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Compromis Un compromis est un arrangement dans lequel deux (ou plusieurs) parties font des concessions mutuelles dans le but d'arriver à une collaboration, ou en vue d'obtenir une majorité dans un groupe. C'est le résultat d'une négociation entre les parties en présence où chacune aura fait des concessions pour arriver à une solution commune qu'elles devront conjointement exécuter. Il peut être total (les participants ont vidé toutes les questions qu'ils souhaitaient traiter) ou partiel. On peut le voir satisfaire tout le monde ou au contraire laisser des insatisfactions. Mais surtout, la qualité du compromis se mesurera à son caractère complet et non ambigu; si une des parties a cru comprendre une chose qu'une autre partie n'a pas incluse dans l'accord, le compromis, de solution qu'il devait être, devient source de problèmes. Par ailleurs, la façon dont les promesses seront tenues influera fortement sur la suite des événements. Le meilleur compromis ne vaut rien sans son exécution. Le terme compromis peut également désigner le résultat d'un choix entre plusieurs solutions dont aucune n'est totalement satisfaisante. En droit, le compromis et la clause compromissoire. Le terme "compromis" désigne en son premier sens l'acte par lequel on donne pouvoir à des arbitres de juger des procès ou autres différents. Ainsi, en droit, le compromis est le contrat par lequel deux parties décident qu'un différend déjà établi sera tranché par des arbitres et non par les tribunaux. La clause compromissoire est la clause insérée dans un contrat qui prévoit que si un différend survient lors de l'exécution du contrat ce différend sera soumis à des arbitres et non pas aux tribunaux. La clause compromissoire doit prévoir comment seront nommés les arbitres. Autrement dit alors que le compromis est le contrat par lequel on soumet à des arbitres un différend déjà survenu, la clause compromissoire est la clause par laquelle on s'engage à soumettre à des arbitres un différend qui adviendra peut-être à l'avenir. Alors que le compromis peut être consenti par toute personne capable de s'engager dès lors que le différend est établi, la clause compromissoire est interdite en matière civile et permise en matière commerciale. Le contrat que la pratique connaît sous le nom de compromis de vente n'est donc pas véritablement un compromis. C'est en fait une promesse synallagmatique (c'est-à-dire bilatérale) de vente. Comme les deux parties (l'acheteur et le vendeur) s'engagent toutes les deux, la vente est parfaite dès la signature de la promesse. L'adage dit : « promesse de vente vaut vente ».
Liste des communes du Loiret Cette page liste les du département français du Loiret au . Histoire. Le , la commune de La Selle-sur-le-Bied absorbe la commune de Saint-Loup-de-Gonois et prend le statut de commune nouvelle, portant le nombre de communes du département de 326 à 325. Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020. La valeur de superficie prise comme référence pour le tableau est la superficie cadastrale publiée par l'Insee qui est la superficie évaluée en 1975 par le service du cadastre (Direction Générale des Impôts), corrigée des modifications communales intervenues depuis 1975. Elle comprend « toutes les surfaces du domaine public et privé, cadastrées ou non cadastrées, à l'exception des lacs, étangs et glaciers de plus d'un kilomètre carré ainsi que des estuaires ». Cette superficie peut être différente de la superficie géodésique qui est relative à l'ensemble du territoire de la commune.
Cap-Vert Le Cap-Vert, en forme longue la république du Cap-Vert (en portugais : ' et ') est un État insulaire d'Afrique de l'Ouest, composé d'un archipel de dix îles volcaniques. Situé dans l'océan Atlantique, au large des côtes du Sénégal, il couvre une superficie d'environ . Praia, la capitale, se trouve à à l'ouest de la presqu'île du Cap-Vert, au Sénégal. L'archipel se divise en deux séries d'îles : au sud, les îles de Sotavento (Brava, Fogo, Santiago et Maio) et au nord, les îles de Barlavento (Boa Vista, Sal, São Nicolau, Santa Luzia, São Vicente et Santo Antão). L'île de Santiago comprend à elle seule plus de la moitié de la population du pays, et Praia est la plus grande ville du pays. Les îles étaient inhabitées avant l'arrivée des premiers explorateurs portugais en 1456. Première colonie européenne dans les tropiques, elle sert de tête de pont à la traite des esclaves et au commerce triangulaire. Le Cap-Vert attire alors de nombreux corsaires et pirates, parmi lesquels Francis Drake vers 1580. Le naturaliste Charles Darwin visite également l'archipel en 1832. La colonie continue de croître au en devenant une escale sur les routes maritimes menant aux Indes orientales et à l'Australie. Au cours du , plusieurs famines déciment la population. Le pays accède à l'indépendance en 1975 et devient membre de la CEDEAO l'année suivante. À cette époque, de nombreux Cap-Verdiens émigrent à l'étranger, constituant une diaspora supérieure en nombre à la population résidente du pays. La plupart des habitants se définissent aujourd'hui comme créoles. De nos jours, le Cap-Vert possède une économie centrée sur la production de services, notamment dans le tourisme. De langues portugaise et créole capverdien, sa culture se nourrit d'influences européennes et africaines. La musique capverdienne et ses différentes composantes ("funaná", "coladeira", "morna", la "kizomba"), ont été popularisées dans le monde entier par la chanteuse Cesária Évora. Le catholicisme est la religion dominante (90 %) et le clergé a encore une forte influence sur la population, même si l'islam tend à se diffuser avec l'arrivée de migrants maliens et sénégalais. Toponymie. Le nom du pays est inspiré de la presqu'île du Cap-Vert (Sénégal, à plus de ). À la demande du gouvernement cap-verdien, le nom portugais "Cabo Verde" est désormais en usage officiel en français auprès de l'ONU. En revanche, aucune autorité francophone de toponymie ne le reconnaît et les noms Cap-Vert et République du Cap-Vert sont toujours ceux retenus par la Commission nationale de toponymie en France. Histoire. Du à la fin du. Les îles du Cap-Vert sont inhabitées jusqu'à l'arrivée des colons européens. L'archipel est découvert par des explorateurs génois et portugais vers 1456. Selon l'historiographie officielle du Portugal, la découverte est due au navigateur génois Antonio de Noli, que le roi Alphonse V nommera gouverneur du Cap-Vert. Des explorateurs ont également associé aux découvertes les noms de Diogo Gomes (lieutenant de Noli, qui prétend avoir été le premier à accoster et avoir nommé l'île de Santiago), Diogo Dias, Diogo Afonso et le Vénitien Alvise Cadamosto. En 1462, les Portugais parviennent à Santiago et fondent une colonie, "Ribeira Grande" (aujourd'hui Cidade Velha), le premier établissement européen dans les tropiques. Au , l'archipel prospère grâce aux bénéfices tirés de la traite négrière transatlantique. Des pirates attaquent occasionnellement les bâtiments portugais. Francis Drake, un corsaire anglais mandaté par une lettre de marque de la couronne britannique, pille à deux reprises "Ribeira Grande" (alors capitale du Cap-Vert) en 1585. Après une attaque de la France en 1712, le déclin de la ville s'amorce au profit de Praia, qui devient la nouvelle capitale en 1770. Régence d'Alger. Les îles du Cap-Vert ont servi de base navale aux bateaux des corsaires Algériens à la suite du pillage de Madère en 1617. En effet, les Algériens de la régence d'Alger s'y établissent afin d'attaquer les navires de l'Atlantique . et siècles : vers l'indépendance. Le déclin du commerce des esclaves au provoque une crise économique qui rompt progressivement la prospérité de l'archipel. Cependant, en raison de sa position stratégique à la moitié de la traversée de l'océan Atlantique depuis l'Europe, le Cap-Vert devient une escale privilégiée pour les lignes maritimes. Grâce à son port bien abrité, la ville de Mindelo (île de São Vicente) devient un important centre commercial de réapprovisionnement des navires. Le diplomate américain Edmund Roberts y effectue ainsi une halte en 1832. Les sécheresses chroniques dues à la déforestation entrainent toutefois des famines régulières, accentuées par l'absence d'aide alimentaire. Entre 1941 et 1948, on compte ainsi , soit plus du tiers de la population, dans l'indifférence des autorités portugaises. Le manque de ressources naturelles et d'investissements effectués par les Portugais provoquent le mécontentement de la population. Les colons refusent en outre toute velléité d'autonomie locale. Les revendications autonomistes croissent au cours du . Afin d'apaiser la situation politique et de satisfaire le mouvement nationaliste émergent, le Portugal modifie le statut juridique du Cap-Vert en 1951 : de simple colonie, l'archipel devient une province ultramarine. À partir de 1956, les indépendantistes du Cap-Vert, menés par Amílcar Cabral, et de la Guinée , s'allient pour former le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC). Le PAIGC exige alors des améliorations sur les plans économique, social et politique au Cap-Vert et en Guinée portugaise, posant ainsi les bases des mouvements indépendantistes de ces deux nations. En 1960, le parti installe son siège social à Conakry, en Guinée. L'année suivante, débute la rébellion armée du PAIGC contre les troupes portugaises : les actes de sabotage se transforment peu à peu en véritable guerre entre les du PAIGC, soutenus par l'Union soviétique, et les des troupes gouvernementales alliées à d'autres pays africains. En 1972, les troupes du PAIGC contrôlent la plus grande partie du territoire de la Guinée portugaise, malgré la présence de soldats portugais, mais l'organisation ne parvient pas à s'emparer des îles du Cap-Vert. En 1972, les Nations unies finissent par considérer le PAIGC comme « véritable et légitime représentant des peuples de la Guinée et du Cap-Vert ». Amílcar Cabral est assassiné le à Conakry par des membres de la branche militaire du parti, en relation avec des agents des autorités portugaises. La Guinée déclare son indépendance en 1973 et est reconnue indépendante "de jure" en septembre 1974 par le Portugal : elle devient la Guinée-Bissau et a pour premier dirigeant Luís Cabral, le demi-frère du leader indépendantiste capverdien. Déstabilisé par des problèmes politiques internes (la Révolution des œillets d'avril 1974), le Portugal ne peut s'opposer au retour en force du PAIGC au Cap-Vert, soutenu depuis la Guinée-Bissau par Cabral. En décembre 1974, le PAIGC et le Portugal signent un accord prévoyant la constitution d'un gouvernement de transition composé de Portugais et de Capverdiens. Le , les Capverdiens élisent une Assemblée nationale à laquelle le Portugal reconnaît la souveraineté le . Aristides Pereira, figure du mouvement anti-colonial et dirigeant du PAIGC, devient le premier président du pays. Depuis l'indépendance (1975). Dès 1975 est envisagée la réunion du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau. Le coup d'État en Guinée de novembre 1980 provoque un refroidissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Le projet d'union est ainsi enterré, et le PAIGC modifie son nom en PAICV (Parti africain pour l'indépendance du Cap-Vert). Il instaure un régime à parti unique d'inspiration marxiste (bien que non-aligné) qui perdure jusqu'en 1990, année où le Cap-Vert s'ouvre au multipartisme. Contraint par la pression populaire, qui réclame davantage de démocratie, le PAICV réunit un congrès extraordinaire en février 1990 pour effectuer des modifications de la Constitution. Plusieurs partis d'opposition s'unissent pour former le Mouvement pour la Démocratie (MPD) en avril 1990 à Praia, et contestent la légitimité de l'élection présidentielle prévue en décembre 1990. Le système à parti unique est officiellement aboli le , et les premières élections libres ont lieu en janvier 1991. Elles voient la large victoire (73,5 %) du candidat du Mouvement pour la Démocratie, António Mascarenhas Monteiro, qui défait Aristides Pereira, président en fonction depuis 1975. Les élections législatives de décembre 1995 accordent une large majorité à l'Assemblée nationale au MPD, avec sur 72. Monteiro est réélu en 1996 et ne se représente pas en 2001. Le candidat du PAICV, Pedro Pires, remporte l'élection de février 2001 et est lui aussi réélu pour un second mandat. Depuis 2011, le président est le dirigeant du MPD Jorge Carlos Fonseca. En raison de sa stabilité politique et de la régularité des élections, le Cap-Vert est considéré comme l'un des pays africains les plus démocratiques. Le , l'Organisation mondiale du commerce (OMC) accueille le Cap-Vert qui devient le membre. Le pays bénéficie d'une alternance pacifique des deux principaux partis, le Mouvement pour la démocratie (MPD), et le Parti africain pour l'indépendance du Cap-Vert (PAICV, l'ancien parti unique), qui se succèdent au pouvoir, et quelquefois y cohabitent (avec un président de l'un et un premier ministre de l'autre). L'archipel souffre par contre du réchauffement climatique et de sécheresses, d'autant plus que l'eau douce y est rare. Les gouvernements ont opté pour une politique de développement des énergies renouvelables, ainsi que de l'écotourisme. Géographie. L'archipel du Cap-Vert se trouve dans l'océan Atlantique, au large des côtes du Sénégal, plus précisément de la presqu'île du Cap-Vert. Cette dernière se trouve à de Boa Vista, l'île la plus proche, et à de Santo Antão, la plus éloignée. Avec les Canaries, Madère et les Açores, ils forment la Macaronésie. Il se situe entre les parallèles 14°48' et 17°12' de latitude nord, et entre les méridiens 22°40' et 25°22' de longitude ouest. L'archipel a une forme de sabot de cheval et se compose de dix îles (dont une, Santa Luzia, est inhabitée) et huit îlots, recouvrant une superficie totale de . Il se divise en deux séries d'îles : L'île la plus grande et la plus peuplée est celle de Santiago, qui comprend la capitale et plus grande ville du Cap-Vert, Praia. Trois îles (Sal, Boa Vista et Maio) présentent des paysages plats, sableux et secs. Les autres sont plus montagneuses et comportent davantage de végétation. Le Cap-Vert bénéficie de quatre aéroports internationaux : l'aéroport Amílcar-Cabral sur l'île de Sal, l'aéroport Nelson-Mandela desservant Praia sur l'île de Santiago, l'aéroport Aristides-Pereira sur l'île de Boa Vista, et enfin l'aéroport Cesária-Évora sur l'île de São Vicente. Géographie physique. La composition géologique des îles est en grande partie d'origine volcanique. Dominée par les roches magmatiques et plutoniques, elle présente des structures caractéristiques des reliefs volcaniques ainsi que des débris pyroclastiques. Sa succession pétrologique est comparable à celle des autres îles de la Macaronésie (Canaries, Madère et Açores). Des anomalies magnétiques identifiées à proximité de l'archipel montrent que sa structure géologique date d'il y a d'années. Les îles elles-mêmes sont apparues il y a huit (à l'ouest) à vingt (à l'est) millions d'années. Les roches les plus anciennes se trouvent à Maio et sur la péninsule nord de Santiago : il s'agit de "pillow lavas" datant d'il y a d'années. La première phase du volcanisme capverdien a lieu au début du Miocène et atteint son paroxysme à la fin de cette époque, lorsque les îles atteignent leur taille maximale. Depuis l'apparition de l'humanité, les épisodes volcaniques se sont limités à la seule île de Fogo. L'activité volcanique de ces îles s'explique par la présence d'un point chaud associé à un phénomène de houle bathymétrique, qui aurait formé les îles. Le "Pico do Fogo" () est le plus grand volcan actif de la région : les dernières coulées de lave ne datent que de 1995 et 2014. Point culminant du Cap-Vert (), il possède une caldeira en arc de cercle d'environ huit kilomètres de diamètre et de d'altitude. Formée après l'évacuation du magma lors d'une éruption, elle aurait subi un effondrement de près de il y a environ . Elle récupère les eaux pluviales lors de la saison des pluies : absorbées par le sol très poreux, elles forment de nombreuses sources au bas de la montagne. En raison de leur formation d'origine volcanique, la plupart des îles ont un relief escarpé. Sur l'île de Santiago, se trouve un autre sommet remarquable. Il s'agit du Pico da Antónia, un ancien volcan dont l'altitude atteint . Il existe également de vastes déserts de sel sur les îles de Sal et de Maio. À Santiago, Santo Antão, et São Nicolau, des champs de canne à sucre ou des bananeraies se trouvent sur les pentes des volcans dominant l'île. Quelques falaises ont été formées par de violents glissements de terrains. D'après le président de Nauru, le Cap-Vert est le huitième pays le plus menacé par la montée du niveau de la mer engendrée par le réchauffement climatique ; il est à ce titre membre de l'AOSIS. Climat. Le climat y est chaud et sec, avec une moyenne des températures située entre 20 et . Durant les mois de janvier et février, l'archipel subit l'influence des tempêtes de sable venues du Sahara. Bien qu'un bon nombre d'ouragans affectant l'Amérique du Nord et les Antilles, entre mai et novembre, provenant d'ondes tropicales sortant au large de la côte africaine, passent par les îles du Cap-Vert, le pays a généralement peu à souffrir de ces systèmes. Ils sont seulement associés avec des zones orageuses désorganisées, étant dans leur stade très préliminaire de formation. Ainsi, l'ouragan "Fred" de 2015 (catégorie 1) était le premier ouragan à toucher ce petit pays depuis 1892 selon le National Hurricane Center américain. Ses vents en rafales à ont arraché des arbres dans certaines îles, les fortes houles ont détruit des équipements de la Marine sur une île, la compagnie aérienne cap-verdienne a annulé ses vols intérieurs et internationaux, les réseaux de télécommunications étaient affectés dans certaines zones, mais aucun décès n'a été signalé, selon la Protection civile cap-verdienne et l'Institut national de la météorologie et géophysique (INMG, public). Environnement. Milieux. L'archipel constitue une écorégion terrestre dans la classification du Fonds mondial pour la nature sous le nom de « forêts sèches des îles du Cap-Vert ». Elle appartient au biome des forêts de feuillus sèches tropicales et subtropicales de l'écozone afrotropicale. La végétation indigène est aujourd'hui gravement fragmentée et se limite essentiellement aux sommets des montagnes et autres zones inaccessibles. Ces vestiges sont cependant importants, car ils contiennent quelques-unes des rares zones de forêts sèches en Afrique et abritent un certain nombre d'espèces endémiques. Flore. La flore du Cap-Vert est très diversifiée et caractérisée par un haut taux d'endémicité. Sur les d'Angiospermes indigènes, 85 sont endémiques. Parmi elles, on trouve notamment "Aeonium gorgoneum", "Campanula bravensis", "Nauplius smithii", "Artemisia gorgonum", "Sideroxylon marginata", "Lotus jacobaeus", "Lavandula rotundifolia", "Sarcostemma daltonii", "Euphorbia tuckeyana" et "Erysimum caboverdeanum". Faune. Le Cap-Vert ne possède aucune espèce de mammifère indigène, cependant de nombreuses espèces ont été introduites. Parmi elles, un primate, le grivet d'Éthiopie ("Cercopithecus aethiops"), plusieurs espèces de chauves-souris, l'oreillard gris ("Plecotus austriacus"), la vespère de Savi ("Hypsugo savii"), la pipistrelle de Kuhl ("Pipistrellus kuhlii") et une espèce de mangouste, la mangouste rouge ("Galerella sanguinea"). On trouve des chèvres marronnes sur l'île de Fogo, importées par les Portugais. Ils ont également introduit des rongeurs par accident. Le territoire ne compte pas d'amphibien à l'état naturel, mais une espèce introduite "Bufo regularis". Le Cap-Vert abrite de nombreuses espèces d'oiseaux. On peut y observer migratrices, dont 36 qui nichent sur le territoire. Il compte également des espèces non migratrices, dont quatre sont endémiques : le martinet du Cap-Vert ("Apus alexandri"), l'alouette de Razo ("Alauda razae"), la rousserolle du Cap-Vert ("Acrocephalus brevipennis") et le moineau du Cap-Vert ("Passer iagoensis"). Bien que non endémiques, le flamant rose ("Phoenicopterus roseus") et le vautour percnoptère ("Neophron percnopterus") sont très communs. La faune du Cap-Vert est riche en arthropodes, elle compte d'araignées connues dont 41 % endémiques, de coléoptères dont 33 % endémiques, d'hyménoptères dont 33 % endémiques et de diptères dont 26 % endémiques. La faune marine est constituée de coraux, de crustacés, de mollusques, de requins et d'autres poissons et de cétacés (dauphins, baleines). On y trouve plusieurs espèces de langoustes, comme "Panulirus regius", "Palinurus charlestoni", "Panulirus echinatus" et "Scyllarides latus". Ces espèces ont été très exploitées en raison de leur valeur économique et sont maintenant en danger. Les espèces de poissons les plus communes sont le thon jaune ("Thunnus albacares"), la bonite à ventre rayé ("Katsuwonus pelamis"), "Decapterus macarellus", "D. punctatus", "Selar crumenophthalmus", "Epinephelus guaza" et "Cephalopholis taeniops". Les requins présents appartiennent majoritairement au genre "Centrophorus", on peut également observer le requin-tigre ("Galeocerdo cuvier") et "Mustelus mustelus". L'archipel abrite de tortues marines : la tortue luth ("Dermochelys coriacea"), la tortue imbriquée ("Eretmochelys imbricata"), la tortue olivâtre ("Lepidochelys olivacea"), la tortue verte ("Chelonia mydas") et la tortue caouanne ("Caretta caretta"). Ces tortues viennent tous les ans de mai à septembre pour déposer leurs œufs. Les plages de l'île de Boa Vista constituent le troisième site mondial de nidification des tortues caouannes. En hiver, on peut observer la baleine à bosse ("Megaptera novaeangliae") qui se reproduit probablement près de l'archipel durant cette période. Politique. Système politique. Le Cap-Vert est une démocratie représentative, ayant pour régime une république de type semi-présidentiel. La constitution, adoptée en 1980 et révisée en 1992, 1995 et 1999, définit les principes de base du gouvernement. Le président est le chef de l'État et est élu par les citoyens pour un mandat d'une durée de cinq ans. Le Premier ministre est à la tête du gouvernement et nomme les ministres et secrétaires d'État. Il est désigné par l'Assemblée nationale, avec approbation du président. Les membres de l'Assemblée nationale sont également élus pour un mandat de cinq ans. Deux partis dominent la vie politique capverdienne depuis l'indépendance : En raison de l'alternance régulière entre les partis depuis 1991 et de la liberté dont bénéficie la presse, le Cap-Vert est considéré comme l'un des pays les plus démocratiques au monde : il figure au de l'Indice de démocratie en 2018. Le système judiciaire se compose d'une cour suprême de justice, dont les membres sont nommés par le président, l'Assemblée nationale et le Comité judiciaire, ainsi que de tribunaux répartis sur le territoire. Il existe des chambres traitant les affaires civiles, pénales et administratives. L'appel est effectué auprès de la Cour suprême. Relations diplomatiques. Sur le plan diplomatique, le Cap-Vert mène une politique de non-alignement tout en développant des relations de partenariat avec des États alliés. Le Cap-Vert montre un intérêt particulier pour les affaires étrangères, notamment sur le continent africain. Treize États disposent d'une ambassade dans la capitale Praia : l'Angola, le Brésil, la Chine, la Libye, Cuba, la France, l'Allemagne, le Portugal, l'Espagne, le Sénégal, la Russie, le Luxembourg et les États-Unis. En outre, le pays entretient des relations bilatérales avec plusieurs États lusophones et est membre de plusieurs organisations internationales, dont l'ONU et la CEDEAO. En 2011, il ratifie le Statut de Rome et reconnaît ainsi l'autorité de la Cour pénale internationale. Enfin, il envoie des représentants dans la plupart des conférences politiques et économiques internationales. Avec l'Union européenne. Le gouvernement du Cap-Vert a conclu avec la Commission européenne des accords permettant le versement de fonds de développement à l'archipel. Ces fonds substantiels ont pour objectif la réduction de la pauvreté dans l'archipel et le développement des infrastructures. L'accord réserve également une aide d'urgence en cas de catastrophe humanitaire. Depuis 2007 et la signature de l'Accord de Cotonou, le Cap-Vert dispose d'un statut de partenaire spécial avec l'Union européenne, qui pourrait lui permettre de formuler une demande d'adhésion. L'agence Frontex, assurant la sécurité des frontières extérieures de l'Union, a conclu un accord bilatéral avec le Cap-Vert pour lutter contre l'immigration illégale en provenance du continent africain. Ce partenariat permet des opérations communes en mer et implique un alignement progressif des méthodes de gestion des frontières maritimes du Cap-Vert sur celles de l'Union Européenne. Avec les États-Unis. Les États-Unis disposent d'une représentation diplomatique au Cap-Vert depuis 1818. Ils ont fourni de l'aide humanitaire d'urgence et un soutien financier au Cap-Vert durant les années qui ont suivi l'indépendance du pays, notamment après des catastrophes naturelles, dont l'ouragan qui ravagea l'île de Brava en 1982, ou l'éruption volcanique à Fogo en 1995. Le pays peut également bénéficier de tarifs douaniers spéciaux dans le cadre de l"'African Growth and Opportunity Act" (AGOA) et a signé un accord permettant la traversée de son espace aérien. Le 4 juillet 2005, le Cap-Vert devient le troisième pays à s'engager dans le programme bilatéral de développement financé par le gouvernement américain, le "Millennium Challenge Account". de dollars sont investis en cinq ans pour favoriser le développement économique en milieu rural, la construction d'infrastructures et encourager la multiplication des prêts bancaires. Armée. Les forces armées du Cap-Vert (, FACV) comptent . Économie. Lorsqu'il accède à l'indépendance en 1975, l'archipel du Cap-Vert hérite d'une situation économique difficile, issue de plusieurs années de sécheresse et de plusieurs siècles de stagnation économique sous la domination coloniale portugaise. L'agriculture de ce territoire ne peut couvrir qu'une faible partie des besoins alimentaires, moins de 10 %. La balance commerciale est profondément déficitaire, de l'ordre de 93 %, et les caisses de l'État sont vides. Les premiers dirigeants du nouvel État indépendant sont issus du mouvement indépendantiste et créateurs d'un parti, le Parti africain pour l'indépendance du Cap-Vert (PAICV), qui est initialement promu comme parti unique, au pouvoir dans la deuxième moitié des années 1970 et dans les années 1980. Ces dirigeants cherchent à restaurer l'activité agricole, développer la pêche, l'exploitation du sel, le tourisme, et amorcer la création d'une industrie (conserveries, cimenteries, textiles). Un plan de reforestation est également lancé. La santé et l'éducation figurent aussi parmi les priorités. L'arrivée au pouvoir du Mouvement pour la démocratie (MPD, centre droit) en 1991 accélère le passage à l'économie de marché (commencé dès les années 1980). Le gouvernement lance alors un programme de privatisation et en appelle aux investisseurs étrangers (banques, centrales électriques, stations-service, etc.). Au , le pays connaît une certaine stabilité politique marquée par une alternance démocratique entre le MPD et l'ancien parti unique, le PAICV. Il bénéficie d'un développement économique. Si le secteur agricole ne représente encore, avec la pêche, que 10 % environ du PIB dans les années 2010, il emploie 50 % de la population active. Les activités de services et de tourisme se développent. L'économie est orientée vers les services : le commerce, les transports, le tourisme et les services publics représentent trois quarts du PIB. Le pays dépend aussi de l'aide au développement, des investissements étrangers et des transferts de fonds. Ses ressources naturelles principales sont essentiellement le sel, la pouzzolane (quelques milliers de tonnes extraites du sol chaque année, utilisée dans la fabrication du ciment), et la pêche. La croissance annuelle moyenne se situe autour de 5 % au début des années 2010, l'inflation est maîtrisée et le P.I.B. par habitant s'élève en 2010 à , une bonne performance comparée aux autres pays d'Afrique subsaharienne. L'escudo cap-verdien était arrimé à parité fixe depuis le à l'escudo portugais avant de l'être à l'euro depuis 1999, au taux de change de pour un euro. En 2020, la pandémie de Covid-19 contraint le gouvernement à prendre des mesures sanitaires visant à freiner la propagation du virus dans l'archipel, comme la suspension des transports aériens et maritimes vers les îles, entraînant ainsi un manque à gagner pour l'industrie du tourisme, qui représentait avant cette crise 20 % du PIB. Développement durable. Énergies renouvelables. Alors que l'électricité est produite à partir de fioul et diesel, le pays développe les énergies renouvelables (éolien et solaire) dans les années 2010, avec 25 % du mix énergétique (4 fermes éoliennes). Démographie et société. Le Cap-Vert est resté inhabité jusqu'à l'arrivée des colons portugais en 1456 et sa population est issue d'un métissage entre ces derniers (en particulier des Portugais des Açores et de Madère) et les esclaves en provenance du continent africain, surtout de l'ouest africain. Un certain nombre d'autres Européens s'installèrent également sur l'archipel, ainsi qu'une communauté de juifs espagnols et portugais fuyant l'Inquisition. Ils se sont tous rapidement assimilés. La population, descendant des esclaves transportés par les Portugais pour travailler dans les plantations ou être vendus au Brésil, est composée d'un fonds très métissé. Les Blancs n'étaient que 3 % à l'indépendance et les métis constituent plus de deux tiers des citadins. Jeune (45 % de moins de ), cette population encore très rurale (70 %) croît au rythme de 1,9 % l'an [estimation 1997], et la pauvreté du pays contraint de nombreux Cap-Verdiens à s'expatrier. De plus, sous l'influence d'un exode rural, près de 30 % de la population réside désormais dans les villes de Praia et de Mindelo (). La diaspora – environ à l'étranger pour résidentes dans les pays suivants : États-Unis, Portugal, France, Luxembourg, Pays-Bas, Sénégal, Suisse, Angola, et Sao Tomé-et-Principe. Son rôle économique est capital pour les gains en devises, mais les migrations sont menacées en raison des contrôles renforcés aux frontières européennes. Le portugais est la langue officielle. Le créole crioulo est la langue nationale. Les Cap-Verdiens sont en majorité catholiques (93,2 %). À l'étroit sur une terre exiguë et peu fertile, la population capverdienne subit de très nombreuses famines jusqu'à l'indépendance du pays en 1975. Aujourd'hui, l'aide alimentaire a permis d'éradiquer les famines mais le Cap-Vert reste une terre d'émigration. Avec habitants en 2020, le Cap-Vert est l'un des pays les moins peuplés d'Afrique. Sa population en 2020 est composée à 27,95 % de personnes entre , à 66,57 % de personnes entre et de 5,48 % personnes de ou plus. Sa densité humaine est de . Les hommes ont une espérance de vie de , alors que pour les femmes, celle-ci est de . Le pays connait en 2020 un taux de croissance de la population de 1,28 %, avec un taux de natalité de , un taux de mortalité de , un taux de mortalité infantile de , un taux de fécondité de par femme et un taux de migration négatif de -0,6 %. Groupes ethniques. Selon la CIA, les groupes ethniques du Cap-Vert sont, en 2019 : Créoles (mulâtres) 71 %, Africains 28 % et Européens 1 %. Religion. Le christianisme (85-95 %), importé par les Portugais, est la première religion du pays. Le catholicisme (75-85 %) est très majoritaire. Le clergé a d’ailleurs une grande influence sur la vie sociale et politique du pays. Les églises sont présentes partout. À Cidade Velha, ancienne capitale sur l’île de Santiago, se trouvent les ruines de la première cathédrale africaine. Contrairement à Cuba ou au Brésil, par exemple, il n’y a "a priori" pas eu au Cap-Vert de fusion avec des rituels animistes. Les Cap-Verdiens pratiquent la même religion que les Portugais. La deuxième religion du pays est le protestantisme (4-5 %). Presque chaque ville possède son temple. Les principales dénominations protestantes au Cap-vert sont les Nazaréens et les Baptistes, puis viennent l’Église Adventiste du Septième Jour et les Pentecôtistes (Assemblées de Dieu). Le judaïsme s'est implanté dès les origines du peuplement des îles. Un hameau de la commune de Paul s'appelle d'ailleurs Sinagoga. L’islam (voir islam au Cap-Vert (<0,5 %)) commence à peine à faire son apparition avec l’arrivée des Sénégalais, Nigérians, entre autres immigrants de côte occidentale. De même, le bouddhisme et l'hindouisme sont la spiritualité de minorités récentes. Les agnostiques représenteraient 10 %, et les athées 1 %. Langues. La langue officielle du Cap-Vert est le portugais mais les habitants parlent majoritairement le créole capverdien ("crioulo" en portugais, "criolo" ou "criol" en créole capverdien). L'anglais et le français sont enseignés à l’école. Le Cap-Vert fait partie de l'Organisation internationale de la francophonie et de l'Assemblée parlementaire de la francophonie. Il existe des variations régionales du créole, propres à chacune des neuf îles habitées, mais qui ne sont pas suffisamment importantes pour empêcher la compréhension entre les habitants. Les différents créoles du Cap-Vert peuvent être séparés en deux groupes : les créoles de Sotavento (Brava, Fogo, Santiago et Maio) et les créoles de Barlavento (Boa Vista, Sal, São Nicolau, São Vicente et Santo Antão). Les régions de Ribeira Grande, de Santiago et de Santa Catarina do Fogo sont membres de l'Association internationale des régions francophones. De plus, les municipalités de Praia et São Vicente sont membres de l'Association internationale des maires francophones. Culture. La culture du Cap-Vert est d’origine africaine et portugaise. Il existe différents genres de musique comme le "funaná", la "coladeira", la "morna" (rendue célèbre dans le monde entier grâce à Cesária Évora), la "mazurca" ou encore le "batuque". Aprécié plutôt par les jeunes, le "colá-zouk", mélange de zouk avec la "coladeira", se rapproche du zouk des Antilles françaises, soit sous sa forme originaire, soit sous des formes dérivées. Quelques-uns de ses meilleurs représentants sont, entre autres, Gil Semedo Moreira et Suzanna Lubrano (qui a gagné un Kora Awards en 2003) qui vivent aux Pays-Bas. Si Césaria Évora reste encore l'étendard du Cap-Vert, la jeune génération de chanteuses, représentée par Mayra Andrade, Elida Almeida, Nancy Vieira, Lura ou Sara Tavares, se fait connaître en Europe et dans le monde lusophone. Le Festival de musique de Baía das Gatas a acquis une notoriété internationale. Codes. Le Cap-Vert a pour codes :
Archipel des Comores L'archipel des Comores est un ensemble d'îles de l'océan Indien, situées dans le nord du canal du Mozambique, au sud-est de l'Afrique, entre le littoral nord mozambicain et à la pointe nord de Madagascar. Il est constitué principalement de quatre îles : Les trois premières forment l'union des Comores, pays indépendant, tandis que l’île de Mayotte (composé des îles Grande-Terre et Petite-Terre), île la plus au sud-est et les quelques îles environnantes sont un département français. Selon les sources, l'îlot du banc du Geyser et les îles Glorieuses peuvent ou non être rattachées à l'archipel. Cette présence de la France aux Comores, ancienne colonie française, est l'objet d'un contentieux entre la France et l'union des Comores depuis l'indépendance de cette dernière en 1975, la population de Mayotte avait lors du référendum d'autodétermination décidé de rester française. Toutefois les deux pays restent très liés diplomatiquement et entretiennent des liens étroits. La diaspora comorienne en France est de très loin la première communauté comorienne à l'étranger. Étymologie. L'archipel des Comores est appelé en arabe "Jouzor al Kamar" (), c'est-à-dire les . Cette étymologie populaire est cependant apocryphe, le nom venant plutôt de l'ancien nom de Madagascar, : il s'agirait donc plutôt étymologiquement des . Ce terme de serait apparenté à l'idée de et pourrait avoir désigné, à la base, les nuages de Magellan qui servait aux marins à s'orienter pour descendre dans l'hémisphère sud où l'étoile polaire n'est plus visible ; ainsi l'expression "Jouzor al Kamar" aurait pu désigner toutes les îles situées au-delà de l'équateur. En 1154, le géographe arabe Al Idrissi appelait ces îles ("gazâ'ir al-Zâbag"). Géographie. Les Comores se trouvent dans la partie septentrionale du canal du Mozambique, à l'ouest du tanjona Bobaomby (nord de Madagascar), et à l'est du Mozambique septentrional. Ces quatre îles volcaniques, qui couvrent une superficie de , sont, du nord au sud : Deux atolls coralliens formant des îlots sont, selon les sources et les époques, rattachés à l'archipel : En outre, entre Madagascar et Mayotte, il existe le banc du Leven, une ancienne île aujourd'hui submergée. Géologie. L'archipel des Comores est constitué d'îles volcaniques. Ces îles volcaniques, ainsi que certains massifs du nord de Madagascar se sont formés au tertiaire et au quaternaire. L'île de Mayotte est la plus ancienne actuellement émergée et aurait subi trois phases de volcanisme entre 15 et 0,5 Ma. Les âges sont progressivement décroissants vers l'ouest. L'île la plus récente est l'île de la Grande Comore, et son volcan, le Karthala, y est toujours actif. Ce volcan possède l'un des plus grands cratères du monde. En mai 2019, la campagne géologique révèle l'existence d'un volcan de d'altitude situé à à l'est de Mayotte, à de profondeur, formé en moins d'un an à partir d'une base de 4 à de diamètre, baptisé depuis . Cependant, le fond de la mer étant déjà parsemé de cônes volcaniques récents (moins d'un million d'années), les chances de voir émerger une nouvelle île demeurent sans doute faibles. Types de volcanisme. Chacune des îles témoigne d'un phénomène d'activité volcanique différent qui sont une activité de type hawaïen à longues coulées basaltiques fluides, puis une autre de type strombolien à cônes et projections de lapilli comme dans le massif de la Grille en Grande Comore et enfin, une activité explosive avec lacs de cratères, dite ultra vulcanienne ou phréato-magmatique. Origine du volcanisme. Bien que contestée, l'hypothèse d'un point chaud au-dessus duquel aurait « défilé » selon une trajectoire sud-est, nord-ouest puis nord-est, sud-ouest, la plaque somalienne pourrait rendre compte des âges progressivement décroissants vers l'ouest de ces massifs volcaniques. Érosion. Plus les îles sont anciennes, plus elles ont subi une érosion intense. L’agressivité du climat, la faible perméabilité des sols, l’aptitude des matériaux à être mobilisés par des ruissellements amplifiés par la déforestation, favorisent l'érosion. Elle se manifeste notamment par le décapage de l’horizon superficiel du sol, par des ravinements, des éboulis, des glissements de terrain et la formation de "padzas" (mauvaises terres). Histoire. Avant l'arrivée des Européens. Les premières traces de peuplement datent du , ce sont probablement d'abord les Indonésiens et Malgaches, surtout à Mayotte, puis des Africains appelé Antalotes (abusivement dénommés "bushmen" par les Européens). Depuis lors, de très nombreuses ethnies se sont croisées et mélangées. Au , l'arrivée d'une population persane de Chiraz , apporte l'islam dans l'archipel. Ces derniers ont lentement transité le long des côtes de l'Afrique orientale, établissant des comptoirs marchands sur des îles situées sur les routes commerciales comme Unguja (archipel de Zanzibar), Pemba, l'archipel de Lamu et les villes de la côte kényane et tanzanienne. Ils y répandent une culture prospère et de renommée, de langue swahilie (dont les dialectes comoriens constituent des variantes locales), vivant du commerce d'esclaves, de l'ivoire et d'autres marchandises africaines destinées aux marchés orientaux. Durant cette époque, le pouvoir est aux mains des nombreux sultans et de grandes familles de l'aristocratie locale, les "Qabilas" : ces sultanats sont souvent en rivalité, et donc régulièrement en guerre. Ces dernières s'établissent dans les villes côtières fortifiées (Mutsamudu et Domoni à Anjouan, Fomboni à Mohéli, Moroni, Itsandra et Iconi à la Grande Comore). Ces puissantes familles accaparent les terres des cultivateurs autochtones, les "Walatsa", les obligeant à travailler pour eux ou les refoulant à l'intérieur des terres. Ces nouveaux arrivants introduisent des esclaves africains, les "Makoas" dont descendent les "Wadzakiya". En explorant toute cette région sur la route de Zanzibar et des Indes, les Portugais trouvent et abordent les îles de l'archipel en 1505. Époque contemporaine. L'époque coloniale. Alors que Portugais et Britanniques établissent un important réseau de comptoirs puis de colonies le long de l'Afrique pour s'assurer la route des Indes et établissent les premiers contacts européens avec l'archipel des Comores, la France apparaît à son tour dans la région à la fin du (si l'on excepte l'éphémère Colonie de Fort-Dauphin au ), s'établissant à l'île Maurice puis à la Réunion et aux Seychelles, ainsi qu'en quelques ports de Madagascar. En 1841, le sultan de Mayotte, sachant sa position menacée par ses rivaux des Comores soutenus par les Anglais, vend son île à la France en échange de sa sécurité et part finir ses jours à la Réunion. Mayotte intègre donc officiellement le royaume de France cette année-là. Quelques aventuriers français s'établissent, en dehors de tout contrôle légal, à Madagascar et aux Comores, où ils fondent parfois de prospères dictatures esclavagistes (comme Léon Humblot en Grande-Comore) : la conférence de Berlin (1884-1885) met fin à ces pratiques en encadrant légalement la colonisation, et Madagascar comme les Comores deviennent alors protectorats puis colonies françaises à partir de 1885 (acté en 1904), l'esclavage étant définitivement interdit. Alors que la main-d'œuvre devient de plus en plus chère à La Réunion, les Comores, oubliées par l'administration centrale, offrent aux colons et aux sociétés coloniales (comme la Bambao) des perspectives et une main-d'œuvre peu chère dans les plantations de plantes à parfums et de vanille, notamment d'anciens esclaves de traites récentes, les "Mruma". En 1946, les îles des Comores ne sont plus rattachées administrativement à Madagascar et forment pour la première fois de leur histoire une entité administrative unie et reconnue (TOM). A partir des années 1960, les pays de la région sont progressivement décolonisés et accèdent à l'autonomie politique (Madagascar 1960, Tanzanie 1961, Kenya 1962, Maurice 1968, Mozambique 1975) et la question de l'autonomie est posée aux Comoriens en 1974. La question de Mayotte. En 1974, la France organise un référendum d'autodétermination dans l'archipel : trois des quatre îles optent pour l'indépendance (Grande Comore, Anjouan et Mohéli) et forment en 1975 un État souverain appelé initialement "État comorien". Mayotte, s'étant largement prononcée contre l'indépendance, devient une collectivité territoriale, en dépit de la revendication des Comores, appuyée par plusieurs résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies qui se sont prononcées en faveur de l'unité et de l'intégrité du territoire des Comores. Ces résolutions ne sont pas contraignantes, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes primant sur toute revendication aux Nations-Unies. Le , le nouveau maître des Comores Ali Soihili tente un coup d’État et atterrit clandestinement avec sa garde rapprochée à Pamandzi pour essayer de s'emparer de Mayotte : la réaction rapide de la population mahoraise aboutit à un simple renvoi des intrus, sans violence. La France organisant un nouveau référendum sur la seule île de Mayotte le 8 février 1976, la Tanzanie dépose un projet de résolution auprès du Conseil de sécurité des Nations-Unies, appelant la France à ne pas organiser ce référendum et à respecter l'intégrité du territoire comorien tel que revendiqué par l'Union des Comores. Le 6 février 1976, la France use alors de son droit du veto dont elle dispose en tant que membre du Conseil de sécurité des Nations unies, et le referendum confirme par un taux de 99,4 % (82,8 % des inscrits, pour et 104 contre) le choix de la population de Mayotte de rester au sein de la République française. D'autres instances comme le ou l'Union africaine, jugent illégale la présence française à Mayotte. En 1994, l'assemblée générale a réitéré en demandant au gouvernement français de se plier à sa résolution, mais la question de Mayotte n'est plus jamais apparue à l'ordre du jour des Nations-Unies depuis cette date. En 2011, la départementalisation de l'île mettra fin à toute ambiguïté quant à son statut, l'île devenant alors un département d'outre-mer français au même titre que la Réunion. De son côté, l'île d'Anjouan a plusieurs fois tenté de proclamer son indépendance des Comores et même demandé son rattachement à la France (notamment en 1997), mais sans succès, et ses tentatives ont souvent été réprimées dans le sang, notamment lors de l'Invasion d'Anjouan de 2008. Troubles politiques en Union des Comores. Comme pour de nombreux autres pays africains, la période de la décolonisation est suivie d'une époque d'intenses troubles politiques et d'un enfoncement de l'Union des Comores dans la misère. Les coups d’État se succèdent, profitant de la rivalité entre les trois îles ainsi que de la présence de mercenaires étrangers comme Bob Denard, qui consolide le coup d'État d'Ali Soilih en 1975 avant de le renverser en 1978 pour rétablir l'ancien président Ahmed Abdallah avec la complicité de l'Afrique du Sud ; Bob Denard sera considéré comme le « vice-roi des Comores » pendant 10 ans sur l'archipel, avant d'être renversé en 1989 par un coup d’État de Said Mohamed Djohar, que Denard renverse à nouveau en 1995, avant de capituler face à la pression internationale. En février 1999, le colonel Azali Assoumani prend le pouvoir sur la Grande Comore en renversant le président intérimaire Tadjidine ben Saïd Massounde, un Anjouanais, ce qui provoque une grave crise institutionnelle. Le colonel Assoumani poursuit des négociations plus fructueuses avec le colonel Mohamed Bacar d'Anjouan afin de résoudre la crise. Cette crise sera résolue avec la signature des accords de Fomboni en 2000/2001 et le référendum du . Avec ce processus de réconciliation nationale, les trois îles forment à nouveau une entité unique avec une nouvelle constitution sous l'égide de l'OUA : l'union des Comores. Conformément à la Constitution, des élections sont organisées en 2006 ; elles ont été remportées par Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. La RFIC a traversé une crise politique qui a débuté dans les années 1990 avec des demandes émanant de la population mohélienne pour le rattachement de l'île à la France. Cette crise ne peut être interprétée correctement qu'au vu de la situation de Mayotte. Mayotte est revendiquée depuis la création du pays qui la considère comme faisant partie de son territoire, comme en témoigne l'. La crise politique sur fond de crise économique, a connu son apogée avec la crise séparatiste anjouannaise de 1997. Les autorités politiques et la population de l'île s'étaient soulevées contre le gouvernement central en prônant initialement le rattachement à la France, puis par la suite, simplement une indépendance voire une large autonomie. La France, n'a manifesté dans cette crise aucune volonté d'abandonner son autorité sur Mayotte, et n'a pas souhaité engager des discussions avec les autorités des îles rebelles qui auraient pu être interprétées comme une volonté de sa part de « naturaliser » ou de recoloniser les îles. Or la population de Mayotte souhaitait depuis longtemps déjà que soit renforcé l'attachement de l'île à la France. Une fois la crise au sein de l'Union terminée, le conseil général de l'île a adopté à l'unanimité une résolution demandant au gouvernement français d'organiser le référendum local nécessaire pour la départementalisation. Il est organisé le et 95,2 % des votants acceptent le changement de statut, faisant de Mayotte le département d'outre-mer (DOM) et le département français en 2011. Mayotte fait partie des pays et territoires d'outre-mer de l'Union européenne, avec le statut de région ultrapériphérique de l'Union européenne. Le pays souverain formé par les trois îles s'appelle aujourd'hui union des Comores. Depuis les années 1980, de nombreux ressortissants du pays formé par les îles indépendantes, cherchent à gagner Mayotte, notamment depuis Anjouan, pour chercher des conditions de vie meilleures. Ils le font sur une mer difficile, au péril de leur vie, sur des embarcations à moteur hors-bord appelées localement kwassa kwassa. Ces personnes sont généralement en situation de clandestinité à Mayotte et font alors l'objet d'obligation de quitter le territoire français. L'Union, considérant que Mayotte fait partie de son territoire, proteste contre cette politique qui, selon elle, brime ses citoyens qui ne font que gagner une partie du territoire de l'Union. Climat. L'archipel des Comores profite d’un climat tropical maritime. Il se caractérise par de faibles variations de températures annuelles journalières, autour de 26° au niveau de la mer et par des précipitations abondantes : par an. La température moyenne de l’eau de la mer est de . Il y a deux saisons aux Comores : la "saison chaude et humide" dans un flux de nord-ouest de novembre à avril et la "saison sèche" de mai à octobre. On notera cependant un climat sensiblement plus chaud et sec à Mayotte, île également moins montagneuse. Le climat se caractérise aussi par d’importantes variations locales de température et de précipitation en fonction de l’altitude, du relief et de l’exposition. Les précipitations annuelles varient ainsi par endroits de à et les minima absolus atteignent au sommet du Karthala. La saison chaude et humide est causée par une vaste zone dépressionnaire qui s’étend sur une grande partie de l’océan indien et de l’Afrique centrale. Cette dépression favorise les rafales et les cyclones tropicaux. Le dernier cyclone est "Gafilo" qui est passé près des Comores le faisant de gros dégâts matériels. Durant la saison chaude et humide, il peut pleuvoir jusqu’à en 24 h. La saison sèche est plus calme. La dépression se déplace vers le continent asiatique (c'est la mousson, le vent vient du sud-est) et un anticyclone se crée au-dessus des Comores. Cela n’empêche pas d’avoir quelques bourrasques mais leur intensité est bien moindre que lors de la saison chaude. Les deux vents liés à chacune des deux saisons s'appellent le "Kashkasi" (en novembre) et le "Kusi". Environnement. La faune et la flore comoriennes sont apparentées à celles de Madagascar, mais du fait de leur isolement relatif, elles présentent certaines spécificités. En outre, certaines espèces devenues rares ou très rares continuent à y vivre comme les dugong à Mayotte. De ce fait les autorités locales ont cherché à créer des zones de protection ; le Parc marin de Saziley a été créé en 1991 tandis que le parc marin de Mohéli a été créé en 1999 en partenariat avec les associations villageoises. Cette initiative exemplaire a été finaliste pour le prix de l'Initiative Équateur par les Nations unies en 2002. Le WWF classe les biomes de forêts tropicale et de mangrove de cet archipel dans une seule écorégion appelée forêts des Comores. Faune et flore. Plusieurs mammifères sont endémiques des îles. Le Maki de Mayotte, un lémurien que l'on retrouve uniquement sur cette île, est protégé par la loi française et par la tradition locale. Une espèce de chauve-souris découverte par David Livingstone en 1863, autrefois abondante, a été ramenée à une population d'environ 120 spécimens, entièrement sur Mohély et sur Anjouan. Un groupe britannique de préservation a envoyé une expédition pour les Comores en 1992, avec pour objectif d'apporter des spécimens au Royaume-Uni pour établir une population reproductrice. 22 espèces d'oiseaux sont endémiques à l'archipel, et 17 d'entre elles sont présentes uniquement sur les territoires contrôlés par l'Union. Il s'agit notamment du "Karthala Scops-hibou", "Anjouan Scops-hibou" et du Moucherolle de Humblot. En partie en réponse à des pressions internationales dans les années 1990, le gouvernement de l'Union s'est davantage préoccupé de l'environnement. Des mesures ont été prises non seulement pour préserver la faune rare, mais aussi pour enrayer la dégradation de l'environnement, notamment sur Anjouan densément peuplée. Plus précisément, afin de minimiser l'abattage des arbres pour le carburant, le kérosène est subventionné, et des efforts sont en cours pour remplacer la perte de la couverture forestière causée par la distillation de l'Ylang-ylang pour le parfum. Le Fonds de soutien au développement communautaire, parrainé par l'Association internationale de développement (IDA, une filiale de la Banque mondiale) et le gouvernement comorien, s'emploie à améliorer l'approvisionnement en eau dans les îles. Faune. Ces îles possèdent, comme les autres îles de la région, de nombreuses espèces endémiques. Quelques-unes des espèces les plus remarquables. On ne trouvera aux Comores aucun grand animal d'Afrique, pourtant très proche : (éléphant, girafe, lion, crocodile, zèbre ou antilope). Flore. Il existe aux Comores de nombreux écosystèmes tropicaux qui dépendent principalement de l'altitude. On y trouve de nombreuses plantes tropicales dont bon nombre sont endémiques. Comme la plupart des îles, la diversité de la flore locale subit deux pressions, d'une part sur la diminution des espaces disponibles par la réductions des biotopes dues à l'envahissement des humains sur des zones autrefois plus sauvages et d'autre part à l'intrusion de plantes exotiques envahissantes telles les goyaviers. La flore avait été peu étudiée dans le passé en raison du fort pouvoir attractif de la grande île de Madagascar sur les botanistes. Cependant depuis 1996, des inventaires systématiques ont été réalisés d'abord à Mayotte, puis à la Grande Comore, Mohély et Anjouan (programme en cours 2009 : Biodiversité cachée des îles de l'océan Indien). Les efforts pour la préservation sont cependant très insuffisants pour préserver les zones les plus riches, et des bouleversements des biotopes sont à prévoir pour les années à venir. Culture. La culture des quatre îles, bien que semblable, reste cependant différente. Si déjà aux Comores, les Comoriens ont une tendance forte à se regrouper par communauté d'origine et même de village, ce comportement est encore plus marquant à l'étranger où elles n'ont pratiquement aucun contact entre elles. À la différence des autres îles, la culture malgache est très présente à Mayotte. Le Kibushi (langue sakalave) est la langue maternelle de près de 20 % de la population, plusieurs villages sont malgachophones, ainsi que de nombreux toponymes. De nombreuses traditions et pratiques culturelles sont partagées avec les régions de Majunga, Nosy-Bé et Diégo Suarez depuis plusieurs siècles comme en témoigne plusieurs découvertes archéologiques (civilisation de Dembeni, d'Accoua -s, le dernier Sultan de Mayotte était d'origine Sakalave (Boeni). Traditions et coutumes. On retrouve dans les traditions et les coutumes comoriennes des influences arabes, africaines et indiennes dans le vêtement traditionnel (kichali, chiromanie (challe), kändou, kofia (bonnet pour les hommes). Mais aussi dans la gastronomie traditionnelle (samoussa, embrevade, carry) ainsi que dans quelques rites de la vie quotidienne (la prière, les repas...). La société est matriarcale. En Grande Comore, le grand mariage est une tradition incontournable. Nommée "anda", il représente les économies de plusieurs années de salaire et permet d'accéder au rang de grand notable. Cet évènement social est probablement une des origines de la grande précarité sociale de l'île. On peut retrouver dans les vêtements de la fille à marier un sahar et un soubaya (vêtements traditionnel pour le mariage). Gastronomie. La gastronomie comorienne est très riche et variée. Les plats, généralement accompagnés de riz, sont composés par du poisson, de la viande, des légumes, du piment et de l'achard. Les plats sont généralement en sauce et épicés avec du safran, du cumin et d'autres épices. Les desserts sont souvent caractérisés par des gâteaux comme le "Mkatre wa siniya", gâteau de farine de riz et de lait de coco, "donace", dont l'aspect ressemble aux Donuts, ainsi que des fruits exotiques tels que la mangue, les bananes, les ananas, les papayes, les fruits de la passion, les litchis, les goyaves, les oranges, les caramboles, les corossols, les jacquiers, les pommes cannelle et de nombreux autres fruits. Les plats sont également souvent accompagnés de condiments supplémentaires comme le célèbre "mataba" constitué de feuilles de manioc écrasées. Ou encore "Mkatche Wa foutcha et le Mkatre Wa sinia, galettes de farines et de riz avec du coco, particulièrement utilisées avec des plats en sauce". Parmi les plats les plus connus on trouve le pilaou (paella) La cuisine est influencée par les nombreuses influences historiques ce qui lui donne à la fois une touche créole, arabe et indienne. La cuisine comorienne est réputée pour être succulente et très appréciée à l'international. Littérature. Les littératures francophones de l'archipel des Comores s'inscrivent dans un ensemble géographique qui intègre aussi le canal du Mozambique avec les écrivains lusophones et plus largement les Mascareignes avec les écrivains de Madagascar et ceux de La Réunion notamment. Cette dimension géographique est une manière de caractériser cette littérature. Et on peut aussi la lier à la question de la langue et donc à un ensemble plus large que l'ensemble francophone. La poésie loue la beauté et les paysages des Comores, elle se veut aussi colérique avec Saindoune Ben Ali dans son "Testament de transhumance". Le collectif "Nouvelles écritures comoriennes" (2007) revendique une nouvelle écriture poétique plus oralisée. La poésie défie les règles de la grammaire chez Soeuf Elbadawi, Saindoune Ben Ali, Mohamed Anssoufouddine, Nassuf Djailani… Salim Hatubou dans "Comores-Zanzibar" (2007), Adjmaël Halidi dans "Oraisons vespérales" (2009), Aboubacar Saïd Salim dans "Mutsa, mon amour" (2014) ou encore Nassuf Djailani dans "Le songe… d'une probable renaissance…" (2010) interroge l’identité comorienne. Le poète de Mayotte Papana dans "Céleste est la plume" (2012), Sadani de Grande Comore réfléchisse au rapport à l'histoire comme Soeuf Elbadawi dans "Un dhikri pour nos morts. La rage entre les dents" (2013), Mohamed Anssoufouddine dans "En jouant au concert des apocryphes" (2012). D’autres auteurs affirment la singularité de leur île comme Manou Mansour dans "Ravi que le temps ait juste un peu rouillé mes terres" (2012) ou la souffrance comme Saindoune Ben Ali dans "Testaments de transhumance" (1996), Sambaouma Nassar dans "Nouveaux poèmes jusqu'en terres palestiniennes" (2014), Madi Abdou N’ Tro dans "Tropiques. Quatrains et vers libres" (2011) ou encore Manou Mansour dans "Lettres mahoraises" (2008), etc. La fiction littéraire reste très réaliste dans les littératures aux Comores comme chez  le premier romancier comorien Mohamed Toihiri et sa "République des imberbes" et "Le Kafir du karthala". C'est le cas aussi de Saïd Ahmed Sast dans les "Berceuses assassines" (2007), Salim Hatubou et son roman les "Démons de l'aube" (2006), Ali Massilia dans "L'enfer du silence" (2004), Abdou Salam Baco dans "Cinq femmes" (2006), Fahoudine Ahamada-M’zé dans "La Secte de la virginité" (2007). La question identitaire est reprise chez des écrivains de Mayotte notamment Abdou Salam Baco avec "Brûlante est ma terre" (1991), Nassur Attoumani "Nos ancêtres… les menteurs. Contes traditionnels de Mayotte" (2003) et "Mayotte: Identité bafouée" (2003), "Les Aventures d'un adolescent mahorais" (2006), Alain Kamal Martial, Nassuf Djailani dans "L'irrésistible nécessité de mordre dans une mangue" (2014). Parmi les jeunes écrivains francophones :
Charles Péguy Charles Pierre Péguy, né le à Orléans (Loiret) et mort pour la France le premier jour de la première bataille de l'Ourcq, le à Villeroy (Seine-et-Marne), est un écrivain, poète, essayiste et officier de réserve français. Il est également connu sous les noms de plume de Pierre Deloire et Pierre Baudouin. Son œuvre, multiple, comprend des mystères d'inspiration médiévale en vers libres, comme "Le Porche du Mystère de la deuxième vertu" (1912), et des recueils de poèmes en vers réguliers, comme "La Tapisserie de Notre-Dame" (1913), d'inspiration mystique, et évoquant notamment Jeanne d'Arc, un symbole de l'héroïsme des temps sombres, auquel il reste toute sa vie profondément attaché. C'est aussi un intellectuel engagé : après avoir été militant socialiste libertaire, anticlérical, puis dreyfusard au cours de ses études, il se rapproche à partir de 1908 du catholicisme et du nationalisme ; il reste connu pour sa poésie et ses essais, notamment "Notre Jeunesse" (1910) ou "L'Argent" (1913), où il exprime ses préoccupations sociales et son rejet de l'âge moderne, où toutes les antiques vertus se sont altérées. Le noyau central et incandescent de toute son œuvre réside dans une profonde foi chrétienne qui ne se satisfaisait pas des conventions sociales de son époque. Biographie. Jeunesse. Charles Pierre Péguy naît le au 50 rue du Faubourg-Bourgogne, à Orléans, dans une famille modeste. Son père, Désiré Péguy (1846-1873), est menuisier : il meurt d'un cancer de l'estomac (maladie contractée par le pain du siège de Paris en 1870 comme son fils en sera persuadé) dix mois après la naissance de l'enfant. Sa mère, Cécile Quéré (1846-1933), est rempailleuse de chaises. Durant son enfance, élevé par sa grand-mère et sa mère, Charles Péguy connaît non pas la misère, mais une austère et digne pauvreté dont il gardera le souvenir lumineux, parlant de , ou encore en disant : . De 1879 à 1885, il fréquente les classes de l'école primaire annexe de l'École normale d'instituteurs d'Orléans. C'est au sein de que le jeune Péguy est formé aux nobles valeurs de , l'honneur et la fierté du travail bien fait, la décence, le sens du respect étendu à tous les âges de la vie humaine, et que l'enfant trouvait chez tous les maîtres de l'enseignement primaire dans les années 1880. Le voisin de la famille, le vieux briscard Louis Boitier, lui récite "Les Châtiments" et le premier, lui donne le goût des vers de Victor Hugo qui vont chanter dans sa mémoire. L'ayant remarqué, le directeur de l'École normale, Théophile Naudy, le fait entrer en 1885 au lycée d'Orléans en lui faisant obtenir une bourse qui lui permet de continuer ses études. Pendant ces années passées à Orléans, Péguy suit des cours de catéchisme auprès de l'abbé Cornet, chanoine de la cathédrale. En classe de quatrième, son professeur de lettres, Jules Doret, lui fait apprendre par cœur les poèmes de Hugo, et Péguy témoignera plus tard de l'emprise que les vers célèbres de "Napoléon II" ont exercé sur lui. Au lycée Pothier, quoique bon élève, il se fait remarquer par son caractère : en avril 1889, le proviseur du lycée écrit sur son bulletin : . Il obtient finalement son baccalauréat le . Demi-boursier d'État, Péguy prépare ensuite le concours d'entrée à l'École normale supérieure au lycée Lakanal, à Sceaux, puis au collège Sainte-Barbe, où commence une amitié avec Léon Deshairs, futur directeur de l'École des arts décoratifs, qui dessine et lui offre son portrait à mi-jambe, et où il suit avec Raoul Blanchard les cours d'allemand d'Albert Lange au lycée Louis-le-Grand. Il fréquente encore la chapelle du lycée Lakanal en 1891-1892. D'après son condisciple Albert Mathiez, c'est peu à la fin de cette période qu'il devient . Il intègre l'École normale supérieure le , sixième sur vingt-quatre admis. Entre-temps, il est incorporé le 11 novembre 1892 comme soldat de première classe au d'infanterie d'Orléans et y fait son service militaire jusqu'au 27 septembre 1893. À l'École normale supérieure, il est l'élève de Romain Rolland et d’Henri Bergson, qui ont une influence considérable sur lui : . Il y affine également ses convictions socialistes, selon une vision personnelle faite de rêve de fraternité et de convictions tirées de sa culture chrétienne, qu'il affirme dès sa première année à l'École. Lorsqu'éclate l'affaire Dreyfus, il se range d'emblée du côté des dreyfusards. En février 1897, il écrit son premier article dans la "Revue socialiste", et en juin 1897, achève d'écrire "Jeanne d'Arc", un mystère lyrique en vue duquel il a effectué un important travail de documentation. Son socialisme libertaire n'est pas un programme politique, et ne relève pas d'une idéologie plus ou moins fondée sur le marxisme ; pour Péguy, le socialisme choisi et formulé dès sa jeunesse est essentiellement un idéal rêvé de société d'amour et d'égalité entre les hommes : . Sur la Commune de Paris, Charles Péguy a écrit dans "Notre Jeunesse" : . Affaire Dreyfus. Charles Péguy, dès le début de ses études supérieures, est profondément révolté par l'antisémitisme — au point d'avoir réclamé une réparation par duel au pistolet après une plaisanterie faite sur son ami Albert Lévy. Il garde de l'année 1898 le souvenir d'un . En janvier de cette même année, il signe toutes les protestations publiées dans "l'Aurore" pour demander la révision du procès Dreyfus, alors même qu'il prépare l'agrégation. Il participe à de nombreux affrontements entre dreyfusards et antidreyfusards. Intellectuel et visionnaire. Le , il épouse civilement Charlotte-Françoise Baudouin (1879-1963), sœur de Marcel Baudouin, un de ses proches amis décédé en juillet 1896, et s'installe avec elle au 7, rue de l'Estrapade (aujourd'hui 21, rue des Fossés-Saint-Jacques). Ils ont quatre enfants : Marcel (1898-1972), Germaine (1901-2001), Pierre (1903-1941) et Charles-Pierre (1915-2005). Le , il est promu sous-lieutenant de réserve. Un an plus tard, il fonde, près de la Sorbonne, la librairie Bellais, qui sert de quartier général au mouvement dreyfusiste ; son échec à l'agrégation de philosophie l'éloigne définitivement de l'université. À la même époque, il écrit dans "la Revue blanche". Cependant, dès 1900, après la quasi-faillite de sa librairie, il se détache de ses associés Lucien Herr et Léon Blum et fonde dans la foulée les "Cahiers de la Quinzaine", au 8, rue de la Sorbonne, revue destinée à publier ses propres œuvres et à faire découvrir de nouveaux écrivains. Romain Rolland, Julien Benda, Georges Sorel, Daniel Halévy et André Suarès y contribuent. Le premier numéro paraît le , tiré à mille trois cents exemplaires ; en quatorze années d'existence et deux cent vingt-neuf "Cahiers" à parution très irrégulière, la revue ne dépasse jamais les mille quatre cents abonnés, et sa survie reste toujours précaire. Il fut un farouche défenseur de la cause arménienne, lors des massacres qui préludèrent au génocide. En 1913, dans "L'Argent", Charles Péguy est le premier à employer l'expression « hussards noirs » à propos des élèves-maîtres de l'École normale d'Orléans dont il fréquenta l'école primaire annexe de 1879 à 1885 : l'expression est employée depuis lors pour désigner les instituteurs de la République après le vote des lois Jules Ferry. En politique, après sa au socialisme, Péguy soutient longtemps Jean Jaurès, avant qu'il n'en vienne à considérer ce dernier, à cause de son pacifisme, comme un traître à la nation et à sa vision du socialisme : car pour Péguy, . Dans l'immédiate avant-guerre et le climat de fièvre d'une revanche longtemps espérée sur l'Allemagne, il écrit dans le "Petit Journal" daté du 22 juin 1913 : . Pour Péguy, la République se doit de poursuivre, par son organisation, ses exigences morales et donc son énergie, l'œuvre de progrès de la monarchie au service du peuple tout entier, et non pas au service de quelques-uns — comme la République le faisait selon lui, à cause de la faiblesse de son exécutif et de l'emprise abusive des partis. Son nationalisme est spontanément philo-judaïque par fidélité aux racines autant judéo-chrétiennes que gréco-romaines de la France. Pour lui, la est le fruit millénaire d'une correspondance entre un peuple et une terre irriguée par des siècles de christianisme ; le christianisme est d'abord païen, au sens du latin "paganus" (paysan). C'est à cette vision de la nation qu'adhèrent plus tard Bernanos et De Gaulle. Par conviction, il s'oppose fermement à cet qui commence, à ses yeux, à marquer la vie économique et culturelle : . Pour Péguy, tout ce qui relève de la confusion et du désordre nous enchaîne ; ce sont l'ordre, l'organisation, la rationalité qui libèrent. Profonde influence d'Henri Bergson. Péguy, disciple de Bergson dès 1898, quand le philosophe fut nommé maître de conférence à l'École normale supérieure, exprima ensuite son enthousiasme d'auditeur des leçons de ce maître au Collège de France. C'est que très tôt, Péguy avait pressenti l'affinité de la philosophie bergsonienne avec la spiritualité chrétienne, que Bergson explicitera en 1932 dans "Les Deux sources de la morale et de la religion". Il écrit à Bergson, dès le : . Bien que mise à l'Index en juin 1914 par l'Église catholique et sévèrement critiquée par Jacques Maritain, la philosophie bergsonienne du « mouvant » avait de quoi profondément séduire Péguy. Dans sa "Note conjointe", il traduit en termes littéraires, notamment la notion de la "durée" : Le réalisme spirituel de Bergson a aussi été à la source de la poétique de Péguy : aux yeux du poète, c'est lui qui fonde l'harmonie entre ce qu'il appelle le charnel et le spirituel. Unissant Bergson et Descartes, Péguy accorde à la révolution bergsonienne une importance égale à la révolution cartésienne. Bergson lui-même appréciait Péguy et l'interprétation qu'il donnait de sa philosophie. Il le confia à Jacques Chevalier en 1919 parlant de Péguy comme . Écrivain et mystique. Son retour au catholicisme, dont il avait été nourri durant son enfance, a eu lieu entre 1907 et 1908. Il confie en septembre 1908 à son ami Joseph Lotte : Cependant, son entourage remarquait depuis quelques années déjà ses inclinations mystiques ; ainsi, les frères Jean et Jérôme Tharaud se souviennent l'avoir fait pleurer en racontant les miracles de la Vierge, à la Noël 1902. Une confidence à demi-mot de Péguy laisse à penser que sa conversion intervint à la suite d'une lecture de l'Évangile de la Passion selon saint Matthieu. Le paraît "Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc", qui s'inscrit clairement dans la perspective d'une méditation catholique et manifeste publiquement sa conversion. Plutôt que par le mot conversion qui sous-entendrait un rejet de sa vie passée, c'est par que Péguy retrouve la foi. Approfondissement qu'il exprime ainsi : . La réaction du public catholique au "Mystère de la charité de Jeanne d'Arc" est plutôt méfiante, même si "L'Amitié de France" et "La Croix" font une critique élogieuse de l'ouvrage. Son intransigeance et son caractère passionné le rendent suspect à la fois aux yeux de l'Église, dont il attaque l'autoritarisme et l'orientation bourgeoise, et aux yeux des socialistes, dont il dénonce l'anticléricalisme ou, un peu plus tard, le pacifisme, pour lui inopérant et, qui plus est, à contre-sens, quand l'Allemagne redevient menaçante. À partir de 1911, Péguy qui est au tournant de la quarantaine, fait l'amère expérience des déceptions, des ratages et des critiques injustes des milieux académiques après les remous provoqués par l'essai polémique contre Fernand Laudet. Son pessimisme et sa détresse sont immenses, comme en témoigne son ami Daniel Halévy : Terrible aveu de désespoir dont il tâche de se sauver par une frénésie de travail : , écrit-il le à son ami Charles Lucas de Pesloüan. Rédigés entre l'automne 1911 et le printemps 1912, les "Quatrains", envahis de visions sanglantes, sont à la fois une imploration et le poème de ce désespoir. Et au milieu de tant de difficultés, s'ajoute en 1912, l'inquiétude provoquée par la paratyphoïde de Pierre, son second fils ; Péguy fait alors le vœu de se rendre en pèlerinage solitaire à Chartres, du 14 au 17 juin, parcourant en trois jours. Alain-Fournier l'accompagne sur une partie du chemin. , avoue-t-il à son ami Joseph Lotte, ajoutant : . C’est ce pèlerinage qui, par la suite, inspira les pèlerinages de Chartres. Il fait à nouveau ce pèlerinage en 1913, du 25 au 28 juillet. Il écrit : «… J'ai tant souffert et tant prié… Mais j'ai des trésors de grâce, une surabondance de grâce inconcevable… ». Pourtant, Péguy n'a pas retrouvé la joie, mais seulement une sérénité précaire qui n'empêche ni regret ni mélancolie ; et il ne devient pas catholique pratiquant. Charles Péguy n'aurait jamais communié adulte et n'aurait reçu les sacrements qu'un mois avant sa mort, le 15 août 1914, à Loupmont, alors qu'il était sous l'uniforme. La bénédiction de son patriotisme par Dieu s'inscrit dans le courant de pensée majoritaire des années d'avant-guerre qui, après les années d'abattement dues à la défaite de 1870, attendait et espérait une revanche : Elle fait écho aux "Béatitudes". L'œuvre de Péguy célèbre avec flamme des valeurs qui pour lui sont les seules respectueuses de la noblesse naturelle de l'homme, de sa dignité et de sa liberté : d'abord, son humble travail, exécuté avec patience, sa terre, cultivée avec respect, sa famille : , écrit-il. Ce sont là ses valeurs essentielles, liées à son patriotisme et à sa foi dans une République qui serait enfin forte, généreuse et ouverte. Et c'est précisément là, pour lui, que dans une action résolue, se rencontre Dieu. À ce titre Péguy peut apparaître comme un théologien, chantre des valeurs de la nature créée par un Dieu d'amour. C'est ce ton de respect et d'amour pour toutes les créatures vivantes que l'on trouve dans les quatrains d’"Ève", au seuil de ce grand poème, où se développe un tableau du paradis terrestre. D'où aussi son attachement profond à Marie : il aurait passé la nuit précédant sa mort à fleurir la statue de la Vierge dans la chapelle de la butte de Montmélian près de Vémars, où stationnait son unité. Antimoderne. La réforme scolaire de 1902, portant sur les humanités modernes et l'enseignement secondaire unique, est sans doute la première occasion à laquelle Péguy exprime aussi violemment son rejet du monde moderne : . Dans ses "Cahiers de la quinzaine", il écrit : . Il se sépare ainsi peu à peu de la gauche parlementaire coupable, à ses yeux, de trahir ses idéaux de justice et de vérité, pour rejoindre les rangs des nationalistes qui jugent inévitable une nouvelle guerre, au moins pour recouvrer l'intégrité du territoire d'une France mythifiée par le culte de figures comme Richelieu, que nul ne surpasse, selon lui, , et surtout de Jeanne d'Arc. Deux ans plus tard, dans "Zangwill", il allie ce rejet de la modernité à celui d'une certaine idée du progrès, . Péguy critique dans la modernité d'abord la vanité de l'homme qui prétend remplacer Dieu, et un avilissement moral largement inévitable, en raison surtout de la part donnée à l'argent et à l'âpreté mise dans sa recherche et son accumulation ; un monde qui tourne le dos aux humbles vertus du travail patient de l'artisan ou du paysan. Guerre et mort. Son fils aîné devant rentrer à Sainte-Barbe en , Péguy loue une maison à Bourg-la-Reine, 7 rue André Theuriet. Il y demeure avec son épouse, Charlotte-Françoise Baudouin, et ses enfants, Marcel, Germaine et Pierre. À Bourg-la-Reine, il termine "Ève", rédige la "Note sur Bergson" et la "Philosophie bergsonienne", la "Note conjointe sur Descartes et la philosophie cartésienne" et continue la rédaction des "Cahiers de la Quinzaine". Lieutenant de réserve, il part en campagne dès la mobilisation en , dans la du d'infanterie. Il meurt le , à Villeroy dans la Goële, près de Meaux, lieu essentiel des combats de la bataille de l'Ourcq à la veille de la première bataille de la Marne, tué d'une balle au front, alors qu'il exhortait sa compagnie à ne pas céder un pouce de terre française à l'ennemi. Il serait mort, selon Victor Boudon, l'un de ses camarades de combat présents à ses côtés, en disant : Selon le maréchal Juin, le du RI, dans lequel se trouvait Charles Péguy, est venu en soutien sur le flanc gauche de l'attaque de Penchard, menée par une brigade marocaine, pour une mission de sacrifice sur un terrain à découvert. L'attaque échoua faute d'une préparation d'artillerie. Un de ses proches, Joseph Le Taconnoux, que ses camarades mobilisés surnommaient Taco, a rapporté qu'avant son départ pour le front, Péguy lui avait affirmé : . Sa famille quitte alors la maison de Bourg-la-Reine et laisse la demeure au romancier et essayiste Léon Bloy, qui s'y installe avec sa femme et ses deux filles. Un quatrième enfant, posthume, Charles-Pierre Péguy (1915-2005), naît au mois de février 1915. Postérité. . Se voulant un héritier intellectuel de Charles Péguy, le philosophe Alain Finkielkraut considère que . Il a contribué à réhabiliter son maître dans son essai "Le Mécontemporain" (1992), après une longue période où beaucoup associaient l'écrivain à la récupération qui en avait été faite par le régime de Vichy et le courant nationaliste catholique. Comme lui, il déplore la part prise dans nos sociétés par l'esprit de lucre, la spéculation, la publicité et les impératifs d'une société de spectacle, au détriment du souci de l'éducation de tous. Un autre philosophe, Damien Le Guay, considère lui aussi qu'il est urgent et plus nécessaire que jamais de lire Péguy (qu'il estime être ) pour et les nombreux qu'il fournit aux poisons qui rongeraient notre société. L'amitié mystiquement fraternelle unissant Charles Péguy à Jules Isaac est aujourd'hui encore célébrée comme un exemple du trait d'union nécessaire entre chrétiens et juifs. En , sa ville natale érige sur un square baptisé à son nom un monument portant son buste en bronze sculpté par Paul Niclausse. En France, de nombreuses rues portent aujourd'hui le nom de Charles Péguy ; son nom a également été attribué à plusieurs établissements scolaires : lycée d'Orléans, d'Eysines, de Marseille et de Gorges, collèges du 11 et du de Paris, du Chesnay, d'Arras, de Wittelsheim, Moulins, Morsang-sur-Orge, Chartres, Cattenom, Bobigny, Tourcoing, Melun, Metz, Moncoutant, Palaiseau, Bondoufle, Verneuil-l'Étang et Vauvillers. Une grande partie des archives concernant Péguy sont rassemblées au Centre Charles Péguy d'Orléans, fondé par Roger Secrétain en 1964. On y trouve notamment la quasi-totalité de ses manuscrits. Le centre d'accueil des jeunes Français à Londres, créé en 1954 par le gouvernement français, porte le nom de "Centre Charles Péguy". Un "Cercle Charles Péguy" a été fondé en 1963 à Lyon par le biologiste Michel Delsol, père de la philosophe Chantal Delsol, au sein des milieux catholiques lyonnais. Sa vocation est la reconstruction d'une droite authentiquement conservatrice au sortir de la guerre d'Algérie. Jean Bastaire y voit un exemple de caractéristique de . Le cercle est relancé à Lyon en 2012 ; une antenne du cercle est ouverte à Paris l'année suivante, où est notamment invité Alain Finkielkraut. Le réalisateur Bruno Dumont adapte au cinéma le "Jeanne d'Arc" de Charles Peguy dans "Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc" en 2017 et dans "Jeanne" en 2019. Œuvres. Écrits. Charles Péguy, mort pour la France en 1914, est un des plus grands écrivains français du début du . Revenu au catholicisme en 1909, il engendra une œuvre chrétienne d'une grande force. Commentaire selon saint Luc (Lc 2, 22-35) : Charles Péguy médite ici sur la parabole du fils prodigue. Anthologies. "Ainsi parlait Charles Péguy", dits et maximes de vie choisis et traduits par Paul Decottignies, éditions Arfuyen, 2020 . Hommages. Liste non exhaustive : NB : un livre parle des lieux nommés en l'honneur de Péguy : .
