire le nom de Jordan une dernière fois au sommet. Cette victoire est d’autant plus mémorable qu’elle fut la dernière de l’écurie Jordan. Après 2003, l’équipe a peiné à retrouver de la compétitivité, a traversé une période de transition et a finalement changé de mains avant d’être rebaptisée. Le GP du Brésil 2003 fait donc figure d’étoile filante dans l’histoire de l’écurie: brève, lumineuse, inoubliable. 🟡 Héritage de Jordan et leçons pour la F1 moderne Au-delà de l’anecdote, ce Grand Prix incarne plusieurs leçons utiles aux équipes de F1, hier comme aujourd’hui: La souveraineté de la donnée: les enregistrements ECU et la télémétrie ne sont pas de simples courbes; ils fondent la vérité d’une course. Leur intégrité et leur traçabilité sont vitales. La rigueur des procédures: en cas de drapeau rouge, la bonne application du countback dépend du tour de référence. Une seconde d’inattention peut inverser le résultat. La logistique comme atout de performance: de l’étiquetage du matériel à la traçabilité des boîtiers et valises, une organisation irréprochable peut faire gagner… des victoires. La résilience d’équipe: entre pluie diluvienne, débats réglementaires et chasse à la voiture de location, Jordan a tenu la ligne, unie et méthodique, jusqu’au bout. Sur le plan sportif, la victoire de Fisichella rappelle qu’en F1, tout peut arriver quand les éléments s’en mêlent. Les circuits à l’ancienne, comme Interlagos, génèrent des scénarios imprévisibles qui valorisent la science du pilotage autant que la vision stratégique. Dans ces contextes, la capacité à lire la course, à anticiper les neutralisations et à maximiser les fenêtres de ravitaillement peut renverser des montagnes. Elle souligne aussi l’importance de la clarté réglementaire. Depuis, la F1 a affiné ses protocoles, renforcé l’outillage de direction de course et amélioré la coordination avec les systèmes de chronométrage. L’objectif: garantir des décisions plus rapides, mieux documentées et plus faciles à expliquer aux équipes comme au public. L’affaire de 2003 montre que, même dans l’incertitude, une chaîne de preuves solide peut rétablir l’équité sportive. Enfin, sur le plan humain, ce récit célèbre la ténacité. Le nom de Fisichella s’est inscrit dans l’histoire non pas seulement grâce à la pluie ou au hasard, mais parce qu’une équipe entière a refusé d’abandonner la vérité. Dans un championnat où l’on parle chevaux, ailerons et maps moteur, la victoire s’est jouée sur un objet à la fois banal et crucial: une valise contenant l’ECU, retrouvée à temps. 🚀 De l’instant décisif à la postérité : pourquoi cette victoire résonne encore Vingt ans plus tard, le GP du Brésil 2003 reste cité comme l’exemple parfait d’une victoire conquise autant sur l’asphalte que dans les coulisses. Pour les passionnés, il symbolise la magie brute de la F1: un sport où le talent d’un pilote peut se marier à la sagacité d’ingénieurs, où un tour franchi au bon moment peut valoir un destin, où le fracas d’un drapeau rouge ne recouvre pas la vérité quand des données fiables parlent. Pour les équipes contemporaines, c’est un rappel utile: la performance ne s’arrête pas à la ligne d’arrivée. Elle englobe la gestion de l’information, la validation des faits, la communication avec les autorités et la capacité à orchestrer une défense technique convaincante. Jordan a transformé une conviction en certitude par la preuve, et c’est toute la différence entre une belle histoire et une victoire officielle. Pour Giancarlo Fisichella, ce moment fut le premier sommet d’une carrière marquée par la finesse et la régularité. Il ne vivra pas le champagne au Brésil ce dimanche-là, mais l’empreinte laissée par sa victoire tardive n’en est que plus forte: elle rappelle que l’on peut gagner de bien des manières, et que l’essentiel est de faire triompher la réalité sportive. Quant à Kimi Räikkönen, sa classe lors de la passation du trophée à Imola a ajouté une touche d’élégance à cette page unique, rappelant que les champions le sont aussi par le respect qu’ils portent à leurs adversaires et à la vérité du chrono. Interlagos, la pluie, un drapeau rouge, un ECU sauvé in extremis, un podium différé, et une justice rendue: toutes les pièces d’un puzzle inouï se sont assemblées pour offrir l’une des fables modernes de la Formule 1. Et c’est précisément ce qui fait la beauté de ce sport: l’issue n’est jamais écrite, même lorsque la course s’arrête. Conclusion inspirante — Dans le vacarme des moteurs comme dans le silence d’une salle d’audience, la vérité finit toujours par passer la ligne: quand la passion s’allie à la preuve, aucune pluie ne peut éteindre la lumière d’une victoire. Et puisqu’un destin se joue parfois à une seconde, pourquoi remettre votre rêve automobile à plus tard ? De l’ Aston Martin Vantage en LOA/LLD à l’achat à distance, faites simple avec Joinsteer et gardez la pole de l’occasion. Joinsteer, votre marketplace automobile Joinsteer scanne toute l’Europe pour trouver LE véhicule de vos rêves et vous le délivrer dans les meilleures conditions. 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Fin de course calamiteuse pour Fisichella - Sport Auto Auto Journal F1i football365.fr Sports.fr Football.fr Akouodio - Podcast Sport auto occasion Guide de voyage REJOIGNEZ-NOUS SUR : Accueil Actu Sport Formule 1 Fin de course calamiteuse pour Fisichella Publié le 1 octobre 2006 à 09:14 Par Vincent_Lalanne-Sicaud C'est un Giancarlo Fisichella clairement déçu qui est monté sur la troisième marche du podium. Conscient que la victoire était à sa portée, l'Italien n'a pas esquissé le moindre sourire... Lors de la conférence de presse, il a tout de même trouvé quelques points positifs à son week-end. Lent en début de course et menacé par Raikkonen, Fisico a été très rapide dans le second relai, où il a doublé Alonso et pris l'avantage sur Schumacher. Mais sa fin de course a été catastrophique: Schumacher l'a passé dès le premier virage après son second arrêt, et Alonso est également revenu pour le doubler à sept tours de l'arrivée. Il a perdu quante (!) secondes sur l'Espagnol sur ces septs derniers tours ! Au début de la course, j'ai eu un peu de mal à être rapide," analyse Fisichella. "J'essayais de rester en piste et de garder un bon rythme. Après mon arrêt j'ai gardé les mêmes pneus et l'équilibre était bon, et j'étais en mesure de faire de bons chronos, j'étais plutôt performant." C'est ensuite que les choses se sont compliquées pour l'Italien... "Après avoir chaussé les pneus pour piste sèche c'est devenu compliqué pour moi," confirme-t-il. "Je n'avais aucune adhérence, et après j'ai réduit mon régime moteur avec la troisième place comme objectif. C'est un bon résultat pour moi, qui me permet de prendre la troisième place au championnat." Il aurait pourtant pu gagner s'il avait résisté à Schumacher à la fin de la course, puisqu'il est resorti des stands en tête ! "La voiture était difficile à la fin, surtout quand je suis entré dans le virage un," explique Fisichella. "C'est un endroit spécial, je suis sorti trop large à l'extérieur et j'ai perdu la tête... Michael s'est engoufré et il m'a passé." Sa fin de course calamiteuse, en terme de temps au tour, reste tout de même très décevante. Sur le même sujet Formule 1 Saison F1 2026 : votre guide pratique complet (calendrier, classements, infos techniques) Formule 1 Isack Hadjar : le Français peut-il déjouer "la malédiction Red Bull" dès 2026 ? Formule 1 Salaires des Pilotes F1 2025 : le nouveau classement est tombé ! Nos marques populaires Voir tout Renault Peugeot Citroën DS Audi Mercedes BMW Tesla Fiat Ford Toyota Volkswagen Voir toutes les marques À propos de l’auteur Vincent_Lalanne-Sicaud Ses derniers articles - Michael Schumacher : ses tests méconnus pour Sauber et Ligier - Les ailerons et museaux les plus bizarres vus en F1 (en images) - F1 - Ces folles innovations aujourd'hui interdites (+ images) Sport Auto Top 5 articles F1 - Un des circuits préférés des pilotes de... Par Guillaume Alvarez Elles ne sont pas des Ferrari, leur cœur... Par Lucas Brenot BMW M3 (E92) : que vaut-elle sur le marché de... Cette BMW 740i E32 offre bien plus que de la simple... Par Hugo Quintal Lancia de retour en WRC : les pilotes 2026 sont connus Par Guillaume Alvarez Annonces Occasion Renault Captur 2025 E-Tech full hybrid 145 ch esprit Alpine ESSENCE - 1 537 Km 29 990 € → Voir l'annonce Peugeot 3008 2019 BlueHDi 130ch S&S EAT8 GT Line DIESEL - 133 433 Km 17 490 € → Voir l'annonce Volkswagen Polo 2018 1.0 TSI 115 S&S DSG7 Carat Exclusive ESSENCE - 59 000 Km 17 499 € → Voir l'annonce Volkswagen T-Cross 2022 T-Cross 1.0 TSI 95 Start/Stop BVM5 ESSENCE - 25 102 Km 18 990 € → Voir l'annonce Renault Captur 2024 TCe 90 Techno ESSENCE - 18 240 Km 19 699 € → Voir l'annonce Renault Clio 2023 1.0 SCe 65ch Evolution ESSENCE - 49 145 Km 12 890 € → Voir l'annonce Peugeot 208 2023 PureTech 100 S&S EAT8 Style ESSENCE - 9 631 Km 16 990 € → Voir l'annonce Volkswagen T-Cross 2025 1.0 TSI 95ch VW Edition ESSENCE - 7 500 Km 25 990 € → Voir l'annonce Volkswagen T-Cross 2021 1.0 TSI 110 Start/Stop BVM6 Active ESSENCE - 59 250 Km 17 489 € → Voir l'annonce Renault Clio 2023 1.0 SCe 65ch Evolution ESSENCE - 30 121 Km 13 790 € → Voir l'annonce Toutes les annonces occasion Profitez de nos offres d'abonnement je m'abonne Profitez de nos offres d'abonnement je m'abonne Rechercher un modèle Marque Abarth Acura Aixam Alfa Romeo AlphaTauri Alpina Alpine Apex Apollo Arash Ariel ARO Arrinera Automotive Artega Ascari Aspark Aston Martin Audi Auverland BAC BAIC Bentley Bertone BMW Bolloré Borgward Brabham Automotive Bristol Bugatti Cadillac Carrozzeria Touring Caterham Chevrolet Chrysler Citroën Corbellati Cupra Czinger Dacia Daewoo Daihatsu Dallara Dallas Dangel David Brown Automotive De la chapelle De Tomaso Detroit Electric Dodge Donkervoort DR DS Eadon Green Eterniti Motors Exagon F1 Felino Ferrari Fiat Fisker Force India Ford Ford USA FSO Genesis Genovation Genty Automobile Gillet Ginetta Giugiaro Gordon Murray Automotive GTA Gumpert Haas Hennessey Hispano Suiza Honda HULME Hummer Hyundai Icona IFR Automotive Imperia Automobiles Infiniti Isis Isuzu Italdesign Automobili Speciali Italdesign-Giugiaro Iveco Jaguar Jannarelly Jeep Karma Kia Koenigsegg KTM Lada Lamborghini Lancia Land Rover LDV Lexus Lightning Ligier Lincoln Lister Lotus Magnum Mahindra MAN Manor Marussia Maserati Mastretta Maybach Mazda McLaren Mega Melkus Mercedes Mercedes-AMG Mercedes-Maybach MG Mia Electric Mini Mitsubishi Morgan Nio Nissan Noble NosMoke Opel Oullim Motors Pagani Panoz Peugeot PGO Piaggio Piech Automotive Pininfarina Polaris Polestar Polski/FSO Pontiac Porsche Proton Puritalia Quarkus Racing Point Radical Red Bull Renault Renault Trucks Rezvani Rimac Automobili Roding Rolls-Royce Rover Saab Saleen Santana Sauber Sbarro SCG Scion Seat Shelby Shuanghuan Sin Cars Skoda Smart Sovamag Spada Vetture Sport Spyker SRT SsangYong SSC Subaru Suzuki Tata Techrules Tesla Motors Toro Rosso Toyota Tramontana Tushek TVR Vanderhall Venturi Veritas Vision VLF Automotive Volkswagen Volvo Vühl W Motors Wiesmann Williams Xiaomi Zagato Zenos Zenvo Modèle A découvrir aussi La rédaction Mentions légales Service client Contactez-nous Je m'abonne à Sport Auto KiosqueMag : la boutique officielle Annonces voiture d’occasion CGU Politique de confidentialité L'Auto Journal Auto Plus F1i Ce site appartient à Reworld Media Autres thématiques du groupe : Voyages Féminin Infotainment Maison Sport Séminaires et Evénementiel Gaming Artisans/BTP DIY Déco
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Syrie : les Américains vont-ils se retirer ? Cet article date de plus de sept ans. Syrie : les Américains vont-ils se retirer ? Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo Sans paiement. Sans abonnement. : nouveau : nouveau Copier le lien Facebook Whatsapp X Email Publié le 19/12/2018 21:22 Temps de lecture : 1min - vidéo : 1min Article rédigé par France 2 France Télévisions Donald Trump, le président des Etats-Unis, a fait une annonce surprise mercredi 19 décembre en assurant vouloir retirer ses troupes de la Syrie, soit plus de 2 000 soldats. Donald Trump (Nouvelle fenêtre) , sur le réseau social Twitter, a indiqué mercredi 19 décembre que les Etats-Unis avaient atteint leur objectif en Syrie. "C’est une nouvelle fois par tweet que le président Trump a expliqué son intention de retirer les soldats américains de Syrie. Il a dit que maintenant que Daech est vaincu, les soldats américains peuvent désormais rentrer à la maison dans les deux à trois mois" , souligne le journaliste Loïc de la Mornais en duplex de Washington dans le 20 Heures de France 2. Tout le monde pris de cours Et le journaliste d’ajouter : "Cette annonce a pris de court tout le monde, ses conseillers, ses généraux, car tous disaient encore récemment que ce serait une erreur stratégique de retirer les soldats américains de Syrie et que non, Daech n’est pas vaincu. Si cette annonce est confirmée, cela va rebattre les cartes dans la région, d’abord pour les Kurdes qui vont perdre leur grand protecteur américain. Ensuite pour Israël, très inquiet de voir leurs ennemis jurés, les Iraniens, opérés en Syrie. Mais les Américains ne quittent pas la région. Ils ont encore de grosses bases en Irak." Copier le lien Facebook Whatsapp X Email Sur le même thème Le gouverneur de Louisiane nommé envoyé spécial des Etats-Unis au Groenland : Podcast Donald Trump de retour à la Maison Blanche : ça dit quoi ? Noël : des décorations XXL aux États-Unis États-Unis : San Francisco victime d'une panne géante d'électricité "L'Europe, on n'en a rien à faire" : dans son ouvrage "Cette Amérique qui nous déteste", le journaliste Richard Werly part à la rencontre de l'Amérique trumpiste À regarder Le "Walk of Fame" de Donald Trump • 1 min Éviter les indigestions de Noël • 3 min Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse de Vladimir Poutine • 3 min Panettone : une passion française • 3 min Jared Isaacman, le businessman qui pilote la Nasa • 3 min Léonie, employée chez Carrefour et star des réseaux sociaux • 2 min Témoignage : patron de PME à 16 ans • 2 min Christiane Taubira : la poésie au service des batailles politiques • 2 min Vers un record du monde de la plus haute vague surfée par une femme ? • 1 min "Je suis rassurée que l'extrême droite continue de me considérer comme son ennemie" : Christiane Taubira, toujours prête au combat • 2 min Ce que tu dois savoir sur la CAN 2025 • 1 min Association Kylian Mbappé : un coup de pouce pour l'avenir • 2 min Elle joue du piano à l’hôpital • 2 min Braquage à l'explosif : une manufacture de bijoux cambriolée à Besançon • 2 min Refus d'obtempérer : une femme grièvement blessée • 2 min La policière vendait des infos sur Snap • 2 min Témoignage exclusif d'un hackeur • 3 min Guide de survie pour les fêtes de fin d’année • 2 min Mercosur : la signature de l'accord repoussée à janvier • 2 min Gaza : 11 000 disparus sous les décombres • 3 min Le business juteux des pulls moches de Noël • 2 min Trente patients empoisonnés : l'anesthésiste Frédéric Péchier condamné à perpétuité • 3 min Colère agricole : jour de tensions à Bruxelles • 3 min Nos conseils pour déceler les arnaques quand vous achetez en ligne • 2 min Il a tout plaqué pour vivre sur une île déserte • 3 min Des empreintes de dinosaure découvertes près du site des JO d’hiver de Milan • 1 min Aux États-Unis, l’arrestation d’une femme par l’ICE fait scandale • 2 min Philippe Boxho Le médecin qui fait parler les morts • 2 min Une prostituée allemande défend l'existence des maisons closes • 3 min Le geste de cette Miss met des pays en colère • 2 min La Quotidienne Monde Retrouvez tous les jours à 19h les événements marquants de l’actualité internationale Votre adresse e-mail Merci ! 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Qu’est-ce qui cause les pierres aux reins? - Québec Science Opinion Santé Espace Technologie Environnement Énergie Climat Nature Animaux Société Archéologie Sciences Physique Chimie Maths Découvertes de l’année Les 10 découvertes de 2024 Les 10 découvertes de 2023 Les 10 découvertes de 2022 Les 10 découvertes de 2021 Les 10 découvertes de 2020 Les 10 découvertes de 2019 Les 10 découvertes de 2018 Les 10 découvertes de 2017 Les 10 découvertes de 2016 Les 10 découvertes de 2015 Les 10 découvertes de 2014 Les 10 découvertes de 2013 Les 10 découvertes de 2012 Les 10 découvertes de 2011 Les 10 découvertes de 2010 Les 10 découvertes de 2009 Abonnez-vous au magazine Achetez le numéro présentement en kiosque Abonnez-vous à l’infolettre Abonnez-vous à nos balados SUIVEZ-NOUS Publicité Santé 11 mai 2018 Temps de lecture : 2 minutes Qu’est-ce qui cause les pierres aux reins? Par Marine Corniou Calculs rénaux retirés par chirurgie (échelle en cm). Photo: Istockphoto Partagez On dit souvent que les pierres aux reins peuvent entraîner les pires douleurs, comparables même à celles de l’accouchement. Il faut dire que ces cristaux, parfois aussi gros qu’une balle de golf, se logent dans le système urinaire et peuvent bloquer l’évacuation de l’urine. Résultat, les voies se distendent et ça fait mal ! Certains cristaux de petite taille peuvent toutefois être expulsés sans douleur et passer inaperçus. Selon la Fondation canadienne du rein, 1 Canadien sur 10 souffrira au cours de sa vie de pierres aux reins, aussi appelées lithiases ou calculs rénaux. « Et dans 50 % des cas, il y a une récidive dans les cinq années qui suivent. C’est un vrai problème de santé publique, qui coûte cher et qui est malheureusement mal connu », déplore le docteur Julien Letendre, urologue au Centre hospitalier Maisonneuve-Rosemont. Concrètement, ces pierres résultent de la cristallisation de certaines substances qui devraient normalement être diluées dans l’urine. Si ces éléments s’agrègent ainsi dans les canaux rénaux, les uretères et la vessie, c’est soit parce qu’ils sont présents en trop grande quantité dans l’urine, soit par manque d’eau (l’urine est trop concentrée). Quelles sont les causes? Plus de 100 maladies et facteurs de risque favorisent la formation de cristaux urinaires, et une centaine de composés chimiques ont été identifiés dans les calculs rénaux. Difficile, donc, d’énumérer toutes les causes possibles. Cela dit, dans environ 80 % des cas, les calculs sont formés d’oxalate de calcium. Et, le plus souvent, ce sont les mauvaises habitudes alimentaires qui sont à blâmer : consommation excessive de protéines et de sel, apport insuffisant en eau, ou penchant trop marqué pour des aliments riches en oxalate, au premier rang desquels se trouve le chocolat. « Beaucoup de patients concernés sont aussi de gros buveurs de Pepsi ou de Coke, qui contiennent énormément d’oxalate », dit Julien Letendre. Les feuilles de thé, la rhubarbe, les épinards et les betteraves font aussi partie de la liste, quoiqu’ils soient moins addictifs ! Ce n’est donc pas pour rien que la lithiase a souvent été considérée comme une maladie liée à l’opulence. D’ailleurs, des calculs rénaux ont été repérés sur des momies égyptiennes datant de 4 400 ans avant notre ère. Et de nombreux souverains, depuis Alexandre le Grand jusqu’à Charlemagne, en passant par Henri VII d’Angleterre ou Napoléon III, ont souffert de cette « maladie de riches ». La prévalence des calculs rénaux a triplé en Amérique du Nord depuis les années 1970, et augmente dans tous les pays industrialisés en raison des changements de régime alimentaire et, dans une moindre mesure, des changements climatiques (la sécheresse étant un facteur de risque). Quant aux produits laitiers, souvent dénoncés pour leur teneur en calcium, pas besoin de les supprimer, au contraire : ils atténuent la formation des cristaux en baissant l’absorption de l’oxalate, s’ils sont consommés en quantité raisonnable. « Certains patients sont aussi de grands adeptes des suppléments alimentaires, comme la vitamine C qui est transformée en oxalate lorsqu’elle est métabolisée. Chez quelqu’un qui a une alimentation équilibrée, ces suppléments sont inutiles », rappelle le docteur Letendre. Mais attention, dans 40 % des cas, les cailloux sont dus à une maladie sous-jacente, comme le diabète, l’hyperparathyroïdie, la sarcoïdose, une infection urinaire ou une maladie génétique. D’où l’importance d’analyser la composition des cristaux pour comprendre l’origine du mal. Cet article fait partie d’un dossier répondant aux 50 questions de santé les plus fréquemment entrées par les Québécois dans le moteur de recherche Google. Pour accéder à toutes les questions de santé, cliquez ici. Il vous reste 1 article gratuit. Abonnez-vous et bénéficiez d’un accès illimité. Abonnez-vous Déjà abonné·e ? Connectez-vous Publicité Les plus populaires Santé Quelle est l’efficacité du vaccin contre la grippe cette année? PAR Marine Corniou 18/12/2025 Nature Étudier la biodiversité grâce à l’ADN environnemental PAR Bruno Lamolet 11/12/2025 Santé Le vrai visage du vapotage PAR Laurence Niosi 09/12/2025 Publicité Infolettre Abonnez-vous Des histoires de science passionnantes, chaque mois, dans votre boîte courriel. Je veux m’inscrire Publicité À lire aussi Santé Pourquoi doit-on s’inquiéter des cas de rougeole? Les bébés et les jeunes enfants sont les premières victimes de la rougeole. Voici ce qu’il faut savoir sur cette maladie hautement contagieuse. 19 décembre 2025 Santé Quelle est l’efficacité du vaccin contre la grippe cette année? La saison de la grippe 2025-2026 a commencé en force. Les cas sont attribués en majeure partie à une nouvelle souche de grippe, H3N2, qui a muté plusieurs fois au cours de l’été. 18 décembre 2025 Santé Le vrai visage du vapotage Après plus de dix ans d’usage répandu, la vapoteuse révèle un visage inquiétant : dépendance chez les jeunes, risques pulmonaires et effets à long terme encore largement inconnus. 09 décembre 2025 Infolettre Abonnez-vous! Des histoires de science passionnantes, chaque mois, dans votre boîte courriel Je veux m’inscrire wpDiscuz
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Recep Tayyip Erdogan: L'entretien téléphonique avec Trump a été « très productif, exhaustif et sincère » Türkİye , Politique Recep Tayyip Erdogan: L'entretien téléphonique avec Trump a été « très productif, exhaustif et sincère » - « J'espère rencontrer mon ami Trump dans un avenir proche », déclare le Président de la Türkiye, exprimant l'espoir que leur rencontre « apporte de bonnes perspectives pour nos pays » Esra Tekin  | 05.05.2025 - Mıse À Jour : 05.05.2025 Istanbul AA / Istanbul / Esra Tekin Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré, lundi, que son entretien téléphonique avec le président américain Donald Trump a été « très productif, exhaustif et sincère ». « Aujourd'hui, mon entretien téléphonique avec le président des États-Unis, mon cher ami M. Donald Trump, a été très productif, exhaustif et sincère », a déclaré Erdogan dans une publication sur le réseau social X, à l'issue de l'entretien. « J'espère rencontrer mon ami Trump dans un avenir proche », a déclaré Erdogan, exprimant l'espoir que leur rencontre « apporte de bonnes perspectives pour nos pays ». Précisant que cet entretien a permis d'aborder de nombreuses questions d'ordre régional et mondial, notamment l'aggravation de la situation humanitaire à Gaza et en Syrie, la guerre entre la Russie et l'Ukraine, le commerce mondial, ainsi que les négociations en cours entre l'Iran et les États-Unis, Erdogan a déclaré qu'ils avaient réaffirmé leur volonté mutuelle de renforcer les liens entre les deux nations, en particulier dans les domaines de l'industrie de la défense et du commerce. « J'ai exprimé mon appréciation pour les efforts du président Trump visant à mettre fin aux conflits et aux guerres en cours dans le monde, et j'ai souligné que la Türkiye est prête à fournir le soutien nécessaire pour établir la paix, la stabilité et la sécurité dans notre région », a déclaré le président turc. « J'ai fait part de mon souhait d'accueillir mon cher ami en Türkiye dès que possible, et il nous a invités à son tour aux États-Unis », a-t-il ajouté. *Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner. A Lire Aussi Donald Trump États-Unis Recep Tayyip Erdogan Türkiye Bu haberi paylaşın Monde Liban : 3 morts dans une attaque de drone menée par Israël dans le sud Nouvelles colonies israéliennes en Cisjordanie: La Belgique estime que l’expansion viole le droit international UE–Russie : le Conseil européen prolonge les sanctions économiques jusqu’au 31 juillet 2026 Ukraine : le Parlement va créer un groupe de travail sur la tenue d’une élection présidentielle sous la loi martiale Île Maurice : Plus d’un million de passagers transportés par Turkish Airlines en dix ans Dépeches similaires ANALYSE - Les coulisses de la tension en mer Noire : Du conflit contrôlé à la rivalité de puissance Le Danemark convoque l’ambassadeur américain après la nomination par Trump d’un envoyé spécial pour le Groenland Washington appelle le Cambodge et la Thaïlande à cesser les hostilités et à appliquer les accords de paix Le Premier ministre britannique Keir Starmer échange avec Trump sur les efforts de paix en Ukraine Macédoine du Nord – Türkiye : Siljanovska-Davkova affirme un renforcement continu des relations bilatérales Le ministre somalien de la Pêche met en avant une coopération renforcée avec la Türkiye We use cookies in a limited and restricted manner for specific purposes. For more details, you can see "our data policy". Accept Reject Manage Cookies Changing Cookie Preferences Mandatory cookies are used on our website www.aa.com.tr in order to provide you with a better service. These cookies cannot be disabled via the "Cookie Control Panel". You can view the cookies used on our site via the "Cookie Control Panel" and change your preferences. Necessary Cookies This cookie is used to distinguish between humans and bots. This is beneficial for the web site, in order to make valid reports on the use of their web site. Functional Cookies Remembers the user's selected language version of a website. Performance/Analytical Cookies Registers a unique ID that is used to generate statistical data on how the visitor uses the website.Used by Google Analytics to throttle request rate. Accept Reject Advertising/Marketing Cookies This cookie is used to collect information on consumer behavior, which is sent to Alexa Analytics. (Alexa Analytics is an Amazon company.) Accept Reject Retour à l'ancienne version Partagez vos commentaires: 0 / 5 Tweet Facebook Tweet Facebook
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James Paget Hospital → Great Yarmouth: tarifs et horaires Comment se rendre de James Paget Hospital à Great Yarmouth en en bus, taxi ou marche Trouver un transport pour Great Yarmouth Voyager depuis À Voir toutes les options Trouver un hébergement auprès de Booking.com Il y a 3 façons d'aller de James Paget Hospital à Great Yarmouth en bus, taxi ou marche Sélectionnez une option ci-dessous pour visualiser l’itinéraire étape par étape et comparer le prix des billets et les temps de trajet sur votre calculateur d’itinéraire Rome2Rio. Bus Le meilleur Prendre le bus de James Paget Hospital à Station Road 8 / ... 22 min Taxi Le moins cher Prendre le taxi de James Paget Hospital à Great Yarmouth 6,3 km 6 min 12–16 € Marche Prendre le marche de James Paget Hospital à Great Yarmouth 6 km 1h 11min Questions & Réponses Le moyen le moins cher de se rendre de James Paget Hospital à Great Yarmouth est en Taxi qui coûte €12 - €16 et prend 6 min. 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Plus d'informations Les services en James Paget Hospital services de Great Yarmouth à bus, opérés par First in Norfolk & Suffolk, partent de la gare James Paget Hospital Plus d'informations Les services de James Paget Hospital depuis Great Yarmouth jusqu'à bus, opérés par First in Norfolk & Suffolk, arrivent à la gare Station Road. Plus d'informations Démarrer la vue sur carte Distance : 6,4 km Durée : 22 min Quelles compagnies assurent des trajets entre James Paget Hospital, Angleterre et Great Yarmouth, Angleterre ? Opérateurs de bus Téléphone +44 345 646 0707 Site internet firstbus.co.uk Bus de James Paget Hospital à Station Road Temps moyen 22 min Fréquence Toutes les 5 minutes Horaires à firstbus.co.uk Téléphone 01502 714565 E-mail office@border-bus.co.uk Site internet border-bus.co.uk Bus de James Paget Hospital à Station Road Temps moyen 13 min Fréquence Toutes les 3 heures Horaires à border-bus.co.uk Autres opérateurs Temps moyen 6 min Prix estimé 12–16 € GY Taxis Téléphone +44 7535 929 902 Cummings & Goings Taxis Téléphone +44 1493 650 580 Anglia Taxis Téléphone +44 1493 855 855 Site internet angliataxisltd.co.uk Albies Taxis Téléphone +44 1493 331 111 Site internet albies-taxis.co.uk Harbour Cabs Téléphone +44 1502 507 299 Express Taxis Téléphone +44 7400 707 407 Atlas Taxis Téléphone +44 1502 500 000 Site internet atlas500000.co.uk Besoin d'une chambre d'hôtel à Great Yarmouth ? Réserver maintenant Great Yarmouth, Royaume-Uni Great Yarmouth, souvent appelée simplement Yarmouth, est une ville côtière du comté de Norfolk en Angleterre, laquelle se trouve à l'embouchure de la Rivière Yare, à environ à l'est de Norwich et à 18 kilomètres au nord de Lowestoft. Du Moyen Âge jusqu'au, Great Yarmouth fait partie des villes les plus peuplées d'Angleterre. C'est un port de plaisance depuis 1760 et un passage entre les voies navigables de Norfolk Broads et la mer. Pendant plusieurs siècles, Yarmouth dépendit de la pêche au hareng. Elle assure maintenant la maintenance de l'exploitation du pétrole en mer. Elle est aussi une station balnéaire, la plus importante dans le Norfolk. À voir et à faire à Great Yarmouth Great Yarmouth Pleasure Beach (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) Great Yarmouth Pleasure Beach est un parc d'attractions à entrée libre situé dans la ville côtière de Great Yarmouth, dans le comté de Norfolk, en Angleterre. Le parc est ouvert depuis 1909. Burgh Castle (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) Burgh Castle est un village et une paroisse civile du Norfolk, en Angleterre. Il est situé sur les berges de la, au cœur du parc national des Broads, à environ à l'ouest de la ville côtière de Great Yarmouth. Administrativement, il dépend du district non métropolitain de Great Yarmouth. Au moment du recensement de 2011, il comptait. Pleasurewood Hills (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pleasurewood Hills est un parc d'attractions situé à Corton dans le Suffolk, en Angleterre, Royaume-Uni. Il appartient au fonds d’investissement H.I.G. Capital France associé à Laurent Bruloy, ancien dirigeant d'Aqualud. The Broads (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) The Broads est un parc national du Norfolk et du Suffolk au Royaume-Uni. Il s'agit d'un réseau de rivières et de lacs, navigables pour la plupart. Où dormir à Great Yarmouth Prom Hotel (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) 8.7 Fabuleux Knights Court (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) 9.2 Superbe Furzedown Hotel (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) 8.7 Fabuleux Palm Court Hotel (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) 8.2 Très bien Rome2Rio facilite votre voyage entre James Paget Hospital et Great Yarmouth. Rome2Rio est un moteur de recherche d'informations et de réservation pour les voyages en porte-à-porte, vous aidant à vous rendre n'importe où dans le monde. Trouver toutes les options de transport pour votre voyage de James Paget Hospital à Great Yarmouth ici. Rome2Rio vous informe des calendriers, des itinéraires, des temps de trajet et coûts estimés pour chaque opérateur de transport, vous aidant à prendre une décision informée quant à l'option qui vous convient le mieux. Rome2Rio offre aussi la réservation en ligne pour certains opérateurs, pour un achat direct et simplifié. 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Cambridge — Wikipédia Aller au contenu 52° 12′ 29″ nord, 0° 07′ 21″ est Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Cet article concerne la ville universitaire britannique. Pour la ville américaine où se trouvent l’ université Harvard et le Massachusetts Institute of Technology , voir Cambridge (Massachusetts) . Pour les articles homonymes, voir Cambridge (homonymie) . Cambridge Héraldique Administration Pays Royaume-Uni Nation Angleterre Région Angleterre de l'Est Comté Cambridgeshire Statut Cité (1951) Maire Mandat Dinah Pounds ( Travaillistes ) 2025-2026 Indicatif (0)1223 Démographie Population 125 758 hab. ( 2018 ) Densité 3 090 hab./km 2 Géographie Coordonnées 52° 12′ 29″ nord, 0° 07′ 21″ est Altitude 6 m Superficie 4 070 ha = 40,70 km 2 Localisation Géolocalisation sur la carte : Royaume-Uni Cambridge Géolocalisation sur la carte : Cambridgeshire Cambridge Géolocalisation sur la carte : Angleterre Cambridge Liens Site web site officiel modifier Cambridge /'keɪm.brɪdʒ/ est une ville d’ Angleterre , au Royaume-Uni , située à 100 km au nord de Londres , sur la rivière Cam . Elle est connue pour son université de renommée mondiale, la deuxième plus ancienne d'Angleterre après l' université d'Oxford . Elle est également le centre administratif du comté du Cambridgeshire . Cambridge est devenu un centre commercial important à l'époque romaine et viking ; il existe des preuves archéologiques de peuplement dans la région dès l' âge du bronze . Les premières chartes de peuplement ont été accordées au XII e siècle ; le statut de cité ne lui a été officiellement conféré qu'en 1951. La ville est surtout connue pour abriter l'université de Cambridge, qui a été fondée en 1209 et se classe régulièrement parmi les meilleures universités du monde [ 1 ] , [ 2 ] . Les bâtiments de l'université comprennent la King's College Chapel , le laboratoire Cavendish et la bibliothèque de l'université de Cambridge , l'une des plus grandes bibliothèques de dépôt légal au monde. L'horizon de la ville est dominé par plusieurs bâtiments universitaires , ainsi que par la flèche de Our Lady and the English Martyrs Church et la cheminée de l' Addenbrooke's Hospital . L' université Anglia Ruskin , issue de la Cambridge School of Art et du Cambridgeshire College of Arts and Technology, a également son campus principal dans la ville. Aujourd'hui, 31 collèges sont gérés de manière autonome et indépendante, assurant l'hébergement et le suivi pédagogique des étudiants tandis que l'université se charge de l'enseignement. Aujourd'hui Cambridge est au cœur d'un centre de techniques de pointe surnommé le Silicon Fen (d'après Silicon Valley ). Sa force économique et innovatrice repose sur les industries de l' informatique , la biologie et des startup couvées par l'université. Plus de 40 % de la population possède un diplôme d'éducation supérieure, plus de deux fois la moyenne nationale. Le campus biomédical de Cambridge, l'un des plus grands pôles de recherche biomédicale au monde, comprend le siège d' AstraZeneca et l'hôpital Royal Papworth [ 3 ] . Le premier match de football a eu lieu à Parker's Piece. Le festival de musique et d'arts Strawberry Fair et la Midsummer Fair ont lieu sur Midsummer Common, et le festival annuel de la bière de Cambridge a lieu sur Jesus Green. La ville est adjacente aux routes M11 et A14. La gare de Cambridge est à moins d'une heure de la gare de King's Cross de londres. Au recensement de 2021 au Royaume-Uni, la population de Cambridge est de 145 700 habitants [ 4 ] , dont plus de 24 000 étudiants (parmi lesquels plus de 17 000 étudiants de l'université de Cambridge). Histoire [ modifier | modifier le code ] Préhistoire [ modifier | modifier le code ] Les campements existent autour du lieu depuis la période préhistorique . Les restes d'une ferme vieille de - 3500 ans, découverte sur le site du Fitzwilliam College , en constituent la première preuve certaine d'occupation [ 5 ] . Une collection d'armes de chasse date de l' âge de bronze qui commence vers 1000 av. J.-C. Une colonie sur Castle Hill au I er siècle av. J.-C. est la preuve archéologique de l'occupation à l' âge du fer , peut-être liée à des changements culturels plus larges survenus dans le sud-est de la Grande-Bretagne à la suite de l'arrivée des Belges [ 6 ] . Époque romaine [ modifier | modifier le code ] Le lieu commence à se développer lors de l'invasion romaine en Grande-Bretagne en 40 av. J.-C. En effet, Castle Hill fait alors de Cambridge un endroit intéressant pour un avant-poste militaire afin de défendre la rivière Cam. C'est aussi le point de rencontre de la Via Devana qui relie Colchester à Essex avec les garnisons de Lincoln et du nord. Le principal site romain est un petit castrum , Duroliponte, sur Castle Hill, juste au nord-ouest du centre-ville, autour de l'emplacement de l'ancien village breton . Le castrum est délimité sur deux côtés par les lignes formées par l'actuel Mount Pleasant, continuant à travers Huntingdon Road jusqu'à Clare Street. Le côté est suit Magrath Avenue, le côté sud passant près de Chesterton Lane et Kettle's Yard avant de tourner vers le nord-ouest à Honey Hill [ 7 ] . Il est construit vers 70 et converti à un usage civil environ 50 ans plus tard. D'autres campements romains ont été découverts, dont de nombreuses fermes [ 8 ] et un village dans le district de Cambridge de Newnham [ 9 ] . Le campement reste un centre régional 350 ans après l'occupation romaine, jusqu'en l'an 400. Les routes et les fortifications romaines sont encore visibles aujourd'hui. Moyen-Âge [ modifier | modifier le code ] Peterhouse Chapel, premier collège de l'université de Cambridge à être fondé. Église St Bene't, le plus ancien bâtiment debout du Cambridgeshire, à côté du Corpus Christi College. Après le départ des Romains de Grande-Bretagne vers 410, l'emplacement peut avoir été abandonné par les Britto-Romains , bien que le site soit généralement identifié comme Cair Grauth , répertorié parmi les 28 civitas de Grande-Bretagne post-romaine dans Historia Brittonum attribué à Nennius [ 10 ] . Il existe des preuves que les envahisseurs anglo-saxons commencent à occuper le territoire de Castle Hill et de ses alentours à la fin du siècle [ 11 ] comme des objets funéraires anglo-saxons retrouvés dans cette zone. Durant l'époque normande, le nom de la ville devient Grentabrige ou Cantebrigge (« Granta -bridge »), la rivière y coulant se nommant Granta . Avec le temps, le nom de la ville est devenu Cambridge, même si la rivière Cam est encore appelée Granta. Ce n'est que plus tard que cette rivière devient la Cam, en analogie avec le nom Cambridge. En moyen anglais , le nom de la colonie change en « Cambridge », dérivant du mot Camboricum , signifiant « passage » ou « gué » d'un ruisseau dans une ville ou une colonie [ 12 ] , [ 13 ] ; les tronçons inférieurs de la Granta changent leur nom en conséquence [ 14 ] . L'université utilise un adjectif pseudo- latin cantabrigiensis (souvent contracté en « Cantab ») pour signifier « de Cambridge », mais il s'agit d'un mot qui découle du nom anglais Pendant cette période, Cambridge bénéficie de bonnes liaisons commerciales à travers The Fens , un pays marécageux difficile à traverser. Au VII e siècle, la ville décline fortement et décrite par Bède le Vénérable comme une « petite ville en ruine » contenant le lieu de sépulture d' Etheldrède d'Ély . Cambridge est à la frontière entre les royaumes de l' Est-Anglie et des Angles du Milieu ; la colonie s'étend lentement des deux côtés de la rivière [ 15 ] . L'arrivée des Vikings est mentionnée dans la Chronique anglo-saxonne en 875, première référence connue d'un pont à Cambridge. La règle viking, le Danelaw , est imposée en 878. Leurs habitudes commerciales vigoureuses permettent à la ville de croitre rapidement. Au cours de cette période, le centre de la ville se déplace de Castle Hill sur la rive gauche de la rivière à la zone maintenant connue sous le nom de Quayside sur la rive droite [ 16 ] . Après la période viking, les Saxons reviennent au pouvoir, construisant des églises telles que l' église Saint-Bene't en 1025, toujours visible dans Benet's Street, des quais , des maisons de marchands et frappent une monnaie , qui produit des pièces avec le nom de la ville abrégé en « Grant » [ 16 ] . En 1068, deux ans après la Conquête normande de l'Angleterre , Guillaume le Conquérant construit un château sur Castle Hill, dont la motte castrale subsiste [ 15 ] . Comme le reste du royaume nouvellement conquis, Cambridge tombe sous le contrôle du roi et de ses représentants. La première charte de ville est accordée par Henri Ier entre 1120 et 1131. Il donne à Cambridge le monopole du trafic maritime et des péages et reconnait le tribunal du borough [ 15 ] . L'église ronde ( Round Church ) caractéristique date de cette époque [ 17 ] . En 1209, l'université est fondée par des étudiants d' Oxford fuyant après un différend avec les dirigeants locaux [ 18 ] , [ 19 ] . Le plus ancien collège encore existant, Peterhouse , est fondé en 1284 [ 20 ] . L'école de Pythagore, fondée en 1200 , est un des premiers établissements éducatifs de Cambridge, dont le bâtiment est encore visible dans le parc de St. John's College . En 1349, Cambridge est touchée par la peste noire . Peu de documents subsistent ; 16 des 40 érudits de King's Hall décèdent [ 21 ] . La ville au nord de la rivière est gravement touchée, étant presque anéantie [ 22 ] . À la suite d'un nouveau dépeuplement après une deuxième épidémie en 1361, une lettre de l' évêque d'Ely suggère que deux paroisses de Cambridge soient fusionnées car il n'y a pas assez de monde pour remplir ne serait-ce qu'une église [ 21 ] . Avec plus d'un tiers du clergé anglais qui est mort de la peste noire, quatre nouveaux collèges sont créés à l'université au cours des années suivantes pour former de nouveaux membres du clergé, à savoir Gonville Hall , Trinity Hall , Corpus Christi College et Clare College [ 23 ] . En 1382, une charte municipale révisée procède à une « diminution des libertés dont la communauté avait joui » en raison de la participation de Cambridge à la révolte des paysans . La charte transfère la surveillance de la boulangerie et du brassage, des poids et mesures, et de l'anticipation et de la restauration, de la ville à l'université [ 15 ] . Un des plus impressionnants bâtiments de la ville, King's College Chapel , est commencé en 1446, selon la volonté du roi Henri VI [ 24 ] . La chapelle est construite par phases par une succession de rois d'Angleterre de 1446 à 1515, son histoire est mêlée à la Guerre des Deux-Roses ; elle est achevée sous le règne du roi Henri VIII [ 24 ] . Le bâtiment deviendra synonyme de Cambridge et est actuellement utilisé dans le logo du conseil municipal de la ville [ 25 ] . XVI e – XVIII e siècles [ modifier | modifier le code ] Trinity Street et l'entrée principale de St John's College avec la tour de la chapelle du collège à l'arrière-plan. La maison d'édition Cambridge University Press débute avec un permis d'imprimer obtenu en 1534 . À la suite d'épidémies répétées de peste tout au long du XVI e siècle [ 26 ] , le premier projet de canalisation pour amener l'eau potable jusqu'au centre-ville ( Hobson's Conduit ) est lancé en 1610 ; certaines parties existent encore aujourd'hui. L'eau est amenée de Nine Wells, au pied des collines Gog Magog au sud-est de Cambridge, au centre de la ville [ 27 ] . Cambridge joue un rôle important au début de la première révolution anglaise car c'est le siège de l'Association des comtés de l'Est, une organisation administrant une armée régionale d' Est-Anglie , qui devient le socle de l'effort militaire parlementaire avant la formation de la New Model Army [ 28 ] . En 1643, le Parlement donne le contrôle de la ville à Oliver Cromwell , qui a fait ses études au Sidney Sussex College [ 29 ] . Le château de la ville est fortifié et garni de troupes ; certains ponts sont détruits pour aider à sa défense. Bien que les forces royalistes s'approchent à moins de 2 milles de la ville en 1644, les défenses ne sont jamais utilisées et la garnison est supprimée l'année suivante [ 28 ] . Addenbrooke's Hospital est fondé en 1766. Début de l'ère industrielle [ modifier | modifier le code ] Au XIX e siècle, comme de nombreuses autres villes anglaises, Cambridge se développe rapidement, en partie en raison de l'augmentation de l'espérance de vie et de l'amélioration de la production agricole, ce qui entraîne un accroissement des échanges sur les marchés de la ville [ 15 ] . Le mouvement des enclosures de 1801 et 1807 permet à la ville de s'étendre sur les champs ouverts environnants ; en 1912, et à nouveau en 1935, ses limites sont étendues pour inclure Chesterton, Cherry Hinton et Trumpington [ 28 ] . Le chemin de fer arrive en 1845 après une résistance initiale, avec l'ouverture de la ligne Londres-Norwich du Great Eastern Railway . D'après la légende, la station est située à l'extérieur du centre-ville à la suite de la pression de l'université pour restreindre les déplacements des étudiants de premier cycler et éviter qu'ils ne soient distraits par une rapide escapade à Londres [ 30 ] . Avec l'arrivée du chemin de fer et l'emploi qu'il engendre, les zones autour de la gare, comme Romsey Town, se développent [ 31 ] . La liaison ferroviaire avec Londres stimule des industries plus lourdes, telles que la production de briques, de ciment et de malt [ 15 ] . XX e et XXI e siècles [ modifier | modifier le code ] Des années 1930 aux années 1980, la ville s'agrandit avec la construction de plusieurs grands logements sociaux [ 32 ] . La zone au nord de la rivière est principalement impactée, où sont maintenant les quartiers d'East Chesterton, King's Hedges et Arbury où l' archevêque de Cantorbéry Rowan Williams a vécu et travaillé comme prêtre adjoint au début des années 1980 [ 33 ] . Pendant la Seconde Guerre mondiale , Cambridge est un important centre de défense de la côte est. La ville devient un centre militaire, avec un centre d'entraînement de la Royal Air Force et les quartiers généraux régionaux du Norfolk , Suffolk , Essex , Cambridgeshire , Huntingdonshire , Hertfordshire et Bedfordshire constitués pendant le conflit [ 34 ] . La ville elle-même échappe quasiment aux bombardements allemands, qui visent principalement le chemin de fer. 29 personnes sont tuées et aucun bâtiment historique n'est endommagé. En 1944, une réunion secrète de chefs militaires qui se tient au Trinity College jette les bases de l'invasion alliée de l'Europe [ 15 ] . Pendant la guerre, Cambridge sert de centre d'évacuation pour plus de 7 000 Londoniens, ainsi que pour certaines parties de l' université de Londres [ 34 ] . Cambridge obtient son statut de cité en 1951 en reconnaissance de son histoire, de son importance administrative et de son succès économique [ 34 ] . Cambridge n'a pas de cathédrale, traditionnellement une condition préalable au statut de cité, mais relève du diocèse d'Ely de l' Église d'Angleterre . En 1962, sa première galerie marchande , Bradwell's Court, ouvre ses portes sur Drummer Street ; elle est démolie en 2006 [ 35 ] . D'autres centres commerciaux suivent à Lion Yard, qui abrite une bibliothèque centrale destinée à la ville ; le Grafton Center remplace le parc immobilier victorien délabré du quartier de Kite, un projet à l'époque controversé [ 36 ] . Autour de la ville, se trouve la « Silicon Fen », région connue par la croissance de ses industries de haute technologie et des incubateurs qui s'y sont développés. L'université est rejointe en 1992 par Anglia Polytechnic qui devient Anglia Polytechnic University. Rebaptisée Université Anglia Ruskin (ARU) en 2005, l'institution trouve ses origines dans la Cambridge School of Art ouverte en 1858 par John Ruskin . Sa réputation en matière d'éducation a conduit d'autres entités telles que l' Open University d'East Anglia, à venir s'installer en ville. L'Open University a un bureau opérant sur Hills Road [ 37 ] . Une étude effectuée par le cabinet de consultants CACI en 2004 aboutit à la conclusion qu'un quartier du centre-ville de Cambridge serait « la capitale des fumeurs » du Royaume-Uni. En effet, les habitants de ce quartier semblent dépenser davantage d'argent en cigarettes que ceux d'autres régions du pays, avec plus de deux mille livres sterling par an. Ce quartier est celui de plusieurs collèges de l'université, tels que Clare , King's College et Trinity College . Le 5 mars 2004 , le statut de ville du commerce équitable est décerné à Cambridge. Le 29 octobre 2004 , le célèbre jeu de société Monopoly lance la publication d'une édition spéciale sur Cambridge. Université de Cambridge [ modifier | modifier le code ] King's College Chapel . Article détaillé : Université de Cambridge . L’ université de Cambridge est mondialement célèbre avec celle tout aussi connue d' Oxford . Toutes deux forment la quintessence du système universitaire élitiste anglais. Depuis 800 ans , il existe une certaine rivalité entre les deux universités mais Oxford et Cambridge ont malgré tout de nombreux points communs, du point de vue de leur structure, leurs traditions, leur élitisme ou leur architecture. Le nom Oxbridge a été créé pour parler de ces deux universités. La ville et l'université sont étroitement imbriquées. Il n'y a pas, contrairement au schéma classique, de campus propre à l'université. La ville et l'université s'étant développées simultanément depuis 800 ans, de nombreux bâtiments (laboratoires, amphithéâtres, bâtiments administratifs, bibliothèque ) sont disséminés au sein de la ville, le centre historique étant bien sûr occupé par les collèges ou laboratoires les plus anciens. L’université est composée de 31 collèges , visitables pour la plupart. Les collèges les plus prestigieux, de par leur ancienneté et leur architecture, sont Trinity College , dont les ressources sont colossales, King's College , bastion de l'économie keynésienne et dont la monumentale King's College Chapel possède un des plus fameux chœurs de l'Angleterre, St John's College , rival de son voisin Trinity, et enfin Emmanuel College , plus modeste mais réputé pour la qualité des travaux académiques de ses étudiants. Géographie et environnement [ modifier | modifier le code ] Vue aérienne. Clare College. Cambridge est situé à environ 55 milles au nord-est de Londres et 95 milles à l'est de Birmingham . La ville est située sur un terrain plat, relativement bas, juste au sud de The Fens , qui varie entre 6 et 24 m au-dessus du niveau de la mer [ 38 ] . La ville était historiquement entourée de marais qui ont été drainés au fur et à mesure de son expansion [ 39 ] . Le sous-sol de Cambridge se compose d' argile du Gault et de Chalk Marl, connue localement sous le nom de « Cambridge Greensand » [ 40 ] , partiellement recouvert de gravier [ 39 ] . Une couche de nodules phosphatés ( coprolithes ) sous la marne a été exploitée au XIX e siècle pour l' engrais , devenant une industrie majeure dans le comté ; les bénéfices obtenus ont donné naissance à des bâtiments tels que le Corn Exchange, l'hôpital Fulbourn et St John's College jusqu'à ce que la loi de 1894 sur les carrières et la concurrence américaine mettent fin à la production [ 40 ] . La rivière Cam traverse la ville depuis le village de Grantchester , vers le sud-ouest. Elle est bordée dans la ville de plaines inondables, telles que Sheep's Green, ainsi que de zones résidentielles [ 39 ] . Comme la plupart des villes, Cambridge compte aujourd'hui de nombreuses banlieues et zones de logements de haute densité. Le centre-ville est principalement composé de bâtiments commerciaux, historiques et de grands espaces verts tels que Jesus Green, Parker's Piece et Midsummer Common. Certaines rues du centre sont piétonnes . La croissance démographique a nécessité de nouveaux logements au XXI e siècle , avec des projets tels que CB1 [ 41 ] et Accordia près de la gare [ 42 ] , et des développements tels que Great Kneighton, anciennement connu sous le nom de Clay Farm [ 43 ] , et Trumpington Meadows [ 44 ] au sud de la ville. D'autres développements majeurs se situent dans la ville, dont Darwin Green (anciennement NIAB) et les développements menés par l'université à West Cambridge et North West Cambridge (Eddington). L'ensemble du centre-ville, ainsi que des quartiers de Chesterton, Petersfield, West Cambridge, Newnham et Abbey, dépendent d'une zone de gestion de la qualité de l'air, mise en place pour contrer les niveaux élevés de dioxyde d'azote dans l'atmosphère [ 45 ] . Climat [ modifier | modifier le code ] Champ inondé dans la banlieue de Cambridge. La ville a un climat océanique ( Classification de Köppen Cfb ) [ 46 ] . Cambridge dispose d'une station météorologique officielle au jardin botanique de l'université de Cambridge , à environ 1 mille au sud du centre-ville. De plus, le groupe de technologie numérique du département d'informatique et de technologie de l'université [ 47 ] maintient une station météo sur le site de West Cambridge, affichant les conditions météorologiques en ligne via des navigateurs Web ou une application mobile , ainsi que des archives datant de 1995 [ 48 ] . Le climat océanique de la ville, comme la majeure partie du Royaume-Uni, est fortement influencé par le Gulf Stream . Située dans la région la plus sèche de Grande-Bretagne [ 49 ] , [ 50 ] , les précipitations moyennes y sont d'environ 570 mm par an, soit environ la moitié de la moyenne nationale [ 51 ] . L'année récente la plus sèche est 2011 avec 380,4 mm [ 52 ] de pluie au jardin Botanique et 347,2 mm sur le site du NIAB [ 53 ] , juste en dessous du seuil de précipitations d'un climat semi-aride pour la région, qui est de 350 mm de précipitations annuelles [ 54 ] . À l'inverse, 2012 a été l'année la plus humide jamais enregistrée, avec 812,7 mm signalé [ 55 ] . Les accumulations de neige sont généralement faibles, en partie à cause de la faible altitude et de la faible tendance aux précipitations lors des épisodes transitoires. En raison de sa position basse, intérieure et orientale dans les îles britanniques, les températures estivales ont tendance à être un peu plus élevées que dans les régions plus à l'ouest et rivalisent souvent ou même dépassent celles enregistrées dans la région de Londres. Cambridge enregistre également souvent la température nationale annuelle la plus élevée au cours d'une année : 30,2 en juillet 2008 au NIAB [ 56 ] et 30,1 en août 2007 au jardin botanique [ 57 ] en sont deux exemples récents ; les autres années incluent 1876, 1887, 1888, 1892, 1897, 1899 et 1900 [ 58 ] . Le maximum absolu se situe à 39,9 enregistré le 19 juillet 2022 au jardin botanique [ 59 ] . Avant cette date, Cambridge détenait le record de la température maximale de tous les temps au Royaume-Uni, après avoir enregistré 38,7 le 25 juillet 2019. La température atteint 25,1 ou plus sur plus de 25 jours de l'année sur la période 1981-2010 [ 60 ] avec le jour annuel le plus chaud en moyenne de 31,5 [ 61 ] sur la même période. La température minimale absolue enregistrée sur le site du jardin botanique est de -17,2, enregistré en février 1947 [ 62 ] , bien qu'un minimum de -17,8 a été enregistré sur le site de l'observatoire aujourd'hui disparu en décembre 1879 [ 63 ] . Plus récemment, la température est tombée à -15,3 le 11 février 2012 [ 64 ] , -12,2 le 22 janvier 2013 [ 65 ] et -10,9 [ 66 ] le 20 décembre 2010. La fréquence moyenne des gelées varie de 42,8 jours sur le site du NIAB [ 67 ] à 48,3 jours au jardin botanique [ 68 ] par an sur la période 1981-2010. En règle générale, la nuit la plus froide de l'année au jardin botanique se situe à -8,0 [ 69 ] . Ces températures minimales et ces moyennes de gel sont typiques des zones intérieures d'une grande partie du sud et du centre de l'Angleterre. L' ensoleillement est en moyenne d'environ 1 500 heures par an, soit environ 35 % des possibilités, un niveau typique de la plupart du centre de l'Angleterre intérieure. Écologie [ modifier | modifier le code ] Paradise Reserve au bord de la Cam. La ville héberge trois sites d'intérêt scientifique particulier (SSSI), à Cherry Hinton East Pit, Cherry Hinton West Pit et Travelers Pit [ 70 ] et dix réserves naturelles locales (LNR) : Sheep's Green et Coe Fen, Coldham's Common, Stourbridge Common, Nine Wells, Byron's Pool, West Pit, Paradise, Barnwell West, Barnwell East et Logan's Meadow [ 71 ] . Ceinture verte [ modifier | modifier le code ] Cambridge est entourée d'une ceinture verte dans le cadre d'une politique environnementale et de planification plus large définie pour la première fois en 1965 et officialisée en 1992 [ 72 ] , [ 73 ] . Alors que quelques petites étendues de ceinture verte existent en marge des limites de la ville, une grande partie de la zone protégée se trouve dans les districts environnants du South Cambridgeshire [ 74 ] et à proximité de l' East Cambridgeshire [ 75 ] , aidant à maintenir les espaces verts locaux, à empêcher l' étalement urbain et l'expansion non planifiée de la ville, ainsi que la protection des petits villages périphériques contre une plus grande convergence entre eux ainsi qu'avec la ville [ 76 ] . Démographie [ modifier | modifier le code ] Pyramide des âges à Cambridge en 2020. Lors du Recensement de la population de 2011, la population de la zone bâtie contiguë de Cambridge (zone urbaine) était de 158 434 [ 77 ] tandis que celle de la zone du conseil municipal était de 123 867 [ 78 ] . Lors du recensement de 2001 tenu pendant l'année universitaire, 89,44% des résidents de Cambridge se sont identifiés comme blancs , contre une moyenne nationale de 92,12% [ 79 ] . Au sein de l'université, 84% des étudiants de premier cycle et 80% des étudiants de troisième cycle se sont identifiés comme blancs (y compris les étudiants étrangers) [ 80 ] . Cambridge a une proportion bien supérieure à la moyenne de personnes occupant les emplois professionnels de gestion ou administratifs les mieux rémunérés (32,6 % contre 23,5 %) et une proportion bien inférieure à la moyenne de travailleurs manuels (27,6 % contre 40,2 %) [ 81 ] . En outre, 41,2% ont un diplôme de niveau supérieur (par exemple licence universitaire , diplôme national supérieur, master ou doctorat ), proportion bien supérieure à la moyenne nationale de 19,7% [ 82 ] . Le Centre for Cities a identifié Cambridge comme la ville la plus inégale du Royaume-Uni en 2017 et 2018. Le revenu des résidents y était le moins uniformément réparti des 57 villes britanniques mesurées, avec ses 6 % les mieux rémunérés représentant 19 % de son revenu total et les 20 % inférieurs pour seulement 2 %, et un coefficient de Gini de 0,460 en 2018 [ 83 ] , [ 84 ] . Gouvernance [ modifier | modifier le code ] Gouvernance locale [ modifier | modifier le code ] Carte des limites électorales de la ville en 2010 avec les différents quartiers. Cambridge est un district non métropolitain - l'un des six districts du comté de Cambridgeshire - et est administré par un conseil municipal, le Cambridge City Council . Le district couvre la majeure partie de la zone urbaine de la ville, bien que certaines banlieues s'étendent dans le district voisin du South Cambridgeshire . Le siège du conseil municipal se trouve dans le Guildhall, un grand bâtiment sur la place du marché. Cambridge a reçu une charte royale du roi Jean en 1207, qui a permis la nomination d'un maire [ 85 ] ; le premier maire documenté, Harvey FitzEustace, a servi en 1213 [ 86 ] . Les conseillers municipaux élisent désormais un maire chaque année. À des fins électorales, la ville est divisée en 14 quartiers : Abbey, Arbury, Castle, Cherry Hinton, Coleridge, East Chesterton, King's Hedges, Market, Newnham, Petersfield, Queen Edith's, Romsey, Trumpington et West Chesterton. Aux élections de 2019, les travaillistes ont conservé leur majorité [ 87 ] . Chacun des 14 quartiers élit également des conseillers au conseil du comté de Cambridgeshire, qui est responsable des services, notamment de l'enseignement scolaire, des services sociaux et des autoroutes [ 88 ] . Depuis 2017, Cambridge fait également partie de la zone de l' Autorité combinée du Cambridgeshire et Peterborough ( Cambridgeshire and Peterborough Combined Authority ) [ 89 ] , qui est dirigée par un maire du Cambridgeshire et Peterborough directement élu. La ville est représentée au sein de l'instance par le président du conseil municipal. Représentation parlementaire [ modifier | modifier le code ] La circonscription parlementaire de Cambridge couvre la majeure partie de la ville. Ele est représentée par Daniel Zeichner (travailliste) depuis les élections générales britanniques de 2015 . Le siège était généralement détenu par les conservateurs jusqu'à ce qu'il soit remporté par les travaillistes en 1992, puis par les libéraux-démocrates en 2005 et 2010, avant de revenir aux travaillistes en 2015. Une zone sud de la ville, le quartier de Queen Edith [ 90 ] fait partie de la circonscription du South Cambridgeshire , dont le député est Anthony Browne (conservateur), élu pour la première fois en 2019. L'université de Cambridge avait autrefois deux sièges à la Chambre des communes ; Sir Isaac Newton en a été l'un des députés les plus notables. La circonscription de l'Université de Cambridge a été abolie en vertu de la législation de 1948 et a cessé lors de la dissolution du Parlement pour les élections générales britanniques de 1950 , ainsi que les autres circonscriptions universitaires. Économie [ modifier | modifier le code ] Le marché de Cambridge vu de la tour de l' église St Mary the Great . Historiquement, le lien fluvial de la ville avec les terres agricoles environnantes et les liaisons routières vers Londres dans le sud ont permis à Cambridge d'être un lieu de commerce régional important. Le roi Henri Ier lui accorde le monopole du commerce fluvial , privilégiant ce secteur de l'économie [ 91 ] . Le marché de la ville permet le commerce d'une grande variété de marchandises et des foires commerciales annuelles telles que la foire de Stourbridge et la foire du milieu de l'été sont visitées par des marchands de tout le pays. La rivière est décrite dans un récit de 1748 comme étant « souvent si pleine de [bateaux marchands] que la navigation en est arrêtée pendant un certain temps ». Par exemple, 2 000 tonnelets de beurre étaient amenés chaque lundi des terres agricoles du nord-est, en particulier du Norfolk , pour être déchargés dans la ville pour être transportés par route vers Londres [ 92 ] . L'évolution des modèles de distribution au détail et l'avènement des chemins de fer provoquent un déclin de l'importance de Cambridge en tant que bourg [ 93 ] . Cambridge a aujourd'hui une économie diversifiée, en force dans des secteurs tels que la recherche et développement , le conseil en logiciels , l' ingénierie à haute valeur ajoutée, les industries créatives, les produits pharmaceutiques et le tourisme [ 94 ] . Décrite comme l'une des « plus belles villes du monde » par Forbes en 2010 [ 95 ] , avec la vue de The Backs sélectionnée comme l'une des 10 plus belles d'Angleterre par le président du National Trust , Simon Jenkins. Le tourisme génère plus de 750 £ millions pour l'économie de la ville [ 96 ] . Cambridge et ses environs sont parfois appelés Silicon Fen , une allusion à la Silicon Valley , en raison de la densité d'entreprises de haute technologie et d' d'incubateurs technologiques qui se sont développés sur les parcs scientifiques autour de la ville. Bon nombre de ces parcs et bâtiments sont détenus ou loués par des collèges universitaires, et les entreprises ont souvent été créées à partir de l'université [ 97 ] . Cambridge Science Park, qui est le plus grand centre de recherche et développement commercial d'Europe, appartient au Trinity College [ 97 ] , [ 98 ] ; St John's College est le propriétaire du St John's Innovation Centre [ 99 ] . Les entreprises technologiques comprennent Abcam, CSR, ARM Limited , CamSemi, Jagex et Sinclair Research [ 100 ] . Microsoft a situé ses bureaux de Microsoft Research UK à West Cambridge, séparés du campus principal de Microsoft UK à Reading , et possède également un bureau sur Station Road. Cambridge était également le siège de Pye Ltd, fondée en 1898 par WG Pye, qui travaillait au laboratoire Cavendish ; il a commencé par fournir l'université et s'est ensuite spécialisé dans les équipements de télégraphie sans fil , les radios, les télévisions et les équipements de défense [ 15 ] . Pye Ltd a évolué en plusieurs autres sociétés, dont le fabricant d'équipements radio TETRA . Marshall Aerospace est une autre entreprise majeure située à l'est de la ville. Le Cambridge Network permet aux entreprises de rester en contact les unes avec les autres. Culture [ modifier | modifier le code ] Théâtre [ modifier | modifier le code ] Cambridge Corn Exchange. Le Cambridge Arts Theatre est le principal théâtre de Cambridge, une salle de 666 places dans le centre-ville [ 101 ] . Le théâtre accueille souvent des spectacles en tournée , ainsi que ceux des compagnies locales. Le plus grand lieu de la ville pour organiser régulièrement des représentations théâtrales est le Cambridge Corn Exchange, qui a une capacité de 1 800 places debout ou 1 200 places assises. Installé dans l'ancien bâtiment de la bourse au maïs du XIX e siècle, le lieu a été utilisé pour une variété d'autres fonctions tout au long du XX e siècle, y compris des tea parties , des salons automobiles , des matchs sportifs ou comme salle de concert avec une scène temporaire [ 102 ] . Le conseil municipal a rénové le bâtiment dans les années 1980, le transformant en un lieu artistique à plein temps, accueillant des spectacles de théâtre, de danse et de musique [ 102 ] . Le J2 de 220 places est la salle de théâtre la plus récente, qui fait partie de Cambridge Junction dans le parc de loisirs de la ville. Le lieu a été ouvert en 2005 et accueille du théâtre, de la danse, de la musique live et de la comédie [ 103 ] . Le théâtre ADC est géré par l'université de Cambridge et propose généralement 3 spectacles par semaine pendant les périodes scolaires. Il accueille le Cambridge Footlights qui a formé de nombreuses personnalités marquantes de la comédie britannique . Le théâtre Mumford fait partie de l'université Anglia Ruskin et accueille des spectacles de groupes d'étudiants et de non étudiants. Il existe également un certain nombre de sites dans les collèges. Musées [ modifier | modifier le code ] Il existe plusieurs musées remarquables, certains gérés par le consortium des musées de l'Université de Cambridge et d'autres indépendants de celui-ci. Le Fitzwilliam Museum est le plus grand musée de la ville et le principal musée des musées de l'Université de Cambridge. Fondé en 1816 à partir du legs et des collections de Richard Fitzwilliam (7e vicomte Fitzwilliam) , le musée était à l'origine situé dans le bâtiment de la Perse Grammar School à Free School Lane. Après un bref séjour à la bibliothèque de l'Université de Cambridge, il a déménagé dans son bâtiment actuel construit à cet effet sur Trumpington Street en 1848 [ 104 ] . Le musée compte cinq départements : Antiquités, Arts appliqués, Monnaies et médailles, Manuscrits et livres imprimés, Peintures, dessins et estampes. Les autres musées de l'université de Cambridge sont le musée d'archéologie et d'anthropologie, le Scott Polar Research Institute , le musée Sedgwick des sciences de la Terre, le musée d'archéologie classique, le musée Whipple d'histoire des sciences et le musée universitaire de zoologie. Le Museum of Cambridge, anciennement connu sous le nom de Cambridge & County Folk Museum, est un musée d' histoire sociale situé dans un ancien pub de Castle Street [ 105 ] . Le Center for Computing History, un musée consacré à l'histoire de l' ère de l'information , a déménagé à Cambridge depuis Haverhill en 2013 [ 106 ] . Installé dans une ancienne station de pompage des eaux usées, le Cambridge Museum of Technology possède une collection d'objets de grande taille liés au patrimoine industriel de la ville. Musique [ modifier | modifier le code ] Musique populaire [ modifier | modifier le code ] Pink Floyd est le groupe le plus notable ayant des racines à Cambridge. L'ancien auteur-compositeur , guitariste et chanteur du groupe, Syd Barrett , est né et a vécu dans la ville. Lui et un autre membre fondateur, Roger Waters , sont allés à l'école ensemble à la Cambridgeshire High School for Boys. David Gilmour , le guitariste qui a remplacé Barrett, est également un résident de Cambridge et a fréquenté la Perse School à proximité. Les groupes formés à Cambridge incluent Clean Bandit , Henry Cow , The Movies, Katrina and the Waves , The Soft Boys , Ezio , The Broken Family Band [ 107 ] , Uncle Acid and the Deadbeats [ 108 ] , et le groupe pop-classique The King's Singers , formé à l'université [ 109 ] . L'artiste solo Boo Hewerdine est originaire de Cambridge, tout comme les artistes de drum and bass (et similaires) Nu:Tone et Logistics. Les chanteurs Matthew Bellamy [ 110 ] du groupe de rock Muse , Tom Robinson [ 111 ] , Olivia Newton-John [ 112 ] et Charli XCX sont nés dans la ville. Les lauréats du Mercury Prize 2012 Alt-J sont basés à Cambridge [ 113 ] . Les salles de concert accueillant de la musique populaire dans la ville comprennent le Cambridge Corn Exchange, Cambridge Junction, les Portland Arms et The Blue Moon [ 114 ] , [ 115 ] . Musique classique [ modifier | modifier le code ] Lancé en 1991, le festival annuel de musique de Cambridge a lieu chaque mois de novembre [ 116 ] . Le Cambridge Summer Music Festival a lieu en juillet [ 117 ] . Art contemporain [ modifier | modifier le code ] La galerie d'art moderne et contemporain Kettle's Yard et la galerie Heong, qui a ouvert ses portes au public en 2016 au Downing College , sont installées à Cambridge [ 118 ] . L'Université Anglia Ruskin exploite la Ruskin Gallery, accessible au public, au sein de la Cambridge School of Art [ 119 ] . Wysing Arts Center, l'un des principaux centres de recherche sur les arts visuels en Europe, est associé à la ville, bien qu'il soit situé à plusieurs kilomètres à l'ouest de Cambridge [ 120 ] . Des organisations gérées par des artistes, notamment Aid & Abet [ 114 ] , Cambridge Art Salon, Changing Spaces [ 121 ] et Motion Sickness [ 122 ] organisent également des expositions, des événements et des ateliers d'artistes dans la ville, souvent dans des espaces de courte durée ou temporaires. Festivals et événements [ modifier | modifier le code ] Modèles de triangle de Sierpiński et d' éponge de Menger au Cambridge Science Festival. Plusieurs foires et festivals ont lieu à Cambridge, principalement pendant le British summer. La Foire du solstice d'été remonte à 1211, lorsqu'elle reçut une charte du roi Jean sans Terre [ 123 ] . Aujourd'hui, elle subsiste principalement comme une fête foraine annuelle avec le vestige d'un marché et se déroule sur plusieurs jours autour ou à proximité de Midsummer . Le premier samedi de juin, Midsummer Common est le site de la Strawberry Fair, une foire gratuite de musique et pour les enfants, avec divers étals de marché. Le festival annuel de la bière de Cambridge a lieu pendant une semaine en mai sur Jesus Green depuis 1974 [ 124 ] . Le Cambridge Folk Festival a lieu chaque année dans le parc du Cherry Hinton Hall. Le festival est organisé par le conseil municipal depuis sa création en 1964. Le Cambridge Summer Music Festival est un festival annuel de musique classique, organisé dans les collèges et les chapelles de l'université [ 125 ] . Le Cambridge Shakespeare Festival est constitué de huit semaines de représentations en plein air des œuvres de William Shakespeare , organisées dans les jardins de divers collèges de l'université [ 126 ] . Ayant débuté en 1977, le Festival du film de Cambridge a eu lieu chaque année en juillet, déplacé en septembre en 2008 pour éviter toute concurrence avec le Festival international du film d'Édimbourg [ 127 ] . Le Cambridge Science Festival, qui se tient généralement chaque année en mars, est le plus grand festival scientifique gratuit du Royaume-Uni [ 128 ] . Le Cambridge Literary Festival, qui se concentre sur la fiction littéraire contemporaine et la non-fiction, a lieu deux fois par an, en avril et novembre [ 129 ] . Entre 1975 et 1985, le Cambridge Poetry Festival a eu lieu tous les deux ans [ 130 ] . La foire annuelle d'hiver de Mill Road se tient le premier samedi de décembre [ 131 ] ; le festival E-luminate a eu lieu tous les mois de février de 2013 à 2018 [ 132 ] , [ 133 ] et The Big Weekend, un événement extérieur, est organisé par la Mairie chaque mois de juillet [ 134 ] . L'organisateur du festival pense que trois festivals gratuits organisés en 1969, 1970 et 1971, mettant en vedette des artistes tels que David Bowie , King Crimson , Roy Harper , Spontaneous Combustion, UFO et d'autres, ont été les premiers festivals gratuits de musique rock de plusieurs jours au Royaume-Uni [ 135 ] , [ 136 ] , [ 137 ] , [ 138 ] , [ 139 ] , [ 140 ] , [ 141 ] , [ 142 ] , [ 143 ] . Littérature et cinéma [ modifier | modifier le code ] La ville est le décor de tout ou partie de plusieurs romans, dont Un cheval dans la salle de bains de Douglas Adams , They Were Defeated de Rose Macaulay [ 144 ] , Case Histories de Kate Atkinson [ 145 ] , Ghostwalk de Rebecca Stott [ 146 ] et Enigma de Robert Harris [ 147 ] , [ 148 ] ; Susanna Gregory a écrit une série de romans se déroulant à Cambridge au XIV e siècle [ 149 ] . Gwen Raverat , la petite-fille de Charles Darwin , a parlé de son enfance à la fin de l'époque victorienne à Cambridge dans ses mémoires, Period Piece ; The Night Climbers of Cambridge est un livre écrit par Noel Symington sous le pseudonyme de « Whipplesnaith » sur l'escalade nocturne sur les collèges et les bâtiments de la ville dans les années 1930 [ 150 ] . Des vues fictives de Cambridge apparaissent dans Tom's Midnight Garden et Minnow on the Say de Philippa Pearce , où la ville est rebaptisée Castleford, et la maison du collège fictif de Tom Sharpe dans Porterhouse Blue [ 151 ] . La série télévisée d' ITV Granchester a été en partie tournée à Cambridge [ 152 ] . Télévision [ modifier | modifier le code ] Les informations et les programmes télévisés sont diffusés depuis le studio BBC East à Cambridge qui abrite BBC Look East (West) qui couvre la ville, le Cambridgeshire, le Northamptonshire , le Bedfordshire , Milton Keynes ( Buckinghamshire ) et certaines parties du Hertfordshire [ 153 ] . ITV Anglia est un autre journal télévisé diffusé depuis Norwich [ 154 ] . Éducation [ modifier | modifier le code ] Université Anglia Ruskin. Les deux universités de Cambridge [ 155 ] , l'université de Cambridge et le campus local de l' université Anglia Ruskin , concernent environ 30 000 étudiants, selon certaines estimations [ 156 ] . L'Université de Cambridge a estimé sa population étudiante 2007-2008 à 17 662 [ 157 ] et Anglia Ruskin décompte 24 000 étudiants sur ses deux campus (dont l'un est à l'extérieur de Cambridge, à Chelmsford ) pour la même période [ 158 ] . L'ARU a des campus supplémentaires à Londres et à Peterborough. L'offre de l'État dans le secteur de la formation continue comprend le Hills Road Sixth Form College, le Long Road Sixth Form College et le Cambridge Regional College. Les écoles publiques et privées s'adressent aux élèves de Cambridge de la maternelle au secondaire. Les écoles publiques sont administrées par le Cambridgeshire County Council, qui gère 251 écoles au total [ 159 ] , 35 d'entre elles dans la ville de Cambridge. La Netherhall School, le Chesterton Community College, la Parkside Federation (comprenant le Parkside Community College et le Coleridge Community College ), la North Cambridge Academy et l'interconfessionnelle St Bede's School dispensent un enseignement secondaire complet. De nombreux autres élèves de la région de Cambridge fréquentent le village college , un établissement d'enseignement unique au Cambridgeshire, qui sert d'écoles secondaires pendant la journée et de centres d'éducation pour adultes en dehors des heures de classe [ 160 ] . Les public schools de la ville comprennent Perse School, Stephen Perse Foundation, Sancton Wood School, St Mary's School, Heritage School et Leys School [ 161 ] . La ville compte un collège technique universitaire, la Cambridge Academy for Science and Technology, qui a ouvert ses portes en septembre 2014. Services publics [ modifier | modifier le code ] Addenbrooke's hospital. Cambridge est desservie par le Cambridge University Hospitals NHS Foundation Trust, avec plusieurs centres médicaux plus petits dans la ville et un centre hospitalier universitaire à Addenbrooke's Hospital . Situé sur le campus biomédical de Cambridge, Addenbrooke's est l'un des plus grands hôpitaux du Royaume-Uni et est désigné comme centre de traumatologie régional. Le service d' ambulances de l'est de l'Angleterre couvre la ville et dispose d'un garage sur Hills Road [ 162 ] . L'hôpital plus petit de Brookfields se trouve sur Mill Road [ 163 ] . Cambridgeshire Constabulary assure les services de police de la ville ; le poste de police principal est à Parkside [ 164 ] , à côté de la caserne de pompiers de la ville, exploitée par le Cambridgeshire Fire and Rescue Service [ 165 ] . Cambridge Water Company fournit des services d'eau à la ville [ 166 ] , tandis qu'Anglian Water fournit des services d' égouts [ 167 ] . Pour la fourniture d'électricité, Cambridge fait partie de la région de l' Angleterre de l'Est , dont le gestionnaire de réseau de distribution d'énergie est UK Power Networks [ 168 ] . La ville n'a pas de centrale électrique , bien qu'une éolienne de cinq mètres, faisant partie d'un développement du Cambridge Regional College, soit visible à King's Hedges [ 169 ] . La Cambridge Electric Supply Company alimentait la ville en électricité depuis le début du XX e siècle à partir de la centrale électrique de Cambridge. Lors de la nationalisation de l'industrie de l'électricité en 1948, la propriété est passée à la British Electricity Authority et plus tard au Central Electricity Generating Board. Les connexions électriques au réseau national ont rendu superflue la petite centrale électrique au charbon de 7,26 mégawatts (MW). Elle a fermé en 1965 et a ensuite été démolie ; au cours de sa dernière année d'exploitation, elle a livré 2 771 MWh d'électricité à la ville [ 170 ] . À la suite de la loi sur les bibliothèques publiques de 1850 , la première bibliothèque publique de la ville, située sur Jesus Lane, a été ouverte en 1855. Elle a été déplacée au Guildhall en 1862 [ 15 ] , et est maintenant située dans le centre commercial Grand Arcade. La bibliothèque a été rouverte en septembre 2009 après avoir été fermée pour rénovation pendant 33 mois, plus de deux fois plus longtemps que prévu lors de la fermeture de la bibliothèque pour réaménagement en janvier 2007. Depuis 2018, la ville dispose de six bibliothèques publiques, gérées par le conseil du comté [ 171 ] . Le cimetière de Cambridge City est situé au nord de Newmarket Road. Sports [ modifier | modifier le code ] Rugby [ modifier | modifier le code ] La ville est représentée dans les deux formes du rugby . Le club de rugby à XV , Cambridge RUFC, a été fondé en 1923 [ 172 ] et joue dans le championnat d'Angleterre de rugby à XV de 3e division [ 173 ] sur son terrain, Grantchester Road, dans le sud-ouest de la ville. Les Cambridge Lions représentent la ville dans le rugby à XIII et sont membres de la East Rugby League [ 174 ] . Après trois montées successives en division supérieure en 2004, 2005 et 2006, le Cambridge R.U.F.C. s'installe en Division nationale 1 (troisième division). Deuxième de cette division en 2009, il aurait été promu sans le changement de système du rugby anglais. Football [ modifier | modifier le code ] Parker's Piece, où les règles du football de Cambridge ont été jouées pour la première fois. Cambridge a joué un rôle particulier dans l'invention du football moderne : les premières règles du jeu ont été établies par des membres de l'université en 1848. Les règles de Cambridge ont été jouées pour la première fois à Parker's Piece et ont eu une « influence déterminante sur les règles de la Football Association de 1863 » qui ont été jouées pour la première fois aussi à Parker's Piece [ 175 ] . La ville abrite le Cambridge United Football Club , qui joue au Abbey Stadium . Formé en 1912, sous le nom d'Abbey United, le club a été admis dans l' English Football League en 1970 et a atteint la deuxième division de la Ligue de football en 1978, bien qu'un sérieux déclin au milieu des années 1980 l'ait fait redescendre dans la quatrième division et presque faire faillite. Le succès est revenu au début des années 1990 lorsque le club a remporté deux championnats successifs et atteint les quarts de finale de la coupe d'Angleterre de football au cours de ces deux saisons ; en 1992, il a failli devenir la première équipe anglaise à remporter trois années successives la Ligue de football, ce qui l'a emmené dans le championnat d'Angleterre de football nouvellement créée ; cependant, il a été battu lors des barrages et a connu un nouveau déclin. En 2005, il est relégué en Conférence National Division . Quand la relégation est devenue inévitable, le club fut placé sous administration judiciaire, victime de dettes importantes, mais la gestion financière du club est redevenue saine lors de la saison 2005 -2006. Après neuf ans de football hors championnat, il est revenu dans la Ligue de football en 2014 en remportant les barrages de la Conférence nationale. Cambridge United WFC est un club de football féminin basé à Cambridge. L'équipe participe à la FA Women's National League South East. Le club joue des matchs à domicile au St Neots Town FC et à l'Abbey Stadium. Le Cambridge City FC de la Southern Football League joue désormais dans le village voisin d' Histon , dans son stade, le City Ground . Formé à Cambridge en 1908, sous le nom de Cambridge Town, le club a été champion du sud de la Southern Football League en 1962-1963, le plus haut qu'il ait terminé dans la pyramide du football anglais . Après un différend juridique avec ses propriétaires [ 176 ] , le club a quitté son terrain à Cambridge afin de partager le terrain avec un autre club de la Southern League Histon Football Club en 2013-14 et a l'intention de construire un nouveau terrain en dehors de la ville, à Sawston . Cricket [ modifier | modifier le code ] Parker's Piece a été utilisé pour les matchs de first-class cricket de 1817 à 1864 [ 177 ] . Le terrain de cricket de l'université de Cambridge, Fenner's, est situé dans la ville et est l'un des terrains de l'équipe des comtés mineurs du Cambridgeshire CCC [ 178 ] . La Cambridgeshire Cricket Association gère une ligue de clubs de cricket amateur avec six divisions adultes, dont de nombreux clubs de la ville, ainsi que des divisions juniors [ 179 ] . La plupart des collèges universitaires gèrent également leurs propres équipes ; il existe plusieurs équipes de cricket de village occasionnelles qui jouent dans les banlieues de la ville. Nautisme [ modifier | modifier le code ] Course sur la rivière Cam. La rivière Cam, qui traverse le centre-ville, est utilisée pour le nautisme . L'université et ses collèges sont bien connus pour l' aviron ; la Cambridgeshire Rowing Association, créée en 1868, organise des compétitions d'aviron sur la rivière en dehors de l'université [ 180 ] . Les clubs d'aviron basés dans la ville comprennent le City of Cambridge RC, le Cambridge '99 RC, le Cantabrigian RC et le Rob Roy BC. Certaines parties du Cam sont utilisées pour la barque récréative, le punting , un type de navigation dans lequel l' embarcation est propulsée en poussant contre le lit de la rivière avec une perche quantique. Les punts (en) , bateaux rectangulaires à fond plats servaient autrefois au transport de marchandises sur la Cam, la rivière de Cambridge. Depuis la fin du XIX e siècle ils ont été reconvertis pour les sports et le loisir et sont devenus un symbole de la vie locale. Que ce soit pour une balade romantique en amoureux ou lors d'une course en habit universitaire (sans oublier de porter le fameux punting hat ), il n'y a pas de sport plus british ni de meilleure façon de voir les célèbres colleges de la ville. Le club de natation de Cambridge, l'équipe de plongée de Cambridge et le club de water-polo de la ville de Cambridge sont tous basés à la piscine Parkside [ 181 ] . Sport universitaire [ modifier | modifier le code ] La ville est également réputée pour les rencontres sportives qui opposent l' université de Cambridge à l' université d'Oxford , notamment les Varsity Matches de rugby et la course d'aviron, The Boat Race . Ces événements sont suivis par de nombreuses personnes tout autour du globe, dont beaucoup n'ont rien à voir avec ces universités. Parkour [ modifier | modifier le code ] Lieu d'entraînement de nombreux tracers influents, Cambridge est bien connue pour sa scène dynamique et parfois très médiatisée de parkour et de freerunning [ 182 ] . Autres sports [ modifier | modifier le code ] Cambridge abrite deux jeux de paume (sur environ 50 dans le monde) au Cambridge University Real Tennis Club [ 183 ] , [ 184 ] . Les Cambridgeshire Cats jouent au football américain à Coldham's Common. Les Cambridge Royals sont membres de la Division Sud Triple-A de la Fédération Britannique de baseball [ 185 ] . Cambridge a deux clubs de cyclisme : Team Cambridge [ 186 ] et Cambridge Cycling Club [ 187 ] . Le Cambridge & Coleridge Athletic Club [ 188 ] est le club d' athlétisme de la ville, basé sur la piste de Wilberforce Road de l'université de Cambridge. Le club de triathlon est basé à Impington Village College [ 189 ] . Le Cambridge Handball Club participe à la Ligue nationale de handball masculin Super 8 d'Angleterre et à la Ligue nationale Super 7 de handball féminin. Il existe trois clubs de hockey sur gazon : Cambridge City Hockey Club, Cambridge South Hockey Club et Cambridge Nomads. La ville est également représentée en polo par le Cambridge Polo Club, basé à Barton (Cambridgeshire) , juste à l'extérieur de la ville. Les Romsey Town Rollerbillies pratiquent le roller derby [ 190 ] . Le Cambridge Parnells GAA représente le football gaélique pour la région, jouant à Coldham's Common et participant au championnat Hertfordshire GAA [ 191 ] . Les courses de speedway se déroulaient autrefois dans un stade de lévriers à Coldhams Lane [ 192 ] . Religion [ modifier | modifier le code ] Cambridge possède de nombreuses églises, dont certaines constituent une partie importante du paysage architectural de la ville. Comme le reste du Cambridgeshire, elle fait partie du diocèse anglican d'Ely [ 193 ] . L' église St Mary the Great a le statut d '« église universitaire » [ 194 ] . De nombreux collèges contiennent des chapelles qui organisent des services selon les rites et les cérémonies de l' Église d'Angleterre , tandis que la chapelle du St Edmund's College est catholique romaine [ 195 ] . La ville possède également un certain nombre de collèges théologiques formant le clergé en vue de l' ordination , avec des affiliations à la fois à l'université de Cambridge et à l'université Anglia Ruskin. Cambridge se trouve dans le diocèse catholique romain d'Est Anglie et est desservie par la grande église néo-gothique Our Lady and the English Martyrs Church à la jonction de Hills Road et Lensfield Road, St Laurence's sur Milton Road, St Vincent De Paul Church sur Ditton Lane et par l'église de St Philip Howard dans Cherry Hinton Road [ 196 ] . Une église orthodoxe russe sous le diocèse de Sourozh pratique à la chapelle de Westcott House [ 197 ] ; l' église orthodoxe de culture grecque organise des services à l'église St Athanasios construite à cet effet sous l' archevêché orthodoxe grec de Thyatire et de Grande-Bretagne [ 198 ] ; l' Église orthodoxe roumaine partage l'église St Giles avec l'Église d'Angleterre [ 199 ] . Deux églises méthodistes sont implantées dans la ville. L'église méthodiste Wesley a été construite en 1913 et est située à côté de Christ's Pieces. L'église méthodiste de Castle Street est la plus ancienne des deux, ayant été construite en 1823, et était autrefois une église méthodiste primitive. Les deux réunions Quaker de Cambridge sont situées sur Jesus Lane et Hartington Grove ; une réunion appelée « Oast House » se réunit au Pembroke College [ 200 ] . Une synagogue orthodoxe et un centre étudiant juif sont situés sur Thompson's Lane, exploités conjointement par la Cambridge Traditional Jewish Congregation et la Cambridge University Jewish Society, qui est affiliée à l'Union of Jewish Students [ 201 ] , [ 202 ] . La synagogue réformée Beth Shalom, qui se réunissait auparavant dans une école locale [ 203 ] , a ouvert une synagogue construite à cet effet en 2015 [ 204 ] . Il existe également un minian égalitaire dirigé par des étudiants qui organise des offices le vendredi soir. La Mosquée Centrale de Cambridge est le principal lieu de culte de la communauté de Cambridge qui compte environ 4 000 musulmans [ 205 ] , [ 206 ] . Ouverte en 2019, elle est décrite comme la première mosquée écologique d'Europe [ 207 ] et est la première mosquée construite à cet effet dans la ville. Le centre islamique Abu Bakr Jamia sur Mawson Road et la mosquée et centre culturel Omar Faruque à Kings Hedges sont d'autres lieux de culte musulman [ 208 ] , [ 209 ] , [ 210 ] . Le centre bouddhiste de Cambridge, qui appartient à la communauté bouddhiste Triratna , a été ouvert dans l'ancien théâtre Barnwell sur Newmarket Road en 1998 [ 211 ] . Il existe également plusieurs groupes de méditation bouddhistes locaux de différents bouddhistes , notamment Samatha Trust et Buddha Mettā Society [ 212 ] . Un sanctuaire hindou a ouvert en 2010 au centre culturel indien Bharat Bhavan près de Mill Road [ 213 ] , [ 214 ] . Une communauté sikhe se réunie dans la ville depuis 1982 et un gurdwara a été ouvert à Arbury en 2013 [ 215 ] , [ 216 ] . St Mary the Great marque le centre de la cité. St Botolph's Church. Castle Street Methodist Church, la plus ancienne des deux églises méthodistes. Atrium de la Mosquée Centrale. Personnalités liées à Cambridge [ modifier | modifier le code ] Vida Dutton Scudder , figure majeure du christianisme social et de l' Évangile social américain y a donné des conférences pendant toute l'année 1918 , publiées sous le titre de Social Teachings of the Christian Year en 1921 aux éditions E.P. Dutton . Conférences qui sont des commentaires du Prayer Book (en) de l' Église anglicane [ 217 ] , [ 218 ] . Le fondateur du groupe Pink Floyd , Syd Barrett est originaire de Cambridge, où il a fait ses études avec les autres membres du groupe, dont le bassiste Roger Waters . David Gilmour , le guitariste qui a remplacé Barrett est aussi originaire de Cambridge. Matthew Bellamy, leader, chanteur, guitariste et pianiste du groupe de rock alternatif Muse est originaire de Cambridge. Transports [ modifier | modifier le code ] Route [ modifier | modifier le code ] Bus depuis Trumpington. Cambridge s'étant très rapidement développée au XX e siècle, le réseau routier de la ville est très souvent embouteillé. Des mesures ont été prises pour réduire la circulation au centre-ville. Le centre historique est même interdit aux voitures certaines heures de la journée, les taxis et bus pouvant quand même continuer à circuler. Les quartiers à l'extérieur du centre dépendent de la voiture, ce qui provoque des embouteillages dans les parties carrossables du centre [ 219 ] . Cambridge se trouve à la croisée de plusieurs grandes axes : l' autoroute M11 à l'est de Londres se termine au nord-ouest de la ville où elle rejoint l' A14, une route qui va du port de conteneurs de Felixstowe à Rugby dans les Midlands industriels ; l' arc Oxford-Cambridge , composé de A428, relie la ville à l' A1 à St Neots et de l'A421, passant par Milton Keynes et offrant une connectivité vers l'A34 ; l'A10 se connecte via Ely à King's Lynn au nord et la route historique au sud de la Cité de Londres ; l'A11 qui relie Londres à Norwich . Cambridge compte cinq Park and Ride, des parcs relais qui fonctionnent tous sept jours sur sept et visent à encourager les automobilistes à se garer près de la périphérie de la ville [ 220 ] . Depuis 2011, le Cambridgeshire Guided Busway propose des services de bus dans le centre de Cambridge depuis St Ives , Huntingdon et d'autres villes et villages le long des itinéraires exploités par Stagecoach dans les Fens et Whippet [ 221 ] . Le service A continue jusqu'à la gare et Addenbrooke's Hospital , avant de se terminer dans un nouveau Park and Ride à Trumpington. Depuis 2017, il est également relié à la gare de Cambridge North. Le service 905 assure une connexion avec Oxford bien que les passagers souhaitant continuer au-delà de Bedford doivent changer pour le service X5. Les deux services sont exploités par Stagecoach East et fonctionnent quotidiennement. Rail [ modifier | modifier le code ] Façade de la gare de Cambridge . Article détaillé : Gare de Cambridge . La gare de Cambridge , située à environ 2 km du centre-ville, a été ouverte en 1845 [ 222 ] . Le bâtiment, érigé en 1845 , fut volontairement construit à distance de la ville et de l'université afin, selon la légende, d'empêcher les étudiants d'être distraits par l'idée d'une balade à Londres. Plus simplement, il semblerait que la nature géologique des sols à cet endroit se prêtait plus à la construction. Aujourd'hui, la gare a en effet été rattrapée par l'agglomération de Cambridge. Les trains desservaient King's Lynn et Ely (via la Fen Line), Norwich (via la Breckland Line), Leicester , Birmingham New Street, Peterborough , Stevenage , Ipswich , l' aéroport de Londres-Stansted , Brighton et les gares de l' aéroport de Londres-Gatwick . Des lignes ouvertes tout au long du XIX e siècle, y compris la ligne secondaire de Cambridge et de St Ives , le Stour Valley Railway, le chemin de fer de Cambridge à Mildenhall et la Varsity Line qui reliait Cambridge à Oxford , ont été fermées dans les années 1960. De nos jours, de nombreuses lignes ferroviaires passent par Cambridge. La gare dispose de liaisons ferroviaires directes vers Londres avec des terminus à la gare de King's Cross (via la Cambridge Line et la East Coast Main Line ), à la gare de Liverpool Street (sur la West Anglia Main Line) et à la gare de Saint-Pancras (sur la Thameslink ). Un service de navettes express gérées par la First Capital Connect relie la ville à la gare de King's Cross (via la East Coast Main Line) en 45 minutes, qui circulent toutes les demi-heures aux heures de pointe ; elles sont complétées par des trains semi-rapides vers Brighton via Londres St Pancras, et des trains lents vers Londres King's Cross [ 223 ] . La ligne originale de la station vers Londres était à Bishopsgate , via Bishop's Stortford . Une deuxième gare, Cambridge North, a ouvert le 21 mai 2017, ayant initialement prévu d'ouvrir en mars 2015 [ 224 ] , [ 225 ] . Une troisième gare ferroviaire, Cambridge South, près de l'hôpital d'Addenbrooke est actuellement en construction [ 226 ] , son ouverture est prévue en 2025 [ 227 ] . L'ancienne gare de Cherryhinton pour Cherry Hinton fonctionnait lorsqu'il s'agissait d'un village séparé de Cambridge. Vélo [ modifier | modifier le code ] Vélos à la gare de Cambridge. Cambridge est une ville assez engorgée mais le centre-ville n'est pas très étendu. De plus le terrain étant assez plat, la circulation à vélo est un moyen de circulation assez développé : la ville a le plus haut niveau d'utilisation du vélo au Royaume-Uni [ 228 ] . C'est aussi le moyen le plus pratique de se déplacer dans les petites rues du centre — de nombreux étudiants l'utilisent pour se déplacer entre les différents lieux d'enseignement ou terrains de sport disséminés dans la ville, d'autant plus qu'ils sont généralement interdits de voiture par les collèges. Cambridge possède ainsi la plus grande densité de vélos par habitant du Royaume-Uni. Selon le recensement de 2001, 25 % des habitants se rendaient au travail à vélo. De plus, une enquête de 2013 a révélé que 47 % des habitants se déplaçaient à vélo au moins une fois par semaine [ 229 ] . Aéroport [ modifier | modifier le code ] Bien que Cambridge ait son propre aéroport, l' aéroport international de Cambridge (code AITA : CBG), situé à environ 4 km du centre-ville, celui-ci n'a pas de services réguliers et est principalement utilisé par des vols charter et d'entraînement [ 230 ] et par Marshall Aerospace pour la maintenance des avions. L' aéroport de Londres-Stansted , directement relié par la route via la M11 et le rail, plate-forme de prédilection des charters et compagnies low cost , ne se situe qu'à une quarantaine de kilomètres, à mi-chemin entre Cambridge et Londres, et offre un large éventail de destinations internationales. Projets [ modifier | modifier le code ] En février 2020, des consultations ont été ouvertes pour un système de transport connu sous le nom de « Cambridgeshire Autonomous Metro » (métro autonome du Cambridgeshire). Il aurait relié le centre-ville historique et la ligne de bus existante aux gares ferroviaires principales, au Cambridge Science Park et à Haverhill [ 231 ] . En mai 2021, le maire nouvellement élu a déclaré qu'il se concentrait plutôt sur un « réseau de bus remanié » mais qu'il n'abandonnait pas encore le travail effectué. En novembre 2022, le Greater Cambridge Partnership consulte sur des plans comprenant : la transformation du réseau de bus ; investir dans d'autres programmes de voyage durable ; la création d'une zone de déplacement durable, qui comprend l'introduction d'un péage urbain [ 232 ] . Jumelages [ modifier | modifier le code ] Cambridge (Massachusetts) ( États-Unis ) Heidelberg ( Allemagne ) depuis 1957 Szeged ( Hongrie ) depuis 1987 Notes et références [ modifier | modifier le code ] (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Cambridge » ( voir la liste des auteurs ) . ↑ (en) « QS World University Rankings 2023: Top Global Universities », Top Universities (consulté le 8 juin 2022 ) ↑ « What it takes to make it to Oxbridge », The Daily Telegraph ,‎ 1 er octobre 2011 ( lire en ligne [ archive du 18 mai 2012 ] , consulté le 26 février 2012 ) ↑ « Papworth heart and lung specialist hospital to move », BBC News ,‎ 3 décembre 2013 ( lire en ligne [ archive du 26 septembre 2018 ] , consulté le 20 juin 2018 ) ↑ « Population and household estimates, England and Wales: Census 2021 - Office for National Statistics », www.ons.gov.uk (consulté le 8 octobre 2022 ) ↑ (en) « Bronze Age site is found in city », sur BBC news , 17 janvier 2008 (consulté le 1 er juin 2023 ) ↑ « A brief history of Cambridge » [ archive du 22 mai 2011 ] , Cambridge City Council, 2010 (consulté le 27 juin 2010 ) ↑ Gray et Stubbings 2000 , p. 2-3. ↑ (en) John Henley, « The Roman foundations of Cambridge », sur The Guardian , 28 août 2009 (consulté le 1 er juin 2023 ) ↑ « Schoolgirls unearth Roman village under College garden » [ archive du 16 octobre 2015 ] , University of Cambridge, 22 septembre 2010 (consulté le 26 février 2012 ) ↑ (en) Ford, David Nash, « T H E 2 8 C I T I E S O F B R I T A I N », sur Britannia , 27 janvier 2001 (consulté le 1 er juin 2023 ) ↑ Burnham et Wacher 1990 . ↑ Elisha Coles, An English Dictionary , 1679 ↑ Dyer 2016 , p. 242. ↑ Chance 1869 . ↑ a b c d e f g h et i Roach 1959 . ↑ a et b Nugent, Leader et Brooke 1988 , p. 9-10. ↑ Roach 1959 , p. 123-132. ↑ Bailey, « The hanging of the clerks in 1209 » [ archive du 7 novembre 2020 ] , BBC News, 18 décembre 2009 (consulté le 24 septembre 2020 ) ↑ « University and Colleges: A Brief History » [ archive du 2 septembre 2011 ] , University of Cambridge, 7 février 2008 (consulté le 13 janvier 2010 ) ↑ « About the College » [ archive du 25 janvier 2010 ] , Peterhouse College (consulté le 13 janvier 2010 ) ↑ a et b Ziegler et Platt 1998 , p. 178. ↑ Atkinson 2018 , p. 41. ↑ Herlihy 1997 , p. 70. ↑ a et b « History of the Chapel » [ archive du 17 juillet 2011 ] , King's College, Cambridge, 13 mars 2009 (consulté le 19 juillet 2011 ) ↑ Pennick 2012 , p. 3. ↑ Roach 1959 , p. 101-108. ↑ « Cambridgeshire > Natural History > Cam Valley Walk > Stage 7 » [ archive du 1 er mai 2014 ] , BBC Cambridgeshire (consulté le 23 juillet 2013 ) ↑ a b et c Roach 1959 , p. 15-29. ↑ (en) « The city of Cambridge: Modern history | British History Online » [ archive du 6 juillet 2018 ] , www.british-history.ac.uk (consulté le 6 juillet 2018 ) ↑ Roach 1959 , p. 1-2. ↑ (en) Allan Brigham et Colin Wiles, « Bringing It All Back Home », sur Capturing Cambridge , 2006 (consulté le 2 juin 2023 ) ↑ Wright et Lewis 1989 , p. 5-13. ↑ Shortt 2009 , p. 83. ↑ a b et c Roach 1959 , p. 15–29. ↑ « Christ's Lane » [ archive du 7 septembre 2008 ] , Land Securities, n.d. 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Voir aussi [ modifier | modifier le code ] Sur les autres projets Wikimedia : Cambridge , sur Wikimedia Commons Articles connexes [ modifier | modifier le code ] Collèges de l'université de Cambridge Université de Cambridge Liens externes [ modifier | modifier le code ] Les coordonnées de cet article : sur OpenStreetMap sur Bing Cartes au format KML sur Mapy en tchèque (en) Site officiel Ressource relative au spectacle : Archives suisses des arts de la scène Ressource relative à la géographie : Open Domesday Ressource relative à la bande dessinée : Comic Vine Ressource relative aux beaux-arts : Grove Art Online Ressource relative à la musique : MusicBrainz Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Britannica Brockhaus Den Store Danske Encyklopædi Enciclopedia De Agostini Gran Enciclopèdia Catalana Internetowa encyklopedia PWN Nationalencyklopedin Proleksis enciklopedija Store norske leksikon Universalis Visuotinė lietuvių enciklopedija Notices d'autorité : VIAF BnF ( données ) IdRef LCCN GND Japon Espagne Israël Suède Vatican Tchéquie v · m Cités du Royaume-Uni Angleterre Bath Birmingham Bradford Brighton and Hove Bristol Canterbury Cambridge Carlisle Chelmsford Chester Chichester Coventry Derby Durham Ely Exeter Gloucester Hereford Kingston upon Hull Lancaster Leeds Leicester Lichfield Lincoln Liverpool Londres Manchester Newcastle upon Tyne Norwich Nottingham Oxford Peterborough Plymouth Portsmouth Preston Ripon Salford Salisbury Sheffield Southampton St Albans Stoke-on-Trent Sunderland Truro Wakefield Wells Westminster Winchester Wolverhampton Worcester York Écosse Aberdeen Dundee Édimbourg Glasgow Inverness Perth Stirling Pays de Galles Bangor Cardiff / Caerdydd Newport / Casnewydd St Asaph / Llanelwy St Davids / Tyddewi Swansea / Abertawe Irlande du Nord Armagh Belfast Lisburn Londonderry/Derry Newry v · m Comté cérémoniel du Cambridgeshire Autorités unitaires Peterborough Districts Cambridge East Cambridgeshire Fenland Huntingdonshire South Cambridgeshire Principaux villages et villes Burwell Cambridge Chatteris Cottenham Ely Godmanchester Huntingdon Littleport March Peterborough Sawston Sawtry Soham St Ives St Neots Wisbech Whittlesey Yaxley Circonscriptions électorales Cambridge Ely and East Cambridgeshire Huntingdon North East Cambridgeshire North West Cambridgeshire Peterborough South Cambridgeshire St Neots and Mid Cambridgeshire Autre sujet Lord-lieutenants Musées Paroisses civiles Portail de l’Angleterre Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Cambridge&oldid=228860171 ». 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Addenbrooke's Hospital — Wikipédia Aller au contenu 52° 10′ 34″ N, 0° 08′ 24″ E Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Addenbrooke's Hospital Géographie Pays Royaume-Uni Comté cérémonial Cambridgeshire Région du conseil Cambridgeshire ( d ) District non métropolitain Cambridge ( d ) Ville universitaire Cambridge Partie de National Health Service (England) ( en ) Coordonnées 52° 10′ 34″ N, 0° 08′ 24″ E Histoire Origine du nom John Addenbrooke ( en ) Fondation 1766 Identifiants Site web (en) www.cuh.nhs.uk modifier - modifier le code - modifier Wikidata Addenbrooke's Hospital est un grand centre hospitalier universitaire à Cambridge en Angleterre . Il fut fondé en 1766 pour la somme de 4 000 £ grâce à la volonté du docteur John Addenbrooke , fellow de St Catharine's , un des collèges constituants de l' université de Cambridge . Initialement situé sur Trumpington Street, l'hôpital fut transféré en 1976 sur son site actuel, au sud de Cambridge, et a longtemps été surnommé New Addenbrooke's (le nouvel Addenbrooke's). Bien que dirigé par l'organisme indépendant Addenbrooke's National Health Service Trust, l'hôpital est étroitement lié à l' université de Cambridge et l'école de médecine de l'université se trouve sur le site même d'Addenbrooke. Chaque année, environ 120 nouveaux medecins y sont formés (soit environ la moitié des étudiants en médecine, l'autre moitié finissant ses études à Londres ou Oxford ). Ces dernières années, Addenbrooke's est presque devenue une mini-ville autonome avec, un peu avec à la façon d'un aéroport, ses galeries et son propre centre commercial , sa cafétéria , son centre de remise en forme et même des logements. Le centre commercial, ouvert en 1989 , fut une première pour un hôpital et a été complètement rénové et agrandi en 1999 . Le site continuant à se transformer en véritable campus de biotechnologie , Addenbroke attire toujours de plus en plus de laboratoires de recherche de l'industrie pharmaceutique [ 1 ] . Addenbrooke's est desservi par une gare routière très fréquentée située à l'entrée de l'hôpital mais les problèmes de transport restent omniprésents vu le nombre important de personnes qui arrivent chaque jour. L'espace réservé au parking se réduit également pour laisser la place à de nouveaux bâtiments. Le personnel, les patients et visiteurs sont donc fortement incités à venir en bus ou à vélo. Notes et références [ modifier | modifier le code ] (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Addenbrooke's Hospital » ( voir la liste des auteurs ) . ↑ Cambridge, un hub mondial des biotechs Journal Le Monde , 30 novembre 2016. Liens externes [ modifier | modifier le code ] (en) Site officiel de l'hôpital Addenbrooke's (en) Le site de l'hôpital (en) Image satellite de l'hôpital sur le site Google Map Portail de la médecine Portail de l’Angleterre Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Addenbrooke%27s_Hospital&oldid=200717290 ». Catégories : Hôpital au Royaume-Uni Fondation en 1766 Cambridge Centre hospitalier universitaire Catégories cachées : Page utilisant P17 Page utilisant P361 Page géolocalisée par Wikidata Article géolocalisé au Royaume-Uni Page utilisant P138 Page utilisant P571 Page utilisant P856 Page utilisant P2716 Article utilisant l'infobox Localité Article utilisant une Infobox Portail:Médecine/Articles liés Portail:Biologie/Articles liés Portail:Sciences/Articles liés Portail:Angleterre/Articles liés Portail:Royaume-Uni/Articles liés Portail:Europe/Articles liés Page avec des cartes Addenbrooke's Hospital Ajouter un sujet
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2640.300.- Conseils Électoraux : 2012-2020 » Haiti-Référence Skip to content Politique et gouvernement Le CEP de 2015 présidé par Pierre-Louis Opont (le premier à gauche) Un an après l’investiture des élus issus des élections du 28 novembre 2010 et du 20 mars 2011, le mandat d’un tiers du sénat (10 sénateurs en fonction) était donc arrivé à terme. Des élections devraient donc se tenir cette année-là pour les remplacer. Le gouvernement se montra alors peu intéresser. Le Cep de 2009 1ui avait organisé les élections susmentionnées était devenu donc caduc et dysfonctionnel pour plusieurs raisons[1]. Cependant, des voix d’Haiti et d’ailleurs commençaient à s’élever demandant le respect de l’échéance électorale. Ainsi débuta donc une vraie saga qui a vu, parmi les intrigues de toutes sortes, la création de quatre conseils électoraux, la déchéance immédiate de deux premiers et la démission en bloc du troisième. Entre-temps, en 2014, le mandat d’un second de 10 autres sénateurs prit fin, suivit au début de janvier 2015 par celui de la chambre législative dans son intégralité. Ci-dessous la liste des conseils électoraux qui se sont succédé de 2012 à 2015. Conseil Électoral Permanent (Version 2012) Nommés après un conseil des ministres en date du 15 août 2012, avec un effectif de seulement six conseillers, ce Conseil Électoral qu’on voulait être permanent fut installé, à l’École de la Magistrature le 21 août 2012. Il était composé des personnalités suivantes représentant les trois pouvoirs de l’État: Représentants du pouvoir judiciaire: Yves Benoit Jean-Marie ; Patrick Mételus ; Salnave Exantus ; Représentants du pouvoir exécutif: Josué Pierre-Louis; Gustave Acacia; Raynaldo Brunet; Immédiatement, un bureau provisoire fut créé avec cette structure: 👤 Josué Pierre-Louis Président 👤 Gustave Acacia Vice-président 👤 Patrick Métélus Secrétaire Générale 👤 Raynaldo Brunet Responsable des opérations électorales 👤 Salnave Exantus Responsable du bureau de communication 👤 Yves Benoit Jean-Marie Trésorier L’installation de ce conseil eut lieu malgré les contestations du Sénat sur la nomination de la majorité des membres du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ). Celui-là refusait alors d’entamer le processus de nomination des représentants du Parlement, d’où l’effectif de six membres. Ce Conseil Électoral Permanent devint donc très provisoire. De nouvelles négociations débutèrent entre les secteurs directement concernés alors par la crise électorale pour la création d’un nouvel organisme et sous les auspices d’un regroupement inter-confessionnel dénommé “Religions pour la Paix ». Collège transitoire du Conseil électoral permanent (2013) L’idée d’un Collège transitoire du Conseil Électoral Permanent (CTCEP) est rendue publique le 24 décembre 2012 suite à un accord signé entre des représentants du Parlement et de l’Exécutif. Il est créé 11 avril 2013, après la publication dans le journal officiel de l’arrêté présidentiel nommant ses neuf membres [2]. Représentants Pouvoir Législatif : Pierre Simon Georges ; Néhémy Joseph ; Marie Clunie Dumay Miracles ♀ . Représentants Pouvoir Exécutif : Jean Marie Vianney Emmanuel Ménard; Jacqueline Patricia Chantale Raymond ♀ ; Gloria Margarette Girault Saint-Louis ♀ . Représentants du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire : Léopold Berlanger; Marie Carole Innocent Floréal Duclervil ♀ ; Applys Félix. Installés le 19 avril 2013, ces derniers n’ont pu, en effet, entamer le processus devant conduire à l’accomplissement de leur mission, celle d’organiser des élections sénatoriales partielles, municipales et locales, malgré la formation de ce bureau: 👤 Emmanuel Ménard Président 👤 Marie Cluny ♀ Vice-présidente 👤 Dumay Miracles Secrétaire 👤 Pierre Simon Georges Trésorier Conseil électoral provisoire (Version 2014) Cette deuxième version du Conseil Électoral Provisoire fut créée par arrêté présidentiel en date du 6 mai 2014, conformément à l’Accord d’El Rancho. Selon l’accord du 14 mars 2014, le Collège transitoire du conseil électoral permanent (Ctcep), fruit d’une précédente entente entre exécutif et législatif, redevint Conseil Électoral Provisoire Conseil laissant aux trois pouvoirs le droit de changer certains de leurs membres. Ainsi donc, on retrouva d’abord, à l’exception d’une seule, les mêmes personnalités du CTCEP précédent. Pour le Pouvoir Législatif : Marie Clunie Dumay Miracles ♀ (inchangé) Pierre Simon Georges (inchangé) Néhémy Joseph (inchangé) Pour le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire : Applys Félix (inchangé) Marie Carole Innocent Floreal Duclervil ♀ (inchangé) Léopold Berlanger (inchangé) Pour le Pouvoir Exécutif : Gloria Margarette Girault Saint-Louis ♀ (inchangé) Jacqueline Patricia Chantale Raymond ♀ (inchangé) Frizto Canton (qui remplaça Menard) Sept des membres de la liste précédente prêtèrent serment le 9 mai 2014 (absents: Néhémy joseph, Léopold Bélanger). Entre-temps, Yolette devint la nouvelle représentante du CSPJ en remplacement de Marie Carole Innocent Floreal Duclervil et Max Mathurin remplaça au conseil Fritz Canton alors représentant du pouvoir exécutif. Avec les deux absents de la prestation de serment du 9 mai, ces deux derniers furent installés le 21 juillet 2014. Les membres de ce nouvel organe électoral distribuèrent les principales charges suivant cette liste: 👤 Max Mathurin Président 👤 Jacqueline Patricia Chantal Raymond ♀ Vice-Présidente 👤 Applys Félix Secrétaire 👤 Gloria Margareth Girault Saint-Louis ♀ Trésorière 6 sénateurs de l’opposition ont manifesté ouvertement leur opposition à la constitution de ce conseil en refusant de voter les amendements à la loi électorale. Ils disaient vouloir d’un organe qui respecterait l’application de l’ article 289 de la Constitution . Après maintes tergiversations de part et d’autres et le non-respect de l’échéance du 26 octobre 2014, choisi unilatéralement par l’exécutif pour les premiers tours des élections, les neuf membres ont dû plier bagage remettant leur démission le 19 décembre et remplacés par un nouveau Conseil Conseil électoral provisoire (Version 2015) Nommés près d’un mois après la démission en bloc du Conseil Électoral Provisoire (version 2014), un nouveau, Conseil chargé maintenant d’organiser les élections pour les deux tiers du sénat, le renouvellement de la Chambre des députés, les municipales et locales, les présidentielles fut créé représentant neuf secteurs de la société[3]. La Conférence Episcopale: Ricardo Augustin 4 Les cultes réformés: Vijonet Demero 5 Les organisations féminines: Yolette Mengual ♀ 6 Les organisations des droits humain: Jaccéus Joseph 7 Les universités: Lucie Marie Carmelle Paul Austin ♀ La presse: Pierre Manigat Jr 8 Les syndicaux: Lourdes Edith Joseph ♀ La paysannerie et le vodou: Néhémie Joseph remplacé par Carline Viergelin ♀ 9 Le secteur patronal: Pierre-Louis Opont Ces neuf personnalités furent assermentées le 23 Janvier 2015. Immédiatement, elles formèrent le bureau suivant: 👤 Pierre-Louis Opont Président 👤 Pierre Manigat Jr. Vice-président 👤 Vijonet Déméro Secrétaire 👤 Ricardo Augustin Trésorier Ce conseil qui agréa 122 partis politique et plus d’une cinquantaine de candidats à la présidence, organisa les élections du 9 août 10 , 25 octobre 2015 11 , le premier tour des présidentielles. Il lui prit plus d’un mois pour communiquer au public les résultats définitifs du premier tour des législatives où ont été déclarés vainqueurs seulement deux candidats au sénat ( Jean Renel Sénatus, pour le département de l’Ouest, et Youri Latortue pour l’Artibonite) et huit à la députation: Cholzer Chancy, Ennery), Gracia Delva (Marchand-Dessalines), Fritz Chéry (Gros-Morne), Jacky Guerrier (Pointe-à-Raquette), A. Rodon Bien-Aimé (Cerca Carvajal), Rony Célestin (Cerca la source), Anouce John Bernard (Beaumont) et Gabriel Lionel Jean (Lascahobas). La publication des résultats du premier tour des présidentielles (Voir: Élections présidentielle du 2015 ) donna suite à de vastes mouvements de protestation. Sept candidats malheureux et Jude Célestin, le candidat de la Ligue alternative pour le progrès et l’émancipation haitienne (LAPEH) qui  selon les résultats officiels , était arrivé second au premier tour, formèrent un front commun pour contester les résultats. Ce dernier refusa même de participer au deuxième tour prévu alors pour le dimanche 27 décembre (annulé par la suite). Ce front commun poussa l’exécutif à créer le 16 décembre une commission d’évaluation composée des citoyens suivants représentants plusieurs secteurs: Gédéon Jean (organisations des droits humains); Pasteur Armand Louis (Les églises protestantes); Père Patrick Aris (Église catholique); Evonie Georges Auguste ♀ (Les cultes vodou); Rosny Desroches (La société civile). Après deux semaines de travail, la commission remit au président Joseph Michel Martelly un rapport (3 janvier) qui immédiatement fixa le second tour des présidentielles au 17 janvier, pour le renvoyer, sur la demande du CEP, au 24 janvier 2016 11 . Jude Célestin annonça qu’il continuerait à boycotter le scrutin du 24 janvier. Seul Jovenel Moïse, le poulain du président sortant, Michel Martelly, menait alors compagne. Deux jours avant le scrutin et 24 heures après une adresse du président qui affirmait haut et fort que le gouvernement et l’organisme électoral se dirigeaient irrévocablement vers le 24 janvier, le CEP, pratiquement réduit à cinq conseillers, reporta « site die » les élections prévues à cette date. Une semaine après l’annonce de ce report, le président du CEP lui-même, désavoué par le secteur (le secteur patronal) qu’il représentait, démissionna. L’organisme électoral se trouva donc réduit à seulement quatre membres, toutes des femmes : Marie Carmelle Paul Austin, Lourdes Edith Joseph, Carline Viergelin, Yolette Mengual. Quatre des neuf membres avaient déjà remis leur démission: Jaccéus Joseph, Ricardo Augustin, Vijonet Deméro et Pierre Manigat Jr. Conseil électoral provisoire (Version 2016) Le conseil précédent décrié par la majorité des secteurs de la société civile et par presque tous les partis politiques, plia bagage sans toutefois accomplir sa mission celle organiser des élections transparentes pour les deux tiers du sénat, le renouvellement de la Chambre des députés, les municipales et locales, un replâtrage officiel eut lieu le 29 mars 2016 par le gouvernement provisoire Privert/Jean-Charles et selon l’ accord du 5 février 2016 . Composé des personnalités suivantes (6 hommes et 3 femmes): Conférence Épiscopale d’Haïti: Carlos Hercule; Cultes Réformés: Frinel Joseph; Secteur Paysan/Vaudou: Kenson Polynice; Secteur Patronal: Marie-Herolle Michel ♀ ; Secteur Presse: Léopold Berlanger; Secteur Syndical: Josette Jean Dorcély ♀ ; Secteur Université: Jean Lucien Bernard; Secteur Femme: Marie Frantz Joachim ♀ ; Secteur Droits humains: Jean Simon Saint-Hubert, il a donc  pour tache de: Relancer le processus électoral après évaluation des étapes déjà franchies ; Mettre en application les recommandations techniques de la Commission indépendante d’évaluation électorale ; Finaliser les élections en organisant le second tour de la présidentielle, les élections complémentaires au Sénat dans trois départements et à la députation dans 28 circonscriptions électorales. Ces conseillers prêtèrent le serment le serment d’usage devant les juges de la Cours de Cassation le 30 mars 2016. Le même jour, ils formèrent un bureau composé comme suit: 👤 Léopold Berlanger Président 👤 Carlos Hercule Vice-président 👤 Marie Frantz Joachim ♀ Secrétaire général 👤 Frinel Joseph Trésorier A la suite de cette installation, une nouvelle commission dénommée « Commission Indépendante de Vérification Électorale » (Cieve) fut créée et installée le 28 avril 2016. Elle avait pour mission de de rétablir la confiance des acteurs politiques dans le processus électoral en établissant la sincérité des résultats des élections de 2015 par un travail de réévaluation des résultats et du processus électoral et par des propositions concrètes au gouvernement. Après des semaines de travail, apparemment en présence permanente des représentants des partis politiques, la Cieve remit, le 30 mai en fin d’après-midi, son rapport au président provisoire, Jocelerme Privert, lors d’une cérémonie au Palais national. cer dernier, à son tour, Le Président Privert a conclu la cérémonie en remettant le rapport de la commission au Président du Conseil Electoral Provisoire, M. Léopold Berlanger, pour les suites nécessaires le passa au Président du Conseil Electoral Provisoire, Léopold Berlanger, pour les suites nécessaires. Dans ce rapport, la commission recommande l’annulation du premier tour de l’élection présidentielle, tenu le 25 octobre dernier, en raison de fraudes. Elle était composée des personnalités suivantes: François Benoît, un ancien conseiller du Cep. Il devint le président de la Commission. Michel Erick Gaillard de l’Ordre des comptables agréés haïtiens, Marc Donald Jean de l’Église épiscopale/anglicane, Gédéon Jean, représentant de la commission précédente (sous le gouvernement Martelly), Pierre Wilfrid Sanon de l’Association haïtiennes des entreprises de construction. Le CEP du 30 mars 2016 président oar Léopold Belanger organisa le 20 novembre de la même année le premier tour de la présidentielle, le second tour des législatives pour compléter la chambre des députés (25), le premier tour pour le renouvellement près de deux tiers du Sénat (16) et le deuxième tour pour plusieurs cartels de mairies. Après ces élections, ce conseil devint inactif et perdit même sa pertinence. Il n’arriva pas à organiser les élections législatives prévues pour l’année 2019, ce qui rendit caduque la Chambre des Députés et motiva le renvoi de plus d’un tiers des sénateurs, échéance de mandat oblige. Au début du mois de juillet 2020, le représentant du secteur des droits humains, Me. Jean Simon Saint-Hubert, à la demande de son organisation, remit sa démission au Président de la République Jovenel Moïse et aux autres membres dudit Conseil. Ala fin du même mois, les huit autres conseillers dmissionèrent en bloc. Dans leur lettre datée du 24 juillet et adressée au président Jovenel Moïse , il évoquèrent comme raison la crise politique et institutionnelle et dirent prendre cette décision pour aider à la création de nouvelles conditions pour un nouveau processus électoral. La voie devint alors libre au président d’imposer son propre conseil électoral. ✍ Notes: Parmi les neuf membres que comptait ce conseil, l’un est mort, un autre a démissionné et trois furent en cavale. Donc il restait en ce tamps-là seulement quatre en fonction. Le Moniteur . 168è Année, No. 63. Jeudi 11 avril 2013; pp. 1-7. Voir: « Accord pour une sortie durable de la crise politique entre le Président de la République et des Partis politiques « , signé le 11 janvier 2015 à l’Hotel Kinam . Dans une lettre adressée au président de la République et portant la date du 5 janvier 2016, le représentant de l’Église catholique présenta sa démission: Excellence, J’ai l’avantage de vous présenter ma démission comme membre du conseil électoral provisoire. Cette décision prend effet dès réception de la présente. Je me réjouis d’avoir pu servir mon pays à un tournant particulièrement difficile de son histoire…Dans un communiqué daté du 7 janvier 2015, la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH) dit avoir pris « note et acte » de la démission de son représentant au sein du CEP, qui « était toujours honnête dans ses fonctions de conseiller électoral ». Le pasteur Déméro fit  l’objet de graves accusations de corruption. Une  commission d’éthique mise sur pied par la  fédération protestante d’Haïti,  de concert avec d’autres instances dont le réseau national de défense des droits humains (RNDDH), ne trouva aucune preuve corroborant ces accusations.  Le conseiller et secrétaire de la CEP jugea toutefois bon de remettre sa démission le 15 janvier 2016. Accusée par un candidat à la députation d’avoir reçu des pots-de-vins de plusieurs milliers de dollars en échange d’une décision favorable au Bureau du Contentieux Électoral National (BCEN), la représentante des organisations féminines au sein du CEP, Yolette  Mengual, se vit obliger en janvier 2016 de suspendre ses activités au sein de l’organisme électoral pour, dit-elle, « mener une bataille juridique contre les accusations sans fondement, qui ne sont que des déclarations diffamatoires. » Elle revint, deux semaines plus tard, reprendre sa place parmi les conseillers restants. Le conseiller Jaccéus Joseph moins d’une semaine avant les élections du 24 janvier 2016, prit ses distances en faisant part à Opont de sa décision « de ne pas prendre part aux préparatifs du 24 janvier 2016 ». Le représentant de la presse, le conseiller Pierre Manigat Jr, soumit sa démission dans une lettre adressée au président Martelly le 22 janvier, le jour ou le CEP décida de reporter les élections du 24  janvier. Néhémy Joseph se retira du CEP le 30 septembre, citant des problèmes entravant le processus électoral. « Je n’ai plus la conviction de pouvoir réaliser convenablement la mission que la République m’a confiée », écrit-il dans sa lettre de démission. Carline Viergelin, très contestée par les secteurs dont elle est censée représenter, le remplaça. Le premier tour des législatives du 9 août 2015 fut, selon les témoins et observateurs, émaillé de d’incidents violents, de bourrages d’urnes et d’irrégularités avec un taux de participation dérisoire, des faits banalisés par les oligarques et les partis ou forces politiques liés au gouvernement Martelly. Alors que tous les secteurs qui ont investi gros dans ces élections ont crié à ceux disposés à les écouter que les élections du 25 octobre fut un succès, il demeure que la participation ne dépassa pas les 30%, et de nombreux cas de fraudes furent relevés et documentés. 📂 Textes Similaires: 2640.200.- Conseils Electoraux: 2004 – 2011 2640.400.- Conseil Électoral : de 2020 2630.100.- Conseils Electoraux: De 1987 à 2000 «« 2640.200.- Conseils Electoraux: 2004 – 2011 Date de création: 8 août 2015 Date de révision : 12 juin 2021 2640.400.- Conseil Électoral : de 2020 »» Textes: Archives Textes par année 2025  (24) 2024  (38) 2023  (15) 2022  (18) 2021  (51) 2020  (27) 2019  (24) 2018  (18) 2017  (18) 2016  (19) 2015  (17) 2014  (27) 2013  (18) 2012  (26) 2011  (34) 2010  (31) 2009  (13) 2008  (8) 2007  (6) 2006  (14) 2005  (11) 2004  (4) 2003  (6) 1999  (1) Textes par catégorie Accords  (1) Année jubilaire 2025  (2) Annonces  (15) Arts et artistes  (8) Bien-être des enfants  (7) Blog  (1) Business  (1) Carnaval  (6) Chambre des députés  (5) Coaching  (1) Colloques et séminaires  (8) Communauté internationale  (15) Conditions économiques  (14) Conditions sociales  (30) Conférences  (9) Correspondance  (6) Corruption  (6) Covid19  (13) Créole  (5) Criminalité  (78) Crises  (51) Culture  (30) Démocratie  (5) Désastres naturels  (27) Design / Branding  (1) Dette de l’Indépendace  (2) Diaspora haitienne  (23) Diplomatie  (15) Discours  (36) Documents  (1) Ecologie  (4) Economie et finances  (4) Education  (11) Eglise catholique  (139) Eglise épiscopale  (2) Elections  (42) Elites haitiennes  (5) Environnement  (2) Essais  (4) Etats-Unis  (3) Evénements culturels  (17) Evêques  (88) Fête de l’indépendance  (9) Fête de Noël  (21) Fête des mères  (4) Fête du Drapeau  (3) Fêtes et célébrations  (36) Forces de sécurité  (8) Guerre de l’Indépendance  (5) Henri Christophe  (2) Histoire  (54) Histoire: 1804-1915  (17) Histoire: 1915-1934  (3) Histoire: 1934-1986  (4) Histoire: 1957-1986  (6) Histoire: 1986-  (68) Homélies  (3) Inondations  (2) Insécurité  (17) Islam  (1) Jacmel  (1) Jean-Jacques Dessalines  (6) Jour de l’An  (13) Justice  (3) Leadership politique  (39) Législation  (2) Lettres ouvertes  (4) Lettres pastorales  (49) Littérature  (11) Manifestations politiques  (7) MINUSTAH  (10) Nécrologie  (33) Note de presse  (5) ONU  (5) Pape  (3) Parlement haitien  (1) Partis politiques  (5) Pétitions  (2) Photographies  (8) Poèmes  (3) Politique et gouvernement  (122) Port-au-Prince  (1) Pouvoir exécutif  (6) Présidence  (21) Primature  (6) Prise d’otages  (25) Prix Littéraires  (4) Reconstruction  (1) Relations diplomatiques  (7) Relations haitiano-dominicaines  (5) Religion  (50) Ressources naturelles  (2) Révolutions  (2) Romans  (2) Santé  (10) Séisme  (30) Sénat de la République  (12) Société  (115) Souhaits  (18) Souveraineté nationale  (16) Sports  (4) Temps de Carème  (2) Textes en créole  (37) Théâtre  (1) Toussaint Louverture  (1) Universités  (8) Violence  (21) Du Blogue 📅 Mardi 9 Décembre 2025 Message de Noël 2025 de la Conférence Épiscopale d’Haiti (CEh) 📅 Samedi 27 septembre 2025 Intervention d’Anthony Laurent Saint-Cyr Président pro tempore du CPT lors du débat général de la 80e Session de l’Assemblée de l’ONU 📅 Jeudi 14 août 2025 Chancellerie du Diocèse de Jérémie: Annonce officielle du décès de Monseigneur Joseph Willy Romélus Diksyonè kreyòl • Pilòt (n.) 2025-12-21 16:54:00 • Sa k pou di w (expr.) 2025-12-21 16:53:02 • Palaso (n.) 2025-12-21 16:51:57 • Antouka (adv.) 2025-12-21 16:50:54
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2640.300.- Conseils Électoraux : 2012-2020 » Haiti-Référence Skip to content Politique et gouvernement Le CEP de 2015 présidé par Pierre-Louis Opont (le premier à gauche) Un an après l’investiture des élus issus des élections du 28 novembre 2010 et du 20 mars 2011, le mandat d’un tiers du sénat (10 sénateurs en fonction) était donc arrivé à terme. Des élections devraient donc se tenir cette année-là pour les remplacer. Le gouvernement se montra alors peu intéresser. Le Cep de 2009 1ui avait organisé les élections susmentionnées était devenu donc caduc et dysfonctionnel pour plusieurs raisons[1]. Cependant, des voix d’Haiti et d’ailleurs commençaient à s’élever demandant le respect de l’échéance électorale. Ainsi débuta donc une vraie saga qui a vu, parmi les intrigues de toutes sortes, la création de quatre conseils électoraux, la déchéance immédiate de deux premiers et la démission en bloc du troisième. Entre-temps, en 2014, le mandat d’un second de 10 autres sénateurs prit fin, suivit au début de janvier 2015 par celui de la chambre législative dans son intégralité. Ci-dessous la liste des conseils électoraux qui se sont succédé de 2012 à 2015. Conseil Électoral Permanent (Version 2012) Nommés après un conseil des ministres en date du 15 août 2012, avec un effectif de seulement six conseillers, ce Conseil Électoral qu’on voulait être permanent fut installé, à l’École de la Magistrature le 21 août 2012. Il était composé des personnalités suivantes représentant les trois pouvoirs de l’État: Représentants du pouvoir judiciaire: Yves Benoit Jean-Marie ; Patrick Mételus ; Salnave Exantus ; Représentants du pouvoir exécutif: Josué Pierre-Louis; Gustave Acacia; Raynaldo Brunet; Immédiatement, un bureau provisoire fut créé avec cette structure: 👤 Josué Pierre-Louis Président 👤 Gustave Acacia Vice-président 👤 Patrick Métélus Secrétaire Générale 👤 Raynaldo Brunet Responsable des opérations électorales 👤 Salnave Exantus Responsable du bureau de communication 👤 Yves Benoit Jean-Marie Trésorier L’installation de ce conseil eut lieu malgré les contestations du Sénat sur la nomination de la majorité des membres du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ). Celui-là refusait alors d’entamer le processus de nomination des représentants du Parlement, d’où l’effectif de six membres. Ce Conseil Électoral Permanent devint donc très provisoire. De nouvelles négociations débutèrent entre les secteurs directement concernés alors par la crise électorale pour la création d’un nouvel organisme et sous les auspices d’un regroupement inter-confessionnel dénommé “Religions pour la Paix ». Collège transitoire du Conseil électoral permanent (2013) L’idée d’un Collège transitoire du Conseil Électoral Permanent (CTCEP) est rendue publique le 24 décembre 2012 suite à un accord signé entre des représentants du Parlement et de l’Exécutif. Il est créé 11 avril 2013, après la publication dans le journal officiel de l’arrêté présidentiel nommant ses neuf membres [2]. Représentants Pouvoir Législatif : Pierre Simon Georges ; Néhémy Joseph ; Marie Clunie Dumay Miracles ♀ . Représentants Pouvoir Exécutif : Jean Marie Vianney Emmanuel Ménard; Jacqueline Patricia Chantale Raymond ♀ ; Gloria Margarette Girault Saint-Louis ♀ . Représentants du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire : Léopold Berlanger; Marie Carole Innocent Floréal Duclervil ♀ ; Applys Félix. Installés le 19 avril 2013, ces derniers n’ont pu, en effet, entamer le processus devant conduire à l’accomplissement de leur mission, celle d’organiser des élections sénatoriales partielles, municipales et locales, malgré la formation de ce bureau: 👤 Emmanuel Ménard Président 👤 Marie Cluny ♀ Vice-présidente 👤 Dumay Miracles Secrétaire 👤 Pierre Simon Georges Trésorier Conseil électoral provisoire (Version 2014) Cette deuxième version du Conseil Électoral Provisoire fut créée par arrêté présidentiel en date du 6 mai 2014, conformément à l’Accord d’El Rancho. Selon l’accord du 14 mars 2014, le Collège transitoire du conseil électoral permanent (Ctcep), fruit d’une précédente entente entre exécutif et législatif, redevint Conseil Électoral Provisoire Conseil laissant aux trois pouvoirs le droit de changer certains de leurs membres. Ainsi donc, on retrouva d’abord, à l’exception d’une seule, les mêmes personnalités du CTCEP précédent. Pour le Pouvoir Législatif : Marie Clunie Dumay Miracles ♀ (inchangé) Pierre Simon Georges (inchangé) Néhémy Joseph (inchangé) Pour le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire : Applys Félix (inchangé) Marie Carole Innocent Floreal Duclervil ♀ (inchangé) Léopold Berlanger (inchangé) Pour le Pouvoir Exécutif : Gloria Margarette Girault Saint-Louis ♀ (inchangé) Jacqueline Patricia Chantale Raymond ♀ (inchangé) Frizto Canton (qui remplaça Menard) Sept des membres de la liste précédente prêtèrent serment le 9 mai 2014 (absents: Néhémy joseph, Léopold Bélanger). Entre-temps, Yolette devint la nouvelle représentante du CSPJ en remplacement de Marie Carole Innocent Floreal Duclervil et Max Mathurin remplaça au conseil Fritz Canton alors représentant du pouvoir exécutif. Avec les deux absents de la prestation de serment du 9 mai, ces deux derniers furent installés le 21 juillet 2014. Les membres de ce nouvel organe électoral distribuèrent les principales charges suivant cette liste: 👤 Max Mathurin Président 👤 Jacqueline Patricia Chantal Raymond ♀ Vice-Présidente 👤 Applys Félix Secrétaire 👤 Gloria Margareth Girault Saint-Louis ♀ Trésorière 6 sénateurs de l’opposition ont manifesté ouvertement leur opposition à la constitution de ce conseil en refusant de voter les amendements à la loi électorale. Ils disaient vouloir d’un organe qui respecterait l’application de l’ article 289 de la Constitution . Après maintes tergiversations de part et d’autres et le non-respect de l’échéance du 26 octobre 2014, choisi unilatéralement par l’exécutif pour les premiers tours des élections, les neuf membres ont dû plier bagage remettant leur démission le 19 décembre et remplacés par un nouveau Conseil Conseil électoral provisoire (Version 2015) Nommés près d’un mois après la démission en bloc du Conseil Électoral Provisoire (version 2014), un nouveau, Conseil chargé maintenant d’organiser les élections pour les deux tiers du sénat, le renouvellement de la Chambre des députés, les municipales et locales, les présidentielles fut créé représentant neuf secteurs de la société[3]. La Conférence Episcopale: Ricardo Augustin 4 Les cultes réformés: Vijonet Demero 5 Les organisations féminines: Yolette Mengual ♀ 6 Les organisations des droits humain: Jaccéus Joseph 7 Les universités: Lucie Marie Carmelle Paul Austin ♀ La presse: Pierre Manigat Jr 8 Les syndicaux: Lourdes Edith Joseph ♀ La paysannerie et le vodou: Néhémie Joseph remplacé par Carline Viergelin ♀ 9 Le secteur patronal: Pierre-Louis Opont Ces neuf personnalités furent assermentées le 23 Janvier 2015. Immédiatement, elles formèrent le bureau suivant: 👤 Pierre-Louis Opont Président 👤 Pierre Manigat Jr. Vice-président 👤 Vijonet Déméro Secrétaire 👤 Ricardo Augustin Trésorier Ce conseil qui agréa 122 partis politique et plus d’une cinquantaine de candidats à la présidence, organisa les élections du 9 août 10 , 25 octobre 2015 11 , le premier tour des présidentielles. Il lui prit plus d’un mois pour communiquer au public les résultats définitifs du premier tour des législatives où ont été déclarés vainqueurs seulement deux candidats au sénat ( Jean Renel Sénatus, pour le département de l’Ouest, et Youri Latortue pour l’Artibonite) et huit à la députation: Cholzer Chancy, Ennery), Gracia Delva (Marchand-Dessalines), Fritz Chéry (Gros-Morne), Jacky Guerrier (Pointe-à-Raquette), A. Rodon Bien-Aimé (Cerca Carvajal), Rony Célestin (Cerca la source), Anouce John Bernard (Beaumont) et Gabriel Lionel Jean (Lascahobas). La publication des résultats du premier tour des présidentielles (Voir: Élections présidentielle du 2015 ) donna suite à de vastes mouvements de protestation. Sept candidats malheureux et Jude Célestin, le candidat de la Ligue alternative pour le progrès et l’émancipation haitienne (LAPEH) qui  selon les résultats officiels , était arrivé second au premier tour, formèrent un front commun pour contester les résultats. Ce dernier refusa même de participer au deuxième tour prévu alors pour le dimanche 27 décembre (annulé par la suite). Ce front commun poussa l’exécutif à créer le 16 décembre une commission d’évaluation composée des citoyens suivants représentants plusieurs secteurs: Gédéon Jean (organisations des droits humains); Pasteur Armand Louis (Les églises protestantes); Père Patrick Aris (Église catholique); Evonie Georges Auguste ♀ (Les cultes vodou); Rosny Desroches (La société civile). Après deux semaines de travail, la commission remit au président Joseph Michel Martelly un rapport (3 janvier) qui immédiatement fixa le second tour des présidentielles au 17 janvier, pour le renvoyer, sur la demande du CEP, au 24 janvier 2016 11 . Jude Célestin annonça qu’il continuerait à boycotter le scrutin du 24 janvier. Seul Jovenel Moïse, le poulain du président sortant, Michel Martelly, menait alors compagne. Deux jours avant le scrutin et 24 heures après une adresse du président qui affirmait haut et fort que le gouvernement et l’organisme électoral se dirigeaient irrévocablement vers le 24 janvier, le CEP, pratiquement réduit à cinq conseillers, reporta « site die » les élections prévues à cette date. Une semaine après l’annonce de ce report, le président du CEP lui-même, désavoué par le secteur (le secteur patronal) qu’il représentait, démissionna. L’organisme électoral se trouva donc réduit à seulement quatre membres, toutes des femmes : Marie Carmelle Paul Austin, Lourdes Edith Joseph, Carline Viergelin, Yolette Mengual. Quatre des neuf membres avaient déjà remis leur démission: Jaccéus Joseph, Ricardo Augustin, Vijonet Deméro et Pierre Manigat Jr. Conseil électoral provisoire (Version 2016) Le conseil précédent décrié par la majorité des secteurs de la société civile et par presque tous les partis politiques, plia bagage sans toutefois accomplir sa mission celle organiser des élections transparentes pour les deux tiers du sénat, le renouvellement de la Chambre des députés, les municipales et locales, un replâtrage officiel eut lieu le 29 mars 2016 par le gouvernement provisoire Privert/Jean-Charles et selon l’ accord du 5 février 2016 . Composé des personnalités suivantes (6 hommes et 3 femmes): Conférence Épiscopale d’Haïti: Carlos Hercule; Cultes Réformés: Frinel Joseph; Secteur Paysan/Vaudou: Kenson Polynice; Secteur Patronal: Marie-Herolle Michel ♀ ; Secteur Presse: Léopold Berlanger; Secteur Syndical: Josette Jean Dorcély ♀ ; Secteur Université: Jean Lucien Bernard; Secteur Femme: Marie Frantz Joachim ♀ ; Secteur Droits humains: Jean Simon Saint-Hubert, il a donc  pour tache de: Relancer le processus électoral après évaluation des étapes déjà franchies ; Mettre en application les recommandations techniques de la Commission indépendante d’évaluation électorale ; Finaliser les élections en organisant le second tour de la présidentielle, les élections complémentaires au Sénat dans trois départements et à la députation dans 28 circonscriptions électorales. Ces conseillers prêtèrent le serment le serment d’usage devant les juges de la Cours de Cassation le 30 mars 2016. Le même jour, ils formèrent un bureau composé comme suit: 👤 Léopold Berlanger Président 👤 Carlos Hercule Vice-président 👤 Marie Frantz Joachim ♀ Secrétaire général 👤 Frinel Joseph Trésorier A la suite de cette installation, une nouvelle commission dénommée « Commission Indépendante de Vérification Électorale » (Cieve) fut créée et installée le 28 avril 2016. Elle avait pour mission de de rétablir la confiance des acteurs politiques dans le processus électoral en établissant la sincérité des résultats des élections de 2015 par un travail de réévaluation des résultats et du processus électoral et par des propositions concrètes au gouvernement. Après des semaines de travail, apparemment en présence permanente des représentants des partis politiques, la Cieve remit, le 30 mai en fin d’après-midi, son rapport au président provisoire, Jocelerme Privert, lors d’une cérémonie au Palais national. cer dernier, à son tour, Le Président Privert a conclu la cérémonie en remettant le rapport de la commission au Président du Conseil Electoral Provisoire, M. Léopold Berlanger, pour les suites nécessaires le passa au Président du Conseil Electoral Provisoire, Léopold Berlanger, pour les suites nécessaires. Dans ce rapport, la commission recommande l’annulation du premier tour de l’élection présidentielle, tenu le 25 octobre dernier, en raison de fraudes. Elle était composée des personnalités suivantes: François Benoît, un ancien conseiller du Cep. Il devint le président de la Commission. Michel Erick Gaillard de l’Ordre des comptables agréés haïtiens, Marc Donald Jean de l’Église épiscopale/anglicane, Gédéon Jean, représentant de la commission précédente (sous le gouvernement Martelly), Pierre Wilfrid Sanon de l’Association haïtiennes des entreprises de construction. Le CEP du 30 mars 2016 président oar Léopold Belanger organisa le 20 novembre de la même année le premier tour de la présidentielle, le second tour des législatives pour compléter la chambre des députés (25), le premier tour pour le renouvellement près de deux tiers du Sénat (16) et le deuxième tour pour plusieurs cartels de mairies. Après ces élections, ce conseil devint inactif et perdit même sa pertinence. Il n’arriva pas à organiser les élections législatives prévues pour l’année 2019, ce qui rendit caduque la Chambre des Députés et motiva le renvoi de plus d’un tiers des sénateurs, échéance de mandat oblige. Au début du mois de juillet 2020, le représentant du secteur des droits humains, Me. Jean Simon Saint-Hubert, à la demande de son organisation, remit sa démission au Président de la République Jovenel Moïse et aux autres membres dudit Conseil. Ala fin du même mois, les huit autres conseillers dmissionèrent en bloc. Dans leur lettre datée du 24 juillet et adressée au président Jovenel Moïse , il évoquèrent comme raison la crise politique et institutionnelle et dirent prendre cette décision pour aider à la création de nouvelles conditions pour un nouveau processus électoral. La voie devint alors libre au président d’imposer son propre conseil électoral. ✍ Notes: Parmi les neuf membres que comptait ce conseil, l’un est mort, un autre a démissionné et trois furent en cavale. Donc il restait en ce tamps-là seulement quatre en fonction. Le Moniteur . 168è Année, No. 63. Jeudi 11 avril 2013; pp. 1-7. Voir: « Accord pour une sortie durable de la crise politique entre le Président de la République et des Partis politiques « , signé le 11 janvier 2015 à l’Hotel Kinam . Dans une lettre adressée au président de la République et portant la date du 5 janvier 2016, le représentant de l’Église catholique présenta sa démission: Excellence, J’ai l’avantage de vous présenter ma démission comme membre du conseil électoral provisoire. Cette décision prend effet dès réception de la présente. Je me réjouis d’avoir pu servir mon pays à un tournant particulièrement difficile de son histoire…Dans un communiqué daté du 7 janvier 2015, la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH) dit avoir pris « note et acte » de la démission de son représentant au sein du CEP, qui « était toujours honnête dans ses fonctions de conseiller électoral ». Le pasteur Déméro fit  l’objet de graves accusations de corruption. Une  commission d’éthique mise sur pied par la  fédération protestante d’Haïti,  de concert avec d’autres instances dont le réseau national de défense des droits humains (RNDDH), ne trouva aucune preuve corroborant ces accusations.  Le conseiller et secrétaire de la CEP jugea toutefois bon de remettre sa démission le 15 janvier 2016. Accusée par un candidat à la députation d’avoir reçu des pots-de-vins de plusieurs milliers de dollars en échange d’une décision favorable au Bureau du Contentieux Électoral National (BCEN), la représentante des organisations féminines au sein du CEP, Yolette  Mengual, se vit obliger en janvier 2016 de suspendre ses activités au sein de l’organisme électoral pour, dit-elle, « mener une bataille juridique contre les accusations sans fondement, qui ne sont que des déclarations diffamatoires. » Elle revint, deux semaines plus tard, reprendre sa place parmi les conseillers restants. Le conseiller Jaccéus Joseph moins d’une semaine avant les élections du 24 janvier 2016, prit ses distances en faisant part à Opont de sa décision « de ne pas prendre part aux préparatifs du 24 janvier 2016 ». Le représentant de la presse, le conseiller Pierre Manigat Jr, soumit sa démission dans une lettre adressée au président Martelly le 22 janvier, le jour ou le CEP décida de reporter les élections du 24  janvier. Néhémy Joseph se retira du CEP le 30 septembre, citant des problèmes entravant le processus électoral. « Je n’ai plus la conviction de pouvoir réaliser convenablement la mission que la République m’a confiée », écrit-il dans sa lettre de démission. Carline Viergelin, très contestée par les secteurs dont elle est censée représenter, le remplaça. Le premier tour des législatives du 9 août 2015 fut, selon les témoins et observateurs, émaillé de d’incidents violents, de bourrages d’urnes et d’irrégularités avec un taux de participation dérisoire, des faits banalisés par les oligarques et les partis ou forces politiques liés au gouvernement Martelly. Alors que tous les secteurs qui ont investi gros dans ces élections ont crié à ceux disposés à les écouter que les élections du 25 octobre fut un succès, il demeure que la participation ne dépassa pas les 30%, et de nombreux cas de fraudes furent relevés et documentés. 📂 Textes Similaires: 2640.200.- Conseils Electoraux: 2004 – 2011 2640.400.- Conseil Électoral : de 2020 2630.100.- Conseils Electoraux: De 1987 à 2000 «« 2640.200.- Conseils Electoraux: 2004 – 2011 Date de création: 8 août 2015 Date de révision : 12 juin 2021 2640.400.- Conseil Électoral : de 2020 »» Textes: Archives Textes par année 2025  (24) 2024  (38) 2023  (15) 2022  (18) 2021  (51) 2020  (27) 2019  (24) 2018  (18) 2017  (18) 2016  (19) 2015  (17) 2014  (27) 2013  (18) 2012  (26) 2011  (34) 2010  (31) 2009  (13) 2008  (8) 2007  (6) 2006  (14) 2005  (11) 2004  (4) 2003  (6) 1999  (1) Textes par catégorie Accords  (1) Année jubilaire 2025  (2) Annonces  (15) Arts et artistes  (8) Bien-être des enfants  (7) Blog  (1) Business  (1) Carnaval  (6) Chambre des députés  (5) Coaching  (1) Colloques et séminaires  (8) Communauté internationale  (15) Conditions économiques  (14) Conditions sociales  (30) Conférences  (9) Correspondance  (6) Corruption  (6) Covid19  (13) Créole  (5) Criminalité  (78) Crises  (51) Culture  (30) Démocratie  (5) Désastres naturels  (27) Design / Branding  (1) Dette de l’Indépendace  (2) Diaspora haitienne  (23) Diplomatie  (15) Discours  (36) Documents  (1) Ecologie  (4) Economie et finances  (4) Education  (11) Eglise catholique  (139) Eglise épiscopale  (2) Elections  (42) Elites haitiennes  (5) Environnement  (2) Essais  (4) Etats-Unis  (3) Evénements culturels  (17) Evêques  (88) Fête de l’indépendance  (9) Fête de Noël  (21) Fête des mères  (4) Fête du Drapeau  (3) Fêtes et célébrations  (36) Forces de sécurité  (8) Guerre de l’Indépendance  (5) Henri Christophe  (2) Histoire  (54) Histoire: 1804-1915  (17) Histoire: 1915-1934  (3) Histoire: 1934-1986  (4) Histoire: 1957-1986  (6) Histoire: 1986-  (68) Homélies  (3) Inondations  (2) Insécurité  (17) Islam  (1) Jacmel  (1) Jean-Jacques Dessalines  (6) Jour de l’An  (13) Justice  (3) Leadership politique  (39) Législation  (2) Lettres ouvertes  (4) Lettres pastorales  (49) Littérature  (11) Manifestations politiques  (7) MINUSTAH  (10) Nécrologie  (33) Note de presse  (5) ONU  (5) Pape  (3) Parlement haitien  (1) Partis politiques  (5) Pétitions  (2) Photographies  (8) Poèmes  (3) Politique et gouvernement  (122) Port-au-Prince  (1) Pouvoir exécutif  (6) Présidence  (21) Primature  (6) Prise d’otages  (25) Prix Littéraires  (4) Reconstruction  (1) Relations diplomatiques  (7) Relations haitiano-dominicaines  (5) Religion  (50) Ressources naturelles  (2) Révolutions  (2) Romans  (2) Santé  (10) Séisme  (30) Sénat de la République  (12) Société  (115) Souhaits  (18) Souveraineté nationale  (16) Sports  (4) Temps de Carème  (2) Textes en créole  (37) Théâtre  (1) Toussaint Louverture  (1) Universités  (8) Violence  (21) Du Blogue 📅 Mardi 9 Décembre 2025 Message de Noël 2025 de la Conférence Épiscopale d’Haiti (CEh) 📅 Samedi 27 septembre 2025 Intervention d’Anthony Laurent Saint-Cyr Président pro tempore du CPT lors du débat général de la 80e Session de l’Assemblée de l’ONU 📅 Jeudi 14 août 2025 Chancellerie du Diocèse de Jérémie: Annonce officielle du décès de Monseigneur Joseph Willy Romélus Diksyonè kreyòl • Pilòt (n.) 2025-12-21 16:54:00 • Sa k pou di w (expr.) 2025-12-21 16:53:02 • Palaso (n.) 2025-12-21 16:51:57 • Antouka (adv.) 2025-12-21 16:50:54
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La revue de la Semaine REVUE DE LA SEMAINE 14 NOVEMBRE 2014 Détails Catégorie : La Revue de la Semaine Création : 17 novembre 2014 ELECTIONS:  LES CONSULTATIONS SE POURSUIVENT Le président Michel Martelly a invité d’autres personnalités pour des consultations le mercredi 12 novembre. Ces consultations avaient été initialement planifiées pour une rencontre : Président de la république et membres de partis politiques de a plutôt eu lieu avec d’autres secteurs. Les partis politiques en question ont boudé la rencontre. Pour ce 12 novembre, Un ancien sénateur, Gabriel Fortuné, assez critique face au pouvoir, et Charles-Henri Baker, candidat malheureux aux dernières élections présidentielles étaient les deux principaux invités de Martelly. Des membres du secteur des affaires dont les noms n’ont pas été divulgués étaient également de la partie. Les partis opposés au pouvoir avaient décidé de ne pas répondre à l’invitation de Martelly. Pour eux les consultations n’impliquent aucun engagement et ne peuvent aboutir à rien de sérieux. Les résultats de ces consultations seront communiqués le 18 novembre prochain à l’occasion de la commémoration du 211 e anniversaire de la bataille de Vertières a annoncé le porte parole de la présidence Lucien Jura. Quel sera le contenu de la synthèse des données recueillies lors de ces échanges ? En quoi est-ce que toutes ces consultations contribueront-elles à trouver une solution à l’actuelle crise pré-électorale ? Déjà, le sénateur Moïse Jean Charles annonce une journée de manifestation pour le mardi 18 novembre. « … nous allons reprendre les mobilisations pour chasser Martelly et ses acolytes du pouvoir », a déclaré le sénateur Jean Charles, lors d’un point de presse le mardi 11 novembre. Le départ de la Mission onusienne présente dans le pays depuis 2004 en est un autre motif. Une deuxième journée de manifestation se déroulera le samedi 29 novembre. « L’agenda de l’opposition est chargé », a laissé entendre le sénateur. qui avait observé une court retrait de la scène politique pour organiser les funérailles de sa mère décédée fin octobre. Si le président Martelly se met à vouloir gouverner le pays par décret, après le 12 Janvier, après avoir fait le constat du dysfonctionnement du sénat, ce sera le compte à rebours vers le chaos  a jugé le président du sénat Dieuseul Simon Desras LE CHANTEUR DE DJAKOUT NE SE PRESENTE PAS AU CABINET L’INSTRUCTION… Auguste Duverger ne s’est pas présenté au cabinet d’instruction le mercredi 12 novembre, pour répondre aux  questions du juge Sorel Jn François, dans l’affaire du dossier du chef de gang Sonson Lafamilia. L’avocat du chanteur vedette de Djakout a demandé au magistrat instructeur le report de l’invitation à une huitaine, son client étant actuellement en tourneye à l’étranger. Le Nouvelliste consacre un article à l’affaire qui fait beaucoup de bruits. ] INSECURITE: DEUX BLESSES au centre-ville de Port-au-Prince. C’est mercredi au bas de la ville, rue Macajoux et Rue Tiremasse que les balles ont éee tirees. Une personne a reçu une balle à la paoitrine. Des marchandes du secteur informel se sont mises z`courir dans tous les sens. Aucune przésence policière n’a été conatatée. L’OPPOSITION ANNONCE DES MANIFESTATIONS NON STOP… Serge Jan Louis du Mouvement Patriotique de l’Opposition Démocratique ( MOPOD) et Assad Volcy de l’Organisation Têt Ansanm,  ont annoncé mardi une série de manifestations  contre le pouvoir en place. Ces manifestions, u nombre de 4 auront lieu les 18, 25, 28 et 29 Novembre. La manif du 18 novembre partisa de deux points de rsssemblement: l’Eglise St Jean Bosco et la chapelle  Notre Dame du Perpétuel Secours pour aboutir devant le Palais National. CINQUANTE ANS DEPUIS L’EXECUTION DE LOUIS DROUIN JR ET MARCEL DUMAL C’était un 12 Novembre de l’année 1964. et le site Haïti lutte contre l’impunité a publié les images video de l’exécution de Marcel Numa et de Louis Drouin Jr, les deux seuls survivants des 13 résistants qui ont organisé une guérilla contre le dictateur Francçois Duvalier à partir d’aout 1964. Ces 13 résistants étaient membres de Jeune Haïti, un mouvement qui s’était donné pour objectif de construire une nouvelle Haïti. En aout 1964, ils débarquent à Petite rivière de Dame Marie dans la Grand’Anse (sud-ouest). Pendant trois mois ils tiennent une résistance armée et finissent par être tous tués. Marcel Numa et Louis Drouin Jr sont capturés et exécutés par un peloton de l’armée d’Haïti le 12 novembre 1964 à 7 heures du matin, devant les murs du cimetière de Port-au-Prince, sous les yeux d’écoliers et d’une foule de gens amenés par camions. Leur exécution, décidée après une mascarade de procès, a été retransmise en direct par la radio officielle, "La Voix de la République", puis en boucle pendant des jours sur la seule chaîne de télévision nationale, indique le site. « Les deux cadavres restèrent exposés pendant des jours dans la rue, ‘et ne furent enlevés que sous la demande faite à Duvalier par un ambassadeur africain accrédité en Haïti », explique une note en bas de la vidéo. « Furent exposés également le jour de l’exécution, sur une chaise, le cadavre de Yvan Laraque, identifié comme le commandant du [groupe], ainsi que les têtes coupées des corps inertes de Réginald Jourdan, Roland Rigaud et Guslé Villedrouin », ajoute ailleurs le site. La vidéo montre les deux jeunes hommes, Numa et Drouin, extrêmement calmes avant leur mise à mort. JEAN MARIE GABRIEL N’EST PLUS L’humoriste Jean Marie Gabriel, un des animateurs de l’émission "Matin-Caraïbes", est décédé ce jeudi 13 novembre suite à une détresse respiratoire. Jean Marie Gabriel, 53 ans, formé à l’École nationale des arts (Enarts) souffrait d’asthme. Une page Facebook RIP Jean Marie Gabriel Nou pap janm bliye w a été créée et plusieurs personnes défilent depuis ce matin à la Radio télévision Caraïbes pour apporter leur mot de sympathie. Des politiciens, des artistes, des étudiants entre autres ont réagi au décès de Gabriel. « Je n’arrive toujours pas y croire. Je l’aimais Jean Marie Gabriel. Il avait quelque chose de spécial. Une classe. Un humour. Une manière de vivre la vie en l’aimant follement tout en ne lui accordant pas trop d’importance. J’ai vraiment raté l’occasion de faire quelque chose de grand avec un grand artiste. Je suis effondré », réagit l’écrivain Gary Victor sur sa page Facebook. Le ministère à la communication se dit « consterné » par la mort de Jean Marie Gabriel tout en offrant ses condoléances. « La disparition de cet homme de théâtre, publiciste d’une large culture qui suscitait par ses analyses sans équivoque, de grands débats, est venue créer un vide qui pourra difficilement être comblé dans ce secteur », écrit le ministère. L’agence en ligne AlterPresse adresse ses plus sincères sympathies aux collègues de Jean Marie Gabriel, toute l’équipe de Radio Télé Caraibes ainsi qu’à sa famille et ses amis. PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT; LE MINISTRE JEAN FRANÇOIS THOMAS LANCE UN CRI  D’ALARME… Le ministre haïtien de l'environnement, Jean François Thomas, alerte sur la nécessité d'adopter des dispositions pour faire face aux changements climatiques. Il met en garde contre la mauvaise gestion de l'environnement avec notamment des constructions anarchiques et le déboisement. En marge d'un forum sur les changements climatiques, le ministre Thomas a plaidé pour l'implication des citoyens dans l'effort de protection de l'environnement. La population doit trouver des mécanismes pour gérer ces changements climatiques, a laissé entendre le ministre Thomas appelant à une meilleure gestion des déchets. Il annonce qu'une campagne de sensibilisation et d'éducation environnementale sera prochainement réalisée dans les écoles afin de promouvoir de nouveaux comportements. Interrogé sur les inondations enregistrées au cours de ces derniers mois, M. Thomas a révélé qu'elles sont liées aux changements climatiques. Dans le même temps il attire l'attention sur la nécessité d'une meilleure prise en charge des bassins versants. Il n'y a pas assez d’arbres…ils ont ete remplaces par des constructions anarchiques. Mais qui doit s’en occuper? N’es-tce pas le gouvernement dont il fait partie ? L'agronome Thomas préconise une campagne de reboisement de la montagne vers la mer pour rétablir l'équilibre. Dans le cadre de ce plan il se réjouit de l'appui de l'organisation des nations unies (ONU) qui œuvre dans la protection des mangroves. ET JUSTEMENT AU SUJET DE CES CATASTROPHES NATURELLES, L’HEBDOMADAIRE HAITI EN MARCHE CONSACRE UN ARTICLE SUR LES INONDATIONS QUI ONT FRAPPE LE PAYS DURANT EN CE DEBUT DU MOIS DE NOVEMBRE… Le quotidien publie sur sa page de couverture une séance de distribution d’articles de premier secours a la population du Nord. C’est tant mieux, dirons nous ! Mais est-ce de cela don’t la population a le plus besoin, alors que la séance se déroule sans meme la presence des autorités locales carrément mises de cˆøté, alors ue les bassins versants continuent à ˆêtre dénudés alors ue la terre continue à dégriingoler vers la mer, selon le fameux deboulonay tèl… alors que  aucun travaux d’infrastructure n’est annoncé pour stopper cette désintegration non stop de notre environnement… Et le quotidien de poursuivre: “Cependant dans ce département comme ailleurs dans le pays, l’appellation de catastrophes naturelles n’est qu’une formule, ces déboires sont bien plus la conséquence de la gestion de son environnement par l’homme haïtien. Outre les travaux d’infrastructures jamais accomplis ou restés depuis longtemps en suspens. La montagne a accouché d’une souris ... On est étonné que les chefs de l’exécutif ni les autorités locales et départementales n’en aient fait cette fois aucune mention dans leurs déclarations ou dans les communiqués officiels. Pas étonnant quand le chef de l’Etat se fait accompagner de son ministre à la communication (autrement dit la propagande) et que sont absents les véritables concernés : en premier lieu, les titulaires des travaux publics, de l’environnement, de l’agriculture. Ensuite, le pouvoir central doit être obligatoirement suppléé par les autorités sur le terrain. Par conséquent, la montagne a accouché d’une souris. La visite de solidarité aux populations affectées annoncée par le pouvoir, et en la personne du président et du premier ministre en personne, consistera en tout et pour tout en une distribution de ‘manger sinistré’ mais les problèmes sérieux, ceux qui sont à la base de la faiblesse des infrastructures occasionnant ces débordements dans la deuxième ville du pays, accompagnés d’inondations et d’éboulements qui font plus d’une dizaine de morts, sont passés inaperçus.” Revue de la semaine du 10 au 15 Novembre 2014… Revue de la Semaine 21 Novembre 2014 Détails Catégorie : La Revue de la Semaine Création : 23 novembre 2014 Cette semaine a eu lieu le 18 Novembre,  au Grand Palais à Paris, l’ouverture de l’Exposition: Haïti, Deux siècles de Création ARtistique. A la une du Nouvelliste grande photo montrant quelques unes des personnalités ayant fait de cette inauguration l’événement: Le Président du Grand Palais, Jean-Paul Cluzel, la ministre de la justice de la France Christiane Taubira, la ministre de la Culture d’Haïti Monique Rocourt, le Gouverneur de la Banque de la République d’Haïti Charles Castel, la Chargée d’affaires d’Haïti Mme Vanessa Matignon entre Michèle Frish du MUPANAH et Emelie Prophète de la Culture”. Les Journaux, les Agences de presse consacrent à l’événement leur une. Et l’Editorial du Nouvelliste, sous la signature de Frantz Duval profite de l’occasion pour rappeler que  ( et nous lisons) : “ L’Art de Tuer l’Art c’est le titre de l’édito qui rappelle que “Alors que s’ouvre l’exposition : Haïti deux siècles de création artistique au Grand Palais à Paris, et que des millions sont investis au Champ de Mars pour rénover le Triomphe, faire revivre le Rex, transformer la place Occyde Jeanty, agrandir le MUPANAH et latriye, le pays ne dispose pas d’un musée d’art. Pas d’un seul. Le Musée d’Art du Collège Saint Pierre , organisme qui appartient à l’Eglise épiscopale, est dysfonctionnel depuis le séisme du 12 janvier 2010. Les portes de l’institution sont fermées. Les oeuvres de nos plus grands artistes sont à la merci de la charité des institutions internationales ou des rares mécènes locaux pour être préservées, restaurées, conservées. Alors que l’on ne sait pas quelle vocation donner au Palais des poulets- Place des Arts qui se trouve en face du Musée d’Art du Collète Saint Pierre, ni à aucun autre des établissements publics en réparation, agrandissement-construction, les responsables de cette institution d’utilité publique font la collecte auprès des Haïtiens de la diaspora pour remembrer un lieu qui n’aurait jamais du fermer ses portes… et plus loin on lit aussi Alors qu’à Paris, au Grand Palais, les arts plastiques donnent d’Haïti la meilleure carte de visite, le Centre d’Art , là où tout a commencé demeure fermé. Sommes nous sérieux ? Allons nous nous prendre un jour au sérieux ? C’est la question que pose Frantz Duval dans son éditorial. Dans Haïti en Marche, c’est aussi une question qui retient notre attention: Il s’agit de cet article intitulé Tourisme et Patrimoine Vive la Différence, qui s’en souvient  ? Et là, il est question des télé Haïtiennes qui diffusent à longueur de journée des videos de groupes musicaux haïtiens. Signe particulier : Réduction de la femme à un simple objet de conquête masculine et de manière encore plus ostentatoire le décor et le lieu du  tournage où l’on reconnait inmanquablement les décapotables filant sur les autoroutes de Miami Beach. Autrement dit une honte manifeste pour l’image de son propre pays. Et l’on parle de relancer le tourisme national ! Qui doit-on blamer? Nos vedettes musicales qui  souffrent de bovarysme aigu ? Ou les concepteurs actuels du Haïti pays de  rêve, pays d’amour ! Autrefois,  non seulement le gouvernement reconnaissait que c’est une arme de promotion indispensable, mais tout le système y convenait. Les nouvelles boites de nuit s’appelaient “ Aux Calebasses” ou “ Cabane Choucoune” et non comme aujourd’hui quelque barbarisme glané sur les boulevards des métropoles étrangères. ‘’’ Les responsables d’aujourd’hui préfèrent dépenser un argent fou dans des campagnes de promotion auprès de firmes internationales, mais en négligeant totalement la création locale. Et l’Editorialiste de l’hebdomadaire Haïti en marche de conclure: En Haïti, on se détache  chaque jour davantage de notre identité. Aussi bien dans notre habillement que dans les videos vantant grotesquement les plages de Miami au rythme du compas direct, ou encore dans les appellations données aux nouveaux stores et discos de Pétionville, banlieue huppée de la capital haïtienne… Cette semaine a commencé avec les funérailles d’un confrère Jean Marie Gabriel, animateur vedette d’une émission très populaire sur Radio Caraibes: Matin Caraïbes… Il n’avait que 54 ans et est mort d’une crise d’asthme. On lit sur la Page d’Accueil de Avoka Pèp la… un article plutôt pénible. Il est d’un ami du journaliste et raconte dans quelles condition vivait ce journaliste , tellement objet de louanges aujourd’hui ( mais après sa mort…) Tout ce qu’on dit, disait, dira de lui n’a pas pu empêcher qu’il est parti vers l’au-delà, si pauvre, si incompris, si exploité et si ravagé par la maladie. Jean-Marie Gabriel a vécu dans la misère et il est mort dans la misère. Celui à qui vous rendez tant d’hommages, vivait dans la saleté, dans une maison avec son fils, sa mère, sa compagne et bien d’autres proches où les conditions sanitaires laissaient à désirer. Il prêtait un costume de non-équilibré pour cacher sa misère: ses vêtements sales, ses chaussures aux couleurs de charbon, ses sous-vêtements qu’il portaient plus de trois (3) jours. Il mangeait comme Monsieur-tout-le-monde au champs-de-mars, il traînait sa veste au plus offrant pour trouver à manger à son dernier-né, Kevin. Quand par magie il arriva à s’acheter une Honda …  Tous les jours, toutes les semaines, c’était des pannes à n’en plus finir Pas plus longtemps que cela, l’équipe était parti pour Ennery (Artibonite), chez le Député Cholzer Chancy à l’occasion de la fête patronale de la localité; on a passé un bon moment, on a réalisé l’émission en direct là-bas, tout le monde était ravi de le voir, de faire sa connaissance. Vous savez, au retour, il était avec Tom Malè, Balakov et moi dans la voiture et il disait, avec son style de toujours, “Mesye m pa gen yon goud nasyonal pou m fè gaz e pou m fè bwat Kevin”.; on plaisantait avec ça mais, c’est quand on est arrivé devant la radio que Tom Malè avait cru que c’était vrai et il lui a prêté cinq cents gourdes (Gdes 500), prêt qu’il a acquitté bien sûr deux (2) jours après. Enfin, plus besoin de dire plus sur sa situation de misère. Quant à maintes reprises, il répète:” Je suis le Célèbre Jean Marie Gabriel ”; c’était pour vous dire que tout célèbre qu’il est, il croupit dans une misère atroce. Et, c’est une réalité, comment une vedette comme lui peut, faute par la DINEPA de fournir l’eau à la rue Metellus (Pétion-Ville), il a été faire sa lessive dans un-lave-auto tout près du Canado Haïtien? Cette narration est de : Yvenert Foeshter Joseph… Les media cette semaine font le compte rendu de la manifestation du 18 Novembre mais ont à coeur de souligner, qu’il s’agisse de HPN, Mélodie FM ,Haïti Libre qu’il n’y a pas eu de morts dans la manifestation de l’opposition. C’est la Direction centrale de la Police judiciaire ( la DCPJ) qui dément formellement les allégations selon lesquelles 3 manifestants auraient été tués lors de cette manif. Les journalistes ont été emmenés en autobus à GRANDE SAVANE où a eu lieu l’inauguration de la 150ème école construite par la Fondation DIGICEL Haïti. C’est l’Ecole  Nationale Grande Savane, une école moderne et modèle », a promis M. Césaire. Il  s’engage,  en ce sens, à appliquer le programme du ministère de l’Education nationale  pour construire des citoyens utiles et honnêtes. Et puis dossier politique: L’opposition décidée plus que jamais à renverser le gouvernement. Tous les media en parlent ( dans des termes dfférents, il est vrai ! l’opposition affirme sa détermination à « renverser l’administration Martelly », forcer le Président à démissionner et « chasser l’équipe du pouvoir »...L’Opposition annonce l’organisation d’une manifestation le 25 novembre prochain dans les rues de Port-au-Prince pour exiger la démission du Président Michel Martelly, la libération des prisonniers politiques et la fin des persécutions politiques. Du côté du Parlement, Les sénateurs à l’unanimité disent Non au renvoi du Parlement, en rejetant les torts sur l’Exécutif Le président du sénat de la République, Dieuseul Simon Desras, a dit ‘’NON’’ au dysfonctionnement du parlement en 2015, ce lundi 17 novembre, dans un discours adressé à la nation. S’exprimant au nom de tous ses pairs à la veille du 211ème anniversaire de la bataille de Vertières, l’élu du Centre a accusé l’exécutif de tout mettre en œuvre pour rendre dysfonctionnel le parlement en 2015. Rappelant au pouvoir exécutif sa responsabilité dans la crise actuelle pour n’avoir pas réalisé depuis tantôt 3 ans les élections en Haïti, le sénateur Desras a désigné l’administration Martelly comme le véritable artisan du blocage du processus électoral. Et puis, il y a cette lettre adressé par les membres de l’opposition au Président de la république. Lettre dans laquelle on lit notamment ceci : ‘Nous sommes, d’ores et déjà, disposés à engager des négociations sérieuses en vue de parvenir à un accord politique global’ Le temps passe et la crise que connait le pays risque, à l’avenir, de prendre des proportions aux conséquences incalculables. Conscients de cette grave menace, nous sommes, d’ores et déjà, disposés à engager des négociations sérieuses en vue de parvenir à un accord politique global qui garantit l’avenir démocratique du pays. Pour aider à garder un climat serein au cours des échanges, il nous semble vivement souhaitable de requérir la présence d’un facilitateur haïtien accepté par les deux parties. Pour finir, nous disons qu’il conviendrait à l’exécutif d’envoyer des signaux clairs d’apaisement social et politique pour créer un climat de confiance préalable à la tenue de négociations sereines, dans les meilleurs délais. C’est signé de : Jonas COFFY AYISYEN POU AYITI Levaillant LOUIS JEUNE INITE Rosemond PRADEL FUSION J.R. Bob LIMONTAS KONTRA PEP LA Turneb DELPE Regroupement politique MOPOD Et puis c’est  la semaine du 18 Novembre, commemoration de la bataille de Vertières. Rien de bien special n’avait été programmé., Le président de la république se trouvait au Capet la ville de Port-de-Paix a fêté comme il se droit, son héros: Capois la Mort. Et c’est tout pour la Revue, cette semaine. Normal 0 false false false EN-US JA X-NONE /* Style Definitions */ table.MsoNormalTable {mso-style-name:"Table Normal"; mso-tstyle-rowband-size:0; mso-tstyle-colband-size:0; mso-style-noshow:yes; mso-style-priority:99; mso-style-parent:""; mso-padding-alt:0in 5.4pt 0in 5.4pt; mso-para-margin:0in; mso-para-margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; font-family:Cambria; mso-ascii-font-family:Cambria; mso-ascii-theme-font:minor-latin; mso-hansi-font-family:Cambria; mso-hansi-theme-font:minor-latin;} Revue de la semaine 28 Novembre 2014 Détails Catégorie : La Revue de la Semaine Création : 28 novembre 2014 Religion: L’ancienne cathédrale reconstruite est remise aux fidèles. La consécration et la bénédiction de la Cathédrale transitoire de Port-au-Prince a eu lieu le samedi 22 Novembre 2014. L'Ancienne cathédrale que l'on appelle maintenant la cathédrale transitoire est appelée à accueillir provisoirement les fidèles de Notre-Dame de l’Assomption, privés de leur cathédrale depuis le séisme du 12 janvier 2010 a eu lieu le samedi 22 Novembre 2014. Cette Cathédrale transitoire a été construite sur le site d’une autre cathédrale de l’époque coloniale entièrement détruite par le feu en janvier 1991 au cours de violences politiques. Sa construction qui répond aux normes parasismiques a coûté 2 millions de dollars et peu accueillir jusqu’à 3,000 fidèles a indiqué le chancelier du diocèse, Mgr Patrick Harys, au cours d’une conférence de presse. « Aujourd’hui, grâce à Dieu et aux bienfaiteurs que Dieu a envoyés sur notre route, l’on peut dire, fini le temps des incommodités pour les chrétiens de la paroisse de Notre-Dame », a déclaré monseigneur Guire Poulard, qui célébrait la messe à laquelle prenaient part, outre une foule de fidèles, des membres du clergé catholique, des personnalités politiques et diplomatiques. Le décret instituant la « Cathédrale transitoire » précise que la cathédrale de Port-au-Prince « demeure à construire en son temps quand les moyens seront disponibles ». « C’est une question qui concerne l’Église et l’État », a précisé le chancelier du diocèse. Les coûts de construction de la nouvelle Cathédrale définitive, sur le site du bâtiment détruit par le séisme, sont estimés de 40 à 45 millions de dollars. Le Père Guy Chrispin, curé de la paroisse à tenu à préciser, que la Cathédrale définitive, ne correspondra pas forcément à la maquette présentée « La dernière décision est entre les mains de Mgr Guire Poulard qui va tenir compte avec son équipe de l’aspect liturgique, du design de la Cathédrale » Mercredi, le Président de la République, Michel Martelly a visité les locaux de la Cathédrale Transitoire de Port-au-Prince. Le secteur des affaires a participé à un petit déjeuner Ils étaient une cinquantaine de personnalités du secteur des affaires à participer à ce petit-déjeuner-causerie. Le thème en était: la sécurité élement indispensable pour les investissements dans le pays L’organisateur de la rencontre était la Chambre de Commerce et d’Industrie Haïtiano-Canadienne sous le patronage de la SONAPI . La rencontre a eu lieu le mercredi 26 novembre à l’hôtel. Cette activité a aussi bénéficié du support de grandes maisons de la place : Comme Il Faut et LUCALZA Haïti ainsi que du soutien de l’Ambassade du Canada en Haïti. Dossier Santé: Les cas de cholera ont sérieusement augmenté dans le pays. Selon les derniers chiffres du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), l'épidémie de choléra en Haïti a généré 712,330 cas suspects ou avérés depuis son commencement en octobre 2010, et une estimation de 8,655 décès (chiffre du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP)) d’octobre 2010 au 31 octobre 2014. Du 1er janvier au 31 octobre 2014, 14,869 cas suspects ou avérés et 132 décès ont été enregistrés par le MSPP. Cependant, une augmentation très significative de l'incidence du choléra a été observée dans les régions métropolitaines de Port-au-Prince et ses environs depuis la fin de septembre, dans un contexte de pluies fortes et retardées, l'on peut observer un pic de 4,577 cas suspects ou avérés juste pour le mois d'octobre 2014. De son côté Médecins sans Frontière (MSF) indique « plus de 2.000 personnes présentant les symptômes du choléra ont dû être hospitalisées en urgence depuis la mi-octobre à Port-au-Prince. Une majorité de la population haïtienne reste exposée au choléra faute d'accès à l'eau potable et aux latrines, et la capacité de prise en charge des malades reste encore insuffisante. » DOSSIER JUSTICE Après les voies de faits dont a été victime le 10 Novembre dernier, la journaliste Guerdy Jérémie, on apprend que les 2 policiers fautifs ont été convoqués pour le 11 décembre devant le Tribunal correctionnel de Jacmel. Il s’agit de  Alex Céus et Jean Daniel Erickson . Le tribunal correctionnel de Jacmel se base sur la plaidoirie du cabinet de défense de Gerdy Jérémie, qui n’a pas fait objection à la demande, des policiers accusés, en faveur d’un renvoi à la quinzaine (11 décembre 2014), invoquant une « indisponibilité de leurs avocats » pour ce 27 novembre. Mais, « la date du 11 décembre doit être irrévocable… pour que les accusés, qui ont peur de leur condamnation imminente, ne puissent pas contourner la justice », prévient Me. Franck Lauture, du conseil de défense (avec Me. Jean François Annibal Coffy) de la journaliste agressée. Et puis cette semaine a connu aussi un début de panique au cap Haïtien avec des coups de canon tirés à partir d’un navire de guerre britannique. Cela s’est passé le dimanche 23 novembre  et les habitants du centre ville du Cap-Haïtien ont été pris d’un début de panique, au son inhabituel de coups de canon dans la rade du Cap-Haïtien, . Les divers correspondants des medias du cap ont signalé qu’il s’agissait de 21 coups de canon, tirés par les soldats d’une frégate britannique qui voulaient marquer leur retour en Haïti après une visite effectuée il y a 30 ans. Aucune autorité départementale ni municipale n’ont, préalablement, pris le soin d’alerter la population sur la venue du navire de guerre britannique et sur les coups de canon qui allaient être tirés. Un des agents intérimaires de la ville, Yvon Altéon, a été vite obligé de rassurer la population. Pendant leur séjour au Cap-Haïtien, les soldats britanniques ont repeint le pont jeté sur le bassin Haut d’eau, surnommé « Pont neuf » . Ils ont aussi participé à des activités communautaires et sportives, comme l’organisation d’un match de football avec une équipe locale. La visite de la frégate britannique fait partie des engagements régionaux avec les nations partenaires du Royaume-Uni en Afrique et dans la  Caraïbe, dans le but de maintenir la présence de la marine royale dans la région. La frégate britannique a laissé la baie du Cap-Haïtien, le mardi 25 novembre 2014, au terme d’une visite de trois jours. Accompagnés par l’ambassadeur britannique en Haïti, Steeven Ficher, 190 soldats seraient à bord de ce navire de guerre. L’Agence Alter Presse pousse un cri d’alarme concernant la Forêt des Pins… Cela fait longtemps qu’on a commencé à déboiser la Forêt des pins… mais ces jours-ci cela dépasse toutes les bornes. On abait les pins, certains centenaires, les exploitations agricoles continuent à s’étendre dans la Forêt qui bientôt n’aura de forêt que le nom… « Jadis très boisée, la zone avoisinant Gros Cheval (localité de Fonds-Verrettes) à Montagne La Selle ressemble aujourd’hui à un désert », se désole Ronel Occélus, habitant de Gros Cheval. Des plantation de carottes s’étendent à perte de vue et , les terres couvertes de pins sont attaquées avec une plus grande voracité. « Venus s’installer à Morne La Selle, près de Gros Cheval, des individus, issus de Peyi Pouri (localité de Ganthier) abattent les pins sur des pentes très raides, déjà érodées, pour avoir des terres agricoles », rapporte un autre habitant de Gros Cheval. Certaines personnes abattent tout simplement les pins, d’autres mettent le feu aux pins, pendant que l’élevage libre achève de faire des dégâts. Une fois les pins arrachés et les terres brûlées, place est faite pour des cultures maraîchères, dont les récoltes laissent les sols vulnérables, accélérant ainsi l’érosion. La Montagne La Selle est prise d’assaut. Les terres agricoles s’élargissent. Dans des zones d’Oriani, aux alentours du bourg de la Forêt des pins, les incendies se multiplient, au même rythme que les constructions anarchiques de maisons. Ces pratiques, annoncent ainsi la disparition de la Forêt des pins. Ce qui est encore plus tragique, c’est que ce sont des gens venus d’ailleurs qui agissent ainsi Les habitants de Mapou et de Fonds Verrettes, quant à eux semblent avoir signé malgré eux un contrat avec la mort, celle de plusieurs centaines de personnes , comme cela avait été le cas au cours des inondations spectaculaires de 2004. Et c’est sur cette triste nouvelle que nous terminons notre coup d’oeil sur l’actualité allant du 24 au 28 Novembre 2014… Vous allez voir: rien ne va être fait pour stopper cette coupe inconsidérée des pins et très bientôt notre  Forêt des Pins aura cessé d’exister. Normal 0 false false false EN-US JA X-NONE /* Style Definitions */ table.MsoNormalTable {mso-style-name:"Table Normal"; mso-tstyle-rowband-size:0; mso-tstyle-colband-size:0; mso-style-noshow:yes; mso-style-priority:99; mso-style-parent:""; mso-padding-alt:0in 5.4pt 0in 5.4pt; mso-para-margin:0in; mso-para-margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; font-family:Cambria; mso-ascii-font-family:Cambria; mso-ascii-theme-font:minor-latin; mso-hansi-font-family:Cambria; mso-hansi-theme-font:minor-latin;} La Revue de la semaine du 12 Décembre 2014 Détails Catégorie : La Revue de la Semaine Création : 12 décembre 2014 Une semaine avec des informations plutôt fracassantes… Commençons avec la visite non annoncée officiellement de la visite en Haïti du Serétaire d'Ett américain: John Kerry. Cette visite a été reportée à une date ultérieure. Autre titre à la une cette semaine: l'ex président américain William Jefferson Clinton rend une sorte d'hommage à Laurent Lamothe le premier ministre donc la commission consultative a conseillé le départ dans un rapport pour calmer la situation ambiante. Et bien Bill Clinton dit qu'après tout ce que Laurent Lamothe a fait pour le pays ( Investissement étranges en série) , ce ne serait pas sage de lui demander de partir pour retomber dans une situation analogue à celle connue antérieurement . Cette interview parait dans le Miami Herald du jour. Mais revenons aux grands faits de l'actualité de la semaine: LA COMMISSION CONSULTATIVE remet son rapport au Président de la république dans les délais impartis. HUIT JOURS. Quelle performance ! Et ce rapport contient des recommandations de taille ! Les membres de la commission consultative sont arrivés à la conclusion que la crise, à laquelle le pays se trouve confronté, est à la fois conjoncturelle et structurelle, et que chaque acteur privilégie, déplorent-ils, des solutions particulières. Cependant, ont-ils poursuivi, la solution la plus crédible doit être celle qui donne la stabilité aux trois pouvoirs. Suite à ce constat, la commission croit qu’un retour à la normalité constitutionnelle et au fonctionnement des institutions, est incontournable. Ils croient qu’établir un dialogue permanent entre les trois pouvoirs, mettre sur pied un gouvernement de consensus qui doit créer un climat favorable à la tenue d’élections crédibles ainsi que le rétablissement de la confiance de la population dans les institutions, notamment la Police nationale, participent de solutions concrètes qui doivent être trouvées à la situation exceptionnelle que connait le pays actuellement. Soulignant qu’il est impératif qu’un compromis soit trouvé avant le 12 jantier prochain entre les protagonistes, la commission a identifié une solution, qu’elle juge être la plus crédible. Cette solution présente des mesures  d’apaisement, qui comportent la libération des prisonniers politiques non jugés et un "arrêté de grâce" pour ceux-là qui sont engagés dans une instance judiciaire. La démission du Premier ministre et de son gouvernement et la mise en place d’un gouvernement de consensus font aussi partie de la solution. La phase d'apaisement comporte aussi la démission du président du CSPJ et de la Cour de Cassation, Me Anel Alexis Joseph; la démission des membres du CEP (conseil électoral provisoire) et l’adoption d’une trêve entre les différentes composantes politiques pour faciliter des discussions entre le chef de l’État et les président des deux branches du Parlement. Une deuxième catégorie de mesures appelées conjoncturelles, comporte la convocation de la chambre des députés en session extraordinaire pour voter les amendements à la loi électorale ainsi que la déclaration de politique générale du nouveau chef de gouvernement de consensus. ----------------------------------- Le rapport est remis au président de la république le mardi 11 décembre, dans l’après midi. Le Président ne dit pas grand chose si ce n’est qu’il fera connaitre sa réaction dans un délai de 72 heures ( qui doit donc expirer ce vendredi) Et le  Premier Ministre ? Ouvertement il ne dit  pas grand chose on plus.. Laurent Lamothe répond à un journaliste lui posant la question: “ Si le président me demande de partir, je le ferai “ … Entretemps, tout se passe comme si le rapport ne renfermait qu’une seule clause: Celle de la démission du Premier Ministre. Et… le nombre de déclarations contre cette clause du rapport se multiplient. Les gens se déchainent et attaquent les membres de la commission consultative. Ce sont des blancs Pour qui se prennent ils ? Ils n’ont aucune légitimité… etc… Pour ne citer que quelques une des remarques lues cette semaine sur les divers sites ou sur le net… L’ AHP reproduit les réactions du Directeur Exécutif du RNDDH Pierre Espérance, qui a fait savoir mercredi qu'il n'était pas du tout emballé par le rapport de la commission présidentielle, recommandant la démission du premier ministre Laurent Lamothe. Il a  plutôt souligné que les revendications populaires ont été utilisées pour servir les intérêts du président Michel Martelly qui veut conserver le pouvoir. La tête de Laurent Lamothe n’a pas été réclamée en réponse aux manifestations antigouvernementales mais parce que le secteur mafieux proche du palais national incarné notamment par Charles « Kiko » Saint-Rémy  le demande, croit savoir le militant des droits humains. METROPOLE  écrit sur son site: Les sénateurs proches du gouvernement rejettent le rapport de la commission consultative qui recommande la démission du Premier Ministre Laurent Lamothe. Le président du bloc parlementaire G 5 au Senat, Wencesclas Lambert, qualifie d'inconstitutionnelles les recommandations de la commission rappelant qu'il revient au Parlement de renvoyer le chef du gouvernement. C'est un rapport pitoyable, a lancé le sénateur Lambert pour qui le chef de l'état a commis une erreur monumentale en confiant ses prérogatives constitutionnelles à de simples citoyens. Pour Haïti en marche, Lamothe ne veut pas lâcher le pouvoir. Sollicité y compris ( semble t-il) par l’administration américaine de se retirer pour laisser plus de liberté au président Michel Martelly pour rebattre les cartes, face à une opposition qui descend chaque jour dans les rues, demandant la démission du chef de l’état, le premier ministre Laurent Lamothe ( 42 ans) le plus jeune chef de gouvernement depuis la fin de la dictature Duvalier (1986) s’accroche de toutes ses forces. C’est dans cette atmosphère que la Banque mondiale met dehors un rapport le premier rapport publié jeudi par l'Observatoire national de la pauvreté et l'exclusion sociale (ONPES) : Haïti : Première analyse de la pauvreté post-séisme Les grandes villes s’en sortent mieux que la campagne, selon la première analyse de la pauvreté post-séisme • Un nouveau rapport appelle à une croissance inclusive et à des mesures pour accroître l'accès aux services de base, les opportunités d'emploi et de protection sociale pour les pauvres • Les opportunités d'emploi dans la construction, les transports et la télécommunication, les transferts de fonds ainsi que l’aide internationale ont aidé à réduire la pauvreté Le rapport Haïti : Investir dans l'humain pour combattre la pauvreté , souligne que le taux de pauvreté extrême a diminué de 31 à 24 pour cent au niveau national et de 20 à 5 pour cent dans la région de Port-au-Prince entre 2000 et 2012. Les gains les plus importants en matière d'accès aux services de base ont été dans l'éducation où les taux de participation à l'école ont augmenté de 78 à 90 pour cent. Cependant, la pauvreté demeure encore un fléau, l'accès et la qualité des  services de base restent quant à eux, un souci majeur, en particulier dans les  zones rurales.  Plus de 6 millions d Haïtiens  soit près de 60 pour cent de la population - vivent avec seulement deux dollars par jour et  20 pour cent des plus riches détiennent 64 pour cent du revenu total du pays. Les auteurs constatent que les principaux moteurs de la réduction de la pauvreté depuis 2000 ont été notamment l'augmentation des emplois mieux rémunérés dans la construction, les transports et les télécommunications, en particulier dans la région de Port-au-Prince, ainsi que d'importants flux de transferts d’argent et d'aide internationale. Les media parlent aussi de la visite en Haïti ( toujours pas confirmée) du Secrétaire d’état américain John Kerry. Le Secrétaire d’état a été précédé de l’arrivée de Thomas Shanon en Haïti . Thomas Shanon, le Conseiller du Département d'Etat a eu une rencontre privée au Palais avec le président Martelly. Autre sujet à la une la rencontre entre l’Ambassadeur Pamela White et le groupe des parties de l’Opposition Et une question posée par Haïti en marche: Washington accepte-t-il le rôle  de facilitateur? Alors qu’on est dans l’attente de la réaction du Président de la république, face au rapport de la Commission Consultative, l’opposition continue avec l’Opération Burkina Faso qui est entrée dans sa deuxième phase. avec des manifestations non stop, qui ont débuté les 5 et 6 décembre et qui ne s’arrêteront qu’avec le départ du gouvernement Martelly Lamothe. Et ce qui se passe à Port-au-Prince fait aussi l’actualité dans les villes de province, le Cap Haïtien, Petit Goâve… Des manifestations sont prévues le 16, le 18 décembre. C’était les Informations ayant occupé la tête de l’actualité cette semaine. Une semaine plutôt chaude…comme vous le savez d’ailleurs ! On ne se croirait pas à quelques jours des fêtes de Noël et de fin d’année ! Revue du 22 au 27.12.2014 Détails Catégorie : La Revue de la Semaine Création : 27 décembre 2014 Revue de la semaine 26 Décembre 2014 Nomination du citoyen Evans Paul comme nouveau Premier ministre Port-au-Prince, jeudi 25 Décembre 2014 : Le Secrétariat Général de la Présidence informe la population haïtienne que,  le Président de la République, Son Excellence Michel Joseph MARTELLY, conformément à la Constitution et  après consultation avec les Présidents  du Sénat et de la Chambre des députés,  a  nommé,  par Arrêté présidentiel,  en date du 25  Décembre 2014,  le citoyen Evans  PAUL, Premier ministre, aux fins de  former un nouveau gouvernement,  par suite de la démission du Premier ministre Laurent LAMOTHE et de son gouvernement. La ministre de la Santé Florence Guillaume nommée Premier Ministre intérimaire Enex Jean-Charles, le Secrétaire Général du Conseil des Ministres a annoncé « J'ai l'honneur de vous informer que, suite a la démission du Premier Ministre Laurent Salvador Lamothe et de son retrait du poste pour des raisons personnelles, le Dr. Florence Duperval Guillaume, la Ministre de la Santé Publique et de la Population, a été désignée à titre de Première Ministre Intérimaire conformément à l'article 165 de la Constitution. » Martelly entend proposer des noms de premier ministre d’ici le lundi 22 décembre. Le Président Michel Martelly entend travailler avec son équipe durant tout le week-end sur les différentes propositions découlant des discussions autour de cette question avec les principaux partis politiques y compris ceux de l’opposition afin de proposé lundi une liste de 3 à 5 noms pour le poste de Premier Ministre. Le Canada décide de déporter les Haïtiens non munis de papiers légaux. Ils sont 3.200 dans cette situation La decision a été annoncée le dimanche 21 décembre. 3200 Haitiens sont concernés par la mesure. Dans le communiqué informant de cette décisionm le Canada a annoncé avoir pris cette mesure parce que les conditions étaient devenue normales en Haïti et quil n’y avait plus obligation pour les ressortissants haïtiens d’aller vivre ailleurs. Mentionnons que le Canada fait ces déclarations au moment où il demande à ses ressortissants d’éviter de se render en Haïti si ce nest pas absolument nécessairel Fin de la 2 ème phase de l’opératon Burkina Faso. L'opposition radicale a bouclé hier jeudi le calendrier de la deuxième phase de la mobilisation visant à renverser le pouvoir. A l'appel de Fanmi Lavalas et des partis constituant la table de concertation, dont le MOPOD, des milliers de militants ont défilé pendant des heures dans les rues de la capitale. Une manifestation partie du Bel air et de St Jean Bosco qui a longé la route de Delmas jusqu'à Pétion-Ville pour ensuite descendre au niveau de Bourdon avant d'aboutir au champ de Mars où elle s'est dispersée sous les yeux vigilants de la Police nationale d'Haïti. Le mouvement qui s'est déroulé sans grands incidents a toutefois essuyé des jets de pierres à deux reprises au niveau de Delmas 87 et de Morne Lazzare. Des situations que les agents de L'UDMO et du CIMO ont vite réussi à contrôler sans qu'il n'y ait eu de blessés. Des leaders politiques tels que Maryse Narcisse, coordonatrice de Fanmi Lavalas, Turnep Delpé, porte parole du MOPOD et des responsables d'organisations populaires ont pris part à cette manifestation. Le Président Martelly   a joué un rôle dans la libération de Gross, le Conseiller de la USAID libéré  par le gouvernement cubain. Voyage éclair  du president Martelly pour rencontrer le président cubain Raoul Castro. A la suite de l’entretien que les deux chefs d’état ont eu, on apprend la libération de Gross des géoles cubaines. Qui est Alan Gross?  il est un sou-contracteur de l’ USAID et avait été arête. Très peu de choses ont filter des conversations Martelly/Castro. Michel Martelly aurait declare: Je sui sheureux que ces entretiens se sont soldés par un sues et c’est tant mieux si j’y ai joué un petit role. “ Les Cubains, a t-il declare ont terriblement souffert de cet embargo. Nous autres en Haïti nous avons connu un embargo pendant 3 ans et jusqu’à aujourd’hui nous ne nous en sommes pas ecore remis. Forte augmentation du nombre de décès par balles à P-au-P P-au-P, 19 déc. 2014 [AlterPresse] --- A Port-au-Prince, entre octobre et début décembre 2014, durant les derniers trois mois de l’année 2014, 223 personnes sont mortes par balles, 14 dans des accidents, 5 à l’arme blanche, 10 cas de décès sont d’origine inconnue, et deux autres cas sont des suicides, selon la Commission épiscopale nationale (catholique romaine) Justice et paix (Jilap). La sécurité publique en Haïti n’a pas vraiment connu d’avancée, estime Jilap, lors de la présentation de son dernier rapport - couvrant les 2 trimestres, avril à juin et août à septembre 2014 -, présenté dans la matinée du 19 décembre. « La situation est vraiment grave (...) et cela nous inquiète », dit Rovelsond Apollon, le coordonnateur national de l’observation au sein de Jilap. D’avril à septembre 2014, 583 personnes ont été victimes de violence, dont 488 sont mortes par balles et 40 autres tuées dans des accidents de la route, dans le périmètre de Port-au-Prince. La journée la plus terrible de ces deux trimestres a été le 25 septembre 2014, quand pas moins de 80 personnes ont été tuées par des malfrats dans la capitale. La « situation politique », marquée par une violence politique, électorale et la violence criminelle, constitue l’un des facteurs à la base du climat d’insécurité. Ces actes sont généralement posés par des individus armés, n’appartenant pas forcément à des gangs ; dans d’autres cas, par des membres de groupes armés, ou tout simplement par des inconnus. « La police n’a pas un plan pour contrecarrer les actions des bandits », sans compter que « le service de renseignements des bandits est beaucoup plus efficace que celui de la police », signale Jilap. Face à l’ampleur du phènomène d’insécurité, notamment durant les derniers mois de l’année 2014, Jilap lance aux responsables un nouvel appel au désarmement, à la révision de la loi régissant le fonctionnement de la Police nationale d’Haïti (Pnh) et à la transformation du Conseil supérieur de la police nationale (Cspn) en une instance technique plutôt que policière. Elle recommande également l’adoption d’un code d’éthique, par les partis politiques, en vue de forcer les politiciens à éviter le recours à la violence pour résoudre les désaccords politiques. Selon les constats de Jilap, certains politiques verseraient dans la pratique de distribution d’armes et de minutions aux bandits de certains quartiers, liés à leur cause. Pour la première fois, une femme remporte le Prix Digicel, d’entrepreneur de l’année Dans le cadre du concours « Digicel Haïti Entrepreneur de l'Année 2014 » qui s’est déroulé autour du thème « Une voix pour les entrepreneurs », en présence de près de 700 invités du gouvernement, des ONG et du secteur privé, les prix Digicel 2014 ont été décernés dans cinq catégories : Entrepreneur de l’Année, agriculture & Environnement, entrepreneurs émergents, industrie et catégorie services. 85 finalistes régionaux ont pris part à la première étape de la compétition et 25 se sont rendu en finale. Pour la première fois en 5 ans, une femme, Uzale Remay a remporté le Prix Digicel, Entrepreneur de l’année. Une femme qui a eu l'imagination nécessaire, pour transformer les déchets de fruits et légumes en une activité entrepreneuriale rentable. Uzale Remay, fondatrice en 1990, des Ateliers Pilote Agro Artisanales de Meyer (APLADEM) une coopérative de production alimentaire a aidé plus de 1,500 femmes à sortir leur famille de la pauvreté au cours des 25 dernières années. Outre le Prix d'Entrepreneur de l’Année, Uzale Remay a également remporté le Prix de la section Agriculture & Environnement. Denis O’Brien, le Président du Comité de cette compétition, également Président du Groupe Digicel, décrit Mme Remay comme « non seulement un entrepreneur, mais un vrai leader, une femme avec une vision de l’avenir pour sa communauté [...] Il y a des entrepreneurs qui ont une vision pour leur propre entreprise ou pour leur propre secteur ou pour leur propre industrie, mais ce qui est vraiment rare, c’est quelqu’un qui regarde une entreprise et voit le potentiel qu’elle a pour changer toute une communauté. » L'idée est venue à Mme Remay quand elle a réalisé la quantité de fruits et légumes gaspillés chaque année uniquement dans la zone de sa ville natale de Meyer (Jacmel) « Nous pouvions voir ce qui se passait, nous savions qu'il devait y avoir une meilleure façon d'utiliser ces déchets et nous nous sommes assises ensemble pour la trouver » a évoqué la grande gagnante de ce concours. Son organisation a grandi et elle a employé un nombre croissant de femmes dans les réseaux de production notamment de gelée, beurre d'arachide, café et le cacao... Maarten Boute, le Président de Digicel Haïti, a déclaré que Mme Remay avait prouvé encore une fois que la pensée innovatrice pouvait s’appliquer efficacement des plus petits projets aux plus grandes industries « Ce que nous avons vu ici, c’est une femme qui ne voulait pas simplement voir les déchets alimentaires comme la façon dont les choses sont, mais qui a décidé qu'il était temps pour le changement et s’est mise à trouver le soutien et les outils pour générer ce changement, refusant d'abandonner jusqu'à ce qu'elle ait réussie. » Dans la catégorie d'entrepreneurs émergents le Prix a été remporté par Jacques Richet Junior de Gonaïves, fondateur de « Le Transporteur », dont le service de bus moderne et fiable, a révolutionné le transport rural. Le Prix dans le secteur de l'industrie a été attribué à Jonas Guillaume, fondateur et fabriquant des détergents « Digo Industries SA ». Dans les services le Prix a été décerné à Jean-Vincent Rony, une compagnie de services de l’information et technologies, « BITS SA » et dans l'éducation le Prix a été remis à Jean Felix Rico, de « Wonderful Institute ». Un Prix spécial entrepreneuriat social a été remis cette année à Remise Bélizaire, fondateur de « LOCAL », un organisme, qui favorise les réseaux d'entraide et l'esprit d'entreprise dans les communautés rurales marginalisées ; travaillant principalement avec des femmes et agissant à la fois, comme un soutien social et une pépinière d'entreprises. Le Palais National pistonne des aspirants policiers Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) interpelle le directeur général de la Police nationale d’Haïti (Pnh), Godson Orélus, sur le risque de politisation de cette institution, dans une lettre ouverte rendue publique le 19 décembre 2014. 38 individus « pistonnés par le palais national », la plupart ne répondant pas aux critères exigés aux recrues, se trouvent actuellement à l’Académie de police, révèle le Rnddh. « Proches du pouvoir », ces individus « sont sur le point d’intégrer la 25 e promotion de la Pnh ». Ils auraient, auparavant, suivi une formation en Equateur, autour de la « sécurité rapprochée ». Ils ne se sont pas inscrits dans les bureaux de la Pnh. Depuis leur arrivée à l’Académie de police, ils multiplient les écarts de conduite, dénonce le Rnddh, signalant que plusieurs ont de « grandes difficultés de lecture et d’écriture ». Alors que selon les procédures de recrutement de la Pnh, les recrues doivent être âgées de 18 a 30 ans, 32 des aspirants policiers en question ont plus de 30 ans. « Les incidences d’actes irréfléchis sur le fonctionnement de l’institution policière, comme l’intégration de ces trente-huit (38) aspirants policiers, peuvent être énormes », craint le Rnddh, parlant de menace pour le respect des droits humains et l’établissement de l’Etat de droit en Haïti. Le Rnddh appelle la direction générale de la Pnh à prendre des mesures drastiques en urgence, pour interdire l’intégration de ces 38 personnes 0 0 1 1767 10078 HAITI EN MARCHE 83 23 11822 14.0 Normal 0 false false false EN-US JA X-NONE /* Style Definitions */ table.MsoNormalTable {mso-style-name:"Table Normal"; mso-tstyle-rowband-size:0; mso-tstyle-colband-size:0; mso-style-noshow:yes; mso-style-priority:99; mso-style-parent:""; mso-padding-alt:0in 5.4pt 0in 5.4pt; mso-para-margin:0in; mso-para-margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:10.0pt; font-family:Cambria;} -FIN- Revue de la Semaine 9 Janvier 2015 Revue de la Semaine 23 Janvier 2015 Revue de la Semaine 6 Février 2015 Revue de la semaine 13 Février 2015 Page 1 sur 36
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Reddit - The heart of the internet Skip to main content Translations active Show original Go to Dinosaurs r/Dinosaurs • Responsible-Novel-96 简体中文 Tiếng Việt Русский 日本語 Português (Portugal) Norsk (Bokmål) Ελληνικά Türkçe Filipino Svenska Italiano Polski Magyar Deutsch Română ไทย "Plumes" sur des dinosaures dont on n'a pas prouvé qu'ils en avaient et confusion phylogénétique J'ai remarqué certains traits qui se répètent dans différentes conversations ou "sections de commentaires" sur les médias concernant les dinosaures, et il semble y avoir une aversion générale et accusatrice pour les ostéodermes sur les dinosaures sur lesquels nous n'avons pas trouvé d'ostéodermes, car cela les rendrait inexacts. Bien que je sois enclin à souligner que l'absence de découverte d'ostéodermes n'est pas une preuve du contraire (jusqu'à preuve du contraire), je trouve bizarre que ce soient les mêmes personnes qui ne voient pas d'inconvénient à voir des plumes sur des dinosaures dont nous n'avons aucune preuve qu'ils en avaient. Je suis constamment choqué de réaliser à quelle fréquence on trouve des reconstitutions de plumes sur des dinosaures gigantesques qui étaient trop grands pour être recouverts de plumage en raison de quelque chose appelé gigantothermie Cela permet aux grands animaux ectothermes ( à sang froid ) de maintenir une température corporelle constante. Bien qu'il y ait tout un débat sur la question de savoir si certains ou tous les dinosaures étaient à sang froid ou à sang chaud - et par définition, la gigantothermie en tant que concept s'applique aux animaux à sang froid, le fait est que les caractéristiques de la mégafaune dinosauriènne gigantesque seraient anatomiquement impossibles car ces créatures surchaufferaient et mourraient, c'est pourquoi la plupart des arguments en faveur d'un plumage vérifié sur les dinosaures se limitent soit aux petits cœlosaures, soit aux espèces comme les théropodes comparativement "plus petits" comme les maniraptoriens et les ornithopodes, qui sont plus étroitement liés aux oiseaux, par opposition aux grands "méga théropodes". Je suis surpris que tant de gens ne remettent pas en question les failles logiques évidentes en voyant des animaux comme Therizinosaurus, Deinocherius, Gigantoraptor ou Cryolophosaurus représentés comme des animaux à plumes alors qu'il n'y a eu aucune découverte prouvant cela pour ces gars. En fait, je viens de faire une recherche rapide sur Google "Cryolophosaurus avait-il des plumes" et les deux réponses immédiates sont : "Oui, le dinosaure théropode Cryolophosaurus avait probablement des plumes primitives en forme d'aiguille qui l'auraient isolé dans le climat froid de l'Antarctique. Cryolophosaurus est l'un des premiers dinosaures carnivores découverts, et aurait pu être un fossile de transition entre les premiers théropodes et les tétanures plus tardifs." Et "Premièrement, Cryolophosaurus est apparenté à Dilophosaurus. Dilophosaurus n'est pas inclus dans les Tetanurae, le groupe qui comprend les cœlurosaures, alias les tyrannosaures, les compsognathidés, les maniraptoriens et les ornithomimosaures. Le problème avec le fait que Cryolophosaurus ne soit pas inclus dans ce groupe est que la majorité des dinosaures à plumes découverts se trouvent dans ce groupe. Il est donc improbable que Cryolophosaurus ait eu des plumes." Dilophosaurus lui-même étant maintenant présenté comme la prochaine "converti à plumes" révisionniste, bien qu'il soit apparenté aux Cératosaures, cela n'a aucun sens. Certaines de ces reconstitutions utilisent la phylogénie comme prétexte pour justifier cela, mais le "phylogenetic bracketing" est plus souvent utilisé de manière erronée par les profanes, car cela semble intelligent. C'est ainsi que vous avez obtenu des reconstitutions de Rex à plumes basées sur des reconstitutions à plumes du Yuytyrannus (un Tyrannosauroïde) éloigné, malgré le fait qu'aucun Tyrannosauridé n'ait de plumes (T. Rex ou autre). Le "phylogenetic bracketing" est également utilisé pour justifier le Deinocherius à plumes, car il s'agit d'un cœlurosaure, alors que les Tyrannosauridés sont un exemple d'une famille entière de cœlurosaures non plumés. Gigantoraptor est ouvertement reconnu en ligne comme ayant été trop grand pour avoir une couverture complète de plumes isolantes, mais ce sont les mêmes sites qui le montrent entièrement plumé parce qu'il est un Oviraptoridé. Aucune preuve de son plumage n'a été trouvée. Voyant que nous avons déjà vu cela se produire avec la controverse fabriquée du T. Rex à plumes et tout le monde courant avec les cheveux en feu en réagissant à ce "Chicken Rex" seulement pour qu'il ait tort, je me demande combien d'autres scénarios de "Rex à plumes" sont en stock pour que nous les examinions. La façon dont certains de ces dinosaures sont classés ne correspond pas toujours et notre compréhension de ces créatures, comme la paléontologie elle-même, est toujours en évolution. Cela dit, je pense qu'il est préférable de toujours poser des questions et de réfléchir de manière analytique pour tirer les conclusions les plus scientifiques. Aussi contraire au statu quo que cela soit, je doute du Therizinosaurus à plumes jusqu'à ce que quelqu'un puisse prouver définitivement le contraire. New to Reddit? Create your account and connect with a world of communities. Continue with Email Continue With Phone Number By continuing, you agree to our User Agreement and acknowledge that you understand the Privacy Policy . RAWR! Public Anyone can view, post, and comment to this community 0 0 Top Posts Reddit reReddit: Top posts of June 24, 2024 Reddit reReddit: Top posts of June 2024 Reddit reReddit: Top posts of 2024 Reddit Rules Privacy Policy User Agreement Accessibility Reddit, Inc. © 2025. All rights reserved.
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C I T A T I O N | 🚨 Une infirmière découvre que son nouveau collègue est le bébé prématuré dont elle s’est occupée, il y a 28 ans
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Le relief cultuel gréco-romain. Contribution à l'histoire de l'art de l'Empire romain - Persée Saut au contenu Plan Avant-propos Bibliographie A. — Le Cavalier thrace B. — Les Cavaliers danubiens C. — Mithra D. — Jupiter Dolichenus E. — Sabazios Principales abréviations A. — Périodiques B. — Autres ouvrages Chapitre premier. Le relief cultuel. Remarques préliminaires 1. — Définitions et données 2. — Les monuments A. — Les reliefs 1° Reliefs du Cavalier thrace 2° Reliefs des Cavaliers danubiens 3° Les reliefs mithriaques 4° Reliefs de Jupiter Dolichénien B. — Plaquettes métalliques 1° Plaquettes triangulaires dolichéniennes 2° Plaquettes en forme de feuille des cultes de Jupiter Dolichénien et d’autres dieux 3° Plaquettes sabaziaques 4° La plaquette mithriaque de Brigetio 5° Plaquettes métalliques des Dieux Cavaliers C. — Terminologie 3. — Problèmes et méthode Chapitre II. Les dieux cavaliers 1. — Préhistoire du culte et de l’iconographie du Cavalier thrace 2. — Le modèle A. — Le modèle hellénique B. — La formule hellénistique 3. — Les Cavaliers danubiens 4. — La notion de dieu cavalier Chapitre III. Mithra et le dieu au taureau 1. — Le dieu au taureau A. — Les types 1° Le dieu debout sur le taureau 2° Le dieu au pied, posé sur l'animal B. — Signification et expression C. — L’image de culte de Dolichè 2. — Formation du mithriacisme A. — Les cultes iraniens en Asie Mineure B. — Le culte de Mithra en Asie Mineure 3. — Le groupe du Tauroctone A. — Le «modèle attique» B. — L’atelier asiatique 4. — Formation de l’imagerie mithriaque A. — Le dieu léontocéphale B. — Cautès et Cautopatès C. — Mithra Pétrogénès 5. — Date et forme du groupe primitif du Tauroctone 6. — Signification du groupe Chapitre IV. Principes généraux de représentation 1. — La frontalité A. — Le problème B. — La frontalité dans les arts du relief et de la peinture en Égypte et dans l’Asie antérieure ancienne C. — Face et profil dans l’art de la Grèce et de Rome D. — Origine occidentale de la frontalité orientale E. — La frontalité dans les reliefs cultuels 2. — Le costume Chapitre V. Les éléments accessoires 1. — La représentation de Sol et de Luna A. — Sol et Luna sur les reliefs cultuels gréco-romains B. — Évolution générale de la représentation de Sol et de Luna C. — Le Soleil et la Lune dans l’art de la Grèce et de Rome D. — Le problème des bustes E. — Place des reliefs cultuels 2. — Les symboles Chapitre VI. Les stèles danubiennes 1. — Classification et chronologie A. — Inventaire typologique A) La stèle simple B) La stèle a registres 1. La stèle à registre inférieur 2. La stèle à registres inférieur et supérieur C) Plaquettes a registres multiples 1. Plaquettes à colonnes et à acrotères 2. Édicule à arcade 3. Plaquettes diverses à registres multiples B. — Principes d’une classification 1. Le registre supérieur et le problème du Cavalier unique 2. Le registre inférieur et la succession des types C. — Chronologie 2. Les vases à registres apuliens 3. Du vase des «Perses» aux monuments triomphaux romains 4. Les plaquettes danubiennes et l’art de leur temps Chapitre VII. Les reliefs mithriaques à scènes multiples 1. Les types A. — Inventaire typologique A) Le type danubien 1. La stèle simple a) La stèle de forme rectangulaire ou carrée b) La stèle à bord supérieur incurvé 2. La stèle à registre inférieur unique 3. La stèle à registres inférieur et supérieur 4. Types divers ; la forme du médaillon B) Les reliefs réto-rhénans B. — Suite et disposition des scènes accessoires sur les reliefs mithriaques 1° Les scènes accessoires des stèles danubiennes 2° Ordre des scènes et composition des stèles danubiennes 3° Les scènes accessoires des reliefs réto-rhénans C. — Formation et diffusion des reliefs mithriaques à scènes multiples 1° L’«archétype commun» de F. Saxl 2° Formation des reliefs réto-rhénans. La route maritime Orient-Adriatique et ses prolongements vers le Danube et le Rhin 3° Stèles danubiennes et reliefs réto-rhénans. Problèmes chronologiques 4° Le Livre d'images mithriaque 5° La grotte mithriaque 2. Le cadre historié : origine et agencement A. — Figures et scènes étagées B. — Le cadre historié avec suite de tableaux 1° Les Tables iliaques 2° La structure architecturale a) La thèse de la porte sacrée et les monuments réto-rhénans b) La place des reliefs du groupe réto-rhénan dans l'art provincial romain ; la route Orient-Adriatique-Rhin et Danube c) Développement du cadre historié ; arcs de triomphe et piliers à rinceau animé Conclusions Index des principaux sujets Table des figures dans le texte Table des planches Table des matières Planches hors-texte Figures Le relief cultuel gréco-romain. Contribution à l'histoire de l'art de l'Empire romain [monographie] Ernest Will Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome Année 1955 183 Référence bibliographique Will Ernest. Le relief cultuel gréco-romain. Contribution à l'histoire de l'art de l'Empire romain. Athènes : École française d'Athènes, 1955. 500 p. ( Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome , 183) www.persee.fr/doc/befar_0257-4101_1955_mon_183_1 BibTex RefWorks RIS (ProCite, Endnote, …) BIBLIOTHÈQUE DES ÉCOLES FRANÇAISES D’ATHÈNES ET DE ROME FASCICULE CENT QUATRE-VINGT TROIS LE RELIEF CULTUEL GRÉCO-ROMAIN CONTRIBUTION A L’HISTOIRE DE L’ART DE L’EMPIRE ROMAIN PAR Ernest WILL ANCIEN MEMBRE DE L’ÉCOLE FRANÇAISE D’ATHÈNES ANCIEN PENSIONNAIRE DE L’iNSTITUT FRANÇAIS D’ARCHÉOLOGIE DE BEYROUTH PROFESSEUR A LA FACULTÉ DES LETTRES DE LILLE PARIS E. DE BOCCARD, ÉDITEUR 1, RUE DE MÉDICIS, 1 1955
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Reddit - The heart of the internet Skip to main content Translations active Show original Thanks for the feedback! Tell us more about why this content is not helpful. Go to askscience r/askscience • Marziipann Português (Brasil) 日本語 हिन्दी Русский Română Türkçe Svenska Norsk (Bokmål) Suomi Español Deutsch ไทย Español (España) Ελληνικά Polski Comment les scientifiques savent-ils comment la Terre s'est formée ? Je me suis renseigné sur les sciences de la Terre, et sur les sciences en général. :) AMDOfficial • Promoted Un PC pré-assemblé n'est pas nécessairement un compromis. Les PC de bureau AMD Ryzen™ équipés de cartes graphiques Radeon™ offrent une expérience de jeu exceptionnelle prête à l'emploi. Allumez votre PC ; vous êtes prêt à jouer. Learn More amd.com ironscythe • 6y ago La compréhension actuelle de la formation de la Terre est le résultat d'observations géologiques et astronomiques. Le système solaire possède deux ceintures d'astéroïdes majeures : celle située entre les orbites de Mars et de Jupiter et celle au-delà de Neptune, connue sous le nom de ceinture de Kuiper. La ceinture d'astéroïdes située entre les orbites de Mars et de Jupiter (simplement appelée ceinture d'astéroïdes) regorge de « planètes défaillantes », c'est-à-dire de planétoïdes de différentes tailles qui se sont formés à la suite d'une collision aléatoire et d'une influence gravitationnelle croissante, mais qui étaient trop éloignés les uns des autres dans le jeune système solaire pour ensuite fusionner les uns avec les autres en un seul corps répondant aux paramètres qui le classeraient comme planète. L'observation géologique de la Terre et de ses principaux composants élémentaires coïncide pour la plupart avec les mesures par spectrométrie de masse des corps de la ceinture d'astéroïdes, ce qui signifie que la Terre est constituée essentiellement de la même substance, dans les mêmes proportions, que les autres objets de notre système solaire, et la datation radiométrique place également la composition de la Terre comme étant à peu près aussi ancienne que tout le reste du système. La théorie existe depuis un certain temps selon laquelle les planètes (y compris la Terre bien sûr) de notre système solaire se sont formées à partir de ce qu'on appelle un disque protoplanétaire -- un nuage de gaz dense et de poussière tournant autour de jeunes étoiles. Cela a été confirmé visuellement par l'observation d'une étoile appelée PDS 70b , qui possède actuellement un tel disque. La partie qui n'est pas encore tout à fait solidement convenue est comment la lune terrestre s'est formée. New to Reddit? Create your account and connect with a world of communities. Continue with Email Continue With Phone Number By continuing, you agree to our User Agreement and acknowledge that you understand the Privacy Policy . More posts you may like Comment les scientifiques savent-ils réellement de quel matériau est constitué le noyau terrestre ? r/askscience • Comment les scientifiques savent-ils réellement de quel matériau est constitué le noyau terrestre ? upvotes · comments siem_utmstack • Promoted Enterprise security without the enterprise markup utmstack.com Install Quel âge a la terre (selon la Bible) ? r/Bible • Quel âge a la terre (selon la Bible) ? upvotes · comments Comment exactement la vie a-t-elle évolué à partir de rien ? Quelqu'un peut-il m'expliquer « l'abiogenèse » d'une manière que je puisse comprendre ? Je suis fasciné par l'évolution de la vie sur terre. r/biology • Comment exactement la vie a-t-elle évolué à partir de rien ? Quelqu'un peut-il m'expliquer « l'abiogenèse » d'une manière que je puisse comprendre ? Je suis fasciné par l'évolution de la vie sur terre. upvotes · comments Il existe des preuves que la Terre a 4,5 milliards d’années, pourquoi les gens croient-ils qu’elle a été créée il y a 6 000 ans ? r/biology • Il existe des preuves que la Terre a 4,5 milliards d’années, pourquoi les gens croient-ils qu’elle a été créée il y a 6 000 ans ? upvotes · comments Selon le Coran, quel est l'âge de la Terre ? r/islam • Selon le Coran, quel est l'âge de la Terre ? upvotes · comments Quel âge a la Terre ? 🌎 r/Bible • Quel âge a la Terre ? 🌎 upvotes · comments Comment savons-nous qu'il n'y avait pas de vie avant que la protoplanète n'entre en collision avec la Terre, ce qui a entraîné la formation de notre lune ? r/askscience • Comment savons-nous qu'il n'y avait pas de vie avant que la protoplanète n'entre en collision avec la Terre, ce qui a entraîné la formation de notre lune ? upvotes · comments Quelqu'un peut-il m'expliquer comment les humains ont évolué ? r/evolution • Quelqu'un peut-il m'expliquer comment les humains ont évolué ? upvotes · comments Comment les monts Oural se sont-ils formés ? Ils semblent si isolés et anciens. r/geography • Comment les monts Oural se sont-ils formés ? 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L'observation géologique de la Terre et de ses principaux composants élémentaires coïncide pour la plupart avec les mesures par spectrométrie de masse des corps de la ceinture d'astéroïdes, ce qui signifie que la Terre est constituée essentiellement de la même substance, dans les mêmes proportions, que les autres objets de notre système solaire, et la datation radiométrique place également la composition de la Terre comme étant à peu près aussi ancienne que tout le reste du système. La théorie existe depuis un certain temps selon laquelle les planètes (y compris la Terre bien sûr) de notre système solaire se sont formées à partir de ce qu'on appelle un disque protoplanétaire -- un nuage de gaz dense et de poussière tournant autour de jeunes étoiles. Cela a été confirmé visuellement par l'observation d'une étoile appelée PDS 70b , qui possède actuellement un tel disque. La partie qui n'est pas encore tout à fait solidement convenue est comment la lune terrestre s'est formée. 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Une solution pour des voyages en avion plus durables: Carburants verts Blog South Pole Carburants verts : une solution pour des voyages en avion plus durables ? 07 Février 2023 Risques et opportunités climatiques | Investissements écologiques South Pole Editorial Team Expert en matière de projets carbone et de climat Le secteur de l'aviation fait actuellement l'objet de nombreuses critiques en France pour son incompatibilité avec les objectifs de réductions d'émissions de GES fixés par l'Accord de Paris. Le secteur aérien est en effet responsable de près de 3% des émissions mondiales de GES, tout comme au sein de l'Union européenne tandis qu'en France, il représente 6,4% des émissions de CO2 totales du pays . Régulièrement pointée du doigt, l'industrie de l'aviation semble prendre conscience de l'urgence. Des objectifs de réduction ont en effet été fixés depuis octobre 2021 dans ce secteur : réduire de 50% les émissions à l'horizon 2050 par rapport à l'année de référence de 2005 . Pour atteindre ces objectifs, les nouvelles technologies et l'efficacité énergétique sont les solutions les plus plébiscitées. Parmi les technologies les plus citées, on trouve les carburants durables pour les avions, (Sustainable Aviation Fuels en anglais), ou SAF. Que sont exactement les SAF ? Par définition, les SAF sont des carburants qui peuvent se substituer directement au kérosène (actuellement le composant principal de l'alimentation des réacteurs d'avions), sans nécessiter de modifications du moteur, de la structure de l'avion ou des process logistiques. Il existe en pratique plusieurs types de SAF : les biocarburants et les e-carburants pour l'aviation. Le biocarburant pour l'aviation, aussi appelé BAF (Bio-aviation fuel) , est un carburant produit à partir de biomasse, comme les huiles végétales (notamment l'huile de palme ou l'huile de soja), les graisses animales, le sucre, l'amidon et certaines algues. Une étude du parlement européen estime d'ailleurs que 80% des besoins en SAF dans le futur proche pourraient être couverts par le biocarburant HEFA (Hydroprocessed Ester and Fatty Acids), produit à base d'huiles végétales, d'huiles de cuisine usagées, de suif, etc. Le e-carburant est généré à partir d'électricité bas carbone et d'eau. En Norvège, un site de production, appelé Norsk e-fuel , devrait voir le jour en 2023 afin de produire du carburant pour l'aviation à partir d'électricité renouvelable, d'eau et de CO2. Cette usine devrait ainsi fournir 100 millions de litres de carburant par an à partir de 2029. Les méthodes de production diffèrent, et en matière d'émissions de GES, tous les SAF ne se valent pas. En effet, tous les biocarburants ne sont pas durables. Une étude estime ainsi que le biocarburant réalisé à base d'huile de palme produite en Indonésie aurait un impact 24 fois supérieur à celui de SAF produit à base d'herbe , du fait de la déforestation liée à la culture des palmiers. Les SAF peuvent-ils remplacer les carburants fossiles ? Les SAF présentent plusieurs avantages. Ils émettent beaucoup moins de GES tout au long de leur cycle de vie que le kérosène. Selon les types de SAF, on peut compter une réduction de 15% à 80% des émissions de GES. Outre cette réduction, les SAF ont un impact négatif moindre sur la qualité de l'air en local . Ils sont compatibles avec les moteurs actuels (ce qui n'est pas le cas de l'hydrogène par exemple) même si pour l'instant les biocarburants sont généralement mélangés avec du kérosène traditionnel, à hauteur de 50% au maximum. Les SAF, qu'ils soient fabriqués à partir d'électricité renouvelable et d'eau ou de biomasse, sont préparés à partir de matériaux renouvelables. Les technologies ne sont plus nouvelles, et commencent à être mises en œuvre de plus en plus largement dans l'industrie de l'aviation. Déjà plus de 450 000 vols ont été effectués avec des avions utilisant ce type de carburant. En 2021, plus de 100 millions de litres de SAF ont été produits . À l'heure actuelle, la quantité des SAF utilisée est encore marginale. Sur les 360 milliards de litres de carburant utilisés en 2019 par l'aviation, moins de 0,1% étaient des SAF . Mais plusieurs pays souhaitant accélérer la transition du secteur aérien se sont engagés à aller plus loin. La loi française instaure ainsi un taux de 1% de SAF depuis le 1er janvier 2022 pour tous les ravitaillements réalisés en France . Ce taux devra atteindre 2% à horizon 2025 et 5% d'ici 2030 . Le parlement Européen a également adopté récemment un projet de loi exigeant l'intégration de 37% de carburants durables (comptant les SAF mais aussi l'électricité et l'hydrogène) pour les compagnies aériennes et les aéroports de l'UE d'ici 2030 et 85% d'ici 2050. Quelles sont les limites dans l'utilisation de ces nouveaux carburants ? Le grand défi liés aux SAF est d'en produire en grande quantité et à des coûts abordables. Les coûts actuels sont 3 à 10 fois supérieurs par rapport au kérosène . En perspective du développement de ces solutions plus durables, certains acteurs du secteur demandent déjà des aides financières de la part des gouvernements. Au-delà de la question du coût, l'espace et la consommation de ressources nécessaires à la production de ces nouveaux carburants représentent la plus grande limite. En effet, certains biocarburants sont en concurrence directe avec les cultures alimentaires . Une étude du World Resources Institute estime ainsi que le développement de la production de biocarburants à base de plantes ne serait pas compatible avec la production alimentaire de la population humaine à l'horizon 2050. La conclusion de cette étude est que « la quête pour la bioénergie à une échelle significative est à la fois irréaliste et non durable». Pour cette raison, il est possible que les biocarburants à base de déchets soient favorisés dans le futur . Pour les e-carburants, le problème de production à grande échelle est le même : l'entièreté de l'électricité renouvelable du monde ne serait pas suffisante pour produire la quantité de carburant utilisée par l'aviation à l'heure actuelle. L'usine de Norsk e-fuel, mentionnée plus haut, pourrait en effet à terme produire 100 millions de litres de carburant par an mais il faudrait plusieurs dizaines d'usines comme celle-ci pour alimenter le seul aéroport Charles de Gaulle à Paris . Et l'on ne parle ici que du seul secteur de l'aviation, sans compter les besoins du secteur des transports en général. Enfin et à cause des coûts de développement et d'exploitation importants, il n'est pas certain que les investissements nécessaires au déploiement de ces solutions à grande échelle soient rentables. De plus, l'utilisation d'une petite proportion de SAF fait augmenter le coût d'un vol de façon significative pour le passager. Pour conclure Le développement de la production et de l'utilisation des SAF est prometteur pour permettre la transition du secteur aérien. On voit d'ailleurs déjà apparaître dans divers articles, l'expression " avion zéro émission ". Cependant, l'impact climatique du secteur ne se limite pas à sa consommation de kérosène. La fabrication des avions et des infrastructures a un impact non négligeable, tout comme la pollution liée aux traînées d'échappement des avions. Malgré tout et à la lumière des connaissances techniques et scientifiques actuelles, il paraît indispensable pour le secteur et ses usagers de faire preuve de plus en plus de sobriété, autrement dit, réduire son activité et les déplacements aériens évitables. L'aéroport d'Amsterdam a déjà décidé de plafonner son nombre de trajets aériens à 440 000 vols par an. De la même manière, plusieurs associations ont appelé à limiter le nombre de trajets aériens de l'aéroport de Roissy . Le rapport « Pouvoir voler en 2050 » produit par The Shift Project et l'association Aéro Décarbo, conclut que, même si les progrès technologiques auront un impact positif important sur la décarbonation du secteur aérien, le secteur devra nécessairement engager des mesures de sobriété : densifier les cabines, supprimer l'offre aérienne lorsqu'une alternative ferroviaire existe, limiter le trafic de l'aviation d'affaire ou supprimer le système de “miles", etc… Les conséquences pour les entreprises ne seront pas négligeables : même si les réunions à distance ont connu un essor important depuis la crise du Covid, diminuant le nombre de déplacements en France et à l'étranger, les organisations vont devoir continuer à réduire de façon importante les déplacements de leurs collaborateurs. En effet, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) estime que plus de 50 % des émissions de CO2 sont liées aux déplacements professionnels au sein des entreprises . Si elles veulent atteindre leur objectif net zéro, les entreprises sont donc fortement incitées à revoir leur politique concernant leurs voyages d'affaires en redéfinissant leurs priorités et en privilégiant les déplacements en train lorsque cela est possible. Pionnière sur le front de la lutte contre le changement climatique et plus grand fournisseur de solutions climatiques et développeur de projets carbone au monde, South Pole conseille et accompagne les entreprises et institutions à travers le monde dans la définition et la mise en œuvre de stratégies de durabilité intégrées et ambitieuses, à la hauteur des enjeux climatiques . Nous sommes là pour vous accompagner dans votre transition climatique. Contactez-nous Newsletter Abonnez-vous Contactez nous South Pole Besoin d’aide dans la mise en œuvre de votre stratégie de durabilité ? Contactez-nous Articles associés Crise énergétique et transition climatique : Benoît Leguet nous livre son analyse et ses prévisions quant à l’impact sur les entreprises Elodie Renoult Stratégie climatique : trois étapes clés pour réussir votre bilan carbone South Pole Editorial Team Fermer Fermer Fermer Fermer Available Languages
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Une solution pour des voyages en avion plus durables: Carburants verts Blog South Pole Carburants verts : une solution pour des voyages en avion plus durables ? 07 Février 2023 Risques et opportunités climatiques | Investissements écologiques South Pole Editorial Team Expert en matière de projets carbone et de climat Le secteur de l'aviation fait actuellement l'objet de nombreuses critiques en France pour son incompatibilité avec les objectifs de réductions d'émissions de GES fixés par l'Accord de Paris. Le secteur aérien est en effet responsable de près de 3% des émissions mondiales de GES, tout comme au sein de l'Union européenne tandis qu'en France, il représente 6,4% des émissions de CO2 totales du pays . Régulièrement pointée du doigt, l'industrie de l'aviation semble prendre conscience de l'urgence. Des objectifs de réduction ont en effet été fixés depuis octobre 2021 dans ce secteur : réduire de 50% les émissions à l'horizon 2050 par rapport à l'année de référence de 2005 . Pour atteindre ces objectifs, les nouvelles technologies et l'efficacité énergétique sont les solutions les plus plébiscitées. Parmi les technologies les plus citées, on trouve les carburants durables pour les avions, (Sustainable Aviation Fuels en anglais), ou SAF. Que sont exactement les SAF ? Par définition, les SAF sont des carburants qui peuvent se substituer directement au kérosène (actuellement le composant principal de l'alimentation des réacteurs d'avions), sans nécessiter de modifications du moteur, de la structure de l'avion ou des process logistiques. Il existe en pratique plusieurs types de SAF : les biocarburants et les e-carburants pour l'aviation. Le biocarburant pour l'aviation, aussi appelé BAF (Bio-aviation fuel) , est un carburant produit à partir de biomasse, comme les huiles végétales (notamment l'huile de palme ou l'huile de soja), les graisses animales, le sucre, l'amidon et certaines algues. Une étude du parlement européen estime d'ailleurs que 80% des besoins en SAF dans le futur proche pourraient être couverts par le biocarburant HEFA (Hydroprocessed Ester and Fatty Acids), produit à base d'huiles végétales, d'huiles de cuisine usagées, de suif, etc. Le e-carburant est généré à partir d'électricité bas carbone et d'eau. En Norvège, un site de production, appelé Norsk e-fuel , devrait voir le jour en 2023 afin de produire du carburant pour l'aviation à partir d'électricité renouvelable, d'eau et de CO2. Cette usine devrait ainsi fournir 100 millions de litres de carburant par an à partir de 2029. Les méthodes de production diffèrent, et en matière d'émissions de GES, tous les SAF ne se valent pas. En effet, tous les biocarburants ne sont pas durables. Une étude estime ainsi que le biocarburant réalisé à base d'huile de palme produite en Indonésie aurait un impact 24 fois supérieur à celui de SAF produit à base d'herbe , du fait de la déforestation liée à la culture des palmiers. Les SAF peuvent-ils remplacer les carburants fossiles ? Les SAF présentent plusieurs avantages. Ils émettent beaucoup moins de GES tout au long de leur cycle de vie que le kérosène. Selon les types de SAF, on peut compter une réduction de 15% à 80% des émissions de GES. Outre cette réduction, les SAF ont un impact négatif moindre sur la qualité de l'air en local . Ils sont compatibles avec les moteurs actuels (ce qui n'est pas le cas de l'hydrogène par exemple) même si pour l'instant les biocarburants sont généralement mélangés avec du kérosène traditionnel, à hauteur de 50% au maximum. Les SAF, qu'ils soient fabriqués à partir d'électricité renouvelable et d'eau ou de biomasse, sont préparés à partir de matériaux renouvelables. Les technologies ne sont plus nouvelles, et commencent à être mises en œuvre de plus en plus largement dans l'industrie de l'aviation. Déjà plus de 450 000 vols ont été effectués avec des avions utilisant ce type de carburant. En 2021, plus de 100 millions de litres de SAF ont été produits . À l'heure actuelle, la quantité des SAF utilisée est encore marginale. Sur les 360 milliards de litres de carburant utilisés en 2019 par l'aviation, moins de 0,1% étaient des SAF . Mais plusieurs pays souhaitant accélérer la transition du secteur aérien se sont engagés à aller plus loin. La loi française instaure ainsi un taux de 1% de SAF depuis le 1er janvier 2022 pour tous les ravitaillements réalisés en France . Ce taux devra atteindre 2% à horizon 2025 et 5% d'ici 2030 . Le parlement Européen a également adopté récemment un projet de loi exigeant l'intégration de 37% de carburants durables (comptant les SAF mais aussi l'électricité et l'hydrogène) pour les compagnies aériennes et les aéroports de l'UE d'ici 2030 et 85% d'ici 2050. Quelles sont les limites dans l'utilisation de ces nouveaux carburants ? Le grand défi liés aux SAF est d'en produire en grande quantité et à des coûts abordables. Les coûts actuels sont 3 à 10 fois supérieurs par rapport au kérosène . En perspective du développement de ces solutions plus durables, certains acteurs du secteur demandent déjà des aides financières de la part des gouvernements. Au-delà de la question du coût, l'espace et la consommation de ressources nécessaires à la production de ces nouveaux carburants représentent la plus grande limite. En effet, certains biocarburants sont en concurrence directe avec les cultures alimentaires . Une étude du World Resources Institute estime ainsi que le développement de la production de biocarburants à base de plantes ne serait pas compatible avec la production alimentaire de la population humaine à l'horizon 2050. La conclusion de cette étude est que « la quête pour la bioénergie à une échelle significative est à la fois irréaliste et non durable». Pour cette raison, il est possible que les biocarburants à base de déchets soient favorisés dans le futur . Pour les e-carburants, le problème de production à grande échelle est le même : l'entièreté de l'électricité renouvelable du monde ne serait pas suffisante pour produire la quantité de carburant utilisée par l'aviation à l'heure actuelle. L'usine de Norsk e-fuel, mentionnée plus haut, pourrait en effet à terme produire 100 millions de litres de carburant par an mais il faudrait plusieurs dizaines d'usines comme celle-ci pour alimenter le seul aéroport Charles de Gaulle à Paris . Et l'on ne parle ici que du seul secteur de l'aviation, sans compter les besoins du secteur des transports en général. Enfin et à cause des coûts de développement et d'exploitation importants, il n'est pas certain que les investissements nécessaires au déploiement de ces solutions à grande échelle soient rentables. De plus, l'utilisation d'une petite proportion de SAF fait augmenter le coût d'un vol de façon significative pour le passager. Pour conclure Le développement de la production et de l'utilisation des SAF est prometteur pour permettre la transition du secteur aérien. On voit d'ailleurs déjà apparaître dans divers articles, l'expression " avion zéro émission ". Cependant, l'impact climatique du secteur ne se limite pas à sa consommation de kérosène. La fabrication des avions et des infrastructures a un impact non négligeable, tout comme la pollution liée aux traînées d'échappement des avions. Malgré tout et à la lumière des connaissances techniques et scientifiques actuelles, il paraît indispensable pour le secteur et ses usagers de faire preuve de plus en plus de sobriété, autrement dit, réduire son activité et les déplacements aériens évitables. L'aéroport d'Amsterdam a déjà décidé de plafonner son nombre de trajets aériens à 440 000 vols par an. De la même manière, plusieurs associations ont appelé à limiter le nombre de trajets aériens de l'aéroport de Roissy . Le rapport « Pouvoir voler en 2050 » produit par The Shift Project et l'association Aéro Décarbo, conclut que, même si les progrès technologiques auront un impact positif important sur la décarbonation du secteur aérien, le secteur devra nécessairement engager des mesures de sobriété : densifier les cabines, supprimer l'offre aérienne lorsqu'une alternative ferroviaire existe, limiter le trafic de l'aviation d'affaire ou supprimer le système de “miles", etc… Les conséquences pour les entreprises ne seront pas négligeables : même si les réunions à distance ont connu un essor important depuis la crise du Covid, diminuant le nombre de déplacements en France et à l'étranger, les organisations vont devoir continuer à réduire de façon importante les déplacements de leurs collaborateurs. En effet, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) estime que plus de 50 % des émissions de CO2 sont liées aux déplacements professionnels au sein des entreprises . Si elles veulent atteindre leur objectif net zéro, les entreprises sont donc fortement incitées à revoir leur politique concernant leurs voyages d'affaires en redéfinissant leurs priorités et en privilégiant les déplacements en train lorsque cela est possible. Pionnière sur le front de la lutte contre le changement climatique et plus grand fournisseur de solutions climatiques et développeur de projets carbone au monde, South Pole conseille et accompagne les entreprises et institutions à travers le monde dans la définition et la mise en œuvre de stratégies de durabilité intégrées et ambitieuses, à la hauteur des enjeux climatiques . Nous sommes là pour vous accompagner dans votre transition climatique. Contactez-nous Newsletter Abonnez-vous Contactez nous South Pole Besoin d’aide dans la mise en œuvre de votre stratégie de durabilité ? 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Une solution pour des voyages en avion plus durables: Carburants verts Blog South Pole Carburants verts : une solution pour des voyages en avion plus durables ? 07 Février 2023 Risques et opportunités climatiques | Investissements écologiques South Pole Editorial Team Expert en matière de projets carbone et de climat Le secteur de l'aviation fait actuellement l'objet de nombreuses critiques en France pour son incompatibilité avec les objectifs de réductions d'émissions de GES fixés par l'Accord de Paris. Le secteur aérien est en effet responsable de près de 3% des émissions mondiales de GES, tout comme au sein de l'Union européenne tandis qu'en France, il représente 6,4% des émissions de CO2 totales du pays . Régulièrement pointée du doigt, l'industrie de l'aviation semble prendre conscience de l'urgence. Des objectifs de réduction ont en effet été fixés depuis octobre 2021 dans ce secteur : réduire de 50% les émissions à l'horizon 2050 par rapport à l'année de référence de 2005 . Pour atteindre ces objectifs, les nouvelles technologies et l'efficacité énergétique sont les solutions les plus plébiscitées. Parmi les technologies les plus citées, on trouve les carburants durables pour les avions, (Sustainable Aviation Fuels en anglais), ou SAF. Que sont exactement les SAF ? Par définition, les SAF sont des carburants qui peuvent se substituer directement au kérosène (actuellement le composant principal de l'alimentation des réacteurs d'avions), sans nécessiter de modifications du moteur, de la structure de l'avion ou des process logistiques. Il existe en pratique plusieurs types de SAF : les biocarburants et les e-carburants pour l'aviation. Le biocarburant pour l'aviation, aussi appelé BAF (Bio-aviation fuel) , est un carburant produit à partir de biomasse, comme les huiles végétales (notamment l'huile de palme ou l'huile de soja), les graisses animales, le sucre, l'amidon et certaines algues. Une étude du parlement européen estime d'ailleurs que 80% des besoins en SAF dans le futur proche pourraient être couverts par le biocarburant HEFA (Hydroprocessed Ester and Fatty Acids), produit à base d'huiles végétales, d'huiles de cuisine usagées, de suif, etc. Le e-carburant est généré à partir d'électricité bas carbone et d'eau. En Norvège, un site de production, appelé Norsk e-fuel , devrait voir le jour en 2023 afin de produire du carburant pour l'aviation à partir d'électricité renouvelable, d'eau et de CO2. Cette usine devrait ainsi fournir 100 millions de litres de carburant par an à partir de 2029. Les méthodes de production diffèrent, et en matière d'émissions de GES, tous les SAF ne se valent pas. En effet, tous les biocarburants ne sont pas durables. Une étude estime ainsi que le biocarburant réalisé à base d'huile de palme produite en Indonésie aurait un impact 24 fois supérieur à celui de SAF produit à base d'herbe , du fait de la déforestation liée à la culture des palmiers. Les SAF peuvent-ils remplacer les carburants fossiles ? Les SAF présentent plusieurs avantages. Ils émettent beaucoup moins de GES tout au long de leur cycle de vie que le kérosène. Selon les types de SAF, on peut compter une réduction de 15% à 80% des émissions de GES. Outre cette réduction, les SAF ont un impact négatif moindre sur la qualité de l'air en local . Ils sont compatibles avec les moteurs actuels (ce qui n'est pas le cas de l'hydrogène par exemple) même si pour l'instant les biocarburants sont généralement mélangés avec du kérosène traditionnel, à hauteur de 50% au maximum. Les SAF, qu'ils soient fabriqués à partir d'électricité renouvelable et d'eau ou de biomasse, sont préparés à partir de matériaux renouvelables. Les technologies ne sont plus nouvelles, et commencent à être mises en œuvre de plus en plus largement dans l'industrie de l'aviation. Déjà plus de 450 000 vols ont été effectués avec des avions utilisant ce type de carburant. En 2021, plus de 100 millions de litres de SAF ont été produits . À l'heure actuelle, la quantité des SAF utilisée est encore marginale. Sur les 360 milliards de litres de carburant utilisés en 2019 par l'aviation, moins de 0,1% étaient des SAF . Mais plusieurs pays souhaitant accélérer la transition du secteur aérien se sont engagés à aller plus loin. La loi française instaure ainsi un taux de 1% de SAF depuis le 1er janvier 2022 pour tous les ravitaillements réalisés en France . Ce taux devra atteindre 2% à horizon 2025 et 5% d'ici 2030 . Le parlement Européen a également adopté récemment un projet de loi exigeant l'intégration de 37% de carburants durables (comptant les SAF mais aussi l'électricité et l'hydrogène) pour les compagnies aériennes et les aéroports de l'UE d'ici 2030 et 85% d'ici 2050. Quelles sont les limites dans l'utilisation de ces nouveaux carburants ? Le grand défi liés aux SAF est d'en produire en grande quantité et à des coûts abordables. Les coûts actuels sont 3 à 10 fois supérieurs par rapport au kérosène . En perspective du développement de ces solutions plus durables, certains acteurs du secteur demandent déjà des aides financières de la part des gouvernements. Au-delà de la question du coût, l'espace et la consommation de ressources nécessaires à la production de ces nouveaux carburants représentent la plus grande limite. En effet, certains biocarburants sont en concurrence directe avec les cultures alimentaires . Une étude du World Resources Institute estime ainsi que le développement de la production de biocarburants à base de plantes ne serait pas compatible avec la production alimentaire de la population humaine à l'horizon 2050. La conclusion de cette étude est que « la quête pour la bioénergie à une échelle significative est à la fois irréaliste et non durable». Pour cette raison, il est possible que les biocarburants à base de déchets soient favorisés dans le futur . Pour les e-carburants, le problème de production à grande échelle est le même : l'entièreté de l'électricité renouvelable du monde ne serait pas suffisante pour produire la quantité de carburant utilisée par l'aviation à l'heure actuelle. L'usine de Norsk e-fuel, mentionnée plus haut, pourrait en effet à terme produire 100 millions de litres de carburant par an mais il faudrait plusieurs dizaines d'usines comme celle-ci pour alimenter le seul aéroport Charles de Gaulle à Paris . Et l'on ne parle ici que du seul secteur de l'aviation, sans compter les besoins du secteur des transports en général. Enfin et à cause des coûts de développement et d'exploitation importants, il n'est pas certain que les investissements nécessaires au déploiement de ces solutions à grande échelle soient rentables. De plus, l'utilisation d'une petite proportion de SAF fait augmenter le coût d'un vol de façon significative pour le passager. Pour conclure Le développement de la production et de l'utilisation des SAF est prometteur pour permettre la transition du secteur aérien. On voit d'ailleurs déjà apparaître dans divers articles, l'expression " avion zéro émission ". Cependant, l'impact climatique du secteur ne se limite pas à sa consommation de kérosène. La fabrication des avions et des infrastructures a un impact non négligeable, tout comme la pollution liée aux traînées d'échappement des avions. Malgré tout et à la lumière des connaissances techniques et scientifiques actuelles, il paraît indispensable pour le secteur et ses usagers de faire preuve de plus en plus de sobriété, autrement dit, réduire son activité et les déplacements aériens évitables. L'aéroport d'Amsterdam a déjà décidé de plafonner son nombre de trajets aériens à 440 000 vols par an. De la même manière, plusieurs associations ont appelé à limiter le nombre de trajets aériens de l'aéroport de Roissy . Le rapport « Pouvoir voler en 2050 » produit par The Shift Project et l'association Aéro Décarbo, conclut que, même si les progrès technologiques auront un impact positif important sur la décarbonation du secteur aérien, le secteur devra nécessairement engager des mesures de sobriété : densifier les cabines, supprimer l'offre aérienne lorsqu'une alternative ferroviaire existe, limiter le trafic de l'aviation d'affaire ou supprimer le système de “miles", etc… Les conséquences pour les entreprises ne seront pas négligeables : même si les réunions à distance ont connu un essor important depuis la crise du Covid, diminuant le nombre de déplacements en France et à l'étranger, les organisations vont devoir continuer à réduire de façon importante les déplacements de leurs collaborateurs. En effet, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) estime que plus de 50 % des émissions de CO2 sont liées aux déplacements professionnels au sein des entreprises . Si elles veulent atteindre leur objectif net zéro, les entreprises sont donc fortement incitées à revoir leur politique concernant leurs voyages d'affaires en redéfinissant leurs priorités et en privilégiant les déplacements en train lorsque cela est possible. Pionnière sur le front de la lutte contre le changement climatique et plus grand fournisseur de solutions climatiques et développeur de projets carbone au monde, South Pole conseille et accompagne les entreprises et institutions à travers le monde dans la définition et la mise en œuvre de stratégies de durabilité intégrées et ambitieuses, à la hauteur des enjeux climatiques . Nous sommes là pour vous accompagner dans votre transition climatique. Contactez-nous Newsletter Abonnez-vous Contactez nous South Pole Besoin d’aide dans la mise en œuvre de votre stratégie de durabilité ? 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Évolution. Aux Galápagos, une population de pinsons serait en train de se scinder en deux espèces distinctes Actualités Géopolitique La France vue de l’étranger Société Économie Sciences et environnement Culture Réveil Stories Vidéos Hebdo Horoscope Aux Galápagos, une population de passereaux appelés pinsons de Darwin (“Geospiza fortis”) serait en train de se séparer en deux espèces distinctes. Photo Leemage/AFP “Les pinsons de Darwin qui vivent sur les îles Galápagos continuent d’évoluer à la vitesse grand V”, commence Le Devoir . Le journal canadien se fait l’écho d’une étude parue en décembre dans la revue Evolution , pour laquelle une équipe internationale s’est appuyée sur des modèles mathématiques et des données récoltées pendant dix-sept ans auprès de milliers d’individus appartenant à quatre espèces d’oiseaux du genre Geospiza vivant sur l’île Santa Cruz, dans l’archipel des Galápagos, en Équateur. Les biologistes ont ainsi constaté qu’il existait une association très claire entre la “survie – une estimation de la durée de vie des individus bagués en fonction du nombre de fois où ils ont été capturés puis relâchés dans le cadre de l’étude – et la taille des becs des pinsons. Les chercheurs se sont en particulier aperçus que la population de géospizes à bec moyen ( Geospiza fortis, une espèce de passereau plus connue sous le nom de pinson de Darwin) était divisée en deux sous-populations, l’une se caractérisant par un bec plus petit et l’autre par un bec plus gros. “L’espèce de géospize à bec moyen est en train de diverger, de se séparer en deux espèces distinctes. Nous assistons à la formation de deux nouvelles espèces en temps réel”, s’enthousiasme Marc-Olivier Beausoleil, cherche Offres spéciales Pour lire la suite de cet article, abonnez-vous Accédez à l’intégralité de nos contenus sur le site et l’application en vous abonnant à l’offre spéciale. 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Je découvre → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. Je découvre l’article → L’Autriche en hiver [Contenu partenaire] Des sommets enneigés au silence feutré des forêts, l’Autriche en hiver tient une promesse : celle de l’enchantement total. Je découvre → Solidarités international Depuis vingt-cinq ans, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL travaille en République démocratique du Congo, théâtre de conflits répétés. Les crises se succèdent, plongeant la population dans une tragédie humanitaire dévastatrice. Les services les plus élémentaires font cruellement défaut. Face à cette situation, l’ONG SOLIDARITÉS INTERNATIONAL agit au quotidien pour venir en aide aux communautés les plus vulnérables. Un engagement de longue haleine dans l’une des crises les plus complexes de la planète. Je lis l’article → Les plus lus Société. Au Royaume-Uni, la crise du permis de conduire promet de durer Infographie. L’élevage funeste du saumon États-Unis. Les figures de proue du mouvement Maga s’écharpent à l’AmericaFest Économie. En Tunisie, les transferts de la diaspora pallient les défaillances de l’État Nos services HORS-SÉRIE L’année 2025 a été marquée par une actualité anxiogène dont Courrier international s’est fait l’écho semaine après semaine dans l’hebdomadaire et sur notre site. Au moment de se retourner sur les douze derniers mois, nous avons voulu nous extraire des conflits et des tensions. Je découvre → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. Je découvre l’article → L’Autriche en hiver [Contenu partenaire] Des sommets enneigés au silence feutré des forêts, l’Autriche en hiver tient une promesse : celle de l’enchantement total. Je découvre → Solidarités international Depuis vingt-cinq ans, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL travaille en République démocratique du Congo, théâtre de conflits répétés. Les crises se succèdent, plongeant la population dans une tragédie humanitaire dévastatrice. Les services les plus élémentaires font cruellement défaut. Face à cette situation, l’ONG SOLIDARITÉS INTERNATIONAL agit au quotidien pour venir en aide aux communautés les plus vulnérables. Un engagement de longue haleine dans l’une des crises les plus complexes de la planète. Je lis l’article → Offres spéciales. Découvrez l’intégralité de nos contenus et soutenez notre rédaction dès 2,99 €/mois . Je m’abonne Vous préférez lire cet article plus tard ? Cette fonctionnalité est réservée à nos inscrits. Créer un compte Se connecter Partager cette page
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Liquide qui change de couleur — Wikidebrouillard Liquide qui change de couleur Page Commentaires 2 Historique Gaspard Sarcinella Fabzoide maguy souaid Et 1 de plus... Ogier MAILLARD Gaspard Sarcinella Sadiscuts ... Intégrer ce tutoriel La couleur du jus de chou rouge est bleue-violette... Pourras-tu la faire devenir rose, verte, jaune ou encore bleu ciel ? Pourquoi la couleur change t-elle ? Auteur Adrien | Dernière modification 21/04/2020 par Audrey LRSY Difficulté Easy Facile Durée 10 minute(s) minute(s) Disciplines scientifiques Chimie, Science de la vie, Optique La couleur du jus de chou rouge est bleue-violette... Pourras-tu la faire devenir rose, verte, jaune ou encore bleu ciel ? Pourquoi la couleur change t-elle ? Difficulté Easy Facile Durée 10 minute(s) minute(s) Disciplines scientifiques Chimie, Science de la vie, Optique <languages /> Sommaire 1 Introduction 2 Video d'introduction 3 Étape 1 - Rassembler le matériel 4 Étape 2 - Préparer l'expérience 5 Étape 3 - Réaliser l'expérience 6 Étape 4 - Pour aller plus loin 7 Comment ça marche ? 7.1 Observations : que voit-on ? 7.2 Mise en garde : qu'est-ce qui pourrait faire rater l'expérience ? 7.3 Explications 7.4 Plus d'explications 7.5 Applications : dans la vie de tous les jours 7.6 Vous aimerez aussi 8 Éléments pédagogiques 8.1 Objectifs pédagogiques 8.2 Pistes pour animer l'expérience 8.3 Sources et ressources 9 Commentaires Licence : Attribution (CC-BY) jus, chimie, acide, base, pH, indicateur coloré, décoction, chou rouge Transforme_la_couleur_du_jus_de_choux_rouge_Couleur_qui_changent_Chou_rouge.jpg Introduction Cette expérience est présentée dans l'émission des Petits Débrouillards Jus de citron N°1 : Qu’est-ce qui fait changer la couleur du chou rouge ? Video d'introduction https://www.youtube.com/watch?v=cYDrdExxAoQ&list=PLh-wFno1NyFxivBpvZvyaSwoFYvksYP3n&index=1 Youtube Matériel et outils Chou rouge Le chou rouge (Brassica oleracea var. capitata f. rubra1) est une forme de chou cabus — la plupart du temps de couleur pourpre — aux propriétés culinaires et chimiques diverses. Chou rouge Couteau Près d'un habitant humain de la Terre sur 6 utilise des couteaux à une seule dent (il utilise également des fourchettes à une dent). En général il est est chinois (ou japonais) et appelle son couteau de la même manière que sa fourchette : une baguette. Couteau Cuillère Une cuillère est un couvert de table ou de cuisine en acier inoxydable. Elle est constituée d'une partie creuse et concave appelée "cuilleron" reliée à un manche. Cuillère Passoire Une passoire, ou égouttoir, est un ustensile de cuisine permettant d'égoutter des aliments (par exemple : des pâtes, des asperges, etc.) selon le principe de la filtration mécanique. Passoire Bouilloire La bouilloire est un ustensile de cuisine utilisé pour porter un liquide à ébullition. Elle est généralement utilisée pour la préparation du thé. Il existe deux principaux types de bouilloires : les bouilloires en métal que l'on chauffe de façon externe et les bouilloires électriques, disposant d'un chauffage intégré. Bouilloire Eau L'eau est une substance essentielle à la vie. Transparente, sans goût et sans odeur, on la consomme le plus souvent dans son état liquide. Eau Pot en verre Pot en verre (récupéré après consommation de yaourt, etc.) Pot en verre Entonnoir Un entonnoir est un instrument en forme de cône, terminé par un tube et servant à verser un liquide, une poudre, un granulé ou une pâte dans un récipient de petite ouverture. Ils sont faits d'un matériau suffisamment rigide, pour ne pas s'écraser sous le poids de ce que l'on verse, et imperméable. Ils sont généralement en verre, plastique ou métal, mais parfois en papier ciré lorsqu'ils sont destinés à un usage unique. Les entonnoirs sont utilisés en cuisine, en mécanique automobile et en industrie. Entonnoir Bouteille de verre Une bouteille, mais en verre quoi. Bouteille de verre Saladier Un saladier est un récipient de grande taille utilisé pour servir la salade. On peut également l'utiliser, par exemple, pour battre des œufs en neige. Il peut être en terre cuite, faïence, cristal taillé ou, de nos jours, en verre ou en matières plastiques. Saladier Bicarbonate Le bicarbonate de sodium est un produit qui sert à tout ! Désodoriser le frigo, se laver les dents, favoriser la digestion, laver les surface salles... Et surtout, c'est le chouchou des expériences de wikidébrouillard ! Il est parfois appelé bicarbonate de soude mais il ne faut surtout pas le confondre avec la soude qui est très corrosive et peut être très dangereuse. Bicarbonate Lessive La lessive désigne également le mélange liquide ou solide de produits chimiques utilisés pour le lavage domestique ou industriel. L'action nettoyante est notamment assurée par des produits détersifs comme le savon. On parle par exemple de « détergent pour lessive », ce qui signifie « lessive pour machine à laver ». Lessive Citron Le citron est un agrume. C'est le fruit du citronnier Citron Boisson gazeuse Une boisson gazeuse est une boisson dans laquelle ont a dissout du CO2. Dans un contenant fermé (bouteille, boîte-boisson, fût), l'atmosphère au-dessus de l'eau est saturée en CO2. Lorsque l'on ouvre le contenant, le CO2 s'échappe ; pour maintenir l'équilibre, le CO2 dissout dans l'eau se retransforme en gaz, ce qui provoque la formation de bulles. Boisson gazeuse Vinaigre Le vinaigre est une solution aqueuse à faible teneur d'acide éthanoïque aussi appelé acide acétique. Vinaigre Étape 1 - Rassembler le matériel Une bouilloire ou un micro-ondes pour faire chauffer de l'eau Du chou rouge Un couteau pour le chou rouge Un saladier permettant de contenir l'eau bouillante Une passoire pour filtrer le chou rouge Un entonnoir pour transvaser le jus Une bouteille en verre pour contenir le jus Autant de pots de yaourt que de produit à tester + un pot servant de témoin Des petites cuillères pour mélanger les différents produits Une photo de gamme étalon de jus de chou rouge (incluse dans cette fiche) Les produits à tester : tu peux tester tous types de produits ! Cependant il est tout de même préférable d'utiliser des produits solubles dans l'eau ou des liquides transparents (boisson gazeuse, lessive en poudre, bicarbonate, jus de citron, vinaigre, eau de mer, et bien plus encore !) Pour aller plus loin, tu peux avoir besoin : D'une paille Étape 2 - Préparer l'expérience Prévois deux feuilles de chou rouge pour environ 1 litre d'eau Coupe le chou rouge en dés et dépose-les dans un saladier Recouvre les dés de chou rouge d’eau bouillante Laisse mariner jusqu’à ce que l’eau soit fortement colorée À l’aide de l’entonnoir, verse le liquide dans une bouteille à travers la passoire pour éliminer les morceaux de chou Si le jus est très foncé, tu peux le diluer à l’eau, mais pas trop, pour qu’il reste d’un violet intense. ...Attention, le jus de chou rouge peut se conserver frais environ une journée au frigo et peut aussi se congeler facilement. Mais à température ambiante il se dégrade vite et son odeur devient insupportable ! Étape 3 - Réaliser l'expérience Verse du jus de chou rouge dans chaque pot (jusqu’à la moitié de la hauteur environ). Mets de côté un pot qui servira de témoin (c’est à dire qu'on ajoutera rien de plus dans ce pot, il nous servira à comparer les changements de couleurs). Verse chaque produit à tester dans un pot différent puis agite ou mélange avec une cuillère propre. Que remarques-tu ? Peux-tu classer tes verres par couleur ? Quel point commun y a-t-il entre les produits qui rendent le jus bleu ? Et quel point commun trouves-tu entre ceux qui rendent le jus rose ? Compare la couleur du mélange avec celles de la gamme étalon de jus de chou rouge (photo à gauche). Étape 4 - Pour aller plus loin *Ajoute 1/2 verre d'eau dans 1/2 verre de jus de chou rouge et souffle dans le mélange avec une paille. *Fais de la magie en changeant la couleur de ton produit avec plusieurs liquides transparents comme l'eau (le vinaigre et le sel ou le bicarbonate dilué par exemple). Tu peux tester différents produits de ta maison. ...Attention de ne pas tester n'importe quel produit, pense à demander à un adulte Comment ça marche ? Observations : que voit-on ? Le jus de chou rouge, violet au départ, change de couleur selon le produit avec lequel on le mélange. On obtient des couleurs différentes, selon le produit testé. Avec le jus de citron et le vinaigre, le mélange devient rose, avec le bicarbonate il devient bleu, avec la lessive, il devient vert ou vert-jaune, tandis qu’avec l’eau du robinet, il reste violet même s’il s’éclaircit légèrement. Si l’on mélange de l’eau de mer fraîche avec le jus de chou rouge, le mélange obtenu est bleuté à bleu. Si tu as essayé de souffler dedans avec une paille, tu peux voir que le gaz qui sort de tes poumons (CO 2 ) est un peu acide aussi ! Mise en garde : qu'est-ce qui pourrait faire rater l'expérience ? Si le jus est trop concentré, il te faudra mettre plus de produit à tester. Tu peux diluer ton jus avec de l'eau ! Si tu mets tous les produits dans un seul verre, tu verras d'autres réactions mais il te sera moins facile de classer les produits et tu ne pourras pas obtenir un arc-en-ciel. Explications La couleur du jus de chou rouge change selon l'acidité du produit avec lequel on le mélange. Un colorant dont la couleur change en fonction de l'acidité d'un liquide est appelé indicateur . Le jus de chou rouge est donc un indicateur colorimétrique de pH puisque sa couleur permet de connaître le pH du produit ! Le « pH » est le nom que l’on donne au niveau d’acidité en chimie (PH = Potentiel Hydrogène). Les produits acides comme le jus de citron, le vinaigre, ou encore le soda font passer la couleur du jus de chou rouge du violet au rose. Il existe aussi des produits basiques qui sont le contraire des produits acides en chimie. C’est le cas du bicarbonate et de l’eau de mer, qui font passer le jus de chou rouge du violet au bleu, et aussi de la lessive, qui est encore plus basique, et donne un mélange vert ou jaune. Plus d'explications En chimie, le pH est représenté par un chiffre situé entre 0 et 14. Les produits acides ont un pH inférieur à 7, cela signifie que les acides qu’ils contiennent sont plus forts que les bases qu'ils contiennent. C’est le côté acide qui domine. Les produits basiques ont un pH supérieur à 7, cela signifie que les bases qu’ils contiennent sont plus fortes que les acides qu’ils contiennent, c’est alors le côté basique qui domine. Lorsqu'un produit contient des bases et des acides de forces égales, on dit qu'il est neutre, et son pH est de 7. Un produit dont le pH est égal ou proche de 1 est appelé un « acide fort ». Un produit est une « base forte » si son pH est égal ou proche de 14. Ce sont des produits très corrosifs, autrement dit ils peuvent brûler la peau et dissoudre des matériaux. Le jus de chou rouge est un indicateur colorimétrique de pH, sa couleur change selon le pH des produits avec lesquels on le mélange. Pour connaître approximativement le pH d’un produit, il suffit de comparer la couleur obtenue lorsqu’on le mélange avec un produit avec les couleurs que l’on obtient avec des produits de pH connu. Cette référence est une gamme étalon, comme sur la photo ci-dessus, où l’on découvre les couleurs que prend le jus de chou rouge à différents pH. En comparant les couleurs, on arrive à estimer le pH des produits que l’on teste : le vinaigre (pH = 2,5 à 3, couleur obtenue : rose vif) le bicarbonate de sodium (pH = 8,4, couleur obtenue : bleu) le soda (3 à 5 selon le soda, couleur obtenue : rose vif à rose violacé). De nombreux sodas, dont le cola, contiennent en effet de l’acide citrique, qui est tout simplement l’acide présent naturellement dans le citron. le jus de citron (pH = 2,5 environ, couleur obtenue : rose vif) la lessive (pH = 11 à 13, couleur obtenue : vert à jaune verdâtre) l'eau du robinet : son pH est souvent proche du neutre (pH = 7), mais cela varie beaucoup d’un lieu à l’autre. L’eau pure (que l’on peut préparer en laboratoire) est seulement constituée de molécules H2O et son pH = 7. (test optionnel : l’eau de mer de France a un pH voisin de 8, elle est donc basique (couleur obtenue : bleu)) Applications : dans la vie de tous les jours Il existe plusieurs méthodes de mesure du pH, plus ou moins précises : on peut utiliser des indicateurs colorimétriques naturels ou de synthèse, du papier pH, qui est un papier imprégné d’un indicateur colorimétrique (mais dont la mesure est assez peu précise), ou avoir recours à un pH-mètre pour une mesure très précise. Le pH est une notion très importante en chimie, mais aussi pour l’environnement, dans l’alimentation, la médecine… - Le pH d’un milieu aquatique détermine les organismes qui peuvent y vivre. Des variations importantes de pH peuvent modifier la croissance ou le comportement de certaines espèces, ou même menacer leur survie. Si l’on possède un aquarium, il est indispensable de vérifier régulièrement le pH de l’eau pour garantir le bien être des plantes et des animaux qui y vivent. - Certaines plantes poussent mieux sur des sols acides, comme les orchidées ou les peupliers. D'autres préfèrent les sols neutres, comme la camomille. Le chou rouge et quelques autres plantes indiquent sur quel type de sol elles grandissent: leur couleur varie en fonction du pH du sol. On les appelle plantes indicatrices. Sur les sols acides, le chou est plutôt rouge, sur les sols basiques plutôt bleu. - Dans la consommation humaine, on retrouve beaucoup d’aliments acides : fruits et jus de fruits (agrumes surtout), tomates, vinaigre, sodas… Ces aliments peuvent avoir des effets négatifs s’ils sont consommés en excès ou si l’on souffre de certains problèmes de santé (ulcère à l’estomac, remontées gastriques…). En cuisine, on peut diminuer l’acidité d’une préparation en y ajoutant des produits alimentaires basiques, comme le bicarbonate de sodium. - Tu as peut-être aussi déjà entendu dans les publicités l'expression «pH neutre pour la peau». En effet, notre peau est légèrement acide (elle a un pH un peu inférieur à 6) c'est pourquoi la survie des bactéries et des champignons sur notre peau est difficile. Un nettoyage exagéré avec du savon peut augmenter le pH de la peau et la rendre plus sensible. C'est pourquoi il existe, particulièrement pour les peaux sensibles, des savons qui ont le même pH que la peau - leur pH est neutre pour la peau. Vous aimerez aussi Encre qui apparaît et disparaît Acidification des océans Éléments pédagogiques Objectifs pédagogiques Comprendre les notions de pH, d’acide, de base Créer des réactions acides-bases Savoir utiliser un indicateur colorimétrique Savoir utiliser une gamme-étalon Comprendre le rôle d’un témoin dans une expérience Pistes pour animer l'expérience Il est intéressant d’animer cette série d’expériences comme un jeu. L’animateur aura de préférence préparé le jus de chou rouge à l’avance et peut commencer en introduction par faire deviner au groupe la nature de cet étrange liquide violet, à son aspect, son odeur, voire à son goût si les participants ont le courage de goûter. Attention cependant à ne pas révéler à quoi va servir le jus de chou rouge dans cette expérience ! L’animateur peut ensuite inviter les participants à « faire des expériences » avec le jus de chou rouge, en les encourageant à bien observer et bien retenir le résultat de chaque test. Pour cela le groupe aura accès au panel de produits à tester listé en haut de cette fiche (auquel on peut ajouter les produits que l’on veut). Après avoir laissé le groupe expérimenter, l’animateur peut proposer aux participants de faire partager leurs observations, de faire des démonstrations, puis les inviter à formuler des hypothèses sur ce qui modifie la couleur du jus de chou rouge, et les différences entre les produits testés. Si besoin, on peut guider les participants en leur demandant ce qu’ils connaissent des produits testés, et si certains produits ont donné des couleurs proches ou identiques. Le vinaigre et le jus de citron donnent une couleur rose au jus de chou rouge. Demander le point commun entre ces produits. Le groupe trouvera certainement qu’ils sont acides. L’animateur pourra ensuite compléter les informations échangées avec les données essentielles sur le pH, les acides et les bases, et la notion d’indicateur colorimétrique. Sources et ressources Article de Wikipedia sur le pH : https://fr.wikipedia.org/wiki/Potentiel_hydrog%C3%A8ne Plus d’informations sur le pH sur le site du CNRS : http://www.cnrs.fr/cnrs-images/chimieaulycee/THEMES/acidite/ph.htm Jus de citron N°1 : Qu’est-ce qui fait changer la couleur du choux rouge ? https://www.youtube.com/watch?v=cYDrdExxAoQ&list=PLh-wFno1NyFxivBpvZvyaSwoFYvksYP3n&index=1 Dernière modification 21/04/2020 par user:Audrey LRSY . Commentaires Published × Erreur de saisie dans le nom du tutoriel Vous avez entré un nom de page invalide, avec un ou plusieurs caractères suivants : < > @ ~ : * € £ ` + = / \ | [ ] { } ; ? # Connexion Pas encore enregistré ? 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Valeur pH dans les soins de la peau I PUCA - PURE & CARE The store will not work correctly when cookies are disabled. Menu Langue French Danish English German Spanish Devise EUR - euro AUD GBP BGN CAD CZK DKK PLN SEK CHF USD Valeur pH dans les soins de la peau pH L’échelle de pH va de 0 à 14 et exprime l’acidité ou l’alcalinité d’une substance (généralement une solution aqueuse). Une solution dont le pH est de 7,0 est dite neutre, tandis qu’une solution dont le pH est inférieur est acide et qu’une solution dont le pH est supérieur est basique ou alcaline. Plus le pH est bas, plus la solution est acide, et plus il est élevé, plus celle-ci est alcaline. Le pH est un terme très important dans de nombreux contextes, car l’acidité d’une solution a un impact majeur sur les processus chimiques et biochimiques qui peuvent avoir lieu dans la solution. Ainsi, la régulation de la valeur du pH d’une solution a également son importance dans de nombreux contextes. La « capacité tampon » apparaît aussi comme un terme important (on parle aussi de « pouvoir tampon ») : La capacité tampon est la mesure du potentiel d’une solution à maintenir son pH lorsqu’on ajoute une base ou un acide. Le pH et la capacité tampon sont importants dans de nombreuses industries (qui impliquent presque toutes l’eau), mais aussi pour l’homme : le corps humain dépend entièrement de sa capacité à réguler et à maintenir le pH dans ses tissus pour que les processus biochimiques appropriés puissent se dérouler. Par exemple, le pH du sang est très étroitement régulé de sorte que, dans des conditions normales, il se situe entre 7,35 et 7,45. Le sang possède une capacité tampon assez élevée grâce aux substances qu’il contient. En outre, les poumons et les reins contribuent à maintenir le pH du sang en régulant l’élimination de certaines substances. Des affections telles que le diabète, ainsi que les maladies pulmonaires et rénales, peuvent entraîner un excès d’acide dans le sang, provoquant une baisse du pH en dessous de 7,35 – c’est ce qu’on appelle « l’acidose », tandis que l’hyperventilation, par exemple, peut augmenter le pH du sang – c’est ce qu’on appelle « l’alcalose ». Les autres tissus de l’organisme dépendent également d’un pH adéquat, qui peut être affecté par certaines maladies : par exemple, des poumons sains ont un pH autour du neutre, mais dans le cas de la mucoviscidose, le pH des poumons chute. Le pH à la surface de la peau se situe normalement du côté acide, mais il varie beaucoup en fonction, notamment, de l’endroit du corps et du degré d’inflammation de la peau. En général, un pH plus élevé est observé en cas d’inflammation et dans les zones où la peau est plus refermée sur elle-même, comme l’aisselle. Comme pour d’autres tissus, les processus biochimiques de la peau et le microbiote dépendent de la valeur du pH de la zone. Le pH est donc un sujet intéressant dans le domaine des cosmétiques et auquel PUCA PURE & CARE accorde une grande attention lors du développement de ses produits. Le pH : une invention danoise Le concept de pH a été inventé par le professeur de chimie danois Søren. P. L. Sørensen en 1909, alors qu’il dirigeait le département chimie du laboratoire Carlsberg. Søren. P. L. Sørensen a utilisé la désignation « pH. » qui a ensuite été changée en 1924 en « pH » dans le cadre d’une révision mineure du concept. Jusqu’en 1909, la science utilisait principalement des termes vagues concernant l’acidité d’une solution, ce qui n’était pas assez précis pour Søren. P. L. Sørensen dans son travail sur le brassage de la bière, où il s’intéressait particulièrement aux processus enzymatiques. Il avait besoin d’un outil précis pour standardiser la production de bière. À cette époque, on savait que c’était la concentration d’ions H + (ions hydrogène) dans une solution qui déterminait le degré d’acidité de la solution, mais spécifier la concentration en nombres décimaux n’était pas une bonne solution, car il s’agit de très petits nombres. La solution était l’échelle de pH, qui est le logarithme décimal négatif de la concentration des ions d’hydrogène, ce qui peut s’écrire simplement : pH = -log([H + ]). Le concept et la définition seront examinés plus en détail dans la section suivante. Le sigle « pH » lui-même a fait l’objet de spéculations. Il ne fait aucun doute que le « H » signifie hydrogène (ion), mais le « p » est plus controversé, car il peut représenter des mots différents (avec des significations similaires) en français, danois, allemand, qui étaient les langues dans lesquelles Søren. P. L. Sørensen rédigeait ses articles, ainsi que le latin, également largement utilisé dans la littérature scientifique. En danois, le « p » peut signifier « potens » ou « potentiale », en allemand « potenz », en français « puissance », et enfin en latin « pH » peut signifier « pondus hydrogenii » (quantité d’hydrogène) ou « potentia hydrogenii » (puissance/potentiel d’hydrogène). Toutefois, si l’on consulte l’article original de 1909, il semble que « p » soit simplement la lettre que Sørensen avait donnée à la composition de son électrode à hydrogène, alors qu’il utilisait « q » pour la composition de son électrode de référence. Aujourd’hui, la désignation « p » minuscule est utilisée en chimie pour « le logarithme décimal négatif de… » et aussi, par exemple, dans la désignation « pK a », qui sera abordée dans la section suivante. L’utilisation de l’échelle de pH s’est rapidement généralisée et était couramment utilisée dans les articles scientifiques à peine dix ans après son invention. De nos jours, le pH est utilisé partout où l’acidité est pertinente, c’est-à-dire dans de nombreux domaines. Par exemple, dans la production d’aliments, de médicaments, de cosmétiques, de papier, de textiles et dans l’agriculture, dans la gestion des eaux usées et dans de nombreuses études scientifiques en général. Les processus biochimiques propres à l’organisme dépendent généralement d’un pH assez spécifique. C’est pourquoi chaque fluide corporel, comme le sang, le liquide céphalorachidien, l’urine et les fluides contenus dans les organites de chaque cellule. Les processus biochimiques propres à l’organisme dépendent généralement d’un pH assez spécifique. C’est pourquoi chaque fluide corporel, comme le sang, le liquide céphalorachidien, l’urine et les fluides contenus dans les organites de chaque cellule 1 sont étroitement régulés et dotés d’une capacité tampon, de sorte que le pH est maintenu malgré les influences extérieures. Exemples de valeurs de pH de différentes solutions : Acide gastrique : 1,5-3,5 ; jus de citron : 2,4 ; vagin : 3,8-4,5 ; peau : 4,1-5,8 (peau non endommagée, malade ou occluse) ; lait : 6,5 ; eau pure : 7,0 (pH neutre à 25 °C) ; sang : 7,35-7,45 ; urine : 7,5-8,0 (l’urine du matin est généralement plus acide : 6,5-7,0) ; eau de mer : 7,5-8,4 ; savon solide classique : 9,0-10,0 ; une solution aqueuse d’hydroxyde de sodium de concentration molaire 0,1 (environ 4 %) : 13,0. 1 Les organites sont les structures internes (« organes ») de la cellule qui sont délimitées par une membrane et qui remplissent différentes fonctions. Quelques exemples d’organites sont le noyau cellulaire, qui contient l’ADN (le pH à l’intérieur est de 7,1-7,3) et les mitochondries, qui produisent la majeure partie de l’énergie de la cellule (ATP) (le pH dans les mitochondries humaines est respectivement de 7,8-8,0 dans la matrice et de 7,0-7,4 dans l’espace entre les membranes externe et interne). Le pH : quelques mots sur la science et la technologie qui le sous-tendent Comme indiqué, le pH d’une solution est une mesure du degré d’acidité ou d’alcalinité – et plus spécifiquement le logarithme décimal négatif de la concentration de la solution ou, plus précisément l’activité (a) 2 des ions hydrogène (H + ). Celui-ci s’écrit comme suit : pH = -log(a H ) ≈ -log([H + ]) Le terme H + (ion hydrogène) est le plus utilisé, mais en réalité, il n’y a pas d’ions H + libres dans une solution aqueuse, car les ions H + réagissent avec l’eau H 2 O pour former H 3 O + , que l’on appelle ion hydronium ou oxonium. L’échelle de pH va de 0 à 14 3 et comme le pH est logarithmique (le logarithme décimal), la valeur n’a pas d’unité et chaque valeur de pH représente une différence d’un facteur 10 dans la concentration d’ions H + . Ainsi, une solution avec un pH 5,0 aura une concentration dix fois plus élevée d’ions H + qu’une solution de pH 6,0. De même que les ions H + définissent le niveau d’acidité, les ions OH - (ion hydroxyde) définissent le niveau d’alcalinité 4 : l’équilibre entre ces deux ions est crucial pour le pH de la solution aqueuse. Un pH bas indique une concentration relativement élevée de H + et une faible concentration de OH - . Lorsque le pH augmente, la concentration de H + diminue et la concentration de OH - augmente. À un pH 7.0, la concentration de ces ions est égale (c’est le cas de l’eau totalement pure), et à un pH supérieur à 7,0 la concentration de OH - dépasse la concentration de H + . Pour comprendre d’où viennent H + et OH - , il faut comprendre comment fonctionnent les acides et les bases. En résumé, un acide est une substance qui peut libérer un (ou plusieurs) ion(s) hydrogène, tandis qu’une base est une substance qui peut absorber un (ou plusieurs) ion(s) hydrogène. La facilité avec laquelle l’acide libère son hydrogène est une mesure de la force de l’acide : plus il libère facilement l’hydrogène, plus il est fort. Il en va de même pour la base : plus elle absorbe facilement l’hydrogène, plus elle est forte. La réaction par laquelle un acide libère de l’hydrogène (H + ) est appelée réaction de dissociation et se présente comme suit : HA ⇌ H + + A - Où HA désigne l’acide, H + est l’ion hydrogène libéré, A - désigne la base dite correspondante (le résidu acide) et ⇌ indique qu’il s’agit d’une réaction qui peut aller dans les deux sens. Il s’agit donc d’une paire acide-base. Pour de telles paires acide-base, la base correspondante d’un acide fort est relativement faible et, de même, l’acide correspondant d’une base forte est relativement faible, tandis que la base correspondante d’un acide faible est également relativement faible et, de même, la base faible a un acide faible correspondant. Ainsi, une solution d’un acide (ou d’une base) sera un équilibre entre la forme acide (HA) et la dissociation en H + et la base correspondante, A 5 . . Ce rapport d’équilibre entre la concentration de la forme dissociée (H+ et A-) et la forme acide (HA) est une valeur sans unité, appelée constante de dissociation de l’acide et notée K a 6 . K a augmente parallèlement avec la force de l’acide. 2 La concentration d’ions hydrogène [H + ] est normalement le terme utilisé pour décrire le pH, mais de façon plus exacte, c’est l’activité des ions H + . Dans la pratique, c’est quasiment la même chose. 3 Dans les cas particuliers de forte concentration d’acides très forts ou de bases très fortes, le pH peut être inférieur à 0 et supérieur à 14. 4 Tout comme le pH, il existe également une mesure moins couramment utilisée, le pOH, qui correspond au logarithme négatif de la concentration en ions OH-, exprimant le niveau acide ou basique de la solution. 5 Il s’agit d’une réaction qui dépend de la température et qui constitue en soi un système tampon faible (de faible capacité). 6 Les autres termes désignant la constante de dissociation sont la constante d’équilibre et la constante de force de l’acide. Le « a » minuscule de K a signifie « acide » ; il arrive que l’on trouve parfois la désignation « K s » dans la littérature scientifique danoise, où « s » est pour « syre » (acide). La force de l'acide Comme pour le pH, cette valeur est généralement convertie en pK a plus « gérable » et également sans unité. Cette valeur est appelée exposant de la force de l’acide et, comme pour le pH, se définit comme le logarithme décimal négatif de la constance de la force de l’acide : pK a = -log(K a ) La valeur pK a peut servir à diviser les acides en acides forts, moyens, faibles et très faibles comme suit : pK a ≤ 0 : acide fort 0 < pK a ≤ 4 : acide moyen 4 < pK a ≤ 10 : acide faible pK a > 10 : acide très faible Pour un acide faible dans une solution aqueuse, la plupart des molécules seront sous forme acide (HA). Inversement, une solution avec un acide fort contiendra principalement la forme dissociée (H + et A - et donc la concentration de H + sera élevée dans la solution et le pH sera faible. La molécule d’eau elle-même est un ampholyte, ce qui signifie qu’elle est à la fois un acide très faible et une base très faible : son pK a est de 7,0. La réaction acide-base pour l’eau se présente comme suit : deux molécules d’eau réagissent pour libérer et recevoir un ion H + , mais la réaction peut également se produire dans l’autre sens : 2 H 2 0 ⇌ H 3 O + + OH - Comme il s’agit d’un acide très faible et d’une base très faible, seule une très petite partie sera dissociée en H 3 O + et OH - . Lorsque l’eau est totalement pure, 10 -7 (= 0,0000001 = un dix millionième) des molécules de H 2 O seront dissociées, ce qui permet d’obtenir un pH neutre de 7 : pH = -log (10 -7 ) = 7 La relation entre pH et pK a est exprimée par l’équation de Henderson-Hasselbalch, aussi appelée équation du système tampon. Cette équation est une approximation et contient quelques hypothèses. Elle n’est pas aussi précise pour les acides et les bases fortes et ne tient pas compte des propriétés acido-basiques propres à l’eau. L’équation de Henderson-Hasselbalch est la suivante : pH = pK a + log [A - ]/[HA] Elle démontre que le pH d’une solution acide (ou basique) est égal au pK a de l’acide additionné du logarithme de la concentration de la base correspondante divisé par la concentration de l’acide. Si la concentration de la base correspondante et la concentration de l’acide sont égales, le pH de la solution sera égal au pK a de l’acide. Cette équation est également connue sous le nom d’équation du système tampon, car elle est principalement utilisée pour calculer les systèmes tampons. Par exemple, on peut utiliser l’équation pour estimer le pH d’un système tampon et pour calculer la concentration de l’acide et de la base correspondante si l’on connaît le pH et le pK a . Systémes tampons Elle démontre que le pH d’une solution acide (ou basique) est égal au pK a de l’acide additionné du logarithme de la concentration de la base correspondante divisé par la concentration de l’acide. Si la concentration de la base correspondante et la concentration de l’acide sont égales, le pH de la solution sera égal au pK a de l’acide. Cette équation est également connue sous le nom d’équation du système tampon, car elle est principalement utilisée pour calculer les systèmes tampons. Par exemple, on peut utiliser l’équation pour estimer le pH d’un système tampon et pour calculer la concentration de l’acide et de la base correspondante si l’on connaît le pH et le pK a . Un système tampon se compose d’un acide (généralement relativement faible) et de sa base correspondante (ou d’une base relativement faible et de son acide correspondant) et est utilisé pour maintenir le pH dans une plage relativement étroite malgré l’ajout d’acide ou de base au système : ainsi, un système tampon agit comme un « tampon pH » avec une certaine capacité. La capacité représente la quantité d’acide ou de base qui peut être ajoutée au système sans modifier le pH de manière significative. Elle dépend principalement de la concentration de l’acide et de la base correspondante, ainsi que du pH de la solution. La capacité est à son maximum lorsque la concentration de l’acide et de la base correspondante est proche de l’égalité et lorsque le pH de la solution est proche de la valeur pK a de l’acide – généralement, la capacité est maximale dans la plage pH-pK a ± 1. Les systèmes tampons fonctionnent en ce sens que l’acide faible et la base correspondante peuvent réagir avec l’acide (H + et/ou la base (OH - ) ajoutés et ainsi « neutraliser » le H + ou la OH - , de sorte que le pH ne change pas beaucoup. Lorsque vous dépassez la capacité, par exemple en ajoutant une quantité d’acide telle que la totalité de la base correspondante dans la solution est épuisée par la réaction avec l’acide ajouté, le pH chute assez brusquement. Inversement, si vous ajoutez plus de base que la capacité du système tampon ne peut en supporter (parce que l’acide dans le système tampon est épuisé), le pH augmente assez brusquement. En pratique, on crée normalement un système tampon en ajoutant un acide (ou une base) dont le pK a est adapté au pH souhaité, et en ajoutant une quantité équivalente de la base correspondante sous la forme du sel de l’acide (ou si l’on a une base, on ajoute la quantité équivalente de l’acide correspondant). Systèmes tampons en pratique L’acide acétique et l’acétate de sodium (sel de sodium de l’acide acétique) constituent un exemple de système tampon (une paire acide-base). L’acide acétique a un pK a de 4,7 et son pouvoir tampon est donc le plus élevé dans la plage de pH 3,7-5,7. Dans les cosmétiques, par exemple, on utilise souvent l’acide citrique, qui est un acide trivalent (qui peut libérer trois atomes d’hydrogène) et qui a donc trois valeurs de pK a : 3,1, 4,8 et 6,4, ce qui couvre une gamme de pH relativement large et pertinente d’un point de vue cosmétique. 7 Le pH peut également être mesuré sur des substances non aqueuses, mais c’est un peu différent. 8 Vous pouvez en savoir plus sur ces sujets techniques dans ces articles, par exemple : Buck, R. et. al. Measurement of pH. Definition, standards, and procedures (IUPAC Recommendations 2002). Pure and Applied Chemistry, 2002, 74(11), 2169-2200 et Zulkarnay, Z et. al. An Overview on pH Measurement Technique and Application in Biomedical and Industrial Process. 2015, 2nd International Conference on Biomedical Engineering (ICoBE), Penang, Malaysia, March 2015, pp. 1-6. La mesure du pH des solutions aqueuses 7 peut être effectuée à l’aide de différentes méthodes. Ces méthodes peuvent donner de légères différences dans la valeur et il convient donc de prêter attention à la méthode de mesure lorsque l’on compare les valeurs de pH. Les détails plus techniques de la mesure du pH et les incertitudes dont il faut tenir compte avec les différentes méthodes de mesure et les formules mathématiques qui les sous-tendent ne seront pas abordés en profondeur ici 8 . L’une des méthodes les moins précises, que beaucoup connaissent peut-être depuis l’école, est la mesure du pH à l’aide d’un indicateur acide-base. Il peut s’agir d’un liquide indicateur ou d’un papier indicateur (bandelettes pH) imprégné de liquide indicateur. Ces derniers changent de couleur en fonction du pH du liquide avec lequel ils entrent en contact. Le pH peut donc être lu visuellement en le comparant à une échelle de couleurs ou, plus précisément, par colorimétrie (mesure quantitative de la couleur). Aujourd’hui, on utilise souvent un pH-mètre, un instrument électronique doté d’une électrode de verre sélective des ions et d’une électrode de référence que l’on plonge dans la solution à mesurer. Au contact d’une solution aqueuse, un potentiel électrique se forme à travers l’électrode sensible aux ions, qui dépend de la concentration en ions hydrogène et donc du pH. Le potentiel de l’électrode de référence ne varie pas et est fixé par l’étalonnage préalable du pH-mètre, ce qui permet à l’appareil d’effectuer une comparaison quantitative entre les potentiels électriques des deux électrodes et de calculer le pH. Il est important d’étalonner régulièrement un pH-mètre pour s’assurer que les mesures sont exactes. Il n’est pas nécessaire de disposer d’une grande quantité d’eau pour mesurer le pH, de sorte que le pH de surfaces telles que la peau peut également être mesuré avec, par exemple, un pH-mètre doté d’une électrode plate (et éventuellement d’un peu d’eau pure). Toutefois, comme ces électrodes sont relativement grandes, le pH est mesuré sur une certaine surface et il n’est pas possible de mesurer les différences de pH au niveau cellulaire ou subcellulaire. D’autres méthodes plus complexes, telles que la microscopie en temps de vie de fluorescence (FLIM), doivent être utilisées. Le pH et la peau : structure et composants de la peau Avant d’aborder la question du pH de la peau, il est utile de bien comprendre la structure de la peau. Il s’agit d’un sujet intrinsèquement complexe qui peut être abordé sous de nombreux angles différents. Nous nous intéresserons tout d’abord à la structure de base des couches de la peau – principalement l’épiderme – puis aux composants censés influencer le pH de la peau. La peau se compose de trois couches 9 : Au plus profond se trouve le subcutis, également appelé hypoderme, qui se compose principalement de graisse et de tissu conjonctif. Au milieu se trouve le derme, qui est principalement constitué de tissu conjonctif et dans lequel se trouvent, par exemple, des terminaisons nerveuses, des vaisseaux sanguins, des follicules pileux, des glandes sébacées et des glandes sudoripares. La couche supérieure est l’épiderme, qui se compose de plusieurs couches. la couche la plus profonde, la couche basale, qui est une couche cellulaire simple où se trouvent notamment les mélanocytes, les kératinocytes indifférenciés et les cellules souches qui créent constamment de nouveaux kératinocytes (cellules). Ces kératinocytes migrent vers l’extérieur et créent progressivement les autres couches épidermiques, qui sont : le stratum spinosum, le stratum granulosum, le stratum lucidum et enfin à la surface se trouve le stratum corneum (SC), qui a une épaisseur d’environ 10-30 µm. La couche basale, la couche épineuse et la couche granuleuse contiennent des cellules vivantes et sont appelées la partie viable de l’épiderme, tandis que la couche claire 10 et la couche cornée sont constituées de cellules mortes et sont appelées la partie non viable de l’épiderme – mais il se déroule de nombreux processus chimiques différents dans ces couches. Il est important de savoir qu’il existe dans la peau de nombreuses voies de communication et interactions différentes entre les kératinocytes, les cellules immunitaires et les micro-organismes présents sur la peau, qui peuvent affecter différentes fonctions de la peau telles que le maintien des barrières cutanées. En ce qui concerne la barrière cutanée et le pH de la peau, la couche externe de l’épiderme, la couche cornée, est particulièrement intéressante. La couche cornée contient plusieurs couches (généralement 15 à 25) de kératinocytes plats, morts pour la plupart, appelés cornéocytes. Ceux-ci sont intégrés dans une matrice intercellulaire riche en lipides hautement organisés, qui constitue un élément crucial de la barrière cutanée. Cette structure de la couche cornée est souvent décrite comme une maçonnerie de briques (cornéocytes) et de mortier (structure lipidique intercellulaire). La couche cornée se débarrasse constamment d’une partie de sa surface pour renouveler la peau. Ce processus, appelé « desquamation », est généralement bien régulé. 9 Vous trouverez une illustration de la peau dans la description de la glycérine sur ce site. 10 La couche claire ne se trouve généralement que dans les peaux à épiderme épais (comme la paume des mains et la plante des pieds) et se compose de 2 à 5 couches cellulaires de kératinocytes plats, principalement morts, contenant la substance éléidine, qui est un précurseur de la kératine. 11 Ils sont également appelés lipides extracellulaires. En surface, la peau est « peuplée » de divers micro-organismes – le microbiote cutané – qui, à bien des égards, se révèlent très intéressants en ce qui concerne les fonctions et les qualités de la peau. Les cornéocytes de la couche cornée sont des cellules plates qui contiennent principalement des filaments de kératine, diverses enzymes et de l’eau. Les cornéocytes sont entourés d’une enveloppe cellulaire spéciale appelée enveloppe cornifiée, qui se compose principalement de protéines réticulées telles que la filaggrine, la loricrine et l’involucrine, qui forment ensemble une structure hautement insoluble et stable. Une seule couche de lipides, composée principalement de céramides à longue chaîne, est attachée à ces protéines : c’est l’enveloppe lipidique. Cette couche forme des interactions importantes avec la couche lipidique intercellulaire entre les cornéocytes. Quelques autres structures importantes entre les cornéocytes sont les cornéodesmosomes, qui sont constitués de diverses protéines et qui maintiennent les cellules de la couche cornée ensemble, et les jonctions dites serrées, qui sont également constituées de protéines et contribuent à la fonction de barrière. Les lipides intercellulaires 11 représentent environ 15 % du poids de la couche cornée et se composent principalement de céramides (environ 50 %), de cholestérol (25-30 %), d’acides gras libres (10-15 %), d’esters de cholestérol (environ 10 %), de sulfate de cholestérol (2-5 %) et de très peu de phospholipides, ce qui contraste avec les autres couches de l’épiderme et du derme où les phospholipides représentent une part importante des lipides. La principale source de ces lipides intercellulaires est constituée par ce que l’on appelle les « corps lamellaires », qui sont des organites sécrétoires ovales situés intracellulairement dans les kératinocytes viables, principalement dans la couche granuleuse, et qui peuvent excréter des lipides, par exemple, hors de la cellule. Outre l’excrétion de lipides tels que les phospholipides, les glucosylcéramides et le cholestérol qui viennent former la matrice intercellulaire riche en lipides bien organisée, ces corps lamellaires excrètent également certaines enzymes telles que les hydrolases lipidiques, les lipases, les protéases et certaines protéines inhibitrices d’enzymes, ainsi que des peptides antimicrobiens tels que les bêta-défensines et les cathélicindines. Ces organites sont donc extrêmement importants pour la barrière de perméabilité et la barrière microbienne de la peau. Le pH et la peau : pH faible à la surface de la peau Au-dessus des couches d’environ 10 à 30 µm d’épaisseur de la couche cornée, le pH passe de 7,0 à 7,4 comme dans le reste de la peau à un pH beaucoup plus faible à la surface, qui varie quelque peu entre les différentes parties du corps, mais le plus souvent le pH est d’environ 5,0 à la surface de la peau. Il s’agit d’une très grande différence de pH de 2 unités (c’est-à-dire environ 100 fois la concentration de H + à la surface par rapport à environ 10-30 µm plus profondément dans la peau. Ce gradient a été étudié sur une peau saine et comparé à deux formes différentes d’ichtyose 12 (peau en écailles de poisson). Un pH-mètre a été utilisé pour mesurer le pH à la surface, puis la couche cornée a été progressivement enlevée jusqu’à la couche granuleuse à l’aide de ruban adhésif (cette technique est très connue et s’appelle le « scotch-test »). Entre chaque dixième bande de ruban adhésif, le pH a été mesuré et une courbe a pu être établie sur la façon dont le pH change à mesure que l’on s’enfonce dans la couche cornée. On constate ici que pour une peau saine, la courbe passe d’environ 4,5 en surface à environ 7,1 au niveau de la couche granuleuse et qu’à mi-chemin de la couche cornée, le pH est d’environ 5,4 et donc que le changement de pH est plus brutal dans la moitié profonde de la couche cornée, où la structure est également plus compacte. C’est dans cette zone qu’agissent de nombreuses enzymes dépendantes du pH. D’autres études similaires ont montré que le pH dans les couches les plus externes de la couche cornée est légèrement inférieur à celui de la surface, puis que le pH augmente au fur et à mesure que l’on progresse dans les couches, pour atteindre un pH de 7,0-7,4 lorsque l’on atteint la couche granuleuse. 'Manteau acide' Ce phénomène, selon lequel la surface de la peau est nettement plus acide que le reste de la peau, est connu sous le nom de « manteau acide ». Ce terme a été inventé en 1928 par deux scientifiques et n’a jamais cessé d’être utilisé depuis, même si le terme « manteau » n’est probablement pas le plus exact. À l’époque, on pensait que le faible pH protégeait contre les infections microbiennes, mais il a été prouvé depuis que ce facteur était beaucoup plus important. Le manteau acide peut être décrit comme un mélange naturel de différentes substances telles que des acides gras libres, des acides aminés et d’autres petits acides qui maintiennent la surface et les couches extérieures de la couche cornée à un pH relativement bas. Ce point sera décrit plus en détail dans la section suivante. En général, le pH de la surface de la peau se situe entre 4,0 et 6,0 – à quelques exceptions près qui ont un pH plus élevé. Dans la littérature scientifique, un certain nombre de valeurs de pH différentes sont considérées comme normales, mais lors de la comparaison, il faut savoir où la mesure a été prise sur le corps et quelle méthode de mesure a été utilisée. Une étude intéressante de 2006 a montré que si l’on s’abstenait d’appliquer quoi que ce soit sur la peau de l’intérieur de l’avant-bras pendant 24 heures, le pH chutait en moyenne de 5,12 ± 0,56 à 4,93 ± 0,45. Il a été estimé que le pH « naturel » de la peau dans cette zone serait en moyenne de 4,7. L’étude a également montré qu’en général, une peau dont le pH est inférieur à 5,0 est en meilleur état qu’une peau dont le pH est supérieur à 5,0 ; cela a été démontré par la mesure de divers paramètres biophysiques tels que la fonction de barrière, le niveau d’hydratation, le niveau de squames et la résistance à l’irritation induite (par exemple en utilisant du laurylsulfate de sodium, une substance irritante pour la peau). Il a également été observé que le microbiote « normal » adhérait mieux à la peau dont le pH était relativement bas. Il a été démontré que le pH relativement bas de la surface de la peau et le gradient de pH à travers la couche cornée ont de nombreuses fonctions importantes et souvent interdépendantes pour la peau, qui seront décrites ici : Activité enzymatique : l’activité de nombreuses enzymes dépend du pH. Cela vaut à la fois pour certaines enzymes qui contribuent à la constitution des barrières cutanées et pour les enzymes qui contribuent à la dégradation des cornéodesmosomes et favorisent ainsi la desquamation (il doit y avoir un équilibre). Deux enzymes clés pour la formation de céramides importantes pour la barrière cutanée dépendent du pH : la β-glucocérébrosidase a un pH optimal de 13 5,6 et la sphingomyélinase acide a un pH optimal à 4,5. Si le pH est nettement supérieur ou inférieur à ces valeurs, les activités enzymatiques sont réduites et moins de céramides sont formées. Les autres enzymes dépendantes du pH comprennent les phosphatases, les phospholipases et le groupe d’enzymes protéases à sérine, qui comprend les enzymes kallikréines. Les protéases à sérine sont des enzymes qui brisent les liaisons peptidiques dans les protéines – notamment dans les protéines qui composent les cornéodesmosomes qui relient les cornéocytes entre eux, ce qui peut nuire à l’intégrité et à la cohésion de la peau. D’autres protéases à sérine peuvent inactiver les enzymes de transformation des lipides, inhiber l’excrétion des corps lamellaires et stimuler l’hyperprolifération épidermique (qui est un facteur d’acné par exemple). Ces protéases à sérine ont un pH optimal légèrement plus élevé (pour beaucoup d’entre elles, autour de pH 7). Ainsi, si le pH de la peau augmente, ces enzymes sont plus actives et, dans le même temps, les deux enzymes clés pour la formation des céramides sont moins actives. Un pH élevé peut donc inhiber les fonctions de barrière de la peau, ce qui constitue la deuxième raison pour laquelle le manteau acide de la peau est important. Maintien de la barrière cutanée : les fonctions de barrière de la peau, extrêmement importantes, peuvent être classées en différents systèmes interconnectés : la barrière physique, la barrière chimique, la barrière microbienne et la barrière immunitaire. Ensemble, elles assurent la protection physique, chimique et biologique de l’organisme contre les agents extérieurs. La barrière physico-chimique veille également à ce que le corps ne perde pas trop d’eau, par exemple. La barrière de perméabilité physique, qui est également importante pour la protection chimique et biologique, est principalement constituée des composants de la couche cornée sous la forme de cornéocytes hydrophiles, des substances qui les maintiennent ensemble et de la matrice lipophile intercellulaire organisée. Comme indiqué plus haut, le pH de la peau est crucial pour plusieurs éléments des fonctions de barrière : excrétion par les corps lamellaires d’enzymes, de lipides et de substances antimicrobiennes ; ainsi que le niveau d’activité des enzymes qui assurent le métabolisme nécessaire à la formation des lipides intercellulaires. On pense également que le pH est déterminant pour l’organisation des lipides intercellulaires. ntégrité de la couche cornée – l’équilibre de la desquamation : il existe un équilibre dynamique important entre la cohésion intercellulaire via les cornéodesmosomes et les jonctions serrées et la dégradation naturelle et nécessaire de ces mêmes jonctions, qui aboutit à la desquamation. Ici aussi, le pH joue un rôle important, notamment en raison de l’activité des enzymes dépendantes du pH, comme décrit plus haut. Activation des cytokines et inflammation : les cornéocytes de la couche cornée contiennent une réserve de précurseurs de cytokines inflammatoires (Pro-IL1α et proIL-1β). Si la barrière cutanée est perturbée, le pH augmente généralement, ce qui accroît l’activité des protéases à sérine telles que les enzymes kallikréines. L’activation entraîne la libération et l’activation des cytokines IL-1α et IL-1β, qui déclenchent alors une cascade de réactions contribuant à restaurer la barrière. Ainsi, une augmentation temporaire du pH aidera à reconstruire la barrière, mais si le pH est trop élevé pendant une période prolongée, cela peut entraîner une inflammation médiée par les cytokines. Inversement, on pense qu’une réduction du pH contribue à réduire l’inflammation. Le microbiote et la barrière microbienne de la peau : La peau entretient avec le microbiote une relation symbiotique réciproque (où les deux parties tirent profit de la relation) : la peau fournit un environnement propice à certains micro-organismes, qui contribuent à leur tour à la défense microbienne de la peau en empêchant la colonisation d’autres micro-organismes (pathogènes, par exemple) et en aidant la peau d’autres manières. Le faible pH de la surface de la peau en fait un bon milieu pour le microbiote « normal » et il a également été démontré qu’il inhibe la croissance de certains micro-organismes pathogènes. En outre, en ce qui concerne la barrière microbienne de la peau, le pH a un impact sur la libération de certaines substances antimicrobiennes telles que les peptides antimicrobiens des corps lamellaires. L’activité de ces derniers – par exemple les peptides antimicrobiens tels que la cathélicidine et la dermicidine, ainsi que les substances cationiques et les nitrates présents dans la sueur – qui dépend également du pH, est optimale à un pH de 5,5. La conversion en oxyde nitrique de la substance nitrite, produite par les bactéries du microbiote à partir du nitrate présent dans la sueur, ne se produit également qu’à un pH légèrement acide. L’oxyde nitrique remplit un certain nombre de fonctions importantes, non seulement en ce qui concerne l’équilibre microbien de la peau, mais aussi en tant que substance de signalisation intra et extracellulaire qui joue un rôle important dans la cicatrisation des plaies, entre autres. 12 L’ichtyose (peau en écailles de poisson) est un terme générique désignant différentes formes de la maladie, qui se manifeste par une peau sèche et squameuse. 13 Le pH optimal est la valeur de pH où l’enzyme a l’activité la plus élevée. Le pH et la peau : mécanismes et facteurs endogènes du pH de la peau Les mécanismes et substances endogènes qui maintiennent le pH faible à la surface de la peau et le gradient de pH dans la couche cornée sont un sujet complexe. Divers articles scientifiques mettent plus ou moins l’accent sur les différents mécanismes et substances, de sorte qu’il n’est pas tout à fait clair quels sont les plus importants. Il est probable que les différents mécanismes s’influencent mutuellement et que les mécanismes et les substances aient une importance variable dans les différentes couches de la couche cornée. différentes couches de la couche cornée. En ce qui concerne les substances qui composent le manteau acide et contrôlent le pH dans et sur la couche cornée, on pense que les acides alpha hydroxy (AHA 14 ) tels que l’acide lactique provenant de la sueur et les acides gras du sébum, ainsi que l’acide urocanique (UCA), l’acide pygroglutamique (PCA) et certains acides aminés sont considérés comme la source principale du pH de la couche cornée. On pense que les acides aminés provenant de la dégradation de la protéine filaggrine et le sulfate de cholestérol ont un certain impact sur le pH dans les couches plus profondes de la couche cornée. Une autre composante importante de l’acidification des couches profondes de la couche cornée est la protéine de la membrane plasmique, NHE1, située dans la membrane cellulaire des kératinocytes. Il s’agit d’un échangeur Na + /H + capable de pomper un ion hydrogène (H + ) hors de la cellule et de pomper simultanément un ion sodium (Na + ) dans la cellule, régulant ainsi le pH à l’intérieur de la cellule et contribuant à réduire le pH dans l’espace intercellulaire (extracellulaire) – plus précisément, on pense que la NHE1 peut former des microdomaines extracellulaires 15 dont le pH est relativement bas dans la partie profonde de la couche cornée, à proximité de la couche granuleuse, qui a par ailleurs un pH global d’environ 7,0-7,4. On suppose que ces microdomaines à pH relativement bas sont importants pour l’activation des enzymes dépendantes du pH qui, comme mentionné ci-dessus, traitent les lipides excrétés par les corps lamellaires et font partie de la matrice lipidique organisée intercellulaire qui crée une barrière. On pense également que la NHE1 est importante pour la différenciation cellulaire des kératinocytes, par exemple, et qu’elle joue un rôle dans la cicatrisation des plaies en régulant le pH de la surface de la plaie. Les lipides acidifiants tels que le sulfate de cholestérol et les acides gras libres sont également considérés comme un facteur contribuant au gradient de pH de la couche cornée. Les acides gras libres peuvent être libérés, par exemple, des phospholipides excrétés par les corps lamellaires : ce processus est catalysé par le groupe enzymatique PLA2, qui est un groupe de phospholipases dépendant du pH et dont l’optimum se situe à l’extrémité légèrement acide de l’échelle de pH. Certains acides aminés et dérivés d’acides aminés ont également un impact sur le pH de la couche cornée. Par exemple, la sueur contient des acides aminés dont une source très importante est la dégradation de la protéine filaggrine. La dégradation de la filaggrine produit, entre autres, l’acide aminé glutamique, qui peut être converti en acide pyroglutamique (PCA), et l’acide aminé histidine, qui peut être converti en acide urocanique (UCA) par l’intermédiaire de l’enzyme histidase. Le PCA et l’UCA contribuent tous deux à réduire le pH et sont également hydratants ; ils font partie des facteurs naturels d’hydratation (NMF) 16 . En particulier, la voie de transformation de l’acide urocanique-histidine-filaggrine a été étudiée en relation avec son impact sur le pH dans des études animales. Cela suggère que cette dégradation en UCA n’est pas essentielle pour le pH, car d’autres mécanismes compensatoires peuvent prendre le relais et assurer la régulation à la baisse du pH. Les petits acides tels que l’acide lactique et l’acide butyrique sont également considérés comme régulant à la baisse le pH de la couche cornée. On les trouve, par exemple, dans la sueur provenant des glandes eccrines qui se trouvent presque partout sur le corps. La sueur de ces glandes 17 est excrétée directement à la surface de la peau. Elle a un pH compris entre 4,0 et 6,8 et se compose principalement d’eau et de faibles concentrations de petits électrolytes, de petits acides tels que l’acide lactique, l’acide citrique, l’acide ascorbique (vitamine C) et d’urée, ainsi que d’acides aminés et d’acides gras. La mélanine des mélanosomes de la couche granuleuse contribuerait aussi à la réduction du pH, ce qui expliquerait (en partie) pourquoi les peaux plus pigmentées ont généralement un pH plus faible (environ 0,5 pH de moins). Enfin, le microbiote peut également contribuer au pH relativement bas de la surface de la couche cornée. Plusieurs facteurs pour le pH de la peau De nombreux facteurs endogènes (de l’intérieur) influencent le pH de la peau. Voici les principaux : la zone anatomique de la peau, l’humidité de la peau (une humidité élevée ou faible est associée à une augmentation du pH), le niveau de pigmentation (les peaux plus foncées ont généralement un pH plus faible), le niveau de sébum, le niveau de transpiration, les maladies de la peau, la génétique, l’âge et le sexe – ce dernier point fait l’objet d’un débat. La plupart de ces facteurs seront examinés ci-dessous : Le pH de la peau varie considérablement d’une zone à l’autre. Si l’on considère l’organisme dans son ensemble, le pH se situe à 95 % entre 4,1 et 5,8, avec une moyenne de 4,9. Les principales zones situées en dehors de cette plage sont des zones semi-fermées et généralement relativement humides telles que les aisselles, l’aine, près des organes génitaux, entre les orteils et dans les plis cutanés, où le pH est généralement plus élevé, de l’ordre de 6,1 à 7,4 18 . Au niveau de l’aisselle, la mesure est comprise entre 5,8 et 7,0. Voici quelques exemples de plages de pH typiques pour différentes zones de la peau chez les adultes ayant une peau normale et saine : front et paupières = 4,7-5,1 ; joues et intérieur de l’avant-bras = 5,1-5,5 ; intérieur de l’avant-bras = 5,1-5,5 ; menton = 5,4-5,7 ; aisselle = 5,8-6,8 ; aine = 6,2-7,1. L'importance de l'âge L’âge a un impact relativement important sur le pH de la peau : la peau très jeune et la peau plus âgée ont généralement un pH relativement plus élevé et un pouvoir tampon plus faible. En général, les personnes âgées de 18 à 60 ans présentent un pH relativement stable à la surface de la peau. Les nouveau-nés (non prématurés) ont un pH d’environ 6,0-7,0 et assez uniforme sur toutes les zones de la peau. Le pH de la peau diminue assez brusquement au cours des premiers jours suivant la naissance et de façon plus régulière au cours des premiers mois. Entre 4 et 6 mois, la peau des nourrissons a généralement atteint la plage « normale » des adultes, avec des variations de pH dans les différentes zones de la peau, tout comme chez les adultes. Le pH de la zone des couches est relativement élevé en raison de l’environnement occlusif et humide, ce qui rend la peau plus vulnérable, en particulier chez les bébés portant des couches. Les personnes âgées de 60 à 70 ans environ présentent généralement une augmentation du pH à la surface de la peau et une réduction du pouvoir tampon de la peau. On pense que l’augmentation du pH chez les personnes âgées est due à une plus faible expression de la NHE1, à une réduction de la conversion des phospholipides en acides gras libres et à une réduction du taux de dégradation de la filaggrine en NMF – dont l’UCA et le PCA. En outre, la production de sébum et de sueur diminue, ce qui réduit encore le pouvoir tampon de la peau et l’apport des acides qu’elle contient. L’augmentation du pH est également liée à une moindre production de lipides épidermiques tels que les céramides, le cholestérol et les acides gras, ainsi qu’à des modifications du microbiote de la peau. Globalement, il en résulte une barrière cutanée moins solide. Pigmentation et pH de la peau Comme nous l’avons mentionné, le niveau de pigmentation de la peau affecte également le pH de celle-ci. Il a été démontré que les peaux présentant des niveaux de pigmentation élevés et donc un pH plus faible ont une production lipidique et une densité de corps lamellaires accrues par rapport aux peaux plus claires, ainsi qu’une meilleure intégrité de la couche cornée et une meilleure fonction de barrière, ainsi qu’une reconstruction plus rapide de la barrière, par exemple après un scotch-test ou d’autres formes de lésions cutanées superficielles. On sait qu’après une rupture de la barrière de perméabilité, il y a une augmentation rapide de la sécrétion des corps lamellaires à partir de la couche granuleuse pour remplacer ce qui a été perdu, et de nouveaux corps lamellaires se forment rapidement. Dans une étude comparant des personnes à la peau claire (niveau I-II sur l’échelle de Fitzpatrick 19 ) à des personnes à la peau plus foncée (niveau IV-V sur l’échelle de Fitzpatrick), il a été observé, entre autres, que si l’on réduit le pH de surface des peaux claires pour qu’il corresponde à celui des peaux foncées à l’aide d’un véhicule contenant de l’acide lactobionique ou du gluconolactone (PHA 20 ), immédiatement après le scotch-test, la vitesse de la reconstruction de la barrière cutanée augmente significativement après 1, 6 et 24 heures, contrairement aux peaux claires traitées avec le même véhicule, mais sans acide lactobionique ni gluconolactone ou le même véhicule avec de l’acide lactobionique neutralisé ou du gluconolactone. Genre et pH - y a-t-il une corrélation ? Certaines études suggèrent également que le pH de la peau a une faible corrélation avec le sexe, mais il n’y a pas de consensus clair à ce sujet, certaines études suggérant que les femmes ont un pH le plus bas et d’autres suggérant que ce sont les hommes. Dans l’ensemble, un certain nombre d’études indiquent que les hommes ont tendance à avoir le pH le plus bas, mais pas significativement plus bas que les femmes. Les études sur les différences cutanées entre les sexes suggèrent qu’en général, la fonction de barrière cutanée (mesurée en termes de TEWL 21 ) des hommes de moins de 50 ans est meilleure que celle des femmes du même âge, quelle que soit la surface de peau mesurée. Cette différence de barrière cutanée s’atténue avec l’âge. Le niveau d’hydratation de la couche cornée semble être stable ou augmenter légèrement avec l’âge chez les femmes, alors qu’il diminue à partir de 40 ans environ chez les hommes. Le pH de la peau présente également un rythme circadien, de sorte que le pH est le plus bas la nuit et le plus élevé l’après-midi, ainsi qu’un rythme annuel, le pH étant généralement légèrement plus bas en hiver qu’en été (la question de savoir s’il s’agit de facteurs endogènes ou exogènes fait l’objet de débats). 14 Pour en savoir plus sur les AHA, consultez la description des AHA, BHA et PHA sur ce site. 15 Ces microdomaines ne peuvent être mesurés à l’aide d’un pH-mètre à électrode de verre et, par conséquent, le pH de la partie profonde de la couche cornée est le plus souvent mesuré comme étant autour de la neutralité. 16 Les NMF sont brièvement décrits dans la description de la glycérine sur ce site Web. 17 Il existe également des glandes sudoripares apocrines, qui sont reliées à un follicule pileux. Cette sueur est donc généralement mélangée à du sébum provenant des glandes sébacées, qui ont également une sortie dans le follicule pileux. Les glandes sudoripares apocrines se trouvent principalement au niveau des aisselles et des organes génitaux. Leurs sécrétions ont un pH compris entre 6,0 et 7,5 et sont composées d’eau, de protéines, d’hydrates de carbone, de certains déchets de l’organisme, de lipides et de stérols. Il s’agit d’un liquide relativement visqueux qui est intrinsèquement inodore, mais certaines de ces substances sont décomposées par des micro-organismes présents sur la peau et les métabolites qui en résultent produisent l’odeur de sueur. 18 En raison du pH relativement élevé de l’aisselle, par exemple, le microbiote y est différent, ce qui contribue à l’odeur de sueur qui se forme à partir du métabolisme des sécrétions des glandes apocrines. 19 L’échelle de Fitzpatrick est une échelle de I à VI qui indique le degré de pigmentation de la peau et la façon dont elle réagit aux UV. 20 PHA est l’acronyme de Poly Hydroxy Acid. Pour en savoir plus sur les PHA, consultez la description des AHA, BHA et PHA sur ce site. 21 TEWL est le sigle de Trans Epidermal Water Loss (perte d’eau transépidermique). Le pH et la peau : facteurs exogènes du pH de la peau Les facteurs exogènes (externes) comprennent l’occlusion de la peau (par exemple avec des gants), le microbiote de la peau (dont on peut dire qu’il est également influencé par des facteurs endogènes), les facteurs climatiques et les autres substances et produits auxquels la peau est exposée. L’occlusion de la peau augmente le pH de celle-ci – on le sait depuis les années 1970 – et cela a de nombreuses répercussions. Il a été démontré qu’après cinq jours d’occlusion de la peau de l’aisselle chez des sujets sains, le pH passait de 4,38 à 7,05, le microbiote cutané se modifiait significativement et la TEWL était multipliée par trois (barrière de perméabilité altérée). Trois jours d’occlusion ont aussi entraîné une augmentation significative du pH, qui n’est revenu à la normale qu’au bout de 24 heures. Le microbiote cutané agit sur le pH de la peau – par la formation de métabolites – et est influencé par celui-ci. Il existe donc une interaction relativement complexe entre la peau et le microbiote de la peau, qui fait l’objet de nombreuses recherches. Bien entendu, les produits appliqués sur la peau peuvent également affecter le pH de surface de la peau et, dans certains cas, son pouvoir tampon. Par exemple, un savon classique au pH élevé peut augmenter le pH de la peau, et les produits qui restent sur la peau (produits sans rinçage) peuvent également affecter le pH et le pouvoir tampon – dans les deux sens. L’eau du robinet peut également affecter le pH de la peau. En Europe, le pH de l’eau varie de façon relativement importante. Par exemple, au Danemark, il se situe entre 6,5 et 8,0, tandis que le pH des nappes phréatiques est généralement plus faible au nord et plus élevé au sud de l’Europe, mais reste compris entre 5,5 et 8,5. Des études ont montré qu’un simple lavage de la peau à l’eau du robinet peut augmenter le pH de surface de la peau pendant environ 4 heures. Le pH et la peau : le pouvoir tampon de la peau Comme nous l’avons mentionné, le pouvoir tampon d’un système est sa capacité à résister à des fluctuations importantes du pH en dépit des influences extérieures. Il a été constaté que la peau a un assez bon pouvoir tampon entre les pH 4 et 8. On pense que ce pouvoir tampon provient de différents systèmes tampons présents dans la peau et on ne sait pas encore lesquels y contribuent le plus. Des études suggèrent que les composants de la sueur contribuent au pouvoir tampon et certaines études indiquent que les systèmes de tampon acide lactique/lactate et acide carbonique/bicarbonate y contribuent. L’acide lactique présent dans la sueur a un pK a de 3,8, ce qui est inférieur au pH de la couche cornée. Des études récentes suggèrent que le système tampon acide lactique/lactate n’est pas le principal système tampon de la couche cornée. Le système tampon acide carbonique/bicarbonate ne semble pas non plus jouer un rôle important dans le système tampon de la peau. Des études plus anciennes ont émis l’hypothèse que le sébum contribue au pouvoir tampon en protégeant l’épiderme des acides et des bases externes, simplement en inhibant la pénétration dans la peau et donc l’impact que les substances externes peuvent avoir. Cette hypothèse est considérée comme correcte. On pensait également que les acides gras contenus dans le sébum contribuaient au pouvoir tampon, mais on estime aujourd’hui que cette part est négligeable. La kératine a également été considérée comme un composant possible du pouvoir tampon, mais il n’y a pas encore de preuves à ce sujet. Des études récentes suggèrent que ce sont principalement les acides aminés qui assurent le pouvoir tampon de la peau. On ne sait pas encore exactement quels acides aminés sont impliqués, mais il pourrait s’agir d’acides aminés présents dans la sueur provenant des glandes sudoripares eccrines. Cette sueur contient environ 0,05 % d’acides aminés. Il peut également s’agir d’acides aminés provenant de la dégradation des protéines de la peau, telles que les desmosomes et la filaggrine, et des follicules pileux. Il ne fait aucun doute que la peau normale et saine possède un pouvoir tampon raisonnablement bon dans la plage de pH normale de la peau, mais des études supplémentaires sont nécessaires pour élucider les systèmes tampons qui contribuent le plus à ce pouvoir tampon. Le pH et la peau : problèmes et maladies de peau Un certain nombre de problèmes cutanés, de cicatrisation et de maladies de la peau sont associés à un pH élevé dans la couche cornée. Pour les maladies de la peau qui ont été étudiées en particulier, il n’est pas clair si c’est la maladie qui entraîne l’augmentation du pH ou si c’est l’augmentation du pH qui contribue au développement de la maladie. De nombreux problèmes de peau sont associés à une inflammation de la peau et, en général, cette inflammation entraîne une augmentation du pH. Les peaux sèches et sensibles sont également souvent associées à un pH de surface légèrement plus élevé. En général, une barrière cutanée compromise est souvent associée à des problèmes de peau et, comme vous pouvez le constater, le pH joue un rôle majeur dans la fonction et le maintien de la barrière cutanée. Plusieurs études ont examiné si la réduction du pH de surface pouvait apaiser et améliorer l’état de la peau. Les paragraphes suivants présentent plusieurs problèmes cutanés pertinents et les études qui y sont associées. L’ichtyose L’ichtyose (peau en écailles de poisson) est un groupe de maladies caractérisées par une peau sèche et squameuse avec un pH de surface élevé. Elle est associée à une réduction de la filaggrine fonctionnelle (due à une mutation du gène de la filaggrine), qui est un composant très important dans la structure de la couche cornée, l’organisation de la matrice lipophile intercellulaire et, surtout, le niveau d’hydratation important de la peau, en donnant naissance à plusieurs des composants des NMF. L’augmentation du pH empêche le processus de desquamation de fonctionner comme il le devrait. Psoriasis Comme l’ichtyose, le psoriasis est une maladie de peau héréditaire caractérisée par une éruption cutanée limitée et squameuse, souvent associée à une légère augmentation du pH de la surface de la peau. Cette maladie est généralement très bien documentée, mais le rôle du pH dans le psoriasis n’a pas fait l’objet d’autant d’écrits. On sait que les changements dans la différenciation des cellules de la peau, la barrière cutanée et l’inflammation jouent un rôle crucial dans la pathogenèse du psoriasis et l’on pense donc que le pH est également un facteur. L'intertrigo L’intertrigo à candida est une infection fongique – généralement là où deux zones de peau se touchent – qui se manifeste par une peau brillante, rouge et qui démange. Certaines études ont montré une corrélation avec un pH élevé à la surface de la peau. Cette maladie est également associée au diabète et à la dialyse. Lors d’une expérience sur des sujets sains, une solution du champignon Candica albicans dans une solution tampon de pH 6 ou 4,5 a été appliquée sur une peau saine sous occlusion, ce qui, après 24 heures, a montré que ce champignon ne se comportait pas aussi bien dans l’environnement acide. Il a été démontré qu’un pH élevé augmentait le risque de cette infection fongique. L'acné L’acné est associée à une inflammation de la peau, à une croissance accrue de certaines souches de Cutibacterium acnes (anciennement dénommé : Propionibacterium acnes) et à une augmentation du pH à la surface de la peau. Dans une étude portant sur 200 patients atteints d’acné et 200 personnes sans acné (réparties également entre hommes et femmes âgés de 15 à 30 ans), le pH a été mesuré sur le front, le nez, les joues et le menton, ce qui a révélé une différence significative : en moyenne, le pH des personnes sans acné était de 5,09 ± 0,39, tandis que celui des patients acnéiques était de 6,35 ± 1,3. On pense que le pH plus élevé est favorable à la croissance de la bactérie Cutibacterium acnes. Ulcéres Les ulcères sont également associés à une augmentation du pH. Les plaies ouvertes ont un pH compris entre 6,5 et 8,5, tandis que les plaies chroniques problématiques ont un pH compris entre 7,2 et 8,9. La cicatrisation des plaies est un processus complexe et le pH de la surface change au cours du processus de cicatrisation. Au cours la de cicatrisation, le pH doit diminuer pour qu’un certain nombre de processus importants puissent avoir lieu, tels que la prolifération des fibroblastes, la formation de collagène, l’activité des macrophages et la différenciation des kératinocytes. Une étude a cherché à savoir si le pH pouvait être un outil de diagnostic du processus de cicatrisation des plaies et aider ainsi à évaluer le type de traitement dont une plaie a besoin, comme des antibiotiques (en cas d’infection bactérienne de la plaie). On n’en est pas encore là, mais des études ont montré que certaines souches de bactéries responsables d’infections de plaies avaient davantage tendance à former un biofilm 22 en présence d’un pH plus élevé. Il a également été constaté que, dans certaines situations, le traitement des plaies avec un produit topique 23 à faible pH peut avoir un effet positif sur la cicatrisation des plaies, probablement en augmentant, par exemple, l’activité antimicrobienne de certaines substances à la surface de la peau et en régulant l’activité de certaines enzymes. L'eczéma L’eczéma, comme la dermatite atopique, la dermatite de contact et l’érythème fessier, est associé à une inflammation de la peau et à un pH élevé. La dermatite atopique s’accompagne souvent d’une réduction de la filaggrine active, qui, comme nous l’avons vu plus haut, joue un rôle important dans la barrière cutanée, l’hydratation et le pH de la peau. Dans la zone des couches, la peau a généralement un pH élevé, ce qui peut contribuer à l’activation des enzymes protéase et lipase et ainsi altérer la barrière cutanée, ce qui contribue au développement de l’eczéma. En ce qui concerne la dermatite atopique, des modèles murins de la maladie ont été étudiés en particulier. Par exemple, il a été étudié si un traitement avec des produits topiques ayant un pH relativement bas (par exemple avec de l’acide lactobionique, un PHA) est capable d’atténuer les symptômes, et les études suggèrent que c’est le cas. Il est généralement admis que le maintien d’un pH cutané normal grâce à des produits topiques appropriés peut améliorer l’état de la peau. Certaines études suggèrent même que le maintien d’une couche cornée légèrement acide peut inhiber le développement de la dermatite atopique. Des études similaires ont également été menées sur la peau de nouveau-nés et de personnes âgées ainsi que sur des rats. Elles ont montré que l’utilisation topique de produits à pH relativement bas contenant par exemple des PHA ou des AHA peut normaliser le pH et la fonction de barrière de la peau. Dans une étude sur des personnes ayant une peau légèrement sèche, un produit de pH 3,7-4,0 contenant 4 % d’acide lactique (un AHA) a été appliqué deux fois par jour pendant 4 semaines. Il en résulte une amélioration significative de la concentration en céramides de la couche cornée, de la fonction de barrière et une réduction de la sensibilité à l’irritation induite par le laurylsulfate de sodium. Quant à la durée d’action d’un produit à pH bas sur la peau, elle dépend à la fois de la composition et du pouvoir tampon du produit et de l’état de la peau. Dans une étude humaine contrôlée par véhicule, ce phénomène a été étudié en utilisant une crème contenant de l’acide acétique ou du chlorure d’hydrogène à un pH de 3,5. Il a été constaté que juste après l’application, le pH chutait immédiatement et qu’il remontait après 15 minutes, mais lentement, et qu’un pH relativement bas persistait jusqu’à 6 heures après l’application. 