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La révolution silencieuse de la thérapie cellulaire du diabète
La révolution silencieuse de la thérapie cellulaire du diabète Pierre-Yves Benhamou CHU Grenoble-Alpes, endocrinologie, BP 217X, 38043 Grenoble cedex, France pybenhamou@chu-grenoble.fr Cell therapy of diabetes going through a silent revolution L es feux de la rampe se portent sur les boucles fermées, les nouvelles incrétines et les insulines hebdomadaires. Pendant ce temps, les recherches en matière de thérapie cellulaire du diabète insulinoprive progressent de façon remarquable, et les résultats rapportés au congrès 2024 de l'EASD méritent qu'on s'y attarde. Vertex Pharmaceuticals est une compagnie nord-américaine produisant des « îlots » dérivés de cellules souches embryonnaires humaines. Leur premier produit dénommé VX-880 avait défrayé la chronique en 2022, car la publication de résultats préliminaires chez deux patients était sortie dans le New York Times, ce qui avait généré une grande frustration bien légitime chez les médecins et scientifiques laissés dans l'ombre des investisseurs. Pourtant, cet essai de phase 1–2 a poursuivi son chemin et ce sont les données obtenues chez 14 patients atteints de diabète de type 1 qui sont maintenant disponibles. Ces patients adultes, C-peptide négatifs et ayant une ancienneté médiane du diabète de 23 ans, ont été recrutés en raison de la perte de sensibilité aux hypoglycémies et de la survenue de plus de 2 épisodes d'hypoglycémie sévère dans l'année écoulée. Les cellules ont été injectées par voie intraportale sous couvert d'une immunosuppression conventionnelle associant thymoglobuline, tacrolimus et sirolimus. L'essai est séquentiel, les deux premiers patients ont reçu une dose partielle de cellules, tandis que les 12 autres analysés ici ont reçu la dose totale anticipée comme nécessaire dans le protocole. Ces 12 patients ont tous atteint au moins 6 mois de recul, et 4 ont un suivi d'au moins 1 année. Tous ont ramené leur HbA1c à < 7 % à 6 mois, versus 7,8 % (7,1 ; 9,9) à l'origine. À 6 mois, 11 patients sur 12 ont présenté une réduction de leur consommation d'insuline, avec 9 patients sevrés d'insuline, et 2 patients réduisant leur besoin de 43 à 78 %. Les 4 patients ayant 12 mois de suivi sont tous sevrés d'insuline. Le temps dans la cible glycémique 70–180 mg/dL est mesuré à 88 % à 6 mois et 95 % à 12 mois. Le critère de jugement principal, qui est le taux d'élimination des hypoglycémies sévères entre j90 et j365 combiné à une HbA1c < 7 % entre j180 et j365, est atteint chez tous les patients, de même que le critère de jugement secondaire qui est le taux d'insulino-indépendance entre j180 et j365. La production de C-peptide, stimulable par le glucose, a bien sûr été documentée. Une extension de l'étude à 37 patients est prévue. Surtout, cette étude prépare le terrain à un nouvel essai, annoncé par Vertex et dont le déploiement se fera dans tome 18 > n87 > November 2024 10.1016/j.mmm.2024.09.013 © 2024 Publié par Elsevier Masson SAS. 561 lairotidÉ Med Mal Metab 2024; 18: 561–562 en ligne sur / on line on www.em-consulte.com/revue/mmm www.sciencedirect.com
La révolution silencieuse de la thérapie cellulaire du diabète
plusieurs pays y compris la France, où les cellules seront implan- tées dans un dispositif d'immuno-isolation permettant d'éviter le recours à une immunosuppression. Certes, nous n'en sommes pas là, et l'expérience passée en matière d'encapsulation de cellules laisse penser que ce chemin sera semé d'embûches. Certes, nous n'avons pas encore d'infor- mation sur la durabilité des résultats métaboliques escomptés avec des « îlots » dérivés de cellules souches, différents à bien des égards d'îlots natifs, dont la fonction est désormais docu- mentée jusqu'à 20 ans après transplantation. Certes, nous ne connaissons pas le potentiel de dédifférenciation ou de trans- formation de ces cellules à moyen ou long terme, et cela est un questionnement majeur. Néanmoins, on aurait tort de faire la fine bouche devant de tels résultats métaboliques montrant la disparition des hypoglycé- mies sévères et la maîtrise des glycémies. Pour avoir suivi de près cette aventure au cours des 35 dernières années, je mesure le chemin parcouru, que ce soit pour les îlots natifs (mise point au de la méthode d'isolement des îlots [1988], élaboration du protocole optimal d'immunosuppression [2000], validation de la greffe d'îlots par une étude de phase 3 [2018], passage en soins courants [2021] ; ou pour les cellules souches [moratoire sur l'utilisation des cellules souches embryonnaires {années Clin- ton}, décortication des étapes de différenciation du pancréas endocrine {années 2000}, transfert technologique université– industrie {années 2010}]). Les innombrables réunions à l'Agence de biomédecine consacrées à la tâche insurmontable d'optimi- sation des prélèvements multi-organes (le nombre de pancréas disponibles à la préparation des îlots chaque année ne dépasse pas 100) ne seront qu'un souvenir de pionnier lorsque des préparations reproductibles dérivées de cellules souches seront disponibles « sur le comptoir ». La thérapie cellulaire du diabète avance, pas à pas, et on entrevoit le bout du chemin. Déclaration de liens d'intérêts : L'auteur déclare ne pas avoir de P-Y liens d'intérêts. Benhamou tome 18 > n87 > November 2024 562 lairotidÉ
Les objectifs préconisés dans la recommandation française sur le traitement médicamenteux du diabète de type 2 sont-ils encore d’actualité ?
Mise au point Soins Les objectifs préconisés dans la recommandation française sur le traitement médicamenteux du diabète de type 2 sont-ils encore d’actualité ? Denis Pouchain1, Jean-Pierre Lebeau2, Christophe Berkhout3, Jean-Yves Le Reste4, Alain Moreau5, Franck Wilmart6 sous l’égide du Conseil scientifique du Collège national des généralistes enseignants exercer 2010;94:147-56. d.pouchain@cnge.fr La recommandation Afssaps-HAS sur le traitement médicamenteux du diabète de Départements de médecine générale - type 2 (DT2) date de novembre 2006. Elle était essentiellement basée sur les résul- UFR Paris-Ouest1, Tours2, Lille3, Brest4, Lyon5, tats du programme UKPDS dont le niveau de preuve est faible et les résultats contro- Paris 7 Denis Diderot6 versés.Depuis cette date, une dizaine d’essais randomisés concernant le traitement médicamenteux du DT2 ont été publiés dans de grandes revues internationales. Conseil scientifique du CNGE : Claude Attali, Isabelle Aubin-Auger, (cid:129)Il n’y a pas de preuve qu’abaisser l’HbA1c en dessous de 6,5 % prévient les compli- Gérard Bourrel, Pierre-Louis Druais (président), cations cardiovasculaires qui sont les plus fréquentes. Cette stratégie semble même Paul Frappé, Bernard Gay, Serge Gilberg, avoir un rapport bénéfice/risque défavorable sauf pour les sujets jeunes obèses Caroline Huas, Laurent Letrilliart, Luc Martinez, dont le DT2 est récent. Pour ces derniers, les données sont cependant sujettes Alain Mercier, Alain Moreau, Denis Pouchain, à (pré)cautions. Vincent Renard (Vice-président), Matthieu Schuers. (cid:129)Abaisser la pression artérielle systolique des patients DT2 en dessous de 130mmHg ne procure aucun bénéfice clinique par rapport à < 140 mmHg. (cid:129)L’intérêt d’une dose cardiopréventive d’aspirine est controversé, sauf chez les patients DT2 en prévention secondaire, et chez ceux à haut risque cardiovascu- laire (> 10 % à 10 ans) en prévention primaire sous réserve d’un risque hémorra- gique individuel faible. (cid:129)La prise en charge multifactorielle des patients DT2 à haut risque cardiovascu- laire a fait la preuve de son efficacité en termes de morbimortalité. Mots-clés La recommandation française est décalée par rapport aux récentes données de la Diabète de type 2 science. Il est temps de la mettre à jour afin d’optimiser la prise en charge médica- Recommandations menteuse du DT2, et d’aider les médecins à améliorer le confort et la santé de leurs patients. Objectifs de traitement Médicaments antidiabétiques Introduction (cid:129) maintenir la pression artérielle (PA) Le projet UKPDS a été conçu à la fin des <130/80 mmHg (grade B) ; années 1975, et les 2 principales études La dernière recommandation de bonne (cid:129) prescrire de l’aspirine à dose cardiopré- portant sur l’impact clinique de la réduc- pratique (RBP) Afssaps-HAS1sur le traite- ventive en cas de DT2 à haut risque car- tion de l’hyperglycémie chronique2,3ont ment médicamenteux du diabète de type2 diovasculaire(DT2 associé à au moins un été publiées en 1998. À l’époque, il n’y (DT2) date de novembre 2006. Son argu- autre facteur de risque CV) en préven- avait aucune preuve que les médicaments mentation reposait essentiellement sur le tion primaire (grade C). antidiabétiques diminuaient l’incidence programme United Kingdom Prospective Le grade B d’une recommandation signi- des complications micro- et macrovascu- Diabetes Study(UKPDS), considéré comme fie qu’elle est basée sur des présomptions laires des patients atteints de DT2. la référence incontournable. À cette de preuve et non sur des preuves établies. D’un point de vue méthodologique, UKPDS époque, c’était quasiment le seul pro- Le grade C repose sur un faible niveau de 33 et 34 étaient des essais randomisés en gramme d’essais randomisés dans le DT2. preuve scientifique. ouvert, d’une durée de 10 ans, sans pla- Les objectifs préconisés dans la recom- Pour bien comprendre et interpréter les cebo dans le groupe témoin. Les critères mandation étaient les suivants : résultats des essais UKPDS, il faut en de jugement et les effectifs ont été modi- (cid:129) maintenir l’HbA1c < 6,5% (recomman- réévaluer les 2 principales publications : fiés au fil des différentes publications et le dation de grade B) ; UKPDS 33 et 34. protocole initial n’a jamais été publié. Volume 21 N° 94 exercer la revue française de médecine générale 145
Les objectifs préconisés dans la recommandation française sur le traitement médicamenteux du diabète de type 2 sont-ils encore d’actualité ?
Soins Mise au point Ces caractéristiques méthodologiques fra- Intensif Standard Hazard-Ratio giles expliquent le grade B des recomman- n = 5 128 (%) n = 5 123 (%) (IC95 %) p dations qui en découlent. Par ailleurs, IdM + AVC + Décès CV 352 (6,9) 371 (7,2) 0,90 (0,78-1,04) 0,16 UKPDS concernait uniquement des patients Mortalité totale 257 (5,0) 203 (4,0) 1,14 (1,01-1,46) 0,04 jeunes (âge moyen : 53 ans), dont le diag- Mortalité CV 135 (2,6) 94 (1,8) 1,35 (1,04-1,76) 0,02 nostic de DT2 était récent (<1 an) à l’in- clusion. IdM non fatals 186 (3,6) 235 (4,6) 0,76 (0,62-0,92) 0,004 AVC non fatals 67 (1,3) 61 (1,2) 1,06 (0,75-1,50) 0,74 Les résultats de UKPDS Tableau 1. Événement cliniques cardiovasculaires et décès dans ACCORD Dans UKPDS 33, l’HbA1c moyenne a été de 7% dans le groupe traité versus7,9% dans le groupe témoin. Cet essai en ouvert les publications intermédiaires de l’essai. ou obèses3. Cet essai randomisé en ouvert a démontré que les sulfamides et l’insu- Il est apparu pour la première fois en 1984, a comparé une dose moyenne de 2 g/j de line réduisaient l’incidence des « photocoa- puis a disparu jusqu’en 1995 pour réap- metformine dans le groupe traité à un gulations rétiniennes » de 25% (IC95=7- paraître en 1998, un peu selon les «besoins groupe sous sulfamides ou insuline et à un 40,p= 0,001), et n’avaient aucun effet de démonstration » des auteurs. Ce béné- groupe témoin sous régime seul. L’HbA1c sur les autres complications microvascu- fice fragile est à mettre en perspective moyenne a été de 7,4 % dans le groupe laires, macrovasculaires et la mortalité avec une augmentation significative des metformine et dans le groupe sulfamides totale2. Le critère « photocoagulation réti- hypoglycémies sévères (0,7%/an/patient ou insuline vs8 % dans le groupe témoin. nienne » est subjectif, car l’ophtalmolo- dans le groupe témoin vs1,8%/an/patient Comparativement au groupe sulfamides giste prenait la décision en connaissant le dans le groupe insuline, p< 0,0001) et du ou insuline et au groupe régime seul (entre groupe de randomisation du patient (par poids (+ 2,9 kg en moyenne, p< 0,001, lesquels il n’y avait pas de différencesur prudence, il avait davantage tendance et + 4 kg dans le groupe insuline). les complications macrovasculaires et à intervenir sur un patient non traité). Par De son côté, UKPDS 34 concernait unique- microvasculaires, photocoagulations réti- ailleurs, ce critère n’était pas spécifié dans ment les patients en surcharge pondérale niennes incluses), les patients du groupe metformine ont eu une diminution de 32% (IC95 = 13-47 ; p= 0,002) du risque relatif de toutes les complications liées au diabète (critère très composite). Le nombre de sujets à traiter (NST) pendant 10 ans était de 74 pour éviter un événe- ment quel qu’il soit. Il y a eu également une diminution de 42% (IC95 = 9-63 ; p= 0,017, NST 10 ans = 192) de la mor- talité liée au diabète, une diminution de 39% (IC95 = 11-59 ; p= 0,01, NST 10ans= 428) du risque d’infarctus du myocarde (IdM) et enfin une diminution de 36% (IC95 = 9-55, p= 0,011, NST 10ans= 408) de la mortalité totale. La différence obser- vée chez les patients obèses n’était pas corrélée à la diminution de l’HbA1c, mais à l’utilisation de la metformine. Cependant, UKPDS 34 n’est pas exempt de biais majeurs : le seuil de signification statistique est passé de 1% à 5% en cours d’étude, plusieurs analyses intermé- diairesont créé une « inflation » du pet leur publication a possiblement biaisé les comportements des médecins. Enfin, 2187 patients ont été inclus, mais seule- ment 1704 analysés, et il y a eu de nom- breuses modifications de la question de recherche et des critères de jugement en cours d’étude. 146 exercer la revue française de médecine générale Volume 21 N° 94 ailotoF ©
Les objectifs préconisés dans la recommandation française sur le traitement médicamenteux du diabète de type 2 sont-ils encore d’actualité ?
Mise au point Soins Bien qu’entachés de biais méthodolo- Intensif Standard giques et biostatistiques, les résultats de n = 5 128 (%) n = 5 123 (%) p UKPDS2,3expliquent pourquoi la metfor- Hypoglycémies nécessitant une intervention mine est le médicament de première inten- 538 (10,5) 179 (3,5) < 0,001 médicale tionpréconisé dans la RBP (même chez les Hypoglycémies nécessitant l’intervention d’un tiers 830 (16,2) 261 (5,1) < 0,001 patients à poids normal), et pourquoi les Evénements sévères non hypoglycémiques 113 (2,2) 82 (1,6) 0,03 sulfamides et l’insuline sont recomman- Prise de poids > 10 kg 1 399 (27,8) 713 (14,1) < 0,001 dés uniquement pour prévenir les compli- cations microvasculaires, ce qui est une Tableau 2. Événements indésirables dans ACCORD extension « élargie » de la « photocoagu- lation rétinienne » significativement réduite dans UKPDS 33. Cet essai programmé sur 5 ans a inclus La conclusion d’ACCORD est qu’abaisser Au total, malgré les espoirs entrevus dans 10 251 patients âgés en moyenne de l’HbA1c en dessous de 6,5 % chez des UKPDS, les faiblesses méthodologiques de 62,2ans, diabétiques de type 2 depuis patients DT2 depuis 10 ans et âgés de ces essais ne permettaient pas de baser la 10 ans et dont l’HbA1c moyenne était 60 ans augmente significativement la RBP de 2006 sur des preuves tangibles5-7. à 8,1% à l’inclusion. Trente-cinq pour mortalité totale, cardiovasculaire et le Depuis 2006, de nombreux essais rando- cent d’entre eux étaient en prévention nombre d’hypoglycémies sévères. misés de bonne qualité ont été publiés secondaire. Après 4 mois de traitement et Les résultats de cet essai questionnent l’ob- dans des revues internationales et les pendant 40 mois, l’HbA1c moyenne était jectif HbA1c < 6,5 % préconisé dans la associations européennes et nord-amé- de 6,4% dans le groupe traitement inten- RBP, d’autant que dans le groupe témoin, ricaines de diabétologie ont mis leurs sif(objectif < 6% non atteint) et de 7,5% les patients ayant la mortalité la plus faible recommandations à jour. dans le groupe prise en charge standard. de tous les essais publiés dans le monde L’objectif de cet article est de faire une ACCORD a été arrêté au bout de 3,5 ans avaient une HbA1c médiane à 7,5 %. revue factuelle des grands essais publiés à cause d’une augmentation significative Dans un second temps, l’équipe ACCORD depuis 2006 sur : de 14% de la mortalité totale, et de 35% a publié ses résultats sur les complica- (cid:129) le taux d’HbA1c ayant un rapport béné- de la mortalité cardiovasculaire dans le tions rétiniennes10, et l’ensemble des com- fice/risque optimal ; groupe traitement intensif (tableau 1). plications microvasculaires11. L’incidence (cid:129) les chiffres de pression artérielle systo- Au moment de l’arrêt, il n’y avait pas de de la progression de la rétinopathie a été lique (PAS) « recommandables » ; différence significative sur le critère de de 7,3 % dans le groupe traitement inten- (cid:129) l’impact clinique de la prescription d’une jugement principal composite dans le sif versus10,4 % dans le groupe prise en dose cardiopréventive d’aspirine. groupe traitement intensif malgré une charge standard : hazard-ratio(HR) = 0,67; La prescription d’une statine chez les réduction significative de 24 % des IdM IC95 = 0,51-0,87, p= 0,003. Cependant, patients DT2 ne sera pas abordée car elle non fatals. Autrement dit, moins d’infarc- sur l’ensemble des complications micro- ne prête pas à controverse4. Les effets tus mais plus de décès toutes causes vasculaires, il n’y a pas eu de différence démontrés de la prise en charge éduca- confondues. entres les groupes. tive feront l’objet d’un second article. Cette surmortalité a d’abord été rappor- Les auteurs concluent que le bénéfice tée aux hypoglycémies sévères. Une ana- marginal observé sur la progression des lyse a posteriori a montré qu’il y avait rétinopathies, et l’absence d’effet sur l’en- Quelles cibles pour L’HbA1c ? effectivement une corrélation significa- semble des complications microvasculaires tive entre mortalité et hypoglycémies sont à mettre en balance avec l’augmen- L’essai ACCORD sévères9. Cependant, l’incidence des décès tation significative de la mortalité totale Cet essai randomisé nord-américain liés aux hypoglycémies sévères était com- et cardiovasculaire, ainsi qu’avec celle des financé par les autorités de santé8 avait parable dans le groupe traitement inten- hypoglycémies sévères. pour objectif de mesurer les bénéfices et sif et dans le groupe standard. Les hypo- L’essai ADVANCE les risques d’un traitement médicamen- glycémies ne peuvent donc pas expliquer teux progressivement intensif (y compris la différence de mortalité totale et car- Cet essai international randomisé financé l’insuline) de l’hyperglycémie chronique diovasculaire entre les groupes. par l’industrie pharmaceutique12avait pour amenant l’HbA1c < 6 %, vsune prise en En termes de tolérance, le nombre d’évé- objectif de démontrer qu’une stratégie charge, dite standard, la maintenant entre nements indésirables graves a été signi- basée sur le gliclazide (Diamicron) associé 7% et 7,9%. Le critère de jugement ficativement plus élevé dans le groupe à d’autres antidiabétiques (y compris l’in- principal était composite, associant les traitement intensif, en particulier les hypo- suline si nécessaire) visant un objectif IdM, les accidents vasculaires cérébraux glycémies sévères. Le nombre de patients d’HbA1c (cid:2) 6,5 % diminuait les « évé- (AVC) et les décès cardiovasculaires (décès à traiter pour observer une hypoglycémie nements vasculaires majeurs » vs une CV). Le critère de jugement secondaire sévère nécessitant une intervention médi- prise en charge standard visant un objec- était la mortalité totale. cale a été de 14 par an (tableau 2). tif à 7,0%. Le critère de jugement prin- Volume 21 N° 94 exercer la revue française de médecine générale 147
