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V2 (missile) Le V2 (de l'allemand ' : « arme de représailles »), ' ou A4, est un missile balistique développé par l'Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale et lancé à plusieurs milliers d'exemplaires en 1944 et 1945 contre les populations civiles, principalement du Royaume-Uni et de Belgique. Cette fusée de pouvait emporter une charge explosive de à une distance de . C'est la première grosse fusée construite, et les technologies mises au point durant sa conception, telles que la propulsion à ergols liquides de grande puissance et les gyroscopes de précision, ont plus tard bouleversé ce domaine technique. Le V2 est en effet directement à l'origine des missiles balistiques intercontinentaux qui seront porteurs d'armes nucléaires et des lanceurs qui ont ouvert l'ère spatiale à la fin des années 1950. La réalisation du missile V2 est le résultat des travaux d'ingénieurs et chercheurs allemands dans le domaine des fusées, qui débutent dans les et qui sont soutenus à partir de 1934 par l'armée allemande, désireuse de disposer de nouvelles armes échappant aux limitations du traité de Versailles. Les fusées de la série Aggregat, de puissance croissante, sont mises au point par de jeunes ingénieurs comme Helmut Gröttrup, Arthur Rudolph, Walter Thiel et Wernher von Braun, en s'appuyant sur les travaux de plusieurs pionniers de l'astronautique tels que Hermann Oberth ou Max Valier. Walter Dornberger joue un rôle essentiel, en faisant le lien entre le régime nazi et ces ingénieurs. Le V2 est mis au point à Peenemünde, mais sa production en série, qui débute en 1943, est effectuée dans l'usine souterraine de , dans laquelle périssent plusieurs milliers de prisonniers placés sous la coupe des SS. Le V2 en tant qu'arme est un échec. Son guidage imprécis, sa charge militaire limitée ne permettent pas d'avoir un impact notable d'un point de vue militaire : les tirés ont tué quelques milliers de civils en drainant les ressources d'une Allemagne exsangue. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les vainqueurs, en particulier les États-Unis et l'Union soviétique, mettent la main sur les stocks de V2 et sa documentation technique. Ils font venir les principaux ingénieurs et techniciens allemands sur leurs territoires nationaux dans le but de rattraper le retard constaté par rapport à l'Allemagne dans ce domaine. Des V2 seront utilisés notamment comme fusées-sondes, et inspirent fortement les premiers missiles balistiques développés dans ces deux pays. Aux États-Unis les ingénieurs allemands, en particulier Wernher von Braun, jouent un rôle de premier plan dans le développement du programme spatial civil au sein de l'agence spatiale américaine, la NASA. Historique. Travaux de la "". À l'origine du missile V2 se trouve un groupe de passionnés regroupés au sein de l'association allemande ' (Société pour le voyage spatial) ou V.f.R. Les membres fondateurs les plus connus sont Johannes Winkler, Max Valier et Willy Ley. Cette société publie le bulletin ' (la fusée) et malgré des moyens financiers réduits est très active et connue sur le plan international. En 1930, la déménage de Breslau à Berlin et plusieurs futures personnalités de premier plan comme Wernher von Braun, Klaus Riedel et Rudolf Nebel la rejoignent. Plusieurs de ses membres construisent la fusée Mirak- de dont le moteur dérive de celui mis au point en 1928 par un autre pionnier de l'astronautique germanophone, Hermann Oberth. Plusieurs versions sont développées avec des résultats modestes : le premier succès intervient le avec la fusée Mirak- qui s'élève à de hauteur, propulsée par un moteur à ergols liquides. Depuis 1930 les essais se poursuivent sur un terrain de abandonné par l'armée allemande et situé dans Berlin. Des progrès rapides sont ensuite effectués : la fusée , propulsée par un moteur d'une poussée de utilisant une nouvelle combinaison d'ergols (alcool et oxygène liquide), parvient à s'élever jusqu'à une altitude de avec une portée de . Ces travaux ont un retentissement international et la passe des accords de coopération avec l’' qui deviendra par la suite l’'. Implication de l'armée allemande. L'armée allemande investit dès 1929 dans des travaux de recherche sur l'utilisation militaire des fusées. L'objectif poursuivi est notamment de trouver des moyens de contourner les restrictions du traité de Versailles qui limite le développement des forces aériennes allemandes. Karl Becker, militaire de carrière et ingénieur d'artillerie, est responsable de ces recherches dont il confie la réalisation au capitaine Walter Dornberger. Celui-ci est chargé de mettre au point des fusées à propergol solide de , et d'effectuer des recherches théoriques sur la propulsion à ergols liquides. Un champ de tir situé à Kummersdorf dans la banlieue de Berlin est utilisé entre 1930 et 1932 pour effectuer des lancements de roquettes à propergol solide. Becker et Dornberger, qui ont suivi les travaux de la , concluent au printemps 1932 un accord avec Rudolf Nebel pour que celui-ci effectue un tir de sa fusée Repulsor sur le champ de tir militaire de Kummersdorf, contre une rémunération de . Le vol qui a lieu en juillet est un demi-succès mais Dornberger propose tout de même de subventionner les travaux, à condition que ceux-ci soient menés de manière scientifique, et que les essais ne soient plus publics. Nebel, bien qu'adhérent de l'association paramilitaire de droite , refuse ces conditions car il se méfie des militaires et entretient des relations difficiles avec Becker. Celui-ci a plus de succès lorsqu'il expose la même proposition à von Braun qui a participé aux négociations entre Nebel et les militaires. Becker propose de financer une thèse de von Braun sur la propulsion à ergols liquides, à condition que les essais des fusées issues de ces travaux se déroulent à Kummersdorf. En , von Braun et le mécanicien Heinrich Grünow commencent le développement d'une nouvelle fusée. Trois mois plus tard, ils font fonctionner sur banc d'essais durant un moteur à ergols liquides d'une poussée de brûlant un mélange d'oxygène liquide et d'alcool. Un deuxième moteur, refroidi par circulation d'alcool et fournissant une poussée triple, fonctionne quelques mois plus tard. En , deux mois après le début des travaux de von Braun pour le compte des militaires, Hitler arrive au pouvoir. Le nouveau régime prend immédiatement des mesures autoritaires en muselant l'opposition. Becker profite de ce nouveau climat pour mettre pratiquement fin aux travaux du groupe d'amateurs de fusées de la car il souhaite maintenir le secret sur les travaux dans ce domaine pour préserver l'élément de surprise que pourrait créer la nouvelle arme. L'association , privée de moyens financiers et de terrain de lancement par la ville de Berlin, est dissoute en . De l'A1 à l'A4. Premières fusées Agregat. Les travaux de von Braun débouchent sur la réalisation de la fusée "" (ou A1). D'une masse de pour une hauteur de son moteur développe une poussée de . Les essais au sol se passent bien mais la explose à la suite d'un retard à l'allumage, et des problèmes de stabilité en vol sont mis en évidence. Le deuxième modèle A2, qui doit corriger ces défauts en conservant pratiquement les mêmes caractéristiques, est testé avec succès. Deux exemplaires sont lancés depuis l'île de Borkum en mer du Nord le , et atteignent une altitude de plus de . Ces succès permettent d’accroître les effectifs dont dispose von Braun, qui est rejoint par Riedel. Il est décidé de développer une fusée nettement plus massive () qui utilisera un moteur de de poussée fonctionnant trois fois plus longtemps (). L'A3, qui mesure de haut pour un diamètre de , utilise pour la première fois un système de guidage et de pilotage autonome, reposant sur des gyroscopes et agissant à la fois sur des gouvernes installées à l'extrémité de l'empennage de la fusée et des déflecteurs de jet situés en sortie de la tuyère. Les développements qui débutent en 1935 sont désormais suivis par les plus hauts dirigeants de l'Armée, et une première proposition de missile balistique soumise par Becker à Adolf Hitler, arrivé depuis peu au pouvoir, reçoit un accueil favorable. Installation à Peenemünde. L'Armée de l'Air, pour laquelle von Braun a développé des fusées d'assistance au décollage, comme l'Armée de Terre dont dépendent Dornberger et Becker sont désormais prêtes à mettre à disposition des moyens financiers importants. En 1936 l'équipe de von Braun compte désormais , et le terrain de Kummersdorf est devenu trop exigu pour les essais envisagés. Sur la suggestion de la mère de von Braun, les installations sont déménagées à Peenemünde, un lieu situé à au nord de Berlin sur l'île de Usedom le long de la côte de la mer Baltique. Le site retenu, au nord de l'île, est peu accessible et inhabité, ce qui répond bien au cahier des charges d'un projet secret. L’ilot de situé à une dizaine de kilomètres au large constitue une zone de lancement idéale. L'Armée de l'air et l'Armée de terre allemandes financent à hauteur de de Reichsmark un ensemble d'habitations, d'installations industrielles et d'équipements de test qui accueillera à terme plus de et ingénieurs ainsi que et ouvriers. Deux établissements sont construits côte à côte : la partie ouest d'une superficie de est occupée par l'Armée de l'air qui dispose d'un terrain d'atterrissage pour les avions expérimentaux, mais avec des installations modestes car aucun travail de recherche n'est prévu sur place. La partie est, dans laquelle s'installent en les chercheurs et les techniciens dirigés par von Braun, comprend une usine de production d'oxygène liquide, un petit port, un ensemble d'habitations plutôt luxueuses pour les nouveaux arrivants. Les principaux bâtiments techniques ainsi que les bancs d'essais sont situés à l'extrémité nord de l'île. En parallèle du développement de l'A3, Domberger, von Braun et Walter Riedel définissent fin 1935 le cahier des charges d'une arme susceptible d'exploiter les percées techniques effectuées. Ils choisissent pour le futur missile, qui sera baptisé A4 dans sa version de test, une portée double de celle du "Pariser Kanonen" () pour flatter les dirigeants de l'Armée de terre. À sa portée maximale, la précision doit être de . L'envergure de l'empennage doit être compatible avec le gabarit ferroviaire. La charge d'explosifs doit être d'une tonne. Pour tenir ce cahier des charges, la fusée doit disposer d'un moteur-fusée d'une poussée de . Mise au point de l'A3/A5. Le système propulsif est une technologie clé de la fusée A3. Son développement est placé sous la direction de Walter Thiel. Le moteur-fusée de l'A3 est initialement une version agrandie de celui de l'A2, mais avec des différences importantes au niveau du système d'injection. Le moteur de l'A2 comportait deux injecteurs (un pour l'alcool, l'autre pour l'oxygène liquide) dont les jets se croisaient au milieu de la chambre de combustion. Le système adopté pour l'A3 est plus complexe : l'injecteur d'oxygène a la forme d'un champignon perforé suspendu au sommet de la chambre de combustion. Les jets d'oxygène croisent ceux d'alcool émis depuis plusieurs injecteurs individuels. Grâce à cette configuration, la vitesse d'éjection des gaz brûlés passe ainsi de à plus de par seconde ; mais ce gain accroit les problèmes soulevés par la température de la chambre de combustion. Le développement du système de guidage est confié à la société Kreiselgeräte, un fournisseur de la Marine de guerre spécialisé dans les systèmes de conduite de tir de gros navires. L'appareil comprend deux gyroscopes qui détectent le changement de direction de la fusée dans deux directions et trois gyromètres mesurant les changements de vitesse de rotation dans les trois dimensions. Des capteurs interprètent ces mouvements et envoient des commandes aux déflecteurs de jet situés en sortie de tuyère et aux gouvernes de l'empennage pour corriger les écarts par rapport à la trajectoire pré-programmée. Fin 1937, un an après la date prévue par von Braun, la fabrication des quatre premiers exemplaires de l'A3 est achevée. Mais les essais en vol effectués en décembre se passent mal : le système de guidage de la fusée ne parvient pas à faire face aux vents violents qui soufflent à cette période de l'année et le contrôle de la fusée est perdu à chaque essai. Les essais en soufflerie, réalisés par Rudolf Hermann mais dont les résultats sont connus trop tard, mettent en cause l'aérodynamique de la fusée qui la rend trop stable et donc non manœuvrable, et un problème d'efficacité des gouvernes et des déflecteurs de jet incapables de contrer le mouvement de roulis. Par ailleurs, une faille fondamentale est découverte dans le système de guidage : la plateforme gyroscopique ne fonctionne plus lorsque le roulis fait tourner la fusée autour de son axe de plus de 30°, Pour régler le problème, Hermann rejoint l'équipe de Peenemünde et recrute les meilleurs aérodynamiciens disponibles. La construction d'une soufflerie à circuit ouvert est lancée, permettant de tester le comportement de la fusée à , ce qui constitue une première mondiale. La veine principale doit avoir de diamètre. Sa construction dans la partie est du site de Peenemünde est ralentie par les problèmes techniques rencontrés et elle n'entrera en fonction qu'en ; la vitesse visée ne sera atteinte que vers 1942/1943. Les responsables du projet décident de développer une version à échelle réduite de la future A4 tirant les leçons de l'étude aérodynamique qui va être réalisée. Hermann Kurzweg, aérodynamicien adjoint de Hermann, donne une forme allongée à l'empennage pour permettre au missile de franchir le mur du son. Le résultat, issu d'études empiriques faute de disposer d'une soufflerie opérationnelle, donne son apparence caractéristique à l'A5 (et par la suite l'A4). L'A5 reprend la plupart des organes internes de l'A3 mais sa forme diffère et le système de guidage autonome est remplacé par un système de guidage depuis le sol par radio. Dornberger décide que l'A5 doit permettre la mise au point de toutes les techniques qui seront nécessaires à l'A4 telles que le franchissement du mur du son, le guidage à l'aide des déflecteurs situés à l'extrémité du moteur-fusée et la mise au point des gyroscopes utilisés. La mise au point de ces derniers risquant de reporter les lancements, on sélectionne à la place un modèle plus lourd développé par Siemens. Des lancements de versions à échelle réduite de l'A5 sont effectués pour tester différentes formes d'empennage avant le premier vol qui a lieu en . Les trois vols effectués se déroulent parfaitement en particulier le système de guidage place la fusée sur la trajectoire visée. La fusée ne dépasse pas la vitesse du son mais au cours de tests effectués par la suite, elle culmine à une altitude d'environ et franchit une distance de . Dornberger est désormais optimiste car tous les obstacles techniques semblent levés, et il envisage le début du déploiement opérationnel d'une arme basée sur l'A4 vers 1943. L'entrée en guerre de l'Allemagne en 1939 draine les ressources financières et humaines. Dornberger obtient l'accord de son supérieur hiérarchique Walther von Brauchitsch pour la réalisation d'une usine d'assemblage des futurs missiles sur le site de Peenemünde et une priorité sur la main d’œuvre qualifiée mais Hitler, qui a visité Peenemünde sans paraître enthousiasmé par le projet de missile, annule ces instructions. Himmler, le responsable des troupes de choc du régime nazi, les SS, et proche d'Hitler, s'intéresse par contre au projet et propose à von Braun le grade de lieutenant dans la SS. Von Braun, sur le conseil de Dornberger et motivé par la nécessité d'obtenir les financements nécessaires, accepte ce grade. Développement de l'A4. Un moteur-fusée de de poussée. La montée en puissance nécessaire pour passer de la poussée de de la fusée A3/A5 aux de poussée du moteur de l'A4 nécessite de revoir complètement la conception du moteur-fusée. Thiel, un docteur en chimie particulièrement doué et imaginatif, effectue quatre percées décisives : Après avoir essayé plusieurs configurations aboutissant à des perçages par brûlure ou des problèmes de refroidissement, Thiel choisit une configuration comportant en forme de champignon. Pour refroidir les parois de la chambre de combustion portées à une température de l'équipe de Thiel invente le refroidissement par film fluide qui consiste à faire circuler le long de la paroi interne de la chambre de combustion un fluide plus froid que les gaz de combustion ce qui empêche ainsi la structure d'atteindre son point de fusion. Quatre rangées de trous situées à différentes hauteurs de la chambre de combustion injectent un film d'alcool qui permet de dissiper 70 % de la chaleur totale. De l'alcool circulant dans une double paroi au sommet de la chambre de combustion absorbe le reste de chaleur par refroidissement régénératif. Des déflecteurs de jet situés à la sortie de la tuyère sont chargés de corriger la trajectoire durant la phase propulsée mais ils sont soumis à des températures très élevées. Les alliages de tungstène et de molybdène testés initialement ne donnent pas satisfaction et sont remplacés par du carbone. L'alimentation du moteur en ergols est réalisée par une turbopompe afin d'atteindre la pression nécessaire dans la chambre de combustion. Les premières études s'inspirent des pompes à incendie développées par la société Klein, Schanzlin et Becker. Cependant, l'adaptation de ces modèles aux températures extrêmes générées par l'oxygène liquide, et la contrainte de masse imposent des solutions touchant aux limites des connaissances techniques de l'époque. Pour l'entraînement de la turbopompe von Braun choisit un générateur de gaz (vapeur d'eau) utilisant du peroxyde d'hydrogène développé par Hellmuth Walter pour la deuxième version de l'avion-fusée He 112R. La mise au point de l'ensemble du système propulsif ne s'achève qu'en 1941. Aérodynamique. Les vols de l'A5 et d'autres tests effectués par la suite avec des modèles à échelle réduite de cette fusée ont prouvé que les formes définies par Kurzweg étaient optimales aux basses vitesses. Mais aucun essai n'a été effectué aux vitesses supersoniques que doit atteindre l'A4. Les connaissances théoriques concernant le passage du mur de son sont à l'époque embryonnaires. Des essais effectués sur des modèles largués en haute altitude semblent démontrer que la fusée ne sera que légèrement instable aux vitesses transsoniques. Des essais en tunnel permettent d'affiner les prédictions d'échauffement de la surface du missile aux vitesses supersoniques et de préciser en conséquence sa forme et la nature des alliages utilisés. C'est à cette époque qu'un ingénieur suggère d'utiliser l'énergie acquise par la fusée A4 pour doubler sa portée en lui greffant deux ailes. Cette idée sera développée tardivement à la fin de la guerre avec le modèle A4b. Système de guidage. Alors que les recherches sur la motorisation et l'aérodynamique de l'A4 débutent dès 1936-1937, la mise au point du système de guidage n'est pas entreprise avant fin 1937, lorsque les échecs de l'A3 démontrent les insuffisances du constructeur Kreiselgeräte. Von Braun décide à la fois de faire appel à d'autres entreprises disposant de compétences dans le domaine du pilotage automatique et des gyroscopes, et en parallèle de créer un laboratoire de recherche sur le guidage à Peenemünde. Plusieurs constructeurs sont sollicités pour mettre au point un système concurrent de celui de Kreiselgeräte, dont Siemens. Mise au point de l'A4. Le développement de l'A4 qui avait débuté vers ne débouche sur un premier essai de la propulsion sur banc d'essais que le . La première fusée complète est amenée sur le banc d'essais pour un test statique en mais la mise à feu est repoussée durant tout le premier semestre 1941 car de nombreux problèmes apparaissent : soudures de mauvaise qualité, problèmes de gestion des vannes et des commandes pilotant le moteur-fusée, mise au point de la tuyauterie du système d'injection et de l'ensemble turbopompe/générateur de gaz. Les tests statiques ne s'achèvent que durant l'été 1941 et le moteur-fusée est mis à feu sur son banc d'essais pour la première fois en . Néanmoins les problèmes sont loin d'être réglés. Une fusée A4 explose sur le pas de tir le en endommageant gravement celui-ci et un moteur-fusée explose sur le banc d'essais moteur le . Domberger reproche violemment aux ingénieurs responsables du centre (von Braun, Thiel et Riedel) de laisser des ingénieurs inexpérimentés prendre en charge à leur place ces tests, et de se disperser en consacrant notamment trop de temps à la préparation de la mise en production. Le premier vol a finalement lieu le . De nombreux responsables de l'armée y assistent. La fusée décolle puis disparaît derrière le plafond nuageux très bas. La fusée franchit le mur du son mais la propulsion s'interrompt à la suite de l'épuisement de la batterie électrique découlant du mouvement de roulis très rapide initié dès le lancement. Finalement l'A4 s'écrase dans la mer à environ du rivage. Le second vol a lieu le . La fusée décolle cette fois sans mouvement de roulis et dépasse mais la propulsion s'arrête après le décollage au lieu des prévues et elle s'écrase à seulement du site de lancement. Après plusieurs modifications (notamment le renforcement du nez de la fusée) un troisième tir a lieu le et est un succès total. La fusée s'élève jusqu'à une altitude de et s'écrase dans la mer à de son point de départ. Déploiement opérationnel : l'échec des blockhaus. En , Albert Speer parvient à convaincre Hitler, réticent, de lancer la production en masse des A4 pour les utiliser en tant qu'armes. Compte tenu de la menace aérienne des Alliés il était proposé de lancer les V2 vers le sud du Royaume-Uni, depuis des blockhaus installés le long de la côte française. Les techniciens de Peenemünde avaient établi des plans de ces énormes installations qui devaient permettre d'abriter sous plusieurs mètres de béton le carburant et le comburant, des locaux techniques permettant de produire l'oxygène liquide et d'effectuer des tests, des entrepôts pour les missiles, un système de transport permettant de véhiculer les fusées, et des baraquements permettant d'héberger , le tout protégé par des batteries anti-aériennes. Domberger avait une tout autre idée : pour lui seules des équipes mobiles, constituées de soldats ayant reçu un entraînement spécialisé, pouvaient échapper aux chasseurs alliés. Les responsables allemands décident finalement de créer une batterie sous blockhaus et deux batteries mobiles. Les travaux sur la batterie sous blockhaus sont confiés à l'organisation Todt et débutent en à Eperlecques près de Calais. Le site a été choisi parce qu'il est à portée des régions visées par les missiles, proche d'une voie ferrée et relativement abrité des attaques aériennes à la fois par le relief et la végétation. Le blockhaus d'Éperlecques, ouvrage gigantesque, emploie rapidement plusieurs milliers de personnes, majoritairement des Français mobilisés par le STO car il est prévu de couler de béton. Dès mai des photos prises par des avions de reconnaissance aérienne alertent les alliés. Bien qu'ils ne connaissent pas l'objectif de l'installation, ils décident le lancement d'un bombardement massif. Le , d'une tonne sont largués sur le chantier en infligeant des dommages qui conduisent à l'abandon du site par les Allemands. À la suite du bombardement d'Éperlecques, les dirigeants allemands décident de réaliser la batterie blindée dans une ancienne carrière de craie située non loin dans la commune d'Helfaut, près de Saint-Omer. L'installation comprend un immense dôme de béton (la coupole d'Helfaut) de de diamètre et de d'épaisseur sous laquelle doit être creusé un réseau de galeries et de salles. Le site en construction est à son tour régulièrement bombardé à partir de , mais sans résultats significatifs. Cependant, le , un raid utilisant des bombes géantes de type bouleverse suffisamment le sol pour déstabiliser les fondations de la coupole par ailleurs intacte. Les Allemands décident d'abandonner définitivement l'idée de construire des sites de lancement abrités dans des blockhaus, et de confier le lancement à des bataillons de lancement mobiles. Mise en œuvre. À la suite de l'abandon des blockhaus blindés, des unités spécialisées sont formées pour mettre en œuvre les missiles. L'organisation retenue vise à simplifier au maximum les opérations de lancement pour réduire le temps de préparation et permettre l'utilisation de sites non préparés. Les missiles V2 sont livrés par chemin de fer puis sont stockés dans des ateliers situés à quelques kilomètres des sites de lancement. Des équipes de techniciens affectés à l'atelier vérifient le fonctionnement des missiles avant de les livrer à des équipes de lancement qui, après avoir choisi un site de tir, procèdent au chargement des ergols avant d'effectuer le lancement. Le général SS Hans Kammler, qui dirige la production des V2, crée au cours de l'été 1944 deux unités destinées au lancement des V2 comptant chacune plus de et environ spécialisés : huit bataillons comprenant chacun de lancement. Le groupement nord, installé près de Nimègue, aux Pays-Bas, comprend les bataillons 1./485, 2./485, 3./485. Le groupement sud, installé au début de la campagne de tir autour de Euskirchen, en Allemagne, comprend les bataillons 1./836, 2./836, 3./836, 1./444, 2./444 et 3./444. Un premier tir avait été prévu le , depuis le plateau des Tailles au lieu-dit "Petites-Tailles" dans l'Est de la Belgique, non loin de Saint-Vith, mais des ennuis techniques et l'avance des Alliés qui avaient franchi la Meuse contraignirent les Allemands à se rapprocher de leur frontière. Le premier V2 fut donc tiré le depuis Gouvy, en Belgique, en direction de Paris. En , il atteignit Maisons-Alfort, en banlieue parisienne, tombant sur des immeubles situés 25, rue des Ormes et 35, rue des Sapins. Le premier missile opérationnel de l'histoire fit six morts et : . Plus tard le même jour, alors que la veille Duncan Sandys, président du « comité de lutte contre la bombe volante » britannique avait déclaré lors d'une conférence de presse que , le premier V2 tiré sur Londres tombait à Chiswick. Il faudra deux mois et deux cents explosions sur son sol avant que le gouvernement britannique ne communique sur l'attaque des V2 en cours. Le secret était d'autant plus facile à garder que contrairement aux V1 qui avaient un ronronnement caractéristique évoquant le moteur d'une motocyclette, les missiles arrivaient à une vitesse de , supérieure à celle du son, c'est-à-dire dans un silence total. Les explosions pouvaient être imputées à toutes sortes de causes. Lors de la chute du premier V2 sur Londres, personne ne comprit sur le moment qu'il s'agissait d'une bombe. On crut à l'explosion d'un immeuble due au gaz, jusqu'à la découverte des débris de la tuyère. En tout, furent construits pour être lancés vers le Royaume-Uni et Londres, dans des conditions très dures pour les prisonniers affectés à ces travaux forcés (usine souterraine de Dora). Les V2 tuèrent deux fois plus de déportés en Allemagne que de civils au Royaume-Uni. Mis très tard en service, les V2 furent lancés depuis des sites que l'avance des troupes alliées imposa de déplacer plusieurs fois : aux Pays-Bas à partir de la région de Middelburg et surtout La Haye (permettant d'atteindre Londres) puis Rijs (région du Norfolk), Hellendoorn et Dalfsen (vers la Belgique et le pont de Remagen) ; en Belgique et en Rhénanie, des lancements eurent lieu depuis Saint-Vith et Mertzig vers Paris, puis des alentours de Coblence (Euskirchen et Hachenburg) vers le nord de la France et la Belgique. Les dernières batteries furent installées dans la région de Münster, visant Anvers et Liège. Malgré les dégâts infligés aux infrastructures de fabrication et de lancement, furent lancés entre le et la fin de 1944, principalement vers Anvers (920) (où furent tuées le par un V2 tombé sur le cinéma Rex) et Londres (450) et, mais aussi vers Norwich (40), Liège (25), Paris (22) ainsi que vers Lille, Tourcoing, Arras, Maastricht, Hasselt Les tirs de V2 se poursuivirent jusqu'au , principalement depuis La Haye, et toujours vers Londres — cible civile principale des Allemands — et Anvers, ainsi que vers quelques cibles militaires. Les dernières fusées furent tirées vers le Kent. Au total la région de Londres reçut et celle d'Anvers plus de , les victimes étant surtout civiles. Production. Début Albert Speer, ministre de l'armement allemand, crée un comité chargé de gérer la production des A-4 et dirigé par un nazi fanatique directeur de la société Demag qui avait fait ses preuves en organisant avec efficacité la production allemande de locomotives de guerre. Degenkolb tente d'enlever à l'Armée qu'il juge inefficace la responsabilité de fabriquer les V2 mais Domberger résiste avec succès. Dans un premier temps la construction en série des V2 est donc réalisée à Pennemünde. Pour faire face à la pénurie de main d’œuvre, Arthur Rudolph responsable de la production des V2 décide de faire appel aux prisonniers des camps de concentration dont les effectifs viennent compléter ceux des travailleurs libres. En il demande à l'organisation SS qui gère les camps de concentration en envisageant de porter ce nombre à terme à . Une ligne d'assemblage est inaugurée le à l'étage inférieur du bâtiment F1. Le ratio des prisonniers est fixé à 10/15 détenus pour chaque travailleur allemand. Un petit camp de concentration est créé près du bâtiment F1. Dans la nuit du 17 au le bombardement massif du site de Peenemünde oblige les allemands à étudier le transfert du site de production dans un lieu souterrain qui serait à l'abri des attaques des alliés. Le site retenu est un ensemble de tunnels creusés dans les pour extraire du gypse et situés sous la montagne de Kohnstein près de la ville de Nordhausen. La gestion du site de production, baptisé Mittelwerk (En allemand usine du centre), est confiée à une société privée à qui sont commandés. Les SS imposent leur direction et nomment à sa tête le général SS Hans Kammler déjà responsable de la construction des camps d'extermination et des chambres à gaz de Auschwitz-Birkenau, Majdanek et Belzec. Mittelwerk est installé dans deux tunnels parallèles sinusoïdaux reliés entre eux par transverses. Chaque tunnel est suffisamment large pour recevoir une double voie ferrée. La main d'œuvre est hébergée dans un camp de concentration rattaché à celui de Buchenwald qui est créé sur le site et est baptisé Dora. Les tunnels sont d'abord aménagés par des prisonniers qui travaillent, mangent et dorment dans des conditions sanitaires épouvantables. Plusieurs dizaines de petits camps de concentration et de sites de production sont créés par la suite dans la région pour alimenter la chaine d'assemblage installée dans les tunnels de Mittelwerk mais beaucoup n'entreront pas en production avant la fin de la guerre. Les effectifs du camp de Dora se montent à en pour atteindre en et en . La main d’œuvre est organisée en deux équipes (une de jour et une de nuit) travaillant chacune . Environ libres et sont présents dans les tunnels en juin 1944 lorsque la production atteint son rythme de croisière. L'usine de Mittelwerk produira entre et . Les prisonniers sont traités de manière inhumaine. Il y a toutefois de grandes différences de traitement entre les spécialistes, qui sont affectés à des postes nécessitant une bonne maitrise technique, et les personnes affectées aux transport des pièces, qui mal nourris et obligés d'exercer des travaux de force succombent rapidement à ce régime. Les tentatives de sabotage sont réprimées de manière sauvage par des pendaisons publiques. Sur un peu plus de employés à Mittelwerk et dans les établissements environnants on estime que ont péri dont dans les camps ou durant les transports et durant l'évacuation organisée par les nazis pour fuir l'avance des troupes alliées. Le les troupes de la troisième division blindée de l'Armée américaine, qui ont découvert les horreurs des camps de concentration installés autour de Mittelwerk, entrent dans les tunnels de Mittelwerk et découvrent les chaines d'assemblage intactes avec l'éclairage et le système de ventilation encore en marche. Caractéristiques techniques. Le missile V2 est un engin de ( à vide) propulsé par un moteur-fusée brûlant un mélange d'éthanol et d'oxygène liquide exerçant une poussée au décollage de . Il décolle d'une rampe de lancement qui peut être mobile et est accéléré durant jusqu'à atteindre une vitesse de (). Il dispose d'un système de guidage utilisant des gyroscopes qui adapte la trajectoire en utilisant des gouvernes placées sur son empennage et des déflecteurs de jet placés à la sortie de la tuyère. Sa trajectoire culmine à environ et il emporte une charge militaire constituée de d'explosifs à une distance pouvant atteindre . Propulsion. La fusée est propulsée durant plus de par un moteur-fusée brûlant un carburant composé de 75 % d'éthanol et de 25 % d'eau désigné sous l'appellation B-Stoff avec de l'oxygène stocké sous forme liquide à une température de . Dans la chambre de combustion la pression est de et les ergols doivent être injectés dans celle-ci avec une pression supérieure. Une turbopompe tournant à est chargée de porter la pression du carburant en provenance du réservoir à et celle de l'oxygène à . Sa turbine d'une puissance de est actionnée par la vapeur d'eau produite par un générateur de gaz utilisant un mélange de permanganate de sodium et d'eau oxygénée. La chambre de combustion dont la température atteint est refroidie de plusieurs manières pour que ses parois ne fondent pas. Déroulement du lancement et du vol. Les unités de lancement disposent d'une trentaine de véhicules spécialisés pour permettre le lancement. Les missiles V2 fabriqués à Mittelwerk sont livrés par chemin de fer à la gare la plus proche, convoyés sur des remorques spécialisées, les , puis sont stockés dans des ateliers situés à quelques kilomètres des sites de lancement. Chaque atelier peut stocker environ mais dans la mesure du possible le temps de stockage est limité à quelques jours car il avait été constaté au cours des tests que les composants fragiles de la fusée se dégradaient rapidement avec le temps. Dans ces ateliers des équipes de techniciens affectés à l'atelier vérifient le fonctionnement des missiles, fixent la charge militaire puis le transportent à l'aide d'un à proximité du site de tir dans un lieu improvisé si possible à l'abri des avions de reconnaissance ennemis. Là le missile est transféré sur le véhicule érecteur de l'unité de tir à l'aide d'un portique démontable mis au point pour les manutentions des tourelles de char allemands. pris en charge par une équipe de lancement qui après avoir choisi un site de tir installe le missile sur une table de lancement circulaire avec quatre appuis sous les ailettes de la fusée ( angle inférieur droit de la photo ci-contre). Au centre de la table de lancement se trouve un cône de tôle d'acier épaisse pour dévier le jet de gaz brûlant. Cette caractéristique fera baptiser la table de lancement « "" » (presse-citron géant) par les analystes du renseignement britannique sous la direction du professeur R V Jones. La table de lancement peut être posée sur n'importe quel sol plat et stable (portion de route, quai de gare sur une petite aire bétonnée), voire sur une simple plateforme faite de traverses de chemin de fer incrustées dans un sol bien compacté, ce qui permet un déploiement du missile à peu près n'importe où. L'équipe de lancement procède au chargement des ergols avant d'effectuer le lancement. Cette dernière phase se déroule en un peu moins de . Le plein des réservoirs est effectué immédiatement avant le lancement. L'oxygène liquide est amené dans un camion citerne qui l'a chargé dans une station permanente. L'oxygène ne restant liquide qu'à une température de , une grande partie de celui-ci s'évapore durant le transport. Le camion citerne embarque alors que le missile n'a besoin que de . Pour le lancement, la montée en puissance du système propulsif se fait en deux temps. À l'allumage la poussée initiale est de ce qui ne permet pas à la fusée de décoller mais donne le temps aux techniciens de contrôler visuellement la flamme produite, permettant ainsi de s'assurer que le moteur-fusée fonctionne correctement. Au bout de , la poussée passe à et le V2 décolle. Le moteur-fusée fonctionne durant . L'accélération augmente progressivement et atteint lorsque le moteur s'éteint à une altitude de . À la fin du vol propulsé, la V2 poursuit une trajectoire purement balistique à la manière d'un obus. Sur son inertie, le missile poursuit une trajectoire ascendante qui culmine à avant de commencer à perdre de l'altitude. Il s'écrase sur le sol à une vitesse comprise entre . Volant à une vitesse plus élevée que celle du son, il frappe sans avoir été entendu au préalable. Lorsque le V2 est lancé vers un objectif situé à une distance proche de sa portée maximale, sa trajectoire est relativement imprécise. L'écart entre la cible et la zone effectivement touchée atteint entre ce qui rend l'arme inutilisable pour des fins militaires. Vers la fin de la guerre, les allemands utilisent un système de guidage radio, le "", qui permet d'améliorer cette précision mais dont l'usage sera limité à la batterie stationnée près de Dalfsen/Hellendoorn aux Pays-Bas. Bilan. En dépit de son caractère novateur en tant que missile sol-sol, l'impact du V2 fut principalement psychologique. Comparé à un bombardement classique ces premiers missiles balistiques, imprécis et fabriqués en nombre relativement limité et dotés d'une charge explosive réduite, ne jouèrent qu'un rôle marginal sur le plan stratégique ou tactique. Un bombardier lourd conventionnel unique coûtait beaucoup moins cher pour une capacité destructrice et une précision très supérieures, et était réutilisable. Mais le V2 allait ouvrir la voie aux armes modernes qui sont devenues dans le dernier tiers du le support principal de la dissuasion nucléaire et de la frappe dite « chirurgicale ». En effet, le V2 était une arme pratiquement imparable (contrairement au V1), mais qui demandait une fabrication longue et complexe pour une charge de moins d'une tonne d'explosif et une précision médiocre. Aucune cible militaire ou industrielle notable n'a été frappée par le V2. Son rôle a surtout été de propagande, pour entretenir les illusions du Führer et de l'opinion allemande, persuadés que les armes secrètes allaient retourner le sort de la guerre. Échec tactique, c'est pourtant une brillante réussite technique : le V2 est directement à l'origine des missiles intercontinentaux, mais aussi du vol spatial et de la conquête de l'espace. Postérité des V2. Le missile V2 a joué un rôle déterminant après la seconde guerre mondiale dans le développement des missiles balistiques puis des lanceurs à la fin des car il a permis la mise au point de nombreuses techniques qui sont souvent encore utilisées de nos jours : Conscient de l'immense avance prise par les ingénieurs et techniciens allemands, les alliés vont tout faire pour tirer parti des matériels, documentation et des spécialistes. États-Unis. Les États-Unis dans le cadre de l'opération " exfiltrent et recrutent les principaux spécialistes des fusées allemandes dont Wernher von Braun, Walter Dornberger, Adolf Thiel, Kurt H. Debus, Hermann Oberth et Arthur Rudolph. Il récupèrent plus de dans l'usine de Mittelwerk qu'ils sont les premiers à occuper avant de céder cette partie du territoire aux Soviétiques. Les V2 sont transportés aux États-Unis pour être étudiés puis lancées depuis le centre de lancement de au Nouveau-Mexique à compter de 1946. Les V2 sont les premières fusées-sondes capables de monter à plus de et d'étudier la haute atmosphère à l'aide d'une instrumentation scientifique embarquée. Le un V2 a servi à prendre le premier cliché de la Terre vue de l'espace à une altitude de grâce à une caméra cinématographique Devry fixée sur la fusée. Plusieurs fusées sont développées directement à partir du V2 comme Bumper un V2 modifié surmonté d'une fusée américaine dont les deux premiers lancements depuis cap Canaveral en . La fusée Viking est une copie améliorée du missile V2 deux fois plus petite qui sera utilisée comme fusée-sonde entre 1949 et 1955 puis servira de premier étage pour le lanceur léger Vanguard développé pour placer en orbite le premier satellite artificiel américain. Les spécialistes allemands rapatriés aux États-Unis traversent une période d'inactivité car les différentes composantes de l'armée américaine se disputent la filière de développement des missiles balistiques. Finalement, ils sont transférés à Fort Bliss au Texas, établissement de l'armée de terre chargé de développer les missiles balistiques. En 1950, von Braun est nommé directeur technique du établissement de l'armée de terre américaine situé à Huntsville (Alabama) et destiné à la mise au point de missiles guidés. Son équipe d'ingénieurs allemands développe le missile sol-sol missile, dérivé directement du V2 allemand, et premier missile balistique guidé de l'armée américaine, qui sera utilisé en 1961 pour le lancement des premiers astronautes américains. Il est nommé directeur des recherches de l'Agence pour les missiles balistiques de l'armée de terre américaine en 1956 au sein de laquelle son équipe assure la mise au point des missiles Pershing et Jupiter. Le premier satellite américain est lancé par une fusée conçue principalement par les ingénieurs allemands. Union soviétique. Récupération des équipements et des hommes. Avant même la fin de la Seconde Guerre mondiale, Staline crée plus de de récupération constitués généralement de spécialistes civils soviétiques chargés de récupérer des équipements et des machines installés en Allemagne ou dans les territoires occupées par celle-ci pour les transférer en Union soviétique. Plusieurs de ces groupes se spécialisent dans la récupération des fusées A4 et des équipements associés. Les troupes soviétiques sont les premières à pénétrer à Penemünde au cours des premiers jours de mais les ingénieurs et les techniciens allemands ont évacué les lieux et les principaux équipements ainsi que la documentation ont été soit détruits soit déménagés. Parmi les spécialistes soviétiques se trouvent Serguei Korolev (tout juste libéré de prison et futur fondateur du programme spatial soviétique), Alexeï Issaïev de l'institut de recherche NII-1 qui concevra les premiers missiles mer-sol de son pays, Boris Tchertok, futur bras droit de Korolev, et Valentin Glouchko qui développera les principaux moteurs-fusées soviétiques au cours des suivantes. En juillet, les Soviétiques prennent possession du site de Mittelwerk et découvrent une usine qui a été vidée de ses équipements les plus intéressants par les Américains. Les ingénieurs soviétiques parviennent néanmoins à récupérer des pièces détachées d'A4. Contrairement aux Américains dont la stratégie consiste à récupérer le matériel et les hommes pour les installer aux États-Unis, les responsables soviétiques décident de remettre en fonction les installations allemandes en s'appuyant sur les spécialistes allemands encore présents. L'institut de recherche RABE (de l’allemand ") est créé à Bleicherode et fait travailler des ingénieurs allemands sur les systèmes de guidage sous la supervision des Soviétiques. Tchertok écume le territoire allemand pour récupérer des spécialistes des fusées en tentant de les attirer avec des promesses de rémunération substantielle. Malheureusement pour lui, la plupart d'entre eux ont déjà été exfiltrés par les Américains. Tchertok parvient néanmoins à recruter Kurt Magnus, un spécialiste des gyroscopes, et surtout Helmut Gröttrup, responsable du système de guidage de l'A4. Un deuxième centre de recherche, l'institut Nordhausen est créé en à la demande de Korolev, pour superviser l'ensemble des recherches et des développements autour de l'A4. Mi 1946, il gère quatre établissements industriels chargés de remettre en route la fabrication des A4. À Nordhausen Glouchko supervise la fabrication des moteurs-fusées du missile, la structure de celui-ci est construite à Sommerda sous la direction de Vassili Michine (un autre bras droit de Korolev), les équipements de contrôle en vol sont fabriqués à Sondershausen tandis qu'une chaine d'assemblage est mise en marche à Kleinbodungen dans un ancien centre de réparation des A4. En plus de soviétiques et entre travaillent pour l'Institut Nordhausen. Une vingtaine de fusées A4 sont ainsi fabriquées sous la supervision des Soviétiques. Réalisations soviétiques et héritage allemand. En , Staline décide de lancer l'Union soviétique dans le développement des missiles balistiques. Les dirigeants soviétiques choisissent de rapatrier sur le territoire national l'ensemble des moyens de production touchant aux domaines de pointe qu'ils ont réactivés après leur occupation de l'Allemagne. Les outils de production des V2 sont déménagés sur le territoire soviétique tandis que plus de de fusées allemands sont déportés brutalement avec leur famille le dans le cadre de l'opération "". Celle-ci, soigneusement préparée à l'avance, implique plus de de police accompagnés de soldats qui contraignent les personnes concernées à monter dans des trains affrétés à l'avance dans cet objectif. L'opération de déportation touche également plus de spécialistes dans d'autres domaines comme l'aéronautique, l'avionique et l'armement en général. Korolev qui a été identifié pour ses talents d'organisateur est placé à la tête du bureau d'études spécial OKB-1, rattaché au NII-88 où il est chargé de développer une version améliorée du V2. Un deuxième bureau d'études du NII-88 rassemble environ allemands du V2. Ils sont dirigés par Helmut Gröttrup et seront progressivement installés dans un camp situé sur l'île de sur le lac Seliger à de Moscou. Les autorités soviétiques leur demandent de développer leur propre version améliorée du V2, le G-1. Parallèlement un établissement baptisé OKB-456 spécialisé dans la construction de moteurs-fusées à ergols liquides est créé dans une ancienne usine d'aviation à Khimki, dans la banlieue de Moscou ; Glouchko, nommé responsable de son bureau d'études, est chargé de fabriquer une copie du moteur du missile V2 avec l'aide de spécialistes et de techniciens allemands. Missiles R-1 et R-2. L'équipe de Korolev met au point plusieurs missiles aux capacités croissantes. Le missile R-1 est une copie du V2 dont plusieurs exemplaires sont tirés à partir d' avec un taux de réussite proche de celui obtenu par les Allemands durant la guerre. Mais la production industrielle met beaucoup plus de temps car comme l'avait diagnostiqué un ingénieur allemand, l'Union soviétique a un retard de . Les premiers missiles ne sortent de l'usine OKB-586, située à Dnipropetrovsk, en Ukraine, que fin 1952. Le missile R-1 sera déployé dans quelques unités opérationnelles. Une version sera utilisée comme fusée-sonde à des fins scientifiques. Le missile R-2 est une version agrandie de la R-1 avec une portée doublée () et une charge constituée d'un liquide radioactif qui devait être dispersé en altitude pour former une pluie mortelle. La R-2 est jugée moins bonne que la G-1 produite par l'équipe des ingénieurs allemands de Gröttrup. Korolev défend son projet mais incorpore certaines des innovations allemandes et son missile est finalement accepté et entre en production en . À compter de 1951 les spécialistes allemands ne sont plus impliqués directement dans de grands projets. Jusqu'à la fin 1953 ils sont tous rapatriés en Allemagne. Autres alliés. Les Britanniques furent les premiers à procéder à des lancements de V2 après la Seconde Guerre mondiale. Initiée avec les Américains, l'opération "" dont le but principal était de , sera finalement totalement assumée par l'armée britannique. Les essais de V2 commencent le et s'achèvent par un quatrième tir le . La France n'est pas en reste et recrute trente spécialistes allemands qui s'installent à Vernon en pour travailler au LRBA, à la base du programme spatial français des fusées Véronique puis ultérieurement Ariane. Versions dérivées. Plusieurs versions dérivées du V2 ont été étudiées et au moins l'une d'entre elles a été testée en vol : A4b : la version ailée de l'A4. L'A4B est une version améliorée de l'A4 grâce à l'utilisation d'ailes courtes permettant de doubler la portée qui pouvait ainsi atteindre de . Proposée dès 1940, son étude est repoussée car toutes les ressources disponibles sont accaparées par la mise au point de l'A4. Le projet est réactivé en lorsque la Normandie est reprise par les Alliés et que la portée trop faible des A4 ne permet plus d'atteindre le sud de l'Angleterre depuis les positions qu'occupe encore la Wehrmacht. Le les autorités allemandes donnent leur accord pour la construction de . L'A4B reprend en tout point les caractéristiques de l'A4 hormis sa masse à vide qui augmente de . Dans les premiers dessins, les ailes reprennent la forme de l'empennage en le prolongeant vers l'avant mais les essais effectués en soufflerie démontrent que, dans cette configuration, le missile n'est pas stable. Dans le dessin final, elles sont remplacées par des ailes courtes et de faible épaisseur situées au milieu du corps du missile très proches de la voilure du X-1, premier avion à franchir le mur du son. Le premier test en vol de l'A4B a lieu le . Au cours du seul essai réussi, le missile atteint une altitude de et a une portée de . L'avancée des Alliés empêchera la mise en production de cette version du missile. Version Mer-Sol : le projet Schwimmweste. Tout au long de la guerre, une des exigences d'Hitler fut de bombarder New-York, même de façon symbolique, au titre de la guerre psychologique, ce qui devait se traduire par des projets (assez chimériques) de bombardier intercontinental (Amerika bomber, Silbervogel). En attendant la réalisation d'un missile intercontinental ( Infra), Otto Lafferenz, un des dirigeants du , dont le frère était commandant de U-boot, proposa en 1943 un système permettant de tirer des fusées A4 à partir d'un conteneur étanche qui aurait été remorqué par un des tout nouveaux sous marins du (ou Elektroboot), alors en phase de d'achèvement. Ce conteneur/lanceur, baptisé du nom de code (gilet de sauvetage) aurait été remorqué à travers l'océan Atlantique (la plupart du temps en surface ou en plongée peu profonde, s'agissant d'un sous-marin conventionnel diesel-électrique), puis redressé à la verticale à l'aide d'un water-ballast situé dans la queue du conteneur et lancé, une fois le sous-marin à portée d'objectif. Ce projet connut un début de réalisation (fabrication et tests du conteneur) mais pas plus. On peut s'interroger sur sa viabilité en raison des contraintes liées au remorquage de plusieurs milliers de milles marins sur un océan agité et sur les contraintes liées à l'emploi d'un matériel aussi délicat et expérimental que l'A4 dans un milieu hostile (mer agitée, humidité et corrosion saline). C'est cependant une préfiguration du tir de missiles (comme les missiles Polaris) à partir d'un sous-marin. A9/A10 : le missile intercontinental. L'A9/A10 est un missile balistique intercontinental comprenant deux étages et dont les premières esquisses remontent à 1940 avec une date de mise en service planifiée en 1946. Les travaux sur le sujet sont officiellement arrêtés en 1943 pour concentrer les efforts sur la mise en production et l'amélioration de l'A4, mais certains développements se poursuivent à l'initiative de von Braun en utilisant comme couverture le projet A4B. À la fin de 1944, les développements sur l'A9/A10 reprennent officiellement sous l’appellation "projet Amerika" mais tous les développements sont de nouveau arrêtés après le dernier test de l'A4B en . L'architecture de l'A9/A10 a évolué de manière sensible au fil de sa conception. Le système propulsif du premier étage constitué initialement de six chambres de combustion de l'A4 alimentant une tuyère unique est remplacé par un moteur-fusée unique de de poussée pour lequel un banc d'essais est construit à Peenemünde. Le dessin des ailes du second étage est également modifié à la suite d'essais en soufflerie pour permettre une meilleure portance à vitesse supersonique et résoudre le problème de la translation du centre de poussée à vitesse subsonique. Compte tenu de la portée envisagée, il n'était pas possible de frapper avec précision une cible avec les systèmes de guidage inertiel disponibles à l'époque. Il était donc prévu qu'un aviateur embarque à bord du missile et le guide en utilisant les indications fournies par radio émises depuis des sous-marins allemands patrouillant dans l'océan Atlantique. Le pilote, qui devait s'éjecter une fois la cible à portée de vue, était sacrifié. A6 : engin de reconnaissance avec statoréacteur. L'A6 est proposé 1943 au ministère de l'Armée de l'Air allemand comme un engin de reconnaissance aérienne rendu quasiment invulnérable par sa vitesse. Le ministère refusa de financer un projet qui ne répondait pas à ses besoins et les travaux sur cette version ne dépasseront pas le stade de la planche à dessin. L'A6 est un missile A4 disposant d'un statoréacteur auxiliaire et d'un cockpit pour le pilote chargé de ramener l'engin à son point de départ. Décollant verticalement et après avoir atteint une vitesse supersonique et culminé à , l'A6 devait entamer une phase de descente en vol plané, puis le statoréacteur était mis en marche. Brûlant du pétrole synthétique, il devait permettre de maintenir une vitesse de croisière de durant , le temps pour le pilote de ramener son engin à son point de départ et de le poser comme un avion grâce à un train d'atterrissage et un parachute de queue chargé de le ralentir dans cette phase finale. |
Vepse Le vepse ("vepsän kel" ou "Vepsä") est une langue qui appartient à la branche fennique de la famille des langues finno-ougriennes. Il est étroitement apparenté au carélien, à l'estonien et au finnois. Il est parlé par les Vepses formant un groupe d'un peu plus de habitant sur la rive ouest du lac Onega (en Carélie russe), dans la partie est de l'oblast de Léningrad et dans la partie ouest de l'oblast de Vologda. Présentation. Les plus anciens textes en vepse datent du début du . Le vepse se subdivise en trois dialectes. Une langue écrite en caractères latins a été élaborée en 1932, puis abandonnée à la fin des années 1930 au profit de l'alphabet cyrillique. Elle a été remise en usage en 1990. |
Maison de Valois La maison de Valois est la branche cadette de la dynastie capétienne qui régna sur le royaume de France de 1328 à 1589. Elle succède aux Capétiens directs et précède les Bourbons. Elle tire son nom du comté de Valois, apanage donné à Charles, fils de et père du roi . La branche aînée s'est éteinte en 1498, mais elle compte plusieurs rameaux cadets : Il y a également plusieurs rameaux illégitimes : Après avoir conservé le trône pendant plusieurs siècles, la lignée masculine de la Maison de Valois finit par s'éteindre, et le trône du royaume de France revint à la plus ancienne branche survivante de la dynastie capétienne, la maison de Bourbon. Un héritage contesté. La dynastie des Capétiens semble être assurée pendant et après le règne du roi , de 1285 à 1314. À la mort de Philippe, trois fils lui survécurent (, et ) ainsi qu'une fille (Isabelle de France). Chacun des fils devint roi tour à tour, mais mourut jeune et sans héritier mâle, en ne laissant que des filles, lesquelles ne pouvaient hériter du trône. Lorsque meurt en 1328, la succession du royaume de France devient plus problématique. En 1328, trois candidats potentiels pouvaient prétendre au trône : En Angleterre, Isabelle de France prétendit au trône au nom de son fils de . Tout comme le système français, la loi d'Angleterre de succession ne permettait pas la succession de femmes, mais autorisait la succession dans la lignée féminine (par exemple avec ). La France contesta sa demande, en avançant que si elle ne pouvait pas elle-même succéder au trône, car étant une femme, elle ne pouvait pas non plus transmettre un tel droit à son fils. Finalement, les magistrats français choisirent Philippe de Valois pour nouveau monarque, qui devint alors de France. Séparément, le trône de Navarre alla à Jeanne de France, fille de , qui devint de Navarre. Puisque la diplomatie et les négociations échouèrent, devrait recourir à la force pour prétendre au trône de France. Pendant quelques années, l'Angleterre et la France maintinrent une paix difficile. Finalement, une escalade de conflits entre les deux rois aboutit à la confiscation du duché d'Aquitaine par (1337). Plutôt que de rendre hommage au roi de France, comme le firent ses ancêtres, Édouard déclara qu'il était lui-même le roi légitime de France. Ces événements furent les prémices de la guerre de Cent Ans (1337-1453) entre la France et l'Angleterre. Bien que l'Angleterre ait fini par perdre ce long conflit, les monarques anglais et britanniques continuèrent de prétendre au trône de France jusqu'en 1801, tout du moins formellement. La guerre de Cent Ans. La guerre de Cent Ans peut être vue comme une longue entre les maisons de Valois et de Plantagenêt. Le début du règne de était prometteur pour la France. Le nouveau roi combattit les Flamands au nom de son vassal, le comte de Flandres, et lui restaura son pouvoir. L'agression d' contre l'Écosse, alors alliée à la France, incita à confisquer la Guyenne. Par le passé, les rois anglais devaient se soumettre aux rois de France. Cependant, Édouard, descendant des rois français, prétendit au trône pour lui-même. La France était au summum de sa puissance ; nul ne croyait que le roi d'Angleterre pouvait concrétiser sa prétention au trône de France. La stratégie initiale d'Édouard était de s'allier à la Flandre et aux princes de l'Empire. Les alliances étaient coûteuses et peu productives. Bien qu'en trêve, les rois français et anglais intervinrent dans la guerre de Succession de Bretagne. En 1346, Édouard envahit la France et pilla les campagnes plutôt que de tenter d'occuper le territoire. Les forces françaises conduites par affrontèrent à la bataille de Crécy, qui résulta en une dévastatrice et humiliante défaite de la France. Malgré cela, le mieux auquel Édouard pût prétendre par sa victoire était la capture de Calais. succéda à son père en 1350. Il fut menacé par , de la branche d'Évreux de la dynastie des Capétiens, qui convoitait le trône de France par le droit de sa mère, descendante aînée de . Le caractère de Charles finit par aliéner les monarques français et anglais, puisqu'il changeait aisément de côté selon où se trouvaient ses intérêts. En 1356, Édouard, le Prince Noir, fils aîné et premier héritier d', guida son armée au cours d'une chevauchée en France. Jean poursuivit le Prince Noir, qui cherchait à éviter d'engager les forces supérieures du roi de France. Les négociations échouèrent. Durant la bataille de Poitiers, les Français subirent une nouvelle défaite humiliante, et leur roi fut capturé. Édouard espérait la victoire en envahissant la France et en se faisant couronner à Reims. Mais le nouveau leader des armées françaises, le Dauphin Charles, évita une nouvelle bataille rangée, et la ville de Reims résista au siège. Dans le traité de Brétigny, la Couronne anglaise gagna une Aquitaine élargie dans toute sa souveraineté, abandonna le duché de Touraine, les comtés d'Anjou et du Maine, la souveraineté de la Bretagne et des Flandres, ainsi que son droit sur le trône de France. devint roi en 1364. Il soutint Henri de Trastámara durant la guerre civile de Castille, alors que le Prince Noir soutenait le roi régent, . Le Prince Noir gagna, mais Pierre refusa de payer pour ses dépenses. Le Prince Noir tenta alors de recouvrer ses pertes en levant des taxes en Aquitaine, ce qui les incitèrent à faire appel au roi de France. La guerre fut de nouveau déclarée. Les Français reprirent leurs territoires les uns après les autres. Lorsque Charles mourut en 1380, seules Calais, Bordeaux et Bayonne furent laissées aux Anglais. Les anciennes grandes familles de la noblesse féodale furent grandement remplacées par une classe de puissance équivalente : les princes de sang royal. Avec la confiscation de la Guyenne, la seule famille non capétienne restante était la Maison de Flandres. Les ducs de Montfort de Bretagne, les Maisons d'Évreux et de Bourbon ainsi que les princes de la Maison de Valois constituaient la grande noblesse du Royaume. Succédant au trône à l'âge de , le règne de était le premier depuis celui de saint Louis, en 1226. Le pouvoir était détenu par ses oncles, les ducs d'Anjou, de Berry et de Bourgogne. Les ducs gaspillèrent les ressources de la monarchie afin de poursuivre leurs propres fins. Le duc d'Anjou prétendait au royaume de Naples ; celui de Berry gouvernait ses vastes domaines dans le Languedoc ; et celui de Bourgogne, s'étant marié à l'héritière des Flandres, trouva plus commode de diriger ses vastes dominions depuis Paris. Charles mit fin à la régence de ses oncles à l'âge de , bien qu'il aurait pu le faire dès l'âge de . Son début de règne était prometteur, mais le début de la folie, qu'il pourrait avoir hérité des ducs de Bourbon du côté de sa mère, allait se révéler désastreux pour la France. Le duc de Bourgogne, le plus puissant des princes et de ses pairs, prit naturellement le pouvoir. Mais son neveu, , le frère du roi, contesta son autorité. La rivalité entre les deux princes et leurs descendants conduisit à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. En 1415, , arrière-petit-fils d' envahit la France. Durant la bataille d'Azincourt, la faction Armagnac combattit les Anglais et fut décimée. Les ducs d'Orléans et de Bourbon furent capturés et le parti bourguignon gagna de l'ascendance à Paris. Henri poursuivit sa conquête de la Normandie. Les Armagnacs assassinèrent Jean sans Peur, duc de Bourgogne, une revanche tardive pour l'assassinat de , duc d'Orléans. Le nouveau duc, Philippe le Bon, s'allia à l'Angleterre. Par le traité de Troyes, d'Angleterre devient le régent de France et héritier à ce trône ; il se marie à Catherine de Valois, fille du roi de France. Aussi, le Dauphin Charles fut déshérité. Pour le rendre parfaitement légal, le traité fut ratifié par les états généraux plus tard dans l'année. Accepter le traité de Troyes serait un déni de légitimité des Valois. Alors que l'Angleterre était accoutumée à changer ses rois, la France adhérait grandement aux siens. Le traité fut seulement reconnu par les territoires contrôlés par l'Angleterre du Nord de la France, ainsi que par les ducs alliés de Bourgogne et de Bretagne. mourut avant son souffreteux beau-père, , laissant l'avenir des Lancastre du royaume de France entre les mains de son enfant, encore bébé, , ainsi qu'à son frère, Jean de Lancastre. Le compétent duc de Bedford empêcha de reprendre le contrôle du Nord de la France. En 1429, Jeanne d'Arc parvient à lever le siège d'Orléans et permit au roi d'être couronné à Reims, une importante victoire pour la propagande française. Les luttes de pouvoir entre Jean, duc de Bedford, son frère Humphrey, duc de Gloucester, et leur oncle Henri, cardinal de Beaufort, entrava l'effort de guerre anglais. Le duc de Bourgogne, aliéné par les bévues du duc de Gloucester, se réconcilia avec le roi de France par le traité d'Arras (1435). Le duc de Bedford mourut la même année. Les différentes factions en guerre conclurent de longues trêves, durant lesquelles le roi de France prépara le renouvellement de la guerre, tandis que les Anglais faisaient une pause et profitaient de nouvelles taxes sur les royaumes conquis. En 1450, les Français avaient reconquis la Normandie, et la Guyenne l'année suivante. Une dernière tentative de l'Angleterre pour retrouver ses pertes aboutit à sa défaite à la bataille de Castillon en 1453. Avec cette victoire, les Anglais avaient été chassés de toute la France, à l'exception de Calais. La succession des Valois était confirmée et assurée. Centralisation du pouvoir. Par sa victoire face à la Couronne d'Angleterre, replaça son royaume comme la plus grande puissance d'Europe de l'Ouest. Il créa la première armée permanente de France depuis les temps romains, et limita la puissance papale sur l’Église gallicane par la Pragmatique Sanction de Bourges. Puis les années suivantes furent entachées par des querelles avec son fils aîné et héritier, le Dauphin Louis, qui refusait de lui obéir. Le Dauphin fut banni de la Cour pour ses intrigues, et ne revint en France qu'à la mort de son père. succéda à son père en 1461. Au début de son règne, Louis défit les politiques de son père, abolissant la Pragmatique Sanction afin de faire plaisir au pape, et délaissa les armées régulières, en lesquelles il n'avait pas confiance, au profit des mercenaires suisses. En tant que prince, il s'était allié à la noblesse contre son père, mais en tant que roi, il trouva que la seule manière de maintenir son pouvoir était de la soumettre. Toute sa vie durant, il fut l'adversaire de Charles le Téméraire, comte de Charolais et futur duc de Bourgogne. En 1465, la ligue du Bien public, une alliance des princes féodaux composée de Charles de Valois, duc de Berry, le frère du roi, le comte de Charolais, les ducs de Bretagne, de Bourbon et de Lorraine (et donc un membre de la Maison d'Anjou), ainsi que plusieurs autres, tenta de restaurer leurs prérogatives féodales. Louis craignit une possible escalade du conflit face à cette formidable coalition. Afin de maintenir la paix, il concéda à leurs demandes, dont la cession du Duché de Normandie à son frère, grâce auquel il obtint le tiers des charges de l'État. Louis ne comptait que rarement sur les fortunes de guerre, mais plus sur les intrigues et la diplomatie. Il maintint son pouvoir en payant des pensions à des gens bien placés dans les cours de ses vassaux et des États voisins. Il reprit la Normandie à son frère à la première occasion. Il acheta la paix à afin de le dissuader d'attaquer la France. Il fomenta des rébellions dans les dominions de Bourgogne. À la mort de Charles le Téméraire, en 1477, il accapara le Duché de Bourgogne, qu'il réclama comme son fief légitime, bien que la législation originale n'excluait pas les femmes de la succession. Mais le mariage de Marie de Bourgogne, héritière de Charles le Téméraire, à Maximilien d'Autriche, se révéla problématique concernant les générations futures. En 1481, le dernier héritier mâle de la Maison d'Anjou mourut, cédant toutes les possessions des Angevins au roi. À la fin de son règne, le pouvoir royal était absolu en France à l'exception du duché de Bretagne. Les guerres d'Italie. succéda à son père en 1483, à l'âge de . Lorsqu'il était mineur, les nobles tentèrent une nouvelle fois de s'emparer du pouvoir, mais ils furent battus par la sœur de Charles, Anne de France. Le mariage de Charles VIII à Anne de Bretagne, fille du duc de Bretagne François II, après la défaite de Saint-Aubin-du-Cormier en 1488, évita un futur encerclement total de la France par les Habsbourgs. En tant qu'héritier de la Maison d'Anjou, décida d'accélérer sa prétention au royaume de Naples : ce fut le début des guerres d'Italie. En , Charles envahit l'Italie avec une armée de soldats, et atteignit son objectif le , virtuellement sans opposition. Mais la rapidité et la puissance de l'avancée française effraya les puissances d'Italie. La ligue de Venise s'unit contre la France, composée des Républiques de Venise et de Florence, des Duchés de Milan et de Mantoue, des rois d'Espagne et de Naples, de l'Empereur et du Pape. Charles, qui ne voulait pas être piégé à Naples, dû les affronter lors de la bataille de Fornoue. Charles parvint à retourner en France, mais toutes ses conquêtes et butins furent perdus. Les dettes qu'il contracta pour mener sa campagne ne l'incitèrent pas à reprendre cette guerre, et il mourut accidentellement en 1498. Par sa mort, la branche aînée de la Maison de Valois s'éteignit. Son cousin, duc d'Orléans, lui succéda et devint . se maria à la veuve de son prédécesseur, Anne de Bretagne, afin de conserver cette province à la France. Le nouveau roi poursuivit également la politique de son prédécesseur en Italie. Les ducs d'Orléans descendaient de Valentine Visconti (1368-1408), et clamèrent leur légitimité au Duché de Milan par cette ascendance. De 1499 à 1512, exceptée une brève période en 1500, fut duc de Milan. L'activité militaire de la France en Italie se poursuivit, avec des ligues variées formées afin de contrer la puissance dominante. Louis mourut sans fils ; son cousin (et beau-fils), François d'Angoulême, lui succéda et devint en 1515. appartenait à une branche cadette de la Maison d'Orléans. Durant la bataille de Marignan, François battit les Suisses, qui avaient évincé son prédécesseur de Milan et pris le contrôle du duché. Au cours des , les rois d'Espagne, de France et d'Angleterre s'affrontèrent pour le titre impérial. Le roi d'Espagne était le petit-fils de l'Empereur décédé, mais les Électeurs le considéraient comme un étranger, tout comme le roi de France. Les rois recoururent à des pots-de-vin, et c'est finalement le roi d'Espagne qui devint Charles Quint, Empereur du Saint Empire. L'élection du roi d'Espagne au trône impérial fit de lui le premier monarque d'Europe, tant en titre qu'en réalité. Ennuyé, le roi de France demanda à ce que l'Empereur rende hommage pour la Flandres et l'Artois ; l'Empereur répondit en réaffirmant sa prétention au duché de Bourgogne. La rivalité de la Maison royale de France avec les Hasbourgs domina le reste du . L'Empereur prit Milan à la France en 1521. Le roi d'Angleterre et le Pape soutinrent l'Empereur. La France était encerclée d'ennemis de tous les côtés. Des troubles internes aux Maisons aboutirent au transfuge de et connétable de France, à l'Empereur. En 1525, à la bataille de Pavie (1525), les Français furent battus et le roi lui-même fut capturé. François obtint sa liberté par le traité de Madrid (1526), dans lequel il renonçait à ses prétentions sur Naples et Milan, rendait la Bourgogne à l'Espagne, abandonnait sa souveraineté sur les Flandres et l'Artois, et livrait deux de ses fils en tant qu'otages. François répudia le traité. S'étant souvent trouvé seul durant sa lutte contre l'Empereur, François forma l'Alliance franco-ottomane avec le Sultan, scandalisant l'Europe chrétienne. François soutint la conversion des princes germains au Protestantisme, ce qui allongea sa liste d'alliés potentiels contre l'Empereur. Cependant, dans ses propres dominions, les Protestants furent bannis. succéda au trône en 1547. Il poursuivit les politiques de son père, tout comme le firent ses successeurs. Il persécuta les Protestants de son Royaume, alors que les Protestants des pays étrangers étaient ses alliés. Henri pris les Trois-Évêchés de Metz, Toul et Verdun. Les offensives françaises échouèrent en Italie. En 1556, abdiqua, répartissant les dominions des Habsbourg entre ses fils, , qui gagna l'Espagne et les Pays-Bas, et son frère , qui devint Empereur. Les Français reprirent Calais après que l'Angleterre s'allia avec l'Espagne. La paix de Cateau-Cambrésis (1559) mit fin aux guerres d'Italie. La France perdit tous ses territoires italiens, à l'exception de Saluces, et confirma sa mainmise sur Calais ainsi que sur les Trois-Évêchés. Ce fut une victoire diplomatique pour , qui n'abandonna rien de ce qu'il possédait. Le roi d'Espagne conserva la Franche-Comté et affirma sa mainmise sur Milan, Naples, la Sicile, la Sardaigne, et l'État des Présides, faisant de lui le plus puissant dirigeant d'Italie. Guerres de Religion. La dernière partie du règne de la Maison des Valois fut marquée par les guerres de Religion. mourut accidentellement au cours d'une joute organisée pour l'occasion du mariage de sa fille Élisabeth avec le roi d'Espagne Philippe II ainsi que celui de sa sœur Marguerite avec le duc de Savoie, en 1559. Son fils aîné et héritier lui succède. Le nouveau roi de France était déjà roi d’Écosse par le droit de son épouse, Marie Stuart, reine d'Écosse. Sa famille maternelle, la maison de Guise, prit l'ascendant sur le jeune roi. La maison de Guise était une branche cadette de la Maison ducale de Lorraine. Ils prétendaient descendre de Charlemagne et avaient des vues sur le trône de France. Ils considéraient que la maison de Bourbon, princes par le sang, était leur rivale (et ennemie) naturelle. Les dirigeants de la maison de Bourbon, les frères Antoine, roi consort de Navarre, et , étaient protestants. La maison de Guise se considérait comme les champions de la cause catholique. Par la succession à son fils mineur, , en 1560, Catherine de Médicis manœuvra pour un équilibre des pouvoirs. Elle libéra le prince de Condé, avec l'intention de se servir du poids de la maison de Bourbon comme contre-poids à la maison de Guise. Antoine de Navarre se convertit au catholicisme et devint Lieutenant-Général du Royaume. Le massacre de Wassy déclencha la première guerre religieuse entre les catholiques et les huguenots. Le roi de Navarre et le duc de Guise moururent au cours de cette guerre. Anne de Montmorency, connétable de France, fut la principale victime de la deuxième guerre. Le prince de Condé mourut au cours de la troisième guerre. Les huguenots n'étaient pas en mesure de remporter une victoire, ne serait-ce que substantielle, mais purent garder une armée sur le terrain. En 1572, , s'est marié à Marguerite de France, sœur de . Par cette union, on espérait réconcilier les catholiques et les protestants, mais cela fut loin d'être le cas, ce qui fut une grande déception. Le massacre de la Saint-Barthélemy s'ensuivit ; les huguenots, venus nombreux à l'occasion du mariage, furent massacrés en masse. Les Maisons de Navarre et de Condé furent épargnées, mais forcées à se convertir et maintenues en captivité. La culpabilité d'avoir permis à un tel massacre de se produire allait hanter Charles pour le reste de sa vie. En 1573, le frère du roi, Henri de France, duc d'Anjou, fut élu roi de Pologne. En 1574, seulement trois mois après son couronnement, le roi de Pologne succéda au trône de France et devint . L'année suivante, le seul frère survivant du roi, François de France, duc d'Alençon, fuit la Cour et rejoint celles de Condé et de Navarre. Cette menace combinée força le nouveau roi à demander assistance aux rebelles. Le duc d'Alençon fut fait duc d'Anjou. Ces concessions faites aux huguenots inquiétèrent les catholiques, qui formèrent alors la Ligue Catholique. Cette ligue était dirigée par les princes de la Maison de Lorraine, les ducs de Guise, de Mayenne, d'Aumale, d'Elbeuf, de Mercœur et de Lorraine, et également soutenue par l'Espagne. Les huguenots tinrent le Sud-Ouest et s'allièrent à l'Angleterre et aux princes allemands. À la mort du frère du roi en 1584, le roi de Navarre, appartenant à la maison de Bourbon, devint l'héritier présomptif au trône de France. Mis sous pression par la Ligue Catholique, le roi de France ratifia l'édit de Nemours, qui rendait le protestantisme illégal et interdisait à tout protestant d'occuper une quelconque fonction royale. Cette situation conflictuelle eut pour résultat la guerre des Trois Henri. Les royalistes étaient guidés par , les huguenots étaient conduits par , et la Ligue Catholique était menée par . Tous s'affrontèrent au cours d'une triple contestation pour savoir qui devrait hériter du trône de France. Après l'humiliation de la journée des Barricades (1588), (roi de France) fuit Paris. Le duc de Guise était entré dans Paris malgré son interdiction explicite. Le roi était alors résolu à assassiner l'audacieux duc. L'assassinat du duc de Guise courrouça la Ligue Catholique. (roi de France) chercha à faire une alliance avec le royaume de Navarre. Les deux rois étaient sur le point de reprendre Paris avec leur grande armée lorsque le roi de France tomba entre les mains d'un assassin de la Ligue Catholique. Par sa mort, la lignée masculine de la maison de Valois s'éteignit complètement, après de règne en France. Succession. La maison de Bourbon est apparue en 1272, lorsque le fils du roi se maria à l'héritière du seigneur de Bourbon. La maison perdura pendant trois siècles comme , au service des Capétiens directs et des Valois. En 1589, à la mort du roi , la lignée masculine de la maison de Valois s'éteignit. Suivant la loi salique, le chef de la maison de Bourbon, en tant qu'aîné de la plus ancienne branche survivante de la dynastie capétienne, devint roi de France. Ainsi, le trône de France revint à . Liste des rois de France issus de la maison de Valois. Le rameau d'Orléans-Angoulême. est le dernier roi de la maison de Valois. lui succède et amène sur le trône de France la maison de Bourbon. |
Varsovie Varsovie (prononcé ; ) est depuis 1596 la capitale de la Pologne et depuis 1999 le chef-lieu de la voïvodie de Mazovie. Elle est située sur la Vistule, à environ de la mer Baltique et des Carpates. Peuplée par plus d' d'habitants ( pour l'agglomération), la capitale polonaise est la plus grande ville du pays et dispute à Budapest la parmi les plus grande ville de l'Union européenne. Varsovie se divise en dix-huit arrondissements ("dzielnice"). Surnommée « la Ville-phénix » pour avoir réussi à renaître de ses cendres après que 84 % de ses bâtiments eurent été détruits durant la Seconde Guerre mondiale, Varsovie a connu une croissance spectaculaire au cours de la seconde moitié du , encore ravivée par le passage de la Pologne à l’économie de marché dans les années 1990. L’agglomération continue à se transformer et à se développer à un rythme soutenu : elle regroupe toute une gamme d'industries et soixante-six établissements d'enseignement supérieur. C’est aussi un centre artistique et culturel important, une place financière et un pôle économique majeur de l’Europe centrale. Varsovie a donné son nom à la Confédération de Varsovie, au Pacte de Varsovie, au Duché de Varsovie, à la Convention de Varsovie, aux différents et à l'insurrection de Varsovie. La Varsovienne de 1831 est largement considérée comme l'hymne officieux de la ville. Toponymie. Le nom officiel complet de la ville est "Ville capitale de Varsovie" (en ). Les habitants de Varsovie sont appelés "Varsoviens" et "Varsoviennes". La ville est citée à partir du sous les noms de "Warseuiensis" (1321) et "Varschewia" (1342), puis "Warschouia" (1482), pour devenir plus tard "Warszowa" et enfin "Warszawa", le nom polonais actuel de Varsovie. Ce nom signifie « appartenant à Warsz », une forme abrégée du prénom masculin Warcisław. Il s’agit vraisemblablement d’un aristocrate des qui possédait un village situé sur l'actuel site du quartier de Mariensztat. L'étymologie populaire attribue le nom de la ville à deux personnages légendaires nommés "Wars" et "Sawa" : "Wars" est un pêcheur vivant au bord de la Vistule et "Sawa" une sirène dont il est tombé amoureux ; c’est cette sirène (en ) qui est représentée sur les armes de la ville. à ces armes la devise « Semper invicta » (« toujours invincible ») et décerna à la ville la décoration militaire suprême, l'Ordre militaire de Virtuti Militari, en reconnaissance de la bravoure démontrée par ses habitants lors du siège opéré par les forces hitlériennes. Le drapeau de la ville est constitué par deux bandes horizontales jaune et rouge. On retrouve ces couleurs sur les bus et les tramways de l’agglomération. Géographie. Climat. Varsovie bénéficie d'un climat continental humide de type ("Dfb") selon la classification de Köppen. Transports. Transport aérien. L'aéroport Varsovie-Chopin, le plus grand de Pologne, est situé au sud-ouest de la ville, dans le quartier d’"Okęcie". Il assure des vols directs vers plus de sur 4 continents et une dizaine de vols intérieurs. Le second aéroport international de la capitale est l'aéroport Varsovie-Modlin, situé à au nord de la ville ; il a été inauguré en juillet 2012 et est centré sur les vols à bas prix. Transports en commun. Le transport en commun est de très bonne qualité. La société de transport de Varsovie ("Zarząd Transportu Miejskiego") se divise en quatre branches : autobus, tramways, métro et train de banlieue. D'autres liaisons sont assurées par des transporteurs privés et la société nationale de chemins de fer ("PKP"). Les autobus desservent quotidiennement 176 lignes en journée. Entre minuit et 5 heures du matin, 14 lignes nocturnes d'autobus prennent le relais. La première ligne de tramway a été ouverte en 1866 ; Varsovie est actuellement desservie par 29 lignes tous les jours sur de trajet. Il existe aussi trois lignes de tramway spécifiquement conçues pour les touristes. Les trolleybus ont desservi Varsovie jusqu'en 1995, quand les deux dernières lignes ont été fermées. La première ligne de métro a été mise en service le . Depuis, la Ligne 1 du métro de Varsovie (nord-sud) est composée de ne comprenant pas les deux nouvelles en cours de construction. De même, la Ligne 2 du métro de Varsovie (est-ouest), inaugurée le , , le projet final en prévoyant 27. La Ligne 3 du métro de Varsovie, déjà planifiée, en comptera pour sa part 8. Réseau routier. Varsovie ne possède pas encore d'autoroute circulaire (seuls certains tronçons sont mis en service) et la majeure partie de la circulation s'effectue par le centre-ville. Actuellement, deux routes circulaires sont en construction. La première, "Obwodnica Etapowa Warszawy", éloignée d'approximativement du centre-ville, permettra d'alléger le trafic, surtout avec la construction de deux nouveaux ponts au nord de la ville. La deuxième passera par l'arrondissement Ursynów au sud de la ville ; elle fera partie de la route européenne 30, laquelle emprunte l’autoroute A2 sur toute la traversée longitudinale du pays, et de la S7 (qui traverse verticalement le pays en reliant Gdańsk à Cracovie). Transport ferroviaire. Les liaisons ferroviaires nationales et internationales sont assurées par la société nationale de chemins de fer ("PKP"). Le premier chemin de fer a été ouvert en 1845. Actuellement, on peut se rendre directement de Varsovie vers toutes les régions de Pologne mais également vers de nombreuses capitales européennes : Berlin, Cologne, Francfort-sur-le-Main, Prague, Bratislava, Budapest, Kiev, Minsk, Moscou et Vienne. Il y a au total 44 gares de voyageurs et haltes sur le territoire de la ville de Varsovie, cependant, seulement 6 jouent un rôle important, dont 4 sont situées sur la "Ligne diamétrale" ("Linia średnicowa"), similaire à la jonction Nord-Midi de Bruxelles. Cette ligne est en fait composée de deux lignes parallèles à double voie, reliant "Warszawa Zachodnia" (Gare de l'Ouest) à "Warszawa Wschodnia" (Varsovie Est). La première passe par "Warszawa Centralna" (Gare centrale) et porte la totalité du trafic grandes lignes. La deuxième ligne passe par "Warszawa Śródmieście" (Gare de Centre-ville) et dessert la plupart des gares de banlieue. Histoire. Les débuts. Les premiers édifices fortifiés construits sur le site où se trouve aujourd'hui Varsovie furent ceux de "Bródno" () et de "Jazdów" (). Après l'attaque et la destruction de Jazdów, une nouvelle colonie semblable fut créée sur le site d'un petit village de pêcheurs appelé "Warszowa". Vers 1300, Boleslas II de Mazovie, prince de Płock, établit la ville actuelle de Varsovie. Au début du , elle devint l'un des sièges des ducs de Mazovie, puis la capitale de la Mazovie en 1413. À cette époque, l'économie de la ville reposait sur l'artisanat et le commerce. Du au. À la suite de l'extinction de la ligne ducale, le duché de Mazovie fut intégré à la couronne polonaise en 1526. Trois ans plus tard, la Diète générale fut réunie pour la première fois à Varsovie, qui devint son siège permanent à partir de 1569, après avoir été brièvement occupée par les troupes alliées de la Suède et du Brandebourg durant la Première guerre du Nord.En 1573, la ville donna son nom à la Confédération de Varsovie, établissant officiellement la liberté de religion dans la République des Deux Nations. Grâce à sa situation médiane entre les capitales de ces deux nations (Cracovie pour la Pologne et Vilnius pour la Lituanie), Varsovie devint la capitale de la République unifiée. La couronne polonaise y fut transférée en 1596, quand le roi Sigismond Vasa déplaça la cour de Cracovie à Varsovie. Dans les années qui suivirent, la ville s'étendit sur les terres de l'actuelle banlieue, sous forme de vastes domaines privés indépendants, possédés par la haute noblesse et administrés selon leurs propres lois. Entre 1655 et 1658, la ville fut assiégée trois fois et trois fois elle fut prise et pillée par les troupes suédoises, brandebourgeoises et transylvaniennes. En 1700, la Grande guerre du Nord éclata. La ville fut assiégée à plusieurs reprises et dut payer de fortes contributions. Stanislas II, le dernier roi indépendant de la République des Deux nations, remodela l'intérieur du palais royal, et il fit de la ville un centre important dans le domaine artistique et culturel, ce qui valut à Varsovie le surnom de « Paris oriental ». Varsovie est restée la capitale de la République des Deux Nations jusqu'en 1795, lorsqu'elle fut incorporée au Royaume de Prusse pour devenir le chef-lieu de la province de Prusse-Méridionale "(en )". Libérée par l'armée de Napoléon en 1806, Varsovie devint la capitale du nouveau Duché de Varsovie l'année suivante. Après le Congrès de Vienne de 1815, Varsovie devint le centre du Royaume du Congrès, une monarchie constitutionnelle liée par une « union personnelle » à l'Empereur de Russie, qui prit également de titre de « Roi de Pologne ». Durant une dizaine d'années, Varsovie connut un essor important (création de l'Université Royale et de nombreux instituts supérieurs, des bourses des marchandises et de la monnaie, de la Banque de Pologne, développement du commerce, de l'industrie et des transports…) mais l'arrivée au pouvoir de Nicolas, monarque absolu ne tolérant aucune limitation à son pouvoir, marqua la fin de cette période libérale : le tsar envoya à Varsovie son frère cadet Constantin en qualité de vice-roi de Pologne et le mécontentement des élites polonaises grandit rapidement, jusqu'à aboutir à l'Insurrection de Novembre. En janvier 1831, le tsar, qui venait d'être déposé par la Diète pour avoir transgressé à de nombreuses reprises la Constitution, envoya des troupes pour mater la rébellion. Les Russes entrèrent dans Varsovie le . La Pologne fut alors soumise à une intense russification qui aboutit à la disparition officielle du Royaume de Pologne en 1867 sous le règne de l'Empereur Alexandre II, malgré l'instauration d'un gouvernement national clandestin à Varsovie et plusieurs tentatives de soulèvement. Varsovie a toutefois prospéré à la fin du , avec le maire , un général d'origine russe nommé par le tsar Alexandre III. Avec lui, Varsovie fut doté d'un réseau de distribution d'eau et d'égouts conçus et construits par l'ingénieur anglais William Lindley et son fils William Heerlein Lindley. La ville bénéficia aussi de la modernisation et de l'expansion des tramways, de l'éclairage public et des usines à gaz. Le recensement de l'Empire russe de 1897 dénombrait vivant à Varsovie, ce qui en faisait alors la troisième plus grande ville de l'Empire, après Saint-Pétersbourg et Moscou. Avant la Seconde Guerre mondiale. Durant la Première Guerre mondiale, les troupes de l'Empire allemand échouèrent à prendre Varsovie lors de la bataille de la Vistule de septembre-octobre 1914, mais ils y parvinrent un an plus tard à la suite de la défaite de l'armée russe à la bataille de Varsovie d'août-septembre 1915. Le , la toute nouvelle République socialiste fédérative soviétique de Russie abandonna la Pologne à l'Allemagne par la signature du Traité de Brest-Litovsk qui mettait fin aux hostilités germano-russes. Six mois plus tard, à la faveur de la Révolution allemande de 1918-1919 qui précipita la fin de la guerre, le maréchal Józef Piłsudski et le général Kazimierz Sosnkowski furent libérés de la forteresse de Magdebourg où ils étaient emprisonnés ; ils arrivèrent à Varsovie le . Le lendemain , alors que le nouveau pouvoir allemand signait l'Armistice avec la France et l'Angleterre dans la clairière de l'Armistice, le Conseil de Régence polonais transmit les pleins pouvoirs à Piłsudski, personnage hautement charismatique qui apparaissait comme l'homme providentiel de la Pologne ressuscitée. Varsovie redevint capitale le jour même avec l'instauration de la deuxième république de Pologne immédiatement proclamée par Piłsudski. Au cours de la Guerre soviéto-polonaise de 1920 qui suivit, l'immense bataille de Varsovie fut menée dans la banlieue est de la ville et la capitale fut défendue avec succès contre l'Armée rouge. En remportant cette victoire, la Pologne porta un coup sérieux à l'idéologie d'« exportation de la Révolution » qui prévalait alors en Russie soviétique. Durant la Seconde Guerre mondiale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Pologne centrale, qui comprenait Varsovie, passa sous le contrôle du « Gouvernement général de Pologne » établi à Cracovie et administré par le Reichsleiter Hans Frank. Tous les établissements d'enseignement supérieur furent fermés et la population juive de Varsovie – plusieurs centaines de milliers, environ 30 % de la population de la ville – parqués dans le ghetto de Varsovie. Le les nazis lancèrent la "Grande Action". Les juifs du ghetto sont rassemblés sur l'Umschlagplatz, rue Stawki, puis déportés vers le camp d'extermination de Treblinka. Quand l'ordre vint d'anéantir définitivement le ghetto dans le cadre de la « Solution finale », le , les combattants juifs lancèrent l'insurrection du ghetto de Varsovie. Malgré la faible puissance de feu et l'infériorité numérique, le ghetto tint pendant près d'un mois. À la fin des combats, presque tous les survivants furent massacrés, seuls quelques-uns réussirent à s'échapper ou à se cacher. La population juive, qui était la plus nombreuse de toute l'Europe avant 1939, fut exterminée par les nazis. Aujourd'hui, de nombreux touristes, surtout ceux de la diaspora, visitent le cimetière de Powązki, le monument de l'Umschlagplatz et le cimetière juif de Varsovie. La résistance polonaise déclencha l'Insurrection de Varsovie le . Sachant que Staline était hostile à l'idée d'une Pologne indépendante, le gouvernement polonais en exil à Londres ordonna à l'Armée de l'intérieur (AK) de prendre le contrôle de Varsovie avant l'arrivée de l'Armée rouge. La résistance parvint à prendre le contrôle de quelques quartiers situés à l'ouest de la Vistule au cours des quatre premiers jours, puis dut rapidement se replier pour tenter de tenir ses positions face à la riposte allemande, qui fut d'une sauvagerie effroyable jusqu'à la fin septembre, fusillant sur place les combattants, tuant les blessés et les soignants. L'insurrection dura au total . Les troupes soviétiques qui se trouvaient aux portes de la ville dès le 10 septembre ne tentèrent rien pour soutenir le mouvement des insurgés. Après la capitulation des dernières poches de résistance, Adolf Hitler ordonna de raser entièrement la ville et de transporter les collections des bibliothèques et des musées en Allemagne, ou plus simplement de les brûler. Les monuments et les édifices publics furent dynamités par les troupes allemandes spéciales connues sous le nom "" (détachement d'incendie et de destruction), tandis que toute la population civile était expulsée. Staline laissa ses troupes attendre plusieurs mois l'écrasement complet du soulèvement et la destruction de la ville avant d'y pénétrer, laissant près de se faire massacrer, civils pour la plupart. Les troupes de l'Armée rouge finirent par « libérer » Varsovie le : le premier front biélorusse et une unité de combat polonaise pro-soviétique prirent possession d'une ville détruite à 85 pour cent et totalement désertée , tandis qu'au nord de la ville, les troupes du deuxième front biélorusse entrèrent à Modlin. Période communiste. Dès le , la Société des architectes de la République de Pologne s'était réunie à Lublin pour envisager la reconstruction de la capitale. Le nouveau régime communiste mis en place par les Soviétiques décida de lancer de grands projets de construction de logements préfabriqués pour remédier à la pénurie de logements, ainsi que d'autres bâtiments typiques d'une ville du Bloc de l'Est, tels que le Palais de la culture et de la science. La ville reprit peu à peu son rôle de capitale politique et économique.Les travaux de reconstruction de la Vieille ville débutèrent immédiatement, et la première phase des travaux fut achevée dès 1953. Deux ans plus tard, la cathédrale et plusieurs églises furent à leur tour achevées. La décision de reconstruire le palais royal ne fut prise qu'en 1971 et les derniers travaux durèrent jusqu'en 1988. Si la Vieille ville fut entièrement reconstruite à l'identique, tout comme de nombreux édifices publics, palais, hôtels particuliers et églises, également restaurés ou reconstruits sous leur forme originelle, certains des bâtiments du conservés au lendemain de la guerre dans un état qui aurait pu laisser envisager une reconstruction ont néanmoins été détruits dans les années 1950 et 1960 (c'est le cas du Palais de Léopold Kronenberg, par exemple). En 1979, moins d'un an après être devenu pape, Jean-Paul II se rendit à Varsovie et y célébra une messe sur la Place de la Victoire. Il termina son sermon par ces mots : Les Polonais interprétèrent cette parole comme un encouragement à amorcer les changements démocratiques auxquels aspiraient la société polonaise et comme un soutien au syndicat clandestin Solidarność. L'immense travail de restauration de la Vieille ville de Varsovie lui valut d'être inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco en 1980. Urbanisme. Le mélange de styles architecturaux qui font la spécificité de la ville reflète son histoire mouvementée ; la reconstruction qui s'est faite à la Libération allie deux ambitions : reconstituer le patrimoine historique et bâtir une ville nouvelle, typique de l'architecture stalinienne qui prévalait alors dans tout le bloc de l'Est. Non loin de la vieille ville, le quartier d'affaires, qui a commencé à se développer dans les années 1990 (après la chute du communisme) est parmi les plus modernes d'Europe et tout le centre-ville est en train d'être complètement remodelé : 16 des 20 plus hauts édifices de Pologne se situent à Varsovie, façonnant l'un des plus remarquables paysages urbains de l'architecture moderne et contemporaine. Architecture. Les palais, les hôtels particuliers et les églises situés pour la plupart au centre de la ville offrent une richesse de couleurs et de détails issue de presque toutes les périodes et tous les styles architecturaux présents ailleurs en Europe ; on peut y trouver notamment de remarquables exemples des styles gothique, renaissance, baroque, néo-classique et réaliste socialiste. "La hauteur indiquée est mesurée à partir du niveau de la plus basse entrée piétonne jusqu'au sommet architectural du bâtiment ; elle inclut les flèches, mais elle ne comprend pas les antennes, la signalisation, les mâts de drapeau ou autres équipements fonctionnels et techniques. Cette mesure est utilisée par le Council on Tall Buildings and Urban Habitat (CTBUH) pour établir le classement des bâtiments les plus élevés du monde." Quartiers historiques. Voie royale de Varsovie. "Trakt Królewski" (en ) est la promenade la plus célèbre et plus prestigieuse de la capitale. Depuis le elle a été utilisée par les rois de Pologne pour se déplacer de leur résidence officielle du palais royal, située à l’entrée de la Vieille ville, jusqu’à leur résidence d’été du Palais de Wilanów, à l'époque située à l’extérieur de la ville. Désormais toute la Voie est incluse dans le périmètre de la ville ; elle sert principalement d’axe touristique et commercial et passe par différentes rues et avenues qui se succèdent. Sur son parcours on trouve de nombreux édifices représentatifs des différentes périodes de l’histoire de la ville. La Voie royale s’étend sur environ . Les rues et les places qu’elle traverse sont (du nord au sud) la "Plac Zamkowy" (Place du Château), qui fait face au palais royal, résidence officielle des rois de Pologne à Varsovie ; la "Krakowskie Przedmieście" (Faubourg de Cracovie), rue le long de laquelle furent construits la plupart des hôtels particuliers de la noblesse ; la "Ulica Nowy Świat" (Rue Nouveau Monde) principale artère commerciale et touristique (boutiques de luxe, restaurants…) ; la "Plac Trzech Krzyży" (Place des Trois Croix) ; la "Aleje Ujazdowskie" (Avenue Ujazdów) où l'on peut voir le château d'Ujazdów et le parc Łazienki, le plus grand () et le plus célèbre de la ville ; la "Ulica Belwederska" (Rue du Belvédère) où se trouve le Palais du Belvédère, actuelle résidence du Président de la République ; la "Ulica Jana III Sobieskiego" (Rue Jean III Sobieski) et enfin la "Aleje Wilanowska" (Avenue de Wilanów) où se situe le Palais de Wilanów, résidence royale d’été de Jean III Sobieski et d'Auguste II, avec ses jardins à la française. Banlieue. La banlieue de Varsovie joue un rôle presque exclusivement résidentiel et continue à se développer, accroissant les besoins de transport. La majorité des banlieusards travaillent à Varsovie et l'activité économique y a généralement un caractère local. Après la chute du bloc de l'Est, les réseaux mafieux de Pruszków et de Wołomin rivalisaient entre eux pour le contrôle du marché de la prostitution illégale et du trafic de stupéfiants, autant en banlieue qu'à Varsovie. Ces réseaux furent démantelés par la police vers 1998 et n'ont pas resurgi depuis. En raison de l'augmentation brutale des prix du foncier et de l'immobilier depuis quelques années, beaucoup de salariés varsoviens déménagent en banlieue pour y construire des maisons individuelles, augmentant la population des villes périphériques. Les villes situées en proche banlieue vivent un véritable boom de la construction (en particulier dans le powiat de Wołomin, situé au nord-est de la capitale, où les villes de Zielonka, Ząbki, Marki et Kobyłka se transforment très rapidement et gagnent de nombreux habitants). Politique et administration. Administration territoriale. La ville de Varsovie a le statut de powiat et est divisée en 18 arrondissements (polonais : "dzielnice") chacun ayant leur propre maire d'arrondissement et un conseil de quartier (élu). Chacun de ces arrondissements se divise d'une façon officielle ou non officielle (selon l'arrondissement) en quartiers dont les plus connus sont "Stare Miasto" (« Vieille Ville ») et "Nowe Miasto" (« Nouvelle Ville »), qui font tous les deux partie de l'arrondissement Śródmieście (« Centre-ville »). Jumelages. La ville de Varsovie est jumelée avec : Des accords de partenariat ont également été conclus avec Paris et Londres. Économie. Depuis 1989, Varsovie vit un boom économique, accéléré avec l'adhésion de la Pologne à l'Union européenne en 2004. Les industries traditionnelles et celles des nouvelles technologies y sont fortement implantées. Le produit intérieur brut par habitant est de loin le plus haut de Pologne, et le taux de chômage y est bien moindre, ce qui provoque une profonde fracture économique entre la capitale et le reste du pays. De nouveaux immeubles de grande hauteur continuent d'être bâtis pour répondre aux besoins des sociétés cherchant des espaces de bureaux : la capitale attire des investissements importants (le foncier y est beaucoup plus cher que dans le reste du pays), de sorte que la ville a acquis une toute nouvelle place en Europe. Plusieurs entreprises et agences de dimension internationale ont choisi Varsovie comme lieu d'implantation pour leurs investissements en Europe centrale : la ville est désormais la huitième plus grande métropole de l'Union européenne et produit plus de 15 % du PIB de la Pologne. Population et société. Enseignement supérieur. La ville accueille plus de dans ses quatre grandes universités et dans une soixantaine d’établissements d’enseignement supérieur. La plupart des universités renommées sont publiques, mais ces dernières années plusieurs universités privées ont également vu le jour. La ville possède de nombreuses bibliothèques, dont beaucoup contiennent de vastes collections de documents historiques. La bibliothèque la plus importante quant aux collections de documents historiques est la Bibliothèque nationale de Pologne, qui détient de volumes. Créée en 1928, elle est considérée comme le successeur de la Bibliothèque Załuski, une des premières grandes bibliothèques du monde. La bibliothèque de l'université de Varsovie, fondée en 1816, renferme plus de deux millions d'articles. Le bâtiment a été conçu par les architectes Marek Budzyński et Zbigniew Badowski et ouvert le 15 décembre 1999. Le jardin de la bibliothèque, conçu par Irena Bajerska, a été ouvert le : installé sur le toit de la bibliothèque, c’est l'un des plus grands et des plus beaux d'Europe, avec une superficie de plus de , les plantes couvrant . Culture et patrimoine. Sports. Varsovie a été désignée « Capitale Européenne du Sport » pour l'année 2008. Le Stade national (), construit pour accueillir certains matchs du Championnat d'Europe de football 2012 organisé conjointement par la Pologne et l'Ukraine, a ouvert le . Beaucoup d'installations sportives (piscines, salles de sport…) ont été construites dans les dernières années. L'enceinte sportive principale est la halle Torwar, utilisée pour toutes sortes de sports d'intérieur. Le meilleur des centres de natation de la ville est à Wodny Park Warszawianka, où l'on trouve une piscine de taille olympique, ainsi que des glissades d'eau et des espaces réservés aux enfants. Le Legia Varsovie et le Polonia Varsovie sont les principaux clubs de football de la ville : le Legia Varsovie est le club de l'Armée polonaise, il réside au stade du maréchal Józef Piłsudski. Fondé en 1916, il a remporté huit fois le championnat national et treize fois la Coupe de Pologne ; son principal rival, le Polonia Varsovie, a gagné le Championnat d'Ekstraklasa en 2000. Il existe de nombreux autres stades de football dans la ville, tel que le Stadion Agrykola ou encore le Stadion RKS Ursus. Le Marathon de Varsovie a lieu chaque année en septembre. Manifestations culturelles. Le congrès mondial d'espéranto s’est tenu trois fois à Varsovie, en 1937, 1959 et 1987, rassemblant successivement (), () et lors du , dont le thème était « L’espéranto, de culture internationale ». Chaque année, depuis 2012, se tient à Varsovie le Festival de la Francophonie. Galeries. Varsovie en art Varsovie dans la littérature Avant la guerre et aujourd'hui Varsovie en photochromes Verdure dans la ville Panorama historique |
Vénus (planète) Vénus est la deuxième planète du Système solaire par ordre d'éloignement au Soleil, et la sixième plus grosse aussi bien par la masse que le diamètre. Elle doit son nom à la déesse romaine de l'amour. Vénus orbite autour du Soleil tous les terrestres. Avec une période de rotation de terrestres, il lui faut plus de temps pour tourner autour de son axe que toute autre planète du Système solaire. Comme Uranus, elle possède une rotation rétrograde et tourne dans le sens opposé à celui des autres planètes : le soleil s'y lève à l'ouest et se couche à l'est. Vénus possède l'orbite la plus circulaire des planètes du Système solaire avec une excentricité orbitale presque nulle et, du fait de sa lente rotation, est quasiment sphérique (aplatissement considéré comme nul). Elle ne possède pas de satellite naturel. Vénus est l'une des quatre planètes telluriques du Système solaire. Elle est parfois appelée la de la Terre en raison des similitudes relatives de leurs diamètres, masses, proximités au Soleil et compositions. Par d'autres aspects, elle est radicalement différente de la Terre : son champ magnétique est bien plus faible et elle possède une atmosphère beaucoup plus dense, composée de dioxyde de carbone à plus de 96 %. La pression atmosphérique à la surface de la planète est ainsi supérieure à celle de la Terre, soit environ la pression ressentie, sur Terre, à sous l'eau. Elle est de loin la planète la plus chaude du Système solaire avec une température de surface moyenne de (). La planète est enveloppée d'une couche opaque de nuages d'acide sulfurique, hautement réfléchissants pour la lumière visible, empêchant sa surface d'être vue depuis l'espace. Bien que la présence d'océans d'eau liquide à sa surface par le passé soit supposée, la surface de Vénus est un paysage désertique sec et rocheux où se déroule toujours un volcanisme. La topographie de Vénus présente peu de reliefs élevés et consiste essentiellement en de vastes plaines géologiquement très jeunes : quelques centaines de millions d'années. En tant que deuxième objet naturel le plus brillant du ciel nocturne après la Lune, Vénus peut projeter des ombres et peut quelquefois être visible à l'œil nu en plein jour. Vénus étant une planète inférieure, elle reste proche du soleil dans le ciel, apparaissant soit à l'ouest juste après le crépuscule, soit à l'est peu avant l'aube. Du fait de son importante magnitude apparente, Vénus a fait l'objet des premières observations astronomiques et a été la première planète dont l'Homme ait tracé les mouvements, dès le deuxième millénaire avant notre ère. Elle a aussi été intégrée à de nombreuses mythologies en tant qu' et qu'étoile du soir puis, par la suite, a été source d'inspiration pour les écrivains et les poètes. Elle est également connue dans la culture occidentale sous le nom d'. Vénus a été un objectif privilégié pour les premières explorations interplanétaires du fait de son faible éloignement de la Terre. C'est la première planète visitée par un véhicule spatial ("Mariner 2" en 1962) et la première où une sonde spatiale se soit posée avec succès ("Venera 7" en 1970). Les épais nuages de Vénus rendant impossible l'observation de sa surface en lumière visible, les premières cartes détaillées ont été réalisées à partir des images de l'orbiteur "Magellan" en 1991. Des projets d'astromobiles ("rovers") et de missions plus complexes ont également été envisagés. Caractéristiques physiques. Vénus est l'une des quatre planètes telluriques du Système solaire, ce qui signifie qu'elle possède un corps rocheux comme la Terre. Elle est comparable à la Terre en taille et en masse, et souvent décrite comme la ou de la Terre. Son diamètre vaut 95 % de celui de la Terre, et sa masse un peu plus de 80 %. Néanmoins, si sa géologie est sans doute proche de celle de la Terre, les conditions qui règnent à sa surface diffèrent radicalement des conditions terrestres. Vénus est notamment la planète la plus chaude du Système solaire du fait de son atmosphère beaucoup plus dense que l'atmosphère terrestre. Les phénomènes géologiques affectant la croûte vénusienne semblent également spécifiques à cette planète et sont à l'origine de formations géologiques parfois uniques dans le Système solaire telles que "coronae", "arachnoïdes" et "farra", attribuées à des manifestations atypiques de volcanisme. Atmosphère. Composition. Vénus possède une atmosphère extrêmement dense. Elle se compose majoritairement de dioxyde de carbone (CO2) à 96,5 % et d'une faible quantité de diazote à 3,5 %. Cette atmosphère est occupée par d'épais nuages de dioxyde de soufre. La masse de son atmosphère est supérieure à celle de la Terre, tandis que la pression à sa surface est environ supérieure à celle de la Terre, soit une pression équivalente à celle ressentie sur Terre à une profondeur de près de sous le niveau de la mer. La densité en surface est de , ce qui représente la densité de l'atmosphère terrestre à () au niveau de la mer. Cette atmosphère, riche en dioxyde de carbone, est à l'origine du plus fort effet de serre du Système solaire, créant des températures de surface d'environ (). Ainsi, la surface de Vénus est plus chaude que celle de Mercure, qui a une température de surface minimale de () et maximale de () (pour la face exposée au Soleil le plus longtemps), bien que Vénus soit environ deux fois plus éloignée du Soleil et ne reçoive donc qu'environ 25 % de l'irradiance solaire de Mercure d'après la loi en carré inverse. Des études publiées dans les années 2000 suggèrent d'abord que l'atmosphère de Vénus aurait auparavant ressemblé à celle entourant la Terre et qu'il pouvait y avoir eu des quantités importantes d'eau liquide à sa surface. Puis, après une période pouvant s'étendre de à plusieurs milliards d'années, un effet de serre grandissant est apparu du fait de l'évaporation de cette eau originellement présente et aboutissant finalement au niveau critique actuel de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Toutefois, en 2021, une nouvelle étude indique que les conditions climatiques de Vénus n'auraient jamais permis la formation d'océans d'eau liquide à sa surface. Foudre. L'existence de la foudre dans l'atmosphère de Vénus est controversée depuis les premières suspicions lors du programme "Venera" soviétique. En 2006 et 2007, "Venus Express" détecte des ondes de plasma, signature de la foudre. Leur apparition intermittente suggère une association avec l'activité météorologique et, d'après ces mesures, le taux de foudre serait d'au moins la moitié de celui de la Terre. Cependant, d'autres instruments de la mission ne détectent pas de foudre. Par ailleurs, l'origine de cette foudre reste incertaine. En , et dans une moindre mesure en et des chercheurs travaillant sur la sonde spatiale "Akatsuki" observent des formes d'arc dans l'atmosphère de Vénus. Cela est considéré comme une preuve de l'existence des plus grandes ondes de gravité stationnaires du Système solaire découvertes à ce jour. Couches de l'atmosphère. L'atmosphère vénusienne peut se diviser sommairement en trois parties : la basse atmosphère, la couche nuageuse et la haute atmosphère. Basse atmosphère. La basse atmosphère se situe entre d’altitude et est relativement transparente. La composition de la basse atmosphère est décrite dans le tableau ci-dessous. Le dioxyde de carbone y domine largement, le gaz secondaire étant l'azote et tous les autres étant des constituants mineurs ( en tout). À cette pression () et à cette température (), le n'est plus un gaz, mais un fluide supercritique (intermédiaire entre gaz et liquide), d'une masse volumique voisine de . L'effusivité thermique et le transfert de chaleur par les vents dans la basse atmosphère signifient que la température de la surface de Vénus ne varie pas de manière significative entre les hémisphères éclairé et obscur malgré la rotation très lente de la planète. Les vents de surface sont lents, se déplaçant à quelques kilomètres par heure, mais en raison de la forte densité de l'atmosphère en surface, ils exercent une force importante contre les obstacles. Cette force rendrait à elle seule difficile le déplacement d'un être humain. Couche nuageuse. Au-dessus des couches denses de se trouvent, à entre et de la surface, des couches de nuages épais d'acide sulfurique sous forme de gouttelettes, formé de dioxyde de soufre et d'eau (état solide et gazeux) par une réaction chimique entraînant l'hydrate d'acide sulfurique. Les gouttelettes d'acide sulfurique sont en solution aqueuse, constituées à 75 % d'acide sulfurique et à 25 % d'eau. L'atmosphère contient aussi environ 1 % de chlorure ferrique et d'autres constituants possibles pour la composition de ces nuages sont le sulfate de fer, le chlorure d'aluminium et le pentoxyde de phosphore. Ces nuages réfléchissent environ 90 % de la lumière solaire dans l'espace, empêchant l'observation visuelle de la surface de Vénus. Ceux-ci sont également la cause de sa brillance dans le ciel terrestre, lui conférant un albédo de Bond de 0,77. Cette couverture nuageuse permanente signifie que bien que Vénus soit plus proche que la Terre du Soleil, elle reçoit moins de lumière solaire au sol car seulement 5 % des rayons y parviennent. Les vents violents de plus de qui entraînent les plus hauts nuages font le tour de Vénus en quatre à cinq jours terrestres. Ces vents se déplacent jusqu'à soixante fois la vitesse de la rotation de la planète ; par comparaison, les vents les plus rapides de la Terre n'ont qu'une vitesse de 10 à 20 % de la vitesse de rotation terrestre. Bien que les conditions de surface sur Vénus n'y soient pas propices, certains spéculent sur la possibilité de vie dans les couches supérieures des nuages de Vénus (où les températures varient entre ), malgré un environnement acide. Si Vénus n'a pas de saisons en tant que telles, les astronomes identifient en 2019 une variation cyclique de l'absorption du rayonnement solaire par l'atmosphère, probablement causée par des particules opaques en suspension dans les nuages supérieurs. La variation provoque des changements observés dans la vitesse des vents de Vénus et semble augmenter et diminuer avec le cycle de taches solaires du Soleil s'écoulant sur onze ans. Haute atmosphère. La mésosphère de Vénus s'étend de à d'altitude et la thermosphère débute à environ , atteignant probablement la limite supérieure de l'atmosphère (exosphère) entre 220 et . En 2007, la sonde "Venus Express" découvre l'existence d'un vortex atmosphérique double au pôle sud puis, en 2011, découvre également l'existence d'une couche d'ozone dans les hautes couches de l'atmosphère de Vénus. Cependant, cette couche étant très faible, on considère que Vénus ne possède aucune stratosphère. En , l'ESA rapporte que l'ionosphère de Vénus ruisselle vers l'extérieur d'une manière similaire à celle de la queue d'une comète. Géographie. La surface vénusienne a fait l'objet de spéculations, du fait de ses épais nuages renvoyant la lumière visible, jusqu'à ce que l'envoi de sondes spatiales ne permette de l'étudier. Les missions Venera en 1975 et 1982 ont renvoyé des images d'une surface couverte de sédiments et de roches relativement anguleuses. La surface a été cartographiée en détail par "Magellan" en 1990–91. Le sol montre alors des signes de volcanisme important, et le soufre relevé dans l'atmosphère semble indiquer des éruptions récentes. Vénus ayant un aplatissement nul, les altitudes y sont définies par rapport au rayon moyen volumétrique de la planète, qui vaut . C'est une planète au relief assez peu accidenté : les quatre cinquièmes de sa surface sont recouverts de plaines volcaniques à faible pente. La surface vénusienne est principalement occupée à hauteur de 70 % par de vastes plaines sans grand relief. Baptisées "planitiae" en géomorphologie planétaire, les principales d'entre elles sont Atalanta Planitia, Guinevere Planitia ou encore Lavinia Planitia. Elles sont parsemées de cratères. Ces plaines, de nature "a priori" volcanique, se creusent par endroits jusqu'à sous le niveau moyen de la surface, au niveau de dépressions couvrant environ un cinquième de la surface de la planète. Les 10 % de plaines restantes sont lisses ou lobées. Les plateaux (aussi appelés Hautes Terres ou ""), reliefs élevés parfois comparés aux continents terrestres, représentent ainsi moins de 15 % de la surface de la planète (contrairement aux 29 % de surface occupées par des continents sur Terre). Deux sont particulièrement remarquables par leurs dimensions, l'un se trouvant dans l'hémisphère nord de la planète et l'autre juste au sud de l'équateur. Le continent nord, près des régions polaires, est appelé Ishtar Terra d'après Ishtar la déesse babylonienne de l'amour. Ses dimensions de sont un peu supérieures à celles de l'Australie. Il s'agit d'un ensemble géologique essentiellement volcanique à l'ouest, avec notamment la formation Lakshmi Planum, et orogénique à l'est, où se trouve Skadi Mons, point culminant de la planète à , dans la chaîne des Maxwell Montes, puis l'immense Fortuna Tessera qui est une région de terrains typiquement vénusiens. Le continent sud est appelé Aphrodite Terra, après la déesse grecque de l'amour. Il est trois fois plus étendu que le précédent, ayant une superficie similaire à celle de l'Amérique du Sud. Ses reliefs y sont cependant moins élevés, présentant un réseau de fragments de plateaux dans un ensemble de "tesserae" prolongé au sud-est et surtout au nord-est par des "coronae" et des volcans, parmi lesquels Maat Mons, le plus haut volcan vénusien. D'autres régions élevées, de moindre importance, existent également. C'est le cas d’Alpha Regio, une série de cuvettes, d'arêtes, et de plis qui s'agencent dans toutes les directions avec une altitude moyenne de ; ou encore de Beta Regio, remarquable puisqu'on y aurait trouvé de hautes formations volcaniques dont certains sommets, récents, dépasseraient d'altitude. Avec l'Ovda Regio et les Maxwell Montes, du nom de James Clerk Maxwell, ce sont les seules caractéristiques de la surface vénusienne à être nommées d'après un nom masculin, avant l'adoption du système actuel par l'Union astronomique internationale. La nomenclature planétaire actuelle est de nommer les caractéristiques vénusiennes d'après des femmes historiques et mythologiques. La planète montre peu de cratères d'impact, ce qui indique que la surface est relativement jeune, avec environ . Vénus possède des caractéristiques de surface uniques en plus des cratères d'impact, des montagnes et des vallées que l'on trouve couramment sur les planètes telluriques. Parmi ceux-ci se trouvent des éléments volcaniques à sommet plat appelés « farra », ressemblants à des pancakes, et dont le diamètre varie de et la hauteur de . On y trouve aussi des fractures concentriques ressemblant à des toiles d'araignées appelées « arachnoïdes » et des anneaux de fractures parfois entourés d'une dépression, nommées « coronae ». Ces caractéristiques sont d'origine volcanique. La longitude des caractéristiques physiques de Vénus est exprimée par rapport à son méridien principal. Celui-ci était à l'origine défini comme traversant une tache lumineuse appelée Eve, située au sud d'Alpha Regio. Une fois les missions Venera terminées, le méridien principal a été redéfini pour passer par le pic central du cratère Ariadne. Par ailleurs, la surface de la planète est répartie entre 62 quadrangles cartographiés au . La température de surface de Vénus varie peu selon les latitudes et longitudes (elle est isotherme). La température est constante non seulement entre les deux hémisphères mais aussi entre l'équateur et les pôles. L'inclinaison de l'axe très faible de Vénus minimise également les variations saisonnières de température. Ainsi, l'altitude est donc l'un des rares facteurs qui puisse affecter la température vénusienne. Le point culminant de Vénus, Maxwell Montes, est donc le point le plus froid avec une température d'environ () et une pression atmosphérique de (). En 1995, la sonde spatiale "Magellan" prend en image une substance très réfléchissante au sommet des plus hauts sommet montagneux, ressemblant à la neige qu'on trouve aux sommets des montages terrestres. Cette substance s'est probablement formée à partir d'un processus similaire à la neige, bien que celui-ci se déroule à une température beaucoup plus élevée. Trop volatile pour se condenser à la surface de la planète, elle se serait ainsi élevée sous forme gazeuse à des altitudes plus élevées pour finalement y précipiter du fait des températures plus faibles. La composition de cette substance n'est pas connue avec certitude, mais il est supposé qu'elle puisse être du tellure ou du galène (sulfure de plomb). Par ailleurs, des mesures d'émissivité à réalisées en suggèrent une relative abondance des granites et autres roches felsiques sur les terrains les plus élevés de la planète. Cela impliquerait l'existence passée d'un océan global assorti d'un mécanisme de recyclage de l'eau dans le manteau susceptible d'avoir produit de telles roches. À l'instar de Mars, Vénus aurait ainsi peut-être connu, il y a plusieurs milliards d'années, des conditions tempérées permettant l'existence d'eau liquide en surface, eau aujourd'hui disparue . Géologie de surface. Une grande partie de la surface vénusienne semble avoir été façonnée par l'activité volcanique. Vénus compte beaucoup plus de volcans que la Terre, dont 167 grands volcans de plus de de diamètre ; le seul complexe volcanique terrestre ayant au moins ce diamètre est la grande île d'Hawaï. Ceci n'est pas la conséquence d'une plus grande activité volcanique sur Vénus, mais surtout de l'ancienneté de sa croûte. La croûte océanique, sur Terre, est continuellement recyclée par subduction aux limites des plaques tectoniques et a une moyenne d'âge d'environ tandis que la surface vénusienne est estimée à . Plusieurs éléments indiquent une activité volcanique en cours sur Vénus. Les concentrations de dioxyde de soufre dans l'atmosphère ont diminué d'un facteur dix entre 1978 et 1986, puis ont bondi en 2006, avant à nouveau de diminuer d'un facteur dix entre 2006 et 2012. Cela peut signifier que les niveaux avaient augmenté à la suite de grandes éruptions volcaniques. Il reste ainsi sur Vénus un volcanisme résiduel, entraînant parfois la présence de lave en fusion au sol. Il est également suggéré que la foudre vénusienne pourrait provenir de l'activité volcanique, et donc être de la foudre volcanique. En , des astronomes rapportent des preuves suggérant que Vénus était actuellement volcaniquement active. En 2008 et 2009, la première preuve directe d'un volcanisme en cours est observée par "Venus Express", sous la forme de quatre points chauds infrarouges localisés dans la zone de rift Ganis Chasma, près du volcan bouclier Maat Mons culminant à . Trois des taches ont été observées lors de plusieurs orbites successives. Les géologues pensent ainsi que ces taches représentent de la lave fraîchement libérée par des éruptions volcaniques. Les températures réelles ne sont pas connues, car la taille des points chauds n'a pas pu être mesurée, mais devait être contenue dans un intervalle de à tandis que la température normale est évaluée à . D'autres Montes sont remarquables, avec par exemple le volcan bouclier Gula Mons atteignant une altitude de dans l'ouest d'Eistla Regio ou encore Theia Mons et Rhea Mons dans la Beta Regio. Séparés de , ces deux derniers ont été formés par le panache du manteau lors de l'apparition de Devana Chasma. Les sondes soviétiques Venera 15 et Venera 16 ont répertorié des cratères d'impact à la surface de Vénus. Il en existe près d'un millier, ceux-ci étant répartis uniformément sur la planète. Sur d'autres corps cratérisés, comme la Terre et la Lune, les cratères montrent une gamme d'états de dégradation. Sur la Lune la dégradation est causée par des impacts ultérieurs, tandis que sur Terre elle est causée par l'érosion éolienne et pluviale. Cependant, sur Vénus, environ 85 % des cratères sont en parfait état. Le nombre de cratères, ainsi que leur état préservé, indique que la planète a subi un événement de resurfaçage global (c'est-à-dire le renouvellement quasi complet de sa surface) il y a environ suivi d'une décroissance du volcanisme. Aussi, alors que la croûte terrestre est en mouvement continu, Vénus serait incapable de soutenir un tel processus. Sans tectonique des plaques pour dissiper la chaleur de son manteau, Vénus subit plutôt un processus cyclique dans lequel les températures du manteau augmentent jusqu'à atteindre un niveau critique qui affaiblit la croûte. Puis, sur une période d'environ , la subduction se produit à grande échelle, recyclant complètement la croûte. Les cratères vénusiens ont un diamètre pouvant aller de . Aucun cratère n'est plus petit que , en raison de l'atmosphère dense de la planète : les objets n'ayant pas suffisamment d'énergie cinétique sont tellement ralentis par l'atmosphère qu'ils ne créent pas de cratère d'impact. Ainsi les projectiles entrants ayant un diamètre inférieur à se fragmenteront avant d'atteindre le sol. Structure interne. Sans données sismiques, peu d'informations directes sont disponibles sur la structure interne et la géochimie de Vénus. Sur la base de quinze années d'observation en ondes radio, il est toutefois estimé en 2021 que son moment d'inertie normalisé vaudrait . Vénus ressemblant à la Terre par sa taille ( de rayon contre pour la Terre) et par sa densité (5,26 contre 5,52), plusieurs auteurs supposent cependant que les deux planètes ont une structure interne comparable : un noyau, un manteau et une croûte. Croûte. La croûte silicatée, d'une épaisseur supposée allant de environ, serait plus épaisse que la croûte océanique terrestre (moyenne de ) et dans l'ordre de grandeur de la croûte continentale terrestre (moyenne de ). La taille de la croûte vénusienne a été déduite des nombreux épanchements de lave constatés autour des cratères d'impact. Cette croûte ne représenterait que 0,34 % du rayon de la planète et les analyses faites par les différentes sondes Venera ont prouvé que le matériau extérieur de Vénus est semblable au granite et au basalte terrestre (roches riches en silice et ferromagnésiennes). Le système de plaques continentales y serait moins complexe que sur Terre : les roches plus plastiques absorbent fortement les effets de la dérive des continents. Ainsi, Vénus n'a pas de plaques tectoniques comme celles de la Terre. Cette différence fondamentale entre la géologie des deux planètes telluriques les plus ressemblantes peut être attribuée à leur évolution climatique divergente. En effet, le climat vénusien empêche l'eau de se conserver à la surface, desséchant irréversiblement les roches de la croûte. Or, l'eau interstitielle des roches joue un grand rôle dans la subduction sur Terre où elle est conservée dans ses océans. Les roches terrestres contiennent toutes un minimum d'eau résiduelle, ce qui n'est pas le cas dans les conditions du climat à hautes températures de Vénus. Manteau. Vénus posséderait un manteau rocheux représentant environ 52,5 % du rayon de la planète<ref name="pioneer-astro/Vénus2">.</ref>, composé essentiellement de silicates et d'oxydes de métaux. Ce manteau pourrait comporter encore aujourd'hui (comme la Terre pendant ) un océan magmatique, d'une épaisseur de . Noyau. Comme celui de la Terre, le noyau vénusien est au moins partiellement liquide car les deux planètes se sont refroidies à peu près au même rythme. La taille légèrement plus petite de Vénus signifie que les pressions sont inférieures d'environ 24 % dans son noyau par rapport à celles régnant dans le noyau terrestre. La principale différence entre les deux planètes est le manque de preuves d'une tectonique des plaques sur Vénus, peut-être parce que sa croûte est trop dure pour qu'il y ait une subduction sans eau pour la rendre moins visqueuse. Il en résulte que la perte de chaleur est réduite sur la planète, l'empêchant de se refroidir. Cela fournit une explication à son absence de champ magnétique interne. À la place, Vénus pourrait surtout réduire sa chaleur interne lors d'événements de resurfaçage majeurs. Le noyau de Vénus serait constitué de deux parties : un noyau externe constitué de fer et de nickel liquides qui représenterait environ 30 % du rayon de la planète ; un noyau interne composé de fer et de nickel solides qui représenterait environ 17 % du rayon de Vénus. Mais cela reste spéculatif car, contrairement à la Terre, il n'y a pas eu de mesures sismiques. Il n'est pas impossible que le noyau de Vénus soit entièrement liquide. Champ magnétique. En 1967, la sonde "Venera 4" découvre que le champ magnétique de Vénus est beaucoup plus faible que celui de la Terre. Ce champ magnétique est créé par une interaction entre la ionosphère et le vent solaire plutôt que par un effet dynamo interne comme dans le noyau terrestre. La magnétosphère presque inexistante de Vénus offre une protection négligeable de l'atmosphère contre le rayonnement cosmique. L'absence d'un champ magnétique intrinsèque à Vénus fut une surprise au moment de cette découverte, la grande similarité de la planète avec la Terre laissant présager un effet dynamo dans son noyau. Pour qu'il y ait une dynamo, il est nécessaire qu'il y ait présence d'un liquide conducteur, d'une rotation et d'une convection. On pense que le noyau est électriquement conducteur et, bien qu'elle soit très lente, les simulations montrent que la rotation de Vénus est suffisante pour produire une dynamo. Cela implique qu'il manque une convection dans le noyau de Vénus pour faire apparaître la dynamo. Sur Terre, la convection se produit dans la couche externe liquide du noyau car le bas de la couche liquide est beaucoup plus élevé en température que le haut. Sur Vénus, un des événements de resurfaçage global peut avoir arrêté la tectonique des plaques et conduit à une baisse du flux de chaleur à travers la croûte. Ce plus faible gradient thermique entraînerait une augmentation de la température du manteau, réduisant ainsi le flux de chaleur hors du noyau. En conséquence, aucune convection n'est réalisée pour entraîner un champ magnétique. Au lieu de cela, la chaleur du noyau est utilisée pour réchauffer la croûte. D'autres hypothèses seraient que Vénus n'ait pas de noyau interne solide, limitant grandement la séparation des divers constituants et impuretés, et de là les mouvements internes du fluide métallique du noyau qui génèrent le champ magnétique, ou que son noyau ne se refroidisse pas, de sorte que toute la partie liquide du noyau est à peu près à la même température, empêchant une nouvelle fois toute convection. Une autre possibilité est que son noyau s'est déjà complètement solidifié. L'état du noyau dépend fortement de sa concentration de soufre, qui est actuellement inconnue et empêche donc de lever les incertitudes. Malgré son faible champ magnétique, des aurores auraient été observées. La faible magnétosphère autour de Vénus signifie que le vent solaire interagit directement avec les couches supérieures de son atmosphère. À cet endroit, des ions hydrogène et oxygène sont créés par la dissociation de molécules neutres par le rayonnement ultraviolet. Le vent solaire fournit alors une énergie suffisante pour que certains de ces ions atteignent une vitesse permettant d'échapper au champ de gravité de Vénus. Ce processus d'érosion entraîne une perte constante d'ions de faible masse (hydrogène, hélium et oxygène) dans l'atmosphère, tandis que les molécules de masse plus élevée, telles que le dioxyde de carbone, sont plus susceptibles d'être retenues. L'érosion atmosphérique par le vent solaire a probablement entraîné la perte de la plupart de l'eau de Vénus au cours du premier milliard d'années après sa formation. L'érosion a également augmenté la proportion de l'isotope deutérium par rapport à l'hydrogène protium sans neutron (donc de masse inférieure et plus facilement emporté), aboutissant à un ratio de deutérium sur protium dans l'atmosphère supérieur à à ceux trouvés dans le reste du Système solaire. Comparaisons. Par sa taille et sa masse, Vénus est très similaire à la Terre et a souvent été décrite comme la de cette dernière. Les deux planètes sont semblables par leurs aspects physiques, possédant notamment peu de cratères et ayant des compositions chimiques proches. Le tableau suivant récapitule d'autres propriétés physiques relativement proches par rapport à la Terre : Une partie des astronomes pensaient, avant l'envoi de sondes spatiales à sa surface, que Vénus pouvait être très similaire à la Terre sous ses épais nuages et peut-être même abriter la vie. Certaines études émettent l'hypothèse qu'il y a quelques milliards d'années, Vénus aurait été bien plus semblable à la Terre qu'elle ne l'est actuellement. Il y aurait ainsi eu des quantités importantes d'eau à sa surface et cette eau se serait évaporée à la suite d'un important effet de serre. Orbite et rotation. Orbite. Vénus orbite autour du Soleil à une distance moyenne d'environ (entre ) et complète une orbite tous les terrestres, soit environ plus vite que la Terre. Bien que toutes les orbites planétaires soient elliptiques, l'orbite de Vénus est celle qui est la plus proche d'une orbite circulaire, avec une excentricité inférieure à 0,01. Lorsqu'elle se situe entre la Terre et le Soleil en conjonction inférieure, Vénus est la planète se rapprochant le plus de la Terre, à une distance moyenne de environ. Cependant, elle passe la majorité de son temps éloignée de la Terre. Mercure est donc en moyenne la planète la plus proche de la Terre, du fait de sa plus faible distance au Soleil. La planète atteint en moyenne sa conjonction inférieure tous les , ce qu'on appelle sa période synodique. Rotation. Toutes les planètes du Système solaire tournent autour du Soleil dans le sens antihoraire vu depuis le pôle nord de la Terre. Aussi, la plupart des planètes tournent également sur leurs axes dans le sens antihoraire/direct. Ce n'est pas le cas de Vénus (on peut également citer Uranus), qui tourne dans le sens horaire : on parlera de rotation rétrograde. Sa période de rotation est de terrestres . Celle-ci n'est connue que depuis , date à laquelle des observations radar menées par le "Jet Propulsion Laboratory" ont permis d'observer la surface de la planète au travers de l'épaisse atmosphère. Un jour sidéral vénusien dure donc plus longtemps qu'une année vénusienne (243 contre terrestres). Du fait de cette rotation rétrograde, un observateur à la surface de Vénus verrait le Soleil se lever à l'ouest et se coucher à l'est. En pratique, les nuages opaques de Vénus empêchent d'observer le Soleil depuis la surface de la planète. En raison de la rotation rétrograde, la durée d'un jour solaire sur Vénus est significativement plus courte que le jour sidéral, durant terrestres, alors qu'ils sont plus longs pour les planètes avec une rotation dans le sens direct. Une année vénusienne représente donc environ solaire vénusien et les journées et les nuits vénusiennes s'étendent chacune sur près de deux mois terrestres : . Parce que sa rotation est si lente, Vénus est très proche d'une sphère avec un aplatissement presque nul. Aussi, l'équateur de Vénus tourne à tandis que celui de la Terre tourne à . La rotation de Vénus a ralenti pendant les 16 ans s'étant écoulés entre les visites des véhicules spatiaux "Magellan" et "Venus Express" : le jour sidéral vénusien a augmenté de dans ce laps de temps. Origine de la rotation rétrograde. Les causes de la rotation rétrograde de Vénus sont encore mal comprises et la planète s'est peut-être formée à partir de la nébuleuse solaire avec une période de rotation et une obliquité différentes de celles qu'elle connaît actuellement. L'explication la plus souvent avancée est une collision gigantesque avec un autre corps de grande taille, pendant la phase de formation des planètes du Système solaire. Une autre explication met en jeu l'atmosphère vénusienne qui, du fait de sa forte densité, a pu influencer la rotation de la planète. Des travaux de Jacques Laskar et Alexandre C. M. Correia prenant en compte les effets de marée thermique atmosphérique montrent le comportement chaotique de l'obliquité et de la période de rotation de Vénus. Vénus aurait donc pu évoluer naturellement sur plusieurs milliards d'années vers une rotation rétrograde sans avoir à faire intervenir de collision avec un corps massif. La période de rotation observée aujourd'hui pourrait ainsi être un état d'équilibre entre un verrouillage par effet de marée dû à la gravitation du Soleil, qui a tendance à ralentir la rotation, et une marée atmosphérique créée par le chauffage solaire de l'atmosphère vénusienne épaisse qui l’accélérerait. Il n'est cependant pas possible de savoir si l'obliquité de Vénus est passée brusquement de 0° à 180° au cours de son histoire ou si sa vitesse de rotation s'est ralentie jusqu'à une vitesse nulle pour ensuite devenir négative. Les deux scénarios sont possibles et aboutissent au même état d'équilibre actuel. L'hypothétique synchronisation Terre-Vénus. Vénus est quasiment en rotation synchrone avec la Terre, de sorte que toutes les fois où Vénus est en conjonction inférieure, Vénus présente presque exactement la même face à la Terre. Cela est dû au fait que l'intervalle moyen de entre les approches rapprochées successives de la Terre (période synodique) est presque égal à solaires vénusiens (car 583,92/116,75 ≈ 5,0015). Ainsi, il a été discuté d'une hypothétique synchronisation Terre-Vénus. Cependant, ce ratio n'est pas exactement égal à 5, tandis que le verrouillage gravitationnel de la Lune sur la Terre (1:1) ou de celui de la rotation de Mercure sur sa révolution (3:2) sont exacts et stabilisés. Aussi, les forces de marée impliquées dans la synchronisation Vénus-Terre sont extrêmement faibles. L'hypothèse d'une résonance spin-orbite avec la Terre a donc été écartée, la synchronisation observée pouvant être une coïncidence uniquement observable à notre époque astronomique. Absence de satellites. Vénus ne possède pas de satellites naturels. Elle possède cependant plusieurs astéroïdes troyens : le quasi-satellite avec une orbite en fer à cheval et deux troyens temporaires, et . En 1645, Francesco Fontana puis Giovanni Cassini rapportent la présence d'une lune en orbite autour de Vénus, qui est ensuite nommée Neith. De nombreuses observations sont rapportées au cours des deux siècles suivants, dont d'astronomes réputés tels que Joseph-Louis Lagrange en 1761, et Johann Heinrich Lambert calcule son orbite en 1773. Cependant, la plupart de ces observations sont ensuite correctement attribuées à des étoiles voisines ou à des illusions d'optique à la fin du et la quête de Neith s'arrête. Une étude de modélisation réalisée en 2006 au California Institute of Technology par Alex Alemi et David Stevenson sur l'origine du Système solaire montre que Vénus a probablement eu au moins une lune créée par un grand impact cosmique il y a plusieurs milliards d'années. Puis, environ plus tard, selon l'étude, un autre impact aurait inversé la direction de rotation de la planète et a provoqué une accélération par effet de marée de la lune vénusienne vers Vénus jusqu'à ce qu'elle entre en collision avec elle. Si des impacts ultérieurs créaient des lunes, celles-ci étaient également supprimées de la même manière. Une autre explication du manque de satellites est l'effet de fortes marées solaires, qui peuvent déstabiliser les gros satellites en orbite autour des planètes terrestres intérieures, comme c'est également le cas pour Mercure. Observation. À l'œil nu, Vénus est le troisième objet naturel le plus brillant du ciel (après le Soleil et la Lune). Elle apparaît comme un point blanc brillant avec une magnitude apparente variant entre -4,6 et -3,7 (moyenne de -4,14 et écart-type de 0,31), et un diamètre apparent compris entre . La magnitude la plus brillante se produit pendant la phase de croissant environ un mois avant ou après la conjonction inférieure. La planète est suffisamment brillante pour être vue dans un ciel clair en journée mais est plus facilement visible lorsque le soleil est bas à l'horizon ou en train de se coucher. Du fait de sa luminosité elle est le seul objet céleste du ciel nocturne, mis à part la lune, à pouvoir projeter une ombre sur le sol terrestre. En tant que planète inférieure de la Terre, son élongation (c'est-à-dire l'angle marqué entre la planète et le soleil dans le ciel terrestre) connaît une valeur maximale de 47°. Vénus dépasse la Terre tous les en ce qui concerne leur orbite autour du Soleil. Ce faisant, elle passe de « l'étoile du soir », visible après le coucher du soleil, à « l'étoile du matin », visible avant le lever du soleil. À l'inverse de Mercure, l'autre planète inférieure qui possède elle une élongation maximale de 28° et qui est souvent difficile à discerner au crépuscule, Vénus est très facilement visible, surtout lorsqu'elle est à son plus fort. Le crépuscule astronomique (moment où le soleil est suffisamment sous l'horizon pour qu'il y ait un ciel totalement sombre) étant d'environ 18°, elle peut atteindre jusqu'à un angle de 47-18 = 29° dans un ciel noir et rester visible jusqu'à plusieurs heures après le coucher du soleil. Ces caractéristiques ont contribué à son surnom dans la culture populaire occidentale d’« étoile du berger » (bien que le terme « étoile » soit impropre puisqu'il s'agit d'une planète) car elle peut être facilement visible dans le ciel, ce qui historiquement permettait de guider les gardiens de troupeaux pour aller aux pâturages ou en revenir. En tant qu'objet ponctuel le plus brillant du ciel, Vénus est également communément prise pour un objet volant non identifié. Phases. Au cours de son orbite autour du Soleil, Vénus affiche des phases comme celles de la Lune lorsque vue au télescope. La planète apparaît comme un petit disque dit « plein » lorsqu'elle est située de l'autre côté du Soleil par rapport à la Terre (à une conjonction supérieure). Vénus montre un disque plus grand et une « phase quart» à ses allongements maximaux par rapport au Soleil, et apparaît alors à son plus brillant dans le ciel nocturne. La planète présente un croissant mince beaucoup plus grand en vue télescopique lorsqu'elle passe le long du côté proche entre la Terre et le Soleil. Enfin, Vénus affiche sa plus grande taille et sa « nouvelle phase » lorsqu'elle se situe entre la Terre et le Soleil (à conjonction inférieure). Son atmosphère est visible au télescope du fait du halo de lumière solaire réfractée autour d'elle. Leur observation a été faite pour la première fois au début du par Galilée à l'aide de sa lunette astronomique. Elles ont été un argument utilisé par ce dernier pour se rallier à la théorie héliocentrique de Copernic. Transit de Vénus. On appelle « transit de Vénus » le passage de la planète Vénus entre la Terre et le Soleil, où l'ombre de Vénus apparaît devant le disque solaire. L'orbite vénusienne étant légèrement inclinée par rapport à l'orbite terrestre, lorsque la planète passe entre la Terre et le Soleil elle ne traverse généralement pas la face du Soleil. Ainsi, les transits de Vénus se produisent alors lorsque la conjonction inférieure la planète coïncide avec sa présence dans le plan de l'orbite terrestre, plus précisément quand elles croisent la ligne d'intersection de leurs plans orbitaux. Cet événement est rare à l'échelle de temps humaine du fait des critères nécessaires à cette observation : les transits de Vénus se produisent par cycles de , le schéma actuel étant des paires de transit séparée de huit ans et se produisant à des intervalles d'environ ou . Ce modèle fut découvert pour la première fois en 1639 par l'astronome anglais Jeremiah Horrocks. Au cours du transit de Vénus, il apparaît un effet d'optique appelé « phénomène de la goutte noire ». Lors du deuxième contact et juste avant le troisième contact, une petite larme noire semble connecter le disque de la planète avec la frontière du limbe solaire, rendant difficile de dater précisément les contacts. Historiquement, l'observation des transits de Vénus est importante car ils permettaient aux astronomes de déterminer la valeur de la distance Terre-Soleil (l'unité astronomique) par la méthode de la parallaxe, comme l'a fait Horroks en premier lors du transit de 1639. Le a ainsi vu de grandes expéditions de la part des astronomes européens pour mesurer les deux transits de et , auxquels le nom de l'astronome français Guillaume Le Gentil est resté attaché en raison de la malchance qui l'empêcha d'effectuer les observations auxquelles il avait consacré des années de préparation. Aussi, l'exploration du capitaine Cook de la côte est de l'Australie intervient après qu'il a navigué jusqu'à Tahiti en 1768 pour observer le transit de Vénus de 1769. La paire de transits suivante s'est produite en décembre 1874 et décembre 1882. Le transit de 1874 fait l'objet de la plus ancienne expérimentation de chronophotographie connue afin d'en mesurer la durée précise, le Passage de Vénus par l'astronome français Jules Janssen. La dernière paire de transits s'est produite les 8 juin 2004 et 5-6 juin 2012. Le transit pouvait à cette occasion être regardé en direct sur Internet à partir de nombreux streaming ou observé localement avec le bon équipement et les bonnes conditions. Le prochain transit aura lieu le 11 décembre 2117. Apparitions en journée. Des observations à l'œil nu de Vénus en journée sont notées dans plusieurs anecdotes et enregistrements. L'astronome Edmond Halley calcule sa luminosité maximale à l'œil nu en 1716, lorsque de nombreux Londoniens sont alarmés par son apparition en plein jour. L'empereur français Napoléon Bonaparte est témoin d'une apparition diurne de la planète lors d'une réception au Luxembourg. Une autre observation historique diurne célèbre de la planète a lieu lors de la cérémonie d'investiture du second mandat du président américain Abraham Lincoln à Washington, DC, le . Pendant la Seconde Guerre mondiale, le navire de guerre américain tire vers le ciel le (cinq jours après l'attaque de Pearl Harbor) pour tenter d'abattre Vénus, la prenant pour un avion ennemi. Bien que la visibilité à l'œil nu des phases de Vénus soit contestée, il existe des enregistrements d'observations de son croissant. Pentagramme de Vénus. Le pentagramme de Vénus est le chemin que Vénus trace comme observé depuis la Terre. Il résulte du fait que les conjonctions inférieures successives de Vénus se répètent très près d'un rapport de 13:8 (la Terre faisant 8 révolutions quand Vénus en fait 13), donnant ainsi un angle constant de 144° sur les conjonctions inférieures séquentielles, c'est-à-dire à chaque période synodique. Ce rapport est une approximation : en réalité 8/13 vaut tandis que Vénus orbite autour du Soleil en terrestre. Comme il faut 5 périodes synodiques de Vénus pour former le pentagramme, cela se produit toutes les terrestres. Lumière cendrée. Un mystère de longue date des observations de Vénus est sa lumière cendrée. Il s'agit d'un phénomène lumineux évanescent qui se présenterait sous la forme d'une lueur diffuse à peine discernable éclairant la partie sombre du disque de Vénus lorsque la planète est en phase de croissant. La première observation revendiquée de la lumière cendrée est faite en 1643, mais l'existence de l'illumination n'a jamais été confirmée de manière fiable. Les observateurs émettent l'hypothèse que cela pourrait résulter d'une activité électrique dans l'atmosphère vénusienne, mais cela pourrait également être une illusion d'optique résultant de l'effet physiologique de l'observation d'un objet brillant en forme de croissant. Histoire de son observation. Avant les télescopes. Vénus étant le troisième astre du ciel en termes de magnitude apparente, après le Soleil et la Lune, elle a attiré l'attention des premiers astronomes. Aussi, Vénus est la première planète à avoir ses mouvements tracés dans le ciel, dès le deuxième millénaire avant J.