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|---|---|
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | les anticorps anti-ZnT8.
j Le risque de survenue d’un diabète augmente avec le taux et le nombre
des anticorps présentés par le patient. Avec 3 anticorps positifs, le risque est
de 80 % à 5 ans.
j Les marqueurs de l’insulite pancréatique auto-immune sont donc en effet
essentiellement des anticorps bien que ceux-ci n’aient pas de rôle pathogène
propre. Ainsi, les anticorps anti-îlots d’une femme ayant un diabète
gestationnel auto-immun passent la barrière placentaire mais n’ont pas de
conséquence pathogénique pour le fœtus, contrairement, par exemple, aux
anticorps antirécepteurs de la TSH d’une maladie de Basedow.
j Cette insulite prédiabétique survient sur un terrain génétique prédisposé,
mais il s’agit d’une susceptibilité faible puisqu’on ne retrouve une hérédité
familiale de diabète de type 1 chez un nouveau diabétique qu’une fois sur
10. La mère transmet moins le risque que le père (tableau 6.1). La
transmission par la mère ne dépend pas du niveau de glycémie de la
grossesse.
j Les facteurs d’environnement sont sans doute majeurs car, lorsque l’on
quitte une région à haut risque (pays du nord de l’Europe, Sardaigne), le
risque chute rapidement.
j Les deux hypothèses prédominantes sur ces facteurs d’environnement sont
en 2019 le rôle de virus et l’effet délétère d’un environnement trop propre.
D’où vient le diabète de type 1 ?
29
Tableau 6.1. Risque de survenue d’un diabète insulinodépendant.
Population générale
0,2 %
Personnes DR3 DR4 (1 % de la population générale) |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | 7 %
Enfant de mère DID
2-3 %
Enfant de père DID
4-5 %
Frère ou sœur d’un DID
5 %
Frère ou sœur d’un DID, HLA différent
< 1 %
Frère ou sœur d’un DID, HLA identique
15 %
Frère ou sœur d’un DID, HLA semi-identique
7 %
Jumeau homozygote d’un DID
30-40 %
Le rôle suspecté des virus
Des faits cliniques, tels que la haute prévalence du diabète (environ 20 %)
en cas de rubéole congénitale, et expérimentaux font suspecter un rôle
essentiel des virus. Ceux-ci pourraient intervenir de multiples façons : j
Certains virus pourraient présenter un mimétisme antigénique avec des
protéines de cellules B (peptide commun entre le virus Coxsackie et la
GAD, par exemple). |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | j L’infection virale pourrait être responsable de la sécrétion de cytokines, en
particulier d’interféron gamma, entraînant une expression anormale des
antigènes de classe II à la surface des cellules présentant les auto-antigènes
aux récepteurs des lymphocytes T CD4 et une surexpression des antigènes
de classe I au niveau des cellules B, accélérant le processus de destruction
par les lymphocytes cytotoxiques CD8.
j Les virus pourraient également participer à une destruction des cellules B
par des cytokines toxiques. Les patients à risque pourraient aussi avoir des
cellules B
plus sensibles à l’infection par le virus.
j Enfin, ils pourraient rompre la tolérance immunitaire en activant une
insulite quiescente ou en rompant la balance entre les lymphocytes T
cytotoxiques et les lymphocytes T reg.
La théorie de l’hygiène
j Les souris élevées dans une animalerie non stérile (présence de parasites
comme des oxyures) ont plus de diabète de type 1.
j Les régions à développement économique et citadin rapide voient
augmenter leur incidence de diabète de type 1 par rapport aux régions
restant rurales.
30
Généralités
j Pour ces raisons, une théorie suggère que la disparition de l’exposition
précoce à des parasites ou bactéries pourrait diminuer nos mécanismes de
défense contre les processus auto-immuns.
j Mais de nombreux autres facteurs pourraient être incriminés : pollution,
alimentation…
Une susceptibilité plurigénique |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Il s’agit en réalité d’une susceptibilité plurigénique avec au moins une
dizaine de gènes en cause :
j Le premier, et le principal, se situe sur le chromosome 6 au niveau des
gènes du système HLA de classe II avec un risque relatif de 3 à 5, lorsqu’il
existe un antigène HLA DR3 ou DR4. Le risque relatif atteint 20 à 40
lorsque les deux antigènes DR3
et DR4 sont associés, ce qui veut dire que l’association DR3-DR4 est
fréquente dans la population diabétique et exceptionnelle dans la population
non diabé-
tique. Ainsi, le risque pour des frères et sœurs peut être précisé en fonction
de l’identité HLA avec le diabétique. Le risque est de 15 % lorsque les
frères ou sœurs présentent les deux haplotypes HLA en commun avec le
diabétique ; il n’est que de 7 % lorsqu’ils n’ont qu’un seul haplotype en
commun et il est inférieur à 1 %
lorsque les deux haplotypes sont différents.
j La caractérisation moléculaire des gènes des molécules de classe II a
permis d’identifier un grand nombre d’allèles nouveaux. Les anciennes
spécificités DR
et DQ définies sérologiquement ont été divisées en sous-types dont certains
sont associés au diabète de type 1, le risque relatif de certains allèles DQ
étant supé-
rieur à celui obtenu pour DR.
j On a identifié plusieurs régions contenant des gènes de prédisposition, en
particulier dans les régions proches du gène de l’insuline sur le
chromosome 11 et dans les régions proches du récepteur de l’IGF1 sur le
chromosome 15.
j Enfin, la détermination génétique pourrait influencer l’efficacité de
populations lymphocytaires régulatrices (Treg), les rendant moins efficaces
à lutter contre l’auto-immunité. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Ces données physiopathologiques ont-elles
des conséquences pour le clinicien ?
On peut retenir quatre messages essentiels (tableau 6.1) :
j Le risque génétique est faible : 2 à 3 % lorsque la mère est diabétique, 4 %
lorsque le père est diabétique, 4 à 5 % lorsqu’un frère ou une sœur sont
diabé-
tiques. Cela implique que, lorsque nous disposerons d’un traitement
efficace de la maladie, il faudra dépister les patients à risque de l’ensemble
de la population et pas seulement dans la famille des patients diabétiques.
D’où vient le diabète de type 1 ?
31
j Il ne s’agit pas de la transmission d’un gène pathologique responsable par
lui-même de l’apparition de la maladie, mais seulement de la transmission
plurigénique d’une susceptibilité, l’apparition de la maladie étant
déterminée par des facteurs d’environnement. Ces facteurs
d’environnement restent aujourd’hui inconnus.
j L’insulite prédiabétique se développe plusieurs années avant l’apparition
du diabète. Les infections ou les chocs psychologiques précédant de
quelques semaines ou de quelques mois l’apparition clinique du diabète,
souvent incriminés par les malades ou leur entourage, ne peuvent donc
jouer à eux seuls le rôle déclenchant.
j L’insulite peut être dépistée par une simple prise de sang à la recherche
d’anticorps anti-îlots et/ou d’anticorps anti-GAD ; l’intérêt de ce dépistage
est discutable dans la mesure où nous ne disposons toujours pas d’une
thérapeutique préventive validée. Mais il peut être conseillé pour au moins
deux raisons : |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | un dépistage positif permettrait aux personnes de participer à un protocole
de recherche d’immunothérapie préventive. Ces protocoles, menés par des
équipes ultraspécialisées, nécessitent un dépistage de très larges populations
en raison de la faible incidence de la maladie ;
à défaut, il permet une surveillance rapprochée, autorisant la mise en
route d’une insulinothérapie avant la décompensation cétosique du diabète,
le risque d’éclosion d’un diabète dans un délai d’un an étant très élevé chez
les sujets présentant des anticorps anti-îlots et/ou anti-GAD et une glycémie
à jeun à plusieurs reprises supérieure à 1,10 g/l.
F I C H E
7
Première consultation
pour une hyperglycémie
sans symptômes
Les éléments à recueillir sont les suivants :
j Âge. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | j Poids, histoire du poids, localisation du poids (abdominal ?).
j Évolution lente (plusieurs années) ou rapide (quelques semaines) de la
glycémie.
j Médicaments, alcool.
j Antécédents de diabète ou de maladie auto-immune dans la famille.
j Signes d’endocrinopathie hyperglycémiante (hyperthyroïdie en
particulier).
j Altération de l’état général (anorexie), douleur abdominale, ictère,
diarrhée.
j Pression artérielle.
Ces éléments vont permettre de prendre les décisions de prise en charge
(figure 7.1).
Figure 7.1. Raisonnement et conduite à tenir devant une hyperglycémie
sans symptômes.
Guide pratique du diabète
© 2019, Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
34
Généralités
Tableau 7.1. Les différentes causes de diabète secondaire.
Diabètes pancréatiques
• Pancréatectomie totale
• Cancer du pancréas |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | • Pancréatite chronique calcifiante éthylique
• Diabètes tropicaux
• Hémochromatose
• Mucoviscidose
• Pancréatites exocrines auto-immunes
Diabètes endocriniens
• Acromégalie
• Hypercorticisme
• Phéochromocytome
• Hyperthyroïdie
• Hyperaldostéronisme
• Glucagonome
• Somatostatinome
Diabètes iatrogènes
• Corticoïdes
• Bêta-2-stimulants (Salbutamol®)
• Diurétiques thiazidiques
• Œstrogènes de synthèse
• Progestatifs dérivés norstéroïdes
• Pentamidine (Lomidine®) |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | • Diazoxide (Proglicem®)
• Antirétroviraux, en particulier inhibiteurs de la protéase
• Neuroleptiques, en particulier antipsychotiques de 2e génération
• Immunosuppresseurs, anticalcineurines (cyclosporine A et tacrolimus)
• Immunothérapie anticancéreuse
Hépatopathies cirrhogènes
Insuffisance rénale sévère
Diabète avec Acanthosis nigricans sans obésité
• Type A : déficit en récepteurs de l’insuline
• Type B : anticorps antirécepteurs de l’insuline
• Type C : défaut post-liaison au récepteur de l’insuline
(cid:0)
Première consultation pour une hyperglycémie sans symptômes 35
(cid:0)
Insulinopathies
Diabète MODY (M aturity Onset Diabetes of the Young) Diabète avec
surdité (hérédité maternelle) = diabète mitochondrial
F I C H E
8
Première consultation
pour une hyperglycémie |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | avec des symptômes
traduisant une carence
en insuline
Voir aussi fiche 3.
Guide pratique du diabète
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38
Généralités
Surpoids (ou était en surpoids avant de maigrir)
de localisation abdominale ± HTA ± antécédents |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | familiaux de diabète de type 2 (figure 8.1)
Figure 8.1
Première consultation pour une hyperglycémie avec des symptômes
traduisant...