22 Le biofilm est une fine pellicule de bactéries intégrée dans une matrice spéciale produite par les bactéries elles-mêmes. Les biofilms sont présents dans de nombreux endroits et peuvent poser des problèmes lorsqu’ils se trouvent dans une plaie, par exemple, car ils rendent les bactéries plus résistantes à différentes interventions, telles qu’un pH élevé ou faible et des antibiotiques. 23 L’utilisation topique désigne l’application du produit sur des surfaces corporelles : tous les cosmétiques sont donc utilisés par voie topique. pH et produits topiques Les produits que vous utilisez sur votre peau peuvent affecter naturellement le pH de votre peau de manière plus ou moins importante. Comme indiqué plus haut, c’est souvent un pH trop élevé qui est associé aux problèmes cutanés. De nombreuses études ont donc cherché à savoir si les produits topiques sans rinçage pouvaient réduire le pH de la peau et ainsi améliorer la barrière cutanée – et de nombreuses études montrent que c’est le cas. De même, de nombreuses études ont examiné la manière dont différents types de produits affectent le pH de la peau, en particulier les nettoyants, car certains d’entre eux peuvent en augmenter le pH. Dans ce contexte, il est important de se rappeler que la peau a généralement un assez bon pouvoir tampon et qu’elle normalisera donc son pH après un certain temps, et que l’impact des produits sur la peau peut être complexe et dépend de la composition exacte du produit et de la manière dont il est utilisé, sans parler de l’état de la peau. Ce n’est donc pas seulement le pH du produit qui détermine son impact sur le pH de la peau. Le pouvoir tampon du produit est également un facteur important, rarement connu et rarement étudié dans les études portant sur l’influence des produits sur le pH de la peau. Les études qui ont été menées sont rarement faciles à comparer, car il existe de nombreuses variations : par exemple, la méthode d’essai, la peau des sujets testés, après combien de temps après l’application la mesure du pH est effectuée, etc. Il convient également de noter que le pH de la peau après l’application d’un produit résulte à la fois du pH du produit et de la peau, ainsi que du pouvoir tampon du produit et de la peau. Les nettoyants Les nettoyants constituent un vaste groupe de types de produits très différents qui peuvent affecter la peau de plusieurs manières : la plupart d’entre eux augmentent le pH de la peau – c’est le cas de beaucoup d’entre eux, parce qu’ils doivent être éliminés avec de l’eau (produits à rincer) et, comme mentionné, l’eau elle-même peut augmenter le pH de la peau, mais généralement pas très longtemps – probablement parce que l’eau n’a pratiquement pas de pouvoir tampon. Le savon classique, utilisé depuis plus de mille ans, contient des tensioactifs d’origine naturelle (souvent appelés également détergents ou surfactants), qui sont produits par la réaction de saponification des graisses, est généralement alcalin avec un pH compris entre 8,0 et 11,0 : il n’est donc pas surprenant qu’ils puissent augmenter le pH de la peau. Des études menées sur ces savons classiques ont montré que le pH de la peau augmente généralement d’environ 2 unités et ne revient pas à la normale dans les 6 heures. Par rapport à l’utilisation d’eau uniquement pour laver la peau, le savon classique prolonge le temps nécessaire pour que la peau retrouve son niveau de pH normal et, comme beaucoup d’autres nettoyants, le savon classique peut éliminer une grande partie des huiles solubles de la peau, ce qui rendrait celle-ci plus vulnérable et sujette à des irritations. Des études ont montré que l’ajout de lipides aux produits nettoyants peut réduire l’interaction entre les agents tensioactifs du nettoyant et les lipides présents sur la peau, réduisant ainsi cet effet. Détergents synthétiques Vers 1950, un nouveau type d’agent tensioactif appelé « syndet », abréviation de détergent synthétique, a été inventé et, depuis lors, ont suivi de nombreux autres surfactants plus doux et plus naturels – par rapport aux syndets. Ces agents tensioactifs peuvent être utilisés pour fabriquer des produits nettoyants dont le pH correspond à celui de la peau. Ils sont souvent présentés comme étant beaucoup plus doux pour la peau (ce qui est souvent le cas) que le savon solide classique. Mais il est important d’examiner la totalité de la composition chimique de ces produits et ce qu’ils peuvent faire à la peau au-delà de la modification du pH. Une étude de 2014 a tenté de comparer la peau de l’intérieur de l’avant-bras de deux groupes de personnes en bonne santé qui avaient utilisé pendant plus de 5 ans soit un savon solide classique au pH élevé, soit un produit nettoyant au pH relativement proche de celui de la peau. Il a été constaté que l’utilisation d’un savon solide classique à pH élevé n’affectait pas la capacité de régulation du pH de la peau : les mécanismes tampons. Il a également été constaté que le pH de la peau augmentait de manière presque égale avec les deux produits et que, pour les deux groupes, le pH de la peau revenait à la normale au bout d’environ 6 heures. Le pH détermine-t-il si un produit est doux ou non ? Une autre étude intéressante s’est penchée sur l’affirmation selon laquelle les nettoyants dont le pH est proche de celui de la peau sont meilleurs pour la peau. Dans cette étude, une série de mesures a été effectuée sur la peau des aisselles d’un groupe de personnes en bonne santé après l’utilisation de divers produits nettoyants sous forme de barres « syndet » et de quelques savons liquides dont la composition est connue (certains d’entre eux seulement qualitativement) et le pH connu – tous à base principalement de surfactants anioniques 24 , qui sont utilisés dans la grande majorité des produits nettoyants aujourd’hui. La sécheresse de la peau et la barrière cutanée (mesure TEWL) ont notamment été analysées. Cette étude a montré que l’utilisation d’un nettoyant principalement à base de tensioactifs anioniques (chargés négativement) avec un pH proche de celui de la peau augmentait davantage les niveaux de sécheresse et d’irritation de la peau que la même formulation ajustée à un pH de 7,0. L’explication possible est une interaction électrostatique accrue (les ions chargés négativement interagissent avec les ions chargés positivement) entre les agents de surface anioniques contenus dans le produit nettoyant et la couche cornée à bas pH par rapport à un pH neutre. L’explication plus approfondie et technique est la suivante : le point isoélectrique de la couche cornée se situe autour de pH 4,0. Au point isoélectrique, la surface de la couche cornée aura un nombre presque égal d’ions chargés positivement et négativement et aura donc une charge nette d’environ 0. À un pH supérieur au point isoélectrique, la surface de la couche cornée aura une prépondérance d’ions chargés négativement et à un pH inférieur au point isoélectrique, il y aura une prépondérance d’ions chargés positivement. Ainsi, si une solution (nettoyante) dont le pH est supérieur à 4,0 (pH neutre, par exemple) est appliquée sur la peau, il y aura relativement moins d’ions positifs à la surface de la couche cornée avec lesquels les anions (substances chargées négativement) de la solution pourront interagir. Toutefois, si le pH de la solution est plus bas et plus proche ou inférieur au point isoélectrique de la couche cornée, le nombre d’ions chargés positivement sur la couche cornée sera relativement élevé et, par conséquent, le nombre de substances anioniques dans la solution (les surfactants du produit de nettoyage) aura plus d’ions sur la couche cornée pour s’y lier. Lorsque davantage d’agents tensioactifs se lient à la peau, on peut s’attendre à ce qu’il soit plus difficile de les éliminer complètement en rinçant. Les agents tensioactifs peuvent donc rester plus longtemps sur la peau, ce qui provoque des irritations, un assèchement de la peau et une altération de la barrière cutanée. La conclusion est que le pH seul ne permet pas de déterminer si un produit est doux ou non : il faut tenir compte de la totalité de la composition du produit et de l’interaction entre les substances utilisées dans le produit et la couche cornée à ce pH. Odeur de sueur, déodorants et pH Le fait que les produits puissent affecter le pH de la peau est intéressant en ce qui concerne les déodorants et l’odeur de sueur souvent indésirable des aisselles. Le pH plus élevé des aisselles est l’une des raisons pour lesquelles certains micro-organismes s’y développent. Le métabolisme de ces micro-organismes est à l’origine des odeurs de transpiration. On a donc cherché à savoir si les déodorants capables de réduire le pH des aisselles pouvaient également réduire les odeurs. Les résultats d’une étude ont montré que l’utilisation quotidienne de certains déodorants ayant un pH de 5,0 réduisait le pH de la peau de l’aisselle pendant au moins 2 à 4 heures ainsi que l’odeur de la sueur. Le pH revenait à son niveau initial deux jours après la dernière application. Bénéfique pour la peau La réduction du pH de la peau et l’utilisation généralisée de produits sans rinçage dont le pH est proche de celui de la peau sont également intéressantes dans d’autres contextes, notamment pour les peaux âgées et les peaux atteintes de dermatite atopique. Par exemple, certaines études montrent que les peaux âgées, qui ont généralement un pH légèrement plus élevé et une barrière cutanée plus fragile, bénéficient de l’application de produits dont le pH n’est pas trop élevé. Des études suggèrent que l’effet ne se produit qu’après une utilisation quotidienne prolongée. L’une de ces études a porté sur 20 personnes âgées d’une soixantaine d’années qui ont utilisé soit une émulsion spécifique ajustée à un pH de 4,0, ou un pH de 5,8. Après 4 semaines, le pH de la peau était significativement réduit lorsque le produit au pH 4,0 avait été utilisé, tandis que les résultats concernant les niveaux d’hydratation de la peau et la perte d’eau cutanée n’étaient pas significativement différents pour les deux émulsions. Les deux émulsions ont augmenté la teneur totale en lipides de la peau, le produit au pH 4,0 étant légèrement plus efficace à cet égard. Après les 4 semaines, la peau a été soumise à un test avec la substance irritante laurylsulfate de sodium. Ce test a montré que la peau traitée avec l’émulsion au pH 4.0 était plus résistante. Une métaétude sur le soulagement de la peau sèche, les démangeaisons et l’amélioration générale de la barrière cutanée a montré qu’en général, les produits sans rinçage ayant un pH de 4,0 peuvent améliorer la barrière cutanée des peaux âgées. En outre, le traitement de la dermatite atopique à l’aide de produits sans rinçage à pH relativement bas semble avoir un effet bénéfique. En général, la normalisation du pH de la peau par des produits topiques peut, dans certains cas, contribuer à établir un microbiote plus équilibré, à améliorer la barrière cutanée, à induire une différenciation épidermique et à réduire l’inflammation de la peau. 24 Une molécule anionique a une charge négative, une molécule cationique a une charge positive, une molécule amphotère a une charge à la fois positive et négative et une molécule non ionique n’a pas de charge. Variation du pH dans le lot Les différents types de produits sont souvent fabriqués dans des plages de pH différentes. Il n’existe pas de règles spécifiques sur le pH que doit avoir un produit cosmétique, ni sur la variation du pH d’un produit donné d’un lot à l’autre. Les fabricants de produits destinés à des zones particulièrement sensibles, telles que le contour des yeux et le vagin, choisissent généralement un pH proche du pH normal de la zone concernée. Bien entendu, les produits cosmétiques doivent pouvoir être utilisés en toute sécurité. C’est pourquoi les valeurs de pH très basses et très élevées sont généralement réservées à des types de produits spécifiques (par exemple, certains produits de lissage des cheveux ont un pH très élevé). Le pH d’un produit peut varier légèrement d’un lot à l’autre pour plusieurs raisons. Par exemple, les matières premières utilisées peuvent présenter des variations de pH et la méthode de production peut rendre difficile le réajustement du pH (par exemple, si un produit doit être versé dans l’emballage à chaud). Tous les fabricants ne réajustent pas le pH (après avoir mélangé toutes les autres matières premières), par exemple dans le cas de produits qui ne sont pas particulièrement sensibles à la variation du pH en termes d’efficacité et de stabilité et/ou lorsque le fabricant a constaté que le pH de la formulation ne varie généralement pas beaucoup d’un lot à l’autre. En général, les fabricants de cosmétiques veillent à ce que le pH d’un produit donné se situe dans une fourchette relativement étroite : entre 0,5 et 1 unité de pH. Il en va de même pour PUCA – PURE & CARE, et l’on utilise dans la plupart des produits l’acide citrique et la base hydroxyde de sodium pour réajuster le pH des produits aqueux. Sources Ali, S. M.; & Yosipovitch, G. Skin pH: from basic science to basic skin care. Acta dermato-venereologica, 2013, 93(3), 261–267. Behne, M. J.; Meyer, J. W.; Hanson, K. M.; Barry, N. P.; Murata, S.; Crumrine, D.; Clegg, R. W.; Gratton, E.; Holleran, W. M.; Elias, P. M.; & Mauro, T. M. 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Les différents moyens de transport de véhicule Retour Accueil I Nos actualités I Les différents moyens de transport pour la livraison d’un véhicule Les différents moyens de transport pour la livraison d’un véhicule La livraison d’un véhicule implique l’utilisation d’une variété de moyens logistiques adaptés à des besoins spécifiques, que ce soit pour les constructeurs automobiles , les concessionnaires ou les particuliers . Le convoyage de voitures permet de déplacer des véhicules d’un lieu à un autre, et cette opération peut être effectuée à travers différents modes de transport tels que le transport routier, ferroviaire, maritime et aérien . Le transport routier est souvent privilégié en raison de sa flexibilité et de sa rapidité. Pour des distances plus importantes, le transport ferroviaire offre une alternative efficace, présentant des avantages écologiques et économiques. Dans le contexte du commerce international, le transport maritime se révèle particulièrement pertinent. Bien que moins fréquent en raison de son coût élevé, le transport aérien offre une rapidité inégalée, ce qui peut être important pour des livraisons urgentes. Ainsi, chaque mode de transport présente des avantages spécifiques en fonction des exigences logistiques et des contraintes temporelles. Le transport routier Le transport routier est un pilier essentiel dans le convoyage de véhicules . Ses avantages et inconvénients reflètent la complexité de ce secteur. D’un côté, la flexibilité et la rapidité du transport routier permettent des livraisons porte-à-porte efficaces. Les camions ou les voitures peuvent atteindre des destinations difficiles d’accès. D’autre part, ce mode de transport a un coût environnemental notable, contribuant aux émissions de gaz à effet de serre et à la congestion routière. Découvrez le transport de véhicule sur plateau pour particuliers et professionnels . Les solutions de convoyage de véhicules En se concentrant sur les besoins spécifiques de l’industrie automobile, AdFleet se positionne comme une entreprise spécialisée dans le transport routier de véhicules. Elle offre des services adaptés aux constructeurs, concessionnaires, entreprises et particuliers, que ce soit pour la livraison de véhicules neufs ou d’occasions. AdFleet se distingue en fournissant des solutions personnalisées qui garantissent l’intégrité des véhicules tout au long du processus. De plus, l’entreprise se démarque par son expertise dans un transport sécurisé et efficace. La transition vers un nouveau véhicule peut être délicate, c’est pourquoi AdFleet propose un service de mise en mains visant à assurer une transition en toute tranquillité. Le transport ferroviaire Le transport ferroviaire dans la livraison de véhicules est un pilier des systèmes de mobilité moderne, offrant des avantages économiques et environnementaux. Sur le plan économique, le transport ferroviaire se distingue par son efficacité opérationnelle, permettant un déplacement rapide et massif de véhicules sur de longues distances. Les coûts d’exploitation sont souvent compétitifs, offrant une alternative aux autres modes de transport. Du point de vue environnemental, le transport ferroviaire émet généralement moins de gaz à effet de serre par tonne-kilomètre que les autres modes de transport. En favorisant le transfert modal vers le rail, les gouvernements et les entreprises peuvent contribuer à une logistique plus durable. Lancé en 1957, le service Auto-Train de la SNCF permettait aux particuliers d’embarquer leur voiture à bord des trains. Ce service a été interrompu à la fin de l’année 2019. Cependant, pour ceux qui souhaitent voyager avec leur voiture en train, plusieurs compagnies en Europe continuent à proposer ce type de service. Pour se rendre en Angleterre en voiture, Eurotunnel offre le service Shuttle. La traversée de Calais (France) à Folkestone (Angleterre) ne dure que 35 minutes grâce au tunnel sous la Manche. Enfin, la compagnie autrichienne ÖBB propose également un service d’Auto-Train avec ses trains de nuit Nightjet sur plusieurs lignes en Europe. Le transport maritime Dans la livraison internationale de véhicules, le transport maritime est un maillon essentiel de la chaîne logistique mondiale. Les entreprises de transport maritime sont des acteurs clés qui facilitent le mouvement efficace des véhicules d’un continent à un autre. Plusieurs entreprises se démarquent dans ce secteur. Parmi elles, Maersk et CMA CGM figurent parmi les leaders mondiaux du transport maritime, offrant des services de qualité et une vaste couverture géographique pour répondre aux besoins croissants de l’industrie automobile. Cependant, le transport maritime de véhicules n’est pas sans défis. La coordination des opérations, la gestion des délais et la minimisation des risques liés aux conditions météorologiques sont autant de préoccupations. Les retards potentiels peuvent entraîner des coûts supplémentaires et perturber les chaînes d’approvisionnement. L’utilisation de technologies avancées, telles que les systèmes de suivi en temps réel, permet donc de surveiller les cargaisons. Le transport aérien Le transport aérien s’est imposé comme un moyen rapide et sécurisé pour la livraison de véhicules à travers le monde. Sa principale force réside dans sa rapidité, permettant aux entreprises et aux particuliers de réduire considérablement les délais de livraison. Cette célérité est importante surtout dans le secteur automobile, où la ponctualité joue un rôle clé. Plusieurs entreprises et services de fret aérien ont gagné en réputation en raison de leur expertise dans le transport de véhicules. Parmi elles, on trouve des compagnies telles que DHL , FedEx et UPS , qui ont développé des services pour répondre aux exigences du transport aérien de véhicules. Toutefois, le transport aérien de véhicules est soumis à des réglementations et procédures rigoureuses. Les autorités de l’aviation civile, tant au niveau national qu’international, édictent des règles strictes pour garantir la sécurité des opérations. Les entreprises de fret doivent se conformer à des normes spécifiques concernant l’emballage, la documentation et la manipulation des véhicules. Les bonnes pratiques pour une livraison de véhicules efficace par la route, en France La livraison de véhicules en France est un processus nécessitant une série de bonnes pratiques pour garantir son efficacité. Préparation du véhicule Tout d’abord, la préparation du véhicule est une étape fondamentale. Avant l’expédition, assurez-vous que le véhicule est prêt au départ. Cela implique un examen minutieux de la carrosserie, des mécanismes et de l’intérieur. Sélection du transporteur La sélection du transporteur est également une étape importante. Choisissez un prestataire de services fiable, expérimenté et doté d’une solide réputation. N’hésitez pas à vérifier la fiabilité de l’entreprise, sa capacité à respecter les délais et la qualité de ses services. Opter pour un transporteur bien établi minimise les risques de retards et de dommages pendant le transport. Suivi et communication Le suivi et la communication permettent d’assurer le bon déroulement de la livraison. Le suivi en temps réel du véhicule pendant son transport permet d’anticiper d’éventuels retards et d’ajuster le planning en conséquence. Une communication transparente avec le client est également essentielle. Informer régulièrement sur l’avancement de la livraison crée une relation de confiance et permet d’apporter des solutions rapidement en cas de problème. Les multiples alternatives de transport disponibles pour faire convoyer un véhicule offrent aujourd’hui une variété d’options adaptées aux divers besoins des utilisateurs. Opter pour des services de transport professionnels émerge comme une solution clé en main pour ceux qui cherchent à éliminer les tracas logistiques. La sélection du mode de transport approprié demeure largement tributaire des contraintes budgétaires et des impératifs temporels spécifiques à chaque utilisateur. Vous aimerez aussi les articles suivants : Car Policy des entreprises Le poste de Fleet Manager : qu’est-ce que c’est ? Choisir la mise en mains d’un véhicule électrique Convoyage voiture de luxe : 5 conseils Publié le 22 mars 2024 Partager l’article sur Partager l’article sur Articles similaires Devenir convoyeur de véhicules Lire la suite Les concept cars les plus marquants Lire la suite Transport de voiture de luxe : 5 conseils pour la déplacer Lire la suite Comment se faire livrer son véhicule à domicile ? 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3ème Groupe de Transport Une route du front : arrivée des convois dans la zone avancée L’AUTOMOBILE DANS LA GUERRE Il est devenu banal de dire que la guerre qui vient de finir – si glorieusement pour nous – avait pris le caractère d’une grande lutte industrielle et commerciale, dans laquelle la matière, sous toutes ses formes, devait jouer un rôle considérable. Le moral certes n’était pas pour cela, comme nos ennemis l’avaient peut-être espéré, un élément négligeable. Bien au contraire : l’héroïsme individuel, l’élévation du sentiment, la conscience de l’idéal, l’esprit de sacrifice, sont toujours restés des armes puissantes, — et c’est sans doute surtout par elles, tout compte fait, que les gens d’en face ont été vaincus. Mais il n’en est pas moins vrai que les machines avaient pris, que nous l’eussions voulu ou non, une importance de premier plan et que, sans elles, nous nous serions peut-être débattus en vain contre un ennemi qui, lui, avait appris à s’en servir depuis quarante ans ! Ce qui reste vrai aussi, en dépit des regrets, des rêves et des nostalgies, c’est que la vitesse — cette sorte de folie dont nous avons été saisis peu à peu depuis un demi-siècle – s’était imposée à ce point que celui des deux adversaires qui arrivait le plus tôt pour frapper était aussi, le plus souvent, celui qui, rien que pour cela, pouvait frapper le plus fort ! Donc, il faut aller vite : tel est le mot d’ordre de la guerre moderne. Qu’il s’agisse de masses d’hommes à lancer par surprise sur un point où nul ne les attendait ; qu’il s’agisse d’une accumulation de canons et de projectiles se mettant à déverser tout à coup de véritables trombes de fer ; qu’il s’agisse du déblaiement du champ de bataille, de l’enlèvement des décombres et des morts, de l’évacuation des vivants, tout se passe, pour ainsi dire, en un clin d’œil. Souvent, lorsque le Communiqué , si rapide lui-même pourtant, nous apportait la nouvelle d’une « affaire », tout était déjà terminé depuis longtemps, et quelque autre phase de l’action avait pu commencer, que le télégraphe était presque impuissant à suivre pas à pas. Or, l’explication de ce vertigineux déroulement d'événements, on l’avait, d’un coup, quand on circulait sur les routes du front, immédiatement en arrière de la zone de feu : tous les transports, ou presque, se faisaient par les automobiles ! Et la divinité de la vitesse — pour employer une expression de Maeterlinck — c’était l’essence. Transports de troupes ; ravitaillements de toute nature en vivres, en munitions ; transports d’artillerie, depuis les petites mitrailleuses jusqu’aux monstres les plus effarants et en y comprenant affûts, plates-formes, servants et chevaux ; transports de matériel de tranchée, rondins, barbelé, chevaux de frise, caillebotis, ciment et ferraille ; transports des lignes télégraphiques, transports des services sanitaires, des ambulances, des états-majors, du génie ; enlèvement des blessés, évacuations, entretien des routes, c’était l’essence qui prêtait, pour tout, sa force propulsive. Aussi offraient-elles, ces routes du front, un spectacle tout particulier : camions aux bâches flottantes où s’entassaient les poilus ; lourds et lents tracteurs, mastodontes attelés à des canons gigantesques ; camionnettes légères bourrées de caisses de fusées et de sacs à terre ; pesants autobus où pendaient de rouges quartiers de viande ; souples voitures de tourisme qui se faufilaient habilement, sans arrêts ni heurts ; autos-canons et autos-bazars, voitures-projecteurs, voitures-réservoirs sanitaires, side-cars, motocyclettes ronflantes et pétaradantes, tout s’entrecroisait dans un mouvement ininterrompu . Devant ce spectacle, on avait l’impression que l’automobile devait jouer, dans la bataille, un rôle de la première importance et l’on se posait naturellement cette question : — Comment tout cela fonctionne-t-il? Nous avons pensé que le moment est venu d’essayer de répondre. DE 1914 À 1918 Le Service Automobile était créé bien avant la guerre et son organisation avait même été tracée, dans ses moindres détails, avec beaucoup plus de précision qu’on ne le suppose généralement. Seulement il n’existait, pour ainsi parler, qu’à l’état de projet , et surtout, personne — même parmi ceux qui avaient médité longuement sur ses destinées — n’avait pu prévoir l’importance qu’il devait prendre au cours de cette guerre. On le préparait, en effet, pour jouer le rôle d’un modeste serviteur : or il allait devenir l’égal de ses maîtres ! Le Service Automobile possédait, au début de la guerre, 6 000 à 7 000 véhicules. Aujourd’hui, il en a plus de 95 000 ! Dans le courant du mois d’août 1914, le total de son travail était celui-ci : Matériel transporté 18 000 tonnes Hommes transportés 14 000 tonnes Si nous prenons les chiffres récents, nous trouvons, pour un seul mois pris au hasard : Matériel transporté 900 000 tonnes Hommes transportés (en y comprenant les blessés) 1 200 000 tonnes Enfin, si nous cherchions le total des transports effectués et que nous convertissions le tout en poids, nous trouverions que les automobilistes ont véhiculé plus de vingt-six millions de tonnes ! En supposant qu’on ait entassé tout cela au même endroit, on aurait une surface de 10 000 mètres carrés couverte sur une hauteur de plus de 2 000 mètres : une vraie montagne ! Pour la déplacer, en se servant du chemin de fer et en employant des trains de 40 wagons, il faudrait plus de 65 000 trains ! On doit convenir que la préparation du temps de paix n’avait eu aucune idée de ces chiffres-là ! Mais si l’on ajoute encore le résultat moral ; si l’on ajoute que le but même du Service Automobile, par suite de la durée de la guerre, s’est trouvé modifié ; que, prévu seulement pour « prolonger la voie ferrée sur la route d’étapes », il a, peu à peu et de plus en plus, opéré dans la zone de l’avant, portant les vivres jusqu’aux formations régimentaires et les munitions jusqu’aux batteries, enlevant les blessés des postes de secours les plus avancés, amenant le matériel du génie jusqu’aux tranchées, les canons sur leurs positions de tir, les troupes jusqu’aux premières lignes ; si l’on ajoute enfin que, dans bien des cas — à Verdun, sur l’Aisne, dans la Somme — le Service Automobile, à lui seul, a permis une action rapide des combattants et qu’il a contribué ainsi à l’exécution de toutes les manœuvres dont dépendait le salut , on ne peut que constater que le Service Automobile est devenu aujourd’hui une véritable force de guerre dont les autres forces de guerre ne peuvent plus, désormais, se passer. SECTIONS ET GROUPES Pour faire comprendre comment fonctionnait, dans son ensemble, le Service Automobile des Armées, quelques explications préliminaires sont indispensables. Un véhicule automobile n’est presque jamais un isolé . Il fait partie de ce qu’on appelle une section . Une section automobile se compose généralement de vingt véhicules ; elle comprend environ 40 hommes et 4 ou 5 gradés ; elle est commandée par un officier et elle forme une « unité », c’est-à-dire qu’elle administre elle-même son personnel et son matériel. Il y a plusieurs types de sections, suivant les usages auxquels elles sont destinées ; car il est évident que des véhicules qui transportent des munitions, par exemple, ne sauraient être chargés de l’enlèvement des blessés, pas plus que ceux qui ravitaillent en viande n’ont à s’occuper de porter des cailloux ! Les principaux types sont : la T. M. et la T. P., la R. V. F., la S. S., la T. M. R., la T. P. T., la S. M. A., la S. P. Transport de troupes par autobus parisiens La section T. M. (transport de matériel) et la section T. P. (transport de personnel) sont les unités les plus importantes du Service Automobile : ce sont les unités utilisées pour les ravitaillements de toute nature et pour les transports de troupes. La section T. M. se compose de vingt camions de 2 tonnes à 2 tonnes et demie. À sa création — étant donné le but que l’on poursuivait — on n’a pas déterminé ce chiffre au hasard : on a cherché simplement une capacité de transport effective d’environ 35 tonnes. Pourquoi 35 tonnes ? C’est que ce chiffre correspond au poids du ravitaillement en vivres pour une division . De plus, deux fois 35 tonnes correspondent au ravitaillement en vivres pour les « éléments non endivisionnés » d’un corps d’armée, de telle sorte qu’un groupe de quatre sections devait pouvoir ravitailler un corps d’armée à deux divisions. Généralement, les T. M. sont réunies en effet en groupes de quatre, sous le commandement d’un capitaine chef de groupe, et, alors que les sections sont désignées par des numéros: T. M. 670, T. M. 112, etc., le groupe, lui, prend le nom de son chef : Groupe Durand , Groupe Denis , etc. Il n’y a rien à dire ici du camion lui-même. Un camion est un véhicule qui doit avoir le maximum de robustesse tout en n’étant pas très lourd et en restant très maniable. À ce point de vue, le problème est à peu près résolu depuis longtemps. Mais le point sur lequel il faut plutôt attirer l’attention, c’est que, quelles que soient les qualités du véhicule en soi, ce qu’on a poursuivi surtout, c’est l’ homogénéité des ensembles . Il fut un temps où, dans un même groupe, il y avait huit ou dix modèles différents de camions : on devine facilement les inconvénients d’un tel système au double point de vue des réparations et des approvisionnements en pièces de rechange. Un des grands principes qui a présidé à l’organisation des unités automobiles a donc été de chercher à grouper, dans chaque formation, même les plus importantes, des véhicules pareils. Ce résultat a été obtenu presque partout : une armée qui a des Peugeot n’a que des Peugeot, une autre qui a des Berliet n’a que des Berliet, un groupement qui a des White deux tonnes n’a que des White deux tonnes, etc. Est-il besoin de faire remarquer combien une telle combinaison est avantageuse ? Elle a, à elle seule, quadruplé le rendement du matériel automobile ! C’est avec des autobus, qui rappellent de tous points leurs frères aînés, réquisitionnés sur les boulevards au début de la guerre — (avec cette différence que les vitres sont remplacées par des plaques de métal percées de trous) — que sont constituées les R. V. F., Sections de ravitaillement en viande fraîche . Camion-atelier d'un groupe automobile Elles se composent de sept à huit autobus et elles sont utilisées pour transporter la viande entre les centres d’abat ou les gares de ravitaillement (suivant qu’il s’agit de viande fraîche ou de viande congelée) et les « points de distribution ». La Section Sanitaire (S. S.) enlève les blessés sur le champ de bataille et les porte à l’ambulance. Il faut, pour cela, des voitures d’un type tout particulier et ça n’a pas été sans de multiples essais qu’on est arrivé à l’établir. Lorsqu’il s’agit, en effet, d’un travail aussi délicat, il est très difficile de concilier entre elles certaines exigences très dissemblables. Une condition qui paraît essentielle, c’est que la voiture soit très légère pour aller jusqu’aux postes de secours par des routes généralement défoncées et boueuses. À ce point de vue, le châssis métallique garni de simples toiles offre le maximum de souplesse, et, pendant les premières années de la guerre, des sanitaires ainsi construites, et pouvant porter six blessés couchés, ont rendu les plus grands services. Mais, d’un autre côté, ce type de voiture a un inconvénient grave : c’est qu’il ne protège pas suffisamment les blessés contre le froid, pendant des parcours souvent très longs (à cause de leur lenteur). Il a donc fallu adopter, malgré son désavantage au point de vue du poids, une carrosserie en bois qui, seule, permet de maintenir à l’intérieur du véhicule — an moyen d’un système de chauffage généralement obtenu avec les gaz d’échappement – une température normale. Un modèle de voiture — châssis de camionnette avec une carrosserie pouvant porter cinq blessés couchés et huit assis — a été adopté et généralisé : il a été installé, le plus souvent, sur des châssis de camionnettes Fiat. Cependant la sanitaire ainsi conçue, il faut le répéter, ne pouvait pas aller jusqu’aux lignes dans certains secteurs. On a donc multiplié, à côté d’elle, des sections constituées avec ces petites voiturettes Ford, dont l’aspect bizarre de jouet d’enfant est devenu familier à tous. Les Ford ne portent que trois blessés à la fois, mais elles vont, on peut presque dire, partout . En juxtaposant, comme on le fait souvent, une section de Fiat et une section de Ford, on obtient à peu près la perfection. La T. M. R. est la Section routière , qui transporte les matériaux — sable, cailloux, pierre dure, pierre tendre — pour la réfection de routes. La T. P. T. est la Section de transport du personnel télégraphique . La S. M. A. est la Section de munitions d’artillerie , spécialisée dans le transport des munitions. Enfin la S. P., c’est la Section de parc : celle-là, c’est « l’atelier » du Service Automobile; la réunion de plusieurs S. P. forme le parc automobile de réserve de chaque armée. LES INSIGNES DES SECTIONS AUTOMOBILES En outre de leurs numéros ou de leurs noms, les sections automobiles sont désignées souvent par leurs insignes . C’est une petite figure peinte sur la bâche ou sur la boiserie de la voiture et qui sert à distinguer les sections les unes des autres. Quelle est la première unité qui a eu l’idée de faire cette « remarque » à ses véhicules ? On ne sait : c’est là une des nombreuses manifestations de l’ingénieuse et inépuisable bonne humeur du soldat français. Quoi qu’il en soit, presque toutes les sections ont, aujourd’hui, leur insigne. Il est généralement choisi unique pour le groupe et reproduit avec une couleur spéciale pour chacune des quatre sections : bleu, rouge, vert et jaune. On entend donc dire couramment : le groupe de l’ours, le groupe de la sauterelle, le groupe du chameau, les canards, l’alsacienne, le sanglier, la cigogne, les croissants, le flic, le nénufar, etc. C’est une des notes pittoresques du front que ces images gaies et multicolores. Il y a eu, à Paris, il y a quelques semaines, une exposition d’un certain nombre d’insignes des sections automobiles des armées françaises. Cette exposition était organisée, à la Galerie Georges Petit, par l’Union des Arts, ou, plus exactement, par son admirable présidente, Mme Rachel Boyer. Nous avions pu réunir 155 insignes, —-sur les 600 environ que renferme la collection officielle du Grand Quartier Général. Ils remportèrent le plus grand succès auprès du public qui leur fit fête, et je crois que c’était justice. La plupart des insignes ont été acquis par le Musée de la Guerre, pour que s’en perpétue le souvenir. Quelques insignes de sections automobiles Clic pour agrandir la photo La vache qui rit : quand l’armée donne naissance au symbole d’une marque Un insigne militaire célèbre et pourtant méconnu. Le dessin que les Français de tous âges connaissent est à l’origine un insigne militaire de la guerre 1914/1918. L’insigne présent ici sur la bâche du camion est en effet celui de la RVF B70 (section de Ravitaillement en Viande Fraîche). Intitulé à l’époque la « VACHKYRIE » (en référence irrévérencieuses aux Walkyrie Allemandes), il est l’œuvre de Benjamin Rabier (1864-1939). Le célèbre illustrateur du début du XXème siècle fait alors partie de cette unité. Après la guerre, il est engagé par Léon Bel pour illustrer les affiches du fromage fondu. L’insigne transformé est définitivement adopté par les fromageries Bel en 1923. DIFFÉRENTS RÔLES DU SERVICE AUTOMOBILE Le rôle du Service Automobile pendant la guerre, c’est d’assurer en général le transport de tout cc qui est nécessaire aux troupes pour se battre . Or, toutes ces choses qu’il lui faut transporter — employons ici des expressions simples, car il s’agit avant tout d’être très clair — peuvent se diviser, une fois pour toutes, en deux grandes catégories. Une première catégorie comprend celles dont la quantité est fixe ou à peu près. Exemples : les vivres, les effets d’habillement et, jusqu’à un certain point, le matériel du génie, le matériel sanitaire et même les munitions. Dans une seconde catégorie on doit ranger au contraire ce que l’on pourrait appeler : les apports ayant un caractère d’imprévu , ceux qui sont nécessités par certaines circonstances, une offensive, ou, mieux encore, une défensive inopinée. Exemple : l’ennemi déclenche une attaque, il faut porter immédiatement sur les points menacés dix, quinze, vingt, cinquante, cent mille hommes et il faut, ces hommes, les ravitailler, à mesure, en vivres, en matériel et en munitions. Voilà ce que l’on peut appeler les apports imprévus. Eh bien, cette grande division — apports ordinaires et apports imprévus — nous la voyons avoir sa répercussion sur l’organisation du Service Automobile, qui lui aussi, parallèlement, possède deux sortes d’organes de transport : d’une part, ceux qui appartiennent aux armées : d’autre part, ceux qui sont en réserve à la disposition de l’état-major général, pour être utilisés sur le point du front où l’on aura subitement besoin d’eux. Les premiers, ce sont les « Services Automobiles des Armées » et des grandes unités avec toutes leurs annexes. Ils comprennent : des T. M. d’armée, des R. V. F., des S. S., des T. M. R., des S. M. A., des S. P., des T. P. T., etc., et la grande majorité des voitures de tourisme. Les seconds comprennent tout simplement une certaine quantité de groupes de T. M. qui constituent les « Réserves de Transport » à la disposition du général en chef, et qui s’occupent exclusivement des grands transports nécessités par une action locale plus ou moins inattendue. LES RAVITAILLEMENTS La première tâche du Service Automobile, qu’il y ait action ou non, c’est de ravitailler toutes les armées. On sait qu’il y en avait: en permanence, sur notre front, une dizaine : chaque armée devait donc avoir ses moyens automobiles propres pour satisfaire à tous ses besoins. Cela représentait (pour chacune) environ 3 000 à 4 000 véhicules. Ces véhicules étaient rattachés, pour leur entretien, leurs réparations et leur remplacement, au Parc automobile de l’armée. Nul n’ignore que c’est dans les « gares de ravitaillement » qu’arrivent, par chemin de fer, jour et nuit, toutes les denrées et tout le matériel qui sont nécessaires aux troupes en campagne ; ensuite ils sont distribués aux différentes unités dans des « centres de ravitaillement ». Le rôle exact qui incombe au Service Automobile, c’est donc le transport entre la « gare de ravitaillement » et le « centre de ravitaillement ». Supposons qu’il y ait, entre ces deux points — c’est là une moyenne normale — 50 kilomètres. Quels seront les moyens automobiles nécessaires pour assurer ces transports ? Supposons une armée de cinq corps d’armée à deux divisions. On peut, bien entendu, avec des convois automobiles bien employés, faire un voyage par jour, aller et retour, entre les deux points. Quel sera, approximativement, l’effectif de camions nécessaire ? Pour les vivres, on se rappelle que le « groupe automobile » a été tout justement constitué pour pouvoir transporter un jour de vivres pour un corps d’armée à deux divisions. Il faut donc, pour une armée à dix divisions, cinq groupes (de 4 sections). Ce chiffre n’est pas toujours exact, car, dans les périodes d’immobilité, les rations sont augmentées et, de plus, certaines denrées encombrantes viennent s’ajouter à celles qui entrent dans le tonnage normal ; mais la supposition est faite pour une armée en marche, et il est certain qu’alors la composition des vivres redevient réglementaire. Pour les munitions, un demi-groupe (soit 2 sections) peut transporter un lot de munitions de 75 ; par conséquent un groupe pourra transporter chaque jour deux lots. Les prévisions relatives à ces transports de munitions ne seraient pas aussi faciles à établir que pour les vivres, car leur consommation est très variable : en cas d’opérations importantes, il en faut beaucoup ; au contraire, pendant les journées calmes il n’en faut, pour ainsi dire, pas. Mais, afin d’éviter ces sortes d’à-coups, il a été organisé des dépôts , auxquels les munitions arrivent régulièrement . Les excédents provenant des périodes calmes servent à constituer l’approvisionnement nécessaire aux jours de grande activité. Cette organisation a permis de fixer, d’une manière presque exacte, le tonnage journalier moyen des munitions à transporter. En fait, l’expérience a montré qu’en portant un lot de munitions de 75 par jour et par corps d’armée, on arrive à satisfaire aux demandes. Pour le ravitaillement journalier en munitions de 75 de notre armée à cinq corps d’armée. Il faudra donc deux groupes et demi. Voilà pour l’artillerie de campagne. Mais il y a l’artillerie lourde ! Progressivement ont été à transporter par automobile un « tonnage » de munitions d’artillerie lourde sensiblement égal à celui des munitions d’artillerie de campagne, de telle sorte que, là encore, il faut disposer journellement de six sections T. M ou deux groupes et demi. Les autres transports de l’armée : vêtements, armes, matériel du génie et matériel de santé exigent, enfin, deux groupes environ. Et l’on arrive ainsi à un total de douze groupes, représentant un tonnage journalier d’environ 2 000 tonnes ! Supposons maintenant que les centres de ravitaillement de l’armée soient, non plus à 50, mais à 100 kilomètres, la lutte étant devenue guerre de mouvement ; le problème se complique alors, car il ne peut être question de faire faire deux voyages de 100 kilomètres à des camions ; on est donc conduit à en avoir un double jeu , et, au lieu de 12 groupes, il en faut 24 ! Et, si toutes les armées s’étaient mises à marcher en même temps, il aurait fallu 240 groupes pour assurer leur existence ! Si nous nous sommes attardés un peu à ces calculs qui ont pu paraître en eux-mêmes fastidieux, c’est pour arriver à expliquer un des grands principes de l’utilisation des Services Automobiles : la non-spécialisation des véhicules. Il ne faut pas abuser des principes, c’est entendu, car les principes ne veulent pas toujours s’adapter aux réalités !... Mais le Service Automobile n’en a que deux : passons-les-lui donc de bonne grâce ! Le premier, c’est « l’homogénéité des ensembles » dont il a été parlé plus haut : c’est le groupement, dans chaque formation, de véhicules tous pareils. Le second, c’est la « non-spécialisation des véhicules ». Qu’est-ce que la non-spécialisation des véhicules ? Cela consiste à ne jamais affecter les voitures à un service déterminé sous le prétexte que ce service doit avoir, en tout temps, ses moyens de transport propres. Prenons, comme exemple, un chiffre total, aux armées, de 35 000 camions. Grâce à la non-spécialisation, on pourrait leur faire accomplir, certains jours, 50 kilomètres avec une charge moyenne de 2 tonnes e demie, ce qui faisait 4 400 000 tonnes kilométriques. En les spécialisant , il aurait été difficile de leur faire parcourir une moyenne de plus de 15 kilomètres. Il aurait donc fallu non pas 35 000 camions, mais plus de 120 000, ce qui eût représenté un supplément de plus de 100 000 hommes et une dépense de plusieurs milliards. Prenons un autre exemple, dans les voitures de tourisme. Voici un état-major de division qui possède sept voitures. Cette dotation lui permet d’assurer ses besoins. Pourquoi ? Parce que l’une quelconque des voitures est utilisée successivement : par le général, par le chef d’état-major, pur les officiers d’état-major, par le médecin, par l’intendant, par le commandant de l’artillerie, etc. Si l’on avait affecté en propre une voiture à chacun de ces officiers, il eût été nécessaire de multiplier d’autant la dotation réglementaire ! Les voitures, de plus, sont ainsi bien mieux utilisées : elles font, par mois, 1 000 à 1 200 kilomètres au lieu de 300 à 400. Cette idée a été une des idées directrices du Service Automobile. C’est en l’appliquant que, avec des moyens qui, jusqu’à la fin, jusqu’au dernier jour de la guerre, furent théoriquement insuffisants, il a pu toujours, néanmoins, « tenir le coup ». À Verdun, par exemple, la longueur de la route d’étapes variait de 50 à 80 kilomètres ; on y a vu défilé, en quelques mois, la majeure partie de l’armée française et, par conséquent, le Service Automobile dut y concentrer, lui aussi, la majeure partie de ses ressources. Grâce à l’utilisation rationnelle et totale de ces ressources, elles ont suffi là où elles paraissaient ne pas devoir suffire : c’est grâce à cela, et à cela seul, que le problème, qui semblait insoluble, a été résolu. Faut-il décrire, maintenant, ces diverses opérations de transport par automobiles que nécessitent les ravitaillements ? Il est bien facile de les imaginer dans leur ensemble. Qu’il s’agisse de pain, de viande, de « pinard », de légumes secs, de sucre ou de café ; qu’il s’agisse de matériel de tranchée, rondins, planches, claies, tôles ondulées ; qu’il s’agisse de baraquements, de tentes, d’appareils télégraphiques ; qu’il s’agisse de munitions, depuis les caisses de 75, si commodes, jusqu’aux encombrants et pesants 320 ; qu’il s’agisse de tout ce que l’on voudra, la grosse question, c’est d’abord de bien charger les voitures, de ne demander aux camions que ce qu’ils peuvent donner ; c’est ensuite de marcher en convoi proprement, de se débrouiller dans les circonstances critiques, de ne pas être manchot, comme disent les poilus, de faire, en un mot, partout et toujours, vite et bien, et de ne jamais oublier que ce que l’on porte est impatiemment attendu . Mais il ne faudrait pas croire que le déchargement puisse se faire sans études préalables, et rien n’est plus lamentable qu’un chantier mal organisé. — Voici, nous disait un chef de convoi, comment nous procédons généralement : « Nous prenons une route et nous faisons combler l’un des bas-côtés de la route sur une longueur de 300 à 400 mètres de manière à la rendre, sur cette longueur, suffisante pour le passage de trois files de voitures. Cet élargissement permet de garer sur le côté droit de la route le groupe automobile qui vient débarquer . Mais il ne doit pas être fait à un endroit quelconque de la route. Il faut choisir un point où se trouve également un chemin d’accès supplémentaire qui permet de faire arriver au chantier, autrement que par la route que nous occupons, les voitures à chevaux qui viennent s’approvisionner . « Si, à une telle organisation, vous ajoutez un tourniquet en aval, c’est-à-dire un autre élargissement de la route, ou un triangle de chemins bien aménagé permettant aux camions de faire demi-tour, vous aurez réalisé un chantier idéal. » Si nous ajoutons, nous, que ces opérations se faisaient généralement la nuit, sans aucune espèce de lumière et souvent dans des zones bombardées, il apparaît clairement que la moindre défaillance dans la méthode ou la discipline aurait pu avoir les conséquences les plus fâcheuses. LE TRANSPORT DES COMBATTANTS Voilà donc assuré l’approvisionnement normal de toute la zone de l’avant. Mais soudain, une action se déclenche. Que se passe-t-il ? La première nécessité, c’est de faire affluer, le plus rapidement possible, sur le lieu de l’attaque, des troupes de renfort. Le Service Automobile dispose, pour assurer cette tache, de ce qu’0n appelle les réserves de transport . Qu'est-ce qu’une réserve ? Nous avons vu que les sections, dès l’origine, furent assemblées par quatre sous le nom de groupes. Mais assez tôt, c’est-à-dire à fin de l’année 1914, il arriva, comme plusieurs groupes travaillaient ensemble dans la même région, qu’on fut amené à les réunir à leur tour, par six, sous le nom de groupement : le groupement avait la capacité de transport d’une brigade, qui est la plus forte unité d’infanterie pure. Or — tout cela s’enchaîne — à l’époque même où cette transformation s’accomplissait, les transports de troupes commençaient à prendre des proportions telles qu’il devenait évident que les formations automobiles appartenant en propre à chaque armée seraient bientôt incapables d’y suffire. C’est l’idée du groupement, tel qu’il avait été essayé dans une armée, qui amena tout naturellement cette autre idée : d’abord d’avoir, en dehors des armées , des groupements de renfort capables d’être utilisés en un point donné ; puis, lorsqu’on eut plusieurs de ces groupements, de les réunir, à leur tour, sous un commandement unique. Ainsi naquit, au mois d’avril 1915, la première « réserve de transport à la disposition du général en chef ». Une réserve est donc constituée par 2 ou 3 groupements de 5 ou 6 groupes de 4 sections : cela représente environ un millier de camions. Dès que la situation l’exige, ces milliers de camions sont lancés sur la route et commencent un défilé ininterrompu, de jour et de nuit, apportant les troupes jusque sur le terrain même du combat. Une réserve en mouvement couvre une longueur de route de 30 kilomètres environ. Dans une affaire comme celle du 15 juillet 1918, par exemple, les réserves automobiles amenèrent à pied d’œuvre, eu 24 heures, plus de 120 000 fantassins couvrant une longueur de route de 200 kilomètres ! Beaucoup de conducteurs, à ce moment-là, roulaient depuis quatre jours et quatre nuits, sans aucune espèce de repos. On fut obligé le 16, au cours d’un transport de la plus haute importance, d’établir, à Montmirail, un relais de conducteurs : au passage, les hommes fatigués devaient quitter le volant et être remplacés par des conducteurs frais. Aussitôt le débarquement terminé, on repartait chercher d’autres troupes. Des transports de cette importance ne sauraient être effectués, on le devine, sans une organisation méticuleuse et une méthode parfaite de travail. Règles pour l’embarquement rapide des troupes, règles pour la circulation, règles pour le débarquement dans les zones avancées, rien ne doit être livré au hasard ; et ce n’est qu’à cette condition que les mouvements de troupes en sont arrivés à offrir, au point de vue horaire, une véritable certitude, comparable à celle des réseaux de chemin de fer. Mais l’application de cette espèce de discipline de marche était d’autant plus nécessaire, pendant la guerre, que, dans le même temps où circulaient sur les routes les grands convois de transports de troupes, il fallait y lancer aussi des encombrants convois d’artillerie. L’ARTILLERIE AUTOMOBILE Tracteur d'artillerie lourde en terrain difficile On pourrait écrire tout un livre sur les transports d’artillerie par automobiles, car ce sont là des opérations très compliquées et très délicates, et qui, d’ailleurs, ont pris, de jour en jour, des proportions de plus en plus considérables. Avant la guerre, notre artillerie était constituée surtout par du 75, avec quelques groupes de 105 long et de 155 court Rimailho. Elle était complètement organisée, au point de vue traction, avec la traction hippomobile. Aux premiers jours de la guerre, on put constituer tout juste deux groupes d’artillerie à tracteurs ! Aussi, n’est-ce qu’au début de 1915 que l’on commença à se préoccuper du transport de l’artillerie par automobiles. Par la suite, la nécessité de traîner des pièces de plus en plus lourdes, dans des terrains de plus en plus bouleversés, s’est manifestée avec une intensité toujours plus grande. D’autre part, la traction hippomobile devait être réduite du fait des difficultés de ravitaillement en avoine. Il en résulta que toutes les nouvelles formations d’artillerie lourde ont été constituées à traction automobile et que les batteries de 75 elles-mêmes furent transformées progressivement en « artillerie de campagne portée ». Pour l’artillerie lourde (A. L.), on fait usage de tracteurs. Tout le monde sait auj0urd’hui ce qui différencie le tracteur du camion : c’est qu’il a ses quatre roues motrices , autrement dit que le mouvement fourni par le moteur est transmis à chacune des quatre roues, alors que dans un camion c’est simplement un des essieux, en principe celui d’arrière, qui est actionné. Le tracteur a donc la spécialité de progresser dans des terrains difficiles et à travers champs : il suffit, en effet, qu’une de ses quatre roues trouve un bon point d’appui pour qu’elle y prenne de l’adhérence et entraîne le tout. Il y a quelque chose d’assez imposant, de majestueux, disons mieux : d’élégant, dans le défilé, sur la route, de ces bizarres géants. Les tracteurs sont, souvent, petits et trapus ; c’est sans difficulté apparente, cependant, qu’ils traînent les énormes canons, leurs agrès, leurs chariots, leurs plates-formes, leur personnel et leurs munitions, et qu’ils viennent les déposer, délicatement, à l’emplacement même où, quelques instants après, leur grande voix se fera entendre ! Il arrive pourtant parfois que les tracteurs eux-mêmes, et les plus puissants, soient insuffisants. On les remplace alors par les fameux caterpillars ou chenilles. Les chenilles sont des sortes de tracteurs à deux roues motrices et deux roues folles ; mais ces quatre roues sont, en réalité, de simples pignons et, au lieu de porter sur le sol, elles engrènent, par leur denture, avec une large et robuste chaîne sans fin, composée de tuiles métalliques, qui leur constitue un véritable chemin de roulement. Le tracteur roule sur son chemin, qu’il transporte avec lui, et l’ensemble se déplace en paraissant glisser comme une chenille. À quoi servent les caterpillars ? Ils ont été utilisés, en grand nombre, pour tirer certaines pièces particulièrement lourdes, pour transporter les munitions ; enfin et surtout pour dépanner les autres tracteurs lorsque ceux-ci se sont mis dans des situations difficiles. N’oublions pas de signaler, avant de quitter ces monstres, que, par l’intermédiaire de la chenille, l’automobile devait aboutir, un jour, à cette véritable forteresse ambulante : le tank : ou char d’assaut... Mais on a pu lire ici même la description et le juste éloge de ces magnifiques engins de combat, dont les victoires ont eu tant de retentissement. Reste donc ce que l’on pourrait appeler l’artillerie légère : autos-mitrailleuses, autos-canons et batteries de 75 portées. Les deux premiers, qui furent employés, surtout dans la défense contre avions, furent des créations particulièrement heureuses. Organes merveilleusement souples, ils se transportaient avec une grande rapidité dans les zones indiquées et étaient toujours prêts à fonctionner, soit qu’ils eussent leurs munitions à bord (autos-mitrailleuses), soit qu’ils les prissent dans un caisson qui les accompagnait (autos-canons). Quant aux batteries de 75 portées, elles ne correspondent pas absolument au même besoin. Le but poursuivi ici, c’est de pouvoir, lorsqu’on transporte les troupes d’infanterie d’une division, faire suivre leur artillerie de manière qu’elle arrive en même temps qu’elles sur le lieu du combat. C’était une grande sécurité pour l’infanterie et un facteur moral de succès très important de savoir que ses artilleurs étaient là, avec elle. Or, cela n’est devenu possible, étant donné les transports si rapides des fantassins par des camions, que le jour où des camions aussi ont pu porter les canons ! Les canons et les caissons, les uns et les autres non démontés, étaient placés sur des tracteurs aménagés spécialement, avec des « rampes d’accès » toutes préparées. Chaque tracteur portait un canon ou un caisson. Les munitions et les agrès suivaient, dans des camions, ainsi, bien entendu, que le personnel. Le tout roulait derrière les convois de troupes à une allure moyenne d’une quinzaine de kilomètres, et, à l’arrivée, se remettait en place en quelques instants. Tracteurs d'une pièce de 240 : voiture-affût et voiture-pièce LES COMMISSIONS RÉGULATRICES AUTOMOBILES Le lecteur commence à se rendre compte peut-être de ce que représente, dans ces conditions, la circulation des grands convois sur les routes du front. Mais si l’on oublie pas que, au milieu de tout cela, se faufilent, sans arrêt, jour et nuit, d’une part des milliers de voitures de tourisme qui assurent les liaisons et portent les officiers des états-majors, d’autre part une quantité innombrable de voitures spéciales : camionnettes des courriers, du génie, de l’aviation, de l’aéronautique, du camouflage, autos-projecteurs, autos-phares, voitures du service télégraphique, de la T. S. F., de la radiotélégraphie, de la géodésie, de la photographie ; voitures pour gonflement des saucisses, voitures-colombiers, autos-bazars, autos-arroseuses, autos-pompes ; camions des services de stérilisation et de désinfection, voitures excavatrices, autos-postes électrogènes, etc., etc., —on comprendra qu’il y aurait, sur les routes, si l’on n’y prenait garde, un effrayant danger d` embouteillage , dont les conséquences seraient, la plupart du temps, de véritables catastrophes ! Camions porteurs de chars d'assaut Renault La surveillance de toute la circulation est confiée, dans ces heures critiques, au Service Automobile : il a créé, pour la réaliser, des Commissions régulatrices automobiles , ou C. R. A. La première commission régulatrice automobile a fonctionné à Verdun pour l’attaque du printemps de 1916. Son origine était extrêmement simple. On avait obtenu, avec l’application des règles d’embarquement, de débarquement et de marche, une discipline presque parfaite des convois , en eux-mêmes ; mais on s’était aperçu que souvent ces convois, une fois mis en mouvement, se heurtaient à toutes sortes d’obstacles provenant des hasards de la route : autres convois coupant tout à coup le chemin, encombrements aux croisements, passages à niveau obstrués, voitures à chevaux ralentissant tout. On avait donc envisagé la possibilité, dans le cas de transports de grande intensité, d’une organisation centrale qui eût la haute main sur toutes les opérations susceptibles de se dérouler sur une route donnée . Vers la fin de 1915, et au début de 1916, la direction des services automobiles étudiait, à ce point de vue, la création d’un organe nouveau, d’une sorte de « commission » de régulation, pour laquelle aucun nom encore n’était trouvé, dont les grandes lignes seulement étaient à peine tracées et qui, en même temps qu’elle fixerait le mode de travail des unités de transport, assumerait aussi la tâche de garder la route de tout accident imprévu. Exemple de fléchage à un croisement de route C’est au milieu de ces préoccupations que brusquement, le 21 février 1916, éclata l’attaque de Verdun. Ce qui n’était que conçu vaguement dut alors être réalisé en quelques-heures, et c’est ainsi que fut créée, le 22 février 1916, la première commission régulatrice , celle de Bar-le-Duc. Quelques chiffres donnés par avance peuvent faciliter ici l’exposé de ce nouveau rouage. Sur la route de Bar-le-Duc – Verdun, la fameuse « Voie Sacrée », au cours du mois de mars 1916, il a été compté jusqu’à 6 000 passages de camions en un seul point par vingt-quatre heures, soit une moyenne de un camion par 14 secondes . Ces camions portaient, par semaine , environ 90.000 hommes et 50.000 tonnes de matériel et ils effectuaient, au total, un million de kilomètres en 7 jours, ce qui équivaut il vingt—cinq fois la circonférence de la terre. Pour assurer une circulation de cette intensité, il était indispensable d’av0ir une organisation, pour ainsi dire mathématique , des transports. C’est ce dont se chargea la commission régulatrice. Ravitaillement en munitions d'une batterie en pleine action La route était d’abord gardée , c’est-à-dire réservée à l’usage exclusif des unités automobiles commandées par la commission régulatrice et des véhicules automobiles isolés. Ensuite, elle était divisée en plusieurs cantons , système qui favorise la surveillance ainsi que l’entretien. Elle était ainsi assimilée avec sa circulation montante et sa circulation descendante, à une voie ferrée, chaque canton ayant une longueur de 15 kilomètres. Tous les moyens d’action étaient centralisés entre les mains d’une seule autorité : celle du commissaire régulateur. Celui-ci fixait les règles de la circulation, déterminait les plans de transport, établissait les graphiques de marche, désignait, d’accord avec le commandement, des centres de chargement et de déchargement, enfin répartissait les formations de travailleurs chargés soit d’apporter la main-d’œuvre nécessaire dans ces centres, soit d’assurer l’entretien de la route. Le commissaire régulateur était relié téléphoniquement avec tous ses chefs de cantons. Ceux-ci, officiers ayant sous leurs ordres un assez nombreux personnel, faisaient jalonner et flécher les routes, organisaient, lorsqu’il y avait lieu, la circulation transversale, remédiaient aux interruptions de circulation dues à de fausses manœuvres ou à des accidents. Pour les accidents, un service spécial, comprenant plusieurs équipes qui se relayaient jour et nuit, était chargé des dépannages. La mise en application de ces principes fut décidée pour le 22 février à midi. Dans un délai de moins de quatre heures, la route était entièrement dégagée et appartenait à la commission régulatrice. Dès le lendemain, une division entière était transportée sur ses positions. Le 29 février, il y avait, dans la région, environ 3 000 camions, plus les sections R. V. F. et les sanitaires. Bientôt l’effectif des seuls camions atteignait 4 000. Il y eut, en tout, plus de 8 000 automobiles qui circulaient. Pendant sept mois, il fallut maintenir ce chiffre formidable : les hommes transportés là, entre février ct septembre, se comptent par millions ! Le travail fut souvent pénible et les efforts furent rudes, surtout au début, tant que le temps resta froid et humide. Il n’y avait plus ni jour ni nuit ; les conducteurs devaient être à leur volant quinze, dix-huit, vingt heures de suite, sans repos, et, dans plusieurs circonstances, il leur fallut donner vraiment le maximum que l’on peut exiger des forces humaines. On sait que, le 19 mars 1916, un ordre du jour du général en chef adressait des félicitations aux troupes automobiles qui avaient assuré tous ces transports avec endurance et bravoure, et avaient ainsi contribué, suivant leurs moyens, à la défense et au salut de Verdun (1). ___________________________________ (1) Voir la Voie Sacrée, dans la Revue des Deux-Mondes du 15 décembre 1918. Une deuxième commission régulatrice automobile fut créée pour l’offensive de la Somme en 1916, qui donna également d’excellents résultats. Puis, dans le courant de l’année 1917 et de l’année 1918, diverses C. R. A. fonctionnèrent sur divers points de notre front, toujours avec leurs « cantons » organisés méthodiquement. De nouvelles observations amenèrent de nouveaux enseignements et, peu à peu, la commission régulatrice automobile arriva à un type définitif, qui fut utilisé, très heureusement, dans les dernières opérations de la guerre, et qui l'est encore aujourd’hui pour le ravitaillement des zones allemandes occupées. Il n’est pas possible d’exposer ici dans tous ses rouages le fonctionnement d’une C. R. A. Disons seulement que les grands principes — ceux qui avaient été appliqués dès février 1910 — sont restés les mêmes, et que les perfectionnements ont été amenés par les modifications qui se sont produites dans les méthodes de combat elles-mêmes. Les champs d’action, depuis 1914, s’étaient singulièrement élargis. Il ne s’agissait plus — presque jamais — de transporter des troupes sur une petite distance et sur un seul point : c’était dans une immense zone de combat, d’une centaine de kilomètres de front, qu’il fallait répartir d’immenses masses d’hommes et de matériel, qu’on était allé chercher, souvent, à 200 kilomètres de là ! Pour assurer l’ordre dans ces conditions nouvelles, il y eut généralement trois régulatrices qui fonctionnaient en même temps : une régulatrice d’embarquement, une régulatrice de circulation, une régulatrice de débarquement. (On peut, à la rigueur, se passer de la seconde si les distances ne sont pas trop considérables.) Les routes ne sont plus désignées par les noms des pays qu’elles desservent. Au début de 1918, le Service Automobile les a toutes numérotées sous le nom d’itinéraires : itinéraire b. 12, itinéraire l. 17, itinéraire c. 14, etc., ce qui simplifia à l’extrême les ordres écrits. Pour les transports eux-mêmes, on emploie également des numéros. Telle infanterie divisionnaire, telle artillerie, dès qu’elles sont sur les camions, deviennent : élément n° 117, élément 312 ; de là une grande clarté et une grande rapidité dans la transmission des indications d’un canton à l’autre. Enfin, la C.R.A. a été amenée par les circonstances à organiser elle-même, le plus souvent, dans chaque zone, ce qu’on appelle « l’assiette du cantonnement », c’est-à-dire la désignation des emplacements où les troupes doivent cantonner, et parfois même à créer des dépôts de vivres pour le ravitaillement, au passage, des grandes unités ! Tout cela fait, les liaisons étroitement assurées avec les états-majors, et des horaires précis fixés pour chaque mouvement automobile ou hippomobile — et l’on sent ici combien cette question des heures de passage est importante ! — le Service Automobile a peut-être le droit de dire qu’il a joué, dans les opérations, un rôle dont personne d’ailleurs aujourd’hui ne conteste plus l’importance. C’est à la suite de grands transports de cette nature, accomplis avec une méthode remarquable, dans des circonstances difficiles, que, le 28 juillet 1918, le général commandant en chef adressait aux troupes automobiles l’ordre suivant, qui les « remerciait », une fois encore, en termes magnifiques : Le général commandant en chef adresse ses félicitations aux officiers, sous-0fficiers, brigadiers et hommes de troupe des Services Automobiles, pour l’activité, le dévouement et l’endurance dont ils viennent de faire preuve, sous la direction énergique et éclairée du commandant Doumenc. Quelle qu’ait été la difficulté des circonstances, les transports intensifs de troupes et de ravitaillement ont été exécutés, depuis le mois de mars, sans arrêt, de jour et de nuit, avec une rapidité et une exactitude qui font honneur au service. Dans le même temps, les parcs automobiles assuraient le travail de réparation et permettaient le maintien constant de toutes les formations automobiles à leur capacité de transport. Conducteurs sur la route, ouvriers à l’atelier, ont contribué pour leur part au succès de nos opérations . Signé : PÉTAIN . Et, certes, en transmettant cet ordre à tous les automobilistes des armées, le directeur des Services Automobiles avait bien raison d’ajouter : Tous ont le droit d’être fiers de la marque d’estime donnée à notre service. Ce que nous avons pu faire de bien est peu de chose à côté de ce qu’il faudra faire pour ravitailler et amener au combat nos troupes dans le terrain reconquis et loin en avant des voies ferrées. Nous devons donc nous appliquer sans arrêt à améliorer nos méthodes d’entretien et d’emploi, à accroître l’instruction et augmenter la valeur des conducteurs et ouvriers, de façon à faire rendre encore davantage à notre matériel. Je compte que tous comprendront l’effort qu’il faut donner et auront à cœur de travailler à fond pour que le Service Automobile soit toujours, comme il l’a été, à la hauteur de toutes les tâches qui lui seront confiées par le commandement. Signé : DOUMENC . LES BLESSÉS Enfin, nous supposons maintenant que l’action se déroulait, avec ses péripéties diverses. Il restait au Service Automobile à remplir une tâche encore, la plus lourde et la plus grave peut-être, mais aussi la plus belle et la plus noble : l’enlèvement des blessés. Il le confiait à ses sections sanitaires . Nous avons eu l’occasion de dire, précédemment, à la suite de quels efforts et de quels essais on est arrivé à constituer les deux types de sections sanitaires, la Fiat et la Ford , qui font les évacuations dans la zone de l’avant. Leur travail fut extrêmement pénible ; et, si l’existence de l’automobiliste du front a toujours été pleine de fatigue et exempte de confort, on peut dire que le conducteur de sanitaire eut le privilège de connaître, mieux encore que ses camarades, la vie de l’avant dans toute sa rigueur ; et c’est pourquoi le personnel de ces sections avait fini par constituer une véritable élite, dont les mérites, d’ailleurs, étaient reconnus, après chaque affaire, par un nombre imposant de citations. La réserve de pneus, dans un parc automobile. C’est que les sanitaires, qui ne devaient aller, en principe, que jusqu’aux postes avancés des G. B. D. (groupes de brancardiers divisionnaires) montèrent chercher les blessés jusqu’aux postes de secours, dans des terrains marmités par l’ennemi, à travers, souvent, des tirs de barrage et des vagues de gaz, qu’il leur fallait franchir à découvert . Ajoutez à cela l’obscurité, les cris des blessés que les cahots mettaient au supplice, le masque, qui gênait terriblement pour conduire ! — Et le conducteur, cependant, se rendait compte, plus que partout ailleurs, de l’importance du rôle qu’il jouait : ne tenait-il pas entre ses mains, constamment, la vie de centaines de blessés qu’il pouvait sauver par son sang-froid et sa promptitude ? Rien peut-être ne donnera mieux l’idée de cette existence particulière et mouvementée que ce fragment d’une simple et belle écrite, entre deux coups de chien, par un jeune engagé volontaire : « … Dire que nous croyions avoir tout vu dans l’Artois ! Cela me paraît peu de chose auprès de la vie que nous allons mener ici !... Boue, froid, rafales de grésil, pluie qui cingle, vent glacial, brouillard, les marmites par-dessus tout cela ! Et toujours en pleine nuit, sans aucune lanterne, naturellement. Il y a bien les fusées, qui illuminent à giorno , mais c’est plutôt une gêne qu’une aide. Le meilleur, c’est encore Astarté, reine du ciel. Malheureusement, c’est huit ou dix jours par mois. Aussi, nous continuons à suivre des yeux le calendrier, comme dit Bugeon, « je te prie de croire que nous sommes au courant » des faces de la lune » ! Quant aux routes, défoncées, pleines de trous, ca ne change pas ; première vitesse et du cinq à l’heure ! Souvent, quand on revient, on ne peut plus passer : un 210 a coupé le chemin. Hier, avec un camarade, nous étions ainsi de chaque côté d’un entonnoir. Que faire ? Et moi, j’avais des blessés ! Il a fallu aller chercher un détour, cela a duré deux heures ; pauvres malheureux blessés, avec ce froid !... Mais tu connais tout cela, et l’imm0bilité qui vous glace, et le morceau de viande gelée avec un quignon de pain, et les nuits dans les postes, avec le tintamarre du canon, et les quelques heures de sommeil ( !) dans quelque coin, enroulé dans une couverture mouillée ; je me demande comment nous résistons… Nuits du front, les fusées, les cris lointains, les fusillades subites, l’inquiétude, la fièvre, les plaintes des blessés, et puis ces minutes d’exaltation de tout l’être, où l’on accepte … Car nous autres, comment flancherions-nous, quand nous voyons tous ces pauvres camarades que nous transportons, dont nous tenons la vie entre nos mains, et qu’un coup de volant heureux peut sauver en les faisant arriver cinq minutes plus tôt sur la table d’opération !... Mais je crois bien que je vais me vanter ! à toi !... Et puis, je suis de ton avis, est-ce que cela existe, auprès des fantassins ? Eux, eux seuls, et voilà tout. Et dire que Paris ne se rendra jamais compte !... Moi, quand je les vois, je me dégoûte et je m’injurie. Enfin, quoi faire ? Tu as le bonjour de Charles Brémond, etc. » L’auteur de cette lettre, le jeune conducteur André Chapelle, de la S. S. 104, était tué, le lendemain, d’un éclat à la tête, « dans l’accomplissement de sa mission ». L’action terminée, leur travail accompli, il arrivait que les automobilistes, de temps en temps, descendaient, pour quelques semaines, au repos. Là, tout en se nettoyant (c’était toujours le premier soin du poilu après la relève), tout en se délassant, et tout en se « reconstituant », ils recevaient, s’il y avait lieu, les récompenses que leur avait méritées leur conduite. Il y eut de nombreuses citations dans le Service Automobile. Beaucoup de sections, aussi, furent citées en collectivité, une fois, deux fois, trois fois, quatre fois même ; et il y eut une Section Sanitaire — ce détail est vraiment trop peu connu — qui reçut, en décembre 1917, la fourragère. Groupe automobile chirurgical DEPUIS L’ARMISTICE Depuis le 11 novembre, les automobilistes… ont continué. Leur tâche, pour être moins brillante, n’en est peut-être que plus lourde, puisque ce sont eux qui doivent assurer presque tout le ravitaillement des nouveaux territoires, particulièrement de l’Alsace, de la Lorraine et de l’Allemagne occupée, et puisque le tonnage transporté par eux depuis deux mois et demi — dans lequel des denrées de toutes sortes ont remplacé les munitions et le matériel de guerre — n’a fait qu’augmenter à mesure que nos armées avançaient. Certes, c’est avec une fierté joyeuse que le Service Automobile peut écrire dans ses archives ces mots magiques : « C. R. A. de Metz », « C. R. A. de Sarrebourg », « Canton de Mayence », « Canton de Mannheim » ! Et, lorsque les automobilistes sont entrés dans les villages d’Alsace avec les premières troupes françaises, le cœur leur battait et bien des larmes coulaient de leurs yeux ! Au surplus — un détail en passant — veut-on savoir ce qu’ils apportèrent tout d’abord à Strasbourg, ce qu’on leur demandait tout d’abord d’apporter, ce que les premiers camions furent obligés de charger avant du pain blanc ou du café ? — Des balles d’étoffe bleue, d’étoffe blanche et d’étoffe rouge, pour fabriquer des drapeaux !... « Premier arrivage de Paris », avait écrit un loustic sur une pancarte accrochée aux flancs du capot. Mais, derrière cette façade plaisante, le travail était et est resté très dur. Tout le monde a pu voir, à Saverne, le 24 novembre, des convois de camions qui arrivaient, au petit matin, par un froid épouvantable, étant partis le 21 (de la région de Soissons, si je ne me trompe) et dont les conducteurs n’avaient pu prendre, pendant ces trois jours et ces trois nuits, aucun repos et aucun breuvage chaud ! Ce n’est là qu’un épisode entre cent autres semblables ! Sans doute, il n’y a plus à transporter de 320, ni de chevaux de frise ; il n’y a plus surtout, ô bonheur ! à transporter de blessés. Mais les pesants autobus continuent leurs randonnées, pour le ravitaillement en viande des divisions, les camions des T. M. assurent, comme par le passé, les grands transports de troupes — car les relèves se font toujours ! — et les sanitaires elles-mêmes sont bien loin d’avoir vu leur travail décroître, car on leur demande de transporter toutes sortes de produits nécessaires à la reconstitution de la vie normale dans les pays reconquis. Le danger seul a disparu, pour les automobilistes comme pour les autres soldats. On a dit récemment, à propos de l’état de dénuement des populations du Nord : — Mais que font donc les autos ? Pourquoi n’emploie-t-on pas, pour ravitailler Lille ou Valenciennes, ces milliers de camions, qui ne font plus rien ? Qui ne font plus rien !... On oublie que les armées sont toujours sur le pied de guerre, qu’il faut qu’elles vivent, et que le nombre de véhicules que l’armistice a libérés de certains transports est, relativement, insignifiant . Quant au problème de la démobilisation, il se pose particulièrement épineux pour le Service Automobile. Pendant longtemps, on avait mis dans ce service, en dépit des protestations des chefs compétents, des hommes de « vieilles classes ». Ceux-là., aujourd’hui, partent tous, en masse ; il s’agit de les remplacer hâtivement ; or, comment faire l’apprentissage°? Et le travail augmente toujours ! Il est certain que le Service Automobile sortira de ces difficultés, comme il est sorti de tant d’autres. Mais qu’on ne l’accable pas de reproches, sans savoir ! Et alors, ensuite, lorsque tout sera fini, car, enfin, il faut bien qu’un jour, tout de même, tout soit fini, que deviendront les 95 000 voitures ? — Cela, c’est une question au sujet de laquelle je décline absolument le rôle de prophète ! Auto-camion bazar CONCLUSION Que conclure de cet exposé ? — Il est bien difficile, et aujourd’hui plus que jamais, puisque nous ne sommes d’accord à peu près sur rien, de juger des choses par l’extérieur, même avec la documentation la plus vraie et la plus précise. Aussi avons-nous voulu rechercher l’impression personnelle des intéressés : un conducteur, interrogé sans vergogne, au coin d’une route, après un de ces grands transports dont il a été question ci-dessus, nous a donné — nous le croyons du moins — la note vraie. C’est à lui que nous passons la parole : — Ce que nous aurions voulu, monsieur, nous a-t-il dit avec une petite pointe d’amertume, ç’aurait été que l’on méconnût un peu moins notre existence, nos efforts, nos mérites, et, quitte à être accusé de manquer de modestie, je trouve que nous avons trop travaillé dans le silence. « En réalité, nous sommes restés les victimes, pendant plus de quatre ans, c’est navrant ! d’un détestable calembour sous lequel on nous avait assommés au début de la guerre. Le temps passa bien vite, pourtant, où les automobilistes ne participaient que de loin aux opérations : on peut dire, au contraire, que beaucoup de batailles furent gagnées autant avec les autos qu’avec les jambes des soldats. Camions sous la neige « Rien, je le sais, ne peut se comparer à la fatigue du combattant. Pourtant, vous n’imaginez peut-être pas quelle force de résistance il faut à un conducteur d’automobile pour tenir le volant, comme je l’ai vu maintes fois, à Verdun, dans la Somme, sur l’Aisne, pendant 24, 36 et même 50 heures de suite, sans le moindre repos ! « Certes il y a eu, dans le Service Automobile, de tristes individus qui ont mérité l’infamant surnom… Mais combien ? — Quant à nous autres, les quelque 60 000 qui étions sur le front, le vrai front, que ne venait-on nous voir ? C’est tout ce que nous demandions. Que ne venait-on voir nos misères, nos fatigues, les dangers que nous courions comme nos autres camarades ? Que ne venait-on voir nos citations, nos blessures, nos morts, et on aurait constaté que nous avions, autant que n’importe quels autres soldats de France, la conscience de la tâche que le sort nous avait imposée ? Je ne vous dis pas que l’automobiliste était un héros : je vous dis simplement que c’était un brave poilu comme tous les autres braves poilus, menant la vie de l’avant avec ses rudesses, ses souffrances, et aussi sa beauté. « Cette tâche, qui était la nôtre, elle fut pénible et parfois elle nous écrasa de sa gravité, lorsque nous sentions, dans certaines circonstances, que presque tout dépendait de nous . En février 1916, ne vous a-t-on pas dit, une première fois, que c’est grâce aux automobilistes que Verdun put être sauvé ? Vous êtes-vous demandé au prix de quelles épreuves les « embusqués » avaient mérité ce magnifique éloge ? À la grande offensive de mars 1918, n’avez-vous pas su aussi que, si nous avions eu la moindre défaillance d’un jour ou d’une nuit, ce qui n’était qu’une défaite aurait pu se transformer en un épouvantable désastre ?... Plus récemment, que serait-il arrivé si nous n’avions pas été toujours en mesure de transporter les troupes avec une rapidité foudroyante, de les ravitailler en vivres et en matériel, de leur jeter, sur le terrain, ces masses formidables de munitions sans lesquelles leur héroïsme ne peut rien ?... Que le public donc continue à nous juger d’après un mauvais jeu de mots, nous avons notre conscience pour nous... Ou plutôt, monsieur, non, nous avons mieux encore ; car, voyez-vous, nous sommes des hommes, de pauvres hommes, et, notre conscience, cela pourrait bien, parfois, ne pas nous suffire ! Nous avons mieux ! car, ce que nous avons maintenant, ce que nous avons gagné à la force du poignet — et, de cela, nous resterons éternellement fiers ! — c’est ce qu’il y a de plus beau, de plus grand, de plus cher, de plus noble et de plus enviable, c’est : l’estime des fantassins ! » PAUL HEUZÉ. AU VOLANT Aquarelle de Georges SCOTT Clic pour agrandir la photo L'AUTOMOBILE PENDANT LA GUERRE Enlèvement des blessés dans un poste de secours Aquarelle de Georges SCOTT Clic pour agrandir la photo Convoi d'artillerie automobile Aquarelle de Georges SCOTT Clic pour agrandir la photo Source : n° 3961 du 1 er février 1919
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De si mignonnes petites bêtes ! Les impacts des chats "domestiques" sur la biodiversité Portus consulter nos dernières publications Se connecter S'abonner De si mignonnes petites bêtes ! Les impacts des chats "domestiques" sur la biodiversité Accès libre Samedi 22 Juin 2024 Biodiversité-Faune sauvage © Pascale Bradier-Girardeau Hélène SOUBELET Les animaux domestiques peuvent devenir envahissants et avoir des impacts négatifs sur la faune sauvage, en particulier les mammifères prédateurs lorsqu'ils ont accès au milieu extérieur et que leur nombre est important. Trente espèces de prédateurs envahissants ont été identifiées comme responsables de l'extinction de près de 140 espèces et de la mise en danger de près de 600 espèces de vertébrés, soit 58 % de toutes les disparitions documentées d'oiseaux, de mammifères et de reptiles (Doherty et al , 2016). Les groupes les plus impactants sont, dans l'ordre, les chats, les rongeurs, les chiens et les porcs (cf. tableau 1 et fig. 1). Comprendre et atténuer l'impact des mammifères domestiques prédateurs est essentiel pour réduire le taux de perte de biodiversité mondiale. Rats des villes et chats des champs Les chats et les rongeurs sont, à eux-seuls, responsables de plus de 65 % des impacts documentés sur les oiseaux, les mammifères et les reptiles. Les chats auraient ainsi été déjà responsables de l'extinction de 63 espèces, en majorité des oiseaux, mais aussi de 21 espèces de mammifères et de deux espèces de reptiles. Quant aux rats, essentiellement le rat noir ( Rattus rattus ), le rat du Pacifique ( R. exulans ), le rat surmulot ( R. norvegicus ) et la souris domestique ( Mus musculus ), ils sont responsables de la disparition de 75 espèces, soit 52 espèces d'oiseaux, 21 espèces de mammifères et 2 espèces de reptiles (cf. tableau 2 et fig. 2). Le chat domestique ( Felis catus ) est un prédateur qui, même bien nourri ou stérilisé, peut avoir des impacts sur ses proies naturelles. Par ailleurs, le succès d'empathie de cette espèce auprès des humains, a conduit à la présence de chats partout dans le monde et la multiplication de leurs effectifs. Les chats auraient ainsi déjà contribué à 26 % des extinctions de reptiles, d'oiseaux et de mammifères (Doherty et al. 2016) et représentent un risque mondial pour les vertébrés menacés et en voie de disparition. Pour compléter la connaissance sur le sujet, des chercheurs américains (Loss et al. , 2022) ont réalisé une grande revue de la littérature scientifique mondiale pour mieux comprendre les impacts des chats domestiques sur la faune sauvage, analysant 332 publications publiées entre 1936 et 2021. Ces études concernent 37 pays dans tous les continents, sauf l'antarctique, et 74 îles dans tous les océans sauf l'arctique. La majorité des études ont documenté des effets négatifs des chats. Seules 11 % des études n'ont documenté aucun effet significatif et quelques études ont montré des effets positifs, en particulier sur les îles où ils peuvent diminuer la prédation sur les oiseaux, en régulant les rats ou d'autres prédateurs envahissants (Courchamp et al. , 1999). Prédation par les chats Le chat est un prédateur assez généraliste. Il peut se nourrir de petits mammifères, d'amphibiens, de reptiles, d'oiseaux et d'invertébrés. L'exemple le plus ancien d'extinctions dues à l'introduction de chats est celui de l'île Macquarie où des chats introduits ont coexisté sur l'île pendant 60 ans avec la perruche endémique, Cyanoramphus novaezelandiae erythrotis , avant de devenir envahissants : après l'introduction des lapins, leur population a rapidement augmenté et les perruches ont disparu en 10 ans (Taylor, 1979). Les estimations, régulièrement révisées, des impacts montrent que la prédation par les chats est massive (cf. tableau 3). Transmission des maladies - La toxoplasmose Les chats sont porteurs de pathogènes (comme le virus de la rage ou l'agent de la toxoplasmose), transmissibles aux humains mais également aux animaux sauvages. Cette question reste néanmoins une grande lacune de littérature scientifique, en particulier pour savoir si le chat est effectivement le responsable de la transmission à la faune sauvage. Il est par exemple possible d'utiliser le séquençage de l'ADN (ou ARN pour certains virus) pour identifier les souches pathogènes chez les chats domestiques et les comparer à celles présentes chez les espèces sauvages, ce qui est rarement fait. Par exemple, une équipe américaine étudiant en post mortem, les causes du déclin des loutres de mer ( Enhydra lutris nereis ) en Californie, a démontré que les encéphalites à Toxoplasma gondii étaient responsables de 16,2 % des décès des loutres adultes, impact de même ampleur que ceux générés par les attaques de requins et les maladies cardiaques (Kreuder et al. , 2003). Confirmée en 1992, la maladie est récente chez les loutres de mer et ces animaux ne sont immunologiquement pas préparés à la combattre. Elle provoque des malformations congénitales, des avortements et des encéphalites. Ces auteurs ont aussi démontré que la toxoplasmose aggravait le risque de décès cardiaque ou d'attaque mortelle de requin et donc le risque de déclin des populations de loutres. Ainsi, les loutres avec une encéphalite avaient 3,7 fois plus de chances d'être attaquées par les requins et celles diagnostiquées avec une maladie cardiaque étaient 2,9 fois plus susceptibles d'avoir simultanément une encéphalite à T. gondii que les loutres sans problème cardiaque. Il est probable que les loutres atteintes d'encéphalites aient plus de mal à se soustraire aux attaques des prédateurs, elles pourraient même les attirer en raison des mouvements anormaux et convulsions provoquées par la maladie. Ces conclusions sont cohérentes avec les constats d'augmentation de la proportion de loutres attaquées par les requins depuis 1968 et la corrélation avec le déclin de leur population. La prévalence de la toxoplasmose chez les loutres a été clairement reliée à l'expansion des populations de chats domestiques et d'opossums, la diminution des capacités de filtration naturelle des bassins versants et la perte de capacité d'absorption des sols, créant des ruissellements vers les estuaires. Une équipe de recherche iranienne (Nayeri et a l., 2021) a réalisé une synthèse de la littérature pour rechercher des éléments sur la prévalence de Toxoplasma dans les invertébrés marins, en particulier ceux consommés par les humains (moules, palourdes, coques...). La présence des oocystes de T. gondii est corrélée avec celle de diverses espèces de chats sauvages et domestiques. Dans l'environnement, l'oocyste peut rester infectieux sous forme sporulée dans le sol pendant au moins 18 mois et dans l'eau de mer pendant 6 mois. Les organismes filtreurs concentrent et retiennent les particules en suspension, y compris les oocystes de T. gondii qui sont captés par les branchies et les glandes digestives. Ces derniers peuvent survivre dans les organes de ces invertébrés et être transmis dans la chaîne alimentaire à l'hôte suivant, comme les poissons, les mammifères marins ou les humains. Des études expérimentales ont montré que les oocystes peuvent rester viables jusqu'à 85 jours dans les huîtres, pendant 3 jours dans les moules ou les poissons (Nayeri et al. , 2021). D'autres voies de transmissions à explorer sont les biofilms à la surface des algues et des organismes benthiques ou la manipulation de poissons crus par les professionnels de la pêche ou de la transformation alimentaire. - Protoparvovirose Les chats domestiques sont identifiés comme réservoirs de protoparvovirus provoquant des épizooties et une mortalité chez les grands félidés en captivité (tigres, panthères etc.), constituant une menace pour leur conservation (Shetty et al. , 2020). Les symptômes peuvent être une leucopénie, de la fièvre, une dépression, une déshydratation, une diarrhée et, plus rarement, une myocardite, une hypoplasie cérébelleuse et des difficultés de reproduction. En Inde, Une étude pilote a été menée dans la réserve indienne de biosphère des Nilgiri qui abrite la plus grande population de tigres du pays, des léopards, des chats léopards, des chaus, des chiens sauvages asiatiques, des ours lippus, des porcs-épics, des mangoustes, des civettes, des singes. Cette réserve est fréquentée par les humains, les chiens et les chats domestiques. L'étude a mis en évidence une proximité génétique entre les protoparvovirus des léopards et ceux des chats domestiques. Ces résultats plaident en faveur de futures recherches sur les interactions entre animaux domestiques et sauvage au sein des pathosystèmes, incluant la caractérisation des hôtes réservoirs, des enquêtes écologiques et épidémiologiques et la mise en place d'un système de surveillance systématique et de long terme des maladies de la faune sauvage menacée et en voie de disparition. Effet du paysage de la peur De nombreuses espèces sauvages modifient leur comportement pour éviter la prédation. Malheureusement, il y a peu d'études sur la façon dont de tels changements de comportement affectent la reproduction ou la survie des espèces et peuvent aider à prédire les effets sur l'abondance des populations, voire les risques de déclin. Nous savons néanmoins que la présence des chats entraine une baisse des interactions sociales chez les proies, une diminution de leurs déplacements, un changement d'utilisation de l'espace et des horaires d'activité, avec des effets sublétaux comme un stress physiologique ou une reproduction réduite qui peuvent, à terme, menacer les populations et les communautés d'animaux sauvages. Deux chercheurs, espagnol et français (Balbontín & Møller, 2015), ont ainsi démontré que la sénescence reproductive (déclin du taux de reproduction avec l'âge) chez les hirondelles rustiques (Hirundo rustica) était plus rapide pour les individus exposés à de la prédation, mais uniquement dans les sites comptant de nombreux couples reproducteurs. Au Brésil, Marina Duarte et Robert Young (2011) ont observé les interactions entre un groupe de ouistitis et une centaine de chats domestiques vivant sur 18 hectares dans le parc municipal de la ville de Belo Horizonte. Ils ont mis en évidence une prédation des ouistitis juvéniles par des chats domestiques avec une moyenne de 3,24 tentatives de prédation par jour. Ils ont également mis en évidence que parmi les 3 777 arbres de 275 espèces présents, les ouistitis ont choisi de coucher dans douze arbres seulement, à savoir des palmiers, des eucalyptus et des figuiers, caractérisés par une grande hauteur (en moyenne 22,5 mètres), avec des premières branches hautes (en moyenne à 10,36 mètres) et à l'écorce lisse ou épineuse. Les sites de couchage semblent avoir été choisis pour minimiser le risque de prédation par les chats. Par ailleurs, les ouistitis rejoignaient leur site de couchage uniquement depuis les arbres adjacents, augmentant leur effort et la dépense d'énergie au moment du coucher. Au Royaume-Uni, une équipe de recherche (Bonnington et al ., 2013) a travaillé sur les effets sublétaux de la présence des chats et des écureuils gris (exotiques envahissants) sur les nids de merles noirs ( Turdus merula ) urbains. Les résultats montrent que la présence des chats réduits le nombre de nourrissage par les parents sans augmentation compensatoire de la taille de la ration alimentaire apportée aux petits. Une étude antérieure montre que cette réduction de la quantité de nourriture apportée aux petits réduit leurs taux de croissance d'environ 40 %. Les écureuils gris induisent des effets similaires, mais plus faibles. La présence des prédateurs induit, dans ce cas, une obligation de défense parentale du nid qui demande de l'énergie et du temps aux parents. Aux Etats-Unis, Kevin Crooks et Michael Soulé (1999) ont mis en évidence que la prédation par les chats domestiques et leur impact sur les populations d'oiseaux étaient aggravés par la disparition des coyotes, concurrents et prédateurs des chats. Les interactions trophiques se combinent aux effets de la fragmentation de paysages et contribuent à structurer, positivement ou négativement les communautés écologiques. Toujours aux Etats-Unis, Book & Freeberg, (2015) ont démontré que la mésange bicolore ( Baeolophus bicolor ) modifiait son comportement d'appel et de prise de graines en fonction du risque de prédation par les chats. Les mésanges ont montré des comportements d'évitement de la mangeoire lorsque des prédateurs félins leur faisaient face. Les cris des mésanges étaient également modifiés en fonction de l'orientation tête/corps du prédateur. Conclusion Les impacts des chats sur les populations de vertébrés restent le sujet de débats houleux. Des études quantitatives rigoureuses montrent clairement que les chats tuent un grand nombre de vertébrés, en particulier dans les îles, et peuvent avoir des effets sublétaux impactant les populations sauvages. Néanmoins, objectiver ces impacts sur la faune nécessite de bien séparer les impacts des chats des impacts des autres causes naturelles ou anthropiques sur la population de proies. Par ailleurs la connaissance sur les effets sublétaux des chats restent lacunaires. Il faut aussi déterminer si les animaux seraient rapidement morts d'autres causes s'ils n'avaient pas été tués par des chats (mortalité compensatoire) ou s'ils ne seraient pas morts rapidement (mortalité additive). Une des particularités des prédateurs est qu'ils attaquent souvent des animaux en mauvaises conditions physiques, participant à la régulation des pathogènes dans les populations de proies (voir par exemple Baker et al. , 2008). Les études de synthèse telle que celles de Loss et collaborateurs (2013, 2017) permettent de structurer les connaissances pour adapter au mieux les mesures de préservation des espèces sauvages. De nombreuses tentatives de gestion ont été testées et sont encore préconisées : le confinement des chats à l'intérieur des maisons ou des jardins grâce à des clôtures, l'élimination des chats des zones sensibles, l'équipement des animaux avec des clochettes ou des collerettes anti prédation, la stérilisation. La seule méthode toujours efficace est l'élimination des chats, les autres dispositifs ayant peu ou pas d'effet. Une étude a par ailleurs démontré que le nourrissage des chats pouvait augmenter la prédation (Maeda et al. , 2019). Ces résultats montrent l'importance d'éduquer les propriétaires de chats aux impacts de leurs petits compagnons. Références bibliographiques Baker PJ, Molony S, Stone E, et al. 2008. Cats about town: is predation by free-ranging pet cats ( Felis catus ) likely to affect urban bird populations? Ibis 150: 86-99. Balbontín, J., & Møller, A. P. (2015). Environmental conditions during early life accelerate the rate of senescence in a short-lived passerine bird. Ecology, 96, 948-959. https://doi.org/10.1890/14-1274.1 Balogh AL, Ryder TB, and Marra PP. 2011. Population demography of gray catbirds in the suburban matrix: sources, sinks, and domestic cats. J Ornithol 152: 717-26. Blancher P. 2013. Estimated number of birds killed by house cats ( Felis catus ) in Canada. Avian Conserv Ecol 8: 3. Bonnington, C., Gaston, K. J., & Evans, K. L. (2013). Fearing the feline: Domestic cats reduce avian fecundity through trait-mediated indirect effects that increase nest predation by other species. Journal of Applied Ecology, 50, 15-24. https://doi.org/10.1111/1365-2664.12025 Book, D. L., & Freeberg, T. M. (2015). 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Carnivore protoparvovirus 1 (parvoviruses) at the domestic-wild carnivore interface in India. Journal of Zoo and Wildlife Medicine, 504, 1016-1020. Shipley, A. A., Murphy, M. T., & Elzinga, A. H. (2013). Residential edges as ecological traps: Postfledging survival of a ground-nesting passerine in a forested urban park. The Auk, 130, 501-511. https://doi.org/10.1638/2018-0166 Smith SB, McKay JE, Richardson JK, et al. 2016. Demography of a ground nesting bird in an urban system: are populations self-sustaining? Urban Ecosyst 19: 577-98. Stracey CM. 2011. Resolving the urban nest predator paradox: the role of alternative foods for nest predators. Biol Conserv 144: 1545-52. Taylor, H. R. How the Macquarie Island Parakeet became extinct. N. Z. J. Ecol. 2, 42-45 (1979). Van Heezik Y, Smyth A, Adams A, et al. 2010. Do domestic cats impose an unsustainable harvest on urban bird populations? Biol Conserv 143: 121-30. Woolley, L. A., Murphy, B. P., Geyle, H. M., Legge, S. M., Palmer, R. A., Dickman, C. R., & Woinarski, J. C. (2020). Introduced cats eating a continental fauna: Invertebrate consumption by feral cats Felis catus in Australia. Wildlife Research, 478, 610-623. https://doi.org/10.1071/WR19197 impacts des chats sur biodiversite dt216 Article paru dans La Dépêche Technique n° 216 « Toute reproduction, diffusion, traduction ou exploitation totale ou partielle de nos contenus de quelque nature que ce soit, accessibles gratuitement ou non, sans l’autorisation écrite et préalable de La Dépêche Vétérinaire, est strictement interdite (articles L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle) » Lire plus tard Informations pratiques Adequan revient sur le marché européen Accès libre Attention, dernier numéro papier de l'année ! Antimicrobiens chez les ovins et caprins : améliorer la collecte des données sur Calypsovet A quoi ressemblent les courbes de progestéronémie ? Phénobarbital et atteintes cutanée et hépatique suraiguës chez un chien : quel est votre avis ? 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De si mignonnes petites bêtes ! Les impacts des chats "domestiques" sur la biodiversité Portus consulter nos dernières publications Se connecter S'abonner De si mignonnes petites bêtes ! Les impacts des chats "domestiques" sur la biodiversité Accès libre Samedi 22 Juin 2024 Biodiversité-Faune sauvage © Pascale Bradier-Girardeau Hélène SOUBELET Les animaux domestiques peuvent devenir envahissants et avoir des impacts négatifs sur la faune sauvage, en particulier les mammifères prédateurs lorsqu'ils ont accès au milieu extérieur et que leur nombre est important. Trente espèces de prédateurs envahissants ont été identifiées comme responsables de l'extinction de près de 140 espèces et de la mise en danger de près de 600 espèces de vertébrés, soit 58 % de toutes les disparitions documentées d'oiseaux, de mammifères et de reptiles (Doherty et al , 2016). Les groupes les plus impactants sont, dans l'ordre, les chats, les rongeurs, les chiens et les porcs (cf. tableau 1 et fig. 1). Comprendre et atténuer l'impact des mammifères domestiques prédateurs est essentiel pour réduire le taux de perte de biodiversité mondiale. Rats des villes et chats des champs Les chats et les rongeurs sont, à eux-seuls, responsables de plus de 65 % des impacts documentés sur les oiseaux, les mammifères et les reptiles. Les chats auraient ainsi été déjà responsables de l'extinction de 63 espèces, en majorité des oiseaux, mais aussi de 21 espèces de mammifères et de deux espèces de reptiles. Quant aux rats, essentiellement le rat noir ( Rattus rattus ), le rat du Pacifique ( R. exulans ), le rat surmulot ( R. norvegicus ) et la souris domestique ( Mus musculus ), ils sont responsables de la disparition de 75 espèces, soit 52 espèces d'oiseaux, 21 espèces de mammifères et 2 espèces de reptiles (cf. tableau 2 et fig. 2). Le chat domestique ( Felis catus ) est un prédateur qui, même bien nourri ou stérilisé, peut avoir des impacts sur ses proies naturelles. Par ailleurs, le succès d'empathie de cette espèce auprès des humains, a conduit à la présence de chats partout dans le monde et la multiplication de leurs effectifs. Les chats auraient ainsi déjà contribué à 26 % des extinctions de reptiles, d'oiseaux et de mammifères (Doherty et al. 2016) et représentent un risque mondial pour les vertébrés menacés et en voie de disparition. Pour compléter la connaissance sur le sujet, des chercheurs américains (Loss et al. , 2022) ont réalisé une grande revue de la littérature scientifique mondiale pour mieux comprendre les impacts des chats domestiques sur la faune sauvage, analysant 332 publications publiées entre 1936 et 2021. Ces études concernent 37 pays dans tous les continents, sauf l'antarctique, et 74 îles dans tous les océans sauf l'arctique. La majorité des études ont documenté des effets négatifs des chats. Seules 11 % des études n'ont documenté aucun effet significatif et quelques études ont montré des effets positifs, en particulier sur les îles où ils peuvent diminuer la prédation sur les oiseaux, en régulant les rats ou d'autres prédateurs envahissants (Courchamp et al. , 1999). Prédation par les chats Le chat est un prédateur assez généraliste. Il peut se nourrir de petits mammifères, d'amphibiens, de reptiles, d'oiseaux et d'invertébrés. L'exemple le plus ancien d'extinctions dues à l'introduction de chats est celui de l'île Macquarie où des chats introduits ont coexisté sur l'île pendant 60 ans avec la perruche endémique, Cyanoramphus novaezelandiae erythrotis , avant de devenir envahissants : après l'introduction des lapins, leur population a rapidement augmenté et les perruches ont disparu en 10 ans (Taylor, 1979). Les estimations, régulièrement révisées, des impacts montrent que la prédation par les chats est massive (cf. tableau 3). Transmission des maladies - La toxoplasmose Les chats sont porteurs de pathogènes (comme le virus de la rage ou l'agent de la toxoplasmose), transmissibles aux humains mais également aux animaux sauvages. Cette question reste néanmoins une grande lacune de littérature scientifique, en particulier pour savoir si le chat est effectivement le responsable de la transmission à la faune sauvage. Il est par exemple possible d'utiliser le séquençage de l'ADN (ou ARN pour certains virus) pour identifier les souches pathogènes chez les chats domestiques et les comparer à celles présentes chez les espèces sauvages, ce qui est rarement fait. Par exemple, une équipe américaine étudiant en post mortem, les causes du déclin des loutres de mer ( Enhydra lutris nereis ) en Californie, a démontré que les encéphalites à Toxoplasma gondii étaient responsables de 16,2 % des décès des loutres adultes, impact de même ampleur que ceux générés par les attaques de requins et les maladies cardiaques (Kreuder et al. , 2003). Confirmée en 1992, la maladie est récente chez les loutres de mer et ces animaux ne sont immunologiquement pas préparés à la combattre. Elle provoque des malformations congénitales, des avortements et des encéphalites. Ces auteurs ont aussi démontré que la toxoplasmose aggravait le risque de décès cardiaque ou d'attaque mortelle de requin et donc le risque de déclin des populations de loutres. Ainsi, les loutres avec une encéphalite avaient 3,7 fois plus de chances d'être attaquées par les requins et celles diagnostiquées avec une maladie cardiaque étaient 2,9 fois plus susceptibles d'avoir simultanément une encéphalite à T. gondii que les loutres sans problème cardiaque. Il est probable que les loutres atteintes d'encéphalites aient plus de mal à se soustraire aux attaques des prédateurs, elles pourraient même les attirer en raison des mouvements anormaux et convulsions provoquées par la maladie. Ces conclusions sont cohérentes avec les constats d'augmentation de la proportion de loutres attaquées par les requins depuis 1968 et la corrélation avec le déclin de leur population. La prévalence de la toxoplasmose chez les loutres a été clairement reliée à l'expansion des populations de chats domestiques et d'opossums, la diminution des capacités de filtration naturelle des bassins versants et la perte de capacité d'absorption des sols, créant des ruissellements vers les estuaires. Une équipe de recherche iranienne (Nayeri et a l., 2021) a réalisé une synthèse de la littérature pour rechercher des éléments sur la prévalence de Toxoplasma dans les invertébrés marins, en particulier ceux consommés par les humains (moules, palourdes, coques...). La présence des oocystes de T. gondii est corrélée avec celle de diverses espèces de chats sauvages et domestiques. Dans l'environnement, l'oocyste peut rester infectieux sous forme sporulée dans le sol pendant au moins 18 mois et dans l'eau de mer pendant 6 mois. Les organismes filtreurs concentrent et retiennent les particules en suspension, y compris les oocystes de T. gondii qui sont captés par les branchies et les glandes digestives. Ces derniers peuvent survivre dans les organes de ces invertébrés et être transmis dans la chaîne alimentaire à l'hôte suivant, comme les poissons, les mammifères marins ou les humains. Des études expérimentales ont montré que les oocystes peuvent rester viables jusqu'à 85 jours dans les huîtres, pendant 3 jours dans les moules ou les poissons (Nayeri et al. , 2021). D'autres voies de transmissions à explorer sont les biofilms à la surface des algues et des organismes benthiques ou la manipulation de poissons crus par les professionnels de la pêche ou de la transformation alimentaire. - Protoparvovirose Les chats domestiques sont identifiés comme réservoirs de protoparvovirus provoquant des épizooties et une mortalité chez les grands félidés en captivité (tigres, panthères etc.), constituant une menace pour leur conservation (Shetty et al. , 2020). Les symptômes peuvent être une leucopénie, de la fièvre, une dépression, une déshydratation, une diarrhée et, plus rarement, une myocardite, une hypoplasie cérébelleuse et des difficultés de reproduction. En Inde, Une étude pilote a été menée dans la réserve indienne de biosphère des Nilgiri qui abrite la plus grande population de tigres du pays, des léopards, des chats léopards, des chaus, des chiens sauvages asiatiques, des ours lippus, des porcs-épics, des mangoustes, des civettes, des singes. Cette réserve est fréquentée par les humains, les chiens et les chats domestiques. L'étude a mis en évidence une proximité génétique entre les protoparvovirus des léopards et ceux des chats domestiques. Ces résultats plaident en faveur de futures recherches sur les interactions entre animaux domestiques et sauvage au sein des pathosystèmes, incluant la caractérisation des hôtes réservoirs, des enquêtes écologiques et épidémiologiques et la mise en place d'un système de surveillance systématique et de long terme des maladies de la faune sauvage menacée et en voie de disparition. Effet du paysage de la peur De nombreuses espèces sauvages modifient leur comportement pour éviter la prédation. Malheureusement, il y a peu d'études sur la façon dont de tels changements de comportement affectent la reproduction ou la survie des espèces et peuvent aider à prédire les effets sur l'abondance des populations, voire les risques de déclin. Nous savons néanmoins que la présence des chats entraine une baisse des interactions sociales chez les proies, une diminution de leurs déplacements, un changement d'utilisation de l'espace et des horaires d'activité, avec des effets sublétaux comme un stress physiologique ou une reproduction réduite qui peuvent, à terme, menacer les populations et les communautés d'animaux sauvages. Deux chercheurs, espagnol et français (Balbontín & Møller, 2015), ont ainsi démontré que la sénescence reproductive (déclin du taux de reproduction avec l'âge) chez les hirondelles rustiques (Hirundo rustica) était plus rapide pour les individus exposés à de la prédation, mais uniquement dans les sites comptant de nombreux couples reproducteurs. Au Brésil, Marina Duarte et Robert Young (2011) ont observé les interactions entre un groupe de ouistitis et une centaine de chats domestiques vivant sur 18 hectares dans le parc municipal de la ville de Belo Horizonte. Ils ont mis en évidence une prédation des ouistitis juvéniles par des chats domestiques avec une moyenne de 3,24 tentatives de prédation par jour. Ils ont également mis en évidence que parmi les 3 777 arbres de 275 espèces présents, les ouistitis ont choisi de coucher dans douze arbres seulement, à savoir des palmiers, des eucalyptus et des figuiers, caractérisés par une grande hauteur (en moyenne 22,5 mètres), avec des premières branches hautes (en moyenne à 10,36 mètres) et à l'écorce lisse ou épineuse. Les sites de couchage semblent avoir été choisis pour minimiser le risque de prédation par les chats. Par ailleurs, les ouistitis rejoignaient leur site de couchage uniquement depuis les arbres adjacents, augmentant leur effort et la dépense d'énergie au moment du coucher. Au Royaume-Uni, une équipe de recherche (Bonnington et al ., 2013) a travaillé sur les effets sublétaux de la présence des chats et des écureuils gris (exotiques envahissants) sur les nids de merles noirs ( Turdus merula ) urbains. Les résultats montrent que la présence des chats réduits le nombre de nourrissage par les parents sans augmentation compensatoire de la taille de la ration alimentaire apportée aux petits. Une étude antérieure montre que cette réduction de la quantité de nourriture apportée aux petits réduit leurs taux de croissance d'environ 40 %. Les écureuils gris induisent des effets similaires, mais plus faibles. La présence des prédateurs induit, dans ce cas, une obligation de défense parentale du nid qui demande de l'énergie et du temps aux parents. Aux Etats-Unis, Kevin Crooks et Michael Soulé (1999) ont mis en évidence que la prédation par les chats domestiques et leur impact sur les populations d'oiseaux étaient aggravés par la disparition des coyotes, concurrents et prédateurs des chats. Les interactions trophiques se combinent aux effets de la fragmentation de paysages et contribuent à structurer, positivement ou négativement les communautés écologiques. Toujours aux Etats-Unis, Book & Freeberg, (2015) ont démontré que la mésange bicolore ( Baeolophus bicolor ) modifiait son comportement d'appel et de prise de graines en fonction du risque de prédation par les chats. Les mésanges ont montré des comportements d'évitement de la mangeoire lorsque des prédateurs félins leur faisaient face. Les cris des mésanges étaient également modifiés en fonction de l'orientation tête/corps du prédateur. Conclusion Les impacts des chats sur les populations de vertébrés restent le sujet de débats houleux. Des études quantitatives rigoureuses montrent clairement que les chats tuent un grand nombre de vertébrés, en particulier dans les îles, et peuvent avoir des effets sublétaux impactant les populations sauvages. Néanmoins, objectiver ces impacts sur la faune nécessite de bien séparer les impacts des chats des impacts des autres causes naturelles ou anthropiques sur la population de proies. Par ailleurs la connaissance sur les effets sublétaux des chats restent lacunaires. Il faut aussi déterminer si les animaux seraient rapidement morts d'autres causes s'ils n'avaient pas été tués par des chats (mortalité compensatoire) ou s'ils ne seraient pas morts rapidement (mortalité additive). Une des particularités des prédateurs est qu'ils attaquent souvent des animaux en mauvaises conditions physiques, participant à la régulation des pathogènes dans les populations de proies (voir par exemple Baker et al. , 2008). Les études de synthèse telle que celles de Loss et collaborateurs (2013, 2017) permettent de structurer les connaissances pour adapter au mieux les mesures de préservation des espèces sauvages. De nombreuses tentatives de gestion ont été testées et sont encore préconisées : le confinement des chats à l'intérieur des maisons ou des jardins grâce à des clôtures, l'élimination des chats des zones sensibles, l'équipement des animaux avec des clochettes ou des collerettes anti prédation, la stérilisation. La seule méthode toujours efficace est l'élimination des chats, les autres dispositifs ayant peu ou pas d'effet. Une étude a par ailleurs démontré que le nourrissage des chats pouvait augmenter la prédation (Maeda et al. , 2019). Ces résultats montrent l'importance d'éduquer les propriétaires de chats aux impacts de leurs petits compagnons. Références bibliographiques Baker PJ, Molony S, Stone E, et al. 2008. 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R., & Marra, P. P. (2017). Population impacts of free-ranging domestic cats on mainland vertebrates. Frontiers in Ecology and the Environment, 15(9), 502-509. Loss SR, Will T, and Marra PP. 2013. The impact of free-ranging domestic cats on wildlife of the United States. Nature Comm 4: 1396. Maeda, T., Nakashita, R., Shionosaki, K., Yamada, F., & Watari, Y. (2019). Predation on endangered species by human-subsidized domestic cats on Tokunoshima Island. Scientific Reports, 9, 16200. Marlow NJ, Thomas ND, Williams AA, et al. 2015. Cats ( Felis catus ) are more abundant and are the dominant predator of woylies ( Bettongia penicillata ) after sustained fox ( Vulpes vulpes ) control. Aust J Zool 63: 18-27. Nayeri, T., Sarvi, S., & Daryani, A. (2021). Toxoplasma gondii in mollusks and cold-blooded animals: a systematic review. Parasitology, 148(8), 895-903. Shetty, B. D., Zachariah, A., Farver, T. B., Smith, B., Goldstein, T., & Mazet, J. A. (2020). 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Reddit - The heart of the internet Skip to main content Translations active Show original Thanks for the feedback! Tell us more about why this content is not helpful. Go to technicallythetruth r/technicallythetruth • prof_devilsadvocate3 Português (Brasil) Deutsch Italiano Un groupe de lions, ça s'appelle une fierté. Non OC crunchyroll • Official • Promoted L'anime en streaming sur Crunchyroll - Abonnez-vous dès maintenant! Essayez avec 7 jours gratuits. Sign Up crunchyroll.com AutoModerator • 4mo ago Moderator Announcement Read More » Salut u/prof_devilsadvocate3 , merci d'avoir posté sur r/technicallythetruth ! Veuillez vérifier si votre publication enfreint des règles. Si c'est le cas, veuillez supprimer cette publication. De plus, republier et publier des publications non-TTT évidentes peut entraîner une interdiction. Envoyez-nous un Modmail ou Signalez cette publication si vous avez un problème avec cette publication. Je suis un bot, et cette action a été effectuée automatiquement. Veuillez contacter les modérateurs de ce subreddit si vous avez des questions ou des préoccupations. read_molotov • 4mo ago Comment tu obtiens une réponse gay ? LemmeDaisukete • 4mo ago De derrière xenonsharpie • 4mo ago C'est marrant. Continue this thread Continue this thread Continue this thread Astro_Slime31415 • 4mo ago Ben oui lurebat • 4mo ago Si tu veux "techniquement la vérité" - les personnes trans et queer peuvent être hétéros mais sont toujours dans l'acronyme. OrangeJuliusCaesr • 4mo ago …c'est quoi une personne queer ? J'ai toujours cru que c'était juste un synonyme de gay. SuitOwn3687 • 4mo ago C'est pas vraiment défini, la plupart des gens que je connais l'utilisent juste comme un terme pour "pas tout à fait hétéro" ou "pas hétéro, mais on ne connaît pas leur préférence". Continue this thread laplongejr • 4mo ago "Queer", c'est un peu un terme méta, ça veut dire en gros "pas la norme", parce que ça englobe tous les LGBT+ et ceux qui n'ont pas d'étiquette claire. Par exemple, F1nnst3r savait qu' il était queer, mais il n'avait aucune idée de ce qu'il était exactement. Cishet male, ça ne lui correspondait plus, mais était-il genderfluid, trans, non-binaire, travesti ? Aujourd'hui, il s'identifie comme genderfluid avec les pronoms il/lui... si mes infos ne sont pas périmées Continue this thread rslashurmom45 • 4mo ago Bah, il ne leur a pas demandé. Continue this thread 7arco7 • 4mo ago Le Drifter, il me donne carrément des vibes gay. dunwalls • 4mo ago Il est officiellement pansexuel. Continue this thread rddtlcksdrtybtthls • 4mo ago Je l'entends à 100% Drifter dire ça avec sa voix. Big_Remove_3686 • 4mo ago Bien joué. Ouais, je sais que c'est une blague de papa et ouais, je l'ai entendue plein de fois avant, mais j'aime bien une bonne blague de papa. Ok_Replacement_978 • 4mo ago Le Guazamo Bbq Tiddy Queens domigraygan • 4mo ago Pourquoi Jin Kazama est dans le futur ? SkulkingShadow • 4mo ago Allons acheter le carquois Old-Reference-5221 • 4mo ago laitue guacamole bacon tomate Qeckup icecub3e • 4mo ago Ben oui*2, mais en fait non ? Schwiftness • 4mo ago Le pluriel de lion est lions. NocturneInfinitum • 4mo ago C'est une blague qui tient la route ! No fat ! THEREALQUAKER • 4mo ago Lockheed, General Dynamics, Boeing, Thales FloorOneTwoThree • 4mo ago Ça, c'est une bonne blague. Un parfait exemple d'une blague techniquement vraie contre laquelle tu ne peux même pas t'énerver. New to Reddit? Create your account and connect with a world of communities. Continue with Email Continue With Phone Number By continuing, you agree to our User Agreement and acknowledge that you understand the Privacy Policy . 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Il y a cinquante ans, le « commando saucisson » du MLF à l’assaut d’« Allo Ménie » sur RTL - Fondation Jean-Jaurès Favoris Télécharger Denis Quinqueton Suivre Il y a cinquante ans jour pour jour, le 10 mars 1971, le « commando saucisson » du MLF a perturbé et finalement interrompu, en direct sur RTL, l’émission « Allo Ménie » consacrée à l’homosexualité. Retour avec Denis Quinqueton, co-directeur de l’Observatoire LGBT+ de la Fondation, sur ce « Stonewall radiophonique » qui marque le premier acte des cinq décennies de combat revendicatif pour que les personnes LGBT+ deviennent des citoyen·ne·s à part entière. Alors que le Parlement européen délibère aujourd’hui même pour proclamer – ou pas – l’Union européenne comme « zone de liberté LGBTQI », revenons sur ce qui s’est passé il y a cinquante ans jour pour jour. Le 10 mars 1971, le « commando saucisson » du MLF a perturbé et finalement interrompu, en direct sur RTL, l’émission « Allo Ménie » consacrée à l’homosexualité. Ce faisant, les militantes déterminées ont ouvert une nouvelle époque dans la lutte pour l’émancipation des individus. Une époque où les lesbiennes et les homosexuels vont vouloir ne plus raser les murs, sortir du déni où la société les tenait enfermés. Comme son prédécesseur américain de 1969, ce « Stonewall radiophonique » remet en cause l’approche pseudo-psychologique et pseudo-médicale des homosexualités ainsi que le monopole social du modèle hétéronormé. C’est le premier acte des cinq décennies de combat revendicatif pour que les personnes LGBT+ deviennent des citoyen·ne·s à part entière. Mercredi 10 mars 1971 à partir de 14 h 30, l’émission de Ménie Grégoire, « Allo Ménie », consacrée à l’homosexualité, est diffusée sur RTL en direct de la salle Pleyel à Paris. La journaliste vedette clôt ainsi une série d’émissions spéciales en public organisées dans toute la France sur différents thèmes comme le couple, la condition féminine, les enfants, l’adultère… Les émissions commençaient par une heure de débat hors antenne suivie d’une dernière demi-heure diffusée en direct, sur le créneau habituel de son émission quotidienne. Il est 14 h 35 quand l’un des invités de Ménie Grégoire, le père Guichat, ronronne la commisération que lui inspire l’homosexualité : « Moi aussi, j’accueille beaucoup d’homosexuels, mes confrères également, et qui viennent parler de leurs souffrances, cette souffrance-là, on ne peut pas y être insensible… » Une voix de femme, outrée, venue du public, l’interrompt : « Ne parlez plus de notre souffrance ! » C’est la militante féministe Anne-Marie Fauret qui s’invite ainsi dans le propos sacerdotal. On entend alors monter un brouhaha tandis que Ménie Grégoire tente de ne pas perdre le contrôle de la situation : « Écoutez, alors là, je dis qu’il y a une chose tout à fait extraordinaire qui se passe, puisque la foule a envahi la tribune et que des homosexuels… » Pierre Hahn attrape un micro : « Liberté ! Liberté ! » Ménie Grégoire ne renonce pas : « Des homosexuels de tout ordre, hommes et femmes… » Une voix féminine l’interrompt à présent : « Nous demandons la liberté pour nous et vous ! » Puis une autre encore : « Battez-vous ! Battez-vous ! » La retransmission est interrompue. Les lesbiennes en première ligne d’un coup d’éclat de vie Les auditrices et les auditeurs de RTL entendirent le générique de fin de l’émission « Allo Ménie » vingt bonnes minutes avant l’heure habituelle. Ils venaient d’assister sans le savoir au « Stonewall français », à peine deux ans après les émeutes de Christopher Street outre-Atlantique. Cet événement est une rupture dans notre société : des voix se sont élevées pour réfuter le surplomb, contester la médicalisation et la psychologisation, refuser l’invisibilité de l’homosexualité. Ces voix-là sont des voix de femmes. Grâce à la photographe et militante Catherine Deudon, nous connaissons les femmes du 10 mars, militantes du tout nouveau MLF. Nous connaissons leurs noms et leurs visages puisqu’elle a immortalisé leur joyeux bras dessus, bras dessous à la sortie de la salle Pleyel. Elles avaient raison d’être joyeuses car ce coup d’éclat est un coup d’éclat de vie qui permet d’imaginer mettre un terme au silence plombant la vie des lesbiennes et des gays. Sur la photo, on voit Marie-Françoise Brumeau ( alias Maffra), Christine Delphy, Monique Wittig, Élisabeth Salvaresi, Anne-Marie Fauret, Antoinette Fouque, auxquelles s’ajoutent celle qui tenait l’appareil photo, Catherine Deudon, et le journaliste qui avait fourni tout ce petit monde en invitations nécessaires pour prendre place dans le public, Pierre Hahn. Les militantes lesbiennes formant l’essentiel de la troupe de la salle Pleyel ne venaient pas de nulle part. En rupture d’Arcadie, le mouvement d’André Baudry qui les jugeait « trop politisées », elles avaient rejoint le MLF naissant avec l’idée – juste – que, s’agissant d’émancipation, c’est bien de la politique qu’il fallait faire. Le vendredi de la semaine précédente, elles étaient allées perturber un meeting anti-IVG que l’association réactionnaire « Laissez-les vivre » organisait au Palais de la Mutualité. Comme souvent pour ce type de mouvements, ce sont des groupes de nervis d’extrême droite – là, d’Ordre nouveau – qui assurent le service d’ordre. En allant porter la contradiction, il fallait donc prévoir de se défendre. Françoise d’Eaubonne explique à ses camarades que des bâtons ou des barres de fer les feraient tomber sous le coup de la loi, mais qu’un saucisson sec manié avec dextérité et détermination peut produire un effet approchant assez convaincant. Les voilà, le 5 mars à la Mutualité armé·e·s d’un saucisson. Ainsi est né le surnom de « commando saucisson ». Le Monde rapporte l’échauffourée dans son numéro du lendemain soir : « En moins de cinq minutes, gauchistes et service d’ordre en venaient aux mains, d’abord dans les couloirs, puis dans l’intérieur même de la salle. Aux matraques du service d’ordre, les manifestants, pour la plupart tête nue, opposèrent des munitions de fortune. » En effet. Un compte rendu fantasque dans France-Soir France-Soir , où travaillait également Ménie Grégoire et qui était à l’époque la propriété d’Hachette, fera le surlendemain un récit assez fantasque de l’événement. C’est à la page 3 du quotidien du 12 mars, entre le verdict du procès de trafiquants d’héroïne à Nice, un lynchage raciste à Paris et une épidémie de méningite dans une école de Clermont-Ferrand. Sous la rubrique « Les choses de la vie » ( sic ), l’article signé Gérard Le Scour est titré : « Salle Pleyel, aux cris de “les travestis avec nous”, des homosexuels en colère interrompent une émission publique sur leurs problèmes ». « Une trentaine de personnes, “des homosexuels de tout ordre”, raconte Ménie Grégoire, montèrent à l’assaut de l’estrade, bousculant tables, chaises et orateurs ». Le récit se poursuit et se corse : « Une jeune femme habillée à la garçonne cognait la tête du pauvre curé sur la table. Ménie Grégoire devait s’accrocher tant bien que mal à son micro, cependant qu’une “furie” la tirait par les vêtements en hurlant “Liberté, Liberté !”. Volant au secours de Ménie, l’ingénieur du son tentait de déséquilibrer la contestataire, tandis que, très énervé, un jeune éphèbe, chemise rose à liseré violet, l’interpellait : “Vous les hommes, vous vous attaquez toujours aux femmes.” » En plus d’une évocation rocambolesque de l’événement, ce passage de l’article donne une idée de la manière dont on parlait – et dont on appréhendait – l’homosexualité à l’époque. Les filles étaient, bien sûr, des « garçonnes » ou des « furies », tandis que garçons étaient fatalement des « éphèbes ». Dans la France du début des années 1970, la sexualité des femmes, en dehors des enjeux procréatifs, ne se dit pas et ne se voit pas. Les lesbiennes, a fortiori , n’étaient tout simplement pas envisagées, pas reconnues, à peine désignées et toujours sulfureuses puisque explorant une sexualité sans homme. « Même la grande et sublime Sappho, qui a pourtant vécu il y a plus de vingt siècles, sent le soufre. On l’admire comme poétesse, on la condamne pour ses amours. Que n’a-t-on écrit sur elle, manipulant sa biographie, afin de la rendre acceptable ! On lui a même inventé une passion pour un homme à la fin de sa vie », écrit l’historienne Marie-Jo Bonnet. C’est en effet par le « saut de Leucade » que Sappho est d’abord représentée, comme s’il fallait une passion pour un homme, jusqu’au suicide, pour que la poétesse puisse réellement avoir sa place dans l’histoire littéraire et artistique – une place d’objet et non de sujet, d’autrice. Rien que le mot – « lesbienne » – hystérise, hier comme aujourd’hui, bien des hommes. « Lorsque nous avons créé la Conférence européenne lesbienne en 2016, les grandes fondations et institutions nous ont demandé si nous étions certaines de vouloir employer ce terme », raconte l’activiste Alice Coffin. Ajoutons, toujours sur le mot – « lesbienne » –, que son référencement sur Internet est pollué par les pléthoriques productions pornographiques pour hommes prétendant en représenter. Ce qui signifie que les recherches du mot – « lesbienne » – renvoient numériquement avant tout aux fantasmes d’un certain nombre d’hommes. Il faudra la détermination du collectif SEO Lesbienne pour que les algorithmes de Google n’orientent plus systématiquement vers des sites pornographiques quand on saisit ces neuf lettres dans le moteur de recherche. Les lesbiennes sont bel et bien un déni dans le déni où la société enfermait l’homosexualité. L’enjeu autour de l’homosexualité masculine était différent. La psychologie de bazar reprenant les poncifs de la théorie sexuelle de Freud assimilait homosexualité féminine comme masculine à une « maladie » liée à un développement affectif incomplet : les femmes parce qu’elles s’accrocheraient trop au clitoris, « prototype de l’organe inférieur » selon Freud – Marie Bonaparte, poussant la logique jusqu’au bout, préconisait la clitoridectomie dans les années 1930 – et les hommes, parce que leur désir, bloqué à l’adolescence, se porterait vers des éphèbes. Ajoutons qu’il n’était pas rare de confondre homosexualité et pédocriminalité, le mot « pédérastie », qui était alors courant, renvoyant indifféremment aux deux. Il est également vrai que, dans ces années où était bousculée la morale patriarcale bourgeoise, grande était la tentation de ranger pêle-mêle et dans le même sac tous les anciens interdits. Le milieu militant s’est d’ailleurs vivement déchiré sur le sujet tout au long des années 1970. C’est ainsi que l’on retrouve, quand le journal Elle organise un débat dans ses colonnes en prélude à l’émission « Les dossiers de l’écran » consacrée à l’homosexualité, parmi les invités un certain Gabriel Matzneff – je cite – « expert dans les tourments adolescents… Des psychiatres et des médecins ont écrit des tartines sur les causes de l’homosexualité pendant des décennies, sûrs de leur « savoir ». Dans les motifs de ce fameux « blocage à l’adolescence », on cherchait des causes génétiques – il me semble que l’on en cherche encore aujourd’hui –, des raisons familiales – pourquoi se priver de culpabiliser les parents après avoir condamné leurs rejetons ? – comme l’absence du père ou la présence trop envahissante de la mère. L’homosexualité féminine, traitée par le même silence et le même mépris que le désir féminin en général, est dans une large mesure invisibilisée ou disqualifiée comme le simple prélude à une « vraie » sexualité avec un homme. Mais il se trouve toujours des personnes pour prétendre la « guérir » – par l’excision au début du XX e siècle, par les « viols correctifs » dans certaines cultures aujourd’hui encore. L’homosexualité masculine, quant à elle, a donné lieu à un impressionnant concours Lépine dont les trouvailles hasardeuses fondent encore aujourd’hui les « thérapies de conversion » promues par des milieux catholiques extrémistes. C’est qu’il fallait, et qu’il faut encore ici ou là, à toute force, pour des raisons qui échappent à tout entendement, « guérir » l’homosexualité au lieu de convenir qu’elle fait bel et bien partie de l’aventure humaine. On en était loin dans la France du début des seventies . France 1971, une autre époque… 10 mars 1971. Ça fait tout juste quatre mois que le général de Gaulle est mort. Les élections municipales approchent à grand pas, le premier tour a été fixé au dimanche 14 mars. François Mitterrand n’est pas encore membre du Parti socialiste et achève son premier mandat de maire de Château-Chinon. Le président Pompidou a choisi, sans trop y croire, le fringuant Jacques Chaban-Delmas comme Premier ministre. Sa « nouvelle société, fondée sur la générosité et la liberté » reste à distance de toute esquisse de révolution féministe. Citons tout de même la loi du 4 juin 1970 qui remplace, dans le livre I er du Code civil, la notion de « chef de famille » par celle d’« autorité parentale » exercée « pendant le mariage » par « les père et mère », tout de même mentionnés dans cet ordre. La révolution échevelée demeure soigneusement peignée avec la raie à droite ! Le divorce par consentement mutuel n’existe pas et l’interruption volontaire de grossesse est toujours un crime puni de six mois à trois ans de prison pour la femme ayant voulu interrompre sa grossesse, aux termes des lois du 29 juillet 1920 et du 27 mars 1923. La loi du 6 août 1942 créant un délit de relations homosexuelles est, elle aussi, toujours en vigueur, le gouvernement provisoire ayant considéré, à la Libération, que « cette réforme ne saurait en son principe appeler aucune critique ». Des centaines d’hommes auront maille à partir avec la police et la justice, au cours de l’année, sur le seul fondement de cet alinéa du Code pénal. Contraints à une forme de clandestinité sociale afin d’éviter l’opprobre et des ennuis judiciaires, les gays sont toujours coincés dans les toilettes, si j’ose écrire. La tradition des « tasses » comme un des épicentres de la vie sociale homosexuelle masculine perdure, comme l’évoque Marc Martin dans son récent travail artistique et historique : « Elles sont davantage synonymes de honte que de fierté au sein même de la communauté homosexuelle. Pourtant, ces édifices, qui se confondent avec les aventures de nombreux gays, travestis, prostitués, libertaires, offraient une liberté échappant à tout enjeu économique. Ces lieux de passage et de sociabilité atypique voyaient les classes sociales s’estomper, les cultures se mélanger… » En 1971 toujours, le concours de l’école Polytechnique reste réservé aux hommes pour un an encore et les écoles ne sont qu’exceptionnellement mixtes puisqu’il faudra attendre 1976 pour la généralisation de ce principe. Le téléphone est encore rare, seuls 15% des foyers en sont équipés, la moitié des foyers de cadres dirigeants et chefs d’entreprise et moins de 5% des foyers ouvriers, détaille l’Insee. À peine plus d’un foyer sur deux est équipé d’un aspirateur et la carte bleue balbutiante est encore un suspicieux moyen de paiement. Les ordinateurs fonctionnent à l’aide de cartes perforées qui ne disent désormais plus rien à personne. Les six membres de la Communauté économique européenne n’ont pas encore accepté la candidature du Royaume-Uni. Alors que les deux chaînes de la télévision française ne parviennent pas toutes les deux aux 11 millions de foyers déjà équipés d’un téléviseur – une histoire de puissance d’émetteur, il me semble –, la deuxième chaîne s’apprête à diffuser le premier épisode de la série tirée de l’œuvre de Maurice Leblanc, « Arsène Lupin », superbement revisité tout récemment par François Uzan et Omar Sy. Le paysage radiophonique est, lui aussi, encore sévèrement corseté avec les chaînes de l’ORTF et les radios privées périphériques dont l’État est souvent actionnaire : RMC émettant depuis la principauté de Monaco, Europe n°1, depuis la Sarre, en République fédérale d’Allemagne, et RTL depuis le grand-duché du Luxembourg. C’est sur cette chaîne qu’en 1967 Ménie Grégoire, journaliste à France-Soir , lance une émission réputée novatrice « Allo Ménie, une femme parle aux femmes » qui sera le théâtre d’une expression singulière pour l’époque sur les sujets touchant à la condition féminine, à la famille et à la sexualité, tout en restant très marquée par l’atmosphère encore conservatrice du moment. Un moment charnière : écrire notre histoire à la première personne La liste des « experts » invités par Ménie Grégoire le 10 mars mérite le détour. Il y avait un curé, le père Guichat, déjà cité, un psychanalyste ainsi que le président d’Arcadie, André Baudry, Pierre Hahn, jeune journaliste, et les Frères Jacques. Pourquoi pas. Résumons : pour parler d’homosexualité, on invite – sans rire – un psy et un prêtre, l’alliance du divan et du goupillon ! C’était plus de vingt ans avant l’émergence médiatique du très réactionnaire Tony Anatrella, qui cumulait les deux fonctions avant d’être mis en cause pour le viol de ses patients. Il est frappant que la logorrhée du père Guinchat – la souffrance qui doit inspirer de la pitié mais pas de droit – ait été reprise par Christine Boutin près de trente ans plus tard pour s’opposer au Pacs. Pierre Hahn était un jeune journaliste et sera un des fondateurs du FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire). Auteur d’articles pour des magazines sur la sexualité et l’homosexualité, sujets peu courus alors, il avait publié l’année d’avant Français, encore un effort. L’homosexualité et sa répression . André Baudry, lui, fut longtemps l’une des rares voix homosexuelles en France, aux côtés de quelques artistes en vue, pas tous dotés d’une forte conscience politique. Sa quête de respectabilité pour l’homosexualité, qu’il nommait « homophilie », pesait plus sur les homosexuels eux-mêmes – les enjoignant à être respectables selon les canons de la société de l’époque – que sur la société. André Baudry n’était bien sûr pas au courant de l’irruption programmée des militantes du MLF. Il n’a pas particulièrement goûté l’exercice. Trente-cinq ans plus tard, il dit encore : « Si des types de l’extrême droite étaient venus nous interdire la parole, nous, et non pas le médecin ou le prêtre, je l’aurais compris. Mais que ce soient des homosexuels, perdus par une idéologie stupide et ridicule et inadmissible, que ce soient eux qui se soient permis de monter sur la scène, de saccager le matériel et de nous attaquer même physiquement, c’est absolument in-to-lé-rable, inadmissible. Je l’ai dit et je le répéterai jusqu’à mon dernier souffle. Ce sont des misérables petits individus qui ont porté un tort considérable à la cause homosexuelle » L’essentiel du moment charnière est là, autour de cette querelle qui constitue un passage un peu brusque d’une génération à une autre, d’une pensée militante convenue à une autre qui prône d’être visible pour être pris en considération. FHAR, « farniente et farandoles, farceurs et farfadets » Dans la foulée du coup d’éclat du 10 mars sur RTL, quelques lesbiennes – dont les héroïnes de la salle Pleyel – et quelques gays créent le FHAR. Il sera plus sagement dénommé « Front humanitaire anti-raciste » pour la Préfecture, « une association de recherches et d’études ». Dans Gai p ied Hebdo , Laurent Dispot racontera vingt ans plus tard les hésitations sur l’appellation du nouveau groupe : ils avaient d’abord pensé à « MHAR (mouvement) : “l’hétéro-flicage, y’en a MHAR !” Puis à CHAR (comité), mais René Char avait été tellement anti-pédés… Et j’ai plaidé pour FHAR (Front), à cause de farfouiller et se farcir, farniente et farandoles, farceurs et farfadets, faramineux pharynx et pharmacies farinacées, phares à paupières et fard de pharaon, fariboles de farauds devant les pharisiens. En avant pour… la vie fharisienne ! ». L’autodérision – ce merveilleux second degré, véritable oxygène spirituel – allait de pair avec la visibilité. On en trouvera de multiples traces dans les slogans des futures Gay Prides : « Union, action, programme coquin ! », « Prolétaires de tous les pays, caressez-vous ! », et j’en passe. On ira jusqu’à l’humour noir pendant les années sida avec, par exemple, le mot d’ordre de la Gay Pride de 1994 : « C’est peut-être ma dernière Gay Pride. » Revenons à RTL. C’est sans doute ici et à ce moment-là, le 10 mars, salle Pleyel ou en écoutant un poste de radio crachotant les « grandes ondes », qu’a éclos l’énergie militante qui irrigue encore le mouvement d’émancipation des personnes LGBT+ aujourd’hui. Il ne s’agit pas de prétendre que les fondateurs de cette « nébuleuse de sentiments et d’actions », pour reprendre l’expression d’Hélène Hazera, se reconnaîtraient dans les associations d’aujourd’hui. On peut même être sûr du contraire. Mais le fait est que quelques femmes et quelques hommes qui se réunissaient dans une petite chambre avant que se mette en place le traditionnel rendez-vous de l’école des Beaux-Arts ont lancé un élan en commençant à dire « je » pour écrire notre histoire à la première personne et « faire reculer l’égoïsme envahissant des forts », comme disait Jaurès. Les GLH, groupes de libération homosexuels, prendront la relève du FHAR à partir de 1974 dans un certain nombre de grandes villes en France. Puis, un peu plus tard viendra le CUARH (Comité d’urgence anti-répression homosexuel) avant que doive s’engager, hélas, la lutte contre le sida. C’est sur l’antenne de la « première radio périphérique », comme on disait alors, mais à son insu, qu’a commencé le long combat visant à faire des personnes LGBT+ des citoyen·ne·s à part entière, de l’abrogation de l’article 331-2 du Code pénal à la destruction des fichiers d’homosexuels dans les commissariats, des premières lois bannissant les discriminations à raison des mœurs à la création du Pacs, du mariage pour tous à la démédicalisation du changement judiciaire de la mention du sexe à l’état civil. Cinquante ans d’émancipation qui n’ont pas vaincu, loin de là, toutes les hostilités viscérales à l’égard des homosexualités mais qui ont changé la vie de bien des femmes et bien des hommes en la rendant simplement possible. « Elles sont puissantes les filles qui s’embrassent » Aussitôt constitué, le FHAR s’exprime rapidement. Ça sera dans le numéro du 27 avril 1971 de l’hebdomadaire « mao-spontex » Tout ! dirigé par Jean-Paul Sartre. Guy Hocquenghem racontera dans sa longue tribune publiée par Le N ouvel O bservateur en janvier 1972 : « J’ai lancé : “Faisons une série de textes pour raconter ce que nous avons vécu. Je travaille à un journal gauchiste qui s’appelle Tout !, ce sont des types assez ouverts, je les connais bien, je pense qu’ils accepteraient de les publier.” » Ils ont accepté. « La révolution totale, ce n’est pas seulement de réussir une grève sauvage, séquestrer un patron qui vous fait chier : c’est aussi accepter le bouleversement des mœurs sans restriction », peut-on lire dans la douzième livraison de Tout ! . « Un du FHAR » y raconte la « vie quotidienne chez les pédés ». Désolé Twitter, même si ça te froisse, ça fait déjà une cinquantaine d’années qu’on récupère les injures pour les démonétiser. Il raconte ce qui se passe « à la tasse du coin », prenant soin de préciser : « La tasse, c’est l’endroit où les hétérosexuels vont seulement pisser… » Autour des tasses, il fallait jongler entre les policiers et les casseurs. « J’étais l’autre soir sur le trottoir d’en face. Trois affreux jojos hétéros se pointent : “Tu vas voir, on va se marrer…” Seul un type reste dans le compartiment central de la tasse. Les trois jules lui tombent dessus. Je fonce et hurle : “Salope d’hétéros, si vous voulez cogner, la police recrute, vous pourriez jouir.” Ils me foncent dessus. Je me tire et les distance. Mon “petit frère” n’aura cette fois que les deux yeux pochés. » Sur la page d’en face, « une du FHAR » pense politique : « En dépit du chauvinisme, mâle, l’existence des lesbiennes prouve, s’il en était besoin, qu’une femme peut vivre en dehors du système des valeurs masculines sans devenir pour cela un objet de pitié. Ainsi, notre place est actuellement à l’intersection des mouvements qui libèreront les femmes et les homosexuels. Le pouvoir que nous revendiquons est celui de nous réaliser. Elles sont puissantes les filles qui s’embrassent ! » Le numéro sera saisi par les autorités et suscitera un courrier abondant des lecteurs, la plupart du temps offusqués. N’empêche, la parole est prise et ne sera plus lâchée. Les militants du FHAR publieront ensuite, en novembre 1971, le Rapport sur la normalité aux éditions Champ Libre. Le ministre de l’Intérieur du gouvernement Chaban-Delmas, Raymond Marcellin, fera interdire la vente du livre aux mineurs. Ce sera ensuite la tribune de Guy Hocquenghem dans Le N ouvel O bservateur en janvier 1972, on l’a vu, puis un des groupes du FHAR publiera à partir de 1972 un journal, Fléau social, titre en forme de pied de nez à la loi de 1960 qui décrète que l’homosexualité est un fléau social. Le FHAR s’exprimera ensuite dans Actuel dont la une du numéro de novembre 1972 est barré d’un « MLF, FHAR, la débandade du phallus ! ». Et ainsi de suite. L’Express publiera le premier sondage, réalisé par la Sofres, sur « les Français et les homosexuels » le 20 janvier 1975. Pour 64% des personnes interrogées, l’homosexualité est soit « une maladie », soit « une perversion ». Seuls 24% considèrent que « c’est une manière acceptable de vivre sa sexualité ». La dernière fois que cette question a été posée, par l’Ifop cette fois, en juin 2019, les réponses étaient plus qu’inversées. 15% la voient comme « une maladie » ou « une perversion » tandis que pour 85% des personnes interrogées « l’homosexualité est une manière comme une autre de vivre sa sexualité ». Pour paraphraser Gloria Steinem et répondre un peu à André Baudry, il ne fallait pas demander aux personnes LGBT+ de s’adapter au monde mais demander au monde de s’adapter aux personnes LGBT+. « Nous voulons la liberté pour nous et vous » Si je ne devais retenir qu’une chose de cet épisode, en plus du rôle prépondérant des femmes et des lesbiennes, c’est l’expression d’une militante peu avant l’interruption de l’émission : « Nous voulons la liberté pour nous et vous ! » Car c’est le propre de ces combats de libérer dans un même mouvement victimes et bourreaux. Il en va de même pour le sexisme, le racisme, l’antisémitisme… Ce sont des combats complexes, longs. Il faut contourner bien des chausse-trappes, déjouer bien des procès d’intention, envisager un autre regard sur l’histoire, accepter l’augure que l’Autre pourrait avoir raison… Remettre en cause ses clichés, réinterroger ses préjugés – nous en avons tous – est un effort. Mais, en dehors de cet effort, qui a souffert de la pénalisation des LGBTphobies ? Qui a souffert de la création du Pacs ? Qui a souffert de l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe ? Qui a souffert de l’ouverture d’un chemin juridique sans condition médicale pour modifier la mention de son sexe à l’état civil ? Qui souffrira, demain, d’une PMA enfin accessible à toutes les femmes ? La réponse est éternellement simple : personne. C’est d’ailleurs pour ça que l’accusation de « communautarisme », que l’on sort à tout bout de champ en France et qui n’a pas épargné le mouvement LGBT+, s’avère un grave contresens. Grave parce que dans l’imaginaire politique de notre pays, être « communautariste », c’est être anti-républicain donc anti-démocratie. L’accusation est lourde en plus d’être injuste et artificielle. Car, au fond, chacun sait que dans une société les groupes se forment et se déforment au gré des besoins de solidarité, de la nécessité de se parler et de parler à la société. Ils n’entament ni la République ni l’universelle dignité humaine. Mieux, ils les nourrissent et les renforcent en permettant à des populations discriminées d’accéder à cette universelle dignité, de bénéficier de la plénitude des droits attachés à l’humain. Nous voilà loin du superflu et du « séparatisme ». Pour aller plus loin : Marie-Jo Bonnet, Les R elations amoureuses entre les femmes, XVI e -XX e siècle, Paris, Odile Jacob, 1995 Philippe Chassaigne, Les Année s 1970. Une décennie révolutionnaire, Paris, Armand Colin, 2018 Alice Coffin, Le G énie lesbien, Paris, Grasset, 2020 Catherine Deudon, Un mouvement à soi . I mages du mouvement des femmes, 1970-2001 , Paris Syllepse, 2003 Jacques Girard, Le M ouvement homosexuel en France : 1945-1980, Paris, Syros, 1981 Ménie Grégoire, Comme une lame de fond. 100 000 lettres qui disent le mal-être des corps et des cœurs, 1967-1981 , Paris, Calmann-Levy, 2007 Antoine Idier, LGBT+, Archives des mouvements LGBT+. U ne histoire de luttes de 1890 à nos jours, Paris, Textuel, 2018 Antoine Idier, Les V ies de Guy Hocquenghem . P olitique, sexualité, culture , Paris, Fayard, 2017 Jean Le Bitoux, Hervé Chevaux et Bruno Proth, Citoyens de seconde zone , Paris, Hachette, 2003 Frédéric Martel, Le R ose et le N oir , Paris, Seuil, 1996 Annie de Pisan et Anne Tristan, Histoires du MLF, Paris, Calmann-Levy, 1977 Yannick Ripa, Histoire féminine de la France, de la révolution à la loi Veil , Paris, Belin, 2020 Michael Sibalis, « L’arrivée de la libération gay en France. Le Front homosexuel d’action révolutionnaire », Genre, sexualité et société , vol. 3, printemps 2010 Gloria Steinem, Ma vie sur la route . M émoires d’une icône féministe , Paris, Harper Collins, 2020 Du même auteur Société Arc-en-ciel par temps d’orage : les droits LGBTI+ dans le viseur des mouvements illibéraux en Europe Flora Bolter, Amandine Clavaud, Denis Quinqueton 28/06/2025 4 min Société Coming out : toutes les vies comptent ! Denis Quinqueton 09/10/2024 14 min Société La fabrique des peurs : comment protéger l’enfance d’une vague transphobe ? Mika Alison, Nathanaël Bignon, Flora Bolter, M. A. Mahoudeau, Denis Quinqueton 22/05/2024 30 min Voir tout Sur le même thème Société Que vive la laïcité ! 50 contributions pour les 120 ans de la loi de 1905 Hadrien Brachet, Iannis Roder, Laurence Rossignol, Milan Sen 08/12/2025 Société Le sport dans les JT, le profit plutôt que l’info Matthieu Deprieck 05/12/2025 11 min Société Et si le rural inspirait l’urbain ? 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Il y a cinquante ans, le « commando saucisson » du MLF à l’assaut d’« Allo Ménie » sur RTL - Fondation Jean-Jaurès Favoris Télécharger Denis Quinqueton Suivre Il y a cinquante ans jour pour jour, le 10 mars 1971, le « commando saucisson » du MLF a perturbé et finalement interrompu, en direct sur RTL, l’émission « Allo Ménie » consacrée à l’homosexualité. Retour avec Denis Quinqueton, co-directeur de l’Observatoire LGBT+ de la Fondation, sur ce « Stonewall radiophonique » qui marque le premier acte des cinq décennies de combat revendicatif pour que les personnes LGBT+ deviennent des citoyen·ne·s à part entière. Alors que le Parlement européen délibère aujourd’hui même pour proclamer – ou pas – l’Union européenne comme « zone de liberté LGBTQI », revenons sur ce qui s’est passé il y a cinquante ans jour pour jour. Le 10 mars 1971, le « commando saucisson » du MLF a perturbé et finalement interrompu, en direct sur RTL, l’émission « Allo Ménie » consacrée à l’homosexualité. Ce faisant, les militantes déterminées ont ouvert une nouvelle époque dans la lutte pour l’émancipation des individus. Une époque où les lesbiennes et les homosexuels vont vouloir ne plus raser les murs, sortir du déni où la société les tenait enfermés. Comme son prédécesseur américain de 1969, ce « Stonewall radiophonique » remet en cause l’approche pseudo-psychologique et pseudo-médicale des homosexualités ainsi que le monopole social du modèle hétéronormé. C’est le premier acte des cinq décennies de combat revendicatif pour que les personnes LGBT+ deviennent des citoyen·ne·s à part entière. Mercredi 10 mars 1971 à partir de 14 h 30, l’émission de Ménie Grégoire, « Allo Ménie », consacrée à l’homosexualité, est diffusée sur RTL en direct de la salle Pleyel à Paris. La journaliste vedette clôt ainsi une série d’émissions spéciales en public organisées dans toute la France sur différents thèmes comme le couple, la condition féminine, les enfants, l’adultère… Les émissions commençaient par une heure de débat hors antenne suivie d’une dernière demi-heure diffusée en direct, sur le créneau habituel de son émission quotidienne. Il est 14 h 35 quand l’un des invités de Ménie Grégoire, le père Guichat, ronronne la commisération que lui inspire l’homosexualité : « Moi aussi, j’accueille beaucoup d’homosexuels, mes confrères également, et qui viennent parler de leurs souffrances, cette souffrance-là, on ne peut pas y être insensible… » Une voix de femme, outrée, venue du public, l’interrompt : « Ne parlez plus de notre souffrance ! » C’est la militante féministe Anne-Marie Fauret qui s’invite ainsi dans le propos sacerdotal. On entend alors monter un brouhaha tandis que Ménie Grégoire tente de ne pas perdre le contrôle de la situation : « Écoutez, alors là, je dis qu’il y a une chose tout à fait extraordinaire qui se passe, puisque la foule a envahi la tribune et que des homosexuels… » Pierre Hahn attrape un micro : « Liberté ! Liberté ! » Ménie Grégoire ne renonce pas : « Des homosexuels de tout ordre, hommes et femmes… » Une voix féminine l’interrompt à présent : « Nous demandons la liberté pour nous et vous ! » Puis une autre encore : « Battez-vous ! Battez-vous ! » La retransmission est interrompue. Les lesbiennes en première ligne d’un coup d’éclat de vie Les auditrices et les auditeurs de RTL entendirent le générique de fin de l’émission « Allo Ménie » vingt bonnes minutes avant l’heure habituelle. Ils venaient d’assister sans le savoir au « Stonewall français », à peine deux ans après les émeutes de Christopher Street outre-Atlantique. Cet événement est une rupture dans notre société : des voix se sont élevées pour réfuter le surplomb, contester la médicalisation et la psychologisation, refuser l’invisibilité de l’homosexualité. Ces voix-là sont des voix de femmes. Grâce à la photographe et militante Catherine Deudon, nous connaissons les femmes du 10 mars, militantes du tout nouveau MLF. Nous connaissons leurs noms et leurs visages puisqu’elle a immortalisé leur joyeux bras dessus, bras dessous à la sortie de la salle Pleyel. Elles avaient raison d’être joyeuses car ce coup d’éclat est un coup d’éclat de vie qui permet d’imaginer mettre un terme au silence plombant la vie des lesbiennes et des gays. Sur la photo, on voit Marie-Françoise Brumeau ( alias Maffra), Christine Delphy, Monique Wittig, Élisabeth Salvaresi, Anne-Marie Fauret, Antoinette Fouque, auxquelles s’ajoutent celle qui tenait l’appareil photo, Catherine Deudon, et le journaliste qui avait fourni tout ce petit monde en invitations nécessaires pour prendre place dans le public, Pierre Hahn. Les militantes lesbiennes formant l’essentiel de la troupe de la salle Pleyel ne venaient pas de nulle part. En rupture d’Arcadie, le mouvement d’André Baudry qui les jugeait « trop politisées », elles avaient rejoint le MLF naissant avec l’idée – juste – que, s’agissant d’émancipation, c’est bien de la politique qu’il fallait faire. Le vendredi de la semaine précédente, elles étaient allées perturber un meeting anti-IVG que l’association réactionnaire « Laissez-les vivre » organisait au Palais de la Mutualité. Comme souvent pour ce type de mouvements, ce sont des groupes de nervis d’extrême droite – là, d’Ordre nouveau – qui assurent le service d’ordre. En allant porter la contradiction, il fallait donc prévoir de se défendre. Françoise d’Eaubonne explique à ses camarades que des bâtons ou des barres de fer les feraient tomber sous le coup de la loi, mais qu’un saucisson sec manié avec dextérité et détermination peut produire un effet approchant assez convaincant. Les voilà, le 5 mars à la Mutualité armé·e·s d’un saucisson. Ainsi est né le surnom de « commando saucisson ». Le Monde rapporte l’échauffourée dans son numéro du lendemain soir : « En moins de cinq minutes, gauchistes et service d’ordre en venaient aux mains, d’abord dans les couloirs, puis dans l’intérieur même de la salle. Aux matraques du service d’ordre, les manifestants, pour la plupart tête nue, opposèrent des munitions de fortune. » En effet. Un compte rendu fantasque dans France-Soir France-Soir , où travaillait également Ménie Grégoire et qui était à l’époque la propriété d’Hachette, fera le surlendemain un récit assez fantasque de l’événement. C’est à la page 3 du quotidien du 12 mars, entre le verdict du procès de trafiquants d’héroïne à Nice, un lynchage raciste à Paris et une épidémie de méningite dans une école de Clermont-Ferrand. Sous la rubrique « Les choses de la vie » ( sic ), l’article signé Gérard Le Scour est titré : « Salle Pleyel, aux cris de “les travestis avec nous”, des homosexuels en colère interrompent une émission publique sur leurs problèmes ». « Une trentaine de personnes, “des homosexuels de tout ordre”, raconte Ménie Grégoire, montèrent à l’assaut de l’estrade, bousculant tables, chaises et orateurs ». Le récit se poursuit et se corse : « Une jeune femme habillée à la garçonne cognait la tête du pauvre curé sur la table. Ménie Grégoire devait s’accrocher tant bien que mal à son micro, cependant qu’une “furie” la tirait par les vêtements en hurlant “Liberté, Liberté !”. Volant au secours de Ménie, l’ingénieur du son tentait de déséquilibrer la contestataire, tandis que, très énervé, un jeune éphèbe, chemise rose à liseré violet, l’interpellait : “Vous les hommes, vous vous attaquez toujours aux femmes.” » En plus d’une évocation rocambolesque de l’événement, ce passage de l’article donne une idée de la manière dont on parlait – et dont on appréhendait – l’homosexualité à l’époque. Les filles étaient, bien sûr, des « garçonnes » ou des « furies », tandis que garçons étaient fatalement des « éphèbes ». Dans la France du début des années 1970, la sexualité des femmes, en dehors des enjeux procréatifs, ne se dit pas et ne se voit pas. Les lesbiennes, a fortiori , n’étaient tout simplement pas envisagées, pas reconnues, à peine désignées et toujours sulfureuses puisque explorant une sexualité sans homme. « Même la grande et sublime Sappho, qui a pourtant vécu il y a plus de vingt siècles, sent le soufre. On l’admire comme poétesse, on la condamne pour ses amours. Que n’a-t-on écrit sur elle, manipulant sa biographie, afin de la rendre acceptable ! On lui a même inventé une passion pour un homme à la fin de sa vie », écrit l’historienne Marie-Jo Bonnet. C’est en effet par le « saut de Leucade » que Sappho est d’abord représentée, comme s’il fallait une passion pour un homme, jusqu’au suicide, pour que la poétesse puisse réellement avoir sa place dans l’histoire littéraire et artistique – une place d’objet et non de sujet, d’autrice. Rien que le mot – « lesbienne » – hystérise, hier comme aujourd’hui, bien des hommes. « Lorsque nous avons créé la Conférence européenne lesbienne en 2016, les grandes fondations et institutions nous ont demandé si nous étions certaines de vouloir employer ce terme », raconte l’activiste Alice Coffin. Ajoutons, toujours sur le mot – « lesbienne » –, que son référencement sur Internet est pollué par les pléthoriques productions pornographiques pour hommes prétendant en représenter. Ce qui signifie que les recherches du mot – « lesbienne » – renvoient numériquement avant tout aux fantasmes d’un certain nombre d’hommes. Il faudra la détermination du collectif SEO Lesbienne pour que les algorithmes de Google n’orientent plus systématiquement vers des sites pornographiques quand on saisit ces neuf lettres dans le moteur de recherche. Les lesbiennes sont bel et bien un déni dans le déni où la société enfermait l’homosexualité. L’enjeu autour de l’homosexualité masculine était différent. La psychologie de bazar reprenant les poncifs de la théorie sexuelle de Freud assimilait homosexualité féminine comme masculine à une « maladie » liée à un développement affectif incomplet : les femmes parce qu’elles s’accrocheraient trop au clitoris, « prototype de l’organe inférieur » selon Freud – Marie Bonaparte, poussant la logique jusqu’au bout, préconisait la clitoridectomie dans les années 1930 – et les hommes, parce que leur désir, bloqué à l’adolescence, se porterait vers des éphèbes. Ajoutons qu’il n’était pas rare de confondre homosexualité et pédocriminalité, le mot « pédérastie », qui était alors courant, renvoyant indifféremment aux deux. Il est également vrai que, dans ces années où était bousculée la morale patriarcale bourgeoise, grande était la tentation de ranger pêle-mêle et dans le même sac tous les anciens interdits. Le milieu militant s’est d’ailleurs vivement déchiré sur le sujet tout au long des années 1970. C’est ainsi que l’on retrouve, quand le journal Elle organise un débat dans ses colonnes en prélude à l’émission « Les dossiers de l’écran » consacrée à l’homosexualité, parmi les invités un certain Gabriel Matzneff – je cite – « expert dans les tourments adolescents… Des psychiatres et des médecins ont écrit des tartines sur les causes de l’homosexualité pendant des décennies, sûrs de leur « savoir ». Dans les motifs de ce fameux « blocage à l’adolescence », on cherchait des causes génétiques – il me semble que l’on en cherche encore aujourd’hui –, des raisons familiales – pourquoi se priver de culpabiliser les parents après avoir condamné leurs rejetons ? – comme l’absence du père ou la présence trop envahissante de la mère. L’homosexualité féminine, traitée par le même silence et le même mépris que le désir féminin en général, est dans une large mesure invisibilisée ou disqualifiée comme le simple prélude à une « vraie » sexualité avec un homme. Mais il se trouve toujours des personnes pour prétendre la « guérir » – par l’excision au début du XX e siècle, par les « viols correctifs » dans certaines cultures aujourd’hui encore. L’homosexualité masculine, quant à elle, a donné lieu à un impressionnant concours Lépine dont les trouvailles hasardeuses fondent encore aujourd’hui les « thérapies de conversion » promues par des milieux catholiques extrémistes. C’est qu’il fallait, et qu’il faut encore ici ou là, à toute force, pour des raisons qui échappent à tout entendement, « guérir » l’homosexualité au lieu de convenir qu’elle fait bel et bien partie de l’aventure humaine. On en était loin dans la France du début des seventies . France 1971, une autre époque… 10 mars 1971. Ça fait tout juste quatre mois que le général de Gaulle est mort. Les élections municipales approchent à grand pas, le premier tour a été fixé au dimanche 14 mars. François Mitterrand n’est pas encore membre du Parti socialiste et achève son premier mandat de maire de Château-Chinon. Le président Pompidou a choisi, sans trop y croire, le fringuant Jacques Chaban-Delmas comme Premier ministre. Sa « nouvelle société, fondée sur la générosité et la liberté » reste à distance de toute esquisse de révolution féministe. Citons tout de même la loi du 4 juin 1970 qui remplace, dans le livre I er du Code civil, la notion de « chef de famille » par celle d’« autorité parentale » exercée « pendant le mariage » par « les père et mère », tout de même mentionnés dans cet ordre. La révolution échevelée demeure soigneusement peignée avec la raie à droite ! Le divorce par consentement mutuel n’existe pas et l’interruption volontaire de grossesse est toujours un crime puni de six mois à trois ans de prison pour la femme ayant voulu interrompre sa grossesse, aux termes des lois du 29 juillet 1920 et du 27 mars 1923. La loi du 6 août 1942 créant un délit de relations homosexuelles est, elle aussi, toujours en vigueur, le gouvernement provisoire ayant considéré, à la Libération, que « cette réforme ne saurait en son principe appeler aucune critique ». Des centaines d’hommes auront maille à partir avec la police et la justice, au cours de l’année, sur le seul fondement de cet alinéa du Code pénal. Contraints à une forme de clandestinité sociale afin d’éviter l’opprobre et des ennuis judiciaires, les gays sont toujours coincés dans les toilettes, si j’ose écrire. La tradition des « tasses » comme un des épicentres de la vie sociale homosexuelle masculine perdure, comme l’évoque Marc Martin dans son récent travail artistique et historique : « Elles sont davantage synonymes de honte que de fierté au sein même de la communauté homosexuelle. Pourtant, ces édifices, qui se confondent avec les aventures de nombreux gays, travestis, prostitués, libertaires, offraient une liberté échappant à tout enjeu économique. Ces lieux de passage et de sociabilité atypique voyaient les classes sociales s’estomper, les cultures se mélanger… » En 1971 toujours, le concours de l’école Polytechnique reste réservé aux hommes pour un an encore et les écoles ne sont qu’exceptionnellement mixtes puisqu’il faudra attendre 1976 pour la généralisation de ce principe. Le téléphone est encore rare, seuls 15% des foyers en sont équipés, la moitié des foyers de cadres dirigeants et chefs d’entreprise et moins de 5% des foyers ouvriers, détaille l’Insee. À peine plus d’un foyer sur deux est équipé d’un aspirateur et la carte bleue balbutiante est encore un suspicieux moyen de paiement. Les ordinateurs fonctionnent à l’aide de cartes perforées qui ne disent désormais plus rien à personne. Les six membres de la Communauté économique européenne n’ont pas encore accepté la candidature du Royaume-Uni. Alors que les deux chaînes de la télévision française ne parviennent pas toutes les deux aux 11 millions de foyers déjà équipés d’un téléviseur – une histoire de puissance d’émetteur, il me semble –, la deuxième chaîne s’apprête à diffuser le premier épisode de la série tirée de l’œuvre de Maurice Leblanc, « Arsène Lupin », superbement revisité tout récemment par François Uzan et Omar Sy. Le paysage radiophonique est, lui aussi, encore sévèrement corseté avec les chaînes de l’ORTF et les radios privées périphériques dont l’État est souvent actionnaire : RMC émettant depuis la principauté de Monaco, Europe n°1, depuis la Sarre, en République fédérale d’Allemagne, et RTL depuis le grand-duché du Luxembourg. C’est sur cette chaîne qu’en 1967 Ménie Grégoire, journaliste à France-Soir , lance une émission réputée novatrice « Allo Ménie, une femme parle aux femmes » qui sera le théâtre d’une expression singulière pour l’époque sur les sujets touchant à la condition féminine, à la famille et à la sexualité, tout en restant très marquée par l’atmosphère encore conservatrice du moment. Un moment charnière : écrire notre histoire à la première personne La liste des « experts » invités par Ménie Grégoire le 10 mars mérite le détour. Il y avait un curé, le père Guichat, déjà cité, un psychanalyste ainsi que le président d’Arcadie, André Baudry, Pierre Hahn, jeune journaliste, et les Frères Jacques. Pourquoi pas. Résumons : pour parler d’homosexualité, on invite – sans rire – un psy et un prêtre, l’alliance du divan et du goupillon ! C’était plus de vingt ans avant l’émergence médiatique du très réactionnaire Tony Anatrella, qui cumulait les deux fonctions avant d’être mis en cause pour le viol de ses patients. Il est frappant que la logorrhée du père Guinchat – la souffrance qui doit inspirer de la pitié mais pas de droit – ait été reprise par Christine Boutin près de trente ans plus tard pour s’opposer au Pacs. Pierre Hahn était un jeune journaliste et sera un des fondateurs du FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire). Auteur d’articles pour des magazines sur la sexualité et l’homosexualité, sujets peu courus alors, il avait publié l’année d’avant Français, encore un effort. L’homosexualité et sa répression . André Baudry, lui, fut longtemps l’une des rares voix homosexuelles en France, aux côtés de quelques artistes en vue, pas tous dotés d’une forte conscience politique. Sa quête de respectabilité pour l’homosexualité, qu’il nommait « homophilie », pesait plus sur les homosexuels eux-mêmes – les enjoignant à être respectables selon les canons de la société de l’époque – que sur la société. André Baudry n’était bien sûr pas au courant de l’irruption programmée des militantes du MLF. Il n’a pas particulièrement goûté l’exercice. Trente-cinq ans plus tard, il dit encore : « Si des types de l’extrême droite étaient venus nous interdire la parole, nous, et non pas le médecin ou le prêtre, je l’aurais compris. Mais que ce soient des homosexuels, perdus par une idéologie stupide et ridicule et inadmissible, que ce soient eux qui se soient permis de monter sur la scène, de saccager le matériel et de nous attaquer même physiquement, c’est absolument in-to-lé-rable, inadmissible. Je l’ai dit et je le répéterai jusqu’à mon dernier souffle. Ce sont des misérables petits individus qui ont porté un tort considérable à la cause homosexuelle » L’essentiel du moment charnière est là, autour de cette querelle qui constitue un passage un peu brusque d’une génération à une autre, d’une pensée militante convenue à une autre qui prône d’être visible pour être pris en considération. FHAR, « farniente et farandoles, farceurs et farfadets » Dans la foulée du coup d’éclat du 10 mars sur RTL, quelques lesbiennes – dont les héroïnes de la salle Pleyel – et quelques gays créent le FHAR. Il sera plus sagement dénommé « Front humanitaire anti-raciste » pour la Préfecture, « une association de recherches et d’études ». Dans Gai p ied Hebdo , Laurent Dispot racontera vingt ans plus tard les hésitations sur l’appellation du nouveau groupe : ils avaient d’abord pensé à « MHAR (mouvement) : “l’hétéro-flicage, y’en a MHAR !” Puis à CHAR (comité), mais René Char avait été tellement anti-pédés… Et j’ai plaidé pour FHAR (Front), à cause de farfouiller et se farcir, farniente et farandoles, farceurs et farfadets, faramineux pharynx et pharmacies farinacées, phares à paupières et fard de pharaon, fariboles de farauds devant les pharisiens. En avant pour… la vie fharisienne ! ». L’autodérision – ce merveilleux second degré, véritable oxygène spirituel – allait de pair avec la visibilité. On en trouvera de multiples traces dans les slogans des futures Gay Prides : « Union, action, programme coquin ! », « Prolétaires de tous les pays, caressez-vous ! », et j’en passe. On ira jusqu’à l’humour noir pendant les années sida avec, par exemple, le mot d’ordre de la Gay Pride de 1994 : « C’est peut-être ma dernière Gay Pride. » Revenons à RTL. C’est sans doute ici et à ce moment-là, le 10 mars, salle Pleyel ou en écoutant un poste de radio crachotant les « grandes ondes », qu’a éclos l’énergie militante qui irrigue encore le mouvement d’émancipation des personnes LGBT+ aujourd’hui. Il ne s’agit pas de prétendre que les fondateurs de cette « nébuleuse de sentiments et d’actions », pour reprendre l’expression d’Hélène Hazera, se reconnaîtraient dans les associations d’aujourd’hui. On peut même être sûr du contraire. Mais le fait est que quelques femmes et quelques hommes qui se réunissaient dans une petite chambre avant que se mette en place le traditionnel rendez-vous de l’école des Beaux-Arts ont lancé un élan en commençant à dire « je » pour écrire notre histoire à la première personne et « faire reculer l’égoïsme envahissant des forts », comme disait Jaurès. Les GLH, groupes de libération homosexuels, prendront la relève du FHAR à partir de 1974 dans un certain nombre de grandes villes en France. Puis, un peu plus tard viendra le CUARH (Comité d’urgence anti-répression homosexuel) avant que doive s’engager, hélas, la lutte contre le sida. C’est sur l’antenne de la « première radio périphérique », comme on disait alors, mais à son insu, qu’a commencé le long combat visant à faire des personnes LGBT+ des citoyen·ne·s à part entière, de l’abrogation de l’article 331-2 du Code pénal à la destruction des fichiers d’homosexuels dans les commissariats, des premières lois bannissant les discriminations à raison des mœurs à la création du Pacs, du mariage pour tous à la démédicalisation du changement judiciaire de la mention du sexe à l’état civil. Cinquante ans d’émancipation qui n’ont pas vaincu, loin de là, toutes les hostilités viscérales à l’égard des homosexualités mais qui ont changé la vie de bien des femmes et bien des hommes en la rendant simplement possible. « Elles sont puissantes les filles qui s’embrassent » Aussitôt constitué, le FHAR s’exprime rapidement. Ça sera dans le numéro du 27 avril 1971 de l’hebdomadaire « mao-spontex » Tout ! dirigé par Jean-Paul Sartre. Guy Hocquenghem racontera dans sa longue tribune publiée par Le N ouvel O bservateur en janvier 1972 : « J’ai lancé : “Faisons une série de textes pour raconter ce que nous avons vécu. Je travaille à un journal gauchiste qui s’appelle Tout !, ce sont des types assez ouverts, je les connais bien, je pense qu’ils accepteraient de les publier.” » Ils ont accepté. « La révolution totale, ce n’est pas seulement de réussir une grève sauvage, séquestrer un patron qui vous fait chier : c’est aussi accepter le bouleversement des mœurs sans restriction », peut-on lire dans la douzième livraison de Tout ! . « Un du FHAR » y raconte la « vie quotidienne chez les pédés ». Désolé Twitter, même si ça te froisse, ça fait déjà une cinquantaine d’années qu’on récupère les injures pour les démonétiser. Il raconte ce qui se passe « à la tasse du coin », prenant soin de préciser : « La tasse, c’est l’endroit où les hétérosexuels vont seulement pisser… » Autour des tasses, il fallait jongler entre les policiers et les casseurs. « J’étais l’autre soir sur le trottoir d’en face. Trois affreux jojos hétéros se pointent : “Tu vas voir, on va se marrer…” Seul un type reste dans le compartiment central de la tasse. Les trois jules lui tombent dessus. Je fonce et hurle : “Salope d’hétéros, si vous voulez cogner, la police recrute, vous pourriez jouir.” Ils me foncent dessus. Je me tire et les distance. Mon “petit frère” n’aura cette fois que les deux yeux pochés. » Sur la page d’en face, « une du FHAR » pense politique : « En dépit du chauvinisme, mâle, l’existence des lesbiennes prouve, s’il en était besoin, qu’une femme peut vivre en dehors du système des valeurs masculines sans devenir pour cela un objet de pitié. Ainsi, notre place est actuellement à l’intersection des mouvements qui libèreront les femmes et les homosexuels. Le pouvoir que nous revendiquons est celui de nous réaliser. Elles sont puissantes les filles qui s’embrassent ! » Le numéro sera saisi par les autorités et suscitera un courrier abondant des lecteurs, la plupart du temps offusqués. N’empêche, la parole est prise et ne sera plus lâchée. Les militants du FHAR publieront ensuite, en novembre 1971, le Rapport sur la normalité aux éditions Champ Libre. Le ministre de l’Intérieur du gouvernement Chaban-Delmas, Raymond Marcellin, fera interdire la vente du livre aux mineurs. Ce sera ensuite la tribune de Guy Hocquenghem dans Le N ouvel O bservateur en janvier 1972, on l’a vu, puis un des groupes du FHAR publiera à partir de 1972 un journal, Fléau social, titre en forme de pied de nez à la loi de 1960 qui décrète que l’homosexualité est un fléau social. Le FHAR s’exprimera ensuite dans Actuel dont la une du numéro de novembre 1972 est barré d’un « MLF, FHAR, la débandade du phallus ! ». Et ainsi de suite. L’Express publiera le premier sondage, réalisé par la Sofres, sur « les Français et les homosexuels » le 20 janvier 1975. Pour 64% des personnes interrogées, l’homosexualité est soit « une maladie », soit « une perversion ». Seuls 24% considèrent que « c’est une manière acceptable de vivre sa sexualité ». La dernière fois que cette question a été posée, par l’Ifop cette fois, en juin 2019, les réponses étaient plus qu’inversées. 15% la voient comme « une maladie » ou « une perversion » tandis que pour 85% des personnes interrogées « l’homosexualité est une manière comme une autre de vivre sa sexualité ». Pour paraphraser Gloria Steinem et répondre un peu à André Baudry, il ne fallait pas demander aux personnes LGBT+ de s’adapter au monde mais demander au monde de s’adapter aux personnes LGBT+. « Nous voulons la liberté pour nous et vous » Si je ne devais retenir qu’une chose de cet épisode, en plus du rôle prépondérant des femmes et des lesbiennes, c’est l’expression d’une militante peu avant l’interruption de l’émission : « Nous voulons la liberté pour nous et vous ! » Car c’est le propre de ces combats de libérer dans un même mouvement victimes et bourreaux. Il en va de même pour le sexisme, le racisme, l’antisémitisme… Ce sont des combats complexes, longs. Il faut contourner bien des chausse-trappes, déjouer bien des procès d’intention, envisager un autre regard sur l’histoire, accepter l’augure que l’Autre pourrait avoir raison… Remettre en cause ses clichés, réinterroger ses préjugés – nous en avons tous – est un effort. Mais, en dehors de cet effort, qui a souffert de la pénalisation des LGBTphobies ? Qui a souffert de la création du Pacs ? Qui a souffert de l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe ? Qui a souffert de l’ouverture d’un chemin juridique sans condition médicale pour modifier la mention de son sexe à l’état civil ? Qui souffrira, demain, d’une PMA enfin accessible à toutes les femmes ? La réponse est éternellement simple : personne. C’est d’ailleurs pour ça que l’accusation de « communautarisme », que l’on sort à tout bout de champ en France et qui n’a pas épargné le mouvement LGBT+, s’avère un grave contresens. Grave parce que dans l’imaginaire politique de notre pays, être « communautariste », c’est être anti-républicain donc anti-démocratie. L’accusation est lourde en plus d’être injuste et artificielle. Car, au fond, chacun sait que dans une société les groupes se forment et se déforment au gré des besoins de solidarité, de la nécessité de se parler et de parler à la société. Ils n’entament ni la République ni l’universelle dignité humaine. Mieux, ils les nourrissent et les renforcent en permettant à des populations discriminées d’accéder à cette universelle dignité, de bénéficier de la plénitude des droits attachés à l’humain. Nous voilà loin du superflu et du « séparatisme ». Pour aller plus loin : Marie-Jo Bonnet, Les R elations amoureuses entre les femmes, XVI e -XX e siècle, Paris, Odile Jacob, 1995 Philippe Chassaigne, Les Année s 1970. Une décennie révolutionnaire, Paris, Armand Colin, 2018 Alice Coffin, Le G énie lesbien, Paris, Grasset, 2020 Catherine Deudon, Un mouvement à soi . I mages du mouvement des femmes, 1970-2001 , Paris Syllepse, 2003 Jacques Girard, Le M ouvement homosexuel en France : 1945-1980, Paris, Syros, 1981 Ménie Grégoire, Comme une lame de fond. 100 000 lettres qui disent le mal-être des corps et des cœurs, 1967-1981 , Paris, Calmann-Levy, 2007 Antoine Idier, LGBT+, Archives des mouvements LGBT+. U ne histoire de luttes de 1890 à nos jours, Paris, Textuel, 2018 Antoine Idier, Les V ies de Guy Hocquenghem . P olitique, sexualité, culture , Paris, Fayard, 2017 Jean Le Bitoux, Hervé Chevaux et Bruno Proth, Citoyens de seconde zone , Paris, Hachette, 2003 Frédéric Martel, Le R ose et le N oir , Paris, Seuil, 1996 Annie de Pisan et Anne Tristan, Histoires du MLF, Paris, Calmann-Levy, 1977 Yannick Ripa, Histoire féminine de la France, de la révolution à la loi Veil , Paris, Belin, 2020 Michael Sibalis, « L’arrivée de la libération gay en France. Le Front homosexuel d’action révolutionnaire », Genre, sexualité et société , vol. 3, printemps 2010 Gloria Steinem, Ma vie sur la route . M émoires d’une icône féministe , Paris, Harper Collins, 2020 Du même auteur Société Arc-en-ciel par temps d’orage : les droits LGBTI+ dans le viseur des mouvements illibéraux en Europe Flora Bolter, Amandine Clavaud, Denis Quinqueton 28/06/2025 4 min Société Coming out : toutes les vies comptent ! Denis Quinqueton 09/10/2024 14 min Société La fabrique des peurs : comment protéger l’enfance d’une vague transphobe ? Mika Alison, Nathanaël Bignon, Flora Bolter, M. A. Mahoudeau, Denis Quinqueton 22/05/2024 30 min Voir tout Sur le même thème Société Que vive la laïcité ! 50 contributions pour les 120 ans de la loi de 1905 Hadrien Brachet, Iannis Roder, Laurence Rossignol, Milan Sen 08/12/2025 Société Le sport dans les JT, le profit plutôt que l’info Matthieu Deprieck 05/12/2025 11 min Société Et si le rural inspirait l’urbain ? 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5 choses que vous ne saviez pas sur les hyènes 5 choses que vous ne saviez pas sur les hyènes Article de - Moussaddiq 18h19 9 septembre 2020 Safari Les hyènes ressemblent à des chiens, mais elles sont plus proches des félins. Elles font partie des animaux sauvages que vous pourrez observer lors de votre safari en Tanzanie. Il n'y a peut-être pas d'autre créature africaine plus méconnue que la hyène. Oh, les hyènes ! dites-vous. Mais elles sont maléfiques, trompeuses et cannibales ! dites-vous. Ce chien bagarreur, ce rire affreux et diabolique, et ce sourire malicieux et acéré – à quoi servent-ils ? Pour tenter de mettre fin une fois pour toutes à un tel stigmate injuste, voici votre briefing essentiel sur la hyène, probablement l'animal le plus méconnu que vous verrez en safari. Présentation de la hyène : le génie chasseur matriarcal et incompris Pour commencer, voici quelques éléments essentiels pour vous orienter avec la hyène : – Nom de l’espèce : Hyène tachetée ( Crotus crotus ) est l'espèce de hyène la plus commune en Tanzanie. Il existe quatre espèces de hyènes (tachetée, rayée, brune et protèle). – Durée de vie moyenne : 25 ans - Taille: 2,5 à 3 pieds à l'épaule, 90 à 190 livres. Il peut atteindre 4 à 6 pieds de long. – Population estimée : Dans le monde : plus de 10 000 ; Tanzanie : 7 000 Serengeti ; 400-500 dans le Ngorongoro ; 3 000 à 4 000 ailleurs. Observez les hyènes de près – Réservez un safari ! 5 faits époustouflants sur les hyènes pour impressionner votre groupe de safari – Dirigé par des femmes Lorsqu'on rencontre une hyène dans le Serengeti, la première chose à remarquer est la domination de l'autorité féminine au sein de la société. Les hyènes femelles dominent la société, étant plus musclées, agressives et généralement dix fois plus lourdes que les mâles, avec un taux de testostérone trois fois supérieur. Il est à noter que les hyènes mâles et femelles possèdent des organes reproducteurs externes qui présentent une ressemblance frappante. – Aussi complexe socialement que les primates Les dessins animés ont dépeint la hyène tachetée comme stupide et grossière, mais ce n'est qu'une projection. Les hyènes comptent parmi les mammifères les plus intelligents et les plus complexes socialement au monde. Leur cortex frontal est développé, comparable à celui des primates. Vivant en clans de 80 à 120 individus, les hyènes font l'objet d'une des études les plus longues jamais réalisées sur un animal sauvage. Elles ont conclu qu'elles sont socialement aussi complexes que les primates et capables de résoudre des énigmes cognitives tout aussi complexes. ( Source ) – Plus chat que chien Avant de visiter le Serengeti, je pensais que les hyènes étaient des canidés, comme les chiens sauvages ou les chacals. C'est faux. Les hyènes sont plus proches des chats. Carnivores les plus répandus en Afrique, les hyènes appartiennent au sous-groupe Feliformia. Ce sous-groupe comprend les hyènes rayées et tachetées, connues pour leurs apparences et leurs comportements distincts. Source ) – Les hyènes ne rient pas, elles chantent Loin d'un gloussement monosyllabique, les hyènes tachetées déploient une symphonie dans leurs bajoues : plus d'une douzaine de vocalisations pour communiquer sur leur statut social, leur territoire et leur âge. Elles émettent souvent un son semblable à un gloussement après avoir été attaquées par une autre hyène qui tente de leur voler leur proie. Voici un excellent court-métrage. vidéo expliquant le système de communication sophistiqué de la hyène : Sources supplémentaires Pourquoi les hyènes rient – Comment ça marche Les hyènes rient – New York Times Des chasseurs qualifiés, pas des charognards bagarreurs Les hyènes ne sont pas les concierges du Serengeti, mais celles qui nettoient les restes des proies des lions. Certes, elles sont opportunistes, mais elles sont avant tout des chasseuses rusées, tuant environ 951 TP3T de leur nourriture. Utiliser des mâchoires qui broient les os ( Les 10 morsures les plus fortes de la planète ), les hyènes travaillent en groupe pour éliminer les grands mammifères : buffles, gnous et zèbres. On dit qu'en moins d'une demi-heure, une meute de hyènes peut attaquer et dévorer un zèbre entier, os compris ! ( Source ) Comportement et structure sociale des hyènes Les hyènes présentent des structures sociales complexes au sein de leurs clans, souvent dirigés par des femelles dominantes. La communication est essentielle : les hyènes utilisent les vocalisations, le langage corporel et le marquage olfactif pour maintenir les liens sociaux et établir des hiérarchies. Les hyènes tachetées femelles exercent une influence considérable au sein de ces sociétés matriarcales, influençant les stratégies de chasse et les conflits territoriaux. Malgré leur réputation de charognardes, les hyènes sont d'habiles chasseuses, déployant des efforts collectifs coordonnés pour abattre de grosses proies. Ce mélange de comportements de charognards et de chasseurs met en évidence l'adaptabilité et l'ingéniosité des hyènes dans leur environnement. Régime alimentaire et comportement de chasse des hyènes Les hyènes présentent des comportements alimentaires opportunistes, combinant charognards et chasseurs. Bien que souvent décrites comme des charognards, elles font preuve d'une grande habileté à la chasse, ciblant avec succès des proies plus grandes qu'elles grâce au travail d'équipe et à des stratégies coordonnées. Leur comportement de chasse est stratégique et implique la coopération au sein de leurs groupes sociaux pour accroître leurs chances de succès. De plus, les hyènes sont connues pour voler les proies d'autres prédateurs et se nourrir de charognes si nécessaire, démontrant ainsi leur adaptabilité et leur capacité à prospérer dans diverses niches écologiques. Reproduction et cycle de vie des hyènes Les hyènes se reproduisent viviparement : les femelles donnent naissance à un à quatre petits après une gestation d'environ 90 à 110 jours. Les petits naissent avec les yeux ouverts et une dentition complète, ce qui leur permet de rivaliser immédiatement pour la nourriture au sein du clan. Les hyènes femelles dominent leur structure sociale, et leurs petits héritent de cette hiérarchie. Les petits sont pris en charge par tout le clan, et pas seulement par leur mère biologique, et sont sevrés vers huit à dix mois. Les hyènes atteignent la maturité sexuelle vers deux ou trois ans et leur durée de vie dans la nature varie généralement de 12 à 15 ans. Espèces et répartition des hyènes Les hyènes sont des créatures fascinantes appartenant à trois espèces principales : les hyènes tachetées, les hyènes rayées et les hyènes brunes. Les hyènes tachetées, ou hyènes rieuses, sont les plus grandes et les plus connues des trois espèces. On les trouve principalement en Afrique subsaharienne, notamment dans les savanes et les prairies. Les hyènes rayées, caractérisées par leurs rayures noires caractéristiques, ont une répartition plus étendue, habitant diverses régions d'Afrique du Nord et de l'Est, du Moyen-Orient et de certaines régions d'Asie. Les hyènes brunes, à la fourrure brune et hirsute, sont originaires d'Afrique australe et occupent principalement des habitats arides et semi-arides. Malgré leurs différences d'apparence et de répartition, toutes les espèces d'hyènes jouent un rôle essentiel dans leurs écosystèmes respectifs : charognardes, chasseuses et maillons essentiels de la chaîne alimentaire. Conservation et menaces des hyènes Les hyènes sont confrontées à diverses menaces dans la nature, principalement liées à la perte d'habitat, aux conflits entre l'homme et la faune sauvage et au braconnage. La destruction et la fragmentation de leur habitat, provoquées par des activités humaines telles que l'agriculture, l'urbanisation et le développement des infrastructures, ont considérablement réduit les habitats propices aux hyènes. Par conséquent, les hyènes entrent souvent en conflit avec les humains pour le contrôle des ressources, ce qui entraîne des représailles, des meurtres et des persécutions. De plus, les braconniers ciblent parfois les hyènes pour leurs parties du corps, utilisées en médecine traditionnelle ou dans des pratiques culturelles. Les efforts de conservation visant à protéger les hyènes et leurs habitats impliquent : – Établissement d’aires protégées – Mettre en œuvre des initiatives de conservation communautaires – Sensibiliser à l’importance de ces animaux dans les écosystèmes En s’attaquant à ces menaces et en mettant en œuvre des mesures de conservation, nous pouvons assurer la survie des populations d’hyènes dans la nature pour les générations futures. Une leçon de vie ? Ne jugez jamais un livre à sa couverture (ni une hyène à son gloussement). Les hyènes sont une espèce complexe, une matriarche de carnivores communicatifs qui méritent autant de respect que n'importe quelle star de safari. Vous verrez sans aucun doute des meutes de hyènes lors d'un safari Easy Travel (le meilleur endroit pour les observer est le cratère du Ngorongoro). Contactez-nous dès aujourd'hui et commençons à planifier votre safari en Tanzanie. Quelques ressources supplémentaires Pourquoi les hyènes rient – Youtube Informations sur les hyènes – AWF Hyène tachetée – National Geographic 12 faits sur les hyènes Vous y emmener ? Avec plus de 30 ans d'expérience, Easy Travel est un voyagiste primé possédant une connaissance approfondie de la faune locale en Tanzanie. Nos guides, forts de plusieurs décennies d'expérience, savent où aller, quand partir et comment observer au mieux ces animaux (et bien d'autres encore !). Cliquez ici Pour plus d'informations, découvrez notre Comfort Rencontres avec la faune Visite. Vous pouvez également nous contacter et créer votre propre parcours. Les hyènes vous attendent – Commencez votre aventure ! Foire aux questions (FAQ) 1. Quelles sont les différentes espèces de hyènes ? Les hyènes font partie de la famille des Hyaenidae et comprennent quatre espèces distinctes : la hyène tachetée, la hyène brune, la hyène rayée et le protèle. La hyène tachetée est la plus connue et possède la plus vaste répartition, tandis que les hyènes brunes et rayées sont comparativement moins répandues. Chaque espèce présente des traits et des comportements distinctifs, ce qui renforce la diversité globale de la famille des hyènes. 2. Les hyènes vivent-elles en groupes sociaux ? Oui, les hyènes sont des animaux très sociaux qui vivent en groupes structurés appelés clans. Ces clans sont souvent dirigés par une femelle dominante, la hiérarchie entre les individus étant basée sur l'âge, la taille et l'agressivité. Au sein de ces sociétés, les hyènes tachetées femelles occupent des rangs plus élevés que les mâles, et la coopération entre les membres du clan est cruciale pour la chasse, l'élevage de la progéniture et la défense des territoires contre les clans rivaux ou les prédateurs comme les lions affamés. 3. Comment les hyènes communiquent-elles au sein de leurs clans ? Les hyènes communiquent par diverses vocalisations, notamment des cris, des gloussements, des grognements et des cris, qui transmettent des informations sur leur domination, leur territoire et le danger. De plus, elles utilisent le marquage olfactif, les démonstrations visuelles et le langage corporel pour maintenir la cohésion sociale et établir des hiérarchies au sein du clan. Ces formes de communication jouent un rôle essentiel dans la coordination des activités du groupe, notamment la chasse et la défense des territoires, assurant ainsi la survie et le succès du clan dans son ensemble. 4. Quel est le rôle des hyènes tachetées femelles dans leurs clans ? Les hyènes tachetées femelles occupent une position dominante au sein de leur clan, menant souvent des expéditions de chasse et prenant des décisions importantes pour le groupe. Elles sont également chargées de maintenir l'ordre au sein de la hiérarchie clanique et de défendre le territoire contre les intrus, notamment les autres clans de hyènes et les lions affamés. De plus, les hyènes tachetées femelles possèdent un pseudo-pénis, qu'elles utilisent pour les démonstrations de domination et l'accouplement, soulignant ainsi leur rôle unique au sein des sociétés hyéniques. 5. Comment les hyènes chassent-elles et que mangent-elles ? Les hyènes sont avant tout des charognards, mais aussi d'habiles chasseurs. Elles sont capables d'abattre des proies bien plus grosses qu'elles. Elles chassent souvent en groupes coordonnés, faisant appel au travail d'équipe et à l'endurance pour tuer leurs proies. Les hyènes possèdent des mâchoires puissantes et des dents acérées, ce qui leur permet de broyer les os et de consommer presque toutes les parties de leurs proies. Leur régime alimentaire comprend de nombreux animaux, dont des antilopes, des zèbres, des gnous, des petits mammifères, des oiseaux et des reptiles. 6. Quel est le comportement reproducteur des hyènes ? Les hyènes femelles possèdent un système reproducteur complexe et s'accouplent souvent avec de nombreux mâles de leur clan. Après une gestation d'environ 90 à 110 jours, elles donnent naissance à des portées de un à quatre petits, généralement dans une tanière. Les oursons naissent les yeux ouverts et peuvent marcher peu après. La mère prend soin des oursons et les protège, tandis que d'autres membres du clan peuvent les aider à les allaiter et à les défendre contre d'éventuelles menaces. 7. En quoi les hyènes rayées diffèrent-elles des hyènes tachetées ? Les hyènes font partie de la famille des Hyaenidae et comprennent quatre espèces distinctes : la hyène tachetée, la hyène brune, la hyène rayée et le protèle. La hyène tachetée est la plus connue et possède la plus vaste répartition, tandis que les hyènes brunes et rayées sont comparativement moins répandues. Chaque espèce présente des traits et des comportements distinctifs, ce qui renforce la diversité globale de la famille des hyènes. 8. Quelles sont les principales menaces qui pèsent sur les hyènes dans la nature ? Les hyènes sont confrontées à diverses menaces dans leur habitat naturel, notamment la perte d'habitat, les conflits entre l'homme et la faune sauvage, le braconnage et les abattages en représailles des agriculteurs qui protègent leur bétail. De plus, la concurrence avec d'autres prédateurs, comme les lions et les léopards, pour la nourriture et le territoire, pose des défis aux populations d'hyènes. Les efforts de conservation axés sur la protection de l'habitat, les mesures de lutte contre le braconnage et les initiatives communautaires sont essentiels pour assurer la survie à long terme des hyènes et de leurs écosystèmes. 9. Combien de temps les hyènes vivent-elles généralement dans la nature ? Dans leur habitat naturel, les hyènes vivent en moyenne entre 12 et 15 ans. Cette durée peut toutefois varier en fonction de facteurs tels que la qualité de l'habitat, l'accès à la nourriture et le risque de prédation. En captivité, les hyènes peuvent toutefois vivre plus longtemps, certains individus pouvant survivre plus de 20 ans, notamment dans des conditions de vie idéales. 10. Les hyènes représentent-elles une menace pour les humains ? Bien que les hyènes soient de puissants prédateurs et puissent se montrer agressives lorsqu'elles défendent leur territoire ou cherchent de la nourriture, elles évitent généralement les confrontations avec les humains. Les cas d'attaques humaines par des hyènes sont rares et surviennent généralement lorsque ces derniers empiètent sur leur habitat ou les dérangent de manière inattendue. Cependant, les hyènes peuvent s'habituer à la présence humaine dans les zones où les conflits entre l'homme et la faune sont fréquents et présentent un risque accru. 11. Quelles sont les caractéristiques distinctives des hyènes brunes ? Les hyènes brunes sont les espèces d'hyènes les plus rares et les moins étudiées. Elles sont connues pour leur fourrure brune et hirsute et leurs traits faciaux distinctifs, notamment un front fuyant et de grandes oreilles arrondies. Les hyènes brunes se sont adaptées aux habitats arides et semi-arides, où elles fouillent les sols sablonneux pour trouver de la nourriture et creusent des tanières. Elles sont principalement nocturnes et solitaires, bien qu'elles puissent former des groupes sociaux peu denses lorsque les ressources sont abondantes. 12. Comment les hyènes communiquent-elles par marquage olfactif ? Les hyènes utilisent le marquage olfactif comme moyen de communication sophistiqué, laissant des indices olfactifs stratégiques sur diverses surfaces comme les rochers, les arbres et les arbustes. Ces marques contiennent des informations vitales sur le territoire de l'hyène, sa hiérarchie sociale et son statut reproducteur, facilitant ainsi une communication efficace au sein de son clan. Des glandes spécialisées situées près de l'anus et sur leurs pattes produisent des sécrétions aux signatures chimiques distinctes, que les autres hyènes peuvent discerner grâce à leur odorat très développé. Cela leur permet de reconnaître les individus, de déterminer leur dominance et de coordonner leurs comportements collectifs, contribuant ainsi à la cohésion et au fonctionnement de leurs groupes sociaux. 13. Quelles sont les différentes espèces de hyènes ? Les hyènes comprennent quatre espèces distinctes : les hyènes tachetées, les hyènes brunes, les hyènes rayées et les protèles. Les hyènes tachetées sont les plus grandes et les plus célèbres, souvent associées à l'image classique des hyènes dans la culture populaire. En revanche, les hyènes brunes et rayées sont plus petites et bénéficient de moins d'attention scientifique, ce qui entraîne des lacunes dans notre compréhension de leurs comportements et de leur écologie. Bien qu'appartenant à la famille des hyènes, les protèles ont un régime alimentaire unique, principalement composé d'insectes, ce qui les distingue de leurs parents carnivores. 14. En quoi les hyènes diffèrent-elles des autres carnivores ? Les hyènes appartiennent au sous-groupe des carnivores Feliformia, dont font partie les chats. Leurs mâchoires puissantes, leurs grandes dents et leur système digestif spécialisé leur permettent de consommer des os et autres tissus résistants, ce que beaucoup d'autres carnivores ne peuvent pas faire. De plus, les hyènes présentent des structures sociales complexes et communiquent par diverses vocalisations, qui jouent un rôle crucial dans le maintien de leurs sociétés hiérarchisées et la coordination des activités de groupe. Cette combinaison unique d'adaptations physiques et comportementales a contribué à leur succès en tant que prédateurs au sommet de leurs écosystèmes. 15. Quelle est la structure sociale des hyènes ? Les hyènes forment des structures sociales hiérarchisées, généralement dirigées par des femelles dominantes au sein du clan. Chez les hyènes tachetées, les femelles sont plus grandes et plus dominantes que les mâles, établissant ainsi une hiérarchie sociale stricte. Les hyènes rayées et brunes vivent également en groupes sociaux, mais leur dynamique sociale est moins bien comprise que celle des hyènes tachetées, en raison du nombre réduit d'études sur ces espèces. Cependant, elles aussi présentent des comportements sociaux et adhèrent probablement à une hiérarchie structurée au sein de leurs clans respectifs. 16. Que mangent les hyènes ? Les hyènes adoptent un comportement alimentaire opportuniste, récupérant des charognes et chassant diverses proies, notamment des gnous, des zèbres et des antilopes. Leurs mâchoires puissantes et leurs dents spécialisées leur permettent de broyer les os, accédant ainsi à la moelle et aux os, riches en nutriments. Bien que la charogne soit leur principale source de nourriture, les hyènes excellent également comme chasseuses, employant des stratégies de groupe coordonnées pour capturer leurs proies. En période de pénurie alimentaire, elles peuvent recourir à la végétation comme source de nutrition complémentaire. 17. Comment les hyènes se reproduisent-elles ? Les hyènes femelles possèdent un pseudo-pénis, une caractéristique anatomique unique qui leur permet de multiples fonctions, notamment la miction, la copulation et la mise bas. Ce pseudo-pénis rend les processus de reproduction, comme l'accouplement et la mise bas, particulièrement difficiles pour elles. Malgré ces difficultés, les hyènes mettent bas dans des tanières, où elles élèvent leurs petits avec l'aide d'autres membres du clan, notamment d'autres femelles et parfois même des mâles. Ce système d'élevage communautaire assure la survie et le développement des petits au sein de la structure sociale du clan. Explorez la nature sauvage – Réservez votre safari maintenant ! À propos de l'auteur : Moussaddiq Rencontrez Musaddiq Gulamhussein, propriétaire d'Easy Travel Tanzania, une agence de voyages qui crée des safaris inoubliables depuis plus de 35 ans. Musaddiq a exploré la Tanzanie et développé une connaissance approfondie des cultures et traditions locales. Suivez son voyage et découvrez l'expérience du safari africain sur les réseaux sociaux et le blog d'Easy Travel. 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Pourquoi les chats ronronnent et les lions rugissent ? Aller au contenu Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certains félins comme les lions et les tigres poussent un rugissement puissant, alors que d’autres, comme les chats domestiques, se contentent de ronronner ? La réponse se trouve dans une subtile différence anatomique, centrée sur un petit os situé dans leur gorge. Cette particularité sépare les « grands félins » capables de rugir de tous les autres, qui ne peuvent que ronronner. Examinons de plus près cette incroyable adaptation et la raison pour laquelle le rugissement et le ronronnement sont des capacités mutuellement exclusives. Sommaire de l'article : Toggle En bref : Rugissement et ronronnement chez les félins Les lions , tigres , léopards et jaguars peuvent rugir grâce à la structure de leur larynx. Leur os hyoïde est remplacé par un ligament étirable qui leur permet de produire des sons profonds. Tous les autres félins, y compris le guépard , possèdent un os hyoïde entièrement ossifié, ce qui leur permet de ronronner mais les empêche de rugir. Les capacités de rugir et de ronronner sont mutuellement exclusives chez les félins. La panthère des neiges est une exception : bien qu’appartenant au genre des grands félins, elle ne peut ni ronronner ni rugir pleinement. Pourquoi les lions, tigres, léopards et jaguars rugissent-ils ? Il y a quatre grands félins qui peuvent rugir : le lion, le tigre, le léopard et le jaguar – qui appartiennent tous au genre panthera de la famille des félidés. Chez ces animaux, l’os épihyal, qui fait partie de l’os hyoïde du larynx, est remplacé par un ligament. Celui-ci peut être étiré, ce qui crée un plus grand passage de production sonore et donc une plus grande gamme de tonalité. Plus le ligament s’étire, plus le son généré par le passage de l’air sur les cordes vocales est faible. De plus, les cordes sont larges, continues et charnues, ce qui produit des sons plus profonds : un rugissement. Le degré d’ossification de l’os hyoïde est un critère pour déterminer si les félins peuvent rugir ou ronronner. Il est entièrement ossifié pour la plupart des félins (lesquels ronronnent donc) mais pas chez le lion, le tigre, le léopard, le jaguar qui rugissent. Pourquoi les guépards ne peuvent-ils pas rugir ? Le guépard possède une ossification complète de l’os hyoïde qui forme donc une structure fixe, avec des cordes vocales divisées qui vibrent lors des inspirations et des expirations. Cette structure est la même pour tous les petits félins. Si cette conception permet à ces félins de ronronner continuellement, elle limite la gamme des autres sons et les empêche de rugir. Pour exprimer son agressivité, le guépard ne peut pas rugir, mais il feule . Le rugissement ne dépend pas de la taille du félin. Les guépards sont relativement grands mais ils possèdent l’anatomie d’un petit chat malgré leur taille, et c’est exactement la même chose pour les pumas/lions de montagne. Les félins peuvent-ils ronronner et rugir ? Le ronronnement est une vocalisation produite à l’inspiration et à l’expiration de certains félins (le plus connu pour son ronronnement étant évidemment le chat). Le ronronnement apparaît dès l’âge de deux jours. Il s’agit d’un son produit par la contraction des muscles du larynx faisant vibrer les cordes vocales. Les grands félins ne ronronnent pas. Le ronronnement et le rugissement s’excluent mutuellement , de sorte que les lions, les tigres, les léopards et les jaguars sont tous incapables de ronronner, tandis que tous les autres félins peuvent ronronner mais pas rugir. Y a-t-il des exceptions ? Il est intéressant de noter que la panthère des neiges qui appartient au genre panthera comme les léopards, lions, tigres, etc. ne peut pas rugir. Ses cordes vocales sont dépourvues d’une importante couche de tissu adipeux élastique, ce qui, chez d’autres grands félins, donne aux vocalisations un grondement irrégulier qui se traduit par une sorte de miaulement aigu ou de grognement. En savoir plus sur le nom des cris des animaux . Conclusion L’incroyable capacité des grands félins à rugir est donc due à une particularité anatomique qui les distingue des autres. C’est le petit os hyoïde, et sa flexibilité, qui est la clef de cette différence. Alors que les lions, tigres, léopards et jaguars ont évolué pour produire des sons puissants, les autres espèces de félins ont gardé une structure qui leur permet d’émettre le doux ronronnement. Cette simple distinction sépare deux mondes de communication chez les félins, et permet de comprendre la hiérarchie acoustique du règne animal. FAQ : tout savoir sur le ronronnement et le rugissement Qu’est-ce que l’os hyoïde ? L’os hyoïde est un os du cou, qui soutient la base de la langue et le larynx, jouant ainsi un rôle fondamental dans la production de sons chez les félins. Pourquoi l’os hyoïde est-il si important ? La structure de l’os hyoïde détermine si un félin peut rugir ou ronronner. S’il est remplacé par un ligament, le félin peut rugir. S’il est entièrement ossifié, il ne peut que ronronner. Quels sont les félins qui peuvent rugir ? Les seuls félins qui peuvent rugir sont le lion, le tigre, le léopard et le jaguar. Tous les grands félins peuvent-ils rugir ? Non, bien qu’il soit de grande taille, le guépard ne peut pas rugir car il a la même anatomie vocale que les petits félins. À quel genre appartiennent les félins qui rugissent ? Les félins qui peuvent rugir appartiennent tous au genre Panthera . Les félins qui rugissent peuvent-ils ronronner ? Non, il est impossible pour un félin de ronronner et de rugir. Ces deux capacités s’excluent mutuellement. Comment le ronronnement est-il produit ? Le ronronnement est un son produit par la vibration des cordes vocales à la suite de la contraction rapide des muscles du larynx, pendant l’inspiration et l’expiration. Le rugissement est-il lié à la taille de l’animal ? Non, le rugissement ne dépend pas de la taille du félin, mais de la structure de son os hyoïde et de ses cordes vocales. Comment le guépard exprime-t-il son agressivité ? Le guépard ne peut pas rugir, mais il feule pour exprimer son agressivité. La panthère des neiges peut-elle rugir ? Non. Bien qu’elle fasse partie du genre Panthera , la panthère des neiges ne peut pas rugir en raison d’une particularité anatomique de ses cordes vocales qui les empêche de produire ce son. Comment les cordes vocales d’un lion diffèrent-elles de celles d’un chat domestique ? Les cordes vocales du lion sont larges, continues et charnues, ce qui leur permet de produire des sons profonds comme le rugissement, tandis que celles d’un chat sont plus petites et vibrent pour produire un ronronnement. Le puma peut-il rugir ? Non, le puma, ou lion des montagnes, ne peut pas rugir. Il fait partie de la catégorie des petits félins qui ne peuvent que ronronner, malgré sa taille imposante. Est-ce que le ronronnement a d’autres fonctions que la communication ? Bien que non abordé dans le texte, des recherches suggèrent que les ronronnements pourraient aider les félins à se soigner et à se détendre. À propos Articles récents Sam Zylberberg Fondateur chez JeRetiens Historien, professeur, passionné par les sciences humaines, la recherche, la pédagogie, les échanges culturels et les ailleurs. 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Les cris d’animaux : tableau des principaux cris | BDL Rechercher dans tout le site Banque de dépannage linguistique Grammaire – Orthographe – Syntaxe – Rédaction Grand dictionnaire terminologique Termes spécialisés – Définitions – Traductions Grand dictionnaire terminologique Restreindre aux termes Il existe de nombreux cris d’animaux. On sait que le chat miaule, que le chien aboie ou jappe et que le cheval hennit, mais qu’en est-il des cris moins connus d’animaux tels que le chameau, le chevreuil ou le rhinocéros? Qu’en est-il aussi des différents cris émis par un animal pour transmettre un message selon la situation dans laquelle il se trouve? Les différents cris d’un animal Les animaux émettent des cris selon la situation dans laquelle ils se trouvent et le message qu’ils veulent exprimer. Il est parfois possible de nommer différents cris qu’un animal peut produire; alors que pour d’autres animaux, un seul cri permet de les caractériser. On peut aussi parfois nommer certains cris de plusieurs façons. Chez les insectes Pour la plupart des insectes, ce ne sont pas des cris proprement dits qu’ils émettent, mais plutôt des bruits; par exemple, l’abeille et la guêpe font entendre un bruit avec leurs ailes, de même que la cigale et la sauterelle mâles qui produisent un bruit strident en frottant leurs ailes antérieures. Les principaux noms de cris ou de bruits Le tableau qui suit présente les cris ou bruits émis par différents animaux. Vous y trouverez le nom de ces cris ou bruits et les verbes auxquels ils correspondent. On y fait aussi mention d’ onomatopées imitant le cri ou le bruit de certains animaux. Les noms d’animaux choisis sont soit des noms épicènes (qui désignent les deux sexes), soit des noms qui désignent le mâle de l’espèce; lorsqu’il existe des noms spécifiques pour le mâle et la femelle, le nom de la femelle apparaît entre parenthèses. Noms de cris ou de bruits d’animaux ou d’insectes L’animal en action Nom du cri ou du bruit L’abeille bourdonne, vrombit Bourdonnement, vrombissement L’aigle glatit, trompette Glatissement L’alouette grisolle, tirelire, turlute Grisollement, tireli ou tirelis L’âne brait Braiment Onomatopée : hi-han La baleine chante ou gémit, gronde Chant, gémissement, grondement Le bouc (ou la chèvre) béguète, bêle, chevrote Béguètement, bêlement, chevrotement Onomatopée : bé, bè ou bê Le bœuf (ou le taureau, la vache) beugle, meugle, mugit Beuglement, meuglement, mugissement Onomatopée : meuh Le buffle beugle, mugit, souffle Beuglement, mugissement, soufflement Le canard cancane, nasille Cancan, nasillement Onomatopée : coin-coin Le cerf (ou la biche) brame, rait ou rée, râle ou ralle Brame, bramée ou bramement, raire, râle ou râlement Le chacal aboie, jappe Aboiement, jappement Le chameau blatère Blatèrement Le chat feule, miaule, ronronne Feulement, miaulement, ronronnement Onomatopée : miaou, ronron La chauve-souris grince Grincement Le cheval (ou l’étalon, la jument) s’ébroue, hennit Ébrouement, hennissement Le chevreuil brame, rait ou rée, râle ou ralle Brame ou bramement, raire, râle ou râlement Le chien aboie, clabaude, glapit (chiot), grogne, gronde, hurle, jappe Aboiement, clabaudage, glapissement (chiot), grognement, grondement, hurlement, jappement Onomatopée : ahou (ahouahou), wouf Le chimpanzé crie, hurle Cri, hurlement La chouette chuinte, hue, hulule (ou ulule) Chuintement, hululement ou ululement Onomatopée : hou hou La cigale chante, craquette, stridule Chant, craquètement ou craquettement, stridulation La cigogne claquette, craquette Craquètement ou craquettement Le cochon (ou le porc, la truie) grogne Grognement Onomatopée : groin-groin Le coq chante, coqueline, coquerique La poule caquette, claquette, glousse Chant Onomatopée : cocorico Caquetage, caquet ou caquètement, gloussement Onomatopée : cot cot Le corbeau craille, croasse, graille Craillement, croassement, graillement La corneille craille, croasse, graille Craillement, croassement, graillement Le crapaud coasse Coassement Le criquet stridule Stridulation Le crocodile lamente, vagit Lamentation, vagissement Le cygne siffle, trompette Sifflement Le daim brame, râle Brame ou bramement, râle ou râlement Le dauphin cliquette, glousse, grince, siffle Cliquetis, gloussement, grincement, sifflement Le dindon (ou la dinde) glougloute Glougloutement Onomatopée : glouglou L’éléphant barrit Barrissement L’épervier glapit, piaule Glapissement, piaulement Le faisan criaille Criaillement Le geai cajole, jase, siffle Jasement, sifflement Le gorille crie, hurle Cri, hurlement La grenouille coasse Coassement La guêpe bourdonne, vrombit Bourdonnement, vrombissement Le hibou hulule (ou ulule), hue, bouboule hululement ou ululement Onomatopée : hou hou L’hippopotame grogne Grognement L’hirondelle gazouille, trisse Gazouillement, trissement La hyène hurle, ricane Hurlement, ricanement Le jars jargonne L’oie cacarde, criaille Cacardement, criaillement, jargon Le lama hennit Hennissement Le lapin clapit, couine, glapit Clapissement, couinement, glapissement Le lièvre (ou la hase) couine, vagit Couinement, vagissement Le lion rugit Rugissement Le loup hurle Hurlement La marmotte siffle Sifflement Le merle babille, flûte, jase, siffle Babil ou babillage, jasement, sifflement La mésange zinzinule Le moineau pépie Pépiement Le mouton (ou la brebis) bêle, chevrote Le bélier blatère Bêlement, blatèrement, chevrotement Onomatopée : bé, bè ou bê L’otarie bêle, grogne, rugit Bêlement, grognement, rugissement L’ours hurle, gronde, grogne Hurlement, grondement, grognement La panthère feule, miaule, rugit Feulement, miaulement, rugissement Le paon braille, criaille Braillement, criaillement La perdrix cacabe, criaille, glousse Criaillement, gloussement Le perroquet craque, criaille, jase Craquement, criaillement, jasement Le phoque bêle, grogne, rugit Bêlement, grognement, rugissement La pie babille, cajole, jacasse, jase Babil ou babillage, jacassement, jasement Le pigeon caracoule, roucoule Roucoulade, roucoulement ou roucoulis Le pinson ramage, siffle Ramage, sifflement La pintade cacabe, criaille Criaillement Le rat chicote, couine Chicotement, couinement Le renard glapit, jappe Glapissement, jappement Le rhinocéros barète, barrit Barrissement Le rossignol rossignole, trille Rossignolement Le sanglier (ou la laie) grogne, grommelle Grognement, grommellement Onomatopée : groin-groin La sauterelle stridule Stridulation Le serpent siffle Sifflement Le singe (ou la guenon) crie, hurle, piaille Cri, hurlement, piaillement La souris chicote, couine Chicotement, couinement Le taon bourdonne, vrombit Bourdonnement, vrombissement Le tigre feule, miaule, râle, rauque, rugit Feulement, miaulement, râle ou râlement, rauquement, rugissement La tourterelle caracoule, gémit, roucoule Gémissement, roucoulade, roucoulement ou roucoulis Le zèbre hennit Hennissement À lire aussi Consultez une liste de noms d’animaux. Évaluation de la page L’information sur cette page vous a-t-elle été utile? L’information sur cette page vous a-t-elle été utile? Oui Non Avez-vous un commentaire à nous transmettre ou un problème à signaler? Évitez d’inscrire des renseignements personnels. Prenez note que vous ne recevrez aucune réponse. Pour obtenir une réponse à une question de nature linguistique, utilisez le formulaire Nous joindre . Ne remplissez pas ce champ! Partager cette page Courriel Facebook X LinkedIn Abonnez-vous! Nos infolettres vous permettent d’avoir accès à plusieurs ressources. Prénom Ce champ est obligatoire. Nom Ce champ est obligatoire. Courriel Ce champ est obligatoire. Ne remplissez pas ce champ!
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Pourquoi les chats ronronnent et les lions rugissent ? Aller au contenu Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certains félins comme les lions et les tigres poussent un rugissement puissant, alors que d’autres, comme les chats domestiques, se contentent de ronronner ? La réponse se trouve dans une subtile différence anatomique, centrée sur un petit os situé dans leur gorge. Cette particularité sépare les « grands félins » capables de rugir de tous les autres, qui ne peuvent que ronronner. Examinons de plus près cette incroyable adaptation et la raison pour laquelle le rugissement et le ronronnement sont des capacités mutuellement exclusives. Sommaire de l'article : Toggle En bref : Rugissement et ronronnement chez les félins Les lions , tigres , léopards et jaguars peuvent rugir grâce à la structure de leur larynx. Leur os hyoïde est remplacé par un ligament étirable qui leur permet de produire des sons profonds. Tous les autres félins, y compris le guépard , possèdent un os hyoïde entièrement ossifié, ce qui leur permet de ronronner mais les empêche de rugir. Les capacités de rugir et de ronronner sont mutuellement exclusives chez les félins. La panthère des neiges est une exception : bien qu’appartenant au genre des grands félins, elle ne peut ni ronronner ni rugir pleinement. Pourquoi les lions, tigres, léopards et jaguars rugissent-ils ? Il y a quatre grands félins qui peuvent rugir : le lion, le tigre, le léopard et le jaguar – qui appartiennent tous au genre panthera de la famille des félidés. Chez ces animaux, l’os épihyal, qui fait partie de l’os hyoïde du larynx, est remplacé par un ligament. Celui-ci peut être étiré, ce qui crée un plus grand passage de production sonore et donc une plus grande gamme de tonalité. Plus le ligament s’étire, plus le son généré par le passage de l’air sur les cordes vocales est faible. De plus, les cordes sont larges, continues et charnues, ce qui produit des sons plus profonds : un rugissement. Le degré d’ossification de l’os hyoïde est un critère pour déterminer si les félins peuvent rugir ou ronronner. Il est entièrement ossifié pour la plupart des félins (lesquels ronronnent donc) mais pas chez le lion, le tigre, le léopard, le jaguar qui rugissent. Pourquoi les guépards ne peuvent-ils pas rugir ? Le guépard possède une ossification complète de l’os hyoïde qui forme donc une structure fixe, avec des cordes vocales divisées qui vibrent lors des inspirations et des expirations. Cette structure est la même pour tous les petits félins. Si cette conception permet à ces félins de ronronner continuellement, elle limite la gamme des autres sons et les empêche de rugir. Pour exprimer son agressivité, le guépard ne peut pas rugir, mais il feule . Le rugissement ne dépend pas de la taille du félin. Les guépards sont relativement grands mais ils possèdent l’anatomie d’un petit chat malgré leur taille, et c’est exactement la même chose pour les pumas/lions de montagne. Les félins peuvent-ils ronronner et rugir ? Le ronronnement est une vocalisation produite à l’inspiration et à l’expiration de certains félins (le plus connu pour son ronronnement étant évidemment le chat). Le ronronnement apparaît dès l’âge de deux jours. Il s’agit d’un son produit par la contraction des muscles du larynx faisant vibrer les cordes vocales. Les grands félins ne ronronnent pas. Le ronronnement et le rugissement s’excluent mutuellement , de sorte que les lions, les tigres, les léopards et les jaguars sont tous incapables de ronronner, tandis que tous les autres félins peuvent ronronner mais pas rugir. Y a-t-il des exceptions ? Il est intéressant de noter que la panthère des neiges qui appartient au genre panthera comme les léopards, lions, tigres, etc. ne peut pas rugir. Ses cordes vocales sont dépourvues d’une importante couche de tissu adipeux élastique, ce qui, chez d’autres grands félins, donne aux vocalisations un grondement irrégulier qui se traduit par une sorte de miaulement aigu ou de grognement. En savoir plus sur le nom des cris des animaux . Conclusion L’incroyable capacité des grands félins à rugir est donc due à une particularité anatomique qui les distingue des autres. C’est le petit os hyoïde, et sa flexibilité, qui est la clef de cette différence. Alors que les lions, tigres, léopards et jaguars ont évolué pour produire des sons puissants, les autres espèces de félins ont gardé une structure qui leur permet d’émettre le doux ronronnement. Cette simple distinction sépare deux mondes de communication chez les félins, et permet de comprendre la hiérarchie acoustique du règne animal. FAQ : tout savoir sur le ronronnement et le rugissement Qu’est-ce que l’os hyoïde ? L’os hyoïde est un os du cou, qui soutient la base de la langue et le larynx, jouant ainsi un rôle fondamental dans la production de sons chez les félins. Pourquoi l’os hyoïde est-il si important ? La structure de l’os hyoïde détermine si un félin peut rugir ou ronronner. S’il est remplacé par un ligament, le félin peut rugir. S’il est entièrement ossifié, il ne peut que ronronner. Quels sont les félins qui peuvent rugir ? Les seuls félins qui peuvent rugir sont le lion, le tigre, le léopard et le jaguar. Tous les grands félins peuvent-ils rugir ? Non, bien qu’il soit de grande taille, le guépard ne peut pas rugir car il a la même anatomie vocale que les petits félins. À quel genre appartiennent les félins qui rugissent ? Les félins qui peuvent rugir appartiennent tous au genre Panthera . Les félins qui rugissent peuvent-ils ronronner ? Non, il est impossible pour un félin de ronronner et de rugir. Ces deux capacités s’excluent mutuellement. Comment le ronronnement est-il produit ? Le ronronnement est un son produit par la vibration des cordes vocales à la suite de la contraction rapide des muscles du larynx, pendant l’inspiration et l’expiration. Le rugissement est-il lié à la taille de l’animal ? Non, le rugissement ne dépend pas de la taille du félin, mais de la structure de son os hyoïde et de ses cordes vocales. Comment le guépard exprime-t-il son agressivité ? Le guépard ne peut pas rugir, mais il feule pour exprimer son agressivité. La panthère des neiges peut-elle rugir ? Non. Bien qu’elle fasse partie du genre Panthera , la panthère des neiges ne peut pas rugir en raison d’une particularité anatomique de ses cordes vocales qui les empêche de produire ce son. Comment les cordes vocales d’un lion diffèrent-elles de celles d’un chat domestique ? Les cordes vocales du lion sont larges, continues et charnues, ce qui leur permet de produire des sons profonds comme le rugissement, tandis que celles d’un chat sont plus petites et vibrent pour produire un ronronnement. Le puma peut-il rugir ? Non, le puma, ou lion des montagnes, ne peut pas rugir. Il fait partie de la catégorie des petits félins qui ne peuvent que ronronner, malgré sa taille imposante. Est-ce que le ronronnement a d’autres fonctions que la communication ? Bien que non abordé dans le texte, des recherches suggèrent que les ronronnements pourraient aider les félins à se soigner et à se détendre. À propos Articles récents Sam Zylberberg Fondateur chez JeRetiens Historien, professeur, passionné par les sciences humaines, la recherche, la pédagogie, les échanges culturels et les ailleurs. 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La photosynthèse : généralités | Planet-Vie Skip to main navigation Thématiques Tous les contenus Cellules et molécules Génétique Animaux Végétaux Champignons Microbiologie Santé Développement Évolution Écologie Manipulations en SVT Manipulations en laboratoire Niveaux Tous les contenus Cycle 3 Cycle 4 Seconde Première Enseignement scientifique Première SVT Terminale Enseignement scientifique Terminale SVT BCPST Enseigner Programmes officiels (PDF) Apprentis chercheurs Concours CGénial Les Savanturiers Vigie-Nature École Parutions Agenda Médiathèque Newsletter Liens utiles À propos Contact La photosynthèse : généralités Article La photosynthèse : généralités Publié le 01.03.04 Par Roger Prat , François Moreau NOSW, Pixabay Lecture zen Article présentant les différentes étapes de la photosynthèse et des expériences réalisables en classe permettant de montrer le déroulement de celle-ci. Analyse de résultats expérimentaux et de démonstrations célèbres : expériences d'Emerson, d'Engelman, de Ruben et Kamen... Introduction Les végétaux, organismes photoautotrophes, sont capables d’utiliser l’énergie lumineuse pour réaliser la synthèse de molécules organiques, à partir de composés minéraux. L’ensemble de ces réactions est regroupé sous le terme de photosynthèse. La photosynthèse est réalisée par des organismes autotrophes au carbone, grâce à des pigments particuliers, et peut être découpée en deux groupes de réactions. Le dossier aborde de manière succincte ces généralités sur la photosynthèse. Il s’agit essentiellement d’une version « abrégée » de l’ensemble de documents présents sur le site Biologie et Multimédia qui reprennent l’essentiel du module « Biologie et Physiologie végétales » de 2 e année de l’Université Paris VI. Ce dossier « abrégé » reste donc bien évidemment incomplet. À tout moment, il est possible d’accéder aux documents complets, par les liens signalés. Les organismes autotrophes au carbone Autotrophie et hétérotrophie Les êtres vivants sont composés d’eau et de sels minéraux, ainsi que de substances organiques. Ces dernières comportent glucides, lipides, protéines, acides nucléiques, etc. Or les composés organiques sont continuellement renouvelés (par dégradation et synthèse). Ce fonctionnement des êtres vivants nécessite des échanges constants de matière et d’énergie avec le milieu extérieur. On peut ainsi distinguer différents types d’organismes en fonction de leurs besoins et de la source d’énergie utilisée. Les organismes hétérotrophes : ils sont incapables d’effectuer eux-mêmes les synthèses de leurs constituants à partir d’élément minéraux. Ils sont en général chimiotrophes , c’est-à-dire utilisant comme source d’énergie l’énergie chimique récupérée au cours de l’oxydation des composés organiques réduits présents dans leur alimentation. Les organismes autotrophes : ils sont capables d’utiliser des éléments inorganiques pour synthétiser leurs propres constituants organiques. Ils sont en général phototrophes, c’est-à-dire capables d’utiliser l’énergie lumineuse et de convertir cette énergie en étapes chimiques. Voir sur le site BMédia : Chez les procaryotes, on peut trouver en fait des types trophiques bien plus complexes… Organismes hétérotrophes et chimiotrophes Il s’agit des animaux, des champignons, et de certains procaryotes (la bactérie E. coli par exemple). Ces organismes utilisent des substances organiques à la fois comme source d’énergie et comme source de pouvoir réducteur. Schéma général du métabolisme d’une cellule hétérotrophe / chimiotrophe Les intermédiaires sont : 1 = ATP, intermédiaire énergétique ; 2 = NADH ou NADPH, coenzymes d’oxydo-réduction ; 3 = molécules du métabolisme intermédiaire (pyruvate, malate, acétylCoA, etc.). Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : Exemples d’organismes hétérotrophes / chimiotrophes. Organismes autotrophes et phototrophes Il s’agit des végétaux chlorophylliens et de certains procaryotes. Ces organismes utilisent la lumière comme source d’énergie et l’eau comme pouvoir réducteur. Schéma général du métabolisme d’une cellule autotrophe / phototrophe Les intermédiaires sont : 1 = ATP, intermédiaire énergétique ; 2 = NADH ou NADPH, coenzymes d’oxydo-réduction ; 3 = molécules du métabolisme intermédiaire (pyruvate, malate, acétylCoA, etc.). Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Toutefois, le fait qu’un organisme est autotrophe n’implique pas que toutes ses cellules soient autotrophes. Ainsi, si l’on prend l’exemple des trachéophytes (plantes vascularisées, ce qui inclus les plantes à fleurs), on peut noter que dans leur cas l’appareil aérien est autotrophe, mais que l’appareil racinaire est lui hétérotrophe (de même que l’embryon et la plantule). Voir sur le site BMédia : Exemples d’organismes autotrophes / phototrophes et classification sommaire Cycles de l’oxygène et du carbone Cycle du carbone et cycle de l’oxygène La photosynthèse des végétaux chlorophylliens est responsable de la fixation et de la réduction de CO 2 , ainsi que de la libération d’O 2 . À l’inverse, la fonction respiratoire des organes et organismes non chlorophylliens est responsable de l’oxydation des composés organiques (consommation d’O 2 , libération de CO 2 ). Il en résulte un cycle pour le carbone et un cycle pour l’oxygène qui sont antiparallèles. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : Le fonctionnement de ces cycles est lié à des flux d’énergie entre les organismes Localisation de la photosynthèse Chez les plantes terrestres (Embryophytes, anciennement appelées cormophytes), la photosynthèse se réalise dans les chloroplastes des parenchymes chlorophylliens des organes chlorophylliens. Ces organes sont les feuilles, plus rarement les tiges. Chez les algues, les cellules chlorophylliennes sont localisées dans l’ensemble du thalle. Nous nous limitons ici à l’exemple des Angiospermes. Une étude expérimentale (par exemple basée sur la présence d’amidon, stocké temporairement lors de la photosynthèse) permet de mettre en évidence la localisation de la photosynthèse, aussi bien au niveau de l’organisme dans son entier qu’au sein de la cellule elle-même (voir à ce sujet le document sur cette mise en évidence expérimentale ) Localisation au sein des feuilles Chez les Angiospermes, la photosynthèse est essentiellement localisée au niveau de la feuille. Cet organe aplati, en relation étroite avec la tige, possède une morphologie lui permettant de présenter une grande surface vis-à-vis de l’environnement. Voir sur le site BMédia : Exemple d’une feuille : le lierre Structure schématique d’une feuille d’Angiosperme dicotylédone La nervure médiane, très en relief comme chez beaucoup de dicotylédones, contient principalement des tissus conducteurs de la sève brute (xylème) et de la sève élaborée (phloème). Ces tissus sont protégés par des tissus de soutien. De part et d’autre de cette nervure, le limbe est formé par du parenchyme palissadique (face supérieure) et du parenchyme lacuneux (face inférieure). La feuille est protégée des pertes d’eau par deux épidermes, recouverts d’une cuticule imperméable. Les échanges de gaz sont assurés par les stomates. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) La plupart des feuilles d’Angiospermes dicotylédones présente un parenchyme chlorophyllien palissadique à la face supérieure : c’est à son niveau que se déroule la photosynthèse. Ce tissu est en relation aussi bien avec l’extérieur (par les stomates) qu’avec l’intérieur de la plante (par les tissus conducteurs des nervures). Voir sur le site BMédia : La feuille des Angiospermes Monocotylédone ne présente souvent qu’un seul type de parenchyme et Présentation plus complète de la structure de la feuille. Localisation au sein des cellules Au sein des cellules chlorophylliennes, la photosynthèse se déroule dans les chloroplastes. Ces organites de grande taille (environ 10 micromètres de long) possèdent une enveloppe composée d’une double membrane, et un système endomembranaire formant des saccules : les thylakoïdes. La conversion de l’énergie lumineuse en énergie de liaison chimique et en pouvoir réducteur se réalise au niveau des membranes des thylakoïdes. La réduction du carbone inorganique (CO 2 ) en carbone organique a lieu dans le stroma du chloroplaste. Cette matière organique synthétisée peut être stockée temporairement sous la forme de grains d’amidon. Photographies d’une cellule chlorophyllienne (d’élodée du Canada) et d’un chloroplaste Dans la cellule végétale, les chloroplastes sont disposés dans le cytoplasme périphérique de la vacuole. Voir le document complet pour un schéma explicatif. Le chloroplaste est observé au microscope électronique à transmission. On note deux types de thylakoïdes : les thylakoïdes granaires qui s’assemblent en « piles » de saccules (les grana), et les thylakoïdes intergranaires. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : Schéma du chloroplaste , et voir aussi le document sur le chloroplaste Isolement de chloroplastes Les chloroplastes peuvent être observés dans les conditions naturelles (« in situ »). Mais il est parfois nécessaire de les isoler, afin de réaliser une étude plus précise de leur nature et de leur fonctionnement. Pour cela, on procède à l’éclatement des cellules végétales, puis à l’isolement et à la purification des chloroplastes intacts par plusieurs centrifugations successives. Voir sur le site BMédia : Isolement des chloroplastes : protocoles de laboratoire et photographies Équation globale de la photosynthèse Diverses expériences permettent d’aboutir à une équation globale, résumant les mécanismes de la photosynthèse. Nous revenons ici sur quelques expériences permettant d’en démontrer les différents éléments, et donc de construire progressivement cette équation. Plus de propositions d’expériences sont disponibles dans le dossier Expériences sur la photosynthèse . Production de dioxygène, utilisation de dioxyde de carbone On peut tout d’abord chercher si certains échanges gazeux se réalisent chez les plantes chlorophylliennes, en présence de lumière. On utilisera pour cela une plante aquatique, l’élodée du Canada, et comme source de CO 2 , de l’hydrogénocarbonate de sodium. Celui-ci, soluble dans l’eau est absorbé par la plante et converti en CO 2 grâce à une anhydrase carbonique selon la réaction : Expérience de dégagement de dioxygène par une élodée à la lumière Les trois expériences sont réalisées dans : (a) de l’eau distillée ; (b) de l’eau du robinet ; (c) de l’eau additionnée d’hydrogénocarbonate à 1 %. C’est en (c) que la production d’oxygène est la plus importante. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Équation bilan de la photosynthèse : équation (1) L'expérience précédente montre qu’à la lumière, une plante verte produit de l’O 2 si du CO 2 lui est fourni. Cette constatation n’implique aucune relation chimique entre le CO 2 et l’O 2. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : On peut obtenir des conclusions plus quantitatives en utilisant une électrode à oxygène (ExAO) Ces expériences permettent donc de démontrer qu’en présence de lumière, les végétaux chlorophylliens consomment du CO 2 et libèrent du O 2 . Toutefois, ces expériences seules ne nous permettent pas d’expliquer ce que permettent ces échanges gazeux pour la plante. Production de glucides Dans un deuxième temps, on recherche si l’exposition à la lumière a des conséquences sur la matière organique (et plus particulièrement glucidique) présente au sein du végétal. Des expériences utilisant des isotopes radioactifs démontrent ainsi que l’énergie lumineuse permet, indirectement, la synthèse de glucides simples. Toutefois, il est difficile de caractériser ces glucides simples produits par la photosynthèse dans des expériences utilisant du matériel simple. Il est possible par contre de caractériser l’amidon (un polymère de glucose mis en réserve lorsque la photosynthèse est très active). Cette caractérisation se réalise avec le lugol, un réactif spécifique de l’amidon. On peut ainsi observer la présence d’amidon au sein des chloroplastes de cellules de feuille d’élodée mises à la lumière. Observation d’une feuille d’élodée exposée à la lumière Une feuille d’élodée est placée dans une eau enrichie en hydrogénocarbonate et éclairée plusieurs heures. A gauche : cellules observées sans coloration, chloroplastes naturellement verts. A droite : après traitement par le lugol, des grains d’amidon de couleur sombre sont visibles dans les chloroplastes. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : On peut réaliser une expérience similaire à l’échelle de la feuille du pélargonium On peut donc déduire de ces expériences qu’une plante éclairée fabrique des glucides (CH 2 O) n dans ses chloroplastes à partir du CO 2 du milieu. Équation bilan déduite de ces expériences : équation (2) Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) On obtient ainsi l’équation bilan de la photosynthèse. Afin d’obtenir un équilibre chimique de cette réaction, on rajoute H 2 O, mais sans que les expériences présentées ici aient permis de démontrer son utilisation réelle. Équation bilan de la photosynthèse : équation (3) Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Remarque : origine de l’O 2 Des études plus précises peuvent être réalisées, afin de mieux comprendre les relations entre les atomes des molécules figurées dans cette équation bilan. Si le devenir du carbone du CO 2 ne pose pas de problème (il est incorporé dans les glucides synthétisés), l’origine de l’oxygène de l’O 2 pourrait se trouver soit au niveau du CO 2 , soit au niveau de l’eau H 2 O. En réalité, il apparaît que c’est l’oxygène de l’eau qui est libéré, au cours d’une réaction d’oxydo-réduction. Ceci permet de préciser alors l’équation bilan de la photosynthèse. Voir sur le site BMédia : Origine de l’O 2 et implications pour l’équation bilan de la photosynthèse Les pigments photosynthétiques La réalisation de la photosynthèse par les chloroplastes des végétaux met en jeu un ensemble de molécules particulières, nommées pigments photosynthétiques. Le terme de « pigment » correspond au fait que ces molécules sont colorées, de part leur capacité à capter certaines radiations lumineuses. Ces pigments sont de trois types : les chlorophylles, présentes chez tous les végétaux autotrophes au carbone ; les caroténoïdes, présents chez tous les végétaux autotrophes au carbone ; les phycobilines, présentes exclusivement chez les algues et les cyanobactéries. On peut assez facilement extraire et séparer ces différents pigments. Voir sur le site BMédia : Extraction et séparation des pigments photosynthétiques Structure des pigments Les chlorophylles sont constituées d’un noyau tétrapyrrolique avec un magnésium en son centre, et estérifié avec un alcool à très longue chaîne en C20 (le phytol). Dans la membrane des thylakoïdes, les chlorophylles sont associées à des protéines et forment des complexes protéines – pigments. Formules des chlorophylles a et b Les chlorophylles diffèrent par les substituants des groupements pyrroles. Le phytol n’est pas détaillé ici. Légende : I, II, III, IV = groupements pyrroles et V = cycle supplémentaire. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Télécharger le fichier PDB de la chlorophylle a pour une visualisation avec rasmol / rastop : chloa.pdb Les caroténoïdes sont des molécules constituées de 40 carbones, avec deux extrémités cyclisées reliées par une longue chaîne de 8 unités isoprènes. Formule de deux caroténoïdes Le β-carotène est un exemple de carotène, et la lutéine un exemple de xanthophylle. À droite est représentée une unité isoprène. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Télécharger le fichier PDB du βcarotène pour une visualisation avec rasmol / rastop : bcarotene.pdb Les phycobilines sont composées d’un noyau tétrapyrrolique ouvert, associé à une protéine. On les trouve au sein des photosystèmes de certaines algues, et de bactéries photosynthétiques telles que les cyanobactéries. Formule d’une phycobiline L’exemple présenté ici est la phycocyanobiline, représentée sans la protéine qui l’accompagne normalement. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Télécharger le fichier PDB de la phycocyanobiline pour une visualisation avec rasmol / rastop : phycocyanobiline.pd b Spectres d’absorption Les chlorophylles et les caroténoïdes absorbent certaines radiations dites actives pour la photosynthèse, dans la gamme de longueurs d’onde visibles comprises entre 500 et 700 nm. À partir d’une solution de pigments, on peut donc mesurer les caractéristiques d’absorption de la lumière en réalisant un spectre d’absorption à l’aide d’un spectrophotomètre UV-visible classique, qui permet de mesurer l’absorption (A) en fonction de la longueur d’onde (l). Spectre d’absorption des pigments bruts extraits à partir d’une feuille A : spectre lumineux en absence de pigments. B : spectre lumineux en présence de pigments. On note que l’absorption maximale se réalise dans le bleu et dans le rouge. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Un tel spectre global ne permet pas de reconnaître la part qui revient à chaque pigment. Pour cela, il faut travailler sur des solutions de pigments séparés et purifiés. Spectres d’absorption des chlorophylles, du carotène et de la fucoxanthine A gauche : spectres d'absorption des chlorophylles a et b. A droite : spectres d'absorption du bêta-carotène et de la fucoxanthine Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : distribution spectrale de l’énergie lumineuse Comportement des chlorophylles à la lumière Les chlorophylles sont des pigments. De ce fait, ces molécules (comme les autres pigments photosynthétiques) peuvent être excitées par les radiations lumineuses. Cette excitation est due à la présence de liaisons conjuguées (et donc d’électrons délocalisés) : l’arrivée d’un photon fait passer un électron délocalisé d’un état fondamental (non excité) à un état excité. Chez la chlorophylle, il existe deux états excités : un état supérieur (Sa) et un état inférieur (Sb), selon l’énergie du photon excitateur. La chlorophylle, une fois excitée, retourne à son état fondamental, plus stable thermodynamiquement. Ceci peut se faire de plusieurs manières, et en particulier en : émettant de la lumière (c’est la fluorescence constatée dans une solution de chlorophylle) ; transférant son énergie à une molécule très proche (c’est la résonance, qui permet aux pigments de l’antenne collectrice des photosystèmes de transférer l’énergie lumineuse de molécule en molécule jusqu’à une chlorophylle piège) ; perdant un électron (c’est la photochimie, qui permet à la molécule de chlorophylle piège du photosystème de réduire un accepteur d’électron, et ainsi de permettre la réalisation de la chaîne photosynthétique). Voir sur le site BMédia : Précisions et importance des deux états d’excitation Excitation et retour à l’état fondamental d’une molécule de chlorophylle par fluorescence, résonance ou photochimie Gilles Furelaud Spectre d’action – expérience d’Engelman Les spectres d’absorption des pigments sont uniquement liés à leur capacité à capter des photons de certaines longueurs d’onde. Le spectre d’action consiste à quantifier l’activité que l’on cherche à corréler à ces pigments (ici l’activité photosynthétique), en fonction des longueurs d’onde incidentes. Les spectres d’action ainsi réalisés suivent globalement les spectres d’absorption des végétaux chlorophylliens, ce qui confirme que c’est bien cette capacité à capter les photons qui permet la réalisation de la photosynthèse. Voir sur le site BMédia : Spectres d’action et d’absoprtion, rendement quantique Plusieurs approches expérimentales permettent de déterminer ce spectre d’action. Une expérience simple et bien connue est celle réalisée par Engelman. L'expérience d'Engelman Gilles Furelaud Influence des conditions du milieu La photosynthèse est influencée par les facteurs de l’environnement : la lumière (source d’énergie), le CO 2 (source de carbone) et la température (qui affecte l’ensemble des réactions biochimiques). La photosynthèse est un processus complexe qui fait intervenir de nombreuses étapes qui sont affectées de manière différente par les facteurs de l’environnement. De ce fait, les facteurs externes agissent indépendamment les uns des autres et le phénomène global obéit à la loi dite des « facteurs limitants » que l’on peut énoncer de la façon suivante : lorsqu’un processus est contrôlé par plusieurs facteurs agissant indépendamment, son intensité est limitée par le facteur qui présente la valeur minimum. Le facteur est alors limitant et la vitesse du processus est proportionnelle à la valeur de ce facteur. Mesure de la photosynthèse Pour pouvoir étudier les facteurs externes influant sur la photosynthèse, encore faut-il être capable de mesurer celle-ci. Dans cette optique, un certain nombre de paramètres peuvent être pris en compte, et en particulier l’incorporation du carbone dans les molécules organiques, l’évolution de la concentration en CO 2 , ou encore l’évolution de la concentration en oxygène. Une solution simple et quantitative est l’utilisation d’une électrode à oxygène pour mesurer l’évolution de la concentration en oxygène. Ainsi, on observe à la lumière un dégagement d’oxygène. La mesure de ce dégagement correspond à la photosynthèse nette (Pn). En effet, la plante, dans le même temps, réalise la respiration cellulaire, et consomme ainsi de l’oxygène, ce qui fausse cette mesure… La solution est alors de mesurer la consommation d’oxygène à l’obscurité, qui correspond à la respiration (Ro). On obtient alors la valeur de la photosynthèse brute (Pb) par la formule suivante : Pb = Pn - Ro Évolution de la concentration en dioxygène à l’obscurité et à la lumière lors de la photosynthèse Pb = Pn - Ro Pb = photosynthèse brute ; Pn = photosynthèse nette ; Ro = respiration Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : explication des paramètres de mesure ; les différentes techniques de mesure ; détails sur l’électrode à oxygène… Influence de la lumière La photosynthèse se réalise en présence de lumière. Il est possible de quantifier ce phénomène, en éclairant des plantes avec une source lumineuse permettant de réaliser une gamme d’intensités (flux de photons) déterminées. Influence de l’éclairement sur la photosynthèse nette Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) On obtient ainsi des courbes biphasiques, permettant de déterminer plusieurs paramètres : L’éclairement saturant ou optimal (I S ) : c’est l’éclairement pour lequel la courbe atteint un plateau. Au-delà, la capacité d’absorption des photons dépasse la capacité de leur utilisation. Les réactions d’assimilation du CO 2 deviennent limitantes et la photosynthèse présente une intensité maximale. Le point de compensation pour la lumière (I C ) : c’est la valeur de l’éclairement pour laquelle la photosynthèse nette est nulle ; la photosynthèse compense juste la respiration. Le rendement de l’absorption des photons (ou rendement quantique foliaire Phi Ф) c’est la pente (coefficient directeur) de la partie linéaire initiale de la courbe. Dans cette gamme d’éclairement, la lumière est limitante. Il est aussi possible d’étudier l’influence qualitative de la lumière, en réalisant le spectre d’action de la lumière sur le végétal étudié. On peut ainsi s’apercevoir que toutes les radiations lumineuses ne sont pas aussi efficaces pour la photosynthèse. Voir sur le site BMédia : Étude du spectre d’action, détermination du rendement quantique en fonction de la longueur d’onde Comparaison de la photosynthèse de plantes de lumière et de plantes d’ombre Courbes de saturation de la photosynthèse en fonction de la densité du flux de photons chez une plante de lumière et une plante d’ombre Les autres facteurs (concentration en CO 2 atmosphérique, température 25 °C) sont maintenus constants. I C : intensité de compensation ; I S : intensité saturante ; Ф : rendement quantique foliaire. En bleu : plantes d’ombre ; en rouge : plantes de lumière. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Quand on compare le comportement de ces deux types de plantes on constate que : I CO (ombre) est inférieure à I CL (lumière) ; Ф O (ombre) est supérieur à Ф L (lumière) ; I SO (ombre) est inférieure à I SL (lumière). En d’autres termes, les plantes d’ombre présentent une intensité photosynthétique optimale et une intensité de compensation plus faible, mais une efficacité dans l’absorption des photons plus élevée (plantes des sous-bois). Inversement, les plantes de lumière sont moins efficaces dans la capture des photons, mais elles fixent davantage de CO 2 (ex : plantes cultivées). Influence de la concentration en CO 2 Les plantes aériennes assimilent le CO 2 atmosphérique (0,035 % de CO 2 ) tandis que les plantes aquatiques absorbent soit le CO 2 dissous (concentration faible : environ 10 µM à pH 7), soit les ions bicarbonate HCO 3 - (concentrations élevées : de l’ordre du mM, mais variable en fonction du pH), qui sont ensuite convertis en CO 2 grâce à la réaction catalysée par l’anhydrase carbonique. La quantité de CO 2 disponible est limitante dans des conditions d’éclairement moyen. Par conséquent, une augmentation de la photosynthèse est observée lorsqu’on augmente la concentration de CO 2 . Influence de la concentration en CO 2 de l’air sur la consommation en CO 2 d’une plante verte La courbe présente une première partie pseudo-linéaire pour laquelle le CO 2 est limitant, et une seconde partie qui correspond à un plateau pour lequel l’éclairement est devenu limitant et la photosynthèse maximale, dans ces conditions. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : Effets conjugués de la teneur en CO 2 et de l’éclairement Influence de la température L’optimum de température des plantes varie en fonction de leur origine. Ainsi, les plantes des régions tempérées ont un maximum qui se situe entre 15 °C et 25 °C, avec une limite de tolérance au froid vers – 2 °C à 0 °C et de tolérance au chaud vers 40 °C à 50 °C. Pour une plante donnée, on observe des modifications du point de compensation (I C ) et du point de début de saturation (I S ), mais sans modification du rendement Ф. Ceci montre que les réactions photochimiques sont peu ou pas sensibles à la température, au contraire des réactions biochimiques. Voir sur le site BMédia : L’influence de la température. Courbes de photosynthèse nette d’une plante à 15 °C et à 25 °C Deux groupes de réactions Plusieurs types d’expériences ont montré que la photosynthèse pouvait être découpée en deux groupes de réactions de significations différentes, mais couplées entre elles et nécessitant des intermédiaires. Origine de l’oxygène (Ruben et Kamen, 1938) L’équation bilan de la photosynthèse montre un dégagement de dioxygène. Equation bilan de la photosynthèse Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) La question se pose de savoir d’où provient ce dioxygène. On peut en effet émettre deux hypothèses : soit cet oxygène provient du CO 2 , soit il provient de l’eau H 2 O. Afin de trancher entre ces deux possibilités, Ruben et Kamen ont utilisé un isotope lourd de l’oxygène ( 18 O) à la place de l’oxygène habituel ( 16 O) et ils ont marqué ainsi diverses molécules (H 2 O, CO 2 ). Lorsque de l’eau est marquée par le 18 O (H 2 18 O), le dioxygène produit par la photosynthèse devient marqué ; ce n’est pas le cas lorsque le CO 2 est marqué par le 18 O. Ils en déduisent que c’est l’eau (H 2 O) qui est à l’origine du dioxygène produit. Pour former une molécule de dioxygène, il faut donc 2 molécules d’eau. Ces résultats montrent que l’on peut décomposer la réaction photosynthétique en deux groupes de réactions : Équation bilan des deux groupes de réaction de la photosynthèse phase claire et phase sombre Ces deux réactions (oxydation de l’eau et réduction du dioxyde de carbone) sont couplées dans un ensemble complexe de réactions d’oxydoréduction faisant intervenir des transporteurs de protons (H + ) et d’électrons (e - ). Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : Réactions d’oxydoréductions entre les couples H 2 O/O 2 et CO 2 /(CH 2 O) Existence de deux types de réactions (Emerson et Arnold, 1932) Diverses expériences d’incorporation de CO 2 par des chlorelles (algues unicellulaires) ont permis de mettre en évidence que l’ensemble des réactions composant la photosynthèse peut être décomposé en deux groupes : des réactions mettant directement en jeu la lumière – on parle de phase photochimique de la photosynthèse ; des réactions plus lentes, sans utilisation directe de la lumière – on parle de phase biochimique de la photosynthèse. Réactions photochimiques et biochimiques de la photosynthèse Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : Démonstration de l’existence de deux types de réactions La libération d’O 2 nécessite un accepteur d’électron (Hill, 1937) Hill utilise une suspension de chloroplastes isolés dans un tampon sans CO 2 . Il mesure les variations de dioxygène à l’aide d’une électrode à oxygène. Il ajoute à la préparation un accepteur artificiel d’électrons, le ferricyanure de potassium, Fe 3+ (CN – ) 6 K 3 ( réactif de Hill ) et travaille en lumière continue. Nécessité d’un absorbeur d’électron pour la photosynthèse En absence de CO 2 , les chloroplastes sont capables de libérer du dioxygène, à condition qu’un accepteur d’électron (Fe 3+ ) soit présent dans le milieu. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Le réactif de Hill se comporte comme un accepteur d’électron : Fe 3+ + e – → Fe 2+ Dans les conditions naturelles de la photosynthèse, ce rôle d’accepteur d’électron est rempli par le couple NADP + /NADPH : NADP + + 2e – + 2H + → NADPH + H + Le couple NADP + /NADPH joue ainsi le rôle d’intermédiaire entre l’oxydation de l’eau et la réduction du CO 2 . De plus, l’ATP sert aussi d’intermédiaire énergétique : de l’ATP est formé en conséquence du fonctionnement de la chaîne photosynthétique, et est ensuite utilisé lors de la formation des composés carbonés. Schéma bilan Représentation schématique statique de la séparation de la photosynthèse en deux groupes de réaction Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Bilan de la photosynthèse Gilles Furelaud Crédits Auteur(s)/Autrice(s) Roger Prat Professeur de physiologie végétale à l'université Pierre et Marie Curie. François Moreau Travaille à l’université Pierre et Marie Curie. Éditeur(s)/Éditrice(s) Gilles Furelaud Professeur agrégé de SVT. Il a été le responsable éditorial du site Planet-Vie de 2001 à 2004. Licence du texte de l'article Partager cet article Article La fermentation lactique et son utilisation dans la fabrication du yaourt 07.03.11 — Par Gilles Camus Article Les effets du changement climatique sur la croissance des plantes 14.06.22 — Par Élise Muller Article Les rôles de l'ATP 23.06.11 — Par Gilles Camus Expériences sur la photosynthèse En savoir plus Quitter la lecture zen Lettre d'information Restez au courant de l’actualité de Planet-Vie en vous abonnant à notre lettre d'information. S'abonner Planet-Vie Enseigner la biologie Thématiques Animaux Cellules et molécules Champignons Développement Écologie Évolution Génétique Manipulations en laboratoire Manipulations en SVT Microbiologie Santé Thèmes transversaux Végétaux Événements Parutions Liens utiles À propos Qui sommes-nous ? Liste des auteurs et autrices Instruction aux auteurs et autrices Success message!
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Lumière sur la photosynthèse - Encyclopédie de l'environnement Accueil » Vivant » Vivant et facteurs du milieu » Lumière sur la photosynthèse Qu’est-ce qui est le plus essentiel pour la vie sur Terre ? L’eau, bien sûr ; mais probablement aussi la lumière… et la photosynthèse qui la valorise au bénéfice des organismes vivants. Pourtant la photosynthèse n’utilise qu’une toute petite partie (5 à 6% dans les meilleures conditions, moins de 1% en moyenne) de l’énergie solaire arrivant sur la Terre. Cette énergie permet la fixation annuelle, à partir du CO 2 de l’air, de 115 à 120 milliards de tonnes de carbone dans la biomasse (Lire Le chemin du carbone dans la photosynthèse ). Au cours des temps géologiques, cela a permis la formation des combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) qui fournissent 80 % de l’énergie de nos sociétés (Lire Pétrole : les preuves de son origine biologique ). La photosynthèse est aussi responsable de la production de l’oxygène que nous respirons. Mais alors comment les organismes photosynthétiques parviennent-ils à collecter la lumière nécessaire et comment récupèrent-ils l’énergie qu’elle renferme ? Comment fonctionnent donc ces capteurs solaires que sont les chloroplastes ? 1. Autotrophie et photosynthèse 1.1. Qu’est-ce que la photosynthèse ? 1.2. Les chloroplastes, siège de la photosynthèse 2. La feuille est un capteur solaire 2.1. Pourquoi les feuilles sont-elles vertes ? 2.2. Combien faut-il de lumière ? 2.3. Toutes les longueurs d’ondes se valent-elles ? 2.4. Comment sont organisés les pigments dans la feuille ? 3. Des photons aux électrons : la lumière devient électricité 3.1. Chlorophylle et récupération de l’énergie de la lumière 3.2. Retour à l’état fondamental : d’où vient l’oxygène ? 3.3. Comment le courant passe ? 3.4. Un gradient de protons couplé au transfert d’électrons 4. Couplage entre réactions photochimiques et réactions biochimiques 5. Messages à retenir 1. Autotrophie et photosynthèse « Le 16 août 1771, je mis un plant de menthe dans une quantité d’air où une chandelle avait cessé de brûler et je trouvai que, le 27 du même mois, une autre chandelle pouvait y brûler parfaitement bien ». C’est ainsi que fut rapportée par Joseph Priestley (Lire Focus Quelques pionniers de la photosynthèse ) l’expérience qui lui permit de découvrir l’ oxygène et d’entrevoir un aspect fondamental du métabolisme * des végétaux verts : la photosynthèse . 1.1. Qu’est-ce que la photosynthèse ? Figure 1. Schéma global de la photosynthèse. [Source image de fond, Reculée des Planches, Jura © Pierre Thomas, Planet-Terre] Ce processus métabolique confère l’ autotrophie * aux organismes photosynthétiques (plantes, algues, cyanobactéries). Grâce à la lumière, ces organismes oxydent l’eau , dégagent de l’oxygène ( dioxygène ) et fixent le gaz carbonique ( dioxyde de carbone ) en synthétisant leur matière organique (la biomasse ) à partir de substances minérales puisées dans le milieu environnant (sol, milieu aquatique…) (Lire Photosynthèse et biomasse ). L’équation suivante résume ce processus de la photosynthèse (Figure 1) : n [CO 2 (dioxyde de carbone) + H 2 O (eau)] + énergie solaire → (CH 2 O) n (sucre) + n O 2 (dioxygène) Des organismes procaryotes , ancêtres des cyanobactéries actuelles (qui sont apparus dans l’océan primordial du Précambrien il y a plus de trois milliards d’années) ont probablement été les premiers organismes capables de réaliser la photosynthèse (Lire La biosphère, un acteur géologique majeur ). En utilisant l’énergie solaire, ils ont produit de l’oxygène qui s’est lentement accumulé, entraînant une véritable “ révolution dans l’évolution ”. L’ enrichissement en oxygène de l’atmosphère primitive a conduit à la création de la couche d’ozone , qui protège la Terre des rayonnements solaires ultraviolets, provoquant des modifications du climat et de la composition de la croûte terrestre. Ces changements ont permis une colonisation des continents par de nouvelles formes de vie bactérienne, animale et végétale. [1] 1.2. Les chloroplastes, siège de la photosynthèse Figure 2. Feuilles d’érable dans la lumière. [Source : © Photo Jacques Joyard] La photosynthèse se déroule dans les feuilles des végétaux supérieurs, les thalles * des algues et dans des micro-organismes unicellulaires (algues, cyanobactéries , …). La forme -généralement aplatie- de la feuille d’une plante verte, son orientation -face à la lumière- et sa faible épaisseur en font un récepteur efficace du rayonnement solaire (Figure 2). Vidéo : « La plante en kit, épisode 1 : La feuille . » Avec Marc André-Selosse par Ver de Terre Production (Licence Creative Commons CC0). Les cellules foliaires renferment dans leur cytoplasme une grande quantité de chloroplastes (Figure 3). Ces organites, hautement différenciés et contenant la totalité de la chlorophylle de la feuille, sont spécialisés dans l’accomplissement de la photosynthèse. [2] Dans un gramme de feuille d’épinard, il y a environ 500 millions de chloroplastes. En moyenne, c’est près de 60% de la masse totale des protéines de la feuille qui sont localisés dans les chloroplastes. Vidéo « Déplacement de chloroplastes dans une cellule d’élodée » : Figure 3. Cellules chlorophylliennes (ici feuille de mousse aquatique Plagiomnium affine ). Délimitée par une paroi, chaque cellule contient un noyau, une vacuole et un cytoplasme renfermant divers organites dont de nombreux chloroplastes (organites verts). [Source : Kristian Peters — Fabelfroh / CC BY-SA 3.0)] Observé au microscope électronique (Figure 4), un chloroplaste d’épinard se présente comme un disque ovoïde de 7 à 8 microns de longueur sur 2 à 3 microns de diamètre. Il est formé de trois parties : l’ enveloppe, double système membranaire (constitué d’une membrane externe, d’une membrane interne, séparées par un espace intermembranaire), délimite le chloroplaste ; les thylacoïdes, réseau membranaire en forme de sacs aplatis ; souvent empilés en grana reliés entre eux par des lamelles intergranaires. L’espace intérieur délimité par les membranes des thylakoïdes s’appelle le lumen. le stroma est l’espace limité par l’enveloppe et dans lequel baignent les thylacoïdes. En microscopie électronique, il présente un aspect granuleux. Il contient de nombreuses enzymes, de l’ADN, une machinerie pour synthétiser des protéines (les ribosomes) et quelques gouttelettes lipidiques. Figure 4. Chloroplaste observé en microscopie électronique (en haut). On distingue la paroi cellulaire, des mitochondries (siège de la respiration cellulaire) et un chloroplaste (siège de la photosynthèse) où les thylacoïdes granaires (singulier granum, pluriel grana) et les lamelles intergranaires sont clairement différenciés. En bas, représentation schématique du chloroplaste. [Sources : Haut, Photo Eldon Newcomb © Board of Regents of the University of Wisconsin System ; Schéma du bas, © At-Chloro http://at-chloro.prabi.fr/at_chloro/] Les réactions de la photosynthèse se déroulent de manière coordonnée dans ces divers compartiments : l’ absorption de la lumière et le dégagement de l’oxygène se déroulent au sein des thylacoïdes lors des réactions primaires (Lire Focus Z comme photosynthèse ) ; la fixation du gaz carbonique et la synthèse de molécules carbonées ont ensuite lieu au sein du stroma (lire Le chemin du carbone dans la photosynthèse ); le transport des molécules entre le chloroplaste et son environnement cellulaire impliquent l’ enveloppe des chloroplastes (Lire Focus Saccharose ou amidon ? ). Il alimente la synthèse de biomasse. Une vue générale des compartiments chloroplastiques, de leurs divers constituants et fonctions est accessible de manière interactive sur le site du « SUN Chloroplast E-book » : http://www.markhoelzer.com/SUN-chlorophyllEbookWorking/chloroplast.html 2. La feuille est un capteur solaire 2.1. Pourquoi les feuilles sont-elles vertes ? La plupart des feuilles sont vertes , sauf quelques exceptions présentant des parties blanches ou colorées. Pourquoi sont-elles vertes ? La réponse à cette question parait simple : parce qu’elles contiennent de la chlorophylle (Lire Focus Les couleurs des feuilles ). Mais les choses sont un peu plus complexes car elles impliquent les caractéristiques particulières de notre vision et la coordination par notre cerveau. Nous ne voyons que les longueurs d’onde du spectre électromagnétique qui activent les récepteurs présents dans les cellules de notre rétine. Ces récepteurs sont sensibles à 3 couleurs (le bleu, le vert et le rouge) et détectent la lumière réfléchie vers l’œil par les objets de notre environnement. Ils nous permettent de voir une infinie variété de nuances dans le spectre des couleurs d’un arc-en-ciel (violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge) [3] . Cependant, les personnes atteintes de diverses formes de daltonisme ne distinguent pas toutes ces couleurs, la confusion la plus fréquente étant celle du vert et du rouge. Chaque espèce animale possède une vision qui lui est spécifique (par exemple les abeilles voient dans l’ultraviolet) et très peu d’animaux voient les feuilles vertes (lire Lumière, vision et horloges biologiques et Les couleurs du ciel ). Figure 5. Les diverses longueurs d’onde de la lumière solaire visible sont absorbées par la feuille, sauf le vert (schéma de gauche). Les diverses formes de chlorophylles absorbent surtout les longueurs d’onde entre 400 et 500 nm et entre 600 et 700 nm, mais très peu celles qui sont entre 500 et 600 nm [Source : schéma de droite : Chlorophyll_ab_spectra2.PNG: Daniele Pugliesiderivative work: M0tty / CC BY-SA 3.0)] Pour la photosynthèse, la qualité de la lumière compte plus que la quantité. Une molécule comme la chlorophylle a (la forme de chlorophylle la plus abondante) absorbe efficacement la lumière dans le violet , le rouge , l’ orangé et un peu dans le jaune. La chlorophylle b est plus efficace dans la zone bleue du spectre. Par contre, elles sont très peu efficaces pour absorber la lumière verte qui est alors réfléchie par la feuille. C’est pourquoi les feuilles nous apparaissent vertes (Figure 5). Si la chlorophylle absorbait de manière optimale dans toutes les régions du spectre, les végétaux nous paraîtraient noirs, même en plein jour ! 2.2. Combien faut-il de lumière ? Dans la nature, les feuilles absorbent moins de 1% de la lumière solaire qui leur parvient, aussi ce n’est généralement pas un facteur limitant. [4] Cependant, une très forte lumière peut entrainer un excès d’énergie dans les feuilles qui conduit à une photoinhibition : des stress oxydatifs * peuvent alors endommager les structures captant la lumière (Lire Comment les plantes supportent les stress alpins ? ). Figure 6. Rendement quantique et rendement maximum de la photosynthèse en fonction de l’intensité lumineuse. Adapté de réf. [5]. La lumière est la force motrice de la photosynthèse. Expérimentalement, on observe que la photosynthèse augmente régulièrement avec l’ intensité lumineuse . Cependant, il y a saturation aux fortes intensités : certaines réactions devenant limitantes (par exemple à cause de la concentration en CO 2 ou de la température). Ces observations ont révélé l’existence de deux types de réactions : celles qui nécessitaient la lumière (les réactions dites « claires » ou photochimiques ) et celles qui pouvaient se dérouler en son absence (que l’on appelait improprement réactions « sombres », mais que l’on qualifie plutôt de biochimiques ). En 1932, illuminant des chlorelles -algues vertes unicellulaires photosynthétiques- à l’aide de flashs lumineux intenses d’une durée de quelques millisecondes, Emerson [5] et Arnold ont démontré que la lumière apportée par les flashs permettait l’ émission d’une seule molécule de dioxygène pour 2500 molécules de chlorophylles (Figure 6). Il faut environ 9 à 10 photons pour permettre la production de cette molécule de dioxygène. Cela correspond à un rendement quantique –c’est-à-dire le rapport entre le nombre de molécules de dioxygène émises et le nombre de photons absorbés- d’environ 0,1 . Cette expérience a conduit au concept d’unité photosynthétique qui sera démontré ultérieurement avec la caractérisation des photosystèmes . 2.3. Toutes les longueurs d’ondes se valent-elles ? Figure 7. Représentation de l’« effet Emerson » : la chute du rendement quantique de la photosynthèse dans le rouge n’est compensée qu’en présence de lumière additionnelle (600 nm, par exemple) lors de l’expérience. Cette expérience, initialement réalisée par Emerson et Lewis, a été reprise plus tard par Govindjee qui a pris en compte l’adsorption, expérience représentée ici (ref. [7]). Toutes les longueurs d’onde ont-elles la même importance pour la photosynthèse ? Au 19 e siècle, Engelmann [6] , a montré le rôle de la couleur de la lumière dans une expérience réalisée avec des algues filamenteuses (de type spirogyre) illuminées à l’aide d’un prisme où des bactéries aérobies * servent d’ indicateur de la production d’oxygène (Lire Focus Quelques pionniers de la photosynthèse ). La densité des bactéries était la plus élevée dans les régions illuminées par les lumières bleue et rouge . La mesure de l’activité photosynthétique en fonction des différentes longueurs d’onde montre que la photosynthèse est active sur toute la gamme de lumière visible, même dans la zone entre 500 et 600 nm où les chlorophylles sont peu efficaces (voir Figure 5). Ceci est dû aux pigments dits accessoires, capables eux aussi d’absorber l’énergie lumineuse. C’est en particulier le cas des caroténoïdes qui absorbent la lumière dans les gammes du spectre situées entre le violet et le rouge. L’ensemble des pigments absorbe donc l’énergie sur pratiquement toute la gamme de longueurs d’ondes et la restitue pour réaliser la photosynthèse. Cependant, en éclairant des chloroplastes avec une lumière monochromatique , Emerson et Lewis ont mis en évidence une chute brutale du rendement quantique au-dessus de 680 nm (Figure 7) [7] , alors que les chlorophylles sont capables d’absorber dans cette région du spectre. Cet effet, appelé « red drop », montre que les longueurs d’onde au-dessus de 680 nm ne sont pas capables -à elles seules- de permettre la photosynthèse (mesurée ici par le dégagement d’oxygène). Par contre, cette chute dans le rouge est supprimée en ajoutant à la lumière rouge sombre une radiation de plus courte longueur d’onde, par exemple 600 nm. Cette expérience suggère l’existence de deux systèmes pigmentaires distincts, plus tard décrits comme les deux photosystèmes (photosystème I, ou PSI, et photosystème II, ou PSII) : l’un qui n’absorbe pas la lumière au-delà de 680 nm et qui est associé au dégagement de dioxygène. l’autre qui absorbe au-delà de 680 nm et qui ne permet pas le dégagement de dioxygène. Cet effet synergique suggère que deux systèmes distincts coopèrent en condition d’illumination normale pour réaliser des réactions conduisant à l’émission de dioxygène. 2.4. Comment sont organisés les pigments dans la feuille ? Figure 8. Représentation schématique d’un photosystème dans la membrane des thylakoïdes. La chlorophylle des feuilles est localisée au sein de la membrane des thylacoïdes (voir Figure 5), mais elle n’y est pas distribuée uniformément. Elle est associée à des protéines dans les photosystèmes organisés chacun autour d’un centre réactionnel et d’un réseau d’ antennes collectrices de lumière (Figure 8). Ces photosystèmes sont enchâssés dans les lipides membranaires constituant la membrane des thylacoïdes. L’antenne associe des protéines et de très nombreux pigments photorécepteurs : chlorophylles (environ 300 molécules de chlorophylle dans chaque photosystème), mais aussi, selon les organismes, différents pigments tels que les caroténoïdes… Comme les chlorophylles, les caroténoïdes participent au processus de capture de l’énergie lumineuse au sein des antennes collectrices et peuvent donc transférer leur énergie à la chlorophylle. La photosynthèse est d’abord un phénomène membranaire ! 3. Des photons aux électrons : la lumière devient électricité 3.1. Chlorophylle et récupération de l’énergie de la lumière Figure 9. Lorsqu’une molécule de pigment dans son état stable (A) absorbe un photon lumineux, un électron d’une orbite centrale passe sur une orbite périphérique d’énergie supérieure et la molécule atteint un état excité (B). L’électron peut revenir sur son orbitale initiale, la molécule de pigment revient à son état fondamental en émettant de la lumière (fluorescence) et de la chaleur (C1). Au sein des antennes collectrices, les molécules de pigments excitées peuvent transmettre leur énergie par résonance aux molécules voisines pratiquement sans perte d’énergie (C2). Les divers pigments de l’antenne (chlorophylles et caroténoïdes) absorbent la lumière essentiellement dans la partie visible du rayonnement solaire (voir Figure 5) et les molécules passent à un état excité lors de la capture d’un photon (Figure 9B) [8] . Une fois excitée, la chlorophylle retourne à son état fondamental, plus stable thermodynamiquement (Figure 8C), selon trois processus : en émettant de la lumière et de la chaleur : c’est la fluorescence (Figure 9, C1) [9] . Ce mécanisme est fonctionnel en condition d’excès de lumière, l’excès d’énergie lumineuse est alors dissipé en chaleur ; en transférant son énergie à une molécule adjacente : c’est la résonance . Cette grande proximité entre molécules de pigments explique l’extrême rapidité de la réaction : elle s’effectue en moins d’une picoseconde (soit moins d’un millionième de millionième de seconde ou 10 -12 s). Ce transfert d’énergie d’excitation se déroule pratiquement sans aucune perte d’énergie. C’est ainsi que les pigments de l’antenne collectrice (chlorophylles et caroténoïdes) transfèrent l’énergie apportée par la lumière de molécule en molécule (Figure 9, C2) jusqu’à la paire spéciale de chlorophylle du centre réactionnel. en perdant un électron : c’est ce qui se déroule au cœur du centre réactionnel. Le cœur du centre réactionnel est formé d’une paire -dite spéciale- de molécules de chlorophylle (Figure 7). Cette chlorophylle sert de piège pour l’ énergie : elle reçoit, sous forme d’excitation électronique, l’énergie des photons solaires captés par l’ensemble des pigments de l’antenne. Toute l’énergie lumineuse captée par l’antenne se concentre donc sur cette paire spéciale. Ainsi excitée, la paire “spéciale” de chlorophylles va transférer un électron à un accepteur -dit primaire- (voir Figure 7) qui va donc être réduit. C’est la « séparation de charges » où un électron de la chlorophylle passe de la face interne des thylacoïdes vers la face stromatique . Le centre réactionnel peut donc être assimilé à une photopile moléculaire . Son pôle positif est formé par la paire spéciale oxydée, dotée d’une charge positive. Son pôle négatif est constitué d’une molécule réduite, dotée d’une charge négative : l’accepteur primaire. Très rapidement, l’ accepteur primaire réduit va céder l’électron à un autre accepteur et ainsi de suite au cours d’une série de réactions d’oxydoréductions * en cascade qui vont permettre la production d’énergie chimique à partir de l’énergie lumineuse (Figure 10) (Lire Focus Z comme photosynthèse ). 3.2. Retour à l’état fondamental : d’où vient l’oxygène ? Figure 10. Grâce à la lumière et aux deux photosystèmes, les électrons de l’eau sont transférés sur le NADP+ pour former le NADPH. L’oxydation de l’eau produit de l’oxygène et des protons dans le lumen des thylacoïdes. Le fonctionnement de la chaine de transfert d’électron –une série d’oxydo-réductions- qui va de la face interne des thylacoïdes (lumen) vers la face externe (stromatique) conduit à la formation d’un gradient électrochimique de protons qui permettra la synthèse d’ATP (Lire focus Synthèse d’ATP ). Pour que le système reste fonctionnel , il faut cependant que les paires spéciales de chlorophylles des centres réactionnels reviennent à leur état fondamental . Elles le font en acceptant un électron d’un donneur primaire. Chaque photosystème est ainsi caractérisé : par une paire de chlorophylles absorbant la lumière à une longueur d’onde donnée (avec un maximum à 700 nm pour le PSI et à 680 nm pour le PSII, d’où leur nom, P700 et P680) ; par des donneurs et accepteurs primaires propres à chacun des photosystèmes (Figure 10). Figure 11. A. Dégagement périodique d’oxygène par des membranes photosynthétiques exposées à de brefs éclairs lumineux (Joliot). B. Cycle d’oxydation de l’eau, un mécanisme en quatre étapes qui fournit quatre électrons aux molécules de P680, dans le photosystème Il (Kok). Les états S sont des états redox différents du complexe d’émission d’oxygène qui accumule des charges positives en libérant des électrons. S1 est l’état au repos du système, le passage d’un état à l’autre est plus ou moins rapide : en 30 µs pour le plus rapide (S0-S1) et 1.1 ms (S4-S0). Adapté des références [11] et [12]. Au sein du PSII, le départ photo-induit d’un électron laisse le donneur primaire d’électrons P680 dans un état oxydé : il est alors porteur d’une charge positive (P680 + ). Pour que le système fonctionne, il est indispensable que P680 + récupère chaque électron donné. Les organismes photosynthétiques ont résolu ce problème très tôt dans l’histoire de l’évolution en développant un processus original il y a plus de trois milliards d’années : ils ont pris les électrons à l’eau , selon la réaction suivante : 2 H 2 O (eau) → O 2 (dioxygène) + 4 H + (protons) + 4 e – (électrons) (équation 1) Ainsi, les électrons issus de l’oxydation de l’eau sont transférés jusqu’au P680 + , de l’ oxygène gazeux est dégagé et des protons libérés dans l’espace intérieur des thylacoïdes (Figure 11). Cette étape ramène le P680 + à son état neutre (P680) et permet un nouveau cycle photochimique. [10] Le mécanisme responsable de cette réaction a été identifié vers 1970 par deux groupes de chercheurs : ceux du français P. Joliot [11] et de l’américain B. Kok [12] . En illuminant des thylacoïdes par une série d’éclairs Joliot a montré que la production d’oxygène présente une périodicité d’ordre quatre jusqu’à ce que les différences s’amortissent progressivement (Figure 11A). Kok propose alors une explication : le cycle d’oxydation de l’eau . La formation d’oxygène nécessite l’ accumulation séquentielle de quatre charges positives du côté donneur du PS II (Complexe d’émission d’oxygène) dans un mécanisme cyclique où le manganèse joue un rôle central (Figure 11B). Chaque électron libéré au cours de ce processus permet à la paire spéciale de chlorophylles (P680) de revenir à son état fondamental et d’être à nouveau disponible pour récupérer l’énergie des photons captés par les pigments de l’antenne. L’oxygène que nous respirons est donc un sous-produit de cette réaction. [13] 3.3. Comment le courant passe ? Les électrons arrachés au P680 au niveau de l’accepteur primaire du PSII circulent alors jusqu’à l’autre photosystème (PSI) par une suite de réactions d’oxydoréduction qui permet au P700 + oxydé de revenir à son état initial. Travaillant en série, les photosystèmes couplent énergétiquement leurs réactions photochimiques sur la chaîne de transferts d’électrons (Lire Focus Z comme photosynthèse ). Les transferts d’électrons sont donc organisés au sein de la membrane photosynthétique pour aboutir à la réduction chimique du nicotinamide adénine dinucléotide phosphate (NADP + ) par une enzyme, la Ferredoxine-NADP + oxydoréductase (ou FNR) localisée dans le stroma. Cette étape terminale du transfert des électrons permet la formation d’un pouvoir réducteur sous la forme de NADPH. Un véritable courant électrique traverse donc la membrane des thylacoïdes de l’eau (au niveau du lumen) vers le NADP + , sur la face stromatique de la membrane (voir Figure 10). Ce transfert d’électrons peut être visualisé de manière animée sur le site du « SUN Chloroplast E-book » : http://www.markhoelzer.com/SUN-chlorophyllEbookWorking/chloroplast.html 3.4. Un gradient de protons couplé au transfert d’électrons Le transfert d’électrons est couplé à l’établissement d’un gradient de protons à travers la membrane des thylacoïdes, grâce à des réactions conduisant à l’acidification du lumen par rapport au stroma (voir Figure 10) : L’oxydation de l’eau libère des protons dans le lumen des thylacoïdes (voir équation 1) ; En transférant des électrons entre les deux photosystèmes, le complexe cytochrome b 6 f pompe, à travers la membrane des thylakoïdes, des protons du stroma qui s’accumulent dans le lumen ; La synthèse du NADPH dans le stroma consomme des protons, ce qui amplifie la différence de pH entre stroma et lumen. Le potentiel d’énergie chimique résultant de cette différence de concentrations des protons entre les deux faces de la membrane photosynthétique (ou gradient électrochimique de protons) est utilisé par une protéine membranaire, l’ATP-synthase –véritable nanomachine-, pour synthétiser de l’adénosine triphosphate (ATP) (Lire Focus La synthèse d’ATP ). En résumé, l’énergie des photons récupérée dans les photosystèmes est convertie en pouvoir réducteur (NADPH) et en énergie chimique (ATP). 4. Couplage entre réactions photochimiques et réactions biochimiques Figure 12. Représentation schématique du couplage des réactions primaires (phase photochimique) et du cycle de Benson-Bassham-Calvin (BBC) lors de la photosynthèse. Les réactions primaires, qui se déroulent au sein des thylacoïdes, utilisent l’énergie solaire pour synthétiser de l’ATP et du NADPH, qui apportent respectivement de l’énergie chimique et du pouvoir réducteur au cycle de Benson-Bassham-Calvin, localisé dans le stroma, afin d’incorporer du CO2 dans des molécules organiques (molécules en C3 phosphorylées) qui seront exportées hors du chloroplaste pour donner divers sucres (dont le saccharose). L’oxygène dégagé est produit lors de l’oxydation de l’eau. L’ATP et le NADPH sont utilisés pour alimenter les réactions dans l’étape suivante de la photosynthèse : la fixation du dioxyde de carbone (lire Le chemin du carbone dans la photosynthèse ). Cette dernière phase de la photosynthèse est étroitement couplée aux réactions primaires (phase claire) car elle utilise l’ATP et le NADPH engendrés par les réactions primaires et se déroule dans le stroma. Elle permet l’intégration du carbone du CO 2 atmosphérique dans des trioses-phosphate, molécules à 3 atomes de carbone phosphorylées, au sein du stroma des chloroplastes au cours d’un ensemble de réactions appelé Cycle de Benson-Bassham-Calvin (Figure 12). Les trioses phosphates sont ensuite utilisés dans le chloroplaste pour la synthèse d’amidon, d’acides aminés ou de lipides ou exportés hors du chloroplaste et transformés en sucres (saccharose) par les enzymes du cytoplasme : c’est l’origine de la biomasse constitutive de tous les organismes vivants (Lire Focus Saccharose ou amidon ? ). 5. Messages à retenir Grâce à la lumière, les organismes autotrophes oxydent l’eau, dégagent de l’oxygène (dioxygène) et fixent le gaz carbonique (dioxyde de carbone) en synthétisant leur matière organique à partir de substances minérales puisées dans le milieu environnant ; La feuille est un capteur solaire, elle renferme des chloroplastes et la chlorophylle ; les chlorophylles absorbent la lumière bleue et rouge, mais sont très peu efficaces pour absorber la lumière verte qui est alors réfléchie par la feuille. C’est pourquoi les feuilles nous apparaissent vertes ; Les deux photosystèmes (photosystème I, ou PSI, et photosystème II, ou PSII) sont constitués d’une antenne collectrice de lumière et d’un centre réactionnel qui va transférer des électrons au cours d’un processus appelé séparation de charges ; Travaillant en série, les photosystèmes couplent énergétiquement leurs réactions photochimiques sur la chaîne de transferts d’électrons : l’énergie des photons récupérée dans les photosystèmes est convertie ainsi en pouvoir réducteur (NADPH) et en énergie chimique (ATP). L’ATP et le NADPH sont utilisés pour alimenter les réactions dans l’étape suivante de la photosynthèse : la fixation du dioxyde de carbone qui se déroule dans le stroma au cours du Cycle de Benson-Bassham-Calvin. Notes et références Image de couverture. [Source : © Diverticimes] [1] Rutherford A.W. & Boussac A. (2004), La photosynthèse, une chimie verte enclenchée par l’énergie solaire. Photosynthèse et production d’oxygène. CLEFS CEA 49 :86-92. [2] C’est en 1937 que Robin Hill (biologiste britannique, 1899-1991) découvre que les chloroplastes sont des « grains de chlorophylle » qui assurent la photosynthèse. Il parvient à isoler des chloroplastes (en fait des thylacoïdes) et réalisera la production de dioxygène par une suspension de chloroplastes illuminés en présence d’un accepteur artificiel d’électrons (oxydant). C’est la « réaction de Hill ». [3] Un photon de lumière bleue a plus d’énergie qu’un photon de lumière rouge (Loi de Planck, lire La théorie de Planck ). L’ordre des couleurs de l’arc-en-ciel correspond donc à un spectre continu d’énergie croissant du rouge vers le bleu. L’énergie (e) d’un photon est donnée par l’équation e = hc/λ, où c est la vitesse de la lumière, h est la constante de Planck, et λ est la longueur d’onde lumineuse. L’énergie (E) d’un einstein est E = Ne = Nhc/λ = 28,600/λ, quand E est en kilocalories et λ est donné en nanomètres (nm ; 1 nm = 10 -9 mètres). Un einstein de lumière rouge d’une longueur d’onde de 680 nm a une énergie d’environ 42 kcal. La lumière bleue a une longueur d’onde plus courte et donc plus d’énergie que la lumière rouge. La partie du spectre solaire utilisée par les plantes a une longueur d’onde moyenne estimée à 570 nm ; par conséquent, l’énergie lumineuse utilisée pendant la photosynthèse est d’environ 28 600/570, soit 50 kcal par einstein. [4] Même sous la canopée, la lumière n’est pas vraiment un facteur limitant. Les plantes qui y vivent ont des structures foliaires adaptées à l’environnement lumineux pour équilibrer la capture de la lumière (réactions photochimiques) et la fixation du CO 2 (réactions biochimiques). La distribution des végétaux en sous-bois et lors des coupes est lié à un phénomène de tolérance (ou pas) à l’ombre. Ce phénomène (appelé « Shade avoidance » en anglais) est lié à la signalisation par le phytochrome et pas du tout à la chlorophylle. C’est donc là encore une question de qualité de lumière (donc de signalisation) et très peu de quantité de lumière (substrat). [5] Robert Emerson (1903-1959), biologiste américain, auteur de travaux nombreux et majeurs pour la compréhension de l’impact de la lumière sur la photosynthèse (rendement quantique, effet « Emerson », etc..). Ses travaux sont la première démonstration expérimentale de l’existence de deux photosystèmes dans les chloroplastes. Emerson R. & Arnold W. (1932) A separation of the reactions in photosynthesis by means of intermittent light. J Gen Physiol 15:391–420. [6] Theodor Wilhelm Engelmann (1843-1909), physiologiste allemand. Il a joué un rôle décisif dans l’analyse des mécanismes de la contraction musculaire (muscles striés) et de la photosynthèse. [7] Govindjee, 1963. Emerson enhancement effect and two light reactions in photosynthesis. In: Photosynthetic Mechanisms in Green Plants. Publication 1145, Published by National Academy of Sciences – National Research Council, pp. 318–334 [8] Cette excitation est due à la présence de liaisons conjuguées (et donc d’électrons délocalisés) : l’arrivée d’un photon fait passer un électron délocalisé d’un état fondamental (non excité) à un état excité. Chez la chlorophylle, il existe deux états excités : un état supérieur (Sa) et un état inférieur (Sb), selon l’énergie du photon excitateur (bleu ou rouge). [9] La cinétique d’émission de la fluorescence chlorophyllienne des plantes est un excellent indicateur de leur performance photosynthétique. Son étude permet ainsi de mesurer précisément l’impact de divers stress perturbant l’activité photosynthétique des végétaux. [10] Govindjee & Coleman W. (1990) La production d’oxygène par les plantes. Dossier Hors-série Pour la Science , Janvier 2000 [11] Joliot, P., Barbieri, G. & Chabaud, R. (1969) A new model of photochemical centers in system-2. Photochem. Photobiol . 10, 309–329. [12] Kok, B., Forbush, B. & McGloin, M. (1970) Cooperation of charges in photosynthetic O 2 evolution—I. A linear four step mechanism. Photochem. Photobiol . 11 , 457–475; Bessel Kok (1918-1979) est un biophysicien américain d’origine hollandaise. [13] La teneur en dioxygène de l’atmosphère a varié énormément au cours des temps géologiques. Avant 2,5 Ga, il n’y avait pas de dioxygène dans l’atmosphère. Depuis 1,8 Ga, la teneur en dioxygène est supérieure à 0,1%. Il y a donc une montée très importante entre -2,5 et -1,8 Ga, confirmée par la précipitation générale de Fe 2 O 3 dans les océans à cette époque. Actuellement, il y a 1 000 000 Gt de dioxygène dans l’atmosphère, soit une teneur de 21% (Lire La biosphère, un acteur géologique majeur ). L’Encyclopédie de l’environnement est publiée par l’Association des Encyclopédies de l’Environnement et de l’Énergie ( www.a3e.fr ), contractuellement liée à l’université Grenoble Alpes et à Grenoble INP, et parrainée par l’Académie des sciences. Pour citer cet article : JOYARD Jacques, MOROT-GAUDRY Jean-François (30 janvier 2024), Lumière sur la photosynthèse, Encyclopédie de l’Environnement. Consulté le 22 décembre 2025 [en ligne ISSN 2555-0950] url : https://www.encyclopedie-environnement.org/vivant/lumiere-photosynthese/ . Les articles de l’Encyclopédie de l'environnement sont mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons BY-NC-SA qui autorise la reproduction sous réserve de : citer la source, ne pas en faire une utilisation commerciale, partager des conditions initiales à l’identique, reproduire à chaque réutilisation ou distribution la mention de cette licence Creative Commons BY-NC-SA. Auteur(s) JOYARD Jacques , Directeur de recherche honoraire au CNRS, Laboratoire de Physiologie cellulaire et végétale, Université Grenoble Alpes MOROT-GAUDRY Jean-François , Directeur de recherche émérite INRA, INRA Versailles, Membre de l’Académie d’agriculture. Plan de l’article 1. Autotrophie et photosynthèse 1.1. Qu’est-ce que la photosynthèse ? 1.2. Les chloroplastes, siège de la photosynthèse 2. La feuille est un capteur solaire 2.1. Pourquoi les feuilles sont-elles vertes ? 2.2. Combien faut-il de lumière ? 2.3. Toutes les longueurs d’ondes se valent-elles ? 2.4. Comment sont organisés les pigments dans la feuille ? 3. Des photons aux électrons : la lumière devient électricité 3.1. Chlorophylle et récupération de l’énergie de la lumière 3.2. Retour à l’état fondamental : d’où vient l’oxygène ? 3.3. Comment le courant passe ? 3.4. Un gradient de protons couplé au transfert d’électrons 4. Couplage entre réactions photochimiques et réactions biochimiques 5. Messages à retenir Focus Quelques pionniers de la photosynthèse ... Les couleurs des feuilles ... Z comme photosynthèse ... Synthèse d'ATP ... En savoir plus Farineau J. & Morot-Gaudry F., 2011, La Photosynthèse, Quae, ISBN 978-2-7592-0903-3 Brack A & Mathis P., 2000, La chimie du vivant, de la protéine à la photosynthèse, Collection Quatre à Quatre, Editions du Pommier, ISBN 2-746-50077-9 Mathis P, 2015, Comprendre la photosynthèse , Photoniques 75, 35-41 ; EDP Sciences Alberts B, Johnson A, Lewis J, et al., 2002, Molecular Biology of the Cell . 4th edition New York: Garland Science ; Chloroplasts and Photosynthesis Johnson MP, 2016, Photosynthesis . Essays Biochem. 60(3): 255–273. Published online 2016 Oct 26. doi: 10.1042/EBC20160016 Rogers K., 2011, The chemical reactions of Life: from metabolism to photosynthesis, Biomedical Sciences, Britannica & Rosen Educational Services Site web éducatif en anglais « SUN Chloroplast E-book » Vidéo : La photosynthèse par Bruno Robert (durée 1h18) Vous aimerez aussi Air Les énergies solaires 23-01-2019 On parle couramment de l’énergie solaire, limitant cette énergie au rayonnement visible. Mais le Soleil… Jean LILENSTEN , Directeur de recherche au CNRS, IPAG (Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble), UGA. Air Les couleurs du ciel 10-07-2018 Pourquoi le ciel est-il bleu, les nuages blancs, gris, ou noirs ? Pourquoi les couchers… Elie BELORIZKY , Ancien Professeur à l’Université Joseph Fourier, LIPhy (Laboratoire interdisciplinaire de Physique) , UGA Vivant Symbiose et évolution : à l’origine de la cellule eucaryote 22-11-2024 La cellule des organismes eucaryotes (animaux, plantes, champignons) se distingue de celle des organismes procaryotes… Marc-André SELOSSE , Professeur, Membre de l'Académie d'Agriculture, Muséum national d'Histoire naturelle, Paris 
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La photosynthèse : généralités | Planet-Vie Skip to main navigation Thématiques Tous les contenus Cellules et molécules Génétique Animaux Végétaux Champignons Microbiologie Santé Développement Évolution Écologie Manipulations en SVT Manipulations en laboratoire Niveaux Tous les contenus Cycle 3 Cycle 4 Seconde Première Enseignement scientifique Première SVT Terminale Enseignement scientifique Terminale SVT BCPST Enseigner Programmes officiels (PDF) Apprentis chercheurs Concours CGénial Les Savanturiers Vigie-Nature École Parutions Agenda Médiathèque Newsletter Liens utiles À propos Contact La photosynthèse : généralités Article La photosynthèse : généralités Publié le 01.03.04 Par Roger Prat , François Moreau NOSW, Pixabay Lecture zen Article présentant les différentes étapes de la photosynthèse et des expériences réalisables en classe permettant de montrer le déroulement de celle-ci. Analyse de résultats expérimentaux et de démonstrations célèbres : expériences d'Emerson, d'Engelman, de Ruben et Kamen... Introduction Les végétaux, organismes photoautotrophes, sont capables d’utiliser l’énergie lumineuse pour réaliser la synthèse de molécules organiques, à partir de composés minéraux. L’ensemble de ces réactions est regroupé sous le terme de photosynthèse. La photosynthèse est réalisée par des organismes autotrophes au carbone, grâce à des pigments particuliers, et peut être découpée en deux groupes de réactions. Le dossier aborde de manière succincte ces généralités sur la photosynthèse. Il s’agit essentiellement d’une version « abrégée » de l’ensemble de documents présents sur le site Biologie et Multimédia qui reprennent l’essentiel du module « Biologie et Physiologie végétales » de 2 e année de l’Université Paris VI. Ce dossier « abrégé » reste donc bien évidemment incomplet. À tout moment, il est possible d’accéder aux documents complets, par les liens signalés. Les organismes autotrophes au carbone Autotrophie et hétérotrophie Les êtres vivants sont composés d’eau et de sels minéraux, ainsi que de substances organiques. Ces dernières comportent glucides, lipides, protéines, acides nucléiques, etc. Or les composés organiques sont continuellement renouvelés (par dégradation et synthèse). Ce fonctionnement des êtres vivants nécessite des échanges constants de matière et d’énergie avec le milieu extérieur. On peut ainsi distinguer différents types d’organismes en fonction de leurs besoins et de la source d’énergie utilisée. Les organismes hétérotrophes : ils sont incapables d’effectuer eux-mêmes les synthèses de leurs constituants à partir d’élément minéraux. Ils sont en général chimiotrophes , c’est-à-dire utilisant comme source d’énergie l’énergie chimique récupérée au cours de l’oxydation des composés organiques réduits présents dans leur alimentation. Les organismes autotrophes : ils sont capables d’utiliser des éléments inorganiques pour synthétiser leurs propres constituants organiques. Ils sont en général phototrophes, c’est-à-dire capables d’utiliser l’énergie lumineuse et de convertir cette énergie en étapes chimiques. Voir sur le site BMédia : Chez les procaryotes, on peut trouver en fait des types trophiques bien plus complexes… Organismes hétérotrophes et chimiotrophes Il s’agit des animaux, des champignons, et de certains procaryotes (la bactérie E. coli par exemple). Ces organismes utilisent des substances organiques à la fois comme source d’énergie et comme source de pouvoir réducteur. Schéma général du métabolisme d’une cellule hétérotrophe / chimiotrophe Les intermédiaires sont : 1 = ATP, intermédiaire énergétique ; 2 = NADH ou NADPH, coenzymes d’oxydo-réduction ; 3 = molécules du métabolisme intermédiaire (pyruvate, malate, acétylCoA, etc.). Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : Exemples d’organismes hétérotrophes / chimiotrophes. Organismes autotrophes et phototrophes Il s’agit des végétaux chlorophylliens et de certains procaryotes. Ces organismes utilisent la lumière comme source d’énergie et l’eau comme pouvoir réducteur. Schéma général du métabolisme d’une cellule autotrophe / phototrophe Les intermédiaires sont : 1 = ATP, intermédiaire énergétique ; 2 = NADH ou NADPH, coenzymes d’oxydo-réduction ; 3 = molécules du métabolisme intermédiaire (pyruvate, malate, acétylCoA, etc.). Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Toutefois, le fait qu’un organisme est autotrophe n’implique pas que toutes ses cellules soient autotrophes. Ainsi, si l’on prend l’exemple des trachéophytes (plantes vascularisées, ce qui inclus les plantes à fleurs), on peut noter que dans leur cas l’appareil aérien est autotrophe, mais que l’appareil racinaire est lui hétérotrophe (de même que l’embryon et la plantule). Voir sur le site BMédia : Exemples d’organismes autotrophes / phototrophes et classification sommaire Cycles de l’oxygène et du carbone Cycle du carbone et cycle de l’oxygène La photosynthèse des végétaux chlorophylliens est responsable de la fixation et de la réduction de CO 2 , ainsi que de la libération d’O 2 . À l’inverse, la fonction respiratoire des organes et organismes non chlorophylliens est responsable de l’oxydation des composés organiques (consommation d’O 2 , libération de CO 2 ). Il en résulte un cycle pour le carbone et un cycle pour l’oxygène qui sont antiparallèles. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : Le fonctionnement de ces cycles est lié à des flux d’énergie entre les organismes Localisation de la photosynthèse Chez les plantes terrestres (Embryophytes, anciennement appelées cormophytes), la photosynthèse se réalise dans les chloroplastes des parenchymes chlorophylliens des organes chlorophylliens. Ces organes sont les feuilles, plus rarement les tiges. Chez les algues, les cellules chlorophylliennes sont localisées dans l’ensemble du thalle. Nous nous limitons ici à l’exemple des Angiospermes. Une étude expérimentale (par exemple basée sur la présence d’amidon, stocké temporairement lors de la photosynthèse) permet de mettre en évidence la localisation de la photosynthèse, aussi bien au niveau de l’organisme dans son entier qu’au sein de la cellule elle-même (voir à ce sujet le document sur cette mise en évidence expérimentale ) Localisation au sein des feuilles Chez les Angiospermes, la photosynthèse est essentiellement localisée au niveau de la feuille. Cet organe aplati, en relation étroite avec la tige, possède une morphologie lui permettant de présenter une grande surface vis-à-vis de l’environnement. Voir sur le site BMédia : Exemple d’une feuille : le lierre Structure schématique d’une feuille d’Angiosperme dicotylédone La nervure médiane, très en relief comme chez beaucoup de dicotylédones, contient principalement des tissus conducteurs de la sève brute (xylème) et de la sève élaborée (phloème). Ces tissus sont protégés par des tissus de soutien. De part et d’autre de cette nervure, le limbe est formé par du parenchyme palissadique (face supérieure) et du parenchyme lacuneux (face inférieure). La feuille est protégée des pertes d’eau par deux épidermes, recouverts d’une cuticule imperméable. Les échanges de gaz sont assurés par les stomates. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) La plupart des feuilles d’Angiospermes dicotylédones présente un parenchyme chlorophyllien palissadique à la face supérieure : c’est à son niveau que se déroule la photosynthèse. Ce tissu est en relation aussi bien avec l’extérieur (par les stomates) qu’avec l’intérieur de la plante (par les tissus conducteurs des nervures). Voir sur le site BMédia : La feuille des Angiospermes Monocotylédone ne présente souvent qu’un seul type de parenchyme et Présentation plus complète de la structure de la feuille. Localisation au sein des cellules Au sein des cellules chlorophylliennes, la photosynthèse se déroule dans les chloroplastes. Ces organites de grande taille (environ 10 micromètres de long) possèdent une enveloppe composée d’une double membrane, et un système endomembranaire formant des saccules : les thylakoïdes. La conversion de l’énergie lumineuse en énergie de liaison chimique et en pouvoir réducteur se réalise au niveau des membranes des thylakoïdes. La réduction du carbone inorganique (CO 2 ) en carbone organique a lieu dans le stroma du chloroplaste. Cette matière organique synthétisée peut être stockée temporairement sous la forme de grains d’amidon. Photographies d’une cellule chlorophyllienne (d’élodée du Canada) et d’un chloroplaste Dans la cellule végétale, les chloroplastes sont disposés dans le cytoplasme périphérique de la vacuole. Voir le document complet pour un schéma explicatif. Le chloroplaste est observé au microscope électronique à transmission. On note deux types de thylakoïdes : les thylakoïdes granaires qui s’assemblent en « piles » de saccules (les grana), et les thylakoïdes intergranaires. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : Schéma du chloroplaste , et voir aussi le document sur le chloroplaste Isolement de chloroplastes Les chloroplastes peuvent être observés dans les conditions naturelles (« in situ »). Mais il est parfois nécessaire de les isoler, afin de réaliser une étude plus précise de leur nature et de leur fonctionnement. Pour cela, on procède à l’éclatement des cellules végétales, puis à l’isolement et à la purification des chloroplastes intacts par plusieurs centrifugations successives. Voir sur le site BMédia : Isolement des chloroplastes : protocoles de laboratoire et photographies Équation globale de la photosynthèse Diverses expériences permettent d’aboutir à une équation globale, résumant les mécanismes de la photosynthèse. Nous revenons ici sur quelques expériences permettant d’en démontrer les différents éléments, et donc de construire progressivement cette équation. Plus de propositions d’expériences sont disponibles dans le dossier Expériences sur la photosynthèse . Production de dioxygène, utilisation de dioxyde de carbone On peut tout d’abord chercher si certains échanges gazeux se réalisent chez les plantes chlorophylliennes, en présence de lumière. On utilisera pour cela une plante aquatique, l’élodée du Canada, et comme source de CO 2 , de l’hydrogénocarbonate de sodium. Celui-ci, soluble dans l’eau est absorbé par la plante et converti en CO 2 grâce à une anhydrase carbonique selon la réaction : Expérience de dégagement de dioxygène par une élodée à la lumière Les trois expériences sont réalisées dans : (a) de l’eau distillée ; (b) de l’eau du robinet ; (c) de l’eau additionnée d’hydrogénocarbonate à 1 %. C’est en (c) que la production d’oxygène est la plus importante. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Équation bilan de la photosynthèse : équation (1) L'expérience précédente montre qu’à la lumière, une plante verte produit de l’O 2 si du CO 2 lui est fourni. Cette constatation n’implique aucune relation chimique entre le CO 2 et l’O 2. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : On peut obtenir des conclusions plus quantitatives en utilisant une électrode à oxygène (ExAO) Ces expériences permettent donc de démontrer qu’en présence de lumière, les végétaux chlorophylliens consomment du CO 2 et libèrent du O 2 . Toutefois, ces expériences seules ne nous permettent pas d’expliquer ce que permettent ces échanges gazeux pour la plante. Production de glucides Dans un deuxième temps, on recherche si l’exposition à la lumière a des conséquences sur la matière organique (et plus particulièrement glucidique) présente au sein du végétal. Des expériences utilisant des isotopes radioactifs démontrent ainsi que l’énergie lumineuse permet, indirectement, la synthèse de glucides simples. Toutefois, il est difficile de caractériser ces glucides simples produits par la photosynthèse dans des expériences utilisant du matériel simple. Il est possible par contre de caractériser l’amidon (un polymère de glucose mis en réserve lorsque la photosynthèse est très active). Cette caractérisation se réalise avec le lugol, un réactif spécifique de l’amidon. On peut ainsi observer la présence d’amidon au sein des chloroplastes de cellules de feuille d’élodée mises à la lumière. Observation d’une feuille d’élodée exposée à la lumière Une feuille d’élodée est placée dans une eau enrichie en hydrogénocarbonate et éclairée plusieurs heures. A gauche : cellules observées sans coloration, chloroplastes naturellement verts. A droite : après traitement par le lugol, des grains d’amidon de couleur sombre sont visibles dans les chloroplastes. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : On peut réaliser une expérience similaire à l’échelle de la feuille du pélargonium On peut donc déduire de ces expériences qu’une plante éclairée fabrique des glucides (CH 2 O) n dans ses chloroplastes à partir du CO 2 du milieu. Équation bilan déduite de ces expériences : équation (2) Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) On obtient ainsi l’équation bilan de la photosynthèse. Afin d’obtenir un équilibre chimique de cette réaction, on rajoute H 2 O, mais sans que les expériences présentées ici aient permis de démontrer son utilisation réelle. Équation bilan de la photosynthèse : équation (3) Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Remarque : origine de l’O 2 Des études plus précises peuvent être réalisées, afin de mieux comprendre les relations entre les atomes des molécules figurées dans cette équation bilan. Si le devenir du carbone du CO 2 ne pose pas de problème (il est incorporé dans les glucides synthétisés), l’origine de l’oxygène de l’O 2 pourrait se trouver soit au niveau du CO 2 , soit au niveau de l’eau H 2 O. En réalité, il apparaît que c’est l’oxygène de l’eau qui est libéré, au cours d’une réaction d’oxydo-réduction. Ceci permet de préciser alors l’équation bilan de la photosynthèse. Voir sur le site BMédia : Origine de l’O 2 et implications pour l’équation bilan de la photosynthèse Les pigments photosynthétiques La réalisation de la photosynthèse par les chloroplastes des végétaux met en jeu un ensemble de molécules particulières, nommées pigments photosynthétiques. Le terme de « pigment » correspond au fait que ces molécules sont colorées, de part leur capacité à capter certaines radiations lumineuses. Ces pigments sont de trois types : les chlorophylles, présentes chez tous les végétaux autotrophes au carbone ; les caroténoïdes, présents chez tous les végétaux autotrophes au carbone ; les phycobilines, présentes exclusivement chez les algues et les cyanobactéries. On peut assez facilement extraire et séparer ces différents pigments. Voir sur le site BMédia : Extraction et séparation des pigments photosynthétiques Structure des pigments Les chlorophylles sont constituées d’un noyau tétrapyrrolique avec un magnésium en son centre, et estérifié avec un alcool à très longue chaîne en C20 (le phytol). Dans la membrane des thylakoïdes, les chlorophylles sont associées à des protéines et forment des complexes protéines – pigments. Formules des chlorophylles a et b Les chlorophylles diffèrent par les substituants des groupements pyrroles. Le phytol n’est pas détaillé ici. Légende : I, II, III, IV = groupements pyrroles et V = cycle supplémentaire. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Télécharger le fichier PDB de la chlorophylle a pour une visualisation avec rasmol / rastop : chloa.pdb Les caroténoïdes sont des molécules constituées de 40 carbones, avec deux extrémités cyclisées reliées par une longue chaîne de 8 unités isoprènes. Formule de deux caroténoïdes Le β-carotène est un exemple de carotène, et la lutéine un exemple de xanthophylle. À droite est représentée une unité isoprène. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Télécharger le fichier PDB du βcarotène pour une visualisation avec rasmol / rastop : bcarotene.pdb Les phycobilines sont composées d’un noyau tétrapyrrolique ouvert, associé à une protéine. On les trouve au sein des photosystèmes de certaines algues, et de bactéries photosynthétiques telles que les cyanobactéries. Formule d’une phycobiline L’exemple présenté ici est la phycocyanobiline, représentée sans la protéine qui l’accompagne normalement. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Télécharger le fichier PDB de la phycocyanobiline pour une visualisation avec rasmol / rastop : phycocyanobiline.pd b Spectres d’absorption Les chlorophylles et les caroténoïdes absorbent certaines radiations dites actives pour la photosynthèse, dans la gamme de longueurs d’onde visibles comprises entre 500 et 700 nm. À partir d’une solution de pigments, on peut donc mesurer les caractéristiques d’absorption de la lumière en réalisant un spectre d’absorption à l’aide d’un spectrophotomètre UV-visible classique, qui permet de mesurer l’absorption (A) en fonction de la longueur d’onde (l). Spectre d’absorption des pigments bruts extraits à partir d’une feuille A : spectre lumineux en absence de pigments. B : spectre lumineux en présence de pigments. On note que l’absorption maximale se réalise dans le bleu et dans le rouge. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Un tel spectre global ne permet pas de reconnaître la part qui revient à chaque pigment. Pour cela, il faut travailler sur des solutions de pigments séparés et purifiés. Spectres d’absorption des chlorophylles, du carotène et de la fucoxanthine A gauche : spectres d'absorption des chlorophylles a et b. A droite : spectres d'absorption du bêta-carotène et de la fucoxanthine Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : distribution spectrale de l’énergie lumineuse Comportement des chlorophylles à la lumière Les chlorophylles sont des pigments. De ce fait, ces molécules (comme les autres pigments photosynthétiques) peuvent être excitées par les radiations lumineuses. Cette excitation est due à la présence de liaisons conjuguées (et donc d’électrons délocalisés) : l’arrivée d’un photon fait passer un électron délocalisé d’un état fondamental (non excité) à un état excité. Chez la chlorophylle, il existe deux états excités : un état supérieur (Sa) et un état inférieur (Sb), selon l’énergie du photon excitateur. La chlorophylle, une fois excitée, retourne à son état fondamental, plus stable thermodynamiquement. Ceci peut se faire de plusieurs manières, et en particulier en : émettant de la lumière (c’est la fluorescence constatée dans une solution de chlorophylle) ; transférant son énergie à une molécule très proche (c’est la résonance, qui permet aux pigments de l’antenne collectrice des photosystèmes de transférer l’énergie lumineuse de molécule en molécule jusqu’à une chlorophylle piège) ; perdant un électron (c’est la photochimie, qui permet à la molécule de chlorophylle piège du photosystème de réduire un accepteur d’électron, et ainsi de permettre la réalisation de la chaîne photosynthétique). Voir sur le site BMédia : Précisions et importance des deux états d’excitation Excitation et retour à l’état fondamental d’une molécule de chlorophylle par fluorescence, résonance ou photochimie Gilles Furelaud Spectre d’action – expérience d’Engelman Les spectres d’absorption des pigments sont uniquement liés à leur capacité à capter des photons de certaines longueurs d’onde. Le spectre d’action consiste à quantifier l’activité que l’on cherche à corréler à ces pigments (ici l’activité photosynthétique), en fonction des longueurs d’onde incidentes. Les spectres d’action ainsi réalisés suivent globalement les spectres d’absorption des végétaux chlorophylliens, ce qui confirme que c’est bien cette capacité à capter les photons qui permet la réalisation de la photosynthèse. Voir sur le site BMédia : Spectres d’action et d’absoprtion, rendement quantique Plusieurs approches expérimentales permettent de déterminer ce spectre d’action. Une expérience simple et bien connue est celle réalisée par Engelman. L'expérience d'Engelman Gilles Furelaud Influence des conditions du milieu La photosynthèse est influencée par les facteurs de l’environnement : la lumière (source d’énergie), le CO 2 (source de carbone) et la température (qui affecte l’ensemble des réactions biochimiques). La photosynthèse est un processus complexe qui fait intervenir de nombreuses étapes qui sont affectées de manière différente par les facteurs de l’environnement. De ce fait, les facteurs externes agissent indépendamment les uns des autres et le phénomène global obéit à la loi dite des « facteurs limitants » que l’on peut énoncer de la façon suivante : lorsqu’un processus est contrôlé par plusieurs facteurs agissant indépendamment, son intensité est limitée par le facteur qui présente la valeur minimum. Le facteur est alors limitant et la vitesse du processus est proportionnelle à la valeur de ce facteur. Mesure de la photosynthèse Pour pouvoir étudier les facteurs externes influant sur la photosynthèse, encore faut-il être capable de mesurer celle-ci. Dans cette optique, un certain nombre de paramètres peuvent être pris en compte, et en particulier l’incorporation du carbone dans les molécules organiques, l’évolution de la concentration en CO 2 , ou encore l’évolution de la concentration en oxygène. Une solution simple et quantitative est l’utilisation d’une électrode à oxygène pour mesurer l’évolution de la concentration en oxygène. Ainsi, on observe à la lumière un dégagement d’oxygène. La mesure de ce dégagement correspond à la photosynthèse nette (Pn). En effet, la plante, dans le même temps, réalise la respiration cellulaire, et consomme ainsi de l’oxygène, ce qui fausse cette mesure… La solution est alors de mesurer la consommation d’oxygène à l’obscurité, qui correspond à la respiration (Ro). On obtient alors la valeur de la photosynthèse brute (Pb) par la formule suivante : Pb = Pn - Ro Évolution de la concentration en dioxygène à l’obscurité et à la lumière lors de la photosynthèse Pb = Pn - Ro Pb = photosynthèse brute ; Pn = photosynthèse nette ; Ro = respiration Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : explication des paramètres de mesure ; les différentes techniques de mesure ; détails sur l’électrode à oxygène… Influence de la lumière La photosynthèse se réalise en présence de lumière. Il est possible de quantifier ce phénomène, en éclairant des plantes avec une source lumineuse permettant de réaliser une gamme d’intensités (flux de photons) déterminées. Influence de l’éclairement sur la photosynthèse nette Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) On obtient ainsi des courbes biphasiques, permettant de déterminer plusieurs paramètres : L’éclairement saturant ou optimal (I S ) : c’est l’éclairement pour lequel la courbe atteint un plateau. Au-delà, la capacité d’absorption des photons dépasse la capacité de leur utilisation. Les réactions d’assimilation du CO 2 deviennent limitantes et la photosynthèse présente une intensité maximale. Le point de compensation pour la lumière (I C ) : c’est la valeur de l’éclairement pour laquelle la photosynthèse nette est nulle ; la photosynthèse compense juste la respiration. Le rendement de l’absorption des photons (ou rendement quantique foliaire Phi Ф) c’est la pente (coefficient directeur) de la partie linéaire initiale de la courbe. Dans cette gamme d’éclairement, la lumière est limitante. Il est aussi possible d’étudier l’influence qualitative de la lumière, en réalisant le spectre d’action de la lumière sur le végétal étudié. On peut ainsi s’apercevoir que toutes les radiations lumineuses ne sont pas aussi efficaces pour la photosynthèse. Voir sur le site BMédia : Étude du spectre d’action, détermination du rendement quantique en fonction de la longueur d’onde Comparaison de la photosynthèse de plantes de lumière et de plantes d’ombre Courbes de saturation de la photosynthèse en fonction de la densité du flux de photons chez une plante de lumière et une plante d’ombre Les autres facteurs (concentration en CO 2 atmosphérique, température 25 °C) sont maintenus constants. I C : intensité de compensation ; I S : intensité saturante ; Ф : rendement quantique foliaire. En bleu : plantes d’ombre ; en rouge : plantes de lumière. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Quand on compare le comportement de ces deux types de plantes on constate que : I CO (ombre) est inférieure à I CL (lumière) ; Ф O (ombre) est supérieur à Ф L (lumière) ; I SO (ombre) est inférieure à I SL (lumière). En d’autres termes, les plantes d’ombre présentent une intensité photosynthétique optimale et une intensité de compensation plus faible, mais une efficacité dans l’absorption des photons plus élevée (plantes des sous-bois). Inversement, les plantes de lumière sont moins efficaces dans la capture des photons, mais elles fixent davantage de CO 2 (ex : plantes cultivées). Influence de la concentration en CO 2 Les plantes aériennes assimilent le CO 2 atmosphérique (0,035 % de CO 2 ) tandis que les plantes aquatiques absorbent soit le CO 2 dissous (concentration faible : environ 10 µM à pH 7), soit les ions bicarbonate HCO 3 - (concentrations élevées : de l’ordre du mM, mais variable en fonction du pH), qui sont ensuite convertis en CO 2 grâce à la réaction catalysée par l’anhydrase carbonique. La quantité de CO 2 disponible est limitante dans des conditions d’éclairement moyen. Par conséquent, une augmentation de la photosynthèse est observée lorsqu’on augmente la concentration de CO 2 . Influence de la concentration en CO 2 de l’air sur la consommation en CO 2 d’une plante verte La courbe présente une première partie pseudo-linéaire pour laquelle le CO 2 est limitant, et une seconde partie qui correspond à un plateau pour lequel l’éclairement est devenu limitant et la photosynthèse maximale, dans ces conditions. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : Effets conjugués de la teneur en CO 2 et de l’éclairement Influence de la température L’optimum de température des plantes varie en fonction de leur origine. Ainsi, les plantes des régions tempérées ont un maximum qui se situe entre 15 °C et 25 °C, avec une limite de tolérance au froid vers – 2 °C à 0 °C et de tolérance au chaud vers 40 °C à 50 °C. Pour une plante donnée, on observe des modifications du point de compensation (I C ) et du point de début de saturation (I S ), mais sans modification du rendement Ф. Ceci montre que les réactions photochimiques sont peu ou pas sensibles à la température, au contraire des réactions biochimiques. Voir sur le site BMédia : L’influence de la température. Courbes de photosynthèse nette d’une plante à 15 °C et à 25 °C Deux groupes de réactions Plusieurs types d’expériences ont montré que la photosynthèse pouvait être découpée en deux groupes de réactions de significations différentes, mais couplées entre elles et nécessitant des intermédiaires. Origine de l’oxygène (Ruben et Kamen, 1938) L’équation bilan de la photosynthèse montre un dégagement de dioxygène. Equation bilan de la photosynthèse Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) La question se pose de savoir d’où provient ce dioxygène. On peut en effet émettre deux hypothèses : soit cet oxygène provient du CO 2 , soit il provient de l’eau H 2 O. Afin de trancher entre ces deux possibilités, Ruben et Kamen ont utilisé un isotope lourd de l’oxygène ( 18 O) à la place de l’oxygène habituel ( 16 O) et ils ont marqué ainsi diverses molécules (H 2 O, CO 2 ). Lorsque de l’eau est marquée par le 18 O (H 2 18 O), le dioxygène produit par la photosynthèse devient marqué ; ce n’est pas le cas lorsque le CO 2 est marqué par le 18 O. Ils en déduisent que c’est l’eau (H 2 O) qui est à l’origine du dioxygène produit. Pour former une molécule de dioxygène, il faut donc 2 molécules d’eau. Ces résultats montrent que l’on peut décomposer la réaction photosynthétique en deux groupes de réactions : Équation bilan des deux groupes de réaction de la photosynthèse phase claire et phase sombre Ces deux réactions (oxydation de l’eau et réduction du dioxyde de carbone) sont couplées dans un ensemble complexe de réactions d’oxydoréduction faisant intervenir des transporteurs de protons (H + ) et d’électrons (e - ). Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : Réactions d’oxydoréductions entre les couples H 2 O/O 2 et CO 2 /(CH 2 O) Existence de deux types de réactions (Emerson et Arnold, 1932) Diverses expériences d’incorporation de CO 2 par des chlorelles (algues unicellulaires) ont permis de mettre en évidence que l’ensemble des réactions composant la photosynthèse peut être décomposé en deux groupes : des réactions mettant directement en jeu la lumière – on parle de phase photochimique de la photosynthèse ; des réactions plus lentes, sans utilisation directe de la lumière – on parle de phase biochimique de la photosynthèse. Réactions photochimiques et biochimiques de la photosynthèse Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Voir sur le site BMédia : Démonstration de l’existence de deux types de réactions La libération d’O 2 nécessite un accepteur d’électron (Hill, 1937) Hill utilise une suspension de chloroplastes isolés dans un tampon sans CO 2 . Il mesure les variations de dioxygène à l’aide d’une électrode à oxygène. Il ajoute à la préparation un accepteur artificiel d’électrons, le ferricyanure de potassium, Fe 3+ (CN – ) 6 K 3 ( réactif de Hill ) et travaille en lumière continue. Nécessité d’un absorbeur d’électron pour la photosynthèse En absence de CO 2 , les chloroplastes sont capables de libérer du dioxygène, à condition qu’un accepteur d’électron (Fe 3+ ) soit présent dans le milieu. Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Le réactif de Hill se comporte comme un accepteur d’électron : Fe 3+ + e – → Fe 2+ Dans les conditions naturelles de la photosynthèse, ce rôle d’accepteur d’électron est rempli par le couple NADP + /NADPH : NADP + + 2e – + 2H + → NADPH + H + Le couple NADP + /NADPH joue ainsi le rôle d’intermédiaire entre l’oxydation de l’eau et la réduction du CO 2 . De plus, l’ATP sert aussi d’intermédiaire énergétique : de l’ATP est formé en conséquence du fonctionnement de la chaîne photosynthétique, et est ensuite utilisé lors de la formation des composés carbonés. Schéma bilan Représentation schématique statique de la séparation de la photosynthèse en deux groupes de réaction Auteur(s)/Autrice(s) : Roger Prat, François Moreau Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut) Bilan de la photosynthèse Gilles Furelaud Crédits Auteur(s)/Autrice(s) Roger Prat Professeur de physiologie végétale à l'université Pierre et Marie Curie. François Moreau Travaille à l’université Pierre et Marie Curie. Éditeur(s)/Éditrice(s) Gilles Furelaud Professeur agrégé de SVT. Il a été le responsable éditorial du site Planet-Vie de 2001 à 2004. Licence du texte de l'article Partager cet article Article La fermentation lactique et son utilisation dans la fabrication du yaourt 07.03.11 — Par Gilles Camus Article Les effets du changement climatique sur la croissance des plantes 14.06.22 — Par Élise Muller Article Les rôles de l'ATP 23.06.11 — Par Gilles Camus Expériences sur la photosynthèse En savoir plus Quitter la lecture zen Lettre d'information Restez au courant de l’actualité de Planet-Vie en vous abonnant à notre lettre d'information. S'abonner Planet-Vie Enseigner la biologie Thématiques Animaux Cellules et molécules Champignons Développement Écologie Évolution Génétique Manipulations en laboratoire Manipulations en SVT Microbiologie Santé Thèmes transversaux Végétaux Événements Parutions Liens utiles À propos Qui sommes-nous ? Liste des auteurs et autrices Instruction aux auteurs et autrices Success message!