Choisy-le-Roi Choisy-le-Roi est une commune française située dans le département du Val-de-Marne, en région Île-de-France. Ses habitants sont appelés les "Choisyens". Géographie. Localisation. À de Notre-Dame de Paris et à de la porte de Choisy, Choisy-le-Roi est, avec la capitale, la seule commune de la petite couronne à s'étendre de part et d'autre de la Seine. Communes limitrophes. Communes limitrophes : Alfortville au nord-est, Créteil à l'est, Valenton et Villeneuve-Saint-Georges au sud-est, Orly au sud-ouest, Thiais à l'ouest, Vitry-sur-Seine au nord-ouest. Relief, géologie et hydrographie. La Seine y passe. Voies de communication et transports. La commune de Choisy-le-Roi est un nœud de communication majeur. Elle est desservie par une gare : Depuis le 10 avril 2021, la ville est desservie par la ligne 9 du tramway d'Île-de-France (Ligne 9 du tramway d'Île-de-France) sur son l'axe nord-sud de la commune. Quatre stations sont situées sur le territoire de la commune : "Verdun - Hoche", "Rouget de Lisle", "Carle - Darthé" et "Four - Peary". En plus de ces stations, deux autres sont situées tout près des limites communales : "Trois Communes" à Thiais et "Christophe Colomb" à Orly. Elle est également un carrefour routier important ; trois grands axes routiers desservent la commune : Les transports en commun routiers y sont aussi bien représentés : Enfin, une piste cyclable longeant la Seine relie Choisy-le-Roi à Paris. Urbanisme. Typologie. Choisy-le-Roi est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee. Elle appartient à l'unité urbaine de Paris, une agglomération inter-départementale regroupant et en 2017, dont elle est une commune de la banlieue. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune du pôle principal. Cette aire regroupe . Logement. Trois immeubles de grande hauteur se trouvent sur la « dalle » de Choisy-le-Roi : la tour de l'Église, la tour de la Seine et la tour du Parc (respectivement 88, 81 et 68 mètres). La ville compte huit autres immeubles de plus de 50 mètres de hauteur, tous consacrés au logement à l'exception de la tour Orix, bâtiment d'inspiration brutaliste construit au cours des années 1960 qui accueille des bureaux. Toponymie. Le nom Choisy provient vraisemblablement du latin (« terre ou villa de Sosius »). Aux et , Choisy est appelée Cauciacum ou Causiacum. En 1739, Louis XV choisit ce domaine afin d'y pratiquer la chasse. C'est pour cela que l'on renomme la ville « Choisy-le-Roi », ou en ancien français « Choisy-le-Roy ». Histoire. Choisy apparaîtrait pour la première fois dans l'histoire lorsque l'armée de César en 52 av. J.-C., conduite par le commandant Labienus, aurait livré bataille sur le territoire actuel de la commune. Son nom viendrait de Sociacum, « villa de Soisus » ou de « Socius ». Choisy n'est connu que depuis 1176, comme faisant partie de la seigneurie de Thiais, laquelle appartient à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. En 1207, Jean, abbé de Saint-Germain-des-Prés, donna aux habitants de Choisy avec l'accord de l’évêque de Paris un fonds de terre pour y bâtir une chapelle, dédiée à saint Nicolas, non sans contrepartie puisque les habitants durent tous les ans un minot ( à Paris) de froment jusqu'à ce qu'il y ait assez pour monter un fond d'entretien. En 1224, l'édifice fut érigé en paroisse. L'existence d'un bac sur la Seine est attestée dès la fin du . Sous Louis XI en 1482, les seigneurs de Choisy, avaient droit de haute et basse justice. En 1678, Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, achète une maison et fait construire, en 1682, un château à Choisy dont l'architecture est de Jacques Gabriel et les sculptures d'extérieur d'Étienne Le Hongre. Choisy devient alors "Choisy-Mademoiselle". Elle fait reconstruire le chœur de l'église et réparer la nef. Le bourg se situe alors uniquement en bord de Seine. À sa mort, en 1693, le Grand Dauphin, fils de Louis XIV, hérita de cette terre, qu’il échangea avec Madame de Louvois contre la seigneurie et le château de Meudon. La population se développe tout au long du . En 1738, une liaison fluviale Paris-Moret, autorisée par Michel-Étienne Turgot, prévôt des marchands de Paris, dessert Choisy deux fois par semaine. Le château appartient alors à la princesse douairière de Conti, fille légitimée de Louis XIV et de la duchesse de La Vallière. Peut-être en hommage à la princesse son élève, François Couperin cite Choisy dans une page pour deux clavecins de son "Troisième Livre" (1722), une musette tendre et champêtre. En 1739, à la mort de la princesse, Louis XV fait l'acquisition du château pour disposer d'une résidence à proximité de la forêt de Sénart où il va chasser et décide que le village sera nommé désormais Choisy-le-Roi. La paroisse tire un gros avantage de la présence du roi, qui fait agrandir l'ancien château et le prolonge par des constructions neuves. Madame de Pompadour y est installée en 1746 : les fêtes s'y multiplient. Ainsi, le roi Louis XV, avec la participation de la marquise de Pompadour, y organise à partir de 1750 des soupers fins où seuls les intimes du roi, et quelques courtisans, sont invités à partager un repas respectant un service à la française : poissons de mer et de rivière, gibiers à plume et à poil, blanquette de veau, bœuf, légumes verts, fruits, glaces y sont servis avec profusion et délicatesse dans la porcelaine de Sèvres créée sous l'impulsion de la marquise de Pompadour. Une partie des menus de ces repas gastronomiques a été conservée par la Bibliothèque nationale de France, et étudiée par des historiens de l'alimentation. De 1775 à 1780, Marie-Antoinette y organise des amusements de toutes sortes. Pour remplacer le vieux village partiellement englobé dans ces transformations, et pour faire de Choisy une véritable résidence royale, un nouveau village est projeté dès 1746. Dessiné sur une trame orthogonale, il est situé entre le chemin de Paris (devenu depuis rue de Vitry) et l'avenue de Paris. Les terrains, de grandeur raisonnable, et les moellons de meulière sont donnés aux habitants par Louis XV, en priorité aux habitants du vieux bourg ainsi qu'à ceux liés au domaine royal par leur fonction. Les actuelles rues Louise-Michel, Georges-Clemenceau, Auguste-Franchot et Auguste-Blanqui datent de cette époque. Une nouvelle église paroissiale et royale, dédiée à saint Louis et saint Nicolas, est élevée de 1748 à 1760. Son clocher est moins élevé que le comble, à cause de l'aversion que Louis XV avait pour le son des cloches. La vieille église est démolie en 1759. De 1748 à 1757 est percée la route royale de Versailles qui permet en faisant des fouilles d'y trouver des tombeaux antiques. En 1750, la route de Choisy à Paris est pavée et le pont sur la Seine est construit. Le presbytère est construit de 1763 à 1766. Louis XV confirme sa présence à Choisy par l'acquisition en 1764 de la seigneurie de Thiais, Choisy et Grignon en partie, qu'il sépare en deux pour revendre celle de Thiais et Grignon. Peu à peu le champ des Étendoirs, situé au nord de l'avenue de Versailles, est également construit. Le port joue un rôle de relais entre le Sud du Bassin parisien et Versailles. Un marché hebdomadaire est instauré. Hormis les activités liées à la présence royale, l'agriculture est l'activité principale. La population s'accroît régulièrement depuis le début du . La Révolution a la même intensité à Choisy qu'à Paris, le maire de la ville entretenant des liens étroits avec Robespierre. Danton séjourne à Choisy tout comme Rouget de Lisle, l'auteur de "La Marseillaise". Choisy-le-Roi porte le nom révolutionnaire de "Choisy-sur-Seine" et le domaine royal, dont il ne reste aujourd'hui que l'entrée, est vendu comme bien national et tombe doucement en ruine. De 1790 à 1795 Choisy était un canton du district de Bourg-de-l'Égalité (Bourg-la-Reine). À partir de 1809, le pont de Navier remplace enfin le bac. Au , Choisy-le-Roi connaît un essor industriel avec l'implantation de la faïencerie Boulenger, de la tuilerie et de la cristallerie. Un service d'omnibus en 1829 et une ligne de tramways en 1892 relient Choisy à Paris. 1840 voit l'arrivée du train à Choisy-le-Roi avec l'inauguration de la ligne Paris-Corbeil qui sera l'amorce de la ligne Paris-Orléans. La ville subit de gros dégâts lors des combats franco-prussiens dans une tentative de libération de Paris le 30 septembre 1870. La municipalité, en expansion, achète en 1903 la maison de M. Lagoutte construite sous Napoléon III dans l'ancienne grande avant-cour du château. Le reste du parc est loti avec construction des écoles en 1910. Le lotissement du Nid Rouge s'étend à l'ouest de l'avenue de la République. En 1912, Choisy-le-Roi revient sous les feux de l'actualité avec la fin tragique du chef de bande anarchiste Jules Bonnot. De 1968 à 1973, Choisy-le-Roi accueille la délégation vietnamienne pour les négociations de Paris, originellement prévues pour quatre mois, dans le bâtiment, avenue de Versailles, qui était à cette époque le siège de l'école centrale du Parti communiste français et l'ancienne résidence de Maurice Thorez et de Jeannette Vermeersch. Politique et administration. Rattachements administratifs et électoraux. Antérieurement à la loi du 10 juillet 1964, la commune faisait partie du département de la Seine. La réorganisation de la région parisienne en 1964 fit que la commune appartient désormais au département du Val-de-Marne et à son arrondissement de Créteil après un transfert administratif effectif au . Elle faisait partie de 1801 à 1893 du canton de Villejuif, année où elle intègre le canton d'Ivry-sur-Seine du département de la Seine. Lors de la mise en place du Val-de-Marne, elle devient en 1967 le chef-lieu du canton de Choisy-le-Roi. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, ce canton, dont la commune est désormais le bureau centralisateur, est modifié en intégrant une fraction de Villeneuve-Saint-Georges. Intercommunalité. La ville faisait partie de l'association Seine-Amont développement depuis sa création en 2001 jusqu'à sa dissolution en 2014, aux côtés des communes d'Alfortville, Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine et Orly. La ville intègre en 2013 la communauté d'agglomération Seine Amont (CASA) aux côtés des communes de Vitry-sur-Seine et d'Ivry-sur-Seine, cette intercommunalité regroupant ainsi plus de . Dans le cadre de la mise en œuvre de la volonté gouvernementale de favoriser le développement du centre de l'agglomération parisienne comme pôle mondial est créée, le , la "métropole du Grand Paris" (MGP), dont la commune est membre. La loi portant nouvelle organisation territoriale de la République du 7 août 2015 prévoit également la création de nouvelles structures administratives regroupant les communes membres de la métropole, constituées d'ensembles de plus de habitants, et dotées de nombreuses compétences, les établissements publics territoriaux (EPT). La commune a donc également été intégrée le à l'établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre, qui succède notamment à la communauté d'agglomération Seine Amont. Tendances politiques et résultats. Lors du second tour des élections municipales de 2014, la liste PCF-PS-EELV menée par Didier Guillaume obtient la majorité des suffrages exprimés, avec , 47,79 %, 32 conseillers municipaux élus dont 9 conseillers communautaires) ; - Tonino Panetta (UMP-UDI, , 10 conseillers municipaux élus dont 3 communautaires) ; - Monique Baron (DVD, 714 voix, 6,62 %, 1 conseiller municipal élu) lors d'un scrutin où 44,37 % des électeurs se sont abstenus. Lors du second tour des élections municipales de 2020, la liste DVD-SL menée par Tonino Panetta (LR) remporte la majorité absolue des suffrages exprimés, avec (55,31 %, 34 conseillers municipaux élus, dont 1 métropolitain), devançant largement les listes menées respectivement par : - Didier Guillaume, maire sortant (PCF-PS, , 8 conseillers municipaux élus) ; - Nathalie Lemoine (LREM-MR, 587 voix, 1 conseiller municipal élu) ; lors d'un scrutin marqué par la pandémie de Covid-19 en France où 60 % des électeurs se sont abstenus, marquant la fin de la direction du PCF sur la ville depuis 75 ans. Liste des maires. Depuis la Libération, dix maires se sont succédé à la tête de la commune. Politique de développement durable. La commune a engagé une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21 en 2010. Distinctions et labels. En 2020, la commune de Choisy-le-Roi a été récompensée par le label « Ville Internet @@@@ ». Population et société. Sports. La ville de Choisy-le-Roi est une ville historiquement tournée vers le sport, possédant de nombreuses infrastructures et disposant du parc interdépartemental des sports sur son territoire. Elle ne compte pas moins de 39 clubs et 28 disciplines sportives y sont pratiquées (football, tir, aviron…). Ces disciplines rassemblent près de soit un habitant sur six. Parmi ces clubs ou associations sportives se trouvent : De plus, le siège de la Fédération française de volley-ball se trouve à Choisy-le-Roi. Culture locale et patrimoine. Personnalités liées à la commune. Choisy-le-Roi est le lieu de naissance de :
Créteil Créteil ( : ) est une ville de la banlieue sud-est de Paris, préfecture du département du Val-de-Marne en région Île-de-France. La commune est le siège du diocèse de Créteil depuis 1966. En 2015, Créteil était la huitième commune de la région Île-de-France et la deuxième plus peuplée du département après Vitry-sur-Seine. Petite ville au caractère champêtre jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, Créteil connaît une forte urbanisation à partir de 1955 avec la construction du quartier du Mont-Mesly par l'architecte Charles-Gustave Stoskopf, prélude à l'édification de nombreux autres. Créteil devient le chef-lieu du nouveau département du Val-de-Marne par un décret d'application de 1965 et bénéficie alors d'un programme d'urbanisme particulier baptisé « Nouveau Créteil » incluant tous les bâtiments administratifs incombant à son nouveau statut : hôpital Henri-Mondor, préfecture, hôtel de ville, palais de justice. La ville présente un patrimoine environnemental de qualité, notamment grâce à son lac de , au bord de Marne et au niveau « » avec la mention « Grand Prix » obtenu au concours des villes et villages fleuris depuis 1984. Géographie. Situation géographique. Créteil est située au centre du département du Val-de-Marne, au cœur de l'agglomération parisienne. Elle se trouve à onze kilomètres au sud-est (cap de ) du centre de Paris (Point zéro sur le parvis Notre-Dame). Communes limitrophes. Les communes limitrophes sont Maisons-Alfort et Alfortville à l'ouest, Saint-Maur-des-Fossés et Bonneuil-sur-Marne à l'est, Limeil-Brévannes, Valenton et Choisy-le-Roi au sud. Topographie. Créteil est établie sur un terrain relativement plat compris entre les vallées de la Seine à l'ouest et de la Marne à l'est. La commune est d'ailleurs arrosée directement, sur sa limite orientale, par la Marne qui y achève sa dernière boucle avant son confluent avec la Seine à Alfortville. Des crues importantes de la Marne ont marqué l'histoire de la commune notamment en 1658, 1740, 1802, 1817, 1837, 1840, 1841, 1892, 1896, 1910, 1919, 1920, 1924, 1930, 1944, 1955, 1959 et 1970. Des crues de la Seine furent également importantes en 1830 et en 1910 notamment. Dans l'attente de la crue centennale qui pourrait causer d'importants dégâts, la ville s'est dotée d'un lac artificiel urbain d'environ situé au sud-ouest de la commune : le lac de Créteil. Il s'agit d'une ancienne carrière reconvertie en lac au milieu des années 1970. La zone de plaine alluviale est érodée par l'action de la Marne et de la Seine. Seul vestige de l'ère tertiaire : le Mont-Mesly, à l'est du territoire communal dont il est le point culminant à d'altitude. L'altitude minimale enregistrée sur les rives de la Marne est de . Climat. Le climat de Créteil est de type océanique dégradé. La station de référence pour Créteil est celle de Saint-Maur-des-Fossés. La station d'observation la plus utilisée pour la météorologie sur Créteil est cependant celle de Paris-Montsouris. Le climat dans les départements de la petite couronne parisienne est caractérisé par un ensoleillement et des précipitations assez faibles. La moyenne des précipitations tourne autour de par an étalés sur 111 jours de pluie en moyenne, dont 16 jours de fortes précipitations (plus de ). Les températures y sont douces, le mois le plus froid étant janvier avec une moyenne de températures de et les mois les plus chauds juillet et août qui présentent une température moyenne de . Le tableau suivant permet de comparer le climat de la commune de Créteil en comparaison avec des stations emblématiques du pays : Le tableau suivant donne les moyennes mensuelles de température et de précipitations pour la station d'Orly, commune située à sept kilomètres au sud-ouest de Créteil et dont le climat est très semblable : Voies de communication et transports. Infrastructures routières. Créteil est desservie par l'A86, appelée aussi « super-périphérique parisien », qui la relie à l'A4 au nord et à l'A6 à l'ouest. Trois échangeurs desservent la commune : Créteil-Échat, Créteil-Centre et Créteil-Bordières. Réseau cyclable. Depuis 2010, la ville de Créteil dispose d'un service de vélos en libre-service dénommé « Cristolib ». Sa gestion est confiée à JCDecaux, qui décline une version de son système Cyclocity. Transports urbains. Le RER. Deux lignes du réseau desservent indirectement Créteil / Le métro. Créteil est doté de quatre stations de la , qui traverse la ville en aérien : Les lignes de bus. Diverses lignes de bus desservent la ville, reliant Créteil aux communes alentours : les neuf lignes de bus RATP desservent essentiellement les communes de l'ancien département de la Seine, donc de proche banlieue, tandis que les lignes de bus opérées par Transdev SETRA et Transdev STRAV relient Créteil à des communes plus éloignées de Paris, comme Brie-Comte-Robert ou Yerres. Il existe également deux lignes de bus en site propre exploitées par la RATP, parmi les plus fréquentées du réseau de bus francilien, dont l'efficacité se rapproche de celles de lignes de tramways : Les bus circulant en ville sont propulsés au diester depuis 1994, puis au GNV (Gaz naturel pour véhicules). En 2016, le centre-bus de la RATP qui se situe sur la commune exploite environ 130 véhicules de ce type. Projets d'extension du réseau à Créteil. En 2025, la commune sera desservie par le Grand Paris Express sur la ligne sud, en 2025, à la station L'Échat sur le tronçon de Pont de Sèvres à la gare de Noisy - Champs, facilitant les déplacements de banlieue à banlieue. Deux autres stations, à la gare de Saint-Maur - Créteil et à la gare du Vert de Maisons, seront également accessibles aux cristolliens. Le téléphérique Câble 1 desservira la commune à l'horizon 2022. Il permettra de relier la station Pointe du Lac aux villes de Valenton, Limeil-Brévannes et Villeneuve-Saint-Georges, qui sont aujourd'hui des communes difficilement accessibles, via quatre stations. Urbanisme. Typologie. Créteil est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee. Elle appartient à l'unité urbaine de Paris, une agglomération inter-départementale regroupant et en 2017, dont elle est une commune de la banlieue. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune du pôle principal. Cette aire regroupe . Morphologie urbaine. La ville de Créteil est découpée en vingt quartiers selon la réforme des comités de quartier du 11 avril 2002 : Projets d'aménagements. Créteil compte depuis 2008 deux zones urbaines sensibles inscrites dans le Programme National pour la Rénovation Urbaine : "Les Bleuets" et "Petit Pré - Sablières", et une zone inscrite depuis 2014 dans le Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU) : "Haut du Mont-Mesly – Habette". Toponymie. Le nom gaulois de la ville, "Cristoilum", avait pour origine le nom d’un gaulois "Cristos" et "ogilum". Histoire. Préhistoire. Quelques rares silex du Paléolithique sont encore mis au jour au début du sur le territoire communal. Le Néolithique a laissé plus de traces tel le polissoir qui fait la fierté préhistorique de Créteil. Ce bloc de plus de deux tonnes servait à l'affûtage des pierres. Au moins deux haches néolithiques ont également été découvertes dans la zone du Mont-Mesly. L'une d'elles (hache de jadéite) est exposée au Musée des Antiquités nationales à Saint-Germain-en-Laye. En draguant la Seine au , plusieurs armes de l'âge de bronze furent découvertes. Elles sont exposées au British Museum de Londres. Antiquité. Camille Jullian posa au début du l'hypothèse d'un domaine gallo-romain à Mesly. Les éléments archéologiques sont toutefois rares. La découverte de débris et de monnaies à la fin du appuient pourtant l'hypothèse de Jullian. Les premières traces écrites faisant référence à Créteil remontent aux Mérovingiens : "Vicus Cristolium". Le martyrologe d'Usuard datant du indique que ce lieu marque le martyre d'un grand nombre de chrétiens en ces termes : . On trouve également "Vico Cristolio". Ce toponyme est formé du préfixe "crist" et du radical "Olium". Ces deux termes sont gaulois : . La « clairière » de la « crête » du Mont-Mesly se trouve dès avant la romanisation sur la route reliant Paris et Sens (route nationale 19 aujourd’hui). Une étymologie plus traditionnelle était que le mot "crist" serait rapporté à Jésus Christ, dû à la christianisation précoce de Créteil et à la vénération de saint Agoard et saint Aglibert, martyrs vers l'année 400 après Jésus Christ. Cette légende hagiographique est aujourd’hui contestée par les historiens qui la qualifient de « montage incohérent ». L'existence d'une église à Créteil apparaît toutefois possible dès le . Moyen Âge. Des sarcophages mérovingiens et des monnaies sont découverts, à plusieurs reprises, depuis le . La présence d'un atelier monétaire est même attestée au port fluvial de Créteil. Un acte de 1150 nous apprend que le fief du Mèche appartient à la collégiale de Saint-Germain-l'Auxerrois tandis qu'un acte de 1178 précise que le fief de Mesly dépendait de l'abbaye de Saint-Maur-des-Fossés. Au niveau architectural, le clocher de l'église Saint-Christophe semble dater du tandis que le reste de l'église date du . Le colombier est construit au . Le village médiéval semble s'être développé à l'intérieur d'un solide rempart au croisement de cinq routes. L'urbanisation s'est faite le long de ces cinq axes donnant au village la forme d'une étoile à cinq branches. Créteil est avant tout alors un bourg routier, profitant au maximum de sa position géographique au croisement d'axes routiers et au bord d'une rivière. Vers 1390, le rempart percé de quatre portes est toujours en place et le village compte une soixantaine de maisons. Les conditions météorologiques sont très mauvaises entre et . Pluie et froid au printemps 1315 empêchent les moissons de mûrir suivi d'un hiver rigoureux et long de décembre à Pâques 1316. Les vignes du Mont-Mesly sont détruites. Une grande famine frappe Créteil comme le reste du royaume de France. En 1406, le toponyme de Créteil fait son apparition après déformations successives en "Cristoill" (1278), "Cristeuil", "Cresteul" puis "Creteuil". La guerre de Cent Ans est particulièrement néfaste pour Créteil. En 1418, le village sous occupation anglo-bourguignonne est mis à sac et laissé en ruines. Même la nef de l'église s'effondre. La fin du siècle connaît également des troubles avec le passage des troupes des princes de la Ligue du Bien public (1465). Mais Créteil panse ses plaies et un hôpital, l'Hôtel-Dieu de Créteil, ouvre ses portes en 1471. Époque moderne. Créteil est toujours constitué de fiefs ecclésiastiques, et en 1548 l'évêque de Paris Jean du Bellay devient le nouveau seigneur de Créteil. En 1567, à l'occasion des guerres de Religion, les huguenots pillent l'église et brûlent les chartes locales. Le village compte alors principalement des laboureurs et des vignerons, mais aussi des charpentiers, des maçons, un maréchal-ferrant, un boulanger et un hôtelier. On note également la présence de « Parisiens » propriétaires de maisons ou de terres à Créteil. Ce sont principalement des marchands et des officiers du Parlement. En 1602, le roi Henri IV fait une halte à Créteil et se restaure dans l'auberge du village. Le début du siècle est également marqué par la mise en place de la grosse cloche de l'église baptisée Henrye (1607). L'hiver 1614-1615 est long et rigoureux avec d'abondantes chutes de neige, plus hautes qu'un homme. Les vignes du Mont-Mesly sont détruites ainsi que certaines maisons qui s'effondrent sous le poids de la neige. Nouvelle catastrophe naturelle en 1658 avec une importante crue de la Marne. Afin de secourir les sinistrés, l'église met en place une structure d'aide. L'existence de la "Compagnie de la Charité des pauvres de la paroisse" est attestée en 1646. Nouveaux troubles en 1648 et 1652 avec la Fronde et l'évacuation des habitants de Créteil. Ces événements n'empêchent pas la mise en exploitation systématique des carrières de pierre dès 1646. À partir de 1652, ce sont les carrières de pierre à plâtre du Mont-Mesly qui sont mises en exploitation systématique. Autre symbole du dynamisme cristolien, un deuxième moulin à farine, le « moulin neuf », est inauguré en aval du vieux moulin en 1684. En 1674, Créteil compte parmi les terres et seigneuries réunies en un duché de Saint-Cloud. La fin du règne de Louis XIV est marquée par une grande disette touchant l'ensemble de la France en raison d'une période de grand froid (1709). On enregistre 69 décès à Créteil. En ce début du , on note la construction des premières maisons bourgeoises de « Parisiens », mais le village conserve son caractère agricole avec la présence de , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , et en 1745. Les cahiers de doléances rédigés à Créteil en 1789 comptent et le , Créteil devient une commune. Le premier maire est Louis Simon Piot (1746-1822), boucher de son état. Il assiste, avec toutes les autorités du département, au passage des cendres de Voltaire qui font halte à Créteil le . Époque contemporaine. En 1805, la maréchal Serurier, familier de l'Empereur, achète une grande maison à l'est de la commune. Les Cristoliens surnomment alors cette maison le « Château de Créteil », mais l'aventure impériale tourne court et en mars 1814, Créteil est prise par les troupes russes. Nombreuses réquisitions dans la commune. Étienne de Joly, ancien ministre, est maire de Créteil, en 1815, mais au printemps de cette même année, il quitte ce poste à la nouvelle du retour de l'Empereur Napoléon. Étienne de Joly est à nouveau maire de Créteil de 1819 à 1831. Les aléas climatiques restent dans les mémoires comme cette tempête qui arrache le toit de l'église en 1806. Les crues de la Marne sont également nombreuses et importantes tout au long du siècle (1802, 1817, 1837, 1840, 1841, 1892, 1896). Pas encore domptée au niveau de son débit, la Marne est toutefois apprivoisée avec la construction d'un pont. Le pont de Créteil qui enjambe la Marne entre Créteil et Saint-Maur-des-Fossés est inauguré le . Il remplace l'ancestral système de bac. L'exploitation des carrières modifie la composition de la population cristolienne, désormais dominée par le nombre d'ouvriers travaillant dans ces carrières. Ils sont 163 à résider à Créteil en 1820. Autre évolution économique avec la transformation du vieux moulin à farine en filature de coton dès 1804. Une fabrique d'engrais s'installe à Créteil en 1851 tandis que des cultures maraîchères se multiplient dans la plaine. La révolution de 1848 provoque de nombreuses réjouissances à Créteil avec la plantation symbolique d'un arbre de la liberté. À la suite de cette révolution, l'Hôtel-Dieu de Créteil, fondé en 1471, passe sous le contrôle de l'Assistance publique (1849). La guerre franco-prussienne de 1870 est particulièrement cruelle pour Créteil. Après un bref combat le , le bourg est pillé et laissé en ruine par les Prussiens tandis que les combats du Mont-Mesly du font . La modernité touche Créteil en ce avec l'installation d'un dépôt de lettres en 1823 tandis qu'une ligne de tramway à traction animale relie Créteil à la Bastille (Paris) à la fin du siècle. C'est l'une des lignes de la Compagnie générale des omnibus. Lors des toutes dernières années du siècle, le conseil municipal renouvela souvent ses vœux de voir passer ces lignes de la traction animale à la traction mécanique, en vain. Une deuxième ligne de tramway traverse Créteil à partir de 1901 en reliant Bonneuil-sur-Marne au pont de la Concorde (Paris). Le télégraphe est rattaché au bureau de poste en 1874, puis est relié au réseau téléphonique en 1891. Créteil est aussi une ville qui compte, comme aujourd’hui, de nombreuses industries : sous le Second Empire, s'installent l'Orfèvrerie Boulanger, rue de Mesly ; puis plus tard, la Manufacture de Papiers et Cartons Bersant, en face de l'île Brise-Pain ; la fabrique de choucroute Benoist sur la ferme Pompadour près de Maisons-Alfort ; et enfin des fabriques d'engrais et de vaisselle en grès. En 1897, la mairie (l'ancienne mairie est devenue la Maison du Combattant) demande à l'un des maîtres de l'Art nouveau, Eugène Martial Simas, de décorer la salle des mariages de quatre grandes toiles. Créteil se dote d'armoiries en 1901. Il s'agit d'un blason d'azur orné d'une fasce ondée d'argent figurant la Marne, une croix potencée d'or en souvenir des seigneuries ecclésiastiques et une grappe de raisin, activité économique principale de la commune jusqu'au milieu du . Entre 1906 et 1908, un phalanstère littéraire et artistique s'installe dans la ville et prend le nom d'Abbaye de Créteil. La première projection cinématographique se tient en 1907. C'est l'une des activités préférées des nombreux soldats stationnés à Créteil durant la Première Guerre mondiale. Lors des tout derniers mois du conflit, la municipalité organise et cofinance des colonies de vacances pour 50 enfants de la commune. La paix revenue, les fêtes se multiplient. Certaines sont données au profit des sinistrés des nombreuses inondations de la Marne. Cirque, bals de nuit et concerts en tous genres sont alors au programme. Le cinéma reste un loisir prisé et la salle de Créteil porte le nom de « Cinéma Regina » au début des années 1930. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes entrent à Créteil le . stationnent dans la commune et un poste de guetteur de l'aviation est installé au Mont-Mesly à partir de 1941. Le château des Buttes devient la "Kommandantur". Le , un bombardement américain est particulièrement violent. Il détruit notamment en partie l'école. Les bombardements se poursuivent jusqu'en , faisant plusieurs morts parmi la population civile. Le , la Résistance locale s'empare du dépôt de la police de Créteil. La ville se libère elle-même remplaçant le drapeau à croix gammée sur le château des Buttes par un drapeau tricolore dès le . Les Allemands se retranchent alors sur le Mont-Mesly et dans la plaine. Le 26 août, c'est l'aviation allemande qui bombarde violemment Créteil, provoquant et de gros dégâts sur . Le , les troupes américaines font leur entrée dans Créteil. Le mémorial des victimes civiles cristoliennes de la Seconde Guerre mondiale compte . Le monument aux morts rappelle les noms de cristoliens morts pour la France entre 1870 et 1962. Créteil abandonne son caractère champêtre après la Seconde Guerre mondiale. La population passe ainsi de en 1954 à en 1962. Le , la ville devient préfecture du nouveau département du Val-de-Marne. Le développement urbain de la commune constitue dès lors l'élément essentiel de l'histoire locale. L'urbanisation du Mont-Mesly débute en 1955. La première zone d'activité, celle des Petites-haies, est validée par le conseil municipal en 1964. Elle ouvre finalement ses portes le . Pierre Billotte, maire de 1965 à 1977, poursuit cette évolution, en s'appuyant sur les conseils de l'architecte Pierre Dufau, grand prix de Rome, urbaniste en chef du Nouveau Créteil. L'originalité du développement du Nouveau Créteil est qu'il s'appuie sur l'initiative privée, centrée autour de la Compagnie bancaire, alors que les autres villes nouvelles construites autour de Paris sont des opérations purement publiques. Pierre Billotte reçoit d'ailleurs la Grande médaille de l'urbanisme de l'Académie d'architecture en 1972. Cette urbanisation est toujours en cours avec la mise en chantier en 2006 d'un nouveau quartier entre le lac et Valenton : la Pointe du Lac. Parmi les bâtiments emblématiques de la ville, il convient de citer les fameux « Choux » (œuvre de l'architecte Grand Prix de Rome Gérard Grandval), sortis de terre entre 1969 et 1974 et l'hôtel de ville de Créteil aux formes architecturales symboliques de la modernité de la ville. Créteil compte d'au moins et une multitude de bâtiments plus modestes, de quatre à six étages principalement. Les quartiers anciens du nord-est de la commune sont toutefois préservés, conservant leur caractère pavillonnaire. Comme les autres villes nouvelles, Créteil va se voir dotée d'une base de plein air et de loisirs, contiguë au parc départemental, elle s'étend sur dont les deux tiers sont occupés par le lac de Créteil. Même évolution en matière de transports avec l'ouverture de trois stations de métro (ligne 8) entre 1973 et 1974 : Créteil - L'Échat, Créteil - Université et Créteil - Préfecture. Une quatrième station, Pointe du Lac, a été inaugurée le pour desservir le stade Dominique-Duvauchelle et ses alentours. La voie express « Créteil - Bonneuil » est ouverte à la circulation le . Dans la foulée de sa promotion au rang de préfecture, Créteil devient le siège d'un évêché catholique en 1966 puis d'une académie en 1972. L'Université ouvre ses portes en 1970. Un centre hospitalier universitaire (CHU) de près de mille lits vient compléter le parc hospitalier : le CHU Henri-Mondor. Ces éléments ainsi qui les tribunaux de Créteil sont très structurants pour la visibilité médiatique de la ville. Politique et administration. Rattachements administratifs et électoraux. Créteil est le siège de la préfecture du Val-de-Marne depuis le , date de création du département (décret d'application de la loi créant le Val-de-Marne). Il faudra toutefois attendre le pour voir la mise en place réelle du nouveau département. Le bâtiment abritant actuellement les services préfectoraux et le conseil départemental fut construit entre 1968 et 1971. La ville est le siège de l'académie de Créteil, créée en 1972 et qui couvre les départements du Val-de-Marne, de Seine-et-Marne et de la Seine-Saint-Denis. C'est la deuxième académie en France en matière d'effectifs avec , dont , pour et scolaires. On note également la présence d'un tribunal judiciaire, d'un tribunal de commerce et des archives départementales du Val-de-Marne. L'actuel palais de justice de Créteil fut construit entre 1976 et 1978. Il fut conçu par l'architecte Daniel Badani et symbolise par sa forme le livre de la loi et la balance de la justice. C'est depuis lors l'un des plus actifs de France. Citons ici le juge d'instruction Eric Halphen qui officia à Créteil de 1989 à 2002. Ce tribunal judiciaire dépend de la Cour d'appel de Paris. Parmi les principales affaires qui y furent traitées, citons l'affaire Sohane Benziane, l'affaire des HLM de Paris ou l'affaire des HLM des Hauts-de-Seine. L'Ordre des avocats du barreau du Val-de-Marne compte plus de . Il a son siège au sein du Palais de justice de Créteil. Le tribunal de commerce est localisé dans l'immeuble « Le Pascal » (architectes: Philip Ridgway et Daviel), coincé entre la voie express (RD1), l'UGC Ciné Cité et le parking de Créteil Soleil. Compétent sur l'ensemble du département du Val-de-Marne qui comprend notamment le Marché international de Rungis et l'aéroport Paris-Orly, il eut à traiter quelques affaires importantes comme celle de la liquidation de la compagnie aérienne Air Lib le . Ce tribunal comprend six chambres : trois chambres de contentieux et trois chambres de procédures collectives. Créteil était historiquement le chef-lieu de 3 cantons : Créteil-Nord, Créteil-Ouest et Créteil-Sud. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, la commune est désormais divisée entre les deux cantons de Créteil-1 et Créteil-2. Intercommunalité. La commune était, jusqu'en 2015, membre de la communauté d'agglomération Plaine centrale du Val-de-Marne. Dans le cadre de la mise en œuvre de la volonté gouvernementale de favoriser le développement du centre de l'agglomération parisienne comme pôle mondial est créée, le , la "métropole du Grand Paris" (MGP), dont la commune est membre. La loi portant nouvelle organisation territoriale de la République du 7 août 2015 prévoit également la création de nouvelles structures administratives regroupant les communes membres de la métropole, constituées d'ensembles de plus de habitants, et dotées de nombreuses compétences, les établissements publics territoriaux (EPT). La commune a donc également été intégrée le à l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir, qui succède notamment à la communauté d'agglomération Plaine centrale du Val-de-Marne. Tendances politiques et résultats. Politiquement, François Mitterrand avait massivement eu l'appui des électeurs de Créteil en 1988 face au même Jacques Chirac (60,36 % contre 39,64 %). En 1981, François Mitterrand fut également préféré à Valéry Giscard d'Estaing (57,78 % contre 42,22 %). Déjà en 1974, François Mitterrand avait obtenu plus de suffrages que Valéry Giscard d'Estaing (54,1 % contre 45,9 %). Lors de l'élection présidentielle de 2007, Ségolène Royal est créditée de 54,97 % des voix contre 45,03 % pour Nicolas Sarkozy. À la suite du second tour des élections municipales de 2014, le conseil municipal comprend de la liste LUG ("La passion de la ville - Créteil, une passion partagée" - PS-PC) conduite par le maire sortant créditée de 58,71 % des votes exprimés, de la liste LUMP ("Agir Pour Vous" - UMP) (29,60 %), et de la liste LFN ("Créteil Bleu Marine" - FN) (11,67 %). Les autres listes n'ont pas atteint la barre des 5 % pour avoir des conseillers. Au second tour des élections municipales de 2020, la liste menée par le maire sortant Laurent Cathala, obtient une large majorité des suffrages exprimés, avec 69,89 %, devançant celle de son opposant Thierry Hebbrecht (LR, 30,17%) lors d'un scrutin marqué par une abstention dépassant 77 %. Population et société. Enseignement. Primaire et secondaire. (dont 2 privées) et (dont 2 privées) dispensent l'enseignement primaire à Créteil. Lors de la rentrée scolaire en septembre 2005, sont scolarisés en école maternelle pour en primaire. Créteil accueille sur son territoire huit collèges et six lycées dont le plus ancien est le lycée professionnel Morin qui a ouvert ses portes le . Enseignement supérieur. L'Université Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne est inaugurée en 1970. C'est un centre multidisciplinaire. La médecine est enseignée au sein du CHU Henri-Mondor inauguré en 1969. Depuis 1972, l'institut d'urbanisme de Paris se trouve à Créteil au sein de l'Université. L'école internationale d'études politiques (EEP) a ouvert en septembre 2020 et accueille 700 étudiants. La zone universitaire a connu des travaux ces dernières années en raison de la fermeture de l'antenne de Saint-Maur-des-Fossés. Afin d'accueillir plusieurs milliers d'étudiants en économie et en droit, la mise en chantier de nouveaux bâtiments était obligatoire, car avec plus de et , le site universitaire cristolien manquait cruellement d'espace. À la suite de la construction de ces nouveaux bâtiments, les sites universitaires limités à l'origine au seul quartier du Palais s'étendent désormais également dans les quartiers de la Lévrière - Haye aux moines, avec le campus "Mail des mèches" pour l'économie et les langues, et de l'Échat avec le campus "André Boulle", ouvert en 2005 pour la faculté de droit. À Créteil, l'Université compte trois bibliothèques universitaires principales. La bibliothèque principale du centre multidisciplinaire, la bibliothèque de sciences économiques sur pour de lecteurs et celle de droit pour de lecteurs. À noter la faiblesse du fonds avec seulement un peu plus de . Manifestations culturelles et festivités. Festivals. Le festival international de films de femmes de Créteil est l'un des plus prestigieux festivals cinématographiques. Les trois cinémas de la ville sont mis à contribution à cette occasion sans oublier la maison des Arts et de la Culture de Créteil « André-Malraux ». Le complexe "UGC Ciné Cité", qui offre désormais douze salles dernier cri, le cinéma du Palais et ses trois salles qui alternent films grand public avec cinéma d’auteur, souvent étranger, et le cinéma de la Lucarne, salle unique du Mont-Mesly. Le festival de création vidéo de l'académie de Créteil réunit chaque année des étudiants ayant fait une création audiovisuelle au cours de l'année scolaire. Un jury détermine des prix. Le festival international Exit est un festival d'art contemporain annuel au printemps créé en 1994 associant le théâtre, la danse, la musique, les arts numériques et des installations. Ce festival se tient à la maison des arts et de la culture de Créteil. Pour ses vingt ans, le Cristol’Carnaval s'est transformé en s’associant à la Maison des Arts et à la Compagnie Montalvo-Hervieu pour un grand « Jour de Fête » qui a eu lieu toute la journée du dimanche à Créteil avec au programme : parade costumée, pique-nique, spectacles, bals et feu d'artifice. Le Carnaval de Créteil. Le Carnaval était jadis fêté de façon significative à Créteil. Vers 1920, à Créteil, alors un village de la région parisienne, le Mardi Gras et la Mi-Carême sont des fêtes importantes, comme à Paris à la même époque. André Dreux rapporte à ce propos dans "Créteil, mon village !" : Sports. L'Union sportive de Créteil voit le jour en 1936 et l'Association sportive de Créteil est fondée en 1937. Le sport vedette à Créteil est le handball : l'équipe professionnelle de l'US Créteil Handball évolue en Division 1 (Championnat de France masculin de handball) et a notamment obtenu un titre de champion de France en 1989. Le football tient également une place importante avec l'équipe professionnelle de l'US Créteil-Lusitanos football qui évolue actuellement en National. La gymnastique est le point fort du sport cristolien en individuel. La médaille d'or aux Jeux olympiques d'Athènes en 2004 d'Émilie Le Pennec, licenciée à l'US Créteil, en est une illustration. Citons également l'équipe de cyclisme sur route de l'US Créteil qui évolue au niveau national. Lors de sa victoire sur le Tour de France 1983, Laurent Fignon était licencié à l'USC. De même que les pistards Pierre Trentin et Daniel Morelon (champions olympiques en 1968 et 1972), puis des coureurs Greg LeMond, Pascal Lino et, à nouveau, des pistards, Fabrice Colas, Hervé Dagorne et, aujourd’hui, du multiple champion du monde, Grégory Baugé. Le Cristolien Slimane Sissoko est champion du monde de boxe française dans la catégorie des moins de , le joueur de squash cristolien Lucas Serme est champion de France en 2017 et sa sœur la joueuse de squash cristolienne Camille Serme est vainqueur du British Open 2015 et de l'US Open 2016. Le stade Dominique-Duvauchelle d'une capacité de , et le palais des sports Robert-Oubron ( à selon les configurations) sont les principaux équipements sportifs cristoliens. Le dimanche 24 juillet 2011, Créteil a accueilli le départ de la 21 et dernière étape du Tour de France 2011. La ville de Créteil a été élue ville la plus sportive de France en 1988 par un jury et le journal "L'Équipe". Médias. Outre les panneaux d'affichage municipaux, le mensuel gratuit d'informations municipales "Vivre ensemble" est aujourd’hui le seul média spécifiquement cristolien. Le quotidien "Le Parisien" consacre chaque jour dans son édition Val-de-Marne plusieurs articles à l'actualité de la ville. Durant l'Entre-deux-guerres, Créteil disposa de plusieurs titres de presse : "Le Journal de Créteil", hebdomadaire républicain fondé en 1935. "La Gazette de l'Est", journal républicain indépendant qui couvrait la banlieue Est de Paris est édité de 1914 à 1944. "La Petite banlieue" rebaptisée "La Banlieue de Paris", était un journal républicain couvrant la banlieue Sud-est de Paris. Il paraît de 1884 à 1951. Après la Seconde Guerre mondiale, "Le Républicain du Val-de-Marne" est le titre local majeur jusqu’à son arrêt dans les années 1980. En matière de radio, "Créteil FM" commence ses émissions dès 1981. "Top Tonic" achète la fréquence de Créteil FM en 1984. Entre 1984 et 1987, "Top Tonic" avait ses studios à Créteil. Ce fut la première station française à adopter un format sport et musique. Aujourd'hui, Radio Alfa, station lusophone, émet depuis Créteil sur l'ensemble de l'Île-de-France. Ses cibles sont les communautés portugaises et brésiliennes de la région. Cette station créée en 1987 émet sur . Pour la télévision, Créteil est en 1973 une des sept villes pionnières en France à être câblées. Depuis 2007, le Câblo-opérateur est NC Numéricable. Santé. Au , 27 pharmacies, une soixantaine de dentistes, une soixantaine de médecins généralistes, une dizaine de pédiatres, une demi douzaine d'ophtalmologistes et de dermatologues constituent notamment la médecine libérale de la ville. Inauguré le , le CHU Henri-Mondor est un hôpital de l'Assistance publique situé près de la cité des Bleuets. Conçu initialement pour recevoir , sa capacité d'accueil est en 2006 de . Il emploie plus de dont plus de soignants. Ses dépenses en 2004 étaient de . Inauguré le , l'hôpital intercommunal de Créteil a une capacité d'accueil de contre 264 en 1937. La construction de cet établissement fut décidée en 1932 en groupant les communes de Bonneuil-sur-Marne, Créteil et Joinville-le-Pont au sein d'un syndicat intercommunal. Saint-Maur-des-Fossés rejoint ensuite ce syndicat. À l'origine, une partie du personnel hospitalier était des religieuses. En 2004, ont été recensées pour et chirurgicales. Il compte environ pour soignants. Le Centre de transfusion sanguine de Créteil dépend de l'Hôpital intercommunal. Ce service traite de 600 à par jour. L'hôpital Albert-Chenevier est un hôpital de l'Assistance Publique d'une capacité d'accueil de dont pour le service de psychiatrie. Cultes. Les Cristoliens disposent de lieux de culte catholique, israélite, musulman, protestant et bouddhique. Catholicisme. Créteil est le siège du diocèse de Créteil. La cathédrale Notre-Dame de Créteil, se trouve juste à côté de l'Université. Le modeste bâtiment initial a été détruit pour permettre la construction d'un projet plus ambitieux, inauguré le 20 septembre 2015. Outre la cathédrale, on dénombre quatre églises et une chapelle : En 2007, Daniel Labille, alors évêque de Créteil, présente sa démission au Pape Benoît XVI pour raison d'âge. Michel Santier lui succède à la tête du diocèse de Créteil le 4 septembre 2007. Il y a plusieurs communautés religieuses : carmélites, dominicaines, filles du Saint-Esprit, oblates mariales, religieuses de l'Assomption, religieuses Xavières et franciscains. Judaïsme. Avec environ , la communauté juive de Créteil est la plus importante d'Île-de-France. Elle est arrivée surtout à partir des années 1960. Créteil compte donc une synagogue (rue du 8 mai 1945) et dix oratoires dévolues au culte israélite. Le rabbin se nomme Alain Sénior. Islam. La mosquée Sahaba de Créteil a été inaugurée le 18 décembre 2008. Une salle de prière dédié au culte musulman, louée à la mairie, est située rue Saussure dans le quartier des Coteaux du sud. Protestantisme. Le culte protestant est représenté avec trois églises : Bouddhisme. L'Association Bouddhique Khmère-Vatt Khemaramam se tient dans les locaux du temple Vatt Khemaramam (rue Saint-Simon), le premier temple cambodgien construit en Europe. Économie. Revenus de la population et fiscalité. En 2010, le revenu fiscal médian par ménage était de 29 966 €, ce qui plaçait Créteil au 14 093 rang parmi les 31 525 communes de plus de 39 ménages en métropole. Entreprises. Histoire économique. Des ateliers monétaires sont signalés au port de Créteil dès l'époque mérovingienne. C'est toutefois l'agriculture qui domine avec une forte proportion de vignobles, notamment sur les coteaux du Mont-Mesly. On recense ainsi en 1745. Le vignoble est détruit lors de la guerre franco-prussienne de 1870 et partiellement replanté. La filature installe des usines à Créteil dès le début du tandis que les carrières, exploitées de longue date, donnent leur meilleur rendement à partir des années 1820. Deux types de carrières sont exploités : pierre et plâtre. L'albâtre est particulièrement exploité à partir de la fin des années 1850. La ville abrite désormais une délégation de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris. Zones d'activités économiques. La ville dispose de 4 zones d'activités principales : Les Petites haies, Les Bouvets, Europarc et L'Échat. Nombreux sièges sociaux d'entreprises générant de solides recettes fiscales locales. Le siège social de Pernod dont le bâtiment a la forme d'une pyramide inversée se trouve dans la zone des Petites haies. La nouvelle zone d'activités est celle d'Europarc, principalement dédiée aux secteurs technologiques. Plus de proposent à Créteil dont la moitié dans le secteur public. Le taux de chômage atteint 8,6 % en 2004 contre 6,5 % en 2001 soit plus d'un point de moins que la moyenne nationale, 9,9 % en 2004. Syndicats. Inaugurée en 1987, la Maison départementale des syndicats Michel Germa accueille huit organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, FSU, CFTC, CFE-CGC, Union syndicale Solidaires et UNSA). Défini comme un lieu à la fois de réflexion et de travail, ce lieu unique permet aux syndicats de proposer des permanences juridiques et d'offrir des renseignements aux salariés du Val-de-Marne. Commerces. Trois zones commerciales principales. Le centre commercial Créteil Soleil qui propose ² de boutiques pour de stationnement et plus de de visiteurs par an. Créteil Soleil a ouvert ses portes le . Le Carrefour Pompadour, fameux pour ses bouchons routiers, regroupe également des enseignes désormais si typiques du paysage banlieusard. Le vieux village avec son commerce traditionnel. N'oublions pas les marchés et les zones commerciales de quartier (la zone du port, l'Échat, le Palais (²) et le centre Kennedy et celui de l'Abbaye (²) au Mont-Mesly, notamment). La ville a procédé au rachat de certains de ces centres (Palais et l'Échat) et les a entièrement rénovés entre 2004 et 2006. Tourisme. Créteil compte cinq hôtels : Le Novotel du lac de Créteil (), l'Euro-Hôtel d'Europarc (), l'hôtel Campanile du chemin de Mesly (), l'hôtel Ibis de la Basse Quinte () et l'hôtel Kyriad de la rue des Archives (). Le Novotel et l'Euro-Hôtel sont des établissements trois étoiles tandis que les trois autres sont des deux étoiles. Créteil abrite en outre plus de cinquante restaurants. Le principal équipement touristique de la ville est cependant l'île de loisirs de Créteil. Créteil affiche aujourd’hui sa volonté de mériter le label de station de tourisme. Nombre d'aménagements sont nécessaires, mais le conseil municipal qui a approuvé le le projet de demande de classement, apparaît prêt à y procéder. Culture locale et patrimoine. Lieux et monuments. Une sculpture de Marthe Baumel-Schwenck, "La femme assise", se trouve à proximité de la MJC du Mont Mesly au croisement des rues Juliette-Savar et René-Arcos. Patrimoine architectural. On trouve en fait trois nefs séparées par quatre colonnes en délit qui déterminent neuf travées identiques voûtées d'arêtes. Cette église est classée monument historique depuis 1928. De nombreuses fouilles archéologiques furent menées autour de l'église, mettant au jour notamment des sarcophages mérovingiens et des sépultures remontant peut-être au . Les vitraux néogothiques du chevet datent de 1854 : les trois verrières retracent la vie du Christ. Le vitrail de la chapelle septentrionale est consacré à la Vierge et celui de la chapelle du Sud à sainte Geneviève. Les autres ouvertures sont garnies de grisailles datant de la fin du . Les cloches sont au nombre de trois : "Joséphine Élisabeth" (plus de ) refondue en 1867, "Marie" (moins de ) offerte en 1552 à la chapelle Notre-Dame-des-Mèches et rapportée à l'église lors de la Révolution, et la cloche des "Martyrs" () installée en 1992. L'architecture contemporaine tient une place prédominante dans la ville, avec des réalisations emblématiques telles la préfecture, la mairie, le palais de justice, la maison des arts et de la culture, le siège social de Pernod Ricard, les fameux « choux » ou encore les archives départementales. Les principales zones de promenade sont les rives du lac de Créteil, les bords de Marne et la zone piétonnière du vieux village. Créteil dispose de d'espaces verts publics. Cimetière. Le cimetière communal, ouvert en 1822, comprend quelques éléments remarquables dont la fameuse porte monumentale de l'ancienne prison du Cherche-Midi (Paris), reconstruite près de l'esplanade du Souvenir en 1982. Parmi les personnalités enterrées dans le cimetière, on notera : Patrimoine naturel. Les espaces verts de la ville couvrent , dont l'île de loisirs de Créteil, avec en son centre le lac, qui occupe une superficie de . L'on peut citer aussi le parc Dupeyroux, le parc de la Brèche, les bords de Marne et les îles fluviales. Créteil fut récompensé par un Grand prix national des villes fleuries saluant ainsi l'omniprésence végétale dans la ville.