39
Pas de surpoids. Était jusque-là en bonne |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | santé (figure 8.2)
Figure 8.2
Sujet âgé avec signes de déshydratation
± corticoïdes ± infection (figure 8.3)
Figure 8.3
F I C H E
9
Médicaments
hypoglycémiants
par voie orale
En France, cinq familles d’hypoglycémiants par voie orale sont disponibles
: les biguanides, les inhibiteurs de la DPP-4 (gliptines), les sulfamides
hypoglycémiants, les glinides, les inhibiteurs des alpha-glucosidases
(tableaux 9.1, 9.2).
La metformine
j C’est le médicament de première intention dans le diabète de type 2. C’est
un biguanide.
j Son mode d’action n’est pas complètement élucidé. Ce que l’on sait c’est
qu’elle :
inhibe la néoglucogenèse hépatique ;
active la glycogénolyse intestinale.
j La baisse d’HbA1c est de -1 à -1,5 %. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | j Elle ne donne pas d’hypoglycémie et fait perdre un peu de poids (1 à 2
kg), car elle a un effet légèrement anorexigène.
j Elle a un bénéfice cardiovasculaire montré dans certaines études chez des
patients obèses avec les sulfamides comme comparateurs, avec une
diminution des infarctus du myocarde.
j Elle doit être prescrite à dose progressive et prise en milieu/fin de repas
pour diminuer les effets secondaires digestifs (douleurs abdominales et
diarrhées : 30 %
des cas).
j Elle est habituellement bien tolérée sauf chez quelques patients chez qui la
diarrhée rend le médicament imprenable.
j Sa contre-indication principale est l’insuffisance rénale sévère bien que
cette molécule ne soit pas néphrotoxique, mais elle risque de s’accumuler
avec un risque d’acidose lactique.
Guide pratique du diabète
© 2019, Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
44
Tableau 9.1. Les différents traitements pas voie orale : posologie, effets
secondaires, contre-indications.
Famille
Mécanisme
DCI
Nom
Posologie |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Posologie
Effets secondaires
Contre- indications
d’action
Commercial®
existante
quotidienne max
Biguanides
Diminution de Chlorhydrate
Glucophage
500/850/1000 mg
3 000 mg/j
Douleur abdominale Ins rénale Cl < 30
la production
de metformine
Diarrhée
Ins card FE < 30 %
hépatique de
Embonate
Stagid |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | 700 mg
4 cp.
Nausée
glucose
de metformine
Carence en
vitamine B12
Inhibiteur
Augmentation Sitagliptine
Januvia,
100 /50 mg
1 cp. à 100/j
Ins rénale cl
des DPP IV
du taux de
Xelevia
< 30 ml/min
(gliptines)
GLP-1 actif
Vidagliptine |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Galvus
50 mg
2 cp./j
Surveillance du bilan Ins hépatique
(glucagon-like
hépatique
(ASAT, ALAT
peptide 1) en
> 3N)
bloquant sa
Saxagliptide
Onglyza
5 mg
1 cp./j
Ins rénale cl
dégradation.
< 30 ml/min
Sitagliptine +
Janumet/
50/1000 mg |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | 2 cp./j
Metformine
Velmetia
50/1000 mg
2 cp./j
Vidagliptine + Eucreas
Metformine
CI et effets secondaires de la metformine
Saxagliptine + Comboglyse
Mertformine
Sulfamides
Stimulation de Glimépiride
Amarel
1/2/3/4 mg
6 mg/j
Cl Creat <30 ml
hypoglycé-
l’insulinosé-
Glicazide
Diamicron |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | 30 LP/ 60 LM
4 cp./j
miants et
crétion
Glibenglamide
Daonil
1,25/2,5/5 mg
15 mg/j
Hypoglycémie
apparentes
Repaglinide
Novonorm
0,5/1/2 mg
16 mg/j
Ins. hépatique
(4 mg avant
chaque repas)
(cid:0)
(cid:0)
Famille |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Mécanisme
DCI
Nom
Posologie
Posologie
Effets secondaires
Contre- indications
d’action
Commercial®
existante
quotidienne max
Famille
Mécanisme
DCI
Nom
Posologie
Posologie
Effets secondaires
Contre-indications
d’action |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Commercial® existante
quotidienne max
Biguanides
Diminution de Chlorhydrate
Glucophage
500/850/1 000 mg
3 000 mg/j
Douleur abdominale Ins. rénale Cl < 30
la production
de metformine
Diarrhée
Ins. card FE < 30 %
hépatique de
Embonate
Stagid
700 mg
4 cp.
Nausée
glucose
de metformine |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Carence en
vitamine B12
Inhibiteur
Augmentation Sitagliptine
Januvia,
100/50 mg
1 cp. à 100/j
Ins. rénale cl
des DPP IV
du taux de
Xelevia
< 30 ml/min
(Gliptines)
GLP-1 actif
Vidagliptine
Galvus
50 mg
2 cp./j
Surveillance du bilan Ins. hépatique
Mé |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | (glucagon-like
hépatique
(ASAT, ALAT > 3N)
dic
peptide 1) en
Saxagliptide
Onglyza
5 mg
1 cp./j
Ins. rénale cl
am
bloquant sa
< 30 ml/min
en
dégradation
ts h
Sitagliptine +
Janumet /
50/1 000 mg
2 cp./j |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | y
Metformine
Velmetia
50/1 000 mg
2 cp./j
po
Vidagliptine + Eucreas
gl
CI et effets secondaires de la metformine
y
Metformine
cém
Saxagliptine + Comboglyse
ia
Mertformine
nts par voie orale
45
46
(cid:0)
Famille |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Mécanisme
DCI
Nom
Posologie
Posologie
Effets secondaires
Contre- indications
d’action
Commercial®
existante
quotidienne max
Sulfamides
Stimulation de Glimépiride
Amarel
1/2/3/4 mg
6 mg/j
Hypoglycémie
Cl créat. < 30 ml
hypoglycé-
l’insulinosé- |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Glicazide
Diamicron
30 LP/ 60 LM
4 cp./j
miants
crétion
Glibenglamide
Daonil
1,25/2,5/5 mg
15 mg/j
Et Apparentes
Repaglinide
Novonorm
0,5/1/2 mg
16 mg/j
Ins. hépatique
(4 mg avant
chaque repas)
Inhibiteur
Ralentissement Acarbose |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Glucor
50/100 mg
300 mg
Diarrhée graisseuse
aucune
de l’alpha
de l’absorption Miglitol
Diastabol
50/100 mg
(100 mg avant
Flatulence
glucosidase
des amidons
chaque repas)
Douleur abdominale
Tableau 9.2. Effets attendus sur l’HbA1c, le poids et le risque
d’hypoglycémie, et adaptation des doses, des différents anti-diabétiques
par voie orale.
Insuffisance rénale
Efficacité sur
Effet |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | IR légère
IR modérée
IR sévère
IR Terminal
Famille
DCI
HbA1c
Hypoglycémie
pondéral
> 59 à ≤ 89
≥ 30 à ≤ 59
< 30
Dialyse
Biguanides
Chlorhydrate
++
non
moins
Pas de
Réduction de la dose |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | non
de metformine - 1 à 2 points
0,5 à 1 kg
changement
Embonate
de dose
de metformine
Antagoniste
Sitagliptine
+
non
Neutre
Pas de
Demi-dose
non
non
des DPP IV
- 0,5 à
changement
entre 30 et 45 ml/ |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Vidagliptine
50 mg/j
50 mg/j
M
(gliptines)
1,2 point
de dose
min
Saxagliptide
non
non
édic
Sulfamides
Glimépiride
+
Oui
+
Pas de
Réduction de la dose
non |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | non
am
hypoglycémiants Glicazide
- 1 à
Fin de matinée, 0,5 à 3 kg
changement
Réduction de la dose
non
non
ent
et glinides
Glibenglamide
1,5 point
fin de journée
de dose
Réduction de la dose
non
non
s h
Repaglinide |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | +
nuit
Pas de changement
Pas de
Pas de
ypo
de dose
changement changement
gly
de dose
de dose
cém
Inhibiteur-
Acarbose
+
non
neutre
Pas de
Pas de changement
non |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | non
ian
de l’alpha-
Miglitol
- 0,5 à
changement
de dose
ts p
glucosidase
0,8 point
de dose
ar voie orale
47
48
À savoir
Metformine et acidose lactique
Risque exceptionnel mais d’une particulière gravité (mortalité 50 %).
Deux situations à haut risque :
j
accumulation des biguanides en raison d’une insuffisance rénale sévère,
entraînant un blocage de la néoglucogenèse hépatique ; j |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | augmentation pathologique de la production de lactates.
Contre-indications des biguanides (évitant ces deux situations) : j
insuffisance rénale avec une clairance de la créatinine inférieure à 30 ml/
min (car la metformine risque de s’accumuler) ;
j
insuffisance cardiaque chronique FEVG < 30 % ;
j
insuffisance cardiaque, respiratoire, hépatique décompensée et plus géné-
ralement toute situation instable mettant en jeu les grandes fonctions.
Précautions d’emploi
j
réduire la posologie de moitié si la clairance de la créatinine est comprise
entre 60 et 30 ml/min ;
j
arrêter les biguanides le jour d’une intervention chirurgicale ou d’un
examen radiologique avec injection de produit de contraste iodé et
réintroduction après contrôle de la fonction rénale.
Absence de contre-indication :
j
stéatose hépatique : la metformine est même indiquée ; j
dans les suites d’infarctus du myocarde sans insuffisance cardiaque sévère,
ma metformine peut être prescrite. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Les inhibiteurs de la DPP-4
j Augmentent les taux circulants de GLP-1 actif par inhibition de l’activité
de la dipeptidyl peptidase de type 4 (DPP-4), empêchant ainsi le clivage du
GLP-1.
j Mode d’action :
stimule l’insulinosécrétion uniquement lorsque la glycémie est élevée
(effet dit « incrétine »). Donc pas de risque d’hypoglycémie comme avec
les sulfamides ;
freine la sécrétion de glucagon.
j Baisse de la glycémie à jeun et surtout des glycémies post-prandiales. La
baisse d’HbA1C va de -0,5 à -1,2 %.
j Tolérance bonne, peu d’effets indésirables : infections respiratoires hautes
(5-6 %) et infections urinaires plus fréquentes que sous placebo.
Angiœdème rare en cas de coprescription avec des bloqueurs du système
rénine-angiotensine (et en particulier les IEC).