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Soins Mise au point La vraie conclusion d’ADVANCE est qu’ame- Intensif Standard Odds-Ratio n = 5 571 (%) n = 5 569 (%) (IC95 %) p ner l’HbA1c à 6,5% chez des patients âgés de 66 ans, diabétiques depuis 8 ans Evénements vasculaires majeurs 1009 (18,1) 1116 (20,0) 0,94 (0,82-0,98) 0,01 et mal contrôlés, réduit les complications Evénements macrovasculaires 557 (10,0) 590 (10,6) 0,97 (0,91-1,03) 0,31 rénales de 5,2% à 4,1% (en valeur abso- IdM non fatals 153 (2,7) 156 (2,8) 0,99 (0,88-1,11) 0,86 lue) en 5 ans (NST = 90), mais n’a aucun AVC non fatals 214 (3,8) 209 (3,8) 1,01 (0,92-1,11) 0,81 effet sur les événements cardiovasculaires. Décès cardiovasculaires 253 (4,5) 289 (5,2) 0,93 (0,85-1,02) 0,12 Ce bénéfice rénal est à mettre en balance Evénements microvasculaires 526 (9,4) 605 (10,9) 0,86 (0,77-0,97) 0,01 avec une nette augmentation des hypo- Apparition ou aggravation glycémies sévères. 230 (4,1) 292 (5,2) 0,79 (0,66-0,93) 0,006 néphropathie L’essai VADT Apparition ou aggravation 332 (6,0) 349 (6,3) 0,97 (0,90-1,05) 0,50 rétinopathie Cet essai américain13 financé par le Tableau 3. Événements vasculaires majeurs dans ADVANCE Department of veterans affairs office of research avait pour objectif de démon- trer qu’un contrôle glycémique intensif cipal était composite et hétérogène, car tion du risque absolu = 1,5% (OR = 0,86; réduisait les complications cardiovascu- les « événements vasculaires majeurs » IC95 = 0,77-0,97,p= 0,01) mais pas de laires des patients atteints de DT2. Les associaient les IdM, les AVC et les décès différence sur les événements macrovas- patients du groupe traitement intensif CV (événements macrovasculaires), et l’ap- culaires (tableau 3). visaient une HbA1c inférieure de 1,5 % parition ou l’aggravation d’une néphropa- En termes de tolérance, les hypoglycémies par rapport à celle du groupe prise en thieet/ou d’une rétinopathie (événements sévères ont été plus fréquentes dans le charge standard. Le critère de jugement microvasculaires dits majeurs). groupe intensif : 2,7% vs 1,5% (OR= principal était composé du taux de com- Cet essai d’une durée médiane de 5 ans 1,86; IC95 = 1,42-2,40 ; p < 0,001). plications cardiovasculaires graves : IdM, a suivi 11140 patients, âgés en moyenne Le nombre de sujets à traiter intensivement AVC, décès CV, insuffisance cardiaque, de 66 ans, diabétiques de type 2 depuis pendant 5 ans pour observer une hypogly- insuffisance coronaire, chirurgie vascu- 8 ans et dont l’HbA1c moyenne était de cémie sévère supplémentaire était de 84. laire et amputation pour artérite oblité- 7,5% à l’inclusion. Trente-deux pour cent Les auteurs de cet essai concluent qu’une rante des membres inférieurs (AOMI).Les d’entre eux étaient en prévention secon- stratégie d’intensification du traitement critères de jugement secondaires étaient daire. Pendant 5 ans, l’HbA1c moyenne basée sur le gliclazide visant une HbA1c la mortalité totale et les complications a été de 6,5% dans le groupe traitement < 6,5% réduit l’incidence des « événe- microangiopathiques. intensif, et de 7,3% dans le groupe prise ments vasculaires majeurs». Cette conclu- Cet essai d’une durée de 5,6 ans a suivi en charge standard. sion qui joue sur les mots est une interpré- 1791 patients, tous militaires à la retraite. Sur le critère principal de jugement com- tation partisane des faits. Le tableau 3 Ils étaient âgés en moyenne de 60,4 ans, posite, il y a eu 18,1% d’« événements montre clairement que le bénéfice obtenu étaient diabétiques depuis 11,5 ans et vasculaires majeurs » dans le groupe sur le critère composite est exclusivement avaient une HbA1c moyenne à 9,4% (!) intensif vs20 % dans le groupe prise en lié à la réduction des néphropathies (nou- à l’inclusion. Quarante pour cent d’entre charge standard :odds-ratio(OR) = 0,90; velles et aggravées). La stratégie testée eux étaient en prévention secondaire. IC95 = 0,82-0,98 ; p = 0,01, NST = 53 dans cet essai n’a eu aucun effet sur la Durant les 5,6 années de suivi, la médiane (IC95 = 30-213 pendant 5 ans). Plus pré- prévention des événements cardiovascu- d’HbA1c a été de 6,9% dans le groupe cisément, il y a eu 9,4% d’événements laires. Il n’est donc pas acceptable de sou- intensif et de 8,4% dans le groupe prise microvasculaires dans le groupe intensif tenir que cette stratégie réduit l’ensemble en charge standard. vs10,9% dans le groupe standard, réduc- des « événements vasculaires majeurs». Le taux de complications cardiovasculaires graves a été de 29,5% dans le groupe traitement intensif vs 33,5 % dans le Intensif Standard Hazard-Ratio groupe prise en charge standard (HR = p n = 892 (%/an) n = 899 (%/an) (IC95 %) 0,88 ; IC95= 0,74-1,05,p = 0,14). Il n’y Critère principal composite 235 (0,70) 264 (0,66) 0,88 (0,74-1,05) 0,14 a pas eu de différence significative ni sur chacun des composants du critère compo- IdM non fatals 64 (0,91) 78 (0,90) 0,82 (0,59-1,14) 0,24 site, ni sur la mortalité totale, ni sur les com- AVC non fatals 28 (0,96) 36 (0,95) 0,78 (0,48-1,28) 0,32 plications microangiopathiques (tableau 4). Décès CV 38 (0,95) 29 (0,96) 1,32 (0,81-2,14) 0,26 En termes de tolérance, il y a eu 24,1% Mortalité toutes causes 102 (0,87) 95 (0,88) 1,07 (0,81-1,42) 0,62 d’hypoglycémies sévères tout au long de Hypoglycémies sévères 76 (8,5) 28 (3,1) 3,19 (2,05-5,00) < 0,0001 l’essai dans le groupe traitement intensif Tableau 4. Evénements cliniques annuels dans VADT vs17,1% dans le groupe prise en charge 148 exercer la revue française de médecine générale Volume 21 N° 94
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Mise au point Soins standard (p < 0,001 ; nombre de patients Les auteurs concluent un peu abusive- des réserves liées à ce type d’étude, Currie à traiter pour observer une hypoglycémie ment que leurs résultats sont rassurants a comparé 2 cohortes de 47970 diabé- sévère supplémentaire = 14 pendant 5ans). sur l’impact de la réduction de l’HbA1c sur tiques de type 2 en médecine générale17. La conclusion de VADT est que réduire la diminution des complications cardiovas- Il a observé que la mortalité totale ajus- l’HbA1c chez des patients âgés de 60ans, culaires (en réalité uniquement les IdM tée sur les caractéristiques des patients diabétiques depuis 11 ans et très mal non fatals avec une quantité d’effet négli- augmentait lorsque l’HbA1c dépassait contrôlés n’apporte aucun bénéfice cli- geable), mais qu’il n’y a pas de preuve 8% mais aussi lorsqu’elle était en dessous nique micro- ou macrovasculaire tout en d’efficacité sur la mortalité totale. Un édi- de 7,4 %. augmentant considérablement les hypo- torial accompagnant ce travail souligne Comment expliquer glycémies sévères. que le bénéfice cardiovasculaire du bon ces résultats ? contrôle glycémique est inférieur à ce qui La méta-analyse de Ray était espéré et en tout cas très inférieur Première hypothèse Quand les résultats des grands essais ran- aux effets du bon contrôle de la PA et du domisés ne confirment pas les croyances LDL-cholestérol16. D’un point de vue scien- Les patients inclus dans les groupes « trai- des cliniciens spécialisés, la recherche de tifique, il était discutable de faire cette tement standard » des essais ont bénéfi- la « vérité » conforme au dogme prend méta-analyse dans la mesure où chacun cié d’une excellente prise en charge de le chemin des méta-analyses. C’est à cet des essais inclus avait été conçu pour leurs autres facteurs de risque (PA et LDL- exercice que s’est livrée une équipe de montrer, à lui seul, une différence signi- cholestérol notamment). La puissance de biostatisticiens britanniques14. Cinq essais ficative sur le critère principal. C’est un peu chacun des essais a été calculée sur un randomisés prospectifs ont été inclus : comme s’il fallait augmenter indéfiniment nombre d’événements attendus. Ce nom- les 4 essais analysés dans cet article et le nombre de patients dans les essais bre n’ayant pas été atteint, les essais Pro-Active, qui était le premier vrai essai (163 000 patients/année) pour enfin n’étaient plus assez puissants pour mon- randomisé en double insu ayant testé les mesurer des bénéfices cardiovasculaires « trer une différence. Il aurait fallu soit aug- bénéfices et les risques de la pioglitazone significatifs » de la réduction de l’HbA1c. menter le nombre de patients, soit prolon- (en add-onau traitement en cours) chez ger le suivi pour atteindre le nombre L’étude de cohortes de Currie des patients DT2 en prévention secon- d’événements nécessaire. daire mal contrôlés15. Si les études de cohortes n’ont pas le Deuxième hypothèse Dans cette méta-analyse portant sur même niveau de preuve que les essais 163 000 patients/années, le contrôle randomisés, elles ont l’avantage d’obser- L’hyperglycémie chronique ne répond pas intensif de la glycémie (– 0,9% par rap- ver ce qui se passe dans la « vraie vie » à la définition d’un « vrai » facteur de risque port au groupe témoin) a réduit de 17% avec des patients non sélectionnés, indépendant, qui nécessite 5 conditions : (OR = 0,83 ; IC95 = 0,75-0,93) les IdM atteints de comorbidités et bénéficiant (cid:129) une forte association entre le facteur non fatals (1%/an vs1,23%/an en valeur d’un suivi «habituel ». En tenant compte de risque et la maladie ; absolue). Cette réduction correspond à environ 1 infarctus évité pour 100 patients traités intensivement pendant 5 ans. Il n’y a pas eu d’effet significatif sur les AVC ni sur la mortalité totale (OR = 1,02 ; IC95= 0,87-1,19). Ce bénéfice est à met- tre en balance avec les effets indésira- bles, mais les auteurs sont restés discrets sur ces derniers. Il faut aller chercher ces données dans le dernier paragraphe du chapitre résultats. 38,1% des patients sous traitement intensif ont eu un épisode d’hypoglycémievs 28,6 % dans le groupe prise en charge standard ; 2,3 % ont eu un épisode hypoglycémique sévère (avec hospitalisation ou nécessitant l’interven- tion d’un tiers)vs 1,2 % dans le groupe standard. Ces données n’ont pas béné- ficié d’une analyse statistique, mais, compte tenu des effectifs, il est certain que la différence entre les groupes est significative. Volume 21 N° 94 exercer la revue française de médecine générale 149 ailotoF ©
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Soins Mise au point (cid:129) une courbe dose/réponse facteur de Compte tenu de l’hétérogénéité des 32 % (IC95 = 6-51, p= 0,02) des décès risque/maladie de type linéaire ; résultats des essais, il est difficile de trans- liés au diabète, et de 44 % (IC95 = 11- (cid:129) un lien chronologique entre l’exposi- mettre un message binaire sur la néces- 65, p = 0,01) des AVC. tion au facteur de risque et la maladie; sité de réduire (à combien ?) l’hypergly- Ces résultats valident la nécessité d’abais- (cid:129) une plausibilité biologique entre le fac- cémie chronique. Malgré de nombreux ser la PA des patients atteints de DT2. teur de risque et la maladie ; essais de bonne qualité, il n’y a pas de Ils sont à mettre en parallèle avec ceux (cid:129) un impact clinique des modifications preuve tangible du bénéfice cardiovascu- de l’essai HOT21d’optimisation de la pres- ou de l’élimination du facteur de risque laire lié au traitement intensif de l’hy- sion artérielle diastolique (PAD). Dans cet sur la maladie. perglycémie chronique. Au moins 2 essai ayant inclus 1501 patients DT2, le Pour le lien entre hyperglycémie chro- essais randomisés ont montré qu’une risque d’événement cardiovasculaire grave nique et maladies cardiovasculaires, les intervention médicamenteuse intensive a été multiplié par 2,06 (IC95 = 1,24- 4 premières conditions sont bien démon- sur l’HbA1c augmentait la mortalité 3,44, p = 0,005) dans le groupe dont trées. En revanche, la dernière est loin de totale et cardiovasculaire8,13. De plus, l’objectif était une PAD (cid:2)90 mmHg com- l’être au regard des résultats hétérogènes une intensification du traitement médi- parativement au groupe ayant comme des essais randomisés solides à l’exception camenteux, en particulier avec les sul- objectif une PAD (cid:2) 80 mmHg. Aucun de UKPDS 34 (avec ses carences métho- famides ou l’insuline, augmente signifi- seuil effectif n'a été mis en évidence pour dologiques5,7). cativement les hypoglycémies sévères et la PAS. le poids. La RBP1préconise une PA < à 130/80mmHg Troisième hypothèse pour tous les patients DT2. Cependant, le L’HbA1c, qui est un bon reflet de l’hyper- < 130 mmHg ne repose sur aucune don- Quelles cibles glycémie chronique, n’est pas un para- née solide, et le <80mmHg exclusive- pour la pression artérielle ? mètre biologique de substitution témoin ment sur les résultats du sous-groupe de fidèle de la réduction du risque cardio- La RBP de 2006 préconise de maintenir diabétiques du seul essai HOT. De ce fait, vasculaire. Sa diminution n’est pas bien la PA des patients DT2 < 130/80 mmHg. les arguments pour un objectif de PA < corrélée à celle du risque cardiovasculaire À l’inclusion dans l’essai ESCAPE, seule- 130/80 mmHg sont ténus. comme l’est le LDL-cholestérol compara- ment 20% des 1 047 patients DT2 hyper- Depuis 2006, 2 études ont tenté de répon- tivement au cholestérol total par exemple. tendus en prévention primaire avaient une dre à la question de la cible de PAS ayant PA (cid:2)à cette cible19. Ceci témoigne pro- un rapport bénéfice/risque favorable. Quatrième hypothèse bablement de la difficulté à atteindre cet L’essai ACCORD-BP L’intensification du traitement médica- objectif en médecine de première ligne. menteux pour réduire l’HbA1c en des- Le bénéfice lié à la réduction de la PA des Cet essai randomisé nord-américain sous de 6,5 % n’a effectivement aucun patients DT2 a été démontré dans UKPDS financé par les autorités de santé22a assi- impact sur la survenue des événements 38. Cet essai financé par le système de gné la moitié des patients DT2 à une PAS cardiovasculaires chez les patients dont santé britannique20a comparé un traite- dite « normale » (< 120 mmHg !),vs une le DT2 est « ancien », y compris en pré- ment dit « intensif » de la PA (cible < PAS < 140 mmHg. Le critère de jugement vention secondaire. 150/85 mmHg)à une prise en charge plus principal était composite, associant les tolérante (cible < 180/105 mmHg) avec un IdM non fatals, les AVC non fatals et les bêtabloquant ou un inhibiteur de l’en- décès CV. Le critère de jugement secon- HbA1c : zyme de conversion (IEC) éventuellement daire était la mortalité totale. conclusions associé à d’autres antihypertenseurs. Le Quatre mille sept cent trente-trois patients pour la pratique critère principal de jugement composite ont été inclus. Ils avaient 62,2 ans de regroupait tous les événements liés au moyenne d’âge, un DT2 depuis 10 ans, Chez les patients jeunes, en début de diabète. une HbA1c moyenne à 8,4 % et une diabète, en prévention primaire, à Mille cent quarante-huit patients DT2 PA moyenne à 139/76 mmHg à l’inclu- faible risque cardiovasculaire et à hypertendus ont été inclus. Ils avaient sion. Environ 33 % d’entre eux étaient faible risque hypoglycémique, il est en moyenne 56,5 ans, et une PA à en prévention secondaire. Au bout de raisonnable de maintenir l’HbA1c 160/94mmHg à l’inclusion. Pendant l’es- 1an, puis pendant 3,7 années supplé- (cid:2)7 % de préférence avec la metfor- sai, les patients du groupe intensif ont mentaires, la PAS moyenne a été de mine ; eu une PA moyenne à 144/82 mmHg et 119,3mmHg dans le groupe intensif,vs Chez les patients plus âgés, après ceux du groupe témoin à 154/87 mmHg 133,5 mmHg dans le groupe témoin 8 à 10 ans de diabète, en prévention (p < 0,0001). (p < 0,0001). secondaire ou à haut risque CV, une Après un suivi moyen de 8,4 ans, il y a eu L’incidence annuelle du critère principal HbA1c comprise entre 7,5% et 8% une réduction significative de 24 % a été de 1,87 % dans le groupe intensif est une position acceptable18. (IC95= 8-38, p= 0,005) de tous les évé- vs 2,09 % dans le groupe témoin (HR = nements liés au diabète, une réduction de 0,88; IC95 = 0,73-1,06, p = 0,20). 150 exercer la revue française de médecine générale Volume 21 N° 94
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Mise au point Soins De l’aspirine Intensif Standard Hazard-Ratio p pour quels patients ? n = 2 363 (%/an) n = 2 371 (%/an) (IC95 %) IdM + AVC + Décès CV 208 (1,87) 237 (2,09) 0,88 (0,73-1,06) 0,20 Comme pratiquement toutes les recom- IdM non fatals 126 (1,13) 146 (1,28) 0,87 (0,68-1,10) 0,25 mandations internationales, la RBP 2006 AVC non fatals, (critère secondaire)36 (0,32) 62 (0,53) 0,59 (0,39-0,89) 0,01 préconise la prescription d’une dose cardio- Décès cardiovasculaires 60 (0,52) 58 (0,49) 1,06 (0,74-1,52) 0,74 préventive d’aspirine chez les patients DT2 Mortalité toutes causes 150 (1,28) 144 (1,19) 1,07 (0,85-1,35) 0,55 en prévention secondaire et en prévention primaire chez les patients hypertendus ou Tableau 5. Événements cliniques dans ACCORD-BP à haut risque cardiovasculaire (grade C). En prévention secondaire, le bénéfice cli- L’incidence annuelle de la mortalité totale PAS bien contrôlée (< 130 mmHg), une nique d’une dose cardiopréventive d’as- a été de 1,28 %vs 1,19 % (HR = 1,07 ; PAS « correctement » contrôlée (entre pirine est validé25. IC95 = 0,85-1,35, p= 0,55). Enfin, l’in- 130 et 140 mmHg) et une PAS mal contrô- En prévention primaire, cette recomman- cidence annuelle absolue des AVC (cri- lée (> 140 mmHg). dation repose essentiellement sur l’ana- tère secondaire) a été respectivement de Cette étude non randomisée a exploré lyse en sous-groupe des patients DT2 de 0,32 % et 0,53 % : HR = 0,59 ; IC95 = un sous-groupe de 6400 patients DT2 l’essai HOT21, sur l’essai EDTRS26 (qui a 0,39-0,89, p= 0,01 (tableau 5). ayant une maladie coronaire, extraits inclus des patients diabétiques de type 1 En termes d’effets indésirables, l’incidence des 22576 patients inclus dans l’essai et 2) et sur l’analyse en sous-groupe des annuelle imputée aux médicaments anti- INVEST24. Le critère de jugement princi- patients DT2 de l’essai PPP27. Globalement, hypertenseurs a été de 3,3 % dans le pal associait les IdM, les AVC non fatals la synthèse de ces essais suggérait que groupe intensif, versus 1,3 % dans le et les décès CV. Les patients étaient âgés la balance bénéfice/risque d’une petite groupe standard (p < 0,001). de 66 ans. Deux mille deux cent cin- dose d’aspirine était favorable chez les En conclusion, amener la PA systolique quante-cinq d’entre eux étaient bien patients DT2 en prévention primaire à des patients DT2 à haut risque en dessous contrôlés, 1 970 étaient « correctement» condition qu’ils aient une hypertension de 120 mmHg ne confère aucun bénéfice contrôlés et 2 175 mal contrôlés. artérielle associée ou qu’ils soient à haut par rapport à une PAS < 140mmHg. Le Pendant 16 893 patients/années de suivi, risque cardiovasculaire. résultat sur les AVC (critère secondaire) a et après ajustement sur les différences Depuis 2006, une méta-analyse et 2 essais une valeur exploratoire à confirmer par un entre les groupes à l’inclusion, 12,7 % randomisés évaluant l’intérêt de l’aspi- essai ayant cet événement comme critère des patients bien contrôlés, 12,6 % des rine chez les patients DT2 ont été publiés. principal. patients « correctement » contrôlés et La méta-analyse 19,8 % des patients mal contrôlés ont L’étude INVEST-BP de l’Antithrombotic Trialists’ eu au moins 1 des événements du cri- Collaboration Cette étude observationnelle multicen- tère principal. Il n’y avait pas de diffé- trique23, financée à la fois par l’université rence significative entre les bien contrô- Cette méta-analyse28portait sur 6 grands de Floride et l’industrie pharmaceutique, lés et les « correctement » contrôlés : essais randomisés regroupant 93 000 par- avait pour objectif de mesurer l’impact de HR ajusté = 1,11 (IC95 = 0,93-1,32, ticipants dont 4 000 patients DT2. Dans la PAS sur les événements cardiovascu- p = 0,24). En revanche, il y avait une cette sous-population, l’aspirine a signi- laires des patients atteints de DT2. Ces augmentation significative des événe- ficativement réduit les événements cardio- patients, tous en prévention secondaire, ments entre les patients mal contrôlés et vasculaires de 12 % (RR = 0,88, IC95 = ont été stratifiés selon qu’ils avaient une les patients « correctement » contrô- 0,82-0,94). Cette réduction portait uni- lés: HR ajusté= 1,46 (IC95= 1,25-1,71, quement sur les IdM non fatals et il n’y p< 0,001). avait pas de différence sur les AVC et les Pression artérielle : Au total, il n’y avait pas de différence décès CV. Ce bénéfice était à mettre en significative entre une PAS < 130 mmHg balance avec une augmentation significa- conclusion et une PAS comprise entre 130 et tive des hémorragies cérébrales. pour la pratique 140mmHg. En revanche, il y avait un L’essai POPADAD Il n’y a pas de bénéfice clinique à bénéfice clinique en faveur d’une PAS abaisser la PAS des patients atteints comprise entre 130 et 140 mmHg par POPADAD29 était un essai randomisé de DT2 en dessous de 130/80 mmHg. rapport à une PAS > 140 mmHg. financé par le Medical research councilbri- En termes de rapport bénéfice/risque, Même si cette étude non randomisée n’a tannique ayant évalué les bénéfices et les une PAS maintenue entre 130 et pas le niveau de preuve d’ACCORD-BP, risques de 100 mg/j d’aspirine chez les 140 mmHg est un compromisaccep- elle va dans le sens qu’il n’y a pas de patients DT2 atteints d’AOMI asymptoma- table. bénéfice clinique à abaisser la PAS en des- tique (index de pression systolique (cid:2)0,99). sous de 130 mmHg. Les 636 patients inclus étaient âgés en Volume 21 N° 94 exercer la revue française de médecine générale 151