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Le rôle des plantes | EFSA Aller au contenu principal An official EU website Un site web officiel de l’Union européenne Tous les sites web officiels de l’UE utilisent le domaine <b>europa.eu</b> PlantHealth4Life Participants EU Member States Belgien (Deutsch) Belgique (Français) België (Nederlands) България Česko Danmark Deutschland Eesti Ελλάδα España Éire (Gaeilge) France Ireland (English) Hrvatska Italia Κύπρος Latvija Lietuva Luxembourg (Français) Luxemburg (Deutsch) Magyarország Malta Nederland Österreich Polska Portugal România Slovenija Slovensko Suomi (Suomi) Suomi (Svensk) Sverige English Other participants Bosna i Hercegovina Crna Gora Kosova* (Shqip) Shqipëria (Shqip) Schweiz (Deutsch) Suisse (Français) Svizzera (italiano) Türkiye * the designation of Kosovo is without prejudice to positions on status and is in line with UNSCR 1244/1999 and the ICJ Opinion on the Kosovo declaration of independence. Le rôle des plantes Les plantes jouent un rôle essentiel dans notre environnement: elles assurent la sécurité alimentaire et ouvrent la voie vers un avenir durable. En prenant des mesures pour les maintenir en bonne santé, nous pouvons nous protéger nous-mêmes, nos communautés et l’environnement. Pourquoi les plantes sont-elles importantes? Les plantes sont le pilier de la vie sur Terre. Elles fournissent l’air que nous respirons, les aliments que nous mangeons, ainsi que les matériaux que nous utilisons pour nous abriter et nous vêtir. Voici quelques raisons pour lesquelles les plantes sont essentielles: Oxygène : Grâce au processus de la photosynthèse, les plantes libèrent de l’oxygène dans l’atmosphère, permettant ainsi la respiration de tous les organismes vivants, y compris les êtres humains. Aliments et nutrition: Les plantes sont la principale source d’aliments. Elles fournissent une large variété de fruits, de légumes, de céréales et de noix, qui sont essentiels pour une alimentation équilibrée. Biodiversité et stabilité des écosystèmes : Les plantes forment la base des écosystèmes, fournissent l’habitat de nombreux organismes et soutiennent la biodiversité. Régulation du climat : Les plantes jouent un rôle significatif dans la mitigation du changement climatique. Elles absorbent le dioxyde de carbone de l’atmosphère, ce qui contribue à réduire le réchauffement climatique. Protection des sols : Les racines des plantes contribuent à consolider le sol, à prévenir l’érosion et à maintenir la fertilité des sols. Plantes et sécurité alimentaire L’approvisionnement alimentaire à l’échelle mondiale dépend de la bonne santé des plantes. Nourrir le monde : Les plantes fournissent des nutriments et des calories essentiels dont nous avons besoin pour survivre. En favorisant la santé des plantes et en évitant la propagation d’organismes nuisibles et de maladies phytosanitaires, nous pouvons protéger les cultures et garantir la sécurité alimentaire de tous. Stabilité économique : Les plantes en bonne santé contribuent à un secteur agricole solide, en créant des opportunités d’emploi et en soutenant les économies locales. Comment maintenir les plantes en bonne santé? Nous avons tous un rôle à jouer dans la préservation de la santé des plantes. En prenant des mesures simples, nous pouvons protéger la santé des plantes, favoriser des pratiques durables et garantir un avenir florissant. Voici quelques mesures que vous pouvez adopter: Voyager de manière responsable : Lorsque vous voyagez en dehors de l’UE, ne ramenez pas des plantes, des fleurs, des graines, des fruits ni des légumes. Ces produits peuvent contenir des organismes nuisibles qui pourraient représenter une menace pour les plantes de l’UE. Acheter de manière responsable : Lorsque vous achetez des plantes et des graines en ligne assurez-vous qu’elles sont accompagnées: d’un certificat phytosanitaire si elles proviennent d’un pays en dehors de l’UE. Ce certificat démontre que les plantes que vous achetez ont fait l’objet d’examens et qu’elles sont exemptes d’organismes nuisibles et de maladies phytosanitaires. Former la prochaine génération : Discutez de l’importance des plantes avec les enfants. En leur apprenant la santé des plantes, vous leur donnez les moyens d’être responsables vis-à-vis de l’environnement. Ensemble, nous pouvons faire la différence dans la protection des plantes, la protection de notre approvisionnement alimentaire et la garantie d’un avenir durable pour les prochaines générations. Follow #PlantHealth4Life on: Bluesky Instagram Linkedin Youtube
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Des fossiles et des mystères : la surprenante histoire des mosasaures Twitch Origines du Covid Sixième Science Notre sélection de beaux livres à offrir pour Noël Partager - Sciences et Avenir Archéo & paléo Paléontologie Paléontologie Des fossiles et des mystères : la surprenante histoire des mosasaures Par Joël Ignasse le 27.12.2024 à 15h08 Ecouter 3 min. De nouvelles découvertes révèlent des comportements alimentaires inattendus chez certains mosasaures dont la première preuve de cannibalisme. réagir Représentation artistique de Sarabosaurus dahli , un mosasaure découvert dans l'Utah. Andrey Atuchin Commenter Des fossiles et des mystères : la surprenante histoire des mosasaures Joël Ignasse 00:00 / 00:00 Your browser does not support the audio element. Sur Terre, les dinosaures régnaient en maîtres, et dans les mers, les mosasaures faisaient la loi. Ces emblématiques reptiles marins de la fin du Crétacé pouvaient atteindre les 15 mètres de long. Une taille largement suffisante pour s'imposer sous les eaux de l'époque. Et ce, sans compter sur leurs mâchoires garnies d'une double rangée de dents suffisamment puissantes pour déchiqueter toutes les proies qui avaient le malheur de croiser leur route. Des lézards retournés à l'eau Le premier fossile de mosasaure a été découvert en 1764, aux Pays-Bas, près de la Meuse (d'où leur nom), c'est-à-dire bien avant celui du premier dinosaure ! Ces animaux sont les descendants d’un groupe de lézards terrestres qui a gagné les océans il y a environ 100 millions d’années. Ils constituent un exemple marquant d’adaptation à la vie marine, comme le seront les baleines quelques millions d'années après eux. Pendant leurs 34 millions d’années d’existence, ces reptiles ont évolué pour occuper divers habitats marins et niches écologiques. Bien que les fossiles de la seconde moitié de leur histoire soient abondants et aient permis de classer les mosasaures en quatre grandes familles, leurs origines évolutives et les relations entre ces groupes restaient largement méconnues. Lire aussi La montée en puissance... et la chute des reptiles marins préhistoriques Un nouveau travail de thèse, réalisé par le paléontologue Michael Polcyn et présenté à l'Université d'Utrecht, aux Pays-Bas, permet d'éclairer un peu mieux l'évolution de ces reptiles marins et de comprendre les raisons de leur succès sous-marin. Pour ce faire, le chercheur a examiné de nouveaux fossiles mais aussi réanalysé d'anciens spécimens à l'aide de techniques modernes. Ces analyses permettent de comprendre en détail la structure interne des crânes et d’éclairer les liens phylogénétiques des mosasaures. Contrairement à certaines hypothèses passées, il ressort que les mosasaures ne sont pas étroitement liés aux serpents, mais plutôt aux varans. Des espèces cannibales Un aspect inédit des recherches concerne les habitudes alimentaires des mosasaures. Si leur régime carnivore était connu, les détails concernant leur manière de capturer et consommer leurs proies restaient flous. En Angola, Michael Polcyn a découvert un fossile exceptionnel : un mosasaure contenant dans son estomac les restes de trois autres mosasaures, dont l’un appartenait à la même espèce que le prédateur. " Nous ne pouvons pas déterminer avec certitude si ce mosasaure était un charognard ou s'il chassait activement sa proie ; cependant, nous avons ici le premier exemple documenté de cannibalisme chez les mosasaure s", explique-t-il dans un communiqué de l'université. Lire aussi La puissante brasse des mosasaures, ces reptiles qui ont côtoyé les dinosaures Une analyse globale des comportements alimentaires a également montré comment ces reptiles marins divisaient leurs zones de chasse et s’adaptaient à des proies variées au fil de leur évolution. La diversité des espèces de mosasaures atteste que ce groupe n'était pas du tout en déclin avant la chute de l'astéroïde qui a mis fin à leur règne sous les mers ainsi qu'à celui, sur terre, des dinosaures. Commenter Mosasaure Fossile Commenter Commenter Réagir Pour réagir, veuillez vous connecter en cliquant ici Vous avez vomi une huître ? Vous ne pourrez peut-être plus en remanger Coït sous IRM : un hit médical qui fête ses 20 ans La Haute autorité de santé recommande de ne plus prescrire un test sanguin fréquemment utilisé, la vitesse de sédimentation L'étoile de Noël expliquée par un astronome de la Nasa La liste noire des médicaments à éviter en 2026 Pourquoi le temps ne s’écoule pas au même rythme sur Mars et sur Terre Au zoo de Beauval, les derniers adieux émus du public aux pandas Des experts appellent à arrêter le développement de la superintelligence artificielle Pourquoi a-t-on envie de rester seul quand on est malade ? Etonnant : ces chauves-souris deviennent vertes sous lumière UV Pourquoi le temps ne s’écoule pas au même rythme sur Mars et sur Terre La liste noire des médicaments à éviter en 2026 Découverte des plus anciennes traces de feu fabriqué par l'Homme, il y a environ 400 000 ans Quels sont les bienfaits des oméga-3 ? Nous partageons les mêmes gènes du comportement que les golden retrievers Newsletter Sciences et Avenir Déjà un compte ? 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Benjamin Gates – Turteltaub | (e)space & fiction National Treasure (released in 2004) and National Treasure: Book of Secrets (released in 2007) are two movies directed by Jon Turteltaub. Both films have the same narrative structure : Benjamin Gates (starring Nicolas Cage) goes to treasure hunt. By solving different clues he finds a treasure map. He succeeds in deciphering it to finally discover the hidden treasure. Jon Turteltaub réalise en 2004 Benjamin Gates et le trésor des templiers puis en 2007 Benjamin Gates et le livre des secrets . Les deux films sont structurés de la même façon : Benjamin Gates (interprété par Nicolas Cage) se lance à la recherche d’un trésor. Grâce à différents indices il trouvera la carte menant au trésor convoité, il la décryptera pour enfin découvrir ce trésor si longtemps caché. English Français Reference English Sorry, no translation yet. Ready to give a hand ? Anyway, give a look to this automatic Google translation to get an idea of the content. Français La carte de l'épisode un Benjamin Gates et le trésor des templiers Dans cet épisode, Benjamin Gates recherche le trésors des templiers, trésor convoité par son père et son grand-père avant lui. Il découvre que la carte conduisant à ce trésor est cachée dans un des documents les mieux gardés au monde : la déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique. Il entreprend (avec succès) de la voler afin de l’analyser. Les indices qu’il découvrira le conduiront au trésor. On peut aussi noter dans cet épisode un autre dispositif spatial : l’assistant de Benjamin Gates indique furtivement qu’il serait possible de localiser le téléphone du « méchant » grâce à un GPS. La carte de l'épisode deux Benjamin Gates et le livre des secrets Pour innocenter un de ces aïeuls accusé d’avoir tué le président Lincoln, Benjamin Gates se lance à la recherche de la mystérieuse cité d’or Cibola. Il devra pour ce faire trouver la carte localisant l’entrée de celle-ci. Cette carte a été coupé en deux. Benjamin Gates devra pénétrer dans le bureau de la reine d’Angleterre puis dans le bureau ovale pour récupérer les deux parties. Dans cet épisode, la carte est une pièce en bois présentant des symboles aztèques, qui, une fois déchiffrées permettront l’accès à la cité. Par ailleurs, Benjamin Gates utilise un plan d’une maison (en particulier un plan des souterrains secrets de la maison) pour convaincre le président d’avoir une discussion en tête à tête avec lui. Dans les deux films, les cartes conduisant aux trésors sont en fait une série d’indices entrainant Benjamin Gates dans différents lieux (essentiellement Washington DC dans l’épisode un, Washington DC, Paris, Londres, le Mont Rushmore dans l’épisode deux). Reference/Référence Work Title/Titre de l’œuvre : Benjamin Gates et le Trésor des Templiers / National Treasure Benjamin Gates et le livre des secrets / National Treasure: Book of Secrets Author/Auteur : Jon Turteltaub Year/Année : 2004 / 2007 Field/Domaine : Cinéma / Cinema Type : aventure, chasse au trésor / adventure, treasure hunt Edition : Saturn Films, Touchstone Pictures Language/Langue : en Machinery/Dispositif : carte aux trésors / treasure map Location in work/localisation dans l’œuvre : Toute la durée du film / Throughout the entire movie Geographical location/localisation géographique : Washington, US # Paris, France # London, UK #Mont Rushmore, US Évaluez ceci : Share this/Partager: Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook Cliquer pour partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X Cliquez pour partager sur Tumblr(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Tumblr Cliquer pour imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Imprimer Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn Cliquer pour partager sur Mastodon(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Mastodon Cliquer pour envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail Cliquer pour partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X Cliquer pour partager sur Bluesky(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Bluesky Cliquez pour partager sur Reddit(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Reddit J’aime chargement… Articles similaires Laisser un commentaire Annuler la réponse. Δ Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées . Rech A bilingual site about the relations between space and fiction. Read more , Gallery , Map . Look at our curiosities and suggest new ones . Un site bilingue sur les relations entre espace et fiction. Explications , Galerie , Carte . Parcourez nos curiosités et proposez en de nouvelles . Most read / Les plus lus "Le Seigneur des Anneaux" : les cartes des mondes imaginaires de Tolkien/"The Lord of the Rings": maps of imaginary worlds of Tolkien Asterix's Album First Page Map/La carte de la première page d'Astérix Game of thrones maps Yucca Mountain - John d'Agata, une carte entre vérité et exactitude. Cartographier les Cités obscures (1): à la recherche de la frontière invisible / Mapping the Cities of the Fantastic (1): searching for the invisible frontier Carte interactive du Monopoly (Paris) The Big Bang Theory et sa photo de mariage par satellite / TBBT Wedding Picture by Satellite Tags #London 1:1 2 24 Animated map astérix BD BnF Bordeaux Bourvil Carte Carte animée carte imaginaire chanson Demy espace espaces urbains exposition Film noir France Geovisualisation Globe google maps guerre géographie imaginaire Hergé horreur horror Imaginary Kafka Kubrick La Lars von Trier littérature Londres Lucas map McTierman Métro Nantes New New-York panorama Paris paysage peinture Plan Polar Père Noël roman Romero Science-Fiction Sherlock Holmes Spielberg Star Wars Statue subway tatouage tattoo Thriller Tracking USA ville voyage war War Room Washington zombie île Categories Categories Sélectionner une catégorie A propos/About  (3) Langue/Language  (1) Table des matières/Table of Content  (1) Billets/Posts  (401) Analyses/Analysis  (71) Autres billets/Other posts  (15) Enquêtes/Enquiries  (6) Expériences/Experiences  (8) Quiz  (4) Citations/Quotations  (11) Collections  (304) Géodispositifs/Geographic apparatus  (253) Matérialisations locales/Local Materializations  (29) Nouvelles/News  (84) Info (e)space & fiction  (17) Info générale/General news  (66) Revues/Reviews  (7) Spécimen/Specimen  (20) SPHEROGRAPHIA  (5) Oeuvres/Works  (398) Art  (63) Affiche/Poster  (4) Multimedia  (1) Peinture/Painting  (28) Photographie/Photography  (12) Sculpture  (11) Autre/Other  (22) Architecture  (13) Internet  (7) Publicité/ Advertisement  (1) Théâtre  (2) Cinéma/Cinema  (253) Dessin animé/Cartoon  (9) Game/Jeu  (7) Jeu de plateau/Board Game  (3) Jeu vidéo/Video Game  (3) Livre/Book  (99) BD/Comics  (36) Littérature/Literature  (69) Musique/Music  (17) TV  (30) Techniques  (339) Carte/Map  (244) Autre type de carte/Other kind of map  (6) Carte animée/Animated map  (9) Carte de fortune/Makeshift map  (4) Carte de relief/Relief map  (2) Carte interactive/Interactive map  (1) Echelle 1:1/Scale 1:1  (4) Mappemonde/World Map  (4) Plan  (29) Diégèse/Diegesis  (1) Diégétique/Diegetic  (1) Extradiégétique/Non-diegetic  (1) Hybride/Hybrid  (1) Format  (1) Analogue/analog  (1) Géovisualisation/Geovisualization  (99) Globe virtuel/Virtual globe  (12) Image satellitaire ou aérienne/Satellite or aerial image  (31) Maquettes/Models  (42) Réalité augmentée/Augmented Reality  (5) Service cartographique Web/Web mapping service  (11) SIG/GIS  (12) Street View  (7) Vues 3D/3D views  (19) Globe  (22) Globe matériel (maquette)/Solid globe (model)  (14) Globe numérique/Digital globe  (3) Globe terraqué/Terraqueus globe  (6) Graphique/Graphic  (5) Croquis/Sketch  (5) Méthode/Method  (53) Analyse spatiale/Spatial analysis  (17) GPS  (22) Système de coordonnées/Coordinates System  (9) Système de navigation/Navigation Device  (13) Topographie/Survey  (4) Nom de lieu/Place name  (78) Dialogue  (1) Intertitre/Intertitle  (1) Panneau/Sign  (7) Récit/Narrative  (72) Toponyme cartographique/Map toponym  (1) Technique autre/Other technique  (35) Repère paysager/Landmark  (1) Comments / commentaires Les géodispositifs d… dans La carte animée parodique de B… Les géodispositifs d… dans Mississippi Mermaid / La sirèn… Les géodispositifs f… dans First animated map ever? 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Voici notre classement des 10 sports les plus populaires au monde, basé sur une combinaison d’audience, de praticiens, de suivi sur les réseaux sociaux et d’impact culturel. N°1 – Football (Soccer) 4+ milliards de fans à travers le monde Le football, c’est LE roi des sports. Il est joué dans presque tous les pays et suivi religieusement sur tous les continents. La Coupe du Monde attire des milliards de téléspectateurs. Des clubs comme le Real Madrid, Manchester United ou le PSG ont des fans sur tous les continents. Sa simplicité (un ballon suffit !) et sa forte médiatisation en font le sport le plus universel. N°2 – Cricket 2,5 milliards de fans Tu ne le pratiques peut-être pas, mais le cricket est un monstre de popularité, surtout en Inde, au Pakistan, au Bangladesh, en Australie et au Royaume-Uni. L’Indian Premier League (IPL) génère des milliards de vues et de dollars chaque saison. C’est un sport complexe, mais profondément ancré dans certaines cultures. N°3 – Hockey sur gazon 2 milliards de fans Très pratiqué en Asie, en Europe et en Afrique, le hockey sur gazon reste un sport olympique et très suivi dans des pays comme l’Inde, les Pays-Bas ou l’Allemagne. Il est souvent négligé dans les médias occidentaux, mais sa pratique est massive. N°4 – Tennis 1 milliard de fans Sport élégant, compétitif et global, le tennis est suivi dans le monde entier grâce aux Grands Chelems (Wimbledon, Roland-Garros, US Open, Open d’Australie) et à des stars comme Nadal, Djokovic ou Swiatek. C’est un sport individuel très médiatisé et très respecté. N°5 – Basketball 2,4 milliards de fans La NBA a transformé le basketball en phénomène mondial. Des joueurs comme Michael Jordan, LeBron James ou Stephen Curry sont devenus des icônes planétaires. Le basket est aussi un sport très populaire dans les écoles et universités. Il allie spectacle, intensité et culture urbaine. N°6 – Volleyball Le volleyball est joué dans les lycées, les plages, les clubs et les compétitions internationales. Il bénéficie d’une forte présence aux Jeux Olympiques et séduit par sa dimension collective et accessible. N°7 – Tennis de table Souvent sous-estimé, le ping-pong est un sport ultra populaire, notamment en Asie. Il est même sport national en Chine. Très rapide, exigeant, il brille aux JO et dans les compétitions mondiales. N°8 – Baseball Le baseball est extrêmement populaire aux États-Unis, à Cuba, au Japon, en Corée du Sud et dans les Caraïbes. La Major League Baseball (MLB) reste une institution. C’est un sport culturellement très ancré dans plusieurs pays. N°9 – Rugby Le rugby, qu’il soit à XV ou à 7, est adoré dans des pays comme la France, l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, l’Australie ou l’Angleterre. La Coupe du Monde de Rugby génère des millions de spectateurs et un engouement unique. N°10 – Golf Autrefois considéré comme un sport de riches, le golf a su évoluer. Grâce à des stars comme Tiger Woods, il a gagné en accessibilité et en visibilité. Il est suivi dans le monde entier à travers les Masters ou la Ryder Cup. Autres Sports Proches du Top 10 Formule 1 : ultra médiatisée, en forte croissance Cyclisme : avec le Tour de France en tête MMA / UFC : explosif et spectaculaire e-sport : en pleine ascension, surtout chez les jeunes Athlétisme : pic de popularité pendant les JO Conclusion Chaque sport a ses fans, ses légendes, sa culture. Mais en termes de popularité mondiale, le football reste roi. Le cricket et le hockey sur gazon impressionnent par leur masse de fans dans des régions spécifiques. D’autres disciplines comme le basketball ou le tennis brillent par leur rayonnement mondial. Et demain ? Peut-être que les e-sports, le padel ou de nouveaux sports émergents viendront bousculer ce top 10… Les 10 Sports les Plus Populaires au Monde Produits associés Panaché gourmand Pourquoi choisir quand on peut toutes les avoir ? Pour les fans inconditionnels des barres Gourmiz’ : voici le pack idéal ! 10 barres, 10 parfums... Voir le produit → Panaché sportif Le pack sport gourmand ! Vous aimez le sport ? Vous aimez les friandises fruitées et protéinées ? Ce pack est fait pour vous et rassemble toutes... Voir le produit → Retour au blog Le choix d'une sélection entraîne l'actualisation de la page entière. S'ouvre dans une nouvelle fenêtre.
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Les 10 Sports les Plus Populaires au Monde – Gourmiz Bio Consentement aux cookies Nous et nos partenaires, y compris Shopify, utilisons des cookies et d’autres technologies pour personnaliser votre expérience, vous afficher des publicités et effectuer des analyses. Nous n’utiliserons pas de cookies ou d’autres technologies à ces fins sans votre consentement. En savoir plus dans notre Politique de confidentialité Ignorer et passer au contenu Livraison gratuite en France Métropolitaine dès 35 Euros et dès 75 euros d'achat HT pour les commandes en IT/ES/DE/BE/NE Article ajouté au panier Voir le panier Share Lien Le sport unit les peuples, déchaîne les passions, et fait vibrer des milliards de fans à travers le monde. Mais quels sont les sports les plus populaires sur la planète ? Sur quels critères peut-on les classer : le nombre de fans, les audiences télé, les licenciés, ou encore la portée médiatique ? Voici notre classement des 10 sports les plus populaires au monde, basé sur une combinaison d’audience, de praticiens, de suivi sur les réseaux sociaux et d’impact culturel. N°1 – Football (Soccer) 4+ milliards de fans à travers le monde Le football, c’est LE roi des sports. Il est joué dans presque tous les pays et suivi religieusement sur tous les continents. La Coupe du Monde attire des milliards de téléspectateurs. Des clubs comme le Real Madrid, Manchester United ou le PSG ont des fans sur tous les continents. Sa simplicité (un ballon suffit !) et sa forte médiatisation en font le sport le plus universel. N°2 – Cricket 2,5 milliards de fans Tu ne le pratiques peut-être pas, mais le cricket est un monstre de popularité, surtout en Inde, au Pakistan, au Bangladesh, en Australie et au Royaume-Uni. L’Indian Premier League (IPL) génère des milliards de vues et de dollars chaque saison. C’est un sport complexe, mais profondément ancré dans certaines cultures. N°3 – Hockey sur gazon 2 milliards de fans Très pratiqué en Asie, en Europe et en Afrique, le hockey sur gazon reste un sport olympique et très suivi dans des pays comme l’Inde, les Pays-Bas ou l’Allemagne. Il est souvent négligé dans les médias occidentaux, mais sa pratique est massive. N°4 – Tennis 1 milliard de fans Sport élégant, compétitif et global, le tennis est suivi dans le monde entier grâce aux Grands Chelems (Wimbledon, Roland-Garros, US Open, Open d’Australie) et à des stars comme Nadal, Djokovic ou Swiatek. C’est un sport individuel très médiatisé et très respecté. N°5 – Basketball 2,4 milliards de fans La NBA a transformé le basketball en phénomène mondial. Des joueurs comme Michael Jordan, LeBron James ou Stephen Curry sont devenus des icônes planétaires. Le basket est aussi un sport très populaire dans les écoles et universités. Il allie spectacle, intensité et culture urbaine. N°6 – Volleyball Le volleyball est joué dans les lycées, les plages, les clubs et les compétitions internationales. Il bénéficie d’une forte présence aux Jeux Olympiques et séduit par sa dimension collective et accessible. N°7 – Tennis de table Souvent sous-estimé, le ping-pong est un sport ultra populaire, notamment en Asie. Il est même sport national en Chine. Très rapide, exigeant, il brille aux JO et dans les compétitions mondiales. N°8 – Baseball Le baseball est extrêmement populaire aux États-Unis, à Cuba, au Japon, en Corée du Sud et dans les Caraïbes. La Major League Baseball (MLB) reste une institution. C’est un sport culturellement très ancré dans plusieurs pays. N°9 – Rugby Le rugby, qu’il soit à XV ou à 7, est adoré dans des pays comme la France, l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, l’Australie ou l’Angleterre. La Coupe du Monde de Rugby génère des millions de spectateurs et un engouement unique. N°10 – Golf Autrefois considéré comme un sport de riches, le golf a su évoluer. Grâce à des stars comme Tiger Woods, il a gagné en accessibilité et en visibilité. Il est suivi dans le monde entier à travers les Masters ou la Ryder Cup. Autres Sports Proches du Top 10 Formule 1 : ultra médiatisée, en forte croissance Cyclisme : avec le Tour de France en tête MMA / UFC : explosif et spectaculaire e-sport : en pleine ascension, surtout chez les jeunes Athlétisme : pic de popularité pendant les JO Conclusion Chaque sport a ses fans, ses légendes, sa culture. Mais en termes de popularité mondiale, le football reste roi. Le cricket et le hockey sur gazon impressionnent par leur masse de fans dans des régions spécifiques. D’autres disciplines comme le basketball ou le tennis brillent par leur rayonnement mondial. Et demain ? Peut-être que les e-sports, le padel ou de nouveaux sports émergents viendront bousculer ce top 10… Les 10 Sports les Plus Populaires au Monde Produits associés Panaché gourmand Pourquoi choisir quand on peut toutes les avoir ? Pour les fans inconditionnels des barres Gourmiz’ : voici le pack idéal ! 10 barres, 10 parfums... Voir le produit → Panaché sportif Le pack sport gourmand ! Vous aimez le sport ? Vous aimez les friandises fruitées et protéinées ? Ce pack est fait pour vous et rassemble toutes... Voir le produit → Retour au blog Le choix d'une sélection entraîne l'actualisation de la page entière. S'ouvre dans une nouvelle fenêtre.
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Le moyen format et son équivalent en «35mm» | Blog photographique de Laurent DUFOUR Menu Show Header Sidebar Content Search for: Depuis l’avènement du numérique, nous nous sommes tous familiarisés avec ces appellations barbares APS-C , APS-H, Micro 4/3 , plein format , etc… Il est de coutume de prendre comme référence le format 24 x 36 pour comparer un photographie réalisée avec une certaine longueur de focale. Connu sous de multiple synonymes c’est ce que l’on nomme aussi le plein format, c’est la même chose que le « 35mm ». Alors comment comparer ? On pourrait parler alors de facteur d’agrandissement. 24×36  : 1 APS-H : 1,3 APS-C : 1.6 (Canon), 1,5 ( Nikon / Sony ) Micro 4/3 : 2 Dans les fait vous le savez bien on parle seulement d’une équivalence de focale, c’est comme si l’on photographiait avec un 24 x 36 et une focale de XXmm, bien entendu, en aucun cas le photographe ne se retrouve plus près de son sujet, la distance entre le sujet photographié et le photographe, est elle la même, seul la sensation de cadrage change. On doit ce format « 35mm » en photo à Oscar Barnack qui le popularise en 1925 avec le Leica I , je précise bien en photo, car pour le cinéma ce format existe depuis 1909, et soyons même précis son invention pour la photo remonte à 1913 mais c’était très confidentiel. Ce format dit « 35mm » est donc devenu très populaire avec le Leica et dominera le monde de la photographie jusqu’à l’apparition des premiers réflexes numérique au début des années 2000. A noter que dans une cartouche le film « 35mm », est appelé 135 Dès lors, les fabricants de capteurs électroniques afin de réduire leurs coûts de fabrication, opterons pour des tailles de capteurs légèrement plus petite que le fameux 24 x 36. Cela leurs permet de proposer au public des appareils photos à des prix certes encore élevés mais dès lors accessible au porte-monnaie du grand public. Plusieurs sortes de films 120 : Kodak Tmax ISO 100 neuve (en jaune), exposée (en blanc), une boîte de cinq Ektachrome VS et un film noir et blanc Fortepan. De nos jours il est désormais très facile, et peu onéreux de se procurer des appareils photos argentiques de la famille des moyens formats, c’est a dire avec une taille de pellicule supérieure au 24 x 36 C’est ce que l’on appelle les films 120 ( Au contraire des films 135 pour le 24 x 36) Bref la je vois que vous êtes perdu. Alors reprenons ces formats de films, et même mieux commençons par revoir ce qu’est le moyen format. Le moyen format Un moyen format est un appareil photo utilisant des films d’une taille comprise entre  6cm x 4,5cm et 6cm x 24cm. Dans les formats plus petit on trouve le 24 x 36 utilisé sur les appareils « Reflex », et en taille supérieure on trouve ce que l’on appelle le grand format (  En gros les chambres ) qui eux, utilisent des plans films. Dans les principales tailles en Moyen Format nous retrouvons Nombre de vue avec un film Taille (cm) Taille réelle (mm) 120 220 6 x 4,5 56×41,5 16 32 6 x 6 56×56 12 24 6 x 7 56×67 10 20 6 x 8 56×77 9 18 6 x 9 56×84 8 16 6 x 12 56×112 6 12 6 x 17 56×159 4 8 6 x 24 56×224 3 6 En Anglais certes, mais voici quelques bonnes informations dans cette vidéo de Ted Forbes aka The Art of Photography Kodak Brownie Apparu des 1901 chez Kodak pour son « Brownie », le film 120  est le type de format de pellicule que l’on retrouve le plus souvent pour le moyen format. Un autre type de film existe c’est le 220. Il est deux fois plus long que le 120, et beaucoup moins répandu, mais permet de faire deux fois plus de clichés. Essayons maintenant de résumer cela avec un petit schéma qui va vous détailler les divers moyens formats et leurs équivalents en 24 x 36. Comparaison entre le 24 x 36 et les moyens formats ( non panoramique ) Voici le schéma ci dessous qui va vous aider a mieux comprendre. Équivalence moyen-format / 35mm Et sur une pellicule cela donne quoi cette comparaison ? Voyons voir ci dessous Film moyen format en 6 x 6 (à gauche) et pellicule 35 mm (à droite) Et les planches contact cela ressemble à quoi alors ? Kojo – Photographié par Aaron Crossman avec un Mamiya RZ67 et un dos 6 x 8 avec du film Kodak Portra 800 / 9 Vues Planche contact issue de l’Hasselblad de Dave Rogers avec du film Kodak Portra 400 / Format 6 x 6 / 12 Vues Jimi Hendrix – Planche contact datant de 1967 par Gered Mankowitz / Format 6 x 6 / 12 Vues Les films 120 Il existe encore beaucoup de fabricants de film 120, Kodak, Ilford , Kentmere , Fomapan , Fujifilm que ce soit en noir et blanc ou en couleurs, vous avez le choix. En vidéo quelques comparaisons en films couleurs par le youtuber Willem Verbeeck Ci-dessous une liste d’enseignes où vous pourrez vous achalander. Negatif Plus Nation Photo Photostock AnalogWonderLand Fotoimpex Foto R3 Calcul du crop factor Le terme barbare « crop factor » que l’on pourrait traduire par facteur d’agrandissement, sert à comparer la taille d’une photo prise avec un appareil 24 x 36 avec divers autres formats, que ce soit sur des capteurs numérique APS-C ,  APS-H, Micro 4/3 , et/ou avec du moyen format. Pour en savoir plus, référez vous à l’article wikipedia sur le sujet : https://en.wikipedia.org/wiki/Crop_factor Comment le calculer ? C’est très simple prenez la diagonale d’une photo en 24 x 36 soit √(36 2 + 24 2 ) = 43.27mm et ensuite prenez la diagonale d’une autre photo dans un format différent, par exemple en 6 x 9 √(84 2 + 56 2 ) = 101mm Il ne vous reste plus qu’a faire une division (et arrondir) soit 43.27/101 = 0.43 Les formats non panoramique 6 x 9 Le format 6 x 9 utilise une taille d’image de 56mm x 84mm. Il a une diagonale de 101mm. Son ratio est similaire en tout point a ce que vous pouvez trouver sur un reflex 24 x 36 que ce soit en argentique ou en numérique, en effet celui ci est de 3 x 2. Dans cette catégorie d’appareils les modèles suivants feront votre bonheur : Fuji GW690 , Fuji GSW690 (C’est celui que je possède) et Fuji GL690 , sans oublier la gamme de Mamiya et Voigtlander Bessa . Quelques modèles très répandus en 6 x 9 et leurs équivalents en focale 35mm ci-dessous. Le facteur d’agrandissement est de 0.43. Objectif 6×9 Équivalent en 35mm 65mm ( Fuji GSW690 ) 28mm 90mm ( Fuji GW690 ) 39mm 100mm ( Fuji GL690) 43mm 105mm ( Voigtlander Bessa ) 45mm Fuji GSW690 içi dans sa version III, avec une optique de 65mm ( Équivalent à un 28mm en 24×36 ) Une fois ouvert le Fuji GSW690 vous permet de voir la taille de son logement pour le film 120, beaucoup plus grand qu’un 24×36 Quelques photographies en 6×9 que j’ai pu prendre avec mon Fuji GSW690 Version III en 2019 Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Barcelone, Espagne – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Delta de l’Ebre, Espagne – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Delta de l’Ebre, Espagne – Fuji GSW690 III – 65mm Tarragone, Espagne- Fuji GSW690 III – 65mm Tarragone, Espagne – Fuji GSW690 III – 65mm Delta de l’Ebre, Espagne – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Paris, France – Fuji GSW690 III – 65mm Regardez une vidéo de photographies de paysage au Nouveau-Mexique, USA, avec un Fuji GSW690 III et un film Fuji Velvia 50 par Room 111 Photography Et maintenant un peu de « Street Photography » au Japon, et plus précisément à Tokyo avec Keigo Moriyama sur du matériel Fujica GW690 avec un film Kodak Portra 160 Des paysages enneigés au Canada, par moins 19°C, cela vous tente ? Et bien c’est dans la vidéo ci dessous par le photographe Bon Adriel avec un Fuji GW690 version II avec un un film noir et blanc Ilford Delta 400 Le photographe Australien Thomas Brown photographie merveilleusement bien les ambiances nocturnes avec son Fuji GW690 version II Retrouvez le dans cette présentation ci dessous 6 x 8 Le format 6 x 8 utilise une taille d’image de 56mm x 77mm. Il a une diagonale de 95.2mm. Son ratio de 4 x 3 est identique à ce que l’on connait dans les capteurs numérique de type Micro 4/3 . Une photo en 6 x 8 est évidement beaucoup plus grande dans la réalité qu’une autre photographiée avec ce type de capteur numérique. Peu répandu chez les fabricants on trouve néanmoins quelques appareils argentique moyen format, les plus populaires étant le Fujifilm GX-680 , GW680 et GSW680 . A noter que l’on peut se procurer aussi des dos 6 x 8 pour le Mamiya RB67 qui pourtant est un 6×7. Quelques modèles très répandus en 6 x 8 et leurs équivalents en focale 35mm ci-dessous Le facteur d’agrandissement est de 0.45. Objectif 6×8 Équivalent en 35mm 65mm ( Fuji GSW680 ) 30mm 90mm ( Fuji GW680 ) 40mm Fuji GW680 version III avec une optique Fujinon 90m ( 40mm en équivalent 24 x 36 ) Une petite visite du Pont de Arts avec un Fuji GW680 version III par le youtuber Thomas Regardez une vidéo de présentation du Fuji GW680 version III par Tomoo Ichigami 6 x 7 Le format 6 x 7 utilise une taille d’image de 56mm x 67mm. Il a une diagonale de 87.3mm. On dénombre de nos jours pléthore d’appareils argentiques moyen format en 6 x 7. Les plus populaires étant les modèles de chez Mamiya , tel que le RB67 , ou encore le RZ67 ainsi que le Mamiya 7 . Chez Pentax, on peut tomber sur les divers modèles du Pentax 67 ou encore chez Bronica GS-1 . Bien entendu, Fuji a aussi, tout comme en 6 x 9 et en 6 x 8, une gamme en 6 x 7 ce sont les Fujifilm GM670 , GW670 and GF670 . Quelques modèles très répandus en 6 x 7 et leurs équivalents en focale 35mm ci-dessous. Le facteur d’agrandissement est de 0.5. Objectif 6×7 Équivalent en 35mm 45mm 23mm 50mm 25mm 65mm 33mm 90mm ( Fuji GW670 ) 44mm 105mm 53mm 127mm 64mm 165mm 83mm 180mm 90mm 200mm 100mm 250mm 125mm 360mm 180mm Mamiya RB67 avec ses accessoires Un an avec un Mamiya RB67 par Erik Wahlstrom 6 x 6 Le format 6 x 6 utilise une taille d’image de 56mm x 56mm. Il a une diagonale de 79.2mm. Le mythique Hasselblad 500C, appareil haut de gamme au format 6 × 6. Ici avec une optique de 80mm ( Équivalence en 24×36 à du 44mm) Facilement reconnaissable, le 6 x 6 est un format carré. Il est ultra populaire et à même été repris par Instagram dès son lancement. Il est aujourd’hui le plus répandu dans le monde du moyen format et, particulièrement par la marque Hasselblad . Bien entendu les modèles les plus populaires en matériel 6 x 6 sont la série Hasselblad 500 ( Connue aussi sous le nom de système V ). Nous trouvons également d’autres marques adeptes du carré, telle que la série SQ chez Bronica ou encore le Mamiya 6 et le Mamiya C330 . Moins courants les Rolleiflex 6008 , Rolleiflex T ou encore le SL66 . Mais sachez qu’il existe de nombreux autres fabricants ( Lubitel, Kiev, etc… ) . Allez faire un tour sur les divers sites de vente aux enchères et vous ne serez pas déçu. Les prix sont en chute libre depuis l’apparition des appareils photos numériques. Jérôme Turblin et son Mamiya 6 Quelques modèles très répandus en 6 x 6 et leurs équivalents en focale 35mm ci-dessous Le facteur d’agrandissement est de 0.55. Objectif 6×6 Equivalent en 35mm 30mm 17mm 40mm 22mm 50mm 28mm 60mm 33mm 65mm 36mm 75mm 41mm 80mm 44mm 100mm 55mm 120mm 66mm 150mm 83mm 180mm 99mm 200mm 110mm 250mm 137mm Quelques photographies, en 6 x 6 que j’ai pu prendre avec mon Hasselblad 500CM . Avec un objectif 80mm ou parfois, avec un 150mm entre 2009 et 2019 Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Emmanuelle Radenac, Photographe de rue – Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Fabrice Mercier, Photographe de rue – Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Barcelone, Espagne – Hasselblad 500CM – 80mm Sébastien Manoury, Photographe de rue – Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Barcelone, Espagne – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, Marché AParis, France – Hasselblad 500CM – 80mmligre – Hasselblad 500CM -80mm – Kodak Tri X Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Barcelone, Espagne – Hasselblad 500CM – 80mm Maud Walas, Helder Vinagre, David Rothan, Xavier Beaudoux, Photographe – Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Hasselblad 500 CM – 50mm – Ilford HP5 Barcelone, Espagne – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Grégoire Brossard, Photographe – Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Autoportrait – Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Jimmy Sarran, David Rothan, Sébastien Manoury, Helder Vinagre, Photographes – Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Daniel Girad, Photographe – Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Maud Walas, Photographe de rue – Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Montbrio del Camp, Espagne – Hasselblad 500CM – 80mm Miami Platja, Espagne – Hasselblad 500CM – 80mm Monument Valley – Through the eye of the Hasselblad Miami Ptaja, Espagne – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Dela de l’Ebre, Espagne – Hasselblad 500CM – 80mm Cambrils, Spain – Hasselblad 500CM – 80mm Marne, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Iles Lofoten, Norvège – Hasselblad 500CM – 80mm Iles Lofoten, Norvège – Hasselblad 500CM – 80mm Iles Lofoten, Norvège – Hasselblad 500CM – 80mm Iles Lofoten, Norvège – Hasselblad 500CM – 80mm Iles Lofoten, Norvège – Hasselblad 500CM – 80mm Iles Lofoten, Norvège – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Hasselblad 500 CM – 80mm – Cinestill 800T Sébastien Manoury, Photographe de rue – Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Helder Vinagre, Photographe de rue – Hasselblad 500 CM – 80mm – CineStill 800 poussée à 1600 Grégoire Brossard, Photographe – Hasselblad 500 CM – 80mm – CineStill 800 poussée à 1600 Hasselblad 500 CM – 80mm – CineStill 800 poussée à 1600 Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Hasselblad 500 CM – 80mm – Cinestill 800T Porto, Portugal – Hasselblad 500CM – 80mm HasselblPorto, Portugal – Hasselblad 500CM – 80mmad 500 CM – 80mm – Cinestill 800T Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Villerville, France – Hasselblad 500CM – 80mm Cambrils, Espagne – Hasselblad 500CM – 150mm Photo credit : Laurent DUFOUR – Sans Titre Paris, France – Hasselblad 500CM – 80mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Paris, France – Hasselblad 500CM – 150mm Un peu de photographie urbaine à Providence, USA avec un Hasselblad 500CM et un 80mm par le youtuber Jason Webber Quelques sites de très bon photographes qui eux aussi pratiquent énormément le 6×6 Grégoire Brossard Maud Walas Sebastien Manoury Et une référence en la matière Vivian Meier 6 x 4.5 Le format 6 x 4.5 utilise une taille d’image de 56mm x 41.5mm. Il a une diagonale de 69.7mm. Le format 6 x 4.5 est le plus petit que l’on puisse utiliser avec du film 120. Dans cette gamme nous croisons toujours les fabricants Mamiya ou Fuji , mais aussi Pentax . Plus confidentiels voici néanmoins quelques modèles que l’on trouve encore assez facilement : M645 , 645E , 645 Pro ainsi que la série 645 AF chez Mamiya .  Bien présent aussi sur le maché de l’occasion les modèles 645 ou 645N chez Pentax . Le constructeur Bronica n’est pas en reste avec ses modèles Bronica RF645 ou Bronica ETR. Moins répandu, le Contax 645 ne démérite pas, étonnant mais on en déniche quelques perles rare tel que le Hasselblad H1 ou bien le H2 , et comme toujours Fuji est aussi présent sur ce segment avec les modèles Fujifilm GA645 , GS645 et GX645 . Quelques modèles très répandus en 6 x 4.5 et leurs équivalents en focale 35mm ci-dessous Le facteur d’agrandissement est de 0.62. Objectif 6×4.5 Equivalent en 35mm 45mm 28mm 55mm 34mm 60mm 37mm 80mm 50mm 100mm 62mm 120mm 75mm 150mm 93mm 200mm 124mm A voir, Paris au Bronica RF465 par Sébastien Manoury . Un an avec un Bronica RF645 par le youtuber Rediscover Film Les formats panoramiques 6 x 17 Josef Koudelka / La terre sainte Dans cette catégorie d’appareils vous pouvez apprécier principalement le modèle suivant : Fuji GX617 cher à Josef Koudelka qui à parcouru le monde avec cet engin sortie des usines Fuji en 1993, c’est le successeur du Fuji G617 qui datait lui de 1985. Josef Koudelka photographie la terre sainte avec un Fuji GX617 Fuji GX617 Vu de dos du Fuji GX617 – Vous pouvez vous rendre compte du format panoramique, et de la taille gigantesque qu’une photo va ensuite avoir. Film issu d’un appareil moyen format 6 x 17, au séchage, 4 photos sont sur la pellicule Le format 6 x 17 utilise une taille d’image de 56mm x 159mm. Il a une diagonale de 180mm. Son ratio panoramique n’a rien à voir avec un 24 x 36 et vouloir le comparer peut paraître absurde. Quelques focales très répandus en 6 x 17 et leurs équivalents en focale 35mm ci-dessous Le facteur d’agrandissement est de 0.24. Objectif 6×17 Équivalent en 35mm 90mm ( Fuji GX617 ) 21mm 105mm ( Fuji GX617 ) 24mm 180mm ( Fuji GX617 ) 43mm 300mm ( Fuji GX617 ) 72mm De quoi vous faire rêver maintenant avec une des photographies de Steve Walton issues du lien suivant : https://emulsive.org/reviews/camera-reviews/fuji-camera-reviews/camera-review-the-fuji-panorama-gx617-a-legendary-panoramic-behemoth Fuji Panorama GX617 Camera Review – Sgurr Nan Gillean – Credit Photo : Steve Walton En extrait, une bande annonce du film de Gilad Baram sur Josef Koudelka photographiant entre autre au Fuji GX617 en Israel . En vidéo, une revue en detail du Fuji GX617 par Robert Shreve Et maintenant un vidéo en condition réelle en pleine nature au états-unis à «Rocky Creek Falls» par Tim Layton avec un film Ilford Pan F Cet article n’est pas exhaustif et j’ai probablement oublié de nombreux appareils photos moyen format, mais cela vous permet désormais de vous rendre compte à quel cadrage, en 24 x 36, correspond une prise de vue déclenchée sur un appareil photo moyen format. 3 thoughts on “Le moyen format et son équivalent en «35mm»” Merci beaucoup Serge Super revue detaillee, tres utile , merci pour le travail !! Merci pour ce panoramique du moyen format, très intéressant. Syl20 Laisser un commentaire Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec * Commentaire * Nom * E-mail * Site web Recherche Search for: Paris Pose Longue De bon matin The post De bon matin first appeared on PARIS POSE LONGUE. 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La marine de guerre allemande lutte contre le blocus britannique | Lumni Enseignement La marine de guerre allemande lutte contre le blocus britannique Haut de page Contexte historique Éclairage média Niveaux et disciplines Informations et crédits Lieux Thèmes Vidéo Proposé par Institut national de l’audiovisuel Date de diffusion : 21 août 1940 | Date d'évènement : 01 août 1940 La Kriegsmarine, forte de son réseau de bases navales, en particulier en Norvège, est bien placée pour lutter contre le blocus britannique. Les rapides avisos (Stukas de la mer) sont spécialement adaptés pour attaquer les convois escortés. Contexte historique Par Françoise Berger En 1939, l'Allemagne importait de Suède environ dix millions de tonnes de minerai de fer, dont un million de tonnes provenait du centre du pays et le reste de l'extrême nord. Ce minerai était acheminé par chemin de fer vers le port suédois de Lulea, sur la Baltique, et vers Narvik, sur la côte nord-ouest de la Norvège. Cette situation provoqua la guerre en Scandinavie, car les Britanniques essayaient d'empêcher les Allemands de s'approvisionner en minerai de fer essentiel au bon fonctionnement de leur industrie de guerre. Ils avaient mis en place un blocus qui empêchaient aussi les navires ennemis de se faufiler le long des côtes norvégiennes (la Norvège est un pays neutre) pour atteindre la mer du Nord et l'Atlantique, afin d'attaquer les navires de commerce qui livraient massivement à la Grande-Bretagne du pétrole, des canons et des avions et de la nourriture. Les Allemands envahirent alors la Norvège, en avril 1940, pour prendre le contrôle des ports norvégiens d'où ils lancèrent désormais leurs attaques. Éclairage média Par Françoise Berger Les commentaires des premiers journaux sont maladroits. Les Allemands ont eu des difficultés à trouver au pied levé des speakers professionnels parlant le français. Dans ces journaux, plusieurs voix (une féminine et deux masculines) interviennent en alternance, mais sans réelle signification (ici, voix féminine). Les prises de vues ont été réalisées par les compagnies de propagande (PK) placées depuis le mois d'août 1938 auprès des commandements généraux de l'armée dans les zones d'opérations. Ce document fait partie des actualités cinématographiques diffusées du 7 août 1940 au 14 août 1942 sous le label "Actualités mondiales". Pathé et Gaumont s'étant repliés en zone sud, ce journal fut le seul diffusé dans la zone occupée. Version pour la France du journal allemand de l'UFA Deutsch-Wochenchau, il était conçu, monté et sonorisé à Berlin et ne comprenait que quelques sujets portant spécifiquement sur la France. Niveaux et disciplines Informations et crédits Type de ressource : Forme : Collection : Les Actualités mondiales Date de l'évènement : 01 août 1940 Date de diffusion du média : 21 août 1940 Production : Les Actualités Mondiales Page publiée le : 01 janv. 2003 Modifiée le : 19 nov. 2025 Référence : 00000000219 Lieux Thèmes Découvrir plus de ressources Dans la même collection Découvrir plus de ressources
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La marine de guerre allemande lutte contre le blocus britannique | Lumni Enseignement La marine de guerre allemande lutte contre le blocus britannique Haut de page Contexte historique Éclairage média Niveaux et disciplines Informations et crédits Lieux Thèmes Vidéo Proposé par Institut national de l’audiovisuel Date de diffusion : 21 août 1940 | Date d'évènement : 01 août 1940 La Kriegsmarine, forte de son réseau de bases navales, en particulier en Norvège, est bien placée pour lutter contre le blocus britannique. Les rapides avisos (Stukas de la mer) sont spécialement adaptés pour attaquer les convois escortés. Contexte historique Par Françoise Berger En 1939, l'Allemagne importait de Suède environ dix millions de tonnes de minerai de fer, dont un million de tonnes provenait du centre du pays et le reste de l'extrême nord. Ce minerai était acheminé par chemin de fer vers le port suédois de Lulea, sur la Baltique, et vers Narvik, sur la côte nord-ouest de la Norvège. Cette situation provoqua la guerre en Scandinavie, car les Britanniques essayaient d'empêcher les Allemands de s'approvisionner en minerai de fer essentiel au bon fonctionnement de leur industrie de guerre. Ils avaient mis en place un blocus qui empêchaient aussi les navires ennemis de se faufiler le long des côtes norvégiennes (la Norvège est un pays neutre) pour atteindre la mer du Nord et l'Atlantique, afin d'attaquer les navires de commerce qui livraient massivement à la Grande-Bretagne du pétrole, des canons et des avions et de la nourriture. Les Allemands envahirent alors la Norvège, en avril 1940, pour prendre le contrôle des ports norvégiens d'où ils lancèrent désormais leurs attaques. Éclairage média Par Françoise Berger Les commentaires des premiers journaux sont maladroits. Les Allemands ont eu des difficultés à trouver au pied levé des speakers professionnels parlant le français. Dans ces journaux, plusieurs voix (une féminine et deux masculines) interviennent en alternance, mais sans réelle signification (ici, voix féminine). Les prises de vues ont été réalisées par les compagnies de propagande (PK) placées depuis le mois d'août 1938 auprès des commandements généraux de l'armée dans les zones d'opérations. Ce document fait partie des actualités cinématographiques diffusées du 7 août 1940 au 14 août 1942 sous le label "Actualités mondiales". Pathé et Gaumont s'étant repliés en zone sud, ce journal fut le seul diffusé dans la zone occupée. Version pour la France du journal allemand de l'UFA Deutsch-Wochenchau, il était conçu, monté et sonorisé à Berlin et ne comprenait que quelques sujets portant spécifiquement sur la France. Niveaux et disciplines Informations et crédits Type de ressource : Forme : Collection : Les Actualités mondiales Date de l'évènement : 01 août 1940 Date de diffusion du média : 21 août 1940 Production : Les Actualités Mondiales Page publiée le : 01 janv. 2003 Modifiée le : 19 nov. 2025 Référence : 00000000219 Lieux Thèmes Découvrir plus de ressources Dans la même collection Découvrir plus de ressources
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La marine de guerre allemande lutte contre le blocus britannique | Lumni Enseignement La marine de guerre allemande lutte contre le blocus britannique Haut de page Contexte historique Éclairage média Niveaux et disciplines Informations et crédits Lieux Thèmes Vidéo Proposé par Institut national de l’audiovisuel Date de diffusion : 21 août 1940 | Date d'évènement : 01 août 1940 La Kriegsmarine, forte de son réseau de bases navales, en particulier en Norvège, est bien placée pour lutter contre le blocus britannique. Les rapides avisos (Stukas de la mer) sont spécialement adaptés pour attaquer les convois escortés. Contexte historique Par Françoise Berger En 1939, l'Allemagne importait de Suède environ dix millions de tonnes de minerai de fer, dont un million de tonnes provenait du centre du pays et le reste de l'extrême nord. Ce minerai était acheminé par chemin de fer vers le port suédois de Lulea, sur la Baltique, et vers Narvik, sur la côte nord-ouest de la Norvège. Cette situation provoqua la guerre en Scandinavie, car les Britanniques essayaient d'empêcher les Allemands de s'approvisionner en minerai de fer essentiel au bon fonctionnement de leur industrie de guerre. Ils avaient mis en place un blocus qui empêchaient aussi les navires ennemis de se faufiler le long des côtes norvégiennes (la Norvège est un pays neutre) pour atteindre la mer du Nord et l'Atlantique, afin d'attaquer les navires de commerce qui livraient massivement à la Grande-Bretagne du pétrole, des canons et des avions et de la nourriture. Les Allemands envahirent alors la Norvège, en avril 1940, pour prendre le contrôle des ports norvégiens d'où ils lancèrent désormais leurs attaques. Éclairage média Par Françoise Berger Les commentaires des premiers journaux sont maladroits. Les Allemands ont eu des difficultés à trouver au pied levé des speakers professionnels parlant le français. Dans ces journaux, plusieurs voix (une féminine et deux masculines) interviennent en alternance, mais sans réelle signification (ici, voix féminine). Les prises de vues ont été réalisées par les compagnies de propagande (PK) placées depuis le mois d'août 1938 auprès des commandements généraux de l'armée dans les zones d'opérations. Ce document fait partie des actualités cinématographiques diffusées du 7 août 1940 au 14 août 1942 sous le label "Actualités mondiales". Pathé et Gaumont s'étant repliés en zone sud, ce journal fut le seul diffusé dans la zone occupée. Version pour la France du journal allemand de l'UFA Deutsch-Wochenchau, il était conçu, monté et sonorisé à Berlin et ne comprenait que quelques sujets portant spécifiquement sur la France. Niveaux et disciplines Informations et crédits Type de ressource : Forme : Collection : Les Actualités mondiales Date de l'évènement : 01 août 1940 Date de diffusion du média : 21 août 1940 Production : Les Actualités Mondiales Page publiée le : 01 janv. 2003 Modifiée le : 19 nov. 2025 Référence : 00000000219 Lieux Thèmes Découvrir plus de ressources Dans la même collection Découvrir plus de ressources
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Clausewitz et la guerre populaire Connexion Mon espace RDN Le débat stratégique depuis 1939 Panier - 0 article Accueil e-RDN Revue n° 318 Janvier 1973 Clausewitz et la guerre populaire Clausewitz et la guerre populaire Raymond Aron , « Clausewitz et la guerre populaire  » Revue n° 318 Janvier 1973 - p. 3-10 Exposé de l'éminent sociologue à la séance solennelle de cinq académies, le 25 octobre 1972. Carl von Clausewitz passe, à juste titre, pour le plus célèbre des écrivains militaires, le seul dont nul homme cultivé n’a le droit d’ignorer le nom et deux ou trois formules. Gloire posthume, qui semble réparer les injustices dont souffrit l’officier prussien, coupable, aux yeux de son roi, de s’être mis au service du tsar pour combattre Napoléon en 1812. Gloire, en fait, chargée de tous les malentendus que Clausewitz lui-même avait pressentis, dans l’avertissement écrit au moment de fermer à jamais le manuscrit inachevé qu’il laissait à sa femme, née Maria von Bruhl, en lui confiant la tâche de le publier. Combien ont lu De la Guerre parmi ceux qui le citent ? Même en langue allemande, la littérature m’est apparue relativement pauvre. Quels commentateurs se donnent la peine de suivre l’argument du plus systématique, du plus philosophique des traités jamais consacrés à la stratégie ? B.H. Liddell Hart a écrit que Clausewitz usait d’un langage philosophique sans posséder un véritable esprit philosophique. Marx et Lénine en ont jugé autrement. Le 7 janvier 1855, Engels, qui venait de lire Clausewitz, écrivait à son ami : « drôle de façon de philosopher, mais substantiellement très bon » — à quoi Marx répondait quelques jours plus tard : « le gaillard a un common sense , un bon sens, qui confine à l’esprit ». Quant à Lénine, il étudia l’œuvre maîtresse chapitre par chapitre et il en reproduisit de larges extraits sur un cahier, selon sa méthode coutumière, avec des annotations marginales. Ce cahier témoigne d’une rare perspicacité : il assure à Clausewitz, en Union Soviétique, une place au Panthéon, parmi les penseurs bourgeois dont le marxisme-léninisme recueille et enrichit l’héritage. La carrière de Clausewitz, comme celle de Machiavel, se divise d’elle-même en deux périodes, l’action et la méditation sur les événements vécus. En 1792, il prit part à la campagne de l’armée prussienne contre la France au milieu des soldats, porte-enseigne de douze ans dont le corps d’enfant disparaissait sous les plis du drapeau. En 1815, à la dernière bataille livrée par le « dieu de la guerre » — ainsi l’admirateur-ennemi appelait Napoléon — il conseille la retraite au général von Thielmann, commandant le Corps prussien laissé par Blücher face à Grouchy, avant de connaître la déroute de l’armée française à Waterloo. Ce jour-là, il manqua la dernière occasion de la gloire à laquelle il aspirait de toute son âme. Pendant dix ans, de 1820 à 1830, il commande à Berlin l’Académie militaire, mais, suprême ironie, il n’exerce qu’un commandement administratif, sans influence sur l’enseignement, inconnu des élèves qui le soupçonnent à tort de s’enivrer parce que son nez rougi garde la trace de la campagne de Russie. De l’expérience historique, de l’échec personnel sortit le penseur : bien qu’il n’ait rien publié de son vivant, au moins sous son nom, Clausewitz n’investissait pas moins de passion dans ses écrits qu’il ne l’avait fait dans le combat ou dans la réforme de l’armée prussienne après Iéna et son retour de captivité. Il l’écrit à plusieurs reprises : ce qu’il veut, c’est une théorie de la guerre, instructive pour les générations à venir autant que pour les contemporains. Le Ktêma eis aei de Thucydide, le monument édifié pour toujours, lui aussi en a rêvé. De cette ambition découle l’attitude commune à l’historien grec et au stratège prussien : le détachement, le refus de toute émotion apparente, l’effort vers la totale objectivité. Lui qui, durant les années de l’action, haïssait le conquérant et, plus encore, ceux de ses compatriotes qui désespéraient de leur patrie, lui qui, dans la profession de foi de 1809, développait avec une éloquence pathétique les arguments de la raison et les raisons du cœur pour reprendre la lutte aujourd’hui, demain, ici. partout, lui le résistant par excellence, il regarde les guerres de la Révolution et de l’Empire, l’écroulement de la Prusse, les triomphes, puis la catastrophe finale de l’Empereur, comme s’il s’agissait d’une histoire déjà lointaine, d’un destin que les hommes auraient subi sans le comprendre et dont il appartiendrait au théoricien de mettre au jour la logique cachée en vue de l’édification de ceux qui assumeront dans l’avenir la responsabilité des États. Clausewitz, qui n’a pas quitté l’uniforme entre sa douzième année et sa mort, en 1831, avait acquis seul une culture dont témoigne la diversité de ses études et de ses travaux. Prisonnier à Soissons, il étudie les mathématiques. Parmi ses manuscrits figure un essai d’esthétique, influencé, semble-t-il, par La Critique du Jugement . Il ne me paraît pas, cependant, que ni ses lectures, ni les cours d’un vulgarisateur kantien, Kiesewetter, aient déterminé l’orientation de sa pensée. C’est la réalité elle-même de son temps qui l’a peu à peu contraint à s’élever non pas seulement de la tactique à la stratégie mais de la stratégie à la politique et, du même coup, à la philosophie de l’histoire. Entre les manœuvres du XVIII e siècle et les batailles de masses de l’époque révolutionnaire, il subsiste malgré tout des traits communs. Il s’agit de la guerre, dans l’un et l’autre cas. Quel concept couvre à la fois les guerres où, selon le mot du Maréchal de Saxe, seul un chef maladroit livre bataille et les guerres telles que les menait Napoléon, toujours en quête de l’engagement qui déciderait d’un coup de l’issue de la campagne ? Quel système conceptuel permet de penser simultanément l’unité et les variétés du phénomène guerre ? Comment saisir le concept sans perdre contact avec les singularités de conjonctures qui ne se répètent jamais ? Pourquoi les guerres prennent-elles parfois les formes subtiles du jeu d’escrime pour se déchaîner ensuite avec la violence des tempêtes et la cruauté des instincts primitifs ? À ces interrogations philosophiques (rapport du concept et du concret) et historiques (rapport des sociétés, de leurs armées et de leurs guerres), le Traité s’efforce de donner réponse et, du même coup, il fonde la primauté de la politique sur la stratégie, du chef d’État sur le commandant en chef des armées, de la fin politique sur l’objectif militaire. La période ouverte par la Révolution française contenait en germe toutes les modalités des conflits politiques, toutes les formes d’hostilité dont l’Europe s’offrit le luxe mortel au cours du siècle suivant. Rien d’étonnant que la théorie clausewitzienne permette de penser, sinon de résoudre, les problèmes posés aux chefs d’État et aux chefs militaires, au moins jusqu’à Hiroshima et Nagasaki, peut-être au-delà. De la théorie clausewitzienne, la plupart des lecteurs ont retenu surtout l’interprétation de la stratégie napoléonienne. Au début du siècle, les écrivains militaires, des deux côtés du Rhin, disputaient âprement de cette interprétation. Le Prussien avait-il ou non compris l’essentiel ? En revanche, ni d’un côté ni de l’autre du Rhin, on ne voulait se souvenir du chapitre 26 du livre VI, l’Armement du peuple (Jaurès fait exception à cet égard). Or ce chapitre, esquisse d’une théorie de la guerre de partisans, intégrée dans une théorie générale de la stratégie, représente un élément important, non marginal, de la pensée de Clausewitz. Souvenons-nous, tout d’abord, que, selon lui, c’est la participation du peuple aux affaires de l’État qui constitue la cause décisive du caractère impitoyable, hyperbolique, des guerres révolutionnaires, à la différence des guerres en dentelles, menées par les Cabinets européens au milieu de l’indifférence populaire. La Révolution a fait de tous les hommes valides des soldats avant d’en faire des citoyens actifs. Même la levée en masse n’aboutit pas encore à la mobilisation totale. Il faut que tous, hommes, femmes et enfants, prennent les armes pour que la guerre devienne effectivement celle de la nation tout entière. Clausewitz, qui n’a pas moins médité sur la défaite finale de Napoléon que sur l’éclat de ses victoires impuissantes, devait donc tourner ses regards vers la Vendée, vers l’Espagne, vers la Russie. Parmi ses manuscrits figure un précis de la guerre d’Espagne, rédigé en français, un récit de la guerre de Vendée. Acteur, il prépara avec Scharnhorst le renforcement de la Landwehr, l’organisation du Landsturm. Il espérait que les Allemands se dresseraient, unanimes et résolus, contre les Français, les paysans avec leurs faux, les ouvriers avec leurs pioches, avec les outils du travail à défaut des instruments du combat. La passivité des Allemands le déçut profondément. Penseur, il mesura justement la contribution de la guerrilla espagnole à la défaite de l’Empereur et il esquissa en quelques pages les règles d’emploi des partisans. « La guerre populaire, comme quelque chose de vaporeux et de fluide, ne doit se concentrer nulle part en un corps solide ; sinon l’ennemi envoie une force adéquate contre ce noyau et le brise ». Image de l’air et non, comme celle de Mao Tsé-Toung, de l’eau : l’idée demeure la même, la fluidité des partisans, dispersés et insaisissables. L’avantage dont jouissent les partisans sur l’armée régulière, comment l’exprimer plus fortement que par les phrases suivantes : « S’il s’agit de détruire les routes et de bloquer d’étroits défilés, les moyens que des patrouilles ou des colonnes volantes de l’armée peuvent y employer sont par rapport à ceux que fournit un corps de paysans insurgés ce que sont les mouvements d’un automate par rapport à un être humain… Les premiers efforts des levées populaires étant encore faibles, les détachements envoyés par l’ennemi seront peu nombreux en proportion, car il craindra de trop diviser ses forces ; c’est au contact de ces petits détachements que l’incendie de la guerre s’étendra de plus en plus ». De même Clausewitz a formulé rigoureusement le double principe — défense stratégique, offensive tactique — que Mao Tsé-Toung a retenu pour la première phase de la guerre populaire. « Avec ce grand moyen de défense stratégique, il ne faut jamais chercher la défense tactique ou rarement. La troupe populaire, le Landsturm , doit se disperser et poursuivre la défense par des attaques inattendues plutôt que de se concentrer et de risquer d’être enfermée dans un refuge étroit sur une position défensive régulière ». Les règles que formule Clausewitz sur les relations entre partisans et soldats de métier gardent, elles aussi, une valeur actuelle : les Russes, durant la dernière guerre, ont organisé l’action des partisans, encadrés par des détachements de l’armée régulière envoyés derrière les lignes allemandes. Pourquoi Clausewitz, organisateur et théoricien de la guerre populaire, a-t-il été oublié aussi longtemps ? L’état-major prussien et plus encore le roi, se méfiaient de cette pratique étrangère à la tradition du Roi-Sergent et de Frédéric II. Contre qui le peuple utiliserait-il finalement ses armes ? Après 1815 Clausewitz suivait avec amertume le retour en force du parti conservateur qui, bien loin de songer à la levée en masse, méprisait la Landwehr , les troupes de réserve. Or, ce fils spirituel de Scharnhorst gardait la fierté de la part qu’il avait prise lui-même à l’organisation de ces réserves ; celles-ci n’avaient pas déployé moins de courage et de valeur que l’armée active en 1813, 1814 et 1815. Que faut-il craindre le plus, s’écriait-il avec indignation, l’invasion étrangère ou la révolution ? Un gouvernement assuré du soutien populaire n’a rien à craindre de l’armement de ses sujets. Clausewitz, lecteur attentif de Machiavel, ne conçoit pas une défense confiée aux seuls professionnels, comme si la nation pouvait assister passive aux combats qui décident de son destin. « Aucun État ne doit admettre que son existence même dépende d’une seule bataille aussi décisive puisse-t-elle être… Il est toujours temps de mourir, et de même que c’est par une impulsion naturelle que l’homme qui se noie se raccroche à un fétu de paille, il est dans l’ordre naturel du monde moral qu’un peuple utilise jusqu’au dernier moyen de salut lorsqu’il est poussé au bord de l’abîme ». Ne l’oublions pas, Clausewitz ne présente l’armement du peuple que comme moyen de défense. Bien plus, il a, pendant deux années, professé le cours sur « la petite guerre » à l’Académie militaire de Berlin et, techniquement, la guerre populaire ne constitue, dans son système, qu’une modalité de la petite guerre, celle que se livrent des détachements forts tout au plus de 200 à 300 hommes. Pour que la guerre populaire seule puisse forcer un envahisseur à évacuer le pays, écrit-il, il faut supposer des espaces aussi vastes que ceux de la Russie et une extrême disproportion entre la force de l’armée conquérante et les dimensions du terrain. Guerre populaire, ai-je dit, et non pas guerre révolutionnaire. Clausewitz ne sort pas explicitement du cadre de la politique européenne. La petite guerre, avec le concours du peuple, figure parmi les moyens de défense, elle contribue à la supériorité de la défensive sur l’offensive, elle rend sa chance et son avenir au pays qui a perdu la première bataille, elle fixe des limites à la stratégie napoléonienne d’anéantissement, elle exige qu’entre les combattants et la nation une confiance réciproque anime une volonté commune : d’où les réformes de Stein, Scharnhorst, Gneisenau, Boyen après Iéna, par exemple la suppression des châtiments corporels, afin de créer une armée qui, à la différence de celle du Grand Frédéric, fût composée sinon de soldats-citoyens, du moins de soldats conscients de leur allégeance au roi et à la patrie. Clausewitz demeura trop conservateur jusqu’à la fin de sa vie pour craindre ou espérer le potentiel révolutionnaire de l’armement du peuple. Lénine lui-même ne découvrit nullement le secret de la guerre révolutionnaire dans le Traité qu’il cita si souvent au cours des années cruciales 1917-1921. Il interpréta l’enseignement de Clausewitz en vue de la fin à laquelle il avait voué son existence. Cet enseignement comportait une double relation entre armée et politique : l’armée est un moyen au service de la politique et la politique détermine l’organisation, le mode de combat des armées. Lénine en tire la conclusion que du régime intérieur des États dépend la nature des guerres, justes ou injustes, impérialistes ou non-impérialistes ; il unit en une seule doctrine la théorie de la guerre et celle de la révolution ; civile ou étrangère, la guerre reste un moyen que le stratège doit maîtriser en vue de la Révolution mondiale ou du salut national. Staline, non Roosevelt, mena la guerre de 1939-1945 conformément aux leçons de l’officier prussien. C’est Mao Tsé-Toung qui, retrouvant ou reprenant les leçons de la guerre d’Espagne, élabora la doctrine de la guérilla et du conflit prolongé. La guerre populaire devient guerre révolutionnaire, moyen d’attaque aussi bien que de défense. Une fois de plus, la logique de l’ascension aux extrêmes emporte les barrières de la coutume et de la morale. Les professionnels qui, à l’époque, s’opposaient au déchaînement de la violence, qui voulaient maintenir la distinction entre civils et militaires, ne montraient-ils pas plus de sagesse ? B.H. Liddell Hart a plaidé cette thèse. Clausewitz lui-même s’est interrogé sans répondre : aux philosophes de juger si cette forme de guerre ou la guerre elle-même est ou non salutaire pour l’humanité. L’homme d’action, lui, n’hésitait pas : pour le salut de la patrie, il mobilisait tous les patriotes. Résistant, au sens que ce mot a pris au XX e siècle, il n’hésite pas à rallier le camp contre lequel son roi se jugeait contraint d’envoyer un corps prussien, intégré à la Grande Armée. Le plus brillant de ses camarades de promotion à l’Académie militaire de Berlin tomba sous l’uniforme russe, tué par une balle prussienne. Clausewitz justifie l’armement du peuple par l’efficacité. Quand nous évoquons un passé vieux d’un quart de siècle, peut-être l’argument moral nous convainc-t-il autant que l’argument pragmatique. Vêtu ou non en soldat, l’homme défend son âme quand l’envahisseur lui arrache son pays et sa liberté. Permettez-moi plutôt de conclure sur deux jugements qui révèlent l’homme au-delà du patriote brûlant de passion, au-delà du théoricien volontairement glacé. Une note, retrouvée dans les papiers de Clausewitz, juge les méthodes recommandées par le terrible Barrére au Comité de Salut Public pour venir à bout de la contre-révolution vendéenne : « méthodes puissantes, mais si cruelles, si dénuées de sensibilité, si contraires à la dignité des hommes et à l’humanité que les Vendéens puisèrent dans le désespoir des forces nouvelles de haïr et de combattre et obligèrent les républicains à revenir à la modération »… « La cruauté laissée à elle-même fait renaître la guerre à mort ». Le deuxième jugement, je l’emprunte à des lettres datées de Paris en 1815. Clausewitz avait détesté les Français durant toutes les années de l’abaissement de la Prusse. Quand il revint en France, vainqueur et non plus prisonnier, il jugea sans indulgence la conduite de ses compatriotes, il s’opposa à Blücher qui voulait faire sauter le pont d’Iéna, il se querella avec Gneisenau qui souhaitait l’exécution de Napoléon ; il ne trouvait aucune joie au spectacle d’un peuple piétiné par l’occupant. Peut-être comprit-il à ce moment-là la vérité, souvent méconnue, que l’autorité suprême appartient au chef d’État, non aux généraux. Au début de ce siècle, un commentateur français, Camon, écrivait que Clausewitz était le plus Allemand des Allemands et que l’œuvre plongeait immédiatement le lecteur dans un brouillard métaphysique. À quoi un autre commentateur d’outre-Rhin répondait à peu près : « tant mieux ! Les Français ne comprendront jamais Clausewitz et le secret de notre force ». Les Français en ce siècle, ont à coup sûr enlevé aux Allemands le monopole du brouillard métaphysique, et de victoire en défaite et de défaite en victoire, peut-être les deux peuples ont-ils ensemble découvert un autre secret, plus précieux : celui de la paix. ♦ Partagez... Accéder au sommaire du numéro Décembre 2025 n° 885 Les Accords de Dayton : de l’histoire à l’actualité Je participe au débat stratégique À vos claviers, réagissez au dossier du mois Actualités 17-12-2025 Toutatis , une démonstration fédératrice au service de l’innovation spatiale française 12-12-2025 Démarrage de la chaufferie nucléaire du SNA De Grasse 09-12-2025 La Croatie commande 18 Caesar 6x6 MkII et 15 véhicules blindés Serval 03-12-2025 Le GAA (2S) Luc de Rancourt élu président du CEDN – Directeur de la publication de la RDN Adhérez au CEDN et bénéficiez d'un statut privilégié et d'avantages exclusifs (invitations...) 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Clausewitz et la guerre populaire Connexion Mon espace RDN Le débat stratégique depuis 1939 Panier - 0 article Accueil e-RDN Revue n° 318 Janvier 1973 Clausewitz et la guerre populaire Clausewitz et la guerre populaire Raymond Aron , « Clausewitz et la guerre populaire  » Revue n° 318 Janvier 1973 - p. 3-10 Exposé de l'éminent sociologue à la séance solennelle de cinq académies, le 25 octobre 1972. Carl von Clausewitz passe, à juste titre, pour le plus célèbre des écrivains militaires, le seul dont nul homme cultivé n’a le droit d’ignorer le nom et deux ou trois formules. Gloire posthume, qui semble réparer les injustices dont souffrit l’officier prussien, coupable, aux yeux de son roi, de s’être mis au service du tsar pour combattre Napoléon en 1812. Gloire, en fait, chargée de tous les malentendus que Clausewitz lui-même avait pressentis, dans l’avertissement écrit au moment de fermer à jamais le manuscrit inachevé qu’il laissait à sa femme, née Maria von Bruhl, en lui confiant la tâche de le publier. Combien ont lu De la Guerre parmi ceux qui le citent ? Même en langue allemande, la littérature m’est apparue relativement pauvre. Quels commentateurs se donnent la peine de suivre l’argument du plus systématique, du plus philosophique des traités jamais consacrés à la stratégie ? B.H. Liddell Hart a écrit que Clausewitz usait d’un langage philosophique sans posséder un véritable esprit philosophique. Marx et Lénine en ont jugé autrement. Le 7 janvier 1855, Engels, qui venait de lire Clausewitz, écrivait à son ami : « drôle de façon de philosopher, mais substantiellement très bon » — à quoi Marx répondait quelques jours plus tard : « le gaillard a un common sense , un bon sens, qui confine à l’esprit ». Quant à Lénine, il étudia l’œuvre maîtresse chapitre par chapitre et il en reproduisit de larges extraits sur un cahier, selon sa méthode coutumière, avec des annotations marginales. Ce cahier témoigne d’une rare perspicacité : il assure à Clausewitz, en Union Soviétique, une place au Panthéon, parmi les penseurs bourgeois dont le marxisme-léninisme recueille et enrichit l’héritage. La carrière de Clausewitz, comme celle de Machiavel, se divise d’elle-même en deux périodes, l’action et la méditation sur les événements vécus. En 1792, il prit part à la campagne de l’armée prussienne contre la France au milieu des soldats, porte-enseigne de douze ans dont le corps d’enfant disparaissait sous les plis du drapeau. En 1815, à la dernière bataille livrée par le « dieu de la guerre » — ainsi l’admirateur-ennemi appelait Napoléon — il conseille la retraite au général von Thielmann, commandant le Corps prussien laissé par Blücher face à Grouchy, avant de connaître la déroute de l’armée française à Waterloo. Ce jour-là, il manqua la dernière occasion de la gloire à laquelle il aspirait de toute son âme. Pendant dix ans, de 1820 à 1830, il commande à Berlin l’Académie militaire, mais, suprême ironie, il n’exerce qu’un commandement administratif, sans influence sur l’enseignement, inconnu des élèves qui le soupçonnent à tort de s’enivrer parce que son nez rougi garde la trace de la campagne de Russie. De l’expérience historique, de l’échec personnel sortit le penseur : bien qu’il n’ait rien publié de son vivant, au moins sous son nom, Clausewitz n’investissait pas moins de passion dans ses écrits qu’il ne l’avait fait dans le combat ou dans la réforme de l’armée prussienne après Iéna et son retour de captivité. Il l’écrit à plusieurs reprises : ce qu’il veut, c’est une théorie de la guerre, instructive pour les générations à venir autant que pour les contemporains. Le Ktêma eis aei de Thucydide, le monument édifié pour toujours, lui aussi en a rêvé. De cette ambition découle l’attitude commune à l’historien grec et au stratège prussien : le détachement, le refus de toute émotion apparente, l’effort vers la totale objectivité. Lui qui, durant les années de l’action, haïssait le conquérant et, plus encore, ceux de ses compatriotes qui désespéraient de leur patrie, lui qui, dans la profession de foi de 1809, développait avec une éloquence pathétique les arguments de la raison et les raisons du cœur pour reprendre la lutte aujourd’hui, demain, ici. partout, lui le résistant par excellence, il regarde les guerres de la Révolution et de l’Empire, l’écroulement de la Prusse, les triomphes, puis la catastrophe finale de l’Empereur, comme s’il s’agissait d’une histoire déjà lointaine, d’un destin que les hommes auraient subi sans le comprendre et dont il appartiendrait au théoricien de mettre au jour la logique cachée en vue de l’édification de ceux qui assumeront dans l’avenir la responsabilité des États. Clausewitz, qui n’a pas quitté l’uniforme entre sa douzième année et sa mort, en 1831, avait acquis seul une culture dont témoigne la diversité de ses études et de ses travaux. Prisonnier à Soissons, il étudie les mathématiques. Parmi ses manuscrits figure un essai d’esthétique, influencé, semble-t-il, par La Critique du Jugement . Il ne me paraît pas, cependant, que ni ses lectures, ni les cours d’un vulgarisateur kantien, Kiesewetter, aient déterminé l’orientation de sa pensée. C’est la réalité elle-même de son temps qui l’a peu à peu contraint à s’élever non pas seulement de la tactique à la stratégie mais de la stratégie à la politique et, du même coup, à la philosophie de l’histoire. Entre les manœuvres du XVIII e siècle et les batailles de masses de l’époque révolutionnaire, il subsiste malgré tout des traits communs. Il s’agit de la guerre, dans l’un et l’autre cas. Quel concept couvre à la fois les guerres où, selon le mot du Maréchal de Saxe, seul un chef maladroit livre bataille et les guerres telles que les menait Napoléon, toujours en quête de l’engagement qui déciderait d’un coup de l’issue de la campagne ? Quel système conceptuel permet de penser simultanément l’unité et les variétés du phénomène guerre ? Comment saisir le concept sans perdre contact avec les singularités de conjonctures qui ne se répètent jamais ? Pourquoi les guerres prennent-elles parfois les formes subtiles du jeu d’escrime pour se déchaîner ensuite avec la violence des tempêtes et la cruauté des instincts primitifs ? À ces interrogations philosophiques (rapport du concept et du concret) et historiques (rapport des sociétés, de leurs armées et de leurs guerres), le Traité s’efforce de donner réponse et, du même coup, il fonde la primauté de la politique sur la stratégie, du chef d’État sur le commandant en chef des armées, de la fin politique sur l’objectif militaire. La période ouverte par la Révolution française contenait en germe toutes les modalités des conflits politiques, toutes les formes d’hostilité dont l’Europe s’offrit le luxe mortel au cours du siècle suivant. Rien d’étonnant que la théorie clausewitzienne permette de penser, sinon de résoudre, les problèmes posés aux chefs d’État et aux chefs militaires, au moins jusqu’à Hiroshima et Nagasaki, peut-être au-delà. De la théorie clausewitzienne, la plupart des lecteurs ont retenu surtout l’interprétation de la stratégie napoléonienne. Au début du siècle, les écrivains militaires, des deux côtés du Rhin, disputaient âprement de cette interprétation. Le Prussien avait-il ou non compris l’essentiel ? En revanche, ni d’un côté ni de l’autre du Rhin, on ne voulait se souvenir du chapitre 26 du livre VI, l’Armement du peuple (Jaurès fait exception à cet égard). Or ce chapitre, esquisse d’une théorie de la guerre de partisans, intégrée dans une théorie générale de la stratégie, représente un élément important, non marginal, de la pensée de Clausewitz. Souvenons-nous, tout d’abord, que, selon lui, c’est la participation du peuple aux affaires de l’État qui constitue la cause décisive du caractère impitoyable, hyperbolique, des guerres révolutionnaires, à la différence des guerres en dentelles, menées par les Cabinets européens au milieu de l’indifférence populaire. La Révolution a fait de tous les hommes valides des soldats avant d’en faire des citoyens actifs. Même la levée en masse n’aboutit pas encore à la mobilisation totale. Il faut que tous, hommes, femmes et enfants, prennent les armes pour que la guerre devienne effectivement celle de la nation tout entière. Clausewitz, qui n’a pas moins médité sur la défaite finale de Napoléon que sur l’éclat de ses victoires impuissantes, devait donc tourner ses regards vers la Vendée, vers l’Espagne, vers la Russie. Parmi ses manuscrits figure un précis de la guerre d’Espagne, rédigé en français, un récit de la guerre de Vendée. Acteur, il prépara avec Scharnhorst le renforcement de la Landwehr, l’organisation du Landsturm. Il espérait que les Allemands se dresseraient, unanimes et résolus, contre les Français, les paysans avec leurs faux, les ouvriers avec leurs pioches, avec les outils du travail à défaut des instruments du combat. La passivité des Allemands le déçut profondément. Penseur, il mesura justement la contribution de la guerrilla espagnole à la défaite de l’Empereur et il esquissa en quelques pages les règles d’emploi des partisans. « La guerre populaire, comme quelque chose de vaporeux et de fluide, ne doit se concentrer nulle part en un corps solide ; sinon l’ennemi envoie une force adéquate contre ce noyau et le brise ». Image de l’air et non, comme celle de Mao Tsé-Toung, de l’eau : l’idée demeure la même, la fluidité des partisans, dispersés et insaisissables. L’avantage dont jouissent les partisans sur l’armée régulière, comment l’exprimer plus fortement que par les phrases suivantes : « S’il s’agit de détruire les routes et de bloquer d’étroits défilés, les moyens que des patrouilles ou des colonnes volantes de l’armée peuvent y employer sont par rapport à ceux que fournit un corps de paysans insurgés ce que sont les mouvements d’un automate par rapport à un être humain… Les premiers efforts des levées populaires étant encore faibles, les détachements envoyés par l’ennemi seront peu nombreux en proportion, car il craindra de trop diviser ses forces ; c’est au contact de ces petits détachements que l’incendie de la guerre s’étendra de plus en plus ». De même Clausewitz a formulé rigoureusement le double principe — défense stratégique, offensive tactique — que Mao Tsé-Toung a retenu pour la première phase de la guerre populaire. « Avec ce grand moyen de défense stratégique, il ne faut jamais chercher la défense tactique ou rarement. La troupe populaire, le Landsturm , doit se disperser et poursuivre la défense par des attaques inattendues plutôt que de se concentrer et de risquer d’être enfermée dans un refuge étroit sur une position défensive régulière ». Les règles que formule Clausewitz sur les relations entre partisans et soldats de métier gardent, elles aussi, une valeur actuelle : les Russes, durant la dernière guerre, ont organisé l’action des partisans, encadrés par des détachements de l’armée régulière envoyés derrière les lignes allemandes. Pourquoi Clausewitz, organisateur et théoricien de la guerre populaire, a-t-il été oublié aussi longtemps ? L’état-major prussien et plus encore le roi, se méfiaient de cette pratique étrangère à la tradition du Roi-Sergent et de Frédéric II. Contre qui le peuple utiliserait-il finalement ses armes ? Après 1815 Clausewitz suivait avec amertume le retour en force du parti conservateur qui, bien loin de songer à la levée en masse, méprisait la Landwehr , les troupes de réserve. Or, ce fils spirituel de Scharnhorst gardait la fierté de la part qu’il avait prise lui-même à l’organisation de ces réserves ; celles-ci n’avaient pas déployé moins de courage et de valeur que l’armée active en 1813, 1814 et 1815. Que faut-il craindre le plus, s’écriait-il avec indignation, l’invasion étrangère ou la révolution ? Un gouvernement assuré du soutien populaire n’a rien à craindre de l’armement de ses sujets. Clausewitz, lecteur attentif de Machiavel, ne conçoit pas une défense confiée aux seuls professionnels, comme si la nation pouvait assister passive aux combats qui décident de son destin. « Aucun État ne doit admettre que son existence même dépende d’une seule bataille aussi décisive puisse-t-elle être… Il est toujours temps de mourir, et de même que c’est par une impulsion naturelle que l’homme qui se noie se raccroche à un fétu de paille, il est dans l’ordre naturel du monde moral qu’un peuple utilise jusqu’au dernier moyen de salut lorsqu’il est poussé au bord de l’abîme ». Ne l’oublions pas, Clausewitz ne présente l’armement du peuple que comme moyen de défense. Bien plus, il a, pendant deux années, professé le cours sur « la petite guerre » à l’Académie militaire de Berlin et, techniquement, la guerre populaire ne constitue, dans son système, qu’une modalité de la petite guerre, celle que se livrent des détachements forts tout au plus de 200 à 300 hommes. Pour que la guerre populaire seule puisse forcer un envahisseur à évacuer le pays, écrit-il, il faut supposer des espaces aussi vastes que ceux de la Russie et une extrême disproportion entre la force de l’armée conquérante et les dimensions du terrain. Guerre populaire, ai-je dit, et non pas guerre révolutionnaire. Clausewitz ne sort pas explicitement du cadre de la politique européenne. La petite guerre, avec le concours du peuple, figure parmi les moyens de défense, elle contribue à la supériorité de la défensive sur l’offensive, elle rend sa chance et son avenir au pays qui a perdu la première bataille, elle fixe des limites à la stratégie napoléonienne d’anéantissement, elle exige qu’entre les combattants et la nation une confiance réciproque anime une volonté commune : d’où les réformes de Stein, Scharnhorst, Gneisenau, Boyen après Iéna, par exemple la suppression des châtiments corporels, afin de créer une armée qui, à la différence de celle du Grand Frédéric, fût composée sinon de soldats-citoyens, du moins de soldats conscients de leur allégeance au roi et à la patrie. Clausewitz demeura trop conservateur jusqu’à la fin de sa vie pour craindre ou espérer le potentiel révolutionnaire de l’armement du peuple. Lénine lui-même ne découvrit nullement le secret de la guerre révolutionnaire dans le Traité qu’il cita si souvent au cours des années cruciales 1917-1921. Il interpréta l’enseignement de Clausewitz en vue de la fin à laquelle il avait voué son existence. Cet enseignement comportait une double relation entre armée et politique : l’armée est un moyen au service de la politique et la politique détermine l’organisation, le mode de combat des armées. Lénine en tire la conclusion que du régime intérieur des États dépend la nature des guerres, justes ou injustes, impérialistes ou non-impérialistes ; il unit en une seule doctrine la théorie de la guerre et celle de la révolution ; civile ou étrangère, la guerre reste un moyen que le stratège doit maîtriser en vue de la Révolution mondiale ou du salut national. Staline, non Roosevelt, mena la guerre de 1939-1945 conformément aux leçons de l’officier prussien. C’est Mao Tsé-Toung qui, retrouvant ou reprenant les leçons de la guerre d’Espagne, élabora la doctrine de la guérilla et du conflit prolongé. La guerre populaire devient guerre révolutionnaire, moyen d’attaque aussi bien que de défense. Une fois de plus, la logique de l’ascension aux extrêmes emporte les barrières de la coutume et de la morale. Les professionnels qui, à l’époque, s’opposaient au déchaînement de la violence, qui voulaient maintenir la distinction entre civils et militaires, ne montraient-ils pas plus de sagesse ? B.H. Liddell Hart a plaidé cette thèse. Clausewitz lui-même s’est interrogé sans répondre : aux philosophes de juger si cette forme de guerre ou la guerre elle-même est ou non salutaire pour l’humanité. L’homme d’action, lui, n’hésitait pas : pour le salut de la patrie, il mobilisait tous les patriotes. Résistant, au sens que ce mot a pris au XX e siècle, il n’hésite pas à rallier le camp contre lequel son roi se jugeait contraint d’envoyer un corps prussien, intégré à la Grande Armée. Le plus brillant de ses camarades de promotion à l’Académie militaire de Berlin tomba sous l’uniforme russe, tué par une balle prussienne. Clausewitz justifie l’armement du peuple par l’efficacité. Quand nous évoquons un passé vieux d’un quart de siècle, peut-être l’argument moral nous convainc-t-il autant que l’argument pragmatique. Vêtu ou non en soldat, l’homme défend son âme quand l’envahisseur lui arrache son pays et sa liberté. Permettez-moi plutôt de conclure sur deux jugements qui révèlent l’homme au-delà du patriote brûlant de passion, au-delà du théoricien volontairement glacé. Une note, retrouvée dans les papiers de Clausewitz, juge les méthodes recommandées par le terrible Barrére au Comité de Salut Public pour venir à bout de la contre-révolution vendéenne : « méthodes puissantes, mais si cruelles, si dénuées de sensibilité, si contraires à la dignité des hommes et à l’humanité que les Vendéens puisèrent dans le désespoir des forces nouvelles de haïr et de combattre et obligèrent les républicains à revenir à la modération »… « La cruauté laissée à elle-même fait renaître la guerre à mort ». Le deuxième jugement, je l’emprunte à des lettres datées de Paris en 1815. Clausewitz avait détesté les Français durant toutes les années de l’abaissement de la Prusse. Quand il revint en France, vainqueur et non plus prisonnier, il jugea sans indulgence la conduite de ses compatriotes, il s’opposa à Blücher qui voulait faire sauter le pont d’Iéna, il se querella avec Gneisenau qui souhaitait l’exécution de Napoléon ; il ne trouvait aucune joie au spectacle d’un peuple piétiné par l’occupant. Peut-être comprit-il à ce moment-là la vérité, souvent méconnue, que l’autorité suprême appartient au chef d’État, non aux généraux. Au début de ce siècle, un commentateur français, Camon, écrivait que Clausewitz était le plus Allemand des Allemands et que l’œuvre plongeait immédiatement le lecteur dans un brouillard métaphysique. À quoi un autre commentateur d’outre-Rhin répondait à peu près : « tant mieux ! Les Français ne comprendront jamais Clausewitz et le secret de notre force ». Les Français en ce siècle, ont à coup sûr enlevé aux Allemands le monopole du brouillard métaphysique, et de victoire en défaite et de défaite en victoire, peut-être les deux peuples ont-ils ensemble découvert un autre secret, plus précieux : celui de la paix. ♦ Partagez... Accéder au sommaire du numéro Décembre 2025 n° 885 Les Accords de Dayton : de l’histoire à l’actualité Je participe au débat stratégique À vos claviers, réagissez au dossier du mois Actualités 17-12-2025 Toutatis , une démonstration fédératrice au service de l’innovation spatiale française 12-12-2025 Démarrage de la chaufferie nucléaire du SNA De Grasse 09-12-2025 La Croatie commande 18 Caesar 6x6 MkII et 15 véhicules blindés Serval 03-12-2025 Le GAA (2S) Luc de Rancourt élu président du CEDN – Directeur de la publication de la RDN Adhérez au CEDN et bénéficiez d'un statut privilégié et d'avantages exclusifs (invitations...) 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La Mecque 2023: 6 faits au sujet de la Grotte Hira - TAWAF 🌙 Omra Ramadan 2026 : Un voyage spirituel encadré Vivez une expérience unique avec un accompagnement religieux complet : cours et rappels spirituels, guidance pour les rites et invocations. Profitez de la récompense équivalente au Hajj dans les meilleures conditions. ✅ Guide religieux francophone dédié ✅ Cours et assises spirituelles ✅ Apprentissage des rites et du'as ✅ Hôtels proches des Haramain Réserver mon Omra accompagnée La Grotte Hira est un site d’une grande importance historique qui rappelle les débuts de l’islam. Bien qu’elle ne soit pas considérée comme sacrée ou religieusement hautement respectée de la même manière que les mosquées, elle revêt une signification spirituelle profonde pour les croyants. Altitude: La Grotte Hira est perchée à une altitude de 270 mètres, avec des dimensions modestes de 3,70 mètres de long sur 1,75 mètre de large. Pour y accéder, les visiteurs doivent gravir un total impressionnant de 1 880 marches. Localisation: En ce qui concerne sa localisation précise, la Grotte Hira est située à l’est de La Mecque, sur le mont Nour. Elle se trouve le long de la route menant à Arafat, spécifiquement sur la gauche de cette route, à une altitude impressionnante de 634 mètres. Superficie: Cependant, il est essentiel de noter que malgré cette élévation remarquable, l’espace intérieur de la Grotte Hira est incroyablement restreint. Il ne peut accueillir que de 4 à 5 personnes en même temps, ce qui contraste fortement avec le nombre considérable de pèlerins qui visitent cet endroit impressionnant chaque année. Distance: Enfin, la Grotte Hira est isolée géographiquement, étant située à une distance d’environ 4 kilomètres de la Grande Mosquée de La Mecque (Masjid al-Haram). Cette distance substantielle contribue à l’aspect isolé et contemplatif de cet endroit, offrant ainsi aux visiteurs la possibilité de s’éloigner de l’effervescence de la ville sainte et de se plonger dans une atmosphère plus sereine. Ce n’est pas un endroit vénéré: Il est important de noter que la Grotte Hira en elle-même n’est pas considérée comme un lieu d’adoration ou de vénération en islam. Contrairement à la Grande Mosquée de La Mecque (Masjid al-Haram) ou à la Mosquée du Prophète à Médine (Masjid an-Nabawi), que la paix et le salut d’Allah soient sur lui, la Grotte Hira n’a pas de statut formel de lieu de prière ou de culte. Des visites toute l’année: La Grotte Hira est un lieu de grande signification pour les musulmans, et en conséquence, elle attire un flux continu de visiteurs tout au long de l’année. Des musulmans du monde entier se rendent à La Mecque pour accomplir la Omra , le pèlerinage mineur, et nombreux sont ceux qui incluent la visite de la Grotte Hira dans leur itinéraire. Les visiteurs viennent chercher un moment d’exploration et de réflexion dans ce lieu historique où le Prophète Muhammad, que la paix et le salut d’Allah soient sur lui, a reçu les premières révélations du Coran. Cela crée une atmosphère de sérénité et de recueillement, faisant de la Grotte Hira un endroit où les croyants peuvent méditer sur les événements impressionnants qui ont marqué le début d’une nouvelle ère religieuse sur terre. Nos prochains départs 4 nuits à Médine 5 nuits à La Mecque Omra Vacance 28 Décembre 2025 9 nuits : 28 Déc. au 06 Jan. Hôtel Médine: Saafa Hôtel Makkah : Sheraton Petit dejeuner Visa inclus Vols SAUDIA AIRLINES VOL + HOTEL + VISA + GUIDE + TRANSFERT à partir de 1890€ par pers. 4 nuits à Médine 5 nuits à La Mecque Omra 23 Janvier 2026 9 nuits : 23 Jan. au 01 Fév. Hôtel Médine: Bosphorus Hôtel Makkah : Marriott 5* Petit dejeuner Visa inclus Vols SAUDIA AIRLINES VOL + HOTEL + VISA + GUIDE + TRANSFERT à partir de 1550€ par pers. 4 nuits à Médine 4 nuits à La Mecque Omra 5 Fevrier 2026 9 nuits : 05 au 14 Fév. Hôtel Médine: Le bosphorus waqf elsafi Hôtel Makkah : Conrad 5* Petit dejeuner Visa inclus Vols SAUDIA AIRLINES VOL + HOTEL + VISA + GUIDE + TRANSFERT à partir de 1750€ par pers. 5 nuits à Médine 4 nuits à La Mecque OMRA RAMADAN MARIOTT 17/02 9 nuits : 17 au 26 Fév. Hôtel Médine: Le bosphorus waqf elsafi Hôtel Makkah : Mariott Petit dejeuner Visa inclus Vols SAUDIA AIRLINES VOL + HOTEL + VISA + GUIDE + TRANSFERT à partir de 2590€ par pers. 4 nuits à Médine 4 nuits à La Mecque Omra 21 Février 2026 proxy 8 nuits : 21 Fév. au 01 Mar. Hôtel Médine: Le bosphorus waqf elsafi Hôtel Makkah : Mariott Petit dejeuner Visa inclus Vols SAUDIA AIRLINES VOL + HOTEL + VISA + GUIDE + TRANSFERT à partir de 2290€ par pers. 5 nuits à Médine 5 nuits à La Mecque Omra 27 Février 2026 10 nuits : 27 Fév. au 09 Mar. Hôtel Médine: Le bosphorus waqf elsafi Hôtel Makkah : Mariott Petit dejeuner Visa inclus Vols SAUDIA AIRLINES VOL + HOTEL + VISA + GUIDE + TRANSFERT à partir de 2490€ par pers. 3 nuits à Médine 18 nuits à La Mecque OMRA FIN RAMADAN 02/03 PROXY 21 nuits : 02 au 23 Mar. Hôtel Médine: Le bosphorus waqf elsafi Hôtel Makkah : Mariott Demi pension Visa inclus Vols SAUDIA AIRLINES VOL + HOTEL + VISA + GUIDE + TRANSFERT à partir de 4750€ par pers. 3 nuits à Médine 18 nuits à La Mecque OMRA FIN RAMADAN 02/03 21 nuits : 02 au 23 Mar. Hôtel Médine: Le bosphorus waqf elsafi Hôtel Makkah : Taj park Sans pension Visa inclus Vols SAUDIA AIRLINES VOL + HOTEL + VISA + GUIDE + TRANSFERT à partir de 2390€ par pers. 3 nuits à Médine 17 nuits à La Mecque OMRA FIN RAMADAN 03/03 PROXY 20 nuits : 03 au 23 Mar. Hôtel Médine: Le bosphorus waqf elsafi Hôtel Makkah : Mariott Demi pension Visa inclus Vols SAUDIA AIRLINES VOL + HOTEL + VISA + GUIDE + TRANSFERT à partir de 4590€ par pers. 3 nuits à Médine 8 nuits à La Mecque OMRA FIN RAMADAN 07/03 PROXY 11 nuits : 07 au 18 Mar. Hôtel Médine: Le bosphorus waqf elsafi Hôtel Makkah : Mariott Demi pension Visa inclus Vols SAUDIA AIRLINES VOL + HOTEL + VISA + GUIDE + TRANSFERT à partir de 3990€ par pers. 3 nuits à Médine 8 nuits à La Mecque OMRA FIN RAMADAN 07/03 11 nuits : 07 au 18 Mar. Hôtel Médine: Le bosphorus waqf elsafi Hôtel Makkah : Taj park Sans pension Visa inclus Vols SAUDIA AIRLINES VOL + HOTEL + VISA + GUIDE + TRANSFERT à partir de 2190€ par pers. 3 nuits à Médine 7 nuits à La Mecque OMRA FIN RAMADAN 08 AU 18 MARS PROXY 10 nuits : 08 au 18 Mar. Hôtel Médine: Le bosphorus waqf elsafi Hôtel Makkah : Mariott Demi pension Visa inclus Vols SAUDIA AIRLINES VOL + HOTEL + VISA + GUIDE + TRANSFERT à partir de 3990€ par pers. 3 nuits à Médine 12 nuits à La Mecque OMRA FIN RAMADAN 08 AU 23 MARS 15 nuits : 08 au 23 Mar. Hôtel Médine: Le bosphorus waqf elsafi Hôtel Makkah : Taj park Sans pension Visa inclus Vols SAUDIA AIRLINES VOL + HOTEL + VISA + GUIDE + TRANSFERT à partir de 2190€ par pers. 3 nuits à Médine 7 nuits à La Mecque OMRA FIN RAMADAN 08 AU 18 MARS 10 nuits : 08 au 18 Mar. Hôtel Médine: Le bosphorus waqf elsafi Hôtel Makkah : Taj park Sans pension Visa inclus Vols SAUDIA AIRLINES VOL + HOTEL + VISA + GUIDE + TRANSFERT à partir de 2190€ par pers.
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Croisière en Antarctique Croisières d'expédition vers le continent blanc : Une véritable expérience unique! Informations sur : Antarctique L'Antarctique est le continent le plus méridional, ainsi que le moins habité. Si les tempêtes hivernales et les températures extrêmement basses font de cette région l'une des plus difficiles à visiter en hiver, pendant les quelques mois d'été, l'Antarctique montre son côté le plus doux. C'est à cette époque de l'année que quelques voyageurs aventureux peuvent visiter la région et profiter des paysages les plus beaux, les plus impressionnants et les plus intacts du monde. Vous pouvez également créer des souvenirs inoubliables en rencontrant certains des animaux sauvages les plus extraordinaires et les plus rares. Les croisières vous emmènent à leur rencontre, dans le confort et le bien-être de votre navire, accompagné de certains des meilleurs experts mondiaux des régions polaires. Vous vivrez alors une aventure inoubliable en visitant cette région unique, qu'est l'Antarctique. Photos : Antarctique +1 Destinations que vous visiterez : Antarctique Péninsule Antarctique - Côté nord-ouest Cercle Antarctique Le son de l'Antarctique Île du Roi-George Géorgie du Sud Îles Orcades du Sud Îles Shetland du Sud Les îles Malouines Les incontournables : Antarctique Baie des baleines Whalers Bay ou baie des baleiniers est un petit port naturel sur l’île Déception, l’une des îles Shetland du Sud. Volcan actif, le cratère forme une entrée naturelle abritée qui a été historiquement utilisée par les chasseurs de phoques, puis les baleiniers des années 1820. La géographie en fait un endroit idéal pour les navires à l’abri par mauvais temps, et Whaler’s Bay contient certains des artefacts baleiniers les plus importants dans l’ensemble de l’Antarctique. Alors que votre navire navigue à travers l’étroite « rupture » dans la caldeira volcanique connue sous le nom de Neptunes Bellows, la large plage circulaire de Whaler’s Bay se trouve à droite. La plage s’étend sur un peu plus de 2 km (1.4 miles) et a été utilisée comme piste d'atterrissage dans les années 1950 et 1960 lorsque le site était la plaque tournante principale des mouvements aériens de l’Antarctique britannique. Le hangar qui a été construit en 1960 peut être visité à l’extrémité nord de la plage. À l’extrémité sud de la plage se trouvent de grands réservoirs rouillés de pétrole, et derrière eux se trouvent des bâtiments de la période allant de 1906 à 1931. Il y avait à l'époque une importante industrie baleinière et, avec la plage abritée et peu profonde, cela en faisait un endroit idéal pour débarquer des carcasses de baleines. Pendant que vous explorez toute cette histoire humaine remarquable, n’oubliez pas que vous êtes sur un volcan actif ! Les instruments que vous pouvez voir autour de la plage dans la région de Whalers Bay sont des moniteurs sismiques, car l’île est surveillée 24 heures sur 24. La dernière éruption a eu lieu en 1969, et cela a été responsable de certains des coulées de boue et des dommages aux bâtiments et aux réservoirs métalliques que vous pourrez observer. Les manchots ne semblent pas s’en inquiéter, cependant ! Les manchots à jugulaire et les manchots papou peuvent être observés le long de la plage, et il n’est pas rare de rencontrer des phoques à fourrure. Il y a aussi beaucoup d’oiseaux marins de l’Antarctique à voir, y compris des pétrels, des skuas, des sternes antarctiques et des goélands de varech. Île Saunders L'île Saunders (connue en espagnol sous le nom d'Isla Trinidad) se trouve au nord-ouest du groupe des îles Falkland et est la quatrième plus grande île individuelle, avec une superficie de 80 km². L'île Saunders est étonnante sur le plan géographique et riche d'une faune remarquable. L'île se compose de trois péninsules reliées par d'étroits cols de terre. Les trois hauts plateaux se dressent au-dessus de ces cols, le plus haut, le Mont Richards, culminant à 1 500 pieds au-dessus des vagues. Les vues depuis les promontoires sont étonnantes. L'île de Saunders a été désignée zone importante pour la conservation des oiseaux (IBA) en raison du grand nombre d'espèces nicheuses qui y ont élu domicile. Les plages et les falaises abritent quatre espèces de manchots, avec des milliers de manchots Gentoo, Rockhopper, Magellan et royaux - vous ne pourrez pas éviter d'entendre leurs cris rauques de partout sur l'île ! Il y a aussi quelques manchots macaronis et si vous avez la chance de les voir, vous aurez eu une journée à cinq espèces de manchots ! Parmi les autres espèces importantes que l'on peut trouver sur Saunders, citons le canard à vapeur des Malouines, le requin roi, l'albatros à sourcils noirs, le caracara rayé (qui peut être très curieux), le vautour turc, et toute une gamme d'oiseaux de rivage, comme l'huîtrier de Magellan, et d'oiseaux terrestres, depuis le tyran à face noire jusqu'au roselin à collier blanc. Comme il y a des rats sur l'île, vous n'avez pas tendance à voir le Cincloïde noirâtre ou le Tussacbird. Dans les eaux au large du rivage sablonneux, vous pouvez voir les délicieux dauphins de Commerson - leurs marques noires et blanches les faisant ressembler à des orques miniatures - et même des otaries sud-américaines. En visitant Elephant Point, vous vous retrouverez face à la petite colonie d'éléphants de mer qui vit ici et qui a donné son nom à la plage. À la bonne période de l'année, si vous avez de la chance, vous verrez peut-être des baleines franches australes se nourrir et se reposer dans les baies abritées avant de repartir. Géorgie du Sud et mer de Scotia L’île de Géorgie du Sud (connue sous le nom d’Isla San Pedro en espagnol) est souvent décrite, à juste titre, comme un point culminant de l’expérience de croisière en Antarctique de nombreux peuples. L’île principale rocheuse et éloignée se trouve à environ 1400 km des îles Malouines et à la même distance de la péninsule Antarctique. C’est assez montagneux, avec une haute crête centrale et beaucoup de baies et fjords sur sa côte, ce qui rend certaines vues magnifiques et des photographies remarquables. Il y a 8 petites îles (les îles Sandwich sud) situé 400 miles au sud-est qui sont rarement visités. La Géorgie du Sud a une histoire humaine principalement centrée autour des industries de chasse au phoque et de chasse à la baleine, avec des reliques telles que des pots d’essai et des baleiniers coulés à découvrir. De nombreuses personnes visitent également la tombe d’Ernest Shackleton, l’un des explorateurs antarctiques les plus célèbres, qui est mort subitement d’une crise cardiaque alors qu’il se trouverait en Géorgie du Sud. Faisant partie de l’une des plus grandes réserves marines du monde, la variété de la faune que l’on trouve en Géorgie du Sud est ce qui attire la plupart de ses visiteurs. Des plus grandes colonies de manchots royaux du monde aux plages remplies d’éléphants et de phoques à fourrure, en en plus des colonies de reproduction de l’oiseau ayant la plus grande envergure au monde, de l’albatros errant aux innombrables espèces d’oiseaux marins, la Géorgie du Sud est une destination qui sert chaque jour des « jours de vie » ! Îles Yalour Les îles Yalour (aussi parfois appelées îles Jalour) sont un groupe de petites îles d'environ 2,5 km de long et des rochers saillants au large du cap Tuxen dans la terre graham. Les îles ont été découvertes et nommées en 1903 par l'expédition antarctique française dirigée par Charcot. La plupart des îles Yalour sont escarpées ou impropres à l’atterrissage en raison des conditions de mer, mais la plus grande île a quelques plages pavées où vous pouvez mettre à terre. Les visiteurs viennent ici pour observer les colonies de manchots Adélie. On pense qu’il y a environ 8 000 couples reproducteurs de manchots Adélie dans les îles Yalour, et ils ont niché sur chaque morceau de roche qu’ils peuvent trouver qui n’est pas enneigé. C'est un spectacle étonnant lorsque vous atterrissez sur la plage ! Les possibilités photographiques ici sont excellentes. Les hautes montagnes de la péninsule Antarctique forment une toile de fond étonnante pour les photos des sites de nidification des manchots Adélie. Vos guides experts vous montreront les meilleurs sites et répondront à toutes vos questions sur les manchots et leur vie. Brown Bluff Brown Bluff est un excellent exemple d’un « tuya » - un volcan qui a été aplati par l’éruption à travers un glacier ! Ce sont les plus rares de tous les types de volcans et ne se trouvent que dans les zones qui ont connu une glaciation à grande échelle dans le passé. Brown Bluff avec son look distinctif « tabletop », se trouve sur la péninsule de Tabarin, dans la partie la plus septentrionale de la péninsule Antarctique. La plage de débarquement ici est faite de galets et de cendres volcaniques, s’élevant rapidement vers des falaises abruptes d'un brun-rougeâtre. Les falaises sont encastrées dans des « bombes volcaniques » - de gros morceaux de lave qui ont été jetés lors d’une éruption, se refroidissant dans l’air pour atterrir sous forme solide sphérique ou ovale. En plus de la géologie fascinante, l’autre star du spectacle est la vie aviaire. Brown Bluff abrite plus de 20 000 couples reproducteurs de manchots Adélie, ainsi qu’une petite colonie de manchots papou. Parmi les autres résidents reproducteurs, mentionnons les pétrels tempête, les pétrels du Cap et les goélands domincains. Les phoques de Weddell se reposent souvent sur la plage ici, et il est également courant de voir des phoques léopards chasser dans les eaux proches du rivage. Grytviken, Fortuna Bay Grytviken n’existe que grâce à l’industrie baleinière. Elle a été ouverte en tant que station baleinière en 1904, car la baie Fortuna était considérée comme le meilleur port naturel de la Géorgie du Sud. Le site a fonctionné pendant près de 60 ans et plus de 53 000 carcasses de baleines y ont été débarquées et traitées. Bien que fondée par un Norvégien, le nom « Grytviken » est en réalité suédois ! Il signifie « Baie du Pot » et a été donné par l’expédition suédoise de reconnaissance de 1902, car ils y ont trouvé plusieurs anciens chaudrons britanniques – de grands récipients utilisés pour faire fondre la graisse de phoque. La station baleinière a été abandonnée en 1966 car elle n’était plus rentable, les stocks de baleines de la région ayant chuté à des niveaux critiques en raison de la surchasse, et il n’y a pas de résidents permanents. Cependant, quelques responsables vivent ici pendant la saison touristique pour gérer le musée de la Géorgie du Sud et le bureau de poste qui s’y trouve, un lieu fascinant à visiter où l’on peut même acheter quelques souvenirs. Il y a une histoire humaine antarctique encore plus célèbre à découvrir à Grytviken. Juste à l’extérieur de la colonie se trouve la tombe de Sir Ernest Shackleton, le célèbre explorateur antarctique, qui est décédé ici d’une crise cardiaque soudaine en 1922. Il y a également une stèle à côté de sa tombe marquant l’endroit où les cendres de son équipier clé et compagnon d’exploration Frank Wild ont été inhumées. En plus du musée, Grytviken possède aussi une église – remarquablement encore utilisée pour des offices occasionnels. Bien que la plupart des gens viennent ici pour l’histoire humaine, la région est également idéale pour la faune et l’histoire naturelle ne déçoit pas. La baie Fortuna est connue pour ses grandes colonies de manchots royaux et est un lieu de repos populaire pour de nombreux éléphants de mer, ainsi qu’une multitude d’oiseaux marins. Faites simplement attention aux otaries à fourrure qui peuvent se reposer parmi les débris de l’époque baleinière. Île Cuverville Cette petite île aux flancs escarpés ne mesure que 2,8 km sur 2,3 km et les deux tiers de son territoire se trouvent sous une calotte glaciaire permanente. Sur sa côte nord se trouve une plage de galets et de rochers adossée à des falaises abruptes, où vous débarquerez en zodiac depuis votre bateau de croisière. Aux deux extrémités de cette plage se trouvent d'impressionnantes colonies de manchots papou. Vous pourrez voir clairement les sentiers qu'ils utilisent pour se rendre à l'eau et en revenir. D'autres colonies et sites de nidification se trouvent sur les hauteurs derrière la plage et sur l'ensemble de l'île. Vous pouvez également voir les preuves de l'activité baleinière qui s'est déroulée ici au début des années 1900, notamment les squelettes abandonnés de baleine et les restes de l'équipement utilisé pour les ramener à terre en vue de leur traitement. Cette petite île est soigneusement protégée - un seul navire à la fois peut y débarquer des passagers et il existe d'autres restrictions pour s'assurer que la faune n'est pas inutilement perturbée. Certaines zones de l'île sont interdites aux visiteurs, mais le reste vous permet de vous déplacer librement, et vos guides experts vous montreront la flore et la faune locales et vous expliqueront l'histoire de l'île en matière de chasse à la baleine. Neko Harbour Neko Harbour est un bras de mer de la baie d'Andvord, au large de la côte de la Terre de Graham, dans la péninsule Antarctique. Il a été découvert par une expédition belge au début des années 1900. Ce bras de mer abrité a été nommé d'après le Neko, un baleinier écossais qui a travaillé dans ces eaux entre 1910 et 1925. Neko Harbor possède une plage et un affleurement rocheux entouré de glaciers et de falaises imposantes. Il s'agit d'un site populaire car les glaciers qui entourent cette baie se creusent régulièrement au cours de la saison, ce qui donne lieu à de superbes opportunités de photos et de vidéos si vous êtes chanceux ! Il y avait ici une cabane de refuge construite par l'Argentine en 1949, qui a été utilisée de façon irrégulière jusqu'en 2009, date à laquelle elle a été détruite par une violente tempête. Elle a depuis été déblayée du site, et on n'en voit plus que quelques vestiges. Les manchots papou qui vivent ici et entouraient la cabane de refuge ne semblent pas se soucier de sa disparition ! Leurs cris bruyants vous accueilleront lorsque vous débarquerez sur la plage. Vous pouvez souvent voir des phoques de Weddell dans la mer ou sur la plage de Neko Harbour. Les labbes et les mouettes de varech sont aussi régulièrement observés ici. Jougla Point Situé à l'extrémité ouest de l'île Wiencke à Port Lockroy, Jougla Point est une péninsule très rocheuse avec de nombreuses petites criques. Elle a été cartographiée pour la première fois en 1903 par une expédition antarctique française et constitue l'entrée d'Alice Creek. L'approche de la pointe est tout simplement spectaculaire ! Vous aurez une vue imprenable sur les glaciers, les corniches de neige et les champs de neige escarpés et crevassés lorsque vous entrerez dans le port. Votre atterrissage ici se fera contre des rochers à l'extrémité nord-est de la pointe. Comme de nombreuses baies et criques de la région, la pointe Jougla abrite des artefacts et des vestiges de l'industrie baleinière. Vous verrez des os de baleine aux endroits où les carcasses étaient traînées sur le rivage pour être traitées. Vos guides experts de l'Antarctique vous emmèneront le long de Jougla Point pour observer la colonie de manchots papou ainsi que les zones de nidification du requin aux yeux bleus. Vous pourrez également observer des goélands de varech et des labbes, ainsi que des phoques. Vous pourrez vous promener librement sur la plage pour observer et photographier, et vos guides seront là pour répondre à vos questions et s'assurer que les visiteurs ne s'approchent pas des zones de reproduction fermées. Île Torgersen L'île de Torgersen est une très petite île circulaire de seulement 410 mètres de diamètre. Elle fait partie de l'archipel Palmer et se trouve à l'entrée du port Arthur, sur la côte sud-ouest de l'île d'Anvers. C'est un site populaire pour la reproduction des oiseaux de mer et des manchots Adélie, mais ce petit rocher a une importance bien plus grande et plus déprimante. Bien que la taille actuelle de la colonie, qui compte 3 000 couples reproducteurs, semble importante, la population d'Adélie a diminué de plus de 60 % depuis 1974 en raison de l'impact du changement climatique sur la glace de mer et les chutes de neige. Une colonie de manchots d'Adélie qui était basée sur l'île voisine de Litchfield a complètement disparu au cours de cette période. Des études archéologiques ont montré que les manchots y nichaient depuis plus de 600 ans sans interruption, avec jusqu'à 15 000 couples en résidence à un moment donné. En 2007, ils avaient tous disparu. Vos guides experts de l'Antarctique vous indiqueront les itinéraires à suivre pour minimiser l'impact sur la colonie d'Adélie de l'île Torgersen, et vous feront part des inquiétudes des scientifiques de l'Antarctique quant à l'impact continu du changement climatique sur la faune et la flore de la région. Il s'agit d'un rappel opportun de la nécessité de changer la façon dont les humains vivent et utilisent les combustibles fossiles si nous voulons préserver les espèces et les paysages uniques de l'Antarctique. Chez Polartours, nous nous impliquons en compensant le carbone de chaque circuit de croisière polaire que nous vendons. Baie de Telefon sur l’île Déception L'île de la Déception est le cône érodé d'un volcan actif, dont la dernière éruption remonte à 1967. Elle se trouve dans le détroit de Bransfield et fait partie des îles Shetland du Sud. La baie Téléphone "Telefon Bay" se trouve sur la côte nord-ouest du volcan et est surplombée par la crête du même nom "Telefon Ridge". Malgré son nom, cette baie n'a rien à voir avec les communications ! Elle a été cartographiée pour la première fois en 1908 et a été nommée d'après un navire norvégien, le SS Telefon, qui avait été endommagé et s’était échoué à cet endroit pour des réparations plus tard dans l'année avant d'être remis à flot. La toile de fond de la plage est spectaculaire. Dans les terres qui s'élèvent derrière elle, vous verrez un certain nombre de cratères volcaniques, dont certains vont jusqu'à 45 m de profondeur, bien qu'ils soient progressivement remplis de glace et de sédiments. À l'est et à l'ouest se trouvent des falaises de cendres résultant de l'activité de l'éruption de 1967 qui a touché la baie de Telefon. Vous pourrez vous promener librement ici, à condition de rester sur les sentiers principaux et d'éviter les manchots ! Vous verrez souvent des équipements scientifiques placés autour de la baie et utilisés pour surveiller les perturbations sismiques - ils seront clairement indiqués pour vous aider à les éviter. La plage peu profonde est un lieu de prédilection pour les phoques, et vous rencontrerez souvent des otaries de Weddell et des otaries à fourrure lorsque vous vous poserez. Baily Head sur l'île de la Déception L’île Déception est l’une des îles Shetland du Sud, au large de la péninsule Antarctique. L’île est en réalité le sommet du cône (la caldeira) d’un volcan-bouclier actif qui est entré en éruption pour la dernière fois en 1969. Cette caldeira inondée forme un port naturel remarquable, bien que Baily Head se trouve sur le flanc extérieur est du cône. La géographie crée ici un amphithéâtre naturel dans le paysage, avec une longue plage rocheuse menant à une crête incurvée au-dessus. Au nord se trouve un impressionnant glacier. À l’approche de la plage de Baily Head, vous commencerez à entendre le bruit incroyable que peut produire une colonie de plus de 200 000 manchots à jugulaire ! Pendant l’été, le ruisseau issu de la fonte glaciaire leur permet de créer une « autoroute » à manchots que les oiseaux empruntent pour aller et venir de la mer, des centaines se déplaçant dans les deux sens à tout moment. Vos guides experts de l’Antarctique vous mèneront au bord des groupes de reproduction, vous permettant d’observer ce spectacle remarquable sans déranger les oiseaux. Parmi les autres visiteurs réguliers de Baily Head figurent les otaries à fourrure antarctiques qui viennent souvent s’échouer sur la plage, tandis que les phoques crabiers, éléphants de mer, de Weddell et léopards de mer peuvent également être aperçus dans les eaux environnantes. Au-dessus de vous, vous trouverez des skuas, des pétrels et des chionis, qui aiment tous nicher dans les rochers abrités de Baily Head. Orne Harbour Orne Harbour est une crique d’environ 1,6km (1 mille) de large sur la côte ouest de Graham Land, juste au sud-ouest du cap Anna. Elle a d’abord été découverte lors d'une étude belge de la côte antarctique de Danco en 1898 et a ensuite été utilisée régulièrement par les baleiniers au début des années 1900. Le site est populaire pour deux raisons. Tout d’abord, c’est un bel emplacement qui offre une vue imprenable sur l’Antarctique. Le rivage rocheux exposé contraste avec les plaques de neige permanentes. Les glaciers entourent le port et des sommets escarpés s'élèvent au-dessus. C'est magnifique ! L’autre raison de visiter le Orne Harbour est de voir la colonie de nidification des manchots à jugulaire. Une randonnée escarpée, mais sûre, allant de la plage à la colonie vous offrira qui plus est, de remarquables vues sur la baie et le glacier. Point Wild Point Wild est une pointe de sable et de rochers étroite et sans prétention, bordée de glaciers de marée et de falaises abruptes. Il se trouve sur la côte nord de l'île Elephant, qui fait partie des îles Shetland du Sud de l'Antarctique. Malgré son manque de grandeur, ce petit bout de terre a joué un rôle important dans l'histoire : il a été nommé d'après Frank Wild, le chef des survivants de l'expédition de Sir Ernest Shackleton qui a fait naufrage. Quinze hommes ont alors campé sur ce bout de terre et ont réussi à survivre pendant quatre mois d'hiver antarctique avant d'être secourus par un navire de la marine chilienne en août 1916. Un mémorial commémorant le capitaine du navire de sauvetage se trouve ici, avec un impressionnant buste en bronze, ainsi que plusieurs inscriptions. Vous trouverez souvent des membres d'une colonie de manchots à jugulaire qui "gardent" le monolithe ! Les eaux autour de Point Wild sont célèbres pour "accrocher" les icebergs sur leurs rochers sous-marins cachés, et il y a toujours une chance de voir le glacier voisin se creuser dans les eaux. En raison de l'état de la mer, il n'est pas toujours possible d'accoster ici, mais un passage à proximité vous permettra de vous émerveiller de l'isolement et des conditions inhospitalières qu'ont endurés les membres de l'équipe de Shackleton. Vous pourrez également admirer les glaciers étonnants et la géologie stupéfiante de la région autour de la pointe. Au sud du cercle polaire Les cercles polaires sont deux lignes imaginaires dans les hémisphères nord et sud qui indiquent où commencent l'Arctique et l'Antarctique. Pour nous, tout ce qui se trouve au sud de notre cercle polaire est l'Antarctique. Il existe en fait très peu de bases ou de stations scientifiques à l'intérieur du cercle polaire sud, car les conditions de glace rendent l'entrée et la sortie du personnel et des équipements difficiles par bateau et traîtres ou impossibles par avion. Cependant, l'Argentine et le Royaume-Uni parviennent à maintenir des stations permanentes dans la baie Marguerite, et le Chili a une station d'été à l'entrée de la baie. Cette baie se trouve en dessous du cercle polaire, et votre navire fera de son mieux pour franchir la "ligne" ici en naviguant au-delà des îles Biscoe vers la baie si les conditions de mer et de glace le permettent. C'est un moment de célébration, et peut-être de réflexion sur les vies perdues dans l'effort humain pour explorer chaque partie de notre monde et le comprendre pour le bénéfice des générations futures. Turret Point Turret Point est bien nommé ! En vous approchant de cette partie de l'île du Roi George, vous verrez les immanquables "empilements" de rochers qui ont fait de ce nom le plus évident à choisir lorsque le point a été cartographié pour la première fois en 1937 par une mission d'exploration britannique. L'île du Roi George est la plus grande des îles Shetland du Sud, et Turret Point se trouve sur sa côte sud. Son paysage remarquable est formé par le glacier qui sert de toile de fond à la plage d'atterrissage en pente douce. Son front noueux et crevassé impressionnant constitue une toile de fond étonnante pour l'activité de la faune sauvage. La plage est extrêmement populaire auprès des espèces d'oiseaux antarctiques. En plus des manchots à jugulaire, la zone est fréquentée par des pétrels géants, des requins aux yeux bleus et des mouettes de varech. On peut souvent voir des éléphants de mer se vautrer dans les bas-fonds et les otaries à fourrure sont également des visiteurs fréquents. Vous pourrez marcher jusqu'à la face du glacier et vos guides experts vous guideront le long du lit du ruisseau de fonte pour éviter de piétiner la fragile flore antarctique qui pousse ici à Turret Point. Île Petermann L'île Petermann marque les extrêmes pour deux espèces antarctiques - pas mal pour un petit rocher de moins d'un kilomètre de long ! Cet affleurement rocheux qui s'élève à quelque 150 mètres au-dessus de la mer est recouvert de glace en permanence. L'île se trouve juste au sud de l'île Booth dans le canal Lemaire. L'île Petermann est d'origine volcanique et sa calotte glaciaire permanente couvre plus de la moitié de sa surface. Elle abrite la colonie la plus septentrionale de manchots Adélie, mais aussi la colonie la plus méridionale de manchots papou. Cartographiée pour la première fois par une expédition française en 1909, l'île Petermann abrite également des colonies de reproduction de labbes et de pétrels tempête de Wilson. Il y a également de bonnes chances d'observer des otaries de Weddell, des phoques crabiers et des otaries à fourrure. Les visiteurs peuvent faire une randonnée jusqu'au point le plus élevé de l'île, où une croix et un cairn rappellent la mémoire de trois membres du British Antarctic Survey qui sont morts en 1982 en tentant de traverser la glace de mer entre l'île Petermann et la station Vernadsky. Il y a également une cabane refuge construite par une expédition argentine en 1955 - ses murs en métal rouge forment un contraste fantastique avec la neige et la glace. Bull Point Bull Point est le point le plus au sud des deux principales îles Falkland. Situé à l'extrême sud de l'île East Falkland, le point fait partie de la rive ouest de la baie des ports. La plus grande partie de Bull Point est utilisée par North Ant Farm et fait l'objet d'un pâturage actif, mais sa flore et sa faune importantes lui ont valu d'être déclaré zone importante pour la conservation des oiseaux (IBA). L'extrémité de la pointe a été complètement clôturée pour permettre à un habitat naturel de se reconstituer. Des études ont révélé la présence de plus de 100 espèces végétales différentes à la pointe, dont plus de la moitié sont considérées comme rares. L'une des espèces particulièrement importantes est la liane de Dusen, que l'on ne trouve qu'à deux endroits aux Malouines, à part Bull Point, et nulle part ailleurs. Le rivage rocheux protège les lits de varech et les plages de sable sont souvent visitées par les éléphants de mer du Sud et les otaries du Sud. On y trouve également des sites de nidification pour les manchots de Gentoo et de Magellan, ainsi que des colonies de reproduction d'oies à tête rousse et de canards à vapeur des Malouines. Plaine de Salisbury La plaine de Salisbury (connue sous le nom de Llanura de Salisbury en espagnol) est une grande plaine côtière qui mène à la baie des îles, au large de la côte nord de la Géorgie du Sud. Bien que cette zone de la côte de la Géorgie du Sud ait été découverte par le capitaine James Cook dans les années 1770, aucune carte détaillée de la région n'a été réalisée avant une enquête de l'Amirauté britannique dans les années 1930. Une carte produite en 1931 est la première fois que cette zone est nommée, et il est probable qu'elle soit nommée d'après la plaine de Salisbury "originale", un plateau herbeux et crayeux du sud de l'Angleterre utilisé pour l'entraînement militaire et abritant Stonehenge. La plaine de Salisbury en Géorgie du Sud a été formée par le ruissellement glaciaire du glacier Grace tout proche. Ce glacier a été nommé par l'ornithologue américain Robert Cushman Murphy pour sa femme lors de son expédition de 1912. La plaine de Salisbury est mondialement connue pour sa remarquable colonie de reproduction de manchots royaux. En 1912, Cushman estimait qu'il y avait ici 350 couples. Aujourd'hui, c'est l'un des plus grands rassemblements de manchots royaux au monde, et les estimations officielles font état de 100 000 couples nicheurs en pleine saison. Voir la plaine remplie de ces oiseaux majestueux est l'un des points forts de tout voyage en Géorgie du Sud et dans l'Antarctique. Les éléphants de mer du Sud et les otaries à fourrure de l'Antarctique, qui ne sont pas en reste par rapport aux manchots royaux, utilisent également la plaine de Salisbury pour élever leurs petits et peuvent être observés en grand nombre. Île Danco, chenal Errera Danco est une petite île dans la partie sud du chenal Errera, un plan d’eau qui s’étend entre l’île Rongé et la côte de Graham Land. Longue de seulement 1,6 km (1 mille), la large plage de Danco s’élève jusqu’à une colline couverte de glace permanente qui offre une vue imprenable sur le canal. Les visiteurs rapportent souvent qu'ils peuvent apercevoir des baleines à bosse et des baleines de Minke depuis cet endroit lorsqu'ils voyagent entre les îles. Le décor des glaciers crevassés dans les montagnes environnantes est époustouflant. L’île accueille environ 1500 couples reproducteurs de manchots papou. Ils aiment nicher loin de la plage sur les pentes, et ainsi vous les verrez faire des voyages vers et depuis la mer. Les phoques sont également des visiteurs fréquents de l’île, tout comme une variété d’espèces d’oiseaux de l’Antarctique, y compris les skuas, les sternes et les goélands de varech. Danco a également été le site de la base « O », construite par le British Antarctic Survey ou Enquête antarctique britannique, en 1954 comme base pour la recherche géologique et l’exploration. La base a été abandonnée en 1959 lorsque l’expédition a pris fin et les cabanes ont ensuite été enlevées en 2004. Sur la plage, vous pouvez trouver une plaque avec une inscription donnant l’histoire de la base. Île Pleneau L'île Pleneau est l'un des sites les moins visités de l'Antarctique, mais il en vaut la peine. Cartographiée pour la première fois en 1903 par l'expédition française Charcot, c'est un endroit magnifique qui surplombe ce que l'on appelle un "cimetière d'icebergs". Que ce soit depuis l'île elle-même ou depuis un zodiac, il y a toujours de superbes icebergs à photographier. L'île elle-même fait moins d'un kilomètre de long et se trouve juste à côté de l'île Hovgaard dans l'archipel de Wilhelm. Pleneau abrite des sternes et vos guides experts de l'Antarctique veilleront à ce que vous ne les dérangiez pas pendant la saison de reproduction. La calotte glaciaire permanente au sommet de l'île est magnifique, mais elle est criblée de crevasses et il n'est pas sûr de s'y promener. L'extrémité nord de l'île abrite une colonie de reproduction de requins aux yeux bleus, et vous verrez certainement des manchots et des phoques parmi les superbes icebergs. Hannah Point Hannah Point est une péninsule spectaculaire située sur la côte sud de l’île Livingston, dans les îles Shetland du Sud. Sa crête forme les côtés de deux baies : Walker Bay et South Bay. Les rochers s’élèvent progressivement jusqu’à des falaises abruptes et des arêtes acérées à plus de 50 mètres au-dessus du niveau de la mer. Des chutes de pierres sont fréquentes, et vos guides vous indiqueront la veine de jaspe – un minéral rouge – qui traverse les falaises ici. La région a été utilisée pour la chasse par les chasseurs de phoques du XIXe siècle, et le British Antarctic Survey y a installé un camp de base connu sous le nom de Station P pour l’hiver 1957. La zone de Hannah Point est riche en faune antarctique. Les éléphants de mer viennent s’échouer et se déplacent vers une mare au sommet de la falaise d’où ils peuvent surveiller leur domaine. Les otaries à fourrure antarctiques sont également des visiteuses fréquentes. Les manchots papous et à jugulaire nichent ici (ainsi que quelques manchots macaroni) et les goélands dominicains planent presque toujours au-dessus de vos têtes. Parmi les autres espèces d’oiseaux que vous rencontrerez figurent les chionis blancs, les cormorans aux yeux bleus, les pétrels géants et les skuas. Il y a parfois une telle abondance de faune ici que vous devrez attendre qu’une ouverture se crée sur la plage avant de pouvoir débarquer ! Il y a aussi un échouage d’éléphants de mer près de l’un des sentiers et il est important d’écouter les instructions des guides concernant l’approche et de ne pas déranger les phoques au repos. Île Astrolabe L'île Astrolabe mesure 5 km de long et se trouve à environ 22 km au large du cap Ducorps, dans le détroit de Bransfield, sur la péninsule de Trinity. Elle a été découverte en 1837 et nommée d'après le bateau de l'expédition française qui l'a trouvée. Il y a une magnifique plage en forme de croissant sur la rive nord, où vous débarquerez. Selon la période de l'année, vous devrez peut-être choisir soigneusement votre lieu d'atterrissage pour éviter les otaries à fourrure de l'Antarctique qui se reproduisent ici et peuvent être agressives si elles ont de très jeunes bébés. L'attraction principale est la colonie de manchots à jugulaire, forte de plusieurs milliers d'individus. En entrant ou en sortant de ce site, vous naviguerez sans doute à proximité d'un groupe de rochers impressionnants qui dépassent de la mer au nord-est, connus sous le nom de Dents du Dragon. Certains de nos guides experts en croisière antarctique ont décidé que si votre bateau navigue entre les dents, cela signifie que vous avez "passé le fil dentaire" de l'île Astrolabe ! Baie Cooper La baie Cooper est un petit bras de mer contenant l'île Cooper, à l'extrémité sud-est de l'île de Géorgie du Sud. Elle a été cartographiée et nommée pour la première fois par l'expédition du capitaine Cook en 1775. Depuis cette petite baie, vous aurez une vue imprenable sur l'île Cooper elle-même, dont le sommet de 1 300 pieds se trouve toujours au-dessus de la limite des neiges, offrant ainsi des vues polaires époustouflantes, même au plus fort de l'été antarctique. L'île Cooper est fortement protégée pour la faune et la flore et constitue un havre pour les espèces d'oiseaux qui aiment nicher dans l'herbe à tussac qui recouvre l'île, du canard pilet et du pipit de Géorgie du Sud à l'albatros fuligineux à manteau clair et au requin de Géorgie du Sud. L'île abrite également quatre espèces de manchots, attirant les phoques léopards, et l'île Cooper possède la plus grande colonie de chinstrap de Géorgie du Sud et est l'un des endroits les plus accessibles pour voir le manchot macaroni. Des otaries à fourrure et des éléphants de mer s'y reproduisent également et il faut également surveiller les albatros à sourcils noirs, ainsi que les prions antarctiques et les pétrels des neiges qui chassent au large à la recherche de nourriture. Îles Shetland du Sud Les îles Shetland du Sud sont un groupe d'îles rocheuses situées à environ 120 km au nord de la péninsule Antarctique. Plusieurs pays ont des stations de recherche sur les îles, la plupart se trouvant sur la plus grande île, l'île King George. C'est ici, à la base chilienne Presidente Eduardo Frei Montalva, qu'il y a une piste de 2200 mètres qui voit plus de 200 vols par an transportant des personnes et des fournitures vers et depuis les îles et l'Antarctique au sens large. La plupart des îles sont couvertes de glace pendant une grande partie de l'année, mais elles abritent toujours de grandes populations d'éléphants de mer et d'otaries à fourrure, ainsi qu'un grand nombre de manchots et d'oiseaux de mer antarctiques. On y rencontre fréquemment des manchots papou, des manchots à jugulaire ou encore des manchots d'Adélie, des phoques de Weddell, des phoques crabiers et des léopards, ainsi que des orques, des baleines à bosse et des petits rorquals. Île de la demi-lune L'île Half Moon est accidentée et rocheuse et se trouve juste au large de la péninsule de Bergas dans les îles Shetland du Sud. Un côté de l'île Half Moon présente des pentes et des falaises abruptes et couvertes d'éboulis qui descendent jusqu'à l'eau, un habitat idéal pour de nombreux oiseaux marins de l'Antarctique. Les autres parties de l'île sont caractérisées par des plages de galets et de rochers menant à des pentes moins profondes. Le nombre de visiteurs est strictement contrôlé afin de s'assurer que les sternes, les mouettes et les pingouins résidents ne sont pas dérangés, en particulier pendant leur période de reproduction. Votre site d'atterrissage est une plage de galets où l'on peut voir les restes d'un doris de chasse à la baleine (un type de bateau peu profond, en planches). En plus des colonies de manchots près du rivage, vos guides d'exploration de l'Antarctique vous montreront les sites de nidification des manchots à jugulaire de Half Moon Island près d'une tour de navigation au sommet de la colline, ainsi que les étonnants terriers d'océanites de Wilson qui ont été creusés dans les éboulis ici. Vos guides vous montreront également les zones où vous pouvez vous promener librement, en gardant toujours un œil sur les otaries à fourrure dont les couleurs se camouflent contre les rochers. L'île Half Moon abrite également la station de recherche antarctique d'été argentine. Vous pourriez bien apercevoir des scientifiques effectuant d'importants relevés et travaux de recherche pendant votre visite. Refuge de Snow Hill L'île de Snow Hill porte très bien son nom ! Cette grande île de 33 km de long et de plus de 11 km de large est presque entièrement recouverte de neige toute l'année. Elle a été découverte par une expédition britannique en 1843 et nommée « Snow Hill » parce qu'il n'était pas clair au départ si elle était reliée à sa voisine, l'île Seymour. Des relevés ultérieurs effectués par une expédition suédoise en 1901 ont révélé qu'il s'agissait effectivement d'un affleurement distinct et le mot « île » a été ajouté à son nom. Le terrain élevé de l'île Snow Hill s'élève à environ 170 mètres au-dessus du niveau de la mer. Snow Hill est important sur le plan géologique. De nombreux fossiles marins ont été découverts dans ses roches et d'énormes digues de basalte ont résisté à l'érosion pour devenir des éléments importants et frappants. L'expédition suédoise de 1901 a passé trois hivers sur l'île de Snow Hill, l'utilisant comme base pour explorer la région. En 1902, ils ont construit une cabane en bois qui existe toujours et qui est maintenant classée monument historique. La cabane de Snow Hill est un bâtiment en bois de 6 mètres sur 8 mètres qui est conservé comme une capsule temporelle et qui comprend un salon central, une cuisine et trois couchettes doubles. On peut encore y voir des meubles, de la literie, des lampes, des assiettes, des emballages de nourriture et d'autres articles de tous les jours qui ont simplement été laissés lorsque la cabane a été abandonnée. Le contenu de la hutte de Snow Hill a ensuite été préservé dans un état remarquable par le froid antarctique. Ocean Harbour Ocean Harbour, sur la côte nord-est de la Géorgie du Sud, était autrefois connu sous le nom de New Fortune Bay (en effet, son nom espagnol est toujours Puerto Nueva Fortuna). Dans les années 1950, les arpenteurs ont signalé qu'elle était connue localement sous le nom d'Ocean Harbour, probablement en raison de la Ocean Whaling Company qui utilisait autrefois le bras de mer comme base d'opérations en Géorgie du Sud. En raison du risque de confusion avec la baie voisine de Fortuna Bay, son nom a été remplacé par celui qui est utilisé localement. Ocean Harbor a une histoire humaine notable, notamment un cimetière qui contient la plus ancienne tombe de l'île, celle du chasseur de phoques Frank Cabrial, enterré ici en 1820. On peut également y voir d'anciens pots d'essai utilisés pour la transformation de la graisse de phoque. On peut y voir des reliques plus récentes datant de l'époque où Ocean Harbor était une station baleinière, notamment les restes d'une locomotive à vapeur à voie étroite qui servait à transporter le charbon et les fournitures vers et depuis les navires. Il y a également une épave à Ocean Harbour - le Bayard. Il s'agissait d'un trois-mâts à coque en fer de plus de 200 pieds de long qui s'est détaché de ses amarres lors d'une tempête en 1911 et a fait naufrage de l'autre côté du port, de l'autre côté de la station baleinière où il était amarré. Aujourd'hui, dans un signe de la nature qui se réapproprie le passé, on peut voir des requins de Géorgie du Sud et des sternes antarctiques nicher sur l'herbe qui pousse en abondance sur le pont en décomposition de cet ancien transporteur de charbon de 1000 tonnes. Île Bleaker Bleaker Island (connue sous le nom de Isla Maria en espagnol) a connu au moins trois changements de nom depuis la découverte et la colonisation des îles Malouines. Elle a d'abord été appelée Long Island - un titre peu imaginatif car c'est ce qu'elle est, longue et mince. Son nom a été changé en Breaker Island et elle est apparue ainsi sur les cartes et les plans jusqu'en 1859, date à laquelle une nouvelle carte a été publiée avec le nom de Bleaker. Ce qui était probablement une erreur d'impression est resté depuis lors ! Il existe des preuves que les chasseurs de phoques ont utilisé Bleaker Island comme base, mais il n'y a pas eu de tentative d'établissement permanent avant 1880, date à laquelle une maison a été construite et un élevage de moutons mis en place. Depuis lors, l'île est utilisée pour l'élevage de navires et compte maintenant aussi quelques bovins. Elle est gérée comme une ferme biologique et une destination touristique, l'intendance de la terre permettant à la fois l'agriculture commerciale et la préservation de la faune et de la flore sauvages. Désignée officiellement comme une zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO), l'île Bleaker abrite une importante colonie de reproduction de cormorans impériaux, forte de plus de 16 000 individus. On y trouve également des manchots de Gentoo qui nichent sur la bien nommée colline des manchots, au-dessus de Sandy Bay. On trouve également des manchots australiens près de Long Gulch et les terriers des manchots de Magellan sont très répandus. Il y a également de nombreuses espèces d'oiseaux plus petits ici, y compris des troglodytes et des pipits des Malouines, des siskins à menton noir et des tyrans à face noire. On y trouve également quelques oiseaux de proie, dont des caracaras du Sud. Nouvelle île New Island – également connue sous le nom d’Isla de Goicoechea en espagnol – est l’une des îles Malouines. Île longue et étroite, avec à la fois des falaises abruptes et des baies sablonneuses, elle se situe à 150 km à l’ouest de la capitale des Malouines, Stanley. Malgré sa position à l’extrémité ouest de l’archipel, New Island fut l’une des premières à être visitée et colonisée. Il existe des preuves que des baleiniers américains y auraient accosté dès 1770. En 1813, un navire de Nantucket fit naufrage ici et l’équipage survécut pendant deux ans avant d’être secouru. Ils construisirent un simple abri en pierre qui fait aujourd’hui partie du plus ancien bâtiment des Malouines. Après avoir servi de base pour les exploitants de guano et les compagnies baleinières, New Island s’est révélée peu rentable à exploiter de cette manière et a été laissée à la faune pour qu’elle prospère. Désormais réserve naturelle et classée Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux (ZICO), New Island est un magnifique sanctuaire où de nombreuses espèces des Malouines et de l’Antarctique viennent se reproduire et vivre. Les manchots, en particulier, profitent des plages peu profondes et des rivages ondulés de la côte est. Cinq espèces peuvent être observées ici, notamment de grandes colonies reproductrices de manchots papous et de gorfous sauteurs du sud. Les manchots royaux sont également présents, ainsi que des pétrels, cormorans, mouettes dauphines, labbes des Malouines et bien d’autres, avec environ 41 espèces qui se reproduisent. Des lions de mer et des éléphants de mer peuvent également être observés, échoués sur les plages ou nageant paresseusement dans les baies abritées. Île Barrientos L'île Barrientos fait partie du groupe d'îles Aitcho, un sous-ensemble de la chaîne des Shetlands du Sud. C'est une île libre de glace qui était déjà utilisée au début du 19e siècle par les chasseurs de phoques et de baleines, bien qu'elle ne fasse qu'un mile de long et moins d'un tiers de mile de large. Elle a été baptisée en 1949 par une expédition chilienne dans l'Antarctique. La côte nord de Barrientos est formée de falaises abruptes à environ 230 pieds au-dessus du niveau de la mer. Les côtes est et ouest sont constituées de plages de sable noir et de galets. À l'ouest, vous pouvez voir d'impressionnantes colonnes de roches basaltiques laissées par les forces tectoniques impliquées dans la formation de l'île. Barrientos est très populaire auprès des pingouins - et parce qu'elle est si petite, elle peut parfois sembler bondée ! Les manchots de Gentoo et les manchots à jugulaire se reproduisent ici et, en haute saison, une colonie peut se retrouver juste à côté de l'autre, ce qui donne une vue imprenable sur les nids de manchots ! Parmi les autres espèces fréquemment observées figurent les otaries à fourrure (plus tard dans l'année), ainsi que les colonies de nidification des pétrels géants du Sud. Vos guides experts de l'Antarctique veilleront à ce que vous vous approchiez suffisamment pour prendre de superbes photos, tout en restant suffisamment éloignés pour ne pas déranger les créatures qui se reproduisent. Île Westpoint La bien nommée île West Point est l'un des points les plus éloignés au nord-ouest de l'archipel des Malouines. Connue à l'origine sous le nom d'île aux albatros (et Isla Remolinos en espagnol), cette île de 5,5 miles carrés de rochers herbeux offre l'un des plus beaux paysages des îles. West Point est une ferme d'élevage de moutons appartenant à la famille Napier, qui vous accueillera chaleureusement chez elle, et c'est un site très populaire. Comme son nom original l'indique, vous pouvez vous promener sur l'île et être accueilli par les appels et les cris de l'énorme colonie d'albatros à sourcils noirs qui y vit. En fait, plus des deux tiers de la population mondiale d'albatros se reproduisent ici, aux Malouines ! Vous pouvez suivre un chemin à travers l'herbe à touffes juste à côté de la colonie qui est en fait un mélange d'albatros à sourcils noirs et de manchots australiens, les manchots nichant entre les nids surélevés de la colonie d'albatros. C'est un endroit superbe pour observer de près ces deux espèces emblématiques des Malouines. Le manchot de Magellan se reproduit également à proximité et d'autres espèces d'oiseaux notables comprennent les caracaras rayés, les troglodytes de Cobb, les cinclodes noirâtres et les pinsons à queue blanche. En fait, il y a tellement d'espèces importantes ici que l'île de West Point a été officiellement répertoriée comme une zone importante pour les oiseaux (IBA). L'autre chose que vous obtiendrez à West Point, c'est la fantastique hospitalité de Napier ! Votre groupe sera accueilli avec du thé, des gâteaux et des biscuits traditionnels et sera invité à se promener dans les jardins de l'île.walk Eclipse solaire Une véritable "liste de choses à faire" ! Le 4 décembre 2021, une éclipse solaire totale se produira dans l'hémisphère sud. L'éclipse totale ne sera observée qu'en Antarctique. L'avantage d'être sur un bateau de croisière ? Vous pouvez être positionné exactement au centre de la trajectoire étroite de l'ombre projetée par la lune lorsqu'elle bloque la lumière du soleil. En décembre, l'Antarctique connaît plus de 20 heures de lumière du jour par 24 heures, et même la « nuit » ressemble davantage à un crépuscule profond. Imaginez le contraste, alors que vous vous trouvez au milieu de la glace étincelante et des côtes accidentées, quand tout est plongé dans une obscurité sinistre. Votre cœur va faire un bond lorsque le soleil disparaîtra enfin et que la couronne ressemblant à un halo apparaîtra. Puis, alors que vous vous étiez habitué à l'obscurité, votre souffle sera coupé par la soudaine clarté du monde qui retrouve la lumière et la vie. Le nombre de places est extrêmement limité en raison de la popularité de cette expérience auprès des explorateurs de l'Antarctique, des chasseurs d'éclipses et des astronomes. Pour la plupart d'entre nous, cette expérience combinera un voyage d'aventure unique avec une expérience astronomique unique. Réservez dès maintenant votre expérience d'éclipse en Antarctique ! Île du Diable, île Vega L'île du Diable ou Devil Island en anglais, est bien nommée ! Cette île étroite et rocheuse a une basse vallée en son centre, avec deux sommets à chaque extrémité. Cela lui donne un étrange look de « cornes du diable » ! L'île se trouve dans le groupe de l’île James Ross de la péninsule Antarctique. Son emplacement dans une petite crique la rend populaire auprès de la faune antarctique. L'île du Diable vous donne l'occasion de photographier des vues à couper le souffle. Depuis le site d'atterrissage, vous êtes accueillis par des formations volcaniques spectaculaires. De là, vous pouvez faire une randonnée jusqu'au sommet de l'un des pics, qui surplombe une colonie de manchots Adélie nichée en contrebas dans une cuvette naturelle. Mais la star du spectacle ici est le remarquable point de vue à 360 degrés que vous obtenez depuis le sommet. De ce point de vue, vous pouvez apercevoir des otaries à fourrure, des phoques crabiers et une variété d'oiseaux de mer. La montée, courte, mais raide, en vaut vraiment la peine. Vos guides experts de l'Antarctique vous montreront le chemin et vous indiqueront les animaux sauvages que vous avez pu manquer. L'île du Diable offre des vues antarctiques époustouflantes que vous ne voulez pas manquer, alors assurez-vous que les batteries de votre appareil photo sont chargées et que les cartes mémoire de rechange sont prêtes ! Île Prion L'île Prion, comme beaucoup d'autres endroits de l'Antarctique, a été nommée d'après ce qui y a été observé pour la première fois. Dans ce cas, lors d'une expédition en 1912, l'île a été nommée parce que le naturaliste Robert Cushman Murphy avait noté le grand nombre de prions qu'il y avait trouvés. Le prion est un petit pétrel parfois appelé oiseau-baleine, qui doit son nom inhabituel à son bec en dents de scie - le mot prion signifie "scie" en grec. L'île Prion se trouve dans la baie des îles, large de 9 milles, au large de la côte nord de la Géorgie du Sud. Elle ne mesure que 1,5 mille de long, mais elle a été désignée zone spécialement protégée dans son intégralité. Comme elle a toujours été exempte de rats, les oiseaux peuvent y élever leurs petits sans craindre que leurs nids ne soient dévalisés par des charognards non indigènes. En raison de la nécessité de protéger la faune, le nombre de visiteurs est strictement limité, et seules 50 personnes par jour sont autorisées à débarquer pendant la saison où l'île Prion est ouverte aux visiteurs, de sorte que les visiteurs sont souvent partagés entre les visites à terre, les excellentes croisières en zodiac et, parfois, le séjour à bord du navire. Vous constaterez également que vos guides naturalistes veillent à ce que personne ne transporte sur l'île quoi que ce soit qui puisse abriter une espèce envahissante. Pour protéger la flore indigène et éviter d'endommager les terriers des pétrels et des prions, les autorités de Géorgie du Sud ont construit un trottoir de bois, sur lequel vous devrez rester à tout moment pendant votre visite. Ne vous inquiétez pas, cependant, car les animaux semblent avoir décidé qu'ils aiment l'utiliser aussi et nichent et se nourrissent jusqu'à son bord, de sorte que vous aurez beaucoup de rencontres proches ! Une autre espèce importante qui se reproduit ici est l'albatros errant. En effet, l'île Prion est un centre de reproduction si important pour eux que l'île entière est fermée aux visiteurs entre le 20 novembre et le 7 janvier de chaque année pour leur permettre de s'accoupler sans être dérangés. Cette période coïncide également avec la saison de reproduction des otaries à fourrure de l'Antarctique, qui profitent également de l'isolement. Parmi les autres espèces que l'on peut trouver sur l'île Prion, citons le pipit de Géorgie du Sud et le canard pilet de Géorgie du Sud, le tadorne de Virginie, le skuas, la sterne antarctique et le manchot gentoo. Île Horseshoe L'île Horseshoe est bien nommée. Les sommets de plus de 900 mètres de haut sont disposés en forme de croissant et ont d’abord été cartographiés par voie aérienne par d’intrépides explorateurs britanniques dans les années 1930. L’île se trouve à Square Bay, au large des côtes de Graham Land. Vous atterrirez à la pointe nord-ouest de l’île Horshoe à Sally Cove. De là, c’est à quelques minutes à pied au nord de la cabane étonnamment préservée connue sous le nom « Base Y » ou station Horseshoe. Créée en 1955 comme base scientifique, la station Horseshoe a été fermée définitivement en 1960. Bien qu’inutilisée depuis plus de 60 ans, la base Y est dans un état de conservation remarquable et représente un exemple modèle d’exploration entièrement équipée et de base scientifique de l’époque. À l'intérieur de la cabane, vous pourrez explorer soigneusement à la lumière d'une torche les objets d'une époque révolue. Il s'agit notamment du générateur d'origine de la base, d'outils, d'appareils d'éclairage, de boîtes de conserve et de paquets de rations d'origine, et d'autres objets de la vie quotidienne des scientifiques qui ont fait de l'île Horshoe leur résidence temporaire. Bien que ce bâtiment capsule temporelle soit la vedette du spectacle, il n’est pas rare de rencontrer des phoques et des labbes sur ou à proximité du site d’atterrissage. Île Detaille L'île Detaille est une petite île située dans le fjord de Lallemand, qui fait partie de la péninsule d'Arrowsmith, sur la Terre de Graham. Ce n'est guère plus qu'un affleurement rocheux avec des plages de gravier, mais elle abrite l'un des monuments historiques les mieux préservés de l'Antarctique. Detaille abritait la "base W" du British Antarctic Survey. Elle a été construite en 1956 et a été utilisée jusqu'en 1959, date à laquelle elle a été fermée. En raison du mauvais temps, le navire de ravitaillement envoyé pour emmener les hommes et le matériel hors de l'île n'a pas pu s'approcher à moins de 30 miles. Cela signifiait que les hommes devaient partir très rapidement et avec seulement les effets personnels qu'ils pouvaient porter pour que le navire puisse partir aussi vite que possible. En raison de ces circonstances, la base W est presque entièrement intacte. En regardant autour de la cabane, vous serez accueilli par la vision étrange de tables encore garnies de condiments, d'étagères soigneusement empilées avec des boîtes de conserve et des bocaux, et d'équipements quotidiens comme des machines à laver, des outils, et même des manteaux, des caleçons et des bouteilles de gin et de whisky (vides !). Préservée par le United Kingdom Antarctic Heritage Trust, c'est un aperçu remarquable des premières explorations scientifiques d'après-guerre de ce continent étonnant, et cela fait de l'île Detaille et de la base W une visite incontournable de tout itinéraire en Antarctique. Baie d'Elsehul La baie d'Elsehul, à l'extrémité nord-ouest de l'île de Géorgie du Sud, est connue pour deux choses : son nombre remarquable de phoques et son nombre remarquable de noms ! À différentes époques, et sur différentes cartes, elle a été connue sous les noms d'Elsehul, Else Cove, Elsie Bay, Elsa Bay, Else's Hole, et (un peu à contre-courant de la tendance) Paddock's Cove ! Il s'agit d'une petite baie située sur la côte nord de la Géorgie du Sud, qui ne fait qu'un demi-mille de large. Malgré sa petite taille, elle abrite une faune abondante, notamment une grande colonie d'otaries à fourrure de l'Antarctique. Lorsque vous arriverez dans la baie, vos oreilles résonneront des aboiements et des cris d'un grand nombre de phoques juvéniles et adultes. À ce barrage s'ajoutent les cris des oiseaux de mer qui vivent à Elsehul, notamment les manchots royaux. Parmi les autres oiseaux qui se reproduisent, citons les manchots Gentoo et les manchots Macaroni, l'albatros à sourcils noirs, l'albatros à tête grise et l'albatros fuligineux, ainsi qu'un certain nombre d'autres oiseaux de mer, comme le requin de Géorgie du Sud et le pétrel à menton blanc. Et depuis qu'ils ont éradiqué le rat sur la Géorgie du Sud, c'est un bon endroit pour le canard pilet et le pipit de Géorgie du Sud. Le rivage est un patchwork d'herbe à tussac et de boue - tant de phoques se déplacent, ce qui rend les conditions difficiles ! Selon la période de l'année à laquelle vous vous rendez, les mâles agressifs peuvent encore se trouver dans la baie, ou, si la saison des amours est terminée, ils peuvent être partis, laissant les petits et les femelles en paix. Îles Malouines (Falkland islands) Les îles Falkland (connues en Argentine sous le nom d'Islas Malvinas) sont un archipel de l'océan Atlantique Sud. La plupart des gens les connaissent en raison du conflit qui y a opposé les forces armées de l'Argentine et du Royaume-Uni en 1982, mais les Malouines sont bien plus que cela. Habitées depuis 1764, ces îles éloignées ont été colonisées et revendiquées par de nombreux pays - la France et l'Espagne les ont revendiquées (ainsi que l'Argentine depuis sa formation et son ancienne colonie espagnole), mais ce sont les descendants britanniques qui constituent la majorité des 4 000 habitants des îles. En tant que territoire britannique d'outre-mer, les Malouines sont autonomes, mais le Royaume-Uni est responsable de la défense et des affaires étrangères. L'Argentine conteste toujours la souveraineté des îles qu'elle appelle les Malouines. Composées de deux grandes îles (East et West Falkland) et de plus de 700 petites îles et îlots, les Malouines sont aussi belles qu'elles sont accidentées et éloignées. Malgré leur passé de base pour les baleiniers et les chasseurs de phoques de l'Atlantique Sud, et plus récemment d'élevage extensif de moutons, les îles Malouines ont conservé une grande biodiversité, et la conservation moderne a permis le retour de nombreuses espèces sauvages qui luttaient auparavant. Les Malouines abritent d'importantes populations d'albatros, avec certains des plus grands sites de reproduction au monde. Elles abritent également le rare caracara strié, 63 espèces d'oiseaux terrestres nicheurs et 5 espèces de manchots. Les phoques, les baleines, les dauphins et d'autres espèces marines sont également abondants. Enfin, le paysage accidenté est d'une beauté austère et les habitants de l'île, bien que robustes, réservent à tous un accueil des plus chaleureux, généralement accompagné d'un bon thé des Malouines. La pêche et l'agriculture représentent la grande majorité des revenus des îles Malouines, bien que le tourisme soit de plus en plus important. De nombreuses exploitations agricoles sur les îles sont désormais gérées en tenant compte de la conservation de la faune et de la flore, et les Malouines sont un exemple de réussite en matière de gestion de la faune et de la flore. Bien que la plupart des navires visitent Stanley (généralement pour une journée), les croisières "d'expédition" se concentrent principalement sur les îles extérieures, avec toute la faune et la flore, et certains oiseaux nicheurs spéciaux comme l'albatros à sourcils noirs et les manchots australiens et certains spécialistes de la Patagonie comme le caracara rayé. N'oubliez pas non plus qu'avec les croisières qui vont aussi en Géorgie du Sud et dans la péninsule, on ne passe normalement que 2 ou 3 jours aux Malouines, bien que certaines croisières y passent plus longtemps. Point Damoy Le point Damoy est une tête rocheuse sur la côte ouest de l'île Wiencke, près de l'entrée nord du port naturel de Port Lockroy. Il a été découvert et cartographié par l'expédition antarctique française de 1903 dirigée par Charcot. Le point est plutôt discret et à première vue ne mérite pas une visite. Cependant, il abrite deux joyaux cachés - deux cabanes d'expédition très bien conservées. La première, connue sous le nom de cabane Damoy, a été construite en 1973 et a été utilisée par le British Antarctic Survey comme installation aérienne estivale et station de transfert de personnel, mais n'a pas été utilisée depuis 1993. L'intérieur est en excellent état et semble presque prêt à être remis en service immédiatement. Il y a même des tasses en étain accrochées au mur de la cuisine, comme prêtes à offrir une tasse de thé réconfortante aux scientifiques fatigués de leurs voyages ! Juste à l'extérieur de la cabane Damoy se trouve un refuge construit par l'Argentine dans les années 1950. Il n'est pas ouvert aux visiteurs et est toujours utilisé comme refuge d'urgence en cas de besoin. En dehors de ces bâtiments historiques, les visiteurs pourront voir une petite colonie de manchots à jugulaire qui se reproduisent ici, ainsi que de nombreux phoques et oiseaux marins. Port Charcot, île Booth Port Charcot est une petite baie à l'extrémité nord de l'île Booth, une île en forme de Y, rocheuse et accidentée, située au large de la péninsule de Kiev, dans la Terre de Graham. Elle a été cartographiée pour la première fois en 1904 lorsque l'expédition antarctique française dirigée par Jean-Baptise Charcot y a passé l'hiver. Après avoir construit quelques abris rudimentaires et le cairn que l'on peut toujours voir au sommet de la colline, l'expédition a utilisé Port Charcot comme base pour explorer la région. On y trouve un pilier en bois avec une plaque où l'on peut encore distinguer les noms des premiers membres de l'expédition qui les ont écrits il y a près de 120 ans. Des guides vous accompagneront pour une promenade jusqu'au cairn, car s'éloigner du sentier pourrait être traître du fait des rochers et des crevasses. Les visiteurs peuvent également se promener à l'est où se trouve une bruyante colonie de manchots papou. On peut aussi souvent observer des manchots à jugulaire ainsi que manchots Adelies sur les plages de cet endroit. Île du Roi-George L’île du Roi-George est largement connue comme la « Porte d’entrée de l’Antarctique ». Plus de dix nations différentes y possèdent des bases scientifiques permanentes, ce qui se reflète dans les différents noms sous lesquels l’île est connue : « Isla 25 de Mayo » en Argentine, « Isla Rey Jorge » au Chili, et « Ватерло́о Vaterloo » en Russie. L’île du Roi-George possède le seul aéroport des îles Shetland du Sud. Sa situation stratégique, à côté de la base chilienne Eduardo Frei (avec des vols en provenance du Chili), et à seulement 120 kilomètres de la péninsule Antarctique, en fait le centre de transit et de connexion le plus important de la région. En maintenant une base, une nation obtient le statut de membre du Traité sur l’Antarctique, ce qui explique la présence d’une population cosmopolite de scientifiques résidant la plupart du temps sur l’île du Roi-George. Cela explique peut-être pourquoi il y a ici une église orthodoxe russe (l’un des très rares bâtiments permanents de toute l’Antarctique) avec un prêtre toujours présent ! Tout cela est d’autant plus impressionnant quand on réalise que plus de 90 % de l’île, longue de 95 kilomètres et large de 25 kilomètres, est en permanence recouverte de glace et de neige. Cela convient parfaitement à la faune locale, et l’île du Roi-George abrite de nombreuses espèces différentes, notamment des phoques de Weddell, des phoques léopards et des éléphants de mer, des manchots papous, à jugulaire et Adélie, ainsi que de nombreux oiseaux marins tels que les skuas et les pétrels géants du sud. Gold Harbour Sur la côte sud-est de l'île de Géorgie du Sud, Gold Harbour est une petite baie qui mène au glacier Bertrab, avec un arrière-plan spectaculaire. Connu sous le nom de Puerto de Oro en espagnol, le port n'a jamais été nommé officiellement avant le 20e siècle, mais le nom semble avoir été utilisé par les baleiniers et les chasseurs de phoques et a été adopté officiellement. La principale théorie derrière le nom Gold Harbour est que les falaises autour de la baie brillent en jaune dans l'heure qui suit le lever du soleil et à nouveau avant le coucher du soleil. Il n'y a pas "d'or dans ces collines", mais une autre théorie veut que les baleiniers et les chasseurs de phoques aient bien profité financièrement des premières années d'exploitation. Quoi qu'il en soit, Gold Harbour est sans doute l'un des plus beaux endroits de toute la Géorgie du Sud. Outre sa géologie étonnante et son illumination spectaculaire au lever et au coucher du soleil, il abrite également une grande quantité d'animaux sauvages. La plage résonne des cris des manchots royaux, des manchots gentoo et des éléphants de mer, qui aiment tous se reproduire dans la baie abritée. Mais ils ne sont pas les seuls. Des centaines de couples d'albatros fuligineux traversent le ciel devant les falaises de glace suspendues du glacier de Bertrab. Ils viennent ici chaque année pour s'accoupler et élever leurs poussins. Pointe Portal Portal Point est un point étroit et rocheux au nord-est de la péninsule de Reclus, au large de la Terre de Graham. Il a été nommé par les explorateurs britanniques, car il faisait partie de la « porte » pour la route vers le plateau antarctique. En 1956, une cabane de refuge a été établie ici, connue sous le nom de Refuge du Cap Reclus. Il n’a été utilisé que pendant deux hivers, puis abandonné. En 1996, la cabane a été enlevée et se trouve maintenant au Musée de l’île des Malouines. Tout ce qui reste du refuge sur la Pointe sont les restes de ses fondations, souvent peu visibles du fait de la couverture de neige. En effet, cette neige présente toute l'année est la raison pour laquelle il n'y a pas de colonies de manchots ici. Cependant, Portal Point est un endroit populaire pour les phoques de Weddell pour se mettre à l'abri, et pendant que vous débarquez, vous les verrez souvent en grand nombre. Baie de St. Andrew's La baie de Saint Andrews (plus souvent abrégée en St Andrews) est une baie située sur la côte est de la Géorgie du Sud, qui fait partie du territoire britannique de la Géorgie du Sud et des îles Sandwich du Sud. Cette baie de 3 km de large est surplombée par le mont Skittle, une impressionnante montagne rocheuse de 1 600 pieds qui forme le point le plus au nord de la baie elle-même. L'utilisation de Saint Andrews comme nom de la baie ne remonte qu'au début du 20e siècle, mais il est fort probable que les premières personnes à l'avoir vue et cartographiée étaient l'expédition britannique dirigée par le capitaine Cook en 1775. La baie de Saint Andrews est réputée pour son immense colonie de reproduction de manchots royaux, qui compterait plus de 150 000 individus. Les images et les sons de tant d'oiseaux réunis sont à ne pas manquer dans l'un des endroits les plus spectaculaires de Géorgie du Sud, avec les montagnes en toile de fond ! Il y a aussi une crête (si vous pouvez l'atteindre, parfois il y a trop de manchots en mue sur le chemin) qui donne sur la colonie principale avec des vues et des sons à couper le souffle ! Les otaries à fourrure et les éléphants de mer du sud sont aussi fréquemment observés ici, à la fois dans l'eau et échoués sur les rivages, et les otaries à fourrure peuvent rendre l'accès à terre assez difficile. L'arrière-plan rocheux et accidenté de la baie permet de prendre des photos magnifiques et évoque vraiment l'éloignement de la Géorgie du Sud. Shingle Cove Cette petite crique abritée se trouve sur la rive sud de l’île Coronation, dans la baie Iceberg. La crique Shingle se distingue à la fois par sa géologie fascinante et sa grande colonie de manchots Adélie. Deux plages de gravier permettent un atterrissage facile et donnent accès à la terre plus élevée au-delà. De la plage, vous pouvez voir des affleurements de schiste métamorphique, avec des couches visibles de quartz et de feldspath. Vos guides antarctiques experts vous montreront également des zones de la crique Shingle où d’autres gisements minéraux se sont érodés à la surface, y compris le grenat rouge et l’amphibole vert. De chaque côté de votre site d’atterrissage, on voit des pétrels voler à destination et en provenance de leurs terriers rocheux dans les falaises basses. Vous ne serez pas non plus en mesure de manquer le bruit de l’impressionnante colonie de manchots Adélie - forte de plus de 13 000 individus ! Bien que vous puissiez vous promener librement sur la plage d'atterrissage, votre promenade vers la colonie de manchots sera soigneusement balisée et devra être suivie sous surveillance. Ceci afin de protéger les terriers des pétrels qui sont facilement dérangés. Seuls des groupes de 20 visiteurs à la fois sont autorisés à entrer dans la colonie pour éviter trop de perturbations, mais c’est une excellente occasion de marcher au cœur de la colonie de manchots, avec tous ses sons, ses vues et ses odeurs ! Île Carcass Malgré son nom, l'île Carcass au large de West Falkland n'est pas un lieu de sépulture, ni un endroit où les baleines étaient ramenées à terre pour être transformées. Il s'agit en fait d'une île magnifique et intacte d'environ 6 miles de long, nommée d'après le navire qui l'a cartographiée pour la première fois, le HMS Carcass, en 1766. L'île Carcass se trouve au nord-ouest des Malouines et est une ferme d'élevage de moutons depuis plus d'un siècle. Malgré cette commercialisation, l'île Carcass a été gérée avec soin et bienveillance pour la faune et la flore. Associé au fait qu'aucun rat ou chat n'a jamais été introduit ici, cela fait de Carcassonne un havre de paix pour l'avifaune, y compris un certain nombre d'espèces insaisissables sur les grandes îles, telles que le troglodyte de Cobb et le cincloïde noirâtre ou l'oiseau-taureau, et c'est une zone importante pour la conservation et la protection des espèces. Pour une petite île, elle peut se vanter d'avoir plusieurs types d'habitats. Des falaises et des pentes rocheuses au nord-est aux baies sablonneuses abritées au nord-ouest, des hautes terres de 700 pieds aux enclos côtiers riches en tussac. L'île Carcass abrite également l'une des rares zones d'arbres matures de toutes les îles, les tempêtes hivernales ayant tendance à rendre difficile la croissance des arbres à grande échelle. Ces plantes robustes ne sont toutefois pas des espèces indigènes, certaines variétés intéressantes provenant d'endroits aussi éloignés que la Nouvelle-Zélande et la Californie. L'avifaune est la vedette de Carcass. Sans prédateurs terrestres, avec plusieurs étangs d'eau douce et une excellente gestion de l'habitat, cette zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO) abrite de nombreuses espèces importantes pour la conservation. Celles-ci comprennent le bihoreau gris, le canard à vapeur des Malouines, l'oie à tête rousse, l'albatros à sourcils noirs et le caracara strié. La Carcassonne abrite une population saine de manchots, y compris des gentous, des magellaniques et des gorfous du sud. Les phoques sont également fréquents dans les eaux autour de l'île et sur les plages de sable, y compris les phoques à fourrure et les éléphants de mer. Des dauphins et des lions de mer sont également observés sur l'île. Le détroit des Malouines Le détroit de Falkland est la ligne droite qui sépare les îles Falkland Est et Ouest. C'est le détroit qui a donné son nom à l'archipel, puisqu'il a été baptisé en 1690 en l'honneur du vicomte Falkland. Ce n'est que dans les années qui ont suivi la cartographie du détroit que le nom "Falkland" a été utilisé pour désigner l'ensemble du groupe d'îles. Le nom espagnol de Falkland Sound est "Estrecho de San Carlos". Votre voyage à travers Falkland Sound vous mènera vers des îles qui sont un paradis pour la faune et la flore. Vous verrez des côtes aux falaises escarpées peuplées d'albatros, et des baies douces et sablonneuses où les phoques s'échouent et les pingouins nichent. Outre les merveilles de la nature, vous recevrez un accueil chaleureux de la part des personnes rustiques mais généreuses qui cultivent ces îles lointaines et contribuent à la conservation des nombreuses espèces qui y vivent. Il y a aussi l'histoire récente, plus sombre, du conflit de 1982 et des vies perdues ici. Certains des sites que vous visiterez étaient des champs de bataille actifs, et vos guides experts vous expliqueront la politique et l'histoire qui ont conduit à la guerre moderne sur ces magnifiques îles, ainsi que dans les airs et sur les mers environnantes. Peu de bateaux de croisière traversent le détroit, préférant se rendre sur les îles extérieures et visiter Stanley en raison des contraintes de temps. Île Goudier L’île Goudier est une petite île de roches nues et polies située à seulement 100 mètres de Jougla Point, dans le port de Port Lockroy. Il fait partie de la plus grande île Wiencke. Souvent entourée de glace de mer, toute couverture de neige sur l’île fond habituellement à la fin de l’été. Goudier abrite la « base A » - établie par les Britanniques en temps de guerre en 1944 - qui a été utilisée comme station de recherche scientifique jusqu’au début des années 1960. Après être tombée en désuétude, la station a été restaurée dans les années 1990 et est maintenant pris en charge par un Heritage Trust. La base est occupée en permanence et ses habitants effectuent encore d’importants travaux d’arpentage sur la colonie de manchots pour l’Étude antarctique britannique. Vous serez généralement informé par le chef de base avant d’atterrir à terre, et seulement 35 visiteurs sont autorisés à l’intérieur de la base à tout moment. Il s’agit de s’assurer que les artefacts et le tissu de la base sont préservés. Cette « capsule temporelle » donne un aperçu fascinant du travail et de la vie des premiers pionniers de la recherche antarctique et de la façon dont ils vivaient sur l’île Goudier. L’accès au reste de l’île est généralement limité aux sentiers balisés, à la fois pour protéger la faune et parce que la surface est inégale et glissante. Cependant, vous serez en mesure d’observer la colonie de manchots résidents, et peut également repérer d’autres oiseaux et phoques sur les rives et dans la mer. Stanley Stanley (parfois appelé Stanley) est la capitale des îles Malouines et est typiquement britannique - bien que rappelant une Grande-Bretagne d'antan. Mais il y a quelque chose de remarquable à voir les "cabines téléphoniques" rouges et les panneaux indiquant "fish n chips" dans un paysage qui ressemble plus à la Patagonie qu'à la campagne anglaise pastorale. Stanley abrite 70 % de la population des Malouines, soit environ 2 500 personnes. La vie y est douce, mais s'il y a un ou deux bateaux de croisière dans le port, elle peut être très animée ! En plus des pubs et des "chippies", il y a des signes évidents que vous n'êtes pas en Europe. Visitez la cathédrale Christ Church, inaugurée en 1892, et vous entrerez par une arche construite à partir des mâchoires de deux énormes baleines bleues. Une promenade à Victory Green dans le centre de Stanley vous mettra face à un mât d'artimon du SS Great Britain original. Brunel a construit le premier navire en fer à hélice du monde en 1843, et il a été gravement endommagé par des coups de vent lors du passage du Cap Horn en 1886, revenant en boitant aux îles Malouines où il est resté abandonné pendant près d'un siècle. Descendez Pioneer Row et vous verrez les cottages des colons d'origine, non seulement encore debout mais en parfait état. Expédiés à l'origine sous forme de kits depuis le Royaume-Uni, ils ont été érigés rapidement par les premiers colons pour se réchauffer et s'abriter du climat parfois rigoureux. Mais quels que soient les autres sites uniques et inhabituels que vous verrez dans cette ville de l'hémisphère sud, les drapeaux Union Jack flottant et les nains de jardin dans les jardins ne vous feront pas oublier qu'il s'agit d'un morceau de Grande-Bretagne aux confins de l'Antarctique. Vous pourrez également observer une faune abondante à Stanley et dans ses environs. Pensez également à vous rendre à Gypsy Cove et à marcher jusqu'à Stanley en suivant le littoral, une option de "visite" proposée par de nombreux navires. Plage nord-est de l'île Ardley L’île Ardley est une petite île rocheuse d'environ 1,5 km de long. Elle se trouve dans la baie Maxwell, juste au large de la côte de l'île du Roi-George. Elle a été cartographiée pour la première fois en 1935 par une expédition britannique, mais a été confondue avec un promontoire. Ce n'est que lors de relevés aériens, plusieurs années plus tard, qu'elle a été reclassée comme une île. L'île Ardley est une station de recherche estivale active, et vous y verrez souvent des scientifiques et des chercheurs au travail. Les cabanes que vous pouvez voir de la plage font partie de la station de recherche et ne peuvent pas être visitées. Le débarquement sur la plage se fait juste en dessous du phare, un élément distinctif que vous aurez repéré du large. Cette plage de galets en pente douce est le seul endroit où les visiteurs peuvent arriver sur Ardley. Le nombre de visiteurs est limité en raison de l'importance de l'île comme site de reproduction d'espèces d'oiseaux antarctiques. Au cours de votre excursion sur l'île, vous verrez une grande colonie de manchots papou, ainsi que des manchots Adélie et des manchots à jugulaire en nombre moindre. Vous pourrez également voir des pétrels géants du sud, des pétrels de Wilson, des pétrels tempêtes à ventre noir, des pétrels du Cap, des labbes ou skuas et des sternes antarctiques. La plage nord-est de l'île Ardley est un site incontournable pour les ornithologues ! Yankee Harbour Ce merveilleux port naturel est entouré de glaciers. C'est un mouillage sûr presque parfait pour les navires, ce qui explique pourquoi il a été utilisé par les chasseurs de phoques pendant de nombreuses années. Vous entrez dans le port de Yankee par la crique de Shopski, entre le "Spit Point" et le "Glacier Bluff "sur l'île de Greenwich. C'est l'une des îles Shetland du Sud de l'Antarctique. Le port de Yankee a été utilisé par les chasseurs de phoques américains et britanniques à partir des années 1820. Les Britanniques l'appelaient "Hospital Cove" ou crique de l'hôpital. Une plaque commémorative rend hommage au capitaine Andrew MacFarlane qui a exploré une grande partie de la péninsule antarctique en 1820. De nombreux objets datant de l'époque de la chasse aux phoques jonchent encore le rivage. Outre les fondations d'une hutte de chasseur de phoques, on trouve les restes d'un pot d'essai qui était utilisé pour rendre la graisse des animaux chassés. Vos guides experts de l'Antarctique seront en mesure de vous raconter l'histoire de la chasse aux phoques et la dureté de la vie de ces hommes. L'autre grande attraction ici est la grande colonie de manchots papou, avec plus de 4 000 couples reproducteurs qui ont élu domicile au port de Yankee. La plage d'atterrissage est en terrasses, et il y a un bassin de fonte du glacier à l'extrémité est. Selon les conditions et le statut de reproduction des manchots, il est possible de faire des promenades plus longues dans la région le long de la langue de gravier incurvée. Tout comme les manchots, les skuas nichent souvent ici - leurs plumes les camouflant contre le sol rocheux. Vos guides veilleront à ce que vous ne les piétiniez pas accidentellement ! Île Hainaut, Port de Mikkelsen, Île de la Trinité L'île D'Hainaut est une minuscule île rocheuse dans le port de Mikkelsen. Elle fait moins environ 1 km² et on y accède par une petite baie bordée de falaises de glace spectaculaires. Elle a été cartographiée pour la première fois par une expédition française en 1910. L'île reste souvent recouverte de neige jusqu'à très tard dans la saison et le capitaine de votre bateau de croisière en Antarctique naviguera de manière experte à travers les récifs peu profonds qui se trouvent dans la baie. Cette île a été largement utilisée pour la chasse à la baleine, et des artefacts et des ossements parsèment l'île. D'Hainaut est l'un des rares sites de visite de l'Antarctique où vous pouvez vous promener librement sur toute l'île, en prenant soin de ne pas déranger les artefacts et en faisant attention aux rochers, bien sûr. Il y a ici un petit refuge historique qui a été construit à l'origine par la marine argentine dans les années 1950, puis à nouveau dans les années 1970, et plus récemment en 2017. Cependant, il est impossible d'entrer dans le refuge, sauf en cas d'urgence. Il existe également de nombreux témoignages de l'industrie baleinière sur l'île. Vous pouvez trouver les épaves de plusieurs bateaux ainsi que de nombreux os de baleine. Il y a ici une colonie de manchots papou très active et vous pouvez souvent trouver des otaries à fourrure se prélassant au soleil. Île Weddell L'île Weddell prétend être la plus grande île privée du monde, avec plus de 102 miles carrés. C'est également la troisième plus grande des îles Malouines et la plus grande des îles extérieures. Elle a été nommée en l'honneur de l'explorateur britannique James Weddell, qui a également donné son nom à la mer de Weddell en Antarctique. L'île de Weddell était historiquement gérée comme une ferme, mais l'activité agricole a décliné au XXe siècle. Les récents propriétaires ont commencé à faire revenir l'île à une agriculture durable, à gérer les habitats pour la faune et à replanter des herbes de tussac indigènes où les oiseaux aiment nicher. En plus d'une gamme d'oiseaux et de mammifères marins typiques des Malouines, une créature intéressante à voir ici est le minuscule renard gris de Patagonie. Ces renards, qui ne sont pas une espèce indigène, ont été introduits sur l'île dans les années 1930 par un ancien propriétaire excentrique qui avait également amené avec lui des mouffettes, des nandous et des perroquets ! Seuls les renards subsistent et, bien qu'ils s'attaquent à de très jeunes agneaux, leur avenir sur l'île n'a toujours pas été décidé. L'île Weddell est un habitat végétal très important pour les Malouines. Elle contient plus de 60 % de toutes les espèces végétales indigènes des Malouines, y compris des espèces très rares. L'avifaune y est également prolifique et accueille la plupart des espèces des Malouines ainsi que quelques visiteurs occasionnels d'Amérique du Sud. Les manchots de Gentoo et de Magellan y résident, et 54 autres espèces ont été enregistrées jusqu'à présent sur Weddell. L'île entière est ouverte à l'exploration, et vous êtes invités à rester près du petit village pour profiter de la vue ou à faire une randonnée à travers l'île dans l'espoir de repérer certaines de ses espèces d'oiseaux les plus rares. Crique Pendulum Pendulum Cove est une petite baie située au nord du port naturel formé par le cône inondé du volcan vivant qu'est l'île de la Déception. L'une des îles Shetland du Sud, Deception offre plusieurs points de visite, dont Pendulum Cove qui vaut vraiment le détour. L'anse porte un nom inhabituel car elle a été baptisée par l'expédition britannique d'Henry Foster en 1829. Le site était utilisé par les explorateurs pour prendre des mesures magnétiques et étudier le mouvement des pendules si près du pôle sud. C'est l'une de ces expériences qui a donné son nom à l'anse. Si les autres sites de Deception Island ne vous donnent pas l'impression d'être sur un volcan en activité, Pendulum Cove vous le rappellera ! À certains endroits, l'eau chauffée par l'activité géothermique peut atteindre 160 degrés Celsius. Votre guide expert de l'Antarctique vous montrera des zones sûres où l'eau chaude se mélange à l'eau de mer froide de l'Antarctique pour vous offrir une expérience de "spa" polaire des plus inhabituelles. C'est chaud pendant que vous êtes dans l'eau, mais vous pourriez le regretter quand il sera temps d'en sortir et de vous sécher ! Il y a des manchots Gentoo et des manchots à jugulaire sur la plage, et ils ne semblent pas gênés de partager leur eau chaude avec les visiteurs humains - rappelez-vous simplement qu'en Antarctique, la faune a le droit de passage ! Cette partie du cratère volcanique a été la plus durement touchée par la dernière éruption en 1969. On y trouve un site historique, les vestiges de la station de recherche chilienne Base Aguirre Cerda qui a été submergée. Les fragments tordus et rouillés des vestiges peuvent être observés à distance de sécurité. Un rappel sombre des forces toujours à l'œuvre sous vos pieds. Vous verrez peut-être des scientifiques à l'œuvre et rencontrerez des instruments. Ceux-ci font partie de la surveillance en temps réel de l'activité sismique sur l'île de la Déception et à Pendulum Cove en particulier. Détroit de l'Antarctique Une porte d’entrée vers l’aventure ultime que seuls quelques chanceux auront la possibilité de vivre. Situé à l’extrémité nord de la péninsule Antarctique, le Sound est une expérience sensorielle remarquable lorsque l’on se retrouve face à d’énormes blocs de glace, désormais flottants sous forme d’immenses icebergs tabulaires. Ceux-ci se sont détachés des plates-formes de glace de la mer de Weddell et ont dérivé dans le Sound. Traître pour les premiers explorateurs, le premier navire à avoir réussi à naviguer dans le Sound fut l’Antarctic, le navire de l’expédition suédoise de Nordenskjold en 1903. Malheureusement, il fut piégé par la glace dans la mer de Weddell l’année suivante et écrasé – l’un des nombreux navires à avoir connu ce sort au cours de la décennie. Heureusement, les navires de croisière polaire modernes n’ont plus à craindre cela grâce à leurs coques renforcées et à la technologie de navigation moderne. Lorsque vous pénétrerez dans la beauté monochrome de la glace blanche et de la mer grise, vous saurez que vous allez bientôt découvrir des paysages remarquables et rencontrer la faune merveilleuse qui a élu domicile sur ces îles de neige, de glace et de roche. Maison Wordie, Winter Island Nichée sur la seule partie plate de Winter Island, Wordie House est une cabane construite en 1947. Elle a été baptisée par une expédition antarctique britannique de l'époque en l'honneur de James Wordie, qui était le scientifique en chef de la célèbre exploration antarctique de Shackleton en 1914. Winter Island, qui mesure moins de 1 000 mètres de long, est l'une des îles argentines situées au large de la côte de la Terre de Graham. Avant sa fermeture en 1954, la cabane était utilisée pour effectuer des relevés météorologiques à l'aide d'instruments rangés à l'intérieur d'écrans spéciaux, dont l'un subsiste encore aujourd'hui. Ces relevés comptaient parmi les plus importantes et les plus longues séries de données météorologiques jamais enregistrées sur l'Antarctique et ont aidé les scientifiques à mieux comprendre la météorologie du continent. Wordie House a été classée "site et monument historiques" en 1995 et est gérée par le UK Antarctic Heritage Trust depuis 2009. Près de 500 objets originaux sont encore présents sur le site, notamment des boîtes de café, des disques, des casseroles, des assiettes et bien d'autres objets de la vie quotidienne. Cela fait de Wordie House une véritable capsule temporelle de l'âge d'or de l'exploration et de la recherche scientifique en Antarctique. La cabane est désormais totalement étanche aux intempéries et les travaux de préservation de cette station unique se poursuivent. Les visites de l'île d'hiver et de Wordie House sont gérées par la station ukrainienne Vernadsky, toute proche, et il se peut que le commandant de la base ou un autre responsable vous donne des instructions avant que vous ne montiez à bord de vos bateaux pour le débarquement. Fait unique pour un site aussi historique, les visiteurs sont autorisés à se déplacer librement sous la supervision de leurs guides antarctiques experts. Ils répondront à toutes vos questions sur l'histoire de la cabane, ainsi que sur les objets que vous pouvez y trouver. Les visiteurs de Winter Island peuvent également s'attendre à voir des oiseaux de mer tels que des labbes et des goélands de varech, ainsi que des phoques et des manchots. Île de l'Elephant, Shetland du Sud L’île Elephant est l’une des îles les plus éloignées des îles Shetland du Sud. L’origine de son nom fait l’objet de deux hypothèses. Soit c’est parce que des éléphants de mer y ont été observés en grand nombre par la première personne à avoir découvert et cartographié l’île, le capitaine George Powell en 1821, soit c’est parce que la forme de l’île ressemble étrangement à celle de la tête d’un éléphanteau avec la trompe allongée ! L’île est restée inexplorée pendant de nombreuses années, en partie à cause de son manque de ressources (seulement quelques phoques et manchots, et aucune plante indigène) et en partie à cause de ses roches volcaniques escarpées, offrant peu de points d’accostage. Cependant, en 1916, l’île Elephant est devenue immortalisée comme le théâtre de l’incroyable histoire de survie de l’expédition antarctique malheureuse d’Ernest Shackleton. Après que leur navire, l’Endurance, ait été perdu dans les glaces traîtresses de la mer de Weddell, les 28 membres d’équipage furent contraints de tenter une fuite périlleuse. Après des mois passés dans des embarcations ouvertes et bloqués sur des plaques de glace à la dérive, l’équipe arriva sur l’île Elephant. Là, ils établirent une base à Point Wild, tandis que Shackleton et cinq membres de son équipage prirent la mer dans un canot de sauvetage ouvert en direction de la Géorgie du Sud – un voyage de plus de 1 300 kilomètres – pour chercher un navire de secours. Cette histoire saisissante d’endurance, de détermination et d’esprit humain est rappelée aux visiteurs de l’île Elephant par le Mémorial de l’Endurance à Point Wild. Vous pouvez également admirer les vues spectaculaires du glacier Endurance – nommé d’après le navire perdu de Shackleton – ainsi que le paysage rocheux impressionnant et ses manchots à jugulaire et phoques. Îles Orne Les îles de l'Orne sont un groupe de petites îles rocheuses de faible altitude situées à l'entrée du canal d'Errera. Elles se trouvent juste au large de la côte nord de l'île Ronge, au large de la Terre de Graham. La plus grande île de l'Orne présente des pentes modérées menant à une crête centrale rocheuse qui présente des bancs de neige permanents. Trois autres petits îlots composent le groupe. Votre débarquement se fera par une plate-forme rocheuse basse sur le côté nord-ouest de l'île principale. Une fois à terre, vous pourrez vous promener librement sur l'île sous la supervision de vos guides experts. Les îles de l'Orne abritent des labbes, qui nichent dans les affleurements rocheux, ainsi que d'autres oiseaux de mer et manchots de l'Antarctique. En hiver, d'impressionnantes falaises de neige peuvent se former près du site d'atterrissage. Pour éviter de perturber la faune, le nombre de visiteurs sur l'île est limité, et pendant les saisons de nidification, vos guides peuvent restreindre les zones dans lesquelles vous pouvez vous déplacer pour protéger les nids. Georges Point, île Rongé L’île Rongé est haute et rocheuse. D’environ 8 km de long, c’est la plus grande des îles qui forment le côté ouest du chenal Errera, au large de Graham Land. Georges Point a été cartographié pour la première fois en 1897 par l’expédition antarctique belge et nommé d’après l’un de ses membres. Vous atterrissez sur une plage rocheuse avec une colonie de manchots à une extrémité que vos guides experts de l'Antarctique vous feront visiter. Ils vous emmèneront également sur un sentier soigneusement balisé jusqu’au terrain plus élevé derrière la plage vous donnant une vue imprenable sur les concentrations de manchots le long de la rive. Il y a aussi souvent des phoques à fourrure de l’Antarctique à Georges Point sur l’île Rongé ainsi que beaucoup d’oiseaux marins. Les falaises rocheuses et la hauteur de l’île offrent de magnifiques décors et de grandes occasions de capturer l’essence de l’Antarctique dans vos photographies. Île Stonington Pour une île rocheuse aussi minuscule (elle mesure moins d'un km sur un demi km), Stonington renferme une grande partie de l'histoire humaine de l'Antarctique. Elle se trouve dans la baie Marguerite, à l'ouest de la terre de Graham. L'île a accueilli non pas une, mais deux expéditions hivernales. En 1939, le service antarctique américain l'a choisi comme lieu de construction de ce qui est devenu la base Est. Les bâtiments et les objets qui s'y trouvent sont désormais protégés en tant que monument. Les visiteurs peuvent entrer dans la hutte principale pour ressentir ce qu'ont dû être les hivers sombres et glacés à Stonington. Plus tard, dans les années 1940, les Britanniques ont choisi la même petite île pour y installer leur "base E". Là encore, les visiteurs peuvent entrer dans la cabane principale et dans le hangar du générateur. Comme pour la base américaine, il existe d'autres bâtiments annexes qui ne peuvent pas être visités en raison de leur statut de monuments protégés. Les fenêtres de la base E sont équipées de volets permanents, votre guide devra donc vous fournir des torches si vous vous aventurez à l'intérieur. Pour rappeler solennellement la dureté du continent, il y a également un site funéraire où deux membres de l'expédition sont enterrés dans des cercueils recouverts de simples cairns de pierre. Site de reproduction important pour les oiseaux, l'île Stonington abrite une colonie de plus de 130 couples de cormorans impériaux, ainsi que des sites de nidification pour les skuas et les sternes. Île Paulet L'île Paulet est un spectacle saisissant. Ce rocher circulaire fait moins de deux kilomètres de diamètre, mais son cône volcanique s'élève à plus de 335 m en son centre. Il se trouve à environ 5 km de l'île Dundee, à l'extrémité nord de la péninsule Antarctique. Cartographiée pour la première fois en 1839, l'île Paulet abrite une énorme colonie de manchots. Quelque 100 000 couples reproducteurs de manchots Adélie vivent ici, un spectacle et un son vraiment remarquables ! Vous pourrez également observer d'autres oiseaux marins lors de votre visite, notamment des requins, des pétrels des neiges et des mouettes de varech. Un autre aspect fascinant de l'île Paulet est l'abri historique qui date de 1903, lorsqu"un navire suédois se retrouva écrasé par la banquise et les survivants du naufrage durent construire une cabane en pierre pour se protéger des rudes conditions hivernales. Vous noterez également la présence d'un cairn construit sur le point le plus élevé de l'île, que les marins réfugiés utilisaient pour attirer l'attention en cas de sauvetage. Vous pourrez apercevoir une pierre tombale, pour l'un membre de l'expédition qui n'a malheureusement pas survécu. Parce que l'île Paulet est si dense en faune, les visiteurs seront escortés en petits groupes par des guides antarctiques expérimentés. Cela permet de perturber le moins possible les oiseaux nicheurs et de protéger le site du refuge. Les otaries à fourrure sont souvent observées sur les rivages de l'île. Au plus fort de la saison de reproduction, il se peut que certains sentiers de randonnée autour de l'île soient fermés en raison du grand nombre de créatures merveilleuses qui choisissent d'élever leurs petits ici. L'Île des Pingouins L’île Penguin a été enregistrée pour la première fois en 1820 lors d’une expédition britannique. Elle a été ainsi nommée en raison du grand nombre de manchots que l’on pouvait voir le long de son rivage depuis le navire en passant. L’île Penguin se trouve juste au large de la côte sud de la bien plus grande île King George. Elle est dépourvue de glace et a une forme ovale, mesurant environ 1 mile de long. C’est l’une des plus petites îles Shetland du Sud et elle est également connue sous les noms de Georges Island, Île Pingouin, Isla Pingüino et Penguin Isle dans divers livres et cartes. Sa caractéristique géologique remarquable est le Deacon Peak, un cône volcanique de 170 mètres de haut, qui aurait été actif pour la dernière fois il y a environ 300 ans. L’île Penguin est une zone d’importance internationale reconnue pour les oiseaux. En plus des colonies de manchots Adélie et à jugulaire, l’île abrite également de grandes colonies de reproduction de pétrels géants du sud, de sternes antarctiques et de goélands dominicains. On peut souvent voir des phoques de Weddell et parfois des éléphants de mer du sud sur les plages ici aussi. Pour les plus sportifs, un sentier balisé permet de monter jusqu’au sommet du Deacon Peak. De là, on bénéficie d’une vue imprenable sur toute l’île et au-delà, à travers la baie King George. Notez cependant que cette partie de l’Antarctique est connue pour ses changements météorologiques rapides, donc si l’occasion de faire cette promenade en toute sécurité se présente, saisissez-la ! Les cabanes de Mawson et le cap Denison Le cap Denison se trouve à la lisière est du territoire antarctique australien, à la tête de la baie du Commonwealth. La péninsule est pour la plupart libre de glace et composée d’une série de vallées rocheuses et de crêtes. L’importance du Cap pour l’histoire humaine de l’Antarctique réside dans la collection de bâtiments connus sous le nom de Mawson's Huts, ou refuges de Mawson. Ceux-ci ont été construits et habités au cours d’une expédition antarctique australienne qui a duré de 1911 à 1914, dirigée par l’explorateur et géologue Sir Douglas Mawson. Les huttes qui portent aujourd’hui son nom sont très rares, n’étant qu’un des six sites qui subsistent encore de la soi-disant « ère héroïque » de l’exploration antarctique. Plusieurs bâtiments ont été construits pour abriter des instruments scientifiques, notamment pour effectuer des relevés magnétiques et des observations astronomiques. Il y avait également une cabane radio - la première fois que la transmission radio a été utilisée en Antarctique. La cabane principale du cap Denison a subi des travaux de préservation, mais les chutes de neige peuvent encore souvent entrer à l’intérieur. En raison de la nature délicate de la cabane, seulement 4 personnes à tout moment sont autorisées à l’intérieur. Vous y trouverez une capsule temporelle étonnante du début du 20ᵉ siècle, y compris le poêle en fonte, bouteilles, pots, canons, et d’autres articles de tous les jours. Sur certaines des étagères de rangement sont inscrits les noms des hommes qui y ont déposé leurs affaires, ainsi que la date - toujours lisible après 120 ans. En plus des huttes de Mawson, le cap Denison est un endroit populaire pour la reproduction de la faune. On peut souvent voir des phoques de Weddell avec leurs petits pendant la saison de reproduction, et il y a également des colonies d'oiseaux, notamment des skuas, des pétrels et des manchots. Animaux : Antarctique Veuillez noter que les observations d'animaux sauvages ne sont jamais garanties et dépendent des saisons, du temps et d'autres facteurs. Manchot d’Adélie Otarie à fourrure de l'Antarctique Shag antarctique Sterne antarctique Sterne arctique Albatros à sourcils noirs Baleine bleue Labbe brun ou antarctique Pétrel du Cap Manchot à jugulaire Dauphin de Commerson Phoque crabier Nos voyages : Antarctique Votre conseiller voyage Celia Appelez maintenant +33 1 76 38 06 39 En semaine, de 10:00 à 21:00 CET Prénom * ​ Nom (tel que sur votre passeport) * ​ Votre adresse e-mail * ​ N° de Téléphone ​ ​ Votre message * ​ J’ai lu et j’accepte la politique de confidentialité .* Croisière en Antarctique | Polartours
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Croisière en Antarctique Croisières d'expédition vers le continent blanc : Une véritable expérience unique! Informations sur : Antarctique L'Antarctique est le continent le plus méridional, ainsi que le moins habité. Si les tempêtes hivernales et les températures extrêmement basses font de cette région l'une des plus difficiles à visiter en hiver, pendant les quelques mois d'été, l'Antarctique montre son côté le plus doux. C'est à cette époque de l'année que quelques voyageurs aventureux peuvent visiter la région et profiter des paysages les plus beaux, les plus impressionnants et les plus intacts du monde. Vous pouvez également créer des souvenirs inoubliables en rencontrant certains des animaux sauvages les plus extraordinaires et les plus rares. Les croisières vous emmènent à leur rencontre, dans le confort et le bien-être de votre navire, accompagné de certains des meilleurs experts mondiaux des régions polaires. Vous vivrez alors une aventure inoubliable en visitant cette région unique, qu'est l'Antarctique. Photos : Antarctique +1 Destinations que vous visiterez : Antarctique Péninsule Antarctique - Côté nord-ouest Cercle Antarctique Le son de l'Antarctique Île du Roi-George Géorgie du Sud Îles Orcades du Sud Îles Shetland du Sud Les îles Malouines Les incontournables : Antarctique Baie des baleines Whalers Bay ou baie des baleiniers est un petit port naturel sur l’île Déception, l’une des îles Shetland du Sud. Volcan actif, le cratère forme une entrée naturelle abritée qui a été historiquement utilisée par les chasseurs de phoques, puis les baleiniers des années 1820. La géographie en fait un endroit idéal pour les navires à l’abri par mauvais temps, et Whaler’s Bay contient certains des artefacts baleiniers les plus importants dans l’ensemble de l’Antarctique. Alors que votre navire navigue à travers l’étroite « rupture » dans la caldeira volcanique connue sous le nom de Neptunes Bellows, la large plage circulaire de Whaler’s Bay se trouve à droite. La plage s’étend sur un peu plus de 2 km (1.4 miles) et a été utilisée comme piste d'atterrissage dans les années 1950 et 1960 lorsque le site était la plaque tournante principale des mouvements aériens de l’Antarctique britannique. Le hangar qui a été construit en 1960 peut être visité à l’extrémité nord de la plage. À l’extrémité sud de la plage se trouvent de grands réservoirs rouillés de pétrole, et derrière eux se trouvent des bâtiments de la période allant de 1906 à 1931. Il y avait à l'époque une importante industrie baleinière et, avec la plage abritée et peu profonde, cela en faisait un endroit idéal pour débarquer des carcasses de baleines. Pendant que vous explorez toute cette histoire humaine remarquable, n’oubliez pas que vous êtes sur un volcan actif ! Les instruments que vous pouvez voir autour de la plage dans la région de Whalers Bay sont des moniteurs sismiques, car l’île est surveillée 24 heures sur 24. La dernière éruption a eu lieu en 1969, et cela a été responsable de certains des coulées de boue et des dommages aux bâtiments et aux réservoirs métalliques que vous pourrez observer. Les manchots ne semblent pas s’en inquiéter, cependant ! Les manchots à jugulaire et les manchots papou peuvent être observés le long de la plage, et il n’est pas rare de rencontrer des phoques à fourrure. Il y a aussi beaucoup d’oiseaux marins de l’Antarctique à voir, y compris des pétrels, des skuas, des sternes antarctiques et des goélands de varech. Île Saunders L'île Saunders (connue en espagnol sous le nom d'Isla Trinidad) se trouve au nord-ouest du groupe des îles Falkland et est la quatrième plus grande île individuelle, avec une superficie de 80 km². L'île Saunders est étonnante sur le plan géographique et riche d'une faune remarquable. L'île se compose de trois péninsules reliées par d'étroits cols de terre. Les trois hauts plateaux se dressent au-dessus de ces cols, le plus haut, le Mont Richards, culminant à 1 500 pieds au-dessus des vagues. Les vues depuis les promontoires sont étonnantes. L'île de Saunders a été désignée zone importante pour la conservation des oiseaux (IBA) en raison du grand nombre d'espèces nicheuses qui y ont élu domicile. Les plages et les falaises abritent quatre espèces de manchots, avec des milliers de manchots Gentoo, Rockhopper, Magellan et royaux - vous ne pourrez pas éviter d'entendre leurs cris rauques de partout sur l'île ! Il y a aussi quelques manchots macaronis et si vous avez la chance de les voir, vous aurez eu une journée à cinq espèces de manchots ! Parmi les autres espèces importantes que l'on peut trouver sur Saunders, citons le canard à vapeur des Malouines, le requin roi, l'albatros à sourcils noirs, le caracara rayé (qui peut être très curieux), le vautour turc, et toute une gamme d'oiseaux de rivage, comme l'huîtrier de Magellan, et d'oiseaux terrestres, depuis le tyran à face noire jusqu'au roselin à collier blanc. Comme il y a des rats sur l'île, vous n'avez pas tendance à voir le Cincloïde noirâtre ou le Tussacbird. Dans les eaux au large du rivage sablonneux, vous pouvez voir les délicieux dauphins de Commerson - leurs marques noires et blanches les faisant ressembler à des orques miniatures - et même des otaries sud-américaines. En visitant Elephant Point, vous vous retrouverez face à la petite colonie d'éléphants de mer qui vit ici et qui a donné son nom à la plage. À la bonne période de l'année, si vous avez de la chance, vous verrez peut-être des baleines franches australes se nourrir et se reposer dans les baies abritées avant de repartir. Géorgie du Sud et mer de Scotia L’île de Géorgie du Sud (connue sous le nom d’Isla San Pedro en espagnol) est souvent décrite, à juste titre, comme un point culminant de l’expérience de croisière en Antarctique de nombreux peuples. L’île principale rocheuse et éloignée se trouve à environ 1400 km des îles Malouines et à la même distance de la péninsule Antarctique. C’est assez montagneux, avec une haute crête centrale et beaucoup de baies et fjords sur sa côte, ce qui rend certaines vues magnifiques et des photographies remarquables. Il y a 8 petites îles (les îles Sandwich sud) situé 400 miles au sud-est qui sont rarement visités. La Géorgie du Sud a une histoire humaine principalement centrée autour des industries de chasse au phoque et de chasse à la baleine, avec des reliques telles que des pots d’essai et des baleiniers coulés à découvrir. De nombreuses personnes visitent également la tombe d’Ernest Shackleton, l’un des explorateurs antarctiques les plus célèbres, qui est mort subitement d’une crise cardiaque alors qu’il se trouverait en Géorgie du Sud. Faisant partie de l’une des plus grandes réserves marines du monde, la variété de la faune que l’on trouve en Géorgie du Sud est ce qui attire la plupart de ses visiteurs. Des plus grandes colonies de manchots royaux du monde aux plages remplies d’éléphants et de phoques à fourrure, en en plus des colonies de reproduction de l’oiseau ayant la plus grande envergure au monde, de l’albatros errant aux innombrables espèces d’oiseaux marins, la Géorgie du Sud est une destination qui sert chaque jour des « jours de vie » ! Îles Yalour Les îles Yalour (aussi parfois appelées îles Jalour) sont un groupe de petites îles d'environ 2,5 km de long et des rochers saillants au large du cap Tuxen dans la terre graham. Les îles ont été découvertes et nommées en 1903 par l'expédition antarctique française dirigée par Charcot. La plupart des îles Yalour sont escarpées ou impropres à l’atterrissage en raison des conditions de mer, mais la plus grande île a quelques plages pavées où vous pouvez mettre à terre. Les visiteurs viennent ici pour observer les colonies de manchots Adélie. On pense qu’il y a environ 8 000 couples reproducteurs de manchots Adélie dans les îles Yalour, et ils ont niché sur chaque morceau de roche qu’ils peuvent trouver qui n’est pas enneigé. C'est un spectacle étonnant lorsque vous atterrissez sur la plage ! Les possibilités photographiques ici sont excellentes. Les hautes montagnes de la péninsule Antarctique forment une toile de fond étonnante pour les photos des sites de nidification des manchots Adélie. Vos guides experts vous montreront les meilleurs sites et répondront à toutes vos questions sur les manchots et leur vie. Brown Bluff Brown Bluff est un excellent exemple d’un « tuya » - un volcan qui a été aplati par l’éruption à travers un glacier ! Ce sont les plus rares de tous les types de volcans et ne se trouvent que dans les zones qui ont connu une glaciation à grande échelle dans le passé. Brown Bluff avec son look distinctif « tabletop », se trouve sur la péninsule de Tabarin, dans la partie la plus septentrionale de la péninsule Antarctique. La plage de débarquement ici est faite de galets et de cendres volcaniques, s’élevant rapidement vers des falaises abruptes d'un brun-rougeâtre. Les falaises sont encastrées dans des « bombes volcaniques » - de gros morceaux de lave qui ont été jetés lors d’une éruption, se refroidissant dans l’air pour atterrir sous forme solide sphérique ou ovale. En plus de la géologie fascinante, l’autre star du spectacle est la vie aviaire. Brown Bluff abrite plus de 20 000 couples reproducteurs de manchots Adélie, ainsi qu’une petite colonie de manchots papou. Parmi les autres résidents reproducteurs, mentionnons les pétrels tempête, les pétrels du Cap et les goélands domincains. Les phoques de Weddell se reposent souvent sur la plage ici, et il est également courant de voir des phoques léopards chasser dans les eaux proches du rivage. Grytviken, Fortuna Bay Grytviken n’existe que grâce à l’industrie baleinière. Elle a été ouverte en tant que station baleinière en 1904, car la baie Fortuna était considérée comme le meilleur port naturel de la Géorgie du Sud. Le site a fonctionné pendant près de 60 ans et plus de 53 000 carcasses de baleines y ont été débarquées et traitées. Bien que fondée par un Norvégien, le nom « Grytviken » est en réalité suédois ! Il signifie « Baie du Pot » et a été donné par l’expédition suédoise de reconnaissance de 1902, car ils y ont trouvé plusieurs anciens chaudrons britanniques – de grands récipients utilisés pour faire fondre la graisse de phoque. La station baleinière a été abandonnée en 1966 car elle n’était plus rentable, les stocks de baleines de la région ayant chuté à des niveaux critiques en raison de la surchasse, et il n’y a pas de résidents permanents. Cependant, quelques responsables vivent ici pendant la saison touristique pour gérer le musée de la Géorgie du Sud et le bureau de poste qui s’y trouve, un lieu fascinant à visiter où l’on peut même acheter quelques souvenirs. Il y a une histoire humaine antarctique encore plus célèbre à découvrir à Grytviken. Juste à l’extérieur de la colonie se trouve la tombe de Sir Ernest Shackleton, le célèbre explorateur antarctique, qui est décédé ici d’une crise cardiaque soudaine en 1922. Il y a également une stèle à côté de sa tombe marquant l’endroit où les cendres de son équipier clé et compagnon d’exploration Frank Wild ont été inhumées. En plus du musée, Grytviken possède aussi une église – remarquablement encore utilisée pour des offices occasionnels. Bien que la plupart des gens viennent ici pour l’histoire humaine, la région est également idéale pour la faune et l’histoire naturelle ne déçoit pas. La baie Fortuna est connue pour ses grandes colonies de manchots royaux et est un lieu de repos populaire pour de nombreux éléphants de mer, ainsi qu’une multitude d’oiseaux marins. Faites simplement attention aux otaries à fourrure qui peuvent se reposer parmi les débris de l’époque baleinière. Île Cuverville Cette petite île aux flancs escarpés ne mesure que 2,8 km sur 2,3 km et les deux tiers de son territoire se trouvent sous une calotte glaciaire permanente. Sur sa côte nord se trouve une plage de galets et de rochers adossée à des falaises abruptes, où vous débarquerez en zodiac depuis votre bateau de croisière. Aux deux extrémités de cette plage se trouvent d'impressionnantes colonies de manchots papou. Vous pourrez voir clairement les sentiers qu'ils utilisent pour se rendre à l'eau et en revenir. D'autres colonies et sites de nidification se trouvent sur les hauteurs derrière la plage et sur l'ensemble de l'île. Vous pouvez également voir les preuves de l'activité baleinière qui s'est déroulée ici au début des années 1900, notamment les squelettes abandonnés de baleine et les restes de l'équipement utilisé pour les ramener à terre en vue de leur traitement. Cette petite île est soigneusement protégée - un seul navire à la fois peut y débarquer des passagers et il existe d'autres restrictions pour s'assurer que la faune n'est pas inutilement perturbée. Certaines zones de l'île sont interdites aux visiteurs, mais le reste vous permet de vous déplacer librement, et vos guides experts vous montreront la flore et la faune locales et vous expliqueront l'histoire de l'île en matière de chasse à la baleine. Neko Harbour Neko Harbour est un bras de mer de la baie d'Andvord, au large de la côte de la Terre de Graham, dans la péninsule Antarctique. Il a été découvert par une expédition belge au début des années 1900. Ce bras de mer abrité a été nommé d'après le Neko, un baleinier écossais qui a travaillé dans ces eaux entre 1910 et 1925. Neko Harbor possède une plage et un affleurement rocheux entouré de glaciers et de falaises imposantes. Il s'agit d'un site populaire car les glaciers qui entourent cette baie se creusent régulièrement au cours de la saison, ce qui donne lieu à de superbes opportunités de photos et de vidéos si vous êtes chanceux ! Il y avait ici une cabane de refuge construite par l'Argentine en 1949, qui a été utilisée de façon irrégulière jusqu'en 2009, date à laquelle elle a été détruite par une violente tempête. Elle a depuis été déblayée du site, et on n'en voit plus que quelques vestiges. Les manchots papou qui vivent ici et entouraient la cabane de refuge ne semblent pas se soucier de sa disparition ! Leurs cris bruyants vous accueilleront lorsque vous débarquerez sur la plage. Vous pouvez souvent voir des phoques de Weddell dans la mer ou sur la plage de Neko Harbour. Les labbes et les mouettes de varech sont aussi régulièrement observés ici. Jougla Point Situé à l'extrémité ouest de l'île Wiencke à Port Lockroy, Jougla Point est une péninsule très rocheuse avec de nombreuses petites criques. Elle a été cartographiée pour la première fois en 1903 par une expédition antarctique française et constitue l'entrée d'Alice Creek. L'approche de la pointe est tout simplement spectaculaire ! Vous aurez une vue imprenable sur les glaciers, les corniches de neige et les champs de neige escarpés et crevassés lorsque vous entrerez dans le port. Votre atterrissage ici se fera contre des rochers à l'extrémité nord-est de la pointe. Comme de nombreuses baies et criques de la région, la pointe Jougla abrite des artefacts et des vestiges de l'industrie baleinière. Vous verrez des os de baleine aux endroits où les carcasses étaient traînées sur le rivage pour être traitées. Vos guides experts de l'Antarctique vous emmèneront le long de Jougla Point pour observer la colonie de manchots papou ainsi que les zones de nidification du requin aux yeux bleus. Vous pourrez également observer des goélands de varech et des labbes, ainsi que des phoques. Vous pourrez vous promener librement sur la plage pour observer et photographier, et vos guides seront là pour répondre à vos questions et s'assurer que les visiteurs ne s'approchent pas des zones de reproduction fermées. Île Torgersen L'île de Torgersen est une très petite île circulaire de seulement 410 mètres de diamètre. Elle fait partie de l'archipel Palmer et se trouve à l'entrée du port Arthur, sur la côte sud-ouest de l'île d'Anvers. C'est un site populaire pour la reproduction des oiseaux de mer et des manchots Adélie, mais ce petit rocher a une importance bien plus grande et plus déprimante. Bien que la taille actuelle de la colonie, qui compte 3 000 couples reproducteurs, semble importante, la population d'Adélie a diminué de plus de 60 % depuis 1974 en raison de l'impact du changement climatique sur la glace de mer et les chutes de neige. Une colonie de manchots d'Adélie qui était basée sur l'île voisine de Litchfield a complètement disparu au cours de cette période. Des études archéologiques ont montré que les manchots y nichaient depuis plus de 600 ans sans interruption, avec jusqu'à 15 000 couples en résidence à un moment donné. En 2007, ils avaient tous disparu. Vos guides experts de l'Antarctique vous indiqueront les itinéraires à suivre pour minimiser l'impact sur la colonie d'Adélie de l'île Torgersen, et vous feront part des inquiétudes des scientifiques de l'Antarctique quant à l'impact continu du changement climatique sur la faune et la flore de la région. Il s'agit d'un rappel opportun de la nécessité de changer la façon dont les humains vivent et utilisent les combustibles fossiles si nous voulons préserver les espèces et les paysages uniques de l'Antarctique. Chez Polartours, nous nous impliquons en compensant le carbone de chaque circuit de croisière polaire que nous vendons. Baie de Telefon sur l’île Déception L'île de la Déception est le cône érodé d'un volcan actif, dont la dernière éruption remonte à 1967. Elle se trouve dans le détroit de Bransfield et fait partie des îles Shetland du Sud. La baie Téléphone "Telefon Bay" se trouve sur la côte nord-ouest du volcan et est surplombée par la crête du même nom "Telefon Ridge". Malgré son nom, cette baie n'a rien à voir avec les communications ! Elle a été cartographiée pour la première fois en 1908 et a été nommée d'après un navire norvégien, le SS Telefon, qui avait été endommagé et s’était échoué à cet endroit pour des réparations plus tard dans l'année avant d'être remis à flot. La toile de fond de la plage est spectaculaire. Dans les terres qui s'élèvent derrière elle, vous verrez un certain nombre de cratères volcaniques, dont certains vont jusqu'à 45 m de profondeur, bien qu'ils soient progressivement remplis de glace et de sédiments. À l'est et à l'ouest se trouvent des falaises de cendres résultant de l'activité de l'éruption de 1967 qui a touché la baie de Telefon. Vous pourrez vous promener librement ici, à condition de rester sur les sentiers principaux et d'éviter les manchots ! Vous verrez souvent des équipements scientifiques placés autour de la baie et utilisés pour surveiller les perturbations sismiques - ils seront clairement indiqués pour vous aider à les éviter. La plage peu profonde est un lieu de prédilection pour les phoques, et vous rencontrerez souvent des otaries de Weddell et des otaries à fourrure lorsque vous vous poserez. Baily Head sur l'île de la Déception L’île Déception est l’une des îles Shetland du Sud, au large de la péninsule Antarctique. L’île est en réalité le sommet du cône (la caldeira) d’un volcan-bouclier actif qui est entré en éruption pour la dernière fois en 1969. Cette caldeira inondée forme un port naturel remarquable, bien que Baily Head se trouve sur le flanc extérieur est du cône. La géographie crée ici un amphithéâtre naturel dans le paysage, avec une longue plage rocheuse menant à une crête incurvée au-dessus. Au nord se trouve un impressionnant glacier. À l’approche de la plage de Baily Head, vous commencerez à entendre le bruit incroyable que peut produire une colonie de plus de 200 000 manchots à jugulaire ! Pendant l’été, le ruisseau issu de la fonte glaciaire leur permet de créer une « autoroute » à manchots que les oiseaux empruntent pour aller et venir de la mer, des centaines se déplaçant dans les deux sens à tout moment. Vos guides experts de l’Antarctique vous mèneront au bord des groupes de reproduction, vous permettant d’observer ce spectacle remarquable sans déranger les oiseaux. Parmi les autres visiteurs réguliers de Baily Head figurent les otaries à fourrure antarctiques qui viennent souvent s’échouer sur la plage, tandis que les phoques crabiers, éléphants de mer, de Weddell et léopards de mer peuvent également être aperçus dans les eaux environnantes. Au-dessus de vous, vous trouverez des skuas, des pétrels et des chionis, qui aiment tous nicher dans les rochers abrités de Baily Head. Orne Harbour Orne Harbour est une crique d’environ 1,6km (1 mille) de large sur la côte ouest de Graham Land, juste au sud-ouest du cap Anna. Elle a d’abord été découverte lors d'une étude belge de la côte antarctique de Danco en 1898 et a ensuite été utilisée régulièrement par les baleiniers au début des années 1900. Le site est populaire pour deux raisons. Tout d’abord, c’est un bel emplacement qui offre une vue imprenable sur l’Antarctique. Le rivage rocheux exposé contraste avec les plaques de neige permanentes. Les glaciers entourent le port et des sommets escarpés s'élèvent au-dessus. C'est magnifique ! L’autre raison de visiter le Orne Harbour est de voir la colonie de nidification des manchots à jugulaire. Une randonnée escarpée, mais sûre, allant de la plage à la colonie vous offrira qui plus est, de remarquables vues sur la baie et le glacier. Point Wild Point Wild est une pointe de sable et de rochers étroite et sans prétention, bordée de glaciers de marée et de falaises abruptes. Il se trouve sur la côte nord de l'île Elephant, qui fait partie des îles Shetland du Sud de l'Antarctique. Malgré son manque de grandeur, ce petit bout de terre a joué un rôle important dans l'histoire : il a été nommé d'après Frank Wild, le chef des survivants de l'expédition de Sir Ernest Shackleton qui a fait naufrage. Quinze hommes ont alors campé sur ce bout de terre et ont réussi à survivre pendant quatre mois d'hiver antarctique avant d'être secourus par un navire de la marine chilienne en août 1916. Un mémorial commémorant le capitaine du navire de sauvetage se trouve ici, avec un impressionnant buste en bronze, ainsi que plusieurs inscriptions. Vous trouverez souvent des membres d'une colonie de manchots à jugulaire qui "gardent" le monolithe ! Les eaux autour de Point Wild sont célèbres pour "accrocher" les icebergs sur leurs rochers sous-marins cachés, et il y a toujours une chance de voir le glacier voisin se creuser dans les eaux. En raison de l'état de la mer, il n'est pas toujours possible d'accoster ici, mais un passage à proximité vous permettra de vous émerveiller de l'isolement et des conditions inhospitalières qu'ont endurés les membres de l'équipe de Shackleton. Vous pourrez également admirer les glaciers étonnants et la géologie stupéfiante de la région autour de la pointe. Au sud du cercle polaire Les cercles polaires sont deux lignes imaginaires dans les hémisphères nord et sud qui indiquent où commencent l'Arctique et l'Antarctique. Pour nous, tout ce qui se trouve au sud de notre cercle polaire est l'Antarctique. Il existe en fait très peu de bases ou de stations scientifiques à l'intérieur du cercle polaire sud, car les conditions de glace rendent l'entrée et la sortie du personnel et des équipements difficiles par bateau et traîtres ou impossibles par avion. Cependant, l'Argentine et le Royaume-Uni parviennent à maintenir des stations permanentes dans la baie Marguerite, et le Chili a une station d'été à l'entrée de la baie. Cette baie se trouve en dessous du cercle polaire, et votre navire fera de son mieux pour franchir la "ligne" ici en naviguant au-delà des îles Biscoe vers la baie si les conditions de mer et de glace le permettent. C'est un moment de célébration, et peut-être de réflexion sur les vies perdues dans l'effort humain pour explorer chaque partie de notre monde et le comprendre pour le bénéfice des générations futures. Turret Point Turret Point est bien nommé ! En vous approchant de cette partie de l'île du Roi George, vous verrez les immanquables "empilements" de rochers qui ont fait de ce nom le plus évident à choisir lorsque le point a été cartographié pour la première fois en 1937 par une mission d'exploration britannique. L'île du Roi George est la plus grande des îles Shetland du Sud, et Turret Point se trouve sur sa côte sud. Son paysage remarquable est formé par le glacier qui sert de toile de fond à la plage d'atterrissage en pente douce. Son front noueux et crevassé impressionnant constitue une toile de fond étonnante pour l'activité de la faune sauvage. La plage est extrêmement populaire auprès des espèces d'oiseaux antarctiques. En plus des manchots à jugulaire, la zone est fréquentée par des pétrels géants, des requins aux yeux bleus et des mouettes de varech. On peut souvent voir des éléphants de mer se vautrer dans les bas-fonds et les otaries à fourrure sont également des visiteurs fréquents. Vous pourrez marcher jusqu'à la face du glacier et vos guides experts vous guideront le long du lit du ruisseau de fonte pour éviter de piétiner la fragile flore antarctique qui pousse ici à Turret Point. Île Petermann L'île Petermann marque les extrêmes pour deux espèces antarctiques - pas mal pour un petit rocher de moins d'un kilomètre de long ! Cet affleurement rocheux qui s'élève à quelque 150 mètres au-dessus de la mer est recouvert de glace en permanence. L'île se trouve juste au sud de l'île Booth dans le canal Lemaire. L'île Petermann est d'origine volcanique et sa calotte glaciaire permanente couvre plus de la moitié de sa surface. Elle abrite la colonie la plus septentrionale de manchots Adélie, mais aussi la colonie la plus méridionale de manchots papou. Cartographiée pour la première fois par une expédition française en 1909, l'île Petermann abrite également des colonies de reproduction de labbes et de pétrels tempête de Wilson. Il y a également de bonnes chances d'observer des otaries de Weddell, des phoques crabiers et des otaries à fourrure. Les visiteurs peuvent faire une randonnée jusqu'au point le plus élevé de l'île, où une croix et un cairn rappellent la mémoire de trois membres du British Antarctic Survey qui sont morts en 1982 en tentant de traverser la glace de mer entre l'île Petermann et la station Vernadsky. Il y a également une cabane refuge construite par une expédition argentine en 1955 - ses murs en métal rouge forment un contraste fantastique avec la neige et la glace. Bull Point Bull Point est le point le plus au sud des deux principales îles Falkland. Situé à l'extrême sud de l'île East Falkland, le point fait partie de la rive ouest de la baie des ports. La plus grande partie de Bull Point est utilisée par North Ant Farm et fait l'objet d'un pâturage actif, mais sa flore et sa faune importantes lui ont valu d'être déclaré zone importante pour la conservation des oiseaux (IBA). L'extrémité de la pointe a été complètement clôturée pour permettre à un habitat naturel de se reconstituer. Des études ont révélé la présence de plus de 100 espèces végétales différentes à la pointe, dont plus de la moitié sont considérées comme rares. L'une des espèces particulièrement importantes est la liane de Dusen, que l'on ne trouve qu'à deux endroits aux Malouines, à part Bull Point, et nulle part ailleurs. Le rivage rocheux protège les lits de varech et les plages de sable sont souvent visitées par les éléphants de mer du Sud et les otaries du Sud. On y trouve également des sites de nidification pour les manchots de Gentoo et de Magellan, ainsi que des colonies de reproduction d'oies à tête rousse et de canards à vapeur des Malouines. Plaine de Salisbury La plaine de Salisbury (connue sous le nom de Llanura de Salisbury en espagnol) est une grande plaine côtière qui mène à la baie des îles, au large de la côte nord de la Géorgie du Sud. Bien que cette zone de la côte de la Géorgie du Sud ait été découverte par le capitaine James Cook dans les années 1770, aucune carte détaillée de la région n'a été réalisée avant une enquête de l'Amirauté britannique dans les années 1930. Une carte produite en 1931 est la première fois que cette zone est nommée, et il est probable qu'elle soit nommée d'après la plaine de Salisbury "originale", un plateau herbeux et crayeux du sud de l'Angleterre utilisé pour l'entraînement militaire et abritant Stonehenge. La plaine de Salisbury en Géorgie du Sud a été formée par le ruissellement glaciaire du glacier Grace tout proche. Ce glacier a été nommé par l'ornithologue américain Robert Cushman Murphy pour sa femme lors de son expédition de 1912. La plaine de Salisbury est mondialement connue pour sa remarquable colonie de reproduction de manchots royaux. En 1912, Cushman estimait qu'il y avait ici 350 couples. Aujourd'hui, c'est l'un des plus grands rassemblements de manchots royaux au monde, et les estimations officielles font état de 100 000 couples nicheurs en pleine saison. Voir la plaine remplie de ces oiseaux majestueux est l'un des points forts de tout voyage en Géorgie du Sud et dans l'Antarctique. Les éléphants de mer du Sud et les otaries à fourrure de l'Antarctique, qui ne sont pas en reste par rapport aux manchots royaux, utilisent également la plaine de Salisbury pour élever leurs petits et peuvent être observés en grand nombre. Île Danco, chenal Errera Danco est une petite île dans la partie sud du chenal Errera, un plan d’eau qui s’étend entre l’île Rongé et la côte de Graham Land. Longue de seulement 1,6 km (1 mille), la large plage de Danco s’élève jusqu’à une colline couverte de glace permanente qui offre une vue imprenable sur le canal. Les visiteurs rapportent souvent qu'ils peuvent apercevoir des baleines à bosse et des baleines de Minke depuis cet endroit lorsqu'ils voyagent entre les îles. Le décor des glaciers crevassés dans les montagnes environnantes est époustouflant. L’île accueille environ 1500 couples reproducteurs de manchots papou. Ils aiment nicher loin de la plage sur les pentes, et ainsi vous les verrez faire des voyages vers et depuis la mer. Les phoques sont également des visiteurs fréquents de l’île, tout comme une variété d’espèces d’oiseaux de l’Antarctique, y compris les skuas, les sternes et les goélands de varech. Danco a également été le site de la base « O », construite par le British Antarctic Survey ou Enquête antarctique britannique, en 1954 comme base pour la recherche géologique et l’exploration. La base a été abandonnée en 1959 lorsque l’expédition a pris fin et les cabanes ont ensuite été enlevées en 2004. Sur la plage, vous pouvez trouver une plaque avec une inscription donnant l’histoire de la base. Île Pleneau L'île Pleneau est l'un des sites les moins visités de l'Antarctique, mais il en vaut la peine. Cartographiée pour la première fois en 1903 par l'expédition française Charcot, c'est un endroit magnifique qui surplombe ce que l'on appelle un "cimetière d'icebergs". Que ce soit depuis l'île elle-même ou depuis un zodiac, il y a toujours de superbes icebergs à photographier. L'île elle-même fait moins d'un kilomètre de long et se trouve juste à côté de l'île Hovgaard dans l'archipel de Wilhelm. Pleneau abrite des sternes et vos guides experts de l'Antarctique veilleront à ce que vous ne les dérangiez pas pendant la saison de reproduction. La calotte glaciaire permanente au sommet de l'île est magnifique, mais elle est criblée de crevasses et il n'est pas sûr de s'y promener. L'extrémité nord de l'île abrite une colonie de reproduction de requins aux yeux bleus, et vous verrez certainement des manchots et des phoques parmi les superbes icebergs. Hannah Point Hannah Point est une péninsule spectaculaire située sur la côte sud de l’île Livingston, dans les îles Shetland du Sud. Sa crête forme les côtés de deux baies : Walker Bay et South Bay. Les rochers s’élèvent progressivement jusqu’à des falaises abruptes et des arêtes acérées à plus de 50 mètres au-dessus du niveau de la mer. Des chutes de pierres sont fréquentes, et vos guides vous indiqueront la veine de jaspe – un minéral rouge – qui traverse les falaises ici. La région a été utilisée pour la chasse par les chasseurs de phoques du XIXe siècle, et le British Antarctic Survey y a installé un camp de base connu sous le nom de Station P pour l’hiver 1957. La zone de Hannah Point est riche en faune antarctique. Les éléphants de mer viennent s’échouer et se déplacent vers une mare au sommet de la falaise d’où ils peuvent surveiller leur domaine. Les otaries à fourrure antarctiques sont également des visiteuses fréquentes. Les manchots papous et à jugulaire nichent ici (ainsi que quelques manchots macaroni) et les goélands dominicains planent presque toujours au-dessus de vos têtes. Parmi les autres espèces d’oiseaux que vous rencontrerez figurent les chionis blancs, les cormorans aux yeux bleus, les pétrels géants et les skuas. Il y a parfois une telle abondance de faune ici que vous devrez attendre qu’une ouverture se crée sur la plage avant de pouvoir débarquer ! Il y a aussi un échouage d’éléphants de mer près de l’un des sentiers et il est important d’écouter les instructions des guides concernant l’approche et de ne pas déranger les phoques au repos. Île Astrolabe L'île Astrolabe mesure 5 km de long et se trouve à environ 22 km au large du cap Ducorps, dans le détroit de Bransfield, sur la péninsule de Trinity. Elle a été découverte en 1837 et nommée d'après le bateau de l'expédition française qui l'a trouvée. Il y a une magnifique plage en forme de croissant sur la rive nord, où vous débarquerez. Selon la période de l'année, vous devrez peut-être choisir soigneusement votre lieu d'atterrissage pour éviter les otaries à fourrure de l'Antarctique qui se reproduisent ici et peuvent être agressives si elles ont de très jeunes bébés. L'attraction principale est la colonie de manchots à jugulaire, forte de plusieurs milliers d'individus. En entrant ou en sortant de ce site, vous naviguerez sans doute à proximité d'un groupe de rochers impressionnants qui dépassent de la mer au nord-est, connus sous le nom de Dents du Dragon. Certains de nos guides experts en croisière antarctique ont décidé que si votre bateau navigue entre les dents, cela signifie que vous avez "passé le fil dentaire" de l'île Astrolabe ! Baie Cooper La baie Cooper est un petit bras de mer contenant l'île Cooper, à l'extrémité sud-est de l'île de Géorgie du Sud. Elle a été cartographiée et nommée pour la première fois par l'expédition du capitaine Cook en 1775. Depuis cette petite baie, vous aurez une vue imprenable sur l'île Cooper elle-même, dont le sommet de 1 300 pieds se trouve toujours au-dessus de la limite des neiges, offrant ainsi des vues polaires époustouflantes, même au plus fort de l'été antarctique. L'île Cooper est fortement protégée pour la faune et la flore et constitue un havre pour les espèces d'oiseaux qui aiment nicher dans l'herbe à tussac qui recouvre l'île, du canard pilet et du pipit de Géorgie du Sud à l'albatros fuligineux à manteau clair et au requin de Géorgie du Sud. L'île abrite également quatre espèces de manchots, attirant les phoques léopards, et l'île Cooper possède la plus grande colonie de chinstrap de Géorgie du Sud et est l'un des endroits les plus accessibles pour voir le manchot macaroni. Des otaries à fourrure et des éléphants de mer s'y reproduisent également et il faut également surveiller les albatros à sourcils noirs, ainsi que les prions antarctiques et les pétrels des neiges qui chassent au large à la recherche de nourriture. Îles Shetland du Sud Les îles Shetland du Sud sont un groupe d'îles rocheuses situées à environ 120 km au nord de la péninsule Antarctique. Plusieurs pays ont des stations de recherche sur les îles, la plupart se trouvant sur la plus grande île, l'île King George. C'est ici, à la base chilienne Presidente Eduardo Frei Montalva, qu'il y a une piste de 2200 mètres qui voit plus de 200 vols par an transportant des personnes et des fournitures vers et depuis les îles et l'Antarctique au sens large. La plupart des îles sont couvertes de glace pendant une grande partie de l'année, mais elles abritent toujours de grandes populations d'éléphants de mer et d'otaries à fourrure, ainsi qu'un grand nombre de manchots et d'oiseaux de mer antarctiques. On y rencontre fréquemment des manchots papou, des manchots à jugulaire ou encore des manchots d'Adélie, des phoques de Weddell, des phoques crabiers et des léopards, ainsi que des orques, des baleines à bosse et des petits rorquals. Île de la demi-lune L'île Half Moon est accidentée et rocheuse et se trouve juste au large de la péninsule de Bergas dans les îles Shetland du Sud. Un côté de l'île Half Moon présente des pentes et des falaises abruptes et couvertes d'éboulis qui descendent jusqu'à l'eau, un habitat idéal pour de nombreux oiseaux marins de l'Antarctique. Les autres parties de l'île sont caractérisées par des plages de galets et de rochers menant à des pentes moins profondes. Le nombre de visiteurs est strictement contrôlé afin de s'assurer que les sternes, les mouettes et les pingouins résidents ne sont pas dérangés, en particulier pendant leur période de reproduction. Votre site d'atterrissage est une plage de galets où l'on peut voir les restes d'un doris de chasse à la baleine (un type de bateau peu profond, en planches). En plus des colonies de manchots près du rivage, vos guides d'exploration de l'Antarctique vous montreront les sites de nidification des manchots à jugulaire de Half Moon Island près d'une tour de navigation au sommet de la colline, ainsi que les étonnants terriers d'océanites de Wilson qui ont été creusés dans les éboulis ici. Vos guides vous montreront également les zones où vous pouvez vous promener librement, en gardant toujours un œil sur les otaries à fourrure dont les couleurs se camouflent contre les rochers. L'île Half Moon abrite également la station de recherche antarctique d'été argentine. Vous pourriez bien apercevoir des scientifiques effectuant d'importants relevés et travaux de recherche pendant votre visite. Refuge de Snow Hill L'île de Snow Hill porte très bien son nom ! Cette grande île de 33 km de long et de plus de 11 km de large est presque entièrement recouverte de neige toute l'année. Elle a été découverte par une expédition britannique en 1843 et nommée « Snow Hill » parce qu'il n'était pas clair au départ si elle était reliée à sa voisine, l'île Seymour. Des relevés ultérieurs effectués par une expédition suédoise en 1901 ont révélé qu'il s'agissait effectivement d'un affleurement distinct et le mot « île » a été ajouté à son nom. Le terrain élevé de l'île Snow Hill s'élève à environ 170 mètres au-dessus du niveau de la mer. Snow Hill est important sur le plan géologique. De nombreux fossiles marins ont été découverts dans ses roches et d'énormes digues de basalte ont résisté à l'érosion pour devenir des éléments importants et frappants. L'expédition suédoise de 1901 a passé trois hivers sur l'île de Snow Hill, l'utilisant comme base pour explorer la région. En 1902, ils ont construit une cabane en bois qui existe toujours et qui est maintenant classée monument historique. La cabane de Snow Hill est un bâtiment en bois de 6 mètres sur 8 mètres qui est conservé comme une capsule temporelle et qui comprend un salon central, une cuisine et trois couchettes doubles. On peut encore y voir des meubles, de la literie, des lampes, des assiettes, des emballages de nourriture et d'autres articles de tous les jours qui ont simplement été laissés lorsque la cabane a été abandonnée. Le contenu de la hutte de Snow Hill a ensuite été préservé dans un état remarquable par le froid antarctique. Ocean Harbour Ocean Harbour, sur la côte nord-est de la Géorgie du Sud, était autrefois connu sous le nom de New Fortune Bay (en effet, son nom espagnol est toujours Puerto Nueva Fortuna). Dans les années 1950, les arpenteurs ont signalé qu'elle était connue localement sous le nom d'Ocean Harbour, probablement en raison de la Ocean Whaling Company qui utilisait autrefois le bras de mer comme base d'opérations en Géorgie du Sud. En raison du risque de confusion avec la baie voisine de Fortuna Bay, son nom a été remplacé par celui qui est utilisé localement. Ocean Harbor a une histoire humaine notable, notamment un cimetière qui contient la plus ancienne tombe de l'île, celle du chasseur de phoques Frank Cabrial, enterré ici en 1820. On peut également y voir d'anciens pots d'essai utilisés pour la transformation de la graisse de phoque. On peut y voir des reliques plus récentes datant de l'époque où Ocean Harbor était une station baleinière, notamment les restes d'une locomotive à vapeur à voie étroite qui servait à transporter le charbon et les fournitures vers et depuis les navires. Il y a également une épave à Ocean Harbour - le Bayard. Il s'agissait d'un trois-mâts à coque en fer de plus de 200 pieds de long qui s'est détaché de ses amarres lors d'une tempête en 1911 et a fait naufrage de l'autre côté du port, de l'autre côté de la station baleinière où il était amarré. Aujourd'hui, dans un signe de la nature qui se réapproprie le passé, on peut voir des requins de Géorgie du Sud et des sternes antarctiques nicher sur l'herbe qui pousse en abondance sur le pont en décomposition de cet ancien transporteur de charbon de 1000 tonnes. Île Bleaker Bleaker Island (connue sous le nom de Isla Maria en espagnol) a connu au moins trois changements de nom depuis la découverte et la colonisation des îles Malouines. Elle a d'abord été appelée Long Island - un titre peu imaginatif car c'est ce qu'elle est, longue et mince. Son nom a été changé en Breaker Island et elle est apparue ainsi sur les cartes et les plans jusqu'en 1859, date à laquelle une nouvelle carte a été publiée avec le nom de Bleaker. Ce qui était probablement une erreur d'impression est resté depuis lors ! Il existe des preuves que les chasseurs de phoques ont utilisé Bleaker Island comme base, mais il n'y a pas eu de tentative d'établissement permanent avant 1880, date à laquelle une maison a été construite et un élevage de moutons mis en place. Depuis lors, l'île est utilisée pour l'élevage de navires et compte maintenant aussi quelques bovins. Elle est gérée comme une ferme biologique et une destination touristique, l'intendance de la terre permettant à la fois l'agriculture commerciale et la préservation de la faune et de la flore sauvages. Désignée officiellement comme une zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO), l'île Bleaker abrite une importante colonie de reproduction de cormorans impériaux, forte de plus de 16 000 individus. On y trouve également des manchots de Gentoo qui nichent sur la bien nommée colline des manchots, au-dessus de Sandy Bay. On trouve également des manchots australiens près de Long Gulch et les terriers des manchots de Magellan sont très répandus. Il y a également de nombreuses espèces d'oiseaux plus petits ici, y compris des troglodytes et des pipits des Malouines, des siskins à menton noir et des tyrans à face noire. On y trouve également quelques oiseaux de proie, dont des caracaras du Sud. Nouvelle île New Island – également connue sous le nom d’Isla de Goicoechea en espagnol – est l’une des îles Malouines. Île longue et étroite, avec à la fois des falaises abruptes et des baies sablonneuses, elle se situe à 150 km à l’ouest de la capitale des Malouines, Stanley. Malgré sa position à l’extrémité ouest de l’archipel, New Island fut l’une des premières à être visitée et colonisée. Il existe des preuves que des baleiniers américains y auraient accosté dès 1770. En 1813, un navire de Nantucket fit naufrage ici et l’équipage survécut pendant deux ans avant d’être secouru. Ils construisirent un simple abri en pierre qui fait aujourd’hui partie du plus ancien bâtiment des Malouines. Après avoir servi de base pour les exploitants de guano et les compagnies baleinières, New Island s’est révélée peu rentable à exploiter de cette manière et a été laissée à la faune pour qu’elle prospère. Désormais réserve naturelle et classée Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux (ZICO), New Island est un magnifique sanctuaire où de nombreuses espèces des Malouines et de l’Antarctique viennent se reproduire et vivre. Les manchots, en particulier, profitent des plages peu profondes et des rivages ondulés de la côte est. Cinq espèces peuvent être observées ici, notamment de grandes colonies reproductrices de manchots papous et de gorfous sauteurs du sud. Les manchots royaux sont également présents, ainsi que des pétrels, cormorans, mouettes dauphines, labbes des Malouines et bien d’autres, avec environ 41 espèces qui se reproduisent. Des lions de mer et des éléphants de mer peuvent également être observés, échoués sur les plages ou nageant paresseusement dans les baies abritées. Île Barrientos L'île Barrientos fait partie du groupe d'îles Aitcho, un sous-ensemble de la chaîne des Shetlands du Sud. C'est une île libre de glace qui était déjà utilisée au début du 19e siècle par les chasseurs de phoques et de baleines, bien qu'elle ne fasse qu'un mile de long et moins d'un tiers de mile de large. Elle a été baptisée en 1949 par une expédition chilienne dans l'Antarctique. La côte nord de Barrientos est formée de falaises abruptes à environ 230 pieds au-dessus du niveau de la mer. Les côtes est et ouest sont constituées de plages de sable noir et de galets. À l'ouest, vous pouvez voir d'impressionnantes colonnes de roches basaltiques laissées par les forces tectoniques impliquées dans la formation de l'île. Barrientos est très populaire auprès des pingouins - et parce qu'elle est si petite, elle peut parfois sembler bondée ! Les manchots de Gentoo et les manchots à jugulaire se reproduisent ici et, en haute saison, une colonie peut se retrouver juste à côté de l'autre, ce qui donne une vue imprenable sur les nids de manchots ! Parmi les autres espèces fréquemment observées figurent les otaries à fourrure (plus tard dans l'année), ainsi que les colonies de nidification des pétrels géants du Sud. Vos guides experts de l'Antarctique veilleront à ce que vous vous approchiez suffisamment pour prendre de superbes photos, tout en restant suffisamment éloignés pour ne pas déranger les créatures qui se reproduisent. Île Westpoint La bien nommée île West Point est l'un des points les plus éloignés au nord-ouest de l'archipel des Malouines. Connue à l'origine sous le nom d'île aux albatros (et Isla Remolinos en espagnol), cette île de 5,5 miles carrés de rochers herbeux offre l'un des plus beaux paysages des îles. West Point est une ferme d'élevage de moutons appartenant à la famille Napier, qui vous accueillera chaleureusement chez elle, et c'est un site très populaire. Comme son nom original l'indique, vous pouvez vous promener sur l'île et être accueilli par les appels et les cris de l'énorme colonie d'albatros à sourcils noirs qui y vit. En fait, plus des deux tiers de la population mondiale d'albatros se reproduisent ici, aux Malouines ! Vous pouvez suivre un chemin à travers l'herbe à touffes juste à côté de la colonie qui est en fait un mélange d'albatros à sourcils noirs et de manchots australiens, les manchots nichant entre les nids surélevés de la colonie d'albatros. C'est un endroit superbe pour observer de près ces deux espèces emblématiques des Malouines. Le manchot de Magellan se reproduit également à proximité et d'autres espèces d'oiseaux notables comprennent les caracaras rayés, les troglodytes de Cobb, les cinclodes noirâtres et les pinsons à queue blanche. En fait, il y a tellement d'espèces importantes ici que l'île de West Point a été officiellement répertoriée comme une zone importante pour les oiseaux (IBA). L'autre chose que vous obtiendrez à West Point, c'est la fantastique hospitalité de Napier ! Votre groupe sera accueilli avec du thé, des gâteaux et des biscuits traditionnels et sera invité à se promener dans les jardins de l'île.walk Eclipse solaire Une véritable "liste de choses à faire" ! Le 4 décembre 2021, une éclipse solaire totale se produira dans l'hémisphère sud. L'éclipse totale ne sera observée qu'en Antarctique. L'avantage d'être sur un bateau de croisière ? Vous pouvez être positionné exactement au centre de la trajectoire étroite de l'ombre projetée par la lune lorsqu'elle bloque la lumière du soleil. En décembre, l'Antarctique connaît plus de 20 heures de lumière du jour par 24 heures, et même la « nuit » ressemble davantage à un crépuscule profond. Imaginez le contraste, alors que vous vous trouvez au milieu de la glace étincelante et des côtes accidentées, quand tout est plongé dans une obscurité sinistre. Votre cœur va faire un bond lorsque le soleil disparaîtra enfin et que la couronne ressemblant à un halo apparaîtra. Puis, alors que vous vous étiez habitué à l'obscurité, votre souffle sera coupé par la soudaine clarté du monde qui retrouve la lumière et la vie. Le nombre de places est extrêmement limité en raison de la popularité de cette expérience auprès des explorateurs de l'Antarctique, des chasseurs d'éclipses et des astronomes. Pour la plupart d'entre nous, cette expérience combinera un voyage d'aventure unique avec une expérience astronomique unique. Réservez dès maintenant votre expérience d'éclipse en Antarctique ! Île du Diable, île Vega L'île du Diable ou Devil Island en anglais, est bien nommée ! Cette île étroite et rocheuse a une basse vallée en son centre, avec deux sommets à chaque extrémité. Cela lui donne un étrange look de « cornes du diable » ! L'île se trouve dans le groupe de l’île James Ross de la péninsule Antarctique. Son emplacement dans une petite crique la rend populaire auprès de la faune antarctique. L'île du Diable vous donne l'occasion de photographier des vues à couper le souffle. Depuis le site d'atterrissage, vous êtes accueillis par des formations volcaniques spectaculaires. De là, vous pouvez faire une randonnée jusqu'au sommet de l'un des pics, qui surplombe une colonie de manchots Adélie nichée en contrebas dans une cuvette naturelle. Mais la star du spectacle ici est le remarquable point de vue à 360 degrés que vous obtenez depuis le sommet. De ce point de vue, vous pouvez apercevoir des otaries à fourrure, des phoques crabiers et une variété d'oiseaux de mer. La montée, courte, mais raide, en vaut vraiment la peine. Vos guides experts de l'Antarctique vous montreront le chemin et vous indiqueront les animaux sauvages que vous avez pu manquer. L'île du Diable offre des vues antarctiques époustouflantes que vous ne voulez pas manquer, alors assurez-vous que les batteries de votre appareil photo sont chargées et que les cartes mémoire de rechange sont prêtes ! Île Prion L'île Prion, comme beaucoup d'autres endroits de l'Antarctique, a été nommée d'après ce qui y a été observé pour la première fois. Dans ce cas, lors d'une expédition en 1912, l'île a été nommée parce que le naturaliste Robert Cushman Murphy avait noté le grand nombre de prions qu'il y avait trouvés. Le prion est un petit pétrel parfois appelé oiseau-baleine, qui doit son nom inhabituel à son bec en dents de scie - le mot prion signifie "scie" en grec. L'île Prion se trouve dans la baie des îles, large de 9 milles, au large de la côte nord de la Géorgie du Sud. Elle ne mesure que 1,5 mille de long, mais elle a été désignée zone spécialement protégée dans son intégralité. Comme elle a toujours été exempte de rats, les oiseaux peuvent y élever leurs petits sans craindre que leurs nids ne soient dévalisés par des charognards non indigènes. En raison de la nécessité de protéger la faune, le nombre de visiteurs est strictement limité, et seules 50 personnes par jour sont autorisées à débarquer pendant la saison où l'île Prion est ouverte aux visiteurs, de sorte que les visiteurs sont souvent partagés entre les visites à terre, les excellentes croisières en zodiac et, parfois, le séjour à bord du navire. Vous constaterez également que vos guides naturalistes veillent à ce que personne ne transporte sur l'île quoi que ce soit qui puisse abriter une espèce envahissante. Pour protéger la flore indigène et éviter d'endommager les terriers des pétrels et des prions, les autorités de Géorgie du Sud ont construit un trottoir de bois, sur lequel vous devrez rester à tout moment pendant votre visite. Ne vous inquiétez pas, cependant, car les animaux semblent avoir décidé qu'ils aiment l'utiliser aussi et nichent et se nourrissent jusqu'à son bord, de sorte que vous aurez beaucoup de rencontres proches ! Une autre espèce importante qui se reproduit ici est l'albatros errant. En effet, l'île Prion est un centre de reproduction si important pour eux que l'île entière est fermée aux visiteurs entre le 20 novembre et le 7 janvier de chaque année pour leur permettre de s'accoupler sans être dérangés. Cette période coïncide également avec la saison de reproduction des otaries à fourrure de l'Antarctique, qui profitent également de l'isolement. Parmi les autres espèces que l'on peut trouver sur l'île Prion, citons le pipit de Géorgie du Sud et le canard pilet de Géorgie du Sud, le tadorne de Virginie, le skuas, la sterne antarctique et le manchot gentoo. Île Horseshoe L'île Horseshoe est bien nommée. Les sommets de plus de 900 mètres de haut sont disposés en forme de croissant et ont d’abord été cartographiés par voie aérienne par d’intrépides explorateurs britanniques dans les années 1930. L’île se trouve à Square Bay, au large des côtes de Graham Land. Vous atterrirez à la pointe nord-ouest de l’île Horshoe à Sally Cove. De là, c’est à quelques minutes à pied au nord de la cabane étonnamment préservée connue sous le nom « Base Y » ou station Horseshoe. Créée en 1955 comme base scientifique, la station Horseshoe a été fermée définitivement en 1960. Bien qu’inutilisée depuis plus de 60 ans, la base Y est dans un état de conservation remarquable et représente un exemple modèle d’exploration entièrement équipée et de base scientifique de l’époque. À l'intérieur de la cabane, vous pourrez explorer soigneusement à la lumière d'une torche les objets d'une époque révolue. Il s'agit notamment du générateur d'origine de la base, d'outils, d'appareils d'éclairage, de boîtes de conserve et de paquets de rations d'origine, et d'autres objets de la vie quotidienne des scientifiques qui ont fait de l'île Horshoe leur résidence temporaire. Bien que ce bâtiment capsule temporelle soit la vedette du spectacle, il n’est pas rare de rencontrer des phoques et des labbes sur ou à proximité du site d’atterrissage. Île Detaille L'île Detaille est une petite île située dans le fjord de Lallemand, qui fait partie de la péninsule d'Arrowsmith, sur la Terre de Graham. Ce n'est guère plus qu'un affleurement rocheux avec des plages de gravier, mais elle abrite l'un des monuments historiques les mieux préservés de l'Antarctique. Detaille abritait la "base W" du British Antarctic Survey. Elle a été construite en 1956 et a été utilisée jusqu'en 1959, date à laquelle elle a été fermée. En raison du mauvais temps, le navire de ravitaillement envoyé pour emmener les hommes et le matériel hors de l'île n'a pas pu s'approcher à moins de 30 miles. Cela signifiait que les hommes devaient partir très rapidement et avec seulement les effets personnels qu'ils pouvaient porter pour que le navire puisse partir aussi vite que possible. En raison de ces circonstances, la base W est presque entièrement intacte. En regardant autour de la cabane, vous serez accueilli par la vision étrange de tables encore garnies de condiments, d'étagères soigneusement empilées avec des boîtes de conserve et des bocaux, et d'équipements quotidiens comme des machines à laver, des outils, et même des manteaux, des caleçons et des bouteilles de gin et de whisky (vides !). Préservée par le United Kingdom Antarctic Heritage Trust, c'est un aperçu remarquable des premières explorations scientifiques d'après-guerre de ce continent étonnant, et cela fait de l'île Detaille et de la base W une visite incontournable de tout itinéraire en Antarctique. Baie d'Elsehul La baie d'Elsehul, à l'extrémité nord-ouest de l'île de Géorgie du Sud, est connue pour deux choses : son nombre remarquable de phoques et son nombre remarquable de noms ! À différentes époques, et sur différentes cartes, elle a été connue sous les noms d'Elsehul, Else Cove, Elsie Bay, Elsa Bay, Else's Hole, et (un peu à contre-courant de la tendance) Paddock's Cove ! Il s'agit d'une petite baie située sur la côte nord de la Géorgie du Sud, qui ne fait qu'un demi-mille de large. Malgré sa petite taille, elle abrite une faune abondante, notamment une grande colonie d'otaries à fourrure de l'Antarctique. Lorsque vous arriverez dans la baie, vos oreilles résonneront des aboiements et des cris d'un grand nombre de phoques juvéniles et adultes. À ce barrage s'ajoutent les cris des oiseaux de mer qui vivent à Elsehul, notamment les manchots royaux. Parmi les autres oiseaux qui se reproduisent, citons les manchots Gentoo et les manchots Macaroni, l'albatros à sourcils noirs, l'albatros à tête grise et l'albatros fuligineux, ainsi qu'un certain nombre d'autres oiseaux de mer, comme le requin de Géorgie du Sud et le pétrel à menton blanc. Et depuis qu'ils ont éradiqué le rat sur la Géorgie du Sud, c'est un bon endroit pour le canard pilet et le pipit de Géorgie du Sud. Le rivage est un patchwork d'herbe à tussac et de boue - tant de phoques se déplacent, ce qui rend les conditions difficiles ! Selon la période de l'année à laquelle vous vous rendez, les mâles agressifs peuvent encore se trouver dans la baie, ou, si la saison des amours est terminée, ils peuvent être partis, laissant les petits et les femelles en paix. Îles Malouines (Falkland islands) Les îles Falkland (connues en Argentine sous le nom d'Islas Malvinas) sont un archipel de l'océan Atlantique Sud. La plupart des gens les connaissent en raison du conflit qui y a opposé les forces armées de l'Argentine et du Royaume-Uni en 1982, mais les Malouines sont bien plus que cela. Habitées depuis 1764, ces îles éloignées ont été colonisées et revendiquées par de nombreux pays - la France et l'Espagne les ont revendiquées (ainsi que l'Argentine depuis sa formation et son ancienne colonie espagnole), mais ce sont les descendants britanniques qui constituent la majorité des 4 000 habitants des îles. En tant que territoire britannique d'outre-mer, les Malouines sont autonomes, mais le Royaume-Uni est responsable de la défense et des affaires étrangères. L'Argentine conteste toujours la souveraineté des îles qu'elle appelle les Malouines. Composées de deux grandes îles (East et West Falkland) et de plus de 700 petites îles et îlots, les Malouines sont aussi belles qu'elles sont accidentées et éloignées. Malgré leur passé de base pour les baleiniers et les chasseurs de phoques de l'Atlantique Sud, et plus récemment d'élevage extensif de moutons, les îles Malouines ont conservé une grande biodiversité, et la conservation moderne a permis le retour de nombreuses espèces sauvages qui luttaient auparavant. Les Malouines abritent d'importantes populations d'albatros, avec certains des plus grands sites de reproduction au monde. Elles abritent également le rare caracara strié, 63 espèces d'oiseaux terrestres nicheurs et 5 espèces de manchots. Les phoques, les baleines, les dauphins et d'autres espèces marines sont également abondants. Enfin, le paysage accidenté est d'une beauté austère et les habitants de l'île, bien que robustes, réservent à tous un accueil des plus chaleureux, généralement accompagné d'un bon thé des Malouines. La pêche et l'agriculture représentent la grande majorité des revenus des îles Malouines, bien que le tourisme soit de plus en plus important. De nombreuses exploitations agricoles sur les îles sont désormais gérées en tenant compte de la conservation de la faune et de la flore, et les Malouines sont un exemple de réussite en matière de gestion de la faune et de la flore. Bien que la plupart des navires visitent Stanley (généralement pour une journée), les croisières "d'expédition" se concentrent principalement sur les îles extérieures, avec toute la faune et la flore, et certains oiseaux nicheurs spéciaux comme l'albatros à sourcils noirs et les manchots australiens et certains spécialistes de la Patagonie comme le caracara rayé. N'oubliez pas non plus qu'avec les croisières qui vont aussi en Géorgie du Sud et dans la péninsule, on ne passe normalement que 2 ou 3 jours aux Malouines, bien que certaines croisières y passent plus longtemps. Point Damoy Le point Damoy est une tête rocheuse sur la côte ouest de l'île Wiencke, près de l'entrée nord du port naturel de Port Lockroy. Il a été découvert et cartographié par l'expédition antarctique française de 1903 dirigée par Charcot. Le point est plutôt discret et à première vue ne mérite pas une visite. Cependant, il abrite deux joyaux cachés - deux cabanes d'expédition très bien conservées. La première, connue sous le nom de cabane Damoy, a été construite en 1973 et a été utilisée par le British Antarctic Survey comme installation aérienne estivale et station de transfert de personnel, mais n'a pas été utilisée depuis 1993. L'intérieur est en excellent état et semble presque prêt à être remis en service immédiatement. Il y a même des tasses en étain accrochées au mur de la cuisine, comme prêtes à offrir une tasse de thé réconfortante aux scientifiques fatigués de leurs voyages ! Juste à l'extérieur de la cabane Damoy se trouve un refuge construit par l'Argentine dans les années 1950. Il n'est pas ouvert aux visiteurs et est toujours utilisé comme refuge d'urgence en cas de besoin. En dehors de ces bâtiments historiques, les visiteurs pourront voir une petite colonie de manchots à jugulaire qui se reproduisent ici, ainsi que de nombreux phoques et oiseaux marins. Port Charcot, île Booth Port Charcot est une petite baie à l'extrémité nord de l'île Booth, une île en forme de Y, rocheuse et accidentée, située au large de la péninsule de Kiev, dans la Terre de Graham. Elle a été cartographiée pour la première fois en 1904 lorsque l'expédition antarctique française dirigée par Jean-Baptise Charcot y a passé l'hiver. Après avoir construit quelques abris rudimentaires et le cairn que l'on peut toujours voir au sommet de la colline, l'expédition a utilisé Port Charcot comme base pour explorer la région. On y trouve un pilier en bois avec une plaque où l'on peut encore distinguer les noms des premiers membres de l'expédition qui les ont écrits il y a près de 120 ans. Des guides vous accompagneront pour une promenade jusqu'au cairn, car s'éloigner du sentier pourrait être traître du fait des rochers et des crevasses. Les visiteurs peuvent également se promener à l'est où se trouve une bruyante colonie de manchots papou. On peut aussi souvent observer des manchots à jugulaire ainsi que manchots Adelies sur les plages de cet endroit. Île du Roi-George L’île du Roi-George est largement connue comme la « Porte d’entrée de l’Antarctique ». Plus de dix nations différentes y possèdent des bases scientifiques permanentes, ce qui se reflète dans les différents noms sous lesquels l’île est connue : « Isla 25 de Mayo » en Argentine, « Isla Rey Jorge » au Chili, et « Ватерло́о Vaterloo » en Russie. L’île du Roi-George possède le seul aéroport des îles Shetland du Sud. Sa situation stratégique, à côté de la base chilienne Eduardo Frei (avec des vols en provenance du Chili), et à seulement 120 kilomètres de la péninsule Antarctique, en fait le centre de transit et de connexion le plus important de la région. En maintenant une base, une nation obtient le statut de membre du Traité sur l’Antarctique, ce qui explique la présence d’une population cosmopolite de scientifiques résidant la plupart du temps sur l’île du Roi-George. Cela explique peut-être pourquoi il y a ici une église orthodoxe russe (l’un des très rares bâtiments permanents de toute l’Antarctique) avec un prêtre toujours présent ! Tout cela est d’autant plus impressionnant quand on réalise que plus de 90 % de l’île, longue de 95 kilomètres et large de 25 kilomètres, est en permanence recouverte de glace et de neige. Cela convient parfaitement à la faune locale, et l’île du Roi-George abrite de nombreuses espèces différentes, notamment des phoques de Weddell, des phoques léopards et des éléphants de mer, des manchots papous, à jugulaire et Adélie, ainsi que de nombreux oiseaux marins tels que les skuas et les pétrels géants du sud. Gold Harbour Sur la côte sud-est de l'île de Géorgie du Sud, Gold Harbour est une petite baie qui mène au glacier Bertrab, avec un arrière-plan spectaculaire. Connu sous le nom de Puerto de Oro en espagnol, le port n'a jamais été nommé officiellement avant le 20e siècle, mais le nom semble avoir été utilisé par les baleiniers et les chasseurs de phoques et a été adopté officiellement. La principale théorie derrière le nom Gold Harbour est que les falaises autour de la baie brillent en jaune dans l'heure qui suit le lever du soleil et à nouveau avant le coucher du soleil. Il n'y a pas "d'or dans ces collines", mais une autre théorie veut que les baleiniers et les chasseurs de phoques aient bien profité financièrement des premières années d'exploitation. Quoi qu'il en soit, Gold Harbour est sans doute l'un des plus beaux endroits de toute la Géorgie du Sud. Outre sa géologie étonnante et son illumination spectaculaire au lever et au coucher du soleil, il abrite également une grande quantité d'animaux sauvages. La plage résonne des cris des manchots royaux, des manchots gentoo et des éléphants de mer, qui aiment tous se reproduire dans la baie abritée. Mais ils ne sont pas les seuls. Des centaines de couples d'albatros fuligineux traversent le ciel devant les falaises de glace suspendues du glacier de Bertrab. Ils viennent ici chaque année pour s'accoupler et élever leurs poussins. Pointe Portal Portal Point est un point étroit et rocheux au nord-est de la péninsule de Reclus, au large de la Terre de Graham. Il a été nommé par les explorateurs britanniques, car il faisait partie de la « porte » pour la route vers le plateau antarctique. En 1956, une cabane de refuge a été établie ici, connue sous le nom de Refuge du Cap Reclus. Il n’a été utilisé que pendant deux hivers, puis abandonné. En 1996, la cabane a été enlevée et se trouve maintenant au Musée de l’île des Malouines. Tout ce qui reste du refuge sur la Pointe sont les restes de ses fondations, souvent peu visibles du fait de la couverture de neige. En effet, cette neige présente toute l'année est la raison pour laquelle il n'y a pas de colonies de manchots ici. Cependant, Portal Point est un endroit populaire pour les phoques de Weddell pour se mettre à l'abri, et pendant que vous débarquez, vous les verrez souvent en grand nombre. Baie de St. Andrew's La baie de Saint Andrews (plus souvent abrégée en St Andrews) est une baie située sur la côte est de la Géorgie du Sud, qui fait partie du territoire britannique de la Géorgie du Sud et des îles Sandwich du Sud. Cette baie de 3 km de large est surplombée par le mont Skittle, une impressionnante montagne rocheuse de 1 600 pieds qui forme le point le plus au nord de la baie elle-même. L'utilisation de Saint Andrews comme nom de la baie ne remonte qu'au début du 20e siècle, mais il est fort probable que les premières personnes à l'avoir vue et cartographiée étaient l'expédition britannique dirigée par le capitaine Cook en 1775. La baie de Saint Andrews est réputée pour son immense colonie de reproduction de manchots royaux, qui compterait plus de 150 000 individus. Les images et les sons de tant d'oiseaux réunis sont à ne pas manquer dans l'un des endroits les plus spectaculaires de Géorgie du Sud, avec les montagnes en toile de fond ! Il y a aussi une crête (si vous pouvez l'atteindre, parfois il y a trop de manchots en mue sur le chemin) qui donne sur la colonie principale avec des vues et des sons à couper le souffle ! Les otaries à fourrure et les éléphants de mer du sud sont aussi fréquemment observés ici, à la fois dans l'eau et échoués sur les rivages, et les otaries à fourrure peuvent rendre l'accès à terre assez difficile. L'arrière-plan rocheux et accidenté de la baie permet de prendre des photos magnifiques et évoque vraiment l'éloignement de la Géorgie du Sud. Shingle Cove Cette petite crique abritée se trouve sur la rive sud de l’île Coronation, dans la baie Iceberg. La crique Shingle se distingue à la fois par sa géologie fascinante et sa grande colonie de manchots Adélie. Deux plages de gravier permettent un atterrissage facile et donnent accès à la terre plus élevée au-delà. De la plage, vous pouvez voir des affleurements de schiste métamorphique, avec des couches visibles de quartz et de feldspath. Vos guides antarctiques experts vous montreront également des zones de la crique Shingle où d’autres gisements minéraux se sont érodés à la surface, y compris le grenat rouge et l’amphibole vert. De chaque côté de votre site d’atterrissage, on voit des pétrels voler à destination et en provenance de leurs terriers rocheux dans les falaises basses. Vous ne serez pas non plus en mesure de manquer le bruit de l’impressionnante colonie de manchots Adélie - forte de plus de 13 000 individus ! Bien que vous puissiez vous promener librement sur la plage d'atterrissage, votre promenade vers la colonie de manchots sera soigneusement balisée et devra être suivie sous surveillance. Ceci afin de protéger les terriers des pétrels qui sont facilement dérangés. Seuls des groupes de 20 visiteurs à la fois sont autorisés à entrer dans la colonie pour éviter trop de perturbations, mais c’est une excellente occasion de marcher au cœur de la colonie de manchots, avec tous ses sons, ses vues et ses odeurs ! Île Carcass Malgré son nom, l'île Carcass au large de West Falkland n'est pas un lieu de sépulture, ni un endroit où les baleines étaient ramenées à terre pour être transformées. Il s'agit en fait d'une île magnifique et intacte d'environ 6 miles de long, nommée d'après le navire qui l'a cartographiée pour la première fois, le HMS Carcass, en 1766. L'île Carcass se trouve au nord-ouest des Malouines et est une ferme d'élevage de moutons depuis plus d'un siècle. Malgré cette commercialisation, l'île Carcass a été gérée avec soin et bienveillance pour la faune et la flore. Associé au fait qu'aucun rat ou chat n'a jamais été introduit ici, cela fait de Carcassonne un havre de paix pour l'avifaune, y compris un certain nombre d'espèces insaisissables sur les grandes îles, telles que le troglodyte de Cobb et le cincloïde noirâtre ou l'oiseau-taureau, et c'est une zone importante pour la conservation et la protection des espèces. Pour une petite île, elle peut se vanter d'avoir plusieurs types d'habitats. Des falaises et des pentes rocheuses au nord-est aux baies sablonneuses abritées au nord-ouest, des hautes terres de 700 pieds aux enclos côtiers riches en tussac. L'île Carcass abrite également l'une des rares zones d'arbres matures de toutes les îles, les tempêtes hivernales ayant tendance à rendre difficile la croissance des arbres à grande échelle. Ces plantes robustes ne sont toutefois pas des espèces indigènes, certaines variétés intéressantes provenant d'endroits aussi éloignés que la Nouvelle-Zélande et la Californie. L'avifaune est la vedette de Carcass. Sans prédateurs terrestres, avec plusieurs étangs d'eau douce et une excellente gestion de l'habitat, cette zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO) abrite de nombreuses espèces importantes pour la conservation. Celles-ci comprennent le bihoreau gris, le canard à vapeur des Malouines, l'oie à tête rousse, l'albatros à sourcils noirs et le caracara strié. La Carcassonne abrite une population saine de manchots, y compris des gentous, des magellaniques et des gorfous du sud. Les phoques sont également fréquents dans les eaux autour de l'île et sur les plages de sable, y compris les phoques à fourrure et les éléphants de mer. Des dauphins et des lions de mer sont également observés sur l'île. Le détroit des Malouines Le détroit de Falkland est la ligne droite qui sépare les îles Falkland Est et Ouest. C'est le détroit qui a donné son nom à l'archipel, puisqu'il a été baptisé en 1690 en l'honneur du vicomte Falkland. Ce n'est que dans les années qui ont suivi la cartographie du détroit que le nom "Falkland" a été utilisé pour désigner l'ensemble du groupe d'îles. Le nom espagnol de Falkland Sound est "Estrecho de San Carlos". Votre voyage à travers Falkland Sound vous mènera vers des îles qui sont un paradis pour la faune et la flore. Vous verrez des côtes aux falaises escarpées peuplées d'albatros, et des baies douces et sablonneuses où les phoques s'échouent et les pingouins nichent. Outre les merveilles de la nature, vous recevrez un accueil chaleureux de la part des personnes rustiques mais généreuses qui cultivent ces îles lointaines et contribuent à la conservation des nombreuses espèces qui y vivent. Il y a aussi l'histoire récente, plus sombre, du conflit de 1982 et des vies perdues ici. Certains des sites que vous visiterez étaient des champs de bataille actifs, et vos guides experts vous expliqueront la politique et l'histoire qui ont conduit à la guerre moderne sur ces magnifiques îles, ainsi que dans les airs et sur les mers environnantes. Peu de bateaux de croisière traversent le détroit, préférant se rendre sur les îles extérieures et visiter Stanley en raison des contraintes de temps. Île Goudier L’île Goudier est une petite île de roches nues et polies située à seulement 100 mètres de Jougla Point, dans le port de Port Lockroy. Il fait partie de la plus grande île Wiencke. Souvent entourée de glace de mer, toute couverture de neige sur l’île fond habituellement à la fin de l’été. Goudier abrite la « base A » - établie par les Britanniques en temps de guerre en 1944 - qui a été utilisée comme station de recherche scientifique jusqu’au début des années 1960. Après être tombée en désuétude, la station a été restaurée dans les années 1990 et est maintenant pris en charge par un Heritage Trust. La base est occupée en permanence et ses habitants effectuent encore d’importants travaux d’arpentage sur la colonie de manchots pour l’Étude antarctique britannique. Vous serez généralement informé par le chef de base avant d’atterrir à terre, et seulement 35 visiteurs sont autorisés à l’intérieur de la base à tout moment. Il s’agit de s’assurer que les artefacts et le tissu de la base sont préservés. Cette « capsule temporelle » donne un aperçu fascinant du travail et de la vie des premiers pionniers de la recherche antarctique et de la façon dont ils vivaient sur l’île Goudier. L’accès au reste de l’île est généralement limité aux sentiers balisés, à la fois pour protéger la faune et parce que la surface est inégale et glissante. Cependant, vous serez en mesure d’observer la colonie de manchots résidents, et peut également repérer d’autres oiseaux et phoques sur les rives et dans la mer. Stanley Stanley (parfois appelé Stanley) est la capitale des îles Malouines et est typiquement britannique - bien que rappelant une Grande-Bretagne d'antan. Mais il y a quelque chose de remarquable à voir les "cabines téléphoniques" rouges et les panneaux indiquant "fish n chips" dans un paysage qui ressemble plus à la Patagonie qu'à la campagne anglaise pastorale. Stanley abrite 70 % de la population des Malouines, soit environ 2 500 personnes. La vie y est douce, mais s'il y a un ou deux bateaux de croisière dans le port, elle peut être très animée ! En plus des pubs et des "chippies", il y a des signes évidents que vous n'êtes pas en Europe. Visitez la cathédrale Christ Church, inaugurée en 1892, et vous entrerez par une arche construite à partir des mâchoires de deux énormes baleines bleues. Une promenade à Victory Green dans le centre de Stanley vous mettra face à un mât d'artimon du SS Great Britain original. Brunel a construit le premier navire en fer à hélice du monde en 1843, et il a été gravement endommagé par des coups de vent lors du passage du Cap Horn en 1886, revenant en boitant aux îles Malouines où il est resté abandonné pendant près d'un siècle. Descendez Pioneer Row et vous verrez les cottages des colons d'origine, non seulement encore debout mais en parfait état. Expédiés à l'origine sous forme de kits depuis le Royaume-Uni, ils ont été érigés rapidement par les premiers colons pour se réchauffer et s'abriter du climat parfois rigoureux. Mais quels que soient les autres sites uniques et inhabituels que vous verrez dans cette ville de l'hémisphère sud, les drapeaux Union Jack flottant et les nains de jardin dans les jardins ne vous feront pas oublier qu'il s'agit d'un morceau de Grande-Bretagne aux confins de l'Antarctique. Vous pourrez également observer une faune abondante à Stanley et dans ses environs. Pensez également à vous rendre à Gypsy Cove et à marcher jusqu'à Stanley en suivant le littoral, une option de "visite" proposée par de nombreux navires. Plage nord-est de l'île Ardley L’île Ardley est une petite île rocheuse d'environ 1,5 km de long. Elle se trouve dans la baie Maxwell, juste au large de la côte de l'île du Roi-George. Elle a été cartographiée pour la première fois en 1935 par une expédition britannique, mais a été confondue avec un promontoire. Ce n'est que lors de relevés aériens, plusieurs années plus tard, qu'elle a été reclassée comme une île. L'île Ardley est une station de recherche estivale active, et vous y verrez souvent des scientifiques et des chercheurs au travail. Les cabanes que vous pouvez voir de la plage font partie de la station de recherche et ne peuvent pas être visitées. Le débarquement sur la plage se fait juste en dessous du phare, un élément distinctif que vous aurez repéré du large. Cette plage de galets en pente douce est le seul endroit où les visiteurs peuvent arriver sur Ardley. Le nombre de visiteurs est limité en raison de l'importance de l'île comme site de reproduction d'espèces d'oiseaux antarctiques. Au cours de votre excursion sur l'île, vous verrez une grande colonie de manchots papou, ainsi que des manchots Adélie et des manchots à jugulaire en nombre moindre. Vous pourrez également voir des pétrels géants du sud, des pétrels de Wilson, des pétrels tempêtes à ventre noir, des pétrels du Cap, des labbes ou skuas et des sternes antarctiques. La plage nord-est de l'île Ardley est un site incontournable pour les ornithologues ! Yankee Harbour Ce merveilleux port naturel est entouré de glaciers. C'est un mouillage sûr presque parfait pour les navires, ce qui explique pourquoi il a été utilisé par les chasseurs de phoques pendant de nombreuses années. Vous entrez dans le port de Yankee par la crique de Shopski, entre le "Spit Point" et le "Glacier Bluff "sur l'île de Greenwich. C'est l'une des îles Shetland du Sud de l'Antarctique. Le port de Yankee a été utilisé par les chasseurs de phoques américains et britanniques à partir des années 1820. Les Britanniques l'appelaient "Hospital Cove" ou crique de l'hôpital. Une plaque commémorative rend hommage au capitaine Andrew MacFarlane qui a exploré une grande partie de la péninsule antarctique en 1820. De nombreux objets datant de l'époque de la chasse aux phoques jonchent encore le rivage. Outre les fondations d'une hutte de chasseur de phoques, on trouve les restes d'un pot d'essai qui était utilisé pour rendre la graisse des animaux chassés. Vos guides experts de l'Antarctique seront en mesure de vous raconter l'histoire de la chasse aux phoques et la dureté de la vie de ces hommes. L'autre grande attraction ici est la grande colonie de manchots papou, avec plus de 4 000 couples reproducteurs qui ont élu domicile au port de Yankee. La plage d'atterrissage est en terrasses, et il y a un bassin de fonte du glacier à l'extrémité est. Selon les conditions et le statut de reproduction des manchots, il est possible de faire des promenades plus longues dans la région le long de la langue de gravier incurvée. Tout comme les manchots, les skuas nichent souvent ici - leurs plumes les camouflant contre le sol rocheux. Vos guides veilleront à ce que vous ne les piétiniez pas accidentellement ! Île Hainaut, Port de Mikkelsen, Île de la Trinité L'île D'Hainaut est une minuscule île rocheuse dans le port de Mikkelsen. Elle fait moins environ 1 km² et on y accède par une petite baie bordée de falaises de glace spectaculaires. Elle a été cartographiée pour la première fois par une expédition française en 1910. L'île reste souvent recouverte de neige jusqu'à très tard dans la saison et le capitaine de votre bateau de croisière en Antarctique naviguera de manière experte à travers les récifs peu profonds qui se trouvent dans la baie. Cette île a été largement utilisée pour la chasse à la baleine, et des artefacts et des ossements parsèment l'île. D'Hainaut est l'un des rares sites de visite de l'Antarctique où vous pouvez vous promener librement sur toute l'île, en prenant soin de ne pas déranger les artefacts et en faisant attention aux rochers, bien sûr. Il y a ici un petit refuge historique qui a été construit à l'origine par la marine argentine dans les années 1950, puis à nouveau dans les années 1970, et plus récemment en 2017. Cependant, il est impossible d'entrer dans le refuge, sauf en cas d'urgence. Il existe également de nombreux témoignages de l'industrie baleinière sur l'île. Vous pouvez trouver les épaves de plusieurs bateaux ainsi que de nombreux os de baleine. Il y a ici une colonie de manchots papou très active et vous pouvez souvent trouver des otaries à fourrure se prélassant au soleil. Île Weddell L'île Weddell prétend être la plus grande île privée du monde, avec plus de 102 miles carrés. C'est également la troisième plus grande des îles Malouines et la plus grande des îles extérieures. Elle a été nommée en l'honneur de l'explorateur britannique James Weddell, qui a également donné son nom à la mer de Weddell en Antarctique. L'île de Weddell était historiquement gérée comme une ferme, mais l'activité agricole a décliné au XXe siècle. Les récents propriétaires ont commencé à faire revenir l'île à une agriculture durable, à gérer les habitats pour la faune et à replanter des herbes de tussac indigènes où les oiseaux aiment nicher. En plus d'une gamme d'oiseaux et de mammifères marins typiques des Malouines, une créature intéressante à voir ici est le minuscule renard gris de Patagonie. Ces renards, qui ne sont pas une espèce indigène, ont été introduits sur l'île dans les années 1930 par un ancien propriétaire excentrique qui avait également amené avec lui des mouffettes, des nandous et des perroquets ! Seuls les renards subsistent et, bien qu'ils s'attaquent à de très jeunes agneaux, leur avenir sur l'île n'a toujours pas été décidé. L'île Weddell est un habitat végétal très important pour les Malouines. Elle contient plus de 60 % de toutes les espèces végétales indigènes des Malouines, y compris des espèces très rares. L'avifaune y est également prolifique et accueille la plupart des espèces des Malouines ainsi que quelques visiteurs occasionnels d'Amérique du Sud. Les manchots de Gentoo et de Magellan y résident, et 54 autres espèces ont été enregistrées jusqu'à présent sur Weddell. L'île entière est ouverte à l'exploration, et vous êtes invités à rester près du petit village pour profiter de la vue ou à faire une randonnée à travers l'île dans l'espoir de repérer certaines de ses espèces d'oiseaux les plus rares. Crique Pendulum Pendulum Cove est une petite baie située au nord du port naturel formé par le cône inondé du volcan vivant qu'est l'île de la Déception. L'une des îles Shetland du Sud, Deception offre plusieurs points de visite, dont Pendulum Cove qui vaut vraiment le détour. L'anse porte un nom inhabituel car elle a été baptisée par l'expédition britannique d'Henry Foster en 1829. Le site était utilisé par les explorateurs pour prendre des mesures magnétiques et étudier le mouvement des pendules si près du pôle sud. C'est l'une de ces expériences qui a donné son nom à l'anse. Si les autres sites de Deception Island ne vous donnent pas l'impression d'être sur un volcan en activité, Pendulum Cove vous le rappellera ! À certains endroits, l'eau chauffée par l'activité géothermique peut atteindre 160 degrés Celsius. Votre guide expert de l'Antarctique vous montrera des zones sûres où l'eau chaude se mélange à l'eau de mer froide de l'Antarctique pour vous offrir une expérience de "spa" polaire des plus inhabituelles. C'est chaud pendant que vous êtes dans l'eau, mais vous pourriez le regretter quand il sera temps d'en sortir et de vous sécher ! Il y a des manchots Gentoo et des manchots à jugulaire sur la plage, et ils ne semblent pas gênés de partager leur eau chaude avec les visiteurs humains - rappelez-vous simplement qu'en Antarctique, la faune a le droit de passage ! Cette partie du cratère volcanique a été la plus durement touchée par la dernière éruption en 1969. On y trouve un site historique, les vestiges de la station de recherche chilienne Base Aguirre Cerda qui a été submergée. Les fragments tordus et rouillés des vestiges peuvent être observés à distance de sécurité. Un rappel sombre des forces toujours à l'œuvre sous vos pieds. Vous verrez peut-être des scientifiques à l'œuvre et rencontrerez des instruments. Ceux-ci font partie de la surveillance en temps réel de l'activité sismique sur l'île de la Déception et à Pendulum Cove en particulier. Détroit de l'Antarctique Une porte d’entrée vers l’aventure ultime que seuls quelques chanceux auront la possibilité de vivre. Situé à l’extrémité nord de la péninsule Antarctique, le Sound est une expérience sensorielle remarquable lorsque l’on se retrouve face à d’énormes blocs de glace, désormais flottants sous forme d’immenses icebergs tabulaires. Ceux-ci se sont détachés des plates-formes de glace de la mer de Weddell et ont dérivé dans le Sound. Traître pour les premiers explorateurs, le premier navire à avoir réussi à naviguer dans le Sound fut l’Antarctic, le navire de l’expédition suédoise de Nordenskjold en 1903. Malheureusement, il fut piégé par la glace dans la mer de Weddell l’année suivante et écrasé – l’un des nombreux navires à avoir connu ce sort au cours de la décennie. Heureusement, les navires de croisière polaire modernes n’ont plus à craindre cela grâce à leurs coques renforcées et à la technologie de navigation moderne. Lorsque vous pénétrerez dans la beauté monochrome de la glace blanche et de la mer grise, vous saurez que vous allez bientôt découvrir des paysages remarquables et rencontrer la faune merveilleuse qui a élu domicile sur ces îles de neige, de glace et de roche. Maison Wordie, Winter Island Nichée sur la seule partie plate de Winter Island, Wordie House est une cabane construite en 1947. Elle a été baptisée par une expédition antarctique britannique de l'époque en l'honneur de James Wordie, qui était le scientifique en chef de la célèbre exploration antarctique de Shackleton en 1914. Winter Island, qui mesure moins de 1 000 mètres de long, est l'une des îles argentines situées au large de la côte de la Terre de Graham. Avant sa fermeture en 1954, la cabane était utilisée pour effectuer des relevés météorologiques à l'aide d'instruments rangés à l'intérieur d'écrans spéciaux, dont l'un subsiste encore aujourd'hui. Ces relevés comptaient parmi les plus importantes et les plus longues séries de données météorologiques jamais enregistrées sur l'Antarctique et ont aidé les scientifiques à mieux comprendre la météorologie du continent. Wordie House a été classée "site et monument historiques" en 1995 et est gérée par le UK Antarctic Heritage Trust depuis 2009. Près de 500 objets originaux sont encore présents sur le site, notamment des boîtes de café, des disques, des casseroles, des assiettes et bien d'autres objets de la vie quotidienne. Cela fait de Wordie House une véritable capsule temporelle de l'âge d'or de l'exploration et de la recherche scientifique en Antarctique. La cabane est désormais totalement étanche aux intempéries et les travaux de préservation de cette station unique se poursuivent. Les visites de l'île d'hiver et de Wordie House sont gérées par la station ukrainienne Vernadsky, toute proche, et il se peut que le commandant de la base ou un autre responsable vous donne des instructions avant que vous ne montiez à bord de vos bateaux pour le débarquement. Fait unique pour un site aussi historique, les visiteurs sont autorisés à se déplacer librement sous la supervision de leurs guides antarctiques experts. Ils répondront à toutes vos questions sur l'histoire de la cabane, ainsi que sur les objets que vous pouvez y trouver. Les visiteurs de Winter Island peuvent également s'attendre à voir des oiseaux de mer tels que des labbes et des goélands de varech, ainsi que des phoques et des manchots. Île de l'Elephant, Shetland du Sud L’île Elephant est l’une des îles les plus éloignées des îles Shetland du Sud. L’origine de son nom fait l’objet de deux hypothèses. Soit c’est parce que des éléphants de mer y ont été observés en grand nombre par la première personne à avoir découvert et cartographié l’île, le capitaine George Powell en 1821, soit c’est parce que la forme de l’île ressemble étrangement à celle de la tête d’un éléphanteau avec la trompe allongée ! L’île est restée inexplorée pendant de nombreuses années, en partie à cause de son manque de ressources (seulement quelques phoques et manchots, et aucune plante indigène) et en partie à cause de ses roches volcaniques escarpées, offrant peu de points d’accostage. Cependant, en 1916, l’île Elephant est devenue immortalisée comme le théâtre de l’incroyable histoire de survie de l’expédition antarctique malheureuse d’Ernest Shackleton. Après que leur navire, l’Endurance, ait été perdu dans les glaces traîtresses de la mer de Weddell, les 28 membres d’équipage furent contraints de tenter une fuite périlleuse. Après des mois passés dans des embarcations ouvertes et bloqués sur des plaques de glace à la dérive, l’équipe arriva sur l’île Elephant. Là, ils établirent une base à Point Wild, tandis que Shackleton et cinq membres de son équipage prirent la mer dans un canot de sauvetage ouvert en direction de la Géorgie du Sud – un voyage de plus de 1 300 kilomètres – pour chercher un navire de secours. Cette histoire saisissante d’endurance, de détermination et d’esprit humain est rappelée aux visiteurs de l’île Elephant par le Mémorial de l’Endurance à Point Wild. Vous pouvez également admirer les vues spectaculaires du glacier Endurance – nommé d’après le navire perdu de Shackleton – ainsi que le paysage rocheux impressionnant et ses manchots à jugulaire et phoques. Îles Orne Les îles de l'Orne sont un groupe de petites îles rocheuses de faible altitude situées à l'entrée du canal d'Errera. Elles se trouvent juste au large de la côte nord de l'île Ronge, au large de la Terre de Graham. La plus grande île de l'Orne présente des pentes modérées menant à une crête centrale rocheuse qui présente des bancs de neige permanents. Trois autres petits îlots composent le groupe. Votre débarquement se fera par une plate-forme rocheuse basse sur le côté nord-ouest de l'île principale. Une fois à terre, vous pourrez vous promener librement sur l'île sous la supervision de vos guides experts. Les îles de l'Orne abritent des labbes, qui nichent dans les affleurements rocheux, ainsi que d'autres oiseaux de mer et manchots de l'Antarctique. En hiver, d'impressionnantes falaises de neige peuvent se former près du site d'atterrissage. Pour éviter de perturber la faune, le nombre de visiteurs sur l'île est limité, et pendant les saisons de nidification, vos guides peuvent restreindre les zones dans lesquelles vous pouvez vous déplacer pour protéger les nids. Georges Point, île Rongé L’île Rongé est haute et rocheuse. D’environ 8 km de long, c’est la plus grande des îles qui forment le côté ouest du chenal Errera, au large de Graham Land. Georges Point a été cartographié pour la première fois en 1897 par l’expédition antarctique belge et nommé d’après l’un de ses membres. Vous atterrissez sur une plage rocheuse avec une colonie de manchots à une extrémité que vos guides experts de l'Antarctique vous feront visiter. Ils vous emmèneront également sur un sentier soigneusement balisé jusqu’au terrain plus élevé derrière la plage vous donnant une vue imprenable sur les concentrations de manchots le long de la rive. Il y a aussi souvent des phoques à fourrure de l’Antarctique à Georges Point sur l’île Rongé ainsi que beaucoup d’oiseaux marins. Les falaises rocheuses et la hauteur de l’île offrent de magnifiques décors et de grandes occasions de capturer l’essence de l’Antarctique dans vos photographies. Île Stonington Pour une île rocheuse aussi minuscule (elle mesure moins d'un km sur un demi km), Stonington renferme une grande partie de l'histoire humaine de l'Antarctique. Elle se trouve dans la baie Marguerite, à l'ouest de la terre de Graham. L'île a accueilli non pas une, mais deux expéditions hivernales. En 1939, le service antarctique américain l'a choisi comme lieu de construction de ce qui est devenu la base Est. Les bâtiments et les objets qui s'y trouvent sont désormais protégés en tant que monument. Les visiteurs peuvent entrer dans la hutte principale pour ressentir ce qu'ont dû être les hivers sombres et glacés à Stonington. Plus tard, dans les années 1940, les Britanniques ont choisi la même petite île pour y installer leur "base E". Là encore, les visiteurs peuvent entrer dans la cabane principale et dans le hangar du générateur. Comme pour la base américaine, il existe d'autres bâtiments annexes qui ne peuvent pas être visités en raison de leur statut de monuments protégés. Les fenêtres de la base E sont équipées de volets permanents, votre guide devra donc vous fournir des torches si vous vous aventurez à l'intérieur. Pour rappeler solennellement la dureté du continent, il y a également un site funéraire où deux membres de l'expédition sont enterrés dans des cercueils recouverts de simples cairns de pierre. Site de reproduction important pour les oiseaux, l'île Stonington abrite une colonie de plus de 130 couples de cormorans impériaux, ainsi que des sites de nidification pour les skuas et les sternes. Île Paulet L'île Paulet est un spectacle saisissant. Ce rocher circulaire fait moins de deux kilomètres de diamètre, mais son cône volcanique s'élève à plus de 335 m en son centre. Il se trouve à environ 5 km de l'île Dundee, à l'extrémité nord de la péninsule Antarctique. Cartographiée pour la première fois en 1839, l'île Paulet abrite une énorme colonie de manchots. Quelque 100 000 couples reproducteurs de manchots Adélie vivent ici, un spectacle et un son vraiment remarquables ! Vous pourrez également observer d'autres oiseaux marins lors de votre visite, notamment des requins, des pétrels des neiges et des mouettes de varech. Un autre aspect fascinant de l'île Paulet est l'abri historique qui date de 1903, lorsqu"un navire suédois se retrouva écrasé par la banquise et les survivants du naufrage durent construire une cabane en pierre pour se protéger des rudes conditions hivernales. Vous noterez également la présence d'un cairn construit sur le point le plus élevé de l'île, que les marins réfugiés utilisaient pour attirer l'attention en cas de sauvetage. Vous pourrez apercevoir une pierre tombale, pour l'un membre de l'expédition qui n'a malheureusement pas survécu. Parce que l'île Paulet est si dense en faune, les visiteurs seront escortés en petits groupes par des guides antarctiques expérimentés. Cela permet de perturber le moins possible les oiseaux nicheurs et de protéger le site du refuge. Les otaries à fourrure sont souvent observées sur les rivages de l'île. Au plus fort de la saison de reproduction, il se peut que certains sentiers de randonnée autour de l'île soient fermés en raison du grand nombre de créatures merveilleuses qui choisissent d'élever leurs petits ici. L'Île des Pingouins L’île Penguin a été enregistrée pour la première fois en 1820 lors d’une expédition britannique. Elle a été ainsi nommée en raison du grand nombre de manchots que l’on pouvait voir le long de son rivage depuis le navire en passant. L’île Penguin se trouve juste au large de la côte sud de la bien plus grande île King George. Elle est dépourvue de glace et a une forme ovale, mesurant environ 1 mile de long. C’est l’une des plus petites îles Shetland du Sud et elle est également connue sous les noms de Georges Island, Île Pingouin, Isla Pingüino et Penguin Isle dans divers livres et cartes. Sa caractéristique géologique remarquable est le Deacon Peak, un cône volcanique de 170 mètres de haut, qui aurait été actif pour la dernière fois il y a environ 300 ans. L’île Penguin est une zone d’importance internationale reconnue pour les oiseaux. En plus des colonies de manchots Adélie et à jugulaire, l’île abrite également de grandes colonies de reproduction de pétrels géants du sud, de sternes antarctiques et de goélands dominicains. On peut souvent voir des phoques de Weddell et parfois des éléphants de mer du sud sur les plages ici aussi. Pour les plus sportifs, un sentier balisé permet de monter jusqu’au sommet du Deacon Peak. De là, on bénéficie d’une vue imprenable sur toute l’île et au-delà, à travers la baie King George. Notez cependant que cette partie de l’Antarctique est connue pour ses changements météorologiques rapides, donc si l’occasion de faire cette promenade en toute sécurité se présente, saisissez-la ! Les cabanes de Mawson et le cap Denison Le cap Denison se trouve à la lisière est du territoire antarctique australien, à la tête de la baie du Commonwealth. La péninsule est pour la plupart libre de glace et composée d’une série de vallées rocheuses et de crêtes. L’importance du Cap pour l’histoire humaine de l’Antarctique réside dans la collection de bâtiments connus sous le nom de Mawson's Huts, ou refuges de Mawson. Ceux-ci ont été construits et habités au cours d’une expédition antarctique australienne qui a duré de 1911 à 1914, dirigée par l’explorateur et géologue Sir Douglas Mawson. Les huttes qui portent aujourd’hui son nom sont très rares, n’étant qu’un des six sites qui subsistent encore de la soi-disant « ère héroïque » de l’exploration antarctique. Plusieurs bâtiments ont été construits pour abriter des instruments scientifiques, notamment pour effectuer des relevés magnétiques et des observations astronomiques. Il y avait également une cabane radio - la première fois que la transmission radio a été utilisée en Antarctique. La cabane principale du cap Denison a subi des travaux de préservation, mais les chutes de neige peuvent encore souvent entrer à l’intérieur. En raison de la nature délicate de la cabane, seulement 4 personnes à tout moment sont autorisées à l’intérieur. Vous y trouverez une capsule temporelle étonnante du début du 20ᵉ siècle, y compris le poêle en fonte, bouteilles, pots, canons, et d’autres articles de tous les jours. Sur certaines des étagères de rangement sont inscrits les noms des hommes qui y ont déposé leurs affaires, ainsi que la date - toujours lisible après 120 ans. En plus des huttes de Mawson, le cap Denison est un endroit populaire pour la reproduction de la faune. On peut souvent voir des phoques de Weddell avec leurs petits pendant la saison de reproduction, et il y a également des colonies d'oiseaux, notamment des skuas, des pétrels et des manchots. Animaux : Antarctique Veuillez noter que les observations d'animaux sauvages ne sont jamais garanties et dépendent des saisons, du temps et d'autres facteurs. Manchot d’Adélie Otarie à fourrure de l'Antarctique Shag antarctique Sterne antarctique Sterne arctique Albatros à sourcils noirs Baleine bleue Labbe brun ou antarctique Pétrel du Cap Manchot à jugulaire Dauphin de Commerson Phoque crabier Nos voyages : Antarctique Votre conseiller voyage Celia Appelez maintenant +33 1 76 38 06 39 En semaine, de 10:00 à 21:00 CET Prénom * ​ Nom (tel que sur votre passeport) * ​ Votre adresse e-mail * ​ N° de Téléphone ​ ​ Votre message * ​ J’ai lu et j’accepte la politique de confidentialité .* Croisière en Antarctique | Polartours
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Sciences, technologies et sociétés de A à Z - Déterminisme technologique - Presses de l’Université de Montréal Informations sur la couverture Rechercher dans le livre Table des matières Liens vers le livre Informations sur la couverture Rechercher dans le livre Table des matières Formats de lecture Sciences, technologies et sociétés de A à Z Ce livre est recensé par Naviguer dans le livre Déterminisme technologique Pierre Doray et Florence Millerand p. 66-69 Texte intégral Bibliographie Auteurs Texte intégral 1 Plusieurs chercheurs s’interrogent sur le rôle des non-humains dans le développement de la science et de la technologie (voir Théorie de l’acteur-réseau ). Ces travaux, toutefois, ne confrontent pas la question des rapports entre humains et non-humains avec d’autres perspectives qui cherchent aussi à articuler les liens entre la technique et le social, comme le déterminisme technologique et les postures épistémologiques alternatives. En effet, pendant plusieurs années, la sociologie des techniques et la sociologie du travail se sont interrogées sur le statut des outils et des objets dans l’analyse du développement des technologies, et sur leur impact dans la vie sociale. À cet égard, différentes postures ont été proposées. 2 Une première posture, le déterminisme technologique, pense les relations sur le plan des impacts des technologies dans la vie sociale. Le progrès technique, le type de production ou l’émergence des médias électroniques, par exemple, auraient des effets directs sur la vie au travail, la structure des organisations ou la dynamique de la vie domestique. Dans tous les cas, l’argument consiste à considérer que, par sa seule présence, l’objet technique influence le social, dans une logique causale où le premier est la variable indépendante et la seconde, la variable dépendante. Cet argument en suppose un second, souvent implicite : l’évolution technique serait autonome ou indépendante de l’organisation du social car produite dans une dynamique essentiellement interne (la technique produit la technique). Dès lors, l’analyse porte sur la nature des changements produits, la technologie étant considérée comme une boîte noire, le sociologue, l’historien ou le philosophe n’ayant pas réellement de prise pour en comprendre le développement. 3 Les critiques de cette posture déterministe sont nombreuses. D’abord, la qualité et la précision des variables utilisées pour caractériser les technologies sont jugées souvent trop lâches. Le lien de causalité fait aussi l’objet de contestations quand, pour une technologie similaire, on constate des usages ou des formes organisationnelles différentes, laissant penser que d’autres dimensions interviennent pour moduler le lien entre la technique et le social. Mais surtout, on critique l’absence de réflexion sur la production même des technologies. 4 Les postures alternatives changent l’angle d’approche. Certaines inscrivent l’influence de la technique dans un ensemble plus vaste de déterminations. Il est alors possible de parler de déterminisme multiple. L’organisation, par exemple, serait façonnée non seulement par les techniques adoptées mais aussi par les stratégies des acteurs, les modes de gestion du changement technologique, le type de marché économique dans lequel l’entreprise baigne, etc. (voir Diffusion de la technologie ). Dans un autre cas de figure, la relation entre technologie et organisation est elle-même modulée par l’influence d’autres dimensions sociales, économiques ou organisationnelles. Par exemple, l’impact de la technologie est différent dans les petites entreprises, comparativement aux grandes entreprises, en raison des propriétés économiques et organisationnelles spécifiques des PME. Pour sa part, Kling propose une autre variante : l’effet social des technologies (dans ce cas précis, les technologies de l’information et de la communication) est tributaire des systèmes techniques en jeu ainsi que du type d’organisation dans lequel elles s’inscrivent (voir Infrastructure sociotechnique ). Le trait commun de ces diverses propositions théoriques consiste à soutenir que la relation technologie-organisation est liée à l’influence de tierces variables appartenant aux systèmes ou organisations en présence. 5 D’autres propositions théoriques ont interrogé la production des techniques et des technologies, ouvrant sur l’hypothèse d’un déterminisme social. Les techniques auraient un impact sur le social parce qu’il y aurait une incorporation de rapports sociaux dans leur constitution matérielle. Expression d’une matérialisation du social, elles ont une influence car elles sont porteuses de choix sociaux et organisationnels. La technique prolongerait le développement politique de la société ; elle serait la matérialisation de l’organisation sociale et politique de la société. Ainsi, le capitalisme a permis l’émergence de la machine à vapeur qui elle-même a modifié les modes de fabrication. La technologie, combinée à d’autres modalités organisationnelles, peut alors être considérée comme un instrument de contrôle social structurant les modes de travail et les entreprises. Cette alternative au déterminisme technologique propose une relation inversée : le social serait producteur de la technique qui, par incorporation du social (culture des organisations, objectifs ou intérêts des producteurs de technologies), agirait sur le social (voir Construction sociale des technologies ). 6 Un dernier ensemble de travaux refusent l’existence même de la posture déterministe. Nous nous retrouverions devant une double construction : le social produirait le technique et ce dernier façonnerait le social. Le changement technologique en entreprise est ainsi conçu comme la rencontre de technologies porteuses d’un design de l’organisation (souvent modulée pour faire place aux nouvelles technologies) et des modes de gestion des changements qui prévalent déjà dans l’entreprise (voir Gestion de la technologie ). Hughes propose le modèle de la toile sans couture ( seamless web ) pour comprendre le développement technologique produit dans l’enchevêtrement de différents éléments techniques, sociaux, économiques. Ainsi, l’analyse du processus d’électrification des États-Unis souligne bien ce travail de construction de grands systèmes techniques qui se réalise sur différents fronts. Dans ce cadre, le développement technique n’est pas exogène aux rapports sociaux tant sur les plans culturel qu’économique. En même temps, il y a ici reconnaissance de l’impact des objets dans la vie sociale, bien que le concept d’impact ne soit plus tout à fait le même que celui qui prévaut dans la posture déterministe. 7 En résumé, la relation entre le monde technique et le monde social a fait l’objet de nombreuses propositions permettant d’en saisir mieux les articulations. Les techniques ont une influence sur le social parce qu’elles incorporent des designs organisationnels et des éléments culturels présents tout au cours de leur élaboration : leur appropriation conduit à des recompositions institutionnelles puisque des acteurs sociaux modulent les technologies et les organisations. Sans aller jusqu’à appréhender les objets et la nature à travers une dialectique humains/non-humains, au risque de les anthropomorphiser, ces différentes propositions ont montré qu’elles permettaient d’en saisir les apports et les contraintes à la fois sur les relations entre acteurs et sur les structures institutionnelles et organisationnelles. ♦ Bibliographie Des DOI sont automatiquement ajoutés aux références bibliographiques par Bilbo, l’outil d’annotation bibliographique d’OpenEdition. Ces références bibliographiques peuvent être téléchargées dans les formats APA, Chicago et MLA. Format APA Chicago MLA Alsène, E. (1990). Les impacts de la technologie sur l’organisation. Sociologie du travail , 32 (3), 321-337. https://doi.org/10.3406/sotra.1990.2513 Hughes, T. (1983). Networks of Power . Johns Hopkins University Press. https://doi.org/10.56021/9780801828737 Kling, R. (1991). Computerization and Social Transformations. SAGE Publications. https://doi.org/10.1177/016224399101600304 Alsène, Eric. “Les impacts de la technologie sur l’organisation”. Sociologie du travail 32, nos. 3 (1990): 321-37. doi:10.3406/sotra.1990.2513. Hughes, Thomas. “Networks of Power”. [] . Johns Hopkins University Press, 1983. doi:10.56021/9780801828737. Kling, Rob. “Computerization and Social Transformations”. Science, Technology, &amp;Amp; Human Values . SAGE Publications, July 1991. doi:10.1177/016224399101600304. Alsène, Eric. “Les impacts de la technologie sur l’organisation”. Sociologie du travail , vols. 32, nos. 3, 1990, pp. 321-37. Crossref , https://doi.org/10.3406/sotra.1990.2513. Hughes, Thomas. Networks of Power . [] , Johns Hopkins University Press, 1983. Crossref , https://doi.org/10.56021/9780801828737. Kling, Rob. “Computerization and Social Transformations”. Science, Technology, &amp;Amp; Human Values , vols. 16, nos. 3, SAGE Publications, July 1991, pp. 342-67. Crossref , https://doi.org/10.1177/016224399101600304. Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref. Alsène, Eric (1990), « Les impacts de la technologie sur l’organisation », Sociologie du travail , vol. XXX, n° 3, p. 321-337. 10.3406/sotra.1990.2513 : Braverman, Harry (1976), Travail et capitalisme monopoliste , Paris, Maspéro. Ellul, Jacques (1977), Le système technicien , Paris, Calmann-Levy. Hughes, Thomas P. (1983), Networks of Power: Electrification in Western Society, 1880-1930 , Baltimore, Johns Hopkins University Press. 10.56021/9780801828737 : — (1986), «The seamless Web: Technology, Science, Etcetera, Etcetera», Social Studies of Science , vol. 16, p. 281-292. Kling, R. (1991), «Computerization and Social Transformations», Science, Technology and Human Values , vol. 16, n° 3, p. 342-367. 10.1177/016224399101600304 : Marglin, Stephan (1971), « Origines et fonctions de la parcellarisation des tâches », dans A. Gorz (dir.), Critiques de la division du travail , Paris, Seuil, coll. « Le Point ». Mumford, Lewis (1950), Civilisation et technique , Paris, Éditions du Seuil. Noble, David F. (1984), Forces of Production: A Social History of Industrial Automation , New York, A. A. Knopf. Woodward, Joan (1965), Industrial Organization: Theory and Practice , Oxford University Press. Auteurs Pierre Doray Professeur au département de sociologie, Université du Québec à Montréal. Florence Millerand Professeure au département de communication sociale et politique, Université du Québec à Montréal Naviguer dans le livre Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire. Voir plus de livres L'économie circulaire Une transition incontournable Mélanie McDonald, Daniel Normandin et Sébastien Sauvé 2016 Les grandes universités de recherche Institutions autonomes dans un environnement concurrentiel Louis Maheu et Robert Lacroix 2015 Sciences, technologies et sociétés de A à Z Frédéric Bouchard, Pierre Doray et Julien Prud’homme (dir.) 2015 L’amour peut-il rendre fou et autres questions scientifiques Dominique Nancy et Mathieu-Robert Sauvé (dir.) 2014 Guy Rocher Le savant et le politique Violaine Lemay et Karim Benyekhlef (dir.) 2014 Prévention des toxicomanies Aspects théoriques et méthodologiques Pierre Brisson 2014 L’armée canadienne vous parle Communication et propagande gouvernementales Isabelle Gusse 2013 Au cœur des débats Les grandes conférences publiques du prix Gérard-Parizeau 2000-2010 Marie-Hélène Parizeau et Jean-Pierre Le Goff (dir.) 2013 La résolution de conflits Guide d’implantation et de pratiques Nina Admo 2012 Maintenir la paix en zones postconflit Les nouveaux visages de la police Samuel Tanner et Benoit Dupont (dir.) 2012 Sphères de surveillance Stéphane Leman-Langlois (dir.) 2011 La France depuis de Gaulle La V e République en perspective Marc Chevrier et Isabelle Gusse (dir.) 2010 Voir plus de livres L'économie circulaire Une transition incontournable Mélanie McDonald, Daniel Normandin et Sébastien Sauvé 2016 Les grandes universités de recherche Institutions autonomes dans un environnement concurrentiel Louis Maheu et Robert Lacroix 2015 Sciences, technologies et sociétés de A à Z Frédéric Bouchard, Pierre Doray et Julien Prud’homme (dir.) 2015 L’amour peut-il rendre fou et autres questions scientifiques Dominique Nancy et Mathieu-Robert Sauvé (dir.) 2014 Guy Rocher Le savant et le politique Violaine Lemay et Karim Benyekhlef (dir.) 2014 Prévention des toxicomanies Aspects théoriques et méthodologiques Pierre Brisson 2014 L’armée canadienne vous parle Communication et propagande gouvernementales Isabelle Gusse 2013 Au cœur des débats Les grandes conférences publiques du prix Gérard-Parizeau 2000-2010 Marie-Hélène Parizeau et Jean-Pierre Le Goff (dir.) 2013 La résolution de conflits Guide d’implantation et de pratiques Nina Admo 2012 Maintenir la paix en zones postconflit Les nouveaux visages de la police Samuel Tanner et Benoit Dupont (dir.) 2012 Sphères de surveillance Stéphane Leman-Langlois (dir.) 2011 La France depuis de Gaulle La V e République en perspective Marc Chevrier et Isabelle Gusse (dir.) 2010 Voir plus de chapitres Construction sociale des technologies Pierre Doray Chapitre 3. Les figures de l’amateur naturaliste Florence Millerand Conclusion Florence Millerand, Patrícia Dias da Silva, Serge Proulx et al. Infrastructure sociotechnique Florence Millerand Chapitre VI. Culture scientifique et technique et navigation dans l’enseignement supérieur Pierre Doray, Brigitte Gemme et Guy Gibeau Technologie Pierre Doray Politique de la science et de la technologie Pierre Doray et Yves Gingras Diffusion de la technologie et des innovations Pierre Doray, Jorge Niosi et Serge Proulx Chapitre 12. La matérialité des collections naturalistes : l’attachement à des spécimens botaniques et mycologiques Florence Millerand et Lorna Heaton Chapitre 14. La contribution des amateurs aux infrastructures de partage de données : le cas de Canadensys Rémi Toupin et Florence Millerand Chapitre 11. L’expertise sur une plateforme collaborative du Web : Les Herbonautes Lorna Heaton et Florence Millerand Objet-frontière Guillaume Latzko-Toth et Florence Millerand Voir plus de chapitres Construction sociale des technologies Pierre Doray Chapitre 3. Les figures de l’amateur naturaliste Florence Millerand Conclusion Florence Millerand, Patrícia Dias da Silva, Serge Proulx et al. Infrastructure sociotechnique Florence Millerand Chapitre VI. Culture scientifique et technique et navigation dans l’enseignement supérieur Pierre Doray, Brigitte Gemme et Guy Gibeau Technologie Pierre Doray Politique de la science et de la technologie Pierre Doray et Yves Gingras Diffusion de la technologie et des innovations Pierre Doray, Jorge Niosi et Serge Proulx Chapitre 12. La matérialité des collections naturalistes : l’attachement à des spécimens botaniques et mycologiques Florence Millerand et Lorna Heaton Chapitre 14. La contribution des amateurs aux infrastructures de partage de données : le cas de Canadensys Rémi Toupin et Florence Millerand Chapitre 11. L’expertise sur une plateforme collaborative du Web : Les Herbonautes Lorna Heaton et Florence Millerand Objet-frontière Guillaume Latzko-Toth et Florence Millerand Accès ouvert ePub PDF PDF du chapitre Acheter Édition imprimée Presses de l’Université de Montréal amazon.fr decitre.fr mollat.com leslibraires.fr placedeslibraires.fr Sciences, technologies et sociétés de A à Z X Facebook Email Choisir la taille de l’intégration Petit (500x375 px) Moyen (800x600 px) Grand (1024x768 px) Collez le code HTML suivant pour intégrer ce contenu sur votre site. <iframe src="https://books.openedition.org/pum/4280?format=embed" style="padding:5px;border:2px solid #ddd;" height="500" width="375"></iframe> Sciences, technologies et sociétés de A à Z Ce livre est cité par Nhampinga, Domingos Arcanjo António. Farias, Luiz Marcio Santos. (2024) Decolonialidad Didáctica: un enfoque para analizar las posibilidades de integración de las praxeologías subalternas en la enseñanza. Revista Venezolana de Investigación en Educación Matemática , 4. DOI: 10.54541/reviem.v4i2.107 Arévalo, Verónica Paulina Morales. López, Jorge Andrés Robalino. Rodríguez, Carlos Alberto Almeida. (2023) Medición del potencial de innovación en las organizaciones: propuesta metodológica para el contexto ecuatoriano. Revista de Gestão e Secretariado (Management and Administrative Professional Review) , 14. DOI: 10.7769/gesec.v14i4.2039 Ce chapitre est cité par (2018) From Additive Manufacturing to 3D/4D Printing 3 . DOI: 10.1002/9781119451501.ch2 Bonneville, Luc. Riddell, Diane. (2023) Smartphones in the university classroom: less problematic than we tend to think?. Information, Communication & Society , 26. DOI: 10.1080/1369118X.2023.2166358 Sciences, technologies et sociétés de A à Z Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org Sciences, technologies et sociétés de A à Z Vous pouvez suggérer l’acquisition de ce livre numérique à INRIA en utilisant le formulaire ci-dessous. Les champs suivis de (*) sont obligatoires. Votre nom (*) Votre affiliation Votre email sous la forme nom@domaine.fr (*) Message complémentaire Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs. La syntaxe de l’email est incorrecte. Référence numérique du chapitre Format Doray, P., & Millerand, F. (2015). Déterminisme technologique. In F. Bouchard, P. Doray, & J. Prud’homme (éds.), Sciences, technologies et sociétés de A à Z . Montréal: Presses de l’Université de Montréal. https://doi.org/10.4000/books.pum.4280 Doray, Pierre, et Florence Millerand. « Déterminisme technologique ». In Sciences, technologies et sociétés de A à Z , édité par Frédéric Bouchard, Pierre Doray, et Julien Prud’homme. Montréal: Presses de l’Université de Montréal, 2015. doi:10.4000/books.pum.4280. Doray, Pierre, et Florence Millerand. « Déterminisme technologique ». Sciences, technologies et sociétés de A à Z , édité par Frédéric Bouchard et al., Presses de l’Université de Montréal, 2015, https://doi.org/10.4000/books.pum.4280. Référence numérique du livre Format Bouchard, F., Doray, P., & Prud’homme, J. (éds.). (2015). Sciences, technologies et sociétés de A à Z . Montréal: Presses de l’Université de Montréal. https://doi.org/10.4000/books.pum.4240 Bouchard, Frédéric, Pierre Doray, et Julien Prud’homme, éd. Sciences, technologies et sociétés de A à Z . Montréal: Presses de l’Université de Montréal, 2015. doi:10.4000/books.pum.4240. Bouchard, Frédéric, et al., éditeurs. Sciences, technologies et sociétés de A à Z . Presses de l’Université de Montréal, 2015, https://doi.org/10.4000/books.pum.4240. Compatible avec Zotero 1 / 3 Panneau de gestion des cookies Panneau de gestion des cookies En autorisant ces services tiers, vous acceptez le dépôt et la lecture de cookies et l'utilisation de technologies de suivi nécessaires à leur bon fonctionnement. Préférences pour tous les services Ce site utilise des cookies nécessaires à son bon fonctionnement. Ils ne peuvent pas être désactivés. Les APIs permettent de charger des scripts : géolocalisation, moteurs de recherche, traductions, ... Openstreetmap Embed interdit - Ce service n'a déposé aucun cookie. En savoir plus - Voir le site officiel Services visant à afficher du contenu web. Gallica interdit - Ce service n'a déposé aucun cookie. En savoir plus - Voir le site officiel Google Maps interdit - Ce service n'a déposé aucun cookie. 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Sciences, technologies et sociétés de A à Z - Déterminisme technologique - Presses de l’Université de Montréal Informations sur la couverture Rechercher dans le livre Table des matières Liens vers le livre Informations sur la couverture Rechercher dans le livre Table des matières Formats de lecture Sciences, technologies et sociétés de A à Z Ce livre est recensé par Naviguer dans le livre Déterminisme technologique Pierre Doray et Florence Millerand p. 66-69 Texte intégral Bibliographie Auteurs Texte intégral 1 Plusieurs chercheurs s’interrogent sur le rôle des non-humains dans le développement de la science et de la technologie (voir Théorie de l’acteur-réseau ). Ces travaux, toutefois, ne confrontent pas la question des rapports entre humains et non-humains avec d’autres perspectives qui cherchent aussi à articuler les liens entre la technique et le social, comme le déterminisme technologique et les postures épistémologiques alternatives. En effet, pendant plusieurs années, la sociologie des techniques et la sociologie du travail se sont interrogées sur le statut des outils et des objets dans l’analyse du développement des technologies, et sur leur impact dans la vie sociale. À cet égard, différentes postures ont été proposées. 2 Une première posture, le déterminisme technologique, pense les relations sur le plan des impacts des technologies dans la vie sociale. Le progrès technique, le type de production ou l’émergence des médias électroniques, par exemple, auraient des effets directs sur la vie au travail, la structure des organisations ou la dynamique de la vie domestique. Dans tous les cas, l’argument consiste à considérer que, par sa seule présence, l’objet technique influence le social, dans une logique causale où le premier est la variable indépendante et la seconde, la variable dépendante. Cet argument en suppose un second, souvent implicite : l’évolution technique serait autonome ou indépendante de l’organisation du social car produite dans une dynamique essentiellement interne (la technique produit la technique). Dès lors, l’analyse porte sur la nature des changements produits, la technologie étant considérée comme une boîte noire, le sociologue, l’historien ou le philosophe n’ayant pas réellement de prise pour en comprendre le développement. 3 Les critiques de cette posture déterministe sont nombreuses. D’abord, la qualité et la précision des variables utilisées pour caractériser les technologies sont jugées souvent trop lâches. Le lien de causalité fait aussi l’objet de contestations quand, pour une technologie similaire, on constate des usages ou des formes organisationnelles différentes, laissant penser que d’autres dimensions interviennent pour moduler le lien entre la technique et le social. Mais surtout, on critique l’absence de réflexion sur la production même des technologies. 4 Les postures alternatives changent l’angle d’approche. Certaines inscrivent l’influence de la technique dans un ensemble plus vaste de déterminations. Il est alors possible de parler de déterminisme multiple. L’organisation, par exemple, serait façonnée non seulement par les techniques adoptées mais aussi par les stratégies des acteurs, les modes de gestion du changement technologique, le type de marché économique dans lequel l’entreprise baigne, etc. (voir Diffusion de la technologie ). Dans un autre cas de figure, la relation entre technologie et organisation est elle-même modulée par l’influence d’autres dimensions sociales, économiques ou organisationnelles. Par exemple, l’impact de la technologie est différent dans les petites entreprises, comparativement aux grandes entreprises, en raison des propriétés économiques et organisationnelles spécifiques des PME. Pour sa part, Kling propose une autre variante : l’effet social des technologies (dans ce cas précis, les technologies de l’information et de la communication) est tributaire des systèmes techniques en jeu ainsi que du type d’organisation dans lequel elles s’inscrivent (voir Infrastructure sociotechnique ). Le trait commun de ces diverses propositions théoriques consiste à soutenir que la relation technologie-organisation est liée à l’influence de tierces variables appartenant aux systèmes ou organisations en présence. 5 D’autres propositions théoriques ont interrogé la production des techniques et des technologies, ouvrant sur l’hypothèse d’un déterminisme social. Les techniques auraient un impact sur le social parce qu’il y aurait une incorporation de rapports sociaux dans leur constitution matérielle. Expression d’une matérialisation du social, elles ont une influence car elles sont porteuses de choix sociaux et organisationnels. La technique prolongerait le développement politique de la société ; elle serait la matérialisation de l’organisation sociale et politique de la société. Ainsi, le capitalisme a permis l’émergence de la machine à vapeur qui elle-même a modifié les modes de fabrication. La technologie, combinée à d’autres modalités organisationnelles, peut alors être considérée comme un instrument de contrôle social structurant les modes de travail et les entreprises. Cette alternative au déterminisme technologique propose une relation inversée : le social serait producteur de la technique qui, par incorporation du social (culture des organisations, objectifs ou intérêts des producteurs de technologies), agirait sur le social (voir Construction sociale des technologies ). 6 Un dernier ensemble de travaux refusent l’existence même de la posture déterministe. Nous nous retrouverions devant une double construction : le social produirait le technique et ce dernier façonnerait le social. Le changement technologique en entreprise est ainsi conçu comme la rencontre de technologies porteuses d’un design de l’organisation (souvent modulée pour faire place aux nouvelles technologies) et des modes de gestion des changements qui prévalent déjà dans l’entreprise (voir Gestion de la technologie ). Hughes propose le modèle de la toile sans couture ( seamless web ) pour comprendre le développement technologique produit dans l’enchevêtrement de différents éléments techniques, sociaux, économiques. Ainsi, l’analyse du processus d’électrification des États-Unis souligne bien ce travail de construction de grands systèmes techniques qui se réalise sur différents fronts. Dans ce cadre, le développement technique n’est pas exogène aux rapports sociaux tant sur les plans culturel qu’économique. En même temps, il y a ici reconnaissance de l’impact des objets dans la vie sociale, bien que le concept d’impact ne soit plus tout à fait le même que celui qui prévaut dans la posture déterministe. 7 En résumé, la relation entre le monde technique et le monde social a fait l’objet de nombreuses propositions permettant d’en saisir mieux les articulations. Les techniques ont une influence sur le social parce qu’elles incorporent des designs organisationnels et des éléments culturels présents tout au cours de leur élaboration : leur appropriation conduit à des recompositions institutionnelles puisque des acteurs sociaux modulent les technologies et les organisations. Sans aller jusqu’à appréhender les objets et la nature à travers une dialectique humains/non-humains, au risque de les anthropomorphiser, ces différentes propositions ont montré qu’elles permettaient d’en saisir les apports et les contraintes à la fois sur les relations entre acteurs et sur les structures institutionnelles et organisationnelles. ♦ Bibliographie Des DOI sont automatiquement ajoutés aux références bibliographiques par Bilbo, l’outil d’annotation bibliographique d’OpenEdition. Ces références bibliographiques peuvent être téléchargées dans les formats APA, Chicago et MLA. Format APA Chicago MLA Alsène, E. (1990). Les impacts de la technologie sur l’organisation. Sociologie du travail , 32 (3), 321-337. https://doi.org/10.3406/sotra.1990.2513 Hughes, T. (1983). Networks of Power . Johns Hopkins University Press. https://doi.org/10.56021/9780801828737 Kling, R. (1991). Computerization and Social Transformations. SAGE Publications. https://doi.org/10.1177/016224399101600304 Alsène, Eric. “Les impacts de la technologie sur l’organisation”. Sociologie du travail 32, nos. 3 (1990): 321-37. doi:10.3406/sotra.1990.2513. Hughes, Thomas. “Networks of Power”. [] . Johns Hopkins University Press, 1983. doi:10.56021/9780801828737. Kling, Rob. “Computerization and Social Transformations”. Science, Technology, &amp;Amp; Human Values . SAGE Publications, July 1991. doi:10.1177/016224399101600304. Alsène, Eric. “Les impacts de la technologie sur l’organisation”. Sociologie du travail , vols. 32, nos. 3, 1990, pp. 321-37. Crossref , https://doi.org/10.3406/sotra.1990.2513. Hughes, Thomas. Networks of Power . [] , Johns Hopkins University Press, 1983. Crossref , https://doi.org/10.56021/9780801828737. Kling, Rob. “Computerization and Social Transformations”. Science, Technology, &amp;Amp; Human Values , vols. 16, nos. 3, SAGE Publications, July 1991, pp. 342-67. Crossref , https://doi.org/10.1177/016224399101600304. Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref. Alsène, Eric (1990), « Les impacts de la technologie sur l’organisation », Sociologie du travail , vol. XXX, n° 3, p. 321-337. 10.3406/sotra.1990.2513 : Braverman, Harry (1976), Travail et capitalisme monopoliste , Paris, Maspéro. Ellul, Jacques (1977), Le système technicien , Paris, Calmann-Levy. Hughes, Thomas P. (1983), Networks of Power: Electrification in Western Society, 1880-1930 , Baltimore, Johns Hopkins University Press. 10.56021/9780801828737 : — (1986), «The seamless Web: Technology, Science, Etcetera, Etcetera», Social Studies of Science , vol. 16, p. 281-292. Kling, R. (1991), «Computerization and Social Transformations», Science, Technology and Human Values , vol. 16, n° 3, p. 342-367. 10.1177/016224399101600304 : Marglin, Stephan (1971), « Origines et fonctions de la parcellarisation des tâches », dans A. Gorz (dir.), Critiques de la division du travail , Paris, Seuil, coll. « Le Point ». Mumford, Lewis (1950), Civilisation et technique , Paris, Éditions du Seuil. Noble, David F. (1984), Forces of Production: A Social History of Industrial Automation , New York, A. A. Knopf. Woodward, Joan (1965), Industrial Organization: Theory and Practice , Oxford University Press. Auteurs Pierre Doray Professeur au département de sociologie, Université du Québec à Montréal. Florence Millerand Professeure au département de communication sociale et politique, Université du Québec à Montréal Naviguer dans le livre Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire. Voir plus de livres L'économie circulaire Une transition incontournable Mélanie McDonald, Daniel Normandin et Sébastien Sauvé 2016 Les grandes universités de recherche Institutions autonomes dans un environnement concurrentiel Louis Maheu et Robert Lacroix 2015 Sciences, technologies et sociétés de A à Z Frédéric Bouchard, Pierre Doray et Julien Prud’homme (dir.) 2015 L’amour peut-il rendre fou et autres questions scientifiques Dominique Nancy et Mathieu-Robert Sauvé (dir.) 2014 Guy Rocher Le savant et le politique Violaine Lemay et Karim Benyekhlef (dir.) 2014 Prévention des toxicomanies Aspects théoriques et méthodologiques Pierre Brisson 2014 L’armée canadienne vous parle Communication et propagande gouvernementales Isabelle Gusse 2013 Au cœur des débats Les grandes conférences publiques du prix Gérard-Parizeau 2000-2010 Marie-Hélène Parizeau et Jean-Pierre Le Goff (dir.) 2013 La résolution de conflits Guide d’implantation et de pratiques Nina Admo 2012 Maintenir la paix en zones postconflit Les nouveaux visages de la police Samuel Tanner et Benoit Dupont (dir.) 2012 Sphères de surveillance Stéphane Leman-Langlois (dir.) 2011 La France depuis de Gaulle La V e République en perspective Marc Chevrier et Isabelle Gusse (dir.) 2010 Voir plus de livres L'économie circulaire Une transition incontournable Mélanie McDonald, Daniel Normandin et Sébastien Sauvé 2016 Les grandes universités de recherche Institutions autonomes dans un environnement concurrentiel Louis Maheu et Robert Lacroix 2015 Sciences, technologies et sociétés de A à Z Frédéric Bouchard, Pierre Doray et Julien Prud’homme (dir.) 2015 L’amour peut-il rendre fou et autres questions scientifiques Dominique Nancy et Mathieu-Robert Sauvé (dir.) 2014 Guy Rocher Le savant et le politique Violaine Lemay et Karim Benyekhlef (dir.) 2014 Prévention des toxicomanies Aspects théoriques et méthodologiques Pierre Brisson 2014 L’armée canadienne vous parle Communication et propagande gouvernementales Isabelle Gusse 2013 Au cœur des débats Les grandes conférences publiques du prix Gérard-Parizeau 2000-2010 Marie-Hélène Parizeau et Jean-Pierre Le Goff (dir.) 2013 La résolution de conflits Guide d’implantation et de pratiques Nina Admo 2012 Maintenir la paix en zones postconflit Les nouveaux visages de la police Samuel Tanner et Benoit Dupont (dir.) 2012 Sphères de surveillance Stéphane Leman-Langlois (dir.) 2011 La France depuis de Gaulle La V e République en perspective Marc Chevrier et Isabelle Gusse (dir.) 2010 Voir plus de chapitres Construction sociale des technologies Pierre Doray Chapitre 3. Les figures de l’amateur naturaliste Florence Millerand Conclusion Florence Millerand, Patrícia Dias da Silva, Serge Proulx et al. Infrastructure sociotechnique Florence Millerand Chapitre VI. Culture scientifique et technique et navigation dans l’enseignement supérieur Pierre Doray, Brigitte Gemme et Guy Gibeau Technologie Pierre Doray Politique de la science et de la technologie Pierre Doray et Yves Gingras Diffusion de la technologie et des innovations Pierre Doray, Jorge Niosi et Serge Proulx Chapitre 12. La matérialité des collections naturalistes : l’attachement à des spécimens botaniques et mycologiques Florence Millerand et Lorna Heaton Chapitre 14. La contribution des amateurs aux infrastructures de partage de données : le cas de Canadensys Rémi Toupin et Florence Millerand Chapitre 11. L’expertise sur une plateforme collaborative du Web : Les Herbonautes Lorna Heaton et Florence Millerand Objet-frontière Guillaume Latzko-Toth et Florence Millerand Voir plus de chapitres Construction sociale des technologies Pierre Doray Chapitre 3. Les figures de l’amateur naturaliste Florence Millerand Conclusion Florence Millerand, Patrícia Dias da Silva, Serge Proulx et al. Infrastructure sociotechnique Florence Millerand Chapitre VI. Culture scientifique et technique et navigation dans l’enseignement supérieur Pierre Doray, Brigitte Gemme et Guy Gibeau Technologie Pierre Doray Politique de la science et de la technologie Pierre Doray et Yves Gingras Diffusion de la technologie et des innovations Pierre Doray, Jorge Niosi et Serge Proulx Chapitre 12. La matérialité des collections naturalistes : l’attachement à des spécimens botaniques et mycologiques Florence Millerand et Lorna Heaton Chapitre 14. La contribution des amateurs aux infrastructures de partage de données : le cas de Canadensys Rémi Toupin et Florence Millerand Chapitre 11. L’expertise sur une plateforme collaborative du Web : Les Herbonautes Lorna Heaton et Florence Millerand Objet-frontière Guillaume Latzko-Toth et Florence Millerand Accès ouvert ePub PDF PDF du chapitre Acheter Édition imprimée Presses de l’Université de Montréal amazon.fr decitre.fr mollat.com leslibraires.fr placedeslibraires.fr Sciences, technologies et sociétés de A à Z X Facebook Email Choisir la taille de l’intégration Petit (500x375 px) Moyen (800x600 px) Grand (1024x768 px) Collez le code HTML suivant pour intégrer ce contenu sur votre site. <iframe src="https://books.openedition.org/pum/4280?format=embed" style="padding:5px;border:2px solid #ddd;" height="500" width="375"></iframe> Sciences, technologies et sociétés de A à Z Ce livre est cité par Nhampinga, Domingos Arcanjo António. Farias, Luiz Marcio Santos. (2024) Decolonialidad Didáctica: un enfoque para analizar las posibilidades de integración de las praxeologías subalternas en la enseñanza. Revista Venezolana de Investigación en Educación Matemática , 4. DOI: 10.54541/reviem.v4i2.107 Arévalo, Verónica Paulina Morales. López, Jorge Andrés Robalino. Rodríguez, Carlos Alberto Almeida. (2023) Medición del potencial de innovación en las organizaciones: propuesta metodológica para el contexto ecuatoriano. Revista de Gestão e Secretariado (Management and Administrative Professional Review) , 14. DOI: 10.7769/gesec.v14i4.2039 Ce chapitre est cité par (2018) From Additive Manufacturing to 3D/4D Printing 3 . DOI: 10.1002/9781119451501.ch2 Bonneville, Luc. Riddell, Diane. (2023) Smartphones in the university classroom: less problematic than we tend to think?. Information, Communication & Society , 26. DOI: 10.1080/1369118X.2023.2166358 Sciences, technologies et sociétés de A à Z Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org Sciences, technologies et sociétés de A à Z Vous pouvez suggérer l’acquisition de ce livre numérique à INRIA en utilisant le formulaire ci-dessous. Les champs suivis de (*) sont obligatoires. Votre nom (*) Votre affiliation Votre email sous la forme nom@domaine.fr (*) Message complémentaire Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs. La syntaxe de l’email est incorrecte. Référence numérique du chapitre Format Doray, P., & Millerand, F. (2015). Déterminisme technologique. In F. Bouchard, P. Doray, & J. Prud’homme (éds.), Sciences, technologies et sociétés de A à Z . Montréal: Presses de l’Université de Montréal. https://doi.org/10.4000/books.pum.4280 Doray, Pierre, et Florence Millerand. « Déterminisme technologique ». In Sciences, technologies et sociétés de A à Z , édité par Frédéric Bouchard, Pierre Doray, et Julien Prud’homme. Montréal: Presses de l’Université de Montréal, 2015. doi:10.4000/books.pum.4280. Doray, Pierre, et Florence Millerand. « Déterminisme technologique ». Sciences, technologies et sociétés de A à Z , édité par Frédéric Bouchard et al., Presses de l’Université de Montréal, 2015, https://doi.org/10.4000/books.pum.4280. Référence numérique du livre Format Bouchard, F., Doray, P., & Prud’homme, J. (éds.). (2015). Sciences, technologies et sociétés de A à Z . Montréal: Presses de l’Université de Montréal. https://doi.org/10.4000/books.pum.4240 Bouchard, Frédéric, Pierre Doray, et Julien Prud’homme, éd. Sciences, technologies et sociétés de A à Z . Montréal: Presses de l’Université de Montréal, 2015. doi:10.4000/books.pum.4240. Bouchard, Frédéric, et al., éditeurs. Sciences, technologies et sociétés de A à Z . Presses de l’Université de Montréal, 2015, https://doi.org/10.4000/books.pum.4240. Compatible avec Zotero 1 / 3 Panneau de gestion des cookies Panneau de gestion des cookies En autorisant ces services tiers, vous acceptez le dépôt et la lecture de cookies et l'utilisation de technologies de suivi nécessaires à leur bon fonctionnement. Préférences pour tous les services Ce site utilise des cookies nécessaires à son bon fonctionnement. Ils ne peuvent pas être désactivés. Les APIs permettent de charger des scripts : géolocalisation, moteurs de recherche, traductions, ... Openstreetmap Embed interdit - Ce service n'a déposé aucun cookie. En savoir plus - Voir le site officiel Services visant à afficher du contenu web. Gallica interdit - Ce service n'a déposé aucun cookie. En savoir plus - Voir le site officiel Google Maps interdit - Ce service n'a déposé aucun cookie. 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Communication de groupe et communication de masse, quelle différence ? - HcoM, le Blog... Tous les blogs Top blogs Marketing & Réseaux Sociaux Tous les blogs Marketing & Réseaux Sociaux Editer l'article Suivre ce blog Administration Connexion + Créer mon blog MENU Tous les blogs Top blogs Marketing & Réseaux Sociaux Tous les blogs Marketing & Réseaux Sociaux Recherche Connexion + Créer mon blog Editer l'article Suivre ce blog Administration Partager Communication de groupe et communication de masse, quelle différence ? Publié par Olivier Moch sur 10 Novembre 2014, 10:04am Catégories : #Les bases de la Communication Il s'agit de distinguer la communication de masse de la communication de groupe car leurs cibles et leurs objectifs sont différents. La communication est le fait d'établir une relation avec une autre personne ou un autre groupe de personnes et de lui ou leur transmettre un message. Un émetteur peut donc communiquer vers un seul récepteur, c'est de la communication interpersonnelle , ou vers plusieurs récepteurs, on parle alors de communication de groupe ou de communication de masse. Bien que les récepteurs soient multiples dans les deux cas, il s'agit de distinguer la communication de groupe et la communication de masse. La première différence qui devrait sauter à l'esprit est la taille de l'ensemble des recepteurs; un groupe parait moins étoffé qu'une masse. Mais retenons surtout que la communication de masse s'adresse à tous les récepteurs disponibles alors que la communication de groupe s'adresse à des groupes de récepteurs ciblés, définis selon leurs expériences, leur culture, leurs attentes, leurs besoins... En fait, la communication de groupe est un affinage de la communication de masse ! La Communication de masse Pour schématiser, l'on dira que la communication de masse est l'ensemble des techniques qui permettent de transmettre à un public le plus vaste possible toutes sortes de messages. Il s'agit donc d'une communication dans laquelle un émetteur (ou un groupe d'émetteurs réunis entre eux) diffuse des messages tous azimuts vers tous les récepteurs disponibles, que ceux-ci le souhaitent ou pas. La communication de masse regroupe donc un ensemble de médias - parfois appelés mass-medias - capable d'atteindre voire même d'influencer de larges audiences. La presse, la télévision, la radio sont des médias de communication de masse par excellence. Le sociologue américain Marshall McLuhan, l'un des théoriciens les plus influents de la communication, définit la communication de masse comme répondant à deux critères fondamentaux : c'est la communication de un vers plusieurs et le récepteur ne réagit pas au message transmis (pas de rétrocation ou feedback). Cette vision date des années '60 et n'est plus tout à fait vraie en ce sens qu'il est désormais possible de réagir à certains médias de masse (ex. télévision interactive, jeux radios...). Le concept de communication de masse est apparu à l'aube du 20è siècle avec la naissance de l'organisation des masses ( Fordisme, Taylorisme, standardisation ) qui consistait à fédérer des hommes autour d'une stratégie de production et à optimaliser leur rendement. Rapidement, les caractéristiques de la communication de masse ont été appréhendées par le pouvoir politique qui a bien compris qu'il pouvait s'agir là d'un outil de propagande efficace... avec les dérives totalitaires qui ont pu en découler. Longtemps d'ailleurs, la communication de masse gardera cette connotation négative liée à la propagande mais elle est aussi liée à la mise en commun pour le plus grand nombre d'outils et de références culturels, la culture de masse. Avantages : - rapidité : un message unique vers une quantité illimitée de récepteurs; - effets rapides (réaction à chaud d'une grande partie des récepteurs); - communication totalement contrôlée par l'émetteur (idéal pour la valorisation de cet émetteur ou de son produit)... Inconvénients : - déperdition du contenu du message car la communication n'est pas ciblée; - message souvent réducteur voire partisan; - rétroaction nulle, faible ou lente; - manipulation ou influence des récepteurs; - intrusion dans la sphère de récepteurs qui ne sont pas demandeurs... La communication de groupe Il s'agit d'une évolution de la communication de masse, un affinage qui permet de cibler les récepteurs auquel le (ou les) émetteur(s) s'adresse(nt). Si elle s'adresse à plusieurs récepteurs, la communication de groupe intègre une notion fondamentale de ciblage de ces récepteurs en fonction de leur culture, de leur champ de compréhension ou de leurs intérêts. La communication de groupe est apparue et s'est réellement développée dans les années '50 avec la société de consommation. La publicité est l'exemple type de ce genre de communication. Si à l'origine la réclame s'apparentait davantage à de la communication de masse - un message promotionnel à destination du plus grand nombre -, avec la croissance de la consommation et le besoin de posséder, la réclame est devenue publicité et s'est davantage ciblée sur des groupes d'individus. Mais il existe bien d'autres types de communication de groupe citons, notamment, les réunions de cadres en entreprise (le CEO s'adresse aux cadres des différents services de l'entreprise), le message d'un coach de football à la mi-temps du match... On peut dire que la communication de groupe est un stade intermédiaire entre la communication interpersonnelle et la communication de masse. La communication de groupe varie fortement en fonction de la taille, de la fonction du groupe vers lequel on communique mais aussi de la personnalité des individus qui le composent. Dès lors, il n'est pas faux de dire qu'il n'existe pas une communication de groupe mais plutôt des communications de groupes. Cette diversité de récepteurs potentiels rend la communication de groupe complexe. Avantages : - une rétroaction est possible (mais pas automatique); - rapidité : un seul message vers un groupe de récepteur; - efficacité : moins de déperdition du contenu du message car la communication est ciblée. Inconvénients : - manipulation ou influence des récepteurs; - souvent un sentiment d'infériorité du récepteur car le message vient d'une autorité quelconque (ex. CEO, entraîneur...). L'internet est-il apparenté à la communication de masse ou à la communication de groupe ? La question mérite d'être soulevée car la clarté n'est pas totale à ce propos. La communication via le net s'adresse à un grand nombre de récepteurs, c'est une évidence mais le feedback est réel et rapide tant la sphère internet est réactive, on peut donc écarter, à priori, l'internet comme étant un vecteur de communication de masse dans laquelle la rétroactivité est nulle ou faible. Par ailleurs, par le biais des réseaux sociaux, on a tendance à catégoriser ses échanges sur internet, à cibler ses destinataires ce qui nous amènerait plutôt vers une communication de groupe. Cependant, ces groupes ne sont pas forcément structurés en fonctions de critères d'appartenance mais plutôt à la cantonade ce qui nuit parfois au ciblage du message. Internet n'est pas une communication mais bien un média, un support de communication. Le contenu du message véhiculé par le net et sur le net peut varier et s'adapter à une situation. Ainsi, la communication par internet peut elle être tantôt de groupe (ex. le mail, les réseaux sociaux, les forums...)  tantôt de masse (ex. les sites d'informations, les sites d'entreprises ou d'institutions qui servent de vitrines de présentation générale...). Il faut pourtant se rendre compte qu'internet est devenu un outil de ceux qui travaillent dans le secteur de la communication de masses, dans l'étude des comportements de masse plus exactement. Le net est une plateforme exceptionnelle qui permet l'étude du comportement de ses utilisateurs. Les études comportementales ont, depuis son apparition, dirigé le marketing. Avec sa traçabilité accrue, internet a facilité la tenue d'études comportementales. En 2010, une étude européenne menée par Fleishman-Hillard avec le concours d'Harris Interactive montrait que l'influence du net sur les comportements de consommation est deux fois plus grande que celle de la télévision. Internet est donc un outil d'analyse de comportements de masse dans le but de favoriser des communications de groupe ciblées (de la publicité)... En conclusion Il convient de distinguer communication de masse et communication de groupe. La seconde est dérivée de la première, c'est un affinage de la première. La différence fondamentale est que la communication de groupe est ciblée sur un ensemble de récepteurs qui partagent un champ commun tandis que la communication de masse est dirigée vers le maximum de récepteurs possibles sans limite de champs communs. A l'origine, la communication de masse était plus informative et plus directionnelle alors que la communication de groupe était surtout promotionnelle et influente. De plus en plus, la communication de masse tend vers celle de groupe, ainsi par exemple la presse se diversifie et se spécialise davantage afin d'attirer un lectorat plus ciblé; la télévision et la radio - considérés comme des médias de masse en puissance pendant des années - permettent de plus en plus d'interactivité et la présence de plus en plus importante de la publicité dans ces deux médias les contraint à adapter de plus en plus les messages qu'ils diffusent à un public mieux cerné (ex. la télé réalité qui cible, en fonction des programmes, surtout les enfants, les adolescents et les jeunes adultes ou encore les chaînes thématiques). Ce document en version pdf imprimable Partager cet article Repost 0 Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous : Vous aimerez aussi : La communication persuasive Différencier l'information et la communication La communication à double-étage ComVision 3 - Les tendances de la com' en 2019 Médias sociaux et droit à l'image Le Vade-mecum de la communication externe des organisations à Mon's Livre Commenter cet article E Externalisation Madagascar 15/11/2014 10:49 Pour ma part, la communication de groupe est certainement la plus pertinente des deux. La communication est plus ciblée et on peut s'attendre à un meilleur résultat. Bien sûr, il ne faut pas se<br /> contenter de définir un groupe selon leur nationalité, leur tranche d'âge, etc. Il faut aussi penser à définir un groupe selon leur centre d'intérêt, leurs besoins, leur localisation, etc. C'est<br /> sans doute de cette manière que l'on peut proposer une communication plus adaptée. Répondre O Olivier Moch 24/11/2014 13:11 <br /> <br /> Je suis assez d'accord avec cet vision.<br /> <br /> <br /> <br /> Suivez-moi Facebook Twitter RSS Newsletter Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés. Email Liens Hcom, le site ! 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Les mensonges du langage non verbal | Cerveau & Psycho L'envers du développement personnel Les mensonges du langage non verbal Des rayons d’ouvrages de développement personnel prétendent qu’il est possible de démasquer un menteur à son regard ou ses gestes. Preuves à l’appui, cela ressemble à un gros mensonge. Yves-Alexandre Thalmann 08 avril 2023 | CERVEAU & PSYCHO N° 154 | Temps de lecture : 7 mn Article réservé aux abonnés numériques S'abonner Facebook Twitter LinkedIn Imprimer L'envers du développement personnel Communication Psychologie Mensonge © Matyo Pour ne rien manquer de Cerveau & Psycho , inscrivez-vous à nos newsletters (gratuites) La détection de mensonge est un thème incontournable de la psychologie populaire, que ce soit dans la littérature de développement personnel ou dans les séries télévisées. Dans le rôle principal : le décryptage du langage non verbal… Le corps ne saurait mentir, prétendent les tenants de cette approche. On pourrait de fait détecter sur le corps ou sur le visage de l’individu malhonnête des signes qui trahiraient son stress ou l’affleurement d’émotions trahissant sa duplicité. Voilà pour la théorie, suffisante pour donner à tout un chacun l’espoir de devenir un as de la perspicacité et ne plus jamais se faire rouler dans la farine. Qu’en est-il dans la pratique ? Quand il s’agit de détecter le mensonge, la plupart des gens se basent sur des indices non verbaux. Sur le podium des plus usités, la première place revient au regard fuyant, puis viennent les gestes nerveux et enfin l’agitation du corps. C’est ce que révèle une étude réalisée par un groupe de chercheurs (The Global Deception Research Team) dans 75 pays, couvrant 48 langues différentes et impliquant plus de 2 300 sujets. Il en ressort que 63 % des personnes interviewées affirment que l’on reconnaît les menteurs à ce qu’ils détournent le regard, 28 % pensent qu’ils manifestent de la nervosité et 25 % des gesticulations. Parmi les autres stéréotypes dominants sur les signes extérieurs de tromperie : mouvements des bras, des jambes et des doigts ; variation du rythme de la parole ; intonation particulière ; direction du regard (à gauche ou à droite) ; transpiration, manipulation des cheveux, des habits ou d’objets comme un stylo. Les indices non verbaux ont la même efficacité que… le hasard. Autant tirer à pile ou face pour savoir si une personne ment ou dit la vérité. Pareils chiffres soulèvent immédiatement un problème de taille : si la plupart des gens croient que le mensonge se détecte au détournement du regard et à l’agitation motrice due à la nervosité, cela signifie que la plupart des menteurs connaissent aussi ces critères. Ce seront donc les premiers signes qu’ils tenteront de contrôler. Entre nous, on peut bien se l’avouer : quand on ment (pour la bonne cause, il va sans dire), on sait bien qu’il faut continuer à regarder son interlocuteur droit dans les yeux et faire en sorte de détendre son corps. Cette connaissance très répandue constitue la raison pour laquelle ces indices se révèlent la plupart du temps inutiles. Du côté des résultats expérimentaux, les mesures effectuées sur des situations de mensonge réel montrent que les indices non verbaux ont la même efficacité que… le hasard : en nous basant sur ces indices, nous avons une chance sur deux d’identifier correctement un mensonge, comme si nous tirions à pile ou face. Et si vous vous targuez d’être plus doué que la moyenne à ce jeu-là, les données scientifiques vous donnent malheureusement tort. Les personnes les plus sûres de leurs capacités ne font pas mieux que les autres. Elles se trompent… plus sûrement. Une lecture attentive de l’excellent ouvrage de référence, publié il y a quelques années sous la houlette de spécialistes d’horizons divers, Benjamin Elissalde, Frédéric Tomas, Hugues Delmas et Gladys Raffin, devrait finir de vous convaincre. Des microexpressions du visage… Les adeptes du décryptage du non-verbal n’en restent cependant pas là. Ils invoquent de la science tout à fait sérieuse, en particulier le nom de Paul Ekman. Quel étudiant en psychologie n’a jamais croisé ce nom célèbre ? Le professeur Ekman est connu pour avoir parcouru le monde et montré que la tristesse, la peur ou la joie s’affichent de manière étrangement analogue à travers les différentes cultures. D’où l’hypothèse de l’universalité des expressions faciales des émotions de base. On lui doit aussi le Facial action coding system , un système de cotation qui permet d’identifier les plus infimes crispations du visage et de les mettre en relation avec les émotions éprouvées. Ses travaux se sont popularisés grâce à une série télévisée à succès, Lie to me , produite et diffusée au tournant des années 2010. Les acteurs de cette série, que l’on a dits coachés par Paul Ekman lui-même, aident le FBI à résoudre des enquêtes en confondant les menteurs. Plus sérieusement, les travaux du psychologue sont à la base des algorithmes utilisés de nos jours pour identifier les émotions sur les visages, que ce soit à des fins marketing, publicitaires, voire psychothérapeutiques (pensons aux logiciels qui aident les personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme à apprendre à interpréter les expressions du visage). A lire aussi : Comment savoir si quelqu'un ment ? Revenons au mensonge. L’idée d’Ekman est qu’une personne en proférant un va laisser apparaître malgré elle, durant un temps extrêmement bref, une mimique trahissant ses véritables sentiments. Ces microexpressions, ou fuites, telles qu’on les appelle aussi, permettent aux individus formés à leur repérage de relever des incohérences entre ce que dit un sujet et ce qu’il éprouve malgré lui, et donc de mettre en doute sa sincérité. De nombreux professionnels, juges, policiers, enquêteurs, douaniers, médecins se sont formés à cette méthode, coûteuse et laborieuse au demeurant. Mais qu’en est-il des résultats obtenus grâce à elle ? … pour des microrésultats Disons-le d’emblée pour ne pas faire durer le suspense : pas fameux ! Pour mettre à l’épreuve la théorie des microexpressions, les psychologues Stephen Porter et Leanne ten Brinke, à l’université de Colombie-Britannique, ont exposé des sujets, tout en les filmant, à des stimuli provoquant des émotions comme la joie ou le dégoût, mais en leur demandant parfois de simuler un ressenti différent. Dans une deuxième phase, des codeurs ont eu pour tâche d’analyser ces expressions à l’aide du système d’Ekman, avec la possibilité de faire des arrêts sur image pour identifier le moindre détail. Après avoir écarté les manifestations émotionnelles affichées durant plus d’une seconde, donc trop évidentes et par là même détectables par n’importe qui, les chercheurs se sont focalisés sur les véritables microémotions relevées par les codeurs, soit une petite quinzaine. Problème : près de la moitié d’entre elles ont été repérées sur les visages de sujets… sincères, qui ne cherchaient pas à simuler quoi que ce soit. Des travaux ultérieurs ont confirmé ces résultats. Les microexpressions faciales existent bel et bien, de même qu’il est possible d’apprendre à les décoder… mais celles-ci n’entretiennent pas de lien univoque avec le mensonge. Nos ressentis sont complexes et nous sommes tous parcourus d’émotions contradictoires, peu importe que nous soyons honnêtes ou en train de tromper notre interlocuteur. Voilà de quoi fragiliser un peu plus le mythe d’une détection de mensonge efficace. À ce propos, les métaanalyses sont formelles : il n’existe aucun signe corporel, de quelque nature que ce soit, qui garantisse qu’une personne est en train de mentir, à l’image du nez de Pinocchio, qui le trahirait en s’allongeant. A lire aussi : Non, le langage corporel ne représente pas 90 % de ce que vous dites Il faut se rendre à l’évidence, n’en déplaise aux experts du décodage des gestes et des émotions : le mensonge a encore de belles heures devant lui, n’ayant pas d’adversaire à sa taille pour le détecter avec efficacité. Le corps sait très bien mentir, ce que tout cinéphile confirmera volontiers… Les méthodes les plus pertinentes pour révéler la tromperie restent encore celles qui portent sur le contenu du discours ; par exemple, lors d’un interrogatoire, amener un suspect à répéter plusieurs fois sa version, voire à raconter les événements dans l’ordre inverse de ce qui est arrivé afin de faire émerger les incohérences. En revanche, on trouve pléthore de méthodes promettant de transformer quiconque en maître de perspicacité, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. Exploitant la crédulité du public en faisant fi des connaissances scientifiques, les auteurs de ces méthodes se placent eux-mêmes dans la catégorie des gens qu’ils prétendent débusquer. Reste la question de leurs réelles motivations, à part s’enrichir : les personnes formées à ces méthodes de décodage deviennent significativement plus confiantes en leurs capacités à détecter les mensonges, alors qu’elles ne font pas mieux que vous et moi, comme le révèle une métaanalyse parue en 2006 sous la plume de Charles Bond et Bella de Paulo. Elles se laissent alors berner en étant sûres de la sincérité de leurs interlocuteurs. D’où le véritable mystère : à qui profitent donc ces méthodes fumeuses ? Auteur Yves-Alexandre Thalmann Yves-Alexandre Thalmann est professeur de psychologie au Collège Saint-Michel et collaborateur scientifique à l'université de Fribourg, en Suisse. Il est l’auteur de la rubrique L’envers du développement personnel dans Cerveau & Psycho . Voir tous ses articles Références The global deception research team, A world of lies, Journal of cross-cultural psychology , 32006. B. Elissalde et al. , Le Mensonge - Psychologie, applications et outils de détection , Dunod, 2019. S. Porter et L. ten Brinke, Reading between the lies : Identifying concealed and falsified emotions in universal facial expressions , Psychological Science , 2008. Article paru dans Cerveau & Psycho n°154 - Mai 2023 Sommaire Acheter au format papier Acheter au format numérique S'abonner Sur le même sujet Psychologie sociale 8mn 22/01/2021 Peut-on rendre la justice par Zoom ? Avec la pandémie de Covid-19, la justice est de plus en plus rendue via des applications de visioconférence. Le risque étant de fausser l’issue des procès, selon certains spécialistes en communication non verbale. Communication 5mn 19/05/2020 Non, le langage corporel ne représente pas 90 % de ce que vous dites Comment en est-on arrivé à croire cette idée complètement fausse ? Les clés du comportement 8mn 09/12/2019 Ce que nous disent les regards Ressent-il quelque chose pour moi ou son intérêt est-il purement sexuel ? Est-elle en train de me mentir ? Quel genre de personne est-ce ? Autant de questions dont la réponse pourrait bien se trouver dans le regard de votre interlocuteur… Psychologie au quotidien 6mn 01/07/2008 Le langage du corps à la plage La façon dont les jeunes femmes montrent leur corps à la plage serait révélatrice de leurs pratiques sexuelles. En outre, les tatouages, piercings ou autres strings augmentent le nombre de partenaires sexuels. Psychologie 10mn 13/12/2017 La communication non violente : dire ses besoins, entendre ceux des autres Nous échouons souvent à communiquer parce que nous n'identifions pas nos propres besoins et ne prêtons pas assez attention à ceux de nos semblables. La communication non violente fournit des clés pour le faire plus efficacement. Psychologie sociale 5mn 21/04/2017 Embauche : la force du non-verbal Votre cv est parfait et vous avez peaufiné votre discours ? Ça ne suffira pas forcément. Votre comportement non verbal sera déterminant. N°95 Janvier 2018 La force de la non-violence N°57 Mai 2013 Mensonges et autres tricheries N°54 Novembre 2012 La parole libérée N°17 Septembre 2006 Babillage : un langage à décoder Previous Next « Empathie » : une série poignante sur la puissance du lien humain en milieu psychiatrique Pourquoi la neurodiversité est en pleine expansion L’intolérance au gluten est-elle psychologique ? Stress du lundi matin : qu’en dit la science ? Pourquoi il est si dur et si bon en même temps d’être parent Philip Gorwood : « les patients souffrant d’anorexie mentale ont une addiction au contrôle » L’intelligence atteindrait-elle son apogée entre 55 et 60 ans ? Stress chronique : les réflexes qui sauvent Braincast #18 : L’anorexie, une addiction inversée ? Avec Philip Gorwood Newsletters Pour ne rien manquer de l’actu de la psychologie et des neurosciences, inscrivez-vous dès maintenant à la newsletter hebdomadaire Cerveau & psycho ! Je m’inscris Newsletters Restez informés de toutes nos parutions ! Je m'inscris Home CP - Une 5mn Les 10 articles que vous avez préférés en 2025 Santé 9mn Comment apaiser les émotions du cancer Santé 8mn Valérie Rozec : « il existe des solutions pour se prémunir des effets du bruit sur la santé » Retour en haut de page Cerveau & Psycho N°183 Tous les numéros s Théma Cerveaux & Psycho N°35 Tous les numéros s Pour la Science N°579 Tous les numéros s Hors-série Pour la Science N°129 Tous les numéros s Newsletters Restez informés de toutes nos parutions et découvrez des articles gratuits chaque semaine ! Je m'inscris