Ère commune La locution chronologique « de l'ère commune » (abrégée par son sigle EC ou parfois ') est un synonyme alternatif à la forme plus courante « après Jésus-Christ » (« »), de même qu’avant l'ère commune (AEC ou parfois ') correspond à la formule « avant Jésus-Christ » (« »). Elle est calquée sur l'anglais "". Suivant ce système, par exemple, la création du "principat" par l'empereur Auguste est datée « 16 janvier 27 AEC » au lieu de « 16 janvier 27 » et la date du premier concile de Nicée s'écrit « 325 EC » à la place de « 325 ». Pour les dates EC, la précision peut ne pas être nécessaire. La chronologie de l'ère commune ne change rien à la façon occidentale de numéroter les années, ni avant ni après Jésus-Christ. Les dénominations « EC » et « AEC » sont proposées par leurs défenseurs comme des alternatives qui évitent de faire référence à une civilisation ou à une religion particulière, ceux-ci mettant en exergue la neutralité de cette norme vis-à-vis des cultures et des croyances. Notamment du fait de la préférence de l'enseignement officiel pour la forme traditionnelle — laquelle a perdu dans l'usage toute signification religieuse par normalisation —, l'emploi de ces formes reste toutefois marginal et tient ainsi principalement à une volonté de se détacher de l'usage, alors perçu comme vecteur de l'hégémonie culturelle occidentale. Origines de la datation des années en Occident. La datation des années en vigueur en Occident depuis la fin du Moyen Âge procède de l'ère de l'Incarnation après que le pape Boniface, conseillé par le moine byzantin Denis le Petit eut, au , posé l'année 753 AUC ("Ab Urbe Condita", « depuis la fondation de la ville [de Rome] ») comme année de naissance du Christ. L'année 754 AUC devenait ainsi l'an 1 du calendrier. La chronologie des années selon l'ère de l'Incarnation ne fut utilisée couramment qu'à partir du . Auparavant, les actes législatifs et ecclésiastiques étaient datés selon l'année de règne du souverain et selon l'indiction romaine.<br> L'indiction est un cycle de quinze ans commençant le . On spécifiait l'année en cours dans l'indiction courante. Ainsi 2020 (à partir du septembre) est l'année dans l'indiction courante qui a commencé en 2007. Dans les sciences. Dans les sciences historiques, l'origine de la datation au carbone 14 prend comme référence "le présent" fixé à l'année 1950. Les préhistoriens diront, par exemple, que tel foyer paléolithique est daté de 12000 « avant le présent » : 12000 BP (« before present »), c'est-à-dire d'environ 10000 AEC. En astronomie et en astronautique, on utilise la datation en jours juliens dont l'origine varie : les jours juliens astronomiques ont pour origine le janvier 4711 AEC. Pour la NASA, la date origine est le EC et le EC pour l'ESA. Parallèle entre les langues anglaise et française. L'expression française « avant notre ère » est l'équivalent de celle « Before the Common Era (BCE) » de l'anglais américain.<br> Pour les siècles qui ne sont pas « avant notre ère », on indique simplement le nombre de siècles ou la date sans mention particulière, ou « de notre ère » (ou encore « de l'ère présente »), ce qui est l'équivalent du « Common Era (CE) » en anglais américain. Motivations et critiques de la chronologie en "ère commune". La numérotation des années selon le mode occidental s'est, pour des raisons historiques et pratiques, imposée de façon mondiale dans les actes civils. Les datations traditionnelles demeurent toutefois souvent d'usage dans la vie religieuse. L'utilisation des références « EC » et « AEC » a pour objet d'universaliser cette manière de compter les années en lui ôtant toute référence religieuse ou culturelle. Usage. Domaine francophone. Dans les pays de tradition catholique, la notation « AEC / EC » est peu développée. On trouve quelquefois la notation « AEC » dans des articles traitant d'histoire ancienne. D'autres notations sont utilisées : Le musée du Louvre utilise plusieurs notations : Domaine anglophone. En anglais, les notations "Common Era" (« ère commune ») ou "Current Era" (« ère actuelle ») tendent à remplacer "Christian Era" (« ère chrétienne »), toutes les trois partageant le même sigle « CE ». Ce dernier est le synonyme de « A.D. » ("Anno Domini").<br> Le sigle « BCE » ("Before the Common Era" ou "Before the Current Era") remplace « BC » ("Before Christ"). La notation « ère commune » est usitée par les grands musées des États-Unis : Elle est cependant peu utilisée dans la plupart des autres pays anglophones. Le British Museum utilise « BC » et « AD » (« Before Christ » et « Anno Domini »). Partisans. Le partisans de la notation « AEC / EC » insistent sur le fait qu'elle est religieusement neutre et adaptée à un usage multiculturel et multi religieux : Détracteurs. Les principaux arguments des détracteurs de la notation « AEC / EC » sont les suivants :
Chiapas Le Chiapas (en forme longue l’État de Chiapas) fut officiellement territoire du premier Empire mexicain du 21 juillet 1822 au 19 mars 1823 puis de la République mexicaine jusqu'au . Rattaché en 1824, c'est l'un des derniers à devenir l'une des 32 entités fédératives mexicaines des États-Unis du Mexique. Sa capitale est Tuxtla Gutiérrez. Situé au sud de la péninsule du Yucatán, il est entouré par l'État de Oaxaca à l'ouest, celui de Tabasco au nord et par le Guatemala à l'est. Le Pacifique baigne son côté sud. L'État de Chiapas est composé de 122 communes ("municipios"), regroupées en neuf régions économiques. Sa surface est de soit 3,8 % du Mexique — ce qui le classe au des États les plus étendus de la fédération mexicaine. Sa population était en 2005 de dont répondant à la définition d'indigène, soit 22,2 % de la population totale de l'État. En 2006, on comptait environ émigrés aux États-Unis, ceux-ci envoyèrent cette année-là à leurs familles restées au Chiapas la somme de de dollars. Des statistiques de 2007 indiquent que plus de 8 % de la population du Chiapas travaille aux États-Unis. Riche en ressources naturelles, il fournissait notamment à lui seul, en 2001, 6,4 % de la production totale d'électricité du pays, 21 % du pétrole, 47 % du gaz naturel et 35 % du café du Mexique. En juin 1990, fut créée sur demande du gouvernement de l'État de Chiapas la compagnie aérienne AVIACSA (consorcio Aviacsa s.a. de c.v.) afin de satisfaire la demande croissante de transports aériens de cet État (La compagnie n'existe plus depuis 2010). L'arrivée de troupes gouvernementales à la suite du soulèvement zapatiste de 1994 a provoqué une très forte augmentation de la prostitution chez les femmes indigènes du Chiapas, le journal "La Jornada" en a fait part à plusieurs reprises. L'expérience zapatiste s'étend sur une région — en grande partie composée de forêts et de montagnes — de carrés (l'équivalent de la superficie de la Belgique) couvrant plus d’un tiers de l’État du Chiapas. On estime que forment les bases de soutien du zapatisme. Elle constitue la plus importante expérience d’autogouvernement collectif de l’histoire moderne. Histoire. Le Chiapas tient son nom de l'époque de la colonisation espagnole. Il est inspiré par une peuplade indigène, les Soctones. Le centre politique de ce peuple d'origine et de langue Otomangue, était Nandalumi appelé Chiapan, du nahuatl Chia-apan (rivière du chia). Nommé évêque de San Cristobal dans les années 1960, Samuel Ruiz se détache de son approche conservatrice devant l'ampleur de la pauvreté et des inégalités de la région et adhère au courant de la théologie de la libération. Il parraine la création d'associations paysannes indépendantes afin de contester la division en classe de la société chiapanèque et rechercher une amélioration des conditions de vie des plus modestes. Dans les années 1970, ces associations paysannes sont renforcées par l'arrivée de militants d'extrême gauche réfugiés dans la région pour fuir les forces de sécurité (Massacre de Tlatelolco en 1968 et répression constante des groupes d'extrême gauche). Au cours des années 1980, les élites du Chiapas utilisent les appareils d'État locaux et nationaux pour intimider (et régulièrement assassiner) des militants paysans. La pratique des assassinats sélectifs par les forces de sécurité ou des groupes paramilitaires proches des propriétaires terriens entraîne des désaccords entre les militants catholiques et marxistes : ces derniers préconisent de réagir par l'emploi de la lutte armée, ce à quoi les premiers s'opposent. Pour autant, l'apparition de l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) en 1994 n’entraîne pas une rupture complète, celle-ci bénéficiant d'une certaine sympathie des partisans de Samuel Ruiz. En décembre 1997, le massacre d'Acteal est perpétré par des paramilitaires, tuant 45 villageois dont une majorité de femmes et d'enfants. La région continue de subir, bien que plus occasionnellement, les attaques des paramilitaires, notamment à La Realidad en mai 2014 puis à La Garrucha à l’été 2015. Culture. Architecture et patrimoine. Palenque, le canyon du Sumidero, Montebello. Les sites de Yaxchilan et Bonampak. Religion. Bartolomé de las Casas fut évêque de San Cristobal au , ville qui plus tard s'appellera San Cristóbal de Las Casas. Chiapas est l'État du Mexique qui compte le moins de personnes se déclarant catholique. Les personnes ne se déclarant pas de cette religion se considèrent athées ou appartenant à des églises protestantes ou évangéliques. Ce phénomène est en partie dû à la proximité du Chiapas avec le Guatemala qui compte 30 % de sa population appartenant à ces dernières églises . Beaucoup d'indigènes ont choisi la conversion à l'évangélisme en raison du nombre important et de l'activité de "missionnaires" venus des États-Unis et travaillant dans leurs communautés. La présence des Témoins de Jéhovah est forte, notamment dans la zone frontalière de l'État. Pour l'Église catholique, Chiapas est divisé en trois diocèses qui ont leur siège à Tuxtla Gutierrez, Tapachula et San Cristobal de las Casas. Dans les zones peuplées par les indigènes, on note un fort mélange entre les rites catholiques et les cultes préhispaniques. Économie. Parts du PIB de l'état par secteur en 2008 : primaire 9,28 % secondaire 23,52 % tertiaire 67,2 % Le Chiapas a reçu en 2011 2,6 % du total des devises envoyées au pays par les expatriés mexicains soit un peu plus de de dollars. Plus de 70 % des habitants de l’État vivent dans la pauvreté (2021) ; les populations indigènes sont particulièrement exposées à celle-ci. L'économie du Chiapas est pour partie liée au tourisme national et international . Ses conditions bioclimatiques exceptionnelles lui permettent en outre le développement d'une agriculture riche et diversifiée qui occupe 19 % de la superficie de l'État. Les principaux produits agricoles du Chiapas sont le café, la banane, le cacao, le maïs et la mangue, mais aussi le miel, le sucre de canne ou les piments. Avec 7 centrales hydroélectriques, le Chiapas fournit 46,7 % de l'électricité d'origine hydroélectrique du pays soit 6,4 % de la production totale d'électricité du Mexique. La production de pétrole brut et de gaz naturel est importante et dans le nord de l'État, elle représente 6 % du pétrole brut et 23 % du gaz naturel produits au Mexique. Le Chiapas est un État pauvre et accumule des records en matière d'analphabétisme, de dénutrition, de mortalité infantile et de mortalité pour maladies infectieuses et respiratoires, de carence d'équipements domestiques (eau, électricité, etc). Il n'a bénéficié qu'avec retard et seulement partiellement des acquis agraires de la révolution mexicaine, en raison du contrôle politique et social exercé par une oligarchie conservatrice et parfois raciste, surnommée la « famille chipanèque ». Jusqu'aux années 1970, existaient dans les grandes propriétés des formes d'exploitation de la main d’œuvre indigène proches du féodalisme : les paysans étaient soumis à une quasi servitude car, payés en jetons valables uniquement dans la boutique du maitre, ils contractent des dettes transmises de génération en génération qui leur imposent de rester sur place. Après l'adoption de l'Accord de libre-échange nord-américain (Alena) en 1994, les investisseurs américains demandent au gouvernement mexicain d’éliminer la rébellion zapatiste. Dans un mémo célèbre, la Chase Manhattan Bank précise : « Bien que le Chiapas, à notre avis, ne constitue pas une menace fondamentale pour la stabilité politique mexicaine, il doit être perçu comme tel et le gouvernement devra éliminer les zapatistes pour prouver son contrôle effectif du territoire national et de la politique de sécurité. » En 2017, près de 20 % de la superficie du Chiapas ont été cédés en concessions minières ou en projets touristiques. L’élevage provoque dans l’État du Chiapas une forte déforestation. Géographie. L'État du Chiapas est situé dans le sud-est du Mexique. Son relief est fortement contrasté et peut être divisé en quatre zones : la côte, les vallées centrales, les montagnes et la forêt tropicale. Groupes indigènes. indigènes sont identifiés au Chiapas. Les Mayas sont les principaux: Tseltal (34,5 %), Tzotzil (36 %), Ch'ol (17,4 %), Tojol-ab'al (4,7 %). Les Zoques (5 %) occupent une importante fraction au nord ouest du territoire. Les groupes suivants : Chuj, Kanjobal, Mam, Jakalteco, Mocho, Calchiquel, Lacandons-maya caribe forment le 2,3 % restant. Ces groupes constituent 12 des 62 peuples indigènes reconnus au niveau fédéral. Il est à noter que la langue mam est encore beaucoup parlée au Guatemala mais est en voie de disparition au Chiapas. En effet, plus de 80 % de ses quelque chiapanèques auraient plus de . Hydrologie. Le Grijalva et le Usumacinta sont les plus grands fleuves de la région.
Cable News Network (CNN) est une chaîne de télévision d'information en continu américaine fondée en 1980 par Ted Turner. La société est rachetée en 1996 par WarnerMedia. La chaîne est connue pour sa couverture en direct dramatique (et parfois sensationnaliste) de "breaking news", ou édition spéciale en français, qui peut durer des jours voire des semaines. Son audience est principalement progressiste. Description. Elle appartient à une entité commerciale dénommée , qui se compose de plusieurs chaînes incluant CNN/U.S. et pour les États-Unis, CNN International, ainsi que CNN Türk et CNNj. CNN International est disponible dans le monde entier. La petite sœur de CNN/U.S. est le leader de l'information et une ressource indispensable pour toutes les rédactions de la planète. Historique. Lancement et expansion. CNN a été fondé en 1980 par Ted Turner. Les autres chaînes de télévision, proposant de l'information au format traditionnel, se moquaient alors d'elle. Ces railleries ont disparu au profit de tentatives d'imitation au fur et à mesure que s'accroissait l'audience de leur rivale. CNN est un gouffre financier à son lancement, la chaîne perdant jusqu'à 2 millions de dollars par mois. Ce n'est qu'en 1985 que CNN enregistre ses premiers bénéfices (14 millions de dollars) et commence à connaître un véritable essor au niveau national. Le lancement de CNN International en permet à CNN de devenir un réseau mondial alors que la couverture en direct de l'accident de la navette spatiale Challenger en lui donne une exposition sans précédent sur le marché américain. CNN a introduit le concept de l'information 24 heures sur 24. Déjà connue pour ce fait, elle devient célèbre dans le monde entier lors de la Guerre du Koweït de 1990-1991 en couvrant intégralement, souvent en direct, le déroulement du conflit depuis l'invasion du Koweït jusqu'au cessez-le-feu. Les images de tirs dans la nuit de Bagdad sont restées célèbres. Ces images de combats, parfois fournies par l'US Army, étaient alors reprises dans le monde entier par toutes les chaînes de télévision. Intégration dans le groupe Time Warner. Depuis 1996, elle fait partie du groupe Time Warner. Les premières synergies entre les deux groupes se matérialisent le avec la création de qui rassemble des équipes de CNN et du magazine Sports Illustrated détenu par Time Warner. Cette chaîne d'information sportive en continu qui entre en concurrence directe avec ESPNews ne rencontrera jamais son public et sera finalement supprimée le . Tom Johnson, patron de CNN à l'époque, annonce en un plan de réduction des coûts tout en maintenant un plan de développement important, avec notamment le lancement de CNN en Español le . Aujourd'hui CNN doit faire face à une concurrence sévère. Elle a face à elle des chaînes d'informations en continu concurrentes sur le marché américain (FOX News, MSNBC par exemple), mais aussi sur le marché international (BBC World, Russia Today, Euronews, Al Jazeera, France 24, Africa 24, etc.). Chaque pays veut désormais lancer sa chaîne d'informations en continu ayant vocation à être diffusée à travers le monde. Avoir une chaîne d'informations en continu, est perçu comme un moyen d'influencer le monde par la diffusion de la culture, des valeurs et finalement du point de vue du pays émetteur. Le siège de CNN et la plupart des studios sont situés à Atlanta, dans le CNN Center, qui peut aujourd'hui être visité. Cependant, le groupe dispose de studios supplémentaires dans les grandes villes des États-Unis : New York, Chicago, Washington, D.C.. Elle en a aussi dans plusieurs régions du monde comme Abu Dhabi, Londres, Hong Kong qui sont respectivement les maisons mères de leur studio au Moyen-Orient, en Europe et en Asie/Pacifique. Elle disposait aussi d'un bureau en Iran, mais fut contrainte de s'en aller après l'élection de 2009 et le maintien au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad. La chaîne s'est fait parfois remarquer en localisant maladroitement des villes sur son infographie, comme lors du G20 de 2011 à Cannes qui était localisé en Espagne du nord-ouest. La chaîne a également localisé Hong Kong en Amérique du sud, l'Irak en Europe, Auckland en Australie ou encore Londres dans le Norfolk. Fin 2014, la chaîne cesse sa diffusion en Russie à la suite de l'arrivée d'une réglementation qui interdisait la diffusion de publicité sur le câble. Cependant, en février 2015, CNN a annoncé avoir demandé une licence de diffusion pour pouvoir à nouveau émettre dans le pays. En 2016-2017, la chaîne qui veut rivaliser avec le "New York Times", le "Washington Post" et d'autres titres procède à la création d’une équipe d’enquête, composée de ses meilleurs journalistes d’investigation et renforcée de plusieurs recrues. En opposition avec Donald Trump, elle se voit taxée par celui-ci de « Clinton News Network » pendant la campagne présidentielle de 2016, Trump l'accusant de propager ce qu'il qualifie de fausses informations sur son compte. La démission en de trois journalistes vedettes de la chaîne, qui avaient dû se rétracter et s'excuser après qu'il est apparu qu'un article qui reliait Trump à un fonds d'investissement russe n'était basé que sur une seule source anonyme et qu'ils ne pouvaient pas garantir l'exactitude de leurs affirmations, semble renforcer les arguments du président américain contre CNN. Pour le journaliste politique américain Glenn Greenwald, cet épisode illustre l'imprudence journalistique dans le traitement médiatique des liens qui existeraient entre la Russie et Trump. Il note que ces fautes journalistiques . Le même mois, John Bonifield, un des producteurs de la chaîne américaine CNN, affirme à un membre du Projet Veritas qui le filme en caméra cachée que l'affaire de l'ingérence russe dans la campagne de Trump pourrait être principalement fallacieuse, mais que CNN continuerait à la relater pour améliorer son audience. Selon lui, le directeur général (il désigne sans doute par cela le président ) aurait demandé expressément aux journalistes de continuer à enquêter sur ce sujet après la couverture de l'accord de Paris sur le climat. Bonifield estime également que si le précédent président Barack Obama avait été soumis au même traitement, le public aurait cessé de regarder la chaîne. Donald Trump estime qu'il est donc désormais prouvé que CNN arrange des "fake news". Paul Farhi, du "Washington Post", note que Bonifield, producteur de reportages sur la santé et le médical, n'est pas interrogé sur sa connaissance réelle du traitement par CNN des problématiques politiques, et critique fortement la méthode utilisée. La chaîne précise que Bonifield ne fait qu'exprimer son opinion sur la question et qu'il ne fait pas partie des équipes chargées de cette enquête ; elle dit ne pas vouloir le sanctionner pour cette interview, car selon le communiqué, . Par ailleurs, le de l'université Harvard examinant dans une étude la manière dont les journalistes de dix grands médias avaient couvert Donald Trump durant les cent premiers jours de sa présidence montre que la tonalité de la couverture des nouvelles est négative à 93 % pour CNN. La chaîne de nouvelles est souvent critiquée par la droite américaine et l'Alt-right pour son prétendu biais anti-Trump et sa prétendue diffusion de fausses nouvelles contre l'administration Trump. Correspondants. Les "Senior international correspondant", ou grand reporter en français, sont tous basés dans une ville d'un pays abritant les locaux de CNN (souvent la même, comme celle de Londres) mais peuvent très bien couvrir des événements partout dans le monde. La base indiquée correspond en réalité à leur lieu de vie habituel. C'est exactement le même cas pour les reporters basés au quatre coins des États-Unis, qui peuvent être appelés à couvrir un événement dans leur zone géographique. Ces correspondants officient aussi bien pour CNN que pour CNN International. Budget. CNN dispose d’un budget annuel d’environ 700 millions de dollars en 2001. Controverses. En , une étude d'Harvard montre les différences de traitement entre les candidats démocrates et républicains dans les cinq premiers mois des primaires présidentielles. L'étude montre que CNN avait tendance à traiter les démocrates plus favorablement que les républicains et Barack Obama plus favorablement que ses adversaires démocrates. En , WikiLeaks publie des e-mails envoyés par la contributrice de CNN Donna Brazile à l'équipe de campagne d'Hillary Clinton, avant les débats entre Clinton et son adversaire dans la primaire démocrate Bernie Sanders. Dans ces e-mails, Donna Brazile indique à l'équipe de campagne de la candidate certaines questions qui lui seront posées lors de débats organisés par CNN. La collaboration entre la chaîne et Donna Brazile a pris fin après ces révélations. En , CNN accepte de trouver un règlement dans un procès intenté contre la chaîne par un lycéen du Kentucky qui a déclaré avoir été diffamé et intimidé par le réseau télévisé dans un reportage concernant sa rencontre avec un manifestant amérindien. L'avocat du plaignant accusait CNN d'avoir . Il exigeait de dollars de la chaîne. D'autres médias sont poursuivis. Pour Serge Halimi, l'aile droite du Parti démocrate et ses « relais médiatiques », dont notamment CNN, . Le journaliste Glenn Greenwald relève qu'.
Cartouche (hiéroglyphe égyptien V10) Un cartouche, en hiéroglyphe égyptien, est classifié dans la section V « Cordes, fibres, corbeilles, sacs, etc. » de la liste de Gardiner ; il y est noté V10. Il représente un cadre de cordage ovale, un « pied » noué à une de ses extrémités, et est translitéré "šnw". C'est un déterminatif du terme "šn," « cercle, pourtour ou anneau (bijou, amulette) », et, à une époque plus tardive, un idéogramme du terme "rn", « nom » (pour un roi). Mais son utilisation symbolique est la plus répandue en tant que délimitation graphique du nom hiéroglyphique du Pharaon, de la reine ou de certains dieux. Il symbolise "tout ce que le soleil entoure", c'est-à-dire l'univers, et a pour fonction de protéger le nom de Pharaon. Les cartouches étaient le plus souvent peints de jaune ou d'or (couleur du soleil) et étaient utilisés pour deux des cinq noms d'un pharaon : Utilisation. Le cartouche fut utilisé à partir du roi Khéphren (). Délimitant de façon visible le nom d'un pharaon dans une phrase, le cartouche fut un élément primordial dans le processus de déchiffrement des hiéroglyphes par Jean-François Champollion. Exemples de mots. mn:n N37:V10 M23:X1 L2:X1. < C2 E11:N35 R8A:N36 > < M:r:n:f M:Sw*w-n:t*y:M-i-t:n:ra > L'âme de Rê (ou Le Bélier de Rê), l'aimé des dieux (Mérenptah)
Calypso (homonymie) Calypso, du grec , est originellement le nom d'une nymphe de la mythologie grecque. Le calypso est un genre musical des Antilles. Culture et société. Danse. "Télémaque dans l'île de Calypso" est le titre de plusieurs ballets : Anthroponyme. Prénom. Calypso est un prénom féminin, notamment porté par :
Champollion Employé seul, le nom Champollion fait généralement référence à l'égyptologue français Jean-François Champollion, à l'origine du déchiffrement des hiéroglyphes. Culture et société. Enseignement et recherche. Plusieurs établissements scolaires ou universitaires ont été nommés en l'honneur de Jean-François Champollion :
Carole Lombard Carole Lombard, née Jane Alice Peters le à Fort Wayne, dans l'Indiana, aux États-Unis, et morte le dans le comté de Clark, aux États-Unis, est une actrice américaine de la première moitié du . Elle est surtout connue pour ses rôles dans des comédies des années 1930 devenues des classiques. Elle commence sa carrière à la fin des années 1920 dans la troupe des "Bathing Beauties" de Mack Sennett. Mariée à l'acteur Clark Gable, elle meurt dans un accident d'avion. Biographie. Ascendance et enfance. Carole Lombard est la troisième enfant de Frederick C. Peters et d'Elizabeth Knight Peters. Son grand-père paternel, John Claus Peters, était le fils d'immigrants allemands, Claus Peters et Caroline Catherine Eberlin. Une branche éloignée de sa famille maternelle venait d'Angleterre ; ses ancêtres John et Martha Cheney émigrèrent en Amérique du Nord en 1634. Plus jeune d'une fratrie de trois enfants, elle passa sa prime enfance dans une grande demeure au 704 Rockhill Street à Fort Wayne (Indiana). Ses parents divorcèrent et la mère emmena ses trois enfants à Los Angeles en 1914, où Carole Lombard étudiera plus tard à la . Elle fut élue « reine de Mai » en 1924. Elle quitta l'école pour devenir actrice à plein temps après avoir été diplômée de Fairfax en 1927. Carrière. Lombard fit ses débuts à douze ans après avoir été remarquée dans la rue jouant au baseball par le réalisateur Allan Dwan ; il lui donne un rôle de garçon manqué dans "A Perfect Crime" (1921). Dans les années 1920, elle apparaît dans de petites productions sous le nom de Jane Peters, puis de Carole Lombard. En 1925, elle signe un contrat avec la Fox Film Corporation (qui fusionna avec la Twentieth Century Productions de Darryl F. Zanuck en 1935). Elle travailla également pour Mack Sennett pendant un an en 1927, elle a été une de ses "Bathing Beauties", et tourne treize courts métrages pour Pathé. Elle devint célèbre et évolua sans heurt vers le cinéma parlant avec "High Voltage" (1929). En 1930, elle rejoint la Paramount Pictures. Lombard devient une des plus grandes actrices de comédies de Hollywood dans les années 1930. En 1932, elle tourne "Un mauvais garçon" qui marquera sa rencontre avec Clark Gable, son futur second époux, dans leur unique film ensemble. On lui proposa le rôle d'Ellie Andrews dans "New York-Miami" ("It Happened One Night") (1934), mais les dates de tournage chevauchaient celles de "Bolero" ce qui la contraint à refuser. Malgré son charme, elle était une comédienne naturelle, et n'avait pas peur de paraître idiote pour faire rire. Sa vivacité et son humour vont s’affirmer pleinement dans des comédies comme "Twentieth Century" (1934) réalisé par Howard Hawks, "Mon homme Godfrey" (1936) réalisé par Gregory La Cava, et "La Joyeuse Suicidée" ("Nothing Sacred") (1937) réalisé par William A. Wellman, elle reçoit les louanges des critiques et est décrite comme l'une des pièces maîtresses de la screwball comedy. Cependant, elle joue plusieurs rôles dramatiques notamment dans "L'Autre" avec Cary Grant ou dans "Vigil in the Night", interprétant l'infirmière Anne Lee face à Brian Aherne. Produit par David O. Selznick, "La Joyeuse Suicidée" sera son seul film en Technicolor. Vie privée. En octobre 1930, elle rencontre William Powell, qu'elle épouse le . Carole Lombard déclare aux magazines qu'elle ne voit pas leurs seize années de différence d'âge comme un problème, mais leurs amis les sentent mal assortis, du fait de la personnalité extravertie de Lombard qui contraste avec la réserve de Powell. Ils divorcent en 1933, mais restent en bons termes et travaillent ensemble sans amertume, notamment dans "Mon homme Godfrey". Elle fréquenta alors le crooner jusqu'à sa mort accidentelle survenue en 1934. Carole Lombard commence une liaison avec Clark Gable au milieu des années 1930. Leur relation devait rester secrète car celui-ci était encore marié à sa deuxième femme, Ria. Finalement, après le divorce prononcé le , Gable et Lombard se marient le 29 mars. Ils s'offrent un ranch, ancienne propriété du réalisateur Raoul Walsh, dans la Vallée de San Fernando, Californie, où, se surnommant « Ma » et « Pa », ils vivent heureux. Pour tous ceux qui ont connu Gable, elle était la femme de sa vie. Hors-écran, elle est très appréciée pour sa personnalité humble et son sens de l'humour légendaire. Elle aime faire des facéties durant les tournages, et plaisante notamment à propos de Gable (surnommé le « King of Hollywood »), « If his pee-pee was one inch shorter, they'd be calling him the Queen of Hollywood ». Carole Lombard appartint à la seconde génération baha'ie qui la déclara formellement membre en 1938. Mort. Au moment de l'entrée en guerre des États-Unis, fin 1941, Carole Lombard rejoint son Indiana natal pour un événement d'appel au soutien à l'effort de guerre. À quatre heures du matin (heure locale) du vendredi , elle et sa mère embarquent à bord d'un avion DC-3 de la Trans World Airlines pour leur retour en Californie. Après une escale de ravitaillement à Las Vegas, le vol reprend dans la nuit claire. Cependant, des balises sont éteintes à cause de la guerre, et l'avion dévie. Vingt-trois minutes plus tard, l'avion s'écrase sur le « Double Up Peak » près du sommet du Mount Potosi, au sud-ouest de Las Vegas. Les vingt-deux passagers trouvent la mort. La plaque commémorative qui marquait l'endroit de l'accident, a été volée en 2007. Juste avant de monter à bord, Carole s'adresse à ses admirateurs en ces termes : Le président Franklin D. Roosevelt, admiratif de son patriotisme, la déclare première femme tuée dans l'exercice de ses fonctions en temps de guerre et lui attribue à titre posthume la médaille présidentielle de la Liberté. Peu après la mort de l'actrice à trente-trois ans, Clark Gable, inconsolable et anéanti par sa perte, rejoint l'United States Army Air Forces et sert dans l'armée de l'air en Europe. Le navire Liberty ship "SS Lombard" est ainsi nommé en son hommage et Gable assiste à son inauguration le . Le dernier film de Carole Lombard, "To Be or Not to Be", réalisé par Ernst Lubitsch en 1942, où elle joue aux côtés de Jack Benny, est une satire du nazisme et de la Seconde Guerre mondiale. Alors que le film est en post-production au moment de sa mort, les producteurs décident de couper la séquence dans laquelle son personnage s'interroge « Que peut-il arriver dans un avion ? », de mauvais goût après les circonstances de sa mort. Un incident de montage similaire est survenu à la re-sortie du dessin animé de la Warner Bros "A Wild Hare" (1940) : le nom de Lombard est mentionné dans un jeu de "Devine qui" entre Bugs Bunny et Elmer Fudd, mais c'est le nom de Barbara Stanwyck qui sera cité dès lors. Le , Jack Benny ne fait pas son émission de radio habituelle, à la fois par respect pour l'actrice et chagrin pour sa mort. Il ne programme que de la musique. Lombard est enterrée au "Forest Lawn Memorial Park Cemetery" à Glendale. Le nom gravé sur la crypte est « Carole Lombard Gable ». Malgré son remariage, Clark Gable a été enterré à ses côtés à sa mort en 1960. Sa mère, Elizabeth Peters, qui périt aussi dans l'accident d'avion, repose non loin. Distinctions et récompenses. La maison de son enfance à Fort Wayne a été classée d'importance historique. La ville attribua le nom de « Carole Lombard Memorial Bridge » au pont voisin surplombant le fleuve St. Mary.
Chiropratique La chiropratique ou chiropraxie (du grec "kheir" « main », et "práxis" « exécution, action » ; prononcer "kiro-pratique") est une médecine non conventionnelle qui vise à la prévention, au diagnostic et au traitement des troubles de l’appareil musculo-squelettique, en particulier de la colonne vertébrale. Cette pratique a des origines ésotériques et est fondée sur plusieurs idées pseudoscientifiques. Inventée par Daniel David Palmer en 1895, les croyances originelles sur lesquelles la chiropratique s'appuie, la subluxation et le vitalisme, ne sont pas démontrées scientifiquement. La thérapie chiropratique est très diversifiée. Dans certains pays, cette pratique est reconnue et règlementée par des autorités de santé. Histoire. La chiropratique a été fondée en 1895, à Davenport, Iowa par Daniel David Palmer, qui déclara l'avoir reçue de « l'autre monde ». Le premier ajustement chiropratique fut pratiqué sur le concierge de l'immeuble où Palmer travaillait, Harvey Lillard. Étant sourd, il aurait recouvré l'audition grâce à cet ajustement. D. D. Palmer présenta cette méthode sous un éclairage religieux. Il sera tout de même emprisonné pour exercice illégal de la médecine. La méthode fut déclarée officielle en 1897 avec la fondation de la "". Il a écrit un livre sur la chiropraxie, "The Chiropractor", publié de façon posthume en 1914. Son fils, Bartlett Joshua Palmer, colonel de réserve dans la Garde nationale, a poursuivi son travail en le développant techniquement et en l'adaptant aux connaissances scientifiques de l'époque, souvent en désaccord avec son père. Il fonda une école de chiropratique près de Chicago en 1902, école qui resta ouverte après les conclusions du Rapport Flexner de 1910, puisque conforme à la nouvelle norme des écoles de santé aux États-Unis. C'est de lui que vient la citation ""The power that made the body heals the body", que l'on pourrait traduire en français par "La force qui a créé le corps guérit le corps"". La Fédération mondiale de chiropratique (WFC) est membre de l'OMS depuis 1993. La chiropratique est reconnue comme profession de santé complémentaire par le Comité international olympique depuis 1992. La chiropratique est en 2009 la troisième profession de santé aux États-Unis après la médecine générale et la chirurgie dentaire. En France, la chiropraxie est reconnue depuis la loi du , cette pratique est rattachée au code de la santé publique par l’ comme « profession de la santé ». En 2011, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) publie une étude qui indique que . Aujourd’hui, plus de 40 pays dans le monde attribuent un statut légal à cette profession. Étymologie. Le terme chiropraxie est composé du préfixe "chiro-" venant du grec ancien χείρ, "kheir" (« main ») et de πρᾶξις, "praxis" (« action »). La chiropratique est un mot qui a été créé en 1987 lors d’une conversation entre le fondateur de la FICS (Fédération internationale de chiropratique du sport) et le président du ' (Canada) ; avant cette date, le nom n’existait qu’en anglais. Jacques Breton a dit : Avant 1987, tout le monde francophone utilisait le mot en anglais pour la profession : « ' ». Il était interdit au Canada d’employer le franglais dans le nom d’une organisation canadienne. Press a suggéré : Breton a refusé, et a dit : L’Américain a alors suggéré : Breton a dit : Et le monde francophone adoptait « chiropratique ». Aujourd'hui, deux termes se côtoient : « Chiropratique » et « Chiropraxie ». Changement de paradigme en France et contestations. Aujourd'hui en France, la formation des chiropracteurs à l'IFEC (Institue Franco-Européen de Chiropraxie) tend à se rationnaliser. Un nouvel arrêté, paru en février 2018, régit l'enseignement. A la suite de cette publication, l'ordre des kinésithérapeutes en la personne de Pascale Mathieu, sa présidente, a débuté un mouvement de contestation. Une plainte pour diffamation a été déposé par l'Association Française de Chiropraxie à l'encontre de l'ordre des kinésithérapeutes. Cette plainte a été jugée par le Tribunal de Grande Instance de Paris le 20 février 2019, ce dernier a débouté les Chiropracteurs. Puis l’ordre des kinésithérapeutes a tenté un recours pour excès de pouvoir auprès du conseil d’état à l'encontre de l'arrêté des ministres des solidarités et de la santé et de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation du 13 février 2018 relatif à la formation à la chiropraxie. Ce dernier a été rejeté le 20 novembre 2019. Principes généraux. Selon l'association française de chiropratique (AFC) et la société franco-européenne de chiropratique (SOFEC), la chiropratique consiste en la prévention, le diagnostic, et le traitement des pathologies mécaniques, réelles ou supposées, de l’appareil neuro-musculo-squelettique, en particulier du rachis, et de leurs conséquences. Les thérapeutiques sont non invasives, principalement manuelles. La colonne vertébrale et le bassin sont au centre du diagnostic et de la thérapeutique. Article 1er du Décret n° 2011-32 du 7 janvier 2011 relatif aux actes et aux conditions d'exercice de la chiropraxie : Liste des examens. L’identification des perturbations de l'unité fonctionnelle vertébrale est obtenue par différents moyens entrecroisés (liste non exhaustive) : Subluxation. Les perturbations fonctionnelles du système locomoteur sont historiquement appelées « subluxations. » Elles sont localisées en particulier sur la colonne vertébrale et le bassin. Par ailleurs, il existe plusieurs techniques pour les soins des extrémités (membres supérieurs et inférieurs). Selon les principes chiropratiques, ces interférences nerveuses, conséquences neurologiques des perturbations neuro-musculo-squelettiques, entraîneraient des états douloureux ou des perturbations fonctionnelles, voire organiques, qui affecteraient l'état de santé général. Ce principe relève de la pseudoscience tout comme le concept de vitalisme sur lequel repose la technique. Après avoir identifié ces perturbations dynamiques par une méthode diagnostique spécifique et l'analyse chiropratique, le chiropracteur entreprend alors la correction (selon un protocole de soins) au moyen entre autres d'ajustements chiropratiques (appelées communément « manipulations vertébrales »). Méthode. L'ajustement chiropratique consiste en l'application, avec la main, d'une pression ponctuelle qui peut être forcée ou non, c’est-à-dire une impulsion précise, non traumatisante et codifiée, sur un segment ostéoarticulaire. Les manipulations dites HVLA. La différence entre l'ajustement chiropratique et d'autres formes de manipulations vertébrales est la très grande spécificité de la technique, c'est-à-dire que l'impulsion est appliquée sur un seul segment selon un vecteur donné. On dit alors qu'il s'agit d'une manipulation vertébrale à court bras de levier. La précision est sa première caractéristique. La majorité des chiropracteurs a également recours à des instruments pour réaliser leurs ajustements ( la technique "Activator", ou de la technique "Petitbon") ou à des tables de manipulation multi-articulées (technique "Thompson" ou "Chiropractic Biophysics"). Les chiropraticiens pratiquant une technique dite de Flexion/Distraction segmentaire (COX) utilisent une table très spécialisée, afin de traiter particulièrement la pathologie discale. La réglementation octroie donc à cette profession un panel de techniques et technologie très spécifique afin d'apporter une qualité dans l'acte de prise en charge du patient. Le chiropracteur peut également utiliser des méthodes non invasives à vissées antalgiques comme les ultrasons, la cryothérapie, l'électrothérapie, etc.. Dans de nombreux cas, le chiropraticien recommandera des exercices qui aideraient à faciliter le retour du patient à ses activités de la vie quotidienne. La prise en charge du chiropraticien, ne se résume pas qu'à la pathologie vertébrale commune ou articulaire périphérique, mais également s'intéresse aux pathologies dites « de tissus mous » ( tendinopathie de l'épaule, épicondylite, myoaponévrosite plantaire). Aussi, plusieurs chiropraticiens utilisent également des formes de thérapies myofasciales telles qu'« Active release technique » (A.R.T), « Graston technique », points gâchettes ou d'autres formes de massage profond, associées à des exercices de réadaptation. Il est de la philosophie de la chiropratique d'éduquer son patient à une meilleure hygiène de vie, tant pour ce qui concerne son alimentation que son mode de vie, plus précisément ses habitudes de sommeil et son activité physique. Ainsi, le chiropraticien essaie d'avoir un effet global sur la santé de chacun de ses patients, et un effet bénéfique sur la santé publique. C'est donc par tous ces moyens que le chiropraticien prétend soigner ses patients et prévenir les troubles neuro-musculo-squelettiques. Certaines techniques sont spécialisées dans la chiropratique spécifique des cervicales supérieures. Craquement des articulations. Lors de l'ajustement chiropratique de type HVLA (haute vélocité, faible amplitude) les facettes articulaires sont soudainement séparées en dépassant la barrière de mouvement élastique qui limite normalement le mouvement. Il se produit alors une cavitation audible sous la forme d'un son de craquement ou d'éclatement (« crac » ou « pop ») et l'apparition d'une cavité radio-transparente dans l'espace articulaire. Ce son est dû à l'expansion rapide de gaz dans le liquide synovial de la capsule articulaire et non à un craquement des os. Le gaz libéré est composé à 80 % de dioxyde de carbone. Le craquement indiquerait une séparation brève des facettes articulaires ; par contre, son intensité ne serait pas une mesure sur la grandeur de l'écart créé entre ces dernières. Selon plusieurs études, la présence d'une cavitation audible serait le gage d'avoir obtenu la force nécessaire dans le mouvement des tissus périarticulaires sans pour autant avoir causé de dommage musculaire. Il est aussi suggéré que le chiropraticien peut détecter de manière précise la cavitation. Il est toutefois impossible de se baser uniquement sur le son, ainsi le son d'un relâchement audible n'indique pas nécessairement que les bons réflexes ont été stimulés. Il n'y aurait donc pas preuve directe de bénéfice thérapeutique physiologique d'un relâchement audible lors d'un ajustement chiropratique. D'ailleurs, répéter l'ajustement brièvement après une cavitation non audible avec l'objectif d'entendre une cavitation pourrait même causer des dommages puisque l'articulation est potentiellement déjà étirée au-delà de sa limite anatomique de mouvement. Cette période est appelée la période réfractaire. Peut-être le plus grand bénéfice thérapeutique d'un craquement audible ne sera pas de nature physiologique, mais plutôt psychologique. Le craquement articulaire peut avoir un puissant effet placebo à la fois sur le patient et sur le praticien. Il est possible que le patient s'attende à entendre un craquement pendant le traitement et interprète ce son comme un ajustement réussi. Si les attentes du patient ne sont pas satisfaites, il pourrait y avoir un effet négatif sur le résultat clinique. Par contre, si un craquement audible est obtenu, en particulier avec le renforcement du praticien, un effet placebo puissant peut être attendu. Le craquement pourrait plutôt avoir un effet placebo sur le patient s'il juge qu'un ajustement réussi doit pouvoir être entendu. Formation. Les études de chiropratique sont des études supérieures en écoles privées, ou dans quelques universités, principalement localisées aux États-Unis. Si les principales universités qui enseignent la chiropraxie se trouvent aux États-Unis, la plus célèbre étant celle de Davenport en Iowa, plusieurs autres universités délivrent cette formation comme l’université de Trois-Rivières et l'université de Toronto au Canada, ou le Royal Melbourne Institute of Technology en Australie notamment. En Europe, 9 unités de formations sont accréditées : l’AECC University College, le Barcelona College of Chiropractic, l’IFEC – Institut Franco-Européen de Chiropraxie, le McTimoney College of Chiropractic, le RCU Escorial Maria-Cristina, le Syddansk Universitet Odense, l’University of South Wales – Welsh Institute of Chiropractic et l’University of Zurich. Les études de chiropraxie durent cinq ans, les élèves sont soumis à des contrôles constants. Certaines formations octroient au chiropraticien un diplôme de radiologie (théorique et pratique), comme au Canada, aux États-Unis et en Suisse. En France, un chiropracteur ne peut réaliser une radiographie, cependant, il peut comme tout le monde, conseiller la consultation directe à un radiologue afin que ce dernier puisse faire l'examen si nécessaire. Il existe un réseau international d'agences d’accréditations des études de chiropraxie : . Dans certains pays, ces agences ont une reconnaissance légale. Aux États-Unis Il s'agit du ' reconnu depuis 1972 par ', Au Canada c'est La Fédération chiropratique canadienne des organismes de réglementation professionnelle et d'agrément des programmes d'enseignement (la Fédération) qui est une association d’organismes provinciaux et territoriaux de réglementation professionnelle de la chiropratique et d’agrément des programmes d’enseignement constituée en vertu de la Loi sur les Corporations canadiennes. En Australie et Asie il s'agit du . Au Québec. Les étudiants ont accès à un programme universitaire de doctorat de premier cycle en chiropratique délivré par l'UQTR. Voici une description tirée du site du programme : Depuis 1993, l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) offre le programme de Doctorat de premier cycle en chiropratique. Le programme est d'une durée de 5 ans et de 245 credits. C'est le premier programme de Doctorat en chiropratique offert en français dans une université dans le monde. En France. La formation en chiropraxie et l'agrément des établissements de formation en chiropraxie sont réglementés par les décrets et 91 et par l'arrêté du 13 février 2018. Il existe un unique établissement de formation, l'Institut Franco Européen de Chiropraxie (IFEC), accrédité selon les normes internationales, ce qui signifie que ses diplômés peuvent légalement exercer dans plus d'une quarantaine de pays. Le diplôme français de chiropraticien est accrédité par l’"" (ECU), qui regroupe 20 pays européens. Le diplôme délivré par l'IFEC est le seul diplôme permettant d'exercer la profession de chiropracteur en France. Il est agréé par le Ministère de la Santé et reconnu RNCP Niveau 1, soit le niveau Master Bac +5 (300 crédits ECTS). L'IFEC est constitué de deux campus, le premier à Ivry-sur-Seine, près de Paris, le second à Toulouse. La formation dure cinq années pour de cours. L’objectif affiché de la formation est de permettre la prise en charge (diagnostic, traitement, prévention) des troubles neuro-musculo-squelettiques (en particulier de la colonne vertébrale). Le programme des études est très proche de celui des deux premiers cycles des études médicales, plus l’enseignement particulier des techniques de la chiropraxie. L’effectif des enseignants des deux sites est de 65, dont dix médecins. Une collaboration entre le programme UFRSTAPS de l'Université de Paris-sud-Orsay et l'IFEC est mise en place. Les chiropracteurs peuvent, après leurs études, se spécialiser dans des techniques de soins chiropratiques ( COX Flexion/Distraction) ou acquérir des compétences particulières dans de véritables spécialités comme la Fédération internationale de chiropratique du sport (FICS), la radiologie, l'orthopédie chiropratique, la chiropraxie pédiatrique, la neurologie chiropratique. Pour les premiers, ils obtiendront des certifications post-diplômes dans les techniques ou compétences choisies, les seconds obtiendront des certificats de spécialisation post-diplômes dans les spécialités choisies. Techniques chiropratiques particulières. Thompson. La technique Thompson a été développé par J. Clay Thompson il y a plus de 50 ans. Cette technique chiropratique est enseignée dans plusieurs écoles accréditées dans le monde et via des séminaires de formation, enseignés par John Minardi, DC. La technique Thompson utilise des tables adaptées munies de pièces mobiles (drops), afin de prodiguer un ajustement précis et sans cavitation. L'outil d'analyse principal se fait par la vérification des jambes (legcheck). En fait, une compensation créée par une subluxation entraîne une traction des épineux engendrant une jambe fonctionnellement plus courte. Évidemment, pour être considérée comme pathologique, l’écart entre la longueur des jambes doit être de plus de 5 mm (1/4’’). Pour permettre une constance dans les mesures, la vérification des jambes doit être effectuée sur le dos, ce qui stabilise les joints SI et les jambes ne doivent être supportées qu’au ¾ du mollet. Le docteur prend chaque pied et applique une pression égale en penchant le corps vers le patient. La malléole médiale sert de repère. kinésiologie appliquée. Les origines de la kinésiologie appliquée datent de 1964, lorsque Georges J. Goodheart Jr., chiropraticien, a fait l’observation qu’en l’absence d’anomalies congénitales ou pathologiques, un débalancement postural était souvent associé avec une incapacité de certains muscles à répondre efficacement à un test musculaire spécifique. Il a aussi observé que des nodules douloureux étaient souvent palpables au niveau de l’origine et de l’insertion du muscle « défectueux » testé. La manipulation manuelle de ces zones de dysfonction soupçonnées améliorait l’équilibre postural ainsi la capacité du muscle à répondre au test musculaire spécifique. Goodheart ainsi que d’autres ont par la suite observé que plusieurs techniques de traitement conservatrices amélioraient la fonction neuromusculaire évaluée par le test musculaire. Ces techniques de traitement sont devenues la base des thérapies utilisées en kinésiologie appliquée. Les techniques utilisées regroupent des manipulations et mobilisations articulaires spécifiques, des thérapies myofasciales variées, des techniques crâniennes, des traitements utilisant les méridiens d’acupuncture, la nutrition clinique, la modification de la diète de base et l’utilisation de réflexes divers. Avec la recherche continue, les procédures de traitement ont continué de se diversifier et de se modifier au fil des ans. Bien que plusieurs techniques de traitement utilisées en kinésiologie appliquée proviennent de techniques préexistantes (ex : Strain CounterStrain, Fascial Release, Trigger points), certaines ont été et continuent d'être développées de novo à l’intérieur de cette discipline en constante croissance. De nos jours, la kinésiologie appliquée (KA) est une approche interdisciplinaire des soins de santé qui rassemble les éléments centraux de diverses thérapies complémentaires afin de créer une approche plus complète du diagnostic et des traitements des diverses maladies fonctionnelles. La kinésiologie appliquée (KA) utilise des évaluations fonctionnelles du patient telles l’analyse de la posture et du patron de marche, l’évaluation de l’efficacité de contraction musculaire comme indicateur pour le système nerveux, l’amplitude de mouvement, la palpation statique et dynamique. Les informations soutirées de ces examens sont combinées aux résultats des évaluations traditionnelles (histoire clinique de la problématique, examen clinique, analyses de laboratoire, mesures instrumentales) afin d’en arriver à une impression diagnostique qui tient compte de la nature unique du patient et de sa condition physiologique particulière. Le cas échéant, cette impression clinique est utilisée comme trame de base pour établir un plan de traitement conservateur spécifique au patient. Contrairement à d’autres spécialités en chiropratique, la KA s’est inspirée en plus de plusieurs sources hors de la profession chiropratique. Du domaine chiropratique, les travaux de DeJarnette, Bennett, et autres ont été combinés avec les travaux de certains ostéopathes comme Sutherland et Jones et avec des travaux du domaine médical de la part de pionniers tels Travell, Wicke, Pert, Janda, Dvorak’s et plusieurs autres à venir qui enrichissent cette mer de connaissances qu’est la KA. Les professionnels de la santé pratiquant la kinésiologie appliquée sont regroupés dans le collège international de kinésiologie appliquée (ICAK). Activator. La technique Activator utilise un instrument d’ajustement chiropratique capable de produire une force d’impulsion contrôlée dans un vecteur contrôlable, avec une grande vitesse. Tout comme la technique Thompson, cette technique va utiliser la vérification des jambes ("legcheck)" comme outil d'analyse. Atlas orthogonal. La technique d'atlas orthogonal a été développée par le Roy Sweat fin 1960. Dans les années 1930, l’ajustement à l’aide d’instruments était à l’étude. Vers le milieu des années 1950, l’instrument à percussion (dérivé de la médecine dentaire) pouvait répéter infailliblement un ajustement vertébral. Sweat a combiné l’instrumentation et l’analyse orthogonale. Pour déterminer le plan de traitement adéquat, on procède à l'analyse radiographie en incluant les vues cervicales latérales, nasium, vertex et bouche-ouverte (APBO), on fait la vérification des jambes (avant/ après), une palpation de la sensibilité des 4 quadrants (grade 1 à 3) sera effectuée, on procède au positionnement du patient et calcul du vecteur d’ajustement. Selon les résultats d'analyses, la correction vertébrale s'effectuera sur le côté (side posture) en contactant le processus transverse de l'atlas (C1). L'ajustement se fait par l'onde du percuteur via le stylus. Gonstead. Le principe de base de la technique Gonstead explique que toute structure se doit d’avoir une base, une fondation, solide afin d’assurer une certaine durabilité et une bonne longévité. Celle-ci a apporté une vision différente de la majorité des autres techniques ce qui explique sa popularité à long terme. En effet, la grande majorité des chiropraticiens connaissent de nom ou de manière plus approfondie le travail de Clarence Gonstead DC. "Sacro-Occipital technique". En 1945, un chiropracteur et ostéopathe, Bertrand DeJarnette, proche des courants craniopathiques issus de l'ostéopathie, travaille sur le rôle des méninges dans le fonctionnement de la neurologie du corps humain, et en outre l'intérêt d'agir sur l'organisme dans sa globalité. Il met en place sa fondation, la "Sacro Occipital Research Society", à travers laquelle Statut de la profession. Il existe en Angleterre, Suède, Japon, Australie, Afrique du Sud, Canada une vingtaine d'universités formant au titre de chiropracteur. Ces diplômes sont reconnus officiellement dans la majorité des grands pays industrialisés comme les États-Unis, le Canada, la Suisse, le Royaume-Uni, le Danemark, l'Australie, la Nouvelle-Zélande. La chiropraxie est aussi partenaire officiel de l'Organisation mondiale de la santé par le biais de la Fédération mondiale de chiropraxie. Par ailleurs, l'OMS a fait paraître ses « Directives pour l'enseignement et la sécurité en chiropratique ». Au Québec. Pendant très longtemps, de nombreux chiropraticiens ont fait des démarches répétées pour obtenir une loi québécoise établissant les conditions requises pour exercer la chiropratique. En 1973, la Loi sur la chiropratique (L.Q. 1973, ch. 56) est adoptée par l’Assemblée nationale du Québec. La loi sur la chiropratique établit les règles concernant l’exercice de la chiropratique au Québec, en décrit l’exercice et en précise les conditions. Elle institue aussi la création de l’Ordre des chiropraticiens du Québec. Dans l’intérêt de la société, l’Ordre, régi par le Code des professions, édicte des normes de qualification et effectue le contrôle de l’acte professionnel. Tout chiropraticien exerçant légalement au Québec est obligatoirement membre de l’Ordre des chiropraticiens du Québec. En France. En France, la progression a été légalisé par décret en 2002. Les actes accomplis par les chiropracteurs ne sont pas conventionnés par l’Assurance Maladie, et à ce titre, ne sont donc pas remboursés par la Sécurité Sociale. L’intégralité des frais de consultations et de soins sont à la charge du patient. Le 3 juillet 2018, la Ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a d'ailleurs déclaré que les consultations de chiropraxie ne seraient jamais remboursées par la Sécurité sociale. Certaines mutuelles de santé complémentaires acceptent cependant une prise en charge partielle des traitements prodigués, selon leurs conditions contractuelles préalablement établies. On peut citer par exemple des complémentaires santé telles que Allianz ou AXA pour les plus connues. Les honoraires sont totalement libres et variables selon les praticiens : de 35 à 70 euros par séance en moyenne, très rarement à plus de selon les praticiens et la nature de l’acte accompli. L'activité de chiropracteur a été régulée par la loi Kouchner de mars 2002 (art. 75), en même temps que celle d'ostéopathe, le décret d'application a été signé le 7 janvier (décret 2011-32 du 7 janvier 2011 relatif aux actes et aux conditions d’exercice de la chiropraxie). Les chiropracteurs sont reconnus officiellement et leur pratique est encadrée par une loi depuis 2011. Ils ont obtenu en outre le droit d'ajuster les cervicales. La formation est aussi encadrée, par le décret de février 2018 qui impose universitaires, totalisant de cours théoriques, pratiques et stages en structure hospitalière publique ou privée. Ce cursus est crédité de 300 ECTS. Au Royaume-Uni. Le titre est protégé depuis "" de 1994. La formation est universitaire. Il existe la possibilité de prescrire des examens d'imagerie médicale et de posséder le matériel radiographique pour la réalisation des clichés radiographiques standards. Les chiropracteurs sont en voie d'intégration dans le parcours de soins pour la prise en charge des pathologies ostéoarticulaires. En Suisse. Le titre est protégé depuis 1974. La formation est universitaire de type médical. Les chiropracteurs sont désormais officiellement reconnus comme une profession de type médical universitaire équivalent français des professions visées à la quatrième partie du Code de la santé publique, au même titre que les médecins, dentistes et sages-femmes. Cette loi définit par la même occasion les collèges et universités reconnus susceptibles de former les chiropraticiens. Comme toute autre profession médicale, les chiropracteurs suisses sont habilités à poser un diagnostic, à recourir aux investigations de laboratoire, d’imagerie, voire à posséder leur propre installation radiologique. Les prises en charge sont remboursées par l’assurance maladie, y compris pour les prescriptions de certaines médications à visée antalgique et de contrôle de la douleur. Il existe la possibilité de prescrire et d'effectuer les examens d’imagerie. Les chiropraticiens bénéficient de l'ensemble de la panoplie des traitements conservateurs y compris les médicaments pour lutter contre la douleur. La prise en charge s'effectue par l'assurance-maladie. En Italie. La profession est reconnue depuis le 21 décembre 2007 comme profession de santé de premier contact. Critiques et controverses à propos de la chiropratique. Critiques des principes théoriques. Les patients réguliers des chiropracteurs ne connaissent souvent pas ses bases historiques mystiques. Pour ses détracteurs, il s'agit donc d'une théorie peu étayée qui ne satisfait pas aux critères scientifiques. L'Académie de médecine française met en garde contre l'hétérogénéité des qualifications des chiropracteurs. Dans ce rapport, l’Académie souligne que « les méthodes manuelles à visée diagnostiques et thérapeutiques prônées par l’ostéopathie et la chiropraxie s’appuient, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, sur des a priori conceptuels dénués de tout fondement scientifique. L’Académie sait très bien que ces méthodes sont, depuis toujours, pratiquées. Mais elle ne saurait les cautionner. » Le président de la commission chargée de la rédaction de ce rapport déclare lors d'un entretien : « Attention ! Les chiropracteurs utilisent aussi des techniques de manipulation mais ils veulent garder leur autonomie professionnelle par rapport à la médecine de soins et surtout vis-à-vis de l’ostéopathie. Ils se limitent à l’appareil locomoteur, à la lombalgie commune et à la cervicalgie courante. Leur souci majeur est d’éviter les accidents de manipulation et avant tout d’identifier les contre-indications possibles. Est-ce possible sans connaissances médicales et sans contact avec les médecins traitants ? Encore peu nombreux en France (450) ils sont très organisés aux États-Unis et surtout en Europe du Nord. Ils acceptent cependant de collaborer dans la recherche clinique et technique avec des médecins de médecine physique, des rhumatologues et des chirurgiens orthopédistes. » Le rapport entraîna des protestations officielles tant du Doyen Ludes que des représentants de la chiropratique française et occasionna une réponse scientifique de la SOFEC (SOciété Franco-Européenne de Chiropratique). Selon le : Dans son rapport de 2013 sur les thérapies complémentaires, l'Académie nationale de Médecine fait la distinction entre chiropraxie et l'ostéopathie, mais recommande d'éviter l'usage de ces deux thérapies en l'absence d'un diagnostic médical ou lorsque la présentation clinique est inhabituelle ou persistante. Selon les détracteurs de la chiropratique, seule une minorité de praticiens est critique envers la théorie de la subluxation et travaille selon des méthodes s'éloignant d'une conception « mystique » de la chiropratique . Critiques de l'efficacité et de l'innocuité de la chiropratique. Les études concernant l'efficacité de la chiropratique sont souvent accusées d'être biaisées et dans le monde de la médecine, la pratique chiropratique est critiquée. Les ajustements pour les douleurs cervicales et lombaires sont jugés efficaces pour traiter les douleurs au bas du cou et du dos. Une revue systématique publiée en avril 2017 par le "Journal of American Medical Association" supporte aussi ses recherches. Selon les observations des dernières recherches, les manipulations vertébrales peuvent réduire modérément la douleur au dos d'une personne. Les manipulations vertébrales seraient aussi recommandées par le prestigieux journal médical "The Lancet" lors de la parution de la "Low Back Pain Serie", parue en mars 2018. Certains soins chiropratique, concernant les douleurs lombaires, ont aussi été remarqués par le "Harvard Medical School" ainsi que dans les directives cliniques du "American College of Physicians". Toujours en cas de douleur au dos, la chiropratique aiderait aussi à de meilleurs résultats cliniques pour le patient, surtout lorsque combiné avec un suivi médical standard et que les soins chiropratiques ont le meilleur rapport coût/efficacité et de meilleur rendement de satisfaction du patient. Selon le Ronald Glick, professeur adjoint de psychiatrie, de médecine physique et de réadaptation à l"'University of Pittsburgh School of Medicine" et coauteur de plusieurs, les bénéfices de la chiropratique pour les douleurs du bas du dos aiguës sont largement acceptés dans la communauté médicale. Un grand progrès selon lui sur les 30 dernières années. Toutefois, la chiropratique est controversée quant aux bénéfices pour des conditions pas en liens avec le système neuro-musculo-squelettique. Scott Haldeman, neurologiste et chiropraticien à UCLA et UC Irvine explique le problème par le manque d'un front unifié chez les chiropraticiens. Un chiropraticien pourrait baser sa pratique sur la recherche scientifique tandis qu'un autre pourrait se décrire comme solution miracle à tous les problèmes. La chiropratique a été accusée de causer des accidents vasculaires cérébraux autant dans les médias et que par des chercheurs. Il a été suggéré que lorsque le chiropraticien ajuste le cou, il pourrait causer une déchirure de l'artère vertébrale localisée dans les vertèbres cervicales. Par contre, la cause serait plutôt une coïncidence plutôt que la faute de l'ajustement chiropratique. La recherche indique que les patients visiteraient leur chiropraticien pour une douleur causée par un accident vasculaire cérébral en cours plutôt que le chiropraticien qui cause l'accident. Le patient irait donc consulter pour une douleur au cou ou un mal de tête, tous les deux des symptômes d'un AVC, alors qu'ils ont un accident vasculaire cérébral en cours. Une étude de 2001 indique même que les personnes de moins de victimes d'un AVC ont cinq fois plus de chance d'avoir consulté un chiropraticien durant la semaine précédant l'AVC. L'étude de Cassidy à ce sujet a été très exhaustive. Ils ont observé tous les cas admis aux hôpitaux ontariens pour des accidents vasculaires cérébraux dus à une rupture de l'artère vertébrale entre et . Ils ont comparé l'âge, le sexe et l'historique médical de consultation en chiropratique et en médecine de chaque patient. Après compilation, Il y a eu d'AVC de l'artère vertébrale hospitalisés sur une population de plus de de personne-année. Selon les statistiques recueillies, les risques d'engendrer un AVC à la suite de la visite d'un chiropraticien seraient les mêmes que pour une visite chez un médecin. En ce qui attrait d'une déchirure de l'artère vertébrale, une étude aurait trouvé seulement sur plus de de manipulations chiropratiques au Canada entre 1988 et 1997. Néanmoins, selon une étude publiée par le chercheur chiropraticien Alan Terrett, les accidents de manipulations seraient le plus souvent faussement attribués aux chiropraticiens lors d'étude sur les risques des manipulations vertébrales auprès d'auteur médicaux, de journaux médicaux respectés et d'organisation médicale. Alors qu'ils sont finalement, après enquête, déterminés comme étant le fait de divers manipulateurs (non-chiropraticiens). Une position aussi partagée par le chiropraticien Adrian Wenban en lors d'une autre étude en 2006. Quant à des blessures moins sérieuses, une augmentation de la douleur et de la rigidité de l'articulation sont communes et se soulagent rapidement après le traitement. Fatigue, étourdissements, nausées ou résonnements dans les oreilles ont aussi été observés, mais sont peu communs. Lorsque comparés aux conséquences potentielles des autres traitements comme la médication par opioïde (dépendance et mort dû à une overdose) et la chirurgie, les risques des soins chiropratiques sont minimes. Une étude rétrospective examinant séances de manipulation vertébrale chiropratique a révélé deux événements indésirables graves, les deux étant des fractures des côtes chez les femmes âgées atteintes d'ostéoporose (incidence de 0,21 pour séances). Une étude systématique développant le sujet de la relation entre la pratique chiropractique et l'apparition de dissection de l'artère vertébrale publiée en 2016 affirme qu'un risque considérable de biais et de confusion dans les études disponibles a été découvert. En particulier, l'association connue entre la dissection de l'artère vertébrale et la cervicalgie, elle-même étant un motif de consultation chiropractique, peut expliquer ces confusions. Offensive de l'AMA (1962-1987). En novembre 1962, le docteur Robert Throckmorton, secrétaire de l'Iowa Medical Society présente son plan pour « contrôler et éliminer » les chiropraticiens de l'Iowa. Il est nommé conseiller spécial de l'AMA en septembre 1963. L'American Medical Association nomme Throckmorton conseiller spécial pour mettre son plan en action au niveau national et lui annonce que « la chambre des délégués » et la commission juridique de l'A.M.A ont décidé que Le 2 novembre 1963, le Comité sur la chiropratique est rebaptisé « comité sur le charlatanisme ». pour « éviter de donner une quelconque légitimité à la chiropratique ». Il effectuera des actions d'« information » jusqu'en 1968, mais le Congrès revient sur cette décision en 1972. En 1975, un chiropraticien, Chester Wilk DC, et quatre de ses confrères de Chicago, portent plainte devant la cour fédérale, pour violation de la loi anti-trust. Après un premier procès en 1981 la cour d’appel ordonne un second procès qui débute en juin 1987. En septembre 1987, le juge Getzendanner déclare l’AMA, l’', l’' et l’"" coupables de conspiration illégale en vue de , jugement définitivement confirmé par la cour suprême des États-Unis en 1990. Le jugement de 1987 a considéré que l’AMA n’avait pas respecté les critères (b) ou (d) de la défense fondée sur les soins aux patients » Wilk V. American medical Association (1987) Judgement (Northern district of Illinois, Eastern division No.76 C3777). Dès le milieu du procès, l’American Hospital Association affirmait « L’American Hospital Association désavoue spécifiquement tout effort illégal d’un quelconque groupe privé, concurrent pour « contenir », « éliminer » ou bien saper la confiance du public dans la profession chiropratique ». Cette page de l'histoire semble être tournée dans d'autres pays avec le développement de la chiropratique universitaire. Dans le cadre de la Joint and Bone decade (2000-2010), les chiropraticiens ont participé en nombre, mais aussi dirigé la Neck Pain Task Force. Article dans "The Guardian". Le 19 avril 2008, le journaliste scientifique Simon Singh publie un article dans le quotidien britannique The Guardian critiquant la chiropratique. En réponse, l'association britannique de chiropratique () l'attaque en justice pour diffamation. À cette annonce, le Guardian a décidé de prendre à sa charge les frais de conseil juridique ainsi que de payer les frais légaux du BCA dans le cas où Singh choisirait de régler l'affaire à l'amiable avant de définitivement retirer l'article de son site web. L'enquête préliminaire a eu lieu le jeudi 7 mai 2009 devant le juge Sir David Eady. Ce dernier conclut que les propos tenus par le journaliste signifiaient que le BCA avait délibérément menti sur la nature de ses activités. Simon Singh a donc demandé le droit de faire appel à cette déclaration par le juge Eady. Le juge John Laws lui a accordé ce droit de faire appel le 14 octobre 2009. Le avril 2010, la cour d'appel a déclaré que le juge Eady a commis une erreur dans son jugement et que les expressions écrites par Singh dans son article tombaient sous la définition légale de « "fair comment" » ("commentaire acceptable"). Le 15 avril 2010, le BCA a retiré son procès contre Singh. Simon Singh s'était appuyé sur les travaux du Ernst qui a publié de nombreux articles s'attaquant aux médecines alternatives.