Médicaments hypoglycémiants par voie orale 49
j Un risque de pancréatite aiguë, évoqué en pharmacovigilance, n’a pas été
confirmé par les études de registre ou épidémiologiques. Il n’y a donc pas
d’indication à doser la lipase avant ou pendant un traitement par iDPP4
chez un patient asymptomatique.
j Les études ont clairement montré leur neutralité sur le plan
cardiovasculaire : ni bénéfice ni risque.
j Mais augmentation modérée du risque d’hospitalisation pour insuffisance
cardiaque avec la saxagliptine.
Les sulfamides hypoglycémiants (SH) |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | j Stimulation continue de l’insulinosécrétion, quel que soit le niveau de
glycé-
mie.
j Liaison à un récepteur spécifique (SUR) présent sur la membrane de la
cellule bêta-pancréatique au voisinage du canal potassique ATP-dépendant,
dont ils provoquent la fermeture, entraînant l’excrétion de l’insuline.
j Baisse de l’HbA1c de -1 à -1,5 %.
j Prise de poids de 1 à 3 kg.
j Il n’existe aucune étude de sécurité ou de morbimortalité cardiovasculaire.
j Pas d’effets secondaires particuliers en dehors du risque d’hypoglycémies
parfois sévères.
j Ne doivent pas être associés entre eux, ni aux glinides.
Hypoglycémies et SH
j En périodes de jeûne ; fin de journée (vers 17 h-18 h), la nuit, et parfois fin
de matinée.
j À rechercher systématiquement par l’interrogatoire et un contrôle de
glycémie capillaire à 18 h.
j Impose de diminuer la dose des SH.
j Glibenclamide (Daonil®) sulfamide hypoglycémiant puissant, pourvoyeur
de plus d’hypoglycémie que le glimepiride ou le gliclazide.
Hypoglycémies sévères et SH
j Situations à risque : patient âgé, insuffisance rénale ou hépatique, alcool,
interactions médicamenteuses, dénutrition.
j Incidence annuelle : 0,2 %. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | j 75 % surviennent après 65 ans.
j 3,4 à 10 % de décès ; 5 à 10 % de séquelles cérébrales.
j Les hypoglycémies sévères avec une perte de connaissance imposent une
hospitalisation pour mise en route d’un traitement par voie parentérale
(sérum
50
glucosé) pendant au moins 48 h, en raison de la demi-vie longue de ces
molé-
cules.
Recommandation de prescription
j Commencer par des posologies faibles, augmentation progressive selon
l’objectif à obtenir.
j Auto-surveillance glycémique pour détecter les hypoglycémies de fin de
journée (18 h).
j Conseiller au malade d’avoir toujours sur lui trois sucres à prendre
immédiatement en cas de malaise.
j Recommander au malade de ne pas prendre de sulfamide hypoglycémiant
ou d’en diminuer la dose s’il doit sauter un ou plusieurs repas ou s’il a une
activité physique inhabituellement intense.
j Vérifier l’absence de contre-indication : insuffisance rénale et hépatique.
j Vérifier la présence de médicaments susceptibles de potentialiser l’action
des sulfamides hypoglycémiants : les fibrates (Lipanthyl®, Béfizal®,
Lipur®…), les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), les AVK, le
miconazole (Daktarin®), le triméthoprime-sulfaméthoxazole (Bactrim®).
Les glinides |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | j Action similaire aux SH en bloquant le canal potassique ATP-dépendant de
la cellule bêta, stimule la sécrétion d’insuline quel que soit le niveau de
glycémie.
j Puissance d’action un peu inférieure aux SH.
j Demi-vie plasmatique courte à la différence des SH.
j Prise pluriquotidienne avant chaque repas.
j Diminution des glycémies, en particulier post-prandiales.
j Risque d’hypoglycémie important, présent à distance des repas, à ne pas
sous-estimer, en particulier chez le sujet âgé.
j Possibilité de les prescrire en cas d’insuffisance rénale même sévère car
élimination biliaire.
j Il n’existe pas d’étude de sécurité ou de morbimortalité cardiovasculaire.
j Pas d’indication à associer glinides et SH.
Les inhibiteurs des alpha-glucosidases
j Inhibition du dernier stade de la digestion des sucres entraînant une
diminution de leur absorption, et leur élimination dans les selles.
j Diminution des hyperglycémies post-prandiales.
j Effet sur l’HbA1c de -0,5 à -0,8 %.
Médicaments hypoglycémiants par voie orale 51
j Pas de prise de poids.
j Effets secondaires très fréquents rendant l’adhésion au traitement difficile
: flatulences, douleurs digestives, diarrhée en début de traitement lié la
stagnation et la fermentation des sucres non digérés dans l’intestin. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | j Débuter par une posologie faible, 50 mg par jour, puis augmentation
progressive jusqu’à un maximum de 50 à 100 mg trois fois par jour.
F I C H E
10
Les analogues du GLP1
Nous disposons à l’heure actuelle de plusieurs classes de traitements
hypoglycé-
miants, en grande majorité sous forme orale. Les traitements injectables
comportent deux familles : les insulines (fiche 11) et les analogues de GLP-
1 (tableau 10.1).
Qu’est-ce que le GLP-1 ?
Le GLP-1 (pour glucagon like peptide-1) est une hormone sécrétée par
l’intestin au moment des repas. Son rôle principal est d’augmenter la
sécrétion d’insuline lors des repas, donc lorsque la glycémie s’élève.
Cette hormone fait partie de la famille des hormones incrétines, famille
découverte devant l’observation suivante : la sécrétion d’insuline est plus
importante lors de l’administration de glucose par voie orale que par voie
veineuse (effet incrétine). Cette observation suggérait qu’un facteur
intestinal potentialisait la sécrétion d’insuline. Après des années de
recherche, ce facteur intestinal fut identifié comme étant le GLP-1. D’autres
recherches montrèrent que l’intestin est capable de sécréter d’autres
hormones importantes pour le métabolisme comme le GIP (ou glucose
dependent insulinotropic peptide, autre hormone à effet incrétine), le PYY
(ou peptide tyrosine tyrosine, hormone de la satiété) et bien d’autres.
Tableau 10.1. Les differents analogues du GLP1 et leur posologie.
Nom DCI
Nom commercial |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Posologie
Exénatide
Byetta®
5 ou 10 µg x 2/jour
Liraglutide
Victoza®
de 0,6 à 1,8 mg/jour
Exénatide retard
Byduréon®
2 mg une fois par semaine
Dulaglutide
Trulicity®
de 0,75 à 1,5 mg une fois par semaine
Insuline dégludec
Xultophy®
16 UI une fois par jour pour débuter, dose à
+ liraglutide
adapter selon les résultats glycémiques
Guide pratique du diabète
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Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | 54
Les médicaments, les insulines et les outils techniques Une fois sécrétée par
l’intestin, l’hormone GLP-1 rejoint la circulation sanguine et se fixe sur des
récepteurs présents sur de nombreux tissus avant d’être rapidement
dégradée par une enzyme appelée DPP-IV qui clive le GLP-1 en un
fragment inac-tif éliminé par voie rénale.
En plus de ces propriétés sur la sécrétion d’insuline, des études ultérieures
ont montré que le GLP-1 avait également d’autres propriétés : j Le
ralentissement de la vidange de l’estomac. Ceci participe à la réduction de
la glycémie post-prandiale en ralentissant la diffusion des glucides
alimentaires vers le duodénum.
j La réduction de la vidange de l’estomac augmente également la satiété. Un
effet central du GLP-1 sur les centres de la satiété est discuté.
j Une réduction de la sécrétion de glucagon. Cet effet important (car les
diabètes s’accompagnent d’une hyperglucagonémie relative difficile à
contrôler) peut être la conséquence d’un effet direct du GLP-1 sur les
cellules alpha des îlots pancréatiques (cellules sécrétrices de glucagon) ou
d’un effet indirect (le GLP-1
améliorant la sécrétion d’insuline, celle-ci inhibe au sein de l’îlot la
sécrétion de glucagon). La persistance d’une hyperglucagonémie relative
expose au mauvais contrôle glycémique car le glucagon augmente la
production hépatique de glucose. Contrôler la sécrétion de glucagon est
donc un objectif thérapeutique important.
j Un effet cardioprotecteur. Expérimentalement, le GLP-1 agit
favorablement sur le pré-conditionnement ischémique, ce qui réduit la taille
de l’infarctus du myocarde dans les modèles animaux. Le GLP-1 est
également un vasodilatateur coronarien. Enfin le GLP-1 pourrait favoriser
une meilleure répartition des substrats utilisés par le cœur (entre glucides et
lipides), améliorant l’efficacité énergé-
tique cardiaque. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Le GLP-1 comme hypoglycémiant
Augmenter la sécrétion d’insuline en particulier lors des repas est un
objectif thérapeutique important dans la prise en charge du diabète de type
2. Or, il a été montré que l’effet incrétine (et donc l’adaptation de la
sécrétion d’insuline lors des repas) est réduit dans cette pathologie chez un
grand nombre de patients atteints de diabète de type 2. On ne connaît pas
exactement les mécanismes d’altération de la disponibilité en GLP-1 en cas
de diabète de type 2.
Augmenter la disponibilité en GLP-1
Dans ce contexte, il était donc logique de tester l’hypothèse que
l’augmentation de la disponibilité en GLP-1 pouvait améliorer
l’insulinosécrétion stimulée par les repas et par voie de conséquence réduire
les fluctuations glycémiques.
Les analogues du GLP1
55
Il existe deux moyens principaux pour augmenter la disponibilité en GLP-1.
Le premier est de réduire sa dégradation en inhibant l’enzyme DPP-IV.
Cette classe de composés est dénommée inhibiteurs de DPP-IV et s’emploie
par voie orale (fiche 9). Le deuxième moyen est d’administrer par voie
injectable sous-cutanée un analogue de GLP-1 résistant à l’action de la
DPP-IV. Il existe plusieurs analogues de GLP-1 en stylo injectable
permettant une administration biquotidienne, quotidienne ou hebdomadaire
de GLP-1.
Les études cliniques ont effectivement montré que les médicaments qui
augmentent la voie GLP-1 réduisent de manière significative les
fluctuations glycémiques journalières chez la plupart des patients atteints de
diabète de type 2, démontrant l’importance de cette hormone dans le
contrôle glycémique.
Quels effets secondaires et précautions d’emploi |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | avec les analogues de GLP-1 ?
Le risque hypoglycémique
La plupart des analogues de GLP-1 réduisent l’HbA1c de 0,8 à 1,5 %. Le
GLP-1
active la sécrétion d’insuline dans les îlots bêta-pancréatiques par une voie
molé-
culaire différente de celle des sulfamides hypoglycémiants. Des études ont
montré que, contrairement aux sulfamides hypoglycémiants, la sécrétion
d’insuline stimulée par le GLP-1 se réduit lorsque la glycémie baisse. Cette
spécificité explique en partie que le risque d’événement hypoglycémique
est moindre (quasi nul) avec les médicaments du GLP-1 qu’avec les
sulfamides hypoglycémiants.