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Les mensonges du langage non verbal | Cerveau & Psycho L'envers du développement personnel Les mensonges du langage non verbal Des rayons d’ouvrages de développement personnel prétendent qu’il est possible de démasquer un menteur à son regard ou ses gestes. Preuves à l’appui, cela ressemble à un gros mensonge. Yves-Alexandre Thalmann 08 avril 2023 | CERVEAU & PSYCHO N° 154 | Temps de lecture : 7 mn Article réservé aux abonnés numériques S'abonner Facebook Twitter LinkedIn Imprimer L'envers du développement personnel Communication Psychologie Mensonge © Matyo Pour ne rien manquer de Cerveau & Psycho , inscrivez-vous à nos newsletters (gratuites) La détection de mensonge est un thème incontournable de la psychologie populaire, que ce soit dans la littérature de développement personnel ou dans les séries télévisées. Dans le rôle principal : le décryptage du langage non verbal… Le corps ne saurait mentir, prétendent les tenants de cette approche. On pourrait de fait détecter sur le corps ou sur le visage de l’individu malhonnête des signes qui trahiraient son stress ou l’affleurement d’émotions trahissant sa duplicité. Voilà pour la théorie, suffisante pour donner à tout un chacun l’espoir de devenir un as de la perspicacité et ne plus jamais se faire rouler dans la farine. Qu’en est-il dans la pratique ? Quand il s’agit de détecter le mensonge, la plupart des gens se basent sur des indices non verbaux. Sur le podium des plus usités, la première place revient au regard fuyant, puis viennent les gestes nerveux et enfin l’agitation du corps. C’est ce que révèle une étude réalisée par un groupe de chercheurs (The Global Deception Research Team) dans 75 pays, couvrant 48 langues différentes et impliquant plus de 2 300 sujets. Il en ressort que 63 % des personnes interviewées affirment que l’on reconnaît les menteurs à ce qu’ils détournent le regard, 28 % pensent qu’ils manifestent de la nervosité et 25 % des gesticulations. Parmi les autres stéréotypes dominants sur les signes extérieurs de tromperie : mouvements des bras, des jambes et des doigts ; variation du rythme de la parole ; intonation particulière ; direction du regard (à gauche ou à droite) ; transpiration, manipulation des cheveux, des habits ou d’objets comme un stylo. Les indices non verbaux ont la même efficacité que… le hasard. Autant tirer à pile ou face pour savoir si une personne ment ou dit la vérité. Pareils chiffres soulèvent immédiatement un problème de taille : si la plupart des gens croient que le mensonge se détecte au détournement du regard et à l’agitation motrice due à la nervosité, cela signifie que la plupart des menteurs connaissent aussi ces critères. Ce seront donc les premiers signes qu’ils tenteront de contrôler. Entre nous, on peut bien se l’avouer : quand on ment (pour la bonne cause, il va sans dire), on sait bien qu’il faut continuer à regarder son interlocuteur droit dans les yeux et faire en sorte de détendre son corps. Cette connaissance très répandue constitue la raison pour laquelle ces indices se révèlent la plupart du temps inutiles. Du côté des résultats expérimentaux, les mesures effectuées sur des situations de mensonge réel montrent que les indices non verbaux ont la même efficacité que… le hasard : en nous basant sur ces indices, nous avons une chance sur deux d’identifier correctement un mensonge, comme si nous tirions à pile ou face. Et si vous vous targuez d’être plus doué que la moyenne à ce jeu-là, les données scientifiques vous donnent malheureusement tort. Les personnes les plus sûres de leurs capacités ne font pas mieux que les autres. Elles se trompent… plus sûrement. Une lecture attentive de l’excellent ouvrage de référence, publié il y a quelques années sous la houlette de spécialistes d’horizons divers, Benjamin Elissalde, Frédéric Tomas, Hugues Delmas et Gladys Raffin, devrait finir de vous convaincre. Des microexpressions du visage… Les adeptes du décryptage du non-verbal n’en restent cependant pas là. Ils invoquent de la science tout à fait sérieuse, en particulier le nom de Paul Ekman. Quel étudiant en psychologie n’a jamais croisé ce nom célèbre ? Le professeur Ekman est connu pour avoir parcouru le monde et montré que la tristesse, la peur ou la joie s’affichent de manière étrangement analogue à travers les différentes cultures. D’où l’hypothèse de l’universalité des expressions faciales des émotions de base. On lui doit aussi le Facial action coding system , un système de cotation qui permet d’identifier les plus infimes crispations du visage et de les mettre en relation avec les émotions éprouvées. Ses travaux se sont popularisés grâce à une série télévisée à succès, Lie to me , produite et diffusée au tournant des années 2010. Les acteurs de cette série, que l’on a dits coachés par Paul Ekman lui-même, aident le FBI à résoudre des enquêtes en confondant les menteurs. Plus sérieusement, les travaux du psychologue sont à la base des algorithmes utilisés de nos jours pour identifier les émotions sur les visages, que ce soit à des fins marketing, publicitaires, voire psychothérapeutiques (pensons aux logiciels qui aident les personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme à apprendre à interpréter les expressions du visage). A lire aussi : Comment savoir si quelqu'un ment ? Revenons au mensonge. L’idée d’Ekman est qu’une personne en proférant un va laisser apparaître malgré elle, durant un temps extrêmement bref, une mimique trahissant ses véritables sentiments. Ces microexpressions, ou fuites, telles qu’on les appelle aussi, permettent aux individus formés à leur repérage de relever des incohérences entre ce que dit un sujet et ce qu’il éprouve malgré lui, et donc de mettre en doute sa sincérité. De nombreux professionnels, juges, policiers, enquêteurs, douaniers, médecins se sont formés à cette méthode, coûteuse et laborieuse au demeurant. Mais qu’en est-il des résultats obtenus grâce à elle ? … pour des microrésultats Disons-le d’emblée pour ne pas faire durer le suspense : pas fameux ! Pour mettre à l’épreuve la théorie des microexpressions, les psychologues Stephen Porter et Leanne ten Brinke, à l’université de Colombie-Britannique, ont exposé des sujets, tout en les filmant, à des stimuli provoquant des émotions comme la joie ou le dégoût, mais en leur demandant parfois de simuler un ressenti différent. Dans une deuxième phase, des codeurs ont eu pour tâche d’analyser ces expressions à l’aide du système d’Ekman, avec la possibilité de faire des arrêts sur image pour identifier le moindre détail. Après avoir écarté les manifestations émotionnelles affichées durant plus d’une seconde, donc trop évidentes et par là même détectables par n’importe qui, les chercheurs se sont focalisés sur les véritables microémotions relevées par les codeurs, soit une petite quinzaine. Problème : près de la moitié d’entre elles ont été repérées sur les visages de sujets… sincères, qui ne cherchaient pas à simuler quoi que ce soit. Des travaux ultérieurs ont confirmé ces résultats. Les microexpressions faciales existent bel et bien, de même qu’il est possible d’apprendre à les décoder… mais celles-ci n’entretiennent pas de lien univoque avec le mensonge. Nos ressentis sont complexes et nous sommes tous parcourus d’émotions contradictoires, peu importe que nous soyons honnêtes ou en train de tromper notre interlocuteur. Voilà de quoi fragiliser un peu plus le mythe d’une détection de mensonge efficace. À ce propos, les métaanalyses sont formelles : il n’existe aucun signe corporel, de quelque nature que ce soit, qui garantisse qu’une personne est en train de mentir, à l’image du nez de Pinocchio, qui le trahirait en s’allongeant. A lire aussi : Non, le langage corporel ne représente pas 90 % de ce que vous dites Il faut se rendre à l’évidence, n’en déplaise aux experts du décodage des gestes et des émotions : le mensonge a encore de belles heures devant lui, n’ayant pas d’adversaire à sa taille pour le détecter avec efficacité. Le corps sait très bien mentir, ce que tout cinéphile confirmera volontiers… Les méthodes les plus pertinentes pour révéler la tromperie restent encore celles qui portent sur le contenu du discours ; par exemple, lors d’un interrogatoire, amener un suspect à répéter plusieurs fois sa version, voire à raconter les événements dans l’ordre inverse de ce qui est arrivé afin de faire émerger les incohérences. En revanche, on trouve pléthore de méthodes promettant de transformer quiconque en maître de perspicacité, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. Exploitant la crédulité du public en faisant fi des connaissances scientifiques, les auteurs de ces méthodes se placent eux-mêmes dans la catégorie des gens qu’ils prétendent débusquer. Reste la question de leurs réelles motivations, à part s’enrichir : les personnes formées à ces méthodes de décodage deviennent significativement plus confiantes en leurs capacités à détecter les mensonges, alors qu’elles ne font pas mieux que vous et moi, comme le révèle une métaanalyse parue en 2006 sous la plume de Charles Bond et Bella de Paulo. Elles se laissent alors berner en étant sûres de la sincérité de leurs interlocuteurs. D’où le véritable mystère : à qui profitent donc ces méthodes fumeuses ? Auteur Yves-Alexandre Thalmann Yves-Alexandre Thalmann est professeur de psychologie au Collège Saint-Michel et collaborateur scientifique à l'université de Fribourg, en Suisse. Il est l’auteur de la rubrique L’envers du développement personnel dans Cerveau & Psycho . Voir tous ses articles Références The global deception research team, A world of lies, Journal of cross-cultural psychology , 32006. B. Elissalde et al. , Le Mensonge - Psychologie, applications et outils de détection , Dunod, 2019. S. Porter et L. ten Brinke, Reading between the lies : Identifying concealed and falsified emotions in universal facial expressions , Psychological Science , 2008. Article paru dans Cerveau & Psycho n°154 - Mai 2023 Sommaire Acheter au format papier Acheter au format numérique S'abonner Sur le même sujet Psychologie sociale 8mn 22/01/2021 Peut-on rendre la justice par Zoom ? Avec la pandémie de Covid-19, la justice est de plus en plus rendue via des applications de visioconférence. Le risque étant de fausser l’issue des procès, selon certains spécialistes en communication non verbale. Communication 5mn 19/05/2020 Non, le langage corporel ne représente pas 90 % de ce que vous dites Comment en est-on arrivé à croire cette idée complètement fausse ? Les clés du comportement 8mn 09/12/2019 Ce que nous disent les regards Ressent-il quelque chose pour moi ou son intérêt est-il purement sexuel ? Est-elle en train de me mentir ? Quel genre de personne est-ce ? Autant de questions dont la réponse pourrait bien se trouver dans le regard de votre interlocuteur… Psychologie au quotidien 6mn 01/07/2008 Le langage du corps à la plage La façon dont les jeunes femmes montrent leur corps à la plage serait révélatrice de leurs pratiques sexuelles. En outre, les tatouages, piercings ou autres strings augmentent le nombre de partenaires sexuels. Psychologie 10mn 13/12/2017 La communication non violente : dire ses besoins, entendre ceux des autres Nous échouons souvent à communiquer parce que nous n'identifions pas nos propres besoins et ne prêtons pas assez attention à ceux de nos semblables. La communication non violente fournit des clés pour le faire plus efficacement. Psychologie sociale 5mn 21/04/2017 Embauche : la force du non-verbal Votre cv est parfait et vous avez peaufiné votre discours ? Ça ne suffira pas forcément. Votre comportement non verbal sera déterminant. N°95 Janvier 2018 La force de la non-violence N°57 Mai 2013 Mensonges et autres tricheries N°54 Novembre 2012 La parole libérée N°17 Septembre 2006 Babillage : un langage à décoder Previous Next « Empathie » : une série poignante sur la puissance du lien humain en milieu psychiatrique Pourquoi la neurodiversité est en pleine expansion L’intolérance au gluten est-elle psychologique ? Stress du lundi matin : qu’en dit la science ? Pourquoi il est si dur et si bon en même temps d’être parent Philip Gorwood : « les patients souffrant d’anorexie mentale ont une addiction au contrôle » L’intelligence atteindrait-elle son apogée entre 55 et 60 ans ? Stress chronique : les réflexes qui sauvent Braincast #18 : L’anorexie, une addiction inversée ? Avec Philip Gorwood Newsletters Pour ne rien manquer de l’actu de la psychologie et des neurosciences, inscrivez-vous dès maintenant à la newsletter hebdomadaire Cerveau & psycho ! Je m’inscris Newsletters Restez informés de toutes nos parutions ! Je m'inscris Home CP - Une 5mn Les 10 articles que vous avez préférés en 2025 Santé 9mn Comment apaiser les émotions du cancer Santé 8mn Valérie Rozec : « il existe des solutions pour se prémunir des effets du bruit sur la santé » Retour en haut de page Cerveau & Psycho N°183 Tous les numéros s Théma Cerveaux & Psycho N°35 Tous les numéros s Pour la Science N°579 Tous les numéros s Hors-série Pour la Science N°129 Tous les numéros s Newsletters Restez informés de toutes nos parutions et découvrez des articles gratuits chaque semaine ! Je m'inscris
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Les mensonges du langage non verbal | Cerveau & Psycho L'envers du développement personnel Les mensonges du langage non verbal Des rayons d’ouvrages de développement personnel prétendent qu’il est possible de démasquer un menteur à son regard ou ses gestes. Preuves à l’appui, cela ressemble à un gros mensonge. Yves-Alexandre Thalmann 08 avril 2023 | CERVEAU & PSYCHO N° 154 | Temps de lecture : 7 mn Article réservé aux abonnés numériques S'abonner Facebook Twitter LinkedIn Imprimer L'envers du développement personnel Communication Psychologie Mensonge © Matyo Pour ne rien manquer de Cerveau & Psycho , inscrivez-vous à nos newsletters (gratuites) La détection de mensonge est un thème incontournable de la psychologie populaire, que ce soit dans la littérature de développement personnel ou dans les séries télévisées. Dans le rôle principal : le décryptage du langage non verbal… Le corps ne saurait mentir, prétendent les tenants de cette approche. On pourrait de fait détecter sur le corps ou sur le visage de l’individu malhonnête des signes qui trahiraient son stress ou l’affleurement d’émotions trahissant sa duplicité. Voilà pour la théorie, suffisante pour donner à tout un chacun l’espoir de devenir un as de la perspicacité et ne plus jamais se faire rouler dans la farine. Qu’en est-il dans la pratique ? Quand il s’agit de détecter le mensonge, la plupart des gens se basent sur des indices non verbaux. Sur le podium des plus usités, la première place revient au regard fuyant, puis viennent les gestes nerveux et enfin l’agitation du corps. C’est ce que révèle une étude réalisée par un groupe de chercheurs (The Global Deception Research Team) dans 75 pays, couvrant 48 langues différentes et impliquant plus de 2 300 sujets. Il en ressort que 63 % des personnes interviewées affirment que l’on reconnaît les menteurs à ce qu’ils détournent le regard, 28 % pensent qu’ils manifestent de la nervosité et 25 % des gesticulations. Parmi les autres stéréotypes dominants sur les signes extérieurs de tromperie : mouvements des bras, des jambes et des doigts ; variation du rythme de la parole ; intonation particulière ; direction du regard (à gauche ou à droite) ; transpiration, manipulation des cheveux, des habits ou d’objets comme un stylo. Les indices non verbaux ont la même efficacité que… le hasard. Autant tirer à pile ou face pour savoir si une personne ment ou dit la vérité. Pareils chiffres soulèvent immédiatement un problème de taille : si la plupart des gens croient que le mensonge se détecte au détournement du regard et à l’agitation motrice due à la nervosité, cela signifie que la plupart des menteurs connaissent aussi ces critères. Ce seront donc les premiers signes qu’ils tenteront de contrôler. Entre nous, on peut bien se l’avouer : quand on ment (pour la bonne cause, il va sans dire), on sait bien qu’il faut continuer à regarder son interlocuteur droit dans les yeux et faire en sorte de détendre son corps. Cette connaissance très répandue constitue la raison pour laquelle ces indices se révèlent la plupart du temps inutiles. Du côté des résultats expérimentaux, les mesures effectuées sur des situations de mensonge réel montrent que les indices non verbaux ont la même efficacité que… le hasard : en nous basant sur ces indices, nous avons une chance sur deux d’identifier correctement un mensonge, comme si nous tirions à pile ou face. Et si vous vous targuez d’être plus doué que la moyenne à ce jeu-là, les données scientifiques vous donnent malheureusement tort. Les personnes les plus sûres de leurs capacités ne font pas mieux que les autres. Elles se trompent… plus sûrement. Une lecture attentive de l’excellent ouvrage de référence, publié il y a quelques années sous la houlette de spécialistes d’horizons divers, Benjamin Elissalde, Frédéric Tomas, Hugues Delmas et Gladys Raffin, devrait finir de vous convaincre. Des microexpressions du visage… Les adeptes du décryptage du non-verbal n’en restent cependant pas là. Ils invoquent de la science tout à fait sérieuse, en particulier le nom de Paul Ekman. Quel étudiant en psychologie n’a jamais croisé ce nom célèbre ? Le professeur Ekman est connu pour avoir parcouru le monde et montré que la tristesse, la peur ou la joie s’affichent de manière étrangement analogue à travers les différentes cultures. D’où l’hypothèse de l’universalité des expressions faciales des émotions de base. On lui doit aussi le Facial action coding system , un système de cotation qui permet d’identifier les plus infimes crispations du visage et de les mettre en relation avec les émotions éprouvées. Ses travaux se sont popularisés grâce à une série télévisée à succès, Lie to me , produite et diffusée au tournant des années 2010. Les acteurs de cette série, que l’on a dits coachés par Paul Ekman lui-même, aident le FBI à résoudre des enquêtes en confondant les menteurs. Plus sérieusement, les travaux du psychologue sont à la base des algorithmes utilisés de nos jours pour identifier les émotions sur les visages, que ce soit à des fins marketing, publicitaires, voire psychothérapeutiques (pensons aux logiciels qui aident les personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme à apprendre à interpréter les expressions du visage). A lire aussi : Comment savoir si quelqu'un ment ? Revenons au mensonge. L’idée d’Ekman est qu’une personne en proférant un va laisser apparaître malgré elle, durant un temps extrêmement bref, une mimique trahissant ses véritables sentiments. Ces microexpressions, ou fuites, telles qu’on les appelle aussi, permettent aux individus formés à leur repérage de relever des incohérences entre ce que dit un sujet et ce qu’il éprouve malgré lui, et donc de mettre en doute sa sincérité. De nombreux professionnels, juges, policiers, enquêteurs, douaniers, médecins se sont formés à cette méthode, coûteuse et laborieuse au demeurant. Mais qu’en est-il des résultats obtenus grâce à elle ? … pour des microrésultats Disons-le d’emblée pour ne pas faire durer le suspense : pas fameux ! Pour mettre à l’épreuve la théorie des microexpressions, les psychologues Stephen Porter et Leanne ten Brinke, à l’université de Colombie-Britannique, ont exposé des sujets, tout en les filmant, à des stimuli provoquant des émotions comme la joie ou le dégoût, mais en leur demandant parfois de simuler un ressenti différent. Dans une deuxième phase, des codeurs ont eu pour tâche d’analyser ces expressions à l’aide du système d’Ekman, avec la possibilité de faire des arrêts sur image pour identifier le moindre détail. Après avoir écarté les manifestations émotionnelles affichées durant plus d’une seconde, donc trop évidentes et par là même détectables par n’importe qui, les chercheurs se sont focalisés sur les véritables microémotions relevées par les codeurs, soit une petite quinzaine. Problème : près de la moitié d’entre elles ont été repérées sur les visages de sujets… sincères, qui ne cherchaient pas à simuler quoi que ce soit. Des travaux ultérieurs ont confirmé ces résultats. Les microexpressions faciales existent bel et bien, de même qu’il est possible d’apprendre à les décoder… mais celles-ci n’entretiennent pas de lien univoque avec le mensonge. Nos ressentis sont complexes et nous sommes tous parcourus d’émotions contradictoires, peu importe que nous soyons honnêtes ou en train de tromper notre interlocuteur. Voilà de quoi fragiliser un peu plus le mythe d’une détection de mensonge efficace. À ce propos, les métaanalyses sont formelles : il n’existe aucun signe corporel, de quelque nature que ce soit, qui garantisse qu’une personne est en train de mentir, à l’image du nez de Pinocchio, qui le trahirait en s’allongeant. A lire aussi : Non, le langage corporel ne représente pas 90 % de ce que vous dites Il faut se rendre à l’évidence, n’en déplaise aux experts du décodage des gestes et des émotions : le mensonge a encore de belles heures devant lui, n’ayant pas d’adversaire à sa taille pour le détecter avec efficacité. Le corps sait très bien mentir, ce que tout cinéphile confirmera volontiers… Les méthodes les plus pertinentes pour révéler la tromperie restent encore celles qui portent sur le contenu du discours ; par exemple, lors d’un interrogatoire, amener un suspect à répéter plusieurs fois sa version, voire à raconter les événements dans l’ordre inverse de ce qui est arrivé afin de faire émerger les incohérences. En revanche, on trouve pléthore de méthodes promettant de transformer quiconque en maître de perspicacité, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. Exploitant la crédulité du public en faisant fi des connaissances scientifiques, les auteurs de ces méthodes se placent eux-mêmes dans la catégorie des gens qu’ils prétendent débusquer. Reste la question de leurs réelles motivations, à part s’enrichir : les personnes formées à ces méthodes de décodage deviennent significativement plus confiantes en leurs capacités à détecter les mensonges, alors qu’elles ne font pas mieux que vous et moi, comme le révèle une métaanalyse parue en 2006 sous la plume de Charles Bond et Bella de Paulo. Elles se laissent alors berner en étant sûres de la sincérité de leurs interlocuteurs. D’où le véritable mystère : à qui profitent donc ces méthodes fumeuses ? Auteur Yves-Alexandre Thalmann Yves-Alexandre Thalmann est professeur de psychologie au Collège Saint-Michel et collaborateur scientifique à l'université de Fribourg, en Suisse. Il est l’auteur de la rubrique L’envers du développement personnel dans Cerveau & Psycho . Voir tous ses articles Références The global deception research team, A world of lies, Journal of cross-cultural psychology , 32006. B. Elissalde et al. , Le Mensonge - Psychologie, applications et outils de détection , Dunod, 2019. S. Porter et L. ten Brinke, Reading between the lies : Identifying concealed and falsified emotions in universal facial expressions , Psychological Science , 2008. Article paru dans Cerveau & Psycho n°154 - Mai 2023 Sommaire Acheter au format papier Acheter au format numérique S'abonner Sur le même sujet Psychologie sociale 8mn 22/01/2021 Peut-on rendre la justice par Zoom ? Avec la pandémie de Covid-19, la justice est de plus en plus rendue via des applications de visioconférence. Le risque étant de fausser l’issue des procès, selon certains spécialistes en communication non verbale. Communication 5mn 19/05/2020 Non, le langage corporel ne représente pas 90 % de ce que vous dites Comment en est-on arrivé à croire cette idée complètement fausse ? Les clés du comportement 8mn 09/12/2019 Ce que nous disent les regards Ressent-il quelque chose pour moi ou son intérêt est-il purement sexuel ? Est-elle en train de me mentir ? Quel genre de personne est-ce ? Autant de questions dont la réponse pourrait bien se trouver dans le regard de votre interlocuteur… Psychologie au quotidien 6mn 01/07/2008 Le langage du corps à la plage La façon dont les jeunes femmes montrent leur corps à la plage serait révélatrice de leurs pratiques sexuelles. En outre, les tatouages, piercings ou autres strings augmentent le nombre de partenaires sexuels. Psychologie 10mn 13/12/2017 La communication non violente : dire ses besoins, entendre ceux des autres Nous échouons souvent à communiquer parce que nous n'identifions pas nos propres besoins et ne prêtons pas assez attention à ceux de nos semblables. La communication non violente fournit des clés pour le faire plus efficacement. Psychologie sociale 5mn 21/04/2017 Embauche : la force du non-verbal Votre cv est parfait et vous avez peaufiné votre discours ? Ça ne suffira pas forcément. Votre comportement non verbal sera déterminant. N°95 Janvier 2018 La force de la non-violence N°57 Mai 2013 Mensonges et autres tricheries N°54 Novembre 2012 La parole libérée N°17 Septembre 2006 Babillage : un langage à décoder Previous Next « Empathie » : une série poignante sur la puissance du lien humain en milieu psychiatrique Pourquoi la neurodiversité est en pleine expansion L’intolérance au gluten est-elle psychologique ? Stress du lundi matin : qu’en dit la science ? Pourquoi il est si dur et si bon en même temps d’être parent Philip Gorwood : « les patients souffrant d’anorexie mentale ont une addiction au contrôle » L’intelligence atteindrait-elle son apogée entre 55 et 60 ans ? Stress chronique : les réflexes qui sauvent Braincast #18 : L’anorexie, une addiction inversée ? Avec Philip Gorwood Newsletters Pour ne rien manquer de l’actu de la psychologie et des neurosciences, inscrivez-vous dès maintenant à la newsletter hebdomadaire Cerveau & psycho ! Je m’inscris Newsletters Restez informés de toutes nos parutions ! Je m'inscris Home CP - Une 5mn Les 10 articles que vous avez préférés en 2025 Santé 9mn Comment apaiser les émotions du cancer Santé 8mn Valérie Rozec : « il existe des solutions pour se prémunir des effets du bruit sur la santé » Retour en haut de page Cerveau & Psycho N°183 Tous les numéros s Théma Cerveaux & Psycho N°35 Tous les numéros s Pour la Science N°579 Tous les numéros s Hors-série Pour la Science N°129 Tous les numéros s Newsletters Restez informés de toutes nos parutions et découvrez des articles gratuits chaque semaine ! Je m'inscris
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Six histoires extraordinaires d’Oliver Sacks : Cortex Mag – Cerveau, cognition et neurosciences pour tous Six histoires extraordinaires d’Oliver Sacks Article 28 juillet 2016 Gaën Plancher 18 minutes Il y a près d’un an disparaissait le célèbre neurologue et écrivain Oliver Sacks. Pour rendre hommage à son travail, deux jeunes neuroscientifiques du Labex CORTEX racontent et illustrent six cas de pathologies cérébrales extraordinaires. Oliver Sacks, neurologue et professeur à l’école de médecine de l’Université Columbia, connu pour ses nombreux ouvrages de vulgarisation neurologique, est décédé fin août 2015 des suites d’un cancer à l’âge de 82 ans . Il nous a légué pas moins de 15 livres, la majorité présentant des études de cas passionnantes nous racontant le quotidien de patients neurologiques rencontrés au cours de sa carrière. L’ouvrage le plus marquant de sa carrière restera sans doute L’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau. Sa plume fit son succès. Oliver Sacks savait très bien faire comprendre au grand public ce qu’implique une pathologie cérébrale, mais il savait également conférer un côté intime et amical à ses cas, donnant souvent envie au lecteur de mieux comprendre le vécu du patient. Bien que les cas présentés dans ses ouvrages soient la plupart du temps incurables, Sacks a toujours mis en avant les mécanismes adaptifs dont sont capables les patients pour compenser la perte. A ce titre, la musique jouera un rôle central dans l’ensemble de son travail [1] . Son talent narratif a certainement influencé nombre d’étudiants, ceux-ci choisissant de s’orienter vers l’étude du cerveau. De plus, son influence est allée bien au-delà du monde scientifique puisque des films, des pièces de théâtres ou des opéras ont été réalisés en référence à ses écrits, ce qui lui a valu le titre de «Columbia Artist». Nous avons tenu à rendre hommage à son travail en présentant quelques-uns de ces cas les plus marquants. Ainsi, nous espérons donner l’envie de lire ou de relire ses ouvrages et de montrer à quel point notre cerveau peut être à la fois fragile, complexe et fascinant. 1. Le marin perdu Domaine cognitif : la mémoire Pathologie : syndrome de Korsakoff Région cérébrale concernée : tubercules mamillaires de l’hypothalamus et thalamus En abordant le cas de Jimmie G. [2] , Sacks nous invite aux confins des abîmes de la mémoire à la poursuite d’un équipier solitaire. Ses souvenirs de jeunesse, notamment ceux passés dans la marine, semblaient être les seuls souvenirs qu’il avait en sa possession. Lorsqu’il évoquait cette période, il ne donnait pas l’impression de parler du passé, ses propos étaient très animés et remplis de détails vivaces comme s’il s’agissait de sa vie actuelle. Mais après cette période, plus rien de nouveau ne s’inscrivait dans sa mémoire. Son «présent» de 1945 dominait celui de 1975. Jimmie G. présentait une amnésie suite à un syndrome de Korsakoff liée à l’alcoolisme. Celui-ci était persuadé d’avoir 19 ans, c’est pourquoi lorsqu’on lui tendait un miroir, il était plongé dans une grande panique. Cependant, cet état d’esprit s’évaporait quelques instants plus tard puisqu’il était incapable de former de nouveaux souvenirs. De façon cohérente, il pensait chaque jour rencontrer son neurologue pour la première fois alors que les visites se poursuivaient depuis plusieurs mois. Seules les visites de son frère constituaient un point d’amarrage entre le passé et le présent, bien que Jimmie ne parvienne pas à comprendre pourquoi son frère paraissait si vieux. Il n’a jamais guéri de son amnésie profonde, mais heureusement il ne se sentait pas malade, étant inconscient la plupart du temps de sa maladie. 2. L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau Domaine cognitif : perception. Pathologie : agnosie visuelle. Région cérébrale concernée : cortex occipito-temporal. Le docteur P. était un musicien et professeur dans une école de musique locale. [2] Alors qu’il connaissait très bien ses élèves, il commença à présenter des difficultés à les identifier par leur visage. Il parvenait à reconnaître un élève uniquement s’il présentait un détail caractéristique sur son visage, un grain de beauté par exemple, ou au son de sa voix. Il ne présentait aucun déficit ophtalmique si bien qu’on l’envoya vers un neurologue. Certaines bizarreries étaient apparues au cours de l’entretien. Par exemple, lorsqu’on lui montra la couverture d’un magasine représentant des dunes sahariennes, il se mit à décrire une petite auberge avec une terrasse sur l’eau et des parasols colorés, décrivant ainsi des paysages absents de l’image qu’il ne semblait pas reconnaître. Encore plus étrange, il ne semblait même pas prendre conscience de ses difficultés. Une fois l’examen terminé, il leva même la main et attrapa la tête de sa femme, essayant de la poser sur la tête comme s’il s’agissait de son propre chapeau ! Le diagnostic fut sans appel. Le docteur P. n’avait en effet aucune difficulté pour identifier des formes géométriques complexes, mais ne parvenait plus à reconnaître les visages de proches, ni même le sien. Il avait également des difficultés pour reconnaître des objets. Par exemple, lorsque le neurologue lui tendit une rose rouge, celui-ci la décrivit comme une forme rouge enroulée avec une attache linéaire verte d’environ 15 cm de long. 3. Le syndrome de Charles Bonnet Domaine cognitif : perception. Pathologie : hallucinations. Région cérébrale concernée : cortex occipital. Oliver Sacks s’est aussi beaucoup intéressé aux hallucinations, symptômes positifs que l’on retrouve dans diverses pathologies : migraine, épilepsie, cécité, ou bien encore schizophrénie. Il expérimenta d’ailleurs lui-même la prise de drogues pour comprendre ce phénomène ! De façon intéressante, il observa que les hallucinations visuelles ne sont paradoxalement pas rares chez les individus devenus aveugles ou dont la vue s’est détériorée. Ses visions sont en fait une réaction cérébrale à la perte de stimuli visuels qu’on appelle le syndrome de Charles Bonnet. Les hallucinations provoquées peuvent être très riches et vivaces. Sacks nous rapporte le cas amusant de Rosalie, une patiente qui percevait régulièrement des gens vêtus à l’orientale qui montaient et descendaient les escaliers. [3] Cité par Sacks, le chercheur Dominic Ffytche et ses collègues ont exploré les substrats neurologiques des hallucinations. Ils ont remarqué que les expériences hallucinatoires particulières à chaque patient correspondaient en fait à des régions spécifiques du cortex visuel. Ainsi, des hallucinations de visages, couleurs, de textures ou d’objets activerait les aires spécifiques à ce type d’information suite à la privation de stimulation. 4. Stereo Sue Domaine cognitif : perception. Pathologie : vision stéréoscopique déficiente. Région cérébrale concernée : cellules binoculaires du cortex occipital. Pouvez-vous imaginer ce que serait la vie sans perception de la profondeur ? A quoi ressemblerait une vie entièrement en deux dimensions ? Cela vous paraît impossible ? Pourtant, Oliver Sacks témoigne du cas de plusieurs de ses patients atteints de vision stéréoscopique déficiente. Cette pathologie résulte d’une incapacité à fusionner les images en provenance des deux yeux. De 5 à 10 % de la population générale serait concernée, parfois même sans le savoir ! Dans la plupart des cas, il s’agit de personnes ayant eu un strabisme important et non corrigé avant l’âge de 2 ans. Les médecins pensent que si aucune intervention n’est faite avant cet âge, le précâblage cérébral permettant de fusionner les informations en provenance des deux yeux ne se fera plus jamais. Mais est-ce vraiment inéluctable ? Même si nous pensions que oui, Oliver Sacks nous présente le cas extraordinaire de Susan, [4] une neurologue ayant vécu jusqu’à ses 50 ans sans vision stéréoscopique à cause d’un strabisme non corrigé avant l’âge de 7 ans. Pour estimer la profondeur, elle ne pouvait s’appuyer que sur les indices monoculaires, comme la perspective ou bien encore les ombres. Tout changea le jour où elle entama une thérapie de rééducation visuelle avec un objectif tout à fait anodin et différent : celui de corriger sa fatigue oculaire. Au cours de la rééducation, elle dû se forcer à essayer de fusionner des images en provenance de ses deux yeux, d’abord à plat, puis en dimension, à raison de 20 minutes d’exercices par jour. Après quelques séances, elle vit son environnement changer de façon de plus en plus importante : d’abord les bords des objets commençaient à lui paraître différents, comme plus nets, jusqu’au jour où les objets du quotidien comme son volant de voiture lui semblaient jaillir devant elle ! Après plusieurs mois et au prix de séances de travail quotidiennes, elle fut en mesure de percevoir la profondeur comme n’importe qui. 5. Un homme de lettres Domaine cognitif : langage Pathologie : alexie sans agraphie Région cérébrale concernée : gyrus cingulaire gauche Dans cette nouvelle, Oliver Sacks nous rapporte le cas étonnant d’Howard Engel, [4] écrivain célèbre pour ses intrigues policières et qui, à la suite d’un accident vasculaire cérébral, avait perdu la faculté de lire mais pouvait tout de même écrire sans problème ! Ce patient présentait une alexie sans agraphie qui ne le quittera jamais. Cette pathologie, qui se présente sous la forme d’une agnosie visuelle spécifique aux mots, est une maladie qui empêche totalement de reconnaitre les mots, voire les lettres dans les cas les plus sévères. Au niveau cérébral, le travail précis de décodage de mots et de lettres est effectué par une région surnommée maintenant la «boite aux lettres du cerveau». Si cette région est touchée, la patient perd alors sélectivement la faculté de décrypter le langage écrit, sans pour autant avoir de mal à s’exprimer ou comprendre le langage oral. Egalement, quand les automatismes d’écriture sont préservés, comme chez Howard Engel, le patient peut continuer à écrire, notamment sous la dictée d’une tierce personne mais aussi par lui-même. En revanche, il lui sera totalement impossible de se relire ! Ce patient fascinant nous montre bien combien le traitement du langage est en fait le résultat de myriades de processus qui interviennent en cascade les uns après les autres. Si l’un d’entre eux est endommagé, les performances seront alors ralenties, sinon empêchées. Concernant Howard Engel, il s’est lancé dans une rééducation intensive, trop amoureux de la lecture pour l’abandonner. Ce travail lui permit de réussir à décrypter les lettres une à une, lui permettant ainsi de lire à nouveau en déchiffrant chaque mot lettre par lettre. Ce nouveau style de lecture ne se fit pas sans de nombreux efforts de concentration. Pour exemple, plus de neuf ans après son accident et après des centaines d’heures de rééducation, il lui fallait tout de même un mois et demi pour terminer un livre qui lui aurait pris une soirée auparavant. Désirant tout de même garder une activité d’écriture, il publia son autobiographie en racontant son quotidien ( The man who forgot how to read, 2007), qui devint un best-seller. 6. Une vie de chirurgien Domaine cognitif : fonctions exécutives. Pathologie : syndrome Gilles de la Tourette. Région cérébrale concernée : réseaux fronts-sous-corticaux dopaminergiques. Le syndrome de Gilles de la Tourette est une pathologie neurologique qui débute dans l’enfance et se caractérise par des tics moteurs et au moins un tic vocal. Bien que ce syndrome ait été associé dans la culture populaire à des exclamations de mots obscènes, ce comportement ne se retrouve en fait que chez une petite minorité de patients. Sacks décrit dans ses ouvrages à plusieurs reprises le quotidien de personnes atteintes de cette pathologie. Le cas probablement le plus marquant est celui de Bennett, [5] un patient menant une vie parfaitement équilibrée dans les Rocheuses au Canada avec sa famille. Le plus incroyable, c’est qu’il exerçait la profession de chirurgien, pourtant peu indiquée pour les personnes en proie à des tics moteurs involontaires ! En effet, il était atteint du syndrome Gilles de la Tourette depuis ses 7 ans et présentait alors des comportements très stéréotypés et obsessionnels. Il présentait par exemple un besoin urgent de toucher sa monture de lunette, parfois des centaines de fois de suite. Des comportements naturellement inhibés surgissaient soudainement chez lui. Par exemple, il ne pouvait s’empêcher de délimiter un cercle sur le sol tout autour de lui comme pour marquer son territoire, comme s’il présentait une altération de la représentation de l’espace personnel. Egalement, il ne supportait pas la présence de quelqu’un derrière lui. Et si tel était le cas, il ne pouvait pas s’empêcher de toucher compulsivement la personne. Heureusement, dans son travail de chirurgien, ses collègues le connaissaient bien et plus rien ne pouvait les déstabiliser. Par exemple, lorsque Bennett procédait à la stérilisation avant une intervention, ses bras battaient sans cesse dans les airs, tantôt vers son épaule non stérilisée, tantôt vers son assistant ou vers le miroir. D’autres fois, son pied pouvait effleurer sans relâche le corps de ses collègues. Pour couronner le tout, il émettait également des torrents de vocalisations évoquant le cri d’une chouette dans tout l’hôpital. Mais le plus important dans tout cela, c’est que tous ces tics disparaissaient dès qu’il se concentrait sur une activité précise. Par exemple, ils cessaient toujours dès le début de l’intervention chirurgicale, même si celle-ci impliquait une procédure extrêmement complexe et éprouvante de plusieurs heures. Le pouvoir thérapeutique de la musique Tout au long de son œuvre, Oliver Sacks n’a eu de cesse de mettre en avant le rôle réparateur de la musique pour les pathologies neurologiques 1, 2, 5 . Par exemple, dans le cas du syndrome de Gilles de la Tourette, les patients parviennent généralement à canaliser leurs tics et compulsions motrices en composant ou en pratiquant de la musique. D’ailleurs, plusieurs artistes tourettiens sont connus pour leurs solos endiablés de rock et de jazz. Sacks nous raconte également une anecdote intéressante sur le concert d’un cercle de tambour composé de 30 musiciens, chacun d’entre eux étant atteint du syndrome de Gilles de la Tourette. Ayant pour consigne de jouer tous ensemble, ceux-ci se transmettaient en premier lieu leurs tics comme une onde qui court sur l’eau, mais une fois le départ donné, ils jouaient à l’unisson sans difficulté apparente pour rester tous ensemble dans le même rythme ! Sacks nous explique aussi comment les symptômes parkinsoniens peuvent diminuer dès que les patients écoutent de la musique : elle les remet en marche et semble même leur redonner aisance et grâce. Enfin, pour reprendre le cas de son patient le plus connu, l’homme qui prenait sa femme pour un chapeau associait aussi des chants aux routines habituelles (s’habiller, manger) pour faciliter son quotidien. Ce cas ainsi que tous les autres démontrent bien le besoin de créativité dans toutes les phases de réadaptation au quotidien après un accident neurologique. Au travers de toute son œuvre, il est facile de constater que la musique constituait une des stratégies les plus bénéfiques. Sur le même sujet Oliver Sacks, un explorateur passionné des mystères du cerveau 1. Sacks, O. (2008). Musicophilia . Editions du Seuil. 2. Sacks, O. (1988). L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau. Editions du Seuil. 3. Sacks, O. (2014). L’odeur du si bémol : L’univers des hallucinations . Editions du Seuil. 4. Sacks, O. (2012). L’œil de l’esprit . Editions du Seuil. 5. Sacks, O. (1996). Un anthropologue sur Mars. Editions du Seuil. Partager Article préc edent Article suiv ant Mots clés agnosie visuelle alexie sans agraphie hallucinations syndrome de Korsakoff syndrome Gilles de la Tourette vision Chercheur(s) Maître de conférence à l'université Lumière Lyon 2, Gaën Plancher fait partie de l'équipe Mémoire, émotion, action au sein du laboratoire d'Etudes des mécanismes cognitifs (EMC). Elle est spécialiste de la mémoire. Voir sa page Gaën Plancher Docteur en psychologie cognitive, Cyril Couffe est Webmaster et Community Manager du site Cortex Mag. Il est également chercheur associé à la Chaire « Talents de la transformation digitale », à Grenoble Ecole de Management. Il s'intéresse en particulier à la cognition des salariés en entreprises et à celle des entrepreneurs. Voir sa page Cyril Couffe Laboratoire Laboratoire Etude des mécanismes cognitifs (EMC) Le Laboratoire EMC rassemble des spécialistes de l'étude de la cognition humaine sur la question des représentations mentales (symboliques ou non-symboliques) et des substrats neuronaux impliqués dans les émotions, l'attention, le langage, la mémoire et l'action. Les recherches fondamentales et appliquées sont menées auprès de populations normales (enfants, jeunes adultes, adultes âgés), déficitaires (dyslexiques, dysphasiques, sourds) et souffrant de pathologies spécifiques (patients Alzheimer, cérébrolésés, psychiatriques). À lire également Autres articles Comportement Quand la neuropsychologie est convoquée au tribunal Une lésion neurologique peut-elle déterminer un comportement criminel ? Telle est la question que peut se poser aujourd’hui un tribunal en France. Et, ...... Lire la suite... Lire la suite ... 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Les croisements (les lois de Mendel) | Secondaire | Alloprof Table des matières Haut de page La loi de la ségrégation indépendante des allèles (1re loi de Mendel) La loi de l'assortiment indépendant des allèles (2e loi de Mendel) Exercices À voir aussi Définition Un croisement est l’agencement des gamètes transmis par deux individus lors de la reproduction sexuée. Les croisements se produisent de façon naturelle lors de la reproduction sexuée . Ils sont aussi utilisés pour obtenir des individus (souvent animaux ou végétaux) qui ont des caractères héréditaires ciblés. En connaissant les gamètes produits par les deux parents, il est possible de choisir les bons candidats afin d’augmenter les chances d’avoir un descendant répondant aux critères recherchés. Gregor Mendel, considéré comme le père de la génétique , a étudié l’hybridation chez les végétaux. En travaillant avec différentes lignées de plants de pois, il a posé les bases de l’ hérédité . Deux lois principales ont émergé de ses travaux. La loi de la ségrégation indépendante des allèles La loi de l'assortiment indépendant des allèles Définition Les allèles sont les différentes formes que peut prendre un gène . La loi de la ségrégation indépendante des allèles (1re loi de Mendel) Règle La loi de la ségrégation indépendante des allèles explique que les deux allèles d’un gène se séparent lors de la méiose de sorte que 50 % des gamètes obtenus possèdent l’un des allèles et 50 % des gamètes possèdent l’autre allèle. Les cellules diploïdes (cellules régulières) possèdent deux allèles pour chaque gène . Ces allèles se situent sur les paires de chromosomes homologues. Les cellules haploïdes ( gamètes ) issues de la méiose possèdent un seul allèle pour chaque gène. Cet allèle se situe sur l’un des chromosomes d’une paire de l’individu parent. Exemples Chez un individu homozygote ( dominant ou récessif ), les gamètes obtenus par la méiose possèdent tous le même allèle. Les gamètes obtenus par la méiose d’une cellule homozygote Chez les individus hétérozygotes , la moitié des gamètes obtenus possède l’un des deux allèles et l’autre moitié possède le deuxième allèle. Les gamètes obtenus par la méiose d’une cellule hétérozygote Exemple Dans cet exemple, l’allèle dominant est celui qui donne la couleur violette aux fleurs d’un plant de pois. On représente alors cet allèle par la lettre V majuscule. L’allèle récessif est donc celui qui donne la couleur blanche aux fleurs et il est représenté par la lettre v minuscule. Lors d’un croisement, l’un des plants possède deux allèles codants pour la couleur blanche (homozygote récessif ou vv) et le deuxième a plutôt deux allèles qui codent la couleur violette (homozygote dominant ou VV). On croise ces deux plants, autrement dit, un gamète d’une fleur féconde un gamète de l’autre fleur. Les gamètes du premier plant ont tous l’allèle couleur blanche (v) et ceux du deuxième plant ont tous l’allèle couleur violette (V). Le résultat du croisement est appelé 1 re génération. Les plants de cette génération sont tous de génotype hétérozygote (Vv). Le phénotype de ces plants est couleur violette des pétales . Le croisement de plants de pois homozygotes pour le caractère de la couleur des pétales de fleur La situation peut être un peu plus complexe comme lorsqu’il y a un croisement entre deux plants hétérozygotes. Dans ce cas, on peut utiliser un échiquier de croisement , aussi appelé échiquier de Punnett . Ce type de tableau permet de bien visualiser toutes les possibilités de croisement ainsi que les probabilités d’obtenir chacun des génotypes et phénotypes. Voici la structure d’un échiquier de croisement. La structure d’un échiquier de croisement Pour utiliser un échiquier de croisement, on place les gamètes d’un parent dans les cases de la première ligne et ceux de l’autre parent dans les cases de la première colonne . On assemble ensuite les gamètes dans les cases du centre pour obtenir les génotypes possibles des descendants. Plus un croisement a de possibilités, plus l’échiquier a de cases. Exemple Ici, on croise deux plants de pois de la 1 re génération obtenus lors du croisement de l’exemple précédent. Ces plants sont hétérozygotes. Chacun des plants offre deux types de gamètes : couleur blanche et couleur violette . Grâce à l’échiquier de Punnett, on observe quatre possibilités de croisements. Il y a trois génotypes possibles pour la 2 e génération de plants : VV, Vv (présent 2 fois) et vv. Les probabilités de chacun de ces génotypes sont de 25 % pour VV, de 50 % pour Vv et de 25 % pour vv. Il y a deux phénotypes possibles : plant à fleurs blanches ou plant à fleurs violettes. Les probabilités de chacun des phénotypes sont de 75 % pour les plants à fleurs violettes et de 25 % pour les plants à fleurs blanches. La loi de l'assortiment indépendant des allèles (2e loi de Mendel) Règle La loi d’assortiment indépendant des allèles explique que la répartition indépendante de différents allèles détermine le phénotype d’un individu. Toutes les combinaisons possibles doivent être considérées. Cette loi s’applique aux situations où plus d’un caractère héréditaire est étudié. Le croisement étudié par Mendel concerne des pois de couleur jaune (J) ou verte (j) et des pois lisses (L) ou ridés (l). Il a ainsi croisé deux plants homozygotes (JJLL et jjll) sur deux générations. Les résultats obtenus lui ont permis de comprendre que les allèles associés à deux caractères héréditaires ne sont pas nécessairement transmis ensemble des parents aux descendants. Ils peuvent se combiner les uns avec les autres de façon totalement indépendante, donnant ainsi plusieurs génotypes de phénotypes différents. Le tableau suivant présente le génotype et le phénotype de la 2 e génération filiale du croisement étudié par Mendel. Génotypes Phénotype JJLL JJLl JjLL JjLl JJll Jjll jjLL jjLl jjll Exemple Dans cet exemple, deux caractères héréditaires sont à l’étude chez les chats : la longueur du pelage où l’allèle court (C) est dominant et l’allèle long (c) est récessif; la polydactylie (plus de quatre doigts par patte) où l’allèle polydactyle (P) est dominant et l’allèle normal (p) est récessif. Pelage court Lalandrew, Shutterstock.com Pelage long Alexandr Korolev, Shutterstock.com Une patte polydactyle Lux Blue, Shutterstock.com Une patte normale Nitiphonphat, Shutterstock.com Pour obtenir une première génération de chatons, un chat homozygote dominant pour la longueur du pelage (CC) et homozygote récessif pour la polydactylie (pp) est croisé avec un chat homozygote récessif pour la longueur du pelage (cc) et homozygote dominant pour la polydactylie (PP). Voici leur génotype, leur phénotype et leur gamète. Parent 1 Parent 2 Génotype CCpp ccPP Phénotype Pelage court, pattes normales Pelage long, pattes polydactyles Gamète Cp cP Puisque les chats parents de la 1 re génération sont homozygotes pour les deux caractères étudiés, ils ne transmettent qu’un type de gamète chacun. Le parent 1 transmet un gamète dont l’agencement des allèles est Cp et le parent 2 transmet un gamète dont l’agencement des allèles est cP . Ces gamètes sont placés dans un tableau pour effectuer le croisement. 1 re génération (F1) cP Cp CcPp Tous les individus de la 1 re génération ont un génotype hétérozygote pour les deux caractères étudiés (CcPp). Leur phénotype est pelage court, pattes polydactyles. Pour obtenir une deuxième génération de chatons, deux chats de la 1 re génération sont croisés entre eux. Voici leur génotype, leur phénotype et leurs gamètes. Parent 1 Parent 2 Génotype CcPp CcPp Phénotype Pelage court, pattes polydactyles Pelage court, pattes polydactyles Gamètes CP , Cp , cP , cp CP , Cp , cP , cp 2 e génération (F2) CP Cp cP cp CP CCPP CCPp CcPP CcPp Cp CCPp CCpp CcPp Ccpp cP CcPP CcPp ccPP ccPp cp CcPp Ccpp ccPp ccpp Les probabilités de chacun des phénotypes sont les suivantes. Pelage court et pattes polydactyles : 9/16 Pelage court et pattes normales : 3/16 Pelage long et pattes polydactyles : 3/16 Pelage long et pattes normales : 1/16 Exercices Exercice Les croisements (Les lois de Mendel) Exercice L'échiquier de Punnett À voir aussi L’ADN, les gènes et les chromosomes La génétique Les maladies génétiques (notions avancées) La diversité génétique La division cellulaire (mitose et méiose)
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Lois de Mendel — Wikipédia Aller au contenu Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Pour les articles homonymes, voir Mendel . Les lois de Mendel sont trois lois concernant les principes de l' hérédité biologique, énoncées par le moine et botaniste de nationalité austro-hongroise Gregor Mendel (1822-1884). La redécouverte des lois de Mendel en 1900 [ 1 ] , puis leur combinaison avec la découverte des chromosomes , considérés comme le support physique de l'hérédité, est à l'origine de la fondation de la génétique formelle au début du XX e siècle [ 2 ] . Histoire [ modifier | modifier le code ] Vers 1850, au monastère de Brno , comme à Londres , à Paris ou à Vienne , on en était réduit aux hypothèses les plus vagues au sujet de l'hérédité. De multiples expériences consistant à croiser des plantes et des animaux divers avaient permis d'obtenir des résultats heureux. Mais comment ? Selon quels mécanismes précis ? Vers 1850, la théorie la plus accréditée était celle du mélange des « sangs » dans des proportions que le cousin de Darwin, Francis Galton venait de préciser : 1/2 pour le sang du mâle ou de la femelle à la première génération, 1/4 à la seconde, etc. C'est dans un contexte où les connaissances scientifiques sur la génétique étaient encore inexistantes, que Mendel commença ses expérimentations. Les trois lois dites de Mendel [ modifier | modifier le code ] Mendel tire de ses observations deux principes fondamentaux, auxquels on ajoutera plus tard un troisième en découlant. Ce sont, dans son cas, des expériences menées sur les pois qui permirent à Mendel de formuler les principes intervenant dans l' hérédité . Mendel découvre que : un caractère peut présenter deux formes différentes (aujourd'hui appelées allèles ) ; un organisme hérite de deux facteurs pour chaque caractère (les facteurs héréditaires de Mendel sont aujourd'hui appelés « allèles ») ; le facteur dominant masque le facteur récessif . Mendel a noté le facteur dominant d'une lettre en majuscule et le récessif par la même lettre en minuscule ; les deux facteurs se séparent durant la formation des gamètes (Loi de ségrégation qui correspond à la séparation des paires de chromosomes homologues durant la méiose ) ; les paires de facteurs se séparent de façon indépendante les unes des autres (Loi de ségrégation indépendante qui correspond à l’assortiment indépendant des paires de chromosomes homologues à la métaphase 1 de la première division méiotique). Loi d'uniformité des hybrides de première génération [ modifier | modifier le code ] Si l'on croise deux individus d'une même espèce homozygotes relativement à un caractère, tous les descendants de la première génération, qui sont appelés hybrides F1, sont identiques relativement à ce caractère, c'est-à-dire tous hétérozygotes. (Dans le schéma ci-contre, il conviendrait plutôt — pour être cohérent avec le schéma de la troisième loi, et puisque le caractère « couleur de la fleur » ne présente que deux allèles — de les noter R pour rouge, et r pour non-rouge, c'est-à-dire blanche, puisque la couleur rouge est dominante, et de noter les deux individus homozygotes RR et rr. Les deux gènes de tous les hybrides F1 présentent l'un l'allèle R l'autre le r, et sont alors notés Rr.) La première génération ( hybride F1 ) est alors uniforme tant pour le phénotype que le génotype et tous les descendants de la première génération sont hétérozygotes . Exemple : Tous les individus dits de génération F1 issus du croisement entre un plant à graines rondes et un plant à graines ridées (tous deux homozygotes pour ce caractère) sont identiques, ils ne présentent que la version ronde de la forme. Le phénotype rond est dominant et le phénotype ridé est récessif. Loi de disjonction des allèles [ modifier | modifier le code ] Lorsqu’on croise entre eux deux des individus de générations F1, on obtient une génération F2 dans laquelle on trouve les deux versions de la couleur des fleurs dans des proportions bien définies : trois descendants à fleurs rouges (1 RR homozygote + 2 Rr hétérozygotes) et un descendant à fleurs blanches (rr homozygote). Cette loi est dite « de ségrégation des caractères dans la génération F2 ». Loi d'indépendance de la transmission des caractères [ modifier | modifier le code ] Cette règle ne s'applique que si les gènes responsables des caractéristiques se situent sur différents chromosomes ou s'ils sont éloignés sur le même chromosome. C'est le partage d'allèles dans des gamètes différents. En faisant abstraction du second caractère, on retrouve pour le premier caractère la distribution de la troisième génération dans le schéma ci-dessous. Première et deuxième lois : 1 - Croisement de pois à fleurs rouges avec des pois à fleurs blanches (tous deux homozygotes pour ce trait, WW et RR). 2 - Génération F1 : tous les individus sont rouges car l'allèle rouge est dominant et le blanc est récessif). Alors que les parents étaient tous deux homozygotes (respectivement WW et RR), toute la F1 est hétérozygote (RW). 3 - Génération F2 : les formes rouges et blanches montrent un rapport de 3:1. Troisième loi : L' échiquier de Punnett des deux caractéristiques (poils blancs/bruns, queue courte/longue, où "brun" et "court" devraient être dominants) donne en génération F2 des phénotypes variés dans le rapport de 9:3:3:1. (S = court (short), s = long, B = brun, b = blanc). Les connaissances antérieures [ modifier | modifier le code ] Les travaux, avant Mendel, pour tenter de comprendre les mécanismes de l’hérédité furent un échec. La raison en est que les hybrideurs travaillaient comme ils avaient toujours travaillé c’est-à-dire par essais et erreurs. Ils croisaient des individus présentant des caractères différents et choisissaient dans la descendance ceux qui correspondaient le mieux aux desiderata. Or, ces procédures, très efficaces par ailleurs en sélection depuis l’origine préhistorique de l’élevage et de l’agriculture, ne permettaient pas une prédictibilité des résultats et donc l’énoncé de lois. L'ensemble de la communauté scientifique de l'époque soutenait le modèle de l' hérédité par mélange où les caractères possédés par un individu étaient intermédiaires entre ceux de ces deux parents (le croisement d'un parent blanc et d'un parent noir donnant par exemple un individu gris ou blanc et noir). Mendel considère, lui, que les parents transmettent des unités héréditaires distinctes qui restent distinctes chez les descendants (comme des billes que l'on retire de deux seaux et que l'on place dans un troisième seau). Les méthodes [ modifier | modifier le code ] Les caractères étudiés par Mendel Mendel va choisir les géniteurs de façon différente. Tout d’abord il adopte comme modèle expérimental les petits pois ( Pisum sativum ), plantes à fleurs dont la reproduction naturelle se fait par autogamie (autofécondation), permettant de contrôler l’ hybridation et de produire rapidement un grand nombre de descendants. Il choisit d’étudier l’hérédité de pois comestibles présentant sept caractères dont chacun peut se retrouver sous deux formes alternatives, aisément identifiables : forme et couleur de la graine, couleur de l’enveloppe, forme et couleur de la gousse, position des fleurs et longueur de la tige ; la première expérience qu’il décrira dans son article consiste à étudier les résultats d’hybridation obtenus pour l’une des paires de caractères seulement. On parle de croisements mono-hybrides (deux souches pures différentes d'un caractère). Par exemple, la « forme du pois » ( caractère phénotypique régie par un seul gène ) qui existe selon deux variantes : graine lisse ou graine ridée (expression phénotypique de chacun des deux allèles du gène que Mendel nomme facteur). Les pois se reproduisant naturellement par autofécondation, il arrive donc à sélectionner des lignées pures dont tous les individus possèdent toujours la même forme alternative, soit une lignée parentale à graines lisses (que l'on appellera P1, pour la suite du raisonnement) et l'autre à graines ridées (que l'on appellera P2). Il s'agit donc d'individus homozygotes pour le gène considéré, ils ne possèdent qu'un seul type d'allèle. Le croisement se fait en déposant du pollen d'une fleur de la lignée P1 sur le pistil d'une fleur de la lignée P2 (à laquelle il avait enlevé les étamines pour éviter tout risque d'autofécondation). Il prend le soin de réaliser des fécondations réciproques (pollen de P2 sur pistil de P1) pour voir si les résultats sont identiques. Les individus obtenus par croisement de P1 et de P2 sont donc des hybrides (que l'on note habituellement F1 ). Une deuxième génération appelée F2 est produite par reproduction naturelle (autofécondation) des F1. Il étudie successivement des lignées pures différant par un seul caractère ( mono-hybridisme ) puis deux (dihybridisme) et enfin trois (tri-hybridisme). Les résultats [ modifier | modifier le code ] Schéma d'hybridation Pour la totalité des caractères étudiés, 80 % des hybrides obtenus sont identiques. Par exemple, le croisement d'un pois à graines lisses (P1) et d'un pois à graines ridées (P2) donne toujours une génération F1 où tous les individus sont des pois à graines lisses. Le facteur « graines ridées » est donc récessif par rapport au facteur « graines lisses » (qui est qualifié de dominant ). C'est la première loi de Mendel dite d' uniformité des hybrides de première génération . En F2 (génération obtenue par autofécondation de F1), on peut démontrer par des expériences de croisement-test , l'existence de trois génotypes différents : 50 % d'hétérozygotes (un allèle dominant associé à un allèle récessif) identiques aux parents (F1 = hybride) ; 25 % d'homozygotes dominants, de phénotype identique à celui des F1 ; 25 % d'homozygotes récessifs de phénotype différent de celui des F1. C'est la deuxième loi de Mendel ou loi de disjonction des allèles qui est le résultat de la méiose . En dihybridisme, la distribution composite des 2 caractères (quatre phénotypes) est la combinaison de deux distributions mono-hybridiques indépendantes 3/4 [A] et 1/4 [a] soit 9/16 [AB] 3/16 [Ab] 3/16 [aB] 1/16 [ab] . C’est la troisième loi de Mendel dite d' indépendance des caractères qui n'est pas applicable aux gènes liés. Les résultats de tri-hybridismes (8 phénotypes) se prédisent aisément : 27 [ABC] 9 [ABc] 9 [AbC] 3 [Abc] 9 [aBC] 3 [aBc] 3 [abC] 1 [abc] . En conclusion, Mendel propose que les caractéristiques héréditaires des vivants sont gouvernées chacune par une double commande (une paire d'allèles) et que seule une sur deux est transmise au descendant par chaque parent. C’est le fondement de la génétique qui va démarrer au début du XX e siècle . Du même coup, avec les premiers pas d’une biologie quantitative se développeront les statistiques . Il publie ses travaux en 1866 [ 3 ] . Dominance incomplète [ modifier | modifier le code ] Les caractères ne sont pas tous exclusivement dominants ou récessifs. Dans certains cas, aucun des allèles qui déterminent un caractère n'est dominant. Lorsque c'est le cas, un mélange des deux caractères peut se produire: on parle de dominance incomplète . Le mélange apparent des caractères en une expression intermédiaire peut survenir chez les individus hétérozygotes. On trouve des exemples de dominance incomplète chez de nombreuses espèces de plantes, dont le muflier ou le maïs . Heureusement pour Mendel, les caractères qu'il a étudiés chez les plants de pois n’étaient pas sujets à la dominance incomplète. Si cela avait été le cas, il n'aurait probablement jamais été en mesure d'établir les fondements de la génétique [réf. nécessaire] . Controverse Mendel-Fisher [ modifier | modifier le code ] Mendel a été qualifié de « père de la fraude scientifique », en raison de soupçons de falsification — qui se sont révélés infondés — [ 4 ] , [ 5 ] de certaines de ses données [ 6 ] , mais la controverse a détourné la discussion critique de ses données [ 7 ] . La « controverse Mendel-Fisher » doit son nom à un article du statisticien Ronald Fisher publié en 1936 [ 8 ] , mais c'est le biologiste anglais Walter Frank Raphael Weldon qui a le premier, dès 1900, émis l'idée que les données de Mendel étaient « trop belles pour être vraies » [ 9 ] . Il calcule que si certaines expériences étaient refaites, il y aurait 16 chances contre une d'obtenir un résultat moins proche de la théorie que ceux présentés par Mendel [ 10 ] . Mais Weldon s'intéresse alors moins à ces calculs qu'à remettre en cause la théorie simplifiée à l'extrême de la dominance élaborée par Mendel. Il pensait que les « lois » de Mendel n'avaient de pertinence que si on les utilisait avec des races purifiées artificiellement, mais qu'en règle générale, le contexte de développement jouait un rôle important. Weldon meurt en 1906 sans avoir contré le corps grandissant des « mendéliens » dirigé par William Bateson . Ronald Fisher revient sur le problème des statistiques trop parfaites de Mendel au milieu des années 1930 [ 11 ] , et écrit en privé que « les données de la plupart, voire de la totalité, des expériences ont été falsifiées de manière à correspondre étroitement aux attentes de Mendel » [ 5 ] , mais conclut que « Mendel a été trompé par un assistant qui savait trop bien ce qu'on attendait de lui » [ 8 ] . Dans les années 1950, la génétique est soumise à d'énormes pressions politiques en raison du lobbying du soviétique Trofim Lysenko , et les généticiens occidentaux préfèrent ignorer les préoccupations relatives aux données de Mendel. L'analyse de Fisher ne resurgit qu'au moment du centenaire de l'article de Mendel, au milieu des années 1960. Cinquante ans de débats plus tard, le consensus est que les données de Mendel sont en effet incroyablement bonnes, mais cela ne constitue pas en soi une preuve de fraude [ 4 ] . Les trop beaux résultats de Mendel s'expliquent en fait par des biais inconscients dans la classification des phénotypes ambigus, l'arrêt des comptages lorsque les résultats étaient satisfaisants, le recomptage lorsque les résultats semblaient suspects et la répétition d'expériences dont les résultats ne semblaient pas fiables [ 5 ] . Ce débat sur la possibilité d'une fraude a malheureusement éclipsé le problème de l'absence du contexte développemental dans l'image mendélienne traditionnelle, dont il est devenu très difficile de se défaire, même si la génétique du XXI e siècle a révélé l'importance de la variabilité, de l'interaction, de la complexité et même de l'ascendance, comme le suggérait déjà Weldon [ 7 ] . Notes et références [ modifier | modifier le code ] ↑ « Mendel, du jardin potager aux lois de l’hérédité », sur www.la-croix.com , 10 août 2016 (consulté le 3 octobre 2017 ) ↑ (fr) « les trois lois de Mendel », sur florimont.info (consulté le 1 er octobre 2010 ) ↑ (de) Mendel G., « Versuche über Pflanzen-Hybriden », Verh. natur-forsch. Ver. Brünn , vol. 4, n o 3,‎ 1866 ( lire en ligne ) ↑ a et b (en) Allan Franklin , A. W. F. Edwards , Daniel J. Fairbanks et Daniel L. Hartl , Ending the Mendel-Fisher Controversy , University of Pittsburgh Press, 15 mars 2008 ( ISBN 978-0-8229-7340-9 et 978-0-8229-4319-8 , DOI 10.2307/j.ctv10tq47g , lire en ligne ) ↑ a b et c (en) Daniel L Hartl et Daniel J Fairbanks , « Mud Sticks: On the Alleged Falsification of Mendel's Data », Genetics , vol. 175, n o 3,‎ 1 er mars 2007 , p. 975–979 ( ISSN 1943-2631 , PMID 17384156 , PMCID PMC1840063 , DOI 10.1093/genetics/175.3.975 , lire en ligne , consulté le 7 mai 2024 ) ↑ (en) Bob Montgomerie et Tim Birkhead, « A Beginner’s Guide to Scientific Misconduct » [PDF] , International Society for Behavioral Ecology Newsletter , 17(1): 16-21 (2005) ↑ a et b (en) Gregory Radick , « Beyond the “Mendel-Fisher controversy” », Science , vol. 350, n o 6257,‎ 9 octobre 2015 , p. 159–160 ( ISSN 0036-8075 et 1095-9203 , DOI 10.1126/science.aab3846 , lire en ligne , consulté le 7 mai 2024 ) ↑ a et b (en) R.A. Fisher , « Has Mendel's work been rediscovered? », Annals of Science , vol. 1, n o 2,‎ 15 avril 1936 , p. 115–137 ( ISSN 0003-3790 et 1464-505X , DOI 10.1080/00033793600200111 , lire en ligne , consulté le 8 mai 2024 ) ↑ (en) W. F. R. Weldon to K. Pearson, 16 October 1900, Pearson Papers, University College London Special Collections. ↑ (en) W. F. R. Weldon , « Mendel's Laws of Alternative Inheritance in Peas », Biometrika , vol. 1, n o 2,‎ 1902 , p. 228–254 ( ISSN 0006-3444 , DOI 10.2307/2331488 , lire en ligne , consulté le 8 mai 2024 ) ↑ (en) Ronald Aylmer Fisher , Natural Selection, heredity, and eugenics: including selected correspondence of R. A. Fisher with Leonard Darwin and others , Clarendon Press, coll. « Oxford science publications », 1983 ( ISBN 978-0-19-858177-2 ) Voir aussi [ modifier | modifier le code ] Bibliographie [ modifier | modifier le code ] Neil A. Campbell et Jane B. Reece , Biologie , E.R.P.I., 2004 , 2 e éd. , 1364 p. ( ISBN 2-7613-1379-8 ) , chap. 14, p. 264-277 Liens externes [ modifier | modifier le code ] Ressource relative à la santé : WikiSkripta Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Britannica Encyclopédie de l'Ukraine moderne Gran Enciclopèdia Catalana Internetowa encyklopedia PWN Larousse Visuotinė lietuvių enciklopedija Notices d'autorité : BnF ( données ) LCCN GND Japon Israël Tchéquie Portail de la biologie cellulaire et moléculaire Portail de l’histoire des sciences Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Lois_de_Mendel&oldid=231431892 ». 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A la confluence des rivalités géopolitiques au Moyen-Orient, que devient l’Irak aujourd’hui (3/3) ? Des tensions politiques internes toujours vives Accueil / Actualités / Analyses de l’actualité A la confluence des rivalités géopolitiques au Moyen-Orient, que devient l’Irak aujourd’hui (3/3) ? Des tensions politiques internes toujours vives Par Emile Bouvier Publié le 23/05/2025 • modifié le 23/05/2025 • Durée de lecture : 12 minutes I. Une scène politique irakienne en pleine recomposition La scène politique intérieure irakienne est profondément marquée par les élections législatives de 2021 et leurs conséquences mais, presque plus encore, par celles qui se tiendront le 11 novembre prochain [ 1 ] . Pour rappel, l’Irak a connu une crise politique majeure de novembre 2021 à octobre 2022 à la suite des élections parlementaires. Celles-ci ont en effet été une lourde défaite pour les partis soutenus par l’Iran ou partisans de ce dernier, provoquant des émeutes le 5 novembre à Bagdad et plus particulièrement dans la Zone verte (mieux connue sous le nom de « Green Zone »), prise d’assaut par les sympathisants des partis pro-iraniens [ 2 ] . Le surlendemain, le Premier ministre Mustafa al-Kadhimi faisait l’objet d’une tentative d’assassinat commise, selon les autorités, par des membres des milices chiites irakiennes soutenues par l’Iran [ 3 ] . Le mouvement sadriste avec à sa tête Moqtada al-Sadr, grand vainqueur des élections et résolument opposé à l’ingérence de toute puissance étrangère en Irak - qu’il s’agisse des Etats-Unis ou de l’Iran - proposa alors de former un gouvernement majoritaire. Finalement, les mois qui suivront ne connaîtront qu’une série de négociations vaines ou stériles et aucun gouvernement ne parviendra à être formé. Après plusieurs coups d’éclat (comme la démission des 73 députés sadristes du Parlement le 13 juin 2022 [ 4 ] ) et des violences (telles que celles ayant opposé les forces de sécurité aux partisans d’al-Sadr le 27 juillet [ 5 ] et de fin août à fin septembre [ 6 ] ), le chef du mouvement sadriste annoncera se retirer de la vie politique [ 7 ] . Les places des députés sadristes seront finalement occupées par des députés de l’alliance chiite du Cadre de coordination [ 8 ] , dont les partis pro-iraniens sont le fer de lance, faisant de cette coalition la première force au Parlement [ 9 ] . C’est ainsi qu’elle nommera à la primature irakienne l’actuel Premier ministre, Mohammed Shia al-Sudani, le 25 juillet 2022 [ 10 ] . Aujourd’hui, les partis et figures politiques irakiennes se mettent en ordre de bataille pour les prochaines élections législatives. L’un des enjeux majeurs de ce scrutin est la place qu’occupera, ou non, le Mouvement sadriste : Moqtada al-Sadr a en effet appelé à nouveau ses partisans, le 15 avril 2025 [ 11 ] , à boycotter ces élections, menaçant de facto la légitimité de celles-ci si le corps électoral venait à être amputé des électeurs du parti ayant obtenu le plus grand nombre de voix lors des dernières élections. Une telle situation profiterait probablement aux partis pro-iraniens du Cadre de coordination, qui ont annoncé le 27 avril se diviser en trois listes distinctes pour les élections afin de maximiser le nombre de sièges qu’obtiendrait le mouvement au Parlement, avant de s’y unir à nouveau sous une coalition faîtière visant à former un gouvernement [ 12 ] . Les ambitions du Cadre de coordination pourraient toutefois être mises en difficulté par ses divisions croissantes [ 13 ] et par l’annonce, le 24 avril, du Premier ministre Muhammad Shia al-Sudani - pourtant porté au pouvoir par le Cadre de coordination en 2022 - de se présenter aux élections [ 14 ] , visant une reconduite de son poste, cette fois comme hérault de son parti le Mouvement de l’Euphrate (Al-Furaatin), qui l’a d’ailleurs à nouveau adoubé comme son président dès le lendemain [ 15 ] . Cette annonce a été perçue comme une surprise par les membres du Cadre de coordination, certains affirmant qu’il s’agissait là d’un « renversement des accords précédemment conclus » [ 16 ] . Deux autres variables, dont l’ampleur exacte dans l’équation électorale reste encore à définir, pourraient également influer le résultat : premièrement, le précédent Premier ministre irakien Mustafa al-Kadhimi est revenu officiellement en Irak au début d’avril 2025 après deux ans et demi d’un exil qu’il s’était lui-même imposé, dans l’objectif de participer potentiellement aux élections législatives de novembre 2025 [ 17 ] . Deuxièmement, des pans de la société civile appellent au retour à l’ancien système électoral, adopté en 2019 mais annulé en mars 2023 par le Parlement [ 18 ] , qui divisait les provinces en districts de plus petite taille afin de favoriser les candidats indépendants - et donc les forces politiques émergentes - plutôt que les larges structures politiques établies de longue date. Si le gouvernement a annoncé le 11 avril ne pas souhaiter rétablir l’ancien système électoral [ 19 ] , une potentielle nouvelle réforme de celui-ci a fait l’objet de débats houleux au printemps 2025 [ 20 ] , confirmant la sensibilité de cette question et la possibilité qu’elle puisse être étudiée à nouveau d’ici à novembre 2025. A noter que la situation dans la région autonome du Kurdistan d’Irak (RAK) diffère de celle du reste de l’Irak : la RAK a en effet tenu ses élections législatives le 20 octobre 2024, après là aussi de nombreux débats concernant la loi électorale et les conditions d’organisation du scrutin [ 21 ] . Les deux principaux partis kurdes traditionnels, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK- le parti du clan Barzani ) et l’Union patriotique du Kurdistan (UPK-le parti du clan Talabani ), ont remporté l’élection avec respectivement 39 et 23 des sièges, talonnés avec une certaine marge par le parti réformiste Goran et ses 15 sièges. Si le PDK et l’UPK continueront donc d’exercer leur quasi-condominium sur la RAK, leur rivalité historique les empêche toutefois de s’entendre sur la répartition des postes-clés dans la région autonome kurde : aujourd’hui encore, celle-ci ne dispose pas d’un nouveau gouvernement et la nouvelle législature ne s’est réunie qu’une seule fois le 3 décembre, le PDK et l’UPK ayant décidé de boycotter les autres sessions [ 22 ] . Certaines voix critiques de la société civile kurde font valoir que de nouvelles élections devraient être organisées en raison de l’échec du PDK et de l’UPK à former un gouvernement dans les 45 jours ayant suivi l’annonce des résultats de l’élection, comme énoncé par la Constitution [ 23 ] . Le Parlement kurde avait officiellement cessé d’exercer ses fonctions depuis le 30 mai 2023 en raison, selon la Cour suprême irakienne, de l’inconstitutionnalité de l’extension d’un an du mandat des députés décidée en 2022 [ 24 ] . Alors que les Etats-Unis pressent les partis kurdes à trouver une solution rapide [ 25 ] , ceux-ci ont assuré avoir prévu de nouveaux cycles de négociations dans les prochaines semaines [ 26 ] . II. Bagdad-Erbil, des relations toujours conflictuelles Les relations entre la Région autonome du Kurdistan (RAK) d’Irak et le gouvernement fédéral irakien de Bagdad reste, aujourd’hui, une source de déstabilisation politique et économique. Pour rappel, la Constitution irakienne de 2005, qui établit un Etat fédéral, reconnaît officiellement la région du Kurdistan comme une entité fédérée avec ses propres institutions. Elle lui accorde, notamment, le droit de gérer tous les domaines non exclusivement réservés au gouvernement fédéral (éducation, langue, fiscalité, politique économique…). Toutefois, l’autonomie kurde sur certains de ces sujets, notamment celui de l’exportation de pétrole, fait l’objet d’une contestation par Bagdad depuis 2014. Les Kurdes irakiens sont en effet maîtres de vastes réserves de pétrole et de gaz et en assurent eux-mêmes l’exportation vers la Turquie, se gardant une partie substantielle, sinon la totalité, des revenus qu’ils en dégagent [ 27 ] (du moins jusqu’en mars 2023, date à laquelle un tribunal d’arbitrage basé à Paris a statué en faveur de Bagdad, affirmant qu’Ankara avait violé un accord de 1973 en permettant à Erbil d’exporter du pétrole de manière indépendante [ 28 ] . Depuis, les exportations de pétrole kurde irakien vers la Turquie ont cessé). Ce manque à gagner pour Bagdad provoque la colère des autorités irakiennes qui bloquent régulièrement, en représailles, le versement des fonds indispensables à la RAK pour le paiement de ses fonctionnaires notamment, réduisant donc souvent leur solde, ou reportant leur versement à une date incertaine et créant une grogne sociale croissante [ 29 ] . Par ailleurs, les différends sont également de nature territoriale : les forces kurdes (les Peshmergas) se sont en effet emparées de plusieurs pans de territoire se trouvant en-dehors de celui des frontières officielles du Kurdistan irakien à l’aune des offensives-éclairs de Daech en 2013-2014 et de l’effondrement de l’armée irakienne, provoquant là encore la colère des autorités fédérales. Enfin, les tensions entre Bagdad et Erbil restent fortes depuis le référendum sur l’indépendance du Kurdistan d’Irak organisé par le Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) en 2017 qui, en dépit de sa très forte approbation par les Kurdes (92% des votants s’étant déclarés en faveur de l’indépendance [ 30 ] ), a été fermement rejeté par l’Irak et les pays voisins. Cette pierre d’achoppement, de même que celle des différends territoriaux et du pétrole, explique en grande partie l’offensive à l’automne 2017 des milices chiites appuyées par l’armée irakienne contre les forces kurdes ayant permis à Bagdad de reprendre le contrôle de Kirkouk , quatrième plus grande ville du pays [ 31 ] et verrou stratégique permettant l’exploitation de l’un des plus grands gisements de pétrole du pays [ 32 ] . Dans ce contexte, gouvernement fédéral de Bagdad et GRK se trouvent dans une forme d’impasse depuis plusieurs années, chacun se rejetant la responsabilité de la situation [ 33 ] . Les négociations visant par exemple à reprendre les exportations de pétrole kurde, y compris sous la supervision de Bagdad, ne cessent d’échouer, en dépit des pressions américaines à l’égard des autorités irakiennes, le 19 mars dernier, les enjoignant à « reprendre les exportations et honorer les contrats signés avec les entreprises américaines » [ 34 ] . Sans accord sur le pétrole kurde irakien, Bagdad continue de ne pas payer à Erbil l’intégralité des fonds qu’il lui doit pour le paiement du salaire des quelque 1,2 million [ 35 ] de fonctionnaires de la RAK [ 36 ] , à qui le GRK doit désormais en moyenne 44 500€ chacun [ 37 ] . Une situation décriée par les Kurdes irakiens comme Massoud Barzani , président du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et ancien président de la région, qui déplorait le 15 mai « qu’il semblerait que les Kurdes sont des étrangers dans ce pays » [ 38 ] . Ce bras-de-fer entre Bagdad et Erbil vise, essentiellement, à permettre au gouvernement fédéral de grever progressivement l’autonomie de la RAK et de prendre le contrôle de ses ressources-clés : après le pétrole kurde irakien - à l’égard duquel le PIB de la RAK se montrait dépendant à hauteur de 95% en 2017 [ 39 ] -, dont Bagdad est parvenu à arrêter l’exportation vers la Turquie, les autorités irakiennes ont obtenu le 10 février que la Cour suprême ordonne que les salaires kurdes soient versés directement par Bagdad et non plus par Erbil [ 40 ] . Cette décision est saluée par de nombreux fonctionnaires kurdes irakiens, lassés par plusieurs mois de solde non versée [ 41 ] . Le gouvernement fédéral irakien exploite par ailleurs la fragilité politique actuelle du Kurdistan d’Irak qui, comme évoqué supra, n’est pas parvenu à former de nouveau gouvernement [ 42 ] en dépit des élections parlementaires organisées le 20 octobre dernier [ 43 ] . III. Une diplomatie d’équilibriste A la croisée des intérêts de nombreuses puissances régionales et mondiales, l’Irak s’emploie aujourd’hui à entretenir des relations aussi bonnes que possible avec son voisinage tout en affirmant sa volonté d’indépendance stratégique. Israël s’est en effet employé ces derniers mois, notamment à l’aune de la guerre à Gaza et des dizaines d’attaques contre des bases américaines en Irak par des milices chiites, à réaffirmer la nécessité d’une souveraineté irakienne pleine et entière, débarrassée des ingérences étrangères [ 44 ] . C’est dans ce cadre que les autorités irakiennes ont par exemple entamé en janvier 2024 des pourparlers avec les Etats-Unis afin d’établir le calendrier d’un désengagement progressif des forces américaines dans le pays [ 45 ] et, en mai de la même année, obtenu le départ de la Mission d’assistance à l’Irak des Nations unies (UNAMI) établie en 2003 [ 46 ] . Toutefois, au fur et à mesure des mois et de l’actualité régionale [ 47 ] , la nature du départ des forces américaines a été nuancée, Washington affirmant qu’il ne s’agissant pas d’un « retrait » à proprement parler de ses soldats et matériels dans le pays, mais de la fin de la mission militaire de la coalition Inherent Resolve, créée en juin 2014 et dirigée contre Daech [ 48 ] . Ainsi, si des forces de la coalition quitteront certaines bases irakiennes, les Etats-Unis continueront d’entretenir une présence militaire dans le pays. Celle-ci apparaît d’autant plus réelle que le retrait américain de Syrie, décidé à la suite du renversement du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, a quant à lui déjà débuté et a consisté en un premier redéploiement fin avril 2025 des forces américaines sur la base d’Ayn al-Assad, en Irak [ 49 ] . Les relations avec l’Iran et la Turquie restent quant à elles particulièrement ambivalentes à la fois en raison de l’ingérence de ces deux puissances dans les affaires irakiennes mais également du caractère quasi-incontournable de la collaboration entre ces pays et Bagdad en matière économique, culturelle et sécuritaire. L’ Irak reste en effet étroitement lié à l’Iran [ 50 ] , en particulier dans le domaine énergétique où le territoire irakien est devenu un débouché indispensable pour Téhéran, la consommation énergétique irakienne étant assurée à hauteur de 30% par le gaz iranien [ 51 ] . Les deux pays continuent donc de collaborer étroitement [ 52 ] , en dépit du risque de sanctions américaines et des activités des milices chiites en Irak. De fait, la présence de ces dernières, et avec elles l’appareil politico-économique mis en place par les miliciens chiites et leurs alliés au cours de la décennie passée, octroie à l’Iran une présence majeure dans le pays avec laquelle Bagdad est obligé de composer [ 53 ] . Les relations avec la Turquie sont elles aussi complexes : si les deux pays ont signé plusieurs accords notables ces derniers mois [ 54 ] , l’Irak a protesté à plusieurs reprises contre les opérations militaires et frappes aériennes conduites dans le nord de l’Irak contre les guérilleros du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). L’annonce par ce dernier de sa dissolution le 12 mai devrait toutefois permettre de mettre fin dans un futur potentiellement proche à cette pierre d’achoppement grevant les relations irako-turques depuis plusieurs années [ 55 ] . Ces dernières devraient d’ailleurs trouver un nouvel axe d’essor avec le projet de « route du développement » porté par les deux pays. L’Irak s’emploie par ailleurs, alors que sa situation sécuritaire se stabilise, à redévelopper sa diplomatie régionale. Bagdad est par exemple à l’origine de la médiation réussie entre l’Iran et l’Arabie saoudite afin de normaliser les relations entre les deux rivaux moyen-orientaux : les diplomates irakiens se sont mis à l’ouvrage dès 2022 [ 56 ] avant que la Chine n’obtienne finalement, le 10 mars 2023, le privilège d’organiser à Pékin la signature de l’accord de normalisation [ 57 ] . Fort de ce succès en dépit de la faible publicité réservée à l’Irak, il s’est investi au printemps de la même année dans les tensions entre l’Egypte et l’Iran, parvenant à restaurer les relations entre ces deux pays [ 58 ] . Le 20 mai 2025, le ministre irakien des Affaires étrangères Fuad Hussein annonçait quant à lui que l’Irak allait proposer ses services de médiateur au Yémen, au Soudan et à la Libye [ 59 ] . Bagdad est notamment parvenu à nouer, depuis 2019, des liens particulièrement étroits avec la Jordanie et l’Egypte ; début mai 2025 encore, les représentants de ces trois pays se sont rencontrés en amont du sommet de la Ligue Arabe organisé dans la capitale irakienne le 17 mai [ 60 ] . Les trois pays organisent, de fait, des rencontres tripartites régulières au cours desquelles sont discutés des sujets de toute nature les intéressant [ 61 ] . Conclusion générale L’Irak continue de faire face à de nombreux défis politiques, sécuritaires, économiques et climatiques. Si son territoire connaît un apaisement relatif du fait de l’affaiblissement de Daech et de l’annonce de la dissolution du PKK, l’insécurité reste encore prégnante et alimentée tant par des groupes entretenant des visées politiques que par des individus en quête de prédation économique. L’économie irakienne, quant à elle, subit les contre-coups des variations des cours de pétrole induites par l’actualité toujours mouvante de la région ; il en résulte un maintien d’une large partie de la population dans des conditions de vie dégradées, à l’origine d’une gronde populaire exacerbée par la corruption rampante. Le dérèglement climatique, tel que les autorités irakiennes l’abordent aujourd’hui et au vu des estimations scientifiques, devrait participer à une fragilisation de la situation socio-économique des Irakiens. Dans ce contexte, la vie politique irakienne, marquée par une logique confessionnelle et sectaire, ne parvient que très partiellement à répondre à ces défis. Les élections législatives de novembre 2025 seront, à cet égard, déterminantes. Lire les parties précédentes : – A la confluence des rivalités géopolitiques au Moyen-Orient, que devient l’Irak aujourd’hui (1/3) ? Une situation sécuritaire toujours volatile – A la confluence des rivalités géopolitiques au Moyen-Orient, que devient l’Irak aujourd’hui (2/3) ? Une société et une économie menacées par de nombreux défis A lire sur Les clés du Moyen-Orient : – Kirkouk, histoire d’une ville disputée – Téhéran et l’Irak : positionnement diplomatique, engagement sur le théâtre irakien – Entretien avec Arthur Quesnay sur la présence iranienne en Irak et sur l’escalade des tensions entre Téhéran et Washington – Les ressources de la Région autonome du Kurdistan d’Irak : une économie dominée par l’or noir – La « route du développement » : la Turquie se positionne face aux « routes de la soie » chinoise et indienne au Moyen-Orient (1/2) – Entretien avec Pierre-Jean Luizard – La crise du système politique irakien Bibliographie : – Elizabeth Ferris and Kimberly Stoltz. "The future of Kirkuk : the referendum and its potential impact on displacement." The Brookings Institution 3 (2008). – Hassan, Kamaran Ali. The Economic effects of Oil Investments (Case of Kurdistan Region and Iraq). Journals Kufa for Chamical, 2017, vol. 2, no 2. Sitographie : – La Chine appelle à la retenue après l’attaque contre le Premier ministre irakien, Xinhua, 9 avril 2025, https://french.xinhuanet.com/20250409/27f8f12a85ac492c92ae2d55890a8e96/c.html – Iraq protesters take to the streets and clash with police, Al Jazeera, 5 novembre 2021, https://www.aljazeera.com/news/2021/11/5/iraq-protesters-take-to-the-streets-and-clash-with-police – Iran-backed militia behind attack on Iraqi PM - sources, Reuters, 8 novembre 2021, https://www.reuters.com/world/middle-east/iran-backed-militia-behind-attack-iraqi-pm-sources-2021-11-08/ – La démission des députés sadristes aggrave la crise politique, Le Monde, 14 juin 2022, https://www.lemonde.fr/international/article/2022/06/14/la-demission-des-deputes-sadristes-aggrave-la-crise-politique_6130247_3210.html – Pro-Sadr demonstrators storm parliament in Iraq’s Green Zone, France 24, 27 juillet 2022, https://www.france24.com/en/middle-east/20220727-pro-sadr-demonstrators-storm-parliament-in-iraq-s-green-zone – Shia leader Sadr’s supporters storm Baghdad’s government zone, Al Jazeera, 28 septembre 2022, https://www.aljazeera.com/news/2022/9/28/shia-leader-sadrs-supporters-storm-baghdads-government-zone – Muqtada al-Sadr has announced his withdrawal from politics, Carnegie Endowment, 29 août 2022, https://carnegieendowment.org/middle-east/diwan/2022/08/muqtada-al-sadr-has-announced-his-withdrawal-from-politics?lang=en بالأرقام.. الإطار التنسيقي بات القوة الأولى في البرلمان العراقي, Alhurra, 23 juin 2022, https://www.alhurra.com/iraq/2022/06/23/بالأرقام-الإطار-التنسيقي-بات-القوة-الأولى-في-البرلمان-العراقي – Iraqi Parliament Approves New Government, PUKmedia, 13 octobre 2022, https://pukmedia.com/EN/Details/74942 – Sadr renews boycott of Iraq’s political process : A strategic stance or tactical maneuver ?, Emirates Policy Center, 25 août 2022, https://epc.ae/en/details/scenario/sadr-renews-boycott-of-iraq-s-political-process-a-strategic-stance-or-tactical-maneuver- – Iraqi Parliament Approves New Government, Kurdistan24, 13 octobre 2022, https://www.kurdistan24.net/en/story/837279 – Debate on change within PMU puts spotlight on Shiite division in Iraq, Amwaj Media, 15 août 2022, https://amwaj.media/en/media-monitor/debate-on-change-within-pmu-puts-spotlight-on-shiite-division-in-iraq – Rudaw Arabic Twitter Post, Rudaw, 9 avril 2025, https://x.com/rudaw_arabic/status/1912440423819124811 – Sudani reconfirmed as Euphrates Movement leader ; party calls for timely elections, Kurdistan24, 11 avril 2025, https://www.kurdistan24.net/en/story/837017/sudani-reconfirmed-as-euphrates-movement-leader-party-calls-for-timely-elections – Iraqi Parliament Approves New Government, Alwathika, 13 octobre 2022, https://www.alwathika.com/article/?t=126025 – Inside story : Kadhimi eyes political party amid shifting sands in Iraq, Amwaj Media, 20 août 2022, https://amwaj.media/en/media-monitor/inside-story-kadhimi-eyes-political-party-amid-shifting-sands-in-iraq – L’Irak modifie sa loi électorale sous les huées des partis d’opposition, Le Figaro, 27 mars 2023, https://www.lefigaro.fr/flash-actu/l-irak-modifie-sa-loi-electorale-sous-les-huees-des-partis-d-opposition-20230327 – Iraqi Parliament Approves New Government, Rudaw, 13 octobre 2022, https://www.rudaw.net/english/middleeast/iraq/110420251 – Iraqi lawmakers clash over election law amendments, The New Region, 15 avril 2025, https://thenewregion.com/posts/1814/iraqi-lawmakers-clash-over-election-law-amendments – Six months of stalemate : Kurdistan’s government formation crisis deepens, Shafaq News, 1 avril 2025, https://shafaq.com/en/Report/Six-months-of-stalemate-Kurdistan-s-government-formation-crisis-deepens – Iraqi Kurdish politics in paralysis after parliament dissolved, The New Arab, 6 mai 2025 https://www.newarab.com/news/iraqi-kurdish-politics-paralysis-after-parliament-dissolved – Iraqi Kurdistan 2022 parliament extension unconstitutional, supreme court rules, Reuters, 30 mai 2023 https://www.reuters.com/world/middle-east/iraqi-kurdistan-parliaments-2022-term-extension-unconstitutional-supreme-court-2023-05-30/ – Kurdish parties must ‘work quickly’ to form government : US official, Rudaw, 2 mai 2025 https://www.rudaw.net/english/interview/02052025 – PUK, KDP government talks to resume in near future, The New Region, 19 mai 2025 https://thenewregion.com/posts/2307/puk-kdp-government-talks-to-resume-in-near-future – Oil association urges renewed efforts to resume Kurdish exports, Rudaw, 27 avril 2025 https://www.rudaw.net/english/business/27042025 – Iraqi Kurdistan faces a deepening economic crisis as unpaid wages pile up, The Conversation, 11 mars 2025 https://theconversation.com/iraqi-kurdistan-faces-a-deepening-economic-crisis-as-unpaid-wages-pile-up-251550 – Iraqi Kurds decisively back independence in referendum, BBC, 27 septembre 2017 https://www.bbc.com/news/world-middle-east-41419633 – Kirkuk. A Silent Giant Oilfield, GeoExPro, 2 décembre 2015 https://geoexpro.com/kirkuk-a-silent-giant-oilfield/ – KRG Meets Obligations, But Baghdad Still Withholds Salaries : KDP MP Demands Answers, Kurdistan24, 10 mai 2025 https://www.kurdistan24.net/en/story/839573 – US urges Iraq to resume Kurdish oil exports, honor contracts with American companies, Rudaw, 19 mars 2025 https://www.rudaw.net/english/business/190320251 – Iraqi Kurdistan Faces a Deepening Economic Crisis as Unpaid Wages Pile Up, Wire, 13 mars 2025 https://thewire.in/news/iraqi-kurdistan-faces-a-deepening-economic-crisis-as-unpaid-wages-pile-up – KRG blames Baghdad for unpaid salaries, Rudaw, 2 janvier 2025 https://www.rudaw.net/english/middleeast/iraq/020120251 – Unpaid salaries ; The KRG owes more than 23 trillion dinars to salaried employees, Draw, 23 décembre 2024 https://drawmedia.net/en/page_detail?smart-id=16111 – KDP’s Barzani says Baghdad treatment of Kurdish civil servants ‘unacceptable’, Rudaw, 15 mai 2025 https://www.rudaw.net/english/kurdistan/15052025 – Federal Supreme Court Orders Nationalisation of Kurdistan Salaries After President’s Lawsuit, PUK Media, 18 février 2025 https://www.pukmedia.com/EN/Details/77616 – « Nos élites ont si mal dirigé la région » : au Kurdistan irakien, les fonctionnaires manifestent après des mois d’impayés, RFI, 3 mars 2024 https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20240303-nos-%C3%A9lites-ont-si-mal-dirig%C3%A9-la-r%C3%A9gion-au-kurdistan-irakien-les-fonctionnaires-manifestent-apr%C3%A8s-des-mois-d-impay%C3%A9s – KDP and PUK hold meeting to form regional government, ANHA, 28 avril 2025 https://hawarnews.com/en/kdp-and-puk-hold-meeting-to-form-regional-government – United States agrees to negotiate planned troop withdrawal from Iraq, Le Monde, 27 janvier 2024 https://www.lemonde.fr/en/international/article/2024/01/27/united-states-agrees-to-negotiate-planned-troop-withdrawal-from-iraq_6470007_4.html – UN mission in Iraq to end after two decades, France24, 31 mai 2024 https://www.france24.com/en/live-news/20240531-un-mission-in-iraq-to-end-after-two-decades – US announces coalition mission in Iraq to end by 2025, but US ‘not withdrawing’, Breaking Defense, 27 septembre 2024 https://breakingdefense.com/2024/09/us-announces-coalition-mission-in-iraq-to-end-by-2025-but-not-withdrawing/ – US military convoys move from Syria to Iraq’s Ain al-Asad base, Al Mayadeen, 20 avril 2025 https://english.almayadeen.net/news/politics/us-military-convoys-move-from-syria-to-iraq-s-ain-al-asad-ba – From Rivals to Allies : Iran’s Evolving Role in Iraq’s Geopolitics, Middle East Council on Global Affairs, avril 2024 https://mecouncil.org/publication_chapters/from-rivals-to-allies-irans-evolving-role-in-iraqs-geopolitics/ – Iran, Iraq eye joint industrial parks, stronger private sector ties, Tehran Times, 9 avril 2025 https://www.tehrantimes.com/news/511602/Iran-Iraq-eye-joint-industrial-parks-stronger-private-sector – CSAG Strategy Paper : “Iran’s Shadow Army : The PMF’s Growing Influence in Iraq”, Near East South Asia, 14 mai 2025 https://nesa-center.org/csag-strategy-paper-irans-shadow-army-the-pmfs-growing-influence-in-iraq/ – Water for security : Iraq-Turkey deal reveals extent of military intervention, The New Arab, 29 avril 2024 https://www.newarab.com/news/water-security-iraq-turkey-deal-revealed – Iraq ’strongly’ condemns Turkish-Iranian strikes in Kurdistan, France24, 21 novembre 2022 https://www.france24.com/en/middle-east/20221121-iraq-strongly-condemns-turkish-iranian-strikes-in-kurdistan – Iraq to continue mediation between Iran, Saudi Arabia : MP, Tehran Times, 4 décembre 2022 https://www.tehrantimes.com/news/479339/Iraq-to-continue-mediation-between-Iran-Saudi-Arabia-MP – Saudi-Iran Deal : A Test Case of China’s Role as an International Mediator, Georgetown Journal of International Affairs, 23 juin 2023 https://gjia.georgetown.edu/2023/06/23/saudi-iran-deal-a-test-case-of-chinas-role-as-an-international-mediator/ – Foreign ministers of Iraq, Egypt, Jordan meet in Baghdad ahead of Arab League Summit, Anadolu Ajansi, 15 mai 2025 https://www.aa.com.tr/en/middle-east/foreign-ministers-of-iraq-egypt-jordan-meet-in-baghdad-ahead-of-arab-league-summit/3568319 Irak Politique Diplomatie Publié le 23/05/2025 Emile Bouvier Emile Bouvier est chercheur indépendant spécialisé sur le Moyen-Orient et plus spécifiquement sur la Turquie et le monde kurde. Diplômé en Histoire et en Géopolitique de l’Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, il a connu de nombreuses expériences sécuritaires et diplomatiques au sein de divers ministères français, tant en France qu’au Moyen-Orient. Sa passion pour la région l’amène à y voyager régulièrement et à en apprendre certaines langues, notamment le turc. Voir toutes ses publications Notes [ 1 ] https://french.xinhuanet.com/20250409/27f8f12a85ac492c92ae2d55890a8e96/c.html [ 2 ] https://www.aljazeera.com/news/2021/11/5/iraq-protesters-take-to-the-streets-and-clash-with-police [ 3 ] https://www.reuters.com/world/middle-east/iran-backed-militia-behind-attack-iraqi-pm-sources-2021-11-08/ [ 4 ] https://www.lemonde.fr/international/article/2022/06/14/la-demission-des-deputes-sadristes-aggrave-la-crise-politique_6130247_3210.html [ 5 ] https://www.france24.com/en/middle-east/20220727-pro-sadr-demonstrators-storm-parliament-in-iraq-s-green-zone [ 6 ] https://www.aljazeera.com/news/2022/9/28/shia-leader-sadrs-supporters-storm-baghdads-government-zone [ 7 ] https://www.aljazeera.com/news/2022/9/28/shia-leader-sadrs-supporters-storm-baghdads-government-zone [ 8 ] Dans cette coalition se trouvent notamment le parti de l’Etat de Droit de l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, l’alliance Fatah de Hadi al-Amiri (par ailleurs secrétaire général de l’organisation politique et paramilitaire chiite Badr, le Mouvement Hikmah ou encore le Bloc Nasr. A noter que les Sadristes ont fait partie du Cadre de coordination avant de s’en retirer en juillet 2021. [ 9 ] https://www.alhurra.com/iraq/2022/06/23/بالأرقام-الإطار-التنسيقي-بات-القوة-الأولى-في-البرلمان-العراقي [ 10 ] https://pukmedia.com/EN/Details/74942 [ 11 ] https://epc.ae/en/details/scenario/sadr-renews-boycott-of-iraq-s-political-process-a-strategic-stance-or-tactical-maneuver- [ 12 ] https://www.kurdistan24.net/en/story/837279 [ 13 ] https://amwaj.media/en/media-monitor/debate-on-change-within-pmu-puts-spotlight-on-shiite-division-in-iraq [ 14 ] https://x.com/rudaw_arabic/status/1912440423819124811 [ 15 ] https://www.kurdistan24.net/en/story/837017/sudani-reconfirmed-as-euphrates-movement-leader-party-calls-for-timely-elections [ 16 ] https://www.alwathika.com/article/?t=126025 [ 17 ] https://amwaj.media/en/media-monitor/inside-story-kadhimi-eyes-political-party-amid-shifting-sands-in-iraq [ 18 ] https://www.lefigaro.fr/flash-actu/l-irak-modifie-sa-loi-electorale-sous-les-huees-des-partis-d-opposition-20230327 [ 19 ] https://www.rudaw.net/english/middleeast/iraq/110420251 [ 20 ] https://thenewregion.com/posts/1814/iraqi-lawmakers-clash-over-election-law-amendments [ 21 ] https://www.newarab.com/news/iraqs-top-court-suspends-kurdistan-election-preparations [ 22 ] https://shafaq.com/en/Report/Six-months-of-stalemate-Kurdistan-s-government-formation-crisis-deepens [ 23 ] https://www.newarab.com/news/iraqi-kurdish-politics-paralysis-after-parliament-dissolved [ 24 ] https://www.reuters.com/world/middle-east/iraqi-kurdistan-parliaments-2022-term-extension-unconstitutional-supreme-court-2023-05-30/ [ 25 ] https://www.rudaw.net/english/interview/02052025 [ 26 ] https://thenewregion.com/posts/2307/puk-kdp-government-talks-to-resume-in-near-future [ 27 ] https://www.reuters.com/article/business/energy/iraqi-kurdistan-starts-independent-crude-oil-exports-idUSL5E9C843R/ [ 28 ] https://www.rudaw.net/english/business/27042025 [ 29 ] https://theconversation.com/iraqi-kurdistan-faces-a-deepening-economic-crisis-as-unpaid-wages-pile-up-251550 [ 30 ] https://www.bbc.com/news/world-middle-east-41419633 [ 31 ] Elizabeth Ferris and Kimberly Stoltz. "The future of Kirkuk : the referendum and its potential impact on displacement." The Brookings Institution 3 (2008). [ 32 ] https://geoexpro.com/kirkuk-a-silent-giant-oilfield/ [ 33 ] https://www.kurdistan24.net/en/story/839573 [ 34 ] https://www.rudaw.net/english/business/190320251 [ 35 ] https://thewire.in/news/iraqi-kurdistan-faces-a-deepening-economic-crisis-as-unpaid-wages-pile-up [ 36 ] https://www.rudaw.net/english/middleeast/iraq/020120251 [ 37 ] https://drawmedia.net/en/page_detail?smart-id=16111 [ 38 ] https://www.rudaw.net/english/kurdistan/15052025 [ 39 ] Hassan, Kamaran Ali. The Economic effects of Oil Investments (Case of Kurdistan Region and Iraq). Journals Kufa for Chamical, 2017, vol. 2, no 2. [ 40 ] https://www.pukmedia.com/EN/Details/77616 [ 41 ] https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20240303-nos-%C3%A9lites-ont-si-mal-dirig%C3%A9-la-r%C3%A9gion-au-kurdistan-irakien-les-fonctionnaires-manifestent-apr%C3%A8s-des-mois-d-impay%C3%A9s [ 42 ] https://hawarnews.com/en/kdp-and-puk-hold-meeting-to-form-regional-government [ 43 ] https://www.newarab.com/news/kurdish-parties-struggle-form-government-iraqi-kurdistan [ 44 ] https://www.presidency.iq/EN/Details.aspx?id=4733 [ 45 ] https://www.lemonde.fr/en/international/article/2024/01/27/united-states-agrees-to-negotiate-planned-troop-withdrawal-from-iraq_6470007_4.html [ 46 ] https://www.france24.com/en/live-news/20240531-un-mission-in-iraq-to-end-after-two-decades [ 47 ] https://www.military.com/daily-news/2025/01/31/iraq-backtracking-us-military-withdrawal-after-syria-regime-change.html [ 48 ] https://breakingdefense.com/2024/09/us-announces-coalition-mission-in-iraq-to-end-by-2025-but-not-withdrawing/ [ 49 ] https://english.almayadeen.net/news/politics/us-military-convoys-move-from-syria-to-iraq-s-ain-al-asad-ba [ 50 ] https://mecouncil.org/publication_chapters/from-rivals-to-allies-irans-evolving-role-in-iraqs-geopolitics/ [ 51 ] https://www.clingendael.org/publication/misery-loves-company-iraq-and-irans-electricity-and-gas-dependencies [ 52 ] https://www.tehrantimes.com/news/511602/Iran-Iraq-eye-joint-industrial-parks-stronger-private-sector [ 53 ] https://nesa-center.org/csag-strategy-paper-irans-shadow-army-the-pmfs-growing-influence-in-iraq/ [ 54 ] https://www.newarab.com/news/water-security-iraq-turkey-deal-revealed [ 55 ] https://www.france24.com/en/middle-east/20221121-iraq-strongly-condemns-turkish-iranian-strikes-in-kurdistan [ 56 ] https://www.tehrantimes.com/news/479339/Iraq-to-continue-mediation-between-Iran-Saudi-Arabia-MP [ 57 ] https://gjia.georgetown.edu/2023/06/23/saudi-iran-deal-a-test-case-of-chinas-role-as-an-international-mediator/ [ 58 ] https://www.middleeastmonitor.com/20230619-iraq-to-host-unannounced-meetings-between-egypt-and-iran/ [ 59 ] https://www.muslimnetwork.tv/iraq-to-launch-mediation-initiatives-in-yemen-sudan-and-libya/ [ 60 ] https://www.aa.com.tr/en/middle-east/foreign-ministers-of-iraq-egypt-jordan-meet-in-baghdad-ahead-of-arab-league-summit/3568319 [ 61 ] https://mepei.com/iraq-jordan-and-egypt-strategic-partnership/ Autres articles sur le même sujet A la confluence des rivalités géopolitiques au Moyen-Orient, que devient l’Irak aujourd’hui (1/3) ? Une situation sécuritaire toujours volatile par Emile Bouvier , dans Analyses de l’actualité , Politique , Diplomatie • 09/05/2025 • 8 min Essor, objectifs et limites de la paradiplomatie kurde « Difficile d’aller vers plus d’autonomie pour les Kurdes, le prochain pas ne peut être que l’indépendance ». Voici ce que déclarait le spécialiste de l’Irak et chercheur à l’IRIS Didier Billion dans l’attente d’une mise en place d’un référendum sécessioniste par la région autonome kurde d’Irak en 2017. (...) par Louise Martin , dans Analyses de l’actualité , Économie , Politique , Diplomatie • 22/01/2021 • 10 min La nouvelle politique étrangère de la Turquie Jean Marcou est actuellement Professeur des Universités à l’IEP de Grenoble (France) après avoir été pensionnaire scientifique à l’Institut Français d’Études Anatoliennes d’Istanbul où il a dirigé, de 2006 à 2010, l’Observatoire de la Vie Politique Turque (OVIPOT – http://ovipot.hypotheses.org/). 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Alliés d’hier, ennemis de demain. La Seconde Guerre mondiale donne naissance à la Guerre froide. Tout commence ici. ⏰ Endgame - 1945, d'une guerre à l'autre, ce soir à 20h50 sur #HistoireTV | Histoire TV
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pierre buhler - Histoire de la Pologne communiste Chapitre I La tragédie (1939-1945) Search this site Embedded Files Pou r une version pdf, suivre ce lien PREMIERE PARTIE LA TRAGEDIE (1939-1944) I - LA POLOGNE D'AVANT 1939. A - LA QUESTION DES FRONTIERES. Le 11 novembre 1918 renaît, le jour même de la fin de la Première Guerre Mondiale, un Etat polonais souverain. Cette résurrection après une éclipse de quelque 120 ans est le fruit d'un nationalisme opiniâtre, de préparatifs clandestins poursuivis sans relâche pendant des années et d'un concours de circonstances historiques. Dès son avènement, la République se réclame de l'héritage du vaste Etat polono-lituanien de la dynastie Jagellone, florissant jusqu'au XVIIème siècle de la Baltique à la Mer Noire et jusqu'aux abords de Moscou. Mosaïque de nations et de cultures, miné par des forces centrifuges, dominé par une noblesse polonaise - la szlachta - frondeuse et divisée, cet Etat polonais avait disparu à la fin du XVIIIème siècle, démembré par trois partages successifs entre les puissances voisines, la Prusse, la Russie et l'Autriche-Hongrie. Lorsqu'en 1918 les Alliés décident de reconstruire un Etat polonais, personne ne sait au juste quelles frontières lui donner. Le critère "ethnique" n'offre guère de solution viable : au cours des siècles, Polonais, Allemands, Juifs, Ukrainiens, Biélorusses et Lituaniens se sont mêlés en un entrelacs inextricable. A l'est de la ligne que tracent les rivières Bug et San, considérée généralement par les puissances occidentales comme la limite orientale des "territoires indiscutablement polonais", vivent, selon une estimation polonaise près de 4 millions de Polonais (1). Ceux-ci constituent souvent la classe dominante, propriétaires terriens, bourgeoisie, petite noblesse, et vivent en majorité dans des villes comme Vilnius (Wilno) et Lwow, enclavées dans les terroirs lituanien et ukrainien. Les Juifs aussi, artisans, misérables, en butte, souvent, à l'hostilité des chrétiens, forment la majorité dans de nombreuses petites villes, les shtetl . A l'ouest, en Poznanie, en Silésie et au nord, en Mazurie et Poméranie, les Polonais sont mêlés aux Allemands. Sur la forme et l'étendue territoriale de l'Etat, deux camps s'affrontent en Pologne : l'un, autour du dirigeant national-démocrate Roman Dmowski, est favorable à un Etat centralisateur et intégrateur embrassant tous les territoires où l'"élément polonais" domine plus ou moins. L'autre doctrine, défendue par le chef du gouvernement Paderewski et les socialistes, et soutenue par le chef de l'Etat, Jozef Pilsudski, est celle d'une Pologne fédérant, dans les frontières d'avant les partages, Biélorusses, Ukrainiens et Lituaniens. Or il s'avère rapidement qu'à l'heure du "réveil des nationalités", aucune de ces formules n'a la faveur des populations intéressées. C'est finalement par le jeu d'une succession de décisions alliées, de plébiscites et de faits accomplis, que vont s'établir, en l'espace de 2 à 3 ans, les frontières de la Pologne. A l'ouest, le reflux des armées allemandes défaites permet aux Polonais de Poznanie, à l'issue d'une insurrection couronnée de succès, de rejoindre l'Etat national renaissant. En Galicie orientale (Lwow), au contraire, l'insurrection est ukrainienne et dirigée contre la Pologne. Enfin, le vide laissé par le traité de Brest-Litovsk, en mars 1918, et le départ des Allemands à l'est de la Pologne est aussitôt comblé par la Russie bolchevique. Dès janvier 1919, celle-ci fait proclamer la Biélorussie république soviétique, puis échoue de peu à mettre la main, par le jeu d'une fusion avec cette dernière, sur la Lituanie également bolchevique : l'occupation de Vilnius par la Pologne déjoue le projet. L'Armée Rouge, affaiblie par les combats avec les Russes Blancs de Denikine, est repoussée sans peine par les troupes polonaises de Pilsudski, qui prennent Minsk en août 1919. En position de force, le héros de l'indépendance polonaise décline les propositions de normalisation faites par les bolcheviks début 1920 et à sa victoire militaire ajoute un succès politique : les nationalistes ukrainiens sont défaits par l'Armée Rouge et, en avril 1920, leur chef, Petlioura, noue alliance avec Pilsudski, au prix de la cession à la Pologne de la Galicie orientale et de la moitié de la Volhynie. Leurs troupes prennent Kiev en mai 1920. Tandis qu'à l'est la délimitation des frontières est abandonnée à la force des armes, à l'ouest elle relève des tractations entre les puissances victorieuses. La "Conférence de la paix" fixe la frontière occidentale, entérinée par le traité de Versailles, le 28 juin 1919 : la Pologne retrouve à peu près sa frontière d'avant le premier partage (1772). Quant à la ville de Dantzig (Gdansk), à population essentiellement allemande, elle reçoit un statut de Ville Libre, sous le contrôle de la Société des Nations et en union douanière avec le territoire polonais auquel elle est reliée par un "corridor" séparant l'Allemagne de la Prusse Orientale. En application des principes wilsoniens de démocratie et d'autodétermination, une série de plébiscites est prévue pour les territoires litigieux (Teschen, Silésie, Prusse orientale). Mais les Alliés ne parviennent pas à s'entendre sur une frontière orientale de la Pologne restaurée et repoussent à plus tard le règlement de cette question, laissant le champ ouvert à la conquête militaire et à la politique du fait accompli. Les Occidentaux, à commencer par les Britanniques, ne cachent pas leur mécontentement devant l'avance polonaise de 1920. Le Premier Ministre de Sa Majesté, Lloyd George, continue en effet d'espérer la restauration d'une Russie démocratique, qui serait, à l'est, l'allié potentiel de l'Angleterre. Les opérations polonaises viennent contrecarrer ces plans. Le 8 décembre 1919, la "Conférence des ambassadeurs" alliés propose aux deux belligérants un projet de tracé de frontière, suggéré par le secrétaire au Foreign Office , Lord Curzon. Cette ligne, qui sera par la suite associée au nom de son inspirateur, relie Grodno au cours moyen du Bug puis longe celui-ci jusqu'aux confins de la Galicie. Les Alliés se déclarent disposés à garantir cette frontière, sans cependant assurer à cette garantie un caractère automatique. Les Polonais, qui n'ont pas été consultés, ne sont nullement disposés à renoncer aux territoires conquis, où vivent plusieurs millions de Polonais. Ils déclinent l'offre et ouvrent des négociations directes avec les bolcheviks , eux aussi opposés à un arbitrage imposé de l'extérieur. Ce répit tactique prend fin lorsque la Russie rouge, venue à bout des Russes Blancs et des Ukrainiens, peut reporter toutes ses forces contre la Pologne et parvient à retourner la situation. Sous la conduite du très jeune (27 ans) général Toukhatchevski, une contre-offensive générale est déclenchée en juin 1920. C'est à cette occasion, d'ailleurs, qu'il lance son mot fameux : " la route de l'incendie mondial passe sur le cadavre de la Pologne". A l'inverse de Trotsky, plus prudent, Lénine voit dans la Pologne l'étape suivante de l'"embrasement révolutionnaire de l'Europe", un "pont" vers l'Allemagne industrielle où la révolution prolétarienne est supposée imminente. La progression de l'Armée Rouge est fulgurante : les Polonais, qui occupaient une ligne à l'est de Minsk et de Kiev, sont repoussés sur la Vistule en six semaines. Inquiets de la tournure prise par les événements, les Alliés - les Français en premier lieu - envoient d'urgence à la Pologne équipement, armement et missions militaires. Soudés dans l'"union sacrée" face à l'"agression bolchevique", les Polonais déclenchent, aux alentours du 15 août, une contre-offensive victorieuse alors que l'Armée Rouge est aux portes de Varsovie. Coïncidence des dates ou intervention de la Providence le jour de la fête de la Vierge, protectrice de la Pologne ? Toujours est- il que ce sursaut victorieux entrera dans la légende sous le nom de "miracle de la Vistule". Six semaines suffisent à Pilsudski pour repousser l'Armée Rouge de plusieurs centaines de kilomètres. Des pourparlers sont rapidement ouverts, qui aboutissent à l'armistice du 12 octobre 1920, puis à la paix, signée à Riga le 18 mars 1921. Le traité de 1921 fixe la frontière entre les deux pays et proclame la renonciation réciproque à toute prétention territoriale. En juillet 1920, au plus fort de l'offensive russe, les Alliés, réunis en conférence à Spa (Belgique), avaient à nouveau proposé un règlement basé sur la "ligne Curzon" de décembre 1919, prolongée au sud par deux variantes, l'une correspondant à la situation du front à l'est de Lwow, l'autre obliquant vers Przemysl et les Carpates, et laissant Lwow en Ukraine. Les bolcheviques, en position de force, avaient alors repoussé l'offre tandis que les Polonais, isolés et menacés, avaient accepté la médiation alliée sans toutefois s'engager davantage. Leur revers de fortune avait rendu ces tractations caduques. Victorieuse à l'est, la Pologne voit en revanche les autres contentieux territoriaux se régler à son désavantage. Dans les régions de Teschen (Cieszyn en polonais), Spisz et Orawa, ou la présence de plus de 200 000 Polonais alimente une revendication territoriale de la Pologne, le Conseil de l'Entente propose un plébiscite pour mettre fin à un affrontement armé polono-tchécoslovaque. Mais en juillet 1920, en pleine offensive bolchevique, la Pologne est poussée à y renoncer au profit d'un arbitrage des puissances occidentales. Celui-ci est finalement favorable à la Tchécoslovaquie, qui se voit accorder les deux tiers des territoires contestés, habités par une importante population polonaise. Les plébiscites de Prusse orientale (juillet 1920) et de Haute Silésie (mars 1921) sont favorables à l'Allemagne et seule la région de Katowice, à majorité polonaise, est finalement rétrocédée à la Pologne en 1921. Ville lituanienne, mais de population majoritairement polonaise et juive, Vilnius (Wilno en polonais) constitue un cas à part : aussi bien les Lituaniens que les Polonais la considèrent comme leur. Après avoir changé plusieurs fois de mains en cette période troublée, elle est rendue par l'Armée Rouge en juillet 1920 à la Lituanie qui en fait sa capitale. Ayant échoué à récupérer la ville par les voies diplomatiques, Pilsudski, lui-même originaire de la région, organise, en octobre 1920, un coup de force sous la forme d'un simulacre de mutinerie qui débouche sur la création d'un mini-Etat fantoche. Celui-ci, après 18 mois d'indépendance formelle, demandera en février 1922 le rattachement à la Pologne, avalisé par les Alliés en 1923. Les frontières héritées de ces péripéties militaires et politiques resteront celles de la Pologne jusqu'en 1939. A l'intérieur de ces limites cohabitent de multiples langues, cultures et religions. 69 % seulement des 27,2 millions de ressortissants que compte la Pologne en 1921 sont ethniquement polonais. Le reste est composé de minorités, quelquefois majoritaires dans leurs régions d'habitat : Ukrainiens (14%), Juifs (8%), Biélorusses (4%), Allemands (4%) (2). La minorité lituanienne représente à peine 100 000 personnes (0,3%). B - LA MONTEE DES PERILS. Fort de son image de "Père de la nation" et décidé à mettre un terme à l'instabilité politique qui mine le pays, Jozef Pilsudski s'empare du pouvoir par un coup de force en 1926. La stabilité est restaurée, mais au prix d'une sclérose politique. L'exercice autoritaire du pouvoir par le maréchal, la mise à l'écart des rivaux, comme ses compagnons d'armes dans la lutte pour l'indépendance, les généraux Sikorski ou Sosnkowski, l'absence d'une opposition véritable conduisent peu à peu le régime à la pétrification. Parodie de démocratie parlementaire, le système, qui a pris le nom de sanacja ("assainissement"), est une autocratie sans véritable idéologie, différente du fascisme italien que ses détracteurs l'accusent d'imiter. L'opposition est réprimée avec rudesse par la police et un camp d'internement est ouvert en 1934 à Bereza Kartuska, près de Brest-Litovsk, où seront détenus des milliers de prisonniers politiques. Après la mort de son fondateur, en 1935, le régime se survivra, administré par une coterie de fidèles. La constitution, adoptée la même année, consacre son caractère semi- dictatorial. Toute opposition est neutralisée, le système électoral garantit la stabilité du régime et la responsabilité de l'exercice du pouvoir repose sur un petit nombre d'hommes cooptés à raison de leur fidélité au "dogme" de Pilsudski : le maréchal Rydz-Smigly, le colonel Beck, le président Moscicki. Arrogant, sans grande envergure, Jozef Beck est, au poste de ministre des Affaires Etrangères, l'artisan d'une politique étrangère désastreuse. Pensant contenir une Allemagne insatisfaite des frontières avec la Pologne tracées par le Traité de Versailles, Beck signe le 26 janvier 1934, peu après l'accession au pouvoir de Hitler, une "déclaration" conjointe de bon voisinage et de renonciation à la guerre dans le règlement des litiges. L'amélioration apparente et continue des relations entre les deux Etats jusqu'en 1939 donne aux dirigeants polonais un illusoire sentiment de sécurité vis-à-vis de l'Allemagne nazie. Fort de ses convictions, le gouvernement de Varsovie n'éprouve pour les autres voisins de la Pologne que condescendance ou animosité. Avec la Lituanie, les relations diplomatiques, rompues après le coup de force polonais sur Vilnius, ne seront rétablies qu'après un ultimatum de Varsovie, en 1938. Avec la Tchécoslovaquie, que le colonel Beck tient à une distance dédaigneuse, les relations demeureront médiocres. Fidèles au maréchal Pilsudski, les dirigeants polonais n'en continuent pas moins de nourrir l'espoir chimérique de constituer, sous l'égide de la Pologne, une vaste confédération s'étendant de la Baltique à la Mer Noire, tampon entre l'Allemagne et l'Union Soviétique. Avec cette dernière, enfin, les relations se gâtent après la déclaration polono-allemande de 1934, perçue comme un abandon du principe, jusqu'alors respecté par Varsovie, d'équidistance entre Moscou et Berlin. La politique de rapprochement avec Hitler suivie par le gouvernement de Varsovie est considérée à Moscou comme une inféodation à l'Allemagne, contraire à l'esprit du pacte de non-agression qui lie l'URSS et la Pologne depuis 1932. Au fil des années, l'indulgence envers les agissements nazis ne cesse de croître. L' Anschluss de l'Autriche, malgré l'émotion qu'il soulève dans l'opinion polonaise, est accueilli avec sympathie par le gouvernement polonais. Aux heures sombres du dépeçage de la Tchécoslovaquie, la complaisance devient complicité : la Pologne se joint aux pressions allemandes sur Prague pour revendiquer l'annexion de la région de Teschen. Des troupes sont massées à la frontière tchèque tandis qu'une campagne de propagande est lancée en faveur de la "libération des Polonais d'outre- Olza", la minorité polonaise de Tchécoslovaquie. Encouragé par l'accord de Munich, Beck adresse à la Tchécoslovaquie un ultimatum auquel celle-ci, affaiblie, cède le 1er octobre 1938, abandonnant à la Pologne la Silésie de Teschen. Mais Hitler ne conserve au régime polonais nulle gratitude de son attitude dans l'affaire tchèque. Au contraire, les frictions nées de la cohabitation en Pologne d'une minorité allemande avec la majorité polonaise - qui, jusque-là, n'avaient pas affecté les relations entre les deux pays - deviennent une source de contentieux. Le 24 octobre 1938, le ministre des Affaires Etrangères du Reich , Ribbentrop, formule pour la première fois, devant l'ambassadeur de Pologne, les revendications territoriales de allemandes : le rattachement de Dantzig à la Prusse orientale et l'ouverture de voies de communication jouissant de l'extra-territorialité à travers le "corridor". Devant la fermeté polonaise, Ribbentrop n'insiste pas, mais, en janvier 1939, recevant le colonel Beck à Berchtesgaden, Hitler renouvelle ses exigences sur Dantzig et le corridor, tout en réaffirmant son désir d'une "Pologne forte". En mars 1939, ce qui reste de la Tchécoslovaquie tombe sous protectorat allemand. La Lituanie doit céder Memel au Reich . La Hongrie, alliée de l'Allemagne, annexe la Ruthénie ; un complexe d'encerclement commence à se faire jour dans l'opinion et chez les dirigeants polonais. Les exigences allemandes prennent alors, au fil des mois, un ton plus comminatoire, assorties de démonstrations de force militaire et de gestes d'intimidation. Les alliés occidentaux s'alarment également. La Grande-Bretagne offre le 31 mars une garantie d'assistance à la Pologne. La France fait savoir qu'elle est prête à aligner ses engagements sur ceux du Royaume-Uni. Hitler, dont les visées territoriales sont compromises par ce revers diplomatique, déclare l'Allemagne victime d'une manœuvre d'encerclement, dénonce la "déclaration" germano-polonaise de 1934 et rend publiques ses exigences, jusque-là tenues secrètes, sur Dantzig et le corridor. En même temps, à partir du printemps 1939, une véritable "guerre des nerfs" est orchestrée contre la Pologne : à l'instigation d'agents nazis, des heurts commencent à opposer la minorité allemande en Pologne à l'administration et à la population polonaises, immédiatement exploités et grossis par la propagande allemande, qui n'hésite pas à parler, comme pour la Tchécoslovaquie, de "massacres", de "terreur", de "persécutions". Or, tant en Pologne que dans les Sudètes, ces allégations sont pour l'essentiel de pures inventions ou de grossières exagérations. Les incidents de frontières se multiplient. La Ville Libre de Dantzig, aux mains des nazis, procède, en violation de son statut, à une remilitarisation clandestine, mais néanmoins visible. La minorité ukrainienne du sud-est, soutenue par le Reich , commence à s'agiter contre le pouvoir de Varsovie. Une habile propagande pacifiste sur le thème "pourquoi mourir pour Dantzig?" vise à dissuader les puissances occidentales de se battre pour la Pologne. Devant la gravité du péril nazi, la Grande-Bretagne et la France veulent s'assurer le concours de l'Union Soviétique pour contrer les visées allemandes. Dès avril 1939 Londres et Paris engagent des tractations avec Moscou en vue d'un pacte d'assistance mutuelle. Elles se poursuivront pendant des mois sans aboutir. Chacun, il est vrai, joue un double jeu : Français et Britanniques veulent empêcher un rapprochement germano-soviétique. Staline se méfie des Occidentaux, qu'il soupçonne d'être prêts à un nouveau Munich aux dépens des Polonais, laissant aux Allemands les mains libres à l'est. De plus, l'Armée Rouge, médiocrement équipée et décimée par les purges staliniennes, n'est pas en état de tenir efficacement tête à une agression allemande. Dans l'hypothèse d'une alliance avec les puissances occidentales, peu disposées à ouvrir un second front en cas d'attaque allemande contre l'Union Soviétique, celle-ci, calcule Staline, aurait à supporter seule le poids de la guerre. Au contraire, si un conflit doit éclater, il est préférable que ce soit sans la participation soviétique. Une telle guerre, en laissant une Allemagne épuisée, serait même favorable à la réalisation des ambitions politiques de Staline en Europe, au premier rang desquelles figure le retour des territoires de la couronne impériale perdus après la Révolution : les pays baltes, une partie de la Pologne et de la Finlande et la Bessarabie. Staline a donc tout intérêt à ne pas s'opposer aux visées belliqueuses de Hitler, tout en veillant à ne pas impliquer l'URSS dans un conflit. Le souci d'obtenir un répit pour renforcer les capacités de défense diminuées du pays joue dans le même sens. Tout en négociant avec les occidentaux, l'Union Soviétique continue donc d'adresser des signaux à l'Allemagne. Le 3 mai, le commissaire du peuple aux Affaires Etrangères, Litvinov, le chantre, à la direction soviétique, de la sécurité collective, est remplacé par le président du Conseil des Commissaires du peuple, Molotov, réputé moins hostile au Reich . Celui-ci fait aussitôt savoir à Berlin que les pourparlers commerciaux soviéto-allemands, ouverts depuis peu, nécessitent une "base politique". Dans les négociations qui se poursuivent entre Soviétiques et Occidentaux, les Britanniques, eux-mêmes en pourparlers secrets avec les Allemands, tergiversent. Fin juillet, lorsque l'accord est enfin en vue, les négociateurs soviétiques demandent qu'une convention militaire soit également conclue. Deux missions militaires, française et britannique, venues à Moscou pour négocier cette convention, entendent le 14 août les revendications soviétiques formulées par le commissaire à la défense, Vorochilov : l'installation de troupes soviétiques dans l'est de la Pologne, autour de Vilnius et Lwow, et dans les pays baltes. Il s'agit en fait d'une manoeuvre dilatoire à un moment où les négociations soviéto-allemandes sont sur le point d'aboutir. C - LE PACTE MOLOTOV-RIBBENTROP. Redoutant d'être utilisés pour faire pression dans la négociation tripartite en cours, les Allemands avaient gardé tout d'abord une certaine réserve dont, l'impatience gagnant, ils ne se départiront qu'à la fin juillet. Staline, au contraire, utilisait les Occidentaux pour faire pression sur Hitler. Le 2 août, Ribbentrop déclare à l'ambassadeur d'URSS à Berlin que "les intérêts soviétiques ne doivent pas se heurter aux intérêts allemands", qu'il y a "suffisamment de place autour de la Baltique" et que l'on peut "s'entendre sur le sort de la Pologne" (3). Une semaine plus tard, le même Ribbentrop sonde Moscou sur l'esquisse, qu'il a préparée, d'un partage de la Pologne. Le 11 août, Molotov répond que l'URSS est prête à discuter de toute question d'intérêt commun, à commencer par la question polonaise. Hitler est pressé d'en finir avec la Pologne et Ribbentrop propose de venir à Moscou dès le 14 août. Sentant la hâte allemande, les Soviétiques, en position de force, relèvent leurs exigences et demandent la conclusion d'un accord commercial ainsi que d'un protocole spécial définissant avec précision les intérêts des deux parties, en annexe au pacte de non-agression. Les Allemands acceptent. L'accord commercial, qui prévoit notamment un crédit de 200 millions de marks à un taux d'intérêt très avantageux, est signé dès le 19 août. Les Soviétiques donnent leur accord à la venue à Moscou, une semaine plus tard, de Ribbentrop, mais Hitler intervient en personne auprès de Staline pour que Ribbentrop soit reçu le plus vite possible à Moscou. Staline acquiesce et le 23 août, dans l'après-midi, le ministre des Affaires Etrangères du Reich , muni de "pleins pouvoirs extraordinaires", atterrit sur l'aérodrome de Moscou, pavoisé de croix gammées, de faucilles et de marteaux. Après une brève négociation, le traité est signé dans la nuit du 23 au 24 août. Le premier des sept articles en exprime la substance : "les deux parties contractantes s'engagent à s'abstenir de tout recours à la force, de tout acte d'agression et de toute attaque l'une contre l'autre, que ce soit individuellement ou en coalition avec d'autres puissances". Conclu pour une durée de 10 ans, le traité entre au vigueur le jour de sa signature, sans attendre, comme il est de coutume, la ratification. Les fautes de frappe et corrections manuscrites qui émaillent la version allemande trahissent également la précipitation. Plus grave, la clause qui figure traditionnellement dans les pactes de non-agression - y compris dans ceux signés par l'URSS - fait ici défaut : l'invalidation du traité dans le cas où l'une des parties serait l'agresseur d'un pays tiers. Pour qui prend la peine de lire attentivement le texte de l'accord, rendu public le 24 août, il est clair que le Kremlin accepte sciemment l'attaque de la Pologne. Seul un petit nombre de personnes connaissent alors l'existence d'un autre document, secret celui-là, signé des mêmes Molotov et Ribbentrop, un protocole annexe au pacte de non-agression. "En cas de réorganisation territoriale ou politique dans les régions faisant partie des Etats baltes - Finlande, Estonie, Lettonie, Lituanie - la frontière nord de la Lituanie sera la frontière entre les sphères d'intérêt de l'Allemagne et de l'URSS", dit l'article premier du protocole secret. Quant aux "régions faisant partie de l'Etat polonais", poursuit le texte, "la frontière entre les sphères d'intérêt de l'Allemagne et de l'URSS devra passer approximativement le long des rivières Narew, Vistule et San. La question de savoir si l'existence ultérieure d'un Etat polonais indépendant correspond aux intérêts des deux parties contractantes, et quelles seront les frontières de cet Etat, ne pourra être définitivement résolue qu'à la faveur de l'évolution politique future" (4). Enfin, l'Allemagne déclare son "désintérêt politique" pour l'Europe du sud-est, où l'URSS se réserve la Bessarabie. Loin de se borner à être le témoin consentant d'un projet d'agression, l'Union Soviétique se fait complice du dépeçage à venir, pudiquement annoncé par l'expression de "sphères d'intérêt". La teneur du protocole secret ne sera révélée que 7 ans plus tard, lors des auditions du procès de Nuremberg. Mais l'original de la version allemande ayant été détruit par les nazis pendant la guerre, l'Union Soviétique, niant toute valeur de preuve aux microfilms qui avaient été faits, refusera pendant un demi-siècle d'en reconnaître l'existence. Ce n'est qu'en août 1989, à l'occasion du cinquantième anniversaire du pacte et à la faveur du "dégel" gorbatchévien, qu'elle finira par admettre officiellement la vérité. Cet accord scelle le sort de la Pologne et fait basculer l'Europe dans la guerre. II - LA POLOGNE OCCUPEE. Dans la nuit du 31 août au 1er septembre, un commando de prisonniers de droit commun, sortis pour la circonstance d'un camp de concentration, vêtus d'uniformes polonais et encadrés par des S.S., prend d'assaut une station de radio à Gliwice, en Silésie. Cet "incident" mis en scène offre le prétexte immédiat de l'attaque. A 4 heures 15 du matin, les premières escadrilles d'avions de la Luftwaffe franchissent les frontières polonaises. A 4 heures 45, le croiseur Schleswig-Holstein, "fortuitement" en visite dans le port de Dantzig, se met à bombarder le fort polonais de Westerplatte. Les principales villes de Pologne sont bombardées par l'aviation allemande. Varsovie reçoit ses premières bombes à 6 heures. A Dantzig, Forster, homme-lige de Hitler, proclame le rattachement de la Ville Libre au Reich . Blindés en tête, la Wehrmacht déferle de toutes parts sur la Pologne. L'attaque allemande est foudroyante, offrant le premier exemple de Blitzkrieg . En l'espace de 48 heures, l'armée polonaise, surprise en état d'impréparation, se retrouve désorganisée, séparée du commandement, disloquée. L'effort d'armement consenti pendant les années d'avant-guerre est resté dérisoire à côté du surarmement nazi. Le gouvernement n'a décrété la mobilisation générale que pour le 30 août et l'attaque allemande a frappé l'armée en pleine concentration. Aux 2 600 blindés allemands, la Pologne en oppose 150, aux 2 000 avions de la Luftwaffe , à peine 400. Les chefs militaires polonais, parfaitement conscients de cette infériorité et en application des plans convenus pendant l'été avec les alliés occidentaux, entendent surtout résister le plus longtemps possible à l'assaut allemand en attendant que ceux-ci ouvrent un second front à l'ouest. Après quelques atermoiements, la Grande-Bretagne déclare finalement la guerre à l'Allemagne le 3 septembre à 11 heures, suivie par la France le même jour à 17 heures. La nouvelle est accueillie dans la liesse à Varsovie. C'est en vain, toutefois, que les Polonais attendront un secours des Occidentaux. Ceux-ci se concertent du 4 au 9 septembre pour décider que des bombardements de l'Allemagne seraient "inopportuns". Pressé par Hitler d'agir et de prendre sa part du butin, Staline s'exécute le 17 septembre. A 3 heures du matin, l'ambassadeur de Pologne à Moscou, Grzybowski, se voit remettre une note signée de Molotov : "la guerre germano-polonaise a marqué la faillite intérieure de la Pologne (...) Varsovie, en tant que capitale de la Pologne, n'existe plus, le gouvernement polonais ne donne plus signe de vie. L'Etat polonais a cessé d'exister ; par conséquent, les traités conclus entre l'URSS et la Pologne ont perdu leur validité. Le territoire polonais, privé d'autorités, peut devenir le champ de menées et d'intrigues dangereuses. Les Biélorusses et Ukrainiens de Pologne ont été abandonnés à leur sort. Considérant ces faits, le gouvernement soviétique a ordonné au commandement de l'armée de franchir la frontière polonaise et de prendre sous sa protection les populations de Biélorussie et d'Ukraine occidentales". A 6 heures, les troupes soviétiques franchissent à leur tour les frontières de la Pologne. Les 30 divisions d'infanterie et les 82 divisions mécanisées et blindées ne rencontrent qu'une résistance affaiblie. Lwow tombe le 22 septembre dans les mains soviétiques, Varsovie le 28 dans les mains allemandes. Le dernier point de résistance, Kock, près de Lublin, est enlevé le 5 octobre. Les opérations s'achèvent sur une parade conjointe des troupes nazies et soviétiques à Brest-Litovsk. Cette campagne laisse plus de 70 000 morts et 133 000 blessés dans l'armée polonaise. 300 000 prisonniers sont déportés en Allemagne, 200 à 250 000 en Union Soviétique. Dans un éditorial publié le 17 septembre 1940, à l'occasion du premier anniversaire de l'entrée des troupes soviétiques en Pologne, le quotidien de l'Armée Rouge Krasnaïa Zvezda annonce finalement les prises : 230 000 hommes, dont 8 000 officiers et 12 généraux. Soustraits à un droit de la guerre que l'Union Soviétique ne reconnaît pas, ils sont abandonnés à l'arbitraire de la police politique, le NKVD. Ceux qui parviennent à échapper à la capture regagnent leurs foyers, rejoignent la clandestinité ou quittent le pays par la Hongrie et la Roumanie pour poursuivre la guerre depuis l'étranger. Le protocole secret du 23 août a laissé ouverte la question de l'existence ou de la disparition d'un Etat polonais. Hitler, dans un discours prononcé à Dantzig le 19 septembre, tranche : "La Pologne ne renaîtra plus jamais dans la forme arrêtée par le traité de Versailles" (5). Mais il est partisan de créer un Etat-croupion à partir de quelques voïvodies [1] , espérant que cette concession de forme apaisera les puissances occidentales. Staline l'en dissuade : "dans le règlement de la question polonaise", déclare-t-il le 25 septembre, "il convient d'éviter toute friction entre le Reich et l'URSS A cet égard, la naissance d'un quelconque Etat-croupion polonais indépendant serait une solution erronée" (6). C'est pour régler cette question pendante que Ribbentrop revient à Moscou le 27 septembre. Le lendemain est signé un "traité de frontières et d'amitié", public, mais assorti lui aussi de trois protocoles secrets. Alors que celui d'août prévoyait de délimiter les "sphères d'intérêt" par la Vistule, Staline propose d'échanger la Mazovie et le Lublinois, situés à l'est du fleuve contre l'abandon par les Allemands de leurs prétentions sur la majeure partie de la Lituanie et leur soutien dans le "règlement de la question des pays baltes", un euphémisme pour désigner la mise sous tutelle, par des traités imposés, des trois républiques. Ribbentrop s'empresse d'accepter la transaction, qui est scellée dans un des trois protocoles. Une grande carte en couleurs portant les signatures de Staline et de Ribbentrop fixe la frontière le long des rivières Bug et San. Un autre protocole secret porte sur les modalités de coopération entre les deux Etats : "les parties ne toléreront sur leur territoire aucune agitation polonaise susceptible d'affecter le territoire de l'autre partie (...) réprimeront une telle agitation et se renseigneront réciproquement au sujet des mesures prises à cet effet" (7). Cet accord servira de base juridique à la collaboration du NKVD soviétique et de la Gestapo pendant plus de 20 mois pour combattre la Résistance polonaise. Le dernier protocole prévoit la remise des ressortissants de chaque partie présents sur le territoire de l'autre : quelque 800 militants antinazis allemands et autrichiens réfugiés en URSS seront ainsi livrés à la Gestapo (8). La Pologne a disparu à nouveau de la carte de l'Europe et Molotov, le 31 octobre 1939, peut ironiser devant le Soviet Suprême : "Les dirigeants polonais se vantaient sans mesure de la stabilité de leur Etat et de la puissance de leur armée. Il a suffi d'un bref assaut de l'armée allemande d'abord, de l'Armée Rouge ensuite, pour qu'il ne reste rien de ce vilain bâtard du traité de Versailles". L'accord du 28 septembre laisse à l'Allemagne l'administration de près de la moitié du territoire polonais d'avant-guerre (48 %, soit 189 000 km 2 ) et des deux tiers de la population (62 %, soit 22 millions). Les stratèges nazis projettent d'en faire un Lebensraum [2] 2 allemand. Placé sous la responsabilité directe de Himmler, le territoire polonais est partagé en deux et la population fait l'objet d'une classification qui doit permettre de trier les éléments pouvant être "germanisés". La Poméranie, la Poznanie (Grande-Pologne), la Haute Silésie et le Corridor - 90 000 km 2 et 10 millions d'habitants - sont annexés au Reich . Placée sous l'autorité des Gauleiter [3] 3 , cette zone est vouée à une germanisation totale. Les moyens sont radicaux : terreur, exécutions arbitraires et déportation... A Bydgoszcz, en représailles à la condamnation à mort d'agents allemands pendant la campagne de septembre, plus de 20 000 Polonais sont exécutés. Durant les premiers mois d'occupation, 400 000 Polonais de cette région sont déportés, souvent vers l'Allemagne où les attend le travail obligatoire. Les biens, confisqués, sont attribués à des colons en provenance d'Allemagne ou à des minorités germanophones dispersées en Europe et réinstallées en Pologne. Mais pour des raisons économiques et pratiques (fonctionnement des usines, production agricole), les Allemands ne parviennent pas à "vider" rapidement cette zone de sa population polonaise. La seconde zone, formée du centre et du sud de la Pologne, est érigée en "Gouvernement Général", sous la coupe du Gouverneur général Hans Frank, qui s'illustrera par d'innombrables atrocités contre la population. Dans les projets nazis, cette zone doit constituer, provisoirement, un vaste camp de travail, un réservoir de main-d'œuvre pour soutenir l'effort de guerre du Reich . Mais Frank se fait fort d'en faire dans les dix ans "une pure colonie allemande" et des Polonais "les esclaves de la nation des maîtres allemands" (9). Là aussi, la méthode d'administration courante est la terreur, qui doit briser la volonté de résistance de la nation. Le "Gouvernement Général" est placé sous le régime de la loi martiale, où la mort et la déportation deviennent les peines communément applicables à la plupart des délits. Les droits civiques sont suspendus, la propriété abolie, les biens confisqués, l'administration dissoute et réduite aux services essentiels, sous contrôle allemand. Universités et lycées sont fermés. Seuls sont maintenus les collèges techniques afin de pourvoir aux besoins de l'industrie allemande en ouvriers qualifiés. Pour réaliser le dessein de Himmler, le régime nazi va procéder à une gigantesque et méticuleuse opération de sélection et de classification. La population est divisée en quatre catégories : Reich s deutsch (né dans les frontières de l'ancien Reich ), Volksdeutsch (d'ascendance allemande à moins de trois générations), Nichtdeutsch (ni Allemand ni Juif), et Juif. Ces catégories sont elles-mêmes subdivisées, selon l'aptitude au travail ou la loyauté politique, en sous-catégories dont chacune a droit à un régime plus ou moins favorable de cartes de rationnement, les Juifs étant placés au bas de l'échelle. Des ghettos juifs sont ouverts dans toutes les grandes villes de Pologne, constituant des réservoirs de main-d'œuvre pour les nazis. Le ghetto de Varsovie, établi le 12 octobre 1940, regroupera ainsi, dans des conditions misérables, quelque 400 000 personnes de tous âges. Une des premières tâches des autorités d'occupation est de procéder à l'annihilation de la conscience et de l'identité polonaises. La terreur s'abat sur ceux qui l'incarnent : intellectuels, artistes, dirigeants politiques, clergé. De mai à août 1940, 10 000 d'entre eux sont déportés dans des camps de concentration. 3 500 responsables politiques locaux sont exécutés dans la forêt de Palmiry, près de Varsovie. Symbole de la conscience nationale polonaise, l'Eglise est particulièrement visée : les prêtres sont déportés et exécutés : dans certains diocèses, le clergé est littéralement décimé. Les églises sont fermées, affectées à d'autres usages, ou profanées, de même que les cimetières. Quant à la culture, outre les lycées et Universités, journaux, bibliothèques, musées et théâtres sont fermés. Les livres polonais sont brûlés en public et les inscriptions en polonais effacées. A l'URSS revient, aux termes du traité du 28 septembre, l'administration d'environ 52% de la superficie du territoire polonais (200 000 km 2 ) et 38% de la population (13,4 millions). Au nord, Vilnius et sa région sont, après un pillage hâtif, restituées à la Lituanie, encore indépendante et restée neutre dans le conflit. Un traité d'assistance mutuelle est signé le 10 octobre 1939 entre Kaunas, la capitale lituanienne, et Moscou, qui obtient le droit de faire stationner ses troupes en Lituanie ainsi que l'exterritorialité d'une ligne ferroviaire. La Lituanie est devenue un protectorat de fait et n'a plus que les apparences de la souveraineté. Les 16 et 17 juin 1940, alors que l'opinion mondiale sera mobilisée par la campagne de France, l'Union Soviétique envahira la Lituanie, en même temps que la Lettonie et l'Estonie. Proclamée république soviétique le 21 juillet, la Lituanie sera "admise" le 3 août dans l'URSS. Cette annexion provoquera quelques frictions avec l'allié allemand : Moscou s'est en effet approprié la région de Mariampol (au sud de Kaunas) que l'accord de septembre 1939 plaçait dans la zone allemande. Au centre et au sud, les territoires conquis sont, sous les appellations de Biélorussie occidentale et d'Ukraine occidentale, promptement rattachés à l'Union Soviétique. Sous la supervision du NKVD sont organisées des élections générales. En Ukraine, le responsable des élections s'appelle Nikita Khrouchtchev. Le 22 octobre 1939, la population de la zone est invitée à plébisciter, sous la surveillance de miliciens en armes, 2 410 candidats uniques, le plus souvent des fonctionnaires et officiers soviétiques, par manque de militants communistes locaux. Les troupes d'occupation font partie du corps électoral, qui vote avec un taux de participation de 90 %. Les "délégués" élus en Ukraine occidentale se réunissent le 27 octobre à Lwow pour solliciter du Soviet Suprême d'URSS l'admission du territoire dans l'Union Soviétique. L'autre "assemblée populaire", qui siège à Bialystok le 29 octobre, fait de même pour la Biélorussie occidentale. Les assemblées votent également la collectivisation des terres et des moyens de production. La réponse est sans surprise : par deux décrets, le 1er et le 2 novembre, le presidium du Soviet Suprême, reconnaissant dans ces pétitions "l'expression spontanée de la volonté de la population des territoires", les incorpore respectivement aux Républiques Socialistes Soviétiques d'Ukraine et de Biélorussie. Cette dernière république sera d'ailleurs enrichie d'un nouvel apport lorsque le 10 janvier 1941, l'URSS rachètera à l'Allemagne, par un autre protocole secret, pour la somme de 7,5 millions de dollars-or, les droits que celle-ci s'était fait reconnaître le 28 septembre 1939 sur le district de Suwalki, au sud de la Lituanie (10). Pas davantage qu'Hitler, Staline n'envisage la restauration, sous quelque forme que ce soit, d'un Etat polonais. Il fait comme lui procéder à l'élimination de tout ce qui pourrait contribuer à une telle restauration : les élites, la culture, la langue. La tâche incombe à la police politique soviétique, le NKVD, qui dès les premiers jours arrête les principaux dirigeants politiques et syndicaux, les plus susceptibles d'organiser un mouvement de résistance clandestin. Devant l'ampleur de la besogne, une directive est prise le 11 octobre 1939, relative aux "modalités de déportation des éléments anti- soviétiques", qui introduit un peu de méthode en dressant la liste des suspects : dirigeants des partis "bourgeois", fonctionnaires de l'Etat, notamment les policiers, officiers et magistrats. S'y ajoutent les Polonais capturés lors de tentatives de franchissement de la frontière pour rejoindre l'armée polonaise en cours de reconstitution en France, ainsi que les propriétaires fonciers et les industriels. Arrêtés individuellement, ils sont justiciables, à l'issue d'un procès sommaire devant un tribunal spécial, d'une peine de 3 à 5 ans de privation de liberté pour "crime contre la Révolution et les intérêts du prolétariat" ou pour "activités au service d'un Etat capitaliste". Après un séjour plus ou moins long en prison, la destination finale est toujours le camp de travail, une des sinistres "îles" de l'"archipel du goulag". 250 000 Polonais subiront ce sort entre octobre 1939 et juin 1941. Mais une entreprise d'une tout autre ampleur se prépare, dans le plus grand secret, pour le printemps suivant : la déportation de centaines de milliers de Polonais. Pendant la nuit du 8 au 9 février 1940, le NKVD, secondé par l'Armée Rouge et les Troupes de l'Intérieur, procède à une rafle massive. Une fois cernés les maisons et appartements, leurs occupants, choisis eux aussi suivant des critères "sociaux", se voient accorder une heure pour rassembler quelques effets personnels et des vivres pour un mois, avant d'être acheminés par camions, avant l'aube, vers la gare la plus proche. Là les attendent des trains formés de wagons de marchandises ou à bestiaux spécialement équipés : des grilles ont été posées sur les ouvertures, les portes condamnées, des bat-flanc en bois installés et des latrines de fortune - un simple orifice dans le plancher - aménagées. Après un tri pour séparer les hommes valides, dirigés vers des camps de travail, des femmes, enfants et vieillards, les déportés sont entassés à 50 par wagon. Ils sont 222 000 à être ainsi convoyés, par 110 trains, vers les immensités glacées du Grand Nord russe. Le plus souvent, le voyage se prolonge pendant plusieurs semaines, dans des conditions éprouvantes en cet hiver 1939-1940 plus rigoureux que les autres, où la température tombe jusqu'à - 40 degrés C°. Les moins résistants, enfants et vieillards au premier chef, succombent avant d'arriver à destination. Les autres se voient infliger d'épuisantes marches à pied, sur des centaines de kilomètres, avec bivouac en plein air, pour rejoindre leurs lieux de détention. Bien que les déportés soient en majorité ethniquement polonais, Ukrainiens et Biélorusses sont nombreux dans les wagons : certains villages d'Ukraine ont ainsi été vidés de la totalité de leurs habitants. Deux mois plus tard, le temps de faire revenir les trains, a lieu la rafle suivante. Opérée du 12 au 15 avril 1940, elle vise maintenant les familles des détenus politiques arrêtés individuellement depuis septembre, mais aussi les paysans aisés et les habitants des zones frontalières avec la zone occupée par l'Allemagne. Dans la seule région de Lwow, qui en est proche, ils sont 25 000 à être arrachés à leur domicile; cette fois-ci 160 trains emportent vers l'Asie Centrale et le Kazakhstan quelque 320 000 ex-citoyens polonais. Un nouveau répit s'installa jusqu'à la rotation suivante des trains, fin juin 1940 : une nouvelle rafle "rapporte" alors 240 000 déportés, pour la plupart des Juifs réfugiés de la Pologne occidentale, occupée par l'Allemagne, qui prennent le chemin de la Sibérie, ignorant encore le sort tragique auquel ils échappent. Une dernière vague, qui précède de quelques jours seulement l'attaque allemande de juin 1941, emportera vers les camps et l'exil plus de 300 000 déportés. Au total, plus d'un million de personnes auront ainsi pris, en l'espace de quinze mois, le chemin de la déportation. Ce chiffre avoisine le million et demi si l'on y ajoute les détenus politiques arrêtés individuellement et les quelque 250 000 prisonniers de guerre expédiés eux aussi dans les camps et les mines répartis tout au long du cercle polaire, de la presqu'île de Kola au détroit de Béring, mais aussi en Ukraine, où est extrait le charbon destiné à être vendu à l'Allemagne. 132 sites de détention sont au total identifiés. Les "politiques" connaîtront les conditions de détention les plus inhumaines : aucun des 3000 déportés envoyés dans les mines de plomb de Tchoukhotka ne survivra à l'épreuve et seul un nombre infime des quelque 10 000 Polonais affectés aux mines d'or de la Kolyma reviendra vivant. Les Polonais qui échappent à la déportation sont soumis à une véritable opération d'"ingénierie sociale" (11) : il s'agit non seulement de procéder à une soviétisation rapide, mais aussi d'effacer les traces d'une polonité vouée à la disparition. A l'exception d'un seul, communiste, les journaux polonais sont fermés, de même que les bibliothèques et institutions culturelles. Les écoles sont maintenues, mais soumises au régime scolaire soviétique, de même que, progressivement, les Universités. Le nouveau pouvoir s'en prend également à l'Eglise : 4 000 lieux de cultes appartenant aux 3 principales confessions sont fermés ou affectés à d'autres usages (entrepôt, cinéma, etc.). "Les méthodes policières des Soviétiques", note dans ses mémoires le chef de l'armée clandestine polonaise, le général Bor-Komorowski, "étaient beaucoup plus raffinées et efficaces que celles des Allemands. Les habitants de la zone soviétique redoutaient le NKVD et il régnait un climat de suspicion réciproque, dont les occupants tiraient le meilleur profit... ils utilisaient des méthodes plus subtiles : pressions psychologiques, immixtion dans la vie privée et, pour les réfractaires, la déportation" (12). Mais ce sont surtout les méthodes politiques qui font la force de l'occupation soviétique. "Les conquérants soviétiques", note le dissident Adam Michnik dans un essai, "brisaient méthodiquement tous les liens sociaux, les organisations politiques et culturelles, les associations sportives et artisanales. Ils liquidaient les libertés civiques et confisquaient les propriétés, ils faisaient de l'homme non seulement leur vassal, ils en faisaient leur propriété. Contrairement aux nazis, ils ont imposé aux Polonais leurs propres formes d'organisation et permis aux pauvres de piller les biens des riches (...) Ils laissaient d'ailleurs une issue à leurs victimes : théoriquement, chacun pouvait se convertir à la religion du Nouveau système" (13). - LA RESISTANCE (1939-1941). Le 17 septembre, jour de l'attaque soviétique, les autorités polonaises, le président Moscicki en tête, se réfugient en Roumanie, où les dignitaires du régime sont, dans un climat de confusion et d'intrigues, dispersés et internés. Les pressions britanniques et françaises se conjuguant à celles d'une opposition polonaise désireuse d'en finir avec le régime de la sanacja , le président Moscicki renonce à son mandat et désigne un successeur, Wladyslaw Raczkiewicz. Celui-ci, un ancien ministre des Affaires Etrangères dans les premières années de la République, demande au général Wladyslaw Sikorski de former un gouvernement en exil. Agé de 58 ans, ancien compagnon d'armes de Pilsudski à l'époque de la lutte pour l'indépendance, ancien chef du gouvernement (1922-1923) puis chef d'état-major des armées, Sikorski est l'une des figures les plus prestigieuses de l'opposition à Pilsudski. Brillant, intelligent, conscient de sa valeur, Sikorski a une réputation d'homme d'autorité et d'organisateur efficace. Et surtout il jouit de la confiance des gouvernements français et britannique, qui reconnaissent aussitôt son gouvernement. Etabli d'abord à Paris, celui-ci s'installe en novembre 1939 à Angers. Nommé commandant en chef des forces armées polonaises, Sikorski entreprend de constituer une armée avec des Polonais vivant en France et avec ceux qui ont réussi à quitter la Pologne après la défaite. Les quelque 80 000 hommes qu'il parvient à rassembler seront dispersés par la débâcle de juin 1940. En Pologne aussi, la résistance se met en place. Dès le 17 septembre, le maréchal Rydz-Smigly, avant de quitter le pays, avait signé l'ordre d'organiser à l'intérieur la lutte clandestine contre l'occupant. Avant d'être pris par les Allemands, le destinataire de ces instructions, le général Juliusz Rommel, le défenseur de Varsovie, transmet à un autre ancien "légionnaire" de Pilsudski, le général Tokarzewski- Karaszewicz, les pleins pouvoirs pour organiser la résistance. Ce dernier, entouré d'une quinzaine d'officiers, dont les colonels Okulicki et Rowecki, fonde le 27 septembre l'organisation "Au service de la victoire de la Pologne" (SZP) [4] 4 . Dans tout le pays surgissent, pendant l'automne 1939, d'innombrables groupes de résistance : un historien en a recensé 138 à la date du 31 décembre 1939 (14). Tokarzewski veut fédérer ces groupes sous une autorité unique et créer un réseau clandestin couvrant tout le territoire. La vigilance de la Gestapo rend la tâche malaisée, et quasiment impossible dans la zone annexée au Reich , où la proportion d'Allemands est plus élevée et la délation la règle. La difficulté est du même ordre dans la zone annexée par l'URSS, où le NKVD, redoutable d'efficacité, est rapidement parvenu à contrôler la population, grâce, là aussi, à un réseau d'indicateurs. C'est donc avant tout dans le territoire relevant du "Gouvernement Général", qui est aussi la zone de plus forte densité polonaise, que la Résistance prend racine. A Paris, Sikorski est convaincu que la Pologne sera incessamment libérée par une offensive alliée et n'attache pas une importance majeure à la résistance intérieure. Mais, redoutant que celle-ci soit prise en main par les "légionnaires" de Pilsudski, restés au pays et forts de leur expérience militaire, Sikorski entend soumettre étroitement l'organisation de la résistance à son gouvernement. Le 13 novembre est fondée l'"Union pour la Lutte Armée" (ZWZ) [5] 5 , organe de lutte clandestine en Pologne destiné à se substituer à l'organisation de Tokarzewski. Le commandement en est confié au général Sosnkowski, un autre "légionnaire" entré au gouvernement après une résistance honorable aux Allemands à Lwow, et rival de Sikorski, à qui le président Raczkiewicz l'a préféré comme successeur éventuel. Mais une administration centralisée, depuis la France, de la Résistance s'avère vite impraticable. La direction en est confiée en mars 1940 au général Rowecki - connu alors sous le pseudonyme de Grot. Cependant, Sikorski, toujours méfiant vis-à-vis des velléités de la Résistance de s'organiser politiquement sur le terrain, flanque Rowecki d'un "délégué du gouvernement". Grot-Rowecki s'emploie à regrouper progressivement sous son autorité les différentes initiatives de lutte clandestine surgies spontanément ou à l'initiative des partis. Ce processus est lent : la formation paramilitaire du Parti National, l'"Organisation Armée Nationale" (NOW [6] ), ne se soumettra à l'autorité centrale de la Résistance qu'après trois ans de guerre, en novembre 1942. Les communistes, silencieux depuis l'invasion de la Pologne par l'URSS, ont disparu de la scène politique et militaire : la plupart des dirigeants communistes polonais se sont déplacés vers la zone soviétique où ils occupent des postes dans l'administration locale. Durant cette première année d'organisation, l'action de la résistance demeure modeste et discrète, et se limite, pour éviter les représailles contre la population civile, à des opérations ponctuelles : sabotage de locomotives et de convois ferroviaires acheminant le pétrole soviétique vers l'Allemagne, libération de prisonniers, fabrication de faux papiers et cartes de rationnement, consignes de grève perlée, opérations de désinformation, etc. Dès le début, également, surgit une abondante presse clandestine. Un système d'enseignement clandestin est mis sur pied en janvier 1940, qui va s'imposer progressivement comme la plus importante organisation civile (15). Un autre volet de l'action de la résistance est le renseignement militaire, qui permettra, dès l'automne 1940, de déceler une concentration de troupes et la construction d'aérodromes dans l'est de la zone allemande, signes annonciateurs de l'attaque à venir contre l'URSS. La défaite de juin 1940 est une surprise pour les Polonais qui, comme tant d'autres, se berçaient d'illusions sur la puissance de l'armée française. Devant la poussée allemande, le gouvernement en exil gagne Londres le 18 juin. 20 000 seulement des 80 000 hommes incorporés par Sikorski parviennent à rallier l'Angleterre. La défaite française met fin, dans l'immédiat, aux espoirs de reconquête de la Pologne par les Alliés. Le rôle de la Résistance intérieure, désormais confrontée à la perspective d'une occupation durable, gagne en importance. Et surtout il devient essentiel pour le gouvernement en exil d'en conserver le contrôle politique. Par ailleurs, le gouvernement polonais tombe dans la dépendance, matérielle et politique, de la Grande-Bretagne. Miné par les rivalités et les querelles intestines, il cherchera pendant des mois ses marques. La reconstitution d'une armée, qui aurait pu lui donner quelque poids dans la relation avec les Britanniques, tarde. Pour la Résistance également, la défaite de la France signifie une révision de stratégie. Les six mois qui suivent la défaite française sont les plus difficiles : les Allemands multiplient les arrestations, rafles et exécutions. En 1941, l'"Union pour la Lutte Armée" rassemble, selon l'un de ses chefs (16), 200 000 hommes, mais son action reste modeste et ne gêne guère les Allemands. III - L'ATTAQUE DE L'UNION SOVIETIQUE PAR L'ALLEMAGNE Loin d'être un modus vivendi durable, le "traité de frontières et d'amitié" germano-soviétique de septembre 1939 est une trêve dictée par l'équilibre provisoire de deux grandes puissances rivales à la fois par leurs intérêts territoriaux et politiques et par leur antinomie idéologique. S'y ajoute l'aspiration de Hitler à s'assurer des sources d'approvisionnement en blé ukrainien et le contrôle du pétrole de la Mer Caspienne. Après la conquête de la quasi-totalité du continent européen, les conditions d'une nouvelle poussée allemande vers l'est se mettent en place. Les premières dissonances se sont fait entendre à l'occasion de l'attaque soviétique contre la Finlande, en novembre 1939, où Hitler voyait une menace sur les approvisionnements allemands en nickel finlandais et en acier suédois. En juin 1940, l'Union Soviétique, conformément aux arrangements de septembre 1939, envahit les pays baltes et la Bessarabie, mais s'empare aussi, en violation des dispositions du protocole secret, de la province roumaine de Bukovine. En réplique, l'Allemagne oblige la Roumanie à céder une partie de son territoire à la Bulgarie et à la Hongrie, alliés du Reich , avant d'envahir ce qui reste du pays, le 6 octobre 1940. Du 12 au 15 novembre 1940, Molotov séjourne à Berlin. Hitler propose alors à l'URSS de se joindre aux puissances de l'Axe pour le partage des zones d'influence après la défaite des Occidentaux. Mais les intérêts sont trop divergents. Molotov rentre à Moscou et, un mois plus tard, en décembre 1940, Hitler donne l'ordre d'engager les préparatifs de l'offensive contre l'Union Soviétique, l'"opération Barbarossa". De fait, à partir de cette fin d'année 1940, la résistance polonaise observe une concentration progressive de troupes sur le Bug, dans l'est de la zone allemande. Des aérodromes sont construits. A partir de mars, les concentrations se renforcent. Le gouvernement polonais de Londres n'accorde pas, semble-t-il, un grand crédit aux rapports qui lui parviennent de Pologne, mais Anglais et Américains, sur la foi d'autres indices, avertissent cependant Staline, qui reste incrédule. L'invasion par Hitler des Balkans retarde quelque peu l'attaque, mais le 22 juin 1941, à l'aube, les troupes allemandes déferlent sur une Union Soviétique surprise et nullement préparée. Facilitée par la désorganisation de l'Armée Rouge et des désertions massives, pendant les premières semaines de l'offensive, des soldats soviétiques, la pénétration allemande est rapide. A - LA FORMATION DE L'ARMEE ANDERS Pour le gouvernement britannique, l'agression allemande contre l'URSS est providentielle. L'ouverture d'un second front crée une diversion salutaire après douze mois de résistance solitaire aux attaques allemandes. Mais Churchill ne craint rien tant qu'une déconfiture des armées soviétiques ou un nouvel arrangement entre Hitler et Staline. Le soir même de l'attaque, le premier ministre britannique déclare à la radio accorder tout son soutien à l'URSS et appelle ses alliés à faire de même. L'allié intéressé au premier chef est la Pologne. Le soir du 23 juin, dans une allocution radiophonique, Sikorski propose de renouer le dialogue avec l'URSS. Celle-ci, après quelques jours de silence, offre à trois pays, la Pologne, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie, de créer à Moscou des "comités nationaux", sous l'égide desquels pourraient être formées, sur le sol soviétique, des armées nationales. A la Pologne, l'URSS propose, en outre, la création, "dans les frontières ethnographiques, d'un Etat indépendant, auquel pourraient être rétrocédées certaines villes et régions occupées par l'URSS en 1939" (17). Le 2 juillet, Sikorski, qu'indigne cette offre, expose au Secrétaire d'Etat au Foreign Office , Anthony Eden, qui sert d'intermédiaire avec les Soviétiques, les quatre revendications de la Pologne : l'annulation du pacte Molotov- Ribbentrop et de tous les traités concernant la Pologne conclus ultérieurement par l'Union Soviétique, le rétablissement du statu quo ante juridique entre les deux pays, la restitution des biens saisis en Pologne par l'URSS et la libération de tous les Polonais détenus ou déportés en Union Soviétique. Eden, qui redoute l'impasse, recherche une formule de compromis et parvient à convaincre Sikorski de renoncer aux deux premières exigences afin d'entamer les pourparlers avec les Soviétiques. Le 5 juillet sont ouvertes les négociations entre le chef du gouvernement polonais en exil et l'ambassadeur d'URSS à Londres, Ivan Maïski. Ce dernier écarte d'emblée la question des frontières, proposant de la laisser ouverte. Le 11 juillet, Maïski présente la dernière position du Kremlin : celui-ci est prêt à reconnaître un "Etat polonais dans les frontières nationales". Sikorski réaffirme son exigence des frontières polonaises de 1939. Les négociations directes sont rompues. La question territoriale plonge le gouvernement polonais en exil dans une crise grave. Ceux qui, avec Sikorski, sont sensibles aux pressions britanniques sont attaqués par les partisans de l'intransigeance envers Moscou, rangés derrière le général Sosnkowski et le ministre des Affaires Etrangères, Zaleski. Plusieurs ministres démissionnent. Les rumeurs de conspiration au sein de l'armée et d'attentat contre Sikorski se multiplient. Celui-ci passe outre et, le 30 juillet 1941, le traité scellant la réconciliation polono-soviétique est solennellement signé au Foreign Office . Churchill, dans ses "Mémoires", résume la situation : "Nous eûmes la tâche fort ingrate de recommander au général Sikorski de faire confiance à la bonne foi soviétique au sujet du règlement futur des relations russo-polonaises et de ne pas exiger à cette époque des garanties écrites pour l'avenir" (18). Le traité proclame la caducité des accords soviéto-allemands de 1939 "concernant des modifications territoriales en Pologne", mais la teneur des protocoles secrets n'est toujours pas connue. Les parties rétablissent les relations diplomatiques et s'engagent à coopérer dans la lutte contre l'Allemagne nazie. Enfin, il est prévu de constituer, sur le territoire de l'URSS, une armée polonaise soumise, pour les questions opérationnelles, au commandement soviétique. Un protocole additionnel promet l'"amnistie" - terme étrange et même humiliant s'agissant de civils et militaires déportés - à "tous les citoyens polonais privés de liberté sur le territoire soviétique". Pouvait-il en être autrement ? Ses détracteurs ne manqueront pas d'accuser Sikorski de faiblesse envers les Britanniques et les Soviétiques. Mais celui-ci peut objecter, non sans raison, qu'en l'absence d'accord avec le Kremlin, un "comité national" d'obédience communiste aurait été créé aussitôt, qui serait devenu alors le seul interlocuteur de l'URSS. C'est d'ailleurs ce qui se produira après la rupture, un an plus tard, des relations diplomatiques entre les deux gouvernements. La crise gouvernementale se prolonge pendant le mois d'août, mais Sikorski n'en a cure. Les ministres démissionnaires sont remplacés : Stanislaw Mikolajczyk, chef du Parti Paysan, devient vice-premier ministre et ministre de l'intérieur et Edward Raczynski, l'ambassadeur de Pologne auprès du gouvernement britannique, prend le portefeuille des Affaires Etrangères. Désormais Sikorski consacre toute son énergie à appliquer le traité polono- soviétique et à mettre sur pied l'armée polonaise qu'il prévoit. Sosnkowski ayant décliné l'offre, il nomme ambassadeur à Moscou Stanislaw Kot, un universitaire brillant qui lui est personnellement dévoué. Le général Wladyslaw Anders, emprisonné en Union Soviétique, est désigné commandant en chef de la future armée et quitte la prison de Boutyrki, à Moscou, le 4 août. L'URSS multiplie les gestes de bonne volonté : le 4 août toujours, la Pravda déclare la frontière polono-soviétique ouverte à la négociation; le 12 août le Soviet Suprême adopte le décret sur l'"amnistie" des prisonniers et déportés polonais; le 14 août est conclu un accord militaire. L'ambassade de Pologne est autorisée à ouvrir, sur le territoire soviétique, une vingtaine de bureaux pour délivrer papiers et moyens de subsistance aux milliers de Polonais affamés, affaiblis et éprouvés que relâchent les prisons et les camps. 93 000 mourront de maladie ou d'épuisement dans l'année de leur libération (19). En dépit des assurances obtenues à Moscou par le général Anders et l'ambassadeur Kot, sur le terrain les libérations tardent : les directeurs des camps de déportation ou des prisons ne reçoivent pas les instructions, ou, les ayant reçues, gardent leurs détenus ou encore les dirigent vers d'autres camps. Ces opérations se déroulent, il est vrai, dans la panique et la confusion provoquées par l'avance rapide des armées allemandes. Et lorsque les responsables polonais à Moscou interrogent leurs interlocuteurs soviétiques sur le nombre de Polonais mobilisables en URSS, ils reçoivent des réponses sans rapport avec la réalité. Pour Moscou, il n'y a guère plus de 400 à 500 000 Polonais en URSS, soit le quart des évaluations du gouvernement en exil. Plus lancinante, une autre question reste sans réponse : que sont devenus la quinzaine de milliers d'officiers et de sous-officiers capturés en 1939 et internés dans les camps de Kozelsk, Starobelsk et Ostachkov ? A la mi-octobre, 2 000 officiers seulement ont rejoint l'armée polonaise en formation : 1300 d'entre eux ont été faits prisonniers par les Soviétiques en juin 1940, lors de l'annexion de la Lituanie et de la Lettonie, où ils étaient internés, et quelque 400 seulement proviennent des trois camps en question d'où ils ont été évacués au printemps 1940 par groupes de 60 à 300 personnes. Ils ignorent le sort de leurs anciens compagnons de captivité. Les officiels soviétique restent évasifs et se bornent à laisser entendre que les prisonniers de guerre polonais ont été libérés en 1940 et renvoyés dans leurs foyers. Une version que contredisent tous les témoignages reçus de Pologne. Ceux-ci sont centralisés, ainsi que ceux recueillis en URSS, par une section spéciale créée par Anders à son quartier général et confiée à un jeune capitaine, Jozef Czapski, un rescapé de Starobelsk. Le 14 novembre, Staline, que Kot est venu interroger sur le sort des Polonais disparus, saisit le téléphone, pose quelques questions et se garde de donner la moindre réponse précise à son interlocuteur. Molotov et son adjoint Vychinski renchérissent : "tous les Polonais ont été libérés". Le bruit court qu'ils sont quelque part dans le Grand Nord et, dans les rangs polonais l'hypothèse s'échafaude que les Soviétiques cherchent à éviter la constitution d'une armée polonaise trop forte sur leur territoire. De fait, la bonne volonté soviétique semble s'épuiser rapidement : les libérations continuent d'être rares, les autorités soviétiques s'opposent à l'incorporation des Biélorusses, Ukrainiens et Juifs ressortissants polonais en 1939. Le sort de l'Armée Rouge n'est certes pas enviable, mais les conditions faites au général Anders sont encore plus précaires : dans les camps de Bouzoulouk, Tatichtchev et Totskoïe, près de Kouïbychev, aux confins de l'Oural, les recrues sont logées sous la tente par des températures de - 30° C, vêtements et équipements militaires font défaut, les rations alimentaires, déjà modestes, sont réduites d'un tiers par les Soviétiques entre octobre et novembre 1941. L'armement et l'équipement sont chichement mesurés aux Polonais et les Alliés, pourtant sollicités, refusent d'attribuer directement une partie de leurs livraisons à l'armée en cours de constitution. Malgré ces difficultés, l'armée du général Anders compte, à la mi-octobre, près de 40 000 hommes. Sikorski décide d'aller en personne en URSS pour régler ces questions. Le 3 décembre 1941, il est reçu par Staline, très affable malgré la dégradation du climat des relations bilatérales. Interrogé à nouveau sur le sort des militaires polonais disparus - Sikorski lui présente une liste de 4 000 noms - le dictateur s'en tire par une boutade : " ils ont dû s'évader vers la Mandchourie (...), ils ont sûrement été libérés, mais ils ne sont pas encore arrivés" (20). Devant l'insistance de ses hôtes, il promet de donner des "instructions spéciales (...) aux autorités compétentes", confortant les Polonais dans leur conviction que leurs officiers sont vivants, détenus dans quelque camp du Grand Nord (21). Concernant l'armée en cours de formation, Sikorski demande qu'une partie en soit évacuée vers l'Iran où, avec l'aide anglo-américaine et sous un climat plus clément, les préparatifs seraient facilités. Staline s'irrite de cette proposition, émet des doutes sur la combativité des Polonais, mais accepte, finalement, que deux à trois divisions soient évacuées, six restant sur le sol soviétique. Sikorski évoque également la question des frontières : "les frontières de 1939 ne peuvent être remises en question". Staline évite la discussion : "nous n'allons pas nous brouiller pour des questions de frontières... Soyez tranquilles, nous ne vous léserons pas", et formule l'espoir d'une Pologne forte après-guerre, aux "frontières appuyées sur l'Oder" (22). Mais il reste muet néanmoins sur la frontière polono- soviétique. Puis le lendemain soir, au cours du traditionnel banquet au Kremlin, Staline se tourne vers Sikorski : "et maintenant nous allons parler de la frontière entre la Pologne et l'URSS". Sikorski essaie à son tour d'éviter ce thème, répond que ce n'est pas le lieu, qu'il n'a pas autorité pour traiter, puis, sur l'insistance de son hôte, dit la volonté polonaise de revenir au tracé de 1939. "J'aimerais apporter quelques modifications à cette frontière", répond alors Staline avec un léger sourire, "elles seront très modestes" (23). Sikorski, après une revue des troupes polonaises à Kouïbychev, sur la Volga, où a été évacuée l'ambassade, s'en retourne à Londres où il dresse, devant son gouvernement, un bilan très positif d'un voyage pourtant sans éclat. Peut-être a-t-il été, comme tant d'autres hommes d'Etat occidentaux, séduit par la personnalité de Staline. Trois mauvais présages ont pourtant coïncidé avec son voyage. Le 30 novembre, le jour même de son atterrissage à Kouïbychev, un groupe de militants communistes [7] a lancé, à Saratov, un "Appel au peuple polonais" et annoncé la création d'une organisation appelée à regrouper tous les Polonais libérés en vertu de l'"amnistie". Le 1er décembre, le commissariat soviétique aux Affaires Etrangères a signifié à l'ambassadeur Kot que tous les habitants non polonais des zones orientales de la Pologne avaient reçu la nationalité soviétique : le fait que l'URSS ait reconnu la nationalité polonaise aux habitants ethniquement polonais de ces zones n'emportait aucune conséquence juridique pour les autres. En clair : Juifs, Biélorusses et Ukrainiens des régions annexées étaient des citoyens soviétiques et le resteraient, ce qui excluait qu'ils soient enrôlés dans les rangs de l'armée polonaise. Cette doctrine a reçu, dès le 3 décembre, sa première application au moment même où se déroulaient les entretiens Staline-Sikorski : deux dirigeants prestigieux du Bund , le parti socialiste juif polonais d'avant-guerre, Wiktor Alter et Henryk Ehrlich, libérés par l'"amnistie" et invités à créer un "comité mondial juif anti-fasciste" par les autorités soviétiques étaient arrêtés par le NKVD sous l'accusation de collaboration avec les Allemands. On ne devait plus les revoir. B - LA POLOGNE ET LES ALLIES Après la signature, le 30 juillet 1941, du traité polono-soviétique, Eden, qui veut effacer l'impression fâcheuse laissée par les pressions britanniques, rappelle à Sikorski la position de Churchill : le gouvernement anglais ne reconnaîtra aucun des changements territoriaux intervenus en Pologne après août 1939. Les Etats-Unis font de même, par la bouche du sous-secrétaire d'Etat Sumner Welles, en déclarant ne reconnaître aucune atteinte à l'indépendance et à la souveraineté de la Pologne. Le 14 août, à bord du cuirassé "Prince de Galles", Churchill et Roosevelt signent la "Charte de l'Atlantique". Ce document pose les principes de l'action future des deux alliés : non-reconnaissance des changements territoriaux opérés sans l'accord des Etats intéressés et droit des nations à choisir leur forme de gouvernement. La "Charte" prévoit également la création d'une organisation internationale universelle pour succéder à la Société des Nations. Le 24 septembre, l'Union Soviétique, la Pologne et les gouvernements en exil d'autres Etats occupés par les puissances de l'Axe adhèrent à cette "Charte" dans laquelle ils voient une garantie pour l'avenir. Les Etats-Unis tardent à entrer en guerre avec l'Allemagne. La Grande- Bretagne, qui redoute une paix séparée entre Hitler et Staline, cherche à consolider par un traité en bonne et due forme son alliance de fait avec l'URSS. Quelques jours après le départ de Sikorski, à la mi-décembre 1941, Eden arrive à Moscou en mission exploratoire. Staline, dont les ambitions ne sont nullement tempérées par la présence de la Wehrmacht aux portes de Moscou, expose à son interlocuteur ses plans pour l'après-guerre : l'URSS, pour des raisons stratégiques, doit garder les Etats baltes, une partie de la Finlande et la Bessarabie. Tout traité avec la Grande-Bretagne est subordonné à la reconnaissance de ces acquisitions. Sur la Pologne, Staline reste plus vague. Il la voit s'étendre à l'ouest jusqu'à l'Oder et au nord englober la Prusse orientale. Quant à la frontière polono-soviétique, une chose est certaine : elle ne peut reposer sur le tracé du traité de Riga. Des pourparlers seront ouverts avec les Polonais sur la base de la "ligne Curzon modifiée" (24), étant entendu que Vilnius devra retourner à la Lituanie - c'est-à-dire à l'Union Soviétique. Deux mois plus tard, les choses se précisent à la faveur de la reprise de l'offensive allemande, alors que le prestige de l'URSS dans l'opinion publique britannique ne cesse de croître. Eden, début mars, puis Churchill lui-même, avisent Sikorski que les Soviétiques exigent la reconnaissance d'une partie de leurs annexions (Etats baltes, Bessarabie, Bukovine) pour conclure un traité avec la Grande-Bretagne. Le Premier Ministre polonais s'en alarme, faisant valoir qu'une telle reconnaissance préjuge fâcheusement le sort de la Pologne. Dans un aide-mémoire adressé à Eden, Sikorski met en garde les Britanniques contre l'"impérialisme soviétique" et le péril d'une "communisation de l'Europe" (25). Le 21 mars, il s'en va à Washington chercher auprès du gouvernement américain, engagé depuis l'attaque de Pearl Harbor dans une guerre sans merci à l'Allemagne, la fermeté et les assurances qu'il ne trouve pas à Londres. L'accueil est très chaleureux. Roosevelt rappelle sa fidélité à la "Charte de l'Atlantique", son opposition à tout changement territorial avant la fin de la guerre, et sa détermination à ne pas faire de concessions à l'URSS. Empli d'optimisme et de confiance dans le soutien américain à la cause polonaise, Sikorski tente à nouveau, à son retour, de dissuader Churchill de céder aux exigences de Staline. En vain. Dans une entrevue orageuse, le 26 avril 1942, le Premier Ministre britannique annonce à son homologue polonais que le Royaume-Uni s'apprête à conclure un traité avec l'URSS : certes, reconnaît-il "le coeur lourd", il enfreint la "Charte de l'Atlantique", mais c'est un moindre mal. Pour apaiser son interlocuteur, Churchill l'assure néanmoins que le traité "garantira les intérêts polonais" et "même une absolue intégrité territoriale" à la Pologne (26). Le 26 mai 1942, Molotov vient à Londres signer le traité soviéto- britannique, qui, au grand soulagement de Sikorski, ne comporte aucune clause de reconnaissance de frontière. Staline remporte une incontestable victoire diplomatique. C - L'EVACUATION DE L'ARMEE ANDERS. La visite de Sikorski à Moscou, en décembre 1941, n'a nullement mis fin aux entraves posées par les Soviétiques à la formation de l'armée polonaise sur leur sol. C'est à peine si l'action des bureaux polonais ouverts en URSS est tolérée. La confusion sur la question de la nationalité permet aux autorités soviétiques de retenir, malgré les interventions de l'ambassadeur Kot, de nombreux Polonais sur les lieux de déportation. Et ceux qui parviennent à rejoindre les troupes d'Anders, les officiers notamment, sont soumis à des pressions du NKVD, qui parvient ainsi à infiltrer les rangs de l'armée polonaise. Quant au sort des 15 000 officiers et sous-officiers des camps de Starobelsk, Kozelsk et Ostachkov, il continue d'être traité sur le même mode évasif par les autorités soviétiques. Les Polonais multiplient les démarches et investigations, mais se heurtent à un mur de silence ou à des demi-réponses : ils seraient rentrés chez eux, auraient fui à l'étranger ou encore seraient morts en route... Un jour du printemps 1942, le capitaine Czapski recueille un témoignage autrement plus inquiétant : en octobre 1940, un colonel de l'armée polonaise, Zygmunt Berling, avait, avec d'autres officiers comme lui emprisonnés à Moscou, été pressenti pour mettre sur pied une armée polonaise pro-soviétique dans la perspective d'un conflit avec l'Allemagne. Reçu à ce titre par le chef du NKVD, Beria, et son adjoint Merkoulov, Berling avait suggéré de constituer une division blindée avec les cadres détenus dans les camps de Starobelsk et de Kozelsk. "Non, pas ceux-là", avait alors laissé échapper Merkoulov, "nous avons commis une grosse erreur en ce qui les concerne" (27). D'autres hauts responsables soviétiques, interrogés par les Polonais, font état eux aussi, en privé, d'une "erreur fatale", tandis que des rumeurs suggèrent que certains des officiers disparus auraient été noyés dans l'Océan Arctique (28). Début 1942, l'armée d'Anders se voit assigner un nouveau lieu de cantonnement en Asie centrale, près de Samarcande. Le transfert, en plein hiver, se déroule dans des conditions éprouvantes et, sur place, la malnutrition aidant, une épidémie de typhus emporte en l'espace de quelques mois 10 000 personnes (29). Sur les six divisions appelées à rester en URSS, une seule a reçu de l'armement soviétique. En janvier 1942, les Soviétiques proposent de l'envoyer au front. Anders refuse net, invoquant l'impréparation et la sous-alimentation de ses troupes et se réfère à l'accord militaire soviéto-polonais, qui prévoit que son armée ne serait engagée qu'en formation complète. Malgré les obstacles, les effectifs de l'armée polonaise doublent en l'espace de trois mois, pour atteindre, au début de 1942, près de 75 000 hommes (30), soit le tiers seulement du nombre de prisonniers de guerre reconnus par les Soviétiques. Près de 150 000 manquent à l'appel. Mais pour l'URSS, cette armée, qu'elle ne contrôle pas, devient politiquement indésirable. De surcroît, comme elle n'est toujours pas en mesure de combattre, elle constitue un fardeau pesant à un moment où l'effort de guerre est intense et les ressources rares. Le 10 mars 1942, arguant de difficultés d'approvisionnement, les Soviétiques annoncent que le nombre de rations livrées aux Polonais sera réduit de 70 000 à 26 000 dans les dix jours. Anders se rend aussitôt à Moscou, le 18 mars, pour rencontrer Staline, qui propose une solution de compromis : une partie de l'armée serait évacuée vers la Perse, et 44 000 hommes resteraient en URSS, recevant pleine ration. L'évacuation est étonnamment rapide : en 10 jours, fin mars-début avril, 43 000 personnes, dont 31 000 militaires, quittent le territoire soviétique vers l'Iran. Les civils sont surtout des personnes âgées et des enfants. Sikorski espère encore doubler à nouveau les effectifs restants, mais l'ère de la coopération avec les Soviétiques est révolue. Début avril, le réseau d'officiers de liaison et de bureaux de recrutement polonais à travers le pays est dissous, les antennes sont empêchées d'agir et leurs employés arrêtés pour espionnage. Lors de la signature du traité soviéto-britannique, en mai, Churchill et Molotov conviennent d'évacuer la totalité des troupes polonaises vers l'Egypte pour renforcer l'armée britannique. Sikorski, qui voit là l'évanouissement de ses espoirs de lever une "grande armée de 300 000 hommes", n'a d'autre choix que d'accepter la décision. Le 20 juillet, Vychinski, vice-commissaire aux Affaires Etrangères soviétique, informe les Polonais que les bureaux seront fermés, et le 31 juillet est signé, à Tachkent, un protocole d'évacuation. L'opération est menée du 5 au 26 août, non sans difficultés, car les Soviétiques, fidèles à leur position, s'opposent au départ de ceux qu'ils ne considèrent pas comme Polonais, les Juifs notamment. Anders parvient tout de même à faire sortir d'URSS 4 000 Juifs, parmi lesquels un caporal nommé Menahem Begin. La plupart d'entre eux rejoindront les communautés juives de Palestine. Plus de 40 000 militaires et quelque 30 000 civils parviendront à quitter l'Union Soviétique en août, portant à 115 000 personnes le nombre total des évacués, soit 7% à peine du chiffre estimé des Polonais déportés des terres orientales. La campagne de propagande menée par les communistes polonais dans les rangs de l'armée, au moyen d'une station de radio nommée "Kosciuszko", de tracts et de journaux, ainsi que les pressions du NKVD échouent à retenir en URSS un nombre significatif d'hommes : seul un petit groupe d'officiers polonais, à la tête duquel se trouve le colonel Berling, choisit de rester pour former le noyau de la future armée polonaise d'obédience soviétique. D - LA RESISTANCE EN POLOGNE (JUIN 1941-AVRIL 1943). L'invasion par les armées allemandes de l'Union Soviétique n'apporte à la Pologne aucun soulagement. Hitler a conçu pour le "Gouvernement Général" un nouveau plan : la Pologne, avec les pays baltes, la Biélorussie et la Crimée, fait partie de cette zone dont le Generalplan Ost prévoit de déporter les habitants vers la Sibérie et de la repeupler par des Allemands. En novembre 1942, les Allemands entreprennent ainsi de coloniser la région de Zamosc, près de Lublin : 300 communes sont vidées de leurs 110 000 habitants, envoyés dans les camps de concentration ou travailler en Allemagne, pour y installer des Allemands de Roumanie. Les méthodes de l'occupant ne font que gagner en barbarie : à Lwow, des hommes politiques comme Bartel, des intellectuels comme Boy-Zelenski, sont exécutés. Les camps de concentration se multiplient : il y en aura, dès 1942, quelque 200 sur le territoire polonais. Mais c'est sur les Juifs surtout que l'étau se referme. Dans le sillage de la Wehrmacht sévissent les Einsatzgruppen , escadrons de la mort chargés d'"exterminer" les Juifs, mais aussi les Tsiganes, les officiels communistes et l'intelligentsia. 1 200 000 Juifs sont ainsi exécutés sommairement et leurs corps jetés dans des fosses communes à l'extérieur des villes et villages. Devant l'ampleur de la tâche, les nazis rationalisent l'entreprise : des chambres à gaz sont construites à Auschwitz et Belzec. Fin 1941, les ghettos formés après l'invasion de 1939 sont enclos. Tout Juif qui en sort sans autorisation est passible de la peine de mort. Le 20 janvier 1942, quinze dignitaires du régime nazi se réunissent à la villa de Wannsee, dans la banlieue de Berlin, pour arrêter la "solution finale au problème juif". L'extermination massive des Juifs d'Europe est érigée en politique d'Etat. Arrestations arbitraires et exécutions sommaires deviennent la règle. Pour les Polonais, il est de plus en plus clair que la passivité et la neutralité ne sont nullement une garantie de survie. La population polonaise fournit certes son lot de collaborateurs, mais dans des proportions beaucoup plus modestes que d'autres pays occupés, comme la France ou les Etats baltes. Plus nombreux qu'ailleurs sont en revanche ceux qui s'engagent dans l'action clandestine, civile ou militaire, offrant à la Résistance la complicité active de l'immense majorité de la population. Pendant toute cette période, l'organisation de l'Etat clandestin est développée avec persévérance. L'enseignement clandestin fonctionne désormais à grande échelle avec 10 000 étudiants qui suivent régulièrement les cours (31). En 1942 est constitué un réseau de délégués civils à l'échelon local. La Résistance voit loin puisqu'un "bureau des terres nouvelles" est créé au sein du département des Affaires intérieures pour préparer l'adjonction à la Pologne, après la guerre, de la Prusse orientale, de la Poméranie et de la Silésie d'Opole. La presse clandestine est très active : le "bulletin d'information" hebdomadaire tire à 200 000 exemplaires et quelque 50 titres paraissent régulièrement. Avec une production de 800 ouvrages pendant la guerre (32), l'édition clandestine est bien organisée et permet à toute une génération de jeunes écrivains de manifester leur talent : Baczynski, Borowski, Milosz, Andrzejewski, Kazimierz Brandys s'illustreront en ces années de guerre. En 1942 est fondée la "direction de la lutte civile" (KWC) [8] qui se donne pour mission d'organiser la résistance passive, de fixer un code de conduite des Polonais sous l'occupation et de mettre en place des tribunaux clandestins. Sur le plan militaire, la Résistance ne prépare, dans l'immédiat, aucun affrontement ouvert avec l'occupant. Le but ultime de l'organisation clandestine est l'insurrection, le moment venu, contre les Allemands. Cette échéance, en 1941-42, paraît encore lointaine, et Grot-Rowecki consacre tous ses efforts au renforcement et à l'unification du ZWZ. Pour l'essentiel, le ZWZ est organisée selon un modèle classique : la plupart de ses membres mènent en apparence une vie normale, tout en attendant le signal pour rejoindre un poste de combat assigné à l'avance. Les efforts de Rowecki, fidèle aux instructions de Londres, et ses incessantes tractations avec les partis finissent par porter leurs fruits. Il obtient le ralliement de plusieurs formations militaires, mais ne parvient pas à unifier la Résistance : le Parti Paysan (SL) [9] et le Parti National (SN) [10] restent méfiants et ne sont guère portés à renoncer au contrôle de leurs propres unités paramilitaires. Le 14 février 1942, Sikorski rebaptise le ZWZ "Armée de l'Intérieur" (AK) [11] - et confirme Rowecki dans ses fonctions. Avec le Parti National, les pourparlers aboutissent dès mars 1942 : son organisation militaire est incorporée à l'AK, mais au prix d'une scission : un fort contingent rejoint d'autres unités militaires telles que Szaniec (le retranchement) pour former une nouvelle organisation, les Forces Nationales Armées (NSZ) [12] , située à l'extrême droite et animée par une idéologie nationaliste radicale, ouvertement antisémite. Mais ce n'est qu'en juin 1943 qu'un accord entre Rowecki et le Parti Paysan permettra d'intégrer dans l'AK, non sans peine, quelque 40 000 membres des "Bataillons paysans". Un nombre équivalent resteront en dehors, regroupés sous la dénomination de "Garde Paysanne" ( Straz Chlopska ). Avec les formations de gauche, faiblement organisées, des négociations sont engagées, mais n'aboutissent pas, les communistes, notamment, formulant des exigences exorbitantes telles que la reconnaissance des annexions soviétiques de 1939. De même, la principale organisation pilsudskiste, la "Convention des Organisations Indépendantistes" (KON) [13] , demeure en dehors de l'AK, tout en proclamant sa loyauté envers Londres. Fin 1942, les effectifs de l'AK atteindront tout de même 200 000 hommes, mais la stratégie choisie - préparer l'insurrection générale - et la modestie de l'armement disponible excluent des opérations militaires d'envergure. Confronté à la surenchère des formations rivales de l'AK, qui critiquent son attentisme et jouent de l'impatience des Polonais, Rowecki cherche à rendre plus visible l'action de son organisation. En octobre 1942 est créé le Kedyw (Direction de la Diversion) qui procède à des actions de sabotage et de diversion, à des opérations de commando (libération de prisonniers, capture de matériel) et des attentats. Associé aux "Bataillons Paysans", il forme un maquis dans la région de Zamosc qui dissuadera les Allemands de poursuivre leurs opérations de colonisation. Enfin, c'est également fin 1942 que l'AK noue ses premiers contacts avec l'organisation de résistance juive du ghetto de Varsovie (ZOB) [14] , confrontée, impuissante, à l'inexorable mise en oeuvre de la "solution finale". Sous le nom de code d'"opération Zegota ", plusieurs organisations polonaises de résistance fondent en décembre 1942 un "Conseil de l'Aide aux Juifs" (RPZ) [15] pour secourir les Juifs de Pologne. Grâce à des caches, faux papiers et filières d'évasion, 100 000 d'entre eux environ échapperont aux camps de la mort (33). Entre juillet et septembre 1942, le ghetto de Varsovie a été pratiquement vidé de ses occupants : quelque 300 000 Juifs ont été emmenés par les trains de la mort à Treblinka. 55 000 seulement restent dans le ghetto. Lorsqu'en janvier 1943, les Allemands s'apprêtent à procéder à une nouvelle vague de déportations, l'organisation de résistance (ZOB), qui s'est précisément constituée en réaction aux déportations de l'été, entreprend des actions armées qui semblent les en dissuader. Et lorsque, le 19 avril 1943, la rumeur se répand d'une nouvelle Aktion des Allemands, il n'y a que 500 défenseurs pour rejoindre les postes de combat. A l'aube de cette deuxième nuit de la Pâque juive, les quelque 2 000 hommes de l'unité allemande venue investir le ghetto doivent battre en retraite sous la violence du feu. Quelques semaines après la capitulation allemande à Stalingrad, le mythe de l'invincibilité allemande est à nouveau mis à mal. A une échelle infiniment plus modeste, certes, mais le symbole ne manque pas de force. Les attaques suivantes sont pareillement repoussées. Les Allemands décident alors d'incendier le ghetto, envisageant d'en venir à bout en trois jours. Malgré la disproportion des forces en présence, il faudra aux SS du général Stroop trois semaines de combats et de stratagèmes divers pour réduire, immeuble par immeuble, une résistance aussi désespérée qu'héroïque, dirigée par un jeune éducateur de 24 ans, Mordechaï Anielewicz. Le 8 mai, tout est fini. Le ghetto est en ruines. Les combats laissent 7 000 morts parmi les défenseurs, 6 000 civils brûlés vifs dans les maisons. L'immense majorité des rescapés est déportée à Treblinka et exterminée. Les survivants ne sont qu'une poignée. E - LA POLOGNE, L'URSS ET LES ALLIES. Après le départ de l'armée Anders, les relations polono-soviétiques connaissent une dégradation constante, même si elles sont formellement maintenues par le canal de l'ambassade, toujours installée à Kouïbychev. Le 16 janvier 1942, celle-ci reçoit une note du commissariat soviétique aux Affaires Etrangères : l'Union Soviétique revient sur sa position de décembre 1941 de reconnaître la nationalité polonaise aux Polonais des territoires annexés en 1939. Compte tenu de l'"attitude négative" du gouvernement de Londres envers "son geste de bonne volonté", Moscou a décidé de mettre fin à cette "exception". Le réseau d'assistance aux Polonais devient donc inutile. L'ambassadeur Romer, qui a succédé en octobre 1941 à Kot, s'en émeut auprès de Staline. Celui-ci consent, sur le mode badin, à accorder, au mieux, la nationalité polonaise aux seuls Polonais qui se trouvaient "de passage" dans les territoires orientaux en 1939, mais en aucun cas aux Polonais qui étaient domiciliés dans ces territoires. Sur la question des frontières, également, l'impasse est totale. Quant aux Alliés, ils entendent faire reposer sur l'URSS la plus grande partie de l'effort de guerre et ne sont pas disposés à contrarier Moscou en soutenant les revendications polonaises. Le 28 novembre 1942, Sikorski se rend pour la troisième fois, et pour un long voyage de six semaines, aux Etats-Unis, dans le but avéré de recueillir à nouveau le soutien de Roosevelt à la cause polonaise et au projet - à la vérité assez irréaliste - de fédération d'Europe centrale. Il entend également plaider la cause du débarquement dans les Balkans, option la mieux à même de garantir la libération par les Occidentaux du territoire polonais. Le chef du gouvernement polonais remet à Roosevelt plusieurs mémoires sur les revendications territoriales de son pays : la Prusse orientale, la Poméranie, Gdansk et la Silésie d'Opole. Ces demandes, qui ne sont assorties d'aucune concession à l'est, irritent les milieux dirigeants américains et l'opinion publique, qui décèlent là des appétits expansionnistes et un nationalisme exacerbé. Roosevelt, bien que favorable à un déplacement de la frontière vers l'Ouest, se garde de prendre des engagements précis envers Sikorski, repousse à la fin de la guerre toute discussion territoriale et engage son interlocuteur à s'entendre directement avec Staline. Averti par Sikorski des risques d'une "bolchévisation" de l'Europe centrale, le président américain se fait rassurant : l'aide économique américaine qui sera généreusement allouée à ces pays après la guerre en éloignera le spectre du communisme. De surcroît, l'URSS est "condamnée à évoluer vers la démocratie" (34) dès lors que la disparition du cordon sanitaire d'avant-guerre fera perdre sa raison d'être à la politique agressive soviétique. Quant au projet de fédération d'Europe centrale, il ne soulève pas l'enthousiasme de Roosevelt, qui estime que la sécurité de l'Europe doit être assurée par la future organisation internationale qu'il appelle de ses voeux et non pas par des arrangements locaux. Les réserves du président américain réduisent à néant les espoirs du chef du gouvernement polonais, déjà sérieusement compromis par les réticences croissantes, au cours de l'année 1942, du président tchécoslovaque Benes. Celui-ci pense trouver dans une politique de coopération avec l'Union Soviétique de meilleurs garanties de sécurité pour son pays que dans des constructions politiques hasardeuses. Exposés aux récriminations de ses compatriotes et soumis aux pressions des Alliés qui les exhortent à faire des concessions territoriales à l'Union Soviétique, Sikorski et son cabinet traversent, en ce début de l'année 1943, une phase de flottement et d'incertitude. Deux événements sont, en effet, venus donner au Premier Ministre polonais la mesure de la gravité de la situation : en janvier 1943, Roosevelt parvient à convaincre Churchill, à Casablanca, d'exiger une capitulation sans conditions de l'Allemagne, ce qui, compte tenu du rapport des forces sur le théâtre européen, implique la libération de la Pologne par l'Armée Rouge. D'autre part, cette dernière remporte peu après, le 2 février, sa première grande victoire avec la capitulation de l'armée du maréchal Paulus à Stalingrad. Enfin - mais cela, Sikorski l'ignore - pendant la deuxième quinzaine de mars 1943, Roosevelt reçoit à plusieurs reprises Eden à Washington et examine avec lui les exigences de Staline : la Carélie méridionale, les pays baltes, la Pologne orientale et la Bessarabie. Aucune décision n'est prise, mais la tonalité générale est à la satisfaction de ces exigences. "En dernier ressort, ce seront les grandes puissances qui détermineront ce qui doit revenir à la Pologne", laisse tomber le président américain (35). A Sikorski Eden se contente de recommander la patience et le sang-froid. IV - KATYN ET LA RUPTURE DES RELATIONS DIPLOMATIQUES. A - L'AFFAIRE DE KATYN. La nuit du 12 au 13 avril 1943, la radio allemande annonce la découverte dans la forêt de Katyn, à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Smolensk, d'un charnier contenant les corps de plusieurs milliers d'officiers polonais et impute aux Soviétiques la responsabilité du massacre : "il a été trouvé un fossé de 28 mètres sur 16 dans lequel étaient empilés en 12 couches les cadavres de 3 000 officiers polonais (...) vêtus de leurs uniformes; certains étaient ligotés, tous avaient des blessures par balles dans la nuque". "Il n'y aura aucune difficulté à identifier ces cadavres", poursuit le communiqué, "car grâce à la nature du terrain, ils sont complètement momifiés et les Russes ont laissé sur eux tous leurs papiers personnels". Après deux jours de silence, Radio-Moscou repousse ces accusations, dénonçant les "monstrueuses calomnies de la propagande allemande", et donne sa propre version des faits : ce sont les "bandits germano-fascistes" qui auraient assassiné les officiers polonais, tombés entre leurs mains en 1941, alors qu'ils étaient "affectés à des travaux de construction dans la région de Smolensk". Cette révélation constitue l'épilogue de l'énigme qui obsède depuis deux ans les autorités polonaises en exil. Celles-ci, déchirées entre l'indignation et le souci de ménager les relations avec l'URSS, décident le 17 avril, après quelques jours d'hésitation, de demander une enquête de la Croix-Rouge internationale. Mais le gouvernement de Londres est pris de vitesse par une demande analogue formulée la veille par le gouvernement du Reich . La concomitance crée l'impression fâcheuse d'une action concertée entre Allemands et Polonais et prête le flanc aux anathèmes de la propagande soviétique contre les "collaborateurs polonais d'Hitler". Staline écrit aussitôt à Churchill et Roosevelt pour dénoncer cette "campagne hostile à l'URSS" et leur annoncer son intention de rompre avec le gouvernement polonais. Dans la nuit du 25 au 26 avril, Molotov convoque Romer et lui notifie la rupture des relations diplomatiques, reprochant, toute honte bue, aux Polonais de n'avoir pas jugé utile d'adresser à l'URSS la moindre demande d'information sur le sort des officiers disparus. Romer doit fermer l'ambassade et quitter l'Union Soviétique. Le fond de l'affaire de Katyn est complètement occulté par la tempête diplomatique qu'elle déclenche. L'allure de scandale politique qu'elle revêt conduit la Croix-Rouge à rejeter, le 23 avril, en invoquant le défaut d'accord de l'une des parties en cause, la demande polonaise d'ouverture d'une enquête. En effet, l'Union Soviétique vient d'opposer un refus à une telle enquête, qui se déroulerait, argue-t- elle, sous les "conditions d'un système terroriste" (36). Mais les preuves de la culpabilité soviétique sont si accablantes que les nazis, experts en propagande autant qu'en exécutions de masse, jouent sur le velours. Ils invitent à Katyn une commission internationale de médecins légistes ainsi que des délégués de la Croix-Rouge polonaise. Mis à part ces derniers, seul le professeur Naville, de l'Université de Genève, antinazi notoire qui n'a accepté l'offre allemande que sous la pression des milieux politiques suisses choqués du veto soviétique, est ressortissant d'un pays non allié à l'Allemagne. Il déclarera après la guerre avoir pu, comme ses confrères, travailler librement et avoir signé le rapport d'expertise sans la moindre contrainte. Ce rapport, qui tire les conclusions de deux jours d'investigation, établit que la quasi-totalité des victimes ont été tuées d'une ou deux balles tirées à bout portant dans la nuque : "la similitude des blessures démontre l'oeuvre de tueurs expérimentés. La plupart des cadavres ont les mains ligotées derrière le dos et ont été ensevelis dans les uniformes qu'ils portaient au moment de leur mort". "Il s'agit", relève le rapport, "d'uniformes d'hiver, boutonnés de façon normale et bien ajustés. Mais les corps ne portent ni bagues ni montres, bien que les notes retrouvées dans les carnets, qui indiquent des heures exactes, laissent penser qu'ils ont dû conserver leur montre jusqu'au dernier moment". Le journal intime du major Solski s'achève le 9 avril sur ces mots pathétiques : "depuis l'aube, la journée commence singulièrement... départ en fourgon cellulaire, dans de petits compartiments...c'est horrible ! On nous emmène quelque part en forêt (...) et là, une fouille complète. On me prend ma montre, qui indique 8 heures 30. On me retire ma bague, mes roubles, ma ceinture, mon canif..." (37). Aucun des documents trouvés sur les cadavres n'est postérieur au 22 avril 1940 et plusieurs étuis à cigarettes portent, gravée, l'inscription "Kozielsk 1940". La taille des jeunes pins plantés à la surface des fosses laisse penser qu'ils sont en place depuis 3 ans. La commission fait une autre observation : dans certaines fosses sont ensevelis les corps de civils, hommes et femmes, qui reposent là depuis beaucoup plus longtemps. Ils ont été exécutés avec le même angle de tir et le même trou dans la nuque que les officiers polonais. De toute évidence, la forêt de Katyn était un lieu d'exécution de masse bien avant de servir de sépulture à ces derniers. Une ombre, pourtant, figure au tableau de la propagande nazie : les cartouches et les balles retrouvées sur place sont d'origine allemande. Les Allemands tentent de dissimuler ce fait ou admettent avec embarras que leur pays a dans le passé exporté de grandes quantités de ces munitions. Autre motif d'inquiétude pour les Allemands, malgré la poursuite des fouilles, le nombre de cadavres polonais retrouvés plafonne obstinément à 4 500. Or la propagande allemande, informée du nombre total d'officiers disparus, avait très vite relevé à 10 000-12 000 ses estimations initiales. L'écart paraît suspect. Les Allemands se mettent donc à rechercher fiévreusement de nouvelles fosses communes, mais ne trouvent pendant des semaines que des charniers anciens, remplis de dépouilles de Soviétiques. Une nouvelle fosse est découverte le 1er juin, qui recèle 200 corps d'officiers polonais : les vêtements et les documents trouvés sur les cadavres indiquent qu'il s'agit là du dernier contingent amené à Katyn, exécuté à une date postérieure au 6 mai 1940. Poursuivis également par une équipe de la Croix-Rouge polonaise, les travaux de fouille sont interrompus début juin par l'arrivée des grandes chaleurs et le rapprochement du front. Dès septembre 1943, après la libération de Smolensk par l'Armée Rouge, Moscou dépêche à Katyn une "commission spéciale" constituée exclusivement d'experts soviétiques et présidée par un académicien déjà âgé, le professeur Bourdenko. Après avoir entendu une centaine de témoins et procédé à une nouvelle exhumation des cadavres, la commission rendra ses conclusions le 24 janvier 1944, confirmant la version initiale de Moscou : les prisonniers polonais étaient détenus - et affectés à des travaux d'entretien des routes - dans trois camps à l'ouest de Smolensk, que les autorités soviétiques, surprises par l'avance de la Wehrmacht , n'avaient pas eu le temps d'évacuer. Les Allemands les avaient exécutés pendant l'automne 1941 puis 18 mois plus tard, pressentant le retournement de la situation militaire, avaient imaginé une "provocation" pour imputer à l'Union Soviétique la responsabilité de leur crime. Ils avaient ainsi fait exhumer, dépouiller de tout document postérieur à avril 1940 et enfin réensevelir les corps par un groupe de 500 prisonniers de guerre russes. Fourmillant de contradictions, démentie par les observations des experts, cette thèse invraisemblable se heurtera au scepticisme des Polonais qui continueront de rassembler preuves, témoignages et indices et parviendront à reconstituer la tragédie. A l'achèvement de la campagne de Pologne, en octobre 1939, les officiers polonais capturés sont rassemblés dans deux monastères orthodoxes désaffectés transformés en camps : 5 000 officiers, dont 30% de réserve, sont détenus à Kozelsk, à 250 kilomètres au sud-est de Smolensk, et 4 000 à Starobelsk, dans l'est de l'Ukraine, près de Vorochilovgrad. Un troisième camp, également établi dans un monastère, regroupe, sous un régime plus sévère, 6500 hommes dans une île du lac Seliger, près d'Ostachkov, au nord-ouest de Kalinine : les prisonniers sont en majorité des sous-officiers, des policiers, des garde-frontières, mais on y trouve également des civils, prêtres, propriétaires terriens et magistrats (38). Décemment traités - sauf ceux d'Ostachkov - ils y resteront plusieurs mois en "observation" et seront même soumis à une campagne de "rééducation". Jusqu'en avril 1940, où soudain, sans explication aucune, ils commencent à être évacués par groupes de 100 à 300, vers une destination inconnue : chaque matin, la liste nominative des partants est téléphonée de Moscou, après quoi une demi-heure est laissée à chacun pour rassembler ses effets avant de s'engouffrer dans des fourgons cellulaires. De temps à autre, là encore sans aucune explication, un contingent est dirigé sur le camp de Pavlichtchev Bor, non loin de Kozelsk, entre Toula et Smolensk : les quelque 400 hommes qui s'y retrouvent, libérés en 1941 après l'accord Sikorski-Maïski, seront les seuls rescapés des trois camps. Les raisons de ce traitement à part ne sont toujours pas éclaircies. Toute trace de leurs camarades est perdue jusqu'en février 1943, lorsqu'un jeune paysan de la région de Katyn, Ivan Krivozertsov, se présente au poste de police allemand. Il a lu, dit-il, dans un journal local qu'un certain général Sikorski recherchait des officiers polonais capturés par les Russes : "Sikorski cherche ses officiers en Sibérie et ils sont là, fusillés, à Katyn". Krivozertsov se rappelle qu'au mois de mars 1940, des prisonniers avaient été amenés par camion pour creuser des fosses dans la forêt, affectée dans les années 20 et 30 aux exécutions de la Guépéou . Puis, en avril 1940, une noria de fourgons cellulaires du NKVD avait été mise en place entre la gare, toute proche, de Gnezdovo et la forêt de Katyn. Il suffit aux Allemands de se faire conduire sur les lieux pour découvrir le charnier, dissimulé sous de jeunes pousses de pins. Une question lancinante demeure : que sont devenus les quelque 10 500 prisonniers des camps de Starobelsk et d'Ostachkov? Seuls, en effet, ceux de Kozelsk ont été retrouvés à Katyn. Les rumeurs les plus folles circulent : les détenus auraient été embarqués à bord de barges coulées dans les eaux glacées de la Mer Blanche. Jouant de l'erreur initiale d'estimation de la propagande allemande, les Soviétiques feront croire que la forêt de Katyn recèle la totalité des corps des Polonais disparus, se dispensant de la sorte de répondre à toute nouvelle question sur le sort des détenus des deux autres camps. Pour les besoins de la cohésion de l'alliance contre Hitler, l'affaire sera maintenue sous une chape de plomb pour ne resurgir qu'en 1945, dans l'acte d'accusation produit devant le tribunal de Nuremberg. Les Soviétiques multiplieront avec succès les manoeuvres pour faire endosser leur version des faits. Mais même le gouvernement pro-communiste de Varsovie s'abstiendra de verser l'affaire au dossier des crimes de guerre nazis aux dépens de la Pologne. Les juges ne seront pas davantage convaincus de la culpabilité allemande : le verdict ne retiendra pas le massacre de Katyn à la charge des accusés. Mais l'énigme continuera de hanter les esprits polonais et de susciter de nouvelles investigations. Sujet tabou de la relation polono-soviétique d'après-guerre, mais omniprésent dans les mémoires, dans les conversations et les publications des Polonais exilés ou des dissidents, le drame de Katyn ne sera éclairci qu'après la dislocation de l'Union Soviétique. La politique de "transparence" poursuivie par Gorbatchev après 1987, sa volonté proclamée de lever le voile sur les "taches blanches" de l'Histoire nourrissent en Pologne l'espoir de voir Moscou reconnaître enfin sa responsabilité. Mais il faudra plusieurs années encore de tergiversations et de contorsions pour qu'enfin, le 13 avril 1990, un communiqué de l'agence Tass, alléguant la découverte de nouvelles archives, impute la responsabilité des massacres au NKVD. Les fosses communes des camps d'Ostachkov seront localisées et une enquête ouverte par le Parquet militaire. L'audition des quelques participants à la tuerie encore vivants apportera de nouvelles révélations et des détails glaçants : c'est ainsi que les 6 295 détenus d'Ostachkov ont été exécutés de nuit, par contingents de 250, par un trio de tueurs du NKVD. Leur chef, un certain Blokhine, était réputé pour l'uniforme de cuir brun qu'il revêtait chaque soir avant d'accomplir sa sinistre besogne (39). Ce n'est qu'après la disparition de l'URSS que l'affaire connaîtra son dernier rebondissement, lorsque le 14 octobre 1992 un émissaire du président Eltsine viendra à Varsovie remettre au président Walesa un jeu de photocopies contenant un document essentiel : une décision du Bureau Politique, datée du 5 mars 1940 et signée de la main de Staline, ordonnant au NKVD de procéder à l'exécution de 27 500 Polonais, officiers, fonctionnaires et "éléments contre-révolutionnaires divers". Il s'agira du premier document historique attestant la responsabilité directe et personnelle de Staline dans une exécution de masse. Parmi les autres pièces remises, un rapport de 1959 du chef du KGB, Chelepine, à Khrouchtchev révélera que 21 857 Polonais ont été exécutés en 1940, soit bien davantage que la quinzaine de milliers de détenus des trois camps. Embarrassés par cette atteinte à la cohésion de la coalition anti-nazie, les Alliés, dont les intérêts sont fortement liés à la poursuite de la guerre par l'Union Soviétique, tentent en vain d'y remédier. Alors que la presse britannique vilipende le gouvernement polonais pour avoir, par ses accusations, ouvert une brèche dans la solidarité alliée, Churchill, qui redoute qu'à Sikorski succède "quelqu'un de pire", cherche à obtenir de Staline qu'il revienne sur sa décision. En vain. Pour Moscou, le scandale de Katyn vient en fait à point nommé, offrant un prétexte à la rupture avec le gouvernement de Londres. "Cette rupture était", écrit le général Bor-Komorowski, lequel succédera quelque mois plus tard à Rowecki à la tête de l'AK, "un élément logique dans la chaîne des événements enclenchée par la décision de créer l'Union des Patriotes Polonais et des unités polonaises au sein de l'Armée Rouge; elle préludait à la création d'un mouvement communiste clandestin, noyau d'une armée politique et d'un Etat secret communiste, dévoué à Moscou; mais le but politique ultime et véritable de ces manoeuvres était évidemment la création d'un gouvernement communiste polonais" (40). De fait, le 8 mai 1943, un communiqué annonce la constitution, à la demande de l'"Union des Patriotes Polonais", de la première division, baptisée "Kosciuszko", d'une nouvelle armée polonaise sur le territoire soviétique. Toutes les tentatives entreprises plus tard, pendant l'été, par les Américains et les Britanniques pour réconcilier l'Union Soviétique avec le gouvernement de Londres se heurteront à une fin de non-recevoir de Moscou. B - LA DISPARITION DE SIKORSKI Après le scandale de Katyn et la rupture avec l'URSS, les critiques à l'adresse de Sikorski s'amplifient dans les milieux polonais. Kot, chargé de superviser le IIème Corps d'Armée créé à l'automne 1942 au Proche-Orient sous le commandement du général Anders, alerte Sikorski de la montée d'une fronde, d'un "ferment dangereux" dans les rangs d'une armée largement encadrée par d'anciens "légionnaires" de Pilsudski. Sikorski décide alors de se rendre, le 25 mai 1943, en sa qualité de commandant en chef des forces armées, en tournée d'inspection sur place. Il y rencontre Anders, qui l'assure qu'aucun complot n'est tramé contre lui, il explique sa politique et sa position devant les officiers polonais puis repart rasséréné. Sur la route du retour, le 4 juillet, à Gibraltar, l'avion qui transporte la délégation s'abîme en mer. Seul le pilote, un Tchèque, survit à cet accident dont les circonstances donnent prise au soupçon d'un attentat. Plusieurs versions circuleront, imputant la responsabilité aux Soviétiques, aux Britanniques ou encore aux opposants polonais de Sikorski. Une commission d'enquête écarte l'hypothèse d'un attentat, mais les causes de la catastrophe ne seront jamais élucidées. A Londres, Churchill et de nombreux chefs d'Etat rendent hommage, par leur présence aux obsèques, à la personnalité du disparu et, par-delà elle, à la Pologne. Cette personnalité a suscité, et continue de susciter, des controverses. Ses détracteurs lui reprochent une confiance naïve dans les assurances des Occidentaux et sa légèreté dans la signature avec l'URSS d'un traité qui a hypothéqué les intérêts de la Pologne. Ses partisans saluent en lui l'homme d'Etat qui a manoeuvré avec habileté dans les circonstances difficiles de l'exil et dont la fidélité à la cause polonaise était incontestable. A vrai dire, comme ses successeurs et, probablement, tout autre homme politique à sa place, Sikorski a été peu à peu dépassé par des événements qui, une nouvelle fois, ont fait de la Pologne l'enjeu, parmi d'autres, d'une épreuve de force d'une tout autre échelle. La disparition du Premier Ministre remet à l'ordre du jour la question de la composition du gouvernement, donnant lieu à de fiévreuses tractations en coulisse à Londres. Le président Raczkiewicz demande au chef du Parti Paysan, Stanislaw Mikolajczyk, vice-premier ministre de Sikorski, apprécié de Churchill et Eden, de former le gouvernement qui, selon les mises en garde britanniques, doit être "acceptable" pour l'Union Soviétique. Les pilsudskistes et le Parti National en demeurent écartés et la composition du cabinet précédent est peu ou prou reconduite. Le ministre de la Défense, Kukiel, violemment attaqué par la presse soviétique pour son rôle dans l'affaire de Katyn, est maintenu dans ses fonctions. Mikolajczyk obtient de Raczkiewicz le maintien de la concentration des pouvoirs dans les mains du chef du gouvernement ainsi qu'une deminutio capitis de la fonction de commandant en chef des forces armées, qu'exerçait également Sikorski, mais que le Président venait de confier au général Sosnkowski, au grand dam des nombreux adversaires de celui- ci. Le nouveau Premier Ministre n'a ni l'autorité ni le brio de son prédécesseur, mais on lui reconnaît volontiers fermeté et bon sens. Jan Nowak, agent de liaison avec la Résistance, qui l'a rencontré à plusieurs reprises lors de ses missions à Londres, en conserve un souvenir vivace : "Mikolajczyk, petit, trapu, chauve, était le spécimen type du paysan polonais auquel l'expérience et le fréquentation des autres avaient enseigné les bonnes manières (...) (Il) réfléchissait et s'exprimait de manière cohérente, mais avec une certaine difficulté et avec l'accent rude, typique de Poznan. Ses petites lèvres fines et son expression résolue trahissaient un homme opiniâtre, acharné, volontaire (...) C'était l'autodidacte-type : le fait qu'il avait appris l'anglais en fort peu de temps, après son arrivée en Angleterre, et qu'il le parlait presque couramment, était impressionnant. Certes, il avait un accent épouvantable, mais il s'exprimait sans la moindre difficulté. Ce n'est certainement pas sans peine qu'il était arrivé à ses conceptions politiques, mais (...) lorsqu'elles lui semblaient justes, il s'y accrochait ferme et n'en démordait pas facilement" (41). Manoeuvrier, habile, il a su s'assurer des positions de force dans l'appareil gouvernemental (le ministère de l'Information est détenu par Kot) et notamment le contrôle des communications avec la Résistance. Son passé d'homme politique local ne lui a pas donné l'expérience de la "grande politique". Et, originaire de Poznanie, à l'ouest de la Pologne, il se verra reprocher par certains son indifférence au sort des confins orientaux. La personnalité du Commandant en chef est aux antipodes : "difficile de trouver deux hommes plus dissemblables que Sosnkowski et Mikolajczyk", observe encore Jan Nowak, "autant par leur apparence extérieure que par leur comportement, leur façon de penser et leur caractère. Si on avait vêtu Sosnkowski d'une pelisse et d'une cape, il aurait eu l'air d'un hetman sorti d'une gravure ancienne (...). Son physique à lui seul était impressionnant. Il y avait quelque chose d'aristocratique dans cette immense silhouette (...) Sosnkowski était l'un des esprits les plus remarquables que comptât le pays. Il était particulièrement doué pour l'analyse, mais c'était davantage un érudit qu'un meneur d'hommes. Il se trompait rarement dans ses prédictions concernant les événements sur le front, mais ses déductions n'aboutissaient généralement à aucune conclusion pratique définissant une action ferme et claire (...) il était davantage enclin à prendre des positions intransigeantes qu'à formuler des plans d'action concrets" (42). Placés aux postes les plus en vue de l'Etat polonais en exil, les deux hommes se voueront une animosité réciproque, au point, pratiquement, de s'ignorer et de s'éviter. Le nouveau gouvernement entre en fonction le 14 juillet 1943, salué avec sympathie par Churchill et dénoncé comme "pro-fasciste" par Moscou. Le 27, Mikolajczyk, dans une déclaration de programme, proclame sa fidélité à la ligne politique de Sikorski, se prononce pour une "coopération et une entente durables (...) fondées sur le respect des droits et intérêts mutuels" avec l'URSS et invite Staline à faire les "gestes" qui confirmeraient son projet de "Pologne forte et indépendante". Mikolajczyk mentionne également la perspective d'un déplacement des frontières à l'ouest, mais passe sous silence le contentieux de frontières à l'est. C - LA CONFERENCE DE TEHERAN ET LA "QUESTION POLONAISE" L'intransigeance des Polonais dans la défense de leur frontière orientale va faire du contentieux territorial avec l'Union Soviétique l'une des questions politiques majeures de la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Les Occidentaux ont en effet promis, dès 1942, à Staline d'ouvrir le second front que celui-ci réclamait depuis l'attaque allemande. Churchill est favorable à un débarquement dans les Balkans, solution délicate sur le plan militaire et contrariante pour Staline, qui veut un second front le plus éloigné possible de sa future zone d'opérations, l'Europe orientale et centrale. A Washington, en mai 1943, Anglais et Américains décident de débarquer dans la péninsule italienne, ce qui renvoie au printemps 1944 l'ouverture de ce second front. L'essentiel de l'effort de guerre continuera donc de reposer sur l'Union Soviétique. Staline, furieux, revient sur son acceptation du principe d'un sommet à trois, avec Roosevelt et Churchill, à l'été 1943. Les relations entre les alliés sont au plus bas depuis 1941. Ni le Premier Ministre britannique ni le président américain ne sont prêts à les envenimer davantage par des discussions sur les frontières, prématurées à un moment où les territoires en question sont encore loin d'être libérés. Les doutes portent aussi sur le fond des revendications polonaises : les Britanniques continuent de penser que la "ligne Curzon" est le tracé frontalier le plus juste et Roosevelt éprouve quelque difficulté à comprendre l'intransigeance des dirigeants polonais, à qui il est prêt à accorder la Prusse orientale et la Haute Silésie en compensation de la cession des terres orientales. Autre motif d'inquiétude, une paix séparée germano-soviétique n'est pas exclue et la propagande soviétique en rappelle régulièrement la possibilité pour faire pression sur les Alliés occidentaux. Ces rumeurs ne sont d'ailleurs pas dépourvues de fondement, puisqu'au printemps et à l'été 1943 ont eu lieu entre Soviétiques et Allemands des pourparlers secrets infructueux. Enfin, Roosevelt se méprend gravement sur les intentions de Staline : sensible aux "besoins de sécurité" de l'URSS, il croit dans la convergence de l'URSS vers un modèle de démocratie universelle dès lors que ce besoin sera satisfait. A l'automne 1943, la configuration du conflit a changé : après le renversement de situation opéré à Stalingrad, les Soviétiques remportent succès sur succès sur le front de l'est. La Wehrmacht a été repoussée sur le Dniepr, à une centaine de kilomètres à l'est de la frontière polono-soviétique de 1939. Anglais et Américains ont évincé les Allemands d'Afrique du nord et avancent en Italie, où le régime fasciste s'effondre. Revenant sur son refus antérieur, Staline, plus que jamais en position de force, accepte le principe d'une conférence au sommet des chefs des trois grandes puissances et parvient à en imposer la date - après la fin de la campagne d'automne - et le lieu - Téhéran, qui présente l'avantage de n'être pas trop éloigné de Moscou, dont il répugne à s'éloigner longtemps. Les ministres des Affaires Etrangères se réunissent à Moscou du 19 au 30 octobre 1943 pour préparer la rencontre au sommet de Téhéran. Avant de partir pour l'Union Soviétique, Eden a recueilli auprès de Mikolajczyk le dernier état des positions polonaises : non sans habileté, celui-ci a proposé la collaboration de l'AK avec l'Armée Rouge, qui atteindra dans quelques mois les frontières polonaises de 1939, et demandé des parachutages d'armes. Il était disposé, également, à renouer avec Moscou sans conditions préalables. Eden a une nouvelle fois sondé son interlocuteur sur la question des frontières : acceptait-il la Prusse orientale et la Haute Silésie ainsi que, peut-être, Lwow, en échange de l'abandon des territoires à l'est de la "ligne Curzon" ? Mikolajczyk a répondu, comme avant, que ces terres revenaient de droit à la Pologne mais qu'aucun gouvernement en exil ne pouvait négocier de cession de territoire. Il est impossible de tout avoir, a rétorqué Eden, courroucé. En revanche, lorsque Mikolajczyk l'a interrogé sur des garanties britanniques et américaines du territoire et de l'indépendance de la Pologne, Eden s'est à son tour cantonné dans des propos évasifs. Une fois à Moscou, les deux Occidentaux, Cordell Hull et Eden, se gardent de contrarier les Soviétiques, redoutant que Staline diffère à nouveau le sommet auquel Roosevelt tient particulièrement. Ce n'est que vers la fin de la conférence qu'Eden soulève, avec l'appui réticent de Cordell Hull, la question du rétablissement des relations diplomatiques de l'URSS avec la Pologne. Molotov répond en reconnaissant, selon la formule désormais consacrée, le "droit de la Pologne à un Etat indépendant", mais subordonne le rétablissement des relations à une "attitude amicale" du gouvernement polonais envers l'URSS, mentionnant notamment l'éviction de Sosnkowski. Quant à l'aide de l'AK, Molotov la repousse avec dédain, faisant valoir l'hostilité de celle-ci aux partisans soviétiques qui opèrent sur l'arrière du front. Eden, à son retour de Moscou, reste discret sur les résultats des entretiens, mais les rumeurs vont bon train dans les milieux polonais de Londres : le sort de la Pologne aurait été scellé à Moscou, dont la "zone d'influence" s'étendrait jusqu'à l'Elbe. Eden assure Mikolajczyk que la question des frontières n'a pas été discutée, mais annonce, à l'inquiétude du Polonais, qu'elle le sera lors de la rencontre au sommet. Churchill et Roosevelt se dérobant à une rencontre, Mikolajczyk doit se contenter de remettre, le 16 novembre, un mémoire aux gouvernements américain et britannique pour rappeler la position de son gouvernement : il demande aux Occidentaux de plaider à Moscou en faveur d'une restauration des relations diplomatiques. Quant aux frontières, l'octroi de territoires allemands à l'ouest, dit le mémoire, doit être considéré comme une garantie contre une nouvelle agression allemande et donc un élément de la paix future en Europe, et non comme une compensation de la perte de territoires à l'est. Mais des négociations sur les frontières pourraient être ouvertes avec l'URSS si les Occidentaux accordaient à la Pologne des garanties quant à son indépendance et de nouvelles prétentions soviétiques. C'est là un élément nouveau par rapport aux positions de Sikorski. Le 28 novembre, à 16 heures, dans le salon d'honneur de l'ambassade soviétique à Téhéran, Roosevelt déclare ouverte la session plénière de la première rencontre entre les chefs des trois puissances alliées contre l'Axe. Staline est accompagné de Molotov et Vorochilov; Churchill est entouré d'Eden et des chefs d'état-major. Quant à Roosevelt, il est parvenu à écarter de sa délégation Cordell Hull, le secrétaire d'Etat, qu'il n'apprécie guère, et a emmené à Téhéran son conseiller Harry Hopkins, le nouvel ambassadeur américain à Moscou, Averell Harriman, ainsi que les chefs d'état-major. Si les succès militaires de l'Union Soviétique placent Staline en position de force, Churchill se trouve en revanche en position de faiblesse. Il est certes parvenu à éviter ce qu'il redoutait par-dessus tout, une rencontre entre Staline et Roosevelt seuls, mais il craint que l'Américain et le Soviétique s'entendent dans son dos, au détriment notamment des intérêts coloniaux de la couronne britannique. La réunion commence par un mauvais présage : averti par les Soviétiques d'un complot nazi et mis en garde contre un risque d'attentat, Roosevelt et sa délégation déménagent de l'ambassade américaine, éloignée des deux autres, et vont s'installer dans les locaux, probablement truffés de micros, de l'ambassade soviétique. Puis le président refuse une invitation à déjeuner de Churchill, qui voyait là une occasion d'accorder les positions occidentales avant la rencontre à trois, au profit d'un entretien en tête-à-tête avec Staline. Aussitôt après s'ouvre la première session plénière, décisive puisqu'elle a pour objet d'arrêter la stratégie militaire alliée jusqu'à la fin de la guerre. Roosevelt obtient de Staline l'assurance qu'il ouvrira un front contre le Japon sitôt l'Allemagne défaite. Puis on en vient au coeur du sujet, l'opération Overlord , c'est-à-dire le débarquement en Europe. D'entrée Roosevelt pose les termes du dilemme : les équipements amphibies étant en nombre limité, il faut choisir entre la poursuite des opérations en Méditerranée et Overlord . Staline vole à son secours : certes, admet-il, la campagne d'Italie n'est pas inutile, mais, du fait des Alpes, ce n'est pas ainsi que l'on atteindra le coeur de l'Allemagne, ni d'ailleurs par les Balkans, beaucoup trop éloignés. Ce qu'il faut, c'est un débarquement en France, sur la côte de la Manche, soutenu, peut-être, par un débarquement dans le sud de la France. Ces propos remplissent d'aise les Américains, mais contrarient Churchill, partisan de retarder Overlord de quelques mois pour poursuivre l'offensive en Italie, entraîner la Turquie dans la guerre contre l'Allemagne, ouvrir la Mer Egée et les Dardanelles, appuyer la résistance yougoslave de Tito. Staline balaie ces arguments d'un revers de la main : est-il vraiment sage d'allouer tant de forces à des opérations subalternes en Méditerranée, alors que tout l'effort doit être concentré sur Overlord ? Ce choix, finalement retenu, scelle le sort de la Pologne. Mais Staline, habillement, évite d'aborder ce sujet, pourtant de première importance pour lui à ce moment. Roosevelt fait de même et c'est donc Churchill qui prend, le 28 novembre, après dîner, dans un entretien avec Staline, l'initiative : "la Grande-Bretagne", fait valoir Churchill, "est en guerre à cause de la Pologne et s'est engagée à rétablir une Pologne forte et indépendante" (43). D'abord glacial, Staline répond qu'il ne sent nullement la nécessité de parler de la Pologne avant la fin de la guerre, mais se radoucit lorsqu'il s'avère que le Britannique évite de parler du gouvernement polonais de Londres pour n'évoquer que les questions de frontières. Et lorsqu'Eden l'interroge sur les frontières occidentales de la Pologne, il assure : "les Soviétiques aideront la Pologne à étendre sa frontière jusqu'à l'Oder". Churchill acquiesce. Quant aux frontières orientales de la Pologne, Churchill, "à titre personnel", pense que la Pologne "pourrait se déplacer vers l'ouest, comme les soldats, en faisant deux pas à gauche" (44). Pour illustrer son propos, il pose sur la table trois allumettes qui représentent respectivement l'Allemagne, la Pologne et l'URSS puis les déplace d'un geste explicite. Staline feint de s'étonner qu'on puisse ainsi discuter des frontières de la Pologne sans même la présence d'un représentant polonais, mais l'idée lui plaît. "L'Union Soviétique", renchérit-il, "considère comme juste la frontière de 1939 entre la Pologne et l'URSS". Andreï Gromyko, alors ambassadeur d'URSS à Washington, qui rapporte ces propos dans ses mémoires, précise qu'il s'agit de la frontière d'après le rattachement de l'Ukraine et de la Biélorussie occidentales à l'URSS, oubliant apparemment de corriger le lapsus de Staline : cette frontière-là avait été fixée non pas avec la Pologne, mais avec le IIIème Reich (45). Les jours suivants, la connivence entre Roosevelt et Staline s'affirme face à un Churchill de plus en plus isolé. Le président américain recueille l'accord du Soviétique à sa grande idée d'une organisation mondiale de sécurité. C'est sur le sort de l'Europe, cependant, que leurs vues convergent le plus nettement. Roosevelt laisse entendre qu'il n'a pas l'intention d'y laisser, après la fin de la guerre, de forces terrestres - tout au plus des forces aériennes et navales - et qu'il laisse ce soin aux Britanniques et aux Soviétiques. "L'aveu que Roosevelt espérait voir retirer d'Europe toutes les forces terrestres (...) ressemblait à un mode d'emploi pour la domination soviétique en Europe" note l'historien Keith Sainsbury (46). De même, en étouffant dans l'oeuf les projets d'offensive à travers les Balkans que caressait Churchill, il a fait clairement comprendre à Staline qu'il ne serait pas encombré par des forces anglo- américaines en Europe de l'est. Après le premier échange de vues d'après-dîner entre Churchill et Staline, la "question polonaise" ne revient à l'ordre du jour que le 1er décembre, en session plénière cette fois-ci. Pendant une interruption de séance, Roosevelt prend à part Staline : si la guerre se prolonge jusqu'à l'automne 1944, lui confie-t-il, il estimera de son devoir de se représenter à l'élection présidentielle, même si personnellement il ne le souhaite pas. Or il y a aux Etats-Unis 6 à 7 millions d'Américains d'origine polonaise, dont il ne veut pas s'aliéner les suffrages. Il n'a aucune difficulté à accepter, à titre informel et privé, l'idée d'un déplacement vers l'ouest des frontières orientale et occidentale de la Pologne, mais il ne pourra prendre aucune position publique sur cette question avant les élections. Un moment perplexe devant ces singularités de la démocratie, Staline fait comprendre qu'il a reçu le message, mais dissimule sa satisfaction. Harriman, et l'interprète, Bohlen, seuls témoins américains de la scène, en éprouvent un sentiment de gêne impuissante (47). Mais, à la reprise de la séance, lorsque Roosevelt, soucieux des apparences, exprime le voeu que les relations soient rétablies entre l'Union Soviétique et le gouvernement polonais de Londres, Staline, surpris par ce qu'il croit être une attaque, s'emporte : "le gouvernement de Londres et la Résistance qu'il contrôle sont hostiles à l'URSS (...) tuent les partisans soviétiques (...) ou les livrent aux Allemands... Vous, les Anglo-Saxons, n'avez aucune idée de ce qui se passe en Pologne" (48). Churchill tente de calmer le jeu en faisant dévier la discussion vers la question des frontières. Celles-ci doivent être acceptables pour l'Union Soviétique et la Pologne devra être non seulement "forte et indépendante", mais aussi "amicale à l'égard de la Russie"(49). Staline en convient sèchement. Mais, ajoute-t-il, il faut qu'il soit clair que les Polonais doivent accepter la frontière de 1939, celle du 28 septembre bien sûr, qui est ethniquement justifiée. Eden fait observer qu'il s'agit là du tracé de la ligne Molotov-Ribbentrop; "appelez-la comme vous voulez", réplique Staline, "c'est celle que l'Union Soviétique estime juste". "Pas du tout", renchérit Molotov, "c'est la ligne Curzon". "Mais la ligne Curzon", observe Eden, "passe à l'est de Lwow". "Nullement", rétorque alors Staline, "sur notre carte, Lwow est en territoire soviétique" (50). Modérément intéressé par le sujet, Roosevelt s'enquiert de savoir si les territoires revendiqués par Staline sont comparables avec ceux qui s'étendent à l'ouest, jusqu'à l'Oder. Le Soviétique l'ignore et c'est Churchill qui répond : les territoires allemands en question sont de bien meilleure qualité agricole, et comportent davantage d'actifs industriels que les marais du Pripet à l'est. Les Polonais n'y perdront pas au change et devraient accepter le marché. Et il n'est pas prêt, lui, Churchill, à se laisser désespérer par le sort de Lwow (51). Puis, sur l'insistance de Roosevelt, pressé d'en finir, on passe au point suivant de l'ordre du jour, le sort de l'Allemagne après la capitulation. Staline a remporté l'épreuve de force dont, près d'un demi-siècle plus tard, Gromyko décrit, non sans un certain cynisme, les enjeux : "Ainsi à Téhéran le règlement de la question polonaise a été d'emblée, à l'initiative de la délégation soviétique, mis sur la voie qui correspondait aux intérêts de la nation polonaise, qui répondait aux besoins de la sécurité européenne et internationale. Notre pays ne pouvait tolérer que la Pologne d'après-guerre devînt un jouet politique dans les mains des milieux impérialistes occidentaux, une place d'armes commode pour des aventures anti-soviétiques. Staline l'avait fait comprendre avec toute sa détermination à Roosevelt et Churchill (...) qui avaient senti la logique de la position soviétique" (52). Avant de se quitter, les trois chefs conviennent de garder secrètes leurs délibérations, à la demande de Roosevelt, déjà préoccupé des élections présidentielles de 1944 et qui redoute une perte de popularité auprès des communautés d'origine polonaise et balte installées aux Etats-Unis. Seul un communiqué anodin est rendu public. La teneur des entretiens de Téhéran ne sera connue qu'après la fin de la guerre. Mais le voile se déchire peu à peu et des rumeurs alarmantes sèment l'inquiétude parmi les Polonais et autres Européens de l'est à Londres. Churchill, de retour de Téhéran entreprend de faire avaliser par le gouvernement polonais les décisions de la conférence. Roosevelt choisit la passivité. Staline se contentera de repousser une à une toutes les propositions de compromis. Mikolajczyk, enfin, soumis aux pressions des Britanniques, lié par l'opinion des milieux polonais de Londres et de la Résistance en Pologne, joue un jeu malaisé. A Benes, en partance pour Moscou, il demande de sonder le Kremlin sur un abandon éventuel par la Pologne de la Petite Pologne orientale, la Volhynie et la Polésie. La fin de non-recevoir sera sans appel : Staline s'en tient à la "ligne Curzon" et à l'éviction des "éléments réactionnaires" du gouvernement de Londres. Le 12 décembre, Benes signe avec Staline un traité d'amitié et d'alliance. Toujours sous le coup du traumatisme de 1938, Benes juge qu'une relation de sécurité avec la principale puissance militaire du continent garantira son pays contre le risque de résurgence militaire de l'Allemagne, tout en lui laissant une totale liberté en politique intérieure. Séduit par la modération de ses interlocuteurs soviétiques, il espère convaincre les Polonais de lui emboîter le pas. Pour ceux-ci, le traité soviéto-tchécoslovaque sonne le glas des espoirs, partagés avec les Britanniques, de former une fédération d'Europe centrale après-guerre. Ce projet, cher à Sikorski, était du reste mal en point depuis près d'un an : engagés en novembre 1940, les pourparlers s'étaient enlisés en 1942, au fur et à mesure que croissaient les dissensions polono-soviétiques. La rupture des relations diplomatiques avec l'URSS, mais aussi l'intransigeance des Polonais sur le statut du territoire d'Outre-Olza, acquis par la Pologne à la faveur du dépeçage de la Tchécoslovaquie par Hitler, avaient entraîné leur suspension formelle en mai 1943. Plus grave, le président tchécoslovaque revient de Moscou porteur de nouvelles inquiétantes : Staline envisage de créer un nouveau gouvernement en Pologne et les Trois auraient procédé à Téhéran à un partage de l'Europe en zones d'influence. Renforcée par les déclarations de de Gaulle à Sosnkowski, cette rumeur se confirmera avec la démission, en janvier 1944, d'Anthony Drexell Biddle, ambassadeur des Etats-Unis auprès du gouvernement en exil et ardent défenseur de la cause polonaise. Les 20 et 22 décembre 1943, Mikolajczyk rencontre Eden qui lui fait savoir que Staline revendique la frontière sur la "ligne Curzon". Churchill, ajoute le secrétaire au Foreign Office , estime que c'est là la condition nécessaire pour que le gouvernement de Londres puisse exercer son autorité sur les territoires libérés. La question se pose en termes concrets, en effet, lorsque les premières unités de l'Armée Rouge franchissent, à Rokitna, à l'est de Sarny (Volhynie), la frontière du traité de Riga. Dès le lendemain, 5 janvier 1944, Mikolajczyk, dans une allocution à la radio polonaise, salue l'événement et propose un accord de coopération entre l'AK et l'Armée Rouge dans la lutte contre les Allemands. La réponse de Moscou parvient le 11 janvier sous forme d'un communiqué sec de l'agence Tass : la Biélorussie et l'Ukraine occidentales ont été rattachées à l'URSS conformément au plébiscite démocratique des populations intéressées en 1939. La frontière à l'est sera délimitée par la "ligne Curzon", la frontière occidentale "permettra à la Pologne de récupérer ses terres historiques, enlevées par les Allemands, pour créer un Etat polonais fort et indépendant". Sous la pression britannique, le gouvernement polonais fait une nouvelle déclaration, également conciliante, le 14 janvier, où il se déclare prêt à négocier, avec une médiation anglo-américaine, un accord avec l'URSS. Le 17 janvier, le Kremlin repousse l'offre, marquant qu'il ne veut pas renouer avec le gouvernement qui a déclenché "une campagne de mensonges contre l'URSS" (Katyn) et dont la position sur la question des frontières n'a pas changé. Le lendemain, Molotov reçoit l'ambassadeur américain à Moscou, Harriman : "le gouvernement soviétique envisage un gouvernement polonais entièrement renouvelé", lui annonce-t- il, "comportant peut-être quelques membres actuels du gouvernement de Londres, des Polonais éminents des Etats-Unis et des Polonais d'Union Soviétique" (53). Harriman, qui ne nourrit guère de sympathies pour le gouvernement polonais en exil - des "réactionnaires", pour la plupart, à ses yeux - et a le souci, avant tout de préserver la relation avec l'Union Soviétique, n'y trouve rien à redire. Et dans ses télégrammes envoyés à Washington, il atténue la portée des changements exigés par les Soviétiques : "il n'y a aucune indication, à ce stade, qu'(ils) aient l'intention d'encourager une forme bolchevique de gouvernement en Pologne; les indications vont plutôt dans le sens contraire", câble-t-il le 21 janvier (54). Devant la persistance de l'impasse, Churchill décide de s'occuper personnellement de la "question polonaise" et rencontre à plusieurs reprises Mikolajczyk. Le 25 janvier 1944, il pose clairement le problème : "la Grande- Bretagne n'a aucune obligation de garantie des frontières orientales de la Pologne. Le gouvernement britannique se prononce pour une Pologne forte, indépendante, unie, dans des frontières qui seraient à peu près la "ligne Curzon" à l'est et l'Oder à l'ouest. Pour ces nouvelles frontières, la Pologne obtiendrait la garantie de la Grande- Bretagne, de la Russie et de l'Amérique" (55). Il revient à la charge début février pour presser le Premier Ministre polonais, compte tenu de l'urgence de la situation, d'accepter la "ligne Curzon" et d'écarter Sosnkowski, Kot et Kukiel du gouvernement. En cas d'échec, menace Churchill, Staline pourrait mettre en place un "gouvernement de marionnettes" (56) ; l'essentiel pour l'heure est de sauver l'indépendance de la Pologne, que compromettrait gravement l'obstination du gouvernement polonais. Mikolajczyk s'indigne, s'emporte et refuse, mais prend la mesure de son isolement lorsqu'il reçoit la réponse de Roosevelt, sondé par l'ambassadeur de Pologne à Washington, Jan Ciechanowski : le président américain renvoie à la fin de la guerre tout débat général sur les frontières, mais exhorte les Polonais à s'entendre directement avec les Soviétiques. Quant à une garantie des frontières, il n'en est pas question. Sur cette question fondamentale, les Polonais de Londres sont eux-mêmes divisés. Le président Raczkiewicz, Sosnkowski et leurs partisans estiment que toute concession à l'URSS suscitera de nouvelles demandes, entraînant inéluctablement la domination de la Pologne par l'URSS, voire son rattachement à l'Union Soviétique. Mikolajczyk et une partie de son gouvernement jugent qu'il est encore possible de sauver l'indépendance de l'Etat polonais au prix de concessions diverses. La Résistance est également consultée, mais la réponse qui parvient de Varsovie à la mi- février ne permet pas de trancher : oui à l'ouverture de négociations avec l'URSS, mais il est exclu de discuter des frontières orientales de la Pologne ou de se laisser imposer un remaniement gouvernemental. Les thèses du compromis l'emportent néanmoins et le gouvernement polonais adopte le 15 février une contre-proposition aux idées de Churchill : des négociations seront ouvertes sur toutes les frontières en vue d'un règlement territorial après la fin de la guerre. Dans l'attente, une ligne de démarcation provisoire serait tracée, passant à l'est de Lwow et de Vilnius. Le projet exclut tout remaniement du gouvernement. En recevant ce plan très éloigné des exigences soviétiques, Churchill s'emporte, donne aux Polonais 24 heures pour présenter de nouvelles propositions. Puis, ne voyant rien venir, il fulmine dans un discours devant les Communes, le 22 février : "la Grande- Bretagne n'a jamais garanti, dans le passé, aucune frontière de la Pologne comme elle n'a pas approuvé l'occupation de Vilnius en 1920. Le point de vue britannique en 1919 était exprimé par la ligne Curzon... je n'ai nullement le sentiment que les exigences de l'URSS, quant à la sécurité de ses frontières occidentales, excèdent ce qui est juste et raisonnable" (57). Le 28 février, Staline, qui reçoit l'ambassadeur britannique, Clark Kerr, oppose une brutale fin de non-recevoir aux formules de compromis de Londres. Harriman, l'ambassadeur des Etats-Unis, qui les désapprouve, est confirmé dans son scepticisme par Staline : "lorsque la Pologne aura été libérée", lui dit celui-ci le 3 mars, "soit le gouvernement de Mikolajczyk aura été remanié, soit un autre gouvernement aura surgi en Pologne" (58). Après de nouveaux échanges acrimonieux, les relations soviéto-britanniques connaissent un refroidissement et les deux alliés s'abstiennent désormais d'évoquer la question polonaise, pour le plus grand bénéfice de Staline. Les tractations ne sont pas menées par la seule voie diplomatique : en février 1944, deux Polonais établis aux Etats-Unis, le professeur d'économie Oskar Lange et un prêtre, le père Orlemanski, sont invités en Union Soviétique où ils sont reçus avec les honneurs, rencontrent des communistes polonais et des soldats de la division "Kosciuszko". Mais à leur retour aux Etats-Unis, les deux émissaires font des déclarations pro-soviétiques qui indisposent les Polonais des Etats-Unis et la presse américaine. Oskar Lange obtient, avec l'appui du Département d'Etat, de rencontrer Mikolajczyk à l'occasion de son voyage à Washington, du 5 au 14 juin. Rapporté par Lange, le discours de Staline est très rassurant : le dictateur se défend de toute volonté d'ingérence dans les affaires polonaises et assure que, dans le gouvernement futur, il y aura de la place pour toutes les forces politiques, à l'exception des "fascistes". Lange lui-même renchérit dans ce sens, ajoute que les Polonais d'URSS ne veulent en aucun cas perdre Lwow. Mais s'il n'y a pas d'accord entre ces derniers et les Polonais de Londres, alors les Soviétiques remettront les pouvoirs, au fur et à mesure de la libération, à des responsables locaux choisis par eux. Après s'être longtemps dérobé aux demandes d'entrevue de Mikolajczyk, Roosevelt, qui prépare sa campagne électorale, le reçoit donc aux Etats-Unis, en plein débarquement allié en Normandie, avec force protestations d'amitié. Le président lui suggère à mots couverts de se séparer des membres de son gouvernement les plus hostiles à l'URSS, en particulier Sosnkowski, mais se garde de prendre des engagements précis : il promet 20 millions de dollars à la résistance polonaise, mais finira par renoncer à ce projet devant l'opposition soviétique. Le président américain se propose également d'intercéder en faveur d'une visite de Mikolajczyk à Moscou. L'excellent climat de la visite ravive les illusions de Mikolajczyk et son entourage sur les intentions des Etats-Unis envers la Pologne. De retour à Londres, Mikolajczyk voit Churchill à qui il demande d'appuyer, auprès de Staline, son projet de visite - tenu secret - à Moscou. Il rencontre également à plusieurs reprises, également dans le plus grand secret, l'ancien ambassadeur soviétique auprès du gouvernement polonais, Lebedev, pour le sonder sur l'attitude de Moscou à l'égard de la Pologne. La réponse est invariablement la même, confirmée d'ailleurs par la correspondance entre Staline et ses deux alliés : la reconnaissance de la "ligne Curzon", l'éviction des éléments "fascistes" (59) du gouvernement et sa "reconstruction" avec des Polonais de Pologne, des Etats-Unis et d'URSS (60). Deux nouvelles exigences sont même ajoutées : un acte de contrition du nouveau gouvernement sur l'affaire de Katyn et l'abandon de la constitution "fasciste" de 1935. "Dans ces conditions, nous n'avons plus rien à nous dire", conclut Mikolajczyk le 23 juin avant de prendre congé de l'ambassadeur soviétique (61). L'impasse est totale. Elle permet à Staline, qui à Téhéran a obtenu l'accord de principe des deux Occidentaux sur un déplacement vers l'ouest de la Pologne, de mettre en place tous les éléments de la deuxième phase de son plan : la création d'un gouvernement pro-soviétique sur le sol polonais, facilitée par la maîtrise des opérations militaires dans cette zone. Le gouvernement de Londres, qui ignore toujours les arrangements de Téhéran, est peu à peu relégué dans un combat d'arrière- garde, prélude à son élimination. D - LA RESISTANCE EN POLOGNE (JUIN 1943-JUILLET 1944). Les revers subis sur le front est et les besoins économiques du Reich épargnent au pays les rigueurs de la germanisation, repoussée à des jours meilleurs, mais ne le soulagent nullement de la terreur nazie. En juin 1943, la Gestapo réussit à arrêter Grot-Rowecki. Il sera exécuté en août 1944. Le général Tadeusz Komorowski, "Bor" de son pseudonyme, lié au Parti National, militaire brillant, mais dépourvu de l'expérience politique de son prédécesseur, lui succède à la tête de l'AK. "De petite taille", note Jan Nowak, "mince, chauve, il avait une tête menue, une fine moustache soignée et des yeux un peu féminins. Sa silhouette tout entière, mais surtout ces yeux, trahissaient une noblesse attachante et la probité". Cette silhouette, ajoute-t-il, "était si étrangement peu accordée à la légende attachée au chef d'une organisation rassemblant presque toute la nation" (62). Bor-Komorowski est encadré par les fortes personnalités de l'équipe de Rowecki : le chef d'état-major, le colonel Tadeusz Pelczynski, très influent -"un visage rectangulaire et le regard intelligent et très grave", observe encore Jan Nowak (63) - et le colonel Leopold Okulicki, tous deux partisans d'une ligne dure envers l'URSS. Bor poursuit l'action d'intégration dans l'AK des différentes formations militaires qui ne l'ont pas encore rejointe : entre l'automne 1943 et le printemps 1944, les formations clandestines d'extrême-droite (NSZ- Uderzenie ) rallient à leur tour l'AK, au prix de scissions qui produiront des groupuscules extrémistes indépendants, peu nombreux, mais très nocifs pour elle, tels que les Phalanges ONR ou, à partir de juin 1944, la Brygada swietokrzyska . De 200 000, fin 1942, les effectifs de l'armée clandestine de la Résistance passent à 300 000 en 1943 et atteindront près de 400 000 membres assermentés en juillet 1944. Sur le terrain, l'AK rencontre des difficultés croissantes non pas tant avec les Allemands qu'avec les partisans soviétiques parachutés sur l'est du territoire polonais, qui ont instruction de désarmer ou d'exécuter les partisans polonais (64). Si le tableau de la résistance armée se simplifie, la configuration politique de la clandestinité connaît une évolution inverse. Certes, en dépit des ruptures temporaires, l'"accord à quatre" du Parti National, du Parti Socialiste, du Parti Paysan et du Parti du Travail tient bon. Le 15 août 1943, ils rendent publique une déclaration de programme qui indique leur doctrine commune jusqu'aux élections futures : mise en place d'un parlement clandestin provisoire et d'un appareil d'Etat excluant les forces totalitaires, principe de l'intangibilité des frontières à l'est, large accès à la mer à l'ouest, confédération d'Etats en Europe centrale, autonomie des minorités, réforme agraire et plein emploi. Mais la prétention de cette coalition à représenter la nation est contestée par les autres formations, qui en sont exclues. Les grandes lignes de clivage entre tous les partis sont les questions, essentielles il est vrai, des frontières, du système institutionnel, des minorités, de l'organisation économique et agraire de l'après-guerre. Si tous les partis se prononcent en faveur de frontières élargies à l'ouest, seuls les partis de droite (Parti National, pilsudskistes) et le Parti du Travail revendiquent les frontières de 1772, celles de la Grande Pologne. C'est également à droite que l'on trouve des positions antisémites affichées - expulsion des Juifs - et la préférence pour une organisation corporatiste de l'économie. Les partis de gauche, le Parti Paysan et le Parti Socialiste - ou plutôt sa branche majoritaire, dite WRN [16] - sont explicitement en faveur d'un régime démocratique, de l'égalité juridique des minorités, de la nationalisation de l'industrie et des grandes propriétés terriennes, d'une économie coopérative et planifiée. Parmi les autres partis exclus de la direction politique de la résistance, la "Confédération de la Nation" mérite mention eu égard au parcours politique ultérieur de son principal dirigeant, Boleslaw Piasecki, dans la Pologne d'après-guerre. Opposée, à l'instar des formations pilsudskistes (OPW [17] , KON), au gouvernement de Londres et à l'"accord à quatre", la "Confédération de la Nation" se prononce pour la formation d'un "empire slave" sous direction polonaise, l'expulsion des Juifs et une économie corporatiste. Elle acceptera néanmoins de soumettre sa formation, le maquis anti-soviétique Uderzenie (attaque), qu'elle contrôle, à l'autorité de l'AK. Tandis que le programme de la coalition est en butte aux critiques des partis de droite, la stratégie d'attentisme adoptée par l'AK est attaquée par une gauche qui se reconstitue pour l'essentiel autour du parti communiste (PPR) [18] . Une gauche dont les appels à l'action immédiate trouvent écho auprès de la jeunesse polonaise, d'une partie de l'intelligentsia et parmi les paysans, qui comprennent mal pourquoi il faut rester l'arme au pied alors que les Allemands battent en retraite. La formation paramilitaire communiste, la Gwardia Ludowa (G.L.) [19] , lance en août 1943 ses premiers attentats : le plus souvent commis à l'aveuglette, ils seront suivis de lourdes représailles (65). L'activisme de la mouvance communiste s'accroît début 1944, alors que l'Armée Rouge a franchi les frontières de 1939 de la Pologne. C'est ainsi que, dans une dépêche du 22 mai 1944 au gouvernement de Londres, Bor-Komorowski s'inquiétera de la "radicalisation" qu'il constate notamment chez les paysans : "tout pouvoir qui tenterait de freiner cette aspiration s'exposerait à des coups sérieux (...) le séparatisme des "Bataillons paysans" et les tendances révolutionnaires de la base provoquent sur le terrain de nombreux conflits avec l'AK" (66). L'AK et les autorités politiques de la Résistance se retrouvent donc confrontées à la surenchère d'un adversaire politique beaucoup plus faible, mais pugnace et déterminé. Ce n'est pas une surprise. Animée, pour d'évidentes raisons, par un fort sentiment anticommuniste, la Résistance avait depuis 1942 cherché à s'informer sur les actions des groupes communistes et avait même fondé pendant l'automne 1943, un "comité anticommuniste" - qui deviendra par la suite l' Antyk . Puis, dans un nouveau réflexe défensif, lorsque le 31 décembre 1943, les communistes créent, sous le nom de "Conseil National de l'Intérieur" (KRN) [20] , un organe de représentation de la nation, la Résistance réplique en fondant le 9 janvier suivant le "Conseil de l'Unité Nationale" (RJN) [21] , qui se veut également un parlement de la Pologne clandestine. Ce conseil rassemble, sous la présidence du très populaire dirigeant socialiste Kazimierz Puzak, 17 membres issus, pour l'essentiel, des quatre partis. Dans les conditions de la clandestinité, il ne pourra cependant guère se réunir en formation plénière. Dans le même esprit défensif, le RJN adopte le 15 mars 1944 une déclaration - "Pourquoi lutte la nation polonaise?" - qui prévoit une constitution démocratique, le respect des minorités, la réforme agraire (confiscation des domaines de plus de 50 hectares), la nationalisation de l'industrie, la liberté syndicale, la sécurité sociale et l'autogestion ouvrière. Quant à la politique extérieure, la conseil se prononce pour des alliances à l'ouest, des relations de bon voisinage avec l'URSS sous réserve du respect, par celle- ci, de l'intégrité du territoire polonais, l'élargissement des frontières à l'ouest et l'annexion de la Prusse orientale, ainsi que le maintien des frontières de 1939 à l'est. Enfin, la Résistance révise sa stratégie d'action. En effet, avec l'abandon du projet de débarquement dans les Balkans et l'avance rapide du front de l'est, l'espoir d'une libération de la Pologne par les Anglo-Saxons s'est évanoui. De surcroît, il s'avère que l'armée allemande n'est pas, comme en 1918, au bord de l'effondrement. La stratégie d'insurrection générale "le moment venu" est donc de plus en plus inadéquate. Interrogé par Bor-Komorowski sur la conduite à tenir, le gouvernement de Londres, déchiré par les dissensions sur l'attitude vis-à-vis de Moscou, ne parvient à recommander qu'une posture passive et attentiste. Bor et les autres chefs de l'AK décident de passer outre et dès novembre 1943 donnent instruction aux commandants de secteurs de se préparer à la lutte contre les Allemands et à s'abstenir, sauf légitime défense, de s'en prendre aux Soviétiques. Contre les Allemands, la lutte prendra la forme d'actions renforcées de sabotage sur les arrières de l'ennemi et de combat au fur et à mesure de l'avance du front. Les unités de l'AK doivent ainsi affirmer la souveraineté polonaise sur les territoires libérés et quitter la clandestinité pour recevoir l'Armée Rouge en "maître des lieux". L'instruction proscrit toute incorporation des unités ou des individus dans les rangs de l'armée Berling. Enfin, les préparatifs d'une nouvelle clandestinité doivent être entrepris pour faire face à une éventuelle répression soviétique. Ce scénario reçoit le nom d'"opération Burza [22] 2 ". A Londres, Mikolajczyk accepte avec satisfaction et soulagement ce plan, contraire, certes, aux instructions du gouvernement, mais qui permettra de démontrer à tous la bonne volonté polonaise et qui, de surcroît, va au-devant des souhaits britanniques. Le plan Burza est appliqué pour la première fois à grande échelle en Volhynie, en mars 1944 : forte de quelque 6 000 hommes, la 27ème division d'infanterie du colonel Kiwerski, aux termes d'un accord avec le commandement de l'Armée Rouge, combat et manoeuvre avec elle. Mais les représentants du NKVD, qui apparaissent dans le sillage immédiat des troupes, dénient toute valeur à l'accord conclu et exigent l'intégration de la division dans les rangs de l'armée polonaise du général Berling, elle-même partie intégrante des forces soviétiques. Les soldats y sont enrôlés de force, les officiers sont déportés. Tout au long de l'avance soviétique, le scénario de cette singulière "coopération" demeurera le même : les unités polonaises sont utilisées jusqu'à la fin d'une opération militaire. Puis, sur l'intervention du NKVD, elles sont désarmées, et se voient offrir le choix entre l'arrestation et la déportation d'une part, l'enrôlement dans l'armée Berling d'autre part. Tel sera notamment le cas à Vilnius, enlevée conjointement, après de durs combats, le 13 juillet, par l'armée soviétique et deux divisions de l'AK commandées par le général Wilk. Félicité pour le courage de ses hommes, Wilk est convié, avec ses officiers, par son homologue soviétique, le général Tcherniakovski, à une conférence d'état-major dont ils ne reviendront pas, arrêtés et inculpés de "collaboration avec les Allemands" avant d'être envoyés en prison à Moscou. Après une tentative de fuite, la plupart de ses 7 000 hommes seront capturés par les Soviétiques et sommés à leur tour de choisir entre la déportation et l'enrôlement dans les troupes de Berling. A Lwow, le même scénario se répète le 26 juillet avec le colonel Filipkowski, ainsi que dans la région de Lublin, où l'AK parvient même à conserver le contrôle d'une zone libérée pendant une semaine. Au et fur et à mesure de l'avance des troupes soviétiques, l'AK est, dans les régions libérées, neutralisée avec rapidité et efficacité par un NKVD qui investit les lieux après le passage des unités régulières, ratisse campagnes et agglomérations, procède aux arrestations et à la mise en place de l'appareil policier. L'embryon d'organisation clandestine NIE [23] que la direction de l'AK, prévoyant la suite des événements, avait commencé à mettre en place à l'est du front, sera ainsi annihilé avant d'avoir pu être véritablement constitué. IV - LE MOUVEMENT COMMUNISTE POLONAIS. A - LE SOCIALISME POLONAIS AVANT LA PREMIERE GUERRE MONDIALE C'est en exil, à Paris, Londres et Zurich, que le socialisme polonais voit le jour, porté par les vagues d'émigration consécutives aux insurrections de 1830 et 1863. Agrarien et patriotique au début, le socialisme polonais perd le premier attribut au fur et à mesure que croît l'influence des théoriciens du socialisme. Dans la Pologne alors divisée entre trois empires, c'est dans la partie annexée par la Russie - le "Royaume de Pologne" - que les idées socialistes trouvent le terreau le plus favorable : cette Pologne-là, meurtrie par l'échec de l'insurrection de 1863, subit le châtiment d'une lourde répression et d'une russification intense. Une contrepartie en est la levée des barrières douanières avec la Russie : la Pologne bénéficie d'une industrialisation rapide dont témoigne la ville-champignon de Lodz, capitale du textile. Autre conséquence de la mise au pas de ce qui s'appelle désormais "les pays de la Vistule", l'Université polonaise de Varsovie est fermée par les autorités tsaristes : les jeunes Polonais aisés vont étudier dans les Universités russes, où ils se frottent aux populistes de "Terre et Liberté" et de "La Volonté du Peuple" ( Narodnaïa Volia ). Enfin, l'intelligentsia polonaise est d'autant plus ouverte à ces idées nouvelles que leur grand théoricien, Karl Marx, a toujours soutenu la cause de l'indépendance de la Pologne. C'est cependant en Galicie, annexée par l'empire austro-hongrois, qu'apparaissent, peu après 1870, les premiers cercles socialistes. Le mouvement atteint Varsovie en 1876 avec le retour de Saint-Petersbourg, où il a été exclu de l'Institut de technologie, d'un étudiant de vingt ans, Ludwik Warynski. Issu d'une famille de la petite noblesse polonaise d'Ukraine occidentale, c'est un orateur brillant et un organisateur talentueux. En l'espace de deux ans, il parvient, moyennant un activisme inlassable, à organiser dans les usines de Varsovie un réseau de syndicats clandestins appelés "caisses de résistance" et regroupant quelque 300 à 400 ouvriers. En 1878, Warynski rédige un "programme des socialistes polonais" qui puise à la fois dans le marxisme et l'anarcho-syndicalisme. Mais les arrestations opérées par la police tsariste finissent par décimer le mouvement clandestin, dont les dirigeants se réfugient à l'étranger - en l'occurrence Lwow, Cracovie et Poznan - où ils transplantent leurs idées et leurs méthodes d'organisation. En 1881, Warynski revient à Varsovie avec l'intention de fonder un parti socialiste de masse. Ce sera chose faite un an plus tard, avec l'apparition du "Parti Social-Révolutionnaire du Prolétariat", plus connu sous la dénomination de "Prolétariat". Ses membres communient dans la conviction de l'imminence d'une révolution prolétarienne dans l'Empire russe, s'opposant en cela à un autre courant du socialisme, incarné par Boleslaw Limanowski, lui aussi issu d'une famille de la petite noblesse des confins orientaux. Moins brillant, mais plus réaliste que Warynski, cet érudit, que le régime tsariste a exilé six ans dans les profondeurs de la Russie, a fondé en 1881, à Genève, un parti, "le Peuple Polonais", dont le programme prévoit au premier chef la libération de la Pologne du joug russe, prélude à une révolution socialiste ultérieure. "Ainsi tout le schéma du développement futur était-il en train de se mettre en place dès 1882", écrit l'historien Dziewanowski, "d'un côté, la position plus patriotique, représentée par Limanowski, mettait l'accent sur un amalgame de socialisme et de sentiment national; de l'autre côté, la branche cosmopolite tendait à faire prévaloir les intérêts d'une révolution sociale internationale sur tout le reste, et était déterminée à établir des liens étroits avec les camarades russes"(67). Mais à la différence du "Peuple polonais", "Prolétariat" agit en Pologne occupée et, influencé par les nihilistes et les populistes russes, n'hésite pas à recourir au terrorisme, ce qui lui sera rapidement fatal : à l'origine de quelques assassinats et d'une grève sanglante à Zyrardow, en 1883, le groupe de Warynski est en effet démantelé par la police tsariste. Warynski mourra en prison en 1889. Le coup est sévère pour le mouvement socialiste, encore embryonnaire. Une tentative de recréer, en 1888, sous le nom de "Prolétariat II", le parti disparu reste sans lendemain. En 1889, Julian Marchlewski et Adolf Warski entreprennent de reprendre l'héritage de Warynski en créant l'"Union des travailleurs polonais" (ZPR) [24] mais, après une nouvelle grève sauvagement réprimée, le 1er mai 1892, le mouvement est à nouveau disloqué. La fermentation des idées socialistes ne s'arrête pas pour autant. En novembre 1892, à l'initiative de Limanowski et d'un autre socialiste, Stanislaw Mendelson, se réunit à Paris un congrès des socialistes polonais qui appelle à la formation d'un parti unifié et adopte un programme politique inspiré de celui du parti social-démocrate allemand, le programme d'Erfurt : une Pologne libérée et démocratique est la condition préalable d'un passage progressif au socialisme. Le "Parti Socialiste Polonais" (PPS) [25] est formellement fondé quelques mois plus tard, en 1893, près de Vilnius. Il fédère les trois branches des zones allemande, russe et autrichienne. Un Polonais de 26 ans s'impose rapidement comme la cheville ouvrière du nouveau parti : né dans une famille aristocratique de la région de Vilnius, Jozef Pilsudski a été élevé dans le culte de l'insurrection de 1863 et il revient mûri d'un exil de cinq ans en Russie pour avoir participé à la préparation d'un attentat contre le tsar Alexandre II. Le mouvement concurrent, qui se réclame de la tradition "internationaliste" incarnée par Warynski, rejette les thèses du Congrès de Paris et s'organise lui aussi, la même année, avec la fondation à Zurich de la "Social-Démocratie du Royaume de Pologne" (SDKP) [26] . Il regroupe le parti de Marchlewski (ZPR) et des socialistes qui ont refusé l'adhésion au PPS. C'est au congrès fondateur du SDKP qu'apparaît pour la première fois une jeune et brillante intellectuelle juive de 22 ans, Rosa Luksemburg, en exil à Zurich, qui sera à la fois la théoricienne et l'égérie de cette fraction du socialisme polonais. A partir de ce moment, les dissensions ne cesseront de se renforcer entre les "cosmopolites" et les "social-patriotes", ainsi qu'ils s'invectivent les uns les autres. Pour le PPS, qui compte dans ses rangs nombre de marxistes, l'indépendance nationale est une étape préalable indispensable dans la voie vers le socialisme. Pour le SDKP et Rosa Luksemburg - accusés par le PPS de trahir et la patrie et l'enseignement de Karl Marx - "le prolétaire n'a pas de patrie", et l'indépendance de la Pologne ne peut qu'être néfaste aux prolétaires polonais. C'est autour de ce point - crucial il est vrai - que se cristallisera à l'avenir la division du mouvement socialiste en Pologne. Le PPS, fort de ses aspirations nationalistes - qui rencontrent une grande résonance tant auprès des intellectuels qu'auprès des ouvriers - et d'une implantation dans les trois parties de la Pologne occupée, gagne le plus d'influence. Mais si le socialisme "nationaliste" a le vent en poupe, le socialisme "cosmopolite" n'est nullement défait. En 1899, Felix Dzierzynski, un aristocrate devenu révolutionnaire professionnel - et fanatique - retour d'exil, entreprend de rallier les socialistes lituaniens au SDKP qui devient la "Social-Démocratie du Royaume de Pologne et de Lituanie" (SDKPiL) [27] . Un troisième parti socialiste, spécifiquement juif, le Bund, est créé à Vilnius en 1897. Bien qu'il ne se reconnaisse pas dans l'orthodoxie marxiste du SDKP, il est hostile à l'indépendance de la Pologne. Le SDKPiL n'échappe pas lui-même aux tensions internes, entre Dzierzynski notamment, partisan de l'intégration dans les rangs du parti ouvrier social-démocrate de Russie, et Rosa Luksemburg, hostile au centralisme "démocratique", synonyme en fait de dictature, et aux positions de Lénine sur l'autodétermination des nationalités de l'empire russe. C'est autour de ces thèmes que va se développer, pendant les premières années du siècle, la polémique fameuse entre Lénine et la jeune révolutionnaire. La révolution de 1905 provoque un nouveau bouleversement : le PPS, rallié à la thèse de la lutte armée, doté d'une formation paramilitaire clandestine, estime le moment venu de porter l'estocade au régime tsariste et s'engage entièrement dans le mouvement de grèves et d'émeutes, dont le bilan s'élève à des centaines de morts. L'échec de cette tentative d'insurrection ternit le prestige du PPS dont les rangs et les appuis fondent au profit du parti de Rosa Luksemburg ou de la force montante du moment, le parti national-démocrate de Roman Dmowski, adversaire des socialistes. En 1906, le PPS se scinde : une aile gauche, majoritaire, regroupe la jeune génération dans une nouvelle formation qui prend la dénomination de PPS- Lewica (PPS-Gauche). L'aile droite, minoritaire, rassemble un petit nombre de partisans de Jozef Pilsudski, qui a maintenant 39 ans. Abandonnant peu à peu les idéaux socialistes, il entreprend de former, toujours dans la clandestinité, les cadres de la future Pologne indépendante. Quant au SDKPiL, qui revendique 25 000 membres (68), il finit par rejoindre en 1906, de même que le Bund juif, le mouvement socialiste russe où il apportera, le plus souvent, aux bolcheviki l'appoint nécessaire pour être majoritaires. Jusqu'à l'indépendance de la Pologne, les socialistes polonais demeureront affaiblis, déchirés par les dissensions internes et, surtout, numériquement marginaux dans une nation à prédominance rurale. Mais leur apport aura été significatif à deux points de vue au moins : le SDKPiL donnera au mouvement communiste international une élite de révolutionnaires déterminés et professionnels - Rosa Luksemburg, Julian Marchlewski, Feliks Dzierzynski, Adolf Warski, Karl Radek - du niveau des meilleurs dirigeants bolcheviques de Russie. D'autre part, le mouvement socialiste polonais, en forgeant un cadre doctrinal et une méthode d'action clandestine, aura servi de "couveuse" à un mouvement de libération nationale qui ne tardera pas à s'émanciper. Pilsudski, chef de file de ce courant, traduira ce choix, en 1918, par une formule restée célèbre : "j'ai pris (...) le tramway du Socialisme, mais je suis descendu à la station Indépendance". B - LE PARTI COMMUNISTE POLONAIS : FONDATION ET DISPARITION. La première guerre mondiale divise les socialistes polonais selon les mêmes lignes de clivage que dans le reste de l'Europe. Le camp "cosmopolite" (SDKPiL et PPS- Lewica ) dénonce la "guerre impérialiste" et affiche des positions pacifistes. Les socialistes du PPS voient là l'occasion de conquérir enfin l'indépendance et choisissent de s'appuyer, à cette fin, sur l'empire austro-hongrois. Mais au sein même du premier camp, rallié aux bolcheviques russes, la polémique se poursuit entre Dzierzynski et Lénine sur l'indépendance de la Pologne. Ce dernier reste inflexible et, en avril 1917, la conférence du parti révolutionnaire proclame "le droit des nations de la Russie à faire sécession et à former des Etats indépendants". Plus que d'un choix idéologique, il s'agit là d'un choix tactique de Lénine, soucieux avant tout d'assurer la victoire de la révolution et décidé à ne pas laisser entraver la réalisation de ce dessein par des tergiversations sur la Pologne ou la Finlande. Après la Révolution d'Octobre et le "décret sur la paix", puis le traité de Brest- Litovsk, l'Etat polonais indépendant s'esquisse, fruit d'une aspiration unanime des Polonais et d'une politique de faits accomplis irréversibles, adroitement conduite par des dirigeants comme Pilsudski ou Dmowski. Cette évolution contrarie fortement les socialistes révolutionnaires polonais, mais leurs protestations restent surtout orales : totalement en porte-à-faux par rapport à un sentiment général d'aspiration à l'indépendance, ils occupent une position marginale et, sauf en quelques centres industriels, sont dépourvus d'influence auprès des ouvriers. De plus, la plupart des cadres du parti, 7 000 environ (69), sont en URSS, absorbés par la révolution, ou en Allemagne, derrière Rosa Luksemburg et Marchlewski, occupés à allumer les feux de l'"embrasement révolutionnaire" de l'Europe. Le 11 novembre 1918 est fondé l'Etat polonais indépendant, dans la confusion de l'effondrement des puissances occupantes, l'Allemagne et l'Autriche. Des "conseils ouvriers et paysans" surgissent à travers le pays, à l'instigation des partis de gauche. Une république est fondée à Lublin par un conseil qui se proclame gouvernement de la Pologne, mais finit par se rallier au gouvernement socialiste - contrôlé par Pilsudski de Varsovie. Seuls quelques conseils dans la vallée de la Dabrowa (Haute Silésie), dirigés par le SDKPiL et forts de milices armées, refusent pendant quelques semaines de se soumettre au pouvoir central. Puis, avec la normalisation politique et la consolidation du pouvoir de Varsovie, les conseils disparaissent. Les socialistes révolutionnaires du SDKPiL et du PPS- Lewica , à la différence des révolutionnaires russes, se sont révélés incapables de mettre à profit la confusion du moment et l'énergie spontanée libérée dans ces conseils. Qui plus est, la formation d'un Etat indépendant est un démenti cruel à leurs postulats sur l'"ineptie" d'une telle idée. Le SDKPiL, conscient de la faiblesse de son organisation, mais fort de son inébranlable optimisme, et convaincu de l'imminence de la révolution en Europe, entreprend de fonder un parti communiste. En novembre 1918, il parvient à obtenir le ralliement à ses thèses du PPS- Lewica et du 15 au 17 décembre suivant a lieu, à Varsovie, le congrès qui sanctionne la fusion des deux partis en un "Parti Communiste Ouvrier Polonais" (KPRP) [28] . Le nouveau parti se fixe pour tâche de renverser l'Etat bourgeois, qu'il persiste à tenir pour provisoire - un "Etat saisonnier" - , pour lui substituer une dictature du prolétariat conforme au modèle bolchevique. En vérité, son programme va au-delà de ce modèle puisqu'il préconise la collectivisation totale des terres et tient pour nulle, au nom de la révolution mondiale imminente, l'indépendance de l'Etat polonais. La filiation avec les thèses de Rosa Luksemburg est manifeste. Fidèle à cette ligne, le parti communiste s'oppose à la création de l'armée polonaise et boycotte les élections parlementaires de février 1919, puis, lorsque le gouvernement édicte une obligation de déclaration pour tout parti ou association, le KPRP se refuse à accomplir cette formalité, entrant ainsi dans une semi-illégalité qui durera 20 ans. De l'extérieur, le parti reçoit l'aide de l'URSS qui lui envoie des révolutionnaires professionnels en la personne de Marchlewski et Wesolowski, aussitôt expulsés - le second sera tué à la suite d'une bavure policière. Pour Moscou, en effet, la Pologne est un pivot important, "pont" par lequel la révolution doit atteindre l'Allemagne et l'Europe occidentale. Pilsudski, en revanche voit dans la Pologne un élément central du "cordon sanitaire" qui doit contenir l'expansionnisme soviétique. Pendant la guerre soviéto-polonaise de 1920, les communistes polonais prennent fait et cause pour l'URSS dans cette "guerre de classe" qui doit "libérer les prolétaires polonais de l'oppression bourgeoise". Fin juillet, contre l'avis de Trotski, favorable à la conclusion de la paix (70), Lénine et le bureau politique du parti bolchevique décident de poursuivre l'offensive de l'Armée Rouge jusqu'à Varsovie, la capitale polonaise n'étant elle-même qu'une étape sur la route de Berlin. La doctrine de "l'embrasement révolutionnaire" est alors à son apogée, Lénine croyant l'Allemagne au bord de la révolution. Après la prise de la première grande ville polonaise, Bialystok, un comité révolutionnaire provisoire est fondé à Moscou le 2 août 1920, préfiguration d'un gouvernement provisoire de la future république soviétique de Pologne. Présidé par Marchlewski, il est en fait dirigé par Dzierzynski et inonde la Pologne de propagande et d'appels à l'insurrection. Cette agitation reste sans écho auprès d'une population paysanne à 70% et qui, venant de goûter à l'indépendance après un siècle et demi d'occupation russe, n'a pas la moindre envie de revenir sous ce joug. Dans un sursaut de volonté, entré dans la légende sous le nom de "miracle de la Vistule", les Polonais reprennent l'offensive et parviennent à défaire l'Armée Rouge, sonnant le glas des projets d'"embrasement révolutionnaire de l'Europe". Avec la normalisation de la vie politique (élections, constitution, rattachement de la Haute Silésie), le parti communiste paiera d'une marginalisation croissante son soutien à l'URSS et son hostilité à l'indépendance. Tous les autres partis désignent les communistes à l'opprobre comme "agents de Moscou". Ce discrédit interdit au KPRP de se poser en porte-parole d'un mécontentement populaire grandissant, au début des années 20, avec les difficultés économiques et l'instabilité politique. Ebranlé par la défaite soviétique, le KPRP doit endosser, peu après, la première volte-face de la politique soviétique. En mai 1921, Lénine décide le "pas en arrière" qui se traduit par une stratégie de "collaboration de classes" entérinée par le IIIème Congrès du Komintern - auquel le KPRP a adhéré peu après sa création. Ce revirement inaugure, pour le parti communiste polonais, une succession chaotique de fluctuations de la ligne politique, à contretemps, en général, de celles de la centrale moscovite, dont le KPRP est assez vite devenu financièrement dépendant. Une nouvelle direction est élue pour appliquer cette nouvelle politique, avec Adolf Warski, Henryk Walecki et Wera Kostrzewa - "les 3 W" - et c'est à contrecoeur que les communistes polonais se résignent à proposer leur collaboration aux socialistes du PPS, qui s'empressent de la décliner. De même, le KPRP participe désormais à la vie politique de la Pologne. Se présentant aux élections parlementaires de novembre 1922 sous un nom d'emprunt, il ne recueille que 132 000 suffrages et 2 députés (71). Si ses prises de position en faveur de la confiscation des grands domaines et leur redistribution aux paysans peuvent lui valoir quelque audience dans le pays, celle-ci est annulée par la très impopulaire proposition du parti de restituer à l'URSS l'Ukraine et la Biélorussie occidentales fraîchement conquises. Le KPRP se déclare territorialement incompétent pour ces régions où des partis communistes séparés sont fondés en novembre 1923. En l'absence de succès intérieurs, la vie du parti est surtout animée par les congrès. Celui de 1923, à Moscou, est remarquable en ce que le KPRP abandonne sa théorie antérieure de l'"Etat saisonnier" et reconnaît comme un fait l'existence d'un Etat polonais souverain. La direction s'emploie également à extirper du parti les traces de "luksemburgisme". Mais le turbulent parti polonais est loin d'avoir intégré toutes les exigences de l'"internationalisme" - dans sa conception soviétique - puisque, à la veille du Vème Congrès du Komintern , il commet, note l'historien M. K. Dziewanowski, "la suprême imprudence de se mêler des affaires intérieures du PCUS" (72) en prenant fait et cause pour Trotski et donc contre Staline, à un moment où la lutte pour le pouvoir a tourné à l'avantage de celui-ci. Dans les rangs du KPRP, qui a participé en mars 1919 à la fondation du Komintern - dominé par des trotskistes jusqu'à la mort de Lénine - Trotski jouit d'un prestige bien plus grand que Staline, l'avocat du "socialisme dans un seul pays". Staline encourage donc une faction minoritaire du parti, avec notamment Julian Leszczynski et Alfred Lampe, à attaquer la "majorité", c'est-à-dire "les 3 W", lors du Vème Congrès du Komintern , à Moscou, en juillet 1924, pour "attitude conciliante envers les forces bourgeoises en Pologne". Staline fait créer une commission spéciale, la "commission polonaise", avec Molotov, Dzierzynski, Jozef Unszlicht, Dimitri Manouilsky et Ernst Thälmann, commission dont il se réserve la présidence : à l'issue d'une enquête sommaire sur "l'opportunisme droitier" de la direction du parti, celle-ci est démise de son mandat et remplacée par une équipe plus accommodante, où figurent des hommes comme Leszczynski et Leon Purman. Au nom du Komintern , Manouilsky, l'homme-lige de Staline à la tête de cette organisation, leur donne notamment instruction de militer pour la restitution, par la Pologne, non seulement de ses régions orientales à l'URSS - ce que le parti a déjà accepté - mais aussi, au nom du droit à l'autodétermination des peuples asservis, de la Haute Silésie et de la Poméranie à l'Allemagne (73). L'URSS veut affaiblir la Pologne hostile et aider le parti communiste allemand, en bien meilleure position, en 1925, que le KPRP, à accéder au pouvoir. Les décisions du Komintern sont entérinées, en mars 1925, par le 3ème Congrès du KPRP, qui se tient sous le mot d'ordre de "bolchévisation du parti" et décide de changer de dénomination en retirant l'épithète "ouvrier" pour devenir le "Parti Communiste Polonais" (KPP) [29] . Mais peu après, la nouvelle direction, pourtant réputée docile à Staline, retrouve les réflexes frondeurs du parti en critiquant d'autres "partis-frères". Aussitôt convoquée à Moscou, elle est destituée par une nouvelle commission spéciale du Komintern et remplacée par l'ancienne équipe dirigée par Adolf Warski. Lors du coup d'Etat de mai 1926, les communistes se laissent entraîner dans un nouveau piège sous prétexte de "barrer la route au fascisme", qu'incarne en l'occurrence le dirigeant du Parti Paysan, Wincenty Witos, alors chef du gouvernement. Par un étrange paradoxe, ils apportent leur appui à l'instigateur du coup, Pilsudski, qui fait aussitôt emprisonner les dirigeants communistes. Cette position, entrée dans l'histoire sous le nom d'"erreur de mai", vaudra au KPP de nombreuses critiques, notamment de la part de Staline. Le débat sur la responsabilité de l'"erreur" durera d'ailleurs plusieurs années, dans un climat de chasse aux sorcières, les "sorcières" étant, en l'espèce, des "agents pilsudskistes infiltrés" ou des "trotskistes". A la fin des années 1920, cette campagne aura permis à Staline d'éliminer toute opposition organisée au sein du parti, dont la direction est à nouveau confiée à Leszczynski. Le KPP reste avant tout un parti d'intellectuels : ceux-ci forment, en 1932, 59% de ses membres, alors que 31% de ses membres sont des paysans et ouvriers agricoles et 10% seulement des ouvriers. Une forte proportion des membres, et surtout des dirigeants, sont juifs - certaines estimations vont jusqu'à 60% (74) - et cette circonstance explique en partie les choix idéologiques du PPR : le régime d'avant 1918, où l'expression des différences nationales était bridé, était pour eux, à tout prendre, moins hostile qu'un Etat national polonais, dominé par l'Eglise catholique et sujet à un anti-sémitisme latent. Juifs, ils étaient attirés par le caractère universel et supranational du communisme alors que "pour les Polonais, le communisme, c'était les Russes, qu'ils méprisaient", note l'historien Nicholas Bethell (75). Si bien que, dans le pays, le parti communiste n'est jamais parvenu à se laver de son péché originel, l'hostilité à l'indépendance. Il recueille néanmoins, à la faveur de difficultés économiques persistantes, quelque 8% des voix et 7 sièges aux élections parlementaires de 1928. Les effets de la Grande Dépression lui donnent l'occasion d'agir concrètement, mais la maigreur des résultats des grèves et manifestations organisées par le KPP détournent de lui les ouvriers et chômeurs déçus. Quant à la revendication du rattachement à l'Allemagne de la Haute Silésie et de la Poméranie, où la population polonaise est au demeurant majoritaire, elle lui aliène davantage encore la sympathie des Polonais. Le début des années 30 voit la formation d'une opposition interne, animée par Isaac Deutscher, et qui plaide en faveur de la constitution d'un "front démocratique" contre la dictature de Pilsudski. Ces hérétiques sont exclus du parti au VIème Congrès en 1932, mais l'incident montre que les idées trotskistes sont loin d'avoir été extirpées dans le parti. Quelques années plus tard, Staline, inquiet de l'ascension d'Hitler, change de tactique et se met à plaider la cause d'un front uni contre le fascisme, choix ratifié par le VIIème Congrès du Komintern , en 1935. Les sociaux-démocrates, jusque-là conspués par le KPP en leur qualité d'"aile modérée du fascisme", deviennent du jour au lendemain des partenaires honorables. Les offres de coopération se heurtent néanmoins à chaque fois au refus des deux partis sollicités, le PPS et le Bund juif, ou à des conditions - retrait du Komintern - jugées inacceptables par les communistes. Par ailleurs l'avènement d'Hitler retire au KPP l'appui logistique que lui assurait la République de Weimar, laquelle trouvait dans ce parti un allié pour la cause du rattachement à l'Allemagne de la Haute Silésie. Le KPP finit par abandonner cette position, que lui avait imposée le Komintern , pour embrasser l'idéologie "patriotique" qu'il n'avait, depuis sa fondation, cessé de combattre. Affaibli par ses revirements incessants, ses dissensions internes et la répression de la police politique de Pilsudski, le KPP perd un peu davantage d'une influence déjà modeste. Dès 1933-34, d'autres nuages commencent à s'accumuler au-dessus du parti. Trois dirigeants communistes, anciens officiers de Pilsudski ralliés au parti, Czeszejko-Sochacki, Wojewodzki et Zarski, sont accusés par le Komintern d'être des "espions fascistes" ou des "trotskistes" et sont liquidés à Moscou. Cette première purge limitée ne fait qu'en annoncer une seconde, beaucoup plus massive, en 1937- 1938, en pleine hystérie des "procès de Moscou". De nombreux dirigeants du KPP résident alors à Moscou, certains sont rappelés de Pologne, voire des champs de bataille d'Espagne et exécutés sous d'absurdes accusations de collaboration avec le régime pilsudskiste. En 1938, la quasi-totalité des communistes polonais résidant sur le territoire soviétique aura été physiquement liquidée ou déportée : Warski, Leszczynski, Walecki, Unszlicht, Kostrzewa, Radek... L'historien Norman Davies évalue à 5 000 leur nombre (76). Une autre estimation atteint le chiffre de 19 000 (77). Les rares survivants [30] sont ceux dont le NKVD a jugé la collaboration utile. Paradoxalement, les chefs communistes de l'après-guerre, Bierut, Gomulka, Ochab, Finder, ne doivent leur salut qu'au fait d'avoir été dans les prisons pilsudskistes à ce moment-là et de n'avoir pu obéir à l'ordre de rappel de Moscou. Pour finir, le parti communiste polonais est dissous par décision du Komintern à une date inconnue, dont on sait seulement qu'elle est postérieure à mai 1938. Cet épisode reste aujourd'hui entouré d'un mystère que les révélations de la déstalinisation ne sont pas parvenues à lever. Du vivant de Staline, l'historiographie officielle communiste, en URSS comme en Pologne, affirme que toute la direction du parti était infiltrée par des agents de Pilsudski ou des trotskistes. Mais les historiens continuent de s'interroger sur les intentions réelles de Staline dans cette purge. Selon Souvarine (79), le parti communiste polonais, à prédominance juive, aurait constitué un obstacle à l'entente avec Hitler. Ou bien faut-il imputer le massacre à la volonté d'en finir avec cet "enfant terrible" du communisme qui provoquait d'autant plus la méfiance du dictateur qu'il n'était pas lavé du péché de "luksemburgisme" et continuait de cultiver une sensibilité trotskiste ? Ou encore Staline a-t-il considéré que la stratégie du "pont vers l'ouest" était définitivement dépassée ? Certes, la purge n'a pas frappé que des communistes polonais, mais aussi ceux d'autres nationalités, roumain, hongrois, tchèque, yougoslave (80). Seul le parti communiste polonais, toutefois, a fait l'objet d'une mesure de dissolution de la part du Komintern , mesure qui ne touchait pas ses filiales de Biélorussie et d'Ukraine. Rapprochée de la politique qui sera suivie par Staline en 1939, cette circonstance ne peut pas ne pas apparaître comme singulièrement prémonitoire des intentions de Staline à l'égard de la Pologne. C - LA RECONSTITUTION D'UNE FORCE COMMUNISTE. A la veille de la guerre, le mouvement communiste n'existe plus. Le Komintern avait bien décidé, en mai 1939, la reconstitution d'un parti communiste polonais, mais ce projet est rendu caduc par les événements. Avec l'attaque soviétique contre la Pologne et les exactions de l'URSS dans la zone orientale, le peu de crédit laborieusement gagné par les communistes avant-guerre est dilapidé. Paralysés par l'alliance de l'URSS avec l'Allemagne, ils disparaissent de la vie politique clandestine, laissant la résistance s'organiser en dehors d'eux. Les premiers bulletins clandestins n'apparaîtront, note le dernier chef de l'AK, Bor-Komorowski, qu'en novembre 1941, soit après 26 mois d'occupation allemande (81). Nombre de membres et de cadres de l'ancien parti se sont en effet réfugiés, après la défaite, en zone soviétique avec, pour certains, l'espoir de poursuivre la lutte contre l'Allemagne. Du fait de l'excellence des relations de celle-ci avec l'URSS, ils sont souvent mal accueillis par les autorités, qui les traitent en "traîtres", et quelquefois déportés en Sibérie (82). Mais il n'est pas rare qu'ils se voient assigner des postes dans l'administration locale ou les instances régionales du parti. Les intellectuels se sont rassemblés à Lwow, où un groupe d'écrivains, parmi lesquels Wanda Wasilewska, Jerzy Putrament, Alfred Lampe et Roman Werfel, fera paraître, à partir de janvier 1941, un hebdomadaire, "Nouveaux Horizons"; à Vilnius autour de Stefan Jedrychowski, ou encore à Bialystok, où se trouvent Stefan Wierblowski et Jakub Berman. C'est, semble-t-il, de Bialystok qu'émane la première demande de recréer un parti communiste, adressée au Komintern et provisoirement repoussée pour ne pas incommoder l'allié allemand. Dimitrov, le secrétaire du Komintern , dépêche cependant un émissaire sur place pour y présélectionner les membres du noyau dirigeant d'un éventuel parti communiste reconstitué (83). Ce n'est que vers la fin de 1940, alors que les relations soviéto-nazies se dégradent, que des groupes communistes se forment clandestinement dans la zone d'occupation allemande en recréant d'ailleurs les divisions entre trotskistes et staliniens. C'est ainsi que sont créés des clubs - "le prolétaire", "la faucille et le marteau", "les conseils révolutionnaires ouvriers et paysans", l'"association des amis de l'URSS" - favorables à l'intégration de la Pologne à l'Union Soviétique, ou encore l'"union pour la lutte de libération", animée notamment par Jerzy Albrecht. Mais ces groupes, fondés sans l'autorisation du Komintern , gardent le silence sur leur existence et, contrairement aux allégations de l'historiographie officielle de la Pologne d'après- guerre, s'abstiennent de toute action militaire (84). L'attaque de l'URSS par Hitler mettra un terme à cette situation étrange, provoquant une révision radicale des plans de Staline pour la Pologne. Après avoir nié pendant près de deux ans la qualité de nation à la Pologne occupée, le dictateur, qui s'apprête à renouer avec le gouvernement de Londres, traite à nouveau avec un Etat et une nation. L'hypothèse de la restauration d'un parti communiste revient à l'ordre du jour. Selon Jakub Berman, certains cadres communistes - Marceli Nowotko notamment - ont été appelés dès le printemps 1941, avant même l'offensive allemande, à Pouchkino, près de Moscou, où se trouve l'"Ecole du Komintern " (85). Ils y créent la section polonaise, rejointe, après l'attaque allemande contre l'URSS, par les autres communistes réfugiés dans la zone orientale de la Pologne. Deux "groupes d'initiative" sont alors formés qui élaborent en deux mois, sous l'oeil vigilant de Dimitrov, le programme d'action du futur parti : l'objectif premier est d'établir un "front uni" contre les Allemands, mais il s'agit avant tout de constituer un appareil clandestin dans la Pologne occupée. Compte tenu des conditions prévalant en Pologne et non sans quelques réticences de la part des vieux communistes, toute référence au communisme est soigneusement gommée, jusque dans le nom du parti. C'est Dimitrov lui-même qui en choisit le nom : "Parti Ouvrier Polonais"(86). Les circonstances de la gestation du futur parti communiste polonais resteront par la suite couvertes d'un épais voile de mystère : le PCUS refusera avec constance, par la suite, d'ouvrir les archives de cette époque, y compris aux historiens communistes polonais. Dès le début de l'été, les intellectuels pro-communistes de Vilnius, Lwow et Bialystok, également rapatriés vers Moscou, se voient confier la rédaction de la station de radio, baptisée "Kosciuszko", créée par les Soviétiques et qui commence à émettre en polonais dès juillet 1941. Pour ménager le gouvernement polonais de Londres avec lequel Moscou vient de renouer, la rédaction reçoit des consignes de modération. En septembre 1941, le premier des deux "groupes d'initiative" est prêt, mais l'avion qui emporte ses membres en Pologne s'écrase au sol. Equipage et passagers s'en tirent. Reportée de quelques mois, l'opération est retardée, de surcroît, par l'avance allemande. Ce n'est que le 28 décembre que le "groupe", composé de Marceli Nowotko, 48 ans, un ancien cadre du KPP rescapé des purges, de Pawel Finder, de Boleslaw Molojec et de trois autres membres, est parachuté, de nuit, dans la région de Varsovie. Ils nouent contact avec les militants communistes de la capitale - souvent des anciens du KPP. Le 5 janvier 1942, dans un appartement de la banlieue de Varsovie, à Zoliborz, est fondé le "Parti Ouvrier Polonais" (PPR), doté, selon la bonne règle, d'un Comité Central dont Nowotko, Molojec et Finder sont nommés secrétaires. Ce dernier exerce en fait les responsabilités de direction du Parti, Nowotko, chef du parti en titre, s'étant fracturé une jambe lors du parachutage. La tête de pont ainsi établie est renforcée par un second parachutage le 6 janvier. Peu après, à la mi-janvier, le nouveau parti, dans son organe clandestin, la "Tribune de la liberté" ( Trybuna wolnosci ), présente son programme sous la forme d'un "appel aux ouvriers, paysans, intellectuels et à tous les patriotes polonais" (87) : ceux-ci sont invités à former un "front national de lutte pour une Pologne libre et indépendante" et à passer à l'action armée immédiate. Ces mots d'ordre coïncident avec les intérêts d'une Union Soviétique sur la défensive et qui cherche à désorganiser les arrières allemands. Mais ils arrivent à contretemps de la stratégie de l'AK qui exclut, pour l'heure, toute action armée massive, d'autant plus volontiers que les deux ennemis héréditaires de la Pologne sont en train de s'entre-déchirer. Conformément aux consignes du Komintern , la propagande du PPR, diffusée par la presse clandestine du nouveau parti et par des tracts, se gardera de recourir à la phraséologie communiste, lui préférant une thématique "patriotique" et des mots d'ordre d'"unité nationale"- appels à former des "comités nationaux de lutte" regroupés en un "front" - ou de solidarité slave face à l'Allemagne. L'adjectif communiste est banni, y compris du nom des organisations que le Parti créera par la suite, et les liens avec Moscou sont passés sous silence : dès son second communiqué, le PPR proclame son attachement au marxisme-léninisme, mais se défend, suivant là encore les instructions de Dimitrov, d'être une section de l'Internationale Communiste (88). Ces précautions nourrissent la suspicion des communistes polonais restés au pays qui, privés de tout contact avec Moscou, redoutent une provocation et ne se pressent pas, tout d'abord, de rallier la nouvelle organisation. S'il reconnaît la justesse de la lutte de l'AK, le PPR n'en dénonce pas moins la passivité du mouvement de résistance d'obédience londonienne. Cette attitude va de pair avec la propagande soviétique qui, par le truchement de l'émetteur "Kosciuszko", ne cesse d'exhorter les Polonais à l'insurrection. Quant à son programme politique proprement dit et ses intentions pour l'après-guerre, le PPR garde, pour l'heure, le silence ou se borne à énoncer des lieux communs ; il ne les dévoilera qu'un an et demi plus tard, vers le milieu de 1943. L'heure, en effet, est à l'organisation et à l'action politique clandestine. Il s'agit tout d'abord de fédérer les groupuscules pro-communistes qui se sont constitués spontanément depuis un an, quelquefois démantelés par les Allemands, puis reformés : des émissaires du Comité Central s'en vont donc, par la Pologne occupée, établir des contacts avec les dirigeants de ces groupes clandestins, leur demander de se dissoudre et de rallier le nouveau parti. Entravée par la méfiance des intéressés, par leurs réserves vis-à-vis des nouvelles thèses du parti - la stratégie d'alliance - ou encore les conditions de la clandestinité - surtout dans les zones annexées au Reich - l'opération se prolonge pendant des mois. Elle ne sera achevée que vers la fin de l'année, même si les groupes les plus importants sont intégrés dès l'été 1942. Une question de principe se pose pour Lwow, qui, avant-guerre déjà, relevait de la "compétence territoriale" du PC d'Ukraine Occidentale, un parti indépendant du KPP. Considérant que la région est plus accessible depuis le territoire polonais et qu'il convient de contrer l'activisme de la résistance nationaliste ukrainienne, Dimitrov, le Secrétaire Général du Komintern , finit par autoriser le PPR à y organiser la résistance communiste. C'est chose faite en octobre 1942, mais dès l'été 1943, le PPR devra rétrocéder son organisation clandestine au PC d'Ukraine. En l'espace d'un semestre, le PPR, fort de l'expérience de semi-clandestinité du KPP, a reconstitué son réseau, selon le schéma immuable des cellules de base et des comités locaux, une structure pyramidale réglée par le centralisme démocratique. Le 19 juin 1942, dans sa première dépêche à Dimitrov, Nowotko l'informe que le parti compte 4 000 membres ; à la fin de l'année, ce chiffre sera, selon une dépêche datée du 12 janvier 1943, de 8 000, dont un tiers seulement d'anciens membres du KPP (89). Plus délicate est la création d'un bras armé du parti. Celui-ci s'est, en effet, vu attribuer, comme territoire d'opération l'ensemble de la zone d'occupation allemande définie par le pacte Molotov-Ribbentrop, à laquelle s'ajoute, pour quelques mois, la région de Lwow. La tâche de constituer une Milice, baptisée "Garde Populaire" (G.L.) [31] , est donc confiée à Boleslaw Molojec, un ancien des brigades internationales d'Espagne. Il est secondé par Marian Spychalski, un communiste de 36 ans de Varsovie, nommé chef d'état-major. Dès août 1942, pour une raison obscure - défiance de Nowotko vis-à-vis de Molojec ? - ce poste sera cependant confié à un ancien activiste du KPP, Franciszek Jozwiak, 47 ans, rapatrié à Varsovie après avoir combattu aux côtés des partisans soviétiques en Ukraine occidentale. Les dirigeants de la Gwardia Ludowa bénéficient de la discrète assistance technique d'un "conseiller" soviétique, le colonel Glebor, parachuté en Pologne fin 1941 (90). Elle n'est pas superflue, car le parti, privé avant-guerre de tout accès aux forces armées, manque singulièrement de compétences militaires : les seuls communistes qui aient quelqu'expérience en ce domaine sont les anciens combattants de la guerre civile d'Espagne et la plupart d'entre eux séjournent alors à l'étranger, notamment en France. Molojec y est dépêché pour battre le rappel de ses compagnons d'armes. Il s'acquitte avec un certain succès de sa mission, mais les effectifs de la Milice, recrutés pour l'essentiel en Pologne même, restent modestes : l'historiographie officielle fait état de 3 à 4 000 hommes en juin 1942 (91), les estimations occidentales font état d'un millier d'hommes à la fin de l'année 1942 (92). Un officier de la police politique polonaise passé à l'ouest en 1953, le colonel Swiatlo, considère, lui, qu'en dehors de Varsovie et de quelques autres grandes villes, le parti communiste et sa formation militaire sont quasiment inexistants (93). Cette circonstance confinera le PPR, par ailleurs pauvre en armements, dans une tactique d'attentats spectaculaires - bombe dans le "Café- club" de Varsovie - mais peu efficaces, non revendiqués et suivis généralement de lourdes représailles allemandes contre des civils, que l'opinion publique porte au discrédit de l'AK. Le PPR se dote également d'un service de renseignement, constitué avec l'aide d'agents du NKVD, et dont la tâche première est de surveiller les cadres et membres du parti eux-mêmes. Une organisation de jeunesse sera mise sur pied en 1943 : c'est, en effet, dans les rangs de la jeune génération, idéaliste et sensible au mot d'ordre d'action immédiate, que la propagande du PPR trouve le plus de résonance. Le parti entreprend par ailleurs d'infiltrer les mouvements de gauche dissidents des grands partis. Enfin, le PPR mène la lutte contre l'ennemi politique principal, l'AK, n'hésitant pas, semble-t-il, à recourir aux méthodes les plus cyniques. Si l'on en croit les révélations du colonel Swiatlo, Nowotko avait ainsi organisé, dans le plus grand secret, une "cellule de désinformation" dont l'une des tâches était de dénoncer à la Gestapo , comme communistes, les membres de l'AK. Il souhaitait confier la direction de cette cellule à Boleslaw Molojec, devenu son adjoint à la direction du parti. Celui- ci, le soupçonnant d'être un agent de la police secrète allemande, le fait assassiner le 28 novembre par son frère Zygmunt. La version de Swiatlo n'a pu être établie avec certitude. Toujours est-il que Pawel Finder, l'autre secrétaire du Comité Central , fait aussitôt constituer une commission d'enquête qui, à l'issue d'investigations rapides, identifie les auteurs de l'attentat. Un "tribunal" de circonstance est créé, formé de quatre membres, font Finder. Sans avoir entendu le principal accusé, ce "jury" condamne les deux frères à mort, alors que Boleslaw Molojec a déjà succédé à Nowotko à la tête du parti. La "sentence" est exécutée un mois plus tard. Un Soviétique d'origine polonaise et agissant sous un pseudonyme, ajoute Swiatlo, est finalement détaché à Varsovie où il exercera les fonctions de chef de la "cellule de désinformation" jusqu'à la fin de la guerre (94). Les circonstances troubles de ces événements, la diversité des versions publiées après-coup, les incertitudes sur les mobiles des frères Molojec, le climat de secret qui entoure cette affaire continueront, par la suite, de nourrir la polémique. L'identité des meurtriers de Nowotko ne sera révélée qu'en 1952, après que Bierut aura essayé d'imputer à Gomulka la responsabilité de cette mort [32] . Sur le plan politique, le PPR est soumis à la stratégie de Staline, qui s'impose sans discussion à l'ensemble du mouvement communiste international : les partis communistes doivent constituer, en s'alliant à des forces politiques "bourgeoises", des coalitions érigées en "front national antifasciste". Il n'est pas question, à ce stade, de former le moindre organe de pouvoir. Aussi, à l'automne 1942, le PPR entre-t-il en pourparlers avec la "délégation" du gouvernement de Londres pour établir, à égalité de droits, une coopération politique et surtout militaire, mais sans préjudice pour l'autonomie du parti ou de son bras armé, la Gwardia Ludowa . Cette offre est reçue avec des sentiments mitigés dans les milieux de la Résistance : certains y voient une tentative d'infiltration du réseau clandestin de l'AK. D'autres font valoir qu'on ne peut parler d'égalité de droits alors que l'AK compte quelque 200 000 hommes et la Gwardia Ludowa quelques milliers tout au plus. Une position commune est finalement arrêtée et le délégué de Londres pose trois conditions préalables à toute coopération : la rupture avec le Komintern , la reconnaissance publique de l'autorité du gouvernement de Londres et l'affirmation de l'intangibilité des frontières de la Pologne d'avant 1939. Pour le PPR, ces conditions sont bien entendu inacceptables et les négociations, conduites par Wladyslaw Gomulka, sont suspendues le 25 février 1943. La rupture, deux mois plus tard, entre Staline et le gouvernement polonais en exil les rend totalement caduques et le PPR renforce sa campagne de dénonciation de la passivité de l'AK. Mais respectueux des consignes de création d'un front national, il s'efforce de rassembler les organisations de gauche, notamment les groupuscules dissidents des grandes formations politiques comme le Parti Socialiste (PPS) et le Parti Paysan (SL). C'est ainsi que le PPR fait de l'entrisme dans la "Centrale des Partis Démocratiques" et le "Parti Socialiste des Ouvriers Polonais" (RPPS) [33] . Staline, dont la confiance dans cette expédition envoyée au loin, hors de portée du contrôle direct de Moscou et à la merci d'une rupture des communications, n'est pas sans limite, décide de se doter d'un autre instrument politique en réactivant le réseau des communistes polonais réfugiés en URSS. En février 1943 est créé, à Moscou, le comité d'organisation d'une future "Union des Patriotes Polonais" (ZPP) [34] , qui annonce sa fondation le 1er mars dans "La Pologne libre" ( Wolna Polska ), un hebdomadaire créé pour la circonstance : l'Union se propose de combattre pour une Pologne "vraiment libre, forte et indépendante, liée par des liens fraternels à l'URSS" (95). L'"Union des Patriotes" est autorisée à ouvrir des représentations à travers le territoire soviétique, qui succèdent aux "délégations" fermées après l'évacuation de l'armée Anders. Elles en poursuivent d'ailleurs la mission de recrutement parmi les nombreux Polonais toujours retenus en URSS. C'est ainsi que le 8 mai 1943 l'agence Tass annonce la formation au sein de l'Armée Rouge, "à la demande de l'Union des Patriotes Polonais", d'une division, baptisée "Kosciuszko", formée de Polonais et dont le commandement est confié au colonel Berling. Si le rang est constitué de Polonais dispersés à travers l'Union Soviétique, qui voient là une chance de quitter les camps de travail ou de sauver leur peau, l'encadrement est soigneusement trié, formé à hauteur de deux tiers d'officiers de l'Armée Rouge, quelquefois d'origine polonaise. Fin mai, les effectifs de la division Berling seront de 8 000 hommes et, fin juillet 1943, de 16 000 hommes. L'"Union des Patriotes" tient son premier Congrès à Moscou, à la mi-juin. Elle a constitué sa direction, où l'on retrouve des noms connus : Wanda Wasilewska, qui s'honore de la citoyenneté soviétique et de son titre de membre du Soviet Suprême et a l'oreille de Staline, Alfred Lampe, Zygmunt Berling, Stefan Jedrychowski, mais aussi Roman Zambrowski, Jakub Berman, Aleksander Zawadzki. Elle rend également publique une déclaration de programme assez vague qui laisse néanmoins entrevoir les contours des revendications futures : si le principe du partage des terres est proclamé, ni leur collectivisation ni celle de l'industrie ne sont encore demandées. Sur la question sensible des frontières, l'"Union des Patriotes" revendique l'expansion à l'ouest (Silésie, embouchure de la Vistule, la Prusse orientale), mais s'en tient à des formules contournées sur la frontière orientale : "la frontière du traité de Riga n'est pas compatible avec les aspirations des Ukrainiens et des Biélorusses (...), elle doit être un lien et non une barrière..." (96). A Varsovie, pendant ce temps, la ligne du PPR colle à celle de Moscou. Les relations avec la délégation du gouvernement de Londres, la Delegatura , et l'AK se détériorent au même rythme que les rapports de l'URSS avec le gouvernement polonais de Londres. L'affaire de Katyn, en avril 1943, plonge dans l'embarras les communistes, confrontés à la force des présomptions de culpabilité pesant sur les Soviétiques. Après quelques jours de silence, le parti reçoit d'abord la consigne de répandre la thèse de la "liquidation de réactionnaires polonais" avant de se rallier à l'explication soviétique lorsque celle-ci est enfin rendue publique (97). Malgré l'"indépendance" dont il se prévaut vis-à-vis du Komintern , le PPR ne peut s'empêcher d'applaudir, comme les autres partis communistes, à sa dissolution en mai 1943 (98). Pendant cette même année 1943 se développe une crise interne liée à l'arrivée d'une jeune génération qui conteste l'autorité et les positions de la direction stalinienne du parti, où Pawel Finder a succédé à Nowotko à la tête du secrétariat du Comité Central, assisté de deux adjoints, Wladyslaw Gomulka, secrétaire de l'organisation varsovienne du PPR, et Franciszek Witold-Jozwiak, chef de la Gwardia Ludowa . Gomulka, qui n'entrevoit aucune possibilité d'accord avec la résistance d'obédience londonienne, commence à caresser l'idée d'une structure de pouvoir, embryon d'un futur gouvernement. Cette idée est rejetée au PPR où Finder, préférant attendre d'éventuelles instructions du Komintern , s'en tient à l'inapplicable théorie de la coalition. Les positions du parti sur la frontière orientale sont également une pomme de discorde. Les thèses orthodoxes - celles de Moscou - finiront par l'emporter, mais les deux "sensibilités" continueront de s'opposer sur d'autres questions. Le 14 novembre 1943, Pawel Finder et Malgorzata Fornalska sont arrêtés par la Gestapo dans des circonstances troubles et il semble qu'à cette occasion le contact avec Moscou ait été momentanément rompu, Fornalska étant l'unique détentrice du chiffre des communications. Moscou mandate un de ses agents, Boleslaw Bierut, dépêché à Varsovie quelques mois plus tôt, pour contrebalancer l'influence des communistes "locaux" devenue trop forte avec la disparition des membres des groupes issus de l'Ecole du Komintern de Pouchkino. Agé de 51 ans, ancien militant du mouvement coopératif en Pologne, Bierut n'a entretenu que des rapports épisodiques avec le KPP pendant les années 20. S'étant mis au service du Komintern , il opérait dans différentes capitales européennes et en Pologne, où il fut emprisonné de 1933 à 1938, ce qui lui évita de disparaître, comme tant d'autres, dans les purges staliniennes. Après la défaite polonaise de 1939, il rejoint la zone soviétique où l'attaque allemande le surprend à Bialystok. Il se réfugie à Minsk où il demeurera deux ans. Sa biographie officielle reste très discrète sur ses activités pendant cette période, se contentant d'indiquer qu'il "tentait de nouer des contacts avec des unités de partisans" (99). En réalité, Bierut était employé dans l'administration allemande de la municipalité, au service de l'approvisionnement, très probablement mandaté par le NKVD. Après son arrivée à Varsovie, en juillet 1943, il entre au Comité Central du PPR, promotion qui, s'agissant d'un nouveau venu, témoigne de son importance. Apparatchik communiste modèle - "l'allure (...) et l'âme d'un employé de banque", observera la journaliste américaine Flora Lewis (100) - Bierut doit avant tout à ses talents d'organisateur méthodique et à une subordination sans réserves à Staline d'avoir été affecté à la direction du PPR. Il est élu secrétaire du Comité Central et entre donc dans la "troïka" dirigeante du parti. C'est cependant un communiste de sensibilité "nationale", Wladyslaw Gomulka, âgé de 38 ans, qui, le 23 novembre, est coopté pour succéder à Finder à la tête de cette "troïka". Né en 1905, fils d'un ouvrier socialiste revenu en Pologne après une expérience décevante d'émigration aux Etats-Unis, le jeune Gomulka commence très tôt à travailler dans l'industrie pétrolière, à Krosno, sa ville natale, en Galicie. A 16 ans, il adhère à l'organisation de jeunesse du Parti Socialiste (PPS), dont ses vues, de plus en plus radicales et marxistes, le font expulser en 1924. Gomulka est alors déjà engagé dans l'action syndicale et écrit dans des journaux de gauche. En 1926, malgré son attachement à l'indépendance de la Pologne, il adhère au parti communiste (KPP), mais il ne progresse guère dans la hiérarchie, dominée par des intellectuels. Car Gomulka est avant tout un "agitateur", un organisateur de grèves - notamment des grèves dites "polonaises", c'est-à-dire avec occupation des locaux - et c'est dans l'accomplissement de ces tâches, bien évidemment illégales, qu'il est, en 1932, arrêté et blessé à la jambe par la police pilsudskiste. Après deux années passées en prison, il est évacué vers Moscou où il séjournera en 1934 et 1935, en suivant les cours de l'"Ecole internationale Lénine". Ce séjour à Moscou sera biffé après 1956 de sa biographie officielle pour ne pas entacher l'image de "communiste national" que la propagande s'applique alors à créer. Rentré clandestinement en Pologne à la fin de 1935, il est à nouveau arrêté en mars 1936 et condamné à 7 années de prison. C'est en prison, à Sieradz, que la guerre le surprend. Libéré, il franchit, comme de nombreux autres communistes, la ligne de démarcation et, après un séjour de quelques mois à Bialystok, rejoint Lwow, en zone soviétique. Il y obtient un poste de responsabilité subalterne dans une imprimerie et est autorisé à écrire dans le journal communiste local. C'est à Lwow, également, qu'il devient membre du Parti Communiste d'URSS. Soit parce que son rang est trop modeste, soit parce que ses inclinations trop "nationalistes" le disqualifient, Gomulka n'est pas retenu dans l'un des "groupes d'initiative" créés par le Komintern en 1941. Après l'attaque allemande, il reste à Lwow, dans la clandestinité, jusqu'en janvier 1942 puis rejoint sa région d'origine de Rzeszow, où il commence à organiser le réseau local de résistance communiste. Un an plus tard, en août 1942, il rejoint la capitale occupée où il prend la tête du comité de Varsovie du PPR, et entre peu après au Comité Central du parti. Gomulka fait preuve de réelles capacités d'organisation et impose peu à peu son autorité dans la hiérarchie encore étique du parti. Nommé secrétaire du Comité Central en janvier 1943, après la disparition de Nowotko et de Molojec, il accède, malgré son jeune âge et une carrière relativement brève, au second poste politique du parti, les questions militaires étant sous la responsabilité de l'autre secrétaire, Witold-Jozwiak. C'est en cette qualité qu'il représente le parti dans les pourparlers infructueux de février 1943 avec les autorités civiles de la Résistance. Gomulka est également, avec Pawel Finder, le coauteur des thèses particulièrement modérées du PPR publiées en novembre 1943 sous le titre, "Pourquoi luttons-nous?". Intelligent, obstiné, endurci, Gomulka est un communiste sans états d'âme, acharné à faire triompher ses vues. Un trait le distingue des autres dirigeants communistes, qui, comme Bierut, proviennent d'Union Soviétique : "un indiscutable instinct politique", écrit l'historienne polonaise dissidente Krystyna Kersten, "et une sensibilité à la problématique nationale lui ont permis d'allier l'orthodoxie communiste avec un rapport lucide à la réalité" (101). Une fois nommé Premier Secrétaire, Gomulka appelle auprès de lui des amis comme Zenon Kliszko ou Wladyslaw Bienkowski, qui partagent ses vues. Le jour de l'arrestation de Finder, le Comité Central devait se réunir et approuver le projet de "manifeste" rédigé par Gomulka pour annoncer la création d'une structure politique qui servirait de cadre d'accueil aux quelques organisations favorables à un "front national" avec le PPR. La disparition de Finder, réticent à toute initiative politique autonome, et la rupture de la liaison radio avec Moscou, précipitent un processus auquel Gomulka, le nouveau chef du parti, est favorable. Le "manifeste" est rendu public le 15 décembre 1943 : il annonce au nom d'une dizaine d'organisations de la clandestinité - en fait le PPR, des groupuscules marginaux, ainsi que des noms de formations forgées de toutes pièces - la création d'une représentation politique de la nation polonaise sous le nom de "Conseil National de l'Intérieur" (KRN) 35 . Deux thèses sont, d'après l'historiographie officielle (102), en présence quant à la nature de cet organe. Gomulka veut en faire une instance centrale de coordination politique des organisations "démocratiques" - à l'image de la direction politique de la Résistance loyale au gouvernement de Londres - embryon d'un gouvernement provisoire. Bierut, en revanche, est partisan d'une assemblée centrale fédérant une pyramide de "conseils populaires locaux", inspirée du modèle soviétique. C'est finalement la seconde formule qui est retenue par la "troïka" dirigeante du parti - en clair, Bierut et le très pro-soviétique Jozwiak l'emportent contre Gomulka. Erigé en une sorte de parlement clandestin de la Pologne occupée, le KRN est formellement fondé pendant la nuit de la Saint-Sylvestre 1943, dans un appartement de Varsovie et la présidence en revient à Bierut. Le programme du KRN, exposé à la session constitutive, reprend les postulats du "manifeste" : nationalisation sans indemnité et distribution aux paysans des propriétés terriennes, nationalisation de la grande industrie, des banques et des moyens de transport. Les frontières occidentales de la Pologne devront inclure les "territoires polonais germanisés par la force pendant les siècles" tandis qu'à l'est, elles devront être "conformes à la volonté des populations (...) sur la base d'une entente amicale avec l'URSS" (103). Le KRN se réserve également le droit de fonder, en temps opportun, un gouvernement provisoire. En attendant, le Conseil se proclame porte-parole unique de la nation et se déclare autorité militaire suprême. Le commandement de la Gwardia Ludowa , rebaptisée Armia Ludowa (Armée Populaire), est confié à un personnage douteux, Michal Rola-Zymierski, ancien officier condamné pour corruption sous Pilsudski, rallié aux communistes après que l'AK eut décliné ses offres de services. Après une carrière d'agent double en France, avant la guerre, le NKVD l'avait recontacté après le début des hostilités pour en faire un de ses agents de liaison auprès de la Gestapo . Les divergences entre Gomulka et Bierut pèsent sur la ligne politique du parti. Deux clans se forment dans une querelle qui passe inaperçue, bien entendu, de la masse des Polonais et se limite à un petit cercle d'initiés. Gomulka veut "ratisser large", jusqu'au Parti Socialiste (PPS), dont il est un ancien sympathisant, et au Parti Paysan (SL). Il propose même que le PPR entre au "Conseil de l'Unité Nationale", principal organisme politique de la Résistance (104). Bierut et ses partisans considèrent qu'il s'agit là de manoeuvres "opportunistes et fractionnistes" (105) et fondent leurs espoirs sur l'arrivée imminente en Pologne de l'Armée Rouge. Les deux clans s'affublent respectivement des sobriquets de "radis" - rouge à l'extérieur et blanc à l'intérieur - et de "betterave" - rouge à l'extérieur comme à l'intérieur. Après 6 mois de cohabitation, Bierut, le 10 juin 1944, écrit à Dimitrov, le secrétaire du Komintern , pour se plaindre du "sectarisme" et de "l'opportunisme" de Gomulka et en appelle à l'aide de l'Union Soviétique (106). Une telle situation est assez inhabituelle dans le mouvement communiste international et peut s'expliquer, sur une brève période tout au moins, par l'interruption des communications entre Varsovie et Moscou. Mais le Kremlin laisse la querelle se développer sans arbitrer. Staline a-t-il considéré qu'elle était négligeable au regard des tâches de l'heure ou a-t- il voulu garder deux fers au feu, se réservant de retirer l'un ou l'autre, selon l'évolution de la situation ? La question reste une énigme. Toujours est-il que les tentatives d'ouverture de Gomulka ne s'avèrent pas concluantes et que le PPR, qui domine le KRN, demeure isolé : du "Parti Socialiste Ouvrier Polonais" (RPPS) 36 , de tendance anarcho-syndicaliste et plutôt hostile au communisme, il n'est parvenu à débaucher qu'un petit groupe dirigé par Edward Osobka, un socialiste issu du mouvement coopératif, révolutionnaire utopiste et naïf de 35 ans, que Bierut a récompensé en le nommant vice-président du KRN, et Jan Haneman. L'enseigne agrarienne est apportée par Wola Ludu ("la volonté du peuple"), un groupuscule cryptocommuniste entré depuis longtemps en dissidence du Parti Paysan, qui se rallie au PPR avec une dizaine de militants seulement, réunis derrière Wladyslaw Kowalski. Ces deux organisations sont dépourvues de moyens logistiques propres - imprimerie et diffusion de tracts - et dépendent entièrement du PPR. Gomulka est conscient de la fragilité de cette assise alors que l'heure de la libération approche et qu'il faut forger un système politique viable. C'est ainsi qu'il signe, en janvier 1944, une lettre à Dimitrov, qu'il informe à mots couverts des difficultés du parti : la position pro-soviétique du PPR, laisse-t-il entendre, et notamment son acceptation de l'abandon de Lwow et de Vilnius à l'URSS, lui interdit toute action politique à large échelle en Pologne. Le "clan" Gomulka récidive lorsque, le 1er juillet 1944, un des proches de celui-ci, Bienkowski, dans un éditorial de Trybuna Wolnosci préconise un dialogue politique avec des organisations de la résistance londonienne, jusqu'alors traitées comme ennemies. A Moscou, où ces "états d'âme" ne manquent pas d'inquiéter, le paysage politique est en train de changer pour les communistes polonais. En moins d'un an d'existence, l'"Union des Patriotes Polonais" est devenue, vers la fin de 1943, une entité peu maniable où, au contact des militaires, germent des ambitions peu orthodoxes. L'état-major de l'armée polonaise, le colonel Berling notamment, caresse l'espoir d'une Pologne dirigée, après-guerre, par un régime militaire pro-soviétique. Staline laissant en permanence planer, y compris vis-à-vis de ses affidés les plus soumis, l'incertitude sur ses projets précis pour la Pologne, certains communistes - Minc, Wierblowski, Berman - s'inquiètent des progrès, dans les rangs de l'"Union des Patriotes", d'une idée dangereuse, celle de la primauté du militaire sur le politique - de l'armée sur le parti - dans le futur pouvoir polonais, et s'ouvrent de ces inquiétudes à Molotov (107). Aussitôt après, Staline fait créer, le 10 janvier 1944, un "Bureau Central des Communistes Polonais" (CBKP) [35] , dont l'existence est gardée confidentielle, et en choisit personnellement les membres, parmi les communistes les plus orthodoxes et pro-soviétiques (108). Certains d'entre eux sont des rescapés des purges de 1937-38, dont l'immunité est très probablement synonyme de collaboration avec le NKVD. On y retrouve les noms de Jakub Berman, Hilary Minc, Stanislaw Radkiewicz, Karol Swierczewski, Wanda Wasilewska et Aleksander Zawadzki, auquel Staline confie la direction du "Bureau". A Moscou, l'annonce de la création du KRN a été, semble-t-il, reçue sans enthousiasme, tant par Staline que par les membres du "Bureau Central". Ils jugent intempestives les initiatives de Gomulka à un moment où l'évolution rapide de la situation militaire et internationale exige, à leurs yeux, une subordination rigoureuse au centre de décision moscovite. Aussi une délégation du KRN, conduite par Osobka, est-elle "invitée" au printemps 1944 à se rendre à Moscou à travers la ligne de front. Staline reçoit les quatre émissaires polonais le 19 mai, en présence de Wanda Wasilewska et de Molotov, avec une extrême amabilité, exaltant, lui le Géorgien, la fraternité slave. Osobka, qui choisit à cette occasion le pseudonyme de Morawski, et ses collègues sont séduits : Staline feint de se rallier à leur suggestion d'étendre la frontière occidentale de la Pologne jusqu'à la ligne Oder-Neisse (109) et leur promet 50 000 armes automatiques - deux fois et demi ce qu'ils demandaient - et des équipements pour l' Armia Ludowa (A.L.). En conclusion de l'entretien, le dictateur se déclare prêt à nouer des relations avec l'organe exécutif du KRN pour peu qu'un tel organe soit créé. L'invite est on ne peut plus claire : la situation est mûre pour la création d'un gouvernement provisoire et, lors de la seconde entrevue avec Staline, celui-ci réitère son offre en des termes plus pressants. L'armée soviétique se rapproche, en effet, de la "ligne Curzon". De surcroît, les Américains, seuls à même de contraindre Staline à prendre des précautions, semblent n'élever aucune objection : sans consulter Washington, l'ambassadeur Averell Harriman accepte en juin de recevoir la délégation du KRN et dit à Molotov la bonne impression qu'ils lui ont laissée. "L'attitude étonnamment favorable des Américains envers les nouveaux candidats au pouvoir", observe l'historien Vojtech Mastny, "a énormément renforcé leur acceptabilité pour les Russes" (110). Au fil des entretiens avec Staline - il y en aura 8 entre le 19 mai et le 22 juillet et des réunions préparatoires, le futur gouvernement provisoire et son programme prennent forme. Emanant formellement du KRN, assemblée siégeant en Pologne, ce pouvoir est moins illégitime que s'il avait été formé par les seules organisations polonaises d'Union Soviétique. Staline, non sans habileté, décide d'en confier la direction formelle à Osobka-Morawski - un "socialiste", tranche-t-il, "car les communistes ont trop peu d'influence " en Pologne, et qui présente l'avantage de n'être "pas anti-soviétique" (111). Ce ne sont cependant ni les émissaires du KRN, ni même la direction de l'"Union des Patriotes Polonais" qui ont la haute main sur ces préparatifs, mais les dirigeants du "Bureau Central des Communistes Polonais". Ils font valoir que le programme du KRN est trop audacieux et risque d'effaroucher la petite bourgeoisie ou de susciter des craintes de "soviétisation" dans la population, avec ses mots d'ordre de collectivisation de l'industrie. L'accent est donc délibérément mis sur le caractère "démocratique" et de coalition du futur gouvernement, tandis que sont élaborées, pour son "manifeste", les formulations les plus rassurantes (112). A la mi-juillet, le projet est prêt ; Wanda Wasilewska et Osobka-Morawski s'en retournent au Kremlin le présenter à Staline le 17 juillet. Mais dès le lendemain, celui- ci fait savoir que la création d'un gouvernement provisoire est prématurée : Staline, soucieux de ne pas s'aliéner les Occidentaux dont il a encore besoin, ne veut pas précipiter les choses. C'est donc sous le titre plus modeste de "délégation du KRN pour les territoires libérés" qu'est fondé le 18 juillet 1944 l'organe exécutif du KRN, conjointement par les émissaires de celui-ci, par l'"Union des Patriotes Polonais" et par le "Bureau Central des Communistes Polonais" (113). Deux jours plus tard , après de nouvelles tergiversations, il est rebaptisé "Comité Polonais de Libération Nationale" (PKWN) [36] . REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES DE LA PREMIERE PARTIE 1. W. WAKAR, Rozwoj terytorialny narodowosci polskiej , Kielce 1917, pp. 132-133, cité par Andrzej ALBERT, Wschodnie granice Polski , Zeszyty Historyczne n° 53, Instytut Literacki, Paris, 1980. 2. Janusz ZARNOWSKI, Spoleczenstwo drugiej Rzeczypospolitej , P.W.N., Varsovie, 1973, p. 374, cité par Henry ROLLET, La Pologne au XXème siècle , Pedone, Paris, 1985, p. 146. 3. Wladyslaw POBOG-MALINOWSKI, Najnowsza historia polityczna Polski , t. III (1939-1945), Londres, 1983, p. 23. 4. Tadeusz WYRWA, La résistance polonaise et la politique en Europe , France-Empire, Paris, 1983, p. 76. 5. W. POBOG, op. cit. pp. 44-45. 6. Ibid. 7. Soviet documents on foreign policy , cité par T. WYRWA, op. cit. p. 89. 8. Michel HELLER, Aleksandr NEKRICH, L'utopie au pouvoir , Calmann-Lévy, Paris, 1985, pp. 298-299. 9. W. POBOG, op. cit. pp. 114. 10. Norman DAVIES, God's playground , A history of Poland , t. II, Oxford University Press, Oxford (Grande- Bretagne), 1981, p. 444. 11. M. K. DZIEWANOWSKI, Poland in the 20th Century , Columbia University Press, New-York, 1977, p.115. 12. Tadeusz BOR-KOMOROWSKI, Histoire d'une armée secrète , Les Iles d'Or, Paris, 1952, p. 30. 13. Adam MICHNIK, Penser la Pologne, Morale et politique de la résistance , La Découverte/ Maspero, Paris, 1983, p. 126. 14. W. POBOG, op. cit. p. 122. 15. T. WYRWA, op. cit. p. 222. 16. T. BOR, op. cit. p. 70. 17. W. POBOG, op. cit. p. 176. 18. Winston CHURCHILL, La deuxième guerre mondiale , t. VI, Plon, Paris, 1965, p. 15. 19. W. WIELHORSKI, Los Polakow w niewoli sowieckiej , Londres 1956. Le même auteur estime que 322 000 personnes sont mortes auparavant dans les camps et les prisons. 20. Extraits du protocole des entretiens Sikorski-Staline, cités par W. POBOG, op. cit. p. 206. 21. Wladyslaw ANDERS, Katyn , Editions France-Empire, 1949, Paris, p. 81. 22. Andrzej ALBERT, Najnowsza historia Polski , Polonia, Londres, 1989, p. 361. 23. Jean ELLEINSTEIN, Staline , Fayard, Paris, 1984, p. 326, et François FEJTÖ, Histoire des démocraties populaires , Seuil, Paris, 1979, pp. 38-39. 24. A. ALBERT, Najnowsza... , op. cit. p. 363. 25. W. POBOG, op. cit. p. 218. 26. Ibid., p. 221. 27. Alexandra KWIATKOWSKA-VIATTEAU, Katyn, l'armée polonaise assassinée , Editions Complexe, Bruxelles, 1982, pp. 85-86. 28. W. ANDERS, op. cit. p. 97. 29. A. ALBERT, Najnowsza... , op. cit. p. 362. 30. A. KWIATKOWSKA-VIATTEAU, Katyn... , op. cit. p. 67 . 31. A. ALBERT, Najnowsza... , op. cit. p. 373. 32. Ibid. 33. N. DAVIES, God's playground... , op. cit. p. 466. 34. A. ALBERT, Najnowsza... , op. cit. p. 387. 35. Ibid. pp. 391-392, et W. POBOG, op. cit. p. 296. 36. W. POBOG, op. cit. p. 271. 37. A. KWIATKOWSKA-VIATTEAU, Katyn... , op. cit. p. 49. 38. W. ANDERS, op. cit. p. 31. 39. Nicholas BETHELL, The cold killer of Kalinin , The Observer Sunday , 6 octobre 1991. 40. T. BOR, op. cit. p. 127. 41. Jan NOWAK, Courrier de Varsovie , Gallimard, Paris, 1983, pp. 182-183. 42. J. NOWAK, Courrier... , op. cit. pp. 173-174 et 182-183. 43. J. ELLEINSTEIN, op. cit. pp. 378 et sqq. 44. Winston CHURCHILL, The Second World War , t. V, Londres, 1952, p. 362. 45. Andreï A. GROMYKO, Vozpominanie , t. I, Politizdat , Moscou, 1988, p. 176. . 46. Keith SAINSBURY, The turning point : the Moscow, Cairo and Teheran conferences , Oxford University Press, 1985, p. 241. 47. Ibid. pp. 273-274. 48. W. CHURCHILL, La deuxième... , op. cit. p. 68. 49. K. SAINSBURY, op. cit. p. 276. 50. J. ELLEINSTEIN, op. cit. p. 398. 51. K. SAINSBURY, op. cit. p. 277. 52. A. GROMYKO, op. cit. p. 177. 53. William LARSH, W. Averell Harriman and the Polish Question, December 1943-August 1944 , East European Politics and Societies, Volume 7, n° 3, Automne 1993, University of California Press, p. 523. 54. Ibid. p. 526. 55. W. POBOG, op. cit. p. 505. 56. A. ALBERT, Najnowsza... , op. cit. p. 421. 57. W. CHURCHILL, The second... , op. cit. p. 256. 58. W. LARSH, op. cit. p. 532. 59. H. ROLLET, op. cit. pp 388-390. 60. Krystyna KERSTEN, Narodziny systemu wladzy - Polska 1943-1948 , EditionsLibella, Paris, 1986, p. 55. 61. Llellewyn WOODWARD, British Foreign Policy in the Second World war , H.M.S. Office, Londres, t. III, p. 178, cité par Jean LALOY in Yalta, hier, aujourd'hui, demain , Laffont, Paris, 1988, p. 71. 62. J. NOWAK, Courrier... , op. cit. pp. 146 et 174. 63. Ibid. p. 146. 64. Compte rendu n° 1/45 du ministère de l'Intérieur du gouvernement polonais de Londres, cité par Jean MALARA et Lucienne REY, La Pologne d'une occupation à l'autre . Editions du fuseau, Paris, 1952, p. 16. 65. J. NOWAK, Courrier... , op. cit. p. 133. 66. Krystyna KERSTEN, Historia polityczna Polski 1944-1955 , Editions Krag (non-officiel), Varsovie, 1982, p.5. 67. M. K. DZIEWANOWSKI, The Communist Party of Poland , Harvard Univerity Press, Cambridge (Etats- Unis), 1976, p. 15. 68. Ibid. p. 51. 69. H. ROLLET, op. cit. p. 97. 70. Boris SOUVARINE, Staline, un aperçu historique du bolchévisme , Editions Gérard Lebovici, Paris, 1985. 71. Nicholas BETHELL, Gomulka, His Poland and His Communism . Pelican Books, Londres, 1972, p. 21. 72. M. K. DZIEWANOWSKI, The communist... , op. cit. p. 108. N. BETHELL, op. cit. p. 23. 74. Ibid., p. 15. 75. Ibid., p. 16. 76. N. DAVIES, God's playground... , op. cit. 77. Henryk CIMEK, KPP-Polska-socjalizm , Miesiecznik Literacki , Varsovie, décembre 1988, cité par Edward OSOBKA-MORAWSKI, Krawedz ciemnosci , Editions Instytut Wydawniczy Zwiazkow Zawodowych, Varsovie, 1989, pp. 7-8. 78. Ils ne seront que 80 à revenir après 1956. Cf. H. ROLLET, op. cit. p. 233. 79. B. SOUVARINE, Comments on the massacre , cité par M. DRACHKOVICH et B. LAZITCH, The Komintern , New York, 1966, p. 176. 80. H. ROLLET, op. cit. p. 234. 81. T. BOR, op. cit. p. 122. 82. N. BETHELL, op. cit. p. 34. 83. Ibid., p. 40. 84. M. K. DZIEWANOWSKI, The communist... , op. cit. pp. 160-161. 85. Teresa TORANSKA, Oni , EditionsAneks, Londres, 1985, p. 236. 86. A. ALBERT, Najnowsza... , op. cit. p.381, W. POBOG, op. cit. p. 402, et T. TORANSKA, op. cit. p. 239. 87. Polska Partia Robotnicza - Dokumenty programowe 1942-1948 , Varsovie, 1984, p. 51. 88. Ibid., p. 56. et Wladyslaw GOMULKA, Pamietniki, tome II, Polska Oficyna Wydawnicza BGW, Varsovie, 1994, p. 99. 89. Norbert KOLOMEJCZYK, Marian MALINOWSKI, Polska Partia Robotnicza 1942-1948 , Editions Ksiazka i Wiedza, Varsovie, 1986, pp. 50 et 68, A. ALBERT, Najnowsza... , op. cit. p. 382. 90. M. K. DZIEWANOWSKI, The communist... , op. cit. p. 165, T. BOR, op. cit. p. 123, et H. ROLLET, op. cit. p. 392. 91. N. KOLOMEJCZYK, M. MALINOWSKI, op. cit. p. 50. 92. Tadeusz ZENCZYKOWSKI, Rozmowy delegatury rzadu i PPR w 1943 roku , Zeszyty Historyczne n° 27, Paris, 1974, pp. 104-129, cité par H. ROLLET, op. cit. p. 392. 93. Zbigniew BLAZYNSKI, Mowi Jozef Swiatlo - Za kulisami bezpieki i partii , Polska fundacja kulturalna , Londres, 1985, p. 205. 94. Ibid. pp. 104-108. Voir également Zeszyty Historyczne n° 59, Paris, 1982, et Nowotko-Molojec - z poczatkow PPR , Puls Publications , Londres, 1986. 95. Wolna Polska du 1er mars 1943, cité par A. ALBERT, Najnowsza..., op. cit. p. 390. 96. Dokumenty programowe... , op. cit. pp. 480-486. 97. M. K. DZIEWANOWSKI, The communist... , op. cit. p. 168. 98. Dans une résolution de mai 1943 du Comité Central du PPR, in Kommounistitcheskii Internatsional , n° 5- 6, Moscou, 1943. 99. Slownik biograficzny dzialaczy polskiego ruchu robotniczego , t. I, Ksiazka i wiedza , Varsovie, 1986, p. 222. 100. Flora LEWIS, A case history of hope , EditionsDoubleday, New-York, 1958, p. 38. 101. K. KERSTEN, Narodziny... , op. cit. p. 22. . 102. Dokumenty programowe... , op. cit. pp. 27-28. 103. Ibid. pp. 519-528. 104. T. TORANSKA, op. cit. (interview de J. Berman) pp. 261-262. 105. W. WASOWICZ, L. SOCHA, Z archiwum Boleslawa Bieruta in Zeszyty Historyczne n° 61, Instytut literacki , Paris, 1982. 106. W. WASOWICZ et L. SOCHA, art. cit. p. 183. 107. T. TORANSKA, op. cit. p. 257. 108. E. OSOBKA, op. cit. p. 25. 109. J. MALARA, L. REY, op. cit. p. 25. 110. Vojtech MASTNY, Russia's road to the Cold War : Diplomacy, Warfare and the Politics of Communism , 1941-1945, New York, 1979, p. 176, cité par W. LARSH, art. cit. p. 550. 111. E. OSOBKA, op. cit. p. 20. 112. K. KERSTEN, Narodziny... , op. cit. p. 58. 113. Tadeusz ZENCZYKOWSKI, Dramatyczny rok 1945 , Polonia, Londres, 1981, p. 12. [1] voïvodie: subdivision administrative en Pologne [2] Lebensraum : espace vital [3] Gauleiter : gouverneur [4] S.Z.P.: S luzba Zwyciestwu Polski [5] Z.W.Z.: Zwiazek Walki Zbrojnej [6] N.O.W.: Narodowa Organizacja Wojskowa [7] On trouve parmi ses membres les noms de Wanda Wasilewska, Stefan Jedrychowski, Jerzy Putrament, Adam Wazyk et Wiktor Grosz, tous issus d'un groupe d'intellectuels communistes actif à Lwow de septembre 1939 à juin 1941. [8] K.W.C. : Kierownictwo Walki Cywilnej [9] S.L. : Stronnictwo Ludowe [10] S.N. : Stronnictwo Narodowe [11] A.K. : Armia Krajowa [12] N.S.Z. : Narodowe Sily Zbrojne [13] K.O.N. : Konwent Organizacji Niepodleglosciowych [14] Z.O.B. : Zydowska Organizacja Bojowa [15] R.P.Z. : Rada Pomocy Zydom [16] W.R.N. : Wolnosc-Rownosc-Niepodleglosc (Liberté-Egalité-Indépendance) [17] O.P.W. : Oboz Polski Walczacej [18] P.P.R. : Polska Partia Robotnicza (Parti Ouvrier Polonais) [19] G.L.: Gwardia Ludowa (Garde Populaire) [20] K.R.N. : Krajowa Rada Narodowa [21] R.J.N. : Rada Jednosci Narodowej [22] Burza : tempête [23] NIE : non, en polonais [24] Z.P.R. : Zwiazek Polskich Robotnikow [25] P.P.S. : Polska Partia Socjalistyczna [26] S.D.K.P.: SocjalDemokracja Krolestwa Polski [27] S.D.K.P.i L. : SocjalDemokracja Krolestwa Polski i Litwy [28] K.P.R.P. : Komunistyczna Partia Robotnicza Polska [29] K.P.P. : Komunistyczna Partia Polska [30] ils ne seront que 80 à revenir après 1956 (78) [31] G.L.: Gwardia Ludowa [32] C'est en effet le colonel Swiatlo, alors chef-adjoint du Département des "opérations spéciales" de la police politique polonaise, qui, en 1949, rouvrira le dossier à la demande de Gomulka, en mal de preuves contre Gomulka. [33] RPPS : Robotnicza Partia Polskich Socjalistow [34] Z.P.P.: Zwiazek Patriotow Polskich [35] C.B.K.P.: Centralny Biuro Kommunistow Polskich [36] P.K.W.N.: Polski Komitet Wyzwolenia Narodowego Google Sites Report abuse Page details Page updated Google Sites Report abuse This site uses cookies from Google to deliver its services and to analyze traffic. Information about your use of this site is shared with Google. By clicking "accept", you agree to its use of cookies. Cookie Policy Reject Accept