Chiropractie
Carnivora Les Carnivores (Carnivora) sont un ordre de mammifères placentaires du super-ordre des Laurasiathériens. Ils se distinguent par une mâchoire et une denture qui leur permet de chasser et de manger d'autres animaux. Une des synapomorphies qui caractérisent les Carnivores est la présence d'une carnassière. Les canines sont transformées en crocs. Leur cerveau est de type gyrencéphale. Cet ordre est composé majoritairement d'animaux rapides au régime alimentaire carnivore (chair crue), bien qu'il existe certains membres qui n'ont pas ce régime, tels le panda géant qui est herbivore et des omnivores opportunistes comme le Renard roux ou le Binturong qui est principalement frugivore. D'autre part, les mammifères carnassiers ne sont pas tous forcément membres de cet ordre. On peut ainsi citer, par exemple, le dasyure, le thylacine, ou le diable de Tasmanie, qui sont tous trois des marsupiaux, ou bien certains cétacés tels que l'orque ou le grand cachalot. Caractéristiques. Les Carnivores sont les seuls mammifères placentaires à ne pas posséder de vésicules séminales. Sinon, les principales caractéristiques spécifiques des Carnivores concernent la tête. Au niveau de la denture, la quatrième prémolaire supérieure et la première molaire inférieure sont spécialisées en carnassières. Par ailleurs, les mouvements latéraux de la mandibule sont très limités. Au niveau de la base du crâne, la bulle tympanique est constituée de trois éléments : ectotympanique, entotympanique rostral et entotympanique caudal. Par ailleurs, l'artère carotide interne est réduite, et la vascularisation du cerveau est essentiellement assurée par la carotide externe. D'autres caractéristiques sont présentes uniquement chez les espèces terrestres existantes : une boîte crânienne de dimension élargie, la présence d'un os scapholunatum au niveau du carpe, ou l'absence de troisième trochanter pour le fémur. Systématique. L'ancienne classification séparait les Carnivores en deux sous-ordres, les Fissipèdes et les Pinnipèdes. Cette classification est aujourd'hui obsolète, bien que les Pinnipèdes soient toujours un clade valide. Carnivora est aujourd'hui considéré comme le groupe-couronne de ses représentants actuels, divisé en deux sous-ordres. Les Caniformes regroupent les familles proches des Canidés, les Féliformes regroupent les familles proches des Félidés. Familles actuelles. Liste des familles actuelles selon ITIS. Note : les viverridés du genre "Prionodon" regroupant les linsangs asiatiques ont été classés à part dans la famille Prionodontidae à la suite d'analyse génétiques. Liste des familles éteintes. Dans le sous-ordre Caniformia : Dans le sous-ordre Feliformia : Phylogénie. Phylogénie de l'ordre. Les différentes études génétiques estiment que l'ancêtre commun des carnivores actuels vivait il y a environ 60 millions d'années.
Couche d'ozone La couche d'ozone ou ozonosphère est la partie de la stratosphère de la Terre qui contient une quantité relativement importante d'ozone (concentration de l'ordre de un pour cent mille). À haute altitude, la couche d'ozone est utile : elle absorbe la plus grande partie du rayonnement solaire ultraviolet dangereux pour les organismes. Elle a donc un rôle protecteur pour les êtres vivants et les écosystèmes. Cette couche est distincte de l'ozone troposphérique de plus basse altitude, qui est un gaz à effet de serre et un polluant. Découverte et historique. L'existence de la couche d'ozone a été démontrée en 1913 par les physiciens français Henri Buisson et Charles Fabry grâce à leur interféromètre optique. Cet ozone est produit par l'action des UV, du rayonnement solaire, sur les molécules de dioxygène à haute altitude. Sydney Chapman propose le mécanisme de formation en 1930. Elle renvoie les rayons solaires et n'en laisse pénétrer que 50 % dans la troposphère. À la fin des années 1970, notamment grâce aux campagnes de mesures par ballon-sondes, les scientifiques mettent en évidence une diminution périodique de l'ozone antarctique, phénomène alors baptisé « trou de la couche d'ozone ». Ce trou grandit au printemps dans l'Antarctique (à la fin de la nuit polaire) durant plusieurs mois avant de se réduire, jusqu'au printemps suivant où il s'étend à nouveau. D'autres études à partir de ballons évoluant à haute altitude et d'observation satellitaire et météorologiques révèlent que la proportion d'ozone arctique est aussi en diminution. Cette découverte est à l'origine de la création du GIEC et de la signature en 1987 du Protocole de Montréal visant à bannir la création par l'industrie de substances chimiques chlorées aboutissant à la destruction de la couche d'ozone. Ces substances sont principalement les CFC utilisés dans les systèmes de refroidissements (réfrigérateurs, climatiseurs…). Ozone (utile ou nocif selon son altitude). Selon son altitude, on considère l'ozone comme : Sans la couche d'ozone dans la haute atmosphère, la vie telle que la planète l'a connue depuis la fin de l'Archéen, n'aurait été possible que dans les océans, à une profondeur suffisante de la surface des eaux (les UV ne pénétrant qu'à quelques mètres sous la surface). Ce fut le cas au cours de l'éon Archéen, lorsque l'atmosphère de la Terre était dépourvue de dioxygène (et donc de couche d'ozone). Ozone stratosphérique. Il se forme et persiste entre 20 et d'altitude. Il est cependant en réalité très dilué dans l'atmosphère locale : sa teneur est de l'ordre de quelques ppm à quelques dizaines de ppm dans la couche d'ozone elle-même qui est un mélange gazeux à faible pression. En fait si cet ozone était regroupé en une couche à l'état pur, il aurait dans les conditions normales de température et de pression (c'est-à-dire les conditions moyennes à la surface de la Terre) une épaisseur de seulement , soit (DU). Processus de formation. L'ozone est produit à partir du dioxygène, composé de deux atomes d'oxygène(). Aux altitudes supérieures à 30 km, le rayonnement solaire possède encore une énergie suffisante pour casser une partie des molécules de dioxygène et libérer les atomes. Un atome d'oxygène tendant à ne pas rester seul pour des raisons de stabilité, doit se recombiner à un autre élément ; il interagit donc avec une autre molécule de dioxygène () présente pour former une nouvelle molécule, composée de trois atomes d'oxygène : l'ozone (). Cette réaction chimique est la seule qui, dans la stratosphère, produise de l'ozone. Mais puisque tout l'oxygène n'est pas transformé en ozone dans ce processus, il existe donc un facteur limitant sa concentration. Primitivement, une certaine quantité d'ozone est apparue, il y a plus de deux milliards d'années, lorsque l'oxygène est devenu permanent avec une concentration de l'ordre du pour cent. La concentration observée aujourd'hui résulte d'un équilibre entre la production d'ozone par le rayonnement solaire, et certains processus de destruction : en temps normal, tout l'ozone produit en « trop plein du réservoir » est détruit. C'est ce que l'on appelle un équilibre dynamique. Équilibre dynamique. Le jour, à haute altitude, le rayonnement solaire peut dissocier la molécule d'ozone en une molécule de dioxygène et un atome d'oxygène : Durant la nuit et en particulier la nuit polaire, cette réaction n'existe pas puisqu'il n'y a plus de rayonnement solaire. Une autre réaction devient alors prépondérante : la recombinaison d'un atome d'oxygène et d'une molécule d'ozone pour donner deux molécules de dioxygène : C'est ce que l'on appelle la décomposition spontanée de l'ozone. Mais l'ensemble de ces deux réactions ne peut rendre compte que de 20 % de la destruction naturelle de l'ozone, alors que pour parvenir à un équilibre il faut que la perte soit égale à la production. Ce problème met en évidence la fragilité de l'équilibre de l'ozone. En effet, si les deux réactions ci-dessus avaient pu suffire à compenser la surproduction d'ozone, l'équilibre de ce dernier ne dépendrait que de la quantité de dioxygène présent dans la haute atmosphère, et cet équilibre aurait été difficilement perturbable, mais les composés chlorés perturbent cet équilibre. Les composés bromés, et les oxydes d'azote (NOx) contribuent également à cette destruction. Action des composés chlorés. Parvenues dans la stratosphère, les molécules de composés chlorés sont décomposées par le rayonnement solaire, les produits de cette décomposition détruisant les molécules d'ozone par le jeu de réactions catalytiques. Une source naturelle abondante de chlore organique est le chlorure de méthyle, principalement produit dans les océans par les micro-organismes et les algues. La concentration ne dépasse pas 0,6 milliardième, limite naturelle du taux de chlore organique dans l'atmosphère. Inventés dans les années 1930, les chlorofluorocarbures (C.F.C.) ont connu un développement important à partir des années 1950 à cause de leurs propriétés remarquables (ininflammables, facilement compressibles, non solubles) et, comme ils n'ont qu'une faible réactivité chimique, on les croyait peu toxiques pour l'environnement. Utilisés principalement dans l'industrie du froid, dans les bombes aérosols comme propulseur, en solvants pour l'industrie électronique, dans les mousses synthétiques et les agents extincteurs ; ils sont essentiellement dus à l'activité humaine. La production des CFC est très importante. Pour les deux principaux, le trichlorofluorométhane (CFC 11) et le dichlorofluorométhane (R 21), la production est passée de à au début des années 1960 jusqu'à en 1999. Cela représente une croissance de 5 à 6 % par an, soit pratiquement un doublement de la quantité tous les dix ans. Les vents brassent l'atmosphère en permanence : En deux ou trois ans, les CFC se retrouvent donc dans l'atmosphère sous toutes les latitudes, aussi bien à l'équateur qu'aux pôles. Puis, en 15 ans, ils montent dans la haute atmosphère. À cela s'ajoute un autre effet, les CFC présents dans la stratosphère en 1997 sont ceux qui ont été produits entre 1977 et 1982, ce qui ne représente que 40 % de ce qui a été produit jusqu'à ce jour. Les 60 % restants sont encore en train de se mélanger et de monter. Du fait de ce retard, les effets des CFC produits ces dernières années se feront encore sentir dans 60 ans. Bilan. Ainsi, la quantité de chlore organique naturellement présente dans la stratosphère est d'environ 0,6 milliardième, alors qu'aujourd'hui la proportion totale de chlore organique atteint 3,5 milliardièmes. Elle a été multipliée par 5 en 20 ans, ce qui a entraîné une rupture de l'équilibre dynamique. En hiver, la destruction d'ozone est limitée à sa destruction spontanée. Au printemps, elle devient très importante car il y a déjà des UV, beaucoup de cristaux de glace dans la stratosphère et parce que la circulation atmosphérique, le vortex polaire autour de l'Antarctique, empêche le remplacement de l'ozone détruit par de l'ozone provenant du nord de l'Antarctique. Dès la fin du printemps, l'amincissement est moins important parce que la quantité de cristaux de glace diminue, et aussi parce que la circulation atmosphérique change : il y a alors un mélange entre l'air antarctique et l'air venu du nord qui apporte de l'ozone. Enfin, et surtout, la génération de l'ozone à partir de l'oxygène a repris avec l'allongement de l’ensoleillement diurne. Statistiques. Perte continue d'ozone en Antarctique. La couche d'ozone est aujourd'hui, observée par un réseau de stations au sol tel la station Halley, à 76° S, où des observations de l’ozone sont effectuées depuis 1956. Plus récemment, la précision des observations s'est améliorée grâce aux satellites artificiels construits, entre autres, par la NASA (USA). Les variations pluriannuelles depuis 1957 de l'épaisseur de la couche d'ozone peuvent aussi être mesurées par le taux de flavonoïdes contenus dans des mousses (notamment Bryum argenteum) conservées dans des herbiers. Cependant, les observations sérieuses de la couche d'ozone n'ont été réalisés que depuis une soixantaine d'années. C'est en 1985 que l'alerte a été donnée avec la découverte d'une diminution importante de la concentration d'ozone au cours des mois de septembre et d'octobre au-dessus du continent Antarctique. Une réduction de près de 50 % du contenu total d'ozone était observée, se produisant au cours du printemps austral et couvrant toute la surface de l'Antarctique. Depuis la fin des années 1970, l'épaisseur de l'ozone est passée, en certains endroits, de l'équivalent de à 2 et même aujourd'hui, en moyenne pour le mois d'octobre. C'est cette "diminution relative de l'épaisseur de la couche d'ozone stratosphérique" (par rapport à son épaisseur standard ou initiale de 300 DU), que l'on nomme « trou d'ozone » ou « trou dans la couche d'ozone ». Le protocole de Montréal en 1987, a permis à la communauté internationale de réaliser une prise de conscience , aboutissant à des mesures concrètes pour limiter la propagation humaine des gaz CFC. En 2000, 2001 et 2003, le trou dans la couche d'ozone a atteint une superficie jamais observée avant 2000, alors que celui de 2002 était le plus petit qui ait été observé depuis 1998. En effet, à la fin de l'été 2003, le trou a de nouveau atteint un record de superficie… pour diminuer rapidement durant le mois d'octobre. En 2006, un nouveau record a été enregistré au-dessus de l'Antarctique. En 2006, l'ONU et les experts alertent sur le fait que la couche d'ozone se reconstitue moins vite que prévu, en raison probablement de l'utilisation persistante de gaz interdits, de type CFC. L'utilisation d'un modèle a permis d'attribuer la pause observée en 2015 à l'éruption du volcan chilien Calbuco et de montrer que la baisse des concentrations de chlore et de brome était bien responsable de l'amélioration observée sur le long terme. Perte d'ozone en Arctique. Dans l'océan Arctique, l'ampleur du phénomène n'atteint pas encore celle qui est observée dans l'hémisphère sud. Le fait que la perte d'ozone, si importante en Antarctique, soit moindre au-dessus de l'Arctique découle des différences climatiques entre ces deux régions. Le refroidissement de la stratosphère polaire est en effet moins intense au nord où, en moyenne, les températures sont de 15 à supérieures à celles observées au pôle Sud. Cette différence entre les deux pôles est d'origine géographique : le continent antarctique est isolé au milieu des océans dans l'hémisphère sud. Dans l'hémisphère nord, au contraire, une alternance de continents et d'océans, de zones de hautes et de basses pressions atmosphériques contribue à créer un mouvement continu des masses d'air tel que le pôle Nord ne reste jamais totalement isolé. L'air des latitudes moyennes, plus chaud, arrive donc toujours au pôle, y augmentant ainsi les températures moyennes. En exploitant des données fournies par un satellite de la NASA chargé de la recherche de la haute atmosphère, les chercheurs ont remarqué que les nuages stratosphériques de l'Antarctique ont une durée de vie deux fois plus longue que ceux situés au-dessus de l'Arctique. Le satellite MetOp-A a observé le trou d'ozone en 2007. En 2011, le trou dans la couche d'ozone a atteint des valeurs record dans l'Arctique, avec une perte de 80 % de l'ozone, entre 15 et d'altitude, dans la periode d'hiver 2010 - printemps 2011. Un début de résorption. Toutefois, en 2014, un rapport de L’Union météorologique mondiale et du Programme des Nations unies pour l’environnement faisait état d’une stabilisation et même d’un début de résorption sous les latitudes moyennes de l’hémisphère nord. En juin 2016, une étude dirigée par Susan Salomon et publiée dans la revue "Science" concluait à une réduction du trou dans la couche d'ozone en Antarctique de plus de de kilomètres carrés depuis 2000, soit environ la moitié de la superficie des États-Unis. Selon les chercheurs, cette amélioration, qui restait à confirmer, s’expliquait pour partie par la diminution des émissions de gaz chlorés (les CFC notamment) et bromés ; mais aussi par l'effet de serre anthropique. En effet, le réchauffement induit par les gaz à effet de serre (, méthane, etc.) provoque paradoxalement un refroidissement de la stratosphère. Or comme l’explique Slimane Bekki, chercheur au CNRS : « ce refroidissement ralentit les réactions chimiques qui détruisent l’ozone ». En 2018, l'ONU indique que la couche d'ozone est en voie de guérison. Néanmoins, une étude publiée dans Science révèle que le rythme de réduction des émissions de CFC-11 s'est ralenti de 50 % depuis 2012, traduisant une nouvelle production de CFC-11 non déclarée à l'encontre du protocole de Montréal. Cette production est suspectée provenir d'industriels chinois. Effets des ultraviolets sur les organismes vivants. Les ultraviolets sont des agents mutagènes : ils détériorent l'ADN des cellules, ce qui dérègle leurs activités biologiques ( cancer) ou les détruit (coup de soleil). . Le sud du Chili n'est pas la seule zone atteinte, d'autres régions de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande ont également connu des épisodes semblables. De plus, les rayons ultraviolets perturbent les divisions cellulaires des micro-organismes aquatiques, ce qui a de graves conséquences sur la vie aux pôles. En plus des cancers de la peau, on observe aussi un affaiblissement général du système immunitaire. Sur Mars. Sur la planète Mars, trois couches d'ozone distinctes ont été identifiées dans son atmosphère. Une couche est située en dessous de d'altitude, une autre est présente durant le printemps et l'été de l'hémisphère nord martien (entre 30 et ) et une autre au-dessus du pôle sud entre 40 et . La couche présente au-dessus du pôle sud n'a pas d'équivalent au pôle nord. Préservation planétaire. Mesures prises. Le Protocole de Montréal, signé en septembre 1987 puis révisé à Londres, Copenhague, Montréal et Pékin jusqu'en 1999, a préconisé une diminution des émissions de 50 % en dix ans. Sa ratification universelle (196 pays) a été atteinte en 2009, ce qui constitue un évènement puisqu'il est le premier traité environnemental international à atteindre ce statut. L'Union européenne a proposé en 1989 une interdiction totale de l'utilisation des CFC (chlorofluorocarbure) durant les années 1990, qui fut approuvée par les États-Unis. L'Union européenne s'est ensuite dotée d'outils juridiques, dont le règlement européen (1005/2009) visant à transposer le Protocole de Montréal en droit européen, tout en fixant des objectifs plus ambitieux de réduction ou d'interdiction de certains gaz détruisant la couche d'ozone. Avenir. Les délégués de 190 pays réunis à Montréal le ont pu saluer, vingt ans après la signature du protocole, la réussite du projet qui se concrétise par un arrêt total de la production des chlorofluorocarbures prévu en 2010 et une estimation optimiste de la communauté scientifique : la couche d'ozone retrouvera normalement son état de 1980 entre 2055 et 2065. Il était prévu d'éliminer les hydrochlorofluorocarbures, les principaux substituts des chlorofluorocarbures, d'ici à 2020 pour les pays industrialisés et 2040 pour les pays en voie de développement. Des chercheurs ont établi récemment que l'élimination précoce (dix ans plus tôt, soit en 2030) des hydrochlorofluorocarbures réduirait l'effet de serre dans une proportion supérieure à ce que doit permettre le Protocole de Kyoto sur le changement climatique. Un accord a été conclu, lors de cette des parties qui permet une accélération de la sortie de l'utilisation des hydrochlorofluorocarbures. En vertu de cette entente, la production de ces substances sera gelée en 2013 à son niveau moyen de 2009-2010. Les pays industrialisés arrêteront la production et la consommation en 2020, réduisant celles-ci à 75 % en 2010 et 90 % en 2015. Les pays en développement réduiront de 10 % en 2015, 35 % en 2020, 67,5 % en 2025, gardant 2,5 % en moyenne sur les cinq dernières années pour la maintenance. Si le lien de causalité entre CFC et trou est démontré ou si ce dernier disparaît sur une longue période on pourra établir que le Protocole de Montréal a été un succès de la communauté internationale, capable de résoudre des problèmes environnementaux. Un rapport scientifique de l'ONU, publié en janvier 2023, indique que la couche d'ozone est « en bonne voie » pour se reconstituer en 40 ans. Cependant, certains projets tels que l'injection de particules dans l'atmosphère, « pourrai[en]t avoir pour conséquence une grave baisse du niveau de l'ozone », selon le coprésident du panel scientifique.
Count Ossie Count Ossie (Oswald Williams, 1926-1976) est l'un des premiers musiciens rastas. Ce percussionniste du groupe « "Mystic Revelation of Rastafari" » représente un des symboles jamaïcains à travers le monde. Avec Prince Buster, il fait partie des artistes qui ont mené à l'émergence du ska, ce qui est illustré dans le livre Bass Culture. Biographie. Né à Bito (près de Bull Bay, paroisse de Saint-Thomas) en mars 1926, il s'intéresse très vite à la musique et fait partie de la fanfare des scouts, dans laquelle il joue du tambour et du fifre. Au début des années 1940, sa mère décide de s'installer à Rockfort (quartier est de Kingston), où il passera son adolescence et entrera dans une autre fanfare de scouts, "The Saint Saviour Call Troop". Sa passion pour les tambours et les discussions rastas l'entraîne souvent à Salt Lane, à l'ouest de Kingston. Vers la fin des années 1940, dans le camp de Salt Lane , où se retrouve en plus de la communauté rasta, la communauté Burru, Count Ossie, initié par le maître tambour Brother Job, réfléchit à une musique qui pourrait être caractéristique du mouvement rastafari tout en s'inspirant de la musique des anciens Burrus qui frappaient sur des tambours au rythme de leur cœur et devient ainsi le fondateur de la véritable musique rasta : le "Nyahbinghi". Il crée en 1947 le groupe Mystic Revelation of Rastafari afin de faire perdurer la tradition. En 1951, il ouvre un camp rasta à l'est de Kingston, la communauté de Rennock Lodge où viennent jouer des centaines de musiciens de la Jamaïque parmi lesquels Tommy McCook, Don Drummond, Johnny "Dizzy" Moore, Roland Alphonso, Rico Rodriguez. À partir de 1961, il participe, avec son groupe de cinq percussionnistes, The Warrickas, à de nombreuses sessions d'enregistrement de ska. Il est notamment crédité sur le célèbre "(Oh) Carolina" des Folkes Brothers (sous le nom de « Count Ossie Afro-Combo »). Il est récompensé au festival des arts de la Jamaïque en 1965 et 1966. En 1966, il joue avec son groupe sur la piste d'atterrissage de l'aéroport de Kingston pour accueillir Hailé Sélassié à son arrivée en Jamaïque. C'est en 1970 qu'il se rapproche des Mystics, le groupe de Cedric Brooks, pour quelques sessions. L'union des cuivres et de la basse jazz des Mystics alliés aux percussions aboutit à un résultat qui les satisfait et trouve un écho favorable qui leur permet ensuite de partir en tournée ensemble en Guyane, Amérique du Nord et Europe, avant d'enregistrer deux albums des Mystic Revelation of Rastafari. Après avoir collaboré à de nombreux albums de reggae, Count Ossie meurt dans un accident de voiture le .
Cycle biogéochimique Un cycle biogéochimique est le processus de transport et de transformation cyclique (recyclage) d'un élément ou composé chimique entre les grands réservoirs que sont la géosphère, l'atmosphère, l'hydrosphère, dans lesquels se retrouve la biosphère. Un tel cycle induit souvent des passages de l'état organique à l'état minéral au sein de la biosphère. Les divers cycles en interaction confèrent à la biosphère une capacité de régulation, appelée homéostasie. Celle-ci est à la base de la pérennité des écosystèmes, grâce à la grande stabilité qu'elle assure, tout du moins en dehors des interventions humaines et phénomènes géoclimatiques exceptionnels. Lorsque l'élément impliqué est un nutriment essentiel, ce processus correspond à un cycle des nutriments. Cycles. Les cycles les plus importants sont : Les grands cycles biogéochimiques sont reliés à la tectonique des plaques et à l'océan. Les fonds marins jouent un rôle majeur dans ces cycles.
Concepts égyptiens
Chris Blackwell Chris Blackwell, né le à Londres (Angleterre), est un producteur de musique anglais, fondateur du label Island Records. Il compte parmi les fondateurs de l'industrie musicale jamaïcaine et participe à l'expansion internationale du reggae, notamment grâce à Bob Marley, qu'il engage sur son label au début des années 1970 et qui connaît un succès planétaire. Biographie. Enfance. Chris Blackwell est né à Londres, dans le quartier de Westminster d’un négociant irlandais d'une certaine aisance, et de Blanche Lindo, juive sépharade native du Costa Rica, issue d'une famille d'exploitants de canne à sucre, la Cie Appleton. Les parents de Blackwell divorcèrent alors qu'il n'avait que douze ans. Il passa son enfance en Jamaïque, et poursuivit sa scolarité à Harrow. Renonçant à des études universitaires, il rentra à la Jamaïque pour y prendre le poste d’adjoint au Gouverneur, Sir Hugh Foot. Lorsque ce dernier fut muté à Chypre, Blackwell quitta King's House et exerça une multitude de métiers (promoteur immobilier, loueur de juke-boxes, etc.) un peu partout à travers l'île, ce qui lui fit connaître plusieurs groupes de musiciens folkloriques. En 1958, il s'échoua avec son voilier au large de Helshire Beach, et fut secouru par des pêcheurs, qui le soignèrent avec leur régime traditionnel appelé « Ital ». Ce fut la première expérience de Blackwell avec le Rastafarianisme, qui exerça désormais sur lui une influence dominante, à la fois éthique et musicale. Création de Island Records. En 1958, avec un capital initial de avancé par ses parents, Blackwell, alors âgé de 22 ans, fonde la maison de production de disques Island Records. Le nom de cette maison d'édition était inspiré d'un roman d’Alec Waugh, "Island in the Sun". L'animateur radio Graeme Goodall fut son premier associé. Blackwell reçoit de sa mère une pension de par an, ce qui lui permet d'avoir son propre appartement malgré le manque de rentrées financières. Le premier album édité par Island Records est celui du chanteur et pianiste Lance Hayward, originaire des Bermudes. Blackwell commence à enregistrer de la musique jamaïcaine en 1959, et obtient une première place au hit-parade avec "Boogie in my Bones/Little Sheila" de Laurel Aitken. En 1961, Blackwell est engagé comme assistant de production sur le tournage du film de James Bond "Docteur No" (1962). À la fin du tournage, le producteur Harry Saltzman lui offre un emploi à plein temps. Partagé entre son amour pour le cinéma et sa passion pour la musique, Blackwell opte finalement pour la musique. Dès 1962, ce prometteur producteur avait déjà édité 26 "singles" et deux albums. Cette année-là, il rentre en Angleterre pour promouvoir son label. La musique jamaïcaine est une niche commerciale : Blackwell commercialise les droits de reproduction d'enregistrements originaux. L'une de ces bandes originales est celle d’une chanteuse de 15 ans, Millie Small, que Blackwell a amenée avec lui de la Jamaïque. En 1964, Blackwell produit la reprise par Small d'une chanson de Barbie Gaye, "My Boy Lollypop" (1956) qui passe pour le prototype du rythme ska : c'est un hit vendu à plus de six millions d'exemplaires dans le monde. C'est ce succès qui lance vraiment Island Records comme une maison d'audience internationale dans la musique pop. Blackwell devait plus tard déclarer à ce propos : Les années rock. Après la découverte de The Spencer Davis Group et de son chanteur Steve Winwood, Blackwell se concentra sur le rock n'roll. Island devint l'un des principaux labels indépendants des années 1960, 1970 et 1980 avec des artistes aussi célèbres et divers que Traffic (1967), Nick Drake (1968), Free (1968), King Crimson (1969), Fairport Convention (1969), Spooky Tooth (1969), Emerson, Lake and Palmer (1970), Jethro Tull (1970), Cat Stevens (1970), John Martyn, Sly and Robbie, Roxy Music (1972), The Sparks (1974), Robert Palmer (1974), Grace Jones (1977), U2 (1980), CharlÉlie Couture (1981), Melissa Etheridge (1988) et The Cranberries (1989). Cela dit, Blackwell reconnaît qu'il a raté quelques occasions : ainsi Elton John, jeune pianiste qu'il trouvait trop émotif pour pouvoir se produire en concert. Par une ironie du sort, c'est sous le label Island, que Blackwell avait depuis longtemps revendu à PolyGram Music, qu’Universal réédita les anciens albums d'Elton John. Island et Blackwell lui-même étaient connus pour leur style "cool" et proche des artistes. Blackwell fut un découvreur de talents et l'arbitre de la mode musicale. Son intuition du marketing se révèle dans les pochettes de disque d'Island, où le producteur s'est toujours énormément impliqué. Blackwell déclare à ce sujet : . Island Records assura aussi la distribution de Trojan Records, Chrysalis Records, Bronze Records, Stiff Records, de Virgin Records et du label américain Sue Records, qui produisait Jimmy McGriff, les "Soul Sisters" ou encore "Ike and Tina Turner". Les années reggæ. En 1975, "Funky Kingston" est le premier album distribué par Island Records, label de Chris Blackwell, du groupe Toots and the Maytals, groupe qui a introduit le terme « reggae » en chanson avec leur single de 1968 "Do the Reggay". Le critique musical Lester Bangs décrivit l'album dans Stereo Review comme « la perfection, l'ensemble le plus passionnant et diversifié de chansons de reggae par un artiste… » Tandis que Blackwell dit à propos de leur son « The Maytals ne ressemblaient à personne…leur son était sensationnel, brut et dynamique ». Blackwell a entretenu un fort engagement envers Toots and the Maytals.  Il a dit que « Je connais Toots depuis plus longtemps que n’importe qui - bien plus longtemps que Bob (Bob Marley). Toots est un des êtres humains les plus purs que j’ai rencontré dans ma vie, pur presque à l’excès. » Blackwell est apparu dans le documentaire de 2011 "Reggae Got Soul: The Story of Toots and the Maytals" « Le reggae a de l’âme: l’histoire de Toots and the Maytals » qui a été diffusé sur la chaîne BBC et a été décrit comme . À l’origine The Maytals était uniquement un trio vocal, mais après avoir signé avec Island Records en 1975 Chris Blackwell fit en sorte que le groupe d’enregistrement devienne The Maytals avec comme leader le chanteur Toots Hibbert et forme ainsi Toots and the Maytals. Les premiers membres instrumentistes ajoutés au groupe comprenaient Jackie Jackson, Hux Brown, Rad Bryan et Paul Douglas. En novembre 2016, Jackie Jackson a décrit la formation du groupe dans une interview radio pour Kool 97 FM Jamaïque. Accompagné par Paul Douglas et Radcliffe “Dougie” Bryan en studio, À ce moment-là il avait déjà signé Bob (Marley). Alors dans son camp, Island Records, il y avait Toots and the Maytals / Bob Marley ; on parlait du reggae qui devenait international. On a continué de se voir et il (Blackwell) a décidé que le groupe d’accompagnement qui accompagne toutes les chansons, le groupe qui enregistre, devait devenir le groupe the Maytals. Alors on a tous été réuni sous Toots and the Maytals. Alors on est devenus Maytals aussi. Et puis on a pris la route en 1975… On a fait la partie de Eagles, Linda Ronstadt et Jackson Browne. On a fait la partie de The Who pendant environ deux semaines ». Finalement, Island se lança dans le cinéma avec "Tout, tout de suite", avec Jimmy Cliff comme interprète. Produit et réalisé par le Jamaïcain Perry Henzell, ce film est l'un des premiers à aborder les problèmes des îles Caraïbes. En 1977, Blackwell crée Compass Point Studios à Nassau (Bahamas) pour faire les enregistrements localement. L'une des principales réussites de Blackwell aura été d’avoir rendu Bob Marley and The Wailers accessible au public international. Sans même leur avoir fait signer de contrat, Blackwell avança l'argent nécessaire à "The Wailers" pour qu'ils puissent enregistrer leur premier album chez Island, en reconnaissance des Rastas qui lui avaient sauvé la vie un jour de l'été 1958. Chris Blackwell dit : Ce geste financier marque le début de la marche triomphale de Bob Marley et de sa maison de disque vers le succès. De son parcours avec Bob Marley, Blackwell a dit que : Chris Blackwell créa également "Mango Records", qui se consacrait à la musique jamaïcaine et aux musiques du monde. Mango a fait connaître Burning Spear, Black Uhuru, Third World, Salif Keita, Baaba Maal, Angélique Kidjo, King Sunny Adé etc. Blackwell revendit ses participations dans "Island Records" en 1989, et démissionna définitivement de la société en 1997. Il a cependant été la vedette des cérémonies du de "Island Records" à Londres en 2009. Toutes les sociétés fondées par Blackwell ont été finalement revendues à PolyGram Music puis, en 1998, ont rejoint le groupe Universal Music Group. En 1995, Don Taylor (manager de Bob Marley 1974-1980) publie "Bob Marley et Moi" où il est possible de lire : En , le magazine britannique "Music Week" a consacré Blackwell comme la personnalité la plus influente des 50 années de l'industrie britannique du disque. En 2023, il est lauréat du prix Polar Music. Goldeneye. Ian Fleming achête un terrain, ancienne plantation de canne à sucre, en 1946 sur la côté jamaïquaine à côté d'Oracabessa. Il y fait construire une petite maison qu'il baptise Goldeneye. Ian Fleming rencontre Blanche Blackwell et passe du temps avec elle. Bien après la mort de l'auteur, en 1976, le domaine est mis en vente et Chris Blackwell le fait acquérir par Bob Marley, puis lui rachète quelques mois plus tard. Treize ans plus tard, alors que Chris Blackwell vient de vendre Island Records à Polygram, il décide d'acheter des terrains autour de Goldeneye.
Childéric Ier , né vers 436 et mort en 481, est roi des Francs saliens à partir de 457 ou 458. Son nom, constitué des éléments franciques "hild-" « combat » et "-rīk" « puissant », est attesté sous la forme latinisée "Childericus". Il est le père de . est le premier roi de la dynastie des Mérovingiens dont la filiation soit clairement attestée. Les sources littéraires et les recherches archéologiques le définissent à la fois comme un roi des Francs et un gouverneur romain de la province de Belgique seconde. Il est l'exemple type d'une élite franque ayant opéré la fusion entre les cultures germano-romaines et païennes des tribus danubiennes. Païen, Childéric a cependant l'avantage d'être le seul des rois barbares à ne pas être arien, ce qui lui procure l'attention des élites locales et de l'épiscopat. Son tombeau, découvert en 1653, contenait des armes telles qu'une "spatha" (épée à lame large), une francisque ou encore un scramasaxe. On y a également retrouvé de nombreux bijoux en or, ainsi qu'un "paludamentum", le manteau porté par les généraux romains. Contextes. Les sources. La première source importante qui informe sur Childéric est l"'Histoire des Francs" rédigée par l'évêque Grégoire de Tours. Cependant, l'auteur retranscrit et tente de comprendre lui-même les sources qu'il a à sa disposition, comme les "Annales d'Angers" ou certainement la "Vie de saint Rémi" écrite avant lui et aujourd'hui disparue. Trois sources fondamentales et antérieures à celle de Grégoire de Tours évoquent la situation politique du Nord de la Gaule. Il s'agit de la "Chronique d'Hydace", évêque de Chaves en Gallæcia, d'une chronique gallo-romaine du dite "Chronique de 511" et la "Chronique de Marius", évêque d'Avenches. Deux autres sources complètent les informations : la "Vie de sainte Geneviève", qui témoigne de l'expédition de Childéric sur Paris et une lettre écrite par l’évêque Remi de Reims à Clovis qui donne des informations sur son père. Si ces sources sont limitées, la découverte de son tombeau en 1653 et l'étude du mobilier associé constituent d'excellentes sources archéologiques complémentaires. L'évolution géopolitique en Gaule du nord au. Avant l'avènement de Childéric, les Francs saliens sont installés depuis 342 comme fédérés à l'intérieur de l'Empire romain, dans le Nord de la Gaule, en Toxandrie, entre les marais mosans, au nord de l'actuelle Maastricht, et la forêt Charbonnière. Ils sont dirigés au début du par Clodion. Lors de l'affaiblissement de l'Empire romain, ils tentent d'étendre leur domination sur la plaine de Flandre et les bords de l'Escaut vers 430 – 435, puis vers la vallée de la Somme. Mais Aetius les arrête en 448 et compose avec eux. Il confirme leurs annexions à Tournai, Arras et Cambrai. Le roi à leur tête devient un officier romain à la tête des troupes fédérées du secteur qui constituent un pilier de la défense romaine. Des sources littéraires non attestées citent Clodion le Chevelu à la tête des Francs saliens, puis Mérovée et Childéric, mais les relations de filiation ne sont pas prouvées. Deux autres chefferies franques existent : un royaume à Cambrai et un autre à Tongres. Leur première action décisive dans la défense de l'Empire romain s'inscrit dans le soutien à Aetius dans la lutte contre Attila en 451. À la mort d'Aetius et lors du règne de Childéric, un général nommé Ægidius commande l'armée romaine dans le bassin parisien dans les années 456-464. Un autre militaire, le comte Paul, semble actif aux abords de la Loire, du côté d'Angers. Pendant ce temps, à partir de (453 – 466), le royaume wisigoth de Toulouse devient la première puissance d'Europe occidentale. Sous le règne de son frère Euric à compter de 466, il se transforme en véritable État souverain, le "fœdus" disparaît. La conquête s'avère nécessaire et Euric poursuit une politique d'expansion. Ses forces arrivent dans le Val de Loire, et s'efforcent de contrôler Tours. Dans ce contexte, Childéric joue alors un rôle majeur dans les derniers succès emportés sur les Saxons, les Wisigoths et les Alamans en soutenant les garnisons romaines qui résistent. Les Francs saliens parviennent ainsi à mettre un frein à l’expansionnisme goth dans la bataille en aidant Ægidius contre les Saxons et les Wisigoths sur la Loire en 463-464 et dans la Bataille d'Orléans en 463. Ils participent aussi aux combats contre les Wisigoths à Tours avec le comte Paul, qui serait mort ensuite en 469 au siège d'Angers en combattant cette fois les Saxons. Mais l'alliance avec Childéric est compromise. À la mort d'Ægidius en 464, son fils Syagrius, qui le remplace et s'installe à Soissons, avait commencé à se rapprocher des Wisigoths, ce qui avait provoqué le blocus de Paris par Childéric à partir de 465. Vers 469, le roi des Bretons Riothamus, menacé également par les Saxons et auquel l'empereur Anthémius fait appel, est battu par Euric à Bourges puis à la bataille de Déols sans que Childéric ait pu le rejoindre. Tours tombe quelque temps entre les mains d'Euric en 470, tout comme Loches et Amboise et l'armée de renfort romaine est battue par Euric à Arles en 471. En 475 Clermont-Ferrand est prise à son tour par les Wisigoths après un long siège, ce qui amène le nouvel empereur Julius Nepos à reconnaître l'indépendance de l'Aquitaine contre l'évacuation de la Provence et entraînera de la part d'Odoacre des revendications territoriales en Italie qui aboutiront à la déposition du dernier Empereur romain d'Occident l'année suivante. Syagrius refuse alors de reconnaître Odoacre et se tourne vers Euric, quand Childéric fait au contraire alliance avec lui. À la mort de Childéric vers 481, son fils Clovis le remplace et combat ouvertement Syagrius qu'il bat finalement à Soissons en 486. Biographie. La « vie tumultueuse » de Childéric. La première mention de Childéric se trouve en 457, dans l’"Histoire des Francs" de Grégoire de Tours. Cette année-là, Childéric, qui déshonorait les femmes de ses sujets, attira à lui la colère de son peuple qui le détrôna et le remplaça par Ægidius, maître de la milice de Gaule. Il ne put que se réfugier en Thuringe pendant huit ans, probablement à partir de 451. Une fois auprès du roi Basin, il séduisit la femme de son hôte, Basine. Puis il retourna dans sa province une fois le calme revenu. Les Francs le réclamaient à nouveau sur le trône. Le roi épousa Basine qui, entre-temps, avait quitté son époux pour rejoindre le roi franc. De ce mariage naquit . Cette partie du récit de Grégoire de Tours semble s'apparenter cependant aux récits populaires et légendaires que celui-ci mêle à ses récits. L'interpréter de manière historique est délicat, cependant les noms de Basin et Basine sont courants dans la dynastie thuringienne et l'union de Childéric et de Basine est incontestable. Selon Georges Bordonove le fond historique de cette légende serait plus simple : Childéric eut maille à partir avec Aegidius, nouveau maître de la milice. En tant que représentant de l'Empereur, il a dû limiter les velléités des peuples Wisigoths, Burgondes et Francs en leur imposant, de gré ou de force, la suzeraineté théorique de l'Empire. Lorsque Grégoire de Tours dit que les Francs se choisirent un nouveau roi, il est possible qu'ils se sont tout simplement soumis aux Romains. L'administrateur de la province de Belgique seconde. Comme de nombreux autres chefs barbares, si Childéric est Franc, il œuvre surtout pour la défense de l'Empire romain. La lettre de Remi de Reims à Clovis dit : Cette phrase démontre bien que Childéric occupe une place réellement importante dans la société romaine en tant que responsable militaire et civil d'au moins une province romaine, la Belgique seconde. Dans la lettre, rien n'est précisé sur la responsabilité potentielle sur d'autres provinces. Reims, Tournai et Soissons en font partie. Général romain, il est inhumé avec les insignes correspondant à sa fonction : la fibule cruciforme en or retrouvée dans sa tombe, distinction reçue certainement d'un Empereur, tout comme le paludamentum, le manteau des généraux romains, qu'on observe sur l'image de son anneau sigillaire. Michel Rouche émet l'hypothèse selon laquelle le poste de gouverneur de Belgique seconde de Childéric a été reconnu par Ægidius lui-même. Le roi fédéré et le chef des Francs saliens. est un personnage d'envergure. Il est à la fois un roi fédéré et le chef des Francs saliens. Non seulement il prend la maîtrise d'une province romaine, mais il prend part à des combats impliquant d'autres forces romaines loin de ses bases. Il participe ainsi au jeu politique de Rome, à travers ses batailles en Gaule, voire en Italie. D'ailleurs, à son retour de Thuringe, il rejoint le « parti romain » en soutenant activement les opérations militaires du général Ægidius, l'autre autorité romaine du nord de la Gaule, et même sa révolte contre Ricimer. Childéric et Ægidius, accompagné par les Francs Saliens, secourent Majorien vers 458, ce qui contribue à renforcer les relations franco-romaines du nord de la Gaule. Childéric et ses Francs réussissent également à expulser les Burgondes de la ville de Lyon pour rejoindre Ægidius à Arles après que Majorien est reconnu empereur. La bataille d'Orléans. La chronique d'Hydace, la "Chronique de 511" et celle de Marius d'Avenches évoquent toutes les trois une bataille en 463. Marius d'Avenches affirme que la bataille a dû se dérouler près d'Orléans entre Ægidius et les Wisigoths : Frédéric, le frère du roi wisigoth Euric, fut tué. Selon la chronique de 511, les Wisigoths furent vaincus par des Francs. Un siècle plus tard, Grégoire de Tours indique que « Childéric livra des combats » à Orléans. À la lecture de ses sources, Grégoire de Tours a déduit que si des Francs étaient présents à cet endroit, Childéric devait forcément y être aussi, en tant que chef des Francs saliens. À la mort d'Ægidius vers 464, Childéric continue de défendre le nord de la Gaule à la tête des Francs Saliens au nom de Rome. Syagrius, fils d'Ægidius, hérite d'une partie des attributions de son père autour de Soissons, Senlis et Beauvais, et incarne la dernière autorité pleinement romaine. La lutte contre les Saxons : la bataille d'Angers (469). Avec l'appui romain et franc, le comte romain Paul déclare la guerre aux Wisigoths. En 469, Odovacrius (Eadwacer ou Adovacrius) menace Angers avec ses Saxons. Childéric arrive le jour suivant et le défait. Le comte Paul est tué pendant la bataille et Childéric prend possession de la ville. Certains commentateurs en ont déduit que Childéric combattait aux côtés du comte Paul et que Childéric était allié des Romains. Pourtant la "Chronique de Frédégaire" relate que le comte Paul avait été tué par Childéric. Les historiens modernes réfutent cette hypothèse, mais dans cette bataille plusieurs groupes de Romains se combattent, aussi cette alliance n'est-elle pas certaine. Puis les batailles entre Romains et alliés d'une part et Saxons d'autre part continuent. Childéric s'empare des îles de la basse-Loire . Rignomer, parent de Childéric et frère du roi de Cambrai Ragnacaire, a peut-être été installé pour défendre la Loire et son estuaire à partir du Mans. En 469, les Bretons du roi Riothame ("Ambrosius Aurelianus" selon Léon Fleuriot) débarquent sur la basse-Loire avec une troupe estimée à douze mille hommes, pour secourir l'empereur Anthémius. Mais Euric, qui les vainc à Déols au bout de deux jours de combat, les empêche de rejoindre l'armée impériale. Les survivants bretons se réfugient dans les royaumes burgondes et Euric s'empare de la ville de Tours. Le siège de Paris (476-486) ; ses relations avec Geneviève. En 476, assiège Paris. Cet épisode de la vie du roi franc est particulièrement difficile à comprendre si nous n'abordons pas la personnalité de Geneviève de Paris. Cette dernière, magistrate municipale de Paris, profondément catholique, vient de créer le culte de saint Denis, et prône une politique antiarienne. Or Syagrius, qui domine une partie de la Gaule du Nord, commence à se rapprocher des Wisigoths ariens. À Paris menace la guerre civile entre partisans de Syagrius, authentiques représentants de Rome et partisans des Francs. Geneviève, elle-même d'origine franque, rencontre probablement Childéric à Laon pour lui demander d'intervenir pour « préserver la paix publique ». Ce dernier décide alors « d'asphyxier Syagrius sans se lancer dans une guerre ouverte contre Paris ». Childéric assiège donc la ville mais ne parvient à en venir à bout car Geneviève parvient à ravitailler plusieurs fois les assiégés. Ce n'est qu'en 486, quand Clovis, le fils de Childéric, bat Syagrius à la bataille de Soissons que le siège est définitivement levé. L'alliance avec Odoacre. En 476, lors de la chute de l'Empire Romain et la prise du pouvoir par Odoacre, la domination « romano-franque » est particulièrement limitée et divisée entre la zone d'influence de Childéric et celle de Syagrius, fils d'Ægidius. Contrairement à Syagrius qui se rapproche toujours des Wisigoths, la puissance du moment, Childéric décide de reporter le "" sur Odoacre reconnu par l'Empereur romain d'Orient Zénon. Après cette alliance – fœdus – scellée, Odoacre est reconnu roi par Zénon. Childéric mène alors une expédition pour soumettre les Alamans qui ont envahi l'Italie du Nord, en passant par le Splügen et Bellinzone. Par ce geste, il montre qu'il reste fidèle à l'Empire quoi qu'il arrive. Après 476, il n'apparaît plus dans les différentes annales. L'étude des différentes pièces de monnaie trouvées dans sa tombe permettent de dater sa mort entre 477 et 484. Sa mort est classiquement datée de 481 ou de 482. Aucun document ne permet de donner une date plus précise. Le tombeau de Childéric. Emplacement de la tombe de Childéric. Sous le nom de "Tornacum", Tournai était une ville importante du nord de la Gaule à la fin de l'époque romaine ; on ne peut prouver que Tournai fut sa capitale mais on peut penser qu'elle était sa résidence au moment de sa mort. Les fouilles de Raymond Brulet ont pu établir que la sépulture n'était pas isolée car elle fait partie d'une nécropole mérovingienne dont elle fut peut-être le noyau primitif. Si elle ne fut pas pillée, ce fut sans doute qu'elle bénéficia, outre de l'oubli de son emplacement, de sa situation privilégiée auprès de l'église Saint-Brice. La découverte du trésor de Childéric et son histoire. Le , un ouvrier qui travaille à la démolition d'une maison longeant le cimetière de l'église Saint-Brice de Tournai met au jour le trésor de Childéric. Cet ouvrier, sourd-muet de naissance, s'appelle Adrien Quinquin. Le caveau mis au jour contient de nombreux objets précieux : une épée d'apparat, un bracelet, des bijoux d'or et d'émail cloisonné avec des grenats, des pièces d'or, une tête de taureau en or et un anneau portant l'inscription (« du roi Childéric »), qui permet d'identifier la tombe. On découvre également d'or. Certains y ont vu des mouches ou des cigales. Selon Michel Rouche, il s'agit bien d'abeilles : Childéric qui a séjourné en Thuringe (ou la reine Basine originaire de Thuringe) aurait importé de cette région une symbolique chère aux Thuringiens soumis aux Huns. Le trésor partit de Tournai vers Bruxelles, alors capitale des Pays-Bas espagnols. C'est là que le médecin de cour, Jean-Jacques Chifflet, historien par passion, s'y intéresse et publie un traité appelé " Francorum regis". Dans ce traité, Chifflet nous donne le contexte de la découverte du trésor; il nous fournit en gravures et descriptions de chaque pièce; il soutient que l'abeille aurait été le plus ancien symbole de la monarchie française, la fleur de lys provenant du dessin raté d'une abeille. En 1656, le gouverneur des Pays-Bas espagnols, l’archiduc Léopold-Guillaume, quitte Bruxelles pour rentrer chez lui, à Vienne. Il embarque le trésor avec lui. Il confie les objets à son neveu, , empereur du Saint-Empire. Pour remercier de son aide dans la bataille de Saint-Gothard livrée contre les Ottomans, lui offre le trésor en 1665. Le roi de France le dépose dans son "Cabinet des médailles et antiques" alors situé au Louvre. Le trésor y est cependant à peine catalogué que le lundi 15 novembre 1666, l'abbé Bénigne Breunot (ou Bruno), responsable du Cabinet, se fait assassiner dans des circonstances obscures. Dans les jours qui suivent ce drame, Colbert persuade le roi de faire transférer le Cabinet rue Vivienne, au sein de la Bibliothèque du roi, réalisant ainsi un regroupement des "médailles et antiques" et des livres, que certains préconisaient depuis longtemps. C'est là que le tsar Pierre le Grand viendra admirer le trésor lors de son séjour à Paris en 1717. À la veille de son couronnement impérial, Bonaparte, à la recherche de symboles pour l'Empire, s'intéresse au trésor de Childéric. Il utilise l'abeille comme symbole héraldique remplaçant la fleur de lys. Il transforme cependant la forme des abeilles, les dessinant les ailes écartées. Le trésor de Childéric, qui comprenait d'objets en or, fut volé dans la nuit du 5 au 6 novembre 1831, et l'or fondu pour faire des lingots. On ne retrouva que quelques pièces (dont deux abeilles) dans la Seine, où on les avait jetées. Outre ces quelques pièces, il ne subsiste aujourd'hui du trésor que les belles gravures de Jean-Jacques Chifflet et quelques fac-similés que les Habsbourg avaient fait fabriquer. Les découvertes archéologiques dans la tombe. L'inventaire de la tombe permet de distinguer trois sous-ensembles : l'armement et les accessoires vestimentaires de Childéric lui-même, des pièces de harnachement de cheval. La troisième partie est peut-être une tombe féminine adjacente, que certains attribuent à sa femme Basine. Parmi les accessoires vestimentaires, des restes d'une boucle de ceinture en or, d'une paire de bouclettes de chaussure, une fibule cruciforme en or qui fermait le paludamentum de Childéric sur l'épaule, son anneau sigillaire, un autre anneau en or, un bracelet en or massif et un fermoir d'aumônière ont été retrouvés. Les armes du roi ont aussi été identifiées : une lance, une francisque, une épée longue et un scramasaxe. Des découvertes récentes de deux sépultures collectives de chevaux situées aux environs immédiats de la tombe de Childéric laisseraient supposer que le cheval personnel de Childéric a été enterré avec lui ou dans une tombe voisine. Le crâne de l'animal et son harnais ont été découverts dans la tombe royale. Une trentaine des célèbres abeilles (et non 300) ont pu orner ce harnais, car elles étaient adaptées à un ornement sur cuir, mais il est parfois noté qu'elles ornaient le vêtement d'apparat du défunt. Enfin la découverte, près du squelette du roi, d'une calotte crânienne de petite taille et de quelques parures féminines pourrait donner à penser qu'il y avait à côté de la tombe de Childéric une tombe féminine (celle de son épouse Basine ?). Toutefois le faible nombre d'objets féminins retrouvés justifie les doutes suscités par cette hypothèse, même si le site n'a pas été à l'abri de pillages antérieurs ou s'il a fait l'objet d'une fouille insuffisante. L'interprétation du trésor. L'analyse du trésor révèle des influences multiples. Childéric était Franc, et comme tout chef franc, sa tombe contenait un nombre important d'armes dont le scramasaxe et la "spatha". La fibule qui fermait le "paludamentum" et son anneau sigillaire rappellent les usages des hauts dignitaires de l'administration romaine, même si, sur l'anneau de Childéric, figurent des détails d'inspiration franque tels que les cheveux longs. Plus de cent monnaies d'or ont été retrouvées, frappées en grande partie au nom de l'empereur byzantin Zénon. Cette somme venant de l'autorité impériale devait financer les Francs au titre du "foedus" et pour l'administration de la province de Belgique seconde. Certains éléments de décoration de ses armes sont d'inspiration byzantine. Les influences germaniques sont présentes dans la pompe funéraire et l'association du tombeau avec des fosses à chevaux situées à proximité, et la présence de nombreux bracelets en or. Enfin l'influence danubienne se manifeste dans le mobilier de la tombe. Elle est notable dans le grand nombre d'objets d'orfèvrerie cloisonnés de grenats, les parures à décor polychrome des plaques-boucles et les armes à décor cloisonné. Un usage similaire en a été fait dans les cours royales danubiennes, où se mêlent des traits culturels huniques, goths, alains et sarmates. Le contenu de la tombe révèle un roi qui a réussi la fusion .