Le risque de pancréatite
L’emploi des analogues de GLP-1 s’accompagne d’une augmentation
modérée du risque de développer une pancréatite aiguë. Ce risque semble
plus élevé pour les analogues d’action courte (injection biquotidienne) que
pour les analogues d’action prolongée (injection hebdomadaire). Un
antécédent de pancréatite aiguë, quelle que soit son origine, est une contre-
indication à l’emploi de cette famille.
Les troubles digestifs
Le ralentissement de la vidange gastrique peut induire des nausées et plus
rarement des vomissements. Une diarrhée motrice est également un
événement indésirable fréquent. Des douleurs abdominales sont très
rarement observées et doivent rendre vigilants sur la survenue d’une
pancréatite. Une posologie progressivement croissante lors de l’initiation
d’un traitement par analogue de GLP-1
pourrait réduire la fréquence des troubles digestifs.
56 |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Les médicaments, les insulines et les outils techniques L’adaptation des
doses en cas d’insuffisance rénale j Les analogues de GLP-1 n’échappent
pas aux adaptations de posologie en cas d’insuffisance rénale. En cas
d’atteinte modérée de la fonction rénale (clairance de la créatinine de 30 à
50 ml/min), l’exenatide retard (Byduréon®) est contre-indiqué.
Une réduction de posologie est nécessaire pour l’exenatide (Byetta®).
j Le dulaglutide (Trulicity®) est contre-indiqué en cas d’atteinte sévère de
la fonction rénale (clairance inférieure à 30 ml/min).
j Le liraglutide (Victoza®) est contre-indiqué en cas de dialyse et
d’insuffisance rénale terminale.
Effet cardiovasculaire des analogues de GLP-1
Toute classe hypoglycémiante doit faire la preuve de son innocuité
cardiovasculaire. Des études spécifiques à visée cardiovasculaire ont été
menées avec les analogues de GLP-1.
Chez un patient diabétique de type 2 présentant une insuffisance cardiaque
à fraction d’éjection diminuée, les analogues de GLP-1 doivent être évités,
compte tenu de l’accélération du rythme cardiaque et du signal défavorable
(sur les événements indésirables cardiaques) observés avec le liraglutide
dans les études LIVE (pour effect of LIraglutide on left VEntricular function
in chronic heart failure patients with and without type 2 diabetes mellitus)
et FIGHT (pour Functional Impact of GLP-1 for Heart failure Treatment :
pas de bénéfice sur la mortalité ou la réhospitalisation avec insuffisance
cardiaque avec FEVG abaissée.
Pour les patients en prévention cardiovasculaire secondaire, si un analogue
de GLP-1 est prescrit, il faut plutôt choisir (en 2019) le liraglutide, en raison
de son bénéfice cardiovasculaire démontré dans l’étude LEADER. Cette
étude avait inclus des patients diabétiques de type 2 de plus de 50 ans en
prévention secondaire et de plus de 60 ans en prévention primaire avec au
moins un facteur de risque associé. Le liraglutide à la dose de 1,8 mg/j
comparé au placebo a montré une réduction significative des événements |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | cardiovasculaires majeurs, en particulier coronariens et de la mortalité
cardiovasculaire.
Associer un analogue de GLP-1 à une insuline basale ?
Les analogues de GLP-1 ont une efficacité importante sur les glycémies
post-prandiales, et l’insuline basale sur les glycémies à jeun. Il y a donc une
logique à associer ces deux classes thérapeutiques dans le diabète de type 2
afin de réguler ces deux paramètres. En France en 2019, il est possible
d’associer l’exénatide (dans sa forme standard), le liraglutide et le
dulaglutide à une insuline basale.
Plus récemment a été commercialisée une association insuline basale
dégludec et liraglutide en un seul stylo injecteur (Xultophy®), à
prescription initiale par les spécialistes. Comme toutes les associations, le
ratio insuline basale/liraglutide est fixe, ce qui est parfois inadapté pour
certains patients.
F I C H E
11
Les insulines
Plusieurs firmes pharmaceutiques commercialisent des insulines de noms
diffé-
rents mais ayant à peu près la même cinétique (tableau 11.1).
La seule insuline humaine non modifiée est l’Actrapid® (Novo-Nordisk) ou
l’Umuline rapide® (Lilly).
Toutes les autres insulines sont des insulines humaines produites par génie
géné-
tique, ensuite modifiées pour les rendre plus ou moins lentes ou plus ou
moins rapides. On les appelle « analogues ». Ces modifications consistent
par exemple en un ou plusieurs changements d’acides aminés, ou en l’ajout
d’un acide gras. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Les insulines sont toutes délivrées par voie sous-cutanée, sauf en
réanimation où l’insuline rapide est délivrée par voie intraveineuse.
Parfois, les stylos ou les flacons contiennent des mélanges tout faits
d’analogue rapide et d’Umuline lente® ou d’Insulatard NPH®. On les
appelle « mix ». Il convient de connaître la proportion du mélange. Ainsi
par exemple, la Novo-mix30® contient 30 % d’analogue rapide et 70 %
d’Umuline lente®.
La plupart des insulines sont concentrées à 100 U/ml. Mais il existe (en
2019) trois exceptions. Cela ne change pas l’utilisation que l’on doit faire
de la molette (graduation par unité), mais diminue le volume injecté
(l’insuline est plus concentrée donc le volume est moindre) :
j l’humalog 200® : 300 unités par ml ;
j la glargine 200 (Toujeo®) : 300 unités par ml ;
j la degludec (Tresiba®) : 200 unités par ml.
Certains stylos permettent de délivrer des demi-unités (fiche 12).
Presque toutes les insulines existent en stylos jetables mais aussi en
cartouches à insérer dans un stylo non jetable.
En fonction de leur cinétique, les insulines contrôlent plus ou moins
longtemps la glycémie et donnent un risque plus ou moins important
d’hypoglycé-
mie (fiches 20 et 21 et section 1).
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58
Les médicaments, les insulines et les outils techniques Tableau 11.1. Les
différentes insulines : délai d’action, pic d’action et durée d’action. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Principales préparations
Délai d’action
Durée d’action
Pic d’action
Insulines analogues rapides
(les plus utilisés actuellement)
Insuline lispro (Humalog®)
15 min
4 h
30 min
Insuline aspart (NovoRapid®)
15 min
4 h
30 min
Insuline glulisine (Apidra®)
15 min
4 h
30 min
Insuline analogue ultra-rapide
Fast aspart (Fiasp®) |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | 10 min
4 h
25 min
Insulines rapides
Actrapid® humaine
20 min
6h
3 h
Umuline rapide®
20 min
6h
3 h
Insulines pré-mélangées
Mixtard 50 contient 50 % d’Actrapid 20 min
12 à 16 h
3 h
et 50 % d’Insulatard
NovoMix® 30, 50, 70 (30 ou 50 ou
15 min
12 à 16 h |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | 30 min
70 % de Novorapide®)
Humalog Mix® 25, 50 (25 ou 50 %
15 min
12 h à 16 h
30 min
d’Humalog®)
Insuline d’action intermédiaire
Levemir (Detemir®)
1 h 30
12 à 20 h
Aucun
Umuline® NPH
1 h 30
12-16 h
4 h
Insulatard® NPH
Analogue insuline lente
Glargine (Lantus®)
1 h 30 |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | 18 à 24 h
Aucun
Glargine 300 (Toujeo®)
1 h 30
20 à 24 h
Aucun
Degludec (Tresiba®)
1 h 30
Plus de 24 h
Aucun
F I C H E
12
Stylos et pompes
à insuline
Dans la mesure où l’absence ou la carence de sécrétion d’insuline est la
caractéristique essentielle du diabète type 1, l’administration d’insuline est
le traitement du diabète de type 1. Une insulinothérapie peut également être
instaurée chez des patients ayant un diabète type 2, soit parce qu’ils ont des
contre-indications à l’utilisation des anti-diabétiques oraux (par exemple
s’il y a une insuffisance rénale sévère), soit parce que les traitements
hypoglycémiants n’ont pas permis d’atteindre les objectifs glycémiques. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Dans le diabète de type 1, les besoins en insuline varient entre 0,4 et 1
U/kg/jour. Ils sont plus variables et peuvent être beaucoup plus importants
chez les patients ayant un diabète de type 2.
L’insuline est administrée habituellement par voie sous-cutanée. Elle peut
être administrée par voie intraveineuse ( via une seringue électrique ou des
bolus intraveineux) dans des circonstances métaboliques aiguës, par
exemple à l’occasion d’une décompensation acido-cétosique. Cette
administration parentérale doit s’accompagner d’une surveillance
glycémique horaire, ce qui justifie qu’elle ne soit réalisée que dans des
unités de soins intensifs.
L’insuline est dispensée sous la forme de stylos préremplis, de cartouches à
insérer dans des stylos réutilisables ou de flacons pour remplir les réservoirs
des pompes à insuline. Les stylos préremplis ou réutilisables doivent être
équipés d’aiguilles à usage unique.
À retenir
Les stylos à insuline
Le stylo permet de faire une injection d’insuline beaucoup plus simplement
qu’avec une seringue.
Il existe deux types de stylos : les stylos jetables pré-remplis et les stylos
réutilisables. Les stylos pré-remplis se jettent intégralement lorsqu’il n’y a
plus d’insuline à l’intérieur. Les laboratoires ont tous veillé à ce que chaque
stylo Guide pratique du diabète
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60 |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Les médicaments, les insulines et les outils techniques porte une marque
colorée distincte afin d’éviter les confusions lorsque le patient s’injecte
plusieurs insulines différentes. Ces stylos sont simples d’utilisation mais
peu écologiques.
Dans les stylos réutilisables, seule la cartouche d’insuline est jetée une fois
vide.
Pour éviter le risque de confusion si le patient possède plusieurs stylos
diffé-
rents, chaque type d’insuline a une cartouche avec un bouchon de couleur
différente (figure 12.1)).
Figure 12.1
Conservation de l’insuline
Une fois le stylo ou le flacon entamé, il doit être utilisé dans les 6 mois qui
suivent.
Les réserves d’insuline doivent, elles, être stockées au réfrigérateur.
L’insuline ne doit pas être congelée ni être exposée à des chaleurs extrêmes
(+ 30 °C), car cela pourrait affecter son efficacité et sa durée d’action.
Différents stylos rechargeables (tableau 12.1)
Tableau 12.1. Les différents stylos rechargeables.