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Soins Mise au point moyenne de 60 ans et étaient diabétiques <1,90g/L jusqu’en 2001, puis < 1,75g/L, depuis environ 6 ans. Au cours d’un suivi Aspirine : conclusions triglycérides < 1,50 g/L. La prescription médian de 6,7 ans, il n’y a pas eu de dif- pour la pratique d’un IEC et d’aspirine était systématique. férence significative sur le critère principal L’intervention s’étendait à l’hygiène de composite (décès coronaires et cérébrovas- Compte tenu de l’hétérogénéité des vie : lutte contre le tabagisme et la séden- culaires, IdM et AVC non fatals, amputa- résultats des essais en prévention tarité, et intervention diététique. tions) entre le groupe aspirine et le groupe primaire, et en attendant ceux de Les patients du groupe témoin étaient placebo (HR = 0,98 ; IC95 = 0,76-1,26), ni 2 grands essais en cours, l’American suivis par leur médecin habituel selon les sur la mortalité totale (HR = 1,23 ; IC95 = diabetes association, l’American recommandations danoises : HbA1c 0,79-1,93). Il n’y a pas eu non plus de dif- heart associationet l’American col- <7,5% jusqu’en 2001, puis < 6,5 %, férence en termes d’effets indésirables, en lege of cardiology ont publié une PA < 160/95 mmHg jusqu’en 2001, puis synthèse31 de la littérature avec particulier sur les hémorragies digestives. < 135/85 mmHg, cholestérol total méta-analyse pouvant se résumer <2,50g/L jusqu’en 2001, puis < 1,90g/L, L’essai JPAD ainsi : triglycérides < 1,95 g/L jusqu’en 2001, (cid:129)l’aspirine a des bénéfices modestes Une équipe japonaise30 financée par le puis < 1,80 g/L. La prescription d’aspi- (– 10 %) sur les événements car- ministère de la santé a évalué les bénéfices rine était recommandée en cas de mala- diovasculaires des patients DT2 en et les risques de 81 à 100 mg/j d’aspirine die cardiovasculaire avérée. prévention primaire ; chez 2539 patients atteints de DT2 en Le critère de jugement principal était com- (cid:129)dans la « vraie vie », le risque hémor- prévention primaire. Les patients étaient posite : décès CV, IdM non fatals, pon- ragique est d’environ 1 à 5/1000 âgés en moyenne de 65 ans et étaient tages coronaires, angioplasties percuta- par an ; diabétiques depuis 7 ans. Le critère prin- nées, AVC non fatals, revascularisations ou (cid:129)le bénéfice préventif de l’aspirine cipal était composite, associant les IdM amputations des membres inférieurs. augmente parallèlement au risque fatals et non fatals, les AVC fatals et non Les critères secondaires étaient la surve- cardiovasculaire global ; fatals, et les AOMI cliniques. Les critères nue de complications microvasculaires. (cid:129)chez un patient DT2 dont le secondaires étaient les multiples combi- risque cardiovasculaire à 10 ans À l’inclusion, les patients avaient un DT2 naisons 2 à 2 des composants du critère est (cid:3) 10 %, le bénéfice d’une depuis 5,8 ans, avec une HbA1c moyenne à principal et la mortalité totale. dose cardiopréventive d’aspirine 8,6 %, et une PA moyenne à 147/86mmHg. Dans cet essai randomisé, et après 4,4ans est supérieur au risque. Il est jus- Pendant les 7,8 années de suivi, 33 évé- de suivi, il n’y a pas eu de différence entre tifié de prescrire de l’aspirine à nements CV ont été enregistrés dans le les 2 groupes sur le critère principal : HR= ces patients sauf à ceux à haut groupe intensif, vs85 dans le groupe trai- 0,80 (IC95 = 0,58-1,10, p= 0,16). Il n’y risque hémorragique (antécédent tement conventionnel : HR = 0,47 ; a pas eu de différence non plus sur la d’hémorragie digestive ou d’ul- (IC95= 0,22-0,74, p= 0,01). Les réduc- mortalité totale. En revanche, sur le critère cère gastroduodénal, consomma- tions relatives du risque de néphropathie combiné (secondaire) associant les IdM tion concomitante d’anti-inflam- (HR = 0,39 ; IC95 = 0,17-0,87, p=0,003), et les AVC fatals, il y a eu une différence matoire, patient prenant des de rétinopathie (HR = 0,42 ; IC95 = 0,21- significative en faveur du groupe aspi- AVK); 0,86, p= 0,02), et de neuropathie (HR = rine: 1 événement dans le groupe aspi- (cid:129)chez les patients DT2 jeunes à fai- 0,37 ; IC95 = 0,18-0,79, p = 0,002) rine versus 10 dans le groupe placebo ble risque cardiovasculaire (< 10% étaient également significatives. Les à 10 ans), les risques de l’aspirine (HR = 0,10 ; IC95 = 0,01-0,90, p= 0,004). valeurs de l’HbA1c, des PAS et PAD, du surpassent les bénéfices attendus. Le faible nombre d’événements explique cholestérol total, des triglycérides et de l’extrême largeur (donc l’incertitude) de l’excrétion urinaire d’albumine étaient l’intervalle de confiance. toutes significativement plus basses dans En termes d’effets indésirables graves, il le groupe prise en charge intensive. n’y a pas eu de différence entre les Les résultats de l’étude Steno-2 ont été 2groupes, en particulier sur les hémorra- sur la mortalité et la survenue de compli- publiés en 2003, et pris en compte gies digestives et intracérébrales. cations micro- et macrovasculaires32. Cent dans la RBP de 2006, qui la résumait en soixante patients âgés en moyenne de ces termes : « Au total, le traitement 55 ans et atteints de DT2 avec microalbu- intensif réduit de plus de 50 % le risque La prise en charge minurie ont été randomisés et suivis pen- de microangiopathie et de complica- multifactorielle dant 7,8 ans. Dans le groupe interven- tions macrovasculaires du diabète de tion suivi par une équipe de diabéto- type 2. » L’essai Steno-2 logues, un traitement intensif visait les En 2008, les mêmes auteurs ont publié Cet essai financé par le Danish Health valeurs cibles suivantes : HbA1c < 6,5 %, les résultats du suivi observationnel des Research Councila évalué l’impact d’une PA < 140/85 mmHg jusqu’en 2001, 130patients ayant terminé la phase ran- prise en charge intensive multifactorielle puis < 130/80 mmHg, cholestérol total domisée, 5,5 ans après son terme33. 152 exercer la revue française de médecine générale Volume 21 N° 94
Les objectifs préconisés dans la recommandation française sur le traitement médicamenteux du diabète de type 2 sont-ils encore d’actualité ?
Mise au point Soins Après 13,3 ans de suivi, 24 patients du La principale faiblesse de Steno-2 est sa groupe intervention étaient décédés, validité externe : il s’agissait d’une popu- contre 40 dans le groupe témoin (HR = lation très sélectionnée : patients danois, 0,54 ; IC95 = 0,32-0,89, p = 0,02). Le caucasiens, suivis pour leur DT2 dans une traitement intensif initial était également clinique spécialisée, ayant une microalbu- associé à une réduction du risque de minurie de 30 à 300 mg/L à l’inclusion (ce décès CV (HR = 0,43 ; IC95 = 0,19-0,94, qui correspond à environ 20 % des diabé- p= 0,04), d’événements CV (HR = 0,41; tiques et à un haut risque cardiovascu- IC95 = 0,25-0,67,p< 0,001), de néphro- laire), et ne consommant pas d’alcool (!). pathie (HR = 0,44 ; IC95 = 0,25-0,77, p= 0,004), et de photocoagulation réti- Conclusion nienne (HR = 0,45 ; IC95 = 0,23-0,86, p= 0,02). La recommandation française sur la Il n’y avait pas de différence entre les prise en charge médicamenteuse groupes en termes d’hypoglycémies, du diabète de type 2 basée sur sévères ou non, ou d’autres effets indé- des études dont les résultats sirables. Enfin, il n’y avait pas de diffé- prêtent à controverse fête rence sur le nombre de médicaments sa quatrième année. prescrits pour le diabète ou ses compli- Depuis 2006, de nombreux cations. essais randomisés de bonne Au total, les résultats de l’essai initial ont qualité ont été publiés. Ils por- été confirmés 5 ans plus tard, avec en tent sur la cible optimale d’HbA1c, plus une différence sur la mortalité totale sur le niveau de PAS souhaitable, sur la et cardiovasculaire que le faible nombre justification de la prescription d’aspirine de décès à l’issue de la phase randomisée en prévention primaire et sur l’impact ne permettait pas de démontrer. d’une prise en charge multifactorielle. Steno-2 est le seul essai randomisé plai- Les résultats de ces essais sont suscep- dant clairement en faveur d’une inter- tibles de profondément modifier la vention intensive. Cependant, il ne s’agis- RBP, d’optimiser les pratiques médi- sait pas seulement de réduire l’HbA1c, cales et d’aider les médecins à amé- mais d’intervenir sur tous les facteurs de liorer le confort et la santé des risque, y compris sur le mode de vie du patients en se basant sur des patient (sans grand succès pour le tabac, données scientifiques l’exercice physique, le poids et le tour de consistantes. taille). Dans cet essai, rien ne permet de Il est temps de mesurer la part respective de l’impact de réévaluer l’intensification de la prise en charge sur les objectifs et les stratégies théra- chacun des facteurs de risque dans la peutiques préconisés dans la recom- réduction du risque global. mandation Afssaps-HAS 2006. © Fotolia Summary French clinical guidelines for the drug treatment of type 2 diabetes (T2D) were released in November 2006. They were mainly UKPDS based with poor evidence and controversial outcomes. Several randomised controlled trials on this topic have been published afterwards in high impact factor journals. (cid:129) There is no evidence that an HbA1c under 6.5% prevents cardiovascular complications which are the more frequent. This strategy might be harmful excepted for young obese patients with recent TD2 (available data still being unclear there). (cid:129) There is no beneficial effect in lowering blood pressure under 130 mmHg compared to 140. (cid:129) The beneficial effect of aspirin is controversial in primary prevention of cardiovascular complications. It should only be prescribed for secondary prevention and in patients at high cardiovascular risk (>10%; over 10 years) with a low indivi- dual hemorrhagic risk. (cid:129) Multifactorial management of T2D patients at high cardiovascular risk reduces death and complication rates. There’s a significant gap between the French guidelines and the latest scientific evidences. It’s time to close this gap by renewing these guidelines, and therefore help physicians in providing better care for their patients. Volume 21 N° 94 exercer la revue française de médecine générale 153
Les objectifs préconisés dans la recommandation française sur le traitement médicamenteux du diabète de type 2 sont-ils encore d’actualité ?
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FICHE TECHNIQUE LES DIABETES
Fiches Techniques FT 001 FICHE TECHNIQUE : LES DIABETES Mise à jour : 04/01/2010 Sources : http://www.diabete.fr http://www.afd.asso.fr http://www.vulgaris-medical.com INTRODUCTION : DIABETE SUCRE Le corps est constitué de cellules dont l’assemblage forme les organes (muscles, coeur...). Chaque cellule peut être considérée comme un moteur qui produit de l’énergie lorsque ces organes sont en activité : son carburant est le glucose (sucre). Ce carburant, nous le trouvons dans l’alimentation. Une hormone est responsable de la gestion de cette énergie : l’insuline (hypoglycémiante) (nota : glucagon = hormone hyperglycémiante). Elle est fabriquée par des cellules spécialisées produites par le pancréas, appelées îlots de Langerhans (du nom du médecin berlinois qui les découvrit au 19 ème siècle). Lorsque le glucose arrive dans le tube digestif et passe dans le sang, l’insuline alors libérée le distribue aux différents organes. Ces derniers l’utilisent ou le stockent, ce qui fait baisser le taux de sucre (la glycémie) dans le sang. Que signifie l’appellation "diabète sucré" ? Le terme "diabète" signifie miction excessive, et le terme "sucré", du latin mellitus, signifie miel. Autrefois, les médecins diagnostiquaient le diabète en goûtant l'urine du patient et ont constaté qu'elle avait un goût sucré. Qu'est-ce qui ne fonctionne pas dans le cas d'un diabète sucré ? Le diabète sucré est une maladie chronique, provoquée par un manque partiel ou total d'insuline. Si le sucre ne peut pas pénétrer dans vos cellules pour y être utilisé, il s'accumule dans la circulation sanguine. Par conséquent, des niveaux élevés de glycémie sont la caractéristique du diabète. L'excédent de sucre est aussi excrété dans les urines, d'où la pratique ancienne consistant à goûter les urines pour établir le diagnostic. Le diabète est une augmentation du taux de glucose (sucre) dans le sang, qui se définit par un taux de glycémie à jeun supérieur ou égal à 1,26g/l (mesuré à deux reprises) ou par une glycémie supérieure à 2 g/l (11mmol/l) à n’importe quel moment de la journée (Source : Guide HAS pour patients - ALD - Octobre 2006 ). Dans le cas du diabète de type 1 (insulinodépendant), cette augmentation du taux de glucose dans le sang est principalement due à l’absence de sécrétion d’insuline par les cellules BETA du pancréas. Dans le cas du diabète de type 2 (non insulinodépendant), une diminution de la sécrétion d’insuline est associée à une mauvaise utilisation de l’insuline par les cellules du corps humain (insulinorésistance). L’insuline est normalement produite par les cellules bêta du pancréas – c’est dans cette partie du corps qu’est produite l’insuline et d’autres hormones et substances qui interviennent sur le métabolisme des nutriments. L’insuline est l’hormone la plus importante intervenant dans la régulation du glucose sanguin. Le diabète peut également affecter le métabolisme des lipides. Il est d’autre part le plus souvent associé à l’obésité, aux maladies cardiovasculaires et à l’hypertension dans le cas du diabète de type 2. Les valeurs normales de la glycémie Les personnes non diabétiques ont une glycémie à jeun inférieure à 1,10 g/l (6,0 mmol/l ) et une glycémie après les repas inférieure à 1,40 g/l (7,8 mmol/l ) selon les directives internationales. FT001_Diabetes.doc Page 1 sur 13
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Fiches Techniques On parle de diabète lorsque la glycémie à jeun est supérieure ou égale à 1,26 g/l (7mmol/l), mesurée au moins à deux reprises. On est également diabétique si, quel que soit le moment de la journée, la glycémie est supérieure ou égale à 2 g/l (soit 11mmol/l) au moins à deux reprises. Source : ANAES "Principes de dépistage du diabète de type 2" Les personnes qui ont des niveaux de glycémie se situant entre les valeurs normales et les valeurs caractéristiques du diabète sont identifiées comme ayant une "mauvaise tolérance au glucose", un état de « pré-diabète » qui augmente le risque de développer un diabète ultérieurement. Votre médecin devra peut être effectuer un test particulier pour obtenir le diagnostic exact. SYMPTÔMES Les symptômes du diabète sucré sont (liste non exhaustive) : - Une soif intense (polydipsie) qui correspond à la fuite d'urine - Une émission d'urine fréquente (polyurie) et importante : 3 à 4 litres par jour - Un amaigrissement correspondant à une fonte de la graisse de l'organisme ainsi que des muscles - Une asthénie (fatigue intense) - Des douleurs abdominales - Une odeur de l'haleine caractéristique de type acétonique - Parfois, une faim intense LES CAUSES DU DIABETE DE TYPE 1 Le diabète de type 1 s’installe quand le système de défense naturelle de l’organisme contre les virus et les bactéries détruit les cellules du pancréas responsables de la production d’insuline. La ou les causes à l’origine d’une telle affection ne sont pas pour l’instant clairement établi. Toutefois, nous savons que les membres de certaines familles sont davantage susceptibles que d’autres de devenir diabétiques. Nous savons également que certains facteurs externes (infections virales) jouent un rôle. Il faut souligner que dans la grande majorité des cas (90%) les cas de diabètes sont isolés, non familiaux. Le mode d’interaction de tous ces facteurs est inconnu. LES CAUSES DU DIABETE DE TYPE 2 Le diabète de type 2 (désigné par le passé sous le terme de diabète non insulinodépendant ou DNID) s'installe lorsque 2 anomalies sont réunies : - Les cellules de votre organisme deviennent moins sensibles à l’insuline qui ne peut remplir son rôle. Cela survient le plus souvent chez les sujets en surpoids, sédentaires et ayant une alimentation trop riche. En conséquence à cette inefficacité, votre pancréas produit plus d’insuline pour obtenir les mêmes effets. - Votre pancréas est défaillant et après quelques mois ou années, n’arrive plus à produire suffisamment d’insuline pour compenser la diminution de sensibilité de vos cellules à l’insuline. Cette insuffisance est plus prononcée durant les repas. C’est à ce moment qu’apparaît le diabète. Cette défaillance du pancréas est probablement héréditaire. Ces 2 anomalies sont nécessaires pour développer le diabète. Par exemple, seuls 30% des patients en surpoids sont diabétiques. Les autres ont un pancréas qui fonctionne tout à fait normalement et qui arrive à compenser l’inefficacité de l’insuline. FT001_Diabetes.doc Page 2 sur 13
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Fiches Techniques PHYSIOLOGIE L’utilisation du glucose par le cerveau et les autres tissus de l’organisme est dépendant des hormones qui sont habituellement extrêmement efficaces. Néanmoins, quelquefois le système est dépassé, ce qui aboutit à l’hypoglycémie. Grâce à l’insuline, la régularisation et le stockage du sucre dans l’organisme se font essentiellement dans les muscles et dans le foie. Arrivé dans l’intestin par l’intermédiaire du tube digestif, le sucre passe dans la circulation sanguine puis dans le foie et enfin vers les sites d’utilisation et de stockage. Ce mécanisme se met en marche immédiatement après l’absorption d’aliments contenant des glucides. En dehors des repas, une série de réglage hormonaux permet de maintenir le taux de glucose dans le plasma (partie liquidienne du sang) à un niveau qui est sans danger pour le système nerveux central, fournissant parallèlement de l’énergie aux autres tissus de organisme. Les glucides provenant du foie sont issus du glycogène hépatique, qui est une longue chaîne de glucides mis bout à bout et servant de réserve. La quantité de glycogène stockée est d’environ 70 grammes. La glycogénolyse, qui correspond à la dégradation du glycogène pour donner du glucose utilisable, permet de maintenir la glycémie normale durant environ 8 à 10 heures. En cas d’exercice, cette période est bien évidemment diminuée. Une maladie, une hyperthermie (élévation de la température) ou un stress raccourcissent également cette période. Un autre mécanisme peut venir compenser le manque de glycogène : il s’agit de la néoglucogenèse qui correspond à l’utilisation d’autres nutriments que les glucides pour maintenir la glycémie normale. L’hormone principale participant au maintien de la concentration dans le plasma d’une quantité suffisante de sucre est le glucagon. Mais d’autres hormones comme l’adrénaline, le cortisol et l’hormone de croissance participent également à ce mécanisme. La glycémie monte après un repas Après avoir mangé, la glycémie (dite post prandiale, 1h30 à 2h après un repas) augmente. Chez une personne non diabétique, l’insuline est libérée dans le sang et emmenée, avec le sucre, vers toutes les cellules de l’organisme. L’insuline agit comme une clé et ouvre des portes dans les parois des cellules musculaires, permettant ainsi au sucre circulant dans le sang de pénétrer dans la cellule pour fournir de l’énergie. L’insuline ouvre également les portes du tissu graisseux ou musculaire pour que le sucre soit stocké en attendant d’être relargué au fur et à mesure des besoins. Ceci abaisse de nouveau la glycémie à son niveau normal. Quand vous êtes diabétique L’insuline agit comme une clé. Lors du diabète, l’organisme ne peut plus produire ces clés en quantité suffisante pour ouvrir les portes des cellules. Si le sucre ne peut pas pénétrer dans vos muscles et les autres cellules pour produire de l’énergie, vous vous sentez fatigué (asthénie) et, le sucre ne pouvant entrer dans les cellules pour y être utilisé, s’accumule dans le sang (hyperglycémie). Au début de votre diabète, est donc observée une hyperglycémie. Du sucre dans les urines L’urine se forme dans les reins quand le sang est filtré. Sans une quantité suffisante d’insuline, la quantité de sucre dans votre sang atteint des niveaux très élevés. Au-delà d’une glycémie égale à 1,80 g/l (10 mmol/l), une partie du sucre s’élimine alors avec l’urine, via les reins (c’est la « glycosurie »). Cela signifie, en quelque sorte, que les glucides alimentaires ne sont pas utilisés et sont rejetés dans les urines. Le sucre qui s’élimine avec l’urine emmène avec lui beaucoup d’eau, provoquant des urines claires et abondantes et une soif importante. Vous buvez alors beaucoup (« polydipsie ») et urinez souvent (« polyurie »). Les cétones dans les urines Sans l’insuline nécessaire, votre organisme ne peut pas utiliser le sucre, et il essaie de brûler des graisses alors utilisées comme autre source d’énergie. Quand votre foie brûle des graisses trop rapidement, il produit en les dégradant des toxiques appelés « corps cétoniques ». Ces corps FT001_Diabetes.doc Page 3 sur 13