Chanson Une chanson, ou un chant, est une œuvre musicale composée d'un texte et d'une mélodie destinée à être interprétée par la voix humaine. Cette interprétation peut se faire sans accompagnement instrumental, c'est-à-dire "a cappella", ou au contraire être accompagnée d'un ou plusieurs instruments (guitare, piano, groupe, voire un big band ou un grand orchestre symphonique). Elle peut être à une voix (monodie) ou à plusieurs (polyphonie) comme dans une chorale. Simple comptine enfantine de quelques mots ou longue chanson de geste (voir les vers de "La Chanson de Roland" du ), cette expression littéraire et musicale peut revêtir des formes et des structures diverses (couplet/refrain, strophe ou laisse, canon, mélodie accompagnée ou lied allemand…) et couvrir des genres bien différents comme la musique traditionnelle ou folklorique, la musique classique ou ethnique, le rock 'n' roll ou le jazz, le rap ou le slam. Création. La création d'une chanson nécessite généralement la participation de deux artistes : l'auteur des paroles (parolier) et le compositeur de la musique. Leur travail se fait à leur gré, la mélodie naissant parfois du texte ou le texte de la mélodie, ou même les deux simultanément comme pour certains auteurs-compositeurs. L'interprète (le chanteur ou la chanteuse) donne vie à la création. Certains artistes comme Georges Brassens, Jacques Brel, Charles Aznavour ou Jean-Jacques Goldman, (parmi bien d'autres), réunissent les trois fonctions et sont alors nommés auteurs-compositeurs-interprètes ou chansonniers dans la tradition jusqu'au début du . Parfois, un quatrième musicien intervient : l'arrangeur musical, celui qui harmonise et donne la couleur particulière à la chanson par son orchestration (organisation des instruments d'accompagnement, notamment lors d'un enregistrement). Forme et genre. Une chanson est composée le plus souvent d’une introduction, d’un couplet, d’un refrain, d'un pont et d’une fin. La longueur de ses éléments varie en fonction des choix opérés par les auteurs-compositeurs et aussi en lien avec les médias qui diffusent les chansons (notamment la radio, qui impose des critères plus ou moins stricts). Le couplet est l'une des deux structures mélodiques constitutives se déroulant en alternance avec le refrain et dont la principale caractéristique est de présenter des paroles différentes à chaque nouvelle exposition, ce qui permet de faire évoluer le contenu du récit. La musique, c’est-à-dire les accords du couplet souvent ne changent pas au cours de la chanson. Le refrain est la répétition régulière de paroles d’une même chanson. C’est la partie de la chanson dont les gens se souviennent le plus souvent. Généralement, les différents refrains d'une même chanson possèdent non seulement les mêmes paroles, mais aussi la même mélodie. Il peut y avoir un pré-refrain qui est une courte partie qui se trouve directement avant un refrain mais qui se distingue du couplet par les paroles et sa musique. Le pont désigne une partie dont les accords se différencient des accords principaux. C’est une partie distincte de la chanson qui n’est pas du tout pareil au couplet ou au refrain. Entre chaque section il est aussi possible d’avoir un ou plusieurs interludes qui ne contiennent pas de paroles.
Chamanisme Le chamanisme est un ensemble de formes de médiation entre les humains et les esprits assurée par des chamans, incarnant cette fonction en interdépendance avec la communauté qui les reconnaît comme tels et pour laquelle ils sont censés intercéder auprès des esprits. Le mot chamanisme ("chamane" vient du toungouse) relie cette pratique aux sociétés traditionnelles sibériennes, mais le chamanisme, du fait des pratiques se retrouvant chez de nombreux peuples, présente un caractère d'universalité. Les traditions animistes et chamaniques ne sont pas des traditions religieuses distinctes, mais elles participent toutes deux à une compréhension du monde par des expériences spirituelles ou symboliques. Des travaux scientifiques considèrent qu'il s'agit d'une pratique qui implique qu'un pratiquant, usuellement le chaman, atteigne des états de conscience modifiés afin de percevoir et d'interagir avec ce qu'il considère être un monde spirituel et afin de canaliser des énergies transcendantes présentes dans ce monde, ceci dans le but de servir sa communauté. Depuis la fin des années soixante, se développe dans certains courants de la contre-culture occidentale un intérêt grandissant pour les cultures, les pratiques chamaniques et leur dimension spirituelle. Cet intérêt a donné naissance au néo-chamanisme. L'intérêt des scientifiques pour le chamanisme a d'abord été le fait d'anthropologues et de spécialistes des phénomènes religieux. Des chercheurs en sciences cognitives étudient, de ce point de vue, le chamanisme et le phénomène de transe. Nature. Étymologie. Le mot chamane ou chaman est connu dès le à travers des récits publiés par quelques explorateurs et marchands. Il entre officiellement dans la langue française en 1842. Il est emprunté au toungouse (Sibérie) et on le trouve mentionné dans les manuscrits de l’archiprêtre Avvakoum. Selon une première hypothèse, le mot proviendrait de "sam", une racine altaïque signifiant « s'agiter en remuant les membres postérieurs ». "Saman" est en effet un mot de la langue evenki qui signifie « danser, bondir, remuer, s'agiter ». Dans les dialectes évènes, « chaman » se dit ou . "Ojun", mot qui désigne le chamane chez les Yakoutes évoque aussi l'action de « sauter, bondir, jouer ». L'équivalent turc est "kam" d'où dérive en russe "kamaljit", « chamaniser », et "kamlanie", « séance chamanique ». Ces termes associent, selon Roberte Hamayon, le chamane à une imitation de comportements d'espèces animales, notamment celles qui sont chassées : les cervidés et les gallinacés. Une autre hypothèse étymologique le relie à "šaman", un mot Manchu-Tungus signifiant « celui qui sait ». À noter qu'en sanskrit le terme "shramana" désigne un moine errant dans certaines traditions ascétiques de l'Inde antique, incluant le jaïnisme, le bouddhisme et la religion ājīvika aujourd'hui disparue. Suivant Roberte Hamayon, reprise par Bertrand Hell, le "chamane" serait soit « celui qui sait », soit celui qui « bondit, s'agite, danse » comme un animal. Évolution des grilles de lecture ethnologiques. Dès le , avec la seconde vague d'expéditions scientifiques russes en Sibérie, des chercheurs se sont intéressés au chamanisme de cette partie du monde. Il est d’abord considéré avec dédain, les chamans étant vus comme d’« indignes et grossiers jongleurs » abusant d’une population crédule. Les choses changent avec la découverte à Pékin par les prêtres russes d’un manuscrit chinois datant de 1747 précisant les codes et rituels censés régir un chamanisme de cour pratiqué en Chine (NB : la cour à Pékin est alors d’origine mandchoue -Dynastie Qing). Le Père Hyacinthe en vient à considérer que le chamanisme sibérien serait une forme dégénérée d’un chamanisme chinois qui était régulé par un code et animé par un clergé relativement structuré, alors que les pratiques sibériennes sont vues par les prêtres russes comme déstructurées. Cette hypothèse ne correspond en rien à l’hypothèse des ethnologues modernes. On notera que les anthropologues ont étudié le chamanisme depuis les débuts de leur discipline. Selon Roger Walsh, du fait que les chamans adoptent fréquemment des comportements étranges, liés à des états de conscience modifiés peu familiers des chercheurs, qu'ils rapportent avoir eu des visions et avoir communiqué avec des esprits, les anthropologues les ont, dans un premier temps, fréquemment décrits comme des êtres perturbés, schizophrènes, hystériques ou épileptiques. Ces premières grilles de lecture ont d'abord éloigné les chercheurs des aspects plus intéressants de ces pratiques. Mircea Eliade se démarque toutefois en rattachant le chamanisme aux phénomènes religieux qui l’intéressent plus particulièrement. Par la suite, dès les années soixante, quelques chercheurs ont voulu compléter leur posture d’observation critique par une approche introspective abordant le chamanisme « de l'intérieur » en cherchant à comprendre les vécus subjectifs liés à ces pratiques. Ils se sont alors formés et ont commencé à pratiquer par eux-mêmes le chamanisme. C’est le cas de Barbara Tedlock, Michael Harner, Larry Peters, et de psychologues comme Bradford Keeney. Pour certains, c’est devenu une pratique personnelle assez intense qui les a ouverts aux potentialités associées aux états altérés de conscience. Dans le même temps, les doutes sur l'authenticité de la transe vécue par le chamane se sont atténués, notamment du fait d'études portant sur les corrélats neurophysiologiques des pratiques. Michael Harner en particulier a ouvert la voie à un néo-chamanisme à partir d'un long travail d'analyse et de pratique dans de nombreuses régions du monde. La psychologie transpersonnelle s’est appuyée sur ces travaux pour renforcer certaines de ses thèses, notamment celles relatives aux limites du moi. À partir de 1968, un jeune anthropologue, Carlos Castaneda, fut le premier à publier une série de livres devenus populaires, dans lesquels il rapporte sa formation au chamanisme auprès des Indiens Yaqui. Le travail de Castaneda a par la suite été mis en doute, et sa thèse de doctorat obtenue à l’UCLA a été qualifiée de « plus grosse bêtise » commise par cette université selon dans deux livres attaquant Castaneda. Il a également été critiqué pour avoir provoqué un afflux massif d'Occidentaux vers les territoires indiens où il disait avoir reçu son initiation. Intérêt pour la recherche anthropologique et cognitive. Au tournant des années 2000, des chercheurs comme l'anthropologue Michaël Winkelman proposent une grille d'approche scientifique du chamanisme qu'ils qualifient de neurophénoménologique (Wilkelman page 27). L'intérêt de Winkelman pour le chamanisme n'abandonne pas les dimensions sociale et symbolique (courantes en anthropologie), mais porte aussi sur les implications des soubassements neurologiques de la pratique chamanique, à la fois pour les praticiens chamans et pour leurs clients. Selon Krippner et Combs, Winkelman va plus loin en posant l'hypothèse que « le chamanisme a joué un rôle fondamental dans l'évolution humaine sur les plans culturels et individuels, en particulier sur l'intégration cognitive, la pratique de guérison et les aptitudes à l'auto-transformation ». Krippner et Combs notent que cela tranche avec le premier regard porté par des orientaux sur les pratiques chamanique, lorsqu'elles étaient assimilées à de la folie. ces deux auteurs, pour leur part considèrent comme Winkelman que les chamans sont généralement parmi les membres « les plus sains et les mieux adaptés de leur société ». Et ils prolongent (). Selon la lecture de ces deux auteurs, Winkelman considère que les états modifiés de conscience doivent être vus comme des modes d'appréhension de la réalité complémentaires les uns des autres, chacun étant potentiellement utile dans certaines circonstances. Comme le rêve est un état de conscience qui a une utilité, la transe chamanique est un autre de ces états, dont il importe de comprendre l'utilité individuelle et collective. Travaux purement cognitifs. Par la suite, des chercheurs s’intéressant aux états modifiés de conscience (tels le trauma et les états méditatifs des pratiquants bouddhistes) se sont mis à étudier la transe chamanique avec les outils des sciences cognitives. En France, Corine Sombrun, qui a eu une première expérience du chamanisme en Amazonie puis acquis des compétences chamaniques approfondies en Mongolie, collabore activement à ces recherches axées vers la compréhension des corrélats physiologiques et psychologiques des états de transe chamanique. Des travaux scientifiques ont étudié les changements dans le fonctionnement du système nerveux central lors de la transe chamanique et Corinne Sombrun a servi de sujet et a pu informer les scientifiques sur son expérience subjective lors des expériences. Ces travaux ont été facilités par une réhabilitation récente des études dites à la première personne, c'est-à-dire accordant un réel crédit à l'expérience intime des sujets ; études longtemps considérées comme scientifiquement illégitimes. La distinction entre états modifiés de conscience et conscience ordinaire semble devoir être remise en cause au profit d'une représentation plus dynamique. Ainsi, les « modes de conscience chamaniques et altérés [devraient être considérés comme] une capacité volontaire acquise à se démarquer de la dynamique [de conscience] analytique (conscience de soi par défaut [typique de notre culture moderne occidentale]) et à accéder à d'autres manières de vivre la réalité interne et externe [selon un mode qu'on peut qualifier de] « non local-intuitif ». » Ces chercheurs sont donc convaincus de l'intérêt scientifique d'approfondir l'étude des potentiels d'auto-transformation et de résilience de la transe cognitive, dérivée de la transe chamanique. L'actrice namuroise Cécile de France marraine « artistiquement » cette initiative. Le projet « The Human Consciousness ». Roger Walsh considère que cet approfondissement des connaissances sur les états de conscience est le véritable enjeu de la réappropriation du chamanisme par la science. Un travail approfondi sur la conscience chamanique devrait selon lui permettre de mettre en perspective les limitations de nos états de conscience ordinaires, qui visiblement nous laissent inaptes à anticiper et à prendre en charge collectivement les grands enjeux environnementaux et sociaux actuels. Il prône la construction d'une cartographie des états de conscience, incluant la conscience chamanique, tout comme nous avons pu développer la carte du génome humain (partie conclusive). Le néo-chamanisme : une réappropriation occidentale et populaire d'une pratique universelle. On rencontre des formes de chamanisme chez tous les peuples premiers, les Mongols, les Turcs et les Magyars (avant leur christianisation), mais aussi au Népal, en Chine, en Corée, au Japon, en Scandinavie, en Afrique, en Australie, chez les Premières Nations d'Amérique du Nord et chez celles d'Amérique latine. Si tous les continents connaissent ou ont connu des formes de chamanisme, on a assisté dans le monde occidental à une réappropriation populaire du chamanisme, dans un premier temps principalement par des mouvements associés au New Age, notamment en Amérique du Nord, et en Europe, avec l’émergence d’un néo-chamanisme, et plus récemment par certains milieux écologistes, notamment liée à l' écologie profonde. Ce néo-chamanisme peut être daté de 1968, lorsque Carlos Castaneda publie . Ce livre se présente comme une enquête ethnologique auprès d'un chamane indien yaqui, Don Juan. Pour , : le travail de Castaneda n'est pas une œuvre ethnographique, mais relève plutôt du génie romancé. Castaneda affirme pour sa part avoir expérimenté la prise de plantes psychotropes telle que la datura qui lui ont permis d’atteindre l'état modifié de conscience qu'il décrit dans ses récits. Harner postule aussi l'existence d'un esprit tutélaire animal, spécifique à chacun, appelé « animal de pouvoir » que les stagiaires occidentaux qu'il accueille sont appelés à découvrir. Pour Laurent Huguelit, l'intérêt actuel des occidentaux pour le chamanisme s'explique par un besoin actuel d'. Claude Paul Degryse voit dans la redécouverte du chamanisme par les occidentaux un potentiel, subversif le chamanisme donnant la possibilité d'une mise en cause . Esther Bulang considère qu'il faut regarder le chamanisme comme la forme primordiale de la guérison et de la spiritualité et que cette forme répond au besoin actuel de reconnexion à la nature et à notre nature. Il serait porteur d'une potentialité de recouvrir de nombreux équilibres que le monde moderne nous a fait perdre : . En France, le livre "Le Chamane et le psy" de Laurent Huguelit et Olivier Chambon traite de la complémentarité et de l'intégration des techniques chamaniques dans la psychothérapie moderne, ainsi que du chamanisme moderne tel qu'il se développe actuellement en Occident. Laurent Huguelit est un élève de Michael Harner, formé à la FSS, Olivier Chambon est psychiatre et psychothérapeute. Un Festival international de Chamanisme est organisé en France chaque année depuis douze ans. Il rassemble plusieurs milliers de personnes. Selon le sociologue Raphaël Liogier, . Corinne Sombrun note qu'alors que la Sibérie comptait il y a peu 30 chamanes pour trois millions d'habitants, elle en comptabilise maintenant 3 000, du fait de l'essor du tourisme chamanique. Chamanisme et religion. Si la nature du chamanisme fait l'objet de débats, l'intérêt des ethnologues, psychologues et chercheurs en neurosciences pour le chamanisme, et plus récemment pour les mécanismes de la transe, est partagé. Lors des premières observations en Sibérie, dès les , puis à la fin du , le contact avec les esprits est appréhendé comme un phénomène religieux archaïque. Au , Mircea Eliade, influencé par le mysticisme du christianisme russe orthodoxe, rattache le complexe chamaniste (croyances, rites et mythes) à la religion. C'est surtout l'expérience extatique qui est définie comme l'expérience religieuse de base. Mais l'usage de la notion d'extase sera ensuite l'objet de controverses, certains la considérant comme sans fondement scientifique, d'autres lui préférant le terme de transe, terme actuellement privilégié dans les travaux de recherche. Åke Hultkrantz assimile le chamanisme à un complexe culturel entre la religion et la magie : « puisque le monde surnaturel est le monde de la religion, le chamanisme joue donc un rôle religieux » et « il n'est pas interdit de supposer que toutes les expériences extatiques à l'origine de renouveaux religieux remontent aux chamans des temps anciens ». Michel Perrin définit le chamanisme comme l'un des grands systèmes imaginé par l'esprit humain dans diverses régions du monde pour donner sens aux événements et pour agir sur eux. Selon lui, il implique une représentation bipolaire de la personne et du monde. L'être humain serait l'association d'un corps et d’une composante non matérielle, l’« âme », qui préexisterait à la naissance et survivrait à la mort. Le monde est également biface. Il y aurait un monde visible, connu de tous et un « monde-autre » peuplé d'esprits. Pour les religions, c'est le monde des dieux et de leurs émissaires, pour les chamanes, c'est celui des esprits de toutes sortes, des maîtres des animaux ou des végétaux, des ancêtres, voire des enfants à naître ou avortés… Perrin considère que c'est aussi le monde que décrivent les mythes. Le chamanisme suppose donc que certains humains savent mieux que d'autres entrer en communication avec ce « monde-autre ». Ils peuvent le voir et le connaître, alors que les profanes ne peuvent que le subir ou le pressentir, en avoir l'intuition. Les chamanes seraient des êtres choisis par ce « monde-autre » pour communiquer avec les communautés humaines. Selon Perrin, le chamanisme est une sorte de religion, dès lors qu'on définit une religion comme une représentation du monde selon laquelle pour bien agir dans ce monde, il faut poser des actes découlant des croyances et représentations que cette religion met en place. À l'inverse des positions de Perrin, Wilhelm Schmidt considère le chamanisme comme de la magie, voire comme une forme religieuse en dégénérescence. À mi-chemin entre ces deux positions, Bertrand Hell souligne que le chamanisme, à l'instar de la possession, est placé sous le signe de l'efficacité pratique et pragmatique, rejoignant par là Marcel Mauss pour qui la magie est la manipulation des forces immanentes, alors que la religion s'attache plus à la métaphysique, la transcendance et à un au-delà meilleur. Le chaman tient son rang dans la collectivité de l'efficacité de son art pour maîtriser l'immaîtrisable : la mort, la souffrance et le deuil. L'observation, par des médecins et administrateurs coloniaux, de la visée "thérapeutique" du comportement du chaman conduit d'aucuns à douter de son caractère religieux, rejoignant le renoncement de théories sociologiques à le définir comme tel, par exemple du fait de l'absence de doctrine, de clergé et de liturgie. L'anthropologie de Roberte Hamayon ramène le chamanisme à un mode d'organisation des expériences des individus chamanes. Pour Hamayon, le chamanisme, qui s'enracine dans la vie de chasse, est, à ce titre, conditionné par le constat empirique , … . Au centre des rituels chamaniques bouriates, un jeu rituel fait appel au hasard, ce qui rappelle et symbolise pour Hamayon les aléas de la vie de chasse, mais aussi . On peut noter que les Bouriates étudiés par Hamayon se définissaient eux-mêmes comme "peuples à chamanes", se différenciant ainsi des "peuples à dieux" tels les Russes lors de la colonisation. On voit par ce débat que cette question de l'assimilation ou non du chamanisme à la religion a permis aux théoriciens de s'interroger quant à la nature du phénomène religieux, conduisant à une conceptualisation plus explicite. Ainsi, Hayamon en vient-elle à opposer religions universalistes, qui renvoient à un mode de vie organisé dans lequel , axées sur le salut de l'âme dans l'au-delà, au chamanisme, où l'ordre naturel prime par l'alliance de l'humain avec les esprits. Se rapporter à d'autres êtres comme s'ils étaient des parents est un thème omniprésent dans les études actuelles sur l'animisme, comme l'a montré Bird-David . Il n'est pas rare de constater que les termes de parenté sont étendus à d'autres êtres dans les sociétés animistes, qui peuvent partager un point d'origine commun avec les humains, mais en tant qu'êtres "autres-que-humains". Comme le suggère Morten Pedersen pour les peuples d'Asie du Nord, de la Sibérie à la Mongolie, il importe de reconnaître que les sensibilités animistes ne se concentrent souvent que dans les bonnes circonstances, contextes et moments. Une personne peut avoir besoin de certaines facultés, comme une ouverture imaginative sur le monde, pour percevoir les sensibilités animistes d'autres êtres et choses. Les spécialistes religieux, tels que les chamans, se voient souvent attribuer des qualités « inspirées » qui leur permettent de percevoir des sensibilités animistes qui restent imperceptibles pour les personnes ordinaires. Tentatives de définition. M. Eliade, reconnu comme un précurseur des études sur le chamanisme, souligne que le chaman est un personnage social (homme ou femme) qui joue le rôle de soignant dans sa communauté. Walsh considère que la définition la plus inclusive consiste à dire que le chaman est un spécialiste qui entre de manière contrôlée dans un état de conscience modifiée (ECM) pour le compte de sa communauté. Cependant, Eliade comme Walsh précisent que de tels spécialistes peuvent aussi être, par exemple, un yogi qui entre en samadhi, un médium qui bascule en état de transe et prétend parler en lieu et place d’un esprit, ou encore un sorcier .Cette définition large qui associe ces pratiques ECM au chamanisme doit être dépassée. Walsh suggère qu’il faut préciser la nature de l’état de conscience. Il suit en cela Mircea Eliade qui définissait le chamanisme comme une technique d’accès à l’extase. Pour ce spécialiste des phénomènes religieux, l’extase implique que l’individu sorte de son état ordinaire pour être transporté et s’élever . La capacité particulière du chaman soulignée par ce mot d’extase est celle qui le rend apte au voyage chamanique, c’est-à-dire capable de circuler dans les mondes parallèles du dessus ou du dessous . Dans les mots d’Eliade, . En état de transe, il communique avec le monde des esprits et obtient de ces derniers l'information nécessaire pour résoudre les difficultés personnelles ou collectives qu'on lui soumet. Les expériences spirituelles sur lesquelles insiste Eliade renvoient donc à la fois aux techniques utilisées pour les induire et à la cosmologie particulière à laquelle elles permettent d’accéder. Cette cosmologie consiste le plus souvent en trois niveaux : le monde ordinaire ou monde du milieu, le monde souterrain et le monde céleste. En circulant dans ces trois espaces, le chaman peut rencontrer des animaux ou esprits qui les habitent, il y trouve des explications sur les difficultés du monde, acquiert des pouvoirs ou des solutions pour répondre aux problèmes de ceux qui le consultent. Walsh résume dès lors en trois éléments le chamanisme : Harner ajouterait à cette définition le contact avec une dimension de la réalité ordinairement non accessible. Il souligne que le chaman est habituellement lié à un ou plusieurs esprits souvent animaux qui l’assistent tout particulièrement dans son travail au service de la communauté. La réalité non ordinaire à laquelle le chamane accède inclut des esprits de la nature ou les âmes des animaux, mais aussi les ancêtres du clan, les âmes des enfants à naître, les âmes des malades à guérir ou de personnes avec lesquelles on est en conflit. Roberte Hamayon caractérise le chamanisme de Sibérie ainsi : il s’agit d’une « procédure de médiation » (Eliade parle de psychopompe), rudimentaire et bonne à tout faire supposant une « conception spécifique » de l'homme, du monde et de la société ainsi que de leurs relations. La notion d'échange est au cœur de la pensée chamaniste : Hamayon se démarque des auteurs précédents en considérant qu'il existe un lien fondamental entre la chasse, l’alliance et le chamanisme ; ainsi, propose-t-elle l'hypothèse selon laquelle le chamanisme serait typique des sociétés centrées sur la chasse. Ceci en raison d'un rapport de nécessité spécifique de ces sociétés qui, pour elle, caractérise le chamanisme à un niveau très général : la difficulté de ces communautés primitives à faire face à l’aléatoire, les angoisses que cette imprévisibilité provoque. La réduction et la mise sous contrôle de ces aléas seraient la fonction du chamane, qui officierait par un échange avec les esprits censés gouverner le monde, lors du voyage chamanique accompli lors de la transe. Le chamanisme est donc une conduite, une recherche d'efficacité, une technique, à restituer dans le tout de la société. Il remplirait une fonction de réassurance face à la nécessité de s'adapter à des situations difficiles, imprévues, problématiques. Le chamane jouerait un rôle pragmatique de maîtrise des aléas qui effraient la communauté. Le chamane doit en outre montrer sa disponibilité pour servir la communauté. Pour Hamayon, les traits essentiels du chamanisme, dans les sociétés de chasse, sont : l’alliance avec les esprits de la « sur-nature », le voyage de l'âme, la gestion de l’aléatoire par le rapport entre chamane et esprits. Les spécificités du chamanisme sont indissociables de celles de la communauté pour laquelle et dans laquelle le chamane officie. Ainsi, lorsque la société évolue, les formes prises par le chamanisme évoluent aussi. Cette interdépendance amène Hamayon à noter les transformations dans les spécificités du chamanisme lorsque les sociétés deviennent moins axées sur la chasse pour se structurer progressivement autour de l'élevage, évolutions qu'elle a pu noter en effectuant des comparaisons de différentes pratiques en Sibérie. La « reconstruction » du chamanisme. La dissonance du point de vue originel conçu comme celui du participant à une société animiste avec la laïcité occidentale moderne a conduit certains anthropologues à s'interroger sur la santé mentale des chamans. Un moyen de légitimer le chamanisme aurait été trouvé par Eliade, Lévi-Strauss et d'autres en , conduisant à la vulgarisation du « néo-chamanisme » et à l'idée que ou . Graham Harvey soutient ainsi que la psychologisation du chamanisme est un processus de colonisation, et suggère que cela fait partie d'un biais plus large du dualisme moderne: « la célébration de l'expérience intérieure, opposé à la représentation et au rituel extérieurs ». Harvey aborde également les différentes approches des substances utilisées comme auxiliaires par les chamans et autres : Chamanisme dans l'histoire et la préhistoire. Le culte des cervidés célestes au mésolithique. C'est Spitsyne qui a révélé au public la découverte de plaques chamaniques coulées dans le bronze, nommées les plaques de Perm, sur les bords de la Kama et de l'Ob, dans l'Oural. Elles datent du Moyen Âge. , dont certains à masque humain sur la poitrine. Les créatures bipèdes à figures animales ont été appelées par Spitsyne « souldé ». Sur l'une d'entre elles, . Pour certaines de ces plaques, un parallèle a été fait avec la littérature orale lapone fixée en 1926-1927 et relatant la légende de l'homme-renne. Pour Boris Rybakov le culte des cervidés célestes, évoqué par ces plaques, est très répandu chez les peuples sibériens. Rybakov note un lien avec le chamanisme : « Les femmes-rennes : En entrant, la chamane aperçut deux femmes nues, semblables à des rennes : elles étaient couvertes de poils, portaient des bois sur la tête. Le chamane s'approcha du feu, mais ce qu'il avait pris pour du feu, c'était les rayons du soleil. Une des femmes était enceinte. Elle mit au monde deux faons… La deuxième femme mit aussi au monde deux faons… Ces faons doivent devenir les ancêtres des rennes sauvages et domestiques. La coiffure chamanique décorée d'un museau d'élan est attestée également par des données archéologiques. On la trouve sur une sculpture d'os provenant de la nécropole mésolithique de l'Île au Renne de l'Onéga ( millénaire avant notre ère) et coiffant un officiant s'élevant vers le monde céleste, entouré de deux femmes, la tête tournée vers le chamane. Spitsyne l'identifie au "casque de souldé" des plaques de Perm. On la trouve aussi sur l'Île au Renne de la Mer de Barents, dans la tourbière de Chiguir dans l'Oural, près de Palanga sur les bords de la Baltique. Pour Boris Rybakov, le culte des cervidés célestes, étroitement associé au chamanisme, est ainsi attesté au Mésolithique il y a cinq mille ans et dans les mythes cosmogoniques sibériens collectés au . Son étendue géographique est celle de l'ensemble ethnique toungouse, samoyède et ougrien, mais s'étend bien au-delà d'après ses conclusions (Europe et Asie). Chamanisme au paléolithique ? Dès 1952, Horst Kirchner a tenté d’expliquer l'art pariétal européen par un chamanisme paléolithique. Cette hypothèse, critiquée dès le début, a eu ses partisans à la fin du siècle dernier. Reprise par Andreas Lommel en 1960 et en 1964 par l'abbé André Glory, elle est ensuite combattue par André Leroi-Gourhan, pour être de nouveau formulée en 1988 par deux anthropologues d'Afrique du Sud, David Lewis-Williams et T. A. Dowson. Lewis-Williams l’a expliquée sur la base d'une comparaison entre le chamanisme des San (Bushmen) et des peintures pariétales de sites sud-africains. Cette thèse est aussi reprise plus tardivement pour l'art paléolithique eurasiatique par le préhistorien Jean Clottes. Son livre, "Des Chamanes de la préhistoire", qui s'appuie sur une double approche, neurophysiologique et ethnologique, a cependant dès sa parution en 1996 suscité une vive controverse, notamment d'experts du chamanisme, de l'art préhistorique et de la neurologie, réunis dans un ouvrage collectif associant ces disciplines, "Chamanismes et arts préhistoriques : Vision critique". Très récemment, Rossano a défendu l'hypothèse selon laquelle les peintures pariétales présenteraient un caractère tel qu'. Le chamanisme dans les mythologies des sociétés européennes. La cosmologie indo-européenne ressemble au chamanisme néolithique : l'univers est constitué de trois mondes, le Ciel, la Terre et les Enfers, qui sont reliés par un arbre. La voyance, la divination ou la magie sont plus l'affaire des femmes que des hommes (d'où les croyances aux sorcières). Le chamanisme masculin se voit relégué dans la mythologie tandis que les fonctions sacerdotales sont exercées par une classe de prêtres. Grèce antique. On qualifie d'« hyperboréens » un peuple mythique de l'Antiquité présocratique. Des spécialistes de cette période, notamment Eric Robertson Dodds, évoquent à leur propos des pratiques chamaniques. Un personnage notable, partiellement mythique, est Abaris le Scythe auquel sont attribués des voyages chamaniques. Dans la Grèce antique, on connaît le poète Aristée de Proconnèse. Il était transporté au loin lors de « délires apolliniens ». Il abandonnait son corps, qui gisait comme mort. Sur son île, une statue le représentait à côté d'Apollon (Hérodote, IV, 13-15). Pline l'Ancien rapporte qu'elle représentait son âme quittant son corps sous la forme d'un corbeau. Le chamanisme scandinave. Il y a des exemples très nets de chamanisme dans le monde indo-européen, surtout dans sa mythologie. Ainsi, le dieu Odin des Scandinaves peut quitter son corps, qui gît alors comme endormi, sous une forme animale, et voyager là où il le désire. Il possède un cheval à huit pattes, très rapide (Sleipnir), qui est aussi identifié à un arbre cosmique (Yggdrasil) semblable à celui utilisé par les chamanes lors de leurs voyages. Par ailleurs, Odin est un grand magicien et il peut forcer les morts à livrer les secrets de l'au-delà, ce qui est une prérogative du chamane. Les Scandinaves considéraient leurs voisins Lapons (de langue finno-ougrienne) comme de grands magiciens. Ils appelaient aussi ce peuple les Samis ou les Sames (singulier Same ou Sami), comme les Lapons se nomment eux-mêmes. De toute évidence, le chamanisme était très développé chez eux. Les chamanes sami étaient appelés des "noaide, nojid ou noi'jd". Leurs pratiques ont été décrites au dans l"Historia Norwegiæ". Ils officiaient grâce à des assistants qui chantaient et ils utilisaient un tambour (comme leurs homologues sibériens) et un marteau de corne. Ils pouvaient prendre une forme animale (renard, zibeline, loup, ours ou renne) pour aller se battre contre un confrère, découvrir un voleur ou même le mutiler à distance, attirer le gibier à portée des chasseurs ou le poisson dans le fjord, provoquer des états d'hypnose ou d'illusion des sens. Les Finno-Ougriens sont originaires des forêts du nord de la Russie. D'une manière ou l'autre, une analyse fine du chamanisme le fait toujours provenir du nord de l'Eurasie. Freyja, déesse mythique de l'amour physique et de la sensualité, semble posséder des compétences chamaniques. On lui attribue la capacité de se transformer en faucon ou en plume, donc de voyager. La métamorphose et la capacité de s'éloigner de son propre corps sont considérées comme des attributs chamaniques. Le voyage en esprit dans d'autres univers par la transe caractérise Freyja et parfois son époux, Od ou Odur. Le mot nordique pour désigner les pratiques chamaniques est "Seid", elles sont presque exclusivement réalisées par des femmes, usuellement revêtues de peaux ou de plumes représentant les esprits animaux. Elles sont rapportées entrant en transe notamment dans la "Saga d'Erik le Rouge". Les traditions nordiques rapportent de grands malheurs lorsque des hommes (et non plus des femmes) pratiquent le "Seid". Chamanisme dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs, puis d'élevage. D'après Roberte Hamayon, le chamanisme évolue en fonctions des activités nourricières principales des sociétés. Elle voit les sociétés basées sur la chasse comme structurées par une relation horizontale avec les animaux de la nature et s'inscrivant dans un temps cyclique, annuel. Les animaux sont animés par des esprits, tout comme les ancêtres et les forces naturelles. Le chaman les rejoint dans le monde non sensible de la « surnature ». La chasse induit un échange assez symétrique avec les esprits. Ainsi, le chamane peut-il être lui-même symboliquement dévoré, tout comme le chasseur veut dévorer le gibier. L'essentiel étant que l'échange se maintienne dans un certain équilibre. Hamayon observe que les formes prises par le chamanisme se transforment lorsque les sociétés deviennent tournées vers l'élevage. Sur le plan sociétal, l'égalité est rompue, le temps devient linéaire avec la question de la transmission du bétail (plus tard des terres) aux générations futures. Pour Hamayon, une logique de la filiation vient se substituer à la logique de l'alliance et cela se reflète dans les relations avec les esprits. L'animal d'élevage n'est plus un égal, ne serait-ce que parce que le troupeau devra être divisé (tout comme les terres plus tardivement) au moment de la succession. Aux côtés des esprits des animaux, apparaissent des esprits à caractère humain, notamment ceux des ancêtres du clan, soucieux de l'équité, du partage et de la prolongation de ce qu'ils ont construit. Le monde des esprits, auparavant confiné à la forêt, s'étire vers le haut et le bas, vers ce qui préfigure le Ciel et les Enfers. Le chamane devient celui qui a la capacité de monter et descendre le long de ces différents niveaux de réalité et de rencontrer des entités des mondes supérieurs et inférieurs. On trouve la structuration en trois niveaux du monde invisible, prisée par Harner qui la considère, lui, comme universelle là où Hamayon la lie aux activités et modes de subsistance dominants dans la communauté du chaman. D'autres anthropologues partagent ce point de vue, ainsi Winkelman note-t-il que si le chamanisme est lié aux sociétés de chasseurs-cueilleurs, . Principes du chamanisme. Le chamane. Le chamane a été vu tour à tour comme un guérisseur, un prêtre, un magicien, un devin, un médium ou un possédé. Il exerce une pluralité de fonctions au service de sa communauté, comme soigner une maladie, guérir une souffrance, nommer un enfant, faire tomber la pluie, faire venir le gibier, accompagner l'âme des morts ou communiquer avec les esprits de la nature. L'efficacité prétendue des techniques tient au fait que, selon la cosmologie chamanique, tous les problèmes du monde « ordinaire » viennent d'une rupture d'équilibre dans nos relations avec le monde invisible. En intercédant avec les esprits, le chamane obtient des solutions pour rétablir l'équilibre. Pour communiquer avec les esprits, le chamane se met en transe grâce à des rituels qui intègrent ou non l'usage de substances psychoactives parfois dites « enthéogènes ». Ces rituels induisent un état psychique particulier, dont les tremblements sont un élément évocateur. Le chamane peut aussi entrer en rapport avec le « monde-autre » par des rêves ou des techniques de quête de visions. Le rituel du chamane n'est pas figé, il existe une personnalisation de sa pratique. Chaque chamane l'accomplit différemment des autres. La « maladie initiatique ». Selon Roberte Hamayon. Elle révèle l'élection du futur chamane. Les symptômes sont conventionnels, attendus, plus ou moins provoqués. Elle est interprétée comme une absence de l'âme qui est partie dans l'au-delà. L'évanouissement est le symptôme caractéristique de la maladie. Dans le cas du chamanisme d'élevage, les esprits se sont humanisés, et l'électeur est l'esprit d'un ancêtre. L'évanouissement est le moment particulier où les ancêtres emmènent l'âme du futur chamane pour y être instruit. Elle donne l'apparence de la folie et exprime la présence d'un danger de mort. Le premier évanouissement indique une future carrière de chamane. L'élection du futur chamane est vécue, en général, comme un fléau, aussi bien par le candidat que par la famille de celui-ci. Il y a un danger de mort en cas de refus d'assumer la fonction de chamane. C'est l'esprit électeur qui s'en charge. Initiation chamanique Yanomani. Grâce à l'initiation, un être humain est élevé à l'état d'être primordial en devenant un "hekura", terme décrit par Zeljko Jokic comme désignant à la fois « maladie » et « esprit » chez les Yanomani du Venezuela. Si la première naissance humaine était une naissance dans le monde des limites humaines, la renaissance initiatique représente une naissance dans l'immortalité. Ainsi, à la lumière de la description ci-dessus de l'initiation, la mort de l'ego peut être décrite comme un processus de modification radicale du moi égoïque et la reconstitution d'un nouveau moi cosmique, qui englobe le monde en tant que totalité du cosmos. La fusion de l'ego et du monde est réalisée par la rupture de la conscience. La mort de l'ego est, selon Grof, un point culminant de la souffrance et de l'agonie vécues pendant la mort, qui se traduit par une « expérience d'annihilation totale à tous les niveaux : physique, émotionnel, intellectuel, moral et transcendantal… elle [la mort de l'ego] semble impliquer la destruction instantanée de tous les points de référence antérieurs de l'individu. » (Grof et Halifax 1977:51) La mort symbolique, dans le contexte de l'initiation chamanique Yanomami peut être découverte comme un moment final de l'initiation. Elle peut être comprise comme un moment final de transition d'un mode d'être humain à un mode d'être autre. Bien que l'expérience de la mort signifie la fin du soi humain, elle représente en même temps le début ou la naissance d'un nouveau sens du soi cosmique du néophyte. Comme le chaman sacrifie son âme et son humanité aux esprits pendant l'initiation, ces derniers deviennent ses alliés personnels et ses sources de pouvoir. Plus précisément, à travers les expériences de mort et de renaissance, le chaman surmonte la condition humaine, devenant simultanément un esprit "hekura" vivant et individuel et une collection d'autres "hekura". Après son autodissolution et de reconstitution au moment de la mort, le néophyte continue à chanter aux esprits jusqu'à ce qu'il atteigne son premier état de conscience en transe au cours duquel, en fait, il revit sa propre mort. Ce moment est important car il marque officiellement la fin de l'initiation et le début de la reconnaissance de l'individu en tant que chamane au sein de la communauté. Le dépècement et la dévoration du corps. Les informations de cette section sont empruntées à Hamayon et à Eliade. Le morcellement du corps, ou dépècement, ou dévoration est une mort "rituelle" qui est suivie d'une résurrection. Elle marque le passage du profane au sacré, l'initiation par les esprits, et s'inscrit dans le cadre de la « maladie initiatique ». ➝ Dans le chamanisme de chasse, le morcellement du corps est le fait des esprits auxiliaires qui mangent la chair et boivent le sang du futur chamane. Il s'agit surtout d'une dévoration interne. À la fin du rituel, le chaman peut alors incorporer les esprits auxiliaires dans les accessoires que la communauté lui a confectionnés. Chaque séance chamanique sera par la suite l'occasion de nourrir les auxiliaires, ce qui est le prix à payer pour le service rendu : il s'agit donc d'un processus continu qui a lieu toute la vie du chamane, ce qui est à mettre en rapport avec son teint blême. ➝Dans le chamanisme d'élevage, le dépècement s'effectue généralement en une fois, lors de la . C'est une dévoration externe, c’est-à-dire qui a lieu en général en dehors du corps du chamane. Il existe certaines particularités comme la cuisson de la chair et le comptage des os. Elle est l'œuvre des ancêtres. Cependant, dans le chamanisme d'élevage, coexistent des éléments du chamanisme de chasse, ce qui se traduit par l'existence parallèle d'esprits animaux et d'esprit des ancêtres : la dévoration interne continue persiste donc parallèlement. Toute autre est la dévoration de la chair humaine consécutive à la prédation des esprits, dont l'action entraîne la maladie par le biais du départ de l'âme, voire la mort en cas de départ définitif. Ce cadre est celui de tout un chacun qui peut devenir la proie d'un esprit : . L'esprit électeur et les esprits auxiliaires (alliés). Les variations concernant ce thème sont très importantes suivant les ethnies et les époques. La distinction entre l'esprit électeur (ou protecteur), et les esprits auxiliaires (ou familiers, ou gardiens) revient constamment. L'esprit électeur est unique. C'est lui qui choisit le chamane et le protège toute sa vie. Il accorde au chamane le service des esprits auxiliaires auprès desquels il intercède. Dans les sociétés de chasse, l'esprit protecteur choisit « par amour » son chamane et devient son conjoint surnaturel. Il est l'esprit de la fille ou du fils de la forêt, le donneur de gibier. Son exigence est de l'ordre de la jouissance. Dans les sociétés d'élevage, l'esprit protecteur est en général l'esprit d'un ancêtre, lui-même ayant été chamane. Et de ce fait l'enseignement du chamane provient souvent de cet esprit, le préparant à des révélations et à des contacts avec des êtres divins ou semi-divins (rôle de psychopompe). Les esprits auxiliaires sont en général soumis à l'esprit électeur : c'est ce dernier qui les transmet au chamane (chamanisme de Sibérie). Parfois, la transmission se fait par héritage. Parfois leur concours doit être un acte de volonté et de recherche personnelle de la part du chamane (chamanisme nord-américain). Pour obtenir leurs services, le chamane doit les nourrir de son propre corps : leur exigence est alimentaire. Ils donnent au chamane les moyens de la chasse dans l'au-delà : ce sont les pouvoirs chamaniques. Chacun est spécialisé dans un service. Un chamane peut en avoir plusieurs ; c'est d'ailleurs au nombre d'esprits auxiliaires qu'un chamane est fort ou faible. La relation d'un auxiliaire au chamane est soit de l'ordre du bienfaiteur, soit de l'ordre du serviteur. Le transfert des esprits auxiliaires se voit et s'effectue dans les accessoires de son costume. La réunion des esprits auxiliaires peut parfois prendre plusieurs années, et fait intervenir une grande partie de la communauté. La plupart du temps ils ont la forme d'un animal : ours, loup, cerf, lièvre, oie, aigle, hibou, corneille… Ils peuvent également être des esprits de la nature : esprit des bois, de la terre, d'une plante, du foyer, des divinités, des fantômes… Le chamane prend possession de l'esprit auxiliaire au cours de la séance chamanique. Bien plus qu'une imitation de celui-ci, il est identifié à cet esprit et se métamorphose en lui : c'est l"'ensauvagement" du chamane, suivant Roberte Hamayon. L'auxiliaire a alors un rôle de psychopompe, c’est-à-dire qu'il accompagne le chamane dans l'au-delà : c'est l'expérience ou le "voyage extatique" du chamane, suivant Mircea Eliade. Le voyage chamanique. Le chamanisme part du principe que l'âme a la faculté de quitter le corps, historiquement chez tous les humains, mais plus particulièrement chez les chamanes et les héros épiques. Chez les gens ordinaires, elle le quitte à certains moments particuliers : pendant le rêve, l'ivresse et la maladie. Ces voyages ne sont pas contrôlés. Chez le chamane, le départ de l'âme s'expérimente d'abord au cours de la maladie initiatique (absence d'âme), puis par la suite au cours des séances chamaniques ("ensauvagement" selon Roberte Hamayon), des voyages dans les mondes des esprits (l"'extase" de Mircea Eliade). Il réalise ici-bas et autant de fois qu'il le désire la « sortie du corps ». Les voyages de « l'âme » sont des thèmes récurrents de la littérature, des mythes, des récitations d'épopées. Il existe une similitude entre les récits des extases chamaniques et certains thèmes épiques de la littérature orale : l'aventure héroïque s'apparente au voyage du chamane dans la « surnature ». Souvent il s'effectue sous la forme et l'apparence d'animaux, notamment d'oiseaux. Ce peut être des cygnes, porteurs d'âmes par excellence : ils rapportent de l'âme pour les enfants et les animaux à naître, témoignant de l'animation et du renouvellement de la vie. De retour, le chamane raconte ce qu'il a vu ou ce qu'il a fait. Il peut le mimer également, le chanter, le danser, l'accompagner de cris et d'exclamations. Pour Mircea Eliade, la danse peut faire partie intégrante de l'extase, de même que l'imitation des gestes d'un animal. Lorsqu'il s'agit de répondre aux questions de l'assistance, c'est parfois l'esprit qui habite le chamane qui parle. Le vol magique du chamane est indissociable de la cosmologie chamanique. Il est divisé en trois parties : le ciel, la terre et les Enfers, monde des ancêtres. Harner n'a pas voulu adopter au chamanisme cette association chrétienne, lui comme la fondation pour l'étude du chamanisme parlent de monde du dessus, de monde du dessous et de monde du milieu. Le vol traduit la transcendance du chamane par rapport à la condition humaine et l'autonomie de son âme. Il renvoie également à l'intelligence et la compréhension des choses secrètes et des vérités métaphysiques. Parce qu'il est capable de monter et de descendre dans les sphères, les esprits peuvent s'incorporer dans le chamane ou dialoguer avec lui. Le vol s'effectue donc vers le haut et vers le bas : Graham Harvey, spécialiste en études religieuses à l'Open University, a remis en cause la vision de Mircéa Eliade qui est pour lui une reconstruction religieuse typique de la laïcité occidentale.Cela commence par l'idée que les chamans réussissent à voyager « au-delà des contraintes de l'incarnation physique et de l'emplacement » , et dans un royaume supérieur et non matériel : le voyage du chaman depuis le profane (lequel serait non seulement banal mais conçu négativement) vers un monde à la pureté immuable de l'éternité - dans le rituel et surtout dans l'ascension chamanique - est définitif de toute vraie religion pour Eliade. Plus explicitement, il est au cœur de la religion comme Eliade pensait qu'il devrait l'être. Le tambour et le costume. Le costume du chamane est souvent fait de peau et de plumes. Il symbolise pour Eliade la transformation en l'animal, souvent un oiseau qui personnifie la possibilité de voler, d'incarner l'âme du chamane qui vole d'un espace à un autre. Le tambour est très fréquent chez les chamanes. D'autres instruments peuvent s'y substituer : des cannes chevalines, une cloche, une guimbarde... L'animation du tambour est cruciale pour l'entrée en transe. La peau du tambour porte souvent un dessin de cervidé à large ramure et le tambour est parfois considéré comme un support ou un lieu de rassemblement des esprits (auxiliaires notamment). Le chamanisme dans le monde. Le chamanisme tibétain. Selon Eliade, le Tibet connaît un rite tantrique, le Chöd (ou gchod, pouvant se traduire par « banquet macabre ») qui est clairement chamanique dans sa structure. Il a été décrit pour la première fois par Alexandra David-Néel en 1929 et est encore pratiqué aujourd’hui, selon le lama Khenpo Tseten. Il s’agit, essentiellement par de la musique et de la danse, de convier des esprits à un festin principalement composé de la chair des officiants. Le lama qualifie la pratique de véritable . Les démons étant, selon la lecture bouddhiste du lama, les constructions mentales de l’esprit du pratiquant. Ce thème du dépècement et de la dévoration rencontré au Tibet est très proche de ce qui a été décrit en Amérique du Nord. Eliade évoque également le "Livre tibétain des morts" ("Bardo Thödol") comme une preuve de la vitalité du chamanisme tibétain antérieurement au développement du bouddhisme et son intégration par ce dernier. Le chamanisme chinois. Le chamanisme existe depuis longtemps en Chine. Il a été repris par le taoïsme. Selon un ouvrage du , le "Baopuzi", le prêtre connaît des voyages extatiques qui l'emmènent au ciel, où il peut rencontrer dieux, ancêtres, et trouver des remèdes médicaux. Il est aidé par des animaux (dragons, tigres, phœnix, cerfs, quilins, singes…). Sous la dynastie Qing mandchoue un chamanisme comportant des éléments bouddhistes, comme le chamanisme jaune, était codifié par des lois. Le chamanisme coréen. Le chamanisme coréen comporte certaines proximités avec les chamanismes toungouses et mongols, étant proche de ces cultures. Il a également été grandement influencé par la Chine. Le chamanisme corse. En Corse, peut être trouvé le Mazzeru (voir Mazzérisme). Le Mazzeru n'est pas toujours considéré comme faisant partie du « monde ordinaire » à part entière. N'étant ni du monde des vivants, ni du monde des morts, il se situe plutôt à la limite de ces deux mondes. Il est également désigné, selon les régions, sous les noms de Culpadore, d'Acciacatore et bien sûr de Mazzeru. Ces trois termes sont formés à partir des verbes acciacà, culpà, amazzà, qui signifient « tuer » en frappant. Cette fonction de tuer provient de la capacité du Mazzeru à « chasser en rêves ». Lors du sommeil du Mazzeru son double spirituel va dans le monde des rêves participer à une partie de chasse, le Mazzeru tuant le premier animal (sauvage ou domestique) qu'il croise (souvent un cerf, un mouton ou un mouflon). En retournant la bête sur le dos, la tête de celle-ci se transformera en visage humain. Cet humain, connu du Mazzeru, est condamné à mourir entre trois jours et un an plus tard. Chamanisme Hmong-Miao. Chez les Hmong du Laos, comme dans la majorité des chamanismes d'Extrême-Orient, le corps comporte plusieurs âmes, certaines pouvant voyager dans des mondes différents de celui des humains, provoquant ainsi maladies et mort. Le chaman grâce à ses pouvoirs va aller se battre dans ces mondes pour récupérer ces âmes. Chamanisme mexicain. Le psychologue Jacobo Grinberg a étudié et écrit sur le chamanisme mexicain ("Los chamanes de Mexico", Volume I à VII). Le chamanisme mongol. Le chamanisme mongol revêt plusieurs formes : le chamanisme ancien, tel que pratiqué par les anciens peuples turcs et proto-mongols de la région. Il est aujourd'hui principalement pratiqué par les Bouriates au sein des peuples mongols. Le tengrisme est issu des anciennes religions turques et a particulièrement été mis en avant par Genghis Khan, fondateur de l'Empire mongol. Des chamanismes sont influencés par le bouddhisme tibétain, comme le chamanisme jaune, ou d'autres courants, comme le chamanisme noir. Le chamanisme turc. On donne souvent ses origines dans l'Altaï, il est connu pour le khöömii, chant diphonique chamanique. Le tengrisme est la forme principale de chamanisme turc, ou le ciel (tenger) est le principal dieu. Certains mouvements pan-nationalistes turcs le récupèrent pour en faire la religion principale du touran (terme persan pour désigner les cultures sibériennes). Chamanisme et philosophie. En 1951, Eric Robertson Dodds a publié une étude sur les Grecs de l'Antiquité, "The Greeks and the lrrational", dans laquelle il affirmait, entre autres, qu'il y avait eu un afflux d'influences chamaniques dans le monde grec au cours des septième et sixième siècles avant Jésus-Christ. Ceci a conduit à une nouvelle conception de l'âme humaine et des capacités de l'âme chez les Grecs, qui a ensuite été reprise dans l'orphisme (la légende grecque associait Orphée à la Thrace) et le pythagorisme (la tradition ultérieure, souligne Dodds, a mis Pythagore en contact avec Abaris). Pour Dodds, Pythagore était un type de chamane grec, et ses pratiques et enseignements ont ensuite été formulés en termes philosophiques par Platon. Comme le dit Dodds : Platon a croisé la tradition du rationalisme grec avec des idées magico-religieuses dont les origines les plus lointaines appartiennent à la culture chamanique nordique. Dodds fait remarquer que dans la littérature du chamanisme, nous rencontrons une manière tout à fait différente de penser l'âme. La pratique du chamane repose sur une concentration intérieure des énergies psychiques, de telle sorte que les forces de l'âme, normalement réparties dans l'organisme psycho-physique, sont rassemblées en une unité. Il était alors possible de faire l'expérience de l'âme en tant qu'entité à part entière, indépendamment du corps. C'est la base du vol hors du corps ou projection astrale qui, comme nous l'avons vu, était pratiquée par Abaris, Aristeas et Hermotimos. Loin d'être une image vaporeuse ou un eidolon, l'âme était pour ces gens une réalité substantielle et c'était plutôt le corps qui était considéré comme éphémère et finalement insubstantiel. Selon Dodds, ce point de vue, fondé sur les pratiques spirituelles des chamanes nordiques, a ensuite été repris dans l'orphisme et le pythagorisme, où l'on retrouve la nouvelle formulation : le corps est la prison de l'âme, voire son tombeau. Chamanisme dans l'art et la culture. Pratiques de revitalisation culturelle. Depuis l'époque de l'ex-Union soviétique, le modes de vie des peuples du Nord avaient été changés par la force dans le cadre d'une politique communiste et qu'ils étaient condamnés à être russifiés. Après l'instauration de la République de Sakha, en 1990, le gouvernement a encouragé une politique de revitalisation culturelle. Le système éducatif en langue yakoute a été réorganisé, et l'interdiction du chamanisme et de la pratique de la guérison traditionnelle a été levé. Ainsi, les intérêts ethnologiques et ethnographiques pour les cultures ethniques de la République ont rapidement augmenté, et les activités universitaires et éducatives pour la restauration et la revitalisation de la culture sakha ont été encouragées. Par exemple, lors de la conférence internationale sur le chamanisme en 1991, les représentations des chamanes ont été présentées sur scène comme un drame théâtral restauré d'après les archives ethnologiques et historiques. En 1999, les représentations dramatisées de chamans étaient toujours diffusées à la télévision. Sous le titre de culture traditionnelle, ces mesures politiques se sont axées sur le rétablissement des cérémonies rituelles ethniques, les pratiques de guérison, la vision du monde chamanique, les épopées et narrateurs, les chansons, les danses, les costumes et la cuisine. En outre, dans le processus de revitalisation, le chamanisme a été relancé de façon moderne en mentionnant les expériences surnaturelles et les interprétations des chamans à ce sujet, pour contribuer à reconstruire l'identité culturelle . Listes d'œuvres représentant le chamanisme. Cinéma :