Laboratoire
Stylo choisi
Graduation
Nbre d’unités maximum
Lilly |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | HumaPen SAVVIO®
1 en 1 jusqu’à 60 unités
HumanPen®
LUXURA HD®
½ en ½ jusqu’à 60 unités
NovoNordisk
NOVOPEN 4®
1 en 1 jusqu’à 60 unités
NOVOPEN Echo®
½ en ½ jusqu’à 30 unités
Sanofi-Aventis
ClikSTAR®
1 en 1 jusqu’à 60 unités
JuniorSTAR®
½ en ½ jusqu’à 30 unités
Stylos et pompes à insuline
61
Stylos préremplis (tableau 12.2 ) Tableau 12.2. Les différents stylos
préremplis.
Stylos préremplis
Réglage du nombre |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | KwikPen® (Lilly)
FlexPen
jetables 100 UI/ml
d’unités d’insuline
(échelle de 1 à 60 UI,
(Novo-Nordisk)
(boîtes de 5)
à injecter
paliers de 1 UI)
(échelle de 1 à 60 UI,
Différentes insulines Humalog® (100 à
paliers de 1 UI)
pour un type de stylo 200 UI/ml)
Insulatard®
Humalog® mix 25
NovoRapid®
Humalog® mix 50
Novomix® 30
Abasaglar®
Levemir® |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Humaninsulin® basal
SoloSTAR®
FlexTouch®
(Sanofi-Aventis)
(NovoNordisk)
(échelle de 1 à 80 UI,
(échelle de 1 à 80 UI,
paliers de 1 UI)
paliers de 1 UI)
Apidra®
Fiasp®
Lantus®
Tresiba® 200 UI/ml,
Toujeo® (300 UI/ml)
paliers de 2 en 2
Cartouches d’insuline pour stylos
réutilisables (tableau 12.3)
Tableau 12.3. Les différentes cartouches d’insuline pour stylos
réutilisables.
Cartouches
Cartouches |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Lilly
NovoNordisk
pour stylos
de 3 ml pour stylos Pour HumaPen® :
Pour NovoPen® :
rechargeables
rechargeables
- Humalog®
- Insulatard® PenFill
100 UI/ml, 3 ml
- Humalog® Mix 25
- NovoRapid®
(boîtes de 5)
- Humalog® Mix 50
PenFill
- Huminsulin® basal
- NovoMix®
- Abasaglar®
30 PenFill
- Levemir® PenFill |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Sanofi-Aventis
- Tresiba® PenFill
Pour ClikSTARR
et JuniorST
- Insuman® Rapid
- Insuman® Comb 25
- Apidra®
- Lantus® |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | 62 |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Les médicaments, les insulines et les outils techniques La technique
injection en images (figures 12.2 à 12.3)
1. Insérer une aiguille (figure 12.3).
Figure 12.2. L’aiguille du stylo.
2. Tourner le bouton de dose pour sélectionner la dose requise (figure 12.3).
3. Insérer l’aiguille rapidement dans la peau sans trop appuyer.
4. Appuyer sur le bouton de dose en laissant l’aiguille sous la peau pendant
au moins 6 secondes afin de permettre à l’intégralité de la dose d’être
administrée.
5. Retirer le stylo.
Pour éviter la douleur : il vaut mieux choisir des aiguilles courtes (4 ou 5
mm), utiliser une nouvelle aiguille à chaque injection, éviter d’injecter dans
une zone il y a une anomalie de la peau. Il vaut mieux éviter d’injecter dans
une cicatrice, un grain de beauté ou à la racine des poils. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Stylos et pompes à insuline
63 |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Figure 12.3. Insertion de l’aiguille sur un stylo à insuline.
Questions-réponses
Est-il nécessaire d’effectuer un pli de la peau ?
Dans l’immense majorité des cas, y compris chez les patients obèses, on
privilégiera des aiguilles courtes, de 4 ou 5 mm. L’utilisation des aiguilles
de 4 ou 5 mm permet de réaliser les injections sans avoir besoin de faire de
pli cutané. En revanche, si un patient préfère utiliser une aiguille plus
longue (8 ou 12 mm) ou si un patient, adulte ou enfant, est particulièrement
mince, il peut être nécessaire de pratiquer un pli cutané. La finalité du pli
cutané est d’éviter que l’insuline soit administrée dans la partie musculaire
plus ou moins profonde de la peau. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | 64 |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Les médicaments, les insulines et les outils techniques Est-il nécessaire de
désinfecter avant une injection ?
En règle générale, il n’est pas nécessaire de désinfecter. Les experts
recommandent de ne désinfecter que si le site d’injection n’est pas propre
ou lorsque l’injection est effectuée en milieu hospitalier.
Faut-il injecter toujours au même endroit ?
L’absorption de l’insuline peut varier en fonction de plusieurs facteurs,
comme la région du corps dans laquelle l’injection est faite. Par exemple,
l’insuline est absorbée plus rapidement au niveau de l’abdomen, alors que
l’absorption est intermédiaire au niveau des bras et des cuisses et qu’elle est
plus lente au niveau des fesses.
On conseille généralement au patient de conserver la même région
anatomique pour le même moment de la journée mais de faire varier les
zones d’injection en adoptant par exemple une rotation des points
d’injection (figure 12.4) au sein de la région anatomique en laissant un
espace de 1 à 2 cm entre les points. Pour faciliter la tâche, on peut proposer
de diviser une région anatomique utilisée en quatre quadrants et faire une
rotation des points d’injection dans un même quadrant pendant 1 semaine.
Les régions recommandées sont les suivantes : abdomen, cuisses, haut des
fesses, et arrière des bras.
Figure 12.4. La rotation des points d’injection de l’insuline. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Stylos et pompes à insuline
65
Remarque : injecter l’insuline dans une région sollicitée par une activité
physique peut accélérer sa vitesse d’action, ce qui peut entraîner une baisse
rapide des glycémies (par exemple injecter dans les cuisses avant de partir
faire un jogging).
À retenir
Lipodystrophies
C’est un épaississement du tissu graisseux sous-cutané qui se développe
dans les régions où les injections sont fréquentes. Comme les lipo-hyper-
trophies diminuent la sensibilité au niveau de la peau, les patients ont
tendance à privilé-
gier ces zones pour s’injecter l’insuline car c’est moins douloureux. Le
problème vient du fait que l’insuline injectée dans la lipo-hyper-trophie a
une résorption variable d’un jour à l’autre. Cela peut entraîner des
variations très importantes de la durée d’action de l’insuline et des
répercussions sur la glycémie.
Figure 12.5. Les lipodystrophies. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Les pompes à insuline
La pompe à insuline est une alternative au traitement par multi-injections
d’insuline.
Comment cela fonctionne ? Le principe dispensation
de l’insuline par une pompe
Les besoins d’insuline d’une personne peuvent être divisés en : j besoins de
base correspondant à la quantité d’insuline nécessaire pour vivre
normalement, au repos, en dehors des apports alimentaires ; j besoins
prandiaux qui correspondent à la quantité d’insuline qui doit être apportée
pour permettre l’absorption des glucides de l’alimentation.
Dans le traitement par pompe, les besoins de base d’insuline sont couverts
par une perfusion continue d’insuline rapide (au lieu d’être apportés par de
l’insuline lente injectée une fois par jour). Comme en réalité ces besoins
peuvent varier d’un moment à l’autre de la journée, il est possible, avec la
pompe, de faire varier le débit horaire d’insuline en fonction des tranches
horaires de la journée. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | 66
Les médicaments, les insulines et les outils techniques Par exemple, il est
fréquent que les besoins en insuline soient plus bas au cours de la nuit mais
qu’ils augmentent en fin de nuit. Avec une pompe, il est possible d’adapter
le débit de la pompe aux besoins stricts d’insuline du patient, ce qui conduit
à minimiser les risques d’hypoglycémie et d’hyperglycémie (figure 12.6).
Les besoins d’insuline rapide des repas sont assurés en commandant à la
pompe d’injecter ponctuellement une dose d’insuline ; c’est ce qu’on
appelle un bolus (figure 12.7).
j Débit temporaire d’insuline : les patients peuvent moduler le débit de base
sur une période de temps limitée. Par exemple, à l’occasion d’une activité
sportive, ils peuvent anticiper qu’ils vont avoir une baisse de leurs besoins
d’insuline et régler un débit temporaire sur la période entourant l’activité
physique.
j Bolus carré ou duo : ils permettent d’administrer la dose d’insuline du
repas (bolus) sur une période de temps allongée, beaucoup plus lentement
qu’avec un stylo ; ce type d’injections peut être très utile lorsqu’un repas
s’éternise sur plusieurs heures (figure 12.8).
Figure 12.6. Exemple de débits de base variables en fonction des heures
de la journée. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Figure 12.7. Horaires de bolus.
Stylos et pompes à insuline
67
Figure 12.8. Bolus carré ou duo.
Gestion d’une pompe à insuline
Le patient remplit un réservoir qui ne contient que de l’insuline rapide ; le
réservoir est ensuite placé dans un boîtier (pompe) au contact d’un piston
dont la vitesse de progression est réglée manuellement une fois pour toutes.
L’insuline est libérée de façon automatique via un cathéter que le patient
change tous les 3 jours.
Lorsque le patient prend un repas, il déclenche une injection supplémentaire
(bolus) qui remplace l’injection d’insuline rapide.
Grâce à la pompe, le patient diminue la fréquence des « piqûres » : il ne
remplace son cathéter que tous les 3 jours. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Il existe désormais des petites pompes appelées « patch pompes », qui n’ont
pas de cathéter extérieur, la pompe se fixant directement à la peau (figure
12.9).
La formation initiale et la mise en route du dispositif sont effectuées à
l’hôpital, dans un centre spécialisé (centre initiateur de pompe). Le patient
est conjointement suivi par le diabétologue et un prestataire qui assure le
suivi sur le plan technique, la manipulation de la pompe et la livraison du
matériel.
Intérêts de la pompe à insuline
Des études menées auprès d’enfants et d’adultes diabétiques ont montré que
le traitement par pompe à insuline offrait généralement un meilleur contrôle
de la glycémie que le traitement par injections multiples, réduisant
également les hypoglycémies.
68
Les médicaments, les insulines et les outils techniques Figure 12.9. Les
différents types de pompe : avec cathéter (à gauche) ou pompe patch (à
droite). |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Une méta-analyse a montré que le traitement par pompe permettait
d’abaisser d’avantage le taux d’HbA1c que le traitement par injections
(avec différence de 0,30 % sur le taux d’HbA1c à la limite de la
significativité).
La décision d’adopter un traitement par injections ou pompe à insuline est
un choix individuel que l’équipe soignante accompagne.