-C. Cependant, parce que les mouvements de la planète semblent être discontinus (elle peut disparaître du ciel pendant plusieurs jours en raison de sa proximité avec le soleil) et qu'elle apparaît tantôt le matin ("Astre du matin") et tantôt le soir ("Astre du soir"), de nombreuses cultures et civilisations ont d'abord pensé que Vénus correspondait à deux astres différents. Ainsi, pour les anciens Égyptiens, l'étoile du matin était appelée "Tioumoutiri" et l'étoile du soir "Ouaiti". De même, les Chinois ont historiquement appelé la Vénus du matin « la Grande Blanche » ("Tài-bái" ) ou « l'Ouvreuse de la Luminosité » ("Qǐ-míng" ), et la Vénus du soir comme « l'Excellente Ouest » ("Cháng-gēng" ). Néanmoins, un sceau-cylindre de la période de Djemdet Nasr et la tablette d'Ammisaduqa de la première dynastie de Babylone indiquent que les Babyloniens semblent avoir compris assez tôt que les « étoiles du matin et du soir » étaient le même objet céleste. Vénus est alors connue sous le nom de "Ninsi'anna" (« dame divine, illumination du ciel » du fait de sa brillance) et plus tard sous le nom de Dilbat. Les premières orthographes du nom sont écrites avec le signe cunéiforme si4 (= SU, signifiant « être rouge ») dont la signification première pourrait être « dame divine de la rougeur du ciel », en référence à la couleur de l'aube et du crépuscule. Les anciens Grecs pensèrent également que Vénus était deux corps distincts, une étoile du matin et une étoile du soir. Ils les appelèrent respectivement "Phōsphoros" (Φωσϕόρος), signifiant « apporteur de lumière » (d'où l'élément phosphore ; alternativement "Ēōsphoros" (Ἠωςϕόρος), signifiant « aurore ») pour l'étoile du matin, et "Hesperos" (Ἕσπερος), signifiant « occidental », pour l'étoile du soir. Pline l'Ancien attribue la découverte qu'ils étaient un seul objet céleste à Pythagore au sixième siècle avant notre ère, tandis que Diogène Laërtius soutient que Parménide fut probablement responsable de cette redécouverte. Plus tard, bien que les anciens Romains aient reconnu Vénus comme un seul objet céleste, les deux noms grecs traditionnels ont continué à être utilisés et aussi traduits en latin par "Lucifer" (signifiant « porteur de lumière ») pour l'apparition du matin et "Vesper" pour celle du soir. Au deuxième siècle de notre ère, Ptolémée émet l'hypothèse dans son traité d'astronomie "Almageste" que Mercure et Vénus sont situées entre le Soleil et la Terre, au sein d'un système géocentrique. Parallèlement, les Mayas considèrent Vénus comme le corps céleste le plus important après le Soleil et la Lune. Ils l'appellent "Chac ek" ou "Noh Ek", signifiant « la grande étoile » et savent qu'il ne s'agit que d'un seul astre. Les cycles de Vénus font l'objet d'un calendrier retrouvé dans le Codex de Dresde et les Mayas suivent les apparitions et conjonctions de Vénus à l'aube et au crépuscule. Ce calendrier repose notamment sur leur observation que cinq périodes synodiques de la planète correspondent à huit années terrestres, cause du « pentagramme de Vénus ». De nombreux événements de ce cycle étaient associés au mal et les guerres ont parfois été coordonnées pour coïncider avec les phases du cycle. Al-Khwârizmî, dit Algorismus, mathématicien, géographe et astronome d’origine perse, établit au des tables astronomiques basées sur l’astronomie hindoue et grecque. Il étudie ainsi la position et la visibilité de la Lune et ses éclipses, du Soleil et des cinq planètes visibles à l'œil nu. Il est le premier d'une longue série de scientifiques arabes. Au , l'astronome perse Avicenne affirme avoir observé un transit de Vénus, ce qui constituera une confirmation de la théorie de Ptolémée pour les astronomes ultérieurs. Au , l'astronome andalou Ibn Bajjah observe et Averroès déclare que le neveu de Sa'd ibn Mu'adh avait assisté à un transit simultané de Vénus et de Mercure, annonçant avoir calculé leurs trajectoires et qu'elles étaient en conjonction à ce moment pour soutenir sa thèse ; cette observation sera ensuite citée par Nicolas Copernic dans "Des révolutions des sphères célestes"'. Qotb al-Din Chirazi, astronome de l'école de Maragha, considére également au ces observations comme des transits de Vénus et de Mercure. En réalité, il n'y a pas eu de transit de Vénus du vivant d'Ibn Bajjah et les transits de deux planètes n'ont pas pu être simultanés comme le décrit Averroès. Aussi, si Avicenne n'a pas noté le jour où il aurait observé un transit et s'il y a bien eu un transit de son vivant (le , cinq ans avant sa mort), celui-ci ne pouvait être visible pour lui du fait de sa position géographique. D'une façon générale, des doutes ont été soulevés par des astronomes plus récents sur l'observation des transits par les astronomes médiévaux arabes, ceux-ci ayant été potentiellement confondus avec des taches solaires. Ainsi, toute observation d'un transit de Vénus avant les télescopes reste spéculative. Recherches au télescope à partir du. Le physicien italien Galilée invente la lunette astronomique en 1609. En , il l'utilise pour observer Vénus et constate que la planète présente des phases, comme la Lune. Il note qu'elle montre une phase semi-éclairée lorsqu'elle est au plus fort de son élongation et qu'elle apparaît comme un croissant ou une phase complète lorsqu'elle est au plus proche du Soleil dans le ciel. Galilée en déduit que Vénus est en orbite autour du Soleil, ce qui est l'une des premières observations contredisant clairement le modèle géocentrique de Claude Ptolémée selon lequel le Système solaire serait concentrique et centré sur la Terre. Le transit de Vénus de 1639 est prédit avec précision par Jeremiah Horrocks puis observé par lui et son ami, William Crabtree, dans leurs maisons respectives, le (soit le selon le calendrier julien utilisé à cette époque). Si l'on considère les observations des astronomes arabes comme contestées, il s'agit donc des premiers Hommes à avoir observé un transit de Vénus. En 1645, une première observation d'un supposé satellite de Vénus est faite par Francesco Fontana, ultérieurement dénommé Neith. D'autres observations seront faites pendant les deux siècles suivants (dont celles de Giovanni Cassini ou de Joseph-Louis Lagrange), mais l'existence de Neith est finalement réfutée à la fin du et les observations attribuées à des erreurs ou des illusions d'optique. Vers 1666, Cassini estime à un peu plus de la période de rotation de Vénus, sans parvenir à identifier s'il s'agit vraiment d'une rotation ou bien d'une libration. Cette erreur par rapport à la valeur réelle maintenant connue est notamment due aux marques de mouvement sur la surface de la planète créées par son atmosphère dense, dont l'existence n'était alors pas connue. Vers 1726, Francesco Bianchini observe, ou croit observer, grâce à une lunette particulièrement puissante des taches sur la surface de la planète indiquant des étendues similaires aux mers lunaires. Il réalise ainsi le premier planisphère de Vénus. Pour les transits de Vénus de 1761 et de 1769, de grandes expéditions sont organisées à travers le monde afin de réaliser des observations permettant de mesurer l'unité astronomique à l'aide de la méthode de la parallaxe. Des noms telles que ceux de James Cook et de Guillaume Le Gentil restent associés à ces expéditions. Cependant, les résultats de la mesure de l'UA réalisés en 1771 par Jérôme de Lalande sont décevants en raison de la mauvaise qualité des observations. L'atmosphère de Vénus est également découverte en 1761 par le polymathe russe Mikhail Lomonosov, puis observée en 1792 par l'astronome allemand Johann Schröter. Schröter découvre en effet que lorsque la planète est un mince croissant, ses pointes s'étendent sur plus de 180° ; il suppose donc que cela est dû à l'effet de la dispersion de la lumière du soleil dans une atmosphère dense. Plus tard, l'astronome américain Chester Lyman observe un anneau complet autour de la planète alors qu'elle est en conjonction inférieure, fournissant des preuves supplémentaires d'une atmosphère. De nouvelles expéditions sont organisées pour les transits de 1874 et de 1882, aboutissant à de meilleures approximation de l'UA, d'études de l'atmosphère vénusienne et de la plus ancienne expérimentation de film connue : le "Passage de Vénus" par l'astronome français Jules Janssen. L'atmosphère, qui avait auparavant compliqué les efforts pour déterminer une période de rotation d'observateurs tels que Cassini et Schröter, est prise en compte en 1890 par Giovanni Schiaparelli et d'autres qui optent alors pour une période de rotation de environ, ce qui aurait alors correspondu à une rotation synchrone avec le Soleil. Utilisation de nouveaux outils à partir du. Peu de choses ont été découvertes sur la planète jusqu'au . Son disque presque sans relief ne donnant aucune indication sur sa surface du fait de l'épaisse atmosphère, ce n'est qu'avec le développement d'observations spectroscopiques, radar et ultraviolettes que plus d'informations ont été obtenues. Les observations spectroscopiques des années 1900 ont donné les premiers indices plus précis sur la rotation vénusienne. Vesto Slipher essaie de mesurer le décalage Doppler de la lumière de Vénus, mais constate qu'il ne peut détecter aucune rotation. Il en déduit que la planète doit avoir une période de rotation beaucoup plus longue qu'on ne le pensait auparavant. Les premières observations ultraviolettes sont effectuées dans les années 1920, lorsque Frank E. Ross constate que les photographies ultraviolettes révèlent des détails absents dans le rayonnement visible et infrarouge. Il suggère que cela est dû à une atmosphère inférieure dense et jaune avec de hauts nuages de cirrus. Des travaux ultérieurs dans les années 1950 montrent que la rotation est rétrograde. Aussi, des observations radar de Vénus sont effectuées pour la première fois dans les années 1960 et fournissent les premières mesures de la période de rotation, qui sont alors déjà proches de la valeur exacte connue soixante ans plus tard. C'est aussi l'observation radio qui indique en 1958, soit bien avant l'atterrissage de la sonde Venera 7 en 1970, que la température du sol de la planète est de l'ordre de . Dans les années 1970, les observations radar révèlent pour la première fois des détails de la surface vénusienne. Des impulsions d'ondes radio sont diffusées sur la planète en utilisant le radio-télescope de à l'Observatoire Arecibo et les échos révèlent deux régions hautement réfléchissantes, désignées Alpha Regio et Beta Regio. Les observations révèlent également une région brillante attribuée à une montagne, qui est appelée Maxwell Montes. Ces trois caractéristiques sont désormais les seules sur Vénus à ne pas avoir de prénom féminin car nommées avant la normalisation de l'Union astronomique internationale. Exploration. L'exploration de Vénus à l'aide de sondes spatiales commence au début des années , peu après l'envoi du premier satellite artificiel en orbite, Spoutnik 1. Une vingtaine d'entre elles ont depuis visité la planète, que ce soit pour de simples survols, pour des séjours plus longs en orbite autour de Vénus, ou encore pour larguer des modules d'observation dans l'atmosphère et à la surface de Vénus. Jusque dans les années 2000, l'exploration de cette planète était uniquement réalisée par l'Union Soviétique et les États-Unis. La première mission d'envoi de sonde spatiale sur Vénus, et d'une façon générale sur une autre planète que la Terre, commence avec le programme soviétique Venera (« Vénus » en français) en 1961. Cependant, ce sont les États-Unis qui connaissent le premier succès avec la mission Mariner 2 le , devenant la première mission interplanétaire réussie de l'histoire, passant à 34,833 km au-dessus de la surface de Vénus et collectant des données sur l'atmosphère de la planète et sa température de surface évaluée à près de (). La sonde ne détecte pas de champ magnétique au voisinage de la planète et met en évidence la quasi-absence d'eau dans l'atmosphère vénusienne. Les informations envoyées par Mariner 2 complètent les observations radar réalisées depuis le sol terrestre la même année, notamment à l'observatoire Goldstone en Californie, qui ont permis d'estimer la période de rotation de la planète, inconnue jusqu'alors. En , la sonde soviétique Venera 4 entre avec succès dans l'atmosphère vénusienne et réalise des expériences. La sonde montre que la température de surface est plus chaude que ce que Mariner 2 avait calculé (près de ), détermine que l'atmosphère est composée à 95 % de dioxyde de carbone et découvre que l'atmosphère de Vénus est considérablement plus dense que ce que les concepteurs de la sonde ne l'avaient prévu. La sonde Venera 4 parvient à lancer une capsule vers le sol vénusien, et celle-ci transmet des données sur la composition de l'atmosphère vénusienne jusqu'à une altitude de . En parallèle, les américains lancent Mariner 5 dont les données seront analysées conjointement avec celles de par une équipe scientifique soviéto-américaine dans une série de colloques au cours de l'année suivante, ce qui constitue un premier exemple de coopération spatiale en pleine Guerre froide. En 1974, Mariner 10 transite par Vénus lors d'une manœuvre d'assistance gravitationnelle lui permettant de se diriger vers Mercure. La sonde prend des photographies ultraviolettes des nuages pendant le survol, révélant des vitesses de vent très élevées dans l'atmosphère vénusienne. En 1975, les atterrisseurs soviétiques Venera 9 et 10 transmettent les premières images de la surface de Vénus, qui étaient alors en noir et blanc. Venera 9 devient alors la première sonde de l'humanité à se poser sur une autre planète que la Terre, et la première à retransmettre des clichés de sa surface. En , les premières images couleur de la surface sont obtenues par les atterrisseurs soviétiques Venera 13 et 14, lancés à quelques jours d'intervalle. La NASA obtient des données supplémentaires en 1978 avec le projet Pioneer Venus qui comprend deux missions distinctes : Pioneer Venus Orbiter et Pioneer Venus Multiprobe. Le programme soviétique Venera réalise en , lorsque les sondes Venera 15 et 16 sont placées en orbite, une cartographie détaillée de 25 % du terrain de Vénus (du pôle nord à 30° de latitude nord). Vénus est par la suite régulièrement survolée afin de réaliser des manœuvres d'assistance gravitationnelle, notamment par les sondes soviétiques Vega 1 et Vega 2 (1985), qui profitent de leur passage autour de la planète pour y larguer chacune un ballon atmosphérique et un atterrisseur, avant de se diriger vers la Comète de Halley. Toutefois, aucun atterrisseur ne parvient à la surface, leur parachute ayant été arraché par les vents violents de l'atmosphère vénusienne. Par la suite, Galileo (1990) effectue le même type de manœuvre avant d'aller vers Jupiter, tout comme Cassini – Huygens (1998) avant d'aller vers Saturne et MESSENGER (2006) avant d'aller vers Mercure. Lors de son survol, la sonde "Galileo" fait des observations en proche infrarouge. En orbite pendant quatre ans autour de Vénus, entre et , la sonde "Magellan" réalise une cartographie complète et très précise (avec une résolution horizontale inférieure à ) de la surface de la planète. La sonde spatiale utilise pour cela un radar, seul instrument capable de percer l'épaisse atmosphère de Vénus. Un relevé altimétrique est également effectué. Cette cartographie détaillée montre un sol remarquablement jeune géologiquement parlant (de l'ordre de d'années), la présence de milliers de volcans et une absence de tectonique des plaques telle qu'on la connait sur Terre mais de nouvelles analyses suggèrent que la surface est divisée en blocs rocheux, « ramollis » par la chaleur intense de l'environnement et semblent se déplacer entre eux à la manière des blocs de glace de la banquise terrestre. La sonde Vénus Express de l'Agence spatiale européenne (réalisée en coopération avec Roscosmos) est lancée en et observe Vénus depuis jusqu'au . Elle permet de réaliser plusieurs découvertes importantes dont une possible activité volcanique récente, le ralentissement de sa vitesse de rotation ou encore la présence d'une « queue magnétique ». En 2007, une mission européenne "Venus Entry Probe" est prévue pour permettre l'exploration "in situ" de l'atmosphère vénusienne grâce entre autres à un ballon naviguant à une altitude de , mais elle n'aboutit finalement pas. En , des chercheurs de la NASA présentent le projet High Altitude Venus Operational Concept qui vise à établir une colonie humaine installée dans des dirigeables à d'altitude où la température n'est que de et la pression proche de celle de la Terre. À la fin des années , la NASA avait déjà étudié la possibilité d'utiliser des éléments du programme "Apollo" afin de réaliser un survol habité de Vénus avec un équipage de trois astronautes qui auraient effectué le voyage aller-retour en une année environ. En 2016, le programme Institute for Advanced Concepts de la NASA commence à étudier un rover (astromobile), l'Automaton Rover for Extreme Environments, conçu pour survivre longtemps dans les conditions environnementales de Vénus. Il serait contrôlé par un ordinateur mécanique et alimenté par l'énergie éolienne. Depuis 2016, une sonde de la JAXA, Akatsuki, est sur une orbite très elliptique autour de Vénus. Lancée en mais arrivée avec cinq ans de retard à cause d'une panne de propulseur lors de son insertion initiale, il s'agit de la seule sonde en orbite autour de Vénus en 2020. Elle a pour objectif de mieux comprendre ce qui a mené la planète à son état actuel, notamment son effet de serre. L'engin a permis de découvrir la présence, à d'altitude, d'une onde de gravité longue de et de large, stationnaire par rapport au sol et pouvant perdurer plusieurs jours (contrairement aux ondes de gravité sur Terre qui disparaissent très vite). "Akatsuki" a également pris des clichés dans l'infrarouge de la face nocturne de Vénus. Le , la sonde européenne BepiColombo, réalisée en partenariat avec la JAXA nippone, décolle vers la planète Mercure. Durant son trajet, elle réalisera deux survols de la planète Vénus, durant lesquels elle effectuera plusieurs expériences, servant notamment à tester les instruments de la sonde avant son arrivée autour de Mercure en 2025. Habitabilité. Conditions de vie. La spéculation sur l'existence de la vie sur Vénus a considérablement diminué depuis le début des années 1960, lorsque les véhicules spatiaux ont commencé à étudier la planète et qu'il est devenu clair que les conditions sur Vénus sont bien plus hostiles que celles sur Terre. Vénus possédant des températures de surface de près de avec une pression atmosphérique 90 fois supérieure à celle de la Terre, l'impact extrême de l'effet de serre rend improbable la vie à base d'eau comme elle est actuellement connue. Quelques scientifiques ont émis l'hypothèse de l'existence de microorganismes extrémophiles thermoacidophiles dans les couches supérieures acides à basse température de l'atmosphère vénusienne. Aussi, en , les astronomes ont signalé que le nouveau modèle à long terme d'absorbance et de changement d'albédo dans l'atmosphère de la planète Vénus est causé par des « absorbeurs inconnus », qui peuvent être des produits chimiques ou même de grandes colonies de micro-organismes haut dans l'atmosphère de la planète. En septembre 2020, le grand réseau d'antennes millimétrique/submillimétrique de l'Atacama et le James Clerk Maxwell Telescope observent la signature de phosphine gazeuse dans le spectre de l'atmosphère de Vénus, et ce en l'absence de mécanismes naturels abiotiques connus de production en quantité suffisante de cette molécule sur une planète tellurique. Toutefois, l'article paru dans "Nature" reste prudent : . La NASA ainsi que différents journaux scientifiques appellent à la prudence sur les résultats de détection de la phosphine ainsi que sur ses potentielles origines. En novembre, l'observation elle-même est contestée, notamment en raison d'erreurs de calibration du télescope. Méthodes de colonisation et d'exploration. Une présence permanente sur Vénus, au même titre que sur Mars, serait un nouveau pas dans le cadre de la conquête spatiale. Aussi, différentes méthodes de colonisation sont envisagées ou l'ont été. La pression atmosphérique et la température à cinquante kilomètres au-dessus de la surface sont similaires à celles de la surface de la Terre. Cela a conduit à des propositions d'utilisation d'aérostats (ballons plus légers que l'atmosphère) pour l'exploration initiale et, finalement, pour des « villes flottantes » permanentes dans l'atmosphère vénusienne. Parmi les nombreux défis d'ingénierie à relever figurent les quantités dangereuses d'acide sulfurique à ces hauteurs. Cette approche a notamment été proposée par la NASA dans le cadre de son projet High Altitude Venus Operational Concept. Une autre forme de colonisation sur Vénus serait sa terraformation. Une terraformation de Vénus consisterait à la rendre habitable pour l'homme, et donc rendre les conditions de surface moins hostiles. Ainsi, il faudrait abaisser sa température de surface, éliminer le dioxyde de carbone en excès dans l'atmosphère et accélérer sa période de rotation afin d'aboutir à un cycle jour/nuit plus proche de celui connu sur Terre. Dans la culture. Mythologie. Vénus étant une caractéristique principale du ciel nocturne, elle a revêtu une importance dans la mythologie, l'astrologie et la fiction à travers l'histoire et dans différentes cultures. Ainsi, la planète doit son nom à la déesse Vénus, déesse de l'amour dans la mythologie romaine (assimilée à l'Aphrodite de la mythologie grecque). De là vient également le nom du cinquième jour de la semaine : vendredi (de "veneris diem", en latin, pour « jour de Vénus »). Dans la mythologie mésopotamienne, Ishtar, la déesse de l'amour, est associée à la planète Vénus. Un des symboles de la déesse, l'étoile à huit branches, la représente comme l'étoile du matin ou du soir. De plus, les mouvements d'Ishtar dans les mythes qui lui sont associés correspondent aux mouvements de la planète Vénus dans le ciel. Les Chrétiens, reprenant le nom romain "Lucifer" (« porteur de lumière ») pour désigner « l'étoile du matin », associent la « chute » de la planète dans le ciel à celle d'un ange. Cela aboutit finalement à la figure de l'ange déchu Lucifer. En chinois, la planète est appelée "Jīn-xīng" (金星), la planète dorée de l'élément métallique. En Inde, elle appelée Shukra Graha (« la planète Shukra »), d'après la divinité Shukra et est utilisée en astrologie indienne. Ce nom signifie « clair, pur » ou « éclat, clarté » en sanskrit. Les cultures chinoises, japonaises et coréennes modernes se réfèrent littéralement à la planète comme « l'étoile de métal » (), sur la base des cinq éléments (Wuxing). L'ancien Japon désigne également la planète Vénus du nom de "Taihaku", ce nom ayant depuis été réattribué à un astéroïde par les astronomes : (4407) Taihaku. Culture contemporaine. Dans la culture populaire occidentale, la planète Vénus est surnommée l’« étoile du berger » car elle peut être facilement visible dans le ciel du matin (à l'est), avant l'aurore, ou dans le ciel du soir (à l'ouest), après le crépuscule. À l'époque moderne, le terme « étoile » est impropre car il est connu qu'il s'agit d'une planète, mais pour les Anciens, elle faisait partie des cinq astres dits « errants ». On lui attribua ce nom car les gardiens de troupeaux dans les temps anciens en tenaient compte pour aller dans les pâturages ou en revenir. Chez les Dogons, peuple contemporain du Mali réputé pour sa cosmogonie, elle peut également être appelée "enegirim tolo", pour « étoile du berger ». Par ailleurs, leur cosmogonie mentionne l'existence d'un satellite naturel autour de Vénus. L'étoile du berger est parfois confondue avec l’étoile des Rois mages, ou Étoile de Bethléem, bien qu'il s'agisse d'astres différents. Cette dernière est parfois évoquée comme ayant été une nova, supernova ou encore la comète de Halley, ces hypothèses ayant été mises de côté car aucun de ces phénomènes ne s'est déroulé durant le règne d’Hérode. L'explication actuelle est que l'intense lumière ait été produite par une conjonction entre Jupiter et Saturne. Des poètes classiques comme Homère, Sappho, Ovide et Virgile ont parlé de l'étoile et de sa lumière, puis des poètes préromantiques et romantiques tels que William Blake, Robert Frost, Letitia Elizabeth Landon, Alfred Lord Tennyson et William Wordsworth ont écrit des odes au sujet de la planète. Gustav Holst dédie le second mouvement de son poème symphonique "Les Planètes" (1918) à Vénus, où elle incarne la paix. Plus récemment, Alain Bashung, pour son album "Bleu Pétrole", compose la chanson "Vénus", consacrée à la planète et à son rôle de guide. En peinture, la représentation la plus célèbre de Vénus reste celle de Vincent Van Gogh dans "La Nuit étoilée", vue depuis la chambre de son asile du monastère Saint-Paul-de-Mausole à Saint-Rémy-de-Provence en . Une permet de confirmer qu'il s'agit bien de Vénus, entourée de blanc en bas à droite du grand cyprès. Le peintre indique également explicitement la présence de l'objet céleste dans ses lettres. La planète est également visible dans ses peintures "Route avec un cyprès et une étoile" et "La Maison blanche, la nuit", réalisées en 1890 et peu avant la mort de l'artiste. Fiction moderne. Avec l'invention du télescope, l'idée que Vénus était un monde physique et une destination possible a commencé à prendre forme. Aussi, elle est représentée dans la fiction depuis le . La forte couverture nuageuse vénusienne laisse également aux écrivains de science-fiction toute latitude pour spéculer sur les conditions de vie à sa surface, d'autant plus que les premières observations ont montré que non seulement sa taille était similaire à celle de la Terre mais qu'elle possédait une atmosphère substantielle. Plus proche du Soleil que la Terre, la planète est souvent décrite comme plus chaude, mais toujours habitable par les humains ; les écrivains imaginent alors des extraterrestres qu'ils nomment les Vénusiens. Le genre a atteint son apogée entre les années 1930 et 1950, à une époque où la science avait révélé certains aspects de Vénus, mais pas encore la dure réalité de ses conditions de surface ; on peut notamment citer "Dans les murs d'Eryx" de H.P. Lovecraft en 1939", Parelandra" de C. S. Lewis en 1943 et "Les Océans de Vénus" d'Isaac Asimov en 1954. Cependant, après les premières missions d'exploration robotisées, les résultats montrent qu'aucune forme de vie n'y est possible à la surface. Cela met un terme à ce genre particulier reposant sur l'espérance d'une Vénus habitée. Aussi, à mesure que la connaissance scientifique de Vénus a progressé, les auteurs de science-fiction modifient les thèmes abordés. Ainsi, des ouvrages conjecturant des tentatives humaines de terraformer Vénus se sont développés, comme dans le diptyque de Pamela Sargent ("Vénus des rêves" et "Vénus des ombres" en 1986 et 1988). Une approche de villes flottantes dans l'épaisse atmosphère de la planète afin de connaître des températures plus clémentes est également abordée dans "Le Sultan des nuages" (2010) de Geoffrey Landis. Quatre ans après, des chercheurs de la NASA proposent un projet similaire, High Altitude Venus Operational Concept, visant à établir une colonie humaine dans des dirigeables à d'altitude sur Vénus. Symbolisme et vocabulaire. Le symbole astronomique de Vénus est le même que celui utilisé en biologie pour le sexe féminin : un cercle avec une croix pointant vers le bas (unicode 0x2640 : ♀). Il correspond également au symbole alchimique ancien du cuivre. À l'époque moderne, il est toujours employé comme symbole astronomique pour Vénus, bien que son utilisation soit découragée par l'Union astronomique internationale. L'idée, erronée, selon laquelle le symbole représente le miroir de la déesse est introduite par Joseph Juste Scaliger à la fin du . Il invoque également le fait que le cuivre fut utilisé pour réaliser les miroirs antiques, faisant ainsi le lien avec le symbole alchimique. Au début du , Claude Saumaise établit que le symbole dérive en réalité de la première lettre du nom grec de la planète "Phōsphoros" (Φωσϕόρος), comme les symboles des autres planètes. Cythère étant une épiclèse homérique d'Aphrodite, l'adjectif « cythérien » ou « cythéréen » est parfois utilisé en astronomie (notamment dans astéroïde cythérocroiseur) ou en science-fiction (les Cythériens, une race de Star Trek). Aussi, l'adjectif « vénusien » est communément employé pour définir les caractéristiques de Vénus en lieu de « vénérien », qui a pris une connotation péjorative d'origine médicale en tant que synonyme d'infection sexuellement transmissible. |
VIIIe siècle av. J.-C. | | ../.. Années 790 av. J.-C. | Années 780 av. J.-C. | Années 770 av. J.-C. | Années 760 av. J.-C. | Années 750 av. J.-C. Années 740 av. J.-C. | Années 730 av. J.-C. | Années 720 av. J.-C. | Années 710 av. J.-C. | Années 700 av. J.-C. Voir aussi : Liste des siècles, Chiffres romains |
VIIe siècle av. J.-C. | | | | Années 690 av. J.-C. | Années 680 av. J.-C. | Années 670 av. J.-C. | Années 660 av. J.-C. | Années 650 av. J.-C. Années 640 av. J.-C. | Années 630 av. J.-C. | Années 620 av. J.-C. | Années 610 av. J.-C. | Années 600 av. J.-C. Voir aussi : Liste des siècles |
Val-de-Marne Le Val-de-Marne ( ) est un département français inclus dans la Métropole du Grand Paris et qui fait partie de la région Île-de-France. Il est nommé ainsi car la Marne coule sur son territoire. Il est limitrophe des départements de la Seine-Saint-Denis au nord-est, de Seine-et-Marne à l'est, de l'Essonne au sud, des Hauts-de-Seine à l'ouest et de Paris au nord-ouest. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 94. Le Département est labélisé Terre de Jeux 2024 - le label de Paris 2024 dédié aux collectivités -, et accueillera le passage du Relais de la flamme. Histoire. Le département du Val-de-Marne a été créé le , en application de la loi du , conformément au décret d'application du , à partir de la partie sud-est de l'ancien département de la Seine (29 communes) et d'une petite portion de celui de Seine-et-Oise (18 communes). Le Val-de-Marne, à la différence de la Seine-Saint-Denis, est un département très contrasté qui comprend des territoires que tout oppose, et qui compte à la fois nombre de communes de l'ancienne banlieue rouge et des communes beaucoup plus résidentielles (bords de Marne) ou beaucoup plus péri-urbaines, marquées par l'histoire de la ruralité et des espaces forestiers (des communes issues de l'ancienne Seine-et-Oise). À la création du département, ce dernier compte habitants, principalement logés dans de petits pavillons de banlieue construits entre la fin du et les années 1930, et de grands ensembles dont la mise en chantier débute au sortir de la Seconde Guerre mondiale. La préfecture, Créteil, bénéficie d'un programme d'urbanisme particulier : le « Nouveau Créteil ». Le pari politique à la création du département était de mélanger populations aisées, sur les franges du territoire, et populations ouvrières, au centre, afin de laisser une chance aux partis de droite de contrôler le conseil général. Il s'agit donc d'une "construction politique". Le pari est gagné lors des élections cantonales de 1970 avec la victoire des listes gaullistes aux élections cantonales. L'UDR Roland Nungesser devient président du Conseil général à la place du communiste Gaston Viens (premier président du conseil général, élu à la surprise générale). Le département bascule pourtant à gauche lors des élections cantonales de 1976 avec l'élection du communiste Michel Germa le à la présidence du Conseil général. Le poids du PC s'érode, mais reste fort dans le département avec encore 21,18 % pour les listes communistes lors du premier tour des élections cantonales de 1992. Le PC se maintient ainsi comme la première force politique d'un département qui penche clairement à gauche. Michel Germa est remplacé par le communiste Christian Favier le . En 2021 la droite remporte de nouveau le conseil général avec à sa tête Olivier Capitanio. Toutefois il est important de noter que, jusqu'aux lois de décentralisation de 1982 au moins, le vrai pilote du département, dans ce contexte de régionalisation, est le préfet : Paul Camous, préfet délégué du Val-de-Marne (1964-1967), puis Lucien Lanier, préfet du Val-de-Marne (1967-1974), et les préfets qui leur succéderont. Géographie. Le territoire du Val-de-Marne est situé dans la partie nord de la France. C'est une plaine alluviale où se situe la confluence du fleuve Seine et de la rivière Marne à Charenton-le-Pont. Outre la Seine et la Marne, la Bièvre, le Réveillon et le Morbras coulent également sur ce territoire. L'altitude moyenne est de , avec environ au niveau de Paris et au niveau du plateau de Villejuif. Ce département de la banlieue parisienne est très urbanisé, mais conserve quelques rares espaces agricoles au sud-est, sur le versant du plateau de la Brie. En 2013, la densité de population culmine à /km à Vincennes et /km à Saint-Mandé contre seulement /km à Noiseau, 895 /km à Périgny et 367 /km à Santeny. Une revue géographique ("Images du Val-de-Marne") a été consacrée à l'étude de ce département pendant les années 1970 : ont été abordés de nombreux sujets touchant à la locale et départementale, au milieu naturel, à l'agriculture, à l'urbanisme, à l'industrie, à l'histoire, aux services (transports, informatique, téléinformatique). Climat. Le climat du Val-de-Marne est un climat océanique dégradé avec des nuances semi-continentales. Les températures moyennes sont presque toujours supérieures à l'hiver et inférieures à l'été. Cette douceur des températures est un caractère océanique. Le Val-de-Marne reçoit moins de d'eau par an en moyenne. Les pluies tombent en automne et les maxima se situent en été sous forme d'orages. La neige est rare : moins de 11 jours par an en moyenne. La forte urbanisation influe sur le climat en réchauffant les températures, et la pollution atmosphérique est cause d'une perte de 15 à 20 % du rayonnement solaire global. Parmi les derniers épisodes météorologiques qui touchèrent le département, citons la tempête de 1999 avec des pointes de à Orly vers 6 heures du matin le et la canicule de 2003 avec une surmortalité de 171 % en août 2003, soit le plus haut taux en France. Démographie. Les habitants du Val-de-Marne sont les "Val-de-Marnais". En 2013, 25,7 % de la population avait moins de 20 ans, 55,8 % avaient de 20 à 59 ans et 13,8 % avaient 65 ans ou plus. Avec immigrés en provenance de l'Union européenne et immigrés venus d'un pays hors Union européenne, le Val-de-Marne compte 20,0 % de population immigrée en 2013. Transports. Historiquement, à sa création en 1964, le Val-de-Marne était très clivé. Les communes de l'ancien département de la Seine étaient beaucoup mieux équipées que les communes de l'ancien département de Seine-et-Oise. En dépit d'une volonté de résoudre ce déséquilibre, cette ligne de fracture existe toujours, et les équipements de transport en sont caractéristiques. Par autobus. Concernant les autobus par exemple, deux types de transporteurs traversent le département du Val-de-Marne : la RATP traversait les communes de l'ancien département de la Seine, tandis que des réseaux privés Transdev (STRAV ou CEAT par exemple) traversaient les communes de l'ancienne Seine-et-Oise. Les élus du Val-de-Marne, qui s'efforcent d'effacer ce clivage, se sont heurtés aux pouvoirs publics et à l'état. Un compromis a été trouvé dans les années 1980 : le TVM, le Trans-Val-de-Marne, inscrit au schémas directeur de la région parisienne. Cette ligne de bus exploitée par la RATP permet de rejoindre les différents gares RER et zones d'activité et d'emploi du département. Mais le TVM confirme la ligne de fracture, puisqu'il traverse essentiellement les villes de l'ancienne Seine-et-Oise qui connaissent une expansion démographique importante, mais qui ne bénéficient pas d'un réseau de transport en commun adéquat, notamment les villes de Villeneuve-Saint-Georges, de Valenton, de Limeil-Brévannes ou de Sucy-en-Brie. Par rail. Transport marchandises. Dans le département du Val-de-Marne, où le trafic de marchandises est le plus important de la petite couronne, un enjeu particulier concerne la gare ferroviaire de triage de Villeneuve-Saint-Georges. La politique de la SNCF depuis le début des années 2000 vise à une reconfiguration du secteur fret et remet en cause l'activité de triage de Villeneuve. Or la gare de triage de Villeneuve-Saint-Georges occupe une place symbolique et stratégique dans le paysage val-de-marnais. Cette menace pesant sur l'activité liée au trafic ferroviaire de marchandises sonne comme un désaveu pour l’État et le conseil général qui ont pris des engagements en faveur des transports alternatifs, moins polluants que le transport routier. Dans le département, 90 % des transports de marchandises s’effectuent par la route contre moins de 10 % par voie d’eau et voie ferrée. Cette disproportion est d’autant plus étonnante que d’autres équipements ferroviaires traversent le Val-de-Marne : le chantier combiné de Valenton, les installations ferroviaires de Rungis ou celles du port de Bonneuil. Intégré en 2007 dans le périmètre de l’opération d’intérêt national (OIN) Orly-Rungis-Seine-Amont (Orsa). Mais en , le gouvernement et la direction de la SNCF ont annoncé la fermeture d’une partie de l’activité du site de Villeneuve-Saint-Georges, enclenchant aussitôt, la mobilisation autour d’un collectif « pour la sauvegarde et le développement du triage », Présidé par le conseiller général (PCF) du canton de Valenton-Villeneuve-Saint-Georges chargé des transports et des déplacements, et regroupant des syndicats (CGT, CFDT, SUD Rail), des associations de défense de l’environnement (réseau Action Climat, WWF, etc.), des partis et des cheminots. Leur action commune est à la croisée de deux enjeux : la défense de l’emploi et la défense de l’environnement. Elle affiche un impératif politique : la transition écologique de l’économie. Transports en commun. Projets de transports. De nombreux projets de transports en commun sont actuellement en réalisation ou en étude dans le département : Par route. Outre l'autoroute A106 qui relie l'aéroport Paris-Orly à l'autoroute A6, les autoroutes traversant le département sont l’A4 et l’A86, alors que l’A6 se divise en deux branches : A6A et A6B. Si l’A4 offre une bonne desserte du nord-est du département, l’axe transversal est-ouest est l’A86 tandis que l’axe nord-sud est l’A6. Des années 1960 à 2018, des réserves foncières sont constituées pour la construction d'une voie de raccordement autoroutière de l'A86 à l'A4 puis le RD 19 sur entre Villiers-sur-Marne et Sucy-en-Brie nommée VDO (voie de desserte orientale ou parfois A87). En , le préfet confirme l'abandon définitif du projet et autorise l'urbanisation des précédemment gelés. Le Val-de-Marne possède deux lignes de Bus à haut niveau de service en site propre : Trois autres lignes BHNS sont en projet : Par voies navigables. La Seine et la Marne qui traversent le département permettent les transports des pondéreux par péniches. Par air. Ouvert au public depuis 1947, l’aéroport Paris-Orly est la deuxième plate-forme aéroportuaire de France, après l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, avec plus de mouvements par an, après avoir été la première de 1950 au milieu des années 1980. L'aéroport est relié par la route et le rail, notamment à Paris. En ce qui concerne les transports en commun, on citera Orlybus, Orlyval, le Noctilien et le tramway T7. La nationale 7 passe sous l’aérogare d’Orly Sud inaugurée en 1961. L'autoroute A106 relie l'aéroport à l'autoroute A6. Économie. Les activités économiques se situent essentiellement dans le pôle Orly-Rungis. Les secteurs d'activité se sont spécialisés autour du cinéma et de la santé avec la concentration de centres hospitaliers et de recherches de renom (le CHU Henri-Mondor de Créteil ou l'Institut Gustave-Roussy de Villejuif, notamment. Le Val-de-Marne est le second au niveau national, après Paris, en matière de médecine clinique). Le chômage affecte en 2004 11,5 % de la popûlation du département avec de fortes disparités d'une commune à l'autre pour atteindre 16 à 19 % à Valenton, Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine et Orly. Le pôle d'Orly est pourtant le deuxième plus important bassin d'emplois en Île-de-France avec emplois. Ce site a toutefois perdu plus de emplois industriels entre 1994 et 1997. Ce mouvement de désindustrialisation s'est accompagné d'une importante montée du secteur tertiaire. La mise en sommeil du projet de troisième aéroport parisien relance le site d'Orly avec un projet de construction d'un troisième aérogare. La logistique constitue l'un des points forts du département grâce à de bonnes infrastructures de transports variés aux portes de Paris : air, route, rail et fluvial. Le Marché international de Rungis profite à plein de ces possibilités. Dans la vallée de la Bièvre, un secteur est occupé par les hautes technologies. Sur les 27 communes de cette vallée, dix se trouvent en Val-de-Marne. Autre activité importante, mais qui s'appuie cette fois sur une longue tradition plus que centenaire : le cinéma. Les boucles de la Marne sont particulièrement concernées par cette activité, perpétuant ainsi la mémoire des studios de Saint-Maurice et de Joinville. Le 94 est classé sur 101 département français au niveau du salaire, avec une moyenne de (2015). Tourisme. Patrimoine culturel. Les bords de Marne avec ses guinguettes et ses îles constituent un site remarquable, connu de longue date par les touristes en quête de dépaysement. Nombre de chansons populaires ont jadis vanté les qualités de ces lieux : "Quand on s’promène au bord de l’eau" chanté par Jean Gabin en 1936, "Ah ! le petit vin blanc" écrite en 1943 par Jean Dréjac et qui fut un grand succès juste après la guerre ou "À Joinville-le-Pont" chanté par Bourvil en 1953, notamment, mais aussi des films comme "Nogent, Eldorado du dimanche" de Marcel Carné (1929) ou "La Belle Équipe" de Julien Duvivier (1936). Résolument tourné vers la modernité, le musée d'art contemporain du Val-de-Marne (ou Mac/Val) propose dans le centre-ville de Vitry-sur-Seine un espace consacré à l'art contemporain en France depuis 1950 sur . Le Mac/Val fut inauguré en novembre 2005. Un second espace consacré à l'art contemporain a été inauguré en à Alfortville : le centre d'art contemporain La Traverse. Le lac de Créteil est un plan d'eau d'environ qui permet la pratique de la voile, notamment. Ce lac urbain est également un site naturel important aménagé pour faciliter le passage des migrations d'oiseaux. Le Val-de-Marne est également une terre de châteaux. Citons ici le château de Vincennes et le château de Grosbois. Le département abrite également de petites perles comme la toute première roseraie du monde : la roseraie du Val-de-Marne, créée par Jules Gravereaux (1844-1916) en 1894. Le plan d'eau le plus étendu est le lac de Créteil qui couvre environ . Le parc hôtelier du Val-de-Marne comptait en 2003 170 chambres en quatre étoiles, 2784 chambres en trois étoiles, 3635 chambres en deux étoiles et 1651 chambres de moins de deux étoiles. Au total, 8240 chambres soit une augmentation de 56 % entre 1990 et 2003. Patrimoine naturel. Le territoire du Val-de-Marne est très urbanisé, néanmoins, il conserve des espaces verts très variés. Avec une superficie de , le département conserve d'espaces verts et naturels, soit par habitant. Le Département du Val-de-Marne est propriétaire d'une vingtaine de ces espaces naturels, dont la gestion est assurée par le Conseil général du Val-de-Marne. Parmi ces espaces naturels, on retrouve les parcs départementaux, les jardins (notamment la Roseraie du Val-de-Marne), les espaces naturels sensibles et les coulées vertes. Éducation. En 2005-2006, le département compte 771 établissements publics (325 écoles maternelles, 294 écoles primaires, 102 collèges, 48 lycées et 2 écoles régionales d'enseignement adapté) et 94 établissements privés (47 écoles et 47 établissements du second degré). En septembre 2005, l'inspection académique du Val-de-Marne scolarise élèves. Le département compte également un pôle universitaire : l'université Paris XII Val-de-Marne, localisée à Créteil. L'université cristolienne est inaugurée en 1970, avec l'arrivée des premiers étudiants de Lettres le à la suite de la création par arrêté du après la division de l’Université de Paris et la Loi Faure. C'est un centre multidisciplinaire. La médecine est enseignée au sein du CHU Henri-Mondor inauguré en 1969. Depuis 1972, Institut d'urbanisme de Paris se trouve à Créteil au sein de l'université Paris XII. Saint-Maur-des-Fossés accueillait les étudiants en économie et en droit, mais ces derniers ont rejoint Créteil après la construction de nouveaux locaux universitaires dans la ville chef-lieu. Paris XII adopte le nom d'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne (UPEC) à partir du . Concernant la petite enfance, le département a impulsé dès sa création une politique publique de développement des crèches, qui marque une spécificité du Val-de-Marne. Le parti pris a en effet été de continuer, en 1967, la politique départementale impulsée par l'ancien département de la Seine (mais à la base les crèches se gèrent au niveau municipal). Le choix a été fait d'en construire de nouvelles, aussi bien sur les communes de l'ancien département de la Seine, que sur les communes de l'ancienne Seine-et-Oise, avec un consensus pour résoudre le problème des déséquilibres entre ces deux territoires du département. Administration. Le Val-de-Marne compte 47 communes réparties dans trois arrondissements : Créteil, L'Haÿ-les-Roses et Nogent-sur-Marne. La préfecture est située à Créteil. Le département est découpé en 25 cantons. Politique. Le journal "Le Monde" relève qu'« avec leurs taux inégalés de logements sociaux, leur théâtre et cinéma municipal, leurs colonies de vacances et leur solidarité internationale affichée, les municipalités du Val-de-Marne ont été le cœur du "communisme municipal". |
Vase canope Dans l'Égypte antique, les vases canopes, au nombre de quatre, étaient destinés à recevoir les viscères embaumés du défunt. Ils étaient fabriqués en calcaire, en albâtre, en terre cuite, en céramique ou en faïence et étaient déposés près du sarcophage, dans la chambre funéraire du tombeau, sur une caisse ou une cuve. Les organes pouvaient ainsi accompagner les défunts, sans que le corps se décompose. La préservation du corps après la mort était en effet très important. On donnait aussi le nom de canopes à des vases où l'on gardait l'eau du Nil pour la boire, ainsi qu'à des espèces d'urnes où l'on renfermait le corps d'animaux sacrés ou qu'on plaçait auprès des momies. Origine. Ce sont des antiquaires du qui auraient attribué à ces vases l'adjectif "canope" ("canopus" en latin), provenant du nom d'une cité égyptienne du delta occidental, où, selon les Grecs, on adorait une divinité représentée sous la forme d'une cruche. On attribue à Champollion la découverte de l'usage des vases canopes. Le , lors de l'examen d'un vase funéraire, il note : [...] nous replaçâmes le canope dans l'eau bouillante et il nous fut facile de retirer du fond un corps étranger. Il était enveloppé dans une pièce de toile assez fine de six pouces de large sur huit de long. [...] c'était une matière animale dont le type lui donnait de l'analogie avec le foie, le cœur ou la rate de l'homme. [...] le volume de cet objet le rapprochait le plus de la rate. Évolution. Au cours de l'histoire, le nombre de ces petits vases ne varia pas, mais leur forme, elle, subit une évolution. Tout d'abord assez sobres et ventrus, ils deviennent plus élancés à partir du règne d' (Nouvel Empire) avec des épaules hautes et une base étroite. À la Basse époque, leurs formes deviennent plus trapues. Les bouchons aussi évoluèrent. D'abord ronds ou plats, ils prirent, au Nouvel Empire, une forme humaine, portant les traits du défunt. C'est à partir de la qu'apparurent les bouchons représentant les quatre enfants d'Horus, quatre génies dont trois à têtes d'animaux. Cette représentation se généralisa à l'époque ramesside. Parfois, au lieu de vases, on peut aussi trouver des paquets "canope" qui se trouvent dans la momie. Dans les périodes instables, comme la Troisième Période intermédiaire, où le risque de pillages de tombes était plus grand, lors de la momification, les organes étaient prélevés, placés dans du natron pour dessécher, puis plongés dans un baume pour les conserver. Ensuite, ils étaient emmaillotés dans des toiles puis replacés dans la cavité thoraco-abdominale. Les momies étaient alors parfois accompagnées de vases canopes factices. Valeurs symboliques. Chaque vase était associé à un génie (un des « quatre enfants d'Horus »), une déesse et un point cardinal, et son rôle était de protéger les organes qu'il renfermait. |
Volapük Le volapük (, parfois écrit sans tréma) est une langue construite créée en 1879-1880 par Johann Martin Schleyer, un prêtre catholique allemand, qui lors d'une insomnie sentit que Dieu lui commandait de créer une langue auxiliaire internationale. Des congrès de volapük eurent lieu en 1884 (Friedrichshafen), 1887 (Munich) et 1889 (Paris). Après un rapide développement (il y aurait eu un million de volapükistes en 1889), la langue perd rapidement un grand nombre de locuteurs au profit de l'espéranto. Malgré cela, le volapük survit, réformé dans les années 1920 sous l'impulsion d'Arie de Jong. Aujourd'hui, il existe quelques dizaines de volapükistes, actifs surtout sur internet. Le volapük peut se définir comme une langue agglutinante à structure d'actance accusative. Du point de vue de la syntaxe, elle fait partie du type sujet — verbe — objet, mais la présence de cas morphologiques (nominatif, accusatif, génitif et datif ; un prédicatif, peu usité, existe néanmoins) lui donne une certaine souplesse ; c'est enfin une langue centrifuge (par exemple, l'adjectif viendra immédiatement après le nom qu'il qualifie). Au niveau de la typologie des langues construites, c'est une langue auxiliaire internationale (à l'origine tout du moins, car aujourd'hui toute prétention politique est abandonnée par les volapükistes), mixte (c'est-à-dire que sa grammaire et son vocabulaire s'inspirent des langues naturelles tout en y intégrant de forts aspects artificiels), à racines naturelles déformées (elle s'oppose donc aux langues qui intègrent des racines telles qu'elles sont dans les langues naturelles, ou presque, et à celles qui les créent ""), dérivative (d'une racine empruntée elle crée un champ lexical par dérivation) et schématique (elle s'oppose ainsi aux langues naturalistes qui sont beaucoup moins régulières). Histoire. Période classique. Naissance du volapük (1878-1880). En 1878, dans le numéro de mars de la revue de poésie catholique allemande ', paraissent de petites notes du directeur de la revue, le père Schleyer, sur la nécessité d'un alphabet phonétique international permettant de retranscrire les sons de toutes les langues du monde. Selon la légende, Schleyer eut cette idée en entendant les cris d'un paysan de son village se plaignant que la lettre qu'il avait envoyée à son fils, qui vivait en Iowa, lui était retournée, car il s'était trompé en écrivant , selon la prononciation allemande, sur l'adresse. Avec le système de Schleyer, le paysan, même en ne connaissant pas la graphie américaine , pourrait utiliser la nouvelle graphie internationale . Il réalise donc et publie dans le même numéro de ' un projet d'alphabet, fondé sur les nombreuses langues qu'il connaît. Schleyer soumet son manuscrit à l'administration postale allemande, qui le publie dans le journal officiel de l'Union postale universelle, sans qu'il y soit donné suite. Puis, une nuit d'insomnie de , après un voyage dans la plurilingue Autriche-Hongrie qui avait excité sa réflexion, le père Schleyer a une crise mystique, qu'il raconte ultérieurement dans les termes suivants : Il met donc de côté (tout en continuant à l'utiliser régulièrement) son idée d'alphabet phonétique pour accomplir ce qu'il croit être un ordre divin : créer entièrement une langue artificielle capable d'unir l'humanité divisée. Durant une nuit et un matin, du 30 au , Schleyer écrit la grammaire (ou en tout cas une première ébauche de grammaire) d'une langue complètement nouvelle : le volapük (', dérivé de l'anglais ', pour monde, "-a-" pour le génitif et ', dérivé de l'anglais ', " étant déjà pris, pour langue : le volapük est donc la « langue du monde »). Selon Roberto Garvía, le volapük de Schleyer n'est pas né en tant que langage international pour résoudre des problèmes de communication, mais comme un complément de ses recherches sur l'orthographe phonétique ; il ne s'agit pas de la , mais d'une . Il publie cette grammaire le mois suivant, en , comme supplément à ". Des journaux quotidiens rapportent la naissance de ce projet, et, dès cette année-là, des volapükistes se trouvent en Allemagne, en Autriche-Hongrie, voire aux États-Unis. Ces premiers succès conduisent à la publication, en 1880, du premier manuel, en langue allemande, de volapük, marquant la véritable diffusion du volapük auprès d'un public plus vaste dépassant les catholiques allemands, pour toucher plus généralement tous les germanophones. Éclosion du mouvement jusqu'au premier congrès (1881-1884). Toutefois, c'est notamment grâce aux liens de son créateur avec le monde catholique, et plus particulièrement avec celui de la presse catholique, que le volapük peut se répandre à travers l'Europe germanique. Le développement est tel que ' apparaît bien vite insuffisant, et qu'il faut songer à créer un organe dédié, ce qui est fait dès 1881, avec la première parution du ' ("Journal central du volapük"), revue qui ne cesse sa publication qu'en 1908. Dès 1882, le 11 mai très exactement, est fondé le tout premier club de volapük à Alberweiler (Wurtemberg). Peu après, le volapük pénètre en Suède, où le deuxième club est fondé. Pendant ce temps, grammaires et dictionnaires de langue allemande s'enchaînent. C'est donc à un moment où le volapük est parlé presque exclusivement par des germanophones que se tient son premier congrès international, à Friedrichshafen, les 26 et . Il n'est alors pas étonnant que la langue utilisée pour ses travaux soit l'allemand et non le volapük, vu le public, essentiellement allemand, et la jeunesse de la langue. Internationalisation du mouvement et première crises (1885-1887). Après cette première réussite, le mouvement volapükiste continue sa progression. Journaux et manuels se multiplient et le mouvement néerlandais s'illustre par son activité. 1886 est une année charnière, marquant le début de la véritable internationalisation et, paradoxalement, le début des crises qui auront ensuite raison du mouvement. C'est alors qu'entre en scène « le personnage le plus important de l'histoire du volapük, après Schleyer », Auguste Kerckhoffs. Professeur d'allemand français d'origine néerlandaise, le Kerckhoffs (il est docteur en littérature allemande), qui enseigne à l'École des hautes études commerciales de Paris, est surtout connu à l'époque pour son travail sur la cryptographie ; il est notamment l'auteur d'une série de deux articles titrés "La Cryptographie militaire" dans lesquels il expose le fameux principe de Kerckhoffs, encore enseigné aujourd'hui. C'est lors de ses recherches en cryptographie qu'il rencontre pour la première fois les langues construites, et notamment le solresol de François Sudre qui était utilisé parfois par les militaires. Volapükiste à partir de 1885, il introduit avec succès le volapük en France. Il en donne des cours et publie, entre autres, un "Cours complet" en 1886, qui connaît sept éditions cette année-là (et une huitième en 1887) et est traduit en de multiples langues, et lance une revue, dont il sera rédacteur en chef durant toute son existence. Il crée également l'« Association française pour la propagation du volapük » (officiellement fondée ), dont il devient secrétaire général, laissant la présidence à Ernest Lourdelet. L'année suivante, Kerckhoffs accompagne son "Cours complet" d'un dictionnaire. Dès 1887, le volapük semble avoir supplanté toute concurrence. Dans un article du "Temps" de , après s'être moqué des propositions de réforme de l'orthographe française (le « fonétisme ») et des projets de langue auxiliaire internationale, un journaliste anonyme écrit : De grands noms de la science de l'époque adhèrent au mouvement, surtout en Allemagne (Alfred Kirchhoff, Max Müller...), et huit nouvelles revues naissent cette année-là. Mais ce qui marque vraiment l'année 1887, c'est la tenue du du volapük, à Munich, du 6 au . Plus grand et plus international que le congrès de 1884, avec environ , il est néanmoins plus allemand que ne l'est en réalité le mouvement, et la majorité des discussions a à nouveau lieu en langue allemande. Mais si le volapük a indéniablement trouvé son public, la langue ne fait pas que des émules. Comme l'écrit Jean-Paul Lescure à propos de la France : En plus des antipathies soulevées à l'extérieur du mouvement, des problèmes internes à la langue se font sentir. Le congrès décide donc de créer une académie, la '. Schleyer, en tant que créateur de la langue, en est nommé à vie « grand-maître » () ; Kerckhoffs en est cependant la véritable tête et est nommé directeur (). Si Schleyer perd un peu de contrôle sur la langue, il conserve la mainmise sur le mouvement. En plus de l'académie, le congrès fonde le ', association universelle de volapük. Les dirigeants élus du mouvement doivent impérativement se voir confirmés par le '. Vers le schisme du (1888-1889). L'académie bicéphale va au-devant de grands problèmes, tant Schleyer et Kerckhoffs ont une vision différente de ce que doit être le volapük. Schleyer, en le créant, met un point d'honneur à rendre possible l'expression de toutes les nuances des langues qu'il connaît. Le volapük a donc une grammaire relativement vaste. Mais quand le premier enseignant diplômé de volapük (""), Karl Lenze, vante les formes possibles du verbe volapük, Kerckhoffs, qui voit dans le volapük une langue commerciale et non littéraire ou philosophique, et cherche donc la plus grande simplicité, répond dans sa revue que cela pourrait mener la langue à sa perte. Dès son "Cours complet", il propose quelques réformes qu'il résume ainsi : Mais il ajoute tout de suite après que . De plus, Schleyer accepte cela, puisqu'il accepte de faire du manuel de Kerckhoffs le manuel de référence. Les deux principaux dirigeants du mouvement s'opposent certes, mais semblent tous deux prêts à faire des concessions. Le mouvement n'est pas condamné "" ; et cependant, tant sur le plan organisationnel que linguistique, il connaît des divisions si grandes qu'elles mettront fin à l'« âge d'or » du volapük. Sur le plan organisationnel d'abord, Schleyer infirme l'élection de , président du club de Munich et organisateur du congrès de 1887 à la tête du mouvement allemand. Le club de Munich se divise, et le mouvement allemand, le plus important mouvement national, se fractionne en de multiples tendances ; les volapükistes en dehors de l'Allemagne ne ressentent pas ce problème. C'est sur le plan linguistique que le schisme se fait le plus dur, et le plus international aussi. Le conflit s'amplifie entre l'académie de Kerckhoffs, très réformiste (il souhaite aller encore plus loin que ce qu'il avait proposé dans son "Cours complet" et son "Dictionnaire", cf. ""), et Schleyer, qui traite la langue comme sa propriété. Au début, Schleyer reconnaît l'autorité de l'académie. Il est même le premier à lui poser des questions, mais il juge que les réponses qui lui sont faites sont trop novatrices. La dispute se cristallise donc autour de la question du droit de veto réclamé par Schleyer, et refusé par l'académie (qui lui accorde simplement une triple voix). C'est dans ce contexte d'affaiblissement du mouvement que le club volapükiste de Nuremberg, créé en 1885, sous l'influence de Léopold Einstein, adopte l'espéranto en 1888 et forme ainsi le premier club espérantiste de l'histoire. Tout en continuant à adopter les réformes de Kerckhoffs, et afin de résoudre ces problèmes, l'académie convoque en 1889 à Paris le congrès mondial de volapük. Treize pays (dont la Turquie et la Chine) y sont représentés, chaque pays ayant un nombre de délégués proportionnel à sa population. La double tâche de ce congrès est de ratifier les statuts de l'académie, qui ne sont que temporaires, et de valider les réformes votées par elle. Contrairement aux deux autres, cette fois-ci les discussions ont lieu principalement en volapük, ce qui fait écrire à Ernst Drezen que . Cependant, ce congrès démontre que le volapük souffre de trop de défauts pour être utilisé sans réformes. Comme l'écrit, avec un peu trop d'emphase peut-être, un idiste des premiers temps : Les réformes que le congrès a montré nécessaires ne sont pas réalisées par ce dernier : il n'a pas le temps de traiter des questions grammaticales précises. Il se contente de réclamer à Kerckhoffs une grammaire « normale » (') sans aucune règle superflue, ce qui valide la vision « commerciale » de la langue ; et il approuve les décisions de l'académie, ce qui valide l'option plus « a posterioriste » qu'avait prise l'académie. Enfin, le congrès vote de nouveaux statuts pour l'académie, renforçant l'indépendance de celle-ci par rapport à Schleyer (l'académie est qualifiée d' [§2] ; pour valider une réforme refusée par Schleyer, elle doit la voter à la majorité qualifiée des deux tiers [§15], ce qui ' rend impossible tout blocage de la part de Schleyer, dans une académie acquise jusque-là à Kerckhoffs). Schleyer, refusant cette évolution, déclare le congrès et l'académie illégitimes, et réunit ses partisans à Allmendingen, en . Il fonde une nouvelle académie, avec à sa tête Karl Zetter, et remplace toute la hiérarchie du mouvement par des personnes acquises à sa cause, du niveau mondial aux niveaux urbains, en passant par les continents et les pays. Le schisme est consommé. État du mouvement au moment du schisme (1889-1890). Au moment où le schisme a lieu, le mouvement volapükiste est au plus haut. 283 clubs sont enregistrés (en Europe certes, mais aussi en Amérique, comme à San Francisco, en Afrique, comme au Cap, ou en Océanie comme à Melbourne ou Sydney) et (dont 7 uniquement rédigées en volapük) paraissent régulièrement ; la langue est enseignée par plus de 1600 enseignants diplômés (dont 950 validés par Schleyer et 650 par l'Association française pour la propagation du volapük — donc par Kerckhoffs), qui peuvent se servir de manuels en 25 différentes langues. Apprendre le volapük donne accès à plus de ou brochures, et le nombre total de volapükistes est estimé à un million, jusqu'en Chine et au Japon. Ce mouvement est très hiérarchisé, avec 11 grades, du ', Schleyer, aux ' (professeurs pour les petits clubs). Si l'on prend la typologie des langues construites proposée par D. Blanke, qui les classe non par leurs choix linguistiques théoriques mais par leur usage réel, le volapük fait partie de la classe des « semi-langues » (), et une des rares, avec l'occidental et l'interlingua à avoir atteint le stade 9 (utilisation orale internationale), c'est donc une des quatre langues construites historiquement les plus avancées. Sociologiquement, les volapükistes sont presque uniquement des membres de la bourgeoisie. Selon le ("Annuaire des diplômés"), pas même un ouvrier ne pratique la langue, fait que l'on peut comparer à l'espéranto, qui intéresse le mouvement ouvrier dès le commencement. Les deux tendances principales du mouvement, même antagonistes, s'intéressent dans leur ensemble peu aux ouvriers : Schleyer le conservateur destine sa langue aux élites du monde, pendant que Kerckhoffs voit dans le volapük la langue du commerce. Donc, même si le congrès de Lausanne de la Internationale (1867) a adopté une motion favorable à l'idée de langue internationale, ce n'est naturellement pas vers le volapük que se tournent les ouvriers ayant des sympathies pour cette idée. Par ailleurs, le volapük n'attire qu'une minorité de femmes, de 10 à 15 % des volapükistes, ce qui représente un taux beaucoup plus faible que celui que l'on rencontrera plus tard chez les espérantistes ; le volapükiste moyen est un mâle catholique, germanophone, issu de la classe moyenne supérieure. Le schisme (1889-1892). La destitution par Schleyer de l'académie de Kerckhoffs est refusée par ce dernier. Conformément aux demandes faites par le troisième congrès, il propose un bloc de réformes. Le mouvement, profondément divisé, s'essouffle : les clubs ferment les uns après les autres, s'ils ne passent pas à l'espéranto ; les revues, dont celle de Kerckhoffs, cessent les unes après les autres de paraître. L'académie parvient cependant à publier une "" en 1891. La même année Schleyer raye officiellement le nom de Kerckhoffs de la liste des volapükistes, accélérant l'hémorragie en Europe latine principalement « kerckhoffsienne » que la relative stabilité du mouvement en Amérique, en Asie et en Europe germanophone ne contrebalance pas. À cette époque, Kerckhoffs réduit de plus en plus sa participation aux travaux de l'académie. En 1892, pensant le volapük mort, fatigué de se battre au sein de l'académie, renvoyé de son poste de professeur d'allemand à cause de critiques trop appuyées faites aux règles du ministère du commerce et à cause de la maladie de sa fille unique Pauline (qui en meurt le à l'âge de ), il démissionne. Un comité est nommé pour expédier les affaires courantes de l'académie, qui élit comme directeur le russe Waldemar Rosenberger. Sous sa direction, l'académie abandonne le volapük, crée une toute nouvelle langue, l'idiom neutral, et prend un nouveau nom, « Akademi internasional de lingu universal ». En 1908, le directeur de l'académie, Giuseppe Peano, lui fait abandonner l'idiom neutral et adopter sa propre création, le latino sine flexione, sous le nom de « Academia pro Interlingua ». Kerckhoffs abandonne quant à lui l'idée d'une langue auxiliaire internationale et enseigne dans divers lycées de province jusqu'à ce qu'un accident de train mette fin à ses jours le à Därlingen en Suisse ; il est enterré à Paris avec sa fille. L'unité retrouvée d'un mouvement très affaibli et mort de Schleyer (1892-1912). Les réformateurs abandonnant l'idée d'une langue auxiliaire internationale ou en créant de nouvelles, le volapük retrouve, très affaibli, son unité autour de Schleyer. Seul maître à bord, il continue à « améliorer » sa langue, la rendant de plus en plus arbitraire. Les derniers fidèles, réunis autour de "" jusqu'à ce qu'elle cesse son activité en 1908, publient encore de rares brochures, comme en 1904 ou 1916. En 1892 ne restaient plus que 17 périodiques et 90 clubs ; comptant encore 159 correspondants en 1901, la société mondiale des volapükistes ferme ses portes en 1912. Pour beaucoup, les espoirs de voir le volapük devenir langue auxiliaire internationale sont bel et bien morts. Le , Schleyer est nommé camérier secret surnuméraire par le pape Léon XIII, ce qui lui vaut de recevoir le titre de « monseigneur » sans être évêque. Le , il meurt, laissant (par testament) à son ami le prêtre Albert Sleumer, qui a appris le volapük en 1892, soit après son déclin (alors qu'il avait pensé à l'origine à Rupert Kniele, grand volapükiste de la première heure, qui avait abandonné le mouvement après le schisme), le rôle de "", commençant ainsi une tradition de succession par nomination (il l'avait nommé en 1910) qui dure jusqu'à aujourd'hui. Rôle de l'espéranto. Quel rôle a joué l'espéranto dans la chute du volapük ? L.L. Zamenhof, le créateur de l'espéranto, le décrit lui-même dans une allocution faite le pour les de Schleyer lors du Congrès mondial d'espéranto à Anvers : D'autres langues, comme l'idiom neutral, ont pu participer à la marge à cette chute ; mais ce sont bien les dissensions internes qui en sont responsables. L'espéranto, par contre, a profité en partie de l'échec interne du volapük, en attirant ceux de ses anciens soutiens qui, pensant le volapük mort, ne se sont pas dirigés vers la création d'un volapükide (comme l'académie) et n'ont pas abandonné l'idée (comme Kerckhoffs), comme le firent les membres du club de Nuremberg. Période réformée. Réforme linguistique. Le mouvement volapükiste, réduit à quelques centaines de personnes, autour notamment de la petite revue néerlandaise ' ("Courtes nouvelles sur le monde du volapük"), organe de l'association néerlandaise de volapük ('), survit. En 1891, le jeune sous-officier médical de l'armée néerlandaise, le futur docteur Arie de Jong, obtient son premier diplôme de volapük ; il correspondra avec d'autres volapükistes durant son engagement militaire aux Indes néerlandaises, durant lequel il sera nommé à l'académie de volapük, en 1901. Une fois atteinte la retraite, en 1921, Arie de Jong rencontre le "" Albert Sleumer, et lui fait part de sa volonté de réformer quelque peu le volapük, afin de lui permettre de revenir à la vie, ce que Sleumer accepte. Arie de Jong décrit ainsi ses motivations en 1931 dans la préface de sa grammaire : En 1929, jugeant sa réforme prête, de Jong se rend à nouveau chez Sleumer pour lui présenter ses réformes ; les deux volapükistes se rendent ensuite ensemble en Suisse, chez Jakob Sprenger, un autre académicien, mais surtout le possesseur des droits d'auteur sur les œuvres de Schleyer. Tous trois étudient et amendent quelque peu le projet, puis finalement l'acceptent. Deux ans plus tard paraissent chez l'éditeur bien connu Brill la ' et un dictionnaire volapük-allemand allemand-volapük. Deux ans à nouveau passent avant que le ' n'officialise les réformes par un décret ("") : Cette réforme, seul cas dans l’histoire des langues auxiliaires où une communauté de locuteurs accepte des changements profonds une et une seule fois, est à l'origine du ', qui est la seule forme encore utilisée aujourd'hui. Relatif renouveau du mouvement. Albert Sleumer, après la mort de Schleyer tente tant bien que mal de garder vivant le volapük, publiant en 1914 une petite biographie de Schleyer qui fait toujours autorité et faisant des conférences là où il le peut. Puis vient la Première Guerre mondiale, que le mouvement, déjà très affaibli, a bien du mal à surmonter. Mais aux Pays-Bas, Arie de Jong, qui agissait déjà comme , tentait de relancer le mouvement, avec un certain succès. Il réussit à reformer l'Association générale néerlandaise de volapük (') en organisant son le . L'année suivante, il fonde avec l'académicien la ' (« Revue volapükiste pour néerlandophones »), qui joue en fait le rôle de l'ancienne ', et fonde une association pour les volapükistes qui vivent en dehors des Pays-Bas. En 1934-1935, il rédige pour Albert Sleumer des réformes dans l'organisation du mouvement, et se voit nommé en 1934 directeur de l'académie ('). La Seconde Guerre mondiale et ses suites. En 1935, le gouvernement nazi interdit tous les mouvements pour les langues internationales en Allemagne, où vivait Sleumer et où résident le plus de volapükistes, après les Pays-Bas. Consécutivement à l'occupation des Pays-Bas, cette loi s'y étend, mettant un terme à l'action de de Jong et de sa revue. Ce n'est qu'en 1948 que la ' paraît à nouveau, avec un édito titré "Finalement après un temps long !" ('). Cette même année, à cause de difficultés matérielles évidentes dans une Allemagne détruite par la guerre, Sleumer transmet le rôle de ' au Suisse Jakob Sprenger, après que, à partir de 1947, de Jong ait expédié les affaires courantes comme , ' provisoire ; malade, il transmet à son tour dès 1950 le poste à Johann Schmidt, et meurt le . Considérant qu'un Allemand ne pouvait toujours pas diriger le mouvement, notamment à cause de problèmes douaniers, Schmidt transmet ses pouvoirs, tout en conservant sa fonction, à Arie de Jong, devenu entre-temps ' (' adjoint). En 1956, de Jong laisse la rédaction de la ' à Filippus Krüger, qui la renomme simplement ' en 1958. La date à laquelle de Jong cesse d'agir avec les pouvoirs du ' est inconnue, mais il meurt le à Putten (c'est donc le ' pour la reprise des pouvoirs de "" par Schmidt). Survie du mouvement après la mort d'Arie de Jong. Après la mort d'Arie de Jong, le volapük entre dans sa troisième phase : après celle de la création sous Schleyer, puis celle de la stabilisation avec Arie de Jong, vient celle de la conservation, qui dure jusqu'à aujourd'hui. Dans une lettre envoyée le à Brian Bishop par Johann Schmidt, ce dernier déclare : En 1962, la ' cesse de paraître, mais le mouvement continue d'éditer de petits livres et vocabulaires (le plus important de cette période étant peut-être ', "Histoire de la langue universelle « volapük »", publié par Schmidt en 1964). Le , Schmidt décède subitement, laissant le rôle de ' au polyglotte néerlandais Filippus Johann Krüger (1911-1992) qui le transmet en 1984 au Britannique Brian Reynold Bishop (°1934), qui avec un autre Britannique, Ralph Midgley (fondateur de la revue ' en 1989), nommé gouverneur () réorganise les activités sur Internet. Le volapük aujourd'hui. Avec l'arrivée d'Internet, le mouvement volapükiste connaît un nouveau regain d'activité, avec notamment la création de pages web, d'un groupe de discussion Yahoo (aujourd'hui fermé) et d'une page Facebook et sur d'autres réseaux sociaux (Discord, Reddit...) où se publient des questions sur la langue et son histoire, mais aussi des traductions de blagues, de mèmes... Depuis 2004, Wikipédia propose une version en volapük, qui contient aujourd'hui plus de , même s'il s'agit en majorité d'ébauches géographiques créées par des bots. Au niveau institutionnel, en 2014, Hermann Philipps remplace Brian Bishop comme ', c'est-à-dire dirigeant, successeur de Schleyer, et, depuis 2015, un ' adjoint () est nommé en la personne de Daniel Morosof, de Russie. Aujourd'hui, le volapük n'est plus proposé comme langue auxiliaire internationale, et toute mention politique est absente des nouveaux statuts de la Société internationale du volapük (') promulgués en 2007 par le ' de l'époque, Brian Bishop. Dans une interview publiée en 2015 dans une traduction en espéranto, Hermann Philipps nie la possibilité pour toute langue auxiliaire internationale de réussir. Selon lui, le volapük s'apprend surtout par jeu et pour l'intérêt historique ou interlinguistique que présente cette langue. Des écrivains montrent néanmoins un intérêt purement linguistique pour le volapük. Dans "Le Congrès", troisième nouvelle du "Livre de sable", Jorge Luis Borges confie à un narrateur qui lui ressemble par bien des traits la mission d'aborder l'espéranto et . Selon son traducteur Jean Pierre Bernès, . La communauté se réunit surtout autour de Facebook et du groupe Yahoo déjà cités, mais la petite revue ' ("La Voix du volapük"), fondée en 1989 par Ralph Midgley (sous le nom de ', "La Circulaire") et éditée aujourd'hui par Hermann Philipps, publie encore chaque mois des nouvelles, des traductions littéraires, des notices historiques ou grammaticales, à l'attention des volapükistes. L'éditeur irlandais Evertype, déjà responsable de la republication en fac-similé du dictionnaire et de la grammaire d'Arie de Jong, a aussi publié un recueil de nouvelles de science-fiction publiées initialement dans "", et travaille sur la publication d'une traduction commentée de la grammaire d'Arie de Jong en anglais et en allemand. En dehors des cercles volapükistes et interlinguistes, le volapük est connu par son acception courante péjorative. Par exemple, Charles de Gaulle l'évoqua dans sa conférence de presse du : Cette signification de « création artificielle sans âme » n'est pas la seule survivance péjorative du volapük dans le langage courant. Dans certaines langues, « volapük » a pris le sens de "charabia", parmi lesquelles le danois, où l'expression (littéralement « c'est du pur volapük pour moi ») correspond au « c'est du chinois » français. Parfois, les deux sens péjoratifs se mélangent. Dans son "" ("Lexique d'invectives musicales"), où il recense des critiques négatives faites à des œuvres musicales du et du considérées par la suite comme des chefs-d'œuvre, Nicolas Slonimsky donne deux références pour l'entrée « volapük », où ce terme est utilisé pour qualifier des symphonies ou opéras jugés à la fois artificiels et incompréhensibles. Alphabet et phonologie. Généralités. Chaque lettre du volapük n'est rendue que par un seul phonème, qui peut cependant être rendu par plusieurs sons (par exemple, certaines consonnes peuvent être voisées ou non-voisées, selon la préférence du locuteur), et qui n'est par contre jamais modifié par ses voisins (diphtongues et triphtongues n'existent donc pas). L'accent se met toujours sur la dernière syllabe du mot, quel que soit son rôle par rapport à la racine. Le volapük, dans sa version schleyerienne, avait réduit le plus possible la présence du phonème , à cause de la difficulté qu'auraient les Chinois à le prononcer. Le volapük moderne le réintroduit. Ancienne version de l'alphabet. Schleyer avait proposé des lettres alternatives aux trémas, directement issues de son alphabet phonétique de 1878, mais ces dernières ne furent que peu utilisées ; si ä, ö et ü étaient censées être remplacées à terme par les créations de Schleyer, le congrès de Munich adopta définitivement les trémas. Elles connurent plusieurs variantes ; Schleyer les utilisait régulièrement pour l'allemand (par exemple dans la préface de l’édition de 1885 du ' réimprimée dans l’édition de 1888, où l'on trouve par exemple ', ', '). Ces lettres sont présentes dans l'Unicode depuis sa version 7.0 (latin étendu D) publiée le , les voici : Dans les premières versions du volapük, Schleyer utilise aussi l'apostrophe pour marquer le phonème . Le congrès de Munich supprime cette lettre et ce phonème, et les remplace par la lettre "h" (et donc par le phonème ). Grammaire. Nom. Le nom volapük possède une déclinaison à deux nombres (singulier et pluriel) et quatre cas principaux : L'accusatif n'a pas le sens de mouvement avec les noms que l'on retrouve dans d'autres langues, et notamment l'espéranto. Par contre, pour signifier ce mouvement, un "-i" (la terminaison de l'accusatif) doit s'ajouter à la préposition ou à l'adverbe (mais dans ce cas, avant la terminaison de l'adverbe). Parallèlement, avec les adverbes (et avec les adverbes seulement), il est possible d'utiliser le génitif pour marquer l'origine d'un mouvement ("", la femme vient de la maison). Deux cas supplémentaires sont cependant utilisés : L'usage de l'accusatif pour marquer le mouvement en modifiant les adverbes et le prédicatif sont absents en volapük classique. Par contre, dès Schleyer, l'habitude était soit de rajouter un "-i" à la préposition, soit d'utiliser l'accusatif avec le substantif décliné pour préciser qu'il y avait mouvement. Ici donc, de Jong a sanctionné et clarifié une pratique. L'usage du vocatif existe dès Schleyer, mais il semble discuté, au moins par le très réformiste Kerckhoffs. Pronoms personnels. Les principaux pronoms personnels sont les suivants : Lesquels ont le même pluriel que les noms ("-s") et se déclinent pareillement : ' « de vous ». Les pronoms et adjectifs possessifs en dérivent : ' = " = ton. Il y a par ailleurs : Il existe encore deux pronoms personnels, mais qui ne sont presque jamais utilisés. Le premier, qui peut se trouver en poésie, est la personne de politesse, '/'. Le deuxième est '/', qui signifie « toi ou moi », mais, comme l'a écrit Ed Robertson, « ça n'a pas pris ». L'usage des pronoms a sensiblement évolué avec la réforme d'Arie de Jong. ', ', ' et ' sont des ajouts purs et simples. Mais certains ont aussi eu un sens légèrement différent : ainsi, ' était utilisé aussi bien pour un groupe d'hommes que pour un groupe mixte ; il faut maintenant utiliser le neutre ' pour les groupes mixtes. ', qui est un neutre en volapük classique, est devenu impersonnel (il pleut = '). Cela fait partie des réformes antisexistes de de Jong. Adjectif et adverbe. L'adjectif se forme en ajoutant "-ik" au radical du nom. Il ne s'accorde avec son nom correspondant que s'il est placé devant ou s'il en est séparé par tout autre mot : L'adverbe dérivé est invariable et s'obtient en suffixant "-o" à l'adjectif ou nom correspondant : Si l'adverbe est invariable, il est possible, en intercalant une voyelle avant le "-o", de préciser s'il y a mouvement : Un adverbe finissant par "-ao" porte donc le sens d'origine, et par "-io" de destination. Comparatif et superlatif. Le comparatif d'égalité se forme avec l'adjectif précédé de ' et suivi de ' (' si suivi d'un verbe). Le comparatif du supériorité se forme avec l'ajout de "-um" à la terminaison "-ik" de l'adjectif, suivi de ' ("" avant un verbe). Le superlatif se forme avec l'ajout de "-ün" à la terminaison "-ik" de l'adjectif, suivi du génitif. Nombres. Les nombres ont subi un petit changement entre le système classique et le système moderne. Mais vu le systématisme des nombres, ce petit changement conduit à de grands bouleversements. Voici la version actuelle des nombres en volapük : Le système est classique et simple. Ainsi, se dira ". Pour les nombres inférieurs à 1, il faut utiliser ces mots, reconnaissables par l'utilisation du suffixe " : Pour lire ou écrire ces nombres, il faut les lire comme des nombres entiers, et rajouter un de ces mots, par exemple : Les numéros ordinaux sont marqués par le suffixe ', les fractions par le suffixe ' et la répétition ou la multiplication par ". La petite modification qui a entraîné un chamboulement concerne les dizaines. En effet, pour dire « 20 », plutôt que de dire ', il fallait simplement mettre la marque du pluriel ("-s") à l'unité ; « 20 » se disait donc ', et un "-e-" était ajouté pour faire la liaison, « 41 » se disait donc ' et non '. Le système fractionnel est aussi moderne. Système verbal. Le système verbal du volapük est plutôt compliqué, et il a été dit que chaque verbe pouvait revêtir formes. C'est en effet possible en théorie, mais dans la pratique cela n'arrive jamais. Voici un tableau résumant les différents affixes précisant aspect, mode, temps et personne du verbe volapük : Voix. Les deux voix du volapük sont les deux voix classiques, l'actif et le passif. La voix active n'est caractérisée par aucune marque, tandis que la voix passive est caractérisée par l'ajout de la lettre "p-" avant l'augment temporel. Si contrairement aux autres temps, le présent n'a pas d'augment temporel exprimé à la voix active, il en possède bien un, et celui-ci s'exprime toujours à la voix passive : un verbe au présent passif verra donc son radical précédé de "pa-" ("p-" pour le passif, et "-a-" pour le présent). En volapük, le complément d'agent est ". La voix moyenne n'existe pas en volapük à proprement parler. Les suffixes "-ik" et "-ük" peuvent cependant en jouer le rôle (). Temps. Le système temporel des verbes en volapük est très riche. Mais nous pouvons séparer les temps en deux catégories, le temps courants, et les temps rares. Voici les temps courants : Et voilà les temps plus rares : Pour mieux comprendre les différents temps et leurs relations, il est possible de les insérer dans un tableau à double entrée : Personnes. Les personnes sont en fait marquées par la suffixation de la majorité des pronoms personnels. Seuls ', ', ' et ' n'existent qu'à la forme pronominale. Modes. Il existe 6 modes en volapük. Il s'agit de : Tous ces modes nécessitent l'usage de la marque de la personne, contrairement aux participes et à l'infinitif. Le participe, marqué par le préfixe ', s'utilise comme un adjectif. Il peut prendre le préfixe de temps et de voix. Comme tout adjectif, il est possible, par l'ajout d'un "-o", de l'adverbialiser (gérondif) (comme l'espéranto ', ou le kotava "). L'infinitif, marqué par le suffixe ', est assimilable à un mode. Lorsque l'infinitif est inséré dans un syntagme signifiant « afin de », il faut utiliser la particule ' : Autres marques. Pour former une question dans une phrase contenant un verbe, il faut lui ajouter la particule ". Comme en espéranto, la transitivité d'un verbe dépend de sa racine, mais il est possible de la modifier par des suffixes : ' rend un verbe transitif intransitif, et ' rend un verbe intransitif transitif. Ce suffixe s'insère avant les marques de personne et de mode. Comme en espéranto toujours, il est possible d'utiliser ' avec un verbe déjà intransitif ou ' avec un verbe déjà transitif. Dans ce cas-là, il en résulte une sorte de voix moyenne ou de causatif : Modifications apportées par de Jong. C'est peut-être dans le système verbal que de Jong a le plus modifié le volapük, en plus des modifications du système des pronoms personnels qui, puisqu'ils sont repris comme marqueurs de personne, modifient aussi le système verbal. Il a supprimé un aspect, l'aoriste, qui était marqué par l'usage d'un "-i-" entre la marque de temps et la racine (' > ') et un mode, le jussif, marqué par le suffixe "", qui était plus fort encore que l'impératif. Auguste Kerckhoffs, à l'époque de Schleyer, avait pour sa part défendu la réduction des impératifs à une seule forme et était opposé à l'aoriste. Sans l'avoir supprimé réellement, de Jong a aussi modifié le subjonctif, qui était beaucoup plus utilisé auparavant. C'est peut-être plus la raison pour laquelle le subjonctif est le seul mode séparé du verbe par un tiret. La plupart des autres changements grammaticaux ont consisté à supprimer ou ajouter des formes. Mais ici, il a modifié le sens du subjonctif ; pour bien différencier le subjonctif schleyerien du subjonctif révisé, de Jong a peut-être décidé d'en modifier la graphie. Enfin, il a aussi ajouté deux temps qui n'existaient pas, le futur du passé et le futur parfait du passé. Détermination. Il n'existe normalement pas d'article en volapük. Ainsi, ' peut signifier « pomme », « une pomme » ou « la pomme ». Mais, pour décliner les mots non-déclinables, l'article ' peut être utilisé : Ici, ' marque le fait que « Spoutnik » devrait être à l'accusatif. En plus des cas, on peut ajouter à ' toutes sortes de préfixes et de suffixes (par exemple, si le nom propre est porté par un être de sexe féminin, on peut ajouter le préfixe ', pour donner '). Cet usage de " n'existait pas en volapük classique, même si ce mot existait déjà du temps de Schleyer, comme le prouve cette citation de la grammaire de Kerckhoffs : Lexique. Sources et importation. Noms communs. Le volapük est une langue construite mixte (il est même devenu le paradigme de cette catégorie) dont le vocabulaire est dit « à racines naturelles déformées ». Ses racines proviennent selon Smith principalement de l'anglais, et pour le reste de l'allemand et des langues romanes ; selon Blanke, en premier lieu de l'anglais et du latin, et, en second lieu, de l'allemand et du français. Ces déformations obéissent à des règles : Certaines racines en deviennent méconnaissables, lorsqu'elles subissent plusieurs transformations. Couturat et Leau donnent l'exemple de ' (ciseaux). Le mot d'origine est l'allemand ', qui, en volapük, donnerait *' ; le « r » étant alors proscrit, il se transforme en ', qui signifie déjà « protection » ; il devient alors ' qui signifie « femelle » ; il subit alors sa dernière transformation, en devenant '. Mais de ' à ', seul le son survit. Noms propres. Certains noms propres, par exemple ceux de pays, subissent cette assimilation, même si, surtout en volapük moderne, le critère de brièveté est moins respecté. Pour ceux qui n'ont pas de forme assimilée « canonique », il n'y a pas de règle absolue. L'usage veut que le mot soit gardé le plus possible proche de sa forme originelle, mais précédée par l'article ' ; c'est sur cet article que sera portée la déclinaison. Le nom propre est aussi caractérisé en ajoutant des suffixes et des préfixes à l'article ; si un nom commun qualifie le nom propre, ' n'est pas obligatoire. Il est utilisé enfin avant les titres, même en volapük, et les noms communs étrangers. En volapük classique, les volapükistes allemands avaient l'habitude de rendre la prononciation du nom en volapük dans l'alphabet phonétique de 1878, et Schleyer lui-même signait « », ce que les volapükistes suivant Kerckhoffs refusaient de faire. Prépositions, conjonctions et interjections. Il existe deux sortes de prépositions, de conjonctions et d'interjections : celles qui le sont primitivement, et qu'aucun marqueur particulier ne précise ; et celles qui le sont par dérivation et qui sont marquées soit par "-ü" (prépositions), soit par "-ä" (conjonctions), soit par "-ö" pour les interjections. Formation des mots. Le volapük utilise beaucoup la composition des racines pour créer de nouveaux mots ; c'est toujours un substantif qui sert de mot-souche. Comme en espéranto, l'élément déterminant vient avant l'élément déterminé : le volapük est à cet égard une langue centripète. Si, la plupart du temps, c'est le génitif qui lie les racines ("-a-"), il est possible aussi de les lier avec l'accusatif ("-i-") ou l'adverbe ("-o-") entraînant des nuances de sens : Par contre, aucune voyelle de liaison n'est utilisée lorsque la racine est précédée d'un nombre (', quatrième) ou d'une préposition (', s'approcher de, litt. vers-aller) ; ou lorsque le lien entre deux racines est le fait d'une conjonction ("", plus-ou-moins). Bien entendu, si la formation se fait avec un substantif, il est toujours possible de verbaliser de telles constructions. Ainsi, avec ', l'enseignement, et ', la langue, il est possible de former ', l'enseignement de langue ; ce substantif peut être verbalisé, ce qui donnera ', enseigner une ou des langue(s). En plus de la composition, le volapük utilise (mais beaucoup moins qu'au , parce que le nombre de racines disponibles est plus grand) de nombreux affixes. Par exemple le préfixe ' signifie « jusqu'à la fin » (', faire ; ', terminer) et le suffixe ' qualifie les sciences et les disciplines (', dieu ; ', théologie). Différences entre volapük classique et moderne. Arie de Jong modifia les racines du volapük principalement sur trois points : Les noms propres aussi furent volapükisés avec plus de régularité (' à la place de ' pour Italie) ; et les (rares) exceptions à la règle selon laquelle tout substantif commence et se termine par une consonne, supprimées (Égypte se dit désormais ' et plus '). |
Vin Le vin est une boisson alcoolisée obtenue par la fermentation du raisin, fruit de la vigne viticole. La transformation du raisin en vin est appelée la vinification. L'étude du vin est l'œnologie. La grande variété de vins existant au monde s'explique par les différences de terroirs, de cépages, de modes de vinification ou de types d'élevage. Ainsi ils peuvent donner des vins rouges, rosés ou blancs, mais aussi des vins avec un taux de sucre résiduel variant (secs ou doux), ou une effervescence variante (tranquilles ou effervescents). La viticulture a colonisé une vaste partie du monde et de très nombreux pays sont producteurs de vin. Selon sa définition légale en Europe, le vin est le produit obtenu exclusivement par la fermentation alcoolique, totale ou partielle, de raisins frais, foulés ou non, ou de moûts de raisins, les boissons alcoolisées aromatisées à base de raisins ne pouvant pas comporter cette appellation. Son titre alcoolique ne peut être inférieur à 8,5 % en volume. Histoire. Le philosophe péripatéticien grec Théophraste, auteur d'un "Traité de l'ivresse" au , a parlé du vin, et comme le fit le médecin valencien Arnaud de Villeneuve plus tard, concocta toute une série de vins médicinaux : en Grèce antique, Théophraste considérait que le vin avait été donné par Dionysos aux hommes pour compenser la vieillesse en éloignant sa mélancolie, et les faisant se sentir jeunes à nouveau. Platon, dans ses "Lois", est du même avis. Tronc commun méditerranéen. Les noms du vin, définis tant dans l'espace méditerranéen et associé que dans le temps, procèdent d'un thème linguistique commun où se retrouvent le V (ou sa variante W) et le N. Seuls font exception dans cet espace linguistique le basque "ardo" et le hongrois "bor" : Ce qui a donné, dans les langues des principaux pays producteurs de vin, les mots "vera" (albanais), "Wein" (allemand), "wine" (anglais), "wie" (alsacien), "bin" (aragonais), "գինի (guini)" (arménien), "gwin" (breton), "вино (vino)" (bulgare et russe), "vi" (catalan), "vino" (croate, espagnol, italien et tchèque), "vin" (occitan, danois, français, islandais, roumain et suédois), "vein" (estonien), "viini" (finlandais), "viño/vinho" (galicien), "οίνος" (grec moderne), "wijn" (néerlandais), "xwînî" ou "wîn" (kurde), "vīns" (letton), "vynas" (lituanien), "wino" (polonais), "vinho" (portugais) et "vinu" (corse et sarde). Des similitudes entre les noms du vin dans les langues kartvéliennes (par exemple en géorgien : ღვინო [ɣvinɔ]) et dans les langues indo-européennes et sémitiques ("*wayn") suggèrent la possibilité d'une origine commune des termes désignant le vin dans ces familles linguistiques. Une grande partie des linguistes croient qu'on a affaire à un emprunt au géorgien "gvin" (en ). Les partisans de ce point de vue ont montré que, dans les langues kartvéliennes, le nom du vin (ღვინო "ghvino", ღვინი "ghvini", ღვინალ "ghvinal)" est en rapport avec le verbe "ghvivili" ( « fleurir, susciter, bouillir, fermenter ») et la racine "*ghv" (ღვ), qu'on retrouve dans divers mots kartvéliens (par exemple "gaghvidzeba", « se réveiller », "ghvidzli", « foie », etc.). Découvertes archéologiques. Proche-Orient. De nombreuses preuves ont permis d'établir que la vinification est connue depuis plusieurs millénaires et les archéologues s'accordent a dire que la "culture du vin" aurait débuté au Néolithique entre -8 000 et -4 000, et ce dans les montagnes du Proche-Orient entre la Turquie orientale actuelle, le Caucase méridional et les monts Zagros. En l'état actuel de nos connaissances, les scientifiques s'accordent à dire qu'elle a été d'abord pratiquée dans la région du Caucase, considérée depuis le comme la patrie de la vigne domestique, car on y trouve une grande diversité de vignes sauvages et aussi de cépages (le pays qui compte le plus grand nombre de cépages est la Géorgie, où l'on en dénombre plus de 500). Plusieurs découvertes archéologiques appuient cette théorie : La plus ancienne traces de vinification connue à ce jour a été découverte en Géorgie; elle date du millénaire. C'est sur le site néolithique de Shulaveri, qui s'inscrit dans la culture de Shulaveri-Shomu, la plus ancienne culture de la région du Caucase, que des ceps et des grains (Vitis vinifera) desséchés datés des environs de -6000 ont été retrouvés, ainsi que des résidus dans une jarre. Les pépins trouvés à Shulaveri et khrami témoignent de l’ancienneté de la domestication de la vigne sauvage. McGovern fait aussi remarquer que c'est en Géorgie qu'on trouve les premières manifestations de la civilisation du vin dans la vie économique et sociale, en témoignent les représentations, notamment en Trialeti, et sur d'autres récipients trouvés dans plusieurs sites en Géorgie. Les techniques de vinification utilisées il y a y a 8000 ans, sont semblables à celles encore utilisées à l'heure actuelle, notamment la vinification dans les jarres appelées kvevri. Les découvertes ont révélées que les vignes cultivées dans la région de Kvemo Kartli en Géorgie différaient des variétés modernes de raisins. De plus, les résidus de raisin trouvés dans les jarres en terre cuite indiquent que les raisins ont été utilisés pour produire à la fois du vin rouge et blanc, ce qui suggère une pratique viticole sophistiquée à cette époque. La découverte au nord des monts du Zagros était considéré comme la plus ancienne trace de vinification avant les découvertes de Géorgie. C'est André Tchernia, archéologue et spécialiste des vins de l'Antiquité, qui rapporte : Cette technique consistait à mêler de la résine de thérébinthe au vin pour l'empêcher d'aigrir. Pour Philippe Marinval, chargé de recherche au Centre d'anthropologie de Toulouse, la preuve est faite que les hommes du Néolithique buvaient du vin. Se fondant sur des découvertes archéologique obsolètes, des auteurs comme Alexis Lichine situent en Arménie la « patrie du raisin », tandis que Hugh Johnson ne manque pas de souligner que ce lieu d'origine de la vigne cultivée est en même temps celui où le mont Ararat sert de frontière septentrionale entre la Turquie et l'Arménie orientale, lieu où la légende biblique fait planter la vigne par le patriarche Noé à la fin du Déluge. Au cours de l'année 2007, une équipe composée de vingt-six archéologues irlandais, américains et arméniens a fouillé un site proche de la rivière Arpa, près de la communauté d’Areni. Dans une caverne composée de trois chambres, ils ont trouvé un crâne contenant encore son cerveau, des traces de cannibalisme ainsi que des vases emplis de pépins de raisin permettant de supposer qu'en ce lieu, il y a , aurait eu lieu une des plus anciennes vinifications au monde. La découverte de pépins de raisin en 2007 dans le Vayots Dzor, région arménienne au sud du pays, a incité la National Geographic Society à financer une nouvelle campagne au cours de l'année 2010. Les fouilles archéologiques, faites sur le site Areni-1, ont mis au jour un complexe de vinification daté d'il y a 6100 ans. Une équipe internationale d'archéologues a retrouvé les traces et les équipements d'une vinification sur un site de . Ce complexe de vinification correspond à la période du chalcolithique. Ils ont identifié un fouloir et une cuve de fermentation en argile abrités dans une grotte. Gregory Areshian, de l'Institut d'Archéologie Cotsen à l'UCLA, codirecteur des fouilles considère que c'est l'exemple le plus complet de production vinicole au cours de la préhistoire. Outre fouloir et cuve, ont été identifiés des pépins, des reliquats de grappes pressées, des sarments de vigne desséchés, des tessons de poterie, une tasse ouvragée dans une corne et un bol cylindrique servant à boire le vin . Le fouloir, un bassin d’argile d'un mètre carré et de de profondeur, possédait un conduit pour permettre au jus de raisin de se déverser dans la cuve de fermentation. Profonde de de profondeur, celle-ci pouvait contenir de 52 à de vin. Ce complexe a été découvert dans les montagnes du sud-est de l'Arménie, dans une grotte dénommée Areni-1, du nom du village proche et toujours renommé pour sa production viticole. Cette grotte est située dans une gorge profonde de la région de Vayots Dzor. Ces premiers vignerons de l'humanité pourraient être les ancêtres des peuples Kouro-Araxes, une ancienne civilisation du Caucase. Ce site de vinification était entouré de dizaines de tombes, faisant penser que le vin pourrait avoir joué un rôle cérémonial. L'idée que cette population ne devait pas boire du vin uniquement lors des inhumations, mais aussi dans la vie courante a été avancée. Mais aucune trace de cette consommation à l’extérieur de la grotte n'a jusqu'à présent été prouvée. Par contre, il est sûr pour les paléobotanistes que les pépins sont du type "vitis vinifera sativa", variété de vigne qui produit les plus grands vins de nos jours. La vigne, à l'origine sauvage et identifiée comme "vitis vinifera silvestri", avait donc été domestiquée, passant de la lambrusque à l’état de raisin de cuve. , a précisé Gregory Areshian. De plus , ont souligné les archéologues. Cela prouve que la vigne avait déjà été domestiquée il y a six millénaires. Les plus anciens vestiges comparables à ceux découverts en Arménie avaient été identifiés à la fin des années 1980, en Égypte, dans la tombe du roi Scorpion, et dataient de près de . , a souligné Gregory Areshian. Les analyses au radiocarbone effectuées par l'Université de Californie ont pu confirmer la datation. Une nouvelle méthode scientifique a été utilisée pour déterminer avec précision que ce vin arménien datait de avant notre ère. Cette apparition des premiers vins sur le haut-plateau arménien et en Transcaspienne a été aussi confortée par la découverte de pépins de raisin dans des couches datant des , tant en Géorgie que dans la plaine de Kharpout. À cette même période, d'autres fouilles ont mis en évidence en Arménie la présence de grandes réserves à vin près des habitations par la découverte de grandes jarres portant des traces de fermentation et des résidus de lie. Tout près, une aire pavée servait de fouloir. Ce site néolithique du sud-est de la Turquie occupé à partir de 10 200 avant notre ère a livré de nombreuses informations aux archéologues sur la culture du vin après la découverte de pépins de raisins (sans vinification) datés de -6 000 ans avant notre ère. Grèce. La mythologie grecque fait remonter l'invention du vin au berger Staphylos, ainsi qu'au satyre Ampélos. Dans l"Iliade", les Grecs en sont approvisionnés entre autres depuis la petite île thrace de Lemnon et dans l'Odyssée, c'est avec du vin qu'Ulysse enivre le cyclope Polyphème avant de lui crever son unique œil. L'historien Thucydide a affirmé : . Ce fut une réussite puisque, six siècles plus tard, le poète Virgile écrivit qu'il . Ce qu'ignorait Thucydide, et pour cause, c'est que les plus anciennes traces de vinification ont pu être âgées d'environ 6500 ans. Cette découverte a été faite par Tania Valamoti, du département d'archéologie de l'Université Aristote de Thessalonique. Sur le site néolithique de Dikili Tash, situé dans la plaine de Drama, en Macédoine-Orientale-et-Thrace, à environ à l'est de la cité antique de Philippes, l'archéologue et son équipe ont fouillé quatre maisons où ils ont découvert carbonisés et 300 peaux de raisin foulées. L'analyse de ces restes de vinification a mis en évidence que ces grains provenaient soit de lambrusques, soit d'une variété très précoce. Les archéologues grecs ont aussi mis au jour des tasses d'argile à deux anses et des pots suggérant le transvasement des liquides et sa consommation. La présence de figues carbonisées, près des restes de raisin, laisse supposer qu'elles ont servi d'adjuvant sucré pour camoufler l'amertume du jus des vignes sauvages. Tania Valamoti a expliqué : . L'équipe de l'Université Aristote va faire analyser la poterie de Dikili Tash pour déterminer si de l'acide tartrique était présent dans les tasses. Égypte. Dans l'Égypte ancienne, on sait que la viticulture était très organisée. Les fouilles archéologiques ont prouvé que avant notre ère, la vigne était cultivée en Égypte, comme en témoignent les coupes dans lesquelles on offrait du vin aux dieux ainsi qu'un bas-relief découvert à Thèbes où sont représentés deux esclaves cueillant des grappes de raisin. D'autres peintures égyptiennes attestent de l'importance des vignes poussant en hautains qui se trouvaient à l'ouest du delta du Nil. Compte tenu de ce mode de conduite et de l'absence de cuvaison, on pensait que ces vins étaient majoritairement blancs ou légèrement colorés. Seul Champollion avait affirmé avoir vu une fresque où du vin rouge était contenu dans des bouteilles blanches. Intrigués, Maria Rosa Guasch-Jané et ses collègues de l'Université de Barcelone ont d'abord dû obtenir auprès des British Museum de Londres et du musée égyptien du Caire des échantillons de résidus prélevés sur des jarres du tombeau de Toutankhamon. L'analyse a été surprenante et rendue publique en 2004 par Rosa Maria Lamuela-Raventos, professeur associée à l'Université de Barcelone, qui a participé à l'étude. La présence d'une anthocyane changeait tout, le vin était rouge, car En -1327, une partie au moins des vignes en hautains du onzième pharaon de la donnait des vins rouges. Gaule du sud. C'est sur la commune de Courthézon, dans le Vaucluse que le plus ancien site néolithique de France a été découvert en 1971 au « Mourre de Pradel » sur le site du "Baratin". Il a été daté du millénaire avant notre ère et est situé en bordure ouest de la plaine de l'Ouvèze, entre le massif collinaire de Châteauneuf-du-Pape à l'est où il constitue et les terrasses molassiques de Carpentras à l'ouest. Pour la première fois, ses habitants, qui ont quitté grottes et abris pour s'installer en plaine et construire des cabanes, pratiquent l’élevage et l’agriculture. Leurs poteries décorées avec un petit coquillage se rattachent à la « civilisation cardiale », leurs pratiques pastorales et agricoles aux chasséens, culture autochtone du Midi de la France. Ce groupe qui consommait de 30 à 40 % de viande de chasse, marque le passage de la civilisation cardiale à celle des Chasséens, agriculteurs à 90 %. Les premières fouilles sur ce site ont eu lieu de 1970 à 1972 sous la direction de Jean Courtin. Après une interruption de dix-neuf ans, elles ont été reprises en 1991 sous la direction d'Ingrid Sénépart. En Provence, entre -3000 et -2800, les stèles anthropomorphes, rattachées à la « civilisation de Lagozza », découvertes à Lauris, Orgon, Senas, Trets, Goult, L'Isle-sur-la-Sorgue, Cavaillon et Avignon sont la preuve que l’agriculture est devenue prédominante dans les basses vallées du Rhône et de la Durance. La culture de la vigne a été introduite sur les rives méditerranéennes de la Gaule par les Étrusques, un peuple qui vivait en Étrurie (Toscane) et au nord du Latium, en Italie. Max Rives, chargé de mission à l'INRA, l'a vérifié sur place à Massalia, le premier comptoir phocéen édifié six siècles avant notre ère : Le commerce des vins grecs avec les tribus installées dans la vallée du Rhône se fit à partir de comptoirs ou "emporion". Le plus célèbre d'entre eux se situait à Le Pègue et son oppidum protohistorique sur la colline Saint-Marcel. Les fouilles ont permis de mettre au jour de la céramique pseudo-ionienne, provenant d'ateliers en relation avec Massalia. Son importance permet de supposer sur place une consommation de vin entre le milieu du et le Les productions d'œnochoés et de vases à vin, en pâte claire micacée portant un décor peint avec un registre allant de la bande ocre au développement de formes figuratives, furent majoritaires. Ces récipients vinaires ont d'ailleurs gardé dans leurs formes de fortes influences gauloises (coupes carénées). La première représentation connue de tonneaux se trouve sur un bas-relief découvert à Cabrières-d'Aigues, au début du par un agriculteur, Toussaint Guérin. La scène montre le halage d'une barque sur la Durance par deux esclaves. Dans la barque, dirigée par un nautonier, se trouvent deux barriques cerclées et, positionnées au-dessus, quatre amphores à fond plat de type massaliote avec trois autres récipients ressemblant à des bonbonnes. Cette stèle a été érigée à la gloire d'un négociant spécialisé dans le transport des vins par voie d'eau et ayant vécu au début de la période augustéenne. Les cuves vinaires rupestres sont parmi les toutes premières structures de vinification mises au point par l'homme. Ces cuves creusées indifféremment dans des roches granitiques, calcaires ou volcaniques se retrouvent en Palestine (Judée), en Toscane (Étrurie), dans les Abruzzes, au Portugal (région des vinhos verdes), dans le Pays basque (province d'Alava) et en France tant en Auvergne qu'en Tricastin. Les plus nombreuses ont été identifiées dans le département du Vaucluse, sur les terroirs d'appellation Ventoux et Luberon. Gaule narbonnaise. Le vin a évolué énormément durant les précédents millénaires. Les Romains avaient des vins très épicés qu'ils allongeaient à l'eau de mer. Ils ne correspondraient pas du tout aux goûts actuels. Sous la colonisation romaine, le vignoble gaulois se développa autour des deux villes de Béziers et Narbonne. L'importance de cet apport a été mis en exergue dans la cave gallo-romaine du Mas des Tourelles à Beaucaire. Cette reconstitution archéologique, unique au monde, est due à une rencontre entre Hervé Durand, propriétaire du domaine et alors président du syndicat des vignerons des Costières, et le professeur André Tchernia, spécialiste des vins de l'Antiquité romaine. Le vigneron propose dans son caveau des vins réalisés selon les indications de Pline ou Columelle ("mulsum", "turriculæ" et "carenum"), la visite d'une cave gallo-romaine reconstituée à l'identique et celle du jardin romain et son "lucus". Péninsule Ibérique. Pour la production du vin, c'est la Tarraconaise qui occupe la première place, tant par le nombre des lieux de production que par celui des amphores retrouvées. En Bétique, on produit le "defrutum". En Lusitanie, la barrique ("cupa") remplace l'amphore ; les barriques retrouvées (près de quatre-vingts) symbolisent par leur décor l'éternité du vin. Le commerce paraît principalement contrôlé par des négociants italiens. Une « crise viticole », due au phylloxéra, a fait son apparition en France dès le Second Empire, en 1863. Elle devient catastrophique dès 1875, comme une crise de sous-production. La reconstitution du vignoble produisit des résultats spectaculaires vers 1899-1900 et la surproduction agricole, remplaçant la sous-production antérieure, donnait lieu en 1907 aux troubles du Midi. Cette crise purement viticole est décrite par les économistes comme un « phénomène économique spécial qu'on ne doit pas confondre avec une crise agricole générale ». Typologie. Les vins sont qualifiés en général suivant plusieurs éléments : l'origine (ou terroir), pouvant aller du pays (ex. France) à un terroir précis (ex. Bordeaux, Bourgogne, etc.) ; le cépage principal (ex. merlot ou chardonnay) ou l'assemblage de plusieurs cépages (syrah, grenache, marsanne, viognier etc.) ; la classification comme vin de pays, VDQS, AOC etc. ; le distributeur : il peut s'agir d'une simple marque de négociant (ex. "Baron de Lestac"), du nom du vinificateur (ex. Louis Latour) ou du nom du récoltant (Éric Roche, La Rigodière à Saint-Julien (Rhône)) ou de la cave coopérative ; la couleur (vin blanc, rouge, rosé) ; le millésime (ou année de récolte des raisins) et bien d'autres critères. Terroir. Un terroir viticole est un groupe de parcelles agricoles. Elles doivent se situer dans la même région, correspondre à un même type de sol, tant au point de vue géologique qu'orographique, avoir des conditions climatiques identiques, et ses vignes être conduites avec les mêmes techniques viticoles. Ces conditions, qui définissent un terroir, contribuent à donner un caractère unique, une « typicité » aux raisins récoltés, puis au vin qui en sera issu. La spécificité d'un terroir est tributaire de caractéristiques locales telles que la topographie (pente et exposition), la proximité d’une rivière ou d’un plan d’eau qui vont agir pour créer des microclimats. La qualité du vin, liée au choix des cépages, en dépend. Toute variation du climat a des répercussions sur les caractéristiques du vin et est le fondement même des grands ou des petits millésimes. Cépage. Le cépage est un plant de vigne caractérisé par la forme de ses feuilles et de ses grappes. Au niveau botanique, c'est un cultivar, c'est-à-dire une variété de population composée d'individus génétiquement différents, mais qui présentent des caractéristiques proches, plutôt qu'une variété de vigne au sens botanique. Le cépage ne peut être multiplié que par voie végétative (bouture, marcottage ou greffe). La vigne est une plante qui mute très facilement, il arrive qu'un même plant produise deux raisins différents. C'est ainsi que le pinot gris et le pinot blanc sont des mutations du pinot noir. En un quart de siècle, la restructuration du vignoble et une politique d'arrachage encouragée par l'Europe a éliminé les cépages de cuve à gros rendement en France. Parmi les variétés qui ont le plus régressé arrive en tête l'aramon (– 91 %), suivi par le grenache blanc (– 65 %), le carignan noir (– 61 %), le cinsault (– 48 %), le sémillon (– 45 %). Par contre, des cépages plus qualitatifs ont le vent en poupe au niveau européen et mondial. Parmi les variétés les plus demandées se place en première position la syrah (+ 425 %), suivie par le sauvignon (+ 231 %), le chardonnay (+ 213 %) et le merlot (+ 201 %). En dépit de la mode de ces grands cépages internationaux, tous originaires de la France, une constatation reste évidente : Types de vins. Selon la robe. La coloration du vin permet de le classifier selon un procédé de vinification. Selon la pression des gaz dissous à saturation. Un vin tranquille n'a pas de présence de bulles, la quantité de dioxyde de carbone est inférieure à un gramme par litre de vin à . La plupart des vins sont des vins tranquilles mais il arrive que le vinificateur bloque volontairement la fermentation malolactique sur des vins rosés ou blancs, d'où au débouchage la formation légère de bulles de gaz carbonique qui ajoute une fraîcheur supplémentaire à ces vins. Le vin effervescent est caractérisé par la présence de bulles qui forment une mousse. On distingue dans cette catégorie le vin perlant qui contient plus d'un gramme de dioxyde de carbone par litre de vin, des bulles se forment à lors de l'ouverture de la bouteille) ; le vin pétillant qui, à bouteille fermée et à , subit une surpression de par le dioxyde de carbone dissous et le vin mousseux qui, à bouteille fermée et à , subit une surpression supérieure à . Le champagne et les crémants sont des vins mousseux. Selon le vieillissement. Le vin primeur est un vin mis en vente presque immédiatement après la récolte, généralement deux mois, dès que la fermentation a eu lieu. On l'appelle aussi « vin nouveau », « vin jeune » ou « vin de l'année ». Il est tout à fait l'inverse de ce qu'est un vin de garde. De nombreux vignerons utilisent pour l'obtention de leurs vins primeurs la méthode de la macération carbonique, l'exemple le plus connu étant le beaujolais nouveau. Un vin de garde est un vin qui peut vieillir plusieurs années en cave en se bonifiant. On distingue trois catégories de vins de garde : moyenne garde, pour un vin qui peut se conserver de 5 à , longue garde, entre 10 et , très longue garde, au-delà de . Autres critères. On trouve le vin de presse, le vin de goutte, le vin gris, le vin jaune, le vin de paille, le vin de montagne, le vin aromatisé, le vin mono-cépage, le vin sans alcool, le vin de marque et le vin de chaudière. Le vin de groseilles, le vin jaune chinois, le vin de palme et le vin cuit suisse n'ont du vin que le nom, car ils ne sont pas obtenus à partir de la fermentation du moût de raisin. Appellations d'origine. Les terroirs viti-vinicoles sont très souvent protégés par un système d'appellations qui fut d'abord établi en France par la loi du et que les autres pays ont tenté d'imiter. Depuis 2008, la Commission européenne s'est attaquée à l'organisation commune des marchés du vin dans un esprit de libéralisation. La seconde partie, concernant la politique d'étiquetage (les appellations) et certaines pratiques œnologiques, est entrée en application en , ce qui ne va pas sans déstabiliser le marché, par exemple avec la polémique qui s'est développée au premier semestre 2009 lorsque la Commission européenne a voulu autoriser l'utilisation du terme « vin rosé » pour des vins de coupage blancs et rouges. Pour ce qui est du vin, l'Union européenne distinguait deux appellations : Le classement des vins français doit aussi évoluer. L'organisme responsable du contrôle des appellations est l'INAO, sous tutelle du Ministère de l'agriculture et de la pêche. La classification française est la suivante : Il y a en plus, chez les AOC, un système interne qui distingue entre "crus", "premiers crus", "grands crus" ou autres désignations, mais il diffère selon la région. Les bourgognes connaissent par exemple des "premiers crus" et ensuite des "grands crus". Chez les bordeaux, la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855 a été conservée et une liste différente d'échelons et de catégories a été établie. Pour être reconnue, une appellation doit remplir des critères et des restrictions : limitation de la production ou du territoire, identité régionale liée au climat, aux cépages ou au sol, limitation de la teneur en sucre arrivé à un certain degré alcoométrique etc. Le seul critère pour les vins de table est d'être aptes à la consommation. Quand elle remplit ces critères, une appellation qui a été demandée par les producteurs régionaux est alors établie par arrêté ou par décret par la réunion des comités régionaux de l'INAO. L'officialisation de l'appellation est alors publiée dans le "Journal officiel" de la République française. Millésime. C'est l'année de récolte des raisins ayant servi à produire un vin. Le millésime, qui exprime les conditions climatologiques de l'année, est un repère important pour apprécier la qualité d'un vin. Il est généralement indiqué sur l'étiquette apposée sur la bouteille, sauf pour les vins de qualité courante. Cependant, le champagne est le seul vin d'assemblage (assemblage de vins issus d'années différentes) autorisé en France et ne possédant pas de millésime ; si l'assemblage est obtenu à partir de vins de la même année de récolte, il s'agira alors d'un champagne millésimé, issu d'une année exceptionnelle. Lors de certaines années médiocres, lorsque la qualité n'est pas jugée suffisante, certains producteurs de crus prestigieux déclassent partiellement ou complètement leur récolte. Depuis quelques années, le CENBG (Centre d'Étude Nucléaire de Bordeaux-Gradignan), laboratoire de physique nucléaire, collabore avec la répression de fraudes de Bordeaux afin de dater les vins. En effet, le CENBG utilise une méthode non destructive permettant de savoir si les vins datent d'avant ou d'après la seconde guerre mondiale. Il s'agit de placer la bouteille dans un spectromètre gamma (à base de cristaux de germanium très haute pureté HPGe), et de regarder s'il y a ou non présence du césium 137, isotope radioactif produit par les bombes, qui n'est pas présent naturellement. De nombreuses fraudes ont été détectées par cette méthode, très fiable. Autres vins. Vins du Nouveau Monde. Les vins du Nouveau Monde sont trop variés et hétérogènes pour être classés dans une seule catégorie. La production de vin à base de raisin est une activité ancestrale dans plusieurs anciennes colonies de pays occidentaux (Espagne, Empire britannique), mais aussi au Mexique, aux États-Unis, au Québec, en Argentine, en Afrique du Sud ou en Australie. Les premières expériences viticoles et vinicoles remontent souvent à plus de deux cents ans. Depuis les années 1950, d'énormes progrès ont été réalisés dans de nombreux domaines et entreprises du Nouveau Monde, notamment en Californie, au Chili et en Australie. Certains domaines se tournent vers la qualité, les faibles rendements, un usage plus important du potentiel de chaque terroir. Les producteurs, négociants et agents commerciaux californiens donnent naissance entre les années 1950 et les années 1970 à la catégorie des « vins de cépage ». L'historien et sociologue Julien Lefour a étudié ce changement économique et culturel, les résultats ont été publiés dans un article universitaire. D'autres spécialistes du vin comme le géographe Jean-Robert Pitte, la sociologue Marie-France Garcia-Parpet, les critiques et journalistes anglais Hugh Johnson, allemand André Dominé ou américain Frank Schoonmaker étudient depuis longtemps ce changement et ses conséquences économiques, culturelles ou gustatives. Ces vins paraissent nouveaux aux consommateurs français, dont le marché a tardé à s'ouvrir, mais ne le sont pas pour ceux du reste du monde. Les vins du Chili, d'Argentine et d'Afrique du Sud étaient consommés dans de nombreux pays du continent européen depuis très longtemps, notamment en Suisse ou au Royaume-Uni. Autrefois en France, le vin acquérait en général sa personnalité des cépages utilisés, des terroirs sur lesquels les vignes poussaient, des microclimats dont ils profitaient, du savoir-faire du vigneron qui le cultivait, le vinifiait et l'élevait, et même de la qualité de la cave ou celle des tonneaux de chêne. Entre le et le milieu du , le vin a été l'objet de nombreuses fraudes et trafics. Plus tardivement que la bière (1780-1880), il devint aussi une boisson industrielle, obéissant à des processus techniques, scientifiques et économiques rationalisés et contrôlés. Les volumes de production furent augmentés, notamment dans le Sud-Est de la France, en Espagne, en Italie et en Algérie, afin de satisfaire les besoins de la population européenne des années 1950 aux années 1970. À partir des années 1980, des crises de surproduction se multiplient, mettant en danger la stabilité de la viticulture européenne, surtout française, mal organisée, mal adaptée, voire passéiste, par rapport aux viticultures dynamiques des nouveaux pays producteurs (Californie, Australie, Chili), tournés plutôt vers leurs marchés intérieurs (Californie, Argentine) ou plutôt vers l'exportation (Chili, Australie). Aujourd'hui, le vin s'ouvre à de nouveaux territoires à travers le monde et conquiert de nouveaux consommateurs (Japon, Chine, Inde, Russie, Pologne, Brésil, Venezuela). Pour plaire et rassurer, une partie de ces nouveaux vins doivent être, quelle que soit la bouteille, assez identiques d'apparence et de goût, être reconnus et surtout ne pas créer de surprise aux consommateurs . Les vignerons qui suivent cette logique cherchent à obtenir un produit standardisé dans lequel tous les composants se fondent dans un goût plaisant et neutre. La mode étant au goût de bois neuf, certains vont même jusqu'à rajouter des copeaux de chêne dans leurs cuves. André Tchernia, en tant qu'historien du vin et des différentes façons dont il a été vinifié à travers les âges, souligne : De plus, tous les vins d'une même appellation sont vinifiés ensemble. Les caractères particuliers doivent être cassés et les différences abolies pour que le vin corresponde au goût défini à l'avance. On passe alors d'une identité de terroir à une identité collective et, pour simplifier le processus, le nouveau vin n'est souvent produit, dans un premier temps, qu'avec un seul cépage. Ceci n'empêche pas certains vins du monde d'être d'une excellente qualité, qui n'a fait que croître ces dernières années, et ils peuvent réellement refléter un terroir, comme les syrahs australiennes de la Barossa Valley ou les malbecs argentins. Mais la plus importante réaction à cette uniformisation vient des États-Unis où des ont redécouvert l'importance du terroir et vinifient en assemblage syrah, mourvèdre, grenache et zinfandel. Vin biologique, biodynamique et vin naturel. Le vin peut se différencier par un label. Ses promoteurs avancent deux avantages du vin « bio » (issu de l'agriculture biologique) en termes de goût. Premièrement, selon eux, . Deuxièmement, le raisin est . Le vin « biologique » est certifié par un organisme indépendant. Mais jusqu'au RCE 203-2012, cette certification ne concernait pas la vinification, durant laquelle divers intrants peuvent être utilisés. Les vignerons produisant du vin naturel critiquent ce dernier aspect. Ils n'ajoutent aucun produit de la vigne à la vinification obtenant ainsi un vin sans aucun intrants exogène, le seul vin consommable par les allergiques au soufre ou au gluten. Dans sa « Charte d'approche d'élaboration des vins « nature » », l'Association des vins naturels recommande la certification « bio ». Viticulture. Dans son acception initiale, le néologisme viniculture désigne l'ensemble des activités consacrées à la production de vin, en incluant la viticulture. Cette dernière étant une activité purement agricole ayant pour finalité la production générale de raisin, la viniculture tend à ne désigner "stricto sensu" que l'ensemble des opérations d'élaboration du vin ainsi que des produits procédant de ce dernier et du marc de raisin dit de cuve ou de vin. Dès lors, la viniculture relève de l'Industrie agroalimentaire, ses opérations constitutives (en particulier la vinification) étant postérieures à la vendange ou éventuellement au passerillage, jusqu'au conditionnement du produit fini. Le secteur viti-vinicole se sépare en deux professions : les vignerons indépendants (représentés en France par les Vignerons Indépendants de France) qui assurent la production de leur vin, du cep de vigne à la mise en bouteille, en passant par la vinification et qui constitue la branche artisanale, et les viticulteurs coopérateurs qui n'effectuent pas la vinification. La majeure partie de la commercialisation en France passe par les « négociants » et « négociants manipulateurs » qui achètent du moût de raisin, voire du raisin frais et assurent la vinification eux-mêmes. Vin et climat. Le changement climatique modifie le cycle de croissance de la vigne et notamment la maturité des raisins. Il en découle une modification importante des vinifications et des vins produits dans la majorité des régions viticoles. Les vins ne correspondent alors plus à ceux qui ont pu être produits auparavant, et met en péril la typicité des appellations. Les instituts de recherche mènent de nombreuses études et mettent en garde sur le sujet, tel que l'INRA ou les chambres d'agriculture. Certaines régions peuvent voir leurs qualités pour la viticulture être anéanties, tandis que de nouvelles régions jusque là au climat défavorable peuvent se lancer dans la production de vin. Vendange. Relevant de la viticulture, la vendange est la période cruciale de l’élaboration des vins et les conditions dans lesquelles elle se déroule sont des facteurs primordiaux dans la qualité des vins. Un vigneron pour son domaine, un maître de chai pour sa cave orchestrent la planification des différentes parcelles de vignes à vendanger en fonction de la maturité du raisin. Ce niveau d’exigence passe d'abord par la méthode de cueillette employée (récolte manuelle ou mécanique). Mais surtout par le rythme des apports vers le lieu de vinification. Une bonne vendange se doit de commencer au petit matin. . Variation décennale des dates. Très bien documentées, les dates des vendanges, en différents lieux, tant en France qu'en Europe changent avec les évolutions du climat, avec, ces cinquante dernières années, en France, en plusieurs grands vignobles (Rhône, Bourgogne, Bordelais) un décalage de près d'un mois plus tôt (début octobre dans les années 1950, début septembre depuis la décennie 2000) avec en prime une augmentation du degré alcoolique. Variation séculaire des dates. Il semble que ce soit l'historien Emmanuel Le Roy Ladurie, dans son Histoire du Climat depuis l'An Mil (1967, mis à jour en 1983) qui redonne une grande visibilité aux vendanges comme thermomètre indirect pour des périodes plus lointaines. Bien évidemment, un soin méticuleux a été apporté aux bans éventuels, par exemple liés à des habitudes locales, des coutumes, des effets de cépages… Ces résultats sont aussi corrélés aux dates de récoltes d'autres plantations, notamment les céréales. Il est à souligner, qu'en fonction du réchauffement climatique, la date de début des vendanges a avancé d'un mois en cinquante ans. À la précocité des vendanges se sont ajoutés d'autres phénomènes. Les vignes produisent plus (certains disent trop), les vins sont plus alcoolisés (les mêmes ou d'autres disent trop). Ces éléments défavorables sont contrebalancés par une maturation des raisins qui se fait mieux et l'amélioration constante de la qualité des millésimes. Cette hausse de la qualité n'est pas pourtant sans inquiétude : crainte de la baisse de la typicité des crus, déficit en acidité et le vieillissement prématuré des vins. Plus précisément l’augmentation des températures, jointe à celle de la teneur en CO2 dans l'atmosphère, ont une influence certaine sur les flores microbiennes et mycologiques de la vigne. De plus le réchauffement climatique est responsable de la remontée vers le nord de certains parasites et maladies dans des vignobles qui en étaient jusqu'à présent exempts et pourrait à terme déplacer les zones propices à la culture du vin, comme en attestent les nouvelles plantations expérimentales qui voient le jour en Bretagne, avec des cépages résistants comme le Malbec, le Chenin ou le Chasselas (cépage). Cette évolution du climat, composante importante d'un terroir viticole, influence dès à présent . Des études ont permis de cerner les évolutions des dates de vendange actuelles. Elles complètent les travaux des historiens qui ont étudié la variabilité du ban de vendange au cours des cinq derniers siècles. La précocité observée depuis la fin des années 1980 est de 10 à comparativement au milieu du . Joël Richard indique que , ce qui permet de cerner l'influence de cette évolution sur la viticulture en fonction des scénarios climatiques. Viniculture. La viniculture concerne l'ensemble des opérations d'élaboration du vin ainsi que des produits procédant de ce dernier et du marc de raisin dit de cuve ou de vin : vin doux naturel, eau-de-vie de vin, eau-de-vie de marc, vin de liqueur, vinaigre de vin… Les opérations constitutives de la viniculture sont postérieures à la vendange ou éventuellement au passerillage et s'échelonnent jusqu'au conditionnement du produit fini. Vinification. La vinification est une étape essentielle de la viniculture qui succède au pressurage ou au foulage d'après-vendange, ces opérations pouvant se dérouler aussi lors de la vinification. Elle est généralement complétée d'un élevage du vin. S'effectuant dans un chai, la vinification consiste à transformer le moût de raisin en un type précis de vin doté de caractéristiques organoleptiques spécifiques. Sa phase principale est la cuvaison, lors de laquelle le moût subit une fermentation alcoolique produisant du vin. Vinification en rouge. La vinification en rouge consiste à faire un pressurage après que la fermentation a commencé. Pendant toute cette phase, le moût est en contact avec les matières solides de la vendange. Celles-ci sont très riches en tanins, matières colorantes, odorantes, minérales et azotées. Ces substances vont alors se dissoudre plus ou moins dans le moût et se retrouver dans le vin. C'est la cuvaison pendant laquelle les sucres se transforment en alcool (fermentation alcoolique) et le jus se voit enrichi par les composants du moût. Plus la macération est longue, plus la coloration du vin sera intense. Se disolvent également les tanins, leur taux sera aussi fonction du temps de la cuvaison. Plus elle sera longue, plus les vins seront aptes à vieillir. Durant cette phase, se produit une forte élévation de la température. Celle-ci est de plus en plus contrôlée par la technique de maîtrise des températures. S'ensuit alors la phase de fermentation malolactique, essentielle dans l’élaboration du vin rouge, l’acide malique devient acide lactique qui est beaucoup plus doux et moins acide en bouche. Vinification en blanc. Dans la vinification en blanc la fermentation se déroule en dehors de tout contact avec les parties solides de la vendange (pépins, peaux du raisin, rafles). Ce qui explique que l'on peut faire indifféremment du blanc à partir de cépages blancs et rouges. C'est le cas du Champagne. Le but de cette vinification est de faire ressortir le maximum des arômes contenus d'abord dans le raisin, ensuite en cours de fermentation, enfin lors du vieillissement. L'extraction du jus et sa séparation des parties solides peuvent être précédés par un éraflage, un foulage et un égouttage, pour passer ensuite au pressurage. Mais ces phases sont évitées par nombre de vinificateurs pour éviter l'augmentation des bourbes. Le choix se porte sur une extraction progressive du jus puis un débourbage qui permet d'éliminer toutes particules en suspension. Là aussi, encore plus que pour une vinification en rouge, s'impose la maîtrise des températures lors de la fermentation alcoolique. Elle se déroule entre et dure entre selon le type de vin désiré. Vinification en rosé. La vinification en rosé se produit par macération, limitée dans le temps, de cépages à pellicule noire avec possible ajout de cépages blancs. Le vin rosé n'a pas de définition légale. Mais ses techniques de vinification sont très strictes et n'autorisent en rien en Europe le mélange de vin rouge et blanc. Deux principes différents sont utilisés : La maîtrise des températures est une nécessité, un vin rosé a une robe qui s'apparente à celle d'un vin rouge très clair, plus le fruit et la fraîcheur des vins blancs. Vinifications spéciales. La vinification des vins effervescents (champagne, mousseux, crémant) a pour but de permettre d'embouteiller un vin dont les sucres et les levures vont déclencher une seconde fermentation en bouteilles. Celle-ci et son bouchon doivent pouvoir résister au gaz carbonique qui se forme sous pression. C'est lui au débouchage qui provoquera la formation de mousse. On utilise un vin tranquille auquel est ajouté une liqueur de tirage, constituée de levures, d'adjuvants de remuage (pour faciliter la récupération et l'éjection du dépôt au dégorgement) et de sucre (de 15 à ) selon la pression désirée finalement. La bouteille est rebouchée hermétiquement et déposée sur des clayettes afin que les levures transforment le sucre en alcool et en gaz carbonique. La vinification des vins doux naturel et de tout vin muté (mistelle ou vin de liqueur) se fait à partir de auxquels est rajouté de l'alcool soit avant, soit pendant, soit après la fermentation. C'est le mutage. Dans le premier cas, on obtient des mistelles, dans le second des vins doux naturels ou des vins de liqueur et dans le dernier des vins du type Madère sec. Avec cette façon de procéder, on obtient des vins d'une grande richesse alcoolique (15° acquis minimum) et d'un fort taux de sucre. La vinification des vins liquoreux et des vins moelleux est faite soit à partir de raisins surmaturés ou passerillés, soit avec des raisins atteints par la pourriture noble (due au botrytis cinerea). La concentration en sucre de ces grains permet d'obtenir des vins titrant plus de de sucre par litre. On distingue les vins demi-secs (10 à ), les vins doux (jusqu'à ) - ce sont les moelleux - et les liquoreux (à partir de ). Ces vins ont un aspect plus ou moins sirupeux et une saveur très agréable due à la présence de sucre, de glycérol et de matières pectiques. Pour la vendange atteinte de pourriture noble, il est nécessaire de la muter à l'anhydride sulfurique. Une première fois pour l'assainir avec une dose de SO de 3 à par hectolitre, puis une seconde fois pour arrêter la fermentation avec 20 à de SO La vinification des vins de glace impose des vendanges de nuit ou par temps très froid (température inférieure à au Québec) afin de conserver des raisins gelés et recouverts de cristaux de glace. Ceux-ci sont immédiatement placés dans un pressoir maintenu à basse température. Le but est de retenir les cristaux dans le pressoir pour que seule la pulpe du raisin produise un jus où sont alors concentrés arômes, sucres et acidité. La fermentation du moût reste toujours très aléatoire à cause de la haute teneur en sucre. Ces vins ne dépassent que rarement les 10 % d'alcool. Élevage du vin. L'élevage est une étape de la viniculture et de l'élaboration des spiritueux précédant généralement un ultime assemblage avant la mise en bouteille. C'est une phase de maturation de certains types de vin, de vinaigre et de spiritueux. La finalité de l'élevage est de conférer des caractéristiques organoleptiques et physico-chimiques spécifiques à un vin ou à un spiritueux, complétant celles obtenues lors de leur fermentation alcoolique et de leur macération. Élevage en tonneau. Les merrains utilisés pour réaliser les douelles composant les futs d'élevage des eaux-de-vie sont généralement issus de chênes rouges d'Amérique et de chênes blancs d'Amérique. Ces bois sont plus riches en tanins mais diffusent moins de vanilline que ceux issus de chênes blancs d'Europe et de chênes rouvres, préférés pour l'élevage du vin. Éventuellement, d'autres essence de bois peuvent être retenues selon le produit fini recherché, notamment le robinier développant des senteurs citronnées et de miel... L'histoire et la géographie des régions viticoles ont donné naissance à une grande diversité de contenances. Les capacités varient ainsi en fonction de l'utilisation, de quelques dizaines à plusieurs centaines de litres. Ces volumes sont cependant standardisés à l'intérieur même des régions, mais on retrouve des dénominations différentes, et des variations de volumes d'une région à l'autre. Les capacités les plus utilisées de nos jours sont de pour le fût d'origine bourguignonne, et pour la barrique d'origine bordelaise. Le tonneau est utilisé comme unité de transaction financière, grâce à la régularité de sa manufacture. Quand elle est en cours d'utilisation, elle prend en Bourgogne le nom de « pièce ». Conditionnement. Le conditionnement du vin peut se faire en bouteille de différentes tailles, en caisse-outre (BIB), en tonneau, voire en contenant atypiques comme les canettes, etc. Bouteille. La majorité des contenants en verre destinés au vin sont des multiples ou des divisions de volumes de pour la plupart des appellations. L'origine de ce volume « singulier » est objet de discussions parmi les spécialistes de poids et mesures, surpris que la normalisation des mesures post-révolution française n'ait apparemment pas eu prise sur ce contenant (en réalité, des bouteilles d'un litre se vendaient encore fréquemment il y a quelques dizaines d'années pour des vins courants). Par opposition, la mise en bouteilles (faite le plus souvent en dehors des domaines producteurs jusqu'au début du ) de vins « de qualité » utilisait des contenants proches de . On pense aujourd'hui que ce volume a été choisi, car il correspondait à une mesure couramment utilisée lors des échanges sur les marchés export (un gallon impérial environ ). L'achat d'une caisse de douze bouteilles d'un grand cru bordelais correspondait donc à l'achat de deux gallons impériaux du même vin, une barrique bordelaise de à impériaux. Étiquette. C'est la carte d'identité du vin. L'étiquette est un morceau de papier collé sur une bouteille de vin et sur lequel sont imprimées des informations à propos du vin, son contenu, son degré et son origine. Si le vin en bouteille ne peut être goûté, l'étiquette devient une bonne source d'information permettant au consommateur d'effectuer son choix. L'étiquette peut aussi être illustrée de dessins du domaine viticole, de reproduction d'œuvres d'art mais aussi jouer, par exemple, sur la typographie des différentes mentions. Selon ce règlement de l'INAO, les mentions suivantes doivent apparaître sur l'étiquette : Le producteur de vin peut ajouter des informations supplémentaires. Les plus courantes sont : L'ajout d'une contre-étiquette au dos de la bouteille permet de présenter le domaine, une brève description œnologique du breuvage, des conseils d'accord avec les mets, une citation, etc. Bouchon. Le bouchon est un accessoire fermant le volume de la bouteille pour éviter que le liquide contenu ne s'écoule ou s'évapore. À la fois poumon et filtre, le bouchon permet une circulation de gaz entre le vin et le milieu extérieur et assurerait, selon un mythe répandu, la micro-respiration du vin. Selon que cet échange est équilibré ou non, le vin vieillirait bien ou mal. Un bouchon court, poreux, permettrait des échanges faciles et activerait le vieillissement. Pour les grands vins que l'on veut conserver longtemps dans les meilleures conditions, on devrait employer des bouchons très longs, de première qualité. En réalité, le vin n’a pas besoin de cette micro-respiration par l'intermédiaire du bouchon pour bien évoluer par les processus d'oxydo-réduction. Les travaux de l’œnologue Émile Peynaud et du professeur Pascal Ribereau-Gayon ont montré dans les années 1960 que le vin évolue avec l’oxygène qu’il contient en lui (celui dissous dans l'alcool et celui contenu dans l'espace entre le haut du vin et le miroir du bouchon). Par contre, la souplesse est une qualité primordiale d'un bouchon. Ainsi, après avoir été comprimé lors du bouchage, il doit « regonfler » pour obturer le goulot de façon bien étanche. Les bouchons de Champagne sont maintenus par un fils métallique appelé muselet et une capsule afin d'éviter que la pression interne de la bouteille ne les éjecte. Il en est de même pour la bière, le cidre, le vin mousseux. Certaines bouteilles de vins de consommation plus immédiate peuvent être bouchées avec des bouchons de plastique, ou des bouchon en métal qui se vissent. Plastique et carton. La société 1/4Vin propose plusieurs modèles de verres individuels pour le conditionnement du vin, sous la forme d'un verre à opercule, en verre ou en P.E.T. Composition. Les composants finaux du vin dépendent du contexte pédologique et donc du Fond géochimique ; de l'exposition et des conditions de croissance de la vigne ; de la génétique et de la conduite du cépage et du porte-greffe ("Vitis riparia", "Vitis rupestris" ou "Vitis berlandieri" qui seules, c'est-à-dire non greffés produirait souvent un vin foxé et de peu d'intérêt organoleptique) ; des processus de cueillette, pressage, fermentation et de vinification ; des produits (pesticides et éventuels additifs, notamment) et matériaux mis en contact avec le raisin, le mout et le vin en formation (de la cueillette à la mise en bouteille). Les composés du vin sont essentiellement : Une solution aqueuse. Le vin est essentiellement composé d'eau (environ 85 %) et d'alcools (actuellement comprise entre 10 % et 15 % en moyenne pour sa version non renforcée). La teneur en alcool des vins tend à augmenter avec le réchauffement climatique. Parmi les alcools, l'éthanol domine, mais on y trouve aussi du glycérol, du sorbitol, du butylèneglycol, du méthanol.; cette solution d'alcool dans l'eau contient un grand nombre de composés chimiques minéraux, métalliques et organiques, pour certains volatils, en solution ou en suspension. décrits ci-dessous des sucres. Ce sont notamment le glucose et le fructose dont le dosage varie de 0 à dans les vins secs et jusqu'à 50 à dans les vins doux pour lesquels la fermentation alcoolique a été incomplète et également des sucres non fermentescibles (pentoses…) ; des acides. tartrique, citrique, acétique, lactique, malique, succinique, oxalique, borique, phosphorique, phénolique, sept acides benzoïques, trois acides cinnamiques. Le pH du vin se situe entre 3 et 4 ; les vins rouges sont moins acides en raison d'une seconde fermentation (dite "malolactique") fréquemment effectuée pour ces vins. Les vins à base de merlot sont les moins acides et à l'opposé le riesling est le plus acide ; des composés phénoliques. Ce sont tanins et, dans le vin rouge et moindrement dans les rosés, des anthocyanes (antioxydants) ; des métaux lourds et des métalloïdes. Ils sont naturellement présents dans le raisin, généralement à l'état de traces. Ils sont introduits, volontairement ou non, lors de la viticulture (pesticides) ou lors du process de vinification, de stockage et d'embouteillage : sur 28 de ces récemment (2021) étudiés dans 180 échantillons de vin (79 vins rouges, 75 blancs et 26 rosés), une étude récente (2021) a conclu qu'en général : Parmi 180 échantillons étudiés pour leurs teneurs en métaux, 18 vins (10 %) présentaient un ou plusieurs dépassements des teneurs maximales fixées pour le vin par l'OIV pour un ou plusieurs métaux : pour le Zinc et le Titane, tous les échantillons analysés dépassaient les niveaux admissibles, et les seuils étaient légèrement dépassés pour le Cadmium (Cd) dans 8 échantillons, pour le plomb dans 9 échantillons et pour le cuivre dans 1 échantillon. D'autres études récentes (2021) ont attiré l'attention sur un polluant émergeant (thallium, très soluble et bioassimilable, considéré comme le plus toxique des métaux), qui peut notamment contaminer le raisin cultivé près de mines ou d'anciennes mines (jusqu'à 2,34 mg/kg de thallium retrouvés dans les racines d'une vigne poussant dans une ancienne zone minière) (polluant aussi signalé en Toscane dans un contexte de séquelles minières), qui a été antérieurement ignoré car difficile à mesurer, et présent à très faible dose. En2015, l'OIV n'a pas fixé de limite maximale pour le Thallium dans le vin Constituants du raisin de cuve. Tous les cépages ont une constante dans leur structure (interne ou externe) et dans les constituants qui les composent. Le tableau ci-joint résume ces éléments communs. Constituants du moût. Le moût contient de l'eau, des sucres, des acides, des levures, ainsi que des matières azotées, pectiques, colorantes et odorantes. La durée de leur macération - qui peut varier de quelques jours à quelques semaines - permet d'obtenir toute la gamme des vins. Eau. Le moût est composé de 70 % à 80 % d'eau. Lors de la macération, différentes matières y interagissent et pour certaines s'y dissolvent . Sucres. Ils sont présents avec un taux de 150 à /l. Sous l'effet de la photosynthèse chlorophyllienne se forment à l'intérieur du grain deux sortes de substances : les sucres infermentescibles et ceux fermentescibles. Dans la première catégorie entre toujours le saccharose et, en surmaturation de certaines grappes, le xylose et l'arabinose. Dans l'autre catégorie, les sucres réducteurs, comme le glucose et le fructose, sont fermentescibles sous l'action des levures et produisent des molécules d'alcool et de gaz carbonique. Une partie du saccharose peut, sous l'effet d'enzymes présents dans le moût, se transformer en glucose et fructose en quantités égales. C'est ce qui explique que l'ajout de saccharose, plus ou moins accepté selon les vins, permette une augmentation du taux d'alcool. Acides. L'acidité d'un vin conditionne la stabilité du vin. Elle participe à la conservation, conditionne la couleur et influe sur l'équilibre gustatif. Derrière le terme acidité on entend des notions différentes c'est la masse d'acide par litre. L'acidité d'un vin s'exprime en g/L d'.Un acide est une molécule qui est capable de libérer des ions en solution. L'acidité du moût provient essentiellement de trois acides principaux : tartrique, malique et citrique. L'acide tartrique est un diacide. c'est l'acide le plus fort du raisin et sa teneur oscille entre 1 et /L. Il est présent dans de nombreux fruits comme le raisin, la banane et le tamarin et est essentiel pour la saveur acide du vin. En présence de potassium ou de calcium, des cristaux de bitartrate de potassium ou de tartrate de calcium se forment dans le vin. Des acides se trouvent dans toutes les parties vertes de la vigne, à l'état libre ou sous forme de sels. Les seconds, d'origine minérale, ne se rencontrent qu'à l'état de sels. Ce sont l'acide sulfurique, l'acide chlorhydrique et l'acide phosphorique. Ensemble, ils ont une action antibiotique permettant au vin de se conserver. Ils apportent corps et fraîcheur et avivent la couleur du vin, qui sans acide est plat, alors qu'un excès le rend dur). Minéraux. Ils sont puisés essentiellement dans le sol par les racines de la vigne. Leur présence est entre 2 et /l. Le potassium constitue à lui seul la moitié de cette matière minérale. L'autre moitié est constituée par ordre décroissant de calcium, sodium, magnésium, fer, manganèse, phosphore, chlore, soufre, carbone et silice. À titre d'exemple, le sel (NaCl) ne représente en terrain sain que /l ; la réglementation n'autorise qu'un taux inférieur à /l. Matières azotées. Elles sont essentiellement puisées par les racines de la vigne dans un sol qui contient peu ou prou de nitrates. Elle se retrouve dans le moût entre /L et /L. Elle a son utilité lors de la macération pour l'alimentation des levures viniques et disparaît presque totalement lors de la fermentation alcoolique. Sa présence plus importante dans des vendanges abîmées par des incidents climatiques (pourriture grise) doit être traitée afin d'éviter tout accident de conservation au vin. Matières pectiques. La pectine est présente, entre 0,20 et /l sous la forme de sucres complexes dans le grain du raisin. Si un excès rend la clarification du vin difficile, sa présence à un taux raisonnable participe au bouquet de celui-ci et lui apporte velouté et moelleux. Matières colorantes. Ces pigments se trouvent essentiellement sous la peau du grain de raisin et se classent en deux groupes : anthocyanes et flavones. Les anthocyanes colorent les végétaux en rouge ou violet selon la présence d'un milieu acide ou basique tandis que les flavones les colorent en jaune. Solubles dans l'eau, ils le sont encore plus dans l'alcool, et participent à la coloration du vin. Substances aromatiques. L'arôme du vin est composé par plusieurs types de substances : L'essentiel des arômes se trouve dans les parties solides de la baie (pellicule, pépins et parois des cellules de la pulpe), dont 50 % dans la pellicule. Présentes entre la peau et la pulpe du grain sous forme de traces, elles donnent au moût puis au vin jeune son fruité et son bouquet. Lors du vieillissement, elles sont responsables de la complexité des arômes. À la dégustation, chaque cépage peut être déterminé par les caractères spécifiques de ceux-ci. Limites maximales acceptables pour l'OIV (version 2015). Les limites maximales acceptables ont été fixées comme suit (version 2015/édition 01/2021), pour un certain nombre de produits et/ou pour leurs résidus finaux dans le vin par le « Code international des pratiques oenologiques » de l'OIV : Marché du vin. Données générales. En 2013, le premier marché mondial de consommation est les États-Unis ( hl), devant la France ( hl) En consommation par habitant, les pays européens demeurent en tête : la consommation française ( par habitant et par an soit une baisse de depuis 2007), ou italienne () ne peut être comparée à celle des États-Unis () ou de la Chine (1,4 litre). Les vins les plus consommés sont dans l'ordre : les vins rouges (55 %), les vins blancs (34,7 %), les vins rosés (9,2%). Les pays majeurs de production en volume sont : La France ( de caisses par an), L'Italie (502) et l'Espagne (447). Cependant ces productions devraient stagner ou reculer face aux producteurs émergents, notamment le Chili ( mondial) ou la Chine (). Données détaillées. Consommation mondiale. Dans le passé, un cabaretier servait du vin au détail. Aujourd'hui, le vin peut s'acheter directement chez les producteurs, dans des commerces spécialisés, dans des enseignes généralistes ou sur des sites internet spécialisés. L'achat chez les producteurs peut être un objectif de l'œnotourisme mais ce n'est pas le seul. Selon une étude prospective du cabinet britannique IWSR (International wine and spirits research), de bouteilles sont consommées en moyenne entre 2009 et 2013. de bouteilles seront consommées en 2018. L'Europe représente encore les deux tiers de la consommation mondiale de vin en 2015 mais elle perd des parts de marché au profit des autres continents. Le consommateur européen est devenu au cours des années, plus exigeant, plus sélectif, plus regardant sur la qualité et curieux des vins d'autres contrées. Le consommateur mondial désire des vins plus aromatiques et structurés comme le montre l'évolution au niveau mondial du degré d'alcool d'1,1° entre 1980 et 2007 (évolution donc pas simplement liée au changement climatique), cette volonté œnologique conduisant les grands exportateurs de vin à sous-estimer le degré alcoolique sur l'étiquette de leurs bouteilles afin de payer moins de taxes douanières. Production mondiale. L'Italie et la France restent les principaux producteurs de vin mais, ces dernières décennies, leur production a beaucoup diminué (-40 % entre 1990 et 2008). Pendant la même période, la production chinoise était multipliée par 5,9 (soit 490 % de croissance). La Chine vise plus la quantité que la qualité mais les choses pourraient changer. Par ailleurs, ces dernières années, la production espagnole a considérablement crû, au point que pour l'année 2011, la production espagnole égalait quasiment celle de l'Italie ( d'hectolitres pour l'Espagne contre pour l'Italie). D'autres sources annoncent, pour la même année, une plus forte production pour l'Espagne ( d'hectolitres) que pour l'Italie ( d'hectolitres). En 2014, la France aurait retrouvé sa place de premier producteur mondial ( d’hectolitres) devant l'Italie ( d’hectolitres) et l'Espagne ( d’hectolitres). Pays exportateurs. Certains pays plantent de façon effrénée, ce qui à terme devrait amener sur le marché d'énormes quantités de nouveaux vins et faire chuter les prix. En 2008, les nouvelles plantations ont augmenté de 240 % en Nouvelle-Zélande, de 169 % en Australie et de 164 % en Chine. De son côté, la Commission européenne veut libéraliser complètement les droits de plantation en Europe d'ici 2018 au plus tard, ce qui sera une grande première. Si la production chinoise a fortement augmenté ces dernières années, la croissance de la consommation (17 % annuel en volume de 2003 à 2008) a entraîné un boom des importations chinoises de vin. En 2008, elles représentaient 18 % en valeur de la consommation chinoise. La France a été la grande bénéficiaire de ce mouvement. Sa part de marché en valeur est passée de 24 % en 2003 à 39 % en 2008. Cette forte progression s'explique par une montée en gamme des importations chinoises. Alors que le vin en vrac représentait 57 % des importations en 2003, ce pourcentage n'était plus que de 22 % en 2008. La part de marché du Chili a été la principale victime de ce mouvement : le vin en vrac représentait en 2008 encore plus de 60 % de ses exportations vers la Chine. Consommation. Décantation du vin. Il est nécessaire de décanter les vins ayant un dépôt : c'est une opération manuelle consistant à extraire le dépôt du vin en le transvasant dans une carafe. Le temps d'aération dépend de l'âge du vin et de sa structure. Par exemple, un vieux vin, tannique, demande une légère oxygénation (1/2 heure avant son service). Pour un vin de vingt ans d'âge, l'oxygénation prolongée n'est pas conseillée. Le mieux est de décanter au dernier moment et de boire le vin dès son débouchage si on ne le connaît pas. Pour réussir le décantage, la bouteille doit être en position verticale durant l'attente puis elle doit être ouverte et penchée délicatement pour observer le dépôt et ainsi veiller à ce qu'il ne soit pas remué. Grâce à un geste régulier, le dépôt ne tombera pas dans la carafe propre et sèche. Dès qu'on aperçoit une trace sombre, on stoppe le décantage. sans redresser la bouteille, on continue à vider la bouteille dans un verre. Grâce à un entonnoir en verre et un linge ou un filtre en papier, on peut récupérer le liquide du verre pour la carafe. Une veille bouteille pourra se décanter dans un panier verseur. Il existe un appareil à crémaillère qui permet de pencher régulièrement la bouteille. Dégustation sur le lieu de vente. Des centaines de caveaux de dégustation existent dans chaque région d'appellation. En France, une charte de qualité a été mise en place dans la vallée du Rhône pour l'ensemble des vignobles par Inter Rhône. Elle propose trois catégories différentes d'accueil en fonction des prestations offertes par les caves. La première définit les conditions de cet accueil. Un panneau à l'entrée doit signaler que celui-ci est adhérent à la charte. Ce qui exige que ses abords soient en parfait état et entretenus et qu'il dispose d'un parking proche. L'intérieur du caveau doit disposer d'un sanitaire et d'un point d'eau, les visiteurs peuvent s'asseoir et ils ont de plus l'assurance que locaux et ensemble du matériel utilisé sont d'une propreté irréprochable (sols, table de dégustation, crachoirs, verres). L'achat de vin à l'issue de la dégustation n'est jamais obligatoire. Celle-ci s'est faite dans des verres de qualité (minimum INAO). Les vins ont été servis à température idéale et les enfants se sont vu proposer des jus de fruits ou des jus de raisin. Outre l'affichage de ses horaires et des permanences, le caveau dispose de fiches techniques sur les vins, affiche les prix et offre des brochures touristiques sur l'appellation. La seconde précise que le caveau est ouvert cinq jours sur sept toute l'année et six jours sur sept de juin à septembre. La dégustation se fait dans des verres cristallins voire en cristal. Accessible aux personnes à mobilité réduite, il est chauffé l'hiver et frais l'été, de plus il dispose d'un éclairage satisfaisant (néons interdits). Sa décoration est en relation avec la vigne et le vin, une carte de l'appellation est affichée. Il dispose d'un site internet et fournit à sa clientèle des informations sur la gastronomie et les produits agroalimentaires locaux, les lieux touristiques et les autres caveaux adhérant à la charte. Des plus les fiches techniques sur les vins proposés sont disponibles en anglais. La troisième propose d'autres services dont la mise en relation avec d'autres caveaux, la réservation de restaurants ou d'hébergements. Le caveau assure l'expédition en France pour un minimum de vingt-quatre bouteilles. Il dispose d'un site Internet en version anglaise et le personnel d'accueil parle au moins l'anglais. Une œnothèque est un lieu consacré à la vente et à la dégustation des vins locaux ou régionaux. Ce concept a pris naissance en Italie puis s'est également étendu à d'autres pays. Elle s'adresse principalement aux visiteurs et aux touristes en leur offrant la possibilité de déguster des vins à prix raisonnable et de les acheter. Elle est le plus souvent liée aux producteurs ou à leur organisation ou à un office de tourisme de la région de production. Généralement, l'œnothèque ne dispose que de petites quantités de chaque vin, et la clientèle qui souhaite acheter plus est dirigée vers le producteur. Dans certains cas, elle commercialise également d'autres produits alimentaires locaux et sert de petites collations pour accompagner la dégustation. Vin et cuisine. Le mariage vin et cuisine remonte à l'Antiquité. Il va traverser le Moyen Âge, s'enrichir à la Renaissance et devenir un véritable classique de nos jours. On doit distinguer dans cette alliance la cuisine du vin et la cuisine au vin qui ont été et restent les deux façons d'utiliser les apports qualitatifs du vin en gastronomie. Cuisine du vin. Dès l'Antiquité le conditum paradoxum et le defrutum sont des adjuvants culinaires essentiels dans la cuisine romaine. Leurs héritiers sont les confits et gelées de vin. On retrouve en Espagne, arrope et arrop i talladetes, en Italie, sapa, vinaigre balsamique, vincotto et vino cotto, en Turquie, pekmez, en France, confit de vin, raisiné bourguignon, vin cuit. Nombre de pratiques héritées du Moyen Âge et de la Renaissance ont perduré. La découverte des auteurs antiques vantant les « vins doux comme le miel », les fruits nouveaux rapportés des échelles du Levant puis des Amériques ont enrichi la gamme gustative des vins jusqu'à nos jours. Restent le garhiofilatum et l'hypocras pour la partie médiévale. Le marsala à l'œuf, le vin chaud, le vin d'épines et le vin sucré qui en sont issus. Viennent ensuite la marquisette, la sangria et le zurracapote qui font appel aux fruits. Le melon de Cavaillon au Beaumes-de-Venise s'inscrit dans cette mouvance avec une origine sans doute médiévale. En sont très proches la soupe aux fruits rouges, un dessert et la soupe champenoise, un apéritif, tous deux d'origine plus récente. Mais se distingue entre tous le chabrot. Les sauces constituent le dernier volet du vin cuisiné. On peut les subdiviser en trois. Celles où dominent la tomate comme la raïto, la sauce bolognaise, la sauce chasseur et la sauce « entre Sambre et Meuse ». Viennent ensuite les sauces au vin et à l'échalote avec la sauce au porto, la sauce bordelaise, la sauce bourguignonne, la sauce au vin rouge et la sauce au vin muscat. Autre méthode avec une liaison au beurre qui se retrouve dans la sauce beurre rouge, sauce lyonnaise , la sauce madère et la sauce Robert. Fait bande à part avec de la gelée de groseille, des épices, des zestes d'agrumes et son porto, la sauce Cumberland. Enfin arrive la marinade qui utilise tant le vin rouge que le vin blanc, en association avec des légumes et des aromates. Cuisine au vin. L'utilisation du vin en cuisine couvre une gamme de mets importante. Elle se retrouve dans les soupes, entrées, poissons, coquillages, fruits de mer, volailles, viandes, abats, gibiers, légumes, farineux, champignons, fromages et desserts. Pour les soupes existent deux grands classiques : la marmite dieppoise et la soupe de poissons à la sétoise. Les entrées sont plus diversifiées avec la mousse de foie de canard au porto ou la terrine de foie gras au sauternes, viennent ensuite les œufs à la façon bourguignonne avec les œufs en meurette ou champenoise avec son œuf poché au champagne, tous ces mets peuvent s'accompagner de pain au vin rouge. La liste des poissons cuisinés au vin est longue. On relève la bourride à la sétoise, le catigot d'anguilles, la matelote d'anguille, la lamproie à la bordelaise, le maquereau au vin blanc, l'italo-américain Cioppino, viennent ensuite les poissons de rivière avec la pauchouse et la truite à la vauclusienne. Il en est de même avec les coquillages et fruits de mer dont beaucoup s'accommodent au vin blanc. Se sont fait une renommée le civet de langouste, les coquilles Saint-Jacques à l'albariño, l'écrevisse à la bordelaise, le homard à l'américaine, les huîtres chaudes au champagne, les moules marinières et les moules à la provençale. Nombre de viandes nécessitent d'être cuisinées au vin rouge généralement. Parmi les volailles, c'est le cas du coq au vin qui se décline en coq au vin jaune, coq au riesling ou coq au vin de chanturgue, on remarque aussi le poulet à la cacciatore et le poulet au marsala en Italie, le Poulet Marengo, recette française concoctée au-delà des Alpes, mais aussi le poulet Gaston Gérard et le poulet sauce rouilleuse. Les abats ne sont pas en reste avec les diots, le foie de veau à la bordelaise, les pieds paquets, le pied de porc à la Sainte-Menehould, les manouls de La Canourgue, la pouteille, le trenèl, les tripoux et le tablier de sapeur. Les viandes de bœuf se taillent une part importante avec l'agriade saint-gilloise, les alouettes sans tête, le bœuf bourguignon, le braisé au barolo, les nombreuses daubes dont la daube avignonnaise, la daube comtadine, la daube niçoise, la daube provençale ou la gardianne. Viennent ensuite les étouffées dont l'escaoudoun landais, l'estouffat catalan, l'osso buco, le stufato à la pavesane et la stufato de mouton. Le Portugal cuisine un gigot d'agneau à la poêle et la Californie un jambon à la californienne. Le vin sert lui-même d'élément de cuisson dans la fondue au vin rouge ou la fondue vigneronne. Les gibiers ne sont pas en reste avec les civets, la compotée de lièvre, les ortolans à la provençale, mets d'un autre âge, la perdrix aux palourdes ou le salmis de palombe. Légumes et féculents sont aussi susceptibles d'être cuisinés au vin, comme la choucroute, le baeckeoffe, la poêlée montagnarde, les haricots rouges à la vigneronne et le risotto. Il en est de même pour les champignons avec la croûte aux morilles, la daube de cèpes et le ragoût de truffes. Les fromages eux-mêmes font un mariage gastronomique avec le vin. Ce sont des mets montagnards et pour la plupart alpins comme le berthoud, la croûte au fromage, la fondue au fromage ou le Mont d'Or chaud. Les desserts ont fait à leur tour usage du vin à l'exemple de la compote madédonienne, des croûtes au vin, des pêches à la Capri, du gâteau au vin blanc et du gâteau au vin rouge, originaires d'Alsace, de la poire à la beaujolaise, du sabayon au champagne, de la tarte au vin, du tiramisu, du toast Hawaï, qui nous vient d'Allemagne, de la trifle, originaire de Grande-Bretagne, et de la zézette de Sète. Le vinaigre de vin. Le vinaigre est le nom que l'on donne au produit de la fermentation acide (ou acétique) que l'on fait subir au vin généralement rouge. Ce liquide contient de l'acide acétique, obtenu par oxydation de l'éthanol, l'alcool contenu dans le vin. Si le vinaigre de vin blanc a une couleur jaunâtre, celui de vin rouge garde une robe rouge. Outre l'acide acétique, le vinaigre conserve tous les principes fixes et les sels présents dans les vins. Afin d'éponger une surproduction de vin en France au début du , il a été décrété que les vinaigres devaient avoir un taux d'alcool supérieur à , excepté en Alsace. Fin , cette obligation a été abrogée. Les vinaigres aigres-doux qui étaient très courants ont donc été longtemps interdits. Le vinaigre de vin contient de l'acétylméthylcarbinol (acétoïne - CH-CO-CHOH-CH), formé au cours de la fermentation alcoolique. Il est présent dans les vins à des doses moyennes de et variant de . En fait, il provient de l’oxydation enzymatique du butane-2,3-diol. Autrefois, le vinaigre était utilisé pour ses propriétés antiseptiques ou dans la fabrication de « vinaigres médicinaux » et de « vinaigres distillés aromatiques ». Une légende veut qu’Antoine Maille, ancêtre du fondateur de la marque du même nom, ait enrayé la peste de Marseille, en 1720, avec son "vinaigre des quatre voleurs", qui était fabriqué à partir de vinaigre de vin. Évaluation. Dégustation d'agrément des vins. En France, tous les vins AOC sont soumis à un examen analytique et organoleptique, les VDQS subissent eux aussi un contrôle organoleptique. Pour les vins de pays, une dégustation obligatoire d'agrément faite par des professionnels a également été mise en place. La dégustation est organisée dans chaque région sous le contrôle de l'Office national interprofessionnel des fruits, des légumes, des vins et de l'horticulture VINIFLHOR. Un des organismes agréés pour la formation des dégustateurs professionnels est l'Université du vin à Suze-la-Rousse. Concours des vins. Les concours des vins sont des événements qui reposent dans la dégustation d'échantillons de vins dans le but d'en sélectionner et d'attribuer généralement, après dégustation anonyme, des médailles d'or, d'argent et de bronze, ou leurs équivalent, aux meilleurs d'entre eux. Il existe à travers le monde des centaines de concours de vins qui se déclinent en trois principaux types : concours représentant les consommateurs, ceux représentant les professionnels du vin et ceux mixtes qui mêlent les deux. Effets sur la santé. Le vin fait partie des boissons alcoolisées et, de ce fait, possède les mêmes effets négatifs que tous les autres alcools pour la santé. Une consommation excessive peut conduire à l'alcoolisme, mais même une consommation moindre a des effets négatifs sur la santé, en augmentant en particulier le risque de développer des maladies cardiovasculaires et des cancers. Dès le premier verre, les effets négatifs de l'alcool sur la santé l'emportent largement sur les quelques effets positifs (qui concernent le diabète et certaines maladies cardiaques). Comme toute boisson alcoolisée, le vin contribue également à des accidents et problèmes de santé, dont des handicaps et des morts, directs ou indirects, touchant non seulement les buveurs mais également d'autres personnes : accidents de la route, violence sous ivresse, exposition prénatale à l’alcool (dont le syndrome d'alcoolisation fœtale, qui est un handicap neurologique irréversible). En France, le vin représente environ 58% de la consommation d'alcool . La présence de polyphénols dans le vin tels que le resvératrol et ses propriétés bénéfiques contre les maladies cardiovasculaires ont été démontrées. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, grâce à ses propriétés vasodilatatrices, le resvératrol réduirait 40 % des risques d’accident cardiaque et d’infarctus. Une étude proposant à des patients opérés à la suite d'un infarctus de consommer deux verres de vin par jour pendant deux semaines a montré que cette consommation de vin entraine une diminution du taux circulant de lipides plasmatiques (triglycérides, cholestérol, LDL) et une augmentation du pouvoir antioxydant du sang. Lorsque la consommation ne dépasse pas deux verres par jour et qu'elle fait partie d'une alimentation équilibrée, la présence de resvératrol dans le vin permettrait aussi d'agir positivement sur la préservation de la mémoire. Ceci a été démontré par une étude américaine publiée dans la revue anglophone " Scientific Reports " publiée en février 2015. Cet effet positif a particulièrement été observé chez les personnes âgées de plus de 60 ans et chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. D'autres études montrent qu'un verre de vin rouge permettrait de lutter contre le stress. Ceci peut sembler évident puisque le vin contient de l'alcool mais des chercheurs ont aussi découvert que le resvératrol présent dans le vin inhibe l'enzyme PDE4 responsable de l'anxiété lorsqu'elle est présente en concentration trop élevée dans le cerveau . Enfin, une étude a montré que la consommation jus de raisin riche en resvératrol entraine une diminution du risque de développer un cancer du sein chez la femme . Une consommation de vin raisonnable pourrait également entrainer une diminution du risque de cancer du sein mais cela n'a pas été clairement établi. De plus, ces effets positifs énoncés ne font pas l'unanimité face aux autres risques dus à la présence d'alcool dans le vin. D'autres risques sur la santé propres au vin ont été identifiés, tels que ceux du méthanol, du plomb, et d'autres adjuvants qui peuvent être présents dans le vin, à la suite des procédés de fabrication. Évolution de la considération du vin sur la santé. Les discours sur le vin et la santé ont évolué au cours de l'histoire. Depuis l'Antiquité, le vin a été considéré comme une boisson préservant la santé lorsqu'il était consommé avec mesure. Le vin a longtemps été préconisé comme une boisson plus hygiénique que l'eau, à une époque ou celle-ci pouvait être non potable et souillée de maladies ; l'alcool présent avait pour effet de la purifier de ces bactéries et virus. Des vins médicinaux ont été préconisés pour soigner certaines affections, leurs effets pouvant être associés aux macérats de diverses plantes plus qu'au vin lui-même. Ces pratiques ont été propagées par les autorités médicales jusqu'à la seconde moitié du , avant d'être ébranlées par les études épidémiologiques et la compréhension de la chimie du vin. Certaines voix en France se sont élevées pour inviter à distinguer le vin des autres alcools du point de vue de la santé, à l'instar du ministre français de l'Agriculture et de l'Alimentation Didier Guillaume, qui déclare le 16 janvier 2019 que et qu'. Ces propos qui ont fait polémique ont conduit la ministre française de la Santé Agnès Buzyn à répondre deux jours plus tard, le 18 janvier 2019 que . Vin et culture. Le vin et la culture sont liés depuis l'antiquité. Des artistes ont cherché et trouvé leur inspiration dans ce breuvage parfois considéré comme un don des dieux. Le vin a tenu dans les arts plastiques une place importante tant dans la poterie, la peinture et la gravure, la sculpture que plus récemment dans la philatélie et la marcophilie. Il est d'ailleurs en Europe occidentale, grâce à Dionysos et à ses Mystères, une origine du théâtre. La littérature lui a souvent rendu un hommage appuyé. Les plus grands compositeurs de musique classique et d'art lyrique l'ont intégré dans leurs œuvres. Il a servi de thème ou de sujet de prédilection dans le Art. Une multitude de chansons célèbrent ses vertus à tel point que la chanson à boire fournit depuis des siècles des refrains populaires. Comme l'expliquait Michel Bouvier : . Vin et religion. Le vin et la religion, depuis la plus haute Antiquité, ont des rapports fort étroits. La vigne est une plante revêtant un aspect austère en hiver, son débourrement spectaculaire au printemps fait qu'elle a été très tôt associée à la renaissance de la vie après la mort, thème majeur de la mythologie dionysiaque d'abord, comme dans le mythe d'Ampélos, puis de la religion chrétienne. Il a été et reste un élément important des pratiques rituelles et sacrificielles. En Grèce, il fut à la fois l'objet d'un culte et un symbole de la culture. Les Mystères célébrés en l'honneur de Dionysos donnèrent naissance au théâtre. Rome eut des rapports plus conflictuels avec Bacchus, dieu du vin, et les bacchanales. Cette cérémonie religieuse, qui tournait à l'orgie, fut un temps interdite. La sacralisation du vin, sang de Dieu, n'intervint qu'à travers le christianisme. Et ce n'a point été le cas dans le judaïsme où il est objet de sacrifice et de bénédiction ni dans l'islam où il est à la fois objet d'interdiction et de répulsion mais aussi la récompense suprême au paradis. Le vin, breuvage d'exception, a suscité toute une symbolique. Elle est liée à la vigne qui, après avoir donné une abondante vendange, gage de félicité, semble mourir en hiver pour renaître au printemps. Symbole de résurrection et de vie éternelle, le vin qu'elle produit peut être à la fois bienfaisant bu à faible dose, et devenir redoutable bu avec excès. Œnotourisme. Le tourisme vitivinicole est une forme de tourisme d'agrément qui repose sur la découverte des régions viticoles et leurs productions. L’œnotourisme recouvre de nombreuses activités de découverte : dégustations, apprentissage de l'œnologie, de l’analyse sensorielle, de la sommellerie ; rencontre avec les propriétaires, maîtres de chais, les vendangeurs ; connaissance des cépages, des terroirs, les classifications et appellations. L'éventail des découvertes des paysages culturels viticoles est large puisqu'il va de la visite de musées consacrés à la vigne et au vin, jusqu'à celle de sites inscrits au Patrimoine mondial de l'humanité Quatre sites sont inscrits par l'UNESCO au Patrimoine Mondial : Saint-Émilion et sa judicature, le paysage viticole de l'île du Pico, le vignoble de la vallée du Haut Douro, tous deux au Portugal, et les terrasses viticoles de Lavaux, en Suisse. Musées de la vigne et du vin. Les musées consacrés à la vigne et au vin sont présents dans les cinq continents. Leur but est d'exposer les objets de la préhistoire ou de l'antiquité consacrés à l'élaboration des premiers vins ou des vins antiques. Depuis les années 1950, ils se sont multipliés dans de nombreuses localités ayant eu une fonction viti-vinicole avant le phylloxéra ou qui ont réussi à la préserver. Ce sont des musées consacrés au matériel de vinification de l'époque, le plus souvent en y ajoutant des outils vignerons et les premiers appareils de traitement de la vigne. Ces expositions couvrent dans leur majorité une période entre le et le . Confréries vineuses ou bachiques. Les confréries bachiques sont des assemblées de professionnels et d’amateurs de vin, ayant pour objet la promotion des vins de la région qu’elles représentent. Les confréries actuelles datent toutes du , la plupart de sa seconde moitié, même si certaines peuvent justifier d'origines très anciennes. La première fut dénommée "Antico Confrarie de Saint Andiu de la Galiniero", fondée en 1140 elle a été remise à l'honneur en 1968 à Béziers. Les autres plus anciennes sont la "Jurade de Saint-Émilion", créée en 1199 et réactivée en 1948 par les vignerons de Saint-Émilion. Le a vu la naissance du "Consulat de la Vinée de Bergerac" en 1352, confrérie refondée en 1954 par la profession à Bergerac ainsi que celle de la "Commande majeure du Roussillon" créée en 1374 par Jean d'Aragon et à nouveau active à Perpignan depuis 1964. La Renaissance vit apparaître, en 1475, la "Confrérie Saint-Vincent", dans l'Enclave des papes, elle a été recréée en 1978 par les vignerons de Visan, puis ce fut la naissance de la "Confrérie de la Dive Bouteille" fondée en 1529 et à nouveau active depuis 1968 à Gaillac. En Alsace ce fut tout d'abord la "Confrérie Saint-Étienne" datée de 1561 et remise en fonction en 1947 à Kientzheim, puis la "Confrérie de la Corne" qui apparut en 1586 pour renaître en 1963 sous l'impulsion des professionnels d'Ottrott. Au cours de l'époque moderne furent constitués, en 1685, dans le Comtat Venaissin, les "Compagnons de Saint-Vincent" qui a revu le jour en 1985 sous le nom de "Confrérie des chevaliers du Gouste-Séguret" grâce aux vignerons de Séguret, en Provence, la "Confrérie de l’Ordre Illustre des chevaliers de la Méduse" datée de 1690 et qui est à nouveau active depuis 1951 à Saint-Laurent-du-Var, enfin en 1735, le chevalier de Posquières fut l'initiateur d'un "Ordre de la Boisson de la Stricte Observance" qui a été remis en activité en 1968 à Nîmes par les vignerons des Costières. Proverbes et dictons sur le vin. Chaque pays, chaque région, chaque terroir a accumulé au fil du temps toute une série d'aphorismes en forme de courtes maximes ayant valeur de réflexion morale. Parmi les plus connus, se peuvent être cités : Vin dans la toponymie. Les références au vin dans les noms de lieux sont rares mais significatives. C'est le cas de La Vineuse, en Saône-et-Loire, dont la forme la plus ancienne est "Vinoza", attestée en 993-1143. Elle dérive du latin "vinum" (vin) auquel a été accolé le suffixe "-osa". On trouve aussi avec le qualificatif "vineuse", les communes de Coulanges-la-Vineuse, dans l'Yonne, Faye-la-Vineuse, en Indre-et-Loire, la Roche-Vineuse, et à nouveau en Saône-et-Loire. Simon-la-Vineuse est une ancienne commune de Vendée qui a existé de 1828 à 1971. Elle avait été créée par la fusion de La Vineuse et Le Simon. Elle est maintenant rattachée à la commune de Sainte-Hermine. Le département de l'Isère tient une place à part avec Vignieu ("Viniacus"), attesté dès le , Vinay ("Villa Vinaico") et Saint-Martin-le-Vinoux ("S. Martini de Vinos"), répertoriés au ainsi que Charavines ("Charavinarium"), au . D'autres toponymes sont liés soit à la vendange, soit à la conservation des vins en cave et plus rarement aux taxes perçues sur le vin. Dans l'Hérault se trouve Vendémian ("Vendemianum", 1171) et dans l'Aude, Vendémies ("Vendemiis", 1232), commune aujourd'hui rattachée à Limoux, qui tirent leur origine d'un homme latin "Vendemius", le vendangeur. Toujours dans l'Aude, la commune de Vinassan, dont les plus anciennes formes connues sont "Viniacum" (899) et "Vinariacum" (1195), indiquent que ce domaine fut celui du vigneron "Vinacius", variété de "Vinatius". Le Cellier ("Cellarium", 1050), en Loire-Atlantique, Cellier-du-Luc, en Ardèche et Celliers ("de Cellaris", 1170), dans la Savoie, aujourd'hui intégré à la commune de La Léchère, sont tous trois issus de latin "cellarium", endroit où étaient entreposés vivres et amphores de vin. Dans le Vaucluse, sur la commune de Saint-Pierre-de-Vassols, se trouvent deux hameaux dénommés "Souquette" et "Souquetons". C'était là que le décimateur se faisait verser le droit de souquet, impôt sur le vin. En Allemagne, on peut découvrir plusieurs (approximativement : village de vignerons) ainsi que deux Wintzenheim en Alsace, tandis qu'en Italie, dans la province de Bolzano, plusieurs noms de communes sont liées à la route du vin parmi lesquelles Caldaro sulla Strada del Vino, Termeno sulla Strada del Vino, Magrè sulla Strada del Vino, Cortaccia sulla Strada del Vino, Cortina sulla Strada del Vino et Appiano sulla Strada del Vino. En Espagne, dans l'île de Tenerife, la plus grande des îles Canaries, il existe Icod de los Vinos et au Portugal, au nord de Lisbonne, près de Pombal, "Figueiró dos Vinhos". Au Canada, il existe les "Vinemount Falls", à Hamilton (Ontario). Aux États-Unis, "South Vinemont", est une petite ville de , dans le Comté de Cullman, en Alabama. Vin dans les jeux. Le cottabe (en grec ancien / , étymologie obscure) est en Grèce antique un jeu pratiqué lors des banquets ou encore dans les établissements de bains. Réputé venir de Sicile, il consiste en un détournement ludique de la libation effectuée au début de chaque banquet : dans une libation, on verse quelques gouttes de vin sur le sol en invoquant le nom d'une divinité, principalement Dionysos. À l'origine, pour le cottabe, on verse le reste de sa coupe de vin en invoquant la personne aimée. Par la suite, la pratique se transforme en jeu : l'objectif est alors de jeter le reste de vin ( / ) dans un bassin, posé par terre ou sur une table, toujours en prononçant le nom d'une personne aimée. Si les gouttes de liquide atteignent effectivement la coupe, c'est un heureux présage. Outre le présage, le gagnant au cottabe remporte souvent un petit lot : œuf, pomme, gâteau, coupe, voire un baiser. La peinture sur vases montre que le jeu se pratique en tenant une anse du kylix (coupe plate) par un ou deux doigts, les autres doigts étant arrondis « à la manière des joueurs de flûte ». Le poignet est plié ; le lancer se fait par rotation de ce dernier plutôt que par mouvement du bras entier, comme pour le lancer du javelot. L'adresse ne suffit pas : il est important de réussir un lancer souple, de bonne tenue, pour tout dire beau. Le Jeu de l'Outre a été pratiqué depuis la plus haute Antiquité dans le pourtour du bassin méditerranéen. Les Grecs s'y adonnaient durant les Dionysies rurales attiques, le second jour des fêtes de Dionysos que l’on appelait "Ascolia" (), l’"askôliasmos", un concours dont le but était de rester le plus longtemps en équilibre sur une outre en peau de bouc emplie de vin et enduite de suif. En Italie, ce jeu était pratiqué lors des "Consualia", fête donnée en l'honneur de Consus, divinité italique et chtonienne, identifiée ensuite à Neptune-Poséidon. Virgile mentionna ce jeu dans ses "Géorgiques" (II, 384). Les joueurs devaient faire trois sauts sur l'outre en frappant à chaque fois des mains. C'est ce que montre une mosaïque provenant d'Ostie et conservée dans les collections du Berliner Museum : de jeunes athlètes nus sont observés par les femmes et les dieux ; un a déjà chuté, l'autre se prépare à sa tentative. Il fut implanté en Provence lors de la colonisation romaine et resta populaire jusqu'à l'époque moderne. Connu sous le nom d'« "ouire boudenfla" » ou « saut du bouc », il est cité dans Mireio par Frédéric Mistral qui fait dérouler ce concours dans les Arènes de Nîmes. Il est attesté aussi à Velaux, à Avignon, lors de la Fête de la Paix qui se déroula le 17 brumaire, an IX, à Caderousse, et à Auriol où il eut lieu lors des festivités de Saint-Pierre en 1844. Le vainqueur gagnait l'outre pleine de vin. Pour les festivités de saint Pierre, chaque 29 juin, se déroule à Haro, dans la région de La Rioja, une Bataille du Vin. Elle débute par un défilé qui réunit la population locale. Chacun a revêtu une tenue blanche et arbore un foulard rouge autour du cou. Sous la conduite du premier magistrat de la cité, tous se dirigent munis de gourdes et de bouteilles pleines de vin rouge vers les falaises de Bilibio, où un office est célébré à l'ermitage de saint Félix. Après cette messe, la bataille commence. Elle consiste à s'arroser copieusement de vin de la tête aux pieds, jusqu'aux douze coups de midi. Elle se termine alors par un encierro entre la place de la Paix et les arènes. Cette bataille fait partie des "Fiestas de Interés Turístico Nacional" en Espagne. La fête des Pailhasses de Cournonterral, dans le département de l’Hérault, se déroule chaque mercredi des Cendres. Seuls les habitants du village et quelques invités privilégiés peuvent y participer. Pour éviter tout malentendu, les forces de l’ordre interdisent l’accès au centre de Cournonterral l’après-midi. Durant trois heures, les Pailhasses donnent la chasse aux Blancs à travers les rues, en s’efforçant de les salir à coup de "peilles" (littéralement « serpillières ») imbibées de lie de vin. Mais toute personne passant par là est considérée comme participant au jeu et peut être salie. À la fin de la période, les ex-Blancs attrapés sont carrément plongés dans des cuves remplies de lie. Les Blancs ont cependant l’initiative puisque ce sont eux qui provoquent en quelque sorte les Pailhasses qu’ils croisent sur leur chemin. À l’origine, les Pailhasses étaient les habitants de Cournonterral et les Blancs ceux d’Aumelas, mais désormais chacun choisit le camp auquel il veut se joindre. Résurgence médiévale ou païenne, la fête des Pailhasses permet d’évacuer les frustrations éventuelles entre villageois et tout le monde peut ainsi entamer le Carême. |
Monbazillac (AOC) Le monbazillac est un vin liquoreux français produit au sud du vignoble de Bergerac, sur des coteaux pentus exposés au nord, en rive gauche de la Dordogne, dans les environs du village de Monbazillac. Il bénéficie d'une appellation d'origine contrôlée. Historique. Le monbazillac fait partie du vignoble de Bergerac. En cela, il partage une histoire commune avec l'appellation bergerac. Dans les années 1930, un différend oppose un viticulteur de Gageac-et-Rouillac, commune voisine de Saussignac, à l'appellation monbazillac. Il perd son procès en 1934, la décision de justice excluant les producteurs de cette zone de la prestigieuse appellation de vin blanc liquoreux. L'AOC est reconnue par un décret du . Situation. Aire géographique. L'appellation monbazillac couvre cinq communes : Colombier, Monbazillac, Pomport, Rouffignac-de-Sigoulès et Saint-Laurent-des-Vignes. Elle est située sur les coteaux de la rive gauche de la Dordogne. Géologie et orographie. Le vignoble est établi en coteaux à pente faible. Il repose sur des terrains sédimentaires de la fin de l'éocène et du début de l'oligocène. Trois formations coexistent : Ces sols sédimentaires assez riches demandent au viticulteur du soin pour éviter une trop grande végétation : choix du porte-greffe, fumure adaptée et légère, enherbement permanent pour créer une concurrence avec la vigne. Une vigueur modérée est nécessaire pour juguler la production. Climatologie. L'exposition du coteau nord préserve des ardeurs du soleil et l'exposition tournée vers la rivière favorise le développement de la pourriture noble. Dans cette zone, l'alternance d'humidité et de sec à l'automne favorise également la pourriture noble. Ce sont les vins de cette zone qui sont les plus susceptibles de porter la mention « sélection de vins nobles ». Les autres terroirs sont moins bien exposés pour favoriser la botrytisation du raisin. Ils produisent préférentiellement du vin moelleux. Le vignoble. Encépagement. Les cépages principaux sont la muscadelle B, le sauvignon B, le sauvignon gris G et le sémillon B. Ces cépages forment le quatuor qui règne sans concurrence sur les vignobles à vin blanc de Bergerac, de Bordeaux et de Lot-et-Garonne. Leur adaptation au terroir est pluri-séculaire et leur aptitude à prendre la pourriture noble pour produire des vins liquoreux est bien connue. Quelques parcelles de cépages accessoires perdurent. Elles peuvent être plantées de chenin B, d'ondenc B ou d'ugni blanc B. Elles sont toutefois limitées à 10 % de l'encépagement. Pratiques culturales. La densité de plantation des vignes est au minimum de pieds par hectare. L'écartement entre ranges ne doit pas dépasser et l'écartement entre ceps dans le rang doit être au minimum de . La taille de la vigne peut être à "astes" (nom local de la taille en guyot) ou à "cots" (nom local de la taille en gobelet). Le nombre d"'yeux" (ou bourgeons) porteurs de grappe ne peut excéder 15 par pied, mais le vigneron peut tailler plus long et sélectionner les plus vigoureux et les mieux situés sur le pied lors de l'épamprage. La hauteur du feuillage doit être au moins de 0,6 fois l'écartement entre les rangs. La surface foliaire (ensemble des feuilles de vigne exposées au soleil) doit être suffisante pour amener le raisin à une bonne maturité. C'est dans les feuilles qu'est fabriqué le sucre véhiculé par la sève élaborée, puisque c'est le siège de la photosynthèse. Les vignes doivent être tenues en bon état cultural et sanitaire. Le taux de pieds morts ou manquants ne doit pas dépasser 20 % sous peine de voir le rendement amputé du même pourcentage. Le viticulteur traite la vigne pour combattre les maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium...) et doit maîtriser l'herbe sous la vigne en tondant ou en utilisant des herbicides. L'irrigation des vignes est interdite. La récolte. La quantité de raisin ne peut pas être supérieure à par hectare. Cette quantité vinifiée ne peut dépasser de vin par hectare en rendement maximum et de vin par hectare en rendement butoir. La récolte doit se faire en plusieurs tries, ce qui exclut de fait l'usage de la machine à vendanger. Cette pratique consiste à ne récolter que les grappes ou parties de grappe arrivées à l'objectif de maturité ou de pourriture noble. Les autres grappes sont laissées sur la plante afin d'y parfaire le mûrissement. Pour obtenir le droit de mentionner « sélection de grains nobles » sur l'étiquette, le tri de la récolte ne doit prendre que les grains botrytisés. Le transport de la vendange exclut les bennes avec pompe de vidange. Les bennes doivent se vider par gravité afin de ne pas abîmer le raisin. La richesse en sucre du raisin doit être d'au moins , soit 14 % de volume en titre alcoométrique naturel pour un vin blanc sans mention et de , soit 17 % de volume en titre alcoométrique naturel pour les vins portant la mention « "sélection de grains nobles »". La vinification. Travail au chai. Le raisin est travaillé de manière douce pour préserver les grains de raisin fragiles. Lors de la réception de la vendange, le raisin est pressé directement. La présence de pourriture noble demande une montée en pression très lente du pressoir à vin pour laisser au moût le temps de s'écouler et éviter que la pulpe ne sorte par les orifices de drainage du pressoir. Les pressoirs continus sont interdits. Le moût est mis à débourber pendant quelques heures avant d'être mis en cuve ou en barrique pour y effectuer la fermentation alcoolique. La fermentation peut s'interrompre naturellement par mort des levures (parce que l'alcool est leur déchet et peut les empoisonner) ou par intervention du vinificateur: il filtre le vin à travers un filtre assez fin pour éliminer les levures et ajoute du SO2 (sulfite) pour éviter une reprise de fermentation et stabiliser le vin. Lors des assemblages, chaque lot doit comporter au moins 80 % de cépages principaux. Normes analytiques. En fin de fermentation, le vin doit conserver au moins de sucre non fermenté par litre pour un vin sans mention et au moins de sucre par litre pour les vins portant la mention "sélection de grains nobles". Lorsque les vins sont enrichis en sucre, (chaptalisation) le degré alcoolique ne doit pas dépasser 20 % et les vins portant la mention "sélection de grains nobles" ne peuvent pas être enrichis. L'acidité volatile est limitée à 25 milliéquivalents ou par litre exprimé en H2SO4. Élevage du vin. Le vin est élevé en cave fraiche, en cuve ou en barrique. Au cours de cette opération, les particules en suspension se déposent. Ce sont les lies. Elles sont éliminées par des soutirages. Le monbazillac doit être élevé pendant plusieurs mois. La date de possibilité de mise à la commercialisation est le de l'année qui suit celle de la récolte. Pour les vins issus de sélection de grains nobles, la date est portée au juin qui suit la deuxième année qui suit la récolte. Ainsi, pour du raisin récolté à l'automne 2007, le monbazillac peut être vendu à partir du et le monbazillac sélection de grains nobles doit attendre le . Gastronomie. Dégustation. Les monbazillacs ont une couleur paille à nuances dorées. Cette teinte fonce et s'accentue au fil des années. Liquoreux ou moelleux, riches en glycérol et autres corps sucrés, ils sont puissants, corsés. Bus jeunes (4 à 5 ans), ils sont déjà agréables et séduisants, mais gagnent en vieillissant. Ils acquièrent alors une finesse, un moelleux et un bouquet qui développe des arômes de miel, de fleurs d'acacia et de pêches, des nuances de mirabelles et d'agrumes confits, d'épices. Ce sont des vins qui, lorsqu'ils sont réussis et que le millésime leur a été favorable, peuvent vieillir 20 à 30 ans voire plus. Le facteur essentiel dans l'élaboration de ce vin est lié à un élément du méso-climat : le "Botrytis cinerea." Ce champignon se développe et permet la concentration des raisins lorsqu'il est soumis à une alternance de périodes fraîches et humides et de périodes chaudes et ensoleillées. Et c'est paradoxalement le secteur nord qui, grâce à l'humidité matinale de la vallée et à l'ensoleillement tardif de la journée, bénéficie du meilleur climat pour l'élaboration de vins liquoreux de grande qualité. Des raisins présentant une concentration naturelle par sur-maturation, sans action de la pourriture noble, peuvent prétendre à l'appellation d'origine contrôlée Monbazillac. Accord à table. Vin d'apéritif, il se marie avec des amuse-gueule au fromage ou au foie gras. À table, il révèle sa texture corsée sur un foie gras ou avec un poulet à la crème et aux champignons. En fin de repas, son accord le meilleur se fera avec des fromages à pâte persillée comme le roquefort ou un bleu d'Auvergne bien affiné. Au dessert, il est plus à son avantage avec les crèmes et fruits cuits qu'avec le chocolat. Production. En 2005, la production concernait 169 opérateurs dont 164 viticulteurs. Les 128 vinificateurs sont répartis entre 123 caves particulières, 4 caves coopératives et 1 négociant. |
V. S. Naipaul Sir Vidiadhar Surajprasad Naipaul, plus connu sous la signature V. S. Naipaul, né le à Chaguanas à Trinité-et-Tobago et mort le à Londres au Royaume-Uni, est un écrivain britannique lauréat du prix Nobel de littérature en 2001. Biographie. Vidiadhar Surajprasad Naipaul nait à Trinidad dans une famille d'ascendance hindoue. Ses grands-parents venus d’Uttar Pradesh au nord de l’Inde avaient débarqué sur cette île antillaise en 1880 afin de remplacer, sur les plantations, les esclaves noirs affranchis à partir de 1834. Son père est un reporter connu au "Guardian de Trinidad", le journal local de l'île. Brillant élève, Vidiadhar Surajprasad Naipaul bénéficie alors d'une bourse d'études pour étudier en Angleterre. Il part à l'âge de 18 ans pour Oxford suivre des études littéraires. C’est son premier grand voyage : , celui qui lui donne goût durant toute sa vie de sillonner la planète, notamment l’Inde, l’Afrique et l’Asie. Naturalisé en Angleterre en 1952, Il obtient l'année suivante une licence de lettres au "University College" d'Oxford puis devient journaliste, collaborant avec plusieurs magazines. Il assure également une chronique littéraire pour la BBC et dirige le programme "Voix de la Caraïbe". À Oxford, ville qu'il trouve ennuyeuse, il rencontre néanmoins celle qui sera sa première épouse et fidèle dactylographe, Patricia Hale. Tous deux rateront, à leur déception, la mention "très bien" à leur diplôme en 1953, ce qui n'empêchera pas son professeur d'anglais, J. R. R. Tolkien, de le considérer comme le meilleur en sa matière . Il se consacre ensuite à l'écriture de romans et de nouvelles, mais publie aussi des récits documentaires. Ses premiers romans se déroulent aux Antilles. "Le Masseur mystique" ("The Mystic Masseur", 1957) et "The Suffrage of Elvira" (1958) qui ont pour cadre la Trinidad, exposent les ravages causés par des politiciens locaux incultes et cyniques. Le recueil de nouvelles "Miguel Street" (1959) révèle son talent d'humoriste et de peintre du quotidien dans une série de vignettes inspirées de "Rue de la sardine" de John Steinbeck. Il met en scène plusieurs habitants d'un quartier populaire de Port-d'Espagne, illuminés, rusés, attachants ou hauts en couleur mais aliénés par la pensée coloniale. Naipaul connaît ensuite un énorme succès avec "Une maison pour Monsieur Biswas" ("A House for Mr. Biswas", 1961), roman biographique inspiré par la figure de son père. Dans "La Traversée du milieu" ("The Middle Passage", 1962), il livre plusieurs brefs aperçus des sociétés postcoloniales britannique, française et néerlandaise aux Caraïbes et de leur dérive vers une américanisation galopante. Dans "Guérilleros" ("Guerillas", 1975), décrit par J.-M. Le Clézio comme "drame psychologique" et "politique" qui "envoûte et emplit d'horreur", Naipaul dresse un portrait sans concessions d'une société caribéenne (la Jamaïque ?) post-indépendance, prenant - dès l'exergue du livre - ses distances avec les velléités révolutionnaires. L'un des personnages du roman se réfère clairement à , militant Black Power qui vécut au Royaume-Uni, participa à la fondation du désormais célèbre carnaval de Notting Hill et fut soutenu, entre autres, par Yoko Ono. Dans sa critique (très positive) du livre, le journaliste Paul Theroux, du "New York Times", comparera aussi l'héroïne - en la moquant - à l'activiste américaine d'extrême-gauche Patricia Hearst . Suit "À la courbe du fleuve" ("A Bend in the River", 1979), comparé à l'époque par certains critiques au "Cœur des ténèbres" ("Heart of Darkness") de Joseph Conrad. L'auteur relate ensuite ses impressions de voyage en Inde dans "L'Inde : un million de révoltes" ("India: A Million Mutinies Now", 1990) et livre une analyse critique et désabusée de l'intégrisme musulman dans les pays comme l'Indonésie, l'Iran, la Malaisie et le Pakistan dans "Crépuscule sur l'Islam" ("Among the Believers", 1981) puis "Jusqu'au bout de la foi" ("Beyond Belief", 1998). Son roman "L'Énigme de l'arrivée" ("The Enigma of Arrival", 1987) et son recueil de nouvelles "Un chemin dans le monde" ("A Way in the World", 1994) sont largement autobiographiques. Dans le premier, Naipaul relate avec le souci d'un anthropologue le déclin puis l'anéantissement d'un domaine du sud de l'Angleterre et de son propriétaire : événement qui reflète l'effondrement de la culture colonialiste dominante dans les sociétés européennes. Le second évoque le mélange des traditions antillaise et indienne et de la culture occidentale que l'auteur découvrit lorsqu'il s'installa en Angleterre. Le recueil "Letters Between a Father and Son" (1999) replace dans un contexte intime la relation trouble avec son père Seepersad Naipaul, journaliste et auteur de Port-d'Espagne. Les ouvrages de Naipaul soulignent les ravages de la corruption, morale et politique, et du fondamentalisme dans des pays anciennement sous tutelle coloniale. De par leur tonalité pessimiste, ses ouvrages ont pu être mal reçus par certains tiers-mondistes, qui l'accusaient de conservatisme. Edward Saïd et Derek Walcott les ont même qualifiés de néo-colonialistes. Albert Memmi, au contraire, louait la lucidité de Naipaul face à l'emballement révolutionnaire. L'auteur a affirmé, quant à lui, ne s'en tenir qu'à la rigueur de ses observations et à l'authenticité des témoignages recueillis, niant avoir des opinions politiques car . Il a pourtant parlé de l'ancien premier ministre Tony Blair comme d'un « pirate à la tête d'une révolution socialiste » qui a , ayant laissé libre cours à une . En 2001, quelques mois après l'obtention de son prix Nobel de Littérature, Naipaul fut vivement critiqué par Salman Rushdie qui lui reprocha d'avoir manifesté son soutien aux nationalistes hindous lors d'actes d'agressions populaires contre les musulmans indiens. Cette querelle aboutira à une profonde inimitié entre les deux écrivains. Dans une biographie publiée en 2008, "The World Is What It Is", il confie être . Pendant 23 ans, il vit avec sa maitresse Margaret Gooding tout en restant marié à Patricia Hale, et fréquente, confie-t-il, assidument les prostituées. Après la mort de sa femme, en 1996, d'un cancer (à l'âge de 63 ans), il déclare: . Le lendemain des obsèques de Patricia, Naipaul rompt avec sa maîtresse Margaret, puis s'installe avec son nouvel amour, Nadira. Le couple se marie huit semaines plus tard, en présence de l’historienne Antonia Fraser et de l’écrivain Harold Pinter. En mai 2011, il tient, dans une interview, des propos jugés misogynes : , ajoutant qu'aucune d'elles, y compris Jane Austen, n'a la compétence pour écrire, car elles sont trop « sentimentales » et empêtrées dans leur condition. V. S. Naipaul est reconnaissable pour un style singulier, alliant le réalisme documentaire à une vision satirique du monde contemporain. Il a aussi été rapproché de Conrad pour sa peinture de l'effondrement des empires coloniaux. Famille. Son frère Shiva Naipaul, son neveu Neil Bissoondath et son cousin Vahni Capildeo sont également écrivains. Prix et honneurs. V. S. Naipaul a reçu plusieurs prix littéraires, dont le Prix Hawthornden en 1964, le prix Booker en 1971 et le T.S. Eliot Award for Creative Writing en 1986. Docteur "honoris causa" de plusieurs universités, il fut anobli par la reine Élisabeth en 1990. Il a obtenu en 2001 le prix Nobel de littérature, « pour avoir mêlé narration perceptive et observation incorruptible dans des œuvres qui nous condamnent à voir la présence de l'histoire refoulée. ». Sir V. S. Naipaul est membre de la Literary Society. |
Vladimir Poutine Vladimir Vladimirovitch Poutine (en ) est un homme d'État russe, né le à Léningrad (aujourd'hui Saint-Pétersbourg). Depuis 1999, il est la figure centrale de l’exécutif de la nation russe, alternativement comme président du gouvernement (1999-2000 et 2008-2012) et président de la fédération de Russie (par intérim de 1999 à 2000 et de plein exercice de 2000 à 2008 ainsi que depuis 2012). Officier du KGB, principal service de renseignement de l'URSS post-stalinienne, il est en poste à Dresde au moment de la chute du mur. Il commence sa carrière politique à la mairie de Saint-Pétersbourg, puis devient l'un des plus proches conseillers du président Boris Eltsine, qui fait de lui le directeur du Service fédéral de sécurité (FSB) en 1998, puis le président du gouvernement de la Russie l'année suivante. À partir du , à la suite de la démission de Boris Eltsine, il assure les fonctions de président de la fédération de Russie par intérim. Il devient président de plein exercice le , après avoir remporté l'élection présidentielle anticipée du 26 mars dès le premier tour. Au cours de son premier mandat présidentiel, il lance une série de réformes importantes pour restaurer la puissance d'un pays en crise économique qui a perdu de son influence dans le monde. Il mène un redressement de l'économie nationale et une politique institutionnelle tournée vers une concentration des pouvoirs présidentiels. Il est largement réélu en 2004. En 2008, la Constitution lui interdisant de concourir pour un troisième mandat consécutif, il soutient la candidature à la présidence de son premier vice-président du gouvernement, Dmitri Medvedev. Une fois élu président de la fédération de Russie, Medvedev nomme Poutine président du gouvernement et, dans la foulée, ce dernier prend la direction du parti Russie unie. Fréquemment accusé d'autoritarisme dans son exercice du pouvoir, Poutine est pour la première fois significativement contesté à la suite des élections législatives de 2011. Candidat à l'élection présidentielle de 2012 avec le soutien du président Medvedev, il l'emporte au premier tour et retrouve la fonction de président de la fédération de Russie pour un mandat allongé à six ans en vertu d'un amendement adopté en 2008. Au cours de cette période, il s'efforce de restaurer l'influence russe sur la scène internationale. D'une part, dans le cadre de la guerre du Donbass, à la suite d'un référendum local contesté, il permet en 2014 le détachement de la république autonome de Crimée, de son voisin ukrainien, pour la rattacher à la Russie, acte souvent considéré comme une violation du droit international. D'autre part, il envoie un russe combattre dans la guerre civile syrienne, en soutien au régime de Bachar el-Assad. Il brigue un nouveau mandat lors de l'élection présidentielle de 2018, qu'il remporte dès le premier tour, où, comme pour les scrutins précédents, les principaux opposants n'ont pu se présenter et où des fraudes électorales et des irrégularités ont entaché le scrutin, sans que leur ampleur soit facile à évaluer. En 2020, il fait approuver par référendum un changement constitutionnel lui permettant notamment d'effectuer deux autres mandats présidentiels. En , il reconnaît unilatéralement les républiques séparatistes pro-russes de Donetsk et de Lougansk situées dans le Donbass, puis déclenche immédiatement une invasion militaire de l'Ukraine. En , Vladimir Poutine annonce une mobilisation partielle de la population masculine russe, procède à l'annexion à la Russie de quatre régions de l'est du sud ukrainiens occupées, et évoque l'arme nucléaire « si les intérêts de la Russie sont menacés ». Sous la gouvernance de Vladimir Poutine, la Russie a connu une érosion démocratique et un glissement vers l'autoritarisme. La Russie sous Vladimir Poutine est caractérisée par une corruption endémique, ainsi que de nombreuses atteintes aux droits de l'homme, dont l'emprisonnement et la répression de ses opposants politiques, l'intimidation et la suppression de médias indépendants, et l'absence d'élections libres et justes. Vladimir Poutine est, en juillet 2022, le deuxième président européen ayant le plus long mandat, après Alexandre Loukachenko de Biélorussie. En , la Cour pénale internationale émet un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine qui est accusé d’avoir commis des crimes de guerre en Ukraine. Situation personnelle. Enfance et adolescence. Vladimir Poutine est issu d'une famille ouvrière dont il est le troisième enfant. Ses parents, Vladimir Spiridonovitch Poutine (1911-1999) et Maria Ivanovna Poutina, née Chelomova (1911-1998), avaient auparavant eu deux fils, Viktor Poutine et Oleg Poutine, nés dans les , mais décédés en bas âge. Vladimir Spiridonovitch Poutine, soldat de l'Armée rouge dès 1941, appartient aux divisions positionnées autour de Léningrad, le long de la Neva, il fut alors gravement blessé à la jambe gauche. Maria Ivanovna Poutina survécut aux du siège de Léningrad durant la guerre, bien qu'un temps laissée pour morte et sauvée par son mari de retour de l'hôpital. Après la guerre, le couple travailla à l'usine ferroviaire de Léningrad. Ses grands-parents paternels étaient des paysans du hameau de Pominovo, appartenant au village de Tourguinovo (oblast de Tver), au nord de Moscou, installés là depuis la fondation du village au . Selon un biographe de Vladimir Poutine, le grand-père, Spiridon Poutine, fut le premier de la lignée à naître après l'abolition du servage dans l'empire tsariste. Spiridon, dont Vladimir Poutine a dit qu'il était le membre de sa famille qu'il admirait le plus, aurait été cuisinier des Romanov, puis de Lénine et de Staline. Quelques jours après sa naissance, la mère de Vladimir Poutine demande secrètement que son fils soit baptisé dans la cathédrale de la Transfiguration, alors que le baptême peut être sévèrement puni en Union soviétique, État institutionnellement athéiste. Il est un élève médiocre et bagarreur, ce jusqu'à sa rencontre avec une institutrice qui le guide vers la découverte de la culture et des arts, le promenant dans les musées de Léningrad. Cela modifia son ouverture vers le monde. Vladimir Poutine pratique dans sa jeunesse la lutte russe, le sambo et le judo dès l'âge de (il est plusieurs fois champion de sambo de Léningrad ; en 1973, il s'est vu conférer le titre de maître des sports de sambo, et en 1975 de judo). Il aime jouer au tennis, faire du ski alpin, de l'équitation et de la natation. Poutine suit des études de droit à l’université de Léningrad (aujourd'hui université d'État de Saint-Pétersbourg), où il étudie, entre autres, Thomas Hobbes, John Locke et Emmanuel Kant. Il obtient son diplôme en 1975 avec un mémoire sur « Le principe du commerce de la nation la plus favorisée en droit international ». Anatoli Sobtchak, à l’époque professeur à l’université, est alors son superviseur universitaire. Poutine parle couramment l'allemand, ayant habité et travaillé plusieurs années dans la République démocratique allemande, mais maîtrise très peu l'anglais et préfère utiliser des interprètes en conversant avec des anglophones. Carrière d'officier du KGB. D'après son propre récit, Poutine essaie sans succès de se faire embaucher au KGB à l'âge de . Après ses études universitaires et une formation initiale sommaire dont on ne sait pas grand-chose, il entre au service territorial décentralisé du KGB — la direction du KGB pour la ville de Léningrad et sa région, où il sert pendant plusieurs années d'abord comme subalterne, ensuite comme officier opérationnel dans le service du contre-espionnage local, chargé en particulier de la lutte de la police politique contre les dissidents et autres « éléments antisoviétiques » (sous le patronage de la cinquième direction du KGB). Comme tous les autres services spéciaux européens de l'époque, le KGB n'envoie en poste extérieur que des hommes mariés, condition destinée en principe à écarter les homosexuels et à éviter les liaisons avec des étrangères. Poutine se marie en 1983. Avec le grade de commandant (), il est envoyé en 1984 suivre pendant une année une formation à l’Institut Andropov (ou institut du Drapeau rouge, "Krasnoznamenny Institoute" - KI) du KGB à Moscou, en principe pour devenir espion. Pendant cette période, il porte le nom de code « Platov » et exerce les fonctions de chef bénévole de son unité d’officiers en formation. À l'issue de sa formation au KI, Poutine n’est pas affecté dans une unité du siège du KGB à Moscou, mais revient à Léningrad dans l'unité locale sous la tutelle de la première direction générale du KGB, le service de renseignements extérieurs. Il passe ensuite dans la « réserve active » du KGB pour se préparer à une mission opérationnelle en République démocratique allemande (RDA) dans le bloc de l'Est. À partir d'août 1985, il officie, pour son premier poste à l'étranger, à Dresde en RDA, officiellement comme employé consulaire, en fait pour recruter des espions en tant que "major" (commandant) des services secrets russes. Il cherche notamment à contraindre un professeur de médecine à lui donner accès à une étude sur des poisons mortels qui ne laissent presque aucune trace, en le faisant chanter avec des éléments pornographiques. Après la chute du mur de Berlin, il empêche des Allemands d'entrer dans les bureaux du KGB afin de les mettre à sac et de piller les dossiers, détruisant lui-même ces documents ensuite. Il est rappelé en Russie en février 1990, dans le contexte de la réunification allemande. D'après le média allemand "Correctiv", il doit son retour au fait que Werner Grossmann, dernier dirigeant des services d’espionnage à l’étranger de RDA, révèle à ses collègues du KGB que Poutine recrute des agents de RDA dont la couverture a été cassée, ce qui engendre un risque important pour le KGB. Ascension politique. Avec la réunification allemande et le démantèlement des installations du KGB en République démocratique allemande, le lieutenant-colonel () Poutine retourne à Léningrad pour y reprendre son service opérationnel dans la direction locale du KGB avec la couverture de poste du conseiller aux affaires internationales du recteur de l’université de Léningrad, Anatoli Sobtchak (qui avait été son professeur quinze ans plus tôt à la faculté de droit de la capitale provinciale). Du KGB à la mairie de Saint-Pétersbourg (1991-1995). En Sobtchak, démocratiquement élu à la tête du soviet de Léningrad (la mairie de la ville), invite Poutine à devenir son conseiller aux affaires internationales : Poutine accepte tout en restant à son poste du KGB. Il est possible qu’en , Poutine ait joué un rôle dans les négociations délicates entre le KGB de Léningrad et les structures militaires liées aux putschistes du Kremlin. Poutine prétend avoir donné sa démission officielle du KGB le lors de ce coup d’État contre Gorbatchev, mais elle n'aurait pas été acceptée. Sa démission du KGB n’est acceptée que plus tard, mais il n’y a aucun élément officiel qui le prouve sans ambiguïté. De 1992 à 1996, Poutine est l’une des personnalités les plus influentes de la politique municipale, l'« éminence grise » de Sobtchak : il devient responsable des relations extérieures de la mairie et, à partir de 1994, premier adjoint. Selon l'ancien enquêteur Andreï Zykov, et c'est à cette époque que naît un autour de Vladimir Poutine, dont l'entourage d'alors l'accompagne ensuite jusqu'au Kremlin. À l’automne 1995, Sobtchak le nomme président de la section locale de Notre maison la Russie — —, le parti du président du gouvernement (Premier ministre) Tchernomyrdine. Il est chargé de diriger la campagne des élections législatives dans la région pour le compte de NDR. Il reste fidèle à Sobtchak malgré la défaite de ce dernier à l’élection municipale de 1996, refusant de travailler avec Vladimir Yakovlev. Il démissionne en 1996. Au service du président Boris Eltsine (1996-1999). En , il est nommé à Moscou adjoint de Pavel Borodine, le directeur du Département de l'administration des propriétés présidentielles (en russe : '). En , il entre dans l’administration présidentielle (') pour en devenir vice-président moins d’un an plus tard, chargé du Département principal de contrôle (') doté de pouvoirs étendus. Il devient ensuite (à partir de ) vice-directeur de l'administration présidentielle chargé de la gestion des relations avec les régions, toujours avec une importante influence dans le milieu des pouvoirs. En , il est nommé directeur du Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie, le FSB ; un poste qu'il occupe un peu plus d'un an, jusqu’à sa nomination à la fonction de président du gouvernement, le . Il occupe en parallèle, de mars à , un poste de secrétaire du Conseil de sécurité de la Russie ('). À cette période, Boris Eltsine fait face à de nombreuses difficultés : Yuri Skuratov, le procureur général de la fédération de Russie, enquête sur des actifs en Suisse qui lui appartiennent ainsi qu'à ses proches et qui ont été utilisés pour acheter des biens de luxe. Le , la télévision diffuse une vidéo sulfureuse sur laquelle on voit un homme ressemblant à Skuratov, ayant des relations sexuelles avec deux jeunes femmes. Celui-ci nie être l'homme en question mais Vladimir Poutine annonce dans une interview télévisée que ses experts ont établi définitivement qu'il s'agit bien de Skuratov. Ce dernier est alors remplacé par Vladimir Ustinov. D'après le média allemand "Correctiv", ce scandale aurait été inventé de toutes pièces par Vladimir Poutine et lui aurait permis de mettre la main sur le système judiciaire russe. Succession de Boris Eltsine (1999). En 1999, commence une fulgurante ascension, qui va porter Vladimir Poutine, peu connu, au sommet du pouvoir en Russie. En août, il est nommé président du gouvernement par Boris Eltsine, Stepachine ayant été écarté. Il devient ainsi le deuxième personnage de l'État, et sa nomination est vue en Europe comme la désignation du successeur de Eltsine. Le média allemand CORRECT!V voit dans cette nomination un geste de reconnaissance de Boris Eltsine à l'égard de Vladimir Poutine pour avoir fait échouer l'enquête menée à son sujet par le procureur général. Le , Vladimir Poutine autorise les services du procureur général de la fédération de Russie à emprunter de dollars à une banque étrangère pour l’acquisition d’un nouveau réseau informatique : Hewlett-Packard (HP) se voit octroyer le contrat en , bien que son offre ne soit pas la moins chère. En retour, HP destine d’euros de pots-de-vin à des fonctionnaires russes, notamment des procureurs et des agents des services secrets, ce qui permet à Vladimir Poutine d'asseoir sa domination sur la justice russe. Cette transaction est couverte par une garantie d’exportation d’Euler Hermes, qui appartient au groupe allemand Allianz, et approuvée par le ministère allemand de l’Économie et du Travail. Au début du mois de septembre 1999, des attentats contre des immeubles d'habitation font plusieurs centaines de victimes à Moscou et dans d'autres villes de Russie et sont attribués par les instances judiciaires russes à des terroristes tchétchènes du centre islamiste « Kavkaz ». La version officielle de l'origine des attentats demeure contestée par des opposants à Vladimir Poutine : les rares responsables politiques et journalistes à s'être penchés sur les attaques de septembre 1999 ont été emprisonnés ou, dans la majorité des cas, assassinés, comme l'ex-espion Alexandre Litvinenko ou la journaliste Anna Politkovskaïa. Ayant été hostile à la première guerre de Tchétchénie, l'opinion russe souhaite de nouvelles opérations militaires pour en finir avec les indépendantistes tchétchènes. Lors d'une conférence de presse dans la nouvelle capitale du Kazakhstan fin septembre 1999, Astana, Vladimir Poutine déclare qu'il faudra « buter les terroristes jusque dans les chiottes ». Poutine, qui bénéficie du soutien du président Eltsine et de l'état-major, ordonne, après ultimatum, la reprise des hostilités en Tchétchénie, pour y « restaurer l'ordre constitutionnel fédéral ». La seconde guerre de Tchétchénie (officiellement appelée « opération antiterroriste ») commence le . Alors qu'il était crédité de seulement 3 % d'intentions de vote en vue de la présidentielle au début de ses fonctions, loin derrière Primakov, il voit les intentions de vote en sa faveur augmenter considérablement. Président de la fédération de Russie et du gouvernement. Premier mandat présidentiel (2000-2004). Le , après la démission surprise de Boris Eltsine, Poutine, en sa qualité de président du gouvernement, devient président par intérim. Son premier acte officiel est la signature d'un décret présidentiel assurant à son prédécesseur une immunité totale pour toute poursuite judiciaire possible le concernant, ainsi que les membres de sa famille. Vladimir Poutine est officiellement élu président de la fédération de Russie le dès le premier tour de l'élection présidentielle anticipée avec 52,52 % des suffrages contre 29,2 % à Guennadi Ziouganov (parti communiste) et 5,8 % à Grigori Iavlinski (parti Iabloko). Quant aux neuf autres candidats, ils recueillent chacun moins de 3 % des voix. En , un compte-rendu de la campagne électorale de Vladimir Poutine, basé sur le travail d'investigation de six mois et paru dans le "Moscow Times", mettait au jour des preuves de fraude électorale, incluant bourrages et destructions d'urnes et un million trois cent mille sur les listes d'émargement. Pour Noam Chomsky et Edward Herman, . Deuxième mandat présidentiel (2004-2008). Il entre officiellement en fonctions pour son premier mandat le . En , il est réélu à la tête de la Russie avec 71,22 % des suffrages. Une pratique verticale du pouvoir. Vladimir Poutine, déterminé à restaurer ce qu'il appelle « la verticale du pouvoir », gouverne avec un style considéré par certains analystes comme autoritaire, qui aurait mis fin à une libéralisation politique introduite par Gorbatchev avec la "perestroïka" et la "glasnost" et qui s'était poursuivie sous Boris Eltsine, certains médias occidentaux et les opposants politiques parlant à son sujet de néo-tsarisme. La reprise en main du pays par l'administration de Poutine, après la période de troubles et de laissez-faire qui a prévalu sous Boris Eltsine, satisfait une grande partie de la population, lassée des soubresauts politiques et du capitalisme en transition (la « thérapie de choc ») apparu après la chute du communisme, ainsi que les nostalgiques de la puissance de l'ex-Union soviétique disparue en 1991. Cette reprise en main répond également au risque que fait peser sur l'unité de la fédération de Russie la montée en puissance des nationalismes dans les républiques ethniquement non-russes et des gouverneurs locaux toujours plus autonomes : l'affaiblissement du pouvoir central et l'effondrement économique et social consécutif à la disparition de l'Union soviétique ont, en effet, contraint les grandes régions russes à chercher à s'auto-administrer au cours des années 1990. Au cours de ses deux mandats, le président Poutine n'a cessé de renforcer le poids des services de renseignements dont il est issu, ainsi que ceux de la police et de l'armée, ceux qu'on appelle en russe les "Siloviki" ("les hommes de force") par opposition aux libéraux partisans de l'état de droit et de la démocratie à l'occidentale. En effet, selon le politologue Viatcheslav Avioutskii, les « guébistes » (cadres du FSB (ex-KGB)) perdront provisoirement de leur influence durant la période Eltsine, qui restait très méfiant à l'égard du KGB, mais reviendront en force avec Poutine. D'après lui, ils ont utilisé un réformateur assez mou, Mikhaïl Gorbatchev, pour détruire un système devenu tout bonnement inefficace. Les guébistes se percevaient comme la seule force morale capable d'endiguer la corruption qui avait gagné l'ensemble des dirigeants soviétiques. À leurs yeux, le pouvoir devait rester entre les mains des militaires, au sens large, et dans celles de la sécurité nationale » ». Les "siloviki" se voient avant tout comme des patriotes soucieux du redressement et du développement de leur pays, par opposition aux oligarques soutenus par l'Occident, animés avant tout par le désir de bâtir une fortune personnelle sur les décombres de l'Union soviétique et peu regardants sur les moyens pour y arriver. En réalité, les cas de prévarication ou de corruption concernent également des représentants des « organes ». Ces derniers et des personnalités influentes venues de Saint-Pétersbourg (les "piterskiïé"), ville natale de Poutine (et aussi la plus « européenne » des grandes villes russes), sont dorénavant bien présents dans la politique et l’administration présidentielle. Ensemble, ils forment, écrit Macha Lipman, analyste à la Fondation Carnegie pour la paix internationale, « un système vertical clos ». Le parrainage par Vladimir Poutine de Dmitri Medvedev au poste de chef de l'État (gagnant de l'élection présidentielle de ), un juriste de réputation libérale et non issu du milieu des "siloviki", laisse cependant supposer que ce système politique conserve un certain degré d'ouverture. Outre l'instauration d'une plus grande stabilité, un certain nombre de dirigeants occidentaux apprécient le fait que Vladimir Poutine ait favorisé une économie ayant renoué avec la croissance, favorable aux échanges commerciaux et propice aux grands contrats. Gestion de la question des oligarques. Dès le début de son mandat présidentiel, Vladimir Poutine afficha de façon déterminée son objectif d'instaurer la « dictature de la loi » et de lutter contre la mafia para-étatique et les fraudes fiscales des oligarques industriels et financiers, dont la mainmise sur l'économie russe devenait une préoccupation majeure de la population après une ère de laisser-faire et de complicité de Boris Eltsine dans la création de cette oligarchie. L'éviction de plusieurs oligarques des médias qu'ils possédaient (Berezovski, Goussinski et quelques autres) a renforcé le contrôle de l'État sur l'information de masse et a induit une censure de fait nuisible au pluralisme politique en Russie, renforcée par des pressions indirectes sur le reste de la presse indépendante. Toutefois, à côté d'un large soutien de la population à la personne de Vladimir Poutine et malgré une omniprésence de l'appareil médiatique jugé parfois para-étatique, il existe en Russie des opposants déclarés à la politique présidentielle et une fraction des médias conserve un regard critique (y compris des médias comme "Kommersant" qui fait pourtant, aujourd'hui, partie de la galaxie Gazprom). Mais la liberté de ton reste assez partielle, comme en témoigne le limogeage fin 2011 de deux responsables éditoriaux de Kommersant par l'oligarque Alicher Ousmanov. Une importante série de réformes. Dès le début de son mandat, Vladimir Poutine engage d'importantes réformes socio-économiques et politiques qui ont sensiblement transformé la Russie. Dans le domaine économique : Dans le domaine social : Dans le domaine politique, les réformes ont été centrées sur la création d'une « verticale du pouvoir » afin de rendre ce dernier plus concentré et efficace (ce processus fut accéléré à la suite de la tragédie de Beslan le ) : Le succès de ces réformes, couplé à des recettes fiscales extraordinaires issues de la vente des hydrocarbures, ont permis d'assurer selon le gouvernement une hausse substantielle du revenu réel des particuliers (+ 58,5 % entre 1999 et 2002, + 13,55 % en 2004). Cela a valu à Poutine le soutien d'une grande partie de la population russe, malgré quelques échecs comme un projet de loi controversé sur la monétisation des avantages en nature hérités de l'époque soviétique qui a soulevé, début 2005, un tollé populaire ou encore le naufrage du sous-marin Koursk K-141 sombré en 2000 avec d'équipage à bord et une libération difficile des otages des commandos tchétchènes du théâtre moscovite en . Continuité de la politique de rapprochement avec l'Occident. La politique étrangère lors de son premier mandat est dans la continuité de la politique de Elstine, il ira même plus loin vu qu'il proposera à l'UE la création d'un marché économique unique et aux États-Unis l'entrée de la Russie dans l'Otan, mais les États-Unis refuseront les deux offres. L'arrivée au pouvoir de Poutine est formellement décidée par Boris Eltsine. Elle a lieu à la faveur de la résolution rapide et militaire d'un conflit particulièrement meurtrier dans la république russe de Tchétchénie, elle est favorisée par un discours volontariste revendiquant la restauration de l'État, la lutte contre la corruption (cependant très loin d'être achevée fin 2007) et la renaissance, au moins partielle, du prestige aux yeux des Russes d'une superpuissance déchue. Cette politique extérieure se veut le pendant d'une politique intérieure visant à lutter contre la décomposition du pays consécutive à l'effondrement politique, économique et social de 1991 (de 1991 à 1996 le PNB russe s'effondre de 40 %). À la suite de l'Opération Allied Force intervention de l'OTAN dans la république fédérale de Yougoslavie en 1999, qui est ressentie comme une agression par le pouvoir russe, une nouvelle doctrine militaire est élaborée : à l'instar de la doctrine militaire des États-Unis, l'utilisation d'armes nucléaires à des fins tactiques sur le champ de bataille est autorisée ; selon cette doctrine, le renforcement de l'appareil militaire russe doit servir les intérêts géostratégiques de l'État sans se préoccuper des « considérations occidentales ». L'attentat terroriste du a transformé, pour un temps, la donne géostratégique pour la Russie et a donné une impulsion à l'établissement de relations plus rapprochées avec les États-Unis. Le soutien affiché de Poutine à son homologue américain dans sa « lutte contre le terrorisme » établit au début un climat d'une certaine cordialité et une nouvelle entente entre les deux puissances. Une perception pragmatique et réaliste des enjeux internationaux, tant du côté russe que du côté américain, a permis à la Russie de revenir en force sur la scène internationale en jouant un rôle prédominant dans la lutte contre le terrorisme ou en étant associé dans des efforts de médiation dans des dossiers complexes comme ceux du conflit israélo-palestinien, de la Corée du Nord ou de l'Iran. Début 2007, face aux projets d'installation de systèmes d'armes balistiques américains en Pologne et en République tchèque (présentés par les États-Unis comme un « bouclier », une protection anti-missiles contre d'éventuelles attaques nucléaires iraniennes, mais qui "de facto" affaiblissent la dissuasion nucléaire russe face à l'arsenal américain et sont ressentis comme une menace par la population russe), Poutine hausse le ton dans ses relations avec les États-Unis et l'OTAN. Son discours, prononcé le devant la Conférence de Munich sur la sécurité, a expressément fustigé le rapprochement des bases de l'OTAN des frontières de la Russie en violation des promesses faites à Gorbatchev au début des années 1990, ainsi qu'un monde unipolaire avec « Washington pour centre de direction », qui imposerait ses lois intérieures et sa propre vision du monde à l'ensemble de la communauté internationale. Le , à la veille du sommet du G8 à Rostock, Vladimir Poutine menace de pointer de nouveaux missiles Iskander vers l'Europe de l’Est (déploiement qui s'accompagnerait de l'installation d'armes nucléaires dans l'enclave russe de Kaliningrad) si les États-Unis déploient aux frontières russes leurs armes balistiques, reprenant ainsi au plus haut niveau des menaces voilées exprimées jusqu'ici par les chefs de l'armée russe. Face aux changements de la donne géostratégique en Europe apportés par les États-Unis, la Russie suspend l'application du Traité sur les forces conventionnelles en Europe, le , ce qui crée un remous au sein de l'OTAN et à Washington. Lors du sommet de l'OTAN à Bucarest en , alors qu'invité pour discuter de l'autorisation du transport logistique de matériel non militaire sur le sol russe, Vladimir Poutine a déclaré que l'élargissement de l'OTAN aux ex-républiques soviétiques d'Ukraine et de Géorgie constituait une menace pour la Russie. En parlant de l'Ukraine, il a notamment précisé que son éventuelle adhésion à l'OTAN ne va pas constituer une garantie pour sa démocratisation. Chef du gouvernement de Medvedev (2008-2012). Alors qu'il approche du terme de son deuxième mandat présidentiel, Vladimir Poutine déclare à plusieurs reprises ne pas avoir l'intention de demander une modification de la Constitution afin de briguer un troisième mandat consécutif en mars 2008. Il annonce alors sa volonté de prendre la tête de la campagne électorale de du parti Russie unie pour briguer la présidence du gouvernement, ce qui lui permettrait de conserver un certain pouvoir tout en respectant la Constitution. Le , Russie unie remporte les élections législatives avec 64 % des voix. Il est à noter que le scrutin de 2007 est le premier à avoir eu lieu en Russie sur un mode totalement proportionnel. Cette victoire offre à Vladimir Poutine un « droit moral », selon ses propres propos, pour continuer à gouverner. Le , Vladimir Poutine soutient officiellement Dmitri Medvedev pour le remplacer à la présidence. Le même jour, Medvedev devient le candidat à l'élection présidentielle de 2008 désigné par quatre partis : Russie unie, Russie juste, le Parti agraire et Force civile. Dmitri Medvedev, vainqueur de la présidentielle russe du , demande à Vladimir Poutine d'occuper le poste de président du gouvernement après son départ du Kremlin. Celui-ci est investi dans ses fonctions à la tête du gouvernement le , le jour de la fin de son mandat présidentiel. Le , la Douma d'État entérine la nomination de Vladimir Poutine à la tête du gouvernement. Vladimir Poutine accepte par ailleurs de prendre la tête de Russie unie, lors de son congrès du , sans toutefois y adhérer. Crise économique de 2008. Selon la Banque mondiale, la crise en Russie commence dans le secteur privé en provoquant trois chocs : la baisse du commerce intérieur, le reflux des capitaux et le gel des emprunts. Les prémices se déclarent en , lorsque la tendance de la bourse russe est à la baisse et que la cote s'écroule à la fin du mois de juillet. De plus, le conflit russo-géorgien d', les Américains soutenant mollement les Géorgiens, provoque une fuite des capitaux hors de Russie. C'est en septembre-octobre que les premières mesures gouvernementales sont prises, afin de renforcer le système financier russe, à l'instar de ce qui se fait dans les autres pays occidentaux: recapitalisation des banques, limitation du déficit de liquidités des banques en particulier, évitant ainsi la banqueroute. Vladimir Poutine déclare le que la responsabilité de la crise incombe au gouvernement et au système des États-Unis en soulignant que « tout ce qui se passe aujourd'hui dans la sphère économique et financière a commencé, comme on le sait, aux États-Unis ». Le , le chef du gouvernement annonce des réductions budgétaires des monopoles d'État et le fait que le soutien ultérieur au monde des affaires devra s'effectuer sans dépenses additionnelles au budget de l'État. Le , il soutient les mesures présidentielles à l'égard du secteur financier et des secteurs touchés par la crise. Les taxes à l'importation de certains produits agricoles sont momentanément surélevées pour soutenir l'agriculture russe, à partir du . Le , le secteur automobile est aidé par la facilitation du crédit à l'achat de véhicules et l'apport de financements à la production. Le reflux des capitaux est estimé pour l'année 2008-2009 à 191,1 milliards de dollars. Le , les tarifs douaniers sont augmentés dans le secteur automobile pour les véhicules lourds et légers de marques étrangères, ce qui provoque des protestations dans les provinces de Russie d'extrême-orient, importatrices d'automobiles asiatiques. En , Vladimir Poutine effectue une visite officielle à Paris et le partenariat entre la France et la Russie se traduit à cette occasion par la signature de nombreux accords commerciaux dans les domaines de l'énergie, de la défense et de l'automobile. La Banque mondiale fait savoir, en , que les pertes russes ont été moindres qu'il ne l'avait été prévu au début de la crise. La croissance du premier trimestre 2010 est de 2,9 % et la croissance du secteur industriel est de 5,8 %, faisant de la Russie le second pays derrière le Japon dans le groupe des huit pays industrialisés. Toutefois, pendant le premier trimestre 2010, des dizaines de milliers de personnes bravent les interdictions de manifester d'abord à Kaliningrad, puis dans une cinquantaine de villes, et réclament la démission de Poutine en raison de la hausse du coût de la vie. Candidature contestée à un troisième mandat présidentiel. Le , lors du congrès de Russie unie, le président Dmitri Medvedev propose la candidature de Vladimir Poutine à l'élection présidentielle du 4 mars 2012. Le même jour, celui-ci confirme à la tribune sa candidature, Dmitri Medvedev devant prendre la tête du gouvernement après sa victoire. Vladimir Poutine est officiellement investi candidat de Russie unie le . Il n'avait pas pu se représenter en 2008 car la Constitution russe impose une limite de deux mandats consécutifs ; en outre, une réforme constitutionnelle a entre-temps fait passer la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans, ce qui lui permettrait de rester à la présidence jusqu'en 2024. À la suite de cette annonce, le ministre des Finances Alexeï Koudrine, longtemps pressenti pour le poste de président du gouvernement dans le cas d'une candidature de Poutine, critique publiquement cette décision, ce qui l'amène à démissionner le . Lors des élections législatives de décembre 2011, Russie unie obtient 49,32 % des voix, soit de moins qu'en 2007. Ce recul est, selon les observateurs, en partie imputable à ce qui est qualifié de « tour de passe-passe » avec Medvedev. Ces élections sont rapidement contestées en raison de fraudes présumées en faveur du parti en pouvoir. Alors que d'importantes manifestations ont lieu pour réclamer l'annulation du scrutin, la cote de popularité de Poutine diminue à des niveaux entre 42 et 51 % des sondés. Si Poutine reste le grand favori dans la course au Kremlin, il fait pourtant figure de dirigeant contesté au sein d'une partie de la population. Ainsi, plusieurs manifestations anti-Poutine ont lieu à Moscou et dans les grandes villes du pays et mobilisent plusieurs milliers, voire dizaine de milliers de personnes. Troisième mandat présidentiel (2012-2018). Le , Vladimir Poutine est élu pour un mandat de six ans avec 63,6 % des voix au premier tour. Si le résultat est contesté par l'opposition, plusieurs chefs d'État, à l'image du président chinois Hu Jintao, ont félicité le président élu. Le soir même de l'élection, un concert de soutien au président du gouvernement, est organisé devant le Kremlin. L'investiture présidentielle de Poutine se tint le , lors d'une cérémonie officielle ayant pour théâtre le Kremlin. Le jour même, le nouveau président de la Fédération propose la candidature de son prédécesseur, Dmitri Medvedev, au titre de président du gouvernement ; la décision est étudiée puis approuvée par le Parlement. Le , Vladimir Poutine, dans la salle des fêtes du Kremlin, prononce son premier discours à la Nation depuis son élection à la présidence. Au cours de cette longue intervention, le chef de l'État russe fait un grand nombre d'annonces, parmi lesquelles la création, notable et prochaine, d'un impôt sur les grandes fortunes ; une réforme annoncée parmi beaucoup d'autres, que Poutine souhaiterait mettre en place pour lutter contre les opérations illégales observées de plus en plus fréquemment dans l‘économie russe. En 2013, la gestion habile de l'affaire d'écoutes révélée par Edward Snowden, puis les manœuvres diplomatiques de Poutine autour de la Syrie, permettant d'éviter une opération militaire occidentale qui s'annonçait imminente, montrent, selon les observateurs politiques, l'importance et le rôle accru de la Russie sur l’échiquier politique international. La venue des Jeux olympiques à Sotchi l'année suivante accroît également la pression médiatique sur la Russie. Dans un même temps, en s'appuyant sur les valeurs chrétiennes et familiales traditionnelles auxquelles la population russe est encore largement fidèle, Vladimir Poutine fustige la légalisation du mariage homosexuel dans plusieurs pays occidentaux. Sous son impulsion, une loi prohibant la « propagande homosexuelle auprès des mineurs » est instaurée. Toutefois, le président Poutine rappelle à plusieurs reprises que l'homosexualité est dépénalisée en Russie depuis 1991 et que la discrimination selon l'orientation sexuelle n'est pas légale. Plusieurs journalistes lui reprochent alors ses liens avec le chef de la république de Tchétchénie Ramzan Kadyrov : ce dernier est accusé d'avoir commandité plusieurs meurtres et d'inciter à la violence et la torture envers les homosexuels, emprisonnés et battus dans des camps. En décembre 2013, il dissout l'agence de presse officielle RIA Novosti afin de donner naissance à un nouvel organisme, Rossia Segodnia. Ce nouvel organisme diffuse par différents canaux dont l'agence de presse Sputnik et le câble télévisuel RT un point de vue largement pro-russe à l'étranger, non seulement sur les affaires internes à la Russie, mais également propres à d'autres pays. L'opposant Boris Nemtsov, qui s'apprêtait à publier un rapport intitulé "Poutine. La Guerre", est assassiné en 2015 devant le Kremlin, ce qui fait de nouveau descendre des gens dans la rue. Ce rapport traitait de l'invasion de la Crimée par la Russie, illégale en vertu du droit international, et le rôle que joue le gouvernement russe dans la guerre du Donbass en Ukraine, en armant les rebelles de l'est du pays. Ces actions jugées bellicistes par les membres du Groupe des huit valent la suspension de la Russie du cercle économique. Dès le début de la guerre civile syrienne, la Russie apporte son soutien militaire au régime syrien. Le , à la demande de Bachar el-Assad, affaibli par plusieurs revers, la Russie intervient directement en Syrie. L'aviation russe commence alors une campagne de frappes aériennes contre les rebelles et l'État islamique. Le , un Soukhoï Su-24 russe est abattu par l'aviation turque près de Lattaquié et un pilote tué, ce qui provoque une crise diplomatique entre la Russie et la Turquie, jusqu'à leur réconciliation à l'été 2016. Cependant, l'intervention des Russes renverse la balance en faveur des loyalistes qui progressent à nouveau sur plusieurs fronts. Des négociations sont menées entre les États-Unis et la Russie pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu entre les rebelles et le régime et un règlement politique du conflit. Des trêves sont proclamées en Syrie en janvier, puis , mais elles ne durent à chaque fois que quelques jours. À la fin de l'année 2016, les interventions militaires russe et iranienne permettent la victoire du camp loyaliste lors de la bataille d'Alep. Cependant, les bombardements russes et syriens provoquent la mort de plusieurs milliers de civils dans les quartiers rebelles ; les hôpitaux et les casernes de la défense civile syrienne sont ciblés à plusieurs reprises jusqu'à leur destruction complète. Les forces aériennes russes utilisent également des bombes « Bunker buster », des bombes à sous-munitions et des bombes incendiaires. À l'automne 2016, le régime syrien et la Russie font alors l'objet d'accusations de crimes de guerre de la part des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni, de l'Union européenne et d'Amnesty International. Jean-Marc Ayrault condamne la de la Russie alors que Boris Johnson estime que les populations syriennes face à l' des frappes russes. Il affirme par ailleurs devant le Parlement britannique : . Vladimir Poutine annonce la création d'une garde nationale composée de , qui sera notamment chargée de protéger les institutions, et d'assurer le maintien de l'ordre en cas de grands troubles intérieurs en remplacement de l'armée traditionnelle. Son mandat est marqué par une vague de soutiens parmi les partis d'extrême droite européens, mais aussi dans certains partis de gauche ou d'extrême gauche. Le , le président russe fait un discours à Sotchi, réfutant les affirmations de Barack Obama et Hillary Clinton, selon lesquelles des pirates russes à son ordre seraient les responsables du piratage des bases de données du Parti démocrate américain. Cependant, le président américain se base sur des recherches préliminaires amorcées par le Federal Bureau of Investigation, allant en ce sens. Poutine se déclare neutre quant à la finalité de l'élection présidentielle américaine de 2016 opposant Donald Trump à Hillary Clinton. Il aurait cependant une légère préférence pour une victoire de Trump, qui défendrait selon lui les intérêts des gens aux États-Unis. En , la chaîne payante américaine Showtime diffuse un documentaire du réalisateur américain Oliver Stone, "The Putin Interviews", dans le cadre duquel le chef du Kremlin met en garde contre une recrudescence de l’hostilité entre les États-Unis et la Russie et déclare penser que entre les deux pays. Il ajoute que malgré les tensions actuelles, il . En réaction aux remous causés par l'affaire du Russiagate il a estimé que l'ancien directeur du FBI, James Comey, lors de son témoignage au Sénat. Quatrième mandat présidentiel (depuis 2018). Vladimir Poutine prête serment pour son nouveau mandat à la présidence de la Russie le . Il propose le jour-même la reconduction de Medvedev à la tête du gouvernement. En , sa popularité atteint l'un de ses plus faibles niveaux, principalement en raison d'une très impopulaire réforme prévoyant un relèvement de cinq ans de l'âge de départ à la retraite. Le , Vladimir Poutine propose une réforme de la Constitution russe renforçant les pouvoirs du Parlement au détriment du pouvoir présidentiel. Le suivant, il annonce un amendement de la Constitution, dans le but d'y mentionner « Dieu » et d'y inscrire qu'un mariage n'est possible « qu'entre un homme et une femme ». Le , la Douma vote un amendement du projet de révision constitutionnelle qui permettrait à Vladimir Poutine ainsi qu'à l'ancien président Dmitri Medvedev de briguer deux nouveaux mandats consécutifs après 2024, ouvrant la voie à la possibilité du maintien au pouvoir du président russe jusqu’en 2036. Le suivant, Vladimir Poutine signe l'amendement de la Constitution lui permettant de briguer deux mandats supplémentaires. Après validation du texte par la Cour constitutionnelle, le président annonce qu'un vote par référendum se tiendra le si la « situation sanitaire » le permet. Ce n’est pas le cas et Vladimir Poutine annonce le que, finalement, le référendum se tiendra au début du mois suivant. Le , la révision constitutionnelle est adoptée avec 77,9 % des suffrages exprimés. Le suivant, Vladimir Poutine signe un décret qui donne désormais jusqu'en 2030 pour réduire de moitié la pauvreté dans le pays, voulant mener à leur terme « les objectifs de développement de la Russie » d’ici à cette date. Le , il fait adopter une loi donnant l'immunité judiciaire à vie aux anciens présidents, ainsi qu'à leurs proches : ce nouveau texte dispose qu’un ex-président russe « ne peut être poursuivi pénalement ou administrativement » ; il ne peut pas, par ailleurs, être arrêté par la police, subir un interrogatoire ou être perquisitionné. En novembre, Vladimir Poutine joue un rôle clé dans l'obtention d'une déclaration de cessez-le-feu, mettant fin à la guerre au Haut-Karabagh. Dans une vidéo publiée sur YouTube le et qu'il présente comme le résultat d'une enquête menée par sa Fondation anti-corruption (FBK), l'opposant Alexeï Navalny dénonce le faste et les financements du « palais de Poutine », une immense demeure dotée de nombreux équipements (héliport, patinoire, casino, piscine, spa, aquadiscothèque, etc.). L'opposant prête notamment au président Poutine un goût pour le luxe et détaille des montages financiers dont le but serait de par rapport à son véritable propriétaire. Trois jours après sa publication, la vidéo de près de deux heures avait été visionnée plus de 53 millions de fois. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, réagit en affirmant ne pas l'avoir vue mais indique en même temps que rien de ce qu'elle dit n'est vrai. Dans le pays, des manifestations éclatent alors en soutien à Navalny, emprisonné depuis son retour en Russie le 13 janvier, et contre le président Vladimir Poutine, alors accusé d'être un « voleur » par les manifestants. En réaction, Vladimir Poutine accuse l'Occident d'utiliser Navalny pour « tenter d'endiguer la Russie ». Le , lors d'une réunion sur les dernières armes de défenses russes portant notamment sur le super-missile Avangard, Vladimir Poutine estime que de nombreuses puissances occidentales « n'acceptent pas l'immensité de la Russie ». Moscou se félicite cependant de « signaux positifs » dans l'avancée des relations russo-américaines, Washington ayant annoncé l'abandon de certaines sanctions contre le gazoduc stratégique Nord Stream 2. Le , Vladimir Poutine promulgue une loi, adoptée en mai par la Douma, qui interdit aux collaborateurs d'organisations qualifiées par la justice d’« extrémistes » de participer aux élections. Une grande partie de l’opposition y voit un moyen de limiter le nombre de candidats hostiles au pouvoir en place. Le parti présidentiel, Russie unie, arrive en tête des élections législatives de 2021 avec 49,8 % des suffrages exprimés. Sans preuve à l'appui, l'opposition accuse le pouvoir de fraude électorale, parlant de « bourrages d'urnes » et de « manipulation du vote en ligne ». L'Union européenne dénonce un « climat d'intimidation », les États-Unis estiment que « les Russes ont été empêchés d'exercer leurs droits civiques » et le Royaume-Uni déplore un « grave recul des libertés démocratiques ». De son côté, Vladimir Poutine remercie les Russes pour « leur confiance » à la suite de cette victoire qui le renforce d'une nouvelle majorité à la Douma, deux ans avant l'élection présidentielle de 2024. Invasion de l'Ukraine. En , il reconnaît officiellement les républiques séparatistes de Donetsk et de Lougansk, alors que les relations avec l'Ukraine sont tendues depuis plusieurs mois. Dans les premières heures du 24 février, au cours d'une allocution, Vladimir Poutine annonce le lancement de l'invasion de l'Ukraine par la Russie dans le but de « démilitariser et dénazifier » le pays, présentant cette attaque comme une « opération militaire ». Quelques minutes après cette déclaration, les forces armées de la fédération de Russie pénètrent en territoire ukrainien. La quasi-totalité des pays membres de l'Union européenne, les États-Unis et l'ONU, par la résolution ES-11/1, condamnent de façon unanime tout au long de la première journée l'invasion russe de l'Ukraine, et annoncent des sanctions économiques et du renforcement militaire en appui aux forces armées ukrainiennes. Le président des États-Unis, Joe Biden, déclare qu'il « n'enverra pas de troupes sur le sol ukrainien » mais qu'il « défendra le moindre pouce du territoire de l'OTAN ». Emmanuel Macron, président de la République française, estime lors d'une allocution que « Vladimir Poutine a renié sa parole » et affirme que « La France se tient aux côtés du peuple ukrainien ». Le premier ministre britannique Boris Johnson et le président des États-Unis Joe Biden qualifient le président russe de « dictateur », condamnant l'offensive russe. Vladimir Poutine est placé le 25 février 2022 sur la liste noire de l'Union Européenne. Le , à la suite d'un revers militaire russe lors de l'invasion de l'Ukraine, deux groupes de députés municipaux à Saint-Pétersbourg et à Moscou ont appelé à la destitution de Vladimir Poutine, sans que celle-ci ait aucune chance d'aboutir. Selon Christopher Steele, ex-agent du MI 6, Poutine ne survivrait pas à une défaite en Ukraine. Le , Vladimir Poutine annonce une mobilisation partielle correspondant à et renouvelle la menace nucléaire « si les intérêts de la Russie sont menacés ». Vie privée. En 1982, Poutine rencontre Lioudmila Alexandrovna Chkrebneva, une jeune hôtesse de l'air, qu'il épouse l'année suivante. Ils ont deux filles, Maria, née en 1985 à Léningrad, et Ekaterina, née en 1986 à Dresde. Le , confirmant les nombreuses rumeurs sur leur séparation qu'ils ont démenties à plusieurs reprises, Vladimir et Lioudmila Poutine annoncent leur divorce lors d'un entretien accordé à la chaîne "Rossiya 24". Poutine, encore marié, aurait eu une liaison avec , une ancienne femme de ménage devenue subitement millionnaire après la naissance de leur fille Elizaveta en 2003. Il se lie ensuite avec la gymnaste Alina Kabaeva, de trente ans sa cadette, qu'il aurait aidée à se faire élire à la Douma d'État en 2007 et dont il aurait eu trois enfants. En avril 2022, à la suite du massacre de Boutcha en Ukraine, Maria Vorontsova et Katerina Tikhonova, ses filles issues de son premier mariage avec Lioudmila Alexandrovna Chkrebneva, sont sanctionnées par les États-Unis, l'Union européenne et le Royaume-Uni. Vladimir Poutine possède plusieurs chiens. Prises de position. Économie. En 1999, il annonce sa volonté de structurer l'économie russe par un réseau de PME-PMI : « L'État doit agir où et quand on a besoin de lui ; la liberté doit exister où et quand elle est requise ». Le journaliste Frédéric Pons affirme que Vladimir Poutine est . Durant ses deux premiers mandats présidentiels, Poutine s'entoure de ministres et de conseillers libéraux, dont Andreï Illarionov. Ce dernier estime toutefois que Vladimir Poutine ne peut pas être qualifié de libéral ni sur le plan économique , ni sur le plan politique — ; il résume le projet de Vladimir Poutine dans la volonté de . Pour Alexandre Morozov, . Plus globalement, il juge que . Durant ses deux premiers mandats, le gouvernement russe replace des secteurs économiques stratégiques accaparés par des oligarques, notamment les hydrocarbures, sous le contrôle de l'État. Il entreprend par ailleurs de réduire les dépenses sociales et d'instaurer une fiscalité favorable aux entreprises et aux hauts revenus ; un taux unique d'imposition sur le revenu (13 %) est mis en place en 2001, et un nouveau code du travail plus favorable au patronat est adopté en 2002. Les autorités ajoutent au système de retraite un système par capitalisation obligatoire ; 6 % des cotisations retraite sont ainsi dirigées non vers le financement des retraites en cours, mais vers des intermédiaires financiers ou des fonds de pension privés. En 2005, à la suite d'un mouvement de protestation sans précédent depuis le début des années 1990, le gouvernement est amené à introduire certaines réformes sociales, dont notamment le renforcement des allocations familiales. Après la crise économique de 2008, puis les sanctions imposées par les États-Unis et l'Union européenne en 2014 qui font entrer la Russie en récession, le gouvernement relance sa politique d'austérité en réduisant certaines dépenses sociales. En matière fiscale, les autorités choisissent d'augmenter les taxes et impôts sur le travail (élévation du taux de l’impôt sur le revenu et de la TVA) et de réduire ceux sur le capital. De nombreuses aides et crédits d’impôt sont octroyés aux grandes entreprises, y compris les plus rentables. D'après la Cour des comptes, ces avantages fiscaux se sont traduits par un manque à gagner de de roubles (145 milliards d'euros) pour le budget de l'État. Attitude à l'égard de l'URSS. Dès son arrivée à la présidence, Vladimir Poutine rétablit l'hymne de l'Union soviétique, contre l'opinion d'une partie significative de son administration, en faisant changer les paroles. En 2005, il déclare que la , mais également : . Lors de son discours du 18 mars 2014, prononcé à l'occasion de l'annexion de la Crimée, il persiste : , soutenant ainsi la reconquête de l'ancien territoire soviétique. En janvier 2016, il accuse Lénine d'avoir fait : . Partisan d'un État fort, il lui reproche d'avoir imposé le fédéralisme ayant conduit plus de 80 ans après à la dislocation de l'ensemble. D'après Alexander Morozov, rédacteur en chef du quotidien en ligne "Russki Journal", le . Le 21 février 2022, lors d'une allocution sur la reconnaissance des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk dans le cadre de la Crise ukrainienne, Poutine affirme que , que et que . Slavophilisme. Également inspiré par Ivan Iline, Vladimir Poutine se veut résolument slavophile après son retour à la présidence en 2012. Lors de son discours de victoire, il déclare : . Alexandre Morozov souligne que depuis cette date sont apparues dans le langage de Vladimir Poutine les expressions de et de . Alexandre Prokhanov, journaliste et écrivain russe d'extrême droite et anti-occidental, considère quant à lui, en 2014, que ses idées parmi les conseillers de Vladimir Poutine, et que ce dernier . Conservatisme. Les journalistes Vincent Jauvert et Frédéric Pons sont en désaccord sur le fait que Vladimir Poutine aurait renforcé son positionnement conservateur après son retour à la présidence en 2012. Le , Vladimir Poutine appelle, devant l'ensemble des représentants de la nation, à la , et qualifie sa position de . Par ailleurs, il mobilise régulièrement la pensée d'Ivan Iline, dont il a fait rapatrier les restes. Dans cette perspective, l'État russe a implanté à New York et à Paris des « Instituts de la démocratie et de la coopération ». Après des premiers contacts noués par l'Église orthodoxe via les groupes anti-avortement en Europe, il tisse également des liens étroits avec des mouvements populistes de droite, dont le Front national en France, notamment, selon "Le Nouvel Observateur", dans la perspective de et d'. Lors du sommet du G20 de 2019, Vladimir Poutine déclare que et que les valeurs libérales entrent , développant son propos en particulier sur le thème des migrants. Eurasisme. À la fin des années 1990, Vladimir Poutine fréquente un cercle d'études consacré à Lev Goumilev, l'un des derniers représentants historiques de l'eurasisme. S'il tente de se rapprocher de l'Otan dans les années 2000, proposant notamment une grande alliance aux États-Unis au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, l’intégration dans l'OTAN de pays de l'ancien bloc de l'Est le pousse à abandonner cette intention et explique notamment sa réaction face aux tentatives d'intégrer la Géorgie et l'Ukraine dans l'Otan. Lors de son discours du , il cite Lev Goumilev en évoquant son concept de « passionarité » ou « énergie intérieure » du peuple russe, et qualifie le développement de la Sibérie et de l'Extrême-Orient russe de . Le projet d'« Union économique eurasiatique », qui naîtra en 2015, s'inscrit dans cette perspective. Il s'explique également par le désintérêt de l'Europe occidentale pour sa proposition d’une « Europe de Lisbonne à Vladivostok ». Pour Frédéric Pons, . D'après Alexandre Terletzski, . Climat. Vladimir Poutine a une position plutôt climato-sceptique. Il a par exemple affirmé concernant le réchauffement climatique : . Du fait de la grande dépendance de l'économie russe à l'exportation des énergies fossiles, le président Russe a déclaré concernant l'objectif de sortie des énergies fossiles de l'Union européenne : . Plus récemment il s'est montré plus inquiet concernant le climat en déclarant : ainsi que . La Russie fait partie des pays signataires de l’accord de Paris sur le climat, qui ont bien déposé un nouveau plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour la COP26, organisée à Glasgow en novembre 2021, mais pas plus ambitieux que les précédents. Il estime que la transition énergétique est trop brutale. Popularité et influence. En Russie. Sa cote de popularité atteint près de 60 % en 2008, au plus fort de la guerre avec la Géorgie. En , elle tombe à 39 %, mais il reste l'homme politique le plus populaire du pays, selon une enquête du Centre analytique Levada, qui souligne que « les gens ont tendance à tenir Medvedev responsable des problèmes du pays [alors que] Poutine est plutôt considéré comme le leader national qui résout les crises ». La crise de Crimée augmente nettement sa cote de confiance, qui atteint 87 % en d'après Levada. En , selon un sondage publié au "Washington Post", 83 % des Russes approuvent son action. RTL explique cette popularité par le . D’après l’analyse faite par RTL, il représente le retour de la puissante Russie, imposante, forte et impitoyable. Il est comme « un second père pour eux ». Il représente le changement et le progrès pour eux. C’est pour cette raison que les jeunes l’admirent autant. Ils le considèrent comme le flambeau qui représente la Russie aux yeux du monde entier et qu’ils peuvent brandir. Comme lui-même le dit dans sa campagne électorale de 2018, . D’une certaine manière, c’est donc l’imagerie que Poutine renvoie en Russie qui lui permet de faire croître sa popularité. Par son image d’homme fort et sportif, il forge ce personnage charismatique et imposant. Pour se faire connaître et aimer de tous, il mit, entre autres, des portraits et des peintures de lui dans les établissements scolaires. De cette manière, il est arrivé à se faire aimer particulièrement des jeunes. Quant aux personnes qui ne l’admirent pas, il a utilisé le moyen de la crainte pour obtenir le respect. L’imagerie, ainsi que l’histoire de Poutine a aussi tendance à installer la crainte vis-à-vis de l'ancien responsable du KGB. C’est notamment le cas parce que certains citoyens anti-Kremlin ou anti-Poutine ont été assassinés, qu’il s’agisse de crimes organisés par les services d’intelligences russes comme le pense Sergey Markov ou par Poutine lui-même selon certains opposants. De plus, beaucoup de médias font objet de censure, en particulier les médias sociaux qui servent de moyen de diffusion pour l’opposition. En Russie, « les médias demeurent fortement surveillés par l’État par divers moyens » selon l’universitaire Tina Burrett. Au début de la carrière politique de Poutine, en particulier après son élection à la présidence de la Russie en 2000, Poutine est admiré par une grande partie de la population. En 2017, sa cote de popularité en Russie se situe autour de 85 %. Mais en 2018, sa popularité chute de vingt points, principalement en raison de la réforme contestée des retraites et de la baisse du pouvoir d’achat. Après près de 19 années au commandement de la Russie, la popularité de Poutine commence à baisser. Après des années au pouvoir, malgré les contestations et les théories du complot présentées par l’opposition, Vladimir Poutine avait jusqu’à présent réussi à se maintenir dans une bonne position par rapport à l’avis des Russes. En 2019, il entreprend des réformes pour reporter l’âge de la retraite qui ne seront pas appréciés des citoyens. Le Centre analytique Levada annonce que 40 % de citoyens russes sont insatisfaits de Poutine. Il est donc passé de 80 % d’approbation en février 2010 à 64 % en . Dans le reste du monde. En , d'après une étude du Pew Research Center, les pays étrangers qui plébiscitent le plus Vladimir Poutine sont le Viêt Nam (70 %) et la Chine (54 %). En , à la suite de l'intervention russe en Syrie, la popularité de Vladimir Poutine explose en Irak. D'une manière ou d’une autre, Poutine a réussi à se faire respecter en Russie. Néanmoins, pour consolider son image, il a besoin de se présenter dans le monde entier. Poutine a toujours tenu à préserver son image d'homme fort et indépendant, en un seul mot un homme capable. Pour préserver cette image qui est sa marque de fabrique, il doit donc prendre en main certaines situations. L'image de Vladimir Poutine est mitigée dans le monde. En se positionnant fermement dans un conflit ou aidant certains pays, la Russie a réussi à former des alliances et Poutine à accroître sa popularité. Grâce à l'intervention de la Russie en Syrie en 2015, les pays du Moyen-Orient et/ou les pays communistes ont vu la Russie comme une alliée. Mohammed Karim Nihaya, un peintre irakien affirme que « les Russes obtiennent des résultats » contrairement aux « États-Unis et leurs alliés [qui] eux bombardent depuis un an sans parvenir à quoi que ce soit ». Cette situation par exemple, est un des phénomènes qui contribuent à la perception de Vladimir Poutine comme un homme d'action. La popularité de Poutine continue de s'accroître dans ces pays tandis qu'elle reste mitigée dans les pays européens et d'Amérique du Nord. Nina Bachkatov dira donc à ce sujet que Poutine est « l’homme que l’occident aime haïr » Les Allemands sont seulement 12 % à faire plus confiance à Vladimir Poutine qu'à Angela Merkel, mais ils sont 23 % dans les Länder qui composent l'ex-RDA. En France, un sondage BVA réalisé en 2014 indique que 84 % des Français ont une mauvaise opinion de Vladimir Poutine et que 14 % en ont une bonne. Selon l'Ifop, Vladimir Poutine recueille parmi les Français 20 % d'opinions positives et 80 % d'opinions négatives en 2013 et 27 % d'opinions positives et 73 % d'opinions négatives en 2018. C'est parmi les sympathisants d'extrême gauche, de la droite et d'extrême droite, qu'il recueille le plus d'opinions favorables. En 2017, l’Ifop indique que 53 % des Français sondés préfèrent Vladimir Poutine, contre 25 % qui préfèrent Donald Trump. Selon un sondage Gallup, sa cote de popularité auprès des électeurs républicains américains a triplé entre 2015 et 2017. Vladimir Poutine a su dès ses débuts cultiver cette image forte. Il a basé sa carrière politique sur son image en se servant du culte de la personnalité. Que ce soit les simples apparitions dans les magazines où s'il n’est pas présenté comme un président puissant, l'est comme un sportif invétéré. Du judo au karaté, en passant par le ski, il s’assure toujours d'avoir une image héroïque en public. En plus de son image sévère, les différentes couvertures de magazines le mettant en valeur ont permis de renforcer son image outre-mer. Il est la personnalité de l'année 2007 pour "Time Magazine". Selon la liste des personnalités les plus puissantes du monde par "Forbes", Vladimir Poutine est l'homme le plus puissant du monde des années 2013, 2014, 2015 et 2016. Il est aussi la seule personnalité à être continuellement dans le top 5 annuel depuis la création de ce classement en 2009. Selon un sondage Pew de 2012 relayé par Foreign Policy, 72 % des Russes soutiennent Poutine et sa politique Critiques et controverses. Gouvernance et dérive autoritaire. Outre les accusations de fraudes électorales lors des élections de 2000, de 2008, de 2011, de 2012, de 2016 et de 2018, certains analystes considèrent qu'il existe une dérive autoritaire du pouvoir de Vladimir Poutine. En , Marie Mendras, chercheuse au CERI et enseignante à l'Institut d'études politiques de Paris connue pour son opposition à Vladimir Poutine, jugeait qu'en Russie, « il n'y a plus ni Parlement ni Cour constitutionnelle dignes de ce nom, le gouvernement est court-circuité par l'administration présidentielle, les juges sont soumis au pouvoir politique dès qu'une affaire devient délicate. Cela nous ramène au problème de la violence et de l'impunité [...]. Désinstitutionalisation du régime, opacité des décisions, montée de l'arbitraire et des méthodes expéditives : tout cela traduit une agitation croissante des cercles dirigeants ». Cependant, plusieurs acteurs publics et experts ont une opinion plus favorable. L'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, actuellement président du Conseil de surveillance du consortium gazier germano-russe "North-European Gas Pipeline Co" (détenu à 51 % par Gazprom), met en garde, le , contre « les erreurs typiques commises dans l'appréciation de la Russie et de son président en Occident ». Selon lui, « le président russe a réussi à élever substantiellement le niveau de vie dans le pays et à rétablir l’État », et il aurait « le mérite historique d'avoir engagé la Russie sur la voie de la stabilité et de la fiabilité en tant que partenaire ». Reconnaissant que, dans de nombreux domaines, la Russie « n'est qu'au début d'un chemin long et difficile », Gerhard Schröder a invité les adversaires de la Russie à ne pas rechercher des défauts dans ses actions et des insuffisances du point de vue de la démocratie occidentale, mais à soutenir ses efforts déployés dans sa progression vers la démocratie. « Certes, la Russie a des insuffisances, mais nul ne les connaît mieux que les dirigeants russes et nul ne pourra les surmonter mieux qu'eux », a souligné l'ex-chancelier. Interrogée par le Huffington Post, la journaliste et historienne Galia Ackerman affirme qu’ « Il a participé à la stabilisation du pays, c'est tout à fait vrai ». Concédant que « le niveau de vie a fortement augmenté », elle souligne cependant qu’il « en a profité pour améliorer davantage le niveau de vie des fonctionnaires et dans les secteurs proches de l'État comme la sécurité ou la justice. ». Vladimir Poutine est nommé personnalité de l'année selon le "Time" en 2007, chose controversée du fait de l'assassinat en 2006 à Londres d'Alexandre Litvinenko, que plusieurs journalistes et enquêteurs britanniques imputent au pouvoir russe. Le titre de l'édition en ligne du "Time Magazine" tente de synthétiser l'essence de la politique intérieure du président russe : « Choisir l'ordre avant la liberté ». L'arrestation, le procès et l'emprisonnement des membres du groupe féministe militant Pussy Riot est donné en exemple. Pour le journal "Vedomosti", « le niveau croissant de la criminalité et du nombre de verdicts bizarres et étrangement cléments ne font que renforcer le sentiment d'injustice au sein de la société russe ». Cependant, le taux d'homicides volontaires a diminué sous la présidence de Vladimir Poutine. Sous Boris Eltsine, environ sur décèdent de mort violente, contre 10,2 pour en 2010. Les associations de défense des droits de l'homme, dont, en Russie, Memorial, fondée par Andreï Sakharov, de même qu'une minorité d'opposants, estiment que l'État de droit est menacé dans le pays et dénoncent l'autocensure des médias. Plusieurs titres de presse indépendants, ainsi que la chaine de télévision NTV, rachetés par Gazprom et par d'autres structures contrôlées par l'État, semblent avoir réduit leur regard critique. À partir de 2005, une partie de l'opposition se regroupe à plusieurs reprises pour organiser des manifestations, telles que La Marche du désaccord, Stratégie-31, Poutine doit partir, auxquelles cependant les partis les plus importants de l'opposition à la Douma (Parti communiste, Rodina, LDPR), ne participent pas. Ce mouvement regroupe des courants politiques hétéroclites, dont des libéraux, L'Autre Russie ou jusque 2006 le Parti national-bolchevique. Parmi ses chefs de file, on retrouve le champion d'échecs Garry Kasparov, le dissident Édouard Limonov, l'ancien premier-ministre Mikhaïl Kassianov, l'avocat Alexeï Navalny, le militant Sergueï Oudaltsov ou l'homme d'État Boris Nemtsov. Ces manifestations sont souvent interdites pour diverses raisons par les autorités, les militants sont arrêtés, emprisonnés ou subissent des pressions. La candidature de opposants ces opposants est fréquemment rejetée pour des motifs divers. Certains militants anti-Poutine notables ont été assassinés, comme Iouri Tchervotchkine ou Boris Nemtsov, d'autres ont subi des tentatives d'assassinat, comme Vladimir Vladimirovich Kara-Murza. Alors que la chute de l'URSS permet l'avènement de la liberté de la presse, les présidences de Vladimir Poutine auraient réintégré certaines formes de censure et la propagande. Les chaînes officielles diffusent ainsi un discours antiaméricain prononcé, en discréditant, selon Pierre Avril du "Figaro", avec l'aide de vidéos fournies par les services secrets, les adversaires du pouvoir, alors que le Kremlin, selon le même journaliste, paie des internautes afin de poster à la chaîne des commentaires dithyrambiques pro-Poutine et des attaques contre les membres de l'opposition. De nombreux journalistes critiques du régime et de son président ont été assassinés, sans que leur assassinat soit clairement élucidé, tels que Paul Klebnikov, Anna Politkovskaïa, Stanislav Markelov ou Natalia Estemirova. Enfin, plusieurs médias indépendants créés dans les années 1990, tels que ceux de Vladimir Goussinski et Boris Berezovsky, sont sanctionnés, jusqu'à devoir être cédés au pouvoir ou fermer, tendance qui perdure. Invasion de l'Ukraine et crimes de guerre. Au mois de , lors de l'invasion de l'Ukraine, il est qualifié par différents dirigeants, tels que Boris Johnson, Joe Biden et Jean-Yves Le Drian, de « dictateur », voire de « boucher ». Le 17 mars 2023, la Cour pénale internationale (CPI), qui compte 123 états ( Pays) membres et siège à La Haye aux Pays-Bas, a émis un mandat d'arrêt international contre Vladimir Poutine et Maria Lvova-Belova pour leur participation et leur responsabilité à des crimes de guerre perpétrés en Ukraine depuis l'invasion russe, en l’occurrence l'enlèvement, la déportation, le transfert et l'adoption forcés d'enfants ukrainiens, après plus d'une année d'enquête de la chambre. La CPI avait initialement décidé que les mandats ne seraient pas rendus publics, afin de protéger les victimes et les témoins, ainsi que l'enquête, mais décide finalement de publiés car les crimes sont toujours en cours et que « la sensibilisation du public aux mandats peut contribuer à prévenir la commission de nouveaux crimes ». La CPI précise que l'application des mandats d'arrêt dépendra de la coopération internationale. Fortune. Différentes estimations (pour les plus élevées de 40 milliards de dollars à 200 milliards de dollars), ont circulé au fil des années sur la fortune de Poutine. Pour le "Washington Post" en 2015, , et le journal relève que des biens dont la possession lui a été attribuée (flotte d'avions, domaines) peuvent avoir été mis à sa disposition. Pour le journal, le montant de ces estimations n'a finalement aucune importance car Poutine . Plusieurs allégations ou accusations sont portées à l'encontre de Vladimir Poutine concernant une immense fortune personnelle clandestine qui aurait été amassée par le biais de proches ou d'anciens camarades ; toutefois, affirme le journaliste Peter Baker, du "New York Times" - ce qui ne permet pas d'évaluer précisément sa fortune. L'affaire des « "Panama Papers" » a tout de même permis de déterminer que l'entourage proche de Poutine a pu amasser plusieurs centaines de millions d'euros puisés dans l'argent public. Sergueï Kolesnikov est un homme d'affaires qui est chargé par Poutine, alors adjoint du maire de Saint-Pétersbourg, de codiriger une société de matériel médical "Petromed". Kolesnikov soutient que Poutine, une fois arrivé au Kremlin, aurait proposé de gros contrats à Petromed, à condition de verser en retour 35 % des recettes à "Lirus", une société basée au Luxembourg et dont Poutine détiendrait 90 % des parts. Cinq cents millions de dollars auraient ainsi atterri sur les comptes de Lirus et auraient permis à Poutine de faire construire un complexe immobilier, dit « palais de Poutine », de sur les bords de la mer Noire. Aujourd'hui cette résidence appartient à un proche de Poutine, l'homme d'affaires Alexandre Ponomarenko. L'opposant Alexeï Navalny sort une enquête au sujet de cette fastueuse demeure en janvier 2021, prêtant notamment au président Poutine un goût pour le luxe. Le politologue russe Stanislav Belkovski affirme en 2007 que Poutine est l'homme le plus riche d'Europe, qu'il possède quarante milliards de dollars en actions de compagnies de gaz (4,5 % de Gazprom) et de pétrole (50 % de Gunvor). Boris Nemtsov, ancien ministre de Boris Eltsine, affirme dans un rapport de 2012 que Poutine détiendrait des palais, des villas, des dizaines d'avions et d'hélicoptères d'une valeur totale d'un milliard de dollars ainsi que des yachts, des centaines d'automobiles et une collection de montres. Le porte-parole de Poutine a déclaré que tout est propriété de l’État et que Poutine en a seulement l'usage. Boris Nemtsov ajoute que deux cents milliards de dollars d'actifs de compagnies du secteur gazier auraient été détournés vers des holdings détenues par des hommes de paille au service de Poutine tels Youri Kovaltchuk, les frères Arkadi et Boris Rotenberg ou Guennadi Timchenko. En , dans le cadre de sanctions financières prises contre des personnalités russes en représailles au référendum de 2014 en Crimée qui la voit rattachée à la Russie, un communiqué du gouvernement américain affirme que « Poutine a des investissements dans Gunvor et pourrait avoir accès à des fonds de Gunvor ». Officiellement, Vladimir Poutine possède un appartement de soixante-quinze mètres carrés, un studio à Moscou, deux voitures Volga et une somme de cent trente-cinq mille euros. En 2012, Vladimir Poutine a déclaré cent mille euros de revenus. En 2016, dans le dossier "Panama Papers", Sergueï Roldouguine, un proche du président Vladimir Poutine, est directement cité. En réaction à ces révélations, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, considère qu'. Le 14 avril, Vladimir Poutine admet publiquement que les informations des Panama Papers concernant ses proches sont vraies mais ajoute qu'elles ne contiennent rien d'illégal. Il accuse les États-Unis d'être à l'origine de ces provocations et défend Roldouguine en expliquant que ce dernier a « dépensé tout l'argent qu'il a gagné pour acheter des instruments de musique » et s'est « endetté auprès des fonds par lesquels il les a achetés ». Le lendemain, il rend publique sa déclaration de revenus selon laquelle il a gagné 8,9 millions de roubles, soit , en 2015. Il possèderait un appartement de carrés, un garage, trois voitures datant de l'époque soviétique et une caravane. Lors d'une déclaration faite le devant le Comité judiciaire du Sénat des États-Unis, Bill Browder, cofondateur de Hermitage Capital Management, affirme que Vladimir Poutine serait à la tête d'une fortune de deux cents milliards de dollars qu'il aurait obtenue en forçant les oligarques russes à lui céder une partie de leurs avoirs. Cette somme, qui représente 10 % du PIB de la Russie, se trouverait en Suisse, où elle constituerait 10 % du montant total des dépôts bancaires étrangers. Dans son documentaire de près de deux heures publié sur YouTube au lendemain de son arrestation, Alexei Navalny expose en détail ce que la journaliste Veronika Dorman décrit comme un véritable système mafieux qui aurait permis à Vladimir Poutine de s'enrichir et d'enrichir ses proches en prélevant de l'argent sur les grands groupes industriels du pays dont beaucoup sont aux mains de ses amis. Distinctions. Vladimir Poutine est récipiendaire de nombreuses décorations et ordres étrangers : |
Wasabi Le , ou Eutrema japonicum est une espèce de plantes du genre "Eutrema" (ou "Wasabia") que l'on trouve en Asie. Cette espèce est originaire du Japon. Elle appartient à la famille des Brassicacées, comme la moutarde et le raifort, et sa tige est utilisée sous forme de pâte comme condiment dans la cuisine japonaise. Les autres variétés d’"Eutrema japonicum", les plus répandues sur le marché, sont "E. japonicum" ("daruma", 达磨) et "E. japonicum" ("mazuma", 真妻). Par extension, le terme "wasabi" désigne en français aussi bien la plante que le condiment. Description. Le "wasabi" est une plante vivace de la même famille que la moutarde et le raifort. Il appartient à une tribu botanique ("Eutremeae") plus proche de la moutarde, de la roquette et du chou ("Brassiceae") que du raifort et du cresson ("Cardamineae"). La zone de répartition naturelle du "wasabi" s'étend de l'île de Sakhaline jusqu'à celle du Kyūshū. Il pousse naturellement sur les berges des ruisseaux, des cours d'eau et des sources situés sur les versants frais des montagnes. Consommation. Saveur. La tige de "wasabi" est riche en isothiocyanates et sinigrine. Lors de la préparation, le broyage crée une réaction enzymatique lui donnant sa saveur typique, âcre. Cette saveur est apportée par l'isothiocyanate de 6-méthylhexyle, l'isothiocyanate de 7-méthylheptyle et l'isothiocyanate de 8-méthylthiooctyle. Si l'effet est très proche de celui de la moutarde, le goût et le parfum en sont plutôt éloignés. Le wasabi doit être consommé rapidement après râpage, car cette activité enzymatique s'estompe à partir d'un quart d'heure après la préparation. En cuisine. On utilise la tige, une sorte de raifort japonais, vert, au goût extrêmement fort, moins fort cependant que celui du raifort occidental, mais bien plus piquant. Le "wasabi" s'utilise principalement pour relever les "nigirizushi" (le cuisinier en place une petite noix entre le riz et le poisson) et les sashimi (plat japonais de poisson cru). À l'origine, il était utilisé en cuisine pour ses propriétés antibactériennes. De façon générale, il agrémente les plats de poisson ou de viande. On trouve également, sous le nom de "Wasabi Peas", des cacahuètes, des pois de soja vert ou des petits pois grillés et enduits d'une pâte formée d'ersatz de wasabi et d'origine thaïlandaise. Les Japonais le font également avec du soja vert. Au Japon, différentes pâtisseries et sucreries (bonbons, glaces) sont également parfumées au "wasabi". Ersatz. Le vrai wasabi (« "hon wasabi" ») est un produit extrêmement cher, et qui se conserve peu de temps : il n'est donc pratiquement pas exporté hors du Japon. Ainsi, le disponible dans les restaurants japonais européens ou américains ainsi qu'en grande surface est en fait un ersatz composé en réalité de raifort et/ou de moutarde. On trouve ainsi une pâte appelée "wasabi", prête à l'emploi, conditionnée en tube, ou bien sous forme de poudre à mélanger à de l'eau pour obtenir une pâte, conditionnée en boite ou en sachet, dans les épiceries chinoises, coréennes ou japonaises. Ces ersatz contiennent le plus souvent, même au Japon, un mélange de poudre de moutarde et de raifort coloré artificiellement en vert, et parfois des traces de vrai wasabi, pour justifier la mention "wasabi". Le raifort est beaucoup plus doux que le "wasabi", qui lui, par contre, perd sa saveur environ un quart d'heure après avoir été râpé. Ils ne peuvent donc être confondus. Le "wasabi" authentique se trouve plus classiquement en tige fraîche. Afin de fournir une couleur vert éclatant au consommateur, les ersatz de wasabi recourent au colorant E133, aussi connu sous le nom de bleu brillant. À l'état naturel, la couleur du wasabi tire en réalité davantage sur le brun verdâtre que le vert. Santé. Effet cardiaque. La consommation de wasabi peut entraîner une cardiomyopathie tako-tsubo autrement appelé syndrome du cœur brisé car elle est souvent le résultat d'un stress violent. Effet décongestionnant du nez. En raison de son effet piquant soudain mais bref, certaines personnes consomment du wasabi pour soulager le nez bouché en cas de rhume. Une étude scientifique semble indiquer que, si une sensation décongestionnante est possible, le wasabi a, en réalité, une action inverse. Les données scientifiques restent limitées sur cet usage. Autres utilisations. En 2011, des chercheurs de l'université de médecine de Shiga au Japon ont été récompensés par le prix Ig Nobel de chimie pour leurs travaux sur la densité idéale de wasabi nécessaire pour réveiller un être humain en cas d'incendie (ou quelle que soit l'urgence), en vue de réaliser un avertisseur à base de wasabi pour les personnes atteintes de surdité. Culture populaire. "Wasabi", un film réalisé par Gérard Krawczyk, met en scène un policier français bourru de passage au Japon. Le "wasabi" est au centre d'une scène partagée avec l'acteur Michel Muller. Le personnage principal incarné par Jean Reno ignore ce qu'est le wasabi et en mange sans ressentir les effets de ce condiment, alors que le personnage de Michel Muller n'arrive plus à prononcer le moindre mot à cause de l'effet piquant du wasabi. Le wasabi est aussi l'objet d'une blague dans le film Cars 2, lorsque Martin, fraîchement débarqué au japon avec la Team McQueen, le confond avec de la glace à la pistache. Il se pimente la langue avant de se précipiter sous la cascade au centre de la salle de réception de Sir Miles Axlerod pour se la rafraîchir, le faisant paraître ridicule. |
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Microsoft Windows (littéralement « Fenêtres » en anglais) est au départ une interface graphique unifiée produite par Microsoft, qui est devenue ensuite une gamme de systèmes d’exploitation à part entière, principalement destinés aux ordinateurs compatibles PC. Historique. DOS, que ce soit dans sa version IBM PC-DOS ou dans les versions pour clones MS-DOS, ne comportait pas d'interface graphique. Il était possible avec une grande facilité de créer des graphiques sous le langage BASICA (GW-BASIC pour les clones) livré avec le système, mais les commandes devaient être mémorisées par l'utilisateur et tapées à la main, ce qui rendait le système pénible d'emploi. Par ailleurs, chaque couple application/périphérique exigeait son pilote générique, ce qui rendait la gestion de ces pilotes compliquée et constituait un frein à l'évolution des configurations. Inspirées d'interfaces comme celles du Xerox Alto, puis du Apple Lisa et du Macintosh d'Apple, les premières versions de Windows, en 16 bits, s'appuyaient sur l'OS existant : MS-DOS en 1981. Celui-ci ayant été conçu monotâche, on y lançait Windows comme un simple programme, qui incorporait dès lors quelques-unes de ses fonctions (comme le tracking de la souris au système). La limitation intrinsèque propre au monotâche, ainsi que le côté marginal de Windows 1 (dont les fenêtres ne faisaient que partager l'écran sans superpositions) n'inquiétèrent pas alors le rival Apple, plus préoccupé de la stratégie d'IBM. IBM ne pensait pas l'usage du mode graphique viable avec la limitation à 640 K du DOS ni la faible résolution des écrans de l'époque et s'orienta vers un multi-fenêtrage en mode texte, Topview, très réactif, mais gardant l'inconfort du DOS. La version 2 de Windows (1987) déclencha de la part d'Apple un procès pour contrefaçon. Mais Apple le perdit (en appel) à cause du précédent de l'Alto (contre Digital Research). Apple continua tout de même de menacer Microsoft, ce qui aboutit en 1997 à un règlement à l'amiable : Microsoft produirait Office et Internet Explorer pour Mac OS et prendrait une part des actions Apple à hauteur de 6%. Sorti en 1990, Windows 3 intégra trois versions livrées simultanément : une en mode 8086 (16 bits simples), une seconde en mode 80286 (16 bits avec adressage étendu) et une troisième en mode 80386 (adressage 32 bits). L'appel de la commande "win" depuis le DOS effectuait quelques tests système et lançait automatiquement la version jugée la plus appropriée, sauf demande expresse de l'utilisateur au moyen de paramètres. La version du DOS était elle aussi testée, afin de substituer autant de fonctions Windows que possible à celle du DOS, qui ne servait plus guère que de lanceur, et d'implanter les vecteurs d'appel aux bons endroits (un effet collatéral fut une série de messages d'avertissement si on lançait Windows depuis un OS concurrent comme DR-DOS). Son usage d'Adobe Type Manager rendait déjà la qualité d'affichage bien meilleure. La version 3.1 poussa cette qualité un peu plus loin en remplaçant Adobe Type Manager par TrueType. Une version 3.11 (Windows for Workgroups) intégra même de façon native l'usage du réseau local. Ces versions avaient , un shell propre similaire au DOS et des utilitaires de gestion du DOS, en plus de l'interface graphique qui donna son nom au système d'exploitation. Elles furent donc considérées comme les successeurs de MS-DOS, avec le confort que chaque périphérique comme chaque application n'avait besoin dès lors que du pilote Windows, ce qui simplifiait considérablement la gestion de ceux-ci. Avec (1995), l'OS (""), épaulé par une importante campagne de publicité "grand public", rencontre un grand succès, dû en partie au fait que son éditeur a passé de très nombreux accords d'exclusivité avec les constructeurs d'ordinateurs leur interdisant d'installer un autre système sous peine de sanctions financières. Il est vendu préinstallé sur la quasi-totalité des ordinateurs personnels. Windows NT commencé en 1993, permet à Microsoft d'asseoir Windows dans les entreprises, suivi par Windows 2000. Windows XP () marque un tournant : la fusion des systèmes grand public (Windows 98/Me) et professionnels (Windows NT, 2000). L'adoption de celui-ci est progressive mais sa durée de vie en fera un système toujours répandu après sa sortie. Il met aussi en évidence les lacunes de sécurité du noyau utilisé et Microsoft est obligé de revoir intégralement le code de Windows en 2003. Windows Vista se veut novateur mais souffre de gros défauts (lenteurs, stabilité) qui le rendent très impopulaire, malgré un Service Pack 1, passé inaperçu, qui en résoudra la plupart. Windows 7, qui est en quelque sorte une version entièrement achevée et optimisée de Windows Vista, connaît un grand taux d'adoption : son interface et sa sécurisation figurent parmi ses atouts. Il est le système encore le plus plébiscité de tous les Windows. Windows 8 est une nouvelle rupture pour Microsoft : plus ou moins un nouveau noyau, nouveau type d'applications téléchargeables depuis un Store, optimisation de la consommation mémoire et processeur le rendant utilisable sur des configurations plus légères. Cependant, son interface trop pensée pour le tactile rebutera un grand nombre d'utilisateurs, notamment par l'absence du « menu démarrer » historique qui les oblige à utiliser des logiciels tiers en remplacement comme Classic Shell permettant de rajouter le menu démarrer de Windows 7. Windows 10 marque un nouveau tournant : code partagé avec les téléphones, interface revenant à un menu démarrer sur les PC traditionnels, promotion des applications « universelles » (fonctionnant sur PC et smartphones à condition de posséder un matériel compatible). Cette version est aussi une grande nouveauté en matière de gestion de mises à jour : elles sont permanentes et obligatoires (afin de renforcer la sécurité), et une nouvelle version de Windows doit sortir environ tous les six mois. Un nouveau navigateur remplace Internet Explorer : Microsoft Edge. Le seul bémol étant l'excès de surveillance des utilisateurs par le biais de programmes de diagnostics, de sauvegarde des historiques internet pour la prédiction de pages ou des données d'utilisation, qui rebutent encore beaucoup d'utilisateurs. Cependant la majorité de ces options sont désactivables dans les paramètres de Windows. Windows 11 marque aussi un tournant en lançant une nouvelle interface, un nouveau Microsoft Store, Microsoft Teams et l'application Xbox intégrés, en changeant automatiquement le SDR en HDR (avec un écran compatible HDR), ainsi que l'arrivée des applications Win32 et Android sur le Store. Compléments. Bill Gates a appelé son service d'exploitation Windows (fenêtres), car l'innovation principale du "shell" puis du système d'exploitation était l'emploi de fenêtres d'affichage. La gamme Windows est composée de plusieurs branches (voir la section "Branches techniques de Windows") : Branches techniques de Windows. Branche. Noms de code connus entre parenthèses. Les premières versions de Windows étaient lancées depuis DOS et utilisaient le système de fichiers de DOS. Windows a immédiatement incorporé certaines fonctions de système d’exploitation, notamment un format d’exécutable propre, la gestion des processus en multitâche coopératif (aux fonctionnalités peu probantes lorsque des applications DOS y étaient utilisées), la gestion de mémoire virtuelle, et des pilotes pour gérer l’affichage, l’impression, le clavier, le son pour 386 tirait également parti des nouvelles capacités de l’, tel le placement du noyau en mode protégé et l’exécution des programmes DOS dans une machine virtuelle en mode virtuel 8086. On pouvait utiliser Windows avec d’autres DOS que le MS-DOS de Microsoft, comme PC-DOS d’IBM ou DR-DOS, sous réserve de passer outre les messages de dissuasion émis lors de l’installation. À partir de , l’interface graphique est devenue commercialement associée à MS-DOS. Cela a motivé un procès entre Caldera, éditeur à l’époque de DR-DOS, qui permettait également de faire tourner Windows, et Microsoft. Caldera estimait en effet que Microsoft adoptait ainsi une pratique anticoncurrentielle de "vente forcée", sans fondement technique réel. À partir de Windows XP, on peut considérer que le DOS a bel et bien disparu des systèmes d’exploitation grand public de Microsoft, bien qu’une émulation reste disponible. Branche Windows 9x. Noms de codes connus entre parenthèses. À cause du noyau NT trop jeune et de l'utilisation importante de programmes tournant sous MS-DOS, Microsoft décida d’éditer un système d’exploitation à destination du grand public, qui reprendrait certains avantages de Windows NT tout en restant compatible avec les versions antérieures de Windows et MS-DOS. Les systèmes et suivants furent des évolutions hybrides 16/32 bits des versions et 3.1. Ils sont tous construits sur le même modèle de pilotes : les VxD. En 1995, apporta plusieurs améliorations : le multitâche préemptif, la couche réseau inspirée de celle de NT, une interface graphique nouvelle. Ce n’est pas un nouveau système d’exploitation, mais une évolution de . devait pouvoir fonctionner sur des configurations d’entrée de gamme avec de mémoire vive. La version OSR2 de apporta la prise en charge de l’USB et de FAT32. Cette première mouture, connue durant son développement sous le nom de code « Chicago » et sortie sous le nom de , a connu plusieurs évolutions, dont et (), qui ont permis de confirmer la popularité des systèmes d’exploitation de Microsoft. Ses différentes versions ont souffert d’une réputation d’instabilité et de vulnérabilité aux attaques par les réseaux. En 2001, Microsoft a décidé de mettre un terme à cette branche en sortant Windows NT 5.1 connu sous le nom de Windows XP, plus stable et moins vulnérable (voir l'article Windows 9x). Branche Windows NT. La branche NT ("Nouvelle Technologie"), est une famille de systèmes d’exploitation développés à partir de zéro, bien qu’elle soit une évolution de l’API de Windows souvent appelée Win32. Windows NT est né du divorce de Microsoft et d’IBM sur le développement du système d’exploitation OS/2. Windows NT a été développé pour concurrencer les systèmes utilisés en entreprise. Le noyau serait inspiré de VAX VMS et d’Unix et apporte des concepts nouveaux, comme la notion d’objet permettant une utilisation uniforme. Il est conçu à l’origine pour les processeurs de famille x86 (à partir de l’), MIPS, DEC Alpha et PowerPC. Il n’existait pour ces processeurs que des versions , bien que certains soient en . Aujourd’hui, les familles x86, x86-64 et Itanium sont supportées, en pour les deux dernières. L’arrêt successif du support des différents processeurs est dû à des raisons économiques. Elle permet le multitâche préemptif, le , un modèle d’exécution séparée (chaque processus possède une zone de mémoire séparée, sans accès à celle des autres processus). Elle dispose aussi d'un système de gestion de fichiers propre, le NTFS (qui possède comme innovations principales les notions de droits d'accès et de propriété) en plus de ceux utilisés par les branches antérieures, FAT12 (rapidement disparu à partir de Windows XP), FAT16 et pour Windows 9x, FAT32. Sa disponibilité pour le grand public a eu lieu avec la sortie de , première version familiale à être fondée sur cette branche unifiée après le succès de dans sa version professionnelle. Branche Windows CE. Cherchant à s’imposer sur le marché en pleine croissance des assistants personnels (PDA), Microsoft a développé une version légère de son système d’exploitation et s’est associé aux grands constructeurs d’ordinateurs personnels pour pénétrer ce marché jusque-là dominé par Palm. Les produits exploitant ce type de plate-forme sont appelés . Adapté aux contraintes de ces machines (affichage, mémoire), Windows CE présente une interface similaire à celle de systèmes d’exploitation pour PC bien que son noyau soit différent. Avec la sophistication croissante des appareils ménagers, le but avoué de Microsoft est d’installer Windows CE (ou une version ultérieure) sur tous les appareils de la maison, créant ainsi un univers domotique intégré. Des versions de Windows CE sont d’ores et déjà disponibles pour les téléphones portables. Depuis 2003, l’appellation « Pocket PC » a été remplacée par « Windows Mobile ». Il existe donc Windows pour Pocket PC et Windows pour smartphone. Le binaire issu de la compilation d’un programme écrit en langage C# de Microsoft est automatiquement compatible avec cette plate-forme, si l’on suit certaines restrictions (des bibliothèques liées en particulier). Il faut néanmoins vérifier la présence du Framework .NET sur la machine cible afin de pouvoir l’exécuter. Branche Windows RT. Windows RT est une version du système d'exploitation Windows 8 pour les appareils ARM comme certaines tablettes. Le sigle RT n'a pas de signification officielle. Contrairement à d'autres systèmes d'exploitation Windows, il ne pourra qu'exécuter les applications ayant été certifiées par Microsoft et placées dans le magasin de Windows Store. Windows RT inclut d'autres applications telles que Microsoft Office Word, Excel, PowerPoint et OneNote 2013 RT. Microsoft vend uniquement ce système d'exploitation aux fabricants d'appareils directement, et non comme un produit autonome pour les consommateurs. Par sa compatibilité logicielle qu'avec les logiciels du Windows Store, cette version de Windows fut arrêté avec Windows 10. Néanmoins, en 2017 Microsoft sort Windows 10 S, système d'exploitation très proche de Windows RT mais destiné au marché de l'éducation. Construction. Un système d'exploitation tel que ceux de la série Windows est un ensemble de programmes qui manipule les moyens matériels de l'ordinateur et offre aux logiciels applicatifs des services en rapport avec leur utilisation. Les principaux programmes internes de la série Windows NT sont la couche d'abstraction matérielle, le noyau, les pilotes, le système graphique, et les interfaces de programmation Win32 et POSIX. Une partie des programmes sont exécutés en mode noyau, et le reste est exécuté en mode utilisateur. Lorsqu'un programme est exécuté en mode utilisateur, ses possibilités sont limitées: l'accès à certains emplacement de mémoire et l'exécution de certaines instructions est interdite. les produits de la famille Windows comportent différents programmes permettant l'exécution d'applications dans différents environnements ayant chacun sa propre interface de programmation: MS-DOS, OS/2, POSIX ou Win32 - ce dernier, peu utilisé au début, est devenu l'environnement de référence, utilisé par la majorité des applications pour Windows. L'interface de programmation Win32 est un très large ensemble de fonctions, utilisées par les applications notamment pour manipuler des processus, des threads, utiliser les réseaux informatiques, les périphériques, afficher des fenêtres, des dialogues, des widgets, ou traiter des erreurs. Il permet également d'utiliser des services tels que DirectX, GDI, OpenGL ou MAPI, ainsi que des services offerts par des objets COM ou ActiveX. Win32 est disponible sur les produits des branches Windows 9x, Windows NT et Windows CE. Les produits de la famille Windows sont livrés avec une gamme de programmes qui permettent de leur ajouter des fonctionnalités, parmi lesquels des jeux, des serveurs et des applications. Les jeux incorporés. Avant l'arrivée de Windows 10, quelques jeux étaient nativement installés. À partir de Windows 10 les jeux installés par défaut changent régulièrement, selon les partenariats avec les éditeurs. Aussi, certains jeux Microsoft gratuit affichent désormais des publicités, à moins de télécharger une version payante : Suite des versions de Windows. Systèmes abandonnés par Microsoft. Microsoft a développé d’autres systèmes que ceux que l’on connaît, cependant ces derniers ont été abandonnés pour des raisons diverses : Systèmes non distribués par Microsoft. Certains autres systèmes assurent une compatibilité plus ou moins complète avec Windows : Chronologie des sorties. Table des versions de Windows Légende : Controverses. Au cours des années 1990, en particulier avec la version 95, Windows couvre les neuf dixièmes du marché des systèmes d’exploitation et des applications bureautiques pour PC. En , il était installé sur plus de 95 % des ordinateurs personnels, la grande majorité des ordinateurs étant vendus avec un système Windows préinstallé par le constructeur (licence OEM). En conséquence, ses concurrents l’ont accusé de monopole et de pratiques commerciales déloyales et ont engagé des poursuites à son encontre dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis et en Europe. Ces pratiques de vente subordonnée des systèmes d’exploitation Microsoft lors de l’achat d’ordinateurs neufs font que considèrent ces logiciels Windows, quels que soient leurs défauts et qualités, comme des « racketiciels » en référence à l'illégalité de la pratique, au moins en France. En , le Commissaire européen à la concurrence, Mario Monti, a ordonné à Microsoft de remédier à la fourniture systématique de son lecteur multimédia dans Windows XP. Se pliant à cette exigence, Microsoft a tenté de mettre en vente au même prix que la version normale avec "Windows Media Player". Ce procédé a déplu à la Commission, laquelle demandait à la fois que l’entreprise fournisse ce produit pour « améliorer la situation du marché », tout en ne le faisant pas savoir. Se pliant à cette dernière exigence, Microsoft a donc offert, à partir du , une version de Windows amputée à grands frais de ce logiciel sous la dénomination de Windows XP « N », mais qui n’a pas été un succès commercial. Il s’avère que, non seulement - qui avait inspiré ces poursuites pour concurrence déloyale - reste compétitif, mais qu’il utilise même des ressources de pour son fonctionnement. Entre 2004 et 2013, Microsoft est condamné à plus de 2 milliards d'euros d'amende par la Commission européenne pour entrave à la concurrence et divers abus de position dominante, notamment en raison de l'utilisation de sa position sur le marché des systèmes d'exploitation pour imposer Internet Explorer (qui deviendra un monopole de fait pendant une décennie), ainsi que pour ne pas avoir mis en place le « Ballot Screen » qui lui avait été imposé par l'Union européenne, et qui permettait aux utilisateurs de choisir un autre navigateur (un problème technique selon Microsoft). Microsoft est critiqué pour ses pratiques anticoncurrentielles dans le monde. Le département de la Justice des États-Unis a révélé en 2006 que Microsoft utilise le slogan «"Embrace, extend and extinguish" » ou « "" » (en français, « Adopte, étend et anéantit/extermine ») pour décrire sa stratégie d’introduction de produits : adopter des standards largement utilisés, les étendre de façon à créer des standards propriétaires, puis utiliser les différences au détriment de ses concurrents. |