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pierre buhler - Histoire de la Pologne communiste Chapitre I La tragédie (1939-1945) Search this site Embedded Files Pou r une version pdf, suivre ce lien PREMIERE PARTIE LA TRAGEDIE (1939-1944) I - LA POLOGNE D'AVANT 1939. A - LA QUESTION DES FRONTIERES. Le 11 novembre 1918 renaît, le jour même de la fin de la Première Guerre Mondiale, un Etat polonais souverain. Cette résurrection après une éclipse de quelque 120 ans est le fruit d'un nationalisme opiniâtre, de préparatifs clandestins poursuivis sans relâche pendant des années et d'un concours de circonstances historiques. Dès son avènement, la République se réclame de l'héritage du vaste Etat polono-lituanien de la dynastie Jagellone, florissant jusqu'au XVIIème siècle de la Baltique à la Mer Noire et jusqu'aux abords de Moscou. Mosaïque de nations et de cultures, miné par des forces centrifuges, dominé par une noblesse polonaise - la szlachta - frondeuse et divisée, cet Etat polonais avait disparu à la fin du XVIIIème siècle, démembré par trois partages successifs entre les puissances voisines, la Prusse, la Russie et l'Autriche-Hongrie. Lorsqu'en 1918 les Alliés décident de reconstruire un Etat polonais, personne ne sait au juste quelles frontières lui donner. Le critère "ethnique" n'offre guère de solution viable : au cours des siècles, Polonais, Allemands, Juifs, Ukrainiens, Biélorusses et Lituaniens se sont mêlés en un entrelacs inextricable. A l'est de la ligne que tracent les rivières Bug et San, considérée généralement par les puissances occidentales comme la limite orientale des "territoires indiscutablement polonais", vivent, selon une estimation polonaise près de 4 millions de Polonais (1). Ceux-ci constituent souvent la classe dominante, propriétaires terriens, bourgeoisie, petite noblesse, et vivent en majorité dans des villes comme Vilnius (Wilno) et Lwow, enclavées dans les terroirs lituanien et ukrainien. Les Juifs aussi, artisans, misérables, en butte, souvent, à l'hostilité des chrétiens, forment la majorité dans de nombreuses petites villes, les shtetl . A l'ouest, en Poznanie, en Silésie et au nord, en Mazurie et Poméranie, les Polonais sont mêlés aux Allemands. Sur la forme et l'étendue territoriale de l'Etat, deux camps s'affrontent en Pologne : l'un, autour du dirigeant national-démocrate Roman Dmowski, est favorable à un Etat centralisateur et intégrateur embrassant tous les territoires où l'"élément polonais" domine plus ou moins. L'autre doctrine, défendue par le chef du gouvernement Paderewski et les socialistes, et soutenue par le chef de l'Etat, Jozef Pilsudski, est celle d'une Pologne fédérant, dans les frontières d'avant les partages, Biélorusses, Ukrainiens et Lituaniens. Or il s'avère rapidement qu'à l'heure du "réveil des nationalités", aucune de ces formules n'a la faveur des populations intéressées. C'est finalement par le jeu d'une succession de décisions alliées, de plébiscites et de faits accomplis, que vont s'établir, en l'espace de 2 à 3 ans, les frontières de la Pologne. A l'ouest, le reflux des armées allemandes défaites permet aux Polonais de Poznanie, à l'issue d'une insurrection couronnée de succès, de rejoindre l'Etat national renaissant. En Galicie orientale (Lwow), au contraire, l'insurrection est ukrainienne et dirigée contre la Pologne. Enfin, le vide laissé par le traité de Brest-Litovsk, en mars 1918, et le départ des Allemands à l'est de la Pologne est aussitôt comblé par la Russie bolchevique. Dès janvier 1919, celle-ci fait proclamer la Biélorussie république soviétique, puis échoue de peu à mettre la main, par le jeu d'une fusion avec cette dernière, sur la Lituanie également bolchevique : l'occupation de Vilnius par la Pologne déjoue le projet. L'Armée Rouge, affaiblie par les combats avec les Russes Blancs de Denikine, est repoussée sans peine par les troupes polonaises de Pilsudski, qui prennent Minsk en août 1919. En position de force, le héros de l'indépendance polonaise décline les propositions de normalisation faites par les bolcheviks début 1920 et à sa victoire militaire ajoute un succès politique : les nationalistes ukrainiens sont défaits par l'Armée Rouge et, en avril 1920, leur chef, Petlioura, noue alliance avec Pilsudski, au prix de la cession à la Pologne de la Galicie orientale et de la moitié de la Volhynie. Leurs troupes prennent Kiev en mai 1920. Tandis qu'à l'est la délimitation des frontières est abandonnée à la force des armes, à l'ouest elle relève des tractations entre les puissances victorieuses. La "Conférence de la paix" fixe la frontière occidentale, entérinée par le traité de Versailles, le 28 juin 1919 : la Pologne retrouve à peu près sa frontière d'avant le premier partage (1772). Quant à la ville de Dantzig (Gdansk), à population essentiellement allemande, elle reçoit un statut de Ville Libre, sous le contrôle de la Société des Nations et en union douanière avec le territoire polonais auquel elle est reliée par un "corridor" séparant l'Allemagne de la Prusse Orientale. En application des principes wilsoniens de démocratie et d'autodétermination, une série de plébiscites est prévue pour les territoires litigieux (Teschen, Silésie, Prusse orientale). Mais les Alliés ne parviennent pas à s'entendre sur une frontière orientale de la Pologne restaurée et repoussent à plus tard le règlement de cette question, laissant le champ ouvert à la conquête militaire et à la politique du fait accompli. Les Occidentaux, à commencer par les Britanniques, ne cachent pas leur mécontentement devant l'avance polonaise de 1920. Le Premier Ministre de Sa Majesté, Lloyd George, continue en effet d'espérer la restauration d'une Russie démocratique, qui serait, à l'est, l'allié potentiel de l'Angleterre. Les opérations polonaises viennent contrecarrer ces plans. Le 8 décembre 1919, la "Conférence des ambassadeurs" alliés propose aux deux belligérants un projet de tracé de frontière, suggéré par le secrétaire au Foreign Office , Lord Curzon. Cette ligne, qui sera par la suite associée au nom de son inspirateur, relie Grodno au cours moyen du Bug puis longe celui-ci jusqu'aux confins de la Galicie. Les Alliés se déclarent disposés à garantir cette frontière, sans cependant assurer à cette garantie un caractère automatique. Les Polonais, qui n'ont pas été consultés, ne sont nullement disposés à renoncer aux territoires conquis, où vivent plusieurs millions de Polonais. Ils déclinent l'offre et ouvrent des négociations directes avec les bolcheviks , eux aussi opposés à un arbitrage imposé de l'extérieur. Ce répit tactique prend fin lorsque la Russie rouge, venue à bout des Russes Blancs et des Ukrainiens, peut reporter toutes ses forces contre la Pologne et parvient à retourner la situation. Sous la conduite du très jeune (27 ans) général Toukhatchevski, une contre-offensive générale est déclenchée en juin 1920. C'est à cette occasion, d'ailleurs, qu'il lance son mot fameux : " la route de l'incendie mondial passe sur le cadavre de la Pologne". A l'inverse de Trotsky, plus prudent, Lénine voit dans la Pologne l'étape suivante de l'"embrasement révolutionnaire de l'Europe", un "pont" vers l'Allemagne industrielle où la révolution prolétarienne est supposée imminente. La progression de l'Armée Rouge est fulgurante : les Polonais, qui occupaient une ligne à l'est de Minsk et de Kiev, sont repoussés sur la Vistule en six semaines. Inquiets de la tournure prise par les événements, les Alliés - les Français en premier lieu - envoient d'urgence à la Pologne équipement, armement et missions militaires. Soudés dans l'"union sacrée" face à l'"agression bolchevique", les Polonais déclenchent, aux alentours du 15 août, une contre-offensive victorieuse alors que l'Armée Rouge est aux portes de Varsovie. Coïncidence des dates ou intervention de la Providence le jour de la fête de la Vierge, protectrice de la Pologne ? Toujours est- il que ce sursaut victorieux entrera dans la légende sous le nom de "miracle de la Vistule". Six semaines suffisent à Pilsudski pour repousser l'Armée Rouge de plusieurs centaines de kilomètres. Des pourparlers sont rapidement ouverts, qui aboutissent à l'armistice du 12 octobre 1920, puis à la paix, signée à Riga le 18 mars 1921. Le traité de 1921 fixe la frontière entre les deux pays et proclame la renonciation réciproque à toute prétention territoriale. En juillet 1920, au plus fort de l'offensive russe, les Alliés, réunis en conférence à Spa (Belgique), avaient à nouveau proposé un règlement basé sur la "ligne Curzon" de décembre 1919, prolongée au sud par deux variantes, l'une correspondant à la situation du front à l'est de Lwow, l'autre obliquant vers Przemysl et les Carpates, et laissant Lwow en Ukraine. Les bolcheviques, en position de force, avaient alors repoussé l'offre tandis que les Polonais, isolés et menacés, avaient accepté la médiation alliée sans toutefois s'engager davantage. Leur revers de fortune avait rendu ces tractations caduques. Victorieuse à l'est, la Pologne voit en revanche les autres contentieux territoriaux se régler à son désavantage. Dans les régions de Teschen (Cieszyn en polonais), Spisz et Orawa, ou la présence de plus de 200 000 Polonais alimente une revendication territoriale de la Pologne, le Conseil de l'Entente propose un plébiscite pour mettre fin à un affrontement armé polono-tchécoslovaque. Mais en juillet 1920, en pleine offensive bolchevique, la Pologne est poussée à y renoncer au profit d'un arbitrage des puissances occidentales. Celui-ci est finalement favorable à la Tchécoslovaquie, qui se voit accorder les deux tiers des territoires contestés, habités par une importante population polonaise. Les plébiscites de Prusse orientale (juillet 1920) et de Haute Silésie (mars 1921) sont favorables à l'Allemagne et seule la région de Katowice, à majorité polonaise, est finalement rétrocédée à la Pologne en 1921. Ville lituanienne, mais de population majoritairement polonaise et juive, Vilnius (Wilno en polonais) constitue un cas à part : aussi bien les Lituaniens que les Polonais la considèrent comme leur. Après avoir changé plusieurs fois de mains en cette période troublée, elle est rendue par l'Armée Rouge en juillet 1920 à la Lituanie qui en fait sa capitale. Ayant échoué à récupérer la ville par les voies diplomatiques, Pilsudski, lui-même originaire de la région, organise, en octobre 1920, un coup de force sous la forme d'un simulacre de mutinerie qui débouche sur la création d'un mini-Etat fantoche. Celui-ci, après 18 mois d'indépendance formelle, demandera en février 1922 le rattachement à la Pologne, avalisé par les Alliés en 1923. Les frontières héritées de ces péripéties militaires et politiques resteront celles de la Pologne jusqu'en 1939. A l'intérieur de ces limites cohabitent de multiples langues, cultures et religions. 69 % seulement des 27,2 millions de ressortissants que compte la Pologne en 1921 sont ethniquement polonais. Le reste est composé de minorités, quelquefois majoritaires dans leurs régions d'habitat : Ukrainiens (14%), Juifs (8%), Biélorusses (4%), Allemands (4%) (2). La minorité lituanienne représente à peine 100 000 personnes (0,3%). B - LA MONTEE DES PERILS. Fort de son image de "Père de la nation" et décidé à mettre un terme à l'instabilité politique qui mine le pays, Jozef Pilsudski s'empare du pouvoir par un coup de force en 1926. La stabilité est restaurée, mais au prix d'une sclérose politique. L'exercice autoritaire du pouvoir par le maréchal, la mise à l'écart des rivaux, comme ses compagnons d'armes dans la lutte pour l'indépendance, les généraux Sikorski ou Sosnkowski, l'absence d'une opposition véritable conduisent peu à peu le régime à la pétrification. Parodie de démocratie parlementaire, le système, qui a pris le nom de sanacja ("assainissement"), est une autocratie sans véritable idéologie, différente du fascisme italien que ses détracteurs l'accusent d'imiter. L'opposition est réprimée avec rudesse par la police et un camp d'internement est ouvert en 1934 à Bereza Kartuska, près de Brest-Litovsk, où seront détenus des milliers de prisonniers politiques. Après la mort de son fondateur, en 1935, le régime se survivra, administré par une coterie de fidèles. La constitution, adoptée la même année, consacre son caractère semi- dictatorial. Toute opposition est neutralisée, le système électoral garantit la stabilité du régime et la responsabilité de l'exercice du pouvoir repose sur un petit nombre d'hommes cooptés à raison de leur fidélité au "dogme" de Pilsudski : le maréchal Rydz-Smigly, le colonel Beck, le président Moscicki. Arrogant, sans grande envergure, Jozef Beck est, au poste de ministre des Affaires Etrangères, l'artisan d'une politique étrangère désastreuse. Pensant contenir une Allemagne insatisfaite des frontières avec la Pologne tracées par le Traité de Versailles, Beck signe le 26 janvier 1934, peu après l'accession au pouvoir de Hitler, une "déclaration" conjointe de bon voisinage et de renonciation à la guerre dans le règlement des litiges. L'amélioration apparente et continue des relations entre les deux Etats jusqu'en 1939 donne aux dirigeants polonais un illusoire sentiment de sécurité vis-à-vis de l'Allemagne nazie. Fort de ses convictions, le gouvernement de Varsovie n'éprouve pour les autres voisins de la Pologne que condescendance ou animosité. Avec la Lituanie, les relations diplomatiques, rompues après le coup de force polonais sur Vilnius, ne seront rétablies qu'après un ultimatum de Varsovie, en 1938. Avec la Tchécoslovaquie, que le colonel Beck tient à une distance dédaigneuse, les relations demeureront médiocres. Fidèles au maréchal Pilsudski, les dirigeants polonais n'en continuent pas moins de nourrir l'espoir chimérique de constituer, sous l'égide de la Pologne, une vaste confédération s'étendant de la Baltique à la Mer Noire, tampon entre l'Allemagne et l'Union Soviétique. Avec cette dernière, enfin, les relations se gâtent après la déclaration polono-allemande de 1934, perçue comme un abandon du principe, jusqu'alors respecté par Varsovie, d'équidistance entre Moscou et Berlin. La politique de rapprochement avec Hitler suivie par le gouvernement de Varsovie est considérée à Moscou comme une inféodation à l'Allemagne, contraire à l'esprit du pacte de non-agression qui lie l'URSS et la Pologne depuis 1932. Au fil des années, l'indulgence envers les agissements nazis ne cesse de croître. L' Anschluss de l'Autriche, malgré l'émotion qu'il soulève dans l'opinion polonaise, est accueilli avec sympathie par le gouvernement polonais. Aux heures sombres du dépeçage de la Tchécoslovaquie, la complaisance devient complicité : la Pologne se joint aux pressions allemandes sur Prague pour revendiquer l'annexion de la région de Teschen. Des troupes sont massées à la frontière tchèque tandis qu'une campagne de propagande est lancée en faveur de la "libération des Polonais d'outre- Olza", la minorité polonaise de Tchécoslovaquie. Encouragé par l'accord de Munich, Beck adresse à la Tchécoslovaquie un ultimatum auquel celle-ci, affaiblie, cède le 1er octobre 1938, abandonnant à la Pologne la Silésie de Teschen. Mais Hitler ne conserve au régime polonais nulle gratitude de son attitude dans l'affaire tchèque. Au contraire, les frictions nées de la cohabitation en Pologne d'une minorité allemande avec la majorité polonaise - qui, jusque-là, n'avaient pas affecté les relations entre les deux pays - deviennent une source de contentieux. Le 24 octobre 1938, le ministre des Affaires Etrangères du Reich , Ribbentrop, formule pour la première fois, devant l'ambassadeur de Pologne, les revendications territoriales de allemandes : le rattachement de Dantzig à la Prusse orientale et l'ouverture de voies de communication jouissant de l'extra-territorialité à travers le "corridor". Devant la fermeté polonaise, Ribbentrop n'insiste pas, mais, en janvier 1939, recevant le colonel Beck à Berchtesgaden, Hitler renouvelle ses exigences sur Dantzig et le corridor, tout en réaffirmant son désir d'une "Pologne forte". En mars 1939, ce qui reste de la Tchécoslovaquie tombe sous protectorat allemand. La Lituanie doit céder Memel au Reich . La Hongrie, alliée de l'Allemagne, annexe la Ruthénie ; un complexe d'encerclement commence à se faire jour dans l'opinion et chez les dirigeants polonais. Les exigences allemandes prennent alors, au fil des mois, un ton plus comminatoire, assorties de démonstrations de force militaire et de gestes d'intimidation. Les alliés occidentaux s'alarment également. La Grande-Bretagne offre le 31 mars une garantie d'assistance à la Pologne. La France fait savoir qu'elle est prête à aligner ses engagements sur ceux du Royaume-Uni. Hitler, dont les visées territoriales sont compromises par ce revers diplomatique, déclare l'Allemagne victime d'une manœuvre d'encerclement, dénonce la "déclaration" germano-polonaise de 1934 et rend publiques ses exigences, jusque-là tenues secrètes, sur Dantzig et le corridor. En même temps, à partir du printemps 1939, une véritable "guerre des nerfs" est orchestrée contre la Pologne : à l'instigation d'agents nazis, des heurts commencent à opposer la minorité allemande en Pologne à l'administration et à la population polonaises, immédiatement exploités et grossis par la propagande allemande, qui n'hésite pas à parler, comme pour la Tchécoslovaquie, de "massacres", de "terreur", de "persécutions". Or, tant en Pologne que dans les Sudètes, ces allégations sont pour l'essentiel de pures inventions ou de grossières exagérations. Les incidents de frontières se multiplient. La Ville Libre de Dantzig, aux mains des nazis, procède, en violation de son statut, à une remilitarisation clandestine, mais néanmoins visible. La minorité ukrainienne du sud-est, soutenue par le Reich , commence à s'agiter contre le pouvoir de Varsovie. Une habile propagande pacifiste sur le thème "pourquoi mourir pour Dantzig?" vise à dissuader les puissances occidentales de se battre pour la Pologne. Devant la gravité du péril nazi, la Grande-Bretagne et la France veulent s'assurer le concours de l'Union Soviétique pour contrer les visées allemandes. Dès avril 1939 Londres et Paris engagent des tractations avec Moscou en vue d'un pacte d'assistance mutuelle. Elles se poursuivront pendant des mois sans aboutir. Chacun, il est vrai, joue un double jeu : Français et Britanniques veulent empêcher un rapprochement germano-soviétique. Staline se méfie des Occidentaux, qu'il soupçonne d'être prêts à un nouveau Munich aux dépens des Polonais, laissant aux Allemands les mains libres à l'est. De plus, l'Armée Rouge, médiocrement équipée et décimée par les purges staliniennes, n'est pas en état de tenir efficacement tête à une agression allemande. Dans l'hypothèse d'une alliance avec les puissances occidentales, peu disposées à ouvrir un second front en cas d'attaque allemande contre l'Union Soviétique, celle-ci, calcule Staline, aurait à supporter seule le poids de la guerre. Au contraire, si un conflit doit éclater, il est préférable que ce soit sans la participation soviétique. Une telle guerre, en laissant une Allemagne épuisée, serait même favorable à la réalisation des ambitions politiques de Staline en Europe, au premier rang desquelles figure le retour des territoires de la couronne impériale perdus après la Révolution : les pays baltes, une partie de la Pologne et de la Finlande et la Bessarabie. Staline a donc tout intérêt à ne pas s'opposer aux visées belliqueuses de Hitler, tout en veillant à ne pas impliquer l'URSS dans un conflit. Le souci d'obtenir un répit pour renforcer les capacités de défense diminuées du pays joue dans le même sens. Tout en négociant avec les occidentaux, l'Union Soviétique continue donc d'adresser des signaux à l'Allemagne. Le 3 mai, le commissaire du peuple aux Affaires Etrangères, Litvinov, le chantre, à la direction soviétique, de la sécurité collective, est remplacé par le président du Conseil des Commissaires du peuple, Molotov, réputé moins hostile au Reich . Celui-ci fait aussitôt savoir à Berlin que les pourparlers commerciaux soviéto-allemands, ouverts depuis peu, nécessitent une "base politique". Dans les négociations qui se poursuivent entre Soviétiques et Occidentaux, les Britanniques, eux-mêmes en pourparlers secrets avec les Allemands, tergiversent. Fin juillet, lorsque l'accord est enfin en vue, les négociateurs soviétiques demandent qu'une convention militaire soit également conclue. Deux missions militaires, française et britannique, venues à Moscou pour négocier cette convention, entendent le 14 août les revendications soviétiques formulées par le commissaire à la défense, Vorochilov : l'installation de troupes soviétiques dans l'est de la Pologne, autour de Vilnius et Lwow, et dans les pays baltes. Il s'agit en fait d'une manoeuvre dilatoire à un moment où les négociations soviéto-allemandes sont sur le point d'aboutir. C - LE PACTE MOLOTOV-RIBBENTROP. Redoutant d'être utilisés pour faire pression dans la négociation tripartite en cours, les Allemands avaient gardé tout d'abord une certaine réserve dont, l'impatience gagnant, ils ne se départiront qu'à la fin juillet. Staline, au contraire, utilisait les Occidentaux pour faire pression sur Hitler. Le 2 août, Ribbentrop déclare à l'ambassadeur d'URSS à Berlin que "les intérêts soviétiques ne doivent pas se heurter aux intérêts allemands", qu'il y a "suffisamment de place autour de la Baltique" et que l'on peut "s'entendre sur le sort de la Pologne" (3). Une semaine plus tard, le même Ribbentrop sonde Moscou sur l'esquisse, qu'il a préparée, d'un partage de la Pologne. Le 11 août, Molotov répond que l'URSS est prête à discuter de toute question d'intérêt commun, à commencer par la question polonaise. Hitler est pressé d'en finir avec la Pologne et Ribbentrop propose de venir à Moscou dès le 14 août. Sentant la hâte allemande, les Soviétiques, en position de force, relèvent leurs exigences et demandent la conclusion d'un accord commercial ainsi que d'un protocole spécial définissant avec précision les intérêts des deux parties, en annexe au pacte de non-agression. Les Allemands acceptent. L'accord commercial, qui prévoit notamment un crédit de 200 millions de marks à un taux d'intérêt très avantageux, est signé dès le 19 août. Les Soviétiques donnent leur accord à la venue à Moscou, une semaine plus tard, de Ribbentrop, mais Hitler intervient en personne auprès de Staline pour que Ribbentrop soit reçu le plus vite possible à Moscou. Staline acquiesce et le 23 août, dans l'après-midi, le ministre des Affaires Etrangères du Reich , muni de "pleins pouvoirs extraordinaires", atterrit sur l'aérodrome de Moscou, pavoisé de croix gammées, de faucilles et de marteaux. Après une brève négociation, le traité est signé dans la nuit du 23 au 24 août. Le premier des sept articles en exprime la substance : "les deux parties contractantes s'engagent à s'abstenir de tout recours à la force, de tout acte d'agression et de toute attaque l'une contre l'autre, que ce soit individuellement ou en coalition avec d'autres puissances". Conclu pour une durée de 10 ans, le traité entre au vigueur le jour de sa signature, sans attendre, comme il est de coutume, la ratification. Les fautes de frappe et corrections manuscrites qui émaillent la version allemande trahissent également la précipitation. Plus grave, la clause qui figure traditionnellement dans les pactes de non-agression - y compris dans ceux signés par l'URSS - fait ici défaut : l'invalidation du traité dans le cas où l'une des parties serait l'agresseur d'un pays tiers. Pour qui prend la peine de lire attentivement le texte de l'accord, rendu public le 24 août, il est clair que le Kremlin accepte sciemment l'attaque de la Pologne. Seul un petit nombre de personnes connaissent alors l'existence d'un autre document, secret celui-là, signé des mêmes Molotov et Ribbentrop, un protocole annexe au pacte de non-agression. "En cas de réorganisation territoriale ou politique dans les régions faisant partie des Etats baltes - Finlande, Estonie, Lettonie, Lituanie - la frontière nord de la Lituanie sera la frontière entre les sphères d'intérêt de l'Allemagne et de l'URSS", dit l'article premier du protocole secret. Quant aux "régions faisant partie de l'Etat polonais", poursuit le texte, "la frontière entre les sphères d'intérêt de l'Allemagne et de l'URSS devra passer approximativement le long des rivières Narew, Vistule et San. La question de savoir si l'existence ultérieure d'un Etat polonais indépendant correspond aux intérêts des deux parties contractantes, et quelles seront les frontières de cet Etat, ne pourra être définitivement résolue qu'à la faveur de l'évolution politique future" (4). Enfin, l'Allemagne déclare son "désintérêt politique" pour l'Europe du sud-est, où l'URSS se réserve la Bessarabie. Loin de se borner à être le témoin consentant d'un projet d'agression, l'Union Soviétique se fait complice du dépeçage à venir, pudiquement annoncé par l'expression de "sphères d'intérêt". La teneur du protocole secret ne sera révélée que 7 ans plus tard, lors des auditions du procès de Nuremberg. Mais l'original de la version allemande ayant été détruit par les nazis pendant la guerre, l'Union Soviétique, niant toute valeur de preuve aux microfilms qui avaient été faits, refusera pendant un demi-siècle d'en reconnaître l'existence. Ce n'est qu'en août 1989, à l'occasion du cinquantième anniversaire du pacte et à la faveur du "dégel" gorbatchévien, qu'elle finira par admettre officiellement la vérité. Cet accord scelle le sort de la Pologne et fait basculer l'Europe dans la guerre. II - LA POLOGNE OCCUPEE. Dans la nuit du 31 août au 1er septembre, un commando de prisonniers de droit commun, sortis pour la circonstance d'un camp de concentration, vêtus d'uniformes polonais et encadrés par des S.S., prend d'assaut une station de radio à Gliwice, en Silésie. Cet "incident" mis en scène offre le prétexte immédiat de l'attaque. A 4 heures 15 du matin, les premières escadrilles d'avions de la Luftwaffe franchissent les frontières polonaises. A 4 heures 45, le croiseur Schleswig-Holstein, "fortuitement" en visite dans le port de Dantzig, se met à bombarder le fort polonais de Westerplatte. Les principales villes de Pologne sont bombardées par l'aviation allemande. Varsovie reçoit ses premières bombes à 6 heures. A Dantzig, Forster, homme-lige de Hitler, proclame le rattachement de la Ville Libre au Reich . Blindés en tête, la Wehrmacht déferle de toutes parts sur la Pologne. L'attaque allemande est foudroyante, offrant le premier exemple de Blitzkrieg . En l'espace de 48 heures, l'armée polonaise, surprise en état d'impréparation, se retrouve désorganisée, séparée du commandement, disloquée. L'effort d'armement consenti pendant les années d'avant-guerre est resté dérisoire à côté du surarmement nazi. Le gouvernement n'a décrété la mobilisation générale que pour le 30 août et l'attaque allemande a frappé l'armée en pleine concentration. Aux 2 600 blindés allemands, la Pologne en oppose 150, aux 2 000 avions de la Luftwaffe , à peine 400. Les chefs militaires polonais, parfaitement conscients de cette infériorité et en application des plans convenus pendant l'été avec les alliés occidentaux, entendent surtout résister le plus longtemps possible à l'assaut allemand en attendant que ceux-ci ouvrent un second front à l'ouest. Après quelques atermoiements, la Grande-Bretagne déclare finalement la guerre à l'Allemagne le 3 septembre à 11 heures, suivie par la France le même jour à 17 heures. La nouvelle est accueillie dans la liesse à Varsovie. C'est en vain, toutefois, que les Polonais attendront un secours des Occidentaux. Ceux-ci se concertent du 4 au 9 septembre pour décider que des bombardements de l'Allemagne seraient "inopportuns". Pressé par Hitler d'agir et de prendre sa part du butin, Staline s'exécute le 17 septembre. A 3 heures du matin, l'ambassadeur de Pologne à Moscou, Grzybowski, se voit remettre une note signée de Molotov : "la guerre germano-polonaise a marqué la faillite intérieure de la Pologne (...) Varsovie, en tant que capitale de la Pologne, n'existe plus, le gouvernement polonais ne donne plus signe de vie. L'Etat polonais a cessé d'exister ; par conséquent, les traités conclus entre l'URSS et la Pologne ont perdu leur validité. Le territoire polonais, privé d'autorités, peut devenir le champ de menées et d'intrigues dangereuses. Les Biélorusses et Ukrainiens de Pologne ont été abandonnés à leur sort. Considérant ces faits, le gouvernement soviétique a ordonné au commandement de l'armée de franchir la frontière polonaise et de prendre sous sa protection les populations de Biélorussie et d'Ukraine occidentales". A 6 heures, les troupes soviétiques franchissent à leur tour les frontières de la Pologne. Les 30 divisions d'infanterie et les 82 divisions mécanisées et blindées ne rencontrent qu'une résistance affaiblie. Lwow tombe le 22 septembre dans les mains soviétiques, Varsovie le 28 dans les mains allemandes. Le dernier point de résistance, Kock, près de Lublin, est enlevé le 5 octobre. Les opérations s'achèvent sur une parade conjointe des troupes nazies et soviétiques à Brest-Litovsk. Cette campagne laisse plus de 70 000 morts et 133 000 blessés dans l'armée polonaise. 300 000 prisonniers sont déportés en Allemagne, 200 à 250 000 en Union Soviétique. Dans un éditorial publié le 17 septembre 1940, à l'occasion du premier anniversaire de l'entrée des troupes soviétiques en Pologne, le quotidien de l'Armée Rouge Krasnaïa Zvezda annonce finalement les prises : 230 000 hommes, dont 8 000 officiers et 12 généraux. Soustraits à un droit de la guerre que l'Union Soviétique ne reconnaît pas, ils sont abandonnés à l'arbitraire de la police politique, le NKVD. Ceux qui parviennent à échapper à la capture regagnent leurs foyers, rejoignent la clandestinité ou quittent le pays par la Hongrie et la Roumanie pour poursuivre la guerre depuis l'étranger. Le protocole secret du 23 août a laissé ouverte la question de l'existence ou de la disparition d'un Etat polonais. Hitler, dans un discours prononcé à Dantzig le 19 septembre, tranche : "La Pologne ne renaîtra plus jamais dans la forme arrêtée par le traité de Versailles" (5). Mais il est partisan de créer un Etat-croupion à partir de quelques voïvodies [1] , espérant que cette concession de forme apaisera les puissances occidentales. Staline l'en dissuade : "dans le règlement de la question polonaise", déclare-t-il le 25 septembre, "il convient d'éviter toute friction entre le Reich et l'URSS A cet égard, la naissance d'un quelconque Etat-croupion polonais indépendant serait une solution erronée" (6). C'est pour régler cette question pendante que Ribbentrop revient à Moscou le 27 septembre. Le lendemain est signé un "traité de frontières et d'amitié", public, mais assorti lui aussi de trois protocoles secrets. Alors que celui d'août prévoyait de délimiter les "sphères d'intérêt" par la Vistule, Staline propose d'échanger la Mazovie et le Lublinois, situés à l'est du fleuve contre l'abandon par les Allemands de leurs prétentions sur la majeure partie de la Lituanie et leur soutien dans le "règlement de la question des pays baltes", un euphémisme pour désigner la mise sous tutelle, par des traités imposés, des trois républiques. Ribbentrop s'empresse d'accepter la transaction, qui est scellée dans un des trois protocoles. Une grande carte en couleurs portant les signatures de Staline et de Ribbentrop fixe la frontière le long des rivières Bug et San. Un autre protocole secret porte sur les modalités de coopération entre les deux Etats : "les parties ne toléreront sur leur territoire aucune agitation polonaise susceptible d'affecter le territoire de l'autre partie (...) réprimeront une telle agitation et se renseigneront réciproquement au sujet des mesures prises à cet effet" (7). Cet accord servira de base juridique à la collaboration du NKVD soviétique et de la Gestapo pendant plus de 20 mois pour combattre la Résistance polonaise. Le dernier protocole prévoit la remise des ressortissants de chaque partie présents sur le territoire de l'autre : quelque 800 militants antinazis allemands et autrichiens réfugiés en URSS seront ainsi livrés à la Gestapo (8). La Pologne a disparu à nouveau de la carte de l'Europe et Molotov, le 31 octobre 1939, peut ironiser devant le Soviet Suprême : "Les dirigeants polonais se vantaient sans mesure de la stabilité de leur Etat et de la puissance de leur armée. Il a suffi d'un bref assaut de l'armée allemande d'abord, de l'Armée Rouge ensuite, pour qu'il ne reste rien de ce vilain bâtard du traité de Versailles". L'accord du 28 septembre laisse à l'Allemagne l'administration de près de la moitié du territoire polonais d'avant-guerre (48 %, soit 189 000 km 2 ) et des deux tiers de la population (62 %, soit 22 millions). Les stratèges nazis projettent d'en faire un Lebensraum [2] 2 allemand. Placé sous la responsabilité directe de Himmler, le territoire polonais est partagé en deux et la population fait l'objet d'une classification qui doit permettre de trier les éléments pouvant être "germanisés". La Poméranie, la Poznanie (Grande-Pologne), la Haute Silésie et le Corridor - 90 000 km 2 et 10 millions d'habitants - sont annexés au Reich . Placée sous l'autorité des Gauleiter [3] 3 , cette zone est vouée à une germanisation totale. Les moyens sont radicaux : terreur, exécutions arbitraires et déportation... A Bydgoszcz, en représailles à la condamnation à mort d'agents allemands pendant la campagne de septembre, plus de 20 000 Polonais sont exécutés. Durant les premiers mois d'occupation, 400 000 Polonais de cette région sont déportés, souvent vers l'Allemagne où les attend le travail obligatoire. Les biens, confisqués, sont attribués à des colons en provenance d'Allemagne ou à des minorités germanophones dispersées en Europe et réinstallées en Pologne. Mais pour des raisons économiques et pratiques (fonctionnement des usines, production agricole), les Allemands ne parviennent pas à "vider" rapidement cette zone de sa population polonaise. La seconde zone, formée du centre et du sud de la Pologne, est érigée en "Gouvernement Général", sous la coupe du Gouverneur général Hans Frank, qui s'illustrera par d'innombrables atrocités contre la population. Dans les projets nazis, cette zone doit constituer, provisoirement, un vaste camp de travail, un réservoir de main-d'œuvre pour soutenir l'effort de guerre du Reich . Mais Frank se fait fort d'en faire dans les dix ans "une pure colonie allemande" et des Polonais "les esclaves de la nation des maîtres allemands" (9). Là aussi, la méthode d'administration courante est la terreur, qui doit briser la volonté de résistance de la nation. Le "Gouvernement Général" est placé sous le régime de la loi martiale, où la mort et la déportation deviennent les peines communément applicables à la plupart des délits. Les droits civiques sont suspendus, la propriété abolie, les biens confisqués, l'administration dissoute et réduite aux services essentiels, sous contrôle allemand. Universités et lycées sont fermés. Seuls sont maintenus les collèges techniques afin de pourvoir aux besoins de l'industrie allemande en ouvriers qualifiés. Pour réaliser le dessein de Himmler, le régime nazi va procéder à une gigantesque et méticuleuse opération de sélection et de classification. La population est divisée en quatre catégories : Reich s deutsch (né dans les frontières de l'ancien Reich ), Volksdeutsch (d'ascendance allemande à moins de trois générations), Nichtdeutsch (ni Allemand ni Juif), et Juif. Ces catégories sont elles-mêmes subdivisées, selon l'aptitude au travail ou la loyauté politique, en sous-catégories dont chacune a droit à un régime plus ou moins favorable de cartes de rationnement, les Juifs étant placés au bas de l'échelle. Des ghettos juifs sont ouverts dans toutes les grandes villes de Pologne, constituant des réservoirs de main-d'œuvre pour les nazis. Le ghetto de Varsovie, établi le 12 octobre 1940, regroupera ainsi, dans des conditions misérables, quelque 400 000 personnes de tous âges. Une des premières tâches des autorités d'occupation est de procéder à l'annihilation de la conscience et de l'identité polonaises. La terreur s'abat sur ceux qui l'incarnent : intellectuels, artistes, dirigeants politiques, clergé. De mai à août 1940, 10 000 d'entre eux sont déportés dans des camps de concentration. 3 500 responsables politiques locaux sont exécutés dans la forêt de Palmiry, près de Varsovie. Symbole de la conscience nationale polonaise, l'Eglise est particulièrement visée : les prêtres sont déportés et exécutés : dans certains diocèses, le clergé est littéralement décimé. Les églises sont fermées, affectées à d'autres usages, ou profanées, de même que les cimetières. Quant à la culture, outre les lycées et Universités, journaux, bibliothèques, musées et théâtres sont fermés. Les livres polonais sont brûlés en public et les inscriptions en polonais effacées. A l'URSS revient, aux termes du traité du 28 septembre, l'administration d'environ 52% de la superficie du territoire polonais (200 000 km 2 ) et 38% de la population (13,4 millions). Au nord, Vilnius et sa région sont, après un pillage hâtif, restituées à la Lituanie, encore indépendante et restée neutre dans le conflit. Un traité d'assistance mutuelle est signé le 10 octobre 1939 entre Kaunas, la capitale lituanienne, et Moscou, qui obtient le droit de faire stationner ses troupes en Lituanie ainsi que l'exterritorialité d'une ligne ferroviaire. La Lituanie est devenue un protectorat de fait et n'a plus que les apparences de la souveraineté. Les 16 et 17 juin 1940, alors que l'opinion mondiale sera mobilisée par la campagne de France, l'Union Soviétique envahira la Lituanie, en même temps que la Lettonie et l'Estonie. Proclamée république soviétique le 21 juillet, la Lituanie sera "admise" le 3 août dans l'URSS. Cette annexion provoquera quelques frictions avec l'allié allemand : Moscou s'est en effet approprié la région de Mariampol (au sud de Kaunas) que l'accord de septembre 1939 plaçait dans la zone allemande. Au centre et au sud, les territoires conquis sont, sous les appellations de Biélorussie occidentale et d'Ukraine occidentale, promptement rattachés à l'Union Soviétique. Sous la supervision du NKVD sont organisées des élections générales. En Ukraine, le responsable des élections s'appelle Nikita Khrouchtchev. Le 22 octobre 1939, la population de la zone est invitée à plébisciter, sous la surveillance de miliciens en armes, 2 410 candidats uniques, le plus souvent des fonctionnaires et officiers soviétiques, par manque de militants communistes locaux. Les troupes d'occupation font partie du corps électoral, qui vote avec un taux de participation de 90 %. Les "délégués" élus en Ukraine occidentale se réunissent le 27 octobre à Lwow pour solliciter du Soviet Suprême d'URSS l'admission du territoire dans l'Union Soviétique. L'autre "assemblée populaire", qui siège à Bialystok le 29 octobre, fait de même pour la Biélorussie occidentale. Les assemblées votent également la collectivisation des terres et des moyens de production. La réponse est sans surprise : par deux décrets, le 1er et le 2 novembre, le presidium du Soviet Suprême, reconnaissant dans ces pétitions "l'expression spontanée de la volonté de la population des territoires", les incorpore respectivement aux Républiques Socialistes Soviétiques d'Ukraine et de Biélorussie. Cette dernière république sera d'ailleurs enrichie d'un nouvel apport lorsque le 10 janvier 1941, l'URSS rachètera à l'Allemagne, par un autre protocole secret, pour la somme de 7,5 millions de dollars-or, les droits que celle-ci s'était fait reconnaître le 28 septembre 1939 sur le district de Suwalki, au sud de la Lituanie (10). Pas davantage qu'Hitler, Staline n'envisage la restauration, sous quelque forme que ce soit, d'un Etat polonais. Il fait comme lui procéder à l'élimination de tout ce qui pourrait contribuer à une telle restauration : les élites, la culture, la langue. La tâche incombe à la police politique soviétique, le NKVD, qui dès les premiers jours arrête les principaux dirigeants politiques et syndicaux, les plus susceptibles d'organiser un mouvement de résistance clandestin. Devant l'ampleur de la besogne, une directive est prise le 11 octobre 1939, relative aux "modalités de déportation des éléments anti- soviétiques", qui introduit un peu de méthode en dressant la liste des suspects : dirigeants des partis "bourgeois", fonctionnaires de l'Etat, notamment les policiers, officiers et magistrats. S'y ajoutent les Polonais capturés lors de tentatives de franchissement de la frontière pour rejoindre l'armée polonaise en cours de reconstitution en France, ainsi que les propriétaires fonciers et les industriels. Arrêtés individuellement, ils sont justiciables, à l'issue d'un procès sommaire devant un tribunal spécial, d'une peine de 3 à 5 ans de privation de liberté pour "crime contre la Révolution et les intérêts du prolétariat" ou pour "activités au service d'un Etat capitaliste". Après un séjour plus ou moins long en prison, la destination finale est toujours le camp de travail, une des sinistres "îles" de l'"archipel du goulag". 250 000 Polonais subiront ce sort entre octobre 1939 et juin 1941. Mais une entreprise d'une tout autre ampleur se prépare, dans le plus grand secret, pour le printemps suivant : la déportation de centaines de milliers de Polonais. Pendant la nuit du 8 au 9 février 1940, le NKVD, secondé par l'Armée Rouge et les Troupes de l'Intérieur, procède à une rafle massive. Une fois cernés les maisons et appartements, leurs occupants, choisis eux aussi suivant des critères "sociaux", se voient accorder une heure pour rassembler quelques effets personnels et des vivres pour un mois, avant d'être acheminés par camions, avant l'aube, vers la gare la plus proche. Là les attendent des trains formés de wagons de marchandises ou à bestiaux spécialement équipés : des grilles ont été posées sur les ouvertures, les portes condamnées, des bat-flanc en bois installés et des latrines de fortune - un simple orifice dans le plancher - aménagées. Après un tri pour séparer les hommes valides, dirigés vers des camps de travail, des femmes, enfants et vieillards, les déportés sont entassés à 50 par wagon. Ils sont 222 000 à être ainsi convoyés, par 110 trains, vers les immensités glacées du Grand Nord russe. Le plus souvent, le voyage se prolonge pendant plusieurs semaines, dans des conditions éprouvantes en cet hiver 1939-1940 plus rigoureux que les autres, où la température tombe jusqu'à - 40 degrés C°. Les moins résistants, enfants et vieillards au premier chef, succombent avant d'arriver à destination. Les autres se voient infliger d'épuisantes marches à pied, sur des centaines de kilomètres, avec bivouac en plein air, pour rejoindre leurs lieux de détention. Bien que les déportés soient en majorité ethniquement polonais, Ukrainiens et Biélorusses sont nombreux dans les wagons : certains villages d'Ukraine ont ainsi été vidés de la totalité de leurs habitants. Deux mois plus tard, le temps de faire revenir les trains, a lieu la rafle suivante. Opérée du 12 au 15 avril 1940, elle vise maintenant les familles des détenus politiques arrêtés individuellement depuis septembre, mais aussi les paysans aisés et les habitants des zones frontalières avec la zone occupée par l'Allemagne. Dans la seule région de Lwow, qui en est proche, ils sont 25 000 à être arrachés à leur domicile; cette fois-ci 160 trains emportent vers l'Asie Centrale et le Kazakhstan quelque 320 000 ex-citoyens polonais. Un nouveau répit s'installa jusqu'à la rotation suivante des trains, fin juin 1940 : une nouvelle rafle "rapporte" alors 240 000 déportés, pour la plupart des Juifs réfugiés de la Pologne occidentale, occupée par l'Allemagne, qui prennent le chemin de la Sibérie, ignorant encore le sort tragique auquel ils échappent. Une dernière vague, qui précède de quelques jours seulement l'attaque allemande de juin 1941, emportera vers les camps et l'exil plus de 300 000 déportés. Au total, plus d'un million de personnes auront ainsi pris, en l'espace de quinze mois, le chemin de la déportation. Ce chiffre avoisine le million et demi si l'on y ajoute les détenus politiques arrêtés individuellement et les quelque 250 000 prisonniers de guerre expédiés eux aussi dans les camps et les mines répartis tout au long du cercle polaire, de la presqu'île de Kola au détroit de Béring, mais aussi en Ukraine, où est extrait le charbon destiné à être vendu à l'Allemagne. 132 sites de détention sont au total identifiés. Les "politiques" connaîtront les conditions de détention les plus inhumaines : aucun des 3000 déportés envoyés dans les mines de plomb de Tchoukhotka ne survivra à l'épreuve et seul un nombre infime des quelque 10 000 Polonais affectés aux mines d'or de la Kolyma reviendra vivant. Les Polonais qui échappent à la déportation sont soumis à une véritable opération d'"ingénierie sociale" (11) : il s'agit non seulement de procéder à une soviétisation rapide, mais aussi d'effacer les traces d'une polonité vouée à la disparition. A l'exception d'un seul, communiste, les journaux polonais sont fermés, de même que les bibliothèques et institutions culturelles. Les écoles sont maintenues, mais soumises au régime scolaire soviétique, de même que, progressivement, les Universités. Le nouveau pouvoir s'en prend également à l'Eglise : 4 000 lieux de cultes appartenant aux 3 principales confessions sont fermés ou affectés à d'autres usages (entrepôt, cinéma, etc.). "Les méthodes policières des Soviétiques", note dans ses mémoires le chef de l'armée clandestine polonaise, le général Bor-Komorowski, "étaient beaucoup plus raffinées et efficaces que celles des Allemands. Les habitants de la zone soviétique redoutaient le NKVD et il régnait un climat de suspicion réciproque, dont les occupants tiraient le meilleur profit... ils utilisaient des méthodes plus subtiles : pressions psychologiques, immixtion dans la vie privée et, pour les réfractaires, la déportation" (12). Mais ce sont surtout les méthodes politiques qui font la force de l'occupation soviétique. "Les conquérants soviétiques", note le dissident Adam Michnik dans un essai, "brisaient méthodiquement tous les liens sociaux, les organisations politiques et culturelles, les associations sportives et artisanales. Ils liquidaient les libertés civiques et confisquaient les propriétés, ils faisaient de l'homme non seulement leur vassal, ils en faisaient leur propriété. Contrairement aux nazis, ils ont imposé aux Polonais leurs propres formes d'organisation et permis aux pauvres de piller les biens des riches (...) Ils laissaient d'ailleurs une issue à leurs victimes : théoriquement, chacun pouvait se convertir à la religion du Nouveau système" (13). - LA RESISTANCE (1939-1941). Le 17 septembre, jour de l'attaque soviétique, les autorités polonaises, le président Moscicki en tête, se réfugient en Roumanie, où les dignitaires du régime sont, dans un climat de confusion et d'intrigues, dispersés et internés. Les pressions britanniques et françaises se conjuguant à celles d'une opposition polonaise désireuse d'en finir avec le régime de la sanacja , le président Moscicki renonce à son mandat et désigne un successeur, Wladyslaw Raczkiewicz. Celui-ci, un ancien ministre des Affaires Etrangères dans les premières années de la République, demande au général Wladyslaw Sikorski de former un gouvernement en exil. Agé de 58 ans, ancien compagnon d'armes de Pilsudski à l'époque de la lutte pour l'indépendance, ancien chef du gouvernement (1922-1923) puis chef d'état-major des armées, Sikorski est l'une des figures les plus prestigieuses de l'opposition à Pilsudski. Brillant, intelligent, conscient de sa valeur, Sikorski a une réputation d'homme d'autorité et d'organisateur efficace. Et surtout il jouit de la confiance des gouvernements français et britannique, qui reconnaissent aussitôt son gouvernement. Etabli d'abord à Paris, celui-ci s'installe en novembre 1939 à Angers. Nommé commandant en chef des forces armées polonaises, Sikorski entreprend de constituer une armée avec des Polonais vivant en France et avec ceux qui ont réussi à quitter la Pologne après la défaite. Les quelque 80 000 hommes qu'il parvient à rassembler seront dispersés par la débâcle de juin 1940. En Pologne aussi, la résistance se met en place. Dès le 17 septembre, le maréchal Rydz-Smigly, avant de quitter le pays, avait signé l'ordre d'organiser à l'intérieur la lutte clandestine contre l'occupant. Avant d'être pris par les Allemands, le destinataire de ces instructions, le général Juliusz Rommel, le défenseur de Varsovie, transmet à un autre ancien "légionnaire" de Pilsudski, le général Tokarzewski- Karaszewicz, les pleins pouvoirs pour organiser la résistance. Ce dernier, entouré d'une quinzaine d'officiers, dont les colonels Okulicki et Rowecki, fonde le 27 septembre l'organisation "Au service de la victoire de la Pologne" (SZP) [4] 4 . Dans tout le pays surgissent, pendant l'automne 1939, d'innombrables groupes de résistance : un historien en a recensé 138 à la date du 31 décembre 1939 (14). Tokarzewski veut fédérer ces groupes sous une autorité unique et créer un réseau clandestin couvrant tout le territoire. La vigilance de la Gestapo rend la tâche malaisée, et quasiment impossible dans la zone annexée au Reich , où la proportion d'Allemands est plus élevée et la délation la règle. La difficulté est du même ordre dans la zone annexée par l'URSS, où le NKVD, redoutable d'efficacité, est rapidement parvenu à contrôler la population, grâce, là aussi, à un réseau d'indicateurs. C'est donc avant tout dans le territoire relevant du "Gouvernement Général", qui est aussi la zone de plus forte densité polonaise, que la Résistance prend racine. A Paris, Sikorski est convaincu que la Pologne sera incessamment libérée par une offensive alliée et n'attache pas une importance majeure à la résistance intérieure. Mais, redoutant que celle-ci soit prise en main par les "légionnaires" de Pilsudski, restés au pays et forts de leur expérience militaire, Sikorski entend soumettre étroitement l'organisation de la résistance à son gouvernement. Le 13 novembre est fondée l'"Union pour la Lutte Armée" (ZWZ) [5] 5 , organe de lutte clandestine en Pologne destiné à se substituer à l'organisation de Tokarzewski. Le commandement en est confié au général Sosnkowski, un autre "légionnaire" entré au gouvernement après une résistance honorable aux Allemands à Lwow, et rival de Sikorski, à qui le président Raczkiewicz l'a préféré comme successeur éventuel. Mais une administration centralisée, depuis la France, de la Résistance s'avère vite impraticable. La direction en est confiée en mars 1940 au général Rowecki - connu alors sous le pseudonyme de Grot. Cependant, Sikorski, toujours méfiant vis-à-vis des velléités de la Résistance de s'organiser politiquement sur le terrain, flanque Rowecki d'un "délégué du gouvernement". Grot-Rowecki s'emploie à regrouper progressivement sous son autorité les différentes initiatives de lutte clandestine surgies spontanément ou à l'initiative des partis. Ce processus est lent : la formation paramilitaire du Parti National, l'"Organisation Armée Nationale" (NOW [6] ), ne se soumettra à l'autorité centrale de la Résistance qu'après trois ans de guerre, en novembre 1942. Les communistes, silencieux depuis l'invasion de la Pologne par l'URSS, ont disparu de la scène politique et militaire : la plupart des dirigeants communistes polonais se sont déplacés vers la zone soviétique où ils occupent des postes dans l'administration locale. Durant cette première année d'organisation, l'action de la résistance demeure modeste et discrète, et se limite, pour éviter les représailles contre la population civile, à des opérations ponctuelles : sabotage de locomotives et de convois ferroviaires acheminant le pétrole soviétique vers l'Allemagne, libération de prisonniers, fabrication de faux papiers et cartes de rationnement, consignes de grève perlée, opérations de désinformation, etc. Dès le début, également, surgit une abondante presse clandestine. Un système d'enseignement clandestin est mis sur pied en janvier 1940, qui va s'imposer progressivement comme la plus importante organisation civile (15). Un autre volet de l'action de la résistance est le renseignement militaire, qui permettra, dès l'automne 1940, de déceler une concentration de troupes et la construction d'aérodromes dans l'est de la zone allemande, signes annonciateurs de l'attaque à venir contre l'URSS. La défaite de juin 1940 est une surprise pour les Polonais qui, comme tant d'autres, se berçaient d'illusions sur la puissance de l'armée française. Devant la poussée allemande, le gouvernement en exil gagne Londres le 18 juin. 20 000 seulement des 80 000 hommes incorporés par Sikorski parviennent à rallier l'Angleterre. La défaite française met fin, dans l'immédiat, aux espoirs de reconquête de la Pologne par les Alliés. Le rôle de la Résistance intérieure, désormais confrontée à la perspective d'une occupation durable, gagne en importance. Et surtout il devient essentiel pour le gouvernement en exil d'en conserver le contrôle politique. Par ailleurs, le gouvernement polonais tombe dans la dépendance, matérielle et politique, de la Grande-Bretagne. Miné par les rivalités et les querelles intestines, il cherchera pendant des mois ses marques. La reconstitution d'une armée, qui aurait pu lui donner quelque poids dans la relation avec les Britanniques, tarde. Pour la Résistance également, la défaite de la France signifie une révision de stratégie. Les six mois qui suivent la défaite française sont les plus difficiles : les Allemands multiplient les arrestations, rafles et exécutions. En 1941, l'"Union pour la Lutte Armée" rassemble, selon l'un de ses chefs (16), 200 000 hommes, mais son action reste modeste et ne gêne guère les Allemands. III - L'ATTAQUE DE L'UNION SOVIETIQUE PAR L'ALLEMAGNE Loin d'être un modus vivendi durable, le "traité de frontières et d'amitié" germano-soviétique de septembre 1939 est une trêve dictée par l'équilibre provisoire de deux grandes puissances rivales à la fois par leurs intérêts territoriaux et politiques et par leur antinomie idéologique. S'y ajoute l'aspiration de Hitler à s'assurer des sources d'approvisionnement en blé ukrainien et le contrôle du pétrole de la Mer Caspienne. Après la conquête de la quasi-totalité du continent européen, les conditions d'une nouvelle poussée allemande vers l'est se mettent en place. Les premières dissonances se sont fait entendre à l'occasion de l'attaque soviétique contre la Finlande, en novembre 1939, où Hitler voyait une menace sur les approvisionnements allemands en nickel finlandais et en acier suédois. En juin 1940, l'Union Soviétique, conformément aux arrangements de septembre 1939, envahit les pays baltes et la Bessarabie, mais s'empare aussi, en violation des dispositions du protocole secret, de la province roumaine de Bukovine. En réplique, l'Allemagne oblige la Roumanie à céder une partie de son territoire à la Bulgarie et à la Hongrie, alliés du Reich , avant d'envahir ce qui reste du pays, le 6 octobre 1940. Du 12 au 15 novembre 1940, Molotov séjourne à Berlin. Hitler propose alors à l'URSS de se joindre aux puissances de l'Axe pour le partage des zones d'influence après la défaite des Occidentaux. Mais les intérêts sont trop divergents. Molotov rentre à Moscou et, un mois plus tard, en décembre 1940, Hitler donne l'ordre d'engager les préparatifs de l'offensive contre l'Union Soviétique, l'"opération Barbarossa". De fait, à partir de cette fin d'année 1940, la résistance polonaise observe une concentration progressive de troupes sur le Bug, dans l'est de la zone allemande. Des aérodromes sont construits. A partir de mars, les concentrations se renforcent. Le gouvernement polonais de Londres n'accorde pas, semble-t-il, un grand crédit aux rapports qui lui parviennent de Pologne, mais Anglais et Américains, sur la foi d'autres indices, avertissent cependant Staline, qui reste incrédule. L'invasion par Hitler des Balkans retarde quelque peu l'attaque, mais le 22 juin 1941, à l'aube, les troupes allemandes déferlent sur une Union Soviétique surprise et nullement préparée. Facilitée par la désorganisation de l'Armée Rouge et des désertions massives, pendant les premières semaines de l'offensive, des soldats soviétiques, la pénétration allemande est rapide. A - LA FORMATION DE L'ARMEE ANDERS Pour le gouvernement britannique, l'agression allemande contre l'URSS est providentielle. L'ouverture d'un second front crée une diversion salutaire après douze mois de résistance solitaire aux attaques allemandes. Mais Churchill ne craint rien tant qu'une déconfiture des armées soviétiques ou un nouvel arrangement entre Hitler et Staline. Le soir même de l'attaque, le premier ministre britannique déclare à la radio accorder tout son soutien à l'URSS et appelle ses alliés à faire de même. L'allié intéressé au premier chef est la Pologne. Le soir du 23 juin, dans une allocution radiophonique, Sikorski propose de renouer le dialogue avec l'URSS. Celle-ci, après quelques jours de silence, offre à trois pays, la Pologne, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie, de créer à Moscou des "comités nationaux", sous l'égide desquels pourraient être formées, sur le sol soviétique, des armées nationales. A la Pologne, l'URSS propose, en outre, la création, "dans les frontières ethnographiques, d'un Etat indépendant, auquel pourraient être rétrocédées certaines villes et régions occupées par l'URSS en 1939" (17). Le 2 juillet, Sikorski, qu'indigne cette offre, expose au Secrétaire d'Etat au Foreign Office , Anthony Eden, qui sert d'intermédiaire avec les Soviétiques, les quatre revendications de la Pologne : l'annulation du pacte Molotov- Ribbentrop et de tous les traités concernant la Pologne conclus ultérieurement par l'Union Soviétique, le rétablissement du statu quo ante juridique entre les deux pays, la restitution des biens saisis en Pologne par l'URSS et la libération de tous les Polonais détenus ou déportés en Union Soviétique. Eden, qui redoute l'impasse, recherche une formule de compromis et parvient à convaincre Sikorski de renoncer aux deux premières exigences afin d'entamer les pourparlers avec les Soviétiques. Le 5 juillet sont ouvertes les négociations entre le chef du gouvernement polonais en exil et l'ambassadeur d'URSS à Londres, Ivan Maïski. Ce dernier écarte d'emblée la question des frontières, proposant de la laisser ouverte. Le 11 juillet, Maïski présente la dernière position du Kremlin : celui-ci est prêt à reconnaître un "Etat polonais dans les frontières nationales". Sikorski réaffirme son exigence des frontières polonaises de 1939. Les négociations directes sont rompues. La question territoriale plonge le gouvernement polonais en exil dans une crise grave. Ceux qui, avec Sikorski, sont sensibles aux pressions britanniques sont attaqués par les partisans de l'intransigeance envers Moscou, rangés derrière le général Sosnkowski et le ministre des Affaires Etrangères, Zaleski. Plusieurs ministres démissionnent. Les rumeurs de conspiration au sein de l'armée et d'attentat contre Sikorski se multiplient. Celui-ci passe outre et, le 30 juillet 1941, le traité scellant la réconciliation polono-soviétique est solennellement signé au Foreign Office . Churchill, dans ses "Mémoires", résume la situation : "Nous eûmes la tâche fort ingrate de recommander au général Sikorski de faire confiance à la bonne foi soviétique au sujet du règlement futur des relations russo-polonaises et de ne pas exiger à cette époque des garanties écrites pour l'avenir" (18). Le traité proclame la caducité des accords soviéto-allemands de 1939 "concernant des modifications territoriales en Pologne", mais la teneur des protocoles secrets n'est toujours pas connue. Les parties rétablissent les relations diplomatiques et s'engagent à coopérer dans la lutte contre l'Allemagne nazie. Enfin, il est prévu de constituer, sur le territoire de l'URSS, une armée polonaise soumise, pour les questions opérationnelles, au commandement soviétique. Un protocole additionnel promet l'"amnistie" - terme étrange et même humiliant s'agissant de civils et militaires déportés - à "tous les citoyens polonais privés de liberté sur le territoire soviétique". Pouvait-il en être autrement ? Ses détracteurs ne manqueront pas d'accuser Sikorski de faiblesse envers les Britanniques et les Soviétiques. Mais celui-ci peut objecter, non sans raison, qu'en l'absence d'accord avec le Kremlin, un "comité national" d'obédience communiste aurait été créé aussitôt, qui serait devenu alors le seul interlocuteur de l'URSS. C'est d'ailleurs ce qui se produira après la rupture, un an plus tard, des relations diplomatiques entre les deux gouvernements. La crise gouvernementale se prolonge pendant le mois d'août, mais Sikorski n'en a cure. Les ministres démissionnaires sont remplacés : Stanislaw Mikolajczyk, chef du Parti Paysan, devient vice-premier ministre et ministre de l'intérieur et Edward Raczynski, l'ambassadeur de Pologne auprès du gouvernement britannique, prend le portefeuille des Affaires Etrangères. Désormais Sikorski consacre toute son énergie à appliquer le traité polono- soviétique et à mettre sur pied l'armée polonaise qu'il prévoit. Sosnkowski ayant décliné l'offre, il nomme ambassadeur à Moscou Stanislaw Kot, un universitaire brillant qui lui est personnellement dévoué. Le général Wladyslaw Anders, emprisonné en Union Soviétique, est désigné commandant en chef de la future armée et quitte la prison de Boutyrki, à Moscou, le 4 août. L'URSS multiplie les gestes de bonne volonté : le 4 août toujours, la Pravda déclare la frontière polono-soviétique ouverte à la négociation; le 12 août le Soviet Suprême adopte le décret sur l'"amnistie" des prisonniers et déportés polonais; le 14 août est conclu un accord militaire. L'ambassade de Pologne est autorisée à ouvrir, sur le territoire soviétique, une vingtaine de bureaux pour délivrer papiers et moyens de subsistance aux milliers de Polonais affamés, affaiblis et éprouvés que relâchent les prisons et les camps. 93 000 mourront de maladie ou d'épuisement dans l'année de leur libération (19). En dépit des assurances obtenues à Moscou par le général Anders et l'ambassadeur Kot, sur le terrain les libérations tardent : les directeurs des camps de déportation ou des prisons ne reçoivent pas les instructions, ou, les ayant reçues, gardent leurs détenus ou encore les dirigent vers d'autres camps. Ces opérations se déroulent, il est vrai, dans la panique et la confusion provoquées par l'avance rapide des armées allemandes. Et lorsque les responsables polonais à Moscou interrogent leurs interlocuteurs soviétiques sur le nombre de Polonais mobilisables en URSS, ils reçoivent des réponses sans rapport avec la réalité. Pour Moscou, il n'y a guère plus de 400 à 500 000 Polonais en URSS, soit le quart des évaluations du gouvernement en exil. Plus lancinante, une autre question reste sans réponse : que sont devenus la quinzaine de milliers d'officiers et de sous-officiers capturés en 1939 et internés dans les camps de Kozelsk, Starobelsk et Ostachkov ? A la mi-octobre, 2 000 officiers seulement ont rejoint l'armée polonaise en formation : 1300 d'entre eux ont été faits prisonniers par les Soviétiques en juin 1940, lors de l'annexion de la Lituanie et de la Lettonie, où ils étaient internés, et quelque 400 seulement proviennent des trois camps en question d'où ils ont été évacués au printemps 1940 par groupes de 60 à 300 personnes. Ils ignorent le sort de leurs anciens compagnons de captivité. Les officiels soviétique restent évasifs et se bornent à laisser entendre que les prisonniers de guerre polonais ont été libérés en 1940 et renvoyés dans leurs foyers. Une version que contredisent tous les témoignages reçus de Pologne. Ceux-ci sont centralisés, ainsi que ceux recueillis en URSS, par une section spéciale créée par Anders à son quartier général et confiée à un jeune capitaine, Jozef Czapski, un rescapé de Starobelsk. Le 14 novembre, Staline, que Kot est venu interroger sur le sort des Polonais disparus, saisit le téléphone, pose quelques questions et se garde de donner la moindre réponse précise à son interlocuteur. Molotov et son adjoint Vychinski renchérissent : "tous les Polonais ont été libérés". Le bruit court qu'ils sont quelque part dans le Grand Nord et, dans les rangs polonais l'hypothèse s'échafaude que les Soviétiques cherchent à éviter la constitution d'une armée polonaise trop forte sur leur territoire. De fait, la bonne volonté soviétique semble s'épuiser rapidement : les libérations continuent d'être rares, les autorités soviétiques s'opposent à l'incorporation des Biélorusses, Ukrainiens et Juifs ressortissants polonais en 1939. Le sort de l'Armée Rouge n'est certes pas enviable, mais les conditions faites au général Anders sont encore plus précaires : dans les camps de Bouzoulouk, Tatichtchev et Totskoïe, près de Kouïbychev, aux confins de l'Oural, les recrues sont logées sous la tente par des températures de - 30° C, vêtements et équipements militaires font défaut, les rations alimentaires, déjà modestes, sont réduites d'un tiers par les Soviétiques entre octobre et novembre 1941. L'armement et l'équipement sont chichement mesurés aux Polonais et les Alliés, pourtant sollicités, refusent d'attribuer directement une partie de leurs livraisons à l'armée en cours de constitution. Malgré ces difficultés, l'armée du général Anders compte, à la mi-octobre, près de 40 000 hommes. Sikorski décide d'aller en personne en URSS pour régler ces questions. Le 3 décembre 1941, il est reçu par Staline, très affable malgré la dégradation du climat des relations bilatérales. Interrogé à nouveau sur le sort des militaires polonais disparus - Sikorski lui présente une liste de 4 000 noms - le dictateur s'en tire par une boutade : " ils ont dû s'évader vers la Mandchourie (...), ils ont sûrement été libérés, mais ils ne sont pas encore arrivés" (20). Devant l'insistance de ses hôtes, il promet de donner des "instructions spéciales (...) aux autorités compétentes", confortant les Polonais dans leur conviction que leurs officiers sont vivants, détenus dans quelque camp du Grand Nord (21). Concernant l'armée en cours de formation, Sikorski demande qu'une partie en soit évacuée vers l'Iran où, avec l'aide anglo-américaine et sous un climat plus clément, les préparatifs seraient facilités. Staline s'irrite de cette proposition, émet des doutes sur la combativité des Polonais, mais accepte, finalement, que deux à trois divisions soient évacuées, six restant sur le sol soviétique. Sikorski évoque également la question des frontières : "les frontières de 1939 ne peuvent être remises en question". Staline évite la discussion : "nous n'allons pas nous brouiller pour des questions de frontières... Soyez tranquilles, nous ne vous léserons pas", et formule l'espoir d'une Pologne forte après-guerre, aux "frontières appuyées sur l'Oder" (22). Mais il reste muet néanmoins sur la frontière polono- soviétique. Puis le lendemain soir, au cours du traditionnel banquet au Kremlin, Staline se tourne vers Sikorski : "et maintenant nous allons parler de la frontière entre la Pologne et l'URSS". Sikorski essaie à son tour d'éviter ce thème, répond que ce n'est pas le lieu, qu'il n'a pas autorité pour traiter, puis, sur l'insistance de son hôte, dit la volonté polonaise de revenir au tracé de 1939. "J'aimerais apporter quelques modifications à cette frontière", répond alors Staline avec un léger sourire, "elles seront très modestes" (23). Sikorski, après une revue des troupes polonaises à Kouïbychev, sur la Volga, où a été évacuée l'ambassade, s'en retourne à Londres où il dresse, devant son gouvernement, un bilan très positif d'un voyage pourtant sans éclat. Peut-être a-t-il été, comme tant d'autres hommes d'Etat occidentaux, séduit par la personnalité de Staline. Trois mauvais présages ont pourtant coïncidé avec son voyage. Le 30 novembre, le jour même de son atterrissage à Kouïbychev, un groupe de militants communistes [7] a lancé, à Saratov, un "Appel au peuple polonais" et annoncé la création d'une organisation appelée à regrouper tous les Polonais libérés en vertu de l'"amnistie". Le 1er décembre, le commissariat soviétique aux Affaires Etrangères a signifié à l'ambassadeur Kot que tous les habitants non polonais des zones orientales de la Pologne avaient reçu la nationalité soviétique : le fait que l'URSS ait reconnu la nationalité polonaise aux habitants ethniquement polonais de ces zones n'emportait aucune conséquence juridique pour les autres. En clair : Juifs, Biélorusses et Ukrainiens des régions annexées étaient des citoyens soviétiques et le resteraient, ce qui excluait qu'ils soient enrôlés dans les rangs de l'armée polonaise. Cette doctrine a reçu, dès le 3 décembre, sa première application au moment même où se déroulaient les entretiens Staline-Sikorski : deux dirigeants prestigieux du Bund , le parti socialiste juif polonais d'avant-guerre, Wiktor Alter et Henryk Ehrlich, libérés par l'"amnistie" et invités à créer un "comité mondial juif anti-fasciste" par les autorités soviétiques étaient arrêtés par le NKVD sous l'accusation de collaboration avec les Allemands. On ne devait plus les revoir. B - LA POLOGNE ET LES ALLIES Après la signature, le 30 juillet 1941, du traité polono-soviétique, Eden, qui veut effacer l'impression fâcheuse laissée par les pressions britanniques, rappelle à Sikorski la position de Churchill : le gouvernement anglais ne reconnaîtra aucun des changements territoriaux intervenus en Pologne après août 1939. Les Etats-Unis font de même, par la bouche du sous-secrétaire d'Etat Sumner Welles, en déclarant ne reconnaître aucune atteinte à l'indépendance et à la souveraineté de la Pologne. Le 14 août, à bord du cuirassé "Prince de Galles", Churchill et Roosevelt signent la "Charte de l'Atlantique". Ce document pose les principes de l'action future des deux alliés : non-reconnaissance des changements territoriaux opérés sans l'accord des Etats intéressés et droit des nations à choisir leur forme de gouvernement. La "Charte" prévoit également la création d'une organisation internationale universelle pour succéder à la Société des Nations. Le 24 septembre, l'Union Soviétique, la Pologne et les gouvernements en exil d'autres Etats occupés par les puissances de l'Axe adhèrent à cette "Charte" dans laquelle ils voient une garantie pour l'avenir. Les Etats-Unis tardent à entrer en guerre avec l'Allemagne. La Grande- Bretagne, qui redoute une paix séparée entre Hitler et Staline, cherche à consolider par un traité en bonne et due forme son alliance de fait avec l'URSS. Quelques jours après le départ de Sikorski, à la mi-décembre 1941, Eden arrive à Moscou en mission exploratoire. Staline, dont les ambitions ne sont nullement tempérées par la présence de la Wehrmacht aux portes de Moscou, expose à son interlocuteur ses plans pour l'après-guerre : l'URSS, pour des raisons stratégiques, doit garder les Etats baltes, une partie de la Finlande et la Bessarabie. Tout traité avec la Grande-Bretagne est subordonné à la reconnaissance de ces acquisitions. Sur la Pologne, Staline reste plus vague. Il la voit s'étendre à l'ouest jusqu'à l'Oder et au nord englober la Prusse orientale. Quant à la frontière polono-soviétique, une chose est certaine : elle ne peut reposer sur le tracé du traité de Riga. Des pourparlers seront ouverts avec les Polonais sur la base de la "ligne Curzon modifiée" (24), étant entendu que Vilnius devra retourner à la Lituanie - c'est-à-dire à l'Union Soviétique. Deux mois plus tard, les choses se précisent à la faveur de la reprise de l'offensive allemande, alors que le prestige de l'URSS dans l'opinion publique britannique ne cesse de croître. Eden, début mars, puis Churchill lui-même, avisent Sikorski que les Soviétiques exigent la reconnaissance d'une partie de leurs annexions (Etats baltes, Bessarabie, Bukovine) pour conclure un traité avec la Grande-Bretagne. Le Premier Ministre polonais s'en alarme, faisant valoir qu'une telle reconnaissance préjuge fâcheusement le sort de la Pologne. Dans un aide-mémoire adressé à Eden, Sikorski met en garde les Britanniques contre l'"impérialisme soviétique" et le péril d'une "communisation de l'Europe" (25). Le 21 mars, il s'en va à Washington chercher auprès du gouvernement américain, engagé depuis l'attaque de Pearl Harbor dans une guerre sans merci à l'Allemagne, la fermeté et les assurances qu'il ne trouve pas à Londres. L'accueil est très chaleureux. Roosevelt rappelle sa fidélité à la "Charte de l'Atlantique", son opposition à tout changement territorial avant la fin de la guerre, et sa détermination à ne pas faire de concessions à l'URSS. Empli d'optimisme et de confiance dans le soutien américain à la cause polonaise, Sikorski tente à nouveau, à son retour, de dissuader Churchill de céder aux exigences de Staline. En vain. Dans une entrevue orageuse, le 26 avril 1942, le Premier Ministre britannique annonce à son homologue polonais que le Royaume-Uni s'apprête à conclure un traité avec l'URSS : certes, reconnaît-il "le coeur lourd", il enfreint la "Charte de l'Atlantique", mais c'est un moindre mal. Pour apaiser son interlocuteur, Churchill l'assure néanmoins que le traité "garantira les intérêts polonais" et "même une absolue intégrité territoriale" à la Pologne (26). Le 26 mai 1942, Molotov vient à Londres signer le traité soviéto- britannique, qui, au grand soulagement de Sikorski, ne comporte aucune clause de reconnaissance de frontière. Staline remporte une incontestable victoire diplomatique. C - L'EVACUATION DE L'ARMEE ANDERS. La visite de Sikorski à Moscou, en décembre 1941, n'a nullement mis fin aux entraves posées par les Soviétiques à la formation de l'armée polonaise sur leur sol. C'est à peine si l'action des bureaux polonais ouverts en URSS est tolérée. La confusion sur la question de la nationalité permet aux autorités soviétiques de retenir, malgré les interventions de l'ambassadeur Kot, de nombreux Polonais sur les lieux de déportation. Et ceux qui parviennent à rejoindre les troupes d'Anders, les officiers notamment, sont soumis à des pressions du NKVD, qui parvient ainsi à infiltrer les rangs de l'armée polonaise. Quant au sort des 15 000 officiers et sous-officiers des camps de Starobelsk, Kozelsk et Ostachkov, il continue d'être traité sur le même mode évasif par les autorités soviétiques. Les Polonais multiplient les démarches et investigations, mais se heurtent à un mur de silence ou à des demi-réponses : ils seraient rentrés chez eux, auraient fui à l'étranger ou encore seraient morts en route... Un jour du printemps 1942, le capitaine Czapski recueille un témoignage autrement plus inquiétant : en octobre 1940, un colonel de l'armée polonaise, Zygmunt Berling, avait, avec d'autres officiers comme lui emprisonnés à Moscou, été pressenti pour mettre sur pied une armée polonaise pro-soviétique dans la perspective d'un conflit avec l'Allemagne. Reçu à ce titre par le chef du NKVD, Beria, et son adjoint Merkoulov, Berling avait suggéré de constituer une division blindée avec les cadres détenus dans les camps de Starobelsk et de Kozelsk. "Non, pas ceux-là", avait alors laissé échapper Merkoulov, "nous avons commis une grosse erreur en ce qui les concerne" (27). D'autres hauts responsables soviétiques, interrogés par les Polonais, font état eux aussi, en privé, d'une "erreur fatale", tandis que des rumeurs suggèrent que certains des officiers disparus auraient été noyés dans l'Océan Arctique (28). Début 1942, l'armée d'Anders se voit assigner un nouveau lieu de cantonnement en Asie centrale, près de Samarcande. Le transfert, en plein hiver, se déroule dans des conditions éprouvantes et, sur place, la malnutrition aidant, une épidémie de typhus emporte en l'espace de quelques mois 10 000 personnes (29). Sur les six divisions appelées à rester en URSS, une seule a reçu de l'armement soviétique. En janvier 1942, les Soviétiques proposent de l'envoyer au front. Anders refuse net, invoquant l'impréparation et la sous-alimentation de ses troupes et se réfère à l'accord militaire soviéto-polonais, qui prévoit que son armée ne serait engagée qu'en formation complète. Malgré les obstacles, les effectifs de l'armée polonaise doublent en l'espace de trois mois, pour atteindre, au début de 1942, près de 75 000 hommes (30), soit le tiers seulement du nombre de prisonniers de guerre reconnus par les Soviétiques. Près de 150 000 manquent à l'appel. Mais pour l'URSS, cette armée, qu'elle ne contrôle pas, devient politiquement indésirable. De surcroît, comme elle n'est toujours pas en mesure de combattre, elle constitue un fardeau pesant à un moment où l'effort de guerre est intense et les ressources rares. Le 10 mars 1942, arguant de difficultés d'approvisionnement, les Soviétiques annoncent que le nombre de rations livrées aux Polonais sera réduit de 70 000 à 26 000 dans les dix jours. Anders se rend aussitôt à Moscou, le 18 mars, pour rencontrer Staline, qui propose une solution de compromis : une partie de l'armée serait évacuée vers la Perse, et 44 000 hommes resteraient en URSS, recevant pleine ration. L'évacuation est étonnamment rapide : en 10 jours, fin mars-début avril, 43 000 personnes, dont 31 000 militaires, quittent le territoire soviétique vers l'Iran. Les civils sont surtout des personnes âgées et des enfants. Sikorski espère encore doubler à nouveau les effectifs restants, mais l'ère de la coopération avec les Soviétiques est révolue. Début avril, le réseau d'officiers de liaison et de bureaux de recrutement polonais à travers le pays est dissous, les antennes sont empêchées d'agir et leurs employés arrêtés pour espionnage. Lors de la signature du traité soviéto-britannique, en mai, Churchill et Molotov conviennent d'évacuer la totalité des troupes polonaises vers l'Egypte pour renforcer l'armée britannique. Sikorski, qui voit là l'évanouissement de ses espoirs de lever une "grande armée de 300 000 hommes", n'a d'autre choix que d'accepter la décision. Le 20 juillet, Vychinski, vice-commissaire aux Affaires Etrangères soviétique, informe les Polonais que les bureaux seront fermés, et le 31 juillet est signé, à Tachkent, un protocole d'évacuation. L'opération est menée du 5 au 26 août, non sans difficultés, car les Soviétiques, fidèles à leur position, s'opposent au départ de ceux qu'ils ne considèrent pas comme Polonais, les Juifs notamment. Anders parvient tout de même à faire sortir d'URSS 4 000 Juifs, parmi lesquels un caporal nommé Menahem Begin. La plupart d'entre eux rejoindront les communautés juives de Palestine. Plus de 40 000 militaires et quelque 30 000 civils parviendront à quitter l'Union Soviétique en août, portant à 115 000 personnes le nombre total des évacués, soit 7% à peine du chiffre estimé des Polonais déportés des terres orientales. La campagne de propagande menée par les communistes polonais dans les rangs de l'armée, au moyen d'une station de radio nommée "Kosciuszko", de tracts et de journaux, ainsi que les pressions du NKVD échouent à retenir en URSS un nombre significatif d'hommes : seul un petit groupe d'officiers polonais, à la tête duquel se trouve le colonel Berling, choisit de rester pour former le noyau de la future armée polonaise d'obédience soviétique. D - LA RESISTANCE EN POLOGNE (JUIN 1941-AVRIL 1943). L'invasion par les armées allemandes de l'Union Soviétique n'apporte à la Pologne aucun soulagement. Hitler a conçu pour le "Gouvernement Général" un nouveau plan : la Pologne, avec les pays baltes, la Biélorussie et la Crimée, fait partie de cette zone dont le Generalplan Ost prévoit de déporter les habitants vers la Sibérie et de la repeupler par des Allemands. En novembre 1942, les Allemands entreprennent ainsi de coloniser la région de Zamosc, près de Lublin : 300 communes sont vidées de leurs 110 000 habitants, envoyés dans les camps de concentration ou travailler en Allemagne, pour y installer des Allemands de Roumanie. Les méthodes de l'occupant ne font que gagner en barbarie : à Lwow, des hommes politiques comme Bartel, des intellectuels comme Boy-Zelenski, sont exécutés. Les camps de concentration se multiplient : il y en aura, dès 1942, quelque 200 sur le territoire polonais. Mais c'est sur les Juifs surtout que l'étau se referme. Dans le sillage de la Wehrmacht sévissent les Einsatzgruppen , escadrons de la mort chargés d'"exterminer" les Juifs, mais aussi les Tsiganes, les officiels communistes et l'intelligentsia. 1 200 000 Juifs sont ainsi exécutés sommairement et leurs corps jetés dans des fosses communes à l'extérieur des villes et villages. Devant l'ampleur de la tâche, les nazis rationalisent l'entreprise : des chambres à gaz sont construites à Auschwitz et Belzec. Fin 1941, les ghettos formés après l'invasion de 1939 sont enclos. Tout Juif qui en sort sans autorisation est passible de la peine de mort. Le 20 janvier 1942, quinze dignitaires du régime nazi se réunissent à la villa de Wannsee, dans la banlieue de Berlin, pour arrêter la "solution finale au problème juif". L'extermination massive des Juifs d'Europe est érigée en politique d'Etat. Arrestations arbitraires et exécutions sommaires deviennent la règle. Pour les Polonais, il est de plus en plus clair que la passivité et la neutralité ne sont nullement une garantie de survie. La population polonaise fournit certes son lot de collaborateurs, mais dans des proportions beaucoup plus modestes que d'autres pays occupés, comme la France ou les Etats baltes. Plus nombreux qu'ailleurs sont en revanche ceux qui s'engagent dans l'action clandestine, civile ou militaire, offrant à la Résistance la complicité active de l'immense majorité de la population. Pendant toute cette période, l'organisation de l'Etat clandestin est développée avec persévérance. L'enseignement clandestin fonctionne désormais à grande échelle avec 10 000 étudiants qui suivent régulièrement les cours (31). En 1942 est constitué un réseau de délégués civils à l'échelon local. La Résistance voit loin puisqu'un "bureau des terres nouvelles" est créé au sein du département des Affaires intérieures pour préparer l'adjonction à la Pologne, après la guerre, de la Prusse orientale, de la Poméranie et de la Silésie d'Opole. La presse clandestine est très active : le "bulletin d'information" hebdomadaire tire à 200 000 exemplaires et quelque 50 titres paraissent régulièrement. Avec une production de 800 ouvrages pendant la guerre (32), l'édition clandestine est bien organisée et permet à toute une génération de jeunes écrivains de manifester leur talent : Baczynski, Borowski, Milosz, Andrzejewski, Kazimierz Brandys s'illustreront en ces années de guerre. En 1942 est fondée la "direction de la lutte civile" (KWC) [8] qui se donne pour mission d'organiser la résistance passive, de fixer un code de conduite des Polonais sous l'occupation et de mettre en place des tribunaux clandestins. Sur le plan militaire, la Résistance ne prépare, dans l'immédiat, aucun affrontement ouvert avec l'occupant. Le but ultime de l'organisation clandestine est l'insurrection, le moment venu, contre les Allemands. Cette échéance, en 1941-42, paraît encore lointaine, et Grot-Rowecki consacre tous ses efforts au renforcement et à l'unification du ZWZ. Pour l'essentiel, le ZWZ est organisée selon un modèle classique : la plupart de ses membres mènent en apparence une vie normale, tout en attendant le signal pour rejoindre un poste de combat assigné à l'avance. Les efforts de Rowecki, fidèle aux instructions de Londres, et ses incessantes tractations avec les partis finissent par porter leurs fruits. Il obtient le ralliement de plusieurs formations militaires, mais ne parvient pas à unifier la Résistance : le Parti Paysan (SL) [9] et le Parti National (SN) [10] restent méfiants et ne sont guère portés à renoncer au contrôle de leurs propres unités paramilitaires. Le 14 février 1942, Sikorski rebaptise le ZWZ "Armée de l'Intérieur" (AK) [11] - et confirme Rowecki dans ses fonctions. Avec le Parti National, les pourparlers aboutissent dès mars 1942 : son organisation militaire est incorporée à l'AK, mais au prix d'une scission : un fort contingent rejoint d'autres unités militaires telles que Szaniec (le retranchement) pour former une nouvelle organisation, les Forces Nationales Armées (NSZ) [12] , située à l'extrême droite et animée par une idéologie nationaliste radicale, ouvertement antisémite. Mais ce n'est qu'en juin 1943 qu'un accord entre Rowecki et le Parti Paysan permettra d'intégrer dans l'AK, non sans peine, quelque 40 000 membres des "Bataillons paysans". Un nombre équivalent resteront en dehors, regroupés sous la dénomination de "Garde Paysanne" ( Straz Chlopska ). Avec les formations de gauche, faiblement organisées, des négociations sont engagées, mais n'aboutissent pas, les communistes, notamment, formulant des exigences exorbitantes telles que la reconnaissance des annexions soviétiques de 1939. De même, la principale organisation pilsudskiste, la "Convention des Organisations Indépendantistes" (KON) [13] , demeure en dehors de l'AK, tout en proclamant sa loyauté envers Londres. Fin 1942, les effectifs de l'AK atteindront tout de même 200 000 hommes, mais la stratégie choisie - préparer l'insurrection générale - et la modestie de l'armement disponible excluent des opérations militaires d'envergure. Confronté à la surenchère des formations rivales de l'AK, qui critiquent son attentisme et jouent de l'impatience des Polonais, Rowecki cherche à rendre plus visible l'action de son organisation. En octobre 1942 est créé le Kedyw (Direction de la Diversion) qui procède à des actions de sabotage et de diversion, à des opérations de commando (libération de prisonniers, capture de matériel) et des attentats. Associé aux "Bataillons Paysans", il forme un maquis dans la région de Zamosc qui dissuadera les Allemands de poursuivre leurs opérations de colonisation. Enfin, c'est également fin 1942 que l'AK noue ses premiers contacts avec l'organisation de résistance juive du ghetto de Varsovie (ZOB) [14] , confrontée, impuissante, à l'inexorable mise en oeuvre de la "solution finale". Sous le nom de code d'"opération Zegota ", plusieurs organisations polonaises de résistance fondent en décembre 1942 un "Conseil de l'Aide aux Juifs" (RPZ) [15] pour secourir les Juifs de Pologne. Grâce à des caches, faux papiers et filières d'évasion, 100 000 d'entre eux environ échapperont aux camps de la mort (33). Entre juillet et septembre 1942, le ghetto de Varsovie a été pratiquement vidé de ses occupants : quelque 300 000 Juifs ont été emmenés par les trains de la mort à Treblinka. 55 000 seulement restent dans le ghetto. Lorsqu'en janvier 1943, les Allemands s'apprêtent à procéder à une nouvelle vague de déportations, l'organisation de résistance (ZOB), qui s'est précisément constituée en réaction aux déportations de l'été, entreprend des actions armées qui semblent les en dissuader. Et lorsque, le 19 avril 1943, la rumeur se répand d'une nouvelle Aktion des Allemands, il n'y a que 500 défenseurs pour rejoindre les postes de combat. A l'aube de cette deuxième nuit de la Pâque juive, les quelque 2 000 hommes de l'unité allemande venue investir le ghetto doivent battre en retraite sous la violence du feu. Quelques semaines après la capitulation allemande à Stalingrad, le mythe de l'invincibilité allemande est à nouveau mis à mal. A une échelle infiniment plus modeste, certes, mais le symbole ne manque pas de force. Les attaques suivantes sont pareillement repoussées. Les Allemands décident alors d'incendier le ghetto, envisageant d'en venir à bout en trois jours. Malgré la disproportion des forces en présence, il faudra aux SS du général Stroop trois semaines de combats et de stratagèmes divers pour réduire, immeuble par immeuble, une résistance aussi désespérée qu'héroïque, dirigée par un jeune éducateur de 24 ans, Mordechaï Anielewicz. Le 8 mai, tout est fini. Le ghetto est en ruines. Les combats laissent 7 000 morts parmi les défenseurs, 6 000 civils brûlés vifs dans les maisons. L'immense majorité des rescapés est déportée à Treblinka et exterminée. Les survivants ne sont qu'une poignée. E - LA POLOGNE, L'URSS ET LES ALLIES. Après le départ de l'armée Anders, les relations polono-soviétiques connaissent une dégradation constante, même si elles sont formellement maintenues par le canal de l'ambassade, toujours installée à Kouïbychev. Le 16 janvier 1942, celle-ci reçoit une note du commissariat soviétique aux Affaires Etrangères : l'Union Soviétique revient sur sa position de décembre 1941 de reconnaître la nationalité polonaise aux Polonais des territoires annexés en 1939. Compte tenu de l'"attitude négative" du gouvernement de Londres envers "son geste de bonne volonté", Moscou a décidé de mettre fin à cette "exception". Le réseau d'assistance aux Polonais devient donc inutile. L'ambassadeur Romer, qui a succédé en octobre 1941 à Kot, s'en émeut auprès de Staline. Celui-ci consent, sur le mode badin, à accorder, au mieux, la nationalité polonaise aux seuls Polonais qui se trouvaient "de passage" dans les territoires orientaux en 1939, mais en aucun cas aux Polonais qui étaient domiciliés dans ces territoires. Sur la question des frontières, également, l'impasse est totale. Quant aux Alliés, ils entendent faire reposer sur l'URSS la plus grande partie de l'effort de guerre et ne sont pas disposés à contrarier Moscou en soutenant les revendications polonaises. Le 28 novembre 1942, Sikorski se rend pour la troisième fois, et pour un long voyage de six semaines, aux Etats-Unis, dans le but avéré de recueillir à nouveau le soutien de Roosevelt à la cause polonaise et au projet - à la vérité assez irréaliste - de fédération d'Europe centrale. Il entend également plaider la cause du débarquement dans les Balkans, option la mieux à même de garantir la libération par les Occidentaux du territoire polonais. Le chef du gouvernement polonais remet à Roosevelt plusieurs mémoires sur les revendications territoriales de son pays : la Prusse orientale, la Poméranie, Gdansk et la Silésie d'Opole. Ces demandes, qui ne sont assorties d'aucune concession à l'est, irritent les milieux dirigeants américains et l'opinion publique, qui décèlent là des appétits expansionnistes et un nationalisme exacerbé. Roosevelt, bien que favorable à un déplacement de la frontière vers l'Ouest, se garde de prendre des engagements précis envers Sikorski, repousse à la fin de la guerre toute discussion territoriale et engage son interlocuteur à s'entendre directement avec Staline. Averti par Sikorski des risques d'une "bolchévisation" de l'Europe centrale, le président américain se fait rassurant : l'aide économique américaine qui sera généreusement allouée à ces pays après la guerre en éloignera le spectre du communisme. De surcroît, l'URSS est "condamnée à évoluer vers la démocratie" (34) dès lors que la disparition du cordon sanitaire d'avant-guerre fera perdre sa raison d'être à la politique agressive soviétique. Quant au projet de fédération d'Europe centrale, il ne soulève pas l'enthousiasme de Roosevelt, qui estime que la sécurité de l'Europe doit être assurée par la future organisation internationale qu'il appelle de ses voeux et non pas par des arrangements locaux. Les réserves du président américain réduisent à néant les espoirs du chef du gouvernement polonais, déjà sérieusement compromis par les réticences croissantes, au cours de l'année 1942, du président tchécoslovaque Benes. Celui-ci pense trouver dans une politique de coopération avec l'Union Soviétique de meilleurs garanties de sécurité pour son pays que dans des constructions politiques hasardeuses. Exposés aux récriminations de ses compatriotes et soumis aux pressions des Alliés qui les exhortent à faire des concessions territoriales à l'Union Soviétique, Sikorski et son cabinet traversent, en ce début de l'année 1943, une phase de flottement et d'incertitude. Deux événements sont, en effet, venus donner au Premier Ministre polonais la mesure de la gravité de la situation : en janvier 1943, Roosevelt parvient à convaincre Churchill, à Casablanca, d'exiger une capitulation sans conditions de l'Allemagne, ce qui, compte tenu du rapport des forces sur le théâtre européen, implique la libération de la Pologne par l'Armée Rouge. D'autre part, cette dernière remporte peu après, le 2 février, sa première grande victoire avec la capitulation de l'armée du maréchal Paulus à Stalingrad. Enfin - mais cela, Sikorski l'ignore - pendant la deuxième quinzaine de mars 1943, Roosevelt reçoit à plusieurs reprises Eden à Washington et examine avec lui les exigences de Staline : la Carélie méridionale, les pays baltes, la Pologne orientale et la Bessarabie. Aucune décision n'est prise, mais la tonalité générale est à la satisfaction de ces exigences. "En dernier ressort, ce seront les grandes puissances qui détermineront ce qui doit revenir à la Pologne", laisse tomber le président américain (35). A Sikorski Eden se contente de recommander la patience et le sang-froid. IV - KATYN ET LA RUPTURE DES RELATIONS DIPLOMATIQUES. A - L'AFFAIRE DE KATYN. La nuit du 12 au 13 avril 1943, la radio allemande annonce la découverte dans la forêt de Katyn, à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Smolensk, d'un charnier contenant les corps de plusieurs milliers d'officiers polonais et impute aux Soviétiques la responsabilité du massacre : "il a été trouvé un fossé de 28 mètres sur 16 dans lequel étaient empilés en 12 couches les cadavres de 3 000 officiers polonais (...) vêtus de leurs uniformes; certains étaient ligotés, tous avaient des blessures par balles dans la nuque". "Il n'y aura aucune difficulté à identifier ces cadavres", poursuit le communiqué, "car grâce à la nature du terrain, ils sont complètement momifiés et les Russes ont laissé sur eux tous leurs papiers personnels". Après deux jours de silence, Radio-Moscou repousse ces accusations, dénonçant les "monstrueuses calomnies de la propagande allemande", et donne sa propre version des faits : ce sont les "bandits germano-fascistes" qui auraient assassiné les officiers polonais, tombés entre leurs mains en 1941, alors qu'ils étaient "affectés à des travaux de construction dans la région de Smolensk". Cette révélation constitue l'épilogue de l'énigme qui obsède depuis deux ans les autorités polonaises en exil. Celles-ci, déchirées entre l'indignation et le souci de ménager les relations avec l'URSS, décident le 17 avril, après quelques jours d'hésitation, de demander une enquête de la Croix-Rouge internationale. Mais le gouvernement de Londres est pris de vitesse par une demande analogue formulée la veille par le gouvernement du Reich . La concomitance crée l'impression fâcheuse d'une action concertée entre Allemands et Polonais et prête le flanc aux anathèmes de la propagande soviétique contre les "collaborateurs polonais d'Hitler". Staline écrit aussitôt à Churchill et Roosevelt pour dénoncer cette "campagne hostile à l'URSS" et leur annoncer son intention de rompre avec le gouvernement polonais. Dans la nuit du 25 au 26 avril, Molotov convoque Romer et lui notifie la rupture des relations diplomatiques, reprochant, toute honte bue, aux Polonais de n'avoir pas jugé utile d'adresser à l'URSS la moindre demande d'information sur le sort des officiers disparus. Romer doit fermer l'ambassade et quitter l'Union Soviétique. Le fond de l'affaire de Katyn est complètement occulté par la tempête diplomatique qu'elle déclenche. L'allure de scandale politique qu'elle revêt conduit la Croix-Rouge à rejeter, le 23 avril, en invoquant le défaut d'accord de l'une des parties en cause, la demande polonaise d'ouverture d'une enquête. En effet, l'Union Soviétique vient d'opposer un refus à une telle enquête, qui se déroulerait, argue-t- elle, sous les "conditions d'un système terroriste" (36). Mais les preuves de la culpabilité soviétique sont si accablantes que les nazis, experts en propagande autant qu'en exécutions de masse, jouent sur le velours. Ils invitent à Katyn une commission internationale de médecins légistes ainsi que des délégués de la Croix-Rouge polonaise. Mis à part ces derniers, seul le professeur Naville, de l'Université de Genève, antinazi notoire qui n'a accepté l'offre allemande que sous la pression des milieux politiques suisses choqués du veto soviétique, est ressortissant d'un pays non allié à l'Allemagne. Il déclarera après la guerre avoir pu, comme ses confrères, travailler librement et avoir signé le rapport d'expertise sans la moindre contrainte. Ce rapport, qui tire les conclusions de deux jours d'investigation, établit que la quasi-totalité des victimes ont été tuées d'une ou deux balles tirées à bout portant dans la nuque : "la similitude des blessures démontre l'oeuvre de tueurs expérimentés. La plupart des cadavres ont les mains ligotées derrière le dos et ont été ensevelis dans les uniformes qu'ils portaient au moment de leur mort". "Il s'agit", relève le rapport, "d'uniformes d'hiver, boutonnés de façon normale et bien ajustés. Mais les corps ne portent ni bagues ni montres, bien que les notes retrouvées dans les carnets, qui indiquent des heures exactes, laissent penser qu'ils ont dû conserver leur montre jusqu'au dernier moment". Le journal intime du major Solski s'achève le 9 avril sur ces mots pathétiques : "depuis l'aube, la journée commence singulièrement... départ en fourgon cellulaire, dans de petits compartiments...c'est horrible ! On nous emmène quelque part en forêt (...) et là, une fouille complète. On me prend ma montre, qui indique 8 heures 30. On me retire ma bague, mes roubles, ma ceinture, mon canif..." (37). Aucun des documents trouvés sur les cadavres n'est postérieur au 22 avril 1940 et plusieurs étuis à cigarettes portent, gravée, l'inscription "Kozielsk 1940". La taille des jeunes pins plantés à la surface des fosses laisse penser qu'ils sont en place depuis 3 ans. La commission fait une autre observation : dans certaines fosses sont ensevelis les corps de civils, hommes et femmes, qui reposent là depuis beaucoup plus longtemps. Ils ont été exécutés avec le même angle de tir et le même trou dans la nuque que les officiers polonais. De toute évidence, la forêt de Katyn était un lieu d'exécution de masse bien avant de servir de sépulture à ces derniers. Une ombre, pourtant, figure au tableau de la propagande nazie : les cartouches et les balles retrouvées sur place sont d'origine allemande. Les Allemands tentent de dissimuler ce fait ou admettent avec embarras que leur pays a dans le passé exporté de grandes quantités de ces munitions. Autre motif d'inquiétude pour les Allemands, malgré la poursuite des fouilles, le nombre de cadavres polonais retrouvés plafonne obstinément à 4 500. Or la propagande allemande, informée du nombre total d'officiers disparus, avait très vite relevé à 10 000-12 000 ses estimations initiales. L'écart paraît suspect. Les Allemands se mettent donc à rechercher fiévreusement de nouvelles fosses communes, mais ne trouvent pendant des semaines que des charniers anciens, remplis de dépouilles de Soviétiques. Une nouvelle fosse est découverte le 1er juin, qui recèle 200 corps d'officiers polonais : les vêtements et les documents trouvés sur les cadavres indiquent qu'il s'agit là du dernier contingent amené à Katyn, exécuté à une date postérieure au 6 mai 1940. Poursuivis également par une équipe de la Croix-Rouge polonaise, les travaux de fouille sont interrompus début juin par l'arrivée des grandes chaleurs et le rapprochement du front. Dès septembre 1943, après la libération de Smolensk par l'Armée Rouge, Moscou dépêche à Katyn une "commission spéciale" constituée exclusivement d'experts soviétiques et présidée par un académicien déjà âgé, le professeur Bourdenko. Après avoir entendu une centaine de témoins et procédé à une nouvelle exhumation des cadavres, la commission rendra ses conclusions le 24 janvier 1944, confirmant la version initiale de Moscou : les prisonniers polonais étaient détenus - et affectés à des travaux d'entretien des routes - dans trois camps à l'ouest de Smolensk, que les autorités soviétiques, surprises par l'avance de la Wehrmacht , n'avaient pas eu le temps d'évacuer. Les Allemands les avaient exécutés pendant l'automne 1941 puis 18 mois plus tard, pressentant le retournement de la situation militaire, avaient imaginé une "provocation" pour imputer à l'Union Soviétique la responsabilité de leur crime. Ils avaient ainsi fait exhumer, dépouiller de tout document postérieur à avril 1940 et enfin réensevelir les corps par un groupe de 500 prisonniers de guerre russes. Fourmillant de contradictions, démentie par les observations des experts, cette thèse invraisemblable se heurtera au scepticisme des Polonais qui continueront de rassembler preuves, témoignages et indices et parviendront à reconstituer la tragédie. A l'achèvement de la campagne de Pologne, en octobre 1939, les officiers polonais capturés sont rassemblés dans deux monastères orthodoxes désaffectés transformés en camps : 5 000 officiers, dont 30% de réserve, sont détenus à Kozelsk, à 250 kilomètres au sud-est de Smolensk, et 4 000 à Starobelsk, dans l'est de l'Ukraine, près de Vorochilovgrad. Un troisième camp, également établi dans un monastère, regroupe, sous un régime plus sévère, 6500 hommes dans une île du lac Seliger, près d'Ostachkov, au nord-ouest de Kalinine : les prisonniers sont en majorité des sous-officiers, des policiers, des garde-frontières, mais on y trouve également des civils, prêtres, propriétaires terriens et magistrats (38). Décemment traités - sauf ceux d'Ostachkov - ils y resteront plusieurs mois en "observation" et seront même soumis à une campagne de "rééducation". Jusqu'en avril 1940, où soudain, sans explication aucune, ils commencent à être évacués par groupes de 100 à 300, vers une destination inconnue : chaque matin, la liste nominative des partants est téléphonée de Moscou, après quoi une demi-heure est laissée à chacun pour rassembler ses effets avant de s'engouffrer dans des fourgons cellulaires. De temps à autre, là encore sans aucune explication, un contingent est dirigé sur le camp de Pavlichtchev Bor, non loin de Kozelsk, entre Toula et Smolensk : les quelque 400 hommes qui s'y retrouvent, libérés en 1941 après l'accord Sikorski-Maïski, seront les seuls rescapés des trois camps. Les raisons de ce traitement à part ne sont toujours pas éclaircies. Toute trace de leurs camarades est perdue jusqu'en février 1943, lorsqu'un jeune paysan de la région de Katyn, Ivan Krivozertsov, se présente au poste de police allemand. Il a lu, dit-il, dans un journal local qu'un certain général Sikorski recherchait des officiers polonais capturés par les Russes : "Sikorski cherche ses officiers en Sibérie et ils sont là, fusillés, à Katyn". Krivozertsov se rappelle qu'au mois de mars 1940, des prisonniers avaient été amenés par camion pour creuser des fosses dans la forêt, affectée dans les années 20 et 30 aux exécutions de la Guépéou . Puis, en avril 1940, une noria de fourgons cellulaires du NKVD avait été mise en place entre la gare, toute proche, de Gnezdovo et la forêt de Katyn. Il suffit aux Allemands de se faire conduire sur les lieux pour découvrir le charnier, dissimulé sous de jeunes pousses de pins. Une question lancinante demeure : que sont devenus les quelque 10 500 prisonniers des camps de Starobelsk et d'Ostachkov? Seuls, en effet, ceux de Kozelsk ont été retrouvés à Katyn. Les rumeurs les plus folles circulent : les détenus auraient été embarqués à bord de barges coulées dans les eaux glacées de la Mer Blanche. Jouant de l'erreur initiale d'estimation de la propagande allemande, les Soviétiques feront croire que la forêt de Katyn recèle la totalité des corps des Polonais disparus, se dispensant de la sorte de répondre à toute nouvelle question sur le sort des détenus des deux autres camps. Pour les besoins de la cohésion de l'alliance contre Hitler, l'affaire sera maintenue sous une chape de plomb pour ne resurgir qu'en 1945, dans l'acte d'accusation produit devant le tribunal de Nuremberg. Les Soviétiques multiplieront avec succès les manoeuvres pour faire endosser leur version des faits. Mais même le gouvernement pro-communiste de Varsovie s'abstiendra de verser l'affaire au dossier des crimes de guerre nazis aux dépens de la Pologne. Les juges ne seront pas davantage convaincus de la culpabilité allemande : le verdict ne retiendra pas le massacre de Katyn à la charge des accusés. Mais l'énigme continuera de hanter les esprits polonais et de susciter de nouvelles investigations. Sujet tabou de la relation polono-soviétique d'après-guerre, mais omniprésent dans les mémoires, dans les conversations et les publications des Polonais exilés ou des dissidents, le drame de Katyn ne sera éclairci qu'après la dislocation de l'Union Soviétique. La politique de "transparence" poursuivie par Gorbatchev après 1987, sa volonté proclamée de lever le voile sur les "taches blanches" de l'Histoire nourrissent en Pologne l'espoir de voir Moscou reconnaître enfin sa responsabilité. Mais il faudra plusieurs années encore de tergiversations et de contorsions pour qu'enfin, le 13 avril 1990, un communiqué de l'agence Tass, alléguant la découverte de nouvelles archives, impute la responsabilité des massacres au NKVD. Les fosses communes des camps d'Ostachkov seront localisées et une enquête ouverte par le Parquet militaire. L'audition des quelques participants à la tuerie encore vivants apportera de nouvelles révélations et des détails glaçants : c'est ainsi que les 6 295 détenus d'Ostachkov ont été exécutés de nuit, par contingents de 250, par un trio de tueurs du NKVD. Leur chef, un certain Blokhine, était réputé pour l'uniforme de cuir brun qu'il revêtait chaque soir avant d'accomplir sa sinistre besogne (39). Ce n'est qu'après la disparition de l'URSS que l'affaire connaîtra son dernier rebondissement, lorsque le 14 octobre 1992 un émissaire du président Eltsine viendra à Varsovie remettre au président Walesa un jeu de photocopies contenant un document essentiel : une décision du Bureau Politique, datée du 5 mars 1940 et signée de la main de Staline, ordonnant au NKVD de procéder à l'exécution de 27 500 Polonais, officiers, fonctionnaires et "éléments contre-révolutionnaires divers". Il s'agira du premier document historique attestant la responsabilité directe et personnelle de Staline dans une exécution de masse. Parmi les autres pièces remises, un rapport de 1959 du chef du KGB, Chelepine, à Khrouchtchev révélera que 21 857 Polonais ont été exécutés en 1940, soit bien davantage que la quinzaine de milliers de détenus des trois camps. Embarrassés par cette atteinte à la cohésion de la coalition anti-nazie, les Alliés, dont les intérêts sont fortement liés à la poursuite de la guerre par l'Union Soviétique, tentent en vain d'y remédier. Alors que la presse britannique vilipende le gouvernement polonais pour avoir, par ses accusations, ouvert une brèche dans la solidarité alliée, Churchill, qui redoute qu'à Sikorski succède "quelqu'un de pire", cherche à obtenir de Staline qu'il revienne sur sa décision. En vain. Pour Moscou, le scandale de Katyn vient en fait à point nommé, offrant un prétexte à la rupture avec le gouvernement de Londres. "Cette rupture était", écrit le général Bor-Komorowski, lequel succédera quelque mois plus tard à Rowecki à la tête de l'AK, "un élément logique dans la chaîne des événements enclenchée par la décision de créer l'Union des Patriotes Polonais et des unités polonaises au sein de l'Armée Rouge; elle préludait à la création d'un mouvement communiste clandestin, noyau d'une armée politique et d'un Etat secret communiste, dévoué à Moscou; mais le but politique ultime et véritable de ces manoeuvres était évidemment la création d'un gouvernement communiste polonais" (40). De fait, le 8 mai 1943, un communiqué annonce la constitution, à la demande de l'"Union des Patriotes Polonais", de la première division, baptisée "Kosciuszko", d'une nouvelle armée polonaise sur le territoire soviétique. Toutes les tentatives entreprises plus tard, pendant l'été, par les Américains et les Britanniques pour réconcilier l'Union Soviétique avec le gouvernement de Londres se heurteront à une fin de non-recevoir de Moscou. B - LA DISPARITION DE SIKORSKI Après le scandale de Katyn et la rupture avec l'URSS, les critiques à l'adresse de Sikorski s'amplifient dans les milieux polonais. Kot, chargé de superviser le IIème Corps d'Armée créé à l'automne 1942 au Proche-Orient sous le commandement du général Anders, alerte Sikorski de la montée d'une fronde, d'un "ferment dangereux" dans les rangs d'une armée largement encadrée par d'anciens "légionnaires" de Pilsudski. Sikorski décide alors de se rendre, le 25 mai 1943, en sa qualité de commandant en chef des forces armées, en tournée d'inspection sur place. Il y rencontre Anders, qui l'assure qu'aucun complot n'est tramé contre lui, il explique sa politique et sa position devant les officiers polonais puis repart rasséréné. Sur la route du retour, le 4 juillet, à Gibraltar, l'avion qui transporte la délégation s'abîme en mer. Seul le pilote, un Tchèque, survit à cet accident dont les circonstances donnent prise au soupçon d'un attentat. Plusieurs versions circuleront, imputant la responsabilité aux Soviétiques, aux Britanniques ou encore aux opposants polonais de Sikorski. Une commission d'enquête écarte l'hypothèse d'un attentat, mais les causes de la catastrophe ne seront jamais élucidées. A Londres, Churchill et de nombreux chefs d'Etat rendent hommage, par leur présence aux obsèques, à la personnalité du disparu et, par-delà elle, à la Pologne. Cette personnalité a suscité, et continue de susciter, des controverses. Ses détracteurs lui reprochent une confiance naïve dans les assurances des Occidentaux et sa légèreté dans la signature avec l'URSS d'un traité qui a hypothéqué les intérêts de la Pologne. Ses partisans saluent en lui l'homme d'Etat qui a manoeuvré avec habileté dans les circonstances difficiles de l'exil et dont la fidélité à la cause polonaise était incontestable. A vrai dire, comme ses successeurs et, probablement, tout autre homme politique à sa place, Sikorski a été peu à peu dépassé par des événements qui, une nouvelle fois, ont fait de la Pologne l'enjeu, parmi d'autres, d'une épreuve de force d'une tout autre échelle. La disparition du Premier Ministre remet à l'ordre du jour la question de la composition du gouvernement, donnant lieu à de fiévreuses tractations en coulisse à Londres. Le président Raczkiewicz demande au chef du Parti Paysan, Stanislaw Mikolajczyk, vice-premier ministre de Sikorski, apprécié de Churchill et Eden, de former le gouvernement qui, selon les mises en garde britanniques, doit être "acceptable" pour l'Union Soviétique. Les pilsudskistes et le Parti National en demeurent écartés et la composition du cabinet précédent est peu ou prou reconduite. Le ministre de la Défense, Kukiel, violemment attaqué par la presse soviétique pour son rôle dans l'affaire de Katyn, est maintenu dans ses fonctions. Mikolajczyk obtient de Raczkiewicz le maintien de la concentration des pouvoirs dans les mains du chef du gouvernement ainsi qu'une deminutio capitis de la fonction de commandant en chef des forces armées, qu'exerçait également Sikorski, mais que le Président venait de confier au général Sosnkowski, au grand dam des nombreux adversaires de celui- ci. Le nouveau Premier Ministre n'a ni l'autorité ni le brio de son prédécesseur, mais on lui reconnaît volontiers fermeté et bon sens. Jan Nowak, agent de liaison avec la Résistance, qui l'a rencontré à plusieurs reprises lors de ses missions à Londres, en conserve un souvenir vivace : "Mikolajczyk, petit, trapu, chauve, était le spécimen type du paysan polonais auquel l'expérience et le fréquentation des autres avaient enseigné les bonnes manières (...) (Il) réfléchissait et s'exprimait de manière cohérente, mais avec une certaine difficulté et avec l'accent rude, typique de Poznan. Ses petites lèvres fines et son expression résolue trahissaient un homme opiniâtre, acharné, volontaire (...) C'était l'autodidacte-type : le fait qu'il avait appris l'anglais en fort peu de temps, après son arrivée en Angleterre, et qu'il le parlait presque couramment, était impressionnant. Certes, il avait un accent épouvantable, mais il s'exprimait sans la moindre difficulté. Ce n'est certainement pas sans peine qu'il était arrivé à ses conceptions politiques, mais (...) lorsqu'elles lui semblaient justes, il s'y accrochait ferme et n'en démordait pas facilement" (41). Manoeuvrier, habile, il a su s'assurer des positions de force dans l'appareil gouvernemental (le ministère de l'Information est détenu par Kot) et notamment le contrôle des communications avec la Résistance. Son passé d'homme politique local ne lui a pas donné l'expérience de la "grande politique". Et, originaire de Poznanie, à l'ouest de la Pologne, il se verra reprocher par certains son indifférence au sort des confins orientaux. La personnalité du Commandant en chef est aux antipodes : "difficile de trouver deux hommes plus dissemblables que Sosnkowski et Mikolajczyk", observe encore Jan Nowak, "autant par leur apparence extérieure que par leur comportement, leur façon de penser et leur caractère. Si on avait vêtu Sosnkowski d'une pelisse et d'une cape, il aurait eu l'air d'un hetman sorti d'une gravure ancienne (...). Son physique à lui seul était impressionnant. Il y avait quelque chose d'aristocratique dans cette immense silhouette (...) Sosnkowski était l'un des esprits les plus remarquables que comptât le pays. Il était particulièrement doué pour l'analyse, mais c'était davantage un érudit qu'un meneur d'hommes. Il se trompait rarement dans ses prédictions concernant les événements sur le front, mais ses déductions n'aboutissaient généralement à aucune conclusion pratique définissant une action ferme et claire (...) il était davantage enclin à prendre des positions intransigeantes qu'à formuler des plans d'action concrets" (42). Placés aux postes les plus en vue de l'Etat polonais en exil, les deux hommes se voueront une animosité réciproque, au point, pratiquement, de s'ignorer et de s'éviter. Le nouveau gouvernement entre en fonction le 14 juillet 1943, salué avec sympathie par Churchill et dénoncé comme "pro-fasciste" par Moscou. Le 27, Mikolajczyk, dans une déclaration de programme, proclame sa fidélité à la ligne politique de Sikorski, se prononce pour une "coopération et une entente durables (...) fondées sur le respect des droits et intérêts mutuels" avec l'URSS et invite Staline à faire les "gestes" qui confirmeraient son projet de "Pologne forte et indépendante". Mikolajczyk mentionne également la perspective d'un déplacement des frontières à l'ouest, mais passe sous silence le contentieux de frontières à l'est. C - LA CONFERENCE DE TEHERAN ET LA "QUESTION POLONAISE" L'intransigeance des Polonais dans la défense de leur frontière orientale va faire du contentieux territorial avec l'Union Soviétique l'une des questions politiques majeures de la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Les Occidentaux ont en effet promis, dès 1942, à Staline d'ouvrir le second front que celui-ci réclamait depuis l'attaque allemande. Churchill est favorable à un débarquement dans les Balkans, solution délicate sur le plan militaire et contrariante pour Staline, qui veut un second front le plus éloigné possible de sa future zone d'opérations, l'Europe orientale et centrale. A Washington, en mai 1943, Anglais et Américains décident de débarquer dans la péninsule italienne, ce qui renvoie au printemps 1944 l'ouverture de ce second front. L'essentiel de l'effort de guerre continuera donc de reposer sur l'Union Soviétique. Staline, furieux, revient sur son acceptation du principe d'un sommet à trois, avec Roosevelt et Churchill, à l'été 1943. Les relations entre les alliés sont au plus bas depuis 1941. Ni le Premier Ministre britannique ni le président américain ne sont prêts à les envenimer davantage par des discussions sur les frontières, prématurées à un moment où les territoires en question sont encore loin d'être libérés. Les doutes portent aussi sur le fond des revendications polonaises : les Britanniques continuent de penser que la "ligne Curzon" est le tracé frontalier le plus juste et Roosevelt éprouve quelque difficulté à comprendre l'intransigeance des dirigeants polonais, à qui il est prêt à accorder la Prusse orientale et la Haute Silésie en compensation de la cession des terres orientales. Autre motif d'inquiétude, une paix séparée germano-soviétique n'est pas exclue et la propagande soviétique en rappelle régulièrement la possibilité pour faire pression sur les Alliés occidentaux. Ces rumeurs ne sont d'ailleurs pas dépourvues de fondement, puisqu'au printemps et à l'été 1943 ont eu lieu entre Soviétiques et Allemands des pourparlers secrets infructueux. Enfin, Roosevelt se méprend gravement sur les intentions de Staline : sensible aux "besoins de sécurité" de l'URSS, il croit dans la convergence de l'URSS vers un modèle de démocratie universelle dès lors que ce besoin sera satisfait. A l'automne 1943, la configuration du conflit a changé : après le renversement de situation opéré à Stalingrad, les Soviétiques remportent succès sur succès sur le front de l'est. La Wehrmacht a été repoussée sur le Dniepr, à une centaine de kilomètres à l'est de la frontière polono-soviétique de 1939. Anglais et Américains ont évincé les Allemands d'Afrique du nord et avancent en Italie, où le régime fasciste s'effondre. Revenant sur son refus antérieur, Staline, plus que jamais en position de force, accepte le principe d'une conférence au sommet des chefs des trois grandes puissances et parvient à en imposer la date - après la fin de la campagne d'automne - et le lieu - Téhéran, qui présente l'avantage de n'être pas trop éloigné de Moscou, dont il répugne à s'éloigner longtemps. Les ministres des Affaires Etrangères se réunissent à Moscou du 19 au 30 octobre 1943 pour préparer la rencontre au sommet de Téhéran. Avant de partir pour l'Union Soviétique, Eden a recueilli auprès de Mikolajczyk le dernier état des positions polonaises : non sans habileté, celui-ci a proposé la collaboration de l'AK avec l'Armée Rouge, qui atteindra dans quelques mois les frontières polonaises de 1939, et demandé des parachutages d'armes. Il était disposé, également, à renouer avec Moscou sans conditions préalables. Eden a une nouvelle fois sondé son interlocuteur sur la question des frontières : acceptait-il la Prusse orientale et la Haute Silésie ainsi que, peut-être, Lwow, en échange de l'abandon des territoires à l'est de la "ligne Curzon" ? Mikolajczyk a répondu, comme avant, que ces terres revenaient de droit à la Pologne mais qu'aucun gouvernement en exil ne pouvait négocier de cession de territoire. Il est impossible de tout avoir, a rétorqué Eden, courroucé. En revanche, lorsque Mikolajczyk l'a interrogé sur des garanties britanniques et américaines du territoire et de l'indépendance de la Pologne, Eden s'est à son tour cantonné dans des propos évasifs. Une fois à Moscou, les deux Occidentaux, Cordell Hull et Eden, se gardent de contrarier les Soviétiques, redoutant que Staline diffère à nouveau le sommet auquel Roosevelt tient particulièrement. Ce n'est que vers la fin de la conférence qu'Eden soulève, avec l'appui réticent de Cordell Hull, la question du rétablissement des relations diplomatiques de l'URSS avec la Pologne. Molotov répond en reconnaissant, selon la formule désormais consacrée, le "droit de la Pologne à un Etat indépendant", mais subordonne le rétablissement des relations à une "attitude amicale" du gouvernement polonais envers l'URSS, mentionnant notamment l'éviction de Sosnkowski. Quant à l'aide de l'AK, Molotov la repousse avec dédain, faisant valoir l'hostilité de celle-ci aux partisans soviétiques qui opèrent sur l'arrière du front. Eden, à son retour de Moscou, reste discret sur les résultats des entretiens, mais les rumeurs vont bon train dans les milieux polonais de Londres : le sort de la Pologne aurait été scellé à Moscou, dont la "zone d'influence" s'étendrait jusqu'à l'Elbe. Eden assure Mikolajczyk que la question des frontières n'a pas été discutée, mais annonce, à l'inquiétude du Polonais, qu'elle le sera lors de la rencontre au sommet. Churchill et Roosevelt se dérobant à une rencontre, Mikolajczyk doit se contenter de remettre, le 16 novembre, un mémoire aux gouvernements américain et britannique pour rappeler la position de son gouvernement : il demande aux Occidentaux de plaider à Moscou en faveur d'une restauration des relations diplomatiques. Quant aux frontières, l'octroi de territoires allemands à l'ouest, dit le mémoire, doit être considéré comme une garantie contre une nouvelle agression allemande et donc un élément de la paix future en Europe, et non comme une compensation de la perte de territoires à l'est. Mais des négociations sur les frontières pourraient être ouvertes avec l'URSS si les Occidentaux accordaient à la Pologne des garanties quant à son indépendance et de nouvelles prétentions soviétiques. C'est là un élément nouveau par rapport aux positions de Sikorski. Le 28 novembre, à 16 heures, dans le salon d'honneur de l'ambassade soviétique à Téhéran, Roosevelt déclare ouverte la session plénière de la première rencontre entre les chefs des trois puissances alliées contre l'Axe. Staline est accompagné de Molotov et Vorochilov; Churchill est entouré d'Eden et des chefs d'état-major. Quant à Roosevelt, il est parvenu à écarter de sa délégation Cordell Hull, le secrétaire d'Etat, qu'il n'apprécie guère, et a emmené à Téhéran son conseiller Harry Hopkins, le nouvel ambassadeur américain à Moscou, Averell Harriman, ainsi que les chefs d'état-major. Si les succès militaires de l'Union Soviétique placent Staline en position de force, Churchill se trouve en revanche en position de faiblesse. Il est certes parvenu à éviter ce qu'il redoutait par-dessus tout, une rencontre entre Staline et Roosevelt seuls, mais il craint que l'Américain et le Soviétique s'entendent dans son dos, au détriment notamment des intérêts coloniaux de la couronne britannique. La réunion commence par un mauvais présage : averti par les Soviétiques d'un complot nazi et mis en garde contre un risque d'attentat, Roosevelt et sa délégation déménagent de l'ambassade américaine, éloignée des deux autres, et vont s'installer dans les locaux, probablement truffés de micros, de l'ambassade soviétique. Puis le président refuse une invitation à déjeuner de Churchill, qui voyait là une occasion d'accorder les positions occidentales avant la rencontre à trois, au profit d'un entretien en tête-à-tête avec Staline. Aussitôt après s'ouvre la première session plénière, décisive puisqu'elle a pour objet d'arrêter la stratégie militaire alliée jusqu'à la fin de la guerre. Roosevelt obtient de Staline l'assurance qu'il ouvrira un front contre le Japon sitôt l'Allemagne défaite. Puis on en vient au coeur du sujet, l'opération Overlord , c'est-à-dire le débarquement en Europe. D'entrée Roosevelt pose les termes du dilemme : les équipements amphibies étant en nombre limité, il faut choisir entre la poursuite des opérations en Méditerranée et Overlord . Staline vole à son secours : certes, admet-il, la campagne d'Italie n'est pas inutile, mais, du fait des Alpes, ce n'est pas ainsi que l'on atteindra le coeur de l'Allemagne, ni d'ailleurs par les Balkans, beaucoup trop éloignés. Ce qu'il faut, c'est un débarquement en France, sur la côte de la Manche, soutenu, peut-être, par un débarquement dans le sud de la France. Ces propos remplissent d'aise les Américains, mais contrarient Churchill, partisan de retarder Overlord de quelques mois pour poursuivre l'offensive en Italie, entraîner la Turquie dans la guerre contre l'Allemagne, ouvrir la Mer Egée et les Dardanelles, appuyer la résistance yougoslave de Tito. Staline balaie ces arguments d'un revers de la main : est-il vraiment sage d'allouer tant de forces à des opérations subalternes en Méditerranée, alors que tout l'effort doit être concentré sur Overlord ? Ce choix, finalement retenu, scelle le sort de la Pologne. Mais Staline, habillement, évite d'aborder ce sujet, pourtant de première importance pour lui à ce moment. Roosevelt fait de même et c'est donc Churchill qui prend, le 28 novembre, après dîner, dans un entretien avec Staline, l'initiative : "la Grande-Bretagne", fait valoir Churchill, "est en guerre à cause de la Pologne et s'est engagée à rétablir une Pologne forte et indépendante" (43). D'abord glacial, Staline répond qu'il ne sent nullement la nécessité de parler de la Pologne avant la fin de la guerre, mais se radoucit lorsqu'il s'avère que le Britannique évite de parler du gouvernement polonais de Londres pour n'évoquer que les questions de frontières. Et lorsqu'Eden l'interroge sur les frontières occidentales de la Pologne, il assure : "les Soviétiques aideront la Pologne à étendre sa frontière jusqu'à l'Oder". Churchill acquiesce. Quant aux frontières orientales de la Pologne, Churchill, "à titre personnel", pense que la Pologne "pourrait se déplacer vers l'ouest, comme les soldats, en faisant deux pas à gauche" (44). Pour illustrer son propos, il pose sur la table trois allumettes qui représentent respectivement l'Allemagne, la Pologne et l'URSS puis les déplace d'un geste explicite. Staline feint de s'étonner qu'on puisse ainsi discuter des frontières de la Pologne sans même la présence d'un représentant polonais, mais l'idée lui plaît. "L'Union Soviétique", renchérit-il, "considère comme juste la frontière de 1939 entre la Pologne et l'URSS". Andreï Gromyko, alors ambassadeur d'URSS à Washington, qui rapporte ces propos dans ses mémoires, précise qu'il s'agit de la frontière d'après le rattachement de l'Ukraine et de la Biélorussie occidentales à l'URSS, oubliant apparemment de corriger le lapsus de Staline : cette frontière-là avait été fixée non pas avec la Pologne, mais avec le IIIème Reich (45). Les jours suivants, la connivence entre Roosevelt et Staline s'affirme face à un Churchill de plus en plus isolé. Le président américain recueille l'accord du Soviétique à sa grande idée d'une organisation mondiale de sécurité. C'est sur le sort de l'Europe, cependant, que leurs vues convergent le plus nettement. Roosevelt laisse entendre qu'il n'a pas l'intention d'y laisser, après la fin de la guerre, de forces terrestres - tout au plus des forces aériennes et navales - et qu'il laisse ce soin aux Britanniques et aux Soviétiques. "L'aveu que Roosevelt espérait voir retirer d'Europe toutes les forces terrestres (...) ressemblait à un mode d'emploi pour la domination soviétique en Europe" note l'historien Keith Sainsbury (46). De même, en étouffant dans l'oeuf les projets d'offensive à travers les Balkans que caressait Churchill, il a fait clairement comprendre à Staline qu'il ne serait pas encombré par des forces anglo- américaines en Europe de l'est. Après le premier échange de vues d'après-dîner entre Churchill et Staline, la "question polonaise" ne revient à l'ordre du jour que le 1er décembre, en session plénière cette fois-ci. Pendant une interruption de séance, Roosevelt prend à part Staline : si la guerre se prolonge jusqu'à l'automne 1944, lui confie-t-il, il estimera de son devoir de se représenter à l'élection présidentielle, même si personnellement il ne le souhaite pas. Or il y a aux Etats-Unis 6 à 7 millions d'Américains d'origine polonaise, dont il ne veut pas s'aliéner les suffrages. Il n'a aucune difficulté à accepter, à titre informel et privé, l'idée d'un déplacement vers l'ouest des frontières orientale et occidentale de la Pologne, mais il ne pourra prendre aucune position publique sur cette question avant les élections. Un moment perplexe devant ces singularités de la démocratie, Staline fait comprendre qu'il a reçu le message, mais dissimule sa satisfaction. Harriman, et l'interprète, Bohlen, seuls témoins américains de la scène, en éprouvent un sentiment de gêne impuissante (47). Mais, à la reprise de la séance, lorsque Roosevelt, soucieux des apparences, exprime le voeu que les relations soient rétablies entre l'Union Soviétique et le gouvernement polonais de Londres, Staline, surpris par ce qu'il croit être une attaque, s'emporte : "le gouvernement de Londres et la Résistance qu'il contrôle sont hostiles à l'URSS (...) tuent les partisans soviétiques (...) ou les livrent aux Allemands... Vous, les Anglo-Saxons, n'avez aucune idée de ce qui se passe en Pologne" (48). Churchill tente de calmer le jeu en faisant dévier la discussion vers la question des frontières. Celles-ci doivent être acceptables pour l'Union Soviétique et la Pologne devra être non seulement "forte et indépendante", mais aussi "amicale à l'égard de la Russie"(49). Staline en convient sèchement. Mais, ajoute-t-il, il faut qu'il soit clair que les Polonais doivent accepter la frontière de 1939, celle du 28 septembre bien sûr, qui est ethniquement justifiée. Eden fait observer qu'il s'agit là du tracé de la ligne Molotov-Ribbentrop; "appelez-la comme vous voulez", réplique Staline, "c'est celle que l'Union Soviétique estime juste". "Pas du tout", renchérit Molotov, "c'est la ligne Curzon". "Mais la ligne Curzon", observe Eden, "passe à l'est de Lwow". "Nullement", rétorque alors Staline, "sur notre carte, Lwow est en territoire soviétique" (50). Modérément intéressé par le sujet, Roosevelt s'enquiert de savoir si les territoires revendiqués par Staline sont comparables avec ceux qui s'étendent à l'ouest, jusqu'à l'Oder. Le Soviétique l'ignore et c'est Churchill qui répond : les territoires allemands en question sont de bien meilleure qualité agricole, et comportent davantage d'actifs industriels que les marais du Pripet à l'est. Les Polonais n'y perdront pas au change et devraient accepter le marché. Et il n'est pas prêt, lui, Churchill, à se laisser désespérer par le sort de Lwow (51). Puis, sur l'insistance de Roosevelt, pressé d'en finir, on passe au point suivant de l'ordre du jour, le sort de l'Allemagne après la capitulation. Staline a remporté l'épreuve de force dont, près d'un demi-siècle plus tard, Gromyko décrit, non sans un certain cynisme, les enjeux : "Ainsi à Téhéran le règlement de la question polonaise a été d'emblée, à l'initiative de la délégation soviétique, mis sur la voie qui correspondait aux intérêts de la nation polonaise, qui répondait aux besoins de la sécurité européenne et internationale. Notre pays ne pouvait tolérer que la Pologne d'après-guerre devînt un jouet politique dans les mains des milieux impérialistes occidentaux, une place d'armes commode pour des aventures anti-soviétiques. Staline l'avait fait comprendre avec toute sa détermination à Roosevelt et Churchill (...) qui avaient senti la logique de la position soviétique" (52). Avant de se quitter, les trois chefs conviennent de garder secrètes leurs délibérations, à la demande de Roosevelt, déjà préoccupé des élections présidentielles de 1944 et qui redoute une perte de popularité auprès des communautés d'origine polonaise et balte installées aux Etats-Unis. Seul un communiqué anodin est rendu public. La teneur des entretiens de Téhéran ne sera connue qu'après la fin de la guerre. Mais le voile se déchire peu à peu et des rumeurs alarmantes sèment l'inquiétude parmi les Polonais et autres Européens de l'est à Londres. Churchill, de retour de Téhéran entreprend de faire avaliser par le gouvernement polonais les décisions de la conférence. Roosevelt choisit la passivité. Staline se contentera de repousser une à une toutes les propositions de compromis. Mikolajczyk, enfin, soumis aux pressions des Britanniques, lié par l'opinion des milieux polonais de Londres et de la Résistance en Pologne, joue un jeu malaisé. A Benes, en partance pour Moscou, il demande de sonder le Kremlin sur un abandon éventuel par la Pologne de la Petite Pologne orientale, la Volhynie et la Polésie. La fin de non-recevoir sera sans appel : Staline s'en tient à la "ligne Curzon" et à l'éviction des "éléments réactionnaires" du gouvernement de Londres. Le 12 décembre, Benes signe avec Staline un traité d'amitié et d'alliance. Toujours sous le coup du traumatisme de 1938, Benes juge qu'une relation de sécurité avec la principale puissance militaire du continent garantira son pays contre le risque de résurgence militaire de l'Allemagne, tout en lui laissant une totale liberté en politique intérieure. Séduit par la modération de ses interlocuteurs soviétiques, il espère convaincre les Polonais de lui emboîter le pas. Pour ceux-ci, le traité soviéto-tchécoslovaque sonne le glas des espoirs, partagés avec les Britanniques, de former une fédération d'Europe centrale après-guerre. Ce projet, cher à Sikorski, était du reste mal en point depuis près d'un an : engagés en novembre 1940, les pourparlers s'étaient enlisés en 1942, au fur et à mesure que croissaient les dissensions polono-soviétiques. La rupture des relations diplomatiques avec l'URSS, mais aussi l'intransigeance des Polonais sur le statut du territoire d'Outre-Olza, acquis par la Pologne à la faveur du dépeçage de la Tchécoslovaquie par Hitler, avaient entraîné leur suspension formelle en mai 1943. Plus grave, le président tchécoslovaque revient de Moscou porteur de nouvelles inquiétantes : Staline envisage de créer un nouveau gouvernement en Pologne et les Trois auraient procédé à Téhéran à un partage de l'Europe en zones d'influence. Renforcée par les déclarations de de Gaulle à Sosnkowski, cette rumeur se confirmera avec la démission, en janvier 1944, d'Anthony Drexell Biddle, ambassadeur des Etats-Unis auprès du gouvernement en exil et ardent défenseur de la cause polonaise. Les 20 et 22 décembre 1943, Mikolajczyk rencontre Eden qui lui fait savoir que Staline revendique la frontière sur la "ligne Curzon". Churchill, ajoute le secrétaire au Foreign Office , estime que c'est là la condition nécessaire pour que le gouvernement de Londres puisse exercer son autorité sur les territoires libérés. La question se pose en termes concrets, en effet, lorsque les premières unités de l'Armée Rouge franchissent, à Rokitna, à l'est de Sarny (Volhynie), la frontière du traité de Riga. Dès le lendemain, 5 janvier 1944, Mikolajczyk, dans une allocution à la radio polonaise, salue l'événement et propose un accord de coopération entre l'AK et l'Armée Rouge dans la lutte contre les Allemands. La réponse de Moscou parvient le 11 janvier sous forme d'un communiqué sec de l'agence Tass : la Biélorussie et l'Ukraine occidentales ont été rattachées à l'URSS conformément au plébiscite démocratique des populations intéressées en 1939. La frontière à l'est sera délimitée par la "ligne Curzon", la frontière occidentale "permettra à la Pologne de récupérer ses terres historiques, enlevées par les Allemands, pour créer un Etat polonais fort et indépendant". Sous la pression britannique, le gouvernement polonais fait une nouvelle déclaration, également conciliante, le 14 janvier, où il se déclare prêt à négocier, avec une médiation anglo-américaine, un accord avec l'URSS. Le 17 janvier, le Kremlin repousse l'offre, marquant qu'il ne veut pas renouer avec le gouvernement qui a déclenché "une campagne de mensonges contre l'URSS" (Katyn) et dont la position sur la question des frontières n'a pas changé. Le lendemain, Molotov reçoit l'ambassadeur américain à Moscou, Harriman : "le gouvernement soviétique envisage un gouvernement polonais entièrement renouvelé", lui annonce-t- il, "comportant peut-être quelques membres actuels du gouvernement de Londres, des Polonais éminents des Etats-Unis et des Polonais d'Union Soviétique" (53). Harriman, qui ne nourrit guère de sympathies pour le gouvernement polonais en exil - des "réactionnaires", pour la plupart, à ses yeux - et a le souci, avant tout de préserver la relation avec l'Union Soviétique, n'y trouve rien à redire. Et dans ses télégrammes envoyés à Washington, il atténue la portée des changements exigés par les Soviétiques : "il n'y a aucune indication, à ce stade, qu'(ils) aient l'intention d'encourager une forme bolchevique de gouvernement en Pologne; les indications vont plutôt dans le sens contraire", câble-t-il le 21 janvier (54). Devant la persistance de l'impasse, Churchill décide de s'occuper personnellement de la "question polonaise" et rencontre à plusieurs reprises Mikolajczyk. Le 25 janvier 1944, il pose clairement le problème : "la Grande- Bretagne n'a aucune obligation de garantie des frontières orientales de la Pologne. Le gouvernement britannique se prononce pour une Pologne forte, indépendante, unie, dans des frontières qui seraient à peu près la "ligne Curzon" à l'est et l'Oder à l'ouest. Pour ces nouvelles frontières, la Pologne obtiendrait la garantie de la Grande- Bretagne, de la Russie et de l'Amérique" (55). Il revient à la charge début février pour presser le Premier Ministre polonais, compte tenu de l'urgence de la situation, d'accepter la "ligne Curzon" et d'écarter Sosnkowski, Kot et Kukiel du gouvernement. En cas d'échec, menace Churchill, Staline pourrait mettre en place un "gouvernement de marionnettes" (56) ; l'essentiel pour l'heure est de sauver l'indépendance de la Pologne, que compromettrait gravement l'obstination du gouvernement polonais. Mikolajczyk s'indigne, s'emporte et refuse, mais prend la mesure de son isolement lorsqu'il reçoit la réponse de Roosevelt, sondé par l'ambassadeur de Pologne à Washington, Jan Ciechanowski : le président américain renvoie à la fin de la guerre tout débat général sur les frontières, mais exhorte les Polonais à s'entendre directement avec les Soviétiques. Quant à une garantie des frontières, il n'en est pas question. Sur cette question fondamentale, les Polonais de Londres sont eux-mêmes divisés. Le président Raczkiewicz, Sosnkowski et leurs partisans estiment que toute concession à l'URSS suscitera de nouvelles demandes, entraînant inéluctablement la domination de la Pologne par l'URSS, voire son rattachement à l'Union Soviétique. Mikolajczyk et une partie de son gouvernement jugent qu'il est encore possible de sauver l'indépendance de l'Etat polonais au prix de concessions diverses. La Résistance est également consultée, mais la réponse qui parvient de Varsovie à la mi- février ne permet pas de trancher : oui à l'ouverture de négociations avec l'URSS, mais il est exclu de discuter des frontières orientales de la Pologne ou de se laisser imposer un remaniement gouvernemental. Les thèses du compromis l'emportent néanmoins et le gouvernement polonais adopte le 15 février une contre-proposition aux idées de Churchill : des négociations seront ouvertes sur toutes les frontières en vue d'un règlement territorial après la fin de la guerre. Dans l'attente, une ligne de démarcation provisoire serait tracée, passant à l'est de Lwow et de Vilnius. Le projet exclut tout remaniement du gouvernement. En recevant ce plan très éloigné des exigences soviétiques, Churchill s'emporte, donne aux Polonais 24 heures pour présenter de nouvelles propositions. Puis, ne voyant rien venir, il fulmine dans un discours devant les Communes, le 22 février : "la Grande- Bretagne n'a jamais garanti, dans le passé, aucune frontière de la Pologne comme elle n'a pas approuvé l'occupation de Vilnius en 1920. Le point de vue britannique en 1919 était exprimé par la ligne Curzon... je n'ai nullement le sentiment que les exigences de l'URSS, quant à la sécurité de ses frontières occidentales, excèdent ce qui est juste et raisonnable" (57). Le 28 février, Staline, qui reçoit l'ambassadeur britannique, Clark Kerr, oppose une brutale fin de non-recevoir aux formules de compromis de Londres. Harriman, l'ambassadeur des Etats-Unis, qui les désapprouve, est confirmé dans son scepticisme par Staline : "lorsque la Pologne aura été libérée", lui dit celui-ci le 3 mars, "soit le gouvernement de Mikolajczyk aura été remanié, soit un autre gouvernement aura surgi en Pologne" (58). Après de nouveaux échanges acrimonieux, les relations soviéto-britanniques connaissent un refroidissement et les deux alliés s'abstiennent désormais d'évoquer la question polonaise, pour le plus grand bénéfice de Staline. Les tractations ne sont pas menées par la seule voie diplomatique : en février 1944, deux Polonais établis aux Etats-Unis, le professeur d'économie Oskar Lange et un prêtre, le père Orlemanski, sont invités en Union Soviétique où ils sont reçus avec les honneurs, rencontrent des communistes polonais et des soldats de la division "Kosciuszko". Mais à leur retour aux Etats-Unis, les deux émissaires font des déclarations pro-soviétiques qui indisposent les Polonais des Etats-Unis et la presse américaine. Oskar Lange obtient, avec l'appui du Département d'Etat, de rencontrer Mikolajczyk à l'occasion de son voyage à Washington, du 5 au 14 juin. Rapporté par Lange, le discours de Staline est très rassurant : le dictateur se défend de toute volonté d'ingérence dans les affaires polonaises et assure que, dans le gouvernement futur, il y aura de la place pour toutes les forces politiques, à l'exception des "fascistes". Lange lui-même renchérit dans ce sens, ajoute que les Polonais d'URSS ne veulent en aucun cas perdre Lwow. Mais s'il n'y a pas d'accord entre ces derniers et les Polonais de Londres, alors les Soviétiques remettront les pouvoirs, au fur et à mesure de la libération, à des responsables locaux choisis par eux. Après s'être longtemps dérobé aux demandes d'entrevue de Mikolajczyk, Roosevelt, qui prépare sa campagne électorale, le reçoit donc aux Etats-Unis, en plein débarquement allié en Normandie, avec force protestations d'amitié. Le président lui suggère à mots couverts de se séparer des membres de son gouvernement les plus hostiles à l'URSS, en particulier Sosnkowski, mais se garde de prendre des engagements précis : il promet 20 millions de dollars à la résistance polonaise, mais finira par renoncer à ce projet devant l'opposition soviétique. Le président américain se propose également d'intercéder en faveur d'une visite de Mikolajczyk à Moscou. L'excellent climat de la visite ravive les illusions de Mikolajczyk et son entourage sur les intentions des Etats-Unis envers la Pologne. De retour à Londres, Mikolajczyk voit Churchill à qui il demande d'appuyer, auprès de Staline, son projet de visite - tenu secret - à Moscou. Il rencontre également à plusieurs reprises, également dans le plus grand secret, l'ancien ambassadeur soviétique auprès du gouvernement polonais, Lebedev, pour le sonder sur l'attitude de Moscou à l'égard de la Pologne. La réponse est invariablement la même, confirmée d'ailleurs par la correspondance entre Staline et ses deux alliés : la reconnaissance de la "ligne Curzon", l'éviction des éléments "fascistes" (59) du gouvernement et sa "reconstruction" avec des Polonais de Pologne, des Etats-Unis et d'URSS (60). Deux nouvelles exigences sont même ajoutées : un acte de contrition du nouveau gouvernement sur l'affaire de Katyn et l'abandon de la constitution "fasciste" de 1935. "Dans ces conditions, nous n'avons plus rien à nous dire", conclut Mikolajczyk le 23 juin avant de prendre congé de l'ambassadeur soviétique (61). L'impasse est totale. Elle permet à Staline, qui à Téhéran a obtenu l'accord de principe des deux Occidentaux sur un déplacement vers l'ouest de la Pologne, de mettre en place tous les éléments de la deuxième phase de son plan : la création d'un gouvernement pro-soviétique sur le sol polonais, facilitée par la maîtrise des opérations militaires dans cette zone. Le gouvernement de Londres, qui ignore toujours les arrangements de Téhéran, est peu à peu relégué dans un combat d'arrière- garde, prélude à son élimination. D - LA RESISTANCE EN POLOGNE (JUIN 1943-JUILLET 1944). Les revers subis sur le front est et les besoins économiques du Reich épargnent au pays les rigueurs de la germanisation, repoussée à des jours meilleurs, mais ne le soulagent nullement de la terreur nazie. En juin 1943, la Gestapo réussit à arrêter Grot-Rowecki. Il sera exécuté en août 1944. Le général Tadeusz Komorowski, "Bor" de son pseudonyme, lié au Parti National, militaire brillant, mais dépourvu de l'expérience politique de son prédécesseur, lui succède à la tête de l'AK. "De petite taille", note Jan Nowak, "mince, chauve, il avait une tête menue, une fine moustache soignée et des yeux un peu féminins. Sa silhouette tout entière, mais surtout ces yeux, trahissaient une noblesse attachante et la probité". Cette silhouette, ajoute-t-il, "était si étrangement peu accordée à la légende attachée au chef d'une organisation rassemblant presque toute la nation" (62). Bor-Komorowski est encadré par les fortes personnalités de l'équipe de Rowecki : le chef d'état-major, le colonel Tadeusz Pelczynski, très influent -"un visage rectangulaire et le regard intelligent et très grave", observe encore Jan Nowak (63) - et le colonel Leopold Okulicki, tous deux partisans d'une ligne dure envers l'URSS. Bor poursuit l'action d'intégration dans l'AK des différentes formations militaires qui ne l'ont pas encore rejointe : entre l'automne 1943 et le printemps 1944, les formations clandestines d'extrême-droite (NSZ- Uderzenie ) rallient à leur tour l'AK, au prix de scissions qui produiront des groupuscules extrémistes indépendants, peu nombreux, mais très nocifs pour elle, tels que les Phalanges ONR ou, à partir de juin 1944, la Brygada swietokrzyska . De 200 000, fin 1942, les effectifs de l'armée clandestine de la Résistance passent à 300 000 en 1943 et atteindront près de 400 000 membres assermentés en juillet 1944. Sur le terrain, l'AK rencontre des difficultés croissantes non pas tant avec les Allemands qu'avec les partisans soviétiques parachutés sur l'est du territoire polonais, qui ont instruction de désarmer ou d'exécuter les partisans polonais (64). Si le tableau de la résistance armée se simplifie, la configuration politique de la clandestinité connaît une évolution inverse. Certes, en dépit des ruptures temporaires, l'"accord à quatre" du Parti National, du Parti Socialiste, du Parti Paysan et du Parti du Travail tient bon. Le 15 août 1943, ils rendent publique une déclaration de programme qui indique leur doctrine commune jusqu'aux élections futures : mise en place d'un parlement clandestin provisoire et d'un appareil d'Etat excluant les forces totalitaires, principe de l'intangibilité des frontières à l'est, large accès à la mer à l'ouest, confédération d'Etats en Europe centrale, autonomie des minorités, réforme agraire et plein emploi. Mais la prétention de cette coalition à représenter la nation est contestée par les autres formations, qui en sont exclues. Les grandes lignes de clivage entre tous les partis sont les questions, essentielles il est vrai, des frontières, du système institutionnel, des minorités, de l'organisation économique et agraire de l'après-guerre. Si tous les partis se prononcent en faveur de frontières élargies à l'ouest, seuls les partis de droite (Parti National, pilsudskistes) et le Parti du Travail revendiquent les frontières de 1772, celles de la Grande Pologne. C'est également à droite que l'on trouve des positions antisémites affichées - expulsion des Juifs - et la préférence pour une organisation corporatiste de l'économie. Les partis de gauche, le Parti Paysan et le Parti Socialiste - ou plutôt sa branche majoritaire, dite WRN [16] - sont explicitement en faveur d'un régime démocratique, de l'égalité juridique des minorités, de la nationalisation de l'industrie et des grandes propriétés terriennes, d'une économie coopérative et planifiée. Parmi les autres partis exclus de la direction politique de la résistance, la "Confédération de la Nation" mérite mention eu égard au parcours politique ultérieur de son principal dirigeant, Boleslaw Piasecki, dans la Pologne d'après-guerre. Opposée, à l'instar des formations pilsudskistes (OPW [17] , KON), au gouvernement de Londres et à l'"accord à quatre", la "Confédération de la Nation" se prononce pour la formation d'un "empire slave" sous direction polonaise, l'expulsion des Juifs et une économie corporatiste. Elle acceptera néanmoins de soumettre sa formation, le maquis anti-soviétique Uderzenie (attaque), qu'elle contrôle, à l'autorité de l'AK. Tandis que le programme de la coalition est en butte aux critiques des partis de droite, la stratégie d'attentisme adoptée par l'AK est attaquée par une gauche qui se reconstitue pour l'essentiel autour du parti communiste (PPR) [18] . Une gauche dont les appels à l'action immédiate trouvent écho auprès de la jeunesse polonaise, d'une partie de l'intelligentsia et parmi les paysans, qui comprennent mal pourquoi il faut rester l'arme au pied alors que les Allemands battent en retraite. La formation paramilitaire communiste, la Gwardia Ludowa (G.L.) [19] , lance en août 1943 ses premiers attentats : le plus souvent commis à l'aveuglette, ils seront suivis de lourdes représailles (65). L'activisme de la mouvance communiste s'accroît début 1944, alors que l'Armée Rouge a franchi les frontières de 1939 de la Pologne. C'est ainsi que, dans une dépêche du 22 mai 1944 au gouvernement de Londres, Bor-Komorowski s'inquiétera de la "radicalisation" qu'il constate notamment chez les paysans : "tout pouvoir qui tenterait de freiner cette aspiration s'exposerait à des coups sérieux (...) le séparatisme des "Bataillons paysans" et les tendances révolutionnaires de la base provoquent sur le terrain de nombreux conflits avec l'AK" (66). L'AK et les autorités politiques de la Résistance se retrouvent donc confrontées à la surenchère d'un adversaire politique beaucoup plus faible, mais pugnace et déterminé. Ce n'est pas une surprise. Animée, pour d'évidentes raisons, par un fort sentiment anticommuniste, la Résistance avait depuis 1942 cherché à s'informer sur les actions des groupes communistes et avait même fondé pendant l'automne 1943, un "comité anticommuniste" - qui deviendra par la suite l' Antyk . Puis, dans un nouveau réflexe défensif, lorsque le 31 décembre 1943, les communistes créent, sous le nom de "Conseil National de l'Intérieur" (KRN) [20] , un organe de représentation de la nation, la Résistance réplique en fondant le 9 janvier suivant le "Conseil de l'Unité Nationale" (RJN) [21] , qui se veut également un parlement de la Pologne clandestine. Ce conseil rassemble, sous la présidence du très populaire dirigeant socialiste Kazimierz Puzak, 17 membres issus, pour l'essentiel, des quatre partis. Dans les conditions de la clandestinité, il ne pourra cependant guère se réunir en formation plénière. Dans le même esprit défensif, le RJN adopte le 15 mars 1944 une déclaration - "Pourquoi lutte la nation polonaise?" - qui prévoit une constitution démocratique, le respect des minorités, la réforme agraire (confiscation des domaines de plus de 50 hectares), la nationalisation de l'industrie, la liberté syndicale, la sécurité sociale et l'autogestion ouvrière. Quant à la politique extérieure, la conseil se prononce pour des alliances à l'ouest, des relations de bon voisinage avec l'URSS sous réserve du respect, par celle- ci, de l'intégrité du territoire polonais, l'élargissement des frontières à l'ouest et l'annexion de la Prusse orientale, ainsi que le maintien des frontières de 1939 à l'est. Enfin, la Résistance révise sa stratégie d'action. En effet, avec l'abandon du projet de débarquement dans les Balkans et l'avance rapide du front de l'est, l'espoir d'une libération de la Pologne par les Anglo-Saxons s'est évanoui. De surcroît, il s'avère que l'armée allemande n'est pas, comme en 1918, au bord de l'effondrement. La stratégie d'insurrection générale "le moment venu" est donc de plus en plus inadéquate. Interrogé par Bor-Komorowski sur la conduite à tenir, le gouvernement de Londres, déchiré par les dissensions sur l'attitude vis-à-vis de Moscou, ne parvient à recommander qu'une posture passive et attentiste. Bor et les autres chefs de l'AK décident de passer outre et dès novembre 1943 donnent instruction aux commandants de secteurs de se préparer à la lutte contre les Allemands et à s'abstenir, sauf légitime défense, de s'en prendre aux Soviétiques. Contre les Allemands, la lutte prendra la forme d'actions renforcées de sabotage sur les arrières de l'ennemi et de combat au fur et à mesure de l'avance du front. Les unités de l'AK doivent ainsi affirmer la souveraineté polonaise sur les territoires libérés et quitter la clandestinité pour recevoir l'Armée Rouge en "maître des lieux". L'instruction proscrit toute incorporation des unités ou des individus dans les rangs de l'armée Berling. Enfin, les préparatifs d'une nouvelle clandestinité doivent être entrepris pour faire face à une éventuelle répression soviétique. Ce scénario reçoit le nom d'"opération Burza [22] 2 ". A Londres, Mikolajczyk accepte avec satisfaction et soulagement ce plan, contraire, certes, aux instructions du gouvernement, mais qui permettra de démontrer à tous la bonne volonté polonaise et qui, de surcroît, va au-devant des souhaits britanniques. Le plan Burza est appliqué pour la première fois à grande échelle en Volhynie, en mars 1944 : forte de quelque 6 000 hommes, la 27ème division d'infanterie du colonel Kiwerski, aux termes d'un accord avec le commandement de l'Armée Rouge, combat et manoeuvre avec elle. Mais les représentants du NKVD, qui apparaissent dans le sillage immédiat des troupes, dénient toute valeur à l'accord conclu et exigent l'intégration de la division dans les rangs de l'armée polonaise du général Berling, elle-même partie intégrante des forces soviétiques. Les soldats y sont enrôlés de force, les officiers sont déportés. Tout au long de l'avance soviétique, le scénario de cette singulière "coopération" demeurera le même : les unités polonaises sont utilisées jusqu'à la fin d'une opération militaire. Puis, sur l'intervention du NKVD, elles sont désarmées, et se voient offrir le choix entre l'arrestation et la déportation d'une part, l'enrôlement dans l'armée Berling d'autre part. Tel sera notamment le cas à Vilnius, enlevée conjointement, après de durs combats, le 13 juillet, par l'armée soviétique et deux divisions de l'AK commandées par le général Wilk. Félicité pour le courage de ses hommes, Wilk est convié, avec ses officiers, par son homologue soviétique, le général Tcherniakovski, à une conférence d'état-major dont ils ne reviendront pas, arrêtés et inculpés de "collaboration avec les Allemands" avant d'être envoyés en prison à Moscou. Après une tentative de fuite, la plupart de ses 7 000 hommes seront capturés par les Soviétiques et sommés à leur tour de choisir entre la déportation et l'enrôlement dans les troupes de Berling. A Lwow, le même scénario se répète le 26 juillet avec le colonel Filipkowski, ainsi que dans la région de Lublin, où l'AK parvient même à conserver le contrôle d'une zone libérée pendant une semaine. Au et fur et à mesure de l'avance des troupes soviétiques, l'AK est, dans les régions libérées, neutralisée avec rapidité et efficacité par un NKVD qui investit les lieux après le passage des unités régulières, ratisse campagnes et agglomérations, procède aux arrestations et à la mise en place de l'appareil policier. L'embryon d'organisation clandestine NIE [23] que la direction de l'AK, prévoyant la suite des événements, avait commencé à mettre en place à l'est du front, sera ainsi annihilé avant d'avoir pu être véritablement constitué. IV - LE MOUVEMENT COMMUNISTE POLONAIS. A - LE SOCIALISME POLONAIS AVANT LA PREMIERE GUERRE MONDIALE C'est en exil, à Paris, Londres et Zurich, que le socialisme polonais voit le jour, porté par les vagues d'émigration consécutives aux insurrections de 1830 et 1863. Agrarien et patriotique au début, le socialisme polonais perd le premier attribut au fur et à mesure que croît l'influence des théoriciens du socialisme. Dans la Pologne alors divisée entre trois empires, c'est dans la partie annexée par la Russie - le "Royaume de Pologne" - que les idées socialistes trouvent le terreau le plus favorable : cette Pologne-là, meurtrie par l'échec de l'insurrection de 1863, subit le châtiment d'une lourde répression et d'une russification intense. Une contrepartie en est la levée des barrières douanières avec la Russie : la Pologne bénéficie d'une industrialisation rapide dont témoigne la ville-champignon de Lodz, capitale du textile. Autre conséquence de la mise au pas de ce qui s'appelle désormais "les pays de la Vistule", l'Université polonaise de Varsovie est fermée par les autorités tsaristes : les jeunes Polonais aisés vont étudier dans les Universités russes, où ils se frottent aux populistes de "Terre et Liberté" et de "La Volonté du Peuple" ( Narodnaïa Volia ). Enfin, l'intelligentsia polonaise est d'autant plus ouverte à ces idées nouvelles que leur grand théoricien, Karl Marx, a toujours soutenu la cause de l'indépendance de la Pologne. C'est cependant en Galicie, annexée par l'empire austro-hongrois, qu'apparaissent, peu après 1870, les premiers cercles socialistes. Le mouvement atteint Varsovie en 1876 avec le retour de Saint-Petersbourg, où il a été exclu de l'Institut de technologie, d'un étudiant de vingt ans, Ludwik Warynski. Issu d'une famille de la petite noblesse polonaise d'Ukraine occidentale, c'est un orateur brillant et un organisateur talentueux. En l'espace de deux ans, il parvient, moyennant un activisme inlassable, à organiser dans les usines de Varsovie un réseau de syndicats clandestins appelés "caisses de résistance" et regroupant quelque 300 à 400 ouvriers. En 1878, Warynski rédige un "programme des socialistes polonais" qui puise à la fois dans le marxisme et l'anarcho-syndicalisme. Mais les arrestations opérées par la police tsariste finissent par décimer le mouvement clandestin, dont les dirigeants se réfugient à l'étranger - en l'occurrence Lwow, Cracovie et Poznan - où ils transplantent leurs idées et leurs méthodes d'organisation. En 1881, Warynski revient à Varsovie avec l'intention de fonder un parti socialiste de masse. Ce sera chose faite un an plus tard, avec l'apparition du "Parti Social-Révolutionnaire du Prolétariat", plus connu sous la dénomination de "Prolétariat". Ses membres communient dans la conviction de l'imminence d'une révolution prolétarienne dans l'Empire russe, s'opposant en cela à un autre courant du socialisme, incarné par Boleslaw Limanowski, lui aussi issu d'une famille de la petite noblesse des confins orientaux. Moins brillant, mais plus réaliste que Warynski, cet érudit, que le régime tsariste a exilé six ans dans les profondeurs de la Russie, a fondé en 1881, à Genève, un parti, "le Peuple Polonais", dont le programme prévoit au premier chef la libération de la Pologne du joug russe, prélude à une révolution socialiste ultérieure. "Ainsi tout le schéma du développement futur était-il en train de se mettre en place dès 1882", écrit l'historien Dziewanowski, "d'un côté, la position plus patriotique, représentée par Limanowski, mettait l'accent sur un amalgame de socialisme et de sentiment national; de l'autre côté, la branche cosmopolite tendait à faire prévaloir les intérêts d'une révolution sociale internationale sur tout le reste, et était déterminée à établir des liens étroits avec les camarades russes"(67). Mais à la différence du "Peuple polonais", "Prolétariat" agit en Pologne occupée et, influencé par les nihilistes et les populistes russes, n'hésite pas à recourir au terrorisme, ce qui lui sera rapidement fatal : à l'origine de quelques assassinats et d'une grève sanglante à Zyrardow, en 1883, le groupe de Warynski est en effet démantelé par la police tsariste. Warynski mourra en prison en 1889. Le coup est sévère pour le mouvement socialiste, encore embryonnaire. Une tentative de recréer, en 1888, sous le nom de "Prolétariat II", le parti disparu reste sans lendemain. En 1889, Julian Marchlewski et Adolf Warski entreprennent de reprendre l'héritage de Warynski en créant l'"Union des travailleurs polonais" (ZPR) [24] mais, après une nouvelle grève sauvagement réprimée, le 1er mai 1892, le mouvement est à nouveau disloqué. La fermentation des idées socialistes ne s'arrête pas pour autant. En novembre 1892, à l'initiative de Limanowski et d'un autre socialiste, Stanislaw Mendelson, se réunit à Paris un congrès des socialistes polonais qui appelle à la formation d'un parti unifié et adopte un programme politique inspiré de celui du parti social-démocrate allemand, le programme d'Erfurt : une Pologne libérée et démocratique est la condition préalable d'un passage progressif au socialisme. Le "Parti Socialiste Polonais" (PPS) [25] est formellement fondé quelques mois plus tard, en 1893, près de Vilnius. Il fédère les trois branches des zones allemande, russe et autrichienne. Un Polonais de 26 ans s'impose rapidement comme la cheville ouvrière du nouveau parti : né dans une famille aristocratique de la région de Vilnius, Jozef Pilsudski a été élevé dans le culte de l'insurrection de 1863 et il revient mûri d'un exil de cinq ans en Russie pour avoir participé à la préparation d'un attentat contre le tsar Alexandre II. Le mouvement concurrent, qui se réclame de la tradition "internationaliste" incarnée par Warynski, rejette les thèses du Congrès de Paris et s'organise lui aussi, la même année, avec la fondation à Zurich de la "Social-Démocratie du Royaume de Pologne" (SDKP) [26] . Il regroupe le parti de Marchlewski (ZPR) et des socialistes qui ont refusé l'adhésion au PPS. C'est au congrès fondateur du SDKP qu'apparaît pour la première fois une jeune et brillante intellectuelle juive de 22 ans, Rosa Luksemburg, en exil à Zurich, qui sera à la fois la théoricienne et l'égérie de cette fraction du socialisme polonais. A partir de ce moment, les dissensions ne cesseront de se renforcer entre les "cosmopolites" et les "social-patriotes", ainsi qu'ils s'invectivent les uns les autres. Pour le PPS, qui compte dans ses rangs nombre de marxistes, l'indépendance nationale est une étape préalable indispensable dans la voie vers le socialisme. Pour le SDKP et Rosa Luksemburg - accusés par le PPS de trahir et la patrie et l'enseignement de Karl Marx - "le prolétaire n'a pas de patrie", et l'indépendance de la Pologne ne peut qu'être néfaste aux prolétaires polonais. C'est autour de ce point - crucial il est vrai - que se cristallisera à l'avenir la division du mouvement socialiste en Pologne. Le PPS, fort de ses aspirations nationalistes - qui rencontrent une grande résonance tant auprès des intellectuels qu'auprès des ouvriers - et d'une implantation dans les trois parties de la Pologne occupée, gagne le plus d'influence. Mais si le socialisme "nationaliste" a le vent en poupe, le socialisme "cosmopolite" n'est nullement défait. En 1899, Felix Dzierzynski, un aristocrate devenu révolutionnaire professionnel - et fanatique - retour d'exil, entreprend de rallier les socialistes lituaniens au SDKP qui devient la "Social-Démocratie du Royaume de Pologne et de Lituanie" (SDKPiL) [27] . Un troisième parti socialiste, spécifiquement juif, le Bund, est créé à Vilnius en 1897. Bien qu'il ne se reconnaisse pas dans l'orthodoxie marxiste du SDKP, il est hostile à l'indépendance de la Pologne. Le SDKPiL n'échappe pas lui-même aux tensions internes, entre Dzierzynski notamment, partisan de l'intégration dans les rangs du parti ouvrier social-démocrate de Russie, et Rosa Luksemburg, hostile au centralisme "démocratique", synonyme en fait de dictature, et aux positions de Lénine sur l'autodétermination des nationalités de l'empire russe. C'est autour de ces thèmes que va se développer, pendant les premières années du siècle, la polémique fameuse entre Lénine et la jeune révolutionnaire. La révolution de 1905 provoque un nouveau bouleversement : le PPS, rallié à la thèse de la lutte armée, doté d'une formation paramilitaire clandestine, estime le moment venu de porter l'estocade au régime tsariste et s'engage entièrement dans le mouvement de grèves et d'émeutes, dont le bilan s'élève à des centaines de morts. L'échec de cette tentative d'insurrection ternit le prestige du PPS dont les rangs et les appuis fondent au profit du parti de Rosa Luksemburg ou de la force montante du moment, le parti national-démocrate de Roman Dmowski, adversaire des socialistes. En 1906, le PPS se scinde : une aile gauche, majoritaire, regroupe la jeune génération dans une nouvelle formation qui prend la dénomination de PPS- Lewica (PPS-Gauche). L'aile droite, minoritaire, rassemble un petit nombre de partisans de Jozef Pilsudski, qui a maintenant 39 ans. Abandonnant peu à peu les idéaux socialistes, il entreprend de former, toujours dans la clandestinité, les cadres de la future Pologne indépendante. Quant au SDKPiL, qui revendique 25 000 membres (68), il finit par rejoindre en 1906, de même que le Bund juif, le mouvement socialiste russe où il apportera, le plus souvent, aux bolcheviki l'appoint nécessaire pour être majoritaires. Jusqu'à l'indépendance de la Pologne, les socialistes polonais demeureront affaiblis, déchirés par les dissensions internes et, surtout, numériquement marginaux dans une nation à prédominance rurale. Mais leur apport aura été significatif à deux points de vue au moins : le SDKPiL donnera au mouvement communiste international une élite de révolutionnaires déterminés et professionnels - Rosa Luksemburg, Julian Marchlewski, Feliks Dzierzynski, Adolf Warski, Karl Radek - du niveau des meilleurs dirigeants bolcheviques de Russie. D'autre part, le mouvement socialiste polonais, en forgeant un cadre doctrinal et une méthode d'action clandestine, aura servi de "couveuse" à un mouvement de libération nationale qui ne tardera pas à s'émanciper. Pilsudski, chef de file de ce courant, traduira ce choix, en 1918, par une formule restée célèbre : "j'ai pris (...) le tramway du Socialisme, mais je suis descendu à la station Indépendance". B - LE PARTI COMMUNISTE POLONAIS : FONDATION ET DISPARITION. La première guerre mondiale divise les socialistes polonais selon les mêmes lignes de clivage que dans le reste de l'Europe. Le camp "cosmopolite" (SDKPiL et PPS- Lewica ) dénonce la "guerre impérialiste" et affiche des positions pacifistes. Les socialistes du PPS voient là l'occasion de conquérir enfin l'indépendance et choisissent de s'appuyer, à cette fin, sur l'empire austro-hongrois. Mais au sein même du premier camp, rallié aux bolcheviques russes, la polémique se poursuit entre Dzierzynski et Lénine sur l'indépendance de la Pologne. Ce dernier reste inflexible et, en avril 1917, la conférence du parti révolutionnaire proclame "le droit des nations de la Russie à faire sécession et à former des Etats indépendants". Plus que d'un choix idéologique, il s'agit là d'un choix tactique de Lénine, soucieux avant tout d'assurer la victoire de la révolution et décidé à ne pas laisser entraver la réalisation de ce dessein par des tergiversations sur la Pologne ou la Finlande. Après la Révolution d'Octobre et le "décret sur la paix", puis le traité de Brest- Litovsk, l'Etat polonais indépendant s'esquisse, fruit d'une aspiration unanime des Polonais et d'une politique de faits accomplis irréversibles, adroitement conduite par des dirigeants comme Pilsudski ou Dmowski. Cette évolution contrarie fortement les socialistes révolutionnaires polonais, mais leurs protestations restent surtout orales : totalement en porte-à-faux par rapport à un sentiment général d'aspiration à l'indépendance, ils occupent une position marginale et, sauf en quelques centres industriels, sont dépourvus d'influence auprès des ouvriers. De plus, la plupart des cadres du parti, 7 000 environ (69), sont en URSS, absorbés par la révolution, ou en Allemagne, derrière Rosa Luksemburg et Marchlewski, occupés à allumer les feux de l'"embrasement révolutionnaire" de l'Europe. Le 11 novembre 1918 est fondé l'Etat polonais indépendant, dans la confusion de l'effondrement des puissances occupantes, l'Allemagne et l'Autriche. Des "conseils ouvriers et paysans" surgissent à travers le pays, à l'instigation des partis de gauche. Une république est fondée à Lublin par un conseil qui se proclame gouvernement de la Pologne, mais finit par se rallier au gouvernement socialiste - contrôlé par Pilsudski de Varsovie. Seuls quelques conseils dans la vallée de la Dabrowa (Haute Silésie), dirigés par le SDKPiL et forts de milices armées, refusent pendant quelques semaines de se soumettre au pouvoir central. Puis, avec la normalisation politique et la consolidation du pouvoir de Varsovie, les conseils disparaissent. Les socialistes révolutionnaires du SDKPiL et du PPS- Lewica , à la différence des révolutionnaires russes, se sont révélés incapables de mettre à profit la confusion du moment et l'énergie spontanée libérée dans ces conseils. Qui plus est, la formation d'un Etat indépendant est un démenti cruel à leurs postulats sur l'"ineptie" d'une telle idée. Le SDKPiL, conscient de la faiblesse de son organisation, mais fort de son inébranlable optimisme, et convaincu de l'imminence de la révolution en Europe, entreprend de fonder un parti communiste. En novembre 1918, il parvient à obtenir le ralliement à ses thèses du PPS- Lewica et du 15 au 17 décembre suivant a lieu, à Varsovie, le congrès qui sanctionne la fusion des deux partis en un "Parti Communiste Ouvrier Polonais" (KPRP) [28] . Le nouveau parti se fixe pour tâche de renverser l'Etat bourgeois, qu'il persiste à tenir pour provisoire - un "Etat saisonnier" - , pour lui substituer une dictature du prolétariat conforme au modèle bolchevique. En vérité, son programme va au-delà de ce modèle puisqu'il préconise la collectivisation totale des terres et tient pour nulle, au nom de la révolution mondiale imminente, l'indépendance de l'Etat polonais. La filiation avec les thèses de Rosa Luksemburg est manifeste. Fidèle à cette ligne, le parti communiste s'oppose à la création de l'armée polonaise et boycotte les élections parlementaires de février 1919, puis, lorsque le gouvernement édicte une obligation de déclaration pour tout parti ou association, le KPRP se refuse à accomplir cette formalité, entrant ainsi dans une semi-illégalité qui durera 20 ans. De l'extérieur, le parti reçoit l'aide de l'URSS qui lui envoie des révolutionnaires professionnels en la personne de Marchlewski et Wesolowski, aussitôt expulsés - le second sera tué à la suite d'une bavure policière. Pour Moscou, en effet, la Pologne est un pivot important, "pont" par lequel la révolution doit atteindre l'Allemagne et l'Europe occidentale. Pilsudski, en revanche voit dans la Pologne un élément central du "cordon sanitaire" qui doit contenir l'expansionnisme soviétique. Pendant la guerre soviéto-polonaise de 1920, les communistes polonais prennent fait et cause pour l'URSS dans cette "guerre de classe" qui doit "libérer les prolétaires polonais de l'oppression bourgeoise". Fin juillet, contre l'avis de Trotski, favorable à la conclusion de la paix (70), Lénine et le bureau politique du parti bolchevique décident de poursuivre l'offensive de l'Armée Rouge jusqu'à Varsovie, la capitale polonaise n'étant elle-même qu'une étape sur la route de Berlin. La doctrine de "l'embrasement révolutionnaire" est alors à son apogée, Lénine croyant l'Allemagne au bord de la révolution. Après la prise de la première grande ville polonaise, Bialystok, un comité révolutionnaire provisoire est fondé à Moscou le 2 août 1920, préfiguration d'un gouvernement provisoire de la future république soviétique de Pologne. Présidé par Marchlewski, il est en fait dirigé par Dzierzynski et inonde la Pologne de propagande et d'appels à l'insurrection. Cette agitation reste sans écho auprès d'une population paysanne à 70% et qui, venant de goûter à l'indépendance après un siècle et demi d'occupation russe, n'a pas la moindre envie de revenir sous ce joug. Dans un sursaut de volonté, entré dans la légende sous le nom de "miracle de la Vistule", les Polonais reprennent l'offensive et parviennent à défaire l'Armée Rouge, sonnant le glas des projets d'"embrasement révolutionnaire de l'Europe". Avec la normalisation de la vie politique (élections, constitution, rattachement de la Haute Silésie), le parti communiste paiera d'une marginalisation croissante son soutien à l'URSS et son hostilité à l'indépendance. Tous les autres partis désignent les communistes à l'opprobre comme "agents de Moscou". Ce discrédit interdit au KPRP de se poser en porte-parole d'un mécontentement populaire grandissant, au début des années 20, avec les difficultés économiques et l'instabilité politique. Ebranlé par la défaite soviétique, le KPRP doit endosser, peu après, la première volte-face de la politique soviétique. En mai 1921, Lénine décide le "pas en arrière" qui se traduit par une stratégie de "collaboration de classes" entérinée par le IIIème Congrès du Komintern - auquel le KPRP a adhéré peu après sa création. Ce revirement inaugure, pour le parti communiste polonais, une succession chaotique de fluctuations de la ligne politique, à contretemps, en général, de celles de la centrale moscovite, dont le KPRP est assez vite devenu financièrement dépendant. Une nouvelle direction est élue pour appliquer cette nouvelle politique, avec Adolf Warski, Henryk Walecki et Wera Kostrzewa - "les 3 W" - et c'est à contrecoeur que les communistes polonais se résignent à proposer leur collaboration aux socialistes du PPS, qui s'empressent de la décliner. De même, le KPRP participe désormais à la vie politique de la Pologne. Se présentant aux élections parlementaires de novembre 1922 sous un nom d'emprunt, il ne recueille que 132 000 suffrages et 2 députés (71). Si ses prises de position en faveur de la confiscation des grands domaines et leur redistribution aux paysans peuvent lui valoir quelque audience dans le pays, celle-ci est annulée par la très impopulaire proposition du parti de restituer à l'URSS l'Ukraine et la Biélorussie occidentales fraîchement conquises. Le KPRP se déclare territorialement incompétent pour ces régions où des partis communistes séparés sont fondés en novembre 1923. En l'absence de succès intérieurs, la vie du parti est surtout animée par les congrès. Celui de 1923, à Moscou, est remarquable en ce que le KPRP abandonne sa théorie antérieure de l'"Etat saisonnier" et reconnaît comme un fait l'existence d'un Etat polonais souverain. La direction s'emploie également à extirper du parti les traces de "luksemburgisme". Mais le turbulent parti polonais est loin d'avoir intégré toutes les exigences de l'"internationalisme" - dans sa conception soviétique - puisque, à la veille du Vème Congrès du Komintern , il commet, note l'historien M. K. Dziewanowski, "la suprême imprudence de se mêler des affaires intérieures du PCUS" (72) en prenant fait et cause pour Trotski et donc contre Staline, à un moment où la lutte pour le pouvoir a tourné à l'avantage de celui-ci. Dans les rangs du KPRP, qui a participé en mars 1919 à la fondation du Komintern - dominé par des trotskistes jusqu'à la mort de Lénine - Trotski jouit d'un prestige bien plus grand que Staline, l'avocat du "socialisme dans un seul pays". Staline encourage donc une faction minoritaire du parti, avec notamment Julian Leszczynski et Alfred Lampe, à attaquer la "majorité", c'est-à-dire "les 3 W", lors du Vème Congrès du Komintern , à Moscou, en juillet 1924, pour "attitude conciliante envers les forces bourgeoises en Pologne". Staline fait créer une commission spéciale, la "commission polonaise", avec Molotov, Dzierzynski, Jozef Unszlicht, Dimitri Manouilsky et Ernst Thälmann, commission dont il se réserve la présidence : à l'issue d'une enquête sommaire sur "l'opportunisme droitier" de la direction du parti, celle-ci est démise de son mandat et remplacée par une équipe plus accommodante, où figurent des hommes comme Leszczynski et Leon Purman. Au nom du Komintern , Manouilsky, l'homme-lige de Staline à la tête de cette organisation, leur donne notamment instruction de militer pour la restitution, par la Pologne, non seulement de ses régions orientales à l'URSS - ce que le parti a déjà accepté - mais aussi, au nom du droit à l'autodétermination des peuples asservis, de la Haute Silésie et de la Poméranie à l'Allemagne (73). L'URSS veut affaiblir la Pologne hostile et aider le parti communiste allemand, en bien meilleure position, en 1925, que le KPRP, à accéder au pouvoir. Les décisions du Komintern sont entérinées, en mars 1925, par le 3ème Congrès du KPRP, qui se tient sous le mot d'ordre de "bolchévisation du parti" et décide de changer de dénomination en retirant l'épithète "ouvrier" pour devenir le "Parti Communiste Polonais" (KPP) [29] . Mais peu après, la nouvelle direction, pourtant réputée docile à Staline, retrouve les réflexes frondeurs du parti en critiquant d'autres "partis-frères". Aussitôt convoquée à Moscou, elle est destituée par une nouvelle commission spéciale du Komintern et remplacée par l'ancienne équipe dirigée par Adolf Warski. Lors du coup d'Etat de mai 1926, les communistes se laissent entraîner dans un nouveau piège sous prétexte de "barrer la route au fascisme", qu'incarne en l'occurrence le dirigeant du Parti Paysan, Wincenty Witos, alors chef du gouvernement. Par un étrange paradoxe, ils apportent leur appui à l'instigateur du coup, Pilsudski, qui fait aussitôt emprisonner les dirigeants communistes. Cette position, entrée dans l'histoire sous le nom d'"erreur de mai", vaudra au KPP de nombreuses critiques, notamment de la part de Staline. Le débat sur la responsabilité de l'"erreur" durera d'ailleurs plusieurs années, dans un climat de chasse aux sorcières, les "sorcières" étant, en l'espèce, des "agents pilsudskistes infiltrés" ou des "trotskistes". A la fin des années 1920, cette campagne aura permis à Staline d'éliminer toute opposition organisée au sein du parti, dont la direction est à nouveau confiée à Leszczynski. Le KPP reste avant tout un parti d'intellectuels : ceux-ci forment, en 1932, 59% de ses membres, alors que 31% de ses membres sont des paysans et ouvriers agricoles et 10% seulement des ouvriers. Une forte proportion des membres, et surtout des dirigeants, sont juifs - certaines estimations vont jusqu'à 60% (74) - et cette circonstance explique en partie les choix idéologiques du PPR : le régime d'avant 1918, où l'expression des différences nationales était bridé, était pour eux, à tout prendre, moins hostile qu'un Etat national polonais, dominé par l'Eglise catholique et sujet à un anti-sémitisme latent. Juifs, ils étaient attirés par le caractère universel et supranational du communisme alors que "pour les Polonais, le communisme, c'était les Russes, qu'ils méprisaient", note l'historien Nicholas Bethell (75). Si bien que, dans le pays, le parti communiste n'est jamais parvenu à se laver de son péché originel, l'hostilité à l'indépendance. Il recueille néanmoins, à la faveur de difficultés économiques persistantes, quelque 8% des voix et 7 sièges aux élections parlementaires de 1928. Les effets de la Grande Dépression lui donnent l'occasion d'agir concrètement, mais la maigreur des résultats des grèves et manifestations organisées par le KPP détournent de lui les ouvriers et chômeurs déçus. Quant à la revendication du rattachement à l'Allemagne de la Haute Silésie et de la Poméranie, où la population polonaise est au demeurant majoritaire, elle lui aliène davantage encore la sympathie des Polonais. Le début des années 30 voit la formation d'une opposition interne, animée par Isaac Deutscher, et qui plaide en faveur de la constitution d'un "front démocratique" contre la dictature de Pilsudski. Ces hérétiques sont exclus du parti au VIème Congrès en 1932, mais l'incident montre que les idées trotskistes sont loin d'avoir été extirpées dans le parti. Quelques années plus tard, Staline, inquiet de l'ascension d'Hitler, change de tactique et se met à plaider la cause d'un front uni contre le fascisme, choix ratifié par le VIIème Congrès du Komintern , en 1935. Les sociaux-démocrates, jusque-là conspués par le KPP en leur qualité d'"aile modérée du fascisme", deviennent du jour au lendemain des partenaires honorables. Les offres de coopération se heurtent néanmoins à chaque fois au refus des deux partis sollicités, le PPS et le Bund juif, ou à des conditions - retrait du Komintern - jugées inacceptables par les communistes. Par ailleurs l'avènement d'Hitler retire au KPP l'appui logistique que lui assurait la République de Weimar, laquelle trouvait dans ce parti un allié pour la cause du rattachement à l'Allemagne de la Haute Silésie. Le KPP finit par abandonner cette position, que lui avait imposée le Komintern , pour embrasser l'idéologie "patriotique" qu'il n'avait, depuis sa fondation, cessé de combattre. Affaibli par ses revirements incessants, ses dissensions internes et la répression de la police politique de Pilsudski, le KPP perd un peu davantage d'une influence déjà modeste. Dès 1933-34, d'autres nuages commencent à s'accumuler au-dessus du parti. Trois dirigeants communistes, anciens officiers de Pilsudski ralliés au parti, Czeszejko-Sochacki, Wojewodzki et Zarski, sont accusés par le Komintern d'être des "espions fascistes" ou des "trotskistes" et sont liquidés à Moscou. Cette première purge limitée ne fait qu'en annoncer une seconde, beaucoup plus massive, en 1937- 1938, en pleine hystérie des "procès de Moscou". De nombreux dirigeants du KPP résident alors à Moscou, certains sont rappelés de Pologne, voire des champs de bataille d'Espagne et exécutés sous d'absurdes accusations de collaboration avec le régime pilsudskiste. En 1938, la quasi-totalité des communistes polonais résidant sur le territoire soviétique aura été physiquement liquidée ou déportée : Warski, Leszczynski, Walecki, Unszlicht, Kostrzewa, Radek... L'historien Norman Davies évalue à 5 000 leur nombre (76). Une autre estimation atteint le chiffre de 19 000 (77). Les rares survivants [30] sont ceux dont le NKVD a jugé la collaboration utile. Paradoxalement, les chefs communistes de l'après-guerre, Bierut, Gomulka, Ochab, Finder, ne doivent leur salut qu'au fait d'avoir été dans les prisons pilsudskistes à ce moment-là et de n'avoir pu obéir à l'ordre de rappel de Moscou. Pour finir, le parti communiste polonais est dissous par décision du Komintern à une date inconnue, dont on sait seulement qu'elle est postérieure à mai 1938. Cet épisode reste aujourd'hui entouré d'un mystère que les révélations de la déstalinisation ne sont pas parvenues à lever. Du vivant de Staline, l'historiographie officielle communiste, en URSS comme en Pologne, affirme que toute la direction du parti était infiltrée par des agents de Pilsudski ou des trotskistes. Mais les historiens continuent de s'interroger sur les intentions réelles de Staline dans cette purge. Selon Souvarine (79), le parti communiste polonais, à prédominance juive, aurait constitué un obstacle à l'entente avec Hitler. Ou bien faut-il imputer le massacre à la volonté d'en finir avec cet "enfant terrible" du communisme qui provoquait d'autant plus la méfiance du dictateur qu'il n'était pas lavé du péché de "luksemburgisme" et continuait de cultiver une sensibilité trotskiste ? Ou encore Staline a-t-il considéré que la stratégie du "pont vers l'ouest" était définitivement dépassée ? Certes, la purge n'a pas frappé que des communistes polonais, mais aussi ceux d'autres nationalités, roumain, hongrois, tchèque, yougoslave (80). Seul le parti communiste polonais, toutefois, a fait l'objet d'une mesure de dissolution de la part du Komintern , mesure qui ne touchait pas ses filiales de Biélorussie et d'Ukraine. Rapprochée de la politique qui sera suivie par Staline en 1939, cette circonstance ne peut pas ne pas apparaître comme singulièrement prémonitoire des intentions de Staline à l'égard de la Pologne. C - LA RECONSTITUTION D'UNE FORCE COMMUNISTE. A la veille de la guerre, le mouvement communiste n'existe plus. Le Komintern avait bien décidé, en mai 1939, la reconstitution d'un parti communiste polonais, mais ce projet est rendu caduc par les événements. Avec l'attaque soviétique contre la Pologne et les exactions de l'URSS dans la zone orientale, le peu de crédit laborieusement gagné par les communistes avant-guerre est dilapidé. Paralysés par l'alliance de l'URSS avec l'Allemagne, ils disparaissent de la vie politique clandestine, laissant la résistance s'organiser en dehors d'eux. Les premiers bulletins clandestins n'apparaîtront, note le dernier chef de l'AK, Bor-Komorowski, qu'en novembre 1941, soit après 26 mois d'occupation allemande (81). Nombre de membres et de cadres de l'ancien parti se sont en effet réfugiés, après la défaite, en zone soviétique avec, pour certains, l'espoir de poursuivre la lutte contre l'Allemagne. Du fait de l'excellence des relations de celle-ci avec l'URSS, ils sont souvent mal accueillis par les autorités, qui les traitent en "traîtres", et quelquefois déportés en Sibérie (82). Mais il n'est pas rare qu'ils se voient assigner des postes dans l'administration locale ou les instances régionales du parti. Les intellectuels se sont rassemblés à Lwow, où un groupe d'écrivains, parmi lesquels Wanda Wasilewska, Jerzy Putrament, Alfred Lampe et Roman Werfel, fera paraître, à partir de janvier 1941, un hebdomadaire, "Nouveaux Horizons"; à Vilnius autour de Stefan Jedrychowski, ou encore à Bialystok, où se trouvent Stefan Wierblowski et Jakub Berman. C'est, semble-t-il, de Bialystok qu'émane la première demande de recréer un parti communiste, adressée au Komintern et provisoirement repoussée pour ne pas incommoder l'allié allemand. Dimitrov, le secrétaire du Komintern , dépêche cependant un émissaire sur place pour y présélectionner les membres du noyau dirigeant d'un éventuel parti communiste reconstitué (83). Ce n'est que vers la fin de 1940, alors que les relations soviéto-nazies se dégradent, que des groupes communistes se forment clandestinement dans la zone d'occupation allemande en recréant d'ailleurs les divisions entre trotskistes et staliniens. C'est ainsi que sont créés des clubs - "le prolétaire", "la faucille et le marteau", "les conseils révolutionnaires ouvriers et paysans", l'"association des amis de l'URSS" - favorables à l'intégration de la Pologne à l'Union Soviétique, ou encore l'"union pour la lutte de libération", animée notamment par Jerzy Albrecht. Mais ces groupes, fondés sans l'autorisation du Komintern , gardent le silence sur leur existence et, contrairement aux allégations de l'historiographie officielle de la Pologne d'après- guerre, s'abstiennent de toute action militaire (84). L'attaque de l'URSS par Hitler mettra un terme à cette situation étrange, provoquant une révision radicale des plans de Staline pour la Pologne. Après avoir nié pendant près de deux ans la qualité de nation à la Pologne occupée, le dictateur, qui s'apprête à renouer avec le gouvernement de Londres, traite à nouveau avec un Etat et une nation. L'hypothèse de la restauration d'un parti communiste revient à l'ordre du jour. Selon Jakub Berman, certains cadres communistes - Marceli Nowotko notamment - ont été appelés dès le printemps 1941, avant même l'offensive allemande, à Pouchkino, près de Moscou, où se trouve l'"Ecole du Komintern " (85). Ils y créent la section polonaise, rejointe, après l'attaque allemande contre l'URSS, par les autres communistes réfugiés dans la zone orientale de la Pologne. Deux "groupes d'initiative" sont alors formés qui élaborent en deux mois, sous l'oeil vigilant de Dimitrov, le programme d'action du futur parti : l'objectif premier est d'établir un "front uni" contre les Allemands, mais il s'agit avant tout de constituer un appareil clandestin dans la Pologne occupée. Compte tenu des conditions prévalant en Pologne et non sans quelques réticences de la part des vieux communistes, toute référence au communisme est soigneusement gommée, jusque dans le nom du parti. C'est Dimitrov lui-même qui en choisit le nom : "Parti Ouvrier Polonais"(86). Les circonstances de la gestation du futur parti communiste polonais resteront par la suite couvertes d'un épais voile de mystère : le PCUS refusera avec constance, par la suite, d'ouvrir les archives de cette époque, y compris aux historiens communistes polonais. Dès le début de l'été, les intellectuels pro-communistes de Vilnius, Lwow et Bialystok, également rapatriés vers Moscou, se voient confier la rédaction de la station de radio, baptisée "Kosciuszko", créée par les Soviétiques et qui commence à émettre en polonais dès juillet 1941. Pour ménager le gouvernement polonais de Londres avec lequel Moscou vient de renouer, la rédaction reçoit des consignes de modération. En septembre 1941, le premier des deux "groupes d'initiative" est prêt, mais l'avion qui emporte ses membres en Pologne s'écrase au sol. Equipage et passagers s'en tirent. Reportée de quelques mois, l'opération est retardée, de surcroît, par l'avance allemande. Ce n'est que le 28 décembre que le "groupe", composé de Marceli Nowotko, 48 ans, un ancien cadre du KPP rescapé des purges, de Pawel Finder, de Boleslaw Molojec et de trois autres membres, est parachuté, de nuit, dans la région de Varsovie. Ils nouent contact avec les militants communistes de la capitale - souvent des anciens du KPP. Le 5 janvier 1942, dans un appartement de la banlieue de Varsovie, à Zoliborz, est fondé le "Parti Ouvrier Polonais" (PPR), doté, selon la bonne règle, d'un Comité Central dont Nowotko, Molojec et Finder sont nommés secrétaires. Ce dernier exerce en fait les responsabilités de direction du Parti, Nowotko, chef du parti en titre, s'étant fracturé une jambe lors du parachutage. La tête de pont ainsi établie est renforcée par un second parachutage le 6 janvier. Peu après, à la mi-janvier, le nouveau parti, dans son organe clandestin, la "Tribune de la liberté" ( Trybuna wolnosci ), présente son programme sous la forme d'un "appel aux ouvriers, paysans, intellectuels et à tous les patriotes polonais" (87) : ceux-ci sont invités à former un "front national de lutte pour une Pologne libre et indépendante" et à passer à l'action armée immédiate. Ces mots d'ordre coïncident avec les intérêts d'une Union Soviétique sur la défensive et qui cherche à désorganiser les arrières allemands. Mais ils arrivent à contretemps de la stratégie de l'AK qui exclut, pour l'heure, toute action armée massive, d'autant plus volontiers que les deux ennemis héréditaires de la Pologne sont en train de s'entre-déchirer. Conformément aux consignes du Komintern , la propagande du PPR, diffusée par la presse clandestine du nouveau parti et par des tracts, se gardera de recourir à la phraséologie communiste, lui préférant une thématique "patriotique" et des mots d'ordre d'"unité nationale"- appels à former des "comités nationaux de lutte" regroupés en un "front" - ou de solidarité slave face à l'Allemagne. L'adjectif communiste est banni, y compris du nom des organisations que le Parti créera par la suite, et les liens avec Moscou sont passés sous silence : dès son second communiqué, le PPR proclame son attachement au marxisme-léninisme, mais se défend, suivant là encore les instructions de Dimitrov, d'être une section de l'Internationale Communiste (88). Ces précautions nourrissent la suspicion des communistes polonais restés au pays qui, privés de tout contact avec Moscou, redoutent une provocation et ne se pressent pas, tout d'abord, de rallier la nouvelle organisation. S'il reconnaît la justesse de la lutte de l'AK, le PPR n'en dénonce pas moins la passivité du mouvement de résistance d'obédience londonienne. Cette attitude va de pair avec la propagande soviétique qui, par le truchement de l'émetteur "Kosciuszko", ne cesse d'exhorter les Polonais à l'insurrection. Quant à son programme politique proprement dit et ses intentions pour l'après-guerre, le PPR garde, pour l'heure, le silence ou se borne à énoncer des lieux communs ; il ne les dévoilera qu'un an et demi plus tard, vers le milieu de 1943. L'heure, en effet, est à l'organisation et à l'action politique clandestine. Il s'agit tout d'abord de fédérer les groupuscules pro-communistes qui se sont constitués spontanément depuis un an, quelquefois démantelés par les Allemands, puis reformés : des émissaires du Comité Central s'en vont donc, par la Pologne occupée, établir des contacts avec les dirigeants de ces groupes clandestins, leur demander de se dissoudre et de rallier le nouveau parti. Entravée par la méfiance des intéressés, par leurs réserves vis-à-vis des nouvelles thèses du parti - la stratégie d'alliance - ou encore les conditions de la clandestinité - surtout dans les zones annexées au Reich - l'opération se prolonge pendant des mois. Elle ne sera achevée que vers la fin de l'année, même si les groupes les plus importants sont intégrés dès l'été 1942. Une question de principe se pose pour Lwow, qui, avant-guerre déjà, relevait de la "compétence territoriale" du PC d'Ukraine Occidentale, un parti indépendant du KPP. Considérant que la région est plus accessible depuis le territoire polonais et qu'il convient de contrer l'activisme de la résistance nationaliste ukrainienne, Dimitrov, le Secrétaire Général du Komintern , finit par autoriser le PPR à y organiser la résistance communiste. C'est chose faite en octobre 1942, mais dès l'été 1943, le PPR devra rétrocéder son organisation clandestine au PC d'Ukraine. En l'espace d'un semestre, le PPR, fort de l'expérience de semi-clandestinité du KPP, a reconstitué son réseau, selon le schéma immuable des cellules de base et des comités locaux, une structure pyramidale réglée par le centralisme démocratique. Le 19 juin 1942, dans sa première dépêche à Dimitrov, Nowotko l'informe que le parti compte 4 000 membres ; à la fin de l'année, ce chiffre sera, selon une dépêche datée du 12 janvier 1943, de 8 000, dont un tiers seulement d'anciens membres du KPP (89). Plus délicate est la création d'un bras armé du parti. Celui-ci s'est, en effet, vu attribuer, comme territoire d'opération l'ensemble de la zone d'occupation allemande définie par le pacte Molotov-Ribbentrop, à laquelle s'ajoute, pour quelques mois, la région de Lwow. La tâche de constituer une Milice, baptisée "Garde Populaire" (G.L.) [31] , est donc confiée à Boleslaw Molojec, un ancien des brigades internationales d'Espagne. Il est secondé par Marian Spychalski, un communiste de 36 ans de Varsovie, nommé chef d'état-major. Dès août 1942, pour une raison obscure - défiance de Nowotko vis-à-vis de Molojec ? - ce poste sera cependant confié à un ancien activiste du KPP, Franciszek Jozwiak, 47 ans, rapatrié à Varsovie après avoir combattu aux côtés des partisans soviétiques en Ukraine occidentale. Les dirigeants de la Gwardia Ludowa bénéficient de la discrète assistance technique d'un "conseiller" soviétique, le colonel Glebor, parachuté en Pologne fin 1941 (90). Elle n'est pas superflue, car le parti, privé avant-guerre de tout accès aux forces armées, manque singulièrement de compétences militaires : les seuls communistes qui aient quelqu'expérience en ce domaine sont les anciens combattants de la guerre civile d'Espagne et la plupart d'entre eux séjournent alors à l'étranger, notamment en France. Molojec y est dépêché pour battre le rappel de ses compagnons d'armes. Il s'acquitte avec un certain succès de sa mission, mais les effectifs de la Milice, recrutés pour l'essentiel en Pologne même, restent modestes : l'historiographie officielle fait état de 3 à 4 000 hommes en juin 1942 (91), les estimations occidentales font état d'un millier d'hommes à la fin de l'année 1942 (92). Un officier de la police politique polonaise passé à l'ouest en 1953, le colonel Swiatlo, considère, lui, qu'en dehors de Varsovie et de quelques autres grandes villes, le parti communiste et sa formation militaire sont quasiment inexistants (93). Cette circonstance confinera le PPR, par ailleurs pauvre en armements, dans une tactique d'attentats spectaculaires - bombe dans le "Café- club" de Varsovie - mais peu efficaces, non revendiqués et suivis généralement de lourdes représailles allemandes contre des civils, que l'opinion publique porte au discrédit de l'AK. Le PPR se dote également d'un service de renseignement, constitué avec l'aide d'agents du NKVD, et dont la tâche première est de surveiller les cadres et membres du parti eux-mêmes. Une organisation de jeunesse sera mise sur pied en 1943 : c'est, en effet, dans les rangs de la jeune génération, idéaliste et sensible au mot d'ordre d'action immédiate, que la propagande du PPR trouve le plus de résonance. Le parti entreprend par ailleurs d'infiltrer les mouvements de gauche dissidents des grands partis. Enfin, le PPR mène la lutte contre l'ennemi politique principal, l'AK, n'hésitant pas, semble-t-il, à recourir aux méthodes les plus cyniques. Si l'on en croit les révélations du colonel Swiatlo, Nowotko avait ainsi organisé, dans le plus grand secret, une "cellule de désinformation" dont l'une des tâches était de dénoncer à la Gestapo , comme communistes, les membres de l'AK. Il souhaitait confier la direction de cette cellule à Boleslaw Molojec, devenu son adjoint à la direction du parti. Celui- ci, le soupçonnant d'être un agent de la police secrète allemande, le fait assassiner le 28 novembre par son frère Zygmunt. La version de Swiatlo n'a pu être établie avec certitude. Toujours est-il que Pawel Finder, l'autre secrétaire du Comité Central , fait aussitôt constituer une commission d'enquête qui, à l'issue d'investigations rapides, identifie les auteurs de l'attentat. Un "tribunal" de circonstance est créé, formé de quatre membres, font Finder. Sans avoir entendu le principal accusé, ce "jury" condamne les deux frères à mort, alors que Boleslaw Molojec a déjà succédé à Nowotko à la tête du parti. La "sentence" est exécutée un mois plus tard. Un Soviétique d'origine polonaise et agissant sous un pseudonyme, ajoute Swiatlo, est finalement détaché à Varsovie où il exercera les fonctions de chef de la "cellule de désinformation" jusqu'à la fin de la guerre (94). Les circonstances troubles de ces événements, la diversité des versions publiées après-coup, les incertitudes sur les mobiles des frères Molojec, le climat de secret qui entoure cette affaire continueront, par la suite, de nourrir la polémique. L'identité des meurtriers de Nowotko ne sera révélée qu'en 1952, après que Bierut aura essayé d'imputer à Gomulka la responsabilité de cette mort [32] . Sur le plan politique, le PPR est soumis à la stratégie de Staline, qui s'impose sans discussion à l'ensemble du mouvement communiste international : les partis communistes doivent constituer, en s'alliant à des forces politiques "bourgeoises", des coalitions érigées en "front national antifasciste". Il n'est pas question, à ce stade, de former le moindre organe de pouvoir. Aussi, à l'automne 1942, le PPR entre-t-il en pourparlers avec la "délégation" du gouvernement de Londres pour établir, à égalité de droits, une coopération politique et surtout militaire, mais sans préjudice pour l'autonomie du parti ou de son bras armé, la Gwardia Ludowa . Cette offre est reçue avec des sentiments mitigés dans les milieux de la Résistance : certains y voient une tentative d'infiltration du réseau clandestin de l'AK. D'autres font valoir qu'on ne peut parler d'égalité de droits alors que l'AK compte quelque 200 000 hommes et la Gwardia Ludowa quelques milliers tout au plus. Une position commune est finalement arrêtée et le délégué de Londres pose trois conditions préalables à toute coopération : la rupture avec le Komintern , la reconnaissance publique de l'autorité du gouvernement de Londres et l'affirmation de l'intangibilité des frontières de la Pologne d'avant 1939. Pour le PPR, ces conditions sont bien entendu inacceptables et les négociations, conduites par Wladyslaw Gomulka, sont suspendues le 25 février 1943. La rupture, deux mois plus tard, entre Staline et le gouvernement polonais en exil les rend totalement caduques et le PPR renforce sa campagne de dénonciation de la passivité de l'AK. Mais respectueux des consignes de création d'un front national, il s'efforce de rassembler les organisations de gauche, notamment les groupuscules dissidents des grandes formations politiques comme le Parti Socialiste (PPS) et le Parti Paysan (SL). C'est ainsi que le PPR fait de l'entrisme dans la "Centrale des Partis Démocratiques" et le "Parti Socialiste des Ouvriers Polonais" (RPPS) [33] . Staline, dont la confiance dans cette expédition envoyée au loin, hors de portée du contrôle direct de Moscou et à la merci d'une rupture des communications, n'est pas sans limite, décide de se doter d'un autre instrument politique en réactivant le réseau des communistes polonais réfugiés en URSS. En février 1943 est créé, à Moscou, le comité d'organisation d'une future "Union des Patriotes Polonais" (ZPP) [34] , qui annonce sa fondation le 1er mars dans "La Pologne libre" ( Wolna Polska ), un hebdomadaire créé pour la circonstance : l'Union se propose de combattre pour une Pologne "vraiment libre, forte et indépendante, liée par des liens fraternels à l'URSS" (95). L'"Union des Patriotes" est autorisée à ouvrir des représentations à travers le territoire soviétique, qui succèdent aux "délégations" fermées après l'évacuation de l'armée Anders. Elles en poursuivent d'ailleurs la mission de recrutement parmi les nombreux Polonais toujours retenus en URSS. C'est ainsi que le 8 mai 1943 l'agence Tass annonce la formation au sein de l'Armée Rouge, "à la demande de l'Union des Patriotes Polonais", d'une division, baptisée "Kosciuszko", formée de Polonais et dont le commandement est confié au colonel Berling. Si le rang est constitué de Polonais dispersés à travers l'Union Soviétique, qui voient là une chance de quitter les camps de travail ou de sauver leur peau, l'encadrement est soigneusement trié, formé à hauteur de deux tiers d'officiers de l'Armée Rouge, quelquefois d'origine polonaise. Fin mai, les effectifs de la division Berling seront de 8 000 hommes et, fin juillet 1943, de 16 000 hommes. L'"Union des Patriotes" tient son premier Congrès à Moscou, à la mi-juin. Elle a constitué sa direction, où l'on retrouve des noms connus : Wanda Wasilewska, qui s'honore de la citoyenneté soviétique et de son titre de membre du Soviet Suprême et a l'oreille de Staline, Alfred Lampe, Zygmunt Berling, Stefan Jedrychowski, mais aussi Roman Zambrowski, Jakub Berman, Aleksander Zawadzki. Elle rend également publique une déclaration de programme assez vague qui laisse néanmoins entrevoir les contours des revendications futures : si le principe du partage des terres est proclamé, ni leur collectivisation ni celle de l'industrie ne sont encore demandées. Sur la question sensible des frontières, l'"Union des Patriotes" revendique l'expansion à l'ouest (Silésie, embouchure de la Vistule, la Prusse orientale), mais s'en tient à des formules contournées sur la frontière orientale : "la frontière du traité de Riga n'est pas compatible avec les aspirations des Ukrainiens et des Biélorusses (...), elle doit être un lien et non une barrière..." (96). A Varsovie, pendant ce temps, la ligne du PPR colle à celle de Moscou. Les relations avec la délégation du gouvernement de Londres, la Delegatura , et l'AK se détériorent au même rythme que les rapports de l'URSS avec le gouvernement polonais de Londres. L'affaire de Katyn, en avril 1943, plonge dans l'embarras les communistes, confrontés à la force des présomptions de culpabilité pesant sur les Soviétiques. Après quelques jours de silence, le parti reçoit d'abord la consigne de répandre la thèse de la "liquidation de réactionnaires polonais" avant de se rallier à l'explication soviétique lorsque celle-ci est enfin rendue publique (97). Malgré l'"indépendance" dont il se prévaut vis-à-vis du Komintern , le PPR ne peut s'empêcher d'applaudir, comme les autres partis communistes, à sa dissolution en mai 1943 (98). Pendant cette même année 1943 se développe une crise interne liée à l'arrivée d'une jeune génération qui conteste l'autorité et les positions de la direction stalinienne du parti, où Pawel Finder a succédé à Nowotko à la tête du secrétariat du Comité Central, assisté de deux adjoints, Wladyslaw Gomulka, secrétaire de l'organisation varsovienne du PPR, et Franciszek Witold-Jozwiak, chef de la Gwardia Ludowa . Gomulka, qui n'entrevoit aucune possibilité d'accord avec la résistance d'obédience londonienne, commence à caresser l'idée d'une structure de pouvoir, embryon d'un futur gouvernement. Cette idée est rejetée au PPR où Finder, préférant attendre d'éventuelles instructions du Komintern , s'en tient à l'inapplicable théorie de la coalition. Les positions du parti sur la frontière orientale sont également une pomme de discorde. Les thèses orthodoxes - celles de Moscou - finiront par l'emporter, mais les deux "sensibilités" continueront de s'opposer sur d'autres questions. Le 14 novembre 1943, Pawel Finder et Malgorzata Fornalska sont arrêtés par la Gestapo dans des circonstances troubles et il semble qu'à cette occasion le contact avec Moscou ait été momentanément rompu, Fornalska étant l'unique détentrice du chiffre des communications. Moscou mandate un de ses agents, Boleslaw Bierut, dépêché à Varsovie quelques mois plus tôt, pour contrebalancer l'influence des communistes "locaux" devenue trop forte avec la disparition des membres des groupes issus de l'Ecole du Komintern de Pouchkino. Agé de 51 ans, ancien militant du mouvement coopératif en Pologne, Bierut n'a entretenu que des rapports épisodiques avec le KPP pendant les années 20. S'étant mis au service du Komintern , il opérait dans différentes capitales européennes et en Pologne, où il fut emprisonné de 1933 à 1938, ce qui lui évita de disparaître, comme tant d'autres, dans les purges staliniennes. Après la défaite polonaise de 1939, il rejoint la zone soviétique où l'attaque allemande le surprend à Bialystok. Il se réfugie à Minsk où il demeurera deux ans. Sa biographie officielle reste très discrète sur ses activités pendant cette période, se contentant d'indiquer qu'il "tentait de nouer des contacts avec des unités de partisans" (99). En réalité, Bierut était employé dans l'administration allemande de la municipalité, au service de l'approvisionnement, très probablement mandaté par le NKVD. Après son arrivée à Varsovie, en juillet 1943, il entre au Comité Central du PPR, promotion qui, s'agissant d'un nouveau venu, témoigne de son importance. Apparatchik communiste modèle - "l'allure (...) et l'âme d'un employé de banque", observera la journaliste américaine Flora Lewis (100) - Bierut doit avant tout à ses talents d'organisateur méthodique et à une subordination sans réserves à Staline d'avoir été affecté à la direction du PPR. Il est élu secrétaire du Comité Central et entre donc dans la "troïka" dirigeante du parti. C'est cependant un communiste de sensibilité "nationale", Wladyslaw Gomulka, âgé de 38 ans, qui, le 23 novembre, est coopté pour succéder à Finder à la tête de cette "troïka". Né en 1905, fils d'un ouvrier socialiste revenu en Pologne après une expérience décevante d'émigration aux Etats-Unis, le jeune Gomulka commence très tôt à travailler dans l'industrie pétrolière, à Krosno, sa ville natale, en Galicie. A 16 ans, il adhère à l'organisation de jeunesse du Parti Socialiste (PPS), dont ses vues, de plus en plus radicales et marxistes, le font expulser en 1924. Gomulka est alors déjà engagé dans l'action syndicale et écrit dans des journaux de gauche. En 1926, malgré son attachement à l'indépendance de la Pologne, il adhère au parti communiste (KPP), mais il ne progresse guère dans la hiérarchie, dominée par des intellectuels. Car Gomulka est avant tout un "agitateur", un organisateur de grèves - notamment des grèves dites "polonaises", c'est-à-dire avec occupation des locaux - et c'est dans l'accomplissement de ces tâches, bien évidemment illégales, qu'il est, en 1932, arrêté et blessé à la jambe par la police pilsudskiste. Après deux années passées en prison, il est évacué vers Moscou où il séjournera en 1934 et 1935, en suivant les cours de l'"Ecole internationale Lénine". Ce séjour à Moscou sera biffé après 1956 de sa biographie officielle pour ne pas entacher l'image de "communiste national" que la propagande s'applique alors à créer. Rentré clandestinement en Pologne à la fin de 1935, il est à nouveau arrêté en mars 1936 et condamné à 7 années de prison. C'est en prison, à Sieradz, que la guerre le surprend. Libéré, il franchit, comme de nombreux autres communistes, la ligne de démarcation et, après un séjour de quelques mois à Bialystok, rejoint Lwow, en zone soviétique. Il y obtient un poste de responsabilité subalterne dans une imprimerie et est autorisé à écrire dans le journal communiste local. C'est à Lwow, également, qu'il devient membre du Parti Communiste d'URSS. Soit parce que son rang est trop modeste, soit parce que ses inclinations trop "nationalistes" le disqualifient, Gomulka n'est pas retenu dans l'un des "groupes d'initiative" créés par le Komintern en 1941. Après l'attaque allemande, il reste à Lwow, dans la clandestinité, jusqu'en janvier 1942 puis rejoint sa région d'origine de Rzeszow, où il commence à organiser le réseau local de résistance communiste. Un an plus tard, en août 1942, il rejoint la capitale occupée où il prend la tête du comité de Varsovie du PPR, et entre peu après au Comité Central du parti. Gomulka fait preuve de réelles capacités d'organisation et impose peu à peu son autorité dans la hiérarchie encore étique du parti. Nommé secrétaire du Comité Central en janvier 1943, après la disparition de Nowotko et de Molojec, il accède, malgré son jeune âge et une carrière relativement brève, au second poste politique du parti, les questions militaires étant sous la responsabilité de l'autre secrétaire, Witold-Jozwiak. C'est en cette qualité qu'il représente le parti dans les pourparlers infructueux de février 1943 avec les autorités civiles de la Résistance. Gomulka est également, avec Pawel Finder, le coauteur des thèses particulièrement modérées du PPR publiées en novembre 1943 sous le titre, "Pourquoi luttons-nous?". Intelligent, obstiné, endurci, Gomulka est un communiste sans états d'âme, acharné à faire triompher ses vues. Un trait le distingue des autres dirigeants communistes, qui, comme Bierut, proviennent d'Union Soviétique : "un indiscutable instinct politique", écrit l'historienne polonaise dissidente Krystyna Kersten, "et une sensibilité à la problématique nationale lui ont permis d'allier l'orthodoxie communiste avec un rapport lucide à la réalité" (101). Une fois nommé Premier Secrétaire, Gomulka appelle auprès de lui des amis comme Zenon Kliszko ou Wladyslaw Bienkowski, qui partagent ses vues. Le jour de l'arrestation de Finder, le Comité Central devait se réunir et approuver le projet de "manifeste" rédigé par Gomulka pour annoncer la création d'une structure politique qui servirait de cadre d'accueil aux quelques organisations favorables à un "front national" avec le PPR. La disparition de Finder, réticent à toute initiative politique autonome, et la rupture de la liaison radio avec Moscou, précipitent un processus auquel Gomulka, le nouveau chef du parti, est favorable. Le "manifeste" est rendu public le 15 décembre 1943 : il annonce au nom d'une dizaine d'organisations de la clandestinité - en fait le PPR, des groupuscules marginaux, ainsi que des noms de formations forgées de toutes pièces - la création d'une représentation politique de la nation polonaise sous le nom de "Conseil National de l'Intérieur" (KRN) 35 . Deux thèses sont, d'après l'historiographie officielle (102), en présence quant à la nature de cet organe. Gomulka veut en faire une instance centrale de coordination politique des organisations "démocratiques" - à l'image de la direction politique de la Résistance loyale au gouvernement de Londres - embryon d'un gouvernement provisoire. Bierut, en revanche, est partisan d'une assemblée centrale fédérant une pyramide de "conseils populaires locaux", inspirée du modèle soviétique. C'est finalement la seconde formule qui est retenue par la "troïka" dirigeante du parti - en clair, Bierut et le très pro-soviétique Jozwiak l'emportent contre Gomulka. Erigé en une sorte de parlement clandestin de la Pologne occupée, le KRN est formellement fondé pendant la nuit de la Saint-Sylvestre 1943, dans un appartement de Varsovie et la présidence en revient à Bierut. Le programme du KRN, exposé à la session constitutive, reprend les postulats du "manifeste" : nationalisation sans indemnité et distribution aux paysans des propriétés terriennes, nationalisation de la grande industrie, des banques et des moyens de transport. Les frontières occidentales de la Pologne devront inclure les "territoires polonais germanisés par la force pendant les siècles" tandis qu'à l'est, elles devront être "conformes à la volonté des populations (...) sur la base d'une entente amicale avec l'URSS" (103). Le KRN se réserve également le droit de fonder, en temps opportun, un gouvernement provisoire. En attendant, le Conseil se proclame porte-parole unique de la nation et se déclare autorité militaire suprême. Le commandement de la Gwardia Ludowa , rebaptisée Armia Ludowa (Armée Populaire), est confié à un personnage douteux, Michal Rola-Zymierski, ancien officier condamné pour corruption sous Pilsudski, rallié aux communistes après que l'AK eut décliné ses offres de services. Après une carrière d'agent double en France, avant la guerre, le NKVD l'avait recontacté après le début des hostilités pour en faire un de ses agents de liaison auprès de la Gestapo . Les divergences entre Gomulka et Bierut pèsent sur la ligne politique du parti. Deux clans se forment dans une querelle qui passe inaperçue, bien entendu, de la masse des Polonais et se limite à un petit cercle d'initiés. Gomulka veut "ratisser large", jusqu'au Parti Socialiste (PPS), dont il est un ancien sympathisant, et au Parti Paysan (SL). Il propose même que le PPR entre au "Conseil de l'Unité Nationale", principal organisme politique de la Résistance (104). Bierut et ses partisans considèrent qu'il s'agit là de manoeuvres "opportunistes et fractionnistes" (105) et fondent leurs espoirs sur l'arrivée imminente en Pologne de l'Armée Rouge. Les deux clans s'affublent respectivement des sobriquets de "radis" - rouge à l'extérieur et blanc à l'intérieur - et de "betterave" - rouge à l'extérieur comme à l'intérieur. Après 6 mois de cohabitation, Bierut, le 10 juin 1944, écrit à Dimitrov, le secrétaire du Komintern , pour se plaindre du "sectarisme" et de "l'opportunisme" de Gomulka et en appelle à l'aide de l'Union Soviétique (106). Une telle situation est assez inhabituelle dans le mouvement communiste international et peut s'expliquer, sur une brève période tout au moins, par l'interruption des communications entre Varsovie et Moscou. Mais le Kremlin laisse la querelle se développer sans arbitrer. Staline a-t-il considéré qu'elle était négligeable au regard des tâches de l'heure ou a-t- il voulu garder deux fers au feu, se réservant de retirer l'un ou l'autre, selon l'évolution de la situation ? La question reste une énigme. Toujours est-il que les tentatives d'ouverture de Gomulka ne s'avèrent pas concluantes et que le PPR, qui domine le KRN, demeure isolé : du "Parti Socialiste Ouvrier Polonais" (RPPS) 36 , de tendance anarcho-syndicaliste et plutôt hostile au communisme, il n'est parvenu à débaucher qu'un petit groupe dirigé par Edward Osobka, un socialiste issu du mouvement coopératif, révolutionnaire utopiste et naïf de 35 ans, que Bierut a récompensé en le nommant vice-président du KRN, et Jan Haneman. L'enseigne agrarienne est apportée par Wola Ludu ("la volonté du peuple"), un groupuscule cryptocommuniste entré depuis longtemps en dissidence du Parti Paysan, qui se rallie au PPR avec une dizaine de militants seulement, réunis derrière Wladyslaw Kowalski. Ces deux organisations sont dépourvues de moyens logistiques propres - imprimerie et diffusion de tracts - et dépendent entièrement du PPR. Gomulka est conscient de la fragilité de cette assise alors que l'heure de la libération approche et qu'il faut forger un système politique viable. C'est ainsi qu'il signe, en janvier 1944, une lettre à Dimitrov, qu'il informe à mots couverts des difficultés du parti : la position pro-soviétique du PPR, laisse-t-il entendre, et notamment son acceptation de l'abandon de Lwow et de Vilnius à l'URSS, lui interdit toute action politique à large échelle en Pologne. Le "clan" Gomulka récidive lorsque, le 1er juillet 1944, un des proches de celui-ci, Bienkowski, dans un éditorial de Trybuna Wolnosci préconise un dialogue politique avec des organisations de la résistance londonienne, jusqu'alors traitées comme ennemies. A Moscou, où ces "états d'âme" ne manquent pas d'inquiéter, le paysage politique est en train de changer pour les communistes polonais. En moins d'un an d'existence, l'"Union des Patriotes Polonais" est devenue, vers la fin de 1943, une entité peu maniable où, au contact des militaires, germent des ambitions peu orthodoxes. L'état-major de l'armée polonaise, le colonel Berling notamment, caresse l'espoir d'une Pologne dirigée, après-guerre, par un régime militaire pro-soviétique. Staline laissant en permanence planer, y compris vis-à-vis de ses affidés les plus soumis, l'incertitude sur ses projets précis pour la Pologne, certains communistes - Minc, Wierblowski, Berman - s'inquiètent des progrès, dans les rangs de l'"Union des Patriotes", d'une idée dangereuse, celle de la primauté du militaire sur le politique - de l'armée sur le parti - dans le futur pouvoir polonais, et s'ouvrent de ces inquiétudes à Molotov (107). Aussitôt après, Staline fait créer, le 10 janvier 1944, un "Bureau Central des Communistes Polonais" (CBKP) [35] , dont l'existence est gardée confidentielle, et en choisit personnellement les membres, parmi les communistes les plus orthodoxes et pro-soviétiques (108). Certains d'entre eux sont des rescapés des purges de 1937-38, dont l'immunité est très probablement synonyme de collaboration avec le NKVD. On y retrouve les noms de Jakub Berman, Hilary Minc, Stanislaw Radkiewicz, Karol Swierczewski, Wanda Wasilewska et Aleksander Zawadzki, auquel Staline confie la direction du "Bureau". A Moscou, l'annonce de la création du KRN a été, semble-t-il, reçue sans enthousiasme, tant par Staline que par les membres du "Bureau Central". Ils jugent intempestives les initiatives de Gomulka à un moment où l'évolution rapide de la situation militaire et internationale exige, à leurs yeux, une subordination rigoureuse au centre de décision moscovite. Aussi une délégation du KRN, conduite par Osobka, est-elle "invitée" au printemps 1944 à se rendre à Moscou à travers la ligne de front. Staline reçoit les quatre émissaires polonais le 19 mai, en présence de Wanda Wasilewska et de Molotov, avec une extrême amabilité, exaltant, lui le Géorgien, la fraternité slave. Osobka, qui choisit à cette occasion le pseudonyme de Morawski, et ses collègues sont séduits : Staline feint de se rallier à leur suggestion d'étendre la frontière occidentale de la Pologne jusqu'à la ligne Oder-Neisse (109) et leur promet 50 000 armes automatiques - deux fois et demi ce qu'ils demandaient - et des équipements pour l' Armia Ludowa (A.L.). En conclusion de l'entretien, le dictateur se déclare prêt à nouer des relations avec l'organe exécutif du KRN pour peu qu'un tel organe soit créé. L'invite est on ne peut plus claire : la situation est mûre pour la création d'un gouvernement provisoire et, lors de la seconde entrevue avec Staline, celui-ci réitère son offre en des termes plus pressants. L'armée soviétique se rapproche, en effet, de la "ligne Curzon". De surcroît, les Américains, seuls à même de contraindre Staline à prendre des précautions, semblent n'élever aucune objection : sans consulter Washington, l'ambassadeur Averell Harriman accepte en juin de recevoir la délégation du KRN et dit à Molotov la bonne impression qu'ils lui ont laissée. "L'attitude étonnamment favorable des Américains envers les nouveaux candidats au pouvoir", observe l'historien Vojtech Mastny, "a énormément renforcé leur acceptabilité pour les Russes" (110). Au fil des entretiens avec Staline - il y en aura 8 entre le 19 mai et le 22 juillet et des réunions préparatoires, le futur gouvernement provisoire et son programme prennent forme. Emanant formellement du KRN, assemblée siégeant en Pologne, ce pouvoir est moins illégitime que s'il avait été formé par les seules organisations polonaises d'Union Soviétique. Staline, non sans habileté, décide d'en confier la direction formelle à Osobka-Morawski - un "socialiste", tranche-t-il, "car les communistes ont trop peu d'influence " en Pologne, et qui présente l'avantage de n'être "pas anti-soviétique" (111). Ce ne sont cependant ni les émissaires du KRN, ni même la direction de l'"Union des Patriotes Polonais" qui ont la haute main sur ces préparatifs, mais les dirigeants du "Bureau Central des Communistes Polonais". Ils font valoir que le programme du KRN est trop audacieux et risque d'effaroucher la petite bourgeoisie ou de susciter des craintes de "soviétisation" dans la population, avec ses mots d'ordre de collectivisation de l'industrie. L'accent est donc délibérément mis sur le caractère "démocratique" et de coalition du futur gouvernement, tandis que sont élaborées, pour son "manifeste", les formulations les plus rassurantes (112). A la mi-juillet, le projet est prêt ; Wanda Wasilewska et Osobka-Morawski s'en retournent au Kremlin le présenter à Staline le 17 juillet. Mais dès le lendemain, celui- ci fait savoir que la création d'un gouvernement provisoire est prématurée : Staline, soucieux de ne pas s'aliéner les Occidentaux dont il a encore besoin, ne veut pas précipiter les choses. C'est donc sous le titre plus modeste de "délégation du KRN pour les territoires libérés" qu'est fondé le 18 juillet 1944 l'organe exécutif du KRN, conjointement par les émissaires de celui-ci, par l'"Union des Patriotes Polonais" et par le "Bureau Central des Communistes Polonais" (113). Deux jours plus tard , après de nouvelles tergiversations, il est rebaptisé "Comité Polonais de Libération Nationale" (PKWN) [36] . REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES DE LA PREMIERE PARTIE 1. W. WAKAR, Rozwoj terytorialny narodowosci polskiej , Kielce 1917, pp. 132-133, cité par Andrzej ALBERT, Wschodnie granice Polski , Zeszyty Historyczne n° 53, Instytut Literacki, Paris, 1980. 2. Janusz ZARNOWSKI, Spoleczenstwo drugiej Rzeczypospolitej , P.W.N., Varsovie, 1973, p. 374, cité par Henry ROLLET, La Pologne au XXème siècle , Pedone, Paris, 1985, p. 146. 3. Wladyslaw POBOG-MALINOWSKI, Najnowsza historia polityczna Polski , t. III (1939-1945), Londres, 1983, p. 23. 4. Tadeusz WYRWA, La résistance polonaise et la politique en Europe , France-Empire, Paris, 1983, p. 76. 5. W. POBOG, op. cit. pp. 44-45. 6. Ibid. 7. Soviet documents on foreign policy , cité par T. WYRWA, op. cit. p. 89. 8. Michel HELLER, Aleksandr NEKRICH, L'utopie au pouvoir , Calmann-Lévy, Paris, 1985, pp. 298-299. 9. W. POBOG, op. cit. pp. 114. 10. Norman DAVIES, God's playground , A history of Poland , t. II, Oxford University Press, Oxford (Grande- Bretagne), 1981, p. 444. 11. M. K. DZIEWANOWSKI, Poland in the 20th Century , Columbia University Press, New-York, 1977, p.115. 12. Tadeusz BOR-KOMOROWSKI, Histoire d'une armée secrète , Les Iles d'Or, Paris, 1952, p. 30. 13. Adam MICHNIK, Penser la Pologne, Morale et politique de la résistance , La Découverte/ Maspero, Paris, 1983, p. 126. 14. W. POBOG, op. cit. p. 122. 15. T. WYRWA, op. cit. p. 222. 16. T. BOR, op. cit. p. 70. 17. W. POBOG, op. cit. p. 176. 18. Winston CHURCHILL, La deuxième guerre mondiale , t. VI, Plon, Paris, 1965, p. 15. 19. W. WIELHORSKI, Los Polakow w niewoli sowieckiej , Londres 1956. Le même auteur estime que 322 000 personnes sont mortes auparavant dans les camps et les prisons. 20. Extraits du protocole des entretiens Sikorski-Staline, cités par W. POBOG, op. cit. p. 206. 21. Wladyslaw ANDERS, Katyn , Editions France-Empire, 1949, Paris, p. 81. 22. Andrzej ALBERT, Najnowsza historia Polski , Polonia, Londres, 1989, p. 361. 23. Jean ELLEINSTEIN, Staline , Fayard, Paris, 1984, p. 326, et François FEJTÖ, Histoire des démocraties populaires , Seuil, Paris, 1979, pp. 38-39. 24. A. ALBERT, Najnowsza... , op. cit. p. 363. 25. W. POBOG, op. cit. p. 218. 26. Ibid., p. 221. 27. Alexandra KWIATKOWSKA-VIATTEAU, Katyn, l'armée polonaise assassinée , Editions Complexe, Bruxelles, 1982, pp. 85-86. 28. W. ANDERS, op. cit. p. 97. 29. A. ALBERT, Najnowsza... , op. cit. p. 362. 30. A. KWIATKOWSKA-VIATTEAU, Katyn... , op. cit. p. 67 . 31. A. ALBERT, Najnowsza... , op. cit. p. 373. 32. Ibid. 33. N. DAVIES, God's playground... , op. cit. p. 466. 34. A. ALBERT, Najnowsza... , op. cit. p. 387. 35. Ibid. pp. 391-392, et W. POBOG, op. cit. p. 296. 36. W. POBOG, op. cit. p. 271. 37. A. KWIATKOWSKA-VIATTEAU, Katyn... , op. cit. p. 49. 38. W. ANDERS, op. cit. p. 31. 39. Nicholas BETHELL, The cold killer of Kalinin , The Observer Sunday , 6 octobre 1991. 40. T. BOR, op. cit. p. 127. 41. Jan NOWAK, Courrier de Varsovie , Gallimard, Paris, 1983, pp. 182-183. 42. J. NOWAK, Courrier... , op. cit. pp. 173-174 et 182-183. 43. J. ELLEINSTEIN, op. cit. pp. 378 et sqq. 44. Winston CHURCHILL, The Second World War , t. V, Londres, 1952, p. 362. 45. Andreï A. GROMYKO, Vozpominanie , t. I, Politizdat , Moscou, 1988, p. 176. . 46. Keith SAINSBURY, The turning point : the Moscow, Cairo and Teheran conferences , Oxford University Press, 1985, p. 241. 47. Ibid. pp. 273-274. 48. W. CHURCHILL, La deuxième... , op. cit. p. 68. 49. K. SAINSBURY, op. cit. p. 276. 50. J. ELLEINSTEIN, op. cit. p. 398. 51. K. SAINSBURY, op. cit. p. 277. 52. A. GROMYKO, op. cit. p. 177. 53. William LARSH, W. Averell Harriman and the Polish Question, December 1943-August 1944 , East European Politics and Societies, Volume 7, n° 3, Automne 1993, University of California Press, p. 523. 54. Ibid. p. 526. 55. W. POBOG, op. cit. p. 505. 56. A. ALBERT, Najnowsza... , op. cit. p. 421. 57. W. CHURCHILL, The second... , op. cit. p. 256. 58. W. LARSH, op. cit. p. 532. 59. H. ROLLET, op. cit. pp 388-390. 60. Krystyna KERSTEN, Narodziny systemu wladzy - Polska 1943-1948 , EditionsLibella, Paris, 1986, p. 55. 61. Llellewyn WOODWARD, British Foreign Policy in the Second World war , H.M.S. Office, Londres, t. III, p. 178, cité par Jean LALOY in Yalta, hier, aujourd'hui, demain , Laffont, Paris, 1988, p. 71. 62. J. NOWAK, Courrier... , op. cit. pp. 146 et 174. 63. Ibid. p. 146. 64. Compte rendu n° 1/45 du ministère de l'Intérieur du gouvernement polonais de Londres, cité par Jean MALARA et Lucienne REY, La Pologne d'une occupation à l'autre . Editions du fuseau, Paris, 1952, p. 16. 65. J. NOWAK, Courrier... , op. cit. p. 133. 66. Krystyna KERSTEN, Historia polityczna Polski 1944-1955 , Editions Krag (non-officiel), Varsovie, 1982, p.5. 67. M. K. DZIEWANOWSKI, The Communist Party of Poland , Harvard Univerity Press, Cambridge (Etats- Unis), 1976, p. 15. 68. Ibid. p. 51. 69. H. ROLLET, op. cit. p. 97. 70. Boris SOUVARINE, Staline, un aperçu historique du bolchévisme , Editions Gérard Lebovici, Paris, 1985. 71. Nicholas BETHELL, Gomulka, His Poland and His Communism . Pelican Books, Londres, 1972, p. 21. 72. M. K. DZIEWANOWSKI, The communist... , op. cit. p. 108. N. BETHELL, op. cit. p. 23. 74. Ibid., p. 15. 75. Ibid., p. 16. 76. N. DAVIES, God's playground... , op. cit. 77. Henryk CIMEK, KPP-Polska-socjalizm , Miesiecznik Literacki , Varsovie, décembre 1988, cité par Edward OSOBKA-MORAWSKI, Krawedz ciemnosci , Editions Instytut Wydawniczy Zwiazkow Zawodowych, Varsovie, 1989, pp. 7-8. 78. Ils ne seront que 80 à revenir après 1956. Cf. H. ROLLET, op. cit. p. 233. 79. B. SOUVARINE, Comments on the massacre , cité par M. DRACHKOVICH et B. LAZITCH, The Komintern , New York, 1966, p. 176. 80. H. ROLLET, op. cit. p. 234. 81. T. BOR, op. cit. p. 122. 82. N. BETHELL, op. cit. p. 34. 83. Ibid., p. 40. 84. M. K. DZIEWANOWSKI, The communist... , op. cit. pp. 160-161. 85. Teresa TORANSKA, Oni , EditionsAneks, Londres, 1985, p. 236. 86. A. ALBERT, Najnowsza... , op. cit. p.381, W. POBOG, op. cit. p. 402, et T. TORANSKA, op. cit. p. 239. 87. Polska Partia Robotnicza - Dokumenty programowe 1942-1948 , Varsovie, 1984, p. 51. 88. Ibid., p. 56. et Wladyslaw GOMULKA, Pamietniki, tome II, Polska Oficyna Wydawnicza BGW, Varsovie, 1994, p. 99. 89. Norbert KOLOMEJCZYK, Marian MALINOWSKI, Polska Partia Robotnicza 1942-1948 , Editions Ksiazka i Wiedza, Varsovie, 1986, pp. 50 et 68, A. ALBERT, Najnowsza... , op. cit. p. 382. 90. M. K. DZIEWANOWSKI, The communist... , op. cit. p. 165, T. BOR, op. cit. p. 123, et H. ROLLET, op. cit. p. 392. 91. N. KOLOMEJCZYK, M. MALINOWSKI, op. cit. p. 50. 92. Tadeusz ZENCZYKOWSKI, Rozmowy delegatury rzadu i PPR w 1943 roku , Zeszyty Historyczne n° 27, Paris, 1974, pp. 104-129, cité par H. ROLLET, op. cit. p. 392. 93. Zbigniew BLAZYNSKI, Mowi Jozef Swiatlo - Za kulisami bezpieki i partii , Polska fundacja kulturalna , Londres, 1985, p. 205. 94. Ibid. pp. 104-108. Voir également Zeszyty Historyczne n° 59, Paris, 1982, et Nowotko-Molojec - z poczatkow PPR , Puls Publications , Londres, 1986. 95. Wolna Polska du 1er mars 1943, cité par A. ALBERT, Najnowsza..., op. cit. p. 390. 96. Dokumenty programowe... , op. cit. pp. 480-486. 97. M. K. DZIEWANOWSKI, The communist... , op. cit. p. 168. 98. Dans une résolution de mai 1943 du Comité Central du PPR, in Kommounistitcheskii Internatsional , n° 5- 6, Moscou, 1943. 99. Slownik biograficzny dzialaczy polskiego ruchu robotniczego , t. I, Ksiazka i wiedza , Varsovie, 1986, p. 222. 100. Flora LEWIS, A case history of hope , EditionsDoubleday, New-York, 1958, p. 38. 101. K. KERSTEN, Narodziny... , op. cit. p. 22. . 102. Dokumenty programowe... , op. cit. pp. 27-28. 103. Ibid. pp. 519-528. 104. T. TORANSKA, op. cit. (interview de J. Berman) pp. 261-262. 105. W. WASOWICZ, L. SOCHA, Z archiwum Boleslawa Bieruta in Zeszyty Historyczne n° 61, Instytut literacki , Paris, 1982. 106. W. WASOWICZ et L. SOCHA, art. cit. p. 183. 107. T. TORANSKA, op. cit. p. 257. 108. E. OSOBKA, op. cit. p. 25. 109. J. MALARA, L. REY, op. cit. p. 25. 110. Vojtech MASTNY, Russia's road to the Cold War : Diplomacy, Warfare and the Politics of Communism , 1941-1945, New York, 1979, p. 176, cité par W. LARSH, art. cit. p. 550. 111. E. OSOBKA, op. cit. p. 20. 112. K. KERSTEN, Narodziny... , op. cit. p. 58. 113. Tadeusz ZENCZYKOWSKI, Dramatyczny rok 1945 , Polonia, Londres, 1981, p. 12. [1] voïvodie: subdivision administrative en Pologne [2] Lebensraum : espace vital [3] Gauleiter : gouverneur [4] S.Z.P.: S luzba Zwyciestwu Polski [5] Z.W.Z.: Zwiazek Walki Zbrojnej [6] N.O.W.: Narodowa Organizacja Wojskowa [7] On trouve parmi ses membres les noms de Wanda Wasilewska, Stefan Jedrychowski, Jerzy Putrament, Adam Wazyk et Wiktor Grosz, tous issus d'un groupe d'intellectuels communistes actif à Lwow de septembre 1939 à juin 1941. [8] K.W.C. : Kierownictwo Walki Cywilnej [9] S.L. : Stronnictwo Ludowe [10] S.N. : Stronnictwo Narodowe [11] A.K. : Armia Krajowa [12] N.S.Z. : Narodowe Sily Zbrojne [13] K.O.N. : Konwent Organizacji Niepodleglosciowych [14] Z.O.B. : Zydowska Organizacja Bojowa [15] R.P.Z. : Rada Pomocy Zydom [16] W.R.N. : Wolnosc-Rownosc-Niepodleglosc (Liberté-Egalité-Indépendance) [17] O.P.W. : Oboz Polski Walczacej [18] P.P.R. : Polska Partia Robotnicza (Parti Ouvrier Polonais) [19] G.L.: Gwardia Ludowa (Garde Populaire) [20] K.R.N. : Krajowa Rada Narodowa [21] R.J.N. : Rada Jednosci Narodowej [22] Burza : tempête [23] NIE : non, en polonais [24] Z.P.R. : Zwiazek Polskich Robotnikow [25] P.P.S. : Polska Partia Socjalistyczna [26] S.D.K.P.: SocjalDemokracja Krolestwa Polski [27] S.D.K.P.i L. : SocjalDemokracja Krolestwa Polski i Litwy [28] K.P.R.P. : Komunistyczna Partia Robotnicza Polska [29] K.P.P. : Komunistyczna Partia Polska [30] ils ne seront que 80 à revenir après 1956 (78) [31] G.L.: Gwardia Ludowa [32] C'est en effet le colonel Swiatlo, alors chef-adjoint du Département des "opérations spéciales" de la police politique polonaise, qui, en 1949, rouvrira le dossier à la demande de Gomulka, en mal de preuves contre Gomulka. [33] RPPS : Robotnicza Partia Polskich Socjalistow [34] Z.P.P.: Zwiazek Patriotow Polskich [35] C.B.K.P.: Centralny Biuro Kommunistow Polskich [36] P.K.W.N.: Polski Komitet Wyzwolenia Narodowego Google Sites Report abuse Page details Page updated Google Sites Report abuse This site uses cookies from Google to deliver its services and to analyze traffic. Information about your use of this site is shared with Google. By clicking "accept", you agree to its use of cookies. Cookie Policy Reject Accept
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Menace d’une action militaire contre l’Irak Doc. 9572 24 septembre 2002 Menace d’une action militaire contre l’Irak Rapport Commission des questions politiques Rapporteur : M. Guillermo Martínez Casañ, Espagne, Groupe du Parti populaire européen I.       Projet de résolution 1. L’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe accueille avec satisfaction l’acceptation par l’Irak du retour inconditionnel des inspecteurs du désarmement de l’ONU conformément à la Résolution 1284 (1999) du Conseil de sécurité. Il s’agit là d’un premier pas indispensable pour assurer que l’Irak ne possède plus d’armes de destruction massive. Cependant, l’Assemblée rappelle que l’Irak a dans le passé violé à plusieurs reprises ses engagements et émet des réserves sur l’intention des autorités irakiennes de tenir leurs promesses. 2. La communauté internationale doit continuer à exiger des autorités irakiennes le strict respect des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies relatives à l’interdiction des programmes irakiens de fabrication des armes de destruction massive. Les inspecteurs et les experts en désarmement des Nations Unies doivent pouvoir reprendre immédiatement, avec l’accès illimité et avec garanties leur travail sur place afin de faire rapport au Conseil de sécurité du respect ou non de ces résolutions par l’Irak. 3. L’Assemblée souligne sa conviction qu’avant l’examen de ce rapport par le Conseil de sécurité, tout conflit armé devrait être évité. L’Assemblée est profondément préoccupée du fossé qui pourrait se creuser entre l’Occident et le monde musulman dans le cas d’un conflit armé. A cet égard l’Assemblée se félicite de la position des pays arabes qui ont fait pression sur les autorités de l’Irak afin qu’elles acceptent les exigences des Nations Unies. 4. Dès lors l’Assemblée réprouve que les Etats-Unis marquent leur volonté d’aller vers le conflit armé sans mandat du Conseil de sécurité. Une telle attitude n’est pas conforme aux principes du droit international. L’Assemblée encourage les efforts continus des membres du Conseil de sécurité pour parvenir à l’adoption d’une nouvelle résolution sur l’Irak. 5. En l’absence d’une approbation explicite du Conseil de sécurité, toute action unilatérale des Etats-Unis, même soutenue éventuellement par d’autres pays, risquerait de déstabiliser sérieusement la paix et porter un coup grave à l’autorité des Nations Unies. L’approche unilatérale pourrait également entraîner des divisions au sein des pays démocratiques et compromettre la cohésion de la communauté internationale dans la lutte contre le terrorisme. 6. L’Assemblée appelle : i.       les autorités de Bagdad : a. à prouver leurs promesses par des actes en coopérant pleinement avec les inspecteurs et les experts en désarmement des Nations Unies pour qu’ils puissent effectuer leur travail, et en se conformant aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, en particulier la Résolution 1284 (1999) ; b. à condamner publiquement le terrorisme et à s’abstenir de toute forme d’actions susceptible de jeter le doute sur l’affirmation par l’Irak de ne pas être impliqué dans le terrorisme. ii.       tous les Etats membres du Conseil de l’Europe, les observateurs et invités spéciaux à intensifier leurs efforts pour éviter une nouvelle guerre en Irak et trouver la solution du problème irakien au sein et à travers les principes et les mécanismes des Nations Unies, y compris si nécessaire en adoptant une nouvelle résolution du Conseil de sécurité. Elle leur demande en même temps d’appuyer les efforts de médiation, en particulier ceux du Secrétaire Général des Nations Unies, visant à trouver une solution pacifique. iii.       les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies à n’avoir recours à une intervention militaire qu’après avoir utilisé toutes les autres voies et ceci uniquement au cas où une violation flagrante des résolutions des Nations Unies serait confirmée par le futur rapport des inspecteurs. II.       Exposé des motifs par le rapporteur I. Introduction 1. Le problème de l’Irak reste très préoccupant. La menace d’une action militaire sur le territoire irakien est de plus en plus présente. En effet, malgré l’acceptation par le gouvernement irakien de l’exigence des Nations Unies de reprendre les inspections internationales, les Etats-Unis continuent de se préparer à une action militaire, dans le but affirmé de démanteler des arsenaux et des capacités de fabrication d’armes de destruction massive dont l’Irak serait en possession, mais également de renverser le régime de Saddam Hussein. 2. L’Assemblée est consciente que le régime anti-démocratique irakien constitue un danger potentiel pour le peuple irakien et pour pour toute la région. Les dirigeants irakiens ont déjà par le passé fait usage d’armes chimiques à l’encontre de l’Iran et n'ont pas davantage hésité à utiliser ces mêmes armes contre des segments de la population irakienne d’origine kurde. 3. L’Assemblée doit toutefois fermement mettre en garde les Etats-Unis contre une intervention militaire en Irak hors du cadre de l’ONU et marquer sa profonde préoccupation quant au fossé qui pourrait se creuser entre l’Occident et le monde musulman en cas de conflit armé. 4. Les Etats membres du Conseil de l’Europe, les observateurs et invités spéciaux devraient intensifier leurs efforts pour éviter une nouvelle guerre en Irak et trouver la solution du « problème irakien » à travers les principes et les mécanismes des Nations Unies. Ils devraient en même temps appuyer les efforts de médiation, en particulier ceux du Secrétaire Général des Nations Unies, visant à trouver une solution pacifique. II.       Historique 5. Au lendemain de la « guerre du Golfe », l’Irak s’est vu imposer par la résolution 687 du 3 avril 1991 du Conseil de sécurité des Nations-unies, la destruction de ses armes NBC (nucléaires, bactériologiques, chimiques) comme l’une des conditions de cessez-le-feu. Cette résolution crée également l’Unscom (Commission spéciale des Nations Unies) en charge de contrôler avec l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA), le démantèlement des armes de destruction massive irakiennes. La double mission des experts de l’ONU est alors d’inspecter les sites irakiens afin de déterminer les capacités biologiques, chimiques et balistiques du pays, puis de détruire les armes NBC et les missiles d’une portée supérieure à 150 km. 6. Avec la résolution 715 du 11 octobre 1991, le contrôle du désarmement par l’Irak devient continu. Pour l’Unscom, il ne s’agit plus d’assurer le démantèlement de l’arsenal des armes de destruction massive mais de prévenir une reconstruction éventuelle. 7. Cependant, en décembre 1998 suite à la multiplication des crises entre inspecteurs de l’UNSCOM et l’Irak, l’opération Renard du désert est mise en place. Cette opération aboutit au départ de l’Unscom et au gel des travaux de désarmement. 8. Le 17 décembre 1999, la résolution 1284 du Conseil de sécurité autorise une suspension des sanctions imposées à l’Irak en échange d’un nouveau régime d’inspection de l’armement irakien. La commission de surveillance de vérification et d’inspection des Nations unies (Unmovic) doit remplacer l’Unscom et mettre en place un « régime de contrôle et de vérifications continus ». Cette résolution est toutefois rejetée par Bagdad. III.       Les raisons et les objectifs d’une intervention militaire en Irak 9. Les événements du 11 septembre 2001 ont ramené le dossier irakien au rang des priorités pour les Etats-Unis. En effet, au mois de décembre 2001, Hans Blix, président de l’Unmovic, déclare dans une interview à l’agence koweïtienne Kuna : « Le 11 septembre a crée le sentiment qu’il y avait urgence à affronter la question des armes de destruction massive. Les pirates de l’air ont fait de leur avion des missiles, plutôt que des armes de destruction massive au sens traditionnel. Mais on s’est effectivement demandé ce qui arriverait si un Etat faisait effectivement usage d’armes de ce type ». 10. L’administration américaine a laissé filtrer plusieurs justifications à l’attaque contre le régime irakien : les efforts irakiens en vue de mettre au point des armements chimiques, biologiques, voire nucléaires en violation des résolutions de l’ONU, les liens de Saddam Hussein avec le terrorisme irakien, voire l’appartenance de Bagdad à l’ « axe du mal ». Cependant aucune preuve substantielle n’a été présentée jusqu’à présent pour justifier ces données. 11. La Maison Blanche a d’ailleurs publié un rapport intitulé « Une décennie de tromperie et de défi » qui ne présente pas de nouvelles preuves d’une course irakienne à l’armement nucléaire. Il se contente de lister méthodologiquement les violations de Bagdad aux seize résolutions du Conseil de sécurité depuis le début des années 90. 12. Dans son discours du 12 septembre 2002 prononcé devant la 57e Assemblée générale de l’ONU, le Président Bush a présenté des violations des résolutions de l’ONU commises par l’Irak depuis plus de 10 ans. Le retour en Irak des inspecteurs de désarmement de l’ONU n’a pas été mentionné dans le discours du Président. Il a posé un ultimatum à Saddam Hussein sans date butoir en 5 points que l’Irak doit respecter « sans condition » : le démantèlement de toutes ses armes de destruction massive et missiles de longue portée, la fin de tout soutien au terrorisme, la cessation des persécutions contre la population civile, le règlement des contentieux hérités de l’invasion du Koweït (retour des prisonniers, indeminisations) et l’arrêt immédiat du commerce illicitement conduit en dehors du programme « pétrole contre nourriture » prévu par l’ONU. « Si toutes ces mesures sont prises, cela pourrait ouvrir la perspective pour les Nations Unies d’aider à l’édification d’un gouvernement qui représente tous les Irakiens –un gouvernement basé sur le respect des droits de l’Homme, la liberté économique et des élections supervisées par la communauté internationale » . 13. Dans un rapport rendu public le 9 septembre 2002, l’Institut international des études stratégiques (IISS)° estime qu’à sa connaissance l’Irak n’est pas en mesure de développer rapidement l’arme nucléaire. « L’Irak pourrait assembler une bombe atomique en quelques mois si il obtenait de la matière fissible d’une source étrangère mais, en l’état présent de sa technologie, il semble improbable qu’il en détienne ou soit proche d’en produire d’ici à quelques années » . En revanche le rapport mentionne que l’Irak possède une compétence de base et des capacités industrielles suffisantes pour concevoir des armes biologiques rapidement et en quantités désirées. Enfin, il fait état du fait que l’Irak est en situation de produire des armes chimiques dans des délais courts et en tonnages limités à partir d’installations civiles existantes. IV.       L’acceptation par l’Irak du retour des inspecteurs de l’ONU 14. Après s’y être opposé pendant 4 ans, l’Irak a finalement accepté comme conséquence de la solide position de la communauté internationale y compris des Etats arabes, le retour des inspecteurs en désarmement de l’ONU sans condition dans une lettre signée du ministre irakienne des affaires étrangères, Nadji Sabri et remise le 16 septembre 2002 au Secrétaire Général des Nations Unies. Les autorités irakiennes ont également accepté de commencer immédiatement les discussions sur les arrangements pratiques pour que les inspecteurs reviennent et reprennent leur tâche. La lettre a été transmise au Conseil de sécurité, auquel il revient désormais de décider de la prochaine étape. 15. Une première rencontre s’est déroulée à New-York entre le chef des inspecteurs du désarmement et des responsables irakiens sur les modalités pratiques d’une reprise des inspections en Irak. Les discussions ONU-Irak se poursuivront dans la première semaine d’octobre à Vienne, les autorités irakiennes ayant indiqué avoir besoin de temps pour étudier les arrangements pratiques. D’ores et déjà, le chef des experts, Hans Blix évalue à au moins un an la durée d’une nouvelle inspection. V.       La position américaine 16. Washington a réagi avec beaucoup de scepticisme à la lettre du gouvernement irakien et estime qu’une nouvelle résolution de l’ONU reste nécessaire pour garantir que l'Irak respectera ses engagements dans le domaine du désarmement. Colin Powell a d’ailleurs déclaré que «la seule manière pour que cela ne se passe pas comme d'habitude et que le passé ne se répète pas est de mettre cela dans une nouvelle résolution » . 17. Les Américains font donc tout ce qui est en leur pouvoir afin d’imposer une nouvelle résolution au Conseil de sécurité avant un quelconque départ d’une mission d’inspection. Washington veut faire voter un texte fixant de nouvelles conditions « plus restrictives » à Bagdad afin que les experts en désarmement puissent effectuer leur travail. Les Américains font valoir que les dipositions de la Résolution 1284 , sont « trop vagues » . Ils ont donc décidé de préparer avec Londres un texte menaçant Saddam Hussein de « sévères conséquences » si il n’accepte pas le retour des inspecteurs « sans condition, sans retard et sans manœuvre » . 18. Pour les Américains, cette nouvelle résolution doit s’articuler autour de dates butoirs. C’est une exigence, qui irait de pair avec la menace d’une intervention militaire. Toutefois des réserves doivent être émises sur un calendrier trop rigide dans la mesure où les retards éventuels pourraient être dus autant à des difficultés techniques qu’à la mauvaise volonté irakienne. 19. Le Conseil de sécurité discute actuellement d’une nouvelle résolution sur l’Irak. Le point de désaccord majeur, dont le Conseil de sécurité ne cesse de repousser l’échéance porte sur le chapitre des conséquences : la sanction militaire qui attend l’Irak en cas de refus de coopération avec les inspecteurs. Le secrétaire d’Etat, Colin Powell a répété qu’elles devraient être sévères et décisives. La France s’oppose à un chèque en blanc qui serait donner par avance à Washington. L’un des votes-clés dur ce sujet pourrait être celui du Royaume-Uni qui souhaite une résolution forte mais dans le but justement d’éviter une action militaire. 20. Les Etats-Unis ont toutefois averti qu’ils gardaient l’option de lancer une action militaire unilatérale contre l’Irak s’ils ne parvenaient pas à réunir une coalition pour faire tomber le régime de Saddam Hussein. Concrètement, le Président américain a demandé à l’ONU de travailler à une nouvelle résolution pour obtenir le désarmement de Bagdad, « mais il ne doit pas y avoir de doute sur les objectifs des Etats-Unis. Les résolutions du Conseil de sécurité seront mises en œuvre, les exigences justes de paix et de sécurité seront remplies ou bien une action sera inévitable ». 21. G. Bush a convaincu le Congrès de voter rapidement une résolution sur une éventuelle opération militaire contre l’Irak, précisant exactement ce que Saddam Hussein encourt s’il empêche le déroulement normal des inspections, mais doit encore affronter les réticences du Conseil de sécurité. « C’est un signal important pour le pays mais aussi pour le monde qui voit que ce pays est uni et résolu à faire face aux menaces » . 22. La maison Blanche a transmis au Congrès, le 19 septembre, le projet de résolution dont le président Bush souhaite l’adoption afin d’être formellement autorisé, a-t-il dit, « à faire usage de la force » contre l’Irak. Ce texte est la première formulation écrite par l’exécutif de ce qu’il veut pouvoir faire. Il y est écrit que le « Président est autorisé à utiliser tous les moyens qu’il juge appropriés, y compris la force, pour faire appliquer les résolutions du Conseil de sécurité des Nations-Unies (…), défendre les intérêts de sécurité nationale des Etats-Unis contre ma menace représentée par l’Irak et restaurer la paix internationales et la sécurité dans la région. » M. Bush a déclaré que si le Conseil de sécurité ne veut pas régler le problème, les Etats-Unis et quelques-uns de leurs amis s’en chargeront. 23. Les attendus du texte proposé au Congrès affirment que l’Irak possède et développe des moyens d’action chimiques, biologiques et nucléaires ; soutient et héberge des organisations terroristes ;exerce une répression brutale sur sa population ; refuse de libérer des ressortissants étrangers qu’il détient ou de donner des informations sur leur sort ; refuse de restituer les biens dont il s’est emparé lorsqu’il a occupé le Koweït. Le texte accuse aussi l’Irak d’avoir démontré son hostilité envers les Etats-Unis lors de la « guerre du Golfe ». Enfin, le projet se réfère à la résolution adoptée par le Congrès après le renvoi des inspecteurs de l’ONU par Saddam Hussein, en 1998, résolution qui se prononçait pour « un changement de régime » à Bagdad. 24. Les Etats-Unis ont donc averti qu’ils agiraient pour désarmer l’Irak si l’ONU ne le faisait pas, tandis que Bagdad, où les premiers inspecteurs onusiens pourraient arriver en octobre, assure ne posséder aucune arme prohibée. VI.       La position des Européens 25. Les différences d’analyse entre les pays européens sur le règlement des crises dans la région en raison de leurs alliances historiques, des intérêts économiques et de l’industrie d’armement, empêchent toute initiative commune. Parler d’une seule voix face aux Etats-Unis, voilà un défi perpétuellemnt renouvellé auquel sont confrontés les Européens. 26. La position officielle connue avant les élections du Chancelier allemand Schröder est la plus radicale dans la mesure où il refuse d’être associée à une action militaire en Irak avec ou sans mandat de l’ONU. 27. La Grande-Bretagne avec d’autres alliés constitue le soutien le plus solide et le plus fidèle des Américains. Toutefois, l’opinion publique britannique est loin d’être favorable à une guerre contre l’Irak. Même si elles estiment que l’option militaire reste valable en raison de la menace posée par Saddam Hussein, les autorités britanniques précisent qu’une intervention militaire sera moins justifiée s’il y a une autre manière de faire face à cette menace. 28. En proposant un « plan français » pour sortir de l’impasse actuelle, le Président français Jacques Chirac s’est ouvertement démarqué de ses principaux partenaires européens. Jacques Chirac n’est pas hostile au vote d’une nouvelle résolution concernant le retour des inspecteurs en désarmement en Irak mais souhaite le vote d’une seconde résolution prévoyant éventuellement une action militaire au cas où la première résolution ne serait pas respectée. La France veut ainsi jouer un rôle de contestation constructive face aux Etats-Unis. 29. Pour la Russie, le plus important est que les inspecteurs puissent se mettre le plus rapidement au travail. Le vote d’une nouvelle résolution ne doit pas être suspensif, la première tâche de la communauté internationale est de s’assurer que les inspecteurs retournent en Irak sans délais ni obstacles artificiels. 30. Les autres Etats européens restent divisés sur la nécessité d’une action militaire mais se prononcent pour la plupart en faveur d’une approche multilatérale. 31. Face à cela, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe se doit de parler à l’unisson. Dans le cas d’une violation par l’Irak des obligations de mettre fin à tous les programmes de fabrication des armes de destruction massive, la communauté internationale doit agir de manière coordonnée et mettre en œuvre les mécanismes prévus à cette fin par la Charte des Nations-Unies, dans le strict respect du droit international. 32. Si une éventuelle intervention militaire doit être engagée en Irak, celle-ci devra passer par la voie du Conseil de sécurité des Nations Unies. En effet, selon la Charte des Nations Unies, seul le Conseil de sécurité des Nations Unies a la légitimité nécessaire pour agir en cas de menace pour la paix et la sécurité internationales. VII. Les conséquences éventuelles d’une guerre 33. En l’absence d’une approbation explicite du Conseil de sécurité, toute action unilatérale des Etats-Unis, même soutenue éventuellement par d’autres pays, contre l’Irak risque de porter un coup grave à l’autorité des Nations Unies et à la paix mondiale. 34. L’approche unilatérale risque également de compromettre la cohésion de la communauté internationale dans la lutte contre le terrorisme et de renforcer les milieux extrémistes qui alimentent les réseaux terroristes. 35. Une nouvelle guerre fera de nouvelles victimes innocentes et aggravera davantage les souffrances de la population civile irakienne. 36. Quant à l’économie mondiale, celle-ci subira à n’en point douter un nouveau choc qui sera ressenti au plus fort en Europe. VIII.       Conclusions 37. L’Assemblée accueille avec satisfaction l’acceptation par l’Irak du retour inconditionnel des inspecteurs du désarmement de l’ONU conformément à la résolution 1284 (1999) du Conseil de sécurité. Il s’agit là d’un premier pas indispensable pour assurer que l’Irak ne possède plus d’armes de destruction massive et d’un développement dans la bonne direction pour éviter une nouvelle guerre. Cependant, l’Assemblée rappelle que l’Irak a dans le passé violé à plusieurs reprises ses engagements et émet des réserves sur l’intentions des autorités irakiennes de tenir leurs promesses. 38. La communauté internationale doit exiger des autorités irakiennes le strict respect des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies relatives à la destruction et à l’interdiction des programmes irakiens de fabrication d’armes de destruction massive. Les inspecteurs et les experts des Nations Unies doivent pouvoir reprendre immédiatement et avec garanties leur travail sur place afin d’informer le Conseil de sécurité du respect ou non de ces résolutions par l’Irak. 39. Les autorités de Bagdad doivent à présent prouver leurs promesses par des actes en coopérant pleinement avec les inspecteurs et les experts en désarmement des Nations Unies et en se conformant aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, en particulier la Résolution 1284 (1999. 40. Les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies ne devraient avoir recours à une action militaire qu’après avoir utilisé toutes les autres voies et ceci uniquement au cas où une violation flagrante des résolutions des Nations Unies serait confirmait par le futur rapport des inspecteurs. Avant l’examen de ce rapport tout conflit armé devrait être évité. Le feu vert à une éventuelle action militaire devrait donc faire l’objet d’une deuxième résolution qui ne serait examinée qu’après constat du non-respect de la première. Annexe United Nations S/RES/1284 (1999) le 17 décembre 1999 RESOLUTION 1284 (1999) Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 4084e séance, le 17 décembre 1999 Le Conseil de sécurité , Rappelant ses résolutions antérieures sur la question, et notamment ses résolutions 661 (1990) du 6 août 1990, 687 (1991) du 3 avril 1991, 699 (1991) du 17 juin 1991, 707 (1991) du 15 août 1991, 715 (1991) du 11 octobre 1991, 986 (1995) du 14 avril 1995, 1051 (1996) du 27 mars 1996, 1153 (1998) du 20 février 1998, 1175 (1998) du 19 juin 1998, 1242 (1999) du 21 mai 1999 et 1266 (1999) du 4 octobre 1999, Rappelant qu'il a approuvé, dans sa résolution 715 (1991) les plans de contrôle et de vérification continus présentés par le Secrétaire général et le Directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique conformément aux paragraphes 10 et 13 de sa résolution 687 (1991), Accueillant avec satisfaction les rapports des trois groupes d'experts sur l'Iraq (S/1999/356), et ayant procédé à un examen d'ensemble de ces rapports et des recommandations qu'ils contiennent, Soulignant l'importance d'une approche d'ensemble de la pleine application de toutes ses résolutions pertinentes relatives à l'Iraq et la nécessité pour l'Iraq de se conformer à ces résolutions, Rappelant l'objectif de l'établissement au Moyen-Orient d'une zone exempte d'armes de destruction massive et de tous missiles vecteurs ainsi que d'une interdiction générale des armes chimiques, visés au paragraphe 14 de la résolution 687 (1991), Préoccupé par la situation humanitaire en Iraq, et résolu à l'améliorer, Rappelant avec préoccupation que l'Iraq n'a pas encore complètement mené à bien le rapatriement et le retour de tous les nationaux du Koweït et d'États tiers, ou de leurs dépouilles mortelles, qui étaient présents en Iraq le 2 août 1990 ou après cette date, conformément à l'alinéa c) du paragraphe 2 de la résolution 686 (1991) du 2 mars 1991 et au paragraphe 30 de la résolution 687 (1991), Rappelant que, dans ses résolutions 686 (1991) et 687 (1991), il a exigé que l'Iraq restitue dans les meilleurs délais tous les biens koweïtiens que l'Iraq avait saisis, et notant avec regret que l'Iraq ne se soit toujours pas entièrement conformé à cette exigence, Reconnaissant que l'Iraq a accompli des progrès dans l'application des dispositions de la résolution 687 (1991), mais notant que, du fait qu'il ne s'est pas entièrement conformé aux résolutions pertinentes du Conseil, les conditions ne sont pas réunies pour que celui-ci puisse décider, conformément à sa résolution 687 (1991), de lever les interdictions visées dans cette résolution, Réaffirmant l'attachement de tous les États Membres à la souveraineté, à l'intégrité territoriale et à l'indépendance politique du Koweït, de l'Iraq et des États voisins, Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies et tenant compte du fait que le dispositif de la présente résolution se rapporte à des résolutions adoptées antérieurement en vertu dudit Chapitre VII, A 1. Décide de constituer, en tant qu'organe subsidiaire du Conseil, la Commission de contrôle, de vérification et d'inspection des Nations Unies (COCOVINU) qui remplace la Commission spéciale créée par l'alinéa b) du paragraphe 9 de la résolution 687 (1991); 2. Décide également que la COCOVINU assumera les responsabilités confiées à la Commission spéciale par le Conseil pour ce qui est de la vérification du respect par l'Iraq des obligations qui lui incombent en vertu des paragraphes 8, 9 et 10 de la résolution 687 (1991) et d'autres résolutions pertinentes, que la COCOVINU créera et appliquera, ainsi que l'a recommandé le groupe d'experts sur les questions touchant le désarmement et les activités actuelles et futures de contrôle et de vérification, un régime renforcé de contrôle et de vérification continus qui exécutera le plan approuvé par le Conseil dans sa résolution 715 (1991) et traitera des questions de désarmement non réglées, et que la COCOVINU désignera en Iraq, si nécessaire et conformément à son mandat, des sites supplémentaires que devra couvrir le régime renforcé de contrôle et de vérification continus; 3. Réaffirme les dispositions de ses résolutions pertinentes relatives au rôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour ce qui est du contrôle de l'application par l'Iraq des dispositions des paragraphes 12 et 13 de la résolution 687 (1991) et d'autres résolutions s'y rapportant, et prie le Directeur général de l'Agence de continuer à jouer ce rôle avec l'aide et la coopération de la COCOVINU; 4. Réaffirme ses résolutions 687 (1991), 699 (1991), 707 (1991), 715 (1991), 1051 (1996), 1154 (1998) et toutes ses autres résolutions et déclarations pertinentes de son Président établissant les critères du respect par l'Iraq de ses obligations, affirme que les obligations de l'Iraq visées dans ces résolutions et déclarations pour ce qui est de la coopération avec la Commission spéciale, de l'accès sans restriction et de la communication d'informations s'appliqueront à l'égard de la COCOVINU, et décide en particulier que le Gouvernement iraquien doit permettre aux équipes de la COCOVINU d'accéder immédiatement, inconditionnellement et sans restriction à la totalité des zones, installations, équipements, relevés et moyens de transport qu'elles souhaitent inspecter conformément au mandat de la COCOVINU, ainsi qu'à tous les fonctionnaires et autres personnes relevant de son autorité que la Commission souhaite entendre, de façon que celle-ci soit en mesure de s'acquitter pleinement de son mandat; 5. Prie le Secrétaire général de nommer, dans les 30 jours suivant l'adoption de la présente résolution, après avoir consulté le Conseil et sous réserve de l'approbation de celui-ci, un président exécutif de la COCOVINU qui prendra ses fonctions aussi tôt que possible, et de nommer, en consultation avec le Président exécutif et les membres du Conseil, des experts qualifiés qui constitueront un collège des commissaires de la COCOVINU, lequel se réunira régulièrement pour examiner l'application de la présente résolution et des autres résolutions pertinentes et fournir des avis et des conseils professionnels au Président exécutif, notamment au sujet des décisions de principe importantes et des rapports écrits qui doivent être présentés au Conseil par l'intermédiaire du Secrétaire général; 6. Prie le Président exécutif de la COCOVINU de lui soumettre pour approbation, dans les 45 jours suivant sa nomination, en consultation avec le Secrétaire général et par l'intermédiaire de celui-ci, un plan d'organisation de la Commission contenant sa structure, ses besoins en personnel, ses directives de gestion et ses procédures de recrutement et de formation, et incorporant selon qu'il conviendra les recommandations du groupe d'experts des questions touchant le désarmement et les activités actuelles et futures de contrôle et de vérification et reconnaissant en particulier que la nouvelle organisation devra être dotée d'une structure efficace de gestion en coopération et d'un personnel possédant les qualifications et l'expérience requises, dont les membres seront considérés comme des fonctionnaires internationaux assujettis aux dispositions de l'Article 100 de la Charte des Nations Unies, recruté sur une base géographique la plus large possible, y compris, si le Président exécutif le juge nécessaire, auprès d'organisations internationales s'occupant de contrôle des armements, ainsi que le fait que les intéressés devront disposer d'une formation technique et culturelle de haut niveau; 7. Décide que la COCOVINU et l'AIEA établiront chacune, dans les 60 jours suivant le début de leurs opérations en Iraq, pour approbation par le Conseil, un programme de travail en vue de l'exécution de leurs mandats respectifs, qui prévoira la mise en application du régime renforcé de contrôle et de vérification continus ainsi que les tâches clefs en matière de désarmement restant à accomplir par l'Iraq pour s'acquitter de ses obligations en matière de désarmement énoncées dans la résolution 687 (1991) et les autres résolutions pertinentes qui établissent les critères permettant de juger du respect par l'Iraq de ses obligations, et décide en outre que ce qui est exigé de l'Iraq pour l'exécution de chaque tâche doit être défini avec clarté et précision; 8. Prie le Président exécutif de la COCOVINU et le Directeur général de l'AIEA de créer, en faisant appel selon qu'il conviendra à des spécialistes d'autres organisations internationales, un groupe qui aura les mêmes responsabilités que le Groupe mixte créé par la Commission spéciale et le Directeur général de l'AIEA en vertu du paragraphe 16 de la résolution 1051 (1996) portant approbation du mécanisme de contrôle des importations et des exportations, et prie également le Président exécutif de la COCOVINU, agissant en consultation avec le Directeur général de l'AIEA, de reprendre la révision et l'actualisation des listes d'articles et de technologies auxquelles s'applique ce mécanisme; 9. Décide que le Gouvernement iraquien sera tenu de prendre à sa charge la totalité des dépenses de la COCOVINU et de l'AIEA afférentes à leurs travaux accomplis en vertu de la présente résolution et des autres résolutions pertinentes relatives à l'Iraq; 10. Prie les États Membres de coopérer pleinement avec la COCOVINU et l'AIEA dans l'exécution de leurs mandats; 11. Décide que la COCOVINU reprendra tous les éléments d'actif et de passif de la Commission spéciale, ainsi que ses archives, et qu'elle se substituera à la Commission spéciale en ce qui concerne les accords existant entre celle-ci et l'Iraq et entre l'Organisation des Nations Unies et l'Iraq, et affirme que le Président exécutif, les commissaires et le personnel de la COCOVINU jouiront des mêmes droits, privilèges, facilités et immunités que ceux de la Commission spéciale; 12. Prie le Président exécutif de la COCOVINU de présenter tous les trois mois au Conseil, par l'intermédiaire du Secrétaire général, et après avoir consulté les commissaires, un rapport sur les travaux de la Commission, en attendant la présentation des premiers rapports mentionnés plus loin au paragraphe 33, et de lui rendre compte immédiatement dès que le régime renforcé de contrôle et de vérification continus sera pleinement opérationnel en Iraq; B 13. Réaffirme que, conformément à l'engagement qu'il a pris de faciliter le rapatriement de tous les nationaux du Koweït et d'États tiers, mentionné au paragraphe 30 de la résolution 687 (1991), l'Iraq est tenu de coopérer dans toute la mesure nécessaire avec le Comité international de la Croix-Rouge, et demande au Gouvernement iraquien de reprendre sa coopération avec la Commission tripartite et le Sous-Comité technique, créés pour faciliter les activités dans ce domaine; 14. Prie le Secrétaire général de lui faire rapport tous les quatre mois sur la façon dont l'Iraq s'acquitte de ses obligations touchant le rapatriement ou le retour de tous les nationaux du Koweït et d'États tiers, ou éventuellement, de leurs dépouilles mortelles, de lui faire rapport tous les six mois sur la restitution de tous les biens koweïtiens, y compris les archives, saisis par l'Iraq, et de nommer un coordonnateur de haut niveau pour suivre ces questions; C 15. Autorise les États, nonobstant les dispositions des alinéas a) et b) du paragraphe 3 et du paragraphe 4 de sa résolution 661 (1990), et celles de ses résolutions ultérieures pertinentes, à permettre l'importation d'Iraq d'une quantité quelconque de pétrole et de produits pétroliers, ainsi que les transactions financières et autres transactions essentielles s'y rapportant directement, sous réserve des objectifs et des conditions énoncés aux alinéas a) et b) du paragraphe 1 et dans les dispositions suivantes de sa résolution 986 (1995), ainsi que dans les autres résolutions pertinentes; 16. Souligne à ce propos qu'il a l'intention de prendre de nouvelles mesures, notamment de permettre l'utilisation de voies supplémentaires pour les exportations de pétrole et de produits pétroliers, dans des conditions appropriées et compatibles pour le reste avec l'objet et les dispositions de la résolution 986 (1995) et des autres résolutions pertinentes; 17. Demande au Comité créé par sa résolution 661 (1990) d'approuver, sur la base de propositions du Secrétaire général, des listes de fournitures humanitaires, y compris les denrées alimentaires, les produits pharmaceutiques et les fournitures médicales, le matériel médical et agricole de base ou standard et le matériel d'enseignement de base ou standard, décide , nonobstant le paragraphe 3 de sa résolution 661 (1990) et le paragraphe 20 de sa résolution 687 (1991), que l'expédition de ces fournitures et matériels ne nécessitera pas l'approbation de ce comité, hormis dans le cas des articles visés par les dispositions de la résolution 1051 (1996), que le Secrétaire général recevra notification de ces expéditions et qu'elles seront financées conformément aux dispositions des alinéas a) et b) du paragraphe 8 de la résolution 986 (1995), et prie le Secrétaire général d'informer sans tarder le Comité de toutes les notifications reçues à cet effet et des mesures prises; 18. Prie le Comité créé par sa résolution 661 (1990) de nommer, conformément aux résolutions 1175 (1998) et 1210 (1998), un groupe d'experts, comprenant les inspecteurs indépendants nommés par le Secrétaire général conformément au paragraphe 6 de la résolution 986 (1995), décide que ce groupe aura pour mandat d'approuver diligemment les contrats relatifs à l'achat des pièces et des matériels nécessaires pour permettre à l'Iraq d'accroître ses exportations de pétrole et de produits pétroliers, conformément aux listes de pièces et de matériels approuvées par ce comité pour chaque projet, et prie le Secrétaire général de continuer à faire contrôler ces pièces et matériels une fois entrés en Iraq; 19. Encourage les États Membres et les organisations internationales à fournir une aide humanitaire supplémentaire à l'Iraq, ainsi que des publications à vocation d'enseignement; 20. Décide de suspendre, pour une période initiale de six mois à compter de la date d'adoption de la présente résolution et sous réserve d'un réexamen ultérieur, l'application de l'alinéa g) du paragraphe 8 de sa résolution 986 (1995); 21. Prie le Secrétaire général de prendre des mesures pour optimiser, en sollicitant éventuellement l'avis de spécialistes, y compris des représentants d'organisations internationales à vocation humanitaire, l'efficacité des arrangements énoncés dans la résolution 986 (1995) et les autres résolutions pertinentes, notamment leur impact humanitaire auprès de la population iraquienne dans toutes les régions du pays, et prie aussi le Secrétaire général de continuer à améliorer, selon que de besoin, le processus d'observation de l'Organisation des Nations Unies en Iraq, en veillant à ce que toutes les fournitures expédiées dans le cadre du programme d'aide humanitaire soient utilisées dans les conditions autorisées, de signaler au Conseil toutes circonstances susceptibles d'empêcher ou d'entraver leur distribution efficace et équitable, et de le tenir informé des mesures prises aux fins de l'application du présent paragraphe; 22. Prie également le Secrétaire général de réduire au minimum le coût des activités des Nations Unies associées à l'application de la résolution 986 (1995) ainsi que le coût afférent aux inspecteurs indépendants et aux experts-comptables agréés nommés par lui conformément aux paragraphes 6 et 7 de la résolution 986 (1995); 23. Prie en outre le Secrétaire général de fournir à l'Iraq et au Comité créé par la résolution 661 (1990) un relevé journalier du compte séquestre ouvert conformément au paragraphe 7 de la résolution 986 (1995); 24. Prie par ailleurs le Secrétaire général de prendre les arrangements nécessaires, sous réserve de son approbation, pour permettre que les fonds déposés sur le compte séquestre ouvert en application de la résolution 986 (1995) soient utilisés pour acheter des produits fabriqués localement et couvrir le coût des fournitures de première nécessité pour la population civile qui ont été financées conformément aux dispositions de la résolution 986 (1995) et des résolutions connexes, y compris, le cas échéant, le coût de l'installation et des services de formation; 25. Charge le Comité créé par la résolution 661 (1990) de se prononcer sur toutes les demandes concernant les fournitures humanitaires et les fournitures de première nécessité pour la population civile dans un délai de deux jours ouvrables à compter du moment où il les aura reçues du Secrétaire général, et de veiller à ce que toutes les lettres d'autorisation et de notification publiées par le Comité spécifient la date de livraison, conformément à la nature des articles à fournir, et prie le Secrétaire général de notifier au Comité toutes les demandes portant sur les articles humanitaires inscrits sur la liste à laquelle s'applique le mécanisme de contrôle des exportations et des importations approuvé par la résolution 1051 (1996); 26. Décide que les dispositions du paragraphe 3 de la résolution 661 (1990) et de la résolution 670 (1990) ne s'appliquent pas aux vols relatifs au pèlerinage à La Mecque pendant le hadj qui ne transportent pas de marchandises à destination ou en provenance d'Iraq, dès lors que chaque vol est notifié en temps utile au Comité créé par la résolution 661 (1990), et prie le Secrétaire général de prendre les arrangements nécessaires, approuvés par le Conseil de sécurité, pour que puissent être couvertes les dépenses raisonnables afférentes au pèlerinage à La Mecque au moyen des fonds versés sur le compte séquestre ouvert en application de la résolution 986 (1995); 27. Demande au Gouvernement iraquien : i) De prendre toutes les mesures voulues pour assurer la distribution en temps voulu et de manière équitable de toutes les fournitures humanitaires, en particulier les fournitures médicales, et éliminer et éviter tout retard au niveau de ses entrepôts; ii) De subvenir efficacement aux besoins des groupes vulnérables, parmi lesquels les enfants, les femmes enceintes, les personnes handicapées, les personnes âgées et les malades mentaux, et de permettre aux organismes des Nations Unies et aux organisations à vocation humanitaire d'avoir plus facilement accès, sans discrimination aucune, notamment fondée sur la religion ou la nationalité, à tous les secteurs et groupes de la population, aux fins d'évaluation de leur état nutritionnel et humanitaire; iii) D'établir un ordre de priorité concernant les demandes de fournitures humanitaires selon les arrangements énoncés dans la résolution 986 (1995) et les résolutions connexes; iv) De veiller à ce que les personnes déplacées contre leur gré reçoivent une aide humanitaire sans devoir prouver qu'elles résident depuis six mois à leur lieu de résidence temporaire; v) De coopérer pleinement au programme de déminage que le Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets exécute dans les trois gouvernorats du nord de l'Iraq et d'envisager de lancer des actions de déminage dans les autres gouvernorats; 28. Prie le Secrétaire général de lui soumettre, 60 jours au plus tard à compter de la date de l'adoption de la présente résolution, un rapport sur les progrès accomplis pour répondre aux besoins humanitaires du peuple iraquien et sur les revenus nécessaires à cette fin, comprenant des recommandations sur les montants supplémentaires qui devront compléter les ressources actuellement allouées aux pièces de rechange et au matériel destinés à l'industrie pétrolière, sur la base d'une étude d'ensemble de la situation du secteur pétrolier iraquien, ce rapport étant par la suite actualisé, selon qu'il conviendra; 29. Se déclare prêt à autoriser des montants supplémentaires pour compléter les ressources actuellement allouées aux pièces de rechange et au matériel destinés à l'industrie pétrolière, sur la base du rapport et des recommandations demandés au paragraphe précédent, afin d'atteindre les objectifs humanitaires énoncés dans la résolution 986 (1995) et les résolutions connexes; 30. Prie le Secrétaire général de créer un groupe d'experts, dont feront partie des experts de l'industrie pétrolière, pour rendre compte, dans un délai de 100 jours à compter de la date d'adoption de la présente résolution, de la capacité actuelle de production et d'exportation de pétrole de l'Iraq et de faire des recommandations, qui seront actualisées selon les besoins, sur les différents moyens d'accroître cette capacité d'une manière conforme aux objectifs des résolutions pertinentes, et sur les possibilités de faire intervenir des sociétés pétrolières étrangères dans le secteur pétrolier de l'Iraq, y compris par le biais d'investissements, sous réserve de la mise en place de moyens de surveillance et de contrôle appropriés; 31. Note qu'au cas où, conformément aux dispositions du paragraphe 33 de la présente résolution, il déciderait de suspendre les interdictions visées audit paragraphe, le Conseil devra avoir arrêté suffisamment à l'avance les arrangements et procédures appropriés, y compris la suspension des dispositions de la résolution 986 (1995) et des résolutions connexes, sous réserve des dispositions du paragraphe 35 ci-après; 32. Prie le Secrétaire général de lui soumettre un rapport sur l'application des paragraphes 15 à 30 de la présente résolution dans un délai de 30 jours à compter de la date de son adoption; D 33. Exprime son intention , lorsqu'il aura reçu les rapports du Président exécutif de la COCOVINU et du Directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique indiquant que l'Iraq a coopéré à tous égards avec la Commission et l'Agence, notamment dans l'achèvement des programmes de travail concernant tous les aspects visés au paragraphe 7 ci-dessus, pendant une période de 120 jours à compter de la date à laquelle le Conseil aura reçu les rapports de la COCOVINU et de l'Agence indiquant que le régime renforcé de contrôle et de vérification continus est pleinement opérationnel, de suspendre, en se donnant pour objectif fondamental d'améliorer la situation humanitaire en Iraq et de garantir l'application de ses résolutions, pendant une période de 120 jours qu'il pourra renouveler, et sous réserve de l'élaboration de mesures opérationnelles efficaces, notamment sur le plan financier, en vue de garantir que l'Iraq ne puisse acquérir d'articles interdits, les interdictions visant l'importation de marchandises et de produits provenant d'Iraq, ainsi que les interdictions visant la vente et la fourniture à l'Iraq et l'acheminement et la livraison en Iraq de marchandises et de produits destinés à la population civile autres que ceux visés au paragraphe 24 de la résolution 687 (1991) ou ceux auxquels s'applique le mécanisme créé par la résolution 1051 (1996); 34. Décide que, quand il fera rapport au Conseil aux fins du paragraphe 33 ci-dessus, le Président exécutif de la Commission étaiera son évaluation par les progrès faits dans l'accomplissement des tâches visées au paragraphe 7 ci-dessus; 35. Décide que si, à un moment quelconque, le Président exécutif de la COCOVINU ou le Directeur général de l'AIEA lui notifient que l'Iraq ne coopère pas sur tous les plans avec la Commission ou avec l'AIEA ou s'emploie à acquérir des articles interdits quels qu'ils soient, la suspension des mesures visées au paragraphe 33 ci-dessus prendra fin à compter du cinquième jour ouvrable suivant la date de cette notification, à moins que le Conseil n'en décide autrement; 36. Exprime son intention d'approuver la mise en place de mesures efficaces dans le domaine financier et d'autres domaines opérationnels, concernant entre autres la livraison et le paiement des marchandises et produits destinés à la population civile dont la vente ou la fourniture à l'Iraq est autorisée, qui seront nécessaires pour garantir que l'Iraq ne puisse acquérir d'articles interdits au cas où les interdictions visées au paragraphe 33 ci-dessus seraient suspendues, ainsi que de commencer à élaborer les mesures considérées au plus tard lorsqu'il aura reçu les rapports initiaux mentionnés au paragraphe 33 ci-dessus, et d'approuver de tels arrangements avant de prendre la décision prévue au même paragraphe; 37. Exprime en outre son intention de prendre des mesures, fondées sur le rapport et les recommandations demandées au paragraphe 30 ci-dessus, et conformément à l'objet de la résolution 986 (1995) et des résolutions connexes, pour permettre à l'Iraq d'accroître sa capacité de production et d'exportation de pétrole, lorsqu'il aura reçu les rapports concernant la coopération de l'Iraq, à tous égards, avec la COCOVINU et avec l'AIEA visés au paragraphe 33 ci-dessus; 38. Réaffirme son intention d'agir conformément aux dispositions pertinentes de la résolution 687 (1991) en ce qui concerne la levée des interdictions visées dans ladite résolution; 39. Décide de demeurer activement saisi de la question et exprime son intention d'envisager d'agir en conformité avec le paragraphe 33 ci-dessus au plus tard dans les 12 mois suivant la date d'adoption de la présente résolution, sous réserve que l'Iraq ait satisfait aux conditions énoncées au paragraphe 33 ci-dessus. Commission chargée du rapport : commission des questions politiques Renvoi en commission : demande de procédure d’urgence, Renvoi 2766, 23.09.02 Projet de résolution adopté par la commission le 24 septembre 2002 avec 1 voix contre et 2 abstentions Membres de la commission : Jakic (Président), Feric-Vac (Vice-Présidente), Spindelegger (Vice-Président), Aguiar, Aliyev, Andican, Atkinson, Azzolini, Bakoyianni (remplaçant : Liapis) , Behrendt (remplaçante : Lörcher) , Berceanu, Bergqvist, Bianco, Björck, Blaauw (remplaçant : van der Linden) , Blankenborg, Bühler, Cekuolis , Clerfayt, Curdova, Davern, Dreyfus-Schmidt, Durrieu,  Frey , Glesener, Gligoroski, Gönül, Goulet, Gross, Henry, Hornhues, Hovhannisyan, Hrebenciuc, Iwinski, Judd , Karpov, Kautto, Klich, Koçi, Kostenko, Lloyd (remplaçant : Chapman) , Loutfi, Margelov, Martinez-Casan , Medeiros Ferreira, Mignon (remplaçant : Loncle) , Mutman, Naudi Mora, Neguta, Nemeth , Oliynyk, Ouzky, Paegle , Pangalos, Pourgourides, Prentice, Prisacaru, de Puig, Ragnarsdottir , Ranieri (remplaçante : de Zulueta) , Rogozin, Schloten, Severinsen , Tabajdi, Timmermans, Toshev, Turjacanin , Vakilov, Vella, Volpirani, Voog (remplaçante : Klaar) , Weiss, Wielowieyski, Wohlwend, Wurm , Yarygina, Zacchera, Ziuganov (remplaçant : Slutzky) , Zhvania N.B. Les noms des membres qui ont pris part à la réunion sont imprimés en caractères italiques Secrétaires de la commission : M. Perin, M. Chevtchenko, M. Dossow, Mme Entzminger, Mlle Alleon
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Cristina Kirchner jette l’éponge pour l’élection présidentielle Actualités Géopolitique La France vue de l’étranger Société Économie Sciences et environnement Culture Réveil Stories Vidéos Hebdo Horoscope Cristina Kirchner à Buenos Aires le 9 mai 2019. PHOTO / REUTERS / Agustin Marcarian Tout en adressant de vives critiques à l’égard de son rival, le président Mauricio Macri, l’ancienne présidente Cristina Kirchner, aujourd’hui sénatrice, a annoncé le 18 mai dans un message vidéo sur les réseaux sociaux qu’elle serait candidate au poste de vice-présidente – et non à un mandat présidentiel. Ce repli partiel semble indiquer, tout comme les termes de son message “le laissent entendre”, analyse La Nación , que l’ancienne présidente (2007-2015) “admet tacitement que sa personne divise et qu’elle ne réussit pas à élargir sa base politique”. La surprise de cette annonce a été d’autant plus grande qu’un tout récent sondage donnait Cristina Kirchner victorieuse devant son rival, le président Mauricio Macri, avec respectivement 36,6 % contre 24,9 % des voix. Cristina Kirchner a préféré placer son ancien chef de cabinet, Alberto Fernández, avec lequel elle a été brouillée pendant des années, comme candidat au mandat de président. Ennuis judiciaires à foison Ce nouveau candidat “que personne n’avait vu venir”, poursuit La Nación , a déclaré dans un commentaire maladroit : “ce n’était pas la place à laquelle je m’attendais”, ajoutant que Cristina Kirchner était “une victime du système judiciaire”. L’ancienne présidente est en effet poursuivie dans une demi-douzaine d’affaires qui englobent des accusations de malversation , de gestion frauduleuse, de blanchiment, de prise d’intérêts illicites et d’entrave à enquête sur un projet terroriste. Le mardi 21 mai s’ouvre son premier procès à Buenos Aires pour corruption, dans une affaire de concession de contrats publics en Patagonie à un entrepreneur ami de la famille. Le procès devrait durer près d’un an et entendre cent soixante témoins. Produire des articles de qualité a un coût. Soutenez-nous en vous abonnant à nos offres spéciales (jusqu’à -57%) Abonnez-vous Lire l’article original Amériques Corruption Cristina Fernández de Kirchner Sur le même sujet Économie. En Argentine, une inflation “dramatique” Source de l’article La Nación (Buenos Aires) Fondé en 1870 par l’ex-président Bartolomé Mitre (1862-1868), “La Nation”, quotidien national de droite, de tendance libérale en matière économique et conservateur dans les domaines sociétaux, est l’un des plus lus du pays, même si sa diffusion a fortement baissé à partir des années 2010. Il est réputé pour sa rubrique internationale, ses commentateurs, venus de plusieurs tendances politiques, et ses reportages. Il a aussi été le premier à s’implanter sur le web, en 1995 Il fait partie du groupe La Nación, qui comprend de nombreuses revues ainsi qu’une chaîne de télévision, LN+. Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE L’année 2025 a été marquée par une actualité anxiogène dont Courrier international s’est fait l’écho semaine après semaine dans l’hebdomadaire et sur notre site. Au moment de se retourner sur les douze derniers mois, nous avons voulu nous extraire des conflits et des tensions. Je découvre → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. Je découvre l’article → L’Autriche en hiver [Contenu partenaire] Des sommets enneigés au silence feutré des forêts, l’Autriche en hiver tient une promesse : celle de l’enchantement total. Je découvre → Solidarités international Depuis vingt-cinq ans, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL travaille en République démocratique du Congo, théâtre de conflits répétés. Les crises se succèdent, plongeant la population dans une tragédie humanitaire dévastatrice. Les services les plus élémentaires font cruellement défaut. Face à cette situation, l’ONG SOLIDARITÉS INTERNATIONAL agit au quotidien pour venir en aide aux communautés les plus vulnérables. Un engagement de longue haleine dans l’une des crises les plus complexes de la planète. Je lis l’article → Les plus lus Société. Au Royaume-Uni, la crise du permis de conduire promet de durer Infographie. L’élevage funeste du saumon États-Unis. Les figures de proue du mouvement Maga s’écharpent à l’AmericaFest Économie. En Tunisie, les transferts de la diaspora pallient les défaillances de l’État Nos services HORS-SÉRIE L’année 2025 a été marquée par une actualité anxiogène dont Courrier international s’est fait l’écho semaine après semaine dans l’hebdomadaire et sur notre site. Au moment de se retourner sur les douze derniers mois, nous avons voulu nous extraire des conflits et des tensions. Je découvre → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. Je découvre l’article → L’Autriche en hiver [Contenu partenaire] Des sommets enneigés au silence feutré des forêts, l’Autriche en hiver tient une promesse : celle de l’enchantement total. Je découvre → Solidarités international Depuis vingt-cinq ans, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL travaille en République démocratique du Congo, théâtre de conflits répétés. Les crises se succèdent, plongeant la population dans une tragédie humanitaire dévastatrice. Les services les plus élémentaires font cruellement défaut. Face à cette situation, l’ONG SOLIDARITÉS INTERNATIONAL agit au quotidien pour venir en aide aux communautés les plus vulnérables. Un engagement de longue haleine dans l’une des crises les plus complexes de la planète. Je lis l’article → Offres spéciales. Découvrez l’intégralité de nos contenus et soutenez notre rédaction dès 2,99 €/mois . 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FICHE QUESTION 13ème législature Question N° : 41047 de M. Raoult Éric ( Union pour un Mouvement Populaire - Seine-Saint-Denis ) QE Ministère interrogé : Affaires étrangères et européennes Ministère attributaire : Affaires étrangères et européennes Question publiée au JO le : 03/02/2009 page : 929 Réponse publiée au JO le : 19/05/2009 page : 4834 Rubrique : politique extérieure Tête d'analyse : États-Unis Analyse : ouragan Katrina. aides de la France. bilan Texte de la QUESTION : M. Éric Raoult attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et européennes sur le bilan des actions de solidarité menées par la France, en faveur des sinistrés de l'ouragan Katrina sur la Nouvelle-Orléans en août 2005. En effet, la France toute entière s'était émue de l'ampleur matérielle et humanitaire de la catastrophe et avait donc montré son intérêt par un très grand élan de générosité et la prise d'initiatives de solidarité très diverses et très nombreuses, dans les jours et les semaines qui ont suivi. Trois ans et demi après que la Nouvelle-Orléans ait été submergée par cet ouragan, il pourrait être intéressant de connaître le bilan de ces actions de solidarité et quelles sont les initiatives qui s'y poursuivent dans le cadre des relations séculaires et traditionnelles qui lient la France à cette grande ville américaine. Il lui demande donc de bien vouloir lui dresser un état chiffré de ces actions et initiatives. Texte de la REPONSE : Fin août 2005, le cyclone Katrina, d'une violence exceptionnelle, frappe les États-Unis et oblige un pays qui est le premier fournisseur d'aide internationale à devenir récipiendaire de cette aide. La France est un des États dont la contribution a été la plus conséquente. Le ministère des affaires étrangères et européennes, par l'intermédiaire de la délégation à l'action humanitaire (DAH), a procédé à deux opérations d'envoi de fret humanitaire d'une valeur de 65 945 euros : 6,1 tonnes (tentes, bâches et 1 000 rations alimentaires prélevées sur les stocks de la DAH disponibles en Martinique) le 6 septembre 2005, sur des vols du ministère de la défense, destinés aux personnes déplacées en Arkansas. Quatre membres de la sécurité civile chargés d'une mission d'évaluation ont accompagné la cargaison ; 12,7 tonnes (bâches, tentes, jerrycans, kits d'hygiène et de cuisines prélevés sur les stocks de la DAH en métropole) le 8 septembre 2005, sur un avion Airbus Beluga mis à disposition de la DAH par Airbus Industries ; 17 plongeurs-démineurs partis de la base d'Istres ont été déployés à Pensacola (Floride) puis Pascagula (Mississippi) afin d'effectuer la réhabilitation d'installations portuaires, le déblaiement de quais et le déplacement d'obstructions ; Deux C 160 avec 74 tonnes de fret ont été envoyés au profit des populations sinistrées en Louisiane. Cette action s'est inscrite dans la décision du Conseil de l'Atlantique Nord le 9 septembre 2005 d'activer sa force de réaction rapide à travers sa composante de transport aérien. La Croix-Rouge française a envoyé une équipe de logisticiens (18 personnels) à Baton Rouge via Atlanta à la demande de la Croix-Rouge américaine. L'ONG Télécom sans frontières (TSF) a envoyé une équipe à Houston chargée d'aider au rétablissement des liaisons téléphoniques et internet. Les pompiers humanitaires français ont déployé à Baton Rouge une équipe (2 médecins, 2 pompiers, 1 infirmière) avec matériel de réanimation et médicaments. Le groupe de secours catastrophe français (GSCF) a envoyé sur place une équipe médicalisée de 10 personnes, dotée notamment d'une unité de potabilisation d'eau (1 500 litres/heure) et de 10 000 euros de médicaments. Les entreprises françaises ont contribué pour plus de 20 millions de dollars en biens et services. La société EADS (Eurocopter USA) a aidé, en liaison avec la Garde nationale, à la réalisation de missions dites de search and rescue avec la mise à disposition de 2 hélicoptères (E C135 et EC 120) basés à Gulfport (Mississippi). Elle a par ailleurs versé 100 000 euros à des associations humanitaires. La société Véolia Environnement USA a apporté son expertise hydraulique (camions de transport d'eau). La société Total a apporté un don de 1 million de dollars à la Croix-Rouge américaine. La société EADS (Airbus) a mis à disposition un avion Beluga parti de Toulouse à destination de Mobile. La société Zodiac a réalisé plusieurs dons (250 000 dollars) et mis à disposition 5 techniciens, 20 bateaux, 20 moteurs (en liaison avec la 82nd Airborne de la marine américaine). La société Sodexho a offert 500 000 repas (en liaison avec la FEMA et la Croix-Rouge). La société Lafarge a soutenu les travaux de reconstruction des digues de La Nouvelle-Orléans et offert son soutien à diverses ONG locales. En outre, à la suite de ces événements douloureux, la France a décidé de donner une impulsion nouvelle à sa coopération avec la Louisiane à laquelle nous sommes unis par des liens historiques d'amitié. Un fonds de solidarité, géré par la fondation FACE, a permis de réunir plus d'un million de dollars pour le soutien aux artistes et à des manifestations musicales à La Nouvelle-Orléans, pour une aide aux programmes linguistiques et pour un soutien exceptionnel à l'Alliance française de La Nouvelle-Orléans. En outre, deux grandes expositions ont été organisées en 2007 : « Images de la femme dans la société française du xxie siècle » au New Orleans Museum of Art, avec la participation d'une quarantaine de musées français, parmi lesquels le Louvre, et « 400 ans de présence française en Louisiane : trésors de la Bibliothèque nationale de France ». Dans le domaine éducatif, pour lequel les accords franco-louisianais ont été renouvelés le 25 septembre 2008, notre aide budgétaire à l'enseignement du français a été accrue, notamment au bénéfice de l'école Audubon, et complétée par un effort financier comparable des autorités louisianaises ainsi que par une levée de fonds de 180 000 dollars réunis par la fondation FACE, à l'initiative de notre service culturel aux États-Unis. UMP 13 REP_PUB Ile-de-France O
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La sclérose en plaques - Ministère de la Santé, de la Famille, de l'Autonomie et des Personnes handicapées La sclérose en plaques mise à jour 23.06.25 Maladies Prévention en santé Envoyer le lien de l’article par email à un ami Partager sur X Partager sur facebook Partager sur linkedin La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune du système nerveux central (le cerveau et la moelle épinière). C’est-à-dire que le système de défense (système immunitaire), habituellement impliqué dans la lutte contre les virus et les bactéries, s’emballe et attaque la myéline, gaine protectrice des fibres nerveuses qui joue un rôle important dans la propagation l’influx nerveux du cerveau aux différentes parties du corps. Informations clefs sur la sclérose en plaques La sclérose en plaques est une maladie neurologique et évolutive 120 000 personnes en France sont atteintes de sclérose en plaques C’est une maladie du jeune adulte, diagnostiquée le plus souvent entre 25 et 35 ans En France, trois quarts des malades sont des femmes Les symptômes sont variés et souvent invisibles comme une extrême fatigue, des problèmes de concentration et de mémoire, des troubles de la marche, etc. Aucun traitement ne guérit la sclérose en plaques mais certains existent pour améliorer le quotidien des malades Définition & causes La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune du système nerveux central (le cerveau et la moelle épinière). C’est-à-dire que le système de défense (système immunitaire), habituellement impliqué dans la lutte contre les virus et les bactéries, s’emballe et attaque la myéline, gaine protectrice des fibres nerveuses qui joue un rôle important dans la propagation l’influx nerveux du cerveau aux différentes parties du corps. Les signes observés au début de la maladie varient selon l’emplacement des lésions dans le cerveau ou dans la moelle épinière : troubles moteurs, fourmillements, troubles de l’équilibre, troubles visuels ou urinaires… Ils sont souvent transitoires. Dans 85% des cas, la sclérose en plaques débute par une forme à poussées. L’évolution et l’expression de la maladie sont extrêmement imprévisibles. La SEP en chiffres La sclérose en plaques est une maladie du jeune adulte, (la SEP est souvent diagnostiquée entre 25 et 35 ans) et une prépondérance féminine (3/4 de femme). La SEP touche aujourd’hui 120 000 personnes en France, dont 700 enfants. Trois mille nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. La SEP représente la première cause de handicap sévère non traumatique du jeune adulte. Elle affecte donc des adultes jeunes en pleine période de projet d’existence et bouleverse la vie personnelle, familiale et professionnelle. Principaux enjeux de santé publique Depuis 15 ans de nombreux progrès ont été réalisés dans la connaissance et la prise en charge de la SEP. De nouveaux traitements permettent aujourd’hui de ralentir l’évolution de la maladie grâce à une recherche active en France, et, en parallèle les professionnels de santé ont pris conscience qu’il était essentiel d’accompagner les malades dans leur vie quotidienne, prenant en charge leurs symptômes et en les aidant sur le plan social. Des consultations multidisciplinaires, une organisation en réseaux et un accès au soin individualisé à proximité du domicile sont aujourd’hui proposés aux malades. Prévention et facteurs de risque Facteurs de risque Bien qu’une trentaine de gènes soient impliqués dans cette affection, la sclérose en plaque n’est pas une maladie héréditaire. En effet, en cas de prédisposition génétique, une interaction avec des facteurs environnementaux est nécessaire pour que la maladie survienne. Des infections virales pourraient jouer un rôle favorisant, de même qu’un déficit en vitamine D, comme le laisse suspecter la plus grande fréquence de la sclérose en plaques dans les pays du Nord moins ensoleillés. Cependant il n’est pas prouvé qu’un apport supplémentaire en vitamine D diminue le risque de développer la maladie. Des controverses ont soulevé l’hypothèse d’un lien entre la SEP et la vaccination contre l’hépatite B et plus récemment avec les vaccins contre les infections à papillomavirus. De nombreuses études ont été menées pour évaluer la sécurité de ces vaccins. Les résultats sont rassurants, faisant l’objet d’un consensus international, et ont conduit les autorités sanitaires à réaffirmer l’absence de lien de causalité entre ces vaccins et dans la survenue de la sclérose en plaques. La sclérose en plaques résulte donc d’une interaction entre des facteurs génétiques et des facteurs d’environnement, pas encore clairement identifiés. Pour aller plus loin INSERM ARSEP Repérer les signes Repérer les premiers signes La maladie apparait le plus souvent entre 20 et 40 ans. Elle peut débuter par des signes très variés selon la localisation des plaques de démyélinisation. Il peut s’agir d’une baisse de la vision d’un œil, de troubles des mouvements et de la marche, de sensations de picotements ou d’engourdissement, de contractions ou de faiblesses musculaires… Une fatigue intense est souvent présente. Cette variété de présentation peut rendre le diagnostic difficile, d’où l’importance de consulter rapidement un spécialiste en cas de survenue de symptômes neurologiques anormaux. Pour aller plus loin : une journée associant des cliniciens et des malades était organisée le 17 janvier 2018 par le ministère chargé de la santé autour du diagnostic. Accéder à la synthèse de la journée Consulter le « court métrage musical et poétique pour parler de la maladie autrement » Le bilan initial Lorsque les premiers symptômes surviennent, un bilan est réalisé : outre l’examen neurologique clinique lors de la consultation médicale, il peut comporter des prélèvements sanguins et un examen d’imagerie indolore du cerveau et/ou de la moelle épinière en imagerie par résonance magnétique (IRM). L’IRM L’IRM permet de visualiser les plaques d’inflammation dans le cerveau comme dans la moelle épinière. Celles-ci apparaissent comme des taches blanches ou noires selon les paramètres utilisés lors de l’IRM. Ces lésions peuvent être nombreuses, même si le malade présente peu de signes cliniques car l’inflammation peut se situer dans les zones du cerveau qui ne provoquent pas systématiquement de signes cliniques repérables. Le parcours de soins La sclérose en plaques justifie un suivi multidisciplinaire. Le bilan initial est réalisé par le médecin généraliste, en lien avec un neurologue, seul ce dernier étant autorisé à prescrire les traitements de fond, et un médecin spécialiste de médecine physique et de réadaptation. La prise en charge globale de la SEP fait intervenir diverses catégories de professionnels de santé, notamment médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes… La prise en charge rééducative est effectuée dans des centres spécialisés de rééducation fonctionnelle ou de façon ambulatoire. Il existe également des centres de rééducation non spécifiques de la SEP, mais qui ont développé des compétences dans le domaine de la rééducation neurologique. Elle peut également faire appel à différents intervenants sociaux pour participer au soutien et à l’accompagnement du malade. Pour répondre aux besoins exprimés par les malades et leurs aidants, le Plan maladies neuro-dégénératives (PMND) a programmé l’installation de 23 centres experts pour la SEP dont la vocation est notamment de participer au diagnostic et à la prise en charge des situations les plus. Ces centres sont maintenant installés au sein des centres hospitaliers universitaires : votre médecin saura vous orienter vers l’un de ces centres (le recours aux centres experts est prioritairement destiné aux patients adressés par un praticien) La France dispose également des Centres de Référence des Maladies Inflammatoires Rares du Cerveau et de la Moelle (MIRCEM) Un centre coordinateur (APHP, CHU Kremlin-Bicêtre, Pr Kumaran Deiva), 2 centres constitutifs (CHU de Lyon, Pr Romain Marignier, APHP CHU Pitié-Salpêtrière, Dr Caroline Papeix). Ces centres contribuent à la prise en charge des SEP pédiatriques et de deux maladies rares proches de la SEP , la neuromyélite optique ou maladie de Devic (et ses syndromes apparentés, NMOSD) et les maladies associées aux anticorps anti-MOG. Ces pathologies rares (800 à 1000 personnes en France), d’identification récente (2004 et 2015 respectivement), ont une symptomatologie proche de la SEP, avec laquelle elles ont longtemps été confondues et peuvent encore l’être. La prise en charge de la SEP pédiatrique s’articule en général avec les CRC-SEP , avec des démarches locales de formalisation des transitions pédiatrie/neurologie adulte qui pourraient être harmonisées. Les NMOSD et MOG ont un pronostic et un traitement immunoactif très différents de la SEP, nécessitant cette expertise importante des centres maladies rares. Réseaux de santé / réseaux de soins spécialisés Il existe, dans certaines régions, des réseaux de santé dédiés à la sclérose en plaques qui contribuent à l’information, au soutien et à l’accompagnement. Consulter aussi : Les Centres de Ressources et de Compétences sur la Sclérose en Plaques (CRC-SEP) Suite à la mise en place des dispositifs d’appui à la coordination, la feuille de route maladies neurodégénératives comprend une mesure visant à tirer les conséquences de cette réforme sur le parcours des personnes atteintes de SEP. Les traitements Les traitements de la SEP se divisent en 3 catégories : Ceux qui agissent sur la durée et la gravité des poussées, Ceux qui réduisent la gêne quotidienne en traitant les symptômes Enfin, les traitements dits "de fond", qui agissent plutôt sur le système immunitaire. Toutefois, il n’existe pas à ce jour de traitement qui permette de guérir la sclérose en plaques. Les immunomodulateurs, comme les interférons béta et l’acétate de glatiramere, sont les premiers médicaments qui ont été utilisés. Il existe aujourd’hui une gamme d’immunodulateurs et d’immonosuppresseurs plus efficaces. L’utilisation de ces divers médicaments rend les stratégies thérapeutiques plus complexes. Ces médicaments modifient l’évolution générale de la maladie et peuvent entrainer une réduction du handicap. L’éducation thérapeutique L’éducation thérapeutique vise à rendre le malade plus autonome par l’apprentissage de connaissances et compétences afin qu’il devienne acteur de sa prise en charge et de lui assurer une meilleure qualité de vie. Vivre avec une sclérose en plaques Partie médicale La sclérose en plaque fait partie des affections de longue durée ouvrant droit à une prise en charge à 100% (ALD 25). Pour en savoir plus Voyages Attention aux voyages vers les pays situés dans les zones au climat chaud ou très ensoleillé ; la chaleur et l’exposition prolongée peuvent favoriser des aggravations transitoires appelées "phénomène d’Uhthoff". Pour en savoir plus En cas de grossesse La sclérose en plaques touche des adultes jeunes. La maladie peut affecter la vie de couple, sa sexualité et son désir d’enfants. 