Dans tous les cas, le patient reste actif dans la gestion de son diabète : c’est
lui qui décide des doses à injecter lors d’un repas et qui décide du moment
où les injections seront faites. La pose d’une pompe à insuline ne dispense
pas du calcul de la dose d’insuline rapide à faire à chaque repas, à partir de
la quantification des glucides ingérés et de la mesure de la glycémie.
La pompe à insuline ne fait pas disparaître la maladie. Elle exige une
vigilance accrue et une vraie implication du patient dans la mesure où une
suspension non programmée du débit d’insuline peut passer inaperçue et
être à l’origine d’une élévation très rapide des glycémies. Pour beaucoup de
patients, elle constitue néanmoins un gain en qualité et en confort de vie.
Pompes couplées au capteur de glycémie : un début
de « boucle fermée »
Certaines pompes sont couplées à la mesure continue de la glycémie. Le
couplage des deux fonctions rend possible une relation entre administration
d’insuline et glycémie instantanée. Une pompe actuellement disponible
permet un arrêt temporaire automatique de la perfusion d’insuline en cas
d’hypoglycémie avérée. La pompe s’arrête lorsque la glycémie, mesurée
par un capteur que le patient porte |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Stylos et pompes à insuline
69
sur lui, reçoit le message comme quoi la glycémie a atteint une valeur seuil,
que l’on aura préalablement définie comme seuil d’hypoglycémie. L’arrêt
de la pompe (dont la durée est limitée à 2 heures pour éviter un rebond
hyperglycémique) doit permettre une remontée spontanée des glycémies.
Cet arrêt s’accompagne d’une alarme et d’une vibration destinées à prévenir
éventuellement l’entourage du patient de la survenue de l’hypoglycémie si
celui-ci est inconscient et s’avère incapable de se resucrer tout seul.
Plus récemment est apparue une fonction arrêt avant hypoglycémie, ou arrêt
prédictif avant hypohypoglycémie. Elle permet d’anticiper la baisse de la
glycémie et d’éviter que la glycémie atteigne le seuil bas : la pompe stoppe
l’administration d’insuline en amont afin d’éviter que l’hypoglycémie ne
survienne (figure 12.10). |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | De nouvelles pompes comportant des algorithmes plus complexes
commencent aussi à pouvoir gérer de manière autonome des situations
d’hyperglycémie en modifiant sensiblement les débits de base d’insuline
pour les adapter aux valeurs mesurées de la glycémie.
Figure 12.10. Courbe de glycémie en cas d’arrêt prédictif avant une
hypoglycémie sous système Minimed 640G.
La pompe s’arrête automatiquement si le capteur prédit que la glycémie va
atteindre d’ici 30 minutes la valeur : seuil bas + 0,20 g/l.
Elle redémarre automatiquement dès que la glycémie repasse au dessus de
cette valeur et que la prédiction annonce une valeur supérieure au seuil bas
+ 0,40 g d’ici 30 minutes.
70
Les médicaments, les insulines et les outils techniques Ces pompes
représentent un réel espoir de boucle semi-fermée ou pancréas artificiel
même si, à l’heure actuelle, nous sommes encore très loin d’une totale
autonomie du système pour gérer tous les besoins et en particulier les
besoins d’insuline au moment des repas. Les équipes médicales travaillant
sur ces nouveaux outils sont nombreuses et on peut être raisonnablement
optimiste sur l’arrivée de systèmes permettant de libérer les patients d’une
partie de la charge de la gestion du diabète au quotidien dans les prochaines
années.
F I C H E
13
Insuline : conservation,
transport et technique
d’injection
Conservation et transport de l’insuline |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | j L’insuline est une protéine qui supporte mal la température supérieure à 30
°C
et ne supporte pas du tout la congélation.
j Le stock non utilisé est conservé au réfrigérateur entre 4 et 8 °C.
j Le stylo ou le flacon ou la cartouche en cours d’utilisation peut rester à
tempé-
rature ambiante (< 25 °C) pendant plusieurs mois.
j S’il fait moins de 25 °C, on peut donc les transporter sans problème.
j Dans l’avion, elles peuvent être transportées dans le bagage à main ou
dans la soute où il fait froid mais où il ne gèle pas.
j Lors d’un voyage dans un pays chaud, à l’arrivée, il faut s’assurer de
pouvoir mettre son stock d’insuline non utilisé au réfrigérateur, à défaut
dans un endroit à moins de 15 °C.
j Le risque est donc pour l’insuline qui resterait plusieurs heures à plus de
30 °C, ce qui pourrait la rendre moins ou plus du tout active. Il faut dans ce
cas prévoir de la transporter dans un thermos, ou des systèmes protecteurs
en vente en pharmacie ou sur internet (ex. : systèmes « frio »).
Technique d’injection de l’insuline
j Les insulines limpides n’ont pas à être remuées. Les insulines troubles
doivent être agitées, sans être secouées, 10 fois avant l’injection jusqu’à
homogénéisation.
j Il faut changer l’aiguille à chaque injection.
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72 |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Les médicaments, les insulines et les outils techniques j Il faut purger un
stylo avant chaque injection : aiguille vers le haut, envoyer 2 unités dans le
vide.
j Les injections doivent se faire dans le tissu sous-cutané ou dans les zones
où il y a de la graisse : arrière du bras, tiers supéro-externe de cuisse,
ventre, hanche, quart supéro-externe de fesse.
j On ne doit pas injecter l’insuline en intramusculaire car cela raccourcirait
nettement sa cinétique et accélèrerait sa diffusion.
j Il n’est pas nécessaire de désinfecter la peau à l’alcool. Il faut simplement
que la peau soit régulièrement lavée comme le reste du corps à l’eau et au
savon.
j Taille de l’aiguille : les aiguilles de 4 ou 5 mm sont adaptées pour tous les
types de patients : quels que que soient l’âge, le sexe, le poids, même pour
les patients souffrant d’obésité. Le but de l’injection est que l’insuline se
retrouve dans le tissu sous-cutané, qui est très peu profond. Il faut expliquer
cela au patient.
j L’aiguille est insérée perpendiculairement à la peau (à 90°). Il faut attendre
10 secondes avant de retirer l’aiguille.
j Il n’est pas nécessaire de faire un pli cutané sauf chez les patients très
minces (IMC < 19 ou les très jeunes enfants). L’injection doit alors se faire
dans le pli et il faut compter jusqu’à 10 avant de retirer l’aiguille et de
lâcher le pli.
j L’insuline diffuse plus vite dans le ventre que dans le bras ou les cuisses.
j Pour chaque horaire, il faut garder le même site, par exemple arrière du
bras le matin, cuisse le midi, ventre le soir. Mais, dans ce site, ne pas piquer
toujours au même endroit.
j Éliminer les aiguilles en utilisant un collecteur. Les collecteurs ne doivent
pas être jetés dans la poubelle, mais incinérés par un organisme spécialisé
ou en pharmacie. Pour tout renseignement : site DASRI : www.dasri.fr. Les |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | officines ont l’obligation depuis novembre 2011 de dispenser des
collecteurs de déchets lorsqu’elles dispensent les lancettes, des aiguilles et
des seringues.
j Lorsque l’on pique toujours au même endroit, avec le temps apparaissent
des
« lipoatrophies ou lipo-hyper-trophies » sous-cutanées : zones fibreuses que
l’on palpe sous la peau et qui empêchent une diffusion correcte de
l’insuline. Ces lipoa-hypertrophies sont à rechercher lorsque les insulines
donnent des effets extrê-
mement variables d’un jour à l’autre. Les patients ont tendance à piquer
dedans car cela fait moins mal. Il s’installe donc un cercle vicieux qui
pousse le patient à utiliser systématiquement ces zones non douloureuses,
ce qui aggrave les lipo-a-hypertrophies.
j Que faire devant une lipo-a-hypertrophie inesthétique ?
demander au patient d’arrêter d’injecter l’insuline sur ce site ;
masser quotidiennement le site avec la technique du « palper-rouler ».
Exceptionnellement, en présence d’une lipo-a-hypertrophie majeure, la
chirurgie esthétique peut être indiquée.
F I C H E
14
Les moyens de suivi
de la glycémie :
lecteurs et système
d’enregistrement
continu de la glycémie |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Lecteurs de glycémie
Principe : mesurer la glycémie au niveau d’une goutte de sang prélevée au
bout du doigt. Le lecteur donne une mesure de la glycémie capillaire.
Les lecteurs permettent de mesurer la glycémie grâce à une réaction
enzymatique electrochimique impliquant la glucose oxydase ou la glucose
déshydrogénase ; certaines situations telle que l’altitude (au-delà de 3 000
m), des températures extrêmes (au-delà de 40 °C) ou l’hypoxie sont
susceptibles de fausser les résultats de la mesure (en donnant des résultats
sur-estimés).
Certains lecteurs de glycémie (Optium neo®, Glucofix premium®,Freestyle
Libre®), possèdent la double fonctionnalité de mesurer la glycémie ou
l’acétonémie : il suffit d’insérer l’une ou l’autre des bandelettes permettant
la mesure pour obtenir, soit la glycémie capillaire, soit l’acétonémie
(normale inférieure à 0,5 mmol/l). Ces lecteurs sont particulièrement utiles
aux patients ayant un diabète de type 1 traités par pompe à insuline.
La première chose que l’on doit attendre d’un lecteur est sa fiabilité
(tableau 14.1).
Guide pratique du diabète
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Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | 74 |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Les médicaments, les insulines et les outils techniques Tableau 14.1.
Norme ISO 15197 de fiabilité des lecteurs glycémiques.
Pour une glycémie
La différence entre la glycémie mesurée avec le lecteur au-dessous de 1 g/l
et la glycémie veineuse doit être inférieure à 0,15 g/l Pour une glycémie
La différence entre la glycémie mesurée avec le lecteur au-dessus de 1 g/l
et la glycémie veineuse doit être inférieure à 15 % de la glycémie
Technique
Avant de mesurer la glycémie, il faut recommander aux patients de se laver
les mains (eau chaude +/- savon), afin d’éviter de faux résultats qui seraient
liés à la présence de reliquats alimentaires ou à la présence de crèmes,
lotions ou gels hydro-alcooliques.
Pour mesurer la glycémie, il faut avoir :
j un auto-piqueur équipé d’une lancette ;
j une bandelette de test ;
j un lecteur de glycémie.
Piquer plutôt les côtés du doigt que la pulpe et changer de doigt à chaque
mesure (figure 14.1).