Wolfenstein 3D Wolfenstein 3D est un jeu vidéo de tir à la première personne développé par et publié par le sur MS-DOS. Il s'inspire des jeux ' et ' développés par dans les années 1980. Le joueur y incarne l'espion B. J. Blazkowicz qui tente de s'échapper d'un château nazi, dans lequel il est emprisonné, pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour cela, il doit explorer plusieurs niveaux, combattre des ennemis et trouver un ascenseur afin d'accéder au niveau suivant. Au dernier niveau le joueur devra combattre un boss et enfin accéder à la sortie et terminer le jeu. "Wolfenstein 3D" est le deuxième jeu majeur publié par après la série des '. Son développement débute en 1991 alors que John Carmack tente de créer un moteur 3D performant qu'il expérimente dans ' et '. Lors d'une réunion de conception, le studio décide de donner une orientation plus violente à son prochain titre et le programmeur John Romero suggère alors de réaliser un ' de ' en utilisant le moteur 3D développé par John Carmack. Le jeu est conçu par John Romero et Tom Hall qui bénéficie pour cela de l'aide d'Adrian Carmack pour les artworks et de Bobby Prince pour les effets sonores et la musique. Le jeu est publié en ' par Apogée en 1992 en deux séries de trois épisodes. Un épisode supplémentaire, "", est ensuite publié par FormGen la même année. À sa sortie, "Wolfenstein 3D" est un succès critique et commercial qui obtient de nombreuses récompenses et qui dépasse les copies vendues fin 1992. Il est également connu comme l'ancêtre du célèbre jeu Doom, et peut donc revendiquer le titre de premier « », puisqu'il a contribué à populariser ce genre et à en définir les principes de base, qui seront plus tard copiés dans de nombreux titres. Il a également démontré la viabilité de la distribution en "". Trame. "Wolfenstein 3D" se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale. Le joueur y incarne l’espion américain B. J. Blazkowicz dans son combat contre les nazis. Dans la version originale du jeu, divisée en trois épisodes, le héros tente d’abord de s’évader du château Wolfenstein après avoir été capturé lors d’une mission visant à récupérer les plans d’une opération secrète. Après s’être évadé, il parvient à récupérer puis à déjouer les plans de ses ennemis qui cherchent à créer une armée de mutants. Il s’infiltre ensuite dans le Führerbunker sous la chancellerie du Reich où il affronte finalement Adolf Hitler, dans une combinaison robotique équipée de quatre mitrailleuses de type Gatling. La seconde trilogie, baptisé "", constitue une préquelle de la première dans laquelle B.J. Blazkowicz tente de déjouer les plans des nazis pour fabriquer des armes chimiques. Son premier épisode retrace une poursuite dans le complexe de recherche en armement du scientifique responsable du développement de ces armes chimique. Le héros se rend ensuite dans le château Erlangen, afin de voler les plans de ces armes, puis dans le château d’Offenbach où il affronte le général nazi responsable de cette opération. L’épisode supplémentaire, publié sous le titres ', constitue également une préquelle du jeu original. Le joueur y incarne toujours B. J. Blazkowicz dans sa tentative pour récupérer la Sainte Lance dont les nazis se sont emparés. Dans les deux extensions de ', ' et ', le héros doit également retrouver la Sainte Lance que les nazis ont à nouveau volée afin de l’utiliser pour construire une arme nucléaire ou invoquer des démons. Système de jeu. "Wolfenstein 3D" est un jeu de tir à la première personne dans lequel le joueur évolue dans des environnements en trois dimensions qu’il observe en vue à la première personne. Bien que les environnements soient représentés en perspective 3D, les ennemis et les objets le sont par des "" en deux dimensions, ce qui lui vaut d’être parfois décrit comme un jeu en 2,5D. Le jeu est divisé en niveaux. Chaque niveau est composé d’un seul plan et est divisé en zones par des murs et des portes, construites suivant un quadrillage et ayant tous la même hauteur. Les niveaux représentent des bunkers et d’autres bâtiments nazis dont l’agencement ne s’inspire pas de lieux ayant existé. Pour terminer un niveau, le joueur doit traverser ses différentes zones afin d’atteindre un ascenseur. En traversant les différents niveaux du jeu, le joueur doit affronter des soldats nazis, des chiens et d’autres ennemis tout en s’assurant de rester en vie. Pour les combattre, il est au départ armé d’un couteau et d’un pistolet mais il peut trouver de nouvelles armes, plus puissantes, et des munitions disséminées dans les niveaux ou sur les cadavres de ses ennemis. Les niveaux sont regroupés par épisode, un épisode contenant généralement dix niveaux. Le dernier niveau d’un épisode se focalise généralement sur le combat contre un boss. La vie du joueur est représentée par un pourcentage au départ fixé à cent et qui diminue lorsqu'il subit des dégâts. Lorsque ce pourcentage atteint zéro, le joueur perd une vie et il doit recommencer le niveau à son point de départ avec seulement un couteau, un pistolet et huit balles. Le joueur commence chaque épisode avec trois vies et peut en gagner de nouvelles en découvrant un bonus spécifique ou en accumulant suffisamment de points. Ces points se gagnent en tuant des ennemis ou en récupérant des trésors disséminés dans les niveaux. Des points supplémentaires peuvent être gagnés en tuant tous les ennemis, en ramassant tous les trésors ou en trouvant tous les secrets d’un niveau, mais aussi en terminant le niveau en un certain temps. Le temps mis par le joueur pour terminer le niveau, ainsi que le pourcentage de complétude de celui-ci est affiché lorsqu’un niveau est terminé. Les niveaux peuvent contenir des passages secrets cachés derrière des murs amovibles que le joueur peut actionner. Ces passages contiennent généralement des trésors, de la vie ou des munitions. La version originale du jeu permet au joueur de sauvegarder sa progression à tout moment mais dans la plupart de ses portages, il n’est possible de sauvegarder qu’entre les niveaux. Développement. Genèse du projet. Entre octobre et décembre 1990, une équipe du studio développe le jeu vidéo en trois parties ', premier opus de la série '. Le groupe, qui se désigne lui-même sous le nom de , est à l’époque composé des programmeurs John Romero et John Carmack, du concepteur Tom Hall, de l’artiste Adrian Carmack et de Jay Wilbur, leur manager. Ensemble, ils travaillent dans les bureaux de à Shreveport en Louisiane où ils développent des jeux pour le magazine '. Après la publication du jeu en décembre par l’éditeur de ' , l’équipe prévoit de quitter pour fonder leur propre studio. Après plusieurs semaines de négociations avec leur patron, Al Vekovius (le fondateur de ), accepte finalement de continuer à produire une série de jeu pour "" après leur départ, au rythme de un tous les deux mois. , rebaptisé , utilise certains de ces jeux comme prototype afin de tester les idées qu’ils imaginent pour leurs propres jeux. Adrian Carmack les utilise par exemple pour mettre en avant un style artistique sombre, qui à sa préférence, alors que John Carmack commence à faire des expérimentations dans le domaine des graphismes en 3D qui sont, jusque-là, presque uniquement utilisés dans des simulateurs de vols comme ' (1990). Pour John Carmack, la puissance limitée des ordinateurs de l’époque rend en effet difficile la création d’un jeu d'action en 3D et rapide à cause du trop grand nombre de surfaces à afficher, et donc à calculer. En 1991, il cherche donc à limiter le nombre de surface à afficher en créant des niveaux constitués uniquement de mur conçus sur une grille plate plutôt qu’avec des formes et des angles divers. Il choisit également une approche inhabituelle en créant les graphismes grâce avec la technique du ', qui permet de ne calculer que les surfaces visibles par le joueur plutôt que toutes celles qui entourent celui-ci. Après six semaines de développement, John Carmack abouti à un moteur 3D rudimentaire qui utilise des ' en 2D pour représenter les ennemis. utilise alors ce moteur pour créer pour le compte de le jeu ' , dans lequel le joueur dirige un tank et doit détruire des monstres, qui est publié en . À l’automne, après le déménagement de l’équipe – sans Jay Wilbur – à Madison dans le Wisconsin et alors qu’il termine le moteur de ', John Carmack entend parler de ', un jeu vidéo de rôle alors développé par . Ses créateurs annoncent que son moteur de jeu permettra d’afficher des graphismes en 3D et avec des textures, sans les restrictions utilisés par John Carmack pour '. Celui-ci décide donc que, comme celui d’', son moteur 3D peut bénéficier d’un mapping de textures sans pour autant en sacrifier les performances. En six semaines, il améliore son moteur 3D que le studio utilise pour créer un nouveau jeu pour , ', qui est publié en . Après avoir découvert ce dernier, Scott Miller de la société Apogee commence à pousser l’équipe pour qu’elle développe un jeu d’action en 3D en '. Début du projet. En , le second épisode de la trilogie ' est quasiment terminé, les obligations contractuelles du studio avec arrivent à échéances et id Software commence donc à réfléchir à leur prochain jeu. Le concepteur Tom Hall, qui souhaite au départ réaliser un troisième épisode de ', reconnait que l’attention de John Carmack n’est plus sur les jeux de plates-formes en 2D, mais sur les jeux d’action en 3D, et propose donc de créer un jeu de science-fiction. De son côté, John Romero suggère de réaliser un ' en 3D de ', publié en 1981. L’équipe est intéressée par cette dernière proposition. John Romero, Tom Hall et John Carmack ont en effet de bons souvenirs du jeu original et pensent que son ' de jeu de tir dans un labyrinthe est particulièrement adapté au moteur 3D créé par John Carmack. De son côté, Adrian Carmack est intéressé par l’idée de s’éloigner du style artistique enfantin de la série des ' pour aller vers quelque chose de plus violent. Encouragé par l’intérêt soulevé par son idée, John Romero développe sa proposition d’un jeu d’action rapide dans lequel le joueur peut tirer sur des soldats avant de trainer et de fouiller leurs dépouilles. Pour lui, le cœur du gameplay doit en effet être simple et rapide car, compte tenu de la nouveauté que constitue l’arrivée de la 3D et l’interface associée, un jeu trop compliqué et lent ne serait pas bien reçu par les joueurs. Il pense que le jeu occuperait ainsi une place à part dans l’industrie du jeu sur ordinateur, jusque-là dominée par des jeux de simulations et de stratégie plus lents. Adrian et John Carmack sont particulièrement enthousiasmés par son idée. De son côté, Tom Hall la juge seulement mais pense qu’en tant que concepteur du studio, il pourra imposer ses idées dans un prochain titre. L’équipe pense initialement qu’elle ne pourra pas utiliser le titre de "Wolfenstein" à cause d’un problème de copyright et imagine alors plusieurs titres avant de découvrir que le studio de développement du jeu original, , a fermé ses portes plusieurs années auparavant et a laissé expirer ses droits sur la marque. Ils peuvent donc baptiser leur jeu "Wolfenstein 3D". Le jeu est immédiatement approuvé par Scott Miller, qui considère alors id Software comme ses développeurs vedettes, et il accepte de payer une avance de pour le projet. Mark Rein, devenu président par intérim d’ quelques mois auparavant, parvient également à vendre le projet d’une sortie au détail de "Wolfenstein" à FormGen, qui a publié le jeu ' en , malgré les doutes de l’éditeur sur le contenu violent du jeu. Le studio se retrouve donc dans une position unique qui lui permet de vendre son jeu simultanément en ' et sur le circuit traditionnel. Conception. Le "" et les graphismes du jeu sont conçus par John Romero et Tom Hall. Pour John Romero, l’objectif du jeu doit être de avec l’excitation qu’implique de prendre d’assaut un bunker défendu par des soldats SS, des chiens, voire Hitler lui-même, avec des armes simples et efficace et dans un déluge de sang . Tom Hall se charge de la conception des niveaux et ajoute également des objets collectables, sous la forme de trésors et de nourriture pouvant être ramassés pour récupérer des points de vie. De son côté, John Carmack ajoute de nouvelles fonctionnalités au moteur de jeu de "Catacomb 3-D", incluant la possibilité d’ajouter des portes et des objets décoratifs, mais se focalise principalement sur l’optimisation du moteur 3D afin de le faire tourner plus vite et avec une meilleure résolution. John Romero se charge ensuite de créer un jeu à partir du moteur. Il met ainsi de côté certains éléments de son idée initiale, comme la possibilité de fouiller les dépouilles des ennemis, car il juge que cela ralentirait inutilement l’action. L’équipe s’assure que la présentation du jeu permet d’obtenir l’ambiance voulue. Ils ajoutent ainsi des animations particulièrement violentes, créées par Adrian Carmack, pour les ennemis se faisant tirer dessus ainsi que des effets sonores et de la musique créés par le compositeur de "Commander Keen", Bobby Prince. Alors que le développement progresse, id Software engage Kevin Cloud, leur ancien interlocuteur chez , en tant qu’artiste assistant. Ils déménagent également le studio à Mesquite au Texas, non loin du siège d’Apogee. Scott Miller est heureux de voir son studio vedette se rapprocher et accepte non seulement d’augmenter leurs royalties jusqu’à 50 %, mais aussi de faire développer par Apogee le jeu suivant qu’ils doivent livrer à afin qu’ils puissent se concentrer sur "Wolfenstein". Le jeu doit initialement être publié en trois parties (avec dix niveaux par épisode), la première étant gratuite, comme le fait habituellement Apogee pour les "". Lorsqu’il découvre que l’équipe peut créer un niveau en une seule journée, grâce à une version modifiée de l’éditeur de carte en 2D de "Commander Keen", Scott Miller les persuade de développer six épisodes. À la même époque, l’équipe connaît de profonds remaniements : renvoie son président par intérim, Mark Rein, au profit de Jay Wilbur ; Bobby Prince les rejoint dans leurs bureaux temporairement pour enregistrer les effets sonores ; et Adrian Carmack quitte les bureaux pour s’éloigner du bruit. Alors que le jeu est quasiment terminé, FormGen contacte pour leur faire part de son inquiétude concernant le contenu violent et choquant du jeu. En réponse, le studio rend le jeu encore plus violent. Adrian Carmack ajoute ainsi des squelettes, des corps et des détails sanglants sur les murs. Tom Hall et John Romero ajoutent des cris et des hurlements en allemands ainsi qu’une montrant un de la mort du boss final d’un épisode. De son côté, John Carmack continue de travailler sur le moteur de jeu. À la demande de Tom Hall, il ajoute notamment des murs pouvant bouger grâce à des déclencheurs, afin de cacher des passages secrets. Enfin, Tom Hall inclut des codes de triche dans le jeu et écrit son scénario. Le , le premier épisode du jeu est terminé et est mis en ligne par Apogee et sur des . Les épisodes suivants sont complétés quelques semaines plus tard. Au total, le développement du jeu a duré six mois et coûté . Versions et promotion. Le premier épisode de "Wolfenstein 3D" est publié en Freeware en fin d'année 1991 via les magazines Joystick et Generation 4. La version " " par sort le . Le même jour, la totalité de la trilogie originale est également mise en vente, sous le titre "Wolfenstein 3D", bien que les deux épisodes supplémentaires de celle-ci ne deviennent disponibles que quelques semaines plus tard. La seconde trilogie est publiée peu de temps après, sous la forme d’une extension intitulée '. Il est alors possible d’acheter les deux trilogies séparément ou regroupées dans un seul jeu. En 1993, publie ensuite ' qui inclut 815 niveaux réalisés par des fans, ainsi qu’un générateur de niveaux aléatoires. Une version du jeu est également publiée par FormGen sur le circuit de distribution traditionnel, le . Baptisée ', celle-ci propose deux fois plus de niveaux que les épisodes publiés par Apogee. En mai 1994, FormGen publie deux extensions, ' et ', de longueur équivalente à ', puis une compilation regroupant les deux extensions sous le titre "". fait ensuite publier les six épisodes initialement publiés par Apogee sur le circuit traditionnel par l’éditeur en 1993, puis une compilation regroupant les épisodes d’Apogee et de FormGen par Activision en 1998. Deux campagnes de promotion sont initialement prévues lors la publication du jeu par Apogee, mais celles-ci sont finalement annulées. La première devait s’appuyer sur un message, inclus dans le jeu derrière un mur amovible et affirmant « "" » (« Appelez Apogee et dites protèle »). Le premier joueur ayant trouvé le message et suivi ces instructions doit au départ gagner une récompense mais la création d’éditeurs de niveaux et de programmes de triche juste après la sortie du jeu conduit id Software et Apogee à abandonner l’idée. La deuxième devait s’appuyer sur des codes de trois lettres obtenus à la fin d’un épisode et associés au score du joueur. Ces codes devaient servir de vérification dans le cadre d’un concours du meilleur score, mais la soudaine apparition de programmes permettant de modifier le jeu juste après sa sortie conduit à l’abandon du concours avant même son annonce officielle. Après la sortie du jeu original sur DOS, "Wolfenstein 3D" est porté sur de nombreuses autres plateformes dont la Super Nintendo (1994), Mac OS (1994), l’Atari Jaguar (1994), l’Acorn Archimedes (1994), la 3DO (1995), l’Apple IIGS (1998) et le PC-98 (1998) . Seules les versions Super Nintendo et Jaguar sont développées par id Software, les autres étant produite par d’autres studios. Le jeu a également été porté sur en 2002, puis sur , et iOS, cette dernière version ayant été programmée par John Carmack et publiée en 2009. Les graphismes, effets sonores et niveaux de ces portages diffèrent parfois de ceux de la version originale. Ainsi, dans la version Super Nintendo, le sang est notamment remplacé par de la sueur et les chiens par des rats, et les références aux nazis ont toutes été retirées. Le ' et l’esthétique du jeu restent néanmoins inchangés. De nombreux portages n’incluent que les épisodes publiés par Apogee mais la version iOS inclut ' et les versions PC, OS X et Linux publiées sur Steam en 2002 incluent tous les épisodes publiés par FormGen. , dont la maison mère rachète en 2009, publie gratuitement une version du jeu sur navigateur afin de célébrer son anniversaire en 2012. Accueil. Ventes. n’a pas d’attente particulière concernant le succès commercial de "Wolfenstein 3D" mais espère tout de même que le jeu rapporte dans le mois qui suit sa sortie. La commercialisation du jeu dépasse leurs prévisions, les premières royalties que leur verse s'élevant à . D'après le magazine "PC Zone", les distributeurs le considèrent comme le ' s'étant le mieux vendu en 1992. Fin 1993, le jeu original publié par Apogee et ' dépassent chacun les copies vendues. La popularité grandissante du jeu et l’absence de concurrence dans ce secteur permet d’ailleurs à la version originale de continuer de bien se vendre à la fin de l’année . Plus de 20 % de ses ventes sont enregistrés en dehors des États-Unis, malgré l’absence de campagne de promotion sur ce marché, et malgré l’interdiction du jeu en Allemagne due à la présence de symboles nazis dans le jeu. Les ventes des épisodes publiés par Apogee dépassent de loin le record des ventes de ', déjà établi par avec la série ', et permet au studio de dégager beaucoup plus de profits que la version publiée dans le circuit de distribution traditionnel. Récompenses. En 1993, "Wolfenstein 3D" remporte le prix du lors des et le Codie award équivalent décerné par la . Il est ainsi le premier shareware à décrocher ce prix et avec six employés, devient la plus petite entreprise à l’avoir remporté. "Wolfenstein 3D" a également été désigné comme un des meilleurs jeux de l’année à la de 1993. Il est également désigné comme le meilleur jeu d’action et le jeu le plus innovant de l’année par le magazine ', comme le meilleur jeu d’action par le magazine ' et comme le jeu d’action de l’année par le magazine "". Critiques. À sa sortie, "Wolfenstein 3D" est très bien accueilli par la presse spécialisée. Le journaliste Chris Lombardi du magazine ' salue notamment ses graphismes qu’il juge , d’un et d’une . Il fait également l’éloge du côté de ses effets sonores et de ses musiques. Au sujet de la violence du jeu, il met en garde les personnes sensibles en leur conseillant de . Globalement, il considère qu’avec ', "Wolfenstein 3D" est le premier jeu dont la technologie rend possible une véritable et explique qu’il ne connait aucun autre jeu pouvant susciter chez les joueurs une réponse . Les deux critiques publiées par "Dragon Magazine" sont également extrêmement positives, chacune attribuant au jeu un score de cinq sur cinq. Hartley, Patricia et Kirk Lesser saluent en particulier ses graphismes et ses effets sonores et affirment que son rythme soutenu peut captiver les joueurs pendant plusieurs semaines s'ils ne sont pas effrayés par sa violence. En conclusion, ils le décrivent donc comme un des . De son côté, Sandy Petersen affirme qu’il n’existe aucun jeu comparable à "Wolfenstein 3D" et qu’il constitue une évolution par rapport au jeu original de 1981. Il salue avec enthousiasme la vitesse et le ' du jeu, bien qu’il note que dans les plus hauts niveaux de difficulté et dans les derniers niveaux du jeu, il se révèle extrêmement difficile. Les épisodes de ' sont également bien reçus par Bryan Walker du magazine "" qui salue l’ajout de nouveaux types d’ennemis tout en expliquant que c’est globalement le même jeu que celui distribué en shareware. Les premiers portages du jeu sont également bien reçus par les critiques, mais leurs ventes sont jugées . Pour les journalistes du magazine ', la version Super Nintendo du jeu constitue une bonne adaptation malgré la censure opérée par Nintendo qu’il juge . Le magazine juge la version Jaguar de la même manière et met notamment en avant ses graphismes et ses effets sonores, jugés supérieurs à ceux des autres versions du jeu. Ils regrettent en revanche la vitesse accrue du personnage principal en expliquant que celle-ci rend le jeu moins amusant. La version Jaguar est également saluée par le magazine ' qui la considère comme la meilleure adaptation de "Wolfenstein 3D" et la juge même meilleure que le jeu original du fait de graphismes et d’effets sonores supérieurs. Au sujet de la version 3DO, le magazine salue l’absence de pixelisation, les musiques entraînantes et les effets sonores de bonne qualité mais juge ses contrôles trop sensibles. L’auteur du test conclut que malgré ses trois années d’existence, le jeu . Le journaliste de "Maximum PC" considère également que la version 3DO est meilleure que l’originale (et aussi bonne que la version Jaguar), mais juge que compte tenu de la sortie de titres plus récents, comme "Hexen" ou la version PlayStation de "Doom", ce nouveau portage est inutile. La critique de "" partage ce constat en expliquant que les joueurs intéressés par les jeux de tirs à la première personne ont sans doute déjà joué à celui-ci ou sont déjà passés à un jeu plus récent. Enfin, le portage du jeu sur le est accueilli chaudement par Daemon Hatfield du site IGN qui explique que celui-ci est mais qu’il reste indispensable d’y avoir joué en tant que fan de jeu de tir à la première personne. Postérité. "Wolfenstein 3D" est généralement considéré comme le grand-père des jeux de tir en trois dimensions et plus spécifiquement des jeux de tir à la première personne. Bien qu’il ne soit pas le premier jeu de tir à la première personne, il pose en effet les bases du genre, en combinant un jeu d'action très rapide avec les prouesses techniques généralement associées avec le genre. Il contribue également à le populariser auprès du grand public, au détriment des ' qui dominent jusque-là le marché des jeux de tir. "Wolfenstein 3D" est également crédité pour avoir confirmé le sérieux et la rentabilité d’une stratégie de distribution centrée sur le '. En 1992, le magazine ' affirme ainsi que le jeu et en 1993, le magazine ' explique qu’il a, quasiment à lui seul, démontré la viabilité du "" comme méthode de publication, pavant ainsi la voie pour d’autres jeux de tir à la première personne distribués de la même manière. Pendant le développement du jeu, est approché par , qui est à l’époque l’un des plus gros éditeurs de jeux vidéo et qui emploie plusieurs de leurs idoles, avec pour objectif de signer un accord avec le studio. Après avoir essayé "" et une version préliminaire de "Wolfenstein 3D", Ken Williams (le président de Sierra) propose ainsi de racheter pour 2,5 millions de dollars et d’en faire un studio de développement interne de Sierra. L’équipe d’ est initialement enthousiaste à cette idée, mais le sentiment qu’il existe un gouffre culturel entre les deux sociétés les fait hésiter à accepter l’accord. Afin de tester le sérieux de Ken Williams, John Romero propose alors de demander à Sierra en cash, plutôt qu’un paiement uniquement en actions comme prévu dans l’accord. Le refus de Ken Williams est ensuite interprété par le studio comme une preuve qu’il ne reconnaît pas vraiment le potentiel de "Wolfenstein 3D" et d’. Ils décident donc de refuser l’accord et de rester une société indépendante. Fin 1993, juste avant la sortie de "Doom", le succès de "Wolfenstein 3D" fait qu’ est contacté plusieurs fois par mois par des sociétés d’investissement qui proposent de faire d’ une société cotée en bourse. Toutes leurs propositions sont cependant refusées. Après la sortie de "Wolfenstein 3D", distribue son moteur de jeu sous licence à d’autres développeurs, comme ils l’avaient déjà fait avec celui de '. De nombreux jeux utilisant son moteur de jeu sont ainsi publiés dans les années suivantes, dont notamment ', ' et ' de ou "Super 3D Noah's Ark". En 1993, prévoit de produire une extension, baptisée ' et conçue par Tom Hall. Basée sur une version amélioré du moteur de "Wolfenstein 3D", celle-ci est finalement publiée en tant que ' sous le titre '. a également produit trois suites de "Catacomb 3-D", qui utilise le prototype du moteur de "Wolfenstein 3D", dans une série baptisée '. Bien que le jeu n’ait pas été conçu pour être modifié, des joueurs ont développé des éditeurs de personnage et de niveaux qui ont permis de personnaliser le contenu du jeu original. Ces créations conduisent à développer leurs jeux suivants, comme "Doom" et "Quake", de manière à les rendre facilement modifiables par les joueurs. Le code source du jeu original est publié par en 1995, ce qui permet à des fans du jeu de l’améliorer. Certaines de ces améliorations sont notamment utilisées par John Carmack lorsqu’il réalise le portage du jeu sur iOS en 2009. La prouesse technique que représente "Wolfenstein 3D" a enfin conduit à la création de nombreux jeux similaires comme, entre autres, ', "Nitemare 3D", ', ', ' et "". commence le développement de "Doom" peu après la sortie de "Wolfenstein" et ne développe donc pas d’autres jeux basés sur la franchise "Wolfenstein". Si le studio n’est jamais revenu sur cette série, de nombreux jeux "Wolfenstein" sont ensuite développés par d’autres studios, parfois en utilisant un moteur de jeu créé par . C’est notamment le cas de ', publié en 2001, ou du plus récent ', publié en 2015. |
Washington Le nom Washington est dérivé d'un nom de lieu d'origine incertaine. Les exemples les plus anciens d'Angleterre sont : Patronyme. Autres. personnage de fiction Géographie. Villes. Washington est le nom de plusieurs villes des États-Unis : Transport. Ponts. Washington est un nom porté par des ponts : |
Windows 98 (nom de code "Memphis") est un système d'exploitation de la société Microsoft, successeur de Windows 95. Le produit s'est décliné en deux versions principales : la première sortie le puis une mise à jour de la précédente dite "Second Edition", sortie le . Il fut suivi par Windows Millennium (ME) pour le grand public et par Windows 2000 pour les entreprises. Il constitue la seconde version de Windows 9x. Tout comme son prédécesseur, Windows 98 est bâti sur MS-DOS 7.1 et aura été la dernière version à prendre en charge le mode réel. Windows 98 s'est vendu en 1998 à 15 millions d'unités, quand Windows 95 s'était vendu à 13 millions d'unités l'année de son lancement, dominant ainsi le marché des particuliers et gagnant peu à peu les entreprises, bien que la majorité d'entre elles utilisent encore Windows 95 (voire Windows 3.11) et soient réticentes à passer à 98, du fait de l'absence de changements majeurs. Nouveautés. Les nouveautés sont la prise en charge native du FAT32 et de l'USB. Par prise en charge de l'USB, on entend que Windows 98 supporte les hubs USB, les scanners USB et les périphériques de classe PID tels que les souris, claviers et joysticks USB. En effet, la prise en charge pour la première fois des imprimantes USB et de l'USB Mass Storage (clés USB, appareils photos numériques, baladeurs etc) se fera avec Windows 2000. Des pilotes permettant la reconnaissance de l'USB MSC ont cependant fait leur apparition en 2002 (première et seconde éditions). Un utilitaire est fourni par Microsoft afin de convertir ses fichiers FAT16 vers le FAT32, sans avoir ainsi à formater sa partition. Les utilisateurs ont également la possibilité d'afficher l'explorateur comme une 'page web'. C'est également le premier système Microsoft à fournir Internet Explorer par défaut. Ce qui vaudra un rappel à l'ordre de la part de la Commission européenne. La référence de cette première édition de Windows 98 est : "4.10.1998" ; les fichiers portent la date : 11/05/98 (). Windows 98 propose en effet des améliorations au niveau du TCP/IP en incluant un support intégré pour la version 2 de Winsock, la prise en charge du protocole Server Message Block (SMB) et du multicast IPv4 (Internet Group Management Protocol (IGMP) et Internet Control Message Protocol (ICMP) entre autres). Le client DHCP a également été amélioré par Microsoft afin de détecter et prévenir les conflits d'adresses IP. Windows 98 est aussi doté de nouveaux sons systèmes d'alerte de batterie faible et de batterie très faible (pour les ordinateurs portables). Le son du démarrage a été composé par Ken Kato. Seconde Édition. Windows 98 Seconde Édition (« Second Edition » en anglais est SE en abréviation) a été lancé le . En plus de la correction de nombreux problèmes mineurs, Internet Explorer 5 était livré à la place de la version 4. Cette version incluait également le partage de connexion internet qui permettait à deux ordinateurs situés sur un même réseau local de partager une connexion unique en utilisant le NAT. Au chapitre des améliorations, on peut enfin citer l'ajout de Netmeeting dans sa version 3 et l'ajout d'un programme de la lecture des DVD (qui nécessite toutefois l'installation d'un codec tiers non fourni pour être fonctionnel). Bien que cette version ne soit finalement qu'une mise à jour de Windows 98 dans sa première édition, elle a connu un grand succès. Elle permet également la prise en charge de la plupart des adaptateurs WiFi. La référence de cette version est : "4." ; les fichiers portent la date : 23/04/99 (). Présentation à la presse. En , lors de la présentation à la presse de Windows 98, le PDG de Microsoft Bill Gates souhaitait souligner la facilité d'usage du système d'exploitation d'utilisation et le support amélioré du Plug-and-Play (PnP). Toutefois, lorsque son assistant Chris Capossela a branché un scanner et a essayé de l'installer, le système d'exploitation a planté, affichant un BSoD (écran bleu de la mort). Après les applaudissements et les acclamations de l'auditoire, Bill Gates déclare : « Ce doit être la raison pour laquelle nous ne commercialisons pas encore Windows 98 ». La vidéo de cet événement est devenu un phénomène Internet populaire. Succession et support. Le , Windows 98 a été remplacé par Windows Me et Windows 2000. Microsoft souhaitait arrêter son support technique pour Windows 98 le , mais, en raison de la popularité encore élevée du système (27 % des pages vues de Google l'étaient sur Windows 98 en octobre-), la date de fin de support technique fut fixée au . Le support de Windows Me s'est également terminé à cette date. Sorti pourtant plus tôt, le support de Windows 2000 s'est achevé seulement le . Sécurité. Ce système d'exploitation ne propose qu'une prise en charge limitée des comptes utilisateurs et de la sécurité. Il est orienté monoposte et mono-utilisateur. Tous les utilisateurs et leurs programmes en découlant possèdent ainsi un accès illimité au matériel. Configuration requise. Configuration minimale Configuration recommandée Limitation de la mémoire physique : Windows 98 n'est pas conçu pour traiter plus de de RAM, une valeur supérieure à ce montant entraîne une instabilité du système. Il est donc nécessaire de passer par MsConfig (SYSTEM.INI) afin de limiter la RAM allouée au système d'exploitation. De plus, Windows 98 ne prend pas en charge le système de fichiers NTFS. Pour créer un multi-boot, les partitions doivent donc être au format FAT32. |
Webcam Une webcam, parfois cybercaméra ou webcaméra, ou caméra IP, est une caméra conçue pour être utilisée comme un périphérique d'ordinateur, et qui produit une vidéo dont la finalité est de pouvoir être transmise en direct au travers d'un réseau, typiquement Internet ou intranet. Cela dit, la norme HD (haute définition) tend à se généraliser avec l'Internet haut débit. Connectique. Une webcam peut se connecter à un ordinateur via : Certains appareils photo numériques intègrent également une fonction webcam. Ceux qui n'en disposent pas peuvent être utilisés comme webcam s'ils disposent d'une sortie vidéo, et que l'ordinateur dispose d'une entrée vidéo. Qualité d'images. Les images captées par une webcam sont principalement destinées à être transmises par le biais d'un réseau. Pour ne pas dépasser le débit d'un tel réseau, l'image produite est compressée pour obtenir une image de faible qualité, tant en définition (souvent moins que le standard VGA, c'est-à-dire moins de 640×480 points), qu'en taux de rafraîchissement (nombre d'images par seconde). Cependant, il est possible de revenir au mode RAW utile pour des applications comme l'astrophotographie. Ainsi, pour assurer une qualité d'image convenable, il est préférable de disposer d'une connexion à haut débit, par exemple ADSL ou Fibre Optique. Histoire. La première webcam fut branchée au département des sciences informatiques de l'université de Cambridge en 1991 par James Quentin Stafford-Fraser et Paul Jardetzky (afin que les membres du département informatique puissent surveiller le niveau de la cafetière et d'éviter ainsi de se déplacer pour rien) puis connectée à Internet en 1993 et coupée le . Utilisations. Elle peut filmer et donc produire un flux vidéo numérique, et servir à la visiophonie, ou bien capturer périodiquement une image. Son usage pratique relève souvent de la communication, en particulier de la visioconférence, ainsi que de la vidéosurveillance, en particulier de la détection de mouvement assurée par un programme analysant les différences entre les images successives. On trouve également des météocam, astrocam, etc. Certains modèles intègrent également un microphone. L'utilisation de la webcam pour la visiophonie se diffuse très largement pour les communications personnelles entre internautes via la messagerie instantanée, ou encore via des sites spécifiques. Un autre intérêt de la webcam est de permettre à des personnes sourdes ou malentendantes de dialoguer en temps réel par la langue des signes, soit avec un interlocuteur maîtrisant cette langue, soit avec un interprète à distance. Ainsi dans certaines administrations, l'agent d'accueil et l'usager maîtrisant la langue des signes se mettent en liaison avec un interprète via une webcam, ce dernier assure l'interprétation entre l'usager et l'agent d'accueil. L'avantage de ce système est d'éviter le déplacement de l’interprète qui peut ainsi enchaîner plusieurs prestations dans différentes antennes de l'administration éloignées géographiquement. La webcam peut aussi servir de contrôleur dans les jeux vidéo, les mouvements qu'elle détecte chez le joueur permettant de piloter le jeu (par exemple, contrôler un ballon en agitant les bras devant l'objectif). Ceci a par exemple été utilisé dans Kinect un accessoire de la Xbox 360, l'EyeToy pour la PlayStation 2, ou dans certaines webcams destinées à l'ordinateur. Vu leur faible prix, les webcams ont été souvent détournées de leur fonction primitive. L'application la plus connue est l', une webcam dépouillée de son optique et placée dans un télescope. On distingue principalement deux catégories, les caméras de plein air, touristiques, météo, trafic, loisirs, détente, mer, montagne, paysage, etc., et les cameras dites de sécurité pour la vidéo-surveillance désormais désignées officiellement sous "vidéo-protection". Ces dernières installées sur la voie publique font l'objet d'une autorisation délivrée en Préfecture. Les offres de webcam portent également sur les modèles d'intérieurs à usage privé. Les récentes webcams disposent au moins d'une résolution dite HD. 1.2 Mp. Les liaisons primaires avec la box sont hertziennes (wifi) ou filaire (ex RJ45, POE). Prestations. Les webcams extérieures (IP66), fixes, proposent un champ angulaire limité (jusqu'à 70/80° d'ouverture en général dans le plan horizontal, selon l'objectif qui peut être interchangeable) les cameras dites panoramiques peuvent, elles, exploiter jusqu'à 360° sur mécanisme motorisé. Selon le modèle de webcam retenu on bénéficie d'un résultat médiatique (et technique) variable, proposé le plus souvent en différé ou plus rarement en direct (temps réel). Les webcams annoncées par les médias "Live" ou "Livecam" ne sont nullement une garantie de prestation supérieure, la très grande majorité d'entre-elles ne permettant même que la photo simple ou animée en différé, l'autre état décisif étant la vidéo en Direct (de type image TV). Logiciels. Visioconférence. De nombreux logiciels, en particulier de messagerie instantanée, permettent de faire transiter de la vidéo sur Internet, notamment : Logiciels outils pour webcam. Il existe des logiciels pour webcams offrant diverses autres fonctionnalités que la vidéoconférence, et fonctionnant si on le souhaite de façon simultanée avec les logiciels de vidéoconférence. Ces fonctionnalités sont : Parmi les plus connus : Technologies. Les webcams possèdent un capteur, qui peut être CCD, ou CMOS, les webcams à capteurs CCD étant généralement moins chères et de qualité moindre qu'un capteur CMOS. Certaines webcams sont équipées de lentilles en verre que l'on retrouve dans les appareils photo. Pour améliorer l'image, les webcams sont souvent couplées à un système logiciel d'interpolation, ayant pour but d'afficher une image détaillée à partir d'une image de faible qualité en créant des pixels intermédiaires dont la couleur est calculée par comparaison avec les pixels adjacents. Certaines webcams utilisent des diodes infrarouges qui permettent une certaine visibilité dans le noir complet. L'image est alors en noir et blanc. L'intérêt des diodes infrarouges est que la lumière produite est invisible pour l'œil humain. Elle n'éblouit donc pas l'utilisateur. Fabricants, modèles et difficultés d'utilisation. Contrairement à d'autres types de périphériques informatiques comme les clés USB, les webcams n'ont pas été dotées de normes standardisées, et possèdent des pilotes qui sont propres à chaque fabricant et même souvent à chaque modèle, ce qui rend difficile (mais pas impossible) leur utilisation sur un autre système d'exploitation (voire une autre "version" du même système d'exploitation) que celui pour lequel le fabricant a prévu un pilote. Ceci a grandement limité leur déploiement ainsi que les applications logicielles possibles, l'acquisition des images s'effectuant souvent au travers d'API propriétaires diverses, souvent aux spécifications non publiques. Les images sont souvent transmises sous forme d'un flux JPEG, mais celui-ci est rarement normalisé. La tendance est d'utiliser une interface normalisée, en cours de déploiement. Utilisation avec Linux. L'utilisation avec Linux peut être malaisée, certains fabricants ne fournissant pas de pilote, ni, parfois, d'information permettant d'en réaliser un. Cela pousse les utilisateurs, et particulièrement les développeurs de pilotes Linux pour webcam, à utiliser la technique de la rétro-ingénierie ("" en anglais) pour détailler les composants électroniques de la webcam afin de programmer les bons pilotes. Malgré cela, un très grand nombre de webcams fonctionnent assez correctement avec Linux. Cependant, la tendance générale est que, même pour des webcams correctement reconnues, certaines fonctions évoluées (luminosité automatique par exemple) ne sont pas disponibles, du fait de la rétention d'information imputable aux constructeurs. Cache. Certains ordinateurs portables sont équipés d'un cache, afin d'assurer à l’utilisateur qu'il n'est pas filmé à son insu, sans avoir besoin d'utiliser un ruban adhésif. |
William G. Golding |
Wine Wine est un logiciel libre permettant à des logiciels conçus seulement pour Windows de fonctionner dans d'autres environnements comme Linux ou MacOS. Pour ce faire, il implémente une interface technique de type Windows dans les environnements X et UNIX (BSD, Linux). Le logiciel Wine n'a pas besoin du système d'exploitation Windows pour fonctionner. En cela, Wine se différencie des émulateurs de machines tels que QEMU et Bochs. Wine est maintenant sous licence LGPL, après avoir été sous licence WineHQ, puis X11. Il fournit à la fois les outils de développement (Winelib) pour porter du code source Windows vers Unix, et un chargeur de programmes permettant à de nombreux binaires de fonctionner sans modifications. Dénomination. Wine est l'acronyme récursif anglophone de « », littéralement "Wine n'est pas un émulateur". Jusqu'en 1997, Wine était l'acronyme de « ». Le terme exact en anglais est . Limitations de Microsoft. Microsoft n'a pas fait de déclaration publique au sujet de Wine. Cependant, le logiciel Windows Update bloque les mises à jour des applications Microsoft fonctionnant sur un environnement basé sur Wine. Le , Ivan Leo Puoti a découvert que Microsoft a commencé à tester dans la base de registre Windows la clef de configuration de Wine et pourrait bloquer la mise à jour de Windows pour certains composants. Puoti a écrit : « [...]même si c'est seulement un premier essai, ils ont l'air de vouloir établir une discrimination des utilisateurs de Wine. Si cela peut être acceptable pour les composantes et les mises à jour de système d'exploitation, c'est probablement une violation de la loi anti-trust pour tous les autres téléchargements. C'est aussi la première fois que Microsoft a reconnu l'existence de Wine, qu'il avait ignoré jusque-là ». Le système Windows Genuine Advantage (WGA) vérifie également l'existence de la clef de la base de registre de Wine, et la FAQ WGA déclare que WGA, de par sa conception, ne fonctionnera pas sous Wine, vu que Wine ne constitue pas un « genuine Windows » tel que décrit dans la FAQ WGA : « Lorsque le système de validation WGA détecte que Wine est exécuté sur le système, il avertit l'utilisateur qu'il utilise un logiciel Windows non original et qu'il ne sera donc pas autorisé à effectuer des téléchargements « Windows Original » pour ce système. » . En dépit de cela, certains rapports ont circulé disant que le système WGA fonctionne sous Wine tout de même. La version bêta de Microsoft Internet Explorer 7 vérifie au moment de l'installation la présence de WGA, et avertit les utilisateurs que Microsoft ne veut pas qu'Internet Explorer soit installé sous Linux en utilisant Wine. En conséquence, l'installation requiert de la part des utilisateurs la modification des fichiers d'installation d'Internet Explorer ou bien de Wine, à savoir que, désormais, Internet Explorer 7 est disponible sans validation WGA. Fréquence de mise à jour. Wine est mis à jour régulièrement, toutes les deux semaines environ. La version 1.0, première version stable de Wine est sortie le , soit quinze ans après le début du projet. La version 3.0 est publiée en . La version 4.0 est publiée en , avec le support de Direct3D 12 et de l'API Vulkan. La version 5.0 est publiée le . La version 6.0 est publiée le . La version 7.0 est publiée le . |
Wittgenstein (homonymie) Wittgenstein est un nom de lieu et un nom de famille. |
WorldCom WorldCom était une entreprise de télécommunication américaine fondée en 1983, qui a fait une faillite retentissante en 2002. Histoire. Le Canadien Bernard Ebbers, ancien entraîneur de basket-ball et gérant de motels, décide en 1983 de créer avec trois amis une société spécialisée dans la revente à bas prix de minutes de communications longue distance, basée au Mississippi et nommée LDDS. Son introduction en Bourse date de 1989. Les grandes acquisitions. En 1992, LDDS achète Advanced Telecommunications pour devenir le quatrième opérateur longue distance aux États-Unis puis, en 1994, IDB WorldCom, qui donne son nom au groupe. En 1995, c'est le tour de UUNET. En , WorldCom parvient à racheter MCI, qui réalise alors un chiffre d'affaires trois fois supérieur à celui de WorldCom. La transaction, de dollars, est alors un prix record pour un rachat d'entreprise. WorldCom l'emporte sur British Telecom qui avait signé, pour la fin 1997, un accord de mariage avec MCI, dont il possédait 20 %. MCI-WorldCom devient ainsi le deuxième opérateur de télécommunications longue distance aux États-Unis, derrière le leader mondial AT&T. En , l'action WorldCom atteint son plus haut niveau historique, à , mais le groupe échoue dans la tentative de rachat de Sprint Nextel, pour de dollars (rachat des dettes inclus), en raison de l'opposition des autorités de la concurrence. La faillite de 2002. Lors de l'été 2002, l'image de cette entreprise est gravement ternie par le scandale des manipulations comptables. Elle devient emblématique de la polémique des années 2000 sur les stock-options. En 2001 et 2002, l'opérateur avait en effet déclaré près de de dollars de revenus totalement fictifs. À la suite de cette découverte, l'action de WorldCom baisse de 90 % le lundi —la cotation de l'action avait été suspendue au Nasdaq du jusqu'au juillet. Le , WorldCom U.S remet son plan de réorganisation au tribunal des faillites des États-Unis. La société a choisi de changer de nom pour adopter celui de MCI, marquant ainsi un tournant dans son histoire et symbolisant également tous les changements intervenus dans sa politique et sa gestion. MCI a été racheté par son concurrent Verizon en . Les condamnations. Par le biais des stock-options, les dirigeants de la société se sont enrichis de manière spectaculaire sans que ces gains reposent sur les bénéfices d'exploitation, mais uniquement sur le gonflement des cours boursiers. Bernard Ebbers, ancien président de WorldCom et à l'origine de la transformation du groupe en géant des télécoms, est condamné le à de prison pour avoir orchestré la plus importante fraude comptable de l'histoire américaine, qui a conduit à la faillite du groupe avec de dettes. Scott Sullivan, le directeur financier de WorldCom, est condamné à cinq ans de prison. |
Webmaster Un ou une webmestre, ou administrateur ou administratrice de site est une personne responsable d'un site web, de sa conception à sa maintenance. Le ou la webmestre est une personne professionnelle des métiers de l'internet. Terminologie. En France, les termes « administrateur de site » et « administrateur de serveur » ont été officialisés en 1999 par la Commission générale de terminologie et de néologie. Le terme « webmestre » est recommandé par l'Office québécois de la langue française. Cependant, dans le milieu informatique, le terme "webmaster" reste couramment employé. Rôle de l'administrateur de site. Le terme « administrateur de site » désigne communément celui qui est chargé d'un site. Il gère tout, ou une partie, des domaines de la conception du site et sa mise en place technique (parfois la mission éditoriale) est comprise dans ses fonctions. Il gère au jour le jour la technique et met à jour le contenu. Il prend en charge l'analyse de la fréquentation avec des outils de mesure d'audience. Il développe l'audience du site en l'optimisant pour favoriser un meilleur référencement des moteurs de recherche (Optimisation pour les moteurs de recherche). Les webmasters peuvent être des généralistes ayant une expertise en HTML qui gèrent la plupart ou tous les aspects des opérations web. Selon la nature des sites Web qu'ils gèrent, les webmestres peuvent être amenés à connaître des langages de script tels que ColdFusion, JavaScript, JSP, .NET, Perl, PHP, Python et Ruby. Ils peuvent également être amenés à savoir comment configurer des serveurs Web tels qu'Apache et être un administrateur de serveur. La plupart des rôles liés aux serveurs sont toutefois supervisés par un administrateur informatique. Selon la taille et l'organisation du site, l'ensemble des fonctions peut être exercé soit par un administrateur de site, soit par une équipe de plusieurs personnes avec des fonctions plus spécialisées. Dans ce cas, les différents métiers peuvent être : En outre, c'est une personne chargée de la maintenance (mise à jour de contenu) et de l'évolution d'un site (veille technique). Un administrateur de site est généralement polyvalent. Il peut se charger aussi bien de la partie programmation, de la création graphique ou même du contenu éditorial du site. L'administrateur de site se doit aussi de faire connaître et de générer du trafic sur le site dont il a la charge. Il doit aussi se soucier de l'ergonomie du site et du respect des normes techniques suggérées par le W3C. En fait, l'étendue de la mission d'administrateur de site est fonction de l'entreprise, ou de l'organisation dans laquelle ce métier est exercé. La taille de l'entreprise ou du service modifie totalement le rôle défini du webmestre. Dans des entreprises de moins de 20 personnes, le webmestre y est en quelque sorte l'homme-orchestre du site, il y fait pratiquement tout, à la fois du , du graphisme, du développement de bases de données, du marketing, de la création de liens et de plus en plus du référencement pour que le site dont il s'occupe soit bien référencé dans les moteurs de recherche. Selon les études de l'Observatoire International des Métiers de l'Internet, la capacité de référenceur est une compétence de plus en plus demandée. La maîtrise de l'orthographe et de la grammaire est également capitale. |
World Wide Web Consortium Le World Wide Web Consortium, abrégé par le sigle W3C, est un organisme de standardisation à but non lucratif, fondé en chargé de promouvoir la compatibilité des technologies du World Wide Web telles que HTML5, HTML, XHTML, XML, RDF, SPARQL, CSS, XSL, PNG, SVG, MathML et SOAP. Fonctionnant comme un consortium international, il compte 452 membres au . Le leitmotiv du W3C est « Un seul web partout et pour tous ». Historique de l'organisme. Le W3C a été fondé par Tim Berners-Lee après avoir quitté le CERN en . Le W3C a été fondé au MIT/LCS (Massachusetts Institute of Technology / Laboratory for Computer Science) avec le soutien de l'organisme de défense américain DARPA. En l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA), avec le soutien de la commission européenne, accueille la partie européenne du W3C, tandis que l'université Keiō, au Japon, héberge le W3C en Asie à partir de . Le W3C a créé de nombreux bureaux régionaux dans le monde dont la mission est de servir de point de contact local, et de diffuser les spécifications du W3C. En on comptait 16 bureaux du W3C dans les différentes régions du monde qui couvrent l'Australie, le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas, la Chine, l'Allemagne, la Finlande, la Grèce, la Hongrie, l'Inde, l'Irlande, Israël, l'Italie, le Maroc, la Corée, l'Afrique du Sud, l'Espagne, la Suède, et le Royaume-Uni. En , le consortium ERCIM prend le relais de l'INRIA pour héberger la partie européenne du W3C. Le W3C est supervisé par son fondateur Tim Berners-Lee, l'inventeur du Web et le principal créateur du système d'adressage URL, du protocole HTTP, et du langage HTML. En 2009, Tim Berners-Lee crée une fondation indépendante du W3C, baptisée « World Wide Web Foundation » dans le but d'étendre le Web aux pays en voie de développement et de garantir un Web ouvert, utilisable par tous. En 2020, le nombre de bureaux locaux est passé à 92 et couvrent moins d'une vingtaine de pays répartis sur les continents d'Europe, d'Asie, d'Amérique du Nord, d'Amérique du Sud et d'Afrique. Structure et fonctionnement. Gestion. Sa gestion est assurée conjointement par le MIT aux États-Unis, l'ERCIM en Europe (dont l'INRIA en France), l'université Keio au Japon et l'université Beihang en Chine. Le , Jeffrey Jaffe (précédemment "CTO" de Novell) devient le nouveau "CEO" du W3C. Auparavant, le "CEO" était (maintenant "CEO" de la World Wide Web Foundation) et avant ce dernier, Jean-François Abramatic était "chairman" du W3C. Employés. Le W3C a environ une soixantaine d'employés comprenant des personnes responsables des groupes de travail, du personnel administratif, des administrateurs systèmes et des responsables de la communication. Ils sont garants du bon respect de la charte de fonctionnement du W3C. Les anciens employés sont listés sur la page « Alumni ». Membres participants. À côté d'industriels et d'éditeurs informatiques, en particulier les éditeurs des navigateurs (Mozilla Fondation, Microsoft, Apple, Opera ou Google), on trouve également des centres de recherches (Inria, Conseil national de recherches Canada), des opérateurs de réseaux, ainsi que des entreprises investies dans le Web comme Braillenet, la Bibliothèque du Congrès ou la BBC. Processus, recommandations et certifications. Un document W3C traverse plusieurs étapes avant de devenir une "Recommandation" : Une recommandation peut être mise à jour par errata édités séparément, jusqu'à l'accumulation d'un nombre suffisant de modifications ; une nouvelle version de la recommandation est alors publiée (XML en est aujourd'hui à sa cinquième version). Parfois, une recommandation recommence le processus, comme RDF. Le W3C publie aussi des remarques informatives qui ne sont pas destinées à être traitées en tant que normes. Le consortium laisse le soin aux fabricants de suivre les recommandations. Contrairement à l'Organisation internationale de normalisation ou d'autres corps internationaux de standardisation, le W3C ne possède pas de programme de certification. Cependant la plupart des spécifications techniques du W3C définissent la conformité de façon formelle au sein d'une section conformité et de l'emploi de la . Les groupes de travail sont tenus, depuis , de produire un rapport d'implémentation pendant la phase de "Candidate Recommendation", en vue d'améliorer le niveau d'implémentation des spécifications. La plupart des groupes de travail produisent et publient à cette occasion des suites de test afin que des développeurs puissent tester leur implémentation. Standards. Le W3C supervise le développement d'un ensemble de standards dont voici un échantillon : |
Washi Le washi, également prononcé wagami () littéralement , est le papier fabriqué artisanalement au Japon depuis le . Ce papier aux longues fibres de mûrier à papier entrelacées est léger, flexible et solide. En 2014, le "washi" est inclus dans la liste du patrimoine immatériel de l'humanité de l'Unesco. Histoire. Le "washi" est le papier fabriqué artisanalement au Japon depuis le , après l'apport des techniques de papier de soie par les Chinois avec le bouddhisme, l'écriture ainsi que d'autres éléments culturels. Le papier japon utilisé par Rembrandt est . La résistance de ce papier est telle qu'il a été utilisé lors de la Seconde Guerre mondiale pour la confection de dans le projet Fugo : un millier de ces ballons auraient atteint les États-Unis, causant la mort d'au moins cinq personnes en Oregon. Utilisation. Il en existe plus de quatre cents sortes, aux motifs et aux couleurs variés, qui sont utilisées pour rédiger des cartes ou invitations, recouvrir des boîtes ou encore fabriquer les fenêtres translucides des portes coulissantes ("shōji"), des emballages, des faire-part, des abat-jour ou des cerfs-volants. Mais il peut aussi être utilisé pour créer des ustensiles, notamment des bols, en les recouvrant de laque, des parapluies en les enduisant d'huile de pérille, des imperméables ("kamiko"), des lanternes ("chōchin"), des lampes ("andon"), des éventails ("uchiwa" ou "sensu"). Le "washi" sert de support pour des œuvres artistiques, que ce soient des gravures de Jacques Hnizdovsky ou des aquarelles de Takeuchi Seiho, parmi beaucoup d'autres. L'artiste contemporain Jeannine Cook utilise ce papier en collage dans ses dessins à la pointe de métal, tandis que d'autres l'utilisent dans la création de sculptures, pliages, et découpages. La restauration des documents graphiques nécessite l’utilisation d’un papier à la fois très fin et résistant. Dans tous les ateliers, les restaurateurs connaissent les qualités du papier japon, originaire de l'Extrême-Orient. Malgré son extrême légèreté, il offre cette capacité unique de résistance physico-chimique qu’aucun autre papier ne possède. C'est aussi un papier très utilisé pour les partitions de musique. Il est aussi employé en modélisme pour recouvrir les ailes et le fuselage des avions. Pour ce dernier usage on utilise aussi du papier de couleur à l'image du papier orange qui était un élément caractéristique des boîtes de construction de modèles réduits de planeurs Chalange et Bonnet. Une fois collé sur la structure, le papier est tendu une première fois par une pulvérisation d'eau, puis renforcé et protégé par l'application d'une ou plusieurs couches de vernis cellulosique. Composition. Les fibres utilisées les plus connues portent les noms de "kōzo" ("Broussonetia papyrifera"), "gampi" ("Wikstroemia sikokiana") et "mitsumata" ("Edgeworthia chrysantha"). Chacune d'entre elles confère au papier des caractéristiques particulières. Alors qu'il est fabriqué à partir des fibres du mûrier à papier, il est appelé, en Occident par erreur, papier de riz ou papier de soie, le mûrier blanc ("Morus alba" L.), arbre assez proche, étant l'arbre utilisé pour élever le bombyx, chenille utilisée pour produire la soie. Fabrication. En 2018 sur Arte, dans le documentaire "Gérard de par le monde : Japon", de Sébastien Fallourd, Eriko Takeda et Gérard Depardieu rendent visite à Iwano Ichibē, trésor national vivant du Japon, pour connaître comment il fabrique le "washi". Le journal télévisé du 13 h de TF1 fait un reportage sur le "washi" fabriqué à Salasc dans l’Hérault par Benoît Dudognon selon la technique du "nagashizuki". Simili Washi. Au début du , la papeterie Van Gelder installée dans l'est des Pays-Bas envoie des agents au Japon pour se renseigner sur la fabrication du papier. Les informations recueillies ont permis le développement d'un nouveau papier appelé « Simili Japon ». Ce papier est encore produit aujourd'hui par la papeterie Schut qui racheta la Van Gelder Papermill en 1710. La papeterie Schut fut vendue à son tour à la papeterie française Claire Fontaine en 1998. Ce papier est utilisé en reliure, mais aussi pour la calligraphie et en gravure, notamment dans le tirage des manières noires. Patrimoine culturel immatériel de l’humanité. En 2014, l'Unesco inscrit le "washi" sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Sont concernées trois communautés du Japon : |
William Gibson William Gibson, né le à Conway en Caroline du Sud, est un écrivain américain de science-fiction et l'un des leaders du mouvement cyberpunk. Biographie. William Gibson est né en 1948 à Conway, près de Myrtle Beach en Caroline du Sud. Il a six ans lorsque son père (employé à la construction du complexe de recherche atomique de Oak Ridge) meurt en s'étouffant accidentellement. Sa mère décide alors de revenir s'installer dans sa famille, en Virginie. William Gibson vit ce déménagement comme un bond en arrière dans le passé. Introverti et assez mal intégré à la communauté locale, il devient un lecteur acharné et travaille à se créer ce qu'il appellera plus tard . Sa mère a beaucoup de mal à l'élever seule. Surmontant avec difficulté son veuvage, elle décide en 1963 d'envoyer son fils en pension, à des milliers de kilomètres de chez lui, en Arizona. Un nouveau traumatisme que Gibson surmonte, une fois encore, par la lecture. Par hasard, en croyant acheter un roman de science-fiction, il découvre les auteurs de la "beat generation". En lisant Kerouac, Ginsberg, Burroughs, il va découvrir la contre-culture. En 1966, sa mère meurt à son tour. Gibson a 18 ans, et voit ainsi se matérialiser l'une de ses pires angoisses. Désormais orphelin, il quitte l'école sans même passer son diplôme de fins d'études, et survit en revendant aux citadins des brocantes qu'il va chiner à la campagne. En 1968, il s'enfuit au Canada pour éviter d'être envoyé au Viêt Nam et s'installe en 1972 à Vancouver. Il y reprend mollement ses études, voyage beaucoup et se marie. En 1977, ses études sur le point de s'achever, il voit sans grand enthousiasme la perspective d'avoir à se lancer dans le monde du travail. C'est à cette époque qu'il redécouvre sa vieille passion pour la science-fiction, qui vient se greffer sur l'émergence d'une mouvance culturelle nouvelle : le punk. Il décide de devenir écrivain. Désillusion, défiance du capitalisme, constat d'échec patent de la Contre-Culture, tout cela va l'entrainer vers une fiction sombre, en accord avec sa vision du monde. Une vision qu'il n'est pas le seul à avoir. D'autres jeunes auteurs partagent son point de vue. Comme lui ils portent un regard très critique sur la science-fiction. Fédérés autour du fanzine "", édité et distribué gratuitement par Bruce Sterling, un mouvement informel se crée. Si tous les intervenants signent sous pseudonymes, on y retrouve des plumes comme Pat Cadigan, Rudy Rucker, Marc Laidlaw, Lewis Shiner, et Sterling lui-même, qui se retrouve, de fait, la tête pensante du mouvement. Gibson, comme les autres, commence à écrire des nouvelles qui attirent l'attention. Ses premiers écrits sont des histoires futuristes sur des sujets comme l'influence de la cybernétique et de la réalité virtuelle alors émergente sur la race humaine dans un futur imminent. Surfant sur les styles punk et gothique de l'époque. La thématique du bidonville underground high-tech apparaît dès les "Fragments of a Hologram Rose" en 1977. Dans les années 1980 ses fictions se développent sur le mode du film noir ; des nouvelles publiées dans le magazine "Omni" commencèrent à esquisser les thèmes qu'il développera dans son premier roman, "Neuromancien". Constatant une certaine cohérence dans les thématiques, ce mouvement informel va prendre, sous la plume des critiques de l'époque, et notamment de Gardner R. Dozois, le rédacteur en chef de "", le nom de « Cyberpunk ». C'est Gibson, avec "Neuromancien", qui décroche le premier un immense succès littéraire. Succès qui va faire de lui la figure de proue du Cyberpunk. "Neuromancien" fut le premier roman à gagner les trois prix littéraires majeurs de la science-fiction : le prix Nebula, le prix Hugo et le prix Philip-K.-Dick. Les deux romans suivants complétèrent ce qui sera sa première trilogie communément appelée la "Trilogie de la Conurb" : "Comte Zéro" et "Mona Lisa s'éclate". La seconde trilogie de William Gibson, appelée la "Trilogie du Pont", se situe dans la ville de San Francisco dans un futur proche, mais évite les thèmes récurrents de l'auteur tels que la transcendance technologique, physique et spirituelle pour aborder un genre plus factuel que la première trilogie. Les trois romans de cette seconde trilogie sont : "Lumière virtuelle", "Idoru" et "All Tomorrow's Parties". Plus récemment, William Gibson s'est quelque peu éloigné du genre des dystopies fictionnelles qui le rendirent célèbre pour davantage privilégier un style d'écriture plus réaliste, troquant les sauts narratifs caractéristiques de sa première manière contre un flux d'écriture plus continu. Mais il se focalise toujours sur les changements technologiques et leurs conséquences funestes et moins prévisibles sur la société. Parallèlement à ses œuvres publiées par les moyens conventionnels, il écrivit ' ('), un poème électronique publié en 1992. Ce poème traitait de la nature éthérée des souvenirs (le titre faisant référence à un album photo), écrit en 1992 pour un livre d'artistes conçu en coopération avec le peintre et l'éditeur Kevin Begos. Le livre était composé d'une disquette auto-effaçante conçue pour ne permettre qu'une seule lecture de l'œuvre. Comme William Gibson l'avait dit dans son blog, la disquette devait se après avoir été lue. Ensuite, le poème a été publié sur internet. William Gibson commença à rédiger son blog à partir de 2003 qui resta actif jusqu'en 2005, avec une seule grosse coupure. Gibson écrivit également quelques éléments d'anticipation pour "Alien³" dont certains furent intégrés au film du même nom. Deux de ses nouvelles ont été portées à l'écran : "Johnny Mnemonic" en 1995 (sous le même titre), avec Keanu Reeves, et en 1998 (sous le même titre également), avec Christopher Walken, Willem Dafoe et Asia Argento. William Gibson écrivit également en collaboration avec son ami Tom Maddox deux épisodes de la série ' : "Clic mortel" (') (saison 5) et "Maitreya" ("") (saison 7). Il fit par ailleurs une apparition à l'écran dans la mini-série "Wild Palms", une série largement influencée par l'œuvre de Gibson et d'autres auteurs cyberpunk. William Gibson, inventeur du terme cyberespace, a reçu à ce titre un doctorat honorifique de sciences humaines, décerné par l'université de Coastal Carolina, à Conway. "No Maps for These Territories", un documentaire de Mark Neale, centré sur la vision du monde de William Gibson, a inauguré le , au Festival international du film de Vancouver, en . |
Mortimer Wheeler Sir Robert Eric Mortimer Wheeler, est un archéologue écossais (Glasgow, - Londres, ), inventeur de la méthode de fouille dite « Méthode de Wheeler » ou de « Fouilles en carrés », qui est antérieure à la méthode de fouille en aire ouverte. Biographie. Wheeler naît à Glasgow en 1890 puis fait ses études à l'université de Londres. En 1907 : Il obtient une bourse de l'université de Londres. En 1912 : Rencontre Tessa Verney, sa future femme. En 1913 : Décroche une bourse d'archéologie établie par l'université de Londres et la Society of Antiquaries of London. En 1914 : Il se marie avec Tessa Wheeler, qui l'accompagne sur les chantiers de fouilles et qui sera sa collaboratrice. Pendant la Première Guerre mondiale : Il est mobilisé à Londres en tant qu'instructeur d'officiers, puis va en Écosse et en Angleterre. Il part ensuite sur le front en France. Cette guerre le ralentit dans ses travaux d'archéologie. En 1920, il est nommé directeur du Musée national du pays de Galles de Cardiff, avant de devenir conservateur du Musée de Londres de 1926 à 1944. Durant sa carrière, il conduit de nombreuses fouilles en Grande-Bretagne, comme celles de "Verulamium" à St Albans, la colline-Fort de Maiden Castle (Dorset) et celle du fort romain de Segontium. Il utilise alors la méthode qui porte son nom. Durant la Seconde guerre mondiale, il participe à la bataille d'El Alamein lors de laquelle il commande l'artillerie britannique. En 1944, il prend sa retraite de l'armée. Il obtient le poste de directeur général de l'archéologie en Inde et fouille les sites de la vallée de l'Indus. Il poursuivra les fouilles sur les sites de Mohenjo-daro et de Harappa qui ont été découverts par John Hubert Marshall qui a été chargé des prospections en Inde de 1902 à 1928. À son retour d'Inde en 1948, Mortimer Wheeler est nommé professeur à l'Institut d'archéologie de l'université de Londres nouvellement créé, et atteint une certaine notoriété grâce à ses livres et à ses prestations radiophoniques ou télévisuelles, qui font découvrir l'étude du passé à un large public. Il est fait chevalier en 1952 pour services rendus à l'archéologie. La méthode Wheeler. Cette méthode se caractérise par un découpage du terrain en carrés de de côté - cela peut être un peu plus selon les cas. Ces carrés sont ensuite fouillés en laissant sur deux des côtés des bermes, dès le niveau de sol actuel, et qui pourront donc atteindre plusieurs mètres si le niveau de sol le plus bas est profond. Cette technique permet de garder une trace constante, pendant la durée des fouilles, de toute la stratigraphie du terrain et cela en ayant un découpage important du terrain. Elle permet d'enregistrer en plan et en altitude toutes les découvertes. Elle permet aussi de mieux gérer et contrôler le personnel de fouille. Cette technique est de moins en moins pratiquée en Europe pour des raisons de sécurité mais surtout parce que, dans la très grande majorité des cas, elle est remplacée par la technique en aire ouverte qui est une évolution. Elle reste toutefois pratiquée en Asie, en Chine et en Inde notamment. Dans la préface de la première traduction française d’"Archaeology : From the Earth" de Sir Mortimer Wheeler en 1989, Paul Courbin, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales et directeur du Bureau d’Études et Méthodes Archéologiques signale avec ironie l'incompréhension générale avec laquelle fut traitée en France la méthode Wheeler. "Beaucoup vont tomber de leur haut. Ils apprendront que Wheeler n’avait pas fixé une fois pour toutes l’orientation du quadrillage, les dimensions des sondages, l’épaisseur des bermes : pour lui, elles devaient varier selon les sites. Ils découvriront avec stupeur que Wheeler admettait, pour la fouille d’une construction régulière (comme une villa), une adaptation de sa méthode. Ils ne seront pas au bout de leurs surprises : contrairement à ce qu’on leur avait toujours fait croire, c’est Wheeler qui disait – bien avant ses détracteurs, qui s’attribuaient cette « découverte » - que les bermes doivent être fouillées dès qu’un niveau général est atteint, afin d’en donner une vue d’ensemble. Est-ce possible ? Et Wheeler préconisait –non, cela, ils refuseront de le croire, on les a tellement assurés du contraire- les grandes fouilles extensives." Cette traduction arrivait alors « à point » dans une période où l'héritage de l'archéologue anglais faisait polémique et était, en France, très critiqué. |
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World Trade Center Le World Trade Center de la ville de New York (abrégé WTC) est un complexe composé d'immeubles d'affaires situé dans le quartier de Lower Manhattan, aux États-Unis. Conçu par l'architecte Minoru Yamasaki et développé par la Port Authority of New York and New Jersey, il est inauguré le . À son achèvement, la tour nord dépasse l'Empire State Building et devient le plus haut gratte-ciel du monde, record qu'elle ne conserve qu'un mois, jusqu'à la finalisation de la Willis Tower de Chicago. Son nom est similaire à ceux d'autres , bien que celui de New York ait atteint une notoriété supérieure. Il signifie « centre de commerce mondial » ou « centre d'affaires international ». Marquées par un incendie le puis par un attentat à la bombe le, les tours jumelles s'effondrent à la suite de l'impact de deux avions détournés le , ces attentats faisant plus de . Leur position géographique a alors été surnommée « "Ground zero" » (bien que les New-Yorkais préfèrent l'appellation « "World Trade Center site" »). Le site accueille aujourd'hui un mémorial sur l'emplacement des tours détruites et un nouveau complexe, dont le One World Trade Center est la plus haute tour. La reconstruction du site a relevé de nombreux enjeux, tant en termes de politique urbaine que de symboles. Le projet mis en œuvre vise à conserver à ce lieu un caractère sacré, une logique de mémoire, une dimension durable. Identifié par ses deux bâtiments les plus célèbres, les "" (tours jumelles), le WTC était un symbole de la puissance américaine aux yeux du monde entier et une icône de New York, au même titre que l'Empire State Building et la statue de la Liberté. Construction (1958-1973). Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la croissance économique rapide et le développement du commerce international se traduisirent à New York City par une concentration de l'activité dans le quartier d'affaires ("Central Business District") de Midtown Manhattan, tandis que diminuait l'importance de Lower Manhattan. Afin de rééquilibrer le développement de la ville, David Rockefeller, avec le soutien de son frère, le gouverneur de New York Nelson Rockefeller, proposa à la "Port Authority" de construire à Lower Manhattan un « World Trade Center », un centre de commerce géant, symbolisant la puissance américaine. Par une loi votée en 1946, cette idée se concrétisa. Plans initiaux. En 1958, David Rockefeller établit la Downtown-Lower Manhattan Association (DLMA) qui confia au cabinet d'architectes Skidmore, Owings and Merrill la réalisation de plans devant revitaliser Lower Manhattan. Les plans initiaux furent rendus publics en 1960. Ils localisaient le World Trade Center le long de l'East River, de Old Slip à Fulton Street et entre Water Street et South Street, sur une superficie de . Ils prévoyaient un hall d'exposition de de long et un gratte-ciel de 50 à 70 étages, dont la partie supérieure aurait été un hôtel. Les autres édifices comprenaient un théâtre, des magasins et des restaurants, ainsi qu'un nouveau centre d'échange de valeurs mobilières, où la Downtown-Lower Manhattan Association désirait loger le New York Stock Exchange. Selon David Rockefeller, la Port Authority était le meilleur choix pour prendre en main le projet, puisque le "Trade Center" faciliterait et ferait augmenter le volume de commerce international passant par le port de New York. Étant donné l'importance de la ville dans le commerce mondial, le directeur de la Port Authority, Austin J. Tobin, proposa de changer le nom du projet pour « the World Trade Center », et non pas seulement un « world trade center ». Un an plus tard, le , la Port Authority accepta le projet proposé. Controverses et accords. Cependant, le projet devait obtenir le soutien des États de New York et du New Jersey pour être officiellement lancé, étant donné leur rôle dans la Port Authority. Le gouverneur du New Jersey Robert B. Meyner critiqua ce projet de 335 millions de dollars dans la mesure où il allait accroître la puissance de New York au détriment du New Jersey. À la fin de 1961, les négociations étaient dans une impasse. Un élément nouveau permit néanmoins de modifier la situation. En effet, la compagnie New Jersey's Hudson and Manhattan Railroad (H&M) était en faillite. Son nombre d'usagers était passé de en 1927 à en 1958, à la suite de l'ouverture de nouveaux tunnels et ponts au trafic automobile sur l'Hudson. En , Tobin rencontra le nouveau gouverneur du New Jersey, , et lui proposa de déplacer le projet du WTC au niveau de l' sur le West Side. En acquérant l’Hudson & Manhattan Railroad, la Port Authority obtiendrait également le Terminal et les édifices obsolètes situés alentour. Le les deux États conclurent un accord : ils autorisèrent la Port Authority à gérer la ligne de chemin de fer et à construire le World Trade Center à l'emplacement de l'Hudson Terminal, site plus favorable pour le New Jersey. Cependant, ce site était occupé par "Radio Row", un quartier comprenant de nombreux commerces et approximativement 100 habitants. Le projet du WTC impliquait la destruction de ces bâtiments et la relocalisation de leurs occupants, ce qui engendra des protestations. En , un groupe représentant approximativement 325 magasins et autres commerces fit une injonction, et l'affaire fut portée à la New York Court of Appeals en , qui considéra que le projet était d'utilité publique et devait être poursuivi. Le , la Cour suprême des États-Unis refusa de se lancer dans ce procès. La Port Authority fut obligée par la loi de l'État d'assister les propriétaires à trouver de nouveaux locaux, mais ces derniers considérèrent pour la plupart que les endroits proposés par la Port Authority étaient inadéquats. D'autres voix s'élevèrent pour critiquer le projet, notamment dans le secteur de l'immobilier ; dont celle de Lawrence A. Wien, le propriétaire de l'Empire State Building, bâtiment qui perdrait son titre de plus haut gratte-ciel du monde une fois le WTC achevé. Il organisa un groupe nommé « Committee for a Reasonable World Trade Center » dont la principale demande, consistant à diminuer la taille du projet, fut sans suite. En , l'État de New York signa un accord et réserva un espace pour des bureaux administratifs dans le World Trade Center. Il fut suivi par plusieurs banques et sociétés durant le printemps et l'automne de cette même année, puis par le "United States Customs Service" en 1965. Le dernier soutien à obtenir était celui du maire de New York, John Lindsay, et du New York City Council. Ils critiquèrent le fait que la ville avait été peu entendue lors des négociations et des délibérations. Les négociations entre la Port Authority et New York furent centrées sur la question des impôts, puis un accord final eut lieu le . Plans finaux. Le , la Port Authority annonça les sélections de Minoru Yamasaki comme architecte principal et Antonio Brittiochi and Emery Roth & Sons comme architectes associés. Yamasaki proposa dès le début le concept de tours jumelles, néanmoins il envisagea tout d'abord deux bâtiments comprenant seulement 80 étages. Il remarqua que l'. Yamasaki dut changer le nombre d'étages pour faire correspondre le projet à la demande de la Port Authority : celle-ci désirant d'espace de bureaux, il fallait que chaque tour comprenne . Cependant, le facteur limitant majeur de la taille d'un gratte-ciel était le problème des ascenseurs. En effet, plus un immeuble est haut, plus il a besoin d'ascenseurs, et plus il perd d'espace à "tous" les étages, même ceux non desservis, à cause des cages nécessaires à ces derniers. Yamasaki et son équipe d'ingénieurs décidèrent d'utiliser un nouveau système, celui des "sky lobbies". Il s'agit d'étages où les utilisateurs peuvent passer d'un ascenseur express à grande capacité, qui dessert uniquement les "sky lobbies", à un ascenseur local qui dessert chaque étage d'une section. Les ascenseurs locaux utilisant tous la même cage d'ascenseur, le taux d'espace utilisable à chaque étage passa de 62 à 75 %, du fait du moindre nombre de cages d'ascenseur. Les "sky lobbies", qui étaient situés au et étages de chaque tour, rendirent la gestion des ascenseurs plus efficace. Les tours jumelles furent les seconds gratte-ciel à utiliser ce système, après le 875 North Michigan Avenue (ex "John Hancock Center") de Chicago. Le système fut inspiré par le réseau du métro de New York, dont les lignes incluent des stations locales où s'arrêtent les rames locales, et des stations express où tous les trains s'arrêtent. Les plans définitifs de Yamasaki furent dévoilés au public le sous la forme d'une maquette d'environ de haut. Les tours étaient des carrés d'approximativement de côté. Les bâtiments étaient conçus avec des fenêtres étroites, larges de seulement , qui reflétaient l'acrophobie de l'architecte et son désir de faire en sorte que les occupants des tours se sentent en sécurité. Les plans donnaient pour matériau aux façades des bâtiments un alliage d'aluminium. Le concept reçut plusieurs critiques sur le plan de l'esthétique de la part de l'American Institute of Architects et d'autres groupes. Lewis Mumford, auteur de "The City in History and other works on urban planning", critiqua le projet et déclara à propos des autres nouveaux gratte-ciel qu'ils étaient . Les radiodiffuseurs et les chaînes de télévision s'inquiétèrent d'une éventuelle interférence dans la réception de la télévision à New York qui serait causée par le nouveau complexe. En réponse, la Port Authority promit de fournir de nouveaux équipements de transmission dans le WTC. La Société linnéenne du muséum américain d'histoire naturelle s'opposa également au projet, constatant que les bâtiments pouvaient se révéler dangereux pour les oiseaux migrateurs. Édification. Le travail de construction démarra le et fut assuré par "Ajax Wrecking and Lumber Corporation". La première pierre fut posée le . Treize blocs de "Radio Row", dont certains étaient antérieurs à la Guerre de Sécession, furent rasés pour permettre la construction. L'excavation des fondations du complexe, surnommées « "The Bathtub" » (la baignoire), fut rendue particulièrement difficile par la présence de deux voies du métro de New York à proximité, qui devaient être protégées et ne pas subir d'interruption de service. Un sous-sol de six niveaux fut construit. L'excavation de de terre et de roche permit la construction de Battery Park City, une extension de Manhattan sur l'Hudson de située près du WTC. Otis Elevator Company fut la société qui installa les ascenseurs. La construction fut achevée en 1970 pour le "One World Trade Center" qui accueillit ses premiers occupants en . "Two World Trade Center" fut ouvert en . Lorsque les deux tours furent achevées, le coût total de la construction avait atteint 900 millions de dollars pour la Port Authority. La cérémonie d'inauguration eut lieu le . Occupation des tours. Les deux tours ne réussirent pas à attirer la clientèle attendue. Elles furent occupées durant leurs premières années par des organisations gouvernementales variées, dont l'État de New York. Cette situation était due à la crise financière qui secoua New York dans les années 1970. Ce ne fut que dans les années 1980 que des sociétés privées s'installèrent dans le complexe, dont de nombreuses firmes financières liées à Wall Street. Toutefois, le World Trade Center ne devint jamais une adresse de prestige. En parallèle, les tours accédèrent rapidement au statut de symboles de New York. Le le funambule Philippe Petit utilisa un fil tendu pour traverser le vide situé entre les sommets des deux tours. George Willig, un alpiniste de Queens, escalada en trois heures et demie la tour Sud le . Ces événements, qui reçurent une importante couverture médiatique, contribuèrent à la renommée internationale du World Trade Center. Le , un incendie se déclencha au onzième étage de la tour Nord. Il se répandit dans la moitié de cet étage, puis atteignit d'autres niveaux en passant par les ouvertures du plancher utilisées par les câbles téléphoniques. Le feu fut éteint presque immédiatement pour ces étages, mais il fallut plusieurs heures pour venir à bout du feu principal. La structure de la tour ne fut pas touchée et les dégâts furent relativement limités. L'eau utilisée pour stopper l'incendie endommagea néanmoins plusieurs étages. Cet événement mena à l'installation d'un système d'extincteurs dans les deux tours. Premier attentat. Le , un camion chargé de d'explosif au nitrate se désintégra dans un parking souterrain de la tour nord, faisant six morts et . L'extension des dommages, un cratère de à travers cinq niveaux de sous-sol, et les incertitudes quant aux dommages subis par les colonnes porteuses centrales (mais une seule fut légèrement affectée) firent que les deux tours restèrent fermées pendant plusieurs mois. La tour se serait probablement effondrée si le camion avait été placé plus près des fondations. Six islamistes, dont Ramzi Yousef, furent condamnés à la prison à perpétuité pour leur rôle dans l'attentat. Un mémorial aux victimes fut installé, mais il fut détruit lors des attentats du . Second attentat. Le , à , le vol American Airlines 11 entre en collision avec la façade nord de la tour Nord. Dix-sept minutes plus tard, à , le vol United Airlines 175 s'écrase dans la façade sud de la tour Sud. Ces deux avions sont passés sous le contrôle de pirates de l'air. La tour Sud s'effondre à et la tour nord à . Le Marriot World Trade Center s'effondre à . Le 7 World Trade Center s'effondre plus tard à . Les trois autres bâtiments encore debout ont subi des dommages importants et ont été démolis par la suite. Les attentats du ont causé la mort de personnes. de tonnes de débris du World Trade Center fumèrent pendant et plus de huit mois furent nécessaires pour assurer le nettoyage du site, opération conduite par environ personnes et qui s'est terminée le , à précises. Reconstruction. Déclarations. Le maire de New York Rudy Giuliani et le président George W. Bush se sont prononcés rapidement en faveur d'une reconstruction du site. Le jour même des attaques, Giuliani déclare : . Bush déclare au cours d'une séance du Congrès que son administration travaillera de concert avec le Congrès « pour montrer au monde que New York sera reconstruite ». Larry Silverstein le détenteur des droits à construire du site, répond immédiatement que « ce serait la tragédie des tragédies de ne pas reconstruire cette partie de New York. Ce serait donner aux terroristes la victoire qu'ils cherchent. » Création d'une commission. La "Lower Manhattan Development Corporation" (LMDC) est établie en par le Gouverneur de New York George E. Pataki. Le rôle de cette commission officielle est de superviser le processus de reconstruction en gérant l'assistance fédérale s'élevant à dix milliards de dollars et en travaillant avec la Port Authority, Larry Silverstein, la communauté locale et les entreprises. Durant les mois suivant les attentats des architectes et des urbanistes tiennent plusieurs réunions et forums au sujet de la reconstruction du site. Ils aboutissent à la parution d'un rapport, "New York, New Visions", résultat de la collaboration de nombreuses organisations. Une autre initiative est celle de Max Protetch qui expose cinquante concepts et rendus des projets dans sa galerie d'art de Chelsea. Propriétaire des WTC 1, 2 et 7. En 1998, la Port Authority avait approuvé un projet de privatisation du complexe. Fin , deux mois avant les attentats, pour plus de trois milliards de dollars, le bail du World Trade Center est acheté pour par Larry Silverstein, déjà propriétaire de l'immeuble de 47 étages situé juste au nord du complexe, nommé par extension 7 World Trade Center. Les conditions des contrats de bail et d'assurance n'étaient pas finalisées au jour de l'attentat, d'âpres négociations avec les assureurs et des actions judiciaires furent engagées jusqu'en 2007. Après l'attentat, Larry Silverstein dépose plainte contre un des assureurs qui prétend que les événements du constituent un seul attentat terroriste et pas deux, ce qui aurait limité les remboursements à de dollars. Cependant, pour l'homme d'affaires américain, il y a eu deux avions, donc deux attentats distincts ; c'est pourquoi il estime que le remboursement doit être porté à sept milliards de dollars. La justice américaine a depuis rendu son verdict, considérant les attaques du World Trade Center comme une double attaque terroriste dont chacune nécessite une indemnisation. En conséquence, l'assureur doit verser un dédommagement de de dollars. Larry Silverstein et ses associés ont dépensé environ en investissement (bail de location sur , plus travaux de rénovation), et ? milliards pour les reconstructions depuis 2002. Les propriétaires des WTC ont aussi entamé des poursuites contre American Airlines et United Airlines, les deux compagnies des vols ayant percuté les tours, ainsi que contre les sociétés de sécurité des aéroports. Après de nombreux appels, les propriétaires des WTC ont touché de dollars contre 4,4 réclamés. Projets. En , Fumihiko Maki, associé à Jean Nouvel, et Norman Foster sont choisis par la "Lower Manhattan Development Corporation" pour édifier trois des cinq tours du projet de reconstruction du site "Ground Zero" du World Trade Center. Le projet est confié pour son ensemble, ainsi que la tour la plus haute, la "Freedom Tower", à l'Américain Daniel Libeskind. Son projet veut à la fois rappeler la tragédie du 11 septembre mais aussi donner espoir. Le souvenir et le devoir de mémoire seront symbolisés par la préservation de "Ground Zero" en sous-sol (les "Memory Foundations") tandis que l'espoir en l'avenir sera représenté par une tour en flèche ("Freedom Tower") qui devrait atteindre plus de de hauteur. L'architecte Daniel Libeskind avait allégué que, tous les ans, le , le site serait éclairé par le soleil sans aucune ombre entre (heure du premier crash) et (heure de l'effondrement de la tour Nord). Cette affirmation est toutefois rapidement battue en brèche par une étude de l'architecte Eli Attia, démontrant qu'une partie de la place se trouverait à un moment ou à un autre durant cet intervalle dans l'ombre projetée par le . Daniel Libeskind fait alors machine arrière en indiquant que ses déclarations initiales avaient un autre sens. Dans le projet de Donald Trump (World Trade Center 2), ces tours devaient être construites à la place de la Freedom Tower. Deux cercles devaient être entourés de tous les drapeaux du monde et la façade des deux tours, alors écroulée, reconstruite pour rappeler leur existence passée. Un escalier amenant au sous-sol aurait permis d'accéder au mémorial. Les nouvelles tours auraient été accompagnées de trois autres bâtiments, beaucoup plus petits, les nouvelles tours devant mesurer (566 avec l'antenne) chacune. Début des travaux. Le 7 World Trade Center a été le premier édifice à être reconstruit à proximité du site : les travaux ont débuté en 2002 et se sont achevés en 2006. Des critiques ont été formulées concernant les retards dans l'avancement des travaux, notamment dans les médias, par exemple par les journalistes Keith Olbermann et Rush Limbaugh. Un épisode de la série de Showtime "Penn & Teller: Bullshit!" diffusé le était centré sur la controverse entourant les délais de reconstruction de Ground Zero, par des hommes politiques comme Ray Nagin, le maire de La Nouvelle-Orléans, et surtout par les familles des victimes des attentats, à propos de la construction du mémorial. Architecture du premier WTC. WTC 1 et WTC 2. Les deux tours emblématiques du World Trade Center ( et appelées aussi « "Twin Towers" », littéralement « tours jumelles ») avaient toutes deux 110 étages. 1 WTC, la tour Nord, s'élevait à et possédait une antenne de télévision de de haut qui fut ajoutée en 1978. 2 WTC, la tour Sud, s'élevait à . Les tours étaient longues et larges de . Seule la tour 1 possédait une antenne, mais la structure de la tour 2 permettait aussi d'en installer une. Les antennes de la tour Nord étaient utilisées par la quasi-totalité des chaînes de télévision basées en ville : WCBS-TV 2, WNBC-TV 4, WNYW 5, WABC-TV 7, WWOR-TV 9 Secaucus, WPIX 11, WNET 13 Newark, WPXN-TV 31 et WNJU 47. Elles servaient aussi à transmettre les ondes des radios FM WPAT-FM 93,1, WNYC 93,9, WKCR 89.9, et WKTU 103,5. L'antenne principale fut améliorée en 1999 par Dielectric Inc. pour permettre la télévision numérique terrestre. L'accès au toit était contrôlé par le WTC Operations Control Center (OCC) situé au niveau B1 de la Tour Sud. Le sous-sol de l'ensemble était occupé par un centre commercial appelé « The Mall at the World Trade Center », le plus grand de Manhattan jusqu'au . D'une base proche de chacune, la surface totale des deux tours s'élevait à , tandis que leur masse respective atteignait environ . Sur les 110 étages, 8 étaient réservés aux locaux techniques (niveaux B6/B5, étages 7/8, 41/42, 75/76 et 108/109), les autres étaient utilisés en majorité par des bureaux. La tour Sud comprenait également un observatoire ouvert au public appelé « Top of the World », qui offrait une vue à 360 degrés sur New York depuis le étage, à de haut. Par beau temps, il était possible d'observer à à la ronde. La tour Nord possédait un restaurant, Windows on the World, qui se situait au étage. devint en 1973 le plus haut gratte-ciel au monde, dépassant l'Empire State Building qui détenait ce titre depuis . devint le second plus haut gratte-ciel en 1973. Cependant les deux tours ne conservèrent ce statut qu'un court moment, puisque la Willis « Sears » Tower de Chicago, achevée en , culminait à . À la suite des attentats du 11 septembre 2001, l'Empire State Building reprit sa place de plus grand gratte-ciel de New York. Structure. Les deux tours avaient une conception tout à fait révolutionnaire à l'époque de leur édification, selon l'ingénieur Minoru. Minoru était d'origine japonaise, et son projet d'édification de deux tours parallèles de type prismatique fut retenu en 1965. Selon son équipe, ces bâtiments étaient « invulnérables ». Ce type d'assemblage, peu onéreux et très simple, permettait la construction très rapide de ce genre d'immeubles, très répandu à la fin des années 1960. La construction du World Trade Center avait commencé courant 1966 pour s'achever en 1971 (l'inauguration eut lieu en 1973). La structure centrale des buildings avait été laissée nue à la fin de la construction. Les cloisons internes, qui délimitaient les quatre côtés du cœur central de chaque tour furent abattues pour laisser place à des bureaux, seul le noyau central servait à enfouir les gaines techniques et les cages d'ascenseurs avec les escaliers respectifs. Lors de sa construction, les planchers du World Trade Center étaient construits selon une structure en treillis, c'est-à-dire des poutrelles en forme de grues pylône à l'horizontale dans lesquelles était coulé une dalle de compression en béton armé à la base de la tour. Ce béton, utilisé dans les chapes pour faire les planchers, est très résistant à l'effet dit « de flèche », qui consiste à s'enfoncer sous une lourde masse. On l'appelle aussi l'« effet poutre ». La structure porteuse était scindée entre un faisceau central de 47 poteaux en acier, profilés de section rectangulaire à épaisseur variable en fonction de la hauteur dans l'immeuble, reliés les uns aux autres par des profilés de traverse, et un « tube » constitué de 236 poteaux d'acier, profilés à section carrée solidarisés par des plaques boulonnées. La structure centrale prenait quelque 60 % de la charge statique, le « tube » supportant les 40 % restants. Chaque profilé central devait ainsi porter en moyenne 7,5 fois la charge d'un poteau externe. Pris au même niveau, il était 7,5 fois plus résistant en moyenne car les éléments porteurs centraux se présentaient sous deux dimensions, seize d'entre eux, formant les rangs externes, étant à peu près du double des autres. La fonction spécifique du « tube » était d'offrir une excellente résistance au vent et aux éventuels séismes. Ces deux ensembles étaient rigidifiés par une structure sommitale, une sorte de chapeau fait de poutres métalliques, dont le rôle était de limiter la déformation du tube lorsque celui-ci était soumis à des contraintes latérales, réduisant ainsi au minimum les contraintes subies par les planchers. Ceux-ci, très légers (, valeur à vérifier car d'eau sur pèsent déjà et le béton est généralement 2,5 fois plus dense que l'eau, une valeur de 250 à est plus probable), étaient constitués par un treillis de poutres métalliques fixé aux structures porteuses. Ils étaient capables de supporter dix fois (valeur trop optimiste à vérifier) leur propre poids. Le noyau central enserré par les 47 poteaux porteurs abritait les ascenseurs et escaliers. Il occupait environ . Cette conception, qui date des années 1960, était bien adaptée pour des tours très hautes. Les tours jumelles avaient aussi été réalisées avec des coefficients de sécurité tels qu'ils permettaient, selon les concepteurs, de résister à l'impact d'un Boeing 707 ou un Douglas DC-8 en pleine charge, lancé à : . En , la Société américaine des ingénieurs civils (ASCE) avait attribué son prix national aux concepteurs des tours, y reconnaissant . Les publications techniques saluèrent également la qualité du projet dans sa capacité à résister à des événements imprévus . Autres bâtiments. Cinq édifices plus petits composaient le reste du complexe : Dans la culture populaire. Le World Trade Center apparaît dans de nombreux films, séries, émissions de télévision, bandes dessinées et jeux vidéo. Filmographie. Il fut le cadre du tournage et de l'action de plusieurs films des années 1970. Dans "Godspell" (1973), une scène finale montre les acteurs de cette comédie musicale en train de danser sur le toit de la tour Nord la chanson "All For the Best". Dans "Les Aventures de Rabbi Jacob", on voit les tours au tout début du film de Gérard Oury (1973). Dans "Les Trois Jours du condor", les locaux de la CIA sont basés dans le WTC. Dans le "remake" de "King Kong" datant de 1976, le grand singe gravit non pas l'Empire State Building mais l'une des deux tours du World Trade Center, changement justifié par le fait qu'elles étaient, à l'époque, les plus hauts gratte-ciel du monde. Dans "New York 1997", sorti en 1981, l'une des tours sert de point d'arrivée et devait servir comme point de départ du héros, Snake Plissken, venu libérer le président des États-Unis, retenu en otage à Manhattan, devenue île-prison. Dans le film, "Maman, j'ai encore raté l'avion" sorti en 1992, le jeune Kevin admire New York depuis l'observatoire de la tour Sud du WTC. Les tours jumelles apparaissent aussi sur plusieurs prises de vue dans la série Friends, notamment dans le générique de la saison 3. On peut aussi apercevoir les deux tours en flammes dans "Armageddon" lorsque des météorites tombent sur la Terre. Elles sont aussi au début du premier "SOS Fantômes" et dans la séquence à New York de Rosanna Arquette dans "Le Grand Bleu". Le complexe apparaît également dans "Working Girl". "American Pie 2" qui fut la dernière grande production montrant les deux tours, bien qu'elles aient été ajoutées numériquement par synthèse d'image à une scène tournée à Los Angeles. Dans plusieurs films ayant été tournés avant les attentats et étant en post-production après le , les deux tours furent supprimées numériquement. Le trailer de "Spider-Man" incluait une scène dans laquelle le super-héros dressait une grande toile entre les deux tours. La scène fut supprimée après les attaques mais les tours apparaissent furtivement à quelques endroits du film. En 2006, la BBC sort le docufiction "- dans les Tours Jumelles". Le documentaire américano-britannique "Le Funambule" ("Man on Wire)", réalisé par James Marsh en 2008, revient sur la traversée illégale en 1974 entre le sommet des deux tours du World Trade Center sur un câble par le Français Philippe Petit. Le film américain "", réalisé par Robert Zemeckis (2015), revient également sur cette traversée en 1974 entre le sommet des deux tours du World Trade Center. Philippe Petit y est incarné par Joseph Gordon-Levitt. Le projet collectif "11'09"01 - September 11" présente des événements liés aux attentats contre les tours. Le film "World Trade Center" d'Oliver Stone raconte l'histoire du sergent John McLoughlin et Will Jimeno, deux policiers du Port Authority Police Department qui ont été bloqués sous les décombres des tours au cours de l'évacuation, puis sauvés, de même que dix-huit autres personnes. Le World Trade Center apparaît dans l'épisode de la série télévisée "Les Simpson", "Homer contre New York", diffusé en 1997. L'épisode sera écarté des rediffusions à cause de l'implication du World Trade Center dans l'intrigue puis réintégré après un remontage supprimant certaines scènes concernant les tours. Musiques. Il est aussi à la source d'inspiration de compositions en musique classique : "On the Transmigration of Souls" (2002) de John Coolidge Adams et "WTC 9/11" (2011) de Steve Reich. Le rappeur The Notorious B.I.G. fait allusion à l'attentat de 1993 dans son morceau "Juicy" sorti en 1994. Dans la chanson "Manhattan-Kaboul" de Renaud sortie en 2002, ce dernier relate ouvertement les événements du , ainsi que de la réplique des États-Unis en Afghanistan. Clips vidéo. Depeche Mode tourne un clip pour "Enjoy the Silence" sur le toit de la tour Sud en . Les deux tours jumelles sont également visibles dans le clip "New York New York" de Ryan Adams, sorti le en VHS et sur MTV. Bibliographie. L'écrivain français Frédéric Beigbeder place l'action de son livre "Windows on the World" dans le restaurant du dernier étage de la tour Nord dont le nom était Windows on the World (fenêtres sur le monde) et retrace les attentats du point de vue d'un client père de famille. Dans le livre de Maxime Chattam, "Les Arcanes du chaos", publié en 2006, les dernières pages du livre se situent en haut de la tour 1 du WTC, le , quelques minutes avant le crash du premier avion. |
Wikipedia |
Wakizashi Le est un sabre japonais courbe similaire au "katana", mais plus petit, dont la taille se situe entre 30 et . Il peut être porté avec un "katana" et glissé dans la ceinture, auquel cas on appelle l'ensemble "daisho". Les riches marchands, ne pouvant pas porter le "katana", sont en revanche autorisés à porter le "wakizashi". Maniement. Il se manie à une main uniquement, la poignée étant le plus souvent dimensionnée pour la largeur d'une paume de main. Dans une escrime particulière, du style Nito Ryu, qui enseigne la technique à deux sabres, développée par Musashi Miyamoto, il peut être manié avec le "katana", et sert alors de « main-gauche », ou d'arme de parade. Utilisations. Les samouraïs portaient le "katana" et le "wakizashi" à gauche, glissés dans la ceinture, et attachés par un cordon ("sageo"), pour accentuer la stabilité de la gaine ("saya"). Les samouraïs se servaient des "wakizashi" pour se battre dans les lieux clos. Comme les lames étaient relativement courtes, le combattant était plus libre dans ses mouvements qu'avec une lame plus longue. Ainsi, le "katana" était utilisé pour combattre dans des lieux plus vastes (extérieur, grandes salles…). Les pratiquants de "kenjutsu", et en particulier du style Niten ryu (école héritière de Musashi Miyamoto), utilisent un "wakizashi" en bois appelé "shoto" (littéralement : sabre court) pour l'entraînement. Il est l'une des armes des "iaidoka" avec le "katana" et le "tantō". Les techniques de combats propres à cette arme sont réunies sous le terme de "kodachijutsu" (« techniques du petit sabre »). De même que le "tantō", le "wakizashi" peut être utilisé pour le suicide rituel (seppuku). Le samouraï se suicide en incisant une ou deux fois son ventre tandis que, dans certains cas, un assistant appelé "kaishakunin" (ou simplement "kaishaku") lui tranche la tête pour le laver de toutes ses offenses une fois le cérémonial fini. C'était une manière de se faire pardonner pour une faute, un refus d'obéir à un ordre. Le , un étudiant d'extrême droite âgé de 17 ans, Otoya Yamaguchi, assassine le leader socialiste Inejirō Asanuma pendant une réunion publique à l'aide d'un "wakizashi" . |
Water-polo Le water-polo est un sport collectif aquatique opposant deux formations de sept joueurs. Il fut codifié dans le Royaume-Uni à la fin du et devint sport olympique en 1900 pour les hommes, et en 2000 pour les femmes. Histoire. Une variante du water-polo était pratiquée en Rome ancienne. Populaire chez les légionnaires, ils le propagèrent à travers tout l'empire. Le jeu était pratiqué dans les piscines des thermes. Il faut ensuite attendre 1869 pour voir les membres du club britannique de natation de Bournemouth pratiquer un jeu dont les règles sont assez proches du water-polo moderne. Les premières règles sont édictées en 1870 par le club de natation de Londres. En 1876, les règles sont publiées. Le premier match interclubs se tient en 1874 à Londres. Le premier match international a lieu en 1890. Il met aux prises Angleterre et Écosse. Le premier championnat, celui d'Angleterre, débute en 1888. Une version américaine du jeu se développe à partir de 1897. C'est un jeu plus violent que son homologue britannique. Les Américains pratiquent ce "softball" (à ne pas confondre avec le sport dérivé du baseball) jusqu'aux années 1930, mais conviennent de respecter les règles britanniques depuis 1914. Le water-polo est un sport olympique dès 1900 pour les hommes et passe sous le contrôle de la FINA en 1911. Un championnat du monde masculin est mis en place à partir de 1913, le championnat féminin à partir de 1986, en complément de la coupe du monde féminine à laquelle elles ont accès en 1979. Les jeux olympiques ne leur sont ouverts qu'en 2000. Les Britanniques dominent les palmarès jusqu'aux années 1920. La France, la Belgique, la Suède, la Hongrie et l'Allemagne rivalisent ensuite avec les créateurs britanniques. Après la Seconde Guerre mondiale, l'Italie, la Yougoslavie et l'URSS viennent rejoindre l'élite mondiale. En France, les femmes jouent principalement à Tourcoing et à Paris, où est organisé un premier championnat en 1922. Le jeu évolue, notamment sous l'impulsion des Hongrois, pays où il est extrêmement populaire. Dès 1928, l'entraîneur Bela Komjadi change les données techniques et tactiques en inventant la passe sèche, c’est-à-dire effectuée de sorte que le joueur en réception puisse attraper le ballon avant qu'il ne touche l'eau. Parmi les principaux poloïstes, citons les Hongrois Tibor Benedek, György Bródy, Dezső Gyarmati, Olivér Halassy, Márton Homonnai, Tivadar Kanizsa,Tamás Kásás, György Kárpáti et István Szívos, les Italiens Gildo Arena, Francesco Attolico, Alessandro Bovo, Paolo Caldarella, Mario Majoni, Eraldo Pizzo, Amedeo Pomilio, Alessandro Campagna, Cesare Rubini et Carlo Silipo, les Espagnols Daniel Ballart, Manuel Estiarte, Miki Oca et Sergi Pedrerol, les Allemands Fritz Gunst, Hagen Stamm, Frank Otto et Erich Rademacher, les Croates Elvis Fatovic, Djuro Savinovic et Ratko Rudic, les serbes (ex Yougoslaves) Igor Milanović, Dušan Popović, Vladimir Vujasinović, Aleksandar Sapic et Mirko Sandić, le Monténegrin Mirko Vicevic, les Britanniques Paul Radmilovic, Charles Smith et Georges Wilkinson, le Russe Dimitri Apanasenko, le Belge Victor Boin et les Français Henri Padou, Pierre Garsau, Armand Mikaelian, Michel Idoux, Marc Crousillat, Dupoux Mederick et Frédéric Audon, Nathan Chudy. Côté féminin, l'Australienne Yvette Higgins est considérée en 2010 par mademan comme l'une des dix meilleures joueuses mondiales , aux côtés des Américaines Brenda Villa, Erika Figge, Maureen O'Toole et Elizabeth Armstrong, auxquelles on peut ajouter Maggie Steffens. Principes du jeu. Équipe. Une équipe de water-polo se compose de 7 joueurs avec 6 remplaçants. L'équipe a 1 gardien qui peut avoir le et le 13 pour le gardien remplaçant. Même un joueur de champ peut avoir le 13, ce joueur-là est souvent la pointe (ou l'arrière pointe"/contre pointe"). La pointe a le droit d'aller jusqu'à deux mètres des cages pour recevoir la balle et pour tirer, il s'agit du rôle le plus difficile. Ceux-ci peuvent entrer en jeu à tout moment à partir de leur propre zone d'exclusion (au-delà de la ligne de but), à partir du moment où l'équipe est en possession de la balle. Un gardien de but et 6 joueurs de champ évoluent dans l'eau en même temps, pour chaque équipe. Le gardien porte le bonnet numéroté 1, de couleur rouge. Les autres joueurs portent des bonnets numérotés de 2 à 13. Le bonnet portant le numéro 13 peut être rouge également si l'équipe possède un gardien remplaçant. L'équipe qui joue à domicile porte les bonnets blancs, les visiteurs, les bonnets bleus. Les joueurs n'ont en aucun cas le droit de mettre une combinaison (faite pour la natation et qui réduit les prises au corps). Déroulement du match. Un match officiel se décompose en 4 périodes de 8 minutes chacune de jeu effectif (périodes de 7 minutes dans le cas de match de moins de 13 ans). Ces périodes sont séparées par des temps de repos de 2 minutes sauf entre les et où le repos est de 3 minutes. Chaque équipe peut demander 2 temps mort d'une minute durant tout le match, lorsqu'elle est en possession de la balle (attaque). Règle des 30 secondes. Chaque équipe, dès qu'elle prend possession de la balle (interception, engagement, etc.) dispose d'au plus 30 secondes pour tirer au but. Dans ce cas (qu'il y ait but ou non, ou encore corner), le décompte de ces 30 secondes est réinitialisé. Il est également réinitialisé si un joueur de l'autre équipe est exclu. Si le décompte arrive à son terme, une faute est sifflée et la balle est donnée à l'autre équipe. Avec les nouvelles régles instaurées, les temps de possession ont changé : ils possèdent toujours un temps de 30 secondes par attaque mais (qu'il y ait but ou non, ou encore corner), le temps a été réduit à 20 secondes. Joueurs. Les 6 joueurs de champ s'organisent habituellement en un demi-cercle, à 2-7 mètres du but adverse, avec un joueur au centre (appelé "pointe" ou "cavalier"). Ce poste est assez particulier car le joueur fait face à ses coéquipiers, et tourne donc le dos au gardien adverse. Son rôle est de récupérer une passe, souvent faite sur l'eau, à tourner son défenseur (l'arrière pointe ou "contre pointe") pour se retrouver face au gardien et à tirer rapidement. Le jeu pointe/arrière pointe est très engagé et très physique puisqu'une certaine tolérance est laissée aux deux joueurs. L'arbitrage est assez difficile, puisqu'on ne voit que très peu ce qui se passe sous l'eau : à chaque match des coups sont portés à bien des reprises, notamment sous l'eau, et il n'est pas rare de voir disparaître les deux joueurs dans une eau écumante. Lors de la demi-finale « mémorable » des Jeux olympiques de Melbourne en 1956 qui opposa l'URSS à la Hongrie en pleine Guerre froide, la rivalité entre les deux pays a provoqué un déchaînement de violence sur le terrain, à tel point qu'on a parlé d'une piscine ayant une teinte rouge sang. Fautes. Le droit de charge est autorisé sur le porteur de balle. En pratique, une grande liberté de manœuvre est laissée aux défenseurs pour agir sur le porteur de la balle, à l'exclusion des coups visant la tête. Il faut bien savoir que les arbitres (deux situés sur les bords du bassin) n'ont qu'une vision très limitée de ce qui se passe sous l'eau. Les différentes fautes : Aire de jeu. Surface : par pour les matchs masculins (si le bassin est assez grand sinon possibilité de jouer en ) et par pour les matchs féminins. La profondeur minimale est quant à elle fixée à . Plusieurs lignes symbolisées par des plots, matérialisent la surface de jeu. Ballon. Il est d'une circonférence comprise entre 65 et 67 cm pour les femmes, entre 68 et 71 cm pour les hommes. Son poids peut varier dans les limites de 400 à 450 grammes. Hommes et femmes. Les hommes et les femmes ne jouent pas ensemble dans les catégories adultes (jusqu'en cadet). Les hommes jouent plus longtemps que les femmes, les femmes ont un ballon plus petit et plus léger et (en général) un plus petit terrain. Le jeu. Le water-polo masculin existe depuis 1870 alors que le water-polo féminin n'est apparu qu'au début du . Les Jeux olympiques. Pour les hommes, le water-polo fut admis au programme olympique en 1900. Pour les femmes, le water-polo n’a été admis comme discipline olympique qu’en 2000, aux Jeux de Sydney. Avant 2000, les femmes étaient par équipes de 11 et depuis ces jeux, elles sont par équipes de 13 comme les hommes (en grande partie grâce aux Canadiennes). |
Wernher von Braun Wernher von Braun est un ingénieur allemand puis américain né le à Wirsitz en province de Posnanie et mort le à Alexandria en Virginie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est l'un des principaux ingénieurs qui permettent le vol des fusées allemandes de type V2, le premier missile balistique de l'histoire ; dans l'administration du Troisième Reich, il atteint le grade de SS-"Sturmbannführer". Transféré aux États-Unis après la capitulation allemande, il est naturalisé américain en 1955 et joue un rôle majeur dans le développement des fusées, notamment celles qui ont permis la conquête spatiale américaine. En 1930, alors âgé de , Wernher von Braun rejoint un groupe de passionnés d'astronautique qui, au sein de la "Verein für Raumschiffahrt", met au point de petites fusées expérimentales. Pour poursuivre ses travaux de recherche sur la propulsion à ergols liquides, il accepte de rallier en 1932 le département balistique de la direction des Armements de l'armée allemande dirigé par Walter Dornberger. Au sein de cette institution militaire, il prend la tête d'un programme de recherche sur les fusées à propulsion à ergols liquides, qui bénéficie d'un soutien financier croissant des dirigeants militaires allemands dans le contexte d'une politique de réarmement de l'Allemagne portée par l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en . Grâce à ses talents d'organisateur et ses compétences techniques, son équipe d'ingénieurs met au point des fusées de puissance croissante allant de l'A1 à l'A4. Cette dernière, d'une masse de treize tonnes et dotée d'une portée de plus de trois cents kilomètres, est conçue dès le départ pour servir de missile balistique avec une charge militaire de plus de huit cents kilogrammes. Elle effectue son premier vol en 1942 et constitue une avancée majeure par rapport à toutes les fusées développées jusque-là. Sous l'appellation V2, le missile est lancé depuis des rampes mobiles à plusieurs milliers d'exemplaires sur les populations civiles de Grande-Bretagne au cours des deux dernières années de la Seconde Guerre mondiale. Pendant des mois, le missile frappe la ville de Londres, tue plus de 2 700 civils, et en blesse 6 500. Après la défaite allemande, dans le cadre de l'opération "Paperclip", Wernher von Braun et les principaux ingénieurs ayant participé au projet V2 sont récupérés par les forces américaines. Von Braun est placé à la tête d'une équipe constituée principalement d'ingénieurs allemands. Au début des années 1950, l'équipe de von Braun est installée à Huntsville où elle développe les premiers missiles balistiques de l'armée de terre américaine. Lorsque la course à l'espace est lancée à la fin des années 1950, c'est la fusée , développée par ses équipes, qui place en orbite le premier satellite artificiel américain . Spécialiste reconnu des lanceurs, il devient responsable du centre de vol spatial Marshall créé par l'agence spatiale américaine (la Nasa) pour développer la famille de fusées Saturn. Il joue un rôle pivot dans le développement du lanceur qui permet le lancement des missions lunaires du programme "Apollo". À la suite de la réduction du budget alloué au programme spatial américain, il quitte la Nasa pour le secteur privé en 1972. Von Braun a eu une relation complexe et ambivalente avec le régime nazi. Il est pour certains hauts dirigeants un modèle et joue un rôle important sans état d'âme dans l'effort de guerre allemand. Il est par ailleurs impossible qu'il ait pu ignorer les conditions de travail inhumaines des déportés chargés de construire les V2 dans les tunnels de Dora, qui ont conduit à la mort des milliers d'entre eux. Biographie. Enfance. Wernher Magnus Maximilian "Freiherr" von Braun naît à Wirsitz (aujourd'hui en Pologne) dans la province de Posnanie qui faisait à l'époque partie de l'Empire allemand. Il est le deuxième des trois fils d'une famille de l'aristocratie allemande portant le titre de baron "(Freiherr)". Son père Magnus "Freiherr" von Braun (1878-1972) est un haut fonctionnaire qui fera partie du cabinet du ministère de l'Agriculture sous la république de Weimar. Sa mère Emmy von Quistorp (1886-1959) a une longue ascendance aristocratique. Elle reçut une éducation primaire et secondaire de bonne qualité, notamment encouragée par son père. Elle s'était passionnée pour les sciences naturelles. Elle lui offre son premier télescope. La famille de Wernher von Braun déménage à Berlin en 1915 où son père prend un poste au ministère de l'Intérieur. Alors âgé de , Wernher, qui est inspiré par les records de vitesse établis par Max Valier et Fritz von Opel à l'aide de voitures propulsées par des fusées, crée un incident dans une rue fréquentée avec une voiture jouet auquel il a attaché un certain nombre de feux d'artifice, ce qui lui vaut un court séjour au poste de police. Wernher est un musicien accompli au piano et au violoncelle et peut jouer de mémoire Bach et Beethoven. Il reçoit des leçons du compositeur Paul Hindemith et veut un temps devenir compositeur. En 1925, il rentre dans un internat à Ettersburg près de Weimar où il obtient des notes médiocres en mathématiques et en physique. Il achète à cette époque un exemplaire de l'ouvrage de "Die Rakete zu den Planetenräumen (Les fusées dans l'espace interplanétaire)" du pionnier de l'astronautique allemand Hermann Oberth. En 1928, ses parents le placent dans l'internat Hermann-Lietz dans l'île de Spiekeroog qui fait partie de l'archipel de la Frise-Orientale. Pionnier de l'astronautique. Comme pour les autres précurseurs de l'astronautique, sa passion pour cette discipline naît de la lecture des écrits et calculs de Constantin Tsiolkovski. Doué en mathématiques, von Braun fait ses études à l’École polytechnique fédérale de Zurich et à l'université technique de Berlin (l’Institut Kaiser-Wilhelm) où il reçoit son diplôme d'ingénieur en mécanique, tout en consacrant ses loisirs, à partir de 1930, à construire et à expérimenter de petites fusées au sein d'une équipe réunie par le précurseur Hermann Oberth, la VfR, sigle de "Verein für Raumschiffahrt" (« Association pour la navigation aérospatiale »). Les expérimentations ont lieu à Reinickendorf dans Berlin, sur un terrain de cent cinquante hectares, qu'ils baptisent "Raketenflugplatz" (« aéroport de fusées »). À partir de 1929, l'armée de terre allemande commence à s'intéresser aux fusées. Elle crée un « Bureau des engins balistiques spéciaux » rattaché à la direction de l'armement, dirigé par le colonel Karl Becker et le capitaine Walter Dornberger. Celui-ci est chargé de mettre au point des fusées à propergol solide de 5 à et d'effectuer des recherches théoriques sur la propulsion à ergols liquides. Un champ de tir situé à Kummersdorf dans la banlieue de Berlin est utilisé pour effectuer des lancements de roquettes à propergol solide entre 1930 et 1932. Becker et Dornberger, qui ont suivi les travaux du VfR, concluent au printemps 1932 un accord avec Rudolf Nebel pour que celui-ci effectue un tir de sa fusée Repulsor sur le champ de tir militaire de Kummersdorf contre une rémunération de Reichsmark. Le vol qui a lieu en juillet est un demi-succès mais Dornberger propose tout de même de subventionner les travaux à condition que ceux-ci soient menés de manière scientifique et que les essais ne soient plus publics. Nebel, bien qu'adhérent de l'association paramilitaire de droite "Stahlhelm, Bund der Frontsoldaten", refuse ces conditions car il se méfie des militaires et entretient des relations difficiles avec Becker. Celui-ci a plus de succès lorsqu'il effectue la même proposition à von Braun qui a participé aux négociations entre Nebel et les militaires. Becker propose de financer une thèse de von Braun sur la propulsion à ergols liquides, à condition que les essais des fusées issues de ces travaux se déroulent à Kummersdorf. En , von Braun et le mécanicien Heinrich Grünow commencent le développement d'une nouvelle fusée. Trois mois plus tard, ils font fonctionner durant sur banc d'essais un moteur à ergols liquides d'une poussée de brûlant un mélange d'oxygène liquide et d'alcool. Un deuxième moteur, refroidi par circulation d'alcool et fournissant une poussée triple, fonctionne quelques mois plus tard. Au service de l'armée allemande. Le , von Braun remet sa thèse de doctorat sur la propulsion des fusées, intitulée "Solutions théoriques et expérimentales au problème des fusées propulsées par des carburants liquides. Technique des fusées et recherche dans le domaine du vol spatial". Classée confidentielle, elle n'est publiée qu'en 1960. Longue, et périlleuse, avec les matériaux de l'époque, la mise au point d'un moteur-fusée à propergols (carburant et comburant) liquides est menée en collaboration avec le . En 1934, Wernher von Braun lance de l'île de Borkum, en mer du Nord, deux exemplaires (Max et Moritz) de la fusée A2 (Aggregat 2) dont le moteur développe une tonne de poussée. Elles atteignent l'altitude de . En , le groupe de von Braun reçoit de marks de la Luftwaffe et de l'armée pour développer un moteur-fusée. Début 1936, von Braun se rend sur la côte de la Poméranie à la recherche d'un terrain d'essais pour fusée. Il le trouve à Peenemünde, dans l'île d'Usedom. L'équipe de von Braun a besoin d'un terrain au bord de la mer Baltique pour tirer le long des côtes et installer des bases de mesure. Le , lors d'une conférence, la décision d'acquérir le terrain d'Usedom est entérinée. Le soir même, le maire de la commune signe l'acte d'achat qui comprend le déplacement des habitants. La construction du centre d'essais démarre en . Mise au point du missile balistique V2. En 1937, toujours pour obtenir davantage de moyens, il adhère au parti nazi, le NSDAP. Von Braun reconnaîtra après-guerre avoir personnellement rencontré Hitler à trois reprises : la première fois au centre d'essais de Kummersdorf en 1934, et deux autres fois à Berlin au cours de l'année 1942. Il est nommé directeur technique du centre d'essais de Peenemünde et assure entre 1939 et 1942 la mise au point de la fusée A4 (Aggregat 4) qui, utilisée comme arme, prendra le nom de V2 (V pour "Vergeltungswaffe" « arme de représailles ») et dont plus de seront lancés principalement sur l'Angleterre (Londres), la Belgique (Anvers, Liège, Bruxelles) et les Pays-Bas (La Haye) en 1944 et 1945. En 1944, il est décoré de la croix du Mérite de guerre. Adulé par le régime il est promu trois fois par Himmler, la dernière fois, en , comme SS-"Sturmbannführer". En 1943, Hitler donne la priorité absolue au programme des fusées A4. La fabrication des V2 s'intensifie et leur construction commence à utiliser des déportés des camps de concentration de Dora-Mittelbau et Buchenwald. Von Braun appartient à l'équipe dirigeante des spécialistes des fusées, supervisant les ingénieurs, les travailleurs civils et les déportés de Dora. Von Braun avait cependant compris à cette époque que l'Allemagne ne pouvait pas gagner la guerre et que le V2 ne serait pas l'arme miracle capable de retourner la situation militaire. Il l'évoque ouvertement avec ses équipes, ainsi que ses projets sur l'avenir civil des fusées, notamment pour le trafic postal entre les États-Unis et l'Europe. Il est alors arrêté par la Gestapo le avec deux de ses collaborateurs pour défaitisme et sabotage, en l'occurrence pour avoir consacré . Walter Dornberger et Albert Speer, ministre de l'Armement et de la Production de guerre, obtiennent de Hitler sa libération conditionnelle après deux semaines de cachot. Dans ses mémoires, Albert Speer précise que Hitler lui aurait déclaré que von Braun . Opération "Paperclip". Vers l'automne 1944, les ingénieurs et scientifiques de l'industrie militaire comprennent que la défaite est inéluctable et von Braun voit son avenir de scientifique en Allemagne sérieusement compromis. Fils de directeur de coopérative et homme politique de droite, élevé dans l'exécration du communisme, Wernher von Braun choisit, après quelques hésitations, l'Amérique. Mais la SS est chargée de prévenir toute fuite de cerveaux allemands, et ordre est donné d'éliminer ceux qui tentent de fuir. Dans les derniers jours d', von Braun, blessé quelques semaines plus tôt dans un accident de voiture, réussit avec une grande partie de son équipe d'ingénieurs et de techniciens de haut niveau (une centaine de personnes) à échapper à la surveillance des commandos SS après s'être caché dans des grottes. Le , dans une station de ski bavaroise, il se rend aux alliés à la suite du contact établi par son frère Magnus avec le soldat de seconde classe Schweikert qui participait à une patrouille avancée américaine. Le savant et son équipe seront ensuite récupérés par les Américains dans le cadre de l'opération "Paperclip". Le , von Braun arrive aux États-Unis. Il traverse alors une période d'inactivité pendant laquelle les différentes composantes de l'armée américaine se disputent la filière de développement des missiles balistiques. Durant cette période, les services secrets lui assignent deux hommes en permanence pour le garder et l'assister dans ses actes de la vie quotidienne en Amérique : il est soigneusement gardé en réserve. Finalement, von Braun et les scientifiques de son équipe sont transférés à Fort Bliss au Texas, une vaste base militaire de l'armée de terre : c'est donc la composante "armée de terre" des Forces armées des États-Unis qui développera la filière. Les domaines de compétence qui lui sont assignés sont : la poursuite des travaux allemands portant sur les missiles intermédiaires A9 et A10 pour développer un IRBM, un ICBM et un lanceur. Pendant son séjour à Fort Bliss, von Braun envoie une demande en mariage à sa jeune cousine, Maria Luise von Quistorp (née le ). Autorisé à retourner en Allemagne, Wernher von Braun l'épouse le en l'église luthérienne de Landshut. Le couple revient à New York, avec les parents de Maria, le . Il aura trois enfants : Iris (1948), Margrit (1952) et Peter (1960) von Braun. Le , von Braun acquiert la nationalité américaine. Responsable du programme de missiles balistiques de l'armée américaine. À partir de 1946 il travaille sur la centaine de V2 récupérés par l' U.S. Army, et assiste à leurs essais à White Sands Proving Ground, au Nouveau Mexique. En 1950, il est nommé directeur technique du "Redstone Arsenal" établissement de l'armée de terre américaine situé à Huntsville (Alabama) pour la mise au point de missiles guidés. Il est à l'origine du missile Redstone, dérivé directement du V2 allemand, et premier missile balistique guidé de l'armée américaine, qui sera utilisé en 1961 pour le lancement des premiers astronautes américains. Il est nommé directeur des recherches de l'Agence pour les missiles balistiques de l'armée de terre américaine en 1956. Il assure la mise au point des missiles Pershing et Jupiter. Au milieu des années 1950, il collabore avec Walt Disney à un grand nombre de films éducatifs ayant pour thème le programme spatial américain, pour tenter de populariser le rêve de l'aventure spatiale : ' et ' en 1955, puis "" en 1957. Ces films attirèrent l'attention non seulement du public, mais aussi des responsables du programme spatial soviétique. Dès 1954, Wernher von Braun expose à l'American Rocket Society un projet de mise en orbite d'un satellite artificiel, en utilisant comme lanceur le missile Redstone ; l'armée de terre, dont dépend von Braun, soutient l'idée, et lance sur cette base le projet Orbiter. Mais le président Eisenhower ne place pas l'astronautique dans les priorités de son programme, et ne souhaite pas, en outre, que le lancement du premier satellite américain soit confié à une équipe majoritairement allemande. Le projet Orbiter est donc abandonné en , au profit du programme Vanguard, un programme concurrent qui dépend de la marine. Il faudra le succès de l'astronautique soviétique avec le lancement du premier satellite artificiel Spoutnik 1, le , et l'échec cuisant du lancement du satellite TV-3 par la marine américaine et son lanceur Vanguard, le , pour que von Braun revienne sur le devant de la scène, en prenant une part décisive dans le lancement du premier satellite artificiel américain (Explorer 1). Carrière à la Nasa : le développement de la fusée Saturn V. En 1958, l'agence spatiale américaine Nasa est fondée pour fédérer les efforts de recherche spatiale américains. Von Braun est nommé directeur du centre de vol spatial Marshall de l'agence (Huntsville, Alabama) et conservera ce poste stratégique jusqu'en 1970. Il participe aux programmes de vols habités Mercury et Gemini. Lorsque le programme Apollo est lancé par le président américain John Kennedy en 1961, von Braun prend en charge la conception de la fusée géante Saturn V, qui jouera un rôle essentiel dans la réussite des missions lunaires américaines. Responsable des programmes jusqu'en 1970, il devient administrateur adjoint de la Nasa cette même année. Mais, très vite, il est en désaccord avec les nouvelles orientations de l'agence : von Braun souhaite poursuivre l'exploration spatiale vers Mars, alors que la priorité est désormais donnée à la mise au point de la navette spatiale. En 1972, il quitte la Nasa et devient directeur adjoint de la société Fairchild Engine & Airplane Corporation. En 1975, il reçoit la National Medal of Science. Mort. Le , Wernher von Braun meurt des suites d'un cancer du foie à Alexandria (Virginie). Le premier vol de la navette spatiale Enterprise, prévu le jour même, est reporté au lendemain en considération de cet événement. Relation avec le nazisme. Von Braun a eu une relation complexe et ambivalente avec le régime nazi. Il est devenu par commodité, dit-il, membre du NSDAP le sous le . Reçu et félicité par Hitler en personne, il rejoint en 1940 la SS avec le grade de SS-"Untersturmführer" et le : après trois promotions, il atteint en le grade de SS-"Sturmbannführer". Il prétend l'avoir fait par nécessité pour pouvoir continuer ses recherches d'ingénieur et affirme n'avoir porté que quelques fois l'uniforme SS, ce que des témoins de Peenemünde confirment. Il existe d'ailleurs une photo où il est en uniforme SS aux côtés de Himmler. Il s'est dit ignorant des conditions de travail inhumaines des déportés, autant dans les tunnels de Peenemünde, qui est situé sur l'île Usedom en mer Baltique et donc à des centaines de kilomètres de l'usine proche de Nordhausen en Thuringe, où il travaillait, que du camp de concentration de Dora, situé à proximité, ce qui est une invraisemblance manifeste. Pourtant von Braun reconnaissait . Après certaines tensions avec la Gestapo qui craint son départ pour l'Angleterre en , il rentre en grâce et reçoit la croix du Mérite de guerre le . Il ne se livrera aux Américains qu'après la mort de Hitler le . La fabrication des V2 fera plus de morts (plus de vingt mille prisonniers ont perdu la vie à Dora) que leur utilisation comme arme. Dans son livre autobiographique, Wernher von Braun n'admet pas de responsabilité, minimisant sa position dans le camp. Il affirmera toujours n'avoir rien su de la souffrance des déportés et des morts de Dora-Mittelbau. D'après le Hollandais Albert van Dijk, survivant du camp, cette ignorance est invraisemblable. Tom Gehrels, astronome néerlando-américain, membre de la résistance néerlandaise pendant la Seconde Guerre mondiale a interrogé des prisonniers survivants. Il affirme dans la revue "Nature" à l'occasion d'un commentaire sur un ouvrage faisant référence à von Braun que ce dernier ne pouvait ignorer la situation des déportés : . Dans "De l'université aux camps de concentration", Charles Sadron, scientifique déporté à Dora en , a écrit, concernant Wernher von Braun : Lorsque Charles Sadron parle de son « atelier », il s'agit des tunnels dans lesquels travaillaient, vivaient dans des conditions inhumaines et mouraient beaucoup de déportés. Ouvrages. En 1958, Wernher von Braun a publié à New York "First Men to the Moon" aux éditions Holt, Rinehart & Winston. Cet ouvrage a été traduit en français par Catherine Imbert et publié en 1961 sous le nom "Les Premiers Hommes sur la Lune" aux éditions Albin Michel (). En 1968, il publie "Space Frontier" également chez Holt, Rinehart & Winston, compilation d'articles de vulgarisation publiés dans la revue "Popular Science" entre 1963 et 1965. Cet ouvrage a été traduit par Charles-Noël Martin et Jean-Émile Charon et publié en 1969 aux éditions Planète sous le titre "Voici l'espace". Citations. Dans son ouvrage "History of rocketry & space travel", W. von Braun expose sa foi dans la conquête spatiale : |
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Warhammer Warhammer est une franchise de jeux, de magazines et de romans créée dans les années 1980 par la société Games Workshop autour d'un univers imaginaire de" high fantasy" et de " dark fantasy" servant de cadre au jeu de figurines "Warhammer Fantasy Battle" (1983) ainsi que pour d'autres jeux, notamment le jeu de rôle "Warhammer Fantasy Roleplay" (1986) et son extension futuriste "Warhammer 40,000" (1987). Création. Les deux fondateurs de la société Games Workshop, les Britanniques Steve Jackson et Ian Livingstone, débutent dans le domaine du jeu dans les années 1980. Ils possèdent alors une boutique et ont importé le jeu américain "Donjons et Dragons". Ils décident alors de fonder la première entreprise d'édition de jeux de rôle en Europe et inventent un nouveau « jeu de guerre » : "Warhammer Fantasy Battle". Ils lancent également un fanzine, devenu ensuite le magazine, "White Dwarf". L'univers de Warhammer est inspiré entre autres par la littérature de fantasy de J. R. R. Tolkien et Michael Moorcock, mais aussi du jeu de rôle "Donjons et Dragons". Le monde de Warhammer. Les peuples et les races. De nombreux peuples se partagent les territoires du monde de Warhammer. La plupart d'entre eux sont des humains originaires du Vieux Monde, d'Arabie, de Norsca, de Nippon et de Cathay. Il existe également de nombreuses autres races non humaines : certaines sont proches des humains biologiquement comme les vampires , les halflings (hobbits) et les ogres ou physiquement comme les elfes et les nains. D'autres races sont totalement à part, comme les races à peau verte (orques et gobelins), les skavens, les hommes-lézards, les trolls et autres créatures monstrueuses. La géographie. Désolations du Chaos. Royaume hostile balayé par des vents de magie pures, les Désolations du Chaos sont sans conteste les terres les plus torturées du Vieux Monde. Des barbares à forte carrure, taillés par des combats fréquents et les conditions extrêmes du nord, y vivent. À chaque fois que les dieux appellent à la guerre contre les peuples du sud, ils rejoignent les armées du Chaos ; ils sont alors connus sous le nom de Maraudeurs. Cette région est aussi peuplée de créatures infâmes comme les gobelinoïdes, les mutants du chaos, les trolls, les chimères et autres créatures du chaos ... Lustrie. La Lustrie est le pays qui correspond à l'Amérique du Sud. Le continent est couvert de jungles impénétrables où vivent les hommes-lézards. Ulthuan et Naggaroth. Ulthuan était à l'origine une île qui abritait le monde natal des Elfes du monde de Warhammer. Ils y avaient été placés par les Slanns. Une guerre civile déchira le peuple qui se distingua en deux parties : les Hauts-Elfes (habitants d'Ulthuan, créateurs de la magie) et les Elfes Noirs (habitants de Naggaroth, une terre au nord-ouest d'Ulthuan). Vieux Monde. Le Vieux Monde est une région qui rappelle fortement l'Europe. Il est essentiellement peuplé d'humains rassemblés en une poignée de nations. La nation la plus étendue, l'Empire, occupe la majeure partie de ce continent. Il possède une culture de type germanique et prend pour référence un mélange de Moyen Âge et de Renaissance. La Bretonnie est un royaume féodal qui évoque la France médiévale, garnie d'excellentes récoltes et presque immunisée au chaos. L'Estalie et la Tilée sont des royaumes méridionaux divisés en cités-états gouvernées par des princes-marchands. On y retrouve respectivement des éléments de la culture espagnole et italienne. Dans la partie septentrionale on retrouve Kislev, un royaume aux forts accents polonais. À l'est, l'antique mais très peu nombreuse race des Nains se cantonne derrière les murs d'une dizaine de forteresses ayant pour but de repousser les peaux-vertes; des monstres et gobelins hideux formant des hordes inarrêtables. Enfin, les skaven, ou "hommes-rats" se terrent dans les profondeurs du vieux monde pour préparer leurs attaques apocalyptiques à la surface: les skaven incarnent la race la plus populeuse du monde de Warhammer. Nehekara. Nehekara est le nom donné à un immense désert situé au sud du Vieux Monde. Ce lieu est habité par les Rois des Tombes , d'anciens rois momifiés commandant des légions de guerriers squelettes ainsi que des gigantesques constructions de guerre animées par magie. Cette partie du monde de Warhammer est fortement influencée par la culture égyptienne antique. Jeux et œuvres composant la franchise de Warhammer. Jeux de figurines. Il existe aussi "Warhammer Age of Sigmar", wargame miniature de table publié en 2015. Romans. Les romans sont traduits en français et édités par la Bibliothèque Interdite puis depuis 2011, par la "Black Library" qui publie des nouveautés et sort des anciens livres au fur et à mesure. |
XP Toutes les abréviations qui suivent proviennent de l'anglais. En anglais, les mots commençant par « ex » sont souvent abrégés par « X », comme eXtra (dans XL, XXL…) |
XXe siècle Le ' (ou ') commença le et finit le . Il s'étend entre les jours juliens et . Événements. Le est une époque riche en évènements historiques qui ont marqué profondément le destin de la planète et n'avaient pas de précédent comparable. Guerres mondiales, rôle des grands États, développement des moyens de transport et de communication, progrès sanitaires, évolution démographique, conquête des airs et de l'espace, armes de destruction massive, génocides, tout concourt à faire de ce siècle une période exceptionnelle dans l'histoire humaine, en ce qu'elle n'aura laissé aucune partie de la planète à l'écart des bouleversements politiques et sociaux qui l'ont émaillée. Sur le plan de l'histoire des sociétés, et non de la simple chronologie, les historiens, dont Michel Balard, font commencer le le (fin de la Belle Époque et début de la Première Guerre mondiale) et terminer le (Attentats du 11 septembre 2001). D’un point de vue politique, le se caractérise dans sa première moitié par deux guerres mondiales (Première Guerre mondiale entre 1914 et 1918 ; Seconde Guerre mondiale entre 1939 et 1945) et, à partir de cette date, par l'affrontement idéologique entre deux superpuissances : les États-Unis et l’URSS, qui prend fin avec la dissolution de l’URSS le . Cet affrontement idéologique et géostratégique contribue au fort développement des technologies nucléaires, notamment dans le domaine militaire, et à la course à l'espace qui aboutit au débarquement sur la Lune en 1969. Les rivalités entre grandes puissances européennes ont conduit à leur affaiblissement ; par ailleurs, la décolonisation, dans la seconde moitié du siècle, s'est effectuée parallèlement au processus de la construction européenne. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, les États tentent de mettre en place une gouvernance politique mondiale destinée à modérer les conflits, avec la SDN puis l'ONU, qui se dote de capacités militaires d'interposition. D’un point de vue économique, les crises monétaires et financières se sont multipliées, aggravées par le renchérissement des cours du pétrole et l’apparition des risques écologiques dans un contexte où disparaissent les sociétés agraires et artisanales traditionnelles, au profit d'un système mondial tendant à l'uniformisation, fondé sur l'industrie et le commerce, un consumérisme croissant, un capitalisme victorieux du communisme. Les sommets de la terre tentent de mettre en place une gouvernance environnementale mondiale. Avant 1914. En 1903 les frères Wright réussissent le premier vol motorisé. Albert Einstein publie en 1905 sa théorie de relativité restreinte, qui sera suivie en 1915 de la théorie de relativité générale. Personnalités significatives. Artistes. Voir aussi : Compositeurs. Voir aussi : Inventions, découvertes, avancées technologiques. Voir aussi : Art et culture. Musique et danse. Les musiques du sont diverses : Religion. À la conférence de Seelisberg, en 1947, des représentants des confessions juive, protestante et catholique examinent les causes de l'antisémitisme. L'historien Jules Isaac y participe. |
XVe siècle Le a débuté le et a pris fin le . Ce siècle se situe entre le Moyen Âge et l'Époque moderne. La population mondiale à la fin de ce siècle est estimée à d'habitants, répartie essentiellement entre trois grands foyers ; Chine-Japon-Corée, Inde et Europe de l'Ouest. Cette dernière est encore marquée par la peste noire de 1347–1352 qui a décimé de la population européenne. Événements. Europe. Dans l’imaginaire occidental comme en Europe, la Renaissance et l'Italie sont étroitement liées. Au , le "Quattrocento" est resté comme un temps marqué par l’avènement de l'idéal antique (science grecque, droit romain), de foisonnement de réalisations architecturales et d'inventions (Léonard de Vinci), mais aussi un essor du commerce, de guerres (guerre de Cent Ans, guerres d'Italie), d'expansions et de ruptures (prise de Constantinople puis de l' Inquisition espagnole), de nouvelles questions (avec le développement de l'humanisme chrétien) ainsi que des bouleversements religieux . Le marque une nouvelle connaissance du monde, surtout avec la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. La guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre et les Guerres de Bourgogne (1474-1477) retardent l'essor de la Renaissance en France. La première occupe au une place importante dans l'imaginaire collectif français (courage de Du Guesclin, folie de Charles VI, épopée de Jeanne d'Arc, sacre de Charles VII...) et européen (archétype de la guerre absurde et interminable) tant par l'hostilité que la longévité de la guerre. La prise de Constantinople par les Ottomans marque la chute de l'Empire byzantin (1453). Avec la prise de Grenade et la fin de la Reconquista espagnole en 1492, les confrontations face aux franges du monde arabo-musulman ont affirmé une identité européenne. L’islam disparaît d’Europe occidentale. Des conflits entre les Européens et les Turcs, par exemple les guerres moldo-ottomanes commencent. Si l’unité politique de l’Europe chrétienne face aux Ottomans et musulmans ne s'est pas concrétisée, les États chrétiens ont rêvé néanmoins d’une Europe unie sous le christianisme. Personnages significatifs. Écrivains, philosophes et humanistes. Voir : Philosophes et humanistes du. Imprimeurs, éditeurs et libraires. Événement majeur de l'histoire occidentale du sur le plan technologique, économique et intellectuel, l'imprimerie permet de diffuser des textes, des images, des idées ou des cartes géographiques d'une façon inconnue jusque-là. |