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Fiches Techniques cétoniques sont dangereux car lorsqu’ils sont produits en grandes quantités ils rendent le sang acide et sont responsables de l’apparition d’une acidose. Quand les corps cétoniques atteignent vos reins, certains sont excrétés dans les urines avec le sucre : c’est la "cétonurie". COMPLICATIONS DE LA MALADIE Les complications susceptibles survenir au cours du diabète sucré sont (liste non exhaustive) : L'acidocétose : élévation excessive de l'acidité du sang due à une accumulation d'éléments appelés corps cétoniques. Ces corps cétoniques sont des produits chimiques : l'acétone, l'acide bétaoxydobutyrique et l'acide diacétique. L'acidocétose s'observe quand un individu reste une longue période sans s'alimenter. Elle est observée également lors de vomissements importants et prolongés. Mais l'acidocétose est également une complication du diabète sucré qui se caractérise par le fait que le glucose (sucre) ne rentre pas dans les cellules où il est nécessaire. Les cellules vont devoir utiliser d'autres constituants comme combustible pour fonctionner. Elles s'orientent alors vers les acides gras (qui sont les éléments de base des corps gras contenus dans le sang), dont la dégradation par les cellules va entraîner la formation d'autres éléments chimiques qui vont alors s'accumuler dans le sang, les corps cétoniques. L'acidocétose se caractérise par une odeur de l'haleine caractéristique, des nausées, des vomissements, une anorexie (perte de l'appétit) et des douleurs abdominales. Dans certaines situations, elle se traduit, pour les cas graves, par une déshydratation, accompagnée d'une respiration accélérée (respiration de Kussmaul et Kien) pour permettre l'élimination du gaz carbonique accumulé dans l'organisme, source d'acidité sanguine. Le traitement consiste simplement à administrer des substances basiques destinées à faire monter le pH (diminuer l'acidité) en neutralisant les acides présents dans le sang. Quand la cause de l'acidocétose est un diabète sucré insulinodépendant, il faut faire des injections d'insuline pour rééquilibrer le taux de sucre dans le sang. Dans les cas les plus graves, il peut survenir un coma consécutif à l'accumulation trop importante de corps acides dans l'organisme. Au niveau de la rétine, on observe, grâce à l'examen appelé le fond d'œil ou à l'angiographie à la fluorescéine (qui consiste à visualiser les petites artères du fond de l'œil après avoir injecté au patient un produit permettant de voir celles-ci sur une radio spéciale), les dégâts provoqués par le diabète. Ces dégâts sont directement dépendants de l'ancienneté du diabète. Les vaisseaux de la rétine doivent normalement être imperméables, mais on assiste à une fuite de la fluorescéine pendant l'examen, ce qui traduit une lésion au niveau des petites artères de cet organe. Un œdème se constitue alors, que l'on appelle œdème maculaire, entraînant une baisse de l'acuité visuelle, et nécessitant un traitement particulièrement difficile. Il peut survenir également des petites thromboses (obstruction dans les petits vaisseaux) et des hémorragies rétiniennes. Un glaucome et un décollement de la rétine peuvent également aggraver le pronostic. Le traitement est avant tout préventif, et passe par un bon équilibre du taux de sucre dans le sang (glycémie), que l'on pourra suivre sur de longues périodes grâce à l'utilisation d'un examen appelé dosage de l'hémoglobine glycosylée. La photocoagulation, qui consiste à utiliser le laser pour coaguler certaines zones de la rétine, est également utilisée. Au niveau des reins, le diabète provoque une maladie appelée néphropathie, à l'origine d'une grande mortalité. Celle-ci ne se développe que chez 35 à 45 % des diabétiques insulinodépendants. Elle commence par l'apparition de ce qu'on appelle une microalbuminurie, c'est-à-dire l'apparition dans les urines d'albumine par petites quantités. Celle-ci est comprise entre 30 et 300 mg/24 h, apparaissant au plus tôt 5 ans après la découverte du diabète. Puis survient le stade de macroalbuminurie, c'est-à-dire l'apparition d'une quantité beaucoup plus importante d'albumine dans les urines, de l'ordre de 300mg/24h et donc détectable à la bandelette urinaire. Ensuite apparaît une hypertension artérielle, et la clairance de la créatinine se détériore progressivement jusqu'à ce que le malade soit en insuffisance rénale. La créatinine est une substance constituée d'azote qui provient de la dégradation de la créatine, qui est un constituant du tissu musculaire. Normalement, la créatinine doit être éliminée par les reins dans les urines. Dès que son taux augmente anormalement dans le sang, cela signifie que la fonction rénale (filtration du sang par les reins) n'est plus suffisante. Son taux dans le sang ne doit pas dépasser 115 micromoles par litre, soit 7 à 13 mg par litre. La mortalité des patients avec une insuffisance rénale est liée en partie à la maladie cardiovasculaire, c'est-à-dire touchant le cœur et les FT001_Diabetes.doc Page 4 sur 13
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Fiches Techniques vaisseaux, dont le risque est 30 à 40 fois supérieur à celui des diabétiques qui ne sont pas insulinodépendants et qui n'ont pas de maladie rénale. Ici aussi, la prévention passant par un bon équilibre de la glycémie est le meilleur traitement. L'utilisation d'un médicament que l'on appelle inhibiteur de l'enzyme de conversion semble intéressante. Ce médicament abaisse la tension artérielle et donc diminue directement la pression qui règne au niveau des reins, et plus précisément au niveau des glomérules, qui sont la première partie de la cellule de base du rein. Cette cellule de base est constituée par le néphron (unité anatomique et fonctionnelle du rein) où a lieu la formation de l'urine primitive (la première urine) élaborée à partir du sang. Certains médecins ajoutent aux inhibiteurs de l'enzyme de conversion, deux autres médicaments, qui sont les inhibiteurs calciques et les antihypertenseurs (diurétiques). Les neuropathies sont les complications touchant le système nerveux. Elles se traduisent essentiellement par la polynévrite (inflammation des nerfs) touchant surtout les membres inférieurs. Elles se déclarent par des paresthésies (troubles de la sensibilité avec petite anesthésie) et des dysesthésies (impression palpatoire anormale des choses), qui sont parfois douloureuses. Le médecin trouvera des réflexes modifiés et une atteinte des systèmes nerveux, génital et urinaire, mais également du tube digestif et du cœur, pouvant être à l'origine de l'augmentation de la mortalité. D'après une étude appelée la DCCT, un bon équilibre glycémique permet de réduire de 60 % la survenue d'une neuropathie clinique (maladie touchant le système nerveux). Au niveau des artères des membres inférieurs, le tabac aggrave bien évidemment le risque du diabète, et entraîne un durcissement des artères pouvant se manifester par une difficulté à la marche, l'apparition d'un ulcère, la disparition des pouls (la palpation des pouls ne montre plus le passage du sang) dans les artères. L'utilisation de l'écho Doppler artériel des membres inférieurs permet d'apprécier le siège et l'étendue des lésions. Il est alors préférable de passer un examen appelé artériographie qui consiste à visualiser l'état des artères des membres inférieurs en utilisant une substance radio-opaque introduite dans celles-ci. Cet examen aurait d'autre part l'avantage de pouvoir prévoir chirurgicalement, en cas de besoin, ce qu'on appelle une revascularisation, c'est-à-dire la création d'un nouveau système vasculaire pour permettre aux membres inférieurs de retrouver une irrigation normale. Le pied diabétique est une complication grave et fréquente. Elle est due aux troubles vasculaires eux-mêmes liés à l'athérosclérose des grandes artères et à leur durcissement, les petites artères pouvant entraîner une microangiopathie, c'est-à-dire une maladie des artérioles et des capillaires qui aboutit à une ischémie tissulaire (absence d'irrigation par le sang de certains tissus de l'organisme). L'hygiène des pieds prend alors toute son importance chez les diabétiques, sinon la survenue d'ulcères de taille variable est susceptible de creuser en profondeur l'épaisseur de la jambe. L'apparition de ce qu'on appelle le mal perforant plantaire constitué, par une ulcération indolore, peut creuser également jusqu'à l'os. Dans ce cas, il est absolument nécessaire de supprimer le point d'appui, et de pratiquer une désinfection locale avec, si besoin, l'utilisation d'antibiotiques par voie générale. La maladie de Dupuytren est observée chez 15 à 30 % des diabétiques insulinodépendants, alors que cette maladie est observée chez seulement 5 % de la population générale. Elle consiste en une rétraction des tendons de la paume de la main, dont on ne connaît pas l'origine. Un prurit (démangeaisons importantes) et l'apparition de taches brunes sur la jambe au niveau du tibia. Des complications infectieuses d'origine bactériennes, dues essentiellement à la présence de staphylocoque ou de champignons, qui touchent l'appareil génital, l'appareil urinaire, les poumons, la peau. FT001_Diabetes.doc Page 5 sur 13
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Fiches Techniques HYPERGLYCEMIE SUR TERRAIN DIABETIQUE L'hyperglycémie aiguë, souvent appelée "l'hyper", survient quand le niveau de glycémie est franchement trop élevé, typiquement au-dessus de 2,7 g/l (15 mmol/l). Cela peut arriver après un gros repas ou en cas de maladie (infection, fièvre, gastro-entérite,…). L'hyperglycémie survient au cours du diabète sucré. Le passage du glucose du sang dans les urines (glycosurie) à partir d'un certain seuil est susceptible d'évoluer vers un syndrome polyuropolydipsique si le diabète n'est pas rééquilibré. Ce syndrome se traduit par l'apparition d'une soif intense et des urines particulièrement abondantes. L’évolution du syndrome polyuropolydipsique peut se faire vers la déshydratation (perte liquidienne) d'un individu. L'hyperglycémie aiguë n'est généralement pas grave si la hausse de glycémie est de courte durée, mais des niveaux de glycémie très élevés peuvent représenter une urgence médicale s'ils ne sont pas identifiés et traités comme il se doit (présence de corps cétonique dans les urines : cétonurie). En outre, des périodes prolongées de glycémie élevée, même modérément, peuvent entraîner de graves complications du diabète (lésion des vaisseaux sanguins notamment). HYPOGLYCEMIE SUR TERRAIN DIABETIQUE L'hypoglycémie est surtout importante en cas de diabète de type 1. L'hypoglycémie, "l'hypo"comme l'appellent souvent les diabétiques, survient quand la glycémie baisse jusqu'à un niveau en dessous de 0,50 g/l (2,5 mmol/l), c'est une complication du traitement par insuline et/ou certains comprimés. Le terme "hypoglycémie" signifie littéralement "glycémie basse". Chez une personne traitée par des médicaments antidiabétiques, la glycémie est considérée comme basse quand elle est en dessous de 0,50 g/l (2,5 mmol/l) ; bien que les signes de « l’hypo » peuvent être ressentis dès 0,60 g/l (3,3 mmol/l). Le diabète de type 2 est normalement assorti d'une glycémie élevée, cependant certains médicaments antidiabétiques oraux agissent en augmentant la quantité d'insuline que vous produisez. L'insuline supplémentaire ôte le sucre du sang en l'aidant à pénétrer dans les cellules de l'organisme. Symptômes En cas d'hypoglycémie, on peut identifier les symptômes suivants : sensation de faiblesse, somnolence, agitation, sueur, tremblements, faim, anxiété, irritabilité et vertiges. On peut également ressentir une perte de concentration, avoir une impression de froid ou de moiteur et devenir pâle. Dans certains cas très graves, il peut y avoir perte de conscience et même coma. Le glucose est la principale substance énergétique susceptible de faire défaut au cerveau. Une carence (absence) en glucose entraîne des perturbations et un fonctionnement anormal de cet organe, pouvant aller jusqu’à des lésions cellulaires et tissulaires, et même jusqu’à la mort quand la carence se prolonge dans le temps. Comparativement aux autres tissus, le cerveau ne peut utiliser d’autres sources énergétiques comme les acides gras (constituants de base des corps gras : lipides). FT001_Diabetes.doc Page 6 sur 13
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Fiches Techniques ACIDOCETOSE DIABETIQUE L'acidocétose est une élévation excessive de l'acidité du sang dû à une accumulation d'éléments appelés corps cétoniques. Ces corps cétoniques sont des produits chimiques : l'acétone, l'acide bétaoxydobutyrique et l'acide diacétique. L'acidocétose s'observe quand des individus restent une longue période sans s'alimenter. Elle est observée également en cas de vomissements importants et prolongés. Dans le cas du diabète insulinodépendant, c'est-à-dire que le malade nécessite de l'insuline pour rééquilibrer son diabète, l'acidocétose correspond à une complication du diabète sucré qui se caractérise par le fait que le glucose (sucre) ne rentre pas ou mal dans les cellules où il est nécessaire. Les cellules vont devoir utiliser d'autres constituants comme combustible pour fonctionner. Elles s'orientent alors vers les acides gras, qui sont les éléments de base des corps gras contenus dans le sang, mais dont la dégradation va entraîner la formation d'autres éléments chimiques qui vont alors s'accumuler dans le sang : les corps cétoniques. L'acidocétose est due à une insulinopénie importante, c'est-à-dire une forte baisse de la quantité d'insuline (qui a pour rôle de faire baisser le taux de sucre dans le sang). Ceci entraîne une élévation du taux de sucre dans les urines et la présence de sucre dans les urines (glycosurie) provoque une diurèse osmotique (augmentation de la quantité d'eau dans l'urine) entraînant du même coup une quantité importante de sodium (sel) provenant du sang. Cette perte d'eau pour l'organisme est à l'origine de ce que l'on appelle une hyperosmolarité extracellulaire (augmentation de la concentration en dehors des cellules qui constituent l'organisme). Ceci attire l'eau de l'intérieur des cellules vers l'extérieur et est responsable d'un degré variable de déshydratation de la cellule et secondairement d'une hypovolémie (diminution de la quantité de sang circulant). Parallèlement, on constate une perte importante de potassium également due au catabolisme cellulaire (destruction des cellules) et au fait que les reins laissent passer (fuir) du potassium (fuite rénale). Toute la difficulté consiste à cerner avec précision le degré de gravité de l'acidocétose. En effet, la plupart des signes cliniques de cette pathologie sont secondaires aux conséquences de la déshydratation (perte de liquide par l'organisme) et de l'acidose (élévation de l'acidité dans le sang). C'est avant tout le degré de perte de conscience, la déshydratation et l'existence d'une polypnée (accélération de la respiration) qui signent la gravité. Cette appréciation ne peut se faire que par un médecin. Symptômes - Haleine caractéristique - Nausées et vomissements - Anorexie (perte de l'appétit) - Douleurs abdominales Dans les cas les plus graves : - Déshydratation, accompagnée d'une respiration accélérée (respiration de Kussmaul et Kien) : l'accélération de la respiration permet l'élimination du gaz carbonique accumulé dans l'organisme, source d'acidité sanguine. - Coma secondaire à l'accumulation trop importante de corps acides dans l'organisme qui ne peut plus faire front. - La quantité des urines est généralement plus élevée qu'à la normale Examen médical Plus spécifiquement les analyses de sang montrent une hyperglycémie (élévation du taux de sucre dans le sang), une glycosurie (présence de sucre dans les urines), une acétonurie (présence de corps cétoniques dans les urines) et une acidose (diminution du pH sanguin). Il existe d'autre part, selon le degré d'avancement de l'acidocétose diabétique, une hypokaliémie (baisse du taux de potassium dans le sang). FT001_Diabetes.doc Page 7 sur 13
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Fiches Techniques Traitement Le traitement consiste à administrer des substances basiques (bicarbonates) destinées à faire monter le pH (diminuer l'acidité) en neutralisant les acides présents dans le sang. Bien entendu, quand la cause de l'acidocétose est un diabète sucré insulinodépendant (diabète traité par l'insuline), il faut, si besoin, faire des injections d'insuline pour rééquilibrer le taux de sucre dans le sang. La réhydratation est bien entendu importante : elle se fait grâce aux perfusions (attention : trop importante = risque d’oedème cérébral). L'apport de sodium et de potassium se fait parallèlement (en même temps) à l'utilisation de l'insuline. La diurèse est surveillée (quantité d'urine éliminée par le patient) toutes les heures. La glycémie (dosage du sucre dans le sang) permet également d'adapter les doses d'insuline utilisées. COMA DIABETIQUE Le coma est une des complications susceptibles de survenir chez un diabétique. Il peut également survenir pour des raisons indépendantes au diabète. Les accidents hypoglycémiques (liés à une dose insuffisante de sucre dans le sang) sont susceptibles de survenir au cours du traitement du diabète par insuline. Il peut s'agir d'une dose administrée de manière excessive alors que les besoins en insuline sont diminués. Il peut s'agir également d'une dose d'insuline habituelle qui devrait être modifiée et qui n'a pas été modifiée. C'est le cas lorsqu'un repas est retardé par exemple, ou lorsqu'un repas est sauté, lorsqu'une activité physique est plus intense que d'habitude, lorsqu'un stress survient etc. Classification Il existe plusieurs variétés de coma diabétiques (liste non exhaustive) : Le coma survenant à la suite d'une acidocétose par carence ou insuffisance d'apport en insuline médicamenteuse. Le diabète se caractérise par un manque ou une mauvaise utilisation de l'insuline dans le sang, secondaire à un déficit de fabrication de cette hormone par le pancréas. Cette maladie débute brutalement, et si elle n'est pas traitée, elle aboutit à une autre maladie appelée l'acidocétose (voir précédemment). Le coma survenant par accumulation d'acide lactique. Ceci survient généralement quand le diabétique présente une infection grave ou un collapsus cardio-vasculaire (impossibilité pour les principaux organes de l'organisme d'assurer leur fonction circulatoire entre autres). Cette variété de coma est également susceptible de survenir après absorption de phenformine à doses trop importantes. L'absorption de phenformine peut également être dangereuse chez un patient présentant une insuffisance de filtration rénale (insuffisant rénal). L'acide lactique est un produit fabriqué par l'organisme à la suite d'une mauvaise oxygénation des tissus. La phenformine est une molécule entrant dans la composition de médicaments hypoglycémiants plus précisément normoglycémiants c'est-à-dire ayant pour but de normaliser la glycémie (taux de sucre dans le sang). Le coma hypoglycémique est lié à une chute du taux de sucre dans le sang due à un excès d'insuline ou de médicament hypoglycémiants oraux. Il s’agit de médicaments utilisés chez le diabétique non insulinodépendant (nécessitant pas d'insuline pour équilibrer son diabète) Symptômes Les premiers signes indiquant la chute du taux de sucre dans le sang surviennent brutalement. Il s'agit essentiellement d'une modification du système nerveux neurovégétatif (partie du système nerveux régulant les automatismes de l'organisme). Il peut s'agir : - D'une tachycardie - De palpitations FT001_Diabetes.doc Page 8 sur 13
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Fiches Techniques - De transpirations importantes - De nausées - De tremblements - De fringale ou de faim importante Le problème réside chez les personnes âgées chez qui les symptômes précédemment cités manquent généralement. En effet il s'agit le plus souvent d'individus recevant des insulines ayant une action prolongée. Dans ce cas l'hypoglycémie (chute du taux de sucre dans le sang) s'installe doucement et sa traduction se fait de la manière suivante (liste non exhaustive) : - Impression de dédoublement de la vue - Confusion mentale - Somnolence voire sommeil FT001_Diabetes.doc Page 9 sur 13
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Fiches Techniques DIABETE INSIPIDE Maladie se caractérisant par une impossibilité des reins à concentrer les urines, entraînant une polyurie (émission d'une trop grande quantité de liquide dans les urines) accompagnée d'une soif intense. Ce type de diabète peut avoir plusieurs causes, mais toutes sont en relation directe avec un mauvais fonctionnement des reins et l'absence d'une hormone, appelée antidiurétique, dont le rôle est d'empêcher une trop grande fuite de liquide dans la vessie. L'hormone antidiurétique peut manquer ou ne pas être sécrétée dans la circulation, traduisant dans ce cas un diabète insipide central. L'hormone antidiurétique peut être présente mais n'avoir aucune action sur le tube collecteur (zone de la cellule rénale sur laquelle elle agit), entraînant alors un diabète insipide néphrogénique. Causes Les causes du diabète insipide central sont (liste non exhaustive) : - Tumeur de l'hypothalamus (zone du cerveau située au-dessus de l'hypophyse et ayant pour rôle de réguler un grand nombre de fonctions automatiques de l'organisme : faim, soit, désir sexuel, etc…) - Ablation de l'hypophyse (glande située à la base du cerveau et considérée comme le « chef d'orchestre » des autres glandes de l'organisme) - Kyste de l'hypophyse - Tuberculose - Traumatisme crânien - Méningite - Séquelles d'hémorragie méningée - Syndrome de Sheehan (insuffisance de sécrétion hormonale due à une insuffisance de circulation du sang au moment de l'accouchement). - Encéphalite (inflammation du cerveau) - Sarcoïdose (pathologie touchant essentiellement les poumons et dont on ne connaît pas l'origine avec exactitude) - Problèmes de circulation sanguine au niveau de l'hypophyse - Métastases d'un cancer crânien - Craniopharyngiome (tumeur de la région de l'hypophyse touchant surtout l'enfant et représentant 15 % des tumeurs cérébrales) Parfois, aucune cause n'est retrouvée. Les causes du diabète néphrogénique sont (liste non exhaustive) : - Congénitales - Potomanie psychogène : trouble consistant en un besoin constant de boire de grandes quantités d'eau - Pyélonéphrite : inflammation rénale - Amylose : dépôts constitués de protéines (la substance amyloïde) dans plusieurs zones de l'organisme - Prise de certains médicaments : lithium, aminosides (antibiotiques). Symptômes - Polyurie : émission de grandes quantités d'urine (5 à 8 litres) très claire, ne contenant ni sucre ni albumine - Perte de poids - Irritabilité - Faiblesse - Céphalées - Hypothermie : chute de la température - Hyponatrémie : chute du taux de sodium dans le sang - Polydipsie : soif très intense due à la polyurie. Traitement Réhydratation du patient (apport de quantités importantes d'eau) par perfusion si nécessaire Suppression de la cause du diabète insipide Administration d'hormone antidiurétique (desmopressine) par pulvérisation nasale ou par injection. FT001_Diabetes.doc Page 10 sur 13