Charles Baudelaire Charles Baudelaire, né le à Paris et mort dans la même ville le , est un poète français. selon les mots de Barbey d'Aurevilly, , à la croisée entre le Parnasse et le symbolisme, chantre de la « modernité », il occupe une place considérable parmi les poètes français pour un recueil, certes bref au regard de l'œuvre de son contemporain Victor Hugo (Baudelaire s'ouvrit à son éditeur de sa crainte que son volume ne ressemblât trop à ), mais qu'il aura façonné sa vie durant : "Les Fleurs du mal". Au cœur des débats sur la fonction de la littérature de son époque, Baudelaire détache la poésie de la morale, la proclame tout entière destinée au Beau et non à la Vérité. Comme le suggère le titre de son recueil, il a tenté de tisser des liens entre le mal et la beauté, le bonheur fugitif et l'idéal inaccessible ("À une Passante"), la violence et la volupté ("Une martyre"), mais aussi entre le poète et son lecteur () et même entre les artistes à travers les âges ("Les Phares")"". Outre des poèmes graves ("Semper Eadem") ou scandaleux ("Delphine et Hippolyte"), il a exprimé la mélancolie ("Mœsta et errabunda"), l'horreur ("Une charogne") et l'envie d'ailleurs ("L'Invitation au voyage") à travers l'exotisme. Biographie. Jeunesse. Charles Pierre Baudelaire naît le au 13 rue Hautefeuille à Paris : ses parrain et marraine sont les parents « adoptifs » de sa mère, Pierre Perignon et Louise Coudougnan. Celle-ci, Caroline Dufaÿs, a vingt-sept ans. Son père, Joseph-François Baudelaire, né en 1759 à La Neuville-au-Pont, en Champagne, est alors sexagénaire. Quand il meurt en 1827, Charles n'a que cinq ans. Cet homme lettré, épris des idéaux des Lumières et amateur de peinture, peintre lui-même, laisse à Charles un héritage dont il n'aura jamais le total usufruit. Il avait épousé en premières noces, le , Jeanne Justine Rosalie Janin, avec laquelle il avait eu un fils, Claude Alphonse Baudelaire, demi-frère de Charles. Un an plus tard, sa mère se remarie avec le chef de bataillon Jacques Aupick. C'est à l'adolescence que le futur poète s'opposera à ce beau-père interposé entre sa mère et lui. . Peu fait pour comprendre la vive sensibilité de l'enfant, l'officier Aupick incarne à ses yeux les entraves à tout ce qu'il aime : sa mère, la poésie, le rêve et, plus généralement, la vie sans contingences. En 1831, le lieutenant-colonel Aupick ayant reçu une affectation à Lyon, le jeune Baudelaire est inscrit à la pension Delorme et suit les cours de sixième au collège royal de Lyon. En cinquième, il devient interne. En , la famille revient à Paris, où Aupick sera promu colonel en avril. Alors âgé de quatorze ans, Charles est inscrit comme pensionnaire au collège Louis-le-Grand, mais il doit redoubler sa troisième. En seconde, il obtient le deuxième prix de vers latins au concours général. Renvoyé du lycée Louis-le-Grand en pour ce qui a passé pour une vétille, mais que son condisciple au lycée, Charles Cousin (1822-1894) a expliqué comme un épisode d'amitié particulière, Baudelaire mène une vie en opposition aux valeurs bourgeoises incarnées par sa famille. Il passe son baccalauréat au lycée Saint-Louis en fin d'année et est reçu "in extremis". Jugeant la vie de l'adolescent « scandaleuse » et désirant l'assagir, son beau-père le fait embarquer pour Calcutta. Le "Paquebot des Mers du Sud" quitte Bordeaux le 9 ou 10 juin 1841. Mais en septembre, un naufrage abrège le périple aux îles Mascareignes (Maurice et La Réunion). Baudelaire ne poursuit pas son voyage jusqu'aux Indes et rentre en France. Parti le 9 juin 1841, il débarque à Bordeaux le 15 février 1842. Vie dissolue. De retour à Paris, Charles s'éprend de Jeanne Duval, une jeune mulâtresse de Saint-Domingue, qui avait joué deux ou trois fois au Théâtre du Panthéon et avec laquelle il connaît les charmes et les amertumes de la passion. Cette liaison devait durer près de vingt ans, malgré les trahisons et les mensonges de cette femme qui ne fut jamais attachée au poète que par intérêt et que Baudelaire devait aimer jusqu'à sa fin lamentable, lorsqu'elle sombra dans l'ivrognerie. Elle représente pour lui tout le côté satanique de l'amour. Une idylle au sujet de laquelle certains de ses contemporains, comme Nadar, se sont interrogés en s'appuyant sur les déclarations d'un amant de Jeanne Duval et de prostituées connues, qui témoignent au contraire de la chasteté surprenante de Baudelaire. Il mène dès 1842 une vie dissolue. Il commence alors à composer plusieurs poèmes des "Fleurs du mal". Critique d'art et journaliste, il défend Delacroix comme représentant du romantisme en peinture, mais aussi Balzac lorsque l'auteur de "La Comédie humaine" est attaqué et caricaturé pour sa passion des chiffres ou sa perversité présumée. En 1843, il découvre les dans le grenier de l'appartement familial de son ami Louis Ménard, où il goûte à la "confiture verte". Cette expérience le fascine mais engage chez lui une réflexion morale sur la création qui aboutit à une condamnation des drogues. "Or, je veux faire un livre non pas de pure physiologie, mais surtout de morale. Je veux prouver que les chercheurs de paradis font leur enfer, le préparent, le creusent avec un succès dont la prévision les épouvanterait peut-être."(Exorde et notes pour les conférences données à Bruxelles, en 1864. Oeuvres complètes I, Pléiade p. 520). Il renouvellera cette expérience occasionnellement sous contrôle médical, en participant aux réunions du « club des Haschischins ». En revanche, son usage de l'opium est plus long : il fait d'abord, dès 1847, un usage thérapeutique du laudanum, prescrit pour combattre des maux de tête et des douleurs intestinales consécutives à une syphilis, probablement contractée vers 1840 durant sa relation avec la prostituée Sarah la Louchette. Comme De Quincey avant lui, l'accoutumance lui dicte d'augmenter progressivement les doses mais elles restent modérées. Croyant ainsi y trouver un adjuvant créatif, il en décrira les enchantements, les tortures et la stérilité. ("l'intelligence, libre naguère, devient esclave" Oeuvres complètes I, Pléiade p. 428.) En dandy, Baudelaire a des goûts de luxe. Ayant hérité de son père à sa majorité, il dilapide la moitié de cet héritage en . Ses dépenses d'apparat sont jugées outrancières par ses proches, qui convoquent un conseil judiciaire. Le , maître Narcisse Ancelle, notaire de la famille, est officiellement désigné comme conseil judiciaire qui lui alloue une pension mensuelle de . En outre, Baudelaire doit lui rendre compte de ses faits et gestes. Cette situation infantilisante inflige à Baudelaire une telle humiliation qu'il tente de se suicider d'un coup de couteau dans la poitrine le . Outre sa réputation de débauché, Baudelaire passait pour homosexuel auprès de certains de ses amis: , écrit-il … En 1848, il participe aux barricades. La révolution de février instituant la liberté de la presse, Baudelaire fonde l'éphémère gazette "Le Salut public" (d'obédience résolument républicaine), qui ne va pas au-delà du deuxième numéro. Le paraît, dans "La Liberté de penser", un texte d'Edgar Allan Poe traduit par Baudelaire : "Révélation magnétique". À partir de cette période, Baudelaire ne cessera de proclamer son admiration pour l'écrivain américain, dont il deviendra le traducteur attitré. La connaissance des œuvres de Poe et de Joseph de Maistre atténue définitivement sa . Plus tard, il partagera la haine de Gustave Flaubert et de Victor Hugo pour , mais sans s'engager outre mesure d'un point de vue littéraire (« L'Émeute, tempêtant vainement à ma vitre / Ne fera pas lever mon front de mon pupitre » — Paysage dans "Tableaux parisiens" du recueil "Les Fleurs du mal"). Baudelaire se voit reprocher son style d'écriture et le choix de ses sujets. Il n'est compris que par certains de ses pairs tels Armand Baschet, Édouard Thierry, Champfleury, Jules Barbey d'Aurevilly, Frédéric Dulamon ou André Thomas… Cet engouement confidentiel contraste avec l'accueil hostile que lui réserve la presse. Dès la parution des "Fleurs du Mal" en 1857, Gustave Bourdin réagit avec virulence dans les colonnes du "Figaro" du : Cette appréciation négative deviendra le jugement dominant de l'époque . Condamnation des "Fleurs du mal". Moins de deux mois après leur parution, "Les Fleurs du mal" sont poursuivies en justice pour « offense à la morale religieuse » et « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ». Seul ce dernier chef d'inculpation sera retenu. Baudelaire est condamné à une forte amende de trois cents francs, réduite à cinquante francs, par suite d'une intervention de l'impératrice Eugénie. L'éditeur Auguste Poulet-Malassis s'acquitte, pour sa part, d'une amende de cent francs et doit retrancher six poèmes dont le procureur général Ernest Pinard a demandé l'interdiction ("Les Bijoux" ; "Le Léthé" ; "À celle qui est trop gaie" ; "Lesbos" ; "Femmes damnées" ["Delphine et Hippolyte"] ; "Les métamorphoses du Vampire"). Le , Victor Hugo, à qui Baudelaire a fait parvenir son recueil, lui envoie de son exil à Guernesey une lettre d'encouragement : . Malgré la relative clémence des jurés eu égard au réquisitoire plus sévère qui vise onze poèmes, ce jugement touche profondément Baudelaire. Contraint et forcé, il fera publier une nouvelle édition en 1861, enrichie de trente-deux poèmes. En 1862, Baudelaire est candidat au fauteuil d'Eugène Scribe à l'Académie Française. Il est parrainé par Sainte-Beuve et Vigny. Mais le , il n'obtient aucune voix et se désiste. Par la suite, il renoncera à se présenter au fauteuil d'Henri Lacordaire. En 1866, il réussit à faire publier à Bruxelles (c'est-à-dire hors de la juridiction française), sous le titre "Les Épaves", les six pièces condamnées accompagnées de seize nouveaux poèmes. <gallery mode="packed" caption="Lettre de Charles Baudelaire à l'impératrice Eugénie lui demandant d'intervenir afin que soit diminuée l'amende dont avaient été frappées "Les Fleurs du mal", . Archives nationales, AE/II/1980"> Lettre de Charles Baudelaire à l'impératrice Eugénie 1 - Archives Nationales - AE-II-1980.JPG Lettre de Charles Baudelaire à l'impératrice Eugénie 2 - Archives Nationales - AE-II-1980.JPG </gallery> Dernières années. Le , très endetté, il part pour la Belgique afin d'y entreprendre une tournée de conférences. Cependant, ses talents de critique d'art éclairé rencontrent peu de succès. Il se fixe à Bruxelles, où il rend plusieurs visites à Victor Hugo, exilé politique volontaire. Il prépare un pamphlet contre son éphémère pays d'accueil qui représente, à ses yeux, une caricature de la France bourgeoise. Le féroce "Pauvre Belgique" restera inachevé. Souhaitant la mort d'un royaume qu'il juge artificiel, il en résume l'épitaphe en un mot : "Enfin !" C'est en Belgique que Baudelaire rencontre Félicien Rops, qui illustre "Les Fleurs du mal" en 1866. Lors d'une visite à l'église Saint-Loup de Namur, Baudelaire perd connaissance. Cet effondrement est suivi de troubles cérébraux, en particulier d'aphasie. À partir de , Baudelaire souffre d'hémiplégie. En , on le ramène à Paris. Il est aussitôt admis dans la maison de santé du docteur Guillaume Émile Duval (1825-1899), aliéniste réputé. L'établissement se trouve 1, rue du Dôme. Le poète y occupe, au rez-de-chaussée du pavillon situé au fond du jardin, une chambre bien éclairée ornée de deux toiles d'Édouard Manet, dont la "Maîtresse de Baudelaire", peinte en 1862, aujourd'hui au musée des Beaux-Arts de Budapest. C'est là qu'il meurt, rongé par la syphilis, le , à onze heures du matin. Le lendemain, Narcisse Ancelle, son conseil judiciaire, et Charles Asselineau, son ami fidèle, déclarent le décès à la mairie du arrondissement et signent l'acte d'état civil. Le même jour, il est inhumé au cimetière du Montparnasse (), dans la tombe où repose son beau-père détesté, le général Aupick, et où sa mère le rejoint quatre ans plus tard. Son faire-part de décès indique : . Il n'a pu réaliser son souhait d'une édition définitive des "Fleurs du Mal", travail de toute une vie. "Le Spleen de Paris" (autrement appelé "Petits poèmes en prose") est édité à titre posthume en 1869, dans une nouvelle édition remaniée par Charles Asselineau et Théodore de Banville. À sa mort, son héritage littéraire est mis aux enchères. L'éditeur Michel Lévy l'acquiert pour . Une troisième édition des "Fleurs du Mal", accompagnée des onze pièces intercalaires, a disparu avec lui. Révision de la condamnation de 1857. Une première demande en révision du jugement de 1857, introduite en 1929 par Louis Barthou, alors ministre de la Justice, ne put aboutir, faute de procédure adaptée. C'est par la loi du que fut créée une procédure de révision des condamnations pour outrage aux bonnes mœurs commis par la voie du livre, exerçable par le garde des Sceaux à la demande de la Société des gens de lettres. Celle-ci décida aussitôt, à l'unanimité "moins une voix", de demander une révision pour "Les Fleurs du Mal", accordée le par la Chambre criminelle de la Cour de cassation. Dans les attendus de son jugement, la Cour énonce que : . Domiciles du poète. Baudelaire habita principalement à Paris où, constamment endetté et pressé de fuir ses créanciers, il occupa une quarantaine de domiciles : Baudelaire fréquentait beaucoup les cafés. Selon un ami de jeunesse, il . Dans sa jeunesse, il retrouvait ses amis "Chez Duval", un marchand de vin installé place de l'Odéon. Il affectionnait aussi "La Rotonde", un café du Quartier latin. Il prenait souvent ses repas à "La Tour d'Argent" sur le quai de la Tournelle, un restaurant qui existe toujours sous le même nom, mais dont l'intérieur n'a plus rien en commun avec son apparence à l'époque de Baudelaire. Plus tard, ce sera le "café Momus" de la rue des Prêtres-Saint-Germain-l'Auxerrois, "le Mabille", "le Prado", "la Chaumière" et la "Closerie des Lilas". Regards sur l'œuvre. Horreur et extase. Toutes les grandes œuvres romantiques témoignent de ce passage de l'horreur à l'extase et de l'extase à l'horreur. Ces impressions naissent chez Baudelaire du sentiment profond de la malédiction qui pèse sur la créature depuis la chute originelle. En ce sens, les "Fleurs du Mal" appartiennent au "Génie du christianisme". Analysant ce qu'il appelait dans la préface de 1805 à cet ouvrage, Chateaubriand écrivait : . Pour Baudelaire, il ne s'agit ni de littérature, ni de notions plus ou moins abstraites, mais . Comme la nature, l'homme est souillé par le péché originel et, à l'instar de "René" ou de "Werther" (Goethe), Baudelaire n'éprouve le plus souvent que le dégoût pour « la multitude vile » ("Recueillement"). Ce qui le frappe surtout, c'est l'égoïsme et la méchanceté des créatures humaines, leur paralysie spirituelle, et l'absence en elles du sens du beau comme du bien. Le poème en prose "La Corde", s'inspirant d'un fait vrai, raconte comment une mère, indifférente à l'égard de son enfant qui vient de se pendre, s'empare de la corde fatale pour en faire un fructueux commerce. Baudelaire devait en souffrir plus que tout autre : "L'Albatros" dénonce le plaisir que prend le « vulgaire » à faire le mal, et, singulièrement, à torturer le poète. Dans "L'Art romantique", Baudelaire remarque : Des poèmes, comme "Le Mauvais Moine", "L'Ennemi", "Le Guignon" montrent cette aspiration à transformer la douleur en beauté. Peu avant Baudelaire, Vigny et Musset avaient également chanté la douleur. Comment Baudelaire aurait-il pu croire à la perfectibilité des civilisations ? Il n'a éprouvé que mépris pour le socialisme d'une part, le réalisme et le naturalisme d'autre part. Avec une exception pour le "réaliste" Honoré de Balzac, chez qui il voyait bien davantage qu'un naturaliste (). Les sarcasmes à l'égard des théories socialistes (après 1848), réalistes ou naturalistes se multiplient dans son œuvre. Comme Poe dont il traduit les écrits, il considère . Pour en finir avec ce qu'il appelle « les hérésies » modernes, Baudelaire dénonce encore : . Bien que Victor Hugo et lui se rejoignent dans une même tradition française d' , il exerce aussi sa verve contre l'auteur des "Misérables" et caresse un moment le projet d'écrire un "Anti-Misérables" satirique. Le poète ne s'en révolte pas moins contre la condition humaine. Il dit son admiration pour les grandes créations sataniques du romantisme comme "Melmoth" (roman noir de Charles Robert Maturin). Négation de la misère humaine, la poésie ne peut être pour lui que révolte. Dans les "Petits poèmes en prose", celle-ci prend une forme plus moderne et se fait même humour noir. Art poétique. Rejetant le réalisme et le positivisme contemporains, Baudelaire sublime la sensibilité et cherche à atteindre la vérité essentielle, la vérité humaine de l'Univers, ce qui le rapproche du platonisme. Il écrit ainsi, en introduction à trois de ses poèmes dans le "Salon de 1846" : et il ajoute, dans le "Salon de 1859" : Baudelaire énonce ainsi les principes de la "sensibilité moderne" : C'est pourquoi l'imagination est pour lui « la reine des facultés ». En fait, elle substitue  ; à l'action, le rêve. Cette conception de la poésie annonce celle de presque tous les poètes qui vont suivre. Cependant, Baudelaire n'a pas vécu son œuvre. Pour lui, vie et poésie restent dans une certaine mesure séparées (ce qu'il exprime en disant : "La poésie est ce qu'il y a de plus réel, ce qui n'est complètement vrai que dans un autre monde"). Là où Baudelaire et Stéphane Mallarmé ne pensent qu'à créer une œuvre d'art, les surréalistes voudront, après Arthur Rimbaud, réaliser une œuvre de vie et essaieront de conjuguer action et écriture. Malgré cette divergence d'avec ses successeurs, Baudelaire fut l'objet de vibrants hommages, tel celui que lui rendit le jeune Rimbaud, pour qui il représente un modèle : Il suffit de comparer ces propos : à ce passage du "Premier Manifeste du surréalisme" : Ainsi, le surnaturalisme porte en germe certains aspects de l'œuvre de Lautréamont, de Rimbaud et du surréalisme même. C'est à propos de la peinture d'Eugène Delacroix et de l'œuvre de Théophile Gautier que Baudelaire a usé de cette formule célèbre qui caractérise si justement son art : Baudelaire utilise régulièrement la synesthésie pour créer une fusion des sens, notamment dans le poème "Correspondances". Avant lui, seul Gérard de Nerval avait pratiqué une poésie qui ne fût pas littérature. Libérée du joug de la raison, la poésie peut désormais exprimer la "sensation". Lors de l'inauguration du monument Baudelaire au cimetière du Montparnasse, Armand Dayot, inspecteur des Beaux-Arts, rappellera cette recherche de la sensation : . Déjà, dans ses meilleurs poèmes, Baudelaire, tout comme Mallarmé et Maurice Maeterlinck après lui, ne conserve du vers classique que la musique. Par les césures irrégulières, les rejets et les enjambements, il élude le caractère trop mécanique de l'alexandrin et pose les prémices du vers impair de Verlaine et des dissonances de Laforgue, voire du vers libre. Baudelaire jette ainsi les bases du symbolisme. Inspiré par la lecture de "Gaspard de la nuit" d'Aloysius Bertrand, qui avait introduit en France le poème en prose, Baudelaire compose les "Petits poèmes en prose" et explique, dans sa préface : Jeanne Duval. Jeanne Duval est la principale muse de Baudelaire, avant Apollonie Sabatier et Marie Daubrun. Il entretint une relation tumultueuse et résolument charnelle avec cette mystérieuse quarteronne, proche des gens de théâtre et même comédienne secondaire au théâtre de la Porte-Sainte-Antoine. Pour fuir les créanciers, elle avait pour habitude d'emprunter diverses identités (en 1864, elle se faisait appeler « Mademoiselle Prosper »). En réalité, elle se serait appelée « Jeanne Lemer ». Dans une lettre testamentaire adressée le à son notaire, Narcisse Ancelle, où il annonce son intention de se tuer, Baudelaire affirme : . Plus tard, Baudelaire payera même la pension de Jeanne à l'hospice. Fait de ruptures et de réconciliations, leur ménage illustrait l'union de deux caractères forts. Jeanne Duval représente pour lui l'ignorance intacte, l'animalité pure. Poèmes rendant hommage à Jeanne Duval. Ce dernier poème, détaillant le destin réservé à Jeanne après sa mort, est assez peu élogieux. Il tire le bilan amer et cruel d'une relation qui n'aura pu satisfaire Baudelaire et se sera avérée source de souffrances bien plus que de bonheur. Il se conclut ainsi : Idées politiques. Fortement influencé par Joseph de Maistre, dont il adopte en 1851 la lecture analogique de l'histoire comme signe d'une écriture providentielle, adepte d'un catholicisme aristocratique et mystique, dandy de surcroît, Baudelaire rejette les Lumières, la Révolution, la démocratie et la tyrannie de l'opinion publique. Selon lui, car . Il évoque l'ivresse que lui a fait éprouver la révolution de 1848, mais précise : . Le coup d'État mené par Louis-Napoléon dans la nuit du au ne lui laisse plus aucune illusion : écrit-il à Narcisse Ancelle le . Il écrit : . Pessimiste, il dénonce l'absurdité de l'idée de progrès et l'hérésie moderne de la suppression du péché originel. L'homme éternel n'est que . De là procède la violence polémique de ses textes (notamment les derniers), le sentiment de l'inéluctable décadence, la conviction de la victoire du satanisme ainsi que des affirmations comme : et il ajoute : . Dans "Pauvre Belgique", il rapporte : . Dans "Mon cœur mis à nu", il explique que la peine de mort et précise : . Dans « Entre Bainville et Baudelaire », Maurras saluait en Baudelaire l'admirateur de Maistre qui, . Baudelaire jugé par quelques contemporains. Le 13 juillet 1857, Gustave Flaubert remercie Baudelaire en ces termes pour l'envoi d'un exemplaire des "Fleurs du mal" : . Barbey d'Aurevilly souligna dans les "Fleurs du mal" , mais surtout , concluant que Baudelaire n'avait que deux voies à suivre après l'écriture d'un tel recueil : Il lui écrivit une lettre dithyrambique et drolatique, où il le qualifiait d' . Victor Hugo lui écrit en qu'il ne partage pas sa vision de l'art pour l'art, lui préférant , mais reconnaît qu'il donne à la poésie une force neuve : . Leconte de Lisle, le , s'émerveille de voir comment, dans la poésie des "Fleurs du mal", . Comme d'autres, il est sensible à l'originalité de l'œuvre . Sainte-Beuve situe l'œuvre de Baudelaire et voit en l'auteur le représentant parfait de ces cercles littéraires . Théodore de Banville parle de la publication des "Fleurs du mal" et de leurs comme d'un . Paul Verlaine juge les poèmes des "Fleurs du mal" comme de ce qui fait . Théophile Gautier dit de lui, en 1868, que . D'autres, en revanche, jettent sur l'œuvre et l'homme des commentaires au vitriol. Ainsi, pour les Goncourt, Baudelaire appartient au cercle des , proférant en public d'énormes obscénités. Ils le croisent, deux mois après le procès d', et en laissent le portrait suivant : . Ils ajoutent qu'il . Louis Edmond Duranty qualifie le poète de au talent surfait . Jules Vallès n'a vu en Baudelaire , créateur d'un monde où . Un certain Louis Goudall s'étonne, dans "Le Figaro" du , que quand on voit comment, à la publication de ses poèmes, sa , ajoutant : . Comment pourrait-il en être autrement, explique-t-il, devant l', l', la et le goût partout affiché pour l'immonde et le scabreux. Non, décidément Baudelaire . Principaux ouvrages. Baudelaire fut également parmi les premiers traducteurs d'Edgar Allan Poe, qu'il contribua à faire connaître en France. Il réunit ses traductions dans plusieurs recueils, notamment les "Histoires extraordinaires". Hommages. Musique. Henri Duparc, deux poèmes de Baudelaire, pour chant et piano : Claude Debussy, "Cinq poèmes de Charles Baudelaire", pour chant et piano : Louis Vierne, "Cinq poèmes de Baudelaire" (1919) pour chant et piano : André Caplet, deux poèmes de Baudelaire (1922) pour chant et piano : Saint Preux, « Your hair » en hommage à « La chevelure ». La Tordue, "T'es fou": Cénotaphe. Le cénotaphe de Baudelaire est situé entre les et du cimetière parisien du Montparnasse. Ce monument ne doit pas être confondu avec sa tombe située dans le même cimetière, dans la division. Odonymie. À Honfleur, où il séjourna chez sa mère Caroline en 1859 puis brièvement en 1860 et en 1865, une rue porte son nom. Le poète surnommait la demeure de celle-ci la . Acquise ensuite par le principal du collège de la ville, elle est louée par Alphonse Allais de 1898 à 1900 puis détruite, remplacée par un bâtiment hospitalier puis, en 1977, par un pavillon privé. La voie qui la borde est d'ailleurs la rue Alphonse-Allais, la rue Baudelaire, plus petite, inaugurée en 1923, étant située à l'une de ses intersections. Au croisement, une plaque commémorative présente une photo de la . Baudelaire y envoya "Le Voyage" à son éditeur, y commença son étude sur Théophile Gautier et acheva la deuxième édition des "Fleurs du mal". Toujours à Honfleur, l'auditorium de la médiathèque porte son nom, tandis que sa phrase est gravée sur la paroi vitrée de la salle de lecture inaugurée en 2010. Enfin, son buste trône parmi d'autres dans les jardins des personnalités inauguré en 2004.
Croyance La croyance est le fait d'attribuer une valeur de vérité à une proposition ou un énoncé. Le mot peut désigner tantôt le contenu de ce qui est cru, comme dans l'exemple donné par Pascal Engel , tantôt l'attitude ou l'état psychologique de celui qui croit. Le terme de croyance peut indiquer selon le contexte, une adhésion faible, une incertitude quant à un fait ou un énoncé, ou bien une forte conviction, comme pour la foi. Une croyance peut être plus ou moins fondée, plus ou moins justifiée : un préjugé, une opinion, une hypothèse scientifique, une induction sont différentes croyances. Le CNRTL indique que la croyance est une . Le problème de la croyance est étudié tant par les philosophes et les épistémologues, par exemple Platon dans le "Théétète", que par les historiens, les anthropologues ou les psychologues. Il s'agit de comprendre et d'évaluer les croyances, de retracer leur genèse et d'établir leur rôle dans le comportement des individus et des sociétés. Définitions, étymologie. Le philosophe Pascal Engel souligne la redoutable ambiguïté de la notion ordinaire de croyance. La croyance peut selon lui désigner le contenu de ce qui est cru, ou l'attitude ou l'état psychologique de celui qui croit. La croyance est tantôt incertaine, tantôt exprime une certitude ou conviction. En tout cas, la croyance est l'attribution d'une valeur de vérité à un énoncé, une proposition ou un fait, qui s'exprime sous la forme « Je crois que "p" ». Selon les "Topiques" d'Aristote, l’opinion est la . Le terme vient de l'ancien français "crient", venant du latin "creens" (« croyant »), du verbe "credere" (« croire »). La Croyance. Croyance et réalité. Dans son acception minimale la croyance est un phénomène universel qui concerne certains individus, et d'une certaine manière tous les êtres vivants : pour entreprendre une action, il faut « croire » à la possibilité de sa réalisation. Cette forme basique de croyance est l'objet d'étude de la stochastique et de la cybernétique. Le principe général mis en évidence par ces deux domaines est qu'un individu (ou aussi, pour les êtres sociaux, un groupe) ne conduit pas ses actions selon un processus causal linéaire mais fait des hypothèses sur leurs résultats, lesquelles seront infirmées ou confirmées ; en permanence il vérifie ces résultats par les informations en retour qu'il reçoit de son environnement (la rétroaction ou "feedback") et ajuste son comportement en fonction de ces informations. Ce phénomène est largement inconscient dans les actions ordinaires, parce que celles-ci portent le plus souvent sur des comportements hautement prévisibles et que les corrections sur les "feedbacks" négatifs sont mineures. Ce n'est que lors de corrections significatives (trébuchement, heurt d'un obstacle) que l'on retrouve la conscience que ces hypothèses sur la réalité sont approximatives, que ce que l'on « croit » est une approximation de ce qui est effectivement réalisable - mais une approximation assez fiable. Cette forme ordinaire et immédiate de croyance induit bien sûr une interrogation sur ce qu'est vraiment le libre-arbitre, et pose la question de l'écart entre notre appréciation de ce qu'est une décision consciente ou inconsciente et la réalité du niveau d'action inconsciente dans nos activités habituelles. Si le plus souvent la croyance est associée au mysticisme et à la religion, elle fait constamment partie de la réalité quotidienne, dans chaque acte et geste de la vie, dans ce qui semble le plus banal ou anodin. Le doute est le mécanisme qui, en chaque individu, remet en cause l'image qu'il se fait de la réalité. Mais comme il est impossible de remettre perpétuellement toutes ses connaissances en cause pour agir, nous agissons selon une approche plus ou moins fine de la réalité selon nos buts, les situations et les contextes. Par exemple, croire que le relief d'une région est immuable est suffisant et nécessaire dans les contextes de la vie quotidienne, alors qu'un géologue considérera le relief sous un angle dynamique et à longue échéance. Pour le mathématicien et logicien Frank Ramsey, nos actions sont décidées selon une estimation de leur probabilités de réussite, elles-mêmes estimées selon un degré de croyance envers les informations qui conduisent à cette action. Ainsi, toute information est susceptible d'une confiance graduelle, plutôt que d'une adhésion ou d'un rejet catégorique par un individu donné. Ramsey caractérise ainsi cette notion : Au-delà de la décision d'action, basée sur un ensemble de croyances aux degrés plus ou moins élevés, Ramsey pose un principe de vérité de chacune de ces croyances, dépendant du succès de ces actions. Le principe de Ramsey peut être énoncé ainsi : "Les croyances vraies sont celles qui conduisent au succès de nos actions quel que soit le désir en jeu". Dans cette formulation, la notion de variation des possibilités d'application de la croyance, en tant qu’élément de décision d'action vis-à-vis d'un désir, est cruciale car elle impose d'appliquer le principe de Ramsey à un ensemble de situations, et non à une situation particulière, dans lesquelles une croyance déterminée sera impliquée dans des actions dont on pourra estimer le succès. Sociologie. Au niveau de l'individu, la particularité d'une croyance est qu'elle est ajustée, par celui qui y adhère, à sa propre réalité. Elle est considérée comme vraie et projetée sur notre représentation conceptuelle de la réalité. Elle est investie d'un dynamisme par le biais d'un ensemble de schémas (protocoles élaborés en nous pour sentir, penser, agir). Si l'expérience (mise en œuvre de ces protocoles et constatation de leur opérabilité et efficacité pour résoudre une situation problématique) permet à chacun de valider ou d'invalider les croyances, celles qui s'avèrent erronées ne sont pas éliminées mais ajustées. De nouveaux liens entre les concepts seront testés. On pense que cela nécessite une répétition d'expériences aux résultats peu probants et donc invalidant la ou les croyances pour que celles-ci soient modifiées ou remplacées, consciemment ou non. Les thérapies psychologiques s'appuient entre autres sur ces mécanismes. La croyance répond à un besoin qui semble s'ancrer profondément dans l'individu, et ne peut être gérée aussi librement que la notion de libre arbitre le laisserait imaginer. La croyance étant consécutive au fonctionnement d'un ensemble de schèmes qui se sont ancrés à un niveau de fonctionnement automatisé dans l'esprit, la difficulté de les faire évoluer s'explique. La croyance peut donc être considérée comme un des constituants de l"habitus". Tendre vers l'objectivation du réel, dans le respect de la validité épistémologique, induit la prise en compte de la subjectivité. Cette prise en compte permet une mise en perspective (Max Weber), une relativisation des concepts obtenus et, justement, une prise de conscience de l'ensemble des croyances qui filtrent toute réalité. La foi est liée à un besoin et à la nécessité de le combler et va donc permettre l'activation des mécanismes — accrédités par cette foi — schèmes d'action, non seulement pour construire ces schèmes d'action mais aussi à leur mise en œuvre, au constat de leur validité ou non. La didactique est basée sur la foi dans le contrat didactique qui autorise la construction des savoirs par l'apprenti. Psychanalyse. Selon Donald Winnicott, psychanalyste, le rapport de l'individu à ses croyances est primitivement déterminé par sa relation à sa mère. C'est elle qui donnera le "ton", c'est-à-dire que la qualité de la relation de l'enfant avec sa mère déterminera un ensemble de croyances profondément ancrées en lui qui sera la base de la construction des croyances suivantes et donc de la qualité de la relation du futur adulte à son univers. Or, tout étant reconstitué dans notre esprit sous forme de concepts grâce aux informations livrées par nos sens, c'est là que prend toute l'importance des croyances qui valident ou non ces concepts et autorisent les actions en découlant. Croyances autoréalisatrices. Lorsque les comportements des personnes sont modifiés par une croyance, il peut parfois s'ensuivre l'accomplissement de ce que prédisait la croyance : on parle alors de prophétie autoréalisatrice. Cela peut s'observer par exemple en période de tensions internationales, lorsque des informations concernant la pénurie à venir de tel ou tel bien de consommation circulent. Même s'il n'y a pas de réel risque de pénurie, par exemple en sucre, l'approvisionnement massif de la population crée une réelle pénurie de sucre. Cela peut s'observer aussi avec des individus superstitieux, dans le cas où un signe maléfique déstabilise suffisamment la personne et lui fait adopter un comportement à risques. Croyance et la philosophie arabe médiévale. On trouve chez des penseurs arabes des interprétations très proches des interprétations actuelles. Selon Al-Ghazali, la croyance désigne ce que le cœur accepte et dont il est satisfait. Ainsi la croyance pourra être relative à ce qui est connu, par l'expérience (comme le goût d'un fruit ou la couleur du ciel qui sont connus par l'observation), par le raisonnement (comme le fait que la moitié d'une chose est plus petite que cette même chose entière) ou par la nouvelle sûre (c'est par cette voie que l'on a connu l'existence des terres lointaines et de certains événements du passé). Ainsi, même sans être allé en Chine ou sans avoir rencontré Jules César, la nouvelle de la constatation de leur existence qui nous aura été rapportée par un nombre de voies tel qu'il exclut pour nous la possibilité raisonnable de croire au mensonge permet de conclure à leur existence. Al-Ghazali qualifiera alors cette croyance de conforme à la science (la connaissance de la personne) et à la raison. Par ailleurs, la croyance pourra être relative à ce qui n'est pas réellement connu : il distingue alors l'ignorance, le doute et l'estimation personnelle ou la conviction personnelle. Ainsi Al-Ghazali préconise de ne croire que ce qui est su, même si l'on agit parfois selon ses propres estimations, sans pour autant avoir de preuve. Ainsi selon lui, la croyance musulmane est fondée sur ce qui est su à l'exclusion de toute autre source tandis qu'il est valable, dans les jugements, d'agir selon l'estimation des savants et des juges. Les croyances. Croyances, religions et philosophies. Les religions et philosophies sont bâties sur un ensemble de croyances, et fonctionnent grâce à des dogmes, ou à des doctrines auxquels le croyant adhère. Le croyant est alors celui qui a la foi, c’est-à-dire qu'il se situe dans un état d'adhésion réfléchie et active aux éléments fondamentaux de sa religion. Les croyances fondamentales varient selon les religions. Selon Tylor, la croyance en une âme immatérielle et subsistant après la mort est à l'origine de toutes les religions, et constitue donc l'élément primordial. De même, Paul Diel présente dans "La Divinité" un enchaînement logique, sous l'angle psychanalytique, reliant l'animisme au monothéisme, avec "l'effroi métaphysique" comme moteur principal. Pour lui, l'angoisse de la mort serait donc à la base de la croyance en une divinité. La paléoanthropologie situe l'apparition des rites funéraires dans les sociétés préhistoriques dès - par des marques de rituels autour des morts, puis avec plus de détails avec des sépultures dès -. Les concepts d’"âme" et d’"au-delà" seraient donc nés dans cet intervalle. Les croyances relatives aux mythes, légendes et divinités sont alors des croyances secondaires sur lesquelles sont bâties les doctrines spécifiques de chaque religion, dont l'observation par les individus conditionne leur sort dans l'au-delà. Selon D'Holbach, seule la peur suscitée par les puissances imaginaires est responsable de l'attitude religieuse. La part de chacune de ces croyances, âme, mythes, êtres divins, varie selon les religions. Par exemple, le taoïsme et le bouddhisme ne nécessitent pas une croyance en un ou plusieurs dieux, alors que dans les religions monothéistes, la croyance en Dieu est l'élément primordial. Dans tous les cas, cependant, la croyance que la conformation de l'individu à l'ordre des choses révélées par les mythes, ou aux révélations divines, conditionne ce qu'il advient de l'âme après la mort constitue la base du fonctionnement de la religion et de l'application de ses dogmes. De même, les philosophies sont bâties sur des croyances relatives à la nature de l'univers et au sens de l'existence. Ainsi, l'hédonisme postule que les plaisirs sont le sens de la vie. Pour le stoïcisme comme pour le bouddhisme, c'est au contraire la capacité à s'en détacher. Un postulat fréquent est que l'univers a un ordre préétabli, appelé logos, et que le but de la vie est de s'y conformer au mieux. Pour le pythagorisme, ceci peut se faire un chemin à travers la connaissance des nombres. Plus généralement, tout sens de l'existence ou de l'histoire est une croyance. Les idéologies comme le libéralisme et le socialisme sont ainsi des croyances. L'athéisme est l'absence de croyance ou le refus de croire en un dieu ou une divinité. L'agnosticisme affirme que ce qui dépasse l'expérience humaine (ce qui est métaphysique) est inconnaissable et ne se prononce pas sur l'existence d'un dieu ou une divinité. Croyances et superstitions. La superstition est une attitude faisant intervenir la croyance. Cependant, la superstition se distingue de la croyance car il s'agit d'un attachement à certaines pratiques ou faits observés, sans qu'aucune explication de cause à effet ne soit donnée, et qui peuvent donc être fausses. Les superstitions étaient très nombreuses durant les guerres, adossées à des pratiques religieuses (prières pour éviter la mort, signes annonciateurs de la fin de la guerre etc.). Il s'agissait alors d'aider spirituellement les soldats qui étaient au front. A la fin de la guerre, l'ampleur du phénomène a alerté le clergé qui distingue foi et superstition. Ces pratiques de dévotion n'étant pas maitrisés par la hiérarchie ecclésiastiques, elles sont considérées comme utilitaristes et anti-spirituelles, empreintes de fatalisme, provoquant la paresse mentale voire morale, et elles ont été condamnées. Elles ont été un sujet d'étude pour les observateurs de ces pratiques qui les ont étudiées comme des faits anthropologiques. Cependant, certaines superstitions peuvent découler de réels dangers, et contribuer à les éviter. Ainsi, un aspect maléfique et mystérieux peut être attribué à des montagnes inhospitalières, ou à des rivières dangereuses, car des individus n'en sont pas revenus sans que l'on connaisse les circonstances exactes de leur disparition. Ce type de superstition tend à disparaître avec la diminution des espaces inexplorés, mais était encore fréquent en France au , par exemple vis-à-vis des canyons. Croyances et science. La science est une production collective bâtie sur l'expérimentation, l'épistémologie et constitue une unité grâce à une liaison et à une confrontation permanentes avec la « réalité » empirique. La science se doit de remettre régulièrement en doute son contenu et entretient un réseau cohérent de connaissances, par la publication des travaux de recherche. L'adhésion aux théories scientifiques, par les scientifiques compétents, est basée sur la possession de moyens de vérification et de réfutation fournis par les publications. Il s'agit donc d'un mécanisme totalement différent de celui de l'adhésion aux croyances, dans la mesure où la position, certes idéale, du scientifique, n'est pas de croire en sa théorie mais au contraire de l'admettre en recherchant en permanence ses possibilités de fausseté. Karl Popper illustre ainsi cette attitude : . Ainsi, si les mécanismes cognitifs régissant l'adhésion aux théories scientifiques d'un utilisateur sont ceux qui sont applicables à toute croyance en tant que disposition à agir, l'application de la démarche scientifique rigoureuse pousse l'individu à abandonner toute tendance à écarter le doute. Bertrand Russell introduit à ce sujet la notion d'« émotion » de la croyance, qui selon lui doit être écartée de l'épistémologie : . On constate un paradoxe entre « la règle nécessaire d'objectivation » du réel (nécessité épistémologique, méthodologie scientifique), c'est-à-dire de production des savoirs empiriquement vérifiables et la nécessité d'une foi pour y arriver. , écrit ainsi Jacques Bouveresse. Mais ce paradoxe disparaît si l'on considère que l'utilisation d'un outil (la « règle ») nécessite la certitude qu'il produira ce qui est attendu, c'est-à-dire des savoirs universels et diachroniques. Autrement dit, Jacques Bouveresse écrit les lignes suivantes à propos de William James : Ainsi, on constate, qu'au niveau des individus et de la société, théories scientifiques et croyances se chevauchent parfois et que la science elle-même est objet de croyance. Par exemple, la spiritualité New Age, quand elle interprète les principes de la physique quantique, est qualifiée de mysticisme quantique. Au niveau d'un « simple quidam » ne maîtrisant pas le paradigme des sciences, les données scientifiques sont difficilement vérifiables (le rayonnement cosmique, les éruptions solaires, la mécanique quantique, les atomes…). Elles doivent donc être d'emblée considérées comme vraies car validées par la communauté scientifique si cependant elles entrent dans — ou n'entrent pas en conflit avec — le système de croyances individuel ou collectif. Au niveau d'une société, la validation des savoirs et donc l'autorisation d'adhérer à un concept (y accorder foi) est institutionnellement assurée par la science et par les groupes d'influence. Il existe cependant de nombreux dérapages dans la foi accordée aux avancées scientifiques. Les groupes d'influence peuvent détourner (de bonne foi ou à mauvais escient) des données pour créer des croyances afin de légitimer certaines pratiques. (Voir aussi le statut particulier des axiomes, postulats ou principe physique). Évolution des croyances. Dans la lignée de sa formulation du darwinisme, basée sur le fonctionnement autonome de réplicateurs (les gènes en biologie), le biologiste Richard Dawkins a émis l'hypothèse, en 1976, que des idées ou des comportements pouvaient suivre les lois de l'évolution darwinienne. Dans cette conception, les réplicateurs, appelés mèmes, sont des unités d'information qui passent d'un individu à l'autre par la discussion et l'imitation. Les croyances seraient ainsi soumises aux principes de la sélection naturelle et évolueraient d'une façon plus ou moins autonome. La mémétique est l'étude de ces phénomènes. Croyances et dissonance cognitive. Les croyances ont tenu une grande importance dans la psychologie expérimentale et notamment dans les travaux se situant dans la lignée de ceux du psychologue Festinger sur la dissonance cognitive. Dans cette conception, toute information faisant partie d'un ensemble de croyances reliées entre elles et partagées par une communauté, comme le sont par exemple les divers éléments de croyance d'une religion, est soumise aux principes de la dissonance cognitive, ainsi que tout élément cognitif nouveau soumis à un individu possédant ces croyances. Cela entraîne diverses conséquences : Festinger défend la thèse soutenant le rôle du support social dans le maintien des croyances à partir d’un fait divers dans lequel les membres d’une secte, basée sur la croyance en un « contact avec des êtres supérieurs », font une prévision relative à la survenue d'un « cataclysme » à une date précise, et à la « venue d’une soucoupe volante », évènements qui n’ont pas eu lieu à cette date. L'adhésion au « contact avec les êtres supérieurs » s'est maintenue dans un petit groupe de membres de la secte, dans lesquels les liens se sont renforcés, alors que les membres isolés ont abandonné leur croyance. Par la suite, le petit groupe s'est mis à faire du prosélytisme, afin de trouver dans son environnement social un support nécessaire pour éviter une forte dissonance cognitive avec l'échec avéré des prévisions. Ces éléments ont été développés par le sociologue français Bourdieu sous le terme habitus, comme règle implicite d'un groupe. Selon le sociologue Gérald Bronner, la diffusion des croyances est d’abord la conséquence de l’histoire de la structuration du marché cognitif : libéralisation de l’offre et progrès vertigineux de la demande ont entraîné une nombreuse série d’effets (concurrence accrue des médias, diminution du temps d’incubation des produits cognitifs, effet Olson, effet Fort, avarice cognitive). Il résulte ensuite des revendications du triumvirat démocratique qui s’adosse techniquement à cette révolution du marché cognitif (transparence, mutualisation des savoirs). Enfin, ces deux processus aboutissent de façon émergente à ce qu'il nomme « la démocratie des crédules »…
Numération romaine La numération romaine est un système de numération additive utilisé par les anciens Romains. Les nombres sont représentés à l'aide de symboles combinés entre eux, notamment par les signes , , , , , et , appelés chiffres romains, qui représentent respectivement les nombres 1, 5, 10, 50, 100, 500 et . Ces ne permettaient pas à leurs utilisateurs de faire des calculs, qui étaient effectués au moyen d'abaques. Un nombre écrit en chiffres romains se lit de gauche à droite. En première approximation, sa valeur se détermine en faisant la somme des valeurs individuelles de chaque symbole, sauf quand l'un des symboles précède un symbole de valeur supérieure ; dans ce cas, on soustrait la valeur du premier symbole au deuxième. Origine. Contrairement à une idée reçue, les chiffres romains ne sont pas des sigles mais, comme l'attestent les chiffres d’autres langues et écritures de peuples italiques, des symboles bien précis ensuite confondus avec des lettres. Ainsi, en numération étrusque, qui a constitué l'un des apports des Étrusques aux Romains avec l'alphabet, on trouve des signes ressemblant à I, Λ, X, ⋔, 8 et ⊕ pour , , , , et . La numération romaine serait la survivance d'une pratique antérieure à l'invention de l'écriture (et donc, à strictement parler, protohistorique) que l'on retrouve dans de nombreuses civilisations.<br> Ces chiffres seraient liés à la nécessité de faire figurer des repères sur un support, par exemple un bâton : un berger qui veut compter ses bêtes sans savoir énumérer prend simplement un bâton de comptage sur lequel figurent des encoches. Il fait ensuite passer son troupeau devant lui et décale son ongle d'une encoche à chaque fois qu'une bête passe devant lui ; la dernière des marques de dénombrement correspond au nombre de bêtes.<br> Avec ce système, les premiers chiffres sont toujours des encoches simples, ultérieurement transcrites par des « I ». Ils ne sont pas nécessairement placés verticalement les uns à la suite des autres ; ils sont parfois superposés horizontalement. Le repérage devient malaisé dès que le nombre d’encoches dépasse une poignée, parce que IIIIIIII est naturellement plus difficile à lire que VIII. Le berger peut naturellement être conduit à intercaler des encoches de formes différentes servant de repères visuels : Avec un bâton marqué, le berger repère assez facilement l'encoche sur laquelle s'est arrêté son décompte : par exemple, s'il a treize bêtes, son ongle s'arrête sur la troisième encoche après la première dizaine, ce qui se retranscrit en XIII ; s'il en a vingt-neuf, son ongle est à une encoche avant la troisième dizaine, ce qui se note XXIX ; s'il en a cinquante-neuf, son doigt a passé la première cinquantaine et se trouve à une encoche avant la dizaine suivante, soit LIX. Ce repérage primitif peut mener à des écritures atypiques : par exemple, un cran avant la dizaine avant cinquante se noterait IXL (pour trente-neuf). Il est régularisé par la suite, pour former le système connu de nos jours. Notation romaine classique. Symboles principaux. La notation romaine simplifie des notations plus archaïques, voisines de la notation étrusque, en utilisant les lettres de l'alphabet latin les plus ressemblantes aux anciens systèmes unaires (c'est-à-dire à base d'un seul signe, comme l'encoche). Les signes les plus communs sont indiqués dans le tableau suivant : Modes de représentation. Les nombres romains sont majoritairement représentés selon les principes suivants: L'épigraphie prouve que plusieurs graphies ont coexisté librement et le mode opératoire décrit ci-dessus ne s'est fixé que tardivement.<br> Certains nombres peuvent s'écrire sous différentes formes : Les mathématiciens de l'époque ne se servent pas de cette notation pour faire des additions ou des multiplications ; ils ont recours à des abaques, utilisant de ce fait une notation positionnelle sans avoir conscience qu'elle pourrait servir à écrire les nombres de façon permanente.<br> Les calculateurs romains se servaient également d'un système complexe de comput digital. Il est également possible que les utilisateurs de ce système aient appris certains résultats par cœur (comme aujourd'hui nous apprenons des tables de multiplication). Extensions de la notation classique. Par des traits horizontaux ou verticaux. Une barre horizontale similaire à un macron suscrit, appelée ' ou ' en latin, indique un facteur multiplicatif de . Ces traits peuvent s'étendre sur plusieurs nombres et ainsi multiplier un ensemble de chiffres. Exemples : Cette notation peut être utilisée conjointement à deux traits verticaux à gauche et à droite du nombre, indiquant quant à eux un facteur multiplicatif de 100.<br> L'épigraphie latine montre ainsi un comptage par centaines de milliers noté en encadrant le chiffre sur trois côtés ; ainsi, ce fragment des Fastes d'Ostie découvert en 1941 publie le chiffre du recensement d'Auguste et Tibère (de l'an 14) de la façon suivante : C S C R K formula_1DCCCC<br> Ce qui se lit , traduit en soit .<br> Cette représentation est d'ailleurs conforme à ce que Pline l'Ancien écrit dans son Histoire naturelle : , soit . L'usage d'un trait suscrit doit être considéré avec prudence ; parfois il sert simplement à mieux distinguer les chiffres des lettres, voire à signaler une multiplication par 100 si le chiffre surligné précède une abréviation indiquant déjà les milliers ( mill. = 13 × 100 mill. = ). Par enrichissement de la notation antique. Dans l'ancienne notation romaine, le chiffre s'écrit de nombreuses façons : ⊗, ⊕, Φ, CIↃ, CꟾↃ, ↀ, ∞, ou ⋈ ; de même, le chiffre 500 peut se représenter avec des équivalents aux symboles divisés en deux, comme D, IↃ, ou ꟾↃ.<br> De plus, les Romains encadrent de traits les nombres qu'ils désirent voir multipliés. S'inspirant de ces pratiques, les notations du Moyen Âge et de la Renaissance s'enrichissent de nouvelles notations en plus de la notation classique. Ces notations peuvent s'utiliser de façon additive ( ou = + + + = 1000 + 500 + 100 + 30 = 1630), mais pas de façon soustractive : s'écrit et non (5000 - 1000). Le tracé utilisant un C retourné en Ↄ et placé après la lettre I s'impose rapidement : en imprimerie, cela ne nécessite pas de fonte de caractères supplémentaire et améliore la lisibilité des nombres ; et cela est plus facile à tracer à la plume, mal adaptée au tracé de petits cercles. Les formes C ou Ↄ peuvent aussi prendre l'aspect de parenthèses. Enfin, l'une des hypothèses expliquant la forme du symbole ∞, représentant l'infini, serait l’évolution du signe en écriture manuscrite onciale (l'usage de milliers pour désigner de grandes quantités non dénombrées précisément peut se comparer aux expressions « des mille et des mille » ou « des mille et des cents », qui s'entendent aujourd'hui). Par des abréviations. On trouve de manière sporadique la graphie •M (M précédé d'un point médian) indiquant un facteur multiplicatif de . Exemples : Au Moyen Âge, principalement dans les documents français, apparait souvent une écriture liée au système vicésimal dans lequel on compte par vingtaines, le chiffre vingt étant placé en exposant : soit pour 80. L'hôpital des Quinze-Vingts à Paris doit son nom à cette façon de compter dans le système de numération vicésimal : il pouvait accueillir 300 (15 × 20) patients.<br> De même, les centaines peuvent être notées avec le nombre de centaines suivi du marqueur des centaines (c ou, au pluriel, ctz pour "") en exposant : donc 300 s’écrit ou . Par des minuscules et par l'introduction du j. À partir du , l'écriture onciale, facile à tracer à la plume, réduit progressivement l'usage des écritures en capitales romaines ou en quadrata ; les chiffres s'écrivent en lettres minuscules comme le reste du texte, et les majuscules sont rares (pas même en début de phrase) et plutôt réservées aux lettrines décoratives.<br> Dans le texte, les nombres sont donc encadrés de points médians afin de les distinguer plus facilement des mots ; par exemple, "·xxvıı·" représente le nombre 27 (le i n'était pas encore surmonté d'un point, qui apparait bien plus tard en écriture gothique pour faciliter la distinction entre ı, m, n, et u). La position de ces points varie suivant les auteurs (l'usage de la ponctuation, et notamment la distinction du point et de la virgule qui n'a été régulé que bien plus tard). Elle est parfois impossible à distinguer de la ponctuation normale (c'est particulièrement vrai pour les manuscrits en catalan, en ancien occitan, en vieux français et pour les manuscrits médiévaux en Angleterre et du Saint-Empire).<br> L'usage du point médian, qui prenait souvent l’allure de petits tirets, se retrouve sur les inscriptions monumentales en latin qui mêlent les nombres avec le texte. Plus tard, quand la lettre J se différencie de la lettre I, les documents officiels commencent à marquer la fin d'un nombre par un J au lieu d'un I (le nombre ne pouvait alors plus être allongé).<br> Comme l'onciale ne distingue pas encore les minuscules des majuscules, on écrit vııȷ, voire ·vııȷ, au lieu de vııı (la lettre j s’écrivait également sans point suscrit ; celui-ci apparaîtra bien plus tard, par similitude avec le i).<br> Cette modification du i final en j est également à l'origine du digramme "ij" utilisé en néerlandais pour noter initialement un i long (devenu une diphtongue) et éviter l'ambiguïté d'un digramme "ii" qui aurait été difficile à distinguer en écriture cursive du "ü". Notation des fractions. Les Romains utilisent un système duodécimal pour noter les fractions : en effet, 12 se divise facilement par les entiers 2, 3, 4, 6 et 12, ce qui facilite donc le partage en moitiés, en tiers, en quarts, en sixièmes, et en douzièmes (par rapport à un système décimal, où 10 ne se divise que par 2, 5 et 10). La valeur des monnaies est notamment indiquée en douzièmes du poids de la valeur de référence, l'as, grâce à des points (•) ou, lorsqu'il s'agissait d'abréger , grâce à un S (pour "" signifiant « moitié »). Ces points ne sont pas forcément alignés : Utilisations contemporaines. L'usage des chiffres romains a décliné au profit des chiffres indo-européens, dits « chiffres arabes », plus faciles à utiliser (10 signes seulement, notation positionnelle, présence du zéro).<br> Les chiffres romains restent néanmoins régulièrement utilisés pour noter : Ils peuvent également être utilisés : Représentation informatique. Les chiffres romains classiques peuvent être représentés par les lettres de base de l'alphabet latin. Les symboles suivants: ↀ (mille), ↁ (cinq-mille), ↂ (dix-mille), Ↄ ("C" renversé), ↄ ("C" renversé minuscule) sont encodés en Unicode dans la plage U+2180 à U+2184. Des variantes pré-composées sont codées en Unicode dans la plage U+2160 à U+217F pour compatibilité avec des codages est-asiatiques. Si l’utilisation des lettres latines de base est habituellement recommandée pour la plupart des usages, les variantes pré-composées peuvent être utiles dans des textes verticaux conservant leur orientation ou lorsque leur largeur doit être uniforme. Pour les tables détaillées, voir : Annexes. Bibliographie. Non datés :
Chronologie de l'exploration spatiale Cet article retrace les grandes dates et jalons de l'histoire de lexploration spatiale. L'histoire de l'exploration spatiale débute grâce aux avancées allemandes lors de la Seconde Guerre mondiale, notamment dans le domaine des fusées. Elle fut marquée, à ses débuts, par une forte concurrence entre les États-Unis et l'URSS, pour des motifs de prestige national liés à la guerre froide. On a appelé cette période la course à l'espace. Trois évènements majeurs de la course à l'espace sont à retenir : le premier vol spatial orbital de l'Histoire le par le satellite soviétique Spoutnik 1, le premier vol habité par un être humain le avec le vol orbital du Soviétique Youri Gagarine et enfin le premier pas sur la Lune le par l'astronaute Neil Armstrong. Les technologies spatiales se sont ensuite développées pour l'exploration scientifique des planètes, mais aussi pour l'usage commercial de l'espace grâce aux satellites de télécommunications par exemple. Il y eut de nombreuses sondes envoyées comme Galileo partie en 1989 à destination de Jupiter ou Cassini-Huygens lancée en 1997 pour Saturne. Le plus lointain corps céleste visité à ce jour est le cubewano , à proximité duquel est passée la sonde New Horizons le . Cependant, de nombreux objets transneptuniens et autres astéroïdes restent à explorer, et les sondes Voyager, les objets les plus lointains envoyés par l'humanité à ce jour, ont tout juste franchi l'héliopause au cours des années 2000. Aujourd'hui l'exploration spatiale est avant tout commerciale et scientifique, et le tourisme spatial intéresse également les entreprises à travers le partenariat avec des agences spatiales, mais également par le développement de leur propre flotte de véhicules spatiaux. Puissances spatiales par chronologie. Est considérée comme une puissance spatiale une nation ou un groupement de nation pouvant placer en orbite une charge utile de manière autonome. D'autres nations sont reconnues comme des puissances spatiales, mais dont leur charge utile doit être placé en orbite par des lanceurs étrangers. Premiers astronautes par pays. Ci-dessous sont listés les premiers de chaque pays à avoir été dans l'espace. Les premiers astronautes d'un pays unifié ou devenu indépendants sont grisés. En bleu sont notés les vols réalisés en autonomie, c'est-à-dire que l'astronaute est allé dans l'espace grâce à la technologie de son pays. Chronologie de l'exploration du système solaire. Ce tableau retranscrit les jalons d'exploration des différents astres du système solaire. Un survol est une trajectoire passant près d'un astre. Les victimes. Officiellement, la conquête de l'espace a fait 24 morts à ce jour (dont la chienne Laïka). Cependant, de nombreuses personnes ont été tuées en ex-URSS, aux États-Unis d'Amérique, en République populaire de Chine et au Brésil par l'explosion de fusées sur le pas de tir ou par des fusées retombant au sol. L'explosion d'une fusée "Ariane 5" avait provoqué la retombée de débris potentiellement dangereux sur des zones heureusement non habitées en Guyane française. Ci-dessous sont listés les évènements par ordre chronologique. À ce jour, hormis la chienne Laïka, il n'y a jamais eu de mort "dans" l'espace. Les décès se sont produits soit lors de l'entraînement au sol, soit lors du décollage, soit lors de la rentrée dans l'atmosphère. La NASA rend hommage à ces victimes à travers un mémorial. Les noms de plusieurs de ces astronautes ont servi à baptiser des astéroïdes ou des formations géologiques sur d'autres corps célestes. Plusieurs plaques commémoratives ont été déposées sur la lune par les missions Apollo, dont notamment par David Scott, lors de l'atterrissage d'Apollo 15. Les missions habitées. Sont listés ci-dessous les grands programmes habités ayant vu le jour dans l'histoire de l'exploration spatiale, par ordre chronologique. Voir aussi :
CGI CGI est un sigle pouvant faire référence à :
Clifford Geertz Clifford Geertz ( à San Francisco - à Philadelphie) est un anthropologue américain. Il est présenté comme un anthropologue postmoderne, mais il préférait se présenter comme un réformateur du culturalisme américain, qu'il souhaitait débarrasser de toute forme d'explication causale, qu'elle soit psychologique, structurale ou sociale. Biographie. Clifford Geertz est élevé en milieu rural pendant la Grande Dépression. À dix-sept ans, alors qu'il est boursier au lycée, Geertz est engagé dans l'US Navy. Il est démobilisé en 1946 et bénéficie du "G.I. Bill", qui donne accès à l'université. À ce moment, il ne pense pas à l'anthropologie mais rêve d'être un écrivain à succès. Après un diplôme en philosophie obtenu à l'Antioch College (Ohio), il entre au , un département innovant, mêlant sociologie, anthropologie, psychologie sociale et psychologie clinique, dirigé par Talcott Parsons . Le département mène notamment une enquête au Texas sur les peuples amérindiens (Navajo, Hopi, etc.) et lance bientôt une étude sur l'Indonésie. Celle-ci sera, à partir de 1952, le premier terrain de Geertz - et la matière de sa thèse -, qui part avec sa femme Hildred, également anthropologue. Là-bas, il étudie les sociétés balinaise et javanaise au cours de nombreux séjours, jusqu'à ce que la violence des troubles politiques l'empêchent définitivement de poursuivre ses travaux. De 1963 à 1969, il fait plusieurs séjours à Séfrou, dans le Moyen Atlas au Maroc, où il s'intéresse au microcosme du souk. En 1973, il publie ', qui aura une influence durable. L'ouvrage contient, entre autres, l'essai ', sur les combats de coq à Bali, qui propose, sous l'influence du philosophe Gilbert Ryle, le concept de "". Cet essai est aussi, d'une certaine manière, une réflexion sur la rationalité et la théorie des jeux, dans la mesure où le terme « "deep play" », emprunté à Bentham, désigne un jeu «irrationnel» (c'est-à-dire où les enjeux sont trop importants pour qu'il soit raisonnable d'y jouer). De façon générale, Java et Bali lui ont fourni la matière de cinq livres importants : "The Religion of Java" (1960), "Pedlars and Princes" (1963), "Agricultural Involution" (1963), "The Social History of an Indonesian Town" (1965), et "Negara" (1980). À 38 ans, il devient professeur de plein titre à l'université de Chicago, l'une des plus prestigieuses dans le champ de l'anthropologie. Il enseigne à Berkeley (Californie), puis à Chicago. Il est jusqu'à sa mort professeur émérite de la School of Social Science qu'il a contribué à fonder en 1970 à l'Institute for Advanced Study à Princeton. Œuvre. Geertz constate que l'anthropologie s'est développée autour d'un concept, celui de culture. Il considère que ce concept polysémique, trop large, doit être restreint pour conserver sa pertinence, et prend le parti d'une définition sémiotique de la culture. Se mettant dans le sillage de Max Weber, qui selon lui voit dans l'homme « un animal suspendu dans des toiles de signification qu'il a lui-même tissées », Geertz considère que ce sont ces « toiles » qui constituent la culture. Il souligne la nécessité d'une description dense des faits et du terrain observé, en prenant en compte le point de vue de différents acteurs. Pour Geertz, l'ethnologue est un observateur qui ne peut qu'essayer « de lire par-dessus l'épaule » de la population étudiée. Enfin, le relativisme de Geertz le pousse à relire les ouvrages de quelques auteurs classiques de l'anthropologie sous l'angle de leurs propres stratégies d'écriture.
Chronologie du Japon Préhistoire et protohistoire. Paléolithique du Japon. Période Kyuuseki ( 旧跡時代 ) de -20 000 à - 12000 environ.