Xbox La Xbox de Microsoft est une console de jeux vidéo sortie aux États-Unis le . Microsoft fait ses premiers pas dans ce secteur, après avoir collaboré avec Sega pour porter Windows CE sur Dreamcast, et après avoir développé depuis plusieurs années des jeux Microsoft Game Studios et des accessoires de jeux vidéo SideWinder pour les PC sous Windows. La différence avec un PC est qu'une Xbox ne peut à l'origine exécuter que des programmes Xbox provenant d'un média au format propriétaire Microsoft sur DVD, format qui n'est lisible que par le lecteur DVD de la Xbox. La console, dont les principales concurrentes sont la PlayStation 2 de Sony, la Gamecube de Nintendo et la Dreamcast de Sega, fait partie de la sixième génération. Microsoft cherche à faire évoluer la Xbox, d'abord consacrée uniquement au jeu vidéo, vers une station multimédia interactive en ligne et lance fin 2002 le Xbox Live. La Xbox 360 lui succède fin 2005. Le support de la console Xbox par Microsoft s'est arrêté en aux États-Unis et en en France. La console possède un catalogue de plus de 825 jeux, avec des séries comme "Halo", "Star Wars" et "Fable". Le dernier jeu Xbox, sorti uniquement aux États-Unis en 2008, est "Madden NFL 09". Développement. La Xbox a été initialement développée en interne par une petite équipe de Microsoft, incluant Kevin Bachus, Seamus Blackley et Ted Hase. Microsoft a plusieurs fois repoussé la conception de la console. La console a été révélée à la fin de l'année 1999 par des interviews du directeur de Microsoft Bill Gates. Peu convaincu au départ de l'idée de développer une machine sans Windows et après avoir proposé des outils de développement Microsoft à Sony pour sa Playstation, il décide de concurrencer le géant japonais et déclare qu'un appareil multimédia était essentiel pour la convergence multimédia dans les temps modernes du divertissement numérique. Le , le « X-box project » est officiellement confirmé par Microsoft dans un article de presse. En , la console est présentée lors du E3 par Bill Gates, avec Dwayne Johnson en invité mais aussi François Hollande. Selon le livre "Smartbomb" d'Heather Chaplin et Aaron Ruby, le succès remarquable de la PlayStation de Sony aurait inquiété Microsoft à la fin des années 1990. Le marché grandissant du jeu vidéo semblait perturber le marché du PC que Microsoft dominait et sur lequel se basait la majorité de ses revenus. Une entrée dans le monde des jeux vidéo diversifiait la ligne de produits Microsoft, qui s'était jusqu'alors concentrée uniquement sur des logiciels. Dean Takahashi, dans son livre , affirme que la Xbox aurait été nommée au départ « DirectX-box », pour montrer l'usage du DirectX dans la technologie de la console. La direction a finalement retenu le nom « Xbox » comme nom final pour la console. La console fait également allusion au DirectX par la forme « X » du logo et la forme géante « X » sur la console. J Allard de Microsoft, était responsable du hardware et du développement logiciel du système, Ed Fries était responsable du développement de jeux sur la plate-forme, et Mitch Koch était responsable des ventes. Les trois se référaient à Robbie Bach. Cette équipe a aussi été responsable de la console Xbox 360. À l'occasion des 10 ans de la console, Microsoft proposait de télécharger gratuitement sur le Xbox live, à partir de la Xbox 360, une animation spéciale anniversaire pour Avatar, et a lancé un pack anniversaire sur Xbox 360 appelé « 10 ans de Xbox anniversary bundle ». En , Microsoft propose quatre jeux gratuits pour les abonnés Gold : deux jeux sur Xbox 360 et deux jeux sur Xbox One. Matériel. Le processeur principal est un Intel Pentium III Coppermine 32-bit gravé à (0.18 μm) il est composé de 28.1 millions de transistors dans sa lithographie, cadencé à et doté de 128 Ko de cache. Le processeur est soudé à la carte mère ; ceci a permis d'optimiser l'API de la console pour ce processeur et d'accélérer les performances. La Xbox est, avec la GameCube, la console qui a mis fin à la « course technique aux bits ». La Dreamcast et la PlayStation 2, ses rivales sorties quelque temps avant elle, avaient poursuivi ce marketing des « bits » en étant présentées comme des consoles « ». La Xbox, construite sur un processeur principal de et pourtant plus puissante que la Dreamcast et la à de nombreux égards, n'affiche plus les « bits » comme un élément démonstrateur de puissance. L'indicateur FLOPS est en revanche mis en avant, également utilisé par la Dreamcast et la , et toujours utilisé en 2022. La console est dotée de de mémoire vive unifiée (partagée par les différents composants) de technologie DDR SDRAM. La mémoire unifiée permet aux développeurs de choisir eux-mêmes la quantité de mémoire qu'ils veulent attribuer aux différentes parties de leur application (programme, son, image, vidéo). Généralement, les consoles ont trois types de mémoire, chacune étant spécialisée dans un domaine. Le processeur graphique est fabriqué par Nvidia. Son nom est NV2a, c'est un hardware intermédiaire entre le NV25 et le NV30 destinés au marché du PC. Ce GPU est un GeForce 3 modifié, cadencé à 233 MHz, capable de calculer . Ses performances se situent entre les GPU GeForce 3 et GeForce 4. Cette carte graphique permet le , le , peut appliquer un anti-aliasing, gère le et le . Le système sonore est aussi fabriqué par Nvidia. Il est capable de générer un son numérique spatial (en pseudo « trois dimensions ») grâce aux technologies Dolby Digital 5.1 (AC3). La Xbox calcule entre 115 millions et 125 millions de polygones par seconde. En temps réel, la console de jeu peut afficher entre 8 et 15 millions de polygones par seconde, ce qui en fait la console la plus puissante de la sixième génération. Le DVD est le support principal des jeux de la Xbox. Elle permet de lire des DVD si elle est équipée de la télécommande et de l'adaptateur infrarouge (qui se branche sur un port manette). Il existe quatre marques de lecteurs en fonction des années de production : Thomson, Samsung, Philips, LG-Hitachi, avec deux versions différentes pour les Samsung et Philips. La première version de la console a été fabriquée en Hongrie, et la manette en Indonésie. À partir de 2003, l'ensemble est fabriqué en Chine. Les développeurs et les testeurs de jeux pouvaient disposer de consoles Xbox appelées « ' » et « ' ». Par rapport à la console de série, ces consoles disposaient de logiciels spéciaux, d'une interface spécifique et de de Ram. La console a été vendue dans de nombreux packs différents, dans des versions limitées comme le pack Ciné X-Men 2 et dans des versions collectors, comme la version transparente Crystal et la version Halo translucide verte. La couleur verte de la Xbox fut choisie pour plusieurs raisons : l'un des principaux designers de la console, Horace Luke, n'avait plus qu'un feutre vert sous la main, et l'essentiel des esquisses furent tracées avec ce feutre et furent adoptées. L'autre raison est que le vert fut considéré par les designers comme symbolique de la technologie (les premiers écrans d'Apple affichaient des caractères verts sur fond noir), de la science-fiction (le logo d'Alien est vert) et de la puissance (le médaillon vert de la Xbox est censé évoquer la puissance "nucléaire"). Horace Luke aurait souhaité que la coque de la Xbox soit d'un blanc brillant argenté, mais les coûts étaient prohibitifs. Éléments nouveaux. Après modification de la console, il est possible de mettre un disque dur IDE de PC. Exemple : un disque dur de 200, 300 ou 500 Go. Périphériques. La Xbox possède 4 ports manettes. Ces ports manettes sont des ports USB modifiés où peuvent se brancher des accessoires tels que des volants, des télécommandes, et des clefs USB et des claviers (uniquement sur une console modifiée, sauf le jeu pour ce qui concerne le clavier). (Il y a 2 types de manettes : l'original « Duke », et la manette S « Slim », plus petite et plus légère, proche de celle de la Xbox 360. La manette S « Slim » n'était à l'origine destinée qu'au marché japonais. (Les capacités varient en fonction des cartes des différents constructeurs). Xbox Live. La Xbox est la compatible avec le Xbox Live. Aussi appelé Live ou , ce service de jeu en ligne créé par Microsoft permet de connecter la console à Internet. Il est sorti fin 2002 aux États-Unis puis en en Europe. Il permet aux joueurs du monde entier de s'affronter sur les jeux compatibles. Le Xbox Live peut également être utilisé pour télécharger du contenu (gratuit ou payant) ou des démos, et pour acheter des jeux complets. Le Xbox Live ajoute également un élément important au jeu en ligne: la possibilité de dialoguer avec les autres joueurs grâce à un micro-casque, permettant ainsi de parler stratégie avec ses équipiers ou de défier ses adversaires. Il y a eu aussi une déclinaison du Xbox Live, le XSN, qui permettait d'avoir un classement mondial sur une gamme de jeux de sport estampillés Microsoft. On distingue trois versions du Xbox Live : la version 1.0 étant celle de la première console de Microsoft, s'étendant d' à . Puis vint la seconde version, apparue lors du lancement de la Xbox 360, de à . Puis la troisième et dernière du version du XBL (3.0) fut mise en service en même temps que le NXE - ou Nouvelle Expérience Xbox -, depuis mi-. Début , la firme de Redmond a déclaré son désir d'arrêter les serveurs de l'ensemble des jeux de la Xbox proposant une fonctionnalité au Live - soit 550 jeux environ. Cette décision fut argumentée et mûrement réfléchie selon Microsoft, car cette première version du Xbox Live - appelée 1.0 - empêcherait d'apporter de nouvelles fonctionnalités aux versions ultérieures, comme dépasser la limite des 100 personnes ajoutées à la liste d'amis. Le XBL 1.0 a fermé officiellement le à minuit, privant de facto les l'utilisant encore. Cependant le jour suivant, une trentaine de personnes étaient restées connectées au Xbox Live malgré sa fermeture, sur le jeu Halo 2, jeu le plus joué en ligne sur cette console. En effet, tant que les utilisateurs restaient en ligne avant l'arrêt définitif des serveurs, ces derniers ne pouvaient s'auto-terminer tant que ces joueurs demeurent connectés à ceux-ci. Ainsi le , Microsoft déclare que douze « résistants » jouent actuellement en ligne à ce jeu et, à la surprise générale, encourage cet acte et le qualifie d'héroïque. Hélas, les consoles doivent rester en fonctionnement jusqu'à une déconnexion involontaire de leur FAI, de leur simple chef ou de la surchauffe de l'appareil. Finalement, le joueur Apache N4sir quitta Halo 2 à 23h19 le , ce qui fait de lui le dernier véritable membre du premier Xbox Live et mit fin officieusement à ce service quelques minutes plus tard. Ventes. Pour se donner les moyens de ses ambitions, Microsoft présente la console la plus puissante du marché. Mais son prix élevé à ses débuts freine les ventes initiales face à une concurrence qui privilégie les jeux plutôt que la console elle-même. Microsoft décide de revoir le prix de sa console pour être plus concurrentiel face à la PlayStation 2. En 2006, elle n'est plus vendue en raison de la place de plus en plus importante prise par sa sœur Xbox 360. D'après le rapport annuel de Microsoft en 2005, 22 millions de Xbox ont été fournies aux revendeurs, dépassant vers la fin de sa carrière la Game Cube avec 21 millions. Le , Microsoft publie un rapport indiquant que le chiffre définitif de vente de la Xbox est de plus de 24 millions de consoles (dont environ 17 millions aux États-Unis et au Canada, 7 millions en Europe et au Japon). Historique des prix : Jeux. Microsoft mettait en avant que la console disposait de la plus large ludothèque pour son lancement (l'architecture de la console est proche des ordinateurs PC, à processeur Intel avec le système d'exploitation Windows, ceci permettant une programmation avec une version optimisée de l'API DirectX, standard connu de développement des jeux sous Windows). Les développeurs ayant déjà travaillé sur des jeux PC peuvent être efficaces rapidement. Les conversions PC/Xbox sont simplifiées. Parmi les titres phares disponibles au lancement de la console, il y a : , "Oddworld 3", "Project Gotham Racing" et "". La console possède un catalogue de plus de 825 jeux, avec des jeux comme "Halo 2", , "Forza Motorsport", ou "Fable". La console possède de nombreux "remakes" de la console Dreamcast, Microsoft ayant à l'époque signé un accord pour lancer des jeux avec Sega comme : "Panzer Dragoon Orta", "Crazy Taxi", NBA 2K2, "NFL 2K2", "Shenmue II", "Deadly Skies", "Jet set Radio Future"... La console possède des jeux en exclusivité, comme "Steel Battalion". Ce jeu a la particularité de fonctionner avec une manette géante de 40 boutons et 2 joysticks. Sa suite "Steel Battalion : Line of Contact" permet de jouer en réseau. Système d'exploitation. Le système d'exploitation de la Xbox est basé sur un kernel de Windows 2000 tournant en mode réel. Il propose une interface en mouvement sur fond vert avec un fond musical électronique et industriel.La console repose sur une architecture proche de celle d'un PC. Après modification de la console, il est possible d'installer un autre système d'exploitation : Linux.À l'origine, seuls les logiciels signés électroniquement par Microsoft pouvaient être utilisés sur Xbox; cette limitation a pu être déverrouillée par les développeurs du projet Xbox-Linux via l'implantation d'un « » ou d'une puce électronique. Xbox-Linux est légal, Microsoft n'ayant jamais engagé de procédure contre le projet. Après le portage de Linux, FreeBSD et NetBSD ont été portés sur la Xbox. De nombreux types de systèmes différents peuvent être installés. Il est possible d'installer du contenu HD avec une interface semblable à la Xbox 360. La Xbox est capable de faire fonctionner des émulateurs en SD et en HD pour jouer à des jeux Nintendo, Sega, Playstation, Atari, Snk, Laserdisc, Borne d'Arcade, etc. Elle peut aussi lancer Windows et se connecter à internet. Successeur. La Xbox 360 est la deuxième console de jeux vidéo de Microsoft, développée en coopération avec IBM, ATI, Samsung et SiS. Elle succède à la Xbox.La console est compatible avec une partie des jeux Xbox par rétro-compatibilité. Cette compatibilité ne nécessite pas obligatoirement un disque dur, mais au moins de graver un CD ou une clé USB pour installer la mise à jour, afin d'y stocker les "patches" nécessaires au fonctionnement des jeux Xbox. Ces jeux bénéficieront d'un upscaling HD. La Xbox 360 nomme ces jeux « Xbox d'origine », « Xbox » ou « Xbox génération ». Certains des jeux Xbox sont disponibles en téléchargement sur le Xbox Live, comme '. Ce jeu est également ressorti en remake sur Xbox 360 sous le nom ' pour fêter les 10 ans de la console et du jeu. Il est aussi possible de jouer en liaison multiconsole entre la console Xbox et la console Xbox 360. Un remake du jeu le plus vendu de la console "Halo 2" est sortie sur Xbox One, dans le pack "". Références. https://forum.beyond3d.com/threads/gamecube-had-more-transistors-than-xbox.28898/ |
XVIIIe siècle Le ' (ou ') commence le et finit le . Il s'étend entre les jours juliens et . En France, les historiens considèrent qu'il commence en 1715 avec la mort de Louis XIV et se termine en 1815 avec la chute de Napoléon et le congrès de Vienne. Au Royaume-Uni, l'historiographie fait courir le « » de la Glorieuse Révolution de 1688 à 1815. Au , les Lumières est un terme qui désigne un mouvement culturel et philosophique ayant dominé en Europe, et plus particulièrement en France. Elles donnèrent par extension à cette période le nom de siècle des Lumières (en Allemagne : "Zeitalter der Aufklärung", en Angleterre et aux États-Unis : "") , et en France avec la Révolution française. Les Pays-Bas autrichiens et la Principauté de Liège connaissent aussi des mouvements insurrectionnels avec notamment la Révolution brabançonne et la Révolution liégeoise. Le voit l'apogée de l'institution esclavagiste. Les traites négrières culminent. Ce commerce triangulaire a lieu entre l'Europe (pacotilles, tissus, verroteries, armes à feu, etc.), l’Afrique occidentale et équatoriale (esclaves) et les Antilles et les Amériques (produits agricoles : coton, thé…). Six à sept millions d’esclaves noirs sont déportés par les Européens vers l’Amérique au . Ils achètent leurs esclaves à des chefs et souverains locaux, qui razzient les tribus voisines et échangent leurs prisonniers sur le littoral contre des produits fabriqués en Europe. De nombreuses tribus disparaissent. D’autres se regroupent pour constituer des États qui deviennent à leur tour marchands d’esclaves. Événements. Afrique. Six à sept millions d’esclaves noirs sont déportés par les Européens vers l’Amérique au , chaque année de 1700 à 1750, de 1750 à 1800. W. E. B. Du Bois, qui avance le chiffre de quinze millions de déportés entre le et le milieu du , estime que pour un esclave arrivé vivant en Amérique, il faut compter cinq hommes tués en Afrique au cours des razzias ou morts en mer. La traite vers l’Amérique aurait donc coûté à l’Afrique 60 millions d’hommes, chiffre qui atteindrait une centaine de millions d’hommes en ajoutant la traite en direction des pays musulmans de la Méditerranée et des pays d’Orient et d’Extrême-Orient. 2,5 millions d'hommes environ sont déportés vers les colonies espagnoles () et portugaises () d’Amérique du Sud ; vers les colonies britanniques (États-Unis) ; vers les îles britanniques ( en Jamaïque, vers les Isles sous le vent, à la Barbade) ; dans les îles françaises ( à Saint-Domingue, à la Martinique, à la Guadeloupe) ; dans les îles hollandaises et dans les îles danoises. Les négriers ne participent pas directement à la capture. Ils achètent leurs esclaves à des chefs et souverains locaux, qui razzient les tribus voisines et échangent leurs prisonniers sur le littoral contre des produits fabriqués en Europe. De nombreuses tribus disparaissent. D’autres se regroupent pour constituer des États qui deviennent à leur tour marchands d’esclaves. Le commerce extérieur de l’Afrique occidentale, qui exporte essentiellement des esclaves, s’accroît au cours du siècle de 2 millions de livres au début à environ 4 millions de livres à la fin. La Mauritanie et le Sénégal deviennent les principaux producteurs de gomme arabique. Son prix passe de 3,4 livres la tonne en 1718 à 30,4 livres vers 1790 et à près de 70 livres en 1825-1830. Afrique du Nord. Le marque l'apogée économique et culturel de la régence d'Alger, qui conclut un âge d'or entamé au début du sous l’impulsion du fondateur de la nation algérienne moderne, Baba Arrudj « Barberousse ». La population prospère et la bourgeoisie citadine renoue avec le luxe andalous. Les deys-sultans sont puissants et gagnent de nombreuses guerres contre les puissances européennes telle que le Danemark-Norvège (1769-1772) ou la France (1664). Le règne du dey Mohammed Ben Othmane marque le zénith de la puissance algérienne. L'activité corsaire décline dès la première décennie du siècle au profit de l'exportation agricole, c'est le fameux siècle du blé ; l'Algérie est nommée en Occident "Grenier de l'Europe". La population de l’intérieur semi-aride du Maghreb (hauts-plateaux, Souss, Aurès...), formée d’Arabes et de Berbères, est divisée en tribus qui constituent la cellule administrative, sociale et économique. Certaines tribus ("maghzen" en Algérie et Tunisie ou "guich" au Maroc) bénéficient de privilèges importants en échange du service militaire qu’elle doivent aux souverains. La force des tribus éloignées et enfoncées à l'intérieur des terres provient de l'emprise relativement faible de l’État dans ces régions là et de la coupure qui existe entre l’État et la société semi-nomade. La préoccupation principale de l’État est la fiscalité, car elle est le gage de la soumission politique. Les genres de vie opposent les bourgeois citadins, les cultivateurs sédentaires et les éleveurs semi-nomades. L'agriculture est toujours prospère, ayant subi de nombreuses transformations depuis l'époque romaine : les arabes de Mésopotamie, les andalous et les turcs apportant toujours de nouvelles techniques agricoles avec eux. Madagascar. La côte Est de Madagascar est alors beaucoup plus peuplée que la côte Ouest. De nombreux royaumes indépendants se constituent du XVIIe au , comme ceux des Betsileo au Sud (Isandra, Lalangina, Manandriana, Arindrano), celui des Betsimisaraka à l'est, des Sakalava au Nord-Ouest et des Mérina au centre. Les Français dominent le trafic des esclaves sur la côte Est. La façade occidentale est ouverte aux négriers britanniques, arabes, français ou portugais. Europe. France. Généralités du siècle en France. L’expression « siècle des Lumières » est souvent employée pour désigner le français. Ce siècle est très riche aussi bien sur le plan intellectuel que scientifique ou culturel. Ce mouvement des « Lumières » regroupe différents artistes (écrivains, peintres etc.) ayant le même courant de pensée ou la même sensibilité. La seconde révolution anglaise "(la glorieuse révolution de 1688)" peut constituer l'événement d’entrée dans le siècle des Lumières, mais dans l’histoire française, c'est la fin du règne de Louis XIV qui en marque le début. La révolution française de 1789 est généralement considérée comme son aboutissement, bien que certains la voient comme une période plus large qui s’étend de 1670 à 1820. Le siècle des Lumières correspond, en art plastique, à la transition entre les périodes classique et néo-classique ; et en musique à celle entre la période baroque et la période classique (incluant style galant et rococo). La « force » de l’expression « siècle des Lumières » vient de son utilisation largement répandue chez les historiens contemporains. On trouve dès 1670 la mention de siècle éclairé dans certains écrits historiques. La formule sera transformée par des représentants des Lumières puis par les révolutionnaires. Le mouvement des « Lumières » impose l'idée que l'individu préexiste à l'État et que l'État n'est que le fruit d'un contrat social ; chacun se trouve détenteur de droits que l'État doit garantir. Malheurs du siècle en France. On peut également noter les points noirs de ce siècle en France, qui ont pu contribuer à l'agitation aboutissant à la Révolution. En premier point, la signification concrète de l'expression « petit âge glaciaire », qui bat encore son plein : le a connu 16 hivers extrêmement froids à côté desquels nos plus froids hivers de ces cent dernières années font figure de doux printemps. En Morvan par exemple, l'hiver 1708-09 fait entièrement geler la plupart des ruisseaux et des étangs en moins de quatre heures, et le dégel voit des morceaux de glace de d'épaisseur. À noter plus particulièrement les hivers 1708-09 (dans un pays déjà appauvri sur tous les plans par la guerre de succession d'Espagne de 1701 à 1714), 1735-36 (dont de fortes gelées en juin et qui anéantissent le peu d'espoir qui restait pour les récoltes), 1770-71, 1777-78 et, justement, 1788-89 (appelée « l'année du grand verglas »- et peut-être pas seulement climatique). Chacun de ces hivers rigoureux à l'extrême amenait systématiquement une disette pour au moins l'année suivante voire pour plus longtemps ; additionner à cela une période de misère encore un peu plus longue, donc une prolifération de vols et maraudages pour cause de misère profonde, notamment vols du peu de bétail et de récoltes qui par chance avaient survécu ; le tout aggravé par une spéculation intense sur le prix de la nourriture en général et surtout des céréales, et un dépeuplement notoire en particulier des campagnes par le nombre de morts induit (on évalue à le surplus de décès pour 1709, par exemple). En sus de ces 16 périodes misérables, il faut aussi compter avec quatre épisodes d'épizooties si catastrophiques qu'on peut les appeler des panzooties, revenant en cycles de 23 ans de 1711 à 1814 - et, fait notable, toujours associées à des guerres. Celle de 1714 (guerre de succession d'Espagne, 1701-1714), commencée en 1711 en Hongrie et qui ravage toute l'Europe occidentale pendant sept ans, dévaste les bovins (les processions de pèlerinage, et donc les affaires de l'Église, augmentant en proportion du nombre de bêtes mortes). Cette maladie touche toute la France : Alsace, Franche-Comté, Bourgogne, Nivernais, Morvan - régions où ces animaux tenaient une grande place dans l'économie, mais aussi le reste du pays. Là encore la misère induite ne se limite pas à l'année suivante, tant s'en faut. Celle de 1743-44 (guerre de succession d'Autriche, 1740–1748), encore plus terrible et qui ayant commencé en 1740 en Bohême se répandit sur toute l'Europe de l'Ouest pendant 10 ans, dévasta, dit-on, 98 % du cheptel bovin dans le seul Morvan. Encore une autre en 1774-77, commencée avant 1770 en Orient (Guerre russo-turque de 1768-1774), arrivée en Europe occidentale via la Hollande et qui semble avoir perduré localement au-delà de ces dates puisqu'un foyer en est encore mentionné en 1779 sur Montreuil et ses environs. Enfin la quatrième épizootie du siècle, non moins meurtrière, est arrivée en France en 1794 via l'armée du Rhin (guerre de l'Europe contre la France, 1792-1797). En 1758 c'est l'excès d'eau qui amene une autre disette : des pluies torrentielles qui dans le Morvan durèrent du au pourrissent les récoltes, foin et grain. Le grand froid de 1788-89 est également précédé d'un été tout aussi pourri que celui de 1758, et il y en eut certainement d'autres. Même en faisant abstraction de malheurs locaux comme l'orage extraordinaire qui dévasta une bonne partie du Morvan en 1745 (un an après la deuxième épidémie bovine), ou les multiples épidémies localisées, l'impression demeure que le peuple ne se relevait à grand-peine d'une catastrophe que pour retomber dans une autre. À part les vingt ans de relative normalité entre 1715 et 1735, il ne s'est pas passé quinze ans sans que les Français dans leur ensemble aient à affronter des situations des plus graves. Italie. L’Italie ne profite pas de la conjoncture économique positive du . Au moment de la première révolution industrielle, l’Italie est pauvre en charbon et en fer. Des régions comme la Vénétie connaissent un niveau d’industrialisation proche de celui du Dauphiné, l’activité textile reste vive dans les régions de Padoue, Vicence, Vérone et Bergame, la papeterie à Trévise et la métallurgie près de Bergame et Brescia. Mais le textile décline au cours du siècle en Vénétie (comme la verrerie à Murano), à Padoue, dans le Milanais, en Toscane. L’Italie exporte des produits agricoles et importe des produits manufacturés, finissant par occuper un espace commercial limité et secondaire. Le marché intérieur se rétrécit et l’alourdissement des liens sociaux et institutionnels entrave production et échange. La structure des corporations empêche toute augmentation de production. La société devient de plus en plus une société rurale, les difficultés rencontrées par les villes impliquant un renforcement de leur contrôle sur les campagnes. Les contrastes entre régions s’accentuent : culture extensive des céréales et élevage ou agriculture intensive. La commercialisation croissante des denrées agricoles fait que le profit devient le but recherché au détriment de l’autosuffisance. Le maïs devient la nourriture de base des populations agricoles ("polenta") et permet d’éviter les famines, de commercialiser davantage de froment, malgré la pellagre que sa consommation excessive entraîne souvent. Le riz progresse en Piémont et dans le Milanais. La plaine du Pô connaît une modernisation relative de l’agriculture : spécialisation, irrigation, fourrages artificiels, assolement (maïs). La Toscane, l’Ombrie, les Marches, les pentes du Vésuve connaissent des évolutions similaires. Mais de manière générale, l’Italie rurale présente des caractères d’arriération amorcés au (extension des marécages, des friches et des maquis, décadence de l’irrigation), conséquence du processus de « reféodalisation », impliquant la culture extensive des céréales et l’élevage nomade (Apennins, Maremmes, campagne romaine, Sicile, Naples). Au début du siècle, par le biais des donations, plus d’un tiers de la propriété italienne est soumis à la mainmorte ecclésiastique, aux mains d’administrateurs routiniers qui ne vendent que rarement les terres sans pour autant y apporter grand soin. Art et culture. Peinture. Principaux représentants : Sculpture. Principaux sculpteurs : Personnages significatifs. Écrivains. Voir : Philosophes. Voir : Philosophes du Musiciens. Voir aussi : Peintres et sculpteurs. Voir : Inventions, découvertes, introductions. Voir : Astronomie. Les preuves en faveur du système héliocentrique de Copernic sont enfin apportées. Chimie. Découverte en 1775 de la combustion par l'oxygène par Lavoisier. Selon le philosophe des sciences Thomas Samuel Kuhn, cette découverte constitue une révolution scientifique majeure. Elle marque la naissance de la chimie moderne. Encyclopédies. T = volume de texte (suivi de son n° d'ordre) P = volume de planches (suivi de son n° d'ordre) |
XIVe siècle Le commence le et finit le . Événements. Europe. Le siècle est marqué par le début du petit âge glaciaire, à partir de l’hiver 1303 et des suivants, caractérisé par une avancée des glaciers européens, des températures hivernales très froides, non constantes mais fréquentes, des étés souvent humides et frais. Une période très humide provoque des famines en Europe dans les années 1315-1316 ; la peste noire de 1347-1350 réduit du tiers la population européenne ; enfin la guerre de Cent Ans ravage la France et est accompagnée de famines. Cet ensemble d'événements constitue la crise de la fin du Moyen Âge. Personnages significatifs. Voir : Philosophes et théologiens du |
XIIe siècle Le ' (ou ') commence le et finit le . Le est, en Occident, un siècle de Renaissance, provoquée notamment par les traductions latines d'œuvres scientifiques et philosophiques grecques et arabo-musulmanes, et un contexte de réforme religieuse. |
XIXe siècle Le ' (ou ') commence le et finit le . Il s'étend entre les jours juliens et . Événements. Pour l'Europe, les historiens font généralement commencer le en 1815 (fin de l'Empire Napoléonien et Congrès de Vienne) et le font terminer en 1914 (début de la Première Guerre mondiale). L'historien britannique Eric Hobsbawn a créé la notion de allant de 1789 à 1914. Trois grandes tendances ont marqué ce siècle : Ce siècle a connu une explosion démographique ; on parle de révolution démographique. Europe. On peut dire que le est le siècle de l'Europe. À partir des guerres des époques napoléoniennes (1799-1815), l'Europe connut de nombreuses autres guerres qui dessinèrent sa nouvelle carte géopolitique. Parmi les phénomènes les plus importants de ce siècle figurent : C'est aussi pour l'Europe, le siècle des révolutions industrielles, qui vont bouleverser le paysage européen et apporter d'immenses richesses, mais aussi casser les anciennes structures sociales. Enfin, pour l'Europe, c'est le siècle où ses élites intellectuelles vont la transformer, en un immense chaudron, dans lequel vont bouillonner toutes les idées et tous les arts. Ses savants, ses artistes, ses intellectuels, vont porter la recherche technologique, la recherche scientifique, la recherche artistique, la recherche des idées, à un niveau jamais atteint auparavant. Asie. Comme pour l'Afrique, le est le siècle de la colonisation européenne, mais à la différence près que les anciennes structures géopolitiques vont dans la grande majorité des cas résister et subsister. Les colonisateurs européens vont en général préférer les conserver et tenter, tout en les contrôlant, de s'en faire des alliés. Amérique. États-Unis. Malgré une construction laborieuse, et à partir des 13 petits États de la côte Est, les États-Unis vont peu à peu apparaître sur la scène internationale. C'est à cette époque qu'a lieu la célèbre conquête de l'Ouest qui se déroulera dans l'Ouest américain au . Cette époque de l'histoire américaine est aussi appelée le Far West. Cette période va être marquée par : Les États-Unis aborderont le complètement transfigurés, par rapport à ce qu'ils étaient en 1800. Ils ne sont certes pas encore, et de loin, le plus puissant des pays, mais c'est celui qui a le potentiel de développement le plus élevé. À la suite de la guerre américano-mexicaine de 1848, les États-Unis acquièrent les futurs États de l'Utah, de l'Arizona, du Nevada, du Nouveau-Mexique, du Texas, de la Californie et du Colorado, territoires auparavant mexicains. Amérique du Nord britannique. Le est aussi un siècle de colonisation et d'expansion territoriale pour l'Amérique du Nord britannique. La guerre anglo-américaine de 1812 permettra d'établir la frontière entre les États-Unis et ce qui deviendra le Canada au parallèle. C’est aussi lors de ce siècle que la démographie canadienne sera complètement transformée par l'apport de l'immigration. Il y aura une hausse démographique importante qui va inverser la précédente majorité Canadienne Française. Les colonies du Haut et du Bas-Canada seront aussi secouées par des révoltes en 1837-1838. Les colons vont réclamer de Londres des modifications à l'Acte constitutionnel de 1791. Ces révoltes vont être plus importantes au Bas-Canada et vont être appelées la Rébellion des Patriotes. Le Canada avant 1867 s'insère dans la politique étrangère britannique, de sorte qu'on le voie très peu sur la scène internationale hormis pour le commerce. Aura lieu aussi en Amérique du Nord britannique le regroupement de plusieurs colonies au sein du Dominion du Canada, constitué en tant qu'État fédéral le . Peu de temps après la confédération, les projets d'expansion canadien vont causer des désordres dans l'ouest avec la Rébellion de la rivière Rouge au Manitoba. Le va être un siècle fondateur et structurant pour le Canada. Amérique latine. Avec l'affaiblissement et le retrait de l'Espagne et du Portugal de la scène européenne en tant que nations majeures, les liens tri-centenaires qu'elles avaient avec leurs colonies américaines, aussi se cassent les uns après les autres, et de nombreux nouveaux pays vont faire leur apparition sur la scène internationale, tout au long de ce . En outre, Haïti accède à l'indépendance en 1804. Personnages significatifs. Écrivains. Voir aussi : Peintres. Voir aussi : Compositeurs. Voir aussi : Philosophes. Voir : Philosophes du Art et culture. Photographie. Invention de la photographie par Nicéphore Niépce et Louis Daguerre. Première image photographique réalisée par Niépce en 1827. Diffusion du procédé photographique en France par François Arago, associé à Daguerre, en 1833. En Angleterre William Henry Fox Talbot invente le négatif, permettant la reproduction des images. Inventions, découvertes, introductions. Voir : Techniques (hors information). Les applications de l'électricité se traduisirent par de nombreux développements techniques : Également : Technologies de diffusion d'information. Voir : Télécommunications au |
XXIe siècle Le ', également orthographié ', a officiellement commencé le et se terminera le . Il s'étend entre les jours juliens et . Personnalités significatives. Années 2000. Personnalités politiques Personnalités artistiques, industriels et autres Années 2010. Personnalités politiques Personnalités artistiques et autres Années 2020. Personnalités politiques Personnalités artistiques et autres |
XOR (homonymie) |
XDSL |
XVIe siècle Le ' (ou ') commence le (du calendrier julien) et finit le (du calendrier grégorien). Il s'étend entre les jours juliens et . Historiquement, on considère souvent qu'il commence le avec la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. Pour la France, on considère qu'il commence avec l'avènement du roi François en 1515 et qu'il se termine avec l'assassinat du roi Henri IV en 1610. Certains historiens comme Bernard Quilliet, reprenant Emmanuel Le Roy Ladurie, nomment la période s'étendant de 1490 à 1560 « le beau ». Il a la particularité d'être le siècle le plus court de l'histoire, du fait de l'ajustement grégorien, qui fait sauter onze jours dans la nuit du 4 au . Ce siècle est marqué par un renouveau intellectuel et artistique en Europe, à la suite de l'extension au reste de l'Europe de la Renaissance, née en Italie et par les grandes découvertes. Sur le plan religieux, la Réforme protestante conteste l'autorité des papes, et le concile de Trente (1545-1563) précise certains points de doctrine (péché originel...). Personnages significatifs. Écrivains. Voir aussi Philosophes et humanistes. Voir : Philosophes du Peintres. Voir aussi Musiciens. Voir aussi : |
XIIIe siècle Le ' (ou ') commence le et finit le . Personnages significatifs. Voir : Philosophes et théologiens du. |
XVIIe siècle Le ' (ou ') commence le et finit le . Il s'étend entre les jours juliens et . En France, les historiens font commencer le avec l'assassinat du roi Henri IV en 1610 et le font terminer avec la mort de Louis XIV en 1715. Le est marqué par la naissance de la science moderne avec Galilée, par la guerre de Trente Ans, et par la poursuite de la colonisation européenne des Amériques. Personnages significatifs. Écrivains et Dramaturges. Voir : Linguistes. Grammairiens : Peintres. Voir aussi : Musiciens. Voir aussi : Inventions, découvertes, introductions. Voir : Arts et culture. Architecture. La dichotomie entre de ces deux termes demeure floue et est de plus en plus réfutée par les historiens de l'architecture. Peinture. Représentants : |
Extensible Stylesheet Language Transformations XSLT (), défini au sein de la recommandation XSL du W3C, est un langage de transformation XML de type fonctionnel. Il permet notamment de transformer un document XML dans un autre format, tel PDF ou encore HTML pour être affiché comme une page web. Description. L'objectif principal est la transformation d'un document XML vers un autre schema ou format (XHTML, XSL-FO, HTML, etc.). Cependant, le langage XSLT permet aussi les transformations vers tout autre type de document, au format texte ou dans un format binaire (bien que ceci ne soit pas nativement prévu par la recommandation XSLT). Étant donné deux entrées, un document XML à transformer et un document XSLT, un analyseur XSLT ("XSLT processor") produit un fichier de sortie au format désiré. XSLT s'appuie sur XPath (une autre partie de la recommandation XSL) pour désigner une partie d'un arbre XML. En pratique, le langage XSLT est lui-même exprimé sous forme de document XML : <?xml version="1.0" ?> <xsl:stylesheet xmlns:xsl="http://www.w3.org/1999/XSL/Transform" version="2.0"> <xsl:output method="xml" indent="yes"/> <xsl:template match="person"> <name username="{@username}"> <xsl:value-of select="name" /> </name> </xsl:template> </xsl:stylesheet> L'une de ses principales particularités est d'être centré sur les données. Un XSLT doit s'appuyer sur un XML, c'est un couple obligatoire, et on ne peut créer en XSLT que des boucles parcourant des données sélectionnées par XPath. |
Extensible stylesheet language XSL ("eXtensible Stylesheet Language") est le langage de description de feuilles de style du W3C associé à XML. Une feuille de style XSL est un fichier qui décrit comment doivent être transformés les documents XML basés sur une même DTD ou un même schéma. La spécification est divisée en trois parties : |
Xerox Xerox est une entreprise américaine, basée dans le Connecticut, principalement reconnue comme étant l’inventeur du photocopieur "xérographique" (sur papier ordinaire) et le premier fabricant d'imprimantes. Son laboratoire, le PARC (acronyme de Palo Alto Research Center), inventa l'Interface graphique (interface à fenêtres). Histoire. Au. Les photocopieurs, puis l'informatique. C’est à la fin des années 1940 qu’une petite manufacture de produits photographiques de Rochester (New York) du nom de Haloid décide d’exploiter l’invention faite 10 ans plus tôt par Chester Carlson, la xérographie. La conception du premier photocopieur, le XeroX Model A, et le succès des modèles suivants amènent la compagnie à changer son nom en 1958 pour Haloid Xerox, puis le , devenant simplement Xerox. Le dernier X de Xerox fut ajouté à l’origine pour donner au nom un aspect similaire à celui d’une autre entreprise célèbre de Rochester, Kodak. L’essor de Xerox provient principalement de son exploitation du brevet de "reproduction xérographique", permettant la photocopie de documents sur papier ordinaire. Ce brevet lui donnant une exploitation exclusive du procédé pendant vingt ans, Xerox a pour cette raison toujours consacré une large place à la diversification et à l’innovation, bien que ne sachant pas toujours comment rentabiliser ses acquisitions, ni retenir leurs meilleurs éléments, ni commercialiser ses inventions. En 1972, au centre de recherche Xerox à Palo Alto - le Xerox PARC - Alan Kay et l'équipe d'Adele Goldberg inventent en effet : Ces idées seront exploitées dans des machines expérimentales comme l’"Alto", plus tard commerciales comme le "Star". Mais ces machines révolutionnaires sont à la fois trop chères et trop lentes avec les technologies et les coûts de l’époque (voir loi de Moore). Xerox et Apple. En a lieu la visite d'une équipe Apple autour de Jobs au PARC. Des trois techniques présentées (qui ne sont pas encore des technologies), Jobs avouera trente ans plus tard en avoir négligé deux, fasciné qu'il était par la seule interface graphique. La possibilité de manipuler visuellement les informations contenues dans un ordinateur est encore très nouvelle à l'époque. Pour Jobs, c'est la révélation, il vient de trouver la pièce manquante : le système d'exploitation doit être masqué pour l'utilisateur, via une interface graphique. Il retourne au PARC le mois suivant, cette fois-ci accompagné de plusieurs membres de l'équipe de direction, et convainc les responsables du Parc de laisser Apple utiliser la technologie. « il leur a expliqué directement qu'ils avaient une technologie géniale, mais que Apple saurait la rendre suffisamment abordable pour changer le monde », expliqua Steve Wozniak (cofondateur d'Apple). Il n'y aura pourtant pas de partenariat : Apple se contentera d'implémenter ces idées de son côté, puis plus tard de recruter quelques-uns des chercheurs du PARC. Les idées du PARC essaimèrent alors dans ce qu'on a nommé l'informatique alternative (Apple, GEM, Atari, Amiga..., mais aussi le "Modula Computer" de Niklaus Wirth) et furent chez Xerox à l'origine de stations de PAO. Jobs a convaincu les responsables de Xerox, qui ne prenaient pas les recherches du PARC très au sérieux, de laisser Apple développer ce que la direction considérait comme un simple gadget. Un accord est d'ailleurs signé et Xerox investit un million de dollars en actions Apple. En revanche, alors que Xerox se soucie peu de défendre ses droits, Apple sera impitoyable sur tout ce qui ressemble trop à l'interface "Apple". En 1990 la société Xerox intente un procès à Apple pour violation du Copyright, Xerox affirmant que certains éléments du Macintosh, dont l'interface graphique, auraient été copiés sans accord préalable. En 1993, Xerox installe son centre de recherche européen dans l'Inovallée, près de Grenoble (le centre de recherche a été revendu en 2017 au coréen Naver). Rank Xerox. Créée en 1956 comme une coentreprise avec la société cinématographique The Rank Organisation, Rank Xerox était le nom de la filiale européenne de Xerox, étendue par la suite à l'Asie et l'Afrique. Le nom de Rank Xerox n'est plus utilisé depuis 1997, suite du rachat par Xerox des 20 % de parts détenus par Rank dans la coentreprise. Années 2000. Nommée Présidente-directrice générale de Xerox en , Anne Mulcahy exercera ses fonctions jusqu'en . En juin 2002, l’entreprise a dû reconnaître avoir manipulé les chiffres de sa comptabilité. La manipulation concernerait 1,9 milliard de dollars, et se serait surtout pratiquée en Amérique latine. La presse compare cet épisode dans la vie de Xerox avec ceux des sociétés Enron, qui a fait faillite après des manipulations comptables entraînant le cabinet d’audit Arthur Andersen, et WorldCom. En 2009, Xerox annonce l'acquisition pour 5,5 milliards de dollars d'Affiliated Computer Services (ACS), une entreprise américaine spécialisée dans les services informatiques et l'externalisation. Années 2010. Le , Xerox achète une entreprise nommée Impika, de cette fusion naquit « Xerox Impika », l’entreprise est située à Aubagne, elle est la créatrice de deux des imprimantes de Xerox connues sous le nom de la « Trivor 2400 » et de la « Rialto 900 » En , Atos acquiert pour 1,05 milliard de dollars, soit 840 millions d'euros, une partie de l'activité d'externalisation informatique de Xerox, acquise via l'achat de ACS, cette activité regroupant près de 10 000 employés. En , Xerox annonce sa future scission entre deux entités, l'une dédiée aux services, appelée Conduent et l'autre au matériel, qui garde la marque Xerox. Cette scission est effectuée en , Xerox n'a alors plus qu'environ 40 000 employés, contre plus de 90 000 pour Conduent. Le , Xerox a adressé à ses clients et fournisseurs français un courrier leur demandant de ne pas faire d’affaire avec l’Iran s’ils voulaient garder de bonnes relations avec Xerox. En , Fujifilm annonce l'acquisition d'une participation de 50,1 % dans Xerox pour un montant de 6,1 milliards de dollars, via leur coentreprise Fuji Xerox que Fujifilm détient à 75 %. Fuji Xerox gardera son nom, en intégrant Xerox. Dans le même temps, Fujifilm annonce la suppression de dans Fuji Xerox. En , Xerox annonce l'annulation de l'opération avec Fujifilm. En , Xerox annonce la vente de sa participation de 25 % dans sa coentreprise avec Fujifilm à ce dernier, pour 2,3 milliards de dollars. En parallèle, Xerox annonce une offre d'acquisition de 33 milliards de dollars sur HP, une entreprise d'une taille bien plus grande qu'elle-même. Le même mois, HP rejette cette offre d'acquisition. |
Extensible Markup Language L, généralement appelé XML, « langage de balisage extensible » en français, est un métalangage informatique de balisage générique qui est un sous-ensemble du Standard Generalized Markup Language (SGML). Sa syntaxe est dite « extensible » car elle permet de définir différents langages avec pour chacun son vocabulaire et sa grammaire, comme XHTML, XSLT, RSS, SVG… Elle est reconnaissable par son usage des chevrons (codice_1, codice_2) encadrant les noms des balises. L'objectif initial de XML est de faciliter l'échange automatisé de contenus complexes (arbres, texte enrichi, etc.) entre systèmes d'informations hétérogènes (interopérabilité). Avec ses outils et langages associés, une application XML respecte généralement certains principes : Historique. Dan Connolly ajoute le à la liste des activités du lorsqu'il s'y joint en 1995. Les travaux débutent à la mi-1996 lorsque l'ingénieur de Sun Microsystems élabore une charte et recrute des collaborateurs. Bosak se fait connaître dans la petite communauté de personnes ayant de l'expérience à la fois dans le SGML et dans le Web. XML est compilé par un groupe de travail de onze membres, soutenu par environ 150 membres de divers groupes d'intérêt. Le débat technique a eu lieu sur la liste de diffusion commune et les questions ont été résolues par consensus ou, lorsque cela a échoué, à la majorité des voix du groupe de travail. Les corédacteurs du cahier des charges étaient à l'origine , qui a notamment conduit l'informatisation du , et , de l'Université de l'Illinois, qui était éditeur en chef de la DTD TEI ; accompagnés ensuite de Jean Paoli, de Microsoft, comme troisième coéditeur. James Clark servit comme responsable technique du groupe de travail, notamment en contribuant à l'élément vide « <empty/> » et au nom « XML ». Tim Bray, dans son « la spécification XML annotée », explique plus longuement le contexte qui a rendu possible ce standard. Plusieurs autres noms furent envisagés avant XML, ils faisaient référence à une version allégée du SGML : MGML ("Minimal Generalized Markup Language"), SLIM ("Structured Language for Internet Markup") et MAGMA ("Minimal Architecture for Generalized Markup Applications"). Un compte rendu des décisions de conception et de leurs justifications ont été compilées par Michael Sperberg-McQueen, le 4 décembre 1997. Le groupe de travail XML ne s'est jamais rencontré face-à-face, la conception a été réalisée via des courriers électroniques et des téléconférences hebdomadaires. Les principales décisions de conception ont été prises en une vingtaine de semaines de travail intense entre juillet et novembre 1996, lorsque le premier travail de spécification XML a été publié. D'autres travaux de conception sont poursuivis jusqu'en 1997, puis le XML 1.0 est devenu une recommandation W3C le . XML et SGML. L'objectif d'XML est expliqué dès le début de la spécification du avec une phrase toujours d'actualité : « Son but est de permettre au SGML générique d'être transmis, reçu et traité sur le Web de la même manière que l'est HTML aujourd'hui ». SGML est un langage de balisage, employé dans les industries de la documentation et de l'édition. En adoptant cette syntaxe pour HTML, Tim Berners-Lee confrontait une technologie complexe à de plus en plus d'utilisateurs. L'objectif d'XML était de définir un langage aussi générique, mais plus simple que SGML. De fait, XML est un sous-ensemble de SGML. À la lumière des années passées, cette spécification a rempli l'objectif qu'elle se fixait, XML a été largement suivi et favorise l'interopérabilité. La disponibilité d'une syntaxe standard et d'outils de manipulation réduit significativement le coût du cycle de développement, permettant à des logiciels de modifier et de valider, sans connaissances préalables, des documents écrits dans ces langages. En effet, avant l'avènement du populaire langage généraliste de description de données qu'est XML, les concepteurs de logiciels avaient pour habitude de définir leurs propres formats de fichiers ou leurs propres langages pour partager les données entre programmes (à l'exception de quelques standards professionnels tels qu'EDIFACT), ce qui exigeait de concevoir et de programmer chaque fois des analyseurs syntaxiques spécialisés. XML a permis d'effectuer ces tâches avec des outils standards. Plusieurs décisions ont contribué au succès du XML. Adoption de l'Unicode. La norme XML stipule que tous les outils de traitement du XML doivent accepter les codages des caractères UTF-8 et UTF-16 de ISO 10646, c'est-à-dire Unicode. Cela donne une base commune permettant de représenter pratiquement toutes les langues du monde. SGML ne fournissait pas une telle base, rendant plus probable des problèmes de conversion de codage des caractères. Grammaire plus simple. SGML est orienté pour la saisie humaine de texte structuré et autorise beaucoup de raccourcis. Ainsi, les versions de HTML fondées sur SGML permettent d'omettre certaines balises de fermeture, de raccourcir des attributs et de mélanger minuscules et majuscules. <!-- Exemple d'HTML 4, application de SGML, avec attribut minimisé, balises en minuscules et majuscules, balises fermantes optionnelles. --> <UL compact> <LI>Item 1 <li>Item<br>2</Li> </ul> Ces possibilités compliquent le traitement automatique et sont interdites pour les applications de XML. <!-- Exemple d'XHTML, application de XML. --> <ul compact="compact"> <li>Item 1</li> <li>Item<br/>2</li> </ul> Espace de noms. SGML insiste surtout sur la validation, sur la conformité à un modèle contraignant. XML prévoit un usage plus souple de l'information structurée. Il spécifie un moyen de faire cohabiter plusieurs vocabulaires de balises dans un même document grâce à la définition d'espaces de noms. <?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?> <xsl:transform version="1.0" xmlns:xsl="http://www.w3.org/1999/XSL/Transform" xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" xmlns:tei="http://www.tei-c.org/ns/1.0" <!-- Transformation XSLT (instructions XML avec le préfixe “xsl:”) qui prend en entrée du TEI (noms avec préfixe “tei:”) et donne en sortie du HTML (noms sans préfixe). --> <xsl:template match="tei:abbr"> <abbr> <xsl:apply-templates/> </abbr> </xsl:template> </xsl:transform> Bilan. XML a été largement adopté en informatique dès sa normalisation en 1998. Par la suite, des formats de données moins verbeux comme YAML et JSON ont commencé à le concurrencer sérieusement. Paradoxalement, XML n'a pas réussi à remplacer SGML pour la grammaire de HTML. Les premières versions de HTML (2, 3.2 et 4) sont formellement des applications de SGML. À la suite de l'apparition de XML, HTML 4 a été reformulé en application de XML sous le nom de XHTML 1.0. Mais bien que XHTML ait été dans un premier temps largement adopté par les concepteurs de pages Web, il a ensuite perdu du terrain face à HTML5, qui n'est pas une application de XML ni de SGML. En fait, en application du principe de robustesse, les navigateurs Web ont toujours interprété le HTML avec des algorithmes maison sans tenir compte de SGML ni de XML. Et HTML5 a entériné cet état de fait. Versions. La version 1.0 d'XML a été publiée le . La version 1.1 d'XML a été publiée le . Elle apporte des améliorations dans le support des différentes versions d'Unicode, permet l'usage de caractères de contrôle dans le texte (à l'exception du caractère 0), et organise les fins de ligne de façon compatible avec les technologies IBM. Le W3C recommande aux interpréteurs XML de reconnaître les deux versions, bien que la première version soit beaucoup plus répandue que la seconde. Comparaison avec d'autres formats. XML est doté d'une syntaxe générique et extensible qui lui permet de structurer une grande variété de contenus, car son « langage » (vocabulaire et grammaire) peut être redéfini. Si le début de cet article était écrit en XML, il pourrait ressembler à ceci. <article xmlns="http://docbook.org/ns/docbook"> <title>Extensible Markup Language</title> <para> <acronym>XML</acronym> (Extensible Markup Language, « langage de balisage extensible »)… </para> </article> Dans ce code, chacun peut identifier des portions de texte (exemple : Extensible, XML…) et des mots clés encadrés de chevrons (codice_1, codice_2) : codice_5, codice_6, codice_7… Ces mots sont définis dans l'espace de noms Docbook. Le document est ouvert par le mot-clé codice_5 et clos par codice_9. Notez la barre oblique, qui caractérise les balises de fermeture. En XML, une balise doit toujours être "fermée". À l'intérieur de cet article, il y a un titre codice_6, un paragraphe codice_7 et un acronyme codice_12. Ce qui est spécifique à XML, c'est le choix des chevrons pour identifier les balises et l'obligation de les fermer. Les mots clés ne sont pas définis par la norme XML mais par le vocabulaire choisi. En XHTML, l'élément racine aurait été codice_13 ; en XSLT, cela peut être codice_14 ou codice_15. Ceci illustre la nature extensible d'XML. Ce n'est pas un jeu de noms réservés (exemple : …), mais plutôt des caractères réservés permettant de définir un « langage ». Cet exemple illustre une autre spécificité de ce format. À part SGML, peu d'autres syntaxes permettent de séparer la définition sémantique de l'information (qu'est-ce qui est titre, lien, section…), de l'apparence qu'on souhaite lui donner (aujourd'hui un titre est souligné, demain on le voudra peut-être en bleu). Cela fait d'XML un excellent format pour conserver des textes ou des données, comme la comparaison ci-après à d'autres formats le montre. Formats binaires. Les logiciels, surtout pour le grand public, aboutissent généralement à des fichiers. L'interopérabilité et la pérennité de ces fichiers est une préoccupation qui passe souvent après la performance. Par exemple, le format historique d'enregistrement du traitement de texte Microsoft Word (*.doc) n'est pas lisible par l'humain, le texte est difficile à extraire, le lien avec sa structuration (gras, italique…) est difficile à reconstruire. Théoriquement, seul le logiciel qui le produit est capable de le lire. ÐÏ à¡± á > þÿ ! # þÿÿÿ ÿÿ% ð ¿ a bjbj%ç%ç Extensible Markup Language XML (Extensible Markup Language, « langage de balisage extensible ») i 8 @ñÿ 8 N o r m a l CJ _H aJ mH sH tH N @ N T i t r e 1 ÿ [beaucoup d'informations binaires supprimées] ÿ ÿÿÿÿ À F Document Microsoft Word MSWordDoc Word.Document.8 ô9²q RTF. Afin de favoriser l'échange avec d'autres traitements de texte, Microsoft a proposé le format RTF ( « format texte riche ») en 1987. Ce n'est pas un format binaire, les commandes sont inscrites en texte lisible, mais elles ne sont pas destinées à être écrites par un humain. {\rtf {\f2\fs36\b Extensible Markup Language}\par {\b XML} (Extensible Markup Language, « langage de balisage extensible »)... \par On retrouve le besoin d'encadrer du contenu avec un marqueur (ici les accolades {}), d'attacher des propriétés à ces groupes. Ainsi, {\b XML} indique que les lettres XML sont en gras, "bold" : \b. Pour le titre, humains comme logiciels ne peuvent pas l'identifier par "\f2\fs36\b", ce code indique en fait l'apparence du paragraphe (gras, gros…). Ce format a montré qu'il pouvait fonctionner dans des logiciels, mais sa complexité croissante a montré ses limites. Il est difficilement extensible et inutilisable pour structurer la sémantique d'un texte. TeX. TeX reste le standard de l'édition scientifique de qualité, en particulier pour la mise en forme des équations complexes. Toutefois, cela reste un langage de programmation destiné à la mise en forme, davantage conçu pour l'apparence des documents que pour stocker ou transférer des données. \maketitle Éléments et attributs. La structuration XML repose sur un modèle d'arbre permettant beaucoup plus de finesse de balisage que toutes les syntaxes plus haut, en particulier les "attributs". Les liens (X)HTML en sont certainement l'exemple le plus déployé. <-- Un lien lien en xhtml - -> <a href="http://www.w3.org/" title="World Wide Web Consortium">W3C</a> Une portion de texte, "W3C", est ici muni de deux informations plus longues : Si le balisage devait être encore plus précis, les milieux académiques ont élaboré un vocabulaire très raffiné pour encoder les textes, TEI. <-- "exemples d'attributs XML, en TEI "- -> <p>... est une spécification du <orgName key="org0405" type="fondation" reg="World Wide Web Consortium">W3C</orgName> ... </p> L'élément <orgName> balise le nom d'une organisation. De plus, il porte les attributs : Pour un système d'informations souhaitant maintenir cette rigueur, XML est irremplaçable. Non seulement il structure un contenu, mais il permet de lui ajouter des informations supplémentaires. Cette première approche par l'exemple permet d'illustrer l'aspect extensible d'XML, la séparation du contenu et de la présentation. Ont aussi été introduites les notions de texte, éléments et attributs qui sont détaillées plus bas. Composants et syntaxe. XML se présente en général comme un texte, séparant deux niveaux : du texte à destination des humains et des balises à destination des machines. La structuration de ce texte par les balises produit un modèle informatique. D'un point de vue formel, un document XML est un arbre, articulant différents types de nœuds (texte, éléments, attributs, commentaires…). Il n'est pas indispensable de pénétrer le détail théorique de cette structure arborescente pour écrire du XML bien formé. Toutefois, il est intéressant d'en comprendre le principe général, car c'est ce modèle qui explique les erreurs de syntaxe. Cette section présentera les différents composants du modèle XML, en insistant sur les contraintes imposées par leur définition et en présentant différents types d'erreurs (malformations) qui produisent un document mal formé. Un document mal formé n'est plus du XML. Il casse toute la chaîne de traitement. Cette absence de rattrapage des erreurs peut parfois surprendre et décourager les débutants, mais c'est cette rigueur qui assure la qualité du format XML (notamment comparé au SGML). Heureusement, comme pour tout autre langage informatique, des logiciels d'édition assistent les utilisateurs pour éviter ces erreurs. <?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?> <?xml-stylesheet href="transformation.xsl" type="text/xsl"?> <?mode ecran?> <?instruction pour le traitement?> <!-- Commentaire --> <ex:collection xml:lang="fr" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" xmlns:ex="http://exemple.org" <élément>Texte</élément> <dc:title>Astérix le Gaulois</dc:title> <ex:livre attribut="valeur" type="BD"> <dc:title>Astérix chez les Belges</dc:title> <!-- élément répété --> <dc:creator>René Goscinny</dc:creator> <dc:creator>Albert Uderzo</dc:creator> <dc:description> <b>Astérix chez les Belges</b> est un album de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bande_dessinée">bande dessinée</a> de la série Astérix le Gaulois créée par René Goscinny et Albert Uderzo. <br /><!-- élément vide --> Cet album publié en 1979 est le dernier de la série écrite par René Goscinny. </dc:description> </ex:livre> </ex:collection> Nœud document. Un document XML a toujours une et une seule racine, le "nœud document". Dans la syntaxe d'exploration d'un arbre XML, XPath, le nœud document est abrégé avec la barre oblique codice_16, comme la racine de l'arborescence d'un système de fichiers Unix. La racine peut éventuellement comporter des enfants de type commentaire ou instruction de traitement, elle doit obligatoirement comporter un et un seul élément. <?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?> <item>Premier élément racine</item> <item>Deuxième élément racine = malformation</item> Nœud élément. Un "nœud élément" est désigné par un nom qualifié au sein d'un espace de noms (). Ce nom ne peut pas contenir codice_17 ou un espace et ne peut pas commencer par codice_18 ou un chiffre. Un élément peut contenir des attributs et la plupart des autres nœuds : texte, éléments, etc. (à l'exception du nœud document). Des éléments peuvent être imbriqués, mais pas entrecroisés. Cette définition formelle est à l'origine des particularités de XML comparé à d'autres formats : Balise. Une "balise" est un nom commode pour désigner les constructions entre deux chevrons (codice_1, codice_2) dans un fichier XML. On distinguera les balises ouvrantes codice_41, les balises fermantes codice_42 (sans attributs et commençant par une barre oblique) et les balises vides codice_43 (avec attributs possibles et terminant par une barre oblique). Il ne faut pas confondre les balises avec les éléments. Ces notations permettent de délimiter des éléments (ainsi que leurs attributs), mais les balises ne sont pas des nœuds dans le modèle abstrait du document. Nœud texte. Un "nœud texte" n'a pas d'enfants, il est toujours contenu dans un élément. Ainsi, dans le cas de texte mêlé (exemple : codice_44), ce n'est pas le texte qui contient le gras, mais plutôt l'élément parent codice_45 qui contient plusieurs enfants : un nœud texte, un nœud élément codice_26 et un nœud texte (exemple : codice_47, codice_48). Attributs. Un "attribut" est un nom et une valeur. Un nom d'attribut a les mêmes contraintes et possibilités de qualification qu'un nom d'élément. La valeur est un texte sans élément (ou autres nœuds). Un attribut est toujours porté par un élément (balise ouvrante). La valeur peut être vide codice_64, mais pas nulle codice_65 (cette écriture était permise en SGML, on la rencontre encore parfois en HTML, mais elle n'est pas acceptée en XML). Un attribut est unique. La répétition d'un attribut de même nom sur le même élément provoquera une erreur de l'interpréteur XML. L'ordre des attributs n'est pas significatif et peut ne pas être conservé dans certains traitements. codice_66 et codice_67 sont équivalents pour un interpréteur XML, même s'ils sont écrits différemment. Commentaires. En XML, les commentaires sont délimités par codice_74 et codice_75. Le contenu d'un commentaire ne sera pas interprété. codice_76. Prologue. En XML, le "prologue" est constitué de la déclaration XML codice_78, et de la déclaration de type de document (DOCTYPE). La déclaration XML est obligatoire à partir de la version 1.1. La déclaration DOCTYPE avait une grande importance en SGML. Elle attache le document traité par un interpréteur à son schéma (DTD, , « Définition de type de document ») afin de le valider et d'interpréter certains raccourcis (les entités). Désormais, il existe plusieurs langages de validation, et parfois plusieurs manières de les attacher. La déclaration DOCTYPE n'a plus la même importance. Instruction de traitement. Une "instruction de traitement" est une possibilité un peu moins employée en XML que du temps de SGML. C'est une balise particulière qui s'ouvre par un chevron ouvrant et un point d'interrogation, et qui se ferme avec un point d'interrogation et un chevron fermant codice_79. Les lettres accolées au chevron ouvrant forment la clé jusqu'au premier espace. La suite peut contenir des espaces, de la ponctuation et forme la valeur. Cette valeur n'a pas de syntaxe imposée par XML, ce sont les applications qui les interprètent pour leur besoin. Le W3C a cependant standardisé l'usage des instructions de traitement pour associer une feuille de style à un document XML, mais d'autres usages sont possibles. Elles peuvent être insérées à tout endroit entre les balises (mais pas dans une valeur d'attribut, ni entre chevrons au milieu d'une balise). Elles peuvent communiquer des instructions à destination des machines qui vont utiliser ce XML, sans que ce contenu soit considéré comme de l'information structurée par les balises. Ainsi par exemple, les instructions de traitements ne seront pas affichées par un navigateur, par contre, elles vont modifier leur comportement dans le traitement (et l'affichage) de cette information XML. Un éditeur XML peut aussi employer ce moyen pour associer un fichier XML à son schéma. <?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?> <?xml-stylesheet href="tei2html.xsl" type="text/xsl"?> <?xml-model href="tei.rng" type="application/xml" schematypens="http://relaxng.org/ns/structure/1.0"? <?erreur?> <TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"> </TEI> Sections d'échappement. Une "section d'échappement" codice_80 permet de contenir n'importe quel texte, avec tous les caractères spéciaux XML codice_81, sans qu'il soit nécessaire d'échapper ces caractères avec des entités. Elles sont souvent utilisées dans des documents qui contiennent des syntaxes informatiques avec de nombreux chevrons et esperluettes (ex : JavaScript). Ces sections d'échappement permettent de garder le texte original, en gardant conforme le flux XML. <script><![CDATA[ if (chars > 140 && mode == tweet) { div.innerHTML = '<b>Attention !</b>, le caractère est dépassé !'; ]]></script> Document bien formé et valide. Un document bien formé respecte les contraintes formelles définies ci-dessus, il n'a pas de malformations. À ce stade, XML n'est pas un langage, car il n'a pas de vocabulaire et très peu de grammaire, ce serait plutôt une ponctuation, ou mieux, un métalangage. Les spécifications ci-dessus n'interdisent pas de constituer des structures absurdes et inutilisables par des applications. <phrase titre-livre="XML idiot"> <paragraphe> <chapitre> <toto> <livre> <titi>Informatique sans bon sens n’est que ruine de l'âme et perte de temps.</titi> </livre> </toto> </chapitre> </paragraphe> </phrase> En général, les balises XML ne sont pas inventées librement, mais selon les prescriptions d'un schéma dans une syntaxe informatique (DTD, Relax-NG, Schematron…) qui définit le dictionnaire des noms d'éléments et d'attributs, ainsi que la grammaire de leurs articulations. Lorsqu'un document XML déclare suivre un schéma et être en accord avec celui-ci, il est dit "valide". On dit aussi « valider contre un schéma ». « Rendre valide » signifie la correction des erreurs dans un document XML qu'un schéma a repéré. C'est l'objet de la section suivante de montrer la quantité de langages pouvant employer la ponctuation XML, selon des schémas différents. Utilisations et langages dérivés. SGML était une syntaxe générique, permettant de définir des langages spécialisés (ex : HTML), mais il était surtout destiné au balisage de documents. En simplifiant SGML, les concepteurs d'XML prévoyaient d'élargir l'usage des chevrons (< >) à bien d'autres emplois, par exemple, la programmation. Les premiers langages basés sur XML par le W3C dessinent plusieurs directions d'utilisation. Quelques mois après sa sortie, XML est donc utilisé pour encoder des données, programmer des transformations, représenter un objet imprimable et définir le schéma d'un document XML. Ceci annonce la variété des utilisations de cette syntaxe. Quelques années après, le catalogue est beaucoup plus important, couvrant des usages comme : Ces catégories permettent une classification approximative des langages à base XML (ou acceptant une expression XML). La liste des langages ci-après repère quelques spécifications importantes dans le monde XML. Les succès et les critiques permettent aussi de montrer à quoi XML est bon, et là où il est moins adapté. Langages de balisage. Le balisage de document est le métier initial d'XML. Les DTD SGML publiques comme TEI et Docbook l'ont adopté. XML aurait pu permettre l'apparition de nombreux autres schémas. On assiste plutôt à l'apparition de vocabulaires spécialisés, et combinables à l'exemple de la modularisation XHTML : Formats de données. XML s'est imposé comme format de référence pour l'échange de données, notamment de métadonnées. L'exemple d'un transfert d'informations entre bases de données relationnelles permettra d'illustrer les avantages et limites de ce format pour cet usage. L'exportation d'une table peut se faire au format CSV. Mais ce format comporte vite des limites à grande échelle (Internet). Il n'est pas auto-documenté (encodage du texte, séparateurs, ordre et nom des colonnes). Il demande une documentation externe rarement automatisée entre les partenaires. Que faire lorsque les tables source et destination n'ont pas des structures identiques ? Pour cette raison, on peut préférer des échanges en SQL (à la fois langage de définition de données, langage de manipulation de données et langage de contrôle de données). Cependant, malgré de nombreux efforts de normalisation, SQL comporte beaucoup de risques d'incompatibilité entre les implémentations. XML est une solution plus robuste. On peut en constater l'efficacité sur Internet avec la syndication de contenu. Il n'y a pas d'exemple connu d'échange de métadonnées réparties sur autant de clients et de serveurs. Verbosité ? – Comparé à l'export CSV d'une table, XML réplique le "nom de la colonne" pour chaque "cellule" (une fois pour un attribut, deux fois pour un élément). Le poids du fichier généré est supérieur à celui d'un fichier CSV. Dans des contextes où la bande passante est coûteuse (exemple : téléphonie mobile) cela n'a pas semblé poser de problème (WML) car ces répétitions se compressent très bien (ZIP). Traitement lourd ? – Traiter du XML demande des bibliothèques spécialisées (interpréteur XML). Cela n'ajoute pas vraiment du temps de développement supplémentaire, du moins pour des équipes formées. Pour des petites tâches, un parseur ligne à ligne est parfois plus simple. Mais si la donnée se destine à se complexifier, à s'échanger plus largement, il vaut mieux choisir XML dès le départ. XML : données ou document ? – Cette section est l'occasion de marquer la distinction entre "XML données" et "XML document". Il ne s'agit pas d'une différence dans la syntaxe, mais dans ses usages, ses outils et ses communautés d'utilisateurs. Par SGML, XML vient du document. On lui a reproché par exemple ne pas avoir (nativement) de typage fort. On rencontre un mouvement analogue mais contraire en SQL. C'est originellement un format de données, on lui demande de plus en plus de traiter du texte. (CMS LAMP). En ce qui concerne XML, cette opposition se traduit dans la direction des efforts de spécification (types de données XML Schema, XPath 2.0, XSLT 2.0) avec des réactions du monde documentaire (Relax NG). Langages de description de format de document. Un processus XML complet comporte une étape de validation des documents. C'est le rôle d'un schéma de définir ces règles de validité. Faut-il que ce schéma soit en XML ? La question ne se posait pas en SGML, qui connaissait surtout les DTD, une syntaxe texte. Les limites rencontrées alors concernaient surtout la documentation des éléments et attributs déclarés . La documentation est très importante pour la réussite d'un standard XML. Celles de Docbook ou TEI constituent des livres complets, avec même des versions imprimées. Ces communautés ont attendu avec impatience ce que donnerait XML Schema. Les nombreux outils de documentation automatiques qui sont apparus, avec un simple jeu d'XSLT, prouvent l'intérêt d'XML comme langage de description de format de document. Cependant, pour des choses simples, XML Schema s'est avéré difficile. Est-ce l'effet de trop de concessions ? Toujours est-il que malgré le nombre d'éditeurs derrière le W3C, la communauté est très intéressée par Relax NG, de James Clark. Ce modèle accepte une syntaxe XML, et depuis 2003, propose aussi une forme compacte, textuelle, qui n'est pas XML. Autrement dit, il n'y a plus de réponse unique. Un schéma XML peut se définir dans un vocabulaire XML, ou autrement. L'évolution actuelle est de pouvoir combiner plusieurs langages de schémas, notamment le typage fort d'XML Schema, avec des motifs XPath pour Schematron, dans du Relax NG. Langages de représentation. On vante souvent XML pour sa faculté de séparer contenu, présentation et traitement. Attention, XML rend cette séparation possible, mais il n'interdit pas de tout mélanger, comme dans certaines pages XHTML sur Internet. En tous cas, ce format extensible a prouvé qu'il pouvait conserver la présentation des documents pour les applications les plus exigeantes. La variété des applications l'utilisant en est la preuve. Langages de programmation. Dans de nombreuses applications, il est parfois pratique de développer un langage spécialisé, à usage local. Avec un schéma, un dialecte XML dispose d'une grammaire (un peu comme BNF). En guise de compilateur, il suffit par exemple d'une transformation XSLT qui génère du code Java, comme pour une bibliothèque de balises ("taglibs"). Cet exemple montre comment la syntaxe XML permet de définir des langages de programmation. En théorie, la structure en arbre d'XML permet de représenter la hiérarchie d'un programme objets ou l'imbrication des instructions d'un langage impératif. En pratique, les boucles sont le cas limite à partir duquel XML devient trop verbeux. Par contre, cette écriture est remarquablement adaptée aux syntaxes déclaratives (configuration, définition d'interface), et même, popularise les algorithmes fonctionnels (XSLT, logique d'une application web). Il en résulte que l'on trouve de plus en plus d'XML dans les logiciels. Dans certains frameworks de développement web, il est possible de monter une application complète et complexe, en n'éditant que du XML : Protocoles d'échanges. Un protocole spécifie l'échange de contenus et d'instructions, entre un client et un serveur. HTTP est un modèle de protocole (qui n'est pas XML mais textuel). XML permet de baliser des contenus et d'écrire des instructions de programmation. L'universalisation de la connexion HTTP comme des interpréter XML explique pourquoi XML devient une solution courante pour créer un nouveau protocole. Langages associés. Les langages associés à XML sont des syntaxes qui ne sont pas en XML mais très attachées à XML. CSS illustrera bien la notion. Il peut être contenu dans un attribut (codice_82), dans un élément (codice_83), ou relié à un document XML par une instruction de traitement (codice_84). XPath fournit un autre exemple de spécification entièrement destinée à XML, mais qui est justement sans éléments ou attributs, afin d'être associé à un langage XML (XSLT). Outils et processus. XML a prouvé qu'il était une syntaxe très générique de balisage, propre à de nombreux usages. Cette réussite s'explique par des implémentations concurrentes de nombreuses interfaces de programmation (API) précisément spécifiées. Un processus XML est essentiellement une chaîne de transmission de l'information. Pour l'édition XML de document, on peut isoler les étapes suivantes, presque canoniques : Cette succession canonique d'étapes illustre ce que peut être le "tuyau" ("pipe") d'un processus XML standard. Production. Une organisation qui a déjà son système d'informations, non basé sur XML, peut se demander comment produire du XML. Il existe de nombreuses manières de produire du XML : Analyse. Pour entrer dans un processus, un document XML doit rentrer dans un interpréteur dédié. Les parsers les plus répandus sont : Il en existe beaucoup d'autres, en particulier en Java, adaptés à différents cas particuliers : ouvrir une API plus simple, accepter des documents mal formés comme HTML, traitements plus simples (notamment pour les documents longs). Une fois « xmlisé », un document est accessible à différents langages, selon des API standardisées. On distingue généralement l'approche en mémoire, comme le DOM, et l'approche en flux (génération d'événements), comme SAX. D'autres API existent, comme JDOM, dom4J (Java), ou StAX. Inclusion. Un document XML peut être constitué de plusieurs fichiers, qui sont rassemblés au moment de l'analyse ci-dessus. Il y a deux normes actuellement concurrentes : Les spécifications et les implémentations privilégient maintenant codice_85, bien que son adoption ait pu être discutée. Considérons l'exemple d'un catalogue de produits pour voir les effets de l'un et de l'autre. On aura chaque produit sous la forme d'un document XML, et un document maître qui assemble toutes les références. En entités, cela s'explique ainsi. <!DOCTYPE catalogue [ <!ENTITY article001 SYSTEM "articles/article001.xml"> <!ENTITY article002 SYSTEM "articles/article002.xml"> <!-- Un exemple d'inclusion par résolution d'entité externe --> <catalogue xmlns="http://exemple.net/ns"> <titre>catalogue</titre> &article001; &article002; </catalogue> On remarquera que les entités sont déclarées en entête de document, puis appelées par une écriture du type codice_87. Cette syntaxe est initialement prévue pour des raccourcis, afin de factoriser l'écriture de variables comme un nom de produit ou une société. Ce mécanisme a été étendu pour résoudre les problèmes d'encodage en ASCII avant l'Unicode. Ce sont les entités caractère comme codice_88 = codice_89 = codice_90. Pour le cas d'une inclusion d'un fichier, cela demande deux déclarations, celle du lien, celle de son appel. La résolution "a priori" des inclusions peut avoir des inconvénients, en particulier pour des documents maître très lourds que l'on peut vouloir travailler sans leur dépendances. Xinclude permet cela, ainsi que de générer ces relations automatiquement (XSLT). <!-- Un exemple d'inclusion par xinclude --> <catalogue xmlns="http://exemple.net/ns" xmlns:xi="http://www.w3.org/2001/XInclude" <titre>catalogue</titre> <xi:include href="articles/article001.xml"/> </catalogue> XML peut se présenter sous d'autres formes qu'un fichier, par exemple à l'intérieur d'une base XML native. La nature purement arborescente du format permet potentiellement de constituer des structures très importantes, non pas seulement chaînées comme un tableau très long, mais articulées, avec branches et sous-branches. Validation. La validation est l'opération automatique qui vérifie la conformité d'un document XML à son schéma. Elle a pour but de délivrer des messages comme "il n'y a pas de titre au chapitre 5", ou bien, "la date de fabrication est dans le futur". La précision et la convivialité de cette vérification dépendent de la syntaxe utilisée. En SGML, la validation s'effectuait toujours avant l'entrée d'un document XML dans un processus. On parlait de parser validant. Il n'y avait alors qu'un seul langage de validation (les DTDs) déclarés d'une seule manière à l'intérieur du document XML (la déclaration "DOCTYPE", Type de document). La pratique a montré que la validation n'est pas toujours nécessaire, et même, contre performante. Dans d'autres cas, plusieurs étapes de validation peuvent être utiles, par exemple, une pour vérifier la structure de l'arbre XML, une autre pour vérifier les liens. L'évolution va vers une étape de validation distincte, déclarée à l'extérieur du document, et gérée selon les besoins du logiciel. Le déploiement actuel des librairies rend la validation XML nativement accessible à la plupart des systèmes, et dans la plupart des langages de programmation : Transformation. La transformation est l'étape d'un processus XML qui prend un document dans un certain schéma pour le transposer dans un autre espace de noms. Soit un document textuel qui ne comporte que du contenu. Il sera nécessaire de lui ajouter au moins de la navigation avant de le diffuser sur Internet ; on en voudra aussi une version imprimée (PDF). La facilité de transformer un document XML, notamment avec XSLT, est une raison importante pour choisir ce format. Conclusion. En 2001, on demandait à James Clark, un expert XML et SGML : « Quelle est l'étape suivante pour XML » ? Il répondit d'abord que cela revenait à demander quelle est l'étape suivante pour le texte ou pour les fichiers à lignes délimitées. Selon lui, à peine après, la nouveauté ne viendrait plus du format, mais des applications. En effet en 2015, on ne constate aucun changement de fond dans la spécification XML. XML permet en effet de représenter beaucoup de structures différentes. Il a par exemple contribué à généraliser et normaliser les structures en arbre, si bien qu'elles sont considérées aussi informatisables que les tables (SQL). Toutefois, les balises n'ont pas effacé toutes les syntaxes textuelles. On a par exemple vu se généraliser JSON, qui permet la représentation et l'échange de données hiérarchiques, comme des objets (au sens informatique). La vogue de JSON, qui n'en doutons pas restera longtemps, permet de mieux définir les spécificités de XML. JSON sépare strictement la structure arborescente, et les données contenues dans des feuilles. Ce modèle représente difficilement le texte riche, où par exemple un nom de personne indexé apparaît en plein milieu d'une phrase. JSON ne propose pas de syntaxe standardisée pour la validation et la documentation, ce sont souvent des structures "ad hoc". La force de XML, qui n'est pas la plus sollicitée hors de l'informatique du document, est dans la validation, ce qui contribue à standardiser des types de documents à grande échelle, ne serait-ce que le Web et HTML. Notes et références. Notes : Références : Voir aussi. Articles connexes. Autres technologies et théories intéressant XML : |
Extensible Hypertext Markup Language XHTML () est un langage de balisage servant à écrire des pages pour le World Wide Web. Conçu à l'origine comme le successeur de HTML, XHTML se fonde sur la syntaxe définie par XML, plus récente et plus simple que celle définie par SGML sur laquelle repose HTML. Il s'agissait en effet à l'époque de tirer parti des bénéfices techniques attendus de la simplification offerte par XML. Le nom "XHTML". Comme de nombreux langages fondés sur XML, celui-ci commence par la lettre X, qui représente le mot . Ainsi le premier document décrivant officiellement XHTML s'appelle "" (« XHTML 1.0 Le langage de balisage hypertexte extensible »). C'est cependant l'abréviation "XHTML" qui est une marque du (W3C) et qui est seule utilisée dans les spécifications qui ont suivi la version 1.0. XHTML, évolution de HTML. XHTML 1.0 reformule simplement HTML 4 en application de XML 1.0. La syntaxe seule change, aucune fonctionnalité n'ayant été ajoutée ni retirée. La conversion d'un document en HTML 4.01 conforme en XHTML 1.0 peut se faire automatiquement sans perte d'information. XHTML 1.0 est devenu une recommandation du W3C en 2000, et le XHTML 1.1 en 2001. Durant toutes les années 2000, HTML 4 et XHTML sont tous les deux utilisés par les développeurs et interprétés par les navigateurs Web. Conversion de HTML en XHTML. Cet exemple illustre les différences syntaxiques les plus courantes entre un document écrit en HTML 4 et en XHTML 1.0. <!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.01//EN"> <title>Exemple HTML 4</title> <ul> <li>Des éléments comme HTML, HEAD et BODY sont implicites, leurs balises ouvrantes et fermantes sont optionnelles.</li> <li>De nombreuses balises fermantes sont optionnelles, notamment pour P (paragraphe) et LI (entrée de liste). <li>Les noms d'éléments et d'attributs peuvent <EM Class="important">librement</Em> mélanger majuscules et minuscules.</li> <li>Certains attributs ont une valeur par défaut <input type="checkbox" checked value="...">.</li> <li>Les guillemets ne sont pas <em class=important>toujours</em> obligatoires autour des valeurs d'attribut.</li> <li>Les éléments vides n'ont pas de syntaxe fermante <img src="i.png" alt="i">.</li> </ul> À l'inverse de la syntaxe HTML permissive ci-dessus, le même document doit être « bien formé » pour respecter les règles d'écriture du XHTML : <!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Strict//EN" "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-strict.dtd"> <html xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"> <head> <title>Exemple XHTML 1.0</title> </head> <body> <ul> <li>Tous les éléments doivent être explicitement balisés.</li> <li>Les balises fermantes ne sont pas optionnelles.</li> <li>Les noms d'éléments et d'attributs <em class="important">doivent</em> être en minuscules.</li> <li>Tous les attributs doivent avoir une valeur explicite <input type="checkbox" checked="checked" value="..." />.</li> <li>Les guillemets sont <em class="important">toujours</em> obligatoires autour des valeurs d'attribut.</li> <li>Les éléments vides doivent être fermés <img src="i.png" alt="i"/>.</li> </ul> </body> </html> Modularisation de XHTML. Les évolutions suivantes divisent le langage XHTML en modules, chacun regroupant un type de fonctionnalités. Cette division est conçue pour permettre d'étendre le format, ou à l'inverse d'en tirer des sous-ensembles adaptés à des contextes spécifiques. Ainsi : Développement du XHTML 2.0. Le XHTML 2.0 était en cours de développement. Il ne devait pas être compatible en ascendance et en descendance, notamment à cause de l'introduction de XForms et de XFrames. Finalement, le , le W3C a officiellement annoncé l'abandon du développement du XHTML 2 afin de se consacrer entièrement à son successeur : le HTML5. Document Valide XHTML. Pour qu'un document soit valide XHTML, il doit avoir une déclaration de type (DOCTYPE) et un encodage (ISO ou UTF) conforme aux spécifications du W3C. La déclaration XML. La déclaration XML n'est requise que dans quelques conditions d'encodage (jeu de caractères autre qu'UTF-8 en particulier), et lorsque le document est traité en tant que document XML (type de contenu codice_2). La plupart des documents XHTML 1.0 ne l'exigent donc pas. Il entraîne par ailleurs dans le navigateur web Internet Explorer 6.0 un mode d'interprétation problématique des et des scripts JavaScript. Néanmoins, la version Internet Explorer 8 tend à se rapprocher des autres navigateurs et à se conformer au CSS. En fonction du jeu de caractères retenu, le document peut donc commencer par l'instruction suivante mise en première ligne : <?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?> Quelques exemples de Déclaration de Type de Documents en XHTML : <!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Strict//EN" "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-strict.dtd"> <!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Transitional//EN" "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-transitional.dtd"> <!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Frameset//EN" "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-frameset.dtd"> Déclaration XMLNS. La redondance des attributs codice_3 et codice_4 n'est requise qu'en cas de document XHTML 1.0 traité en tant que document codice_5, selon les recommandations (non normatives) de compatibilité XHTML/HTML. On écrira alors : <html xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" xml:lang="fr" lang="fr"> Dans un document XHTML 1.0 traité en tant que document codice_2 ou dans un document XHTML 1.1 et au-delà, on écrira obligatoirement : <html xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" xml:lang="fr"> |
XPath XPath est un langage de requête pour localiser une portion d'un document XML. Initialement créé pour fournir une syntaxe et une sémantique aux fonctions communes à XPointer et XSL, XPath a rapidement été adopté par les développeurs comme langage d'interrogation simple d'emploi. Syntaxe et sémantique. Une expression XPath est un "chemin de localisation", constitué de "pas de localisation" (appelés également en français "étapes"). Les pas de localisation sont séparés par le caractère « / ». Les pas de localisation ont chacun trois composants : L'axe indique la direction dans laquelle se déplacer dans l'arbre XML, relativement au nœud courant ou depuis la racine. Par exemple, codice_1 sélectionnera les nœuds enfants du nœud courant. Dans XPath, quand l'axe n'est pas précisé, il s'agit implicitement de l'axe des enfants (codice_1). Un autre axe largement utilisé est celui des attributs, représenté avec le caractère arobase (codice_3). Il existe en tout 13 axes qui permettent d'exprimer des relations généalogiques, ou qui considèrent l'ordre de lecture du document. Le test de nœud permet de sélectionner ou non les nœuds en fonction de leur nom ou de leur type. Par exemple le test codice_4 sélectionnera tous les nœuds de type texte (dans l'axe considéré). Les prédicats sont des expressions plus complexes ; ils sont utilisés pour filtrer les nœuds sélectionnés par l'axe et le test de nœud. Les prédicats sont écrits entre crochets (« [ », « ] »). Si le prédicat est évalué à vrai, les nœuds correspondants seront sélectionnés. XPath offre ainsi une recherche séquentielle par nœuds. Le résultat de l'évaluation d'une expression XPath est une séquence contenant des nœuds et des valeurs atomiques (textes, booléens…). En fonction de la nature (nombre, booléen, texte) des valeurs sélectionnées, XPath offre un certain nombre de fonctions. Ces fonctions sont limitées car elles sont plus destinées à être utilisées dans les prédicats que pour effectuer un traitement sur les données sélectionnées. Les fonctions qui s'appliquent aux nombres les plus utilisées sont : sum(), count() et les opérateurs arithmétiques. Les fonctions qui s'appliquent aux chaines les plus utilisées sont : substring(), string-length(), concat(). Exemples XPath 1. Considérons le document XML suivant : <?xml version="1.0"?> <racine> <encyclopedie nom="Wikipedia" site="http://fr.wikipedia.org/"> <article nom="XPath"> <auteurs> <auteur> <nom>Dupont</nom> </auteur> <auteur> <nom>Dubois</nom> </auteur> </auteurs> </article> </encyclopedie> </racine> Toutes ces expressions XPath sont absolues (elles commencent par un caractère "/"), c'est-à-dire qu'elles donnent le même résultat quel que soit le contexte. Les expressions suivantes sont relatives. Si le contexte courant est l'unique élément "encyclopedie", elles donnent : Le résultat de ces sélections dépendra de la nature de la tâche : Évolutions. La syntaxe XPath a évolué pour devenir plus complète. La norme , recommandation W3C depuis le , décrit un sous-ensemble commun aux langages XSLT 2.0 et XQuery 1.0, constituant également un langage de requête XML autonome beaucoup plus riche que la première version incluse dans XSLT 1. Exemples XPath 2. <?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <wikimedia> <projects> <project name="Wikipedia" launch="2001-01-05"> <editions> <edition language="English">en.wikipedia.org</edition> <edition language="German">de.wikipedia.org</edition> <edition language="French">fr.wikipedia.org</edition> <edition language="Polish">pl.wikipedia.org</edition> <edition language="Spanish">es.wikipedia.org</edition> </editions> </project> <project name="Wiktionary" launch="2002-12-12"> <editions> <edition language="English">en.wiktionary.org</edition> <edition language="French">fr.wiktionary.org</edition> <edition language="Vietnamese">vi.wiktionary.org</edition> <edition language="Turkish">tr.wiktionary.org</edition> <edition language="Spanish">es.wiktionary.org</edition> </editions> </project> </projects> </wikimedia> Utilisations. XPath est le langage de requête élémentaire dans XSLT. Il détermine si une règle "template" s'applique (via son attribut "match"), et peut aussi servir à extraire des contenus du document XML transformé par le programme XSLT. XPath peut être utilisé comme langage de requête dans les bases de données XML, souvent en tant que sous-ensemble de XQuery. XPath est utilisé comme langage d'expression des règles dans Schematron, et partiellement aussi dans XML Schema. XPath peut être utilisé depuis la ligne de commande, ici avec la commande "xpath" qui vient du module Perl XML::XPath. Ici, on cherche les URL des articles dans un flux de syndication Atom : codice_5 Autre exemple, avec xfind pour chercher des fichiers (XML servant à modéliser les attributs du fichier) : codice_6 |
XVIIIe siècle av. J.-C. | | | Années 1790 av. J.-C. | Années 1780 av. J.-C. | Années 1770 av. J.-C. | Années 1760 av. J.-C. | Années 1750 av. J.-C. Années 1740 av. J.-C. | Années 1730 av. J.-C. | Années 1720 av. J.-C. | Années 1710 av. J.-C. | Années 1700 av. J.-C. Voir aussi : Liste des siècles, Chiffres romains |
XVIIe siècle av. J.-C. | | | Années 1690 av. J.-C. | Années 1680 av. J.-C. | Années 1670 av. J.-C. | Années 1660 av. J.-C. | Années 1650 av. J.-C. Années 1640 av. J.-C. | Années 1630 av. J.-C. | Années 1620 av. J.-C. | Années 1610 av. J.-C. | Années 1600 av. J.-C. Voir aussi : Liste des siècles, Chiffres romains |
Yvelines Le département des Yvelines ( ou ) est un département français situé à l'ouest de Paris, dans la Grande Couronne de la région Île-de-France. Il s'étend sur 2284 km et compte 262 communes. Avec habitants, le département est le plus peuplé de la Grande Couronne et le huitième de France. Il est issu du démembrement du département de Seine-et-Oise décidé en 1964 et entré en vigueur en 1968. Son nom est dû au poète yvelinois Jehan Despert et fait référence à l'ancienne forêt d'Yveline. L'Insee et la Poste lui attribuent le , ancien numéro de la Seine-et-Oise. Ses habitants sont appelés les Yvelinois et les Yvelinoises. Son conseil départemental est présidé par Pierre Bédier du parti Les Républicains. Son chef-lieu est Versailles, ville qui s'est développée sous l'ancien Régime autour de son château, capitale du royaume de France en alternance avec Paris. Géographie. Situation. Le département des Yvelines fait partie de la région Île-de-France. Situé au centre du bassin parisien, à l'ouest et au sud-ouest de Paris, d'une distance allant d'une vingtaine de kilomètres de la capitale (Chatou est à de Paris, Versailles à ) à une cinquantaine de kilomètres de celle-ci (Rambouillet est à de Paris). Les départements limitrophes sont le Val-d'Oise au nord, les Hauts-de-Seine à l'est et l'Essonne au sud-est, trois départements franciliens issus comme les Yvelines du découpage de l'ancienne Seine-et-Oise, l'Eure-et-Loir au sud-ouest, département de la région Centre-Val de Loire, et de l'Eure au nord-ouest, département de la région Normandie. L'est du département, ainsi que le nord le long de la Seine, font partie de l'agglomération parisienne, tandis que le reste du département est encore rural, et possède de vastes zones boisées (forêt de Rambouillet). Les principales villes (population supérieure à ) sont dans l'ordre décroissant : Versailles (préfecture), Sartrouville, Mantes-la-Jolie (sous-préfecture), Saint-Germain-en-Laye (sous-préfecture), Poissy, Conflans-Sainte-Honorine, Montigny-le-Bretonneux, Plaisir, Houilles, Les Mureaux, Trappes, Rambouillet (sous-préfecture). Elles se trouvent en majorité dans le nord-est du département, ainsi que dans la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines qui comprend douze communes, dont Montigny-le-Bretonneux, regroupées en communauté d'agglomération. Deux parcs naturels régionaux se trouvent entièrement ou partiellement dans les Yvelines : le parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse () et une partie du parc naturel régional du Vexin français ( sur un total de ). Pendant plus d’un siècle, trois plaines des Yvelines et du Val-d’Oise ont été utilisés en tant que champs d'épandage en aval du réseau des égouts de Paris. En conséquence, les sols sont fortement pollués aux métaux lourds, provoquant des cas de saturnisme, notamment chez les enfants. Relief et géologie. Le relief des Yvelines est celui d'une plaine découpée par des vallées relativement marquées, d'une altitude moyenne de environ. Son point culminant, , se situe dans le bois des Garennes à Lainville-en-Vexin, à l'extrême nord du département, dans la bordure sud du Vexin français (toutefois une butte artificielle située à Élancourt atteint , mais également, la commune des Alluets-le-Roi est celle avec l’altitude la plus élevée, culminant à 187 mètres d’altitude sur un plateau nommé du même nom). Son point le plus bas, , est à Limetz-Villez, point le plus à l'ouest du cours de la Seine au point où elle quitte les Yvelines pour entrer dans l'Eure. La structure géologique des Yvelines s'insère dans celle de l'Île-de-France et plus généralement du bassin parisien, vaste cuvette sédimentaire, approximativement centrée sur Paris. Elle est formée d'un empilement de couches sédimentaires de l'ère tertiaire, alternant calcaires, marnes, sables et argiles. Ces couches reposent sur un socle épais de craie du Crétacé supérieur qui affleure sur les versants de certaines vallées. C'est le cas en particulier dans la vallée de la Seine où se sont formées des falaises de craie, parfois exploitées pour créer des habitats troglodytiques, par exemple à Carrières-sur-Seine, Méricourt, Mousseaux-sur-Seine, Gommecourt ou Bennecourt. Les sédiments tertiaires ont été fortement érodés par les cours d'eau, principalement la Seine et remplacés dans le fond des vallées par des alluvions quaternaires. Sur les plateaux, d'importants dépôts éoliens de lœss ont donné naissance à de riches sols agricoles. Certaines couches géologiques sont exploitées pour la production de matériaux de construction. Il s'agit surtout de granulats alluvionnaires (sables, graviers, etc.) extraits des terrasses alluviales de la Seine ou du lit majeur du fleuve, exploités notamment près de Mantes-la-Jolie (boucles de Guernes et de Moisson), de calcaires et argiles pour la fabrication de ciment, exploités dans la carrière de Guitrancourt (Ciments Calcia, groupe Italcementi). Une carrière de Sandrancourt (commune de Saint-Martin-la-Garenne), exploitée par la Compagnie des sablières de la Seine (groupe Lafarge), fournit le sable de l'opération Paris-Plages. Dans le passé d'autres roches sont largement exploitées, comme le gypse dans le secteur de l'Hautil, le calcaire grossier pour la construction dans le secteur de Saint-Germain-en-Laye, activité encore évoquée par des toponymes tels que Carrières-sur-Seine, Carrières-sous-Poissy, Carrières-sous-Bois, la craie pour la production de blanc d'Espagne à Bougival, mais aussi le grès et la pierre meulière dans diverses communes, notamment dans la vallée de Chevreuse. Les anciennes carrières, nombreuses dans le département, présentent des dangers d'effondrement qui sont répertoriés par l'« Inspection générale des carrières des Yvelines, de l'Essonne et du Val-d'Oise ». Une centaine de communes, dites « sous-minées », c'est-à-dire dans lesquelles se trouvent d'anciennes carrières souterraines abandonnées, réparties dans tout le département, sont concernées. Un autre risque pour les constructions, lié au retrait de l'argile en cas de sècheresse, affecte particulièrement le département. Des plans de prévention du risque « argile » étaient à l'étude en 2007 pour cinq communes : Auteuil-le-Roi, Bréval, Magnanville, Saint-Cyr-l'École, Saint-Nom-la-Bretèche. Les plissements des couches profondes sont mises à profit pour créer des stockages de gaz naturel en aquifère profond à Beynes et Saint-Illiers-la-Ville (Storengy). Hydrographie. Les Yvelines sont drainées par la Seine qui traverse le nord du département sur environ cent kilomètres entre Carrières-sur-Seine et Limetz-Villez. Son cours à très faible pente est marqué par de profonds méandres qui élargissent considérablement la vallée, notamment la boucle de Saint-Germain-en-Laye qui enserre la forêt du même nom et celle de Moisson à l'ouest entre Mantes-la-Jolie et Bonnières-sur-Seine. Dans son parcours yvelinois, le cours du fleuve, navigable, est régulé par plusieurs barrages, situés à Chatou, Bougival, Andrésy et Méricourt. Il reçoit à Conflans-Sainte-Honorine, son principal affluent, l'Oise, rivière également navigable, qui parcourt seulement dans le département. De nombreuses rivières secondaires, dont beaucoup prennent leur source dans le massif de Rambouillet, véritable « château d'eau » des Yvelines, irriguent le département dans toutes les directions avant de rejoindre la rive gauche de la Seine, directement ou non. Il s'agit principalement de la Bièvre, de l'Orge, de l'Yvette et de la Rémarde (affluents de l'Orge), qui s'écoulent vers l'est, de la Mauldre et de la Vaucouleurs, les seules dont le cours est entièrement situé dans le territoire yvelinois et qui s'écoulent vers le nord, et de la Drouette et de la Vesgre (affluents de l'Eure), qui s'écoulent vers l'ouest. Au nord de la Seine (rive droite), les seuls affluents notables sont la Montcient et l'Aubette de Meulan, qui se rejoignent à Hardricourt, et l'Epte qui marque la limite avec le département de l'Eure. Il existe relativement peu d'étendues d'eaux dormantes, les principales sont l'étang de Saint-Quentin () et les étangs de Hollande, dans le secteur de Rambouillet, aménagés au pour contribuer à l'alimentation en eau du parc de Versailles. Le long de la Seine, il existe de nombreux plans d'eau issus de l'exploitation d'anciennes sablières. Certains ont été aménagés pour la création de bases de loisirs ou de ports de plaisance, notamment à Moisson, d'autres classées pour la protection de la faune aquatique, comme le domaine de Flicourt à Sandrancourt géré par l'agence des espaces verts d'Île-de-France. La présence de ces cours d'eau expose les populations riveraines, notamment de la Seine et de l'Oise, au risque d'inondation. Deux plans de prévention des risques d'inondation (PPRI) ont été mis en place pour limiter les conséquences des crues. D'une part, le PPRI de la Seine et de l'Oise approuvé en juin 2007, qui concerne 57 communes, et d'autre part, le PPRI de la Mauldre et du Lieutel approuvé en septembre 2006, qui concerne 12 communes (trois d'entre elles, Épône, La Falaise et Nézel, étant concernées dans les deux cas). Un troisième, le PPRI du ru de Gally, était en cours d'élaboration en 2008. Plusieurs nappes d'eau souterraine sont présentes dans le département, dont certaines présentent une grande importance pour l'approvisionnement en eau potable. La nappe alluviale de la Seine d'une épaisseur de 5 à se situe dans les terrasses alluviales du fleuve. C'est une nappe libre, en connexion hydraulique avec la nappe de la craie (Crétacé supérieur), aquifère sous-jacent. Ces deux nappes sont exploitées par les deux usines de la Lyonnaise des eaux situées à Croissy-sur-Seine et Flins-sur-Seine qui produisent respectivement 45 et 32 millions de mètres cubes par an. Pour assurer le débit de ces usines, les nappes sont réalimentées par l'injection après traitement d'eau pompée dans la Seine (respectivement 25 et 8 millions de m). La nappe de l'Albien, présente sous toute l'Île-de-France et les départements avoisinants, est une nappe captive, profonde, des sables du Crétacé inférieur. Plusieurs forages situés dans le nord-est des Yvelines prélèvent 8 millions de mètres cubes par an (soit 36,4 % des prélèvements totaux sur l'ensemble du bassin). La nappe de Beauce est surtout exploitée dans le sud du département, principalement pour l'irrigation. Climat. Le climat des Yvelines est tempéré, soumis aux influences océaniques vers l'ouest, et continentales vers l'est, atténuées toutefois par le réchauffement dû à l'agglomération parisienne. Il n'est pas très humide, avec une moyenne annuelle de précipitations de . Les vents dominants du secteur Ouest protègent relativement les Yvelines des pics de pollution venant du centre de l'agglomération. Des épisodes orageux sont assez fréquents en été. La moyenne des températures annuelles moyennes relevées à la station météorologique départementale de Trappes, sur une période de trente ans (1961-1990) s'élève à avec des moyennes maximales et minimales de et . Juillet est le mois le plus chaud avec une moyenne mensuelle de et janvier le plus froid avec . Le record de froid enregistré est de le à Trappes. Dans le reste du département les records de froid vont de à Saint-Arnoult-en-Yvelines le ; à Les Clayes-sous-Bois le ; à Orgerus le et à Achères le . Le record de chaleur à le . Mais le record est maintenant passé à 41 degrés Celsius dans l'ouest parisien : à Verneuil-sur-Seine précisément le 7 juillet 2014. La moyenne annuelle des précipitations à Trappes, sur la période 1961-1990, s'élève à , avec des variations saisonnières peu marquées, mai et novembre sont les mois les plus pluvieux avec 63,1 et et février et août les moins pluvieux avec respectivement 49,4 et . Dans le nord du département, les vallées de la Seine, de l'Oise et de la Mauldre souffrent d'un déficit de précipitations (pluviosité annuelle comprise entre 550 et ). L'ensoleillement moyen annuel est de (période 1995-2004, station météo de Trappes). Des variations locales (microclimats) affectent en particulier les versants de la vallée de la Seine exposés au nord ou au sud. Il existe aussi de forts contrastes entre les zones urbaines à l'est et les zones rurales à l'ouest, tant au niveau des températures qu'au niveau du nombre de jours de neige ou de brouillard. Le nombre moyen annuel de jours où la température dépasse varie de 10 à 20 (période 1995-2004), le minimum étant atteint dans les zones boisées du sud-est du département, et le maximum dans le nord-est et le long de la vallée de la Seine du fait de l'îlot de chaleur urbain existant au centre de l'agglomération parisienne. Le nombre de jours de gel est également très contrasté avec 40 jours de gel/an à Trappes contre 88 jours de gel/an à Saint-Arnoult-en-Yvelines en forêt de Rambouillet. Occupation du territoire. Dans les Yvelines, l'occupation du sol se caractérise par l'importance du caractère rural du territoire. Les surfaces utilisées par l'agriculture, plus de , représentent presque la moitié du département (47 %), dont la plus grande part (, 43,7 % du département) est consacrée à la « grande culture » largement mécanisée (céréales, oléoprotéagineux). Celles consacrées aux bois et forêts s'élèvent à soit environ 29 % de taux de boisement (pour une moyenne de 23 % pour les départements de l’ouest parisien : Paris et petite couronne, Yvelines, Essonne, Val-d’Oise). Cela fait des Yvelines le premier département francilien pour les massifs forestiers. Les forêts sont surtout présentes dans la partie sud du département (massif de Rambouillet, ha), sauf dans la pointe extrême qui appartient à la Beauce, ainsi que dans le nord (vallée de la Seine, Vexin français). La protection ancienne des forêts royales a permis de conserver de grands espaces boisés dans le nord-est (forêts de Saint-Germain-en-Laye, , de Marly, , de Versailles, ), même si elles ont été écornées, entre autres, par les grandes infrastructures (ligne Paris-Rouen dans la première, autoroute A13 dans la seconde, et si la dernière est très morcelée. Le territoire rural, y compris les surfaces en eau (cours d'eau, étangs), représente 79,5 % de la superficie totale. En dépit de la forte urbanisation qui se développe dans le département depuis la fin de Seconde Guerre mondiale, l'espace urbanisé, très concentré dans le nord-est du département, se limite à 21,5 % du territoire, dont 6,4 d'espace urbain ouvert, comprenant principalement les parcs et jardins et les équipements sportifs ouverts. L'espace consacré à l'habitat occupe environ soit 8,9 % du territoire, dont plus de 87 % en habitat individuel. Les activités industrielles et commerciales, et les autres activités tertiaires, occupent 1,6 % de la surface totale et les équipements collectifs, y compris les infrastructures de transport, 3,6 %. L'Insee classe la totalité des 259 communes des Yvelines dans l'aire urbaine de Paris, qui est la définition la plus large de l'agglomération parisienne. 85 communes du nord et de l'est du département, représentant 81,2 % de la population départementale, appartiennent à l'unité urbaine de Paris, c'est-à-dire à l'agglomération continue, le reste appartient à la couronne périphérique de l'agglomération. Infrastructures de transport et communications. Réseau routier. Le réseau routier des Yvelines comprend environ de voirie : d'autoroutes, dont 98, d'autoroutes concédées, de routes nationales, de routes départementales, dont en agglomération et de voies communales. Il s'organise selon trois grands axes rayonnant depuis Paris et suivant des itinéraires antiques : Deux autres autoroutes « radiales » desservent le département. L'autoroute A14, qui relie Paris à Orgeval, où elle rejoint l'A13, est la seule autoroute de dégagement de Paris à péage : l'autoroute A12 se débranche de l'A13 au triangle de Rocquencourt et rejoint la RN 10. Le réseau des routes départementales et communales assure un maillage relativement dense du territoire, en particulier dans le nord-est du département, partie la plus urbanisée. Cependant il existe peu de voies rapides reliant les axes radiaux tant à l'intérieur du département qu'avec les départements voisins de la grande couronne (91 et 95). Des infrastructures de maillage transversal sont récentes ou en projet. L'autoroute A86, deuxième rocade périphérique de Paris, est bouclée. La section manquante, de Rueil-Malmaison - Jouy-en-Josas, a été mise en service en totalité le 9 janvier 2011. Il s'agit d'une autoroute à péage, le duplex A86, réservée au véhicules légers et construite sur deux niveaux, un pour chaque sens de circulation. Plus à l'ouest, le tronçon nord de la Francilienne, connue aussi sous le nom d'autoroute A104, est encore à l'état de projet entre Méry-sur-Oise et Orgeval (A13), le tracé étant contesté. Enfin le projet de liaison « Seine-Aval - Saint-Quentin-en-Yvelines » (précédemment dénommée voie nouvelle de la vallée de la Mauldre) est mis en avant par le conseil général des Yvelines. Il n'a cependant pas été retenu par le conseil régional dans le cadre du schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF). Il existe dans les Yvelines seize franchissements routiers de la Seine, dont deux viaducs de l'autoroute A14. Le plus récent est le viaduc de Triel, à 2 × 2 voies, long de , construit en 2003 pour désenclaver la boucle de Chanteloup-les-Vignes. Un nouveau pont, dit « pont d'Achères », est projeté entre Carrières-sous-Poissy et Achères pour relier la RD190 et la RD30. L'association Non au Pont d'Achères s'oppose à ce projet. À l’issue des enquêtes publiques, le commissaire enquêteur a émis un avis défavorable concernant l’utilité publique du projet, mais le conseil général a décidé de passer outre cet avis. Réseau ferroviaire. Plus encore que le réseau routier, le réseau ferroviaire des Yvelines est fortement polarisé vers Paris, avec trois lignes radiales aboutissant à Paris-Saint-Lazare pour la première et Paris-Montparnasse pour les deux autres, toutes trois en double voie électrifiée : La LGV Atlantique et la ligne Brétigny - Tours traversent le département, sans le desservir, dans sa pointe sud parallèlement à l'autoroute A10. Il n'existe que deux lignes transversales : Deux projets de réouverture de la « Grande Ceinture » sont en cours : le Tram Express Nord entre Sartrouville et Noisy-le-Sec, et le Tram Express Ouest entre Achères et Versailles, dont la GCO est le premier tronçon. La partie est du département, la plus urbanisée, est aussi la mieux desservie par le réseau de transport en commun de l'Île-de-France. À noter en particulier les branches du RER A aboutissant à Poissy et Saint-Germain-en-Laye, du RER B à Saint-Rémy-lès-Chevreuse et du RER C à Versailles-Rive-Gauche et Saint-Quentin-en-Yvelines. La ligne 6 du tramway d'Île-de-France aboutissant à Viroflay est mise en service en décembre 2014. À plus longue échéance, vers 2025-2030, Versailles devrait être reliée, dans le cadre du projet Grand Paris, par une rocade de métro automatique du Grand Paris Express d'une part à Rueil et Nanterre, et d'autre part au plateau de Saclay et à l'aéroport d'Orly. Les stations projetées dans les Yvelines se situeraient à Versailles Chantiers, Satory, Saint-Quentin-Université et Saint-Quentin-Est(Ligne : Communes de "Versailles" et "Guyancourt" (mise en place en 2027)). Un projet de prolongement du RER E, reliant la gare Saint-Lazare à Mantes-la-Jolie, est également engagé, avec une ouverture prévue en 2024. Fluvial. La Seine canalisée est une importante voie de transit entre l'agglomération parisienne et la mer, communiquant aussi par l'Oise avec les canaux du Nord de la France et du Benelux. Dans la traversée des Yvelines, trois barrages-écluses (de l'amont vers l'aval : Chatou/Bougival, Andrésy et Méricourt) délimitent quatre biefs. Le fleuve, accessible aux bateaux et convois de tonnes, dessert diverses installations privées ou publiques. Ces dernières, incluent notamment le port fluvial de Limay-Porcheville, accessible également aux caboteurs fluvio-maritimes et géré par le Port autonome de Paris, et divers ports de plaisance. L'aqueduc de l'Avre qui contribue à l'approvisionnement en eau potable de la ville de Paris traverse le département d'ouest en est. Aérien. Le département dispose de plusieurs aérodromes secondaires fréquentés par des aéroclubs : Chavenay-Villepreux, Saint-Cyr-l'École, Toussus-le-Noble, Les Mureaux et Beynes-Thiverval. Les trois premiers sont exploités par la société Aéroports de Paris, celui des Mureaux est géré par un SIVU regroupant les communes des Mureaux et de Verneuil-sur-Seine et le dernier, où se pratique le vol à voile, dépend de la commune de Thiverval-Grignon. Toussus-le-Noble est le plus grand aéroport d'affaires de la région parisienne. L'aérodrome militaire de Vélizy-Villacoublay abrite la base aérienne 107, qui héberge notamment l'escadron de transport 60 (ET 60) qui assure les transports du président de la République et des autorités gouvernementales. Énergie. Les Yvelines sont traversées par divers pipelines de transport d'hydrocarbures enterrées desservant les dépôts pétroliers de Gargenville et de Coignières ainsi que les stockages souterrains de gaz naturel de Beynes et de Saint-Illiers-la-Ville, qui représentent une longueur totale de . Il s'agit : - du réseau d'oléoducs LHP (Le Havre-Paris), exploité par Trapil (société des transports pétroliers par pipeline), qui suit le cours de la Seine et dessert notamment le site de Gargenville, d'où se détache une conduite à destination d'Orléans qui dessert au passage un terminal de livraison à Coignières, - du "pipeline" Île-de-France (PLIF) de la société Total qui relie le port du Havre à la raffinerie de Grandpuits, - du réseau de gazoducs de la société GRTgaz (ex-GdF). La « boucle volts », ligne à très haute tension de Réseau de transport d'électricité (RTE) qui ceinture l'Île-de-France, traverse les Yvelines dans le sens nord-sud, desservant deux postes électriques / qui alimentent le département : celui de Mézerolles (commune de Boinville-en-Mantois) dans le nord-ouest relié également à la centrale thermique de Porcheville (EDF) et à la Normandie par une autre ligne THT et le poste « Yvelines » (commune de Méré), situé dans le centre géographique du département. Ce dernier, relié par une ligne souterraine à volts au poste d'Élancourt qui dessert un million d'habitants dans les Yvelines, a été inauguré le 6 mars 2009. Réseau numérique. Le département des Yvelines a mis en place depuis 2004 un réseau numérique à très haut débit desservant l'est du département dans sa partie la plus urbanisée. Ce réseau de fibre optique de de long est construit et exploité par Eiffage Connectic 78, filiale du groupe Eiffage qui a reçu délégation du conseil général. Toponymie. Le nom d’Yvelines est emprunté à la "forêt d'Yveline" (au singulier), en bas-latin "Sylva aquilina" attesté au , puis par aphérèse "Evelina" et enfin "Iveline". Le pluriel "Yvelines" est erroné. Il s'agit d'une formation toponymique médiévale basée sur l'ancien français "ivel", "yvel" « réservoir d'eau ». "Ivel" est dérivé avec le suffixe diminutif "-ina" > "-ine" d'où le sens global de « [forêt de] petits cours d’eau, petit réservoir d'eau ». Le nom de l'Yvette pourrait avoir la même origine, le latin "aqua" « eau » est probable pour ce dernier, devenu "eve, ive" en ancien français, avec le suffixe diminutif "-ette". Au fil des siècles, "aqua" est devenu "ewe" en français au avant d'évoluer vers "eve", "aive" dans l'ouest de la France. Il est dérivé avec le suffixe "-el(lus)", d'où "ivel", "evel". On retrouve ce toponyme dans le nom de plusieurs communes situées dans la région de Rambouillet : Saint-Léger-en-Yvelines, La Queue-les-Yvelines (depuis 1883), Saint-Arnoult-en-Yvelines (depuis 1922), Vieille-Église-en-Yvelines (depuis 1940), Le Perray-en-Yvelines (depuis 1948), qui marquent ainsi leur rattachement à la région naturelle de l'Yveline. Il tend plus récemment à être ajouté au nom d'autres communes, telles Dampierre-en-Yvelines (depuis 1974), Prunay-en-Yvelines (depuis 1979), ou Trappes-en-Yvelines (non encore officialisé) ou de communautés d'agglomération comme Saint-Quentin-en-Yvelines (nom de la ville nouvelle créée en 1970), ou Mantes-en-Yvelines (communauté d'agglomération créée en 1999). C'est le poète Jehan Despert qui est « l'inventeur » du nom Yvelines pour ce nouveau département : il le proposa au premier président du conseil général Jean-Paul Palewski. Histoire. Les origines. Le territoire actuel des Yvelines est peuplé depuis les temps préhistoriques, en particulier sur les rives de la Seine où la présence de l'homme remonte à l'Elstérien supérieur (deuxième époque glaciaire du Pléistocène), il y a environ . On a retrouvé dans les alluvions de la Seine (boucles de Moisson et de Guernes) et dans les limons des plateaux de nombreux vestiges des civilisations acheuléennes (Paléolithique inférieur), moustériennes (Paléolithique moyen). D'autres sites attestent de l'implantation d"Homo sapiens" dans la région depuis le Paléolithique supérieur jusqu'à l'âge du fer. Les restes de monuments mégalithiques de la fin du Néolithique (environ 3000 ans ), notamment des sépultures collectives (allées couvertes) sont encore en place surtout dans le nord du département : notamment l'« Allée de la Justice » à Épône, la « Cave aux Fées » à Brueil-en-Vexin, le dolmen de la Pierre Ardoue à Saint-Léger-en-Yvelines. La période gauloise, au cours de laquelle la région se trouvait principalement dans le domaine des Carnutes, a laissé divers vestiges, le site le plus remarquable étant le sanctuaire celtique "(fanum)" de Bennecourt qui se trouvait à la frontière entre les cités des Carnutes, des Aulerques et des Véliocasses et qui a subsisté jusqu'à l'époque gallo-romaine. De l'époque gallo-romaine on a pu reconnaître plusieurs sites, dont celui de "Diodurum" (près de Pontchartrain), "vicus" des Carnutes qui se trouvait au croisement de deux importantes voies romaines ainsi que plusieurs "villae", notamment à Richebourg, Limetz-Villez et aux Mesnuls (La Millière), et un sanctuaire "(mithraeum)" dédié au dieu Mithra à Septeuil. Un réseau de voies romaines assez développé quadrillait le territoire. Reconnu par diverses méthodes alliant les observations sur le terrain à la prospection aérienne, il comportait de grands axes est-ouest et nord-sud reliant Paris à la Normandie et Beauvais à Chartres, et trois points de franchissement de la Seine à Mantes, Meulan et Poissy. De l'époque mérovingienne, on a retrouvé de nombreuses nécropoles, dont la plus importante se trouve à Vicq au centre du département. La présence de croix dans les sépultures atteste de la christianisation du territoire entre le et le . Au cours du , les Vikings remontent la Seine pour attaquer Paris et ravagent les régions traversées, massacrant par exemple les pêcheurs de Croissy en 845 et établissant un camp d'hivernage dans une île à Jeufosse vers 855. Les raids ne prennent fin qu'avec le traité de Saint-Clair-sur-Epte conclu en 911. À l'époque des rois capétiens, le territoire des Yvelines, bordé à l'ouest par la Duché de Normandie, entre progressivement dans le domaine royal. En 987, à l'avènement d'Hugues Capet, seule la chatellenie de Poissy, qui couvre le pays du Pincerais, en fait partie. De nombreux seigneurs locaux sont les vassaux du roi de France, mais certaines familles puissantes contestent sa suzeraineté : les comtes de Meulan, les comtes de Vexin au nord, les comtes de Montfort, les seigneurs de Rochefort au sud et ne seront soumises que sous Philipe Auguste. À cette époque le territoire se couvre de châteaux forts, dont il subsiste certains vestiges, ainsi que d'abbayes et prieurés. La guerre de Cent Ans. Le territoire des Yvelines vit se dérouler de nombreux conflits pendant la guerre de Cent Ans. En 1316, Mantes, Meulan, Bréval, Montchauvet sont données par le roi Philippe V le Long à son oncle Louis de France, comte d'Evreux, dernier fils de Philippe III le Hardi. À sa mort, la ville passe à son fils Philippe III, roi de Navarre et comte d'Evreux puis en 1343, à la mort de ce dernier, à son fils Charles II de Navarre dit Le Mauvais. En 1346, la chevauchée d’Édouard III éprouve durement le territoire. Après avoir pris la Normandie, les Anglais occupent et pillent les villes de la vallée de la Seine, Mantes, Meulan et Poissy, où le roi d'Angleterre Édouard III s'installe dès le mois d'août et juste avant la bataille de Crécy. Du 13 au 16 août 1346, c'est la chevauchée du prince de Galles, Édouard de Woodstock, fils aîné d'Édouard III d'Angleterre, dit « le Prince noir », âgé de seize ans, qui partant de Poissy incendie l'abbaye de Joyenval et le château de Saint-Germain et poursuit ses dévastations vers l'est jusqu'à Bourg-la-reine. En 1364, Charles V attaque les possessions de Charles II de Navarre. Prenant prétexte des méfaits de brigands retranchés à Rolleboise qu'il cherche à combattre, Bertrand du Guesclin parvient à pénétrer à Mantes et à s'emparer de la ville le 7 avril 1364, puis de Meulan le 11 avril. Ces terres seront restituées à Charles V au traité d'Avignon de 1365 en échange de Montpellier. Retombée ensuite sous le joug anglais, Mantes-la-Jolie n'est définitivement libérée qu'en 1449. L'époque moderne. En 1561, du 9 au 26 septembre, se tient à l'initiative de Catherine de Médicis le colloque dit de Poissy, qui réunit 46 prélats catholiques, 12 ministres du culte protestant et une quarantaine de théologiens afin de maintenir la paix religieuse en France. Mais l'assemblée, prolongée au château de Saint-Germain-en-Laye, se termine sur un échec. Le 17 janvier 1562, Catherine de Médicis fait signer au roi Charles IX, alors âgé de douze ans, l'édit de Saint-Germain, un édit de tolérance qui autorise les réformés à pratiquer leur religion dans certaines conditions mais qui n'empêche pas le déclenchement des guerres de religion. Celles-ci frappent la région, Poissy est prise et pillée par les Huguenots en 1567. En 1631, le roi Louis XIII fit construire le premier château de Versailles sur l'emplacement d'un pavillon de chasse acquis en 1624, et en 1632 acquiert les droits seigneuriaux de Versailles. En 1682, Louis XIV décide de transférer la Cour à Versailles. En 1760, Christophe-Philippe Oberkampf crée à Jouy-en-Josas la manufacture de toiles imprimées (connues sous le nom de toile de Jouy), qui deviendra manufacture royale en 1783. Versailles, ville du roi et siège du gouvernement, fut aussi le théâtre d'événements de portée nationale qui marquèrent la première phase de la Révolution au cours de l'été 1789 : le 4 mai, l'ouverture des États généraux qui se forment en « Assemblée nationale » le 17 juin, puis le 20 juin, les députés du tiers état réunis dans la salle du Jeu de paume prêtent le serment du Jeu de paume et s’engagent à ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution écrite à la France, enfin le 9 juillet, l'Assemblée se proclame Assemblée constituante. Dès l'automne 1789, Versailles est désertée par le roi, l'Assemblée et les administrations, partis à Paris, et perd rapidement la moitié de sa population qui tombera à moins de en 1806. Le , c'est la création du département de Seine-et-Oise, dont le chef-lieu est fixé à Versailles. La ville récupère ainsi l'administration du département, qui comprend une assemblée de 36 membres et un directoire de huit membres. Ces organes de direction étaient flanqués de « représentants du peuple en mission » qui exerçaient la réalité du pouvoir. Le et les jours suivants, Versailles fut le théâtre de massacres à l'encontre de prisonniers d'Orléans dont le convoi passait par la ville. On estime le nombre de victimes à 70. L'époque contemporaine. En 1814, après la première abdication de Napoléon, Versailles et une grande partie des Yvelines sont occupées par l'armée prussienne, puis à nouveau en 1815, après les Cent-Jours, Waterloo et la chute définitive de l'empereur. La bataille de Rocquencourt remportée le juillet 1815 par le général français Exelmans fut sans lendemain, l'état-major français ayant décidé de signer l'armistice dès le 3 juillet suivant. La guerre franco-prussienne de 1870 a particulièrement touché le territoire des Yvelines, les troupes prussiennes qui assiègent Paris font leur entrée à Versailles dès le et soumettent tout le département à des réquisitions et commettent des exactions en représailles aux actions des francs-tireurs. Des villages sont incendiés, tel Mézières-sur-Seine le 22 septembre de la même année. Le 18 janvier 1871, , le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume, se fait proclamer empereur d'Allemagne dans la Galerie des Glaces. Le château de Versailles fut par la suite le cadre d'un autre événement historique : la signature le du Traité de Versailles qui mit fin à la Première Guerre mondiale entre les Alliés et l'Allemagne. Revanche voulue par Clemenceau : la cérémonie eut lieu dans la même galerie des Glaces. La même année est signé avec l'Autriche-Hongrie le traité de Saint-Germain, suivi en 1920 du traité de Trianon De 1871 à 1879, le gouvernement de la Troisième République siège à Versailles. Par la suite et jusqu'en 1953, l'élection du Président de la république par les deux chambres du parlement se fait à Versailles à 17 reprises. Au tournant des , les Yvelines sont le théâtre de plusieurs épisodes des débuts de l'aviation. En particulier, Clément Ader fit en 1890 un de ses premiers vols avec "Éole" sur le plateau de Satory, puis le avec l"Avion 3", son premier vol de . L'essai se termina par la destruction de l'appareil et Ader, sans soutien financier de l'État abandonna ses recherches. L'année 1910 est marquée par la grande crue de la Seine, considérée comme la crue de référence centennale de la Seine, qui affecte les communes riveraines du fleuve entre le 20 janvier et le 2 février. En 1925, l'exécution de Landru à Versailles marque l'épilogue d'une célèbre affaire criminelle qui s'est déroulée notamment à Vernouillet et Gambais. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les Yvelines sont occupées par l'armée allemande dès le 13 juin 1940, alors que la majeure partie de la population avait fui devant l'avance allemande, c'est l'exode qui laissa presque vides pendant quelques mois la plupart des agglomérations. Ainsi à Versailles, il ne subsiste que sur . L'année 1944 est marquée par les bombardements alliés qui visent notamment les ponts sur la Seine, les gares et les zones industrielles. Certains font de nombreuses victimes parmi la population, comme à Trappes, à Mantes-la-Jolie dont le centre ancien est dévasté et à Versailles. La libération du département par l'armée américaine intervient entre le 19 et le 29 août 1944. Elle s'accompagne de drames comme le massacre de 27 résistants à Chatou le 25 août, la veille de la libération de la ville. En 1951, le quartier général du commandement allié en Europe (SHAPE, "Supreme Headquarters Allied Powers Europe") s'installe dans le camp Voluceau à Rocquencourt, où il resta jusqu'en 1967, année de son transfert en Belgique. De la Seine-et-Oise aux Yvelines. La création du département des Yvelines a été décidée par la loi du portant réorganisation de la région parisienne, qui a procédé au démembrement des anciens départements de Seine et Seine-et-Oise créés en 1790. Le nouveau département comprend la partie ouest de la Seine-et-Oise, à savoir la presque totalité des arrondissements de Mantes-la-Jolie (sauf le canton de Magny-en-Vexin), Saint-Germain-en-Laye (sauf le canton de Rueil-Malmaison) et Versailles, une grande partie de l'arrondissement de Rambouillet et une petite partie de l'arrondissement de Pontoise (canton de Houilles). Il conserve de la Seine-et-Oise, dont il est issu, le code départemental 78, son chef-lieu, Versailles et son blason. Il est découpé en trente-et-un cantons. Par la suite, ce nombre est porté à trente-neuf pour tenir compte de l'évolution démographique. Par décret du , la date officielle de mise en œuvre de cette réforme a été fixée au , date à laquelle est entré en fonction le nouveau conseil général élu en 1967. Le premier président du conseil général des Yvelines fut Jean-Paul Palewski, conseiller général du canton de Saint-Germain-en-Laye et par ailleurs député UDR de la deuxième circonscription (Saint-Germain-en-Laye - Chatou). Il resta président du conseil général des Yvelines jusqu'à sa mort en décembre 1976. L'année suivante, en 1969, les communes de Châteaufort et Toussus-le-Noble sont rattachées aux Yvelines au détriment de l'Essonne. C'est le poète yvelinois Jehan Despert qui est à l'origine du nom du département, inspiré de celui, mis au pluriel, de l'ancienne forêt d'Yveline dont l'actuel massif forestier de Rambouillet est une relique. Charles de Gaulle souhaitait appeler le nouveau département « Versailles », et « Val de Seine » avait également été proposé. Mais c'est le nom suggéré par Jehan Despert qui a été adopté par l'Assemblée nationale en 1968, sur proposition de Jean-Paul Palewski. Les Yvelines depuis 1968. La croissance démographique soutenue, amorcée au début des années 1960, s'est poursuivie après la création du nouveau département, amplifiée à partir de 1972 par la création de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines en application de l'art. 3 de la loi 70-610 du 10 juillet 1970 tendant à faciliter la création d'agglomérations nouvelles. Deux faits divers qui se produisent dans les Yvelines, le premier à Élancourt en 1968, le second dans la forêt de Rambouillet en 1979, sont à l'origine d'affaires politiques au retentissement national, l'affaire Marković et l'affaire Robert Boulin. Les Yvelines accueillent le premier sommet (G6) du groupe des pays les plus industrialisés en 1975 au château de Rambouillet, puis la huitième manifestation du genre (G7) en juin 1982 au château de Versailles. Le parlement français se réunit en congrès à Versailles à seize reprises depuis 1968. L'enseignement supérieur universitaire se développe dans les Yvelines à partir de 1985 par l'implantation à Versailles et Saint-Quentin-en-Yvelines d'antennes d'universités parisiennes, puis en 1991 avec la création de l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et de l'IUT de Vélizy-Rambouillet, suivies en 2001 de celles de l'IUT de Mantes-la-Jolie. Fin 2006, un nouveau bâtiment pour l'école nationale de musique est inauguré à Mantes-la-Jolie. Dans le domaine culturel, le musée départemental Maurice Denis « Le Prieuré » est créé à saint-Germain-en-Laye en 1976 et les archives départementales sont transférées en 2003 dans un nouvel immeuble adapté à la conservation des documents à Montigny-le-Bretonneux. Diverses infrastructures sont créées ou aménagées. Le port fluvial de Limay-Porcheville est ouvert en 1970. La SNCF complète l'électrification du réseau, notamment les sections Plaisir-Épône en 1977 et Plaisir-Dreux en 1984 (pour lesquelles on adopte le courant alternatif monophasé ), et rouvre un tronçon de de la Grande ceinture Ouest en 2004. Dans les années 1990, la route nationale 12 est transformée en voie express, l'A14 est mise en service (1996). L'A86 est bouclée par un tronçon souterrain en 2009. La ligne de tramway T6 atteindra Viroflay en 2013. Outre les viaducs de l'A14, deux nouvelles traversées routières de la Seine sont créées à Mantes-la-Jolie (contournement est, 1993) et à Triel-sur-Seine (2003). À partir de 2002, le département met en place un réseau de communication en fibres optiques à haut débit reliant les principaux sites économiques, scientifiques et universitaires. En , la vague de violence urbaine qui touche la banlieue parisienne n'épargne pas les Yvelines qui comptent plusieurs « cités sensibles ». Elle ne fait pas de victimes mais embrase toutes ces cités à Achères, Les Mureaux, Mantes-la-Jolie, Sartrouville, Trappes, Chanteloup-les-Vignes. L'état d'urgence est décrété dans l'ensemble du territoire métropolitain le 9 novembre d'abord pour 12 jours, puis prolongé trois mois. Depuis, des incidents se produisent sporadiquement. Deux opérations d'intérêt national (OIN), lancées en mars 2006, Seine-Aval et Massy, Saclay, Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines, qui concernent au total 73 communes du département, présentent un enjeu d'avenir important pour les Yvelines. Économie. Généralités. Emploi. Avec (recensement 2006), soit 9,8 % du total régional, l'économie des Yvelines se situe au quatrième rang des départements de l'Île-de-France après Paris, les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis, et le premier de la grande couronne. Comme dans le reste de la région, le secteur tertiaire est largement dominant avec 75,7 % des emplois, mais nettement moins que dans les autres départements franciliens (81,8 % en moyenne régionale). Par contre les Yvelines sont le département le plus industrialisé d'Île-de-France avec industriels, soit 16,4 % du total régional. L'agriculture occupe une place marginale avec 0,9 % des emplois, part qui n'est cependant dépassée dans la région qu'en Seine-et-Marne (2,2 %). L'économie départementale s'est montré relativement dynamique entre 1999 et 2006 avec une croissance de l'emploi total de 7,5 %, inférieure toutefois à la croissance moyenne régionale (+ 9,3 %). Le département est découpé en sept zones d'emploi qui se partagent très inégalement le territoire. L'Insee définit une zone d'emploi comme un espace géographique à l'intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent. Celle de Versailles couvre la plus grande partie du territoire, la partie nord (vallée de la Seine) étant divisée en quatre zones d'emploi : Mantes-la-Jolie, Les Mureaux, Poissy et Nanterre, et quelques communes de la frange sud-est étant rattachées aux zones d'emploi d'Orsay et de Dourdan. Production et commerce extérieur. Le produit intérieur brut (PIB) par habitant s'élève à (année 2005), contre en moyenne nationale, plaçant les Yvelines au quatrième rang des départements français après Paris, les Hauts-de-Seine et le Rhône. Les échanges extérieurs des Yvelines s'élèvent en 2008 pour les exportations à d'euros et pour les importations à d'euros, soit un taux de couverture de 47,8 %, inférieur à la moyenne francilienne (53 %). Ces échanges représentent 15,6 % (export) et 13,9 % (import) du commerce extérieur francilien. Nettement déficitaires, ils sont dominés par le secteur automobile. En valeur, les produits de la construction automobile et les équipements pour automobile représentent 36,6 % des exportations et 50,5 % des importations du département, suivis du matériel médico-chirurgical et d'orthopédie, 14,6 % et 6,8 % respectivement. Les principaux pays partenaires sont les membres de l'Union européenne (58,5 % des exportations et 77,4 % des importations) notamment le Royaume-Uni et l'Allemagne. Avec ce dernier pays qui fournit près d'un tiers des importations yvelinoises, le taux de couverture n'est que de 16,5 %. Principaux secteurs économiques. Agriculture. Avec actifs (dont agriculteurs exploitants) en 2006, soit 0,9 % du total, . Cependant cette activité mobilise et façonne une part importante du territoire. La surface agricole utile (SAU) s'élevait à hectares en 2000 (dernier recensement général agricole) soit 43 % du total. Ce territoire agricole, ajouté aux 32 % de territoire boisé, donne aux Yvelines un caractère rural marqué, malgré leur proximité de Paris. Le nombre d'exploitations agricoles ( en 2000) est en forte baisse (-5,2 % par an entre 1988 et 2000, -59,6 % sur la période 1970-2000), tandis que leur superficie moyenne augmentait fortement, passant de 33,6 à entre 1970 et 2000, soit une augmentation de 112,9 %. En 2000, environ les deux tiers (65,4 %) des exploitations se consacraient à la grande culture céréalière et 12,6 % à l'élevage, le reste se partageant entre la polyculture, les cultures permanentes (vergers), le maraîchage et l'horticulture (fleurs), la tendance générale à la baisse étant la moins forte pour la grande culture et l'élevage. Les productions végétales sont dominantes. Les céréales occupaient en 2000 plus de 60 % de la SAU, les oléagineux (colza) et protéagineux (pois, féverole) 17,6 %, les prairies et fourrages 7,4 % et la jachère 8,4 %. Le cheptel départemental comprenait en 2000 notamment bovins, ovins, équidés et 249 milliers de têtes de volailles. La part de l'élevage dans la production exprimée en valeur est secondaire : 9 % contre 39 % pour les céréales, 19 % pour les fruits et légumes frais, 15 % pour les fleurs et plantes et 10 % pour les oléagineux et protéagineux. La production de la « volaille de Houdan » est protégée par une indication géographique protégée (IGP) dont l'aire géographique s'étend sur 164 communes de l'ouest des Yvelines (auxquelles s'ajoutent de nombreuses communes de l'Eure et d'Eure-et-Loir). Industrie. En 2006, le secteur de l'industrie occupait dans les Yvelines , soit 17,7 % de l'emploi total, taux nettement supérieur à la moyenne régionale (10,6 %) mais inférieur à la moyenne nationale (29,6 %). Bien que les Yvelines restent le département le plus industrialisé d'Île-de-France, la part des emplois industriels tend à baisser au fil des ans au profit du secteur tertiaire. Elle s'élevait à au recensement de 1999 (20,2 % de l'emploi total) et a baissé de 6,4 % en nombre d'emplois entre 1999 et 2006. Les principaux secteurs représentés dans les Yvelines sont l'automobile, l'aéronautique, l'industrie aérospatiale et la défense, les équipements électroniques et les services informatiques, les bio-industries cosmétiques, parfumerie, agro-industries, la santé, les éco-industries. Les industries sont concentrées sur un nombre limité de communes situées d'une part dans le nord, dans la vallée de la Seine, berceau historique de l'industrialisation du département, d'autre part dans l'est, dans la zone Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines. Les principales communes industrielles, où l'emploi industriel représente plus de la moitié des emplois, sont Flins-sur-Seine / Aubergenville, Les Mureaux, Poissy, Vélizy-Villacoublay et Saint-Quentin-en-Yvelines (communauté d'agglomération). Autres communes importantes comptant plus de 30 % d'emploi industriel : Mantes-la-Jolie, Limay, Conflans-Sainte-Honorine, Sartrouville, Houilles, Plaisir, Versailles, Rambouillet. L'automobile est la principale activité industrielle des Yvelines avec en 2006. Ce secteur se caractérise par la présence de grands établissements employant plus de 1000 salariés. Il comprend des centres de production (Renault à Flins/Aubergenville, PSA à Poissy), des centres de recherche (Technocentre Renault à Guyancourt, centres techniques de PSA à Vélizy et Carrières-sous-Poissy), des sièges sociaux de groupes étrangers à Saint-Quentin-en-Yvelines et de nombreux sous-traitants. En 2009, le conseil général des Yvelines a fait du soutien et de la promotion de la filière automobile, très affectée par la crise économique, une de ses priorités dans le cadre d'un projet intitulé « Vallée de l'Automobile ». Celle-ci incluait le projet controversé de construction d'un circuit de Formule 1 à Flins-sur-Seine, projet abandonné par la suite. Secteurs particuliers de l'industrie yvelinoise : les aciéries électriques Alpa de Gargenville et Iton-Seine de Bonnières-sur-Seine, toutes deux filiales du groupe italien Riva, et la facture d'instruments de musique à Mantes-la-Ville avec les sociétés Henri Selmer Paris (saxophones) et Buffet-Crampon (clarinettes), premiers fabricants mondiaux dans leurs domaines respectifs. Recherche. Les Yvelines concentrent un nombre important de chercheurs du secteur privé et du secteur public. La recherche est fortement concentrée dans la zone géographique de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines. Trois secteurs sont particulièrement représentés : Commerce. En 2006, le secteur du commerce occupait dans les Yvelines, soit 14,2 % de l'emploi total, en progression de 11,3 % par rapport au recensement précédent (1999). Le département compte, en 2008, 186 grandes surfaces alimentaires, dont 21 hypermarchés. La densité en hyper et supermarchés s'élevait en 2004 à pour 1000 habitants, plaçant le département au quatrième rang en Île-de-France, après les trois autres départements de la grande couronne (Seine-et-Marne, Essonne, Val-d'Oise). On y trouve également six centres commerciaux régionaux, tous concentrés dans le centre-est du département (zone Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines) : Parly 2 (Le Chesnay), Vélizy 2 (Vélizy-Villacoublay), Espace Saint Quentin et SQY Ouest (Saint-Quentin-en-Yvelines), Pariwest (Maurepas), Grand Plaisir (Plaisir). Le magasin Auchan de Vélizy 2 est le premier hypermarché de France par son chiffre d'affaires (307 millions d'euros en 2008) et propose sur . Des zones commerciales importantes se sont développées spontanément le long des principaux axes routiers en sortie d'agglomération, comme le CD 113 à Orgeval, la D11 aux Clayes-sous-Bois et la RN 10 à Coignières. Le commerce traditionnel de centre-ville se maintient dans certaines villes comme Versailles, Poissy ou Saint-Germain-en-Laye. Cette dernière, avec 850 commerces, s'affirme comme « le plus grand centre commercial à ciel ouvert de l’ouest parisien ». Tourisme. Le tourisme dans les Yvelines, favorisé par la proximité de Paris, est fortement marqué par la présence du château de Versailles, qui est l'une des principales attractions touristiques de la France. Les sites les plus fréquentés par les touristes étaient en 2007 dans l'ordre le château de Versailles (), le parc zoologique de Thoiry (), France Miniature à Élancourt () et l'espace Rambouillet (). Le château de Versailles se classait à la quatrième place des sites payants d'Île-de-France, après Disneyland Resort Paris, le musée du Louvre et la tour Eiffel (chiffres 2008). Ces sites prestigieux tendent toutefois à éclipser les nombreux points d'intérêt du département, liés principalement à son histoire. Six villes s'honorent du titre de « villes royales ». Outre Versailles et Saint-Germain-en-Laye, il s'agit de Poissy qui a vu naître Saint Louis, Mantes-la-Jolie, Marly-le-Roi et Rambouillet. De nombreux châteaux, anciennes résidences royales, ou demeures des familles puissantes, proches du pouvoir, sont ouverts à la visite. Les plus connus sont ceux de Versailles, Saint-Germain-en-laye, Rambouillet, Breteuil, Maisons-Laffitte, Thoiry. S'y ajoutent quelques rares vestiges de châteaux-forts plus anciens, comme le château de la Madeleine à Chevreuse. Le département dispose en 2009 de cent-trente-deux hôtels, dont sept de la catégorie 4 étoiles et luxe, pour chambres, de dix-huit terrains de camping pour emplacements. Les résidences secondaires représentaient en 1999 seulement 1,8 % du nombre total de logements, soit résidences secondaires. Pour les randonneurs et promeneurs, le département est équipé d'environ de sentiers balisés inscrits dans le « schéma départemental de la randonnée pédestre des Yvelines adopté en 1995. Parmi ceux-ci figurent des sentiers de grande randonnée: le GR 1 (tour de Paris) et le GR 11 (grand tour de Paris), le GR 2 qui suit le cours de la Seine par la rive droite, le GR 22 de Paris au mont Saint-Michel, qui traverse la forêt de Rambouillet, le GR 26 qui suit le cours de la Seine par la rive gauche et le GR Pays des Yvelines qui parcourt le département dans sa frange ouest. Dans la vallée de la Seine, berceau de l'impressionnisme, deux chemins ponctués de reproductions de tableaux sur les lieux même où ils ont été peints sont proposés : le « chemin des impressionnistes », qui parcourt neuf communes, Carrières-sur-Seine, Chatou, Croissy-sur-Seine, Bougival, Louveciennes, Marly-le-Roi, Le Port-Marly, Le Pecq et Noisy-le-Roi, et le « parcours des impressionnistes » qui parcourt sept autres communes, Mantes-la-Jolie, Saint-Martin-la-Garenne, Vétheuil, Moisson-Lavacourt, Limetz-Villez, Bennecourt et Bonnières-sur-Seine. Développement. Opérations d'intérêt national. Deux opérations d'intérêt national (OIN), lancées en mars 2006, intéressent les Yvelines. L'opération Seine-Aval, qui concerne 51 communes riveraines de la Seine et entre Conflans-Sainte-Honorine et Bonnières-sur-Seine, vise à requalifier un territoire touché par la désindustrialisation. L'opération Massy, Saclay, Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines, qui concerne 49 communes (22 des Yvelines et 27 de l'Essonne) et , a pour but de créer un pôle scientifique de dimension internationale. Pépinières d'entreprises. Le département compte plusieurs pépinières ou incubateurs d'entreprises Zones franches urbaines. Le département des Yvelines compte quatre zones franches urbaines (ZFU). Ce sont les suivantes : ZFU Bécheville, Les Bougimonts, L’Île-de-France, La Vigne Blanche, Les Musiciens (Les Mureaux), ZFU Le Val-Fourré (Mantes-la-Jolie), ZFU Le Plateau, Cité des Indes (Sartrouville) et ZFU Les Merisiers (Trappes). Les deux premières ont été créées en 1996, les deux dernières en 2004. Démographie. Les Yvelines sont le quatrième département francilien, après Paris, les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis, et le neuvième de France. Son poids démographique est de 11,8 % au niveau régional et 2,2 % au niveau national (France métropolitaine). La densité de population s'établit à en , très supérieure à la densité moyenne de la France métropolitaine (), mais nettement en dessous du niveau régional (). Évolution démographique. La population des Yvelines a connu une forte croissance depuis la création du département (elle a quasiment doublé entre 1962 et 1999). Cette croissance, forte jusqu'au milieu des années 1970 s'est ralentie depuis, le taux moyen de croissance annuelle, égal à 3,45 % de 1968 à 1975, tombant à 0,39 % entre 1990 et 1999, 0,43 % entre 1999 et 2006 et 0,25 % entre 2006 et 2013. Elle est le résultat d'un solde migratoire largement positif jusqu'en 1975, mais qui faiblit ensuite jusqu'à devenir négatif depuis 1990, et d'un solde naturel qui s'est maintenu autour de 1 % par an mais qui a commencé à fléchir à partir de 1999. Pyramide des âges. Avec 27,8 % de jeunes de moins de 20 ans en 2006 (contre 26,1 % au niveau régional et 24,8 % au niveau national - France métropolitaine), les Yvelines sont un département relativement jeune. Toutefois, la population tend à vieillir au fil des recensements. Répartition de la population. La densité moyenne de la population s'établit à en 2006, très supérieure à la densité moyenne de la France métropolitaine (), mais nettement en dessous du niveau régional (). Cette moyenne recouvre d'importantes disparités. En effet, les 3/4 du territoire situés pour l'essentiel dans l'ouest et dans le sud ont une densité de population inférieure à la moyenne. Dans ces zones, 85 communes rurales représentant un peu plus de la moitié du département ont une densité inférieure à . À l'opposé, les zones les plus urbanisées situées dans le nord-est, dans la continuité de l'agglomération parisienne, ont une densité très supérieure, approchant les à Houilles et au Chesnay. Cette répartition fait apparaître deux axes d'urbanisation préférentiels : le premier d'est en ouest de Chatou à Mantes-la-Jolie et Bonnières-sur-Seine le long de la vallée de la Seine, le second du nord-est vers le sud-ouest, de Viroflay et Versailles en direction de Rambouillet le long de la route nationale 10 (et secondairement le long de la route nationale 12 vers Plaisir). Ce dernier a reçu une forte impulsion avec la création de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines au sud-ouest de Versailles, qui rassemble en 2006 10,5 % de la population du département. Logement. En 2003, les Yvelines comptent logements sociaux sur résidences principales, soit 21,4 % contre un taux moyen de 24,9 % en Île-de-France. La répartition des logements sociaux montre de très fortes disparités, ce taux atteignant, par exemple, 63,1 % à Trappes en 2006, 61,3 % à Chanteloup-les-Vignes, 54,2 % à Mantes-la-Jolie, 50,2 % aux Mureaux ou bien encore 50 % à Guyancourt. Ces villes respectent la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains. La loi SRU, votée en 2000, impose aux communes de plus de 3500 habitants d'atteindre un quota de 20 % de logements sociaux. Sociologie. Composition des ménages. Sur les ménages recensés en 2006, 27,4 % étaient des ménages d'une seule personne, 25,4 % des couples sans enfants, 36,1 % des couples avec enfants et 8,8 % des familles monoparentales. Niveau de formation. En 2006, un peu plus du tiers (35,7 %) de la population non scolarisée de plus de 15 ans était titulaire d'un diplôme de l'enseignement supérieur (bac + 2 ou supérieur), et 15,3 % n'avait aucun diplôme. Au niveau régional, ces pourcentages s'élevaient respectivement à 33,4 % et 18,3 %. Revenus et niveau de vie. En 2006, le département comptait foyers fiscaux, dont imposables sur le revenu, soit 70 %, taux supérieur à la moyenne francilienne (63,9 %) et à la moyenne nationale (53,6 %). Le revenu net imposable moyen des foyers fiscaux imposés s'élevait à euros, soit un montant plus de quatre fois supérieur à celui des foyers fiscaux non imposables ( euros). En 2010, le revenu fiscal médian par ménage était de , faisant des Yvelines le département le plus riche de France, devant l'Essonne () et les Hauts-de-Seine (). Dans le classement national pour l'année 2010 des communes en fonction du revenu fiscal médian par ménage, neuf des dix premières communes françaises sont yvelinoises : Saint-Nom-la-Bretèche (), Aigremont (2e), Milon-la-Chapelle (5e), Feucherolles (6e), Chavenay (7e), Fourqueux (8e), Herbeville (9e), Saint-Lambert (10e) avec un revenu médian s'échelonnant de à . Immigration. En 2006, les Yvelines comptaient (c'est-à-dire, selon la définition retenue par l'Insee, de personnes nées étrangères à l'étranger et résidant en France), soit 8,3 % de la population immigrée de l'Île-de-France et 11,6 % de la population totale du département. Ce dernier taux, nettement inférieur à la moyenne régionale égale à 16,9 %, est en augmentation par rapport au recensement de 1999 : 10,4 %. Politique et administration. Les Yvelines, qui ont longtemps abrité au château de Versailles la cour du roi de France, jouent encore un rôle, plus modeste, dans la politique nationale : c'est en effet à Versailles que le Parlement se réunit périodiquement en Congrès pour adopter les révisions de la constitution lorsque celles-ci se font par voie parlementaire. Le département a accueilli à deux reprises une réunion du groupe des pays les plus riches du monde : le G6, première manifestation du genre, en 1975 au château de Rambouillet et le G7 en 1982 au château de Versailles. Présidents du conseil général des Yvelines. Cinq présidents se sont succédé à la tête du conseil général des Yvelines depuis l’élection du premier en 1967 : Jean-Paul Palewski meurt en fonctions le 10 décembre 1976. Pierre Bédier est démis de ses fonctions le 22 mai 2009, à la suite d'une condamnation à six ans d'inéligibilité. Du 25 mai au 3 juillet 2009, Christine Boutin (PCD), alors première vice-présidente du conseil général exerce la fonction de présidente par intérim. Découpage administratif. Le département est découpé en quatre arrondissements, vingt-et-un cantons et deux-cent-soixante-deux communes, dont la plus petite d'Île-de-France, Le Tartre-Gaudran, qui ne compte que 31 habitants. Son chef-lieu, Versailles, est aussi la commune la plus peuplée du département avec (2006). Les quatre arrondissements sont les suivants : Le département des Yvelines compte en 2017 une communauté urbaine, cinq communautés d'agglomération et cinq communautés de communes regroupant 261 des 262 communes du département. Il existe également de nombreux syndicats intercommunaux créés pour gérer des questions spécifiques telles que l'alimentation en eau potable, la gestion de collèges ou de lycées, de piscines, de bases de loisirs La communauté urbaine est la suivante : Les cinq communautés d'agglomération sont les suivantes : Les cinq communautés de communes sont les suivantes : Représentation et tendances politiques. La représentation du département est assurée : La tendance politique des Yvelines penche nettement à droite, comme en atteste ses diverses représentations politiques. La majorité départementale « Ensemble pour les Yvelines » comprend 28 conseillers généraux sur 39, dont 25 UMP, un Nouveau Centre et deux DVD. Appartiennent aussi à l'UMP 10 députés sur douze, un appartenant au Nouveau Centre et quatre sénateurs sur six. Le douzième député est une représentante d'Europe Écologie élue en juillet 2010 dans la circonscription de Rambouillet Les résultats des élections récentes confirment cette tendance même si, des municipales de 2008 aux législatives de 2012, les partis de gauche avaient progressé dans plusieurs agglomérations urbaines du département. Ainsi lors de l'élection présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy recueille, au second tour, une majorité de 54,30 % nettement supérieure à la moyenne nationale de 48,36 %. Le département semble être sensible au découpage électoral biaisé, à la vue des , , et circonscriptions électorales. Politique locale. Le département des Yvelines est dirigé par le conseil départemental des Yvelines, assemblée délibérante départementale composée de quarante-deux conseillers départementaux dont trente-deux Les Républicains, cinq de l'Union des démocrates et indépendants deux du Parti chrétien-démocrate, un du Centre national des indépendants et paysans et deux divers droite, tous composant la majorité. Il est présidé par Pierre Bédier (Les Républicains), conseiller départemental du canton de Mantes-la-Jolie. Le président est assisté de douze vice-présidents. Les décisions du Conseil départemental sont préparées par un travail en commission : il existe une commission permanente de 24 membres représentant toutes les sensibilités politiques et des commissions spécialisées s'occupant de : complétées par deux commissions spécifiques la commission de Médiation et la commission du Règlement. Budget. En 2007, le département disposait d’un budget de millions d'euros dont millions d'euros de fonctionnement (78,8 %) et millions d'euros d’investissement (21,2 %), qui se caractérisait également par l'absence totale d'endettement. La même année, les impôts directs contribuaient au budget de fonctionnement pour 36,1 %, les impôts indirects (dont les droits de mutation) pour 40,9 % et les dotation de l'État (dont la dotation globale de fonctionnement) pour 17,1 %. Fiscalité locale. Les taux départementaux des quatre taxes locales sont inchangés depuis 2003 et sont les plus bas tant dans la région Île-de-France que dans la strate des départements comparables. Ils s’élèvent à 4,80 % pour la taxe d'habitation, 4,60 % et 16,54 % pour la taxe foncière sur le bâti et le non bâti et 4,53 % pour la taxe professionnelle. Coopération internationale. Le conseil général des Yvelines a conclu des accords de partenariat avec des collectivités locales étrangères. Il s'agit de six communes du département du Mono au Bénin, du département de la Cuvette au Congo, de la fédération des municipalités de Kesrouan au Liban, du conseil régional de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër au Maroc, des conseils régionaux de Matam et Saint-Louis au Sénégal. Ces actions, qui s'inscrivent dans une perspective d'aide au développement, sont menées avec l'aide de divers organismes, communes, CCI, ONG. Par ailleurs, en 2009, on compte 152 jumelages entre des communes yvelinoises et des communes étrangères, principalement d'Europe : Allemagne : 64, Royaume-Uni : 36, Italie : 8, Espagne, Portugal : 7, Pologne : 5, États-Unis : 4, Autriche, Belgique : 3, Grèce, Mali, Roumanie : 2, Canada, Irlande, Israël, Maroc, Niger, Pays-Bas, République tchèque, Sénégal, Suisse : 1. Identité visuelle. Logos successifs du département des Yvelines. Services publics. Justice. Le département des Yvelines appartient au ressort de la cour d'appel de Versailles, créée en 1975, qui s'étend aussi sur les départements d'Eure-et-Loir, des Hauts-de-Seine et du Val-d'Oise. Le chef-lieu, Versailles, accueille une cour d'assises, des tribunaux d’instance et de grande instance, de commerce, ainsi qu'un conseil de prud’hommes. Les villes de Mantes-la-Jolie, Poissy, Rambouillet et Saint-Germain-en-Laye disposent d'un tribunal d’instance et d'un conseil de prud’hommes. En matière de justice administrative, Versailles est le siège d'un tribunal administratif et depuis 2004 d'une Cour administrative d'appel dont le ressort couvre les tribunaux administratifs de Cergy-Pontoise et de Versailles. L'accès au droit est facilité par diverses institutions : Conseil départemental de l'accès au droit des Yvelines, maisons de justice et du droit aux Mureaux et à Saint-Quentin-en-Yvelines (avec des antennes à Trappes et Guyancourt), points d'accès aux droits à Fontenay-le-Fleury, Achères, Sartrouville, Chanteloup-les-Vignes Le barreau de Versailles, créé en 1825, regroupe plus de 600 avocats. Le département compte trois établissements pénitentiaires : la maison centrale de Poissy, et les maisons d'arrêt de Versailles (créée en 1789, c'est le plus ancien centre pénitentiaire des Yvelines) et de Bois-d'Arcy. Depuis 2008, l'un des sept établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) créés en application de la loi Perben I de 1962, est en service à Porcheville. Réservé aux jeunes détenus âgés de 13 à 18 ans, il offre 60 places. Défense. Le département des Yvelines relève de la région terre Île-de-France, dont le siège est basé à l’hôtel des Invalides de Paris, et de la Zone de défense et de sécurité de Paris. L’état-major de la région terre Île-de-France (EMIAZDP ou état-major interarmées de la zone de défense de Paris) est basé au camp des Loges à Saint-Germain-en-Laye. Pour les Yvelines, un délégué militaire départemental est basé à Versailles, caserne d'Artois. Ce délégué, au grade de colonel, est le correspondant du préfet pour les questions de Défense. Plusieurs sites, ayant souvent une longue tradition militaire, accueillent des corps ou institutions militaires dans le département. C'est le cas notamment de Versailles avec le camp de Satory où se trouvent la Structure intégrée de maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres (SIMMT), le Service industriel de maintien en condition opérationnelles des matériels terrestres de l'Armée de terre (SIMTer), la Section technique de l'Armée de terre (STAT), la base de soutien au sommandement ( BSC), le Groupement blindé de gendarmerie mobile, le Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), et du camp des Loges à Saint-Germain-en-Laye avec le bataillon du Train, la Direction régionale du service infrastructure Île-de-France et le Commissariat de l'Armée de terre de Paris. Près de Versailles se trouvent des bases aéronautiques, la Base aérienne 107 à Vélizy-Villacoublay, et l'Établissement de l'aéronautique navale (EAN) à Toussus-le-Noble, terrain qui accueille aussi l'Établissement technique de l'aéronautique navale (ETAN) et le Centre international de gestion des matériels Atlantic (CIGMA). Le régiment du génie, qui était basé au camp des matelots à Versailles, a été dissous le 10 juin 2010. À Saint-Cyr-l'École, qui a abrité jusqu'en 1940 l'École spéciale militaire, se trouve un lycée militaire. Sécurité. La sécurité départementale relève de la préfecture des Yvelines qui coordonne les services de police et de gendarmerie. Les services de police sont organisés autour de quatre districts ; Élancourt, Mantes-la-Jolie, Saint-Germain-en-Laye et Versailles. Ils comprennent également une brigade équestre basée à Saint-Germain-en-Laye. Le groupement de gendarmerie départementale des Yvelines compte trois compagnies, Mantes-la-Jolie, Rambouillet et Saint-Germain-en-Laye, un escadron départemental de sécurité routière (EDSR), et vingt-quatre brigades territoriales ainsi qu'une brigade fluviale basée à Conflans-Sainte-Honorine. La zone police couvre 81 communes et la zone gendarmerie 181 communes. Par ailleurs, les Yvelines accueillent à Satory (Versailles) le groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) et le groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM), ainsi que la cellule nationale NRBC (nucléaire, radiologique, bactériologique, chimique) qui lui est rattachée, à Beynes dans le camp de Frileuse des éléments du groupement IV/1 de Gendarmerie mobile et le centre d'instruction et d'entraînement du GIGN, et à Saint-Germain-en-Laye, au quartier Goupil, le centre d'instruction du régiment de cavalerie de la Garde républicaine. En 2008, le taux de criminalité s'est élevé à 63,37 %, pour faits constatés (dont atteintes volontaires à l'intégrité physique), plaçant les Yvelines au rang des départements. Ce taux est supérieur à la moyenne nationale qui s'établit à 57,29. Le taux de violence (faits de violence pour 1000 habitants) varie sensiblement selon les communes : parmi les plus touchées se trouvent Les Mureaux (10,87), Trappes (9,29) et Mantes-la-Jolie (8,59), à l'opposé les communes les moins touchées sont Maisons-Laffitte (2,86), Saint-Germain-en-Laye (1,84) et Marly-le-Roi (1,59). Enseignement. En matière d'enseignement, les Yvelines relèvent de l’académie de Versailles, qui couvre également l'Essonne, les Hauts-de-Seine et le Val-d'Oise. Pour l'année scolaire 2008-2009, 1293 établissements d'enseignement du primaire et du secondaire, dont 92 établissements privés sous contrat d'association avec l'État, sont régis par l’inspection académique des Yvelines. Ils comprennent 1057 écoles maternelles et élémentaires, 163 collèges, dont 26 comprennent une section d'enseignement général et professionnel adapté (SEGPA), et 73 lycées, dont 15 lycées professionnels, (sous la responsabilité de la région). La population scolarisée dans ces établissements s'élève à , en baisse de 0,6 % par rapport à l'année précédente, dont dans le secteur privé, soit 15 % de l'effectif total. Plusieurs établissements publics ou privés des Yvelines permettent une formation linguistique dans diverses langues étrangères. Il s'agit du lycée international de Saint-Germain-en-Laye, créé à l'origine en 1952 pour les enfants d'officiers du SHAPE, du lycée franco-allemand de Buc, de l'institut culturel franco-japonais de Montigny-le-Bretonneux, de la "British School of Paris" installée à Bougival (cycle primaire) et Croissy-sur-Seine (cycle secondaire). L'enseignement supérieur dans les Yvelines est dispensé par une université et divers établissements spécialisés. L'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ), créée en 1991, est implantée principalement à Versailles (services centraux) et Saint-Quentin-en-Yvelines, mais aussi dans cinq autres sites des Yvelines (Le Chesnay, Vélizy, Rambouillet, Mantes-la-Jolie, Poissy) ainsi qu'à Garches (Hauts-de-Seine). Elle comprend quatre unités de formation et de recherche : sciences, sciences sociales et humanités, sciences juridiques et politiques, médecine. Lui sont également rattachés les deux instituts universitaires de technologie (IUT), celui de Vélizy-Villacoublay, avec une antenne à Rambouillet, et celui de Mantes-en-Yvelines (Mantes-la-Jolie), ainsi que l'Institut des sciences et techniques des Yvelines, école d'ingénieurs implantée à Versailles avec une antenne à Mantes-le-Jolie, l'Institut des langues et des études internationales (ILEI) à Guyancourt, et l'Observatoire de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (OVSQ), observatoire des sciences de l'univers, auquel sont rattachés divers laboratoires dont l'Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL). Grandes écoles : Hautes études commerciales (HEC) à Jouy-en-Josas, Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement (Agro Paris Tech) à Thiverval-Grignon, École nationale supérieure d’architecture de Versailles, École nationale supérieure du paysage et Institut supérieur international du parfum, de la cosmétique et de l'aromatique alimentaire (IPSICA) également à Versailles. Deux établissements d'enseignement supérieur sont installés à Trappes : Approvisionnement en eau potable. L'approvisionnement en eau potable des Yvelines provient essentiellement des diverses nappes d'eau souterraines (nappe alluviale, nappe de la craie, nappe des sables de Fontainebleau, nappe de l'Albien) qui se trouvent dans le sous-sol du département. Ces nappes, qui en 2004 alimentaient 82 % de la population, sont exploitées par de nombreux forages dispersés dans le département. Les plus importants prélèvent l'eau dans la nappe alluviale de la Seine et alimentent les deux principales usines situées à Croissy-sur-Seine et Flins-sur-Seine, toutes deux exploitées par la société Lyonnaise des eaux. Le solde provient d'eau de surface prélevée en amont de l'agglomération parisienne dans l'Oise et dans la Seine, et traitée par les usines de Méry-sur-Oise (Val-d'Oise), Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), Morsang-sur-Seine et Viry-Châtillon (Essonne). L'eau distribuée dans les Yvelines est relativement dure. Le titre hydrotimétrique dépasse dans 253 communes (91 % de la population) et dans 112 communes (63 % de la population). Gestion des déchets. Les Yvelinois produisent annuellement tonnes d'ordures ménagères (chiffre de la collecte publique en 2005), soit par habitant et par an, chiffre peu différent de la moyenne régionale (). Neuf syndicats intercommunaux, auxquels adhèrent directement ou indirectement toutes les communes, assurent l'élimination ou le traitement des déchets. Certains, tels le Smirtom du Vexin ou le Syctom de l'agglomération parisienne, débordent les limites du département. Dans les Yvelines, la collecte sélective des déchets recyclables secs (hors déchets verts et biodéchets) a représenté tonnes en 2002, soit par habitant (dont 40,6 % de verre), chiffre supérieur à la moyenne régionale de . Les installations de traitement comprennent notamment quatre usines d'incinération situées à Carrières-sous-Poissy (Syndicat intercommunal pour la destruction des résidus urbains, Sidru), Carrières-sur-Seine (Syndicat intercommunal pour le traitement des résidus urbains de la Boucle de la Seine, Sitru), Guerville (Camy) et Thiverval-Grignon (Syndicat intercommunal pour la destruction d'ordures ménagères et la production d'énergie, Sidompe), pour une capacité annuelle totale de tonnes, cinq centres de tri des collectes sélectives (Buc, Guerville, Rambouillet, Thiverval-Grignon et Triel-sur-Seine) et deux centres de stockage de déchets ultimes de classe 2, Brueil-en-Vexin et Guitrancourt, pour une capacité annuelle de tonnes. Culture. Patrimoine. Patrimoine environnemental. Sites protégés. Les Yvelines comptent deux réserves naturelles nationales (« Coteau de la Seine » et « Étang de Saint-Quentin »), cinq réserves naturelles régionales (« Boucle de Moisson », « Domaine d'Ors », « Étangs de Bonnelles », « Île l'Aumone », « Prés du marais et clos de la Salle » et « Val et coteaux de Saint-Rémy ») et neuf sites naturels inscrits dans le réseau Natura 2000. Il s'agit de sites considérés comme exceptionnels en raison de la diversité biologique qu'ils recèlent et qu'il s'agit de maintenir. Ils sont concentrés d'une part dans le nord-ouest du département dans la vallée de la Seine autour de la boucle de Moisson et d'autre part dans le massif boisé de Rambouillet. Dans le cadre du « schéma départemental des espaces naturels » (SDEN) adopté en 1994, le département des Yvelines a inscrit en zone de préemption d'espaces naturels sensibles. Les Yvelines comprennent également 154 sites protégés (41 % classés, 59 % inscrits) selon la loi du 2 mai 1930 (relative à la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque) couvrant hectares, soit 21 % du territoire départemental. Parmi les sites classés se trouvent notamment, outre de nombreux parcs de château, la plaine de Versailles (qui protège la perspective vers l'ouest du château de Versailles), la plaine de la Jonction (entre la forêt de Marly et celle de Saint-Germain-en-Laye) et la vallée de Chevreuse. À la fin novembre 2008, huit communes des Yvelines : Andrésy, Carrières-sur-Seine, Le Pecq, Mantes-la-Jolie, Montfort-l'Amaury, Neauphle-le-Château, Rambouillet et Croissy-sur-Seine, comptent une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), document d'urbanisme approuvé qui leur permet de jouer un rôle actif dans la protection et la mise en valeur de leur patrimoine urbain ou paysager. Une neuvième est en projet au Vésinet Forêts. Les forêts des Yvelines couvrent près de hectares, soit environ 30 % de la surface totale du département, ce qui en fait le département le plus boisé d'Île-de-France. Parmi elles, on compte hectares de forêts domaniales gérées par l'Office national des forêts (ONF, région Île-de-France - Nord-Ouest), de forêts régionales et de forêts départementales. La propriété des bois et forêts se répartit approximativement selon un ratio 1/3 public - 2/3 privé (État : 33 %, autres collectivités 3 %, privé : 64 % - données 1994). La plus importante est la forêt de Rambouillet qui couvre plus de hectares et s'étend sur 29 communes. Elle reçoit entre 10,7 et 17,3 millions de visiteurs annuels (chiffres 1998-99), ce qui la place au deuxième rang des forêts d'Île-de-France, après la forêt de Fontainebleau, en termes de fréquentation. Parcs et jardins. Les Yvelines comptent de nombreux parcs et jardins, notamment parcs de châteaux, dont beaucoup sont ouverts au publics. Quatre d'entre eux appartiennent à un domaine national : le parc de Versailles et ceux de Rambouillet, Saint-Germain-en-Laye et Marly-le-Roi. 44 parcs et jardins des Yvelines sont protégés au titre des monuments historiques. Le parc de Versailles, qui couvre , se compose de deux parties : le « Petit Parc » qui comprend les parterres fleuris à la française et le parterre d'eau devant la terrasse du château, puis les bosquets qui s'étalent jusqu'au Grand Canal, le « Grand Parc » qui englobe deux grandes pièces d'eau (le Grand Canal, , et la pièce d'eau des Suisses, ), la forêt parcourue d'allées rectilignes se recoupant en étoiles, les jardins du Grand Trianon, du Petit Trianon et du hameau de la Reine, le potager du Roi. Le parc Balbi à Versailles et l'arboretum de Chèvreloup à Rocquencourt sont proches du parc de Versailles. Le dernier, actuellement géré par le Muséum d'histoire naturelle de Paris, était autrefois englobé dans le « Grand Parc » de Versailles. Parmi les parcs de châteaux, figurent notamment ceux du château de Breteuil, du château de Dampierre, dessinés par Le Nôtre, du château de Groussay, dont le parc recèle de nombreuses fabriques de jardin. Le désert de Retz à Chambourcy, jardin anglo-chinois de la fin du , acquis en 2007 par la commune, compte encore sept fabriques de jardin sur les dix-sept d'origine. Les Yvelines comptent deux parcs zoologiques, le parc animalier de Thoiry, deuxième site touristique du département, et la réserve zoologique de Sauvage (Château Sauvage à Émancé). De nombreux parcs municipaux sont également dignes d'intérêt, dont le parc Meissonier à Poissy, le parc des Missionnaires à Fontenay-le-Fleury, le parc des Ibis au Vésinet, le jardin des Gogottes et le parc des Sources de la Bièvre à Guyancourt Les parcs et jardins suivants bénéficient du label « Jardin remarquable de France » : parc du château de Breteuil (Choisel), parc du château de Groussay (Montfort-l'Amaury), domaine national de Rambouillet, domaine national de Saint-Germain-en-Laye, parc du château de Thoiry, domaine national de Versailles et potager du Roi. 31 communes des Yvelines ont été récompensées pour leurs efforts d'embellissement et de fleurissement dans le cadre du concours des villes et villages fleuris. Trois d'entre elles, le Chesnay, Le Vésinet et Vélizy-Villacoublay, se distinguent en étant classées quatre fleurs. Arbres remarquables. Plusieurs arbres remarquables ont été recensés dans les Yvelines, parmi lesquels l'arbre de Diane (Les Clayes-sous-Bois), platane planté en 1556 par Diane de Poitiers, les châtaigniers de Tournebride à La Celle-Saint-Cloud, peints par Alfred Sisley en 1867, le chêne des Anglais (forêt de Saint-Germain-en-Laye), au pied duquel venait prier le roi Jacques II d'Angleterre en exil, ou le chêne de la Vierge à Viroflay, vénéré depuis 1859 à la suite d'une épidémie de choléra. Patrimoine architectural. Compte tenu de leur caractère historique et de la densité de leur patrimoine architectural, les centres anciens de Saint-Germain-en-Laye et de Versailles sont classés en secteurs sauvegardés. Ces deux secteurs sauvegardés font l'objet de plans de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) qui se substituent aux documents d'urbanisme habituels (POS/PLU). Celui de Versailles, approuvé en 1993, s'étend sur , y compris l'extension de approuvée en 1995, et englobe notamment les quartiers de Notre-Dame et Saint-Louis, mais pas le château et le domaine national, par ailleurs intégralement classés aux monuments historiques. Celui de Saint-Germain-en-Laye, approuvé en 1963 couvre . Par ailleurs, deux autres villes des Yvelines, Rambouillet et Saint-Quentin-en-Yvelines, bénéficient du label « Villes et pays d'art et d'histoire ». Le département compte 512 monuments historiques. Parmi ceux-ci, ce sont cinquante-et-un châteaux et quatre-vingt-quatorze monuments religieux répartis sur le territoire départemental qui bénéficient d'un classement ou d'une inscription aux monuments historiques. Le château de Versailles et son parc sont l'un des 33 sites français inscrits dans la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Architecture civile. Sur la Seine, trois ponts anciens seulement sont encore visibles, au moins partiellement, dans les Yvelines, tous les ponts ayant été détruits par l'aviation alliée en 1944. Il s'agit du vieux pont de Limay construit aux , dont il manque deux arches détruites par le génie militaire français en 1940, du pont de Poissy, construit au , bombardé le 26 mai 1944, dont il ne reste que trois arches côté Poissy et quelques piles, et du pont aux Perches, construit au , à Meulan entre la rive droite et l'île du Fort. Les Yvelines sont une terre de châteaux, depuis les châteaux forts des seigneurs féodaux, à l'état de vestiges, aux châteaux royaux, aux châteaux des nobles nombreux à s'installer dans ce territoire à l'ouest de Paris à partir du et aux manoirs bourgeois notamment du . Le mieux conservé des châteaux forts est le château de la Madeleine à Chevreuse (), aujourd'hui siège du parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse. Plusieurs donjons sont encore visibles, parmi lesquels le donjon de Houdan, la tour Anne de Bretagne à Montfort-l'Amaury, la tour Montjoie à Conflans-Sainte-Honorine. Le château de Versailles, avec ses annexes du Grand et du Petit Trianon, est de loin le plus connu et le plus visité des monuments yvelinois. Le château de Saint-Germain-en-Laye et celui de Rambouillet sont d'autres châteaux royaux bien conservés, tandis qu'il ne reste que le parc du château de Marly (fin ), construit par Louis XIV pour échapper, avec ses invités, aux pesanteurs de la cour de Versailles. Autres châteaux remarquables : le château de Breteuil à Chevreuse, le château de Dampierre à Dampierre-en-Yvelines (fin ), le château de Maisons à Maisons-Laffitte, chef-d'œuvre du style classique français, dû à François Mansart, le château de Neuville à Gambais (), le château de Rosny, construit à la fin du par Sully, le château de Thoiry connu aussi pour son parc animalier. Le a également enrichi le patrimoine architectural des Yvelines de nombreuses réalisations tant dans le domaine industriel que dans celui de l'habitat. Se sont illustrés des architectes comme Bernard Zehrfuss (usine Renault de Flins et cité ouvrière à Élisabethville) ou Kevin Roche à qui on doit « Challenger », siège de la société Bouygues à Guyancourt. La ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines concentre beaucoup de réalisation d'architecture moderne. Certaines œuvres ont été classées au titre des monuments historiques : notamment la villa Savoye (Poissy), due à Le Corbusier, la villa Paul Poiret (Mézy-sur-Seine) due à Robert Mallet-Stevens, la maison Louis Carré (Bazoches-sur-Guyonne) due à Alvar Aalto ou la villa Bomsel (Versailles) due à André Lurçat ou, dans le domaine de l'habitat collectif, la cité ouvrière des Dents de Scie à Trappes (1931, architectes Henry et André Gutton). Architecture religieuse. Le territoire des Yvelines s'est couvert d'églises à partir du . Parmi les monuments les plus remarquables et les plus anciens figurent la collégiale Notre-Dame de Poissy édifiée à partir du en styles roman puis gothique, qui se distingue par ses deux clochers, la collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie érigée en bord de Seine au en style gothique, qui ressemble à Notre-Dame de Paris mais s'en distingue par l'absence de transept, ainsi que d'autres églises moins importantes telles l'église Saint-Martin de Triel-sur-Seine ou Saint-Nicolas de Maule. L'église Sainte-Anne de Gassicourt (Mantes-la-Jolie) est un exemple typique de l'art roman en Yvelines, elle date des . Érigées aux , lors du développement de la ville de Versailles, l'église Notre-Dame et la cathédrale Saint-Louis sont dues respectivement à Jules Hardouin-Mansart et à Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, petit-fils du précédent. La seconde est le siège de l'évêché depuis 1790, date de création du diocèse dans les limites du département de Seine-et-Oise, mais fut consacrée cathédrale seulement en 1843. Parmi les édifices plus modernes, l'église Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus d'Élisabethville (commune d'Aubergenville), construite en 1928, aujourd'hui désaffectée, est la première église entièrement construite et sculptée dans le béton. L'église Notre-Dame-du-Chêne de Viroflay, construite en 1966, se distingue par sa charpente en bois en forme de coque d'un grand navire renversé. Patrimoine rural. Héritant d'un terroir agricole très ancien, les Yvelines conservent un important patrimoine rural que nombre de communes s'efforcent de préserver. Il s'agit notamment de fontaines et lavoirs, tel celui de Jumeauville qui servit de décor lors du tournage de certaines scènes de la série télévisée "Orages d'été", d'oratoires et de croix, dont certaines très anciennes seraient des menhirs christianisés (telle la « Croix-Grise » monolithique d'Arnouville-lès-Mantes), de fermes anciennes, parfois transformées en bâtiments culturels (telle la ferme de la Tremblaye à Bois-d'Arcy) et de pigeonniers, de ponts anciens, souvent situés sur le tracé d'anciennes voies romaines, de monuments aux morts Équipements culturels. Musées. On trouve dans les Yvelines une quarantaine de musées, y compris les maisons d'écrivains ou artistes, dont deux musées nationaux : le musée national des Granges de Port-Royal à Magny-les-Hameaux et le musée d'archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye, auxquels s'ajoute l'établissement public du musée et du domaine national de Versailles et le domaine national de Marly-le-Roi administré par la présidence de la République. Quatorze musées yvelinois ont reçu l'appellation « musée de France ». Il s'agit, outre ceux cités ci-dessus, du musée de la batellerie à Conflans-Sainte-Honorine, du musée de la toile de Jouy à Jouy-en-Josas, du musée Victor Auber (musée municipal d'arts et traditions populaires à Maule), de la maison-musée Maurice Ravel à Montfort-l'Amaury, du musée de la ville à Montigny-le-Bretonneux, du musée du jouet à Poissy, du musée Rambolitrain à Rambouillet, du musée départemental Maurice Denis « Le Prieuré » et du musée municipal, tous deux à Saint-Germain-en-Laye, de la collection de la fondation de Coubertin à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, et du musée Lambinet à Versailles. Autres musées : musée de la ville à Saint-Quentin-en-Yvelines, collection d'art religieux ancien (église de Craches à Prunay-en-Yvelines), musée de la Grenouillère à Croissy-sur-Seine, musée de la Maison Fournaise dans l'Île des Impressionnistes à Chatou, musée de l'Hôtel-Dieu à Mantes-la-Jolie, musée des carrosses à Versailles, musée du costume militaire à Sainte-Mesme), musée du lycée militaire à Saint-Cyr-l'École, musée du jeu de l'oie à Rambouillet. De nombreuses maisons de personnalités peuvent se visiter dans les Yvelines, parmi lesquelles la maison André Derain à Chambourcy, le moulin de Villeneuve, maison d'Elsa Triolet et Louis Aragon à Saint-Arnoult-en-Yvelines, la maison d'Émile Zola à Médan, la maison de Jean Monnet à Bazoches-sur-Guyonne, la maison historique de Léon et Jeanne Blum à Jouy-en-Josas, le Belvédère, maison-musée de Maurice Ravel à Montfort-l'Amaury, le musée Claude Debussy à Saint-Germain-en-Laye, le musée Ivan Tourgueniev à Bougival, le château de Monte-Cristo, demeure d'Alexandre Dumas au Port-Marly. Bibliothèques et médiathèques. Le département des Yvelines compte 179 bibliothèques ou médiathèques municipales, dont 21 de niveau 1 selon la typologie de l'ADBDP (association des directeurs des bibliothèques départementales de prêt). Pour gérer ce réseau, les communes disposent de l'appui, tant logistique et documentaire que financier, de la bibliothèque départementale des Yvelines (BDY). La bibliothèque municipale de Versailles, qui dispose de volumes dont un fonds patrimonial de près de volumes imprimés hérités des collections du château de Versailles, est une bibliothèque classée selon l'article R. 1422-2 du Code général des collectivités territoriales. Les archives départementales des Yvelines, installées depuis 2003 à Montigny-le-Bretonneux (Saint-Quentin-en-Yvelines), héritières des archives de l’ancien département de Seine-et-Oise, conservent notamment des fonds historiques de l'Ancien Régime. Cela résulte du rôle historique joué par Versailles comme siège du pouvoir central jusqu'en 1789. Événements culturels. Festivals et prix littéraires. Le Conseil général décerne aussi chaque année depuis 1982 un « prix départemental d'histoire locale ». Fêtes et foires traditionnelles. La fête des Loges, une des plus anciennes fêtes foraines de France, se tient chaque été depuis 1652, de la fin juin à la mi-août, sur l'esplanade des Loges dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye. La foire nationale à la brocante et aux jambons, qui trouve son origine au Moyen Âge dans le centre de Paris, se tient deux fois par an depuis 1970 à Chatou dans l'île des Impressionnistes. Elle rassemble des brocanteurs et antiquaires ainsi que des stands de spécialités gastronomiques. Les Yvelines dans les arts. Littérature. Les Yvelines ont leur « poète officiel » en la personne de Jehan Despert, né en 1921 à Versailles, qui publia notamment deux recueils de poésies, "Quintefeuille en Yvelines" aux Cahiers d'Île-de-France en 1974 et "Yvelines à cœur battant", aux éditions Gerbert en 1987. De ce pays, mais oui ne le saviez-vous pas ? Des Yvelines, là où vont les tourterelles par les clochers de pierre et les villes nouvelles, pour y bâtir des nids et reposer leurs ailes. Nombreux sont les écrivains qui ont vécu dans les Yvelines, y ont écrit une part de leur œuvre, et souvent ont chanté ou évoqué dans leurs écrits leur terre d'élection : Émile Zola à Médan, Alexandre Dumas à Saint-Germain-en-Laye et au Port-Marly, Guy de Maupassant à Bougival, Jean Cocteau à Maisons-Laffitte, Colette à Montfort-l'Amaury, Anaïs Nin à Louveciennes, Louis Aragon et Elsa Triolet à Saint-Arnoult-en-Yvelines Ainsi Paul Fort, qui habita Grosrouvre, Gambaiseuil et Pissefontaine (Triel-sur-Seine), composa des poèmes sur la région de Rambouillet et célébra aussi le confluent de la Seine et de l'Oise : Ici, devant Fin-d'Oise, Maurecourt, Andrésy, Conflans-Sainte-Honorine - doux bruit font ces noms-là ! Volée de cloches pour un mariage, dirait-on pas ? Ô poésie ! Ô poésie ! Ô poésie ! Ici, sous les yeux bleus de ces quatre villages, on voit la Seine en fleurs s'unir à la belle Oise. Bien. Montez sur un pont suspendu et berceur. Embrassez votre amie et regardez ailleurs. L'Oise est une rivière et la Seine est un fleuve, je l'ai de mes yeux vu ; d'autre part j'ai la preuve que pour aller ensemble courir tant de pelouses, la Seine offre son bras à sa trop jeune épouse. Peinture. Les peintures sur les Yvelines sont, si l'on excepte les tableaux reproduisant des événements historiques, essentiellement des paysages, genre qui est resté longtemps mineur et s'est développé au cours du , en particulier vers la fin de ce siècle avec les impressionnistes. L'attrait pour les peintres de la région qui allait devenir les Yvelines tient à la fois à sa proximité de Paris, rendue encore plus accessible avec la création des premières lignes de chemin de fer à partir de 1837, et à sa qualité de département rural, qui subsiste encore largement de nos jours, avec ses paysages de campagne, de forêts et des bords de Seine. Plusieurs écoles se sont illustrées dans le territoire actuel des Yvelines : On peut citer aussi Raymond Renefer, le peintre d'Andrésy, également dessinateur qui a illustré la guerre de 1914-1918, et Ernest Meissonnier, le peintre de Poissy qui fut aussi maire de la ville et son fils Charles également peintre. Sculptures. Cinéma. Plus de 160 films, de tous les genres, ont été tournés dans le domaine et le château de Versailles depuis 1904. Le château est un décor recherché pour les tournages et dans nombre de cas, le sujet même du film, par exemple pour "Si Versailles m'était conté..." de Sacha Guitry (1954). Les Archives françaises du film du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) sont conservées dans le fort de Bois d'Arcy. Constituées de dépôts volontaires, et depuis 1992 des œuvres déposées au titre du dépôt légal des œuvres cinématographiques, elles comprennent près de films. Non loin, de la collection de la Cinémathèque française sont stockées dans le fort de Saint-Cyr. Gastronomie. La gastronomie des Yvelines, de tradition ancienne, longtemps liée à la présence des rois de France, ne se distingue pas fondamentalement de celle de l'Île-de-France en général. Taillevent, cuisinier de Charles V et Charles VI, auteur du "Viandier", le plus ancien livre de cuisine connu en France, fut enterré près de Saint-Germain-en-Laye. Les produits du terroir sont surtout des céréales, des fruits et légumes, bien que l'arboriculture et le maraîchage soient en nette régression face à l'urbanisation, notamment dans la vallée de la Seine. Certains noms de variétés attestent de l'importance ancienne de ces cultures dans la région, telle l'épinard 'Monstrueux de Viroflay' ou la prune 'Reine claude de Chambourcy'. Dans le Mantois, la production de poireaux et d'oignons est célébrée par la « foire aux oignons » de Mantes-la-Jolie, où existe une « confrérie des chevaliers du taste-oignon ». Des agriculteurs et des boulangers se sont associés en 2002 pour créer la marque « pain d'Yveline » en respectant un cahier des charges d'agriculture durable. Pour améliorer leur marge, un certain nombre d'agriculteurs pratiquent la vente directe auprès des citadins, parfois sous forme de cueillette en libre-service. Bien que les Yvelines n'aient jamais été une grande région d'élevage, on y pratique toujours l'élevage ovin et avicole. Rambouillet est le berceau en France du Mérinos, race ovine importée d'Espagne et améliorée dans la Bergerie nationale, qui est à l'origine par croisements et sélection de la race Île-de-France, aujourd'hui largement élevée pour la viande non seulement dans la région mais aussi dans de nombreux pays du monde. La poule de Houdan et la poule de Mantes sont d'anciennes races locales de poules qui ont failli disparaître et que des éleveurs passionnés s'efforcent de faire revivre. Le Pâté en croûte de Houdan avait disparu des commerces, mais sa recette n’a pas été oubliée. Celui-ci se distingue par sa légèreté et sa finesse. Le pâté de Houdan est exclusivement composé avec de la viande de volaille à chair blanche et de préférence des races locales Houdan ou Faverolles. La croûte est préparée avec de la pâte brisée ou bise. Plusieurs strates d'ingrédients sont visibles dans une part tranchée. Parmi les produits traditionnels les plus connus figurent deux liqueurs, le noyau de Poissy et à le Grand Marnier à Neauphle-le-Château. La création des pommes soufflées et de la sauce béarnaise au sont attribuées au chef du « Pavillon Henri IV », restaurant de Saint-Germain-en-Laye, celle du paris-brest en 1909 à un pâtissier de Maisons-Laffitte inspiré par la course cycliste Paris-Brest-Paris. Parmi les recettes traditionnelles, on peut citer l'omelette Viroflay, la purée Saint-Germain ou encore la timbale Marly. La Pourlècherie est une spécialité monastique récente ; créée au prieuré bénédictin Saint-Benoît de Saint-Lambert-des-Bois en 2001 par un ermite, elle reste produite dans la région par le solitaire après le départ des moines. C'est une préparation sucrée à base de poires, de vin de Cabernet, de clou de girofle et de cannelle. Bière. Blonde, brune ou ambrée, les brasseries du département proposent des bières bio et artisanales. Produites entre autres dans la Vallée de Chevreuse (Bière "Volcelest") et à la ferme de Grignon (Bière "Distrikt"). La bière "Saint-Q" de Guyancourt à cependant fait faillite en début d'année 2015. Patrimoine linguistique. Le parlé ancien des Yvelines du est un dialecte de la langue d'oïl, le Francien, parlé à l’époque médiévale dans l'ancienne Île-de-France, qui donna naissance au Français moderne. Lexique francilien de villages des Yvelines du : Courgent, de Soindres de 1899. On dit "iau, cisiau, viau" pour eau, ciseau, veau; "menteux, batteux" pour menteur, batteur; le son "oi" se dit "oui". Vie quotidienne. Sports et loisirs. Le District des Yvelines de football compte , soit 16 % du nombre total de licenciés en football en Île-de-France (chiffres 2002). Le Centre technique national Fernand-Sastre, centre de formation spécialisé dans le football, administré par la Fédération française de football, est installé à Clairefontaine-en-Yvelines dans le domaine de Montjoye depuis 1988. Le Paris Saint-Germain Football Club (PSG), héritier du Stade Saint-Germain, a conservé le stade Georges Lefèvre du Camp des Loges à Saint-Germain-en-Laye comme terrain d'entrainement. L'équitation est largement pratiquée dans les Yvelines, premier département français par le nombre de licenciés ( en 2007), et dispose de nombreuses infrastructures (centres équestres, haras, chemins de randonnée dédiés à l'équitation, hippodromes). Pour favoriser le développement des activités équestres dans le département, un accord de partenariat a été conclu en décembre 2007 entre le Conseil général des Yvelines et les haras nationaux. L'hippodrome de Maisons-Laffitte est le plus grand d'Île-de-France et dispose d'une ligne droite longue de mètres. Exploité par France Galop, il est spécialisé en courses de plat et accueille une trentaine de réunions par an ainsi que diverses manifestations. Il existe dans le département 25 terrains de golf publics ou privés. Celui de Saint-Nom-la-Bretèche a accueilli diverses compétitions, dont le Trophée Lancôme jusqu'en 2003, tandis que le Golf national, construit en 1991 à Guyancourt par la Fédération française de golf, accueille chaque année l'Open de France sur le parcours de l'« Albatros ». Le département dispose de trois bases régionales de plein air et de loisirs, créées sous l'égide de la Région et implantées autour de plans d'eau. L'une à Saint-Quentin-en-Yvelines autour de l'étang du même nom, les deux autres en bordure de Seine, à Verneuil-sur-Seine (base du Val-de-Seine) et à Moisson (base des Boucles de Seine). Ces bases permettent de pratiquer diverses activités de plein air et notamment des sports nautiques tels que baignade, voile, planche à voile, ski nautique, canoë-kayak La commune de Houilles organise tous les ans à l'occasion de la Saint-Sylvestre une course pédestre de , la corrida de Houilles. Parmi les épreuves, la « course des As » attire des participants internationaux de haut niveau. La Course Paris-Versailles, course pédestre organisée par l'association « Paris-Versailles Association », se dispute chaque année fin septembre entre la tour Eiffel et le château de Versailles, sur , et attire environ . La marche Paris-Mantes, organisée chaque année fin janvier depuis 1935 par l'association sportive mantaise (ASM), se déroule de nuit sur entre Boulogne-Billancourt et Mantes-la-Jolie. Elle réunit environ participants. Médias. Le est "Le Petit Versaillais". Il diffuse à sur les villes de Versailles et de Buc. La presse locale est représentée par trois titres hebdomadaires, "Le Courrier de Mantes" (Mantes-la-Jolie), "Le Courrier des Yvelines" (Saint-Germain-en-Laye, Poissy) et "Toutes les nouvelles" (Versailles, Rambouillet), appartenant tous au groupe Publihebdos. Leur diffusion totale est respectivement de 7595, 5283 et . "Le Parisien" (quotidien) a également une édition locale « Yvelines » (tirage moyen : ). Yvelines Première et TV Fil 78 sont des chaînes de télévision locale financées par le Conseil général des Yvelines et les communes intéressées et diffusées sur le câble (Numericable), respectivement dans le quart nord-est du département autour de Saint-Germain-en-Laye et dans la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines. |
Yonne (département) L'Yonne () est un département français. Il est traversé, du sud vers le nord, par la rivière qui lui a donné son nom, l'Yonne, affluent de la Seine, qui la rejoint à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne). L'Insee et La Poste lui attribuent le code 89. L'Yonne compte au . Il s'agit du de la région Bourgogne-Franche-Comté. Auxerre est la préfecture et la première ville de l'Yonne (avec dans la commune en et dans l'agglomération). Le Département est labélisé Terre de Jeux 2024, le label de Paris 2024 dédié aux collectivités, et accueillera le passage du Relais de la flamme sur son territoire. Nom et étymologie. « "Ica-Ona" » ou « "Icauna" » est le nom pré-latin de la rivière Yonne. Au , l'Yonne se nomme Icauna ou Ica-ona, nom dans lequel on trouve le radical hydronymique pré-celtique "ic-" ou "ica-", suivi du suffixe bien courant "-onna", eau. Rivière aux grandes possibilités marchandes mais aussi sujette à de brusques colères, l'Yonne a été divinisée très tôt - la déesse Ica-Onna. Histoire. Les premières traces d'habitat humain dans le département remontent au Paléolithique inférieur, aux grottes d'Arcy-sur-Cure près de la commune actuelle d'Arcy-sur-Cure. Au Néolithique, les populations habitent principalement sur les rives de l'Yonne, même si des hommes venus des régions danubiennes viennent sur le territoire icaunais. À l'époque de l'âge du bronze, les minerais de cuivre et d'étain sont peu présents sur le territoire. Cette absence n'a pas empêché la découverte d'un important trésor sur le site de Villethierry comprenant , , , et à épiler. À l'époque d'Hallstatt, des découvertes permettent d'attester la présence d'objets en fer, l'exploitation des mines de sel sur le site des Fontaines Salées ou la construction de nécropoles. À l'époque celte, le département reste essentiellement partagé entre les Eduens, les Sénons et les Lingons. Après la victoire romaine de Jules César à la bataille d'Alésia en 52 av. J.-C., les Romains s'installent sur des sites occupés par les Gaulois ou créent de nouvelles villes à proximité des grandes voies romaines de la Gaule. Les Romains ont édifié de nombreuses villes sur le territoire icaunais comme "Agedincum" (Sens) ou "Autessiodurum" (Auxerre) et ont construit de nombreuses villas afin d'exploiter les campagnes comme à La Chapelle-Vaupelteigne, à Gron, à Migennes, à Noyers et à Poiry. La campagne comprenait également quelques sanctuaires à Avallon et à Fontenoy, et des industries comme celles du fer dans les différentes forêts du département. Durant l'Antiquité tardive, l'Yonne se christianise comme de nombreux territoires de l'Empire romain. Un grand nombre de saints y ont séjourné : Savinien de Sens, Colombe de Sens, Martin de Tours, Pèlerin d'Auxerre, Âmatre d'Auxerre, Germain d'Auxerre. Le plus célèbre saint Germain est connu comme le deuxième évêque d'Auxerre et comme envoyé en 429 du concile de Troyes en Bretagne (province romaine) pour lutter contre l'hérésie pélagienne. À la fin de sa vie saint Germain se rendit auprès de l'empereur romain et mourut dans la capitale impériale : Ravenne. Son corps fut rapatrié à Auxerre à la demande de la mère de l'empereur : Galla Placidia . Au , le monachisme se développe et au , Auxerre devient l'un des grands foyers intellectuels du continent européen. Toujours au , a lieu à Fontenoy, la bataille entre les trois petits-fils de Charlemagne pour le partage de l'empire carolingien. La victoire de Louis le Germanique et de Charles le Chauve le sur Lothaire amène au traité de Verdun et au partage de l'empire de Charlemagne. Après l'an mil, les territoires de l'Yonne sont divisés entre différentes zones appartenant à différentes entités : duché de Bourgogne, royaume de France, comté de Nevers suivant les années à cause des guerres et des héritages. Sens devient un centre religieux très important de la France, car la ville est le siège de l'archevêché, accueille le pape Alexandre III pendant dix-huit mois et célèbre le mariage de Louis IX avec Marguerite de Provence. Entre le et le , le territoire icaunais se couvre d'églises de style roman, mais connaît dans le même temps de nombreuses révoltes seigneuriales dans les villes. Le style roman (cathédrale Saint-Étienne d'Auxerre, basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay) laisse peu à peu place au style gothique : la première cathédrale gothique construite en France est celle de Sens. Suivent les églises de Montréal, Pontigny et Vermenton. Les siècles suivants () sont beaucoup moins prospères. Les villes et les villages souffrent de la peste et des actions des grandes compagnies, mais également de la lutte pour le pouvoir royal entre les Armagnacs et les Bourguignons. Après la guerre de Cent Ans, les campagnes sont dépeuplées et les châteaux forts sont peu à peu abandonnés. Avec l'influence italienne et l'apparition de la Renaissance en France, de nouveaux types de château sont construits comme celui de Chastellux ou de Maulnes ; et les bâtiments religieux sont rénovés tels l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Villeneuve-sur-Yonne ou l'église Saint-Florentin de Saint-Florentin. Mais le marque également une période difficile pour l'Yonne qui subit les ravages des différentes crises religieuses qui touchent le royaume de France, en particulier à cause des troupes de la Ligue et des huguenots. Le quart nord-ouest du département actuel appartenait en 1771 au prince Xavier de Saxe, oncle de Louis XVI, jusqu'à ce que le département de l'Yonne soit créé à la Révolution française, le . La naissance du département a lieu en application de la loi du , à partir de parties des provinces de Bourgogne (Auxerrois et Avallonais), de Champagne (Sénonais et Tonnerrois) et d'Orléanais (Puisaye), et dans une moindre mesure de parties du Nivernais et d'Île-de-France. Au la région Bourgogne, à laquelle appartenait le département, fusionne avec la région Franche-Comté pour devenir la nouvelle région administrative Bourgogne-Franche-Comté. Des villes comme Auxerre et Joigny ont le label « Ville d'art et d'histoire ». Géographie. L'Yonne fait partie de la région Bourgogne-Franche-Comté. Elle est limitrophe des départements de l'Aube, de la Côte-d'Or, de la Nièvre, du Loiret et de Seine-et-Marne. Le département de l'Yonne couvre notamment les pays de Puisaye (sous-sol argileux, bocage) et de Forterre (sous-sol calcaire, champs ouverts). Auxerre est la première ville du département avec en 2020, devant Sens (), Joigny (), Migennes () et Avallon (). Climat. De tendance continentale, le climat de l'Yonne présente une forte amplitude thermique, avec des étés chauds et des hivers froids. Ainsi, Auxerre a été la ville de métropole avec la température la plus élevée pendant la canicule de 2003 (). Le département connaît quelques microclimats différents, et les contrastes entre l'ouest, l'est, le nord, le sud, et le centre du département peuvent être importants. Ainsi, l'Auxerrois est souvent sec et chaud. À l'inverse, le Morvan connaît une pluviométrie plus importante et un climat frais en été. En hiver, la neige tombe très fréquemment. Administration. De 2011 au 21 septembre 2012, Jean-Paul Bonnetain était préfet de l’Yonne. Transport. L'autoroute A6 traverse le département, et dessert notamment Auxerre, Sens et Avallon. L'A19 rejoint l'A5 à proximité de Sens. L’essentiel du trafic aérien s’effectue à partir de l’aéroport d'Auxerre - Branches même si l’activité de celui-ci est fortement limitée par la démographie d’une part, mais aussi par la proximité des aéroports de Paris. Les trajets de l’équipe de football de l’AJ Auxerre se font à partir d’Auxerre-Branches. Le trafic ferroviaire s’effectue principalement depuis la gare d'Auxerre-Saint-Gervais, la gare de Laroche - Migennes et la gare de Sens. Des trains quotidiens et réguliers relient Paris Bercy à Auxerre. La plupart de ces trains ont pour provenance et terminus Avallon et Clamecy. La plateforme fluviale multimodale de Gron et sa navette avec Le Havre ont été inaugurées en juillet 2010. Démographie. Les habitants du département de l'Yonne sont appelés "Icaunais" et "Icaunaises". Culture. L'Yonne est constituée de la Basse-Bourgogne (Auxerrois, Tonnerrois, Chablisien) et du Nord du Morvan, où l'on parle le bourguignon-morvandeau. C'est un dialecte de langue d'oïl mais qui se présente sous différentes variantes. Le restant du département possède des parlers qui ne font pas partie du bourguignon-morvandeau. Il y a du champenois, et des parlers originaires du Centre-Val de Loire. L'Yonne ne dispose pour l'instant que d'une seule scène conventionnée (Le Théâtre d'Auxerre) et une SMAC auxquels on peut ajouter un réseau de lieux plus ou moins petits, privés, associatifs ou communaux qui essayent de développer la culture, en ville (Théâtres à Sens, Joigny, Villeneuve-sur-Yonne, Brienon-sur-Armançon, L'Escale) ou en milieu rural. Plusieurs festivals s'y déroulent pendant l'année : Tourisme. L'Yonne permet de découvrir des vestiges anciens, des monuments historiques et des musées, des vignobles réputés (Chablis, Côte Saint-Jacques, Irancy) et des spécialités culinaires, ainsi que de vastes espaces naturels dont celui de Boutissaint, au cœur de la Puisaye, et une partie du parc naturel régional du Morvan, qui s'étend également sur la Côte-d'Or, la Saône-et-Loire et la Nièvre. Parmi les sites les plus remarquables, on peut citer : la cathédrale, les vieilles maisons et les musées de Sens (le trésor de la cathédrale est le deuxième plus riche de France après celui de Sainte-Foy-de-Conques, et abrite notamment les vêtements liturgiques de Thomas Becket) ; l'abbaye Saint-Germain, la cathédrale et tour de l'Horloge d'Auxerre à Auxerre ; les abbayes de la Pierre-qui-Vire, de Pontigny, de Quincy, de Reigny ; le prieuré de Vausse ; la colline de Vézelay, avec sa basilique, sa maison Jules-Roy et ses musées ; les églises d'Asquins, de Saint-Père, de Saint-Bris-le-Vineux, de Saint-Florentin, de Moutiers-en-Puisaye, de Villiers-Saint-Benoît, de La Ferté-Loupière ; la collégiale Notre-Dame de Montréal ; la collégiale Saint-Lazare, la tour de l'Horloge, les maisons anciennes, les remparts et le musée de Noyers-sur-Serein ; les maisons à pans de bois, l'église, le musée de la Résistance et la côte Saint-Jacques de Joigny ; les remparts et les maisons anciennes d'Avallon ; les musées de Saint-Léger-Vauban, de Lichères-sur-Yonne, de Saint-Sauveur-en-Puisaye (Colette), de Fontenoy, de Saint-Fargeau, de Villiers-Saint-Benoît, de Laduz ; la Fabuloserie de Dicy ; l'hôtel-Dieu, la fosse Dionne et le musée du Chevalier d'Eon de Tonnerre ; le chantier médiéval de Guédelon ; les châteaux de Saint-Fargeau, Ancy-le-Franc, Tanlay, Druyes-les-Belles-Fontaines, Ratilly, Chastellux-sur-Cure, Maulnes ; la vallée du Cousin ; les Rochers du Saussois ; la carrière souterraine d'Aubigny ; et les grottes d'Arcy-sur-Cure qui abritent des curiosités géologiques et des peintures préhistoriques du plus grand intérêt. Deux petits trains touristiques : en gare de Massangis, Le P'tit train de l'Yonne, et en gare de Toucy, Train touristique de Puisaye-Forterre ; « Le cyclorail de Puisaye » en gare de Charny. Le parc animalier de Boutissaint à Treigny ; le parc du moulin à Tan et ses serres tropicales à Sens ; le Jardin de la Borde à Leugny. Les sept écluses de Rogny. Le golf du château de Misery, le moins cher de France, a reçu le label « Golf écologique » et « Sport responsable ». Pour ce dernier, il est, début 2013, le seul club sportif de Bourgogne (sur plus de ). Une émission TV y est consacrée. Économie. Les vins de l'Yonne. Avec le vignoble de Chablis, l'Yonne dispose de l'un des cinq vignobles de Bourgogne. Au , l'Yonne produisait d'ailleurs plus de vin que la Côte-d'Or et fut même en 1827, pour la valeur de ses vins, le deuxième département français, après la Gironde. La pierre de l'Yonne. Dans l'Yonne comme dans le reste de la Bourgogne, la pierre naturelle est extraite. Elle a servi à la construction de villages entiers avant d'être délaissée pour l'usage de nouveaux matériaux de construction. Aujourd'hui, des carrières d'extraction et d'exploitation de pierre existent encore et continuent de travailler ce matériau traditionnel. On trouve notamment la pierre de Molay ou encore la pierre de Massangis. Des artisans perpétuent la tradition du travail de la pierre, et permettent ainsi la restauration de nombreuses bâtisses et bâtiments. Divers. Les résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du janvier 2008, 12,4 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes de l'Yonne dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Sources : |
Yasser Arafat Yasser Arafat (en ), né le au Caire en Égypte et mort le à Clamart en France, de son vrai nom Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qoudwa al-Husseini (en ) et connu aussi sous son surnom ("kounya") de Abou Ammar, est un activiste et homme d'État palestinien. Dirigeant du Fatah puis également de l'Organisation de libération de la Palestine, Yasser Arafat est resté pendant plusieurs décennies une figure controversée de l'expression des aspirations nationales palestiniennes avant d'apparaître pour Israël comme un partenaire de discussions dans le cadre du processus de paix israélo-palestinien dans les années 1990. Yasser Arafat représente alors les Palestiniens dans les différentes négociations de paix et signe les accords d'Oslo en 1993. Il devient le premier président de la nouvelle Autorité palestinienne et reçoit le prix Nobel de la paix 1994 en compagnie de Shimon Peres et Yitzhak Rabin. À partir de 2001, après l'échec du sommet de Taba et le déclenchement de la seconde intifada, il perd progressivement de son crédit auprès d'une partie de son peuple qui lui reproche la corruption de son autorité. Il se retrouve isolé sur la scène internationale tandis que les Israéliens élisent Ariel Sharon au poste de Premier ministre de l'État d'Israël, amenant un durcissement de la position israélienne vis-à-vis du dirigeant palestinien, contraint à ne plus quitter Ramallah. Cet isolement n'est rompu qu'à la veille de sa mort, quand il est emmené d'urgence à Clamart, en région parisienne, où il meurt le . En 2012, la dépouille de Yasser Arafat a été exhumée pour étudier l'hypothèse d'une mort du leader palestinien par empoisonnement au polonium 210. L'équipe d'experts suisses a conclu à l'empoisonnement, mais les équipes russes et françaises à une mort de vieillesse à la suite d'une gastro-entérite. Le , le parquet de Nanterre prononce un non-lieu dans l’enquête sur la mort de Yasser Arafat. Biographie. De 1929 à 1959, premières années. Naissance. Son nom officiel est Mohammed Abdel Rahman Abdel Raouf Arafat al-Qudua al-Husseini. Son biographe palestinien, Saïd K. Aburish, précise que « "Mohammed Abdel Rahman" était son prénom ; "Abdel Raouf", le nom de son père ; "Arafat", son grand-père ; "al-Qudua" est le nom de sa famille et "al-Husseini" est le nom du clan de Gaza dont font partie les al-Qudua ». "Yasser", surnom d'enfance, signifie « facile à vivre » en arabe. Arafat se revendiquait encore comme étant le petit-neveu du grand mufti de Jérusalem Hadj Amin al-Husseini, bien qu'en réalité il était un cousin éloigné. Yasser Arafat est né au Caire en Égypte, le , où il passe ses premières années de vie dans le quartier de Sakakini où vivent Juifs et musulmans. Un biographe de Yasser Arafat, Alan Hart, rapporte que des documents découverts à l’université du Caire par des chercheurs français ont permis de conclure qu’il était bien né dans la capitale égyptienne. Sixième d’une famille de sept enfants, son père Abdel Raouf al-Qudwa al-Husseini est un riche marchand d'épices et propriétaire terrien originaire de Gaza, sa grand-mère paternelle est égyptienne et sa mère Zahwa Abul Saud est originaire de Jérusalem où la famille Abul Saud prétend descendre directement du Prophète. Son père réclamait « une grande partie du Caire qu'il croyait être la propriété légitime de sa famille ». Cependant, Yasser Arafat déclarait être né à Jérusalem le , ce qui s'est révélé être faux selon les vérifications d'historiens. Selon son récit, sa mère aurait ainsi quitté le Caire durant sa grossesse à la suite d'une dispute avec son époux, pour se rendre chez ses parents dans la ville sainte où elle aurait donné naissance à Yasser. Arafat insistait sur le fait qu’il aurait vu le jour dans une maison en pierre attenante au Mur des Lamentations, puis indiquait comment il avait vécu avec son oncle Saoud, à Jérusalem pour en être expulsé à la création d'Israël. Arafat se présentait ainsi comme une victime du sionisme, afin de préserver son mythe et accroître sa crédibilité en tant que dirigeant palestinien. Après le décès de sa mère, alors qu’il a quatre ans, il passe avec son frère, Fathi Arafat — Egyptien comme lui, qui devient plus tard le président du Croissant-Rouge palestinien —, quatre ans à Jérusalem chez un de ses oncles maternels, Salim Abou Saoud, mufti chargé des tribunaux islamiques, avant que son père, lorsqu’il se marie pour la deuxième fois avec une Egyptienne, le fasse rentrer au Caire où sa sœur aînée s’occupe de lui. Au Caire, il bénéficie de l’enseignement gratuit des écoles égyptiennes ; il y passe la plus grande partie de son enfance et de son adolescence avec ses six frères et sœurs. Sa sœur indique qu'il n'aimait pas l'école et préférait faire du camping dans le jardin de la maison et à l'extérieur, être chef de bande ; il « portait un bâton pour battre ceux qui n'obéissaient pas à ses ordres ». Une jeunesse engagée. Au Caire, Arafat fréquente les Macchabées, des clubs sportifs juifs pour . Il se met également à lire les textes de penseurs sionistes comme Theodor Herzl et Vladimir Jabotinsky. , déclare-t-il. En 1946, il rencontre le Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, qu'il viendra à admirer. Il entre dans son organisation en tant qu'assistant du Cheik Hassan, un religieux, principal confident du Mufti. Il délivre des lettres, récolte de l'argent ou bien fournit des informations sur les activités politiques dans les écoles et universités égyptiennes. Il ne parvient pas à intégrer l'université du Texas mais malgré ses activités, il s'inscrit à l'université Roi Fouad en 1947, probablement avec l'aide financière du Cheik Hassan et du Mufti qui sont à leur tour admiratifs de ce « jeune activiste dynamique ». L'historienne Nadia Ben Jelloun rapporte une confidence que lui a faite Yasser Arafat sur sa « perception politique de la présence sioniste en Palestine que peu avant la guerre de 1948 ». Quand éclate la guerre civile en Palestine, il participe à l'achat et l'envoi d'armes légères aux partisans du Mufti, les combattants de la Jaysh al-Jihad al-Muqaddas qui affrontent des forces juives mieux équipées et mieux entraînées. À vingt ans, il entre en 1949 à l’école d’ingénieurs de l'université Roi Fouad du Caire, où il obtient un diplôme d’ingénieur civil. Lutte politique en Égypte. En Égypte, il fait la rencontre de ceux qui fonderont le Fatah avec lui, et deviendront ses adjoints à la direction de l’OLP. Au cours de ses études universitaires, il fait la connaissance de Khaled Moheidine, professeur d’art militaire chargé de la formation des officiers de réserve. On rapporte que Yasser ne manque pas une seule fois son cours et obtient ainsi le certificat d’officier de réserve. Cette formation lui permet de côtoyer des fonctionnaires du gouvernement égyptien, mais le temps qu’il y consacre fait qu’il n’obtient son diplôme d’ingénieur qu’un peu tard par rapport à ses camarades, en juillet 1956. Il se rapproche, sans toutefois en devenir membre, de la confrérie des Frères musulmans, confrérie politique islamiste. Il participe avec eux à des opérations contre les Britanniques. De 1952 à 1956, il devient président de l’Union générale des étudiants de Palestine (GUPS). Il édite le magazine "La Voix de la Palestine". Le père d’Arafat meurt en 1952. Yasser n’assiste pas à ses funérailles : la sévérité de ce dernier avec ses enfants, ses mariages répétés et son expulsion à Gaza ont en effet contribué à l’éloigner de son fils. Arafat, qui considère que la monarchie égyptienne est corrompue, s’éloigne bientôt des « Frères » pour se rapprocher du Mouvement des officiers libres égyptiens (Naguib, Nasser, Sadate) qui préparent en secret le renversement de celle-ci, et qui accèdent au pouvoir en . L’année suivante, Arafat présente à Mohammed Naguib, alors président, une pétition au nom des étudiants palestiniens rédigée en lettres de sang avec trois mots en arabe signifiant : « N’oubliez pas la Palestine ». En , Arafat est arrêté pendant quelques jours lors de la liquidation par le président Gamal Abdel Nasser de l’organisation des Frères musulmans qui s’opposent à son programme, considéré par eux comme étant « nationaliste athée ». Durant la crise du canal de Suez, il sert dans l’armée égyptienne avec le grade de sous-lieutenant. Mais avec la défaite des armées arabes, il s’éloigne peu à peu des dirigeants arabes qu’il estime "incapables de libérer la Palestine". Il quitte le Caire à 28 ans. De 1959 à 1970, le début du Fatah. Le Koweït et la création du Fatah. Après plusieurs arrestations pour ses activités politiques avec les Frères musulmans en Égypte, Yasser Arafat s’installe dans l’émirat du Koweït où de nombreux Palestiniens travaillent et résident. Le Koweït est à l’époque un protectorat britannique et les visas de travail sont délivrés par les ambassades anglaises au Caire, qui examinent avec soin les dossiers des demandeurs. Des compétences professionnelles solides sont exigées, et les activités politiques sont très mal vues. L’obtention du visa par Yasser Arafat malgré son profil reste difficile à expliquer. L’auteur palestinien Audeh Butus Audeh estime que les Britanniques lui ont néanmoins accordé un visa, parce qu’il était opposé à Nasser. Arafat travaille comme ingénieur au département des travaux publics puis à la municipalité de la ville de Koweït, avant de développer sa propre affaire qui devient prospère ; il roule à bord d'une voiture de sport rouge. Les revenus générés par cette activité lui permettent en 1958 de financer la création du Fatah, son parti politique. Yasser Arafat est le seul parmi les fondateurs du mouvement à ne pas avoir d’enfants, et contrairement aux autres fondateurs, il ne prend pas le nom de l’enfant aîné. Il adopte le nom de guerre de Abou Ammar, en hommage à Ammar Ben Yasser, un compagnon du prophète Mahomet et premier martyr de l’islam. "Abou" signifie "père de" en arabe. Il crée le Mouvement de libération de la Palestine ("Harakat Tahrir Filastin" ) avec Salah Khalaf, Khalil al-Wazir et Farouk Kaddoumi, rebaptisé rapidement Fatah (la conquête en arabe). Cette nouvelle organisation a pour premier but l’établissement d’un État palestinien de la Méditerranée au Jourdain, recouvrant notamment les territoires d’Israël. Elle met en avant l’idée que la "libération de la Palestine" est avant tout l’affaire des Palestiniens, et ne saurait être confiée aux régimes arabes ou rapportée à une problématique d’unité arabe. Cette doctrine est, à l’époque de Nasser et du panarabisme triomphant, quasiment hérétique. En 1959, Arafat fonde avec Salah Khalaf le journal "Filistinuna" ("Notre Palestine") dont les colonnes, selon le diplomate Eric Rouleau, ne contiennent pas de propos antisémites mais qui préconise la lutte armée contre Israël dit « ennemi sioniste ». Arafat, qui cherche à donner une certaine légitimité à son organisation, contacte les gouvernements arabes. En 1965, il réussit à ouvrir un bureau à Alger en Algérie. Création de l’OLP. L'intervention des Soviétiques et des Syriens en 1964 à Moscou facilite le choix de Yasser Arafat comme leader des Palestiniens: Ion Mihai Pacepa, ancien chef de la "Securitate" roumaine, note dans son livre "The Kremlin Legacy", un jour de 1964, « nous avons été convoqués à une réunion conjointe du KGB, à Moscou ». Le sujet était d’importance : « il s’agissait de redéfinir la lutte contre Israël, considéré comme un allié de l’Occident dans le cadre de la guerre que nous menions contre lui ». La guerre arabe pour la destruction d’Israël n’était pas susceptible d’attirer beaucoup de soutiens dans les « mouvements pour la paix », satellites de l’Union Soviétique. Il fallait la redéfinir. L’époque était aux luttes de libération nationale. Il fut décidé que ce serait une lutte de libération nationale : celle du « peuple palestinien ». L’organisation s’appellerait OLP : Organisation de Libération de la Palestine. Des membres des services syriens et des services égyptiens participaient. Les Syriens ont proposé leur homme pour en prendre la tête, Ahmed Choukairy, et il fut choisi. Les Égyptiens avaient leur candidat : Yasser Arafat. Quand il apparut que Choukairy ne faisait pas l’affaire, il fut décidé de le remplacer par Arafat, et, explique Pacepa, celui-ci fut « façonné » : costume de Che Guevara moyen-oriental, barbe de trois jours de baroudeur. « Il fallait séduire nos militants et nos relais en Europe ». En , à Jérusalem-Est alors sous contrôle jordanien, le Conseil national palestinien se réunit à l’hôtel Intercontinental, situé en haut du mont des Oliviers et adopte la Charte nationale palestinienne qui définit les objectifs nationalistes palestiniens. Un mois plus tard, la Ligue arabe se réunit à l’instigation de Nasser pour créer l’Organisation de libération de la Palestine. Celle-ci a pour but de combattre l’État israélien. Sa branche politique est le Fatah. Quant à son bras militaire, l’Armée de libération de la Palestine, il est placé sous le commandement des différentes armées arabes. Nasser s’inquiète en effet de la présence sur son sol de commandos palestiniens incontrôlés qui pourraient saboter l’armistice de 1957, en même temps qu’il doit montrer son soutien aux Palestiniens : d’où l’idée de créer une organisation qui sera sous son autorité. La même année, Yasser Arafat rencontre le pape Paul : le Vatican ne reconnaissait pas encore l’État d’Israël à cette époque. Le mois de marque un tournant dans le parcours de l’organisation, lorsqu’un groupe du Fatah mène sa première opération militaire — la destruction d’une pompe à eau israélienne. Arafat envoie en personne un communiqué qui revendique l’opération au journal libanais An Nahar. Toutefois, cette attaque est un échec et le Fatah est condamné par la quasi-totalité des gouvernements arabes. Le Fatah poursuit toutefois ses opérations contre des cibles civiles avec notamment les attaques à l’explosif de contre Beit Guvrin, et une voie ferrée près de Kfar Battir. Au printemps 1966, Arafat est arrêté par les autorités syriennes pour son implication dans l'assassinat d'un activiste palestinien. Il ne s'est sorti d'affaire que grâce à l'intervention conjointe de Farouk Kaddoumi et de auprès de Hafez el-Assad, à cette époque ministre de la défense : on le soupçonnait d’être un agent égyptien du fait qu'il parlait l'arabe dialectal égyptien. Finalement, à la suite de leur insistance Assad accepta de le libérer tout en les mettant en garde contre Arafat. Jusqu’à la guerre des Six Jours, la branche armée du Fatah mène une « centaine de raids ». . Émancipation et début de l’activisme. La guerre des Six Jours change la donne géopolitique au Proche-Orient et constitue le véritable point de départ de la "carrière" de Yasser Arafat. L’Égypte, la Syrie et la Jordanie sont défaites par Israël qui conquiert Jérusalem-Est et la Cisjordanie (qui avaient été occupées à la fin du mandat britannique en mai 1948 par la Transjordanie), ainsi que la bande de Gaza (occupée par l'Égypte en mai 1948) et le Sinaï alors égyptien, et le Golan syrien. Les organisations palestiniennes se réorganisent. Deux jours après la fin des combats, un congrès du Fatah tenu à Damas décide, sous l’impulsion de Yasser Arafat, d’accentuer la lutte armée. L’attention d’Israël se détourne alors des gouvernements arabes pour se concentrer sur les diverses organisations palestiniennes, dont le Fatah. Entre la guerre des six jours et le début de l’année 1968, le Fatah organise la lutte intérieure en Cisjordanie en établissant des cellules et en perpétrant sabotages et attentats. Arafat se rend successivement à Qabatiya, Naplouse puis Ramallah où il est proche de se faire arrêter par le Shin Beth. La répression israélienne est « implacable » et fait plus de 200 tués parmi les Palestiniens. Devant l’échec, Arafat et le Fatah décident alors de changer de tactique. Ils établissent leur quartier général à Karameh et lancent, depuis la Jordanie, des opérations pour lesquelles ils obtiennent le soutien de la Légion arabe. En réponse, Israël établit des systèmes de surveillance renforcés et mène des raids au-delà du Jourdain. En , en représailles à l’explosion d’un bus de ramassage scolaire israélien sur une mine déposée par les fedayins, l’armée israélienne lance une opération d’envergure visant à détruire le camp palestinien de Karameh. 300 Palestiniens, auxquels Yasser Arafat a ordonné de « tenir tête à l’ennemi », épaulés par une centaine de Jordaniens, font face pendant plusieurs heures à une incursion d’envergure menée par près de soutenus par l’aviation, les blindés et l’artillerie. Le camp est finalement rasé et les Israéliens se retirent. 128 soldats jordaniens, 97 combattants palestiniens et 29 soldats israéliens sont tués. Malgré le nombre élevé de morts côté arabe et la destruction du camp, la bataille est considérée comme une victoire par le Fatah car les Israéliens se sont finalement retirés après dix heures de combat. Arafat annonce la victoire à la radio et organise à Amman des funérailles officielles pour les fedayins qui ont été tués. Cette nouvelle situation permet au Fatah de s’émanciper totalement de la tutelle des Moukhabarat, et de prendre la même année le contrôle de l’OLP, Organisation de libération de la Palestine, organisme représentatif créé lors du sommet de la Ligue arabe quatre ans auparavant. Nasser reconnaît le Fatah et son chef, qu’il avait cherché à circonvenir par tous les moyens. Arafat est reconnu et largement financé par Nasser pour représenter le peuple palestinien et a pris définitivement le dessus pour le rôle de résistant contre Israël sur le Syrien Ahmed Choukairy. Sur conseil des Soviétiques, s'est créé un « Che Guevara du Moyen-Orient » : vêtu d'un treillis, barbe de trois jours et kheffieh prenant la forme de la Palestine, le personnage Yasser Arafat se met la tête de Fedayins et représente un peuple à l'identité discutée, le peuple palestinien. Le , la charte de l’OLP est modifiée avec l’ajout de sept nouveaux articles à la suite de la guerre de 1967 et devient la Charte nationale palestinienne, adoptée au Caire qui déclare le territoire de la Palestine mandataire comme "indivisible" et comme la "patrie du peuple arabe palestinien". Cette charte est considérée par les Israéliens comme une véritable déclaration de guerre, car elle définit le but de l’organisation dans l’anéantissement de l’État d’Israël par la lutte armée en lui niant toute légitimité d’existence. Présidence de l’OLP. Grâce aux différentes distinctions données par Nasser à Arafat, ce dernier est promu à la tête du Fatah. Même ses détracteurs au sein de l’organisation le suivent, ce qui lui permet de disposer d’une base solide. Arafat prend également de l’importance sur la scène internationale : à l’occasion de la bataille de Karameh, la couverture du offre les premières images publiques de cet homme qui est présenté comme le chef de la guérilla palestinienne. Une délégation du Fatah est acceptée en France, qui devient ainsi le premier pays non arabe à accepter une représentation permanente du mouvement. La direction de l’OLP est plus que jamais à sa portée. Le , durant le Congrès national palestinien, il en est nommé président du comité exécutif, en remplacement de Yahya Hammouda. Yasser Arafat, en faisant monter l’OLP en première ligne, amène la nature du combat des Palestiniens sur un terrain plus politique. Il modifie alors le cap de l’OLP, d’un mouvement panarabe, pour en faire un mouvement qui se consacre à la "cause nationale palestinienne". La lutte armée contre Israël a été acceptée par les accords du Caire en 1969. À l’aube des années 1970, l’OLP qu’il préside recourt à la violence dans sa lutte contre Israël. Ses militants n’hésitent pas à détourner des avions, à prendre des otages, à commettre des actions armées contre des civils, opérations qu’Arafat dirige et planifie. Septembre noir en Jordanie. À la suite de la guerre des Six Jours, des milliers de nouveaux réfugiés et des fedayins palestiniens se sont installés en Jordanie. Après Karameh, l’OLP déplace son quartier général de Damas à Amman. En raison du prestige croissant de l’OLP, les combattants palestiniens commencent à parcourir en arme les rues des villes jordaniennes, ce qui provoque des heurts avec les forces jordaniennes. Petit à petit, le pays devient la base de la lutte armée palestinienne, les bases et les camps palestiniens deviennent un « État dans l’État ». À la suite du détournement de trois avions par quatre Palestiniens du FPLP et de leur destruction sur le sol jordanien à Zarqa, ainsi que de la tentative d’assassinat raté à son encontre, le roi Hussein ordonne, le , le massacre de dizaines de milliers de Palestiniens, qu’ils soient fedayins ou civils. La Syrie envoie deux cents tanks sur le sol jordanien pour aider les forces armées de l’OLP. Cet épisode dramatique est connu sous le nom de "Septembre noir". Le 27 septembre 1970 au Caire, Nasser obtient, vingt-quatre heures avant sa mort, la fin de la tuerie en imposant un accord entre le roi Hussein et Yasser Arafat. Après plusieurs tentatives infructueuses de négociations avec le roi Hussein, Munib Masri, le Palestinien le plus haut placé dans le cabinet de Wasfi Tal, réussit à emmener Arafat avec lui pour rencontrer le roi. Après avoir atteint la ville de Jarash, il se dirige vers la Syrie, d’où il prend la route du Liban avec deux mille de ses combattants. Chassés du pays, Arafat et le Fatah s’installent au Liban. Arafat devient le commandant en chef des forces révolutionnaires palestiniennes deux ans plus tard, puis, en 1973, le dirigeant du département politique de l’OLP. La nouvelle charte définie à Beyrouth prévoit de « s’attaquer aux intérêts sionistes partout dans le monde » et de « soulever la base libanaise aux côtés des Palestiniens ». De 1970 à 1982, établissement au Liban. En , chassé de Jordanie par les troupes du roi Hussein de Jordanie, Arafat s’établit au Liban. Le gouvernement central du Liban, fragilisé, ne peut empêcher l’OLP d’opérer presque comme un État indépendant, surnommé parfois . Les camps de réfugiés servent de bases d’entrainement militaire, et l’OLP commence alors des attaques d’artillerie et des infiltrations commando contre la frontière nord d’Israël, ou même des actions terroristes à l’étranger. Au Liban, Yasser Arafat contrôle les rentrées de fonds pour l’OLP. Il demande aux donateurs que les chèques soient rédigés à son ordre avant qu'il ne refasse un chèque pour l'OLP à son nom. « Ainsi, personne ne peut rien faire », constate Mustapha Tlas. Plus directement, les services soviétiques lui remettent environ en espèces chaque mois durant les années 1970. Arafat devient une clé de voûte de la stratégie soviétique dans la région. L’armée libanaise tente en 1969 de reprendre le contrôle des camps, mais elle est trop faible. Un compromis est trouvé avec la signature au Caire sous l’égide de Nasser, en 1969, d’un accord entre Yasser Arafat — commandant de l’OLP — et le commandant en chef de l’armée reconnaissant l’extraterritorialité des camps des fedayins. Jeux olympiques de Munich. En , huit Palestiniens du groupe "Septembre noir" pénètrent dans le village olympique, abattent deux membres de l’équipe israélienne et kidnappent neuf athlètes israéliens au cours des jeux Olympiques de Munich. Le commando palestinien réclame la libération de 200 de leurs compatriotes emprisonnés en Israël. Lors d’une tentative de libération des otages par la police allemande, une fusillade éclate, et tous les athlètes sont tués, par les preneurs d’otage, parfois à la grenade, mais aussi par les tireurs d’élite de la police. Selon Benny Morris, le Fatah avait pris la décision de créer le groupe "Septembre noir" lors d’un congrès du Fatah qui s’était tenu d’août à à Damas. La condamnation internationale de l’attaque ainsi que d’autres opérations du groupe "Septembre noir" a pour conséquence la distanciation du Fatah avec l’organisation responsable du massacre. Arafat ordonne même l’assassinat de deux de ses membres qui ont refusé d’arrêter leurs activités. Mohammed Daoud Odeh, leader du commando qui a mené l’opération, indique dans un livre qu’il a publié en 1999 qu’Arafat avait été informé des plans de l’opération mais ajoute que l’intention n’avait jamais été de tuer les athlètes israéliens. Selon Said Aburich, on ne dispose d’aucune preuve qu’Arafat ait été personnellement impliqué dans les actions du groupe Septembre noir mais il aurait eu les moyens de les faire cesser et ne l’a pas fait. Diplomatie. Le sommet arabe organisé à Alger en admet implicitement l’idée d’une "démarche progressive vis-à-vis d’Israël", en évoquant la libération prioritaire des territoires occupés en 1967. L’OLP est désignée par le même sommet comme seul représentant des Palestiniens dans le but de faire adhérer Arafat à cette idée, ce qu’il accepte. Arafat réunit la douzième conférence du Conseil national palestinien dans le but de faire accepter aux Palestiniens cette démarche par étape que certains craignent de voir devenir une reconnaissance d’Israël. Pour faire face aux oppositions internes à l’OLP, il ajoute au comité exécutif quatre nouveaux membres de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les habitants des territoires occupés, et principalement les Cisjordaniens, sont en effet favorables à un règlement politique du conflit. Yasser Arafat déclare à la sortie d'une réunion de l'ONU devant les caméras : « Je viens de créer un pays et un peuple qui jusque-là n'existait pas », en référence ironique aux mots de Golda Meir du 15 juin 1969 (). Dans le même temps, Arafat essaie de prendre contact avec les États-Unis pour inciter Israël à reconnaître l’OLP. Il propose ainsi la protection par l’OLP des ressortissants et intérêts américains dans ses régions d’influence. Inquiet de ces développements, Israël prend alors contact avec la Jordanie qu’elle souhaite voir représenter les Palestiniens en lieu et place de l’OLP. La nouvelle orientation d’Arafat divise l’OLP. Le FPLP gèle son adhésion, suivi par le FPLP-CG, le Front de libération arabe. Certains groupes palestiniens, comme l’Union générale des étudiants palestiniens et d’autres opposants d’Arafat, recourent au terrorisme pour affaiblir sa tentative de rapprochement avec les États-Unis. En 1974, le FPLP-CG mène plusieurs attentats dans les villes du nord d’Israël : le 11 avril, 18 personnes (dont 9 enfants) sont tués dans un appartement de Kiryat Shmona et le 15 mai, 21 enfants sont tués lors une prise d’otages dans une école élémentaire à Ma’alot. Le , un commando de l’OLP arrivé à Tel Aviv par la mer s’introduit dans l’hôtel Savoy et capture des otages. Huit de ces otages sont tués et 11 blessés par les Palestiniens qui finissent par se faire exploser durant leur retraite face à l’opération de sauvetage israélienne qui fait 3 morts parmi les soldats. À la suite de ces attaques, le gouvernement d’Israël renforce son refus de toutes discussions avec l’OLP, considéré comme groupe terroriste, malgré les dénégations d’Arafat qui tente en vain de faire admettre que ni lui, ni l’OLP, ne sont responsables de ces attaques. La bataille diplomatique. L’année 1974 constitue, pour Yasser Arafat, une année importante d’avancées en faveur d’un règlement politique. Le 14 mai, l’ONU reconnaît l’OLP par 105 voix contre 4 comme représentant du peuple palestinien. Le 21 octobre à Beyrouth, il rencontre Jean Sauvagnargues, ministre français des Affaires étrangères, qui devient ainsi le premier chef de la diplomatie occidentale à recevoir Arafat. Le , Yasser Arafat fait un discours devant l’Assemblée générale des Nations unies. Il y définit le sionisme comme une idéologie "raciste, impérialiste et colonialiste", il y justifie la cause palestinienne en la comparant aux luttes nationalistes d’autres peuples du monde, et il y défend l’idée d’un État unique démocratique où vivraient chrétiens, juifs et musulmans. Le , l’Organisation est admise comme membre observateur à l’ONU, faisant d’Arafat le premier représentant d’une organisation non gouvernementale à participer à une session plénière de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies. Au mois de juin, l’OLP adopte le principe de création d’un État palestinien sur les territoires qui seront libérés. Arafat déclare ne pas vouloir , et ne pas vouloir mais n’abroge pas la partie de la charte de l’OLP visant la fin du sionisme étatique. Le , lors du arabe à Rabat, les chefs d’États arabes admettent l’OLP comme membre à part entière de la Ligue arabe. Cette résolution implique également « l’obligation de tous les pays arabes de préserver l’unité palestinienne et de s’abstenir de toute ingérence dans les affaires palestiniennes ». Activisme palestinien et interventions israéliennes au Liban. À partir de 1975, la guerre civile fait rage au Liban, en particulier entre Libanais et Palestiniens mais également entre chrétiens et musulmans tandis que les forces militaires syriennes entrent dans le pays. Le président libanais et le chef de l’OLP sont convoqués à Riyad et sont invités par l’Arabie saoudite et l’Égypte à reconnaître la légitimité de la présence des troupes syriennes au Liban, et l’officialisent par la mise en place de la Force arabe de dissuasion (FAD). D’autre part, des attaques palestiniennes contre le territoire israélien sont organisées depuis le Liban. Le , un commando palestinien débarque au sud de Haïfa et prend les passagers d’un autobus en otage. Le commando mitraille tout ce que rencontre l’autobus. Ce dernier est finalement arrêté par une unité militaire israélienne au nord de Tel Aviv et les membres du commando palestinien sont tués. Le bilan est lourd avec un total de 35 morts et 74 blessés graves dont de nombreux civils. Israël attend du Liban qu’il assure sa sécurité en contrôlant l’activité des Palestiniens sur son territoire, mais le Liban est trop faible pour résoudre le problème. C'est dans ce contexte qu'Israël intervient deux fois au Liban : en 1978 et plus largement, en 1982. Menahem Begin lance l’Opération Litani en 1978. À son terme, l’armée israélienne et l’armée du Sud Liban (des chrétiens libanais alliés aux Israéliens) prennent le contrôle d’une étroite bande de terre, dite la "zone de sécurité" pour en refouler les forces palestiniennes. Elle sera évacuée en 1985. En 1982, un attentat est commis à Londres par Abou Nidal (qui avait aussi tenté auparavant d’assassiner Arafat), contre un diplomate israélien, Shlomo Argov, et laisse ce dernier paralysé. Israël accuse l’OLP, qui envoie en continu depuis 1981 des roquettes du Liban sur son territoire mais qui nie toute implication dans l’affaire, et une seconde opération militaire, dite opération Paix en Galilée, voit s’affronter Palestiniens dirigés par Arafat et israéliens. La structure de commandement qu’il avait imaginée sur le terrain s’effondre, les officiers sur lesquels il comptait prennent la fuite. Saïd Aburich décrit cette situation comme suit : . Arafat lance des appels dans les médias pour demander de l’aide aux pays arabes mais ceux-ci ne bougent pas. La Ligue arabe ne juge même pas utile de se réunir. Même la Syrie, avec laquelle Arafat avait établi un plan d’urgence en cas d’invasion israélienne, signe une trêve unilatérale avec Israël qui occupe le Liban Sud au terme de l’opération. Au cours de cette seconde intervention, lors du siège de Beyrouth par l’armée israélienne, des civils palestiniens (entre 800 et selon les sources) sont massacrés dans les camps de réfugiés de Sabra et de Chatila par les milices chrétiennes ; l'opération est décidée le libanais Elie Hobeika qui appartient aux services secrets syriens. L’implication supposée d’Ariel Sharon, alors Ministre de la Défense d’Israël, dans cette opération, aura plus tard un impact négatif sur les pourparlers de paix lorsqu’il accèdera aux fonctions de Premier ministre, le . Pendant la période libanaise, les camps palestiniens deviennent de plus en plus indépendants. De sa base de Beyrouth, l’OLP prend en charge les services sociaux des réfugiés palestiniens. Mais dans le même temps, elle arme et organise les groupes de fedayins qui lancent des attaques contre Israël et ses intérêts. De 1982 à 1994, établissement à Tunis. Retrait du Liban. En 1982, en pleine guerre du Liban, Arafat échappe à la mort en quittant de justesse un immeuble jeté à terre par une bombe israélienne. Escorté et protégé par les légionnaires français du 2e REP, il est forcé de quitter Beyrouth, assiégée par l’armée israélienne, le , à bord d’un navire marchand battant pavillon grec, l’"Atlantis", protégé par une escorte conjointe franco-américaine (dont les frégates "Dupleix" et "Georges Leygues"). Il est exfiltré vers la Grèce puis en Tunisie, ce qui désorganise en partie ses rentrées financières. Le président tunisien, Habib Bourguiba, est peu enclin à héberger Arafat mais finit par accepter après les pressions de la Ligue arabe et de sa femme. Un an après, Arafat revient à Tripoli (Liban). Dès le mois de septembre, les partisans d’Arafat sont repoussés par des dissidents de l’OLP dirigés par Abou Moussa épaulés par des troupes syriennes vers les camps de réfugiés de Tripoli. Yasser Arafat est contraint à l’exil. Farouk Kaddoumi demande à l’URSS de protéger les navires quittant le port de la ville pour assurer le départ d’Arafat mais les Soviétiques refusent. Farouk Kaddoumi demande alors l’aide des Français qui acceptent. L’URSS justifie son refus par la volonté d’éviter tout conflit avec les États-Unis. Arafat et de ses partisans quittent Tripoli sur des bâtiments grecs protégés par la marine française. Il installe son quartier général dans la ville de Borj Cédria tout près de Tunis où il vit constamment sur ses gardes. Il n’a pas de domicile fixe et ne dort jamais plus d’une nuit au même endroit. Il accepte la dispersion de ses forces combattantes. Arafat évite la mort le lorsqu’un avion de chasse israélien F-15 bombarde le siège de l’OLP à Tunis où devait se tenir un meeting entre les dirigeants du mouvement, meeting auquel Arafat arrive en retard. Cette opération intervient en réponse à l’assassinat de trois Israéliens à Chypre. Le 7 octobre, un navire de croisière italien, le "Achille Lauro", est détourné par 4 membres de l’OLP. Le , d’autres commandos palestiniens attaquent les comptoirs aériens de El Al dans les aéroports de Rome et de Vienne, faisant 15 morts civils. Malgré le renoncement au terrorisme de l’OLP en au Caire - tel que précédemment conseillé par les services secrets roumains -, l’organisation est impliquée dans plus de 100 actes de cet acabit lors des deux années suivantes. , en 2014 subsiste un . Première intifada et déclaration d’Alger. En 1988, la première intifada, ou « révolte des pierres », éclate en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Bien que l’OLP ait été grandement impliquée dans cette révolte, celle-ci a principalement été menée par le Commandement unifié de l'Intifada, et non par la faction tunisienne d’Arafat. L’éclatement de l’Intifada précipite la proclamation depuis Alger d’un État palestinien dans la nuit du 14 au et Arafat est élu par le Conseil national palestinien, président de ce nouvel État. Dans le même temps, l’OLP reconnaît la résolution 181 de l’ONU de 1947 qui partage la Palestine en deux États, l’un juif, l’autre arabe, reconnaissant "de facto" l’existence de l’État israélien, et elle réaffirme sa condamnation du terrorisme. Ouverture diplomatique. Yasser Arafat s’engage alors dans une démarche diplomatique, en accord avec sa nouvelle forme de lutte pour l’obtention d’un État palestinien. Le , devant l’Assemblée générale des Nations unies à Genève, Arafat en appelle à une résolution pacifique du conflit israélo-arabe sur base des résolutions 181, 242 et 338 et rappelle le rejet par le Conseil national palestinien et par l’OLP de toute forme de terrorisme. Il aurait précisé le lendemain lors d’une conférence de presse que l’OLP reconnaissait la résolution 242, le droit à l’existence d’Israël et renoncer au terrorisme Le président américain Ronald Reagan met fin aux treize années d’interdiction de discuter avec l’OLP en officialisant l’ouverture du dialogue avec l’organisation, lors d’une conférence de presse le 14 décembre. Arafat rencontre le pape Jean-Paul au Vatican, le , et affiche par exemple sa dévotion envers « Notre Seigneur Jésus-Christ » (« "“palestinien”" puisque né à Bethléem, qui est un mot hébraïque qui veut dire "“maison du pain”" »), pour rallier à lui la minorité chrétienne palestinienne qui, bien souvent, est persécutée par les intégristes musulmans et obligée de fuir. Dès cette époque, il assiste à toutes les messes de Noël à Bethléem, sauf lorsque l’accès lui en est interdit par Israël à la fin de sa vie. Le , en visite officielle, pour la premi ère fois à Paris, Arafat déclare « caduque » la charte de l’OLP qui affirmait que « la lutte armée est la seule voie pour la libération de la Palestine ». C’est la condition qu’avait mise François Mitterrand pour accepter de rencontrer le leader de l’OLP. Arafat fait état d’une « correspondance avec le général de Gaulle en 1968 » et montre la croix de Lorraine que ce dernier lui aurait envoyée, ce que niera le fils du général. Le , plus de soixante sénateurs américains envoient une lettre au secrétaire d’État James Baker, pour s’opposer au visa d’entrée d’Arafat en visite au siège de l’ONU aux États-Unis. Mariage. Alors qu'il répétait des années durant qu'il avait « épousé la Palestine », Arafat se marie à 60 ans avec sa secrétaire, Souha Tawil, de trente-quatre ans sa cadette, appartenant à l'Église grecque orthodoxe, fille d'un banquier et d'une militante nationaliste de la première heure, proche du leader, le . Les proches d’Arafat n’apprécient pas cette union, qu’ils estiment incongrue. Sa femme, Souha, affirme qu’elle a rencontré pour la première fois Arafat en 1988. Il demande en mariage celle qu'il surnomme « Soussou », en 1990. Celui-ci est célébré en secret à Tunis. Arafat a convoqué pour l’occasion deux témoins, qui seraient deux de ses gardes, ainsi qu’un cheikh, comme le veut la loi islamique pour le mariage. Souha, convertie à l'islam, ne portait pas une robe de mariage mais une robe normale et Arafat portait son habit militaire traditionnel et un keffieh. Arafat a souhaité garder le mariage secret malgré le refus de sa femme. Selon elle, Arafat a agi ainsi car le mariage coïncidait avec la guerre du Golfe et la première intifada et qu’il était inquiet des conséquences que cela pourrait entraîner. Ils ont ensemble une fille, Zahwa, née le à Paris, prénommée comme la mère de Yasser Arafat. Après les premières années, Souha Arafat souffre de cette vie « terrible et injuste » qu'elle subit et dont elle impute la faute aux Israéliens ; elle tente à de nombreuses reprises de quitter Arafat mais il l'en empêche. À partir du début de la seconde intifada, en 2000, elle ne voit plus son mari et part vivre avec sa fille à Paris en France où elle laisse s'exprimer ses goûts de luxe, en opposition avec ceux austères de son époux. Quand Yasser sera hospitalisé à Clamart, elle deviendra omniprésente auprès de lui, gèrera les visites à l'hôpital et distillera les communiqués médicaux à la direction palestinienne de Ramallah. Après sa mort, Souha Arafat est accusée par des responsables palestiniens ou des journalistes occidentaux d'avoir capté une partie de l'argent qu'Arafat gardait dans ses comptes à l'étranger ce qu'elle a toujours nié. L’alliance avec Saddam Hussein. En 1989, la désintégration du Bloc socialiste et la fin de la guerre froide entraînent une redistribution des alliances diplomatiques qui marginalise Arafat sur la scène internationale. De plus, le gouvernement russe autorise l’émigration vers Israël de plusieurs centaines de milliers de ses ressortissants d'origine juive. Cherchant une issue à son isolement, Yasser Arafat s’allie avec Saddam Hussein, de qui il aurait reçu de l’aide financière, et ne condamne pas l’invasion du Koweït par l’Irak, ce qui est perçu comme une trahison par le Koweït. Dans les jours qui précèdent l’invasion, Yasser Arafat fait la navette entre Bagdad et la ville de Koweït pour tenter d’imposer sa médiation. Mais ses interlocuteurs koweïtiens ont remarqué qu’il semblait être étrangement réceptif aux arguments de Saddam Hussein et la communauté palestinienne, très importante () dans le petit émirat du Koweït, favorise la prise de cet État par l’armée irakienne en 1990. Sa décision mènera à la faillite de l’OLP, puisque plusieurs États, comme l’Arabie saoudite et le Koweït, lui retirent alors leur soutien financier. Cette alliance vaut à Yasser Arafat, après la deuxième guerre du Golfe et la défaite des armées irakiennes, le ressentiment et la colère des monarchies pétrolières et des Américains. Il est paradoxalement sauvé par le nouveau gouvernement israélien, où la gauche arrive au pouvoir en 1992 avec Yitzhak Rabin et Shimon Peres, qui estiment que Yasser Arafat ne peut plus refuser de leur donner toutes les garanties nécessaires en matière de sécurité, en vue de la création d’un État autonome palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Accident d’avion. En 1992, Arafat échappe à la mort lorsque son avion, un Antonov 26, s’écrase en Libye alors qu’il effectue la liaison Khartoum-Tripoli. Dès la disparition de l’appareil, les autorités palestiniennes ont fait appel à l’aide internationale. À la suite d’une intervention de l’ex-président américain Jimmy Carter, George Bush autorise la fourniture d’informations enregistrées par les satellites américains. De leur côté, les autorités françaises envoient deux appareils, l’un basé au Tchad, l’autre à Djibouti, pour participer aux recherches. Les deux pilotes de l’avion du leader palestinien ainsi qu’un ingénieur sont retrouvés morts, Arafat ne souffre que de quelques contusions. Quelques semaines plus tard, il est hospitalisé d’urgence à Amman, en Jordanie, pour être opéré d’un caillot au cerveau. De 1994 à 2001, le retour en Palestine. Processus d’Oslo. Alors que le processus de paix entamé à la Conférence de Madrid de 1991 ne donnait aucun résultat, des négociations secrètes sont menées à Oslo entre des membres de l’OLP et du gouvernement israélien pour trouver un accord de paix. Le , la Déclaration de Principes dite « accords d'Oslo », est signée à la Maison-Blanche sous l’égide du président Bill Clinton. Le monde entier retient la poignée de main historique échangée entre le premier ministre israélien Yitzhak Rabin et Yasser Arafat. Arafat est alors invité par le Parlement européen en décembre 1993 (après avoir été reçu à titre non officiel au sein du Parlement en octobre 1988), et il insiste sur le rôle que l’Union européenne doit jouer dans le processus de paix. Dans une lettre adressée à Yitzhak Rabin le , Arafat déclare que l’OLP renonce officiellement à la lutte armée contre Israël en même temps qu’elle reconnaît la légitimité de cet État : . En 1994, Yasser Arafat, Shimon Peres et Yitzhak Rabin reçoivent le prix Nobel de la paix pour leurs efforts en faveur de la paix dans cette région. L’un des cinq jurés du comité Nobel démissionne pour protester contre l’attribution du prix à Yasser Arafat. Arafat et Yitzhak Rabin partagent également la même année le prix Princesse des Asturies de la coopération internationale et le Prix de la Fondation du Forum Universale qui leur sera remis, lors d'un Forum annuel de Crans Montana conjointement par Jean-Paul Carteron, son fondateur, et le président de la Confédération suisse, Jean-Pascal Delamuraz. Arafat au pouvoir. Yasser Arafat prend ses quartiers à Gaza à partir de et reçoit un accueil triomphal. L’accord dit « Oslo », conclu en septembre 1995, permet la tenue d’élections générales en janvier 1996 qui opposent Arafat à Samiha Khalil. Arafat est élu sous le contrôle d’observateurs internationaux, avec 87,1 % des suffrages exprimés, président de la nouvelle Autorité palestinienne, née des accords d’Oslo. Le , Yitzhak Rabin est assassiné lors d’une assemblée pour la paix à Tel Aviv. Nabil Shaath raconte . Les journalistes John et Janet Wallah estiment qu’. On conseille à Arafat de ne pas assister aux obsèques. Il envoie alors des représentants du gouvernement et va quelques jours plus tard présenter ses condoléances à Leah Rabin. Le 19 novembre, l’armée israélienne se retire de Jénine. Il s’agit du premier retrait israélien et l’autonomie est étendue. Mais l’assassinat de Yahia Ayache par le Shin Beth met un terme aux efforts de Yasser Arafat de convaincre le mouvement islamiste Hamas de présenter des candidats aux élections législatives. Le Hamas répond par quatre attentats-suicides faisant plus de 60 victimes israéliennes. Arafat fait alors arrêter des centaines d’activistes islamistes, exige la fermeture de l’université islamique de Gaza et fait interpeller cinq des treize terroristes les plus recherchés par Israël. Le , le Conseil national palestinien modifie les articles de la charte nationale palestinienne refusant l’existence de l’État d’Israël.Après les élections de 1996, Arafat prend officiellement le titre de "Raïs" (président) de l’Autorité palestinienne. En 1996, le nouveau premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, déclare qu'il ne parlerait pas à Arafat directement, ce qui rend Arafat furieux, qui promet à son entourage d'inverser ces intentions. Il demande alors aux Palestiniens d'organiser des manifestations et de provoquer les Israéliens ; après les premières violences, les Israéliens sont blâmés et Netanyahu téléphone pour la première fois à Arafat. Dans les années qui suivent, l’économie palestinienne croît à un rythme de 9,28 % par an, selon un rapport du FMI, et les investissements de 150 %, ce qui en fait l’un des taux de développement les plus rapides au monde au cours de cette période. L’évolution du processus de paix se ralentit et en , le président américain Bill Clinton doit persuader Arafat et le nouveau Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, pour les amener à signer le mémorandum de Wye Plantation prévoyant de nouvelles étapes à entreprendre pour parvenir à la paix entre les deux partis. Relation avec le Hamas. Sur la scène palestinienne, Arafat entretient de mauvaises relations avec le Hamas. Celui-ci a semblé lui déclarer la guerre dès son retour dans les territoires palestiniens. Il a cherché à l’affaiblir en soutenant un parti islamiste fondé en 1995, soit un an après son retour dans les territoires. Des membres du Hamas ont été également arrêtés : 170 sympathisants sont ainsi arrêtés en 1995, lors de sa première année dans les territoires occupés. Depuis sa création, le Hamas rejette la coopération avec l’OLP et à plusieurs reprises, ses militants se heurtent, sur le terrain, aux militants de Yasser Arafat. Celui-ci déclare dans une interview au "Corriere della Sera", en décembre 2001, que le gouvernement israélien a favorisé la création du Hamas, par le biais de subventions budgétaires ; le même mois, dans "L'Espresso", il précise que l'objectif d'Israël . Lorsqu’Arafat déclare la fin de la lutte armée contre Israël le , des voix s’élèvent contre sa décision et les relations avec le Hamas se dégradent encore. L’Autorité palestinienne déclare avoir déjoué une tentative d’assassiner Arafat par le mouvement islamiste et arrête sept personnes qui devaient l’assassiner pendant l'Aïd al-Adha. Aussi, Arafat assigne à résidence Ahmed Yassine, le chef spirituel et fondateur du Hamas. Toutefois, suite à son assassinat par Israël, le , Yasser Arafat dénoncera comme un « crime barbare » l’assassinat de Ahmed Yassine et décrétera trois jours de deuil dans les territoires palestiniens. Contestation du pouvoir. Si, sur le plan extérieur, son régime doit faire face à de nombreuses accusations de corruption et de violation des règles démocratiques — certains accusent Arafat d’être corrompu et des chiffres circulent sur les sommes détournées vers un compte personnel de Yasser Arafat (le rapport du FMI les estime à 800 millions de dollars, d’autres sources à plusieurs milliards sans pour autant savoir s'il s'agit d'une fortune personnelle ou de fonds de l'OLP) —, sur le plan intérieur, le de Yasser Arafat, qui muselle toute tentative d’opposition et censure les médias, ne paraît que rarement être remis en cause. Selon Amnesty International, les prisonniers politiques sont souvent torturés, avec son aval. Bassam Eid, journaliste palestinien et directeur de , confirme qu’« il est à l’origine de chacun des actes de ses services de sécurité […] il les libère après une enquête bidon ». Le , 20 intellectuels et hommes politiques palestiniens signent une pétition traitant le gouvernement palestinien de . Arafat ordonne l’arrestation de 11 d’entre eux. Les 9 restants sont protégés par loi et ne sont pas arrêtés, mais deux d’entre eux disent avoir été attaqués par la police palestinienne. Il est aussi accusé de participer au conditionnement de la population palestinienne à la guerre contre Israël, à l’école, à la mosquée, par la presse et la télévision. Les critiques ne viennent pas seulement des opposants à un État palestinien. Ainsi, par exemple, le « Centre palestinien pour les droits humains » accuse l’Autorité palestinienne de procéder à des arrestations politiques de militants islamistes. Mohammed Dahlan, ex-ministre de l’intérieur, accuse Arafat d’avoir gaspillé 5 milliards de dollars, ce qui pousse Arafat à essayer à plusieurs reprises d’écarter Dahlan après ces accusations portées contre lui. Sommet de Camp David. En , le sommet de Camp David entre Yasser Arafat et Ehud Barak évoque la reconnaissance d’un État palestinien. Il achoppe néanmoins sur de nombreux points. À l’issue du sommet, chacune des deux parties rejette sur l’autre la responsabilité de l’échec des discussions. Les Palestiniens considèrent qu’Israël ne leur a pas proposé assez, tandis que les Israéliens clament qu’ils ne peuvent raisonnablement pas offrir davantage. Aux États-Unis comme en Israël, l’échec est largement attribué à Yasser Arafat qui, pour eux, avait quitté la table des négociations sans faire de contre-proposition. À l'inverse, de nombreux ouvrages et articles, comme celui de Robert Malley, conseiller de Bill Clinton et membre de l'équipe américaine organisatrice du sommet de Camp David, ont été écrits pour clamer que la proposition d'Ehoud Barak à Yasser Arafat, prétendument généreuse selon l'opinion israélienne et américaine, était en réalité un mythe. De 2000 à 2004, la seconde intifada. Seconde intifada, échec de Taba et élection d’Ariel Sharon. La seconde intifada est initiée en , à la suite de l’échec des discussions israélo-palestiniennes ; elle tourne rapidement à la guerre ouverte avec Israël. La visite du parlementaire du Likoud, Ariel Sharon, sur l’Esplanade des Mosquées/Mont du Temple est vécue par eux comme une provocation. La veille, Arafat demande au Premier ministre israélien, Ehud Barak, d’annuler cette visite car selon lui, elle risque de provoquer de nouvelles émeutes sanglantes. Barak n'interdira pas cet acte politique de Sharon. Cette visite est le point de départ de mois de violence qu’Arafat n’arrive pas à maitriser. Des attentats-suicides, visant la population civile, sont perpétrés en Israël. Impuissant à calmer la révolte, y compris parmi les Faucons du Fatah, Arafat décide de se joindre à l’Intifada en diffusant un appel dans lequel il exhorte les Palestiniens à se soulever contre « l’usurpateur israélien ». Mais c’est la faction du Fatah dirigée par Marouan Barghouti, qui ne reçoit aucun ordre d’Arafat, qui dirige cette deuxième intifada. Dans un rapport établi à ce sujet, déclare ne pas avoir trouvé de preuves que Yasser Arafat ou l’Autorité palestinienne aient jamais participé à la mise en œuvre de ces attaques, mais souligne que cette dernière n’a pas fait suffisamment pour poursuivre les organisateurs et n’a pas pris de mesures préventives. Aussi Kenneth Roath, directeur exécutif de , déclare qu'Arafat et l’Autorité palestinienne portent un degré de responsabilité politique élevé dans les atrocités qui se sont produites. Selon les sources officielles israéliennes, 506 personnes auraient trouvé la mort dans les attentats-suicides entre 2000 et 2004 et elles accusent les dirigeants palestiniens de n’avoir rien fait pour arrêter les kamikazes voire de les avoir encouragés. Des négociations de paix sont engagées dans l’urgence en au cours du Sommet de Taba alors que les violences sur le terrain se multiplient. Elles n’aboutissent pas, à la veille d’élections anticipées en Israël. D’après al-Jazeera, Arafat refuse également les propositions du Président américain Bill Clinton de renoncer au droit au retour des réfugiés palestiniens en échange du statut de Jérusalem comme capitale de la Palestine et d’Israël. Selon un de ses gardes de corps, Arafat aurait dit à Clinton que s’il acceptait cette offre, il serait tué des mains de son propre peuple. Des personnalités arabes, comme le président égyptien Hosni Moubarak, pressent Arafat d’accepter cette offre mais celui-ci répond que cela est impossible. Les pourparlers de Taba sont interrompus, le , après six jours de négociations intenses à la suite de la mise en terme aux discussions par Shlomo Ben-Ami, ministre des Affaires étrangères et chef de la délégation israélienne à la demande expresse d’Ehoud Barak. En , Ariel Sharon est élu Premier ministre tandis qu’aux États-Unis, George W. Bush est élu président. Ariel Sharon ne cherche pas à poursuivre les négociations avec Yasser Arafat qu’il ne juge pas comme un interlocuteur valable. L’isolement à la Mouqata'a. Les attentats du 11 septembre 2001 précipitent les États-Unis dans la « guerre contre le terrorisme » à partir de , alors qu’au même moment, Yasser Arafat conclut une trêve avec le Hamas et le Jihad islamique palestinien. Considéré comme responsable du déclenchement de la seconde intifada et des attentats-suicides par le gouvernement israélien, boycotté par le gouvernement américain, Yasser Arafat va passer les dernières années de sa vie enfermé dans la Mouqata’a, son quartier général de Ramallah, encerclée par les forces israéliennes. Interdit de voyage aussi bien en Palestine qu’à l’étranger, il va perdre toute prise sur les évènements, gardant toutefois le contrôle de l’Autorité palestinienne et de l’OLP. Pour les responsables israéliens, le président de l’Autorité palestinienne n’est plus un interlocuteur valable. Une conviction partagée par Washington, qui fait de son départ une condition préalable à la création d’un État palestinien indépendant. Bush décrit Sharon comme un homme de paix et refuse de recevoir Arafat. Selon certains observateurs politiques, Yasser Arafat était « diabolisé » et était devenu « infréquentable ». « Enfermé sans que les opinions publiques internationales ne s’en indignent réellement », il semblait être ressenti comme un « gêneur », le peuple palestinien ne « le voyant presque plus » et s’étant « habitué à vivre et à combattre sans lui ». L’assassinat ciblé de Raed Karmi, membre du Tanzim, de la région de Toulkarem, par les forces israéliennes, change la nature des attentats en Israël. Ceux-ci sont dorénavant perpétrés en Cisjordanie et à Gaza. De son côté, Ariel Sharon lance une série de représailles à grande échelle avec l’accord de George W. Bush et de Donald Rumsfeld. George W. Bush déclare qu’Arafat est inapte à gouverner et appelle les . L’Union européenne exige de Yasser Arafat une dénonciation catégorique et « en langue arabe » du terrorisme, ce qu’il fait le et, en , il publie une « vision de la paix ». En 2002, l’« Affaire du Karine A » met directement en cause Yasser Arafat : un bateau transportant d’armement est arraisonné par l’armée israélienne : selon cette dernière la cargaison est destinée aux Palestiniens. Des documents montreront que le bateau était possédé par l’Irakien Ali Mohamed Abbas. Certains officiels américains ont suggéré par la suite que le bateau n’était pas destiné à l’Autorité palestinienne mais au Hezbollah. En vertu des réformes exigées par Israël et les États-Unis, Yasser Arafat doit toutefois se résigner, en , à nommer un premier ministre qui sera Mahmoud Abbas. Deux ans et demi après le début de la seconde intifada, le poste de premier ministre, qui n’était pas prévu à la création de l’Autorité palestinienne, est imposé à Arafat par les occidentaux, notamment par les Américains, qui y voient une façon de contourner l’obstacle à la paix qu’est devenu pour eux Arafat gouvernant seul. Pour eux, il faut un nouvel interlocuteur. Washington fait alors pression pour que soit créé ce poste de premier ministre au sein de l’Autorité palestinienne. Un bras de fer oppose rapidement Arafat à son premier ministre Mahmoud Abbas. Au centre des divergences, la feuille de route pour la paix et la proposition de Mahmoud Abbas de nommer Mohammed Dahlan au poste de ministre de l’Intérieur. À la suite d'un conflit de pouvoir avec Yasser Arafat autour de la question du contrôle des forces de sécurité, Mahmoud Abbas renonce à son poste le . Le refus d’Arafat de lui conférer des pouvoirs essentiels, ainsi que son maintien du contrôle de certains services de sécurité, ont limité la capacité d’agir de l’ex-Premier Ministre. Ahmed Qoreï est alors nommé à sa place. C’est en 2003 également que des membres du gouvernement Sharon vont jusqu’à proposer publiquement de « l’éliminer ». La très forte réaction de la communauté internationale force le gouvernement Sharon à se rétracter. En 2004, Ariel Sharon franchit une étape supplémentaire en déclarant, le 2 avril, que son adversaire n’a « aucune assurance » sur la vie. Le journaliste israélien Uri Dan rapporte, dans son livre "Ariel Sharon : Entretiens intimes avec Uri Dan", une conversation téléphonique qui se serait alors tenue entre Ariel Sharon et George W. Bush, Sharon informant Bush qu’il ne se sentait plus tenu par la promesse qu’il lui avait faite en mars 2001 de ne pas toucher à la vie d’Arafat. Bush lui aurait répondu qu’il fallait laisser le destin de Arafat entre les mains de Dieu, ce à quoi Sharon avait répondu que parfois, Dieu a besoin d’une aide. À la suite de ces menaces, le pacifiste israélien pro-palestinien, Uri Avnery, déclare dans son éditorial pour le Gush Shalom, être prêt à servir comme bouclier humain pour protéger Arafat. Il se rend avec un groupe de pacifistes à la Mouqata’a où Arafat les invite à dîner. Au cours du diner, Arafat déclare . Dans la foulée, Sharon confirme que si Arafat quitte Ramallah et les territoires autonomes pour se rendre à l’étranger, il ne sera pas autorisé à revenir. Provenance de son argent. , confiait-il. Yasser Arafat est accusé d’avoir détourné au profit de son organisation plusieurs centaines de millions de dollars qui étaient destinés au peuple palestinien, et un conflit d’intérêts financiers sur les sommes disparues a persisté entre sa femme résidant à Paris en France et à Gammarth en Tunisie, et l’OLP. Précédemment, les services soviétiques lui remettaient mensuellement environ en espèces durant les années 1970. Le ministre syrien de la Défense, Moustafa Tlas, raconte qu’un jour une délégation d’hommes d’affaires koweïtiens avait remis à Arafat un chèque de dollars rédigé à l’ordre de l’OLP ; Arafat l’a fait refaire à son nom. Tlas ajoute . La question est d’autant plus complexe qu’en l’absence d’État palestinien, les sommes destinées au peuple palestinien ne devaient être encaissées que sur les comptes de l’OLP qui était seul juge des dépenses. Dès 1991, Abou Ali Shahin, l'un des premiers alliés d'Arafat, écrit un rapport secret accusant le leader palestinien de « dégradation morale inconcevable », où il le qualifie de mégalomaniaque, dictateur, de pharaon financièrement corrompu. En 2002, Ozrad Lev, un conseiller en investissement israélien avoue dans le journal israélien "Maariv" ne plus pouvoir vivre plus longtemps avec la honte d'avoir transféré illégalement 300 millions $ de l'Autorité palestinienne, avec son partenaire d'affaires Yossi Ginossar et en étroite collaboration avec l'argentier d'Arafat, le Kurde Muhammad Rachid, sur un compte suisse secret appartenant à Yasser Arafat et ouvert auprès de la Lombard Odier & Cie, en avril 1997 - argent qui a ensuite disparu. Outre cette « goutte dans l'océan », Lev s'épanche au sujet de son propre rôle dans le blanchiment de centaines de millions de dollars volés par Yasser Arafat au peuple palestinien avec la complicité du gouvernement israélien et des autorités internationales, et dit en avoir terminé après une décennie de mensonges et de corruption flagrants qui étaient justifiés au nom de la paix. En juillet 1997, Lev avait rencontré Yasser Arafat qu'il a trouvé « humble et charmant » maist constatait qu'il connaissait tous les détails de ses comptes. Selon Lev, le chef palestinien était corrompu tout comme l'Autorité palestinienne et même le processus de paix, pas moins que l'occupation. La collaboration avec Rachid prend fin en 2001 ; les comptes sont fermés et 65 millions $ sont transférés sur des comptes inconnus dans d'autres banques entre Londres et Le Caire, après l'Intifada. L'Américain Dennis Ross qui l'a longuement fréquenté soutient qu'Arafat possédait un cabinet noir, un placard financier et un système de blanchiment d'argent. Des magazines comme "Forbes" estiment qu'Arafat était riche de 300 millions de dollars alors que des officiels américains estiment sa fortune à 1 milliard de dollars. Alors qu’elle vivait à Paris, sa femme aurait reçu chaque mois de la part de l’autorité palestinienne. Le FMI estime à "au moins 898 millions de dollars" le montant des détournements sur les financements alloués à l'autorité palestinienne entre 1994 et 2000, sans compter l'argent qu'Arafat et sa famille obtenaient de l'Autorité palestinienne par des moyens secondaires tels que les contrats sans appel d'offres, des commissions occultes, etc.. Un rapport secret préparé sous l'autorité d'« un cousin d'Arafat a conclu qu'en 1996 seulement, 326 millions $, soit 43 % du budget de l'État, avait été détourné ». Mohamed Rachid, diamantaire et homme d'affaires, présenté comme l'agent financier personnel de Yasser Arafat, aurait ainsi géré sur plusieurs années une fortune considérable à travers de nombreux investissements aux rendements avérés et des comptes occultes ; il est considéré comme un personnage clé derrière la corruption au sein de l'Autorité palestinienne. Un certain nombre des 200 comptes bancaires d'Arafat répartis dans le monde entier ont été mis à jour depuis sa mort. Financement du terrorisme. Fin connaisseur du pouvoir, Arafat utilise l'argent qu'il aurait volé pour acheter de l'influence, pour assurer des monopoles sur les biens et des services, pour provoquer ou désamorcer des conspirations, etc.. Arafat est également accusé de financer le terrorisme palestinien et d’utiliser les aides internationales pour acheter des armes. Certains groupes auteurs d’attentats-suicides en Israël sont liés directement au Raïs palestinien. Maslama Thabet, l’un des leaders du groupe, s’exprimant dans le quotidien , affirme : . Israël publie des documents trouvés dans les dossiers d’Arafat, prouvant que celui-ci avait tacitement approuvé les attentats perpétrés par les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa. De son côté, l’Union européenne enquête sur les allégations de détournement de ses aides par l’Autorité palestinienne. L’ (OELAF) conclut qu’il n’existe aucune preuve que des aides aient été détournées pour financer des activités illégales. Néanmoins, elle ajoute que l’UE est convaincue que l’Autorité doit réformer ses institutions financières pour lutter contre la corruption et les détournements de fonds. La mort de Yasser Arafat. Hospitalisation et décès en France. En , Arafat se plaint de douleurs à l’estomac et de vomissements. Malgré une première intervention chirurgicale dans son quartier général de la Mouqata’a à Ramallah, en Cisjordanie, le 25 octobre, sa santé continue à se dégrader. Le , gravement malade, Yasser Arafat quitte Ramallah pour rejoindre la Jordanie, d’où il se rend en France, à bord d’un avion médicalisé. Il est hospitalisé dans l’hôpital d’instruction des armées Percy à Clamart près de Paris. Il meurt officiellement en France à Clamart le , à , heure de Paris, dans la seconde partie du mois de Ramadan. Mahmoud Abbas est nommé chef de l’Organisation de libération de la Palestine, Farouk Kaddoumi est élu chef du Fatah, et Ahmed Qoreï maintenu dans ses fonctions de chef du gouvernement. Après un hommage officiel à l’aérodrome militaire de Villacoublay en présence du Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin et une cérémonie officielle au Caire, en présence de nombreux représentants politiques étrangers, Yasser Arafat est inhumé le 12 novembre, dans la Mouqata'a, son dernier quartier général de Ramallah, en Cisjordanie, le gouvernement israélien ayant refusé qu’il soit enterré à Jérusalem alors que Yasser Arafat avait à plusieurs reprises exprimé le souhait d’y être inhumé. Une foule de près de est présente pour accueillir sa dépouille à son arrivée d’Égypte. Enquête sur les causes du décès de Yasser Arafat. Huit ans après le décès de Yasser Arafat à Paris, une information judiciaire a été ouverte en août 2012 par le parquet de Nanterre, pour déterminer les causes de la mort du leader palestinien sur laquelle pèsent des soupçons d'empoisonnement. La veuve du chef de l'autorité palestinienne avait d'ailleurs déposé plainte contre X pour assassinat avec constitution de partie civile le 31 juillet par Souha Arafat. Ce dépôt de plainte était consécutif à la découverte de polonium, une substance radioactive hautement toxique, sur des effets personnels de l'ex-dirigeant palestinien, qui a relancé la thèse d'un empoisonnement. Cette même année, un documentaire de la chaîne arabe "Al-Jazeera" attribuerait sa mort à un empoisonnement au polonium, mais le laboratoire qui a effectué l'analyse des effets personnels de Yasser Arafat pour "Al-Jazeera" précise que les symptômes cliniques de Yasser Arafat ne correspondaient pas à un empoisonnement au polonium. De plus, la période de demi-vie du polonium 210 étant de 138 jours, la présence de cette substance 8 ans après la mort laisse à penser que les vêtements ont été contaminés bien après la mort de Yasser Arafat et qu'une analyse sur sa dépouille est indispensable mais malaisée. À la suite des révélations d’"Al Jazeera", Souha Arafat a porté plainte et obtenu du tribunal de Nanterre l'exhumation de la dépouille de son mari, en novembre 2012 ; une soixantaine d'échantillons ont été prélevés et adressés à trois équipes d'expertises, suisse, française, russe, chacune travaillant sans contact avec les autres. L'équipe suisse. Le 12 octobre 2013, la revue médicale "The Lancet" publie les premiers résultats des travaux des experts suisses mandatés dans le cadre de la procédure ordonnée par le tribunal de Nanterre. La plupart des observateurs relèvent que, , il convient de . De fait, la publication du "Lancet" ne rapporte que les conclusions d'un examen partiel, l'analyse ne portant que sur les fluides corporels relevés sur les effets personnels du leader défunt. Les experts suisses concluent que leurs analyses conduisent à envisager d'un scénario d'empoisonnement. Sans se prononcer sur le processus qui aurait conduit à l'ingestion par Yasser Arafat de polonium 210, les scientifiques établissent la présence de , due à la présence de polonium 210. Ils soulignent que la découverte de ce poison extrêmement puissant est cohérente avec les symptômes cliniques () relevés par les médecins français ayant traité le président Arafat lors de son hospitalisation à l'hôpital militaire Percy (Clamart - Hauts-de-Seine). Selon "Al-Jazeera", l'empoisonnement par le polonium a été confirmé par le rapport établi par des chercheurs suisses et rendu public par la chaîne d'information le 6 novembre 2013. Patrice Mangin, directeur du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML), indiquait que l’on pouvait « raisonnablement » supposer que la mort avait été « la conséquence d’un empoisonnement au polonium 210 » et jugeait cette hypothèse comme la « plus cohérente » au vu des résultats obtenus, mais « sans être parfaitement catégorique sur le lien entre le poison et le décès ». Selon le mensuel belge flamand "Joods Actueel" qui avait déjà dénoncé les conclusions suisses, le CHUV admet dans un article scientifique publié le 30 novembre 2015 dans la revue "Forensic Science International" que leur analyse ne permet pas de trouver des preuves directes de l'empoisonnement d'Arafat. Le CHUV confirme dans son texte « "Frequently asked questions regarding the expertise conducted on President Yasser Arafat's personal belongings and remains" » que, par manque de preuves probantes, il ne peut donner une probabilité concernant l'hypothèse de l'empoisonnement mais précise toutefois pouvoir conclure sur base d'une analyse bayesienne non-chiffrée que « dans le cadre de l'hypothèse de l'empoisonnement au polonium toutes (ses) observations étaient plus cohérentes qu'avec l'hypothèse alternative selon laquelle la personne impliquée n'aurait pas été empoisonnée au polonium ». Les équipes française et russe. Les experts russes chargés de l'enquête ont déclaré le qu'ils excluent tout empoisonnement au polonium et ont conclu en 2013 à une mort naturelle. Ayant eu accès au dossier médical de Yasser Arafat (personnalité qu'il avait rencontrée), le professeur de médecine Marcel-Francis Kahn, par ailleurs militant juif de la cause palestinienne, est interrogé en 2013 sur les causes de sa mort : il affirme que les traces de polonium sont bien présentes dans les affaires et le corps du dirigeant palestinien, mais que le tableau clinique et les analyses faites durant son hospitalisation ne correspondent pas à un empoisonnement par un radionucléide comme le polonium. Ainsi, Yasser Arafat a gardé ses cheveux jusqu'au bout et ses analyses ne montrent pas de leucopénie. France Inter annonce le que Yasser Arafat n'est pas mort empoisonné. La conclusion des experts mandatés par la justice française pour déterminer les causes du décès de l'ancien leader palestinien est que le leader palestinien est mort de vieillesse, à la suite d'une infection généralisée. La veuve de Yasser Arafat s'est dite « bouleversée » par le caractère contradictoire des analyses et annonce qu'une contre-expertise sera demandée. Dans son étude « Histoire secrète des assassinats ciblé commandités par Israel », le journaliste israélien Ronen Bergman confirme clairement le désir de Sharon d'assassiner Arafat. Il note également que la mort d'Arafat est survenue au « bon moment ». Sur la question de savoir s'il a été effectivement assassiné, Bergman a une phrase très alambiquée qui laisse entendre que même s'il savait la vérité, il ne serait pas autorisé par la censure israélienne à la divulguer. Cela ne permet certainement pas d'exclure l'hypothèse de l'assassinat. Fin de l'enquête en justice. À la demande de Souha Arafat, la veuve de Yasser Arafat, la justice française avait ouvert une enquête pour assassinat de l'ancien chef d'État palestinien. La veuve d'Arafat avait fait appel du premier non-lieu en septembre 2015 et demandé l'annulation d'une expertise-clé pour l'enquête. La justice française a confirmé le 24 juin 2016 le non-lieu prononcé par les magistrats chargés de l'enquête pour « assassinat » ouverte après la mort en 2004 de Yasser Arafat. Le 2 juillet 2021 la CEDH rejette une requête déposée par la veuve et la fille de Yasser Arafat. Elle juge que « l’enquête conduite par la justice française avait été sérieuse et qu’elle ne portait pas atteinte au droit à un procès équitable ». Succession par intérim. L’élection présidentielle palestinienne de 2005 se déroule le 9 janvier suivant la mort d’Arafat et désigne Mahmoud Abbas comme nouveau président de l’Autorité palestinienne. L’intérim est assuré par Rawhi Fattuh. Regards sur Yasser Arafat. En Israël. Arafat était souvent considéré comme l’ennemi numéro un par Israël. Il a été qualifié de « chef terroriste » et de « menteur congénital », voire de « réincarnation d’Hitler ». Les Israéliens ne prêtent attention à Arafat qu’après 1965, lorsqu’il se lance dans la lutte armée. Il devient une cible après les événements de Karameh. Moshe Dayan tente discrètement de prendre contact avec lui, en vain, pour le sonder sur ses intentions mais Golda Meir adopte une position tranchée qui restera celle des autorités israéliennes pendant deux décennies : , déclare-t-elle. Après le départ d’Arafat de Beyrouth, des députés de la gauche israélienne, comme le fondateur du Gush Shalom (Bloc de la Paix), Uri Avnery ou l'intellectuel d'extrême gauche antisioniste Ilan Halévy, commencent à rencontrer Arafat. La Knesset vote alors en 1986 une loi interdisant aux Israéliens de rencontrer des membres de l’OLP, sous peine de prison. En 1991, le soutien d’Arafat à Saddam Hussein est perçu par les Israéliens comme une alliance avec l’homme qui bombarde leur pays de missiles SCUD. Shimon Peres, chef de file de l’opposition travailliste israélienne et qui a partagé le prix Nobel de la paix avec Arafat en 1994 à la suite des accords d'Oslo, a dit : . Après la signature des accords d’Oslo, la gauche adopte une position plus souple comparée à celle de la droite israélienne. Les discours d'Arafat se terminant souvent par le credo juif « L'an prochain à Jérusalem ! », des Israéliens peuvent y percevoir une volonté de substitution religieuse, politique ou territoriale. Lors des accords de Wye Plantation en , seul Ariel Sharon, homme de droite et ministre des Affaires étrangères, refuse de serrer la main d’Arafat car, selon lui, il a « du sang juif sur les mains ». Après le , Sharon, qui avait juré en 1982 de le tuer, déclare : « Nous aussi avons notre ben Laden : Arafat ». Les relations entre les deux nations se dégradent d’autant plus que Sharon refuse de le rencontrer. Mais des personnalités de gauche, comme Peres, refusent une telle comparaison. Arafat est considéré comme le premier responsable de l’échec du sommet de Camp David II et du Sommet de Taba par les Américains et les Israéliens, pour avoir refusé ce qu’ils considèrent comme des offres généreuses des Israéliens. Pour Shlomo Ben-Ami, ancien ministre des Affaires étrangères, . À la suite du déclenchement de la seconde intifada et l’élection de Sharon, les discussions de paix sont interrompues et Yasser Arafat redevient, pour la plupart des Israéliens, un « assassin ». Les Israéliens, notamment les membres du Likoud, pensent alors qu’il faut changer la direction palestinienne pour faire avancer les choses. Dans le monde arabe. Les dirigeants arabes dans leur ensemble n’ont jamais porté Yasser Arafat dans leur cœur. Quatre d’entre eux en particulier : Nasser, Hussein de Jordanie, Anouar el-Sadate et Hafez el-Assad aujourd’hui décédés, ont entretenu avec lui des relations difficiles, complexes et ambivalentes. En effet, les dirigeants arabes voulaient instrumentaliser la cause palestinienne pour étendre leur influence régionale et considéraient que l’émergence d’une direction palestinienne incontrôlable, perturberait leurs plans. C’est pour cette raison que Nasser a créé l’OLP. Nasser, d’abord opposé à Arafat, finit par devenir son allié, parfois décevant. Arafat a connu à plusieurs reprises la prison sous son régime, surtout lorsqu’il était proche des Frères musulmans. Le Syrien Hafez El-Assad, qui a emprisonné Arafat en , n’a pas cessé de chercher à affaiblir le président de l’OLP pour contrôler lui-même le mouvement, n’hésitant pas à susciter des scissions au sein même du Fatah et à intervenir militairement au Liban, dès 1976, contre les forces « palestino-progressistes ». En Jordanie, Arafat s’est constitué un État dans l’État qui représentait une menace pour le pouvoir en place. L’armée israélienne attaqua les villages jordaniens où se trouvaient les bases du Fatah, ce qui rendit le roi Hussein, qui cherchait un accord avec Israël, méfiant à son égard après la découverte d’un complot et déclencha le Septembre noir. Anouar el-Sadate est le premier chef d’un État arabe à avoir signé un traité de paix avec Israël. À la suite de cette signature, les contacts entre l’OLP et l’Égypte sont interrompus et ne reprennent que six ans plus tard, c’est-à-dire après l’assassinat de Sadate et l’arrivée de Moubarak au pouvoir. Dans la « rue arabe », la popularité d’Arafat commence à croître après la guerre de 1967. On y considère que ses combattants vaincus "sauvaient l’honneur des Arabes". Ébranlés par la défaite, les civils ainsi que les militaires lui apportent leur soutien ; par respect, on le surnomme toujours "al-Khityar" (le Vieux). Après la bataille de Karameh, considérée comme une victoire par les Arabes, Arafat organise des funérailles officielles pour les fedayins morts. Des dizaines de milliers de personnes y assistent, scandant : . Après la signature des accords d’Oslo, Arafat est autorisé à revenir dans les territoires pour la première fois depuis 1967. Il effectue un retour triomphal. Des millions de Palestiniens accueillent « le héros de l’OLP » à Gaza. Les Palestiniens reconnaissent sa grande générosité ; Arafat finançait les études et le mariage d'un certain nombre d'orphelins qu'il avait pris sous son aile, dont des enfants de "shahids", ces dits martyres palestiniens ayant commis des actes terroristes ; les documents saisis par les Israéliens à la Mouqata montrent une grande variété de demandes d'aide auprès du Raïs, par voie postale ou par le biais de petites annonces dans le journal, pour un mariage, un pèlerinage, des frais de scolarité ou des funérailles de Palestiniens : . Sa garde rapprochée a également largement bénéficié de ses largesses, et plus encore, les hauts fonctionnaires de l'Autorité palestinienne. De la rue au sommet, tous le considèrent comme leur père bienfaisant et peuvent ainsi tolérer ses autres lubies. Pour sa part, Arafat mène à son habitude, une vie austère et rangée, se contentant de conditions de vie presque spartiates. Ses proches apprécient le fin politique, le « renard rusé » qui, ne voulant se brouiller avec personne, tour à tour progressiste, islamiste, conservateur ou éclairé suivant son interlocuteur, encense tout le monde pour laisser toutes les lignes ouvertes et dont la vertu maîtresse est la patience. L’image d’Arafat se dégrade au cours des années qui suivent son retour à Gaza à cause du blocage du processus de paix, de la dégradation de la situation des Palestiniens due à la corruption et des fausses promesses, mais le siège de sa résidence à Ramallah ne fait qu’augmenter sa popularité auprès de ces derniers, et après sa mort, de père les Palestiniens en font une sorte d'icône. Toutefois, Arafat a été notamment critiqué par l'intellectuel Edward Saïd : mais également par l’un de ses proches, le ministre palestinien Nabil Amr, pour l’échec du Sommet de Camp David et par d'autres encore comme Haïdar Abdel Shafi parce qu'il négociait avec les Israéliens. Par les diplomates étrangers. Régulièrement, Yasser Arafat transformait les échecs et les défaites en victoires pour garder toujours haut le moral et l'espoir palestiniens. Le diplomate Terje Roed-Larsen qui l'a côtoyé une dizaine d'années désigne Yasser Arafat comme un « guignol » qui « mentait tout le temps » : ce n'était jamais lui mais la faute du Hamas, celle d'al-Qaïda, des Iraniens, des Libanais ou des Syriens, alors que tout le monde savait que c'était lui derrière ces échecs. Dennis Ross, négociateur du Moyen-Orient pour les États-Unis, qualifie Arafat d'acteur et de manipulateur ayant commis des erreurs catastrophiques sur le plan moral et politique ; il rapporte également qu'un jour de 1994, il déplorait les attentats palestiniens à la bombe de Hadera et Afula, et le Raïs lui a répondu qu'ils étaient l'œuvre d'un commando israélien d'Ehud Barak. Le chancelier autrichien Bruno Kreisky, le chancelier allemand Wily Brandt et d'autres personnalités encore s'étonnaient de rencontrer en Yasser Arafat une personne bien différente du portrait qu'ils en avaient. Né comme Arafat à Heliopolis, le journaliste et diplomate français Eric Rouleau considère Arafat comme un fin stratège malgré ses échecs, ses erreurs de jugement et ses faux-pas, qu'il trouve compréhensibles, tout autant que sa versatilité, son double langage, ses demi-vérités, ses exagérations ou ses silences. Amateur de longues tirades qui ne souffraient pas l'interruption, ses conversations pouvaient n'aboutir à rien, aucune réponse concrète, et agacer par leur vacuité. Rouleau indique lui aussi qu'Arafat niait systématiquement toute responsabilité dans les échecs de sa politique, les imputants aux autres. Pour les Palestiniens, même sa mort serait due aux Israéliens. Par diplomatie, le Raïs avait refusé toutes les offres d'écrire sa biographie, afin de n'avoir pas à s'en prendre à quelque dirigeant qui lui a nui mais dont il aurait besoin. De nombreux diplomates ont remarqué qu'à travers les années, Yasser Arafat appréciait les égards occidentaux, les tapis rouges et les avions privés. Apparence et vie publique. Yasser Arafat adopte la barbe à la Che Guevara et l'uniforme militaire sur conseil du KGB. Porté par Fidel Castro, cet habit servait de signe distinctif avec les masses. Arafat doit apparaître comme étant un soldat et non comme un terroriste. Il porte le keffieh, coiffe arabe traditionnelle et symbole palestinien. Il le drape sur son épaule droite de manière à représenter la forme de la carte de la Palestine. Comme le lui avaient conseillé les services secrets soviétiques et roumains dans les années 1960, lorsqu'il apparaissait devant une audience européenne, il parlait de son intérêt pour la paix, tandis qu'en s'adressant à une audience arabe, il parlait de bataille, de conquête et de sacrifice d' « un million de "shuhada" » [martyres] pour la rédemption de la Palestine. Il était persuadé que la stabilité du Moyen-Orient dépendait de sa personne. Et lorsqu'il n'était pas satisfait, il menaçait de déchaîner la colère palestinienne, de déstabiliser le Moyen-Orient et de menacer les intérêts américains. Arafat croyait en l'islamisme et ses discours en arabe où perdurait son accent égyptien dont il ne parvint jamais à se débarrasser, étaient agrémentés par des citations coraniques, séduisant un public islamique large. Bien qu'Arafat apparaissait comme un dirigeant charismatique et chaleureux, manifestant sans cesse, selon Claude Cheysson, un « souci de plaire à tout prix », une « sorte de Machiavel sentimental », son gouvernement était centralisé et il dirigeait le Fatah et l'Autorité palestinienne d'« une main de fer ». Le Raïs est perçu dans la culture populaire palestinienne, comme le père et le symbole du mouvement nationaliste palestinien, et dans le reste du monde comme un anti-héros iconique. Distinctions. Autre. Son nom a été donné à une roquette Qassam produite dans la bande de Gaza : la roquette "Arafat" (Type 1 et 2). |
Yeoh Choo Kheng |
Yen Le est la monnaie officielle du Japon. Il a été créé par une loi du , pour remplacer le , non décimal, mettant un terme au système monétaire Tokugawa. Le symbole graphique latinisé du yen est ¥ ; en japonais il s'écrit , ce qui est une forme simplifiée de l'ancienne graphie . Le code ISO du yen est JPY. Le yen avait deux subdivisions, le sen (1/100) et le rin (1/1000). Néanmoins ces subdivisions ne sont plus utilisées depuis 1954. Prononciation et étymologie. En japonais, se lit « en », prononcé (c'est-à-dire comme « enne »). La graphie « yen » provient de la romanisation de l'ancienne écriture sino-japonaise qui ne tenait pas compte de l'évolution de la prononciation. En japonais, signifie « rond » ou « cercle » . Pièces et billets. Pièces de monnaie anciennes. Les premières pièces de monnaie en yen datent du début de l'ère Meiji ; elles ont été produites à partir de 1870. Environ 75 types différents ont été produits jusqu'à la mise en place du yen moderne au début des années 1950. Pièces de monnaie modernes. La série de types monétaires actuels a été lancée en 1949, sous l'ère Shōwa. La pièce de en aluminum a la propriété anecdotique de mesurer de rayon et de peser exactement . La pièce de 50 yens est devenue trouée à partir de 1959. La pièce de 100 yens est en argent 600 millièmes jusqu'en 1966. Il a été relevé que la pièce de frappée depuis 1967 s'ajustait parfaitement à la fente des têtes de vis d'attache rapide des trépieds photographiques. La première pièce de 500 yens courante est émise à partir de 1982 ; au change elle est l'une des pièces au plus fort pouvoir d'achat avec celle de 5 francs suisses. Billets de banque. Le premier billet japonais, le Yamada Hagaki, a été créé vers 1600. Il existait en 2006 sept sortes de billets, d'une valeur de , , et ; les billets de 100 et n'existent plus : De nouveaux billets de , et ont été introduits le , soit vingt ans après les précédents. Ils reprennent et complètent les mécanismes de sécurité du nouveau billet de : Autres yens de l'empire japonais. Le est la monnaie ayant eu cours à Formose de 1895 à 1946 durant la domination japonaise. De 1904 à 1945, un yen militaire japonais est mis en circulation pour régler la solde des militaires des forces impériales japonaises. De 1910 à 1945, un yen coréen est établi pendant la colonisation japonaise de la Corée. De 1942 à 1945, une monnaie d'invasion japonaise est établie pour les territoires occupés par ce pays lors de la Seconde Guerre mondiale. Spéculations contre le yen des années 2005-2007. Durant les années 2005-2007, les spéculateurs internationaux choisissent de s'endetter en yens puis de les échanger contre des dollars pour les placer aux États-Unis, afin de profiter de l'écart entre les taux d'intérêt japonais proches de zéro et les taux américains proches de 5 %. Cette manœuvre a pour conséquence une baisse importante du yen par rapport au dollar sous l'effet de la demande grandissante sur le dollar. Les premiers spéculateurs, qui ont procédé au remboursement des prêts qu'ils avaient contractés, ont échangé leurs dollars contre les yens moyennant des taux de change plus faibles par rapport aux taux auxquels ils avaient acheté les dollars. Le gain réalisé grâce à la différence des taux d'intérêt se voit alors conforté par un gain supplémentaire issu des écarts sur les taux de change. Cette stratégie a induit une baisse du yen de 1 dollar = 103 yens en janvier 2005 à 1 dollar = 124 yens en , soit un gain de 31 % pour les spéculateurs. Ces opérations entraînaient une dépréciation du yen, au moment même où la monnaie japonaise était censée être forte au regard des fondamentaux économiques du pays. Le solde courant du Japon était fortement excédentaire alors que celui des États-Unis était largement déficitaire. Ce mouvement se retourne brutalement début 2009 : le yen remonte ; 1 dollar ne valant plus que 93 yens. Le Japon est confronté à une forte perte de compétitivité. |