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Fiches Techniques LEXIQUE Acétone : Déchet provenant de la dégradation des graisses. Il s’élimine par les voies respiratoires et l’urine. L’acétone apparaît quand l’organisme manque d’insuline et ne peut plus utiliser le glucose. Acidocétose : C’est une complication grave du diabète, pouvant provoquer un coma. Elle survient lorsque l’organisme n’a plus assez d’insuline, et que le sang devient trop acide, à cause de la présence d’acétone. Athérosclérose : Lésions qui apparaissent sur la paroi interne des vaisseaux sanguins et qui résultent de l’accumulation de divers composés du sang , dont les glucides et les lipides en excès. Biguanides : Médicaments abaissant la glycémie des diabétiques de type 2, en diminuant la production de glucose par le foie. Cellules BETA : Cellules du pancréas qui produisent l’insuline en fonction du taux de glycémie. Ces cellules sont regroupées en amas appelés « îlots de Langherans ». Cholestérol : Substance lipidique nécessaire à la constitution de nos cellules, et à la synthèse de certaines hormones (sexuelles notamment). Il provient de notre alimentation et est fabriqué également par notre organisme. Le cholestérol est véhiculé jusqu’aux cellules par deux types de protéines (LDL, HDL). L’excès de cholestérol est à l’origine de la formation de plaques d’athérome qui bouchent les artères. Coma hyperglycémique : Il se caractérise par une perte de conscience et une déshydratation intense. Il est déclenché par un excès important d’acétone dans le sang. Coma hypoglycémique : Perte de conscience, relative à un manque de sucre dans le sang. Il peut être provoqué par une forte dose d’insuline ou après un effort violent. Il se traite par injection de glucagon. Corps cétoniques : Substances résultant de la dégradation des graisses, quand par manque d’insuline, l’organisme ne peut utiliser le glucose. L’excès de ces corps dans le sang entraîne un coma. L’acétone est un de ces corps cétonique. Créatinine : Dérivé de la créatine. Son dosage permet de surveiller l’évolution de la fonction rénale. Le taux normal est inférieur à 12mg/l. Diabète gestationnel : Le diabète se traduit par une glycémie élevée. On le dit gestationnel lorsqu’il survient pendant la grossesse et qu’il disparaît ensuite. Un bon suivi évite des complications pour la mère et l’enfant. Diabète insulino-dépendant : Dit de type 1, ce diabète est une maladie auto-immune qui survient surtout chez le jeune. Ici la sécrétion d’insuline est nulle, et impose des injections quotidiennes d’insuline. Diabète insulinorequérant : C’est un diabète de type 2 qui nécessite une insulinothérapie car le traitement par antidiabétiques oraux ne suffit pas. Diabète non insulino-dépendant : Dit de type 2, ce diabète concerne plutôt le sujet âgé et il est souvent associé à un surpoids. Ici l’excès de masse grasse dans l’ organisme rend inopérante l’insuline encore secrétée. On le traite par l’alimentation, l’activité physique et des médicaments. FT001_Diabetes.doc Page 11 sur 13
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Fiches Techniques Fond d’œil : Cet examen consiste à dilater la pupille, afin d’observer la vascularisation de la rétine. Pratiqué tous les ans chez les diabétiques, il permet de dépister les complications et de mettre en place un traitement précoce en cas de lésion. Glucagon : Hormone fabriquée par le pancréas. Elle augmente la glycémie et est utilisée en injection dans le traitement des hypoglycémies sévères. Glucose : C’est un sucre simple qui constitue la principale source d’énergie de l’organisme. Glycémie : C’est le taux de sucre dans le sang. Sa moyenne normale, à jeun, varie autour d’1g/l. Glycosurie : C’est la présence de glucose dans les urines due à une glycémie supérieure à 1.8g/l environ. Greffe : Action de transférer un organe ou des cellules d’un individu à l’autre. Les diabétiques de type1, insuffisants rénaux, peuvent bénéficier d’une greffe d’organes (rein/pancréas). On tente, aujourd’hui, les greffes de cellules BETA chez les diabétiques de type1. Hémoglobine glycosylée ( HbA1C) : Son dosage renseigne sur l’évolution de la glycémie au cours des deux mois précédant l’analyse. Il vérifie l’efficacité du traitement. Hyperglycémie : Forte concentration de glucose dans le sang. Hyperlipidémie : Augmentation du taux de graisses dans le sang. Elle entraîne des complications cardio-vasculaires. Hypoglycémie : Faible concentration de glucose dans le sang (inf.à 0.6g/l). Inhibiteurs des Alpha glucosidases : Médicament réduisant l’assimilation des sucres du bol alimentaire. Il évite donc les hyperglycémies après le repas. Insuline : Hormone fabriquée par le pancréas. Elle réduit le taux de sucre dans le sang en le faisant entrer dans les cellules. Macro angiopathie : Observée après de longues périodes d’hyperglycémie, elle correspond à une atteinte des gros vaisseaux. C’est l’équivalent de l’athérosclérose, mais ce phénomène est plus fréquent et plus étendu chez les personnes diabétiques mal équilibrées. Maladie auto-immune : Maladie provoquée par une réaction du système immunitaire contre les organes de son propre organisme. C’est la cas du diabète de type 1. Micro albuminurie : Augmentation de l’excrétion urinaire d’albumine. Cet examen peut traduire une névropathie débutante. FT001_Diabetes.doc Page 12 sur 13
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Fiches Techniques Micro angiopathie : Observée après de longues périodes d’hyperglycémies, elle correspond à une atteinte des petits vaisseaux. Elle est à l’origine de lésions rétiniennes et rénales. Néphropathie : C’est l’atteinte des petits vaisseaux sanguins rénaux. L’excès de sucre va s’y déposer et perturber les flux sanguins donc le travail de filtration du rein. Cela aboutit à l’insuffisance rénale : le sang n’est plus « nettoyé » correctement. Neuropathie : C’est l’atteinte des nerfs périphériques et sensitifs. Elle peut se traduire par des douleurs aux membres inférieurs, des troubles de la sensibilité ou de la vidange gastrique. Elle est liée à l’hyperglycémie chronique. Pancréas : Glande digestive fabriquant entre autre l’insuline et le glucagon, deux hormones qui régulent le glycémie. Photo coagulation : Traitement utilisant le laser et destiné à détruire les lésions de la rétine, en évitant ainsi leur prolifération. Pompe à insuline : Matériel délivrant continuellement de l’insuline. On distingue les pompes à usage externe portées en bandoulière, et les pompes qui s’implantent dans la cavité abdominale. Rétinopathie : C’est l’atteinte des petits vaisseaux sanguins de la rétine. L’excès de sucre dans le sang abîme la paroi de ces vaisseaux, les rend perméable et des lésions apparaissent sur la rétine. Un traitement au laser peut stopper l’évolution de ces lésions. Seuil rénal : Quand la glycémie excède 1.8 g/l environ, le sucre passe alors dans les urines. Ce taux est appelé seuil rénal, et peut varier d’un individu à l’autre. Sucres : Synonyme de glucides, les sucres sont une source d’énergie importante. On distingue les sucres simples qui augmentent rapidement la glycémie, et les sucres complexes qui agissent plus lentement Sulfamides : Médicaments hypoglycémiants abaissant la glycémie des diabétiques de type2, en stimulant la production d’insuline. FT001_Diabetes.doc Page 13 sur 13
L’analyse métagénomique du microbiome intestinal de souris obèses traitées avec des prébiotiques a permis de mettre en évidence de nouvelles cibles impliquées dans l’interaction hôte-microbiote intestinal
SFD mis de compléter la prédiction et de déterminer pour un taux de faux positifs Conclusion: Ces données suggèrent que le développement d’un DT2 est associé fixé, le taux de vrais positifs obtenu avec le modèle. à l’apparition de troubles de type anxio/dépressifs et ce, de manière indépen- Conclusion: L’utilisation d’un modèle simple basé chez un patient donné sur le dante de variations du poids corporel. gradient glycémique des dix premières minutes d’un enregistrement holter, lors d’une AP de 30min, permet de prédire la survenue d’une hypoglycémie avec PO23L’évolution précoce de la DER et du QR sous traitement une relative bonne efficacité. Ce type de modèle dans une version améliorée, injectable prédit l’évolution pondérale des patients devrait s’avérer utile dans le développement des systèmes de boucle fermée. diabétiques de type2 PO21La gluco-lipotoxicité inhibe le transport des céramides C.Gonzalez1, C.Fagour2, B.Cherifi1, S.Salandini1, A.Pierreisnard1, entre le réticulum endoplasmique et l’appareil de Golgi P.Masquefa1, H.Gin1, V.Rigalleau1 1 CHU de Bordeaux, Pessac; dans les cellules beta pancréatiques 2 CHU Fort-de-France, Fort-de-France. H.Le Stunff1, E.Gjoni2, A.Cinque2, N.Coant1, I.M.Nurul3, C.Ng3, Introduction: Les analogues du GLP-1 et l’insuline Bed-Time sont proposés chez C.Magnan1, L.Riboni2, P.Viani2, P.Giussani2 les patients diabétiques de type2 (DT2) non contrôlés par les ADO. Des effets sur 1 Université Paris-Diderot, Paris; la dépense énergétique de repos (DER) ou le quotient respiratoire (QR) contri- 2 Department of Medical Biotechnology and Translational Medicine, Università di buent-ils aux évolutions pondérales divergentes avec ces traitements? Milano, Milan, Italie; Patients et méthodes: Soixante sept patients (âge: 57 ±9ans, IMC: 33,7 3 School of Biology and Environmental Science, University College Dublin, Dublin, ±5,0kg/m2, HbA1c: 9,9 ±1,5%) ont débuté un analogue lent de l’insuline Irlande. (n=28, Glargine® ou Detemir®, dose initiale: 0,2UI/kg), ou du GLP-1 Introduction: Au cours du diabète de type2, les effets délétères des acides gras (n=23, Exenatide® ou Liraglutide®) ou une intervention diététique (n=16, saturés sur la survie des cellules beta pancréatiques est potentialisée par l’hyper- restriction glucido-énergétique). Leurs échanges gazeux respiratoires ont été glycémie. Cette action délétère combinée des acides gras et du glucose sur les mesurés pendant 30 minutes à jeun, avant la 1reinjection, le lendemain et cellules beta est connue sous le terme de gluco-lipotoxicité. Les mécanismes 2jours après. moléculaires impliqués dans les effets délétères des acides gras comme le palmi- Résultats: Après 2jours de traitement, la glycémie à jeun a baissé (insuline: tate inclus en particulier la synthèse de novo des céramides. L’augmentation des –65 ±4l; GLP-1: –29 ±48; diététique: –31 ±46mg/dl, p<0,05); la DER a taux de céramides dans le réticulum endoplasmique (RE) peut être due à la fois diminué sous insuline (–162 ±241 kcal/24h) et sous diététique (–41 ±154 kcal/ à une augmentation de la biosynthèse des céramides et/ou à une diminution de 24h) et est restée inchangée sous GLP-1: p<0,05 pour la comparaison des leur utilisation. Au cours de cette étude, nous avons donc recherché si la gluco- ΔDER entre les traitements; le QR a augmenté sous insuline (de 0,76 ±0,04 à lipotoxicité pouvait réguler le trafic des céramides entre le RE et l’appareil de 0,80 ±0,04), il a diminué sous diététique (de 0,79 ±0,05 à 0,76 ±0,04, p<0,05) Golgi dans les cellules beta et est resté inchangé sous GLP-1 (de 0,77 ±0,06 à 0,78 ±0,04), p<0,005 pour la Matériels et méthodes: Le métabolisme de la 3H-Sphingosine, précurseur de la comparaison des ΔQR. Trente trois patients ont été revus 3 mois après. Leur biosynthèse des sphingolipides a été mesuré dans la lignée beta pancréatique HbA1C a baissé (insuline: n=16, –1,7 ±1,4; GLP-1, n=12: –2,1 ±1,4; dié- INS-1 traitée avec du palmitate et des concentrations variables de glucose. Le tétique, n=5: –1,7 ±2,8%, NS), leurs poids ont évolué différemment transport des C5-Bodipy-céramides entre le RE et l’appareil de Golgi a été (insuline: +1,5 ±4,3kg; GLP-1: –2,8 ±2,8; diététique: –2,2 ±2,7, mesuré par microscopie à fluorescence. p<0,005). La variation pondérale à 3 mois est corrélée à l’évolution initiale de Résultats: La gluco-lipotoxicité inhibe l’utilisation des céramides pour la bio- la DER (r= –0,37, p<0,05) et du QR (r=+0,43, p<0,01); cette relation per- synthèse des sphingolipides complexes, comme la sphingomyéline. De façon siste en analyse multivariée (r=0,58, p<0,005). intéressante, la gluco-lipotoxicité inhibe le transport vésiculaire des céramides Conclusion: Chez des patients DT2 non contrôlés par les ADO, la DER baisse mais également celui médié par la protéine CERT. L’inhibition du transport et le QR augmente après 2jours d’insuline, témoignant d’une réduction de vésiculaire semble être due à une inhibition de la voie Akt alors que l’inhibition l’oxydation lipidique qui favorise le gain de poids. L’évolution précoce de ces de CERT est médiée par la diminution de son expression et sa phosphorylation. 2þparamètres prédit l’évolution pondérale à 3 mois. Enfin, l’inhibition de l’expression de CERT potentialise l’apoptose des cellules beta induite par la gluco-lipotoxicité. PO24L’analyse métagénomique du microbiome intestinal Conclusion: Nos résultats mettent en évidence que la gluco-lipotoxicité induit de souris obèses traitées avec des prébiotiques a permis une accumulation de céramides en bloquant le transport des céramides entre le de mettre en évidence de nouvelles cibles impliquées RE et l’appareil de Golgi. De façon importante, ce dernier mécanisme semble dans l’interaction hôte-microbiote intestinal contribuer aux effets délétères de la gluco-lipotoxicité. au cours de l’obésité et du diabète de type2 PO22Comportements de type anxieux et dépréssif induit A.Everard1, V.Lazarevic2, N.Gaïa2, N.Delzenne1, J.Schrenzel3, par un régime alimentaire hyperlipidique P.François2, P.Cani1 chez la souris adulte 1 Université catholique de Louvain, Louvain Drug Research Institute, WELBIO (Walloon Excellence in Life sciences and BIOtechnology), Metabolism and Nutrition research group, Brussels, Belgique; J.Zemdegs1, K.Ly2, A.Gardier1, L.Pénicaud2, B.Guiard1, X.Fioramonti2 2 Geneva University Hospitals, Genomic Research Lab, Geneva, Suisse; 1 Université Paris-Sud EA 3544, Faculté de pharmacie, Châtenay-Malabry; 3 Geneva University Hospitals, Genomic Research Lab and Geneva University Hospi- 2 Centre des sciences du goût et de l’alimentation (CSGA), CNRS UMR 6265, INRA tals, Laboratory of Bacteriology, Geneva, Suisse. UMR 1324, Université de Bourgogne, Dijon. Introduction: Le microbiote intestinal est un facteur clé impliqué dans le déve- Introduction: Des études épidémiologiques suggèrent que l’anxiété/dépression loppement des désordres métaboliques et immunitaires associés à l’obésité et au et le diabète de type2 (DT2) sont étroitement liés. Cependant, peu d’études pré- diabète de type2. Nous avons montré que moduler le microbiote intestinal avec cliniques appuient ce concept, ce qui renforce la nécessité de développer un des prébiotiques permet de restaurer le métabolisme lipidique et glucidique de modèle animal de la comorbidité entre DT2 et comportement anxio/dépressif. souris obèses en modulant les fonctions endocrines, barrière et immunitaire de Le but de ce projet est de déterminer si les troubles métaboliques liées à la l’hôte. Cependant, il s’avère indispensable de déterminer les bactéries et les fonc- consommation d’un régime alimentaire riche en graisse (HF) induit le dévelop- tions métaboliques encodées par celles-ci qui seraient pertinentes et potentielle- pement de comportements de type anxio/dépressif. ment impliquées dans les interactions entre l’hôte et le microbiote intestinal. Matériels et méthodes: Des souris mâles agées de 7 ou 15 semaines ont été Matériels et méthodes: Des souris ont été traitées avec des prébiotiques en nourris avec un régime standard (STD) ou HF pendant 8 semaines. Le gain de conditions physiologiques (régime contrôle) ou physiopathologiques (régime poids, la glycémie à jeun, la tolérance à l’insuline et les niveaux de corticosté- hyperlipidique) pendant 8 semaines. Nous avons réalisé une analyse métagéno- rone plasmatiques ont été mesurés et des tests de comportements réalisés. Les mique (séquençage shotgun-Illumina) de leur microbiome, et mesuré la pro- paradigmes utilisés pour évaluer l’anxiété inclus les tests de champ ouvert et de duction de peptides antimicrobiens produits par l’hôte et impliqués dans le labyrinthe en croix surélevé. Le test de suspension caudale et le «splash test» façonnement du microbiote intestinal ont été utilisés pour examiner le phénotype dépressif. Résultats: Le régime hyperlipidique diminue significativement l’expression de Résultats: Le régime HF entraine une augmentation du gain de poids et induit RegIIIγ (regenerating islet-derived 3-gamma) et de PLA2g2 (phospholipase A2 le développement du DT2 (augmentation de la glycémie à jeun et une diminu- group-II) et tend à diminuer l’expression de Lyz1 (lysozyme-C) dans le jéju- tion de la sensibilité à l’insuline) chez les souris âgées de 15 semaines au début num alors que les prébiotiques induisent une augmentation drastique de de la mise sous régime. Ces désordres métaboliques sont associés à un phéno- l’expression de RegIIIγ (50fois). L’analyse métagénomique montre que le type anxio/dépressif comme. Une corrélation positive entre le diabète et les régime hyperlipidique et les prébiotiques modifient la composition du micro- troubles anxio/dépressifs a été détecté chez ces souris. Chez les souris plus biote intestinal. Au total, 20 genres bactériens sont affectés par le régime hyper- jeunes (7 semaines), le même régime HF a induit uniquement une augmenta- lipidique alors que les prébiotiques modifient 27 genres bactériens. De façon tion du gain de poids. Aucune modification de la sensibilité à l’insuline ou déve- intéressante, 15 de ces genres bactériens sont modifiés de façon opposée par le loppement de troubles de type anxio/dépressifs n’est observée chez ces animaux. régime hyperlipidique et les prébiotiques. L’analyse métagénomique a mis en A26 © 2014. Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. © 2021 Elsevier Masson SAS. 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L’analyse métagénomique du microbiome intestinal de souris obèses traitées avec des prébiotiques a permis de mettre en évidence de nouvelles cibles impliquées dans l’interaction hôte-microbiote intestinal