Code Morse
Conférence de Potsdam La conférence de Potsdam est une conférence organisée par trois des puissances alliées victorieuses de la Seconde Guerre mondiale pour fixer le sort des nations ennemies. Les États-Unis sont représentés par le président Harry Truman, l'URSS par le secrétaire général et dirigeant Joseph Staline et le Royaume-Uni par ses premiers ministres successifs Winston Churchill et Clement Attlee. Elle a débuté le et s'est terminée le au château de Cecilienhof, près de Potsdam, dans la banlieue sud-ouest de Berlin (Potsdam avait été précédée des conférences interalliées de Téhéran en et de Yalta en ). Le Japon continuant à combattre, cette conférence s'est déroulée avant même la fin de la guerre. Son but était de fixer le sort des puissances qui avaient été ou restaient ennemies des forces alliées. L'Allemagne avait capitulé depuis plus de deux mois, et la victoire était presque imminente sur le Japon qui venait de subir de lourdes pertes territoriales et militaires (le , un ultimatum est signifié à l'empire du Japon, au nom des États-Unis, du Royaume-Uni et de la république de Chine) et qui allait subir deux largages successifs d'une bombe nucléaire américaine (le sur Hiroshima et le sur Nagasaki) et aussi devoir faire face à l’entrée en guerre de l'URSS le . Le , l'empereur du Japon, Hirohito, annonce à la population japonaise qu'il accepte les accords de Potsdam. Le , le Japon signe sa capitulation, et les États-Unis peuvent négocier en position de force. Il s'agit de la seule rencontre entre le président américain Harry S. Truman et Joseph Staline, dirigeant soviétique. L'accord de Potsdam a formellement été signé le . Troisième Reich. Le Troisième Reich est démantelé, la séparation entre l'Allemagne et l'Autriche exigée et les deux territoires divisés en quatre zones d'occupation. L'Allemagne voit un déplacement vers l'ouest de sa frontière orientale, perdant environ 25 % de son territoire. La Prusse-Orientale est attribuée à la Pologne et à l'URSS. L'Allemagne perd également la Haute-Silésie, deuxième centre industriel du pays. Les Occidentaux acceptent la nouvelle frontière germano-polonaise, mais seulement de manière provisoire. L'expulsion d'Europe de l'Est des populations ethniquement allemandes s'effectue dans le vide juridique de l'immédiat de l'après-guerre dans les territoires de la diaspora allemande. Elle est largement entamée de manière spontanée, les Allemands eux-mêmes fuyant devant l'Armée rouge, et elle est habituellement initiée par la nouvelle administration polonaise dans les anciens territoires allemands occupés à l'est de l'Oder et de la Neisse ou initiée par les populations locales. La Tchécoslovaquie entérine légalement cette expulsion ethnique. Dès le , jour de clôture de la conférence, les décrets Beneš retirent la citoyenneté tchécoslovaque aux ressortissants des minorités allemande et hongroise, entamant leur expulsion. Au total, plus de 11 millions d'Allemands ont été expulsés, 2 millions sont morts et 2,6 millions restaient dans les anciens territoires de peuplement allemand. Les « cinq D » sont mis en place par les pouvoirs d'occupation en coopération avec les nouvelles autorités allemandes : le désarmement ou la démilitarisation (mesures sur lesquelles on reviendra après l'échec de la Communauté européenne de défense lors des accords de Paris de 1954-55) ; la dénazification ou la destruction de tout ce qui se rapporte au nazisme (programme, propagande, lois nazies), mise en place d'opposants au pouvoir nazi ou de représentants de la république de Weimar aux postes importants ; la décartellisation des grands cartels fusionnés sous la tutelle nazie ; et la démocratisation et la décentralisation pour affaiblir le pouvoir allemand, très centralisé pendant le nazisme, en favorisant une régionalisation qui serait moins encline à permettre un État autoritaire. Dans le cadre de la dénazification, les occupants décident du jugement des criminels de guerre ; ce seront les procès de Nuremberg. La question des réparations se heurte aux exigences de Staline, jugées excessives par les Occidentaux. Pour sortir de l'impasse, le secrétaire d'État américain James Byrnes propose un compromis : la fixation du montant total serait confiée à la Conférence des Ministres des Affaires étrangères (CMAE), et dans l'intervalle, il était admis que les Soviétiques pouvaient prélever ce qu'ils voulaient dans leur propre zone. Italie. L'Italie perd ses colonies africaines : l'Érythrée (administrée par les Britanniques, puis cédée à l'Éthiopie), la Somalie italienne (administrée par les Britanniques, puis de nouveau administrée par l'Italie sur mandat des Nations unies de 1950 à 1960), la Libye italienne (occupée par le Royaume-Uni et la France, puis indépendante en 1951) et l'Éthiopie (qui retrouve son indépendance). L'Albanie, occupée peu avant la guerre, retrouve son indépendance. Les cantons français annexés durant la guerre sont rétrocédés à la France. Japon. Le , un ultimatum, la , est signifié à l'empire du Japon par le président américain Harry Truman, le premier ministre britannique Winston Churchill et le président chinois Tchang Kaï-chek (l'URSS n'en fait pas partie car le pays n'est pas encore en guerre contre le Japon) : "« Nous appelons le gouvernement du Japon à prononcer aujourd'hui la capitulation sans conditions de toutes les forces armées japonaises. [...] Sinon, le Japon subira une destruction rapide et totale »". Le territoire du Japon est limité aux quatre îles principales et aux quelques petites îles limitrophes ; les gains territoriaux antérieurs à 1937 (la Corée, Taïwan et le Manchukuo) sont libérés de la tutelle nippone. La reddition complète des forces armées est exigée ainsi que l'abdication de l'empereur Hirohito. Les Alliés prônent l'instauration de la liberté d'expression, de pensée et de religion. Cet ultimatum ne mentionne pas l'arme nucléaire. Durant la conférence, Truman informe Staline de la nouvelle arme des États-Unis qui avait été testée à peine quelques heures avant le début de la conférence. Staline connait déjà l'existence de la bombe nucléaire par ses espions au sein du projet Manhattan. Ce message à Staline est souvent interprété par les historiens de la Nouvelle gauche comme le début de la « diplomatie atomique » en faisant des Américains les initiateurs de la Guerre froide avec Truman désormais en position de force dans les négociations face à Staline, qui possède la plus grande armée conventionnelle avec 6 millions de soldats, 300 divisions, et . Le , le premier ministre japonais Kantaro Suzuki prononce une déclaration indiquant qu'il entendait ignorer ("mokusatsu" 黙殺) cet avertissement au motif qu'il n'était qu'une redite de l'ultimatum du Caire. Cette déclaration ambiguë, reprise dans les médias nippons dont l"Asahi Shinbun", était peut-être émise pour apaiser la faction belliciste de l'armée et de la marine mais était comprise par les Alliés comme la volonté du gouvernement japonais de rejeter toute idée de reddition. La première bombe atomique militaire est alors larguée sur Hiroshima le , puis la seconde le 9 sur Nagasaki, après un second ultimatum de Truman, resté sans réponse. Entre-temps, le , conformément à un engagement pris en février 1945 à la conférence de Yalta, l'URSS déclare la guerre au Japon, le troisième mois qui suit la capitulation allemande. Le , la donne géopolitique avait changé avec les deux explosions atomiques, Douglas MacArthur refuse le principe d'une occupation conjointe du Japon avec les Soviétiques. L'abdication de l'empereur n'est alors plus exigée par les Alliés. Certains historiens, comme Jacques R. Pauwels, prétendent que cette clause n'avait été introduite que pour rendre l'ultimatum de Potsdam inacceptable alors que le Japon exsangue et dont la population civile avait été martyrisée par les bombes incendiaires (notamment celles lâchées sur Tokyo en ) était prêt à se rendre, ce qui permettrait aux Américains d'utiliser l'arme atomique et montrer leur puissance face aux Soviétiques. Indochine française. Concernant l'Indochine française, intégralement contrôlée par les Japonais depuis le coup de force du, les Alliés décident, sans consulter la France, de confier le rétablissement de l'ordre au Royaume-Uni et à la république de Chine, les Britanniques devant administrer le sud et les Chinois le nord, les zones d'influence étant délimitées par le parallèle. Toutefois, après des négociations, la France réinvestit l'Indochine à la fin de l'année 1945. Le général de Gaulle nomme l'amiral Georges Thierry d'Argenlieu haut commissaire et commandant en chef en Indochine. Pologne. Le Gouvernement provisoire d'unité nationale était reconnu par les gouvernements britannique et américain le , avant même l'ouverture de la conférence. La frontière ouest est provisoirement déterminée par la ligne Oder-Neisse. La ville libre de Dantzig est placée sous administration polonaise.
Conférence de Yalta La conférence de Yalta est une réunion des principaux responsables de l'Union soviétique (Joseph Staline), du Royaume-Uni (Winston Churchill) et des États-Unis (Franklin D. Roosevelt). Elle s'est tenue du 4 au dans le palais de Livadia, situé dans les environs de la station balnéaire de Yalta en Crimée. Elle a été préparée par la conférence de Malte du 31 janvier au , où les États-Unis et le Royaume-Uni se sont concertés pour présenter un front uni à Staline sur la planification de la campagne finale contre les troupes allemandes et japonaises et sur la limitation de la progression de l'Armée rouge en Europe centrale. Les buts de la conférence de Yalta sont les suivants : L'objectif principal de Staline est de faire confirmer les résultats de la conférence interalliée de Moscou du esquissant un plan de partage de l'Europe du Sud-Est en « zones d'influence » pour l'après-guerre. Ce sont ces résultats qui, ajoutés à ceux de la seconde conférence de Québec, débouchent sur la « guerre froide ». La version officielle soviétique après la guerre est fondée sur le souci de « préserver l'Union soviétique de futures attaques, comme en 1914 et en 1941, en la protégeant par un glacis territorial et politique ». La diplomatie soviétique œuvre donc pour commencer à la création d’une Pologne dirigée par un gouvernement ami de l'URSS. Churchill et Roosevelt cherchent à obtenir de Staline la promesse que l'URSS entre en guerre contre le Japon dans les trois mois après la capitulation de l’Allemagne et les deux sont donc prêts à faire des concessions. Staline négocie d'autant plus en position de force que les troupes soviétiques ne sont plus qu’à une centaine de kilomètres de Berlin. Par ailleurs, Roosevelt, dont la santé se dégrade, affiche une totale méconnaissance des valeurs morales de son interlocuteur en affirmant : . Enfin, les médias et les manuels scolaires présentent souvent cette conférence comme un « partage du monde entre puissants », idée tenace déjà dénoncée dans un article de Raymond Aron, « Yalta ou le mythe du péché originel », dans "Le Figaro" du 28 août 1968. Cette . Rapport des forces. En , le rapport des forces est nettement à l'avantage de Staline. Les forces soviétiques sont, de loin, les premières en nombre et en armement, atteignent Varsovie et Budapest, et menacent Berlin depuis les têtes de pont conquises sur l'Oder quelques jours plus tôt. Cependant, Staline est prudent. Sa priorité est la prise de Berlin, à la fois comme symbole de sa victoire et pour les avantages politiques et scientifiques qu'elle lui confèrera. Il tient à s'emparer du maximum de régions industrielles allemandes et de l'institut de physique nucléaire de Dahlem, où il espère trouver des éléments de fabrication de la bombe atomique. Il craint une capitulation allemande, voire un retournement des alliances, qui le frustrerait ainsi de sa victoire. Aussi, il fait croire à ses alliés que Berlin n'est pas prioritaire et que l'offensive principale de l'Armée rouge portera vers la Bohême et la vallée du Danube : il les invite à chercher la jonction en Allemagne du Sud. Pour Roosevelt, Eisenhower et les responsables américains en général, la priorité est de finir la guerre avec le minimum de pertes en vies américaines. Le président américain accepte de laisser l'URSS fournir l'effort de guerre le plus lourd, quitte à lui abandonner une plus vaste zone d'occupation. Peu méfiant, il annonce dès le début de la conférence que les troupes américaines quitteront l'Europe deux ans après la fin de la guerre. De son côté, Churchill souhaite rétablir un équilibre européen et éviter une hégémonie soviétique sur le continent, mais, ayant déjà beaucoup cédé lors de la conférence interalliée de Moscou le , il n'est plus en position de revenir sur ses concessions. C'est d'ailleurs à cette conférence moscovite que furent joués les sphères d'influence et les rapports de force à l'avantage des communistes. Les accords. Les accords conclus à l'issue des rencontres prévoient : Une conférence pour terminer la guerre. L'Allemagne : défaite, occupation, réparations. Lors de la première séance plénière, la question principale porte sur la défaite de l’Allemagne par une analyse de la situation militaire. Cela débouche sur le premier article du communiqué disponible au public. Selon la dernière phrase de cet article, « Il a été procédé à un échange complet et réciproque des renseignements ». Le général Marshall indique qu’une offensive massive est possible sur le front de l’ouest mais que les alliés ne peuvent franchir le Rhin avant le mois de mars. Staline prend alors la décision que l’Armée rouge libérera la Tchécoslovaquie et la Hongrie, repoussant la prise de Berlin. Ainsi, Staline évite toute tension avec les alliés occidentaux. Cependant, cette première séance plénière est importante en définissant correctement le cadre général des négociations qui vont suivre : les Occidentaux sont en position d’infériorité par rapport aux Soviétiques. Lors de la deuxième séance plénière du 5 février, Staline aborde la question de l’occupation de l’Allemagne, qu’il considère être la plus importante. Lors de la conférence de Téhéran, tous les Alliés étaient d’accord sur un démembrement complet de l’Allemagne, mais cette certitude devient moins évidente à l’approche de la victoire. Les Occidentaux pensent briser le "Reich" nazi, mais faut-il détruire l’Allemagne et sa population ? On peut lire dans le deuxième article du communiqué disponible au public : « Nous sommes inflexiblement résolus à anéantir le militarisme et le nazisme allemand », mais les alliés présentent le peuple allemand comme victime du nazisme et décident qu’« Il n’est pas dans notre intention d’anéantir le peuple allemand ». Churchill considère alors l’Allemagne comme une future alliée contre l’expansionnisme soviétique. Pourtant, un démembrement de l’Allemagne est conclu avec une « autorité suprême » des occupants, censé garantir la paix future en Europe. Chacun des alliés occupera une zone séparée, et la France est invitée à participer à ce projet. Cependant, les Soviétiques sont en position de force, et la zone française est donc prise aux dépens de la zone anglaise et américaine. La France est aussi invitée à siéger au Conseil de contrôle interallié pour l’Allemagne. De plus, il est conclu que l’Allemagne sera entièrement démilitarisée et désarmée. Cette mesure est encore plus sévère que ce qui est prévu par le traité de Versailles de 1919, qui fixe le nombre de militaires allemands à un maximum de cent mille. La question des réparations est elle aussi engagée par Staline, qui demande de l’Allemagne en gage de réparation, 20 milliards de dollars au total, dont la moitié ira à l’URSS. Sur ce point, c’est aussi Churchill qui s’oppose à cette somme démesurée et insiste pour que l’économie allemande ne soit pas anéantie. Il est d’ailleurs écrit dans le troisième article du communiqué disponible au public, que les dommages à verser par l’Allemagne seront à calculer « dans la plus grande mesure possible ». Cette question n’est pas résolue entièrement. Sont définis les différents moyens de réparation des dommages auxquels est contrainte l’Allemagne : des transferts de biens et d’argent, des livraisons de marchandises, et l’utilisation de la main-d’œuvre allemande. Les deux points sur lesquels la conférence ne s’est pas fixée sont la mise en œuvre de ce plan et surtout le montant des réparations. Pour cela, les Alliés décident la création d’une commission, qui siègera à Moscou, réunira les représentants des trois pays alliés et fixera le coût total des réparations sur la base de la proposition du gouvernement soviétique. Si la demande soviétique est ainsi à moitié acceptée, c’est parce que Roosevelt considère que les Soviétiques font déjà suffisamment de concessions et il ne prend donc pas le parti des Britanniques. Le Japon : une entrée en guerre de l’URSS ? La conférence porte sur la question de la défaite japonaise. Il est dit que : « Les chefs des gouvernements des trois grandes puissances […] ont décidé d’un commun accord […] que l’URSS entrera en guerre contre le Japon ». Si cette formule « commun accord » est employée dans ce cas précis c’est tout d’abord pour ne pas contrarier Churchill. En effet, la question de l’Extrême-Orient, concernant les modalités et les conditions de l’engagement soviétique, s’est réglée lors d’une conversation privée entre Roosevelt et Staline. L'URSS entrera en guerre trois mois après la capitulation allemande (ce sera donc, finalement, le 8 août 1945). Les conditions de l’engagement ayant fait débat sont celles de Port-Arthur et des chemins de fer mandchous. L’URSS obtient le en Mongolie et l'annexion des îles Kouriles et Sakhaline. Port-Arthur ne sera pas annexé mais internationalisé, et les chemins de fer mandchous ne seront pas propriété de l’URSS mais contrôlés par une commission soviéto-chinoise. Néanmoins, Staline et Roosevelt veulent un accord du président chinois sur ces points, et ne pas les lui imposer. Churchill n'est mis au courant de ces propositions que le lendemain de l’entrevue, et malgré son hostilité et sa volonté de négociation, il finit par céder, craignant d’être mis à l’écart sur les affaires japonaises. Une conférence pour poser les bases d'un monde nouveau. Roosevelt : pour une organisation politique mondiale. Pour Roosevelt, le principal dossier de Yalta est celui de la future Organisation des Nations unies. Il entendait réussir, là où Wilson avait échoué après la Première Guerre mondiale avec la Société des Nations, et devenir l’arbitre entre les Britanniques et les Soviétiques. Il ne se montre donc pas trop exigeant avec Staline, notamment sur la question de la Pologne. Tous les acteurs sont d’accord sur ce projet mais une question fait débat : qui sera membre du Conseil de sécurité, et quels pays composeront l’Assemblée ? Les Américains soutiennent l’adhésion de la Chine et les Britanniques celle de la France au sein du Conseil de sécurité. Bien que Staline objecte le fait qu’il serait en position défavorable, il finit par céder. Le réel problème se pose alors pour la composition de l’Assemblée. Les Soviétiques craignent une mainmise anglo-américaine (soutien des pays du "Commonwealth" et d’Amérique latine). L’URSS exige donc que chacune des seize républiques soviétiques fédérées dispose d’un siège. Dans l’extrait de la conférence non disponible au public, on constate que l’URSS obtient l’adhésion de deux républiques fédérées : la Russie blanche (Biélorussie) et l’Ukraine. Après réflexion et négociations, Staline ne demandait plus que l’adhésion de ces deux républiques et la Lituanie. Cette dernière est refusée, mais Roosevelt doit s’incliner face à Staline pour préserver la réussite de son projet (l'ONU). Une conférence future est programmée pour le à San Francisco. Cette conférence fut organisée parce que les trois grands n’ont su se mettre d’accord sur le système de vote de l’assemblée de la future ONU et sur l’obtention du droit de veto ou non. Ils ne se sont d’ailleurs pas mis d’accord sur les États qui pourront accéder à cette organisation. Il est donc déclaré dans un extrait non disponible au public : seront invitées à la conférence de San Francisco et pourront faire partie de l’ONU. La question polonaise. Les questions à propos de la Pologne font l’objet de vives tensions à Yalta. En effet, du côté de l’URSS, la Pologne est le pays dont elle a obtenu une partie du territoire dès 1939, à la suite du pacte germano-soviétique, et du côté occidental, la Pologne est une alliée qui avait eu la garantie d’une aide en cas d’agression allemande, ce qui a entraîné l’entrée en guerre des alliés. Lors de la conférence, les deux principales questions concernant la Pologne sont la nouvelle délimitation de ses frontières et la composition de son gouvernement, qui définira la nature de son futur régime politique. La frontière orientale de la Pologne ne pose pas de problème, comme on peut le voir dans l’article VI : . Le vrai problème est celui de la frontière occidentale avec l’Allemagne, Staline proposant alors le fleuve de la Neisse. Ce déplacement de la frontière occidentale vers l’ouest est une compensation des pertes orientales, dans le but de ne pas réduire la taille du territoire polonais de manière trop importante. La question porte ensuite sur le choix de la Neisse : le fleuve se sépare en deux, la Neisse orientale et la Neisse occidentale. Les trois s’accordent sur une formule ambiguë : . Churchill est sceptique : l’annexion de cette partie du territoire allemand, jusqu’à l’Oder et la Neisse signifie la présence de six millions d’Allemands sous la souveraineté polonaise. Toutefois, Staline déclare que . Dans l'année suivante, 11,5 millions d'Allemands seront alors « déplacés » hors de ces territoires, remplacés par 4,5 millions de Polonais eux-mêmes « déplacés » hors de la Pologne orientale devenue soviétique. La question de la composition du gouvernement polonais et de son régime politique est plus aiguë. Pour Churchill, elle a une forte signification symbolique puisque le Royaume-Uni a accueilli le gouvernement polonais en exil durant la guerre. Pour Roosevelt, elle touche à l’électorat américain puisqu'il venait d’être réélu après avoir fait des promesses à des millions d’Américains d’origine polonaise. Il y a deux gouvernements de Pologne : l'un en exil à Londres depuis 1939, de fait plutôt proche des Occidentaux, puisqu'il a dû fuir la Pologne à la suite de l'invasion soviétique. Staline a mis en place un second gouvernement, d'obédience communiste, l’a installé à Lublin après la libération de l’est de la Pologne, l’a officiellement reconnu en juillet 1944 et lui a confié l’administration du territoire polonais derrière les lignes militaires soviétiques, en ignorant le gouvernement en exil à Londres. Les Occidentaux refusent de reconnaître ce gouvernement puisqu'ils estiment qu’il y a un problème de représentativité. Pour pallier ce problème, on s’accorde à Yalta sur la mise en place « d’élections libres et sans contraintes ». Pourtant, Staline n’a pas la moindre intention de dissoudre le gouvernement de Lublin ou de se soumettre à de véritables élections libres. Il réaménagera seulement l’équipe gouvernementale de Lublin en y ajoutant quelques membres supplémentaires polonais. La déclaration sur l'Europe libérée. Cette déclaration a été proposée par Roosevelt et Staline et montre généreusement les principes censés permettre l’établissement d’un « ordre mondial régi par le droit ». Il est dit dans cet article que dans chacun des pays libérés, des gouvernements provisoires seront constitués en ayant la forme et la politique que chacun de ces États souhaite. Il est aussi dit que des élections libres auront lieu dans chacun de ces pays. Cet article est une grande preuve de naïveté de la part de Roosevelt, qui se félicite d’avoir donné une tonalité morale aux accords de Yalta. D’ailleurs, par cynisme ou lassitude, Staline approuve tout sans protester. Cependant, cette déclaration sur l’Europe libérée mentionne une convention sur la libération des prisonniers, qui n'est pas anodine. Celle-ci n’apparaît ni dans le communiqué officiel ni dans le protocole des travaux. Elle prévoit que tous les prisonniers des Allemands seront regroupés par nationalité et dirigés vers leur pays d’origine. En réalité, de nombreux prisonniers russes ne souhaitent pas repartir en URSS, d'autant que le règlement de l'Armée rouge assimile la capture par l'ennemi à une trahison. On évalue à deux millions le nombre de Soviétiques rapatriés contre leur gré et déportés au goulag comme « traîtres ». Conclusion. Dans le communiqué officiel du , il n'est pas fait état des trois sièges concédés à l’URSS à l’assemblée générale de l’ONU, de l’évaluation des réparations allemandes ou des avantages territoriaux reconnus à l’URSS en Asie. Ce communiqué produit donc une profonde impression sur la presse et dans les milieux parlementaires. Spontané ou organisé, l’enthousiasme est très manifeste aux États-Unis et en URSS. En Europe occidentale, la satisfaction est plus nuancée, les Britanniques évoquent le chaos allemand après Versailles comme un exemple à ne pas suivre. En France, bien que Charles de Gaulle souligne le manque de précision sur le cas polonais et perçoive la naïveté de la « Déclaration sur l’Europe libérée », la conférence et ses conclusions sont globalement saluées, d'autant qu'elle admet la France parmi les « Quatre Grands » et lui fait de substantielles concessions par rapport au statut que les Anglo-Américains sont un temps disposés à accorder à la France. Les résultats de Yalta sont approximatifs. Les Anglo-Américains obtiennent peu d'engagements concrets importants sur le futur européen en contrepartie de ce qu'ils offrent à Staline, qui est de plus décidé à exploiter au mieux sa position de force en Europe de l'Est. Les trois chefs de gouvernement ou d’État n’ont négocié aucun point sur la question des déportés, les Soviétiques ayant libéré Auschwitz le 27 janvier sans rien révéler avant le début de mai. Contrairement à la légende, ce n'est pas à Yalta que s'est décidé le « partage de l'Europe » en « taux d'influence » mais à Moscou, le , à travers un accord entre Churchill et Staline. Les États-Unis, présidés par le président Roosevelt, attaché au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, n'en sont pas informés dans un premier temps. Contresigné par Churchill et Staline, cet accord prévoit les « taux d'influence » suivants, respectivement pour les Alliés occidentaux et pour l'URSS : Hongrie et Yougoslavie : 50-50 %, Roumanie : 10 % - 90 %, Bulgarie : 25 % - 75 % et Grèce : 90 % - 10 %, nonobstant le poids respectif des non-communistes et des communistes dans les mouvements de résistance et les opinions (par exemple, les communistes étaient très minoritaires en Roumanie et Bulgarie mais majoritaires en Grèce à la tête du principal mouvement de résistance). Les pourcentages étaient très théoriques et inapplicables "de facto". Certains historiens ont estimé que l'influence de cet accord a été exagérée. Par exemple, la Tchécoslovaquie, la Hongrie et la Yougoslavie ont vu les communistes y monopoliser le pouvoir bien que les accords ne mentionnent pas la première et aient prévu une égalité d'influences dans les deux autres. Cet accord avait été préparé au printemps 1943 lorsque Churchill et Anthony Eden s'étaient rendus à Moscou pour conférer avec Staline et Viatcheslav Molotov. Selon Churchill, ces accords n'avaient qu'une portée provisoire, le temps de la guerre, mais il est peu probable qu'il n'en ait pas perçu le risque, même s'il a sous-estimé la violence qui allait s'exercer sur les pays laissés aux Soviétiques. Son objectif principal était d'obtenir de Staline un renoncement à la Grèce, où la guerre civile grecque allait découler du choc entre la résistance grecque à majorité communiste et la volonté anglaise de maintenir la Grèce dans la sphère d'influence occidentale. L'établissement de la tutelle soviétique en Europe orientale allait se traduire par plusieurs décennies de dictature au sein du bloc de l'Est, et en Grèce, les troubles et la dictature des colonels traduisaient la tutelle des Anglo-Américains. Presque immédiatement après Yalta, Staline viole les accords. En Roumanie, les communistes noyautent les institutions, répriment les protestations de manière sanglante et imposent au roi de nommer un gouvernement communiste par le coup d'État du alors que l'armée roumaine se bat contre la "Wehrmacht" en Hongrie et Tchécoslovaquie. Le cas de la Bulgarie obéit aux mêmes règles. En Pologne, les Soviétiques favorisent les hommes politiques qu'ils ont placés, temporisent les discussions avec les Alliés pour réprimer l'opposition et tendent des pièges aux membres de la résistance non communistes. Pendant tout ce temps, Roosevelt cherche à faire évoluer Staline en jouant la carte de l'apaisement. La conférence suivante réunissant les trois Alliés est celle de Potsdam d’août 1945, qui tente d’éclaircir certains points jugés trop flous à Yalta, mais l’URSS et les Alliés ont fait le lit de la guerre froide. L'accord stipulait aussi le renvoi en URSS de ceux qui avaient rejoint la "Wehrmacht" pour combattre le communisme et de tous les prisonniers soviétiques. Or, être fait prisonnier au front était assimilé par le code militaire soviétique à une trahison passible de la peine de mort (pour ceux qui s'étaient rendus) ou de la déportation au goulag (pour ceux qui avaient été capturés) Pourquoi Yalta ? En réalité, Roosevelt et Staline sont parvenus rapidement à un accord parce que les intérêts américains et soviétiques étaient convergents : tout d'abord, écraser l'Allemagne, ensuite se partager le monde en zones d'influences. Dans cet esprit, l'Europe Occidentale, celle de Charlemagne, avec laquelle les États-Unis ont les relations commerciales et culturelles les plus étroites et d'où vient la plupart des émigrants, sera réservée à l'influence américaine, tandis que l'Europe de l'Est, constitués d'états faibles et existant depuis peu, utile pour constituer un glacis protecteur de l'URSS, sera réservée à l'influence soviétique. L'erreur de Roosevelt, fortement influencé par son éminence grise, Harry Hopkins, sera double : d'une part, croire en la pérennité de l'alliance soviéto-américaine, alors que de Gaulle et Churchill, plus lucides avaient anticipé la rupture future, pour des raisons géopolitiques classiques, à savoir la fin de l'ennemi commun, d'autre part, Hopkins et Roosevelt se tromperont complètement sur la nature du régime soviétique et la personnalité de Staline, qu'ils appelaient familièrement "Oncle Joe", contrairement à de Gaulle et Churchill, là aussi, plus lucides.
Cinq règnes du vivant
Concentration molaire La concentration molaire ou molarité, ou parfois taux molaire, d'une espèce chimique est sa quantité rapportée au volume total du mélange qui contient cette espèce. Elle est exprimée en moles par unité de volume. Cette notion est essentiellement utilisée pour des espèces en solution. La concentration molaire d'un soluté formula_1 est notée formula_2 ou formula_3. Elle est définie par le rapport de la quantité formula_4 de soluté au volume formula_5 de solution : Unités. Dans le Système international, la concentration molaire s'exprime en moles par mètre cube (mol/m ou mol⋅m), mais on utilise plus couramment les moles par litre (mol/l ou mol⋅l) : En chimie des solutions aqueuses, l'unité est souvent abrégée en M ; par exemple, une solution d'acide chlorhydrique de concentration peut être étiquetée « HCl ». Grandeurs voisines. Concentration moléculaire. La concentration molaire ne s'exprime pas directement en nombre d'entités élémentaires (atomes pour les espèces chimiques monoatomiques et molécules pour les espèces polyatomiques), qui serait peu pratique car requérant des nombres très élevés, mais en moles. Le nombre d'entités élémentaires formula_6 et le nombre de moles formula_7 sont liés par le nombre d'Avogadro formula_8 ( molécules) : formula_9. Par exemple, une mole d'eau liquide à occupe un volume de donc la concentration (molaire) de l'eau dans l'eau pure vaut . Dans la vapeur d'eau à sous , ce même volume vaut donc la concentration de l'eau y est , soit moins que dans l'eau liquide. La concentration (moléculaire) est respectivement de et par litre. Concentration massique. Il ne faut pas confondre la concentration molaire, en moles par unité de volume ( mol/l) avec la concentration massique (notée ρ pour l'espèce X ou usuellement C (majuscule) ; en unité de masse par volume ( g/l), désignée en physique comme la masse volumique en vrac ou apparente). En effet, les deux sont souvent désignées sous le simple terme « concentration », ce qui se comprend de par le contexte ou l'unité indiquée, mais cela porte parfois ambiguïté. Concentration pondérale (molalité). La concentration molaire diffère aussi de la « concentration pondérale » (ou teneur, molalité), notée "m", sans unité (masse par masse) ( de composé X par de solvant) et de la fraction molaire [notée "x", ou "x"% ; sans unité (mole par mole), 0,15 % de composé X par mole totale]. La concentration est une grandeur dite intensive car elle ne dépend pas de la quantité de matière présente mais d'un nombre d'entités, tout comme la masse volumique. Applications. La notion de concentration molaire s'applique typiquement en chimie et biologie, aux constituants en solution, mais elle est également valable à l'état pur et dans les mélanges gazeux. Dans les solutions ioniques, il existe souvent plusieurs espèces chimiques en équilibre. Par exemple, une solution d'un acide faible HA contient les espèces H, A et HA à cause de l'équilibre de dissociation . La concentration (molaire) de la matière acide est alors : c'est-à-dire la somme des concentrations de ses espèces chimiques dérivées. Ceci s'applique aux réactions d'ionisation, de complexation, d'oxydoréduction Les concentrations sont très utilisées en chimie, notamment en analyse quantitative par volumétrie, cinétique chimique, et théorie des ions (théorie de Debye-Hückel). En thermodynamique, on leur préfère les fractions molaires ou les molalités qui ont l'avantage d'être indépendantes de la température et de la pression. En biochimie et biologie, les concentrations molaires sont aussi très utilisées, pour déduire les concentrations des produits de réaction, ou à l'inverse des réactants d'origine quand on dose les produits. Ainsi, avec une réaction , on utilise la stœchiométrie des éléments chimiques (proportion molaire des éléments entre réactants et produits) et/ou un bilan de masse. Une mole de A donnera de AB, tandis que de sera issue de de B. Une mole de AB contient de A et de B. À volume(s) initial et final connu(s), on peut calculer les concentrations molaires apparues ou disparues. On parle de solutions équimolaires en composé X pour des solutions ayant la même concentration molaire en X, et de réaction équimolaire pour une réaction chimique qui fait réagir ses réactifs mole à mole (molécule à molécule ou espèce chimique à espèce chimique). La quantité ou concentration (massique) de certains éléments étant déterminée notamment par des pesées, on utilise beaucoup la relation entre concentration massique ρ du soluté "i" de masse molaire M à sa concentration molaire "c" Certaines méthodes de mesure donnent un accès direct à la concentration molaire "c" d'une substance. Dans la loi de Beer-Lambert, "c" est lié à l'absorbance (A) à une longueur d'onde λ, à la longueur du trajet optique (ℓ) et à l'absorptivité molaire (ε) propre à la substance à la longueur d' selon
Cuisine italienne La cuisine italienne se caractérise par la variété des produits utilisés en Italie, ainsi que par une grande diversité régionale. Elle repose essentiellement sur le régime méditerranéen fait de produits frais, mais est aussi renommée pour sa production d'huile d'olive, de fromages, de charcuterie, de vins, de fruits et de desserts qui font partie des plus de traditionnels régionaux. En 2018, la cuisine italienne représente un chiffre d'affaires de plus de d'euros dans le monde. Histoire. Comme tous les pays de la Méditerranée, la cuisine italienne est héritière de la cuisine romaine antique (par exemple, son goût pour les poissons salés ou bien la "", directement issue du "garum" romain), mais aussi de la cuisine arabe, qui y a apporté les pâtes, l'aubergine, la confiserie. Les produits originaires d'Amérique (tomate, poivron, piment, pomme de terre) ont révolutionné la cuisine italienne (comme les cuisines provençale ou espagnole). Antiquité. Selon la culture populaire ce serait Marco Polo qui aurait rapporté au les pâtes de Chine. Ce qui est en réalité infondée. En réalité, les Grecs et les Romains connaissaient déjà des pâtes fraîches du type lasagnes ("laganon" en grec, ' en latin). On trouve, près de Rome, une tombe du , ornée d'un bas-relief représentant un rouleau à pâte et un coupe-pâtes. Par ailleurs, le terme romain ' () désignait une de ces variétés de pâtes. Moyen Âge. Les pâtes sèches de la famille des vermicelles sont importées de Palestine, entre le . Elles sont fabriquées dans le monde arabe, depuis au moins le , sous le nom d’"itriyya". On trouve des recettes d’"itriyya" ou de "fidaws" dans les livres de cuisine de Bagdad, à partir du et dans les livres de cuisine d'Al-Andalus, au . En Sicile, au , le géographe arabe Al Idrissi signale, en 1154, une fabrique importante de pâtes sèches à Trabia (est de Palerme), qui contrôle toute la filière de la production et exporte des pâtes dans tout le bassin méditerranéen. Le premier livre de cuisine italienne, "Liber de coquina", est écrit vers 1300 à la cour angevine du royaume de Naples, sans doute d'après un modèle de la période souabe, et voit le jour à Palerme à la cour de Frédéric II de Sicile. On y trouve déjà quelques plats essentiels de la cuisine italienne comme les lasagnes et d'autres variétés de pâtes. Vers 1450, Maestro Martino, le plus célèbre auteur cuisinier de l'Italie du Moyen Âge, écrit "De Arte Coquinaria", ouvrage largement diffusé en Europe grâce à l'appui de son ami humaniste Bartolomeo Sacchi dit « Platine ». Ce dernier publie vers 1475 "De honesta voluptate et valitudine" (« Du plaisir honnête et de la bonne santé ») qui s'inspire sur le plan gastronomique du livre de cuisine de Maesto Martino, son ami et collaborateur, mais dont les recettes sont présentées de façon plus littéraire, comme un récit axé sur la diététique. En 1477, le médecin piémontais Pantaleone da Confienza publie la "Summa lacticiniorum", le plus ancien traité d'Europe sur les laitages. Renaissance. En 1548, l'humaniste milanais Ortension Lando publie le "Commentario delle più nitabili e mustuose cose d'Italia" (« Commentaires sur les choses les plus notables et les plus monstrueuses d'Italie »), un guide de voyage indiquant les principales spécialités culinaires régionales de l'Italie qui peut être considéré comme le premier guide gastronomique. On a souvent dit que la cuisine italienne avait modifié la cuisine française grâce aux apports de Catherine ou Marie de Médicis. En fait, au , les livres de recettes italiennes, comme "" (« "Ouvrage sur l'Art de cuisiner" ») de Bartolomeo Scappi, un monument de la cuisine renaissance italienne publié en 1570, présentent une cuisine encore très proche de la cuisine médiévale. En 1630, alors que Naples connait une période de famine, les pâtes deviennent pour la première fois un élément essentiel de l'alimentation du peuple. Les Napolitains sont traités de "mangiamaccheroni" ( « mangeurs de macaroni »), épithète qui sera ensuite appliqué à tous les Italiens. En 1690, il est fait pour la première fois mention de la sauce tomate dite « à l'espagnole », dans le livre de cuisine d'Antonio Latini, "Lo scalco alla moderna", publié posthume (« Le Maître-queux façon moderne »). En 1716, Cosme III de Médicis définit les territoires où l'appellation chianti peut-être utilisée, premier exemple de protection des appellations d'origine. La pizza, autre plat symbolique de la cuisine italienne sous sa forme actuelle avec de la tomate, n'existe que depuis 1700. Avant la pizza napolitaine, la pizza était un gâteau sucré ou salé, dont le nom est connu depuis 997. Au , le cuisinier Bartolomeo Scappi en donne une recette. Elle est devenue un des plats mondiaux les plus connus, citée souvent comme plat national autochtone par beaucoup d'Américains. En 1775, parait le premier livre italien consacré à la fabrication des crèmes glacées, apparues dès le , "De sorbetti" de Filippo Baldini. Les "spaghetti al pomodoro" (« aux tomates ») sont mentionnées pour la première fois en 1839, dans la "Cucina teorico-pratica" (« Cuisine théorique et pratique ») d'Ippolito Cavalcanti, dont la seconde édition comporte un appendice sur la cuisine populaire napolitaine. Cet assaisonnement vient y compléter l'association plus traditionnelle des pâtes et du fromage. En 1891, Pellegrino Artusi publie la première édition de "La scienza in cucina e l'arte di mangiar bene" ( « La Science en cuisine et l'art de bien manger »), dans lequel il cherche à créer une culture commune dans un pays dont l'unité est toute récente (1861). Il fait connaitre les traditions culinaires d'un grand nombre de villes et de territoires. C'est le texte fondateur de la cuisine italienne moderne qui connaitra quinze rééditions enrichies par les apports des lecteurs jusqu'en 1911. La revue mensuelle "La Cucina Italiana" (« La cuisine Italienne ») , qui demeure une référence importante de la culture gastronomique du pays, voit le jour en 1929. Deux années plus tard (1931), parait la "Guida gastronomica d'Italia" du Touring Club Italiano, qui recueille pour la première fois de façon systématique les traditions gastronomiques des régions et provinces italiennes. En 1957, Mario Soldati tourne "Viaggio nella valle del Po" (« Voyage dans la vallée du Pô ») pour la télévision italienne où il y parle des réalités agricoles et alimentaires du pays, ainsi que de l'industrie agroalimentaire naissante. Ce reportage marque l'entrée officielle de la gastronomie à la télévision publique. Après des années de recherche dans le Mezzogiorno et notamment dans le Cilento en Campanie, le médecin américain Ancel Keys publie en 1959 "Eat well ans stay well", qui ouvre la voie à la promotion internationale de ce qui sera appelé le « régime méditerranéen ». En 1977, Gualtiero Marchesi ouvre son premier restaurant à Milan où, alliant Nouvelle cuisine et traditions italiennes, il modernise la cuisine italienne. En 1986, Carlo Petrini fonde à Bra (Italie) dans le Piémont l'association Slow Food qui, en quelques décennies, s'affirme en Italie, puis partout dans le monde. Elle contribue à promouvoir les savoirs gastronomiques en faisant interagir la grande cuisine avec les traditions populaires. Pour la première fois en 2016, le restaurant d'un chef italien, La Francescana de Massimo Bottura, à Modène, est élu meilleur restaurant par The World's 50 Best Restaurants. Culture italienne. On regroupe sous le nom de « cuisine italienne » toutes les cuisines régionales provenant de la péninsule italienne et de ses deux îles, cuisines qui ont été influencées par des cultures diverses : cuisines lombarde (riz, beurre), alpine (polenta, crème, fromages), autrichienne (viande séchée "bresaola", speck, "strudel", "krapfen", "sacher", "zelten", "presnitz", "kaiserfleisch", "canederli", bière, cannelle), slave (cevapcici, gubana, strucchi, putizza), ou berbère (couscous en Sicile). L'Italie est un pays de vins et de fromages variés, ainsi que de nombreuses autres productions agricoles usuelles (truffe blanche du Piémont, "parmigiano Reggiano", "grana Padano", jambon de Parme et de San Daniele, riz de Verceil, grappa…). L'huile d'olive est la base de nombreuses cuisines régionales italiennes : les Italiens font partie des trois plus importants consommateurs d'huile d'olive dans le monde, avec les Grecs et les Libyens. Le café préparé à l'italienne (cappuccino, expresso, ') et les ' (glaces) font partie de ce savoir-faire culinaire. Pour un non-Italien, la cuisine italienne a son épicentre quelque part entre la Toscane et l'Émilie-Romagne, et se résume à des plats classiques comme la "", les pâtes accompagné de "ragù" bolonais ou le dessert réputé tiramisu, mais les nombreuses productions agricoles et transformations agroalimentaires des terroirs piémontais, de la vallée d'Aoste, de l'originalité de la cuisine vénitienne et frioulane, des cuisines populaires romaine, lombarde, calabraise, sicilienne, sarde, des Pouilles, ainsi que de nombreuses autres régions. Plats typiques. Ci-dessous une liste des spécialités les plus célèbres de la cuisine italienne. Parmi les ', on compte notamment : ', ' ou crostini, ', carpaccio, ', salame, ', ', ', ', olive ascolane, ', ', tartine ou ', ' ou ', ' ou ', ', et '. Soupes. Parmi les soupes, on compte notamment : ', ', ', ', ', et '. Pizza. Parmi les pizzas, on compte notamment : ', ', calzone, ', ', margherita, ', ', ' et '. Pâtes. Parmi les recettes et variantes de pâtes, on compte notamment : amatriciana, bucatini, cannelloni, carbonara, ', fettuccine, gnocchi, lasagnes, "maccheroni", ', ', pesto, ', pappardelle, ravioli, rigatoni, ', Tagliatelle, tortellini, tortelloni, et '. Pain. Les pains comprennent : ', ', ', ', ', ', ' et '. Œufs. Les plats à base d'œufs comprennent : agliata, ', ', ', ', ', ', ', ', ", ', ', ', ', ', ', ' et '. Verdures. La verdure comprend : ', ', ', ', ', ' et "". Fromage. Liste complete des fromages Italiens. Cafés. Vins. Ils comprennent : Aglianico del Vulture, Aglianico del Taburno, Amarone della Valpolicella, Asti spumante, Barbaresco, Barbera, Bardolino, Barolo, Bonarda, Brunello di Montalcino, Cannonau, Castel del Monte, Cesanese del Piglio, Chianti, Cirò, Cortese, Custoza, Dolcetto, Falanghina, Franciacorta, Frascati DOC, Freisa, Gavi, Gewürztraminer, Ghemme, Greco di Tufo, Lagrein, Lambrusco, Lumassina, Malvasia, Marsala, Merlot, Montepulciano d'Abruzzo, Moscato, Negroamaro, Nebbiolo, Nero d'Avola, Nero de Troia, Nizza, Oltrepò pavese, Picolit, Pigato, Prosecco, Primitivo di Manduria, Recioto della Valpolicella, Recioto di Soave, Roero, Rossese, Sagrantino di Montefalco, Sangiovese, Sciacchetrà, Syrah, Soave, Taurasi, Teroldego, Tintilia, Trebbiano, Verdicchio, Vermentino, Vermentino di Gallura DOCG, et Vernaccia. Diversités régionales. L'Italie est un pays d'une grande diversité. Son long littoral méditerranéen abrite un paysage de plaines fertiles, de montagnes couvertes de forêts et de rochers arides. Depuis la pointe sud jusqu'aux régions alpines du nord, le climat varie considérablement et, avec lui, les cultures locales : le riz, le maïs, le jambon, sont des produits septentrionaux, tandis qu'olives, blé et tomates abondent dans la partie méridionale. C'est en 1861 seulement que les nombreux royaumes, états et duchés (période appelée le "Risorgimento"), ont été unifiés en une seule nation. Chaque région a donc conservé ses propres caractéristiques culturelles que l'on retrouve dans les pratiques culinaires d'aujourd'hui. Les plats traditionnels sont au centre de l'identité de chaque région. Cela s'explique par la façon dont les recettes sont transmises : enseignées oralement, de génération en génération, rarement consignées dans les livres de cuisine, elles sont perpétuées au sein des familles durant des années, ne subissant pratiquement aucun changement au fil du temps. C'est une cuisine très variée, en grande partie grâce à ses influences régionales, allant de la polenta, originaire du nord de l'Italie, de la pizza à Naples, jusqu'au couscous de Trapani, en Sicile. Les vins italiens et les fromages italiens sont essentiels, soit à la préparation de plats, soit à leur consommation. Cela va du Chianti au Valpolicella, et du Parmigiano Reggiano au Pecorino. Abruzzes. La cuisine abruzzaise s'appuie sur la cuisine pastorale, montagnarde et côtière des Abruzzes. Les aliments de base de la cuisine comprennent le pain, les pâtes, la viande, le fromage et le vin. L'isolement qui caractérise la région depuis des décennies a assuré l'indépendance de sa tradition culinaire par rapport à celles des régions voisines. La cuisine locale a été largement appréciée dans une enquête de 2013 auprès des touristes étrangers. Basilicate. La cuisine de la Basilicate est humble et profondément ancrée dans les traditions rurales. La viande est largement utilisée, en particulier le porc, le sanglier et l'agneau. La région est connue pour sa saucisse de porc, appelée ", dont le nom dérive de la Lucanie, une ancienne région qui comprenait presque toute la Basilicate. Le ", une variété de poivre sec et croquant, est un ingrédient symbolique de la cuisine locale, connu comme « l'or rouge de la Basilicate ». C'est consommé comme snack ou comme ingrédient principal de plusieurs recettes régionales. Parmi les plats traditionnels, il y a la ', plat de pâtes avec peperone crusco, mie frite et " ; le "tumacë me tulë", plat de pâtes avec tomate, anchois, noix concassées et mie ; la ', une sorte d'omelette au four avec raifort et pommes de terre ; la ', un ragoût fait d'artichauts, pommes de terre, fèves et pancetta ; et le ', un des rares plats de poisson de la région. Les desserts comprennent le ', glacé de sucre et parfumé à l'anis et les ', pâtisseries frites remplies d'une crème de marrons et chocolat. La Basilicate est aussi connu pour le vin Aglianico del Vulture et pour les eaux minérales qui sont largement vendues en Italie. Campanie. La cuisine napolitaine est réputée pour être l'une des meilleures d’Italie. De nature gourmande, les Napolitains ont su miser sur une cuisine savoureuse et généreuse, élaborée à partir de produits simples mais qui comble les palais les plus exigeants. Les bienfaits de la diète méditerranéenne, à la base de la gastronomie de la Campanie, ne sont plus à prouver. Pauvre en graisses animales au profit des graisses végétales, elle est riche en légumes et pauvre en viande, notamment les viandes rouges (cette diète consiste à ne manger de la viande rouge qu'une fois par mois et de la viande blanche qu'une fois par semaine). Les plats à base de poisson occupent une place importante : la population utilise toutes les espèces qui foisonnent dans le golfe. "", « mange-feuilles », c'est ainsi qu'on désignait les Napolitains autrefois. On les surnommait ainsi pour l'habitude qu'ils avaient de consommer énormément de légumes, surtout des légumes verts, avec beaucoup de feuilles, notamment les brocolis. Au début du , pour des raisons encore inconnues, peut-être historiques, agricoles, sociologiques, ou encore économiques, les Napolitains se sont mis à consommer et à fabriquer des pâtes. À l'époque, les pâtes étaient considérées comme une spécialité sicilienne. En effet, les Siciliens fabriquaient des pâtes mais le peuple n'avait pas les moyens de se les offrir. Ainsi, au dans la région de Naples, à Amalfi, à Gragnano, à Torre Annunziata, à Torre del Greco, beaucoup de petites fabriques de pâtes ("pastificio") virent le jour. La prolifération de ces fabriques a été favorisée par un microclimat spécifique, permettant le séchage rapide des pâtes, ainsi que par l'énorme quantité de blé dur produite dans cette région. Ainsi donc, les pâtes se démocratisent, mais les Napolitains ne mangent pas les pâtes comme les aristocrates : contrairement à eux, ils les consomment " et ils les mélangent à des légumes, à un peu de viande et à un peu de poisson. Il faut attendre le , pour que le duc Ippolito Cavalcanti, un grand nom de la gastronomie napolitaine, explique dans ses livres, destinés à l'aristocratie et à la bourgeoisie montante, que les pâtes doivent se manger comme le font le peuple napolitain : , (c'est-à-dire ") car, écrit-il, . De plus, il préconise de les mélanger à des légumes, à de la viande, à du poisson, à l'instar du peuple napolitain. Il faudra attendre le début du pour que cette pratique culinaire se répande dans toute la péninsule italienne et parmi tous les Italiens ayant émigré dans le monde entier. On a coutume de penser que les couleurs du drapeau italien se retrouvent sur la pizza, la margherita en est l’incarnation parfaite : du vert pour le basilic, du blanc pour la mozzarella, du rouge pour la sauce tomate. Si la carte des pizzas à Naples n’est pas plus forcément plus longue que celle que l’on peut trouver dans les "pizzerias" en dehors de l’Italie, procédé et « savoir-faire » sont tout autres. La pizza du commerce est préparée sous les yeux des clients par un pizzaïolo et saisie quelques minutes seulement dans un four à bois. À Naples, également, s'élabore la pizza soufflée vesuvio, qui n’est pas forcément servie ailleurs dans le pays. La Campanie est connue, par ailleurs, pour sa ' (dont la saveur n’a rien à voir avec celle des mozzarellas de l'industrie agroalimentaire internationale) élaborée à partir de lait de bufflonne. À Sorrente, située dans la baie de Naples, on savoure la liqueur de citron, le ' et, éventuellement sa ' (crème de '). Naples est la capitale de l’expresso. Au titre des spécialités napolitaines, la ', pâtisserie fourrée à la ricotta (recuite de petit-lait), aux raisins secs et aromatisée au zeste d’orange. L’un de ces feuilletés, la ', est strié et croustillant, l’autre, le "", fait de pâte sablée, est plus mou et s’effrite facilement. Un menu napolitain peut commencer par une belle ' (mozzarella fondante, parfumée à l'origan et panée), obligatoirement des anchois, et continuer avec une entrée à choisir entre ' (sauce à base d'anchois, câpres et olives), ou avec les clovisses (palourdes), ou bien des maccheroni au ragoût napolitain, dont la préparation requiert plusieurs heures et en fait ainsi un digne antagoniste du ragoût à la sauce bolognaise. Comme plat principal, l’"impepata di cozze" (moules à l'ail et au poivre), ou bien les rougets en papillote. Ensuite, un fromage affiné. À Naples, le choix se porte sur la ' (fromage du type mozzarella au goût légèrement fumé) et le ' (de forme rectangulaire). Émilie-Romagne. L'Émilie-Romagne a un patrimoine considérable, avec des racines historiques profondes, qui se répartit de façon homogène sur tout le territoire. Les plats typiques sont, notamment, la charcuterie (mortadelle), le jambon de Parme, et le " produit dans les fabriques artisanales de la région de Parme. Autre spécialité culinaire régionale : le vinaigre balsamique de Modène. Latium et Rome. La cuisine romaine est simple, saine, nutritive et savoureuse. Elle est très variée : spécialités à base de pâtes, de viande, d’abats et de poissons et quantité de recettes à base de légumes. C’est une cuisine qui respecte les saisons, proche de la nature et du terroir. Les Romains respectent la tradition culinaire qui impose les gnocchis le jeudi, la morue le vendredi, et les tripes le samedi. La cuisine du Latium est représentée en grande partie par la cuisine romaine, dans laquelle sont réunies toutes les spécialités des traditions culinaires de la région, devenant ainsi un riche et savoureux résumé d’une gastronomie variée, dans laquelle apparaissent les apports des zones voisines et des autres communautés, la première étant la communauté juive qui a des racines historiques anciennes. La Ville Éternelle a toujours connu un mélange des aliments venant d'autres lieux, depuis que les légions romaines ont commencé à recueillir des recettes et ingrédients et, dans certains cas, les cuisiniers des contrées les plus lointaines de l'Empire romain. En tant que capitale de la nation, Rome a tiré son inspiration culinaire de toutes les régions du nord et du sud, avec une préférence pour les régions proches du Latium. Rome est connue pour ses ' (crèmes glacées), ses ' (brioches aux raisins secs), ses ' (choux à la crème), le gâteau de fruits et de noix au rhum, appelé ', et un flan imbibé d'une liqueur sirupeuse et appelé " ; ce n'est pas, comme son nom l'indique à tort, une soupe anglaise. Ligurie. La cuisine de Ligurie est influencée par la proximité de la mer Méditerranée, les Alpes et les Apennins et la proximité de la France facilite l'échange de spécialités. La Ligurie est une des plus petites région d'Italie, mais possède une forte densité de population et la cuisine est considérée comme très « économique ». Par sa position en bord de mer, le climat est doux et humide de sorte que de nombreuses plantes communes comme bourrache, blettes, épinards servent de remplissages dans les tartes, les pâte feuilletée ('). Les légumes sont mélangés entre-autres avec du fromage, des œufs, noix de pin, pistaches. Le basilic est le plus utilisé parmi les plantes aromatiques, la préparation la plus célèbre est le « '. » Le port et la ville de Gênes ont une forte incidence pour la diffusion de la cuisine ligure à travers le monde. La cuisine ligure est à base de fruits de mer avec les poissons et fruits de mer prélevés dans la mer de Ligurie. Parmi les poissons figurent majoritairement les sardines, les anchois, le maquereau, les aiguillettes et parmi les crustacés, les crevettes et les homards. Lombardie. La tradition culinaire privilégie les plats à base de riz, maïs, beurre, porc ou lard et bœuf, elle détonne du reste de l'Italie en délaissant souvent les pâtes. Dans la métropole de Milan, on peut trouver souvent du risotto à la milanaise (safrané et à la moelle de bœuf), de l'escalope à la milanaise, de l', du ', panettone, michetta, Salame Milano, "Cacciatore" (un petit salami). Du côté de Crémone, la ' (un des condiments accompagnant le "bollito misto") et le "Torrone de Crémone". Tandis qu'à Bergame et à Brescia les plats de viande sont souvent accompagnés de polenta en '. On y trouvera également les casoncelli ("casonsei"), le dessert ' ( à ne pas confondre avec la version polenta e osei salée) et le ' (variante du Spritz vénitien). Piémont. La cuisine piémontaise a bâti une bonne partie de sa renommée sur la qualité des produits locaux, dont elle est redevable à la configuration géographique multiforme de la région et de ses plaines, à ses lacs, à ses collines et à ses montagnes. Parmi ses spécialités, il y a les hors-d'œuvre, le beurre qui est largement utilisé, les légumes crus, le "" (veau du Piémont âgé de quelques mois, nourri uniquement de lait) et les truffes. Dans la tradition culinaire du Pièmont est aussi très important le chocolat puisqu'il fut introduit très tôt de l'Amérique avec le mariage , prince de Piémont avec Catherine d'Espagne en 1585. Au à Turin fut produit le premier chocolat sous forme de barre avec une machine hydraulique (le brevet fut acheté par Caffarel) et au début du se développe la premier industrie chocolatière italienne. Le mouvement international "Slow Food", créé par Carlo Petrini, cherche à préserver la cuisine régionale de qualité, ainsi que les plantes, les semences, les animaux domestiques et les techniques agricoles qui lui sont associés. Pouilles. La cuisine des Pouilles est surtout caractérisée par l'accent mis sur les produits frais, à la fois terrestres et maritimes, et le fait que tous les ingrédients sont précisément destinés à renforcer les saveurs et à ne pas modifier la base des produits utilisés. Elle fait partie du régime méditerranéen qui en a fait sa base. Par conséquent, vous trouverez tous les légumes de saison, chou vert, navet, poivrons, aubergines, artichauts, toutes les légumineuses, pois, fèves, lentilles, haricots, tous les produits de la mer, en particulier de l'Adriatique (ces derniers ont une ). En outre, les recettes varient d'une province à l'autre, et parfois de ville en ville, si bien que les recettes dans les provinces de Bari, Brindisi et Tarente, situées près de la mer Adriatique, ne sont pas les mêmes que dans la province de Foggia, plus accidentée, et de Lecce, la Florence du sud. Il existe de nombreuses recettes qui font que cette cuisine, qui a aussi une caractéristique qui la distingue des autres, propose des plats différents en fonction des saisons, de sorte que pendant le printemps et l'été, la préférence est donnée aux légumes et au poisson, ainsi qu'aux pâtes faites maison, servies avec différentes sauces, seules ou combinées avec des légumes ou du poisson. Les fêtes catholiques ont aussi une influence sur la cuisine des Pouilles : les ' au miel ou au ' pour Noël, les ' ou les ' pour les fêtes de fin d'année, le ', à base de blé et de fruits d'automne pour la Toussaint, les ' pour Pâques. Le plat le plus typique sont les ' à la sauce de viande de cheval, la recette est maintenant largement répandue dans tous les livres de cuisine, mais ils sont moins connus que les ' avec des feuilles de navet, la chicorée avec la purée aux haricots, et ceux qui relient la zone de la Méditerranée, tels que les "" aux moules ou le riz au four. Sardaigne. La cuisine de la Sardaigne est basée sur la diète méditerranéenne, donc les fruits de mer et les fromages sont très utilisés dans la préparation des plats. Le pecorino sarde est mondialement connu, fait avec du lait entier de brebis et conservant les arômes des herbes broutées non polluées. Il a une forme cylindrique et dépasse rarement les . C'est un excellent fromage de table, bien que sa polyvalence permette aussi de le déguster rôti ou râpé. Sans oublier la ricotta, au goût très doux, qui est souvent mélangée à d'autres aliments goûteux (sucre, épinards…). Elle fait partie des ingrédients de très nombreuses préparations sardes et italiennes. La cuisine a une forte influence du temps de la république de Gênes et est fortement basée sur la pêche, notamment le thon rouge, le cœur de thon, le ' (filet de poisson séché), sans parler du ', un couscous de son avec des légumes, originaire du peuple tabarchin, ' (dialecte parlé en Sardaigne). Le golfe d'Orosei est la porte d'entrée de la Barbagia, dans le cœur de l'île, où la cuisine provient d'une tradition antique pastorale et rurale, notamment pour le stufato de mouton, le pain, le pain ' et ses variantes, le ' (chauffé au four avec de l'huile d'olive et du sel). Le pain ' est un pain unique, en forme de disque mince très croquant, obtenu par la double cuisson dans le four. D'autres types de pain existent, le ' (une grosse miche de pain débitée en tranches), ainsi que le ', le pain ' et le pain d’'. Tous préparés de différentes façons, ils accompagnent la table sarde, et font partie d'une tradition séculaire dans cette région. Sicile. La cuisine sicilienne est étroitement liée à la fois aux événements historiques et culturels en Sicile, ainsi qu'à la vie religieuse et spirituelle de l'île. Au cours des siècles, différentes civilisations, qui se sont succédé dans cette île , ont laissé d'importantes traces de leur passage et la cuisine sicilienne en est ressortie colorée, épicée, fastueuse et étroitement liée aux vicissitudes historiques, culturelles et religieuses de tous ces peuples. De la civilisation grecque, il reste surtout la cuisson en grillade, l'utilisation de l'origan, des olives et l'utilisation diffuse de légumes comme l'aubergine, la reine de la cuisine sicilienne. Les Arabes, peuple d'agriculteurs, introduisirent en Sicile la culture de la canne à sucre, du riz et des agrumes. L'influence arabe se retrouve principalement dans la pâtisserie. La cassate, un dessert typique de Sicile, doit son nom au mot arabe "quasar" (), qui indique le moule rond que l'on utilise pour la préparer. Le terme dérive également de l'arabe "martaban". La culture culinaire régionale est complexe et variée ; en effet, toutes les cultures qui se sont installées en Sicile dans les deux derniers millénaires ont contribué à cette diversité. Les habitudes alimentaires délicates de la Magna Grecia Monsù (Grande-Grèce), les chefs français des familles nobles, les influences arabes, les abats cuits dans la rue venant des origines juives, l'ensemble contribue à la cuisine variée et raffinée de la Sicile. Dans la cuisine sicilienne, on utilise uniquement l'huile d'olive extra vierge, à la fois pour la cuisson et l'assaisonnement. Le beurre est très peu utilisé, le suif est utilisé uniquement pour adoucir la pâte pour les confiseries. Les principaux ingrédients sont principalement les légumes, les produits de la pêche (poissons, mollusques et crustacés). La viande est rarement utilisée, et principalement sous forme d'abats. Le poisson est traditionnellement présent dans les restaurants siciliens, servi frais, parfumé à l'huile d'olive, ail, câpres, olives, chapelure et orange. Les plats sont complétés par les herbes qui poussent en abondance : basilic, persil, feuilles de menthe, laurier sauce, origan, romarin, sauge, oignons sauvages, graines de fenouil et fenouil, noix de pin, raisins secs, mie de pain "", zeste d'orange, jus de citron… Les câpres, l'ail et les oignons sont aussi souvent présents dans les préparations culinaires. Les amandes, les noisettes et les pistaches sont très utilisées, tant dans la préparation de friandises et de boissons que pour le riz et les pâtes. Au milieu du repas se placent les pâtes, ou un plat de haricots (fèves fraîches, haricots secs, lentilles, orge, pois chiches). Dans la province de Trapani, San Vito lo Capo, se déguste le couscous au poisson, préparé avec de la semoule de blé dur. Le pain est principalement utilisé pour accompagner tous les repas, et consommé frais. Sur l'île, il existe de nombreuses variétés de pain, souvent parsemé de graines de sésame (connu sous le nom , ou "giuggiulena"). Le pain se trouve dans de nombreux rituels sacrés. L'île produit enfin différentes variétés de fromage (vache et brebis), elle a également une tradition viticole forte, avec vingt-huit variétés de raisin, vingt et un vins DOC et sept millions d'hectolitres de vin produits chaque année. Ainsi que des gâteaux (frits, cuits au four, puddings), souvent avec des fruits et des noix. Souvent liées à des rites religieux, les douceurs siciliennes sont très présentes. Sont principalement utilisés la ricotta, le miel, mais aussi le chocolat de Modica artisanal, pour la célèbre et exclusive "torta setteveli". Les glaces sont des éléments importants de la vie quotidienne en Sicile, et sont déclinées de façons différentes : c'est en Sicile qu'a été inventée au la production moderne de la crème glacée. Toscane. La cuisine toscane, expression du régime méditerranéen, est une cuisine essentiellement pauvre, basée sur des plats inventés avec les produits du jardin potager et des bois, et accompagnés de viandes provenant de l'élevage local, d'huile d'olive extra vierge uniquement. Les plats riches sont cependant présents, où l'on retrouve la truffe blanche dont la Toscane regorge, ou encore ceux qui prennent leurs origines dans les traditions nobles et dans lesquels on utilise moules, crevettes et poissons, que l’on trouve toujours très frais sur la côte. En Toscane, la cuisine représente toujours néanmoins une culture populaire, qui fait du Toscan un gourmet, toujours désireux d’unir au goût de la nourriture et de la boisson celui du bien-être à table. Vénétie. Dans la tradition culinaire de Venise, la Sérénissime, et dans la variété des produits qui la composent, se lisent l'histoire des marchands qui y vinrent, ou en partirent, pour faire commerce, du nord de l'Europe jusqu'à l'Extrême-Orient. Parmi les plats emblématiques, il y a la ' (polenta et oiseaux), et des plats rustiques comme le ' (riz et petits pois) ou la "" (pâtes aux haricots). Outre les poissons de la lagune, le ', préparation culinaire à base de morue, s'apprécie, ainsi que les ', sortes de petits crabes, pêchés autour de l'Île de Burano. Les ' (les spécialistes des ' parmi les pêcheurs de Venise) les capturent à la période de leur mue et, après un tri selon leur sexe, les "moèche" sont conservés quelques jours dans des viviers afin de les débarrasser complètement de leur carapace. Rituel aussi de la culture gastronomique vénitienne : ', ou ', qui signifie prendre l'apéritif dans d'anciennes tavernes ("bacari"), où les Vénitiens, dans une atmosphère de convivialité, grignotent des ", sorte de tapas locaux, à base de poisson servi sous forme de petit sandwich composé de pain ou de tranches de polenta. Le Caffè Florian, bien connu de Carlo Goldoni, des frères Carlo et Gasparo Gozzi, et même du goulu Giacomo Casanova, est un café vénitien connu pour ses chocolats et ses petits gâteaux comme les ", surtout consommés pendant le carnaval. Patrimoine culturel immatériel. La diète méditerranéenne (, qui concerne l'Espagne, la Grèce, l'Italie et le Maroc), a été inscrite le sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Reconnaissance internationale. Selon un sondage Zoover, conduit en 2010 sur 16 sites internationaux (Europe et États-Unis), avec , avec 25 % des suffrages la cuisine italienne est la plus appréciée en Europe. Les utilisateurs pouvaient voter entre les cuisines nationales suivantes : anglaise, allemande, suédoise, polonaise, française, grecque, néerlandaise, turque, portugaise, belge, autrichienne, espagnole et italienne. Des nouveaux sondages effectué par Zoover en 2012 avec des suffrages et par YouGov en 2017 avec le 84% des suffrages, confirme cette tendance où la cuisine italienne est la plus appréciée au monde. Menu typique. Un menu italien traditionnel se compose généralement de : Fromages. Le pays connait une riche industrie fromagère, dont la transformation laitière la plus symbolique est probablement la mozzarella. À base de laits de vache, de bufflonne, de chèvre ou de brebis, on en recense ainsi près de trois cents types, dont certaines sont commercialement préservées via le label de l'Union européenne Appellation d'origine protégée (AOP) (Denominazione di origine protetta (DOP) en italien). Vins. L'Italie est le premier pays producteur de vin dans le monde en 2019 et le premier exportateur mondial de vin. Seulement environ un quart de ce vin est mis en bouteilles pour la vente individuelle. Les deux tiers du vin sont utilisés pour le mélange en France et en Allemagne. Il y a vingt régions viticoles distinctes. Les vignobles produisent des vins de très haute qualité. Pour promouvoir cette approche, le gouvernement italien a adopté la Denominazione di Origine Controllata (DOC), la loi de 1963, faite pour réglementer le lieu d'origine, la qualité, la méthode de production et le type de raisins. La désignation Indicazione Geografica Tipica (IGT) est une appellation moins restrictive pour un diplôme de fabrication de vin, au niveau DOC. En 1980, le gouvernement a créé la Denominazione di Origine e Controllata e Garantita (DOCG), réservée pour les meilleurs vins. Café. Le café italien est réputé pour son goût particulier et pour les différentes textures qu’il peut prendre. Il est également connu sous le nom d'expresso ("espresso" en italien) ; il est fait à partir d'un mélange de graines de café, souvent en provenance du Brésil. L’" en grains a une couleur de moyenne à foncée dans le Nord, et devient plus sombre vers le Sud. Une idée fausse commune est que l'expresso a plus de caféine que le café, mais le contraire est aussi vrai. La torréfaction extrait plus de caféine. La machine à expresso est inventée à Turin, en 1884, par Angelo Moriondo. Le café italien étant plus apprécié servi fort, ils ont inventé un substitut au café filtre : la cafetière italienne. C’est durant l’année 1895 que l’on voit apparaître la première cafetière à pression de vapeur, appelée cafetière italienne (ou Moka). L’eau est ici portée à ébullition () au niveau du socle-récipient. La vapeur créée pousse l'eau en la remontant par le tube plongeur, au travers du café et du filtre de métal, puis se condense pour laisser infuser le café au niveau du récipient supérieur. Il existe une variante à ce système, avec la cafetière napolitaine, appelée la ", que l’on retourne dès que l’eau est à la bonne température. Le procédé utilisé alors diffère de l’infusion, c’est la lixiviation. L'expresso est habituellement servi dans une demi-tasse. Le ' est surmonté d'un peu de lait cuit à la vapeur ou avec de la mousse, le ' est fait avec moins d'eau et est plus fort, le cappuccino est mélangé ou recouvert de vapeur, principalement de mousse de lait. Le cappuccino est généralement considéré comme une boisson du petit déjeuner, et le ' est agrémenté de quelques gouttes de liqueur, habituellement de la grappa ou de la sambuca. Le ' est également un café italien, de Turin. Il s'agit d'un mélange de cappucino et chocolat chaud traditionnel, avec un petit peu de lait. Il est assez épais, et souvent agrémenté de crème fouettée ou de mousse de chocolat en poudre, avec une pincée de sucre ajoutée sur le dessus. L'histoire de la glace, ou ' en italien, trouve son origine dans les desserts glacés servis dans la Rome antique et l'Égypte. Plus tard, le ' est apparu au cours de banquets à la cour des Médicis, à Florence. En fait, c'est l'architecte florentin, Bernardo Buontalenti, qui aurait inventé la crème glacée en 1565 ; il présenta sa recette et ses techniques novatrices de réfrigération à Catherine de Médicis. C'est en 1686 que le Sicilien, Francesco Procopio, perfectionna et modernisa la crème glacée. La popularité du " s'étendit dans toutes les couches sociales dans les années 1920-1930, et c'est dans la ville italienne de Varèse que la charrette à glace mobile a été développée. Les " (établissements spécialisés dans la fabrication et la vente de glace) sont une institution en Italie, ils sont présents dans toute la botte italienne. Établissements culinaires italiens. En Italie, chaque type d'établissement culinaire a un rôle bien défini par la tradition et s'y tient (tableau basé sur l'ouvrage de Bruce Evans, intitulé ") : Notes et curiosités historiques. Certaines des recettes proposées sont des interprétations à la française, et une adaptation de la cuisine italienne pour les étrangers, comme : les . Pour les , il faut différencier l’histoire de la sauce à la viande de celle de l’histoire de l'appellation . Dans les ' (restaurants routiers de village) du nord de l’Italie, le menu habituel d’un repas était constitué par des choix multiples de viandes de bœuf, de veau ou de "cacciagione" (gibier comme le faisan, le lièvre, etc.) rôties, et de viande braisée, en accompagnement d’une sauce maison ' (sauce avec persil, ail, mie de pain imbibée de vinaigre et anchois) et, pendant l’hiver, de la "" (garniture de fruits à l'essence de moutarde). Tout ce qui restait des viandes à la fin des repas était transformé, bien haché et préparé pour la sauce traditionnelle (l’usage de la viande hachée mécaniquement est une modernité et une facilité d’usage). Bologne a été longtemps la ville la plus riche du nord de l’Italie, par sa production agricole et tous les produits dérivés, ainsi que la bourgeoisie bolognaise, composée des propriétaires des produits du terroir. Le traditionnel repas du dimanche entre ces personnes était la ', une préparation très riche en ingrédients : les pâtes en façon lasagne blanche ou verte (pâtes normales ou aux épinards), la sauce béchamel, le ragù , les champignons des bois (cèpes) et, pour finir, le parmesan (peu pour la cuisson, mais très abondant dans le plat présenté). Ces lasagnes s’appellent parce qu'il s’agissait, dans le passé, d’un plat pour riches. Toutefois, au-delà de la ', il y a aussi la préparation des tagliatelles (rigoureusement aux œufs) avec ce '. Il constitue la recette et le plat traditionnel de ce que le monde appelle faussement (spaghetti, macaroni, torsades, etc.), et que les Italiens nomment : '. La même remarque est applicable pour la préparation "à la carbonara" qui, en France, est préparée de façon très riche, mais avec un lien plus proche d’une quiche lorraine que de la recette traditionnelle italienne (pas du tout de crème fraîche). Cette façon de faire les spaghettis (pas les tagliatelles) a été créée par les "" au début des années 1800.