Puisqu’elle touche principalement des femmes, la question de la grossesse va se poser très tôt après le diagnostic de la maladie. En cas de désir de grossesse, il est important d’en parler avec son neurologue, car certains traitements de fond sont contre-indiqués chez la femme enceinte. Pour en savoir plus Douleur La douleur constitue l’un des symptômes les plus fréquents de la sclérose en plaques (SEP). Elle doit être prise en compte. Aujourd’hui, l’éventail des traitements est large et doit permettre de soulager tous les types de souffrance. Cette prise en charge se fait au mieux dans le cadre des réseaux de santé. Pour en savoir plus Pour aller plus loin Partie sociale Consulter la rubrique « Vivre avec la maladie » Organisation actuelle de la recherche L’organisation des neurologues prenant en charge les patients vivant avec une SEP se fait au sein de plusieurs réseaux collaboratifs (OFSEP, SF-SEP, FCRIN4MS) et a permis la publication de grandes études françaises (clinique, IRM, biologique, thérapies), donnant à la France une visibilité internationale dans cette sur-spécialité. Par ailleurs, la France participe à tous les essais thérapeutiques industriels internationaux et, en 2021, elle s’est classée première dans le recrutement des essais portant sur les formes progressives de la maladie. Toutefois, il y a peu d’unités dédiées à la recherche fondamentale sur la SEP dans les EPST , ce qui réduit les possibilités de recherche transversale et de découvertes directement utiles aux patients ou de traduction des découvertes en amélioration de la prise en charge des patients. Les principaux acteurs de la recherche sur la SEP en 2021 Observatoire Français de la SEP - OFSEP L’OFSEP est une cohorte basée sur la collecte en routine, par les neurologues, de données cliniques, biologiques et d’IRM des patients ayant une SEP ou une maladie apparentée. Elle repose sur l’utilisation, comme dossier médical informatique de spécialité, d’un logiciel commun (EDMUS), existant depuis les années 1990. L’OFSEP a été créé à partir de 2011 grâce à un financement du Programme Investissements d’Avenir et de l’appel d’offres Cohortes 2010. Ce financement a permis la structuration technique et scientifique de la cohorte , ainsi qu’un soutien financier aux centres participants, crucial pour garantir des données de qualité. Le financement PIA se termine en 2022, mais l’OFSEP a réussi la construction d’un modèle financier pour pérenniser la cohorte avec des partenariats industriels, via la reconnaissance par les industriels et les autorités de santé (EMA, HAS) des rapports sur les médicaments. L’OFSEP a produit un effort important sur la qualité des données et des procédures , et regroupe en 2021 les informations de 80,000 patients SEP. L’OFSEP a donc un rôle reconnu dans le suivi post-commercialisation des traitements de fond de la SEP. Il assure ainsi une veille sur l’utilisation des traitements en vie réelle et sur les pratiques de prescription , ainsi que sur la tolérance et les effets indésirable graves potentiellement induits par nouvelles thérapies. De plus, l’analyse des données de l’OFSEP a abouti à plusieurs publications scientifiques de très haut niveau, isolément ou en collaboration avec d’autres cohortes internationales, en particulier sur l’histoire naturelle et traitée de la SEP et sur la comparaison de l’efficacité des traitements de fond. Société Francophone de la SEP – SF-SEP Véritable réseau de praticiens, la SF-SEP soutient l’ensemble des activités de recherche clinique au sein de notre communauté et promeut l’utilisation du logiciel EDMUS et de la cohorte OFSEP pour tous ses membres et en dehors. Elle organise des réunions pédagogiques, coordonne des projets de recherche, structure le lien entre les CRC-SEP, les Réseaux de soins, et soutien le réseau FCRIN4MS. Elle a une grande réactivité et efficacité pour mettre en place des projets de recherche collaboratifs entre les CRC-SEP et en dehors. Modèle de collaboration entre les neurologues, mais aussi avec les autres professionnels de santé impliqués dans le suivi des patients atteints de SEP en France et dans les pays francophones, la SF-SEP a contribué à de nombreuses publications scientifiques sur des aspects cliniques spécifiques et thérapeutiques de la SEP à tous les stades. Enfin, la SF-SEP produit annuellement des recommandations pratiques de prise en charge des patients (vaccination, infections, bilan pré-thérapeutique, cancer, grossesse…), en suivant une méthodologie exemplaire proposée par l’HAS. Toutes ces recommandations ont donné lieu à des publications dans des revues nationales et internationales à comité de lecture. FCRIN4MS Structure de coordination nationale de la recherche clinique et industrielle sur la SEP et les maladies apparentées créée en 2018 , FCRIN4MS facilite la mise en place de nombreuses études académiques et industrielles et contribue à améliorer la capacité d’inclusion des centres . Formé de plusieurs groupes de travail (clinique, IRM, biomarqueurs, traitements), FCRIN4MS accompagne et accélère la mise en place et le suivi des études sur la SEP. Elle travaille en étroite collaboration avec l’OFSEP et bénéficie du soutien de la SF-SEP. Ressources utiles Sites officiels Dossier sur le site de l’Inserm Dossier du site de l’Assurance maladie Document de la HAS " Sclérose en plaques : L’activité physique pour votre santé " Sites professionnels Dossier grand public du site de la Fédération française de neurologie Site de l’association pour la recherche sur la sclérose en plaques (Arsep) Associations de malades Union pour la lutte contre la sclérose en plaques Ligue française contre la sclérose en plaques Association française des sclérosés en plaques (Afsep) Association des paralysés de France , avec un site d’information sur la sclérose en plaques . Ligne téléphonique dédiée À votre écoute (Arsep) : 01 43 90 39 39 Des médecins bénévoles répondent aux questions. Pour consulter leurs horaires Écoute SEP (Ligue française contre la sclérose en plaques) : 0 810 808 953 (coût d’un appel local) ; 01 53 98 98 80 (si vous disposez de la téléphonie illimitée vers un poste fixe), du lundi au vendredi, de 9h à 17 h. Site de l’APF dédié à la SEP : sep.apf-francehandicap.org Des psychologues répondent du lundi au vendredi, de 14 h à 18 h. Documents jpg symptomes-sep.jpg Téléchargement du jpg (239.5 kio)
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Causes de la sclérose en plaques – Facteurs de risque génétiques et environnementaux - France SEP - France Sclérose en plaques Rechercher : Causes de la sclérose en plaques Quand la sclérose en plaques survient, beaucoup se posent la question de son origine. Sans réponse unique, les chercheurs identifient des facteurs de risque combinant terrain génétique, environnement et infections. Mieux comprendre les causes de la SEP, c’est parfois aussi mieux vivre avec la maladie. La SEP, une maladie multifactorielle qui n'est encore que partiellement élucidée La sclérose en plaques (SEP) est une maladie complexe. À ce jour, aucune cause unique n’a été identifiée. Les recherches montrent qu’elle résulte de l’interaction entre une prédisposition génétique, des facteurs environnementaux et des éléments infectieux, dans un contexte particulier de vulnérabilité immunitaire. Cette combinaison de facteurs pourrait expliquer pourquoi certaines personnes développent la maladie et d’autres non, même lorsqu’elles sont exposées aux mêmes conditions. La SEP peut débuter à tout âge, même chez l'enfant (3 à 10 % des cas). On parle de sclérose en plaques pédiatrique. EN SAVOIR PLUS SUR LA SEP DE L'ENFANT Les facteurs de risque connus de la sclérose en plaques Prédisposition génétique : des antécédents familiaux peuvent accroître le risque, mais la SEP n’est pas une maladie héréditaire. Avoir un parent atteint augmente légèrement ce risque sans que celui-ci ne dépasse 2 à 3 %. Les études ont identifié plus de 200 variantes génétiques associées à la SEP, principalement dans des gènes liés au système immunitaire. Facteurs environnementaux et comportementaux Nombre de lorem dans la recherche en ipsum Facteurs Effet suspecté Latitude élevée Risque plus elevé loin de l'équateur Exposition solaire faible Risque accru confirmé par de nombreuses études Tabagisme actif ou passif Inflammation chronique, augmentation du risque Surcharge pondérale à l'adolescence Particulièrement chez les filles Microbiote intestinal perturbé Hypothèse en cours d'étude Polluants, solvants, ondes électromagnétiques... Aucune preuve formelle à ce jour Le rôle du virus Epstein-Barr (EBV) De nombreuses recherches ont confirmé un lien fort entre l’infection par le virus EBV (responsable de la mononucléose) et le risque de développer une SEP. Une étude récente a montré que les personnes ayant été exposées au virus EBV présentaient un risque multiplié par 32 de développer la maladie. À retenir L’infection par EBV est très courante dans la population générale (90 à 95 %). Seule une minorité développe une sclérose en plaques, ce qui confirme que d’autres facteurs doivent intervenir. Comprendre les mécanismes de la sclérose en plaques La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire du système nerveux central (SNC) uniquement. Elle affecte le cerveau, la moelle épinière et les nerfs optiques. Il s'agit d'une maladie auto-immune : le système de défense immunitaire de l’individu, normalement impliqué dans la défense de l’organisme contre les agents étrangers (bactéries ou virus), reconnaît les molécules du « soi » comme étrangères et les attaque. Le système nerveux central est composé de neurones qui véhiculent l’influx nerveux (phénomène électrique qui permet la transmission des commandes motrices et sensorielles entre le cerveau et le reste du corps). Il existe d’autres cellules dans le SNC, les cellules gliales (oligodendrocytes, astrocytes, microglie) et les cellules aux interfaces (cellules endothéliales du sang, épendymocytes au contact du liquide céphalorachidien). Ces autres cellules sont aussi impliquées dans les mécanismes de la SEP. Les neurones sont composés d’un corps cellulaire et d’un prolongement, l’axone, entouré d’une gaine protectrice, la myéline (produite par les oligodendrocytes), dont le rôle est de nourrir et de protéger le neurone ainsi que de permettre une conduction rapide de l’influx nerveux. Dans la SEP, la myéline est la cible privilégiée du processus pathologique . Au cours de la SEP, les lymphocytes , cellules du système immunitaire présentes dans le sang, se transforment en lymphocytes activés agressifs . Ils parviennent ainsi à franchir la barrière hémato-encéphalique , barrière séparant le sang du cerveau et de la moelle épinière. Un certain nombre de facteurs, génétiques et environnementaux , concourent à développer cette activation du lymphocyte. Une fois entrés dans le système nerveux central, les lymphocytes prolifèrent, se divisent, provoquant ainsi une réaction inflammatoire. Ces cellules vont sécréter des molécules, ou cytokines, et déclenchent la production d'anticorps. Cette réaction inflammatoire va entrainer une « attaque » de la gaine de myéline, aussi bien au niveau du cerveau que de la moelle épinière et du nerf optique, provoquant une démyélinisation. La démyélinisation entraîne des perturbations dans la conduction de l’influx nerveux qui est ralentie ou interrompue, l’information élaborée par le cerveau n’est donc plus transmise aux différentes parties du corps, expliquant les symptômes. Parallèlement à l’attaque de la myéline, une souffrance précoce de l’axone apparaît, pouvant conduire à la mort du neurone, la neurodégénérescence , et à l’installation d’un handicap permanent . La plupart du temps, l’ inflammation disparaît (en particulier sous l’effet des corticoïdes) et des mécanismes de réparation permettent une restauration, plus ou moins complète, de la gaine de myéline et donc de la conduction nerveuse : c’est la remyélinisation . Celle-ci conduit à une régression partielle ou complète des Symptômes et poussées . Dans les formes évoluées de la SEP et les formes progressives, les mécanismes de remyélinisation sont insuffisants et des troubles irréversibles de la conduction nerveuse s’installent avec des signes neurologiques persistants. Ce que la recherche continue d'explorer Pourquoi la maladie survient-elle à un moment donné ? Pourquoi certaines personnes récupèrent mieux que d'autres ? Quels sont les déclencheurs potentiels encore inconnus ? Autant de questions auxquelles la recherche tente de répondre. France Sclérose en Plaques soutient activement les travaux scientifiques pour mieux comprendre les causes de la maladie et développer des traitements adaptés. This is a simple Bootstrap 5.0.1 modal.
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Le Grand Continent | Le Grand Continent L'Avent de l'interrègne Les phénomènes de l'année qui vient → Une case par jour à ouvrir Le Grand Continent Derniers articles Les intellectuels face à la crise Stefan Zweig : « L’heure est venue pour les intellectuels de prendre la parole » Les intellectuels face à la crise 20 décembre 2025 En 1932, Zweig sent comme d’autres s’ouvrir le gouffre du «  sombre aujourd’hui  » — mais il refuse le défaitisme. Alors que s’achève une année difficile et que l’incertitude semble se donner comme seule perspective, nous tournons notre regard du côté de quelques géants d’Europe qui ont traversé le siècle en s’armant — et qui nous rappelle une chose importante  : l’histoire n’est pas écrite. Les intellectuels face à la crise 1/7. L'Avent de l'interrègne Le plan de Wang Huning pour suicider les États-Unis L'Avent de l'interrègne 19 décembre 2025 L’intellectuel politique le plus influent de Chine a signé le texte qu’il faut avoir lu pour comprendre la stratégie de Xi Jinping face à Trump. Dans la rivalité entre Pékin et Washington et la volonté chinoise de prendre Taïwan par tous les moyens, les impressions américaines de Wang pourraient façonner l’année qui vient. Nous proposons la traduction inédite d’un ouvrage canonique. L’Avent de l’interrègne 3/8 . L'Avent de l'interrègne Qui est Nick Fuentes ? L’antisémite qui veut faire basculer l’Amérique de Trump L'Avent de l'interrègne 18 décembre 2025 Le podcasteur le plus populaire des États-Unis se revendique d’Adolf Hitler. Depuis la mort de Charlie Kirk, l’audience de Nick Fuentes a doublé. Antisémite assumé, raciste, sexiste — il pourrait signaler un virage radical durable de la politique américaine. Son extrême dangerosité ne peut être comprise que si l’on prend le temps d’entrer dans la monstruosité digitale de ses propos, qui nourrissent aujourd’hui un charisme puissant aux États-Unis. L’Avent de l’interrègne 2/8 . De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle Géopolitique du changement de régime : Pete Hegseth sur la Stratégie de sécurité nationale américaine De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 14 décembre 2025 Pour le Secrétaire à la Guerre des États-Unis, le temps est venu de faire mourir des alliances pour en imposer de nouvelles. Nous le traduisons. De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle Aristopopulisme : le plan de l’oligarchie trumpiste pour prendre les classes populaires De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 11 décembre 2025 Une figure opère dans l’ombre pour réaliser la jonction ultime entre l’élite accélérationniste des milliardaires de la Silicon Valley et le Midwest désindustrialisé — Charles Buskirk. Le concept au cœur de son action est encore trop peu connu en Europe. Nous en traduisons les textes canoniques et en présentons les figures clefs. Doctrines de la Chine de Xi Jinping La Chine mise sur l’explosion de la bulle IA aux États-Unis — comprendre le plan Yifu Lin Doctrines de la Chine de Xi Jinping 8 décembre 2025 Selon l’un des économistes chinois les plus écoutés par les élites du Parti communiste, la bulle de l’IA pourrait exploser au cours de la période couverte par le prochain plan quinquennal. Pour préparer ce choc, il appelle Pékin à revoir radicalement sa politique économique. Nous le traduisons. Géopolitique de Donald Trump Donroe : le corollaire Trump à la doctrine Monroe Géopolitique de Donald Trump 7 décembre 2025 Pour atteindre l’Europe, Trump a «  besoin  » de passer par le continent américain. En subvertissant la doctrine Monroe, il sert un projet impérial explicite. Le grand contexte de la stratégie de sécurité nationale des États-Unis. Rapport Draghi : un débat européen « L’avenir peut — et doit — être construit ici » : l’appel de Mario Draghi pour une révolution technologique européenne Rapport Draghi : un débat européen 1 décembre 2025 À l’École polytechnique de Milan, Mario Draghi a prononcé un discours en rupture avec l’esprit de défaite qui empoisonne les démocraties européennes. Un diagnostic réaliste — à lire pour continuer à cultiver l’espérance. 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Suds La doctrine Lula contre les forces antidémocratiques aux Nations Unies : discours intégral Suds 23 septembre 2025 Dans un discours historique et anti-impérial qui a électrisé la salle de l’Assemblée générale des Nations unies avant l’entrée en scène de Donald Trump, Lula s’en est pris à l’ingérence américaine en articulant une doctrine  : un nouvel exceptionnalisme sud-américain — la possibilité d’une renaissance du multilatéralisme depuis un continent sans arme de destruction massive et construit sur l’aspiration des peuples à la justice et à la paix. Nous le traduisons. Rapport Draghi : un débat européen Mario Draghi à Bruxelles un an après : texte intégral Rapport Draghi : un débat européen 16 septembre 2025 Pour Draghi, la Commission et les États membres n’ont pas pris la mesure de l’urgence. À Bruxelles, un an après son rapport, il dresse un constat sévère et appelle à changer radicalement de rythme. Nous le traduisons. États de l'Union « L’Europe est en lutte », l’état de l’Union d’Ursula von der Leyen : texte intégral États de l'Union 10 septembre 2025 Après l’été de «  l’humiliation  », la présidente de la Commission européenne fait face à une défiance inédite révélée hier par notre sondage exclusif. Dans un discours sur l’état de l’Union particulièrement attendu, elle a cherché à proposer un nouveau dispositif. Sera-t-il suffisant pour répondre aux Européens  ? Nous publions son discours dans une version intégrale et le commentons ligne à ligne. Politique Poutine, Xi, Modi et le pacte de Tianjin. Texte intégral de la déclaration des pays de l’OCS Politique 2 septembre 2025 La Chine est en train de redessiner la carte de l’Asie. Face à Trump et à l’Europe, elle appelle à «  réformer l’ONU  ». La séquence diplomatique de cette rentrée s’est jouée à Tianjin — loin de la capitale du spectacle trumpiste. Elle était aussi bien plus codée. Nous avons demandé à Stéphanie Balme et Philippe Le Corre de nous aider à comprendre une déclaration historique — pour la première fois traduite et commentée ligne à ligne. Politique Xi et Poutine : les images d’une longue amitié Politique 1 septembre 2025 Xi et Poutine sont en ce moment en Chine — c’est la 55ème fois qu’ils se rencontrent. Au-delà des textes et des déclarations, la promotion d’une amitié sans limites passe aussi par des images. Poignées de main, toasts, sourires figés, parades militaires, pandas… nous avons documenté chacune de ces entrevues. Doctrines de la Russie de Poutine Comment négocie Poutine ? Comprendre la doctrine Gromyko Doctrines de la Russie de Poutine 12 août 2025 «  Exigez le maximum et n’ayez pas honte d’exagérer dans vos demandes. N’épargnez pas les menaces, puis proposez des négociations comme issue à la situation  : il y aura toujours, en Occident, des gens pour mordre à l’hameçon.  » Dans une semaine historique, l’histoire longue de la diplomatie soviétique peut aider à comprendre comment négocier avec Poutine. Politique Le discours de la fin : Viktor Orbán et Peter Thiel à Esztergom Politique 5 août 2025 Alors que Trump et le trumpisme explosent, Viktor Orbán implose. Le Premier ministre au pouvoir depuis le plus longtemps en Europe n’a jamais été aussi faible sur le plan interne  : lors du festival d’été de son think tank, en présence de personnalités clefs du monde transatlantique néo-réactionnaire venues lui rendre hommage, il a dû se pencher sur sa fin — et sur la fin. Nous publions la traduction intégrale, commentée ligne à ligne, de cette intervention importante. Puissances de l'IA Le plan IA de Trump : discours intégral Puissances de l'IA 24 juillet 2025 Dérégulation massive. Attaque des «  IA woke  ». Impérialisme numérique. Six mois après son retour au pouvoir, Donald Trump a présenté dans un long discours un plan pour transformer radicalement la politique américaine en matière d’IA. Pour contrer la Chine, il veut faire de l’IA américaine le nouveau dollar en poussant le reste du monde à adopter massivement les semi-conducteurs et les infrastructures de calcul des géants de la Silicon Valley. Politique Marko Perković « Thompson » : qui est le chanteur d’extrême droite qui enflamme la Croatie ? Politique 24 juillet 2025 En Croatie, un ancien militaire ultranationaliste a organisé le plus grand concert payant de l’histoire. Marko Perković — plus connu sous son nom de guerre et de scène  : Thompson, comme le pistolet-mitrailleur du même nom — a vendu 500 000 billets dans un pays de 4 millions d’habitants. Pour tenter d’expliquer le succès de cet ethno-rockeur nostalgique du fascisme qui loue les «  gênes de pierre  » ou «  Dieu et les Croates  », nous repartons de ses textes. Puissances de l'IA L’IA va-t-elle prendre le contrôle du monde ? Le scénario « Matrix » de la RAND Corporation Puissances de l'IA 16 juillet 2025 Une super-intelligence artificielle qui fait plier les États — dominant le monde et les humains. Un «  Pearl Harbor de l’IA  » déclenché par la Chine. Un «  équilibre de la terreur algorithmique  ». Dans un nouveau rapport, l’influent think tank qui inspire les évolutions technologiques de la puissance militaire américaine depuis 70 ans dresse 8 scénarios hypothétiques pour une géopolitique au temps de l’intelligence artificielle générale — de la domination pacifique à l’apocalypse posthumaine. Économie Trump a le « Grand Honneur » de nous imposer 30 % de tarifs non réciproques — il y a quelqu’un ? Économie 12 juillet 2025 Dans une lettre au ton pompeux qui peine à cacher sa brutalité — et qui traite inopinément l’Union européenne de pays — le président américain a annoncé vouloir mettre les mains dans les poches des Européens, en imposant des tarifs de 10 points supérieurs à ceux qu’il avait annoncés lors du Liberation Day. L’Union «  se tient prête à continuer à travailler à un accord  » — face à cet échec, ne devrait-elle pas changer de stratégie  ? Nous traduisons et commentons ligne à ligne ce texte important. Guerre Après l’Ukraine, des experts américains appellent Trump à ne pas défendre directement Taïwan. Texte intégral de la proposition de Caldwell et Kavanagh Guerre 11 juillet 2025 Abandonner l’Ukraine à la Russie de Poutine et Taïwan à la Chine de Xi sans broncher pourrait être la stratégie de Washington. Pour les stratèges trumpistes, le monde n’a jamais été aussi sûr — sauf autour des États-Unis. Dans un document d’une quarantaine de pages que nous traduisons et commentons pour la première fois en intégralité, deux auteurs proches du Pentagone de Trump articulent une doctrine qui entend peser sur le positionnement des États-Unis  : de la Corée à l’Ukraine en passant par Taïwan, ils recommandent de se désengager presque partout. Lectures Un été de lectures avec la rédaction du Grand Continent Lectures 5 juillet 2025 Les seigneurs de guerre et les accélérationistes qui veulent imposer leurs cauchemars ont presque fini par nous faire oublier une chose simple  : les livres sont un moyen de résistance. Tout au long de cet été, nous chercherons à vous envoyer chaque jour dans ces pages des éclats de beauté. Aujourd’hui, nous partageons avec vous quelques livres qui nous accompagneront. De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle Le transhumanisme selon Peter Thiel : l’IA, Mars, la géopolitique De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 3 juillet 2025 «  — Vous préféreriez que l’espèce humaine survive, n’est-ce pas  ? — Euh… — Vous hésitez. — Eh bien, je ne sais pas.  » Nous traduisons et commentons le dernier entretien fleuve de Peter Thiel. Politique 5 % du PIB, engagement sur l’Ukraine et l’article 5 : l’OTAN vient-elle de résoudre l’équation Trump ? Texte intégral de la déclaration de La Haye Politique 25 juin 2025 Les Alliés viennent d’accepter de porter leurs budgets de défense à 5  % du PIB d’ici 2035. Trump — qui a qualifié le sommet de «  succès monumental  » — a accepté de réaffirmer le soutien américain à long terme face à l’Ukraine contre la Russie. Pourtant, rien n’est vraiment réglé dans l’Alliance atlantique. Nous traduisons et commentons une déclaration qui entérine une avancée majeure tout en révélant des dissensions transatlantiques profondes. Guerre Frappes américaines sur l’Iran : cartographier les réactions internationales après l’opération Midnight Hammer Guerre 22 juin 2025 Qui dénonce l’attaque décidée par Donald Trump  ? Qui la soutient  ? Une quinzaine d’heures après le lancement de l’opération Midnight Hammer par le président des États-Unis, une centaine de pays ont réagi officiellement, laissant apparaître des lignes de fracture à l’échelle mondiale mais également entre les pays européens. Nous les cartographions. Dernière mise à jour lundi 23 juin à 12h30 (Paris). Iran-Israël : le Moyen-Orient en guerre Changer de régime ou de géographie ? Comment des faucons israéliens projettent le grand partage de l’Iran Iran-Israël : le Moyen-Orient en guerre 19 juin 2025 Dans son éditorial du 18 juin, le quotidien conservateur The Jerusalem Post appelle Trump à former une coalition au Moyen-Orient pour organiser la partition de l’Iran. Si elle ne reflète pas la position officielle du gouvernement ni de l’establishment israélien, cette publication, remarquée aux États-Unis, signale la désinhibition stratégique d’une partie des faucons en Israël, confortés par les succès tactiques d’Am Kalavi  : aucune option ne saurait désormais être écartée. Iran-Israël : le Moyen-Orient en guerre L’ayatollah prépare-t-il son martyre ? Le dernier discours d’Ali Khamenei face à Trump et Israël Iran-Israël : le Moyen-Orient en guerre 18 juin 2025 Le guide suprême iranien a prononcé aujourd’hui un discours largement repris par la presse internationale. Mais l’a-t-on vraiment compris  ? Acculé, caché dans un lieu secret, le plus haut responsable politique et religieux iranien n’est-il pas en réalité en train de préparer son martyre  ? Nous le traduisons depuis le persan et le commentons ligne à ligne. Iran-Israël : le Moyen-Orient en guerre Un rapport néoconservateur a-t-il préparé la guerre entre Israël et l’Iran — et le soutien américain ? Iran-Israël : le Moyen-Orient en guerre 17 juin 2025 Ce à quoi nous assistons depuis vendredi dernier entre l’Iran et Israël semble suivre méticuleusement les préconisations d’un rapport largement méconnu. Publié par The Henry Jackson Society, un think tank néoconservateur basé à Londres, ce texte exprime un aggiornamento systématique de cette doctrine vis-à-vis de l’Iran. Si on doit douter de son influence directe, sa lecture pointe un paradoxe  : l’administration Trump est-elle en train d’endosser, vingt ans après les guerres de George W. Bush, une doctrine néoconservatrice au Moyen-Orient  ? De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle Trump veut-il s’approprier l’armée américaine ? Le discours intégral à Fort Bragg De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 14 juin 2025 À Fort Bragg, le président américain a transformé un passage en revue militaire en meeting politique, obligeant des militaires en uniforme sélectionnés pour leur loyauté à l’acclamer. Après l’envoi de Marines à Los Angeles et juste avant la grande parade militaire qui aura lieu à Washington pour son anniversaire, il s’agit d’une étape de plus dans la transformation des États-Unis. Nous traduisons son discours aux accents guerriers. Iran-Israël : le Moyen-Orient en guerre Israël-Iran : ce que l’on sait 24h après le début de l’attaque Iran-Israël : le Moyen-Orient en guerre 13 juin 2025 Netanyahou l’a annoncé au moment du début de l’attaque massive lancée dans la nuit de jeudi à vendredi  : l’objectif d’Israël est désormais de faire tomber le régime de Téhéran. Si les opérations sont toujours en cours, il est possible de dresser les premières leçons de cette journée. Alors que l’Iran vient de commencer à répliquer, nous faisons le point. Iran-Israël : le Moyen-Orient en guerre Israël prépare-t-il un régicide ? Benjamin Netanyahou fixe un objectif militaire maximaliste : « libérer » l’Iran de son régime Iran-Israël : le Moyen-Orient en guerre 13 juin 2025 Par son ampleur et ses cibles, l’opération Am Kalavi, lancée cette nuit sur le territoire iranien, vise à décapiter le régime de Téhéran. Dans un discours prononcé en anglais, Benjamin Netanyahou a annoncé le début d’une campagne militaire contre l’Iran et mis Trump devant le fait accompli — éloignant l’espoir d’une victoire diplomatique recherchée par la Maison-Blanche avec Téhéran, il ouvre de nouveau l’horizon du changement de régime à la politique américaine du Moyen-Orient. Nous le traduisons. Doctrines de la Russie de Poutine Annexer le Donbass, neutraliser l’Ukraine, décapiter le pouvoir : la fin de la guerre aux conditions de Poutine. Texte intégral du mémorandum russe Doctrines de la Russie de Poutine 4 juin 2025 Dans le «  mémorandum  » adressé aux Ukrainiens à Istanbul, la Russie de Poutine exprime noir sur blanc ses conditions pour la fin de la guerre. Plutôt qu’une ouverture à la négociation, ce document est un ultimatum listant les étapes d’une reddition de l’Ukraine, que le Kremlin — enlisé depuis trois ans une guerre d’invasion — continue de ne pas considérer comme un véritable État. Nous le traduisons et le commentons ligne à ligne. Sport La finale de la Ligue des champions PSG-Inter Milan : stratégie, tactique et géopolitique Sport 31 mai 2025 Le Paris Saint-Germain a remporté une victoire écrasante 5-0 contre l’Inter de Milan à Munich. Anecdotes, signaux faibles, tendances lourdes — nous avons réuni neuf points clés pour comprendre le contexte de cette finale historique. Données qui changent la donne Trump est-il en train de relancer l’Union ? 5 points sur les chiffres clefs du dernier Eurobaromètre Données qui changent la donne 31 mai 2025 Publié il y a quelques jours, le dernier Eurobaromètre est clair  : le niveau de confiance dans l’euro est à son pic historique — le soutien pour l’Union est en train d’augmenter. Alors que l’Union semble prête à faire d’importantes concessions à Washington sur le commerce, il révèle notamment que 80  % des Européens estiment que des mesures de rétorsions seraient nécessaires face aux tarifs de Trump. Nous tirons les principaux enseignements des 314 pages de PDF du rapport. Énergie et environnement À Blatten, une vallée sans montagne : images et cartes de la géopolitique de l’anthropocène Énergie et environnement 31 mai 2025 «  Je ne peux concevoir un Dieu sans existence, non plus qu’une montagne sans vallée.  » En Suisse, à Blatten, la montagne s’est effondrée — engloutissant tout. Les images de cette terre renversée expriment quelque chose d’essentiel de notre contemporain. Il faut les étudier. Politique Après Washington, il faut occuper Bruxelles : le discours de Viktor Orbán à la CPAC de Budapest Politique 30 mai 2025 Depuis quelques mois, Orbán n’est plus seulement le cheval de Troie de Poutine en Europe — il est aussi le cheval de Trump. Dans son dernier discours à la CPAC aux airs de meeting de campagne européenne, le Premier ministre hongrois — qui n’a jamais été aussi faible sur le plan interne — répond à l’appel de la Maison-Blanche et articule un plan pour renverser l’Union. Nous le traduisons et le commentons ligne à ligne. De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle Par un canal officiel, les États-Unis de Donald Trump lancent un appel au changement de régime en Europe (texte intégral) De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 29 mai 2025 Dans un texte publié par le compte officiel du département d’État américain, l’administration Trump relance sa doctrine européenne  : le changement de régime. Dans cet appel à la construction d’une «  alliance civilisationnelle  » — explicitement adressé au Rassemblement National en France, à l’AfD en Allemagne et au PiS en Pologne — la plus puissante diplomatie au monde assume un projet  : transformer l’Union en un agrégat de «  nations chrétiennes comme la Hongrie  ». Nous le traduisons et commentons ligne à ligne. Politique Cinq ans après le Brexit, le Royaume-Uni est encore bizarrement obsédé par l’Union Politique 19 mai 2025 Aujourd’hui, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont signé un accord qui renouvelle le cadre de leur coopération après le Brexit. En Europe, on a relativement peu parlé. Pour la presse conservatrice et pro-Brexit, la visite de Maroš Šefčovič à Londres a provoqué une réaction épidermique — et réveillé une paranoïa anti-européenne. De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle Apocalypse zombie : la leçon de ténèbres de Peter Thiel De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 18 mai 2025 «  Comme Hamlet, nous aimerions repousser le plus longtemps possible le choix inévitable — mais même ceux qu’un monde apathique réconforte savent que toute chose médiocre a une fin.  » Géopolitique de Donald Trump Trump et le tournant de Riyad : texte intégral du discours en Arabie Saoudite Géopolitique de Donald Trump 15 mai 2025 Devant MBS et sa cour, Donald Trump a fait un numéro de charme à l’Arabie Saoudite — mais il a aussi prononcé quelques phrases potentiellement historiques qui laissent entrevoir le projet d’une nouvelle géopolitique du Moyen-Orient. Au début d’une tournée dans le Golfe qui le voit aussi s’arrêter à Doha et Abu Dhabi, Trump a loué un modèle de développement arabe autonome vis-à-vis des «  nation-builders  » américains et ouvert la porte à un nouvel accord avec l’Iran, s’inscrivant dans la filiation du discours du Caire d’Obama. Nous le traduisons. Rapport Draghi : un débat européen Mario Draghi : l’Appel de Coimbra. Texte intégral Rapport Draghi : un débat européen 14 mai 2025 «  Nous investirons de nouveau en Europe massivement. Nous nous attaquerons aux droits acquis qui font obstacle à notre futur, en nous fondant sur l’innovation, contre les privilèges. Et nous protégerons et préserverons notre liberté.  » Au Portugal, devant plusieurs chefs d’État européens, Mario Draghi a établi un nouveau diagnostic et fixé un cap. Nous traduisons son appel de Coimbra. Doctrines de la Chine de Xi Jinping Dans une tribune publiée en russe Xi Jinping affirme avoir le soutien total de Vladimir Poutine pour annexer Taïwan (traduction inédite) Doctrines de la Chine de Xi Jinping 7 mai 2025 Pour commémorer la fin de la Seconde Guerre mondiale, Xi Jinping et Vladimir Poutine préparent ce 9 mai une mise en scène impériale. Mais la victoire qu’ils mettront en scène n’est pas tournée vers le passé. Dans une tribune d’une brutalité inédite, le président chinois a fait sien le style révisionniste du maître du Kremlin en révélant pour la première fois d’une manière aussi explicite le soutien de la Russie à l’annexion de Taïwan par la Chine. Nous le traduisons. Élection présidentielle en Roumanie Qui est Nicușor Dan ? Le maire libéral de Bucarest, ancien de l’École normale supérieure sera confronté au second tour à George Simion Élection présidentielle en Roumanie 5 mai 2025 «  La Roumanie honnête  »  : la devise de la campagne de Nicușor Dan, résonne avec une rhétorique dégagiste, opposée à l’ establishment corrompu du pays — mais le maire de Bucarest présente un profil unique et une stratégie subtile. En évitant de prendre parti sur des sujets de société clivants, il propose de nettoyer la Roumanie à l’image de ce qu’il cherche à faire depuis plus de dix ans dans sa capitale. Ce brillant mathématicien francophone, ancien élève de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm — opposé à Trump et à Poutine — peut-il faire le poids face au complotisme sous stéroïdes de George Simion  ? Un portrait en six points. Élection présidentielle en Roumanie Qui est George Simion ? Du complotisme Covid-19 à la nostalgie de Ceaușescu : 10 phrases choc de l’homme fort de l’extrême droite roumaine Élection présidentielle en Roumanie 5 mai 2025 Avec plus 40  % des voix, George Simion est largement arrivé en tête au premier tour de la présidentielle roumaine — il pourrait l’emporter au second tour. À la tête d’un mouvement profondément complotiste, farouchement orthodoxe, militant pour l’annexion de la Moldavie et ayant plusieurs fois appelé à la violence politique, ce soutien indéfectible de Călin Georgescu est devenu le nouvel homme fort de l’extrême droite roumaine. Mais, c’est dans la période pandémique qu’il faut trouver la source de son offre politique qu’il définissait lui-même en 2020 de «  radicale  ». Encore méconnu en Europe, nous avons voulu vous le présenter à partir de 10 phrases choc. Économie Le printemps de Scott Bessent ou le trumpisme à visage humain Économie 23 avril 2025 «  America First ne signifie pas America Alone  ». Le secrétaire au Trésor américain a tenté aujourd’hui une opération de charme face aux économistes et investisseurs internationaux réunis lors des rencontres du printemps du FMI et de la Banque mondiale. Désavoué à plusieurs reprises ces derniers mois, souvent totalement tenu à l’écart des politiques économiques menées avec brutalité par le président américain, cet ancien financier proche de Soros a articulé un programme de réforme du système économique international. Nous le traduisons. Religion La Pâques de Poutine : analyse théologico-politique de l’homélie du patriarche Kirill Religion 21 avril 2025 «  Que rien ne fasse obstacle à la volonté de notre peuple  !  » En faisant de Pâques «  le jour de la victoire  », en articulant un imaginaire militaire et héroïque autour de la résurrection du Christ, le patriarche de Moscou et de toutes les Russies a de nouveau transformé son homélie pascale en une justification théologico-politique de la guerre menée par Poutine. Nous le traduisons et commentons ligne à ligne. De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle Peter Thiel : « l’Antéchrist est un système » (deuxième partie) De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 21 avril 2025 «  Le président des États-Unis est peut-être un katechon, peut-être une sorte d’Antéchrist.  » Après une première partie sur l’Armageddon, Peter Thiel développe sa théorie de la fin des temps en s’intéressant au problème selon lui le plus central et le plus tabou  : la menace diffuse de l’Antéchrist. Nous traduisons la deuxième partie de son entretien sur l’apocalypse. De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle Peter Thiel et la fin des temps (première partie) De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 20 avril 2025 L’accélération technologique et le risque d’un «  gouvernement mondial totalitaire  » nous rapprochent de l’apocalypse—de l’Armageddon. C’est ce que révèle Peter Thiel, disciple de René Girard et influence clef de la contre-révolution trumpiste dans la Silicon Valley, dans un long entretien sur la fin des temps. Nous le traduisons. Doctrines de la Russie de Poutine Selon les services russes, la lutte contre « l’Europe fasciste » doit structurer l’axe Poutine-Trump Doctrines de la Russie de Poutine 19 avril 2025 Cette semaine, le service de renseignement extérieur russe (SVR) a publié une note au style pseudo-savant inscrivant le rapprochement entre la Russie et les États-Unis, conduit par Donald Trump et son profond renversement d’alliance, dans la continuité d’une longue histoire fantasmée. Son titre annonce la couleur  : «  Comme il y a 80 ans, Moscou et Washington sont unis dans la lutte contre un ennemi commun  : ‘l’eurofascisme’  ». Nous publions le texte intégral. De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle Nationalisme contre technocratie : la contradiction des élites trumpistes De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 10 avril 2025 Pour mener la contre-révolution à Washington et transformer la république américaine en Empire, Trump a besoin d’une nouvelle élite — financière, culturelle, technocratique. Mais pour une part importante de cette base qui aspire à gouverner, les élites n’aiment pas le peuple. Nous publions et commentons l’une des sources intellectuelles les plus influentes au cœur de cette ligne de fracture interne. De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle Rationaliser les tarifs de Trump : la théorie d’Oren Cass pour expliquer le « Liberation Day » De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 8 avril 2025 «  Voici comment j’interprète le plan  : un tarif mondial permanent pour donner la préférence à la fabrication nationale  ; un tarif permanent pour la Chine pour découpler nos économies  ; des tarifs réciproques comme moyen de pression pour inciter les autres partenaires commerciaux à faire des choix politiques de réduction des déficits.  » Selon Oren Cass, l’un des économistes qui essaye de donner un corps à la doctrine trumpiste depuis une décennie, la décision de la Maison-Blanche qui a provoqué une panique mondiale sur les marchés pourrait servir un plan caché inspiré de Reagan. Nous le traduisons, le commentons. Eurobazooka : mesurer l'opinion publique européenne Que pense l’Italie de Meloni dans le choc de Trump  ? 10 points sur notre sondage exclusif Eurobazooka Eurobazooka : mesurer l'opinion publique européenne 8 avril 2025 Parmi les pays fondateurs, l’Italie est sans doute le plus attaché au lien transatlantique et le moins prêt au réarmement. Giorgia Meloni souhaitait jouer un rôle de pont avec une future administration Trump. Mais face à une présidence brutale et asymétrique, cette position devient difficilement tenable. Les données de notre dernier sondage Eurobazooka révèlent un paysage politique italien à la fois traversé de peurs nouvelles, de désirs d’autonomie et de profonds clivages politiques. Géopolitique de Donald Trump Affaire Signal : textos intégraux Géopolitique de Donald Trump 26 mars 2025 Le «  Signal Gate  » est la faille de sécurité la plus grave dans l’histoire récente des États-Unis et la première vraie crise du cabinet du président Trump, désormais sous la pression de plusieurs sénateurs républicains. The Atlantic vient de divulguer l’intégralité de la conversation entre J. D. Vance, Pete Hegseth, Stephen Miller et d’autres officiels de haut niveau à laquelle a été ajoutée par inadvertance son rédacteur en chef, Jeffrey Goldberg. Ces messages sont une radiographie du trumpisme, de sa vision du monde et d’une idéologie pétrie d’un mépris de l’Europe. Nous avons voulu les traduire in extenso . Politique Changement de régime : le texte intégral du rapport soutenu par les cercles pro-Trump pour subvertir l’Union Politique 25 mars 2025 Dans le silence général, deux fondations européennes d’extrême-droite ont soumis à Washington un plan radical. Il puise à la source de la contre-révolution américaine — le fameux Projet 2025 — pour bouleverser l’Europe, en subvertissant l’Union. Désormais soutenu par les think tanks les plus influents de la galaxie Trump, ce rapport de 40 pages doit être lu avec attention. Nous le traduisons en intégralité et le commentons avec le spécialiste de la construction européenne Laurent Warlouzet. Géopolitique de Donald Trump L’émissaire de Trump Steve Witkoff se confie à Tucker Carlson : transcription intégrale Géopolitique de Donald Trump 24 mars 2025 Dans un long entretien avec le podcasteur d’extrême droite, l’envoyé de Trump pour le Moyen Orient a donné un rare aperçu de la «  méthode  » et des «  plans  » de la nouvelle administration sur Gaza, l’Iran et l’Ukraine. De l’alignement avec Poutine à la méconnaissance des dossiers en passant par une déférence aveugle et sans limite au «  patron  » — il faut le lire pour comprendre comment se forge aujourd’hui la politique étrangère de Washington. Nous le traduisons en intégralité. Rapport Draghi : un débat européen Mario Draghi : « Construire à l’échelle supérieure », le discours de Rome en intégralité Rapport Draghi : un débat européen 18 mars 2025 Dans un discours attendu au Sénat de la République italienne, l’ancien Banquier central a proposé aujourd’hui un profond aggiornamento de son Rapport — en proposant une méthode et un cap pour définir la transition géopolitique de l’Europe. «  Les citoyens nous disent qu’ils en ont assez d’attendre.  » Nous le traduisons pour la première fois en français. De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle Comprendre la politique européenne de Donald Trump : le plan Yarvin pour l’Ukraine De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 15 mars 2025 La politique de Donald Trump sur l’Ukraine paraît erratique, énigmatique. En réalité, la Maison-Blanche pourrait suivre une stratégie très précise. Formulée par Curtis Yarvin en janvier 2022, elle doit être étudiée de près aujourd’hui. Nous la traduisons. La guerre en Ukraine au jour le jour Proposition de cessez-le-feu immédiat en Ukraine : le texte intégral de la déclaration commune avec les États-Unis La guerre en Ukraine au jour le jour 11 mars 2025 En Arabie saoudite, l’Ukraine et les États-Unis sont parvenus à un accord pour soumettre à la Russie une proposition de cessez-le-feu de 30 jours. Washington a également annoncé reprendre le partage de renseignement et l’aide à la défense de l’Ukraine. La balle est désormais dans le camp du Kremlin. Nous traduisons et commentons le communiqué de Djeddah. Géopolitique de Donald Trump Le discours intégral de Trump au Congrès : « nous ne faisons que commencer » Géopolitique de Donald Trump 5 mars 2025 Éloge de Musk. Dégel avec Zelensky. Nouvel «  âge d’or  ». Dans un discours fleuve d’1h39, le président américain a encensé le bilan de ses six premières semaines et décliné le programme de la révolution qu’il entend enclencher à la tête des États-Unis sous les huées des démocrates et dans une atmosphère électrique. Nous le traduisons. Géopolitique de Donald Trump L’échange entre Trump et Zelensky : texte intégral Géopolitique de Donald Trump 28 février 2025 Dans une scène d’une violence verbale sans précédent, le président des États-Unis Donald Trump et son vice-président J.D. Vance ont repris les éléments de langage de Vladimir Poutine pour chercher à humilier en direct à la télévision leur allié, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche. Nous publions la transcription intégrale de cet échange — un tournant historique. La guerre en Ukraine au jour le jour Guerre en Ukraine : 2022-2025, une chronologie du front La guerre en Ukraine au jour le jour 24 février 2025 Trois ans jour pour jour après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, l’issue du conflit pourrait être soldée à des milliers de kilomètres des champs de bataille — en Arabie saoudite où se rencontrent les ambitions impériales de Trump et de Poutine. Mais l’histoire de cette guerre s’écrit d’abord en Ukraine  : de la résistance des premiers jours à la guerre d’attrition jusqu’aux incursions en territoire russe. Nous la retraçons. Politique Friedrich Merz : le prochain chancelier allemand appelle l’Europe à prendre son indépendance des États-Unis Politique 23 février 2025 «  Je n’aurais jamais pensé dire cela à la télévision…  » Lors de la confrontation télévisuelle traditionnelle suivant les résultats (Elefantenrunde), le prochain chancelier allemand a créé l’étonnement. Dans une prise de parole d’une dureté inédite, Friedrich Merz a décidé de charger les États-Unis, la nouvelle administration et — nommément — Elon Musk en appelant à «  l’indépendance  » de l’Europe contre «  l’ingérence  » américaine. Nous le traduisons. Doctrines de la Russie de Poutine « Démembrer l’Ukraine » : dans la tête de Sergueï Narychkine, négociateur clef de Vladimir Poutine Doctrines de la Russie de Poutine 19 février 2025 Pour négocier sur l’avenir de l’Ukraine, Poutine a envoyé l’un de ses anciens collègues du KGB  : Sergueï Narychkine. Homme clef du premier cercle du Kremlin, il préside la Société historique russe. Son obsession récurrente  : le démembrement total de l’Ukraine. Et une méthode  : puiser dans les sources historiques que lui fournissent les extrêmes droites européennes. Nous le traduisons. Rapport Draghi : un débat européen Que faire dans l’ère Trump ? Le manifeste européen de Mario Draghi Rapport Draghi : un débat européen 19 février 2025 Après les paroles de Sergio Mattarella contre «  la vassalisation heureuse  », l’ancien président du Conseil italien et banquier central a prononcé hier à Bruxelles un discours clef  : un manifeste européen dans l’ère Trump. Cet appel à l’action part d’un impératif  : «  nous devons être optimistes  ». Et d’un cap  : «  il est de plus en plus évident que nous devons agir comme si nous étions un seul État.  » Nous le traduisons. Géopolitique de Donald Trump J. D. Vance Changement de régime : le discours intégral de J.D. Vance à Munich Géopolitique de Donald Trump J. D. Vance 14 février 2025 À Munich, cet après-midi, le vice-président des États-Unis n’a pas vraiment parlé de sécurité — et n’a évoqué l’Ukraine, Poutine ou la Russie qu’en passant. Persuadé que «  la principale menace [pour l’Europe vienne] de l’intérieur  », ciblant les élites politiques et souhaitant faire sauter les cordons sanitaires érigés contre l’extrême droite en Allemagne, J. D. Vance a articulé pour la première fois la vision maximaliste de la Maison-Blanche de Donald Trump pour le continent  : un changement de régime. Nous traduisons et commentons ce discours que tous les Européens devraient lire. Géopolitique de Donald Trump Sur l’OTAN et l’Ukraine les nouvelles lignes rouges américaines : le discours intégral de Pete Hegseth à Bruxelles Géopolitique de Donald Trump 12 février 2025 Pour la première fois depuis le 24 février 2022, les États-Unis définissent précisément une doctrine sur l’Ukraine, en endossant la position du Kremlin sur plusieurs points clefs tout en ouvrant la voie à de nouvelles sanctions pour déstabiliser l’économie russe. Selon le secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, l’Ukraine ne pourra pas récupérer ses frontières, ne sera pas membre de l’OTAN et les États-Unis ne seront pas impliqués dans la défense de son territoire. Alors que Trump vient d’appeler Poutine, nous traduisons ce texte clef. De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle Gaza Inc. : l’influence cachée derrière le plan de Trump De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 7 février 2025 Derrière le méga-projet immobilier de Trump à Gaza qui implique de «  nettoyer  » l’enclave des Palestiniens, il y a la pseudo-théorie «  formaliste  » du prophète des Lumières noires, Curtis Yarvin. Pour lui, il faudrait aller plus loin  : faire de «  GAZA  » une ville-entreprise, dont les actions pourraient s’échanger sur les bourses mondiales. Nous le traduisons, le contextualisons et le commentons. Politique Contre « la vassalisation heureuse… il est temps d’agir » : l’appel de Sergio Mattarella Politique 5 février 2025 Le premier chef d’État européen à opposer une résistance frontale et articulée au projet impérial qui se dégage depuis que la nouvelle Silicon Valley s’est installée avec Donald Trump à la Maison Blanche est un démocrate-chrétien sicilien de 83 ans. À Marseille, le président de la République italienne, Sergio Mattarella, a prononcé aujourd’hui une allocution pour dénoncer la «  vassalisation heureuse  ». Nous le traduisons. Géopolitique de Donald Trump Le Mexique contre Trump : Claudia Sheinbaum et l’art du rapport de force face aux tarifs Géopolitique de Donald Trump 3 février 2025 Quelques jours à peine après le déclenchement d’une guerre commerciale par le président américain, Donald Trump a «  mis en pause  » les droits de douanes de 25  % annoncés sur les importations en provenance du Mexique. En échange, le Mexique s’est engagé à coopérer sur la sécurisation de la frontière. Nous traduisons les mots avec lesquels la présidente Sheinbaum a porté la discussion au bon niveau — en engageant avec succès le rapport de force. Géopolitique de Donald Trump « Nous défendrons le Canada » : la réponse de Trudeau aux tarifs de Trump Géopolitique de Donald Trump 3 février 2025 Dans un discours adressé à la fois à ses concitoyens et aux habitants des États-Unis, Justin Trudeau a annoncé que le Canada répondrait à l’attaque commerciale de Trump en imposant des droits de douane de 25  % sur des produits américains d’une valeur de 155 milliards de dollars en encourageant les Canadiens à consommer localement. Alors que Trump et Trudeau doivent échanger dans la journée, nous traduisons ce discours clef qui pourrait avoir des conséquences majeures pour les deux pays. Puissances de l'IA L’Oracle de l’Empire : Larry Ellison et le visage caché du projet Stargate Puissances de l'IA 24 janvier 2025 Le deuxième homme le plus riche du monde a un plan. Installer un nouveau régime de surveillance et de domination  : avec des capteurs vidéo à bas coût, des milliers de drones, une masse infinie de données analysées constamment par une IA aux mains de l’État. Granulaire, irrécusable, inévitable  : «  Nous enregistrons et signalons en permanence tout ce qui se passe, les citoyens devront par conséquent constamment faire preuve de diligence  ». Donald Trump lui a désormais alloué 500 milliards pour le mettre en œuvre avec Sam Altman et l’ingénierie financière de SoftBank. Géopolitique de Donald Trump Trump met le Projet 2025 en action : les 26 premiers décrets du président des États-Unis Géopolitique de Donald Trump 21 janvier 2025 Il en avait annoncé 100. Dans une mise en scène de la puissance souveraine, Donald Trump a signé 26 décrets lors de sa première journée à la Maison Blanche. Retrait de l’OMS, état d’urgence, fin du droit du sol… Trump fait de l’exception un principe et de l’accélération un but des premières journées de sa présidence impériale. Nous publions et commentons la liste de tous ses décrets. De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle « Se préparer à l’Empire » : Curtis Yarvin, prophète des Lumières noires De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 21 janvier 2025 Restaurer l’empire — avec des geeks aux commandes. Inaugurer une nouvelle ère — celle des Lumières noires. Transformer l’État en startup et enfermer les individus jugés inutiles. Mélangeant Matrix et Aristote, le blogueur néo-réactionnaire Curtis Yarvin veut mettre fin à «  l’expérience démocratique ratée des deux derniers siècles  » et instaurer une nouvelle monarchie. Cela pourrait prêter à sourire mais l’auteur a l’oreille du premier cercle de Trump  : il faut le prendre au sérieux. Nous le traduisons et le commentons. Géopolitique de Donald Trump Le discours d’investiture de Donald Trump en intégralité Géopolitique de Donald Trump 20 janvier 2025 Le président américain propose un nouveau rêve américain et un nouveau deal : accélération technologique et richesse financière d’une part  ; souverainisme militarisé et protection identitaire de l’autre. Cet alliage complexe—que nous avions appelé accélération réactionnaire—avait un corpus  : aujourd’hui il a un discours fondateur. Nous le traduisons dans son intégralité. Politique Donald Trump, le programme de son premier jour à la Maison Blanche : document exclusif Politique 20 janvier 2025 Choc et effroi. Pour lancer sa présidence impériale, Donald Trump fait de l’état d’urgence sa forme de gouvernement  : à la frontière, pour l’énergie, pour l’économie. Nous traduisons le document exclusif qui détaille le programme des 100 premières heures du 47e président américain. Géopolitique de Donald Trump Révisionnisme et désinhibition : l’Empire de Trump dans la doctrine Marco Rubio Géopolitique de Donald Trump 18 janvier 2025 «  Cela rend-il l’Amérique plus sûre  ? Cela rend-il l’Amérique plus forte  ? Cela rend-il l’Amérique plus prospère  ?  » Devant le Sénat, celui que Donald Trump a choisi pour conduire sa diplomatie a décliné l’agenda d’une présidence impériale en explicitant une inflexion importante  : l’America First ne sera pas isolationniste. Elle passera par une projection coercitive des intérêts américains pour remplir la mission historique des États-Unis  : construire, depuis Washington, un nouvel ordre sur une planète cassée. Nous le traduisons et le commentons ligne à ligne. Doctrines de la Russie de Poutine La Russie face à l’effet Trump : l’aggiornamento de Sergueï Lavrov Doctrines de la Russie de Poutine 16 janvier 2025 Pour comprendre comment la Russie se prépare à la présidence Trump, il faut étudier de près les mots du ministre des Affaires étrangères de Poutine, prononcés lors d’une longue conférence de presse ce mardi. Doctrines de la Russie de Poutine Poutine et le facteur Trump : « l’Ukraine pourrait cesser d’exister cette année » Doctrines de la Russie de Poutine 14 janvier 2025 À quelques jours de l’investiture de Donald Trump, le Kremlin prend la parole par la voix de l’un des plus influents conseillers de Vladimir Poutine. Dans cet entretien brutal, Nikolaï Patrouchev annonce clairement la position de la Russie  : le partage de l’Europe. Nous le traduisons. Amériques Au Vénézuela Nicolás Maduro est investi pour un troisième mandat : les passages clefs de son discours fleuve Amériques 11 janvier 2025 «  Dites ce que vous voulez, faites ce que vous voulez, cette inauguration ne pouvait pas être empêchée  ». Ce vendredi 10 janvier, Nicolás Maduro s’est autoproclamé président du Venezuela, en entamant son troisième mandat consécutif — sans présenter les listes électorales. Devant les quelques invités étrangers présents, il a prononcé un discours fleuve de près de deux heures. Nous en analysons une sélection de moments clefs. De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle L’apocalypse de Donald Trump selon Peter Thiel De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 10 janvier 2025 «  Le retour de Trump à la Maison-Blanche augure l’apokálypsis.  » Dans un texte aux tonalités eschatologiques qui vient de paraître dans le Financial Times , Peter Thiel, l’une des personnes les plus puissantes de l’Amérique de Trump au cœur de l’accélération réactionnaire, annonce la venue d’un temps nouveau  : «  des questions sombres émergeront dans les dernières semaines crépusculaires de notre interrègne  ». Nous le commentons ligne à ligne. Géopolitique de Donald Trump Trump et la doctrine Mar-a-Lago : coordonnées d’une présidence impériale Géopolitique de Donald Trump 8 janvier 2025 Lors d’une conférence de presse historique dans sa résidence de Mar-a-Lago, le président élu Donald Trump a dessiné les contours de ce qu’on pourrait désormais appeler une doctrine géopolitique  : les États-Unis doivent devenir un Empire, en étendant leur territoire du Panama au Groenland en passant par le Canada  ; l’OTAN doit se transformer en une alliance purement asymétrique, sur le modèle du Pacte de Varsovie. Ironie, bluff, annonce d’un plan  : les mots de Donald Trump marquent un tournant — il faut les lire. Géopolitique de Donald Trump Face à Trump, le Groenland s’interroge sur son indépendance : l’appel de Múte Egede Géopolitique de Donald Trump 4 janvier 2025 Le prochain président des États-Unis a déclaré vouloir mener une politique d’expansion territoriale en annexant le Canada, le Groenland et Panama aux États-Unis. Lors de son discours du Nouvel An, le premier ministre groenlandais Múte Egede a paru ouvrir la porte à un référendum d’indépendance et semble désormais poser les conditions d’un possible deal. Nous le traduisons mot à mot. L'Europe face au fascisme : neuf figures pour s’orienter Le Béhémoth nazi : Franz Neumann par Theodor W. Adorno L'Europe face au fascisme : neuf figures pour s’orienter 27 décembre 2024 Franz Neumann a été un témoin, un opposant et l’un des plus subtils interprètes du régime nazi. Dans l’État allemand conquis par Hitler, il n’a pas vu un bloc monolithique, mais son contraire  : le désordre, le chaos, «  l’antagonisme le plus sauvage des forces en présence  » où «  la volonté politique s’y formait à travers la concurrence sauvage des lobbies sociaux les plus puissants  » selon la formule foudroyante du texte signé Theodor W. Adorno que nous publions aujourd’hui. L’Europe face au fascisme — 2/9 L'Europe face au fascisme : neuf figures pour s’orienter La Montagne magique de Thomas Mann : cent ans après Thomas Mann, l’antifasciste L'Europe face au fascisme : neuf figures pour s’orienter La Montagne magique de Thomas Mann : cent ans après 26 décembre 2024 Ce texte est un passage — critique, littéraire, historique — et la tentative de comprendre une transition. En republiant le brillant hommage de Georg Lukács à l’engagement intellectuel de Thomas Mann contre le fascisme, nous ouvrons notre série de Noël sur le centenaire de La Montagne magique à un nouveau cycle de parutions de fin d’année qui seront un viatique vers 2025  : L’Europe face au fascisme — 1/9 Prix Grand Continent Les 5 finalistes du Prix Grand Continent 2024 Prix Grand Continent 26 novembre 2024 5 fictions. 5 langues  : le français, l’italien, l’espagnol, l’allemand, le polonais. Un grand récit. Après le «  phénomène littéraire  » Tomasz Różycki en 2023, fin du suspense sur le roman lauréat de cette année le 6 décembre prochain — à 3466 mètres d’altitude De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle Trump et l’élite trumpiste en 11 livres De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 16 novembre 2024 Quels sont les livres qu’il faudra lire pour comprendre la Maison-Blanche  ? Cela peut paraître un paradoxe, tant Trump s’est construit à partir d’une rhétorique dégagiste et antipolitique, mais autour de sa figure dans les dernières années s’est réunie une élite — hétérogène mais structurée  : de la Silicon Valley au monde du venture capitalism . De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle Le programme de Donald Trump que personne n’a vraiment lu en Europe De l'Empire Trump : sources intellectuelles d'une révolution culturelle 11 novembre 2024 20 points. Tous rédigés en lettres capitales. Comme des tweets — dans le plus pur style de Donald Trump. Malgré sa forme inhabituelle, la plateforme synthétique adoptée par le Parti républicain à Milwaukee est bel et bien un programme. En Europe, où les priorités qu’il met en avant semblent lointaines, il faut prendre ce document très au sérieux  : il pourrait constituer la matrice politique du deuxième mandat Trump. Politique Après la victoire de Trump, Zelensky prend la parole pour la première fois : texte intégral Politique 7 novembre 2024 À Budapest, devant Orbán et une trentaine de chefs d’États et de gouvernement, deux jours après l’élection de Trump, le président Zelensky a appelé les Européens à refuser de faire des concessions à Poutine — «  inacceptables pour l’Ukraine et suicidaires pour toute l’Europe  » — en s’engageant dans la recherche de «  la paix par la force  ». Après la déclaration de Poutine aujourd’hui, nous traduisons cet autre discours clef. Élections américaines 2024 « Le plus grand comeback de l’histoire » : le discours de victoire de Trump en intégralité Élections américaines 2024 6 novembre 2024 Trump II ou Musk I  ? Au soir du triomphe électoral, le mot d’ordre de ses partisans était simple  : «  le plus grand comeback de l’histoire  ». À Palm Beach, Trump a prononcé un discours de victoire entouré de ses amis et ses alliés — le créateur de Space X, qualifié de «  super génie  », a apprécié. Élections américaines 2024 Élection présidentielle américaine : Donald Trump est élu 47ème président des États-Unis — suivez notre direct Élections américaines 2024 5 novembre 2024 Ce direct est terminé. Fonctionnement des élections, heure de fermeture des bureaux de vote selon les États, données, analyses et cartes exclusives… La rédaction est mobilisée pour couvrir la course à la Maison Blanche entre Trump et Harris. Suivez en direct sur ce fil la journée et la nuit électorales américaines 2024. Puissances de l'IA L’Ère de l’intelligence. Dans la tête de Sam Altman Puissances de l'IA 19 octobre 2024 Le créateur de ChatGPT considère qu’il a déjà commencé à rédiger le futur. Dans un texte aux accents oraculaires, il décrit l’avènement d’un monde transformé par l’IA  : une Ère de l’intelligence. Derrière cette rhétorique, il y a un plan. Pour convaincre les investisseurs alors qu’OpenAI n’est pas rentable, Altman fait un pari  : une prophétie sans business plan. Fondations géopolitiques Les États-Unis et le problème de la Chine : une archive inédite de David Galula Fondations géopolitiques 18 octobre 2024 1950. La République populaire de Chine vient d’émerger. La guerre froide menace d’exploser. Depuis Salonique, le stratégiste français David Galula écrit à l’Américain William Bullitt. Il est inquiet. Mais il a un plan. Nous publions aujourd’hui une archive inédite — commentée par Patrick Weil et Jérémy Rubenstein. Élections AfD : les affiches de la haine Élections 21 septembre 2024 Depuis son émergence comme force politique jusqu’à ses récents succès qui en font désormais un acteur clef de l’échiquier électoral allemand, l’AfD se distingue par un choix de mots et d’images délibérément choquant. Jouant constamment sur les limites pour repousser les frontières du dicible dans un pays marqué par son passé nazi, le parti de Björn Höcke assume désormais son style provocateur. Alors qu’on vote demain en Brandebourg, nous proposons la généalogie d’une iconographie extrême. Rapport Draghi : un débat européen Géopolitique du rapport Draghi. L’appel de 20 États membres à la Commission pour renforcer la compétitivité Rapport Draghi : un débat européen 20 septembre 2024 Les diplomaties d’une majorité des membres de l’Union ont signé le 20 septembre un document non officiel suggérant à la Commission des pistes pour mettre en œuvre le rapport Draghi. À l’initiative de Berlin, La Haye et Dublin, le non-papier compte parmi des grands absents de taille, dont la France, l’Italie et l’Espagne. Traduction, commentaire et cartographie. Rapport Draghi : un débat européen Rapport Draghi : 6 points clefs et 12 graphiques à retenir Rapport Draghi : un débat européen 9 septembre 2024 Comment s’orienter dans les plus de 400 pages que comptent le rapport Draghi et ses annexes  ? Nous avons synthétisé les principales recommandations du document publié aujourd’hui par la Commission européenne — et 12 graphiques clefs pour les comprendre. La guerre en Ukraine au jour le jour À Koursk, les Russes découvrent la guerre : six témoignages inédits du front La guerre en Ukraine au jour le jour 12 août 2024 Une autoroute. Des drones dans le ciel. Des voitures fracassées — puis une file de gens qui attendent pour de la nourriture et des draps. Entre les pro-guerres choqués et les habitants désabusés, comment les Russes de Koursk ont-ils vécu les premières heures de l’incursion ukrainienne dans la zone de Soudja  ? Alors que les informations en provenance du front demeurent extrêmement parcellaires, nous publions les témoignages ordinaires proches de la zone de combat, inédits en français. Doctrines de la Russie de Poutine Jeux olympiques de Paris 2024 Arsenaliser le sport mondial : un plan quinquennal athlétique dans la Russie de Poutine Doctrines de la Russie de Poutine Jeux olympiques de Paris 2024 10 août 2024 Deux ans avant d’envahir l’Ukraine, la Russie de Poutine fixait par ordonnance sa stratégie sportive jusqu’en 2030. Soumis aux courants de la politique extérieure, le Kremlin oscille entre désir de réintégrer les grandes compétitions sportives mondiales et aspiration à en créer de parallèles. À la veille de la cérémonie de clôture à Paris, sur la suggestion de Lukas Aubin qui avait signé au début des JO un 10 points sur la géopolitique du sport en partant de la Russie , nous traduisons ce document officiel, révélateur d’un rapport illusoire au sport comme outil de soft power d’un pays paria. Doctrines de la Russie de Poutine Dés-occidentaliser le sport : la stratégie russe de Poutine face aux Jeux olympiques Doctrines de la Russie de Poutine 4 août 2024 Cet été, la Russie ne diffuse pas les Jeux olympiques de Paris 2024 — et les 15 athlètes russes à Paris jouent sans bannière et sans hymne. Mais en juin, la ville de Kazan a accueilli les Jeux des BRICS — l’une des alternatives pour faire exister le sport russe hors des cadres internationaux dont il aurait été «  cancel  » à la suite du scandale du dopage et de l’invasion de l’Ukraine. Dans la fabrique russe du sport «  du futur  », nous traduisons un texte clef de l’un des penseurs de ce modèle, au service du projet politique de Poutine. Jeux olympiques de Paris 2024 JO de Paris 2024 : les plus belles images de la cérémonie d’ouverture Jeux olympiques de Paris 2024 27 juillet 2024 Clivante, époustouflante, historique. Malgré la pluie et le ciel gris, la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024 a d’ores et déjà cassé les codes et les records du genre  : elle fera date. Avant de l’étudier, voici les images iconiques qu’il ne fallait pas louper hier soir. Jeux olympiques de Paris 2024 JO 2024 : de Paris à Paris, les affiches des Jeux Olympiques dans le temps Jeux olympiques de Paris 2024 26 juillet 2024 De 1900 à 2024, les affiches des Jeux olympiques véhiculent un imaginaire. Au fil des années, les images s’épurent et le graphisme devient un message. Mais la question est toujours la même  : comment imprimer sa marque et faire événement dans un siècle saturé d’images  ? Une rétrospective. Élections américaines 2024 Retrait de Joe Biden : les mots du Président des États-Unis Élections américaines 2024 21 juillet 2024 Une semaine après la tentative d’assassinat contre Donald Trump, dans une lettre publiée sur les réseaux sociaux, Joe Biden a annoncé se retirer de la course pour la présidentielle américaine. Nous la traduisons en apportant des éclairages sur les conséquences que pourrait avoir cette décision — inédite par sa temporalité — sur une campagne déjà hors du commun. Livres Littérature européenne : la sélection d’été du Grand Continent Livres 21 juillet 2024 Charles Quint prend le large. Tallinn se vide. On intrigue à Paris. Pour accompagner votre été, nous avons sélectionné 22 récits curieux et nouveaux parus en allemand, espagnol, italien, français et polonais. La sélection des candidats en lice pour le Prix Grand Continent sera annoncée à l’automne. Politique La « paix » façon Viktor Orbán. Son plan en 10 points Politique 19 juillet 2024 Depuis le début de la présidence hongroise de l’Union, Viktor Orbán se rêve en «  faiseur de paix  ». Après avoir rencontré Xi, Poutine et Trump, il a écrit une lettre au président du Conseil européen Charles Michel — un briefing en dix points où il détaille son plan. Entre provocation et défi, le lire aide à mieux comprendre pourquoi la tournée diplomatique d’Orbán était aussi un exercice de géopolitique interne. Élections européennes 2024 Ursula von der Leyen : le programme d’une réélection Élections européennes 2024 18 juillet 2024 Ursula von der Leyen devait faire aujourd’hui un exercice d’équilibriste  : marquer un cordon sanitaire avec les forces à la droite du Parti populaire et réunir les 361 voix nécessaires à sa réélection à partir de la droite, du centre et d’une partie de la gauche. Devant les eurodéputés réunis à Strasbourg, dans un discours d’une heure, la présidente de la Commission a présenté un programme pour les cinq prochaines années. Nous le commentons ligne à ligne. Élections américaines 2024 Les États-Unis face au spectre de la guerre civile. Sociologie de la violence politique après la tentative d’assassinat de Donald Trump Élections américaines 2024 15 juillet 2024 «  Par la violence, les États-Unis sont entrés dans l’ère du conflit civil permanent.  » Juste avant la tentative d’assassinat contre Trump, Robert Pape avait alerté les services de sécurité sur le risque accru de violence politique pendant cette campagne. Après Butler, nous revenons avec lui sur l’ampleur de la menace et tentons de comprendre les causes d’un passage à l’acte qui est en train de faire basculer la campagne. Les législatives 2024 à l’échelle pertinente Législatives : « Je partira pas » : l’IA au service de la viralité raciste Les législatives 2024 à l’échelle pertinente 2 juillet 2024 Depuis quelques jours, une petite musique xénophobe est devenue la bande son de l’extrême droite aux législatives. De Mila à Zemmour, comment comprendre le succès de «  Je partira pas  », hymne ouvertement raciste et prônant la «  remigration  », dopé à l’IA générative et régulièrement supprimé puis re-téléchargé sur les plateformes  ? Politique La Russie des Le Pen : un album de famille Politique 29 juin 2024 Des prêts bancaires aux anniversaires et autres visites de courtoisie, les liens du Rassemblement National avec la Russie sont connus. Mais au-delà de Poutine, la famille Le Pen a depuis longtemps côtoyé les franges les plus radicales de la politique russe, y compris après l’annexion de la Crimée. Quelques clichés d’un vieil album de famille. Politique L’agenda stratégique de l’Union pour 2024-2029 : texte intégral Politique 28 juin 2024 Huit pages pour se donner un cap. Tous les cinq ans, un document aussi important que peu connu est adopté par le Conseil européen. Fruit d’un compromis, reflet aussi bien des crises persistantes que des pouvoirs en place, l’agenda stratégique 2024-2029 connaîtra peut-être des inflexions — mais il fixe des objectifs quinquennaux et présente quelques nouveautés. Il doit être étudié de près. Une première lecture. Politique Poutine à Pyongyang : simulacres de l’autre monde Politique 20 juin 2024 À l’heure de Tik Tok et de la campagne permanente dans l’année des grandes élections, les images de la rencontre Kim-Poutine nous plongent dans un autre temps. Quel statut donner aux instantanés de cette scénographie  ? Derrière ces clichés qui nous assaillent par leur non-contemporanéité intrigante, il y a une alliance militaire vitale pour Poutine dans sa guerre contre l’Ukraine. Doctrines de la Russie de Poutine Remplacer l’Occident : un infléchissement de la doctrine Poutine Doctrines de la Russie de Poutine 16 juin 2024 Devant les engrenages technocratiques de la diplomatie russe, Vladimir Poutine a prononcé ce vendredi un discours important qui actualise le concept stratégique de la Russie  : de l’arsenalisation du Sud Global à une nouvelle ouverture aux «  peuples d’Europe  » et aux forces politiques qui auraient remporté les Européennes du 9 juin — jusqu’à une «  proposition de cessez-le-feu  » qui lui permettrait d’avaler un quart du territoire ukrainien. Capitalismes politiques en guerre Mario Draghi : une stratégie industrielle pour l’Europe Capitalismes politiques en guerre 14 juin 2024 Face aux États-Unis, face à la Chine, «  nous devrons donc croître plus vite et mieux. Et le principal moyen de parvenir à une croissance plus rapide est d’augmenter notre productivité.  » Depuis le monastère de Yuste — la retraite de l’empereur Charles Quint — Mario Draghi vient de prononcer un discours clef. Nous le traduisons pour la première fois en français. Élections européennes 2024 Macron : « Je dissous donc ce soir l’Assemblée nationale ». L’annonce intégrale Élections européennes 2024 9 juin 2024 Jamais, en France, des élections européennes n’avaient à ce point bouleversé le paysage politique national. Face aux résultats attendus mais historiques du Rassemblement National, le président de la République a pris la parole. Le coup de tonnerre de la décision de dissolution de l’Assemblée nationale ouvre une nouvelle phase d’incertitude. Nous publions le verbatim de cette annonce. Numérique En Chine, Internet est en train de disparaître Numérique 2 juin 2024 «  Si Internet est l’avenir de la civilisation, alors notre génération n’aura pas d’histoire — parce qu’Internet n’aura laissé de nous aucune trace.  » On a longtemps cru qu’Internet serait la plus puissante des bibliothèques. La mémoire exhaustive de l’humanité. Le web chinois, dont les contenus sont désormais davantage produits et consommés depuis des téléphones, démontre le contraire  : Internet n’archive rien. He Jiayan dissèque une révolution aux conséquences aussi violentes que souterraines. Politique L’Eurafrique vue du smartphone : l’immigration selon « Mafia Nigeriana » de Giorgia Meloni Politique 25 mai 2024 Cannibalisme, meurtres rituels, prostitution enfantines. Dans un livre publié en 2019 avec un journaliste et une criminologue controversés, Giorgia Meloni, alors députée de l’opposition, exposait clairement sa vision raciste de l’immigration. Trois ans avant de lisser l’image de son parti, des extraits commentés de ce texte permettent de saisir la persistance des obsessions coloniales et racialistes de l’extrême droite européenne. Doctrines de la Chine de Xi Jinping Xi à Belgrade : le printemps chinois de la Serbie Doctrines de la Chine de Xi Jinping 11 mai 2024 «  Lorsque l’été arrive, tous les êtres fleurissent.  » Même en Europe, la visite de Xi en Serbie a pu surprendre. Pourtant, le choix de ce pays isolé sur le continent, avant-poste chinois en Europe au plan économique et militaire, ne doit rien au hasard—le moment de la visite non plus. Pour comprendre l’exercice diplomatique, il faut lire les mots signés par Xi Jinping à cette occasion. Politique La doctrine Lammy, une conversation avec le ministre britannique des Affaires étrangères Politique 6 mai 2024 «  Réalisme progressiste.  » Pour le prochain cycle politique au Royaume-Uni, David Lammy est celui que Keir Starmer, a désigné pour être chef de la diplomatie britannique si le Labour remporte les élections. Dans un entretien fleuve avec le Grand Continent, il esquisse pour la première fois son plan d’action et sa doctrine globale, de l’Ukraine à Gaza en passant par l’Indo-Pacifique — et la recherche d’une coopération plus intégrée avec l’Union. Doctrines de la Chine de Xi Jinping Les secrets de Li Hui : au cœur de la doctrine russe de Xi Jinping Doctrines de la Chine de Xi Jinping 4 mai 2024 La première visite de Vladimir Poutine depuis sa réélection fabriquée sera en Chine. Il y rencontrera Xi pour la 43e fois. Pour comprendre sur quoi repose leur alliance particulière, nous traduisons et commentons pour la première fois en français le texte clef de Li Hui, artisan de la doctrine russe de Pékin pendant 44 ans—et aujourd’hui «  super-diplomate  » chargé de mettre en œuvre le plan chinois pour la paix en Ukraine. Ukraine : la guerre deux ans après Les sept piliers de la diplomatie en temps de guerre selon Dmytro Kouleba Ukraine : la guerre deux ans après 29 avril 2024 Pas de tabou, pas de formalité, pas de «  plan B  ». Peut-on encore être diplomate lorsque son pays est en guerre totale  ? Depuis plus de deux ans, la diplomatie ukrainienne disrupte les canaux usuels de la conversation westphalienne, définissant un style et une direction singulières qui ont permis à Kiev d’obtenir des résultats concrets. En 7 points, le ministre des Affaires étrangères Dmytro Kouleba définit sa méthode. Politique Bâtir un nouveau paradigme. Le discours intégral d’Emmanuel Macron à la Sorbonne Politique 25 avril 2024 «  Nous devons être lucides sur le fait que notre Europe, aujourd’hui, est mortelle. Elle peut mourir. Elle peut mourir et cela dépend uniquement de nos choix.  » Nous publions la version intégrale du discours du président de la République, dans toutes les langues de la revue. La guerre en Ukraine au jour le jour « En Ukraine, la mobilisation devrait commencer dès l’âge de 20 ans. Nous avons perdu trop de temps. » La guerre en Ukraine au jour le jour 18 avril 2024 Taras Chmut est une personnalité importante en Ukraine. Analyste militaire, vétéran du front au Donbass, à la tête d’une organisation caritative extrêmement reconnue — sa parole porte de la société civile à l’état-major. Dans un entretien de fond, partagé et commenté des centaines de milliers de fois, il propose son analyse de l’évolution du front et explique pourquoi la clef stratégique réside dans un changement majeur  : l’abaissement substantiel de l’âge de la mobilisation. Capitalismes politiques en guerre « Un changement radical est nécessaire ». L’Union revue par Mario Draghi Capitalismes politiques en guerre 16 avril 2024 «  Notre organisation, notre processus décisionnel et notre financement ont été conçus pour le monde d’avant—avant le Covid-19, avant l’Ukraine, avant l’embrasement au Moyen-Orient, avant le retour de la rivalité entre grandes puissances. Or nous avons besoin d’une Union européenne adaptée au monde d’aujourd’hui et de demain. C’est pourquoi je propose un changement radical—car un changement radical est nécessaire.  » Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après Contre l’Iran, Israël prépare sa riposte. Les mots du Chef d’état-major Halevi Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après 15 avril 2024 La mise en scène est particulièrement soignée. Le Chef d’état-major Herzi Halevi parle depuis la base aérienne de Nevatim, dans le sud du pays. Selon la propagande iranienne, l’attaque du 13-14 avril l’aurait mise hors d’état de nuire. En réalité, elle paraît prête. Prête pour quoi  ? «  L’Iran fera face à une riposte  » dit le plus haut gradé de l’armée israélienne. Nous traduisons ses mots prononcés en hébreu dans la soirée du 15 avril et diffusés largement en Israël. Il faut les lire avec attention alors que Tel Aviv prépare un plan. Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après Le monde face à l’attaque de l’Iran sur Israël. Cartographie des réactions [carte exclusive] Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après 15 avril 2024 Lundi 15 avril à 20h30 (Paris), près de 100 pays ont publiquement communiqué leur position relative à l’attaque iranienne ayant visé le territoire israélien dans la nuit du 13 au 14 avril. Nous les analysons en produisant une première carte inédite. Asie Intermédiaire Pourquoi l’Iran a attaqué Israël ? Comprendre la doctrine de « la nouvelle équation » Asie Intermédiaire 14 avril 2024 Pour la première fois dans l’histoire, la République islamique a attaqué Israël depuis son territoire. «  Une nouvelle équation a été établie avec cette opération  : si le régime sioniste attaque, il sera contre-attaqué depuis l’Iran.  » La guerre de l’ombre est-elle en train de changer de nature  ? Nous traduisons pour la première fois en français la position du militaire du plus haut rang de l’armée iranienne, Mohammed Hossein Baqeri. La Russie d'après Vladimir Kara-Murza : « Contre Poutine, je suis fier que tant de Russes n’aient pas eu peur » La Russie d'après 11 avril 2024 En appel de sa condamnation, l’opposant Vladimir Kara-Murza n’a pas eu le droit de s’adresser physiquement au tribunal. Des profondeurs de la colonie pénitentiaire où l’a enfermé illégalement le régime de Poutine pour avoir critiqué la guerre, il a envoyé une déclaration écrite. Son message est simple et doit être entendu  : Poutine ne représente pas ces Russes qui résistent. Face au dictateur, il y aura une Russie d’après. Politique L’immense succès du Brexit : une fantasmagorie conservatrice Politique 29 mars 2024 Des lendemains qui chantent… Aujourd’hui, 29 mars, cela fait exactement sept ans que le Royaume-Uni, à l’époque dirigé par Theresa May, a déclenché l’article 50 du traité de l’Union européenne. Pour l’occasion, nous vous proposons une plongée dans l’imaginaire pro-Brexit avec la traduction inédite de ce texte de Daniel Hannan, qui fut l’un de ses militants les plus enragés  : trois jours avant le vote, il y décrivait le Royaume-Uni de 2025 comme un pays de cocagne. Une lecture nécessaire pour saisir la vision du monde qui continue de dominer le parti conservateur britannique. Géopolitique de l'interrègne : partages de la Terre Qui est pour Poutine ? Cartographier les réactions mondiales au vote en Russie [Carte mise à jour à 19h00 Paris] Géopolitique de l'interrègne : partages de la Terre 18 mars 2024 Qui a félicité Poutine  ? Qui a contesté les résultats d’une élection fabriquée  ? De l’Inde à la Turquie, de l’Union européenne au Vatican, le vote en Russie est une occasion unique pour étudier le positionnement de ses alliés et de ses adversaires. Nous publions une carte et une série de tableaux synthétiques, les premiers dans leur genre, pour analyser les réactions de l’ensemble des États le 21 mars à 19h00 (Paris) à la réélection de Vladimir Poutine. Élections Fabriquer le triomphe de Poutine : 42 images d’une farce démocratique Élections 18 mars 2024 Pour pénétrer dans les contradictions du système qui a permis à Poutine d’obtenir plus de 88  % des voix, il suffit d’analyser d’un œil critique les nombreuses images des Russes aux urnes qui circulaient sur Telegram et les médias du régime. On en tire une leçon  : c’est parce que le processus est une farce que le carnaval devient la seule forme d’engagement possible avec l’élection. Doctrines de la Russie de Poutine Poutine 2030 : dans les guerres sans fin, la promesse d’une Russie normale Doctrines de la Russie de Poutine 17 mars 2024 Pas d’opposition, pas de campagne. Le 29 février dernier, devant l’Assemblée fédérale de Russie, Poutine n’a pas menacé le monde d’une attaque nucléaire. Il s’est d’abord adressé aux Russes qui votent aujourd’hui — et qui le rééliront majoritairement. Alors que la Russie est prise dans une guerre qui s’étend à l’Ouest, Poutine multiplie les annonces chimériques et promet aux Russes une vie normale. Élections américaines 2024 State of the Union : face à Trump, Joe Biden a un plan pour 2025 Élections américaines 2024 8 mars 2024 Joe Biden veut briser l’élan de Trump. Hier, devant le Congrès, il a dynamité l’exercice d’ordinaire plutôt policé du discours sur l’état de l’Union. Alternant entre bilan et programme, il a engagé une bataille au corps à corps contre Trump — sans jamais le nommer. Nous traduisons et commentons cette offensive inattendue, qui pourrait accélérer le rythme de la campagne. Économie Draghi : l’Europe dans les fractures de la mondialisation Économie 19 février 2024 «  Notre modèle de mondialisation comportait une faiblesse fondamentale  ». Dans une leçon qu’il vient de prononcer à Washington, l’ancien Banquier central propose une analyse et un diagnostic. «  En Europe, nous pouvons également aller plus loin en finançant plus d’investissements collectivement au niveau de l’Union  ». Nous la traduisons pour la première fois en français. Ukraine : la guerre deux ans après Cartographier la guerre en Ukraine : de l’invasion échouée au front bloqué Ukraine : la guerre deux ans après 16 février 2024 Après presque deux ans de guerre à grande échelle, la ligne de front en Ukraine ne bouge plus. L’affaiblissement du soutien militaire occidental contraint Kiev à la guerre d’attrition — en face, Poutine a mis la Russie en économie de guerre. Comment cette nouvelle donne s’exprime-t-elle sur le front  ? Nous vous proposons une rétrospective en dix cartes revenant sur les principales phases de la guerre depuis février 2022. Guerre Borrell à Kiev : l’Europe doit soutenir l’Ukraine « quoi qu’il en coûte » Guerre 12 février 2024 « L’état naturel des choses reste la lutte entre grandes puissances. Dans le monde d’aujourd’hui, la géopolitique revient et la Russie n’a pas oublié sa propre illusion impériale. C’est pourquoi votre guerre a été une prise de conscience pour l’Union européenne. Depuis le 24 février 2022, cette guerre n’est donc pas seulement pour la plupart d’entre nous une question d’assistance militaire et financière, c’est surtout une révolution dans nos mentalités… Maintenant, nous devons également modifier l’ensemble du cadre institutionnel de l’Union européenne pour l’adapter à cette nouvelle réalité géostratégique. L’UE n’est plus là pour faire la paix entre nous, mais pour faire face aux défis qui se présentent à nos frontières. » La guerre en Ukraine au jour le jour Pour l’Ukraine, les conditions de la victoire ont changé : comprendre la doctrine Zaloujny La guerre en Ukraine au jour le jour 4 février 2024 La stratégie de Zelensky a-t-elle vécu  ? Pour le Commandant en chef des forces ukrainiennes, Valeri Zaloujny, il faut à tout le moins prendre acte d’une réalité qui s’est récemment imposée à l’Ukraine  : les conditions de la victoire ont changé. Face à la diminution de l’aide militaire, Kiev doit désormais «  trouver son propre chemin  ». Nous introduisons et commentons ce texte clef. Doctrines de la Russie de Poutine « Cette guerre a commencé parce qu’un type botoxé se prenait pour un empereur », un volontaire russe en Ukraine Doctrines de la Russie de Poutine 24 janvier 2024 Peu de récits témoignent de l’expérience combattante russe en Ukraine. Par conviction, par fantasme ou simplement par désespoir, les «  volontaires  » de Poutine sont entraînés dans l’horreur et l’absurdité d’une guerre impériale. Nous publions le témoignage glaçant et les mots — parfois choquants — de l’un d’eux, qui a réussi à fuir le front. L'Inde de Modi : doctrines, géopolitique, rivalités L'Inde de Modi dans l'année des grandes élections Ayodhya, le temple de l’élection : en Inde, Modi attaque sa campagne L'Inde de Modi : doctrines, géopolitique, rivalités L'Inde de Modi dans l'année des grandes élections 22 janvier 2024 En inaugurant le temple de Ram à Ayodhya, Narendra Modi a consacré l’aboutissement du nationalisme religieux du BJP à partir d’un lieu au cœur de toutes les tensions. Il a également lancé avec fracas la campagne électorale. Images et contexte d’un tournant politique. Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après Une paix entre Israël et la Palestine : les 10 points de Borrell Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après 22 janvier 2024 Aujourd’hui s’ouvre à Bruxelles un Conseil des Affaires étrangères. Son principal sujet  : la situation au Moyen Orient. À la manœuvre  : le Haut Représentant Josep Borrell, qui a posé sur les tables ministérielles un plan en 10 points pour la Paix. Comment a-t-il été élaboré  ? Nous en traduisons et expliquons les principaux paramètres. Élections américaines 2024 « Avec Trump la démocratie est en jeu » : l’entrée en campagne de Joe Biden Élections américaines 2024 7 janvier 2024 L’élection américaine de 2024 a déjà commencé. Au centre de la campagne, il y aura une question vertigineuse  : de quel côté se situe la démocratie  ? Dans son premier discours fleuve, Joe Biden expose ce qui sera le cœur de sa stratégie  : face à Trump, il est le vrai défenseur de l’Amérique et de la démocratie. Nous le traduisons et commentons pour la première fois. Sommet Grand Continent L’Europe entre deux guerres Sommet Grand Continent 3 janvier 2024 De l’Ukraine à Gaza, des bombes s’abattent sur un monde fracturé. 2023 fut l’année des deux guerres  ; 2024 sera celle des élections. Un diagnostic sur l’Europe au tournant signé Josep Borrell au Sommet Grand Continent. La Pologne après une élection historique La doctrine Tusk La Pologne après une élection historique 15 décembre 2023 La Pologne a un nouveau Premier ministre. Mardi 12 décembre, Donald Tusk a prononcé un long discours avant l’investiture de son gouvernement de coalition. Il a alors paru déterminé à engager une refondation politique et géopolitique pour son pays. Alors que la guerre prend un tour inquiétant, la doctrine Tusk ouvre de nouvelles perspectives pour l’Europe et pour l’Ukraine. Une traduction commentée, à lire et à discuter. In Memoriam Henry Kissinger en 10 livres In Memoriam 30 novembre 2023 Henry Kissinger vient de s’éteindre. Diplomate le plus marquant du XXe siècle, il était aussi un universitaire et écrivain qui a marqué la pensée des relations internationales. De sa thèse sur Metternich et Castlereagh à ses réflexions sur l’ascension de la Chine, en passant par Diplomatie et des enregistrements sur la Chine et l’Union soviétique, nous avons sélectionné une dizaine de titres qui permettent de saisir son apport. In Memoriam 10 livres pour se souvenir de l’œuvre d’Emmanuel Le Roy Ladurie In Memoriam 23 novembre 2023 Emmanuel Le Roy Ladurie vient de s’éteindre. Héritier de l’École des Annales, figure emblématique de la Nouvelle Histoire, précurseur de l’histoire du climat, statisticien hors pair et grand pédagogue, il fut l’un des historiens français les plus influents de la deuxième moitié du XXe siècle. Pour se retrouver dans une œuvre pléthorique, nous avons sélectionné dix ouvrages qui donnent une idée de l’ampleur des recherches et des questionnements qu’il nous lègue. Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après Israël-Hamas : 40 jours de guerre. Une chronologie de la guerre de Soukkot Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après 16 novembre 2023 Quarante jours après l’attaque du Hamas contre Israël, la guerre de Soukkot reste de haute intensité et son bilan continue de s’alourdir. Dans cette chronologie, nous revenons sur les images, parfois choquantes, qui rythment ce conflit. Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après Israël-Hamas : le plan de l’Arabie Saoudite pour peser sur l’après Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après 14 novembre 2023 L’Arabie saoudite veut porter la voix des pays arabes dans la guerre de Soukkot. Comment  ? En s’attaquant en premier lieu au système international dominé par l’Occident, qu’elle accuse d’avoir échoué. Nous traduisons pour la première fois en français les propos du ministre des Affaires étrangères du royaume qui articule la nouvelle doctrine de Riyad dans un monde post-Soukkot. Politique Roberta Metsola : un discours fondateur Politique 31 octobre 2023 Partout la guerre s’étend. Dans huit mois auront lieu les élections européennes. À la Sorbonne, Roberta Metsola a prononcé un discours fondateur sur les défis qui attendent une Union qui navigue en eaux tumultueuses. Un texte à lire. Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après Invasion terrestre : une chronologie en images des trois premières semaines de guerre Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après 28 octobre 2023 La guerre de Soukkot est entrée dans une nouvelle phase dans la nuit du 27 au 28 octobre, trois semaines après l’attaque du Hamas contre Israël. Avec une chronologie richement illustrée, nous revenons sur les trois premières semaines du conflit. Femmes en lutte Narges Mohammadi : « la torture blanche », un inédit de la Prix Nobel de la Paix 2023 Femmes en lutte 21 octobre 2023 Narges Mohammadi, prix Nobel de la Paix, n’a cessé de souffrir dans les prisons du régime iranien. Dans ce texte inédit en français, elle décrit ce monde carcéral, absurde et violent. Un témoignage essentiel, à lire absolument. Doctrines de la Chine de Xi Jinping Xi Jinping : un nouvel empire bienveillant. L’économie ouverte selon Pékin Doctrines de la Chine de Xi Jinping 18 octobre 2023 «  Couvrant la terre, les océans, le ciel et Internet, notre réseau a stimulé les flux de marchandises, de capitaux, de technologies et de ressources humaines entre les pays et a insufflé une nouvelle vitalité à la route de la soie, vieille de plusieurs millénaires.  » Pour comprendre comment Pékin déploie sa grande figure de style au reste du monde, nous proposons la première traduction introduite et commentée du discours de Xi au Forum des Nouvelles routes de la soie. Guerre Terrorisme ? Lutte armée ? Insurrection ? 18 livres pour mettre du fond dans un débat sorti de ses gonds Guerre 13 octobre 2023 Une tragédie a aujourd’hui frappé la France. Sept jours après le déclenchement de l’opération «  Déluge Al-Aqsa  », on ne peut pas penser à l’ombre portée de la guerre de Soukkot, qui secoue le monde. Pour saisir le phénomène terroriste, nous vous proposons une liste d’ouvrages pour comprendre ses sources, et tenter de mieux appréhender cette violence qui nous dépasse. Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après Lectures Israël, Hamas : la guerre de Soukkot en perspective. Conseils de lecture Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après Lectures 10 octobre 2023 La guerre déclenchée le samedi 7 octobre 2023 par le Hamas est en train de faire entrer la région dans une nouvelle ère. Pour tenter de la mettre en perspective, il faut repasser par le temps du livre. Dans une liste de lectures non exhaustive, nous sélectionnons 19 références pour aider à dessiner le grand contexte du conflit. Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après Vu de Jérusalem  : Netanyahou responsable de l’échec d’Israël, selon Haaretz Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après 9 octobre 2023 En Israël, l’union nationale prévaut pour l’instant face à l’attaque terroriste engagée par Hamas. Seul Haaretz a choisi de rompre cette trêve politique pour attaquer très violemment Benyamin Netanyahou, le premier ministre israélien. Son argumentaire en deux temps en fait le principal responsable d’une situation que le mouvement islamiste a pu exploiter. Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après Israël : la guerre de Soukkot a commencé. Premières leçons stratégiques et scénarios Israël, Hamas : le 7-Octobre deux ans après 7 octobre 2023 Ce matin, le Hamas a lancé une offensive sans précédent. Une guerre commence, à grande échelle. Elle sera suivie probablement d’une opération terrestre d’envergure par les forces israéliennes — jusqu’où  ? Pour comprendre pourquoi la surprise a été un élément clef de la stratégie du Hamas et quelles pourraient être les prochaines étapes, nous interrogeons, à chaud, Azar Gat, professeur à l’université de Tel Aviv et spécialiste de l’histoire et de la stratégie militaires. Femmes en lutte Narges Mohammadi, prix Nobel de la Paix : une lettre inédite depuis la prison des femmes Femmes en lutte 6 octobre 2023 Dans la section 209 de la prison d’Evin, des femmes arrivent mutilées, choquées. Narges Mohammadi, à qui vient d’être décerné le prix Nobel de la Paix, est elle aussi emprisonnée là-bas. Dans cette lettre d’août, pour la première fois traduite en français, elle raconte le quotidien de cette terreur ordinaire — et lance un appel aux femmes en lutte du monde entier. Politique Mark Milley contre Donald Trump : le général et l’apprenti dictateur Politique 3 octobre 2023 Avec une liberté de ton qui souligne la dimension historique du moment, le chef d’État-Major des armées américaines sur le départ, Mark Milley, a remis Donald Trump à sa place — suggérant qu’il était un «  apprenti dictateur  ». Nous avons traduit et commenté ce discours qui déploie un éloge appuyé de l’armée américaine, avec laquelle Milley entretient un lien généalogique. Dans un pays de plus en plus divisé, le cœur des États-Unis battrait-il sous l’uniforme  ? La guerre en Ukraine au jour le jour Poutine arsenalise tout. Le discours de Zelensky à l’ONU sur la guerre d’Ukraine La guerre en Ukraine au jour le jour 20 septembre 2023 Poutine a fait du monde son champ de bataille. Le front de l’Ukraine n’est qu’un moyen, une arme dans une guerre qui s’étend. Face au verrou onusien, Zelensky propose une autre compréhension de l’affrontement, au-delà des termes militaires. Pour la première fois en français, nous traduisons son appel à l’unité contre l’arsenalisation du monde. Politique « S’élargir à partir de 2030 » : le discours de Charles Michel à Bled Politique 28 août 2023 Ce sera la question politique essentielle jusqu’aux élections européennes de juin prochain — et probablement encore après. Quelle forme prendra le prochain élargissement de l’Union européenne  ? C’est ce sujet crucial que le Président du Conseil européen, Charles Michel, a décidé d’affronter dans un discours essentiel, prononcé au Forum stratégique de Bled. Nous le traduisons et le commentons ligne à ligne. Doctrines de la Chine de Xi Jinping Le nouvel ordre des BRICS « Nous, pays des BRICS », le discours de Xi Jinping à Johannesburg Doctrines de la Chine de Xi Jinping Le nouvel ordre des BRICS 26 août 2023 Les BRICS s’élargissent  ; la doctrine chinoise s’étend. Alors que son pays fait face à une crise de son modèle économique depuis le début de l’année, Xi Jinping veut marteler un message simple  : les BRICS sont l’avenir  ; leur stratégie est chinoise. Pour comprendre les ressorts de cette rhétorique, nous commentons chaque paragraphe de son discours ligne à ligne, pour la première fois en français. Guerre Prigojine : 12 masques pour un théâtre de la cruauté [images choquantes] Guerre 24 août 2023 Le chef de Wagner a-t-il été assassiné  ? Comme toujours quand on s’approche de Poutine, le brouillard s’épaissit, le vrai n’est qu’une des nuances du faux. De traiteur du Kremlin à illustrateurs pour enfants, Evgueni Prigojine a déployé un théâtre de la cruauté de Bamako à Bakhmout, entre geôles, hôtels miteux, palaces d’oligarques et décombres d’un Empire… Quand la vérité disparaît, il reste la vérité des masques. Les voici. Oppenheimer : écrits choisis Oppenheimer à l’ombre du dieu Bohr Oppenheimer : écrits choisis 6 août 2023 Oppenheimer  : écrits choisis | Épisode 8 Un mot circulait parmi les étudiants de Berkeley  : que la théorie atomique était la Bible, que Bohr était Dieu — et Oppenheimer son prophète. Entre 1963 et 1964, le père de la bombe consacre une série de conférences au maître de la physique atomique. Il y décrit longuement la clairvoyance et les espoirs du physicien danois sur le problème de la bombe atomique de son séjour à Los Alamos jusqu’à sa mort en novembre 1962. Oppenheimer : écrits choisis « Un Ecclésiaste du vingtième siècle », Einstein par Oppenheimer Oppenheimer : écrits choisis 5 août 2023 Oppenheimer  : écrits choisis | Épisode 7 Dix ans après la mort d’Albert Einstein, Oppenheimer lui rend hommage dans un éloge funèbre d’une grande finesse. Essayant d’embrasser toutes les facettes de ce personnage complexe, de sa carrière scientifique à son immense charisme, il esquisse aussi son autoportrait — moins de deux ans avant sa propre mort. Prix Grand Continent Prix Grand Continent : sélection d’été Prix Grand Continent 4 août 2023 Un été en récits européens. Pour sa sélection estivale 2023, le Prix Grand Continent vous présente 25 fictions européennes en français, italien, polonais, espagnol et allemand. La première sélection des candidats en lice sera annoncée à l’automne. Oppenheimer : écrits choisis La doctrine Oppenheimer Oppenheimer : écrits choisis 4 août 2023 Oppenheimer  : écrits choisis | Épisode 6 «  Les Américains sont des nomades  » 1957. Au MIT, Oppenheimer réfléchit à la position intellectuelle et stratégique de son pays dans le monde de la Guerre froide  : pourquoi une société si hégémonique peut-elle se retrouver en crise  ? Le problème le plus profond dans la confrontation avec l’Union soviétique est «  cognitif  » — et Washington n’a pas de doctrine pour y répondre. Oppenheimer : écrits choisis « J’ai eu des doutes », deux conversations avec Robert Oppenheimer Oppenheimer : écrits choisis 3 août 2023 Oppenheimer  : écrits choisis | Épisode 5 Lire Oppenheimer — l’écouter, aussi. Contrairement à une idée reçue, le père de la bombe n’a jamais regretté son invention, du moins publiquement. Conscient de ses effets sur l’humanité, il a tenté de l’expliquer, de la justifier et de l’articuler avec une pratique idéalisée de la science. Au milieu de notre série estivale de textes choisis, nous vous proposons aujourd’hui d’entendre ses réponses. Oppenheimer : écrits choisis Géopolitiques d’Oppenheimer Oppenheimer : écrits choisis 2 août 2023 Oppenheimer  : écrits choisis | Épisode 4 1953. Comment penser la démocratie et les relations internationales à l’âge atomique  ? Dans les colonnes de Foreign Affairs, J. Robert Oppenheimer propose un nouvel instrument  : la franchise — meilleure manière selon lui de préserver la cohésion interne du pays tout en assurant sa sécurité face à une Union soviétique toujours plus menaçante. Cette vision transversale — géopolitique externe et diplomatie interne — de la politique à l’ère nucléaire est à découvrir dans ce nouvel épisode de notre série d’été consacrée aux complexités du père de la bombe atomique. Oppenheimer : écrits choisis « Une nature étrangement prométhéenne », Oppenheimer après Hiroshima Oppenheimer : écrits choisis 1 août 2023 Oppenheimer  : écrits choisis | Épisode 3 Novembre 1945. Il n’y a que quelques mois que Little Boy et Fat Man ont touché le sol japonais — changeant la face du monde. À l’université de Pennsylvanie, devant un parterre de scientifiques et de savants, Oppenheimer tente de mettre en mots ce qui commence à se jouer, esquissant pêle-mêle  : une épistémologie, une stratégie et une politique pour la puissance atomique. Il faut lire cette nouvelle archive de notre série d’été comme un discours grave autant qu’hésitant, qui permet de revenir aux sources de la tragédie Oppenheimer. Oppenheimer : écrits choisis Oppenheimer inédit : l’impossible contrôle international de l’atome Oppenheimer : écrits choisis 29 juillet 2023 1948, les États-Unis sont encore le seul pays du monde à détenir le secret de la bombe. Dans Foreign Affairs, l’ancien directeur du laboratoire de Los Alamos en charge du Projet Manhattan réfléchit aux principales raisons de l’échec de la coopération internationale en matière d’énergie atomique. Soixante-quinze ans plus tard, Oppenheimer est devenu un héros hollywoodien tandis que la centrale nucléaire de Zaporijjia est l’objet d’un chantage apocalyptique du Kremlin depuis un an. Pouvons-nous vraiment contrôler ce qui nous peut nous détruire  ? Premier épisode de notre première série d’été  : «  Oppenheimer, écrits choisis  », à retrouver cette semaine dans nos pages. La Russie d'après Poutine, la guerre La Russie d'après 11 juillet 2023 En 2015 un rapport de vingt pages faisait trembler Poutine. Son principal auteur, un opposant de long cours au régime, venait d’être assassiné de quatre balles à quelques mètres du Kremlin. Censuré, interdit de circulation, ce texte fouillé démontrait la relation inextricable du régime de Poutine avec une guerre sans fin. Penser ou imaginer la Russie de l’après , c’est commencer par lire et relire Boris Nemtsov et son rapport prophétique. Guerre Poutine : l’épreuve de force d’un chef de gang Guerre 27 juin 2023 Cette semaine, le président de la Russie a un nouveau visage — non plus celui qui menace ou qui massacre les traîtres, mais celui qui temporise, qui concède et qui louvoie. Dans le chaos d’une guerre qui s’étend jusqu’au Kremlin, la politique devient elle aussi une simple épreuve de force et Poutine, un chef de gang de plus en plus au pied du mur — qui prononce ces mots rapides que nous traduisons et commentons ligne à ligne. Guerre La « guerre civile » commence en Russie Guerre 24 juin 2023 Hier dans la nuit, le chef de la milice Wagner, l’ancien cuisinier du Kremlin Evgueni Prigojine, s’est soulevé contre son maître. C’est un pronunciamento  : une milice de plus en plus centrale dans l’ordre de l’État se lance à l’assaut du Kremlin. Il en appelle à l’armée et à la population russe pour renverser Vladimir Poutine. Dans ce brouillard où rien n’est sûr, nous traduisons et commentons son discours solennel de ce matin — sa première contre-attaque. Guerre La guerre étendue vue de Washington Guerre 20 juin 2023 Une rébellion contre l’ordre mondial. La pax americana a-t-elle pris fin le 24 février 2022  ? Après le choc de l’Ukraine, Fiona Hill appelle la diplomatie des États-Unis à s’inspirer de certains de ses partenaires européens, et à manœuvrer à la manière d’un kayak inuit dans un monde accidenté — plutôt que d’avancer comme un supertanker. Économie De la concurrence au conflit : Mario Draghi sur l’inflation et la guerre en Ukraine Économie 15 juin 2023 «  Alors que nous étions occupés à célébrer la fin de l’histoire, l’histoire préparait son retour.  » Dans son premier discours public depuis qu’il a quitté la tête du gouvernement, Mario Draghi tente de qualifier l’ère actuelle  : sur les cendres de la mondialisation des années 1990, une guerre qui s’étend depuis l’Ukraine jusqu’aux disruptions économiques et sociales qui traversent le continent. Capitalismes politiques en guerre Un Green New Deal global depuis Washington : le monde de Jake Sullivan Capitalismes politiques en guerre 28 avril 2023 Les États-Unis veulent toujours changer le monde. Après l’IRA et les contrôles à l’exportation, le plus influent conseiller de Biden vient-il d’annoncer au monde une stratégie géoéconomique positive  ? Le discours prononcé par Jake Sullivan ce jeudi énonce en tout cas de manière claire le programme géopolitique le plus ambitieux de l’ère Biden — et promet de nouvelles propositions prochainement. Nous le traduisons et le commentons pour la première fois. Politique À Cracovie, le discours de Mattarella sur l’avenir de l’Europe Politique 20 avril 2023 Le Président de la République italienne règne par le silence. Lorsqu’il s’exprime, rarement, il faut décrypter les signes et lire entre les lignes. À un peu plus d’un an d’une élection européenne qui verra les forces néonationalistes italiennes et polonaises prendre d’assaut l’Union, Mattarella a pris la parole à l’Université de Cracovie. Nous le traduisons et commentons pour la première fois en français. Guerre La Chine a un plan Guerre 25 février 2023 Après un an de neutralité ambigüe, le ministère chinois des affaires étrangères a pour la première fois publié un document détaillant la position de Pékin dans la guerre en Ukraine – le jour même où le Spiegel révélait que la Chine et la Russie pourraient être en train de négocier sur l’envoi de drones. Guerre Le plan de Poutine pour prendre la Moldavie Guerre 13 février 2023 C’est désormais clair  : la Russie a prévu de déstabiliser la Moldavie. Dans une allocution filmée, la présidente moldave Maia Sandu a exposé aujourd’hui les plans du Kremlin pour tenter de subvertir Chișinău de l’intérieur afin de mener une opération de changement de régime — confirmant les informations exposées par Volodymyr Zelensky quelques jours plus tôt. Politique Le plan von der Leyen à Davos Politique 17 janvier 2023 Tout à l’heure, à Davos, devant le Forum économique mondial, la Présidente de la Commission européenne a détaillé la réplique de l’Union à l’Inflation Reduction Act. Pour comprendre comment pourra se structurer cette politique industrielle européenne — qui constitue en soi une révolution pour la Commission — il faut l’étudier de près. Nous vous en proposons la première traduction commentée, ligne à ligne. Livres Les essais 2022 de la rédaction Livres 16 décembre 2022 Comme chaque année, le Grand Continent a essayé de trouver et de partager les essais les plus urgents, les plus intéressants. Dans cette sélection subjective et non-exhaustive, la rédaction réunit ses conseils de lecture en non-fiction pour les vacances — ou d’idée de cadeau pour les fêtes. Doctrines de la Chine de Xi Jinping Le contrat social entre le Parti et le peuple selon Jiang Zemin Doctrines de la Chine de Xi Jinping 3 décembre 2022 Doctrines de la Chine de Xi | Épisode 16 L’ancien président chinois Jiang Zemin s’est éteint mercredi. Arrivé au pouvoir trois semaines après le massacre de Tiananmen, son opposition aux manifestations étudiantes de 1989 trouve une résonance particulière dans le contexte du nouvel embrasement chinois de 2022. Dans son discours d’investiture, il soulevait des craintes existentielles qui taraudent encore le régime déboussolé de Xi Jinping trente ans plus tard. Politique Xi Zhongxun : « Le peuple devrait être autorisé à parler ! » Politique 28 novembre 2022 Ce qui se passe en Chine aujourd’hui est inédit depuis Tiananmen. En plusieurs endroits du pays, une population excédée désobéit, résiste à la politique zéro Covid de Xi. Au milieu de cet embrasement, un article de son père refait surface, partagé en masse par les utilisateurs de WeChat — avant d’être retiré du réseau en seulement quelques minutes. Doctrines de la Chine de Xi Jinping Chine : la répression, la révolte et les chaînes d’approvisionnement Doctrines de la Chine de Xi Jinping 27 novembre 2022 Doctrines de la Chine de Xi | Épisode 15 Un mouvement inédit est en train de prendre de l’ampleur en Chine. La population se soulève contre la politique zéro-Covid. Derrière ces révoltes, un changement profond est peut-être à l’œuvre. En tout cas, elles révèlent déjà une angoisse existentielle  : la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement — instruments clef de la puissance chinoise. Politique « Donnez-moi la liberté ou donnez-moi la mort ! » Politique 25 novembre 2022 On le surnomme «  Superman  ». Depuis quelques heures, un anonyme est devenu le «  super-héros  » des Chinois opposés à la politique zéro-Covid. À l’entrée d’un complexe résidentiel de Chongqing, il crie ces quelques mots comme un cri de désespoir — juste avant d’être arrêté. Politique Le plan de paix de Zelensky Politique 18 novembre 2022 L’Ukraine de Zelensky veut la paix  : voici ses conditions. Nous traduisons pour la première fois en français le document présenté au G20 par le président ukrainien. Un texte clef, à lire et commenter. Doctrines de la Chine de Xi Jinping La pensée Xi : l’hégémonie absolue Doctrines de la Chine de Xi Jinping 22 octobre 2022 Doctrines de la Chine de Xi | Épisode 10 Le XXe Congrès vient de s’achever  : comme prévu, malgré un bilan de plus en plus fragile sur l’économie et la gestion de la pandémie, le Parti communiste chinois a reconnu l’hégémonie absolue de son secrétaire général, Xi Jinping. Son rapport est un texte long, ambigu, qui détaille sa doctrine mondiale. Il doit nous interpeller. Pour lui opposer des réponses, il faut en connaître la teneur. Politique « Je viens d’un pays à la beauté tachée de sang » Politique 21 septembre 2022 À la tribune des Nations Unies, le président colombien a clairement inscrit son discours dans le contexte global de l’urgence climatique pour affronter un problème national  : «  qu’est-ce qui est le plus toxique pour l’humanité, la cocaïne, le charbon ou le pétrole  ?  » Nous en proposons une traduction commentée pour comprendre comment l’écologie de guerre rencontre la guerre contre la drogue en Amérique latine. États de l'Union Construire l’Union dans la guerre États de l'Union 14 septembre 2022 Le discours sur l’état de l’Union prononcé par Ursula von der Leyen à Strasbourg aujourd’hui prend acte d’une réalité  : le grand contexte a changé. La construction européenne avait commencé dans un continent en paix. Elle doit continuer dans un monde en guerre étendue. Comme chaque année, nous proposons la première traduction commentée ligne à ligne par des faits et 10 cartes et graphiques, pour comprendre l’articulation de ce discours important. Politique Géopolitique de Liz Truss Politique 9 septembre 2022 Frappée par la foudre d’une fortune machiavélienne  : Liz Truss commence son mandat par un événement d’ampleur historique — qu’elle pourra peut-être convertir en force. Après la mort d’Élisabeth II, comment la Première ministre qui se rêve en nouvelle Thatcher entend-elle ouvrir une nouvelle ère  ? Livres Que lire pour la rentrée littéraire européenne ? Livres 5 septembre 2022 Cette année, la rentrée littéraire est particulièrement riche. Pour vous orienter dans les parutions en différentes langues européennes, les correspondants du Grand Continent ont sélectionné les fictions à ne pas manquer. Livres Les fictions d’Europe qui ont marqué le mois de juin 2022 Livres 8 juillet 2022 La sélection littéraire du Grand Continent réunit des œuvres de fiction en plusieurs langues, publiées le mois dernier sur le continent européen et recensées par la revue. Livres Les fictions européennes qui ont marqué le mois de mai 2022 Livres 10 juin 2022 La sélection littéraire du Grand Continent réunit des œuvres de fiction en plusieurs langues, publiées le mois dernier sur le continent européen et recensées par la revue. Livres Les fictions européennes qui ont marqué le mois d’avril 2022 Livres 1 mai 2022 La sélection littéraire du Grand Continent réunit des œuvres de fiction en plusieurs langues, publiées le mois dernier sur le continent européen. Élections 11 communes pour comprendre les dynamiques du second tour (mise à jour) Élections 24 avril 2022 En se basant sur les résultats du premier tour et pour mieux comprendre les dynamiques du second, nous vous proposons la liste mise à jour des 11 communes dont nous suivons depuis hier les résultats. Livres Les fictions européennes qui ont marqué le mois de mars 2022 Livres 2 avril 2022 La sélection littéraire du Grand Continent réunit des œuvres de fiction en plusieurs langues, publiées le mois dernier sur le continent européen. Politique L’heure des grandes avenues Politique 14 mars 2022 Le premier discours du nouveau président chilien Gabriel Boric, prononcé au palais de La Moneda à Santiago, expose les grands défis du nouveau gouvernement tout en traçant les lignes d’action au niveau national et international. Doctrines de la Chine de Xi Jinping La Chine dans l’interrègne Doctrines de la Chine de Xi Jinping 14 mars 2022 Jusqu’en Chine, l’invasion de l’Ukraine a bouleversé l’ordre mondial. Dans ce texte, censuré par le parti et que nous traduisons pour la première fois en français, Hu Wei expose les coordonnées de ce tournant. Résultat forcé d’un dilemme stratégique sans équivalent dans son histoire, le choix de Pékin façonnera l’interrègne. Politique « Nous savons que nous avons désormais la même menace », une conversation avec Kaja Kallas, Première ministre estonienne Politique 10 mars 2022 Dans cet entretien de fond, accordé au Grand Continent juste avant d’entrer dans les négociations du Sommet de Versailles, la Première ministre Kaja Kallas est revenue sur le moment historique que traverse le continent après l’invasion de l’Ukraine. Elle plaide pour un soutien économique et pour un système de défense tourné vers la protection du ciel européen. Guerre La paix après l’embrasement des empires Guerre 25 février 2022 «  Nous devons achever de guérir sur les braises des empires morts sans replonger dans de nouvelles formes de domination et d’oppression.  » Arts 12 fictions d’Europe à lire en décembre Arts 10 décembre 2021 En décembre, le Grand Continent vous fait faire un tour du monde en 10 langues européennes. Découvrez notre sélection de fictions alors que se tiendra dans quelques jours la première édition du Prix littéraire Grand Continent, depuis les hauteurs du Mont Blanc, à 3466 mètres d’altitude. Politique Des valeurs à l’autonomie Politique 1 novembre 2021 Le Premier ministre belge Alexander De Croo revient, dans ce discours au Collège d’Europe, sur les valeurs européennes nécessaires au développement de l’Union et analyse les évènements qui les ont mises à l’épreuve. Arts 12 fictions d’Europe à lire en novembre Arts 31 octobre 2021 Un rêve en onze langues pour naviguer dans novembre – du Portugal à la Hongrie, de la Norvège à l’Italie. Retrouvez notre sélection des sorties littéraires européennes à lire ce mois-ci. Europe Le futur du pacte de stabilité commence officiellement aujourd’hui Europe 19 octobre 2021 Gelé jusqu’à la fin de 2022, le pacte de stabilité et de croissance de la zone euro est au cœur des discussions entre les membres de l’Ecofin. La commission lance aujourd’hui une consultation. Europe Un candidat unique pour battre Orbán Europe 18 octobre 2021 Au second tour d’une élection primaire nationale qui a connu un fort taux de participation, le politicien conservateur hongrois Peter Marki-Zay a gagné contre la candidate de centre-gauche. Pour la première fois depuis le règne d’Orbán l’ensemble de l’opposition présente un candidat unique lors des élections d’avril 2022. Europe Les ministres européens des Télécommunications se réunissent Europe 15 octobre 2021 Les ministres des Télécommunications de l’Union se sont réunis, le 14 octobre, pour une visioconférence informelle afin de traiter principalement de la régulation de l’intelligence artificielle, et ainsi de construire un outil normatif qui pourrait avoir un rayonnement dans le reste du monde. L’occasion de revenir en cinq points synthétiques sur les politiques technologiques européennes actuelles et le cadre concurrentiel dans lequel elles se positionnent. Europe La décision de la Cour constitutionnelle polonaise secoue l’Union Europe 10 octobre 2021 La Cour constitutionnelle polonaise a décidé, le 7 octobre, que “les organes de l’Union européenne fonctionnent en dehors des compétences qui leur sont confiées dans les traités”. Les réactions politiques étrangères n’ont alors pas tardé à pleuvoir, y compris en France, où des figures d’extrême droite, comme Eric Zemmour ou Florian Philippot, mais aussi de gauche, comme le candidat à l’élection présidentielle Arnaud Montebourg, ont salué cette décision. L’occasion de revenir sur les réactions politiques dans les autres pays européens. Monde Un vaccin a été trouvé pour lutter contre le paludisme Monde 8 octobre 2021 L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a approuvé pour la première fois, mercredi 6 octobre, un vaccin contre la malaria, “un moment historique” selon l’Organisation. Le paludisme, qui a tué 409 000 personnes en 2019, est une maladie qui touche particulièrement le continent africain. L’occasion de revenir sur le vaccin et la maladie en cinq points synthétiques. Asie Intermédiaire Les élections législatives au Qatar : une modernisation en trompe-l’œil Asie Intermédiaire 3 octobre 2021 Samedi 2 octobre, le Qatar a organisé les premières élections législatives de son histoire. Les citoyens autorisés à voter devaient choisir entre 284 candidats – dont 28 femmes. Ces élections se sont déroulées dans le cadre d’une relative modernisation de l’Émirat, en proie à des critiques alors que 80 à 90  % de la population est étrangère et ne peut donc pas voter. L’occasion de revenir en 7 points synthétiques sur la situation qatarie. États de l'Union L’Europe qui délivre États de l'Union 15 septembre 2021 Le premier commentaire ligne à ligne du discours sur l’état de l’Union prononcé aujourd’hui par Ursula von der Leyen. Énergie et environnement « Il n’y aura pas de souveraineté européenne avec une France bonapartiste », une conversation avec Sandrine Rousseau Énergie et environnement 14 septembre 2021 Le premier tour de la primaire de l’écologie aura lieu du 16 au 19 septembre prochain. Nous avons demandé à trois candidats écologistes de prendre position sur le volet politique étrangère et européenne de leur programme. Sandrine Rousseau répond ici à nos questions sur l’Union européenne, la politique étrangère de la France et la diplomatie de l’Anthropocène. Énergie et environnement « L’urgence climatique impose une politique mondiale », une conversation avec Yannick Jadot Énergie et environnement 14 septembre 2021 Le premier tour de la primaire de l’écologie aura lieu du 16 au 19 septembre prochain. Nous avons demandé à trois candidats écologistes de prendre position sur le volet politique étrangère et européenne de leur programme. Yannick Jadot répond ici à nos questions sur l’Union européenne, la politique étrangère de la France et la diplomatie de l’Anthropocène. Énergie et environnement « Nous devons inventer une diplomatie de la sobriété », une conversation avec Éric Piolle Énergie et environnement 14 septembre 2021 Le premier tour de la primaire de l’écologie aura lieu du 16 au 19 septembre prochain. Nous avons demandé à trois candidats écologistes de prendre position sur le volet politique étrangère et européenne de leur programme. Éric Piolle répond ici à nos questions sur l’Union européenne, la politique étrangère de la France et la diplomatie de l’Anthropocène. Politique L’Europe dans les élections allemandes : quelles positions pour la CDU, le SPD et les Verts ? Entretien croisé Politique 9 septembre 2021 Le 26 septembre 2021, les élections du 20e Bundestag auront lieu en Allemagne. Les présidents des fondations politiques associées aux principaux partis allemands ayant désigné des candidats à la chancellerie fédérale ont répondu à nos questions sur la dimension européenne des élections au Bundestag. Arts 14 fictions d’Europe pour la rentrée Arts 6 septembre 2021 De Tallinn à Bucarest, du hongrois au finnois, du recueil de poèmes au roman graphique  : découvrez la sélection littéraire de la rentrée par les correspondants européens du Grand Continent, en dix langues. Arts 12 fictions d’Europe pour l’été Arts 17 juillet 2021 «  … Comment s’ouvrir à un étranger  ? Jusqu’où peut-on aller avec soi-même, comment peut-on saisir la main qui se tend  ? Bella a dû cligner des yeux pour comprendre, le sourire dans le miroir, le visage actuel, le sang qui coule glacé dans les veines, – qui êtes-vous vraiment  ?  » Notre sélection littéraire pour un été européen. Politique « Notre nouvelle marche », comprendre le discours de Xi Jinping Politique 2 juillet 2021 Xi Jinping a prononcé un discours fleuve à l’occasion du centenaire du Parti communiste chinois. Mais que voulait-il vraiment célébrer  ? Arts 11 fictions d’Europe à lire en juin Arts 1 juin 2021 L’été commence, les frontières rouvrent. Voici l’heure de découvrir la sélection littéraire des correspondants du Grand Continent  : de Budapest à Tallinn, en passant par Barcelone après un (long) détour par les Açores, des fictions venues de toute l’Europe. Arts 12 fictions d’Europe à lire en mai Arts 30 avril 2021 D’Oslo à Lisbonne en passant par Turin  ; du yiddish au finnois  ; de l’ Internet novel au roman graphique  : la sélection littéraire du mois de mai par les correspondants européens du Grand Continent met dix langues à l’honneur. Amériques Europe 55 ans après, quel est l’état la relation atlantique ? Amériques Europe 7 mars 2021 Le 7 mars 1966, le général de Gaulle annonçait le retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN  : 55 ans après, qu’en est-il de la relation atlantique  ? Méditerranée L’arc des crises : Borrell à Chypre Méditerranée 5 mars 2021 Aujourd’hui, Josep Borrell se rend à Chypre. Au Sud, l’Union est entourée par un «  arc des crises  », dont font partie les tensions ravivées dernièrement en Méditerranée orientale. Énergie et environnement Pétrole, sortie de crise Énergie et environnement 4 mars 2021 Aujourd’hui a lieu une réunion de l’OPEP et de l’OPEP+ à Vienne. Asie Orientale L’Asie du Sud-Est construit la reprise Asie Orientale 3 mars 2021 Aujourd’hui, le groupe de travail financier et des Banques centrales des pays de l’ASEAN+3 se réunissent. Amériques Le Texas indépendant Amériques 2 mars 2021 Aujourd’hui, c’est le Jour de l’indépendance du Texas, qui se caractérise depuis lors par un esprit de fière autonomie, obtenue en 1836 lors de la Révolution contre le Mexique. L’État américain est aujourd’hui en difficulté. Europe Méditerranée Les Balkans et l’Union Europe Méditerranée 1 mars 2021 Aujourd’hui a lieu une réunion du Conseil de Stabilisation et d’association Union-Albanie. À l’ordre du jour  : la stratégie de préadhésion de l’Albanie. Bulles Nouvelles de la bulle européenne (semaine 22-28 février) Bulles 28 février 2021 Une autre semaine pleine d’événements pour les institutions européennes et l’Union s’achève. Voici un résumé des moments les plus importants à retenir. Amériques On vote au Salvador Amériques 28 février 2021 Aujourd’hui, dimanche 28 février, se tiendront au Salvador les élections législatives et municipales. Arts 12 fictions d’Europe à lire en mars Arts 28 février 2021 Notre sélection de sorties littéraires européennes pour le mois de février. Énergie et environnement L’agriculture ne fait pas salon Énergie et environnement 27 février 2021 Aujourd’hui, samedi 27 février, devait s’ouvrir à Paris le traditionnel Salon de l’agriculture. Si celui-ci a évidemment été annulé, l’agriculture demeure un sujet majeur pendant la pandémie. Économie Les préparatifs du G20 Économie 26 février 2021 Aujourd’hui, vendredi 26, les ministres des Finances et les banquiers centraux des pays du G20 se retrouvent par visioconférence, en vue notamment du sommet romain prévu en octobre. Méditerranée L’Union face à son voisinage méridional Méditerranée 25 février 2021 D’aujourd’hui à demain, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union se rejoignent en visioconférence dans le cadre d’un Conseil européen. S’ils évoqueront la lutte contre le Covid-19 et les questions de sécurité et de défense, le grand sujet sera celui du voisinage méridional de l’Europe. Amériques Une fête mexicaine Amériques 24 février 2021 Aujourd’hui, le Mexique célèbre les 200 ans du plan d’Iguala («  plan des trois garanties  »), présenté le 24 février 1821 par Iturbide, jalon important de l’histoire de la guerre d’indépendance du pays. À cette occasion, le président argentin Fernández a été invité par le président mexicain López Obrador à se rendre à Mexico. Bulles Nouvelles de la bulle européenne (semaine 15-21 février) Bulles 21 février 2021 Une autre semaine pleine d’événements pour les institutions européennes et l’Union s’achève. Voici un résumé des moments les plus importants à retenir. Afriques Subsahariennes On vote au Niger Afriques Subsahariennes 21 février 2021 Après un premier tour le 27 décembre dernier, le second tour des élections présidentielles nigériennes a lieu aujourd’hui. Europe La Conférence sur l’avenir de l’Europe Europe 20 février 2021 Aujourd’hui, c’est l’anniversaire du «  Oui  » au référendum sur le projet de Constitution européenne en Espagne. Il ouvrait la série de référendums qui allait se solder par l’échec du projet de Constitution européenne et le «  Non  » des votants français et néérlandais. Santé publique L’école et le Covid-19 Santé publique 19 février 2021 Aujourd’hui, les ministres de l’Éducation des États membres se réunissent pour parler notamment des effets de la crise sanitaire et des mesures de restrictions sur l’éducation. Amériques Europe Biden et l’autonomie stratégique européenne Amériques Europe 18 février 2021 Aujourd’hui a lieu une réunion des ministres de la défense de l’OTAN. Nous avons demandé à une vingtaine d’experts internationaux quel impact la présidence Biden pourrait avoir sur la construction d’une autonomie stratégique de l’Union. Économie Politique des plans de relance Économie 16 février 2021 Aujourd’hui a lieu un Conseil des affaires économiques et financières. Les ministres aborderont les questions du financement du budget européen à court et à long terme. Économie L’euro, la BCE et la dette Économie 15 février 2021 Aujourd’hui, l’Eurogroupe se réunit. À l’ordre du jour, les perspectives macroéconomiques dans la zone euro et le rôle international de l’euro. Méditerranée Hier, on a voté en Catalogne Méditerranée 15 février 2021 Hier, les Catalans ont voté pour renouveler le Parlement pour une durée de quatre ans. Dans le contexte de la pandémie, le taux de participation ne s’est élevé qu’à 53,5  %. Méditerranée La Catalogne vote Méditerranée 14 février 2021 Aujourd’hui, dimanche 14 février, les Catalans éliront les 135 députés du Parlement de la Catalogne, pour un mandat de quatre ans. Asie septentrionale L’Union face à son voisinage oriental Asie septentrionale 12 février 2021 Hier, jeudi 11 février, a eu lieu la septième rencontre du Conseil d’association Union européenne-Ukraine, à Bruxelles. L’occasion de revenir sur l’actualité brûlante du voisinage oriental de l’Union. Afriques Subsahariennes L’état de la nation sud-africaine Afriques Subsahariennes 11 février 2021 Aujourd’hui, jeudi 11 février, le président Cyril Ramaphosa présentera son discours sur l’état de la nation devant le Parlement sud-africain. Économie Bagages payants, aérien déclinant Économie 10 février 2021 À partir d’aujourd’hui, le 10 février, EasyJet fera payer les bagages cabines qui ne rentrent pas sous le siège devant vous. Amériques Le trumpisme après Trump Amériques 9 février 2021 Aujourd’hui, le 9 février, doit s’ouvrir le procès de destitution de Trump. Méditerranée Rome Une semaine italienne : qui est Mario Draghi ? Méditerranée Rome 8 février 2021 Aujourd’hui commence une semaine qui devrait définir l’avenir des configurations politiques en Italie. Bruxelles Bulles Nouvelles de la bulle européenne (semaine 1-7 février) Bruxelles Bulles 7 février 2021 Une autre semaine pleine d’événements pour les institutions européennes et l’Union s’achève. Voici un résumé des moments les plus importants à retenir. Nordiques La géopolitique des Samis Nordiques 6 février 2021 Aujourd’hui, samedi 6 février, a lieu la journée nationale sami, célébrant le premier congrès de ce peuple autochtone présent en Norvège, en Suède, en Finlande et au Nord-Ouest de la Russie, en 1917. Énergie et environnement Green Deal et Covid-19 Énergie et environnement 5 février 2021 La stratégie du Pacte vert, présentée par la Commission von der Leyen il y a plus d’un an, est parvenue à rester une priorité malgré la pandémie. Asie septentrionale Europe Josep Borrell en Russie Asie septentrionale Europe 5 février 2021 Le Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères Josep Borrell est aujourd’hui en visite en Russie. Il y rencontre le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Économie Géopolitique européenne des paradis fiscaux Économie 3 février 2021 Le Brexit et le récent ajout de territoires britanniques à la liste noire européenne des «  juridictions fiscales non coopératives  » ont rappelé que la façon dont l’Union définit un paradis fiscal est géopolitique. Économie Santé publique Conséquences sociales du Covid-19 Économie Santé publique 1 février 2021 Le 1er février 1954, l’abbé Pierre lançait un appel qui fera date, alertant sur la situation des sans-abris et à l’origine d’une vague de solidarité inédite. Au 1er février 2021, quelles sont les conséquences sociales de la pandémie  ? Bulles Nouvelles de la bulle européenne (semaine du 25 au 31 janvier) Bulles 31 janvier 2021 Une semaine pleine d’événements et de pathos pour les institutions européennes et l’Union s’achève. Voici un résumé des moments les plus importants à retenir. Nordiques Fractures au pays du libre-échange Nordiques 31 janvier 2021 Le Royaume-Uni sortait officiellement de l’Union européenne le 31 janvier dernier, il y a un an et la période de transition prenait fin il y a un mois avec l’accord du 24 décembre. Les relations à long terme avec l’Union et le positionnement stratégique du Royaume-Uni nouvellement hors de l’Union sont encore loin d’être définies. Santé publique L’OMS, un an après Santé publique 30 janvier 2021 Il y a un an, le 30 janvier 2020, l’OMS déclarait l’épidémie de Covid-19 «  urgence de santé publique de portée internationale  ». Quel est l’état de l’institution et des conflits qui ont émergé à son sujet  ? Santé publique Le vaccin à l’échelle mondiale Santé publique 29 janvier 2021 Les campagnes de vaccination sont lancées. Du côté de l’offre comme de la demande, il convient de faire un premier bilan de la façon dont les vaccins se répartissent à l’échelle mondiale Arts 14 fictions d’Europe en février Arts 29 janvier 2021 Notre sélection de sorties littéraires européennes pour le mois de février. Numérique Jeudi, l’Europe numérique Numérique 28 janvier 2021 Aujourd’hui a lieu la Journée européenne de la protection des données. Économie Santé publique Une timide reprise Économie Santé publique 27 janvier 2021 La reprise économique européenne se confirme, mais est restée timide au dernier trimestre 2020. Asie Orientale Hong Kong, Xi et le Parti Asie Orientale 26 janvier 2021 Il y a 180 ans, Hong Kong était proclamé territoire souverain du Royaume-Uni. Le territoire de Hong Kong est aujourd’hui devenu l’un des sujets majeurs de politique intérieure pour le régime chinois. Méditerranée On vote au Portugal Méditerranée 24 janvier 2021 Aujourd’hui, dimanche 24 janvier, a lieu l’élection présidentielle portugaise, afin de déterminer le successeur de Marcelo Rebelo de Sousa (souvent appelé simplement «  Marcelo  ») pour 5 ans. Asie Orientale Bulles Que penser de l’accord Union-Chine ? Asie Orientale Bulles 23 janvier 2021 Fin décembre, l’Union signait avec la Chine un accord d’investissements, décrié en Europe en raison des faibles garanties de respect du droit du travail par les Chinois et du bénéfice que l’Allemagne devrait en tirer au premier chef. Pour Luuk van Middelaar, l’accord Union-Chine donne une clé de lecture sur l’avenir de la relation transatlantique. Énergie et environnement Un sommet sur l’alimentation et l’agriculture Énergie et environnement 22 janvier 2021 Aujourd’hui s’achève le Forum Global pour l’Alimentation et l’Agriculture de Berlin, qui a commencé lundi dernier. Bulles Rentrée du Conseil, reprise du Covid-19 Bulles 21 janvier 2021 Aujourd’hui, les chefs d’État de l’Union font leur rentrée, en visioconférence, pour parler de la coordination européenne de la vaccination face à la pandémie, qui a déjà engendré plus de deux millions de morts. Méditerranée Rome Vers une solution de la crise politique italienne ? Méditerranée Rome 19 janvier 2021 Aujourd’hui, Giuseppe Conte s’exprimera devant le Sénat italien, après l’avoir fait à la Chambre des députés hier, dans le cadre de la crise politique survenue mercredi dernier, lorsque Matteo Renzi a déclaré que son parti Italia Viva (IV) ne participerait plus à la coalition gouvernementale (M5S-PD-LEU-IV). Économie Les États non membres de la zone euro Économie 18 janvier 2021 Aujourd’hui se réunit l’Eurogroupe, alors que plusieurs États membres de l’Union mais non membres de la zone euro ont accumulé les déclarations sur la monnaie unique la semaine dernière. Amériques Le repli américain Amériques 17 janvier 2021 Aujourd’hui, dimanche 17 janvier, marque les 30 ans du lancement de l’opération «  Tempête du désert«    » en Irak, symbole de l’hyperpuissance américaine. 30 ans plus tard, le repli géopolitique américain s’accentue. Santé publique Les mutations du virus Santé publique 16 janvier 2021 Depuis décembre, les révélations sur les mutations du virus inquiètent le monde entier. Pourquoi et comment un virus mute  ? Quels effets sur les vaccins  ? Quels effets sur la gestion de l’épidémie  ? Berlin Centres L’Allemagne post-Merkel se prépare Berlin Centres 16 janvier 2021 Aujourd’hui, le congrès de la CDU allemande, commencé hier, s’est terminé  : Armin Laschet a été élu le nouveau président du Parti, avec 521 voix au deuxième tour. Il remplace Annegret Kramp-Karrenbauer (AKK). Bulles Les débuts du semestre portugais Bulles 15 janvier 2021 Aujourd’hui, vendredi 15 janvier, le collège des commissaires européens rend visite aux dirigeants portugais pour la première fois, dans le cadre de la présidence portugaise du Conseil de l’Union. Asie Intermédiaire L’Inde en crise Asie Intermédiaire 13 janvier 2021 C’est aujourd’hui, mercredi 13, que l’Inde commence sa stratégie de vaccination, après dix mois de situation chaotique face à la pandémie. Santé publique Accélérer la vaccination Santé publique 12 janvier 2021 Alors que les stratégies vaccinales ont démarré dans la plupart des États européens et que le vaccin Moderna a été autorisé dans l’Union, va-t-on assez vite  ? Énergie et environnement Préserver la biodiversité Énergie et environnement 11 janvier 2021 Aujourd’hui s’ouvre le One Planet Summit à Paris, à l’initiative du président de la République française, du secrétaire général des Nations unies et du président du groupe Banque mondiale. Bulles Quel 2021 ? Le bilan de la Commission géopolitique Bulles 10 janvier 2021 Nous vous proposons un calendrier prospectif des événements et tendances que nous allons suivre en 2021. En décembre 2021, ce sera l’heure des derniers préparatifs avant la présidence française du Conseil qui débutera au premier semestre 2022. Sujet épineux mais prioritaire, la question de l’autonomie stratégique sera largement débattue. Énergie et environnement Quel 2021 ? La COP26 Énergie et environnement 10 janvier 2021 Nous vous proposons un calendrier prospectif des événements et tendances que nous allons suivre en 2021. Du 1er au 12 novembre 2021, la 26e conférence annuelle de l’ONU sur le climat, ou COP26, réunira 200 chefs d’État à Glasgow. Économie Quel 2021 ? Le futur du multilatéralisme Économie 9 janvier 2021 Nous vous proposons un calendrier prospectif des événements et tendances que nous allons suivre en 2021. En octobre, le G20 se réunira à Rome. À quoi ressemblera le multilatéralisme dans le monde post-Trump  ? Centres Quel 2021 ? L’après-Merkel se prépare Centres 9 janvier 2021 Nous vous proposons un calendrier prospectif des événements et tendances que nous allons suivre en 2021. Angela Merkel l’avait annoncé dès 2018  : son quatrième mandat à la chancellerie fédérale serait le dernier. Le 26 septembre 2021, pour la première fois depuis plus de quinze ans, les conservateurs allemands présenteront un autre candidat à la chancellerie. Énergie et environnement Quel 2021 ? Fortes chaleurs et énergie Énergie et environnement 8 janvier 2021 Nous vous proposons un calendrier prospectif des événements et tendances que nous allons suivre en 2021. Des températures toujours plus élevées pourraient être atteintes cet été si les tendances actuelles se prolongent. Asie Orientale Quel 2021 ? Le Parti communiste chinois à 100 ans Asie Orientale 8 janvier 2021 Nous vous proposons un calendrier prospectif des événements et tendances que nous allons suivre en 2021. Le mois de juillet 2021 marquera le centenaire de la fondation du Parti communiste chinois (PCC). Politique QAnon au Capitole Politique 7 janvier 2021 Une théorie du complot particulièrement intense a fini par alimenter la symbolique et propulser une partie des militants trumpistes qui ont pris d’assaut le Capitole hier dans un cycle de violence. Économie Quel 2021 ? Reprise économique Économie 7 janvier 2021 Nous vous proposons un calendrier prospectif des événements et tendances que nous allons suivre en 2021. La première partie des fonds levés par la Commission européenne dans le cadre du plan de relance devrait être distribuée aux États membres dont les économies ont été touchées par la pandémie avant l’été. Amériques Les Républicains soutiennent-ils l’assaut trumpiste du Capitole d’hier ? Amériques 7 janvier 2021 L’analyse d’un sondage qui vient d’être publié par YouGov permet d’avoir une première photographie du positionnement de l’électorat aux États-Unis après l’assaut trumpiste du Capitole. Nordiques Quel 2021 ? L’après Brexit Nordiques 6 janvier 2021 Nous vous proposons un calendrier prospectif des événements et tendances que nous allons suivre en 2021. Le 6 mai, de nombreuses élections locales seront organisées au Royaume-Uni, les premières depuis le Brexit. Santé publique Quel 2021 ? La stratégie de vaccination à l’échelle mondiale Santé publique 6 janvier 2021 Nous vous proposons un calendrier prospectif des événements et tendances que nous allons suivre en 2021. Après avoir vacciné en priorité les personnes âgées dépendantes et le personnel soignant le plus à risque, de nombreux États européens vont renforcer leur stratégie vaccinale en avril et l’étendre au grand public  : avec l’objectif d’un retour à une forme de normalité dès l’été 2021. Nordiques Quel 2021 ? Élections à suivre aux Pays-Bas Nordiques 5 janvier 2021 Nous vous proposons un calendrier prospectif des événements et tendances que nous allons suivre en 2021. Le 17 mars auront lieu des élections législatives au Pays-Bas. Europe Quel 2021 ? Schengen et les migrations Europe 5 janvier 2021 Nous vous proposons un calendrier prospectif des événements et tendances que nous allons suivre en 2021. Après la rentrée de janvier, les deux grands chantiers qui définissent le statut et les conditions des frontières intérieures et extérieures de l’Union s’ouvriront véritablement. Amériques Quel 2021 ? Biden et l’Europe Amériques 4 janvier 2021 Nous vous proposons un calendrier prospectif des événements et tendances que nous allons suivre en 2021. Le 20 janvier, Joe Biden devrait être officiellement investi président des États-Unis. Amériques 2020, l’année de l’embrasement. En décembre, la fin de la campagne américaine Amériques 3 janvier 2021 2020 a été l’année de l’embrasement. Le 14 décembre, le Collège électoral élit Joe Biden 46e président des États-Unis, qui remporte 306 grands électeurs contre 232 pour Donald Trump. Europe 2020, l’année de l’embrasement. En novembre, le débat sur l’autonomie stratégique Europe 3 janvier 2021 2020 a été l’année de l’embrasement. En novembre, dans le contexte de l’élection présidentielle américaine et face aux recompositions du monde contemporain et au recul du multilatéralisme, le débat sur l’autonomie stratégique de l’Europe a pris une nouvelle ampleur. Europe 2020, l’année de l’embrasement. En octobre, la menace terroriste Europe 3 janvier 2021 2020 a été l’année de l’embrasement. En octobre, le terrorisme s’est manifesté comme l’une des grandes menaces qui pèsent encore, et davantage, sur nos sociétés. Énergie et environnement 2020, l’année de l’embrasement. En septembre, feux et engagements climatiques Énergie et environnement 2 janvier 2021 2020 a été l’année de l’embrasement. Aussi littéralement  : cet été a encore été marqué par des vagues de chaleurs historiques. Méditerranée 2020, l’année de l’embrasement. En août, tensions et chaos en Méditerranée Méditerranée 2 janvier 2021 2020 a été l’année de l’embrasement. En août, alors qu’une explosion a mis à la rue des milliers d’habitants de Beyrouth, la Méditerranée apparaissait encore davantage comme une zone de tensions et de déstabilisations. Bulles 2020, l’année de l’embrasement. En juillet, un plan de relance historique Bulles 1 janvier 2021 2020 a été l’année de l’embrasement. En juillet, l’Union a marqué un pas décisif avec le sommet extraordinaire des chefs d’État, du 17 au 21, qui a abouti à un accord sur le plan de relance (Next Generation EU) et l’émission d’une dette commune. Amériques 2020, l’année de l’embrasement. En juin, un mouvement mondial Amériques 1 janvier 2021 2020 est l’année de l’embrasement. À la suite de la mort de George Floyd aux États-Unis, le mois de juin fut un mois de manifestations sur tous les continents. Asie septentrionale Moscou 2020, l’année de l’embrasement. En mai, 20 ans de Poutine Asie septentrionale Moscou 1 janvier 2021 2020 est l’année de l’embrasement. Le 7 mai 2020 a marqué les 20 ans de l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine comme président de la fédération de Russie. Énergie et environnement 2020, l’année de l’embrasement. En avril, énergie, numérique et catastrophe économique Énergie et environnement 31 décembre 2020 2020 est l’année de l’embrasement. En avril, en parallèle de la crise sanitaire, l’effondrement de nos économies est devenu de plus en plus manifeste et, à ce titre, le prix du pétrole négatif a été tout un symbole. Santé publique 2020, l’année de l’embrasement. En mars, le Covid-19 transformait la planète Santé publique 31 décembre 2020 En mars, la pandémie de Covid-19 se répandait à tous les coins du globe et les restrictions et les confinements nationaux s’enchaînaient en Europe et en Amérique. Europe 2020, l’année de l’embrasement. En février, l’extrême-droite européenne Europe 30 décembre 2020 2020 est l’année de l’embrasement. En février, l’extrême-droite européenne avait le vent en poupe. Cette tendance annuelle ne s’est pas arrêtée et l’année 2020 s’est close avec le succès de l’extrême-droite lors des législatives du 6 décembre en Roumanie. Amériques Asie Intermédiaire 2020, l’année de l’embrasement. En janvier, l’Iran et les États-Unis Amériques Asie Intermédiaire 29 décembre 2020 2020 est l’année de l’embrasement. En janvier 2020, le général iranien Qâssem Soleimani a été tué par un drone américain, un acte revendiqué comme une victoire par l’administration américaine. Afriques Subsahariennes On vote au Niger Afriques Subsahariennes 27 décembre 2020 Aujourd’hui ont lieu des élections présidentielles et législatives au Niger. Économie Un système international bien lointain Économie 26 décembre 2020 Ce samedi marque les 75 ans de la ratification par la France des accords de Bretton Woods, le 26 décembre 1945. Aujourd’hui, le paysage des relations économiques et monétaires internationales a bien changé. Méditerranée Quelle fin d’année pour la Libye ? Méditerranée 24 décembre 2020 Aujourd’hui, c’est la fête de l’indépendance en Libye. La guerre civile sévit toujours dans le pays. En cette fin d’année, les tentatives pour une sortie négociée de la guerre ont eu quelques résultats. Économie Actualité des inégalités Économie 23 décembre 2020 Les inégalités de revenu et de richesse augmentent de nouveau depuis les années 1980 après une baisse historique au cours du XXème siècle  : il s’agit d’une tendance de fond dont les conséquences sont à étudier de près dans le cadre de la crise économique et sociale due à la pandémie. Méditerranée La fin de la bataille d’Alep Méditerranée 22 décembre 2020 Aujourd’hui marque les quatre ans de la fin de la bataille d’Alep et de la reprise de la ville par le régime de Bachar Al-Assad . Santé publique Vaccin, des impatiences dans l’Union Santé publique 21 décembre 2020 Aujourd’hui a lieu une réunion extraordinaire du Comité des médicaments à usage humain de l’Agence européenne des médicament, l’organisme chargé de délivrer les autorisations de mise sur le marché des vaccins commandés par la Commission européenne. La réunion portera spécifiquement sur le vaccin développé par Pfizer et BioNTech. Genre Politique Le mariage homosexuel à l’échelle pertinente Genre Politique 20 décembre 2020 Aujourd’hui, dimanche 20 décembre, marque le cinquième anniversaire du refus des Slovènes au mariage homosexuel dans le cadre du referendum de 2015. L’occasion de proposer un état des lieux du mariage homosexuel dans l’Union. Il est assez rare qu’un sujet oppose si nettement deux Europe géographiques. Arts Genre Fictions d’Europe à lire pour Noël Arts Genre 18 décembre 2020 Pour garnir votre sapin et soutenir votre libraire, Le Grand Continent et son réseau de correspondants européens vous proposent une sélection des meilleurs livres de littérature parus en 2020 – à offrir et à lire sans modération 13 langues européennes. Europe Monde L’OMC, une dernière fois Europe Monde 18 décembre 2020 Aujourd’hui, vendredi 18 décembre, l’Organe de règlement des différends de l’OMC se réunit pour la dernière fois de l’année. Europe La fin du statu quo dans le voisinage européen Europe 17 décembre 2020 Aujourd’hui se tient le Conseil de partenariat entre l’Union et l’Arménie, avant celui avec l’Azerbaïdjan demain. En cette fin d’année 2020, l’Union assiste au dégel de plusieurs statu quo dans son voisinage, pour le meilleur et pour le pire. Bulles L’Union a enfin un budget Bulles 16 décembre 2020 Aujourd’hui, mercredi 16 décembre, les ministres des Finances de la zone euro se rejoignent pour étudier les projets de loi de finances des États de la zone, dans un contexte d’accord du Conseil européen sur le plan de relance. Bulles Nordiques La pêche en Europe Bulles Nordiques 15 décembre 2020 Aujourd’hui, le Conseil de l’Union Agriculture et Pêche se réunit pour la dernière fois cette année. Monde Les 60 ans de l’OCDE Monde 14 décembre 2020 Aujourd’hui, lundi 14 décembre, l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) fête ses soixante ans. Afriques Subsahariennes L’Afrique et le monde Afriques Subsahariennes 13 décembre 2020 Cette semaine a été marquée par une série d’élections sur le continent africain. L’Afrique peine à être vue comme sujet et reste l’objet des rivalités entre puissances. Bulles Un budget européen qui souligne les limites de Visegrad Bulles 12 décembre 2020 Hier, les chefs d’Etat et de gouvernement européens ont trouvé un accord sur le cadre financier pluriannuel (CFP) et le fonds de relance Next Generation EU. Cet accord s’inscrit dans la continuité de celui obtenu au mois de juillet au sein du Conseil et de la position commune entre le Conseil de l’UE et le Parlement européen du mois de novembre. Énergie et environnement Cinq ans d’Accord de Paris Énergie et environnement 12 décembre 2020 Ce samedi, l’Accord de Paris sur le climat signé à l’occasion de la COP21 a cinq ans. Bulles Méditerranée La Méditerranée orientale sous tension Bulles Méditerranée 10 décembre 2020 À l’ordre du jour du dense Conseil européen qui commence aujourd’hui figure la situation en Méditerranée orientale et le conflit diplomatique avec la Turquie. Les 27 pourraient s’accorder sur une position commune vis-à-vis de la Turquie. Santé publique Un dense Conseil européen commence Santé publique 9 décembre 2020 Ces jeudi et vendredi 9 et 10 décembre, les chefs d’État de l’Union se réunissent en Conseil européen pour aborder plusieurs points majeurs dont la crise sanitaire, les objectifs de réduction des émissions de CO2 pour 2030, les relations extérieures, la lutte contre le terrorisme. D’abord, la crise sanitaire et le vaccin. Méditerranée L’Égypte, l’Europe et la Méditerranée Méditerranée 7 décembre 2020 Cette semaine l’Égypte est au centre de plusieures séquences à suivre de près. Aujourd’hui, le président Al-Sissi est en France pour une visite officielle. Mardi, le second tour des élections législatives aura lieu pour renouveler la Chambre des représentants. Centres Hier, on a voté en Roumanie Centres 7 décembre 2020 Que faut-il retenir des élections roumaines d’hier  ? Six points. Centres Les Roumains votent Centres 6 décembre 2020 Aujourd’hui, dimanche 6 décembre, les Roumains voteront dans le cadre des élections législatives, afin de renouveler les deux chambres du Parlement. Santé publique La diplomatie du vaccin Santé publique 5 décembre 2020 Le monde est arrivé à une nouvelle étape dans la réponse à la pandémie de COVID-19. À présent, des vaccins semblent permettre d’entrevoir une sortie de crise. Économie Santé publique Black Friday et déconfinement Économie Santé publique 4 décembre 2020 Aujourd’hui, vendredi 4 décembre, a lieu le Black Friday en France, alors qu’il a été fixé au 27 novembre dans tous les autres pays. À l’initiative du ministre français de l’Économie, des Finances et de la Relance, ce report est placé sous deux auspices qui concernent en réalité toute l’Europe  : l’allègement des confinements et la volonté de lutter contre les livraisons à domicile par les plateformes numériques. Économie Travailler aux temps du COVID-19 Économie 3 décembre 2020 Aujourd’hui, jeudi 3 décembre, les ministres de l’Emploi et des Affaires sociales des États membres se retrouvent par visioconférence. Europe Quel avenir pour l’Europe dans l’OTAN ? Europe 2 décembre 2020 Aujourd’hui, mercredi 2 décembre, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN concluent leur sommet en visioconférence commencé la veille, dans le cadre du Conseil de l’Atlantique Nord. Énergie et environnement Le sommet de l’OPEP Énergie et environnement 1 décembre 2020 L’OPEP a rassemblé hier en visioconférence tous ses membres pour la 180e réunion de sa Conférence. Aujourd’hui, mardi 1 décembre, elle organise une rencontre avec les autres États non membres de l’OPEP (OPEP+). Bulles Un bilan de Schengen Bulles 30 novembre 2020 Aujourd’hui se tient le tout premier «  Forum Schengen  », qui réunit des membres du Parlement européen et des ministres de l’Intérieur des États membres dans le but de discuter de l’espace de libre circulation des personnes sur dans l’Europe. Amériques Centres Aujourd’hui, on vote au Brésil et en Suisse Amériques Centres 29 novembre 2020 Auojurd’hui, les Brésiliens se rendent aux urnes pour le second tour des élections municipales. Les Suisses sont appelés aux urnes pour deux votations. Nordiques L’horloge tourne Nordiques 27 novembre 2020 Dans moins de 40 jours, la date limite pour la négociation de l’accord post-Brexit sera atteinte. Les négociations sont toujours en cours et il reste des points de blocage. Mercredi dernier, le chancelier de l’Échiquier Rishi Sunak a présenté le programme des dépenses publiques britanniques prévu jusqu’en 2022. Arts Genre 16 fictions d’Europe en décembre Arts Genre 27 novembre 2020 Demain, votre libraire de quartier va rouvrir. Le Grand Continent et son réseau de correspondants européens vous proposent une sélection littéraire pour le mois de Noël. Asie Intermédiaire Guerre et crise intérieure dans le Caucase Asie Intermédiaire 26 novembre 2020 Il y a 19 ans, le 26 novembre 1991, l’Azerbaïdjan abolissait l’autonomie du Haut-Karabagh, qui avait proclamé son indépendance en cette période de dislocation de l’URSS. L’occasion d’un retour sur le conflit actuel. Genre Violences faites aux femmes, un problème mondial Genre 25 novembre 2020 Ce mercredi a lieu la Journée mondiale pour l’élimination de la violence faite aux femmes. Santé publique Stratégie pharmaceutique européenne Santé publique 24 novembre 2020 Aujourd’hui, le vice-président de la Commission européenne Margaritis Schinas présente la stratégie pharmaceutique de l’Union. Bulles L’Union et les pays d’Afrique, Caraïbes, Pacifique Bulles 23 novembre 2020 Aujourd’hui, les ministres des Affaires étrangères de l’Union se réunissent en Conseil par visioconférence. Ils aborderont notamment les relations entre l’Union et les pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP). Centres 15 ans de Merkel Centres 22 novembre 2020 Ce dimanche 22 novembre, cela fera 15 années qu’Angela Merkel dirige l’Allemagne. Économie Le G20 en Arabie saoudite Économie 21 novembre 2020 Aujourd’hui se tiendra à Riyad le 15e sommet des chefs d’État et de gouvernement du G20. Asie Orientale Rétablir l’équilibre dans le Pacifique Asie Orientale 20 novembre 2020 Aujourd’hui se tient le sommet de l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique), organisé par la Malaisie, totalement en visioconférence. Bulles Un Conseil sur le COVID-19 Bulles 19 novembre 2020 Auojurd’hui, les chefs d’États membres du Conseil européen se rejoignent en visioconférence pour parler de la réponse européenne à la pandémie de COVID-19. Amériques Asie Intermédiaire L’autre Géorgie de Trump Amériques Asie Intermédiaire 17 novembre 2020 Aujourd’hui, Mike Pompeo conclura son voyage en Europe par la Géorgie, à Tbilissi. Asie Orientale Europe L’Europe face au rival systémique chinois Asie Orientale Europe 16 novembre 2020 Aujourd’hui devait se tenir à Berlin un sommet entre les chefs d’État et de gouvernement européens sur la question de la Chine, sans représentant chinois. Si le sommet a finalement été annulé par la chancelière allemande il y a un mois à cause de la pandémie, les enjeux chinois restent tout aussi prégnants. Politique 10 points sur la doctrine Macron Politique 16 novembre 2020 Que retenir de l’entretien exclusif d’une heure trente que le président de la République a accordé au Grand Continent  ? L’essentiel en 10 points. Politique La doctrine Macron : une conversation avec le Président français Politique 16 novembre 2020 Alors qu’en cette fin d’année 2020, les crises se font concurrence en France et en Europe, le Président français, dans l’un de ses plus longs entretiens, est revenu avec le Grand Continent sur les principaux éléments de sa nouvelle doctrine en matière internationale. Amériques Élections et pandémie au Brésil Amériques 15 novembre 2020 Aujourd’hui a lieu le premier tour des élections municipales au Brésil. Le pays est toujours fortement frappé par la pandémie. Centres Europe Terrorisme sur le sol européen Centres Europe 13 novembre 2020 Ce vendredi 13 novembre, ce sont les 5 ans des attentats du Bataclan qui frappèrent la France en 2015. La vague d’attentats à laquelle l’Europe fait actuellement face entre en triste résonance avec cette commémoration. Centres L’État de droit en Europe Centres 10 novembre 2020 Aujourd’hui a lieu un Conseil des ministres des affaires européennes. Ils aborderont en particulier la question du respect de l’État de droit dans l’Union. Énergie et environnement La coordination écologique à l’arrêt Énergie et environnement 9 novembre 2020 Ce lundi, la COP26 devait commencer à Glasgow sous la présidence britannique. Elle est reportée à l’année 2021. Parmi les bouleversements récents, les préoccupations écologiques de moyen et long terme ne doivent pas être oubliées. Amériques La semaine américaine Amériques 9 novembre 2020 Joe Biden sera le 46e président des États-Unis. Le résultat est tombé, la participation a été record (67  %), les divisions sont profondes et la transition s’annonce compliquée. Méditerranée La menace turque face à l’Europe géopolitique Méditerranée 6 novembre 2020 Le conflit est clairement ouvert entre la Turquie et les puissances européennes, qui n’ont cessé de témoigner leurs désaccords cette semaine. Économie Santé publique L’effondrement économique Économie Santé publique 4 novembre 2020 Cette deuxième vague et les mesures qui en découlent seront particulièrement violentes pour les économies européennes. Amériques Futur des États-Unis, futur de l’Europe Amériques 3 novembre 2020 Aujourd’hui, les Américains éliront leur nouveau président pour 4 ans, dans un scrutin lourd d’enjeux pour l’Europe. Santé publique La nuit du reconfinement Santé publique 2 novembre 2020 Alors que l’Europe se reconfine, nous sommes entrés dans une période encore plus morose, marquée par une accélération du COVID-19 dans toute l’Union. Méditerranée Aujourd’hui, référendum en Algérie Méditerranée 1 novembre 2020 Ce dimanche a lieu un référendum portant sur une révision de la constitution algérienne, promise par le président Abdelmajid Tebboune. Afriques Subsahariennes Aujourd’hui, on vote en Côte d’Ivoire Afriques Subsahariennes 31 octobre 2020 Aujourd’hui a lieu l’élection présidentielle ivoirienne, dans un climat de tensions politiques. Santé publique Deuxième vague européenne Santé publique 30 octobre 2020 Aujourd’hui, les ministres européens de la santé se réunissent par visioconférence. Le retour de la croissance du nombre de cas et du nombre de décès a entraîné la mise en place de mesures de nouvelles mesures de restriction sur l’ensemble du continent. Économie L’Europe géopolitique à l’OMC Économie 28 octobre 2020 Aujourd’hui s’achève la troisième et dernière phase de consultations pour déterminer une nouvelle directrice générale de l’OMC, pour une annonce officielle a priori le 7 novembre. Amériques J-8 Amériques 27 octobre 2020 Les présidentielles américaines ont lieu mardi prochain. Asie septentrionale Méditerranée Visite russe Asie septentrionale Méditerranée 27 octobre 2020 Aujourd’hui, le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov devait se rendre en Croatie puis en Bosnie. La visite a été annulée après que Lavrov est entré en contact avec un positif au coronavirus et s’est auto-isolé. Europe Méditerranée Turquie-UE : l’escalade est européenne Europe Méditerranée 26 octobre 2020 À la suite de l’attentat terroriste de Conflans-Sainte-Honorine, une crise diplomatique a débuté par les propos du Président turc Erdogan à l’encontre du Président français. Elle prend désormais une dimension européenne. Amériques Hier, on a voté au Chili Amériques 26 octobre 2020 Hier, les Chiliens ont été appelés aux urnes pour un référendum constitutionnel. Amériques Le référendum chilien Amériques 25 octobre 2020 Aujourd’hui, les Chiliens voteront sur l’avenir de leur système constitutionnel dans le cadre du référendum initié à l’issue des mouvements sociaux démarrés fin 2019. Monde L’anniversaire du multilatéralisme Monde 24 octobre 2020 Aujourd’hui, samedi 24 octobre, c’est la Journée des Nations Unies. Amériques Présidentielles américaines : un non-débat de plus Amériques 22 octobre 2020 Ce soir (nuit en Europe), jeudi 22 octobre, Trump et Biden se livreront au dernier débat de la présidentielle américaine, à Nashville, avant la grande échéance du mardi 3 novembre. Asie Orientale Ce que pense le Japon Asie Orientale 21 octobre 2020 Aujourd’hui, mercredi 21 octobre, s’achèvera le voyage du Premier ministre japonais Suga Yoshihide à Hanoi. Méditerranée L’avenir de la Libye Méditerranée 20 octobre 2020 Aujourd’hui marque les 9 ans de la capture et de l’assassinat aux alentours de Syrte de Mouammar Kadhafi, le 20 octobre 2011. 9 ans plus tard, l’avenir de la Libye demeure incertain. Bulles Une semaine parlementaire toujours pas strasbourgeoise Bulles 19 octobre 2020 Aujourd’hui s’ouvre une nouvelle séance plénière du Parlement européen. Elle devait enfin se tenir à Strasbourg  ; finalement elle se fera en visioconférence en raison de la recrudescence de cas de coronavirus en Europe. Amériques Les Boliviens ont voté Amériques 19 octobre 2020 Hier s’est tenu le premier tour des élections générales boliviennes, pour élire le président, le vice-président, les membres de la Chambre des députés et les membres du Sénat. Économie Santé publique Pandémie et pauvreté Économie Santé publique 17 octobre 2020 Aujourd’hui, samedi 17 octobre, a lieu la Journée mondiale pour l’éradication de la pauvreté au moment où la pandémie va faire repartir les taux de pauvreté à la hausse pour la première fois depuis 20 ans. Bulles Nordiques Le Brexit au Conseil européen Bulles Nordiques 16 octobre 2020 Hier et aujourd’hui, le Conseil européen se réunit à Bruxelles, bien que certains dirigeants aient critiqué la décision de se réunir en personne dans une situation d’alerte aiguë pour le Covid-19. Amériques Aujourd’hui, pas de débat Biden-Trump Amériques 15 octobre 2020 Biden et Trump, qui devaient débattre une deuxième fois ce soir, ne se rencontreront finalement pas. Économie Sommet social tripartite Économie 14 octobre 2020 Aujourd’hui se rassemblent les présidents des institutions européennes et les instances dirigeantes des partenaires sociaux européens. Énergie et environnement Face aux catastrophes naturelles Énergie et environnement 13 octobre 2020 Aujourd’hui a lieu la Journée mondiale pour la réduction des catastrophes naturelles. Madrid Méditerranée Día de la Hispanidad et relance européenne Madrid Méditerranée 12 octobre 2020 Ce lundi 12 octobre l’Espagne célèbre sa fête nationale, ou Día de la Hispanidad. Asie Intermédiaire Centres Nordiques On vote en Lituanie, en Autriche et au Tadjikistan Asie Intermédiaire Centres Nordiques 11 octobre 2020 Aujourd’hui, dimanche 11 octobre, se tiennent plusieurs élections importantes. Méditerranée Le futur de la Méditerranée Méditerranée 9 octobre 2020 Aujourd’hui s’ouvre à Athènes le sommet conférence SmartBlueCity, qui a pour ambition de penser le futur de la Méditerranée en alliant les mondes académique, politique et industriel. Bulles La plénière s’achève à… Bruxelles Bulles 8 octobre 2020 Aujourd’hui se terminera la séance plénière du Parlement européen, initiée ce lundi à Bruxelles. Amériques Les vice-présidents débattent Amériques 7 octobre 2020 Aujourd’hui, mercredi 7 octobre, les deux vice-présidents qui s’opposent dans la course à la présidence des États-Unis, Kamala Harris (démocrate) et Mike Pence (républicain), débattront. Asie septentrionale Le voisinage oriental de l’Union en question Asie septentrionale 6 octobre 2020 Aujourd’hui, mardi 6 octobre, est une journée cruciale pour la définition de la politique de l’Union face à ses voisins d’Europe orientale. Europe L’Europe des villes Europe 5 octobre 2020 Aujourd’hui s’ouvre la première des trois semaines européennes des régions et des villes. Asie Orientale Paris Hier, les Néo-Calédoniens ont voté Asie Orientale Paris 5 octobre 2020 Hier, se tenait la deuxième consultation référendaire prévue par l’Accord de Nouméa, avec une participation qui s’est élevée à 85,6  %. Asie Orientale Paris Référendum en Nouvelle-Calédonie Asie Orientale Paris 4 octobre 2020 Ce dimanche a lieu une échéance électorale importante  : le deuxième référendum d’autodétermination depuis la signature de l’accord de Nouméa avec l’Etat français en 1998, en prévoyant trois. Berlin Centres Journée de l’Unité allemande Berlin Centres 3 octobre 2020 Aujourd’hui, samedi 3 octobre, a lieu la fête nationale allemande, célébrant la réunification. Centres Aujourd’hui, on vote en République tchèque Centres 2 octobre 2020 Les électeurs tchèques sont appelés aux urnes pour des élections sénatoriales et régionales. Bulles Aujourd’hui, le Conseil européen Bulles 1 octobre 2020 Le Conseil européen initialement prévu la semaine dernière, puis reporté à cause de la mise en quarantaine de son président Charles Michel, aura finalement lieu aujourd’hui et demain. Amériques Ce soir, Trump et Biden débattent Amériques 29 septembre 2020 Aujourd’hui à 21 h aura lieu le premier débat présidentiel entre Donald Trump et Joe Biden – les Européens qui souhaitent le suivre en direct devront se mettre devant leurs écrans autour de 3h du matin (mercredi). Nordiques Les pays scandinaves et l’euro Nordiques 29 septembre 2020 Il y a 20 ans, le 28 septembre 2000, les Danois rejetaient par référendum l’adhésion du Danemark à la zone euro. Bucarest Hier, on a voté en Roumanie Bucarest 28 septembre 2020 Hier, les Roumains ont été appelés aux urnes pour des élections municipales. Le scrutin s’est déroulé sur fond d’une résurgence de cas de Covid-19. Bucarest Centres On vote en Roumanie Bucarest Centres 27 septembre 2020 Ce dimanche les Roumains sont appelés aux urnes pour des élections municipales. Programmées initialement pour le mois de juillet, elles ont été reportées à cause de la pandémie de Covid-19. Europe Bruxelles-Babel Europe 26 septembre 2020 Aujourd’hui, samedi 26 septembre, nous célébrons la Journée européenne des langues dans 47 États, à l’initiative du Conseil de l’Europe. Énergie et environnement Le nucléaire en question Énergie et environnement 25 septembre 2020 Aujourd’hui s’achève à Vienne la 64e Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), débutée lundi dernier. Bulles Méditerranée L’Union européenne face à la Méditerranée Bulles Méditerranée 24 septembre 2020 Un Conseil européen extraordinaire devait se tenir aujourd’hui et demain, pour discuter marché unique, politique industrielle et numérique, mais surtout géopolitique. Toutefois, la réunion a été reportée à la semaine prochaine (1-2 octobre) en raison de la quarantaine imposée à Charles Michel, président du Conseil, qui est entré en contact avec un positif au Covid-19. Un report qui pourrait être utilisé par les États membres pour gagner du temps supplémentaire afin de trouver une solution sur les questions géopolitiques complexes qui entourent l’Union. Europe Le nouveau pacte sur la migration et l’asile Europe 23 septembre 2020 La Commission européenne a présenté aujourd’hui un nouveau pacte pour l’asile et la migration qui devrait remplacer le règlement de Dublin III, à deux semaines de l’incendie qui a emporté le camp de Moria. Démographie Politique Fin de Dublin III, avenir des migrations Démographie Politique 23 septembre 2020 Aujourd’hui, mercredi 23, la Commission va présenter son nouveau et attendu Pacte sur les migrations, dans le prolongement du discours sur l’état de l’Union de Von der Leyen. Amériques Les non-sujets de la présidentielle américaine Amériques 21 septembre 2020 Que veulent les Américains en matière de multilatéralisme  ? Une étude publiée il y a quelques jours par l’Eurasia Group Foundation donne des réponses qui pourraient paraître surprenantes. Économie L’Atlantique devient un océan Économie 21 septembre 2020 Aujourd’hui, les ministres européens en charge du Commerce se rejoignent de façon informelle à Berlin, dans le cadre de la présidence allemande du Conseil. Deux principaux sujets  : l’état des relations commerciales transatlantiques et l’avenir de l’OMC. Méditerranée Rome Aujourd’hui, on vote en Italie Méditerranée Rome 20 septembre 2020 Entre aujourd’hui et demain, les Italiens se rendent aux urnes pour voter pour la présidence de sept régions, la mairie de plus de 1 100 municipalités, deux élections partielles au Sénat et un référendum constitutionnel sur la réduction du nombre de députés. Amériques Bon anniversaire, régime présidentiel américain Amériques 17 septembre 2020 Aujourd’hui, jeudi 17 septembre, c’est l’anniversaire de la constitution des États-Unis adoptée en 1787, donnant naissance à l’État fédéral et au régime présidentiel américains. États de l'Union L’état de l’Union États de l'Union 16 septembre 2020 Dans son premier discours sur l’état de l’Union, Ursula von der Leyen a pris la parole pendant plus d’une heure devant le Parlement européen. Ce discours mérite d’être étudié de près, car les annonces auront des effets réels, et les tendances identifiées permettront d’interpréter les grands moments de la politique continentale des prochains mois. Bulles L’état de l’Union Bulles 16 septembre 2020 Aujourd’hui, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen délivre devant le Parlement européen son premier discours sur l’état de l’Union. Asie Intermédiaire Israël et les Émirats arabes unis vont à Washington Asie Intermédiaire 15 septembre 2020 La signature de l’accord de paix et de normalisation conclu le 13 août dernier entre Israël et les Émirats arabes unis aura lieu aujourd’hui à la Maison Blanche à Washington. Asie septentrionale Centres Aujourd’hui, pas de sommet franco-russe Asie septentrionale Centres 14 septembre 2020 Aujourd’hui devait avoir lieu une rencontre 2+2, rassemblant les ministres de la défense et des affaires étrangères français et russe. Les relations entre l’Union et la Russie se tendent. Asie septentrionale En Russie, certains votent aujourd’hui (pas tous) Asie septentrionale 13 septembre 2020 Dimanche 13 septembre, de nombreuses élections locales ont lieu en Russie, mêlant élections gouvernorales et législatives selon les endroits. Monde La coopération Sud-Sud Monde 12 septembre 2020 Aujourd’hui, samedi 12 septembre, l’ONU célèbre la Journée pour la coopération Sud-Sud, dans tous les domaines (économiques, culturels, sociaux, environnementaux, technologiques, etc.). La journée sera inaugurée par une grande conférence en ligne intitulée «  Pistes vers les Objectifs de développement durable (ODD) par la solidarité Sud-Sud au-delà du COVID-19  ». Amériques Point sur la présidentielle américaine : attention au Michigan Amériques 11 septembre 2020 Pour la première fois, un sondage, mené par le Trafalgar Group, place Trump devant Biden, par 2 points, dans l’État du Michigan, l’un des grands swing states. Cependant, la tendance globale de tous les autres sondages reste en faveur de Biden. Économie Travailler sans cesse Économie 10 septembre 2020 Aujourd’hui, jeudi 10 septembre, c’est la Sainte-Inès. «  À la sainte Inès, travaille sans cesse  », dit le dicton. Or le temps de travail est l’objet d’une lutte syndicale séculaire… dont les travailleurs des plateformes sont généralement exclus. Méditerranée L’Italie au Liban Méditerranée 8 septembre 2020 Aujourd’hui, le président du Conseil italien Giuseppe Conte se rend à Beyrouth pour la première fois depuis les explosions du 4 août. Une visite stratégique pour Rome, qui joue un rôle de premier plan dans le pays des cèdres. Santé publique Où en est le COVID-19 ? Santé publique 7 septembre 2020 Le virus n’a pas pris de vacances, et la rentrée demeure pleine de dangers. Notre graphique interactif exclusif présente un indicateur intéressant pour suivre la reprise des activités dans les grandes villes  : l’évolution des demandes sur Apple Maps pour les itinéraires en transport en commun. Nordiques Toujours pas d’accord sur le Brexit Nordiques 7 septembre 2020 Aujourd’hui s’ouvre un nouveau cycle de négociations entre le Royaume-Uni et l’Union. Mais le pessimisme demeure. Énergie et environnement Feux et chaleur Énergie et environnement 6 septembre 2020 Cet été a de nouveau été marqué par des vagues de chaleur toujours plus nombreuses et des incendies spectaculaires. Le moment de faire un point sur leurs conséquences. Méditerranée Rome Un an de gouvernement Conte II Méditerranée Rome 5 septembre 2020 Aujourd’hui, le gouvernement Conte II, né d’une coalition entre le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate, a un an. Amériques L’Amérique latine 50 ans après Allende Amériques 4 septembre 2020 Ce vendredi marque le cinquantenaire de l’élection à la présidence du Chili de Salvador Allende, le 4 septembre 1970, avant son renversement par le coup d’état militaire du 11 septembre 1973. Méditerranée La Turquie et l’Europe Méditerranée 2 septembre 2020 Depuis le mois de juin, les tensions montent en Méditerranée orientale. La dernière annonce en date nous vient d’Ankara, qui a prévu des «  exercices d’artillerie  » en mer pour ce mardi et ce mercredi. Méditerranée Liban, un bilan Méditerranée 1 septembre 2020 Il y a 100 ans étaient dessinées les frontières actuelles de l’État du Liban, avec la naissance du Grand Liban — alors sous mandat français. L’explosion dévastatrice du 4 août dernier à Beyrouth a encore fragilisé un pays sous pression, qui traverse une crise économique, politique et sociale de grande ampleur, en plus de la crise sanitaire. Face aux contestations, le gouvernement de Hassan Diab a démissionné le 10 août dernier. Europe Quel été pour les Européens ? Europe 2 août 2020 Aujourd’hui c’est le premier dimanche d’août, ce qui sonne le début de vacances un peu particulières de nombreux Européens. Asie Intermédiaire Méditerranée Un feu qui ne cesse pas en Syrie Asie Intermédiaire Méditerranée 1 août 2020 Aujourd’hui, samedi 1er août, cela fait un an que le régime syrien annonçait un cessez-le-feu dans la région d’Idleb, dans le nord-ouest syrien, qui ne durait que jusqu’au 5 août 2019. Énergie et environnement Le plastique, outil de financement pour l’Europe Énergie et environnement 31 juillet 2020 L’un des grands moyens de financement du plan de relance présenté dans le débat public par les dirigeants européens repose sur la «  taxe plastique  » qui entrera en vigueur le 1er janvier 2021. Amériques Le destin du Chili Amériques 31 juillet 2020 Aujourd’hui, vendredi 31 juillet, le président chilien Piñera prononcera son discours annuel (Cuenta Pública del Presidente de la República de Chile) devant le Congrès national. Bulles Continuer les négociations budgétaires ? Bulles 30 juillet 2020 Aujourd’hui, jeudi 30 juillet, se conclura le dernier rendez-vous des organes européens gravitant autour du Conseil, avant des vacances jusqu’au 24 août. Il s’agit d’une réunion du Comité budgétaire, alors même que le Cadre Financier Pluriannuel (2021-2027) proposé par le Conseil européen de la semaine dernière est encore en débat au Parlement européen. Énergie et environnement Aujourd’hui ne sera pas le Jour du dépassement Énergie et environnement 29 juillet 2020 L’an dernier, le 29 juillet était le «  Jour du dépassement  » calculé par le Global Footprint Network (GFN), c’est-à-dire le jour où la demande et l’activité humaines dépassent ce que la Terre peut produire dans l’année. Mais ce ne sera pas la même chose cette année  : il faudra attendre le 22 août. Méditerranée Une semaine dangereuse en Méditerranée orientale Méditerranée 27 juillet 2020 Dans le prolongement des récents événements en Méditerranée orientale, cette semaine s’ouvre sur de dangereuses perspectives dans les relations entre la Turquie, la Grèce et Chypre. Asie Orientale Pacifique et style populiste aux Philippines Asie Orientale 27 juillet 2020 Aujourd’hui, le président philippin Rodrigo Duterte prononcera son discours sur l’état de la nation à Manille. Europe Après la pandémie, l’écologie ? Europe 26 juillet 2020 L’un des phénomènes marquants qui ont accompagné la crise sanitaire est la spectaculaire baisse des émissions de CO2 due aux mesures de confinement. Entre retour à la normale et questionnement sur l’approvisionnement énergétique, plusieurs perspectives se dessinent pour l’après-crise. Économie Présent et avenir de l’innovation en Europe Économie 25 juillet 2020 Du projet franco-britannique du Concorde à Airbus, de nombreux exemples sont souvent cités comme symbole de la capacité de coopération européenne en terme d’innovation. La question des conditions nécessaires pour mettre en place une Europe de l’innovation doit être posée. Économie L’Union et la régulation financière Économie 23 juillet 2020 Aujourd’hui, le vice-président de la Commission Valdis Dombrovskis présentera une série d’amendements à la régulation financière européenne, proposés pour faciliter la reprise économique. Une source proche du dossier ayant eu accès aux travaux préparatoires nous a fait part des orientations de la Commission sur le sujet. Politique Sécurité Le terrorisme d’extrême-droite, une réalité Politique Sécurité 22 juillet 2020 Ce mercredi marque le triste anniversaire des attentats qui avaient frappé les villes d’Oslo et d’Utøya en Norvège, le 22 juillet 2011. Centres Un jour en Belgique Centres 21 juillet 2020 Ce mardi, certains en Belgique profiteront d’un week-end prolongé à l’occasion de la fête nationale du 21 juillet. Asie septentrionale La Suisse en Ukraine Asie septentrionale 20 juillet 2020 Cette semaine, la présidente de la Confédération suisse a choisi l’Ukraine du président Volodymyr Zelensky pour sa première visite officielle depuis le début de la pandémie. Elle se rendra notamment à l’Est du pays et abordera des questions sécuritaires et humanitaires. Bulles Pas encore compromis Bulles 20 juillet 2020 Les chefs d’État et de gouvernement européens ne sont pas parvenus à un accord sur le plan de relance et le nouveau budget pluriannuel de l’Union. Les rudes négociations au Conseil ont commencé vendredi et ont duré toute la nuit dernière. Aujourd’hui s’ouvre le quatrième jour de négociation. Urbanisme Les transports en Europe Urbanisme 19 juillet 2020 Aujourd’hui, dimanche 19 juillet, marque les 120 ans de l’ouverture de la première ligne de métro parisien (Porte Maillot-Porte de Vincennes). L’occasion de revenir sur l’avenir des transports en Europe. Bulles Aujourd’hui, un Conseil essentiel Bulles 17 juillet 2020 Aujourd’hui, vendredi 17 juillet, s’ouvre, jusqu’à samedi, un Conseil européen extraordinaire, en présentiel, à Bruxelles, afin de trouver une solution aux blocages du précédent Conseil du 19 juin. Le Grand Continent vous propose une guide aux principaux points de négociation. Europe Black Lives Matter et l’antiracisme européen Europe 16 juillet 2020 Aujourd’hui, jeudi 16 juillet, la commissaire européenne aux Affaires intérieures Johansson fera un discours sur le mouvement Black Lives Matter et le «  moment antiraciste  » européen dans le cadre d’un événement organisé par l’EPC (European Policy Centre). Centres Les Macédoniens du Nord aux urnes Centres 15 juillet 2020 Aujourd’hui, mercredi 15 juillet, les Macédoniens du Nord votent dans le cadre des élections législatives afin d’élire les 123 députés de l’Assemblée de Macédoine du Nord pour 4 ans. Centres La France et l’Europe Centres 14 juillet 2020 Aujourd’hui, mardi 14 juillet, la France célèbre sa fête nationale. Voici une bonne occasion de se demander la relation que la France entretient avec l’Europe. Amériques Le Parti démocrate dans la campagne américaine Amériques 13 juillet 2020 Aujourd’hui, la Convention nationale du Parti démocrate devait se réunir pour investir le candidat Biden. Elle a été reportée au 17 août, même si le nom du candidat face à Trump ne fait guère de doute. Asie septentrionale Nordiques La Russie et les États baltes Asie septentrionale Nordiques 12 juillet 2020 Le traité de paix lituano-soviétique de 1920, marquant la reconnaissance russe de la souveraineté de la Lituanie et la stabilisation de sa frontière orientale, a 100 ans. Santé publique Sport La géopolitique du football Santé publique Sport 11 juillet 2020 Il y a dix ans, les grands rassemblements sportifs pouvaient encore avoir lieu et l’Espagne remportait à la Coupe du monde en Afrique du Sud. Que devient le football en temps de pandémie  ? Asie Orientale On vote à Singapour Asie Orientale 10 juillet 2020 Après la Corée du Sud, les Singapouriens sont à leur tour appelés aux urnes aujourd’hui pour des élections législatives. Bulles L’Eurogroupe en réunion Bulles 9 juillet 2020 Le premier Eurogroupe de la présidence allemande du Conseil aura lieu aujourd’hui, jeudi 9 juillet. À partir de 16 heures environ, le 19 ministres participeront à un vote électronique pour choisir le prochain président de l’Eurogroupe, pour un mandat de deux ans et demi. Économie Santé publique Les institutions financières internationales face au coronavirus Économie Santé publique 8 juillet 2020 Aujourd’hui, le directeur adjoint du FMI et le directeur de la Banque Asiatique de Développement s’exprimeront à l’université Columbia sur le rôle que peuvent jouer les institutions financières internationales dans la crise sanitaire et économique actuelle. Asie Intermédiaire Méditerranée Le Moyen-Orient et le monde Asie Intermédiaire Méditerranée 7 juillet 2020 Aujourd’hui, mardi 7 juillet, c’est l’anniversaire de la résolution 53 de l’ONU du 7 juillet 1948 appelant à une prolongation de la trêve entre les belligérants de la première guerre israélo-arabe. L’occasion de revenir sur les récentes évolutions de la situation au Moyen-Orient et le rôle qu’y joue la communauté internationale. Centres Méditerranée Hier, on a voté en Croatie Centres Méditerranée 6 juillet 2020 Les élections législatives qui devaient se dérouler fin 2020 ont eu lieu de manière anticipée pour éviter une annulation en cas de seconde vague pandémique. Cela a également permis au parti au pouvoir, l’Union démocratique (HDZ), de capitaliser sur une popularité augmentée par la gestion de la crise du Covid-19. Économie La crise économique méditerranéenne Économie 5 juillet 2020 Dimanche 5 juillet marque les 5 ans du «  non  » des Grecs (61,31  %) au référendum à l’initiative de Alexis Tsípras, à la suite de l’échec des négociations avec la troïka (FMI, UE, BCE) dans le cadre de la crise de la dette publique grecque. Nordiques Le Brexit déconfiné Nordiques 4 juillet 2020 Samedi 4 juillet, le Royaume-Uni amorce son déconfinement. Mais doit-on attendre une résolution rapide des questions sur le Brexit  ? Europe Les îles face au Covid Europe 3 juillet 2020 Vendredi 3 juillet, la Polynésie français rouvre ses frontières, alors que 27 îles ont été presque totalement coupées du monde pendant plus de 3 mois. L’objectif de la réouverture des frontières polynésiennes  : sauver le tourisme. Guerre Le futur de la Libye et des migrations Guerre 2 juillet 2020 Aujourd’hui, un an après jour pour jour, nous commémorons le carnage du 2 juillet 2019 dans un camp de migrants en Libye. Dans la banlieue de Tripoli, à Tajoura, un centre de migrants était visé par un raid aérien, entraînant la mort d’au moins 53 personnes. Asie septentrionale Moscou Poutine 2036 Asie septentrionale Moscou 1 juillet 2020 Aujourd’hui, mercredi 1er juillet, la Russie sera le cadre du référendum national sur la réforme de la Constitution, qui pourrait permettre à Poutine de demeurer président jusqu’en 2036. Méditerranée L’avenir de la Syrie Méditerranée 30 juin 2020 Aujourd’hui, mardi 30 juin, s’ouvre la quatrième conférence de Bruxelles sur l’aide à apporter pour l’avenir de la Syrie et des pays de la région. Elle est présidée par l’Union et l’ONU. Centres Le Conseil à l’heure allemande Centres 29 juin 2020 Cet après-midi, Emmanuel Macron sera en Allemagne pour rencontrer Angela Merkel, la première fois en physique depuis mars. La rencontre renforce le couple franco-allemand, mais constitue également un prélude à la présidence allemande du Conseil de l’Union qui débute ce mercredi. Centres Dimanche, journée d’élections Centres 28 juin 2020 Ce dimanche ont lieu à la fois le second tour des élections municipales en France – venant clôturer un scrutin interrompu par le Covid-19 – et l’élection présidentielle en Pologne. Nordiques Aujourd’hui on vote en Islande Nordiques 27 juin 2020 Étalé dans le temps du fait de la pandémie, le scrutin présidentiel islandais, qui a débuté le 25 mai, s’achève ce samedi. Le populaire président sortant Guðni Thorlacius Jóhannesson est candidat à sa réélection. Retour sur une île stratégique au centre de la géopolitique mondiale. Amériques L’abus et le trafic de drogues en temps de pandémie Amériques 26 juin 2020 La Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues a lieu aujourd’hui, vendredi 26 juin. Occasion de faire un tour d’horizon des relations entre drogues, dépendance et COVID-19. Monde Les 75 ans de l’ordre d’après Seconde guerre mondiale Monde 25 juin 2020 Aujourd’hui, la Charte des Nations Unis aura 75 ans. Depuis 1945, l’ordre issu de la Seconde Guerre mondiale a eu le temps d’être bousculé par un agrégat de crises. L’évolution des équilibres internationaux se poursuit et semble avoir été accélérée par la pandémie. L’occasion de faire un bilan des différentes tendances et hypothèses qui se dessinent sur la recomposition de l’ordre mondial. Bulles La stratégie énergétique européenne Bulles 24 juin 2020 Ce mercredi, le vice-président de la Commission chargé de la mise en oeuvre du Green Deal Frans Timmermans présente la stratégie de la Commission pour le secteur européen de l’énergie. Asie Orientale La coopération dans l’espace Pacifique Asie Orientale 23 juin 2020 Les responsables aux affaires financières de l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) se réunissent ce mardi en Malaisie. L’occasion de faire un état des lieux de la coopération dans l’immense région du Pacifique. Europe Fête, tourisme et confinement Europe 21 juin 2020 Entre déconfinement et restrictions partout en Europe, ce dimanche 21 juin sera en quelque sorte un jour étrangement festif. Europe Les migrants, victimes de la crise Europe 20 juin 2020 Samedi 20 juin, c’est la Journée mondiale des réfugiés. L’occasion de revenir sur l’état des migrations à l’heure du COVID-19. Bulles Aujourd’hui, le Conseil européen Bulles 19 juin 2020 Aujourd’hui, 10 h, les dirigeants des États membres de l’Union européenne se rejoignent par visioconférence dans le cadre du Conseil européen. Amériques Contre-révolution américaine et identités Amériques 18 juin 2020 Aujourd’hui, s’ouvre le Sommet de la démocratie à Copenhague. Parmi une pluralité d’intervenants célèbres, Mike Pompeo s’exprimera ainsi que deux anciens secrétaires d’État des États-Unis, Madeleine Albright et John Kerry. Et ce alors même que l’état de la démocratie étasunienne inquiète, à l’aune des récentes manifestations survenues après la mort de George Floyd. Monde L’été le plus chaud de l’Histoire Monde 17 juin 2020 Aujourd’hui, mercredi 17 juin, l’ONU célèbre la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse. Afriques Subsahariennes La (re)construction de l’Afrique Afriques Subsahariennes 16 juin 2020 En mémoire du massacre des enfants de Soweto en 1976 dans le cadre de l’apartheid, le 16 juin est la Journée de l’enfant africain. C’est donc l’occasion de se demander quel sera l’avenir du continent africain après la crise du COVID-19. Europe Le futur de l’Europe : la dépendance Europe 15 juin 2020 Aujourd’hui, l’Assemblée nationale française se penche sur la question de la dette sociale, de la dépendance et de l’autonomie des personnes âgées. Amériques Asie Orientale Hong Kong et les États-Unis Amériques Asie Orientale 14 juin 2020 Si conflit entre la Chine et les États-Unis il y a, la situation à Hong Kong a été une nouvelle occasion de dénoncer la Chine pour l’administration Trump. Mais cette dernière a vite été rattrapée par la situation intérieure aux États-Unis. Santé publique Coronavirus, l’État de la pandémie Santé publique 13 juin 2020 D’une pandémie à l’autre, l’OMS déclarait l’état de pandémie mondiale de grippe A/H1N1 il y a 11 ans, en juin 2009. Où en est-on de la pandémie actuelle  ? Asie Orientale Les deux Corées Asie Orientale 12 juin 2020 Il y a deux ans, le 12 juin 2018, avait lieu la première rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un à Singapour. L’occasion de dresser le bilan des relations entre la Corée du Nord et les États-Unis ainsi qu’entre les deux Corées. Bulles L’Eurogroupe en réunion Bulles 11 juin 2020 Aujourd’hui auront lieu les premières discussions officielles de l’Eurogroupe après l’annonce du plan de relance européen. Politique Le G7 n’aura pas lieu Politique 10 juin 2020 Ce mercredi devait s’ouvrir un G7 sous présidence étasunienne à Camp David. Le sommet est reporté et ses conditions de déroulement sont encore incertaines – tout comme la forme que prendra le multilatéralisme post-Covid. Énergie et environnement L’OPEP se réunit Énergie et environnement 9 juin 2020 La période de pandémie que nous traversons a vu les cours du pétrole varier de manière spectaculaire, de la guerre des prix entre la Russie et l’Arabie saoudite à l’effondrement des cours du pétrole jusqu’à un prix négatif. Guerre Avenir de la relation transatlantique Guerre 8 juin 2020 Cette semaine s’ouvre sur de nouvelles perspectives pour l’OTAN  : ce lundi, son secrétaire général Jens Stoltenberg présentera ses réflexions sur l’avenir et le renforcement de l’Alliance dans le monde post-Covid. Asie Intermédiaire Asie septentrionale La Russie, Israël et la Palestine Asie Intermédiaire Asie septentrionale 6 juin 2020 Savez-vous ce que signifie «  мир на ближнем востоке  » en russe  ? Réponse  : «  paix au Moyen-Orient  ». En effet, alors que nous célébrons aujourd’hui, samedi 6 juin la journée de la langue russe, la Russie prend de plus en plus part au conflit israélo-palestinien. Énergie et environnement La relance sera verte Énergie et environnement 5 juin 2020 Le 5 juin, c’est la Journée mondiale de l’environnement, organisée à l’initiative de l’ONU. La biodiversité constitue le thème de cette année, dont les célébrations devaient avoir lieu en Colombie, en partenariat avec l’Allemagne. Droit Numérique La géopolitique des plateformes Droit Numérique 4 juin 2020 Jeudi 4 juin, à l’initiative du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE), le Sénat français étudiera la proposition de loi relative au statut des travailleurs des plateformes numériques. Europe Le retour du tourisme Europe 3 juin 2020 Aujourd’hui, mercredi 3 juin, l’Italie devancera la quasi-intégralité de ses voisins et ouvrira ses aéroports et ses frontières aux voyageurs européens. Amériques L’Argentine paiera-t-elle ? Amériques 2 juin 2020 Aujourd’hui, mardi 2 juin, sera le dernier jour des négociations sur plus de 65 milliards de dollars de dette de l’Argentine. Méditerranée Rome L’Italie technopopuliste, deux ans plus tard Méditerranée Rome 1 juin 2020 Aujourd’hui, lundi 1er juin, marque le deuxième anniversaire du gouvernement jaune-vert Conte I, qui rassemblait la Ligue et le Mouvement 5 étoiles. Europe La phase 2 du déconfinement à l’échelle pertinente Europe 1 juin 2020 Cette semaine marque un tournant dans la gestion de la crise. De nombreux États, en particulier en Europe, amorcent la deuxième phase de leur plan de déconfinement. Santé publique Sport La Ligue des champions à l’arrêt Santé publique Sport 30 mai 2020 La finale de la Ligue des champions devait avoir lieu ce samedi à Istanbul. Le coronavirus a impacté profondément sur le football global, et les stratégies pour répartir différent d’un pays à l’autre. Europe 15 ans du non Europe 29 mai 2020 Le 29 mai 2005, la France a vu le «  non  » l’emporter au référendum sur le traité établissant une constitution pour l’Europe. Le début d’une profonde crise de légitimité, débouchée sur une sorte de dépression institutionnelle, un peu refoulée. Trois points + un pour commémorer ce non-anniversaire. Europe L’agriculture à l’échelle pertinente Europe 28 mai 2020 Le Comité spécial pour l’agriculture du Conseil européen se réunit ce jeudi, l’occasion de revenir sur un sujet crucial de toute séquence politique. Bulles Le moment clef du plan de relance Bulles 27 mai 2020 Ce mercredi, après les discussions de l’Eurogroupe, du Parlement et l’annonce franco-allemande, c’est à la Commission de rendre public son plan pour la relance économique de l’Union. Bulles Il y a un an, les élections européennes bousculaient le rapport de force dans l’UE Bulles 26 mai 2020 Il y a un an, le 26 mai 2019, des élections européennes émergeait un rapport de forces transformé dont le sens politique paraissait encore instable. Dans notre analyse nous notions l’importance de la temporalité. Un an plus tard, malgré le Covid-19, la reconfiguration politique se définit. Europe Covid-19, où en sommes-nous ? Europe 25 mai 2020 L’Observatoire Covid-19 du Groupe d’études géopolitiques est mis à jour quotidiennement sur Le Grand Continent. Quatre points pour comprendre quatre tendances cruciales. Asie Intermédiaire Aujourd’hui, Modi Asie Intermédiaire 23 mai 2020 Samedi 23 mai, cela fera un an que Narendra Modi a été réélu Premier ministre indien sous les couleurs du BJP (Parti nationaliste hindou). L’occasion de faire un bilan. Asie Orientale Le Parti communiste chinois se réunit Asie Orientale 22 mai 2020 Aujourd’hui, vendredi 22 mai, le Congrès annuel du peuple (CNP) chinois rappellera au monde que la crise actuelle ne révèle pas seulement les bienfaits et méfaits du libéralisme et de la mondialisation  : la faucille et le marteau sont toujours tendance en 2020. Amériques États contre État aux États-Unis ? Amériques 21 mai 2020 Aujourd’hui, jeudi 21 mai, l’Ohio rouvre ses bars et restaurants. La veille, Disney aura rouvert ses portes en Floride, de même que l’État de Connecticut. Dès lundi, le Massachusetts a amorcé son déconfinement alors que, par exemple, Washington DC reste confinée jusqu’au 8 juin. Asie Orientale Le pouvoir de Taiwan Asie Orientale 20 mai 2020 Aujourd’hui, mercredi 20 mai, la présidente de Taiwan Tsai Ing-wen, réélue le 11 janvier dernier, sera officiellement investie. Sur fond de réaction au Covid-19, les tensions s’intensifient dans la région. Asie septentrionale Faut-il croire aux chiffres russes ? Asie septentrionale 19 mai 2020 La Russie est le deuxième pays du monde en nombre de personnes contaminées par le COVID-19. Pourtant, le nombre de décès reste relativement bas. Bulles Europe La catastrophe européenne est méditerranéenne Bulles Europe 18 mai 2020 L’annonce franco-allemande d’aujourd’hui sur le plan de relance européenne de 500 milliards d’euros pourrait être cruciale pour l’Union. Une carte exclusive du Grand Continent montre pourquoi. Elle représente l’écart géographique de la croissance du PIB au premier trimestre 2020 par rapport au quatrième trimestre du 2019. Santé publique L’OMS se réunit aujourd’hui Santé publique 18 mai 2020 Aujourd’hui, les 194 délégations membres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) se réunissent en Assemblée mondiale de la santé pendant deux jours. Asie Orientale Europe Pandémie vs. démocraties Asie Orientale Europe 16 mai 2020 Pandémie contre démocraties  : c’est un récit qui semble en séduire (et servir) certains dans un contexte de guerre des narratifs sur la gestion de la pandémie. Europe Le 15M Europe 15 mai 2020 Le 15 mai 2011 (15M) naissait le mouvement des Indignés en Espagne. La crise sanitaire donne une nouvelle impulsion aux propositions altermondialistes et aux mobilisations pour «  l’après  » coronavirus. Europe Nordiques L’état du libre-échange Europe Nordiques 14 mai 2020 Si d’autres priorités se sont imposées au gouvernement britannique, cette année devait être l’année du Brexit  : l’organisation des nouvelles relations commerciales du Royaume-Uni avec l’Union et avec ses autres partenaires est toujours sur le métier. Santé publique Présent et futur des migrations Santé publique 13 mai 2020 Parmi les victimes du coronavirus se trouve la libre circulation des personnes à l’intérieur des États comme à l’international. Un tour de l’horizon migratoire. Santé publique Aujourd’hui, des chiffres Santé publique 12 mai 2020 Le bicentenaire de la naissance de Florence Nightingale, infirmière britannique ayant pour la première fois introduit l’usage des statistiques dans le domaine médical, aura lieu ce mardi 12 mai. De 1820 à 2020, les statistiques ont désormais une place prépondérante dans notre gestion de la crise sanitaire à l’échelle mondiale. Santé publique Le déconfinement à l’échelle pertinente Santé publique 11 mai 2020 La date du 11 mai marque le début de l’assouplissement du confinement en France tandis qu’il se poursuit dans les autres pays européens. Europe Aujourd’hui, l’Horloge sonne 70 ans Europe 9 mai 2020 Aujourd’hui, samedi 9 mai, nous fêtons les 70 ans de la déclaration Schuman de 1950, dans le salon de l’Horloge du Quai d’Orsay. L’esprit de 1950 perdure. Europe La célébration de la fin de la deuxième guerre mondiale révèle un ancien clivage. Carte Europe 8 mai 2020 Le vendredi 8 mai marquera les 75 ans de la capitulation allemande en 1945. Le Covid-19 a vite rattrapé tous les États qui s’apprêtaient à organiser de grandes commémorations – et surtout la Russie. Asie septentrionale 20 ans de Poutine en Russie Asie septentrionale 7 mai 2020 Le 7 mai 2000, Vladimir Vladimirovitch Poutine devenait président de plein exercice de la Russie pour la première fois. Bulles Relance économique et élargissement européen ? Bulles 6 mai 2020 Aujourd’hui constitue une date primordiale pour l’avenir de l’Union  : les dirigeants de l’Union se réunissent avec ceux des Balkans occidentaux. Aussi, la Commission devait en origine présenter le fonds de relance européen, mais ça a été reporté par la Commission. Une occasion pour parler du futur de l’Union. Économie Santé publique Dix ans après l’austérité Économie Santé publique 5 mai 2020 La journée d’aujourd’hui marque les dix ans de la naissance du Mouvement anti-austérité en Grèce, le 5 mai 2010. L’histoire fait parfois bien les choses. En pleine crise économique et sanitaire, quels enseignements tirer de cet anniversaire  ? Santé publique Le Covid-19 à l’échelle pertinente Santé publique 4 mai 2020 Le coronavirus nous confine dans des zones très réduites – et les restrictions de circulation à l’intérieur même des pays européens pendant le déconfinement n’arrangeront rien. Mais si notre vie devient microgéographique, les tensions géopolitiques sont diatopiques  : elles concernent toutes les échelles, jusqu’au niveau mondial. Santé publique Vers la fin du confinement ? Santé publique 3 mai 2020 La date du 3 mai doit marquer fin de la première phase de lutte contre le virus en Italie et en Belgique et le lancement d’un déconfinement graduel. Le temps d’un bilan. Méditerranée Commémorations au temps du coronavirus Méditerranée 2 mai 2020 Aujourd’hui a lieu la fête régionale de la Communauté de Madrid commémorant le soulèvement de 1808 contre les troupes napoléoniennes. Les ferias sont annulées en Espagne et l’ampleur des commémorations de la fête régionale sera réduite. Économie Santé publique Aujourd’hui, fête du Travail Économie Santé publique 1 mai 2020 En plein pandémie, les transformations des pratiques et des représentations du monde du travail liées aux mesures de confinement donnent à ce 1er mai un relief particulier. Politique Santé publique Fédéralisme, décentralisation et coronavirus Politique Santé publique 29 avril 2020 Aux États-Unis, en Espagne et en Italie, la crise sanitaire a des effets centrifuges. La pandémie n’a pas été toujours été l’occasion d’un alignement des politiques et a pu au contraire exacerber les conflits latents avec le pouvoir central / fédéral. Politique Santé publique Les migrations à l’arrêt Politique Santé publique 28 avril 2020 Du fait de la crise sanitaire, la libre-circulation des personnes à l’intérieur des frontières nationales et entre les États s’est vue subitement entravée. Guerre Santé publique Aujourd’hui, la prolifération nucléaire Guerre Santé publique 27 avril 2020 Ce lundi aurait dû être lancée la conférence des Nations Unies sur l’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Reportée à janvier 2021, la discussion sur le nucléaire n’en est pas moins d’actualité. Monde Vers un aggiornamento du multilatéralisme ? Monde 25 avril 2020 Il y a 75 ans, le 25 avril 1945, s’ouvrait à San Francisco, dans des États-Unis résolus à rompre tout isolationnisme, la conférence qui allait donner naissance aux Nations Unies. En 2020, alors que le Covid-19 touche la terre entière, le multilatéralisme est en berne. Bulles Aujourd’hui, le Conseil sera décisif Bulles 23 avril 2020 Un Conseil européen particulièrement tendu se réunira par visioconférence cet après-midi pour la quatrième fois depuis le début de la crise. Politique Santé publique Aujourd’hui, géopolitique interne / externe Politique Santé publique 22 avril 2020 La géopolitique européenne est d’abord une question de géopolitique interne. Sur l’ordre du jour du Conseil de l’UE pour les Affaires étrangères qui se réunira par visioconférence aujourd’hui, plane la question des frontières. Politique Santé publique Aujourd’hui, l’anniversaire de mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette Politique Santé publique 19 avril 2020 Il y a 250 ans, le 19 avril 1770, Louis XVI et Marie-Antoinette se mariaient par procuration. Pourquoi évoquer cet événement aujourd’hui  ? Ce sont les réseaux sociaux qui ont rendu actuel cet anniversaire, avec le fleurissement du nouvel hashtag #guillotine2020. Politique Santé publique Doctrines et récits : la confrontation continue Politique Santé publique 18 avril 2020 Sur le plan sanitaire comme sur le plan politique et diplomatique, la valse et la confrontation des doctrines continuent en cette période de pandémie. Nordiques Des négociations mises en quarantaine ? Nordiques 16 avril 2020 L’épidémie pourrait bouleverser le calendrier du Brexit, à la fois pour des raisons pratiques, dues aux difficultés à tenir des négociations dans ces conditions, et économiques. Asie Orientale Aujourd’hui, on vote (oui, on vote) en Corée du Sud Asie Orientale 15 avril 2020 En période d’épidémie, contrairement à la majorité des élections qui devaient se tenir, le scrutin sud-coréen n’a pas été annulé par les autorités. Les Coréens sont appelés aux urnes pour élire les 300 députés de l’Assemblée nationale. Économie Santé publique Des instruments communs pour contrer la crise économique Économie Santé publique 14 avril 2020 Après une semaine rythmée par les négociations de l’Eurogroupe, vendredi dernier les ministres des finances sont arrivés à un accord sur un plan de soutien aux États, aux entreprises et aux particuliers, pour un montant de 540 milliards d’€. Santé publique Coronavirus, la situation à l’échelle régionale Santé publique 13 avril 2020 L’Observatoire géopolitique du Covid-19 vous propose un tour d’horizon de la situation sanitaire à une échelle trop souvent négligée  : l’échelle régionale. Bulles « Le problème de l’Europe, c’est souvent celui de la désynchronisation des espaces sociaux et politiques », une conversation avec Didier Georgakakis Bulles 11 avril 2020 Nous avons rencontré Didier Georgakakis, politiste et professeur à l’Université Panthéon-Sorbonne et au Collège d’Europe pour échanger sur l’état de la démocratie européenne et les changements en cours. Europe Le coronavirus politise l’espace continental Europe 8 avril 2020 La crise du coronavirus est souvent vécue comme une tragédie nationale. Elle rebat également les cartes au niveau continental et contribue à la politisation du débat public au niveau européen. Économie Santé publique Qu’attendre de l’Eurogroupe ? Économie Santé publique 6 avril 2020 Demain, mardi 7 avril, les ministres de l’Économie et des Finances des États membres de la zone euro se réunissent par visioconférence dans le cadre de l’Eurogroupe, dans le prolongement de la réunion du Conseil européen du 26 mars dernier. Santé publique Coronavirus : la guerre des récits a déjà lieu Santé publique 5 avril 2020 Le récit de la gestion de la crise par les gouvernements est à la fois un enjeu diplomatique extérieur et de politique intérieure. La Chine, la Russie et l’Europe semblent déjà se positionner et investissent le terrain narratif. Numérique Santé publique Économie du confinement : le numérique sur le devant de la scène Numérique Santé publique 3 avril 2020 En cette période de confinement, la continuité pédagogique et celle du travail ont notamment été assurées grâce aux outils numériques à notre disposition. Ces nouveaux usages dus à cette période d’exception auront probablement un impact sur nos pratiques futures. Santé publique Guerre contre le coronavirus, où en est-on ? Santé publique 31 mars 2020 Face à l’épidémie, les États continuent à installer la première ligne de défense contre le virus  : les mesures de restriction et de confinement. Celles-ci se déploient désormais sur tous les continents. L’Observatoire Géopolitique du Covid-19 du Grand Continent vous propose un bilan. Santé publique Coronavirus, point sur la situation sanitaire Santé publique 30 mars 2020 Aujourd’hui, le nombre de décès liés au coronavirus dans le monde est passé à 33 925 et les zones géographiques touchées s’étendent. Chaque jour, l’Observatoire du coronavirus vous offre des analyses actualisées des données de cette crise sanitaire. Europe Quand les Pays-Bas pensaient la doctrine d’une puissance européenne Europe 28 mars 2020 Des mots, des actes  ? Dans un brillant discours prononcé le 13 février 2019, l’actuel Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, posait les bases d’une doctrine de la puissance européenne vue d’Amsterdam. Un an plus tard, en pleine crise du Coronavirus, après un Conseil catastrophique et un positionnement que le Premier ministre portugais a qualifié de «  répugnant, mesquin et contraire au discours de l’Union européenne  », ce texte mérite de paraître dans le format archives et discours du Grand Continent. Économie Santé publique La propagation du coronavirus dans l’économie Économie Santé publique 27 mars 2020 Au-delà des enjeux médicaux – ou plutôt dans leur cœur même – le coronavirus pose la question du présent et de l’avenir économiques de l’Europe et du monde. Santé publique Coronavirus : l’Europe, la Chine, les États-Unis et le monde Santé publique 26 mars 2020 La crise est mondiale, elle est surtout géopolitique. Parti de Chine, arrivé en Europe, pris au sérieux en retard aux États-Unis, le coronavirus met en exergue les logiques qui sous-tendent les relations internationales. Santé publique Le coronavirus, une question de santé publique Santé publique 24 mars 2020 La pandémie de COVID-19 est avant tout une question scientifique, médicale, mortelle, qui met sous pression les systèmes nationaux de santé. Centres État des lieux de la pandémie de Coronavirus en Roumanie Centres 21 mars 2020 À ce jour, en Roumanie il y a 367 cas confirmé de personnes infectées par le virus COVID-19, 4 207 personnes en quarantaine institutionnalisée, 55,198 personnes en quarantaine à domicile et sous surveillance médicale et 52 personnes guéries. Santé publique Le printemps commence : optimisme ou pessimisme pour la pandémie ? Santé publique 21 mars 2020 Plusieurs scénarios se présentent pour la suite de l’épidémie de COVID-19 et l’incertitude sur sa durée reste importante. L’analyse des données de l’Observatoire du Grand Continent sur le coronavirus peut aider à comprendre les tendances plus relevantes, à l’échelle pertinente. Santé publique Coronavirus, que nous apprend-il encore ? Santé publique 20 mars 2020 Au moment de la première urgence sanitaire de l’ère de l’intelligence artificielle, les différents modes de gestion de la crise ont beaucoup à nous apprendre sur les États qui les mènent. Énergie et environnement Guerre Aujourd’hui, les 70 ans de l’Appel de Stockholm contre la bombe atomique Énergie et environnement Guerre 19 mars 2020 Le 19 mars 1950, le Prix Nobel Frédéric Joliot-Curie lançait l’appel qui devait recevoir un large soutien populaire (10 millions de signataires en France), exigeant “l’interdiction absolue de l’arme atomique”. L’occasion de faire un état des lieux du nucléaire civil comme militaire. Amériques Une nouvelle étape des primaires démocrates touchée par le coronavirus Amériques 18 mars 2020 Aujourd’hui, nous avons les résultats des primaires en Arizona, Floride, et Illinois de hier. Pas moins de 441 délégués étaient en jeu. Selon toutes les projections, Joe Biden a remporté tous les trois États, ainsi consolidant son avantage sur Bernie Sanders. Asie septentrionale Moscou Que veut Poutine ? Asie septentrionale Moscou Ce mardi, l’annexion de la Crimée par la Russie de Poutine aura 6 ans. L’occasion de faire un bilan des relations russo-européennes et de tracer les perspectives de la politique poutinienne à ce jour. Économie Eurogroupe et G7 : politique économique contre choc du coronavirus Économie 16 mars 2020 La continuité des institutions européennes et les réunions essentielles, dont l’Eurogroupe d’aujourd’hui, sont maintenues, avec des mesures pour assurer la sécurité des participants. Le même jour, les dirigeants du G7 se réuniront en visioconférence pour se coordonner sur la politique économique à mener ainsi que sur la question du vaccin et du traitement. Économie Un bazooka contre le coronavirus, le sens de la nouvelle politique économique allemande à l’échelle continentale Économie 16 mars 2020 Les mesures chocs et sans limite présentées par les ministres des Finances et de l’Économie allemands pour contrer le Coronavirus. Asie Intermédiaire Bruxelles Hier, Modi n’était pas à Bruxelles Asie Intermédiaire Bruxelles 14 mars 2020 Le 13 mars, le Premier Ministre indien Modi devait venir à Bruxelles pour le sommet Inde-Union européenne, reporté à cause du coronavirus, ainsi évitant un sommet sous haute tension. Centres Aujourd’hui, la Roumanie aura un nouveau gouvernement Centres 12 mars 2020 Le gouvernement libéral minoritaire roumain de Florin Cîțu (ancien ministre des Finances) devrait être voté par le Parlement ce jeudi 12 mars. Nordiques Aujourd’hui, le premier budget britannique post-Brexit Nordiques Aujord’hui, mercredi 11 mars, Rishi Sunak, chancelier de l’Échiquier (ministre des Finances) britannique depuis le 13 février, annoncera le premier budget du Royaume-Uni après le Brexit. Genre Hier les femmes, demain l’avortement en Argentine Genre 9 mars 2020 Hier, le 8 mars a été l’occasion de célébrer la Journée internationale des femmes (ou des droits des femmes, selon les pays). Parmi l’ensemble des aspects politiques, sociologiques, économiques ou juridiques qui touchent aux inégalités hommes-femmes, le Grand Continent vous propose un état des lieux sur l’avortement. Genre Journée internationale des femmes : un bilan Genre 8 mars 2020 Le 8 mars a lieu la Journée internationale des femmes. L’occasion de faire un bilan. Centres La mémoire des crimes nazis réinvestie en Allemagne Centres 7 mars 2020 Le drame de l’attentat d’Hanau a démontré que le terrorisme d’extrême-droite était et serait encore d’actualité. La lutte contre l’idéologie d’extrême-droite réinvestit le terrain idéologique, culturel et mémoriel. Énergie et environnement L’OPEP et la nouvelle géopolitique de l’énergie Énergie et environnement 6 mars 2020 Cette semaine (5-6 mars) s’ouvre la réunion interministérielle de l’OPEP et de l’OPEP+ (dont la Russie). La géopolitique est revenue sur le devant de la scène énergétique mondiale, d’abord comme facteur d’incertitude. Bulles Aujourd’hui, l’Union fait ses armes Bulles Aujourd’hui seront discutées deux piliers de la géopolitique européenne  : l’Union économique et monétaire (UEM) et le Green Deal. Le Commissaire aux affaires économiques Paolo Gentiloni s’exprimera sur le rôle international de l’euro, tandis que les ministres de l’environnement de l’UE se rencontreront à Bruxelles pour discuter du suivi de l’Accord de Paris sur le changement climatique. Afriques Subsahariennes La stratégie de l’Union pour l’Afrique Afriques Subsahariennes Aujourd’hui, Josep Borrell, vice-président de la Commission européenne et Haut représentant pour les affaires étrangères, présentera la stratégie de l’Union pour l’Afrique au Parlement européen. Amériques Aujourd’hui, Super Tuesday Amériques Le jour décisif pour les primaires démocrates a lieu cette semaine  : les primaires de 14 États se tiendront ce mardi. Une victoire au Super Tuesday est décisive pour la suite de la campagne. Méditerranée Aujourd’hui, on vote en Israël Méditerranée 2 mars 2020 Ce lundi, les Israéliens sont appelés aux urnes pour des élections législatives  : ce sont les troisièmes qui ont lieu en moins d’un an. Benjamin Netanyahou n’a pas réussi à former une coalition après les deux scrutins précédents, en avril et en septembre 2019. Centres Aujourd’hui, la Slovaquie au vote Centres Aujourd’hui, samedi 29 février, les Slovaques voteront pour renouveler les 150 députés du Conseil national de la République slovaque. Le parti social-démocrate devrait résister tout en renonçant largement à une majorité. Méditerranée Aujourd’hui, le franco-italien à l’honneur Méditerranée Aujourd’hui, jeudi 27 février, le président du Conseil italien Conte reçoit Emmanuel Macron à Naples pour une journée. Nordiques Aujourd’hui, le prince Harry et l’environnement Nordiques Aujourd’hui, à Édimbourg, le duc de Sussex, en pleine tourmente avec la famille royale britannique, a prévu de lancer officiellement Travalyst, un dispositif qui va noter vos trajets aériens et vous dire si vous êtes respectueux ou non de l’environnement. Bulles Aujourd’hui, l’Union géopolitique ? Bulles Aujourd’hui, mardi le 25 février, se tient à Bruxelles le Conseil des affaires générales. Parmi de nombreux sujets, les ministres chargés des Affaires européennes des États membres discuteront de questions extérieures (Brexit, élargissement) et intérieures (cadre financier pluriannuel notamment). Centres La coalition de centre-gauche reconduite à Hambourg Centres Les électeurs de la Ville Libre et Hanséatique de Hambourg, à la fois cité et Land, étaient conviés aux urnes ce dimanche pour renouveler le parlement régional. La coalition gouvernementale composée des sociaux-démocrates (SPD) et des Verts a été triomphalement reconduite. Centres Comprendre le terrorisme d’extrême droite. 10 points sur l’attentat de Hanau Centres 20 février 2020 L’attaque de Hanau fait partie d’une séquence qui voit la montée d’un terrorisme d’extrême droite en Europe et dans le monde. Quelle est l’ampleur de la menace  ? 10 points pour prendre la mesure et recontextualiser. Centres Aujourd’hui s’ouvre une semaine roumaine Centres Le gouvernement libéral minoritaire roumain de Ludovic Orban a été renversé mercredi 5 février par le Parlement. Les libéraux ont essayé de réformer la loi électorale pour rétablir un système de vote à deux tours et ouvrir la voie à des élections anticipées, dont ils bénéficieront largement. Ce sont néanmoins les sociaux-démocrates, majoritaires dans le Parlement, qui vont avoir le dernier mot. Europe Aujourd’hui, Rome est la capitale des néonationalistes européens Europe Aujourd’hui et demain, Matteo Salvini, Viktor Orban et Marion Maréchal sont les têtes d’affiche d’une conférence internationale sur le thème du «  national-conservatisme  ». Un nouveau signe de leur volonté de construire un front européen néonationaliste et une force transnationale. Économie L’économie mondiale au programme de Davos Économie Aujour’hui, Mardi 21 janvier s’ouvre justement le Forum économique mondial de Davos. Accueillant éternellement les dirigeants qui incarnent le capitalisme de ce monde, le village alpin est aussi la caisse de résonance des évolutions du cadre mental des décideurs mondiaux. Amériques La phase 1 de l’accord commercial entre la Chine et les États-Unis commence aujourd’hui Amériques Donald Trump a annoncé qu’il signerait aujourd’hui la Phase 1 de l’Accord commercial avec la Chine. Il s’agirait d’une réduction de certains droits de douane américains. De son côté, la Chine s’engagerait à augmenter les achats de produits et de services américains d’au moins 200 milliards $ au cours des deux prochaines années. Afriques Subsahariennes Aujourd’hui s’ouvre le Sommet sur le Sahel à Pau Afriques Subsahariennes Aujourd’hui, le président français se rend à Pau pour le Sommet sur le Sahel, qui réunit les dirigeants des pays du G5 Sahel (Niger, Mali, Mauritanie, Burkina Faso et Tchad). La rencontre devrait clarifier le cadre de l’intervention française dans la région. Nordiques Dernier délai pour l’accord post-Brexit en décembre Nordiques À quoi faut-il s’attendre en 2020  ? Après avoir passé en revue la mouvementée année 2019, nous soulignons cette semaine les tendances à suivre pendant l’énigmatique 2020, mois par mois. Le 31 décembre 2020 sera la dernière date pour que le Royaume-Uni et l’Union signent un accord commercial. Amériques Le monde suspendu au destin américain en novembre Amériques À quoi faut-il s’attendre en 2020  ? Après avoir passé en revue la mouvementée année 2019, nous soulignons cette semaine les tendances à suivre pendant l’énigmatique 2020, mois par mois. Le 3 novembre 2020, nous connaîtrons le nouveau président des États-Unis, après une année de campagne électorale sans répit. Amériques Le renouveau en Amérique latine en octobre ? Amériques À quoi faut-il s’attendre en 2020  ? Après avoir passé en revue la mouvementée année 2019, nous soulignons cette semaine les tendances à suivre pendant l’énigmatique 2020, mois par mois. L’élection de l’Assemblée constituante ou du Congrès mixte au Chili se tiendra en octobre 2020, si le référendum du 26 avril ouvre la voie à une nouvelle Constitution. Centres Vers une « très grande coalition » allemande en septembre ? Centres À quoi faut-il s’attendre en 2020  ? Après avoir passé en revue la mouvementée année 2019, nous soulignons cette semaine les tendances à suivre pendant l’énigmatique 2020, mois par mois. Le 13 septembre, les Allemands de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Land le plus peuplé et le plus puissant économiquement, voteront dans le cadre des élections municipales. Énergie et environnement Il fera trop chaud en août Énergie et environnement À quoi faut-il s’attendre en 2020  ? Après avoir passé en revue la mouvementée année 2019, nous soulignons cette semaine les tendances à suivre pendant l’énigmatique 2020, mois par mois. Le mois d’août 2020 constituera l’apogée des catastrophes climatiques qui parcourent le globe. Europe Un juillet sportif Europe 5 janvier 2020 À quoi faut-il s’attendre en 2020  ? Après avoir passé en revue la mouvementée année 2019, nous soulignons cette semaine les tendances à suivre pendant l’énigmatique 2020, mois par mois. Le sport se jouera à toutes les échelles en juillet 2020  : locale, quand vous jouerez au volley sur les plages  ; nationale, avec le Tour de France et le British Open de golf  ; européenne avec l’UEFA Euro 2020  ; internationale avec les Jeux Olympiques de Tokyo. Afriques Subsahariennes En juin, le début de la fin du franc CFA Afriques Subsahariennes À quoi faut-il s’attendre en 2020  ? Après avoir passé en revue la mouvementée année 2019, nous soulignons cette semaine les tendances à suivre pendant l’énigmatique 2020, mois par mois. Emmanuel Macron l’avait annoncé aux côtés d’Alassane Ouattara en décembre  : c’en est fini du franc CFA dans la zone UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine). Asie septentrionale Poutine, Trump et Macron en mai Asie septentrionale À quoi faut-il s’attendre en 2020  ? Après avoir passé en revue la mouvementée année 2019, nous soulignons cette semaine les tendances à suivre pendant l’énigmatique 2020, mois par mois. La Russie célébrera les 75 ans de la victoire de 1945 lors d’une grandiose parade. Poutine a entrepris de réunir les Alliés  ; Macron sera là. Trump, invité également, se montre plus hésitant. Asie Orientale Centres En avril, l’Europe en Chine et la Chine en Europe Asie Orientale Centres À quoi faut-il s’attendre en 2020  ? Après avoir passé en revue la mouvementée année 2019, nous soulignons cette semaine les tendances à suivre pendant l’énigmatique 2020, mois par mois. En avril s’ouvrira à Pékin le sommet des 17+1, qui rassemble la Chine et des chefs d’État de pays d’Europe centrale et orientale et qui inquiète Bruxelles. Économie En mars, l’anniversaire de la guerre commerciale sino-américaine et son avenir Économie À quoi faut-il s’attendre en 2020  ? Après avoir passé en revue la mouvementée année 2019, nous soulignons cette semaine les tendances à suivre pendant l’énigmatique 2020, mois par mois. 2019 a vu une intensification de l’affrontement géo-économique qui oppose la Chine et les États-Unis avec des effets à cascade dans le monde entier. Nous parions que 2020 verra une solution du conflit. Méditerranée En février, Salvini et l’effet domino du populisme Méditerranée À quoi faut-il s’attendre en 2020  ? Après avoir passé en revue la mouvementée année 2019, nous soulignons cette semaine les tendances à suivre pendant l’énigmatique 2020, mois par mois. Fin janvier, l’Italie pourrait devenir encore plus leghiste  : les élections en Émilie-Romagne et en Calabre le 26 janvier pourraient renforcer le parti de Salvini, quelques jours avant la date officielle du Brexit. Afriques Subsahariennes Un mois de janvier méditerranéen et africain Afriques Subsahariennes À quoi faut-il s’attendre en 2020  ? Après avoir passé en revue la mouvementée année 2019, nous soulignons cette semaine les tendances à suivre pendant l’énigmatique 2020, mois par mois. L’année 2020 s’ouvrira en Afrique  : l’imminence de l’arrivée des troupes turques en Libye et la réunion du G5 Sahel marqueront l’avenir du continent. London Nordiques En décembre, le Brexit a presque eu lieu London Nordiques De quoi 2019 a-t-il été le nom  ? Cette semaine nous nous tournons avec une série d’analyse brèves vers l’année qui vient de s’achever, pour comprendre les signaux faibles qui l’ont caractérisé. Nous n’avons pas eu assez de mots pour décrire le processus apparemment infini d’éclatement de l’espace politique britannique et qui semble finalement achevé avec le vote de la chambre britannique qui a suivi l’élection du 12 décembre. Asie Orientale En novembre l’Union allait en Chine Asie Orientale De quoi 2019 a-t-il été le nom  ? Cette semaine nous nous tournons avec une série d’analyse brèves vers l’année qui vient de s’achever, pour comprendre les signaux faibles qui l’ont caractérisé. Du 4 au 6 novembre, le président français a été accompagné en Chine par la ministre allemande de l’Éducation et de la Recherche, des industriels allemands et par le commissaire européen au commerce. Centres Octobre : villes contre nations Centres De quoi 2019 a-t-il été le nom  ? Cette semaine nous nous tournons avec une série d’analyse brèves vers l’année qui vient de s’achever, pour comprendre les signaux faibles qui l’ont caractérisé. Les élections municipales hongroises du 13 octobre réservaient une grande surprise. Amériques En septembre, une étincelle a mis le feu à l’Amérique latine Amériques De quoi 2019 a-t-il été le nom  ? Cette semaine nous nous tournons avec une série d’analyse brèves vers l’année qui vient de s’achever, pour comprendre les signaux faibles qui l’ont caractérisé. L’embrasement des sociétés dans plusieurs pays de l’Amérique latine laisse présager d’une recomposition profonde des scènes politiques nationale et régionale. Amériques En août, pendant que vous étiez à la mer, la course aux armes a franchi un nouveau cap Amériques De quoi 2019 a-t-il été le nom  ? Cette semaine nous nous tournons avec une série d’analyse brèves vers l’année qui vient de s’achever, pour comprendre les signaux faibles qui l’ont caractérisé. Le 19 août, les États-Unis ont réalisé le tir de test d’un nouveau missile sol-sol de moyenne portée à partir d’une île californienne. Bulles En juillet, Ursula von der Leyen s’est positionnée Bulles De quoi 2019 a-t-il été le nom  ? Cette semaine nous nous tournons avec une série d’analyse brèves vers l’année qui vient de s’achever, pour comprendre les signaux faibles qui l’ont caractérisé. Pour devenir la première présidente de la Commission, Ursula von der Leyen devait convaincre un Parlement européen qui n’avait jamais été aussi politique. Asie Orientale En juin, la crise à Hong Kong faisait son grand retour Asie Orientale De quoi 2019 a-t-il été le nom  ? Cette semaine nous nous tournons avec une série d’analyse brèves vers l’année qui vient de s’achever, pour comprendre les signaux faibles qui l’ont caractérisé. Pour saisir l’intensification de la séquence hongkongaise du mois de juin, il faut l’inscrire dans une temporalité plus longue. Centres Europe En mai, le Parti populaire européen est devenu le parti de l’est Centres Europe De quoi 2019 a-t-il été le nom  ? Cette semaine nous nous tournons avec une série d’analyse brèves vers l’année qui vient de s’achever, pour comprendre les signaux faibles qui l’ont caractérisé. Les élections européennes ont eu lieu du 23 au 26 mai. D’elles émerge une nouvelle tendance  : la transformation du PPE en un parti représentant un intérêt géopolitique transnational. Europe En avril Notre-Dame a dévoilé la crise de l’Église Europe De quoi 2019 a-t-il été le nom  ? Cette semaine nous nous tournons avec une série d’analyse brèves vers l’année qui vient de s’achever, pour comprendre les signaux faibles qui l’ont caractérisé. Le 15 avril à partir de 18h50 un incendie a détruit une bonne partie de la toiture de Notre-Dame. L’émotion chorale, internationale, transclasse a fait de l’incendie un événement mondial. Énergie et environnement Le 15 mars commençaient les Fridays for future Énergie et environnement De quoi 2019 a-t-il été le nom  ? Cette semaine nous nous tournons avec une série d’analyse brèves vers l’année qui vient de s’achever. Entre le retrait officiel des États-Unis de l’Accord de Paris, les feux qui ont ravagé l’Amazonie et les grève étudiante pour le climat, la question du changement climatique a connu une série d’avancées et de revers. Méditerranée En février la tension politique entre Macron et Di Maio ouvrait une crise diplomatique Méditerranée De quoi 2019 a-t-il été le nom  ? Cette semaine nous nous tournons avec une série d’analyse brèves vers l’année qui vient de s’achever. Après plusieurs mois d’intense dialectique politique transnationale fortement portée par l’activité du Président français, sur fond de campagne européenne, la France rappellait son ambassadeur en Italie le 7 février. Amériques En janvier au Venezuela s’ouvrait une nouvelle séquence Amériques De quoi 2019 a-t-il été le nom  ? Cette semaine nous nous tournons avec une série d’analyse brèves vers l’année qui vient de s’achever. Mercredi 23 janvier, le député Juan Guaidó, chef du Parlement, s’auto-proclame président par intérim du Venezuela, en contestant la légitimité du second mandat de Nicolas Maduro. Bulles La Commission von der Leyen Bulles Le Parlement européen a voté l’ensemble du Collège des commissaires. Asie Orientale Emmanuel Macron amène l’Europe en Chine Asie Orientale D’aujourd’hui, lundi 4 novembre à mercredi 6 novembre, Macron se rend en Chine pour la deuxième fois depuis 2017, axant son voyage sur les questions industrielles et économiques, en pleins soubresauts de la guerre commerciale sino-américaine et protestations hongkongaises. London Nordiques La stratégie du zombie Brexit London Nordiques 28 octobre 2019 Boris Johnson a un as dans la manche  : utiliser la stabilité du corps diplomatique britannique pour accélérer la contamination du chaos à l’échelle continentale. Les déboires de la Commission Ursula Von Der Leyen lui fournissent une occasion rêvée. À partir d’une conversation avec une haute personnalité européenne qui nous demande de rester anonyme, notre analyse de la stratégie du zombie Brexit. Amériques Notre pari : pas de majorité au Canada ce soir Amériques Aujourd’hui, le Canada vote pour élire ses 338 députés de la Chambre des communes. Le Parti Libéral du Canada (PLC) du Premier ministre Trudeau devrait connaître une importante déconvenue. Droit Numérique La régulation « Robin des Bois » Droit Numérique 17 octobre 2019 Briser les GAFA  ? L’idée fait son chemin depuis un moment sans plus de précision. Le président de l’autorité française de régulation des télécoms, Sébastien Soriano, dresse dans ce discours donné à Austin, lors d’un festival où se retrouvent les gourous de la tech, un programme précis et créatif. Non pas réprimer, mais réinventer. Non pas casser le pouvoir des Big Tech, mais s’en servir pour le redistribuer au plus grand nombre. Centres La ville contre le néonationalisme en Hongrie Centres Les élections municipales d’hier en Hongrie réservent une grande surprise. Gergely Karácsony, opposant de long cours de Viktor Orbán, devient maire de Budapest. Fidesz perd le contrôle de la capitale après plus de 10 ans d’hégémonie. Afriques Subsahariennes Construire la paix : entretien avec S.E.M Alberto Maverengue Augusto, Ambassadeur du Mozambique en France Afriques Subsahariennes Nous avons rencontré S.E.M Alberto Maverengue Augusto, Ambassadeur du Mozambique en France, pour une conversation approfondie sur son pays au coeur des dynamiques de l’Afrique orientale. Méditerranée En Isräel on vote Méditerranée Demain, mardi 17 septembre, des élections législatives anticipées vont avoir lieu en Israël. Benjamin Netanyahou (Likoud) n’a pas réussi à former une coalition depuis les dernières élections en avril dernier. États de l'Union Le positionnement von der Leyen États de l'Union 16 juillet 2019 Pour devenir la première présidente de la Commission, Ursula von der Leyen devait convaincre un Parlement européen qui n’aura jamais été aussi politique. Son discours paraît un exercice d’acrobatie, mais son positionnement vaut un programme et mérite d’être étudié de près, dans la première transcription intégrale, traduite en français et largement commentée. Asie Intermédiaire MBZ, le modèle de MBS : l’homme plus puissant de la péninsule arabe ? Asie Intermédiaire Le New York Times a récemment nommé le prince héritier des Émirats Arabes Unis Mohammed Ben Zayed (dit MBZ) dirigeant arabe le plus puissant, soulignant son accès privilégié à la Maison Blanche. Retour sur un lien méconnu d’inspiration entre les deux princes, que Le Grand Continent soulignait déjà. Accès libre Politique Regardez les élections européennes Accès libre Politique 27 mai 2019 Élections européennes, le jour d’après  : visualisez d’un coup d’œil le bilan du scrutin en cartes et en graphiques. Livres Politique Les mots du Duomo Livres Politique 20 mai 2019 Stratégie  ? bluff  ? taqîya ? Hier après-midi à Milan, à moins d’une semaine des élections européennes, a eu lieu le seul véritable événement politique transnational de cette campagne électorale. Seul problème  : il s’agissait d’un meeting de forces néonationalistes. Notre-Dame d’Europe et du monde 19 avril 2019 Simples observateurs ou passants fortuits, poètes… De la Turquie à la Colombie, de l’Angleterre des préraphaélites à la Russie des acméistes, ces textes clefs offrent des points de vue étrangers sur Notre-Dame. À l’improviste, des correspondances se créaient entre les textes  ; la cathédrale y défie souvent l’habitude, elle est toujours la sujette de regards étonnés. Économie George Soros et ses ennemis Économie 10 février 2019 Depuis quelques années, Georges Soros donne à Davos une allocution où il pointe les menaces qui pèsent selon lui sur l’avenir de l’open society. Cette fois, le milliardaire s’est attaqué à la Chine et au déploiement de nouvelles technologies intrusives. Politique Géopolitique de la mémoire de la Shoah Politique 29 janvier 2019 Comment la Shoah est-elle devenue un objet diplomatique  ? Archives et discours analyse pour vous les déclarations des délégations nationales à l’ONU lors de l’instauration de la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. Politique Marketing cinq étoiles Politique 8 janvier 2019 Le vice-président du conseil italien, Luigi di Maio a frappé à la porte d’un nouveau client potentiel pour exporter son algorithme politique  : le gilet jaune français. Europe Méditerranée Quand Salvini rêve de refaire l’Europe Europe Méditerranée 24 novembre 2018 Lors du rassemblement annuel de la Ligue du Nord à Pontida en juillet dernier, Matteo Salvini a fait clairement connaître ses ambitions euronationalistes. Lynda Dematteo, anthropologue au CNRS et spécialiste de la Ligue du Nord, a analysé pour Le Grand Continent ce discours. Politique Rediaboliser Orbán Politique 11 novembre 2018 Il y a un an, grâce à un discours bref et incisif, le président du Conseil européen Donald Tusk avait secoué un congrès du Parti populaire européen bien trop policé. Répétera-t-il l’exercice aujourd’hui alors qu’il devrait être consacré Président d’un “un bloc capable d’aller de l’équivalent d’Alain Juppé à l’équivalent de Marine Le Pen” Politique La doctrine Orban Politique 21 juin 2018 Le parti de Viktor Orbàn va quitter le groupe PPE au Parlement européen. Voici pourquoi il s’agit d’un revirement majeur dans la stratégie continentale des néonationalistes. Fondations géopolitiques « L’O.E.C.E », un inédit d’Alexandre Kojève Fondations géopolitiques 6 juin 2018 En septembre 1949, alors que les décisions unilatérales du Royaume-Uni semblent menacer la possibilité d’une coopération économique véritable entre Européens, le philosophe devenu conseiller signe un plaidoyer anonyme en faveur de l’ancêtre de l’OCDE. Asie Intermédiaire Nouvelle étape pour le pipeline Turkménistan, Afghanistan, Pakistan, Inde (TAPI) Asie Intermédiaire Le président ouzbek Mirziyoyev a annoncé cette semaine, au cours d’une visite à Tachkent auprès de son homologue turkmène Gurbanguly Berdimuhamedow, que l’Ouzbékistan participerait à la construction du pipeline, prévu depuis longtemps, qui doit traverser le Turkménistan, l’Afghanistan, le Pakistan, et l’Inde (TAPI). Énergie et environnement Politique 10 points sur l’environnement Énergie et environnement Politique 28 novembre 2017 Pourquoi l’environnement est un problème géopolitique continental. Le Grand Continent Connexion Mon compte Offre Abonnement Le grand continent À propos Accueil Offre Régions Afriques Subsahariennes Amériques Asie Intermédiaire Asie Orientale Asie septentrionale Bulles Centres Europe Indo-Pacifique Méditerranée Monde Nordiques Thèmes Anthropologie Arts Démographie Doctrines de la Chine de Xi Jinping Données qui changent la donne Droit Économie Élections Énergie et environnement Genre Guerre Histoire In Memoriam Livres Numérique Politique Religion Santé publique Science Sécurité Sport Suds Urbanisme Formats Pièces de doctrines Brèves Perspectives sur l’actualité Études Entretiens Archives et discours Comptes-rendus Histoire en images Informations légales Conditions générales de vente Publié par Groupe d'Études Géopolitiques. © 2025 GEG. Tous droits réservés. Les intellectuels face à la crise Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site web. 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Méthode expérimentale — Wikipédia Aller au contenu Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Pour les articles homonymes, voir Expérience (homonymie) . Expérience du cerf-volant de Benjamin Franklin . Les méthodes expérimentales scientifiques consistent à tester la validité d'une hypothèse , en reproduisant un phénomène (souvent en laboratoire) et en faisant varier un paramètre. Le paramètre que l'on fait varier est impliqué dans l'hypothèse. Le résultat de l'expérience valide ou non l'hypothèse. La démarche expérimentale est appliquée dans les recherches dans des sciences telles que, par exemple, la biologie , la physique , la chimie , l' informatique , la psychologie , ou encore l' archéologie . Définies par le chimiste Michel-Eugène Chevreul en 1856, elles ont été développées par Claude Bernard en médecine et en biologie . Outil privilégié des sciences de la nature , les méthodes expérimentales sont également utilisées en sciences humaines et sociales . Historique et épistémologie [ modifier | modifier le code ] Définition [ modifier | modifier le code ] Claude Bernard . La méthode expérimentale est ainsi définie par le chimiste Michel-Eugène Chevreul en 1856 : « Un phénomène frappe vos sens ; vous l’observez avec l’intention d’en découvrir la cause, et pour cela, vous en supposez une dont vous cherchez la vérification en instituant une expérience. Le raisonnement suggéré par l'observation des phénomènes institue donc des expériences (…), et ce raisonnement constitue la méthode que j’appelle expérimentale, parce qu’en définitive l’expérience est le contrôle, le critérium de l’exactitude du raisonnement dans la recherche des causes ou de la vérité » [ 1 ] . Cette méthode a été centrale dans la révolution scientifique accomplie depuis le XVII e siècle, en donnant naissance aux sciences expérimentales. Parmi les précurseurs de la méthode expérimentale, il convient de citer le physicien et chimiste irlandais Robert Boyle , qui est aussi le père de la philosophie naturelle , ainsi que le médecin Claude Bernard . Georges Canguilhem [ 2 ] et Jean Gayon [ 3 ] relèvent la dette de Claude Bernard envers les thèses méthodologiques de Chevreul, liée au « dialogue ininterrompu entre les deux maîtres du Muséum » [ 4 ] , dette que le physiologiste reconnaît d'ailleurs dès l'introduction de son ouvrage majeur : « de nos jours, M. Chevreul développe dans tous ses ouvrages des considérations très importantes sur la philosophie des sciences expérimentales. (…) Notre unique but est et a toujours été de contribuer à faire pénétrer les principes bien connus de la méthode expérimentale dans les sciences médicales » [ 5 ] . Claude Bernard distingue nettement les approches empiriques et expérimentales : « L'empirisme est un donjon étroit et abject d'où l'esprit emprisonné ne peut s'échapper que sur les ailes d'une hypothèse » [ 6 ] . Il insiste en effet sur l'importance de l'hypothèse, et Canguilhem qualifie l' Introduction à l’étude de la médecine expérimentale de « long plaidoyer pour le recours à l’idée dans la recherche, étant entendu qu’une idée scientifique est une idée directrice et non une idée fixe » [ 7 ] . Les étapes de la méthode expérimentale ont été résumées par le sigle OHERIC , schéma très simplificateur, et des modèles plus proches d'une méthode expérimentale authentique ont été proposés. La thèse Duhem-Quine [ modifier | modifier le code ] Le schéma de la vérification d’une hypothèse à l’aide de l’expérience est demeuré en vigueur dans les sciences expérimentales de Francis Bacon jusqu’au XX e siècle, date à laquelle certains l'ont remis en cause ( Pierre Duhem en 1906 [ 8 ] ). En effet, selon l'article de Quine « Deux dogmes de l'empirisme », il n'existe aucune « expérience cruciale » qui puisse permettre de confirmer, ou non, un énoncé scientifique. Quine soutient en effet une position holiste , qui ne dénie pas tout rôle à l'expérience, mais considère que celle-ci ne se rapporte pas à un énoncé scientifique, ou hypothèse, en particulier, mais à l'ensemble de la théorie scientifique . Aussi, à chaque fois qu'une expérience semble apporter un démenti à l'une de nos hypothèses, nous avons en fait toujours le choix entre abandonner cette hypothèse, ou la conserver, et modifier, à la place, un autre de nos énoncés scientifiques. L'expérience ne permet pas, ainsi, d'infirmer ou de confirmer une hypothèse déterminée, mais impose un réajustement de la théorie, dans son ensemble. Nous avons toujours le choix de procéder au réajustement que nous préférons : « On peut toujours préserver la vérité de n'importe quel énoncé, quelles que soient les circonstances. Il suffit d'effectuer des réajustements énergiques dans d'autres régions du système. On peut même en cas d'expérience récalcitrante préserver la vérité d'un énoncé situé près de la périphérie , en alléguant une hallucination , ou en modifiant certains des énoncés qu'on appelle lois logiques. Réciproquement (…), aucun énoncé n'est à tout jamais à l'abri de la révision. On a été jusqu'à proposer de réviser la loi logique du tiers exclu , pour simplifier la mécanique quantique » [ 9 ] . L'expérience qualitative préalable [ modifier | modifier le code ] Wolfgang Köhler constate que « les physiciens ont mis des siècles à remplacer graduellement des observations directes et surtout qualitatives par d'autres, indirectes, mais très précises » [ 10 ] . Il cite quelques exemples où tel savant fait une observation singulière mais uniquement d'ordre qualitatif avant que ce fait - une fois découvert - serve de fondement à une méthode d'évaluation quantitative du phénomène ; ces méthodes se concrétisent souvent en instruments de mesure toujours plus perfectionnés. Il généralise ce constat historique en posant que toute nouvelle science se développe naturellement par le passage progressif des « expériences directes et qualitatives » aux « expériences indirectes et quantitatives », celles-ci étant une caractéristique majeure des sciences exactes . Il insiste sur la nécessaire accumulation préalable des expériences essentiellement qualitatives ; conditions indispensables des investigations quantitatives ultérieures. C'est le défi qu'il propose à la psychologie qu'il considère comme une « jeune science ». Il invite ainsi à résister à l'imitation de la physique, à ne pas plaquer les méthodes d'une science mûre sur les tâtonnements de celle qui se cherche et donc à favoriser avant tout la croissance des expérimentations qualitatives préalables indispensables aux futures expériences quantitatives rigoureuses. Reconnaissant la complexité de l'objet de la psychologie comparée aux simplifications que la physique autorise, il assure après avoir évoqué la question des tests qu' « on ne saurait assez souligner l'importance de l'information qualitative comme complément nécessaire du travail quantitatif » . L'exemple type est celui de Galilée , qui découvre le mouvement des planètes par l'observation avec une lunette astronomique . Principes [ modifier | modifier le code ] Contrôle des paramètres et test d'hypothèses [ modifier | modifier le code ] La méthode expérimentale repose sur un principe : il s'agit de modifier un ensemble de paramètres à l'aide d'un dispositif expérimental conçu pour permettre le contrôle de ces paramètres, dans le but de mesurer leurs effets et si possible de les modéliser. Dans le cas le plus simple on cherche à modifier un seul paramètre à la fois, « toutes choses égales par ailleurs » . Cependant il n'est pas toujours possible ni souhaitable de modifier un seul paramètre à la fois. Ainsi en chimie lorsqu'on opère sur les constituants d'une seule phase ( liquide , solide , gazeuse ou sous forme de plasma ) la somme des concentrations des constituants reste égale à un ; modifier la valeur de l'une d'entre elles modifie inévitablement la concentration d'un autre constituant au moins. D'autres fois le résultat d'une expérimentation portant sur un seul facteur peut induire une conclusion erronée. Ainsi le résultat recherché peut être nul pour certaines conditions fixées et se révéler important lorsque les conditions fixées sont différentes. Ce cas traduit l'existence de « synergie » ou « d'interaction » entre des facteurs (Voir la comparaison de plans en étoile et de plans factoriels, Linder p. 38). Cet enjeu est parfois crucial (cas des synergies entre des médicaments, entre des polluants, etc.). Le plus souvent on cherche à tester une hypothèse portant sur une liaison cause-conséquence. Dans l'analyse des résultats (la qualité de cette liaison) les statistiques jouent un rôle très important aussi bien pour porter un jugement (sur la précision du modèle prévisionnel obtenu) que pour concevoir une expérimentation optimale par rapport au risque statistique (Linder, p. 126). Considérons l'exemple suivant à un seul paramètre dont l'objectif est de tester l'hypothèse suivant laquelle « la lumière permet la croissance d'une plante » . Dans l'exemple proposé, différentes plantes seront soumises à des éclairages différents, toutes choses égales par ailleurs, notamment la température doit rester fixe et donc indépendante de l'éclairage, afin de mesurer l'impact de ce paramètre sur leur croissance. L'expérience consiste à reproduire le phénomène « croissance d'une plante » de deux manières : d'une part sans le paramètre à tester (sans lumière) ; c'est le témoin négatif ; d'autre part, un témoin positif, avec le paramètre à tester (avec lumière). Ce dernier dispositif permet de vérifier que tous les autres éléments non testés sont opérationnels (la plante fonctionne bien). Avant même la mise en œuvre, les résultats de l'expérience doivent être prévus : si la croissance ne se produit pas dans les deux dispositifs, je ne peux rien déduire si ce n'est que ma manipulation n'est pas adaptée à ma recherche ; si la croissance ne se produit pas sans lumière, mais avec la lumière alors l'hypothèse est validée : « la lumière fait pousser les plantes » ; si la croissance ne se produit pas avec lumière, mais sans la lumière, alors l’hypothèse est réfutée ; si le phénomène se produit dans les deux dispositifs, alors l'hypothèse n'est pas validée, mais elle n'est pas rejetée pour autant. En dehors du paramètre à tester qu'il faut faire varier, les autres paramètres susceptibles d'intervenir doivent être fixés de façon rigoureuse sinon « le mieux possible ». À défaut, ces paramètres risquent d'être à l'origine des différences de résultats entre l'expérience témoin et les autres. Par exemple, s'il fait « trop froid » dans le premier dispositif sans lumière ou si l'atmosphère ne contient « pas assez » de gaz carbonique, alors l'absence de croissance peut être due à ces facteurs. On voit aussi la nécessité d'un savoir scientifique le plus large possible pour permettre la bonne conception d'une expérimentation. La conduite d'une expérience mène ainsi le schéma d'interprétation épistémologique classique à deux types de bénéfice : d'abord la possibilité de vérifier ou, mieux, de corroborer l'hypothèse ou de la réfuter ; mais aussi dans tous les cas, un enseignement sur les causes de l'éventuel échec, enseignement qui sera réinvesti dans la définition d'une expérience plus adéquate. Le bénéfice est alors méthodologique. Expérience scientifique à l'aide de modèle [ modifier | modifier le code ] L'espèce Mus musculus , un exemple d' organisme modèle . Lorsque certains phénomènes naturels sont trop complexes, trop vastes, trop dangereux, trop chers ou trop long à reproduire dans une expérience, on a recours à un dispositif simplifié : le modèle . Il peut s'agir : d'un modèle réduit ( maquette ). On parle de modélisation analogique, à laquelle les géologues étudiant la tectonique ont recours ; d'un modèle numérique (programme de simulation par ordinateur ) ; d'un modèle vivant, comme la souris , mais dont la transposabilité à l' espèce humaine n'est que de 43 % [ 11 ] . Article détaillé : Organisme modèle . Dans ce cas, la validité du modèle peut être discutée. Un modèle doit représenter le mieux possible l'objet sur lequel repose une hypothèse. Par exemple, pour démontrer l'origine humaine du réchauffement climatique , on utilise des modèles numériques du climat . Les détracteurs de cette hypothèse remettent en cause ces modèles qui ne prendraient pas assez en compte l'influence des nuages . Protocole expérimental [ modifier | modifier le code ] Le protocole d'expérimentation regroupe la description des conditions et du déroulement d'une expérience ou d'un test. La description doit être suffisamment claire afin que l'expérience puisse être reproduite à l'identique et il doit faire l'objet d'une analyse critique pour notamment détecter d'éventuels biais. Structure théorique d'une expérience [ modifier | modifier le code ] D'un point de vue très général, l'expérience isolée comporte sommairement trois phases : la préparation ; l'expérimentation ; l'évaluation. Les deux dernières sont l'aboutissement simple de ce qui les a précédé. Une expérience globale composée d'expériences partiellement individualisables comporte les trois mêmes pôles. Cependant, si dans l'expérience isolée les trois phases constituent autant d'étapes réglées chronologiquement , dans l'expérience globale, il s'agit de trois registres qui interagissent en permanence. Ainsi : l'évaluation est plus ou moins associée aux paramètres pris en compte dans la préparation, par exemple, les résultats questionnent la méthode d'échantillonnage ; l'expérimentation peut être répétée, en fonction des deux autres phases ; La préparation se réalise autour d'une double intention : la réussite de l'expérience, c'est-à-dire la conduite jusqu'à son terme ; la pertinence ou succès de l'expérience, c'est-à-dire l'accès à un résultat positif, à l'égard de l'objectif initial. Chacune des intentions motivant et organisant l'expérience trouve ses limites dans au moins une forme d'incertitude : l'incertitude de base portant sur la réalisation de l'expérience est rejointe par autant d'incertitudes qu'il y a de choix possibles pour les conditions initiales. La préparation est donc basée sur des perspectives et opérations d' anticipation ; supputations de l'expérience qui peuvent réduire l'incertitude sur tel ou tel paramètre. La préparation aboutit ainsi à la réunion de facteurs d'efficacité. Dans l'expérience globale, chaque phase ne résultant pas simplement de la précédente, les liens entre les conditions initiales et les résultats sont affectés par une complexité qui apporte une nouvelle charge d'incertitude. L'évaluation se réfère à des critères qui auront été explicités en association avec la détermination des facteurs d'efficacité. Expériences en blocs [ modifier | modifier le code ] Exemple d'expérience en blocs aléatoires complets relative à la comparaison de six éléments (par exemple six fumures différentes, numérotées de 1 à 6) au sein de quatre blocs. Dans les expériences en champ au sens large (champ, verger, forêt, etc.), qui sont réalisées en recherche agronomique , on appelle « blocs » des ensembles de parcelles voisines qui servent à comparer différents traitements (différentes fumures par exemple). Les blocs sont dits « complets » quand tous les éléments qui interviennent dans l'expérience (toutes les fumures étudiées par exemple) y sont présents. Ils sont au contraire dits « incomplets » quand seulement certains de ces éléments y sont présents. La répartition des différents éléments est réalisée au hasard à l'intérieur des différents blocs, et indépendamment d'un bloc à l'autre, raison pour laquelle les blocs sont souvent qualifiés d'« aléatoires » ou « randomisés ». Le cas le plus fréquent est celui des expériences en « blocs aléatoires complets » ou « blocs randomisés complets » (cf. illustration). Le carré latin et le carré gréco-latin sont d'autres dispositifs expérimentaux, beaucoup moins utilisés que les blocs. L'utilisation de blocs (en anglais : blocking ) intervient également, parfois sous d'autres dénominations, dans d'autres domaines que l'expérimentation en champ et la recherche agronomique (recherche industrielle ou technologique, recherche médicale ou pharmaceutique, etc.). En matière médicale par exemple, les blocs peuvent être constitués de groupes de patients qui présentent des caractéristiques semblables. Instruments fréquemment utilisés en sciences expérimentales [ modifier | modifier le code ] Microscopie [ modifier | modifier le code ] Les méthodes de microscopie sont utilisées principalement en sciences de la matière et de la vie : sciences des matériaux , biologie moléculaire , géologie … mais aussi pour les investigations : police scientifique , épidémiologie et diagnostic médical ( culture de cellules ), études environnementales (hygiène et sécurité du travail, pollution)… Microscope optique Microscope laser confocal à balayage Microscope électronique Microscope à force atomique Microscope à effet tunnel Microscope optique en champ proche Microscope de fluorescence par réflexion totale interne Analyse structurale [ modifier | modifier le code ] Ces méthodes consistent à déterminer la structure des cristaux et des molécules . Elles sont utilisées en chimie analytique , pour étudier la synthèse des molécules ( synthèse organique , industrie pharmaceutique ), en sciences des matériaux … Résonance magnétique nucléaire Absorption des rayons X Diffraction des rayons X Diffraction des neutrons Spectroscopie Auger Analyse chimique [ modifier | modifier le code ] De nombreux domaines ont recours à la chimie analytique : Microanalyse X ; Spectrométrie de fluorescence X ; spectrométrie de masse ; Surface plasmon résonance ; Spectroscopie de corrélation de fluorescence (FCS) ; Spectrométrie . Cinétique chimique [ modifier | modifier le code ] Méthode différentielle de van 't Hoff Méthode de Powell Méthode des temps réduits de réaction Méthode d'Ostwald Méthode des vitesses initiales Essais mécaniques [ modifier | modifier le code ] Les essais mécaniques ont pour rôle de déterminer la capacité d'un matériau ou d'une structure complexe à se déformer (mise en forme, usinage , rhéologie ), à s'user ( tribologie ), ou à casser. Cela concerne bien sûr les sciences des matériaux , mais aussi la biomécanique . Essai de traction , essai de compression , essai de flexion . Essai de résilience , Mouton Charpy . Mesure de dureté . Essais de viscosité (fluides), essais d'écoulement (poudres, suspensions). Essais de perméabilité (fluide à travers un milieu poreux, membrane). Essais de fluage (déformations différées dans le temps sous sollicitation constante). Essais de fissuration (propagation de fissures). Essais de fatigue (rupture par des sollicitations répétées, sous l'influence de facteurs physico-chimiques). Essais de crash test (véhicule lancé contre un obstacle). Essais de résistance aux séismes (bâtiments, ouvrages d'art). … Sciences humaines [ modifier | modifier le code ] Article connexe : psychologie expérimentale . La méthode expérimentale est employée au sein de disciplines considérées comme des sciences humaines [ 12 ] , [ 13 ] , telles que la sociologie , la psychologie , l'économie ou l' archéologie . L' expérience de Milgram est un exemple d'expérience de psychologie réalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram . Cette expérience cherchait à évaluer le degré d' obéissance d'un individu devant une autorité qu'il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l'autorité, notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet. La méthode expérimentale est l'une des disciplines principales de l'émission Sesame Street , inaugurée en 1969. C'était le professeur Gerard S. Lesser de l' université Harvard , en qualité de directeur de ses conseilleurs, qui a fait introduire cette méthode scientifique. Cette dernière, devenue dite méthode Sesame Street , contribue à obtenir un grand succès de l'émission jusqu'ici, en y assurant une production par excellence pour les enfants d'âge préscolaire [ 14 ] . Notes et références [ modifier | modifier le code ] ↑ Chevreul Michel-Eugène, Lettres adressées à M. Villemain sur la méthode en général et sur la définition du mot "fait" : relativement aux sciences, aux lettres, aux beaux-arts, etc., etc. , Paris, Garnier Frères, 1856, p. 27-29 . ↑ Canguilhem 1968, p. 153 et 166. ↑ Gayon 1996. ↑ Canguilhem 1968. ↑ 1865, p. 28. ↑ Claude Bernard, Principes de médecine expérimentale , PUF, 1947, rééd. Paris, PUF, 1987, p. 77. ↑ Canguilhem 1968, p. 233. ↑ Pierre Duhem , L’expérience cruciale est impossible en physique, extrait de La théorie physique, son objet et sa structure , 1906, 1914, seconde partie, chapitre VI, § III. [ lire en ligne ] . ↑ Quine, « Deux dogmes de l'empirisme », in De Vienne à Cambridge , trad. P. Jacob, Gallimard, 1980. ↑ W. Köhler, Gestalt Psychology , 1929. Traduction française La psychologie de la forme , Gallimard, Paris, 1964. Traduit par Serge Bricianer. [réf. incomplète] . ↑ (en) National Research Council (US) Committee on the Use of Third Party Toxicity Research with Human Research Participants , Values and Limitations of Animal Toxicity Data , National Academies Press (US), 1 er janvier 2004 ( lire en ligne ) . ↑ Dépelteau François, La démarche d'une recherche en sciences humaines , Bruxelles, De Boek, 2000, chapitre 5.2. La méthode expérimentale, p. 251-271 . ↑ Giroux Sylvain, Tremblay Ginette, Méthodologie des sciences humaines : La recherche en action , Éditions ERPI, Saint-Laurent (QC), 2009, p. 227. ↑ (en) Liz Mineo, « From Mass. Ave. to Sesame Street », The Harvard Gazett ,‎ 30 septembre 2019 ( lire en ligne ) . Voir aussi [ modifier | modifier le code ] Bibliographie [ modifier | modifier le code ] Claude Bernard, 1865, Introduction à l’étude de la médecine expérimentale , rééd. Paris, Garnier-Flammarion, 1966. Georges Canguilhem, 1968, Études d’histoire et de philosophie des sciences, Paris, Vrin. [ lire en ligne ] Georges Roque , « La couleur réfléchie », Études françaises , vol. 24, n o 2,‎ 1988 , p. 53–68 ( DOI 10.7202/035752ar ) . Jean Gayon, 1996, « Les réflexions méthodologiques de Claude Bernard : contexte et origines », Bull. Hist. Épistém. Sci. Vie , 3 (1), p. 75-92. Richard Linder, 2005, Les plans d'expériences. Un outil indispensable à l'expérimentateur , Les Presses de l'École Nationale des Ponts et Chaussées, 320 p. ( ISBN 2-85978-402-0 ) [ lire en ligne ] . Roger Prat, Expérimentation en biologie et physiologie végétales , Éditions Quæ , 2007 ( lire en ligne ) . Pierre Dagnelie, 2012, Principes d'expérimentation: planification des expériences et analyse de leurs résultats , Presses agronomiques , Gembloux, 413 p. ( ISBN 978-2-87016-117-3 ) et édition électronique (PDF) . Daniel Serra, 2022, La "révolution" expérimentale en économie. Une histoire des courants de recherche qui l'incarnent , Presses Universitaires de la Méditerranée (PULM), 280 p. ( ISBN 978-2-36781-476-6 ) . (en) Philip Ball , Beautiful experiments. An illustrated history of experimental science , University of Chicago Press , 2023 , 240 p. ( ISBN 978-0-226-82582-3 et 978-0-226-83026-1 , DOI 10.7208/chicago/9780226830261.001.0001 ) . Articles connexes [ modifier | modifier le code ] Observation Empirisme Méthode génétique Méthode scientifique Loi empirique Étude randomisée en double aveugle Essai clinique Recherche scientifique Recherche technologique Plan d'expérience Liste des expériences scientifiques Les Petits Débrouillards Bioéthique Expérience naturelle Laboratoire de recherche Théorie vérificationniste de la signification du positivisme logique Liens externes [ modifier | modifier le code ] Ressource relative à la recherche : Stanford Encyclopedia of Philosophy Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Den Store Danske Encyklopædi Encyclopédie de l'Ukraine moderne Larousse Store norske leksikon Universalis Notices d'autorité : BnF ( données ) LCCN GND Japon Espagne Israël Tchéquie v · m Psychologie Histoire Chronologie Éthique Déontologie Études Bibliographie Paradigmes Approches psychodynamiques Béhaviorisme Cognitivisme Constructivisme Gestalt Psychanalyse Psychologie analytique Psychologie humaniste Psychologie positive Psychologie critique Méthodes utilisées Analyse psychologique Entretien clinique Entretien d'explicitation Entretien motivationnel Entretien semi-directif Examen psychologique Imagerie cérébrale Épidémiologie cognitive Mesure longitudinale Méthode expérimentale Myers Briggs Type Indicator Observation Psychologie clinique Psychologie différentielle Psychométrie Psychophysique Questionnaire Tests psychologiques Domaines d'investigation Psychologie cognitive Psychologie de l'apprentissage Psychologie des émotions Psychologie du développement Psychologie générale Psychologie sociale Psychosociologie Psychopathologie Psychophysiologie Domaines d'application Écopsychologie Finance comportementale Psychologie de l'enfant Psychologie de l'adolescent Psychologie de l'éducation Psychologie du conseil Psychologie du travail Psychologie de l'art Psychologie de la santé au travail Psychologie du sport Psychologie environnementale Psychologie interculturelle Psychologie légale Psychologie scolaire Psycho-oncologie Psychothérapie Psychologie militaire Principaux concepts Aptitudes Sentiment d'aptitude Attention Vigilance Contrôle attentionnel Capacité d'attention Attitudes Personnalité Valeurs Intérêts Cognition Compétences Comportement Connaissance de soi Estime de soi Conscient Émotion Identité Inconscient Intelligence humaine Intuition Jugement Mémoire Motivation Perception Sensation Soi Stress Tempérament Théorisation Volition Volonté Figures de proue Alfred Adler Gordon Allport Albert Bandura Raymond Cattell John Dewey Françoise Dolto Paul Ekman Erik Erikson Milton H. Erickson Hans Eysenck Leon Festinger Sigmund Freud Frederick Herzberg Clark L. Hull William James Carl Gustav Jung Melanie Klein Julia Kristeva Jerome Kagan Kurt Lewin Abraham Maslow David McClelland Stanley Milgram George A. Miller Ivan Pavlov Jean Piaget Robert Plutchik Elias Porter Carl Rogers Julian Rotter Burrhus Frederic Skinner Edward Thorndike John B. Watson Wilhelm Wundt Psychologue Liste de psychologues Liste de revues v · m Connaissance Concepts Sources Axiome Données des sens Perception Fait Observation Preuve empirique Qualia Réalité Raisonnement Causalité Hypothèse Inférence / Démonstration Abduction Bayésienne Déduction Induction Justification Jugement ( acte ) Qualité Consilience Commensurabilité Paradigme Réfutabilité Sous-détermination Testabilité Vérité Type Théorie Savoir-faire Savoir Théorie de la connaissance et problèmes associés Méta-théories Anarchisme épistémologique Criticisme Déterminisme Dogmatisme Faillibilisme Scepticisme Source de la connaissance Empirisme Sensualisme Fidéisme Innéisme Naturalisme Rationalisme Réductionnisme Physicalisme Scientisme Problème des universaux Antiréalisme Conceptualisme Nominalisme Idéalisme Idéalisme subjectif Instrumentalisme Solipsisme Réalisme modéré naïf Platonisme Réalismes direct et indirect et Argument de l'illusion Conventionnalisme Disjonctivisme Phénoménisme Réalisme épistémologique et scientifique Constructivisme Problème de l'induction Évolutionnisme Inductivisme Rationalisme critique Argument de la régression Cohérentisme Fondationnalisme Infinitisme Scepticisme Valeur d'un énoncé Perspectivisme Pragmatisme Théorie de la vérité-correspondance Vérificationnisme ou Empirisme logique Objectivité Connaissance située Historicisme Épistémologie féministe Décolonisation du savoir Relativisme Contextualisme Philosophie des sciences et problèmes associés Épistémologie Histoire des sciences Révolution scientifique Loi scientifique Science Théorie scientifique Rupture épistémologique et philosophies régionales Physique Biologie Géographie Histoire Intelligence artificielle Informatique Information Logique Mathématiques Psychologie Perception Espace et temps Problème de la démarcation Réfutabilité Méthode scientifique Méthode hypothético-déductive Méthode expérimentale Foi et raison Relation entre science et religion Pseudosciences Paradoxe probabiliste Bayésianisme Interprétations de la probabilité Classique Propensionniste Fréquentiste Bayésienne Thèse Duhem-Quine Holisme de confirmation - (voir aussi Argument de la régression ) Rhétorique de la science Charge de la preuve Théière de Russell Rasoir de Hitchens Principe de Sagan Sous-détermination Rasoir d'Ockham Autonomie de la science Externalisme Sociologie de la connaissance scientifique Science studies Portail des sciences Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Méthode_expérimentale&oldid=228393813 ». 