Diabète– Paris 2014 Diabetes Metab 2014, 40, A21-A30 A27 DFS évidence de nombreuses fonctions métaboliques clés modifiées par le régime àþinsuline (Accu-Chek Combo, Roche) asservie à un algorithme «modèle alimentaire et par le traitement avec les prébiotiques. prédictif» visant le maintien de la glycémie entre 70 et 180mg/dl, géré par le Conclusion: Nous avons identifié de nouveaux taxa bactériens ainsi que des smart-phone DiAs (UVA) selon une MGC (G4 Platinum, Dexcom). Après utili- fonctions métaboliques du microbiome qui pourraient contribuer au dévelop- sation en boucle ouverte (BO) dans un hôtel de 18h-J1 à 8h-J2, le système a été pement et/ou à la protection contre les désordres métaboliques induits par le géré en boucle fermée (BF) de 8h- à 18h-J2 à l’hôpital, puis de 18h-J2 à 12h-J3 à régime hyperlipidique et le traitement avec les prébiotiques. l’hôtel. Les repas, libres, étaient couverts par un bolus calculé. Les performances du système étaient jugées sur la MGC (%temps dans/hors l’intervalle-cible), les PO25Télésage (TELE- Suivi A Grande Échelle de diabétiques hypoglycémies et la nécessité d’intervention technique. Résultats: En BF, la glycémie était de 156 ±40mg/dl et à 73,3% [70-180mg/dl], de type1 et 2 sous schéma basal-bolus): Première étude mais à 26,4% [>180mg/dl[ et 0,3% ]<80mg/dl]. Le nombre d’hypoglycémies medico-économique sur le télésuivi du diabétique, était: 0 (n=2), 1 (n=1) et 3 (n=1). Aucune panne n’a justifié une intervention. destinée à répondre aux questions d’organisation des soins La comparaison des périodes 18h-8h en BO (J1-J2) et en BF (J2-J3) montre une et à obtenir un remboursement. réduction en BF du% temps ]<80mg/dl]: 0,7 vs. 6,6 et des hypoglycémies: 2þvs.10, tandis que les moyennes glycémiques étaient 150 vs.121mg/dl et le% S.Franc1, P.Benhamou2, B.Catargi5, L.Chaillous3, P.Fontaine4, H.Gin5, temps [70-180mg/dl] de 74 vs. 83, respectivement. B.Guerci6, H.Hanaire7, N.Jeandidier8, A.Penfornis9, D.Raccah10, Conclusion: Cet essai pilote démontre la faisabilité d’une insulinothérapie E.Renard11, Y.Reznik12, P.Serusclat13, P.Simon14, A.Baloul15, ambulatoire en BF avec une réduction des hypoglycémies. Ce gain de sécurité B.Detournay16, G.Charpentier17 est atteint avec une glycémie pour 73% entre 70 et 180mg/dl. 1 Centre hospitalier Sud-Francilien (CHSF), Corbeil-Essonnes; 2 CHU de Grenoble, Grenoble; 3 CH de Nantes, Nantes; PO27Des valeurs élevées d’alpha-1-anti-trypsine sont associées 4 CHU de Lille, Lille; 5 CHU de Bordeaux, Bordeaux; aux marqueurs de fonction du greffon après greffe d’îlots 6 CHU de Nancy, Nancy; 7 CHU de Toulouse, Toulouse; M.Vantyghem1, M.Costeur2, A.Balavoine3, V.Desforge4, F.Zerimech2, 8 CHU de Strasbourg, Strasbourg; M.Balduyck2, C.Noel5, J.Kerr-Conte6, F.Pattou7 9 CHU de Besançon, Besançon; 1 Service d’endocrinologie, diabétologie et métabolisme, CHRU Lille/Inserm U859, 10 CHU de Marseille, Marseille; Lille; 11 CHU de Montpellier, Montpellier; 2 Service de biochimie, CHRU de Lille, Lille; 12 CHU de Caen, Caen; 3 Centre hospitalier de Tourcoing, Tourcoing; 13 FENAREDIAM, Paris; 4 Centre hospitalier de Versailles, Versailles; 14 ANTEL, Paris; 5 Service de néphrologie, CHRU de Lille, Lille; 15 Sanofi France, Paris; 6 Inserm U 859, CHRU de Lille, Lille; 16 CemkaEval, Bourg-la-Reine; 7 Service de chirurgie endocrinienne, CHRU de Lille/Inserm U859, Lille. 17 CERITD, Corbeil-Essonnes. Introduction: Gluco et lipotoxicité induisent un stress oxydant et une activation Rationnel: La prise en charge des patients diabétiques de type1 (DT1) ou 2 des neutrophiles résultant d’un déséquilibre entre pro-oxydant (malondialdé- (DT2), insulino-traités selon un schéma basal-bolus (BB), nécessite un accompa- hyde (MDA) issu de la peroxydation des acides gras libres (FFA)/ antioxydant gnement technique et motivationnel auquel la télémédecine peut contribuer (superoxyde dismutase: SOD); protéases/inhibiteur de protéases (alpha-1- efficacement par de nouveaux outils technologiques et protocoles de coopéra- antitrypsine (A1AT) et pouvoir anti-élastase (PAE). L’A1AT aurait un effet tion inter-professionnelle. L’étude randomisée Telediab 1 a montré que l’utilisa- bénéfique en transplantation d’ilots (TI) (PNAS 2012). Néanmoins, aucune tion de DIABEO (application Smartphone assurant le calcul automatique des évaluation n’a été effectuée en clinique humaine. Ce travail prospectif longitu- doses d’insuline rapide et basale avec des algorithmes «auto-apprenants», por- dinal décrit l’évolution des marqueurs oxydatifs avant et après TI. tail WEB sécurisé permettant au médecin de visualiser les données patient) Patients et méthodes: Dosage des concentrations sanguines de SOD, MDA, chez 180 patients DT1, était associée à une baisse significative de 0,7% de FFA, A1AT, PAE, statut anti-xydant total (TAS), immunosuppresseurs, mar- l’HbA1c et de 0,9% en y associant des consultations téléphoniques, sans aug- queurs métaboliques et rénaux et calcul du ßscore (indice de fonction insulaire menter l’incidence des hypoglycémies (0: aucune à 8: excellente fonction) avant et jusque 10ans après greffe, chez Patients et méthodes: TELESAGE est une étude nationale, prospective, inter- 31patients, dont 18 îlots seuls (ITA) et 13 îlots-après-rein (IAK). ventionnelle, comparative, multicentrique devant inclure 700 patients DT1 ou Résultats: A1AT et PAE diffèrent significativement en fonction du ßscore, à la DT2 sous BB avec HbA1c ≥8,0%. Une centaine de centres hospitaliers et libé- différence des autres marqueurs oxydatifs (groupes: 0; 1-2; 3-4; 5-6; 7-8) raux sont impliqués. Elle compare le suivi habituel versus DIABEO seul ou (p<0,0001). A1AT et PAE diffèrent entre le groupe 0 et tous les autres groupes DIABEO +télésurveillance par un(e) infirmier(e) qui accompagne le patient, de ßscore (p<0,01). A1AT et PAE sont corrélés entre-eux (r=0,936, selon le protocole de coopération signé avec le médecin. p<0,0001), ainsi qu’à la durée de greffe (A1AT: r=0,325, p=0,001), l’IMC Résultats: L’objectif principal est de confirmer l’amélioration de l’HbA1c à (r=–0,207, p<0,04), la glycémie à jeun (r=-0,188, p=0,0074), C-peptide 12þmois dans une grande large population de patients suivis en vie réelle par le (r=0,176, p=0,011), sirolimus (r=0,280, p<0,0001) mais non le tacrolimus. système DIABEO avec ou sans télé-suivi paramédical. Les objectifs secondaires Des 6 marqueurs oxydatifs, seul le TAS diffère entre les groupes ITA et IAK à 6, 12 et 24 mois évalueront, outre l’HbA1c, le pourcentage de patients ayant (p=0,003), qui différent aussi par la créatininémie, microalbuminurie et une HbA1c <7,5% ou une baisse d’HbA1c ≥1%. Seront aussi comparés: Les MDRD (p<0,0001). hypoglycémies, la qualité de vie, la satisfaction des patients, et les aspects Conclusion: Les anti-protéases sont les seuls marqueurs oxydatifs constam- médico-économiques. ment influencés par la fonction du greffon: un niveau élevé est associé à des Conclusion: L’étude Télésage vise à confirmer au travers de l’outil Diabéo marqueurs métaboliques favorables et la différence est sensible même à des l’intérêt de la télémédecine dans le suivi des patients diabétiques sous BB. Elle concentrations de C-peptide très faibles. Le sirolimus inhibiteur du mTOR devrait aussi permettre de positionner l’outil Diabéo dans le parcours de soins, pourrait jouer un rôle spécifique. Néanmoins, ces résultats ne permettent pas d’évaluer la délégation de tâche comme nouvelle organisation des soins et envi- d’anticiper l’efficacité de l’apport exogène d’A1AT après TI. sager sa prise en charge par l’assurance maladie. PO26Essai pilote d’un modèle de pancréas artificiel PO28Étude de concordance des capteurs de glucose livrant des données à un algorithme de Pancréas artificiel (projet ambulatoire: démonstration de faisabilité, efficacité DIABELOOP). Faut-il un ou deux capteurs simultanés et sécurité dans des conditions proches du domicile pour la boucle fermée? E.Renard1, J.Place2, A.Farret3, O.Diouri4, N.Benbrahim4, P.Keith-Hynes6, L.Magni7, C.Cobelli8 B.Guerci1, H.Hanaire2, E.Renard3, A.Penfornis4, P.Benhamou5, Y.Reznik6, D.Not7, M.Doron8, S.Franc9, G.Charpentier10 1 CHU de Montpellier /CIC Inserm 1001, Montpellier; 2 Université MontpellierI, Montpellier; 1 CHU de Nancy, Nancy; 3 CHU de Montpellier, Montpellier; 2 CHU de Toulouse, Toulouse; 4 UMR CNRS 5203/Inserm U661/ Université de Montpellier, Montpellier; 3 CHU de Montpellier, Montpellier; 6 University Of Virginia (UVA), Charlottesville, USA; 4 CHU de Besançon, Besançon; 7 Université de Pavie, Pavie, Italie; 5 CHU de Grenoble, Grenoble; 8 Université de Padoue, Padoue, Italie. 6 CHU de Caen, Caen; 7 RCTs, Lyon; Objectif: Nous avons évalué la faisabilité ambulatoire d’une insulinothérapie 8 CEA-Léti, Grenoble; automatisée selon une mesure du glucose en continu (MGC) chez des patients 9 Centre hospitalier Sud-Francilien (CHSF), Corbeil-Essonnes; diabétiques de type1 (DT1). 10 CERITD, Évry. Patients et méthodes: Quatre patients DT1 depuis 4 à 42ans, 2M/2F, âgés de Objectif: L’efficacité sur le contrôle glycémique des algorithmes d’un pancréas 31þà 63ans, sous pompe à insuline depuis 2 à 30ans, avec HbA1c de 6,9 à 8,1%, artificiel nécessite une mesure continue du glucose (MCG) fiable. La MCG par ont réalisé un essai de 40heures pour tester la sécurité et l’efficacité d’une pompe 2þcapteurs simultanés pourrait apporter sécurité et efficacité supplémentaires. Le © 2021 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 28/11/2021 Il est interdit et illégal de diffuser ce document.
Diabète de type 1 et travail, une indispensable coordination au service de la santé des travailleurs
Editorial Diabète de type 1 et travail, une indispensable coordination au service de la santé des travailleurs Le diabète contribue à l’épidémie en continuelle diabète et au contrôle de celui-ci. D’autre part, les progression des maladies de civilisation. Elle pèse un hommes traités par insuline présentent un risque lourd tribut sur la santé publique. Près de 8,5 % de la significativement plus grand d’avoir un accident sur le population adulte en est atteinte1. Globalement, trajet entre le lieu de travail et le domicile7. l’augmentation de la prévalence est estimée à 2-3 % par an. Le diabète correspond à une condition Différents types de travaux devraient nécessiter métabolique complexe dont les formes principales sont une surveillance accrue des travailleurs diabétiques6. le diabète de type 1 et le diabète de type 21,2. De Iavicoli et al. ont identifié différentes situations à risque nombreux facteurs de risque génétiques, environne- dans un document de position réunissant médecins du mentaux et comportementaux s’entremêlent. travail et diabétologues italiens. Le travail de nuit, le Malheureusement à ce jour pas un seul paramètre ne travail en pauses, le travail en hauteur, le travail peut expliquer sa progression. La réduction des demandant une importante dépense d’énergie et le expositions aux pathogènes, l’amélioration de l’hygiène travail dans des conditions de température extrême en et l’hyper hygiénisme liés à l’amélioration des conditions particulier peuvent conduire à des recommandations de vie expliquent en partie l’évolution de son incidence. spécifiques telles qu’un bon contrôle glycémique. La prévention du diabète passe par un style de vie sain, alimentation et exercice physique sont à la base Le suivi des travailleurs diabétiques implique et de celle-ci. nécessite une étroite collaboration du médecin du travail avec d’autres spécialités médicales et au premier L’épidémie de maladies chroniques impacte aussi plan le diabétologue. les travailleurs et l’ensemble de l’économie1 et ce en particulier dans les régions où l’incidence augmente BIBLIOGRAPHIE rapidement comme dans le monde arabe3. L’article de Brahem et al., intitulé " L’absentéisme chez les patients 1. World Health Organization (WHO). (Consulté le 28/03/2019). Global report on diabetes. Geneva; 2016. [Internet] https:// diabétiques type 1 en activité professionnelle ", met en www.who.int/diabetes/global-report/fr/ exergue l’augmentation de l’absentéisme chez les travailleurs diabétiques par rapport aux travailleurs 2. Forouhi NG, Wareham NJ. Epidemiology of diabetes in DIABETES: sains en Tunisie. Ils interrogent les raisons de cet BASIC FACTS Medicine (Abingdon). 2018;47(1):22-6. absentéisme élevé par un questionnaire sur l’évaluation 3. Abdul Rahim HF, Sibai A, Khader Y, Hwalla N, Fadhil I, de la productivité. De plus, un diagnostic précoce chez Alsiyabi H et al. Health in the Arab world: a view from within 2. les personnes ne se sachant pas diabétique permettra Non-communicable diseases in the Arab world Lancet. 2014; d’éviter de nombreuses comorbidités ou complications 383:356-67. potentielles4,5. Le diabète de type I peut engendrer des 4. Colosia D, Palencia R, Khan S. Prevalence of hypertension and complications micro et macro-vasculaires ayant des obesity in patients with type 2 diabetes mellitus in observational conséquences rénales, nerveuses, cognitives ou studies: a systematic literature review, Diabetes, Metabolic cardiaques et une qualité de vie médiocre. Ainsi si une Syndrome and Obesity. Targets and Therapy. 2013;6:327-38. complication survient, d’autres spécialistes tels 5. DiMeglio LA, Evans-Molina C, Oram RA. Type 1 diabetes, Seminar. neurologue, ophtalmologue, cardiologue ou même Lancet. 2018;391:2449-62. néphrologue seront concernés. 6. Iavicoli A, Gambelunghe A, Magrini G, Mosconi L, Soleo L, Vigna R et al. Diabetes and work: The need of a close Les médecins du travail sont concernés au collaboration between diabetologist and occupational physician premier plan. Si un travailleur atteint de diabète (Consensus paper on diabetes and work from the working group présente toutes les capacités pour poursuivre son of the Italian Society of Occupational Medicine (SIML), the Italian activité, il est indispensable d’anticiper toute Diabetes Society (SID) and the Association of Diabetologists (AMD) ). Nutrition, Metabolism & Cardiovascular Diseases. complication et de procéder à un suivi adéquat, en vue 2019;29:220e227. d’obtenir un traitement optimal si nécessaire6 et éviter tout accident7. Hors, Kouvonen et al. ont mis en 7. Kouvonen M, Kivimäki J, Pentti V, Aalto T, Oksanen M, Virtanen évidence une association significative entre diabète et et al. Diabetes and risk of occupational injury: a cohort study. Diabetic Medicine. 2017;34:1629-36. accident de travail en Finlande. Les résultats indiquent que les femmes sont plus susceptibles d’être victime C. Bouland d’un accident de travail et d’un accident sur le chemin Centre de Recherche en Santé environnementale et du travail. Les accidents de travail concernaient des Santé au Travail fractures, entorses et luxations qui pourraient être Ecole de Santé publique, Université libre de Bruxelles (ULB) expliquées par de la fatigue, de la distraction liée au 70 Rev Med Brux - 2019
Dysfonction--rectile--cherchez-le-diab-te_2015_Option-Bio
actualités | santé publique médicament Français et médicament : confiance revenue L’édition 2015 de l’Observatoire en eux) ; +6 pour les médicaments faire confiance aux professionnels sociétal du médicament marque, remboursés (92 %) ; +6 pour les et à la notice, mais au moins 60 % dit le LEEM, un rebond de la cote de médicaments de marque (89 %) ; se disent néanmoins globalement confiance, à 85 %. Car les contro- +7 points pour les médicaments mal informés sur le médicament. verses sur le médicament, qui sans ordonnance (73 %) ; +7 pour Ils voudraient en savoir plus sur les avaient affecté les résultats 2014, les médicaments non-remboursés effets secondaires (62 %), le senti- se sont calmées en 2015. (75 %) ; +2 pour les génériques ment d’information reste minoritaire Le médicament a la cote, particu- (68 %). sur des points-clés : sécurité des lièrement chez les 60 ans et plus Exception pour les vaccins, dit le médicaments, autorisation de mise (90 % de confiance), forts utilisa- LEEM. La confiance reste majori- sur le marché (l’AMM), R et D, essais teurs, par rapport aux plus jeunes, taire (71 %) mais stagne par rapport cliniques avant AMM, fixation du prix (79 % chez les 18-24 ans et 80 % au médicament : près d’un Français des médicaments, etc. chez les 25-34 ans). sur 3 (29 %) affirme toujours n’avoir Face à besoin ressenti d’informa- C’est parmi les sujets les plus pas confiance en eux ! Défiance tion, le Français continue de plé- exposés aux maladies que le médi- d’autant plus préoccupante qu’elle bisciter le professionnel de santé : Les Entreprises du médicament cament bénéficie du niveau de touche toutes les catégories sociales d’abord médecin traitant (95 % de (le LEEM) publient régulièrement confiance le plus élevé : 93 % en et démographiques (âge, niveau confiance), puis infirmière (91 %) et un baromètre de la confiance des cas d’affection longue durée (ALD), d’éducation, niveau de revenu, pharmacien (90 %). Français pour leurs médications. idem pour ceux qui se traitent profession…). Le biologiste médical peut-il prendre Confiance fluctuante avec les quotidiennement. Ce que ne dit pas le LEEM, c’est que place dans cette chaîne d’informa- années envers les produits, les Hausse de confiance pour tous des voix issues du milieu médical tion rassurante ? | entreprises du secteur, le niveau les médicaments : +5 points pour alimentent cette défiance. Y.-M. D. d’information, la perception des les médicaments sur ordonnance Enfin, concernant l’information sur source risques. (93 % des Français ont confiance le médicament, les Français disent LEEM. www.leem.org 8 OptionBio | mercredi 16 septembre 2015 | n° 531 YREVALC enirehtaC © cardiovasculaire Dysfonction érectile: cherchez le diabète Les hommes atteints de (encore) diagnostiqué peut justifier dysfonction érectile pour laquelle un traitement cardiovasculaire pré- ils sont traités d’abord sont plus ventif. Pour les auteurs, le dysfonc- susceptibles d’être atteints tion érectile est en quelque sorte le d’un diabète, non diagnostiqué, déclencheur pour le médecin et le comparés avec des sujets n’ayant patient du dépistage d’un diabète. pas de dysfonction érectile, selon Pour cette étude, les auteurs cana- une étude canadienne (Sean C. diens se sont référés à une étude Skeldon et coll., University of de population américaine, la Natio- British Columbia Centre for Health nal Health and Nutrition Examina- les hommes d’âge moyen. Ceux- Services and Policy Research, tion Survey 2001-2004 chez des ci devraient être informés de leur Vancouver), publiée dans Annals hommes à partir de 20 ans. Ce risque potentiel d’être (aussi) dia- of Family Medicine. recours a permis de rechercher la bétiques et incités à réclamer un relation entre dysfonction érectile et dépistage. De même, les médecins L’étude canadienne visait à défi- l’absence de diagnostic de diabète, devraient penser à ce dépistage nir la dysfonction érectile comme HTA et hypercholestérolémie. chez des patients consultant pour marqueur pronostique de maladie Au total les auteurs ont recherché dysfonction érectile. | Y.-M. D. cardiovasculaire en l’absence de le niveau de la tension artérielle source tout diagnostic cardiométabolique, chez 2 224 sujets de l’étude, de la Ann Fam Med, 2015 ; 4 : 331-335 doi : 10.1370/ identifier ce facteur de risque non cholestérolémie chez 2 287 sujets afm.1816. ti.itreboibaf © et du taux de glycémie à jeun chez 1 417 sujets. Résultats : les hommes affectés d’une dysfonction érectile ont un risque de plus du double d’avoir un diagnostic de diabète alors qu’il n’y a pas d’association significative avec hypercholestérolémie ni HTA. Chez les hommes de 40 à 59 ans, la prévalence du diabète est de 1 sur 50 en l’absence de dysfonction érectile mais de 1 sur 10 en pré- sence de dysfonction érectile. En conclusion, disent les auteurs canadiens, nos résultats soulignent l’importance de la dysfonction érectile en tant que marqueur de diabète non diagnostiqué, et de ce fait elle doit susciter la recherche d’un diabète, principalement chez
Diabète infantile- dépistage par la salive
| actualités IDIV endocrinologie Diabète infantile : dépistage par la salive Selon une étude publiée par une équipe grecque, le recueil de salive pourrait permettre le diagnostic indolore du diabète de type 1 chez l’enfant : une méthode facile, simple et sans douleur qui pourrait devenir le meilleur moyen de détection chez l’enfant, disent le Pr Heleni Vastardis (National Kapodistrian University, Athènes) et son équipe. Selon cette étude [1], plusieurs pro- « transporte » d’innombrables mar- « Nous envisageons que dans téines de la salive (protéome sali- queurs de santé ou de pathologies, et un futur proche nous soyons en vaire) pourraient permettre d’évaluer pourquoi pas l’appliquer au diabète. mesure de diagnostiquer et de avec précision le niveau de glycémie Effectivement l’équipe athénienne suivre les traitements du diabète des jeunes patients. À l’origine, dit le a pu identifier plus de 2 000 pro- avec seulement une goutte de Pr Vastardis, le fait que les prélève- téines et découvert que les sujets salive, grâce à des technologues ments sanguins veineux chez les qui maîtrisaient bien leur glycémie ultrasensibles spécifiques de dia- enfants diabétiques sont respon- avaient un taux de marqueur de gnostic et des systèmes adaptés sables d’inconfort et peuvent être niveau similaire à celui des non- à la surveillance en temps réel causes de mauvaise observance. diabétiques. Ainsi ont été identifiées de la glycémie », concluent les Le prélèvement salivaire, une pro- des protéines liées à l’inflammation, chercheurs. cédure simple et non invasive appa- à la coagulation, aux fonctions vas- La prochaine étape sera l’organisa- raît comme le moyen de diagnostic culaires dans les échantillons de tion d’études plus importantes chez le plus séduisant pour la prise en salive des sujets porteurs d’un dia- un nombre plus larges de patients. charge des enfants, surtout les très bète de type 1 et avaient la glycémie L’étude grecque est parue dans la jeunes enfants. moyenne la plus haute. revue Frontiers in Physiology [2]. | L’étude des médecins grecs est Selon H. Vastardis et coll., le dia- Y.-M. D. basée sur l’analyse en LC-MS gnostic salivaire permet l’évaluation d’échantillons de salive de 36 jeunes d’un diabète jusque-là asymptoma- patients (6 à 18 ans), parmi lesquels tique et le repérage de patients à références 12 étaient porteurs d’un diabète haut risque de complications du [1] www.diabetes.co.uk/news/2018/jul/saliva- de type 1. La justification de cette diabète. Ces différentes constata- cold-provide-a-painless-type-1-diabetes-test- for-children-97898576.html étude appliquée au diabète était le tions sont autant d’entrées dans un [2] www.frontiersin.org/articles/10.3389/ constat que la salive est un milieu qui processus interventionnel. fphys.2018.00444/full OptionBio | septembre 2018 | n° 585-586 7 moc.ebodA.kcotS/H eronoélE © Diabète de type 2 : nouveaux médicaments et létalité Une étude britannique [1] a évalué l’impact sur la tendance de mortalité des diabétiques de type 2 de molécules récentes : Sodium- Glucose Cotransporter 2 inhibiteurs (SGLT-2), Glucagon-like Peptide 1 Agonistes (GLP-1) et Dipeptidyl Peptidase 4 Inhibiteurs (DPP- 4), leur efficacité comparative étant inconnue au début de l’étude. Il s’agissait de comparer l’efficacité sur la mortalité et les complications cardiovasculaires. à partir d’une méta- analyse de 236 essais chez 176 310 participants. SGLT-2 et du GLP-1 étaient significativement associés à une plus faible mortalité toutes causes vs un groupe- contrôle (placebo ou non traité : hazard ratio [HR], 0,80, et HR, 0,88, respectivement) et avec les DPP-4 (HR, 0,78 et HR, 0,86, respectivement). Les conclusions (détaillées dans la publication) montrent un avantage à SGLT-2 et à GLP- 1, DPP-4 n’étant pas associé avec une mortalité plus basse qu’avec le placebo ou un non traitement, selon les auteurs. Y.-M. D. Référence [1] https://jamanetwork. com/journals/jama/ article-abstract/2678616
L’incidence du diabète de type 1 augmente-t-elle vraiment ?