Yokohama est une ville portuaire japonaise, capitale de la préfecture de Kanagawa située au sein de la « grande aire métropolitaine du Kantō » appelée également Grand Tokyo. Yokohama a le statut de ville désignée par le gouvernement. Avec plus de d'habitants, c'est la deuxième ville du Japon derrière la ville de Tokyo, capitale du pays. Elle doit son développement à l'activité importante de son port et à ses contacts avec l'étranger avant même la fin de la période d'isolationnisme imposée par le shogunat Tokugawa, qui se traduisent d'ailleurs par la présence d'importantes communautés étrangères, notamment chinoise. Toponymie. Plusieurs hypothèses existent quant à l'origine du nom « Yokohama » (« »). L'une d'entre elles fait référence à une de sable en forme de péninsule qui s'étendait le long de la côte. Géographie. Situation. La ville de Yokohama se situe sur l'île de Honshū, dans la préfecture de Kanagawa, à environ , à vol d'oiseau, au sud de Tokyo, capitale du Japon. Au bord de la baie de Tokyo, elle s'étend sur , du nord au sud, et d'est en ouest. Démographie. Yokohama est la deuxième ville du Japon par sa démographie. Au , elle comptait () dont 50,23 % de femmes. Sa population a plus que doublé en . Découpage administratif. La ville de Yokohama est divisée en dix-huit arrondissements. Histoire. Le site archéologique d'Yasashiyato, situé dans l'arrondissement Asahi, atteste une présence humaine durant la période Jōmon ( ). De même, dans l'arrondissement Tsuzuki, des vestiges de villages datant du Jōmon moyen permettent de décrire la vie des hommes de la préhistoire. Les sites Santonodai de l'arrondissement d'Isogo et d'Ōtsuka-Saikachido de Tsuzuki remontent à la période Yayoi ( ). Ils sont caractéristiques des villages anciens dans lesquels les Hommes ont développé la riziculture et le travail du métal. Un document historique d'Asuka-kyō, une des capitales impériales du Japon au cours de la période Asuka (538 - 710), mentionne un hameau dans le district de Kuraki de la province de Musashi : le hameau Moruoka. Selon le "Man'yōshū", une anthologie de poésie japonaise du , le développement urbain s'organise alors dans les districts de Kuraki et de Tsuzuki. Le commerce et l'artisanat s'intensifient durant l'époque de Kamakura (1185 – 1333). À l'époque d'Edo (1603 - 1868), plus de vingt villages de pêcheurs et d'agriculteurs prospèrent le long de la côte et dans les terres. Au début du , les relais Kanagawa-juku et Hodogaya-juku (1601) puis Totsuka-juku (1604) sont créés le long du Tōkaidō, un axe routier reliant Edo, Kyoto, Osaka et Kobe. Ils deviennent des centres économiques et culturels importants de la région. En 1721, émerge le domaine féodal de Mutsuura. Au milieu du , le traité de Kanagawa (1854) et le traité d'Amitié et de Commerce (1858), signés entre les États-Unis et le Japon, ouvrent le pays aux étrangers après une longue période d'isolationnisme. En 1859, le bourg de Yokohama prend son essor grâce à l'ouverture de son port, qui s'intègre rapidement au commerce maritime international. Il est découpé en six quartiers et comprend une concession pour les étrangers. Trente ans plus tard, après l'officialisation par le gouvernement de Meiji du découpage du territoire national en préfectures (la préfecture de Kanagawa est créée officiellement en 1876), le bourg de Yokohama acquiert le statut de ville. En 1889, la ville de Yokohama rassemble (), répartis sur une superficie de . En 1901, par l'intégration de localités voisines, la ville s'étend sur puis sur dix ans plus tard . Le séisme de Kantō de 1923 dévaste la ville et fait plus de . En 1924, la population de Yokohama s'établit à . Deux après la catastrophe, grâce aux travaux de reconstruction, qui favorisent le retour de réfugiés, elle repart à la hausse (). Durant l'année 1927, Yokohama, qui s'étend sur et compte , adopte un découpage en arrondissements. Les cinq arrondissements Tsurumi, Kanagawa, Naka, Hodogaya et Isogo sont créés. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'effort de guerre organisé dans les grandes villes de la région de Kantō entraîne un afflux de main d'œuvre dans la capitale préfectorale. À l'issue du conflit mondial, celle-ci, en ruine et dépeuplée, à cause de la mobilisation de guerre, des nombreux raids aériens et des évacuations de population subséquentes, passe sous le contrôle des forces armées américaines. Son développement reprend après-guerre, sous occupation américaine. En 1956, le gouvernement japonais confirme le statut de ville de Yokohama. Sa population dépasse le million en 1958 (contre en 1945). Par la suite, la ville de Yokohama devient un port de stature internationale et une ville industrielle (chantiers navals et insdustries chimiques, pétrolières et Métallurgiques). En 1964, à l'occasion des Jeux olympiques de Tokyo, la ligne Shinkansen Tōkaidō est inaugurée et la gare de Shin-Yokohama est créée. Quatre années plus tard, Yokohama devient la troisième ville du Japon, avec une population de plus de deux millions d'habitants. La construction du quartier d'affaires Minato Mirai 21 démarre en 1983. La population de la ville dépasse les trois millions d'habitants deux ans après. En novembre 1994, un réaménagement du découpage administratif de la ville conduit à une division en de la municipalité. En 2002, l'année durant laquelle la population dépasse les , le stade international de Yokohama accueille la finale de la Coupe du monde de football, au cours de laquelle, face à l'Allemagne, le Brésil remporte sa cinquième étoile. En 2010, le sommet de l'APEC s'y tient. Le recensement de 2015 dénombre, dans la ville de Yokohama, , répartis sur une superficie de . Économie. Yokohama forme au début du , avec Kawasaki et Tokyo, la grande Région de Kantō, la plus peuplée du monde avec en 2010 selon le « ». Son port international reste encore une de ses principales activités. On y importe des matières premières et on y exporte des produits finis et de la soie. Yokohama est aussi un centre important du transport maritime de passager. Elle est aussi un important foyer d'industrie lourde (sidérurgie, automobiles, navales). Transport. Ferroviaire. La gare de Yokohama est la gare principale de la ville, où se croisent les lignes de compagnies JR East, Keikyū, Tōkyū, Sōtetsu et Yokohama Minatomirai Railway. La ville possède un réseau de deux lignes de métro, et un système de transport par câble. Le Shinkansen dessert la ville à la gare de Shin-Yokohama. Maritime. Le port de Yokohama est l'un des plus grands du Japon. Culture locale et patrimoine. Évènements. Yokohama a accueilli en 2007 le congrès mondial d’espéranto, dont le thème était « L’Occident en Orient : accueil et résistance ». Il a été suivi par près de durant une semaine. Sport. Athlétisme. Chaque année au mois de novembre a lieu le marathon de Yokohama, un marathon réservé exclusivement aux femmes. Football. La ville comporte une équipe de football évoluant en J-League : les Yokohama F·Marinos. Elle a également accueilli la finale de la coupe du monde de football en 2002 opposant le Brésil à l'Allemagne. Neuf ans plus tard, le Japon est le pays d'accueil pour la Coupe du monde des clubs de la FIFA 2011, le stade Nissan est alors choisi pour accueillir les derniers matchs de la compétition. Ayant une capacité de , ce stade accueille le second match de la demi-finale qui se déroule le entre le FC Barcelone et le Sadd Sports Club (4-0). Enfin la ville fait office d'accueil pour la finale et la petite finale de la compétition internationale le . Jumelages et partenariats. La ville de Yokohama est jumelée avec plusieurs municipalités étrangères. Symboles municipaux. En 1989, la ville de Yokohama adopte la fleur de rosier comme fleur symbole. |
Yves Tanguy (peintre) Raymond Georges Yves Tanguy, né le à Paris et mort le à Woodbury (Connecticut, États-Unis), est un peintre et dessinateur surréaliste français, naturalisé américain. Biographie. Le père et la mère d'Yves Tanguy sont d'origine bretonne. Il naît au ministère de la Marine, place de la Concorde à Paris, où son père, adjudant-surveillant, dispose d'un logement de fonction. Yves Tanguy travaille d'ailleurs durant deux ans comme matelot de la marine marchande. Il effectue son service militaire dans l'infanterie à Lunéville, où il fait la connaissance de Jacques Prévert son voisin de chambrée. Il est sensibilisé à la peinture par l'un de ses camarades de classe, Pierre Matisse, fils du peintre Henri Matisse et futur marchand d'art à New York. Une toile de Giorgio De Chirico aperçue dans une galerie à Paris le décide à devenir peintre. Aidé par Marcel Duhamel, il s'installe dans un atelier près de la gare Montparnasse. Ses expériences automatistes et ses paysages oniriques le rapprochent des surréalistes, groupe auquel il adhère en 1925. Ses paysages minéraux, horizons linéaires, cartilages souples, êtres-objets fascinants, atmosphères oniriques où l'inconscient se veut souverain sont appréciés par les poètes. Il tient sa première exposition personnelle à Paris en 1927. La même année, il épouse Jeannette Ducrocq (1896-1977). André Breton écrira en 1941 : Il participe d'octobre à au Salon des surindépendants avec le groupe surréaliste. En 1938, au Salon des surindépendants, Tanguy découvre les tableaux de l'artiste américaine Kay Sage. Déclaré inapte au service militaire, il la rejoint aux États-Unis en 1940. Ils s'installent à Woodbury, au Connecticut, et se marient à Reno, au Nevada le . Il devient citoyen américain en 1948. Il meurt le d'une hémorragie cérébrale. En 1963, après avoir établi le catalogue complet des œuvres de Tanguy, Kay Sage se suicide par balle. Les dernières volontés d'Yves Tanguy étaient que ses cendres soient dispersées en baie de Douarnenez non loin de Locronan, le village d'origine de sa famille. Son ami Pierre Matisse fut son exécuteur testamentaire. Œuvres. Huiles sur toile. Réception critique. − Marcel Jean, "Histoire de la peinture surréaliste" |
Yukari Yoshihara est une joueuse de go japonaise professionnelle. Élève de Kato Masao devenue professionnelle en 1996, elle atteint le rang de dan en 2000, à l'âge de 26 ans, puis de en 2002. Elle est conseillère technique pour le manga "Hikaru no go" et présente la partie "go, go, igo" à la fin de certaines versions de l'anime. Elle réalise aussi des programmes d'initiation au go pour la NHK. Yukari Umezawa a épousé en 2002 le joueur professionnel de football . |
Ligne Yamanote La est une ligne ferroviaire de la compagnie JR East au Japon. C'est l'une des lignes les plus chargées de Tokyo car elle dessert les principaux centres de la ville (Tokyo est une ville polycentrique) : Shinjuku, Shibuya, Marunouchi et la gare de Tokyo, Ueno, Akihabara et Ikebukuro. La ligne Yamanote a la particularité d'être circulaire et son tracé délimite officieusement le « centre » de Tokyo. Officiellement, la ligne Yamanote ne désigne que les 2 voies pour les trains locaux entre les gares de Shinagawa et Tabata via Shinjuku, les trains empruntant ensuite des voies des lignes Tōhoku et Tōkaidō pour terminer la boucle. Cependant l'usage fait que l'ensemble de la boucle constitue la ligne Yamanote. Description. La ligne circulaire suit un ovale allongé dans l'axe nord-sud (environ de long sur dans la largeur est-ouest). Elle fait 34,5 km de long et le temps de parcours total est d'environ une heure. Ses trains sont de couleur acier avec des bandes vertes. Dans les automotrices série E231 (11 voitures), deux voitures étaient munies de 6 portes et de banquettes rabattables. Il n'était pas permis de déployer ces banquettes pendant les heures de pointe. À partir de 2011, ces voitures ont été remplacées par de nouvelles, dotées de 4 portes par face et de sièges longitudinaux fixes. En 2005, chaque jour une moyenne de de passagers empruntent la ligne Yamanote, soit pour l'année. Les trains circulent de 4 h 30 du matin à 1 h 20 avec une cadence d'un train toutes les deux minutes aux heures de pointes. Une boucle complète nécessite entre 58 et . Tous les trains s'arrêtent à toutes les gares. Les trains sont mis en service à la gare d'Ōsaki (qui sert donc de départ et de terminus de la ligne) mais quelquefois aussi des gares d'Ikebukuro et Shinagawa. Les trains qui circulent dans le sens des aiguilles d'une montre sont aussi appelés tandis que les « sens inverse » sont nommés . Les trains circulent à gauche au Japon, tout comme la circulation automobile. Historique. L'origine de la ligne Yamanote remonte à la construction de la ligne Shinagawa en 1885 entre Shinagawa et Akabane, qui traverse alors les aires habitées et procure la première ligne nord-sud traversant Tokyo. La partie nord de la ligne qui relie Ikebukuro et Tabata a été construite en 1903 (alors la ). En 1909, à la suite de l'électrification, les deux lignes furent jointes pour constituer la ligne Yamanote. À cette époque, la boucle n'était pas complète, il fallait combiner avec les lignes Chūō et Keihin-Tōhoku, entre les gares de Nakano et Tokyo. La boucle est complétée en 1925, avec l'ouverture de la section entre les gares de Kanda et Ueno, ce qui permit une liaison nord-sud via la gare de Tokyo en traversant le centre de la ville. En 1971, la gare de Nishi-Nippori est reliée à la ligne. La gare de Takanawa Gateway, 30 gare de la ligne, ouvre au public le . Depuis 2010, les quais des gares de la ligne sont progressivement équipés de portes palières. Dénomination. Le nom « "yamanote" » se réfère aux terres « intérieures », districts de collines ou piémonts, par opposition à la ville basse, . À Tokyo, le quartier "Yamanote" est situé à l'ouest et dans la boucle de la ligne Yamanote. "Yamanote-sen" est écrite sans le kana , ce qui rend la prononciation ambiguë. peut être prononcé "yamate", comme dans "Yamate-dōri" (avenue Yamate) qui est parallèle à la partie ouest de la ligne Yamanote. La ligne Seishin-Yamate à Kobe et l'aire Yamate à Yokohama utilisent cette prononciation. Après la Seconde Guerre mondiale, le commandant suprême des forces alliées ordonne que les noms des lignes de trains soient romanisés, et la ligne Yamanote a été romanisé en « "Yamate line" ». Ainsi jusqu'en 1971 les noms "Yamanote" et "Yamate" coexistèrent. En 1971, la Japanese National Railways (JNR) change toute la signalétique des trains. Ce changement coïncide avec l'ouverture de la ligne Agatsuma, qui risquait d'être prononcée "Azuma" car le caractère "ga" est omis dans son écriture japonaise. Aussi dans le même mouvement, la JNR décida d'adopter l'écriture « Yamanote ». Gares. La ligne Yamanote comprend 30 gares numérotées de JY-01 à JY-30. Seules deux gares de la ligne n'offrent aucune correspondance avec une autre ligne de train ou de métro, il s'agit de Shin-Ōkubo et Mejiro. Liste des gares dans le sens des aiguilles d'une montre au départ de Shinagawa : Notes : Tous les trains de la Yamanote sont des locaux (i.e omnibus) : cependant des trains Express ou Rapid de la JR East sont accessibles dans le centre de Tokyo en utilisant d'autres lignes et/ou correspondances. Ces lignes sont les suivantes : Matériel roulant. La ligne Yamanote est parcourue par des rames automotrices série E235 à 11 voitures. Elles ont complètement remplacé les rames E231-500 au mois de janvier 2020. |
Yankee (homonymie) Le terme Yankee a plusieurs significations. Il peut désigner : |
Yoron Le yoron est une langue parlée au Japon, sur l'île de Yoronjima, située dans la préfecture de Kagoshima. Il fait partie du groupe des langues ryukyu, apparentées au japonais. Le nombre de locuteurs est très faible. |
Yonaguni-jima est une île du Japon faisant partie des îles Yaeyama, elles-mêmes appartenant à l'archipel Sakishima avec les îles Miyako à l'est et les îles Senkaku plus au nord, et donc aux îles Ryūkyū. Elle appartient administrativement au bourg de Yonaguni dans la préfecture d'Okinawa. Géographie. L'île de Yonaguni se situe à (au plus près) des côtes de Taïwan. L'île a une superficie de pour une population de . La moyenne des températures annuelles est de . Kubura, à l'ouest de l'île, est le point le plus à l'ouest du Japon. Histoire. Jusqu’à la dernière glaciation, Yonaguni était rattachée au continent. Au , l'île fut incorporée au royaume de Ryūkyū. Au , elle devenait une possession de la famille Shimazu. L'île fut officiellement rattachée à l'empire du Japon en 1879. En , le gouvernement japonais décide de déployer une centaine de soldats et un radar sur l'île, pour renforcer la surveillance de la région sud-ouest et notamment pister les avions et navires chinois circulant autour des îles Senkaku, revendiquées par la République populaire de Chine dans le cadre du conflit territorial des îles Senkaku. Culture. Le yonaguni est la langue parlée sur cette île, contrairement aux autres îles Yaeyama où l'on parle le yaeyama. Cette île est aussi célèbre pour sa structure pyramidale immergée appelée « structure sous-marine de Yonaguni », ainsi que pour l'espèce de cheval yonaguni. |
Youri Gagarine Youri Gagarine (en , prononcé ), né le et mort le , est un pilote et cosmonaute soviétique, premier être humain à avoir effectué un vol dans l'espace au cours de la mission Vostok 1, le , dans le cadre du programme spatial soviétique. Youri Gagarine acquiert une notoriété internationale. Il est décoré de nombreuses distinctions, dont celle de Héros de l'Union soviétique et de la médaille de l'ordre de Lénine, les plus hautes distinctions soviétiques. La mission Vostok 1 est son seul voyage spatial, mais il fut aussi doublure de secours de Vladimir Komarov pour la mission Soyouz 1. Il meurt à au cours d'un entraînement aérien aux commandes de son MiG 15. Son nom a été donné à un cratère lunaire et à un astéroïde. Biographie. Enfance et formation. Youri Alekseïevitch Gagarine (en , prononcé ) naît le 9 mars 1934 à Klouchino, près de Gjatsk (renommée Gagarine en son honneur, en 1968) dans l'oblast de Smolensk, dans l'Ouest de la Russie. Ses parents travaillent dans la ferme collective d'un kolkhoze. Son père, Alexeï Ivanovitch Gagarine (1902-1973), est charpentier ; sa mère, Anna Timofeïevna Matveïeva (1903-1984), qui est issue d'une famille d'ingénieurs de Leningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg), capitale culturelle du pays, occupe l'emploi de laitière. Elle essaie de communiquer son goût de la lecture à ses quatre enfants. La vie est rude dans ce village dépourvu d'électricité ainsi que d'eau courante. En 1941, la guerre avec l'Allemagne nazie éclate. Youri, qui est le troisième des enfants Gagarine, a alors sept ans. Le village est bombardé, ses ressources épuisées par les réfugiés qui affluent à la suite de la première bataille de Smolensk puis, fin 1942, est occupé par les troupes allemandes avant que la famille n'ait eu le temps de s'enfuir. La brutalité des occupants nazis ne connaît pas de bornes. Le cadet de Youri, Boris, subit un début de pendaison avant d'être relâché à moitié mort grâce aux supplications de sa mère. La sœur de Youri est blessée par un Allemand avec une faux et son père est si gravement battu après avoir tenté de saboter un moulin qu'il reste définitivement invalide. La famille est expulsée de son isba par les soldats allemands et doit creuser un abri primitif dans lequel elle est obligée de vivre. En 1943, Valentin et Zoya, ses frère et sœur aînés, sont déportés dans un camp de travail forcé en Pologne par les SS ; là-bas, ils parviennent à survivre, puis à s'échapper avant de rejoindre les troupes soviétiques. Les parents n'apprendront qu'ils sont toujours en vie qu'à la fin de la guerre. La famille de Youri survit sous les bombardements et la famine. Malgré les risques, Youri se livre comme les autres enfants du village à de petits sabotages de la machine de guerre allemande. Youri est témoin d'un événement qui le marque et va jouer un rôle important dans son destin : un chasseur soviétique endommagé se pose près du village et un avion de secours vient récupérer le pilote peu après. Les enfants du village attirés par le spectacle se pressent sur les lieux. Youri est fasciné par l'avion et les pilotes, dont l'un prend le temps de lui montrer comment fonctionnent les commandes dans le cockpit. Au printemps 1943, les troupes soviétiques avancent et le village est libéré de l'occupant. Mais les habitations sont détruites, le bétail exterminé ou emporté. La famille Gagarine décide de s'installer à Gjatsk, bien que cette ville soit dans le même état de destruction que Klouchino, et s'y construit une habitation. Youri, qui n'a plus fréquenté l'école depuis le début de la guerre, reprend les cours. C'est alors un enfant turbulent, qui entre de plus en plus fréquemment en conflit avec son père. Celui-ci ne supporte pas la contradiction et veut que ses enfants apprennent son métier. De son côté, Youri veut échapper à la vie pesante du village et annonce en 1949 à ses parents qu'il ne souhaite pas devenir charpentier et qu'il les quitte pour suivre des études dans un autre domaine. Son père tente de le faire revenir sur sa décision puis le laisse partir en lui demandant de ne pas ternir le nom des Gagarine. Youri va à Moscou, où vit un oncle susceptible de l'aider à trouver une place dans un collège. Il veut devenir gymnaste, mais il ne trouve pas de place et entre finalement dans une école d'apprentissage d'une fonderie à Lioubertsy, dans la banlieue de Moscou. Malgré le handicap de sa petite taille, il se distingue et est sélectionné pour entrer à l'Institut technico-industriel de Saratov, dans le Sud-Est de la Russie. Cette école forme des techniciens dans le domaine du machinisme agricole et il en suit les cours durant quatre années. Il a l'occasion, à l'époque, de suivre une formation de gymnaste mais, réaliste, préfère opter pour une formation lui garantissant une carrière. À Saratov, il adhère dès qu'il le peut au club de pilotage amateur de la ville, car il n'a pas oublié sa fascination d'enfance. Dès son premier vol à bord d'un Yak-18, il décide qu'il sera aviateur. Par la suite, il mène de front ses études à l'institut de Saratov et une formation pratique et théorique de pilote. En , il décide de franchir le pas : il abandonne ses études à l'Institut, contre l'avis de son père qui lui reproche de gaspiller l'argent de l'État, et rentre comme cadet dans une école de pilotage militaire. Son instructeur est impressionné par ses capacités et le recommande pour l'école militaire de pilotage K. E. Vorochilov d'Orenbourg. Dans cette ville, au cours d'un bal d'étudiants, il rencontre une infirmière, Valentina Goriatcheva. Il l'épouse un an plus tard, le , avant d'obtenir son diplôme de pilote de chasse sur MiG-15. Il est alors affecté dans une escadrille de chasseurs-intercepteurs à la base aérienne de Luostari située dans la région de Petchenga, dans l'oblast de Mourmansk près de la frontière norvégienne, au nord du cercle Arctique. Les conditions de vie sont dures pour le jeune couple ; leur première fille, Lena, naît en . Leur deuxième fille, Galina, naît en , avant le vol spatial de son père. Premier Homme dans l'espace. Sélection et entraînement. Le , le processus de sélection des premiers cosmonautes du programme spatial soviétique est lancé. Les responsables ont décidé de rechercher leurs candidats parmi les pilotes de l'armée de l'air car ils sont déjà, par leur métier, accoutumés à subir des accélérations importantes, ou à sauter en parachute. Contrairement aux Américains, qui ont sélectionné des pilotes d'essai, confirmés, les soviétiques choisissent des pilotes relativement novices, ayant entre 25 et , en grande partie parce que les vaisseaux spatiaux doivent être entièrement automatisés et que les cosmonautes auront essentiellement un rôle d'observateur. Compte tenu de l'espace restreint disponible dans la future capsule spatiale, les recrues ne doivent pas mesurer plus de ni peser plus de ; Gagarine, qui mesure , satisfait à ces critères. Après la première sélection sur dossier portant sur des critères physiques et une série d'entretiens visant à cerner leurs personnalités, 200 pilotes parmi les candidats sont sélectionnés, parmi lesquels Youri Gagarine. Celui-ci franchit la deuxième étape de la sélection qui réduit, en , le nombre de candidats à vingt. Il y a cinq dérogations à la règle de l'âge parmi les vingt sélectionnés, dont Vladimir Komarov. À l'époque de sa sélection Gagarine est un pilote junior avec 250 heures de vol en MiG-15. Gagarine ne doit dire à personne, y compris sa femme, la nature du programme pour lequel il a été sélectionné. Un médecin de l'armée de l'air ayant participé à sa sélection évalue sa personnalité : Gagarine est également le candidat favori de ses pairs. Quand il est demandé aux vingt candidats de voter anonymement pour celui qu'ils aimeraient voir voler le premier, tous sauf trois votent pour Gagarine. L'un de ses pairs, le futur cosmonaute Ievgueni Khrounov, se rappelle que Gagarine disposait d'une extraordinaire capacité de concentration et pouvait, si nécessaire, être très exigeant vis-à-vis de lui-même comme des autres. Il s'agissait là d'une caractéristique de sa personnalité beaucoup plus importante que celle révélée par son fameux sourire. Comme les installations pour l'entraînement des pilotes présentent, à cette époque, une capacité limitée, il est décidé, le , de préparer en priorité un groupe de six pilotes (TsPK-1). Ceux-ci sont choisis, entre autres, selon des critères physiques, les plus grands étant écartés. Gagarine suit comme les autres apprentis cosmonautes un entraînement physique, effectue des sauts en parachute, s'entraîne dans un simulateur de la capsule "Vostok", passe en centrifugeuse et reçoit une formation de base au fonctionnement des fusées et des vaisseaux spatiaux. En , le groupe passe devant une commission présidée par le général Nikolaï Kamanine. Celui-ci occupe, au cours de la décennie suivante, le poste de commandant du corps des cosmonautes. À l'issue des examens, trois pilotes sont sélectionnés : Gagarine, Guerman Titov et Grigori Nelioubov. À ce stade, Gagarine est déjà donné favori par tous ceux qui le côtoient et il est remarqué par Sergueï Korolev, le responsable du programme spatial habité soviétique. Titov est plus cultivé et beaucoup plus expansif que Gagarine, avec un caractère rebelle. Le troisième sélectionné, Grigori Nelioubov, est sans doute le plus doué au plan technique ; il est considéré comme trop rebelle par les sélectionneurs les plus conservateurs. Il ne volera jamais et, après avoir été écarté pour alcoolisme, il se suicide en 1966. Le choix final se fait entre Gagarine et Titov. Le responsable de l'Union soviétique Nikita Khrouchtchev, sollicité quant à sa préférence, les met sur un pied d'égalité. C'est finalement la commission de Kamanine qui tranche en faveur de Gagarine. La meilleure résistance physique de Titov en fait un candidat idéal pour le deuxième vol programmé beaucoup plus long. Ses origines sociales, peuvent également avoir joué contre lui : il est issu des classes moyennes alors que Gagarine a des origines beaucoup plus humbles et incarne, à ce titre, « l'idéal de l'égalité soviétique. » La deuxième fille de Gagarine, Galina, naît en , un mois avant le vol spatial. L'entraînement est alors si intense qu'il a peu de temps à consacrer à sa famille. Sa femme, qui est censée ne pas encore connaître l'objectif de son entraînement, a deviné ce qui se prépare, ce qui accentue la pression dans leur couple. La mort accidentelle du cosmonaute Valentin Bondarenko lors d'un entraînement fin mars ne ralentit pas les préparatifs. Titov et Gagarine sont informés une semaine avant le lancement de la décision de la commission. Déçu, Titov ne manifeste pas de signe de mécontentement ; il ne félicite pas Gagarine. La mise au point du vaisseau Vostok. Le vol de Gagarine est précédé de plusieurs vols sans équipage destinés à mettre au point le vaisseau Vostok qui doit l'emporter dans l'espace. Les caractéristiques de la version Vostok 1K, destinée uniquement aux vols d'essai, sont figées en . Cinq vols de Vostok 1K emportant des chiens s'échelonnent entre mai et . Un seul de ces vols est un succès complet, deux sont des échecs partiels et les deux autres, des échecs complets. Le vol de Korabl-Sputnik 2, connu aussi à l'Ouest sous le nom de Spoutnik 5, qui décolle le est un succès. Les réactions physiologiques des chiens à l'apesanteur conduisent les scientifiques à recommander à la commission d'État que le vol du futur cosmonaute ne dépasse pas plus d'une orbite, même si, une fois ramenés au sol, l'état de santé des chiens est bon. Les chiens Belka et Strelka, qui ont accompli dix-huit orbites soit un jour et deux heures dans l'espace, sont les premiers êtres vivants récupérés après une mise en orbite. Ce vaisseau lui-même est seulement le deuxième à être récupéré, suivant de peu un satellite du programme américain "Corona". À la suite de ces résultats peu encourageants, deux vols doivent valider la version Vostok 3KA qui doit être utilisée par Gagarine. Le premier vol, Korabl-Spoutnik 4, qui a lieu le , transporte notamment un chien, des souris, des cobayes et des reptiles ainsi qu'un mannequin occupant la place du pilote. À l'image de la future mission, le vaisseau boucle une orbite puis effectue une rentrée atmosphérique et éjecte le mannequin muni de son parachute avant l'atterrissage. L'ensemble du vol se déroule de manière normale, contrairement aux vols effectués auparavant. Le , un deuxième vol similaire, Korabl-Spoutnik 5, est effectué avec le même succès. Pour fixer la date du premier vol habité, les responsables du programme spatial russe prennent en compte l'avancement du programme concurrent américain. Le premier vol suborbital habité du programme "Mercury" ayant été positionné début mai, Korolev décide, après en avoir discuté avec le dirigeant de l'Union soviétique Nikita Khrouchtchev, de planifier le vol de Gagarine mi-avril. Le gouvernement soviétique hésitait encore, en 1959, à accorder la priorité à une mission spatiale habitée, plutôt que le développement du programme des missiles stratégiques. À fin 1960, les progrès du programme américain "Mercury" contraignent les dirigeants soviétiques à donner leur accord : l'Union soviétique n'a pas le choix si elle veut conserver sa suprématie dans la course à l'espace, prolonger l'euphorie qui a suivi les succès des missions Spoutnik et du programme "Luna" et conserver l'image d'une URSS en avance sur le plan technique. Le vol de Vostok 1. Deux jours avant de décoller, Gagarine écrit une lettre à sa femme en évoquant un échec possible de son vol car on estime, à l'époque, ses chances de réussite à 50 %. Le vol Vostok 1, qui doit emporter le premier homme dans l'espace, est lancé depuis le cosmodrome de Baïkonour (RSS du Kazakhstan), utilisé depuis les débuts de l'ère spatiale soviétique. Tout a été préparé en cas d'imprévu : une orbite qui permet un aérofreinage au bout de deux à sept jours en cas de panne du système d'atterrissage, un protocole pour le cosmonaute en cas d'atterrissage dans un pays étranger, des provisions pour treize jours et une balise pour repérer le site d'atterrissage. À la différence des précédentes missions, il n'y a pas de système d'autodestruction pour empêcher une puissance rivale de s'emparer de la technologie embarquée, tous les membres de la commission d'État s'y étant opposés, à l'exception du représentant du KGB. En cas d'échec, et malgré la nature secrète du programme spatial soviétique, la primauté a été donnée à la sécurité du cosmonaute sur les considérations politiques en annonçant, via les médias, son atterrissage dans un pays étranger ou en mer afin de faciliter l'organisation des secours. Sergueï Korolev n'a pas fermé l'œil durant la nuit qui précède le lancement du : il redoute une panne du troisième étage de la fusée, précipitant le vaisseau dans les eaux glacées au sud du cap Horn. Youri Gagarine de son côté, est réveillé à du matin après une nuit de sommeil parfaite. Après un déjeuner léger à base d'aliments en tube, des techniciens l'aident à enfiler sa combinaison spatiale SK-1 orange. Suivant une superstition commune chez les pilotes soviétiques, Gagarine ne s'est pas rasé. Korolev vient embrasser Gagarine qui plaisante avec lui avant son décollage et tente de rassurer son responsable très inquiet. Korolev lui dit qu'il espère le voir un jour marcher sur la Lune. Le vol doit être entièrement automatique et les commandes de vol sont bloquées. En cas d'urgence, Gagarine doit ouvrir une enveloppe qui contient un code qu'il tapera pour libérer les commandes. Cette procédure est enfreinte par Korolev lui-même qui souffle le code dans le creux de l'oreille de Gagarine, précédé par plusieurs techniciens qui ont fait de même, n'hésitant pas, ainsi, à risquer leur emploi. Korolev, qui s'est installé dans le bunker de commandement, en liaison avec le cosmonaute, n'est pas rassuré car le taux de succès du lanceur est de 50 % sur seize lancements : il prend des tranquillisants quelques minutes avant le tir. Gagarine déclarera : . Il n'y a pas de compte à rebours comme pour les vols américains, le vol est lancé à l'heure prévue. À l'instant du départ, le pouls de Gagarine passe brutalement de 64 à par minute ; il s'exclame joyeusement . Il est (heure de Moscou, GMT). Alors que la fusée s'élève, Gagarine signale qu'il ressent l'accélération croissante, affirmant ne pas en souffrir. À Korolev qui lui demande comment il va, il répond avec légèreté : . Il ressent des difficultés à parler lorsque l'accélération atteint . Le système télémétrique qui affiche la progression du vaisseau donne quelques frayeurs au responsable du programme en indiquant par moments une trajectoire alarmante après la mise à feu du troisième étage. Environ deux minutes après le décollage, la coiffe aérodynamique qui recouvre le vaisseau est larguée comme prévu et le hublot situé à hauteur des pieds de Gagarine est démasqué. Celui-ci s'exclame : . Onze minutes après le lancement, le vaisseau est inséré en orbite et entame une révolution autour de la Terre qui va durer et , à une altitude moyenne de ( et périgée : ). L'orbite est beaucoup plus haute que prévu, avec un apogée supérieur de , ce qui fait craindre au centre de contrôle une mission plus longue si les rétrofusées ne fonctionnent pas. Gagarine devient le premier homme à voyager dans l'espace et le premier homme à effectuer une orbite autour de la Terre, accomplissant la prédiction de Constantin Tsiolkovski, père de l'astronautique moderne, qui avait annoncé en 1935 que le premier homme dans l'espace serait russe : . Gagarine est ému par la beauté de la Terre, bleue, ronde et à l'atmosphère si ténue. Il expérimente l'impesanteur et constate qu'il peut manger, boire et travailler normalement même s'il doit arrêter la rédaction de son journal de bord ayant perdu son crayon qui s'est envolé dans un coin de la cabine, la vis qui devait le retenir par un fil s'étant desserrée. Il arrive à la conclusion que l'apesanteur ne gêne pas le travail humain dans l'espace. Il passe son temps en orbite à observer la Terre et contrôler ses instruments. Aucune expérience n'est prévue durant le vol. Comme les spécialistes avaient des doutes quant aux capacités d'un homme soumis à l'apesanteur, l'ensemble des opérations est déclenché depuis le sol. Le vol se déroulant normalement, Gagarine n'a pas l'occasion de prendre le contrôle manuel. Pour les échanges radio avec le sol, Gagarine répond sous le code de « » (Кедр), désignant le cèdre, tandis que le sol répond à l'appellation Aube-1 (-I ; Заря-I). L'agence TASS officialise, après le lancement, la mise en orbite de Gagarine, qui à cette occasion est promu major (il était premier-lieutenant). Les services de renseignement américains savent un peu avant l'annonce qu'un vol habité a lieu grâce à une de leurs stations d'écoute située en Alaska. Lorsque sa mère entend la nouvelle à la radio à Gjatsk, elle se met à pleurer, répétant sans cesse . Alors qu'il arrive au-dessus de l'océan Pacifique, Gagarine passe dans l'ombre de la Terre pour sa première et seule « nuit » en orbite, émerveillé par la beauté de l'espace étoilé. Après une orbite complète, les rétrofusées du vaisseau sont mises à feu pour le freiner et déclencher la rentrée atmosphérique et le retour sur Terre ; mais cette manœuvre ne se passe pas comme prévu : le vaisseau subit une secousse brutale puis commence à tourner sur son axe à la vitesse de 30 degrés par seconde. Gagarine rapporte Les charges pyrotechniques censées séparer complètement le module de descente dans lequel se trouvait Gagarine du module de service contenant les appareillages devenus inutiles n'avaient pas complètement rempli leur office : le module de service, plus dense, tombait en premier tout en restant attaché à la cabine de Gagarine par quelques câbles. Le vaisseau était conçu pour présenter son bouclier thermique tourné vers l'avant, là où le freinage aérodynamique porte la coque à des températures extrêmes. Mais dans cette configuration anormale, Vostok 1 exposait à la chaleur les parties de la coque moins bien protégées. Gagarine décrit ainsi cette phase de sa descente vers la Terre : . La situation est critique mais Gagarine qui en a conscience reste d'un calme olympien, calculant qu'il atterrirait en URSS et transmet par radio à la Terre que tout va bien. Finalement, après le déclenchement de la rentrée atmosphérique, l'augmentation de la pression aérodynamique parvient à rompre les derniers câbles qui maintiennent les deux modules solidaires. Rétrospectivement, des experts occidentaux ont estimé que l'incident n'aurait pas mis la mission en péril. Gagarine est secoué dans tous les sens pendant la descente alors qu'il décrit une capsule entourée d'une lumière violette, les craquements et la chaleur. Quand la décélération atteint son pic à 10 g, la vue de Gagarine se brouille quelques secondes mais la capsule ralentit sa rotation. À quelques kilomètres du sol, en application d'une procédure commune à tous les vaisseaux Vostok, Gagarine s'éjecte de la capsule : il effectue le reste de sa descente en parachute car, pour des raisons de poids, on n'a pas pu installer sur le vaisseau Vostok des rétrofusées permettant de réduire suffisamment la vitesse résiduelle à l'atterrissage. Alors qu'il largue le siège avec lequel il a été éjecté et ouvre son parachute, Gagarine reconnaît immédiatement le paysage qui défile sous ses pieds : c'est une région près de la Volga où il a effectué son entraînement de parachutiste. Son parachute de secours s'ouvre de manière dangereuse en plus du parachute principal, mais reste heureusement sous lui sans s'emmêler avec ce dernier. Descendant enfin en sécurité, Gagarine se met à chanter pour lui-même. Il se pose vers (heure de Moscou, GMT) dans un champ près d'un ravin non loin dans la région de la ville de Saratov : le premier vol habité a duré dont 89 en orbite terrestre. Juste après son atterrissage, il met six minutes avant de pouvoir ouvrir la valve d'air de son scaphandre qui lui permet de respirer à nouveau l'air de la Terre. Sa préoccupation principale est ensuite de pouvoir signaler qu'il est sain et sauf car aucun officiel n'est là pour l'accueillir, les scientifiques de Vostok ayant calculé un atterrissage près de plus au sud. Pendant ce temps, c'est un Khrouchtchev enthousiaste qui demande par téléphone plusieurs fois à Korolev si Gagarine est vivant. Deux écolières ont assisté à l'atterrissage de Vostok et ont décrit la scène : « C'était une grande boule d'environ deux-trois mètres. Elle est tombée, puis elle a rebondi et est encore retombée. Il y avait un trou énorme là où elle a rebondi la première fois. » Un fermier et sa fille ont observé ce personnage vêtu d'une combinaison orange brillant avec un grand casque blanc atterrissant en parachute près du vaisseau. Gagarine voit une vieille paysanne et sa petite fille travailler dans un potager, s'avance vers elles mais elles commencent à fuir. On rapporte que Gagarine aurait réussi à les rassurer en criant : . La babouchka (qui sera utilisée par la propagande soviétique pour faire croire que l'atterrissage a été, comme le vol, parfait) l'emmène au kolkhoze voisin où il utilise le téléphone pour avertir les secours. Son vaisseau a atterri à trois kilomètres de là et des enfants des villages environnants sont déjà entrés à l'intérieur, finissant les restes de nourriture en tube qui s'y trouvaient. Célébration mondiale et secrets soviétiques. Le , Youri Gagarine est reçu triomphalement à Moscou, sur la place Rouge, par Khrouchtchev, Léonid Brejnev et la plupart des responsables soviétiques. Le vol spatial de Gagarine a un retentissement énorme en URSS et dans le monde entier. L'Union soviétique avait généralement pour les puissances occidentales une image de pays arriéré : celle-ci est complètement effacée par la réussite du programme spatial soviétique qui est à son pinacle et par l'événement qu'est dans l'histoire de l'humanité l'envoi du premier Homme dans l'espace. Pour Asif A. Siddiqi, historien spécialiste du programme spatial soviétique, la réussite est d'autant plus impressionnante qu'elle intervient seize ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale qui a laissé l'URSS exsangue et ravagée, avec une industrie en ruine et de morts, donc très désavantagée vis-à-vis des États-Unis, qui n'avaient pas eu à subir la guerre sur leur territoire. La réaction américaine est courtoise. Le vice-président Lyndon Johnson présente ses félicitations annonçant que , mais le président John Fitzgerald Kennedy annonce dans une conférence de presse que les États-Unis n'essayeront pas de rattraper l'URSS dans la course à l'espace mais les battront dans des domaines d'activité plus profitables à long terme à l'humanité. Le "Washington Post" demande, quant à lui, une mobilisation générale pour battre l'URSS. Wernher von Braun, directeur du centre de vol spatial de la NASA, l'un des pères de l’astronautique américaine, déclare que . Kennedy revient cependant vite sur sa décision : le vol de Gagarine relance la course à l'espace. Le , il annonce dans un discours historique que les États-Unis enverront un Homme sur la Lune avant la fin de la décennie. Avant que Gagarine n'entame, à la suite de son vol, une tournée mondiale utilisée à des fins de propagande politique, les dirigeants soviétiques lui imposent de révéler le moins de détails possible sur le programme spatial, jusqu'à éluder sa taille pour ne pas dévoiler les caractéristiques de la capsule. Pour que le vol orbital soit homologué, les autorités soviétiques annoncent que Gagarine est revenu au sol à bord de la capsule, dissimulant son atterrissage en parachute. Le déroulement du vol sera connu à la fin des années 1990 avec la libéralisation du régime russe. Lorsqu'il est interrogé par les journalistes étrangers, ses réponses sont souvent évasives ; il est obligé de mentir : on ne sait rien, à l'époque, de l'emplacement exact de sa base de lancement qui est toutefois connu par les services secrets américains grâce à leur station radar en Turquie. Les Soviétiques indiquent un lieu près de la ville de Baïkonour, qui est en fait à de la base de lancement. Le nom du responsable du programme spatial soviétique, Sergueï Korolev, reste également secret. Celui-ci n'apparaît pas dans les commémorations ; les Russes font croire qu'un vénérable membre de l'Académie des sciences dont les liens avec le programme spatial sont très ténus, serait le père de l'astronautique soviétique. Pour récompenser ceux qui ont participé à cet exploit, près de sept mille personnes reçoivent divers médailles et titres et un bon nombre, le titre de Héros de l'Union soviétique. Seuls ceux qui font partie des instances dirigeantes, dont le premier secrétaire Khrouchtchev, sont officiellement nommés. Les cinq responsables du programme sont récompensés, restant dans l'ombre. Dans l'attente d'une deuxième mission. Responsable de l'entraînement des cosmonautes et tournée planétaire. Peu après son vol, Gagarine est nommé responsable de l'entraînement des cosmonautes qui a lieu à la Cité des étoiles, dans la banlieue de Moscou. Dans ce rôle, il est associé à l'élaboration du programme des missions et à la sélection des cosmonautes. Au cours des vols suivants, Gagarine participe aux prises de décisions critiques concernant le déroulement des missions et assure en partie la liaison radio avec le cosmonaute en vol. Il s'oppose même à Korolev, qui souhaite un vol d'une journée pour la deuxième mission, appuyant les médecins des cosmonautes qui favorisent un vol de trois orbites, soit cinq heures. Korolev a gain de cause. Gagarine participe également à la sélection de la première femme cosmonaute pour le vol Vostok 6 et s'oppose à la candidature de l'une d'entre elles parce qu'elle est déjà mère, la société russe stigmatisant les mères de famille entreprenant des activités dangereuses. Il est cependant contredit par le président de l'Académie des sciences qui conserve la candidate. Parallèlement, Gagarine entame une tournée mondiale : accompagné par Titov, qui a renouvelé l'exploit de Gagarine le (Vostok 2), et Kamanine, responsable du corps des astronautes, il se rend en 1961 en Afghanistan, au Brésil, au Canada, au Ceylan, à Cuba, en Tchécoslovaquie, en Inde, en Finlande, en Hongrie, en Islande et au Royaume-Uni. L'année suivante, il séjourne dans de nombreux autres pays. Cette gloire brutale monte à la tête de Gagarine, comme à celle de Titov. Tous les deux sont semoncés par le Parti pour leurs abus répétés de boissons ainsi que pour leur comportement déplacé avec les femmes. Durant l'une de ses frasques, Gagarine se blesse sérieusement à la tête en se jetant du premier étage d'un immeuble pour échapper à sa femme sur le point de le surprendre en galante compagnie. Gagarine est accaparé par sa tâche non officielle d'ambassadeur de l'Union soviétique qui ne lui laisse plus suffisamment de temps pour son entraînement de cosmonaute. Les dirigeants soviétiques souhaiteraient qu'il renonce à voler : Kaminine lui propose de prendre la direction du Centre d'entraînement des cosmonautes. Gagarine ne veut pas de ce travail de bureau. Il refuse à plusieurs reprises cette proposition avant d'accepter sous la pression, le poste de directeur adjoint le avec le grade de colonel dans l'armée de l'air soviétique. Il profite d'être invité du salon du Bourget pour faire une escapade à Toulouse. Le vendredi , il part de Paris en Caravelle pilotée par Léopold Galy, avec une délégation soviétique pour visiter, durant près de trois heures, les usines de Sud-Aviation à Blagnac, où se concrétise le projet Concorde — les Russes venant tout juste de démarrer leur propre programme de supersonique, le Tupolev 144. La délégation se restaure à Saint-Martin-du-Touch, une commune à l'époque limitrophe ensuite rattachée à Toulouse. Le programme Soyouz. À compter de 1962, le projet du nouveau vaisseau spatial Soyouz est développé par les équipes de Korolev. Soyouz est beaucoup plus vaste que la capsule Voskhod et il doit permettre d'emporter un équipage de trois personnes. Il dispose d'un système de rendez-vous automatique qui permet l'amarrage de deux vaisseaux. À partir de 1964, Soyouz devient une pièce maîtresse du programme lunaire habité soviétique que les dirigeants de Moscou se sont enfin décidés à lancer en constatant les progrès du programme "Apollo". La première mission prévue comporte le lancement de deux vaisseaux Soyouz dotés d'équipages qui doivent effectuer un rendez-vous dans l'espace. À compter de , quatre cosmonautes commencent l'entraînement pour le poste de commandant. Pour la première fois depuis quatre ans, Gagarine fait partie des présélectionnés. Le favori est Vladimir Komarov : celui-ci est considéré comme le plus compétent et le plus brillant des quatre hommes. Gagarine, accaparé par ses tâches bureaucratiques, a grossi et a perdu une partie de ses compétences de cosmonaute. Il s'entraîne dur et repasse favori devant Komarov jusqu'à ce que les officiels, à l'issue d'une réunion au Centre d'entraînement des cosmonautes, imposent en Komarov et assignent à Gagarine le rôle de doublure. Gagarine veut tellement réaliser un autre vol spatial qu'il est suggéré comme doublure pour un vol du programme lunaire habité soviétique. La mise au point du vaisseau Soyouz se passe mal. Tous les vols d'essais sans équipage sont entachés de problèmes et la date du premier vol est régulièrement repoussée. Sans attendre de nouveaux essais et contre l'avis de certains cosmonautes et d'ingénieurs, une double mission est planifiée sous la pression des politiques qui veulent faire un coup d'éclat pour contrer la domination américaine qui se profile : dans le cadre de la mission Soyouz 1, un premier vaisseau Soyouz doit être lancé avec à son bord Komarov, puis un deuxième Soyouz le rejoindrait en orbite avec trois cosmonautes pour un rendez-vous orbital. Le , Komarov est accompagné par Gagarine jusqu'à l'écoutille de son vaisseau qui décolle et se place en orbite sans encombre. Le vaisseau de Komarov connaît de nombreux problèmes auxquels celui-ci tente en vain de faire face avec l'aide des équipes au sol, dont Gagarine. La situation impose l'interruption de la mission et l'annulation du lancement du second vaisseau. Au cours de la descente vers le sol, le parachute du vaisseau se met en torche et le vaisseau s'écrase en tuant Komarov. Une commission d'enquête est créée et Gagarine fait partie des personnes chargées de déterminer l'origine de la défaillance à l'atterrissage. Quelques jours après l'accident, Kamanine informe Gagarine que celui-ci n'a pratiquement aucune chance de participer à une future mission spatiale et qu'il va proposer son interdiction de vol. En 1966, Gagarine, comme la majorité des autres cosmonautes de sa promotion, entame un cycle d'étude à l'Institut d'aéronautique Joukovski de Moscou. À titre de travaux pratiques, les cosmonautes étudient les caractéristiques d'un avion spatial inspiré du projet "Dyna-Soar" américain abandonné quelques années auparavant. Gagarine est notamment chargé de l'aérodynamique et du système d'atterrissage. En , toujours dans l'objectif de protéger la vie d'une personnalité qui symbolise le triomphe de l'astronautique soviétique, Gagarine est interdit de vols en avion de chasse en solo. Ainsi, il vole moins de dix heures chaque année jusqu'à sa mort en vol. Gagarine est accaparé par sa participation à plusieurs commissions d'État et par son rôle d'ambassadeur de l'astronautique soviétique. Gagarine déprime. Il trouve une compensation : il aime rouler vite et échappe miraculeusement à de graves accidents — il cumule plus de vingt accidents de voiture en moins de sept ans. Selon Kamanine, son mode de vie de coureur de jupons, les réunions interminables et les beuveries fréquentes abîment progressivement l'image publique de Gagarine et effacent le sourire qui faisait son charme. Mort. Début 1968, Gagarine est de nouveau autorisé à piloter un avion de chasse à condition d'être accompagné d'un instructeur. Il enchaîne les vols d'entraînement, à un rythme que Kamanine juge trop élevé, car Gagarine veut de nouveau voler en solo. C'est ainsi que le , il décolle peu après du matin à bord d'un MiG-15 UTI depuis l'aéroport militaire Chkalovsky près de Moscou. Il est accompagné d'un instructeur, le colonel Vladimir Serioguine, pilote de aux références impeccables, qui depuis 1963 est affecté à l'entraînement des cosmonautes. Quelques minutes après le décollage, Gagarine demande aux contrôleurs la permission de modifier son plan de vol et de rentrer à la base ; ce sera sa dernière communication. En l'absence de nouvelles, l'alerte est rapidement déclenchée. Des hélicoptères décollent et repérent l'avion à environ de la base aérienne, dans une zone densément boisée et recouverte d'un mètre de neige. L'avion a creusé un cratère de 6 à en s'écrasant, ce qui laisse supposer qu'il a heurté le sol à une vitesse comprise entre 700 et . L'équipe de recherche découvre rapidement une mâchoire qui est identifiée comme étant celle de Serioguine. Les recherches sont interrompues par la nuit. Lorsqu'elles reprennent le lendemain, l'équipe de sauvetage découvre d'abord la combinaison de vol de Gagarine accrochée dans un arbre à une dizaine de mètres de hauteur puis, peu après, les corps des deux pilotes. Une commission d'enquête est mise en place dès le soir du pour découvrir ce qui s'est passé. La thèse officielle est que Gagarine, victime d'une défaillance de l'avion, ne s'est pas éjecté pour éviter que son MiG-15 s'écrase sur une école. Cette information se révèle rapidement fausse. L'enquête officielle de l'époque, dont les conclusions ne sont pas rendues publiques, impute l'accident à une manœuvre brusque soit pour éviter un ballon-sonde, soit pour ne pas pénétrer dans une zone de turbulence située au sommet d'une couche nuageuse. Ces conclusions, qui mettent en cause le pilote, soulèvent des protestations de Kamanine et des cosmonautes seniors. En l'absence d'informations officielles sur les circonstances de l'accident, de nombreuses hypothèses sont énoncées par des experts occidentaux. Le rapport de l'époque est déclassifié en : sa conclusion est que la cause la plus probable de l'accident aurait été une manœuvre brusque destinée à éviter un ballon-sonde. D'après Asif Azam Siddiqi, historien américain de la conquête spatiale qui reprend les conclusions d'un article de Sergueï Belotserkovski et d'Alexeï Leonov paru dans la "Pravda" en 1998, le dossier aurait été rouvert après les faits en Union soviétique et une étude minutieuse aurait mis en évidence plusieurs facteurs, contribuant à apporter un nouvel éclairage sur l'accident. Deux MiG-21 et un autre MiG-15 auraient été autorisés à voler dans la même zone au même moment et le cosmonaute aurait décollé sans information sur le plafond de la couverture nuageuse. Alors que Gagarine entamait un virage et sa descente à une altitude de 700- pour rentrer au terrain, le deuxième MiG-15 serait passé, sans s'en rendre compte, à de l'avion de Gagarine, coupant sa trajectoire. Celui-ci, pris dans les turbulences créées par le sillage de l'avion, aurait entamé une vrille que le pilote serait parvenu à redresser après avoir effectué cinq tours. Au sortir de la vrille, Gagarine et son coéquipier, qui se trouvaient dans une couche nuageuse épaisse, n'auraient eu qu'une idée imprécise de leur altitude, en fait entre 400-, avec un angle à piquer de . Il serait alors écoulé cinq secondes avant que l'avion s'écrase au sol, ne laissant aucune chance aux deux pilotes pour s'éjecter. Dans un entretien en avec la télévision russe RT, Alexeï Leonov a déclaré qu'un rapport déclassé sur l'incident avait révélé la présence d'un second avion « non autorisé », un Su-15, dans la zone. Leonov avance que cet avion était descendu à () et que, pendant qu'il allumait sa postcombustion, . Gagarine et Serioguine sont tous deux inhumés dans le mur du Kremlin. La perte, en deux ans, de deux cosmonautes (Vladimir Komarov en 1967 et Gagarine en 1968) entraîne un changement important dans les procédures de sécurité appliquées à la mise au point des lanceurs et des vaisseaux habités. Alors que, jusque-là, les autorités soviétiques avaient parfois fait prendre des risques inouïs aux cosmonautes pour battre les Américains dans la course à l'espace, en particulier lors du vol de Komarov, par la suite, les vols d'essais sans pilote deviennent la règle, puisqu'ils permettent de qualifier les engins avec un degré raisonnable de certitude. Personnalité et opinions. Youri Gagarine était très apprécié par Korolev pour son calme, son optimisme et son sens de l'observation : . Pour la BBC, . Après le vol, certaines sources ont déclaré que Gagarine pendant son vol spatial a fait le commentaire : . Cependant aucune parole semblable n'apparaît dans les enregistrements des conversations de Gagarine avec les stations terrestres pendant le vol. Un ami proche de Gagarine, le colonel Valentin Petrov, révélera en 2006 qu'il n'avait jamais prononcé ces mots et que la phrase provenait d'un discours de Nikita Khrouchtchev au comité central du Parti communiste de l'Union soviétique où la propagande antireligieuse était en discussion. Dans un certain contexte, Khrouchtchev a dit . Néanmoins, une affiche exploita le vol fatal de Gagarine pour une campagne antireligieuse, en mentionnant "" Il n'y a pas de Dieu, et en se référant aussi à Titov qui, lui, est athée et militant. Le colonel Petrov ajoute que Gagarine a été baptisé par l'Église orthodoxe lorsqu'il était enfant. En 2011, le recteur de l'église orthodoxe de la Cité des étoiles raconte que . Héros mondial et instrument de la propagande soviétique. Selon la BBC, « Youri Gagarine a contredit l'impression austère de l'Ouest sur l'Union Soviétique — un russe charmant et décontracté au sourire facile. Le premier homme dans l'espace est devenu un puissant instrument de propagande ». Le Politburo savait l'impact du premier vol habité dans l'espace et a transformé la célébrité mondiale de Gagarine en arme de "Soft power". La mission étant resté secrète jusqu'à sa réussite, l'onde de choc mondiale n'en a été que plus forte, surtout aux États-Unis qui concouraient à la course du premier homme dans l'espace. Selon Tom Ellis, professeur d'histoire spécialiste de la guerre froide à la London School of Economics, Nikita Khrouchtchev avait dit : « Ce ne sera pas organisé par l’État, ce sera spontané » et les célébrations en URSS étaient les plus grandes depuis celles de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Des invitations sont émises du monde entier, y compris du bloc ouest et la propagande soviétique exploite au maximum les origines modestes de Gagarine. Pour les festivités sur la Place rouge, on demande aux parents de Gagarine de « s'habiller simplement » pour accentuer l'idéal soviétique de « charpentier à astronaute ». Lors de la visite de Gagarine au Royaume-uni trois mois après son vol, qui n'est pas une visite d’État par volonté politique du gouvernement britannique qui veut ménager son allié américain mais reconnaitre la réussite soviétique, l'enthousiasme des foules qui considèrent Gagarine comme un héros prend par surprise les autorités qui finalisent une rencontre avec la reine et le Premier ministre Harold Macmillan après l'annonce de sa venue. Selon Gurbir Singh, journaliste spécialiste de la conquête spatiale, la visite au Royaume-Uni de Gagarine est le « pinacle » de sa tournée parce que « c'était le cœur de l'Ouest capitaliste ». La tournée mondiale qui a lieu entre la construction du mur de Berlin et la crise des missiles de Cuba est un des rares moments de détente alors que la guerre froide bas son plein. Gagarine est accueilli aux siège des Nations unies à New York mais pas sur le territoire américain. Sa popularité grandissante devenait une menace et le président John Fitzgerald Kennedy n'autorise pas Gagarine à faire une tournée américaine. Selon Tom Ellis, l'instrumentalisation des origines modestes de Gagarine va au delà d'une confrontation idéologique Est/Ouest car avec la décolonisation de nombreuses nouvelles nations voient comme un exemple le modèle soviétique d'un pays technologiquement arriéré après une guerre dévastatrice qui devient en peu de temps le pionnier de la conquête spatiale. Après la mort de Gagarine, le programme spatial soviétique est éclipsé par la victoire américaine du programme Apollo mais la popularité de Gagarine est préservée comme celle d'un héros. Lors de la tournée de Neil Armstrong en URSS, il est acclamé par des foules enthousiastes, et « la NASA pense que c'est peut être parce qu'Armstrong ressemble un peu à Gagarine ». Pour Asif Azam Siddiqi, « le programme spatial soviétique a été marginalisé à l'Ouest et « mythologisé » domestiquement » à cause du mélange de secret et de propagande de l'époque. Selon lui, pour les historiens américains, Spoutnik 1 et Gagarine ne sont que les « préludes » à l’atterrissage sur la Lune d'Apollo 11, et tout ce qui est arrivé après a été une déception. Les américains ne voient pas Spoutnik et le vol Gagarine comme des dates dans l'histoire de l'humanité mais un « catalyseur à la prise de décision d'envoyer des humains sur la Lune ». Héritage. En Russie, le est un jour férié, baptisé « journée des cosmonautes ». Le , l’Assemblée générale des Nations unies déclare le « Journée internationale du vol spatial habité ». Selon un sondage réalisé en 2010 par l'institut VTsIOM, Youri Gagarine est « la personnalité du la plus attrayante » pour 35 % de la population russe, devant le poète Vladimir Vyssotski (31 %) et le maréchal Joukov (20 %). Pour le président Dmitri Medvedev, lors de l’anniversaire des cinquante ans du lancement, . Pour Vladimir Poutine, alors Premier ministre, <ref name="NO_12/04/2011">.</ref>. L'expression « C’est parti ! » (« » [Poïekhali!]), qu'il a prononcée alors que sa fusée a décollé, est devenue une expression courante en Russie. Après que leur pays a gagné la course à la Lune, le vol de Gagarine n'est plus considéré par les historiens américains comme une avancée majeure de l'histoire de l'humanité mais juste une étape qui a permis de décider les États-Unis à envoyer des hommes sur la Lune. Le premier vol de la navette spatiale américaine a lieu le jour du vingtième anniversaire du vol historique de Gagarine. En 2012, les fusées Soyouz qui approvisionnent et relèvent les équipages de la Station spatiale internationale sont toujours, comme la fusée Vostok de Gagarine, un dérivé de la fusée R-7 Semiorka, famille de fusées qui a emporté tous les vols habités russes. En France, de nombreuses rues, écoles, lycées, gymnases ou squares sont nommés Youri Gagarine, généralement dans des municipalités communistes. En 2015, neuf établissements scolaires portaient son nom, fait rarissime pour une personnalité étrangère. Distinctions. À la suite de son vol spatial, le lieutenant Gagarine est directement promu au grade de major. Il reçut le titre de Héros de l'Union soviétique et la médaille de l'ordre de Lénine, qui constituent les plus hautes distinctions de l'Union soviétique. Il est nommé membre d'honneur de l'Académie internationale d'astronautique (1966). Dans son pays, son nom a été donné en hommage à de nombreux lieux, institutions ou récompenses dont, entre autres, la ville de Gjatsk rebaptisée Gagarine en 1968, une place de Moscou où se trouvent le monument à sa mémoire et le plus grand musée de l'aéronautique et de l'espace de Russie, situé à Monino. Le cratère Gagarine est un des plus grands cratères lunaires ( de diamètre), situé sur la face cachée, et l'astéroïde porte son nom. Objet d'une propagande intense, il reçoit de nombreux honneurs et son nom est utilisé pour baptiser rues et monuments dans les pays du tiers monde, dans les pays « frères » de l'Europe de l'Est, et en Europe occidentale (notamment les pays où il s'est rendu, comme en France) dans les municipalités tenues par le Parti communiste local. |
Zimbabwe Le Zimbabwe, ou Zimbabwé, en forme longue la république du Zimbabwe, est un pays situé en Afrique australe. Enclavé entre les fleuves Zambèze et Limpopo, le pays est entouré au sud par l'Afrique du Sud, le Botswana à l'ouest, le Mozambique à l'est et la Zambie au nord. La capitale, Harare, est située dans le nord-est et possède le statut de ville-province. Y résident d'habitants, avec l'aire urbaine, sur les que compte le pays, qui possède seize langues officielles dont principalement l'anglais, le shona et le ndébélé. La monnaie était auparavant le dollar zimbabwéen, jusqu'à son remplacement par le dollar américain et quelques autres monnaies à la suite de la crise d'hyperinflation de 2009. Le territoire zimbabwéen a vu s’établir, depuis le , plusieurs royaumes ainsi que de grandes routes de commerce et de migration. La de Cecil Rhodes délimite dans les années 1890 l'actuel territoire du pays, qui devient la colonie britannique de Rhodésie du Sud en 1923. En 1965, la minorité blanche déclare unilatéralement l'indépendance de la Rhodésie. Le pays subit cependant une situation d'isolement diplomatique, ainsi qu’une guérilla de quinze ans contre des forces nationalistes et communistes noires (ZANLA et ), face à un régime ségrégationniste. Les conflits se terminent par des accords de paix établissant le suffrage universel, et la Rhodésie accède enfin à une indépendance internationalement reconnue le sous le nom de Zimbabwe, d'après le nom de la cité médiévale du Grand Zimbabwe. Le pays rejoint le Commonwealth, avant d'être suspendu en 2002 pour violation du droit international par son gouvernement de l'époque, qui décide officiellement de s'en retirer en décembre 2003. Même si le pays est aujourd’hui candidat à sa réintégration, celle-ci ne semble pas d'actualité à court terme. Le pays est également membre des Nations unies, de la Communauté de développement d'Afrique australe, de l'Union africaine et du Marché commun de l'Afrique orientale et australe. À l’indépendance de 1980, la victoire du parti ZANU-PF porte au pouvoir son chef Robert Mugabe, avec le titre de Premier ministre. Il accède à la présidence en 1987 en transformant le régime parlementaire en régime présidentiel et se maintient dès lors au pouvoir pendant trente ans, jusqu'en 2017. L'appareil de sécurité de l'État est responsable de violations des droits de l'homme. À la suite d'une année de contestation contre le gouvernement et le déclin économique du pays, ce dernier connaît un coup d'État le . Mugabe est mis en état d’arrestation et démissionne officiellement six jours plus tard. Emmerson Mnangagwa lui succède à la présidence du Zimbabwe. Après une période de forte industrialisation, le pays est sur le déclin économique depuis les années 1990 et connaît plusieurs crises dont une hyperinflation. Le produit intérieur brut du Zimbabwe est estimé à de dollars américains par The World Factbook en 2015, ce qui le classe au sur la liste des pays par PIB. Il est classé sur dans la liste des pays par indice de développement humain en 2021, ce qui en fait l’un des plus pauvres et des moins avancés au monde. Son taux de chômage est proche de 6 %, plus de 72 % de la population vit dans la pauvreté d'après les rapports de la Banque mondiale, de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire en 2017 d'après un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, l'espérance de vie est de et la dette externe atteint 95 % du PIB. Le pays reçoit des aides du Programme alimentaire mondial. Géographie et environnement. Situation et topographie. Le Zimbabwe est un pays d'Afrique australe dépourvu d'accès à la mer. Il partage ses de frontières avec la Zambie au nord-ouest (), l'Afrique du Sud au sud (), le Botswana au sud-ouest () et le Mozambique à l'est (). Il est très proche de la Namibie mais en est séparé par une portion du territoire botswanais. Il se situe entre les 15 et sud et les 25 et est. Le pays couvre une superficie totale de dont 1 % de terres immergées, chiffres qui n'ont pas évolué depuis son indépendance en 1980. Il ne comprend ni enclave à l'étranger ni possession outre-mer. Il est classé dans la liste globale des pays par superficie, et d'Afrique. C'est un pays de hauts plateaux. Son point culminant est le mont Inyangani situé dans les régions montagneuses de l'est et qui atteint , alors que son point bas se situe à d'altitude. La majeure partie du pays se situe sur un plateau central s'étirant du sud-ouest au nord-ouest où l'altitude varie entre et . Environ 20 % du pays atteint moins de d'altitude. Le lac Kariba et le fleuve Zambèze délimitent la majeure partie de la frontière avec la Zambie au nord-ouest. Les chutes Victoria, près de la ville de Victoria Falls, font partie du fleuve et sont considérées comme parmi les plus grandes et les plus impressionnantes du monde avec de largeur et jusqu'à de hauteur. Elles sont inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1989. Les ressources naturelles comprennent le diamant, le charbon, le chrome, l’amiante, l’or, le nickel, le cuivre, les minerais de fer, le vanadium, le lithium, l’étain et les métaux du groupe du platine. Climat et environnement. Le Zimbabwe appartient au biome des prairies, savanes et terres arbustives tropicales et subtropicales, la zone montagneuse le long de la frontière avec le Mozambique correspond au biome des prairies et terres arbustives de montagne. Les paysages sont donc composés de savanes sèches ou arborées et de forêts tropicales sempervirentes dans les régions moites et montagneuses de l'est. De larges surfaces du Zimbabwe étaient autrefois couvertes de forêts, au sein desquelles on trouvait une vie sauvage importante. La pauvreté, la croissance démographique et le manque de combustible ont mené à une déforestation extensive qui, avec le braconnage, ont considérablement réduit le nombre de représentants de la faune et de la flore du pays. La déforestation a également mené à l'érosion des sols et à la survenue régulière de sécheresses, diminuant la fertilité des terres. Son climat est de type tropical tempéré par l'altitude, avec une saison des pluies qui s'étend de fin octobre à mars. Le fait qu'il soit situé sur des hauts plateaux est la raison pour laquelle il bénéficie d'une température moyenne annuelle de , relativement faible par rapport à ses voisins d'Afrique australe. Le climat le plus froid peut donner des températures entre et durant l'hiver austral, entre juin et septembre, mais pendant cette période, le plus souvent, sont observées des températures entre et , températures qui s'expliquent par l'altitude du pays (souvent supérieure à ). Pendant les périodes estivales, le thermomètre ne dépasse jamais les . Le record du mois le plus froid remonte au mois d', pendant lequel des températures de et furent enregistrées. Le record de chaleur est de 31° à Bulawayo, en . On trouve, parmi la flore, du teck, de l'acajou, du knobthorn, du et du baobab. Les fleurs les plus présentes sont l'hibiscus, le lis araignée, le leonotis, le cassia, le wisteria et le dombeya. Le pays possède la deuxième plus grande population d'éléphants d'Afrique australe et une importante population de rhinocéros, cependant menacée par le braconnage. La faune est aussi composée de nombreux mammifères dont l'hippopotame, le babouin, la girafe, le koudou, le zèbre, le phacochère, le porc-épic, le ratel, la loutre, le lièvre ainsi que de nombreuses autres, soit un total d'environ de mammifères différentes. Le plus grand des lézards, le varan, peut être trouvé dans de nombreuses rivières, au même titre que certaines espèces de crocodiles. Il y a aussi plus de d'oiseaux comme le turdidé, le barbican, le méropidé, le foudi, le rossignol, le bouscarle, la pintade, le coucou foliotocol, le tétra et le faisan. On compte également de poissons, dont la plus répandue est le poisson tigre goliath. Le Zimbabwe possède donc une riche biodiversité, car il abrite également un grand nombre d'espèces conventionnelles de la flore et de la faune africaine tropicale. Effets du réchauffement climatique. Au Zimbabwe, la crise climatique a entraîné une chute de 5 % des précipitations au cours du siècle dernier (jusqu'en 2017). Un autre effet est une pluie plus instable à différents moments, ainsi qu'une augmentation des sécheresses et des vagues de chaleur. Certaines années, telles 2007-2008, ont été exceptionnellement pluvieuses, faisant des victimes et mettant les cultures en péril. En 2015-2016, le réchauffement climatique a entraîné une grave catastrophe due à la sécheresse. Toponymie. Le nom officiel du pays en forme longue dans les différentes langues officielles est : Premiers peuples du territoire. La présence des premiers habitants en Afrique australe, les San, est attestée depuis plus de et ils sont donc les premiers habitants du pays. On trouve au Zimbabwe une importante concentration d'œuvres picturales préhistoriques datant de avant notre ère. Plus tard, vers 500, arrivent d'Afrique centrale les artisans du fer et agriculteurs Bantous Gokomere qui s'installent sur le lieu du futur Monument national du Grand Zimbabwe, berceau du peuple des Shonas, vraisemblablement édifié entre le . Les Bantous forcent sur cette même période la majorité de l'ethnie San, peuple nomade de l'Afrique australe, à émigrer à l'ouest ou à être réduits en esclavage. La cité de Grand Zimbabwe accueille jusqu'à voire et son organisation sociale est structurée autour d'une monarchie, d'une caste dirigeante et d'une armée. L'influence de la dynastie des Shonas décline durant le , du fait notamment de la surpopulation, cause de maladies, et de la contestation du pouvoir en place. La dynastie des s'installe à Khami et fonde le royaume de Butua, successeur direct du Grand Zimbabwe, au milieu du . D'autres membres issus de la civilisation de Grand Zimbabwe à la tête desquels se trouve le roi Mwene Mutapa, fondent un autre État shona plus au nord : l'empire du Monomotapa. Celui-ci prospère jusqu'en 1629, date à laquelle il est battu par l'empire portugais dont il devient le vassal la même année. Présence portugaise. Le début du voit l'arrivée des Portugais qui investissent le plateau rhodésien par la vallée du Zambèze. En 1684, la dynastie Torwa est renversée par le clan Changamire qui fonde l’empire rozvi. En 1690, les Portugais sont finalement expulsés par les troupes du Monomatapa. Mais le domaine de l’ancien empire est dorénavant limité à la vallée du Zambèze. Ce qui correspond à l'actuel Zimbabwe restera cependant sous influence Portugaise jusqu'aux environs de 1815, mais les Portugais seront guère nombreux, préférant se concentrer sur les côtes du Mozambique. Les Anglais évincent les hollandais en Afrique du Sud, après 1795, et à l'époque, ils vont commencer à s'intéresser aux terres délaissées par les Portugais, au nord, dont l'actuel Zimbabwe. En 1885, au traité de Berlin, qui partage l'Afrique aux grandes puissances Européennes, les Portugais sont évincés, et l'actuel Zimbabwe passe sous influence Britannique (mais il ne sera colonisé qu'après 1885). Colonisation britannique. En 1840, un État militaire ndébélé (ou "matabélé"), dirigé par Mzilikazi du clan zoulou Xumalo, est fondé sur les décombres de l’empire rozvi. En 1852, le royaume de Mzilikazi est reconnu par la République sud-africaine. En 1854, l’explorateur David Livingstone parvient aux chutes Victoria. Puis, en 1870-1880, les territoires shona et ndébélé sont explorés par des Européens dont Frederick Courtney Selous et Thomas Baines. L'année 1888 est marquée par la concession Rudd, traité par lequel le roi Lobengula cède à la British South Africa Company de Cecil Rhodes l’ensemble des terres situées entre les fleuves Zambèze et Limpopo. En 1890, la colonne des pionniers, mise sur pied par Cecil Rhodes, annexe le Mashonaland. Au même moment, l'Empire colonial portugais revendique ce territoire dans le cadre de l'« affaire de la Carte rose », provoquant un conflit diplomatique avec Londres. Entre 1893 et 1894, c'est la Première Guerre ndébélé. Les Ndébélé sont battus sur la Shangani et à Bembesi, mais anéantissent la patrouille britannique du major Allan Wilson sur la Shangani. Vaincu, Lobengula s'enfuit et décède, au début de l'année 1894. En 1895, le territoire, baptisé « Rhodésie » en l’honneur de Cecil Rhodes, est administré complètement par la BSAC. Contrôle britannique. En 1901, une division administrative est créée entre les territoires du nord du Zambèze, baptisés Rhodésie du Nord, et ceux au sud, baptisés Rhodésie du Sud. En 1923, l’administration de la BSAC prend fin. L’intégration à l’Afrique du Sud de la Rhodésie du Sud est un échec. Cette dernière prend alors le statut de colonie autonome. Londres conserve la mainmise sur l’administration de la Rhodésie du Nord et du Nyassaland. Entre 1953 et 1963, le territoire fait partie de la Fédération de Rhodésie et du Nyassaland regroupant la Rhodésie du Sud, la Rhodésie du Nord (actuelle Zambie) et le Nyassaland (actuel Malawi). Indépendance. En 1964, la fédération est dissoute. La Rhodésie du Nord, rebaptisée Zambie, et le Nyassaland, rebaptisé Malawi, déclarent leur indépendance. En 1965, la déclaration unilatérale d’indépendance de la Rhodésie du Sud est décrétée par le gouvernement blanc dirigé par Ian Smith. En 1970, la république de Rhodésie est proclamée. En 1978, des accords internes ont lieu entre gouvernement rhodésien et mouvements nationalistes noirs modérés pour la mise en place d’une nouvelle assemblée et d’un gouvernement multiracial. En 1979, l’État éphémère de Zimbabwe-Rhodésie est créé, puis réintégré au Royaume-Uni, avant que les accords de Lancaster House préparent l’indépendance du Zimbabwe et une redistribution des terres après dix ans. Craignant une fuite massive des capitaux, le nouveau régime accepte d'introduire dans la Constitution un article protégeant la propriété privée, notamment foncière, ainsi qu'une clause interdisant toute modification de la loi fondamentale pour une période d'au moins sept ans, ce qui a permis de rassurer les milieux économiques. Il en est toutefois suspendu en 2002 pour violation du droit international par son gouvernement de l'époque, qui décide officiellement de s'en retirer en décembre 2003. Le pays est aujourd’hui candidat à sa réintégration, issue jugée improbable à court terme à la fin des années 2010 Ère Mugabe (1980-2017). En 1980, quinze ans après la déclaration unilatérale d’indépendance de Ian Smith, les Britanniques reconnaissent l’indépendance de la Rhodésie du Sud qui prend le nom de Zimbabwe, membre du Commonwealth. L’ancien chef de guérilla Robert Mugabe est le nouveau Premier ministre. Au niveau africain, l'indépendance du Zimbabwe (ex-Rhodésie du Sud) est tardive, pour un pays pourtant vaste, doté d'une population assez importante. L'Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU) remporte haut la main le scrutin de 1980. Le soir de sa victoire, Robert Mugabe rassure la population blanche lors d'un discours axé sur l'apaisement et la réconciliation. Il va même au-delà des accords de Lancaster : il reconduit les chefs des services de renseignements de l'ancien régime, et nomme deux ministres blancs. L'accent est mis sur l'éducation et la santé, secteurs dont les Noirs avaient été presque entièrement privés sous le régime de Ian Smith. En 1992, une étude de la Banque mondiale indique que plus de 500 centres de santé ont été construits depuis 1980. Le pourcentage d'enfants vaccinés est passé de 25 % en 1980 à 67 % en 1988 et l'espérance de vie est passée de 55 à . Le taux de scolarisation a augmenté de 232 % une année après que l'enseignement primaire ait été rendu gratuit et les effectifs de l'enseignement secondaire ont augmenté de 33 % en deux ans. Ces politiques sociales entraînent une augmentation du taux d'endettement. Entre 1980 et 1983, une « guerre civile » a lieu entre les deux mouvements nationalistes noirs ZANU (Shonas) et ZAPU (Matabélés et Ndébélés). Entre 1983 et 1987, le Gukurahundi a eu lieu où des milliers de civils Ndébélés ont été tués par l'armée zimbabwéenne. Plusieurs lois sont adoptées dans les années 1980 pour tenter de diminuer les écarts salariaux. Les écarts sont toutefois restés considérables. En 1988, la loi donne aux femmes, au moins en théorie, des droits identiques à ceux des hommes. Elles ne pouvaient auparavant prendre que peu d'initiatives personnelles sans le consentement de leur père ou de leur mari. En 1987, après une modification de la constitution, Robert Mugabe devient le président du Zimbabwe au . Dans les années 1990, plusieurs événements accentuent l’autoritarisme du régime et la situation économique se détériore significativement sous le poids des sanctions internationales, conduisant le régime à accepter une politique de « réajustement structurel » préconisée par les institutions financières internationales. Cette politique prend la forme d'une sévère cure d'austérité : sous la contrainte, le gouvernement réduit drastiquement la dépense publique et des dizaines de milliers de fonctionnaires perdent leur emploi. Ces réformes impopulaires génèrent un vent de colère dans les villes du pays gagnées par le chômage. En , les occupations de terres par des paysans noirs et d'anciens combattants de la guerre d’indépendance se multiplient. Quelque possèdent alors plus d'un tiers des terres cultivables dans les zones les plus fertiles, sous forme de grandes exploitations commerciales, tandis que plus de paysannes noires se partagent le reste sur des « terres communales » beaucoup moins propices à la culture. Les propriétaires blancs avaient continué de s'enrichir pendant les vingt années ayant suivi la chute du régime ségrégationniste, attisant le ressentiment d'une partie de la population noire dans un contexte de crise économique et de montée du chômage. Le président zimbabwéen, qui les avait jusqu'alors défendu, vit mal leur soutien à la nouvelle formation de l'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique. Dépassé par le mouvement d'occupation de terres, Mugabe tente de sauver la face en officialisant les expropriations et en installant sur les terres réquisitionnées des proches du régime, officiellement anciens combattants de la guerre d’indépendance. Ceux-ci n’ont cependant pas les connaissances ni le matériel nécessaires pour cultiver leurs lopins et beaucoup de terres restent en friches. Des dizaines de milliers d'ouvriers agricoles perdent leur emploi et la production chute. Mugabe est désavoué lors d’un référendum sur une réforme constitutionnelle. En 2002, il gagne l’élection présidentielle lors d’un scrutin dont l’honnêteté est contestée. En 2003, une grave crise agraire et politique éclate à la suite de l’expropriation par Mugabe des fermiers blancs. Une crise politique survient quand les mouvements d’opposition comme la MDC sont réprimés et les élections truquées. À la suite d'une campagne intensive des mouvements des droits de l’Homme, des Britanniques et de l’opposition, le Commonwealth impose des mesures de rétorsion contre les principaux dirigeants du Zimbabwe. Au sein du Commonwealth, Mugabe reçoit cependant le soutien de plusieurs pays africains et dénonce des mesures prises à l’instigation des pays « blancs » (Canada, Grande-Bretagne, Australie). L’opposition locale du MDC est réprimée. En 2004, le pays ne peut plus subvenir à ses besoins et 70 % de la population se retrouve sans emploi. Le Zimbabwe se retire du Commonwealth. Le pays est alors au bord de la famine, ce que chercherait à dissimuler le régime. Le pays apparait dans la liste du nouvel « axe du mal » rebaptisé « avant poste de la tyrannie » par Condoleezza Rice en 2005. En 2005, le parti de Robert Mugabe, la ZANU, remporte les élections législatives sur fond de violence et de fraudes électorales face à un MDC divisé et affaibli. Entre des bidonvilles d'Harare, bastions de l'opposition, sont expulsés à la fin du printemps lors de la destruction de leurs habitations sur ordre du gouvernement ; c'est l'. Adoption d'une réforme constitutionnelle restreignant les droits de propriété et permettant au gouvernement de priver n'importe qui de passeport pour des raisons « d'intérêt national ». Afin de gagner l'appui de la population, Mugabe persécute la minorité ndébélé. Nombre d'entre eux fuient en Afrique du Sud. On empêche les propriétaires de terres d'aller en appel au sujet de leur expropriation. Un Sénat de est créé mais celui-ci est soupçonné d'être une simple chambre d'enregistrement au service du président Mugabe. L'inflation dépasse les % en 2006, et les % en 2007, alors qu'a lieu une purge au sein de l'armée. L'exode de la population vers les pays voisins s’accélère. En 2008, les élections présidentielle et législatives du 29 mars constituent un revers pour la ZANU. Le MDC remporte la majorité absolue des sièges à l'Assemblée nationale (109 élus contre 97 élus à la ZANU). Publiés le , le résultat de l’élection présidentielle est contesté. En obtenant officiellement près de 48 % des suffrages en dépit des fraudes, Morgan Tsvangirai devance néanmoins Robert Mugabe (43 %). Lors de la campagne du second tour, le pays est le théâtre de violences politiques continues marquées par des exactions commises par la police contre des membres de l'opposition et leur famille mais aussi par l’arrestation de ses principaux chefs. Dans ce climat de terreur, Morgan Tsvangirai décide à cinq jours du second tour de l’élection présidentielle de boycotter celle-ci, permettant ainsi à Robert Mugabe d’être réélu. L’inflation dépassant les de % en rythme annuel, l'édition de billets de de dollars zimbabwéens (environ 3 EUR fin ) devient nécessaire. La population est contrainte de revenir à une économie de troc et à la marche à pied : il n'y a plus de gazole pour faire rouler les bus. De plus, à partir du mois d'août, une épidémie de choléra sévit dans le pays ; elle fait, selon l'OMS, , pour contaminées (chiffres officiels au ). Toujours d'après l'OMS, jusqu'à la moitié des de Zimbabwéens sont susceptibles de contracter la maladie en raison de l'insalubrité des conditions de vie dans le pays. En 2009, sous la pression de l'ONU quant aux fraudes concernant l'élection présidentielle, Robert Mugabe décide de partager le pouvoir avec son opposant et rival personnel Morgan Tsvangirai, chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC). En avril 2010, Mugabe reçoit le président de l'Iran, Mahmoud Ahmadinejad, avec lequel il conclut huit accords commerciaux entre les deux pays. Cette visite n'est pas bien perçue par l'opposition et par le reste du monde. Le , le Zimbabwe a adopté par référendum une nouvelle Constitution qui a pour but affiché de moraliser la vie politique. Le président Robert Mugabe et son premier ministre Morgan Tsvangirai appellent à voter oui. Le texte prévoit de limiter les prérogatives présidentielles, mais le chef de l'État conserve le pouvoir de nommer tous les acteurs importants. Seule la durée de la fonction est réduite à deux mandats de cinq ans. Coup d'État de novembre 2017. En raison de l'âge avancé du président Robert Mugabe, qui célèbre ses en février 2017 et est le dirigeant le plus âgé du monde, la question de sa succession devient une question importante de la vie politique zimbabwéenne. Robert Mugabe révèle qu'il souhaite voir son épouse Grace Mugabe lui succéder. Il écarte du parti ZANU-PF et du gouvernement les rivaux potentiels de cette dernière. Grace Mugabe, connue pour ses goûts de luxe et sa brutalité, est toutefois impopulaire. Le , Robert Mugabe annonce qu'il souhaite que son épouse devienne vice-présidente. Le , celle-ci lui demande publiquement de lui céder directement la présidence de la République. Le limogeage du vice-président Emmerson Mnangagwa, le , a ainsi pour objectif de conforter la première dame, mais déplaît aux forces armées. Le , le général Sibusiso Moyo annonce à la télévision nationale prendre le contrôle des rues afin et affirme également que l'armée ne mène pas de coup d'État contre le gouvernement. Robert Mugabe et sa femme Grace sont placés en résidence surveillée par les militaires. L'Afrique du Sud, inquiète pour son sort, envoie deux émissaires rencontrer sa famille ainsi que les responsables militaires. L'Union africaine, l'Union européenne ou le Nigeria lancent un appel à la paix. Néanmoins, aucun désordre n’est observé. Le , Robert Mugabe continue de se considérer comme le seul dirigeant légitime du Zimbabwe et refuse la médiation du prêtre catholique Fidelis Mukonori. Cependant, le , il finit par démissionner. Le bilan présidentiel de Robert Mugabe est très négatif. Il laisse derrière lui un pays ruiné, la ZANU-PF dominant tous les secteurs du pays depuis plusieurs décennies, et marqué par les violations des droits de l’Homme et de la liberté d’expression commises par son pouvoir. Présidence d'Emmerson Mnangagwa (depuis 2017). Emmerson Mnangagwa regagne le Zimbabwe le et déclare qu'. Mnangagwa est désigné président intérimaire et doit prêter serment dans les deux jours. La date du serment est cependant repoussée au . Il conserve ses fonctions jusqu'à la tenue de l'élection présidentielle de 2018 au cours de laquelle il porte les couleurs de la ZANU-PF et est donc le candidat favori à sa propre succession. Il emporte de justesse l’élection présidentielle au premier tour, sur fond de soupçons de fraude. Les résultats sont contestés par l'opposition mais la Cour suprême du Zimbabwe confirme finalement la victoire de Mnangagwa, faisant de lui le nouveau président élu après Mugabe. Le début de l'année 2019, dans un contexte de crise économique et d'absence d'avancées démocratiques, est marqué par de violentes manifestations, durement réprimées. En 2019, après une campagne agricole particulièrement mauvaise en raison de la sécheresse, de Zimbabwéens « s'acheminent vers la famine » selon le programme alimentaire mondial. Comme le reste de l’Afrique australe, le Zimbabwe est soumis depuis plusieurs saisons à des épisodes récurrents de sécheresse, aggravés par le réchauffement climatique, qui pèsent sur la sécurité alimentaire de la population et de la faune. En octobre, l’ONU évalue à le nombre de personnes qui seront menacées par la famine en 2020. Politique et organisation sociale. Le Zimbabwe est officiellement une république présidentielle, dans laquelle le droit de vote est accordé à tous les citoyens de plus de . Le président est à la fois le chef de l’État et le chef du gouvernement. Le régime de l'ex-président, Robert Mugabe, au pouvoir pendant presque , a été accusé de graves violations des droits de l'homme. Son successeur depuis , Emmerson Mnangagwa, imposé en douceur par l'armée zimbabwéenne, maintient une répression de l'opposition, d'autant que le pays est confronté à une situation économique difficile : électricité rationnée, pénurie d'essence, pénurie de médicaments, pénurie de produits de base. Réforme agraire. Pris en tenaille entre les vétérans de la guerre de libération et l'opposition, le président Mugabe avait mis en œuvre une réforme agraire dans les années 2000 visant essentiellement les grands fermiers du pays, spécifiquement les fermiers blancs qui avaient été maintenus sur leurs terres au moment de l’indépendance. Certains propriétaires terriens ont tenté de s'opposer à l'expropriation de leurs terres en saisissant la Southern African Development Community Court, néanmoins le gouvernement rejette toutes accusations de discriminations en affirmant que les redistributions de terre visent à corriger des inégalités. En effet, alors que l'indépendance du pays remonte à , environ un tiers des terres du pays sont en la possession des fermiers blancs descendants de colons. De nombreuses violences émaillent toute la période de mise en application de la réforme agraire, provoquant au moins . Le gouvernement prend le parti d'étouffer les suites judiciaires de ces violences, notamment en forçant à la démission , président de la Cour suprême, après qu'il eut tranché une affaire en faveur de fermiers blancs. Robert Mugabe et son parti sont confrontés à des accusations de complicité à l'international, notamment dans la presse, également par une décision de justice d’un tribunal régional pour l’Afrique australe de . La réforme agraire, conjuguée à la corruption et au népotisme généralisés, ont des conséquences catastrophiques sur la situation alimentaire du pays. Après les élections truquées de 2002, le pays est exclu du Commonwealth. En conséquence de cet événement et de la levée de boucliers que cette politique ont provoquée dans le monde, les autorités zimbabwéennes dénoncent un complot des « pays blancs » (notamment ceux du Commonwealth, le Canada, le Royaume-Uni, et l'Australie). En 2005, il reste encore environ blancs au Zimbabwe, sur avant la réforme agraire. Le président Mugabe exprime alors son souhait de les « chasser » à court terme. . En , Mugabe et son parti, le ZANU-PF, proposent au parlement de voter une loi qui interdit toute fusion, restructuration ou acquisition d’une entreprise si 51 % de son capital n’était pas en possession de Zimbabwéens noirs. Puis, en , un accord conclu avec l’opposition du MDC fait quelque peu marche arrière sur la confiscation des fermes des Blancs, bien que le ministre de la Justice affirme le contraire, que l’accord souligne le caractère raciste-colonialiste de la répartition précédente des terres, et qu’aucune restitution ne se ferait en tant que telle. En , le Zimbabwe rejette le jugement du tribunal de la Communauté de développement d'Afrique australe qui a estimé que les confiscations de terres menées au Zimbabwe étaient discriminatoires, racistes et illégales et que les fermiers devaient être dédommagés. En , en vertu de la disposition prévoyant l'application des décisions du tribunal de la SADC dans les pays membres, la Haute cour de Pretoria en Afrique du Sud, saisie par d'anciens fermiers zimbabwéens expropriés, juge que les biens appartenant à l'État zimbabwéen dans le pays peuvent être saisis et mis en vente afin d'indemniser les victimes d'expropriation. En application de cette décision, trois propriétés du gouvernement zimbabwéen en Afrique du Sud sont saisies en vue de leur vente par enchère publique. En , , président de la "" (ZNLWVA), organisation groupant des Noirs qui avaient combattu militairement le régime rhodésien, demande le retour des Blancs expatriés et leur offre de prendre part au prochain gouvernement, le (Generation 40) ayant, selon lui, fait du pays une terre brûlée. Santé. Le Zimbabwe est un pays sujet à de nombreuses maladies. Le pays a souvent dû faire face à de fortes épidémies, à l'instar de l'épidémie de choléra de 2008 au Zimbabwe, ou plus récemment celle de 2018. Dans les années 1980-1990, le système de santé du Zimbabwe était réputé comme l'un, si ce n'est le meilleur d'Afrique. Néanmoins, le système sanitaire zimbabwéen a grandement perdu en qualité actuellement et est en situation de crise permanente. Provinces. Le pays est divisé en huit provinces : Le Zimbabwe compte aussi deux villes qui ont le statut de province : Bulawayo et Harare. Forces armées. Le Zimbabwe dispose d'une constituée de et de sous ses drapeaux. Le commandant en chef est le président de la République. Les forces armées disposaient en 2006 d'un budget de de dollars, soit 3,8 % du PNB. Démographie. La population du pays est estimée à d’habitants en 2016, un triplement depuis 1960. Ravagé par le sida, l’épidémie a fait baisser l’espérance de vie depuis les années 1980 jusqu'au début des années 2000 avant que celle-ci ne remonte dans les années suivantes vers . Le taux de mortalité est remonté au niveau élevé de 17,9 pour mille, soit un niveau comparable à celui de l'Afrique australe (17 pour mille). Le nombre moyen d'enfants par femme, ou indicateur conjoncturel de fécondité est de 3,15, correspondant à un taux de natalité de 27,7 pour mille. Le taux d'accroissement démographique est donc ralenti à environ 1 % par an ou 9,8 pour mille. Au moins 99 % de la population est constituée de noirs africains, liés surtout aux ethnies Shona et Ndébélé. Il y avait blancs (appelés Rhodésiens) en 1986, mais la politique agraire de reprise des terres fait baisser ce chiffre à environ en 2013, essentiellement des descendants de colons britanniques, afrikaners et portugais. Au début des années 1960, il y avait au moins 5 % de blancs Européens, mais avec les violences liées au conflit pour l'indépendance, le pourcentage de blancs va vite diminuer, pour atteindre moins de 2 % de la population en 1979 : de nombreux blancs partirent pour l'Afrique du Sud, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, et le Royaume-Uni. En 2018, les blancs étaient entre et au Zimbabwe, soit environ 0,2 % à 0,3 % de la population du pays. Langues. Les principales langues sont : Cependant la nouvelle Constitution de 2013 reconnaît désormais 16 langues officielles et ajoute aux trois premières : Deux autres langues bantoues minoritaires ont un usage vigoureux mais ne sont pas reconnues : le dombe (proche du nambya reconnu au Zimbabwe) et le kunda (plus proche du nyungwe reconnu au Mozambique que du chichewa reconnu au Zimbabwe). Un pidgin bantou est également utilisé comme langue secondaire. Enfin l'afrikaans est parlé par environ , en partie par des blancs, mais aussi par des noirs et métis zimbabwéens (dont de langue maternelle), et le gujarati est parlé par environ d'origine indienne (surtout venues lors de l'ancienne colonisation britannique). Religions. Les principales religions sont le christianisme (87 %), dont 67,1 % de protestants et 18,7 % de catholiques, et l'animisme (3,8 %). Les personnes sans religion représentent environ 7,9 % de la population. La Convention baptiste du Zimbabwe a été officiellement fondée en 1963. En 2016, elle comptait 380 églises et . Une partie des Zimbabwéens furent marqués par les idées marxistes, implantées autrefois au Mozambique voisin et en Angola, qui encourageaient l’athéisme, ces deux pays étant aussi en lutte contre les colons européens pour obtenir l'indépendance. Au Zimbabwe, le combat pour l'indépendance s'étala entre 1965 et 1980. Le pourcentage d'agnostiques (personnes qui doutent de l'existence de Dieu) est lui aussi important. Femmes. Début 2019, plusieurs associations zimbabwéennes estiment que la moitié des femmes du pays ont été victimes de violences physiques et sexuelles. Par ailleurs, le taux de mariage des filles de moins de est de 32 %. Économie. Contexte contemporain. Dans les années 1980, le Zimbabwe est dans parfois désigné comme le « Joyau de l'Afrique », en raison de sa prospérité. Jusqu'au début des années 1990, le Zimbabwe était le pays le plus industrialisé d'Afrique australe, après l'Afrique du Sud. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, le pays connaît une terrible crise économique, accompagnée d'hyper-inflation ; durant cette même période, son secteur manufacturier passe de 27 % à 15 % du PNB. La « dollarisation » de l'économie permet cependant, à partir de 2009, la relance de l'économie. L'implication du pays dans la guerre en République démocratique du Congo avait des motivations économiques, notamment la volonté de sécuriser la dette contractée par la RDC envers le pays et certains, au Zimbabwe, ont fait fortune grâce aux minerais du Congo, dont, semble-t-il, le président Mnangagwa lui-même. En 2022, le Zimbabwe est classé en pour l'indice mondial de l'innovation. Richesses minières. Le Zimbabwe est aussi un grand pays minier (or, platine, diamant, chrome). De nouvelles mines de diamants ont été découvertes en 2006, dont l'exploitation profite essentiellement et clandestinement aux forces de sécurité, armée et police secrète. Pour sa part, le président Mugabe voit dans la raison de cette crise économique les sanctions imposées au pays par les États-Unis et l’Union européenne en raison des atteintes aux droits de la personne. Inflation. L'inflation était de 32 % en 1998, 59 % en 1999, 208 % en de % en , et de plus de % en . Le taux d'inflation annuel (entre et ) atteint environ %, ceci étant considéré non plus comme de l'inflation mais comme de l'hyperinflation. Le , le gouvernement annonce la réévaluation de % de sa monnaie. De nouvelles coupures sont alors mises en circulation et durant trois semaines, les deux auront cours. Cette réévaluation ne devait cependant en rien enrayer la grave crise économique, où le taux de chômage est d’environ 70 %. La raison d’être de cette opération est très vraisemblablement purement cosmétique, en faisant croire que les prix ont baissé. C’est ainsi que dans une publicité télévisée du gouvernement, on voit une femme au foyer annoncer qu’un pain alors qu’auparavant il coûtait . Une autre raison est que pour certaines transactions, les systèmes informatiques n'arrivaient plus à gérer des chiffres trop élevés. Le Zimbabwe a battu un nouveau record d’inflation en à % en rythme annuel, quelques jours après l’annonce du limogeage du ministre des Finances, Herbert Murerwa, remplacé par Samuel Mumbengegwi. L’inflation pour le mois de serait de %. En , d'huile de cuisine coûtent , environ ou . La devise américaine s’échange officiellement contre mais vaut près de au marché noir (). En , le taux de l’inflation annuel atteint le chiffre record de % alors que le taux de chômage approche les 80 %. Le dollar zimbabwéen ayant perdu toute sa valeur, les échanges se font de plus en plus souvent en rand sud-africain, en pula du Botswana ou en dollar américain. En , le taux de l’inflation annuel atteint %. En , à la suite d'une trop grande inflation, le dollar zimbabwéen est abandonné et la monnaie officielle du Zimbabwe devient le dollar américain. À la suite de cet événement, les prix chutent en un mois de 3,1 %. Tourisme. Le secteur touristique est en développement depuis 2011. Le nombre de touristes et les recettes associées sont en progrès. En 2015, le pays a accueilli plus de deux millions de touristes et généré de dollars. Relations économiques internationales. La Chine est le premier partenaire économique du Zimbabwe : elle achète 28 % de ses exportations et en est le premier investisseur. À partir de 2002, alors que les États-Unis et l'Union européenne frappent le pays de sanctions, la Chine y accroît son influence, avec des prêts et des dons. En 2015, le président Xi Jinping y fait une visite officielle, amorçant un plan de coopération de de dollars, notamment dans les mines, les travaux publics et les terres. Au niveau diplomatique, la Chine bloque toutes les sanctions visant le pays au conseil de sécurité des Nations unies. Historiquement, la Chine avait soutenu le ZANU contre le pouvoir blanc pro-occidental de Ian Smith et l'actuel président Emmerson Mnangagwa a été formé en Chine dans les années 1960, tissant des réseaux qui ont grandi au fil des années. Éducation. Depuis les années 1980 les pouvoirs publics maintiennent des efforts soutenus en matière de lutte contre l’analphabétisme. Le Zimbabwe affiche en 2014 un taux d'alphabétisation de 88 % d'après un rapport de l'UNESCO. Le Plan stratégique de l'éducation 2016-2020 met l'accent sur la scolarisation de tous les enfants, en prenant en compte tout particulièrement les communautés et les groupes présentant des vulnérabilités importantes. Codes. Le Zimbabwe a pour codes : |
Zambie La Zambie, en forme longue la république de Zambie, et , est un pays d'Afrique australe, sans accès à la mer. Sa population est estimée à seize millions d'habitants en 2017. République démocratique, sa capitale est Lusaka. Son nom provient du fleuve Zambèze. Initialement peuplé par les San, peuple de chasseurs-cueilleurs, le territoire zambien est occupée par les Bantous au . Pendant la colonisation européenne de l'Afrique, le territoire est devenue la colonie britannique de la Rhodésie du Nord et obtient son indépendance en 1964 sous le président Kenneth Kaunda qui met en place un régime à parti unique sous l'égide du Parti uni de l'indépendance nationale en 1973. Il est remplacé par Frederick Chiluba du 'Movement for Multi-Party Democracy' dans l'élection présidentielle de 1991. Depuis, la Zambie devient un État multipartite et éprouve plusieurs transitions pacifiques du pouvoir. Majoritairement recouvert par la savane, le pays abrite encore une riche biodiversité, avec une faune et une flore typiques de paysages et milieux variés, tout en étant le théâtre d'une urbanisation et périurbanisation croissante, ainsi que d'une augmentation des surfaces cultivées. Les frontières coloniales ont pour résultat une grande diversité de groupes culturels, qui sont partiellement reconnus par l'État par le biais de l'officialisation de rois et de chefs locaux. Héritage colonial, l'anglais est la langue officielle et doit aussi favoriser l'unité de la nation. En tant qu'ancienne colonie britannique, elle fait partie du Commonwealth depuis son indépendance. Géographie. Entourée par l'Angola à l'ouest, la République démocratique du Congo et la Tanzanie au nord, le Malawi et le Mozambique à l'est, et le Zimbabwe, le Botswana et la Namibie au sud, la Zambie occupe une superficie de . Le pays, en forme de croissant, est une sorte de frontière entre l’Afrique centrale, australe et l’Afrique de l'Est. Les paysages naturels sont constitués de collines, de hauts-plateaux et de brousse. Des cours d’eau comme le Zambèze ou la Kafue ont tracé des vallées dans les paysages. Le pays compte également de nombreux lacs : (Bangwelu, Moero, Tanganyika, Kariba). Le climat de la Zambie est tropical, quoique plus tempéré en altitude. Il y a deux saisons principales, la saison des pluies qui commence en novembre et se termine en avril, correspondant à l'été, et la saison sèche de mai à octobre correspondant à l'hiver. Le fleuve principal est le Zambèze, dont le barrage de Kariba fournit le pays en hydroélectricité. Parmi les ressources naturelles se trouvent le cuivre, le cobalt, le zinc, le plomb, le charbon, les émeraudes, l'or, l'argent et l'uranium. L'économie du pays reste néanmoins essentiellement agricole. Histoire. Histoire ancienne. La Zambie est riche en vestiges préhistoriques, tel le crâne de l'homo rhodesiensis, qui aurait entre , découvert en 1921 à Broken Hill, dans une mine de zinc dans la ville de Kabwe, par le Suisse Tom Zwiglaar. Les premiers habitants de la Zambie étaient des San vivant de chasse et de cueillette. À partir du de nombreux peuples de langue bantoue s’installent et forment des chefferies, sortes de principautés autonomes ; ils se distinguent des premiers habitants par leur maîtrise de l'agriculture, ils possèdent aussi l'art de la confection de poteries et d'armes. La propriété privée n’est pas connue et la terre est toujours cultivée en collectivité. Une activité métallugirque de transformation du minerai de cuivre commence dès le , au nord de l'actuel territoire de la Zambie. Histoire pré-coloniale. Les populations pratiquent le troc jusqu'au , moment où certaines ethnies adoptent des croisettes de cuivre de différents poids comme monnaie. Durant plusieurs siècles le pays voit le développement d'autres activités, culture du coton et extraction de cuivre notamment. À partir du , le pays se scinde en de multiples royaumes sous l'influence des Bembas et des Lozis. Liés aux esclavagistes arabes, les Bembas fondent un empire sur une zone allant du Congo actuel au lac Tanganyika. Ils participent à la traite des Noirs, principalement au profit des sultans de Zanzibar. Entre 1838 et 1864, un protectorat temporaire des Makololo est instauré sur les Lozi (apparentés aux Basotho). Les premiers non-Africains à entrer dans le pays sont les Portugais au , suivis des commerçants arabes. En 1798, l’explorateur portugais Francisco José de Lacerda e Almeida dirige la première expédition scientifique menée par des Européens en Afrique. Le but de l'expédition de Lacerda e Almeida est de relier les deux territoires portugais de la région, le Mozambique à l'est, et l'Angola à l'ouest. Parcourant plus de depuis Tete, il atteint Kazembe, alors partie du royaume Lunda, où il succombe à des fièvres en . L'expédition, désormais sous le commandement du père Francisco João Pinto, retourne à Tete sans essayer de poursuivre jusqu'en Angola. Le journal d'expédition de l'explorateur est sauvé et rapporté à Tete. Il est traduit en anglais par Richard Francis Burton et publié dans un ouvrage intitulé "". Pendant un demi-siècle, ce document constitue l'unique témoignage européen concernant cette région, jusqu'aux voyages de l'explorateur écossais David Livingstone à partir de 1851. Période coloniale. La tutelle britannique est imposée au Barotseland, d'abord par l'intermédiaire de la British South Africa Company (BSAC) (dans le cadre de l'Administration de la Rhodésie par la British South Africa Company) puis en 1924 par le système du protectorat. Elle s'étend à l'ensemble du territoire actuel de la Zambie, dont elle fixe les frontières actuelles, sous le nom de Zambézie du Nord puis Rhodésie du Nord. En 1890, Lewanika, le roi des Lozis, place le haut-Zambèze sous la protection de la BSAC de Cecil Rhodes. En 1891, le territoire, brièvement appelé Zambézie du Nord, est administré par la BSAC, qui élimine la traite des esclaves. Les Bembas s'opposent brièvement à la BSAC. Durant ces deux années, ce territoire devient un enjeu géopolitique entre l'Empire colonial portugais, qui le revendique dans le cadre de l'« affaire de la Carte rose », et l'Empire colonial britannique. Entre 1898 et 1899, les administrations de la Rhodésie du nord-est (qui deviendra le Malawi) et de la Rhodésie du nord-ouest sont mises en place. En 1911, une constitution est définie et les frontières de la Rhodésie du Nord, sous administration de la BSAC, sont fixées. Dans les années 1920 et 1930, des Américains découvrent d'importants gisements miniers. L'activité minière favorise le développement de la région et l'immigration. En 1923, la Rhodésie du Nord devient un protectorat britannique sous le contrôle du Colonial office britannique alors que la Rhodésie du Sud devient une colonie autonome. En 1948, le premier parti politique africain de Rhodésie du Nord, alors un état ségrégationniste, est créé. En 1951, le « Congrès national africain » (ANC) de Rhodésie du Nord, dirigé par Harry Nkumbula, est créé. En 1953, les deux Rhodésies et le Nyassaland sont incorporés dans la Fédération de Rhodésie et du Nyassaland, dans le but de développer la région et de limiter les visées indépendantistes noires. Les colons et les compagnies minières soutiennent ce regroupement afin de préparer une indépendance sous domination « blanche », sur le modèle sud-africain. En 1955, Roy Welensky, un député blanc de Rhodésie du Nord, devient premier ministre de la fédération. En 1958, le Parti national uni pour l'indépendance » (UNIP), est fondé à partir d'une dissidence de l'ANC, hostile à la fédération. En 1962, l'ANC de Nkumbula remporte les élections en Rhodésie du Nord et s'allie à l'UNIP de Kenneth Kaunda. En 1963, la fédération est dissoute, ne pouvant surmonter l'antagonisme racial et nationaliste entre blancs et noirs. Le pays devient indépendant le . Zambie indépendante. Les premières élections portent Kenneth Kaunda et son parti l'UNIP au pouvoir, qu'il va garder jusqu'en 1991 de manière autoritaire. En janvier 1964, les élections générales sont largement remportées par l'UNIP () reléguant les 10 élus de Nkumbula dans l'opposition avec les blancs. Kenneth Kaunda devient Premier ministre à la tête d'un gouvernement autonome. Le , l'indépendance de la Rhodésie du Nord est proclamée et devient la Zambie. Le pouvoir est exercé par le Parti uni de l'indépendance nationale ou UNIP ("Parti National Uni pour l'Indépendance") de Kenneth Kaunda qui devient le premier président de la République. En devenant indépendant, la Zambie intègre l'organisation internationale du Commonwealth dès 1964. En 1971, la constitution est amendée avec l'adoption du principe d'une démocratie participative à parti unique. Kaunda rejette le tribalisme et tente d'unifier plus de 72 tribus sous la devise « Une Zambie, une nation ». Il est perçu comme un chef d’État modéré, défenseur du multiracialisme, et a toujours espéré une société pacifique qui accueillerait aussi bien les Africains blancs que les Noirs. Au moment de son indépendance, les caisses de l'État zambien sont vides et le système éducatif presque inexistant. Les mines et le chemin de fer sont nationalisés. La nationalisation des mines de cuivre, qui représentaient 90 % des recettes en devises du pays, a coïncidé avec une crise énergétique mondiale et une chute des prix du cuivre qui sont à l'origine d'une spirale de la dette dont le pays ne parviendra jamais à sortir. Des projets d'industrialisation sont menés en coopération avec la Chine, dont l'emblématique « Tanzam », la ligne ferroviaire reliant le pays au port de Dar es Salam en Tanzanie, et le barrage de Kafue Gorge pour ne plus dépendre du charbon rhodésien. Dans les années 1970, la Zambie est une base arrière des mouvements de libération et de guérilla de Rhodésie du Sud, de Namibie et d'Afrique du Sud. Dans les années 1980, l'économie du pays vacille et les années 1990 sont marquées par la chute des prix du cuivre et par les sécheresses. En 1991 a lieu la première alternance politique : l'UNIP de Kenneth Kaunda est battu par le "Movement for Multiparty Democracy" (MMD) (en français : "Mouvement pour la démocratie multipartite") de Frederick Chiluba. En , le gouvernement se déclare menacé par un « complot » et instaure l'état d'urgence. Plusieurs figures de l'opposition, incarnée par l'UNIP, sont arrêtées. Les relations diplomatiques sont rompues avec l'Iran et l'Irak, que le gouvernement zambien accuse de procurer une aide à l'UNIP. En , les affaires de corruption et de trafic de drogue impliquant le gouvernement conduisent le président Chiluba à limoger plusieurs de ses ministres. En 1996, le MMD au pouvoir remporte les élections boycottées par l'opposition dans un contexte de faible participation. Le gouvernement suit les recommandations du Fonds monétaire international (FMI) et privatise de nombreuses entreprises, dont celles du cuivre, principale ressource du pays, et les compagnies aériennes. Au début des années 2000, la poursuite du programme de privatisation provoque des licenciements massifs et une hausse de la pauvreté. En 2002, en raison de la sécheresse, la famine menace trois millions de personnes. Après avoir tenté de faire amender la Constitution qu'il a lui-même promulguée afin de briguer un troisième mandat, Chiluba, face aux protestations populaires, doit céder la place en à son vice-président et successeur désigné, Levy Mwanawasa, qui est élu président, au cours d’un scrutin contesté. Le Parlement vote à l'unanimité la levée de l'immunité de l'ancien président Chiluba qui est mis en examen au titre d'une soixantaine d'inculpation concernant principalement des détournements de fonds. Les charges seront levées en 2009. À la suite de la dégradation de l'état de santé de Mwanawasa, le vice-président Rupiah Banda assure l'intérim. Après la mort du président en août 2008, Banda est élu quatrième président du pays et le reste jusqu'en septembre 2011. Le chef de l'opposition Michael Sata lui succède, et devient le cinquième président de la Zambie. Il décède à son tour, à la suite d'une maladie à Londres le . Edgar Lungu est élu en 2015 pour le remplacer et terminer son mandat présidentiel. Edgar Lungu est à la tête du Front patriotique (PF) qu'il a créé en 2001 après avoir quitté le Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD). Il est vainqueur du scrutin présidentiel, d'une courte tête. Il est réélu en 2016, dans un scrutin là encore serré, contre Hakainde Hichilema. Politique. La Zambie est une république parlementaire dont le droit est fondé sur le système britannique. Tous les citoyens de plus de peuvent voter et le scrutin présidentiel (tous les ) est uninominal à un tour. Le pouvoir législatif est monocaméral, il est exercé par l'Assemblée nationale composée de renouvelés tous les . Provinces. Le pays est divisé en 9 provinces (les capitales de provinces sont notées entre parenthèses) : Forces armées. La Zambie dispose d'une force de défense constituée de personnels actifs et disposant d'un budget de de dollars, soit 0,9 % du PNB en 2003. Elle est divisée en 3 brigades, 1 régiment blindé, 9 bataillons d'infanterie, 1 régiment d'artillerie et 1 régiment du génie. Économie. L'économie de la Zambie repose sur l'agriculture, l'exploitation des mines de cuivre (le pays est le premier producteur de cuivre d'Afrique) et de cobalt, et sur le tourisme. Grâce aux mines géantes de la frontière avec la RDC, qui couvrent très largement ses besoins nationaux en cuivre, le pays est, derrière le Chili, le troisième exportateur mondial de cuivre au milieu des années 2010. La Zambie produit du maïs. Le gouvernement essaie de développer l’agriculture d’exportation avec les cacahuètes et le tabac. Le pays est au palmarès des huit premiers producteurs de coton d'Afrique de l'est, du sud et du nord au milieu des années 2010. La Zambie est encore un grand exportateur de cuivre et de cobalt, mais les gisements sont de plus en plus inaccessibles et moins riches. En 2022, la Zambie est classée en pour l'indice mondial de l'innovation. Niveau de vie. 60,5 % de la population vit sous le seuil de pauvreté (estimation 2010). La dette extérieure du pays est de de dollars. Le , le président zambien Levy Mwanawasa a rejeté des directives du Fonds monétaire international (FMI) visant à instaurer de nouvelles taxes en 2007 dans son pays, l'un des plus pauvres de l'Afrique australe et l'un des les plus pauvres de la planète. Population. La population de la Zambie est estimée à d'habitants, et comptait d'habitants en 2010 (recensement de 2010), puis d'habitants en 2017. La densité de population est faible : environ . La présence d'une importante communauté chinoise (près de ) et son implication croissante dans les secteurs-clés de l'économie (mines, textiles, agriculture, etc.) est devenue un enjeu politique. Il y avait environ en 2018, constitués surtout de Britanniques, et environ (dont des États-Unis et du Canada), et environ , qui travaillent surtout dans le domaine du commerce. Il y a aussi des ressortissants de pays Africains voisins dont le nombre est difficile à établir : ils viennent surtout de la république démocratique du Congo, et du Mozambique. Le taux d'urbanisation s'élève à 43 % de la population totale. Les principales villes sont, d'après le recensement de 2010 : Langues. La langue officielle de la Zambie est l’anglais. Plus de sont parlées dans le pays parmi lesquelles les plus importantes sont : le bemba, le kaonde, le lozi, le lunda, le luvale, le nsenga, le nyanja, le tonga. Le portugais est parfois parlé dans la région frontalière du Mozambique. Avant 1885, le pays était théoriquement sous influence portugaise, mais les Portugais étaient peu présents sur place, se concentrant sur l'actuelle Mozambique. Il y a de nombreux travailleurs du Mozambique en Zambie. Religions. Plus de 97 % de la population est chrétienne, 67 % de protestants et 21 % de catholiques. Éducation. La Zambie est un pays sans scolarité obligatoire. Une importante minorité de la population est analphabète. Le taux d'alphabétisation atteint 75 % (en 2005), la majorité des analphabètes est féminine par manque d'accès de l'école aux filles et jeunes femmes. La scolarisation a considérablement progressé depuis l'indépendance. En 1997, 82 % des enfants de étaient scolarisés, mais ce pourcentage tombe à 28 % pour la tranche de 12 à et le pourcentage d'étudiants est encore plus bas. La société zambienne réussit à donner une éducation de base à la masse, mais ne parvient pas encore à former une élite. Santé. L'espérance de vie était de en 2015. Le taux de prévalence du SIDA est élevé, avec un taux estimé à près de 12,4 % des adultes entre en 2016. Le taux de mortalité infantile est de pour en 2015 ; 12 % de la population utilisent des eaux de surface, qui ne sont pas considérées comme de l'eau potable. Tourisme. Le patrimoine naturel est une ressource touristique importante ; la Zambie compte les plus grands parcs nationaux d’Afrique (réserve de la Kafue) aux mains de propriétaires privés et les plus imposantes chutes d’eau d’Afrique, les chutes Victoria. Le pays s'est ouvert au tourisme dans les années 1990. Il est considéré comme « la Mecque » du safari pédestre. Le territoire compte de nombreux parcs nationaux comme ceux de la Luangwa-Sud, de la plaine de la Liuva, de la Kafue ou d'Isangavo. Les touristes viennent aussi pour admirer les chutes d'eau (Kasanga Falls, chutes Cahvuma, Ngambwe Rapids, Wonder Gorge, chutes Victoria). Le Livingstone Memorial est un des rares monuments historiques du pays. Culture. Sports. Le sport national de la Zambie est le football, comme dans la quasi-totalité des pays africains. L'équipe de Zambie de football est d'après le classement FIFA en . Le , une grande partie de l'équipe de football () périt dans un tragique accident d'avion à Libreville, au Gabon. La Zambie a remporté la Coupe d'Afrique des nations de football en 2012, après deux échecs en finale, en battant la Côte d'Ivoire 8-7 en penalty, à Libreville, à seulement quelques kilomètres du l'endroit où avait eu lieu l'accident d'avion plus tôt. La Zambie était le pays organisateur de la Coupe d'Afrique des nations de moins de en 2017, un tournoi de football, et a remporté la finale contre le Sénégal. Le rugby à XV, la boxe et le cricket sont également populaires. L'équipe de rugby masculine de Zambie est actuellement classée par la IRB. Gastronomie. L'un des plats typiques des Zambiens est le nshima, un plat à base de farine de maïs qui se présente sous la forme de purée blanche, proche de la polenta. Codes. La Zambie a pour codes : |
Zoologie La zoologie (terme issu du grec ancien : , « animal », et , « discours ») est la science qui étudie les animaux. Les spécialistes de cette discipline sont appelés zoologistes, ou zoologues. Regroupant plusieurs disciplines et utilisant de nombreuses techniques, cette science s'est lentement élaborée au cours des siècles depuis la Préhistoire. Historiquement, les premières réflexions scientifiques concernant la zoologie qui nous ont été transmises sont celles d'Aristote. Les grandes tentatives de classification des espèces animales ont été nombreuses et souvent remaniées depuis cette époque. La distinction entre zoologie et botanique. La frontière entre la zoologie, qui étudie les animaux, et la botanique, qui étudie les végétaux, a été et est toujours sujette à controverses. Certains êtres vivants, considérés comme végétaux, se sont révélés être des animaux ; le cas de certains autres est toujours, à l'aube du , sujet à discussions. Pour ces êtres vivants atypiques, l'appartenance à l'une ou l'autre des sciences s'est trouvée modifiée grâce aux avancées et découvertes techniques ou scientifiques (entre autres la microscopie ou l'analyse de l'ADN). Si la plupart des Métazoaires ont toujours été placés parmi les animaux, certains Métazoaires inférieurs étaient encore au placés dans une catégorie particulière nommée « Zoophytes » (étymologiquement : animaux-plantes). Ce grand groupe comprenait traditionnellement les Spongiaires, les Cnidaires et les Cténophores. Carl von Linné classait dans cette catégorie des Mollusques comme la Seiche, l'Aplysie, l'Holothurie, mais aussi les Échinodermes (oursins et étoiles de mer). Ce n'est qu'en 1744 que Jean André Peyssonnel reconnut le corail comme un animal ; de même, les Spongiaires ne furent reconnus comme animaux qu'en 1825. Le cas des Protozoaires est encore plus problématique. L'étude des êtres vivants unicellulaires révèle des formes ambigües où la distinction entre animal et végétal n'est pas absolue. Certains d'entre eux, comme l'euglène ou certains Péridiniens qui peuvent avoir une alimentation autotrophe ou hétérotrophe, ont longtemps été placés à la frontière entre les deux disciplines. Ainsi, certains organismes unicellulaires sont pourvus de chlorophylle (caractère de l'« état végétal »), sont mobiles et ont une membrane cellulaire souple (caractère de l'« état animal »). Dans la seconde moitié du , Ernst Haeckel, considérant que la coexistence de ces caractères était héritée d'ancêtres communs aux animaux et aux végétaux, définit pour les organismes unicellulaires le règne des Protistes ("Protista") en 1866. La protistologie, étude scientifique des Protistes, se retrouva alors rattachée à la fois à la zoologie et à la botanique. Toutefois, une certaine dichotomie traditionnelle demeura : les zoologistes étudiant les formes à « affinité animale » et les botanistes les formes à « affinité végétale ». Les délimitations et classifications des Protistes proposées par les savants divergent donc considérablement selon la discipline concernée. Les chercheurs ont tenté de délimiter les deux règnes « animal » et « végétal », qui tendent à se confondre au sein des Flagellés, par la distinction des Zooflagellés et des Phytoflagellés. Pour les biologistes qui, comme Cavalier-Smith à la fin du , recommandent de ne pas utiliser le terme d'« animaux unicellulaires », la zoologie est l'étude des animaux et des protozoaires. Au début du , les données de la biologie moléculaire permettent d'apprécier de façon plus fiable les relations de parenté entre les lignées d'organismes vivants. Les méthodes modernes de la cladistique ont permis de distinguer la lignée verte (qui concerne indiscutablement la botanique et la phycologie), les opisthochontes (qui concernent la zoologie et la mycologie), la lignée brune (phycologie) et diverses lignées dont l'appartenance à telle ou telle discipline n'est pas toujours résolue et qui relèvent, par défaut, de la protistologie. La distinction entre zoologie et botanique devient floue au point qu'il est supputé en 2012 que, parmi les Métazoaires, des animaux marins (Cnidaires tels les coraux et les anémones de mer) se transforment en végétaux par endosymbiose avec des algues chlorophylliennes : les zooxanthelles, Dinophytes photosynthétiques qui les pourvoient en matières organiques. Dans certains cas, ces algues endosymbiotiques se transmettent d'une génération à l'autre par les ovules de l'hôte, sur le modèle de l'hérédité des plastes dans les végétaux. Histoire. Préhistoire. L"'Homo sapiens" du Paléocène supérieur a réalisé de nombreuses peintures, gravures et sculptures rupestres. Ces représentations artistiques à dessein sans doute rituel montrent que nos ancêtres observaient attentivement la faune, représentant des détails qui indiquent une bonne connaissance des animaux de leur environnement, comme la mue des bisons ou le repli cutané présent à la base de la queue des mammouths. Le bestiaire varie selon les régions et selon les époques du Paléolithique supérieur : toutefois, on trouve en majorité de grands herbivores (chevaux, bisons, aurochs), comme dans la grotte de Lascaux. D'autres espèces sont plus rarement représentées, parfois avec de fortes dominantes géographiques ou chronologiques : lions et rhinocéros dans la grotte Chauvet, en Ardèche, biches dans les grottes de la région des Cantabres en Espagne ou mammouths à Rouffignac, en Dordogne. Il arrive aussi que soient représentés des animaux indéterminables ou « fantastiques » : une figure de la salle des taureaux de Lascaux est parfois qualifiée de « licorne ». La période néolithique montre aussi des représentations animales très réalistes. Au Sahara, une civilisation d'éleveurs remontant au VIe millénaire av. J.-C. est responsable des gravures et peintures rupestres classées dans le style des « bubales » et des « bovidés ». Dans sa forme la plus ancienne, la « période bubaline » n'a figuré que des gravures de faune sauvage : bovidés, équidés, félins, girafes, mouflons, antilopes, gazelles, éléphants, rhinocéros, autruches, etc.Dans sa forme plus récente, la « période bovidienne » correspond à des peintures de faune domestique : bœufs, chèvres et moutons. Antiquité. La révolution néolithique, qui est caractérisée par la domestication des animaux, se prolonge sur la période de l'Antiquité. La connaissance antique de la faune est illustrée par la représentation réaliste d'animaux sauvages et domestiques au Proche-Orient, en Mésopotamie comme en Égypte. Les animaux dans le Proche-Orient ancien aussi bien que les animaux dans l'Égypte antique relèvent du domaine culturel de la zoologie, s'étendant du sacré au symbolisme et à l'art, en passant par les pratiques et techniques d'élevage, de chasse ou de pêche. L'invention de l'écriture se traduit pour la zoologie par la présence des animaux dans les hiéroglyphes égyptiens. L'époque de l'Antiquité fut celle d'Aristote dans toute l'étendue scientifique du domaine de la zoologie. Le philosophe grec Aristote (384 av. J.-C.-322 av. J.-C.) consacre de nombreux traités au monde animal. Aristote essaye de faire un classement compréhensible d'animaux dans son "Histoire des animaux". Il écrit "Historia animalium", une biologie générale, "De partibus animalium", une anatomie et physiologie comparatives, et "De generatione animalium" sur la biologie du développement. Il aborde, notamment dans le "De partibus animalium", la question de la classification des animaux par genre et par espèce. Le naturaliste romain Pline l'Ancien (23-79) consacre quatre livres (VIII, IX, X et XI) aux animaux dans son œuvre encyclopédique, l‘"Histoire naturelle (Naturalis historia)," constituée de 37 volumes écrits en langue latine. Il y étudie successivement les animaux terrestres, les « poissons » (c'est-à-dire les animaux marins et les poissons de rivière), les oiseaux et les insectes. Le "Physiologos" est un bestiaire grec remontant probablement au . Il traite des propriétés des bêtes, des oiseaux et des créatures fantastiques. Les poèmes didactiques d'Oppien de Corycos, les "Halieutiques" sur la pêche et les "Ixeutiques" sur la chasse, contiennent aussi beaucoup de descriptions et de narrations sur les animaux connus des Anciens au . Oppien de Syrie, qui vivait au , est l'auteur d'une œuvre poétique consacrée à la chasse, les "Cynégétiques", décrivant également les animaux exotiques. Moyen Âge. Animaux fabuleux et tabous bibliques. La connaissance des animaux a relativement peu progressé au cours du Moyen Âge. La plupart des auteurs qui se sont intéressés à la vie animale sont tributaires d'Isidore de Séville (v. 560-636), lequel a rassemblé, au début du , dans ses "Etymologiae" ("Étymologies" ou "Origines") une partie des remarques, mais aussi des mythes transmis par Pline dans ses "Histoires naturelles". Au , Al-Asmai (v. 740-828), un linguiste de Bassora, en Irak, rédige les premiers traités majeurs du monde islamique sur la zoologie. Ses ouvrages, "Kitab al-Khail" (Le Livre du cheval) et "Kitab al-Ibil" (Le Livre du chameau) décrivent en détail la physiologie de ces animaux. Il écrit également d'autres livres sur les moutons "Kitab al-Sha", les animaux rares "Kitab al-Farq" et les animaux sauvages "Kitab al-Wuhush". Pendant cette période médiévale au , d'autres érudits arabes, comme Al-Jahiz (v. 776-868), auteur d'un Livre des animaux "Kitab al-Hawayan", maintiennent un intérêt pour l'étude zoologique. Le voit la redécouverte d'Aristote et de ses traités consacrés aux animaux, notamment par le biais des commentaires du philosophe arabe Averroès (1126-1198) et des traductions du philosophe scolastique Michael Scot (v. 1175-v. 1236). Ce sera le point de départ d'un regain d'intérêt pour le monde animal. Simultanément, à partir de la fin du , l'histoire naturelle des animaux traversait ce qu'on pourrait appeler sa période fabuleuse avec la multiplication de « bestiaires » consacrés à la description et à la représentation symbolique d'animaux réels et imaginaires. Le très riche bestiaire médiéval s'inspire d'une œuvre orientale anonyme, datant vraisemblablement du et composée sans doute à Alexandrie, le "Physiologos". Enrichi au fil du temps par des emprunts aux "Etymologiae" d'Isidore de Séville et à des auteurs absents de la version primitive, il devient la source principale des bestiaires médiévaux. C'est ainsi qu'on voit apparaître dans ces recueils une foule d'animaux fabuleux ou fantastiques, les uns hérités de l'Antiquité, les autres éclos dans l'imagerie populaire de l'époque médiévale, parmi lesquels : la licorne, le phénix, l'oiseau roc, la guivre, le dragon, le basilic, le serpent de mer, la sirène, le griffon. Dans son encyclopédie naturaliste en langue d'oïl, "Li livres dou tresor" (1265), le savant florentin Brunetto Latini (v. 1220-1294) respecte le cadre de la tradition animale des bestiaires en mêlant la science du et les légendes. Renaissance. Voyages d'exploration et microscopistes. Vers 1480, Juliana Berners, probablement prieure du couvent de Sopwell près de St Albans, fait paraître un ouvrage de fauconnerie et un autre sur la pêche. Ippolito Salviani (1514-1572) est un pionnier de l'étude des faunes aquatiques, avec la parution en 1554 de l'ouvrage intitulé "Aquatilium animalium historiæ". Guillaume Rondelet (1507-1566) est un médecin à Montpellier, haut lieu des sciences françaises, principalement botanique et médecine, à la Renaissance. Il fait paraître en 1555 son "Universæ aquatilium historiæ pars altera" où il présente tous les animaux aquatiques, même mythiques, qu'il connaît. Il ajoute de nombreuses observations personnelles de grande qualité. Pierre Belon (v. 1517-1564) est l'auteur, en 1551, de "L'histoire naturelle des éstranges poissons marins avec la vraie peinctvre & description du Daulphin & de plusieurs autres de son espèce". Il a également écrit, en 1555, un ouvrage intitulé "Histoire de la nature des oiseaux". Ses travaux portent notamment sur l'anatomie comparée. Un oiseau paléarctique lui est dédié : le Tadorne de Belon. Conrad Gessner (1516-1565) fait paraître son "Historia animalium" à Zurich entre 1551 et 1558. Compilateur infatigable, surnommé le Pline suisse, Gessner compile toutes les connaissances au sujet des animaux dont il a connaissance. Il présente celles-ci, organisées sur une base alphabétique, chaque animal étant analysé sur un modèle identique. Gessner n'a pas pour but de juger mais de réaliser une encyclopédie aussi exhaustive que possible. Son œuvre, richement illustrée, entre autres par Albrecht Dürer, sera très souvent rééditée durant plus de trois siècles. Ulisse Aldrovandi (1522-1605) publie de 1559 à 1605 les quatre premiers volumes d'une histoire naturelle (dont "De Animalibus insectis" en 1602 qui constitue en fait le septième volume) qui en comptera quatorze, les autres étant publiés après sa mort (dernier volume paraissant en 1668). Ce naturaliste révère encore l'Antiquité et accorde autant de crédit à Strabon et à Pline qu'à ses propres observations. John Ray (1627-1705) et Francis Willughby (1635-1672) jouent un rôle essentiel tant en botanique qu'en zoologie durant cette période. Ces deux hommes se rencontrent à Cambridge et se lient bientôt d'amitié. Ils voyagent ensemble en Europe où ils observent des animaux dans leurs milieux. En zoologie, Ray est le premier à proposer une classification des animaux fondée sur des critères anatomiques et non comportementaux ou environnementaux. Sa classification, notamment des oiseaux, est la plus évoluée jusqu'à l'œuvre de Linné. La mort prématurée de Willughby l'empêche d'achever plusieurs ouvrages que Ray enrichira (parfois considérablement) et publiera sous le seul nom de Willughby. C'est le cas de "Ornithologia" (Londres, 1676) et de "De historia piscium" (Oxford, 1686). Parmi les principaux ouvrages de Ray, il faut signaler "Synopsis animalium quadrupedum et serpentini generis" (Londres, 1693). Plusieurs de ses ouvrages paraissent de façon posthume comme "Historia insectorum" à Londres en 1710 ou "Synopsis avium et piscium" toujours à Londres en 1713. Francesco Redi (1626-1697) s'intéresse à la parasitologie et décrit près de 100 espèces de parasites microscopiques ou de très petite taille. Il est à l’origine de nombreuses observations sur la génération des insectes et sur les vers intestinaux. Marcello Malpighi (1628-1694), le père de l'anatomie microscopique ou histologie, a son nom aujourd'hui attaché à des dizaines de structures dans le corps humain et chez les insectes. Jan Swammerdam (1637-1680), dont les travaux portent sur l'anatomie des insectes qu'il étudie à l'aide d'un micro-matériel de dissection fabriqué par ses soins, fait paraître, en 1669, une "Histoire générale des insectes" où il les classe d’après leur type de métamorphose. Swammerdam distingue les insectes à métamorphoses complètes et incomplètes et décrit avec soin ces transformations. Girolamo Fabrizi d'Acquapendente (1537-1619) s'intéresse particulièrement au développement embryonnaire des animaux. Ses recherches sont complétées par l'un de ses élèves, Hieronymus Fabricius (1537-1619), qui étudie le développement embryonnaire des poulets. Les premiers ouvrages sur les insectes sont datés du tout début du . Thomas Muffet (v. 1552-1604), médecin et naturaliste anglais, fait paraître "post mortem", en 1634, le "Theatrum Insectorum", livre entièrement consacré aux "insectes" (terme qui désigne effectivement les insectes mais aussi de nombreux autres invertébrés). Charls Butler (1559-1647) fait paraître en 1609 le premier livre entièrement consacré aux abeilles. Le naturaliste hollandais Jan Goedart (1617-1668) fait paraître, entre 1662 et 1667, un traité intitulé "Metamorphosis et historia naturalis insectorum" où il décrit 140 insectes représentés à l'aide de nombreuses illustrations. Il fut le premier à décrire le cycle biologique complet du papillon, de l'œuf à l'adulte. Les progrès essentiels dans le domaine de l'anatomie comparée sont dus, en France, à Claude Perrault (1613-1688) et Joseph Guichard Duverney (1648-1730) que relie une étroite collaboration. Claude Perrault a donné l'exemple à Joseph Guichard Duverney des recherches sur la structure des animaux. Joseph Guichard Duverney (1648-1730) fait paraître au début du plusieurs mémoires importants devant l'Académie des sciences de Paris sur les systèmes circulatoires et respiratoires de vertébrés à sang froid comme les grenouilles, les serpents. En 1720, Michael Bernhard Valentini (1657-1729) fait paraître une étude où il compare l'anatomie de différents vertébrés. En 1734, Jacob Theodor Klein (1685-1759) fait paraître "Naturalis dispositio Echinodermatum", œuvre pionnière sur les oursins. Martin Lister (v. 1638-1712) est un médecin et naturaliste britannique dont les travaux concernent de nombreuses espèces d'invertébrés, notamment parmi les mollusques et les araignées. Martin Lister donna en 1682 une traduction anglaise de "Metamorphosis et historia naturalis insectorum" de Jan Goedart et publia en 1685 une version améliorée en latin selon un ordre méthodique et une classification qui lui sont propres. Anna Maria Sibylla Merian (1647-1717) occupe véritablement une place à part dans l'histoire de l'entomologie. Elle appartient à une prestigieuse famille de graveurs et apprend très tôt le dessin et la peinture. Elle se passionne pour les insectes et notamment pour le phénomène de métamorphose, qui avait déjà été l'objet des observations et des illustrations de Jan Goedart (1617-1668). Elle découvre aux Pays-Bas plusieurs collections de papillons provenant des Amériques. Souhaitant les observer par elle-même, elle réalise un voyage en 1699 au Surinam. Les illustrations qu'elle réalise connaissent une grande popularité, elle s'attache à illustrer les différents stades de croissance des insectes (larvaire, nymphéal et adulte). Ses images ne sont pas accompagnées de texte, aussi son impact sur l'évolution de l'entomologie est assez réduit, elle est remarquable surtout parce qu'elle est l'une des rares femmes naturalistes de son temps. Johann Leonhard Frisch (1666-1743) démontre que le développement d'un végétal peut être retardé par l'action de ses parasites. De 1696 à 1700, Antonio Vallisneri (1661-1730) fait paraître ses "Dialoghi sopra la curiosa Origine di molti Insetti (Dialogues sur la curieuse origine de plusieurs insectes) dans La Galleria di Minerva". Il y expose ses premières expériences sur la reproduction des insectes qui, avec les observations de Francesco Redi (1626-1697) et de Marcello Malpighi (1628-1694), contribuent à démentir la croyance en la génération spontanée. Pierre Lyonnet (1708-1789) fait paraître ses premières observations sur l’anatomie des insectes en 1750 en consacrant une monographie à une chenille sous le nom de "Traité anatomique de la chenille qui ronge le bois de Saule". Bien que ses dissections et ses illustrations soient remarquables, n'étant pas médecin, il manque des connaissances anatomiques et ses observations s'en ressentent parfois. Moses Harris (1731-1785), illustrateur et entomologiste britannique, est le premier à utiliser les nervures des ailes des papillons pour leur classification. L'entomologie obtient ses lettres de noblesse avec René-Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757). Membre de l'Académie des sciences en 1708, il conduit des expériences dans un grand nombre de sujets, les plus connus étant la mise au point d'un thermomètre et ses travaux sur la faïence. Mais le savant ne dédaigne pas l'histoire naturelle des zoophytes, mollusques, crustacés, insectes, araignées, poissons et oiseaux. Il fait paraître, de 1734 à 1742, les six volumes des "Mémoires pour servir à l'histoire des insectes". Il précise dans son introduction les raisons de sa publication : « Nous ne sommes pas encore, à beaucoup près, arrivés au temps où l'on pourra raisonnablement entreprendre une histoire générale des insectes. Des savants de tout le pays se sont plus depuis un siècle à les étudier. L'attention qu'ils leur ont donnée nous a valu un grand nombre d'observations sûres et curieuses. Cependant, il s'en faut bien qu'il y en ait encore assez de rassemblées. Le nombre des observations nécessaires pour une histoire de tant de petits animaux passablement complète est prodigieux ». Il fait ensuite remarquer que le nombre des insectes est prodigieux. Des douze à treize mille plantes connues à son époque, il signale que chacune entretient des centaines d'espèces d'insectes différents, que ceux-ci sont la proie de prédateurs particuliers. Cette analyse écologique de la biodiversité est très en avance sur son temps. Il continue : « L'immensité des ouvrages de la nature ne paraît mieux nulle part que dans l'innombrable multiplicité de tant d'espèces de petits animaux ». Après avoir remarqué que la diversité des insectes est telle qu'aucun esprit ne saurait en faire le tour, il signale qu'il est surtout utile d'en connaître les principales formes. Il justifie aussi l'intérêt et l'importance de l'étude des insectes : « Quoique nous resserrions beaucoup les bornes de l'étude de l'histoire des insectes, il est des gens qui trouveront que nous lui en laissons encore de trop étendues. Il en est de même qui regardent toutes connaissances de cette partie de l'histoire naturelle comme inutiles, qui les traitent, sans hésiter, d'amusements frivoles ». Réaumur fait ensuite la liste des apports que peut réaliser ce qui ne se nomme pas encore l'entomologie : la cire et le miel apportés par les abeilles (miel qui était la principale source sucrée de l'époque), les colorants tirés de la cochenille, les figues dont le mûrissement dépend des insectes... Il indique aussi que la connaissance des insectes permet de les combattre. Ses Mémoires ressemblent souvent à des monographies. Le volume IV est entièrement consacré à trois espèces de cigales. Il décrit l'anatomie externe, les organes buccaux, l'oviposition, la production du stridulement, la ponte, etc. Réaumur étudie particulièrement les abeilles, qu'il baptise son cher petit peuple. Pour mieux observer le comportement des abeilles, il est le premier à concevoir une ruche comportant un système de vitres, un volet permet de protéger l'intérieur de la ruche de la lumière, Réaumur le levant uniquement pour faire ses observations. Réaumur était en relation avec les principaux savants de son époque. Il entretenait une abondante correspondance avec d'autres naturalistes qui étaient à la fois ses élèves, ses correspondants et ses pourvoyeurs d'observations zoologiques. Abraham Trembley (1710-1784) fit en 1740 la découverte étonnante de la reproduction par scissiparité de l'Hydre d'eau douce. Encouragé par Réaumur, il publia ses observations en 1744 sous le titre de "Mémoires pour servir à l'histoire d'un genre de polypes d'eau douce à bras en forme de cornes". Charles Bonnet (1720-1793), correspondant de Réaumur à Genève et cousin de Trembley, fait paraître en 1745 ses observations sur la parthénogenèse des pucerons. Charles de Geer (1720-1778) élabora son œuvre maîtresse sur les insectes, qui continuait les travaux de Réaumur, en y décrivant les mœurs et l'anatomie de plus de espèces, sous le même titre de "Mémoires pour servir à l'histoire des insectes" et dans la même forme, en sept volumes in-4° parus de 1752 à 1778. Lazaro Spallanzani (1729-1799) reprit en l'améliorant la technique des « caleçons » de Réaumur placés à des grenouilles pour déterminer le rôle de la semence mâle dans la génération et mit en évidence que la fécondation est externe chez les grenouilles et les crapauds. Observateur et expérimenteur de premier ordre, Spallanzani réalise, en 1777, la première fécondation artificielle, en étudiant le mécanisme de la reproduction chez les batraciens. Il réussit, en 1779, la première insémination artificielle d'une chienne. Carl von Linné (1707-1778) est un naturaliste suédois qui a jeté les bases du système moderne de la nomenclature binomiale. Connu comme le père de la taxonomie moderne, c'est à ce titre qu'il est important pour la zoologie, même s'il était surtout botaniste. Dans la dixième édition (1758) du "Systema Naturae", Linné recensait environ espèces animales différentes, dont près du tiers, soit 1335 espèces, étaient des Vertébrés. Buffon (1707-1788) est un naturaliste français dont l'œuvre majeure, "L'Histoire naturelle, générale et particulière", a marqué son temps et est principalement consacrée aux animaux, comprenant "L'Histoire des animaux quadrupèdes" (12 volumes, 1753-1767) et "L'Histoire des oiseaux" (9 volumes, 1770-1783). Le naturaliste gallois Pennant (1726-1798), par son œuvre majeure sur la zoologie britannique "British Zoology" (4 volumes, 1761-1766), stimula la recherche zoologique en Grande-Bretagne, particulièrement en ornithologie. Ses autres ouvrages, parmi lesquels "Indian Zoology" (1769), "History of Quadrupeds" (1781) et "Arctic Zoology" (2 volumes, 1784-1785), furent également très lus. Le est une période où l'étude des ravageurs des cultures commence à émerger. On peut citer notamment l'œuvre de l'italien Giovanni Targioni Tozzetti (1712-1783). Au dernier quart du , la zoologie, science qui traite de tous les animaux de la nature, est divisée en différentes parties séparées, qui peuvent se réduire à six : Le. Des savants naturalistes comme Lamarck, Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire et Darwin incarnent l'esprit du marqué en zoologie par les théories de l'évolution des espèces animales. Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829) est le premier à systématiser l’idée d’une transformation des espèces et à en donner un exposé cohérent. Dans sa "Philosophie zoologique" publiée en 1809, Lamarck propose une théorie explicative de l'évolution des espèces animales, supposant la transformation graduelle des espèces au cours du temps selon deux tendances conjointes, l'une de complexification des organismes sous l'effet de leur dynamique interne et l'autre de diversification des espèces sous l'effet des circonstances. Il réalise également la classification des invertébrés. Georges Cuvier (1769-1832) est le promoteur de l'anatomie comparée et de la paléontologie des Vertébrés. Cuvier énonça, en 1812, les lois de subordination des organes et de corrélation des formes. Étienne Geoffroy Saint-Hilaire (1772-1844) décrit l'unité des plans d'organisation au sein du règne animal. Les travaux zoologiques de Geoffroy Saint-Hilaire tendent à démontrer l'unité de composition organique des animaux, dans une perspective transformiste. Selon ce savant, il existerait alors, pour le règne animal, un plan général d'organisation qui serait modifié, au cours du temps, par l'environnement. Il rechercha donc des analogies entre les espèces animales et énonça la loi de connexion, de permanence et de balancement. Henri Milne-Edwards (1800-1885) innove en alliant l’anatomie comparée de Georges Cuvier avec la physiologie. Son ouvrage le plus considérable, les "Leçons sur la physiologie et l'anatomie comparée de l'homme et des animaux", faites à la Faculté des sciences de Paris, a été publié, entre 1857 et 1881, en 14 volumes in-8. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (1805-1861) décomposa le processus de domestication des espèces animales en trois stades successifs auxquels correspondent trois états de l’animal : la captivité, l’apprivoisement et la domesticité. Le naturaliste Richard Owen (1804-1892), s'affirmant comme l'héritier de Cuvier, donna de nombreux ouvrages sur l'anatomie et la paléontologie des Vertébrés. En 1842, Owen est l'inventeur du nom des Dinosaures donné aux Reptiles fossiles de l'ère secondaire. Dans "L'Origine des espèces" qu'il publie en 1859, Charles Darwin (1809-1882) développe une théorie de l'adaptation des espèces, fondée sur le mécanisme de la sélection naturelle. Il y expose sa théorie selon laquelle chaque espèce vivante évolue, notamment pour survivre dans un environnement particulier. Bien qu'il n'emploie pas cette expression, cette théorie sera interprétée par la suite comme une théorie de l'évolution des espèces. Cette doctrine évolutionniste est appelée depuis lors « darwinisme ». Le naturaliste Thomas Huxley (1825-1895), convaincu par la théorie de Darwin, s'attacha à démontrer les affinités de l'Homme avec les Singes anthropoïdes. Mais l'œuvre scientifique de Huxley est d'abord celle d'un zoologiste qui apporta d'importantes contributions à la biologie des Invertébrés puis des Vertébrés. Par ailleurs, Huxley donne au phénomène de convergence un rôle essentiel dans le processus évolutif. Wallace (1823-1913) conçut, indépendamment et en même temps que Darwin, le principe de la sélection naturelle. Wallace fut le promoteur de la géographie zoologique ou zoogéographie lors de la publication, en 1876, de son ouvrage sur "La distribution zoologique des Animaux". Le naturaliste Louis Agassiz (1807-1873) précise les notions d'homologie et d'analogie dans son étude "De l'espèce et la classification en zoologie" parue en 1869. John James Audubon (1785-1851) parcourt l'Amérique du Nord pendant trente-cinq ans, du Labrador à la Louisiane. Il accumule notes, dessins et aquarelles. Ses quatre volumes sur "Les Oiseaux d'Amérique" paraissent entre 1827 et 1838. Les études ornithologiques de John Gould (1804-1881) sont illustrées par sa femme Elizabeth (1804-1841) et d'autres illustrateurs naturalistes comme Edward Lear, Henry Constantine Richter et Joseph Wolf. Karl Ernst von Baer (1792-1876) étudie l'embryologie des mammifères. Sa découverte la plus célèbre est celle de l'ovule, jusque-là confondu avec le follicule ovarien, chez les mammifères en 1827, venant après la mise en évidence, en 1824, du rôle fécondant des spermatozoïdes par Prevost (1790-1850) et Dumas (1800-1884). Le passage d'une embryologie descriptive à une véritable embryologie comparée est effectuée en 1828 par Von Baer qui formule la « loi des ressemblances embryonnaires » relative aux Vertébrés. L’embryon est formé de trois feuillets à partir desquels se forment ultérieurement les organes ; les premiers stades sont semblables chez tous les animaux. Ernst Haeckel (1834-1919) donna des travaux en embryologie comparée et proposa, en 1866, une loi biogénétique fondamentale : « L'ontogénèse est une courte récapitulation de la phylogénèse ». En 1875, l'embryologiste Oscar Hertwig (1849-1922) observe, lors d’une fécondation artificielle d’oursin, la pénétration d’un spermatozoïde dans l’ovule, la fusion des noyaux mâle et femelle et la division de l’œuf en deux cellules. Alfred Brehm (1829-1884) publie une vaste œuvre en plusieurs volumes sur le monde animal sous le nom de "Illustrirtes Thierleben" ("Vie des animaux illustrée") de 1864 à 1869, puis "Brehms Thierleben" ("Vie des animaux selon Brehm") dans les éditions ultérieures, rendant son auteur célèbre dans le monde entier. La série populaire sur la vie des animaux, "Illustrirtes Thierleben", du vulgarisateur allemand paraît dans une édition française, sous le titre "Les Merveilles de la Nature", de 1878 à 1885, en 15 volumes in-4°. Douglas Spalding (1840-1877) effectue des expériences sur le comportement animal, découvrant le phénomène de l'empreinte. L'entomologiste Jean-Henri Fabre (1823-1915) a passé une grande partie de sa vie à étudier les insectes vivants dans leur biotope. Ses "Souvenirs entomologiques" ont été publiés en dix séries entre 1879 et 1907, pour prendre fin au . Alphonse Milne-Edwards (1835-1900) s'est particulièrement occupé de la faune abyssale lors des explorations sous-marines du "Travailleur" et du "Talisman", de 1880 à 1883. La mission d'exploration scientifique du golfe de Gascogne, qui se prolongera aux îles Canaries, aux îles du Cap-Vert et aux Açores, permit de rapporter de nombreux échantillons en bocaux des animaux (poissons, crustacés, mollusques, échinodermes, zoophytes) recueillis jusqu'à de profondeur (une véritable performance pour l'époque). Durant le sont apparus les champs disciplinaires spécialisés selon le groupe animal étudié. Les principales sont : Des spécialistes institutionnels étaient formés pour étudier tel groupe animal, en identifier les espèces, en élaborer ou en revoir la classification… Le. Comme le , le voit, avec l'augmentation des connaissances, la zoologie continuer à se subdiviser en de nombreuses disciplines. Au cours des premières décennies du , l'entomologie est mise au service de la génétique à la suite des recherches conduites sur la Drosophile par l'équipe de Morgan (1866-1945). Oskar Heinroth (1871-1945) développe des méthodes adaptées de la morphologie comparative au comportement animal. Il étudie particulièrement les Anatidés et démontre le lien existant entre leur comportement et leur position taxonomique au sein de cette famille. L'étude des oiseaux sera poussée par les Français Jean Delacour et René d’Abadie, dont les travaux seront internationalement reconnus. René Jeannel (1879-1965) et Emil Racovitza (1868-1947) explorent les grottes souterraines d'Europe et d'Afrique où ils étudient la faune cavernicole. Père de l'écologie animale, Elton (1900-1991) a décrit, dans son livre "Animal Ecology" paru en 1927, les communautés biotiques en tant qu'associations d'espèces organisées autour de relations alimentaires existant en leur sein et d'interactions entre les animaux sauvages. Grassé (1895-1985) commence la parution d’un très vaste projet en 1946 : le "Traité de zoologie". Les 38 volumes demanderont près de quarante ans de travail et réuniront les plus grands noms de la zoologie. Ils constituent toujours des références difficilement contournables pour l'anatomie, la systématique et la biologie des groupes d'animaux traités. Avec la révolution du génie génétique et de la biologie moléculaire, les disciplines naturalistes traditionnelles ont été en partie éclipsées à partir des années 1950. De nombreux pays restreignent pendant des décennies les crédits affectés à celles-ci. L'attribution du prix Nobel de physiologie ou médecine en 1973 à trois éthologues (Karl von Frisch, Konrad Lorenz et Nikolaas Tinbergen) donne un coup de projecteur sur les études zoologiques et va rendre un certain crédit à ces activités. Dans son livre "The Question of Animal Awareness" publié en 1976, Griffin (1915-2003) propose l'expression « éthologie cognitive » pour l'étude de l'intelligence animale. La zoologie contemporaine. Bien que le terme "zoologie" soit tombé en désuétude (les appellations "biologie des organismes" ou "biologie animale" sont plus courantes) l'étude des animaux s'est considérablement renouvelée, intégrant les apports de la phylogénie, de la biochimie, et de la génétique des populations. Néanmoins, les problématiques de recherche sont désormais rarement centrées sur un unique organisme ou taxon. En d'autres termes, sauf exception, ce n'est plus le matériel (insecte, poisson, champignon, oiseau…) qui sert à définir la discipline, mais les questions biologiques que ce matériel permet de poser et éventuellement résoudre. La zoologie n'apparaît plus comme un champ disciplinaire uni, subdivisé selon les grands clades, mais se retrouve éclatée en différentes branches : Évolution des classifications zoologiques. Les premières tentatives de classification. Ray est le premier à proposer une classification des animaux fondée sur des critères anatomiques et non comportementaux ou environnementaux. Sa classification, notamment des oiseaux et des poissons, est la plus évoluée jusqu'à l'œuvre de Linné. Dans leurs divers ouvrages, John Ray (1627-1705) et Francis Willughby (1635-1672) améliorent la classification des animaux. John Ray distingue, parmi les animaux, ceux dépourvus de sang, les exsangues, et ceux possédant du sang, les sanguins. Sa classification des animaux est schématiquement la suivante : La partie zoologique de "Systema naturæ", qui répartit les animaux en six groupes (Quadrupèdes, Oiseaux, Amphibiens, Poissons, Insectes et Vers), établis selon des caractères anatomiques (dents, becs, nageoires ou ailes), fera l’objet de nombreux amendements par Linné entre la (1735) et la (1770). Ainsi, les êtres humains seront, pour la première fois en l’an 1758, classés avec les Primates. Dans la dixième édition (1758), il transfère les baleines des Poissons aux Mammifères ainsi que les chauves-souris des Oiseaux aux Mammifères. Linné attribua la dénomination d'animaux à sang blanc aux insectes et vers. En 1777, Pennant distinguait les Crustacés des Insectes. Latreille séparait les Insectes des Crustacés, des Arachnides et des Myriapodes dans son "Précis des caractères génériques des Insectes, disposés dans un ordre naturel", publié en 1796. Lamarck proposa d'appeler « Animaux sans vertèbres » ou Invertébrés ceux qu'on avait anciennement considérés d'abord comme dépourvus de sang et ensuite comme Animaux à sang blanc et de donner le nom de Vertébrés à ceux porteurs de vertèbres pour remplacer celui d'Animaux à sang rouge. En 1806, Duméril avait élaboré, dans sa "Zoologie analytique", une méthode contenant la division générale des Animaux en neuf classes : les Vertébrés divisés en quatre classes (1. Mammifères, 2. Oiseaux, 3. Reptiles, 4. Poissons) et les Invertébrés partagés en cinq classes (5. Mollusques, 6. Crustacés, 7. Vers, 8. Insectes, 9. Zoophytes). En 1809, Lamarck avait divisé les Invertébrés en dix classes taxonomiques : 1. Infusoires, 2. Polypes, 3. Radiaires, 4.Vers, 5. Insectes, 6. Arachnides, 7. Crustacés, 8. Annelides, 9. Cirrhipèdes, 10. Mollusques. Quant aux Vertébrés, il conserve la classification de Linné en quatre classes : 1. Poissons, 2. Reptiles, 3. Oiseaux, 4. Mammifères. Blainville indiqua plusieurs modifications à la classification des animaux dans son Prodrome publié en 1816. Il élève au rang de classes indépendantes les Reptiles et les Amphibiens (ou Batraciens). Dans son ouvrage sur le "Règne animal" publié en 1817, Cuvier admet quatre groupes principaux qu'il appelle embranchements ou grandes divisions des Animaux : les Vertébrés, les Mollusques, les Articulés et les Zoophytes (ou Rayonnés). En 1860, Owen divisait le monde animal en élevant au rang de règne "Protozoa" pour classer les Protozoaires qu'il séparait du règne "Animalia". Phylogénie animale. Les premiers défenseurs de la théorie de l’évolution, Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829), Charles Darwin (1809-1882), Thomas Henry Huxley (1825-1895) et Ernst Haeckel (1834-1919), ont reconnu les corrélations phylétiques entre groupes d'animaux et ils ont complété le système naturel du règne animal par des arbres généalogiques (ou plutôt par des « buissons phylogéniques »). En 1874, Ernst Haeckel a proposé, sous le nom d'« arbre généalogique de l’homme », une phylogénie du règne animal construite d’après les données de l’anatomie et de l’embryologie comparées. Le savant allemand distinguait les Protozoaires ("Protozoa"), les Métazoaires invertébrés ("Metazoa evertebrata"), les Vertébrés ("Vertebrata") et plaçait les Mammifères ("Mammalia") au sommet de son arbre phylogénétique. Contrairement à Haeckel, Alfred Giard (1846-1908) construit, en 1889, un arbre phylogénétique du règne animal dans lequel les Vertébrés ne représentent pas les formes « supérieures » des êtres vivants, mais seulement l'une des possibilités suivies par l'évolution organique. Nomenclature des animaux. La nomenclature est la discipline relevant de la taxinomie et de la systématique qui a pour objet de définir et d'édicter les règles d'attribution et de priorité des "noms scientifiques des organismes vivants (ou ayant vécu)", appelés taxons. C'est Linné qui a établi les règles de base de la nomenclature binomiale encore utilisée de nos jours. En particulier, la nomenclature zoologique désigne l'ensemble des règles permettant de nommer les taxons (comme les espèces) concernant les animaux. L'ensemble de ces règles fixant les noms des taxons constitue le "Code international de nomenclature zoologique". Cette nomenclature zoologique est définie par un organisme, la Commission internationale de nomenclature zoologique. La dixième édition du "Systema Naturae" de Linné, parue en 1758, sert de point de départ à la nomenclature zoologique. Cladistique. Des zoologistes précurseurs, parmi lesquels Mitchell en 1901 et Rosa en 1918, ont participé, de manière indépendante, aux fondements des concepts et du vocabulaire de la systématique cladistique. La cladistique est une méthode de reconstruction phylogénétique élaborée dans les années 1950 par l'entomologiste allemand Willi Hennig et qui fonde les relations de parenté sur le partage des "états dérivés des caractères" ou synapomorphies. Les découvertes continues de la zoologie. De nombreuses espèces animales ne sont pas actuellement connues de la zoologie, soit parce qu'elles sont restées dans des collections non étudiées pour le moment, soit parce qu'elles n'ont pas encore été découvertes. Ces découvertes peuvent parfois être d'importance, par exemple : La Taxinomie Sibley-Ahlquist, publiée en janvier 1991, repose sur des hybridations d'ADN « in vitro ». Bouleversant complètement les précédentes classifications des oiseaux, elle a été adoptée assez rapidement en Amérique, beaucoup plus lentement en Europe avec de fortes réticences en particulier dans le monde francophone. |