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Méthode expérimentale — Wikipédia Aller au contenu Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Pour les articles homonymes, voir Expérience (homonymie) . Expérience du cerf-volant de Benjamin Franklin . Les méthodes expérimentales scientifiques consistent à tester la validité d'une hypothèse , en reproduisant un phénomène (souvent en laboratoire) et en faisant varier un paramètre. Le paramètre que l'on fait varier est impliqué dans l'hypothèse. Le résultat de l'expérience valide ou non l'hypothèse. La démarche expérimentale est appliquée dans les recherches dans des sciences telles que, par exemple, la biologie , la physique , la chimie , l' informatique , la psychologie , ou encore l' archéologie . Définies par le chimiste Michel-Eugène Chevreul en 1856, elles ont été développées par Claude Bernard en médecine et en biologie . Outil privilégié des sciences de la nature , les méthodes expérimentales sont également utilisées en sciences humaines et sociales . Historique et épistémologie [ modifier | modifier le code ] Définition [ modifier | modifier le code ] Claude Bernard . La méthode expérimentale est ainsi définie par le chimiste Michel-Eugène Chevreul en 1856 : « Un phénomène frappe vos sens ; vous l’observez avec l’intention d’en découvrir la cause, et pour cela, vous en supposez une dont vous cherchez la vérification en instituant une expérience. Le raisonnement suggéré par l'observation des phénomènes institue donc des expériences (…), et ce raisonnement constitue la méthode que j’appelle expérimentale, parce qu’en définitive l’expérience est le contrôle, le critérium de l’exactitude du raisonnement dans la recherche des causes ou de la vérité » [ 1 ] . Cette méthode a été centrale dans la révolution scientifique accomplie depuis le XVII e siècle, en donnant naissance aux sciences expérimentales. Parmi les précurseurs de la méthode expérimentale, il convient de citer le physicien et chimiste irlandais Robert Boyle , qui est aussi le père de la philosophie naturelle , ainsi que le médecin Claude Bernard . Georges Canguilhem [ 2 ] et Jean Gayon [ 3 ] relèvent la dette de Claude Bernard envers les thèses méthodologiques de Chevreul, liée au « dialogue ininterrompu entre les deux maîtres du Muséum » [ 4 ] , dette que le physiologiste reconnaît d'ailleurs dès l'introduction de son ouvrage majeur : « de nos jours, M. Chevreul développe dans tous ses ouvrages des considérations très importantes sur la philosophie des sciences expérimentales. (…) Notre unique but est et a toujours été de contribuer à faire pénétrer les principes bien connus de la méthode expérimentale dans les sciences médicales » [ 5 ] . Claude Bernard distingue nettement les approches empiriques et expérimentales : « L'empirisme est un donjon étroit et abject d'où l'esprit emprisonné ne peut s'échapper que sur les ailes d'une hypothèse » [ 6 ] . Il insiste en effet sur l'importance de l'hypothèse, et Canguilhem qualifie l' Introduction à l’étude de la médecine expérimentale de « long plaidoyer pour le recours à l’idée dans la recherche, étant entendu qu’une idée scientifique est une idée directrice et non une idée fixe » [ 7 ] . Les étapes de la méthode expérimentale ont été résumées par le sigle OHERIC , schéma très simplificateur, et des modèles plus proches d'une méthode expérimentale authentique ont été proposés. La thèse Duhem-Quine [ modifier | modifier le code ] Le schéma de la vérification d’une hypothèse à l’aide de l’expérience est demeuré en vigueur dans les sciences expérimentales de Francis Bacon jusqu’au XX e siècle, date à laquelle certains l'ont remis en cause ( Pierre Duhem en 1906 [ 8 ] ). En effet, selon l'article de Quine « Deux dogmes de l'empirisme », il n'existe aucune « expérience cruciale » qui puisse permettre de confirmer, ou non, un énoncé scientifique. Quine soutient en effet une position holiste , qui ne dénie pas tout rôle à l'expérience, mais considère que celle-ci ne se rapporte pas à un énoncé scientifique, ou hypothèse, en particulier, mais à l'ensemble de la théorie scientifique . Aussi, à chaque fois qu'une expérience semble apporter un démenti à l'une de nos hypothèses, nous avons en fait toujours le choix entre abandonner cette hypothèse, ou la conserver, et modifier, à la place, un autre de nos énoncés scientifiques. L'expérience ne permet pas, ainsi, d'infirmer ou de confirmer une hypothèse déterminée, mais impose un réajustement de la théorie, dans son ensemble. Nous avons toujours le choix de procéder au réajustement que nous préférons : « On peut toujours préserver la vérité de n'importe quel énoncé, quelles que soient les circonstances. Il suffit d'effectuer des réajustements énergiques dans d'autres régions du système. On peut même en cas d'expérience récalcitrante préserver la vérité d'un énoncé situé près de la périphérie , en alléguant une hallucination , ou en modifiant certains des énoncés qu'on appelle lois logiques. Réciproquement (…), aucun énoncé n'est à tout jamais à l'abri de la révision. On a été jusqu'à proposer de réviser la loi logique du tiers exclu , pour simplifier la mécanique quantique » [ 9 ] . L'expérience qualitative préalable [ modifier | modifier le code ] Wolfgang Köhler constate que « les physiciens ont mis des siècles à remplacer graduellement des observations directes et surtout qualitatives par d'autres, indirectes, mais très précises » [ 10 ] . Il cite quelques exemples où tel savant fait une observation singulière mais uniquement d'ordre qualitatif avant que ce fait - une fois découvert - serve de fondement à une méthode d'évaluation quantitative du phénomène ; ces méthodes se concrétisent souvent en instruments de mesure toujours plus perfectionnés. Il généralise ce constat historique en posant que toute nouvelle science se développe naturellement par le passage progressif des « expériences directes et qualitatives » aux « expériences indirectes et quantitatives », celles-ci étant une caractéristique majeure des sciences exactes . Il insiste sur la nécessaire accumulation préalable des expériences essentiellement qualitatives ; conditions indispensables des investigations quantitatives ultérieures. C'est le défi qu'il propose à la psychologie qu'il considère comme une « jeune science ». Il invite ainsi à résister à l'imitation de la physique, à ne pas plaquer les méthodes d'une science mûre sur les tâtonnements de celle qui se cherche et donc à favoriser avant tout la croissance des expérimentations qualitatives préalables indispensables aux futures expériences quantitatives rigoureuses. Reconnaissant la complexité de l'objet de la psychologie comparée aux simplifications que la physique autorise, il assure après avoir évoqué la question des tests qu' « on ne saurait assez souligner l'importance de l'information qualitative comme complément nécessaire du travail quantitatif » . L'exemple type est celui de Galilée , qui découvre le mouvement des planètes par l'observation avec une lunette astronomique . Principes [ modifier | modifier le code ] Contrôle des paramètres et test d'hypothèses [ modifier | modifier le code ] La méthode expérimentale repose sur un principe : il s'agit de modifier un ensemble de paramètres à l'aide d'un dispositif expérimental conçu pour permettre le contrôle de ces paramètres, dans le but de mesurer leurs effets et si possible de les modéliser. Dans le cas le plus simple on cherche à modifier un seul paramètre à la fois, « toutes choses égales par ailleurs » . Cependant il n'est pas toujours possible ni souhaitable de modifier un seul paramètre à la fois. Ainsi en chimie lorsqu'on opère sur les constituants d'une seule phase ( liquide , solide , gazeuse ou sous forme de plasma ) la somme des concentrations des constituants reste égale à un ; modifier la valeur de l'une d'entre elles modifie inévitablement la concentration d'un autre constituant au moins. D'autres fois le résultat d'une expérimentation portant sur un seul facteur peut induire une conclusion erronée. Ainsi le résultat recherché peut être nul pour certaines conditions fixées et se révéler important lorsque les conditions fixées sont différentes. Ce cas traduit l'existence de « synergie » ou « d'interaction » entre des facteurs (Voir la comparaison de plans en étoile et de plans factoriels, Linder p. 38). Cet enjeu est parfois crucial (cas des synergies entre des médicaments, entre des polluants, etc.). Le plus souvent on cherche à tester une hypothèse portant sur une liaison cause-conséquence. Dans l'analyse des résultats (la qualité de cette liaison) les statistiques jouent un rôle très important aussi bien pour porter un jugement (sur la précision du modèle prévisionnel obtenu) que pour concevoir une expérimentation optimale par rapport au risque statistique (Linder, p. 126). Considérons l'exemple suivant à un seul paramètre dont l'objectif est de tester l'hypothèse suivant laquelle « la lumière permet la croissance d'une plante » . Dans l'exemple proposé, différentes plantes seront soumises à des éclairages différents, toutes choses égales par ailleurs, notamment la température doit rester fixe et donc indépendante de l'éclairage, afin de mesurer l'impact de ce paramètre sur leur croissance. L'expérience consiste à reproduire le phénomène « croissance d'une plante » de deux manières : d'une part sans le paramètre à tester (sans lumière) ; c'est le témoin négatif ; d'autre part, un témoin positif, avec le paramètre à tester (avec lumière). Ce dernier dispositif permet de vérifier que tous les autres éléments non testés sont opérationnels (la plante fonctionne bien). Avant même la mise en œuvre, les résultats de l'expérience doivent être prévus : si la croissance ne se produit pas dans les deux dispositifs, je ne peux rien déduire si ce n'est que ma manipulation n'est pas adaptée à ma recherche ; si la croissance ne se produit pas sans lumière, mais avec la lumière alors l'hypothèse est validée : « la lumière fait pousser les plantes » ; si la croissance ne se produit pas avec lumière, mais sans la lumière, alors l’hypothèse est réfutée ; si le phénomène se produit dans les deux dispositifs, alors l'hypothèse n'est pas validée, mais elle n'est pas rejetée pour autant. En dehors du paramètre à tester qu'il faut faire varier, les autres paramètres susceptibles d'intervenir doivent être fixés de façon rigoureuse sinon « le mieux possible ». À défaut, ces paramètres risquent d'être à l'origine des différences de résultats entre l'expérience témoin et les autres. Par exemple, s'il fait « trop froid » dans le premier dispositif sans lumière ou si l'atmosphère ne contient « pas assez » de gaz carbonique, alors l'absence de croissance peut être due à ces facteurs. On voit aussi la nécessité d'un savoir scientifique le plus large possible pour permettre la bonne conception d'une expérimentation. La conduite d'une expérience mène ainsi le schéma d'interprétation épistémologique classique à deux types de bénéfice : d'abord la possibilité de vérifier ou, mieux, de corroborer l'hypothèse ou de la réfuter ; mais aussi dans tous les cas, un enseignement sur les causes de l'éventuel échec, enseignement qui sera réinvesti dans la définition d'une expérience plus adéquate. Le bénéfice est alors méthodologique. Expérience scientifique à l'aide de modèle [ modifier | modifier le code ] L'espèce Mus musculus , un exemple d' organisme modèle . Lorsque certains phénomènes naturels sont trop complexes, trop vastes, trop dangereux, trop chers ou trop long à reproduire dans une expérience, on a recours à un dispositif simplifié : le modèle . Il peut s'agir : d'un modèle réduit ( maquette ). On parle de modélisation analogique, à laquelle les géologues étudiant la tectonique ont recours ; d'un modèle numérique (programme de simulation par ordinateur ) ; d'un modèle vivant, comme la souris , mais dont la transposabilité à l' espèce humaine n'est que de 43 % [ 11 ] . Article détaillé : Organisme modèle . Dans ce cas, la validité du modèle peut être discutée. Un modèle doit représenter le mieux possible l'objet sur lequel repose une hypothèse. Par exemple, pour démontrer l'origine humaine du réchauffement climatique , on utilise des modèles numériques du climat . Les détracteurs de cette hypothèse remettent en cause ces modèles qui ne prendraient pas assez en compte l'influence des nuages . Protocole expérimental [ modifier | modifier le code ] Le protocole d'expérimentation regroupe la description des conditions et du déroulement d'une expérience ou d'un test. La description doit être suffisamment claire afin que l'expérience puisse être reproduite à l'identique et il doit faire l'objet d'une analyse critique pour notamment détecter d'éventuels biais. Structure théorique d'une expérience [ modifier | modifier le code ] D'un point de vue très général, l'expérience isolée comporte sommairement trois phases : la préparation ; l'expérimentation ; l'évaluation. Les deux dernières sont l'aboutissement simple de ce qui les a précédé. Une expérience globale composée d'expériences partiellement individualisables comporte les trois mêmes pôles. Cependant, si dans l'expérience isolée les trois phases constituent autant d'étapes réglées chronologiquement , dans l'expérience globale, il s'agit de trois registres qui interagissent en permanence. Ainsi : l'évaluation est plus ou moins associée aux paramètres pris en compte dans la préparation, par exemple, les résultats questionnent la méthode d'échantillonnage ; l'expérimentation peut être répétée, en fonction des deux autres phases ; La préparation se réalise autour d'une double intention : la réussite de l'expérience, c'est-à-dire la conduite jusqu'à son terme ; la pertinence ou succès de l'expérience, c'est-à-dire l'accès à un résultat positif, à l'égard de l'objectif initial. Chacune des intentions motivant et organisant l'expérience trouve ses limites dans au moins une forme d'incertitude : l'incertitude de base portant sur la réalisation de l'expérience est rejointe par autant d'incertitudes qu'il y a de choix possibles pour les conditions initiales. La préparation est donc basée sur des perspectives et opérations d' anticipation ; supputations de l'expérience qui peuvent réduire l'incertitude sur tel ou tel paramètre. La préparation aboutit ainsi à la réunion de facteurs d'efficacité. Dans l'expérience globale, chaque phase ne résultant pas simplement de la précédente, les liens entre les conditions initiales et les résultats sont affectés par une complexité qui apporte une nouvelle charge d'incertitude. L'évaluation se réfère à des critères qui auront été explicités en association avec la détermination des facteurs d'efficacité. Expériences en blocs [ modifier | modifier le code ] Exemple d'expérience en blocs aléatoires complets relative à la comparaison de six éléments (par exemple six fumures différentes, numérotées de 1 à 6) au sein de quatre blocs. Dans les expériences en champ au sens large (champ, verger, forêt, etc.), qui sont réalisées en recherche agronomique , on appelle « blocs » des ensembles de parcelles voisines qui servent à comparer différents traitements (différentes fumures par exemple). Les blocs sont dits « complets » quand tous les éléments qui interviennent dans l'expérience (toutes les fumures étudiées par exemple) y sont présents. Ils sont au contraire dits « incomplets » quand seulement certains de ces éléments y sont présents. La répartition des différents éléments est réalisée au hasard à l'intérieur des différents blocs, et indépendamment d'un bloc à l'autre, raison pour laquelle les blocs sont souvent qualifiés d'« aléatoires » ou « randomisés ». Le cas le plus fréquent est celui des expériences en « blocs aléatoires complets » ou « blocs randomisés complets » (cf. illustration). Le carré latin et le carré gréco-latin sont d'autres dispositifs expérimentaux, beaucoup moins utilisés que les blocs. L'utilisation de blocs (en anglais : blocking ) intervient également, parfois sous d'autres dénominations, dans d'autres domaines que l'expérimentation en champ et la recherche agronomique (recherche industrielle ou technologique, recherche médicale ou pharmaceutique, etc.). En matière médicale par exemple, les blocs peuvent être constitués de groupes de patients qui présentent des caractéristiques semblables. Instruments fréquemment utilisés en sciences expérimentales [ modifier | modifier le code ] Microscopie [ modifier | modifier le code ] Les méthodes de microscopie sont utilisées principalement en sciences de la matière et de la vie : sciences des matériaux , biologie moléculaire , géologie … mais aussi pour les investigations : police scientifique , épidémiologie et diagnostic médical ( culture de cellules ), études environnementales (hygiène et sécurité du travail, pollution)… Microscope optique Microscope laser confocal à balayage Microscope électronique Microscope à force atomique Microscope à effet tunnel Microscope optique en champ proche Microscope de fluorescence par réflexion totale interne Analyse structurale [ modifier | modifier le code ] Ces méthodes consistent à déterminer la structure des cristaux et des molécules . Elles sont utilisées en chimie analytique , pour étudier la synthèse des molécules ( synthèse organique , industrie pharmaceutique ), en sciences des matériaux … Résonance magnétique nucléaire Absorption des rayons X Diffraction des rayons X Diffraction des neutrons Spectroscopie Auger Analyse chimique [ modifier | modifier le code ] De nombreux domaines ont recours à la chimie analytique : Microanalyse X ; Spectrométrie de fluorescence X ; spectrométrie de masse ; Surface plasmon résonance ; Spectroscopie de corrélation de fluorescence (FCS) ; Spectrométrie . Cinétique chimique [ modifier | modifier le code ] Méthode différentielle de van 't Hoff Méthode de Powell Méthode des temps réduits de réaction Méthode d'Ostwald Méthode des vitesses initiales Essais mécaniques [ modifier | modifier le code ] Les essais mécaniques ont pour rôle de déterminer la capacité d'un matériau ou d'une structure complexe à se déformer (mise en forme, usinage , rhéologie ), à s'user ( tribologie ), ou à casser. Cela concerne bien sûr les sciences des matériaux , mais aussi la biomécanique . Essai de traction , essai de compression , essai de flexion . Essai de résilience , Mouton Charpy . Mesure de dureté . Essais de viscosité (fluides), essais d'écoulement (poudres, suspensions). Essais de perméabilité (fluide à travers un milieu poreux, membrane). Essais de fluage (déformations différées dans le temps sous sollicitation constante). Essais de fissuration (propagation de fissures). Essais de fatigue (rupture par des sollicitations répétées, sous l'influence de facteurs physico-chimiques). Essais de crash test (véhicule lancé contre un obstacle). Essais de résistance aux séismes (bâtiments, ouvrages d'art). … Sciences humaines [ modifier | modifier le code ] Article connexe : psychologie expérimentale . La méthode expérimentale est employée au sein de disciplines considérées comme des sciences humaines [ 12 ] , [ 13 ] , telles que la sociologie , la psychologie , l'économie ou l' archéologie . L' expérience de Milgram est un exemple d'expérience de psychologie réalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram . Cette expérience cherchait à évaluer le degré d' obéissance d'un individu devant une autorité qu'il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l'autorité, notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet. La méthode expérimentale est l'une des disciplines principales de l'émission Sesame Street , inaugurée en 1969. C'était le professeur Gerard S. Lesser de l' université Harvard , en qualité de directeur de ses conseilleurs, qui a fait introduire cette méthode scientifique. Cette dernière, devenue dite méthode Sesame Street , contribue à obtenir un grand succès de l'émission jusqu'ici, en y assurant une production par excellence pour les enfants d'âge préscolaire [ 14 ] . Notes et références [ modifier | modifier le code ] ↑ Chevreul Michel-Eugène, Lettres adressées à M. Villemain sur la méthode en général et sur la définition du mot "fait" : relativement aux sciences, aux lettres, aux beaux-arts, etc., etc. , Paris, Garnier Frères, 1856, p. 27-29 . ↑ Canguilhem 1968, p. 153 et 166. ↑ Gayon 1996. ↑ Canguilhem 1968. ↑ 1865, p. 28. ↑ Claude Bernard, Principes de médecine expérimentale , PUF, 1947, rééd. Paris, PUF, 1987, p. 77. ↑ Canguilhem 1968, p. 233. ↑ Pierre Duhem , L’expérience cruciale est impossible en physique, extrait de La théorie physique, son objet et sa structure , 1906, 1914, seconde partie, chapitre VI, § III. [ lire en ligne ] . ↑ Quine, « Deux dogmes de l'empirisme », in De Vienne à Cambridge , trad. P. Jacob, Gallimard, 1980. ↑ W. Köhler, Gestalt Psychology , 1929. Traduction française La psychologie de la forme , Gallimard, Paris, 1964. Traduit par Serge Bricianer. [réf. incomplète] . ↑ (en) National Research Council (US) Committee on the Use of Third Party Toxicity Research with Human Research Participants , Values and Limitations of Animal Toxicity Data , National Academies Press (US), 1 er janvier 2004 ( lire en ligne ) . ↑ Dépelteau François, La démarche d'une recherche en sciences humaines , Bruxelles, De Boek, 2000, chapitre 5.2. La méthode expérimentale, p. 251-271 . ↑ Giroux Sylvain, Tremblay Ginette, Méthodologie des sciences humaines : La recherche en action , Éditions ERPI, Saint-Laurent (QC), 2009, p. 227. ↑ (en) Liz Mineo, « From Mass. Ave. to Sesame Street », The Harvard Gazett ,‎ 30 septembre 2019 ( lire en ligne ) . Voir aussi [ modifier | modifier le code ] Bibliographie [ modifier | modifier le code ] Claude Bernard, 1865, Introduction à l’étude de la médecine expérimentale , rééd. Paris, Garnier-Flammarion, 1966. Georges Canguilhem, 1968, Études d’histoire et de philosophie des sciences, Paris, Vrin. [ lire en ligne ] Georges Roque , « La couleur réfléchie », Études françaises , vol. 24, n o 2,‎ 1988 , p. 53–68 ( DOI 10.7202/035752ar ) . Jean Gayon, 1996, « Les réflexions méthodologiques de Claude Bernard : contexte et origines », Bull. Hist. Épistém. Sci. Vie , 3 (1), p. 75-92. Richard Linder, 2005, Les plans d'expériences. Un outil indispensable à l'expérimentateur , Les Presses de l'École Nationale des Ponts et Chaussées, 320 p. ( ISBN 2-85978-402-0 ) [ lire en ligne ] . Roger Prat, Expérimentation en biologie et physiologie végétales , Éditions Quæ , 2007 ( lire en ligne ) . Pierre Dagnelie, 2012, Principes d'expérimentation: planification des expériences et analyse de leurs résultats , Presses agronomiques , Gembloux, 413 p. ( ISBN 978-2-87016-117-3 ) et édition électronique (PDF) . Daniel Serra, 2022, La "révolution" expérimentale en économie. Une histoire des courants de recherche qui l'incarnent , Presses Universitaires de la Méditerranée (PULM), 280 p. ( ISBN 978-2-36781-476-6 ) . (en) Philip Ball , Beautiful experiments. An illustrated history of experimental science , University of Chicago Press , 2023 , 240 p. ( ISBN 978-0-226-82582-3 et 978-0-226-83026-1 , DOI 10.7208/chicago/9780226830261.001.0001 ) . Articles connexes [ modifier | modifier le code ] Observation Empirisme Méthode génétique Méthode scientifique Loi empirique Étude randomisée en double aveugle Essai clinique Recherche scientifique Recherche technologique Plan d'expérience Liste des expériences scientifiques Les Petits Débrouillards Bioéthique Expérience naturelle Laboratoire de recherche Théorie vérificationniste de la signification du positivisme logique Liens externes [ modifier | modifier le code ] Ressource relative à la recherche : Stanford Encyclopedia of Philosophy Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Den Store Danske Encyklopædi Encyclopédie de l'Ukraine moderne Larousse Store norske leksikon Universalis Notices d'autorité : BnF ( données ) LCCN GND Japon Espagne Israël Tchéquie v · m Psychologie Histoire Chronologie Éthique Déontologie Études Bibliographie Paradigmes Approches psychodynamiques Béhaviorisme Cognitivisme Constructivisme Gestalt Psychanalyse Psychologie analytique Psychologie humaniste Psychologie positive Psychologie critique Méthodes utilisées Analyse psychologique Entretien clinique Entretien d'explicitation Entretien motivationnel Entretien semi-directif Examen psychologique Imagerie cérébrale Épidémiologie cognitive Mesure longitudinale Méthode expérimentale Myers Briggs Type Indicator Observation Psychologie clinique Psychologie différentielle Psychométrie Psychophysique Questionnaire Tests psychologiques Domaines d'investigation Psychologie cognitive Psychologie de l'apprentissage Psychologie des émotions Psychologie du développement Psychologie générale Psychologie sociale Psychosociologie Psychopathologie Psychophysiologie Domaines d'application Écopsychologie Finance comportementale Psychologie de l'enfant Psychologie de l'adolescent Psychologie de l'éducation Psychologie du conseil Psychologie du travail Psychologie de l'art Psychologie de la santé au travail Psychologie du sport Psychologie environnementale Psychologie interculturelle Psychologie légale Psychologie scolaire Psycho-oncologie Psychothérapie Psychologie militaire Principaux concepts Aptitudes Sentiment d'aptitude Attention Vigilance Contrôle attentionnel Capacité d'attention Attitudes Personnalité Valeurs Intérêts Cognition Compétences Comportement Connaissance de soi Estime de soi Conscient Émotion Identité Inconscient Intelligence humaine Intuition Jugement Mémoire Motivation Perception Sensation Soi Stress Tempérament Théorisation Volition Volonté Figures de proue Alfred Adler Gordon Allport Albert Bandura Raymond Cattell John Dewey Françoise Dolto Paul Ekman Erik Erikson Milton H. Erickson Hans Eysenck Leon Festinger Sigmund Freud Frederick Herzberg Clark L. Hull William James Carl Gustav Jung Melanie Klein Julia Kristeva Jerome Kagan Kurt Lewin Abraham Maslow David McClelland Stanley Milgram George A. Miller Ivan Pavlov Jean Piaget Robert Plutchik Elias Porter Carl Rogers Julian Rotter Burrhus Frederic Skinner Edward Thorndike John B. Watson Wilhelm Wundt Psychologue Liste de psychologues Liste de revues v · m Connaissance Concepts Sources Axiome Données des sens Perception Fait Observation Preuve empirique Qualia Réalité Raisonnement Causalité Hypothèse Inférence / Démonstration Abduction Bayésienne Déduction Induction Justification Jugement ( acte ) Qualité Consilience Commensurabilité Paradigme Réfutabilité Sous-détermination Testabilité Vérité Type Théorie Savoir-faire Savoir Théorie de la connaissance et problèmes associés Méta-théories Anarchisme épistémologique Criticisme Déterminisme Dogmatisme Faillibilisme Scepticisme Source de la connaissance Empirisme Sensualisme Fidéisme Innéisme Naturalisme Rationalisme Réductionnisme Physicalisme Scientisme Problème des universaux Antiréalisme Conceptualisme Nominalisme Idéalisme Idéalisme subjectif Instrumentalisme Solipsisme Réalisme modéré naïf Platonisme Réalismes direct et indirect et Argument de l'illusion Conventionnalisme Disjonctivisme Phénoménisme Réalisme épistémologique et scientifique Constructivisme Problème de l'induction Évolutionnisme Inductivisme Rationalisme critique Argument de la régression Cohérentisme Fondationnalisme Infinitisme Scepticisme Valeur d'un énoncé Perspectivisme Pragmatisme Théorie de la vérité-correspondance Vérificationnisme ou Empirisme logique Objectivité Connaissance située Historicisme Épistémologie féministe Décolonisation du savoir Relativisme Contextualisme Philosophie des sciences et problèmes associés Épistémologie Histoire des sciences Révolution scientifique Loi scientifique Science Théorie scientifique Rupture épistémologique et philosophies régionales Physique Biologie Géographie Histoire Intelligence artificielle Informatique Information Logique Mathématiques Psychologie Perception Espace et temps Problème de la démarcation Réfutabilité Méthode scientifique Méthode hypothético-déductive Méthode expérimentale Foi et raison Relation entre science et religion Pseudosciences Paradoxe probabiliste Bayésianisme Interprétations de la probabilité Classique Propensionniste Fréquentiste Bayésienne Thèse Duhem-Quine Holisme de confirmation - (voir aussi Argument de la régression ) Rhétorique de la science Charge de la preuve Théière de Russell Rasoir de Hitchens Principe de Sagan Sous-détermination Rasoir d'Ockham Autonomie de la science Externalisme Sociologie de la connaissance scientifique Science studies Portail des sciences Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Méthode_expérimentale&oldid=228393813 ». 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Méthode expérimentale — Wikipédia Aller au contenu Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Pour les articles homonymes, voir Expérience (homonymie) . Expérience du cerf-volant de Benjamin Franklin . Les méthodes expérimentales scientifiques consistent à tester la validité d'une hypothèse , en reproduisant un phénomène (souvent en laboratoire) et en faisant varier un paramètre. Le paramètre que l'on fait varier est impliqué dans l'hypothèse. Le résultat de l'expérience valide ou non l'hypothèse. La démarche expérimentale est appliquée dans les recherches dans des sciences telles que, par exemple, la biologie , la physique , la chimie , l' informatique , la psychologie , ou encore l' archéologie . Définies par le chimiste Michel-Eugène Chevreul en 1856, elles ont été développées par Claude Bernard en médecine et en biologie . Outil privilégié des sciences de la nature , les méthodes expérimentales sont également utilisées en sciences humaines et sociales . Historique et épistémologie [ modifier | modifier le code ] Définition [ modifier | modifier le code ] Claude Bernard . La méthode expérimentale est ainsi définie par le chimiste Michel-Eugène Chevreul en 1856 : « Un phénomène frappe vos sens ; vous l’observez avec l’intention d’en découvrir la cause, et pour cela, vous en supposez une dont vous cherchez la vérification en instituant une expérience. Le raisonnement suggéré par l'observation des phénomènes institue donc des expériences (…), et ce raisonnement constitue la méthode que j’appelle expérimentale, parce qu’en définitive l’expérience est le contrôle, le critérium de l’exactitude du raisonnement dans la recherche des causes ou de la vérité » [ 1 ] . Cette méthode a été centrale dans la révolution scientifique accomplie depuis le XVII e siècle, en donnant naissance aux sciences expérimentales. Parmi les précurseurs de la méthode expérimentale, il convient de citer le physicien et chimiste irlandais Robert Boyle , qui est aussi le père de la philosophie naturelle , ainsi que le médecin Claude Bernard . Georges Canguilhem [ 2 ] et Jean Gayon [ 3 ] relèvent la dette de Claude Bernard envers les thèses méthodologiques de Chevreul, liée au « dialogue ininterrompu entre les deux maîtres du Muséum » [ 4 ] , dette que le physiologiste reconnaît d'ailleurs dès l'introduction de son ouvrage majeur : « de nos jours, M. Chevreul développe dans tous ses ouvrages des considérations très importantes sur la philosophie des sciences expérimentales. (…) Notre unique but est et a toujours été de contribuer à faire pénétrer les principes bien connus de la méthode expérimentale dans les sciences médicales » [ 5 ] . Claude Bernard distingue nettement les approches empiriques et expérimentales : « L'empirisme est un donjon étroit et abject d'où l'esprit emprisonné ne peut s'échapper que sur les ailes d'une hypothèse » [ 6 ] . Il insiste en effet sur l'importance de l'hypothèse, et Canguilhem qualifie l' Introduction à l’étude de la médecine expérimentale de « long plaidoyer pour le recours à l’idée dans la recherche, étant entendu qu’une idée scientifique est une idée directrice et non une idée fixe » [ 7 ] . Les étapes de la méthode expérimentale ont été résumées par le sigle OHERIC , schéma très simplificateur, et des modèles plus proches d'une méthode expérimentale authentique ont été proposés. La thèse Duhem-Quine [ modifier | modifier le code ] Le schéma de la vérification d’une hypothèse à l’aide de l’expérience est demeuré en vigueur dans les sciences expérimentales de Francis Bacon jusqu’au XX e siècle, date à laquelle certains l'ont remis en cause ( Pierre Duhem en 1906 [ 8 ] ). En effet, selon l'article de Quine « Deux dogmes de l'empirisme », il n'existe aucune « expérience cruciale » qui puisse permettre de confirmer, ou non, un énoncé scientifique. Quine soutient en effet une position holiste , qui ne dénie pas tout rôle à l'expérience, mais considère que celle-ci ne se rapporte pas à un énoncé scientifique, ou hypothèse, en particulier, mais à l'ensemble de la théorie scientifique . Aussi, à chaque fois qu'une expérience semble apporter un démenti à l'une de nos hypothèses, nous avons en fait toujours le choix entre abandonner cette hypothèse, ou la conserver, et modifier, à la place, un autre de nos énoncés scientifiques. L'expérience ne permet pas, ainsi, d'infirmer ou de confirmer une hypothèse déterminée, mais impose un réajustement de la théorie, dans son ensemble. Nous avons toujours le choix de procéder au réajustement que nous préférons : « On peut toujours préserver la vérité de n'importe quel énoncé, quelles que soient les circonstances. Il suffit d'effectuer des réajustements énergiques dans d'autres régions du système. On peut même en cas d'expérience récalcitrante préserver la vérité d'un énoncé situé près de la périphérie , en alléguant une hallucination , ou en modifiant certains des énoncés qu'on appelle lois logiques. Réciproquement (…), aucun énoncé n'est à tout jamais à l'abri de la révision. On a été jusqu'à proposer de réviser la loi logique du tiers exclu , pour simplifier la mécanique quantique » [ 9 ] . L'expérience qualitative préalable [ modifier | modifier le code ] Wolfgang Köhler constate que « les physiciens ont mis des siècles à remplacer graduellement des observations directes et surtout qualitatives par d'autres, indirectes, mais très précises » [ 10 ] . Il cite quelques exemples où tel savant fait une observation singulière mais uniquement d'ordre qualitatif avant que ce fait - une fois découvert - serve de fondement à une méthode d'évaluation quantitative du phénomène ; ces méthodes se concrétisent souvent en instruments de mesure toujours plus perfectionnés. Il généralise ce constat historique en posant que toute nouvelle science se développe naturellement par le passage progressif des « expériences directes et qualitatives » aux « expériences indirectes et quantitatives », celles-ci étant une caractéristique majeure des sciences exactes . Il insiste sur la nécessaire accumulation préalable des expériences essentiellement qualitatives ; conditions indispensables des investigations quantitatives ultérieures. C'est le défi qu'il propose à la psychologie qu'il considère comme une « jeune science ». Il invite ainsi à résister à l'imitation de la physique, à ne pas plaquer les méthodes d'une science mûre sur les tâtonnements de celle qui se cherche et donc à favoriser avant tout la croissance des expérimentations qualitatives préalables indispensables aux futures expériences quantitatives rigoureuses. Reconnaissant la complexité de l'objet de la psychologie comparée aux simplifications que la physique autorise, il assure après avoir évoqué la question des tests qu' « on ne saurait assez souligner l'importance de l'information qualitative comme complément nécessaire du travail quantitatif » . L'exemple type est celui de Galilée , qui découvre le mouvement des planètes par l'observation avec une lunette astronomique . Principes [ modifier | modifier le code ] Contrôle des paramètres et test d'hypothèses [ modifier | modifier le code ] La méthode expérimentale repose sur un principe : il s'agit de modifier un ensemble de paramètres à l'aide d'un dispositif expérimental conçu pour permettre le contrôle de ces paramètres, dans le but de mesurer leurs effets et si possible de les modéliser. Dans le cas le plus simple on cherche à modifier un seul paramètre à la fois, « toutes choses égales par ailleurs » . Cependant il n'est pas toujours possible ni souhaitable de modifier un seul paramètre à la fois. Ainsi en chimie lorsqu'on opère sur les constituants d'une seule phase ( liquide , solide , gazeuse ou sous forme de plasma ) la somme des concentrations des constituants reste égale à un ; modifier la valeur de l'une d'entre elles modifie inévitablement la concentration d'un autre constituant au moins. D'autres fois le résultat d'une expérimentation portant sur un seul facteur peut induire une conclusion erronée. Ainsi le résultat recherché peut être nul pour certaines conditions fixées et se révéler important lorsque les conditions fixées sont différentes. Ce cas traduit l'existence de « synergie » ou « d'interaction » entre des facteurs (Voir la comparaison de plans en étoile et de plans factoriels, Linder p. 38). Cet enjeu est parfois crucial (cas des synergies entre des médicaments, entre des polluants, etc.). Le plus souvent on cherche à tester une hypothèse portant sur une liaison cause-conséquence. Dans l'analyse des résultats (la qualité de cette liaison) les statistiques jouent un rôle très important aussi bien pour porter un jugement (sur la précision du modèle prévisionnel obtenu) que pour concevoir une expérimentation optimale par rapport au risque statistique (Linder, p. 126). Considérons l'exemple suivant à un seul paramètre dont l'objectif est de tester l'hypothèse suivant laquelle « la lumière permet la croissance d'une plante » . Dans l'exemple proposé, différentes plantes seront soumises à des éclairages différents, toutes choses égales par ailleurs, notamment la température doit rester fixe et donc indépendante de l'éclairage, afin de mesurer l'impact de ce paramètre sur leur croissance. L'expérience consiste à reproduire le phénomène « croissance d'une plante » de deux manières : d'une part sans le paramètre à tester (sans lumière) ; c'est le témoin négatif ; d'autre part, un témoin positif, avec le paramètre à tester (avec lumière). Ce dernier dispositif permet de vérifier que tous les autres éléments non testés sont opérationnels (la plante fonctionne bien). Avant même la mise en œuvre, les résultats de l'expérience doivent être prévus : si la croissance ne se produit pas dans les deux dispositifs, je ne peux rien déduire si ce n'est que ma manipulation n'est pas adaptée à ma recherche ; si la croissance ne se produit pas sans lumière, mais avec la lumière alors l'hypothèse est validée : « la lumière fait pousser les plantes » ; si la croissance ne se produit pas avec lumière, mais sans la lumière, alors l’hypothèse est réfutée ; si le phénomène se produit dans les deux dispositifs, alors l'hypothèse n'est pas validée, mais elle n'est pas rejetée pour autant. En dehors du paramètre à tester qu'il faut faire varier, les autres paramètres susceptibles d'intervenir doivent être fixés de façon rigoureuse sinon « le mieux possible ». À défaut, ces paramètres risquent d'être à l'origine des différences de résultats entre l'expérience témoin et les autres. Par exemple, s'il fait « trop froid » dans le premier dispositif sans lumière ou si l'atmosphère ne contient « pas assez » de gaz carbonique, alors l'absence de croissance peut être due à ces facteurs. On voit aussi la nécessité d'un savoir scientifique le plus large possible pour permettre la bonne conception d'une expérimentation. La conduite d'une expérience mène ainsi le schéma d'interprétation épistémologique classique à deux types de bénéfice : d'abord la possibilité de vérifier ou, mieux, de corroborer l'hypothèse ou de la réfuter ; mais aussi dans tous les cas, un enseignement sur les causes de l'éventuel échec, enseignement qui sera réinvesti dans la définition d'une expérience plus adéquate. Le bénéfice est alors méthodologique. Expérience scientifique à l'aide de modèle [ modifier | modifier le code ] L'espèce Mus musculus , un exemple d' organisme modèle . Lorsque certains phénomènes naturels sont trop complexes, trop vastes, trop dangereux, trop chers ou trop long à reproduire dans une expérience, on a recours à un dispositif simplifié : le modèle . Il peut s'agir : d'un modèle réduit ( maquette ). On parle de modélisation analogique, à laquelle les géologues étudiant la tectonique ont recours ; d'un modèle numérique (programme de simulation par ordinateur ) ; d'un modèle vivant, comme la souris , mais dont la transposabilité à l' espèce humaine n'est que de 43 % [ 11 ] . Article détaillé : Organisme modèle . Dans ce cas, la validité du modèle peut être discutée. Un modèle doit représenter le mieux possible l'objet sur lequel repose une hypothèse. Par exemple, pour démontrer l'origine humaine du réchauffement climatique , on utilise des modèles numériques du climat . Les détracteurs de cette hypothèse remettent en cause ces modèles qui ne prendraient pas assez en compte l'influence des nuages . Protocole expérimental [ modifier | modifier le code ] Le protocole d'expérimentation regroupe la description des conditions et du déroulement d'une expérience ou d'un test. La description doit être suffisamment claire afin que l'expérience puisse être reproduite à l'identique et il doit faire l'objet d'une analyse critique pour notamment détecter d'éventuels biais. Structure théorique d'une expérience [ modifier | modifier le code ] D'un point de vue très général, l'expérience isolée comporte sommairement trois phases : la préparation ; l'expérimentation ; l'évaluation. Les deux dernières sont l'aboutissement simple de ce qui les a précédé. Une expérience globale composée d'expériences partiellement individualisables comporte les trois mêmes pôles. Cependant, si dans l'expérience isolée les trois phases constituent autant d'étapes réglées chronologiquement , dans l'expérience globale, il s'agit de trois registres qui interagissent en permanence. Ainsi : l'évaluation est plus ou moins associée aux paramètres pris en compte dans la préparation, par exemple, les résultats questionnent la méthode d'échantillonnage ; l'expérimentation peut être répétée, en fonction des deux autres phases ; La préparation se réalise autour d'une double intention : la réussite de l'expérience, c'est-à-dire la conduite jusqu'à son terme ; la pertinence ou succès de l'expérience, c'est-à-dire l'accès à un résultat positif, à l'égard de l'objectif initial. Chacune des intentions motivant et organisant l'expérience trouve ses limites dans au moins une forme d'incertitude : l'incertitude de base portant sur la réalisation de l'expérience est rejointe par autant d'incertitudes qu'il y a de choix possibles pour les conditions initiales. La préparation est donc basée sur des perspectives et opérations d' anticipation ; supputations de l'expérience qui peuvent réduire l'incertitude sur tel ou tel paramètre. La préparation aboutit ainsi à la réunion de facteurs d'efficacité. Dans l'expérience globale, chaque phase ne résultant pas simplement de la précédente, les liens entre les conditions initiales et les résultats sont affectés par une complexité qui apporte une nouvelle charge d'incertitude. L'évaluation se réfère à des critères qui auront été explicités en association avec la détermination des facteurs d'efficacité. Expériences en blocs [ modifier | modifier le code ] Exemple d'expérience en blocs aléatoires complets relative à la comparaison de six éléments (par exemple six fumures différentes, numérotées de 1 à 6) au sein de quatre blocs. Dans les expériences en champ au sens large (champ, verger, forêt, etc.), qui sont réalisées en recherche agronomique , on appelle « blocs » des ensembles de parcelles voisines qui servent à comparer différents traitements (différentes fumures par exemple). Les blocs sont dits « complets » quand tous les éléments qui interviennent dans l'expérience (toutes les fumures étudiées par exemple) y sont présents. Ils sont au contraire dits « incomplets » quand seulement certains de ces éléments y sont présents. La répartition des différents éléments est réalisée au hasard à l'intérieur des différents blocs, et indépendamment d'un bloc à l'autre, raison pour laquelle les blocs sont souvent qualifiés d'« aléatoires » ou « randomisés ». Le cas le plus fréquent est celui des expériences en « blocs aléatoires complets » ou « blocs randomisés complets » (cf. illustration). Le carré latin et le carré gréco-latin sont d'autres dispositifs expérimentaux, beaucoup moins utilisés que les blocs. L'utilisation de blocs (en anglais : blocking ) intervient également, parfois sous d'autres dénominations, dans d'autres domaines que l'expérimentation en champ et la recherche agronomique (recherche industrielle ou technologique, recherche médicale ou pharmaceutique, etc.). En matière médicale par exemple, les blocs peuvent être constitués de groupes de patients qui présentent des caractéristiques semblables. Instruments fréquemment utilisés en sciences expérimentales [ modifier | modifier le code ] Microscopie [ modifier | modifier le code ] Les méthodes de microscopie sont utilisées principalement en sciences de la matière et de la vie : sciences des matériaux , biologie moléculaire , géologie … mais aussi pour les investigations : police scientifique , épidémiologie et diagnostic médical ( culture de cellules ), études environnementales (hygiène et sécurité du travail, pollution)… Microscope optique Microscope laser confocal à balayage Microscope électronique Microscope à force atomique Microscope à effet tunnel Microscope optique en champ proche Microscope de fluorescence par réflexion totale interne Analyse structurale [ modifier | modifier le code ] Ces méthodes consistent à déterminer la structure des cristaux et des molécules . Elles sont utilisées en chimie analytique , pour étudier la synthèse des molécules ( synthèse organique , industrie pharmaceutique ), en sciences des matériaux … Résonance magnétique nucléaire Absorption des rayons X Diffraction des rayons X Diffraction des neutrons Spectroscopie Auger Analyse chimique [ modifier | modifier le code ] De nombreux domaines ont recours à la chimie analytique : Microanalyse X ; Spectrométrie de fluorescence X ; spectrométrie de masse ; Surface plasmon résonance ; Spectroscopie de corrélation de fluorescence (FCS) ; Spectrométrie . Cinétique chimique [ modifier | modifier le code ] Méthode différentielle de van 't Hoff Méthode de Powell Méthode des temps réduits de réaction Méthode d'Ostwald Méthode des vitesses initiales Essais mécaniques [ modifier | modifier le code ] Les essais mécaniques ont pour rôle de déterminer la capacité d'un matériau ou d'une structure complexe à se déformer (mise en forme, usinage , rhéologie ), à s'user ( tribologie ), ou à casser. Cela concerne bien sûr les sciences des matériaux , mais aussi la biomécanique . Essai de traction , essai de compression , essai de flexion . Essai de résilience , Mouton Charpy . Mesure de dureté . Essais de viscosité (fluides), essais d'écoulement (poudres, suspensions). Essais de perméabilité (fluide à travers un milieu poreux, membrane). Essais de fluage (déformations différées dans le temps sous sollicitation constante). Essais de fissuration (propagation de fissures). Essais de fatigue (rupture par des sollicitations répétées, sous l'influence de facteurs physico-chimiques). Essais de crash test (véhicule lancé contre un obstacle). Essais de résistance aux séismes (bâtiments, ouvrages d'art). … Sciences humaines [ modifier | modifier le code ] Article connexe : psychologie expérimentale . La méthode expérimentale est employée au sein de disciplines considérées comme des sciences humaines [ 12 ] , [ 13 ] , telles que la sociologie , la psychologie , l'économie ou l' archéologie . L' expérience de Milgram est un exemple d'expérience de psychologie réalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram . Cette expérience cherchait à évaluer le degré d' obéissance d'un individu devant une autorité qu'il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l'autorité, notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet. La méthode expérimentale est l'une des disciplines principales de l'émission Sesame Street , inaugurée en 1969. C'était le professeur Gerard S. Lesser de l' université Harvard , en qualité de directeur de ses conseilleurs, qui a fait introduire cette méthode scientifique. Cette dernière, devenue dite méthode Sesame Street , contribue à obtenir un grand succès de l'émission jusqu'ici, en y assurant une production par excellence pour les enfants d'âge préscolaire [ 14 ] . Notes et références [ modifier | modifier le code ] ↑ Chevreul Michel-Eugène, Lettres adressées à M. Villemain sur la méthode en général et sur la définition du mot "fait" : relativement aux sciences, aux lettres, aux beaux-arts, etc., etc. , Paris, Garnier Frères, 1856, p. 27-29 . ↑ Canguilhem 1968, p. 153 et 166. ↑ Gayon 1996. ↑ Canguilhem 1968. ↑ 1865, p. 28. ↑ Claude Bernard, Principes de médecine expérimentale , PUF, 1947, rééd. Paris, PUF, 1987, p. 77. ↑ Canguilhem 1968, p. 233. ↑ Pierre Duhem , L’expérience cruciale est impossible en physique, extrait de La théorie physique, son objet et sa structure , 1906, 1914, seconde partie, chapitre VI, § III. [ lire en ligne ] . ↑ Quine, « Deux dogmes de l'empirisme », in De Vienne à Cambridge , trad. P. Jacob, Gallimard, 1980. ↑ W. Köhler, Gestalt Psychology , 1929. Traduction française La psychologie de la forme , Gallimard, Paris, 1964. Traduit par Serge Bricianer. [réf. incomplète] . ↑ (en) National Research Council (US) Committee on the Use of Third Party Toxicity Research with Human Research Participants , Values and Limitations of Animal Toxicity Data , National Academies Press (US), 1 er janvier 2004 ( lire en ligne ) . ↑ Dépelteau François, La démarche d'une recherche en sciences humaines , Bruxelles, De Boek, 2000, chapitre 5.2. La méthode expérimentale, p. 251-271 . ↑ Giroux Sylvain, Tremblay Ginette, Méthodologie des sciences humaines : La recherche en action , Éditions ERPI, Saint-Laurent (QC), 2009, p. 227. ↑ (en) Liz Mineo, « From Mass. Ave. to Sesame Street », The Harvard Gazett ,‎ 30 septembre 2019 ( lire en ligne ) . Voir aussi [ modifier | modifier le code ] Bibliographie [ modifier | modifier le code ] Claude Bernard, 1865, Introduction à l’étude de la médecine expérimentale , rééd. Paris, Garnier-Flammarion, 1966. Georges Canguilhem, 1968, Études d’histoire et de philosophie des sciences, Paris, Vrin. [ lire en ligne ] Georges Roque , « La couleur réfléchie », Études françaises , vol. 24, n o 2,‎ 1988 , p. 53–68 ( DOI 10.7202/035752ar ) . Jean Gayon, 1996, « Les réflexions méthodologiques de Claude Bernard : contexte et origines », Bull. Hist. Épistém. Sci. Vie , 3 (1), p. 75-92. Richard Linder, 2005, Les plans d'expériences. Un outil indispensable à l'expérimentateur , Les Presses de l'École Nationale des Ponts et Chaussées, 320 p. ( ISBN 2-85978-402-0 ) [ lire en ligne ] . Roger Prat, Expérimentation en biologie et physiologie végétales , Éditions Quæ , 2007 ( lire en ligne ) . Pierre Dagnelie, 2012, Principes d'expérimentation: planification des expériences et analyse de leurs résultats , Presses agronomiques , Gembloux, 413 p. ( ISBN 978-2-87016-117-3 ) et édition électronique (PDF) . Daniel Serra, 2022, La "révolution" expérimentale en économie. Une histoire des courants de recherche qui l'incarnent , Presses Universitaires de la Méditerranée (PULM), 280 p. ( ISBN 978-2-36781-476-6 ) . (en) Philip Ball , Beautiful experiments. An illustrated history of experimental science , University of Chicago Press , 2023 , 240 p. ( ISBN 978-0-226-82582-3 et 978-0-226-83026-1 , DOI 10.7208/chicago/9780226830261.001.0001 ) . Articles connexes [ modifier | modifier le code ] Observation Empirisme Méthode génétique Méthode scientifique Loi empirique Étude randomisée en double aveugle Essai clinique Recherche scientifique Recherche technologique Plan d'expérience Liste des expériences scientifiques Les Petits Débrouillards Bioéthique Expérience naturelle Laboratoire de recherche Théorie vérificationniste de la signification du positivisme logique Liens externes [ modifier | modifier le code ] Ressource relative à la recherche : Stanford Encyclopedia of Philosophy Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Den Store Danske Encyklopædi Encyclopédie de l'Ukraine moderne Larousse Store norske leksikon Universalis Notices d'autorité : BnF ( données ) LCCN GND Japon Espagne Israël Tchéquie v · m Psychologie Histoire Chronologie Éthique Déontologie Études Bibliographie Paradigmes Approches psychodynamiques Béhaviorisme Cognitivisme Constructivisme Gestalt Psychanalyse Psychologie analytique Psychologie humaniste Psychologie positive Psychologie critique Méthodes utilisées Analyse psychologique Entretien clinique Entretien d'explicitation Entretien motivationnel Entretien semi-directif Examen psychologique Imagerie cérébrale Épidémiologie cognitive Mesure longitudinale Méthode expérimentale Myers Briggs Type Indicator Observation Psychologie clinique Psychologie différentielle Psychométrie Psychophysique Questionnaire Tests psychologiques Domaines d'investigation Psychologie cognitive Psychologie de l'apprentissage Psychologie des émotions Psychologie du développement Psychologie générale Psychologie sociale Psychosociologie Psychopathologie Psychophysiologie Domaines d'application Écopsychologie Finance comportementale Psychologie de l'enfant Psychologie de l'adolescent Psychologie de l'éducation Psychologie du conseil Psychologie du travail Psychologie de l'art Psychologie de la santé au travail Psychologie du sport Psychologie environnementale Psychologie interculturelle Psychologie légale Psychologie scolaire Psycho-oncologie Psychothérapie Psychologie militaire Principaux concepts Aptitudes Sentiment d'aptitude Attention Vigilance Contrôle attentionnel Capacité d'attention Attitudes Personnalité Valeurs Intérêts Cognition Compétences Comportement Connaissance de soi Estime de soi Conscient Émotion Identité Inconscient Intelligence humaine Intuition Jugement Mémoire Motivation Perception Sensation Soi Stress Tempérament Théorisation Volition Volonté Figures de proue Alfred Adler Gordon Allport Albert Bandura Raymond Cattell John Dewey Françoise Dolto Paul Ekman Erik Erikson Milton H. Erickson Hans Eysenck Leon Festinger Sigmund Freud Frederick Herzberg Clark L. Hull William James Carl Gustav Jung Melanie Klein Julia Kristeva Jerome Kagan Kurt Lewin Abraham Maslow David McClelland Stanley Milgram George A. Miller Ivan Pavlov Jean Piaget Robert Plutchik Elias Porter Carl Rogers Julian Rotter Burrhus Frederic Skinner Edward Thorndike John B. 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Aristote, Préface aux catégories RETOUR À L’ENTRÉE DU SITE table des matières de l'oeuvre d'Aristote table des matières dES CATEGORIES ARISTOTE LOGIQUE . TOME UN PREFACE AUX CATÉGORIES Traduction française : BARTHÉLEMY SAINT-HILAIRE . Introduction aux catégories par Porphyre . CATEGORIES. PRÉFACE De la nature de la Logique. - Logique pure faite par Aristote, dans les Catégories, l'Herméneia et les Analytiques, Premiers et Derniers : Logique appliquée, dans les Topiques et les Réfutations des Sophistes. - Comparaison des Catégories d'Aristote et de celles de Kant. - Erreur d'Aristote sur la théorie de l'universel. - Tentatives pour réformer la logique péripatéticienne: Ramus, Bacon. - Méthode de Descartes. - Port-Royal, Leibnitz, la philosophie Écossaise, le Sensualisme. - Tentative de Kant : Hégel. -Travaux que doit faire l'école contemporaine pour fonder la logique sur la psychologie. Les hommes ont raisonné, en toute perfection, bien longtemps avant que la logique n'eût étudié les lois du raisonnement. Le chef-d'œuvre poétique de l'esprit humain est de cinq ou six siècles antérieur à l'Organon. Les législateurs ont promulgué leurs codes, les hommes d'état ont traité les affaires politiques, sans connaître les règles de la pensée dont ils faisaient un si utile et si puissant usage. Les orateurs ont persuadé la multitude, et parfois l'ont admirablement servie, sans avoir le secret de leur éloquence. Les sciences même ont obéi, comme la poésie, comme la politique, à une sorte d'inspiration qui n'a rien ôté à la certitude de leurs découvertes. Longtemps avant Aristote, la médecine avait trouvé les méthodes qui lui sont propres : elle avait déterminé ses principes, fixé le domaine qui lui appartient. Elle avait su, par des discussions étendues et régulières, fonder une doctrine qui est encore aujourd'hui la plus illustre et la plus vaste de toutes. Les mathématiques n'avaient pas fait moins de progrès que la médecine, l'éloquence et la poésie. Elles avaient déjà cette forme sévère qu'Euclide n'a point inventée : les théorèmes qu'elles possédaient étaient démontrés aussi rigoureusement qu'ils peuvent l'être aujourd'hui, sans qu'on sût rien alors de la théorie de la démonstration. Bien plus, au-dessus de tous ces développements inférieurs de l'intelligence, la philosophie, qui les domine tous en les résumant, avait fait ses plus sérieuses conquêtes. Sans parler de quelques philosophes de l'école d'Ionie, sans parler de l'école d'Élée ni de Pythagore, elle avait trouvé la vraie méthode avec Socrate, l'avait appliquée avec Platon; et elle en avait tiré ces vérités immortelles et fécondes que rappellent ces deux grands noms. Ainsi donc. avant que la science logique ne fût née, l'esprit humain avait produit, par sa seule puissance, sans erreur quoique sans guide, quelques-uns des plus solides monuments dont son juste orgueil puisse se vanter. Les formules de la logique une fois connues, en quoi ont-elles servi le développement de l'intelligence? Aristote a tracé les lois de la pensée, comme il a tracé les principes de la politique, ceux de la morale, ceux de la rhétorique et de la poétique, ceux de l'histoire naturelle, ceux de la physique et de la météorologie, ceux enfin de la métaphysique. Mais nous ne voyons pas que cette science des lois de la raison, ait influé de longtemps sur les progrès de la raison même. Doté de la logique, le génie grec a fourni sa carrière à peu près comme si la logique n'existait pas. Il a poursuivi la route commencée, approfondi les principes découverts : il en a trouvé de nouveaux. Il a continué de prodiguer au monde tous les trésors qu'il recélait. Et la logique, qui ne lui avait point donné naissance, ne l'empêcha pas de mourir, quand le germe qui lui était propre eut porté tous ses fruits, et que, mille ans après Socrate, un germe plus beau fut venu définitivement l'étouffer en le remplaçant. La logique, assise sur d'inébranlables bases, cultivée, accrue par les écoles les plus diverses, enseignée à tous les hommes éclairés, avait bien pu donner dès lors aux formes de la science plus de rigueur et plus de rectitude. Mais le mouvement commencé sans elle se poursuivait sans elle : et elle fut impuissante à le ranimer quand il s'éteignit. Elle n'avait été qu'une science de plus, ajoutée à toutes les autres, plus générale qu'aucune d'elles, à certains égards les comprenant toutes, mais enfin ne donnant à aucune, ni la vie qu'elle-même perdait, ni des directions dont ces sciences s'étaient toujours passées, et dont elles se passaient bien mieux encore dans leur agonie. Dans l'Inde et chez les Arabes, la logique, indigène et parfaitement originale, ou de simple importation étrangère, a joué le même rôle absolument que chez les Grecs. Il est vrai que si, dans le monde ancien, elle n'exerça point d'influence décisive sur la marche et la fécondité des esprits, ce fut elle qui, dans le monde héritier et vainqueur de l'antiquité, entretint une apparence de vie. Sauvée, seule à peu près du grand naufrage, ce fut elle qui conserva les traditions de l'intelligence, et qui, plusieurs siècles durant, suffit à satisfaire presque tous ses besoins. Elle soumit l'esprit nouveau à une longue et rude discipline, par les discussions les plus délicates et les plus subtiles. Elle lui donna des qualités puissantes qu'il ne perdra plus, qui font, en partie, sa grandeur, et dont il a peut-être oublié, dans son ingratitude, l'origine reculée. Mais si la logique a fait la Scholastique, berceau de l'intelligence moderne, si longtemps elle fut exclusivement cultivée par le moyen âge, mahométan ou chrétien, il n'en faut pas conclure que la logique toute seule ait donné aux esprits cette impulsion que les quatre derniers siècles ont vue grandir, et qui s'accroît tous les jours sous nos yeux. A côté de la logique, au-dessus d'elle, il y avait, d'abord, cette énergie naturelle de l'esprit humain qui ne s'arrête jamais; puis, une grande religion qui n'était pas faite pour ralentir sa marche; et enfin, cette antiquité tout entière, dont la logique n'était qu'une faible portion, et qui, par ses chefs-d'œuvre mieux connus, vint après quatorze cents ans rendre à la pensée son véritable essor, comme elle lui apportait aussi le véritable goût. Qu'on ne se méprenne point sur les services que la logique, par les mains de la Scholastique, toute française et toute parisienne, a rendus à l'Europe. Qu'on ne dénature point ces services en les exagérant. Elle imprima certainement à la science moderne, et à toutes les langues dont elle se sert, une sévérité d'exposition, une précision, une justesse qu'elles n'auraient point eues sans elle au même degré. Elle avait habitué les esprits aux plus durs labeurs, et les avait fortifiés par les pénibles exercices de l'école. Mais ce ne fut pas elle qui les inspira; ce ne fut pas même elle qui donna le signal de leur véritable réveil. Après les avoir jadis soutenus, quand ils étaient languissants et faibles, elle devint bientôt un embarras et un obstacle, quand ils furent plus robustes; et elle fut répudiée par le peuple même qui jadis en avait fait la première et la plus grande des études. Chose remarquable! les progrès de l'intelligence parurent en proportion de l'abandon où la logique était tombée : et le discrédit que des génies comme Descartes et Pascal avaient jeté sur elle, et que le siècle suivant avait sanctionné par le ridicule, n'est pas même aujourd'hui passé. L'esprit contemporain n'a point encore hautement appelé de cet injuste arrêt, qu'il ne regarde pas cependant comme définitif. La logique qui n'a point provoqué les progrès de l'esprit grec, et qui ne l'a point sauvé de sa ruine, qui entravait l'esprit moderne après l'avoir aidé, est maintenant une science presque morte ; et les tentatives faites pour la relever ne sont encore ni générales ni très puissantes. L'esprit de notre temps, tout aussi bien que celui des deux siècles antérieurs, ne s'en est pas ému : il a continué ses heureux travaux, sans demander à la logique des secours dont il ne sentait pas le besoin; et nous ne voyons pas que les sciences en aient moins rapidement avancé. Le désordre, plein de vie d'ailleurs, que leur vaste domaine présente à l'observation attentive du philosophe, tient à bien des causes, parmi lesquelles l'abandon des études logiques peut compter, mais n'occupe pas certainement une place très considérable. L'histoire, interrogée jusque dans ses témoignages les plus récents, nous prouve donc que la logique n'a point, sur les destinées de l'intelligence, cette influence souveraine qu'on s'est plu quelquefois à lui attribuer, et qu'une philosophie circonspecte ne peut pas, en effet, lui reconnaître Pour nous, et par l'oubli même où notre temps a laissé les études logiques, il nous serait difficile de dire, d'après un examen direct, ce qu'elles pourraient avoir d'utile pour l'éducation et le gouvernement des esprits. De logiciens, il n'y en a plus, bien que ce titre ait pu être usurpé par quelques écrivains éloquents, raisonnant fort bien sans doute, mais profondément ignorants de toutes les règles qu'ils employaient avec tant de succès. A défaut d'exemples contemporains, nous pouvons le demander à Montaigne, nous pouvons le demander à Descartes, à Port-Royal, à Malebranche, au dix-septième siècle tout entier, à Leibnitz, témoin le plus impartial et le plus éclairé de tous. N'en appelons point à Bacon, dont l'imagination passionnée s'emporte à l'invective. Mais tous ces grands esprits sans exception, que nous disent–ils des résultats de la logique, encore assidûment cultivée de leur temps? Ils nous répondent tous par des accusations unanimes contre le syllogisme, appliqué comme on le faisait alors. Ils nous répondent bien mieux encore par ces tentatives plus ou moins heureuses qu'ils ont tous faites, pour substituer aux anciennes méthodes une méthode nouvelle, et s'ouvrir des routes tout à fait ignorées à la recherche et à la découverte de la vérité. A côté du témoignage de l'histoire, ne pouvons-nous pas en placer un autre beaucoup plus clair et bien moins récusable? N'est-il pas évident que la justesse de l'esprit ne tient pas à la culture qu'il a reçue? que la nature et Dieu font en cela beaucoup plus que les enseignements et les habitudes, et que la logique ne peut pas plus, avec ses formules, toutes vraies qu'elles sont, redresser un esprit naturellement faux, que l'art du médecin ne peut refaire les tempéraments débiles? La logique n'a même presque jamais élevé ses prétentions aussi haut; et ce ne sont pas des règles abstraites, même rigoureusement appliquées, qui peuvent extirper des esprits les vices ou les faiblesses qui les enchaînent à l'erreur. C'est là le difficile objet d'une pratique plus délicate et plus rare, que la logique n'enseigne pas, et dont les règles longtemps cherchées sont encore et resteront toujours à faire. On n'apprend point à raisonner : tout ce qu'on peut apprendre, c'est comment l'on raisonne. On n'apprend point à être poète, mais l'on peut sur les chefs-d'œuvre poétiques noter les traces du génie, c'est-à-dire, observer la nature dans ses manifestations les plus éclatantes et les plus vraies. « Ceux qui ont le raisonnement le plus fort, dit Descartes, et qui digèrent le mieux leurs pensées, afin de les rendre claires et intelligibles, peuvent toujours le mieux persuader ce qu'ils proposent, encore qu'ils ne parlassent que bas-breton et qu'ils n'eussent à jamais appris de rhétorique. » La logique non plus n'instruisit jamais personne à raisonner; et tous les hommes, des plus ignorants jusqu'aux plus éclairés, suivent la spontanéité de leurs facultés, les uns sans songer à des règles qu'ils ne connaissent pas, les autres sans se souvenir de règles que la réalité ne peut mettre en usage. Quelle est donc la nature de la logique? Répondons sans hésiter que la logique est une science, et que le propre de toute science, ainsi que l'enseigne Aristote, est de nous faire connaître les choses qui sont, comme le propre de l'art est de montrer à produire les choses. La science n'est qu'une histoire : elle observe les faits, elle les classe, les systématise, en étudie les conséquences et les lois générales. Mais elle ne nous apprend pas à rien créer par les facultés que nous a données la nature. Elle ne s'adresse en nous qu'à cette partie de notre intelligence, qui nous met en relation avec le vrai. Elle ne s'adresse qu'à l'entendement, et ne prétend nous mener qu'à la connaissance, à la contemplation, et pour parler grec, à la théorie. Sa fonction n'est que celle-là, bien haute, bien précieuse, mais sans autre utilité que celle de savoir, et par cela même si souvent reléguée dans le domaine des chimères et des impossibilités. L'art, au contraire, poursuit un but moins élevé, beaucoup plus accessible au vulgaire, mieux compris de lui, et qu'il prend volontiers pour le seul que l'intelligence doive se proposer, le seul même qu'elle puisse atteindre. L'art nous apprend à mettre en œuvre cette activité causatrice qui est en nous, et dont l'exercice est pour l'homme le penchant le plus naturel et la jouissance la plus vive. Il nous montre à faire, à créer quelque chose de notre propre fond. L'habitude vient fortifier les leçons qu'il nous donne; et pour peu que la nature soit souple et vigoureuse, l'art a bientôt formé des habiles. La mission de l'art est toute pratique : il s'inquiète peu d'où il tire ses éléments; il les emploie sans les approfondir, souvent même sans les connaître. Ce qui le préoccupe, c'est de faire et de bien faire. Savoir ne lui importe que dans la mesure, très restreinte souvent, où toute action de l'intelligence exige que l'on sache. Le vrai lui est à peu près indifférent : il ne songe qu'au réel. A ce titre, l'art paraît bien éloigné de la science; et pourtant il ne l'est pas. Par la constitution même de la nature humaine, la théorie et la pratique se tiennent aussi intimement que l'âme et le corps, unis quoique parfaitement distincts, séparés jusqu'à certain point, puisqu'il a été donné à l'âme de se réfugier en elle seule, et de se réduire, en éliminant le corps, dont elle ne peut se détacher, à la pensée qui la fait ce qu'elle est. Il n'y a point d'art qui ne relève d'une science, source de ses principes, antérieure à toutes ses applications, et qui les dirige à son insu, comme l'âme dirige le corps qui ne la connaît pas. Mais de même que l'âme peut s'abstraire du corps auquel elle est jointe, la science peut aussi se préserver de tout contact avec l'art qui découle d'elle. La peine est grande de part et d'autre; et ce n'est pas sans péril qu'on tente un isolement que la nature permet, sans doute, mais qu'elle ne fait point. La science n'est que selon l'homme tout seul; l'art est bien plus selon la nature : et c'est là ce qui donne à la science une supériorité que l'art ne peut revendiquer pour lui. Des logiciens de nos jours, même des plus instruits et des plus graves, ont traité cette question avec une légèreté qu'elle ne mérite pas. « La logique est-elle une science? est-elle un art? vain débat selon eux, simple affaire de définition, dispute de mots. Il n'y a point d'art qui ne soit une science, point de science qui ne soit un art : et fixer ici des limites est un soin aussi peu utile qu'il est embarrassant. » De quelque autorité que cette opinion s'appuie, on ne peut l'admettre. La question est l'une des plus importantes qu'on puisse agiter en ces matières. Si la logique est une science, on ne lui demandera que ce qu'une science peut donner, et si elle le donne, son devoir sera rempli : la logique sera justifiée aux yeux du sens commun, comme aux yeux de la philosophie; elle tiendra dans le domaine de l'intelligence sa juste place, et lui rendra tous les services qu'on est en droit d'attendre d'elle. Si la logique est un art, au contraire, et qu'on lui demande plus qu'elle ne peut donner, la logique alors sort de ses voies, se méconnaît elle-même, et poursuit des résultats tout à fait inaccessibles à ses efforts. Mêler les juridictions est un tort dans la pratique légale : ce n'en est pas un moindre dans le domaine de la pensée. Fixer les limites des sciences est tout aussi difficile que de fixer les frontières des états : et les esprits, malgré ce qu'en ont pu dire les penseurs de Port-Royal (Art de penser, 1er discours, pag. 29), ne souffrent pas moins que les peuples de la confusion et des conflits. Au point de vue de la philosophie, il y a de très fâcheux inconvénients à mêler l'art et la science, parce que les règles de l'un ne sont pas du tout les règles de l'autre. Au point de vue du sens commun, il y en a bien plus encore : et c'est parce que la logique ne rendait pas au vulgaire ce qu'on exigeait d'elle injustement, qu'elle est tombée, non pas seulement dans l'abandon, mais dans le mépris. C'est donc tout autre chose qu'un « intérêt verbal» qui s'agite ici. Il y va d'une partie considérable de la philosophie d'abord, de la science humaine, de l'intelligence même. Il est vrai qu'en équivoquant sur les mots d'art et de science, on peut résoudre la question par une fin de non-recevoir très facile : mais la question, tranchée en apparence, n'en demeure pas moins au fond la même; et il reste toujours à savoir précisément ce que la logique peut faire pour la direction des esprits, et jusqu'où doit s'étendre l'espérance légitime que nous pouvons fonder sur elle. Le sens commun s'étonnera toujours que la logique ne mène pas infailliblement à la vérité : la logique s'ignorant elle-même le lui promettra quelquefois, et ne tiendra pas des promesses qu'elle n'aurait point dû faire. Ces exigences d'une part, cette vaine condescendance de l'autre, sont-elles sans dangers? Non sans doute, et la question vaut parfaitement la peine qu'on s'y arrête et qu'on l'approfondisse. Les logiciens anciens ne s'y sont pas trompés. Il n'y a pas un commentateur grec ou arabe, il n'y a pas un scholastique, qui n'y ait donné la plus sérieuse attention. Ceci devait suffire pour avertir les critiques modernes. Un litige tant de fois renouvelé, et qui se renouvelle toutes les fois qu'on touche à la logique, a nécessairement de l'importance. Il est du devoir d'un logicien qui tient à ne pas compromettre la science, de le vider dès ses premiers pas. Aussi presque tous l'ont fait, et tous ont eu raison de le faire, bien qu'ils soient loin d'y avoir tous réussi. On peut signaler comme une chose singulière, et Ramus ainsi qu'Omer Talon, son éditeur, l'ont déjà remarqué, que le père de la logique, l'auteur de l'Organon, soit le seul à peu près qui n'ait pas touché ce point de discussion. Il n'a nulle part défini la logique, dans les ouvrages qui nous sont parvenus, négligeant cette question spéciale, du moins sous la forme où elle a été plus tard si souvent débattue. « Preuve nouvelle, dira-t-on : si cette question était si grave, Aristote ne l'eût pas omise. » Mais cette objection n'est que spécieuse. Aristote a beaucoup mieux fait que de définir la logique, que de vouloir déterminer son étendue, par les limites toujours contestables d'une définition. Il a marqué ces limites d'une manière éternelle par les ouvrages qu'il nous a laissés. Une définition, quelles qu'en eussent été la justesse et la compréhension, n'aurait pas si bien fait. Aristote a tracé en caractères ineffaçables la nature et la circonscription de la logique : et ces caractères sont clairement écrits dans les Catégories, l'Herméneia et les Analytiques. II a fait la part admirablement exacte de la science et de l'art, de la théorie et de la pratique. Il n'a pas, si l'on veut, épuisé complètement l'une et l'autre ; mais il les a si nettement distinguées qu'il n'est presque plus possible de les confondre. La dialectique et la sophistique appartiennent à l'art, loyal ou frauduleux, de même que les quatre traités qui précèdent appartiennent exclusivement à la science. Si donc Aristote n'a pas défini la logique, comme les progrès de l'analyse ont exigé plus tard que le fissent ses disciples, l'Organon, dans son vaste ensemble, avec les deux domaines que l'auteur lui-même y sépare, n'est qu'une longue définition, irréfutable quand on sait la comprendre, et que les plus profondes investigations qui ont suivi n'ont pu que confirmer. Il ne faut donc pas dire avec M. Hamilton, juge d'ailleurs si compétent dans ces matières, « que les notions inexactes qui ont régné et qui règnent encore sur la nature et le domaine de la logique doivent être principalement attribuées à l'exemple d'Aristote et à son autorité. » (Frag. de Philosophie, tr. par M. Peisse, p. 218.) Aristote n'a point inspiré ces erreurs : une définition, s'il l'eût faite, ne les aurait pas prévenues. Ses ouvrages eux-mêmes, bien autrement décisifs qu'une simple définition, n'ont pu les empêcher : voilà ce qu'il fallait dire. Mais qu'Aristote se soit mépris sur la nature de la logique, au point de n'avoir fait que de la logique appliquée au lieu de logique pure, c'est là très certainement une assertion exorbitante. Elle sera réfutée plus loin. Ici, d'ailleurs, il faut laisser de côté les discussions si longues, parfois si subtiles, quelquefois si profondes et si vraies, des commentateurs grecs, latins, arabes, sur la nature de la logique. Qu'il suffise de conclure et de maintenir qu'elle est une science, qu'elle observe des faits, sans avoir plus à faire que de les bien observer; et que si elle descend à enseigner un art, c'est une sorte de hors-d'œuvre auquel elle n'est pas tenue, et qui n'est pas sans dangers pour elle. La nature de la logique étant ainsi fixée, il reste à savoir quel est l'objet de cette science. L'objet d'une science est véritablement ce qui la constitue; c'est ce qui la distingue de toutes les autres. Si cet objet est vague, indéterminé, les limites de la science sont indécises, obscures, et la science court risque de s'étendre démesurément, ou de se restreindre sans plus de raison. Les sciences qui discernent le mieux leur objet, deviennent en général les plus claires et les mieux faites de toutes. Réciproquement, une science, quand elle est bien faite, peut discerner parfaitement son objet. C'est la condition préalable de sa perfection et de ses succès. S'il est au monde une science bien faite, c'est la logique sans contredit. Ecoutez Reid et Kant, témoins également recevables, bien qu'à des titres différents : « Voilà deux mille ans et plus, nous dit Reid revenu à des sentiments plus équitables, voilà deux mille ans et plus, que les règles de la logique ont été fixées par Aristote, et qu'elles ont été invariablement reproduites par tous les philosophes qui l'ont suivi. » Et Kant, qui n'a jamais varié dans son admiration, ajoute : « On voit que la logique possède le caractère d'une science exacte depuis fort longtemps, puisqu'elle ne s'est pas trouvée dans la nécessité de reculer d'un pas depuis Aristote. Ce qu'il y a encore de remarquable, c'est qu'elle n'a pu faire jusqu'ici un seul pas de plus, et qu'elle semble, suivant toute apparence, avoir été complètement achevée et perfectionnée dès sa naissance. » (Trad. de M. Tissot, tom. 1, p. 2). Ce grand témoignage n'est pas une erreur de l'enthousiasme. Ce sont des émules et des adversaires qui déposent. Bien plus, les siècles avaient devancé ce témoignage, et l'histoire de la philosophie le confirme. Auprès du vulgaire des savants, la logique jouit de la réputation d'avoir une exactitude égale à celle des mathématiques; auprès des philosophes, qui savent où les mathématiques puisent la leur, la logique pourrait presque passer pour la seule science exacte. Ce n'est donc pas trop dire pour personne, que d'affirmer que la logique est une science bien faite, et qu'elle a dès longtemps distingué son objet de façon à ne plus s'y méprendre. Cet objet, quel est-il donc? Devons–nous répondre avec Kant, que la logique est la science des lois nécessaires de l'entendement et de la raison en général, ou avec Kant encore et M. Hamilton, la science des lois formelles de la pensée? La logique est bien cela, si l'on veut. Mais les lois nécessaires, les lois formelles de l'entendement, de la pensée, c'est une expression bien étendue, bien vague. Il y a des lois nécessaires de l'entendement ailleurs que dans la logique : la métaphysique en étudie quelques-unes, la psychologie en étudie d'autres; et Kant s'efforce avec le plus grand soin de distinguer la logique de toutes deux, en quoi l'on ne peut que l'approuver. Parler des lois nécessaires, ce n'est pas assez dire, ou plutôt c'est dire trop. Oui, les lois que la logique étudie sont nécessaires : mais elles ne sont pas les seules à l'être dans l'entendement. Oui, l'entendement et la raison ont des lois nécessaires, mais la logique ne les étudie pas toutes sans exception. Quant aux lois formelles de la raison, il n'est guère plus facile de bien comprendre et de justifier cette définition. Sans doute la logique ne s'occupe que de la forme; elle ne s'occupe pas de la matière de la pensée. Mais ces lois formelles peuvent s'étendre elles-mêmes à plus ou moins d'objets. Aristote, pas plus que M. Hamilton, n'entendait faire entrer la matière de la pensée dans la logique; il entendait tout aussi bien que lui ne rechercher que des lois formelles. Et pourtant, Aristote a compris dans la logique des parties que M. Hamilton en exclut impitoyablement; car il n'est pas un des six traités de ce grand système qui trouve grâce devant sa critique; et l'on pourrait conclure, comme le philosophe écossais n'hésite point à le faire, qu'Aristote a connu l'objet de la logique beaucoup moins bien que la plupart de ses successeurs. Parler des lois formelles de la pensée, ce n'est donc pas désigner très nettement l'objet de la logique. Pour l'auteur du Criticisme, les lois formelles de la pensée seraient tout aussi différentes de celles de M. Hamilton, que pourraient l'être celles de l'auteur de l'Organon. En ceci, c'est encore Aristote qu'il faut consulter ; c'est lui encore qui, sur ce point, a tout avantage. Écoutez comment il s'exprime en commençant les Analytiques : « D'abord nous dirons le sujet et le but de cette étude : le sujet, c'est la démonstration ; le but, c'est la science démontrée. » La démonstration, tel est donc le résultat final que poursuit la théorie; la science inébranlablement assise sur la démonstration, voilà ce qu'elle obtient. Il n'en faut pas davantage à l'esprit humain; il ne peut pas en demander plus à la logique : et c'est la grande promesse que l'Organon lui a religieusement tenue. La science démontrée est une science éternelle, Aristote l'a dit, et les mathématiques le prouvent avec pleine évidence. Que faudrait-il de plus aux désirs de l'homme? L'éternité peut entrer dans ses conceptions; et s'il n'a point la vérité tout entière, la portion du moins qu'il en a, démontrée parce qu'elle est éternelle, rattache indissolublement son esprit à tout ce que son esprit peut concevoir et rêver de plus grand. A cette question : quel est l'objet de la logique? Aristote répond : c'est la démonstration. Approfondissez cette réponse, et vous verrez sans peine qu'il n'y en a ni de plus simple, ni de plus vraie. Ramus, malgré son argumentation ardente et prolongée, n'a pu le moins du monde l'ébranler, loin de la détruire. (Ramus, Scholae dialecticae, liv.1, ch. 5.) Il ne peut pas d'abord subsister ici la moindre équivoque. On sait, aussi clairement qu'il est possible de savoir, ce que c'est que la démonstration. Si la composition même du mot n'en donnait le sens le plus manifeste et le plus intelligible, on pourrait recourir aux définitions aussi nettes que nombreuses que l'Organon en peut fournir. La démonstration, c'est le procédé de l'esprit qui, en partant de principes évidents par eux-mêmes, arrive, par un chemin direct, à des conséquences tout aussi certaines, parce qu'elles sont tout aussi nécessaires. La démonstration, c'est le syllogisme scientifique, le syllogisme qui porte la science avec lui, et nous met en rapport avec la vérité, d'abord, par le principe dont il part, et ensuite, par la conséquence à laquelle il aboutit. Les principes sont vrais et nécessaires : la conclusion est vraie et nécessaire comme eux. Que veut-on de plus? que peut-on même imaginer au-delà? c'est la limite du savoir de l'homme. La logique fait ici les deux seules choses qu'elle puisse faire. Elle nous indique, d'abord la forme que le raisonnement doit revêtir pour être régulier, concluant : elle nous montre de plus, les conditions que les principes doivent remplir pour que le syllogisme soit démonstratif. Les principes remplissent-ils ces conditions? sont-ils vrais ou faux? c'est là une question à laquelle la logique proprement dite n'a point à répondre, que l'esprit humain, il est vrai, se pose toujours et a toujours le droit de se poser. Mais c'est la méthode qui, au-dessus de la logique et de ses règles abstraites, venant les compléter et les mettre en rapport avec la réalité et la vie, doit répondre à cette question, que la spontanéité d'un esprit naturellement juste résout bien mieux encore que la méthode. On sait donc sans la moindre obscurité ce que c'est que la démonstration, et dire que l'objet de la logique c'est la démonstration, c'est l'indiquer aussi clairement qu'il est possible de le faire. Les lois nécessaires de l'entendement, les lois formelles de la pensée, ce n'est pas une définition inexacte; c'est seulement une définition moins précise. La démonstration étant la fin de la logique, la logique se trouve ainsi définie, non pas tout à fait par l'objet qui en est la matière, mais par l'objet qu'elle poursuit. La définition en vaut-elle moins pour cela? non certainement. Les sciences se définissent tout aussi bien par le but auquel elles aspirent, que par l'objet même qui est la matière de leurs spéculations. La médecine est tout aussi bien définie, quand on dit qu'elle est l'art de guérir, que la géométrie peut l'être, quand on la définit, la science de l'étendue, ou que l'arithmétique, quand on la définit, la science des nombres. Ici, c'est par l'objet même de la science qu'on la définit : là, c'est par le but qu'elle se propose. De part et d'autre, la définition remplit la condition qu'elle doit toujours remplir. Elle fait parfaitement connaître l'objet qu'elle doit désigner, en l'isolant de tous les autres. On peut donc définir la logique par le but qu'elle recherche, tout aussi bien que par la matière dont elle est en quelque sorte composée. Il y a de plus à ceci cet immense avantage que, le but une fois fixé, toutes les parties de la science viennent se classer, se subordonner les unes aux autres dans le rapport même qu'elles soutiennent avec ce but. La démonstration n'est point une chose simple. L'analyse y découvre des éléments aussi nombreux que divers; et ces éléments, observés un à un, mis dans l'ordre de leur importance, rangés d'après leur simplicité ou leur complication, relativement au grand tout qu'ils composent, peuvent être systématisés d'une façon qui n'a plus rien d'arbitraire. Les traités qui forment l'Organon se suivent dans un ordre qui ne peut être changé, sous peine de confusion. Et même quand c'est une autorité antique comme celle d'Adraste d'Aphrodise, qui nous propose de les déplacer, cette autorité mérite à peine d'être discutée, loin qu'elle mérite d'être suivie. Tout, dans un système de choses qui ont une fin, doit s'ordonner selon cette fin même; et la méthode est ici la méthode si connue que suit en tout l'esprit humain; il faut s'élever du plus simple au plus composé. La logique part des catégories pour atteindre la démonstration : elle part des choses pour monter jusqu'à la forme la plus achevée de la pensée scientifique. L'ordre, la régularité, la discipline inflexible, voilà ce qu'on gagne dans la logique en la définissant par le but qu'elle cherche et qu'elle atteint, plutôt que par l'objet qui la forme. Dans toute science cette discipline est désirable. En logique elle l'est beaucoup plus qu'ailleurs; et si la logique ne sait pas se l'assurer à elle-même, à quels titres prétendra-t-elle l'imposer aux autres sciences, qui la lui demandent cependant, et qui ne peuvent la recevoir que d'elle seule? C'est là, qu'on n'en doute pas, l'un des plus grands mérites de l'Organon. La science, toujours préoccupée du but qu'elle veut toucher, ne s'écarte point un seul instant de sa route; elle est admirablement ordonnée, et deux mille ans d'études n'ont pu rien modifier à cet ordre indestructible. On peut bien dire avec Kant (trad. de M. Tissot, p. 2), que l'Organon contient quelques subtilités superflues, quelques obscurités, nuisibles seulement à l'élégance, et non point à la certitude de la science. On ne peut pas dire avec M. Hamilton « qu'Aristote ait laissé à ses successeurs beaucoup à ajouter, beaucoup à retrancher, le tout à simplifier et à mettre en ordre. » (Fragments de philosophie, trad. par M. Peisse, p. 220.) Il faut bien qu'on le sache, l'ordre qu'Aristote a donné est le seul ordre véritable. L'altérer, c'est bouleverser la science tout entière, c'est la faire tomber dans l'anarchie. Il est possible que certains détails dans ce prodigieux édifice présentent quelque désordre, quelque confusion. Mais ce sont des détails sans importance, comparés à l'ensemble ; ces taches sont peu nombreuses et peu graves, et il n'est point de main assez délicate et assez habile pour les enlever, même celle de Thémistius ou de Zabarella. C'est la partie humaine de l'œuvre; et de tels défauts, à côté de telles qualités, sont, même pour les plus sévères, tout à fait imperceptibles. On peut ajouter à la logique en la faisant précéder d'une partie nouvelle qui en montrerait la base et l'origine psychologique, en la faisant suivre d'une autre partie qui en indiquerait les applications possibles. Mais dans l'espace déjà si vaste où s'est mû Aristote, il a tout vu, tout classé, tout fixé à jamais. L'Organon est comme un de ces monuments d'architecture auxquels on peut adjoindre des constructions nouvelles, qu'on peut développer par des accroissements devenus indispensables, mais auxquels on ne touche pas, parce qu'ils ne sont jamais à refaire, et que le mieux, c'est de les prendre pour modèles et régulateurs éternels. L'ordre de la logique résulte donc rigoureusement de la définition même qu'Aristote en a donnée : et par un de ces coups de hasard, qui ne sont que des coups de génie, il a doté la science de la seule définition qui puisse à la fois, et la faire clairement connaître, et la systématiser. La définition de Kant n'en peut pas faire autant : l'ordre que présente la Critique de la raison pure n'est qu'un ordre apparent. La main d'un novateur peut le changer parce qu'il est arbitraire : l'ordre de l'Organon ne changera point tant que la science sera comprise. Il faut bien, du reste, le remarquer : quand Aristote dit que le but de la science qu'il fonde, c'est la démonstration, il dit infiniment plus qu'on n'a fait ensuite, quand on a prétendu que l'objet de la logique, c'était le procédé du raisonnement. M. Hamilton a parfaitement réfuté cette dernière opinion, qui n'a été soutenue que rarement, et par des logiciens d'ailleurs peu illustres. Il ne suffit pas, du reste, pour se bien rendre compte de ce qu'est la logique, de savoir qu'elle est une science et non un art, et qu'elle a pour objet la démonstration ; il faut, de plus, savoir de quelle espèce est cette science, et quels sont les rapports qu'elle soutient avec toutes les autres. Les faits dont s'occupe la logique, en tant que science, sont des faits d'un ordre particulier, accessibles surtout à l'observation intérieure, où les sens n'ont, pour ainsi dire, rien à voir. La logique, il n'est pas besoin d'insister sur ce point, est une science rationnelle, que l'esprit fait et construit à la façon des mathématiques. La science des mathématiques n'est pas pure de tout empirisme : la logique ne l'est pas davantage. Sans les formes que l'étendue a présentées d'abord à la sensibilité, on peut douter que les mathématiques eussent jamais trouvé les leurs. Les formes, les figures que les objets nous offrent sont irrégulières: les figures idéales des mathématiques sont d'une régularité parfaite. Avec quelque soin qu'on trace un cercle, sur le modèle même du cercle que l'on conçoit, ce cercle, du moment qu'il devient matériel, devient plus ou moins imparfait. Il n'y a pas dans la réalité de cercle qui ait ses rayons parfaitement égaux, pas de triangle matériel qui ait ses trois angles parfaitement équivalents à deux droits. Dira-t-on pour cela que les mathématiques sont une science imaginaire? Non, sans doute : mais on dit qu'elles sont une science rationnelle. Il est de même de la logique. Certainement elle n'eût jamais conçu ses formules parfaites, sans les formules irrégulières que le langage humain, et la pensée dans son jeu naturel, lui offrent sans cesse: L'homme ne raisonne pas comme la logique le forcerait à raisonner, si elle avait à régler la pratique de son raisonnement, ce qu'elle n'a pas du tout la prétention de faire. Mais la logique, sous cette confusion apparente des raisonnements ordinaires, découvre les lois qui les régissent. Ce n'est pas elle qui les leur impose, c'est elle qui les constate. Elle a de plus cette supériorité sur les mathématiques que, quand elle veut réaliser ses formules, elle le fait d'une manière parfaitement adéquate. Le syllogisme donne la figure logique dans toute sa pureté, dans toute sa force idéale. La matière sur laquelle les mathématiques essaient de réaliser leurs résultats, vient toujours les altérer par son imperfection nécessaire. Pour les formes logiques, la matière n'importe absolument en rien : le syllogisme démonstratif, dans quelque langue qu'il soit exprimé, de quelque façon qu'il soit tracé, n'en porte pas moins son évidence avec lui. C'est qu'il s'adresse à ce discours intérieur de l'esprit, que la parole du dehors représente d'une manière bien plus exacte que les figures matérielles de géométrie ne représentent les pures conceptions qui leur donnent naissance. La logique peut même imposer, dans une certaine mesure, ses formules inflexibles au raisonnement; l'exemple de la Scholastique, et tous les ouvrages de logique le prouvent. Mais ces formules ne sont pas du tout celles que suit le raisonnement naturel de l'homme, bien qu'au fond il les recèle. Ce ne sont pas même les formules que la logique adopte habituellement, quand elle veut se produire et faire connaître ses résultats. C'est ainsi que nous pouvons donner aux corps de la nature des formes mathématiques; mais d'eux-mêmes ils ne les ont presque jamais. La logique n'est donc pas pure de tout empirisme. Le langage est la source où elle a puisé tous les éléments primitifs dont elle a bâti, plus tard, son solide édifice. L'étymologie même de son nom en fait foi; et l'esprit humain n'a jamais su mieux discerner, ni mieux exprimer le rapport de deux choses indissolubles, qu'il ne l'a fait dans la langue grecque, en rattachant grammaticalement la logique au langage, soit du dehors, soit du dedans. Le génie indien n'a pas aussi bien vu les deux côtés de la question, et la logique n'est pour lui, dans l'appellation que Gotama lui donne, que l'art de la discussion, et rien de plus. Il ne faut donc pas entendre par science rationnelle une science qui aurait fait un divorce complet avec l'expérience. Toute science, quelles que soient à cet égard ses prétentions contraires, part de l'observation et ne peut pas s'appuyer sur une autre base. Kant a beau faire : sa raison pure n'est pas aussi pure qu'il le croit. Il emprunte d'abord à la sensibilité deux éléments indispensables de toute connaissance, de tout concept, le temps et l'espace; il emprunte aux jugements formulés dans le langage sa liste des Catégories; il emprunte encore à l'expérience, quoi qu'il en puisse dire, les trois Idées sur lesquelles il essaie de confondre la raison de l'homme, et de lui infliger une salutaire humiliation. D'où peuvent être tirés les mots et leurs rapports, si ce n'est de l'observation? D'où peuvent être tirées les propositions, si ce n'est de l'observation encore? Le syllogisme lui-même, est-ce la logique qui le crée? est-ce l'esprit qui l'imagine? Non sans doute. Le syllogisme est caché dans tout raisonnement humain. La logique le dégage de tous les éléments accessoires, étrangers, dont ce langage doit le couvrir et le fortifier, pour arriver au but qu'il se propose. Mais la logique ne fait ni le syllogisme, ni la proposition, ni les rapports des mots, dont la proposition est essentiellement composée. Elle peut être pure de toute application; mais lui demander de répudier tout empirisme, c'est lui demander un tour de force, dont elle n'est pas plus capable que toute autre science. L'abstraction peut bien quelquefois aller jusqu'à ce point d'illusion, qu'elle oublie les éléments réels dont elle part; mais c'est le philosophe qui commet cette erreur : la science n'y est pour rien. La logique peut donc se faire gloire, car c'en est une pour des juges prévenus, d'être une science d'observation. Le langage est un premier champ pour elle, et celui-là contient déjà tout. Mais elle en a de plus un autre, c'est-à-dire, cette parole intérieure de l'âme qui ne procède pas autrement que la parole du dehors, dont les opérations sont plus délicates sans doute, et surtout plus rapides, mais n'en sont pas moins toutes pareilles. Pour observer ce discours du dedans, et mieux analyser celui du dehors, quel procédé la logique peut-elle suivre? Il n'y en a qu'un seul, et c'est la réflexion. Voilà donc la logique qui entre dans le domaine de la psychologie, ou pour mieux dire, qui ne peut se faire sans psychologie. Mais ne craignons pas qu'elle perde par là rien de son originalité, et qu'au contact d'une autre science, elle dépouille sa propre nature. C'est la démonstration qu'elle doit construire : elle n'emprunte donc à la psychologie que les matériaux utiles à la démonstration. Tous les autres, elle les rejette et ne les connaît pas; et ses emprunts sont nettement limités par l'usage même auquel elle les destine. C'est la psychologie seule qui pourra lui apprendre comment se forment, dans la pensée, ces notions générales, sans lesquelles le raisonnement et la science seraient impossibles. Seule elle pourra lui apprendre, d'où vient cette évidence qui éclaire les principes, et qui, des principes, réfléchit son éclat jusque sur les conséquences, quelque éloignées qu'elles soient. La psychologie enveloppe les lois de la logique, comme elle enveloppe les lois de la morale. Ce n'est pas la conscience qui nous fait agir suivant la règle du devoir : elle ne détermine pas chacune de nos actions particulières. Mais c'est elle, quand on sait l'interroger, qui nous révèle ce qu'est la règle que l'homme doit inviolablement garder. De même pour la logique : les lois qui la constituent, c'est la réflexion qui nous les donne dans toute leur clarté, dans toute leur étendue; ce n'est pas elle qui les fait. L'esprit en s'observant lui-même, trouve en lui et par une même voie les lois de la logique et celles de la morale. C'est l'abstraction qui les dégage de ce fonds commun de la conscience où elles sont mêlées encore aux lois de la métaphysique. Mais une méthode sage et éclairée saura bien empêcher que la psychologie ne se confonde avec la logique, et ne la dénature, comme Kant l'a si bien dit. Elle ne sera pas moins circonspecte à l'égard de la métaphysique. Mais aussi parce qu'elle sera sage, elle devra faire la part de l'une et de l'autre, dans leurs rapports avec la logique, dont ni l'une ni l'autre ne peut être totalement séparée. De cette union évidente de la logique, de la psychologie et de la métaphysique, il ressort cette très grave conséquence, que toutes trois passent nécessairement, à un certain degré, dans le domaine de toutes les sciences inférieures. Toute science, à quelque rang qu'on la place d'après l'objet même dont elle s'occupe, ne peut être qu'à ces trois conditions : elle est faite par l'esprit; elle revêt une certaine forme; elle étudie un certain être. Les sciences particulières ne s'inquiètent en rien de ces trois conditions de leur existence. Elles ne voient pas qu'en observant l'être même qui leur donne leur appellation propre, elles étudient en partie aussi les lois universelles de l'être, réfléchies sous l'angle de celui-là, quelque étroit que cet angle puisse sembler. Elles ne voient pas que l'esprit qui observe, apporte avec lui les lois qui lui sont essentielles, les formes qu'il lui faut toujours adopter. Sans la psychologie, sans la logique, sans la métaphysique, elles ne seraient pas; et elles ne connaissent cependant ni l'ontologie, ni la logique, ni la psychologie. Elles s'effraieraient presque de les connaître. Cette ignorance et cette répulsion n'ont rien qui nous doive étonner. Il faut que les sciences particulières suivent l'instinct qui mène l'intelligence; il faut qu'elles lui obéissent sans réflexion, sous peine de rester en route et de manquer à ce qu'on attend d'elles. La réflexion n'appartient qu'à la philosophie, qui d'ailleurs ne la garde point pour elle seule, et qui, dans une certaine mesure, la communique, en se communiquant elle-même, à tous les degrés, infimes ou supérieurs, de l'intelligence et de la pensée. De ces trois éléments de toute science, logique, psychologie, métaphysique, les deux derniers disparaissent en général presque complètement des sciences particulières. La logique au contraire y conserve toujours des traces évidentes qui la révèlent. D'où vient cette différence? et pourquoi de trois éléments, qui sont indispensables à titre égal, deux restent-ils dans l'ombre, tandis que l'autre se produit, si ce n'est dans toute sa lumière, assez clairement du moins pour qu'on ne puisse le méconnaître? C'est que l'esprit, bien qu'il soit toujours présent à lui-même dans tout acte de connaissance, dans toute science par conséquent, s'abandonne à sa spontanéité, et ne revient qu'à grand-peine sur soi; le dehors l'attire, la nature le séduit et le captive; il n'aperçoit qu'elle, et se perd complètement de vue. Il faut qu'il disparaisse à ses propres yeux pour qu'il puisse voir autre chose. La psychologie détruirait la science particulière, de même que le regard, porté sur une seconde chose, nous enlève la vue de la première. D'autre part, la métaphysique ne peut pas subsister dans les sciences plus que la psychologie. La métaphysique s'occupe des lois universelles de l'être. La science ne s'occupe, elle, que d'un être particulier; ce sont les principes spéciaux, les affections spéciales de cet être qui lui importent. Voilà donc ce qui fait que dans les sciences, la psychologie et la métaphysique se montrent à peine, ou, pour mieux dire, ne se montrent pas. En est-il de même de la logique? et peut-elle disparaître de la science aussi complètement que les deux autres? La science peut-elle se passer de la forme, comme elle se passe de la réflexion, qui est sa cause, comme elle se passe de la métaphysique, qui est sa matière? Non, sans doute. La science, sous peine de n'être plus science, doit avoir une forme régulière, systématique, rigoureuse. Plus la science est exacte, plus même sa forme est sévère : et cela est tellement vrai que les mathématiques, dont l'orgueil, pourrait-on dire, s'est adjugé par droit d'excellence le nom général de la science, les mathématiques ont presque la forme pure, la forme idéale de la logique. Elles procèdent par principes et par conséquences; elles font presque toujours des syllogismes en forme. C'est à peu de chose près de la logique dans toute sa sécheresse et sa pureté. Les mathématiques en tirent vanité, et c'est avec raison. Seulement, il ne faut pas, comme elles le font quelquefois, qu'elles se méprennent sur elles-mêmes, et qu'elles essayent de détrôner la logique en se substituant à elle. Pascal a commis cette énorme erreur, que Malebranche aurait partagée volontiers : « La logique, selon lui, a peut-être emprunté les règles de la géométrie, sans en comprendre la force. » Puis, par une confusion non moins erronée, il ajoute : « La méthode de ne point errer est recherchée de tout le monde : les logiciens font profession d'y conduire; les géomètres seuls y arrivent. » Pascal, comme on le voit, confond l'art avec la science; et parce que les logiciens ne conduisent pas infailliblement au vrai, il immole la logique à ses chères mathématiques. C'est Leibnitz qui a pleine raison, quand il dit contrairement à Pascal. « La logique des géomètres est une extension ou promotion particulière de la logique générale. » Les mathématiques empruntent donc la puissance de leur forme à la logique, loin de la lui donner. Mais les mathématiques, si elles doivent tant à la logique, ne sont pas les seules à lui devoir. Toutes les sciences se rattachent à elle; toutes lui empruntent, dans la mesure de leur objet et de leurs forces, des expositions, des démonstrations plus ou moins régulières, qu'elle seule inspire et soutient. Quand elles ont à se défendre contre des attaques que suscitent souvent leurs guerres intestines, elles trahissent bien plus clairement encore les secours qu'elles demandent à la logique. La polémique des sciences révèle plus nettement le procédé qu'elles suivent; mais ce procédé, que la polémique met au jour, l'avait devancée ; et pour être auparavant moins visible, il n'en était pas moins réel. Au-dessous des sciences, les arts obéissent tout comme elles à la logique. On n'entend même point ici parler de la rhétorique où cela est de pleine évidence; mais la poésie, toute libre qu'elle paraît, quels que soient son enthousiasme et son essor, ne peut pas plus se soustraire à ce joug bienfaisant que la rhétorique, les sciences ou les mathématiques. La forme est de moins en moins austère : l'enveloppe qui recouvre la charpente logique devient de plus en plus vivante et gracieuse. Mais la logique n'en conserve pas moins ses droits; et c'est elle qui, par son influence toute puissante quoique secrète, immortalise les chefs-d'œuvre en en faisant les modèles du goût. Il ne serait pas difficile de prouver que, bien loin de ces développements sévères ou charmants de la pensée, les développements des beaux-arts proprement dits, et toutes les applications de la pratique même, ignorante ou éclairée, relèvent, elles aussi, de cette Reine des sciences et des arts, comme le disait jadis l'École dans sa naïve et très profonde admiration. Leibnitz a très-bien remarqué « qu'on peut réduire à ce tissu de « raisonnements toute argumentation même d'un orateur, mais décharnée et privée de ses ornements, et réduite à la forme logique. » Aristote était allé plus loin, et il n'avait pas hésité à voir dans chacune des actions de l'homme, ou même des animaux, comme la conclusion d'un syllogisme, dont l'intelligence et la sensibilité fourniraient les prémisses. La logique domine donc, non seulement les actes réfléchis de la raison, elle domine encore les élans spontanés de l'inspiration; bien plus elle domine les mouvements, même de l'obscur instinct. Puisque la logique tient une si large place, il semble qu'il y aurait contradiction à soutenir qu'elle n'est point utile. Si c'est elle au fond qui fait la force de tous les raisonnements, qu'ils soient ou non exprimés par des signes sensibles; si sans elle les mathématiques, les sciences, les arts même, ne sont que confusion et désordre inintelligible, il devrait s'ensuivre que l'étude de la logique est la plus haute et la plus urgente de toutes. Base et principe de tout ce que comprend et fait l'intelligence, pourquoi, si elle était connue, d'abord et par elle-même, ne donnerait-elle pas à la raison « cet art d'infaillibilité » que Leibnitz prétendait trouver en elle? Pourquoi ne serait-elle pas cette mathématique universelle de Descartes et de Leibnitz, antérieure à toutes les autres sciences, supérieure à toutes, faite pour les gouverner, parce que seule elle serait digne de cette domination souveraine? Il n'en est rien pourtant. La royauté décernée par les uns, souhaitée par les autres, n'est qu'un rêve. L'histoire nous l'a prouvé; et l'expérience de chaque jour, qui n'est que la continuation et la préparation de l'histoire tout à la fois, ne nous le prouve pas moins. La logique ne domine pas les sciences, au sens où on l'a souvent prétendu. Ce n'est pas la logique qui a fait de Descartes et de Leibnitz, ses admirateurs, les deux grands génies que nous savons : ce n'est pas elle qui a fait Aristote, puisqu'il l'a fondée, pas plus qu'elle n'avait fait Socrate et Platon, Hippocrate et Pythagore. Comment donc la logique est-elle utile? Elle est utile, comme l'est toute science. Elle nous apprend, Aristote pourrait ici le répéter, ce qui est. Elle n'est obligée à rien de plus. Seulement, ce que nous apprend la logique, l'objet dont elle s'occupe, l'être étudié par elle à l'exclusion de tous les autres, c'est le plus important sans contredit, humainement parlant, que l'homme puisse étudier. C'est l'esprit de l'homme; c'est le procédé nécessaire que suit sa raison dans tous ses actes réguliers et complets. La psychologie étudie bien aussi l'esprit de l'homme; c'est même là son objet unique et tout à fait spécial : mais elle l'étudie dans les éléments primitifs qui le composent. La logique l'étudie dans l'une de ses modifications, et non plus en lui-même. Elle l'étudie non pas seulement en tant qu'il est, mais en tant qu'il raisonne; non pas en soi, mais dans l'un de ses accidents, comme dirait le Péripatétisme, dans le plus grave et le plus ordinaire de tous. Sans la logique, l'esprit de l'homme peut admirablement agir, admirablement raisonner; mais sans elle, il ne se connaît pas tout entier : il ignore l'une de ses parties les plus belles et les plus fécondes. La logique la lui fait connaître. Voilà son utilité : elle ne peut pas en avoir d'autre. Est-ce donc à dire que cette étude, si elle ne peut régler la pratique comme on l'a souvent cru, soit parfaitement stérile pour la pratique même? Non certainement. Toute étude sérieuse, prolongée, pénible, a d'abord ce juste résultat qu'elle fortifie l'esprit qui s'y livre. C'est ce que le bon sens indique, et la rémunération de tout effort est aussi infaillible qu'elle est équitable. La logique serait-elle ici plus malheureuse que tout autre labeur de l'esprit? Au contraire, il faut dire que par son objet même, par sa généralité tout indéterminée, elle est plus particulièrement capable de communiquer à l'esprit, des forces que rien ne fausse, parce que rien ne les spécialise, avantage que n'a pas toujours l'étude des mathématiques, par exemple. Il n'est pas possible que ce retour de l'esprit sur lui-même, cette patiente analyse, ne lui donne une vigueur que la moindre des applications de l'âme porte toujours avec elle. Il est impossible que l'esprit en recherchant par une investigation si profonde, comment il raisonne, ne se fortifie point dans le raisonnement même. Mais ce n'est pas par l'application des règles qu'il constate scientifiquement, c'est par l'exercice seul. Tout exercice fortifie le corps : mais tel exercice lui est plus favorable que tel autre, parce qu'il est plus approprié à sa constitution et à sa nature générale. Il en est de même de l'exercice que l'étude de la logique impose à l'esprit : il n'en est pas qui lui convienne mieux; il n'en est pas qui porte des fruits plus certains et plus mûrs. Malebranche a bien pu croire (Rech. de la Vér. liv. 3, ch. 3, § 4; liv. 6, ch. 5) que l'arithmétique et l'algèbre étaient absolument nécessaires pour augmenter l'étendue et la capacité de l'esprit. Que dire alors de la logique, dont l'arithmétique et l'algèbre ne sont que des applications évidentes et directes? Que dire de la logique, sans laquelle l'arithmétique et l'algèbre ne seraient pas? Mais de même que pour les exercices corporels, il a fallu d'abord un tempérament énergique et sain, que les travaux développent et soutiennent, mais qu'ils ne font pas, de même aussi la logique ne peut être pratiquée avec succès que par des esprits justes et vigoureux. Les esprits faux, elle les fausse encore davantage, tout comme la fatigue peut hâter la ruine des constitutions débiles, loin de les endurcir. Qui a fondé la logique? C'est le plus puissant génie de l'antiquité, si ce n'est le plus vrai et le plus beau; c'est Aristote. Descartes, Kant même, l'ont agrandie. Le genre humain peut-il citer à sa gloire des esprits plus forts que ces trois-là? La logique est donc utile directement, en ce que sans elle la connaissance de l'âme humaine est incomplète : elle est utile en ce qu'elle fortifie, autant et mieux que toute autre étude, les intelligences bien faites; elle est utile, croyons-en Descartes, comme exercice de l'esprit; et la Scholastique a pu la cultiver durant plusieurs siècles avec le plus immense profit, riche héritage parvenu, grâce à elle, jusqu'à nous, et dont nous lui gardons bien peu de gratitude. Cette utilité de la logique, toute considérable qu'elle est aux yeux du philosophe, est-elle bien celle que le vulgaire lui attribue, et surtout qu'il lui demande? Nullement : il demande à la logique de le mener au vrai, comme si la logique savait où se cache le dépôt sacré de la vérité : il lui demande de faire des esprits justes, comme si Dieu ne s'était pas réservé cette faculté qui n'a rien d'humain : il lui demande de rendre l'homme infaillible, comme si l'homme pouvait l'être, pas plus dans ses raisonnements que dans ses actes. Vains désirs, stériles prières, témoignage d'une faiblesse qui s'ignore! La logique n'a rien à répondre à de pareils vœux : elle ne les écoute jamais sans courir le risque de s'égarer elle-même. Et c'est précisément parce que la psychologie se joignant à elle lui aide à mieux connaître « cet abîme sans fond, comme dirait Bossuet, et ce secret impénétrable du cœur de l'homme » qu'elle respecte ce mystère de notre nature, et qu'elle n'usurpe point ce pouvoir de vérité qui n'appartient qu'à Dieu. Tout ce qu'elle peut faire, et elle n'y a jamais manqué, c'est, à côté de la science, de tracer aussi les règles de l'art, tout insaisissable, tout spontané qu'il est. Aristote a fait suivre l'analytique de la dialectique, portion très inférieure de la science. Il a essayé de fixer l'art comme il avait constitué la science. A-t-il complètement réussi? La science telle qu'il l'a faite pour toujours, l'art tel qu'il l'ébaucha d'après les habitudes et les besoins de son temps, est-ce là de quoi pleinement satisfaire les légitimes désirs de l'esprit humain? Non, et par delà l'Organon et la Dialectique, l'esprit humain peut encore demander une méthode plus générale qui, si elle ne lui donne pas le vrai qu'il poursuit, assure du moins à jamais le point de départ dont il doit s'élancer pour l'atteindre. Mais la méthode, comme les modernes l'ont conçue, peut bien précéder l'ancienne logique : elle ne peut pas se substituer à elle, malgré ce qu'en ont dit de sages et audacieux génies. A côté de la méthode, la science n'en demeure pas moins, avec le caractère qui lui est propre, restreinte dans les limites infranchissables où Aristote l'a renfermée. Ainsi faite, ce n'est pas tout ce que réclame l'intelligence humaine, sans doute. Que la méthode comble donc ses vœux, autant du moins qu'ils peuvent être comblés. La méthode et la logique s'excluent si peu, qu'elles se complètent l'une par l'autre. Aristote et Descartes peuvent faire une solide alliance; Socrate et Platon en ont posé les premières bases. Mais cette alliance n'est pas encore cimentée, toute désirable, toute possible qu'elle est. La logique est donc, pour résumer tout ce qui précède, une science, et non point un art; elle est une théorie, et non point une pratique. L'objet qu'elle étudie, c'est la démonstration, c'est-à-dire, la forme la plus achevée, la forme parfaite du raisonnement. Elle étudie cet objet rationnellement, tout en puisant ses éléments dans le langage, imitation et symbole, comme dit Aristote, de la parole intérieure de l'âme. Elle ne peut pas conduire l'homme à la vérité d'une manière infaillible, parce qu'elle observe à titre de science ce qui est, et que l'esprit de l'homme admet le faux quoiqu'il ne recherche que le vrai. L'étude de la logique est utile comme toute étude profonde et sérieuse : elle féconde d'autant plus l'esprit, qu'elle le rappelle à lui-même et concentre ses forces. A côté d'elle, mais infiniment au-dessous, il existe un art qu'elle doit essayer de discipliner, mais qu'elle ne fait pas, et que la nature apprend à l'homme bien mieux encore que ses leçons. A côté d'elle, et même au-dessus, il existe peut-être une méthode à laquelle elle-même obéit; et cette méthode, tirée du fond de la conscience psychologique, de la vie réelle de l'esprit, est la seule qui mène à la source cachée, mais certaine, de tous les actes de la pensée. Si la logique est bien ce que nous venons de dire, rapportons à cette mesure l'œuvre d'Aristote, et jugeons-la sur l'idéal de la science. En quoi la doctrine de l'Organon est-elle vraie? en quoi est-elle fausse? Est-ce bien de la logique pure qu'a fait Aristote, ou n'est-ce que de la logique appliquée, ainsi qu'on le lui reproche? Aristote a-t-il fondé la science comme nous lui en faisons gloire, comme il s'en vante lui-même? Ou bien cette immense construction, révérée par les siècles, n'est-elle qu'un amas de ruines, précieuses seulement à une aveugle superstition? Poser des questions de ce genre, c'est, pour ainsi dire, les résoudre. Je me sens presque de la peine, je l'avoue, à les accepter, à les discuter sous cette forme. L'indépendance de l'esprit est une noble chose sans doute, mais elle doit avoir ses bornes. On peut bien citer devant soi les plus grands noms; on peut juger les plus grandes œuvres, et, si la vérité l'exige, les faire descendre du piédestal où une admiration fanatique les avait injustement placées. Mais quand on s'adresse à des génies tels qu'Aristote, on doit tout d'abord se rappeler cette maxime de l'un de ses adversaires les plus graves au début du XVIe siècle, de Louis Vivès, et dire avec lui : « Verecunde ab Aristotele dissentio. » Prenons bien garde à ce que doit être aujourd'hui une critique de l'Organon, pour des juges qu'ont pu instruire l'histoire de l'esprit humain et l'histoire de la philosophie. Aristote ne comparait pas tout seul ; et quand nous l'appelons à notre tribunal, n'oublions pas qu'il y arrive accompagné des plus illustres, des plus nombreux défenseurs. Vingt-deux siècles viennent déposer pour lui. L'antiquité et le moyen-âge, les religions les plus opposées, les nations les plus ennemies, les temps les plus différents, les esprits les plus divers, se portent unanimement ses cautions et ses appuis. Pour ne parler que des plus grands, Théophraste, Alexandre d'Aphrodise, Galien, chez les anciens; saint Augustin, Boèce, Alcuin, Abélard, Albert-le-Grand, saint Thomas, dans le sein de l'Église; Avicenne, Algazel, Averroès, chez les Arabes; Duns Scot, Occam, au XIVe siècle; Erasme, Melanchthon, Zabarella, à la Renaissance, avec les collèges des Jésuites de Coïmbre et de Louvain ; au XVIIe siècle, Port-Royal, Bossuet, Leibnitz; au XVIIIe, Euler et Kant; de nos jours enfin, Hegel, pour ne rappeler que ce seul nom. Juger Aristote, ce n'est pas moins que juger l'esprit humain, non pas seulement dans l'un de ses représentants les plus éminents, mais en lui-même ; car c'est tout le passé de l'esprit humain qu'avec Aristote nous faisons comparaitre devant nous. Il n'y a guère que l'outrecuidance de Bacon qui puisse soutenir « que ce consentement unanime, qui en impose à la première vue, n'est qu'un signe trompeur; que cette multitude d'hommes qui semblent être tous du même sentiment sur la logique et la philosophie d'Aristote, ne s'accordent ainsi que par l'effet d'un même préjugé, et d'une même déférence pour une autorité qui les subjugue tous; que c'est plutôt un assujettissement commun, une coalition d'esclaves, qu'un vrai consentement; que, d'ailleurs, quand ce prétendu consentement serait aussi réel et aussi universel qu'on le dit, tant s'en faut qu'une telle unanimité doive être tenue pour une véritable et solide autorité, qu'au contraire, elle fait naître une violente présomption en faveur du sentiment opposé; et que, dans les choses intellectuelles, c'est de tous les signes le plus suspect. » (Novum Organum, liv. I ax. 77). Ne partageons pas ce superbe mépris pour les opinions humaines. La gloire ne se trompe pas jusqu'à ce point, et laissons à Bacon le triste honneur, envié peut-être aussi, et bien à tort, par quelques-uns des sages philosophes de l'Écosse, d'être seul de son avis. Jugeons Aristote avec indépendance; mais avant tout, et pour l'humanité elle-même, jugeons-le avec respect. Reconnaissons d'abord qu'il a creusé le plus profond intervalle entre la science proprement dite et l'art. La théorie du probable, la Dialectique a été reléguée par lui à un rang si bas, qu'on a pu le croire injuste envers elle, et qu'il l'a traitée peut-être avec le dédain qu'il devait réserver pour la Sophistique. Il s'en est occupé cependant avec la plus longue et la plus minutieuse attention; et si la Topique n'est plus à notre usage, il ne faut pas oublier les services qu'elle a rendus à toute l'antiquité, où la rhétorique joua toujours un si grand rôle. Cicéron, s'il en était besoin, serait là pour l'attester. Aristote a si bien connu la logique appliquée, qu'il l'a décrite dans quelques-uns de ses replis les plus subtils et les plus délicats. Il lui a consacré la moitié de l'Organon; il l'a prise au sérieux, même lorsqu'elle descend aux astuces du paralogisme, et qu'elle ne recherche les apparences de la sagesse qu'en vue d'un lucre honteux. Platon avait fait justice, par le ridicule, des prétentions et du charlatanisme des sophistes. Aristote a cru devoir diriger contre eux des attaques, qui, plus graves, sont pourtant moins efficaces que l'admirable bouffonnerie de l'Euthydème. Les huit livres des Topiques, les Réfutations des Sophistes, sont de la logique appliquée. Mais le reste de l'Organon n'est-il que cela? La logique pure, la vraie logique, est-elle encore à faire après Aristote, malgré ce qu'en ont pensé tous les grands esprits, ses disciples et ses commentateurs fidèles? L'objet de la logique, telle que l'a conçue Aristote, étant la démonstration, il s'agit d'analyser les éléments dont la démonstration se compose. Mais la démonstration elle-même n'est qu'un syllogisme d'une certaine espèce, la seule qu'au fond l'esprit de l'homme poursuive, bien qu'elle ne soit pas toujours celle qu'il atteigne ou qu'il rencontre. La démonstration est l'espèce achevée, parfaite; les autres ne sont qu'inférieures et insuffisantes. Elle est la forme du vrai ; il faut que la science, sous peine de rester en route, pousse jusque-là. La logique ne fournit aucune vérité particulière, et c'est en cela que la matière de la pensée ne fait pas partie de son domaine. Mais les formes de la pensée vraie, irréfutable, éternelle, n'a-t-elle pas le devoir de les connaître et de les étudier? Ne sont-ce pas là des lois formelles de la pensée? La démonstration, toute pure, sans aucune application spéciale, même du genre de celles que font les mathématiques, à qui appartient-il d'en faire la théorie? A la logique apparemment, et à la logique pure, puisque dans la démonstration ainsi étudiée, il ne se glisse aucun être, aucune matière, et qu'elle n'est qu'un cadre vide dans lequel l'expérience viendra plus tard faire entrer ses données. Quoi! parce que la démonstration aurait pour unique but « le nécessaire, elle sortirait des limites d'une science formelle ! » Qu'on se prononce alors: l'esprit humain atteint-il, oui ou non, jusqu'au nécessaire? Se borne-t-il au contingent, ou pour mieux dire, à l'indéterminé tout seul? N'hésitons pas à le dire contre tous les scepticismes, et contre ceux qui s'ignorent, et contre ceux qui se connaissent et s'avouent hautement : l'esprit de l'homme atteint le nécessaire; et sans le nécessaire, il n'y aurait point de démonstration. Il l'atteint dans les mathématiques d'abord, personne ne le nie. Qu'on demande au mathématicien, si ce sont des vérités contingentes que les théorèmes de la géométrie, ou les formules du calcul analytique. Dans les mathématiques, tout est démontré parce que tout est nécessaire. Dans un domaine qui paraît bien éloigné de celui-là, il en est encore tout à fait de même. La morale n'a-t-elle pas, elle aussi, comme les mathématiques, des vérités nécessaires que la conscience de l'homme lui révèle, bien que son faible cœur sache si rarement les suivre? Et la loi du devoir, quand elle lui parle, est-elle moins nécessaire que les théorèmes de géométrie les plus évidents? Mais enfin il suffirait que l'homme atteignît le nécessaire dans une seule science, pour que la mission de la logique fût de rechercher à quelles conditions il y parvient, et quelle est la forme sous laquelle le nécessaire lui apparaît, indépendamment de tout objet auquel il s'applique. Si l'on bannit de la logique pure la démonstration, parce qu'elle s'occupe du nécessaire d'une manière tout abstraite et toute générale, on ne voit guère comment il est possible de laisser à cette logique, même la théorie du syllogisme ordinaire. Le syllogisme pur, tel qu'on semble l'entendre, est une véritable chimère. Sans doute, il est absolument indifférent à la vérité comme à l'erreur; mais l'esprit humain l'est si peu à ce grand intérêt, que jusque dans le syllogisme, aussi dégagé de toute réalité que l'abstraction la plus haute peut le faire, il recherche encore précisément la même chose que dans la démonstration. Si les lois du syllogisme n'étaient pas nécessaires, si les prémisses posées, la conclusion n'en sortait pas avec un caractère de nécessité, l'esprit humain, soyons-en sûrs, s'en occuperait fort peu. Ce ne serait là qu'une sorte de curiosité tout à fait indigne de lui. Et c'est précisément parce que les lois du syllogisme sont nécessaires, que la philosophie sut y consacrer cette longue et pénible investigation, qui n'est pas près de cesser. Si c'est le nécessaire que poursuit l'intelligence dans les règles même du syllogisme, pourquoi lui serait-il interdit de pousser jusqu'au bout, et de rechercher dans une suprême théorie les conditions de ce nécessaire, qu'elle ne retrouve pas seulement dans le monde extérieur, mais qu'elle découvre en elle-même et dans ses profondeurs les plus retirées? Il faut donc bannir le syllogisme ordinaire de la logique pure, en d'autres termes, la détruire, si l'on prétend lui arracher aussi la démonstration. Ou, pour mieux faire, il faut lui laisser la démonstration, tout comme on lui laisse le syllogisme. Aristote n'a pas eu tort de comprendre la démonstration dans la logique : les Derniers Analytiques ne sont point une longue méprise. Ils sont venus donner aux mathématiques, à toutes les sciences rationnelles, l'explication de leur procédé général et infaillible; et la théorie a été si bien faite, qu'elle est encore aujourd'hui pour nous, non pas seulement une théorie exacte, mais la théorie unique. Personne depuis deux mille ans, et même en s'appuyant des admirables progrès qu'ont faits les sciences rationnelles depuis deux siècles, n'a tenté de la refaire. C'est que la doctrine du nécessaire avait revêtu elle-même, et du premier coup, ce caractère d'inflexible rigueur qui la fait participer à l'immutabilité même de son objet. Laissons donc cette gloire tout entière au seul Aristote, puisque personne n'a pu la lui disputer. Le syllogisme ne lui appartient pas moins; et l'on ne peut que répéter avec Leibnitz : « L'invention de la forme des syllogismes est une des plus belles de l'esprit humain, et même des plus considérables. » En quoi consiste donc cette admirable invention? en ceci qu'Aristote le premier a constaté, que le raisonnement n'était possible qu'à cette seule condition de partir d'un principe pour arriver, avec l'aide d'un moyen terme, à une conclusion sortant nécessairement de ce principe. C'est là le germe fécond de toute cette vaste doctrine qu'avaient ébauchée Socrate et Platon par la théorie de l'universel et celle des Idées. C'est là la formule puissante qui se dissimule dans le langage habituel, et qui seule pourtant lui donne, toute cachée qu'elle est, force et persuasion. Mais ce langage s'explique par des propositions; ces propositions sont de nature et de formes diverses. En se réunissant au nombre de trois et pas plus, pour former le syllogisme, elles auront à soutenir entre elles des rapports, soumis à cette nécessité générale de conclure régulièrement, mais variables avec la forme et la nature des propositions même. Les unes affirment, les autres nient; les unes concernent l'objet tout entier qu'elles expriment, les autres ne concernent qu'une partie de cet objet. Quels changements pourra subir le syllogisme, sans que soit brisée la chaîne continue qu'il doit toujours présenter du principe à la conclusion? Toutes les propositions sous toutes les formes peuvent-elles conclure? Ou bien n'existe-t-il qu'un nombre limité de formes concluantes? Aristote, d'après l'observation la plus scrupuleuse, et par une analyse achevée, a trouvé que le nombre de ces formes s'élevait à quatorze; et ces quatorze modes de raisonnements syllogistiques, les seuls qu'emploie et que puisse employer la pensée quand elle est régulière, il les a divisés en trois figures, qu'il a classées suivant l'ordre de leur importance, c'est-à-dire, de leur clarté, par la position du terme moyen. Voilà le cercle infranchissable du raisonnement; voilà les limites que Dieu lui impose; voilà le code auquel il est soumis, et qu'il observe à son insu. Ce n'est pas Aristote qui l'a fait, c'est lui seulement qui a eu la sagacité de le découvrir. « Si le syllogisme est nécessaire, fait dire Leibniz, d'après Locke, à l'un des interlocuteurs de ses Nouveaux Essais, personne ne connaissait quoi que ce soit par raison avant son invention, et il faudrait croire que Dieu avant fait de l'homme une créature à deux jambes, a laissé à Aristote le soin d'en faire un animal raisonnable, je veux dire ce petit nombre d'hommes qu'il pourrait engager à examiner les fondements du syllogisme. » Non, sans doute, peut-on répondre à Locke, ce n'est pas Aristote qui a fait l'homme raisonnable ; c'est bien Dieu seul qui lui apprend à raisonner; mais c'est Aristote qui seul lui apprend comment il raisonne. C'en est assez pour la gloire humaine, et il a été bien rare d'en acquérir une qui valût celle-là. Aristote n'a pas montré seulement que le syllogisme était la forme vraie, la forme nécessaire du raisonnement; il a parcouru toutes les espèces de raisonnements ordinaires, une à une, et il a prouvé qu'elles se réduisaient toutes sans exception au syllogisme. C'était un complément indispensable de sa théorie; il n'a pas manqué de le lui donner. L'induction elle-même a été ramenée à la forme syllogistique; car Aristote a connu l'induction, ce dont pourrait faire douter la gloire revendiquée si souvent pour Bacon d'être venu substituer l'induction au syllogisme. L'induction d'abord ne peut être opposée au syllogisme, parce qu'elle n'est elle-même qu'un syllogisme d'un certain genre. De plus, elle n'était point à découvrir au temps de Bacon. Le philosophe grec l'avait admirablement pratiquée; car tous les hommes la pratiquent spontanément; et ses œuvres d'histoire naturelle, de politique, de météorologie, de logique même, l'attestaient assez. Mais, en outre, seul parmi tous les philosophes, il l'avait définie, étudiée, dans ce qu'elle a d'essentiel, et n'avait sous ce rapport rien laissé à faire pour ses successeurs, dans le champ de la logique pure. Il faut donc chercher à Bacon un autre mérite, et nous essaierons d'indiquer plus loin celui qui lui revient en propre. Mais en attendant, qu'Aristote garde la théorie de l'induction tout aussi bien que celle du syllogisme. Toutes les deux ne sont qu'à lui, et lui appartiennent bien légitimement. Il n'a pas même oublié cette quatrième figure attribuée à Galien sur le témoignage d'Averroès, (Premiers Analytiques, liv. 1, ch. 8, p. 55 verso, édit. de 1552), et qui semblerait accuser une lacune dans la théorie péripatéticienne du syllogisme. Aristote n'a pas distingué une quatrième figure, parce que de fait il n'y en a point. Le moyen terme ne peut avoir que trois positions et pas plus. Mais il a bien vu que si l'on admettait des conclusions indirectes, on pourrait ajouter aux quatorze modes des trois figures signalées par lui, cinq autres modes qui concluent indirectement. Il n'a fait que les indiquer (Premiers Analytiques, liv. 1, chap. 7, § 2), parce que ces modes sont très peu naturels et d'un usage nul. Mais il ne les a pas omis; ses disciples Théophraste et Eudème n'avaient pas à les inventer, comme on s'est plu si souvent à le dire. La quatrième figure n'était pas plus à faire au temps de Galien qu'elle ne l'est de nos jours. Bien plus, Aristote l'eût-il même complètement ignorée, sa magnifique invention n'en serait guère amoindrie. Le syllogisme une fois découvert, tout le reste était facile, et il suffisait d'une sagacité fort commune pour achever l'œuvre ainsi commencée. Aristote n'a pas omis davantage les syllogismes hypothétiques, dont on a voulu faire honneur encore à ses élèves Théophraste et Eudème. Les syllogismes hypothétiques sont ce qu'Aristote appelle les syllogismes d'hypothèse, de convention. Il en avait traité tout au long dans un ouvrage que le temps nous a ravi, mais que lui-même mentionne dans les Premiers Analytiques (liv. 1, ch. 44 § 4). Seulement on a douté que le syllogisme d'hypothèse fût pour Aristote ce qu'est pour nous le syllogisme hypothétique. Mais il suffit de consulter avec soin les passages fort nombreux où le philosophe parle des syllogismes d'hypothèse, de convention, pour s'assurer que ce doute n'est pas soutenable. L'exemple même qu'il cite (Premiers Analytiques, liv. 1, ch. 44, § 1), suffit à lever toute hésitation. Il faut ajouter que le syllogisme hypothétique se confond pour les adversaires même d'Aristote, avec le syllogisme conditionnel. Ne voit-on pas que c'est là jusqu'à l'expression du logicien grec? La condition, l'hypothèse, la convention, peut être exprimée formellement dans le syllogisme, tout comme elle peut être admise à l'avance, sans que la forme ordinaire du syllogisme en soit affectée. La conclusion n'en est pas moins hypothétique. Ainsi l'on peut affirmer, d'après Aristote lui-même, qu'il connaissait nos syllogismes hypothétiques, et qu'en outre il leur donnait la forme que nous leur donnons. Ne la leur eût-il pas donnée, il n'y aurait à ceci presque aucune importance, du moment qu'il a remarqué la nature particulière de la conclusion, quand le principe n'est que d'hypothèse ou de consentement, exprimé ou sous-entendu. Il ne suffit pas d'ailleurs d'avancer que le syllogisme d'hypothèse, de consentement dans Aristote, n'est pas notre syllogisme hypothétique; il faut dire précisément ce qu'il est ; et il serait fort singulier qu'Aristote, en défaut sur une espèce de syllogisme que tout le monde a connue après lui, en eût connu par compensation une autre, dont il aurait seul gardé le secret. II n'y a pas plus de probabilité d'un côté que de l'autre. On peut d'ailleurs suspecter à bon droit des découvertes faites par des disciples qui ont vécu de longues années dans l'intimité du maître. Il ne faudrait point sans doute ravir à Théophraste un mérite qui lui serait justement acquis, pour accroître celui d'Aristote qui n'en a pas besoin; mais dans l'obscurité qui couvre cette question, d'ailleurs peu grave, il semble plus naturel de croire que le maître ait inspiré l'élève, bien plutôt que l'élève n'a complété le maître. Le syllogisme hypothétique a donc été connu d'Aristote, tout aussi bien que la quatrième figure, tout aussi bien que l'induction; et ce sont là, n'en déplaise à la critique, des fleurons qu'on ne peut pas même arracher à sa couronne. Mais on adresse aussi à la théorie du syllogisme, telle qu'elle est développée dans les Premiers Analytiques, l'objection qu'on adressait tout à l'heure à la théorie de la démonstration exposée dans les Derniers. « Si l'on en excepte la doctrine des trois figures, Aristote n'a fait que de la logique appliquée. Pour la démonstration, il s'occupait du nécessaire, que la logique pure ne doit pas connaître; pour le syllogisme, il s'occupe de la modalité des propositions, que la logique pure ne doit pas connaître davantage. » Ce second reproche n'est pas plus juste que le premier; et l'exemple de Kant qui n'a pas exclu la modalité de sa logique, toute pure qu'elle est, devait être un avertissement suffisant. Il est vrai qu'on blâme Kant tout aussi bien qu'Aristote. Mais pourquoi veut-on proscrire la modalité de la théorie du syllogisme? parce qu'elle fait entrer, dit-on, la matière de la pensée dans une science qui ne devrait s'enquérir que des formes. Si ceci était exact, il faudrait en effet que la logique s'abstînt de toute recherche sur les modales, et qu'elle dît avec M. Hamilton, parodiant une sorte de proverbe scholastique : « De modali non gustabit logicus. » (Fragments de philosophie, trad. par M. L. Peisse, pag. 228). Mais il n'en est rien, c'est ce que l'on peut voir sans peine. Deux cas seulement se présentent dans la théorie du syllogisme, en ce qui concerne l'attribut, le plus important des deux termes de la proposition : 1" Ou cet attribut est pris absolument, dans toute son extension, sans aucune limite; 2' ou bien il est pris d'une manière relative, il est modifié d'une façon quelconque. Ce sont là les deux seules formes possibles de l'attribut. Étudier l'une aux dépens de l'autre, c'est mutiler la théorie. Qu'est-ce que devient la conclusion quand l'attribut est absolu? qu'est-ce qu'elle devient quand il est relatif`? Telles sont les deux questions qu'il faut résoudre. Il n'y a pas plus de matière d'un côté que de l'autre. Le syllogisme des propositions absolues n'est pas plus de la logique pure que le syllogisme des propositions modales. Seulement, comme le nombre des modifications de l'attribut est presque infini, il a fallu se borner. Aristote s'arrête à deux, le nécessaire et le contingent, et il montre d'une manière toute formelle, comme pour le syllogisme simple, les changements qu'éprouve la conclusion, selon que les prémisses sont ou contingentes ou nécessaires, et selon qu'elles présentent le mélange de l'une de ces deux formes avec la forme absolue. Il pouvait aller au-delà, comme l'ont bien vu les commentateurs grecs et aussi ses critiques; il y est même parfois allé; et à côté de ces deux modes principaux, il a souvent énuméré le possible, l'impossible, le vrai, comme il pouvait en énumérer tant d'autres. La théorie de la modalité ne s'occupe pas plus de « la fausseté ou de la vérité des propositions en elles-mêmes, n'en tient pas plus de compte » que l'autre portion de la théorie. Elle ne demande pas du tout si telle proposition est vraie ou fausse, nécessaire ou contingente; mais elle recherche quel est le caractère de la conclusion, quand les prémisses sont présentées sous la forme de propositions contingentes ou nécessaires. Il n'y a pas là de métaphysique, plus qu'il n'y en a dans le syllogisme catégorique; et l'on pourrait proscrire ce syllogisme lui-même, parce que l'existence y est impliquée, tout aussi bien qu'on proscrit la modalité, sous prétexte qu'elle s'occupe des modifications de l'existence. A ce compte, le syllogisme hypothétique aussi devrait rester étranger à la logique pure; car la loi fondamentale de ce syllogisme, c'est d'exprimer une condition, et, par cela même, une modification substantielle. Théophraste et Eudème, dont on invoque l'autorité, avaient combattu sur plusieurs points la théorie de la modalité; ils en avaient changé quelques règles; mais ils l'avaient admise comme partie intégrante de la théorie générale. Depuis eux, nul logicien n'a prétendu la supprimer. M. Hamilton est jusqu'à présent le seul, si l'on excepte Laurentius Valla, au XVe siècle, qui ait proposé ce retranchement. Le syllogisme modal offre, on en doit convenir, de très nombreuses difficultés, non pas en lui même, mais à cause de la complication immense qu'il introduit dans la logique, et que le génie d'un Aristote n'a pu suffisamment éclaircir. M. Hamilton a bien raison de dire : « La confusion et l'embarras occasionnés par ces quatre modes seuls (c'est deux et non pas quatre), furent tels que la doctrine modale constitua longtemps la branche de la logique, non seulement la plus inutile, mais encore la plus difficile et la plus rebutante; elle était à la fois le criterium et le crux ingeniorum. » Mais M. Hamilton a tort d'ajouter que « si ce sujet était embrouillé, c'est qu'on mêlait des sciences différentes et que les questions modales, retranchées du domaine de la logique, auraient dû être adjugées au grammairien et au métaphysicien. » (Id. ibid.) La grammaire et la métaphysique n'ont rien à voir ici. Le sujet est embrouillé par lui-même, et non par la faute de ceux qui l'ont traité. Il doit tenir sa place dans la logique. Aristote aurait pu la restreindre sans inconvénient; il ne pouvait la supprimer. La modalité admise dans les Premiers Analytiques devait également figurer dans l'Herméneia. Si la démonstration se fonde sur la théorie du syllogisme, la théorie même du syllogisme se fonde sur celle de la proposition. Qu'est-ce donc que la proposition? Quelles en sont les espèces? quelles formes principales peut-elle revêtir? voilà ce que l'Herméneia recherche et devait rechercher. Les propositions sont par elles-mêmes absolues ou modales, comme elles le sont dans le syllogisme. Il fallait donc étudier les modales, tout comme les propositions absolues. Seulement ici, Aristote a très justement encouru la censure de son critique; et quand il s'est demandé comment se suivent mutuellement les idées de contingent, de nécessaire et d'impossible, c'est de la métaphysique qu'il a fait bien plutôt que de la logique. C'est un écueil dont il aurait dû se garantir; c'est une des très rares erreurs qu'il ait commises. Après l'Herméneia, ou théorie de la proposition, il ne reste plus à la logique qu'une seule chose à faire, c'est la théorie des mots, éléments de la proposition, en tant qu'ils servent d'intermédiaires entre la pensée et les choses que la pensée connaît et exprime. C'est là le but des Catégories qui achèvent ce grand monument, ou, si l'on veut, qui en sont la base, comme la réalité est la base et l'occasion de toutes les connaissances de l'esprit humain. On a reproché aux Catégories, comme aux Derniers Analytiques, d'être plus métaphysiques que logiques, et l'on a cru qu'Aristote n'aurait point dû les comprendre dans l'Organon. C'est une erreur non moins grave que celle qui voudrait en exclure la démonstration. Les Catégories ne sont pas simplement « une classification objective des choses réelles. » (M. Hamilton, Frag. de phil., trad. de M. Peisse, p. 218.) Et si elles n'étaient que cela, il faudrait en effet les renvoyer à la métaphysique, à l'ontologie. Elles sont en outre une classification des mots, c'est-à-dire aussi, des notions simples que la réalité transmet à l'esprit; elles sont les éléments logiques du jugement, en même temps qu'elles représentent les éléments généraux des choses par leurs appellations; et c'est précisément ce double caractère que M. Hamilton a bien distingué ailleurs, et sur lequel on doit revenir un peu plus loin, qui fait l'admirable vérité de ce livre, et lui donne dans l'ensemble de l'Organon la première place par son objet, et la première peut-être par la justesse de la théorie, aussi parfaite qu'elle est indispensable. Ainsi les Catégories, l'Herméneia, les Premiers Analytiques et les Derniers, sont bien de la logique pure, et non de la logique appliquée. Ce sont là les fermes assises sur lesquelles repose tout l'édifice de l'Organon. La théorie des mots, celle de la proposition, celle du syllogisme et celle de la démonstration, ce sont là les fermes assises sur lesquelles doit éternellement reposer la logique, hors de là, elle n'a ni ordre, ni méthode, ni vérité. Il n'est pas un esprit juste qui puisse le méconnaître : qu'on demande à d'Alembert (Discours préliminaire de l'Encyclopédie) si ce ne sont pas les quatre parties essentielles de toute logique complète. C'est Aristote le premier qui les a étudiées et mises en toute lumière. Aujourd'hui, et forts des travaux qui nous ont précédés, cette division de la logique nous semble aussi naturelle qu'elle est claire et profonde. Pour le premier inventeur, la difficulté était immense. Aristote, en terminant l'Organon, a revendiqué l'honneur d'avoir fondé une science qui n'avait point eu d'antécédents. Il a parlé « de ses pénibles recherches, du temps et des labeurs qu'elles lui avaient coûté. » Et avec une modestie tout antique, il a demandé à la postérité « de l'indulgence pour les lacunes de son ouvrage et de la reconnaissance pour toutes les découvertes qu'il a faites. » C'est la seule fois qu'Aristote ait parlé de lui et de ses travaux. Respectons cette grande voix qui nous vient encore après deux mille ans apporter son sincère témoignage. Oui, la fondation de la logique a été chose pénible et longue. La science, telle qu'elle est aujourd'hui, nous paraît facile autant qu'elle est importante. Mais les premières mains qui ont défriché ce champ si vaste et si inculte alors, ont été bien fortes, puisqu'elles n'ont point succombé à cette tâche prodigieuse. Elles ont été bien habiles, puisque leur œuvre n'a point été à refaire. L'humanité n'est point restée sourde à l'appel du philosophe. Elle n'a pas eu seulement de l'indulgence pour son œuvre, elle n'a pas eu seulement de la reconnaissance pour lui; elle a eu cette admiration que vingt siècles n'ont pas fatiguée et que les siècles ne fatigueront pas. Ce n'est pas faire trop pour le père de la logique. On peut voir maintenant d'un coup d'œil quelle a été l'entreprise entière d'Aristote. Son but, c'est de faire la théorie de la démonstration ; et c'est pour atteindre cette fin dernière, qu'il analyse tous les éléments qui entrent dans la démonstration. Il ne s'arrête qu'aux éléments indécomposables, parce qu'il est impossible d'aller au-delà. Il est donc également clair qu'on peut de la démonstration descendre aux catégories, ou des catégories remonter à la démonstration. Cette dernière voie est celle qu'a prise Aristote ; et, pour l'exposition de la doctrine, c'est en effet la plus aisée, et par cela même la plus instructive. Rationnellement, on pourrait tout aussi bien partir de la fin, c'est-à-dire, de la démonstration, seul objet que dans sa spontanéité l'esprit humain réalise, et qu'il exprime sans cesse par le langage d'une manière plus ou moins parfaite. C'est l'abstraction seule qui donne les mots avant le raisonnement. Dans la réalité, c'est le raisonnement qui est la chose importante : les mots n'en sont que les matériaux, et la pensée le plus souvent ne s'y arrête point. Quel est donc le vrai caractère des Catégories, et doit-on les renvoyer à la métaphysique? Il doit être hors de doute que retrancher les Catégories sous ce prétexte ou sous un autre, c'est mutiler non pas seulement l'Organon, mais encore la logique. On ne le peut sans péril pour la science et la vérité, malgré ce qu'en ont pensé d'excellents esprits comme Vivès et Tennemann, et de nos jours, MM. Ritter et Hamilton. Les Catégories d'Aristote ont à toutes les époques joué un rôle considérable. Elles ont eu un grand renom, et saint Augustin raconte, dans ses Confessions, la naïve admiration qu'il avait d'abord conçue pour ce livre, dont ses maîtres lui parlaient avec tant d'ostentation et de pompe. Port-Royal témoigne qu'au XVIIe siècle encore, cette doctrine était entourée d'une sorte de mystère; et aujourd'hui même, le mot de catégories a quelque chose d'obscur et de grave, que Kant n'a pas peu contribué à augmenter par les difficultés de sa propre théorie. Au fond, rien de plus simple et par cela même, rien de plus grand que les Catégories d'Aristote. Les mots pris isolément, sans combinaison, ne peuvent que représenter les choses : ils ne les affirment point; ils ne les nient point : car c'est l'objet de la proposition. Mais il est évident qu'en classant les mots, on classe aussi les choses, par la liaison indissoluble qui unit les uns aux autres. L'esprit de l'homme a beau faire, c'est de la réalité qu'il part, même pour s'élever au-dessus d'elle, et pour la comprendre, avec toutes les facultés dont il est doué. Les commentateurs grecs, dont les discussions sur ce point ont été aussi longues qu'exactes, se sont accordés à le reconnaître. Oui, ce sont les mots dont il s'agit dans ce traité; mais il s'occupe par là même des choses; et la classification des choses serait fausse si celle des mots l'était d'abord. Mais comment classer les mots? Ils ne sont guère moins nombreux que les choses, et l'on court grand risque de se perdre dans ce dédale, si l'on n'a tout d'abord un fil pour s'y retrouver. C'est à la réalité seule qu'il faut le demander, à la réalité, qui est le modèle dont le langage n'est que le reflet, dont les mots ne sont que le symbole. Que nous présente la réalité? Des individus, rien que des individus, existant par eux-mêmes, et se groupant, par leurs ressemblances et leurs différences, sous des espèces et sous des genres. Ainsi donc, en étudiant l'individu, l'être individuel, et en analysant avec exactitude tout ce qu'il est possible d'en dire en tant qu'être, on aura les classes les plus générales des mots, les catégories, ou pour prendre le terme français, les attributions, qu'il est possible de lui appliquer. Voilà tout le fondement des catégories, et l'on peut ajouter que tout autre est ruineux, comme l'a bien fait voir la grande et infructueuse tentative de Kant. Il y a bien ici quelques traces de métaphysique ; mais c'est qu'il est impossible qu'il n'y en ait pas. Les mots ne sont pas tous d'espèce identique : les nuances essentielles que l'analyse y distingue ont bien une cause, et cette cause n'est autre que la différence même des choses que les mots représentent. Il faut donc, même pour construire la logique pure, aller jusqu'à cette partie de l'ontologie sans laquelle la logique elle-même ne serait pas; et c'est là ce qui fait qu'Aristote ne place pas seulement les catégories en tête de l'Organon, mais qu'il les retrouve et les discute encore dans la Métaphysique, dans la Philosophie première ou science de l'être. Ce n'est pas, du reste, une classification des choses à la manière de celles de l'histoire naturelle, qu'il s'agit de faire en logique : c'est une simple énumération de tous les points de vue, d'où l'esprit peut considérer les choses, non pas, il est vrai, par rapport à l'esprit lui-même, mais par rapport à leur réalité et à leurs appellations. « Au vrai, Aristote classe des idées », comme l'a très bien dit M. de Rémusat (Essais de Philosophie, tom. 1, p. 367). Or, il distingue ici dix points de vue, dix significations principales des mots. Et la première, quelle est-elle? C'est celle-là même qui exprime l'existence, la première chose sans contredit que l'esprit découvre et observe dans l'individu, dans l'être quelconque qui tombe sous son regard. La catégorie de la substance est à la tête de toutes les autres, précisément parce que la première, la plus essentielle marque d'un être, c'est d'être. La substance précédera donc, et de toute nécessité, toutes les catégories. Cela revient à dire qu'avant tout, l'être est, l'être existe. Par suite, les mots qui expriment la substance sont antérieurs à tous les autres, et sont les plus importants. Il faut ajouter que ces mots-là participeront en quelque sorte, à cet isolement que les individus nous offrent dans la nature. Ils seront en eux et pour eux, comme les êtres, les individus, sont en soi et pour soi. Mais, de même que dans la réalité les individus subsistant par eux seuls, forment des espèces et des genres, qui ont bien aussi une existence substantielle, la substance se divisera de même en substance première et substance seconde. Les espèces, les genres ne peuvent être sans les individus; les individus pourraient être sans former des espèces et des genres. Les mots qui représentent les individus ne pourront jamais que se servir à eux seuls; ils ne pourront servir à d'autres mots, c'est-à-dire, en être les attributs. Les mots, au contraire, qui représentent les espèces et les genres ne sont pas en soi et pour soi; ils servent à la substance première, aux individus, c'est-à-dire qu'ils peuvent leur être attribués. C'est que les espèces et les genres, s'ils expriment là substance, ne l'expriment pas dans toute sa pureté : c'est déjà de la « substance qualifiée », comme le dit Aristote. Mais les mots n'ont-ils qu'à exprimer des substances individuelles, qu'à exprimer des espèces, ou des genres? Il n'y a bien dans la réalité que des individus et des espèces ou genres. Mais ces individus en soi et pour soi n'existent pas seulement : ils existent sous certaines conditions ; leur existence se produit sous certaines modifications, que les mots expriment aussi, tout comme ils expriment l'existence absolue. Ces nouvelles classes de mots formeront les autres catégories, qui seront à la première, à celle de la substance, dans le rapport même ou les modifications sont à l'individu modifié. Sans la catégorie de la substance, les autres ne sont pas, non plus que sans les individus il n'y a point de modifications; ou comme nous dirions aujourd'hui : point de phénomène sans sujet. La substance ne peut être considérée comme un accident de l'être : elle s'identifie avec lui. Les autres catégories, au contraire, ne sont que des accidents. Les accidents de l'être ne sauraient être sans lui ; mais ils ne se confondent pas avec lui. Ces modifications, ces accidents de l'individu sont au nombre de neuf : Aristote n'en reconnaît pas davantage. Après la substance, après la notion d'existence substantielle, ce que l'esprit observe dans l'être, c'est sa quantité; car il n'y a pas d'être sans quantité. La quantité sera donc la seconde des catégories, et les mots qui l'expriment formeront la seconde classe générale des attributions. La troisième sera celle des mots qui expriment la relation, c'est-à-dire, le point de vue où l'esprit considère l'être en tant qu'il n'est ce qu'il est que par rapport à un autre. La quatrième sera celle de la qualité. Et viendront à la suite et par ordre, le lieu, le temps, la situation, l'état, l'action et enfin la passion. voilà donc les dix catégories, les dix seules attributions possibles. Par la première, on nomme les individus, sans faire plus que les nommer; par les autres, on les qualifie. On dit d'abord ce qu'est l'individu, et ensuite quel il est. Ce sont là, bien qu'à un autre point de vue, les deux grandes catégories de Descartes, l'absolu et le relatif. (Règles pour la direction de l'esprit, règle 6, p. 226, éd. de M. Cousin.) On comprend maintenant pourquoi les catégories ne peuvent ni se confondre en une seule ni rentrer les unes dans les autres. Elles s'appliquent toutes, y compris celle de la substance, à un terme commun, qui est l'être, et dans la réalité, un individu quel qu'il soit d'ailleurs. Mais l'être n'est pas le genre des catégories. Aristote l'a bien souvent répété : les catégories ne sont pas des espèces de l'être ; ce sont ses modifications. C'est là ce qui fait aussi que les catégories ne se communiquent point entre elles. Ainsi, le lieu ne peut pas se confondre avec la substance; car le lieu dit que l'être est dans une certaine partie de l'espace; la substance dit simplement ce qu'il est, et non point où il est. Et ainsi de toutes les autres. Je ne veux pas défendre la division des catégories telle qu'Aristote l'a faite. Doit-on en reconnaître seulement dix, ou doit-on en compter davantage? Celles qu'il énumère sont-elles bien distinctes réellement comme il le croit, ou quelques-unes ne sont-elles pas de simples répétitions, des doubles emplois? Cette discussion mènerait fort loin, et ce n'en est point d'ailleurs ici la place. Tout ce qu'il faut remarquer, c'est le principe général dont Aristote est parti. Ce principe est profondément vrai : c'est sur l'individu et l'individu seul qu'il faut construire les catégories ; c'est à une observation patiente et exacte de la réalité qu'il faut les emprunter. Ces catégories bien faites nous fourniront, sans aucune erreur possible, les classes générales des mots, que la proposition accouple, d'abord dans les relations même où la réalité les lui donne, et dont plus tard le syllogisme tire la science infaillible et éternelle de la démonstration. Cette grande théorie d'Aristote est en admirable accord avec l'esprit humain lui-même. Toutes les langues, sans en excepter une seule, des plus barbares jusqu'aux plus parfaites, ont instinctivement distingué les sujets et les attributs, comme l'a fait le philosophe. Cette distinction qu'impose la nature elle-même constitue le jugement, la proposition; et les Catégories représentent fidèlement, du moins en ce point le plus grave de tous, d'abord la nature, et ensuite le langage, tel qu'il a été donné à l'homme de le faire. Que dire maintenant de Bacon, qui prétend que « Aristote a voulu bâtir un monde avec ses Catégories, que de ses Catégories il a voulu faire sortir le monde»; et qui s'écrie, tout en se défendant de faire justice par la plaisanterie d'un homme investi, suivant lui, de la dictature en philosophie : « Quelle importance y a-t-il à ce qu'on ait posé comme principes des choses, la substance, la qualité et la relation? » (Nov. Organ., liv. 1, ax. 63, et Pensées et vues sur l'interprétation de la nature, XIII.) Que dire de Bacon, qui ajoute que « Aristote impose à la nature même ses opinions comme autant de lois, et qu'il est plus jaloux en toutes questions d'imaginer des moyens pour n'être jamais court, et alléguer toujours quelque chose de positif, du moins en paroles, que de pénétrer dans la nature intime des choses et de saisir la vérité? » Que dire enfin de Bacon quand il avance qu'Aristote n'a jamais consulté l'expérience pas plus pour sa dialectique que pour son Histoire des animaux, et que « au contraire, après avoir rendu arbitrairement ses décrets, il tord l'expérience, la gauchit sur ses opinions et l'en rend esclave?» Aristote a si peu voulu faire le monde avec ses Catégories, qu'il a fait au contraire ses Catégories avec le monde : et sa logique n'est pas moins une œuvre d'observation et d'expérience que son Histoire naturelle, sa Météorologie ou sa Politique. Bacon est aveuglé par la haine : il est évident qu'il n'a pas compris ce qu'il attaque si faussement, et qu'il se rappelle tout au plus ce que l'école nommait l'arbre de Porphyre, dont Aristote certainement n'est pas coupable. Kant, grand admirateur d'Aristote, n'est pas trompé par sa haine, mais il l'est par son propre système. Il a conçu les catégories tout autrement qu'Aristote ; il ne les a point prises pour les classes les plus générales des mots, et des choses représentées par les mots; il en a fait les formes de l'entendement pur, les cadres dans lesquels les choses doivent venir se mouler pour être intelligibles. C'est un point de vue tout différent, et c'est en se plaçant ainsi au centre de l'intelligence toute seule, que Kant a prétendu juger une théorie qui n'a considéré que les mots, et les choses au travers des mots et des idées. Aussi son jugement sur les Catégories d'Aristote renferme-t-il presque autant d'erreurs que de pensées. Kant commence par déclarer que « le but d'Aristote était le même que le sien, malgré toutes les différences que présente l'exécution. » Il n'en est absolument rien. Aristote n'a pas dit aussi longuement que le philosophe de Koenigsberg ce qu'il voulait faire. On a pu même douter quelquefois du véritable objet des Catégories, parce qu'il ne l'a point assez nettement indiqué; mais cependant il dit en propres termes, dans la phrase qui résume la pensée générale de tout ce traité : « Les mots, quand on les prend isolément et sans combinaison entre eux, ne peuvent exprimer qu'une des dix choses suivantes : la substance, la quantité, etc. » Rechercher les significations les plus générales des mots dans leur rapport avec les choses, est-ce le but de Kant? Les concepts purs de l'entendement, les formes nécessaires des jugements se confondent-elles avec les mots qui forment ces jugements, avec les choses que ces mots représentent? Kant ne l'accorderait pas certainement; son dessein est tout autre, en dépit de ses protestations. D'où vient donc qu'il a pu s'y tromper? c'est l'expression de catégories qui a fait ici toute son illusion. Il emprunte ce terme fameux à la langue péripatéticienne par une de ces « analogies de l'expérience », comme il dit lui-même, auxquelles les meilleurs esprits se laissent parfois aller. Les Catégories d'Aristote sont de la logique : celles de Kant se rapportent aussi à la logique : donc, elles sont toutes pareilles, du moins par le but qu'elles se proposent. Kant aurait pu tout aussi bien confondre ses Idées de la raison pure avec les Idées de Platon, parce qu'il emprunte à Platon le terme d'Idées, non moins célèbre que celui de Catégories. Kant ajoute que « c'était un dessein digne d'un aussi grand homme qu'Aristote de rechercher tous les concepts fondamentaux. » Et bien qu'Aristote n'ait jamais parlé de ce que Kant a nommé des concepts, Kant va le juger comme si Aristote était un de ses disciples, infidèle ou trop peu intelligent. « Aristote, dit-il avec une sévérité par trop magistrale, n'était guidé par aucun principe. » Entendez, par aucun des principes qui ont guidé l'auteur de la Raison pure. « Il prit les concepts comme ils se présentaient à son esprit. » Il serait curieux que Kant nous dît comment il a pris les siens, lui qui prétend ne pas les emprunter à l'observation empirique, et qui en fait une déduction purement transcendantale. Aristote a si peu pris les concepts comme ils se présentaient à son esprit, c'est-à-dire, confusément et pêle-mêle, qu'il leur a donné un ordre; et que, sans le moindre doute, la catégorie qu'il a placée la première, est en effet la première pour tout système qui ne se laisse point emporter aux chimères de la plus vide abstraction. « Il en rassembla d'abord dix qu'il appela catégories ou prédicaments. » Il ne faut pas croire que Kant se borne ici à traduire le mot grec par un mot qui, en effet, en rend parfaitement le sens; il va plus loin; et la suite prouvera qu'il attribue formellement à l'auteur qu'il critique le mot de prédicaments, tout aussi bien que le mot original lui-même. Or, Aristote n'a jamais appelé les catégories prédicaments, attendu que prédicament est un mot latin, inventé même assez tard, et qui ne fut point connu dans les écoles latines des premiers siècles. « Dans la suite, il crut en avoir trouvé cinq autres. » Où Kant a-t-il trouvé, lui, qu'Aristote ait jamais ajouté cinq catégories aux dix qu'il énumère d'abord, et dont le nombre est toujours resté immuable dans son système? « Il les ajouta aux précédents sous le titre de post-prédicaments. » Post-prédicaments n'est pas plus une expression d'Aristote, que prédicaments lui-même. Et vraiment, en écoutant ces assertions tranchantes de Kant, que l'examen le plus superficiel du livre grec suffit pour renverser, on se demande si Kant a lu sérieusement Aristote, ou bien s'il ne le juge que sur des souvenirs effacés et complètement inexacts. Les post-prédicaments répondent à l'hypothéorie des commentateurs grecs; c'est une division toute matérielle, faite pour la commodité de l'explication et de l'étude; ce n'est pas un nom particulier que porte cette partie de l'ouvrage, un nom créé par Aristote, qui n'a pas même, sans doute, donné de titre général à son livre. Mais si l'on s'en fie à la parole de Kant, les catégories d'Aristote ne sont plus au nombre de dix; elles sont au nombre de quinze, ce que n'ont jamais su ni l'antiquité, ni le monde arabe, ni la scholastique, bien que tous trois aient donné à l'interprétation des Catégories des siècles de travail et des monceaux de commentaires. Mais Kant, dans ses théories spéciales, va jusqu'à quinze aussi, et il n'est pas fâché de retrouver cette ressemblance dans Aristote. « Sa liste, continue Kant, n'en resta pas moins imparfaite. » Ici, Kant a raison : mais le difficile n'était pas d'affirmer d'une manière toute générale, que le système d'Aristote présentait des imperfections; il eût mieux valu montrer l'origine et la nature de ces imperfections, et surtout le moyen de les éviter. « En outre, dit Kant, on y rencontre certains modes qui appartiennent à la sensibilité, Quando, Ubi et Situs, de même que Prius et Simul » D'abord Prius et Simul, n'ont jamais appartenu aux catégories d'Aristote; ce sont des post-prédicaments, pour parler comme le philosophe allemand; mais Aristote ne les a jamais rangés dans ses dix catégories. Que veut dire Kant, lorsqu'il affirme que ces modes appartiennent à la sensibilité? Est-ce à la sensibilité pure, telle que lui-même la comprend quand il affirme que l'espace et le temps sont les formes pures de l'intuition sensible? Mais c'est là de la doctrine kantienne, et jusqu'à ce qu'on ait prouvé qu'Aristote ne cherchait que les purs concepts de l'entendement, on ne peut pas lui reprocher de faire entrer dans sa liste des catégories, des données sensibles, des données d'observation, les seules, sans contredit, sur lesquelles il ait eu dessein de construire son système. « On y trouve aussi, poursuit Kant, un mode empirique, Motus. » Le mouvement, mode empirique suivant Kant, ne fait pas exception; tous les autres modes sont également empiriques pour Aristote. De plus, le mouvement est un post-prédicament, comme Prius et Simul, et n'est pas plus qu'eux compris dans les catégories. Aristote fait si peu du mouvement une catégorie à part, qu'il prétend au contraire que le mouvement s'applique aux catégories. C'est ce que Kant aurait pu conclure d'abord, de la place donnée au mouvement dans l'ouvrage même d'Aristote; c'est ce qu'il aurait pu voir, formellement exprimé plus d'une fois, dans la Physique et dans la Métaphysique. Kant ajoute : « Tous ces modes évidemment ne doivent pas trouver place dans la table des notions primitives de l'entendement. » Sans doute de l'entendement tel que Kant l'a fait : mais Aristote n'a jamais compris l'entendement de cette façon; et, selon toute apparence, les abstractions de la Raison pure et le scepticisme de la Critique ne l'eussent pas beaucoup séduit. Enfin, Kant termine en disant : « Il compte même des concepts dérivés, Actio et Passio, au nombre des concepts primitifs, et quelques-uns de ceux-ci ont été complètement oubliés. » On peut le croire sans peine, si les concepts primitifs sont ceux de Kant, comme naturellement Kant doit le supposer. Kant s'est donc trompé sur les Catégories d'Aristote. Celles qu'il a tenté de leur substituer, forment-elles un système plus exact et plus vrai? Nous n'hésitons pas à soutenir que ce système n'est point pour l'exactitude et la vérité au niveau de celui du philosophe grec. Il faut reconnaître d'abord, répétons-le, que le point de départ est absolument différent. Kant ne recherche que les formes de l'entendement, Aristote qu'une classification des mots, et des choses dans leurs rapports avec les mots, et par suite aussi des idées. A quelle source Kant ira-t-il puiser? A une source tout empirique, malgré ses prétentions contraires. C'est d'après les jugements, et par une induction dont il ne nous donne pas le secret, qu'il inférera les formes, nécessaires selon lui, dans l'entendement, pour que ces jugements soient possibles. Quant aux jugements, c'est l'observation d'abord, et la réflexion ensuite, qui nous diront quel en est le nombre, quelles en sont les espèces diverses. Cette observation, Kant l'a-t-il bien faite? A-t-il analysé avec vérité les données que lui offrait la réalité, c'est-à-dire, le langage? La table des jugements, telle qu'il l'a tracée, est là pour répondre. Les jugements, selon Kant, se partagent en quatre grandes classes, la quantité, la qualité, la relation et la modalité. Chacune de ces grandes classes se sous-divise elle-même en trois espèces de jugements, ni plus ni moins. En tout, douze espèces de jugements, et par conséquent douze formes de jugements, c'est-à-dire, douze catégories de l'entendement, sans lesquelles les jugements ne pourraient se former. Or, ces jugements d'espèce prétendue diverse, ces jugements à divisions si parfaitement symétriques, c'est Kant qui les invente. Il distingue des choses qui évidemment se confondent, qui sont évidemment identiques. Son jugement limitatif, tel qu'il l'imagine, est absolument le même que le jugement négatif, dont il prétend toutefois le séparer. Qui jamais a ouï parler de jugements problématiques, assertoriques, apodictiques? On ne voit pas pourquoi Kant n'en aurait pas énuméré bien d'autres encore. Sa fécondité n'était pas épuisée, et il est difficile de dire pourquoi elle s'est arrêtée dans de si étroites limites. Créer des distinctions verbales ne lui coûtait en rien ; il aurait pu les multiplier bien davantage encore, sauf à ne décrire qu'un pays chimérique, et à faire le roman de la raison pure, au lieu d'en faire la véritable histoire. Kant, se jetant, ou croyant se jeter en dehors de tout empirisme, ne pouvait que marcher à des abîmes; et sa table des catégories, la seule partie de son grand ouvrage dont nous ayons à nous occuper, ne semble qu'une longue erreur, témoignage d'une rare puissance d'esprit, d'un esprit bien sûr de lui-même, mais bien peu sûr des matériaux qu'il emploie, ne cherchant ni d'où ils viennent, ni ce qu'ils valent. La Critique de la raison pure est certainement une grande tentative, quoiqu’après soixante ans à peine, il en reste aujourd'hui bien peu de chose. On essaiera plus loin de l'apprécier dans sa pensée générale. Mais en ce qui concerne les catégories, il faut dire qu'elles sont aussi loin de celles d'Aristote que l'imagination l'est de la réalité. Les catégories de Kant ne provoqueront pas les études et les travaux que durant tant de siècles ont produits celles de son devancier. Cependant il est dans le système d'Aristote un point de la dernière importance, où son génie pâlit, et où Platon son maître, et Kant même, pourraient lui en beaucoup apprendre; c'est la théorie de l'universel. Il est facile de voir tout ce que cette question a de grave d'abord par elle-même, et surtout dans la doctrine aristotélique. L'entendement arrive, sans aucun doute, à des notions universelles d'une évidence entière, éclatante, et qui projettent leur lumière propre sur toutes les autres parties de la connaissance. Ces notions universelles sont les principes dans le syllogisme, et dans les catégories ce sont les termes généralissimes, les idées d'espèces et de genres, que les Scholastiques ont nommés les universaux, et dont la nature équivoque a donné naissance à ce long débat du réalisme et du nominalisme. Aristote ne s'est point demandé dans les Catégories d'ou venaient ces termes universels. Mais en terminant sa logique pure, à la fin de la Théorie de la démonstration ou Derniers Analytiques, il a esquissé en quelques traits la formation des principes dans l'entendement. Le problème, du reste, est le même pour les universaux proprement dits et pour les principes. Bien résolu pour les uns, il l'est également pour les autres. Dans une science qui n'a pas d'autre but que la démonstration, et qui n'étudie tout le reste qu'en vue de ce seul objet, l'origine des principes et leur rôle dans l'entendement, est une question capitale. Il ne suffit pas de dire exactement les règles qu'on doit suivre, pour arriver du principe évident dont on part, à la conséquence que l'on cherche. Il ne suffit même pas d'énumérer scrupuleusement tous les caractères que ce principe doit avoir par lui-même, pour que la conclusion qui en sort soit démontrée. Il faut en outre savoir comment ce principe s'est formé, et comment il s'est imposé à l'esprit. Bien plus, il serait encore possible, par des règles sages et circonspectes, d'apprendre à l'esprit à ne recevoir que des principes vrais, et à se défendre des principes faux. Aristote a essayé seulement de nous montrer comment les principes, vrais ou faux, se forment en nous. Quant à la seconde partie de la recherche, il l'a négligée, et c'est justement par cette lacune de son système que s'est plus tard introduite la réforme, tentée par Bacon après tant d'autres, tout partisan qu'est Bacon de la théorie aristotélique de l'universel, et réalisée seulement par Descartes. Voilà donc dans la doctrine de l'universel, telle qu'Aristote l'a comprise, une très grave omission, et l'on verra bientôt comment l'esprit humain a essayé de la combler, en reprenant les indications de l'école socratique et platonicienne. Mais Aristote pourrait jusqu'à un certain point, renvoyer cette portion de la théorie à l'art, qu'il n'a point traité dans toute son étendue, et relever peut-être par cette haute fonction la Dialectique qui, comme il le proclame lui-même, « investigatrice de sa nature, nous ouvre la route vers les principes des sciences. » (Topiques, liv. 1, ch. 2, § 6), et « est commune à toutes les a sciences sans exception. » (Derniers Analytiques, liv. 1, ch. 11, § 6). Il pourrait jusqu'à un certain point, dans le domaine de la logique pure, répudier une question qui en sort et qui l'excède. Mais dans cette partie de la théorie de l'universel qu'il a cru devoir traiter, est-il à l'abri de toute critique? a-t-il vu la vérité, comme dans le reste de l'Organon? Voilà ce qu'on peut justement lui demander. Ici, la pensée d'Aristote revêt une forme indécise, comme il arrive à toute pensée obscure et trop peu arrêtée. Les principes viennent de la sensation, et c'est l'induction qui les transmet à l'entendement, lequel est seul en relation avec eux. La connaissance des principes est tout autre que la science donnée par la conclusion; car cette science dérive des principes, et les principes ne dérivent pas d'elle. Mais comment les principes viennent-ils de la sensation? Aristote répond à ceci par une comparaison, lui qui d'ordinaire s'en défend avec tant de soin, et qui proscrit rigoureusement la métaphore dont il trouvait peut-être que son maître avait abusé. « Ce qui se passe dans l'entendement, selon lui, ressemble beaucoup à ce qui se passe dans la déroute d'une armée. Si, au milieu du désordre, un fuyard s'arrête, un autre s'arrête aussi, puis un troisième, puis encore d'autres à la suite, et bientôt les rangs se reforment, et l'ordre entier de la bataille se rétablit. » De même dans l'entendement, une première sensation venue d'un individu quelconque y laisse une trace; c'est un premier temps d'arrêt; une seconde sensation, toute pareille à la première, y laisse une trace analogue, plus marquée sans doute; puis une troisième, puis une quatrième; et ces marques toujours identiques, puisqu'elles viennent toujours d'individus qui spécifiquement n'offrent pas la moindre différence, forment enfin dans l'entendement la notion universelle, c'est-à-dire, un principe. Le procédé de l'entendement est dans ce cas ce qu'on appelle l'induction (Derniers Analytiques, liv. II, ch. 19, § 7, à la fin). C'est l'induction qui nous donne les principes, en aidant l'entendement à élever les faits particuliers jusqu'à la hauteur d'une notion universelle. Mais comme c'est la sensibilité seule qui nous révèle les faits particuliers, Aristote n'hésite pas à dire que « c'est de la sensation uniquement que vient la connaissance des principes. » Les principes ne naissent pas spontanément en nous, et encore moins sont-ils innés dans l'âme, comme Platon l'avait toujours soutenu; et la preuve, c'est que nous ne les connaissons pas avant que la sensation ne les ait formés; et qu'il serait également absurde, et de penser que, tout en ayant ces principes en nous, nous les ignorons cependant, et de penser que nous les tirons d'autres principes plus notoires, sans qu'il y ait de limite à cette génération de principe par des principes. Tels sont les traits les plus saillants de la théorie de l'universel dans Aristote. Est-elle suffisante? et quel en est le vrai caractère? On ne peut pas dire que cette théorie soit purement sensualiste; car, en voulant tirer tout de la sensation, Aristote n'en fait pas moins une part très spéciale à cette faculté de l'intelligence qu'il appelle l'entendement. Il n'en donne pas moins à cette faculté cette énergie particulière de retenir tout au moins les traces des faits particuliers, et de convertir leur multiplicité variable en une unité indivise qui ne peut plus changer. Ce n'est point là une sensation transformée, comme a pu l'entendre plus tard l'école condillacienne. A côté de la passivité évidente de l'intelligence, il y a certainement aussi une activité sur laquelle Aristote n'insiste pas assez, mais qu'il n'omet point. Si cette théorie n'est pas sensualiste, on peut bien moins encore soutenir qu'elle soit spiritualiste. Il faut réserver ce nom pour les systèmes qui, tout en admettant l'élément empirique de la connaissance, déclarent nettement que cet élément ne suffit pas, et qu'il faut que l'esprit le complète en lui en adjoignant un autre. La pensée d'Aristote n'est ni sensualiste tout à fait, ni assez spiritualiste. Elle est équivoque, et elle est déjà sur la pente où quelques-uns de ses successeurs ne sauront point se retenir, et ou se précipitera plus d'une école en invoquant, bien qu'à tort, le grand nom du péripatétisme. (Le fameux axiome « nihil est in intellectu quod non prius fuerit in sensu, » n'est pas d'Aristote, malgré les autorités sans nombre, et dont quelques-unes sont assez graves, qui l'ont affirmé. Certes, on peut blâmer Aristote d'être resté indécis sur un pareil problème. Il devait se prononcer positivement, et ne point laisser l'ombre même du doute. Platon est en ceci infiniment supérieur. Il serait difficile de défendre la théorie des Idées tout entière telle qu'il l'a faite, dans sa partie mythique aussi bien que dans sa partie purement logique et réelle. C'est un parti très violent à prendre, et que Socrate ne prend pas sans un peu de doute et d'ironie, que de supposer à l'âme une vie antérieure d'où elle a rapporté de son commerce avec la véritable essence des choses, ces notions universelles dont elle ne voit en ce monde, par l'entremise mensongère des sens, que des cas particuliers et périssables. Mais du moins si c'est une résolution extrême, en admettant que la vraie pensée du philosophe ait besoin de ce complément, c'est une résolution qui ne laisse point la plus légère incertitude; c'est du courage métaphysique si jamais il en fut. Platon, il est vrai, ne va jusque là que sous la protection d'un mythe, comme l'a montré M. Cousin (Nouv. fragm. philosophiques, Examen d'un passage du Ménon, p. 198, 1ère édit.), et cette condition de la réminiscence n'est pas indispensable à la théorie même des Idées, représentant dans leur admirable hiérarchie l'ordre divin des choses. Mais ceci même prouve que Platon n'hésite pas le moins du monde : Non, la sensation, le particulier, ne suffit pas à donner l'explication complète de la science; l'universel, sans qui la science n'est rien, vient de l'âme, il-est en elle; la sensation particulière ne fait que l'y réveiller; elle ne l'y met pas; il y était peut-être avant cette vie, il y était peut-être dès l'éternité. En un sens, Kant a résolu la question à peu près comme Platon. Il ne remonte pas, avec les traditions pythagoriciennes et orphiques, jusqu'à la vie antérieure de l'âme, pour expliquer la science qu'elle a dans celle-ci. Il ne dirait même pas allégoriquement avec Ménon, que la science n'est que réminiscence, ne faisant par là que reculer la difficulté sans la résoudre. Mais il croit tout aussi fermement que Platon, que la sensation ne suffit pas à expliquer la connaissance, et que la partie la plus importante de cette connaissance ne vient pas de la sensibilité. Il distingue admirablement, dans tout acte de l'intelligence, la matière et la forme, la matière qui vient du dehors, la forme qui vient de l'intelligence elle-même. Sans la matière, la forme est vide et n'est qu'une puissance inféconde. Mais la matière sans la forme est une puissance indéterminée, obscure, une sorte de néant inintelligible. Tant a peut-être outrepassé les justes bornes que la raison pouvait ici se prescrire. Dans cette délicate et si nouvelle description de l'entendement pur, il a bien pu prendre de simples apparences pour des réalités, imaginer des êtres que lui seul a connus et que lui seul connaîtra, créer des fantômes que l'observation ne peut plus retrouver. Mais son point de départ n'en est pas moins admirablement juste. L'esprit apporte dans l'acte de la connaissance une part incontestable. Elle est un des deux termes sans lesquels la science ne serait pas. Quelle est cette part de l'entendement? jusqu'où s'étend-elle? et que pouvons-nous en savoir? Voilà ce que personne, depuis Platon, ne s'était demandé aussi nettement que Kant l'a fait : voilà le grand problème que Kant s'est posé. Il ne l'a pas résolu complètement ; surtout, il ne l'a pas résolu avec assez d'ordre et de méthode. Mais c'était beaucoup que de le discuter dans ces termes, et sa tentative, toute imparfaite qu'elle est sur bien des points, a suffi pour lui assurer une place éminente en philosophie. Kant et Platon ont donc constaté que l'universel, tel que la science l'exige, ne peut pas venir exclusivement des sens. La sensibilité conserve pour l'un et pour l'autre une importance égale à celle de l'esprit; car elle n'est pas moins nécessaire que lui à la science, soit pour la réveiller en nous, comme le veut le philosophe grec, soit pour l'y mettre en action et la compléter, comme le veut le philosophe de Kœnigsberg. Mais la sensibilité, toute nécessaire qu'elle est, n'est pas seule à l'être, et réduite à ses propres forces, elle est absolument impuissante, tout comme le serait l'esprit avec les facultés qu'il possède, si rien ne venait du dehors le tirer de son oubli ou de son inactivité. Pour Aristote, au contraire, la sensibilité semble être à peu près tout; elle donne tous les éléments sans exception, et le rôle de l'esprit se borne à unifier ce qu'il y a d'identique et d'indifférent, dans toutes ces impressions que les objets particuliers viennent faire sur lui. L'entendement est presque entièrement passif pour Aristote; pour Platon, il est surtout actif; pour Kant, il est plus actif que passif. Quant à nous, qui sortons à peine de ces grandes discussions de l'école sensualiste et de celle qui l'a renversée, nous devons savoir mieux que qui que ce soit ce qu'il faut penser de cette question. Les efforts qu'a faits l'école de la sensation, pour faire sortir de la sensation la science tout entière, ont été radicalement vains; et sans recourir aux lumières que l'antiquité nous avait laissées sur ce point, l'école Écossaise et Kant avaient démontré, presqu'à la fois et par des moyens très divers, comme on l'a fait bien mieux encore après eux, que la sensation ne pouvait rendre compte de la connaissance, et qu'en ceci du moins Platon avait eu pleine raison, et contre les sophistes de son temps, et contre les tendances de son disciple. Il est vrai qu'Aristote ne s'est pas laissé emporter aux erreurs qui plus tard sont sorties de ses principes. Mais Platon non plus que Kant n'ont point exagéré leurs propres doctrines. Le mysticisme alexandrin, l'idéalisme de Fichte, n'appartiennent pas plus à Platon et à Kant que le sensualisme n'appartient à l'auteur de l'Organon. Platon, Aristote, Kant, avaient tenté, chose si délicate, de tenir une équitable balance entre l'esprit et la sensibilité. Aristote avait incliné vers celle-ci : Platon et Kant avaient incliné tous deux vers l'esprit. Des disciples sont venus, pour les uns et les autres, accumuler des conséquences que ces sages génies n'avaient pas prévues, et qu'ils auraient certainement désavouées, comme Kant n'a pas manqué de le faire. Mais l'histoire de la philosophie, juste comme elle peut l'être de nos jours, laisse à chacun ses fautes, et tout en montrant le germe de celles qui ont été commises, elle n'en distingue que plus soigneusement ce germe des fruits parfois blâmables qu'il a portés. Platon et Kant ont toute raison contre Aristote: l'universel, de quelque façon qu'on le considère, ne peut du tout sortir du particulier. Un nombre de faits particuliers, même infini, ne peut jamais donner légitimement une notion universelle, un principe ; et il faut reconnaître ici sans hésiter qu'à l'élément sensible s'ajoute un élément tout à fait distinct, supérieur, puisque la science cherche surtout l'universel, tout le monde en tombe d'accord, et que cet élément distinct et supérieur ne vient que de l'entendement. On conçoit du reste comment même une erreur sur ce point fondamental, n'entraînait pour ainsi dire aucune conséquence fâcheuse dans le système d'Aristote. Il pouvait se tromper sur l'origine et la formation des principes, sans que la théorie de la déduction, qui apprend à tirer une conclusion d'un principe fût altérée en rien. Le principe étant donné, avec les caractères indispensables qui le font ce qu'il est, on peut faire voir avec pleine vérité, et Aristote l'a fait ainsi, comment le syllogisme l'emploie pour parvenir à la science démontrée. D'où vient ce principe? c'est une question tout autre, dont la solution n'importe pas à la première. et qui sans péril peut être tranchée faussement. La théorie de l'universel, telle qu'Aristote l'a comprise, est une imperfection grave dans l'ensemble de son système; ce n'en est pas une dans la doctrine de la démonstration, la seule dont s'occupe l'Organon. Voici donc les grands caractères sous lesquels nous doit apparaître aujourd'hui la logique péripatéticienne : 1° Dénombrement vrai des parties essentielles qui composent la logique pure ; 2° Classification vraie de ces parties dans leurs rapports de succession nécessaire, depuis les Catégories jusqu'aux Derniers Analytiques, depuis les mots, éléments de la proposition, jusqu'au syllogisme démonstratif; 3° Vérité complète des détails, malgré des obscurités, et parfois un peu de désordre ; 4° Lacune dans la théorie de l'universel, qui n'importe que très peu à la science de la déduction. comme Aristote l'a faite, mais qui importe beaucoup dans la pratique pour la recherche de la vérité, seul objet que poursuive l'esprit humain ; 5° Enfin, division vraie de la logique en deux parties principales, la science et l'art, ce dernier peut-être n'ayant pas été vu dans toute sa portée, et pouvant recevoir par une théorie nouvelle sur l'acquisition réelle des principes, des développements qui dépasseraient de beaucoup la science aristotélique, et lui donneraient pour auxiliaire et complément, une sorte de dialectique analogue en plusieurs points à la Dialectique platonicienne qu'Aristote a trop dédaignée. Tels sont, au point de vue où nous pouvons aujourd'hui nous placer, les mérites et les défauts que l'Organon doit avoir pour nous; tels sont les résultats incontestables qu'il a conquis et qu'il nous transmet; telles sont les lacunes qu'il nous laisse à combler. De nos jours, au milieu du XIXe siècle, éclairés par les efforts des deux siècles qui le précèdent, nous pouvons savoir avec d'autant plus d'exactitude ce que réclame l'esprit nouveau, que la réforme a déjà traversé plusieurs phases. De Ramus jusqu'à nous, de l'ardeur un peu aveugle, toute noble qu'elle était, de la Renaissance, à cette calme impartialité de notre temps, de ces pressentiments fort louables, mais indécis, à cette assurance réfléchie de notre âge qui a ses desseins et qui y marche résolument, il y a loin sans doute. Mais enfin c'est le XVIe siècle avec ses erreurs, c'est le XVIIe avec sa méthode, c'est le XVIIIe avec les conséquences tirées de cette méthode, qui nous doivent instruire. Ramus et Bacon, Descartes surtout, nous doivent apprendre ce que la logique d'Aristote peut être pour nous, l'estime que nous lui devons accorder, l'usage que nous en pouvons faire, et les parties nouvelles que nous lui pouvons ajouter. Recueillons ces utiles enseignements d'un temps qui se rapproche du nôtre en ce qu'il l'a préparé. Demandons à l'histoire, avec tout le passé, ce que nous aussi nous pouvons attendre de ce vénérable monument qu'il a légué à notre pieuse admiration. Le passé non plus n'a pas cru qu'il dût s'en tenir à la logique d'Aristote; il a essayé de la refaire d'abord, puis de la remplacer; il n'a pu ni l'un ni l'autre; nous ne le pourrons pas plus que lui; mais il nous apprendra, sinon à la détruire, puisqu'on ne peut détruire la vérité, du moins à la compléter et à l'accroître. Il faut bien voir ce qu'était au XVIe siècle la tentative de Ramus, si fatale pour lui, qui ne fut point absolument stérile pour la postérité, mais qui marqua bien plutôt un généreux projet qu'elle n'accomplit une vraie réforme. Le joug d'Aristote, tel que la Scholastique l'avait fait sur son déclin, était devenu intolérable pour tous les esprits indépendants. La fin du XVe siècle appelait une révolution en philosophie tout aussi bien que dans la foi. Les novateurs religieux ne prirent pas même les devants sur les novateurs philosophiques; mais, par la nature des questions, ils arrivèrent plus vite à un éclat, et le combat qu'ils devaient soutenir fut plus tôt et plus sérieusement engagé. Mais dans le domaine de la science, si les révolutions sont plus lentes, elles sont aussi beaucoup plus profondes et plus durables. Aristote y dominait sans partage; et même lorsque l'antiquité mieux connue vint apporter, à côté de cette grande autorité, des autorités nouvelles, celle-là n'en resta pas moins la plus puissante de toutes. Dans la science aussi bien que dans la foi, les principes étaient donnés; l'esprit humain devait les recevoir et s'y soumettre. Aristote était devenu comme un prophète, presque un évangéliste; son texte n'était guères moins sacré que la Bible même, et le maître de l'École était certainement beaucoup plus respectable pour ses partisans qu'un père de l'Église. On pouvait discuter saint Augustin, saint Thomas; on ne discutait pas Aristote, on le citait. Il faut ajouter que cet Aristote si vénéré ressemblait fort peu à celui que nous connaissons. Cinq ou six siècles d'études patientes, mais peu éclairées, l'avaient étrangement défiguré ; et sous le costume dont les commentaires et les interprétations de tout ordre l'avaient couvert, il était presque méconnaissable. Pour les esprits vraiment libres, et qui avaient l'instinct des besoins nouveaux. il y avait un double inconvénient dans cette superstition philosophique. D'abord, il leur répugnait comme atout philosophe de subir un joug autre que celui de la raison, quelle que fût la main qui l'imposât; puis ensuite, ce joug qu'on prétendait leur imposer était injustifiable. L'aristotélisme tel qu'on l'enseignait alors, n'était guères qu'un amas confus de formules sans vie, dont l'esprit s'était retiré. Il y avait donc ici deux choses à faire : repousser l'Aristote de la Scholastique, et briser une vaine idole; en second lieu, pousser jusqu'au véritable Aristote, l'étudier en lui-même, et le mesurer avec impartialité aux besoins et aux lumières du siècle. Ces deux parties de la tâche furent accomplies successivement par les novateurs, avec plus ou moins d'audace et de succès, avec plus ou moins d'impartialité et de raison. Mais que d'obstacles ils rencontrèrent et que le destin de quelques-uns fut déplorable ! Les persécutions acharnées, les tortures, la mort, voilà ce qu'on opposa, durant près d'un siècle, aux réformateurs en philosophie, tout comme on l'opposait, en France surtout, aux réformateurs en religion. Ramus a été l'une des victimes les plus regrettables et certainement les plus innocentes. Il attaqua le système entier d'Aristote ; il consacra sa vie presque entière à le discuter et à le contredire, et ce fut surtout à la logique qu'il s'attacha. Mais au fond, il n'en avait pas moins d'admiration pour celui dont il se faisait l'adversaire, et souvent même il alla jusqu'à prendre sa défense contre des critiques injustes et passionnées. Si donc il apportait dans la lutte beaucoup d'ardeur, et par suite un peu d'aveuglement, il y apportait aussi la plus parfaite loyauté, et sa discussion n'eut jamais cette violence que Nizzoli, Patrizzi et tant d'autres firent éclater dans les leurs. Mais Ramus avait le malheur d'être le premier qui montait à ce rude assaut, et il eut le sort de presque tous les gens de cœur : il fut tué aux premiers rangs. Comment Ramus engagea-t-il le combat? Par une faute assez grave. Sans parler de ses épigrammes perpétuelles, et aussi inutiles que dangereuses, contre les aristotéliciens de son temps, il cherche d'abord à prouver qu'Aristote n'est pas l'inventeur de la logique; il remonte jusqu'à Prométhée, chez les Grecs, et Noé, chez les Hébreux. pour découvrir la source de la science; et avec la manie d'érudition bizarre dont son goût aurait dû le défendre, il en appelle à la fois, pour prouver ce paradoxe, à un passage du Philèbe de Platon, et à un passage de l'Exode de Moïse. Il fallait laisser l'invention de la logique à l'auteur de l'Organon, ou découvrir quelque grand monument logique antérieur à l'Organon même. Jusque-là, c'était une injustice criante de dépouiller Aristote d'une gloire incontestable. Mais quelle est d'ailleurs la pensée de Ramus? Il connaît admirablement Aristote; c'est directement sur les textes longtemps étudiés et professés, qu'il le juge et le combat. Il montre parfaitement à ses adversaires qu'ils ne le connaissent pas aussi bien que lui, sous le vêtement emprunté qu'ils lui donnent. Mais il a la prétention assez singulière de refaire Aristote avec Aristote lui-même. Il critique l'Organon pied à pied. Chaque partie, chaque livre, chaque section, chaque paragraphe, lui offrent l'occasion des remarques les plus sagaces, si ce n'est les plus sensées. Mais tout en renversant l'édifice pièce à pièce, il veut le reconstruire avec les mêmes matériaux. Il ne propose pas même d'en changer l'ordre. Seulement il veut comprendre Aristote, non pas autrement que ne le comprenaient ses commentateurs, ce qui était fort louable, mais autrement qu'Aristote lui-même ne s'est compris. II s'appuie d'abord sur l'Organon, puis sur les autres ouvrages du philosophe, et il en tire une doctrine qu'il prétend plus aristotélique que la doctrine notoire d'Aristote. Ainsi il cherche à prouver que, selon Aristote, l'objet de la logique n'est pas la démonstration, malgré ce qu'en disent aussi formellement que possible les Analytiques; et que la logique, en recourant aux vrais principes aristotéliques, que Ramus seul connaît apparemment, est l'art de bien disserter (ars bene disserendi), comme la grammaire est l'art de bien parler, et la rhétorique l'art de bien dire. C'est que Ramus a un système de logique qui lui est personnel, et il le retrouve là où il n'est pas. Telle est la cause de son illusion. Et ce système, quel est-il? Une division nouvelle de la logique en deux parties, qu'Aristote lui-même indique, si toutefois l'on en croit Ramus, et que Cicéron a pratiquée. Ces deux parties sont l'invention des arguments et la disposition de ces arguments. C'est une sorte de topique fort écourtée que Ramus essaie de faire, et rien de plus; et la dernière portion de sa dialectique, consacrée au jugement, reproduit toute la théorie du syllogisme, et donne sur la méthode quelques conseils très vagues, qui ne sont pas faux certainement, mais qui sont à peu près stériles. Cet essai d'une dialectique nouvelle, est ce qu'on a plus tard appelé le Ramisme. Cette doctrine inféconde et insuffisante, n'a exercé aucune influence sur les écoles en France, à plus forte raison sur la direction générale des esprits. Elle se développa quelque temps dans les universités protestantes; mais elle y fut bientôt étouffée par le péripatétisme réformé de Melanchthon. Ramus a donc, malgré sa science réelle, malgré le zèle le plus courageux, complètement échoué. Il n'a point ébranlé la logique d'Aristote, et ses attaques n'ont pas porté. A la science péripatéticienne, il ne pouvait substituer une science meilleure. Tout ce qu'il avait démontré, c'est que la logique, telle qu'on l'enseignait, n'était point du tout, comme on le croyait généralement, la maîtresse des sciences, et qu'elle était profondément inutile aux affaires et à la vie. La chose est pour nous parfaitement évidente; elle ne l'était pas du tout au temps de Ramus, et le pédantisme aveugle de l'École allait alors jusqu'à vouloir soumettre aux règles abstraites de la logique, tous les développements de l'intelligence, tous ses actes et toutes ses applications. Aussi Ramus avait-il mille fois raison, quand il disait de ses adversaires: « Ils n'ont jamais regardé leurs règles qu'à l'ombre des disputes de l'École; ils n'ont jamais amené la logique à la poussière, au grand soleil de l'usage de chaque jour; ils ne l'ont jamais appelée à la bataille des exemples humains. » Puis il ajoutait que les règles de la vraie logique devaient être tirées de l'expérience toute seule, que c'était dans les œuvres des poètes, des orateurs, des philosophes, de tous les hommes, en un mot, qui raisonnent bien, qu'il faut les aller puiser; et que les principes de la logique, comme ceux de toutes les autres sciences, ne pouvaient être étudiés que dans la pratique, c'est-à-dire, dans cet usage naturel de la dialectique qui est commune à tous les hommes. C'était là des idées assez peu justes, et qui ne méritaient pas d'être plus fécondes qu'elles ne l'ont été. Ramus n'avait eu que de l'audace; il lui aurait fallu du génie. Il avait bien senti la nécessité d'une révolution; il n'avait pas compris les moyens de la faire; et le but auquel elle devait tendre restait complètement obscur pour lui. Aussi l'École n'en continua pas moins ses travaux, sans leur donner plus d'utilité pratique; et Montaigne, excellent juge, si ce n'est de la science en elle-même, du moins des résultats qu'on prétendait si vainement en tirer, pouvait demander encore trente ans après Ramus : « Qui a pris de l'entendement en la logique? Où sont ses belles promesses? » Il pouvait se moquer de « ces escoles de parlerie, de ces ordonnances logiciennes et aristotéliques, de ce bastelage, » qui rappelle « les joueurs de passe-passe. » Il pouvait surtout en dédaignant, tout comme Ramus, le pédantisme des écoles s'en référer à « cette escole d'inquisition, » qui est le monde. Ramus n'avait donc rien changé. Il avait payé sa témérité de son sang; mais son martyre n'avait pu donner à ses doctrines une puissance qu'elles n'avaient pas. Il y avait bien à créer une méthode nouvelle, comme il l'avait pressenti. Mais cette méthode, quelle était-elle? Bacon, cinquante ans après Ramus, crut l'avoir trouvée, et la philosophie crut aussi, durant quelque temps, que Bacon avait résolu le grand problème. Il n'en était rien pourtant, malgré les éloges un peu trop généraux, que, même encore aujourd'hui, la science adresse quelquefois à Bacon. Il est fort loin de connaître Aristote, comme le connaissait Ramus, qu'il traite cependant «de repaire d'ignorance, » qu'il traite même de « pernicieuse lèpre en littérature, » en compagnie, il est vrai, de saint Thomas, de Duns Scot et de leurs adhérents. Il ne définit que très imparfaitement la théorie du syllogisme; car il soutient « que l'art de juger par syllogisme, est l'art de ramener les propositions aux principes à l'aide des moyens termes, » tandis qu'au contraire le syllogisme descend des principes aux conclusions. Il se plaint peut-être avec plus de justesse, « que la logique de son temps veut tout gouverner par le syllogisme, et qu'on l'applique à toutes les sciences sans exception. » Le syllogisme est, selon lui, un instrument trop faible et trop grossier pour pénétrer dans les profondeurs de la nature; il peut tout sur les opinions, et rien sur les choses. En conséquence, Bacon déclare que la logique reçue est inutile à l'invention des sciences; ce qui était parfaitement vrai. Puis, oubliant qu'il a dit quelque part que « le syllogisme est une méthode qui sympathise admirablement avec l'esprit humain, » il dresse en quelque sorte un réquisitoire, comme il savait les faire, contre le syllogisme, et il conclut sans pitié au bannissement, ou mieux, à la mort. «Je rejette, dit-il dans la préface de l'lnstauratio magna, toute démonstration qui procède par voie de syllogisme, parce qu'elle ne produit que confusion, et fait que la nature nous échappe des mains. » Et la haute probité de Bacon, que l'histoire et la sentence du parlement anglais nous apprennent à bien connaître, toute révoltée de la fraude que cache toujours le syllogisme, en est émue et s'écrie : « Il y a ici de la supercherie : repoussons le syllogisme : » de la science seulement; car Bacon lui laisse « sa juridiction dans le domaine des arts populaires qui roulent sur l'opinion. » Et ces arts populaires que le philosophe livre sans regrets aux lumières sèches, lumen siccum, de la logique, veut-on savoir quels ils sont? C'est la morale, la politique, la législation et la théologie même. Bacon ne songe qu'à la physique, à la science de la nature, le seul objet qui l'ait vraiment préoccupé. L'ostracisme porté contre le syllogisme ne va pas toutefois jusqu'à frapper la logique elle-même. Balcon, du moins, annonce, à la place de la logique vulgaire, une logique qu'il appelle véritable, et « qui doit entrer dans les différentes provinces des sciences, avec des pouvoirs beaucoup plus étendus que ceux dont les principes sont revêtus. » Cette logique souveraine ne fera pas seulement des principes nouveaux, mais elle forcera les anciens principes, « les principes putatifs, » à comparaître devant elle et à lui rendre des comptes. Cette méthode, incomparable par les résultats qu'elle promet avec tant de fracas, c'est, on le sait, l'induction, le nouvel organe que Bacon prétend donner à l'intelligence. Il ne l'a jamais décrite d'une manière suffisante, dans aucune de ses œuvres; il y est vingt fois revenu dans des ébauches toujours imparfaites; mais sa pensée, bien qu'il faille la rétablir d'après tous ces fragments, quand on veut la bien comprendre, est assez claire pour qu'on ait pu et qu'on puisse encore parler d'une méthode de Bacon. L'induction de Bacon n'est pas chose aussi nouvelle qu'il l'a cru. L'induction est d'abord un procédé tout aussi essentiel à l'esprit humain, que le procédé contraire, c'est-à-dire, la déduction. L'esprit humain part des faits particuliers pour s'élever à des lois générales, à des principes, et il descend des principes à des conséquences particulières. Les deux mouvements sont aussi nécessaires l'un que l'autre; ils ont toujours existé, ils existeront toujours; ils sont la perpétuelle oscillation de l'intelligence. Il n'y a donc point ici de « nouvel organe, » quoi qu'en ait pu dire Bacon, quoi qu'en aient pensé tant d'autres après lui. C'est que Bacon dédaigne profondément ce qu'il appelle l'induction ordinaire; ce n'est, selon lui, qu’ « une méthode d'enfants, » et il lui adjuge libéralement tous les axiomes et les principes faux dont le champ de la science est encombré. Et sur quel motif Bacon appuie-t-il ce solennel arrêt contre l'induction des dialecticiens? « C'est que conclure, dit-il, de la simple énumération des faits particuliers, même lorsqu'on ne rencontre point de faits contradictoires, c'est faire une conclusion très vicieuse. » Quoi! c'est là une conclusion vicieuse! Que veut donc Bacon? Si lorsqu'aucun fait particulier ne vient sortir des limites du principe adopté, et par là en démontrer l'insuffisance, il n'est plus permis de croire à ce principe, n'est-ce pas, on le demande, un véritable renversement de l'intelligence tout entière? Bacon soutient que les dialecticiens ne paraissent pas avoir pensé sérieusement à cette induction, qu'il annonce, sans du reste la faire connaître, et l'on n'a pas de peine à l'en croire; car, au vrai, cette induction n'est qu’ « un fantôme de l'autre, » pour prendre son propre langage. L'induction d'Aristote, l'induction des dialecticiens, est la seule ; il n'y en a point d'autre. On peut bien en perfectionner la pratique, montrer à en tirer dans l'application de meilleurs résultats. On ne peut pas songer à lui en substituer une nouvelle. Bacon, avec son imagination toute fertile qu'elle est, n'a pu lui substituer que des mots, et rien de plus. « C'est un art d'indication, c'est une chasse de Pan, une expérience guidée; c'est la variation de l'expérience, la prolongation, la translation, le renversement, la compulsion, l'application, la copulation, et enfin le hasard de l'expérience;» chacun de ces genres de l'expérience présentant trois ou quatre espèces ou variétés, que Bacon énumère avec le plus imperturbable sang-froid. Et ce qu'il y a de plus singulier, c'est que Bacon lui-même reconnaît qu'on ne peut tracer de règles à l'invention dans les sciences et dans les arts, et il se plaît à dénombrer une à une toutes les grandes découvertes dont le hasard seul a eu l'honneur. Qu'a donc fait Bacon? et d'où vient cette gloire un peu exagérée, mais tout au moins spécieuse, dont son nom est entouré? Il est venu rappeler à l'esprit humain les droits de l'expérience, de l'observation; il est venu lui rappeler que, dans les sciences naturelles, il faut, par un examen attentif, patient, répété autant de fois qu'il convient, s'assurer d'abord de l'exactitude des faits, et que c'est seulement après ces justes précautions qu'il est permis de poser des principes, résumé légitime des observations particulières. Bacon n'a pas fait plus; et il faut dire que cela seul est une très grande chose, quand des conseils de cet ordre sont donnés avec cette puissance d'imagination, avec cette éloquence qui agit vivement sur les esprits et les entraîne. La science, pour pratiquer cette méthode, n'avait pas attendu les avis de Bacon. Les grands inventeurs du XVIIe siècle s'en sont passés tout aussi bien que ceux du XVIe, et le système du monde n'en a pas moins été fondé ; les sciences particulières n'en ont pas moins fait chacune d'admirables progrès, sans que ce soit aux règles de Bacon qu'elles les aient dus. Mais Bacon est venu jouer le rôle que la réflexion joue toujours dans l'intelligence, le rôle que la philosophie joue toujours dans les développements de l'esprit. Il est venu montrer à la science ce qu'elle faisait, et lui a par cela même appris à le mieux faire, du moins quand la science a connu ses sages conseils. Il lui a parfois enseigné à revenir sur elle-même, et c'est en cela qu'il l'a fait participer à la philosophie, dans une certaine mesure. Mais avec cette préoccupation exclusive de la physique, avec cette répugnance profonde qu'il a montrée pour la science de l'esprit, et en général pour les sciences rationnelles, Bacon a détruit, autant qu'il était en lui, la vraie philosophie. Il a tâché plus que qui que ce soit de mettre à sa place ce que le vulgaire appelle la philosophie naturelle, et ce que de nos jours on a cru pouvoir appeler la philosophie positive. Bacon a donc parfaitement vu quelle était la vraie méthode des sciences d'observation; il a senti plus vivement qu'aucun de ses contemporains les forces de l'esprit humain, qui n'a pas besoin de s'appuyer sur l'autorité pour comprendre les choses, et qui en apprend plus sur elles par le spectacle du monde bien observé, que les livres ne lui en peuvent enseigner. Il a exprimé plus haut que qui que ce soit ce noble sentiment d'indépendance, ce qui avait bien son prix à une époque où le joug de l'antiquité n'était pas encore tout à fait brisé. Mais c'était là si peu une méthode nouvelle, que Bacon lui-même a reconnu que l'esprit humain, en suivant cette route, ne faisait qu'imiter les anciens, qui ne nous eussent pas laissé tant de monuments scientifiques, s'ils s'étaient bornés aux observations et aux découvertes de leurs grossiers aïeux. Et pourtant, malgré cette judicieuse appréciation de l'antiquité, Bacon n'a en général, pour elle, que des insultes et des outrages forcenés. Il n'épargne pas Platon, « ce pointilleux harmonieux, ce poète gonflé, ce théosophe en délire. » Mais Platon du moins trouve grâce, parce qu'il a entrevu l'induction baconienne, « qu'il a eu le tort, il est vrai, de n'appliquer qu'à des définitions et à des idées. » Pour Aristote, au contraire, qui a fait pourtant la théorie de l'induction, Bacon n'a pas assez d'injures. « Ce n'est qu'un détestable sophiste, ébloui d'une subtilité vaine, vil jouet des mots, inventeur d'un art de folie, calculant à plaisir son obscurité, » critique absurde que Ramus lui même avait pris le soin de réfuter victorieusement, et que Reid, tout sage qu'il est, répète encore au milieu du XVIIIe siècle ! Bacon va plus loin, et il traite Aristote de « voleur de la science, d'assassin de ses frères, » les philosophes ses devanciers; il le compare à l'Antéchrist, parce que Aristote a eu le tort, c'est Bacon qui le lui rappelle, de venir en son propre nom. Il assure qu'Attila, Genséric et les Goths, ont fait moins de mal à l'intelligence par leurs ravages, qu'Aristote ne lui en a fait par les siens, « lui qui méprisa tellement l'antiquité, qu'à peine il daigna nommer un des anciens, à moins que ce ne fût pour le critiquer et l'insulter. » Et c'est Bacon qui parle ainsi d'Aristote, et ose lui reprocher sa basse jalousie et sa féroce inimitié contre ses prédécesseurs! Après de tels emportements, on comprend mieux les diatribes de M. de Maistre contre Bacon, et l'on s'étonne moins de ces violences, venues même après deux siècles, quand on se souvient par quelles injustes violences elles avaient été provoquées. Sait-on pour qui Bacon réserve ses respects et son admiration? C'est pour Empédocle, Héraclite, Démocrite, Anaxagore et Parménide, « qui ne se plaisaient pas, dit-il, comme Galathée, à se jouer dans les ondes, mais aimaient à se trouver dans les orages des discussions. » Démocrite, Anaxagore, Parménide, ce sont là, sans doute, de très grands personnages, bien qu'à d'autres titres que celui dont Bacon leur fait un honneur si ridicule. Mais que connaissons-nous de leur philosophie, dont la direction toute sensualiste, pour quelques-uns du moins, explique fort bien l'enthousiasme de Bacon, auprès de ce que nous savons de celle de Platon et d'Aristote? Bacon paraît en avoir su beaucoup plus que nous; car « il affirme que ces savants qui jamais n'ont ouvert d'écoles, ont mis en écrit leurs spéculations et leurs découvertes, et les ont livrées à la postérité. » Laissons, laissons dans l'ombre ces côtés du génie de Bacon, qui nous rappellent trop les actes de sa vie politique. Que ces calomnies, qu'il appelle avec le faste habituel et le charlatanisme de son langage, « le mâle enfantement de son siècle, » ne nous empêchent pas de rendre à ses efforts, une justice qu'il n'a pas su rendre à des efforts plus féconds que les siens. Il avait attaqué le syllogisme; mais il ne lui substituait rien de positif dans le domaine de la logique pure. Plagiaire de Ramus, tout en l'injuriant, il proposait, comme lui, de partager la logique proprement dite, en invention et jugement; puis ajoutant deux arts à ces deux premiers, il voulait que la logique s'occupât de la mémoire qui retient la science, et de la méthode toute pratique qui la transmet. De plus, dissertant sur la preuve ostensive et la preuve per incommodum, par réduction à l'absurde, il distinguait l'Analytique et la doctrine des Réfutations; et cette dernière doctrine, il la partageait de plus en Réfutation des sophismes, Critique de l'Herménie, et Examen critique des fantômes, de tribu, d'antre, de théâtre, etc. Enfin, il inventait bien d'autres divisions encore, produits improvisés de son imagination impétueuse, classifications qu'il ne justifiait pas, qu'il abandonnait bientôt pour les remplacer par d'autres aussi peu approfondies, et qu'en toute équité la science ne peut pas même discuter. La postérité ne les a pas prises plus au sérieux qu'il ne l'a fait lui-même; et ces légères esquisses, où l'on reconnaît bien encore la trace du génie, ne méritent point un examen en règle. Bacon n'a donc pas plus réformé la logique que ne l'avait réformée Ramus, bien qu'au fond ce fût sa prétention. Pas plus que Ramus, il n'avait bien compris le but qu'il poursuivait en attaquant la doctrine péripatéticienne. Il avait eu en outre ce tort, que Ramus du moins avait évité plus que lui, de mêler à une question de théorie des questions de pratique. Il avait voulu trouver une méthode qui pût mener au vrai dans les sciences naturelles; et il avait banni de la science le syllogisme et la démonstration, comme si la science pouvait s'en passer. Il voulait apprendre à l'esprit à étudier la nature; mais il n'étudiait pas l'esprit lui-même. La révolution après Bacon était tout aussi bien à faire qu'avant lui. Il avait omis dans la logique le seul élément dont au vrai la logique s'occupe : l'esprit qui fait la logique elle-même. De ces vaines tentatives de Ramus et de Bacon, deux résultats sortaient avec pleine certitude : 1° La logique d'Aristote était inébranlable, et sur ce point les péripatéticiens dévoués à la foi de la Scholastique avaient toute raison contre les novateurs. L'Organon devait être conservé, non pas parce qu'il était d'Aristote, mais parce qu'il était vrai, motif que sentait confusément l'École, et qu'elle ne faisait point assez valoir; 2° Cette doctrine, toute vraie qu'elle pouvait être, était insuffisante. C'était une admirable explication du procédé de l'esprit, lorsque d'un principe il arrive à une conséquence. Mais il restait toujours à donner la méthode même qui mène aux principes. Aristote avait bien décrit cette seconde partie du procédé logique de l'esprit; mais en ceci la théorie abstraite était beaucoup moins importante que les règles de la pratique ; et puisque dans la démonstration c'est la forme du vrai que l'on recherche, il fallait, pour compléter l'œuvre, enseigner à extraire de la réalité les principes vrais qui sont la source de toute démonstration réelle. C'est ce que Bacon avait essayé pour la science, en la ramenant par la réflexion à l'expérience qu'avaient spontanément pratiquée les anciens. Mais la science de la nature, toute vaste qu'elle est, n'épuise pas l'intelligence entière, et c'était toujours une méthode générale qu'il s'agissait de trouver. Ainsi donc, le succès du réformateur à venir était à ces deux conditions : réserve, si ce n'est respect, envers la logique telle qu'elle était faite, universalité de la méthode nouvelle. Descartes les remplit admirablement l'une et l'autre. D'abord il aurait fort peu convenu à la noblesse et à la fierté de son âme, de s'abaisser comme l'avait fait Bacon, peut-être avec une sorte de joie (Voir la Redargutio philosophiarum), à l'injure et au dénigrement. Tout novateur qu'il était, bien que venant en son propre nom, si jamais personne y vint, Descartes n'a point eu un seul mot blessant pour l'antiquité. Il n'a qu'une seule fois cité Aristote, comme il le remarque lui-même dans une de ses lettres (Tom. 6, p. 50, éd. de M. Cousin ), et c'était pour abriter l'audace de ses théories cosmologiques sous l'autorité de ce grand nom. (Principes, 4e partie, § 204.) Ensuite une vie tout entière consacrée à la méditation, loin de tous les intérêts, de toutes les passions qui distraient ou dégradent l'âme, devait révéler à Descartes bien des secrets que Bacon n'avait pu connaître. La méthode issue de cette sincère analyse de soi, et qui n'était que le tableau du travail intérieur de cette intelligence aussi honnête qu'elle était puissante, devait être la vraie méthode; ou si le but, cette fois encore, était manqué, il aurait presque fallu désespérer de le jamais atteindre. Descartes n'a pas suivi, à deux mille ans de distance, une autre voie que celle de Socrate; il a pratiqué, comme le sage d'Athènes, la fameuse et inépuisable maxime : Connais-toi toi-même; et son enthousiasme pour la science admirable, dont il croit avoir trouvé les fondements, pendant qu'il campe en soldat sur les bords du Danube, rappelle assez bien les extases de Socrate durant le siège de Potidée. Mais Descartes a développé le germe socratique jusqu'à en faire une méthode, qui pût servir non seulement à chercher la vérité dans les sciences, mais encore à bien conduire sa raison. C'est la méthode générale que demandait l'esprit humain, et que la Scholastique avait cru trouver dans l'Organon, où cependant elle n'était pas. Descartes juge avec une parfaite justesse, et le véritable usage du syllogisme, et les vaines prétentions de l'École. Les syllogismes et « la plupart des autres instructions de la logique servent plutôt, selon lui, à expliquer à autrui les choses qu'on sait qu'à les apprendre » soi-même. Mais sous prétexte que « la dialectique vulgaire, compétemment inutile à celui qui veut découvrir la vérité, peut servir seulement à exposer plus facilement aux autres les vérités déjà connues », Descartes va peut-être trop loin, en voulant « la renvoyer de la philosophie à la rhétorique ». Il ne prétend pas d'ailleurs condamner « l'usage des syllogismes probables, armes excellentes pour les combats de la dialectique, qui exercent l'esprit des jeunes gens et éveillent en eux l'activité et l'émulation »; et comme si c'était même à ces exercices qu'il dût une partie de son propre génie, il ne craint pas de dire dans sa reconnaissance : « Et nous aussi nous nous félicitons d'avoir reçu autrefois l'éducation de l'École. » Mais comme lui-même il ne s'y est pas tenu, il ne conseille à personne de s'y tenir, « bien qu'elle renferme beaucoup de préceptes très vrais et très bons. » Il omet donc de parler des règles des dialecticiens « qui croient diriger la raison humaine en lui prescrivant certaines formules de raisonnement. La vérité échappe souvent à ces liens, et ceux qui s'en servent y restent enveloppés. C'est ce qui n'arrive pas si souvent à ceux qui n'en font pas usage; et notre expérience, dit-il, nous a démontré que les sophismes les plus subtils ne trompent que les sophistes, et presque jamais ceux qui se servent de leur seule raison. » « Aussi, ajoute-t-il, dans la crainte que la vérité ne nous abandonne, nous rejetons toutes ces formules comme contraires à notre but. » C'est que, suivant Descartes, « pour trouver les vérités les plus difficiles, il n'est besoin, pourvu que nous soyons bien conduits, que du sens commun, comme on dit vulgairement. » La restriction que fait ici Descartes est considérable; car elle ne contient pas moins que toute sa méthode. Mais il niait si peu la possibilité de la science qu'il n'hésitait point à dire : « Il n'est aucune question plus importante que celle de savoir ce que c'est que la connaissance humaine, et jusqu'où elle s'étend. » Il ne détruisait donc pas le syllogisme, comme Bacon avait prétendu le faire : il en restreignait seulement l'application dans de justes limites; et plus tard ses disciples de Port-Royal eurent le soin d'en faire revivre toutes les règles, en les présentant sous une forme vulgaire, et dans un excellent ouvrage qui aurait préservé les études logiques de la décadence, si des causes beaucoup plus puissantes ne fussent venues les y précipiter, avec tant d'autres souvenirs du moyen-âge. Voilà donc quelle était l'œuvre que Descartes devait accomplir : laisser de côté le syllogisme, qui peut servir à exposer les vérités découvertes, qui est une portion très grave sans doute de la connaissance humaine, mais qui est impuissant à faire découvrir la vérité ; en second lieu, chercher la vraie méthode, sans s'épuiser dans une polémique tout au moins inutile, si ce n'est dangereuse, contre les théories antérieures. Cette méthode, tout le monde la connaît. Pour arriver au vrai, pour se former des croyances, se faire des principes nouveaux ou juger des principes reçus, l'esprit ne doit en appeler qu'à lui seul ; il n'y a pas d'autre autorité que la sienne; elle domine et dirige toutes les autres; bien interrogée, elle suffit à tout. L'homme porte en lui-même un critérium universel de vérité. Ce critérium, c'est la pleine évidence avec laquelle apparaissent à sa pensée certains principes; et parmi ces principes, Descartes s'attache au plus évident de tous et au plus profond, à l'affirmation de la pensée par la pensée même. L'évidence dont est accompagnée cette affirmation première, est si vive, que Descartes n'hésite pas à en tirer, comme une sorte de conclusion, la notion de sa propre existence. Je pense, donc je suis, est la première application et l'inébranlable fondement de la méthode nouvelle : « C'est le premier principe de la philosophie qu'il cherchait. » Cela ne veut pas dire que de ce point fixe, pris comme principe, on puisse déduire tous les principes sans exception. Mais l'évidence de celui-là servira de mesure à l'évidence de tous les autres, qu'ils soient relatifs à la nature extérieure, ou bien empruntés à la seule raison. De ce principe, Descartes tire directement la démonstration de l'existence de Dieu; et cette idée suprême une fois acquise, on ne voit guère quelle autre idée secondaire ne pourrait se rattacher au centre commun qui aura fourni celle-là. Toutefois Descartes « n'a pas poursuivi, et n'a pas fait voir ici toute la chaîne des autres vérités qu'il a déduites de ces premières »; mais ce qu'il a dit a suffi pour faire une révolution en philosophie d'abord, et ensuite, par la vertu toute puissante du principe qu'il avait proclamé, une révolution jusque dans la société. L'autorité de la raison, le critérium de l'évidence, il n'en fallait pas davantage ; et c'était là, pour toutes les opinions humaines, pour toutes les notions en nombre infini que les sens, l'intelligence et la tradition tout entière peuvent nous fournir, à la fois un tribunal compétent et une sorte de jurisprudence infaillible. Ramener toute idée sous le regard de l'esprit, l'admettre pour vraie, si après examen suffisant elle se présentait claire et distincte, la rejeter comme fausse, si elle restait confuse et obscure, tel était le procédé simple, universel, que Descartes proposait, qu'il avait appliqué lui-même, et dont il avait tiré les plus admirables résultats. La philosophie et la science pouvaient également s'en servir avec fruit. Il était accessible à toutes les intelligences. C'est qu'à le bien examiner, c'était la méthode secrète qu'à son insu l'esprit humain avait toujours suivie, même quand il paraissait renoncer à sa pleine indépendance. Descartes n'avait fait que mettre en lumière cette méthode que Dieu impose à l'intelligence humaine; mais en la mettant en lumière, il apprenait par là même à la mieux pratiquer, et l'on sait avec quel enthousiasme calme et résolu tout à la fois, la reçurent tous les grands esprits du XVIIe siècle. Cette méthode, quoique moins bien comprise, avait été celle de toute philosophie libre dans l'antiquité; elle est celle de la philosophie moderne tout entière depuis Descartes; et elle est si bien la méthode essentielle de la philosophie, la méthode vraie de l'intelligence, que la philosophie se confond avec elle, et que désormais toute philosophie qui en admettrait une autre, cesserait par cela seul d'être une philosophie. Descartes n'a pas montré lui-même comment cette méthode nouvelle pouvait être appliquée à la logique proprement dite, et comment les lois de la démonstration, dont « ces longues chaînes de raisons toutes simples et faciles des géomètres » étaient un si bel exemple, se rattachaient à son premier principe. Il est même allé jusqu'à prétendre que « au lieu de ce grand nombre de préceptes, dont la logique est composée, on aurait assez » des quatre règles fameuses qui sont le résumé et le fond de sa méthode. Mais cependant le peu qu'il a dit sur ce sujet spécial, avec ce qu'en ont dit tout au long ses fidèles interprètes de Port-Royal, fait voir suffisamment quelle était sa pensée. Il a d'abord admirablement distingué dans l'esprit les deux opérations fondamentales : l'une, l'intuition, qui nous donne la connaissance immédiate des principes; l'autre, la déduction, qui, d'un principe connu avec évidence, descend aux conséquences « qui s'en déduisent nécessairement. » « L'intuition et la déduction, dit-il, sont les deux voies les plus sûres pour arriver à la science. » Il a dit en outre qu'elles sont les seules; et de fait, il n'en a jamais reconnu d'autres. Il a même affirmé quelque part que « il n'y a de science qu’avec l'intuition et la déduction. Ce sont les deux premiers moyens de l'esprit. » « C'est la méthode ajoute-t-il, qui montre, comment il faut se servir de l'intuition et de la déduction. » Et la logique, pouvons-nous ajouter après lui, ne fait que nous apprendre ce que c'est que l'intuition et la déduction ; elle ne nous apprend pas à les mettre en œuvre et à les bien employer. « Notre esprit les sait faire d'avance, » et voilà pourquoi la science n'a pas besoin de les lui enseigner. L'intuition que Descartes identifie avec l'expérience, est, selon lui, la conception évidente d'un esprit sain et attentif. Mais l'expérience est souvent trompeuse, comme il le remarque lui-même. C'est ce qui fait qu'il a essayé de lui tracer des lois, de lui donner une méthode, et que, dans ses Règles pour la direction de l'esprit, la première de toutes est celle-ci : « Le but des études doit être de diriger l'esprit, de manière qu'il porte des jugements solides et vrais sur tout ce qui se présente à lui. » C'est donc à l'application régulière de l'intuition qu'il consacre tous ses efforts. Quant à la déduction, il s'en inquiète peu, parce qu'il sait que « contrairement à l'expérience, à l'intuition, cette opération peut ne pas se faire, quand on ne l'aperçoit pas, mais qu'elle n'est jamais mal faite, même par l'esprit le moins accoutumé à raisonner. » « Cette opération, ajoute-t-il encore, n'emprunte pas un grand secours des liens dans lesquels la dialectique embarrasse la raison humaine, en pensant la conduire, encore bien que je sois loin de nier que ces formes ne puissent servir à d'autres usages. » Cette observation si profonde et si vraie de Descartes, doit nous apprendre pourquoi Aristote s'est borné à la théorie de la déduction, et n'a point poussé jusqu'à celle de l'intuition, de l'expérience, de l'induction baconienne. De ces deux opérations de l'intelligence, aussi nécessaires l'une que l'autre, aussi évidentes, et qu'Aristote a parfaitement distinguées toutes deux, l'une se présente toujours avec un caractère de certitude, d'infaillibilité, dont les mathématiques donnaient, dès les plus anciens temps, ce magnifique tableau qui ravissait Descartes et Pascal; l'autre, au contraire, est perpétuellement changeante et variable. L'esprit humain raisonne aujourd'hui précisément comme il raisonnait il y a deux mille ans; il ne raisonne ni mieux ni plus mal. L'histoire le prouve : la déduction n'a pas fait un seul progrès; et, par sa nature, elle n'en peut pas faire. Mais l'on peut dire que l'intuition, au contraire, en a fait d'immenses. Le procédé est bien aussi toujours resté le même; mais c'est par ce procédé qu'on acquiert des principes nouveaux; c'est par l'intuition, par l'expérience, que l'intelligence se développe et s'étend; c'est par elle seule que le genre humain avance. De ces deux opérations de l'esprit, l'une immuable, certaine dans ses résultats, l'autre toujours flottante et indécise, laquelle devait tout d'abord et avant l'autre, tomber sous l'observation de la science? Celle qui se trouve naturellement le plus en harmonie avec la science elle-même. L'intuition, en quelque sorte, devient perpétuellement; la déduction est au contraire; et comme la science s'occupe surtout de ce qui est, c'était de la déduction que d'abord elle devait faire la théorie. Voilà ce qui justifie Aristote contre les reproches qui lui ont été si souvent adressés. Aristote est bien grand, mais enfin il est homme; et c'est lui demander une chose plus qu'humaine, que de vouloir qu'il ait fait d'un seul coup, à lui seul, les deux grandes parties de la science. C'est bien assez pour sa gloire d'en avoir achevé l'une, comme il l'a fait, et d'avoir entrevu l'autre, comme il n'a pas manqué de le faire. Descartes lui-même n'a pas porté la théorie de l'intuition, de l'induction si l'on veut, pour prendre un mot qui, dans ce sens, n'est pas à son usage, aussi loin, à beaucoup près, qu'Aristote l'a fait pour l'opération contraire. Ceci tient à la fois à la difficulté même de la théorie nouvelle, que l'esprit humain n'est pas près d'avoir terminée, et à cette loi nécessaire qui veut que toute chose à son début soit petite, quelque grande qu'elle puisse plus tard devenir. L'œuvre de Descartes n'en est pas moins considérable : elle est venue s'ajouter à celle d'Aristote sans la détruire; elle la complète, elle ne la remplace pas. Descartes n'a pas voulu accroître précisément la science de l'esprit, la théorie proprement dite. Sa vie tout entière, son caractère personnel, son siècle à la veille d'une immense rénovation sociale, le poussaient à la pratique. Sa méthode y servait admirablement. Mais elle était si puissante qu'elle ne devait pas moins servir à la philosophie, dans le sein de laquelle elle n'a pas encore, sachons-le bien, produit tous les fruits qu'elle renferme. Du dédain de Descartes pour la logique ordinaire, sont sorties des erreurs assez fâcheuses, dont même des esprits aussi justes que ceux de Port-Royal, n'ont pas su se préserver. L'ouvrage des solitaires ou d'Arnaud, l'Art de penser, est digne certainement de tenir une place dans l'histoire de la logique par sa parfaite clarté, au moins autant que par l'application, alors toute nouvelle, des principes cartésiens. Mais voyez quelle mince estime les auteurs, tout judicieux qu'ils peuvent être, font de la science : « La naissance de ce petit ouvrage, disent-ils, est due entièrement au hasard, et plutôt à une espèce de divertissement qu'à un dessein sérieux. » C'est la suite d'une sorte de gageure. Ils se sont fait fort d'apprendre la logique, ou du moins « tout ce qu'il y a d'utile dans la logique, » en quatre ou cinq jours au duc de Chevreuse. Ils se mettent au travail dans ce louable dessein, et ils croient pouvoir écrire en un seul jour, l'abrégé qu'ils comptent mettre entre les mains de ce jeune seigneur. Mais la besogne est plus longue qu'ils ne l'avaient imaginé d'abord; et c'est quatre ou cinq jours qu'il leur faut, « pour former le corps de cette logique, » que des soins postérieurs accrurent à peu près d'un tiers. Le pari fut gagné. Le duc de Chevreuse en quatre jours apprit cette logique; mais ses excellents amis avouent « qu'on ne doit pas espérer que d'autres que lui y entrent avec la même facilité, son esprit étant tout à fait extraordinaire. » On peut le présumer sans aucun doute : non seulement une autre personne que le duc de Chevreuse n'apprendra pas la logique en quatre jours; mais l'on peut affirmer sans hésitation, que le duc de Chevreuse lui-même ne la savait point en aussi peu de temps. Selon toute probabilité, le seigneur si bien instruit, se trouva bientôt dans le cas de ces jeunes gens, dont parlent ses maîtres qui, « en moins de six mois, oublient leur cours de logique. » Non, la science n'est pas aussi simple que messieurs de Port-Royal se l'imaginent; on peut la comprendre en quelques jours, mais en quelques jours on ne la possède pas. Ce besoin de simplifications, en général plus apparentes que solides, sent déjà le XVIIIe siècle; et il est tout au moins fort bizarre que ce soient les austères penseurs de Port-Royal qui aient les premiers donné l'exemple d'une telle légèreté. Malgré les avis de Descartes et la portée de la nouvelle méthode, les auteurs de l'Art de penser demandent encore à la logique ce que la Scholastique et Ramus lui avaient demandé si vainement. Tout en raillant les pompeuses promesses des philosophes, tout en trouvant que les règles de la logique ne sont pas fort utiles, ils soutiennent cependant que la logique est « l'art de bien conduire la raison, qu'elle a pour but de donner des règles pour toutes les actions de l'esprit. » Si la logique était cela, il y avait contradiction entière à prétendre qu'elle n'est pas utile. Rien au monde ne l'était plus qu'elle. Mais au fond Port-Royal fait très peu de cas de la science. L'auteur cède aussi, comme il l'avoue naïvement, à la coutume, qui a introduit une certaine nécessité de connaître, au moins grossièrement, ce que c'est que la logique. » En dépit de la fausseté de ce point de vue, et du très faible intérêt que les solitaires mettent à cette étude, le livre n'en est pas moins solide. Toutes les parties de la logique y sont traitées, et le syllogisme en particulier, avec une exactitude que les Scholastiques eux-mêmes n'ont pas surpassée, et une netteté qu'ils n'ont jamais eue. Mais au vrai, bien que les écrivains de Port-Royal attaquent et dédaignent assez souvent Aristote, c'est Aristote tout seul qu'ils reproduisent. C'est que derrière eux, ils ont le ferme appui de cette inébranlable doctrine, et des travaux séculaires qui l'ont élucidée. Messieurs de Port-Royal ont bien pu rédiger leur livre en quelques jours ; mais les études qui permettaient un résumé si rapide et si substantiel, avaient été bien longues; et elles-mêmes n'étaient qu'un héritage d'études bien plus longues encore. Tout en distinguant fort bien le but des Catégories d'Aristote, « qui se rapportent à la considération des idées selon leur objet, » les auteurs de l'Art de penser déclarent cette étude « en soi très peu utile, parce qu'elle ne sert guère à former le jugement. » Ils la déclarent en outre dangereuse, « parce qu'elle accoutume les hommes à se payer de mots. » Ils ajoutent que cette classification des catégories, loin d'être « une chose établie sur la raison et sur la vérité, est une chose tout arbitraire, et qui n'a de fondement que l'imagination d'un homme qui n'a eu aucune autorité de prescrire une loi aux autres, qui ont autant de droit que lui d'arranger d'une autre sorte les objets de leurs pensées, chacun selon sa manière de philosopher. » Et pour prouver qu'on peut être fort indépendant d'Aristote, et qu'ils le sont, ils citent deux vers mnémoniques, où les catégories sont réduites à sept, et « qui comprennent tout ce que l'on considère, selon une nouvelle philosophie, en toutes les choses du monde, » à commencer par l'esprit et à finir par la matière. Ce n'était pas bien se rendre compte de la place nécessaire que les catégories tiennent dans l'Organon; et les considérer ainsi, c'était de fait les supprimer. Messieurs de Port-Royal n'ont pas non plus donné assez d'étendue ni d'importance, à la théorie de la démonstration. Mais malgré ces taches, leur ouvrage contient tant de vues excellentes, et la forme qu'ils lui ont donnée est si parfaite, qu'il doit conserver une très grande valeur, même aux yeux des juges les plus sévères. A tout prendre cependant, quoique cartésien, ce livre n'avait point assez profité des idées de Descartes. La logique telle qu'on la conservait, et telle qu'on la devait conserver, n'avait pas été rattachée à la nouvelle méthode. Le maître d'abord n'avait pas montré ce lien ; il avait même semblé, par son dédain, porté à croire que ce lien n'était pas possible; et bien que la logique péripatéticienne ne fût que la théorie de l'une des deux opérations nécessaires de l'esprit, signalées par Descartes, de la déduction, elle n'en restait pas moins à l'écart, et tout près d'un abandon que le siècle suivant ne lui devait point épargner. Ce fut à le conjurer que Leibnitz employa tous ses efforts; mais il n'y parvint pas. Il démontra bien contre Locke que le syllogisme, si dédaigné par le compatriote de Bacon, « n'était pas un jeu d'écolier » ; et il crut, après Descartes, découvrir comme une mathématique universelle dans la logique telle qu'il la concevait. Il alla même jusqu'à essayer de réduire les catégories, de refaire les figures du syllogisme et de les compléter en y ajoutant de nouveaux modes. Mais Leibnitz, qui, en publiant le pamphlet de Nizzoli contre Aristote, avait voulu prouver qu'Aristote n'était pas irréconciliable avec la science moderne, demandait toujours à la logique cette utilité pratique que Locke lui refusait avec tant de raison. C'est que Leibnitz, bien qu'il admirât Descartes, ne fit presque pas usage de sa méthode, et qu'ici en particulier, il ne vit pas que c'était cette méthode seule qui pouvait donner, dans la mesure de la faiblesse humaine, cette infaillibilité que la logique ne recelait pas. Mais le préjugé venu de la Scholastique était si puissant qu'un esprit tel que celui de Leibnitz le subissait encore, même après que Descartes l'avait renversé de fond en comble. La logique était toujours, pour l'adversaire de Locke, non point une science, mais un art, comme pour les logiciens de Port-Royal, moins excusables puisqu'ils étaient des disciples encore plus directs du réformateur. C'était une erreur du beau génie de Leibnitz; mais cette erreur même eut une très heureuse influence; et dans ce siècle où l'étude de la logique devait à peu près périr, l'autorité de Leibnitz contribua du moins à en conserver le goût et l'estime, dans les philosophes érudits, comme Wolf, et surtout dans des mathématiciens tels que Bernouilli, Euler et Lambert. L'école écossaise, toute sage qu'elle est, obéit au mouvement dont le XVIIIe siècle était emporté, et méconnut la logique dont elle s'occupa fort peu, et toujours avec une sorte de répugnance. Reid s'est borné à faire une analyse de l'Organon, ou pour mieux dire, de ce qu'il prend pour l'Orgueil; et les erreurs énormes dont ce travail est plein, ne se justifient même pas par les préventions qui subsistaient, encore à cette époque, contre l'ancien despotisme. De plus, Reid en est presque contre le philosophe grec aux invectives de Bacon. Il doute si dans Aristote le philosophe l'emporte sur le sophiste. (Analyse de la logique d'Aristote, p. 122, tr. de Jouffroy.) « Ses écrits, suivant Reid, portent des marques malheureusement trop évidentes de cet orgueil, de cette vanité et de cette envie philosophique, qui ont déshonoré le caractère de plus d'un savant. Plutôt que de confesser son ignorance, ajoute-t-il, il la déguise sous des mots barbares et des expressions équivoques, que ses lecteurs peuvent interpréter comme il leur plaît. » Reid n'a pas le droit de parler ainsi; car évidemment il ne travaillait pas sur le texte grec, comme son analyse le prouve au grand détriment de sa parfaite sincérité. Mais ne croirait-on pas entendre encore Bacon? La critique de Reid est-elle autre chose qu'une seconde édition de celle de Bacon, dont il invoque sans cesse l'autorité, qu'il imite dans son altière polémique, dans ses sarcasmes pleins d'amertume et d'injustice, et qu'il ne corrige qu'en rendant hommage à l'Histoire des animaux, et qu'en reconnaissant « un génie de premier ordre à un philosophe qui, pendant près de deux mille ans, gouverna les opinions de la partie la plus éclairée de notre espèce? » Reid d'ailleurs partagea certainement fort longtemps le dédain de Locke pour le syllogisme; et ce ne fut que vers la fin de sa carrière philosophique, qu'il revint à une appréciation plus juste et plus éclairée. Aujourd'hui, la philosophie écossaise n'est point encore guérie de tous ses préjugés; elle connaît assez bien l'Organon, mais elle ne l'estime que très médiocrement. On peut le demander à M. Hamilton, et aux appréciations plus que sévères qu'il a faites des travaux d'Aristote. Il est inutile de dire que la philosophie sensualiste le méprisa profondément, et que son mépris égala son ignorance. C'était la loi de la philosophie du XVIIIe siècle de détester le passé, qu'elle ne connaissait que par ses abus. Mais cette philosophie, disons-le bien haut, a contribué pour une grande part dans l'histoire de l'esprit humain à l'accomplissement d'une œuvre immense, et l'oubli où elle laissa la logique n'a rien qui nous doive étonner, si c'est d'ailleurs un exemple que nous devions fuir. Il ne reste plus dans le XVIIIe siècle que la grande tentative de Kant qui le termine, et renoue dignement la chaîne des traditions que l'Allemagne, écoutant les avis de Leibnitz, n'avait jamais voulu rompre entièrement. Kant s'est trompé sur plusieurs parties de la logique d'Aristote; il a de plus, durant quelque temps, accusé le syllogisme de fausse subtilité. Mais au fond, il a signalé plus vivement que personne ne l'avait fait depuis la Scholastique, la haute valeur de la logique péripatéticienne. Avec une admiration pleine de désintéressement, il a proclamé que la science était faite et qu'elle n'était plus à faire. Il ajoutait qu'en voulant la compléter et l'accroître, il fallait bien prendre garde de la dénaturer. Il voulait la laisser telle qu'Aristote l'avait fondée, ou pour mieux dire, il ne voulait point en élargir les limites. Il la modifiait bien dans les détails, d'après les vues de son propre système; mais il en admettait le caractère général et la circonscription. Il déclarait donc positivement ce que Descartes avait laissé entendre, que le monument aristotélique était à conserver. De plus, comme Descartes, et avec autant de résolution que lui, il cherchait, par une méthode nouvelle, à refaire la science humaine tout entière. Mais il attendait beaucoup plus de sa méthode que Descartes, dans sa modestie, n'avait attendu de la sienne. [Ceci ne s'applique qu'au Discours de la méthode. Descartes n'est pas toujours aussi réservé, notamment dans le Dialogue que M. Cousin a publié en français pour la première fois: Recherche de la vérité par les lumières naturelles, œuvres complètes de Descartes, tome XI, page 337. Eudoxe peut sembler tranchant, bien qu'il le soit beaucoup moins que l'auteur de la Critique de la Raison pure. Voir aussi les lettres de Descartes, passim.] Descartes disait : « Mon dessein n'est pas d'enseigner une méthode que chacun doit suivre pour bien conduire sa raison, mais seulement de faire voir en quelle sorte j'ai tâché de conduire la mienne. » Kant, au contraire, s'écriait avec une présomption que le succès n'a pas absoute : « La critique est le seul moyen de couper les racines même du matérialisme, du fatalisme, de l'athéisme, de l'incrédulité religieuse, du sensualisme et de la superstition; enfin aussi, celles de l'idéalisme et du scepticisme. » Pour accomplir une œuvre si honorable, Kant appelait avec candeur la sollicitude et la faveur des gouvernements sur la Critique, a qui seule, disait-il, pouvait établir sur une ferme base les travaux de la raison, et prévenir, une fois pour toutes, le scandale des controverses métaphysiques et théologiques, dont tôt ou tard le peuple devait être frappé. » Descartes, avec beaucoup moins de bruit, a fait bien davantage, non pas seulement pour la moralité publique qu'il n'a jamais prétendu régenter, mais aussi pour la discipline de la philosophie, que Kant avait tant à cœur et qu'il a si peu consolidée. Kant s'est beaucoup plus occupé de logique proprement dite que Descartes. Sans même parler de l'ouvrage spécial qui, après sa mort, a été publié par l'un de ses élèves, mais qui, malgré les prétentions de Kant, est fort loin d'ajouter à l'exactitude, à la précision et à la clarté de l'Organon, et qui ne vaut pas le livre de Port-Royal à cet égard, on peut dire que son grand ouvrage, la Critique de la Raison pure, contient une part considérable de logique. C'est, il est vrai, la métaphysique que Kant prétend réformer; c'est elle seule qu'il veut relever du discrédit où elle est tombée, et tirer des incertitudes où elle s'égare depuis des siècles, bien que ce discrédit soit beaucoup moins profond qu'il ne le croit, et que les aberrations de l'esprit humain en métaphysique soient beaucoup moins grandes, que sa pitié un peu dédaigneuse ne le suppose. Mais cette tentative de révolution en métaphysique, dont on a comparé l'importance à celle de la Révolution française en politique, ne pouvait se faire que par la logique. « La critique de la raison pure ne peut reposer que sur une analyse approfondie du jugement », comme l'a dit M. Cousin, résumant la pensée de Kant; et la logique transcendantale avec ses deux grandes divisions empruntées d'Aristote, analytique et dialectique, tient les deux tiers au moins du livre entier. Elle en remplit toute la première partie, et constitue ce que Kant appelle la doctrine élémentaire, ou recherche des éléments purs de la connaissance humaine. La seconde partie, moins étendue que la première, la méthodologie, n'est guère encore que de la logique, au sens où la méthode même de Descartes en est aussi; non pas que Kant ne soit à tonte distance de la netteté, de la décision et surtout de la simplicité si pratique du philosophe français; mais au fond la tentative est la même. Descartes veut conduire la raison ; Kant ne se propose pas autre chose. Seulement, Kant se défie d'elle, tandis que Descartes s'y confie avec une sécurité magnanime. Kant prétend humilier la raison sous la honte de ses paralogismes, de ses antinomies, de son vain idéal, afin de lui imposer une réserve salutaire. Descartes la rassure, en lui montrant la base inébranlable sur laquelle elle sut toujours s'appuyer, et sur laquelle il n'est pas possible, malgré tous ses écarts, qu'elle ne s'appuie pas. Il n'y a point de dogmatisme plus arrêté ni plus invincible que celui de Descartes. Kant n'a produit qu'une variété nouvelle du scepticisme. La logique prise dans toute son abstraction, isolée, comme il tentait de la faire, de tout empirisme, devait le pousser à cet abîme inévitable. Son édifice n'est qu'une admirable mine, qui pourra fournir des matériaux à de plus solides doctrines, mais sous laquelle on ne peut s'abriter sans danger. Soutenir que la raison pure, comme on l'appelle, réduite aux formes rides que l'abstraction distingue en elle, ne peut légitimement affirmer que ces formes même. sans pouvoir rien affirmer de la réalité extérieure, la chose est fort possible. Mais c'est une simple hypothèse; car la raison pure, telle qu'on l'imagine, n'existe pas. En réalité ses cases, ses formes ne sont jamais vides; et c'est aux objets même qui les remplissent, que nous empruntons les limites et la notion abstraite de ces formes. Kant a cru faire une révolution; il n'a guère enfanté qu'une anarchie plus fatale. Au point de vue où il se plaçait, après le grand exemple de Descartes, avec l'estime qu'il professait pour la logique péripatéticienne, il lui eût été facile, ce semble, de compléter l'œuvre de ses devanciers. Cette étude si patiente de l'entendement pur, aurait dû le mener à nous découvrir la source même de la logique, à nous montrer dans toute son étendue le fondement sur lequel elle repose, et le lien indissoluble qui la rattache à cette aperception primitive de la pensée par la pensée. Mais « la théorie de la conscience, comme l'a si bien fait voir M. Cousin, voilà la question sur laquelle la philosophie de Kant s'est le plus égarée. » Telle est l'origine de toutes ses erreurs. Cartésien par sa méthode, ne procédant que par la psychologie, Kant s'est perdu dans ses abstractions. Une description exacte, complète, de la conscience, voilà ce que Descartes laissait à faire à ses successeurs. L'école Écossaise l'a tenté, comme Kant, d'un point de vue tout autre. La philosophie Écossaise laissera, sans aucun doute, des traces dans l'histoire; Kant en laissera certainement aussi, et de plus durables. Mais pas plus que les philosophes d'Édimbourg, il n'a résolu tout le problème logique. Son essai périlleux signalera des écueils à ceux qui entreront dans cette route, désormais nécessaire, que Descartes a eu la gloire d'ouvrir, mais qu'il ne pouvait parcourir tout entière. Kant voulait beaucoup plus : il prétendait à signaler lui-même les naufrages de la raison; et son propre naufrage, l'un des plus grands, servira peut-être à en prévenir d'autres. Ce serait sans doute ici le lieu de parler de dégel et de son système prétendu logique. Mais Hegel n'a pas fait de logique proprement dite. Il lui a plu de confondre dans ce qu'il appelle la logique, la métaphysique, la philosophie tout entière, l'intelligence de l'homme avec tous ses développements, l'histoire même de l'humanité. Au milieu de cet immense chaos, apparaissent quelques théories logiques, une exposition du syllogisme où les figures sont nettement réduites à trois, d'après les formules aristotéliques, mais avec déplacement de leur ordre, en vertu de principes qu'Aristote n'aurait certainement pas avoués. Ce n'est là de la logique que de nom, et l'on pourrait tout aussi bien omettre Hegel sous ce rapport, que Fichte et M. Schelling, qui tous deux ont laissé la logique complètement de coté. Hegel n'a pas renouvelé la science, comme l'enthousiasme de ses disciples l'a parfois proclamé; il l'a dénaturée, malgré les avertissements de Kant, et en la faisant la première des sciences, ou pour mieux dire la seule science, il l'a tuée. Voilà donc le grave enseignement que l'histoire nous donne. Ramus, Bacon, organes l'un et l'autre des besoins de réforme, ont mal compris, bien qu'à des degrés divers, la réforme qui était à faire. Descartes seul l'a bien comprise, et de plus il l'a faite dans son principe; mais il n'a pas suivi ce principe dans ses applications, trop étendues pour qu'un seul génie, même le sien, pût les embrasser toutes. La première tentative faite pour explorer ce champ nouveau, a échoué dans son résultat le plus général. Kant voulait décrire l'entendement, en montrer les éléments et la vraie puissance; il a inventé les faits plutôt qu'il ne les a observés, et il a nié en définitive la puissance de la raison qu'il a condamnée au scepticisme. Descartes et Kant ont laissé la logique d'Aristote entière; ils étaient trop sages pour la détruire ou même la mutiler. Et cette réserve nécessaire aurait dû prouver au sceptique allemand, que la raison humaine, qui avait produit cet inébranlable dogmatisme, n'était pas aussi impuissante qu'il voulait bien le dire. On peut voir maintenant, avec la plus grande clarté, ce que doit faire l'École à laquelle nous appartenons. D'abord, et avant tout, elle est cartésienne par son principe. L'autorité de la raison est le fondement sur lequel elle s'appuie, parce que sans ce fondement, il n'y a point de liberté, c'est-à-dire, de philosophie. Elle est cartésienne, en déclarant que la psychologie est le point de départ de toute recherche vraiment philosophique. Son passé, les luttes qu'elle a soutenues depuis trente ans, la connaissance profonde qu'elle a de l'histoire, et de toutes les méthodes si vainement tentées, même de nos jours, en dehors de la méthode psychologique, tout la ramène et la rattache à Descartes. Elle s'en fait gloire. Par là elle est sûre de continuer, non pas seulement les traditions nationales, qui sont fort respectables sans doute, mais qui, par elles seules, sont sans valeur suffisante; mais de plus, les vraies traditions de l'humanité, dont le grand penseur du XVIIe siècle n'a été qu'un fidèle écho. Elle est sûre par là de renouer la philosophie moderne à la philosophie antique, et de développer des germes dont l'accroissement, depuis Socrate, n'a pas un seul instant cessé, au travers des évolutions les plus nombreuses, et en apparence les plus diverses. A ses yeux, c'est Descartes qui a donné définitivement à l'esprit la pleine possession de lui-même, si longtemps cherchée; et elle pourrait dire, si elle ne craignait de parodier un trop fameux axiome : Hors du principe cartésien, point de salut. D'ailleurs, en se proclamant cartésienne, elle ne vient point substituer un joug nouveau à un joug ancien. Le principe de Descartes est la liberté même, et il n'y a point d'esclavage à reconnaître les lois de la raison. Elle ne jurera donc pas en logique par Aristote ; mais si, à la clarté du principe cartésien, elle trouve que la logique d'Aristote est vraie, elle l'acceptera comme telle, et non point comme péripatéticienne. A cette large mesure, il n'est rien dans le passé de trop grand pour qu'on ne puisse l'y rapporter; et de là cet éclectisme, qui n'est qu'une sentence impartiale sur les résultats de tous les systèmes, loin d'être l'adoption d'aucun d'eux. Rapprochés tous de cette lumière des lumières, s'ils trahissent leurs défauts, ils montrent aussi la part de vérité qui leur est propre; et la méconnaître, serait une injustice aussi flagrante que gratuite. Aristote et son Organon n'ont rien à craindre de cet examen, quelque sévère qu'il soit. Fait en toute rigueur, il n'a pu que confirmer le jugement porté dès longtemps par l'humanité presque entière. L'Ecole contemporaine s'est rangée à cette approbation unanime ; elle laisse quelques esprits prévenus, à peu près seuls, dédaigner ce grand témoignage, qui est certainement l'un des plus beaux et des plus consolants spectacles que les choses humaines puissent donner. Mais si elle adopte l'Organon, n'a-t-elle point à lui demander compte de la méthode qui l'a produit? A quelle source Aristote a-t-il puisé? A quelle autorité a-t-il emprunté ces principes puissants? Sur quelle base repose tout cet édifice? Le langage, tout admirable qu'il est, a-t-il fourni seul tous les matériaux? Les catégories, le syllogisme, comment les a-t-on découverts? Par quel procédé régulier, irréfutable, les a-t-on obtenus? Aristote, sur toutes ces questions, n'a rien à répondre. Il n'a point livré le secret de sa méthode ; et sans doute par la meilleure de toutes les raisons, c'est qu'il ne l'avait pas. La philosophie de nos jours doit pouvoir le lui donner, si le principe de Descartes, si la psychologie sont aussi fécondes qu'elle le prétend et qu'elle a droit de le prétendre. Singulière coïncidence! Kant, à la fin du XVIIIe siècle, n'a pas plus exposé sa méthode que ne l'a fait Aristote; et toutes les questions si graves qu'on vient d'adresser au philosophe grec, on peut, à titre égal, les adresser au philosophe allemand. Mais Kant est ici beaucoup moins excusable. Au temps du Criticisme, la philosophie avait deux mille ans de plus; elle avait surtout l'enseignement de Descartes; le Criticisme est presque impardonnable de ne l'avoir pas entendu. Procéder à la critique de la raison pure sans indiquer son point de départ, et sans l'affermir en l'indiquant, c'est une contradiction dont la philosophie allemande ne s'est pas fait faute d'imiter le funeste exemple. Aristote a du moins pour lui l'excuse de son inexpérience. La méthode de Socrate et de Platon n'était qu'un germe, qui ne devait point se développer de si tôt. Le ferme fondement de la philosophie n'était point encore complètement mis à découvert. La philosophie jusqu'à un certain point s'ignorait encore elle-même. Au temps de Kant, il y avait un siècle et demi qu'elle s'appartenait, avec toute connaissance de son principe et de ses devoirs. Il faut donc que l'École contemporaine établisse la logique sur la seule base qui la puisse porter, c'est-à-dire, sur la psychologie. Elle a déjà tiré bien des conséquences importantes du principe cartésien; elle lui a donné des développements considérables, qu'avaient préparés pour notre âge les efforts si divers à première vue, et cependant si ressemblants au fond, de toutes les écoles du XVIIIe siècle, les Écossais aussi bien que les Allemands. De l'étude de la conscience, attentive, exacte, étendue, elle a tiré tout une psychologie, toute une morale, une métaphysique, une théodicée même, et surtout un système historique applicable à la philosophie spécialement, et en général, à l'esprit humain tout entier. Elle a su trouver dans la conscience, et les éléments de la nature de l'homme, et les principes nécessaires à la connaissance du monde extérieur. Aussi loin du scepticisme que de l'idéalisme, où se perdaient quelques-uns des penseurs de nos jours, elle a su fonder un dogmatisme qui a déjà exercé une décisive influence sur la direction des esprits; et sans juger définitivement des travaux qui sont encore en voie de s'accomplir, on peut affirmer que le spiritualisme du XIXe siècle aura dû surtout sa puissance à la philosophie. C'est un appui énergique et spontané qu'elle a donné à la religion, qui devrait peut-être s'en montrer plus reconnaissante. Mais si l'école contemporaine a porté son attention la plus vive sur ces hautes et pressantes questions de la science, elle a négligé quelque peu la logique sans d'ailleurs ressentir en rien pour elle le dédain dont l'avait poursuivi l'école sensualiste. D'heureux symptômes annoncent même déjà de meilleurs jours pour ces études; et le syllogisme, depuis longtemps oublié dans les écoles, y a reparu pour n'en plus sortir. En dehors des écoles, des tentatives assez nombreuses ont été faites, et l'Institut de France s'est honoré en provoquant et en encourageant cette rénovation de la science. Sommes-nous destinés à la voir s'accomplir dans toute sa portée? Le XIXe siècle produira-t-il un système de logique qui puisse être, sinon définitif, qui vienne du moins marquer dans l'histoire de la philosophie, l'une de ces grandes phases qu'y a marquées l'Organon, et que le Criticisme crut quelque temps y devoir marquer aussi? Il serait périlleux de répondre à cette question par une prophétie, que le temps ne se chargerait peut-être pas de confirmer; mais l'on peut dire que, parmi toutes les nations européennes, c'est la France qui paraît avoir le plus de chances probables pour atteindre ce grand résultat. L'esprit général de la nation, la langue qu'elle parle et dont le premier mérite est la clarté, le passé de la philosophie française, toute logique dans le moyen-âge, si profondément psychologique avec Descartes, et d'après sa méthode, dont elle seule a la gloire et la véritable pratique, tout nous doit donner de justes espérances. La logique est une science exacte s'il en fut; elle demande dans ceux qui la cultivent, et surtout dans ceux qui la peuvent faire avancer, une précision, une mesure, une simplicité que ne possède point suffisamment la philosophie allemande. L'Angleterre a presque complètement déserté le terrain de la philosophie; et dans ses plus grands efforts, elle arrive tout au plus à quelques systématisations baconiennes des sciences naturelles. La métaphysique l'a toujours épouvantée, et la logique n'a jamais été cultivée par elle d'une manière bien sérieuse. La philosophie française, toute préoccupée des grandes questions sociales qu'elle avait soulevées dans le XVIIIe siècle, dut négliger aussi durant quelque temps des études qui jadis lui avaient été si chères. Elle y est aujourd'hui ramenée par le mouvement même qui la conduit depuis les premières années de ce siècle. Mais, il faut le dire, les génies logiques sont fort rares. L'Inde n'en a eu qu'un seul, Gotama; la Grèce n'a compté qu'Aristote. Le XVIIIe siècle peut-il se vanter, en fait de science logique, d'avoir produit Kant? Que du moins cette première traduction française de l'Organon, rappelle à la philosophie de nos jours ce que la logique fut chez les Grecs. Qu'elle lui indique aussi ce que la logique pourrait être aujourd'hui, si quelque Aristote nouveau venait mettre à profit et les matériaux préparés par Descartes, et ceux que lui fournirait sans aucun doute le spectacle si grand et si fécond des sciences contemporaines. NOTE ADDITIONNELLE Je n'ai pas cru devoir mentionner dans cette préface les accusations de plagiat portées quelquefois contre Aristote; elles l'ont été à deux reprises diverses, à des époques fort éloignées, par des motifs très différents, et dans des proportions fort inégales. On a prétendu dans l'antiquité qu'Aristote avait emprunté ses Catégories au pythagoricien Archytas; et Simplicius, tout péripatéticien qu'il est, cite de longs passages du livre encore célèbre de son temps, où Aristote, disait-on, avait puisé. Jamblique et Dexippe, son élève, croyaient à l'authenticité de ce livre, et par conséquent au plagiat, tout aussi bien que Simplicius. Thémistius et Boèce, après lui, rejettent cette opinion qui n'est point admissible, et qui prouve une connaissance plus que légère de la logique péripatéticienne. L'autorité de Simplicius est grave, sans doute; mais elle n'est point recevable aux yeux de la critique moderne. Presque de nos jours, William Jones, se fondant sur certaines traditions semi-grecques, semi-persanes, a soutenu sérieusement qu'Aristote avait reçu son système tout fait des Brachmanes, par l'intermédiaire de son neveu Callisthène. Comme l'Inde n'a jamais eu qu'un système de logique, ou mieux, de dialectique, le Nyâya, on en devait conclure que le Nyâya était l'original dont l'Organon n'était que la copie. J'ai traduit et commenté le Nyâya, et l'on peut se convaincre par une simple lecture que les deux monuments n'ont pas la moindre ressemblance. (Voir les Mémoires de l'Académie des sciences morales et politiques, tom. 3, p. 236 et suiv.) Il faut donc renoncer à ces accusations, invraisemblables en elles-mêmes, et dont on reconnaît aisément la fausseté, quand on se donne la peine de les examiner de près. L'Organon est une des productions les plus grandes et les plus parfaitement originales du génie grec. Aristote doit conserver la gloire entière de l'avoir conçu et exécuté sans modèle, comme sans imitateurs.