182 Quoi de neuf ? Brèves DT1 était de 72 % en cas de positivité 2) C-peptide à jeun positif et peu stimu- Les résultats montrent que l’incidence à plusieurs anticorps au screening, de lable lors du repas test (≥ 0,017, mais a augmenté effectivement de 3,4 % par 13 % si un seul anticorps était positif, < 0,2 nmol/L) ; an dans tous les centres (sauf deux). et de 0 % en cas d’anticorps négatif. 3) C-peptide < 0,017 nmol/L à jeun et en Cette augmentation était similaire entre Pour la fratrie, le risque était respecti- condition stimulée. les garçons et les filles dans toutes les vement de 47 %, 12 %, et 0,5 % pour Parmi les patients ayant une longue tranches d’âge, excepté celle comprise ces mêmes critères. durée de diabète, 95,9 % avaient entre 10 et 14 ans où l’augmentation Les auteurs concluent que le risque de un taux détectable de pro-insuline de l’incidence était plus forte chez les développer un DT1 à 3 ans est impor- (> 3,1 pmol/L). De plus, 89,9 % des garçons. De plus, pour des raisons tant dès la positivité d’un seul anticorps patients avec C-peptide en dessous inconnues, des fluctuations d’incidence chez les jumeaux monozygotes ou de de la limite inférieure de détection du DT1 tous les 4 ans étaient observées positivité de plusieurs anticorps chez les (< 0,017 nmol/L), soit 99 patients, avaient dans quatre centres, sans que la raison jumeaux dizygotes, confirmant une gra- également une pro-insuline mesurable. en soit connue. dation du risque selon la susceptibilité Ce résultat a été confirmé par la mesure Ainsi, les auteurs concluent que l’inci- génétique dans cette pathologie. de la pro-insuline en spectrométrie de dence du DT1 a doublé sur les 20 masse. L’augmentation de la pro-insu- dernières années en Europe. F.A. line lors du repas test n’était observée F.A. Triolo TM, Fouts A, Pyle L, et al; Type 1 Diabetes uniquement que chez les patients avec TrialNet Study Group. Identical and nonidentical C-peptide stimulé ≥ 0,2 nmol/L. Ainsi, Patterson CC, Harjutsalo V, Rosenbauer J, et al. twins: risk and factors involved in development of que le C-peptide soit détectable ou non, Trends and cyclical variation in the incidence of islet autoimmunity and type 1 diabetes. Diabetes childhood type 1 diabetes in 26 European centres Care 2019; 42:192-9. la sécrétion de pro-insuline est retrou- in the 25 year period 1989-2013: a multicentre vée chez un grand nombre de patients, prospective registration study. Diabetologia 2019; même avec longue durée de diabète. 62:408-17. Ces résultats intriguent et suggèrent la La pro-insuline persistance de la capacité endogène de est détectable même Obésité production d’une hormone hautement en cas de diabète de spécifique de la cellule β-pancréatique type 1 de longue durée ! (cellule encore présente, mais agressée Glucocorticoïdes par l’auto-immunité et moins perfor- et adipocytes On sait que le pancréas des patients mante pour maturer la pro-insuline en atteints de diabète de type 2 sécrète de insuline), ou alors d’une source autre de la pro-insuline en excès, limitant ainsi la sécrétion encore inconnue. Les glucocorticoïdes sont sou- proportion d’insuline libre. Ceci suggère vent utilisés pour leurs propriétés F.A. un défaut de maturation de l’insuline qui anti-inflammatoires et comme immu- participe aux défauts de fonctionnalité Sims EK, Bahnson HT, Nyalwidhe J, et al; T1D nosuppresseurs. Comme on le sait, ces du pancréas endocrine. Exchange Residual C-peptide Study Group. traitements s’accompagnent d’un rema- Emily K. Sims et al. ont posé la question Proinsulin secretion is a persistent feature of type niement de la composition corporelle 1 diabetes. Diabetes Care 2019; 42:258-64. suivante : en est-il également ainsi en avec, en particulier, une redistribution cas de diabète de type 1 (DT1) ? Cette du tissu adipeux vers le tronc. question peut paraître totalement sau- Héloïse Dalle et al. ont émis l’hypothèse L’incidence grenue si l’on considère que le DT1 est que le récepteur aux glucocorticoïdes du diabète de type 1 une pathologie auto-immune qui aboutit des adipocytes (dont le rôle est peu augmente-t-elle vraiment ? à la destruction de la majorité du pool connu) pourrait jouer un rôle dans de cellules β-pancréatiques, et donc cette redistribution tissulaire. Pour tes- à l’impossibilité de pouvoir sécréter De nombreux registres font suspecter ter cette hypothèse, les auteurs ont de l’insuline ou de la pro-insuline. Les une hausse de l’incidence du diabète de développé une souris délétée pour ce auteurs ont mesuré les concentrations type 1 (DT1) chez l’enfant. Néanmoins, récepteur spécifiquement dans l’adipo- circulantes du C-peptide et de la pro- ces publications rapportent le plus sou- cyte. Lorsque ces souris sont traitées insuline à jeun et après un repas test vent la situation d’un pays. par corticostérone (pour mimer les chez 319 patients atteints de DT1 ayant Pour aller plus loin dans cette analyse, effets d’un traitement par glucocorti- au moins 3 ans de pathologie connue Christopher C. Patterson et al. ont coïdes chez l’homme), ces souris ont (extrême jusqu’à 33 ans de diabète), étudié, sur la période 1989-2013, l’in- une préservation de leur tolérance au et 12 sujets contrôles sans diabète. cidence du DT1 chez les enfants dont glucose et de leur sensibilité à l’insuline Les patients ont été répartis en trois l’âge est compris entre 0 et 14 ans. en comparaison des souris contrôles. catégories : Cette analyse a été réalisée dans 26 Ceci était expliqué par une expansion 1) C-peptide à jeun positif et valeurs éle- centres de référence en Europe pour de la masse grasse (en rapport avec vées lors du repas test (≥ 0,2 nmol/L) ; cette pathologie, soit 22 pays différents. une augmentation de la signalisation à Médecine des maladies Métaboliques - Mars 2019 - Vol. 13 - N°2
Trajets de soins diabète sucré de type 2 et insuffisance rénale chronique - impact sur la qualité des soins
Trajets de soins diabète sucré de type 2 et insuffisance rénale chronique : impact sur la qualité des soins Achil Phase 1 (2009-2013). Ambulatory Care Health Information Laboratory. Service Etude des Soins de Santé Rue Juliette Wytsman 14 1050 Bruxelles – Belgique www.wiv-isp.be ISSN: D/2013/2505/25
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Santé Publique et Surveillance | novembre 2013 | Bruxelles, Belgique Numéro de référence interne : 2013-019 Numéro de dépôt ou ISSN : D/2013/2505/25 AUTEURS Viviane VAN CASTEREN1, Nathalie BOSSUYT1, Sarah MOREELS1, Katrien VANTHOMME1, Geert GODERIS², Etienne DE CLERCQ³ 1. Institut Scientifique de Santé Publique, Direction Opérationnelle, Santé Publique et Surveillance, Service Etude des Soins de Santé 2. Katholieke Universiteit Leuven, Academisch Centrum Huisartsgeneeskunde 3. Université Catholique de Louvain, Institut de Recherche Santé et Société (IRSS) 2 La Science au service de la Santé publique, de la Sécurité de la chaîne alimentaire et de l’Environnement.
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Le projet a été financé par l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI). Le projet a été réalisé en colloboration avec l’Institut de Recherche Santé et Société (IRSS) de l’Université Catholique de Louvain en le Academisch Centrum Huisartsgeneeskunde van de Katholieke Universiteit Leuven. Contact Dr Viviane Van Casteren Institut Scientifique de la Santé Publique Santé publique et Surveillance Rue Juliette Wytsman 14 1050 Bruxelles Belgique viviane.vancasteren @wiv-isp.be Comment faire référence à ce document ? Viviane Van Casteren, Nathalie Bossuyt, Sarah Moreels, Katrien Vanthomme, Geert Goderis, Etienne De Clercq. Trajets de soins diabète sucré de type 2 et insuffisance rénale chronique : impact sur la qualité des soins, 2013. Bruxelles : Institut scientifique de la Santé publique (WIV-ISP). 2013. Numéro de référence interne 2013-019. Numéro de dépôt ou ISSN : D/2013/2505/25. Ce document est disponible sur le site Internet de l’Institut scientifique de Santé publique : www.wiv- isp.be. Remerciements Les auteurs remercient tous les médecins qui ont collaboré à la communication des données. Les auteurs remercient le Prof. Dr. Johan Wens (Université d’Anvers) pour son importante contribution à la formulation des paramètres liés à la qualité des soins pour le trajet de soins diabète de type 2. Un grand merci aux experts du Comité scientifique pour leur précieuse contribution à l’analyse et la communication des résultats. Les membres du Comité scientifique sont (par ordre alphabétique) : André Bodson Joëlle Nortier Luk Buyse Thomas Orban Ann Ceuppens Jean-Michel Pochet Kathleen Claes Michel Ponchon Christophe De Block Olga Van De Vloed Pierre Drielsma Simon Van Hooland Luc Herry Gijs Van Pottelbergh Georges Krzentowski Francis Verbeke Chantal Mathieu Ann Verhaegen Marie-Carmen Muniz Johan Wens Frank Nobels © Institut scientifique de Santé publique, Bruxelles 2013 Ce rapport ne peut être reproduit, publié ou distribué sans l’accord écrit de l’ISP. 3
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Liste des abréviations ACHIL Ambulatory Care Health Information Laboratory ADO: antidiabétiques oraux AIM: Agence InterMutualiste AINS: anti-inflammatoires non stéroïdiens ATC: classification anatomique, thérapeutique et chimique (avec dose quotidienne définie) Ca: calcium CIM-9/10: 9/10ième version de la Classification Internationale des Maladies CISP-2: 2ième version de la Classification Internationale des Soins Primaires CV: cardio-vasculaire DDD: dose quotidienne définie (defined daily dose) DM2: diabète sucré de type 2 DMG: dossier médical global DMI: dossier médical informatisé EPO: érythropoïétine Hb: hémoglobine HCO : bicarbonate 3 HDL: lipoprotéines de haute densité IC à 95%: intervalle de confiance à 95% IC: intervalle de confiance ICC: coefficient de corrélation intra-classe IMC: indice de masse corporelle INAMI Institut national d'assurance maladie-invalidité IRC: insuffisance rénale chronique KCE: Centre fédéral d’expertise des soins de santé LDL: lipoprotéines de faible densité MDRD: vitesse de filtration glomérulaire (modification of diet in renal diseases) MOR: median odds ratio MV: Médecins Vigies N: nombre OCDE: Organisation de Coopération et de Développement Economiques OMS: Organisation mondiale de la Santé P: phosphate P25: premier quartile (limite supérieure de 25% des observations) P50: deuxième quartile (médiane) P75: troisième quartile (limite supérieure de 75% des observations) PNB: produit national brut PTH: parathormone RML: réseau multidisciplinaire local RSW: Réseau Santé Wallon SRAA: Système rénine-angiotensine-aldostérone TAd: tension artérielle diastolique TAs: tension artérielle systolique TS: trajet de soins TTP: Trusted Third Party WIV-ISP: Wetenschappelijk Instituut Volksgezondheid – Institut scientifique de Santé publique 4 .
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Table des matières 1. Synthèse .............................................................................................................................................. 8 2. Introduction ....................................................................................................................................... 9 3. Méthodologie .................................................................................................................................... 11 3.1. Pilier central .............................................................................................................................. 12 3.2. Pilier AIM .................................................................................................................................. 13 3.3. Pilier Intego ............................................................................................................................... 14 3.4. Médecins Vigies ........................................................................................................................ 15 4. Trajet de soins diabète sucré de type 2 .......................................................................................... 18 4.1. Description des patients atteints d’un diabète sucré de type 2 .................................................. 18 4.1.1 Caractéristiques de base des patients atteints d’un diabète sucré de type 2 ...................... 18 4.1.2 Pratiques et RML ............................................................................................................... 27 4.2. Le contrat trajet de soins diabète sucré de type 2 ...................................................................... 28 4.2.1 Respect des conditions du contrat trajet de soins diabète .................................................. 28 4.2.2 Usage des mesures visant à faciliter l’autogestion du diabète ........................................... 28 4.2.3 Passage de la convention diabète vers le trajet de soins .................................................... 30 4.3. Trajet de soins diabète sucré de type 2 : découvertes principales ............................................. 30 4.3.1 Un nombre non négligeable de patients pour un trajet de soins avait probablement déjà été repris au cours de la période 2009-2011 ............................................................................................ 30 4.3.2 Les patients en TS nécessitaient déjà une attention particulière au cours des années précédant et autour du début du TS ................................................................................................... 31 4.3.3 Au cours des années ayant précédé le début du trajet de soins, de plus en plus de patients en TS ont fait l'objet d'un suivi plus adéquat, tant dans le temps qu'en comparaison avec d'autres patients diabétiques ........................................................................................................................... 34 4.3.4 Le début du trajet de soins génère un groupe additionnel de patients en TS bénéficiant d'un suivi adéquat, tant en comparaison avec le passé qu’avec d’autres patients diabétiques. ......... 37 4.3.5 Les paramètres de résultat obligatoires indiquent que le lancement d’un TS s’accompagne d’une évolution positive, mais les analyses actuelles ne permettent pas d'établir un lien de cause à effet entre l'intégration dans un trajet de soins et l'amélioration ....................................................... 40 5. Trajet de soins Insuffisance rénale chronique .............................................................................. 42 5.1. Description des patients atteints d’insuffisance rénale chronique ............................................. 42 5.1.1 Caractéristiques de base des patients ................................................................................. 42 5.1.2 Pratiques et RML ............................................................................................................... 55 5.2. Le contrat trajet de soins insuffisance rénale chronique ............................................................ 56 5.2.1 Respect des conditions du contrat trajet de soins insuffisance rénale chronique .............. 56 5.2.2 Usage des mesures visant à faciliter l’autogestion du diabète ........................................... 57 5.3. Trajet de soins insuffisance rénale chronique : découvertes principales ................................... 59 5.3.1 Un nombre non négligeable de patients pour un trajet de soins avait probablement été repris au cours de la période 2009-2011 ............................................................................................ 59 5.3.2 Avant le début du TS, les patients TS ont présenté une dégradation plus rapide de la fonction rénale que les patients éligibles pour un TS mais pas inclus ............................................... 60 5.3.3 Avant le début du trajet de soins, de plus en plus de patients en TS ont fait l'objet d'un suivi adéquat, tant dans le temps qu'en comparaison avec d'autres patients en insuffisance rénale chronique62 5.3.4 Autour du début du TS, on observe un groupe additionnel de patients TS bénéficiant d'un suivi adéquat, tant en comparaison avec le passé qu’avec d'autres patients en insuffisance rénale chronique63 5
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5.3.5 L’analyse des paramètres de résultat ne permet pas de se prononcer sur l’impact du trajet de soins, mais ACHIL peut donner une description de la situation des patients TS ......................... 66 6. Discussion et conclusion .................................................................................................................. 70 7. Recommandations ........................................................................................................................... 74 8. Références ........................................................................................................................................ 75 1. Publications ...................................................................................................................................... 77 2. Documents de travail ....................................................................................................................... 81 3. Annexe méthodologie ...................................................................................................................... 82 3.1. Pilier central .............................................................................................................................. 82 3.1.1 Caractéristiques ................................................................................................................. 82 3.1.2 Période de collecte des données ........................................................................................ 82 3.1.3 Collecte des données ......................................................................................................... 82 3.1.4 Population d’étude et groupes d’étude .............................................................................. 86 3.1.5 Analyse statistique ............................................................................................................. 87 3.1.6 Points forts et faibles de l’outil .......................................................................................... 87 3.2. AIM ........................................................................................................................................... 88 3.2.1 Caractéristiques ................................................................................................................. 88 3.2.2 Période de collecte des données ........................................................................................ 88 3.2.3 Collecte des données ......................................................................................................... 88 3.2.4 Population d’étude et groupes d’étude .............................................................................. 88 3.2.5 Analyse statistique ............................................................................................................. 89 3.2.6 Points forts et faibles de l’outil .......................................................................................... 92 3.3. Intego ......................................................................................................................................... 92 3.3.1 Caractéristiques ................................................................................................................. 92 3.3.2 Période de collecte des données ........................................................................................ 92 3.3.3 Collecte des données ......................................................................................................... 92 3.3.4 Population d’étude et groupes d’études ............................................................................. 94 3.3.5 Questions de recherche et analyse statistique .................................................................... 95 3.3.6 Points forts et faibles de l’outil .......................................................................................... 97 3.4. Médecins Vigies ........................................................................................................................ 98 3.4.1 Caractéristiques ................................................................................................................. 98 3.4.2 Période de collecte des données ........................................................................................ 98 3.4.3 Collecte des données ......................................................................................................... 98 3.4.4 Population d’étude et groupes d’étude .............................................................................. 98 3.4.5 Analyse statistique ............................................................................................................. 98 3.4.6 Points forts et faibles de l’outil .......................................................................................... 99 4. Annexe trajet de soins diabète de type 2 ...................................................................................... 100 4.1. Description des patients atteints d’un diabète sucré de type 2 ................................................ 100 4.1.1 Caractéristiques de base des patients atteints d’un diabète sucré de type 2 .................... 100 4.1.2 Pratiques et RML ............................................................................................................. 104 4.2. Conditions et avantages du trajet de soins diabète de type 2 pour le patient ........................... 106 4.3. Trajet de soins diabète sucré de type 2: découvertes principales ............................................ 106 4.3.1 Un nombre non négligeable de patients pour un trajet de soins avait probablement déjà été repris au cours de la période 2009-2011 .......................................................................................... 106 4.3.2 Les patients en TS nécessitaient déjà une attention particulière au cours des années précédant et autour du début du TS ................................................................................................. 106 4.3.3 Au cours des années ayant précédé le début du trajet de soins, de plus en plus de patients en TS ont fait l'objet d'un suivi plus adéquat, tant dans le temps qu'en comparaison avec d'autres patients diabétiques ......................................................................................................................... 106 4.3.4 Le début du trajet de soins génère un groupe additionnel de patients en TS bénéficiant d'un suivi adéquat, tant en comparaison avec le passé qu’avec d’autres patients diabétiques ........ 106 6 .
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Synthèse 4.3.5 Les paramètres de résultat obligatoires indiquent que le lancement d’un TS s’accompagne d’une évolution positive, mais les analyses actuelles ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet entre l’intégration dans un trajet de soins et l’amélioration .................................................... 110 5. Annexe trajet de soins insuffisance rénale chronique ................................................................ 118 5.1. Description des patients atteints d’insuffisance rénale chronique ........................................... 118 5.1.1 Caractéristiques de base des patients ............................................................................... 118 5.1.2 Pratiques et RML ............................................................................................................. 120 5.2. Conditions et avantages du trajet de soins insuffisance rénale chronique ............................... 123 5.3. Trajet de soins insuffisance rénale chronique : découvertes principales ................................. 123 5.3.1 Une nombre non négligeable de patients pour un trajet de soins avait probablement été repris au cours de la période 2009-2011 .......................................................................................... 123 5.3.2 Avant le début du TS, les patients TS ont présenté une dégradation plus rapide de la fonction rénale que les patients éligibles pour un TS mais pas inclus ............................................. 123 5.3.3 Avant le début du trajet de soins, de plus en plus de patients en TS ont fait l'objet d'un suivi adéquat, tant dans le temps qu'en comparaison avec d'autres patients en insuffisance rénale chronique123 5.3.4 Autour du début du TS, on observe un groupe additionnel de patients TS bénéficiant d'un suivi adéquat, tant en comparaison avec le passé qu’avec d'autres patients en insuffisance rénale chronique123 5.3.5 L’analyse des paramètres de résultat ne permet pas de se prononcer sur l’impact du trajet de soins, mais ACHIL peut donner une description de la situation des patients TS ....................... 127 7 .