The Legend of Zelda , ou simplement Zelda, est une série de jeux vidéo d'action-aventure produite par la société japonaise Nintendo et créée par Shigeru Miyamoto et Takashi Tezuka. Depuis 1986 et la sortie du jeu "" sur la console NES, dix-neuf jeux font officiellement partie de la saga principale. Plusieurs rééditions, "remakes" et jeux dérivés ont également vu le jour. L'histoire qui sert de base pour la plupart des épisodes de la série est celle du héros Link qui doit libérer le royaume d'Hyrule et sa princesse, Zelda, des mains du seigneur du Mal, Ganon (ou Ganondorf dans sa forme humaine). La série est connue notamment pour son côté exploration, pionnier des jeux en monde ouvert, son ', la profondeur de son scénario, la multitude de quêtes secondaires et ses musiques créées par Koji Kondo. Les jeux sont régulièrement salués par la critique. Selon "Metacritic", qui répertorie les notes de toute la presse et de tous les sites spécialisés, l'épisode ', sorti en 1998, est le meilleur jeu vidéo de tous les temps, toutes consoles confondues. D'ailleurs, six jeux, parmi les dix-neuf de la série principale, obtiennent un score moyen supérieur à 95 %. ' se place en tant que saga phare de Nintendo aux côtés de "Super Mario" et "Pokémon". Fin 2018, la série compte 94,73 millions de jeux vendus. ' est entré dans le "livre Guinness des records" en tant que jeu s'étant vendu le plus rapidement, soit six millions d'unités dans le monde en huit semaines. La série "" compte au total quinze records. Développement. Influences. "The Legend of Zelda" a principalement été inspiré à Shigeru Miyamoto par ses promenades dans la campagne environnant sa maison d'enfance à Kyoto, où il a vu des forêts, des lacs, des grottes et des villages campagnards. Selon Miyamoto, une des expériences les plus mémorables fut la découverte d'une caverne au milieu des bois. Après avoir un peu hésité, il est entré dans la caverne et l’a explorée à l’aide d'une lanterne. Ce souvenir a influencé le travail de Miyamoto, car l’exploration de cavernes est une partie importante des "Zelda". La mythologie celtique, la mythologie nordique et la mythologie japonaise ont autant influencé la série que la culture médiévale occidentale. Miyamoto considère "The Legend of Zelda" comme un « jardin miniature » amené à la vie avec lequel on peut jouer. Takashi Tezuka a développé le décor et écrit le scénario. Il s'est inspiré du "Le Seigneur des anneaux" de J. R. R. Tolkien. Titre du jeu. En découvrant que la femme de l'écrivain Francis Scott Fitzgerald se nomme Zelda, Shigeru Miyamoto a décidé de lui rendre hommage en donnant ce nom à la princesse, et titrant le jeu "The Legend of Zelda". Plus précisément, Miyamoto décrit la conception du jeu dans Après "25 ans de The Legend Of Zelda..." dans le livre . Le titre du jeu a mis du temps à être trouvé. Miyamoto avait l'idée de "The Legend of...". Mais c'est alors qu'une personne chargée de projets marketing lui a proposé d'accompagner le jeu d'un livre d'histoires. Bien que le projet de livre n'ait pas été retenu, cette personne lui a aussi dit : "Aux Etats-Unis, il y a une femme très connue, épouse d'un écrivain, qui porte le nom Zelda. Que pensez-vous de ce nom pour nommer cette jeune princesse à la beauté éternelle ?" Ayant refusé l'idée du livre, Miyamoto lui aurait alors demandé s'il avait le droit de conserver le prénom Zelda. La personne chargée de projets marketing ayant acquiescé, le titre "The Legend of Zelda" est retenu. Présentation. Système de jeu. Le jeu " est un jeu d'action-aventure où le joueur incarne continuellement un personnage prénommé Link. Il s'agit d'un jeune garçon, parfois d'un jeune homme, qui par la force des choses se retrouve embarqué dans diverses aventures. Ce héros se retrouve armé d'une épée, d'un bouclier et d'une foule d'autres objets assez variés (des armes comme un arc, un grappin et des bombes, des flacons pour y conserver des fées, des palmes, etc.). Cet attirail lui permet de vadrouiller à sa guise et de terminer le jeu en sauvant la princesse Zelda, fille du souverain d’Hyrule. L’ennemi principal est Ganondorf, également représenté quelques fois sous sa forme bestiale, Ganon. Il existe d’autres ennemis, comme Vaati qui est apparu dans ' et ' ou Agahnim dans ', ainsi que le masque de Majora dans '. L’action se déroule généralement dans le royaume d’Hyrule et met en jeu la Triforce qui est une relique divine ayant la forme de trois triangles d’or pouvant permettre d’exaucer un vœu à quiconque la touche. Au fil des jeux, le scénario n’a que peu dévié de cette base, mais divers éléments lui ont été ajoutés, approfondissant la série. Il n’existe que trois opus où Zelda n’apparaît pas stricto sensu : ', où il en est seulement fait mention au début du jeu lorsque Link se réveille, ' ainsi que ", où on ne la perçoit que sous forme de flash-back. Quête principale. Mis à part quelques épisodes tels que ' ou ', chaque jeu de la série suit un scénario principal identique : le héros, Link, doit anéantir le seigneur du Mal, très majoritairement Ganon et sauver la princesse Zelda. Link n'a pas toujours le même âge au fil des jeux ni la même allure selon les épisodes car les arcs narratifs prennent place dans différentes époques. Il a continuellement porté une tunique verte et un bonnet pointu jusqu'au dernier Zelda paru en 2017, "Breath of the Wild". Dans certains épisodes, le nom de Link peut être personnalisé par le joueur. ' est l'un des premiers jeux du genre action-aventure (seul ' fait partie de la catégorie action-RPG de par la présence de points d’expérience et de niveaux inexistants dans les autres jeux). Il s’agit d’un mélange d’énigmes, de phases d’exploration et de combats. Ces éléments sont constants dans la série, mais ont connu des évolutions. Cette alchimie réussie est un facteur primaire dans l’édification d’une des plus importantes franchises de Nintendo à égalité avec Mario. Le joueur est fréquemment récompensé par l’acquisition de nouveaux objets utilisables ensuite lorsqu'il a résolu une énigme ou fouillé de fond en comble une zone. Dans tous les Zelda, le joueur doit trouver et explorer des donjons (ou temples) parsemés d’énigmes et de combats jusqu’à atteindre le boss du donjon. Dans la plupart des jeux de la série, chaque donjon a un « thème » comme le feu, la forêt, l’eau, le temps, l’ombre ou l'esprit ("). Les énigmes donnent généralement accès à des clefs qui permettent d’ouvrir de nouvelles parties du donjon. Pour se repérer plus facilement dans ces labyrinthes, le joueur peut également trouver une carte et une boussole indiquant l’emplacement des coffres et du « boss ». Chaque donjon contient un objet particulier et unique, essentiel pour la suite de la quête et qui est la plupart du temps acquis après avoir vaincu un « mini-boss ». Certains de ces objets sont communs à presque tous les jeux (comme l’arc, le boomerang ou le grappin), alors que d’autres sont uniques comme l'aérouage dans '. Une fois cet objet obtenu, le joueur doit trouver le boss et déverrouiller son antre grâce à une clef nommée « grande clef » (devenue « clef du boss » dans ', « clef d’or » dans ' et ' ou alors une pièce de puzzle à enfoncer dans la grande porte dans "). Il doit alors vaincre le boss en utilisant, en général, l’objet ou l’arme obtenu(e) dans le donjon. Généralement, le boss possède lui-même un objet qui est la raison de la venue de Link dans le donjon. Ainsi dans ' le joueur doit récupérer trois pierres ancestrales dans trois donjons différents pour accéder à l’Épée de Légende, la . Dans ', le joueur doit libérer sept sages pour pouvoir accéder à la tour de Ganon. Plus le joueur avance dans le jeu, plus de zones lui sont accessibles. Le monde ne se dévoile que petit à petit (excepté dans "The Legend of Zelda" et ' où le joueur peut explorer la totalité du monde dès le début), pour conserver l’intérêt du joueur tout au long du jeu. Alors que le monde accessible devient de plus en plus vaste, des moyens de déplacement sont mis à disposition du joueur pour rendre le voyage plus rapide. ' et ' emploient la téléportation via un ocarina, "Breath of the Wild" le fait avec des téléporteurs. La tornade est utilisée dans ' et '. Midona qui accompagne le héros dans ' lui permet d'utiliser des raccourcis. ', ' et ' présentent la jument Epona que Link peut chevaucher allègrement (elle est aussi utilisable dans "Breath of the Wild" avec un amiibo). Link peut aussi se faire porter par un oiseau dans ', "" et "Skyward Sword". D’autre part, la traversée d’un nouveau territoire est souvent difficile pour donner lieu à des énigmes ou tester les capacités du joueur. Cela dit, le jeu est réalisé de telle sorte que les traversées suivantes seront plus faciles (parce que le chemin est déblayé au premier passage, ou grâce à de nouveaux objets, ou parce que les populations locales deviennent amicales). Quêtes secondaires. L’une des particularités de " est le nombre important de quêtes secondaires, ou quêtes annexes, qui rendent le jeu moins linéaire. Puisque le monde dans lequel le jeu se passe est persistant, il est possible de retarder la résolution de ces énigmes. Ces quêtes ne sont pas indispensables mais permettent d’obtenir un objet qui rend le jeu plus facile. On peut classer ces quêtes selon les catégories suivantes : Musique. La musique est un des éléments les plus représentatifs dans la série des jeux '. Le principal compositeur des musiques étant Koji Kondo mais aussi Akito Nakatsuka dans ' ainsi que Minako Hamano, Kozuo Ishikawa et Kazumi Totaka dans ' et Yuichi Ozaki dans '. Kōji Kondō est considéré comme la « plus grande légende dans l’industrie du jeu vidéo » par Tommy Tallarico, compositeur de musique de jeu vidéo. Il y a deux types de musiques dans la série : est un morceau de musique récurrent qui a été créé pour le premier jeu de la série "". Kōji Kondō avait prévu à l'origine d’utiliser le "Boléro" de Maurice Ravel comme thème du jeu mais a été contraint de changer lorsqu’il a appris que les droits d’auteur n’avaient pas encore expiré. À l'occasion des vingt-cinq ans de la série, un CD reprenant les morceaux joués durant le concert ' a été introduit dans les éditions spéciales et les éditions limitées du jeu '. Univers. Les jeux ' se déroulent dans un univers médiéval fantastique où existent magie, divinités, créatures diverses, héros et princesse. Un univers où existe le Bon et le Mauvais côté, où le Héros doit vaincre le Mal au profit du Bien. Dans divers jeux de ', certaines créatures peuvent être des références à des êtres ou monstres mythologiques tirés de la littérature fantastique (comme pour les Hyliens qui sont semblables aux elfes) ou dans les cultures de différents pays. Il existe aussi une ambiance propre à chacun des jeux, grâce au scénario (', '), grâce au design des graphismes (', '), ou même grâce à l’originalité du gameplay (', ', "). Ainsi, chaque jeu est différent. Peuples. Il existe différents peuples dans ". Ils vivent généralement dans un environnement qui leur est propre (forêt, eau). Les principaux peuples sont : Ennemis. L’ennemi récurrent de Link est Ganon, l’être du mal qui veut s’emparer de la Triforce. Ganon apparaît dans ces épisodes : "The Legend of Zelda", ', ', ', , ', "," ' et '. Dans "", seule son ombre apparaît avec un rire maléfique lorsque Link perd toutes ses vies. Link affronte parfois sa propre ombre, Dark Link ou Link noir, qui l'agresse lorsque des noirs sentiments germent en lui. Il existe de nombreux ennemis dans la série. Certains, comme les Blobs ou gelées chuchus qui sont de différentes couleurs, des sortes de créatures visqueuses, ou les Octorocks, des poulpes cracheurs de pierres, sont apparus dans presque tous les épisodes. Ils ont parfois une capacité obligeant le joueur à les tuer d'une certaine façon : ainsi, les Skull Knight, (') s’ils ne sont pas tués avec une bombe, se régénèrent ou les Stalfos ('), lorsqu’ils combattent en duo, ne peuvent être vaincus si le joueur n’est pas rapide (le premier abattu est ressuscité si le second n’est pas défait dans les temps) ou une capacité handicapant le joueur : les Like Like peuvent voler le bouclier de Link (ou ses rubis) et les Effrois et les Gibdos peuvent le paralyser durant quelques secondes. Durant l’exploration des donjons, on trouvera des « sous-boss » (Darknut ou Hache-Viande, par exemple) gardant des objets utiles ou des lieux importants ; puis des « boss » (gardant prisonniers des esprits, des objets indispensables ou des sages dans "Ocarina of Time", ou même ayant lancé une malédiction sur des personnes ou des villages). Lieux. Le monde du jeu se nomme Hyrule. Hyrule est un royaume qui connaît différents climats et types de terrains. Les différents milieux sont généralement aquatique, sylvestre, montagnard et volcanique. Il y a, au minimum, un village et une ville. Certains lieux sont récurrents dans la série comme le lac Hylia, les Bois perdus, le village Cocorico, la plaine d’Hyrule ou la montagne de la mort (ou mont du péril). Mais parfois, cela diffère : dans ', l'action se déroule sur l'île de Cocolint; dans ', l’aventure se déroule dans un monde parallèle à Hyrule: Termina. Dans "A Link to the Past", on passe de Hyrule à un autre monde parallèle : le Monde des Ténèbres. Les jeux ' et ' se déroulent dans de vastes océans emplis d’îles différentes les unes des autres (on apprend finalement durant ' qu’il s’agit en fait d’Hyrule englouti par les eaux). Il existe aussi Holodrum dans ' et Labrynna dans '. On retrouve un monde semblable au Monde des Ténèbres dans ' : le Monde du Crépuscule. Dans "", l’aventure se déroule principalement à Célesbourg, un monde perché au-dessus de la barrière de nuages (plusieurs mini-îles sont en suspension autour de Célesbourg), mais une partie de l’aventure se passe aussi sur Terre (exemple : La Forêt de Firone), en dessous de la barrière de nuages dans ce qui deviendra le royaume d'Hyrule. Historique commercial. Série principale. Années 1980. Le premier jeu, "The Legend of Zelda", est tout d’abord sorti au Japon en 1986 sur Famicom Disk System, puis en Amérique du Nord et en Europe sur NES en 1987. Il s’est vendu à 6,51 millions d’exemplaires. Bien que relativement simple par rapport aux standards actuels, il était assez en avance pour son temps. Certaines de ses innovations sont la possibilité d’employer de nombreux objets différents, la présence d’un vaste monde empli de secrets à découvrir, et un système de sauvegarde inséré dans la cartouche et alimenté par batterie. Le jeu comporte également une « seconde quête », accessible après la fin d’une première partie, où les donjons et l’emplacement des objets sont différents et les ennemis plus forts. Hormis les innovations techniques du jeu, le "gameplay" (trouver des objets et les utiliser pour résoudre des énigmes, combattre des monstres en temps réel, et explorer un vaste environnement) est un mélange réussi et fut largement copié. Le jeu était extrêmement populaire et beaucoup le considèrent comme un des jeux vidéo parmi les plus importants jamais produits. Une version modifiée connue sous le nom de "BS Zelda" a été éditée pour l'extension de la Super Famicom, le Satellaview, au milieu des années 1990 et seulement au Japon. "BS Zelda" a à nouveau été édité pour le Satellaview un an plus tard avec des donjons et un monde réarrangés (plus ou moins une « seconde quête »). Cette réédition est baptisée "BS Zelda ~MAP 2~". Le deuxième jeu, ', a été édité en 1987 au Japon et en 1988 en Amérique du Nord et en Europe sur NES. Il s’est vendu à 4,38 millions d’exemplaires. La vue est passée de haut à une vue de profil et a inclus des éléments de RPG non présents dans les autres épisodes de la série. C’est également le seul Zelda, ' mis à part, où Link ne rassemble pas des rubis. C’est le premier "Zelda" à proposer l’utilisation de la magie, et il accorde une place importante, contrairement à son prédécesseur, aux interactions avec les personnages non-joueurs. Ce jeu et son prédécesseur étaient hors du commun grâce à leurs cartouches dorées, qui sont en marge des habituelles cartouches grises de la console. Ils ont été réédités dans les dernières années de la NES sous forme de cartouches grises qui se révèlent aujourd’hui être plus difficiles à trouver que les cartouches dorées. Années 1990. Quatre ans plus tard, en 1991, ' sort au Japon sur Super Famicom, et en 1992 en Amérique du Nord et en Europe. Il se vend à sur Super Nintendo, et à sur Game Boy Advance. Il revient à une vue de dessus et est le premier de la série à proposer le concept d’une dimension parallèle à explorer, une terre appelée « monde des Ténèbres ». Il est réédité sur Game Boy Advance en 2002 en Amérique du Nord et en 2003 dans le reste du monde, accompagné de ', le premier "Zelda" multijoueur, puis sur la console virtuelle de la Wii en 2007. En outre, ce jeu (inchangé, seulement converti dans un format téléchargeable) et une suite exclusive (qui utilise le même moteur de jeu) nommée " sont proposés sur le Satellaview au Japon. Le jeu suivant, ", sort en 1993. Il est le premier jeu de la série sur la console portable de Nintendo, la Game Boy, ainsi que le premier à se dérouler hors du royaume d’Hyrule et à ne pas mettre en scène la princesse Zelda. Il est réédité sur Game Boy Color en 1998 sous le nom de "Link's Awakening DX" avec quelques bonus par rapport à la version originale, notamment un donjon basé sur la couleur et un magasin de photo qui permet une interaction avec le Game Boy Printer. Cette version portable se vend à . La série prend le tournant de la 3D avec "" en 1998, sur Nintendo 64. Ce jeu, tout d’abord connu sous le nom de "Zelda 64", retient l’essentiel du "gameplay" des épisodes 2D et devient un des jeux ayant eu le plus de succès, autant en termes de ventes que de critiques. Il est considéré par beaucoup comme le meilleur jeu vidéo de tous les temps, et reçoit la note maximale dans plusieurs magazines spécialisés, notamment le premier 40/40 de Famitsu. En 2006, Nintendo Power le considère comme le meilleur jeu paru sur une console Nintendo. Les innovations incluent l’utilisation du "lock", une nouvelle mécanique de "gameplay" qui verrouille la caméra sur une cible proche et modifie les actions du joueur par rapport à cette cible. Ce "lock" permet des combats à l’épée dans un espace 3D. Comme ses prédécesseurs, "Ocarina of Time" existe sur une cartouche dorée collector (disponible principalement à ceux qui ont précommande le jeu) ainsi que sur une plus traditionnelle cartouche grise. "Ocarina of Time" est réédité sur GameCube en 2002, il est alors offert comme incitation à réserver "The Wind Waker," puis vendu avec celui-ci dans son "Edition Limitée." Le mini DVD inclut également "Ocarina of Time: Master Quest," guère différent de l'original dans sa trame principale. La différence réelle se situe dans la conception des donjons, qui voient leur difficulté accrue par un remaniement complet des énigmes, du niveau de difficulté et du franchissement des différentes pièces, la présence d'ennemis plus nombreux et placés différemment. Cette version (de même que "Majora's Mask") recycle des éléments d"Ura Zelda" (titre japonais), jeu à l'époque en développement pour sortir sur 64DD mais jamais commercialisé. "Ocarina of Time" est présent dans la compilation ' sorti sur GameCube en 2003. Il est maintenant disponible sur la console virtuelle de la Wii jusqu'en 2019, et sur celle de la Wii U. En 2011, il fait l'objet d'un remake sur 3DS, '. Années 2000. Le titre suivant, "", est sorti en 2000 sur Nintendo 64. Il utilise le même moteur de jeu qu’"Ocarina of Time" mais ajoute un nouveau concept basé sur le temps, conduisant à des réactions quelque peu mitigées de la part des fans de la série. Le "gameplay" a changé considérablement : en plus d’une forme de limite temporelle, Link peut utiliser des masques pour se transformer en différentes créatures aux compétences exclusives. Link dispose de soixante-douze heures pour empêcher une terrifiante lune de s’écraser sur Termina, le monde où se situe l’action. Plus les heures passent, plus l’ambiance préapocalyptique se renforce. Toutes les copies de "Majora's Mask" sont des cartouches dorées. Il nécessitait l'Expansion Pak pour pouvoir fonctionner. Il est réédité sur 3DS en 2015, accompagné d'une version dorée de la console à l'effigie du Masque de Majora, sur laquelle il est préchargé. Les deux jeux suivants, ' et ', ont été publiés simultanément pour la Game Boy Color en 2001. Ils se sont vendus à 3,96 millions d’exemplaires chacun. Ils interagissent en utilisant des mots de passe ou un câble Link. Après avoir fini un des jeux, le joueur reçoit un mot de passe qui permet de jouer à l’autre jeu comme s’il s’agissait d’une suite. Ils ont été développés par Capcom en coopération avec Nintendo, et avec la supervision de Miyamoto. Une trilogie était tout d’abord prévue appelée "Triforce Series". Le système de mot de passe reliant les trois jeux étant trop contraignant, Miyamoto suggéra de réduire le nombre à deux jeux. Les deux jeux devinrent "Oracle of Ages", plus basé sur les énigmes, et "Oracle of Seasons", plus orienté action. Quand, le , Nintendo révèle la GameCube un jour avant le Nintendo's SpaceWorld 2000, une vidéo de démonstration des capacités de la console montre un duel réaliste et en temps réel entre Ganon et Link. Les fans et les médias supposent que le combat fait partie d’un Zelda en développement. Au Nintendo Space World de 2001, Nintendo annonce un Zelda en ', qui deviendra plus tard ', que Miyamoto dit être « un Zelda s’étendant à tous les âges ». Les médias annoncèrent que Zelda se tournait vers un public plus jeune, à la surprise de Miyamoto. "The Wind Waker" est sorti en 2002 au Japon et en 2003 en Amérique du Nord et en Europe sur GameCube. Il s’est vendu à 3,07 millions d’exemplaires. L’Hyrule des anciens jeux a été engloutie par les flots. Le "gameplay" se centre sur le contrôle du vent à l’aide de la « baguette du vent » ("The Wind Waker"), et sur l’utilisation d’un petit bateau autour d’un immense monde-océan parsemé d’îles. ' sort sur GameCube en 2004 au Japon et en Amérique, et en 2005 en Europe. Basé sur le jeu Game Boy Advance ', "Four Swords Adventures" est lui aussi différent des autres Zelda, il est multijoueur. Le jeu contient vingt-quatre niveaux différents. Chaque joueur doit utiliser une Game Boy Advance reliée à la GameCube via un câble spécifique. Bien qu’il se concentre sur le multijoueur, le jeu comporte également une campagne solo, dans laquelle l’utilisation d’une Game Boy Advance est facultative. Bien qu’il tourne sur GameCube, "Four Swords Adventures" est un jeu en 2D comme "Four Swords". " sort en 2004 au Japon et en Europe, et en 2005 en Amérique du Nord. Grâce à un bonnet magique nommé Exelo, Link peut changer de taille. Bien que minuscule, Link peut explorer les pièces des donjons sous une nouvelle perspective, pénétrer dans de nouveaux lieux en passant par des endroits impraticables autrement, et rencontrer un peuple minuscule : les Minishs. Le changement de taille est le concept central de ce Zelda. En 2006, " est le premier Zelda sur Wii, il sort quelque temps plus tard sur GameCube, la console qui devait à l’origine être la seule à l’accueillir. Sur Wii, il s’enrichit de la capacité de la console à reconnaître les mouvements. Le jeu prend le parti du réalisme, un réalisme qui va au-delà de la démo du Space World en 2001. Il raconte la lutte d’un Link plus mature qui doit libérer Hyrule du monde du crépuscule qui envahit peu à peu le royaume. Lorsqu’il entre dans ce monde, Link est transformé en loup, et le "gameplay" change radicalement. ', sorti en 2007 sur DS, auparavant connu comme « Zelda DS » devait être, selon la rumeur, un nouveau "Four Swords", ce qui fut démenti par Nintendo. La Game Developers Conference de 2006 fut l’occasion pour Nintendo de présenter "Phantom Hourglass" dans un trailer qui révéla que le jeu avait été optimisé pour les fonctionnalités de la DS (le jeu est entièrement jouable au stylet), en utilisant le style ' de "The Wind Waker". À l’E3 2006, Nintendo confirma son statut de suite directe de "The Wind Waker". "Phantom Hourglass" possède un mode multijoueur online, ce qui est une première dans la série. Link, accompagné d’une fée appelée Ciela, doit sauver les trois esprits pour sauver Tetra du navire fantôme. Dans sa quête, il trouve le Sablier Fantôme (cet objet lui confère une protection limitée dans le temps et ne peut être utilisé que dans certains temples). ', sorti en 2009 au Japon, reprend les graphismes et certains points de ' de Phantom Hourglass. L’histoire se situe un siècle après ce dernier, et Link abandonne le bateau au profit du train qui est un élément essentiel du jeu. L’aide d’un spectre contrôlable grâce au stylet est également indispensable à Link pour résoudre certaines énigmes. Bien que reprenant les caractéristiques de son prédécesseur, "Spirit Tracks" s’enrichit de plusieurs grandes nouveautés, dévoilées au fur et à mesure par Nintendo. Années 2010. Lors d’une conférence privée à l’E3 2009 avec Shigeru Miyamoto, ce dernier a confirmé les dires d’un officiel de Nintendo France un an auparavant, selon qui le prochain Zelda serait en cours de développement pour la Wii. Un artwork, représentant Link sans son épée dos-à-dos avec un être féminin inconnu, a été montré pour l’occasion. Le jeu a été présenté plus en détail lors de l’E3 2010 sous la forme de vidéos et d’une démo jouable. Ce nouvel opus de la série, intitulé ', semble être graphiquement à mi-chemin entre ' et ' : le personnage de Link ressemble beaucoup au héros de "Twilight Princess", mais Nintendo a choisi d’adopter un style graphique proche du ' à l’image de "The Wind Waker". Toutefois, selon Eiji Aonuma, ce n’est pourtant pas la technique du "" qui est employée. Avec ce "Zelda", Nintendo abandonne donc le style réaliste de l’opus précédent, et crée un univers très coloré que l’on peut penser plus proche des titres en 2D de la série. Un des aspects totalement novateur de "The Legend of Zelda: Skyward Sword" se situe dans l’emploi du Wiimotion Plus qui, améliorant la précision de la télécommande Wii, offre au joueur la possibilité de contrôler totalement l’épée de Link, ses mouvements étant exactement retranscrits dans le jeu. Il s’agit d’une avancée majeure pour la série, le système de combat ayant en effet très peu évolué depuis le premier jeu Zelda en 3D, "". Il n’est plus possible d’asséner n’importe quelle attaque aux ennemis : ils ont la possibilité de parer les coups, et seule une attaque ciblée sur une zone non protégée de leur corps permet de les battre. Les développeurs ont également affirmé travailler sur la difficulté du jeu, . Nintendo est cependant resté très sibyllin, se contentant de dire que le jeu serait facile pour ceux qui le souhaitent, et plus difficile pour les autres. Le jeu est sorti en au Japon, en Amérique du Nord et en Europe. En , Eiji Aonuma affirme la création d’un nouvel épisode sur Nintendo 3DS. Ce jeu n’est ni une suite des précédents jeux sortis sur DS ni un remake comme "Ocarina of Time 3D". Le jeu, annoncé le lors d’un Nintendo Direct, s’intitule ' et est une suite spirituelle de ' dont il reprend l’univers avec cependant de nouveaux donjons. Le jeu est sorti en en Amérique du Nord et en Europe puis en au Japon. En , la création d’un épisode Wii U inédit est annoncée par Shigeru Miyamoto. Le développement aurait commencé fin 2010, et les premières informations à son sujet sont diffusées lors d’un Nintendo Direct en . Les premières images du jeu sont dévoilées lors de l’E3 2014. Celui-ci se présente comme un jeu en monde ouvert plus vaste que les précédents épisodes et disposant d’une plus grande liberté d’action. Il est présenté lors de l'E3 2016 sous le nom de ". Le jeu sort finalement le , en simultané sur Wii U et sur Nintendo Switch. Lors de l’E3 2015, Nintendo annonce ", un jeu Nintendo 3DS axé sur le multijoueur. Le jeu sort en . Lors de l’E3 2019, Nintendo annonce le développement d'une suite à "". Années 2020. En 2021, la licence "Zelda" fête ses 35 ans. Pour l'occasion, Nintendo sort une version remastérisée de "Skyward Sword" sur Nintendo Switch. Une nouvelle bande-annonce de la suite de ' ainsi qu'une date de sortie pour l'année 2022 sont dévoilés durant l'E3 2021. Toutefois, le , Eiji Aonuma annonce par le biais d'une vidéo que la sortie du jeu est reportée au printemps 2023. Le , Nintendo présente une nouvelle bande-annonce dévoilant le nom du jeu, ', et une sortie pour le . Versions collectors. Tous les jeux de la série développés par Nintendo existent en version dorée, c’est d’ailleurs la version de base pour le premier jeu, "The Legend of Zelda". Les cartouches dorées de "Ocarina of Time" sont extrêmement rares. Nintendo a aussi publié en 2003 "The Legend of Zelda Collector's Edition" qui a été fourni pendant quelque temps exclusivement avec certaines GameCube vendues durant cette période. Ce disque comporte quatre jeu : "The Legend of Zelda", "Zelda 2 The Adventure Of Link", "Ocarina of Time", "Majora's Mask" ainsi qu'une démo de "The Wind Waker". La boîte dorée de "The Wind Waker" correspond à l’édition collector, qui est accompagnée de ' et ', et la version Wii de "Twilight Princess" est la version dorée. Nintendo a également commercialisé une Gameboy Advance SP dorée ornée du signe de la triforce, ainsi qu’une Nintendo DS et une Nintendo 3DS ayant les mêmes particularités. Une version dorée de la 3DS illustrée avec le Masque de Majora, sortie à l'occasion de la réédition de "", est également parue en 2015. Nintendo a aussi commercialisé deux versions collector du jeu "The Legend of Zelda: Skyward Sword", la première comprenant le jeu plus un CD audio contenant une grande partie des musiques de Zelda réorchestrées, et la seconde comportant les éléments de la première plus une manette Wii (et l’accessoire Wii MotionPlus intégré) dorée ornée de l’emblème de Zelda. Pour la sortie de "" sur Wii U, une version collector du jeu, contenant une figurine de Ganon, ainsi qu’un pack en version limitée contenant la console et le jeu sont sortis. Le Wii U GamePad livré avec la console est orné de motifs de la triforce. À l'occasion de la sortie de " HD" en 2021 et des 35 ans de la licence, Nintendo commercialise des manettes Joy-Con aux couleurs du jeu. Rééditions et remakes. Nintendo a également sorti de nombreuses rééditions ou remakes des différents épisodes : Hors série. Trois jeux ont été développés sur Philips CD-i. Ce sont les seuls à ne pas avoir été développés sous la tutelle de Nintendo. L’existence de ces jeux provient d’un contrat entre Nintendo et Philips visant une extension avec lecteur CD pour la Super Nintendo. En contrepartie, Nintendo accordait le droit à Philips de développer trois "Zelda". Ces trois jeux sont réputés très mauvais comparés aux autres œuvres de la série Zelda par la presse, les testeurs indépendants et la communauté des fans de la série, et sont très parodiés pour la mauvaise qualité de leurs cinématiques. Les épisodes de "Zelda" qui existent en dehors de la série principale sont : Chronologies des épisodes. Pendant plusieurs années, la chronologie entre les différents épisodes de ' était une question problématique et n’était pas officiellement définie. De l’aveu de Shigeru Miyamoto avant la sortie de ', . De nombreux fans ont avancé leur explication, plus ou moins logique, en se basant sur les grands faits des jeux jusqu’à leurs moindres détails. Plus le nombre de jeux augmente, plus il devient difficile d’établir une chronologie convenable. Ainsi, pour certains, tous les "Zelda" ne seraient que des versions différentes d’un même motif à la manière des contes où l’histoire aurait été transformée au cours du temps. Pour d’autres, il pourrait être établi des « mondes parallèles » où chaque épisode se passe dans un monde différent, un « arc narratif » qui correspond à une chronologie pour une série de jeux bien précise, une « chronologie stricte » où tous les épisodes de la série doivent apparaître sur une seule et unique ligne du temps ou une « scission double de la ligne du temps » où deux univers parallèles apparaissant à partir d’"". C’est cette dernière théorie, celle de l’existence de deux univers parallèles, qui a pris de l’importance. Cette théorie prenait sa source à la fin d’', où Zelda renvoie Link dans le passé, créant ainsi deux univers parallèles, un où Link redevenu enfant continue son aventure dans ' et un univers où Zelda reste seule. Cette théorie a été confirmée par Eiji Aonuma. Quant à ', il semblait être le jeu de la série le plus avancé chronologiquement (sachant qu’il est la suite directe de ', lui-même suite de '). Les jeux ', ' et ' avaient eux une place inconnue dans la série. En , pour souligner le de la série, l’éditeur japonais Shōgakukan a édité un livre sur la série intitulé ' dévoilant ainsi la chronologie officielle des jeux à partir du premier du nom ' jusqu’à ' dans laquelle il existe non pas deux mais trois univers parallèles se formant à la fin d’'. Outre les univers issus du retour de Link à son époque d'enfance, marqué par l’entrée dans le monde de l’ombre (à partir de '), ou de sa disparition à l’âge adulte, entraînant le nouveau monde (à partir de '), un troisième embranchement de la ligne du temps (à partir de ') implique que Link échoue dans sa quête, engendrant une nouvelle séquence d’événements et le déclin d’Hyrule. En revanche, dans le jeu ', un nouveau voyage dans le temps avec une modification des événements dans le passé apparaît. Cet épisode implique l’apparition d’un paradoxe temporel mais n’est pas représenté sur cette chronologie. ', sorti en 2013, se déroule plusieurs générations après ', et se place dans la chronologie entre l’âge d’or et l’ère du déclin, à savoir entre ' et '. ' se déroule plusieurs années après ' et fait intervenir le même héros. Accueil. En 1998, "Ocarina of Time" remporte les suffrages quasi-unanimes de la presse jeux vidéo, très vite encensé comme monument inégalé de sa décennie. En 2004, la révélation de l'épisode "Twilight Princess" fut accueillie sous les acclamations d'un parterre composé pourtant principalement de journalistes, consacrant la série comme l'une des plus cultes du monde du jeu vidéo. Lors du trailer de "Super Smash Bros. Ultimate" en 2018, l'apparition de Link, sous ses traits de "Breath of the Wild", plonge les joueurs dans l'extase. De même, l'annonce en 2019 d'une séquelle à "Breath of the Wild" déchaîne passion et réactions sur les réseaux sociaux et Youtube ainsi que parmi les rares privilégiés physiquement présent à la présentation Nintendo. La série "The Legend of Zelda" fait partie de ces licences qui motivent le plus les joueurs à investir dans les dernières consoles Nintendo. Pourtant, il y a parfois eu des protestations de la part de la communauté des joueurs, notamment en ce qui concerne la maniabilité, principalement pour les volets sur Wii et Wii U. Au-delà de ces écarts de maniabilité entre supports, le portage des jeux anciens vers les plus récents matériels de Nintendo a été salué tant par les fans que par les curieux de vieux jeux vidéo pas forcément assez fortunés pour s'équiper avec toutes les anciennes consoles nécessaires. L'engouement est si fort que Nintendo sort en 2021 un tout nouveau Game & Watch composé des premiers volets, un bel hommage autant qu'une façon de revenir aux sources et de toujours se réinventer, même à coup de nostalgie. Produits dérivés. Dessin animé. Il existe une série animée américaine appelée "La Légende de Zelda" qui s’inspire des scénarios des deux premiers épisodes, sur NES. Cette série datant de 1989 ne connut, par manque de succès, que treize épisodes. Elle fut produite par Diffusion Information Communication, en association avec Nintendo of America. Elle a été éditée aux États-Unis une première fois en VHS, dans les années 1990, et à deux reprises en DVD, en 2003 et 2005 par Allumniation Filmworks (sous la forme de deux DVD), et en 2005 par Shout! Factory. Dans la série, Ganon tente de s’emparer de la Triforce de la sagesse et d'enlever la princesse Zelda. Link, quant à lui, essaye de l’en empêcher. Mangas. Une première adaptation en manga par Yuu Mishouzaki est publiée entre 1989 et 1991, suivie par une deuxième adaptation par Ataru Cagiva entre 1994 et 1996. Shōtarō Ishinomori écrit en 1992 une œuvre entièrement en couleur sur le jeu "" pour le magazine américain "Nintendo Power". Cette dernière est publiée en version française par Soleil Productions en . Une adaptation publiée sous licence Nintendo est réalisée à partir de 1998 par le duo Akira Himekawa et publiée au Japon par Shōgakukan entre 2000 et 2009. La version française est éditée depuis 2009 chez les éditions Soleil Productions. En 2011, le duo dessine une préquelle à ' de 32 pages, incluse dans le livre '. Après une pause de sept ans, le duo annonce en 2015 la reprise des mangas '. La publication reprend alors en avec l'adaptation de '. Fin 2016, Soleil Productions commence une publication "Perfect Edition" des titres qu'elle a déjà publié avec en bonus des pages en couleurs inédites dans chacun des livres. Musique. Le à Cologne s’est déroulé le concert de musique de jeu vidéo intitulé "Symphonic Legends" dédié aux séries Nintendo, dont "The Legend of Zelda". La seconde partie du concert raconte l'histoire de Link, de son enfance à son accession au rang de Héros du Temps, sous forme d'un poème symphonique. Pour fêter le de la série, Nintendo a organisé une symphonie nommée "". Les premiers concerts se sont déroulés fin 2011 à Tokyo, Los Angeles et Londres. Une tournée nord-américaine est organisée en 2012, suivie par une tournée mondiale en 2013 et 2015-2016. Autres. De nombreux autres produits dérivés existent tels que des accessoires de mode, cadeaux publicitaires, figurines, vêtements |
Zen Le zen est une branche japonaise du bouddhisme mahāyāna hérité du chan chinois. Elle met l'accent sur la méditation ("dhyāna") dans la posture assise dite de "zazen". Le mot « zen » est la romanisation de la prononciation japonaise du caractère chinois ; il est prononcé "chán" en mandarin, "zeu" en shanghaïen et est également appelé Son en Corée et Thiền au Vietnam. Ces différents termes dérivés du chinois, remontent à une origine commune : le mot sanskrit "dhyāna", en pali "jhāna" (« recueillement parfait »). Le zen se réfère au "chan", une forme de méditation indienne implantée en Chine par Bodhidharma il y a . Il prend sa source dans la méditation de Siddhartha Gautama sous l'arbre de la Bodhi par laquelle il obtint l'éveil, il y a plus de en Inde, mais il a été influencé par le taoïsme. On y trouve aussi l'influence coréenne du "son". Le zen japonais se réfère principalement à la posture de méditation d'éveil de Siddhārtha Gautama de transmission en transmission dite zazen. En Occident, il s'agit de l'une des branches les plus connues et les plus pratiquées du bouddhisme zen, dans la version soit de l'école Sōtō, soit de l'école Rinzai. Origines. La légende de l'origine de la tradition zen et de la lignée de ses maîtres remonte à un sermon du Bouddha Shâkyamuni à ses disciples alors qu'ils étaient réunis sur le pic des Vautours, relaté dans le "Lankavatara Sutra". Pour tenter d'expliquer un point de son enseignement, il se contenta de cueillir silencieusement une fleur d'udumbara. Aucun des disciples n'aurait compris le message qu'il tentait de faire passer, à l'exception de Mahakashyapa, qui aurait souri au Bouddha. Celui-ci lui aurait alors dit devant l'assemblée qu'il lui avait ainsi transmis son trésor spirituel le plus précieux. C'est une préfiguration de la description du "chan" que l'on prêtera à son fondateur légendaire, Bodhidharma : « Pas d'écrit, un enseignement différent (de tous les autres), qui touche directement l'esprit pour révéler la vraie nature de Bouddha » (« »). Liste des patriarches du zen. Liste rapportée par la tradition des vingt-huit patriarches de l’école avant son arrivée en Chine et liste des sept premiers patriarches du "chan" chinois : De l'Inde en Chine. Bodhidharma, vingt-huitième patriarche dans la filiation indienne, serait venu en Chine autour de 520. Les différents textes chinois qui le mentionnent ne s'accordent pas exactement sur son origine (Kanchipuram dans le sud de l'Inde ou Perse) ni sur sa route (arrivé par l'ouest ou par un port du sud-est). On lui prête un attachement particulier pour le "Lankavatara Sutra", et la première école "chan" constituée est connue sous le nom d'école Lankā (楞伽宗). Une légende attestée à partir du au monastère de Shaolin attribue la fondation de celui-ci à Bodhidharma, en faisant ainsi l'initiateur des arts martiaux d'Extrême-Orient. Néanmoins, bien qu'il existe au Kerala un type de yoga offrant une certaine similitude extérieure avec le kung-fu, des gymnastiques de type "qigong" semblent mentionnées sur des textes chinois datant du , et les arts martiaux au mont Song ont précédé Bodhidharma, si tant est qu'il s'y rendît jamais. De la Chine au Vietnam. Le Chan a été introduit au Vietnam sous le nom de Thiền au début de l'occupation chinoise (111 avant J.-C. à 939 EC). Sous les dynasties Lý (1009-1225) et Trần (1225 à 1400), le Thiền s'est implanté au sein des élites et à la cour royale, et une nouvelle tradition autochtone a été fondée, l'école Trúc Lâm (« Bambouseraie »), qui comprenait également des influences confucéennes et taoïstes. Au , l'école rinzai a été introduite au Vietnam sous le nom de Lâm Tế, qui mêlait également les doctrines du Chan et de la Terre pure. Lâm Tế reste aujourd'hui le plus grand ordre monastique du pays. Le Thiền vietnamien moderne est influencé par le modernisme bouddhiste. Parmi les figures contemporaines importantes, citons le maître du Thiền Thích Thanh Từ (1924-), le militant et propagateur du bouddhisme, Thích Nhất Hạnh (1926-2022), et le philosophe Thích Thiên-Ân. Le Thiền vietnamien est divers et inclusif, apportant avec lui de nombreuses pratiques telles que la méditation du souffle, le mantra, les influences Theravada, le chant, la récitation de sutra et l'activisme du bouddhisme engagé. De la Chine en Corée. Au , le bouddhisme "chan", appelé en Corée, est transplanté en Corée où il prend le nom de "son". Il s'intègre au bouddhisme étatique déjà présent dans ce pays depuis le . D'un manière générale, le bouddhisme coréen inclut la pratique de la méditation assise, des prosternations, du chant, ainsi que des mantras et des "gong'an" ("kōan"). Le zen coréen trouva sa plus grande expression dans l'ordre Chogye (plus de de nos jours), un des plus anciens ordres monastiques bouddhiques toujours présent et très vivant de nos jours. Le nom de "Chogye" (chinois: Caoxi) néanmoins ne date que du , époque à laquelle le zen coréen adopte cette appellation nom de Chogye, qui trouve son origine en Chine dans le nom de la résidence du sixième patriarche chinois de l'école zen, Caoxi Huineng (). L'ordre Chogye n'est que l'appellation de l'héritage monastique de l'école dite des neuf montagnes qui naît aux environs du de notre ère et qui, depuis le , s'imprégna profondément et définitivement du "chan" (zen), de sa philosophie et sa spiritualité. La Corée influença fortement tous les arts qui furent, par la suite, affiliés au zen tel qu'on le connaît et reconnaît aujourd'hui. Notamment les arts esthétiques et les arts martiaux, héritages directs d'une Chine florissante et profondément attachée à la justesse de la voie. L'ordre monastique Chogye plonge ses racines dans la plus ancienne tradition zen, c'est-à-dire l'école Linji (japonais: Rinzai) et en conserve le plus pur héritage, particulièrement dans la transmission orale d'esprit à esprit entre maîtres et disciples par le moyen des "kong an" ("kōan"). Le lignage de l'ordre Chogye d'ailleurs descend directement de Linji. Un des grands maîtres coréens, par ailleurs réformateur de celle-ci, fut le maître Chinul (1158-1210). De la Chine au Japon. Du au , le bouddhisme zen fut importé de Chine au Japon, par vagues successives. Le zen y naît par l'héritage du "chan" chinois et du "son" coréen et s'implante par Bodhidharma, patriarche descendant de Bouddha et ce notamment en corrélation de temples ou dojo voués à la pratique des arts martiaux. On retrouve dans le zen, les influences du taoïsme importées au bouddhisme chan. C'est au que le moine importa le zen , et le moine le zen en 1191. Ces deux écoles, comme en Chine à partir des Song, constituent encore aujourd'hui, avec l'école "obaku", le paysage du zen japonais. C'est le zen Rinzai qui va cependant s'imposer, du moins politiquement dans un premier temps, avec la mise en place du système dit des Cinq Montagnes, où « Cinq grands temples » chapeautent tous les autres. Après son voyage d’études en Chine Eisai (1141-1215) revient au Japon. Il se heurte aux écoles du bouddhisme japonais apparues aux au sein de l’aristocratie japonaise (telle l’école Tendai, Shingon ou encore celle de la terre pure). En 1199, il quitte donc Kyoto pour la ville de Kamakura où le Shogun et les membres de sa caste de samouraïs accueillent avec enthousiasme ses enseignements zen orientés vers les arts-martiaux. Hôjô Masako, la veuve du Shogun Minamoto no Yoritomo donne à Eisai une autorisation pour construire le premier centre zen à Kamakura le temple Jufuku-ji. Il y aura dix temples, cinq à Kyōto et cinq à Kamakura, qui varieront au fil du temps. Dès lors Bodhidharma (達磨) appelé Daruma (だるま) (de "Dharma") s'inscrit au cœur de la caste bushido. Ainsi dès les débuts de la période Edo et des de paix du Shogunat Tokugawa, la voie du sabre suivie par les castes de samouraïs s’est tournée plus encore vers le bouddhisme et le zen issu de Daruma. Takuan Soho (1573-1645) prélat de la secte Rinzai (auteur notamment de "l’Esprit Indomptable, Écrits d’un maître zen à un maître de sabre") côtoya et influença considérablement Yagyu Munenori ("Heiho kadensho") et Miyamoto Musashi ("Traité des cinq anneaux") le plus célèbre samouraï du Japon aujourd’hui appartenant au trésor national japonais, artiste et philosophe qui représenta à plusieurs reprises le Daruma. Ainsi le "Traité des cinq roues" apparenté aux cinq éléments, "godai" ((五大) terre, eau, air, feu, vide ou éther) qui jalonnent le bouddhisme zen est rappelé sur tout le territoire japonais par le "gorintō" ("« stūpa à cinq anneaux »") et jusqu'à aujourd'hui au sein du drapeau de la nouvelle ère, le drapeau Reiwa associé à l'eau et sa correspondance occidentale (solides de Platon et "Mysterium Cosmographicum" de Kepler). Le courant zen et la pratique du "zazen" (méditation assise pratiquée en esprit d'éveil) eurent beaucoup de succès au Japon et s'accompagnèrent du développement par les moines de plusieurs arts et techniques, soit directement importés de Chine, soit créés localement en intégrant des éléments du nord de la Chine et de la Corée. On peut citer comme exemple l'usage du thé ou l'esthétique simple et dépouillée. La villa impériale de Katsura (après 1616) en est profondément imprégnée, en particulier le jardin et le pavillon de thé, Shōkintei. Le zen japonais est aussi fortement influencé par le taoïsme, dont on retrouve certains symboles et notions. Filiation chinoise ("chan") des écoles japonaises : Approche. L'approche du zen consiste à vivre dans le présent, dans l' « ici et maintenant », sans espoir ni crainte. On peut dire approximativement que le zen Sōtō insiste sur la pratique de "zazen" (de "za" assis et "zen" méditation) et de "shikantaza" (seulement s'asseoir) alors que le zen Rinzai fait une large place aux "kōan", apories, paradoxes à visée pédagogique dont la compréhension intellectuelle est impossible mais relève de l'intuition. "Zazen" peut permettre de parvenir à l'éveil ("satori") : pour Dôgen, la pratique elle-même est réalisation ; pratique et éveil sont comme la paume et le dos de la main. Il suffit de s’asseoir immobile et silencieux pour s'harmoniser avec l'illumination du Bouddha. Néanmoins, selon le bouddhisme zen, même l'éveil ne saurait être un but en soi. "Zazen" doit être sans but, il aide à la connaissance de soi-même et à la découverte de sa vraie nature. Les "kōan" (école Rinzai) sont des propositions le plus souvent absurdes ou paradoxales que pose le maître et que le disciple doit dissoudre (plutôt que résoudre) dans la vacuité du non-sens et, par suite, noyer son moi dans une absence de tensions et de volonté, que l'on peut comparer à la surface parfaitement lisse d'un lac reflétant le monde comme un miroir. Comme toutes les versions sinisées du bouddhisme, le zen appartient à l'ensemble mahāyāna, qui affirme que chacun possède en soi ce qu'il faut pour atteindre l'illumination. Certaines écoles (Tiantai, Huayan) considèrent que chacun et toute chose possèdent la « Nature de Bouddha ». La position zen, plus proche du courant philosophique du "yogācāra", considère selon certains que la seule réalité de l'univers est celle de la conscience ; il n'y a donc rien d'autre à découvrir que la vraie nature de sa propre conscience unifiée. Textes. Malgré la définition du "chan" comme « sans écrit » (en mandarin "buliwenzi" 不立文字) attribuée à Bodhidharma, des sutras ont inspiré une partie de son enseignement : le Sûtra du Lankā lui-même insiste sur la nécessité des écritures d'une part, et sur la nécessité d'autre part de ne pas leur accorder de valeur absolue ; certains maîtres ont laissé des écrits, des disciples ont rassemblé l'enseignement de leurs maîtres dans des recueils. Parmi les soutras, on peut citer en premier lieu le "Lankavatara Sutra" rattaché à l'école "yogācāra", qui a grandement contribué à la philosophie idéaliste du zen, qui voit en la conscience l'unique réalité. La tradition en fait le texte de référence de Bodhidharma ; plus récemment, D. T. Suzuki l'a abondamment commenté. Les sutras de « perfection de la sagesse » que sont le "Sūtra du Diamant" et le "Sūtra du Cœur" sont également importants, ainsi que le "Shurangama Sutra" particulièrement apprécié des courants syncrétistes, et le "Samantamukha Parivarta", un chapitre du "Sūtra du Lotus". Parmi les textes écrits en Chine pendant les premiers siècles du "chan", mentionnons le "Sūtra de l’Estrade" attribué à Huineng, sixième patriarche, ainsi que deux recueils de "kōan", le "Recueil de la falaise bleue" (碧巖錄, en mandarin, "Biyan lu" ; en japonais, "Hekiganroku"), composé au , et "La Barrière sans porte", composé au début du . Zen et arts. Certains arts comme la peinture, la calligraphie, la poésie, le jardinage, parmi d'autres, sont utilisés dans le cadre de l'entraînement et de la pratique du zen. L'art et la culture japonais ont été fortement influencés par le zen depuis son introduction sur l'île au , notamment par la pratique de zazen, par les notions d'impermanence et de flux constant de l'expérience, ainsi que la simplicité. Une culture et une esthétique nourries de zen se sont formées et développées à travers différentes voies (Dō) : Les arts et les voies du zen rappellent le caractère éphémère de la vie, le mono no aware japonais (物の哀れ), mettent en évidence l'interconnexion des choses; ils peuvent ainsi transmettre des connaissances spirituelles profondes. Pour tous les arts zen, il était et reste vrai aujourd'hui qu'il faut apprendre à lâcher prise. Le praticien apprend à distinguer entre ce qui appartient à l'essence des choses et ce qui est superflu. Le zen en Occident. Histoire. Jusqu'au. Jusqu'au on connaissait peu de choses sur le bouddhisme en Europe, à l'exception de commentaires dus aux missionnaires chrétiens à partir du . Dans leurs descriptions, nous trouvons les premières impressions du bouddhisme au Japon et en Chine. Bien qu'ils contiennent des descriptions de rituels et de comportements, il n'y a guère de commentaires plus détaillés sur les questions doctrinales ou les pratiques de méditation. L'Inquisition contrôlait étroitement toute pensée de ce type, bien que l'influence des pratiques contemplatives du zen ait été visible parmi les personnalités chrétiennes de l'époque, notamment les jésuites. Bien qu'il soit difficile de déterminer le moment exact où l'Occident a pris conscience que le zen était une forme distincte de bouddhisme, la participation du moine zen japonais Soyen Shaku au Parlement mondial des religions de 1893 à Chicago est souvent citée comme l'événement qui a fait connaître le zen dans le monde occidental. Le a vu le début d'un échange animé entre le zen et l'Occident, et la diffusion progressive de cette école aux États-Unis et en Europe, et cela grâce à un certain nombre de personnes qui ont joué un rôle de pionnier. On peut mentionner Karlfried Graf Dürckheim, actif au Japon entre 1939 et 1945, qui a promu le lien entre le zen et l'art en tant que psychologue, thérapeute et professeur de zen. Maria Hippius Comtesse Dürckheim a encouragé des ponts similaires entre la thérapie et le zen. Ensuite, en 1948, le philosophe allemand Eugen Herrigel publie "Le Zen dans l'art du tir à l'arc", un classique de la littérature zen occidentale qui a connu une large diffusion. En 1956, l'œuvre a même été publiée en japonais. De nombreux intellectuels surtout de l'Allemagne d'après-guerre ont été « fascinés par le zen » après avoir lu cet ouvrage. Mais ce n'est qu'à la fin des années 1950 et au début des années 1960 que l'on voit un nombre significatif d'Occidentaux s'intéresser au zen sans pour autant être des descendants d'immigrants asiatiques. (1924-1996) est la première femme occidentale nonne zen Soto, après une formation au temple de Soji-ji, en 1962. En 1963, elle obtient le titre de , « prêtre » ou « enseignant », puis retourne en Occident en 1969. L'année suivante, elle fonde le monastère de Shasta Abbey en Californie en 1970. Aux États-Unis, le zen Sōtō prend pied en Californie à la fin des années 1950 grâce à Shunryū Suzuki. En 1967, le moine Soto Taisen Deshimaru arrive en France. De fait, dans la seconde moitié du , le zen japonais a acquis une grande popularité en Occident, en particulier aux États-Unis et en Europe. Différents livres sur le zen publiés entre 1950 et 1975 par Reginald Horace Blyth, Alan Watts, Philip Kapleau et Daisetz Teitaro Suzuki ont contribué à cet intérêt croissant pour le zen en Occident, à quoi s'ajoute l'intérêt de poètes Beat tels que Jack Kerouac, Allen Ginsberg et Gary Snyder. En 1958, le magazine littéraire américain "Chicago Review" a joué un rôle important dans l'introduction du zen dans la communauté littéraire américaine en publiant dans un numéro spécial intitulé « On Zen » le texte d'Alan Watts « Beat Zen, Square Zen, and Zen » consacré aux poètes de la Beat generation, à côté de différents articles de D.T. Suzuki, Gary Snyders, Jack Kerouac, entre autres contributeurs. En 1960 paraît également "Bouddhisme Zen et psychanalyse", ouvrage dans lequel Erich Fromm dialogue avec D.T. Suzuki. Fromm y oppose à un monde mû par l'économie les valeurs de l'amour, de l'art et de la compassion. Cette diffusion du zen et l'augmentation du nombre de pratiquant en Occident contraste avec l'intérêt limité que cette école rencontre au Japon. Ainsi, des cours de zen destinés aux chefs d'entreprise et aux responsables politiques "« ont vu le jour aux États-Unis, en Allemagne et en Suisse », et le spécialiste des religions Michael von Brück observe que « le zen en Occident connaît un réveil créatif qui est multiforme et révèle des contours organisationnels ouverts ». Les écoles de zen en Occident. Le zen s'est répandu en Occident à travers diverses écoles. L'un des principaux défis et tâches des maîtres zen est de transemettre le zen authentique, tout en l'adaptant dans une forme compréhensible et pratique pour les personnes socialisées dans des cultures influencées par l'Occident. Sōtō en Europe. → Article principal: Sōtō Le maître zen japonais Taisen Deshimaru Rōshi (1914-1982), disciple du maître zen Sōtō Kodo Sawaki Roshi (1880 - 1965) est venu en France en 1967, où il a enseigné la pratique zen jusqu'à sa mort en 1982. Il a laissé derrière lui un grand nombre d'étudiants, et sa tradition continue à se développer aujourd'hui, avec diverses organisations zen à travers l'Europe. Il ouvre le dōjō Pernety, à Paris en 1971, qui devient la source de la diffusion du zen en Europe. Dans les années 1970, il fonde l'Association Zen Internationale (AZI). En 1974, Deshimaru a fondé le premier monastère zen près de la ville d'Avallon, dans l'ancienne région française de Bourgogne. Le premier temple zen d'Europe, la Gendronnière, a été fondé en 1980 par Deshimaru et ses disciples, près de Blois. Zentatsu Richard Baker Roshi (né en 1936) est un maître zen américain qui a enseigné en Amérique puis, à partir de 1983, en Allemagne, dans une institution zen semi-monastique, le "Dharma Sangha", à Herrischried en Forêt-Noire. Il a ainsi contribué à la diffusion de l'école Sōtō en Allemagne également. Rinzai. → Article principal: Rinzai Un grand nombre de lignées Rinzai ont été transplantées du Japon en Europe, aux Amériques et en Australie, et des pratiquants non japonais ont été certifiés comme enseignants et successeurs de ces lignées. Il y a des temples Rinzai, ainsi que des groupes de pratiquants dirigés par des laïcs, dans de nombreux pays. Senzaki Nyogen (1876-1958) était un maître zen Rinzai japonais qui est considéré comme l'une des figures clés de la transmission du bouddhisme zen en Occident. Senzaki s'est installé aux États-Unis en 1905. Il a traduit et exposé de nombreux textes de la tradition bouddhiste zen en anglais au cours de sa vie. Le maître zen japonais Kyozan Joshu Sasaki, qui enseigne le zen aux États-Unis depuis 1962, vient régulièrement en Autriche depuis 1979 pour donner des conférences et diriger des sesshins. Son travail et celui de ses élèves, en particulier le travail de Genro Seiun Osho à Vienne et dans le sud de l'Allemagne, ont contribué de manière significative à l'établissement de l'école zen Rinzai dans le monde germanophone. L'Autrichienne Irmgard Schlögl s'est rendue au Japon en 1960 pour devenir l'une des premières femmes occidentales à connaître le zen authentique. En 1984, elle a finalement été ordonnée nonne zen sous le nom de Myokyo-ni. Elle a fondé le Centre Zen de Londres en 1979, et a travaillé dès lors à la fois comme traductrice d'importants écrits zen et comme enseignante zen. Un parcours similaire a été suivi par Gerta Ital d'Allemagne. En 1963, elle a été la première femme occidentale à être autorisée à vivre et à méditer dans un monastère zen japonais sur un pied d'égalité avec les moines pendant sept mois. Le résultat littéraire de cette période est son livre Der Meister die Mönche und ich, eine Frau im Zen-Buddhistischen Kloster (Le Maître, les moines et moi, une femme dans un monastère bouddhiste zen) dont les impressions ont façonné l'image du zen japonais en Occident. Un pilier du zen Rinzai au est le centre zen Bodaisan Shoboji à Dinkelscherben, en Allemagne, supervisé par le maître zen japonais Hozumi Gensho Roshi et dirigé par le maître zen allemand Dorin Genpo Zenji jusqu'en 2017, qui est officiellement un temple branche du Myōshin-ji, un temple des grandes traditions Rinzai au Japon, depuis l'automne 2008. Dorin Genpo Zenji a également supervisé la Communauté Zen Hakuin Allemagne e.V. jusqu'en 2017. Shōdō Harada Roshi est maître zen depuis 1982 au monastère Sōgen-ji d'Okayama, où il enseigne principalement à des étudiants étrangers. Il a créé plusieurs centres (One Drop Zendo) en Europe, en Inde et aux États-Unis. Zen chrétien. La décision du Concile Vatican II selon laquelle l'Église catholique romaine doit promouvoir le dialogue avec les autres religions a fondamentalement changé sa relation avec les autres religions. Depuis 1979, dans le cadre du programme d'échanges interreligieux initié dans le cadre du concile, des moines bouddhistes viennent régulièrement dans des monastères chrétiens en Europe, tandis que des moines chrétiens se rendent en Asie. Ce dialogue interreligieux ainsi que l'approche religieuse globalement exempte de dogmatisme du bouddhisme en général ont favorisé un rapprochement entre le zen et l'Église catholique. Les médiateurs sont souvent des religieux, des prêtres, des professeurs et des théologiens. On mentionnera entre autres noms : Mais le dialogue ne s'arrête pas au catholicisme: on observe également l'établissement de liens entre le zen et la théologie protestante depuis le début du . On relèvera entre autres noms ceux de Michael von Brück (* 1949) et de Doris Zölls (* 1954) (nom zen Myô-en An), nonne et maître de la lignée zen du Nuage Vide, qui relève du temple Bailin de Zhuozhou en Chine. Le zen et la philosophie occidentale. Les rencontres durables entre le zen et la philosophie occidentale ont eu lieu au début du , lorsque les premiers étudiants japonais ont visité les facultés de philosophie des universités européennes. L'école de Kyōto. Il convient avant tout de mentionner les représentants de l'école de Kyōto, une école de philosophie qui a émergé au Japon au début du à Kyōto. Dans son effort pour donner une expression philosophique au concept de Néant absolu ("zettai-mu"), l'école de Kyōto s'appuie sur la notion de shunyata (vide, vacuité, jap. 空, kū) développée dans le bouddhisme mahayana, et sur le concept de wu (無, mu), particulièrement caractéristique du taoïsme et du bouddhisme zen. Martin Heidegger. Dès les années 1920, de nombreux philosophes japonais — qui se révèleront importants par la suite, et dont certains font partie de l'école de Kyōto — ont participé aux séminaires et cours de Martin Heidegger (1889-1976), comme par exemple Tanabe Hajime, Watsuji Tetsurō et Nishitani Keiji. Cela a conduit à un riche dialogue entre les deux parties, et permis également à Heidegger de se familiariser avec les principes fondamentaux du zen. Car en mettant « la mort et le néant en relation directe avec l'acte de vie lui-même, la philosophie de Heidegger développe une proximité de pensée avant tout avec (...) le chan et du bouddhisme zen, qui porte ses fruits jusqu'à ce jour ». En 1938, lors de son séjour en Allemagne, Nishitani aurait offert à Martin Heidegger le premier volume des "Essais sur le bouddhisme zen" de D.TT. Suzuki en guise de cadeau d'anniversaire, mettant ainsi Heidegger en contact avec le bouddhisme zen, auquel il se réfèrera par la suite à de nombreuses reprises. Il apprécia beaucoup le travail de Suzuki, qu'il rencontra en 1953. Cette rencontre l'impressiona beaucoup, au point qu'il aurait affirmé: « Si je comprends bien cet homme, c'est ce que j'essayais de dire dans mes écrits ». Nishitani Keiji. Plus tard, Nishitani devint un philosophe de la religion qui combina les expériences de la pratique du zen avec l'existentialisme ainsi qu'avec l'approche anthropologique de Martin Buber. Grâce à sa connaissance approfondie de la philosophie occidentale et orientale, il a réussi à créer un récit parallèle du nihilisme et de shunyata, qui pouvait également être formulé en langage théologique chrétien. |
Zeus Zeus (en grec ancien ) est le dieu suprême dans la mythologie grecque. Cronide, fils du titan Cronos et de la titanide Rhéa, marié à sa sœur Héra, il a engendré, avec cette déesse et avec d'autres, plusieurs dieux et déesses, et, avec des mortelles, de nombreux héros, comme le conte la théogonie d'Hésiode (). Zeus est fréquemment représenté par des artistes grecs dans l'une des deux poses suivantes : debout, s'avançant avec un foudre dans sa main droite levée ou assis en majesté. Les premières traces connues de Zeus sont attestées dans des tablettes mycéniennes du Étymologie. Le nom "Zeus" (nominatif : ; vocatif : ; accusatif : ; génitif : ; datif : ) repose sur le thème ', issu de la racine indo-européenne ' qui signifie « briller ». Elle est également à l'origine du sanskrit / , signifiant « ciel lumineux », et du latin "", signifiant « jour ». En grec ancien, on la retrouve dans les mots et qui désignent respectivement le midi (l'apogée de la journée) et le beau temps. Ce nom entre dans la composition de nombreux mots : le nom des Dioscures (, les « jeunes de Zeus »), la cité de Dioscourias, , etc. Les Grecs juraient souvent par le nom de Zeus, via les expressions et . Mythologie. Enfance. Zeus est, selon Hésiode, le dernier-né des Cronides, les six enfants du Titan Cronos et de sa sœur Rhéa. Cette descendance est considérée comme la branche olympienne par opposition à celle des Titans. Cronos, craignant la prédiction de ses parents, Ouranos et Gaïa, qu’il engendrerait un rival qui régnerait à sa place, a avalé ses cinq premiers enfants dès leur naissance. Pour qu'un de ses fils échappe à ce sort, Rhéa, sur le conseil de Gaïa, substitue au dernier-né une pierre emmaillotée. Emporté en Crète, il est élevé par les nymphes (Hagno, Neda, Anthracia, Anchirhoe et Myrtoessa) du mont Ida, allaité grâce à la chèvre Amalthée dans une grotte secrète de Lyctos. Ses cris qui auraient pu trahir sa présence furent couverts par le fracas des armes que les Curètes entrechoquaient dans leurs danses guerrières. Le culte d’un Zeus « "Krêtagénês" » dans une grotte de cette montagne remonte à l’époque dite minoenne (-2000 - -2500). Avènement. Ses premiers gestes d’adulte sont d’évincer le titan cruel qui l’a engendré : Cronos, géant monstrueux et primitif comme Ouranos, avide de pouvoir sans partage, le père provoquant des avortements à coups de pied et le fils engloutissant à son repas ses nouveau-nés. Si Ouranos fut neutralisé par son propre fils qui l’émascula au moment d’une étreinte avec Gaïa, Zeus entrepris à son tour d’abattre la puissance de son père, Cronos. Courtisant la Titanide Métis, qui devait devenir sa première épouse, il la persuade de faire absorber à son père une boisson émétique. Cronos regurgite ainsi tous les enfants engloutis. Zeus retrouve ses sœurs : Hestia, leur aînée, qui resta vierge, Déméter et Héra, qui seront ses épouses successives. Héra restera sa dernière épouse, bien que maintes fois bafouée ; ils s'aimèrent pour la première fois . La Titanomachie. Avec l’aide de ses frères et de divinités ralliées à sa cause, Zeus entreprend de renverser les Titans. Des enfants de la déesse Styx, son alliée des Enfers, le rejoignent, ainsi que certains fils de Gaïa délivrés pour l’occasion du Tartare : les trois Géants Cyclopes Argès, l'éclair, Brontès, le tonnerre, et Stéropès, la foudre, tous trois forgerons des armes de Zeus, et trois autres Géants, nés du « sang » de l’émasculation de leur père Ouranos : Briarée et ses deux frères Cottos et Gyès. Ces derniers, appelés les Hécatonchires, « géants aux-cent-bras », retiennent les Titans éternellement derrière des portes de bronze dans les ténèbres insondables au-dessous de l’Hadès après la victoire de Zeus. Toutes les Titanides et certains Titans, dont Japet et Océan, qui sera le géniteur de tous les dieux et déesses aquatiques, restent en retrait de cette guerre qui dure « dix grandes années divines ». Une fois la guerre contre les Titans terminée, Zeus et ses deux frères aînés Poséidon et Hadès se partagent l'univers, le premier s'appropriant le Ciel, le second, la Mer, le troisième, le monde souterrain. Luttes et combats. La Gigantomachie. Gaïa, après avoir ruminé sa haine, avait incité à la guerre ses enfants, les Géants (Gigantès ou Gegeneïs, nés de la Terre) pour détrôner Zeus et délivrer les Titans du Tartare. Ces monstres étaient à la fois immunisés contre les coups des divinités et immortels sur leur terre natale. Zeus dut engendrer avec Alcmène, sa dernière maîtresse mortelle connue, un héros à la force sans égale : Héraclès dont les flèches, empoisonnées au sang funeste de l’Hydre de Lerne, firent merveille. Les frères Otos et Éphialtès, Géants facétieux, entreprirent d’atteindre le ciel et d’y menacer les dieux. Ils empilèrent sur l’Olympe les montagnes Pélion et Ossa mais sont détournés de leur objectif par leur père Poséidon avant que ne les frappe la foudre de Zeus. Dans une autre version, ils sont rapidement vaincus et enfermés dans le Tartare par Apollon, sa sœur Artémis et leur père Zeus. Le complot d'Héra. Aidée de Poséidon et d'Athéna, elle réussit à enchaîner Zeus, mais Briarée alerté par Thétis vient délivrer le dieu. Cet épisode est raconté par Homère dans l’"Iliade", mais il rend compte d'un événement isolé et difficile à situer dans l’ensemble. Pourtant, il commence à éclairer la situation paradoxale d’un Zeus maître de l'harmonie du monde, mais aussi, en vertu des lois qu'il se doit d'imposer, d'un tyran implacable. Le châtiment de Prométhée. Prométhée est originellement un « transmetteur du feu », qui peut l'avoir volé. Son mythe reflète la notion universelle de l'ambiguïté du feu « dangereux ami », centrale chez Prométhée à la fois prévoyant et imprudent, utile et dangereux, ambigu et paradoxal, comme le dieu nordique Loki. Sa figure véhicule les notions de feu civilisateur et de feu du culte, qui se retrouvent dans l'idée que Prométhée est à l'origine de tous les arts et de toutes les techniques. Par ailleurs, le feu divin est « ami des hommes » dont il peut se rapprocher en se détournant des dieux, car il est par nature transfuge. Cette figure a été probablement influencée par un demi-dieu caucasien à une époque où les Grecs étaient en contacts étroits avec certaines populations caucasiennes. Ces contacts auraient abouti notamment à la légende grecque du châtiment de Prométhée, châtiment peu compréhensible pour un feu divin civilisateur, mais beaucoup plus pour un voleur de feu qui défie le dieu suprême. Épiméthée, frère de Prométhée, accepte la belle Pandore que lui offre Hermès au nom de Zeus, qui l'a créée, et l'épouse. Pandore, dont le nom signifie ironiquement « tous les dons » (alors qu’elle va transmettre à sa race tous les maux) est une créature vengeresse de Zeus, mécontent et réticent depuis le début vis à vis de l'aide apportée par Prométhée aux humains. La privation préalable de la « nourriture facile » et la confiscation du feu précieux, obligent les hommes à travailler plus durement. Le combat contre Typhon. Ce fut le plus terrible combat que Zeus eut à engager. Ce monstre immortel aux cent têtes de dragon, menaça l'Olympe avant que les traits de foudre de Zeus ne le fissent reculer et rejoindre les Titans dans les profondeurs du Tartare, d’où il souffle, depuis, sa rage en ouragans dévastateurs. Cette version simple par Hésiode est, du point de vue de la continuité du récit, la plus satisfaisante. Pourtant, la naissance de ce monstre a été l’occasion de faire de Zeus, dans un curieux épisode mouvementé et décrit avec des variantes selon les auteurs, un personnage faible et même désemparé, mettant en péril, par son état d’impuissance — laissé à terre, pantin désarticulé, sans les tendons de ses quatre membres, qu'il devait finalement recouvrer — la cohésion même de l'univers. C’est un exemple où chez les Grecs la théogonie rejoint précisément la cosmogonie. Par ailleurs, le mythe de Typhon, génie maléfique et indestructible, resurgira plus tard dans d’autres religions pour incarner Satan. Épouses. Les trois filles et les trois fils de Cronos (Déméter, Hestia, Héra, Zeus, Poséidon et Hadès) forment la lignée directe des « grands Olympiens ». En seconde génération, seuls quatre enfants « légitimes » de Zeus sont majoritairement admis : les fils d'Héra, Héphaïstos et Arès, et les jumeaux de Léto : Apollon et Artémis. Les trois derniers, Aphrodite, Dionysos et Athéna, ont en commun des naissances difficiles à établir, étant donné les divergences chez les auteurs. Héra. Héra est la personnification féminine de la belle saison. Ce n'est que par la suite que son union avec Zeus est interprétée comme le prototype de l'union légitime. Son union avec Zeus Ciel-diurne symbolise le retour de la partie claire de l'année. Ainsi, l'Héra porteuse de vie d'Empédocle est « celle qui apporte une récolte abondante ». Sœur de Zeus, elle est donnée comme l’épouse définitive et « officielle » du dieu. Mais il apparaît souvent au détour des récits que les deux époux se fréquentaient de longue date. Ils eurent Arès, Hébé et Ilithye et la tradition n’oublie pas leur fils Héphaïstos qu’Hésiode veut faire naître d'Héra sans principe mâle. Héra, intransigeante sur les liens du mariage, est le modèle de l'épouse fidèle et la protectrice des femmes . Son irascibilité, sa jalousie et sa rancune sont des sujets perpétuels d'ennuis pour le maître des dieux qui s'enflamme à la vue de toute nymphe quelque peu désirable ou de toute autre belle créature, céleste ou terrestre, dont la déesse devient invariablement la persécutrice. Les deux sommités olympiennes forment l'image du couple exemplaire sinon dans la fidélité, du moins dans la stabilité. Leur liaison amoureuse est largement exaltée par les auteurs grecs depuis leurs fiançailles jusqu'à leur lune de miel. Héra qui a un culte distinct de celui de Zeus est montrée dans la mythologie comme étant d’un caractère très contrasté. Tantôt victime de la colère vengeresse de son époux (Zeus la pend aux nues par les pieds avec une enclume attachée à chaque poignet pour la châtier de ses vexations à l'égard de son fils Héraclès), elle peut aussi lui opposer une forte résistance et jusqu'à la traîtrise, puisqu'elle, avec l'aide de Poséidon et Athéna, tente (selon le ) de l'enchaîner, mais Thétis appelle Briarée qui vient au secours de Zeus. Dans le , elle le séduit (notamment avec un ruban donné par Aphrodite) pour faire l'amour avec lui et l'endormir avec l'aide d'Hypnos, pour qu'il ne puisse plus pendant ce temps favoriser les Troyens. L'Iliade lui a aussi attribué l'enfantement de Typhon, considéré généralement comme une créature du Tartare. Fonctions. Zeus, en reléguant les Titans dans les bas-fonds du Panthéon, des créatures frustes et malfaisantes, débute la grande mythologie olympienne et préfigure la maturité de la culture grecque, car Zeus et ses congénères vont vivre désormais intensément à travers des récits imaginatifs, une littérature de haute volée et un goût artistique prodigieux. Les Titans vaincus tomberont dans l’oubli et resteront à jamais sans culte pour les honorer. Il n’est guère de contrées préhelléniques qui ne fassent référence de près ou de loin à un maître-dieu, d’une stature similaire à celle de Zeus. Dieu du Ciel. Originellement, dieu du Ciel diurne, sa mort a été envisagée dans le cadre du cycle cosmique. Ainsi, les Crétois montraient le tombeau de Zeus au mont Iouchtas et contaient sa mort au grand scandale des autres Grecs. Par sa nature cyclique, le Zeus originel tendait nécessairement à devenir un dieu déchu et menacé. À partir du moment où il est devenu le dieu suprême, cet aspect a été occulté et les Grecs ont rejeté l'idée d'une « mort » ou d'un renversement de Zeus. Néanmoins, il reste de nombreuses traces de cet état ancien tels le complot contre Zeus mentionné dans l'Iliade, ou le mythe de Prométhée. Zeus "Upatos", "Upsistos" « très-haut, suprême » a reçu, au cours du partage du monde, la sphère céleste, la partie la plus considérable, la plus imposante et la plus mystérieuse aux yeux du genre humain. Le Ciel est un poste privilégié : Zeus observe les actions des hommes, peut intervenir et les corriger. Hésiode écrivait : « L’œil de Zeus voit tout, connaît tout ». Les montagnes dont le sommet tutoie les nuages et les éclairs vont être le truchement sacré et privilégié entre Zeus et les hommes : l’Olympe principalement (la plus haute : environ ), mais aussi le Parnès (en Attique, Zeus "Ombrios", le dieu des pluies) ; le Pélion (en Thessalie, Zeus "Akraïos", le dieu du sommet) ; le Lykaion (en Arcadie l'actuelle Diaphorti : Zeus "Lykaïos"), etc. C’est de ces hauteurs terrestres qu’il descend parfois vers les Hommes et c’est tout naturellement qu’Iris dont l’arc coloré joignait la terre aux cieux fut sa messagère. La vallée de Tempée, creusée par les eaux du Pénée entre l’Olympe et l’Ossa est attribuée au bras puissant de Zeus qui sépara la montagne. Un dieu justicier et protecteur. Zeus Pátêr (). Dans "Les Travaux et les Jours", Hésiode s’adresse à Zeus afin qu’il replace les lois dans l’équité. Le premier acte du dieu est de neutraliser ses encombrants ancêtres pré-olympiens, de libérer les innocents suppliciés et de rétablir sa fratrie légitime. Sûr de sa force et de son bon droit, il sera désormais « le père des dieux et des hommes ». Homère avait, à juste titre, fait de Zeus, dans l’Iliade, l’aîné de la famille. Car c’est bien en véritable grand frère qu’il va exercer son autorité. Plus tard, sa nombreuse progéniture, divine ou mortelle, renforcera ce caractère de patriarche de la famille. De par son aspect de dieu-père d’inspiration indo-européenne mais immergé dans une société méditerranéenne , Zeus est, selon Louis Séchan, « pour l’essentiel, la grande divinité des immigrants hellènes ». Homère, en mêlant les dieux aux affaires des hommes, va contribuer puissamment à « humaniser » les divinités et ainsi renforcer les liens entre eux. Hérodote faisait déjà la différence entre la divinité « à forme humaine » des Asiatiques () et la divinité « à nature humaine » des Grecs (). Un dieu bienfaiteur et sauveur. Zeus est un dieu qui délivre des présages et il se montre attentif aux suppliques ("Zeus Hikésios", « dieu des suppliants »). Zeus communique ses intentions par des moyens variés : ornithomancie (vol des oiseaux), oniromancie, bruits (les klèdonès), extase, tirage au sort (les Klèroï ; latin : "sortes"), et nombre de manifestations atmosphériques. Trois principaux sanctuaires lui furent consacrés pour entendre ses oracles. Dieux similaires. Zeus présente aussi de fortes similitudes avec les dieux de l'Orage de l'Anatolie et du Levant (Hadad, Baal, Teshub) qui ont probablement influencé certains de ses aspects, notamment celui de souverain. Il est identifié à ces divinités (par exemple à Baalshamin) aux époques récentes de l'Antiquité. Une mythologie unifiée. L'importance de Zeus dans tous les domaines deviendra si constante qu’elle s'érigera au-dessus de tous les autres cultes. Eschyle écrivait : Si certaines divinités furent adorées plus particulièrement dans certaines régions, Zeus est toujours demeuré le dieu universel honoré partout. Il fut véritablement le trait d’union panhellénique. Les épithètes (ou « épiclèses ») que reçut ce dieu paternel sont innombrables. Beaucoup de dieux de l’Olympe dans l’entourage de Zeus sont des personnifications de notions morales : justice, sagesse, beauté, destin, vengeance, etc. ou les instruments de lois divines comme les Trinités : Moires, Érinyes, Gorgones ; l’historien Michael Grant et John hazel rappellent que Xénophane et Platon se sont indignés de certains récits qui faisaient des dieux des personnages caricaturaux, sans morale et sans mœurs. . Telle fut la réponse des Athéniens à l’inquiétude de leurs alliés spartiates, la veille de la bataille de Platées, en -479. Amours. Zeus est célèbre pour ses innombrables aventures avec des mortel(le)s, des déesses et des nymphes : Danaé, Alcmène, Sémélé, Léto, Europe, Ganymède, Euphorion, etc. Il est le père de nombreux dieux : Arès, Athéna, Dionysos, Hermès, Apollon, Aphrodite et Artémis ; de nombreux héros : Héraclès, Persée, Castor et Pollux, entre autres. Ces nombreuses infidélités de Zeus à sa troisième femme, Héra , sont la cause de fréquentes disputes entre les divins époux. De plus, la déesse se montrant d'un caractère très vindicatif, elle poursuivait souvent de sa vengeance les maîtresses (Io, Léto, etc.) ou même les enfants (Héraclès) de son mari. Épithètes, épiclèses et attributs. Ses attributs : |
Zero interest rate policy La Zero Interest Rate Policy (ZIRP) est une politique monétaire menée par les banques centrales afin de stimuler les crédits et les investissements. Concept. La "Zero Interest Rate Policy" consiste à la mise en place par la banque centrale de taux d'intérêt (taux de rémunération des dépôts, taux de prêt marginal, ...) à 0% de sorte à stimuler l'activité économique. Une étude de la Réserve fédérale des États-Unis montre que, selon les simulations des modèles DSGE, la ZIRP peut avoir des effets positifs. Histoire. La banque centrale pionnière en ZIRP est la Banque du Japon, qui a fixé des taux d'intérêt nuls ou quasi nuls de 1999 à 2005, à la suite de la bulle spéculative japonaise. Elle a seulement été interrompue brièvement entre août 2000 et mars 2001. Cette politique a été associée à du quantitative easing. La politique de taux d'intérêt zéro est un échec car elle ne permet pas au Japon de stimuler son économie. Certains économistes ont mis en cause la faible qualité de la communication de la Banque du Japon. La crise économique mondiale de 2008 conduit plusieurs pays à adopter des politiques monétaires non conventionnelles et une politique de taux d'intérêt zéro. |
Zaibatsu Au Japon, définit un grand groupe d'entreprises, présentes dans presque tous les secteurs de l'économie. Ces entreprises entretenaient des participations croisées. Historique. Les zaibatsus constituèrent l'épine dorsale du complexe militaro-industriel japonais lors de l'expansion de l'empire du Japon pendant l'ère Showa. Certains comme Mitsubishi et Nissan furent notamment impliqués dans la fabrication de l'armement et des appareils militaires, de même que dans les usines implantées dans les colonies comme le Mandchoukouo où elles eurent recours à des travailleurs forcés. Lors de l'occupation du Japon, entre 1945 et 1947, les Américains voulurent les démanteler (notamment en augmentant l'impôt sur les successions), du fait de leur rôle actif dans la Seconde Guerre mondiale. Les zaibatsus ne disparurent pas, mais adoptèrent une autre structure plus décentralisée (pour contourner l'intediction de créer des holdings) que l'on nomme maintenant "keiretsu". D'autre part, tous leurs dirigeants furent exonérés de poursuites criminelles par Douglas MacArthur. Les quatre principaux zaibatsus étaient : Mitsubishi, Mitsui, Sumitomo et Yasuda. Toyota, . |
Zilog Z80 Le Zilog Z80 est un microprocesseur 8 bits conçu et fabriqué par Zilog. Une des particularités de ce processeur est le couplage de certains registres ( ) et le bus d’adresses , permettant un traitement de l’information nettement plus rapide qu’avec un processeur classique. Ce processeur fut commercialisé pour la toute première fois en . Au début des années 1980 il fut très populaire dans la conception des ordinateurs 8 bits comme le Radio Shack TRS-80, les Sinclair ZX80, ZX81, ZX Spectrum, le standard MSX, les Amstrad CPC, le PC-88 et plus tard dans les systèmes embarqués. Avec la famille des MOS 6502, il domina le marché des ordinateurs 8 bits à partir de la fin des années 1970 jusqu’au milieu des années 1980. Le Z80 a été conçu pour être compatible avec l’Intel 8080 : la majorité du code pour 8080 pouvait fonctionner sans grandes modifications sur le Z80. Le système d’exploitation CP/M fut conçu pour fonctionner sur les ordinateurs dotés d'un Intel 8080 et pouvait aussi fonctionner sans modification sur les ordinateurs doté d'un Z80. Les ordinateurs dotés d'un Z80 étaient en général plus puissants et avaient plus de fonctionnalités que ceux dotés d'un 8080. Certaines versions de CP/M et beaucoup d’applications pour CP/M n’existaient qu’en version pour Z80. Historique et vue d'ensemble. Le Z80 a vu le jour lorsque Federico Faggin, après avoir travaillé sur l'Intel 8080, quitta Intel à la fin de 1974 pour fonder Zilog avec Ralph Ungermann, pour, en , mettre le Z80 sur le marché. Il a été conçu pour être compatible au niveau binaire avec l’Intel 8080 de sorte que la plus grande partie du code 8080, notamment le système d’exploitation CP/M, fonctionne sans modification dessus. Le Z80 a rapidement pris la relève du 8080 sur le marché, et est devenu l’un des processeurs 8 bits les plus populaires. Peut-être une des clés de la réussite du Z80 fut-elle le rafraîchissement intégré de la DRAM, et d’autres caractéristiques qui permettaient aux systèmes d’être construits avec moins de puces annexes. Pour la première génération NMOS, la fréquence d’horloge maximale augmenta progressivement. Tout d’abord à , puis par le bien connu (Z80a), jusqu’à 6 (Z80b) et (Z80h). Une version CMOS fut développée avec des fréquences limites allant de à (pour la version vendue dans les années 2000). La version CMOS a également un mode veille de basse consommation, avec conservation de l’état du processeur (sans limite basse de fréquence). Les Z180 et eZ80, dérivés entièrement compatibles, sont actuellement spécifiés pour un maximum de 33 et respectivement. Des utilisations du processeur comprennent des calculatrices Texas Instruments, les consoles de jeux vidéo de salon Master System, ou portables. Certaines consoles plus puissantes dotées d’autres processeurs centraux comme la Neo Geo ou la Mega Drive avec son Motorola 68000, utilisaient le Z80 comme processeur complémentaire afin de gérer le son ou les entrées/sorties du système. En 2007, le Z80 n’est plus utilisé que dans des systèmes embarqués, tels que des photocopieurs, des télécopieurs (fax), calculatrices et autres appareils de bureautique sous la forme de contrôleurs « tout en un », ceci, en raison de l’importante bibliothèque disponible pour ce processeur, et la facilité de son interfaçage avec les claviers matriciels et les afficheurs LCD. Composition du Z80. Ce microprocesseur a 16 lignes d’adresse ce qui lui permet en théorie d’adresser 65536 octets. Il se compose de 5 parties : Les registres. On distingue deux catégories de registres : les principaux et les secondaires qui, contrairement à ce qu’indique leur nom, ont une réelle utilité car ils servent de registres image quand les échanges sont indispensables lors des calculs. Les registres principaux sont composés de deux familles : des registres simples , pouvant être couplés en registres pairs et des registres IX, IY, SP pouvant être dépareillés en registres (sauf SP), servant à indexer la mémoire car contenant un I comme index. Les registres comportant des L signifient Low et ceux comportant des H signifient High. Le nom d’un registre de est composé d’une seule lettre, tandis que celui d’un registre est composé de deux lettres. Le couplage des registres de se fait en nommant les deux registres, en commençant par celui de poids fort (par exemple, BC est le couplage des registres B et C). Le registre A, est le plus important, il est appelé aussi « accumulateur. » De très nombreuses instructions en code machine se servent de ce registre. Il est très utilisé dans les opérations de comparaisons. Le registre F appelé « flag » (drapeau en anglais), contient 8 indicateurs (drapeaux) sur le résultat du dernier calcul effectué. On trouve notamment : Les registres B et C sont utilisés comme compteurs et en conjonction avec les registres D et E dans des opérations simples. Les registres H et L ont les mêmes propriétés et ont un appareil d’instruction très riche, ils sont utilisés pour contenir des adresses mémoire mais leurs capacités sont inférieures à celles du registre A. Comme les registres I et R. Les registres IX et IY sont des registres pairs, ils peuvent être indexés et sont utiles pour les travaux sur des listes de tables. Pour le ZX 81, ils servaient à la gestion du système comme l’affichage, le programmeur en langage machine devait les restaurer après utilisation ce qui était un inconvénient sur cette machine. Le registre SP, appelé stack pointer sert à ranger des résultats intermédiaires dans une pile. PUSH et POP sont deux instructions clé de ce registre qui permettent respectivement de placer et de retirer un élément de la pile. Les familles d’instructions. La première famille se compose des octets de chargement LD (load) qui charge la mémoire dans un registre et inversement. Elle se compose aussi des instructions d’échange (EX) qui effectuent des échanges entre registres ou entre registres et valeurs. La deuxième famille se compose d’instructions arithmétiques comme l’addition, la soustraction, la décrémentation et l’incrémentation. La troisième famille se compose d’instructions logiques comme AND et OR qui effectuent des opérations en comparaison de deux registres bit à bit. AND transformera deux 1 en un seul 1, un 1 et un 0 en un 0, etc., XOR a une valeur de ou exclusif et CPN lève différents drapeaux du registre F selon les résultats. La quatrième famille se compose d’instructions de branchements conditionnels et inconditionnels qui commandent des ruptures de séquence : JR (saut relatif), JP (saut simple), CALL, RST qui renvoient à un endroit du code machine comme les instructions en basic GOTO et GOSUB, RET qui ferme la boucle comme l’instruction basic RETURN. Ensuite, il y a les familles d’instructions de pile (stockage sur pile et dépilage), les familles d’instructions de rotation qui modifient le décompte des bits dans un registre, les familles d’instructions de bit travaillant sur un bit particulier, les familles d’instructions d’entrée-sortie, les familles d’instructions d’interruption, les familles d’instructions de transfert |
Z80 Z80 ou Z-80 peut faire référence à : |
Zaurus Le Zaurus est une série d'Assistants personnels construits par Sharp Corporation pour le marché japonais et fonctionnant sous le système d'exploitation Linux et OpenBSD. Le Zaurus Linux est quant à lui le premier assistant personnel vendu avec le système d'exploitation Linux qui connaît un grand succès. En effet, son prédécesseur, l'Agenda VR3 n'avait connu qu'une courte carrière. Cet appareil n'a que le nom de commun avec les précédents Zaurus de Sharp ; il s'agit en effet d'une architecture matérielle et d'un système d'exploitation complètement différents. Sharp remplace ainsi son système d'exploitation propriétaire par un système libre qui lui évite de se rallier à Palm OS ou à Windows CE. En France, et plus généralement dans les pays francophones, l'association Zaurusfr a pour but la promotion non commerciale quant à l'utilisation de cette gamme de PDA. Les différents modèles. Il y en plusieurs, par ordre chronologique d'apparition : Logiciels. Les Zaurus SL sont livrés avec : La distribution Ångström fonctionne sur tous les modèles de Zaurus. Notes et références. ! |
ZX Spectrum Le ZX Spectrum est un petit ordinateur personnel mis sur le marché par le constructeur informatique anglais Sinclair Research en 1982. Basé sur le processeur Zilog Z80 tournant à , le Spectrum était équipé avec 16 ou de mémoire vive (une extension était aussi disponible pour passer de 16 à ). Historique. Vendu pour 125 livres sterling (GBP) pour le modèle et 175 GBP pour le modèle , le Spectrum fut le premier ordinateur personnel grand public au Royaume-Uni, semblable en importance au Commodore 64 aux États-Unis (qui était également un rival du Spectrum en Europe). Une version légèrement modifiée du Spectrum, dans une carrosserie argentée avec des touches en plastique dur, fut vendue aux États-Unis par Timex sous l’appellation TS2068. Il avait une extension ROM de supplémentaires, avec l'interface ou vendue séparément : un port pour cartouches, deux ports pour manettes de jeu et un microprocesseur audio AY-3-8912, et des commandes BASIC supplémentaires pour commander ce matériel (STICK, SOUND). Dans les modèles suivants, on trouve le ZX Spectrum +, avec un clavier amélioré, et le ZX Spectrum 128, avec un meilleur son et de RAM. Après l’achat par Amstrad de Sinclair Research en 1986, deux versions supplémentaires virent le jour : le avec un enregistreur de cassettes inclus dans la machine, et le avec un lecteur de disquettes inclus. Un certain nombre de développeurs de jeux importants aujourd’hui ont commencé leur carrière sur le ZX Spectrum, comme Ultimate Play the Game (aujourd’hui Rareware), Peter Molyneux (ex-Bullfrog Productions), et Shiny Entertainment. Plusieurs clones ont été produits, particulièrement en Europe de l'Est (Elwro, HC85) et en Amérique du Sud. Certains sont restés en production jusque dans les années 1990, tels le Didaktik et le Sprinter de Peters Plus Ltd. Description. La sortie vidéo se faisait sur une télévision avec un affichage couleur. Un clavier en caoutchouc avec au-dessus de la membrane (similaire à celle d’une calculatrice) des inscriptions rappelant les mots clés du BASIC. Ainsi, en mode de programmation, l’appui sur la touche « G », par exemple, insère la commande BASIC « GOTO ». Les programmes étaient enregistrés sur un magnétophone classique. Particulièrement lent au regard des technologies actuelles, il n'était pas rare de devoir charger un programme pendant plusieurs minutes avant de pouvoir l'utiliser, ce qui poussa le constructeur à développer son propre système de sauvegarde. L’affichage vidéo du Spectrum, bien que rudimentaire par rapport aux standards actuels, était à l’époque adapté pour l’affichage sur des postes de télévision portables à tube cathodique et n’a pas été un frein au développement de jeux vidéo. Le mode texte est de 32 colonnes sur 24 lignes avec un choix de 8 couleurs dans un mode soit normal, soit brillant, ce qui donne 16 teintes. La résolution graphique est de 256×192 avec les mêmes limitations de couleurs. Le Spectrum a une méthode intéressante de gestion des couleurs ; les attributs de couleurs sont dans une grille de 32×24, séparée des données graphiques et texte, avec une limitation à seulement par cellule. Cela a amené à ce qui a été appelé "colour clash" ou "attribute clash" (collision de couleurs ou d’attributs) qui provoquait des effets non désirés dans les jeux de style arcade. En ce qui concerne le son, un simple émettait des sons rudimentaires. À titre d'information, la commande BEEP n'acceptait que deux paramètres : la fréquence et la durée du « bip » et pas d'enveloppe ou de volume. Néanmoins, il est possible de repousser ces limites grâce à la modulation de largeur d'impulsion, et ainsi augmenter le nombre de pistes à 8, 10 voire 16 voix, et modifier l'enveloppe. Certains jeux tiraient parti de ces possibilités, comme "Agent X" ou "Artura". Un processeur sonore Yamaha AY-3-8912 (identique à celui installé sur les micro-ordinateurs Amstrad CPC, MSX, Oric, et plus tard sur les Atari ST), fut ajouté sur le modèle . Périphériques. Plusieurs périphériques pour le Spectrum ont été mis sur le marché par Sinclair Research : l’imprimante y était déjà puisque le Spectrum pouvait utiliser l’imprimante thermique du ZX81. L' a ajouté un port RS-232 standard, un port pour réseau local et la possibilité de connecter des "microdrives", minuscules cassettes contenant une bande magnétique en boucle qui furent également utilisées sur le Sinclair QL. Sinclair a aussi délivré l’ qui ajoutait deux ports de manette de jeu et un port pour cartouche ROM. Postérité. En 2017, un projet permet au de revivre. C'est la recréation moderne du sous la forme d'un ordinateur totalement compatible avec son modèle, et possédant des fonctionnalités modernes, telles que la prise en charge du HDMI. Lancé le , pour le de l'ordinateur de Sinclair, dépasse largement le seuil fixé à . L'ordinateur n'est pas seulement une réédition de l'ordinateur original, mais plutôt une véritable amélioration. Les périphériques orignaux sont compatibles avec le . En 2019, Fuzix, un Unix léger pour processeurs 8 bits et 16 bits, développé par Alan Cox, l'un des principaux développeurs de Linux, est porté sur la plateforme ZX Spectrum. |
Zetzellia Le genre Zetzellia rassemble des acariens prédateurs de la famille des Stigmaeidae, dont les formes mobiles ont pour proies principalement les acariens présents sur les arbres fruitiers. |
Zenzile Zenzile est un groupe de dub français, originaire d'Angers, en Maine-et-Loire. Biographie. Le groupe est formé en 1996 à Angers, en Maine-et-Loire. Zenzile est le nom d'un poète sud-africain engagé contre l'apartheid, ce qui est un moyen pour le groupe d'exprimer ses idées tout en palliant une des difficultés majeures du dub, à savoir l'absence de paroles. Cependant, les chanteurs invités Jamika Ajalon et Jean Gomis interviennent régulièrement depuis 1999. Le quintet pratique un dub légèrement électronique et assez épuré , aux teintes de rock qualifié « d'aérien ». Ils produisent eux-mêmes leur premier EP, "Dub Promozione" en 1998. Le premier album studio, intitulé "Sachem in Salem" sort en 1999, au label Crash Disques. Jaja quitte le groupe pour créer le groupe "Afous Afous" (en 2006 sortira l'album "Moment by Moment", fruit de sa rencontre avec Tinariwen). Il est remplacé par Scott. L'année 2000 voit la première collaboration avec Jamika sur le premier "5+1" nommé "Meets Jamika". En 2001, Zenzile publie son deuxième album studio, "Sound Patrol", toujours chez Crash Disques. Cet album marque la collaboration avec Sir Jean et Jamika. Zenzile poursuit ses rencontres "5+1" avec Jean Gomis, chanteur du groupe Mei Tei Sho en 2002 sur "Meets Sir Jean" et avec Vincent Ségal, violoncelliste du groupe Bumcello en 2003 sur "Meets Cello". Durant l'été 2004, le groupe joue au festival Sakifo à La Réunion. En 2005 sort l'album "Modus Vivendi". Cet album marque l'arrivée d'Alex à la guitare. Deux titres sont inspirés par l'île homonyme. "Mafate" et "Le Rayon vert". Jaja y assure d'ailleurs la production. En , Zenzile réalise une tournée avec High Tone, un autre groupe de la scène dub française. Ils effectuent ensemble un split intitulé "Zentone", publié le en formats CD et vinyle chez Jarring Effects. Le groupe évolue également en configuration "sound system" et propose des mixes inédits sur son site officiel. "Metà Metà", le premier album sous le nom de Zenzile Sound System est sorti en . Dans ce disque, Zenzile apparaît sous son côté le plus électro, dans l'esprit de Maurizio, Cinematic Orchestra, Amon Tobin ou des productions du label Ninja Tune. En , le Zenzile Sound System est en tournée, dont six dates avec Zong, groupe électro réunionnais. Jamika fait une parenthèse solo avec l'album "Helium Balloon Illusions" qui sort en mars 2007. Cette année marque un certain renouveau pour le groupe, qui signe avec ', un album à la frontière du post-rock, livrant une ambiance plus lourde avec des partitions de guitare plus complexes, portées sur les riffs. Entre autres, Tricky fait partie des multiples invités de ce nouvel opus. L'album ' est publié le . En 2010, Zenzile se lance dans l'expérience du ciné-concert avec l'adaptation du film Le cabinet du docteur Caligari à travers une tournée française. "" sort le . La fin de l'année 2013 voit la réédition de leur premier album" Sachem In Salem", en CD et vinyle. En 2014, le groupe réitère l'expérience du ciné-concert avec l'adaptation du film Berlin, symphonie d'une grande ville. Le groupe joue les 9 et au quai d'Angers, avant une grande tournée prévue pour 2017. En 2017, le groupe sort "Elements", premier album sans Jamika depuis 1999. La jeune chanteuse Zakia Gallard participe sur 4 morceaux. L'album est plus orienté pop tout en restant dans une ambiance dub aérienne. En , après 6 années de collaboration avec Jayree et 15 ans après le dernier album de la série "5+1", Zenzile sort un album qui marque le retour du groupe à ses racines dub jamaïcaine avec le principe d'un morceau suivi de sa version dub. |
Zen Hakko Kaï Le Zen Hakko Kaï est un art martial de l'école du ju-jitsu, créé en France dans les années 1980. Le Zen Hakko Kaï s'inspire des principes du Hakko-Ryu-Ju-Jitsu. Historique. La création du groupe Zen-Hakko-Kaï est le résultat du cheminement d'un groupe de pratiquants mâconnais, de leurs rencontres et des échanges qu'ils ont pu avoir à partir de leur discipline. Le "Cercle d'Arts Martiaux Maconnais" a permis la mise en place du ju-jitsu dans la région proche, dès 1973, en faisant venir des experts chaque mois et en organisant des stages d'été. En 1976, Jean-Luc Masnières, professeur du club, rédige un manuel de ju-jitsu qui sera édité en 1978 aux éditions Amphora. En 1977, le choix d'une orientation technique est adopté : l'Hakko-Ryu-Ju-Jitsu. Un groupe de clubs est constitué sous l'égide de différents organismes diffusant l'enseignement de cette école. En 1981, Jean-François Masnières, part étudier cette discipline au Japon, dans le dōjō du Maître fondateur de l'école Hakko-Ryu, Ryuho Okuyama. Il en revient avec le grade de , le titre de Shihan et l'autorisation de formaliser la création d'un groupe autonome. C'est la naissance du "dojo français d'Hakko-Ryu-Ju-Jitsu". Celui-ci préside à la création de plusieurs clubs dans les différentes régions de France, diffuse la technique, édite les Cahiers Techniques relatifs à la progression de cette école, assure la formation des cadres et organise des manifestations promotionnelles (démonstrations publiques, galas, critérium techniques, etc.). Mais le travail du groupe ne se limite pas à l'Hakko-Ryu. Des rencontres et des échanges ont lieu avec des experts d'autres écoles de ju-jitsu et de kempo. Ces contacts fructueux conduisent à repenser le cadre de l'enseignement. L'année 1987 consacre l'élargissement du champ de travail et la mise en place d'une nouvelle progression technique : le Zen-Hakko-Kaï. En 1993 un ouvrage, paru aux éditions Solar et réalisé par Jean-luc et Jean-François Masnières, assure la promotion du groupe et la diffusion de sa technique et de sa progression auprès du grand public, en France comme à l'étranger. En , Jean-François Masnières est décédé. Principes techniques. Outre les principes généraux communs à toutes les écoles de ju-jitsu, l'originalité du Zen-Hakko-Kaï se fonde sur un certain nombre de spécificités qui induisent sa forme et le contenu de la progression d'étude. Directement issu de l'Hakko-Ryu-Ju-Jitsu, le Zen-Hakko-Kaï est une extrapolation des principes fondamentaux de cette école traditionnelle (à l'exclusion de sa finalité médicale), au travers de situations et de modes d'expression correspondant à des contextes très variés. Les méthodes d'entraînement et les formes de pratique ont été enrichies afin d'offrir aux pratiquants une discipline complète, au caractère sportif plus affirmé et débouchant sur une réelle efficacité pratique. Principes spécifiques. Le principe fondamental de l'école consiste à retourner immédiatement l'attaque contre l'adversaire (action positive). C'est-à-dire que le contre doit être le plus direct possible, les limites d'application de ce principe étant le temps de réaction et le danger représenté par la forme d'attaque de l'adversaire. Indépendamment des nuances que l'on peut apporter à cette règle de base et qui correspondent à la diversité des situations, les différentes techniques de la progression peuvent être caractérisées comme suit : Application pratique. La diversité des situations de combat et le réalisme qui doit s'attacher à la définition des formes de défense applicables, conduisent à adopter et interpréter le principe fondamental de l'école. C'est pourquoi, dans la pratique, il existe un certain nombre de situations intermédiaires durant lesquelles les modes d'expression peuvent avoisiner voire rencontrer les formes techniques d'autres écoles ou disciplines. Quelles que soient les solutions techniques retenues, l'apprentissage s'effectue d'abord en longues séries lentes, destinées à éduquer le corps, développer les automatismes, affirmer les contacts, mesurer le bon déroulement de l'action, veiller à la continuité et à la progressivité de ses effets sur l'adversaire. À tous les niveaux de la pratique, cette forme de travail est une constante de l'entraînement, le moyen de progresser toujours plus dans la voie d'une efficacité réelle bien que peu perceptible au plan visuel. La vitesse intervient à un second stade. Elle s'accompagne d'un travail destiné à développer les automatismes, dans des conditions qui deviennent de plus en plus complexes, au fur et à mesure que le niveau technique du pratiquant s'élève. Enfin, l'étude et le travail des "atemi" font partie intégrante de l'entraînement, quel que soit le niveau du pratiquant. Structure. L'évolution technique de 1987 s'est accompagnée d'un élargissement du champ géographique d'intervention du groupe. L'enseignement du Zen-Hakko-Kaï a dépassé les frontières françaises, notamment en Espagne, en Belgique et au Luxembourg. En raison de la dispersion géographique des clubs, le choix d'une structure centralisée a été adoptée. Cependant, de nombreuses manifestations sont organisées à l'initiative des régions (démonstrations, stages, rencontres techniques…). Une école de cadres est instituée au siège de l'association à Mâcon où des stages sont régulièrement organisés. |
1991 L'année 1991 est une année commune qui commence un mardi. Distinctions internationales. Prix Nobel. Les lauréats du Prix Nobel en 1991 sont : |
1918 L'année 1918 est une année commune qui commence un mardi. |
1984 L'année 1984 est une année bissextile qui commence un dimanche. |
Sciences économiques |
Émoticônes |
États des États-Unis Les États des États-Unis sont les subdivisions politiques et historiques les plus importantes des États-Unis d'Amérique. Ce pays est une république fédérale composée de cinquante États fédérés auxquels s'ajoutent le district de Columbia et plusieurs territoires. La souveraineté est exercée à la fois par le gouvernement fédéral et par chacun des cinquante gouvernements d'État. Un Américain est à la fois citoyen des États-Unis et citoyen de l'État où il est domicilié. La citoyenneté d'État est une chose assez flexible et aucune procédure légale n'est nécessaire, sauf rares exceptions, pour changer son domicile d'un État à un autre. Les Américains ont conscience d'appartenir à une même nation, malgré la diversité des régions. La Constitution des États-Unis attribue les pouvoirs respectifs des deux niveaux de gouvernement en utilisant des termes généraux. L'idée générale est qu'en ratifiant la Constitution (ou en adhérant à l'Union), chacun des États accepte : Selon le dixième amendement, tous les pouvoirs non spécifiquement transférés à l'échelon fédéral restent aux mains des États ou à celles du peuple. Historiquement, les pouvoirs relatifs à la santé, l'éducation, les transports, l'urbanisme et la gestion des infrastructures relèvent généralement des États, même si tous ont une part importante de financement et de réglementation fédérale. Les pouvoirs transférés, partagés ou maintenus localement sont les mêmes pour tous les États membres de l'Union. Au cours de l'histoire des États-Unis, le pouvoir fédéral a eu tendance à se renforcer au détriment des États et la question du droit des États demeure en débat aux États-Unis. Les États fédérés américains disposent de leurs propres ressources fiscales ainsi que de pouvoirs législatifs et exécutifs étendus. Les lois en vigueur sont par conséquent très variables d'un État à l'autre. De grandes différences de taille et de poids démographique rendent souvent difficile la comparaison entre les États : la Californie est soixante-dix fois plus peuplée que le Wyoming, l'Alaska est cinq cent cinquante fois plus grand que Rhode Island. Les États sont représentés de manière égale au Sénat des États-Unis, chacun élisant deux sénateurs quel que soit son poids démographique. Ainsi les quatre États les plus faiblement peuplés que sont le Wyoming, le Vermont, le Dakota du Nord et l'Alaska (moins de habitants chacun) y ont le même poids que les quatre plus peuplés, la Californie, le Texas, l'État de New York et la Floride (respectivement 40, 28, 21 et 20 millions d'habitants). Par contre, à la Chambre des représentants des États-Unis, le nombre de représentants est proportionnel à la population de l'État (avec un minimum d'un représentant par État). Quatre États portent le nom officiel de « Commonwealth » : le Kentucky, le Massachusetts, la Pennsylvanie et la Virginie. Cette particularité n'implique aucune différence constitutionnelle avec les autres États. Les cinquante États. Le tableau triable ci-après liste les cinquante États des États-Unis avec : "Pour trier, cliquez sur le petit triangle après le titre de la colonne" Union comme une seule nation. Après l'adoption des articles de la Confédération et de l'Union perpétuelle en 1777, les États devinrent une confédération. En partie en raison de manquements de la Confédération, les treize États formèrent à la place une fédération, constituée d'États fédérés. Pour ce faire ces États ont ratifié la constitution des États-Unis, qui prit effet en 1789. Les États-Unis devinrent alors une entité souveraine et unique pour ce qui concerne le droit international, avec le pouvoir de mener la guerre et de conduire des relations internationales. Relations entre États. Selon l', qui souligne les relations entre les États américains, ceux-ci doivent donner « Pleine foi et crédit » (') aux lois et décisions des législatures et des tribunaux des autres États ce qui inclut en général la reconnaissance des contrats légaux, des mariages, des jugements criminels, et jusqu'au , du statut d'esclave. Les États ne peuvent faire de discrimination à l'encontre des citoyens d'autres États et doivent respecter leurs droits fondamentaux, selon la clause « Privilèges et Immunités » ('). Le gouvernement fédéral garantit aux États une défense militaire et civile, ce qui exige aussi que le gouvernement de chaque État reste celui d'une république. Clause du Commerce. La Cour suprême des États-Unis a interprété la constitution américaine, comme la clause de Commerce (une clause de l'article premier de la Constitution qui donne au Congrès des États-Unis le pouvoir de réguler le commerce avec les autres pays, entre les États américains et avec les tribus indiennes), permettant un large périmètre d'action au pouvoir fédéral. Par exemple, le Congrès peut réguler le trafic ferroviaire sur les voies ferrées inter-États mais aussi le réguler sur les voies à l'intérieur d'un seul État en se basant sur la théorie qu'un trafic même uniquement à l'intérieur d'un État peut avoir un impact sur le commerce inter-États. Une autre source de pouvoir du Congrès est le « pouvoir de dépenser » . Le système est mandaté et financé en partie par le gouvernement fédéral, mais sert également les intérêts des États. En menaçant de retirer des fonds fédéraux dédiés aux voies rapides, le Congrès est en mesure de persuader les législatures des États d'adopter une variété de lois. Bien que cela puisse se traduire sur le terrain comme une atteinte aux droits des États, la Cour suprême confirme cette pratique comme une utilisation autorisée de la clause constitutionnelle de dépense. Adhésion à l'Union. Depuis la création des États-Unis, le nombre d'États est passé de 13 à 50. La Constitution américaine est assez laconique sur la manière dont des nouveaux États peuvent adhérer. Notant que « de nouveaux États peuvent être admis par le Congrès dans l'Union » et interdisant qu'un nouvel État soit créé à partir du territoire d'un État existant ou par la fusion de deux ou plusieurs États en un seul sans le consentement à la fois du Congrès des États-Unis et de toutes les législatures des États impliqués. En pratique, presque tous les États admis dans l'Union après les 13 d'origine ont été formés à partir de territoires des États-Unis (c'est-à-dire des territoires sous l'autorité du gouvernement fédéral mais ne faisant partie d'aucun État et qui étaient organisés avec une part d'autonomie règlementaire accordée par le Congrès). En général, le gouvernement d'un territoire organisé fait connaître le souhait de sa population pour sa constitution en État. Le Congrès demande alors au gouvernement territorial d'organiser une convention constitutionnelle. Après acceptation de cette Constitution, le Congrès peut alors reconnaître ce territoire comme un État. Les grandes lignes de ce processus ont été établies par l'Ordonnance du Nord-Ouest, qui est en fait antérieure à la ratification de la Constitution américaine. Cependant, le Congrès est l'autorité ultime pour accepter de nouveaux États et n'est pas obligé de suivre cette procédure. Quelques États américains, en dehors des treize d'origine, ont été admis sans avoir été des territoires organisés du gouvernement fédéral : Le Congrès n'a aucune obligation d'accorder le statut d'État à des territoires dont la population le demande. Par exemple, la République du Texas demanda son rattachement en tant qu'État aux États-Unis en 1836, mais les craintes d'un conflit avec le Mexique retardèrent cette adhésion de neuf ans. Le Territoire de l'Utah se vit refuser son adhésion à l'Union en tant qu'État pendant des décennies, la domination du territoire par les Mormons et particulièrement la pratique de la polygamie par ses élites étant mal vue de Washington. Une fois établies, les frontières des États sont très stables, les seules exceptions majeures étant la cession par le Maryland et la Virginie de territoire pour créer le district de Columbia (la partie cédée par la Virginie lui sera rendue par la suite), une cession par la Géorgie, une expansion du Missouri et du Nevada et le Kentucky, le Maine et le Tennessee respectivement issus d'une scission du Massachusetts et de la Caroline du Nord. Les derniers États à avoir adhéré à l'Union sont l'Alaska en et Hawaï en , respectivement et État de l'Union. Le nombre d'étoiles sur le coin supérieur du drapeau américain correspond au nombre d'États dans l'Union (les treize bandes correspondant elles aux treize États d'origine). Cette disposition date de 1818, le rajout sur le drapeau intervenant le , jour de la fête nationale, suivant l'entrée dans l'Union du nouvel État. Gouvernement. Chaque État dispose de sa propre constitution (celles de Géorgie, de Californie ou d'Alabama sont réputées pour être parmi les plus longues au monde). Cette constitution définit l'exercice et la répartition des pouvoirs au sein de l'État. Tous les États américains ont repris une forme de régime politique similaire à celui existant au niveau fédéral avec une branche exécutive, une branche législative et une branche judiciaire. Cela n'était pas une obligation, la Constitution des États-Unis exigeant juste des États qu'ils soient une république avec donc un gouvernement démocratique. Il pourrait ainsi y avoir un État avec un régime parlementaire. Dans chaque État, le pouvoir exécutif est exercé par un gouverneur élu, qui est souvent à la tête d'un cabinet et par quelques autres responsables qui suivant les États peuvent être élus ou nommés. Ainsi 42 des élisent un lieutenant-gouverneur qui remplace le gouverneur en cas de vacance du poste. Suivant les États, il est élu en "ticket", comme colistier lors de l'élection du gouverneur, ou lors d'une élection distincte. Les fonctions de secrétaire d'État, de trésorier de l'État ou d'auditeur de l'État peuvent être des fonctions élues ou nommées par le gouverneur suivant les États. Le pouvoir législatif est exercé par la législature de l'État composé de deux chambres : un Sénat et une assemblée de l'État ou chambre des représentants (à l'exception du Nebraska qui n'a qu'une seule chambre). Il existe également une branche judiciaire avec à son sommet une Cour suprême de l'État. Celle-ci est l'autorité suprême de toute décision judiciaire concernant une loi de l'État, la Cour suprême des États-Unis n'intervenant que si elle considère le sujet touchant à la Constitution des États-Unis ou relevant d'une loi fédérale. Nouveaux États possibles. Aujourd'hui, très peu de territoires pourraient prétendre à devenir un nouvel État de l'Union. Porto Rico est sans doute le candidat le plus sérieux. Le statut du district de Columbia est aussi en débat. Pour les autres territoires (îles Mariannes du Nord, îles Vierges, Guam, Samoa américaines...), peu peuplés et dispersés, la question ne se pose pas vraiment. Porto Rico. Les Portoricains sont citoyens des États-Unis depuis 1917. Cette île des Antilles, territoire américain depuis 1898 (comme Hawaï) et la victoire des États-Unis sur l'Espagne, est peuplée de plus de d'habitants (plus que les vingt-un États américains les moins peuplés). Le territoire non incorporé de Porto Rico ne dispose actuellement que d'une très faible représentation au Congrès : un délégué à la Chambre des représentants des États-Unis, le "Resident commissioner", sans droit de vote, et aucun sénateur. Le président George H. W. Bush publia un mémorandum le à destination des responsables des départements et des agences de l'exécutif américain pour établir les relations entre le gouvernement fédéral et le Commonwealth de Porto Rico. Le mémorandum demandait à tous les départements et agences fédérales de traiter administrativement Porto Rico comme s'il était un État américain dans la mesure où cela ne perturberait pas les programmes ou opérations fédérales. Le gouvernement de Porto Rico, qui a à sa tête un gouverneur élu, a organisé plusieurs référendums sur la question du statut de l'île lors des dernières décennies, même si le Congrès ne se sentait pas engagé par ses consultations. Tous les résultats montraient une victoire étroite des partisans du "statu quo" sur ceux partisans d'un État, un petit nombre souhaitant l'indépendance. Le , le président Bill Clinton a signé l'ordre exécutif 13183, pour créer un groupe de travail présidentiel sur le statut de Porto Rico et ses règles d'appartenance à l'Union, ordre exécutif que le président George W. Bush compléta. En , le groupe de travail proposa une série de nouveaux référendums pour résoudre ce problème. Si le Congrès vote les recommandations du groupe de travail, cela peut ouvrir la voie au premier vote mandaté par le Congrès sur le statut de l'île et potentiellement déboucher sur la création d'État américain vers 2010. Un nouveau référendum, en 2012, a finalement tranché en faveur d'une évolution vers le statut d'État américain à part entière. En effet, le , à l'occasion en même temps de l'élection présidentielle américaine, un quatrième référendum est présenté aux électeurs sous la forme de deux questions distinctes. Tout d'abord, à la question « Êtes-vous d'accord sur le fait que Porto Rico devrait conserver son statut territorial actuel ? » : Deuxième question : « Laquelle des options suivantes préférez-vous ? » Pour la première fois, l'option « État américain » est celle qui a reçu la majorité des voix, ce qui relance le débat sur la question du statut actuel de l'île et du potentiel État. Le , l'assemblée législative de Porto Rico a adopté une résolution demandant « au Président et au Congrès des États-Unis de répondre avec diligence à la demande du peuple de Porto Rico, et de commencer le processus pour admettre Porto Rico dans l'Union en tant qu'État ». Cette question n'a toujours pas été abordée par le Congrès américain. Le , un référendum consultatif à Porto Rico est organisé afin de savoir si Porto Rico devient un État, gagne son indépendance ou reste avec le même statut. L'admission dans l'Union est votée à 97,16 % des suffrages exprimés et 22,7 % de participation, résultat d'un large boycott. En mai 2020, alors que statut territorial actuel de Porto Rico est critiqué par certains citoyens, la gouverneure Wanda Vázquez annonce un nouveau référendum pour novembre 2020 pour décider si Porto Rico doit devenir un État américain. Le « Pour » l'emporte à 52,34 % des voix face au « contre » qui obtient 47,66 % des voix. Le référendum est non contraignant. District de Columbia. Les intentions des Pères fondateurs étaient que la capitale des États-Unis soit située sur un site neutre, ne favorisant aucun des États existants. Le district de Columbia fut donc créé en 1800 pour servir de siège aux autorités fédérales. Comme Porto Rico, les habitants du district n'ont qu'un délégué sans droit de vote à la Chambre des représentants et aucun sénateur (le droit d'élire de grands électeurs pour l'élection présidentielle ne leur fut accordé qu'en 1961 par le ). Certains résidents du district soutiennent la création d'un État ou d'une juridiction en reprenant ses compétences pour l'ensemble du district ou pour sa partie habitée, le reste (les lieux abritant les autorités fédérales regroupés au centre de la ville) restant sous la juridiction fédérale. Si un État est toujours une question politique réelle dans le district, il y a peu de perspectives d'un mouvement concret dans ce sens dans un avenir proche. L'accent est plutôt mis sur la poursuite de la "Home Rule" dans le district lui donnant une représentation pleine et entière au Congrès. Autres territoires. Pour le restant des territoires des États-Unis habités n'ayant pas le statut d'État les perspectives d'une accession à un statut d'État sont très éloignées. Tous sont relativement peu peuplés et ces territoires sont fortement tributaires des financements fédéraux. Si ces territoires songeaient à demander un statut d'État, ils devraient probablement s'associer pour augmenter leur population et leur superficie. Scission d'un État. Constitutionnellement un État ne peut être divisé en plusieurs États qu'avec l'approbation du Congrès américain et de la législature de l'État concerné, comme cela fut le cas du Maine, issu d'une scission du Massachusetts en 1820 (compromis du Missouri), du Kentucky (1792) ou de la Virginie-Occidentale (1863, refus de rejoindre les Confédérés), tous deux issus de la Virginie. Quand le Texas fut admis dans l'Union en 1845, il était beaucoup plus grand que tout autre État existant et il lui fut spécialement accordé le droit de se diviser au plus en cinq États distincts même si aucune tentative sérieuse dans ce sens n'a jamais été faite. États non reconnus. Par le passé, plusieurs tentatives de reconnaissance ou de création d'États, soit sur de nouveaux territoires soit par scission ou fragmentation d'États existants, n'ont pas abouti. État de Sylvania. Une sécession, qui n'aboutit pas, sur des territoires disputés entre la Virginie et la Pennsylvanie juste après la guerre d'Indépendance américaine. État de Franklin. Cet État exista pendant quatre ans, peu de temps après la fin de la guerre d'Indépendance américaine, mais ne fut jamais reconnu par l'Union, qui, finalement, reconnut la demande de souveraineté de la Caroline du Nord sur cette zone. Une majorité des États américains étaient disposés à reconnaître l'État de Franklin mais il manqua de peu la majorité des deux tiers des États requise pour admettre un nouvel État dans l'Union selon les Articles de la Confédération. Le territoire comprenant le comté de Franklin allait devenir plus tard la partie orientale de l'État du Tennessee. État du Deseret. En 1849, les Pionniers mormons, récemment installés à Salt Lake City, proposèrent par la voix de Brigham Young, président de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, un statut officiel pour le territoire sur lequel ils étaient installés englobant Grand Bassin et le bassin versant du fleuve Colorado ainsi qu'en partie ou en totalité les territoires de neuf États américains actuels. Cependant, la Californie et le Nouveau-Mexique faisant une demande pour devenir des États à part entière, Young changea de stratégie et se décida à demander la création d'un État qui exista "de facto" pendant deux ans. Finalement le Territoire de l'Utah sera créé en 1851, sur la partie septentrionale du Deseret, et donnera naissance après plusieurs mutations aux États de l'Utah et du Nevada. État de Jefferson. Le , la création de l'État de Jefferson dans le sud des Montagnes Rocheuses est repoussée par un vote du Congrès. À la place, est votée le la création du Territoire de Jefferson, qui est remplacé par le Territoire du Colorado le . En 1915, un second État de Jefferson est proposé dans le tiers nord du Texas mais cette proposition n'obtient pas l'approbation majoritaire au Congrès. En 1941, un troisième État de Jefferson est proposé avec plus de succès pour une ratification prévue en janvier 1942 dans la région principalement rurale du sud de l'Oregon et du nord de la Californie. Cette ratification est annulée à la suite de l'attaque japonaise de Pearl Harbor et l'entrée en guerre des États-Unis en . La proposition est soulevée plusieurs fois depuis. État de Lincoln. L'État de Lincoln est un autre État qui est proposé plusieurs fois. Dans la configuration cas la plus notable, il comprend généralement la partie orientale de l'État de Washington et la "panhandle" de l'Idaho (la pointe nord-ouest de cet État). À l'origine, il est proposé par l'Idaho en 1864 pour seulement sa "panhandle", jugée trop éloigné de la nouvelle capitale de l'État, Boise, et de nouveau en 1901 en y incluant l"'Eastern Washington", la région de l'État de Washington située à l'est de la chaîne des Cascades. Cet État est de nouveau proposé en 1996, 1999 et 2005. L'autre tentative de création de l'État de Lincoln est celle faite au sein de l'État du Texas après la guerre de Sécession en 1869. Les territoires du Texas, au sud et l'ouest du fleuve Colorado, sont ainsi proposés pour constituer un État pendant la période de la Reconstruction. État de Muskogee. Une tentative de création d'un État de Muskogee, concernant les amérindiens Creek, en Floride échoue en 1800. État de Sequoyah. Sequoyah est une tentative avortée de création d'un État par les Amérindiens en 1905. Il aurait été situé dans l'est de l'actuel Oklahoma et aurait eu une population à majorité amérindienne. État du Supérieur. La création de l'État du Supérieur, issu de la scission de la Péninsule supérieure du Michigan dans le nord l'État homonyme, fut proposée dès 1858. Les velléités sécessionnistes restèrent relativement actives jusqu'au milieu des années 1970, avant de péricliter pour devenir aujourd'hui très marginales. État de la ville de New York. La question de la séparation de la ville de New York de l'État de New York est régulièrement posée dans la métropole américaine mais sans réel projet et souvent brandie pour des raisons fiscales, la ville estimant payer trop d'impôts à l'État. Sécession. La Constitution américaine est muette sur le cas d'un État souhaitant quitter l'Union, sachant que pour des raisons historiques, jurisprudentielles, sociales (sentiment des habitants d'appartenir à une même nation) et le poids actuel du gouvernement fédéral, une sécession d'un État paraît quasi impossible. L'exemple le plus célèbre est la sécession de 11 États en 1861 pour former les États confédérés d'Amérique, qui conduisit à la guerre de Sécession et au retour par la force des États sécessionnistes dans l'Union. Parmi les mouvements sécessionnistes existants, nombreux tiennent du folklore, mais certains mouvements ont acquis une influence dans l'État concerné, voire une certaine notoriété nationale, on peut ainsi citer l'Alaskan Independence Party ou le Mouvement hawaïen pour la souveraineté. Le Parti libertarien, comme différents autres mouvements américains idéologiquement proches, prône lui plutôt un État fédéral réduit à sa plus simple expression (voir "Free state project"). Origine des noms des États. Les cinquante États des États-Unis tirent leur nom d'une grande variété de langues. La moitié des États, 25, ont un nom dérivé de langues amérindiennes : huit de l'algonquin, sept des langues siouanes (dont l'un "via" l'illinois, une langue algonquine), trois des langues iroquoises, un des langues uto-aztèques et cinq d'autres langues amérindiennes. Le nom Hawaï viendrait de l'hawaïen. Les autres noms dérivent des langues européennes : sept viennent du latin (principalement la forme latine de noms propres anglais), six viennent de l'anglais, cinq viennent de l'espagnol (plus un d'une langue autochtone "via" l'espagnol) et trois viennent ou pourraient venir du français (dont l'un "via" l'anglais) : Louisiane, Vermont et peut-être Maine. Onze États sont nommés d'après une personne : Caroline du Nord, Caroline du Sud, Delaware, Géorgie, Louisiane, Maryland, New York, Pennsylvanie, Virginie, Virginie-Occidentale, Washington. Mais pour six États, leur nom reste d'origine incertaine et il existe plusieurs étymologies possibles : Arizona, Utah, Idaho, Maine, Oregon et Rhode Island. |
10BASE5 10BASE5 est une norme Ethernet spécifiant une couche physique du modèle OSI utilisant une topologie réseau en bus, d'une longueur maximale de 500 mètres avec 100 connexions espacées au minimum de 2,50 m et une vitesse de . Il était aussi appelé Ethernet épais ou Thick Ethernet. Son support est du câble coaxial épais relié aux cartes réseaux par des émetteur-récepteurs (transceivers). Description. Le câblage 10BASE5 est décrit dans la clause 8 du standard Ethernet. Celle-ci définit les caractéristiques mécaniques, électriques et fonctionnelles du MAU (Medium Attachment Unit) et spécifie un type de medium pour les réseaux locaux, typiquement un câble coaxial RG-8 d'impédance 50 ohms. Le câble doit être terminé à chaque extrémité par des adaptateurs d'impédance, c'est-à-dire des résistances de , surnommés bouchons, pour éviter la réflexion du signal. Les caractéristiques générales du MAU sont les suivantes : |
10BASE2 10BASE2 (aussi appelé Ethernet Fin ou Thin Ethernet) est un standard Ethernet standardisant une couche physique dans le modèle OSI utilisant un câble coaxial fin. Celui-ci permet le transfert de données à des débits jusqu’à . Plus simple et plus économique que le 10BASE5, cette solution s’est vite imposée pour un câblage simple. Description. Aperçu général. 10BASE2 est décrit dans la du standard Ethernet. Celle-ci définit les caractéristiques mécaniques, électriques et fonctionnelles du MAU (Medium Attachment Unit) et spécifie un type de médium pour les réseaux locaux. Les caractéristiques générales du MAU sont les suivantes : Aperçu technique. Le câblage 10BASE2 utilise une topologie réseau en bus d’une longueur maximale de () (le 2 de 10Base2 vient de cette distance) avec espacées au minimum de . Son support est du câble coaxial fin d’impédance et de diamètre 6 ou (comme du RG58). Ce câble est composé de segments terminés par des connecteurs BNC (le B signifie baïonnette ("Bayonet)", c’est-à-dire que l’on enfonce la prise et que l’on tourne d’un quart de tour). Ces segments sont connectés à la carte réseau à l’aide d’un connecteur à , d’une prise BNC femelle qui se connecte sur la carte réseau et de deux embouts BNC mâles qui accueillent les BNC femelles du segment arrivant et du segment repartant. L’ensemble des segments et des connecteurs en T forment un seul grand câble qui doit être terminé à chaque extrémité par adaptateurs d'impédance, c'est-à-dire des résistances de , surnommés bouchons, pour éviter la réflexion du signal. Il est facile de vérifier que le câble est fonctionnel en mesurant avec un ohmmètre, voir avec une simple lampe très basse tension (12V) la conduction de l'âme centrale de part en part, qu'il n'y ait pas de court-circuit avec le blindage extérieur. Pour ce qui est l'impédance, étant mesurée en HF, c'est tout autre chose. Il est donc nécessaire d'utiliser un analyseur d'antenne, générateur HF... |
10BASE-T 10BASE-T est une norme Ethernet spécifiant une couche physique du modèle OSI utilisant une topologie réseau en étoile et des câbles à paires torsadées équipés de connecteurs RJ45. Historique. 10BASE-T a été conçu pour pallier les problèmes de 10BASE5 et 10BASE2, les autres standards Ethernet 10 Mbit/s qui souffraient d'une plus grande propension aux pannes et de l'utilisation de câbles plus chers. Cette solution s'est vite démocratisée en raison de la simplicité et de la «propreté de câblage », des câbles posés pour un usage téléphonique pouvant parfois être réutilisés. Description. Ce protocole est décrit dans la clause 14 du standard Ethernet. Celle-ci définit les caractéristiques mécaniques, électriques et fonctionnelles du MAU (Medium Attachment Unit) 10BASE-T et spécifie un type de support pour être utilisé avec ce MAU. Les caractéristiques générales du MAU 10BASE-T sont les suivantes : |
1885 L'année 1885 est une année commune qui commence un jeudi. |
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