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Aristote, Préface aux catégories RETOUR À L’ENTRÉE DU SITE table des matières de l'oeuvre d'Aristote table des matières dES CATEGORIES ARISTOTE LOGIQUE . TOME UN PREFACE AUX CATÉGORIES Traduction française : BARTHÉLEMY SAINT-HILAIRE . Introduction aux catégories par Porphyre . CATEGORIES. PRÉFACE De la nature de la Logique. - Logique pure faite par Aristote, dans les Catégories, l'Herméneia et les Analytiques, Premiers et Derniers : Logique appliquée, dans les Topiques et les Réfutations des Sophistes. - Comparaison des Catégories d'Aristote et de celles de Kant. - Erreur d'Aristote sur la théorie de l'universel. - Tentatives pour réformer la logique péripatéticienne: Ramus, Bacon. - Méthode de Descartes. - Port-Royal, Leibnitz, la philosophie Écossaise, le Sensualisme. - Tentative de Kant : Hégel. -Travaux que doit faire l'école contemporaine pour fonder la logique sur la psychologie. Les hommes ont raisonné, en toute perfection, bien longtemps avant que la logique n'eût étudié les lois du raisonnement. Le chef-d'œuvre poétique de l'esprit humain est de cinq ou six siècles antérieur à l'Organon. Les législateurs ont promulgué leurs codes, les hommes d'état ont traité les affaires politiques, sans connaître les règles de la pensée dont ils faisaient un si utile et si puissant usage. Les orateurs ont persuadé la multitude, et parfois l'ont admirablement servie, sans avoir le secret de leur éloquence. Les sciences même ont obéi, comme la poésie, comme la politique, à une sorte d'inspiration qui n'a rien ôté à la certitude de leurs découvertes. Longtemps avant Aristote, la médecine avait trouvé les méthodes qui lui sont propres : elle avait déterminé ses principes, fixé le domaine qui lui appartient. Elle avait su, par des discussions étendues et régulières, fonder une doctrine qui est encore aujourd'hui la plus illustre et la plus vaste de toutes. Les mathématiques n'avaient pas fait moins de progrès que la médecine, l'éloquence et la poésie. Elles avaient déjà cette forme sévère qu'Euclide n'a point inventée : les théorèmes qu'elles possédaient étaient démontrés aussi rigoureusement qu'ils peuvent l'être aujourd'hui, sans qu'on sût rien alors de la théorie de la démonstration. Bien plus, au-dessus de tous ces développements inférieurs de l'intelligence, la philosophie, qui les domine tous en les résumant, avait fait ses plus sérieuses conquêtes. Sans parler de quelques philosophes de l'école d'Ionie, sans parler de l'école d'Élée ni de Pythagore, elle avait trouvé la vraie méthode avec Socrate, l'avait appliquée avec Platon; et elle en avait tiré ces vérités immortelles et fécondes que rappellent ces deux grands noms. Ainsi donc. avant que la science logique ne fût née, l'esprit humain avait produit, par sa seule puissance, sans erreur quoique sans guide, quelques-uns des plus solides monuments dont son juste orgueil puisse se vanter. Les formules de la logique une fois connues, en quoi ont-elles servi le développement de l'intelligence? Aristote a tracé les lois de la pensée, comme il a tracé les principes de la politique, ceux de la morale, ceux de la rhétorique et de la poétique, ceux de l'histoire naturelle, ceux de la physique et de la météorologie, ceux enfin de la métaphysique. Mais nous ne voyons pas que cette science des lois de la raison, ait influé de longtemps sur les progrès de la raison même. Doté de la logique, le génie grec a fourni sa carrière à peu près comme si la logique n'existait pas. Il a poursuivi la route commencée, approfondi les principes découverts : il en a trouvé de nouveaux. Il a continué de prodiguer au monde tous les trésors qu'il recélait. Et la logique, qui ne lui avait point donné naissance, ne l'empêcha pas de mourir, quand le germe qui lui était propre eut porté tous ses fruits, et que, mille ans après Socrate, un germe plus beau fut venu définitivement l'étouffer en le remplaçant. La logique, assise sur d'inébranlables bases, cultivée, accrue par les écoles les plus diverses, enseignée à tous les hommes éclairés, avait bien pu donner dès lors aux formes de la science plus de rigueur et plus de rectitude. Mais le mouvement commencé sans elle se poursuivait sans elle : et elle fut impuissante à le ranimer quand il s'éteignit. Elle n'avait été qu'une science de plus, ajoutée à toutes les autres, plus générale qu'aucune d'elles, à certains égards les comprenant toutes, mais enfin ne donnant à aucune, ni la vie qu'elle-même perdait, ni des directions dont ces sciences s'étaient toujours passées, et dont elles se passaient bien mieux encore dans leur agonie. Dans l'Inde et chez les Arabes, la logique, indigène et parfaitement originale, ou de simple importation étrangère, a joué le même rôle absolument que chez les Grecs. Il est vrai que si, dans le monde ancien, elle n'exerça point d'influence décisive sur la marche et la fécondité des esprits, ce fut elle qui, dans le monde héritier et vainqueur de l'antiquité, entretint une apparence de vie. Sauvée, seule à peu près du grand naufrage, ce fut elle qui conserva les traditions de l'intelligence, et qui, plusieurs siècles durant, suffit à satisfaire presque tous ses besoins. Elle soumit l'esprit nouveau à une longue et rude discipline, par les discussions les plus délicates et les plus subtiles. Elle lui donna des qualités puissantes qu'il ne perdra plus, qui font, en partie, sa grandeur, et dont il a peut-être oublié, dans son ingratitude, l'origine reculée. Mais si la logique a fait la Scholastique, berceau de l'intelligence moderne, si longtemps elle fut exclusivement cultivée par le moyen âge, mahométan ou chrétien, il n'en faut pas conclure que la logique toute seule ait donné aux esprits cette impulsion que les quatre derniers siècles ont vue grandir, et qui s'accroît tous les jours sous nos yeux. A côté de la logique, au-dessus d'elle, il y avait, d'abord, cette énergie naturelle de l'esprit humain qui ne s'arrête jamais; puis, une grande religion qui n'était pas faite pour ralentir sa marche; et enfin, cette antiquité tout entière, dont la logique n'était qu'une faible portion, et qui, par ses chefs-d'œuvre mieux connus, vint après quatorze cents ans rendre à la pensée son véritable essor, comme elle lui apportait aussi le véritable goût. Qu'on ne se méprenne point sur les services que la logique, par les mains de la Scholastique, toute française et toute parisienne, a rendus à l'Europe. Qu'on ne dénature point ces services en les exagérant. Elle imprima certainement à la science moderne, et à toutes les langues dont elle se sert, une sévérité d'exposition, une précision, une justesse qu'elles n'auraient point eues sans elle au même degré. Elle avait habitué les esprits aux plus durs labeurs, et les avait fortifiés par les pénibles exercices de l'école. Mais ce ne fut pas elle qui les inspira; ce ne fut pas même elle qui donna le signal de leur véritable réveil. Après les avoir jadis soutenus, quand ils étaient languissants et faibles, elle devint bientôt un embarras et un obstacle, quand ils furent plus robustes; et elle fut répudiée par le peuple même qui jadis en avait fait la première et la plus grande des études. Chose remarquable! les progrès de l'intelligence parurent en proportion de l'abandon où la logique était tombée : et le discrédit que des génies comme Descartes et Pascal avaient jeté sur elle, et que le siècle suivant avait sanctionné par le ridicule, n'est pas même aujourd'hui passé. L'esprit contemporain n'a point encore hautement appelé de cet injuste arrêt, qu'il ne regarde pas cependant comme définitif. La logique qui n'a point provoqué les progrès de l'esprit grec, et qui ne l'a point sauvé de sa ruine, qui entravait l'esprit moderne après l'avoir aidé, est maintenant une science presque morte ; et les tentatives faites pour la relever ne sont encore ni générales ni très puissantes. L'esprit de notre temps, tout aussi bien que celui des deux siècles antérieurs, ne s'en est pas ému : il a continué ses heureux travaux, sans demander à la logique des secours dont il ne sentait pas le besoin; et nous ne voyons pas que les sciences en aient moins rapidement avancé. Le désordre, plein de vie d'ailleurs, que leur vaste domaine présente à l'observation attentive du philosophe, tient à bien des causes, parmi lesquelles l'abandon des études logiques peut compter, mais n'occupe pas certainement une place très considérable. L'histoire, interrogée jusque dans ses témoignages les plus récents, nous prouve donc que la logique n'a point, sur les destinées de l'intelligence, cette influence souveraine qu'on s'est plu quelquefois à lui attribuer, et qu'une philosophie circonspecte ne peut pas, en effet, lui reconnaître Pour nous, et par l'oubli même où notre temps a laissé les études logiques, il nous serait difficile de dire, d'après un examen direct, ce qu'elles pourraient avoir d'utile pour l'éducation et le gouvernement des esprits. De logiciens, il n'y en a plus, bien que ce titre ait pu être usurpé par quelques écrivains éloquents, raisonnant fort bien sans doute, mais profondément ignorants de toutes les règles qu'ils employaient avec tant de succès. A défaut d'exemples contemporains, nous pouvons le demander à Montaigne, nous pouvons le demander à Descartes, à Port-Royal, à Malebranche, au dix-septième siècle tout entier, à Leibnitz, témoin le plus impartial et le plus éclairé de tous. N'en appelons point à Bacon, dont l'imagination passionnée s'emporte à l'invective. Mais tous ces grands esprits sans exception, que nous disent–ils des résultats de la logique, encore assidûment cultivée de leur temps? Ils nous répondent tous par des accusations unanimes contre le syllogisme, appliqué comme on le faisait alors. Ils nous répondent bien mieux encore par ces tentatives plus ou moins heureuses qu'ils ont tous faites, pour substituer aux anciennes méthodes une méthode nouvelle, et s'ouvrir des routes tout à fait ignorées à la recherche et à la découverte de la vérité. A côté du témoignage de l'histoire, ne pouvons-nous pas en placer un autre beaucoup plus clair et bien moins récusable? N'est-il pas évident que la justesse de l'esprit ne tient pas à la culture qu'il a reçue? que la nature et Dieu font en cela beaucoup plus que les enseignements et les habitudes, et que la logique ne peut pas plus, avec ses formules, toutes vraies qu'elles sont, redresser un esprit naturellement faux, que l'art du médecin ne peut refaire les tempéraments débiles? La logique n'a même presque jamais élevé ses prétentions aussi haut; et ce ne sont pas des règles abstraites, même rigoureusement appliquées, qui peuvent extirper des esprits les vices ou les faiblesses qui les enchaînent à l'erreur. C'est là le difficile objet d'une pratique plus délicate et plus rare, que la logique n'enseigne pas, et dont les règles longtemps cherchées sont encore et resteront toujours à faire. On n'apprend point à raisonner : tout ce qu'on peut apprendre, c'est comment l'on raisonne. On n'apprend point à être poète, mais l'on peut sur les chefs-d'œuvre poétiques noter les traces du génie, c'est-à-dire, observer la nature dans ses manifestations les plus éclatantes et les plus vraies. « Ceux qui ont le raisonnement le plus fort, dit Descartes, et qui digèrent le mieux leurs pensées, afin de les rendre claires et intelligibles, peuvent toujours le mieux persuader ce qu'ils proposent, encore qu'ils ne parlassent que bas-breton et qu'ils n'eussent à jamais appris de rhétorique. » La logique non plus n'instruisit jamais personne à raisonner; et tous les hommes, des plus ignorants jusqu'aux plus éclairés, suivent la spontanéité de leurs facultés, les uns sans songer à des règles qu'ils ne connaissent pas, les autres sans se souvenir de règles que la réalité ne peut mettre en usage. Quelle est donc la nature de la logique? Répondons sans hésiter que la logique est une science, et que le propre de toute science, ainsi que l'enseigne Aristote, est de nous faire connaître les choses qui sont, comme le propre de l'art est de montrer à produire les choses. La science n'est qu'une histoire : elle observe les faits, elle les classe, les systématise, en étudie les conséquences et les lois générales. Mais elle ne nous apprend pas à rien créer par les facultés que nous a données la nature. Elle ne s'adresse en nous qu'à cette partie de notre intelligence, qui nous met en relation avec le vrai. Elle ne s'adresse qu'à l'entendement, et ne prétend nous mener qu'à la connaissance, à la contemplation, et pour parler grec, à la théorie. Sa fonction n'est que celle-là, bien haute, bien précieuse, mais sans autre utilité que celle de savoir, et par cela même si souvent reléguée dans le domaine des chimères et des impossibilités. L'art, au contraire, poursuit un but moins élevé, beaucoup plus accessible au vulgaire, mieux compris de lui, et qu'il prend volontiers pour le seul que l'intelligence doive se proposer, le seul même qu'elle puisse atteindre. L'art nous apprend à mettre en œuvre cette activité causatrice qui est en nous, et dont l'exercice est pour l'homme le penchant le plus naturel et la jouissance la plus vive. Il nous montre à faire, à créer quelque chose de notre propre fond. L'habitude vient fortifier les leçons qu'il nous donne; et pour peu que la nature soit souple et vigoureuse, l'art a bientôt formé des habiles. La mission de l'art est toute pratique : il s'inquiète peu d'où il tire ses éléments; il les emploie sans les approfondir, souvent même sans les connaître. Ce qui le préoccupe, c'est de faire et de bien faire. Savoir ne lui importe que dans la mesure, très restreinte souvent, où toute action de l'intelligence exige que l'on sache. Le vrai lui est à peu près indifférent : il ne songe qu'au réel. A ce titre, l'art paraît bien éloigné de la science; et pourtant il ne l'est pas. Par la constitution même de la nature humaine, la théorie et la pratique se tiennent aussi intimement que l'âme et le corps, unis quoique parfaitement distincts, séparés jusqu'à certain point, puisqu'il a été donné à l'âme de se réfugier en elle seule, et de se réduire, en éliminant le corps, dont elle ne peut se détacher, à la pensée qui la fait ce qu'elle est. Il n'y a point d'art qui ne relève d'une science, source de ses principes, antérieure à toutes ses applications, et qui les dirige à son insu, comme l'âme dirige le corps qui ne la connaît pas. Mais de même que l'âme peut s'abstraire du corps auquel elle est jointe, la science peut aussi se préserver de tout contact avec l'art qui découle d'elle. La peine est grande de part et d'autre; et ce n'est pas sans péril qu'on tente un isolement que la nature permet, sans doute, mais qu'elle ne fait point. La science n'est que selon l'homme tout seul; l'art est bien plus selon la nature : et c'est là ce qui donne à la science une supériorité que l'art ne peut revendiquer pour lui. Des logiciens de nos jours, même des plus instruits et des plus graves, ont traité cette question avec une légèreté qu'elle ne mérite pas. « La logique est-elle une science? est-elle un art? vain débat selon eux, simple affaire de définition, dispute de mots. Il n'y a point d'art qui ne soit une science, point de science qui ne soit un art : et fixer ici des limites est un soin aussi peu utile qu'il est embarrassant. » De quelque autorité que cette opinion s'appuie, on ne peut l'admettre. La question est l'une des plus importantes qu'on puisse agiter en ces matières. Si la logique est une science, on ne lui demandera que ce qu'une science peut donner, et si elle le donne, son devoir sera rempli : la logique sera justifiée aux yeux du sens commun, comme aux yeux de la philosophie; elle tiendra dans le domaine de l'intelligence sa juste place, et lui rendra tous les services qu'on est en droit d'attendre d'elle. Si la logique est un art, au contraire, et qu'on lui demande plus qu'elle ne peut donner, la logique alors sort de ses voies, se méconnaît elle-même, et poursuit des résultats tout à fait inaccessibles à ses efforts. Mêler les juridictions est un tort dans la pratique légale : ce n'en est pas un moindre dans le domaine de la pensée. Fixer les limites des sciences est tout aussi difficile que de fixer les frontières des états : et les esprits, malgré ce qu'en ont pu dire les penseurs de Port-Royal (Art de penser, 1er discours, pag. 29), ne souffrent pas moins que les peuples de la confusion et des conflits. Au point de vue de la philosophie, il y a de très fâcheux inconvénients à mêler l'art et la science, parce que les règles de l'un ne sont pas du tout les règles de l'autre. Au point de vue du sens commun, il y en a bien plus encore : et c'est parce que la logique ne rendait pas au vulgaire ce qu'on exigeait d'elle injustement, qu'elle est tombée, non pas seulement dans l'abandon, mais dans le mépris. C'est donc tout autre chose qu'un « intérêt verbal» qui s'agite ici. Il y va d'une partie considérable de la philosophie d'abord, de la science humaine, de l'intelligence même. Il est vrai qu'en équivoquant sur les mots d'art et de science, on peut résoudre la question par une fin de non-recevoir très facile : mais la question, tranchée en apparence, n'en demeure pas moins au fond la même; et il reste toujours à savoir précisément ce que la logique peut faire pour la direction des esprits, et jusqu'où doit s'étendre l'espérance légitime que nous pouvons fonder sur elle. Le sens commun s'étonnera toujours que la logique ne mène pas infailliblement à la vérité : la logique s'ignorant elle-même le lui promettra quelquefois, et ne tiendra pas des promesses qu'elle n'aurait point dû faire. Ces exigences d'une part, cette vaine condescendance de l'autre, sont-elles sans dangers? Non sans doute, et la question vaut parfaitement la peine qu'on s'y arrête et qu'on l'approfondisse. Les logiciens anciens ne s'y sont pas trompés. Il n'y a pas un commentateur grec ou arabe, il n'y a pas un scholastique, qui n'y ait donné la plus sérieuse attention. Ceci devait suffire pour avertir les critiques modernes. Un litige tant de fois renouvelé, et qui se renouvelle toutes les fois qu'on touche à la logique, a nécessairement de l'importance. Il est du devoir d'un logicien qui tient à ne pas compromettre la science, de le vider dès ses premiers pas. Aussi presque tous l'ont fait, et tous ont eu raison de le faire, bien qu'ils soient loin d'y avoir tous réussi. On peut signaler comme une chose singulière, et Ramus ainsi qu'Omer Talon, son éditeur, l'ont déjà remarqué, que le père de la logique, l'auteur de l'Organon, soit le seul à peu près qui n'ait pas touché ce point de discussion. Il n'a nulle part défini la logique, dans les ouvrages qui nous sont parvenus, négligeant cette question spéciale, du moins sous la forme où elle a été plus tard si souvent débattue. « Preuve nouvelle, dira-t-on : si cette question était si grave, Aristote ne l'eût pas omise. » Mais cette objection n'est que spécieuse. Aristote a beaucoup mieux fait que de définir la logique, que de vouloir déterminer son étendue, par les limites toujours contestables d'une définition. Il a marqué ces limites d'une manière éternelle par les ouvrages qu'il nous a laissés. Une définition, quelles qu'en eussent été la justesse et la compréhension, n'aurait pas si bien fait. Aristote a tracé en caractères ineffaçables la nature et la circonscription de la logique : et ces caractères sont clairement écrits dans les Catégories, l'Herméneia et les Analytiques. II a fait la part admirablement exacte de la science et de l'art, de la théorie et de la pratique. Il n'a pas, si l'on veut, épuisé complètement l'une et l'autre ; mais il les a si nettement distinguées qu'il n'est presque plus possible de les confondre. La dialectique et la sophistique appartiennent à l'art, loyal ou frauduleux, de même que les quatre traités qui précèdent appartiennent exclusivement à la science. Si donc Aristote n'a pas défini la logique, comme les progrès de l'analyse ont exigé plus tard que le fissent ses disciples, l'Organon, dans son vaste ensemble, avec les deux domaines que l'auteur lui-même y sépare, n'est qu'une longue définition, irréfutable quand on sait la comprendre, et que les plus profondes investigations qui ont suivi n'ont pu que confirmer. Il ne faut donc pas dire avec M. Hamilton, juge d'ailleurs si compétent dans ces matières, « que les notions inexactes qui ont régné et qui règnent encore sur la nature et le domaine de la logique doivent être principalement attribuées à l'exemple d'Aristote et à son autorité. » (Frag. de Philosophie, tr. par M. Peisse, p. 218.) Aristote n'a point inspiré ces erreurs : une définition, s'il l'eût faite, ne les aurait pas prévenues. Ses ouvrages eux-mêmes, bien autrement décisifs qu'une simple définition, n'ont pu les empêcher : voilà ce qu'il fallait dire. Mais qu'Aristote se soit mépris sur la nature de la logique, au point de n'avoir fait que de la logique appliquée au lieu de logique pure, c'est là très certainement une assertion exorbitante. Elle sera réfutée plus loin. Ici, d'ailleurs, il faut laisser de côté les discussions si longues, parfois si subtiles, quelquefois si profondes et si vraies, des commentateurs grecs, latins, arabes, sur la nature de la logique. Qu'il suffise de conclure et de maintenir qu'elle est une science, qu'elle observe des faits, sans avoir plus à faire que de les bien observer; et que si elle descend à enseigner un art, c'est une sorte de hors-d'œuvre auquel elle n'est pas tenue, et qui n'est pas sans dangers pour elle. La nature de la logique étant ainsi fixée, il reste à savoir quel est l'objet de cette science. L'objet d'une science est véritablement ce qui la constitue; c'est ce qui la distingue de toutes les autres. Si cet objet est vague, indéterminé, les limites de la science sont indécises, obscures, et la science court risque de s'étendre démesurément, ou de se restreindre sans plus de raison. Les sciences qui discernent le mieux leur objet, deviennent en général les plus claires et les mieux faites de toutes. Réciproquement, une science, quand elle est bien faite, peut discerner parfaitement son objet. C'est la condition préalable de sa perfection et de ses succès. S'il est au monde une science bien faite, c'est la logique sans contredit. Ecoutez Reid et Kant, témoins également recevables, bien qu'à des titres différents : « Voilà deux mille ans et plus, nous dit Reid revenu à des sentiments plus équitables, voilà deux mille ans et plus, que les règles de la logique ont été fixées par Aristote, et qu'elles ont été invariablement reproduites par tous les philosophes qui l'ont suivi. » Et Kant, qui n'a jamais varié dans son admiration, ajoute : « On voit que la logique possède le caractère d'une science exacte depuis fort longtemps, puisqu'elle ne s'est pas trouvée dans la nécessité de reculer d'un pas depuis Aristote. Ce qu'il y a encore de remarquable, c'est qu'elle n'a pu faire jusqu'ici un seul pas de plus, et qu'elle semble, suivant toute apparence, avoir été complètement achevée et perfectionnée dès sa naissance. » (Trad. de M. Tissot, tom. 1, p. 2). Ce grand témoignage n'est pas une erreur de l'enthousiasme. Ce sont des émules et des adversaires qui déposent. Bien plus, les siècles avaient devancé ce témoignage, et l'histoire de la philosophie le confirme. Auprès du vulgaire des savants, la logique jouit de la réputation d'avoir une exactitude égale à celle des mathématiques; auprès des philosophes, qui savent où les mathématiques puisent la leur, la logique pourrait presque passer pour la seule science exacte. Ce n'est donc pas trop dire pour personne, que d'affirmer que la logique est une science bien faite, et qu'elle a dès longtemps distingué son objet de façon à ne plus s'y méprendre. Cet objet, quel est-il donc? Devons–nous répondre avec Kant, que la logique est la science des lois nécessaires de l'entendement et de la raison en général, ou avec Kant encore et M. Hamilton, la science des lois formelles de la pensée? La logique est bien cela, si l'on veut. Mais les lois nécessaires, les lois formelles de l'entendement, de la pensée, c'est une expression bien étendue, bien vague. Il y a des lois nécessaires de l'entendement ailleurs que dans la logique : la métaphysique en étudie quelques-unes, la psychologie en étudie d'autres; et Kant s'efforce avec le plus grand soin de distinguer la logique de toutes deux, en quoi l'on ne peut que l'approuver. Parler des lois nécessaires, ce n'est pas assez dire, ou plutôt c'est dire trop. Oui, les lois que la logique étudie sont nécessaires : mais elles ne sont pas les seules à l'être dans l'entendement. Oui, l'entendement et la raison ont des lois nécessaires, mais la logique ne les étudie pas toutes sans exception. Quant aux lois formelles de la raison, il n'est guère plus facile de bien comprendre et de justifier cette définition. Sans doute la logique ne s'occupe que de la forme; elle ne s'occupe pas de la matière de la pensée. Mais ces lois formelles peuvent s'étendre elles-mêmes à plus ou moins d'objets. Aristote, pas plus que M. Hamilton, n'entendait faire entrer la matière de la pensée dans la logique; il entendait tout aussi bien que lui ne rechercher que des lois formelles. Et pourtant, Aristote a compris dans la logique des parties que M. Hamilton en exclut impitoyablement; car il n'est pas un des six traités de ce grand système qui trouve grâce devant sa critique; et l'on pourrait conclure, comme le philosophe écossais n'hésite point à le faire, qu'Aristote a connu l'objet de la logique beaucoup moins bien que la plupart de ses successeurs. Parler des lois formelles de la pensée, ce n'est donc pas désigner très nettement l'objet de la logique. Pour l'auteur du Criticisme, les lois formelles de la pensée seraient tout aussi différentes de celles de M. Hamilton, que pourraient l'être celles de l'auteur de l'Organon. En ceci, c'est encore Aristote qu'il faut consulter ; c'est lui encore qui, sur ce point, a tout avantage. Écoutez comment il s'exprime en commençant les Analytiques : « D'abord nous dirons le sujet et le but de cette étude : le sujet, c'est la démonstration ; le but, c'est la science démontrée. » La démonstration, tel est donc le résultat final que poursuit la théorie; la science inébranlablement assise sur la démonstration, voilà ce qu'elle obtient. Il n'en faut pas davantage à l'esprit humain; il ne peut pas en demander plus à la logique : et c'est la grande promesse que l'Organon lui a religieusement tenue. La science démontrée est une science éternelle, Aristote l'a dit, et les mathématiques le prouvent avec pleine évidence. Que faudrait-il de plus aux désirs de l'homme? L'éternité peut entrer dans ses conceptions; et s'il n'a point la vérité tout entière, la portion du moins qu'il en a, démontrée parce qu'elle est éternelle, rattache indissolublement son esprit à tout ce que son esprit peut concevoir et rêver de plus grand. A cette question : quel est l'objet de la logique? Aristote répond : c'est la démonstration. Approfondissez cette réponse, et vous verrez sans peine qu'il n'y en a ni de plus simple, ni de plus vraie. Ramus, malgré son argumentation ardente et prolongée, n'a pu le moins du monde l'ébranler, loin de la détruire. (Ramus, Scholae dialecticae, liv.1, ch. 5.) Il ne peut pas d'abord subsister ici la moindre équivoque. On sait, aussi clairement qu'il est possible de savoir, ce que c'est que la démonstration. Si la composition même du mot n'en donnait le sens le plus manifeste et le plus intelligible, on pourrait recourir aux définitions aussi nettes que nombreuses que l'Organon en peut fournir. La démonstration, c'est le procédé de l'esprit qui, en partant de principes évidents par eux-mêmes, arrive, par un chemin direct, à des conséquences tout aussi certaines, parce qu'elles sont tout aussi nécessaires. La démonstration, c'est le syllogisme scientifique, le syllogisme qui porte la science avec lui, et nous met en rapport avec la vérité, d'abord, par le principe dont il part, et ensuite, par la conséquence à laquelle il aboutit. Les principes sont vrais et nécessaires : la conclusion est vraie et nécessaire comme eux. Que veut-on de plus? que peut-on même imaginer au-delà? c'est la limite du savoir de l'homme. La logique fait ici les deux seules choses qu'elle puisse faire. Elle nous indique, d'abord la forme que le raisonnement doit revêtir pour être régulier, concluant : elle nous montre de plus, les conditions que les principes doivent remplir pour que le syllogisme soit démonstratif. Les principes remplissent-ils ces conditions? sont-ils vrais ou faux? c'est là une question à laquelle la logique proprement dite n'a point à répondre, que l'esprit humain, il est vrai, se pose toujours et a toujours le droit de se poser. Mais c'est la méthode qui, au-dessus de la logique et de ses règles abstraites, venant les compléter et les mettre en rapport avec la réalité et la vie, doit répondre à cette question, que la spontanéité d'un esprit naturellement juste résout bien mieux encore que la méthode. On sait donc sans la moindre obscurité ce que c'est que la démonstration, et dire que l'objet de la logique c'est la démonstration, c'est l'indiquer aussi clairement qu'il est possible de le faire. Les lois nécessaires de l'entendement, les lois formelles de la pensée, ce n'est pas une définition inexacte; c'est seulement une définition moins précise. La démonstration étant la fin de la logique, la logique se trouve ainsi définie, non pas tout à fait par l'objet qui en est la matière, mais par l'objet qu'elle poursuit. La définition en vaut-elle moins pour cela? non certainement. Les sciences se définissent tout aussi bien par le but auquel elles aspirent, que par l'objet même qui est la matière de leurs spéculations. La médecine est tout aussi bien définie, quand on dit qu'elle est l'art de guérir, que la géométrie peut l'être, quand on la définit, la science de l'étendue, ou que l'arithmétique, quand on la définit, la science des nombres. Ici, c'est par l'objet même de la science qu'on la définit : là, c'est par le but qu'elle se propose. De part et d'autre, la définition remplit la condition qu'elle doit toujours remplir. Elle fait parfaitement connaître l'objet qu'elle doit désigner, en l'isolant de tous les autres. On peut donc définir la logique par le but qu'elle recherche, tout aussi bien que par la matière dont elle est en quelque sorte composée. Il y a de plus à ceci cet immense avantage que, le but une fois fixé, toutes les parties de la science viennent se classer, se subordonner les unes aux autres dans le rapport même qu'elles soutiennent avec ce but. La démonstration n'est point une chose simple. L'analyse y découvre des éléments aussi nombreux que divers; et ces éléments, observés un à un, mis dans l'ordre de leur importance, rangés d'après leur simplicité ou leur complication, relativement au grand tout qu'ils composent, peuvent être systématisés d'une façon qui n'a plus rien d'arbitraire. Les traités qui forment l'Organon se suivent dans un ordre qui ne peut être changé, sous peine de confusion. Et même quand c'est une autorité antique comme celle d'Adraste d'Aphrodise, qui nous propose de les déplacer, cette autorité mérite à peine d'être discutée, loin qu'elle mérite d'être suivie. Tout, dans un système de choses qui ont une fin, doit s'ordonner selon cette fin même; et la méthode est ici la méthode si connue que suit en tout l'esprit humain; il faut s'élever du plus simple au plus composé. La logique part des catégories pour atteindre la démonstration : elle part des choses pour monter jusqu'à la forme la plus achevée de la pensée scientifique. L'ordre, la régularité, la discipline inflexible, voilà ce qu'on gagne dans la logique en la définissant par le but qu'elle cherche et qu'elle atteint, plutôt que par l'objet qui la forme. Dans toute science cette discipline est désirable. En logique elle l'est beaucoup plus qu'ailleurs; et si la logique ne sait pas se l'assurer à elle-même, à quels titres prétendra-t-elle l'imposer aux autres sciences, qui la lui demandent cependant, et qui ne peuvent la recevoir que d'elle seule? C'est là, qu'on n'en doute pas, l'un des plus grands mérites de l'Organon. La science, toujours préoccupée du but qu'elle veut toucher, ne s'écarte point un seul instant de sa route; elle est admirablement ordonnée, et deux mille ans d'études n'ont pu rien modifier à cet ordre indestructible. On peut bien dire avec Kant (trad. de M. Tissot, p. 2), que l'Organon contient quelques subtilités superflues, quelques obscurités, nuisibles seulement à l'élégance, et non point à la certitude de la science. On ne peut pas dire avec M. Hamilton « qu'Aristote ait laissé à ses successeurs beaucoup à ajouter, beaucoup à retrancher, le tout à simplifier et à mettre en ordre. » (Fragments de philosophie, trad. par M. Peisse, p. 220.) Il faut bien qu'on le sache, l'ordre qu'Aristote a donné est le seul ordre véritable. L'altérer, c'est bouleverser la science tout entière, c'est la faire tomber dans l'anarchie. Il est possible que certains détails dans ce prodigieux édifice présentent quelque désordre, quelque confusion. Mais ce sont des détails sans importance, comparés à l'ensemble ; ces taches sont peu nombreuses et peu graves, et il n'est point de main assez délicate et assez habile pour les enlever, même celle de Thémistius ou de Zabarella. C'est la partie humaine de l'œuvre; et de tels défauts, à côté de telles qualités, sont, même pour les plus sévères, tout à fait imperceptibles. On peut ajouter à la logique en la faisant précéder d'une partie nouvelle qui en montrerait la base et l'origine psychologique, en la faisant suivre d'une autre partie qui en indiquerait les applications possibles. Mais dans l'espace déjà si vaste où s'est mû Aristote, il a tout vu, tout classé, tout fixé à jamais. L'Organon est comme un de ces monuments d'architecture auxquels on peut adjoindre des constructions nouvelles, qu'on peut développer par des accroissements devenus indispensables, mais auxquels on ne touche pas, parce qu'ils ne sont jamais à refaire, et que le mieux, c'est de les prendre pour modèles et régulateurs éternels. L'ordre de la logique résulte donc rigoureusement de la définition même qu'Aristote en a donnée : et par un de ces coups de hasard, qui ne sont que des coups de génie, il a doté la science de la seule définition qui puisse à la fois, et la faire clairement connaître, et la systématiser. La définition de Kant n'en peut pas faire autant : l'ordre que présente la Critique de la raison pure n'est qu'un ordre apparent. La main d'un novateur peut le changer parce qu'il est arbitraire : l'ordre de l'Organon ne changera point tant que la science sera comprise. Il faut bien, du reste, le remarquer : quand Aristote dit que le but de la science qu'il fonde, c'est la démonstration, il dit infiniment plus qu'on n'a fait ensuite, quand on a prétendu que l'objet de la logique, c'était le procédé du raisonnement. M. Hamilton a parfaitement réfuté cette dernière opinion, qui n'a été soutenue que rarement, et par des logiciens d'ailleurs peu illustres. Il ne suffit pas, du reste, pour se bien rendre compte de ce qu'est la logique, de savoir qu'elle est une science et non un art, et qu'elle a pour objet la démonstration ; il faut, de plus, savoir de quelle espèce est cette science, et quels sont les rapports qu'elle soutient avec toutes les autres. Les faits dont s'occupe la logique, en tant que science, sont des faits d'un ordre particulier, accessibles surtout à l'observation intérieure, où les sens n'ont, pour ainsi dire, rien à voir. La logique, il n'est pas besoin d'insister sur ce point, est une science rationnelle, que l'esprit fait et construit à la façon des mathématiques. La science des mathématiques n'est pas pure de tout empirisme : la logique ne l'est pas davantage. Sans les formes que l'étendue a présentées d'abord à la sensibilité, on peut douter que les mathématiques eussent jamais trouvé les leurs. Les formes, les figures que les objets nous offrent sont irrégulières: les figures idéales des mathématiques sont d'une régularité parfaite. Avec quelque soin qu'on trace un cercle, sur le modèle même du cercle que l'on conçoit, ce cercle, du moment qu'il devient matériel, devient plus ou moins imparfait. Il n'y a pas dans la réalité de cercle qui ait ses rayons parfaitement égaux, pas de triangle matériel qui ait ses trois angles parfaitement équivalents à deux droits. Dira-t-on pour cela que les mathématiques sont une science imaginaire? Non, sans doute : mais on dit qu'elles sont une science rationnelle. Il est de même de la logique. Certainement elle n'eût jamais conçu ses formules parfaites, sans les formules irrégulières que le langage humain, et la pensée dans son jeu naturel, lui offrent sans cesse: L'homme ne raisonne pas comme la logique le forcerait à raisonner, si elle avait à régler la pratique de son raisonnement, ce qu'elle n'a pas du tout la prétention de faire. Mais la logique, sous cette confusion apparente des raisonnements ordinaires, découvre les lois qui les régissent. Ce n'est pas elle qui les leur impose, c'est elle qui les constate. Elle a de plus cette supériorité sur les mathématiques que, quand elle veut réaliser ses formules, elle le fait d'une manière parfaitement adéquate. Le syllogisme donne la figure logique dans toute sa pureté, dans toute sa force idéale. La matière sur laquelle les mathématiques essaient de réaliser leurs résultats, vient toujours les altérer par son imperfection nécessaire. Pour les formes logiques, la matière n'importe absolument en rien : le syllogisme démonstratif, dans quelque langue qu'il soit exprimé, de quelque façon qu'il soit tracé, n'en porte pas moins son évidence avec lui. C'est qu'il s'adresse à ce discours intérieur de l'esprit, que la parole du dehors représente d'une manière bien plus exacte que les figures matérielles de géométrie ne représentent les pures conceptions qui leur donnent naissance. La logique peut même imposer, dans une certaine mesure, ses formules inflexibles au raisonnement; l'exemple de la Scholastique, et tous les ouvrages de logique le prouvent. Mais ces formules ne sont pas du tout celles que suit le raisonnement naturel de l'homme, bien qu'au fond il les recèle. Ce ne sont pas même les formules que la logique adopte habituellement, quand elle veut se produire et faire connaître ses résultats. C'est ainsi que nous pouvons donner aux corps de la nature des formes mathématiques; mais d'eux-mêmes ils ne les ont presque jamais. La logique n'est donc pas pure de tout empirisme. Le langage est la source où elle a puisé tous les éléments primitifs dont elle a bâti, plus tard, son solide édifice. L'étymologie même de son nom en fait foi; et l'esprit humain n'a jamais su mieux discerner, ni mieux exprimer le rapport de deux choses indissolubles, qu'il ne l'a fait dans la langue grecque, en rattachant grammaticalement la logique au langage, soit du dehors, soit du dedans. Le génie indien n'a pas aussi bien vu les deux côtés de la question, et la logique n'est pour lui, dans l'appellation que Gotama lui donne, que l'art de la discussion, et rien de plus. Il ne faut donc pas entendre par science rationnelle une science qui aurait fait un divorce complet avec l'expérience. Toute science, quelles que soient à cet égard ses prétentions contraires, part de l'observation et ne peut pas s'appuyer sur une autre base. Kant a beau faire : sa raison pure n'est pas aussi pure qu'il le croit. Il emprunte d'abord à la sensibilité deux éléments indispensables de toute connaissance, de tout concept, le temps et l'espace; il emprunte aux jugements formulés dans le langage sa liste des Catégories; il emprunte encore à l'expérience, quoi qu'il en puisse dire, les trois Idées sur lesquelles il essaie de confondre la raison de l'homme, et de lui infliger une salutaire humiliation. D'où peuvent être tirés les mots et leurs rapports, si ce n'est de l'observation? D'où peuvent être tirées les propositions, si ce n'est de l'observation encore? Le syllogisme lui-même, est-ce la logique qui le crée? est-ce l'esprit qui l'imagine? Non sans doute. Le syllogisme est caché dans tout raisonnement humain. La logique le dégage de tous les éléments accessoires, étrangers, dont ce langage doit le couvrir et le fortifier, pour arriver au but qu'il se propose. Mais la logique ne fait ni le syllogisme, ni la proposition, ni les rapports des mots, dont la proposition est essentiellement composée. Elle peut être pure de toute application; mais lui demander de répudier tout empirisme, c'est lui demander un tour de force, dont elle n'est pas plus capable que toute autre science. L'abstraction peut bien quelquefois aller jusqu'à ce point d'illusion, qu'elle oublie les éléments réels dont elle part; mais c'est le philosophe qui commet cette erreur : la science n'y est pour rien. La logique peut donc se faire gloire, car c'en est une pour des juges prévenus, d'être une science d'observation. Le langage est un premier champ pour elle, et celui-là contient déjà tout. Mais elle en a de plus un autre, c'est-à-dire, cette parole intérieure de l'âme qui ne procède pas autrement que la parole du dehors, dont les opérations sont plus délicates sans doute, et surtout plus rapides, mais n'en sont pas moins toutes pareilles. Pour observer ce discours du dedans, et mieux analyser celui du dehors, quel procédé la logique peut-elle suivre? Il n'y en a qu'un seul, et c'est la réflexion. Voilà donc la logique qui entre dans le domaine de la psychologie, ou pour mieux dire, qui ne peut se faire sans psychologie. Mais ne craignons pas qu'elle perde par là rien de son originalité, et qu'au contact d'une autre science, elle dépouille sa propre nature. C'est la démonstration qu'elle doit construire : elle n'emprunte donc à la psychologie que les matériaux utiles à la démonstration. Tous les autres, elle les rejette et ne les connaît pas; et ses emprunts sont nettement limités par l'usage même auquel elle les destine. C'est la psychologie seule qui pourra lui apprendre comment se forment, dans la pensée, ces notions générales, sans lesquelles le raisonnement et la science seraient impossibles. Seule elle pourra lui apprendre, d'où vient cette évidence qui éclaire les principes, et qui, des principes, réfléchit son éclat jusque sur les conséquences, quelque éloignées qu'elles soient. La psychologie enveloppe les lois de la logique, comme elle enveloppe les lois de la morale. Ce n'est pas la conscience qui nous fait agir suivant la règle du devoir : elle ne détermine pas chacune de nos actions particulières. Mais c'est elle, quand on sait l'interroger, qui nous révèle ce qu'est la règle que l'homme doit inviolablement garder. De même pour la logique : les lois qui la constituent, c'est la réflexion qui nous les donne dans toute leur clarté, dans toute leur étendue; ce n'est pas elle qui les fait. L'esprit en s'observant lui-même, trouve en lui et par une même voie les lois de la logique et celles de la morale. C'est l'abstraction qui les dégage de ce fonds commun de la conscience où elles sont mêlées encore aux lois de la métaphysique. Mais une méthode sage et éclairée saura bien empêcher que la psychologie ne se confonde avec la logique, et ne la dénature, comme Kant l'a si bien dit. Elle ne sera pas moins circonspecte à l'égard de la métaphysique. Mais aussi parce qu'elle sera sage, elle devra faire la part de l'une et de l'autre, dans leurs rapports avec la logique, dont ni l'une ni l'autre ne peut être totalement séparée. De cette union évidente de la logique, de la psychologie et de la métaphysique, il ressort cette très grave conséquence, que toutes trois passent nécessairement, à un certain degré, dans le domaine de toutes les sciences inférieures. Toute science, à quelque rang qu'on la place d'après l'objet même dont elle s'occupe, ne peut être qu'à ces trois conditions : elle est faite par l'esprit; elle revêt une certaine forme; elle étudie un certain être. Les sciences particulières ne s'inquiètent en rien de ces trois conditions de leur existence. Elles ne voient pas qu'en observant l'être même qui leur donne leur appellation propre, elles étudient en partie aussi les lois universelles de l'être, réfléchies sous l'angle de celui-là, quelque étroit que cet angle puisse sembler. Elles ne voient pas que l'esprit qui observe, apporte avec lui les lois qui lui sont essentielles, les formes qu'il lui faut toujours adopter. Sans la psychologie, sans la logique, sans la métaphysique, elles ne seraient pas; et elles ne connaissent cependant ni l'ontologie, ni la logique, ni la psychologie. Elles s'effraieraient presque de les connaître. Cette ignorance et cette répulsion n'ont rien qui nous doive étonner. Il faut que les sciences particulières suivent l'instinct qui mène l'intelligence; il faut qu'elles lui obéissent sans réflexion, sous peine de rester en route et de manquer à ce qu'on attend d'elles. La réflexion n'appartient qu'à la philosophie, qui d'ailleurs ne la garde point pour elle seule, et qui, dans une certaine mesure, la communique, en se communiquant elle-même, à tous les degrés, infimes ou supérieurs, de l'intelligence et de la pensée. De ces trois éléments de toute science, logique, psychologie, métaphysique, les deux derniers disparaissent en général presque complètement des sciences particulières. La logique au contraire y conserve toujours des traces évidentes qui la révèlent. D'où vient cette différence? et pourquoi de trois éléments, qui sont indispensables à titre égal, deux restent-ils dans l'ombre, tandis que l'autre se produit, si ce n'est dans toute sa lumière, assez clairement du moins pour qu'on ne puisse le méconnaître? C'est que l'esprit, bien qu'il soit toujours présent à lui-même dans tout acte de connaissance, dans toute science par conséquent, s'abandonne à sa spontanéité, et ne revient qu'à grand-peine sur soi; le dehors l'attire, la nature le séduit et le captive; il n'aperçoit qu'elle, et se perd complètement de vue. Il faut qu'il disparaisse à ses propres yeux pour qu'il puisse voir autre chose. La psychologie détruirait la science particulière, de même que le regard, porté sur une seconde chose, nous enlève la vue de la première. D'autre part, la métaphysique ne peut pas subsister dans les sciences plus que la psychologie. La métaphysique s'occupe des lois universelles de l'être. La science ne s'occupe, elle, que d'un être particulier; ce sont les principes spéciaux, les affections spéciales de cet être qui lui importent. Voilà donc ce qui fait que dans les sciences, la psychologie et la métaphysique se montrent à peine, ou, pour mieux dire, ne se montrent pas. En est-il de même de la logique? et peut-elle disparaître de la science aussi complètement que les deux autres? La science peut-elle se passer de la forme, comme elle se passe de la réflexion, qui est sa cause, comme elle se passe de la métaphysique, qui est sa matière? Non, sans doute. La science, sous peine de n'être plus science, doit avoir une forme régulière, systématique, rigoureuse. Plus la science est exacte, plus même sa forme est sévère : et cela est tellement vrai que les mathématiques, dont l'orgueil, pourrait-on dire, s'est adjugé par droit d'excellence le nom général de la science, les mathématiques ont presque la forme pure, la forme idéale de la logique. Elles procèdent par principes et par conséquences; elles font presque toujours des syllogismes en forme. C'est à peu de chose près de la logique dans toute sa sécheresse et sa pureté. Les mathématiques en tirent vanité, et c'est avec raison. Seulement, il ne faut pas, comme elles le font quelquefois, qu'elles se méprennent sur elles-mêmes, et qu'elles essayent de détrôner la logique en se substituant à elle. Pascal a commis cette énorme erreur, que Malebranche aurait partagée volontiers : « La logique, selon lui, a peut-être emprunté les règles de la géométrie, sans en comprendre la force. » Puis, par une confusion non moins erronée, il ajoute : « La méthode de ne point errer est recherchée de tout le monde : les logiciens font profession d'y conduire; les géomètres seuls y arrivent. » Pascal, comme on le voit, confond l'art avec la science; et parce que les logiciens ne conduisent pas infailliblement au vrai, il immole la logique à ses chères mathématiques. C'est Leibnitz qui a pleine raison, quand il dit contrairement à Pascal. « La logique des géomètres est une extension ou promotion particulière de la logique générale. » Les mathématiques empruntent donc la puissance de leur forme à la logique, loin de la lui donner. Mais les mathématiques, si elles doivent tant à la logique, ne sont pas les seules à lui devoir. Toutes les sciences se rattachent à elle; toutes lui empruntent, dans la mesure de leur objet et de leurs forces, des expositions, des démonstrations plus ou moins régulières, qu'elle seule inspire et soutient. Quand elles ont à se défendre contre des attaques que suscitent souvent leurs guerres intestines, elles trahissent bien plus clairement encore les secours qu'elles demandent à la logique. La polémique des sciences révèle plus nettement le procédé qu'elles suivent; mais ce procédé, que la polémique met au jour, l'avait devancée ; et pour être auparavant moins visible, il n'en était pas moins réel. Au-dessous des sciences, les arts obéissent tout comme elles à la logique. On n'entend même point ici parler de la rhétorique où cela est de pleine évidence; mais la poésie, toute libre qu'elle paraît, quels que soient son enthousiasme et son essor, ne peut pas plus se soustraire à ce joug bienfaisant que la rhétorique, les sciences ou les mathématiques. La forme est de moins en moins austère : l'enveloppe qui recouvre la charpente logique devient de plus en plus vivante et gracieuse. Mais la logique n'en conserve pas moins ses droits; et c'est elle qui, par son influence toute puissante quoique secrète, immortalise les chefs-d'œuvre en en faisant les modèles du goût. Il ne serait pas difficile de prouver que, bien loin de ces développements sévères ou charmants de la pensée, les développements des beaux-arts proprement dits, et toutes les applications de la pratique même, ignorante ou éclairée, relèvent, elles aussi, de cette Reine des sciences et des arts, comme le disait jadis l'École dans sa naïve et très profonde admiration. Leibnitz a très-bien remarqué « qu'on peut réduire à ce tissu de « raisonnements toute argumentation même d'un orateur, mais décharnée et privée de ses ornements, et réduite à la forme logique. » Aristote était allé plus loin, et il n'avait pas hésité à voir dans chacune des actions de l'homme, ou même des animaux, comme la conclusion d'un syllogisme, dont l'intelligence et la sensibilité fourniraient les prémisses. La logique domine donc, non seulement les actes réfléchis de la raison, elle domine encore les élans spontanés de l'inspiration; bien plus elle domine les mouvements, même de l'obscur instinct. Puisque la logique tient une si large place, il semble qu'il y aurait contradiction à soutenir qu'elle n'est point utile. Si c'est elle au fond qui fait la force de tous les raisonnements, qu'ils soient ou non exprimés par des signes sensibles; si sans elle les mathématiques, les sciences, les arts même, ne sont que confusion et désordre inintelligible, il devrait s'ensuivre que l'étude de la logique est la plus haute et la plus urgente de toutes. Base et principe de tout ce que comprend et fait l'intelligence, pourquoi, si elle était connue, d'abord et par elle-même, ne donnerait-elle pas à la raison « cet art d'infaillibilité » que Leibnitz prétendait trouver en elle? Pourquoi ne serait-elle pas cette mathématique universelle de Descartes et de Leibnitz, antérieure à toutes les autres sciences, supérieure à toutes, faite pour les gouverner, parce que seule elle serait digne de cette domination souveraine? Il n'en est rien pourtant. La royauté décernée par les uns, souhaitée par les autres, n'est qu'un rêve. L'histoire nous l'a prouvé; et l'expérience de chaque jour, qui n'est que la continuation et la préparation de l'histoire tout à la fois, ne nous le prouve pas moins. La logique ne domine pas les sciences, au sens où on l'a souvent prétendu. Ce n'est pas la logique qui a fait de Descartes et de Leibnitz, ses admirateurs, les deux grands génies que nous savons : ce n'est pas elle qui a fait Aristote, puisqu'il l'a fondée, pas plus qu'elle n'avait fait Socrate et Platon, Hippocrate et Pythagore. Comment donc la logique est-elle utile? Elle est utile, comme l'est toute science. Elle nous apprend, Aristote pourrait ici le répéter, ce qui est. Elle n'est obligée à rien de plus. Seulement, ce que nous apprend la logique, l'objet dont elle s'occupe, l'être étudié par elle à l'exclusion de tous les autres, c'est le plus important sans contredit, humainement parlant, que l'homme puisse étudier. C'est l'esprit de l'homme; c'est le procédé nécessaire que suit sa raison dans tous ses actes réguliers et complets. La psychologie étudie bien aussi l'esprit de l'homme; c'est même là son objet unique et tout à fait spécial : mais elle l'étudie dans les éléments primitifs qui le composent. La logique l'étudie dans l'une de ses modifications, et non plus en lui-même. Elle l'étudie non pas seulement en tant qu'il est, mais en tant qu'il raisonne; non pas en soi, mais dans l'un de ses accidents, comme dirait le Péripatétisme, dans le plus grave et le plus ordinaire de tous. Sans la logique, l'esprit de l'homme peut admirablement agir, admirablement raisonner; mais sans elle, il ne se connaît pas tout entier : il ignore l'une de ses parties les plus belles et les plus fécondes. La logique la lui fait connaître. Voilà son utilité : elle ne peut pas en avoir d'autre. Est-ce donc à dire que cette étude, si elle ne peut régler la pratique comme on l'a souvent cru, soit parfaitement stérile pour la pratique même? Non certainement. Toute étude sérieuse, prolongée, pénible, a d'abord ce juste résultat qu'elle fortifie l'esprit qui s'y livre. C'est ce que le bon sens indique, et la rémunération de tout effort est aussi infaillible qu'elle est équitable. La logique serait-elle ici plus malheureuse que tout autre labeur de l'esprit? Au contraire, il faut dire que par son objet même, par sa généralité tout indéterminée, elle est plus particulièrement capable de communiquer à l'esprit, des forces que rien ne fausse, parce que rien ne les spécialise, avantage que n'a pas toujours l'étude des mathématiques, par exemple. Il n'est pas possible que ce retour de l'esprit sur lui-même, cette patiente analyse, ne lui donne une vigueur que la moindre des applications de l'âme porte toujours avec elle. Il est impossible que l'esprit en recherchant par une investigation si profonde, comment il raisonne, ne se fortifie point dans le raisonnement même. Mais ce n'est pas par l'application des règles qu'il constate scientifiquement, c'est par l'exercice seul. Tout exercice fortifie le corps : mais tel exercice lui est plus favorable que tel autre, parce qu'il est plus approprié à sa constitution et à sa nature générale. Il en est de même de l'exercice que l'étude de la logique impose à l'esprit : il n'en est pas qui lui convienne mieux; il n'en est pas qui porte des fruits plus certains et plus mûrs. Malebranche a bien pu croire (Rech. de la Vér. liv. 3, ch. 3, § 4; liv. 6, ch. 5) que l'arithmétique et l'algèbre étaient absolument nécessaires pour augmenter l'étendue et la capacité de l'esprit. Que dire alors de la logique, dont l'arithmétique et l'algèbre ne sont que des applications évidentes et directes? Que dire de la logique, sans laquelle l'arithmétique et l'algèbre ne seraient pas? Mais de même que pour les exercices corporels, il a fallu d'abord un tempérament énergique et sain, que les travaux développent et soutiennent, mais qu'ils ne font pas, de même aussi la logique ne peut être pratiquée avec succès que par des esprits justes et vigoureux. Les esprits faux, elle les fausse encore davantage, tout comme la fatigue peut hâter la ruine des constitutions débiles, loin de les endurcir. Qui a fondé la logique? C'est le plus puissant génie de l'antiquité, si ce n'est le plus vrai et le plus beau; c'est Aristote. Descartes, Kant même, l'ont agrandie. Le genre humain peut-il citer à sa gloire des esprits plus forts que ces trois-là? La logique est donc utile directement, en ce que sans elle la connaissance de l'âme humaine est incomplète : elle est utile en ce qu'elle fortifie, autant et mieux que toute autre étude, les intelligences bien faites; elle est utile, croyons-en Descartes, comme exercice de l'esprit; et la Scholastique a pu la cultiver durant plusieurs siècles avec le plus immense profit, riche héritage parvenu, grâce à elle, jusqu'à nous, et dont nous lui gardons bien peu de gratitude. Cette utilité de la logique, toute considérable qu'elle est aux yeux du philosophe, est-elle bien celle que le vulgaire lui attribue, et surtout qu'il lui demande? Nullement : il demande à la logique de le mener au vrai, comme si la logique savait où se cache le dépôt sacré de la vérité : il lui demande de faire des esprits justes, comme si Dieu ne s'était pas réservé cette faculté qui n'a rien d'humain : il lui demande de rendre l'homme infaillible, comme si l'homme pouvait l'être, pas plus dans ses raisonnements que dans ses actes. Vains désirs, stériles prières, témoignage d'une faiblesse qui s'ignore! La logique n'a rien à répondre à de pareils vœux : elle ne les écoute jamais sans courir le risque de s'égarer elle-même. Et c'est précisément parce que la psychologie se joignant à elle lui aide à mieux connaître « cet abîme sans fond, comme dirait Bossuet, et ce secret impénétrable du cœur de l'homme » qu'elle respecte ce mystère de notre nature, et qu'elle n'usurpe point ce pouvoir de vérité qui n'appartient qu'à Dieu. Tout ce qu'elle peut faire, et elle n'y a jamais manqué, c'est, à côté de la science, de tracer aussi les règles de l'art, tout insaisissable, tout spontané qu'il est. Aristote a fait suivre l'analytique de la dialectique, portion très inférieure de la science. Il a essayé de fixer l'art comme il avait constitué la science. A-t-il complètement réussi? La science telle qu'il l'a faite pour toujours, l'art tel qu'il l'ébaucha d'après les habitudes et les besoins de son temps, est-ce là de quoi pleinement satisfaire les légitimes désirs de l'esprit humain? Non, et par delà l'Organon et la Dialectique, l'esprit humain peut encore demander une méthode plus générale qui, si elle ne lui donne pas le vrai qu'il poursuit, assure du moins à jamais le point de départ dont il doit s'élancer pour l'atteindre. Mais la méthode, comme les modernes l'ont conçue, peut bien précéder l'ancienne logique : elle ne peut pas se substituer à elle, malgré ce qu'en ont dit de sages et audacieux génies. A côté de la méthode, la science n'en demeure pas moins, avec le caractère qui lui est propre, restreinte dans les limites infranchissables où Aristote l'a renfermée. Ainsi faite, ce n'est pas tout ce que réclame l'intelligence humaine, sans doute. Que la méthode comble donc ses vœux, autant du moins qu'ils peuvent être comblés. La méthode et la logique s'excluent si peu, qu'elles se complètent l'une par l'autre. Aristote et Descartes peuvent faire une solide alliance; Socrate et Platon en ont posé les premières bases. Mais cette alliance n'est pas encore cimentée, toute désirable, toute possible qu'elle est. La logique est donc, pour résumer tout ce qui précède, une science, et non point un art; elle est une théorie, et non point une pratique. L'objet qu'elle étudie, c'est la démonstration, c'est-à-dire, la forme la plus achevée, la forme parfaite du raisonnement. Elle étudie cet objet rationnellement, tout en puisant ses éléments dans le langage, imitation et symbole, comme dit Aristote, de la parole intérieure de l'âme. Elle ne peut pas conduire l'homme à la vérité d'une manière infaillible, parce qu'elle observe à titre de science ce qui est, et que l'esprit de l'homme admet le faux quoiqu'il ne recherche que le vrai. L'étude de la logique est utile comme toute étude profonde et sérieuse : elle féconde d'autant plus l'esprit, qu'elle le rappelle à lui-même et concentre ses forces. A côté d'elle, mais infiniment au-dessous, il existe un art qu'elle doit essayer de discipliner, mais qu'elle ne fait pas, et que la nature apprend à l'homme bien mieux encore que ses leçons. A côté d'elle, et même au-dessus, il existe peut-être une méthode à laquelle elle-même obéit; et cette méthode, tirée du fond de la conscience psychologique, de la vie réelle de l'esprit, est la seule qui mène à la source cachée, mais certaine, de tous les actes de la pensée. Si la logique est bien ce que nous venons de dire, rapportons à cette mesure l'œuvre d'Aristote, et jugeons-la sur l'idéal de la science. En quoi la doctrine de l'Organon est-elle vraie? en quoi est-elle fausse? Est-ce bien de la logique pure qu'a fait Aristote, ou n'est-ce que de la logique appliquée, ainsi qu'on le lui reproche? Aristote a-t-il fondé la science comme nous lui en faisons gloire, comme il s'en vante lui-même? Ou bien cette immense construction, révérée par les siècles, n'est-elle qu'un amas de ruines, précieuses seulement à une aveugle superstition? Poser des questions de ce genre, c'est, pour ainsi dire, les résoudre. Je me sens presque de la peine, je l'avoue, à les accepter, à les discuter sous cette forme. L'indépendance de l'esprit est une noble chose sans doute, mais elle doit avoir ses bornes. On peut bien citer devant soi les plus grands noms; on peut juger les plus grandes œuvres, et, si la vérité l'exige, les faire descendre du piédestal où une admiration fanatique les avait injustement placées. Mais quand on s'adresse à des génies tels qu'Aristote, on doit tout d'abord se rappeler cette maxime de l'un de ses adversaires les plus graves au début du XVIe siècle, de Louis Vivès, et dire avec lui : « Verecunde ab Aristotele dissentio. » Prenons bien garde à ce que doit être aujourd'hui une critique de l'Organon, pour des juges qu'ont pu instruire l'histoire de l'esprit humain et l'histoire de la philosophie. Aristote ne comparait pas tout seul ; et quand nous l'appelons à notre tribunal, n'oublions pas qu'il y arrive accompagné des plus illustres, des plus nombreux défenseurs. Vingt-deux siècles viennent déposer pour lui. L'antiquité et le moyen-âge, les religions les plus opposées, les nations les plus ennemies, les temps les plus différents, les esprits les plus divers, se portent unanimement ses cautions et ses appuis. Pour ne parler que des plus grands, Théophraste, Alexandre d'Aphrodise, Galien, chez les anciens; saint Augustin, Boèce, Alcuin, Abélard, Albert-le-Grand, saint Thomas, dans le sein de l'Église; Avicenne, Algazel, Averroès, chez les Arabes; Duns Scot, Occam, au XIVe siècle; Erasme, Melanchthon, Zabarella, à la Renaissance, avec les collèges des Jésuites de Coïmbre et de Louvain ; au XVIIe siècle, Port-Royal, Bossuet, Leibnitz; au XVIIIe, Euler et Kant; de nos jours enfin, Hegel, pour ne rappeler que ce seul nom. Juger Aristote, ce n'est pas moins que juger l'esprit humain, non pas seulement dans l'un de ses représentants les plus éminents, mais en lui-même ; car c'est tout le passé de l'esprit humain qu'avec Aristote nous faisons comparaitre devant nous. Il n'y a guère que l'outrecuidance de Bacon qui puisse soutenir « que ce consentement unanime, qui en impose à la première vue, n'est qu'un signe trompeur; que cette multitude d'hommes qui semblent être tous du même sentiment sur la logique et la philosophie d'Aristote, ne s'accordent ainsi que par l'effet d'un même préjugé, et d'une même déférence pour une autorité qui les subjugue tous; que c'est plutôt un assujettissement commun, une coalition d'esclaves, qu'un vrai consentement; que, d'ailleurs, quand ce prétendu consentement serait aussi réel et aussi universel qu'on le dit, tant s'en faut qu'une telle unanimité doive être tenue pour une véritable et solide autorité, qu'au contraire, elle fait naître une violente présomption en faveur du sentiment opposé; et que, dans les choses intellectuelles, c'est de tous les signes le plus suspect. » (Novum Organum, liv. I ax. 77). Ne partageons pas ce superbe mépris pour les opinions humaines. La gloire ne se trompe pas jusqu'à ce point, et laissons à Bacon le triste honneur, envié peut-être aussi, et bien à tort, par quelques-uns des sages philosophes de l'Écosse, d'être seul de son avis. Jugeons Aristote avec indépendance; mais avant tout, et pour l'humanité elle-même, jugeons-le avec respect. Reconnaissons d'abord qu'il a creusé le plus profond intervalle entre la science proprement dite et l'art. La théorie du probable, la Dialectique a été reléguée par lui à un rang si bas, qu'on a pu le croire injuste envers elle, et qu'il l'a traitée peut-être avec le dédain qu'il devait réserver pour la Sophistique. Il s'en est occupé cependant avec la plus longue et la plus minutieuse attention; et si la Topique n'est plus à notre usage, il ne faut pas oublier les services qu'elle a rendus à toute l'antiquité, où la rhétorique joua toujours un si grand rôle. Cicéron, s'il en était besoin, serait là pour l'attester. Aristote a si bien connu la logique appliquée, qu'il l'a décrite dans quelques-uns de ses replis les plus subtils et les plus délicats. Il lui a consacré la moitié de l'Organon; il l'a prise au sérieux, même lorsqu'elle descend aux astuces du paralogisme, et qu'elle ne recherche les apparences de la sagesse qu'en vue d'un lucre honteux. Platon avait fait justice, par le ridicule, des prétentions et du charlatanisme des sophistes. Aristote a cru devoir diriger contre eux des attaques, qui, plus graves, sont pourtant moins efficaces que l'admirable bouffonnerie de l'Euthydème. Les huit livres des Topiques, les Réfutations des Sophistes, sont de la logique appliquée. Mais le reste de l'Organon n'est-il que cela? La logique pure, la vraie logique, est-elle encore à faire après Aristote, malgré ce qu'en ont pensé tous les grands esprits, ses disciples et ses commentateurs fidèles? L'objet de la logique, telle que l'a conçue Aristote, étant la démonstration, il s'agit d'analyser les éléments dont la démonstration se compose. Mais la démonstration elle-même n'est qu'un syllogisme d'une certaine espèce, la seule qu'au fond l'esprit de l'homme poursuive, bien qu'elle ne soit pas toujours celle qu'il atteigne ou qu'il rencontre. La démonstration est l'espèce achevée, parfaite; les autres ne sont qu'inférieures et insuffisantes. Elle est la forme du vrai ; il faut que la science, sous peine de rester en route, pousse jusque-là. La logique ne fournit aucune vérité particulière, et c'est en cela que la matière de la pensée ne fait pas partie de son domaine. Mais les formes de la pensée vraie, irréfutable, éternelle, n'a-t-elle pas le devoir de les connaître et de les étudier? Ne sont-ce pas là des lois formelles de la pensée? La démonstration, toute pure, sans aucune application spéciale, même du genre de celles que font les mathématiques, à qui appartient-il d'en faire la théorie? A la logique apparemment, et à la logique pure, puisque dans la démonstration ainsi étudiée, il ne se glisse aucun être, aucune matière, et qu'elle n'est qu'un cadre vide dans lequel l'expérience viendra plus tard faire entrer ses données. Quoi! parce que la démonstration aurait pour unique but « le nécessaire, elle sortirait des limites d'une science formelle ! » Qu'on se prononce alors: l'esprit humain atteint-il, oui ou non, jusqu'au nécessaire? Se borne-t-il au contingent, ou pour mieux dire, à l'indéterminé tout seul? N'hésitons pas à le dire contre tous les scepticismes, et contre ceux qui s'ignorent, et contre ceux qui se connaissent et s'avouent hautement : l'esprit de l'homme atteint le nécessaire; et sans le nécessaire, il n'y aurait point de démonstration. Il l'atteint dans les mathématiques d'abord, personne ne le nie. Qu'on demande au mathématicien, si ce sont des vérités contingentes que les théorèmes de la géométrie, ou les formules du calcul analytique. Dans les mathématiques, tout est démontré parce que tout est nécessaire. Dans un domaine qui paraît bien éloigné de celui-là, il en est encore tout à fait de même. La morale n'a-t-elle pas, elle aussi, comme les mathématiques, des vérités nécessaires que la conscience de l'homme lui révèle, bien que son faible cœur sache si rarement les suivre? Et la loi du devoir, quand elle lui parle, est-elle moins nécessaire que les théorèmes de géométrie les plus évidents? Mais enfin il suffirait que l'homme atteignît le nécessaire dans une seule science, pour que la mission de la logique fût de rechercher à quelles conditions il y parvient, et quelle est la forme sous laquelle le nécessaire lui apparaît, indépendamment de tout objet auquel il s'applique. Si l'on bannit de la logique pure la démonstration, parce qu'elle s'occupe du nécessaire d'une manière tout abstraite et toute générale, on ne voit guère comment il est possible de laisser à cette logique, même la théorie du syllogisme ordinaire. Le syllogisme pur, tel qu'on semble l'entendre, est une véritable chimère. Sans doute, il est absolument indifférent à la vérité comme à l'erreur; mais l'esprit humain l'est si peu à ce grand intérêt, que jusque dans le syllogisme, aussi dégagé de toute réalité que l'abstraction la plus haute peut le faire, il recherche encore précisément la même chose que dans la démonstration. Si les lois du syllogisme n'étaient pas nécessaires, si les prémisses posées, la conclusion n'en sortait pas avec un caractère de nécessité, l'esprit humain, soyons-en sûrs, s'en occuperait fort peu. Ce ne serait là qu'une sorte de curiosité tout à fait indigne de lui. Et c'est précisément parce que les lois du syllogisme sont nécessaires, que la philosophie sut y consacrer cette longue et pénible investigation, qui n'est pas près de cesser. Si c'est le nécessaire que poursuit l'intelligence dans les règles même du syllogisme, pourquoi lui serait-il interdit de pousser jusqu'au bout, et de rechercher dans une suprême théorie les conditions de ce nécessaire, qu'elle ne retrouve pas seulement dans le monde extérieur, mais qu'elle découvre en elle-même et dans ses profondeurs les plus retirées? Il faut donc bannir le syllogisme ordinaire de la logique pure, en d'autres termes, la détruire, si l'on prétend lui arracher aussi la démonstration. Ou, pour mieux faire, il faut lui laisser la démonstration, tout comme on lui laisse le syllogisme. Aristote n'a pas eu tort de comprendre la démonstration dans la logique : les Derniers Analytiques ne sont point une longue méprise. Ils sont venus donner aux mathématiques, à toutes les sciences rationnelles, l'explication de leur procédé général et infaillible; et la théorie a été si bien faite, qu'elle est encore aujourd'hui pour nous, non pas seulement une théorie exacte, mais la théorie unique. Personne depuis deux mille ans, et même en s'appuyant des admirables progrès qu'ont faits les sciences rationnelles depuis deux siècles, n'a tenté de la refaire. C'est que la doctrine du nécessaire avait revêtu elle-même, et du premier coup, ce caractère d'inflexible rigueur qui la fait participer à l'immutabilité même de son objet. Laissons donc cette gloire tout entière au seul Aristote, puisque personne n'a pu la lui disputer. Le syllogisme ne lui appartient pas moins; et l'on ne peut que répéter avec Leibnitz : « L'invention de la forme des syllogismes est une des plus belles de l'esprit humain, et même des plus considérables. » En quoi consiste donc cette admirable invention? en ceci qu'Aristote le premier a constaté, que le raisonnement n'était possible qu'à cette seule condition de partir d'un principe pour arriver, avec l'aide d'un moyen terme, à une conclusion sortant nécessairement de ce principe. C'est là le germe fécond de toute cette vaste doctrine qu'avaient ébauchée Socrate et Platon par la théorie de l'universel et celle des Idées. C'est là la formule puissante qui se dissimule dans le langage habituel, et qui seule pourtant lui donne, toute cachée qu'elle est, force et persuasion. Mais ce langage s'explique par des propositions; ces propositions sont de nature et de formes diverses. En se réunissant au nombre de trois et pas plus, pour former le syllogisme, elles auront à soutenir entre elles des rapports, soumis à cette nécessité générale de conclure régulièrement, mais variables avec la forme et la nature des propositions même. Les unes affirment, les autres nient; les unes concernent l'objet tout entier qu'elles expriment, les autres ne concernent qu'une partie de cet objet. Quels changements pourra subir le syllogisme, sans que soit brisée la chaîne continue qu'il doit toujours présenter du principe à la conclusion? Toutes les propositions sous toutes les formes peuvent-elles conclure? Ou bien n'existe-t-il qu'un nombre limité de formes concluantes? Aristote, d'après l'observation la plus scrupuleuse, et par une analyse achevée, a trouvé que le nombre de ces formes s'élevait à quatorze; et ces quatorze modes de raisonnements syllogistiques, les seuls qu'emploie et que puisse employer la pensée quand elle est régulière, il les a divisés en trois figures, qu'il a classées suivant l'ordre de leur importance, c'est-à-dire, de leur clarté, par la position du terme moyen. Voilà le cercle infranchissable du raisonnement; voilà les limites que Dieu lui impose; voilà le code auquel il est soumis, et qu'il observe à son insu. Ce n'est pas Aristote qui l'a fait, c'est lui seulement qui a eu la sagacité de le découvrir. « Si le syllogisme est nécessaire, fait dire Leibniz, d'après Locke, à l'un des interlocuteurs de ses Nouveaux Essais, personne ne connaissait quoi que ce soit par raison avant son invention, et il faudrait croire que Dieu avant fait de l'homme une créature à deux jambes, a laissé à Aristote le soin d'en faire un animal raisonnable, je veux dire ce petit nombre d'hommes qu'il pourrait engager à examiner les fondements du syllogisme. » Non, sans doute, peut-on répondre à Locke, ce n'est pas Aristote qui a fait l'homme raisonnable ; c'est bien Dieu seul qui lui apprend à raisonner; mais c'est Aristote qui seul lui apprend comment il raisonne. C'en est assez pour la gloire humaine, et il a été bien rare d'en acquérir une qui valût celle-là. Aristote n'a pas montré seulement que le syllogisme était la forme vraie, la forme nécessaire du raisonnement; il a parcouru toutes les espèces de raisonnements ordinaires, une à une, et il a prouvé qu'elles se réduisaient toutes sans exception au syllogisme. C'était un complément indispensable de sa théorie; il n'a pas manqué de le lui donner. L'induction elle-même a été ramenée à la forme syllogistique; car Aristote a connu l'induction, ce dont pourrait faire douter la gloire revendiquée si souvent pour Bacon d'être venu substituer l'induction au syllogisme. L'induction d'abord ne peut être opposée au syllogisme, parce qu'elle n'est elle-même qu'un syllogisme d'un certain genre. De plus, elle n'était point à découvrir au temps de Bacon. Le philosophe grec l'avait admirablement pratiquée; car tous les hommes la pratiquent spontanément; et ses œuvres d'histoire naturelle, de politique, de météorologie, de logique même, l'attestaient assez. Mais, en outre, seul parmi tous les philosophes, il l'avait définie, étudiée, dans ce qu'elle a d'essentiel, et n'avait sous ce rapport rien laissé à faire pour ses successeurs, dans le champ de la logique pure. Il faut donc chercher à Bacon un autre mérite, et nous essaierons d'indiquer plus loin celui qui lui revient en propre. Mais en attendant, qu'Aristote garde la théorie de l'induction tout aussi bien que celle du syllogisme. Toutes les deux ne sont qu'à lui, et lui appartiennent bien légitimement. Il n'a pas même oublié cette quatrième figure attribuée à Galien sur le témoignage d'Averroès, (Premiers Analytiques, liv. 1, ch. 8, p. 55 verso, édit. de 1552), et qui semblerait accuser une lacune dans la théorie péripatéticienne du syllogisme. Aristote n'a pas distingué une quatrième figure, parce que de fait il n'y en a point. Le moyen terme ne peut avoir que trois positions et pas plus. Mais il a bien vu que si l'on admettait des conclusions indirectes, on pourrait ajouter aux quatorze modes des trois figures signalées par lui, cinq autres modes qui concluent indirectement. Il n'a fait que les indiquer (Premiers Analytiques, liv. 1, chap. 7, § 2), parce que ces modes sont très peu naturels et d'un usage nul. Mais il ne les a pas omis; ses disciples Théophraste et Eudème n'avaient pas à les inventer, comme on s'est plu si souvent à le dire. La quatrième figure n'était pas plus à faire au temps de Galien qu'elle ne l'est de nos jours. Bien plus, Aristote l'eût-il même complètement ignorée, sa magnifique invention n'en serait guère amoindrie. Le syllogisme une fois découvert, tout le reste était facile, et il suffisait d'une sagacité fort commune pour achever l'œuvre ainsi commencée. Aristote n'a pas omis davantage les syllogismes hypothétiques, dont on a voulu faire honneur encore à ses élèves Théophraste et Eudème. Les syllogismes hypothétiques sont ce qu'Aristote appelle les syllogismes d'hypothèse, de convention. Il en avait traité tout au long dans un ouvrage que le temps nous a ravi, mais que lui-même mentionne dans les Premiers Analytiques (liv. 1, ch. 44 § 4). Seulement on a douté que le syllogisme d'hypothèse fût pour Aristote ce qu'est pour nous le syllogisme hypothétique. Mais il suffit de consulter avec soin les passages fort nombreux où le philosophe parle des syllogismes d'hypothèse, de convention, pour s'assurer que ce doute n'est pas soutenable. L'exemple même qu'il cite (Premiers Analytiques, liv. 1, ch. 44, § 1), suffit à lever toute hésitation. Il faut ajouter que le syllogisme hypothétique se confond pour les adversaires même d'Aristote, avec le syllogisme conditionnel. Ne voit-on pas que c'est là jusqu'à l'expression du logicien grec? La condition, l'hypothèse, la convention, peut être exprimée formellement dans le syllogisme, tout comme elle peut être admise à l'avance, sans que la forme ordinaire du syllogisme en soit affectée. La conclusion n'en est pas moins hypothétique. Ainsi l'on peut affirmer, d'après Aristote lui-même, qu'il connaissait nos syllogismes hypothétiques, et qu'en outre il leur donnait la forme que nous leur donnons. Ne la leur eût-il pas donnée, il n'y aurait à ceci presque aucune importance, du moment qu'il a remarqué la nature particulière de la conclusion, quand le principe n'est que d'hypothèse ou de consentement, exprimé ou sous-entendu. Il ne suffit pas d'ailleurs d'avancer que le syllogisme d'hypothèse, de consentement dans Aristote, n'est pas notre syllogisme hypothétique; il faut dire précisément ce qu'il est ; et il serait fort singulier qu'Aristote, en défaut sur une espèce de syllogisme que tout le monde a connue après lui, en eût connu par compensation une autre, dont il aurait seul gardé le secret. II n'y a pas plus de probabilité d'un côté que de l'autre. On peut d'ailleurs suspecter à bon droit des découvertes faites par des disciples qui ont vécu de longues années dans l'intimité du maître. Il ne faudrait point sans doute ravir à Théophraste un mérite qui lui serait justement acquis, pour accroître celui d'Aristote qui n'en a pas besoin; mais dans l'obscurité qui couvre cette question, d'ailleurs peu grave, il semble plus naturel de croire que le maître ait inspiré l'élève, bien plutôt que l'élève n'a complété le maître. Le syllogisme hypothétique a donc été connu d'Aristote, tout aussi bien que la quatrième figure, tout aussi bien que l'induction; et ce sont là, n'en déplaise à la critique, des fleurons qu'on ne peut pas même arracher à sa couronne. Mais on adresse aussi à la théorie du syllogisme, telle qu'elle est développée dans les Premiers Analytiques, l'objection qu'on adressait tout à l'heure à la théorie de la démonstration exposée dans les Derniers. « Si l'on en excepte la doctrine des trois figures, Aristote n'a fait que de la logique appliquée. Pour la démonstration, il s'occupait du nécessaire, que la logique pure ne doit pas connaître; pour le syllogisme, il s'occupe de la modalité des propositions, que la logique pure ne doit pas connaître davantage. » Ce second reproche n'est pas plus juste que le premier; et l'exemple de Kant qui n'a pas exclu la modalité de sa logique, toute pure qu'elle est, devait être un avertissement suffisant. Il est vrai qu'on blâme Kant tout aussi bien qu'Aristote. Mais pourquoi veut-on proscrire la modalité de la théorie du syllogisme? parce qu'elle fait entrer, dit-on, la matière de la pensée dans une science qui ne devrait s'enquérir que des formes. Si ceci était exact, il faudrait en effet que la logique s'abstînt de toute recherche sur les modales, et qu'elle dît avec M. Hamilton, parodiant une sorte de proverbe scholastique : « De modali non gustabit logicus. » (Fragments de philosophie, trad. par M. L. Peisse, pag. 228). Mais il n'en est rien, c'est ce que l'on peut voir sans peine. Deux cas seulement se présentent dans la théorie du syllogisme, en ce qui concerne l'attribut, le plus important des deux termes de la proposition : 1" Ou cet attribut est pris absolument, dans toute son extension, sans aucune limite; 2' ou bien il est pris d'une manière relative, il est modifié d'une façon quelconque. Ce sont là les deux seules formes possibles de l'attribut. Étudier l'une aux dépens de l'autre, c'est mutiler la théorie. Qu'est-ce que devient la conclusion quand l'attribut est absolu? qu'est-ce qu'elle devient quand il est relatif`? Telles sont les deux questions qu'il faut résoudre. Il n'y a pas plus de matière d'un côté que de l'autre. Le syllogisme des propositions absolues n'est pas plus de la logique pure que le syllogisme des propositions modales. Seulement, comme le nombre des modifications de l'attribut est presque infini, il a fallu se borner. Aristote s'arrête à deux, le nécessaire et le contingent, et il montre d'une manière toute formelle, comme pour le syllogisme simple, les changements qu'éprouve la conclusion, selon que les prémisses sont ou contingentes ou nécessaires, et selon qu'elles présentent le mélange de l'une de ces deux formes avec la forme absolue. Il pouvait aller au-delà, comme l'ont bien vu les commentateurs grecs et aussi ses critiques; il y est même parfois allé; et à côté de ces deux modes principaux, il a souvent énuméré le possible, l'impossible, le vrai, comme il pouvait en énumérer tant d'autres. La théorie de la modalité ne s'occupe pas plus de « la fausseté ou de la vérité des propositions en elles-mêmes, n'en tient pas plus de compte » que l'autre portion de la théorie. Elle ne demande pas du tout si telle proposition est vraie ou fausse, nécessaire ou contingente; mais elle recherche quel est le caractère de la conclusion, quand les prémisses sont présentées sous la forme de propositions contingentes ou nécessaires. Il n'y a pas là de métaphysique, plus qu'il n'y en a dans le syllogisme catégorique; et l'on pourrait proscrire ce syllogisme lui-même, parce que l'existence y est impliquée, tout aussi bien qu'on proscrit la modalité, sous prétexte qu'elle s'occupe des modifications de l'existence. A ce compte, le syllogisme hypothétique aussi devrait rester étranger à la logique pure; car la loi fondamentale de ce syllogisme, c'est d'exprimer une condition, et, par cela même, une modification substantielle. Théophraste et Eudème, dont on invoque l'autorité, avaient combattu sur plusieurs points la théorie de la modalité; ils en avaient changé quelques règles; mais ils l'avaient admise comme partie intégrante de la théorie générale. Depuis eux, nul logicien n'a prétendu la supprimer. M. Hamilton est jusqu'à présent le seul, si l'on excepte Laurentius Valla, au XVe siècle, qui ait proposé ce retranchement. Le syllogisme modal offre, on en doit convenir, de très nombreuses difficultés, non pas en lui même, mais à cause de la complication immense qu'il introduit dans la logique, et que le génie d'un Aristote n'a pu suffisamment éclaircir. M. Hamilton a bien raison de dire : « La confusion et l'embarras occasionnés par ces quatre modes seuls (c'est deux et non pas quatre), furent tels que la doctrine modale constitua longtemps la branche de la logique, non seulement la plus inutile, mais encore la plus difficile et la plus rebutante; elle était à la fois le criterium et le crux ingeniorum. » Mais M. Hamilton a tort d'ajouter que « si ce sujet était embrouillé, c'est qu'on mêlait des sciences différentes et que les questions modales, retranchées du domaine de la logique, auraient dû être adjugées au grammairien et au métaphysicien. » (Id. ibid.) La grammaire et la métaphysique n'ont rien à voir ici. Le sujet est embrouillé par lui-même, et non par la faute de ceux qui l'ont traité. Il doit tenir sa place dans la logique. Aristote aurait pu la restreindre sans inconvénient; il ne pouvait la supprimer. La modalité admise dans les Premiers Analytiques devait également figurer dans l'Herméneia. Si la démonstration se fonde sur la théorie du syllogisme, la théorie même du syllogisme se fonde sur celle de la proposition. Qu'est-ce donc que la proposition? Quelles en sont les espèces? quelles formes principales peut-elle revêtir? voilà ce que l'Herméneia recherche et devait rechercher. Les propositions sont par elles-mêmes absolues ou modales, comme elles le sont dans le syllogisme. Il fallait donc étudier les modales, tout comme les propositions absolues. Seulement ici, Aristote a très justement encouru la censure de son critique; et quand il s'est demandé comment se suivent mutuellement les idées de contingent, de nécessaire et d'impossible, c'est de la métaphysique qu'il a fait bien plutôt que de la logique. C'est un écueil dont il aurait dû se garantir; c'est une des très rares erreurs qu'il ait commises. Après l'Herméneia, ou théorie de la proposition, il ne reste plus à la logique qu'une seule chose à faire, c'est la théorie des mots, éléments de la proposition, en tant qu'ils servent d'intermédiaires entre la pensée et les choses que la pensée connaît et exprime. C'est là le but des Catégories qui achèvent ce grand monument, ou, si l'on veut, qui en sont la base, comme la réalité est la base et l'occasion de toutes les connaissances de l'esprit humain. On a reproché aux Catégories, comme aux Derniers Analytiques, d'être plus métaphysiques que logiques, et l'on a cru qu'Aristote n'aurait point dû les comprendre dans l'Organon. C'est une erreur non moins grave que celle qui voudrait en exclure la démonstration. Les Catégories ne sont pas simplement « une classification objective des choses réelles. » (M. Hamilton, Frag. de phil., trad. de M. Peisse, p. 218.) Et si elles n'étaient que cela, il faudrait en effet les renvoyer à la métaphysique, à l'ontologie. Elles sont en outre une classification des mots, c'est-à-dire aussi, des notions simples que la réalité transmet à l'esprit; elles sont les éléments logiques du jugement, en même temps qu'elles représentent les éléments généraux des choses par leurs appellations; et c'est précisément ce double caractère que M. Hamilton a bien distingué ailleurs, et sur lequel on doit revenir un peu plus loin, qui fait l'admirable vérité de ce livre, et lui donne dans l'ensemble de l'Organon la première place par son objet, et la première peut-être par la justesse de la théorie, aussi parfaite qu'elle est indispensable. Ainsi les Catégories, l'Herméneia, les Premiers Analytiques et les Derniers, sont bien de la logique pure, et non de la logique appliquée. Ce sont là les fermes assises sur lesquelles repose tout l'édifice de l'Organon. La théorie des mots, celle de la proposition, celle du syllogisme et celle de la démonstration, ce sont là les fermes assises sur lesquelles doit éternellement reposer la logique, hors de là, elle n'a ni ordre, ni méthode, ni vérité. Il n'est pas un esprit juste qui puisse le méconnaître : qu'on demande à d'Alembert (Discours préliminaire de l'Encyclopédie) si ce ne sont pas les quatre parties essentielles de toute logique complète. C'est Aristote le premier qui les a étudiées et mises en toute lumière. Aujourd'hui, et forts des travaux qui nous ont précédés, cette division de la logique nous semble aussi naturelle qu'elle est claire et profonde. Pour le premier inventeur, la difficulté était immense. Aristote, en terminant l'Organon, a revendiqué l'honneur d'avoir fondé une science qui n'avait point eu d'antécédents. Il a parlé « de ses pénibles recherches, du temps et des labeurs qu'elles lui avaient coûté. » Et avec une modestie tout antique, il a demandé à la postérité « de l'indulgence pour les lacunes de son ouvrage et de la reconnaissance pour toutes les découvertes qu'il a faites. » C'est la seule fois qu'Aristote ait parlé de lui et de ses travaux. Respectons cette grande voix qui nous vient encore après deux mille ans apporter son sincère témoignage. Oui, la fondation de la logique a été chose pénible et longue. La science, telle qu'elle est aujourd'hui, nous paraît facile autant qu'elle est importante. Mais les premières mains qui ont défriché ce champ si vaste et si inculte alors, ont été bien fortes, puisqu'elles n'ont point succombé à cette tâche prodigieuse. Elles ont été bien habiles, puisque leur œuvre n'a point été à refaire. L'humanité n'est point restée sourde à l'appel du philosophe. Elle n'a pas eu seulement de l'indulgence pour son œuvre, elle n'a pas eu seulement de la reconnaissance pour lui; elle a eu cette admiration que vingt siècles n'ont pas fatiguée et que les siècles ne fatigueront pas. Ce n'est pas faire trop pour le père de la logique. On peut voir maintenant d'un coup d'œil quelle a été l'entreprise entière d'Aristote. Son but, c'est de faire la théorie de la démonstration ; et c'est pour atteindre cette fin dernière, qu'il analyse tous les éléments qui entrent dans la démonstration. Il ne s'arrête qu'aux éléments indécomposables, parce qu'il est impossible d'aller au-delà. Il est donc également clair qu'on peut de la démonstration descendre aux catégories, ou des catégories remonter à la démonstration. Cette dernière voie est celle qu'a prise Aristote ; et, pour l'exposition de la doctrine, c'est en effet la plus aisée, et par cela même la plus instructive. Rationnellement, on pourrait tout aussi bien partir de la fin, c'est-à-dire, de la démonstration, seul objet que dans sa spontanéité l'esprit humain réalise, et qu'il exprime sans cesse par le langage d'une manière plus ou moins parfaite. C'est l'abstraction seule qui donne les mots avant le raisonnement. Dans la réalité, c'est le raisonnement qui est la chose importante : les mots n'en sont que les matériaux, et la pensée le plus souvent ne s'y arrête point. Quel est donc le vrai caractère des Catégories, et doit-on les renvoyer à la métaphysique? Il doit être hors de doute que retrancher les Catégories sous ce prétexte ou sous un autre, c'est mutiler non pas seulement l'Organon, mais encore la logique. On ne le peut sans péril pour la science et la vérité, malgré ce qu'en ont pensé d'excellents esprits comme Vivès et Tennemann, et de nos jours, MM. Ritter et Hamilton. Les Catégories d'Aristote ont à toutes les époques joué un rôle considérable. Elles ont eu un grand renom, et saint Augustin raconte, dans ses Confessions, la naïve admiration qu'il avait d'abord conçue pour ce livre, dont ses maîtres lui parlaient avec tant d'ostentation et de pompe. Port-Royal témoigne qu'au XVIIe siècle encore, cette doctrine était entourée d'une sorte de mystère; et aujourd'hui même, le mot de catégories a quelque chose d'obscur et de grave, que Kant n'a pas peu contribué à augmenter par les difficultés de sa propre théorie. Au fond, rien de plus simple et par cela même, rien de plus grand que les Catégories d'Aristote. Les mots pris isolément, sans combinaison, ne peuvent que représenter les choses : ils ne les affirment point; ils ne les nient point : car c'est l'objet de la proposition. Mais il est évident qu'en classant les mots, on classe aussi les choses, par la liaison indissoluble qui unit les uns aux autres. L'esprit de l'homme a beau faire, c'est de la réalité qu'il part, même pour s'élever au-dessus d'elle, et pour la comprendre, avec toutes les facultés dont il est doué. Les commentateurs grecs, dont les discussions sur ce point ont été aussi longues qu'exactes, se sont accordés à le reconnaître. Oui, ce sont les mots dont il s'agit dans ce traité; mais il s'occupe par là même des choses; et la classification des choses serait fausse si celle des mots l'était d'abord. Mais comment classer les mots? Ils ne sont guère moins nombreux que les choses, et l'on court grand risque de se perdre dans ce dédale, si l'on n'a tout d'abord un fil pour s'y retrouver. C'est à la réalité seule qu'il faut le demander, à la réalité, qui est le modèle dont le langage n'est que le reflet, dont les mots ne sont que le symbole. Que nous présente la réalité? Des individus, rien que des individus, existant par eux-mêmes, et se groupant, par leurs ressemblances et leurs différences, sous des espèces et sous des genres. Ainsi donc, en étudiant l'individu, l'être individuel, et en analysant avec exactitude tout ce qu'il est possible d'en dire en tant qu'être, on aura les classes les plus générales des mots, les catégories, ou pour prendre le terme français, les attributions, qu'il est possible de lui appliquer. Voilà tout le fondement des catégories, et l'on peut ajouter que tout autre est ruineux, comme l'a bien fait voir la grande et infructueuse tentative de Kant. Il y a bien ici quelques traces de métaphysique ; mais c'est qu'il est impossible qu'il n'y en ait pas. Les mots ne sont pas tous d'espèce identique : les nuances essentielles que l'analyse y distingue ont bien une cause, et cette cause n'est autre que la différence même des choses que les mots représentent. Il faut donc, même pour construire la logique pure, aller jusqu'à cette partie de l'ontologie sans laquelle la logique elle-même ne serait pas; et c'est là ce qui fait qu'Aristote ne place pas seulement les catégories en tête de l'Organon, mais qu'il les retrouve et les discute encore dans la Métaphysique, dans la Philosophie première ou science de l'être. Ce n'est pas, du reste, une classification des choses à la manière de celles de l'histoire naturelle, qu'il s'agit de faire en logique : c'est une simple énumération de tous les points de vue, d'où l'esprit peut considérer les choses, non pas, il est vrai, par rapport à l'esprit lui-même, mais par rapport à leur réalité et à leurs appellations. « Au vrai, Aristote classe des idées », comme l'a très bien dit M. de Rémusat (Essais de Philosophie, tom. 1, p. 367). Or, il distingue ici dix points de vue, dix significations principales des mots. Et la première, quelle est-elle? C'est celle-là même qui exprime l'existence, la première chose sans contredit que l'esprit découvre et observe dans l'individu, dans l'être quelconque qui tombe sous son regard. La catégorie de la substance est à la tête de toutes les autres, précisément parce que la première, la plus essentielle marque d'un être, c'est d'être. La substance précédera donc, et de toute nécessité, toutes les catégories. Cela revient à dire qu'avant tout, l'être est, l'être existe. Par suite, les mots qui expriment la substance sont antérieurs à tous les autres, et sont les plus importants. Il faut ajouter que ces mots-là participeront en quelque sorte, à cet isolement que les individus nous offrent dans la nature. Ils seront en eux et pour eux, comme les êtres, les individus, sont en soi et pour soi. Mais, de même que dans la réalité les individus subsistant par eux seuls, forment des espèces et des genres, qui ont bien aussi une existence substantielle, la substance se divisera de même en substance première et substance seconde. Les espèces, les genres ne peuvent être sans les individus; les individus pourraient être sans former des espèces et des genres. Les mots qui représentent les individus ne pourront jamais que se servir à eux seuls; ils ne pourront servir à d'autres mots, c'est-à-dire, en être les attributs. Les mots, au contraire, qui représentent les espèces et les genres ne sont pas en soi et pour soi; ils servent à la substance première, aux individus, c'est-à-dire qu'ils peuvent leur être attribués. C'est que les espèces et les genres, s'ils expriment là substance, ne l'expriment pas dans toute sa pureté : c'est déjà de la « substance qualifiée », comme le dit Aristote. Mais les mots n'ont-ils qu'à exprimer des substances individuelles, qu'à exprimer des espèces, ou des genres? Il n'y a bien dans la réalité que des individus et des espèces ou genres. Mais ces individus en soi et pour soi n'existent pas seulement : ils existent sous certaines conditions ; leur existence se produit sous certaines modifications, que les mots expriment aussi, tout comme ils expriment l'existence absolue. Ces nouvelles classes de mots formeront les autres catégories, qui seront à la première, à celle de la substance, dans le rapport même ou les modifications sont à l'individu modifié. Sans la catégorie de la substance, les autres ne sont pas, non plus que sans les individus il n'y a point de modifications; ou comme nous dirions aujourd'hui : point de phénomène sans sujet. La substance ne peut être considérée comme un accident de l'être : elle s'identifie avec lui. Les autres catégories, au contraire, ne sont que des accidents. Les accidents de l'être ne sauraient être sans lui ; mais ils ne se confondent pas avec lui. Ces modifications, ces accidents de l'individu sont au nombre de neuf : Aristote n'en reconnaît pas davantage. Après la substance, après la notion d'existence substantielle, ce que l'esprit observe dans l'être, c'est sa quantité; car il n'y a pas d'être sans quantité. La quantité sera donc la seconde des catégories, et les mots qui l'expriment formeront la seconde classe générale des attributions. La troisième sera celle des mots qui expriment la relation, c'est-à-dire, le point de vue où l'esprit considère l'être en tant qu'il n'est ce qu'il est que par rapport à un autre. La quatrième sera celle de la qualité. Et viendront à la suite et par ordre, le lieu, le temps, la situation, l'état, l'action et enfin la passion. voilà donc les dix catégories, les dix seules attributions possibles. Par la première, on nomme les individus, sans faire plus que les nommer; par les autres, on les qualifie. On dit d'abord ce qu'est l'individu, et ensuite quel il est. Ce sont là, bien qu'à un autre point de vue, les deux grandes catégories de Descartes, l'absolu et le relatif. (Règles pour la direction de l'esprit, règle 6, p. 226, éd. de M. Cousin.) On comprend maintenant pourquoi les catégories ne peuvent ni se confondre en une seule ni rentrer les unes dans les autres. Elles s'appliquent toutes, y compris celle de la substance, à un terme commun, qui est l'être, et dans la réalité, un individu quel qu'il soit d'ailleurs. Mais l'être n'est pas le genre des catégories. Aristote l'a bien souvent répété : les catégories ne sont pas des espèces de l'être ; ce sont ses modifications. C'est là ce qui fait aussi que les catégories ne se communiquent point entre elles. Ainsi, le lieu ne peut pas se confondre avec la substance; car le lieu dit que l'être est dans une certaine partie de l'espace; la substance dit simplement ce qu'il est, et non point où il est. Et ainsi de toutes les autres. Je ne veux pas défendre la division des catégories telle qu'Aristote l'a faite. Doit-on en reconnaître seulement dix, ou doit-on en compter davantage? Celles qu'il énumère sont-elles bien distinctes réellement comme il le croit, ou quelques-unes ne sont-elles pas de simples répétitions, des doubles emplois? Cette discussion mènerait fort loin, et ce n'en est point d'ailleurs ici la place. Tout ce qu'il faut remarquer, c'est le principe général dont Aristote est parti. Ce principe est profondément vrai : c'est sur l'individu et l'individu seul qu'il faut construire les catégories ; c'est à une observation patiente et exacte de la réalité qu'il faut les emprunter. Ces catégories bien faites nous fourniront, sans aucune erreur possible, les classes générales des mots, que la proposition accouple, d'abord dans les relations même où la réalité les lui donne, et dont plus tard le syllogisme tire la science infaillible et éternelle de la démonstration. Cette grande théorie d'Aristote est en admirable accord avec l'esprit humain lui-même. Toutes les langues, sans en excepter une seule, des plus barbares jusqu'aux plus parfaites, ont instinctivement distingué les sujets et les attributs, comme l'a fait le philosophe. Cette distinction qu'impose la nature elle-même constitue le jugement, la proposition; et les Catégories représentent fidèlement, du moins en ce point le plus grave de tous, d'abord la nature, et ensuite le langage, tel qu'il a été donné à l'homme de le faire. Que dire maintenant de Bacon, qui prétend que « Aristote a voulu bâtir un monde avec ses Catégories, que de ses Catégories il a voulu faire sortir le monde»; et qui s'écrie, tout en se défendant de faire justice par la plaisanterie d'un homme investi, suivant lui, de la dictature en philosophie : « Quelle importance y a-t-il à ce qu'on ait posé comme principes des choses, la substance, la qualité et la relation? » (Nov. Organ., liv. 1, ax. 63, et Pensées et vues sur l'interprétation de la nature, XIII.) Que dire de Bacon, qui ajoute que « Aristote impose à la nature même ses opinions comme autant de lois, et qu'il est plus jaloux en toutes questions d'imaginer des moyens pour n'être jamais court, et alléguer toujours quelque chose de positif, du moins en paroles, que de pénétrer dans la nature intime des choses et de saisir la vérité? » Que dire enfin de Bacon quand il avance qu'Aristote n'a jamais consulté l'expérience pas plus pour sa dialectique que pour son Histoire des animaux, et que « au contraire, après avoir rendu arbitrairement ses décrets, il tord l'expérience, la gauchit sur ses opinions et l'en rend esclave?» Aristote a si peu voulu faire le monde avec ses Catégories, qu'il a fait au contraire ses Catégories avec le monde : et sa logique n'est pas moins une œuvre d'observation et d'expérience que son Histoire naturelle, sa Météorologie ou sa Politique. Bacon est aveuglé par la haine : il est évident qu'il n'a pas compris ce qu'il attaque si faussement, et qu'il se rappelle tout au plus ce que l'école nommait l'arbre de Porphyre, dont Aristote certainement n'est pas coupable. Kant, grand admirateur d'Aristote, n'est pas trompé par sa haine, mais il l'est par son propre système. Il a conçu les catégories tout autrement qu'Aristote ; il ne les a point prises pour les classes les plus générales des mots, et des choses représentées par les mots; il en a fait les formes de l'entendement pur, les cadres dans lesquels les choses doivent venir se mouler pour être intelligibles. C'est un point de vue tout différent, et c'est en se plaçant ainsi au centre de l'intelligence toute seule, que Kant a prétendu juger une théorie qui n'a considéré que les mots, et les choses au travers des mots et des idées. Aussi son jugement sur les Catégories d'Aristote renferme-t-il presque autant d'erreurs que de pensées. Kant commence par déclarer que « le but d'Aristote était le même que le sien, malgré toutes les différences que présente l'exécution. » Il n'en est absolument rien. Aristote n'a pas dit aussi longuement que le philosophe de Koenigsberg ce qu'il voulait faire. On a pu même douter quelquefois du véritable objet des Catégories, parce qu'il ne l'a point assez nettement indiqué; mais cependant il dit en propres termes, dans la phrase qui résume la pensée générale de tout ce traité : « Les mots, quand on les prend isolément et sans combinaison entre eux, ne peuvent exprimer qu'une des dix choses suivantes : la substance, la quantité, etc. » Rechercher les significations les plus générales des mots dans leur rapport avec les choses, est-ce le but de Kant? Les concepts purs de l'entendement, les formes nécessaires des jugements se confondent-elles avec les mots qui forment ces jugements, avec les choses que ces mots représentent? Kant ne l'accorderait pas certainement; son dessein est tout autre, en dépit de ses protestations. D'où vient donc qu'il a pu s'y tromper? c'est l'expression de catégories qui a fait ici toute son illusion. Il emprunte ce terme fameux à la langue péripatéticienne par une de ces « analogies de l'expérience », comme il dit lui-même, auxquelles les meilleurs esprits se laissent parfois aller. Les Catégories d'Aristote sont de la logique : celles de Kant se rapportent aussi à la logique : donc, elles sont toutes pareilles, du moins par le but qu'elles se proposent. Kant aurait pu tout aussi bien confondre ses Idées de la raison pure avec les Idées de Platon, parce qu'il emprunte à Platon le terme d'Idées, non moins célèbre que celui de Catégories. Kant ajoute que « c'était un dessein digne d'un aussi grand homme qu'Aristote de rechercher tous les concepts fondamentaux. » Et bien qu'Aristote n'ait jamais parlé de ce que Kant a nommé des concepts, Kant va le juger comme si Aristote était un de ses disciples, infidèle ou trop peu intelligent. « Aristote, dit-il avec une sévérité par trop magistrale, n'était guidé par aucun principe. » Entendez, par aucun des principes qui ont guidé l'auteur de la Raison pure. « Il prit les concepts comme ils se présentaient à son esprit. » Il serait curieux que Kant nous dît comment il a pris les siens, lui qui prétend ne pas les emprunter à l'observation empirique, et qui en fait une déduction purement transcendantale. Aristote a si peu pris les concepts comme ils se présentaient à son esprit, c'est-à-dire, confusément et pêle-mêle, qu'il leur a donné un ordre; et que, sans le moindre doute, la catégorie qu'il a placée la première, est en effet la première pour tout système qui ne se laisse point emporter aux chimères de la plus vide abstraction. « Il en rassembla d'abord dix qu'il appela catégories ou prédicaments. » Il ne faut pas croire que Kant se borne ici à traduire le mot grec par un mot qui, en effet, en rend parfaitement le sens; il va plus loin; et la suite prouvera qu'il attribue formellement à l'auteur qu'il critique le mot de prédicaments, tout aussi bien que le mot original lui-même. Or, Aristote n'a jamais appelé les catégories prédicaments, attendu que prédicament est un mot latin, inventé même assez tard, et qui ne fut point connu dans les écoles latines des premiers siècles. « Dans la suite, il crut en avoir trouvé cinq autres. » Où Kant a-t-il trouvé, lui, qu'Aristote ait jamais ajouté cinq catégories aux dix qu'il énumère d'abord, et dont le nombre est toujours resté immuable dans son système? « Il les ajouta aux précédents sous le titre de post-prédicaments. » Post-prédicaments n'est pas plus une expression d'Aristote, que prédicaments lui-même. Et vraiment, en écoutant ces assertions tranchantes de Kant, que l'examen le plus superficiel du livre grec suffit pour renverser, on se demande si Kant a lu sérieusement Aristote, ou bien s'il ne le juge que sur des souvenirs effacés et complètement inexacts. Les post-prédicaments répondent à l'hypothéorie des commentateurs grecs; c'est une division toute matérielle, faite pour la commodité de l'explication et de l'étude; ce n'est pas un nom particulier que porte cette partie de l'ouvrage, un nom créé par Aristote, qui n'a pas même, sans doute, donné de titre général à son livre. Mais si l'on s'en fie à la parole de Kant, les catégories d'Aristote ne sont plus au nombre de dix; elles sont au nombre de quinze, ce que n'ont jamais su ni l'antiquité, ni le monde arabe, ni la scholastique, bien que tous trois aient donné à l'interprétation des Catégories des siècles de travail et des monceaux de commentaires. Mais Kant, dans ses théories spéciales, va jusqu'à quinze aussi, et il n'est pas fâché de retrouver cette ressemblance dans Aristote. « Sa liste, continue Kant, n'en resta pas moins imparfaite. » Ici, Kant a raison : mais le difficile n'était pas d'affirmer d'une manière toute générale, que le système d'Aristote présentait des imperfections; il eût mieux valu montrer l'origine et la nature de ces imperfections, et surtout le moyen de les éviter. « En outre, dit Kant, on y rencontre certains modes qui appartiennent à la sensibilité, Quando, Ubi et Situs, de même que Prius et Simul » D'abord Prius et Simul, n'ont jamais appartenu aux catégories d'Aristote; ce sont des post-prédicaments, pour parler comme le philosophe allemand; mais Aristote ne les a jamais rangés dans ses dix catégories. Que veut dire Kant, lorsqu'il affirme que ces modes appartiennent à la sensibilité? Est-ce à la sensibilité pure, telle que lui-même la comprend quand il affirme que l'espace et le temps sont les formes pures de l'intuition sensible? Mais c'est là de la doctrine kantienne, et jusqu'à ce qu'on ait prouvé qu'Aristote ne cherchait que les purs concepts de l'entendement, on ne peut pas lui reprocher de faire entrer dans sa liste des catégories, des données sensibles, des données d'observation, les seules, sans contredit, sur lesquelles il ait eu dessein de construire son système. « On y trouve aussi, poursuit Kant, un mode empirique, Motus. » Le mouvement, mode empirique suivant Kant, ne fait pas exception; tous les autres modes sont également empiriques pour Aristote. De plus, le mouvement est un post-prédicament, comme Prius et Simul, et n'est pas plus qu'eux compris dans les catégories. Aristote fait si peu du mouvement une catégorie à part, qu'il prétend au contraire que le mouvement s'applique aux catégories. C'est ce que Kant aurait pu conclure d'abord, de la place donnée au mouvement dans l'ouvrage même d'Aristote; c'est ce qu'il aurait pu voir, formellement exprimé plus d'une fois, dans la Physique et dans la Métaphysique. Kant ajoute : « Tous ces modes évidemment ne doivent pas trouver place dans la table des notions primitives de l'entendement. » Sans doute de l'entendement tel que Kant l'a fait : mais Aristote n'a jamais compris l'entendement de cette façon; et, selon toute apparence, les abstractions de la Raison pure et le scepticisme de la Critique ne l'eussent pas beaucoup séduit. Enfin, Kant termine en disant : « Il compte même des concepts dérivés, Actio et Passio, au nombre des concepts primitifs, et quelques-uns de ceux-ci ont été complètement oubliés. » On peut le croire sans peine, si les concepts primitifs sont ceux de Kant, comme naturellement Kant doit le supposer. Kant s'est donc trompé sur les Catégories d'Aristote. Celles qu'il a tenté de leur substituer, forment-elles un système plus exact et plus vrai? Nous n'hésitons pas à soutenir que ce système n'est point pour l'exactitude et la vérité au niveau de celui du philosophe grec. Il faut reconnaître d'abord, répétons-le, que le point de départ est absolument différent. Kant ne recherche que les formes de l'entendement, Aristote qu'une classification des mots, et des choses dans leurs rapports avec les mots, et par suite aussi des idées. A quelle source Kant ira-t-il puiser? A une source tout empirique, malgré ses prétentions contraires. C'est d'après les jugements, et par une induction dont il ne nous donne pas le secret, qu'il inférera les formes, nécessaires selon lui, dans l'entendement, pour que ces jugements soient possibles. Quant aux jugements, c'est l'observation d'abord, et la réflexion ensuite, qui nous diront quel en est le nombre, quelles en sont les espèces diverses. Cette observation, Kant l'a-t-il bien faite? A-t-il analysé avec vérité les données que lui offrait la réalité, c'est-à-dire, le langage? La table des jugements, telle qu'il l'a tracée, est là pour répondre. Les jugements, selon Kant, se partagent en quatre grandes classes, la quantité, la qualité, la relation et la modalité. Chacune de ces grandes classes se sous-divise elle-même en trois espèces de jugements, ni plus ni moins. En tout, douze espèces de jugements, et par conséquent douze formes de jugements, c'est-à-dire, douze catégories de l'entendement, sans lesquelles les jugements ne pourraient se former. Or, ces jugements d'espèce prétendue diverse, ces jugements à divisions si parfaitement symétriques, c'est Kant qui les invente. Il distingue des choses qui évidemment se confondent, qui sont évidemment identiques. Son jugement limitatif, tel qu'il l'imagine, est absolument le même que le jugement négatif, dont il prétend toutefois le séparer. Qui jamais a ouï parler de jugements problématiques, assertoriques, apodictiques? On ne voit pas pourquoi Kant n'en aurait pas énuméré bien d'autres encore. Sa fécondité n'était pas épuisée, et il est difficile de dire pourquoi elle s'est arrêtée dans de si étroites limites. Créer des distinctions verbales ne lui coûtait en rien ; il aurait pu les multiplier bien davantage encore, sauf à ne décrire qu'un pays chimérique, et à faire le roman de la raison pure, au lieu d'en faire la véritable histoire. Kant, se jetant, ou croyant se jeter en dehors de tout empirisme, ne pouvait que marcher à des abîmes; et sa table des catégories, la seule partie de son grand ouvrage dont nous ayons à nous occuper, ne semble qu'une longue erreur, témoignage d'une rare puissance d'esprit, d'un esprit bien sûr de lui-même, mais bien peu sûr des matériaux qu'il emploie, ne cherchant ni d'où ils viennent, ni ce qu'ils valent. La Critique de la raison pure est certainement une grande tentative, quoiqu’après soixante ans à peine, il en reste aujourd'hui bien peu de chose. On essaiera plus loin de l'apprécier dans sa pensée générale. Mais en ce qui concerne les catégories, il faut dire qu'elles sont aussi loin de celles d'Aristote que l'imagination l'est de la réalité. Les catégories de Kant ne provoqueront pas les études et les travaux que durant tant de siècles ont produits celles de son devancier. Cependant il est dans le système d'Aristote un point de la dernière importance, où son génie pâlit, et où Platon son maître, et Kant même, pourraient lui en beaucoup apprendre; c'est la théorie de l'universel. Il est facile de voir tout ce que cette question a de grave d'abord par elle-même, et surtout dans la doctrine aristotélique. L'entendement arrive, sans aucun doute, à des notions universelles d'une évidence entière, éclatante, et qui projettent leur lumière propre sur toutes les autres parties de la connaissance. Ces notions universelles sont les principes dans le syllogisme, et dans les catégories ce sont les termes généralissimes, les idées d'espèces et de genres, que les Scholastiques ont nommés les universaux, et dont la nature équivoque a donné naissance à ce long débat du réalisme et du nominalisme. Aristote ne s'est point demandé dans les Catégories d'ou venaient ces termes universels. Mais en terminant sa logique pure, à la fin de la Théorie de la démonstration ou Derniers Analytiques, il a esquissé en quelques traits la formation des principes dans l'entendement. Le problème, du reste, est le même pour les universaux proprement dits et pour les principes. Bien résolu pour les uns, il l'est également pour les autres. Dans une science qui n'a pas d'autre but que la démonstration, et qui n'étudie tout le reste qu'en vue de ce seul objet, l'origine des principes et leur rôle dans l'entendement, est une question capitale. Il ne suffit pas de dire exactement les règles qu'on doit suivre, pour arriver du principe évident dont on part, à la conséquence que l'on cherche. Il ne suffit même pas d'énumérer scrupuleusement tous les caractères que ce principe doit avoir par lui-même, pour que la conclusion qui en sort soit démontrée. Il faut en outre savoir comment ce principe s'est formé, et comment il s'est imposé à l'esprit. Bien plus, il serait encore possible, par des règles sages et circonspectes, d'apprendre à l'esprit à ne recevoir que des principes vrais, et à se défendre des principes faux. Aristote a essayé seulement de nous montrer comment les principes, vrais ou faux, se forment en nous. Quant à la seconde partie de la recherche, il l'a négligée, et c'est justement par cette lacune de son système que s'est plus tard introduite la réforme, tentée par Bacon après tant d'autres, tout partisan qu'est Bacon de la théorie aristotélique de l'universel, et réalisée seulement par Descartes. Voilà donc dans la doctrine de l'universel, telle qu'Aristote l'a comprise, une très grave omission, et l'on verra bientôt comment l'esprit humain a essayé de la combler, en reprenant les indications de l'école socratique et platonicienne. Mais Aristote pourrait jusqu'à un certain point, renvoyer cette portion de la théorie à l'art, qu'il n'a point traité dans toute son étendue, et relever peut-être par cette haute fonction la Dialectique qui, comme il le proclame lui-même, « investigatrice de sa nature, nous ouvre la route vers les principes des sciences. » (Topiques, liv. 1, ch. 2, § 6), et « est commune à toutes les a sciences sans exception. » (Derniers Analytiques, liv. 1, ch. 11, § 6). Il pourrait jusqu'à un certain point, dans le domaine de la logique pure, répudier une question qui en sort et qui l'excède. Mais dans cette partie de la théorie de l'universel qu'il a cru devoir traiter, est-il à l'abri de toute critique? a-t-il vu la vérité, comme dans le reste de l'Organon? Voilà ce qu'on peut justement lui demander. Ici, la pensée d'Aristote revêt une forme indécise, comme il arrive à toute pensée obscure et trop peu arrêtée. Les principes viennent de la sensation, et c'est l'induction qui les transmet à l'entendement, lequel est seul en relation avec eux. La connaissance des principes est tout autre que la science donnée par la conclusion; car cette science dérive des principes, et les principes ne dérivent pas d'elle. Mais comment les principes viennent-ils de la sensation? Aristote répond à ceci par une comparaison, lui qui d'ordinaire s'en défend avec tant de soin, et qui proscrit rigoureusement la métaphore dont il trouvait peut-être que son maître avait abusé. « Ce qui se passe dans l'entendement, selon lui, ressemble beaucoup à ce qui se passe dans la déroute d'une armée. Si, au milieu du désordre, un fuyard s'arrête, un autre s'arrête aussi, puis un troisième, puis encore d'autres à la suite, et bientôt les rangs se reforment, et l'ordre entier de la bataille se rétablit. » De même dans l'entendement, une première sensation venue d'un individu quelconque y laisse une trace; c'est un premier temps d'arrêt; une seconde sensation, toute pareille à la première, y laisse une trace analogue, plus marquée sans doute; puis une troisième, puis une quatrième; et ces marques toujours identiques, puisqu'elles viennent toujours d'individus qui spécifiquement n'offrent pas la moindre différence, forment enfin dans l'entendement la notion universelle, c'est-à-dire, un principe. Le procédé de l'entendement est dans ce cas ce qu'on appelle l'induction (Derniers Analytiques, liv. II, ch. 19, § 7, à la fin). C'est l'induction qui nous donne les principes, en aidant l'entendement à élever les faits particuliers jusqu'à la hauteur d'une notion universelle. Mais comme c'est la sensibilité seule qui nous révèle les faits particuliers, Aristote n'hésite pas à dire que « c'est de la sensation uniquement que vient la connaissance des principes. » Les principes ne naissent pas spontanément en nous, et encore moins sont-ils innés dans l'âme, comme Platon l'avait toujours soutenu; et la preuve, c'est que nous ne les connaissons pas avant que la sensation ne les ait formés; et qu'il serait également absurde, et de penser que, tout en ayant ces principes en nous, nous les ignorons cependant, et de penser que nous les tirons d'autres principes plus notoires, sans qu'il y ait de limite à cette génération de principe par des principes. Tels sont les traits les plus saillants de la théorie de l'universel dans Aristote. Est-elle suffisante? et quel en est le vrai caractère? On ne peut pas dire que cette théorie soit purement sensualiste; car, en voulant tirer tout de la sensation, Aristote n'en fait pas moins une part très spéciale à cette faculté de l'intelligence qu'il appelle l'entendement. Il n'en donne pas moins à cette faculté cette énergie particulière de retenir tout au moins les traces des faits particuliers, et de convertir leur multiplicité variable en une unité indivise qui ne peut plus changer. Ce n'est point là une sensation transformée, comme a pu l'entendre plus tard l'école condillacienne. A côté de la passivité évidente de l'intelligence, il y a certainement aussi une activité sur laquelle Aristote n'insiste pas assez, mais qu'il n'omet point. Si cette théorie n'est pas sensualiste, on peut bien moins encore soutenir qu'elle soit spiritualiste. Il faut réserver ce nom pour les systèmes qui, tout en admettant l'élément empirique de la connaissance, déclarent nettement que cet élément ne suffit pas, et qu'il faut que l'esprit le complète en lui en adjoignant un autre. La pensée d'Aristote n'est ni sensualiste tout à fait, ni assez spiritualiste. Elle est équivoque, et elle est déjà sur la pente où quelques-uns de ses successeurs ne sauront point se retenir, et ou se précipitera plus d'une école en invoquant, bien qu'à tort, le grand nom du péripatétisme. (Le fameux axiome « nihil est in intellectu quod non prius fuerit in sensu, » n'est pas d'Aristote, malgré les autorités sans nombre, et dont quelques-unes sont assez graves, qui l'ont affirmé. Certes, on peut blâmer Aristote d'être resté indécis sur un pareil problème. Il devait se prononcer positivement, et ne point laisser l'ombre même du doute. Platon est en ceci infiniment supérieur. Il serait difficile de défendre la théorie des Idées tout entière telle qu'il l'a faite, dans sa partie mythique aussi bien que dans sa partie purement logique et réelle. C'est un parti très violent à prendre, et que Socrate ne prend pas sans un peu de doute et d'ironie, que de supposer à l'âme une vie antérieure d'où elle a rapporté de son commerce avec la véritable essence des choses, ces notions universelles dont elle ne voit en ce monde, par l'entremise mensongère des sens, que des cas particuliers et périssables. Mais du moins si c'est une résolution extrême, en admettant que la vraie pensée du philosophe ait besoin de ce complément, c'est une résolution qui ne laisse point la plus légère incertitude; c'est du courage métaphysique si jamais il en fut. Platon, il est vrai, ne va jusque là que sous la protection d'un mythe, comme l'a montré M. Cousin (Nouv. fragm. philosophiques, Examen d'un passage du Ménon, p. 198, 1ère édit.), et cette condition de la réminiscence n'est pas indispensable à la théorie même des Idées, représentant dans leur admirable hiérarchie l'ordre divin des choses. Mais ceci même prouve que Platon n'hésite pas le moins du monde : Non, la sensation, le particulier, ne suffit pas à donner l'explication complète de la science; l'universel, sans qui la science n'est rien, vient de l'âme, il-est en elle; la sensation particulière ne fait que l'y réveiller; elle ne l'y met pas; il y était peut-être avant cette vie, il y était peut-être dès l'éternité. En un sens, Kant a résolu la question à peu près comme Platon. Il ne remonte pas, avec les traditions pythagoriciennes et orphiques, jusqu'à la vie antérieure de l'âme, pour expliquer la science qu'elle a dans celle-ci. Il ne dirait même pas allégoriquement avec Ménon, que la science n'est que réminiscence, ne faisant par là que reculer la difficulté sans la résoudre. Mais il croit tout aussi fermement que Platon, que la sensation ne suffit pas à expliquer la connaissance, et que la partie la plus importante de cette connaissance ne vient pas de la sensibilité. Il distingue admirablement, dans tout acte de l'intelligence, la matière et la forme, la matière qui vient du dehors, la forme qui vient de l'intelligence elle-même. Sans la matière, la forme est vide et n'est qu'une puissance inféconde. Mais la matière sans la forme est une puissance indéterminée, obscure, une sorte de néant inintelligible. Tant a peut-être outrepassé les justes bornes que la raison pouvait ici se prescrire. Dans cette délicate et si nouvelle description de l'entendement pur, il a bien pu prendre de simples apparences pour des réalités, imaginer des êtres que lui seul a connus et que lui seul connaîtra, créer des fantômes que l'observation ne peut plus retrouver. Mais son point de départ n'en est pas moins admirablement juste. L'esprit apporte dans l'acte de la connaissance une part incontestable. Elle est un des deux termes sans lesquels la science ne serait pas. Quelle est cette part de l'entendement? jusqu'où s'étend-elle? et que pouvons-nous en savoir? Voilà ce que personne, depuis Platon, ne s'était demandé aussi nettement que Kant l'a fait : voilà le grand problème que Kant s'est posé. Il ne l'a pas résolu complètement ; surtout, il ne l'a pas résolu avec assez d'ordre et de méthode. Mais c'était beaucoup que de le discuter dans ces termes, et sa tentative, toute imparfaite qu'elle est sur bien des points, a suffi pour lui assurer une place éminente en philosophie. Kant et Platon ont donc constaté que l'universel, tel que la science l'exige, ne peut pas venir exclusivement des sens. La sensibilité conserve pour l'un et pour l'autre une importance égale à celle de l'esprit; car elle n'est pas moins nécessaire que lui à la science, soit pour la réveiller en nous, comme le veut le philosophe grec, soit pour l'y mettre en action et la compléter, comme le veut le philosophe de Kœnigsberg. Mais la sensibilité, toute nécessaire qu'elle est, n'est pas seule à l'être, et réduite à ses propres forces, elle est absolument impuissante, tout comme le serait l'esprit avec les facultés qu'il possède, si rien ne venait du dehors le tirer de son oubli ou de son inactivité. Pour Aristote, au contraire, la sensibilité semble être à peu près tout; elle donne tous les éléments sans exception, et le rôle de l'esprit se borne à unifier ce qu'il y a d'identique et d'indifférent, dans toutes ces impressions que les objets particuliers viennent faire sur lui. L'entendement est presque entièrement passif pour Aristote; pour Platon, il est surtout actif; pour Kant, il est plus actif que passif. Quant à nous, qui sortons à peine de ces grandes discussions de l'école sensualiste et de celle qui l'a renversée, nous devons savoir mieux que qui que ce soit ce qu'il faut penser de cette question. Les efforts qu'a faits l'école de la sensation, pour faire sortir de la sensation la science tout entière, ont été radicalement vains; et sans recourir aux lumières que l'antiquité nous avait laissées sur ce point, l'école Écossaise et Kant avaient démontré, presqu'à la fois et par des moyens très divers, comme on l'a fait bien mieux encore après eux, que la sensation ne pouvait rendre compte de la connaissance, et qu'en ceci du moins Platon avait eu pleine raison, et contre les sophistes de son temps, et contre les tendances de son disciple. Il est vrai qu'Aristote ne s'est pas laissé emporter aux erreurs qui plus tard sont sorties de ses principes. Mais Platon non plus que Kant n'ont point exagéré leurs propres doctrines. Le mysticisme alexandrin, l'idéalisme de Fichte, n'appartiennent pas plus à Platon et à Kant que le sensualisme n'appartient à l'auteur de l'Organon. Platon, Aristote, Kant, avaient tenté, chose si délicate, de tenir une équitable balance entre l'esprit et la sensibilité. Aristote avait incliné vers celle-ci : Platon et Kant avaient incliné tous deux vers l'esprit. Des disciples sont venus, pour les uns et les autres, accumuler des conséquences que ces sages génies n'avaient pas prévues, et qu'ils auraient certainement désavouées, comme Kant n'a pas manqué de le faire. Mais l'histoire de la philosophie, juste comme elle peut l'être de nos jours, laisse à chacun ses fautes, et tout en montrant le germe de celles qui ont été commises, elle n'en distingue que plus soigneusement ce germe des fruits parfois blâmables qu'il a portés. Platon et Kant ont toute raison contre Aristote: l'universel, de quelque façon qu'on le considère, ne peut du tout sortir du particulier. Un nombre de faits particuliers, même infini, ne peut jamais donner légitimement une notion universelle, un principe ; et il faut reconnaître ici sans hésiter qu'à l'élément sensible s'ajoute un élément tout à fait distinct, supérieur, puisque la science cherche surtout l'universel, tout le monde en tombe d'accord, et que cet élément distinct et supérieur ne vient que de l'entendement. On conçoit du reste comment même une erreur sur ce point fondamental, n'entraînait pour ainsi dire aucune conséquence fâcheuse dans le système d'Aristote. Il pouvait se tromper sur l'origine et la formation des principes, sans que la théorie de la déduction, qui apprend à tirer une conclusion d'un principe fût altérée en rien. Le principe étant donné, avec les caractères indispensables qui le font ce qu'il est, on peut faire voir avec pleine vérité, et Aristote l'a fait ainsi, comment le syllogisme l'emploie pour parvenir à la science démontrée. D'où vient ce principe? c'est une question tout autre, dont la solution n'importe pas à la première. et qui sans péril peut être tranchée faussement. La théorie de l'universel, telle qu'Aristote l'a comprise, est une imperfection grave dans l'ensemble de son système; ce n'en est pas une dans la doctrine de la démonstration, la seule dont s'occupe l'Organon. Voici donc les grands caractères sous lesquels nous doit apparaître aujourd'hui la logique péripatéticienne : 1° Dénombrement vrai des parties essentielles qui composent la logique pure ; 2° Classification vraie de ces parties dans leurs rapports de succession nécessaire, depuis les Catégories jusqu'aux Derniers Analytiques, depuis les mots, éléments de la proposition, jusqu'au syllogisme démonstratif; 3° Vérité complète des détails, malgré des obscurités, et parfois un peu de désordre ; 4° Lacune dans la théorie de l'universel, qui n'importe que très peu à la science de la déduction. comme Aristote l'a faite, mais qui importe beaucoup dans la pratique pour la recherche de la vérité, seul objet que poursuive l'esprit humain ; 5° Enfin, division vraie de la logique en deux parties principales, la science et l'art, ce dernier peut-être n'ayant pas été vu dans toute sa portée, et pouvant recevoir par une théorie nouvelle sur l'acquisition réelle des principes, des développements qui dépasseraient de beaucoup la science aristotélique, et lui donneraient pour auxiliaire et complément, une sorte de dialectique analogue en plusieurs points à la Dialectique platonicienne qu'Aristote a trop dédaignée. Tels sont, au point de vue où nous pouvons aujourd'hui nous placer, les mérites et les défauts que l'Organon doit avoir pour nous; tels sont les résultats incontestables qu'il a conquis et qu'il nous transmet; telles sont les lacunes qu'il nous laisse à combler. De nos jours, au milieu du XIXe siècle, éclairés par les efforts des deux siècles qui le précèdent, nous pouvons savoir avec d'autant plus d'exactitude ce que réclame l'esprit nouveau, que la réforme a déjà traversé plusieurs phases. De Ramus jusqu'à nous, de l'ardeur un peu aveugle, toute noble qu'elle était, de la Renaissance, à cette calme impartialité de notre temps, de ces pressentiments fort louables, mais indécis, à cette assurance réfléchie de notre âge qui a ses desseins et qui y marche résolument, il y a loin sans doute. Mais enfin c'est le XVIe siècle avec ses erreurs, c'est le XVIIe avec sa méthode, c'est le XVIIIe avec les conséquences tirées de cette méthode, qui nous doivent instruire. Ramus et Bacon, Descartes surtout, nous doivent apprendre ce que la logique d'Aristote peut être pour nous, l'estime que nous lui devons accorder, l'usage que nous en pouvons faire, et les parties nouvelles que nous lui pouvons ajouter. Recueillons ces utiles enseignements d'un temps qui se rapproche du nôtre en ce qu'il l'a préparé. Demandons à l'histoire, avec tout le passé, ce que nous aussi nous pouvons attendre de ce vénérable monument qu'il a légué à notre pieuse admiration. Le passé non plus n'a pas cru qu'il dût s'en tenir à la logique d'Aristote; il a essayé de la refaire d'abord, puis de la remplacer; il n'a pu ni l'un ni l'autre; nous ne le pourrons pas plus que lui; mais il nous apprendra, sinon à la détruire, puisqu'on ne peut détruire la vérité, du moins à la compléter et à l'accroître. Il faut bien voir ce qu'était au XVIe siècle la tentative de Ramus, si fatale pour lui, qui ne fut point absolument stérile pour la postérité, mais qui marqua bien plutôt un généreux projet qu'elle n'accomplit une vraie réforme. Le joug d'Aristote, tel que la Scholastique l'avait fait sur son déclin, était devenu intolérable pour tous les esprits indépendants. La fin du XVe siècle appelait une révolution en philosophie tout aussi bien que dans la foi. Les novateurs religieux ne prirent pas même les devants sur les novateurs philosophiques; mais, par la nature des questions, ils arrivèrent plus vite à un éclat, et le combat qu'ils devaient soutenir fut plus tôt et plus sérieusement engagé. Mais dans le domaine de la science, si les révolutions sont plus lentes, elles sont aussi beaucoup plus profondes et plus durables. Aristote y dominait sans partage; et même lorsque l'antiquité mieux connue vint apporter, à côté de cette grande autorité, des autorités nouvelles, celle-là n'en resta pas moins la plus puissante de toutes. Dans la science aussi bien que dans la foi, les principes étaient donnés; l'esprit humain devait les recevoir et s'y soumettre. Aristote était devenu comme un prophète, presque un évangéliste; son texte n'était guères moins sacré que la Bible même, et le maître de l'École était certainement beaucoup plus respectable pour ses partisans qu'un père de l'Église. On pouvait discuter saint Augustin, saint Thomas; on ne discutait pas Aristote, on le citait. Il faut ajouter que cet Aristote si vénéré ressemblait fort peu à celui que nous connaissons. Cinq ou six siècles d'études patientes, mais peu éclairées, l'avaient étrangement défiguré ; et sous le costume dont les commentaires et les interprétations de tout ordre l'avaient couvert, il était presque méconnaissable. Pour les esprits vraiment libres, et qui avaient l'instinct des besoins nouveaux. il y avait un double inconvénient dans cette superstition philosophique. D'abord, il leur répugnait comme atout philosophe de subir un joug autre que celui de la raison, quelle que fût la main qui l'imposât; puis ensuite, ce joug qu'on prétendait leur imposer était injustifiable. L'aristotélisme tel qu'on l'enseignait alors, n'était guères qu'un amas confus de formules sans vie, dont l'esprit s'était retiré. Il y avait donc ici deux choses à faire : repousser l'Aristote de la Scholastique, et briser une vaine idole; en second lieu, pousser jusqu'au véritable Aristote, l'étudier en lui-même, et le mesurer avec impartialité aux besoins et aux lumières du siècle. Ces deux parties de la tâche furent accomplies successivement par les novateurs, avec plus ou moins d'audace et de succès, avec plus ou moins d'impartialité et de raison. Mais que d'obstacles ils rencontrèrent et que le destin de quelques-uns fut déplorable ! Les persécutions acharnées, les tortures, la mort, voilà ce qu'on opposa, durant près d'un siècle, aux réformateurs en philosophie, tout comme on l'opposait, en France surtout, aux réformateurs en religion. Ramus a été l'une des victimes les plus regrettables et certainement les plus innocentes. Il attaqua le système entier d'Aristote ; il consacra sa vie presque entière à le discuter et à le contredire, et ce fut surtout à la logique qu'il s'attacha. Mais au fond, il n'en avait pas moins d'admiration pour celui dont il se faisait l'adversaire, et souvent même il alla jusqu'à prendre sa défense contre des critiques injustes et passionnées. Si donc il apportait dans la lutte beaucoup d'ardeur, et par suite un peu d'aveuglement, il y apportait aussi la plus parfaite loyauté, et sa discussion n'eut jamais cette violence que Nizzoli, Patrizzi et tant d'autres firent éclater dans les leurs. Mais Ramus avait le malheur d'être le premier qui montait à ce rude assaut, et il eut le sort de presque tous les gens de cœur : il fut tué aux premiers rangs. Comment Ramus engagea-t-il le combat? Par une faute assez grave. Sans parler de ses épigrammes perpétuelles, et aussi inutiles que dangereuses, contre les aristotéliciens de son temps, il cherche d'abord à prouver qu'Aristote n'est pas l'inventeur de la logique; il remonte jusqu'à Prométhée, chez les Grecs, et Noé, chez les Hébreux. pour découvrir la source de la science; et avec la manie d'érudition bizarre dont son goût aurait dû le défendre, il en appelle à la fois, pour prouver ce paradoxe, à un passage du Philèbe de Platon, et à un passage de l'Exode de Moïse. Il fallait laisser l'invention de la logique à l'auteur de l'Organon, ou découvrir quelque grand monument logique antérieur à l'Organon même. Jusque-là, c'était une injustice criante de dépouiller Aristote d'une gloire incontestable. Mais quelle est d'ailleurs la pensée de Ramus? Il connaît admirablement Aristote; c'est directement sur les textes longtemps étudiés et professés, qu'il le juge et le combat. Il montre parfaitement à ses adversaires qu'ils ne le connaissent pas aussi bien que lui, sous le vêtement emprunté qu'ils lui donnent. Mais il a la prétention assez singulière de refaire Aristote avec Aristote lui-même. Il critique l'Organon pied à pied. Chaque partie, chaque livre, chaque section, chaque paragraphe, lui offrent l'occasion des remarques les plus sagaces, si ce n'est les plus sensées. Mais tout en renversant l'édifice pièce à pièce, il veut le reconstruire avec les mêmes matériaux. Il ne propose pas même d'en changer l'ordre. Seulement il veut comprendre Aristote, non pas autrement que ne le comprenaient ses commentateurs, ce qui était fort louable, mais autrement qu'Aristote lui-même ne s'est compris. II s'appuie d'abord sur l'Organon, puis sur les autres ouvrages du philosophe, et il en tire une doctrine qu'il prétend plus aristotélique que la doctrine notoire d'Aristote. Ainsi il cherche à prouver que, selon Aristote, l'objet de la logique n'est pas la démonstration, malgré ce qu'en disent aussi formellement que possible les Analytiques; et que la logique, en recourant aux vrais principes aristotéliques, que Ramus seul connaît apparemment, est l'art de bien disserter (ars bene disserendi), comme la grammaire est l'art de bien parler, et la rhétorique l'art de bien dire. C'est que Ramus a un système de logique qui lui est personnel, et il le retrouve là où il n'est pas. Telle est la cause de son illusion. Et ce système, quel est-il? Une division nouvelle de la logique en deux parties, qu'Aristote lui-même indique, si toutefois l'on en croit Ramus, et que Cicéron a pratiquée. Ces deux parties sont l'invention des arguments et la disposition de ces arguments. C'est une sorte de topique fort écourtée que Ramus essaie de faire, et rien de plus; et la dernière portion de sa dialectique, consacrée au jugement, reproduit toute la théorie du syllogisme, et donne sur la méthode quelques conseils très vagues, qui ne sont pas faux certainement, mais qui sont à peu près stériles. Cet essai d'une dialectique nouvelle, est ce qu'on a plus tard appelé le Ramisme. Cette doctrine inféconde et insuffisante, n'a exercé aucune influence sur les écoles en France, à plus forte raison sur la direction générale des esprits. Elle se développa quelque temps dans les universités protestantes; mais elle y fut bientôt étouffée par le péripatétisme réformé de Melanchthon. Ramus a donc, malgré sa science réelle, malgré le zèle le plus courageux, complètement échoué. Il n'a point ébranlé la logique d'Aristote, et ses attaques n'ont pas porté. A la science péripatéticienne, il ne pouvait substituer une science meilleure. Tout ce qu'il avait démontré, c'est que la logique, telle qu'on l'enseignait, n'était point du tout, comme on le croyait généralement, la maîtresse des sciences, et qu'elle était profondément inutile aux affaires et à la vie. La chose est pour nous parfaitement évidente; elle ne l'était pas du tout au temps de Ramus, et le pédantisme aveugle de l'École allait alors jusqu'à vouloir soumettre aux règles abstraites de la logique, tous les développements de l'intelligence, tous ses actes et toutes ses applications. Aussi Ramus avait-il mille fois raison, quand il disait de ses adversaires: « Ils n'ont jamais regardé leurs règles qu'à l'ombre des disputes de l'École; ils n'ont jamais amené la logique à la poussière, au grand soleil de l'usage de chaque jour; ils ne l'ont jamais appelée à la bataille des exemples humains. » Puis il ajoutait que les règles de la vraie logique devaient être tirées de l'expérience toute seule, que c'était dans les œuvres des poètes, des orateurs, des philosophes, de tous les hommes, en un mot, qui raisonnent bien, qu'il faut les aller puiser; et que les principes de la logique, comme ceux de toutes les autres sciences, ne pouvaient être étudiés que dans la pratique, c'est-à-dire, dans cet usage naturel de la dialectique qui est commune à tous les hommes. C'était là des idées assez peu justes, et qui ne méritaient pas d'être plus fécondes qu'elles ne l'ont été. Ramus n'avait eu que de l'audace; il lui aurait fallu du génie. Il avait bien senti la nécessité d'une révolution; il n'avait pas compris les moyens de la faire; et le but auquel elle devait tendre restait complètement obscur pour lui. Aussi l'École n'en continua pas moins ses travaux, sans leur donner plus d'utilité pratique; et Montaigne, excellent juge, si ce n'est de la science en elle-même, du moins des résultats qu'on prétendait si vainement en tirer, pouvait demander encore trente ans après Ramus : « Qui a pris de l'entendement en la logique? Où sont ses belles promesses? » Il pouvait se moquer de « ces escoles de parlerie, de ces ordonnances logiciennes et aristotéliques, de ce bastelage, » qui rappelle « les joueurs de passe-passe. » Il pouvait surtout en dédaignant, tout comme Ramus, le pédantisme des écoles s'en référer à « cette escole d'inquisition, » qui est le monde. Ramus n'avait donc rien changé. Il avait payé sa témérité de son sang; mais son martyre n'avait pu donner à ses doctrines une puissance qu'elles n'avaient pas. Il y avait bien à créer une méthode nouvelle, comme il l'avait pressenti. Mais cette méthode, quelle était-elle? Bacon, cinquante ans après Ramus, crut l'avoir trouvée, et la philosophie crut aussi, durant quelque temps, que Bacon avait résolu le grand problème. Il n'en était rien pourtant, malgré les éloges un peu trop généraux, que, même encore aujourd'hui, la science adresse quelquefois à Bacon. Il est fort loin de connaître Aristote, comme le connaissait Ramus, qu'il traite cependant «de repaire d'ignorance, » qu'il traite même de « pernicieuse lèpre en littérature, » en compagnie, il est vrai, de saint Thomas, de Duns Scot et de leurs adhérents. Il ne définit que très imparfaitement la théorie du syllogisme; car il soutient « que l'art de juger par syllogisme, est l'art de ramener les propositions aux principes à l'aide des moyens termes, » tandis qu'au contraire le syllogisme descend des principes aux conclusions. Il se plaint peut-être avec plus de justesse, « que la logique de son temps veut tout gouverner par le syllogisme, et qu'on l'applique à toutes les sciences sans exception. » Le syllogisme est, selon lui, un instrument trop faible et trop grossier pour pénétrer dans les profondeurs de la nature; il peut tout sur les opinions, et rien sur les choses. En conséquence, Bacon déclare que la logique reçue est inutile à l'invention des sciences; ce qui était parfaitement vrai. Puis, oubliant qu'il a dit quelque part que « le syllogisme est une méthode qui sympathise admirablement avec l'esprit humain, » il dresse en quelque sorte un réquisitoire, comme il savait les faire, contre le syllogisme, et il conclut sans pitié au bannissement, ou mieux, à la mort. «Je rejette, dit-il dans la préface de l'lnstauratio magna, toute démonstration qui procède par voie de syllogisme, parce qu'elle ne produit que confusion, et fait que la nature nous échappe des mains. » Et la haute probité de Bacon, que l'histoire et la sentence du parlement anglais nous apprennent à bien connaître, toute révoltée de la fraude que cache toujours le syllogisme, en est émue et s'écrie : « Il y a ici de la supercherie : repoussons le syllogisme : » de la science seulement; car Bacon lui laisse « sa juridiction dans le domaine des arts populaires qui roulent sur l'opinion. » Et ces arts populaires que le philosophe livre sans regrets aux lumières sèches, lumen siccum, de la logique, veut-on savoir quels ils sont? C'est la morale, la politique, la législation et la théologie même. Bacon ne songe qu'à la physique, à la science de la nature, le seul objet qui l'ait vraiment préoccupé. L'ostracisme porté contre le syllogisme ne va pas toutefois jusqu'à frapper la logique elle-même. Balcon, du moins, annonce, à la place de la logique vulgaire, une logique qu'il appelle véritable, et « qui doit entrer dans les différentes provinces des sciences, avec des pouvoirs beaucoup plus étendus que ceux dont les principes sont revêtus. » Cette logique souveraine ne fera pas seulement des principes nouveaux, mais elle forcera les anciens principes, « les principes putatifs, » à comparaître devant elle et à lui rendre des comptes. Cette méthode, incomparable par les résultats qu'elle promet avec tant de fracas, c'est, on le sait, l'induction, le nouvel organe que Bacon prétend donner à l'intelligence. Il ne l'a jamais décrite d'une manière suffisante, dans aucune de ses œuvres; il y est vingt fois revenu dans des ébauches toujours imparfaites; mais sa pensée, bien qu'il faille la rétablir d'après tous ces fragments, quand on veut la bien comprendre, est assez claire pour qu'on ait pu et qu'on puisse encore parler d'une méthode de Bacon. L'induction de Bacon n'est pas chose aussi nouvelle qu'il l'a cru. L'induction est d'abord un procédé tout aussi essentiel à l'esprit humain, que le procédé contraire, c'est-à-dire, la déduction. L'esprit humain part des faits particuliers pour s'élever à des lois générales, à des principes, et il descend des principes à des conséquences particulières. Les deux mouvements sont aussi nécessaires l'un que l'autre; ils ont toujours existé, ils existeront toujours; ils sont la perpétuelle oscillation de l'intelligence. Il n'y a donc point ici de « nouvel organe, » quoi qu'en ait pu dire Bacon, quoi qu'en aient pensé tant d'autres après lui. C'est que Bacon dédaigne profondément ce qu'il appelle l'induction ordinaire; ce n'est, selon lui, qu’ « une méthode d'enfants, » et il lui adjuge libéralement tous les axiomes et les principes faux dont le champ de la science est encombré. Et sur quel motif Bacon appuie-t-il ce solennel arrêt contre l'induction des dialecticiens? « C'est que conclure, dit-il, de la simple énumération des faits particuliers, même lorsqu'on ne rencontre point de faits contradictoires, c'est faire une conclusion très vicieuse. » Quoi! c'est là une conclusion vicieuse! Que veut donc Bacon? Si lorsqu'aucun fait particulier ne vient sortir des limites du principe adopté, et par là en démontrer l'insuffisance, il n'est plus permis de croire à ce principe, n'est-ce pas, on le demande, un véritable renversement de l'intelligence tout entière? Bacon soutient que les dialecticiens ne paraissent pas avoir pensé sérieusement à cette induction, qu'il annonce, sans du reste la faire connaître, et l'on n'a pas de peine à l'en croire; car, au vrai, cette induction n'est qu’ « un fantôme de l'autre, » pour prendre son propre langage. L'induction d'Aristote, l'induction des dialecticiens, est la seule ; il n'y en a point d'autre. On peut bien en perfectionner la pratique, montrer à en tirer dans l'application de meilleurs résultats. On ne peut pas songer à lui en substituer une nouvelle. Bacon, avec son imagination toute fertile qu'elle est, n'a pu lui substituer que des mots, et rien de plus. « C'est un art d'indication, c'est une chasse de Pan, une expérience guidée; c'est la variation de l'expérience, la prolongation, la translation, le renversement, la compulsion, l'application, la copulation, et enfin le hasard de l'expérience;» chacun de ces genres de l'expérience présentant trois ou quatre espèces ou variétés, que Bacon énumère avec le plus imperturbable sang-froid. Et ce qu'il y a de plus singulier, c'est que Bacon lui-même reconnaît qu'on ne peut tracer de règles à l'invention dans les sciences et dans les arts, et il se plaît à dénombrer une à une toutes les grandes découvertes dont le hasard seul a eu l'honneur. Qu'a donc fait Bacon? et d'où vient cette gloire un peu exagérée, mais tout au moins spécieuse, dont son nom est entouré? Il est venu rappeler à l'esprit humain les droits de l'expérience, de l'observation; il est venu lui rappeler que, dans les sciences naturelles, il faut, par un examen attentif, patient, répété autant de fois qu'il convient, s'assurer d'abord de l'exactitude des faits, et que c'est seulement après ces justes précautions qu'il est permis de poser des principes, résumé légitime des observations particulières. Bacon n'a pas fait plus; et il faut dire que cela seul est une très grande chose, quand des conseils de cet ordre sont donnés avec cette puissance d'imagination, avec cette éloquence qui agit vivement sur les esprits et les entraîne. La science, pour pratiquer cette méthode, n'avait pas attendu les avis de Bacon. Les grands inventeurs du XVIIe siècle s'en sont passés tout aussi bien que ceux du XVIe, et le système du monde n'en a pas moins été fondé ; les sciences particulières n'en ont pas moins fait chacune d'admirables progrès, sans que ce soit aux règles de Bacon qu'elles les aient dus. Mais Bacon est venu jouer le rôle que la réflexion joue toujours dans l'intelligence, le rôle que la philosophie joue toujours dans les développements de l'esprit. Il est venu montrer à la science ce qu'elle faisait, et lui a par cela même appris à le mieux faire, du moins quand la science a connu ses sages conseils. Il lui a parfois enseigné à revenir sur elle-même, et c'est en cela qu'il l'a fait participer à la philosophie, dans une certaine mesure. Mais avec cette préoccupation exclusive de la physique, avec cette répugnance profonde qu'il a montrée pour la science de l'esprit, et en général pour les sciences rationnelles, Bacon a détruit, autant qu'il était en lui, la vraie philosophie. Il a tâché plus que qui que ce soit de mettre à sa place ce que le vulgaire appelle la philosophie naturelle, et ce que de nos jours on a cru pouvoir appeler la philosophie positive. Bacon a donc parfaitement vu quelle était la vraie méthode des sciences d'observation; il a senti plus vivement qu'aucun de ses contemporains les forces de l'esprit humain, qui n'a pas besoin de s'appuyer sur l'autorité pour comprendre les choses, et qui en apprend plus sur elles par le spectacle du monde bien observé, que les livres ne lui en peuvent enseigner. Il a exprimé plus haut que qui que ce soit ce noble sentiment d'indépendance, ce qui avait bien son prix à une époque où le joug de l'antiquité n'était pas encore tout à fait brisé. Mais c'était là si peu une méthode nouvelle, que Bacon lui-même a reconnu que l'esprit humain, en suivant cette route, ne faisait qu'imiter les anciens, qui ne nous eussent pas laissé tant de monuments scientifiques, s'ils s'étaient bornés aux observations et aux découvertes de leurs grossiers aïeux. Et pourtant, malgré cette judicieuse appréciation de l'antiquité, Bacon n'a en général, pour elle, que des insultes et des outrages forcenés. Il n'épargne pas Platon, « ce pointilleux harmonieux, ce poète gonflé, ce théosophe en délire. » Mais Platon du moins trouve grâce, parce qu'il a entrevu l'induction baconienne, « qu'il a eu le tort, il est vrai, de n'appliquer qu'à des définitions et à des idées. » Pour Aristote, au contraire, qui a fait pourtant la théorie de l'induction, Bacon n'a pas assez d'injures. « Ce n'est qu'un détestable sophiste, ébloui d'une subtilité vaine, vil jouet des mots, inventeur d'un art de folie, calculant à plaisir son obscurité, » critique absurde que Ramus lui même avait pris le soin de réfuter victorieusement, et que Reid, tout sage qu'il est, répète encore au milieu du XVIIIe siècle ! Bacon va plus loin, et il traite Aristote de « voleur de la science, d'assassin de ses frères, » les philosophes ses devanciers; il le compare à l'Antéchrist, parce que Aristote a eu le tort, c'est Bacon qui le lui rappelle, de venir en son propre nom. Il assure qu'Attila, Genséric et les Goths, ont fait moins de mal à l'intelligence par leurs ravages, qu'Aristote ne lui en a fait par les siens, « lui qui méprisa tellement l'antiquité, qu'à peine il daigna nommer un des anciens, à moins que ce ne fût pour le critiquer et l'insulter. » Et c'est Bacon qui parle ainsi d'Aristote, et ose lui reprocher sa basse jalousie et sa féroce inimitié contre ses prédécesseurs! Après de tels emportements, on comprend mieux les diatribes de M. de Maistre contre Bacon, et l'on s'étonne moins de ces violences, venues même après deux siècles, quand on se souvient par quelles injustes violences elles avaient été provoquées. Sait-on pour qui Bacon réserve ses respects et son admiration? C'est pour Empédocle, Héraclite, Démocrite, Anaxagore et Parménide, « qui ne se plaisaient pas, dit-il, comme Galathée, à se jouer dans les ondes, mais aimaient à se trouver dans les orages des discussions. » Démocrite, Anaxagore, Parménide, ce sont là, sans doute, de très grands personnages, bien qu'à d'autres titres que celui dont Bacon leur fait un honneur si ridicule. Mais que connaissons-nous de leur philosophie, dont la direction toute sensualiste, pour quelques-uns du moins, explique fort bien l'enthousiasme de Bacon, auprès de ce que nous savons de celle de Platon et d'Aristote? Bacon paraît en avoir su beaucoup plus que nous; car « il affirme que ces savants qui jamais n'ont ouvert d'écoles, ont mis en écrit leurs spéculations et leurs découvertes, et les ont livrées à la postérité. » Laissons, laissons dans l'ombre ces côtés du génie de Bacon, qui nous rappellent trop les actes de sa vie politique. Que ces calomnies, qu'il appelle avec le faste habituel et le charlatanisme de son langage, « le mâle enfantement de son siècle, » ne nous empêchent pas de rendre à ses efforts, une justice qu'il n'a pas su rendre à des efforts plus féconds que les siens. Il avait attaqué le syllogisme; mais il ne lui substituait rien de positif dans le domaine de la logique pure. Plagiaire de Ramus, tout en l'injuriant, il proposait, comme lui, de partager la logique proprement dite, en invention et jugement; puis ajoutant deux arts à ces deux premiers, il voulait que la logique s'occupât de la mémoire qui retient la science, et de la méthode toute pratique qui la transmet. De plus, dissertant sur la preuve ostensive et la preuve per incommodum, par réduction à l'absurde, il distinguait l'Analytique et la doctrine des Réfutations; et cette dernière doctrine, il la partageait de plus en Réfutation des sophismes, Critique de l'Herménie, et Examen critique des fantômes, de tribu, d'antre, de théâtre, etc. Enfin, il inventait bien d'autres divisions encore, produits improvisés de son imagination impétueuse, classifications qu'il ne justifiait pas, qu'il abandonnait bientôt pour les remplacer par d'autres aussi peu approfondies, et qu'en toute équité la science ne peut pas même discuter. La postérité ne les a pas prises plus au sérieux qu'il ne l'a fait lui-même; et ces légères esquisses, où l'on reconnaît bien encore la trace du génie, ne méritent point un examen en règle. Bacon n'a donc pas plus réformé la logique que ne l'avait réformée Ramus, bien qu'au fond ce fût sa prétention. Pas plus que Ramus, il n'avait bien compris le but qu'il poursuivait en attaquant la doctrine péripatéticienne. Il avait eu en outre ce tort, que Ramus du moins avait évité plus que lui, de mêler à une question de théorie des questions de pratique. Il avait voulu trouver une méthode qui pût mener au vrai dans les sciences naturelles; et il avait banni de la science le syllogisme et la démonstration, comme si la science pouvait s'en passer. Il voulait apprendre à l'esprit à étudier la nature; mais il n'étudiait pas l'esprit lui-même. La révolution après Bacon était tout aussi bien à faire qu'avant lui. Il avait omis dans la logique le seul élément dont au vrai la logique s'occupe : l'esprit qui fait la logique elle-même. De ces vaines tentatives de Ramus et de Bacon, deux résultats sortaient avec pleine certitude : 1° La logique d'Aristote était inébranlable, et sur ce point les péripatéticiens dévoués à la foi de la Scholastique avaient toute raison contre les novateurs. L'Organon devait être conservé, non pas parce qu'il était d'Aristote, mais parce qu'il était vrai, motif que sentait confusément l'École, et qu'elle ne faisait point assez valoir; 2° Cette doctrine, toute vraie qu'elle pouvait être, était insuffisante. C'était une admirable explication du procédé de l'esprit, lorsque d'un principe il arrive à une conséquence. Mais il restait toujours à donner la méthode même qui mène aux principes. Aristote avait bien décrit cette seconde partie du procédé logique de l'esprit; mais en ceci la théorie abstraite était beaucoup moins importante que les règles de la pratique ; et puisque dans la démonstration c'est la forme du vrai que l'on recherche, il fallait, pour compléter l'œuvre, enseigner à extraire de la réalité les principes vrais qui sont la source de toute démonstration réelle. C'est ce que Bacon avait essayé pour la science, en la ramenant par la réflexion à l'expérience qu'avaient spontanément pratiquée les anciens. Mais la science de la nature, toute vaste qu'elle est, n'épuise pas l'intelligence entière, et c'était toujours une méthode générale qu'il s'agissait de trouver. Ainsi donc, le succès du réformateur à venir était à ces deux conditions : réserve, si ce n'est respect, envers la logique telle qu'elle était faite, universalité de la méthode nouvelle. Descartes les remplit admirablement l'une et l'autre. D'abord il aurait fort peu convenu à la noblesse et à la fierté de son âme, de s'abaisser comme l'avait fait Bacon, peut-être avec une sorte de joie (Voir la Redargutio philosophiarum), à l'injure et au dénigrement. Tout novateur qu'il était, bien que venant en son propre nom, si jamais personne y vint, Descartes n'a point eu un seul mot blessant pour l'antiquité. Il n'a qu'une seule fois cité Aristote, comme il le remarque lui-même dans une de ses lettres (Tom. 6, p. 50, éd. de M. Cousin ), et c'était pour abriter l'audace de ses théories cosmologiques sous l'autorité de ce grand nom. (Principes, 4e partie, § 204.) Ensuite une vie tout entière consacrée à la méditation, loin de tous les intérêts, de toutes les passions qui distraient ou dégradent l'âme, devait révéler à Descartes bien des secrets que Bacon n'avait pu connaître. La méthode issue de cette sincère analyse de soi, et qui n'était que le tableau du travail intérieur de cette intelligence aussi honnête qu'elle était puissante, devait être la vraie méthode; ou si le but, cette fois encore, était manqué, il aurait presque fallu désespérer de le jamais atteindre. Descartes n'a pas suivi, à deux mille ans de distance, une autre voie que celle de Socrate; il a pratiqué, comme le sage d'Athènes, la fameuse et inépuisable maxime : Connais-toi toi-même; et son enthousiasme pour la science admirable, dont il croit avoir trouvé les fondements, pendant qu'il campe en soldat sur les bords du Danube, rappelle assez bien les extases de Socrate durant le siège de Potidée. Mais Descartes a développé le germe socratique jusqu'à en faire une méthode, qui pût servir non seulement à chercher la vérité dans les sciences, mais encore à bien conduire sa raison. C'est la méthode générale que demandait l'esprit humain, et que la Scholastique avait cru trouver dans l'Organon, où cependant elle n'était pas. Descartes juge avec une parfaite justesse, et le véritable usage du syllogisme, et les vaines prétentions de l'École. Les syllogismes et « la plupart des autres instructions de la logique servent plutôt, selon lui, à expliquer à autrui les choses qu'on sait qu'à les apprendre » soi-même. Mais sous prétexte que « la dialectique vulgaire, compétemment inutile à celui qui veut découvrir la vérité, peut servir seulement à exposer plus facilement aux autres les vérités déjà connues », Descartes va peut-être trop loin, en voulant « la renvoyer de la philosophie à la rhétorique ». Il ne prétend pas d'ailleurs condamner « l'usage des syllogismes probables, armes excellentes pour les combats de la dialectique, qui exercent l'esprit des jeunes gens et éveillent en eux l'activité et l'émulation »; et comme si c'était même à ces exercices qu'il dût une partie de son propre génie, il ne craint pas de dire dans sa reconnaissance : « Et nous aussi nous nous félicitons d'avoir reçu autrefois l'éducation de l'École. » Mais comme lui-même il ne s'y est pas tenu, il ne conseille à personne de s'y tenir, « bien qu'elle renferme beaucoup de préceptes très vrais et très bons. » Il omet donc de parler des règles des dialecticiens « qui croient diriger la raison humaine en lui prescrivant certaines formules de raisonnement. La vérité échappe souvent à ces liens, et ceux qui s'en servent y restent enveloppés. C'est ce qui n'arrive pas si souvent à ceux qui n'en font pas usage; et notre expérience, dit-il, nous a démontré que les sophismes les plus subtils ne trompent que les sophistes, et presque jamais ceux qui se servent de leur seule raison. » « Aussi, ajoute-t-il, dans la crainte que la vérité ne nous abandonne, nous rejetons toutes ces formules comme contraires à notre but. » C'est que, suivant Descartes, « pour trouver les vérités les plus difficiles, il n'est besoin, pourvu que nous soyons bien conduits, que du sens commun, comme on dit vulgairement. » La restriction que fait ici Descartes est considérable; car elle ne contient pas moins que toute sa méthode. Mais il niait si peu la possibilité de la science qu'il n'hésitait point à dire : « Il n'est aucune question plus importante que celle de savoir ce que c'est que la connaissance humaine, et jusqu'où elle s'étend. » Il ne détruisait donc pas le syllogisme, comme Bacon avait prétendu le faire : il en restreignait seulement l'application dans de justes limites; et plus tard ses disciples de Port-Royal eurent le soin d'en faire revivre toutes les règles, en les présentant sous une forme vulgaire, et dans un excellent ouvrage qui aurait préservé les études logiques de la décadence, si des causes beaucoup plus puissantes ne fussent venues les y précipiter, avec tant d'autres souvenirs du moyen-âge. Voilà donc quelle était l'œuvre que Descartes devait accomplir : laisser de côté le syllogisme, qui peut servir à exposer les vérités découvertes, qui est une portion très grave sans doute de la connaissance humaine, mais qui est impuissant à faire découvrir la vérité ; en second lieu, chercher la vraie méthode, sans s'épuiser dans une polémique tout au moins inutile, si ce n'est dangereuse, contre les théories antérieures. Cette méthode, tout le monde la connaît. Pour arriver au vrai, pour se former des croyances, se faire des principes nouveaux ou juger des principes reçus, l'esprit ne doit en appeler qu'à lui seul ; il n'y a pas d'autre autorité que la sienne; elle domine et dirige toutes les autres; bien interrogée, elle suffit à tout. L'homme porte en lui-même un critérium universel de vérité. Ce critérium, c'est la pleine évidence avec laquelle apparaissent à sa pensée certains principes; et parmi ces principes, Descartes s'attache au plus évident de tous et au plus profond, à l'affirmation de la pensée par la pensée même. L'évidence dont est accompagnée cette affirmation première, est si vive, que Descartes n'hésite pas à en tirer, comme une sorte de conclusion, la notion de sa propre existence. Je pense, donc je suis, est la première application et l'inébranlable fondement de la méthode nouvelle : « C'est le premier principe de la philosophie qu'il cherchait. » Cela ne veut pas dire que de ce point fixe, pris comme principe, on puisse déduire tous les principes sans exception. Mais l'évidence de celui-là servira de mesure à l'évidence de tous les autres, qu'ils soient relatifs à la nature extérieure, ou bien empruntés à la seule raison. De ce principe, Descartes tire directement la démonstration de l'existence de Dieu; et cette idée suprême une fois acquise, on ne voit guère quelle autre idée secondaire ne pourrait se rattacher au centre commun qui aura fourni celle-là. Toutefois Descartes « n'a pas poursuivi, et n'a pas fait voir ici toute la chaîne des autres vérités qu'il a déduites de ces premières »; mais ce qu'il a dit a suffi pour faire une révolution en philosophie d'abord, et ensuite, par la vertu toute puissante du principe qu'il avait proclamé, une révolution jusque dans la société. L'autorité de la raison, le critérium de l'évidence, il n'en fallait pas davantage ; et c'était là, pour toutes les opinions humaines, pour toutes les notions en nombre infini que les sens, l'intelligence et la tradition tout entière peuvent nous fournir, à la fois un tribunal compétent et une sorte de jurisprudence infaillible. Ramener toute idée sous le regard de l'esprit, l'admettre pour vraie, si après examen suffisant elle se présentait claire et distincte, la rejeter comme fausse, si elle restait confuse et obscure, tel était le procédé simple, universel, que Descartes proposait, qu'il avait appliqué lui-même, et dont il avait tiré les plus admirables résultats. La philosophie et la science pouvaient également s'en servir avec fruit. Il était accessible à toutes les intelligences. C'est qu'à le bien examiner, c'était la méthode secrète qu'à son insu l'esprit humain avait toujours suivie, même quand il paraissait renoncer à sa pleine indépendance. Descartes n'avait fait que mettre en lumière cette méthode que Dieu impose à l'intelligence humaine; mais en la mettant en lumière, il apprenait par là même à la mieux pratiquer, et l'on sait avec quel enthousiasme calme et résolu tout à la fois, la reçurent tous les grands esprits du XVIIe siècle. Cette méthode, quoique moins bien comprise, avait été celle de toute philosophie libre dans l'antiquité; elle est celle de la philosophie moderne tout entière depuis Descartes; et elle est si bien la méthode essentielle de la philosophie, la méthode vraie de l'intelligence, que la philosophie se confond avec elle, et que désormais toute philosophie qui en admettrait une autre, cesserait par cela seul d'être une philosophie. Descartes n'a pas montré lui-même comment cette méthode nouvelle pouvait être appliquée à la logique proprement dite, et comment les lois de la démonstration, dont « ces longues chaînes de raisons toutes simples et faciles des géomètres » étaient un si bel exemple, se rattachaient à son premier principe. Il est même allé jusqu'à prétendre que « au lieu de ce grand nombre de préceptes, dont la logique est composée, on aurait assez » des quatre règles fameuses qui sont le résumé et le fond de sa méthode. Mais cependant le peu qu'il a dit sur ce sujet spécial, avec ce qu'en ont dit tout au long ses fidèles interprètes de Port-Royal, fait voir suffisamment quelle était sa pensée. Il a d'abord admirablement distingué dans l'esprit les deux opérations fondamentales : l'une, l'intuition, qui nous donne la connaissance immédiate des principes; l'autre, la déduction, qui, d'un principe connu avec évidence, descend aux conséquences « qui s'en déduisent nécessairement. » « L'intuition et la déduction, dit-il, sont les deux voies les plus sûres pour arriver à la science. » Il a dit en outre qu'elles sont les seules; et de fait, il n'en a jamais reconnu d'autres. Il a même affirmé quelque part que « il n'y a de science qu’avec l'intuition et la déduction. Ce sont les deux premiers moyens de l'esprit. » « C'est la méthode ajoute-t-il, qui montre, comment il faut se servir de l'intuition et de la déduction. » Et la logique, pouvons-nous ajouter après lui, ne fait que nous apprendre ce que c'est que l'intuition et la déduction ; elle ne nous apprend pas à les mettre en œuvre et à les bien employer. « Notre esprit les sait faire d'avance, » et voilà pourquoi la science n'a pas besoin de les lui enseigner. L'intuition que Descartes identifie avec l'expérience, est, selon lui, la conception évidente d'un esprit sain et attentif. Mais l'expérience est souvent trompeuse, comme il le remarque lui-même. C'est ce qui fait qu'il a essayé de lui tracer des lois, de lui donner une méthode, et que, dans ses Règles pour la direction de l'esprit, la première de toutes est celle-ci : « Le but des études doit être de diriger l'esprit, de manière qu'il porte des jugements solides et vrais sur tout ce qui se présente à lui. » C'est donc à l'application régulière de l'intuition qu'il consacre tous ses efforts. Quant à la déduction, il s'en inquiète peu, parce qu'il sait que « contrairement à l'expérience, à l'intuition, cette opération peut ne pas se faire, quand on ne l'aperçoit pas, mais qu'elle n'est jamais mal faite, même par l'esprit le moins accoutumé à raisonner. » « Cette opération, ajoute-t-il encore, n'emprunte pas un grand secours des liens dans lesquels la dialectique embarrasse la raison humaine, en pensant la conduire, encore bien que je sois loin de nier que ces formes ne puissent servir à d'autres usages. » Cette observation si profonde et si vraie de Descartes, doit nous apprendre pourquoi Aristote s'est borné à la théorie de la déduction, et n'a point poussé jusqu'à celle de l'intuition, de l'expérience, de l'induction baconienne. De ces deux opérations de l'intelligence, aussi nécessaires l'une que l'autre, aussi évidentes, et qu'Aristote a parfaitement distinguées toutes deux, l'une se présente toujours avec un caractère de certitude, d'infaillibilité, dont les mathématiques donnaient, dès les plus anciens temps, ce magnifique tableau qui ravissait Descartes et Pascal; l'autre, au contraire, est perpétuellement changeante et variable. L'esprit humain raisonne aujourd'hui précisément comme il raisonnait il y a deux mille ans; il ne raisonne ni mieux ni plus mal. L'histoire le prouve : la déduction n'a pas fait un seul progrès; et, par sa nature, elle n'en peut pas faire. Mais l'on peut dire que l'intuition, au contraire, en a fait d'immenses. Le procédé est bien aussi toujours resté le même; mais c'est par ce procédé qu'on acquiert des principes nouveaux; c'est par l'intuition, par l'expérience, que l'intelligence se développe et s'étend; c'est par elle seule que le genre humain avance. De ces deux opérations de l'esprit, l'une immuable, certaine dans ses résultats, l'autre toujours flottante et indécise, laquelle devait tout d'abord et avant l'autre, tomber sous l'observation de la science? Celle qui se trouve naturellement le plus en harmonie avec la science elle-même. L'intuition, en quelque sorte, devient perpétuellement; la déduction est au contraire; et comme la science s'occupe surtout de ce qui est, c'était de la déduction que d'abord elle devait faire la théorie. Voilà ce qui justifie Aristote contre les reproches qui lui ont été si souvent adressés. Aristote est bien grand, mais enfin il est homme; et c'est lui demander une chose plus qu'humaine, que de vouloir qu'il ait fait d'un seul coup, à lui seul, les deux grandes parties de la science. C'est bien assez pour sa gloire d'en avoir achevé l'une, comme il l'a fait, et d'avoir entrevu l'autre, comme il n'a pas manqué de le faire. Descartes lui-même n'a pas porté la théorie de l'intuition, de l'induction si l'on veut, pour prendre un mot qui, dans ce sens, n'est pas à son usage, aussi loin, à beaucoup près, qu'Aristote l'a fait pour l'opération contraire. Ceci tient à la fois à la difficulté même de la théorie nouvelle, que l'esprit humain n'est pas près d'avoir terminée, et à cette loi nécessaire qui veut que toute chose à son début soit petite, quelque grande qu'elle puisse plus tard devenir. L'œuvre de Descartes n'en est pas moins considérable : elle est venue s'ajouter à celle d'Aristote sans la détruire; elle la complète, elle ne la remplace pas. Descartes n'a pas voulu accroître précisément la science de l'esprit, la théorie proprement dite. Sa vie tout entière, son caractère personnel, son siècle à la veille d'une immense rénovation sociale, le poussaient à la pratique. Sa méthode y servait admirablement. Mais elle était si puissante qu'elle ne devait pas moins servir à la philosophie, dans le sein de laquelle elle n'a pas encore, sachons-le bien, produit tous les fruits qu'elle renferme. Du dédain de Descartes pour la logique ordinaire, sont sorties des erreurs assez fâcheuses, dont même des esprits aussi justes que ceux de Port-Royal, n'ont pas su se préserver. L'ouvrage des solitaires ou d'Arnaud, l'Art de penser, est digne certainement de tenir une place dans l'histoire de la logique par sa parfaite clarté, au moins autant que par l'application, alors toute nouvelle, des principes cartésiens. Mais voyez quelle mince estime les auteurs, tout judicieux qu'ils peuvent être, font de la science : « La naissance de ce petit ouvrage, disent-ils, est due entièrement au hasard, et plutôt à une espèce de divertissement qu'à un dessein sérieux. » C'est la suite d'une sorte de gageure. Ils se sont fait fort d'apprendre la logique, ou du moins « tout ce qu'il y a d'utile dans la logique, » en quatre ou cinq jours au duc de Chevreuse. Ils se mettent au travail dans ce louable dessein, et ils croient pouvoir écrire en un seul jour, l'abrégé qu'ils comptent mettre entre les mains de ce jeune seigneur. Mais la besogne est plus longue qu'ils ne l'avaient imaginé d'abord; et c'est quatre ou cinq jours qu'il leur faut, « pour former le corps de cette logique, » que des soins postérieurs accrurent à peu près d'un tiers. Le pari fut gagné. Le duc de Chevreuse en quatre jours apprit cette logique; mais ses excellents amis avouent « qu'on ne doit pas espérer que d'autres que lui y entrent avec la même facilité, son esprit étant tout à fait extraordinaire. » On peut le présumer sans aucun doute : non seulement une autre personne que le duc de Chevreuse n'apprendra pas la logique en quatre jours; mais l'on peut affirmer sans hésitation, que le duc de Chevreuse lui-même ne la savait point en aussi peu de temps. Selon toute probabilité, le seigneur si bien instruit, se trouva bientôt dans le cas de ces jeunes gens, dont parlent ses maîtres qui, « en moins de six mois, oublient leur cours de logique. » Non, la science n'est pas aussi simple que messieurs de Port-Royal se l'imaginent; on peut la comprendre en quelques jours, mais en quelques jours on ne la possède pas. Ce besoin de simplifications, en général plus apparentes que solides, sent déjà le XVIIIe siècle; et il est tout au moins fort bizarre que ce soient les austères penseurs de Port-Royal qui aient les premiers donné l'exemple d'une telle légèreté. Malgré les avis de Descartes et la portée de la nouvelle méthode, les auteurs de l'Art de penser demandent encore à la logique ce que la Scholastique et Ramus lui avaient demandé si vainement. Tout en raillant les pompeuses promesses des philosophes, tout en trouvant que les règles de la logique ne sont pas fort utiles, ils soutiennent cependant que la logique est « l'art de bien conduire la raison, qu'elle a pour but de donner des règles pour toutes les actions de l'esprit. » Si la logique était cela, il y avait contradiction entière à prétendre qu'elle n'est pas utile. Rien au monde ne l'était plus qu'elle. Mais au fond Port-Royal fait très peu de cas de la science. L'auteur cède aussi, comme il l'avoue naïvement, à la coutume, qui a introduit une certaine nécessité de connaître, au moins grossièrement, ce que c'est que la logique. » En dépit de la fausseté de ce point de vue, et du très faible intérêt que les solitaires mettent à cette étude, le livre n'en est pas moins solide. Toutes les parties de la logique y sont traitées, et le syllogisme en particulier, avec une exactitude que les Scholastiques eux-mêmes n'ont pas surpassée, et une netteté qu'ils n'ont jamais eue. Mais au vrai, bien que les écrivains de Port-Royal attaquent et dédaignent assez souvent Aristote, c'est Aristote tout seul qu'ils reproduisent. C'est que derrière eux, ils ont le ferme appui de cette inébranlable doctrine, et des travaux séculaires qui l'ont élucidée. Messieurs de Port-Royal ont bien pu rédiger leur livre en quelques jours ; mais les études qui permettaient un résumé si rapide et si substantiel, avaient été bien longues; et elles-mêmes n'étaient qu'un héritage d'études bien plus longues encore. Tout en distinguant fort bien le but des Catégories d'Aristote, « qui se rapportent à la considération des idées selon leur objet, » les auteurs de l'Art de penser déclarent cette étude « en soi très peu utile, parce qu'elle ne sert guère à former le jugement. » Ils la déclarent en outre dangereuse, « parce qu'elle accoutume les hommes à se payer de mots. » Ils ajoutent que cette classification des catégories, loin d'être « une chose établie sur la raison et sur la vérité, est une chose tout arbitraire, et qui n'a de fondement que l'imagination d'un homme qui n'a eu aucune autorité de prescrire une loi aux autres, qui ont autant de droit que lui d'arranger d'une autre sorte les objets de leurs pensées, chacun selon sa manière de philosopher. » Et pour prouver qu'on peut être fort indépendant d'Aristote, et qu'ils le sont, ils citent deux vers mnémoniques, où les catégories sont réduites à sept, et « qui comprennent tout ce que l'on considère, selon une nouvelle philosophie, en toutes les choses du monde, » à commencer par l'esprit et à finir par la matière. Ce n'était pas bien se rendre compte de la place nécessaire que les catégories tiennent dans l'Organon; et les considérer ainsi, c'était de fait les supprimer. Messieurs de Port-Royal n'ont pas non plus donné assez d'étendue ni d'importance, à la théorie de la démonstration. Mais malgré ces taches, leur ouvrage contient tant de vues excellentes, et la forme qu'ils lui ont donnée est si parfaite, qu'il doit conserver une très grande valeur, même aux yeux des juges les plus sévères. A tout prendre cependant, quoique cartésien, ce livre n'avait point assez profité des idées de Descartes. La logique telle qu'on la conservait, et telle qu'on la devait conserver, n'avait pas été rattachée à la nouvelle méthode. Le maître d'abord n'avait pas montré ce lien ; il avait même semblé, par son dédain, porté à croire que ce lien n'était pas possible; et bien que la logique péripatéticienne ne fût que la théorie de l'une des deux opérations nécessaires de l'esprit, signalées par Descartes, de la déduction, elle n'en restait pas moins à l'écart, et tout près d'un abandon que le siècle suivant ne lui devait point épargner. Ce fut à le conjurer que Leibnitz employa tous ses efforts; mais il n'y parvint pas. Il démontra bien contre Locke que le syllogisme, si dédaigné par le compatriote de Bacon, « n'était pas un jeu d'écolier » ; et il crut, après Descartes, découvrir comme une mathématique universelle dans la logique telle qu'il la concevait. Il alla même jusqu'à essayer de réduire les catégories, de refaire les figures du syllogisme et de les compléter en y ajoutant de nouveaux modes. Mais Leibnitz, qui, en publiant le pamphlet de Nizzoli contre Aristote, avait voulu prouver qu'Aristote n'était pas irréconciliable avec la science moderne, demandait toujours à la logique cette utilité pratique que Locke lui refusait avec tant de raison. C'est que Leibnitz, bien qu'il admirât Descartes, ne fit presque pas usage de sa méthode, et qu'ici en particulier, il ne vit pas que c'était cette méthode seule qui pouvait donner, dans la mesure de la faiblesse humaine, cette infaillibilité que la logique ne recelait pas. Mais le préjugé venu de la Scholastique était si puissant qu'un esprit tel que celui de Leibnitz le subissait encore, même après que Descartes l'avait renversé de fond en comble. La logique était toujours, pour l'adversaire de Locke, non point une science, mais un art, comme pour les logiciens de Port-Royal, moins excusables puisqu'ils étaient des disciples encore plus directs du réformateur. C'était une erreur du beau génie de Leibnitz; mais cette erreur même eut une très heureuse influence; et dans ce siècle où l'étude de la logique devait à peu près périr, l'autorité de Leibnitz contribua du moins à en conserver le goût et l'estime, dans les philosophes érudits, comme Wolf, et surtout dans des mathématiciens tels que Bernouilli, Euler et Lambert. L'école écossaise, toute sage qu'elle est, obéit au mouvement dont le XVIIIe siècle était emporté, et méconnut la logique dont elle s'occupa fort peu, et toujours avec une sorte de répugnance. Reid s'est borné à faire une analyse de l'Organon, ou pour mieux dire, de ce qu'il prend pour l'Orgueil; et les erreurs énormes dont ce travail est plein, ne se justifient même pas par les préventions qui subsistaient, encore à cette époque, contre l'ancien despotisme. De plus, Reid en est presque contre le philosophe grec aux invectives de Bacon. Il doute si dans Aristote le philosophe l'emporte sur le sophiste. (Analyse de la logique d'Aristote, p. 122, tr. de Jouffroy.) « Ses écrits, suivant Reid, portent des marques malheureusement trop évidentes de cet orgueil, de cette vanité et de cette envie philosophique, qui ont déshonoré le caractère de plus d'un savant. Plutôt que de confesser son ignorance, ajoute-t-il, il la déguise sous des mots barbares et des expressions équivoques, que ses lecteurs peuvent interpréter comme il leur plaît. » Reid n'a pas le droit de parler ainsi; car évidemment il ne travaillait pas sur le texte grec, comme son analyse le prouve au grand détriment de sa parfaite sincérité. Mais ne croirait-on pas entendre encore Bacon? La critique de Reid est-elle autre chose qu'une seconde édition de celle de Bacon, dont il invoque sans cesse l'autorité, qu'il imite dans son altière polémique, dans ses sarcasmes pleins d'amertume et d'injustice, et qu'il ne corrige qu'en rendant hommage à l'Histoire des animaux, et qu'en reconnaissant « un génie de premier ordre à un philosophe qui, pendant près de deux mille ans, gouverna les opinions de la partie la plus éclairée de notre espèce? » Reid d'ailleurs partagea certainement fort longtemps le dédain de Locke pour le syllogisme; et ce ne fut que vers la fin de sa carrière philosophique, qu'il revint à une appréciation plus juste et plus éclairée. Aujourd'hui, la philosophie écossaise n'est point encore guérie de tous ses préjugés; elle connaît assez bien l'Organon, mais elle ne l'estime que très médiocrement. On peut le demander à M. Hamilton, et aux appréciations plus que sévères qu'il a faites des travaux d'Aristote. Il est inutile de dire que la philosophie sensualiste le méprisa profondément, et que son mépris égala son ignorance. C'était la loi de la philosophie du XVIIIe siècle de détester le passé, qu'elle ne connaissait que par ses abus. Mais cette philosophie, disons-le bien haut, a contribué pour une grande part dans l'histoire de l'esprit humain à l'accomplissement d'une œuvre immense, et l'oubli où elle laissa la logique n'a rien qui nous doive étonner, si c'est d'ailleurs un exemple que nous devions fuir. Il ne reste plus dans le XVIIIe siècle que la grande tentative de Kant qui le termine, et renoue dignement la chaîne des traditions que l'Allemagne, écoutant les avis de Leibnitz, n'avait jamais voulu rompre entièrement. Kant s'est trompé sur plusieurs parties de la logique d'Aristote; il a de plus, durant quelque temps, accusé le syllogisme de fausse subtilité. Mais au fond, il a signalé plus vivement que personne ne l'avait fait depuis la Scholastique, la haute valeur de la logique péripatéticienne. Avec une admiration pleine de désintéressement, il a proclamé que la science était faite et qu'elle n'était plus à faire. Il ajoutait qu'en voulant la compléter et l'accroître, il fallait bien prendre garde de la dénaturer. Il voulait la laisser telle qu'Aristote l'avait fondée, ou pour mieux dire, il ne voulait point en élargir les limites. Il la modifiait bien dans les détails, d'après les vues de son propre système; mais il en admettait le caractère général et la circonscription. Il déclarait donc positivement ce que Descartes avait laissé entendre, que le monument aristotélique était à conserver. De plus, comme Descartes, et avec autant de résolution que lui, il cherchait, par une méthode nouvelle, à refaire la science humaine tout entière. Mais il attendait beaucoup plus de sa méthode que Descartes, dans sa modestie, n'avait attendu de la sienne. [Ceci ne s'applique qu'au Discours de la méthode. Descartes n'est pas toujours aussi réservé, notamment dans le Dialogue que M. Cousin a publié en français pour la première fois: Recherche de la vérité par les lumières naturelles, œuvres complètes de Descartes, tome XI, page 337. Eudoxe peut sembler tranchant, bien qu'il le soit beaucoup moins que l'auteur de la Critique de la Raison pure. Voir aussi les lettres de Descartes, passim.] Descartes disait : « Mon dessein n'est pas d'enseigner une méthode que chacun doit suivre pour bien conduire sa raison, mais seulement de faire voir en quelle sorte j'ai tâché de conduire la mienne. » Kant, au contraire, s'écriait avec une présomption que le succès n'a pas absoute : « La critique est le seul moyen de couper les racines même du matérialisme, du fatalisme, de l'athéisme, de l'incrédulité religieuse, du sensualisme et de la superstition; enfin aussi, celles de l'idéalisme et du scepticisme. » Pour accomplir une œuvre si honorable, Kant appelait avec candeur la sollicitude et la faveur des gouvernements sur la Critique, a qui seule, disait-il, pouvait établir sur une ferme base les travaux de la raison, et prévenir, une fois pour toutes, le scandale des controverses métaphysiques et théologiques, dont tôt ou tard le peuple devait être frappé. » Descartes, avec beaucoup moins de bruit, a fait bien davantage, non pas seulement pour la moralité publique qu'il n'a jamais prétendu régenter, mais aussi pour la discipline de la philosophie, que Kant avait tant à cœur et qu'il a si peu consolidée. Kant s'est beaucoup plus occupé de logique proprement dite que Descartes. Sans même parler de l'ouvrage spécial qui, après sa mort, a été publié par l'un de ses élèves, mais qui, malgré les prétentions de Kant, est fort loin d'ajouter à l'exactitude, à la précision et à la clarté de l'Organon, et qui ne vaut pas le livre de Port-Royal à cet égard, on peut dire que son grand ouvrage, la Critique de la Raison pure, contient une part considérable de logique. C'est, il est vrai, la métaphysique que Kant prétend réformer; c'est elle seule qu'il veut relever du discrédit où elle est tombée, et tirer des incertitudes où elle s'égare depuis des siècles, bien que ce discrédit soit beaucoup moins profond qu'il ne le croit, et que les aberrations de l'esprit humain en métaphysique soient beaucoup moins grandes, que sa pitié un peu dédaigneuse ne le suppose. Mais cette tentative de révolution en métaphysique, dont on a comparé l'importance à celle de la Révolution française en politique, ne pouvait se faire que par la logique. « La critique de la raison pure ne peut reposer que sur une analyse approfondie du jugement », comme l'a dit M. Cousin, résumant la pensée de Kant; et la logique transcendantale avec ses deux grandes divisions empruntées d'Aristote, analytique et dialectique, tient les deux tiers au moins du livre entier. Elle en remplit toute la première partie, et constitue ce que Kant appelle la doctrine élémentaire, ou recherche des éléments purs de la connaissance humaine. La seconde partie, moins étendue que la première, la méthodologie, n'est guère encore que de la logique, au sens où la méthode même de Descartes en est aussi; non pas que Kant ne soit à tonte distance de la netteté, de la décision et surtout de la simplicité si pratique du philosophe français; mais au fond la tentative est la même. Descartes veut conduire la raison ; Kant ne se propose pas autre chose. Seulement, Kant se défie d'elle, tandis que Descartes s'y confie avec une sécurité magnanime. Kant prétend humilier la raison sous la honte de ses paralogismes, de ses antinomies, de son vain idéal, afin de lui imposer une réserve salutaire. Descartes la rassure, en lui montrant la base inébranlable sur laquelle elle sut toujours s'appuyer, et sur laquelle il n'est pas possible, malgré tous ses écarts, qu'elle ne s'appuie pas. Il n'y a point de dogmatisme plus arrêté ni plus invincible que celui de Descartes. Kant n'a produit qu'une variété nouvelle du scepticisme. La logique prise dans toute son abstraction, isolée, comme il tentait de la faire, de tout empirisme, devait le pousser à cet abîme inévitable. Son édifice n'est qu'une admirable mine, qui pourra fournir des matériaux à de plus solides doctrines, mais sous laquelle on ne peut s'abriter sans danger. Soutenir que la raison pure, comme on l'appelle, réduite aux formes rides que l'abstraction distingue en elle, ne peut légitimement affirmer que ces formes même. sans pouvoir rien affirmer de la réalité extérieure, la chose est fort possible. Mais c'est une simple hypothèse; car la raison pure, telle qu'on l'imagine, n'existe pas. En réalité ses cases, ses formes ne sont jamais vides; et c'est aux objets même qui les remplissent, que nous empruntons les limites et la notion abstraite de ces formes. Kant a cru faire une révolution; il n'a guère enfanté qu'une anarchie plus fatale. Au point de vue où il se plaçait, après le grand exemple de Descartes, avec l'estime qu'il professait pour la logique péripatéticienne, il lui eût été facile, ce semble, de compléter l'œuvre de ses devanciers. Cette étude si patiente de l'entendement pur, aurait dû le mener à nous découvrir la source même de la logique, à nous montrer dans toute son étendue le fondement sur lequel elle repose, et le lien indissoluble qui la rattache à cette aperception primitive de la pensée par la pensée. Mais « la théorie de la conscience, comme l'a si bien fait voir M. Cousin, voilà la question sur laquelle la philosophie de Kant s'est le plus égarée. » Telle est l'origine de toutes ses erreurs. Cartésien par sa méthode, ne procédant que par la psychologie, Kant s'est perdu dans ses abstractions. Une description exacte, complète, de la conscience, voilà ce que Descartes laissait à faire à ses successeurs. L'école Écossaise l'a tenté, comme Kant, d'un point de vue tout autre. La philosophie Écossaise laissera, sans aucun doute, des traces dans l'histoire; Kant en laissera certainement aussi, et de plus durables. Mais pas plus que les philosophes d'Édimbourg, il n'a résolu tout le problème logique. Son essai périlleux signalera des écueils à ceux qui entreront dans cette route, désormais nécessaire, que Descartes a eu la gloire d'ouvrir, mais qu'il ne pouvait parcourir tout entière. Kant voulait beaucoup plus : il prétendait à signaler lui-même les naufrages de la raison; et son propre naufrage, l'un des plus grands, servira peut-être à en prévenir d'autres. Ce serait sans doute ici le lieu de parler de dégel et de son système prétendu logique. Mais Hegel n'a pas fait de logique proprement dite. Il lui a plu de confondre dans ce qu'il appelle la logique, la métaphysique, la philosophie tout entière, l'intelligence de l'homme avec tous ses développements, l'histoire même de l'humanité. Au milieu de cet immense chaos, apparaissent quelques théories logiques, une exposition du syllogisme où les figures sont nettement réduites à trois, d'après les formules aristotéliques, mais avec déplacement de leur ordre, en vertu de principes qu'Aristote n'aurait certainement pas avoués. Ce n'est là de la logique que de nom, et l'on pourrait tout aussi bien omettre Hegel sous ce rapport, que Fichte et M. Schelling, qui tous deux ont laissé la logique complètement de coté. Hegel n'a pas renouvelé la science, comme l'enthousiasme de ses disciples l'a parfois proclamé; il l'a dénaturée, malgré les avertissements de Kant, et en la faisant la première des sciences, ou pour mieux dire la seule science, il l'a tuée. Voilà donc le grave enseignement que l'histoire nous donne. Ramus, Bacon, organes l'un et l'autre des besoins de réforme, ont mal compris, bien qu'à des degrés divers, la réforme qui était à faire. Descartes seul l'a bien comprise, et de plus il l'a faite dans son principe; mais il n'a pas suivi ce principe dans ses applications, trop étendues pour qu'un seul génie, même le sien, pût les embrasser toutes. La première tentative faite pour explorer ce champ nouveau, a échoué dans son résultat le plus général. Kant voulait décrire l'entendement, en montrer les éléments et la vraie puissance; il a inventé les faits plutôt qu'il ne les a observés, et il a nié en définitive la puissance de la raison qu'il a condamnée au scepticisme. Descartes et Kant ont laissé la logique d'Aristote entière; ils étaient trop sages pour la détruire ou même la mutiler. Et cette réserve nécessaire aurait dû prouver au sceptique allemand, que la raison humaine, qui avait produit cet inébranlable dogmatisme, n'était pas aussi impuissante qu'il voulait bien le dire. On peut voir maintenant, avec la plus grande clarté, ce que doit faire l'École à laquelle nous appartenons. D'abord, et avant tout, elle est cartésienne par son principe. L'autorité de la raison est le fondement sur lequel elle s'appuie, parce que sans ce fondement, il n'y a point de liberté, c'est-à-dire, de philosophie. Elle est cartésienne, en déclarant que la psychologie est le point de départ de toute recherche vraiment philosophique. Son passé, les luttes qu'elle a soutenues depuis trente ans, la connaissance profonde qu'elle a de l'histoire, et de toutes les méthodes si vainement tentées, même de nos jours, en dehors de la méthode psychologique, tout la ramène et la rattache à Descartes. Elle s'en fait gloire. Par là elle est sûre de continuer, non pas seulement les traditions nationales, qui sont fort respectables sans doute, mais qui, par elles seules, sont sans valeur suffisante; mais de plus, les vraies traditions de l'humanité, dont le grand penseur du XVIIe siècle n'a été qu'un fidèle écho. Elle est sûre par là de renouer la philosophie moderne à la philosophie antique, et de développer des germes dont l'accroissement, depuis Socrate, n'a pas un seul instant cessé, au travers des évolutions les plus nombreuses, et en apparence les plus diverses. A ses yeux, c'est Descartes qui a donné définitivement à l'esprit la pleine possession de lui-même, si longtemps cherchée; et elle pourrait dire, si elle ne craignait de parodier un trop fameux axiome : Hors du principe cartésien, point de salut. D'ailleurs, en se proclamant cartésienne, elle ne vient point substituer un joug nouveau à un joug ancien. Le principe de Descartes est la liberté même, et il n'y a point d'esclavage à reconnaître les lois de la raison. Elle ne jurera donc pas en logique par Aristote ; mais si, à la clarté du principe cartésien, elle trouve que la logique d'Aristote est vraie, elle l'acceptera comme telle, et non point comme péripatéticienne. A cette large mesure, il n'est rien dans le passé de trop grand pour qu'on ne puisse l'y rapporter; et de là cet éclectisme, qui n'est qu'une sentence impartiale sur les résultats de tous les systèmes, loin d'être l'adoption d'aucun d'eux. Rapprochés tous de cette lumière des lumières, s'ils trahissent leurs défauts, ils montrent aussi la part de vérité qui leur est propre; et la méconnaître, serait une injustice aussi flagrante que gratuite. Aristote et son Organon n'ont rien à craindre de cet examen, quelque sévère qu'il soit. Fait en toute rigueur, il n'a pu que confirmer le jugement porté dès longtemps par l'humanité presque entière. L'Ecole contemporaine s'est rangée à cette approbation unanime ; elle laisse quelques esprits prévenus, à peu près seuls, dédaigner ce grand témoignage, qui est certainement l'un des plus beaux et des plus consolants spectacles que les choses humaines puissent donner. Mais si elle adopte l'Organon, n'a-t-elle point à lui demander compte de la méthode qui l'a produit? A quelle source Aristote a-t-il puisé? A quelle autorité a-t-il emprunté ces principes puissants? Sur quelle base repose tout cet édifice? Le langage, tout admirable qu'il est, a-t-il fourni seul tous les matériaux? Les catégories, le syllogisme, comment les a-t-on découverts? Par quel procédé régulier, irréfutable, les a-t-on obtenus? Aristote, sur toutes ces questions, n'a rien à répondre. Il n'a point livré le secret de sa méthode ; et sans doute par la meilleure de toutes les raisons, c'est qu'il ne l'avait pas. La philosophie de nos jours doit pouvoir le lui donner, si le principe de Descartes, si la psychologie sont aussi fécondes qu'elle le prétend et qu'elle a droit de le prétendre. Singulière coïncidence! Kant, à la fin du XVIIIe siècle, n'a pas plus exposé sa méthode que ne l'a fait Aristote; et toutes les questions si graves qu'on vient d'adresser au philosophe grec, on peut, à titre égal, les adresser au philosophe allemand. Mais Kant est ici beaucoup moins excusable. Au temps du Criticisme, la philosophie avait deux mille ans de plus; elle avait surtout l'enseignement de Descartes; le Criticisme est presque impardonnable de ne l'avoir pas entendu. Procéder à la critique de la raison pure sans indiquer son point de départ, et sans l'affermir en l'indiquant, c'est une contradiction dont la philosophie allemande ne s'est pas fait faute d'imiter le funeste exemple. Aristote a du moins pour lui l'excuse de son inexpérience. La méthode de Socrate et de Platon n'était qu'un germe, qui ne devait point se développer de si tôt. Le ferme fondement de la philosophie n'était point encore complètement mis à découvert. La philosophie jusqu'à un certain point s'ignorait encore elle-même. Au temps de Kant, il y avait un siècle et demi qu'elle s'appartenait, avec toute connaissance de son principe et de ses devoirs. Il faut donc que l'École contemporaine établisse la logique sur la seule base qui la puisse porter, c'est-à-dire, sur la psychologie. Elle a déjà tiré bien des conséquences importantes du principe cartésien; elle lui a donné des développements considérables, qu'avaient préparés pour notre âge les efforts si divers à première vue, et cependant si ressemblants au fond, de toutes les écoles du XVIIIe siècle, les Écossais aussi bien que les Allemands. De l'étude de la conscience, attentive, exacte, étendue, elle a tiré tout une psychologie, toute une morale, une métaphysique, une théodicée même, et surtout un système historique applicable à la philosophie spécialement, et en général, à l'esprit humain tout entier. Elle a su trouver dans la conscience, et les éléments de la nature de l'homme, et les principes nécessaires à la connaissance du monde extérieur. Aussi loin du scepticisme que de l'idéalisme, où se perdaient quelques-uns des penseurs de nos jours, elle a su fonder un dogmatisme qui a déjà exercé une décisive influence sur la direction des esprits; et sans juger définitivement des travaux qui sont encore en voie de s'accomplir, on peut affirmer que le spiritualisme du XIXe siècle aura dû surtout sa puissance à la philosophie. C'est un appui énergique et spontané qu'elle a donné à la religion, qui devrait peut-être s'en montrer plus reconnaissante. Mais si l'école contemporaine a porté son attention la plus vive sur ces hautes et pressantes questions de la science, elle a négligé quelque peu la logique sans d'ailleurs ressentir en rien pour elle le dédain dont l'avait poursuivi l'école sensualiste. D'heureux symptômes annoncent même déjà de meilleurs jours pour ces études; et le syllogisme, depuis longtemps oublié dans les écoles, y a reparu pour n'en plus sortir. En dehors des écoles, des tentatives assez nombreuses ont été faites, et l'Institut de France s'est honoré en provoquant et en encourageant cette rénovation de la science. Sommes-nous destinés à la voir s'accomplir dans toute sa portée? Le XIXe siècle produira-t-il un système de logique qui puisse être, sinon définitif, qui vienne du moins marquer dans l'histoire de la philosophie, l'une de ces grandes phases qu'y a marquées l'Organon, et que le Criticisme crut quelque temps y devoir marquer aussi? Il serait périlleux de répondre à cette question par une prophétie, que le temps ne se chargerait peut-être pas de confirmer; mais l'on peut dire que, parmi toutes les nations européennes, c'est la France qui paraît avoir le plus de chances probables pour atteindre ce grand résultat. L'esprit général de la nation, la langue qu'elle parle et dont le premier mérite est la clarté, le passé de la philosophie française, toute logique dans le moyen-âge, si profondément psychologique avec Descartes, et d'après sa méthode, dont elle seule a la gloire et la véritable pratique, tout nous doit donner de justes espérances. La logique est une science exacte s'il en fut; elle demande dans ceux qui la cultivent, et surtout dans ceux qui la peuvent faire avancer, une précision, une mesure, une simplicité que ne possède point suffisamment la philosophie allemande. L'Angleterre a presque complètement déserté le terrain de la philosophie; et dans ses plus grands efforts, elle arrive tout au plus à quelques systématisations baconiennes des sciences naturelles. La métaphysique l'a toujours épouvantée, et la logique n'a jamais été cultivée par elle d'une manière bien sérieuse. La philosophie française, toute préoccupée des grandes questions sociales qu'elle avait soulevées dans le XVIIIe siècle, dut négliger aussi durant quelque temps des études qui jadis lui avaient été si chères. Elle y est aujourd'hui ramenée par le mouvement même qui la conduit depuis les premières années de ce siècle. Mais, il faut le dire, les génies logiques sont fort rares. L'Inde n'en a eu qu'un seul, Gotama; la Grèce n'a compté qu'Aristote. Le XVIIIe siècle peut-il se vanter, en fait de science logique, d'avoir produit Kant? Que du moins cette première traduction française de l'Organon, rappelle à la philosophie de nos jours ce que la logique fut chez les Grecs. Qu'elle lui indique aussi ce que la logique pourrait être aujourd'hui, si quelque Aristote nouveau venait mettre à profit et les matériaux préparés par Descartes, et ceux que lui fournirait sans aucun doute le spectacle si grand et si fécond des sciences contemporaines. NOTE ADDITIONNELLE Je n'ai pas cru devoir mentionner dans cette préface les accusations de plagiat portées quelquefois contre Aristote; elles l'ont été à deux reprises diverses, à des époques fort éloignées, par des motifs très différents, et dans des proportions fort inégales. On a prétendu dans l'antiquité qu'Aristote avait emprunté ses Catégories au pythagoricien Archytas; et Simplicius, tout péripatéticien qu'il est, cite de longs passages du livre encore célèbre de son temps, où Aristote, disait-on, avait puisé. Jamblique et Dexippe, son élève, croyaient à l'authenticité de ce livre, et par conséquent au plagiat, tout aussi bien que Simplicius. Thémistius et Boèce, après lui, rejettent cette opinion qui n'est point admissible, et qui prouve une connaissance plus que légère de la logique péripatéticienne. L'autorité de Simplicius est grave, sans doute; mais elle n'est point recevable aux yeux de la critique moderne. Presque de nos jours, William Jones, se fondant sur certaines traditions semi-grecques, semi-persanes, a soutenu sérieusement qu'Aristote avait reçu son système tout fait des Brachmanes, par l'intermédiaire de son neveu Callisthène. Comme l'Inde n'a jamais eu qu'un système de logique, ou mieux, de dialectique, le Nyâya, on en devait conclure que le Nyâya était l'original dont l'Organon n'était que la copie. J'ai traduit et commenté le Nyâya, et l'on peut se convaincre par une simple lecture que les deux monuments n'ont pas la moindre ressemblance. (Voir les Mémoires de l'Académie des sciences morales et politiques, tom. 3, p. 236 et suiv.) Il faut donc renoncer à ces accusations, invraisemblables en elles-mêmes, et dont on reconnaît aisément la fausseté, quand on se donne la peine de les examiner de près. L'Organon est une des productions les plus grandes et les plus parfaitement originales du génie grec. Aristote doit conserver la gloire entière de l'avoir conçu et exécuté sans modèle, comme sans imitateurs.
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La science grecque après Aristote - Geoffrey Ernest Richard Lloyd - Éditions La Découverte Inscription newsletter Accueil > Histoire > La science grecque après Aristote La science grecque après Aristote Geoffrey Ernest Richard Lloyd Ce livre prend la suite des "Débuts de la science grecque"(également publié à La Découverte). L'auteur y manifeste les mêmes qualités de sûreté dans l'informaton, de clarté dans l'exposition, de mâitrise dans le choix et la disposition des thèmes. Sa réussite est d'autant plus méritoire que le sujet, ici, était peut-être plus difficile encore à traiter de façon satisfaisante, à cause de son étendue historique (un bon millénaire)et géographique (Athènes, Alexandrie, Rome, Byzance et quelques autres lieux), à cause aussi de sa complexité croissante: s'il est vrai qu'après la mort d'Aristote, les écoles philosophiques continuent à s'intéresser à des problèmes qui relèvent de la science et de la reflexion sur ces conditions, s'il est vrai aussi que beaucoup de savants spécialisés conservent des préoccupations philosophiques, il reste que les travaux scientifiques de l'époque helléniste et romaine sont souvent hautement techniques.L'auteur étudie successivement les écoles philosophiques (le Lycée après Aristote, l'épicurisme, le stoïcisme) et les grandes disciplines scientifiques de l'époque helléniste (mathématiques, astronomie, biologie, médecine, mécanique appliquée); il consacre des chapitres approfondis à deux grandes figures du IIe siècle après J.-C., l'astronome Ptolémée et le médecin Galien ; il montre pour finir comment se pose le problème complexe du"déclin de la science antique". Détails techniques Traduitdu Français par : Jacques Brunschwig Collection : Textes à l'appui / Histoire classique Parution : 12/09/1990 ISBN : 9782707119513 Nb de pages : 224 Dimensions : * cm Geoffrey Ernest Richard Lloyd G.E.R Lloyd est professeur d'histoire de la philosophie et des sciences à l'Université de Cambridge; il est actuellement Master de Darwin college, poste auquel il a succédé à M.I Finley. Il a publié de nombreux ouvrages où son analyse de l'Antiquité gréco-romaine est enrichie par sa culture de philosophe, d'anthropologue et e comparatiste. Table des matières Préface 1 La science helléniste et son arrière-plan social 2. Le Lycée après Aristote 3. Épicuriens et stoïciens 4. Les mathématiques hellénistiques 5. L'astronomie hellénistique 6. La biologie et la médecine hellénistique 7. Mécanique appliquée et technologie 8. Ptolémée 9. Galien 10. Le déclin de la science antique Chronologie Bibliographie sélective Index . Où acheter Livre papier Cliquez pour trouver la librairie la plus proche de chez vous Place des libraires Decître Mollat Gibert Joseph Fnac Amazon éditions la découverte La maison Nous contacter Déposer un manuscrit Plan du site Mentions légales Politique de confidentialité Préférences des cookies Inscription newsletter Inscription newsletter Nous suivre Nos marques Zones Revue du crieur Collection Repères Dominique Carré Les Empêcheurs © Éditions La Découverte
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La science grecque après Aristote - Geoffrey Ernest Richard Lloyd - Éditions La Découverte Inscription newsletter Accueil > Histoire > La science grecque après Aristote La science grecque après Aristote Geoffrey Ernest Richard Lloyd Ce livre prend la suite des "Débuts de la science grecque"(également publié à La Découverte). L'auteur y manifeste les mêmes qualités de sûreté dans l'informaton, de clarté dans l'exposition, de mâitrise dans le choix et la disposition des thèmes. Sa réussite est d'autant plus méritoire que le sujet, ici, était peut-être plus difficile encore à traiter de façon satisfaisante, à cause de son étendue historique (un bon millénaire)et géographique (Athènes, Alexandrie, Rome, Byzance et quelques autres lieux), à cause aussi de sa complexité croissante: s'il est vrai qu'après la mort d'Aristote, les écoles philosophiques continuent à s'intéresser à des problèmes qui relèvent de la science et de la reflexion sur ces conditions, s'il est vrai aussi que beaucoup de savants spécialisés conservent des préoccupations philosophiques, il reste que les travaux scientifiques de l'époque helléniste et romaine sont souvent hautement techniques.L'auteur étudie successivement les écoles philosophiques (le Lycée après Aristote, l'épicurisme, le stoïcisme) et les grandes disciplines scientifiques de l'époque helléniste (mathématiques, astronomie, biologie, médecine, mécanique appliquée); il consacre des chapitres approfondis à deux grandes figures du IIe siècle après J.-C., l'astronome Ptolémée et le médecin Galien ; il montre pour finir comment se pose le problème complexe du"déclin de la science antique". Détails techniques Traduitdu Français par : Jacques Brunschwig Collection : Textes à l'appui / Histoire classique Parution : 12/09/1990 ISBN : 9782707119513 Nb de pages : 224 Dimensions : * cm Geoffrey Ernest Richard Lloyd G.E.R Lloyd est professeur d'histoire de la philosophie et des sciences à l'Université de Cambridge; il est actuellement Master de Darwin college, poste auquel il a succédé à M.I Finley. Il a publié de nombreux ouvrages où son analyse de l'Antiquité gréco-romaine est enrichie par sa culture de philosophe, d'anthropologue et e comparatiste. Table des matières Préface 1 La science helléniste et son arrière-plan social 2. Le Lycée après Aristote 3. Épicuriens et stoïciens 4. Les mathématiques hellénistiques 5. L'astronomie hellénistique 6. La biologie et la médecine hellénistique 7. Mécanique appliquée et technologie 8. Ptolémée 9. Galien 10. Le déclin de la science antique Chronologie Bibliographie sélective Index . Où acheter Livre papier Cliquez pour trouver la librairie la plus proche de chez vous Place des libraires Decître Mollat Gibert Joseph Fnac Amazon éditions la découverte La maison Nous contacter Déposer un manuscrit Plan du site Mentions légales Politique de confidentialité Préférences des cookies Inscription newsletter Inscription newsletter Nous suivre Nos marques Zones Revue du crieur Collection Repères Dominique Carré Les Empêcheurs © Éditions La Découverte
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Transports en commun : désamour ou plébiscite ? | EM Services Transports en commun : désamour ou plébiscite ? Accueil Actualité Transports en commun : désamour ou plébiscite ? Transports en commun : désamour ou plébiscite ? À l’heure où l’utilisation des transports collectifs est en hausse et où celle de la voiture personnelle devient de plus en plus coûteuse et complexe (bouchons, pollution et stationnement), EM Services propose de faire un tour d’horizon des chiffres clés à retenir dans le cadre de la publication d’une étude menée par l’Observatoire de la mobilité 2019 de l’UTP [1] . Cette étude [2] porte sur les habitudes des usagers des transports publics en France et leurs attentes en matière de mobilité . Hausse de l’utilisation des transports publics en France 73% des habitants des communes de plus de 50 000 habitants utilisent régulièrement les transports publics (métro, RER, bus, TER, tramway, téléphérique urbain, funiculaire, bateau-bus). Globalement, une évolution positive de la demande de transport public urbain et ferroviaire est constatée en Île-de-France et en province. L’aspect environnemental (17%), le coût économique ( 16%, comparé au véhicule personnel) et la praticité (46%) sont autant de facteurs qui motivent les Français à utiliser les transports publics pour leurs déplacements. Les 20% restant sont captifs des transports publics. Cette hausse de la fréquentation des transports publics est aussi une bonne nouvelle pour les entreprises car c’est potentiellement moins de collaborateurs qui utilisent leur voiture personnelle pour venir au travail, donc moins de risque d’accident et généralement moins de fatigue entrainant une meilleure productivité. Le facteur environnemental de plus en plus mis en avant En moyenne, les transports publics émettent 26,5 g. de CO² par passager et par kilomètre . En voiture personnelle, la moyenne est 5 fois plus élevée (141 g. CO² par passager et par kilomètre). En 2019, 92% des usagers des transports publics seraient prêts à recommander l’utilisation des transports publics à leur proche. Les raisons de cette recommandation sont les suivantes : la praticité, le facteur environnemental, le coût économique et la rapidité des transports collectifs. Par ailleurs, avec la loi LOM (Loi d’Orientation des Mobilités) qui privilégie la mobilité du quotidien, les entreprises, notamment celles de 50 salariés ou plus sur un même site (dans le cadre de la négociation annuelle sur l’égalité entre les femmes et les hommes introduite par la LOM), doivent regarder d’un œil attentif les conditions de déplacement de leurs collaborateurs ainsi que leur impact environnemental. Au-delà du coût mensuel moyen relativement bas, la hausse de l’utilisation des transports publics en France, témoigne d’une certaine prise de conscience, notamment environnementale, par les Français. Ils intègrent donc ce paramètre de plus en plus quand ils font le choix de leurs modes de déplacement, en témoigne la monté en puissance des nouveaux services de mobilité. Le transport public, moins coûteux que la voiture particulière 75,2 € c’est le coût mensuel moyen d’un abonnement aux transports publics en Île-de-France. En utilisant les transports publics , un usager des transports publics réalise une économie de 430 € / mois en Ile-de-France. En province , le coût mensuel moyen d’un abonnement aux transports publics est de 31 €. L’économie réalisée par un usager des transports publics en province est de 474 € /mois en moyenne. Comparée au coût mensuel moyen d’une voiture (505 €), l’économie réalisée par un usager des transports publics est substantielle , sans compter sa participation à réduire la pollution de l’atmosphère et à améliorer la santé publique. Le budget transport est bien moins important pour un collaborateur qui choisit d’effectuer ses trajets domicile-travail en transport en commun plutôt qu’en voiture. Si en plus de cela, une partie ou la totalité du coût de son abonnement transport est pris en charge par son employeur, cela peut avoir comme effet de conforter le choix du collaborateur de privilégier les transports en commun. Pour l’entreprise c’est potentiellement moins de places de parking à prévoir, moins de risque d’accident pour ses collaborateurs, donc la réduction de l’absentéisme. L’émergence de modes de déplacements partagés 33 % des voyageurs utilisent les modes de déplacements partagés (covoiturage, vélos en libre-service, transport collectif sur réservation ou transport à la demande). Le covoiturage (14%), les vélos en libre-service (11%), les trottinettes en libre-service (5%) constituent une grande part de ces modes de déplacement. Ils sont généralement considérés comme plus économiques (54% des usagers), meilleurs pour l’environnement (44%) , plus rapides (35%)  et plus pratiques (33%). Le Maas (« Mobility as a service » – La mobilité en tant que service), dont relèvent ces nouveaux modes de déplacement partagés, permettrait un calcul d’itinéraire de bout en bout, l’achat d’un titre ou d’un forfait de transport unique pour des déplacements multimodaux et la validation des titres de transports. Les entreprises peuvent rebondir sur ces nouveaux modes de déplacements pour réviser ou mettre en place leurs plans de mobilités . C’est une formidable opportunité pour elles de renforcer ou d’avoir une bonne image auprès de leurs collaborateurs. Cette démarche auprès de leurs collaborateurs doit être qualitative et quantitative sur leurs manières de se déplacer. Les résultats de cette démarche pourront ensuite être exploités par l’entreprise pour mettre en place une meilleure politique de mobilité durable auprès de ses employés. EM Services, cabinet de conseil en transport et mobilité durables vous accompagne Depuis plus de 17 ans, nous accompagnons les entreprises , villes et territoires pour définir, concevoir et mettre en place leur politique de mobilité du quotidien adaptée à leur contexte. Contactez-nous pour échanger avec nous sur vos sujets et élaborer ensemble votre future stratégie de mobilité. En savoir plus (l’étude complète sur le site internet de l’UTP) : https://www.utp.fr/system/files/20191127_PRESENTATION_DEFINITIVE_conference_de_presse.pdf [1] Union des Transports Publics et ferroviaires [2] Étude publiée le 28 novembre 2019 Comments are closed.
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Socio-économie des transports : une lecture conjointe des instruments et des concepts Skip to navigation – Site map Cybergeo: European Journal of Geography Home Sections Regional and Urban Planning 2013 Socio-économie des transports : u... Contents - Previous document Regional and Urban Planning 2013 633 Socio-économie des transports : une lecture conjointe des instruments et des concepts Economics of transportation: a parallel reading of its tools and concepts Hadrien Commenges https://doi.org/10.4000/cybergeo.25750 Abstract | Index | Outline | Text | Bibliography | Notes | References | About the author Abstracts Français English Ce travail vise à éclairer le contexte dans lequel ont été créés les instruments et les concepts de la socio-économie des transports destinés à décrire et modéliser la mobilité quotidienne, pour comprendre comment ils ont perduré et comment ils ont contribué à façonner le champ des études de mobilité. Ce questionnement prend ses racines dans un apparent paradoxe : une certaine façon d’appréhender et de modéliser la mobilité quotidienne, la méthode dite « classique », se maintient depuis un demi-siècle malgré une critique constante. Pour expliquer ce paradoxe, le champ d’analyse doit s’étendre à d’autres instruments majeurs de la socio-économie des transports, ce qui m’amène à proposer le concept de matrice technique , considérée comme un système composé de trois dispositifs interdépendants. Supposer l’existence de cette matrice technique permet à la fois d’expliquer la grande stabilité des dispositifs utilisés pour décrire et modéliser les déplacements, mais aussi de comprendre l’origine de concepts majeurs qui structurent le champ des études sur la mobilité quotidienne. This paper aims to examine the context of creation of the main concepts and methods used in the field of economics of transportation to describe and model daily mobility. It aims to understand how these concepts and methods have persisted and how they have contributed to shape the field of mobility studies. This question is rooted in an apparent paradox: a certain way of understanding and modeling daily mobility, the so called "classical method", has persisted for half a century despite drawing constant criticism. To explain this paradox, the scope of analysis must be extended to other major tools of transportation economics. For this reason, I propose the concept of technical matrix , conceived as a system composed of three interconnected methodological devices. Assuming the existence of this technical matrix helps to explain the stability of the methods used to describe and model mobility, but also to understand the origin of the major concepts that structure the field of daily mobility studies. Top of page Index terms Mots-clés : socio-économie des transports , mobilité quotidienne , prévision de la demande de transport , politiques de transport Keywords : economics of transportation , daily mobility , transportation forecasting , transport policy Top of page Outline Introduction Retracer l’histoire d’un champ scientifique et administratif Construire une information de première main Retracer l’évolution du vocabulaire Reconsidérer le rôle des instruments La matrice technique : de l’enquête à l’évaluation économique Les trois dispositifs de la matrice : enquête, modèle et évaluation Interrelations et interdépendance des dispositifs L’évolution de la matrice technique L’interopérabilité au sein de la matrice La matérialité de la demande de transport Le cadre spatio-temporel de la demande de transport L’exemple d’un mécanisme d’interopérabilité Conclusion Top of page Full text PDF Share by e-mail Introduction 1 Les études sur la mobilité connaissent depuis la fin des années 1990 des redéfinitions massives, à tel point que le terme de « mobility turn » proposé par John Urry (2000) est devenu un mot-clef d’un nombre croissant de publications. Ce virage prend ses racines dans différents champs disciplinaires, en particulier la géographie, la sociologie et les études de genre. La définition même de la mobilité est questionnée, les méthodes d’analyse ainsi que les hypothèses sous-jacentes, en particulier les hypothèses issues des théories économiques fondées sur la rationalité de l’usager. Plusieurs chercheurs francophones issus de la sociologie urbaine et de la sociologie de la vie quotidienne (Juan, 1997 ; Kaufmann, 1997) ont formulé des critiques radicales du courant dominant les études sur la mobilité. C’est ainsi que Vincent Kaufmann (1997 : 10-11) ouvre le premier chapitre de sa thèse : « La méthode dite "classique" constitue la première conceptualisation élaborée de la mobilité quotidienne, elle a été la plus usitée jusqu’à maintenant. Développée dans les années 1960 comme outil de planification, elle se base sur le postulat d’une rationalité instrumentale de l’usager […] Largement décriée, cette approche jouit pourtant d’un quasi-monopole au niveau des praticiens. Elle est reprise dans l’immense majorité des études relatives aux comportements de mobilité. » 2 Ce qu’il qualifie ici d’« études relatives aux comportements de mobilité » a longtemps été désigné sous le nom de « socio-économie des transports ». Ce terme regroupe un ensemble hétérogène de travaux mêlant des approches purement économétriques avec des approches sociologiques, psycho-sociologiques et géographiques. Ce champ de la socio-économie des transports prend ses racines dans les années 1960, dès qu’interviennent dans les travaux d’économie des transports des considérations sociologiques permettant de mieux décrire et modéliser les déplacements. La socio-économie des transports est le fruit d’une circulation des savoirs (Gardon et al. , 2009), en particulier en provenance des États-Unis, qui ont essaimé à la même période dans plusieurs pays européens. Malgré cette base commune, la socio-économie des transports pratiquée en France présente suffisamment d’unité en son sein et de différence face aux autres pays pour la considérer comme un cadre spatial cohérent. Concernant le cadre temporel, la période considérée ici va de la naissance à la mutation du champ de la socio-économie des transports, à savoir de la fin des années 1950 (premières traces d’une importation des savoirs américains sur la circulation [Rumpler, 1953]) au début des années 1980 (Offner, 1993). 3 Plusieurs éléments de la citation posée en exergue méritent une explication, à commencer par la « méthode dite "classique" ». Deux questions principales se posent à ce sujet : d’abord, que recouvre l’expression « méthode classique » ? Ensuite, comment expliquer que cette méthode classique soit à la fois « largement décriée » tout en jouissant d’un quasi-monopole chez les praticiens, à tel point qu’elle continue d’être la référence face à laquelle se positionne V. Kaufmann près d’un demi-siècle après sa mise en place ? La méthode classique désigne une méthode de modélisation des déplacements, plus connue sous le nom de « modèle à quatre étapes » ( four step model ), inventée à la fin des années 1950 et utilisée aujourd’hui encore, malgré les nombreuses critiques dont elle fait l’objet. 4 C’est pour mieux saisir l’origine de la socio-économie des transports et son impact sur les études actuelles qu’est proposée ici une approche historique de la co-construction des outils conceptuels et des dispositifs techniques utilisés pour décrire et modéliser la mobilité quotidienne. Dans ce travail, je reviens sur le contexte dans lequel ont été créés ces concepts et ces dispositifs destinés à décrire et modéliser les déplacements, pour comprendre comment ils ont perduré et comment ils ont contribué à façonner le champ des études de mobilité. Ce questionnement s’appuie sur une hypothèse originale développée dans ce travail : la « méthode classique » ou modèle à quatre étapes ne peut pas être considérée isolément. Elle s’insère dans un ensemble constitué de trois dispositifs interdépendants : l’enquête origine-destination, le modèle à quatre étapes et l’évaluation économique des infrastructures de transport. Pour expliquer la nature et la permanence de la méthode classique malgré la critique, le champ d’analyse doit donc s’étendre aux deux autres dispositifs, ce qui m’amène à proposer le concept de matrice technique inspiré des travaux d’anthropologie des techniques. Supposer l’existence de cette matrice technique permet à la fois d’expliquer la grande stabilité des dispositifs utilisés pour décrire et modéliser les déplacements, mais aussi de comprendre l’origine de concepts majeurs qui structurent les trois dispositifs. En effet, bon nombre d’objets et de concepts mobilisés dans les études de mobilité actuelles tirent leur origine d’un contexte très particulier où s’entremêlent des problématiques de recherche et des problématiques administratives, où les dispositifs techniques ont eu un impact fort sur la conceptualisation du phénomène de la mobilité. Retracer l’histoire d’un champ scientifique et administratif 5 Il existe déjà un certain nombre de travaux historiques sur la mobilité quotidienne (Flonneau et Guigueno, 2009), sur l’automobilité (Flonneau, 2003 ; Gardon 2009), mais aussi sur les modèles de transport (Dupuy, 1975) et sur les enquêtes de mobilité (Facq, 2006). Ces travaux historiques adoptent des angles d’approche différents selon l’époque de leur rédaction et selon la discipline de laquelle ils émanent. Dans la continuité de tous ces travaux, je propose ici d’étudier la construction d’outils conceptuels et de dispositifs techniques, mettant en avant les relations qui les unissent et les analysant comme un tout. 6 La première étape consiste à construire un corpus d’informations qui ne traite pas uniquement des aspects techniques des méthodes de la socio-économie des transports, mais qui offre un regard sur les raisons et les enjeux de ces choix techniques. La deuxième étape consiste à préciser le sens des termes clefs qui définissent l’objet de la socio-économie des transports pour se prémunir contre les variations de signification à travers le temps. En effet, il n’est pas toujours évident de distinguer les simples changements de termes des véritables glissements de sens. Ne pas prendre en compte ces variations mène à des interprétations biaisées et anachroniques (Noiriel, 1995). La troisième étape consiste à se positionner dans l’étude des liens entre objets conceptuels et objets techniques. La plupart des champs de recherche ont produit des histoires de leurs propres champs que l’on peut qualifier d’« internalistes » et qui tendent à se focaliser sur le contenu conceptuel du champ en considérant que les instruments sont exogènes et neutres par rapport à ce contenu conceptuel (Desrosières, 1993). L’approche a été largement critiquée, de plusieurs points de vue, en particulier dans les travaux de sociologie des sciences et dans les travaux de sciences politiques. Le présent travail s’inspire notamment des réflexions des politologues sur les instruments, en raison de la proximité du champ de la socio-économie des transports avec les systèmes de décision publique. Construire une information de première main 7 Pour retracer l’histoire des dispositifs techniques de la socio-économie des transports, il faut pouvoir accéder à d’autres sources que les documents publiés qui décrivent leur mise en place et leur usage. En effet, la littérature existante décrit en détail les spécifications techniques de ces dispositifs mais passe sous silence le contexte institutionnel et scientifique qui a mené à faire certains choix plutôt que d’autres. Ce travail est donc fondé d’une part sur l’analyse d’une littérature grise constituée de rapports d’étape, de comptes-rendus de réunion et de documents de travail, un corpus de documents non publiés, conservés dans les archives du SETRA, du CRDD et de l’IAURP (cf. Encadré). Ces documents sont couplés avec une série d’entretiens avec des acteurs historiques qui ont participé à la création et/ou à la consolidation d’un certain savoir sur les transports. Ces acteurs évoluaient dans un environnement fait de plusieurs organismes responsables des recherches, des études, de l’exploitation ou de la planification des transports, décrits en détail dans l’encadré ci-dessous. Il convient d’attirer l’attention sur l’apparition conjointe de ces organismes producteurs d’un certain type de savoir sur les transports : il s’agit soit d’organismes nouvellement créés, soit d’organismes plus anciens qui se dotent à cette époque de services d’études. Les institutions Le SERC (Service d’Études et de Recherches sur la Circulation) est un organisme créé en 1955 par André Rumpler, qui est alors directeur des routes. C’est le premier organisme français dont l’objet d’étude est la circulation. À la fin des années 1960, la dissociation des deux branches, études et recherches, donnera naissance à deux organismes : le Service d’Études sur les Transports, les Routes et leur Aménagement (SETRA) et l’Institut de Recherche sur les Transports (IRT, puis INRETS, puis IFSTTAR). Au sein du Ministère de l’Équipement, le Service des Affaires Économiques et Internationales (SAEI) coordonne et finance une grande partie des études de socio-économie des transports, en particulier l’Action Thématique Programmée éponyme. Le Service Régional de l’Équipement de la Région Parisienne (SRERP) est un service qui correspond à ce qu’on nomme aujourd’hui l’administration déconcentrée de l’État. Il change de nom avec les remaniements ministériels (création du Ministère de l’Équipement en 1966) et les modifications des découpages administratifs, pour devenir la Direction Régionale de l’Équipement d’Île-de-France (DREIF) avec la création de la région Île-de-France en 1976. L’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Parisienne (IAURP, puis IAURIF, puis IAU-IdF), est un institut d’études investi par Paul Delouvrier en 1961 pour accompagner les actions du District de la région parisienne. Gravite autour de ces organismes publics un ensemble de bureaux d’études privés (SEMA, SETEC, etc.) ou parapublics (CREDOC). Il faut enfin mentionner les opérateurs de transport collectif : la RATP et la SNCF. La RATP se dote d’un service d’études générales en 1966 et commence à construire un modèle de prévision dès la fin des années 1960. La SNCF s’intéresse peu à la région parisienne et aux trains de banlieue, elle joue un rôle mineur dans cette histoire. Le Syndicat des Transports Parisiens (STP, puis STIF) joue lui aussi un rôle mineur à l’époque qui nous intéresse. Les archives du SETRA regroupent les documents produits par le Services d’Études et de Recherches sur la Circulation (SERC) dont il est une émanation. S’y trouvent également les documents produits par les agences locales du SERC qui deviennent par la suite les Centre d’Études Techniques de l’Équipement (CETE). Les archives de l’IAURP contiennent non seulement les documents émanant de cet institut, mais aussi toute la correspondance et le suivi des groupes de travail impliquant en particulier le SRERP-DREIF, la RATP, la SNCF et les bureaux d’études. Le CRDD regroupe un ensemble très important de documents des ministères en charge de l’aménagement, de l’équipement et des transports. Les personnes Les entretiens qui forment le matériau de cette analyse ont été réalisés entre octobre 2010 et juin 2011 avec des acteurs clefs de la socio-économie des transports ayant travaillé entre le début des années 1960 et le début des années 1980. Toutes ces personnes ont eu des carrières longues et parfois complexes, il n’est fait mention ici que de l’organisme principal dans lequel ces personnes ont développé le travail sur lequel portait l’entretien : Michel Barbier (IAURP, RATP) ; Alain Bieber (SETEC, IRT) ; Michel Bonnet (METRA, SAEI) ; Hervé Chaine (SEMALY) ; Joëlle Dreyfus (RATP) ; Olivier-Paul Dubois-Taine (SERC, SRERP) ; Gabriel Dupuy (CERAU, BETURE) ; Michel Frybourg (SERC, IRT) ; Serge Goldberg (SERC, IAURP) ; Marc Halpern-Herla (SRERP) ; Jean-Gérard Koenig (SETRA) ; Pierre Lassave (PUCA) ; Jacques Lesourne (SMA, SEMA, METRA) ; Benjamin Matalon (CREDOC, CERAU) ; Georges Mercadal (CREDOC, CERAU) ; Pierre Merlin (IAURP) ; Alain Méyère (CETUR, STIF) ; Jean-Marc Offner (INRETS) ; Jean Vivier (RATP). Retracer l’évolution du vocabulaire 8 Mobilité est-elle synonyme de « besoins de transport » ou de « problème des transports » ? Les travaux qui remettent en cause les postulats et les méthodes de la socio-économie des transports lui donnent comme objet « la mobilité quotidienne » ou les « comportements de mobilité ». Pourtant, ce terme de mobilité ne s’impose pas de lui-même, alors qu’il est désigné comme étant l’objet même du champ de recherche étudié. Il fait irruption dans le champ de la socio-économie dans les années 1970 et se fait une place en bousculant d’autres termes bien ancrés, générant débats et confusions. En effet, les ingénieurs-économistes utilisent de préférence la terminologie du traffic engineering (circulation, déplacement) et de l’analyse économique (offre, demande). 9 En 1968-1969 est réalisée en région parisienne la première étude globale de transport. Cette étude comprend un ensemble d’enquêtes et de comptages et mène à la publication de quatre fascicules d’une trentaine de pages chacun (SREPR, 1970a, 1970b, 1970c, 1971). Il s’agit des premiers supports destinés à communiquer au grand public une connaissance nouvelle des déplacements en région parisienne. Dans ces quelques 120 pages, il est question de déplacements, de demande de transport, de trafic, de circulation, mais il n’y a aucune occurrence du terme « mobilité ». Durant les années 1970, le terme mobilité apparaît mais avec des occurrences rares et sous différentes acceptions. À partir de 1975-1976, son usage commence à se développer dans le champ de la socio-économie des transports, mais le terme reste polysémique. On retrouve dans des notes de travail de l’IAURP une série de commentaires qui illustrent cette équivoque : « J’avais confondu mobilité [… avec mobilité résidentielle] je vois qu’il s’agit de tout autre chose, en fait de l’analyse des besoins de transport » Note rédigée par M. Gérard (IAURP), le 18 août 1976 « Pourquoi parle-t-on tant de mobilité aujourd’hui ? Pourquoi ce terme apparaît-il aussi souvent dans les études récentes traitant de transport urbain ? S’agit-il d’une simple mode ou d’une nouvelle façon d’approcher le problème des transports ? » Note rédigée par M. Boulet (IAURP), le 4 mars 1976 1 L’ingénierie du trafic s’occupe à l’origine de connexions interurbaines, d’infrastructures en rase (...) 10 À travers l’étude des archives conservées par les différentes institutions en présence, il semble que le terme « mobilité » vienne de la sociologie et de la psychologie sociale. On le trouve dès la fin des années 1960 dans certains rapports du CREDOC (sans doute sous la plume de Benjamin Matalon) de la SERES (Société d’Études et de Recherches en Sciences Sociales), avec des occurrences rares et polysémiques. On le retrouve, dans un usage récurrent et bien défini, dans les travaux menés par l’Institut de Sociologie Urbaine (1972). Il apparaît de plus en plus fréquemment dans les documents internes des organismes impliqués (IAURP, DREIF, RATP) et finit par se normaliser au début des années 1980, en particulier avec les publications du CETUR qui marque l’« urbanisation » de l’ingénierie du trafic 1 . 11 Ainsi, les principaux dispositifs utilisés encore aujourd’hui pour décrire et modéliser la mobilité quotidienne naissent dans un contexte où le terme « mobilité » ne fait pas partie de la batterie de concepts utilisés. La citation de V. Kaufmann posée en exergue doit être relue en ce sens : la « méthode classique » ne peut pas constituer la première conceptualisation élaborée de la « mobilité quotidienne » puisque ce terme n’existe pas encore, il s’agit de la conceptualisation de la « demande de transport ». Cette précision a son importance dans la mesure où elle éclaire une confusion inévitable sur l’objet de ces dispositifs : une enquête ménages déplacements peut aujourd’hui être considérée comme un dispositif de mesure de la mobilité quotidienne, mais elle est à l’origine un dispositif de mesure de la demande de transport. Il n’est pas évident de déterminer s’il s’agit d’un véritable changement d’objet ou si ce n’est qu’un changement de terme désignant le même objet. En tous cas, ce vocabulaire ne peut être qu’équivoque : avant la fin des années 1970, le terme « mobilité » est rarement utilisé et toujours synonyme de demande de transport. À partir des années 1980, le terme devient de plus en plus fréquent, mais il est utilisé avec deux grands types d’acceptions : dans la littérature académique, la mobilité commence à prendre un sens englobant et systémique (Bassand et Brulhardt, 1980), alors que dans la littérature technique il reste synonyme de demande de transport. La définition du CERTU illustre bien cette permanence : « mobilité : nombre moyen de déplacements individuels quotidiens réalisés lors d’un jour ouvrable » (CERTU, 1998 : 66). 12 Les tentatives récentes de théorisation de la mobilité (Urry, 2000 ; Kaufmann, 2002) sont finalement anachroniques par rapport à l’objet de cet article. En effet, les chercheurs qui introduisent le terme de mobilité dans le champ de la socio-économie des transports pour enrichir l’approche par les besoins de transport ne sont pas pour autant adeptes d’une théorisation de cette notion qu’ils jugent impossible. Lors des entretiens avec Antoine Haumont et Michel Bonnet, ces derniers expriment en substance ce qu’Antoine Haumont exprimait vingt ans plus tôt dans le débat du colloque « Villes et transports » : « il est tout à fait exact que je considère que la mobilité est un “grand sac”, que nous pouvons essayer de décrire. Nous pouvons chercher à identifier ce qui se passe à l’intérieur, essayer de comprendre comment il bouge, où il va, ce qui le fait gonfler ou diminuer. Il peut être un objet de curiosité, de réflexion, de discussion polémique… mais, d’un point de vue scientifique, je ne crois pas que nous puissions en dire beaucoup plus ». Michel Bonnet exprime la même idée avec une autre image : « Pour moi la mobilité c’est une auberge espagnole, alors que lui [V. Kaufmann] il pense qu’on peut bâtir une définition unique et scientifique de la mobilité » Entretien avec Michel Bonnet, 9 décembre 2011 13 Les champs tels que la socio-économie des transports ou la recherche urbaine se caractérisent par une cohabitation entre objectifs opératoires et recul réflexif. Les travaux réalisés à l’INRETS dans les années 1980, qui sont typiquement les « ondes » de la socio-économie des transports dont parle M. Bonnet (cf. Section 1.3), sont une illustration frappante de cette cohabitation : ils portent à la fois une forme d’aide à la décision couplée à une critique de la notion même de décision (Offner et al. , 1985). Ces champs ont nécessairement un rapport conflictuel à leur objet, ce que Manuel Castells annonce très tôt à propos de la sociologie urbaine (Castells, 1968 : 23) : « après un demi-siècle d’existence de la sociologie urbaine, […] un seul thème de recherche reste inédit : son objet ». Reconsidérer le rôle des instruments 2 Les travaux réalisés au CREDOC-CERAU par G. Mercadal (économiste et sociologue) et B. Matalon (psyc (...) 3 Ce que Michel Bonnet exprime de façon imagée : « À mon avis il faut réserver le nom de socio-économ (...) 14 Le champ de la socio-économie des transports a la particularité d’avoir été forgé dans un milieu où la recherche était étroitement liée à des choix politiques et à des impératifs techniques, en termes de gestion et de planification des transports. La nature de la socio-économie des transports est difficile à cerner, à tel point que la question est posée de savoir s’il s’agit d’un champ scientifique ou d’un domaine administratif (Offner, 1993). Ses limites temporelles sont également discutables, à strictement parler l’existence institutionnelle de ce champ s’étend du début des années 1970 au début des années 1980, période durant laquelle il fait l’objet d’une Action Thématique Programmée (ATP). Cependant, il prend ses sources dans les années 1960 2 et se transforme plutôt qu’il ne disparaît dans les années 1980 3 . Les recherches financées dans le cadre de l’ATP vont de l’économétrie pure à la sociologie d’inspiration marxiste en passant par une préfiguration des études de genre (Coutras et Fagnani, 1979). Le colloque de Royaumont est une illustration de cette grande diversité qui traverse l’ATP Socio-économie des transports (Bonnet, 1978). 4 Pour Benjamin Matalon, cet état de fait s’explique par le poids de la sociologie dans les études ur (...) 15 Ainsi, parmi les travaux financés dans ce cadre, certains proposent des modèles économétriques alors que d’autres critiquent ouvertement les pratiques de modélisation en vigueur (Fichelet, 1977). Sur ce point, le champ de la socio-économie des transports est tout à fait comparable à celui de la recherche urbaine qui se structure à la même époque : y cohabitent des pratiques de planification opérationnelle sur une base rationnaliste avec des approches qui font de ces pratiques des instruments de pouvoir et/ou d’accumulation capitaliste (Castells, 1968 ; Amiot, 1986 ; Lassave, 1997). Ce mélange d’approches est d’ailleurs propre à la France et explique le terme de « socio-économie des transports », traduit dans les autres langues par « économie des transports » 4 . Les conférences organisées durant cette période dans le cadre de la Conférence des Ministres Européens des Transports s’intitulent effectivement « Tables rondes d’économie des transports ». 16 Le milieu dans lequel se développe la socio-économie des transports était formé d’individus et d’organismes qui mêlaient la recherche et ses applications. Le lien étroit entre l’objet de la recherche (les déplacements) et les objectifs de cette recherche (la gestion et la planification des transports) entraîne un rapport particulier entre des objets conceptuels et des dispositifs techniques. C’est en ce sens que les apports des sciences politiques sont essentiels pour comprendre le rôle joué par les instruments et les dispositifs dans la conceptualisation d’un « problème » et la décision associée. Les politologues qui analysent les « sciences de gouvernement » ont développé l’idée que les instruments de gouvernement ne sont pas de simples leviers au service de l’action publique, mais qu’ils contribuent à structurer le contenu de cette action et en façonner les contours (Ihl et al. , 2003 ; Lascoumes et Le Galès, 2004) : les instruments ont des « effets spécifiques indépendants des objectifs affichés et ils structurent l’action publique selon leur propre logique » (Lascoumes et Le Galès, 2004 : 8) De la même façon, le champ de la socio-économie des transports ne peut être compris sans étudier les liens qui unissent la définition de ce champ de recherche et de ses objets avec les dispositifs techniques mis en place dans ce cadre. Ces dispositifs, en particulier les trois dispositifs annoncés en introduction, participent pleinement à la conceptualisation du phénomène étudié et ne doivent pas être considérés comme des instruments exogènes qui interviennent seulement a posteriori pour saisir un phénomène pré-conceptualisé. Il s’agit d’un processus de co-construction des objets conceptuels et des objets techniques (Desrosières et Thévenot, 1979, 1988), processus dont la compréhension passe par l’analyse des liens d’interdépendance qui unissent ces objets et font tenir l’édifice. La matrice technique : de l’enquête à l’évaluation économique 17 Ce texte pose l’hypothèse de l’existence d’une matrice technique constituée de trois dispositifs : l’enquête origine-destination, le modèle à quatre étapes et l’évaluation économique fondée sur le surplus de l’usager. Cette notion de « matrice » ou « système technique » est empruntée au champ de l’anthropologie des techniques (Lemonnier, 1983). Son principal intérêt est de signifier que c’est au sein de cette matrice et non au sein de chaque dispositif pris isolément, que peuvent être compris les principaux objets et méthodes de la socio-économie des transports. Plusieurs travaux ont traité des relations d’interdépendance qu’entretiennent ces dispositifs mettant en avant certaines de ces relations : l’impossibilité de faire évoluer les pratiques de modélisation sans modifier le dispositif d’enquête (Bonnel et al. , 1994), ou encore la nécessaire mise en cohérence des pratiques de modélisation et des procédures d’évaluation (MELTT et MEF, 1997). En fait, les relations inter-dispositifs mises en avant ont toujours trait à la nécessaire équivalence de précision dans le passage d’un dispositif à un autre. Cette question d’équivalence de précision prend deux formes principales : la sophistication et la granularité. La granularité est le degré de désagrégation spatiale maximale induite par la finesse du zonage, la sophistication concerne la précision sémantique des dispositifs (précision des attributs des ménages, des individus, des déplacements, etc.) et leur précision technique (taille de l’échantillon, méthodes d’échantillonnage, modélisation des rétroactions, etc.). d’équivalence de précision est une question récurrente, qu’évoquent plusieurs des personnes interrogées parfois à plusieurs reprises lors d’un même entretien : « Il faut toujours vérifier que le degré de complexité auquel nous arrivons est en relation avec les paramètres d’action qu’on a […]. Si vous disposez seulement d’un marteau pilon, ce n’est pas la peine de découper le saucisson en rondelles, il sera exactement écrasé de la même manière. Par contre si vous avez un scalpel, ça vaut la peine de découper des tranches de façon très précise » Entretien avec Georges Mercadal, 2 mai 2011 18 Au-delà des aspects d’équivalence de précision, les relations entre les trois dispositifs semblent avoir été peu prises en compte, alors qu’elles ont de lourdes implications sur l’usage qui est fait de chacun des dispositifs d’abord, ensuite sur leur contenu, à savoir les objets et les méthodes qui assurent leur fonctionnement, et enfin sur la pérennité de l’ensemble. D’où l’intérêt de considérer que ces trois dispositifs forment une matrice technique et que c’est au sein de cette matrice, et non au sein de chaque dispositif pris isolément, que peuvent être compris les principaux objets et méthodes de la socio-économie des transports. Avant d’étudier plus en détail le fonctionnement de cette matrice technique et l’apport de cette analyse « matricielle », il convient d’en présenter brièvement les trois dispositifs. Les trois dispositifs de la matrice : enquête, modèle et évaluation 19 L’enquête origine-destination constitue le premier dispositif de la matrice, il vise à produire une information sur les déplacements réalisés à l’intérieur d’un périmètre donné. La distinction principale entre les différentes méthodes de mesure des déplacements se fait entre comptages et enquêtes : les comptages produisent une information qualitativement très réduite et quantitativement très importante. De par ces caractéristiques, ils servent de référence pour réaliser des vérifications et des calibrages des enquêtes et des modèles. Les enquêtes, malgré leur diversité (enquêtes ménages, enquêtes cordons, etc.) produisent toutes le même type d’objets : des couples origine-destination. Jusqu’au milieu des années 1970, la terminologie désignant les différents types d’enquêtes n’est pas encore tout à fait figée : « enquête origine-destination », « enquête sur les déplacements », « enquête de circulation » peuvent aussi bien désigner des enquêtes avec entretien au bord de la route que des enquêtes à domicile. Ceci justifie l’usage globalisant du singulier désignant le dispositif d’enquête, qui produit avant toute chose des couples origine-destination quelle que soit la méthode d’entretien. Les comptages systématiques existent en France depuis 1844 sous le nom de « recensement de la circulation ». Ils servent à quantifier la circulation sur les routes nationales, « opération envisagée au double point de vue de la statistique commerciale des transports par voie de terre et de l’usure des chaussées » (Ministère des Travaux Publics, 1918 : 9). Ces comptages, dont l’unité est le collier, ne s’inscrivent pas dans le cadre d’une action sur la saturation des routes mais bien sur l’usure de la chaussée. Les enquêtes avec entretien durant le déplacement (sur le bord de route) ou au domicile des ménages apparaissent en France à la fin des années 1950. Ce dispositif de mesure est directement importé des États-Unis par des ingénieurs des Ponts et Chaussées envoyés dans les universités américaines, Joseph Elkouby, Marc Halpern-Herla et Serge Goldberg. 5 Parmi ces innovations il faut mentionner les modèles désagrégés ou modèles de choix discret, qui re (...) 20 Le deuxième dispositif de la matrice est un type de modèle de prévision du trafic dit « modèle à quatre étapes » ( four-step model ). Il fait lui aussi partie de la boîte à outils importée des États-Unis dont G. Dupuy (1975) a retracé l’histoire. Ce modèle comporte à l’origine deux modules (Bates, 2000 ; McNally, 2000). Le premier module, dit de génération ( trip generation ), consiste à évaluer une quantité de déplacements attirés et émis en fonction des attributs de zones prédécoupées (caractéristiques de la population et des activités). Le second module, dit de distribution ( trip distribution ), consiste à évaluer la répartition géographique de ces flux, le plus souvent par l’intermédiaire d’un modèle gravitaire. À ce bloc originel de deux modules se sont ajoutés en aval deux modules supplémentaires : l’un de choix modal, l’autre d’affectation au réseau. Cet ensemble constitue le modèle à quatre étapes qui est utilisé en France depuis le milieu des années 1960. Malgré les nombreuses innovations dans le domaine de la modélisation des déplacements 5 , le modèle à quatre étapes est encore utilisé aujourd’hui dans de nombreux pays, dont la France et les États-Unis (McNally, 2000 ; Nguyen-Luong, 2001). 21 Le troisième dispositif est l’évaluation économique des choix d’investissements. Cette évaluation se fait par l’intermédiaire d’’une analyse coût-avantage ( cost-benefit analysis ) qui s’appuie sur plusieurs notions, en particulier le coût généralisé et la rentabilité collective. Ce dispositif a une histoire plus diffuse, qui prend ses racines dans les premiers travaux d’économie utilisant des analyses mathématiques. La notion de rentabilité collective est issue des travaux de Jules Dupuit (1844) sur l’« utilité publique ». Avant lui, l’utilité collective d’un ouvrage est égale à ce que la société paie pour le réaliser. J. Dupuit propose une mesure de l’utilité fondée non pas sur le coût de production mais sur ce que l’utilisateur serait prêt à payer pour utiliser l’ouvrage en question. L’utilité d’un objet est donc définie comme « le sacrifice maximum que chaque consommateur serait disposé à faire pour se le procurer » (p. 65) et l’utilité collective est une méthode permettant d’agréger les utilités individuelles. Ce principe est la base de l’évaluation économique des infrastructures de transport. Il est formalisé et son usage systématisé par la vague d’« ingénieurs-économistes » des Trente Glorieuses (Mazoyer, 2010), dans tous les domaines faisant l’objet d’une planification économique (Massé, 1964) et en particulier dans le domaine des transports. Ce principe est massivement utilisé dès la fin des années 1960 par les instituts et bureaux d’études des transports. 6 Ou l’inverse. La mise en équivalence d’une valeur temporelle et d’une valeur monétaire peut se fair (...) 22 La notion de coût généralisé est étroitement liée à la notion d’élasticité développée dans le sillon des travaux d’Augustin Cournot (1838). Le calcul du coût généralisé consiste à donner un équivalent monétaire à des éléments non monétaires, en premier lieu au temps 6 , à partir de l’analyse de comportements observés. Il est difficile de dater exactement l’origine de cette notion et de son application dans le domaine des transports. Ce qui est sûr c’est qu’elle commence à être utilisée au tout début des années 1960 aux États-Unis et en Grande-Bretagne, quelques années plus tard en France (IAURP, 1966 ; Merlin, 1967), et qu’elle est d’application systématique à la fin des années 1960 (Goodwin, 1974, 1978 ; Grey 1978). Dans le cadre d’un choix d’investissement, des projets d’itinéraires ou de modes concurrents peuvent être comparés en termes de gains de temps, agrégés et monétarisés, qui constituent l’essentiel du calcul de l’utilité collective. Interrelations et interdépendance des dispositifs 23 Les trois dispositifs eux-mêmes ne suffisent pas à définir la nature et le fonctionnement de la matrice technique , il faut pour cela porter l’attention sur les liens qui les unissent. La matrice technique est définie comme un ensemble de dispositifs techniques qui se tient, c’est-à-dire dont chaque dispositif est relié aux autres par des relations d’interdépendance durables qui assurent la stabilité de l’ensemble. À l’évidence, l’enquête de mobilité, le modèle à quatre étapes et le calcul du coût généralisé et ses dérivés constituent bien une matrice technique ainsi définie. En effet, ces trois dispositifs apparaissent au même moment (début des années 1960), dans le même milieu (ingénieurs-économistes) et se maintiennent jusqu’au début des années 1980 sans connaître d’évolutions majeures. Ces dispositifs se maintiennent à la fois dans leur essence et dans les relations qu’ils établissent entre eux : Figure 1. Interrelations des trois dispositifs au sein de la matrice technique Zoom Original (jpeg, 160k) 24 Le lien qui unit l’enquête au modèle formalise le passage d’une mesure de la situation présente à une mesure de possibles situations futures. L’enquête (situation présente) alimente le modèle (situations futures) en fournissant les informations nécessaires à la préparation et au calage de celui-ci. Par son degré de précision l’enquête détermine en grande partie la précision possible du modèle : d’abord la précision technique de l’enquête fixe la précision maximale que peut atteindre le modèle, la taille de l’échantillon en particulier revêt une grande importance dans la précision de l’évaluation des déplacements générés (par un modèle de régression). La précision sémantique de l’enquête intervient aussi dans la précision des modèles : certains objets produits par l’enquête et certains attributs de ces objets sont nécessaires pour appliquer des méthodes plus fines de modélisation, en particulier dans des modèles désagrégés. Enfin, la granularité de l’enquête, c’est-à-dire la finesse du « repérage spatial » (Bonnel et al. , 1994), conjointement avec la taille de l’échantillon, fixe le niveau de désagrégation spatiale maximum du modèle. Cette relation est à double sens : le modèle façonne à son tour la nature et le contenu de l’enquête, puisque celle-ci est à l’origine principalement destinée à nourrir le modèle. Il s’agit d’une relation dialogique entre deux dispositifs interdépendants qui a de nombreuses implications sur leur contenu et leur fonctionnement. 7 Il existe une gradation dans le degré de comparaison possible entre ces différents types d’alternat (...) 25 Le lien qui unit le modèle à l’évaluation formalise le passage de la modélisation d’un futur possible à l’aide à la décision. L’évaluation économique s’alimente en effet de la prévision de la demande qui est la sortie du modèle. Pour pouvoir faire cette évaluation, il faut que le modèle permette de comparer des alternatives, pour une même liaison entre deux projets concurrents, entre deux itinéraires avec le même mode, entre deux modes concurrents, entre des opérations indépendantes dans l’espace 7 . Certains auteurs ont « considéré que les problèmes de prévision et d’évaluation étaient séparables » (Bloy et al. , 1977 : 1), cependant il s’agit d’un parti pris méthodologique permettant de mieux délimiter le champ d’étude (l’évaluation économique) en faisant abstraction des interdépendances entre les deux dispositifs de modélisation et d’évaluation. Comme dans la relation enquête-modèle, la relation modèle-évaluation est à double sens : le modèle est destiné à nourrir l’évaluation qui le façonne en retour. 26 Le lien unissant l’évaluation à l’enquête est de nature différente, et il est sans doute le plus problématique car il permet de boucler le circuit. Il consiste à confronter un avant et un après prise de décision à la mesure de la situation présente et future. Que l’évaluation économique d’un choix d’investissement se fasse a priori (évaluation ex-ante) ou a posteriori (évaluation ex-post), elle est toujours confrontée aux données empiriques produites par l’enquête. Dans le premier cas, la prévision est la sortie du modèle qui est calibré sur les données empiriques avant mise en service de l’infrastructure. Dans le second cas, les données empiriques produites après mise en service de l’infrastructure seront comparées aux données produites avant la mise en service. Il s’agit là encore d’une relation à double sens puisque la mesure (l’enquête) sert à juger de la qualité de l’évaluation et que l’évaluation est confrontée aux données produites par l’instrument de mesure qu’elle a contribué à façonner. 27 Dans ces relations d’interdépendance, il convient également de signaler le rôle du coût généralisé : il est à la fois l’unité de compte de l’évaluation économique mais aussi l’une des variables utilisées à plusieurs étapes du modèle. À l’étape de distribution par exemple, le composant dissuasif du modèle gravitaire n’est pas simplement la distance entre zones, c’est un coût généralisé formulé dans une fonction dite d’impédance. Il intervient aussi à l’étape de choix modal et à l’étape d’affectation. En effet, les trois dernières étapes du modèle formalisent des choix (choix de la destination, choix du mode, choix de l’itinéraire), et ces choix sont fondés sur des fonctions d’utilité mettant en jeu la notion de coût généralisé. Le calcul du coût généralisé, qui est la base de l’évaluation économique, consiste en une mise en équivalence d’éléments de natures diverses : les temps de parcours, d’attente, les prix, le confort, etc. Cette mise en équivalence est fondée sur les préférences révélées par les comportements recueillis dans l’enquête de mobilité. On observe que les individus échangent du temps contre de l’argent ou l’inverse et on calcule la « valeur du temps ». Durant les années 1960, plusieurs études sont réalisées, en particulier au CREDOC et à l’IAURP, visant à donner une valeur du temps. Le choix de calculer le coût généralisé sur la théorie des préférences révélées ( revealed preference , Samuelson, 1938) est une constante dans le champ de la socio-économie des transports, qui se traduit par le rejet des méthodes fondées sur les préférences déclarées (Banos, 2001 : 98-99). 28 L’enquête, le modèle et l’évaluation forment donc un ensemble cohérent et intégré dont l’objectif reflète la philosophie des institutions de cette époque, et en particulier du Commissariat général au Plan. Le Plan, dans les termes de Pierre Massé, commissaire entre 1959 et 1966, c’est « l’anti-hasard » (Massé, 1965). C’est donc pour appuyer la rationalité de la prise de décision qu’existe cette matrice de trois dispositifs, dont l’intégration est telle qu’elle a pu entraîner une confusion : « On a trop facilement confondu l’outil modèle et l’outil enquête avec le raisonnement d’évaluation » Entretien avec Oliver-Paul Dubois-Taine, 15 avril 2011 29 Cette confusion est le résultat des relations d’interdépendance qui viennent d’être explicitées. C’est tout l’intérêt de considérer qu’il existe une matrice technique constituée de trois dispositifs et que c’est au sein de cette matrice, et non au sein de chaque dispositif pris isolément, que peuvent être compris les principaux objets et méthodes de la socio-économie des transports. En effet, pour qu’il y ait relations d’interdépendance il faut des objets communs qui puissent circuler d’un dispositif à l’autre. Pour qualifier cette circulation inter-dispositifs et ses implications, la distinction faite dans le domaine de l’informatique entre compatibilité, standard de fait et interopérabilité semble pertinente : la compatibilité est définie comme la capacité de deux dispositifs à communiquer ensemble, le standard de fait est la situation dans laquelle plusieurs dispositifs se rendent compatibles avec un dispositif dominant, l’interopérabilité est la capacité que possèdent plusieurs dispositifs à fonctionner conjointement, « grâce à l’utilisation de langages et de protocoles communs, et à donner accès à leurs ressources de façon réciproque » (Feyler, 2007 : 87). La première définition n’est pas applicable à un système à trois dispositifs, la seconde n’est pas applicable à la matrice technique car aucun des trois dispositifs ne domine les deux autres au point qu’il détermine unilatéralement leur contenu. C’est bien la troisième définition, celle de l’interopérabilité, qui s’applique à la matrice enquête-modèle-évaluation. L’évolution de la matrice technique 30 La matrice décrite dans cet article se développe et se consolide entre la fin des années 1950 et le début des années 1980. Les auteurs ayant travaillé sur le champ de la socio-économie des transports s’accordent tous sur l’existence d’un tournant au début des années 1980, qui fixe souvent la limite initiale ou finale de leur recherche (Chatzis, 2011). Trois grands facteurs marquent ce tournant : un facteur technologique, avec le développement des moyens informatiques, en particulier les progrès dans le puissance de calcul et le développement de la micro-informatique, qui transforment la place assignée au traitement des enquêtes et à l’utilisation des modèles. Un facteur méthodologique, avec l’apparition en France des modèles désagrégés (cf. Section 2.1) et un facteur politique et institutionnel avec la modification du système décisionnel à la suite des lois de décentralisation et la restructuration des recherches en transport (Offner, 1993) autour de ses aspects technologiques dans le cadre du PRD3T (Programme de Recherche et Développement Technologique des Transports Terrestres). 31 Jusqu’au début des années 1980, l’intégrité de la matrice technique , c’est-à-dire la stabilité des trois dispositifs dans leur nature et leurs interrelations, tenait à la construction d’une expertise nationale sous l’égide des services de l’État, ce que K. Chatzis (2009 : 167) nomme une « science française normalisée ». Durant les années 1980, plusieurs changements affectent cette stabilité, en particulier des changements concernant les dispositifs de modélisation et d’évaluation. L’expertise en matière de modélisation se déplace des services de l’État vers un nombre réduit de grands bureaux d’études internationaux, souvent d’origine américaine ou britannique, bureaux qui sont à l’origine de l’implantation des modèles désagrégés en France (Debizet, 2004 ; Chatzis, 2011). En matière d’évaluation, c’est la structure du système décisionnel qui est radicalement transformée avec les lois de décentralisation, modifiant par là tout le processus de mise sur agenda. 32 Certains auteurs (Leurent, 1996 ; Debizet, 2004) ont pointé l’évolution différenciée des dispositifs techniques, en particulier le décalage de temporalités entre les bureaux d’études internationaux qui s’implantent en France durant les années 1980 en proposant des modèles novateurs et les pratiques administratives caractérisées par une inertie importante. C’est ce décalage qui explique la stabilité de l’usage de certains dispositifs, en particulier le dispositif de modélisation, malgré les innovations techniques dans ce domaine. Cependant la question des modalités de transformation de la matrice technique reste largement en friche. L’exemple esquissé par la suite (cf. Section 3.3) de la diffusion et du maintien d’une propriété qualifiant les déplacements constitue l’une de ces modalités. L’interopérabilité au sein de la matrice 33 La matrice technique est constituée d’un dispositif d’évaluation des choix d’investissements fondé sur un dispositif de description et un dispositif de modélisation de la demande de transport. Dans une approche économique, le transport est considéré comme un bien caractérisé par une offre et une demande, et le terme « demande de transport » a un sens précis dans ce cadre. Il n’en est pas moins un terme composite qui demande à être clarifié en décortiquant les principaux objets communs aux dispositifs de la matrice technique . Deux questions préliminaires se posent à ce propos : celle de la matérialité de la demande de transport (de quoi est constitué le bien transport ?) et celle du cadre spatio-temporel qui délimite la demande de transport et dans lequel on la mesure. Une fois précisés ces deux aspects, il restera à examiner le fonctionnement des mécanismes qui rendent interopérables les dispositifs de la matrice. La matérialité de la demande de transport 8 En 1965, lors de la première enquête à domicile réalisée en région parisienne, le vocabulaire n’est (...) 34 Les dispositifs décrits précédemment naissent et se développent pour appréhender non pas la mobilité mais la demande de transport. La question qui se pose immédiatement est celle de savoir de quoi est constituée cette demande de transport. Dans l’approche des ingénieurs-économistes des Trente Glorieuses, le transport est considéré comme un bien immatériel caractérisé par une offre et une demande. La demande est connue grâce à l’enquête, puis modélisée en vue d’une action sur l’offre. Entre l’enquête et l’évaluation économique, le modèle fait donc office de traducteur. Ce traducteur génère des objets agrégés, les flux, à partir d’objets de niveau inférieur, les déplacements. Cette génération (1 e étape du modèle) se fait sur la base de stocks de lieux d’activités et de lieux de résidence, et c’est l’étape de distribution (2 e étape) qui répartit les flux entre ces lieux. Des années 1950 à aujourd’hui, le modèle est construit sur le même objet : le déplacement 8 défini comme tout mouvement réalisé sur la voie publique reliant deux lieux définis par l’activité qui s’y déroule. Le modèle faisant office de traducteur entre enquête et évaluation économique, le lien se fait sur cet objet commun, le déplacement, qui s’impose à la fois à l’enquête et à l’évaluation économique, avec ses principales caractéristiques. Parmi ces caractéristiques, celle qui reflète le mieux l’interdépendance des trois dispositifs est sans doute l’assimilation entre le lieu et le motif. Les instructions aux enquêteurs de la première enquête de mobilité quotidienne réalisée en région parisienne insistent sur la nécessité d’assimiler lieux et motifs : « Les lieux d’origine et de destination à indiquer sont ceux où la personne effectuant le voyage va réellement, tels que domicile, bureau, magasin, théâtre, banque, école, usine, etc… Si, à cause d’encombrements, une personne arrête sa voiture à deux ou trois îlots du lieu où elle veut se rendre, c’est le dernier endroit qu’il faut noter et non le lieu où la voiture est arrêtée » Enquête sur les déplacements de personnes dans la région parisienne, Instruction aux enquêteurs, 1965 35 Cette assimilation, qui vient directement des besoins du modèle, amène à penser que le lieu et le motif ne forment pas deux attributs distincts de l’objet déplacement, mais un seul attribut composite : le lieu-motif . Cet attribut revêt une importance cruciale : d’une part c’est lui qui découpe le continuum mobile en une série discrète de déplacements. D’autre part, il est le seul point d’ancrage qui fait interagir l’occupation du sol avec les pratiques de mobilité. La prévision se faisant sur des hypothèses exogènes concernant la localisation future des ménages et des activités, il ne peut y avoir de prévision sans cet ancrage. La génération et la distribution de mouvements entre des lieux est donc possible parce qu’il y a un lien entre le fixe (l’activité ancrée en un lieu) et le mouvant (le mouvement réalisé pour s’y rendre). 36 C’est bien le lieu-motif qui définit les bornes de l’unité d’enregistrement de ce qu’on appelle encore aujourd’hui le déplacement. L’objet déplacement est l’objet principal des trois dispositifs, il structure le recueil de données, le modèle de prévision et l’évaluation économique. D’autres objets ont été proposés plus aptes à retranscrire la dynamique de la mobilité quotidienne, en particulier les sorties ou boucles (Zhang et al., 2001) et les activités (Stopher, 1992, 1998). Le déplacement présente toutefois une résistance à ces nouvelles approches car il s’agit d’un objet commun reliant enquête, modèle et évaluation : la redéfinition ne peut s’appliquer à l’un des trois dispositifs sans affecter les deux autres. Le cadre spatio-temporel de la demande de transport 37 La matrice technique , instrument destiné à la rationalisation des choix d’investissement, se caractérise par ce qu’Alain Méyère appelle une « approche de tuyaux ». L’espace est découpé en zones, et ces zones sont reliées entre elles par des tuyaux dont il s’agit de planifier la localisation, le type, la taille, etc. L’objectif originel des travaux de socio-économie des transports, qui restera prégnant jusqu’au début des années 1980, est donc le dimensionnement des infrastructures de transport. Ce dimensionnement est réalisé sur la base du flux maximum moyen , ce qui explique l’attention toute particulière portée à l’estimation des flux en heure de pointe du jour ouvrable type . 38 Cet objectif détermine les deux éléments principaux du cadre temporel : le jour ouvrable type et l’heure de pointe. Le jour ouvrable type ou jour moyen est « un jour moyen de semaine [hors] jours fériés, vacances scolaires ou jours particuliers pouvant occasionner une modification des comportements (fortes perturbations climatiques, grèves des transports collectifs, etc.) » (CERTU, 1998 : 52). L’heure de pointe est « l’heure dimensionnante », elle fait l’objet d’une étude approfondie dès le début des années 1960 : « Pour les usagers c’est à l’heure de pointe que les transports sont les plus inconfortables et posent le plus problème […]. Du point de vue de la collectivité, la capacité à offrir des moyens de transport est conditionnée par l’heure de pointe » Entretien avec Pierre Merlin, 21 avril 2011 9 Contrairement à ce qu’affirment certains travaux sur l’urbanisme temporel qui en font un champ réce (...) 39 Il faut replacer cette obsession pour l’heure de pointe dans le contexte d’après-guerre caractérisé par une très forte croissance des mobilités résidentielle, quotidienne et touristique. C’est la période faste de la planification et aussi la plus dirigiste (Rousso, 1986), et l’administration pense pouvoir agir sur les problèmes liés aux grands flux quotidiens dans les agglomérations comme aux grands flux annuels des départs en vacances par la gestion des temps. L’aménagement des temps sociaux apparaît en France dès la fin des années 1950 9 pour répondre au problème posé par les pointes dans la gestion et la planification des transports. La question posée à l’Assemblée nationale en 1959 est explicite : est-ce que le Gouvernement « entend se préoccuper de l’organisation des horaires journaliers dans l’administration, l’industrie et le commerce, afin de permettre un étalement des pointes de transports ? » (Dreyfous-Ducas, 1959). Plusieurs travaux sont menés à cette époque, en particulier dans le cadre du Comité National pour un Aménagement des Temps de Travail et des Temps de Loisirs, pour évaluer l’impact de politiques temporelles sur le réseau de transport (Meyer, 1958 ; CREDOC, 1962 ; Maquet, 1963). 40 Le cadre temporel ainsi défini exclut de son champ le week-end et les pratiques routinières. Il exclut aussi de son champ les variations annuelles liées au changement des saisons, aux vacances, etc. ainsi que les variations ponctuelles liées à des évènements particuliers. L’enquête ne produit aucune information sur ces aspects, le modèle ne prévoit rien hors de ce cadre et l’évaluation doit en conséquence s’insérer dans ce cadre. Quant à l’heure de pointe, elle est elle aussi un élément incontournable du cadre temporel, toujours attaché au jour ouvrable type, qui est de fait divisé en deux catégories : la pointe et le reste des heures de la journée. La sortie du modèle est une prévision du trafic en heure de pointe et le trafic total de la journée est déduit de l’heure de pointe par des coefficients multiplicateurs. Une partie importante de l’information produite par l’enquête n’a de sens que pour nourrir le modèle dans sa prévision du trafic en heure de pointe. L’évaluation économique se fait en conséquence sur une prévision du trafic quotidien imprécise puisqu’il s’agit d’un résultat secondaire issu de la prévision en heure de pointe. 41 Les propriétés originelles de l’objet déplacement sont la zone d’origine, la zone de destination, le mode, le motif, l’heure de départ et l’heure d’arrivée (SERC, 1964). Ces propriétés appellent plusieurs précisions concernant le cadre spatial de la demande de transport. D’abord, il n’y a pas d’étude sans zonage préalable : les enquêtes de mobilité, les modèles de prévision et l’évaluation économique se font toujours sur la base d’un zonage. Cette première propriété s’explique par les possibilités et les objectifs du modèle. Elle a de lourdes implications sur le contenu de l’information qui s’en dégage : toute l’information produite et manipulée au sein des dispositifs de la matrice est zonale. Ceci entraîne un enjeu crucial au moment de zonage, puisque celui-ci détermine largement les résultats obtenus par les dispositifs. D’autre part, le modèle et l’évaluation économique sont fondés uniquement sur les déplacements interzones ; en conséquence, même si l’enquête produit une information sur les déplacements intrazones, les traitements qui s’ensuivent les négligent. 10 Durant l’époque des Trente Glorieuses, les comptages indiquaient une forte croissance des trafics d (...) 42 L’heure de pointe en jour ouvrable moyen devient standard commun, définissant le cadre temporel de la matrice technique . Son cadre spatial est toujours zonal. Ces standards ont suscités de nombreuses critiques : la prise en compte d’un seul jour ne permet pas de travailler sur les habitudes et les routines intégrant la mobilité dans un mode de vie (Fichelet et al. , 1970 ; Juan, 1997) ; le fait de considérer uniquement le jour ouvrable élimine toute considération sur le week-end 10 ; le jour moyen enfin fait fi des fluctuations qui ont lieu tout au long de l’année, et qui diffèrent d’une agglomération à l’autre (Terrier, 2006). Cependant, aucun des trois dispositifs ne peut sortir du cadre spatio-temporel ainsi défini sans entraîner avec lui les deux autres. L’interopérabilité au sein de la matrice est avant tout un facteur de stabilité et d’inertie, aspects positif et négatif de la même propriété. L’exemple d’un mécanisme d’interopérabilité 11 Le terme de génération désigne à la fois l’ensemble de la première étape du modèle (trip generation (...) 43 Les dispositifs de la matrice technique permettent d’évaluer une action sur l’offre de transport à partir d’une description et d’une modélisation de la demande, demande constituée de flux interzones à l’heure de pointe en jour moyen, eux-mêmes constitués de déplacements définis par l’unité de motif. Il reste à analyser plus en détail le fonctionnement des mécanismes qui garantissent l’interopérabilité des dispositifs au sein de la matrice, ce qui sera fait par l’étude des propriétés de génération et d’attraction 11 . Cette analyse met en évidence la puissance de ces dispositifs mais aussi la façon dont ils contraignent les questionnements possibles concernant la mobilité. 12 Même si Weiner (1997) mentionne une ébauche de modèle gravitaire dans la Boston Transportation Stud (...) 13 La formulation F ij = kM i M j d -n devient alors F ij = kG i A j d -n avec G i = Génération de la zone i et A j (...) 44 Dès la fin des années 1940, il existe déjà une représentation synthétique qui montre des flux dirigés traversant l’espace urbain : les « lignes de désir » ( desire lines ) (Weiner, 1997). Il n’existe alors ni les méthodes ni les moyens informatiques permettant une modélisation plus précise de ces flux 12 . À partir du milieu des années 1950, A. M. Voorhees et H. J. Casey appliquent le modèle gravitaire à la demande de transport qui devient le modèle dominant pour distribuer les flux (Dupuy, 1975 ; Ortúzar et Willumsen, 2011). L’une des caractéristiques du modèle gravitaire, dans sa formulation la plus simple, est que la force (ou le flux) de i vers j est égale à la force de j vers i . Dans une optique de planification des transports, cette propriété pose problème car cela revient à travailler avec des flux non dirigés. Pour pouvoir diriger les flux, il faut que les unités spatiales soient caractérisées non pas par une mais par deux variables de masse : une variable de génération et une variable d’attraction, auxquelles s’applique la formule gravitaire 13 . Cette double caractérisation des zones ne suffit pas à résoudre le problème de la direction des flux car ceux-ci sont symétriques. En effet, les déplacements quotidiens sont majoritairement ancrés sur le domicile (les individus commencent et terminent la journée au domicile) et la grande majorité des déplacements est pendulaire (les individus ont tendance à retourner au domicile après chaque déplacement). Une définition des propriétés de génération et d’attraction est construite dans le but d’« asymétriser » la matrice de flux interzones : tout déplacement ancré sur le domicile, c’est-à-dire dont le domicile est l’origine ou la destination, est considéré comme généré par la zone de domicile et attiré par l’autre zone, indépendamment du sens du déplacement. La définition est formulée par A.G. Wilson (1970: 2) de la façon suivante: « productions [are] the home end of home-based trips or the origin end of non-home-based trips) » , « attractions [are] the non-home end of home-based trips or the destination end of non-home-based trips » . 45 Ces propriétés de génération et d’attraction, définies dans le cadre du dispositif de modélisation, qualifient les principaux objets de la matrice technique : les zones, les flux et les déplacements. La définition ne concerne en première analyse que les déplacements et leurs agrégats, les flux. Elle s’étend facilement aux zones par une distinction entre zones de génération (zones résidentielles) et zones d’attraction (zones d’activités), distinction confortée par les pratiques d’aménagement qui tendent à séparer ces fonctions au sein de l’espace urbain. Elle s’étend également aux motifs puisque c’est sur leur base que s’opère la distinction génération-attraction : le domicile est le lieu-motif de génération, les autres lieux-motifs sont dits « d’attraction ». 46 La double propriété de génération-attraction tient son origine dans le dispositif de modélisation, mais elle structure également les deux autres dispositifs. Les rapports d’enquêtes origine-destination comportent toutes une partie d’analyse des motifs de déplacement organisée autour d’une distinction entre déplacements primaires, ceux qui relient le domicile à tout autre motif (SERC, 1964), et déplacements secondaires, c’est-à-dire tous les autres. Cette distinction binaire est affinée pour produire une typologie de motifs de déplacements prenant à la fois en compte les lieux-motifs d’origine et les lieux-motifs de destination. La ventilation des motifs est conçue pour saisir finement les déplacements primaires (6 modalités pour 12 types de liens) aux dépens des déplacements dits secondaires (5 modalités pour 35 types de liens) : Figure 2. Typologie classique des motifs de déplacements Zoom Original (jpeg, 387k) Source : d’après Courel et al. (2005) 14 En Île-de-France où l’EGT diffère sensiblement des EMD « standard CERTU », ce n’est qu’en 2001 que (...) 47 La distinction originelle et la typologie ci-dessus présentent de nombreux inconvénients dans une perspective de description des déplacements, en particulier du fait qu’elle assigne une étiquette en fonction du motif d’origine ou du motif de destination selon une échelle hiérarchique très contestable (Courel et al. , 2005). Malgré cela, distinction et typologie se sont maintenues jusqu’à aujourd’hui dans les exploitations « standard CERTU » 14 (voir par exemple CETE Nord-Picardie et Lille Métropole, 2007). 48 La double propriété de génération-attraction définie pour le modèle n’affecte pas seulement le dispositif d’enquête mais aussi celui d’évaluation économique. Le zonage est en effet établi dans le but de maximiser l’homogénéité des zones en termes de génération et d’attraction. Dans certaines villes américaines, ce procédé a même été poussé jusqu’à associer une zone à un mode d’occupation exclusif : « une simplification peut être apportée si l’on peut classer les zones en catégories homogènes. À Détroit, la ville est divisée en « blocs », et l’activité principale est retenue [industrie, commerce, résidence, services publics, espaces publics, terrains vagues] » (IAURP, 1964,p. 11). Le zonage fonctionnel, utile au dispositif de modélisation, implique que l’évaluation économique sera réalisée sur ce même découpage. La structure spatiale du dispositif de modélisation s’étend nécessairement au dispositif d’évaluation qui se nourrit des prévisions du modèle. Les conséquences de l’extension du zonage de modélisation au raisonnement d’évaluation n’ont pas été évaluées à ce jour. 49 Cette analyse de la double propriété de génération-attraction éclaire les dynamiques d’interopérabilité qui assurent le fonctionnement de la matrice, elle met en lumière deux de ses processus fondamentaux : la construction d’un mécanisme d’interopérabilité et le fait qu’il structure tous les dispositifs de la matrice. Une propriété qui vient qualifier les principaux objets de la matrice technique est définie pour les besoins du dispositif de modélisation, puis elle s’étend aux deux autres dispositifs et façonne leur contenu. La description des pratiques de déplacements réalisée à partir de l’enquête est structurée par cette propriété d’attraction-génération, l’évaluation économique est dépendante d’un zonage réalisé sur cette base. Cette propriété assure l’interopérabilité des trois dispositifs au sein de la matrice, aucun des trois dispositif ne peut la modifier sans entraîner avec lui les deux autres. 50 Cet exemple illustre le mécanisme qui permet à certains objets ou propriétés de se maintenir bien au-delà du contexte de leur mise en place. Malgré les mutations importantes qui interviennent à partir des années 1980 (cf. Section 2.3), la matrice technique ne disparaît pas sans laisser de traces ; au contraire, elle se transforme et continue de façonner les pratiques de description et de modélisation de la mobilité au travers d’un héritage conceptuel pérenne. C’est ce qui explique que certaines procédures, certains objets ou certaines propriétés continuent d’être utilisés un demi-siècle après leur naissance. Conclusion 51 Ce texte interroge le contenu de la socio-économie des transports par une lecture conjointe de ses concepts et de ses dispositifs techniques. Il propose une nouvelle grille de lecture à travers la notion de matrice technique qui apporte un double éclairage. D’une part, elle attribue aux dispositifs techniques un rôle clef dans le façonnage du contenu conceptuel de la socio-économie des transports. D’autre part, elle met en avant les interrelations entre dispositifs techniques et affirme que c’est au sein de la matrice, et non au sein de chaque dispositif pris isolément, que peuvent être compris les principaux objets et méthodes de la socio-économie des transports. C’est une nouvelle application d’une idée ancienne, qui est une évidence en anthropologie des techniques depuis Marcel Mauss et Claude Levi-Strauss (Lemonnier, 1983). Le choix du terme de « matrice » plutôt que celui de « système » utilisé en anthropologie des techniques se justifie en ce qu’elle donne naissance et qu’elle entoure. C’est en son sein que prennent naissance les principaux objets de la socio-économie des transports et c’est dans son cadre que se définissent ses principaux questionnements. 52 Utiliser la matrice technique comme grille de lecture permet de mieux cerner ce que recouvre l’expression « méthode classique », mais elle permet surtout d’expliquer pourquoi cette méthode classique est largement décriée tout en jouissant d’un quasi-monopole chez les praticiens, à tel point qu’elle continue d’exister et de susciter des critiques près d’un demi-siècle après sa mise en place. Supposer l’existence d’une matrice technique permet de jeter un regard neuf sur différents aspects des études de transport et de mobilité. En premier lieu, l’interdépendance entre les trois dispositifs au sein de la matrice explique largement leur stabilité/inertie. En considérant chaque dispositif indépendamment des autres, il est difficile de comprendre comment tel type d’enquête, ou tel type de modèle a pu se maintenir durant tout ce temps, malgré l’évolution des techniques, des savoirs et des questions susceptibles d’être posées. En second lieu, les transferts d’objets et de propriétés au sein de la matrice, décrits comme des mécanismes d’interopérabilité, permettent de mieux saisir de quelle façon la socio-économie des transports, à travers ses dispositifs techniques, a façonné la conception actuelle de la mobilité quotidienne. En ce sens, l’approche par les instruments proposée par les politologues se révèle tout à fait pertinente : les dispositifs techniques ont des « effets spécifiques indépendants » et ils structurent le champ de la socio-économie des transports « selon leur propre logique » (Lascoumes et Le Galès, 2004). Le concept d’interopérabilité proposé ici pour décrire les relations d’interdépendance entre dispositifs a des conséquences majeures présentées ici. Au-delà de ces conséquences évidentes, il y a sans aucun doute toute une série d’implications qui restent à étudier et qui aideraient à mieux comprendre bon nombre de méthodes et de concepts utilisés aujourd’hui et tenus pour acquis. Reconsidérer le rôle joué par les instruments semble également essentiel dans une période de renouvellement des techniques produisant une information sur la mobilité. L’apport principal des données GPS ou des données de téléphonie mobile pour l’étude de la mobilité ne se situe pas dans le gain de précision mais dans le fait que ces nouveaux instruments de mesure contribuent à façonner l’ensemble de l’appareil conceptuel destiné à appréhender la mobilité et à agir sur elle. Top of page Bibliography Abraham C., 1961, “L’étude économique des investissements routiers”, Revue économique , vol. 12, No.5, 755-780. Amiot M. (dir.), 1986, Contre l’Etat, les sociologues, Paris, EHESS. Banos A., 2001, Le lieu, le moment, le mouvement. Pour une exploration spatio-temporelle désagrégée de la demande de transport en commun en milieu urbain , Thèse de doctorat, Université de Franche-Comté. Bassand M., Brulhardt M.-C., 1980, Mobilité spatiale : bilan et analyse des recherches en Suisse , Saint-Saphorin, Georgi. Bates J., 2000, “History of demand modelling”, in Hensher, D.A., Button, K.J. (eds.), Handbook of transport modelling , Amsterdam, Pergamon. 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Mais c’est un peu comme un tremblement de terre, il y a eu des ondes qui se sont propagées dans les années 1980 et au-delà, mais elles se sont écartées et elles ont pris d’autres formes » (Entretien avec Michel Bonnet). 4 Pour Benjamin Matalon, cet état de fait s’explique par le poids de la sociologie dans les études urbaines et par le poids des approches marxistes au sein de la sociologie (Entretien avec Benjamin Matalon). 5 Parmi ces innovations il faut mentionner les modèles désagrégés ou modèles de choix discret, qui représentent une évolution fondamentale dans la modélisation de la demande de transport. Ces modèles naissent aux Etats-Unis dans les années 1970 avec les travaux de Daniel McFadden, suivant le slogan « zones don’t travel, people travel » (McFadden, 2001). La question est posée de savoir si ces modèles représentent un raffinement du modèle classique ou bien un type de modèle différent. Cette question demanderait une étude approfondie qui sort du cadre de cet article. D. McFadden et F. Reid (1975 : 24) font état de la cohabitation des modèles agrégés et désagrégés dans ces termes : « aggregate and disaggregate travel demand models are sometimes viewed by transportation planners as mutually exclusive or competitive approaches to the forecasting problem. We shall argue that, to the contrary, they are complementary ». 6 Ou l’inverse. La mise en équivalence d’une valeur temporelle et d’une valeur monétaire peut se faire dans les deux sens, en convertissant le temps en argent ou bien en convertissant l’argent en temps. En ce cas on peut parler de « temps généralisé ». 7 Il existe une gradation dans le degré de comparaison possible entre ces différents types d’alternatives : « comparer », « fournir les éléments de comparaison », « fournir des éléments de comparaison » (Bloy et al. , 1977). 8 En 1965, lors de la première enquête à domicile réalisée en région parisienne, le vocabulaire n’est pas encore fixé et certains termes comme « déplacement », « voyage », « trajet » sont utilisés comme synonymes. Ce vocabulaire se fixe au début des années 1970 avec l’action normalisatrice du SETRA (1975) qui pose les bases de ce que sera la méthode « standard CERTU » par la suite. 9 Contrairement à ce qu’affirment certains travaux sur l’urbanisme temporel qui en font un champ récemment importé en France et dont l’origine remonte aux politiques temporelles italiennes des années 1980 (Godard, 1997). 10 Durant l’époque des Trente Glorieuses, les comptages indiquaient une forte croissance des trafics du week-end, mais les enquêtes se limitaient au jour ouvrable (entretiens avec Jean Vivier et avec Joëlle Dreyfus). Finalement, ce n’est qu’en 1991 qu’un questionnaire « Fin de semaine » est introduit dans l’EGT. Les EMD « standard CERTU » continuent de ne prendre en compte que le jour ouvrable. 11 Le terme de génération désigne à la fois l’ensemble de la première étape du modèle (trip generation) et l’un des attributs calculés à cette étape, à savoir une quantité de déplacements générés. Au terme de l’étape de génération, les zones sont dotées d’un attribut de génération (émission, production), et d’un attribut d’attraction (absorption). Plusieurs adjectifs sont alors utilisés comme synonymes : généré, engendré, produit ; attiré, absorbé. 12 Même si Weiner (1997) mentionne une ébauche de modèle gravitaire dans la Boston Transportation Study datant de l’époque des travaux de W.J. Reilly sur les échanges commerciaux ( The law of retail gravitation , 1931) 13 La formulation F ij = kM i M j d -n devient alors F ij = kG i A j d -n avec G i = Génération de la zone i et A j = Attraction de la zone j . 14 En Île-de-France où l’EGT diffère sensiblement des EMD « standard CERTU », ce n’est qu’en 2001 que cette typologie de motifs a été substituée par une typologie des motifs à destination du déplacement. Top of page List of illustrations Title Figure 1. Interrelations des trois dispositifs au sein de la matrice technique URL http://journals.openedition.org/cybergeo/docannexe/image/25750/img-1.jpg File image/jpeg, 160k Title Figure 2. Typologie classique des motifs de déplacements Credits Source : d’après Courel et al. (2005) URL http://journals.openedition.org/cybergeo/docannexe/image/25750/img-2.jpg File image/jpeg, 387k Top of page References Electronic reference Hadrien Commenges , « Socio-économie des transports : une lecture conjointe des instruments et des concepts », Cybergeo: European Journal of Geography [Online], Regional and Urban Planning, document 633, Online since 20 February 2013, connection on 22 December 2025. URL : http://journals.openedition.org/cybergeo/25750 ; DOI : https://doi.org/10.4000/cybergeo.25750 Top of page About the author Hadrien Commenges https://idref.fr/176026835 Université Paris Diderot-Paris 7 / UMR 8504 Géographie-cités, France hcommenges@parisgeo.cnrs.fr By this author semogeo : une plateforme d’exploration des mots-clés des géographes français (1960-2007) [Full text] Article 956 Published in Cybergeo: European Journal of Geography , Model Papers SLIDER: Software for LongItudinal Data Exploration with R [Full text] Article 693 Published in Cybergeo: European Journal of Geography , Model Papers Lacoste Y., Lorot P., 2010, La géopolitique et le géographe. Entretiens avec Pascal Lorot , Paris, Choiseul Éditions, 268 p. [Full text] Published in Cybergeo: European Journal of Geography , Book Reviews Top of page Copyright The text only may be used under licence CC BY 4.0 . All other elements (illustrations, imported files) may be subject to specific use terms. Top of page Contents - Previous document Browse Index Authors Keywords Geographical reference index Years Languages Events 1996-2016 1996-2022 The Journal The scientific project About Cybergeo Instructions for Authors Ethical charter The referencing Contact Credits Publishing policies Sections Political, Cultural and Cognitive Geography Space, Society, Territory Systems, Modelling, Geostatistics Epistemology, History, Teaching Cartography, Images, GIS Environment, Nature, Landscape Regional and Urban Planning Cross-sections Web and Science Model Papers Data Papers Topics Collaborative projects CybergeoNet. 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Socio-économie des transports : une lecture conjointe des instruments et des concepts Skip to navigation – Site map Cybergeo: European Journal of Geography Home Sections Regional and Urban Planning 2013 Socio-économie des transports : u... Contents - Previous document Regional and Urban Planning 2013 633 Socio-économie des transports : une lecture conjointe des instruments et des concepts Economics of transportation: a parallel reading of its tools and concepts Hadrien Commenges https://doi.org/10.4000/cybergeo.25750 Abstract | Index | Outline | Text | Bibliography | Notes | References | About the author Abstracts Français English Ce travail vise à éclairer le contexte dans lequel ont été créés les instruments et les concepts de la socio-économie des transports destinés à décrire et modéliser la mobilité quotidienne, pour comprendre comment ils ont perduré et comment ils ont contribué à façonner le champ des études de mobilité. Ce questionnement prend ses racines dans un apparent paradoxe : une certaine façon d’appréhender et de modéliser la mobilité quotidienne, la méthode dite « classique », se maintient depuis un demi-siècle malgré une critique constante. Pour expliquer ce paradoxe, le champ d’analyse doit s’étendre à d’autres instruments majeurs de la socio-économie des transports, ce qui m’amène à proposer le concept de matrice technique , considérée comme un système composé de trois dispositifs interdépendants. Supposer l’existence de cette matrice technique permet à la fois d’expliquer la grande stabilité des dispositifs utilisés pour décrire et modéliser les déplacements, mais aussi de comprendre l’origine de concepts majeurs qui structurent le champ des études sur la mobilité quotidienne. This paper aims to examine the context of creation of the main concepts and methods used in the field of economics of transportation to describe and model daily mobility. It aims to understand how these concepts and methods have persisted and how they have contributed to shape the field of mobility studies. This question is rooted in an apparent paradox: a certain way of understanding and modeling daily mobility, the so called "classical method", has persisted for half a century despite drawing constant criticism. To explain this paradox, the scope of analysis must be extended to other major tools of transportation economics. For this reason, I propose the concept of technical matrix , conceived as a system composed of three interconnected methodological devices. Assuming the existence of this technical matrix helps to explain the stability of the methods used to describe and model mobility, but also to understand the origin of the major concepts that structure the field of daily mobility studies. Top of page Index terms Mots-clés : socio-économie des transports , mobilité quotidienne , prévision de la demande de transport , politiques de transport Keywords : economics of transportation , daily mobility , transportation forecasting , transport policy Top of page Outline Introduction Retracer l’histoire d’un champ scientifique et administratif Construire une information de première main Retracer l’évolution du vocabulaire Reconsidérer le rôle des instruments La matrice technique : de l’enquête à l’évaluation économique Les trois dispositifs de la matrice : enquête, modèle et évaluation Interrelations et interdépendance des dispositifs L’évolution de la matrice technique L’interopérabilité au sein de la matrice La matérialité de la demande de transport Le cadre spatio-temporel de la demande de transport L’exemple d’un mécanisme d’interopérabilité Conclusion Top of page Full text PDF Share by e-mail Introduction 1 Les études sur la mobilité connaissent depuis la fin des années 1990 des redéfinitions massives, à tel point que le terme de « mobility turn » proposé par John Urry (2000) est devenu un mot-clef d’un nombre croissant de publications. Ce virage prend ses racines dans différents champs disciplinaires, en particulier la géographie, la sociologie et les études de genre. La définition même de la mobilité est questionnée, les méthodes d’analyse ainsi que les hypothèses sous-jacentes, en particulier les hypothèses issues des théories économiques fondées sur la rationalité de l’usager. Plusieurs chercheurs francophones issus de la sociologie urbaine et de la sociologie de la vie quotidienne (Juan, 1997 ; Kaufmann, 1997) ont formulé des critiques radicales du courant dominant les études sur la mobilité. C’est ainsi que Vincent Kaufmann (1997 : 10-11) ouvre le premier chapitre de sa thèse : « La méthode dite "classique" constitue la première conceptualisation élaborée de la mobilité quotidienne, elle a été la plus usitée jusqu’à maintenant. Développée dans les années 1960 comme outil de planification, elle se base sur le postulat d’une rationalité instrumentale de l’usager […] Largement décriée, cette approche jouit pourtant d’un quasi-monopole au niveau des praticiens. Elle est reprise dans l’immense majorité des études relatives aux comportements de mobilité. » 2 Ce qu’il qualifie ici d’« études relatives aux comportements de mobilité » a longtemps été désigné sous le nom de « socio-économie des transports ». Ce terme regroupe un ensemble hétérogène de travaux mêlant des approches purement économétriques avec des approches sociologiques, psycho-sociologiques et géographiques. Ce champ de la socio-économie des transports prend ses racines dans les années 1960, dès qu’interviennent dans les travaux d’économie des transports des considérations sociologiques permettant de mieux décrire et modéliser les déplacements. La socio-économie des transports est le fruit d’une circulation des savoirs (Gardon et al. , 2009), en particulier en provenance des États-Unis, qui ont essaimé à la même période dans plusieurs pays européens. Malgré cette base commune, la socio-économie des transports pratiquée en France présente suffisamment d’unité en son sein et de différence face aux autres pays pour la considérer comme un cadre spatial cohérent. Concernant le cadre temporel, la période considérée ici va de la naissance à la mutation du champ de la socio-économie des transports, à savoir de la fin des années 1950 (premières traces d’une importation des savoirs américains sur la circulation [Rumpler, 1953]) au début des années 1980 (Offner, 1993). 3 Plusieurs éléments de la citation posée en exergue méritent une explication, à commencer par la « méthode dite "classique" ». Deux questions principales se posent à ce sujet : d’abord, que recouvre l’expression « méthode classique » ? Ensuite, comment expliquer que cette méthode classique soit à la fois « largement décriée » tout en jouissant d’un quasi-monopole chez les praticiens, à tel point qu’elle continue d’être la référence face à laquelle se positionne V. Kaufmann près d’un demi-siècle après sa mise en place ? La méthode classique désigne une méthode de modélisation des déplacements, plus connue sous le nom de « modèle à quatre étapes » ( four step model ), inventée à la fin des années 1950 et utilisée aujourd’hui encore, malgré les nombreuses critiques dont elle fait l’objet. 4 C’est pour mieux saisir l’origine de la socio-économie des transports et son impact sur les études actuelles qu’est proposée ici une approche historique de la co-construction des outils conceptuels et des dispositifs techniques utilisés pour décrire et modéliser la mobilité quotidienne. Dans ce travail, je reviens sur le contexte dans lequel ont été créés ces concepts et ces dispositifs destinés à décrire et modéliser les déplacements, pour comprendre comment ils ont perduré et comment ils ont contribué à façonner le champ des études de mobilité. Ce questionnement s’appuie sur une hypothèse originale développée dans ce travail : la « méthode classique » ou modèle à quatre étapes ne peut pas être considérée isolément. Elle s’insère dans un ensemble constitué de trois dispositifs interdépendants : l’enquête origine-destination, le modèle à quatre étapes et l’évaluation économique des infrastructures de transport. Pour expliquer la nature et la permanence de la méthode classique malgré la critique, le champ d’analyse doit donc s’étendre aux deux autres dispositifs, ce qui m’amène à proposer le concept de matrice technique inspiré des travaux d’anthropologie des techniques. Supposer l’existence de cette matrice technique permet à la fois d’expliquer la grande stabilité des dispositifs utilisés pour décrire et modéliser les déplacements, mais aussi de comprendre l’origine de concepts majeurs qui structurent les trois dispositifs. En effet, bon nombre d’objets et de concepts mobilisés dans les études de mobilité actuelles tirent leur origine d’un contexte très particulier où s’entremêlent des problématiques de recherche et des problématiques administratives, où les dispositifs techniques ont eu un impact fort sur la conceptualisation du phénomène de la mobilité. Retracer l’histoire d’un champ scientifique et administratif 5 Il existe déjà un certain nombre de travaux historiques sur la mobilité quotidienne (Flonneau et Guigueno, 2009), sur l’automobilité (Flonneau, 2003 ; Gardon 2009), mais aussi sur les modèles de transport (Dupuy, 1975) et sur les enquêtes de mobilité (Facq, 2006). Ces travaux historiques adoptent des angles d’approche différents selon l’époque de leur rédaction et selon la discipline de laquelle ils émanent. Dans la continuité de tous ces travaux, je propose ici d’étudier la construction d’outils conceptuels et de dispositifs techniques, mettant en avant les relations qui les unissent et les analysant comme un tout. 6 La première étape consiste à construire un corpus d’informations qui ne traite pas uniquement des aspects techniques des méthodes de la socio-économie des transports, mais qui offre un regard sur les raisons et les enjeux de ces choix techniques. La deuxième étape consiste à préciser le sens des termes clefs qui définissent l’objet de la socio-économie des transports pour se prémunir contre les variations de signification à travers le temps. En effet, il n’est pas toujours évident de distinguer les simples changements de termes des véritables glissements de sens. Ne pas prendre en compte ces variations mène à des interprétations biaisées et anachroniques (Noiriel, 1995). La troisième étape consiste à se positionner dans l’étude des liens entre objets conceptuels et objets techniques. La plupart des champs de recherche ont produit des histoires de leurs propres champs que l’on peut qualifier d’« internalistes » et qui tendent à se focaliser sur le contenu conceptuel du champ en considérant que les instruments sont exogènes et neutres par rapport à ce contenu conceptuel (Desrosières, 1993). L’approche a été largement critiquée, de plusieurs points de vue, en particulier dans les travaux de sociologie des sciences et dans les travaux de sciences politiques. Le présent travail s’inspire notamment des réflexions des politologues sur les instruments, en raison de la proximité du champ de la socio-économie des transports avec les systèmes de décision publique. Construire une information de première main 7 Pour retracer l’histoire des dispositifs techniques de la socio-économie des transports, il faut pouvoir accéder à d’autres sources que les documents publiés qui décrivent leur mise en place et leur usage. En effet, la littérature existante décrit en détail les spécifications techniques de ces dispositifs mais passe sous silence le contexte institutionnel et scientifique qui a mené à faire certains choix plutôt que d’autres. Ce travail est donc fondé d’une part sur l’analyse d’une littérature grise constituée de rapports d’étape, de comptes-rendus de réunion et de documents de travail, un corpus de documents non publiés, conservés dans les archives du SETRA, du CRDD et de l’IAURP (cf. Encadré). Ces documents sont couplés avec une série d’entretiens avec des acteurs historiques qui ont participé à la création et/ou à la consolidation d’un certain savoir sur les transports. Ces acteurs évoluaient dans un environnement fait de plusieurs organismes responsables des recherches, des études, de l’exploitation ou de la planification des transports, décrits en détail dans l’encadré ci-dessous. Il convient d’attirer l’attention sur l’apparition conjointe de ces organismes producteurs d’un certain type de savoir sur les transports : il s’agit soit d’organismes nouvellement créés, soit d’organismes plus anciens qui se dotent à cette époque de services d’études. Les institutions Le SERC (Service d’Études et de Recherches sur la Circulation) est un organisme créé en 1955 par André Rumpler, qui est alors directeur des routes. C’est le premier organisme français dont l’objet d’étude est la circulation. À la fin des années 1960, la dissociation des deux branches, études et recherches, donnera naissance à deux organismes : le Service d’Études sur les Transports, les Routes et leur Aménagement (SETRA) et l’Institut de Recherche sur les Transports (IRT, puis INRETS, puis IFSTTAR). Au sein du Ministère de l’Équipement, le Service des Affaires Économiques et Internationales (SAEI) coordonne et finance une grande partie des études de socio-économie des transports, en particulier l’Action Thématique Programmée éponyme. Le Service Régional de l’Équipement de la Région Parisienne (SRERP) est un service qui correspond à ce qu’on nomme aujourd’hui l’administration déconcentrée de l’État. Il change de nom avec les remaniements ministériels (création du Ministère de l’Équipement en 1966) et les modifications des découpages administratifs, pour devenir la Direction Régionale de l’Équipement d’Île-de-France (DREIF) avec la création de la région Île-de-France en 1976. L’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Parisienne (IAURP, puis IAURIF, puis IAU-IdF), est un institut d’études investi par Paul Delouvrier en 1961 pour accompagner les actions du District de la région parisienne. Gravite autour de ces organismes publics un ensemble de bureaux d’études privés (SEMA, SETEC, etc.) ou parapublics (CREDOC). Il faut enfin mentionner les opérateurs de transport collectif : la RATP et la SNCF. La RATP se dote d’un service d’études générales en 1966 et commence à construire un modèle de prévision dès la fin des années 1960. La SNCF s’intéresse peu à la région parisienne et aux trains de banlieue, elle joue un rôle mineur dans cette histoire. Le Syndicat des Transports Parisiens (STP, puis STIF) joue lui aussi un rôle mineur à l’époque qui nous intéresse. Les archives du SETRA regroupent les documents produits par le Services d’Études et de Recherches sur la Circulation (SERC) dont il est une émanation. S’y trouvent également les documents produits par les agences locales du SERC qui deviennent par la suite les Centre d’Études Techniques de l’Équipement (CETE). Les archives de l’IAURP contiennent non seulement les documents émanant de cet institut, mais aussi toute la correspondance et le suivi des groupes de travail impliquant en particulier le SRERP-DREIF, la RATP, la SNCF et les bureaux d’études. Le CRDD regroupe un ensemble très important de documents des ministères en charge de l’aménagement, de l’équipement et des transports. Les personnes Les entretiens qui forment le matériau de cette analyse ont été réalisés entre octobre 2010 et juin 2011 avec des acteurs clefs de la socio-économie des transports ayant travaillé entre le début des années 1960 et le début des années 1980. Toutes ces personnes ont eu des carrières longues et parfois complexes, il n’est fait mention ici que de l’organisme principal dans lequel ces personnes ont développé le travail sur lequel portait l’entretien : Michel Barbier (IAURP, RATP) ; Alain Bieber (SETEC, IRT) ; Michel Bonnet (METRA, SAEI) ; Hervé Chaine (SEMALY) ; Joëlle Dreyfus (RATP) ; Olivier-Paul Dubois-Taine (SERC, SRERP) ; Gabriel Dupuy (CERAU, BETURE) ; Michel Frybourg (SERC, IRT) ; Serge Goldberg (SERC, IAURP) ; Marc Halpern-Herla (SRERP) ; Jean-Gérard Koenig (SETRA) ; Pierre Lassave (PUCA) ; Jacques Lesourne (SMA, SEMA, METRA) ; Benjamin Matalon (CREDOC, CERAU) ; Georges Mercadal (CREDOC, CERAU) ; Pierre Merlin (IAURP) ; Alain Méyère (CETUR, STIF) ; Jean-Marc Offner (INRETS) ; Jean Vivier (RATP). Retracer l’évolution du vocabulaire 8 Mobilité est-elle synonyme de « besoins de transport » ou de « problème des transports » ? Les travaux qui remettent en cause les postulats et les méthodes de la socio-économie des transports lui donnent comme objet « la mobilité quotidienne » ou les « comportements de mobilité ». Pourtant, ce terme de mobilité ne s’impose pas de lui-même, alors qu’il est désigné comme étant l’objet même du champ de recherche étudié. Il fait irruption dans le champ de la socio-économie dans les années 1970 et se fait une place en bousculant d’autres termes bien ancrés, générant débats et confusions. En effet, les ingénieurs-économistes utilisent de préférence la terminologie du traffic engineering (circulation, déplacement) et de l’analyse économique (offre, demande). 9 En 1968-1969 est réalisée en région parisienne la première étude globale de transport. Cette étude comprend un ensemble d’enquêtes et de comptages et mène à la publication de quatre fascicules d’une trentaine de pages chacun (SREPR, 1970a, 1970b, 1970c, 1971). Il s’agit des premiers supports destinés à communiquer au grand public une connaissance nouvelle des déplacements en région parisienne. Dans ces quelques 120 pages, il est question de déplacements, de demande de transport, de trafic, de circulation, mais il n’y a aucune occurrence du terme « mobilité ». Durant les années 1970, le terme mobilité apparaît mais avec des occurrences rares et sous différentes acceptions. À partir de 1975-1976, son usage commence à se développer dans le champ de la socio-économie des transports, mais le terme reste polysémique. On retrouve dans des notes de travail de l’IAURP une série de commentaires qui illustrent cette équivoque : « J’avais confondu mobilité [… avec mobilité résidentielle] je vois qu’il s’agit de tout autre chose, en fait de l’analyse des besoins de transport » Note rédigée par M. Gérard (IAURP), le 18 août 1976 « Pourquoi parle-t-on tant de mobilité aujourd’hui ? Pourquoi ce terme apparaît-il aussi souvent dans les études récentes traitant de transport urbain ? S’agit-il d’une simple mode ou d’une nouvelle façon d’approcher le problème des transports ? » Note rédigée par M. Boulet (IAURP), le 4 mars 1976 1 L’ingénierie du trafic s’occupe à l’origine de connexions interurbaines, d’infrastructures en rase (...) 10 À travers l’étude des archives conservées par les différentes institutions en présence, il semble que le terme « mobilité » vienne de la sociologie et de la psychologie sociale. On le trouve dès la fin des années 1960 dans certains rapports du CREDOC (sans doute sous la plume de Benjamin Matalon) de la SERES (Société d’Études et de Recherches en Sciences Sociales), avec des occurrences rares et polysémiques. On le retrouve, dans un usage récurrent et bien défini, dans les travaux menés par l’Institut de Sociologie Urbaine (1972). Il apparaît de plus en plus fréquemment dans les documents internes des organismes impliqués (IAURP, DREIF, RATP) et finit par se normaliser au début des années 1980, en particulier avec les publications du CETUR qui marque l’« urbanisation » de l’ingénierie du trafic 1 . 11 Ainsi, les principaux dispositifs utilisés encore aujourd’hui pour décrire et modéliser la mobilité quotidienne naissent dans un contexte où le terme « mobilité » ne fait pas partie de la batterie de concepts utilisés. La citation de V. Kaufmann posée en exergue doit être relue en ce sens : la « méthode classique » ne peut pas constituer la première conceptualisation élaborée de la « mobilité quotidienne » puisque ce terme n’existe pas encore, il s’agit de la conceptualisation de la « demande de transport ». Cette précision a son importance dans la mesure où elle éclaire une confusion inévitable sur l’objet de ces dispositifs : une enquête ménages déplacements peut aujourd’hui être considérée comme un dispositif de mesure de la mobilité quotidienne, mais elle est à l’origine un dispositif de mesure de la demande de transport. Il n’est pas évident de déterminer s’il s’agit d’un véritable changement d’objet ou si ce n’est qu’un changement de terme désignant le même objet. En tous cas, ce vocabulaire ne peut être qu’équivoque : avant la fin des années 1970, le terme « mobilité » est rarement utilisé et toujours synonyme de demande de transport. À partir des années 1980, le terme devient de plus en plus fréquent, mais il est utilisé avec deux grands types d’acceptions : dans la littérature académique, la mobilité commence à prendre un sens englobant et systémique (Bassand et Brulhardt, 1980), alors que dans la littérature technique il reste synonyme de demande de transport. La définition du CERTU illustre bien cette permanence : « mobilité : nombre moyen de déplacements individuels quotidiens réalisés lors d’un jour ouvrable » (CERTU, 1998 : 66). 12 Les tentatives récentes de théorisation de la mobilité (Urry, 2000 ; Kaufmann, 2002) sont finalement anachroniques par rapport à l’objet de cet article. En effet, les chercheurs qui introduisent le terme de mobilité dans le champ de la socio-économie des transports pour enrichir l’approche par les besoins de transport ne sont pas pour autant adeptes d’une théorisation de cette notion qu’ils jugent impossible. Lors des entretiens avec Antoine Haumont et Michel Bonnet, ces derniers expriment en substance ce qu’Antoine Haumont exprimait vingt ans plus tôt dans le débat du colloque « Villes et transports » : « il est tout à fait exact que je considère que la mobilité est un “grand sac”, que nous pouvons essayer de décrire. Nous pouvons chercher à identifier ce qui se passe à l’intérieur, essayer de comprendre comment il bouge, où il va, ce qui le fait gonfler ou diminuer. Il peut être un objet de curiosité, de réflexion, de discussion polémique… mais, d’un point de vue scientifique, je ne crois pas que nous puissions en dire beaucoup plus ». Michel Bonnet exprime la même idée avec une autre image : « Pour moi la mobilité c’est une auberge espagnole, alors que lui [V. Kaufmann] il pense qu’on peut bâtir une définition unique et scientifique de la mobilité » Entretien avec Michel Bonnet, 9 décembre 2011 13 Les champs tels que la socio-économie des transports ou la recherche urbaine se caractérisent par une cohabitation entre objectifs opératoires et recul réflexif. Les travaux réalisés à l’INRETS dans les années 1980, qui sont typiquement les « ondes » de la socio-économie des transports dont parle M. Bonnet (cf. Section 1.3), sont une illustration frappante de cette cohabitation : ils portent à la fois une forme d’aide à la décision couplée à une critique de la notion même de décision (Offner et al. , 1985). Ces champs ont nécessairement un rapport conflictuel à leur objet, ce que Manuel Castells annonce très tôt à propos de la sociologie urbaine (Castells, 1968 : 23) : « après un demi-siècle d’existence de la sociologie urbaine, […] un seul thème de recherche reste inédit : son objet ». Reconsidérer le rôle des instruments 2 Les travaux réalisés au CREDOC-CERAU par G. Mercadal (économiste et sociologue) et B. Matalon (psyc (...) 3 Ce que Michel Bonnet exprime de façon imagée : « À mon avis il faut réserver le nom de socio-économ (...) 14 Le champ de la socio-économie des transports a la particularité d’avoir été forgé dans un milieu où la recherche était étroitement liée à des choix politiques et à des impératifs techniques, en termes de gestion et de planification des transports. La nature de la socio-économie des transports est difficile à cerner, à tel point que la question est posée de savoir s’il s’agit d’un champ scientifique ou d’un domaine administratif (Offner, 1993). Ses limites temporelles sont également discutables, à strictement parler l’existence institutionnelle de ce champ s’étend du début des années 1970 au début des années 1980, période durant laquelle il fait l’objet d’une Action Thématique Programmée (ATP). Cependant, il prend ses sources dans les années 1960 2 et se transforme plutôt qu’il ne disparaît dans les années 1980 3 . Les recherches financées dans le cadre de l’ATP vont de l’économétrie pure à la sociologie d’inspiration marxiste en passant par une préfiguration des études de genre (Coutras et Fagnani, 1979). Le colloque de Royaumont est une illustration de cette grande diversité qui traverse l’ATP Socio-économie des transports (Bonnet, 1978). 4 Pour Benjamin Matalon, cet état de fait s’explique par le poids de la sociologie dans les études ur (...) 15 Ainsi, parmi les travaux financés dans ce cadre, certains proposent des modèles économétriques alors que d’autres critiquent ouvertement les pratiques de modélisation en vigueur (Fichelet, 1977). Sur ce point, le champ de la socio-économie des transports est tout à fait comparable à celui de la recherche urbaine qui se structure à la même époque : y cohabitent des pratiques de planification opérationnelle sur une base rationnaliste avec des approches qui font de ces pratiques des instruments de pouvoir et/ou d’accumulation capitaliste (Castells, 1968 ; Amiot, 1986 ; Lassave, 1997). Ce mélange d’approches est d’ailleurs propre à la France et explique le terme de « socio-économie des transports », traduit dans les autres langues par « économie des transports » 4 . Les conférences organisées durant cette période dans le cadre de la Conférence des Ministres Européens des Transports s’intitulent effectivement « Tables rondes d’économie des transports ». 16 Le milieu dans lequel se développe la socio-économie des transports était formé d’individus et d’organismes qui mêlaient la recherche et ses applications. Le lien étroit entre l’objet de la recherche (les déplacements) et les objectifs de cette recherche (la gestion et la planification des transports) entraîne un rapport particulier entre des objets conceptuels et des dispositifs techniques. C’est en ce sens que les apports des sciences politiques sont essentiels pour comprendre le rôle joué par les instruments et les dispositifs dans la conceptualisation d’un « problème » et la décision associée. Les politologues qui analysent les « sciences de gouvernement » ont développé l’idée que les instruments de gouvernement ne sont pas de simples leviers au service de l’action publique, mais qu’ils contribuent à structurer le contenu de cette action et en façonner les contours (Ihl et al. , 2003 ; Lascoumes et Le Galès, 2004) : les instruments ont des « effets spécifiques indépendants des objectifs affichés et ils structurent l’action publique selon leur propre logique » (Lascoumes et Le Galès, 2004 : 8) De la même façon, le champ de la socio-économie des transports ne peut être compris sans étudier les liens qui unissent la définition de ce champ de recherche et de ses objets avec les dispositifs techniques mis en place dans ce cadre. Ces dispositifs, en particulier les trois dispositifs annoncés en introduction, participent pleinement à la conceptualisation du phénomène étudié et ne doivent pas être considérés comme des instruments exogènes qui interviennent seulement a posteriori pour saisir un phénomène pré-conceptualisé. Il s’agit d’un processus de co-construction des objets conceptuels et des objets techniques (Desrosières et Thévenot, 1979, 1988), processus dont la compréhension passe par l’analyse des liens d’interdépendance qui unissent ces objets et font tenir l’édifice. La matrice technique : de l’enquête à l’évaluation économique 17 Ce texte pose l’hypothèse de l’existence d’une matrice technique constituée de trois dispositifs : l’enquête origine-destination, le modèle à quatre étapes et l’évaluation économique fondée sur le surplus de l’usager. Cette notion de « matrice » ou « système technique » est empruntée au champ de l’anthropologie des techniques (Lemonnier, 1983). Son principal intérêt est de signifier que c’est au sein de cette matrice et non au sein de chaque dispositif pris isolément, que peuvent être compris les principaux objets et méthodes de la socio-économie des transports. Plusieurs travaux ont traité des relations d’interdépendance qu’entretiennent ces dispositifs mettant en avant certaines de ces relations : l’impossibilité de faire évoluer les pratiques de modélisation sans modifier le dispositif d’enquête (Bonnel et al. , 1994), ou encore la nécessaire mise en cohérence des pratiques de modélisation et des procédures d’évaluation (MELTT et MEF, 1997). En fait, les relations inter-dispositifs mises en avant ont toujours trait à la nécessaire équivalence de précision dans le passage d’un dispositif à un autre. Cette question d’équivalence de précision prend deux formes principales : la sophistication et la granularité. La granularité est le degré de désagrégation spatiale maximale induite par la finesse du zonage, la sophistication concerne la précision sémantique des dispositifs (précision des attributs des ménages, des individus, des déplacements, etc.) et leur précision technique (taille de l’échantillon, méthodes d’échantillonnage, modélisation des rétroactions, etc.). d’équivalence de précision est une question récurrente, qu’évoquent plusieurs des personnes interrogées parfois à plusieurs reprises lors d’un même entretien : « Il faut toujours vérifier que le degré de complexité auquel nous arrivons est en relation avec les paramètres d’action qu’on a […]. Si vous disposez seulement d’un marteau pilon, ce n’est pas la peine de découper le saucisson en rondelles, il sera exactement écrasé de la même manière. Par contre si vous avez un scalpel, ça vaut la peine de découper des tranches de façon très précise » Entretien avec Georges Mercadal, 2 mai 2011 18 Au-delà des aspects d’équivalence de précision, les relations entre les trois dispositifs semblent avoir été peu prises en compte, alors qu’elles ont de lourdes implications sur l’usage qui est fait de chacun des dispositifs d’abord, ensuite sur leur contenu, à savoir les objets et les méthodes qui assurent leur fonctionnement, et enfin sur la pérennité de l’ensemble. D’où l’intérêt de considérer que ces trois dispositifs forment une matrice technique et que c’est au sein de cette matrice, et non au sein de chaque dispositif pris isolément, que peuvent être compris les principaux objets et méthodes de la socio-économie des transports. Avant d’étudier plus en détail le fonctionnement de cette matrice technique et l’apport de cette analyse « matricielle », il convient d’en présenter brièvement les trois dispositifs. Les trois dispositifs de la matrice : enquête, modèle et évaluation 19 L’enquête origine-destination constitue le premier dispositif de la matrice, il vise à produire une information sur les déplacements réalisés à l’intérieur d’un périmètre donné. La distinction principale entre les différentes méthodes de mesure des déplacements se fait entre comptages et enquêtes : les comptages produisent une information qualitativement très réduite et quantitativement très importante. De par ces caractéristiques, ils servent de référence pour réaliser des vérifications et des calibrages des enquêtes et des modèles. Les enquêtes, malgré leur diversité (enquêtes ménages, enquêtes cordons, etc.) produisent toutes le même type d’objets : des couples origine-destination. Jusqu’au milieu des années 1970, la terminologie désignant les différents types d’enquêtes n’est pas encore tout à fait figée : « enquête origine-destination », « enquête sur les déplacements », « enquête de circulation » peuvent aussi bien désigner des enquêtes avec entretien au bord de la route que des enquêtes à domicile. Ceci justifie l’usage globalisant du singulier désignant le dispositif d’enquête, qui produit avant toute chose des couples origine-destination quelle que soit la méthode d’entretien. Les comptages systématiques existent en France depuis 1844 sous le nom de « recensement de la circulation ». Ils servent à quantifier la circulation sur les routes nationales, « opération envisagée au double point de vue de la statistique commerciale des transports par voie de terre et de l’usure des chaussées » (Ministère des Travaux Publics, 1918 : 9). Ces comptages, dont l’unité est le collier, ne s’inscrivent pas dans le cadre d’une action sur la saturation des routes mais bien sur l’usure de la chaussée. Les enquêtes avec entretien durant le déplacement (sur le bord de route) ou au domicile des ménages apparaissent en France à la fin des années 1950. Ce dispositif de mesure est directement importé des États-Unis par des ingénieurs des Ponts et Chaussées envoyés dans les universités américaines, Joseph Elkouby, Marc Halpern-Herla et Serge Goldberg. 5 Parmi ces innovations il faut mentionner les modèles désagrégés ou modèles de choix discret, qui re (...) 20 Le deuxième dispositif de la matrice est un type de modèle de prévision du trafic dit « modèle à quatre étapes » ( four-step model ). Il fait lui aussi partie de la boîte à outils importée des États-Unis dont G. Dupuy (1975) a retracé l’histoire. Ce modèle comporte à l’origine deux modules (Bates, 2000 ; McNally, 2000). Le premier module, dit de génération ( trip generation ), consiste à évaluer une quantité de déplacements attirés et émis en fonction des attributs de zones prédécoupées (caractéristiques de la population et des activités). Le second module, dit de distribution ( trip distribution ), consiste à évaluer la répartition géographique de ces flux, le plus souvent par l’intermédiaire d’un modèle gravitaire. À ce bloc originel de deux modules se sont ajoutés en aval deux modules supplémentaires : l’un de choix modal, l’autre d’affectation au réseau. Cet ensemble constitue le modèle à quatre étapes qui est utilisé en France depuis le milieu des années 1960. Malgré les nombreuses innovations dans le domaine de la modélisation des déplacements 5 , le modèle à quatre étapes est encore utilisé aujourd’hui dans de nombreux pays, dont la France et les États-Unis (McNally, 2000 ; Nguyen-Luong, 2001). 21 Le troisième dispositif est l’évaluation économique des choix d’investissements. Cette évaluation se fait par l’intermédiaire d’’une analyse coût-avantage ( cost-benefit analysis ) qui s’appuie sur plusieurs notions, en particulier le coût généralisé et la rentabilité collective. Ce dispositif a une histoire plus diffuse, qui prend ses racines dans les premiers travaux d’économie utilisant des analyses mathématiques. La notion de rentabilité collective est issue des travaux de Jules Dupuit (1844) sur l’« utilité publique ». Avant lui, l’utilité collective d’un ouvrage est égale à ce que la société paie pour le réaliser. J. Dupuit propose une mesure de l’utilité fondée non pas sur le coût de production mais sur ce que l’utilisateur serait prêt à payer pour utiliser l’ouvrage en question. L’utilité d’un objet est donc définie comme « le sacrifice maximum que chaque consommateur serait disposé à faire pour se le procurer » (p. 65) et l’utilité collective est une méthode permettant d’agréger les utilités individuelles. Ce principe est la base de l’évaluation économique des infrastructures de transport. Il est formalisé et son usage systématisé par la vague d’« ingénieurs-économistes » des Trente Glorieuses (Mazoyer, 2010), dans tous les domaines faisant l’objet d’une planification économique (Massé, 1964) et en particulier dans le domaine des transports. Ce principe est massivement utilisé dès la fin des années 1960 par les instituts et bureaux d’études des transports. 6 Ou l’inverse. La mise en équivalence d’une valeur temporelle et d’une valeur monétaire peut se fair (...) 22 La notion de coût généralisé est étroitement liée à la notion d’élasticité développée dans le sillon des travaux d’Augustin Cournot (1838). Le calcul du coût généralisé consiste à donner un équivalent monétaire à des éléments non monétaires, en premier lieu au temps 6 , à partir de l’analyse de comportements observés. Il est difficile de dater exactement l’origine de cette notion et de son application dans le domaine des transports. Ce qui est sûr c’est qu’elle commence à être utilisée au tout début des années 1960 aux États-Unis et en Grande-Bretagne, quelques années plus tard en France (IAURP, 1966 ; Merlin, 1967), et qu’elle est d’application systématique à la fin des années 1960 (Goodwin, 1974, 1978 ; Grey 1978). Dans le cadre d’un choix d’investissement, des projets d’itinéraires ou de modes concurrents peuvent être comparés en termes de gains de temps, agrégés et monétarisés, qui constituent l’essentiel du calcul de l’utilité collective. Interrelations et interdépendance des dispositifs 23 Les trois dispositifs eux-mêmes ne suffisent pas à définir la nature et le fonctionnement de la matrice technique , il faut pour cela porter l’attention sur les liens qui les unissent. La matrice technique est définie comme un ensemble de dispositifs techniques qui se tient, c’est-à-dire dont chaque dispositif est relié aux autres par des relations d’interdépendance durables qui assurent la stabilité de l’ensemble. À l’évidence, l’enquête de mobilité, le modèle à quatre étapes et le calcul du coût généralisé et ses dérivés constituent bien une matrice technique ainsi définie. En effet, ces trois dispositifs apparaissent au même moment (début des années 1960), dans le même milieu (ingénieurs-économistes) et se maintiennent jusqu’au début des années 1980 sans connaître d’évolutions majeures. Ces dispositifs se maintiennent à la fois dans leur essence et dans les relations qu’ils établissent entre eux : Figure 1. Interrelations des trois dispositifs au sein de la matrice technique Zoom Original (jpeg, 160k) 24 Le lien qui unit l’enquête au modèle formalise le passage d’une mesure de la situation présente à une mesure de possibles situations futures. L’enquête (situation présente) alimente le modèle (situations futures) en fournissant les informations nécessaires à la préparation et au calage de celui-ci. Par son degré de précision l’enquête détermine en grande partie la précision possible du modèle : d’abord la précision technique de l’enquête fixe la précision maximale que peut atteindre le modèle, la taille de l’échantillon en particulier revêt une grande importance dans la précision de l’évaluation des déplacements générés (par un modèle de régression). La précision sémantique de l’enquête intervient aussi dans la précision des modèles : certains objets produits par l’enquête et certains attributs de ces objets sont nécessaires pour appliquer des méthodes plus fines de modélisation, en particulier dans des modèles désagrégés. Enfin, la granularité de l’enquête, c’est-à-dire la finesse du « repérage spatial » (Bonnel et al. , 1994), conjointement avec la taille de l’échantillon, fixe le niveau de désagrégation spatiale maximum du modèle. Cette relation est à double sens : le modèle façonne à son tour la nature et le contenu de l’enquête, puisque celle-ci est à l’origine principalement destinée à nourrir le modèle. Il s’agit d’une relation dialogique entre deux dispositifs interdépendants qui a de nombreuses implications sur leur contenu et leur fonctionnement. 7 Il existe une gradation dans le degré de comparaison possible entre ces différents types d’alternat (...) 25 Le lien qui unit le modèle à l’évaluation formalise le passage de la modélisation d’un futur possible à l’aide à la décision. L’évaluation économique s’alimente en effet de la prévision de la demande qui est la sortie du modèle. Pour pouvoir faire cette évaluation, il faut que le modèle permette de comparer des alternatives, pour une même liaison entre deux projets concurrents, entre deux itinéraires avec le même mode, entre deux modes concurrents, entre des opérations indépendantes dans l’espace 7 . Certains auteurs ont « considéré que les problèmes de prévision et d’évaluation étaient séparables » (Bloy et al. , 1977 : 1), cependant il s’agit d’un parti pris méthodologique permettant de mieux délimiter le champ d’étude (l’évaluation économique) en faisant abstraction des interdépendances entre les deux dispositifs de modélisation et d’évaluation. Comme dans la relation enquête-modèle, la relation modèle-évaluation est à double sens : le modèle est destiné à nourrir l’évaluation qui le façonne en retour. 26 Le lien unissant l’évaluation à l’enquête est de nature différente, et il est sans doute le plus problématique car il permet de boucler le circuit. Il consiste à confronter un avant et un après prise de décision à la mesure de la situation présente et future. Que l’évaluation économique d’un choix d’investissement se fasse a priori (évaluation ex-ante) ou a posteriori (évaluation ex-post), elle est toujours confrontée aux données empiriques produites par l’enquête. Dans le premier cas, la prévision est la sortie du modèle qui est calibré sur les données empiriques avant mise en service de l’infrastructure. Dans le second cas, les données empiriques produites après mise en service de l’infrastructure seront comparées aux données produites avant la mise en service. Il s’agit là encore d’une relation à double sens puisque la mesure (l’enquête) sert à juger de la qualité de l’évaluation et que l’évaluation est confrontée aux données produites par l’instrument de mesure qu’elle a contribué à façonner. 27 Dans ces relations d’interdépendance, il convient également de signaler le rôle du coût généralisé : il est à la fois l’unité de compte de l’évaluation économique mais aussi l’une des variables utilisées à plusieurs étapes du modèle. À l’étape de distribution par exemple, le composant dissuasif du modèle gravitaire n’est pas simplement la distance entre zones, c’est un coût généralisé formulé dans une fonction dite d’impédance. Il intervient aussi à l’étape de choix modal et à l’étape d’affectation. En effet, les trois dernières étapes du modèle formalisent des choix (choix de la destination, choix du mode, choix de l’itinéraire), et ces choix sont fondés sur des fonctions d’utilité mettant en jeu la notion de coût généralisé. Le calcul du coût généralisé, qui est la base de l’évaluation économique, consiste en une mise en équivalence d’éléments de natures diverses : les temps de parcours, d’attente, les prix, le confort, etc. Cette mise en équivalence est fondée sur les préférences révélées par les comportements recueillis dans l’enquête de mobilité. On observe que les individus échangent du temps contre de l’argent ou l’inverse et on calcule la « valeur du temps ». Durant les années 1960, plusieurs études sont réalisées, en particulier au CREDOC et à l’IAURP, visant à donner une valeur du temps. Le choix de calculer le coût généralisé sur la théorie des préférences révélées ( revealed preference , Samuelson, 1938) est une constante dans le champ de la socio-économie des transports, qui se traduit par le rejet des méthodes fondées sur les préférences déclarées (Banos, 2001 : 98-99). 28 L’enquête, le modèle et l’évaluation forment donc un ensemble cohérent et intégré dont l’objectif reflète la philosophie des institutions de cette époque, et en particulier du Commissariat général au Plan. Le Plan, dans les termes de Pierre Massé, commissaire entre 1959 et 1966, c’est « l’anti-hasard » (Massé, 1965). C’est donc pour appuyer la rationalité de la prise de décision qu’existe cette matrice de trois dispositifs, dont l’intégration est telle qu’elle a pu entraîner une confusion : « On a trop facilement confondu l’outil modèle et l’outil enquête avec le raisonnement d’évaluation » Entretien avec Oliver-Paul Dubois-Taine, 15 avril 2011 29 Cette confusion est le résultat des relations d’interdépendance qui viennent d’être explicitées. C’est tout l’intérêt de considérer qu’il existe une matrice technique constituée de trois dispositifs et que c’est au sein de cette matrice, et non au sein de chaque dispositif pris isolément, que peuvent être compris les principaux objets et méthodes de la socio-économie des transports. En effet, pour qu’il y ait relations d’interdépendance il faut des objets communs qui puissent circuler d’un dispositif à l’autre. Pour qualifier cette circulation inter-dispositifs et ses implications, la distinction faite dans le domaine de l’informatique entre compatibilité, standard de fait et interopérabilité semble pertinente : la compatibilité est définie comme la capacité de deux dispositifs à communiquer ensemble, le standard de fait est la situation dans laquelle plusieurs dispositifs se rendent compatibles avec un dispositif dominant, l’interopérabilité est la capacité que possèdent plusieurs dispositifs à fonctionner conjointement, « grâce à l’utilisation de langages et de protocoles communs, et à donner accès à leurs ressources de façon réciproque » (Feyler, 2007 : 87). La première définition n’est pas applicable à un système à trois dispositifs, la seconde n’est pas applicable à la matrice technique car aucun des trois dispositifs ne domine les deux autres au point qu’il détermine unilatéralement leur contenu. C’est bien la troisième définition, celle de l’interopérabilité, qui s’applique à la matrice enquête-modèle-évaluation. L’évolution de la matrice technique 30 La matrice décrite dans cet article se développe et se consolide entre la fin des années 1950 et le début des années 1980. Les auteurs ayant travaillé sur le champ de la socio-économie des transports s’accordent tous sur l’existence d’un tournant au début des années 1980, qui fixe souvent la limite initiale ou finale de leur recherche (Chatzis, 2011). Trois grands facteurs marquent ce tournant : un facteur technologique, avec le développement des moyens informatiques, en particulier les progrès dans le puissance de calcul et le développement de la micro-informatique, qui transforment la place assignée au traitement des enquêtes et à l’utilisation des modèles. Un facteur méthodologique, avec l’apparition en France des modèles désagrégés (cf. Section 2.1) et un facteur politique et institutionnel avec la modification du système décisionnel à la suite des lois de décentralisation et la restructuration des recherches en transport (Offner, 1993) autour de ses aspects technologiques dans le cadre du PRD3T (Programme de Recherche et Développement Technologique des Transports Terrestres). 31 Jusqu’au début des années 1980, l’intégrité de la matrice technique , c’est-à-dire la stabilité des trois dispositifs dans leur nature et leurs interrelations, tenait à la construction d’une expertise nationale sous l’égide des services de l’État, ce que K. Chatzis (2009 : 167) nomme une « science française normalisée ». Durant les années 1980, plusieurs changements affectent cette stabilité, en particulier des changements concernant les dispositifs de modélisation et d’évaluation. L’expertise en matière de modélisation se déplace des services de l’État vers un nombre réduit de grands bureaux d’études internationaux, souvent d’origine américaine ou britannique, bureaux qui sont à l’origine de l’implantation des modèles désagrégés en France (Debizet, 2004 ; Chatzis, 2011). En matière d’évaluation, c’est la structure du système décisionnel qui est radicalement transformée avec les lois de décentralisation, modifiant par là tout le processus de mise sur agenda. 32 Certains auteurs (Leurent, 1996 ; Debizet, 2004) ont pointé l’évolution différenciée des dispositifs techniques, en particulier le décalage de temporalités entre les bureaux d’études internationaux qui s’implantent en France durant les années 1980 en proposant des modèles novateurs et les pratiques administratives caractérisées par une inertie importante. C’est ce décalage qui explique la stabilité de l’usage de certains dispositifs, en particulier le dispositif de modélisation, malgré les innovations techniques dans ce domaine. Cependant la question des modalités de transformation de la matrice technique reste largement en friche. L’exemple esquissé par la suite (cf. Section 3.3) de la diffusion et du maintien d’une propriété qualifiant les déplacements constitue l’une de ces modalités. L’interopérabilité au sein de la matrice 33 La matrice technique est constituée d’un dispositif d’évaluation des choix d’investissements fondé sur un dispositif de description et un dispositif de modélisation de la demande de transport. Dans une approche économique, le transport est considéré comme un bien caractérisé par une offre et une demande, et le terme « demande de transport » a un sens précis dans ce cadre. Il n’en est pas moins un terme composite qui demande à être clarifié en décortiquant les principaux objets communs aux dispositifs de la matrice technique . Deux questions préliminaires se posent à ce propos : celle de la matérialité de la demande de transport (de quoi est constitué le bien transport ?) et celle du cadre spatio-temporel qui délimite la demande de transport et dans lequel on la mesure. Une fois précisés ces deux aspects, il restera à examiner le fonctionnement des mécanismes qui rendent interopérables les dispositifs de la matrice. La matérialité de la demande de transport 8 En 1965, lors de la première enquête à domicile réalisée en région parisienne, le vocabulaire n’est (...) 34 Les dispositifs décrits précédemment naissent et se développent pour appréhender non pas la mobilité mais la demande de transport. La question qui se pose immédiatement est celle de savoir de quoi est constituée cette demande de transport. Dans l’approche des ingénieurs-économistes des Trente Glorieuses, le transport est considéré comme un bien immatériel caractérisé par une offre et une demande. La demande est connue grâce à l’enquête, puis modélisée en vue d’une action sur l’offre. Entre l’enquête et l’évaluation économique, le modèle fait donc office de traducteur. Ce traducteur génère des objets agrégés, les flux, à partir d’objets de niveau inférieur, les déplacements. Cette génération (1 e étape du modèle) se fait sur la base de stocks de lieux d’activités et de lieux de résidence, et c’est l’étape de distribution (2 e étape) qui répartit les flux entre ces lieux. Des années 1950 à aujourd’hui, le modèle est construit sur le même objet : le déplacement 8 défini comme tout mouvement réalisé sur la voie publique reliant deux lieux définis par l’activité qui s’y déroule. Le modèle faisant office de traducteur entre enquête et évaluation économique, le lien se fait sur cet objet commun, le déplacement, qui s’impose à la fois à l’enquête et à l’évaluation économique, avec ses principales caractéristiques. Parmi ces caractéristiques, celle qui reflète le mieux l’interdépendance des trois dispositifs est sans doute l’assimilation entre le lieu et le motif. Les instructions aux enquêteurs de la première enquête de mobilité quotidienne réalisée en région parisienne insistent sur la nécessité d’assimiler lieux et motifs : « Les lieux d’origine et de destination à indiquer sont ceux où la personne effectuant le voyage va réellement, tels que domicile, bureau, magasin, théâtre, banque, école, usine, etc… Si, à cause d’encombrements, une personne arrête sa voiture à deux ou trois îlots du lieu où elle veut se rendre, c’est le dernier endroit qu’il faut noter et non le lieu où la voiture est arrêtée » Enquête sur les déplacements de personnes dans la région parisienne, Instruction aux enquêteurs, 1965 35 Cette assimilation, qui vient directement des besoins du modèle, amène à penser que le lieu et le motif ne forment pas deux attributs distincts de l’objet déplacement, mais un seul attribut composite : le lieu-motif . Cet attribut revêt une importance cruciale : d’une part c’est lui qui découpe le continuum mobile en une série discrète de déplacements. D’autre part, il est le seul point d’ancrage qui fait interagir l’occupation du sol avec les pratiques de mobilité. La prévision se faisant sur des hypothèses exogènes concernant la localisation future des ménages et des activités, il ne peut y avoir de prévision sans cet ancrage. La génération et la distribution de mouvements entre des lieux est donc possible parce qu’il y a un lien entre le fixe (l’activité ancrée en un lieu) et le mouvant (le mouvement réalisé pour s’y rendre). 36 C’est bien le lieu-motif qui définit les bornes de l’unité d’enregistrement de ce qu’on appelle encore aujourd’hui le déplacement. L’objet déplacement est l’objet principal des trois dispositifs, il structure le recueil de données, le modèle de prévision et l’évaluation économique. D’autres objets ont été proposés plus aptes à retranscrire la dynamique de la mobilité quotidienne, en particulier les sorties ou boucles (Zhang et al., 2001) et les activités (Stopher, 1992, 1998). Le déplacement présente toutefois une résistance à ces nouvelles approches car il s’agit d’un objet commun reliant enquête, modèle et évaluation : la redéfinition ne peut s’appliquer à l’un des trois dispositifs sans affecter les deux autres. Le cadre spatio-temporel de la demande de transport 37 La matrice technique , instrument destiné à la rationalisation des choix d’investissement, se caractérise par ce qu’Alain Méyère appelle une « approche de tuyaux ». L’espace est découpé en zones, et ces zones sont reliées entre elles par des tuyaux dont il s’agit de planifier la localisation, le type, la taille, etc. L’objectif originel des travaux de socio-économie des transports, qui restera prégnant jusqu’au début des années 1980, est donc le dimensionnement des infrastructures de transport. Ce dimensionnement est réalisé sur la base du flux maximum moyen , ce qui explique l’attention toute particulière portée à l’estimation des flux en heure de pointe du jour ouvrable type . 38 Cet objectif détermine les deux éléments principaux du cadre temporel : le jour ouvrable type et l’heure de pointe. Le jour ouvrable type ou jour moyen est « un jour moyen de semaine [hors] jours fériés, vacances scolaires ou jours particuliers pouvant occasionner une modification des comportements (fortes perturbations climatiques, grèves des transports collectifs, etc.) » (CERTU, 1998 : 52). L’heure de pointe est « l’heure dimensionnante », elle fait l’objet d’une étude approfondie dès le début des années 1960 : « Pour les usagers c’est à l’heure de pointe que les transports sont les plus inconfortables et posent le plus problème […]. Du point de vue de la collectivité, la capacité à offrir des moyens de transport est conditionnée par l’heure de pointe » Entretien avec Pierre Merlin, 21 avril 2011 9 Contrairement à ce qu’affirment certains travaux sur l’urbanisme temporel qui en font un champ réce (...) 39 Il faut replacer cette obsession pour l’heure de pointe dans le contexte d’après-guerre caractérisé par une très forte croissance des mobilités résidentielle, quotidienne et touristique. C’est la période faste de la planification et aussi la plus dirigiste (Rousso, 1986), et l’administration pense pouvoir agir sur les problèmes liés aux grands flux quotidiens dans les agglomérations comme aux grands flux annuels des départs en vacances par la gestion des temps. L’aménagement des temps sociaux apparaît en France dès la fin des années 1950 9 pour répondre au problème posé par les pointes dans la gestion et la planification des transports. La question posée à l’Assemblée nationale en 1959 est explicite : est-ce que le Gouvernement « entend se préoccuper de l’organisation des horaires journaliers dans l’administration, l’industrie et le commerce, afin de permettre un étalement des pointes de transports ? » (Dreyfous-Ducas, 1959). Plusieurs travaux sont menés à cette époque, en particulier dans le cadre du Comité National pour un Aménagement des Temps de Travail et des Temps de Loisirs, pour évaluer l’impact de politiques temporelles sur le réseau de transport (Meyer, 1958 ; CREDOC, 1962 ; Maquet, 1963). 40 Le cadre temporel ainsi défini exclut de son champ le week-end et les pratiques routinières. Il exclut aussi de son champ les variations annuelles liées au changement des saisons, aux vacances, etc. ainsi que les variations ponctuelles liées à des évènements particuliers. L’enquête ne produit aucune information sur ces aspects, le modèle ne prévoit rien hors de ce cadre et l’évaluation doit en conséquence s’insérer dans ce cadre. Quant à l’heure de pointe, elle est elle aussi un élément incontournable du cadre temporel, toujours attaché au jour ouvrable type, qui est de fait divisé en deux catégories : la pointe et le reste des heures de la journée. La sortie du modèle est une prévision du trafic en heure de pointe et le trafic total de la journée est déduit de l’heure de pointe par des coefficients multiplicateurs. Une partie importante de l’information produite par l’enquête n’a de sens que pour nourrir le modèle dans sa prévision du trafic en heure de pointe. L’évaluation économique se fait en conséquence sur une prévision du trafic quotidien imprécise puisqu’il s’agit d’un résultat secondaire issu de la prévision en heure de pointe. 41 Les propriétés originelles de l’objet déplacement sont la zone d’origine, la zone de destination, le mode, le motif, l’heure de départ et l’heure d’arrivée (SERC, 1964). Ces propriétés appellent plusieurs précisions concernant le cadre spatial de la demande de transport. D’abord, il n’y a pas d’étude sans zonage préalable : les enquêtes de mobilité, les modèles de prévision et l’évaluation économique se font toujours sur la base d’un zonage. Cette première propriété s’explique par les possibilités et les objectifs du modèle. Elle a de lourdes implications sur le contenu de l’information qui s’en dégage : toute l’information produite et manipulée au sein des dispositifs de la matrice est zonale. Ceci entraîne un enjeu crucial au moment de zonage, puisque celui-ci détermine largement les résultats obtenus par les dispositifs. D’autre part, le modèle et l’évaluation économique sont fondés uniquement sur les déplacements interzones ; en conséquence, même si l’enquête produit une information sur les déplacements intrazones, les traitements qui s’ensuivent les négligent. 10 Durant l’époque des Trente Glorieuses, les comptages indiquaient une forte croissance des trafics d (...) 42 L’heure de pointe en jour ouvrable moyen devient standard commun, définissant le cadre temporel de la matrice technique . Son cadre spatial est toujours zonal. Ces standards ont suscités de nombreuses critiques : la prise en compte d’un seul jour ne permet pas de travailler sur les habitudes et les routines intégrant la mobilité dans un mode de vie (Fichelet et al. , 1970 ; Juan, 1997) ; le fait de considérer uniquement le jour ouvrable élimine toute considération sur le week-end 10 ; le jour moyen enfin fait fi des fluctuations qui ont lieu tout au long de l’année, et qui diffèrent d’une agglomération à l’autre (Terrier, 2006). Cependant, aucun des trois dispositifs ne peut sortir du cadre spatio-temporel ainsi défini sans entraîner avec lui les deux autres. L’interopérabilité au sein de la matrice est avant tout un facteur de stabilité et d’inertie, aspects positif et négatif de la même propriété. L’exemple d’un mécanisme d’interopérabilité 11 Le terme de génération désigne à la fois l’ensemble de la première étape du modèle (trip generation (...) 43 Les dispositifs de la matrice technique permettent d’évaluer une action sur l’offre de transport à partir d’une description et d’une modélisation de la demande, demande constituée de flux interzones à l’heure de pointe en jour moyen, eux-mêmes constitués de déplacements définis par l’unité de motif. Il reste à analyser plus en détail le fonctionnement des mécanismes qui garantissent l’interopérabilité des dispositifs au sein de la matrice, ce qui sera fait par l’étude des propriétés de génération et d’attraction 11 . Cette analyse met en évidence la puissance de ces dispositifs mais aussi la façon dont ils contraignent les questionnements possibles concernant la mobilité. 12 Même si Weiner (1997) mentionne une ébauche de modèle gravitaire dans la Boston Transportation Stud (...) 13 La formulation F ij = kM i M j d -n devient alors F ij = kG i A j d -n avec G i = Génération de la zone i et A j (...) 44 Dès la fin des années 1940, il existe déjà une représentation synthétique qui montre des flux dirigés traversant l’espace urbain : les « lignes de désir » ( desire lines ) (Weiner, 1997). Il n’existe alors ni les méthodes ni les moyens informatiques permettant une modélisation plus précise de ces flux 12 . À partir du milieu des années 1950, A. M. Voorhees et H. J. Casey appliquent le modèle gravitaire à la demande de transport qui devient le modèle dominant pour distribuer les flux (Dupuy, 1975 ; Ortúzar et Willumsen, 2011). L’une des caractéristiques du modèle gravitaire, dans sa formulation la plus simple, est que la force (ou le flux) de i vers j est égale à la force de j vers i . Dans une optique de planification des transports, cette propriété pose problème car cela revient à travailler avec des flux non dirigés. Pour pouvoir diriger les flux, il faut que les unités spatiales soient caractérisées non pas par une mais par deux variables de masse : une variable de génération et une variable d’attraction, auxquelles s’applique la formule gravitaire 13 . Cette double caractérisation des zones ne suffit pas à résoudre le problème de la direction des flux car ceux-ci sont symétriques. En effet, les déplacements quotidiens sont majoritairement ancrés sur le domicile (les individus commencent et terminent la journée au domicile) et la grande majorité des déplacements est pendulaire (les individus ont tendance à retourner au domicile après chaque déplacement). Une définition des propriétés de génération et d’attraction est construite dans le but d’« asymétriser » la matrice de flux interzones : tout déplacement ancré sur le domicile, c’est-à-dire dont le domicile est l’origine ou la destination, est considéré comme généré par la zone de domicile et attiré par l’autre zone, indépendamment du sens du déplacement. La définition est formulée par A.G. Wilson (1970: 2) de la façon suivante: « productions [are] the home end of home-based trips or the origin end of non-home-based trips) » , « attractions [are] the non-home end of home-based trips or the destination end of non-home-based trips » . 45 Ces propriétés de génération et d’attraction, définies dans le cadre du dispositif de modélisation, qualifient les principaux objets de la matrice technique : les zones, les flux et les déplacements. La définition ne concerne en première analyse que les déplacements et leurs agrégats, les flux. Elle s’étend facilement aux zones par une distinction entre zones de génération (zones résidentielles) et zones d’attraction (zones d’activités), distinction confortée par les pratiques d’aménagement qui tendent à séparer ces fonctions au sein de l’espace urbain. Elle s’étend également aux motifs puisque c’est sur leur base que s’opère la distinction génération-attraction : le domicile est le lieu-motif de génération, les autres lieux-motifs sont dits « d’attraction ». 46 La double propriété de génération-attraction tient son origine dans le dispositif de modélisation, mais elle structure également les deux autres dispositifs. Les rapports d’enquêtes origine-destination comportent toutes une partie d’analyse des motifs de déplacement organisée autour d’une distinction entre déplacements primaires, ceux qui relient le domicile à tout autre motif (SERC, 1964), et déplacements secondaires, c’est-à-dire tous les autres. Cette distinction binaire est affinée pour produire une typologie de motifs de déplacements prenant à la fois en compte les lieux-motifs d’origine et les lieux-motifs de destination. La ventilation des motifs est conçue pour saisir finement les déplacements primaires (6 modalités pour 12 types de liens) aux dépens des déplacements dits secondaires (5 modalités pour 35 types de liens) : Figure 2. Typologie classique des motifs de déplacements Zoom Original (jpeg, 387k) Source : d’après Courel et al. (2005) 14 En Île-de-France où l’EGT diffère sensiblement des EMD « standard CERTU », ce n’est qu’en 2001 que (...) 47 La distinction originelle et la typologie ci-dessus présentent de nombreux inconvénients dans une perspective de description des déplacements, en particulier du fait qu’elle assigne une étiquette en fonction du motif d’origine ou du motif de destination selon une échelle hiérarchique très contestable (Courel et al. , 2005). Malgré cela, distinction et typologie se sont maintenues jusqu’à aujourd’hui dans les exploitations « standard CERTU » 14 (voir par exemple CETE Nord-Picardie et Lille Métropole, 2007). 48 La double propriété de génération-attraction définie pour le modèle n’affecte pas seulement le dispositif d’enquête mais aussi celui d’évaluation économique. Le zonage est en effet établi dans le but de maximiser l’homogénéité des zones en termes de génération et d’attraction. Dans certaines villes américaines, ce procédé a même été poussé jusqu’à associer une zone à un mode d’occupation exclusif : « une simplification peut être apportée si l’on peut classer les zones en catégories homogènes. À Détroit, la ville est divisée en « blocs », et l’activité principale est retenue [industrie, commerce, résidence, services publics, espaces publics, terrains vagues] » (IAURP, 1964,p. 11). Le zonage fonctionnel, utile au dispositif de modélisation, implique que l’évaluation économique sera réalisée sur ce même découpage. La structure spatiale du dispositif de modélisation s’étend nécessairement au dispositif d’évaluation qui se nourrit des prévisions du modèle. Les conséquences de l’extension du zonage de modélisation au raisonnement d’évaluation n’ont pas été évaluées à ce jour. 49 Cette analyse de la double propriété de génération-attraction éclaire les dynamiques d’interopérabilité qui assurent le fonctionnement de la matrice, elle met en lumière deux de ses processus fondamentaux : la construction d’un mécanisme d’interopérabilité et le fait qu’il structure tous les dispositifs de la matrice. Une propriété qui vient qualifier les principaux objets de la matrice technique est définie pour les besoins du dispositif de modélisation, puis elle s’étend aux deux autres dispositifs et façonne leur contenu. La description des pratiques de déplacements réalisée à partir de l’enquête est structurée par cette propriété d’attraction-génération, l’évaluation économique est dépendante d’un zonage réalisé sur cette base. Cette propriété assure l’interopérabilité des trois dispositifs au sein de la matrice, aucun des trois dispositif ne peut la modifier sans entraîner avec lui les deux autres. 50 Cet exemple illustre le mécanisme qui permet à certains objets ou propriétés de se maintenir bien au-delà du contexte de leur mise en place. Malgré les mutations importantes qui interviennent à partir des années 1980 (cf. Section 2.3), la matrice technique ne disparaît pas sans laisser de traces ; au contraire, elle se transforme et continue de façonner les pratiques de description et de modélisation de la mobilité au travers d’un héritage conceptuel pérenne. C’est ce qui explique que certaines procédures, certains objets ou certaines propriétés continuent d’être utilisés un demi-siècle après leur naissance. Conclusion 51 Ce texte interroge le contenu de la socio-économie des transports par une lecture conjointe de ses concepts et de ses dispositifs techniques. Il propose une nouvelle grille de lecture à travers la notion de matrice technique qui apporte un double éclairage. D’une part, elle attribue aux dispositifs techniques un rôle clef dans le façonnage du contenu conceptuel de la socio-économie des transports. D’autre part, elle met en avant les interrelations entre dispositifs techniques et affirme que c’est au sein de la matrice, et non au sein de chaque dispositif pris isolément, que peuvent être compris les principaux objets et méthodes de la socio-économie des transports. C’est une nouvelle application d’une idée ancienne, qui est une évidence en anthropologie des techniques depuis Marcel Mauss et Claude Levi-Strauss (Lemonnier, 1983). Le choix du terme de « matrice » plutôt que celui de « système » utilisé en anthropologie des techniques se justifie en ce qu’elle donne naissance et qu’elle entoure. C’est en son sein que prennent naissance les principaux objets de la socio-économie des transports et c’est dans son cadre que se définissent ses principaux questionnements. 52 Utiliser la matrice technique comme grille de lecture permet de mieux cerner ce que recouvre l’expression « méthode classique », mais elle permet surtout d’expliquer pourquoi cette méthode classique est largement décriée tout en jouissant d’un quasi-monopole chez les praticiens, à tel point qu’elle continue d’exister et de susciter des critiques près d’un demi-siècle après sa mise en place. Supposer l’existence d’une matrice technique permet de jeter un regard neuf sur différents aspects des études de transport et de mobilité. En premier lieu, l’interdépendance entre les trois dispositifs au sein de la matrice explique largement leur stabilité/inertie. En considérant chaque dispositif indépendamment des autres, il est difficile de comprendre comment tel type d’enquête, ou tel type de modèle a pu se maintenir durant tout ce temps, malgré l’évolution des techniques, des savoirs et des questions susceptibles d’être posées. En second lieu, les transferts d’objets et de propriétés au sein de la matrice, décrits comme des mécanismes d’interopérabilité, permettent de mieux saisir de quelle façon la socio-économie des transports, à travers ses dispositifs techniques, a façonné la conception actuelle de la mobilité quotidienne. En ce sens, l’approche par les instruments proposée par les politologues se révèle tout à fait pertinente : les dispositifs techniques ont des « effets spécifiques indépendants » et ils structurent le champ de la socio-économie des transports « selon leur propre logique » (Lascoumes et Le Galès, 2004). Le concept d’interopérabilité proposé ici pour décrire les relations d’interdépendance entre dispositifs a des conséquences majeures présentées ici. Au-delà de ces conséquences évidentes, il y a sans aucun doute toute une série d’implications qui restent à étudier et qui aideraient à mieux comprendre bon nombre de méthodes et de concepts utilisés aujourd’hui et tenus pour acquis. Reconsidérer le rôle joué par les instruments semble également essentiel dans une période de renouvellement des techniques produisant une information sur la mobilité. L’apport principal des données GPS ou des données de téléphonie mobile pour l’étude de la mobilité ne se situe pas dans le gain de précision mais dans le fait que ces nouveaux instruments de mesure contribuent à façonner l’ensemble de l’appareil conceptuel destiné à appréhender la mobilité et à agir sur elle. Top of page Bibliography Abraham C., 1961, “L’étude économique des investissements routiers”, Revue économique , vol. 12, No.5, 755-780. Amiot M. (dir.), 1986, Contre l’Etat, les sociologues, Paris, EHESS. Banos A., 2001, Le lieu, le moment, le mouvement. Pour une exploration spatio-temporelle désagrégée de la demande de transport en commun en milieu urbain , Thèse de doctorat, Université de Franche-Comté. Bassand M., Brulhardt M.-C., 1980, Mobilité spatiale : bilan et analyse des recherches en Suisse , Saint-Saphorin, Georgi. Bates J., 2000, “History of demand modelling”, in Hensher, D.A., Button, K.J. (eds.), Handbook of transport modelling , Amsterdam, Pergamon. 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Mais c’est un peu comme un tremblement de terre, il y a eu des ondes qui se sont propagées dans les années 1980 et au-delà, mais elles se sont écartées et elles ont pris d’autres formes » (Entretien avec Michel Bonnet). 4 Pour Benjamin Matalon, cet état de fait s’explique par le poids de la sociologie dans les études urbaines et par le poids des approches marxistes au sein de la sociologie (Entretien avec Benjamin Matalon). 5 Parmi ces innovations il faut mentionner les modèles désagrégés ou modèles de choix discret, qui représentent une évolution fondamentale dans la modélisation de la demande de transport. Ces modèles naissent aux Etats-Unis dans les années 1970 avec les travaux de Daniel McFadden, suivant le slogan « zones don’t travel, people travel » (McFadden, 2001). La question est posée de savoir si ces modèles représentent un raffinement du modèle classique ou bien un type de modèle différent. Cette question demanderait une étude approfondie qui sort du cadre de cet article. D. McFadden et F. Reid (1975 : 24) font état de la cohabitation des modèles agrégés et désagrégés dans ces termes : « aggregate and disaggregate travel demand models are sometimes viewed by transportation planners as mutually exclusive or competitive approaches to the forecasting problem. We shall argue that, to the contrary, they are complementary ». 6 Ou l’inverse. La mise en équivalence d’une valeur temporelle et d’une valeur monétaire peut se faire dans les deux sens, en convertissant le temps en argent ou bien en convertissant l’argent en temps. En ce cas on peut parler de « temps généralisé ». 7 Il existe une gradation dans le degré de comparaison possible entre ces différents types d’alternatives : « comparer », « fournir les éléments de comparaison », « fournir des éléments de comparaison » (Bloy et al. , 1977). 8 En 1965, lors de la première enquête à domicile réalisée en région parisienne, le vocabulaire n’est pas encore fixé et certains termes comme « déplacement », « voyage », « trajet » sont utilisés comme synonymes. Ce vocabulaire se fixe au début des années 1970 avec l’action normalisatrice du SETRA (1975) qui pose les bases de ce que sera la méthode « standard CERTU » par la suite. 9 Contrairement à ce qu’affirment certains travaux sur l’urbanisme temporel qui en font un champ récemment importé en France et dont l’origine remonte aux politiques temporelles italiennes des années 1980 (Godard, 1997). 10 Durant l’époque des Trente Glorieuses, les comptages indiquaient une forte croissance des trafics du week-end, mais les enquêtes se limitaient au jour ouvrable (entretiens avec Jean Vivier et avec Joëlle Dreyfus). Finalement, ce n’est qu’en 1991 qu’un questionnaire « Fin de semaine » est introduit dans l’EGT. Les EMD « standard CERTU » continuent de ne prendre en compte que le jour ouvrable. 11 Le terme de génération désigne à la fois l’ensemble de la première étape du modèle (trip generation) et l’un des attributs calculés à cette étape, à savoir une quantité de déplacements générés. Au terme de l’étape de génération, les zones sont dotées d’un attribut de génération (émission, production), et d’un attribut d’attraction (absorption). Plusieurs adjectifs sont alors utilisés comme synonymes : généré, engendré, produit ; attiré, absorbé. 12 Même si Weiner (1997) mentionne une ébauche de modèle gravitaire dans la Boston Transportation Study datant de l’époque des travaux de W.J. Reilly sur les échanges commerciaux ( The law of retail gravitation , 1931) 13 La formulation F ij = kM i M j d -n devient alors F ij = kG i A j d -n avec G i = Génération de la zone i et A j = Attraction de la zone j . 14 En Île-de-France où l’EGT diffère sensiblement des EMD « standard CERTU », ce n’est qu’en 2001 que cette typologie de motifs a été substituée par une typologie des motifs à destination du déplacement. Top of page List of illustrations Title Figure 1. Interrelations des trois dispositifs au sein de la matrice technique URL http://journals.openedition.org/cybergeo/docannexe/image/25750/img-1.jpg File image/jpeg, 160k Title Figure 2. Typologie classique des motifs de déplacements Credits Source : d’après Courel et al. (2005) URL http://journals.openedition.org/cybergeo/docannexe/image/25750/img-2.jpg File image/jpeg, 387k Top of page References Electronic reference Hadrien Commenges , « Socio-économie des transports : une lecture conjointe des instruments et des concepts », Cybergeo: European Journal of Geography [Online], Regional and Urban Planning, document 633, Online since 20 February 2013, connection on 22 December 2025. URL : http://journals.openedition.org/cybergeo/25750 ; DOI : https://doi.org/10.4000/cybergeo.25750 Top of page About the author Hadrien Commenges https://idref.fr/176026835 Université Paris Diderot-Paris 7 / UMR 8504 Géographie-cités, France hcommenges@parisgeo.cnrs.fr By this author semogeo : une plateforme d’exploration des mots-clés des géographes français (1960-2007) [Full text] Article 956 Published in Cybergeo: European Journal of Geography , Model Papers SLIDER: Software for LongItudinal Data Exploration with R [Full text] Article 693 Published in Cybergeo: European Journal of Geography , Model Papers Lacoste Y., Lorot P., 2010, La géopolitique et le géographe. Entretiens avec Pascal Lorot , Paris, Choiseul Éditions, 268 p. [Full text] Published in Cybergeo: European Journal of Geography , Book Reviews Top of page Copyright The text only may be used under licence CC BY 4.0 . All other elements (illustrations, imported files) may be subject to specific use terms. 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