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1. Synthèse En 2009, l’INAMI a initié un programme « trajets de soins » pour certains patients présentant un diabète de type 2 (DM2) ou une insuffisance rénale chronique (IRC). Le premier objectif du projet ACHIL (Ambulatory Care Health Information Laboratory) est d’évaluer, sur le terrain, l’efficacité des trajets de soins pour améliorer la qualité des soins en termes de conformité avec des recommandations de bonne pratique. D’autres dimensions de la qualité des soins, telle l’efficience ou la satisfaction des patients, sont également importantes mais ne font pas partie de nos missions actuelles. Pour réaliser notre étude, nous avons utilisé des données en provenance de quatre sources différentes, les quatre « piliers » d’ACHIL, à savoir : un « pilier central », l’agence inter-mutualiste (AIM), le réseau de référence Intego et le réseau des Médecins Vigies (MV). Pour le pilier central, des données ont été collectées directement par extraction à partir des dossiers patients électroniques des généralistes ou saisies manuellement via une plateforme web. A titre d’exemple, des données ont été reçues via le pilier central pour 18250 patients dans un trajet de soins DM2 et 12889 patients dans un trajet de soins IRC (données 2011). Nos résultats sont très encourageants et montrent, sur base d’observations convergentes provenant des 4 piliers d’ACHIL, que le programme « trajets de soins » a été efficace durant la période 2009-2011 pour enrôler dans des trajets de soins des patients qui en avaient besoin et pour améliorer le suivi de ces patients (amélioration de la qualité des soins en termes de processus tels, par exemple, la fréquence de suivi de l’HbA1c, de l’eGFR, de la parathormone ou de la protéinurie, ou la fréquence de prise de statines). Nos données ne nous permettent cependant pas de nous prononcer sur une amélioration manifeste de l’évolution de l’état de santé de ces patients qui serait imputable aux trajets de soins (amélioration de la qualité des soins en termes de résultats cliniques tels, par exemple, les valeurs d’HbA1c et de tension artérielle ou la vitesse de dégradation de la filtration glomérulaire). Le programme « trajets de soins » est une intervention complexe constituée de nombreux éléments tels la signature d’un contrat, des mesures d’éducation à la santé, le remboursement de consultations diverses et de matériel, la mise en place de structures locales multidisciplinaires. Il ne nous est pas possible de déterminer à quelles parties de cette intervention complexe doivent être imputées les améliorations de processus que nous avons mises en évidence. Notre étude est observationnelle (étude de cohorte rétrospective), il ne s’agit donc pas d’une étude randomisée et contrôlée, de plus la période d’observation est encore très courte. Enfin, nous n’essayons pas de porter un jugement global quant à la qualité des soins prodigués aux patients diabétiques ou en IRC, ni ne cherchons à comparer le niveau de qualité des soins entre différents groupes de patients. Toutes ces remarques doivent rester présentes à l’esprit lors de la lecture de notre rapport. A ce stade, sur base de nos résultats et en tenant compte des remarques formulées ci-dessus, nous recommandons, entre autres, de confirmer voire d’approfondir nos résultats et de préserver voire de renforcer les améliorations de la qualité de soins mises en évidence. Pour ce faire il serait notamment utile de collecter davantage de données sur une période plus longue, de généraliser l’extraction de données à partir des dossiers patients électroniques des généralistes dans un environnement sécurisé et consensuel, de coupler ces données à celles provenant de l’AIM, d’instaurer un cycle d’amélioration de la qualité basé sur des feedbacks aux professionnels de santé. Nous pensons que la dimension multi- piliers et multidisciplinaire d’ACHIL restera un atout important dans les prochaines années. Le présent rapport se focalise sur la présentation des résultats globaux relatifs à l’évaluation de la qualité des soins. Les aspects relatifs aux feedbacks à destination des prestataires de soins et à l’évaluation de la qualité des systèmes de collecte des données sont traités dans des publications et documents séparés. --------------------------- 8
Trajets de soins diabète sucré de type 2 et insuffisance rénale chronique - impact sur la qualité des soins
2. Introduction Nos systèmes de soins de santé modernes doivent faire face aux conséquences de l’évolution des besoins sanitaires d’une population de plus en plus nombreuse. Compte tenu du vieillissement croissant de la population et de la diminution de la mortalité due aux maladies aiguës, les personnes souffrant de maladies chroniques et complexes telles que le diabète, l’insuffisance cardiaque et rénale, l'obstruction chronique des voies respiratoires et la démence sont de plus en plus nombreuses. En Europe, quarante pour cent de la population de plus de 15 ans présentent une maladie chronique, responsable de 86% des décès (1). Les maladies cardio-vasculaires et le cancer représentent environ la moitié de tous les décès au sein de la Région européenne de l'OMS (2), de même qu'en Belgique, avec respectivement 33% et 27% de tous les décès en 2008 (3). Selon l'enquête de santé la plus récente (2008) en Belgique, 27,2% de la population adulte déclarent souffrir d’au moins 1 maladie chronique (4). Cette prévalence croissante des maladies chroniques joue un rôle important dans la forte augmentation du coût total des soins dispensés. En 2009, 9,6% du PNB ont été dépensés en soins de santé au sein des pays de l'OCDE, alors qu’ils ne se chiffraient encore qu’à 8,8% en 2008 (5). L’organisation d’un traitement et d’un suivi de qualité pour les patients souffrant d’affections chroniques dans notre population vieillissante constitue donc l’un des défis majeurs pour l'avenir. L’objectif du modèle de soins chroniques consiste à ce que les soins dispensés quotidiennement aux malades chroniques passent d’une approche aiguë et réactive à une approche proactive et planifiée. Il est de plus en plus avéré que l’amélioration de la qualité des soins chroniques nécessite de profondes modifications en termes d'organisation et de financement du système de soins de santé, concernant le mode d’organisation et de collaboration des prestataires de soins (médecins et personnel paramédical) et le mode d'implication des patients dans les soins reçus pour leur maladie. Cet ensemble de mesures doit être soutenu par des technologies de l’information. L’objectif ultime est de renforcer la relation patient- dispensateurs de soins et d’améliorer les effets sur la santé (6-10). En Belgique, on a décidé d’introduire progressivement le modèle de soins chroniques pour deux groupes de patients : les patients souffrant d’un diabète sucré de type 2 (DM2), avec contrôle insuffisant lors d’un traitement oral maximal, et pour qui un traitement à l’insuline est envisagé ou ceux traités par une ou deux injection(s) d’insuline par jour et les patients se situant à un stade plus avancé d'insuffisance rénale chronique (IRC). La possibilité de lancer un « trajet de soins » (TS) a été ouverte pour ces groupes de patients depuis la deuxième moitié de l’année 2009. Un trajet de soins est un contrat, d’une durée de 4 ans entre un patient et des dispensateurs de soins mettant l’accent sur la clarté des descriptions des missions et des responsabilités pour les trois parties : le médecin généraliste à titre d'initiateur et de coordinateur des soins, le spécialiste médical comme expert apportant son soutien au médecin généraliste et le patient disposé lui aussi à aborder activement sa maladie (1)(11). Des avantages financiers ont été prévus pour les prestataires de soins comme pour le patient. A cet égard, des réseaux multidisciplinaires locaux (RML) ont été créés afin de faciliter les soins multidisciplinaires entre les dispensateurs de soins. Dès le lancement de ces trajets de soins, une évaluation de ce nouveau modèle de soins a été prévue. Dans ce cadre, l’Institut scientifique de Santé publique (WIV-ISP) s’est vu confier un rôle important dans ce processus d’évaluation par l’intermédiaire du projet ACHIL. L’abréviation ACHIL signifie « Ambulatory Care Health Information Laboratory ». L’objectif général du projet ACHIL consiste à effectuer une évaluation de la qualité des soins ambulatoires par la collecte, la validation et l'analyse de paramètres liés à la qualité des soins (issus de préférence du dossier médical informatisé DMI), l'évaluation et le suivi de la qualité du système de collecte de données, l’envoi d'un rapport « benchmark » aux dispensateurs de soins qui enregistrent les données, leur permettant ainsi de comparer leurs propres résultats à ceux de leurs confrères et, enfin, l'établissement d’un rapport global à destination des autorités de santé publique. La première mission confiée par l'INAMI à ACHIL est 9
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Introduction l’évaluation de l’efficacité des trajets de soins DM2 et IRC, consistant à vérifier si l’introduction de ces trajets de soins donne lieu à une amélioration du processus de soins et des effets sur le patient (12;13). Le WIV-ISP a débuté les activités de cette mission en septembre 2009, en étroite collaboration avec l’Université catholique de Louvain (intervenant en sous-traitance), rejointe plus tard par la Katholieke Universiteit Leuven et l’Universiteit Antwerpen, elles aussi sous-traitantes du projet. Pendant toute la durée du projet, la coordination interne des activités a été assurée par un groupe de pilotage qui s'est réuni tous les deux mois environ. Par ailleurs, le projet a bénéficié de l'accompagnement de plusieurs groupes de travail et commissions au sein de l'INAMI, rassemblant des représentants des associations de médecins généralistes et des spécialités concernées, les syndicats médicaux, les mutualités, l'Agence InterMutualiste (AIM), le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), l’INAMI, eHealth, Smals, etc. De plus, un Comité scientifique, constitué de représentants des associations de médecins généralistes et des spécialités concernées a accompagné les analyses et l'interprétation des résultats1. Ce rapport traite des résultats de l’évaluation de la qualité des soins. Les rapports de feed-back « benchmark » destinés aux dispensateurs de soins sont rédigés séparément. Les résultats de l’évaluation de la qualité du système de collecte de données ont déjà donné – et donneront encore – lieu à plusieurs publications (voir l’annexe 1 Publications). 1 Si on le souhaite, les PV des comités scientifiques peuvent être demandés auprès de Viviane Van Casteren. 10 .
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3. Méthodologie L'élaboration d'un cadre théorique nous a permis de fixer la portée de notre étude, à savoir l'évaluation de l'efficacité des trajets de soins (TS), pour améliorer la qualité des soins. Par « qualité des soins », on entend la conformité à des recommandations de bonne pratique. D’autres dimensions de la « qualité des soins », telles que l’efficience ou la satisfaction de la patientèle, ne sont pas visées par cette étude. Des aspects tels que la satisfaction de tous ceux impliqués dans les RLM et les différences régionales potentielles des patients inclus dans le trajet de soins ne sont pas non plus traités ici. Dans le cadre de l’évaluation de l’efficacité des TS, ACHIL utilise une triangulation de 4 sources de données : le pilier central, les données AIM, le réseau de référence d'Intego et le réseau de référence des Médecins Vigies. Outre la collecte de paramètres liés à la qualité des soins communs à ces quatre piliers, chacune de ces sources d'information assure sa propre contribution au projet ACHIL. L’approche “quatre piliers” est choisie pour confirmer des tendances générales mais pas pour comparer des chiffres absolus. La triangulation peut accroître la confiance en ces données d'analyse, créer des voies innovantes afin de comprendre un phénomène, livrer des découvertes uniques, aboutir à une meilleure compréhension d’un problème et peut offrir une voie efficiente pour des recommandations et une évaluation opportunes d’une politique de santé publique (14 ; 15). Les paramètres de qualité des soins utilisés en matière de processus et de résultat reposent entre autres sur les recommandations belges existantes, sur les plans de suivi pour les patients TS DM2 et IRC élaborés par le Conseil national de Promotion de la Qualité sur base des recommandations belges, des rapports du KCE et des études-pilotes concernant l’introduction du modèle de soins chroniques en Belgique (11) (16-21). Seul un petit nombre de paramètres peuvent être considérés comme des indicateurs de qualité validés (pertinents, valides, fiables et mesurables) (22). Pour notre étude, seuls les paramètres pour lesquels nous pensions, a priori, pouvoir définir une ou plusieurs “cibles” pour des groupes de patients déterminés et identifiables dans l’un ou l’autre pilier d’ACHIL, ont été retenus. Pour être utile, une cible doit nous permettre de déterminer si la variation d’un paramètre peut être interprétée comme une amélioration de la qualité des soins, ou non. Par exemple, l’augmentation de la proportion de patients diabétiques (sous traitement médicamenteux) ayant au moins 3 mesures d’HbA1c par an peut être considérée comme une amélioration de la qualité des soins. Dans cet exemple, la cible peut être formulée de la façon suivante: “Près de 100% des patients diabétiques sous traitement médicamenteux devraient avoir au moins 3 mesures de leur HbA1c par an”. Les cibles nous permettent donc, dans certains cas, de passer d’une variation observée de la fréquence de suivi (paramètre de processus) ou de la valeur d’un paramètre (paramètre de résultat) à une amélioration possible de la qualité des soins. Dans ce rapport, la qualité des soins est essentiellement abordée au niveau de groupes de patients (“Quelle est la proportion de patients qui …?”) et non à un niveau individuel. Pour chacun des paramètres retenus, des questions de recherche génériques, communes à l’ensemble du réseau ACHIL, ont été formulées (par exemple, “Quelle est la proportion de patients dans un trajet de soins diabète type 2 qui ont au moins 4 mesures d’HbA1c par an ?”). Les questions formulées pouvaient porter soit sur le suivi des paramètres (“process”), soit sur les valeurs de ces paramètres (“outcome”). Enfin, pour chacun des 4 piliers d’ACHIL, des protocoles d’analyse détaillés ont été réalisés développant les questions de recherche étudiées, les groupes de patients concernés, les types d’analyses effectuées et toutes les données nécessaires pour réaliser ces analyses. Les paramètres retenus (processus et résultat) ont été regroupés en 5 grandes catégories (voir le Tableau 1). Ce tableau présente les paramètres dont les résultats ont été repris dans ce rapport et sur lesquels nous avons pu baser nos conclusions. D’autres paramètres également considérés mais n’ayant pas pu, pour diverses raisons, faire l’objet d’une analyse fiable à l’aide des différents instruments, n’ont pas été repris. De plus amples détails sont présentés dans les résultats de ce rapport et dans les documents techniques du projet (voir l’annexe Documents de travail). 11
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Méthodologie Tableau 1. Principales catégories des paramètres étudiés. Paramètres étudiés Catégories de paramètres Trajet de soins diabète de Trajet de soins IRC type 2 Recrutement Proportion de patients éligibles pour un TS et y étant inclus Paramètres obligatoires HbA1c, cholestérol LDL eGFR, hémoglobine (Hb), tension artérielle, IMC créatininémie, parathormone (PTH), tension artérielle, « diagnostic rénal » Suivi de la maladie Nombre de contacts avec des Nombre de contacts avec des dispensateurs de soins donnés, dispensateurs de soins donnés, glucomètre tensiomètre, hématocrite, Ca, phosphate, bicarbonate (HCO3), 25-OH-vit D, protéinurie/(micro)albuminurie, poids Facteurs de risque et prévention Statut tabagique, activité Statut tabagique, activité primaire physique, aspects diététiques, physique, aspects diététiques, vaccination vaccination Complications / prévention Éducation au diabète, Risque cardio-vasculaire (IMC, secondaire et tertiaire consultation d’un podologue, cholestérol LDL, statines, fonction rénale (créatininémie), aspirine à faible dose), statines, aspirine à faible dose, médication néphrotoxique examen du fond de l’œil (AINS) Les comparaisons avec d’autres groupes de patients DM2 ou IRC doivent être effectuées avec la prudence d’usage. Ces comparaisons sont présentées à titre purement indicatif afin de vérifier si les variations observées pour les patients du trajet de soins se retrouvent également dans d'autres groupes de patients DM2 ou IRC. Ces groupes ne doivent aucunement être considérés comme « groupes de contrôle ». En effet, le profil de ces patients peut être radicalement différent de celui des patients du trajet de soins. Ainsi, les patients diabétiques ne se situant pas dans un programme de soins seraient par exemple des diabétiques à un stade précoce de leur maladie. A l’inverse, les patients du groupe 3A de la convention sont souvent des patients se situant à un stade plus avancé de la maladie (plus longue durée du diabète, patients plus âgés). Des patients éligibles pour un trajet de soins IRC, à cause de leur état de maladie, mais n’y étant pas repris, présenteraient une diminution moins rapide de leur filtration glomérulaire. Ces patients présenteraient également un meilleur état clinique (surpoids inférieur, moins de comorbidité). Quelques éléments méthodologiques essentiels sont décrits pour chacun des piliers ACHIL dans les parties suivantes et sont présentés visuellement à la Figure 1. L’annexe 3 présente pour sa part de plus amples détails par pilier (Annexe méthodologie). 3.1. Pilier central • Setting en répondants : Le contrat de trajet de soins dispose que tout médecin généraliste belge est tenu d’enregistrer une série limitée de données pour chacun de ses patients en trajet de soins à des fins d’évaluation. Les paramètres à enregistrer sont les suivants : HbA1c, cholestérol LDL, poids, taille et tension artérielle pour le trajet de soins diabète de type 2 et eGFR, parathormone, hémoglobine, créatinine,tension artérielle et diagnostic rénal pour le trajet de soins insuffisance rénale chronique. 12 .
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Méthodologie Les données ont été introduites par le médecin généraliste par l’intermédiaire d’une application web sécurisée (soit par introduction manuelle des données, soit par extraction automatique des données du dossier informatisé du patient, soit par le Réseau Santé Wallon, voir l’annexe 3.1.3) et ont été envoyées de manière codée à l'Institut scientifique de Santé publique (WIV-ISP) via un tiers de confiance (Trusted Third Party ou TTP). Les données, qui ont pu être enregistrées par patient pouvant porter sur la période allant d’un an avant l’entrée individuelle du patient dans le trajet de soins au 31 décembre 2011 maximum, contiennent donc en définitive des données de la période s’étendant du 1er juin 2008 au 31 décembre 2011. • Plan d’étude : La nature des données collectées dépend de la méthode : la saisie manuelle de données ne fournit principalement qu'une série de paramètres par patient, l’extraction automatique de données fournissant généralement des données longitudinales des années proches du début du trajet de soins (voir les annexes 3.1.3 et 3.1.4). Ce pilier porte sur une étude transversale ou une étude de cohorte rétrospective observationnelle, selon les données utilisées. • Analyse : L’effet du prédicteur principal (inclusion dans le trajet de soins) sur le résultat (évolution d’un paramètre de résultat) a été évalué entre 2008 et 2011 au moyen de modèles logistiques et linéaires multiniveaux de données longitudinales, compte tenu de facteurs de confusion potentiels (voir l’annexe 3.1.5). • Points forts et points faibles : Ces données exhaustives sur l'ensemble des patients belges en trajet de soins fournissent des informations tant en termes de processus que de résultats. Elles permettent d'étudier la relation entre des processus de soins et les résultats sur la santé et de tirer des conclusions valides et fiables sur le début du trajet de soins. Cependant, la base de données ne dispose pas de données sur des patients n'ayant pas rejoint un trajet de soins, ce qui empêche la comparaison, et seuls quelques paramètres ont été sondés. Compte tenu du nombre limité d'enregistrements réalisés par saisie manuelle des données et via le RSW, le pilier central s'avère moins approprié pour des analyses de processus. Par conséquent, les résultats de ces analyses de processus ne sont pas présentés dans ce rapport. 3.2. Pilier AIM • Setting et répondants : Cette source de données analyse les données de remboursement de toutes les prestations médicales et des médicaments remboursés aux assurés dans le cadre de l’assurance maladie obligatoire en Belgique. L’Agence InterMutualiste (AIM) rassemble et gère ces données issues de sept organismes d'assurance maladie et de Pharmanet. A l'origine, ces données ont été rassemblées à des fins administratives. Elles concernent l'ensemble des patients belges en trajet de soins mais aussi, pour ce qui concerne le trajet de soins « diabète », d'autres groupes de patients diabétiques (non inclus dans un programme diabète, groupe 3A de la convention et programme « éducation et autogestion », voir l’annexe 3.2.4.1) au cours de la période 01/01/2006 - 31/12/2010. 13 .
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Méthodologie • Plan d’étude : Les données longitudinales ont été analysées par l'intermédiaire d'une étude de cohorte rétrospective observationnelle. • Analyse : L’effet du prédicteur principal (inclusion dans le trajet de soins) sur le résultat (évolution de l’atteinte d’un objectif pour un processus de soins) a été évalué entre 2006 et 2010 au moyen d'un modèle logistique multiniveaux de données longitudinales, compte tenu de facteurs de confusion potentiels (voir l’annexe 3.2.5). • Points forts et points faibles : Cette source de données contient des informations très détaillées sur toutes les prestations remboursables en Belgique, couvrant pratiquement la totalité de la population belge. Par ailleurs, cette base de données permet d'étudier l'évolution de processus de soins avec une grande précision, dans la mesure où les personnes ont pu être suivies au fil des ans. Cependant, l’étude de l’évolution des résultats sur la santé n’est pas possible, les données ne reprenant pas d’informations de diagnostic. Le manque d’informations de diagnostic freine également l’identification de groupes de contrôle définis cliniquement. Ces sources de données ont un point faible : en raison de leur objectif initialement administratif, les données sont disponibles relativement tard, si bien que seule une brève période suivant le début du projet a pu être examinée dans le cadre de cette étude. 3.3. Pilier Intego • Setting et répondants : Intego, ou integrated computerised network, est un registre de médecins généralistes créé en 1994. Tous les médecins participants (95 médecins flamands, 55 pratiques en 2011) utilisent le logiciel Medidoc®. Les données sont extraites une fois par an dans le cadre d'une procédure d'extraction semi-automatique du dossier médical informatisé (DMI), sont recodées via un tiers de confiance (TTP) et sont placées sur un serveur du Centre académique de Médecine générale (Academisch Centrum voor Huisartsgeneeskunde) de la KU Leuven. La population de pratique reprise dans la base de données Intego couvre 1,95% de la population totale en Flandre. Pour chaque contact avec le patient, les médecins généralistes Intego enregistrent de manière prospective et routinière tous les nouveaux diagnostics ainsi que les médicaments prescrits, les paramètres cliniques, les examens en laboratoire et des informations de base. Dans le cadre de cette étude, le réseau fournit des données démographiques, des données de laboratoire et des données cliniques ainsi que des informations en matière de complications, de comorbidité et de traitement. • Plan d’étude : Les données longitudinales permettent la réalisation d’une étude de cohorte rétrospective. • Analyse : L’effet du prédicteur principal (inclusion dans le trajet de soins) sur le résultat (évolution soit de l’atteinte d’un objectif pour un processus de soins, soit d’un résultat sur la santé) a été évalué entre 2006 et 2011 au moyen d'un modèle logistique et linéaire multiniveaux de données longitudinales, compte tenu de facteurs de confusion potentiels (voir l’annexe 3.3.5). 14 .
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