Tous les lecteurs, sauf un, nécessitent qu’une nouvelle bandelette soit
insérée lors de chaque utilisation (figure 14.2). Un lecteur fonctionne avec
un système diffé-
rent, une cassette qui permet la mesure de 50 glycémies sans avoir besoin
d’être rechargé (Accu Chek mobile).
Figure 14.1. Faire une glycémie capillaire. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Les moyens de suivi de la glycémie : lecteurs et système d’enregistrement
continu...
75
Figure 14.2. Quelque exemples de lecteurs de glycémies.
Remboursement par la CNAM
j Adultes : 1 lecteur tous les 4 ans et 1 auto-piqueur par an.
j Enfants : 2 lecteurs (1 pour la maison et 1 pour l’école) tous les 4 ans et 2
auto-piqueurs par an.
Remboursement limité à 200 bandelettes par an pour les patients
diabétiques de type 2 n’ayant pas d’insuline.
La plupart des lecteurs actuels possèdent une mémoire importante (souvent
90 jours) qui permet d’accéder aux résultats si le patient n’a pas retranscrit
ses résultats sur un carnet.
Beaucoup de lecteurs sont également connectés, c’est-à-dire qu’ils peuvent
transférer les valeurs de glycémies à un smartphone ; la valeur « glycémie »
est transfé-
rée via une application ou un logiciel (tableau 14.2). L’application se charge
ensuite de traiter les résultats et de les présenter sous une forme de tableau
qui permet au médecin et au patient d’en faire l’analyse.
Le fameux « carnet » présenté à chaque consultation a donc du plomb dans
l’aile car les rapports présentés par les applications sont souvent plus faciles |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | à lire que ceux réalisés à partir des données notées sur les carnets papier.
Ces rapports peuvent aussi être utilisés dans le cadre de la télésurveillance
ou de la télémédecine.
Tableau 14.2. Lecteurs de glycémie connectés disponibles en France au
1er décembre 2018.
Nom du lecteur
Application
Laboratoire
FreeStyle Libre®
Libre Link
Abott
Fora Diamand Mini®
iFora BG
Alphadiab
ContourNext One®
Contour Diabetes app
Ascensia
iHealth Gluco et align®
iHealth Gluco smart
iHealth
OneTouch Verio Flex® |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | One Touch Reveal
Lifescan
Glucofix Tech®
Glucolog
Menarini
MyStar Plus®
My Star Plus
Sanofi
MyGluco®
Bewell connect
Visiomed
76 |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Les médicaments, les insulines et les outils techniques Mesure continue de
la glycémie
Depuis quelques années, les patients diabétiques peuvent bénéficier de
dispositifs qui sont capables de mesurer la glycémie en continu au moyen
d’une électrode placée dans le tissu interstitiel sous-cutané (figure 14.3 et
tableau 14.3).
Ces appareils permettent au patient d’avoir accès en temps réel à la valeur
de la glycémie mesurée dans le tissu interstitiel. La technologie de la
mesure continue de la glycémie est fiable.
La valeur de la glycémie mesurée dans le tissu interstitiel n’est cependant
pas toujours égale à celle qui serait mesurée au même moment à partir
d’une goutte de sang capillaire avec un lecteur classique. Il peut exister une
petite différence entre ces deux valeurs, surtout si la glycémie est en phase
de grande variation. Le plus souvent, la glycémie interstitielle est en retard
par rapport à la glycémie capillaire.
Ce décalage temporel entre glycémie capillaire et glucose interstitiel est
moins marqué avec les systèmes de dernière génération : il n’est que de 4,5
± 4,8 minutes pour le FreeStyle Libre (figure 14.4).
Ces appareils apportent aussi une information cruciale pour l’interprétation
des glycémies : la tendance de la glycémie calculée sur la pente des
dernières glycé-
mies. Les patients disposent de flèches qui indiquent la tendance de la
glycémie (stable, en train de monter, ou en train de descendre) et d’une
courbe qui reprend les valeurs des glycémies des dernières heures (figure
14.5).
Actuellement, trois systèmes sont utilisés et remboursés par la CNAM en
France : le FreeStyle Libre® (laboratoire Abbott) : système de « flash
glucose monitoring »
est remboursé chez les patients diabétiques de type 1 ou diabétiques de type
2 |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | traités par multi-injections d’insuline. Avec le FreeStyle Libre®, le patient
doit scanner le sensor pour obtenir le résultat de sa glycémie, soit avec un
lecteur soit au moyen de son téléphone portable — après avoir téléchargé
l’application Librelink® — (figure 14.6). Le patient doit faire une
démarche active pour obtenir la valeur de sa glycémie.
Figure 14.3. Capteur d’enregistrement continu de la glycémie placé sur
la peau.
Les m
o
Tableau 14.3. Récapitulatif des capteurs disponibles en France
permettant une mesure continue de la glycémie, janvier 2019.
yens d
Abott
Dexcom
Medtronic
e sui
Nom
Free Style Libre®
Capteur Dexcom® 4
Capteur Enlite®
vi d
Remboursement
oui |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Oui
Oui
e l
Demande d’entente préalable
Demande d’entente préalable
a gly
Durée de vie
14 jours
7 jours mais on peut refaire partir le capteur au moins 6 jours
cé
une fois, voire deux
mie : l
Calibration
Aucune
Initialisation à 2 h et 12 h, puis 1 fois/12 h
Initialisation : 2 h, 6 h, puis 1 fois/12 h
ect
Distribution
Pharmacie
Prestataire ou pharmacie |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Prestataire
eurs e
Indications
DT1 ou DT2
- DT1 HbA1c supérieure à 8 %
Patients sous pompe 640G
t s
multi-injections
- DT1 avec hypo sévère
- DT1 HbA1c supérieure à 8 %
ys
- DT1 avec hypo sévère/patients sous pompe depuis
tèm
6 mois
e d’
Modalités de
Prescription initiale et reconduction : centre hospitalier Prescription initiale
et reconduction : centre hospitalier enr
prescription
spécialisé en diabétologie
initiateur de pompe |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | eg
1re prescription de 30 jours
15 jours d’essai fournis par Medtronic
istr
Initiation 3 mois
Initiation 3 mois
em
Renouvellement pour 12 mois
Renouvellement pour 12 mois
e
(cid:0)
nt continu...
77 |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | 78
(cid:0)
L
Abott |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Dexcom
Medtronic
es m
Mémoire sensor
8 heures
Aucune
12 heures
édi
(si absence de
ca
communication
me
entre sensor et
nts
récepteur)
, les in
sulin
es et les outils techniques
Figure 14.7. Capteurs Dexcom® et Enlite®.
b. Capteur Enlite®. Le sensor envoie en continu |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | a. Capteur Dexcom G4®. Le sensor envoie en
la valeur de la glycémie sur l’écran d’une pompe
continu la valeur de la glycémie à un récepteur.
à insuline. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Les moyens de suivi de la glycémie : lecteurs et système d’enregistrement
continu...
79
Figure 14.4. Comparaison entre la glycémie capillaire et la glycémie
mesurée au niveau interstitiel par le capteur.
Figure 14.5. L’écran du système free style libre avec la flèche de
tendance en haut à droite.
Figure 14.6. FreeStyle Libre® : le patient doit scanner le sensor pour
obtenir la glycémie.
80 |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Les médicaments, les insulines et les outils techniques Les deux autres
systèmes, Dexcom G4® (distribution Dinno santé) et Enlite® (laboratoire
Medtronic) sont réservés à certains patients diabétiques de type 1 : ceux
dont le diabète est insuffisamment contrôlé (HbA1c > 8 %) ou ceux qui ont
présenté au moins une hypoglycémie sévère ayant nécessité un resucrage
médicalisé. La mise en place de ces deux derniers systèmes doit être
précédée d’un accord préalable de la Caisse primaire de l’Assurance-
maladie et la prescription est réservée aux centres hospitaliers initiateurs de
pompes à insuline. Une formation spécialisée initiale du patient est
nécessaire.
Avec ces deux dispositifs, la valeur de la glycémie est envoyée
automatiquement en temps réel vers un écran (qui est soit un écran de
pompe à insuline, soit un récepteur spécifique) sans qu’aucune démarche
active ne soit nécessaire de la part du patient. Ces systèmes peuvent être
paramétrés avec des alarmes, de manière à ce qu’une sonnerie se déclenche
lorsque certaines valeurs (hautes ou basses) sont mesurées. Ces systèmes de
mesure continue de la glycémie sont donc plus aboutis et plus complets que
le FreeStyle Libre® mais ils nécessitent que le patient réalise un minimum
de deux glycémies capillaires par jour (pour calibrer le système), alors que
le FreeStyle Libre®, calibré en usine ne requiert plus aucune glycémie
capillaire (figure 14.7).
L’arrivée de ces nouveaux dispositifs a modifié l’appréciation que l’on
pouvait avoir jusqu’à présent de l’évolution de la glycémie au cours de la
journée ; nous sommes passés d’une vision tronquée réduite à trois valeurs
quotidiennes, qui correspondaient aux trois valeurs de glycémie pré-
prandiales, à une vision globale comportant l’intégralité des valeurs de la
glycémie au cours du nycthémère. Le patient et le médecin disposent
désormais des courbes de glycémies qu’il est possible d’analyser afin
d’optimiser le traitement insulinique (figure 14.8).
Le patient a la possibilité de faire figurer les doses d’insuline qu’il a
effectuées ainsi que sa consommation de glucides.
Figure 14.8. Exemple de courbe obtenue avec le Freestyle libre®. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Les valeurs de glycémie indiquées correspondent à toutes les fois où le
patient a scanné son sensor. La zone grise correspond à la plage cible qui est
individualisée en fonction de chaque patient (ici entre 0,85 et 1,75 g/l). En
rouge figurent les glycémies inférieures à 0,70 g/l.
Les moyens de suivi de la glycémie : lecteurs et système d’enregistrement
continu...
81
L’arrivée de ces nouveaux moyens de mesurer la glycémie a également
changé la façon d’apprécier l’équilibre glycémique d’un patient diabétique
jusqu’à présent incarné exclusivement par le taux d’HbA1c (dont la valeur
reflétait la moyenne des glycémies des 3 derniers mois). L’évaluation de la
moyenne glycémique s’enri-chit désormais de données issues de
l’enregistrement de la mesure continue de la glycémie dans la mesure où
ces dispositifs sont reliés à des logiciels permettant une analyse plus fine
des données.
Les valeurs les plus intéressantes sont le temps passé dans la cible (tableau
14.4), défini par le temps passé entre 0,70 et 1,80 g/l, et le temps passé au-
dessous de 0,54 (hypoglycémie).
La variabilité de la glycémie peut aussi être calculée (définie par le rapport
dévia-tion standard/moyenne glycémique).
Pour qu’une analyse des données soit possible et permette des prises de
décision, il faut que l’enregistrement soit réalisé sur une période minimale
de 2 semaines et qu’elle comporte une exhaustivité du recueil des données
d’au moins 70 %.
Tableau 14.4. Les données de temps passé dans certaines zones de
glycémie, fournies par les capteurs. La cible idéale à atteindre le plus
souvent possible est la zone de 0,7 à 1,8 g/l (70%).
Temps passé
Temps passé |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Temps passé
Temps passé
Temps passé
Glycémie
Glycémie
dans la cible
Glycémie
Glycémie
< 0,54 g/l
0,54-0,70 g/l
0,70-1,80 g/l
>1,80 g/l
>2,50 g/l
-------------- %
-------------- %
-------------- %
-------------- %
-------------- %
D’après Consensus ATTD 2017 sur l’analyse des données issues d’un
enregistrement continu de la glycémie.
F I C H E |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | 15
Poser un diagnostic
de diabète de type 2
et l’annoncer
On compte en France environ 300 000 à 500 000 diabétiques qui s’ignorent.
Le diagnostic est fait en moyenne avec un retard de 5 ans, parfois à
l’occasion de complications.
Quand penser au diabète de type 2 ?
Chez les patients asymptomatiques, quand y penser ?
Le plus souvent, l’hyperglycémie modérée est asymptomatique. Tout au
plus peut-on constater une discrète perte pondérale (de 1 à 3 kg) et une
asthénie, mais le malade peut se sentir en parfaite forme physique.
Le tableau clinique classique d’un patient DT2 au diagnostic est le suivant :
j Âge > 40 ans.
j Surpoids ou obésité, surcharge abdominale.
j Antécédents familiaux de DT2 fréquents.
j Présence d’une hypertension artérielle ou d’une dyslipidémie (hypo-HDL-
cholesterolémie ou hypertriglycéridémie).
j Femme avec antécédent de diabète gestationnel.
Dans ce contexte, il est désormais recommandé (ANAES 2003 et HAS
2014) de dépister un diabète de type 2 chez les patients asymptomatiques de
plus de 45 ans qui présentent au moins une des caractéristiques suivantes : j
Un surpoids ou une obésité (IMC > 25 kg/m2).
j Antécédent de diabète familial au premier degré (père, mère, fratrie). |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | j Origine géographique non caucasienne ou migrante.
j Femmes avec un antécédent de diabète gestationnel ou de naissance d’un
enfant pesant plus de 4 kg.
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88
Le diabète de type 2
j Sédentarité (activité physique inférieure à 30 minutes 3 fois par semaine).
j Hypertension artérielle traitée ou non traitée (pression artérielle systolique
> 140 mmHg ou/et pression artérielle diastolique < 90 mmHg).
j Dyslipidémie traitée ou non traitée (HDL-cholesterolémie < 0,35 g/l ou
triglycéridémie > 2 g/l).
j Traitement pouvant induire un diabète (antipsychotiques atypiques,
corticoïdes, etc.) ou un antécédent de diabète induit.
j Prédiabète : glycémie à jeun entre 1,1 g/l (6,1 mmol/l) et 1,26 g/l (7
mmol/l).
j Situation de précarité (score de précarité EPICES supérieur à 30) (tableau
15.1).
Chez les patients symptomatiques, quel tableau clinique doit faire penser au
DT2 ?
Non exceptionnellement, c’est une infection cutanée ou urogénitale
(balanite, mycose vaginale, cystite…) qui est l’occasion de découvrir le
diabète.
Tableau 15.1. Score de précarité EPICES. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Questions
Réponses
1. Rencontrez-vous parfois un travailleur social ?
10,06
0
2. Bénéficiez-vous d’une assurance maladie complémentaire ?
-11,83
0
3. Vivez-vous en couple ?
-8,28
0
4. Êtes-vous propriétaire de votre logement ?
-8,28
0
5. Y-a-t-il des périodes dans le mois où vous rencontrez de réelles difficultés
14,80
0
financières à faire face à vos besoins (alimentation, loyer, EDF, etc.) ?
6. Vous est-il arrivé de faire du sport au cours des 12 derniers mois ?
-6,51
0 |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | 7. Êtes-vous allé(e) au spectacle au cours des 12 derniers mois ?
-7,10
0
8. Êtes-vous partie(e) en vacances au cours des 12 derniers mois ?
-7,10
0
9. Au cours des 6 derniers mois, avez-vous eu des contacts avec
-9,47
0
des membres de votre famille autres que vos parents ou vos enfants ?
10. En cas de difficultés, y-a-t-il dans votre entourage des personnes
-9,47
0
sur qui vous puisssiez compter pour vous héberger quelques jours en cas de
besoin ?
11. En cas de difficultés, y-a-t-il dans votre entourage des personnes |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | -7,10
0
sur qui vous apporter une aide matérielle ?
Constante
75,14
-
Calcul du score : chaque coefficient est ajouté à la constante si la réponse
est oui.
Extrait de HAS, Actualisation du référentiel de pratiques de l’examen
périodique de santé (EPS), Prévention et dépistage du diabète de type 2 et
des maladies liées au diabète, 2014. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Poser un diagnostic de diabète de type 2 et l’annoncer 89
Trop souvent, c’est une complication « dégénérative » qui conduit au
diagnostic : plaie du pied, baisse de l’acuité visuelle, accident
cardiovasculaire…
Enfin, rarement, le patient présente des signes cliniques d’hyperglycémie et
de carence insulinique (syndrome cardinal : syndrome poly-uro-
polydipsique, amaigrissement) : il faudra dans ce cas rechercher un
diagnostic différentiel (notamment un DT1 ou une atteinte pancréatique). |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Diagnostiquer et confirmer le diagnostic de diabète Le dépistage du
diabète de type 2 (figure 15.1) au sein des populations cibles
asymptomatiques est réalisé en prescrivant une glycémie veineuse après un
jeûne de 8 h.
Figure 15.1. Dépistage du DT2, arbre décisionnel.
Recommandations HAS, Guide Parcours de soin, diabète de type 2 de
l’adulte, 2014.
90
Le diabète de type 2
Le médecin doit informer le patient du but et de l’importance de réaliser cet
examen, et programmer un rendez-vous pour l’interprétation des résultats.
j Si la glycémie veineuse est comprise entre 1,26 g/l et 2 g/l, une deuxième
glycémie veineuse à jeun doit être prescrite en association avec un nouveau
rendez-vous médical pour confirmer le diagnostic de diabète.
j C’est la deuxième glycémie à jeun > 1,26 g/l qui confirme le diagnostic de
diabète.
j Si la première glycémie à jeun est supérieure à 2 g/l et que le patient
présente des symptômes d’hyperglycémie, le diagnostic de diabète est
confirmé, il n’est pas nécessaire de contrôler avec un deuxième
prélèvement.
j Si la glycémie veineuse est comprise entre 1,10 g/l et 1,25 g/l : il s’agit
d’un prédiabète (ou hyperglycémie modérée à jeun). Il est important
d’informer le patient sur les actions de prévention du diabète de type 2 ( cf.
fiche 24). Le contrôle de la glycémie à jeun sera fait dans 1 an.
j Si la glycémie veineuse est inférieure à 1,10 g/l : le résultat est normal : il
n’y a pas de diabète. Le contrôle de la glycémie veineuse à jeun sera réalisé
dans 1 à 3 ans en fonction des facteurs de risque. |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Dans tous les cas, il est important de rechercher et de contrôler les facteurs
de risques cardiovasculaires associés et modifiables comme le tabac, la
dyslipidémie, l’hypertension artérielle.
Attention, il ne faut surtout pas banaliser les situations ou la glycémie est
inférieure à 1,26 g/l, voire < 1,10 g/l, sous prétexte qu’il n’y a pas de
diabète : ces patients cibles restent à risque de développer un DT2, et il faut
les informer sur les moyens de prévention (fiche 24).Un suivi médical
régulier est nécessaire pour poursuivre les dépistages au cours du temps.
Bien que cela ne soit pas la situation la plus fréquente, il existe des
situations urgentes :
j Le patient présente des symptômes cliniques d’hyperglycémie (syndrome
cardinal) sans cétose ou une complication du diabète : la glycémie capillaire
doit être faite au cabinet et la glycémie veineuse à jeun sera prescrite en
urgence.
j Le patient présente un syndrome cardinal avec cétose > 1,5 mmoles/l ou
signes de cétoacidose (nausées, vomissements, douleurs abdominales,
polypnée) : la glycémie capillaire est faite en cabinet et le malade doit être
orienté aux urgences de l’hôpital.
Enfin, devant la découverte d’un diabète, un bilan est nécessaire pour
répondre aux trois questions essentielles :
j Est-ce un diabète de type 1 ou un diabète de type 2, ou existe-t-il des
arguments pour un autre type de diabète ?
j Existe-t-il des complications du diabète ?
j Existe-t-il une pathologie sous-jacente pouvant être à l’origine de ce
diabète (hyperthyroïdie, infection, syndrome inflammatoire…) ?
Poser un diagnostic de diabète de type 2 et l’annoncer 91
Diagnostic différentiel |
Guide pratique du diabète, 6e édition (2019, Elsevier Masson) | Au moment du diagnostic du diabète, certaines situations doivent faire
rechercher un diagnostic différentiel (diabète de type 1 lent, certains
diabètes géné-
tiques, des pancréatopathies, une hémochromatose, diabète secondaire à des
endocrinopathie) :
j un âge < 40 ans ;
j une absence de surpoids (IMC < 25 kg/m2) ;
j une altération de l’état général ;
j l’absence d’antécédent familial de diabète connu ;
j une forte hyperglycémie inaugurale avec symptômes ; j des antécédents
familiaux d’hémochromatose.
Si le patient présente une de ces situations d’alerte, il est recommandé de
demander un avis spécialisé auprès d’un endocrinologue.
Comment annoncer le diabète ?
Le diabète est une maladie chronique nécessitant l’adhésion du patient pour
une prise en charge optimale (alliance thérapeutique). Pour ce faire, il est
actuellement recommandé d’utiliser une approche centrée sur le patient.
Cette démarche a trois objectifs :
j Cerner l’expérience de la maladie telle que le patient la vit (dans le cas
d’une annonce de diabète : interroger le patient sur ses expériences
personnelles et familiales : a-t-il des connaissances qui ont un diabète ? que
signifie avoir un diabète pour lui ?).
j Comprendre la personne dans sa globalité psychosociale (connaître son
mode de vie, son travail, son entourage : comment peut-il s’organiser pour
modifier son hygiène de vie ?).
j Prendre une décision thérapeutique conjointe, acceptable pour le patient. |
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