Cuisine québécoise La cuisine québécoise présente les caractéristiques d'une cuisine nationale riche et diversifiée, forte de nombreuses spécialités régionales et d'un terroir immense parsemé de lacs et de rivières et bordé par le fleuve Saint-Laurent qui débouche sur l'estuaire du Saint-Laurent. Dès le début du , les colons français peuplant le nord de l'Amérique élaborent une nouvelle cuisine pour affronter le climat et les nécessités résultant du labeur de la colonisation en utilisant les produits disponibles localement. Les cuisines des colons français et acadiens possèdent de nombreux points communs du fait que ces deux peuples devaient vivre avec les mêmes besoins nutritionnels. Depuis les années 1970, la haute gastronomie, les produits fins et du terroir, se développent dans toutes les régions du Québec qui s'ajustent à l'heure du tourisme mondial. La cuisine traditionnelle québécoise est mise à l'honneur pendant le temps des sucres au printemps, dans les cabanes à sucre, ainsi que pendant le temps des fêtes en hiver, dans les réveillons. Certains détaillants en alimentation et restaurateurs offrent également les produits de leur terroir régional ainsi que les mets typiques québécois à longueur d'année, soit en conservant leur saveur traditionnelle ou en les adaptant au goût du jour. Histoire. La cuisine mère du Québec est clairement issue de la cuisine paysanne de la moitié nord de la France. On remarque particulièrement une parenté avec la cuisine poitevine ; les cretons québécois ont ainsi encore aujourd’hui leur penchant poitevin, appelé pâté marmite ; la gourgane provient des marais poitevins, ainsi que les traditionnelles soupes à base de légumineuses ; les chaudrées charentaises trouvent leurs homologues dans les quiaudes gaspésiennes ; les tourtes salées y sont également appelées tourtières et toujours concoctées ; les câilles proviennent des traditions de caillage appelées caillebotte. D’autres spécialités québécoises tirent assurément leur origine de terroirs français, sans que l’on puisse nécessairement distinguer lesquels. Ainsi le bouilli est-il le pot-au-feu national ; des charcuteries traditionnelles comme le boudin, la tête fromagée ou les plorines ; divers plats en sauce comme les ragoûts de porc ou de lapin ; un grand nombre de pâtisseries tels les crêpes, les beignes, les croquignoles, le pain doré ou pain perdu ou les tartes. Comme en France, le porc a toujours eu une place de choix dans la gastronomie. À côté de ces habitudes conservées, la cuisine du Québec a connu dès ses débuts des influences liées à ses conditions historiques et géographiques. Premièrement, celle du nouveau terroir et de ses peuples autochtones. S’il semble que les colons aient rapidement préféré leur alimentation traditionnelle à celle des peuples algonquiens et iroquois, certaines connaissances de ces derniers ont été amalgamées aux pratiques déjà en place. Entrent dans cette catégorie des savoirs comme ceux de l’acériculture, de la pêche sur glace ou encore du boucanage du poisson. La question de la conservation des aliments a également joué un rôle, autant en raison des voyages maritimes que des fréquents séjours des hommes dans les bois ou de la longueur de l’hiver. Ainsi d'une part la salaison est toujours traditionnellement utilisée au Québec avec le beurre, le lard et les herbes, et d'autre part la conservation des viandes et des légumes dans le vinaigre. Le jambon est traditionnellement fumé, ainsi que divers poissons. Malgré tout, on considère qu’une fois l’installation d’une véritable population agricole dans la colonie – soit dans les environs de 1670 pour la région de Québec – les habitudes françaises ont dominé. Le repas était ainsi constitué de soupe, de pain, de viande et de vin. Le climat étant peu propice à la culture de la vigne, on compensait en important du vin de la métropole. La conquête anglaise a apporté son lot de changement. Un des premiers impacts fut de couper l’importation de vin. Il est dit que l’habitude bien française de renverser un verre de vin dans son repas fut remplacée au Québec par le vinaigre. Il arrive toujours aujourd’hui que le vinaigrier fasse partie intégrante de la table, particulièrement avec les plats en sauce. Un autre impact fut l’arrivée de la pommes de terre, qui devint en quelques décennies l’aliment de base du Québec, détrônant le pain. Ce dernier resta tout de même un aliment apprécié, et le savoir-faire des fours à pain s’est colporté jusqu’à nos jours, bien que le pain de ménage soustrait au levain des levures chimiques. La consommation de sucre commença également à augmenter et s’enracina dans les mœurs au début du . S’ils firent leur apparition sûrement beaucoup plus tardivement, les Britanniques apportèrent aussi des plats comme les patates pilées (purée de pommes de terre), les croustades ("crumble"), et peut-être les petits pâtés à la viande (")." Après l’apaisement des tensions entre les États-Unis et l’Empire britannique au, une intense activité interrégionale entre les Québécois et la Nouvelle-Angleterre apporta de nouvelles spécialités, comme les fèves au lard, le ketchup à l'ancienne ou les . Au même moment, l’état socio-économique déplorable des canadiens-français a une influence sur la cuisine, particulièrement en ville. Les recettes se simplifient, les bouillons ne sont plus quelquefois que de l’eau chaude, les alcools sont plus rarement incorporés aux plats, le beurre est réservé à certains jours quand il n’est pas tout simplement absent, remplacé par le saindoux. C’est du que datent les formes canoniques de bien des plats québécois, mêlant seulement viande de porc et pommes de terre, bien qu’en fait les recettes aient toujours différé d’une région à l’autre et d’une classe sociale à l’autre, et que les méthodes préexistaient. Le début du a vu l’arrivée de nouvelles recettes économiques en réaction à la crise de 1930 ; le pâté chinois et le pouding chômeur, au nom éloquent. L’immigration en provenance d’autres régions que les Îles britanniques se fait également sentir. Des spécialités ashkénazes comme le smoked meat ou les bagels commencent à intégrer les mœurs de la population. L’arrivée des grandes surfaces américanise peu à peu les habitudes alimentaires québécoises. On interdit les productions laitières au lait cru, le pain de ménage est remplacé par le « » anglo-saxon, des légumes et des fruits deviennent disponibles à l’année. On mange à l’américaine des spaghettis à la bolognaise, de la pizza, de la dinde, du , des saucisses et des fromages industriels. Au tournant des années 1950, le fast-food fait son apparition. Des restaurants appelés cabanes à patate servent des hamburgers, des hot-dogs steamés, des frites, de la salade de chou, des guédilles, des "hot chicken" et la poutine et ses variantes. Des communautés ethniques comme les chinois ou les grecs ouvrent des restaurants dédiés à leurs traditions. D'autre part, une ouverture nouvelle vers l'Europe et le reste du monde à partir de la révolution tranquille importe des plats qui deviennent très populaires à partir des années 1970 : la quiche, le vol-au-vent, le bœuf bourguignon, la raclette, les fondue chinoise et fondue bourguignonne. Aujourd’hui, l’accroissement de l’immigration d’Europe continental autant qu’un changement de mentalité dans la population en général favorise le développement d’habitudes culinaires plus raffinées. On peut nommer à ce titre le fort développement des fromages fins et des alcools de qualité dans la province depuis une vingtaine d’années, et le retour en popularité de recettes du terroir. Ingrédients et caractéristiques. La cuisson est au beurre. L'aliment de base est la pomme de terre. Les sauces et les ragoûts sont liés avec de la farine grillée. Le sel peut être remplacé par des herbes salées. Les céréales traditionnelles sont le blé et le sarrasin. Les épices traditionnellement courantes au Québec sont autant liées à une production locale qu'à un commerce historique : la sarriette, le clou de girofle, la cannelle, le persil, le thym, la sauge, le laurier, la muscade et le quatre-épices. Depuis quelques années des épices provenant de la forêt boréale ont fait leur apparition sur les tables québécoises. On peut nommer le poivre des dunes, la comptonie voyageuse, le carvi sauvage, le myrique baumier, les baies de genévriers sauvages et d'autres. L'engouement pour ces nouvelles saveurs est notamment moussé par l'entremise de chefs cuisiniers à travers la province. Les légumes les plus récurrents sont ceux qui se gardaient bien en hiver avant l'arrivée de la réfrigération, traditionnellement dans un caveau à légumes ou à la cave. On peut nommer, outre la pomme de terre, l'oignon, la carotte, le navet, les courges, les légumineuses, le chou, le céleri, la betterave et le blé d'Inde. À cela s'ajoutent aujourd'hui souvent la tomate, le poivron, le concombre, la laitue, l'asperge, le chou-fleur, le brocoli et bien d'autres légumes provenant de l'importation ou de la culture en serre. La rhubarbe, les têtes-de-violons et la ciboulette font l'objet d'une consommation saisonnière souvent à même l'arrière-cour. Les petits fruits populaires sont le bleuet, la fraise, la framboise, la cerise, la canneberge, la groseille et la chicoutai. Ils entrent dans la confection de confitures, de gelées, de desserts de toutes sortes, de jus et d'alcools. Dernièrement de nouvelles cultures ont fait leur apparition, comme le cassis ou la camerise. La pomme est le second fruit le plus cultivé au Québec après le bleuet . On en tire notamment du cidre. On cultive également la poire et la prune. Le maïs de Neuville est réputé pour être un des meilleurs de la province. La production de bleuets est concentrée dans les régions du Lac-Saint-Jean, du Saguenay, de la Côte-Nord et de Charlevoix. On retrouve souvent à travers la province la mention « bleuets du Lac-Saint-Jean ». Dans ces mêmes régions se retrouvent aussi la culture de la gourgane, qui est la fève de base des soupes de légumineuses. Dans le reste de la province elles sont à base de pois jaunes. La production d'atocas est quant à elle concentrée dans le Centre-du-Québec, où les premiers plans furent importés de Nouvelle-Angleterre par Edgar Larocque en 1939. La production de pommes est effectuée aux trois quarts dans la plaine de Montréal, en Montérégie et dans les Laurentides. L'île d'Orléans et les Cantons-de-l'Est sont toutefois des régions productrices reconnues. Le sud de la province concentre également la production de maïs. Les variétés de fruits et de légumes originaires de la province sont aujourd'hui rarement cultivées. Le Québec a pourtant connu son lot de cultivars uniques. Quelques passionnés ont réussi à sauvegarder des semences de nombreuses variétés qui sont parfois encore utilisées.. Voici quelques exemples de cultivars québécois : Il en existe plusieurs autres, particulièrement de pommes de terre, de haricots et de tomates. Les champignons ont longtemps été absents de la cuisine au Québec. Depuis quelques années des adeptes ont permis la découverte par la population de nombreuses variétés indigènes comme les morilles ou la chanterelle qui gagne de plus en plus en popularité. Le porc est la viande la plus récurrente parmi les recettes québécoises. Le bœuf est très consommé mais est en perte de vitesse ces dernières années. Il est souvent cuisiné l'été, cuit au barbecue. La volaille fait l'objet d'une grande popularité. L'agneau, le canard et le veau sont aussi consommés. Si la consommation de viande chevaline reste marginale, elle fait toutefois l'objet d'une certaine popularité contrairement au reste du continent. Plus rare aujourd'hui est aussi la consommation de cuisses de grenouilles, notamment de ouaouarons et de grenouilles léopards. La production porcine est constituée majoritairement d'hybride duroc, yorkshire et landrace. Le bœuf est issu du croisement de plusieurs races comme l'angus, la charolaise et la limousin. Le Québec importe toutefois la majorité de sa consommation de viande bovine de l'Ouest canadien et d'autres pays. La production laitière est dominée par la holstein, avec la présence d'autres races comme la jersiaise ou la suisse brune. La canadienne, race patrimoniale, est toujours présente quoique très peu nombreuse. Elle produit du fromage en Charlevoix et aux îles de la Madeleine. L'Estrie produit du canard depuis le début du . Le Québec est d'ailleurs le seul producteur de foie gras du Canada, et le plus grand producteur en Amérique du Nord, bien qu'il ne s'agit pas d'une production traditionnelle. La volaille reste la viande la plus consommée. La race patrimoniale chanteclerc a été développée au début du XXe siècle à Oka. Elle est en voie d'être proposée aux consommateurs. La dinde est servie à Noël, traditionnellement farcie avec des croûtons et de la sauge. Historiquement, de nombreuses familles au Québec ont été dépendantes de la chasse afin de s'alimenter au moins jusqu'aux années 1950. Encore aujourd'hui, la consommation de viande sauvage est bien enracinée dans les mœurs. Sa commercialisation est toutefois interdite, ce qui en fait une consommation strictement domestique. On retrouve sur les tables québécoises de l'orignal, du cerf, du lièvre, de la perdrix et de la sauvagine. Lorsqu'elles sont disponibles ces viandes remplacent celles d'épicerie dans les recettes. Il est aussi courant d'en offrir en cadeau. Le homard et le crabe sont pêchés en Gaspésie, sur la Côte-Nord et aux îles de la Madeleine puis envoyés dans le reste de la province. Les crevettes sont souvent commercialisées sous le nom de « crevettes de Matane » en raison de la présence d'une usine de transformation dans cette ville. Les captures ont cependant lieu dans plusieurs villages de l'estuaire du Saint-Laurent. La province produit aussi des moules, des huîtres, des pétoncles et des bourgots. La truite et le saumon sont consommés à la grandeur de la province. On compte plus de 118 rivières à saumon au Québec. La truite la plus présente sur le territoire est l'omble de fontaine. Moins d'une centaine de lacs accueillent une sous-espèce d'omble chevalier, "Salvelinus alpinus oquassa." Le touladi est également consommé. Au lac Saint-Jean est pêché un saumon d'eau douce, la ouananiche. Le village de Sainte-Anne-de-la-Pérade est reconnu pour sa pêche hivernale de petits poissons des chenaux. Dans le fjord du Saguenay on rencontre entre autres le sébaste. On consomme du capelan dans de nombreux villages côtiers. La perchaude et la barbotte sont consommés notamment dans les îles de Sorel. Sur le fleuve Saint-Laurent entre Trois-Rivières et Cap-Chat on pêche et consomme de l'anguille. La morue et le hareng sont consommés dans l'est du Québec. On compte bien d'autres espèces pêchées au Québec comme le doré, le maskinongé, le brochet, l'achigan, l'éperlan, le turbot, le maquereau, l'esturgeon et le grand corégone. Le Québec produit 72% de la production mondiale de sirop d'érable. Il s'agit d'une solution sucrée au goût variable. Le sirop est utilisé au déjeuner afin de napper les crêpes ou les pains dorés, pour caraméliser des viandes comme le jambon, pour équilibrer l'acidité des sauces et en accompagnement de desserts comme le pouding chômeur ou les grand-père au sirop d'érable. Il est traditionnellement mit à l'honneur dans les repas de cabanes à sucre, et entre dans la composition des fèves au lard. Au printemps il est aussi traditionnellement consommé sous forme de tire, que l'on obtient en réduisant davantage le sirop. La tire est versée sur la neige puis enroulée sur un bâton avant d'être mangée comme un bonbon. Si on le réduit davantage, on obtient une tartinade appelé beurre d'érable qui est populaire le matin sur les rôties. Le sucre d'érable existe, mais il est peu utilisé comparativement au sucre blanc et à la cassonade. Depuis peu, l'eau d'érable est également consommée pour ses vertus sur la santé. Ce n'est toutefois pas encore une habitude ancrée dans la population en général. Il existe des appellations protégés depuis peu au Québec. Le maïs de Neuville, l'agneau de Charlevoix, le vin du Québec, le cidre de glace du Québec et le vin de glace du Québec font ainsi l'objet d'une indication géographique protégée. Le fromage de vache de race canadienne fait quant à lui l'objet d'une appellation spécifique. Fromages. Les vaches laitières importées en Nouvelle-France permettaient aux colons de fabriquer des fromages suivant les traditions de la mère-patrie. Ces fromages fermiers auraient été principalement des pâtes molles à croûte fleuries ou lavées, comme de nombreuses préparations du nord de la France. Il semble qu’un petit nombre de ces fromages ait été produit dans la province jusqu’au début du , survivance des vieilles techniques françaises, avant de réellement disparaître avec l’interdiction de produire du fromage de lait cru au tournant des années 1960. On ne connait plus aujourd’hui que le Saint-Pierre, préparé depuis la fin du sur l’île d’Orléans. Il s’agit d’une pâte molle à croûte lavée qui peut être dégustée sous trois différentes formes, soit la Faisselle, un fromage à pâte fraîche, le Paillasson, un fromage à pâte demi-ferme sans croûte, et le Raffiné, forme finale utilisée comme fromage de table. Les britanniques ont par la suite importé le goût des fromages à pâte ferme, notamment le cheddar qui connaîtra une expansion énorme durant le , puisque sa production était liée à un important commerce avec l’Angleterre. Le cheddar est particulièrement apprécié frais du jour, en bloc ou en grain, et est notamment utilisé dans la poutine. Aujourd’hui, les cheddars vieillis ont la cote, ou encore parfumés à la bière ou au porto. Ils dominent toujours la production québécoise en termes de volume. À la fin du , des moines trappistes français s’installent à l’abbaye d’Oka à la suite de leur expulsion de la République. L’un d’entre eux, originaire de l’abbaye Notre-Dame-du-Port-du-Salut, met au point une pâte semi-ferme en s’inspirant des techniques du fromage éponyme. L’Oka est le premier fromage autre que le cheddar à réellement intégrer les mœurs de l’entièreté de la province. Une autre congrégation met au point un fromage persillé en 1943 à Saint-Benoît-du-Lac, dénommé l’Ermite. D’autres fromages viendront s’ajouter au fil des ans dont de nombreux persillés. Il existe également un lait caillé au Québec appelé câilles. S'il faisait anciennement partie des mœurs de l'entièreté de la province, il n'est plus connu aujourd'hui qu'en Charlevoix et au Saguenay-Lac-Saint-Jean. On l'utilise traditionnellement surtout l'été dans les salades de saison, mais l'on tente aujourd'hui d'étendre son utilisation à l'exemple des laits fermentés étrangers devenus populaires durant la seconde moitié du , particulièrement le yogourt. Plus de de fromages sont produits dans la province, dont de très nombreux fromages fins. Le Québec est le plus grand producteur de fromage du Canada. Charcuterie. Boucanage. Le fumage est appelé au Québec boucanage. Il semble que ce soit les peuples autochtones qui ont transmis cette habitude aux colons. Le boucanage a toujours été particulièrement populaire pour conserver les produits de la pêche sur la Côte-Nord, en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent. Le hareng est un des poissons le plus largement boucané dans ces régions, en raison de l’importance historique de son exportation. On utilise également ce procédé depuis longtemps pour les truites et les saumons pêchés loin à l’intérieur des terres. Si les amérindiens n’utilisaient aucun aromate, les colons procèdent à une salaison ou un saumurage. Le poisson est parfois séché puis boucané à froid en étant suspendu au-dessus de feux dont la vigueur est contrôlée. Ces établissements sont appelés boucanières ou boucaneries, dépendamment des régions. Il est à noter que l’engouement spécial pour le saumon fumé depuis quelques dizaines d’années suit celui de l’Europe et des États-Unis, et qu’il ne s’agissait traditionnellement pas du poisson le plus populaire auparavant. La viande de porc est également soumise au boucanage, rappelant en cela des pratiques normandes. Par le passé, les bajoues de porc ainsi préparées étaient appelées gourganes, mais il ne semble plus s’en faire aujourd’hui. Le jambon québécois est traditionnellement boucané. Voici un témoignage situé à Laterrière au début du : « Pour conserver la viande, on faisait du boucanage. Quand on avait besoin de viande de porc, ils en tuaient un puis, ils faisaient boucaner la viande dans la boucanerie. Ils chauffaient avec de la moulée de scie, qui faisait seulement de la boucane. Ils laissaient une ouverture dans le milieu là pour que la boucane sorte. Il y avait une barre où on accrochait les fesses de porc. C’était bon. Ça pouvait durer trois, quatre jours. » Ce jambon est aujourd’hui particulièrement consommé à pâques, bien qu’il soit disponible à l’année dans certaines salaisons. Il est souvent bouilli avec son os. L’immigration ashkénaze à Montréal implanta la tradition du smoked meat, qui dérive tout comme le pastrami américain des différentes viandes fumés d’Europe de l'Est. Il s’agit d’une poitrine de bœuf saumuré à l’aide d’un mélange d’épices génériquement appelé « épices à steak de Montréal », puis boucané. La poitrine est ensuite cuite à la vapeur et découpée en fine tranche. Le smoked meat est le plus souvent mangé en sandwich, avec de la moutarde et du pain de seigle. C’est sous cette forme qu’il a été popularisé par les restaurants de type deli au cours du . Si différentes essences d’arbre sont utilisées pour produire de la fumée, une préférence pour le bois d’érable est souvent remarquée dans la province. Cochonnailles. Les charcuteries à base de porc sont traditionnellement nommées cochonnailles. L’une des plus populaires d'entre elles est certainement les cretons. Il s’agit de porc haché, de lard, de lait et de céréales cuits ensemble et aromatisés afin d’obtenir après refroidissement une tartinade crémeuse. Les cretons sont mangés sur des rôties avec de la moutarde, au déjeuner ou en collation. Si une autre viande que le porc est utilisée, comme le veau ou la volaille, les bouchers parlent de cretonnade, quoique dans le langage courant cretons reste la norme pour toute tartinade de viande. La tête fromagée ou fromage de tête trouve la même utilisation que les cretons. Le boudin québécois contient souvent du lard, du lait et des oignons en plus du sang de porc. Il est servi poêlé avec un accompagnement sucré ou une sauce. Depuis 2018, une association québécoise décerne le prix du meilleur boudin à chaque année. Les plorines – ou pleurines, plârines – sont constituées de lard et de viande aromatisés enveloppés dans de la crépine de porc. D’autres ingrédients peuvent entrer dans sa composition, comme des œufs ou de la mie de pain. Le bœuf est parfois utilisé. Les oreilles de Christ sont des morceaux de lard frits dans la graisse jusqu’à ce qu’ils deviennent croustillants. Ils sont mangés en amuse-gueule ou avec du sirop d’érable, notamment dans les cabanes à sucre. Le lard est salé à des fins de conservation et entre dans la composition de nombreuses recettes québécoises. Son utilisation a cependant grandement diminué dans les dernières années en raison des torts associés aux graisses animales. Pâtisserie. Les crêpes sont à base de farine de blé ou de sarrasin. Dans ce dernier cas elles sont dénommées "galette" comme lors du festival de Louiseville. Les crêpes québécoises sont plus épaisses que les crêpes françaises mais ne sont pas des pancakes anglo-saxons. Elles sont le plus populaire au déjeuner, avec du sirop d’érable, de la cassonade ou des petits fruits. Elles peuvent cependant être consommées salées à d’autres repas. Cuites avec des lardons elles sont par exemple appelées catalognes. Les beignes sont constitués d’une rondelle de pâte frite dans l’huile, ce qui leur donne leur forme ronde caractéristique. Le trou du milieu est constitué en retirant une petite boule de pâte qui est ensuite consommée sous le nom de trou de beigne. L’accompagnement par excellence des beignes est le sucre glace. Moins traditionnels, les beignes maisons peuvent parfois être cuits au four. Les croquignoles sont également frites mais la pâte prend d’autres formes, elle est notamment tressée, torsadée ou encore découpée en rectangle. Moins populaire que les beignes, on les retrouve surtout dans les régions rurales. Le pain doré désigne un pain préalablement trempé dans un mélange d’œuf et de lait avant d’être cuit. Il est servi au déjeuner notamment accompagné de sirop d’érable. Les tartes sont souvent constituées avec de la pâte brisée. Les garnitures les plus populaires sont à base de fruits comme le bleuet, la pomme, la fraise ou la framboise. La tarte au sucre est constituée d’un mélange de beurre ou de crème fraîche et de cassonade. La tarte à la farlouche remplace le beurre par de la mélasse et des raisins secs. La tarte au suif incorpore du gras de bœuf. Le sucre à la crème est par ailleurs une petite friandise constituée de crème, de cassonade et de beurre. Le pet de sœur est une pâte saupoudrée de cassonade et de beurre fondu puis enroulée comme une brioche. Le gâteau aux carottes est très populaire. À Noël se déguste traditionnellement une bûche de Noël. Le pouding chômeur est un gâteau blanc imprégné de sirop d’érable ou de cassonade. Les grands-pères sont un gâteau en forme de boule souvent dégusté simplement recouvert de sirop. Ils peuvent être farcis avec des fruits. Ils sont parfois incorporés dans des mets salés comme la sabane, un ragoût de lapin. Recettes. Les pains. Le pain de ménage, aussi appelé pain de fesse en raison des deux gonflements qui le caractérisent parfois, est un pain de mie domestique. Il est né durant la première partie du à l'arrivée de moules métalliques rectangulaires et de farine blanche d'importation américaine dans les ménages québécois. Il peut être cuit au four à pain ou à même le four d'une cuisinière. Le bagel de Montréal a été importé par l'immigration ashkénaze au . Il s'agit d'un pain au levain naturel contenant du malt et des œufs et cuit au four à bois après une immersion dans de l'eau légèrement sucré. Il est aujourd'hui populaire dans toute la province, comptant sur un grand nombre de boulangeries spécialisées. Les soupes. Traditionnellement, le repas québécois commençait par une entrée de soupe. Aujourd’hui, elle est encore très appréciée, notamment en hiver. La soupe de légumineuses est très fréquente, soit aux pois jaunes soit aux gourganes. On retrouve aussi de la soupe à l’orge et de la soupe à la poulette grasse. Le lard est souvent cuit dans le bouillon et parfois servi à part, comme dans une potée. On y retrouve souvent de l’oignon, de la carotte et du céleri. La gibelotte est une soupe-repas à base de bouillon tomaté et de poissons (perchaude ou barbotte). On y retrouve des légumes en grande quantité, dont des pommes de terre, du blé d’inde et des haricots. La quiaude est à base de morue, traditionnellement les parties inaptes à l’industrie, comme le foie, les nauves, la tête ou les bajoues. On y retrouve aussi des pommes de terre. Elle est à rapprocher de la tchaude acadienne. Il est parfois encore courant de consommé du bouillon de volaille avant un repas, par exemple celui de la dinde à Noël, ou encore de légumes ou de bœuf. Les tourtes. Les tourtes salée à la viande sont très populaires et diffèrent en taille et en ingrédients à travers la province. Elles ont cependant en commun d'être habituellement constitués de pâte brisée. Les plus fréquentes sont constituées de viande hachée et peuvent avoir de quelques centimètres de diamètre à une vingtaine environ, sur le modèle d'une tarte. Elles sont souvent appelées tourtière dans l'ouest de la province et pâté à la viande dans l'est. Ces tourtes ont une origine britannique. Sur ce modèle sont d'ailleurs couramment concoctés des pâtés dont la farce est constitué de poulet ou de saumon. Les plus grosses sont constituées de viande, de lard et de légumes coupés en cube et de bouillon, le tout cuisant plusieurs heures, formant une sorte de potée dans l'appareil. La viande varie d'une région à l'autre dépendamment des disponibilités alors que les accompagnements sont la plupart du temps limités à la pomme de terre et à l'oignon. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Haute-Côte-Nord et en Charlevoix cette tourte est appelé tourtière. Dans le reste de la province on parlera plutôt de cipâte ou de cipaille, alors que l'on retrouve l'appellation tourtière du Lac-Saint-Jean à Montréal. Le cipaille est parfois différent de la tourtière du nord, par exemple en incorporant une abaisse de pâte supplémentaire dans le milieu de l'appareil. Sur l'île-aux-coudres subsistent la tradition des pâtés croches, qui sont de petits pâtés tenant leur nom de leur forme caractéristique. Au Saguenay les recettes diffèrent et on parle plutôt de pâtés plissés. Ces derniers sont souvent dégustés froids, sans accompagnement. Restauration rapide. La restauration rapide a fait son apparition au Québec pendant la Seconde Guerre mondiale en provenance des États-Unis. La popularité de cette nourriture économique a permis l'apparition d'une multitude de casse-croûtes équivalant souvent à des entreprises familiales avant l'importation de grandes chaînes. Il y est généralement servi des hamburgers, des hot-dogs, des frites et des club sandwichs. On comptait 1 433 de ces établissements en 2016. Le goût québécois a fait en sorte de populariser dans ces établissements certaines techniques que l'on ne retrouve pas ou plus rarement dans le reste de l'Amérique du Nord. Par exemple, les hot-dogs cuit à la vapeur appelé « steamés » sont très populaires et il est la norme de demander aux consommateurs leur préférence de cuisson. Ces hot-dogs sont généralement garnis de salade de chou, de moutarde jaune sucrée, d'oignon et de relish sucré. Le gravy industriel typiquement américain a donné la sauce brune, qui consiste en un mélange de fonds déshydratés de poulet et de bœuf avec des épices, de la graisse animale et du vinaigre. Un fond de poulet légèrement pimenté est appelé sauce barbecue. Ces deux variantes sont utilisées pour recouvrir des frites (on parle alors de frite-sauce) et certains plats comme le hot chicken (qui consiste à du poulet entre deux tranches de pain recouvert de petits pois) ou le hot hamburger (qui consiste à un hamburger sans garniture recouvert de sauce et de petits pois). C'est de là que provient également le met le plus emblématique de la restauration rapide québécoise, la poutine et ses variantes (galvaude, etc.). Cette dernière a même fait l'objet d'adaptations gourmettes par certains chefs, par exemple la poutine au foie gras. L'après guerre voit également la popularisation de pizzerias servant des pizzas américaines, de rôtisseries de poulet et de restaurant déjeuner servant des déjeuners anglais. Les delicatessen de Montréal capitalisèrent sur la popularité du smoked meat en se spécialisant dans le service de sandwich à la viande fumée constitué de moutarde et de pain de seigle et accompagné d'un cornichon. Aujourd'hui on retrouve ce genre de sandwich dans de nombreux casse-croûtes et dans des chaînes spécialisées. Plus récemment, l'immigration libanaise à populariser des établissements servant des chawarmas. Ils servent notamment une variante appelée shish taouk qui est très populaire. De nombreux restaurant-minutes québécois sont devenus des chaînes, tels que Lafleur, Valentine, La belle province, Chez Ashton, Chez Cora ou encore Saint-Hubert. Cuisine des fêtes. Ce tableau comprend un mélange entre les jours fériés et fêtes culturelles du Québec. Il faut noter que le temps des fêtes est composé de plusieurs fêtes : la Veille de Noël, le Réveillon, la Messe de minuit, Noël, Après-Noël, la Veille du jour de l'an, le Jour de l'an et l'Épiphanie. La Mi-Carême n'est aussi que célébrée à L'Isle-aux-Coudres, aux Îles-de-la-Madeleine, à Saint-Antoine-de-l'Isle-aux-Grues et à Natashquan. Médias québécois et gastronomie. Plusieurs émissions de télévision sont ou ont été consacrées à la gastronomie et à la cuisine au Québec ("À la di Stasio", "L'Effet Vézina", "Le Cuisinier rebelle", "Curieux Bégin", "Les Chefs!", "Et que ça saute", "Ricardo", etc.) de même qu'une chaîne de télévision (Zeste). On retrouve également des chroniques régulières sur le sujet dans des quotidiens importants. Des maisons d'édition, comme Les Éditions Debeur, sont consacrées au sujet. Depuis le 22 février 2016, le guide "Gault et Millau" est officiellement présent au Canada avec l'annonce d'un premier guide consacré à la ville de Montréal pour le 30 mai 2016 et un deuxième pour l'ensemble de la province de Québec pour le mois de novembre de la même année. Nombre de carnetiers dits "foodies" bloguent également sur le sujet.
Cuisine des États-Unis La cuisine des États-Unis est extrêmement diversifiée et difficile à définir, le pays ayant attiré des immigrants du monde entier, apportant chacun leur culture et leurs goûts culinaires. D'une certaine façon la cuisine américaine est considérée comme une synthèse des cuisines du monde, les principaux apports étant allemands, hollandais et irlandais et leurs influences perdurant jusqu'à nos jours. La cuisine amérindienne compte également beaucoup : les recettes traditionnelles des Autochtones d'Alabama sont préservées et protégées comme un patrimoine culturel. Histoire. Origines amérindiennes. La cuisine américaine commence avec les Amérindiens qui cultivèrent la terre et y chassèrent pendant des millénaires avant l'arrivée des colons européens. Le régime alimentaire des différentes tribus dépendait en grande partie du climat, de la flore et de la faune du territoire qu'elles occupaient : la masse continentale des États-Unis actuels s'étend sur du nord au sud et sur d'est en ouest. On y trouve la taïga, les forêts tempérées, les déserts et les prairies, ainsi que plusieurs marais subtropicaux, des milliers de kilomètres de plages côtières et l'un des plus grands fleuves navigables du monde. L'Alaska, le plus grand état, fait plus de trois fois la taille de la France avec une grande partie de son territoire dans l'Arctique. Porto Rico, les îles Vierges américaines et certains territoires du Pacifique tels que les îles Mariannes et les îles Midway ont des climats tropicaux où abonde la flore forestière tropicale. Il y avait donc selon les lieux une grande variété de produits et de régimes alimentaires. Les autochtones des déserts du Sud-Ouest (les Havasupai, les Apaches, les Navajos et les Paiutes) cultivaient le piment et échangeaient avec les lointaines tribus du désert mexicain. Ils transhumaient selon les saisons entre désert et montagnes, et mangeaient des pignons de pin et les fruits des cactus. Dans les États du Pacifique, sur le territoire qui s'étend aujourd'hui de la baie de San Francisco à la frontière avec la Colombie-Britannique, les tribus du Pacifique pratiquaient le "potlatch", cérémonie durant laquelle les échanges de cadeaux, les danses et les banquets resserraient les liens entre les tribus. Au "potlatch" régnaient les viandes rôties et les ragoûts de lapin, de même que des aliments plus exotiques comme les palourdes géantes, les huîtres, le saumon kéta fumé sur du bois de bouleau et la viande de baleine grise, d'une grande importance culturelle. Les tribus des prairies sont connues pour la chasse au bison et tout indique qu'ils suivirent la migration des troupeaux pendant des millénaires, avant l'arrivée des Européens. Antérieur à la réintroduction du cheval en Amérique du Nord, les tribus des prairies appliquaient le précipice à bisons, technique utilisant une falaise élevée vers laquelle les chasseurs conduisaient le troupeau et d'où ils le poussaient ensuite à sauter ; ils ramassaient ensuite les bêtes au pied de la falaise pour les dépecer. La datation au carbone 14 permet de faire remonter l'activité de plusieurs sites à Dans les marécages méridionaux, y compris en Floride et en Louisiane, les Amérindiens chassaient l'ours noir pour sa graisse, sa chair et son pelage si précieux pendant les rudes mois d'hiver. Ils chassaient aussi du petit gibier comme l'écureuil gris, le colin de Virginie et la sarigue. Ils bâtissaient de petits canots et des pirogues afin de pêcher les espèces abondantes comme le poisson-chat, les moules et les palourdes d'eau douce, les écrevisses, l'achigan, l'alligator et les tortues serpentines. À l'est, les tribus côtières profitaient à la fois de la cueillette terrestre et de la pêche ; comme fruits de mer se mangeaient le crabe bleu, l'anguille d'Amérique, l'alose savoureuse, le saumon atlantique, les huîtres de Virginie, les pétoncles de baie, la chair et les œufs de tortue et le homard américain ; sur terre, on cueillait la liane de Grenade, les noix du noyer noir, les noix piquées du noyer blanc, le sirop d'érable, les noisettes américaines et l'écorce des pins blancs. Tous ces aliments se retrouvaient autour du feu où ils étaient grillés ou bouillis à l'aide de pierres chaudes. Aux Caraïbes, et beaucoup plus tard à Hawaï, apparurent les premières méthodes de barbecue : le mot "barbecue" est entré en français américain par l'intermédiaire de l'espagnol des Caraïbes "barbacoa", mot d'origine arawak signifiant « claie en bois ». Les habitudes alimentaires des différentes tribus autochtones se recoupent avec la chasse au gros gibier quadrupède et à la famille des faisans, ainsi qu'avec la culture des « trois sœurs » : les haricots, le maïs et la courge. La datation au carbone 14 fait supposer que cette triade légumineuse est originaire du sud-ouest avant de se propager lentement vers le nord et l'est, propagation pour qui il a fallu un millier d'années, mais la plupart des Amérindiens les cultivaient bien avant l'époque romaine. Dans presque toutes les régions des États-Unis continentaux, sauf la Californie et les zones désertiques les plus reculées, le dindon sauvage servait de viande fondamentale dont toutes les sous-espèces connues étaient chassées. Partout en Amérique du Nord les cervidés fournissaient de la viande et du cuir : le wapiti, le cerf de Virginie, le cerf mulet de même que l'orignal étaient chassés et consommés jusqu'à la dernière bribe de moelle. La viande était souvent séchée ou fumée et mélangée avec des baies séchées afin d'obtenir du pemmican. Colonisation européenne, 1609-1775. Plus que tout autre groupe, les Britanniques, venus d'Angleterre, du Pays de Galles, d'Irlande de l'Est, de Cornouailles, et d'Écosse ont joué un rôle clé dans le développement de la toute nouvelle cuisine américaine. Au début, les colons étaient plutôt attachés à leurs traditions d'origine et ne toléraient que ce qu'ils avaient connu dans leur pays natal ; pour eux, les « trois sœurs » étaient l'avoine, le blé, et l'orge, dont la culture s'est d'abord avérée difficile avec pour résultat la famine dans la majorité des établissements : Jamestown, la colonie de Plymouth, la Nouvelle-Suède ; dans une certaine mesure, tous les établissements hollandais agricoles connurent aussi des périodes de famine ou de difficultés dans leurs premières années. Les colons, partout où ils allaient, apportaient les graines et les bulbes à planter dont ils avaient eu l'expérience dans leur pays natal. Carottes, navets, petits pois, choux, oignons, panais, s, et aulx, ainsi que de jeunes pommiers soigneusement plantés dans des fûts, sont mentionnés dans les registres des provisions qu'ils importaient au Nouveau Monde mais ces cultures ont rencontré des succès divers, car la compréhension d'un climat différent et d'un modèle différent des saisons de croissance était limitée. Le feu bactérien et les chenilles ravagèrent les vergers de jeunes pommiers et menacèrent les cerisiers et les pruniers d'autant qu'à cette époque il n'y avait pas de pesticides. Depuis 2007, les fouilles archéologiques sont menées sur le site de Fort Jamestown. Elles indiquent que l'ignorance de l'environnement local a été encore plus désastreuse qu'on ne le croyait jusqu'à présent : les dossiers des colons de Jamestown montrent que ceux-ci provenaient pour la plupart de familles aristocratiques et que, de l'aveu même de la Virginia Company, leur intention était davantage de s'établir dans un endroit facile à défendre des pillards plutôt que de chercher un endroit approprié à la culture de la terre. L'histoire orale suggère que les autochtones Powhatans qui vivaient dans la région ne s'intéressaient pas à l'île où les colons construisirent leur fort en raison de son manque d'eau potable et de ses perspectives limitées pour la chasse. Les premiers éléments découverts lors des fouilles révèlent que non seulement beaucoup de colons périrent de dysenterie, due aux pratiques sanitaires rudimentaires, mais aussi qu'ils furent souvent contraints de sacrifier les animaux (ou tout au moins ce qui restait du cheptel encore vivant) qu'ils auraient dû garder comme reproducteurs. Le compte rendu d'un survivant indique que les habitants de Jamestown en furent réduits à se nourrir de crapauds, de rats, de chats et de serpents, et les fouilles effectuées parmi les tombes prouvent que le désespoir en conduisit certains au cannibalisme. Pour les Anglais, en cette période, la chasse et la pêche étaient perçues comme des activités auxquelles ils n'avaient recours qu'en cas d'extrême nécessité. Pour la plupart des colons européens, elles étaient strictement réservées aux riches tandis qu'elles étaient interdites aux classes pauvres. Ainsi, les membres de la Virginia Company, marchands ou encore issus de la petite noblesse, savaient chasser, au contraire des colons arrivés plus tard au Massachusetts, en Géorgie et dans les colonies du Centre. La méconnaissance de la chasse, ou (comme dans le cas des premiers colons de Virginie) la méconnaissance des techniques élémentaires de survie se révéla funeste. D'autre part, d'après les croyances du et du début du , les femmes ne devaient jamais travailler dans les champs, car cela « dépassait leur force physique » selon le patriarche des puritains John Winthrop ; les colons furent donc surpris quand ils virent les femmes amérindiennes planter le maïs. Plusieurs témoignages hollandais traitent les membres des tribus voisines de brutes dépourvues de toute décence et, chez les colons européens, les Hollandais ont fait partie des plus rétifs à changer leurs habitudes. Cet état d'esprit devait toutefois nécessairement changer pour que les colons puissent survivre ; ils comprirent rapidement que ceux qui ne travaillent pas n'ont rien à manger. À la fin du , les plantes et les animaux si prisés par les tribus indiennes de la côte est furent très bien intégrés dans le régime alimentaire des colons et les ingrédients du Nouveau Monde incorporés aux recettes de l'Ancien Monde. Contrairement à ce qui se passait en Europe, les colons du Nouveau Monde n'allaient pas au marché pour se procurer de quoi manger car ce mode d'échange commercial ne fut établi qu'à la fin du lorsque la guerre d'Indépendance américaine les contraignit à devenir totalement autonomes. Pendant environ cinq générations, ces hommes et ces femmes durent apprendre à vivre de la terre et seulement de la terre. Bien que le fermage se soit développé pendant le , il était beaucoup moins commun que dans l'Ancien Monde, et les Treize Colonies britanniques n'ont jamais connu un système seigneurial similaire à celui de la Nouvelle-France. Les colonies de la Nouvelle-Angleterre se concentrèrent sur l'élevage des moutons, l'élevage laitier et le commerce, en particulier celui des poissons et des crustacés. Les poissons allaient devenir un élément de base du régime alimentaire de la Nouvelle-Angleterre. D'innombrables témoignages de l'époque coloniale écrits dans les journaux et les lettres envoyés vers l'Ancien Monde attestent de rivières et de baies remplies de bars rayés, de harengs, d'aiglefins, d'anguilles d’Amérique, d'ombles de fontaine, de saumons et, ce qui est capital, de morues. Avec le temps, la morue va devenir un élément primordial du régime alimentaire des colonies du Nord et une denrée commerciale lucrative. Les morues étaient bien sûr salées et mises en tonneaux pour être vendues sur les marchés autour de la Méditerranée, habituellement échangées contre des agrumes. Elles étaient également expédiées en France, en Espagne, ou en Angleterre, où il y avait une demande tout aussi élevée. Les coquillages étaient abondants et représentaient une grande partie de l'alimentation en Nouvelle-Angleterre. Les colons découvrirent la méthode de cuisson wampanoag où les palourdes sont cuites à la vapeur d'eau de mer avec des algues, du maïs et du homard, en utilisant des pierres chaudes et du sable. Cette méthode est toujours utilisée de nos jours : on l'appelle "clambake". Les huîtres et les palourdes étaient si abondantes qu'elles étaient vendues dans la rue, consommées crues sur une demi-coquille. Le nom narragansett de la palourde survit en anglais américain : "quahog" ) et les mots anglais du utilisés pour décrire leurs différentes tailles ("countnecks", "littlenecks", "cherrystones", etc.) survivent aujourd'hui en Nouvelle-Angleterre, mais non dans les zones côtières d'Angleterre, où ce système de mesures a disparu depuis longtemps. Le commerce avec les Antilles passait par Boston qui, avec le temps, devint un port de première importance qui rivalisait avec des endroits comme Orléans ou Southampton en Europe. En retour, les marchands importaient des épices comme la cannelle, le gingembre, la noix de muscade, le poivre et le sucre, qui firent leur entrée dans l'alimentation de nombreux ménages des classes moyennes et supérieures. Le maïs, qui n'était pas au départ considéré comme une denrée de subsistance, devint un aliment de base parce que la récolte était beaucoup plus productive, même sur les plus petites parcelles de terre, que toutes les céréales d'origine européenne et, avantage supplémentaire, parce que le maïs pouvait être séché et consommé toute l'année sous forme de farine ou dans un produit nouveau connu sous le nom "pop-corn". La mélasse devint à la fois un élément du commerce triangulaire avec l'Afrique et un ingrédient courant de la cuisine au . Le chocolat, bien que toujours très rare sauf pour les classes les plus fortunées à l'époque de la Révolution américaine, était connu des colons britanniques par le contact avec La Havane, Cuba et San Juan, Porto Rico (territoires de l'Amérique espagnole) ou par le commerce avec l'Espagne elle-même où les navires venant d'Amérique du Sud accostaient avec fèves et poudre de cacao. Les colonies centrales. Dans les colonies du centre se forma rapidement un carrefour entre les traditions du Nord et du Sud après la fondation de la Pennsylvanie, au milieu du . Tout comme Boston, Philadelphie et Nieuw Amsterdam (rebaptisée plus tard New York) furent fondées sur des terres fertiles et fécondes. Dans le cas de New York, c'est un énorme estuaire qui s'étend sur un rayon de à partir de la pointe sud de l'île de Manhattan. Philadelphie, sa voisine, fut fondée sur le fleuve Delaware au milieu d'une grande vallée, juste au nord de l'estuaire d'un complexe fluvial très vaste où les fleuves se jettent dans la baie de Chesapeake. Les colons néerlandais et britanniques notèrent la présence d'énormes nuées d'oiseaux (en particulier d'oiseaux aquatiques et de pigeons migrateurs) dont la masse pouvait occulter le soleil pendant des heures. De nombreuses lettres envoyées en Europe vantaient la fécondité de la terre. Les traditions de l'heure du souper étaient plus égalitaires que les pratiques des anglicans des colonies du Sud ou des puritains de la Nouvelle-Angleterre. Le repas était partagé par la famille au grand complet, y compris les enfants et les domestiques. Certaines denrées alimentaires (comme le sucre, le beurre et plus rarement le thé) étaient évitées, par pénitence, en raison des tendances pacifistes des quakers et des shakers. Contrairement aux colons des autres parties du pays, les quakers des colonies du Centre s'abstenaient de rhum, produit du travail des esclaves. Les Hollandais, les Suédois et les Allemands, issus de dénominations protestantes différentes, n'avaient pas ces scrupules religieux : les Hollandais ont utilisé la future New York comme port de commerce des esclaves et se sont servis du rhum comme monnaie sur leurs navires. Quant aux Allemands, ils appréciaient l'alcool à base de céréales. Comme dans les colonies du Nord, la principale (et très britannique) méthode de cuisson était la cuisson par ébullition. Les recettes de puddings salés et celle du "pop-robin" abondaient dans les colonies du centre. Des villes telles que New York et Philadelphie étaient particulièrement adaptées au commerce avec l'Europe en raison de leur importante capacité portuaire. Elles bénéficiaient également d'une longue saison où hommes et femmes pouvaient exercer leur métier sur une eau libre des glaces, ce qui était d'une importance particulière lorsqu'on compare avec les colonies plus froides de Montréal et de l'Acadie. La composition ethnique était plus diversifiée que dans toute autre partie des treize colonies, et même après la prise de contrôle par l'Angleterre des territoires néerlandais et suédois en 1664 et 1682, les immigrants ont continué à émigrer des Pays-Bas du Nord et du Sud ainsi que du Värmland et de Göteborg. Ces nouveaux immigrants ont importé leurs traditions culinaires. Les Suédois ont apporté avec eux leur amour d'un type de navet jaune qu'ils ont planté en grande quantité, si bien que le mot anglais américain pour cette plante provient de la langue suédoise : le rutabaga. Les colons hollandais raffolaient de harengs marinés et d'anguilles. L'Hudson et les eaux autour de New York sont encore un énorme réservoir pour plusieurs espèces de harengs. Les archives de La Nouvelle-Amsterdam témoignent de l'existence d'entreprises florissantes dans l'estuaire de New York-New Jersey. Pieter Stuyvesant y est mentionné comme faisant paître ses moutons et ses bovins dans les marais salants qui bordaient sa ferme, et il existe des preuves qu'il avait projeté des vergers de pommiers et de poiriers. Un outil ménager indispensable fut importé par les colons néerlandais : un type de haut faitout en fonte appelé "Dutch oven". Les ménagères hollandaises l'avaient utilisé pour cuire de tout, depuis les tartes jusqu'à la viande, la chaleur provenant de charbons ardents du foyer. Ce faitout rentre toujours dans la batterie de cuisine de base américaine d'aujourd'hui, en particulier dans la cuisine en plein air américaine. Les biscuits et petits gâteaux secs ("cookies") trouvent leur origine dans les ' hollandais, petits biscuits de Noël à base de beurre et de cannelle. Les boules de pâte frite ' néerlandaises devinrent les "doughnut", largement consommés par tous les New-Yorkais dès la fin du . Avec la prospérité et le développement rapide des colonies du centre et des villes portuaires de New York et Philadelphie arrivèrent de nouveaux types d'immigrants qui bénéficièrent de l'aide de la Couronne britannique ainsi que de celle des Pays-Bas. On peut ranger dans cette catégorie les premiers immigrants germanophones. Les régions qui constituent aujourd'hui le centre et le sud-ouest de l'Allemagne ainsi que certaines parties de la Suisse moderne ont fréquemment souffert des guerres avec la France et de conditions d'élevage épouvantables. Comme les habitants de ces régions étaient en grande majorité protestants, ils gagnèrent la sympathie de la Couronne britannique et également celle de la famille Penn, à l'origine de la fondation de la Pennsylvanie. La plupart de ces germanophones étaient extrêmement pauvres et ils cherchèrent leur survie dans le Nouveau Monde, loin des ravages de l'Ancien Monde ; à la fin du , beaucoup d'entre eux se rendirent à Londres ou à Rotterdam afin d'y embarquer pour chercher fortune, et cette tendance se poursuivit jusqu'au siècle suivant. En règle générale, quand ils avaient gagné assez d'argent pour racheter leur contrat de servitude, ils devenaient agriculteurs et fondaient des communautés séparées, comme celle de Germantown, en Pennsylvanie (aujourd'hui un quartier de Philadelphie). Ces immigrants et leurs familles avaient souvent subi les pires formes de pauvreté et leurs habitudes culinaires reflétaient le souci de ne pas gaspiller le moindre morceau de nourriture. Normalement, ils fumaient leurs jambons plutôt que de les saler et les abats étaient consommés, soit tels quels, comme les tripes, soit sous forme de saucisses. Le chou était le légume le plus utilisé et les pains de seigle étaient préférés aux pains de froment. La bière blonde et le cidre étaient les boissons les plus appréciées à table. S'est également perpétuée la tradition médiévale de puddings bouillis qui mélangent saveurs aigre et sucrée. Le "scrapple", un pudding fait à partir d'abats de porc et de céréales, est devenu un aliment de base dans la vallée du Delaware et se trouve fréquemment encore aujourd'hui au menu du petit déjeuner. Le vieux Sud. La majorité des colons qui s'établirent dans le Sud embarquèrent vers le Nouveau Monde en tant que serviteurs sous contrat ou comme esclaves africains. Les autres étaient généralement des cadets de familles européennes fortunées, qui ne pouvaient hériter des terres ou du titre de leur père. Ainsi, Nicholas Spencer, un lointain parent de Diana, princesse de Galles, fut le fondateur d'une des premières familles de Virginie. Le Vieux Sud était un monde qui était stratifié socialement. Les habitudes alimentaires d'un Sudiste dépendaient de sa classe sociale. Au sommet de la pyramide étaient les riches propriétaires de plantations, comme Thomas Jefferson ou les membres de la famille Randolph, qui pouvaient se permettre d'acheter les denrées de luxe apportées par les navires en provenance des Antilles et d'Europe. La deuxième partie, la classe moyenne (les marchands, les apothicaires, les avocats, les commerçants, les boulangers, etc.) étaient des hommes et des femmes qui pouvaient se permettre un luxe occasionnel, mais qui étaient autosuffisants : leurs habitudes alimentaires dépendaient en grande partie des talents de la maîtresse de maison et le plus souvent les repas étaient simples mais savoureux. Dans la troisième partie se trouvaient les fermiers indépendants et les hommes qui devaient travailler à la force du poignet, et dont la majorité étaient les descendants de protestants venues des plantations d'Ulster, ou des victimes des Highland Clearances, ou encore réfugiés de la persécution, comme les Acadiens de la Louisiane. Au bas de la pyramide étaient les esclaves africains et (dans une moindre mesure) les Amérindiens. En termes de cuisine, c'est dans cette région des États-Unis modernes que l'influence du Royaume-Uni se fait le plus sentir, car elle y a moins subi les changements apportés par les immigrants du et du , avec des influences françaises lentement assimilées plus tard. Petite France sur le bayou. La Louisiane et des portions de la Côte du Golfe (Mississippi et Alabama) conservent des habitudes culinaires d'origine française contrairement au reste de la région. Les Sudistes, tout comme leurs voisins de la Nouvelle-Angleterre et de New York, avaient en général des préjugés contre la cuisine française. Dans l'édition de 1774 de son livre de cuisine, Hannah Glasse écrivit : Bien qu'un petit nombre de huguenots aient émigré vers les colonies britanniques, l'attitude envers la cuisine française ne changerait que beaucoup plus tard et les aliments prisés par la ménagère moyenne francophone étaient inconnus de la ménagère anglophone du Maryland. La grande majorité des francophones de la Côte du Golfe venaient à l'origine du Poitou, de Normandie et du Maine, via la Nouvelle-Écosse et les Maritimes avant la colonisation britannique. La quasi-totalité d'entre eux étaient des paysans, et leurs habitudes alimentaires avaient un caractère rustique très éloigné de la haute cuisine, celle d'abord développée à l'époque Louis XIV par des chefs qui avaient peu de contacts avec les habitudes alimentaires des agriculteurs et des populations rurales. Après la déportation de beaucoup de Français d'Acadie par les Britanniques en 1710, ces malheureux se retrouvèrent dans une situation très difficile car les conditions en Louisiane et au Mississippi étaient très différentes de celles de la Nouvelle-France ou de la France de l'Ouest : le climat était extrêmement chaud et humide ( en juillet) et l'eau était infestée d'alligators et de tortues géantes. Les pommiers ne supportaient que difficilement la chaleur et quant à l'avoine, l'orge et les navets, ils pourrissaient rapidement. Naturellement, les Cadiens n'eurent d'autre choix que de demander aux Choctaw, aux Natchez et aux Chickasaw des conseils sur la façon de vivre de la terre, et c'est ainsi qu'ils apprirent à manger de la sarigue (opossum), de la caouane (tortue alligator), du bec-fin garpique longnez ainsi que de jeunes cocodris (alligators). Heureusement, il y avait quelques lieux qui leur rappelaient leurs origines : la Louisiane avait des prairies où l'élevage du bétail était possible, ce qui était très important pour ces descendants de Normands qui avaient besoin d'une source de protéines durant le Carême (le lait). Les huîtres et les palourdes étaient abondantes dans les marais, les crevettes et les écrevisses étaient nombreuses et, à ce jour, les Cadiens comme leurs ancêtres normands tirent une partie de leurs revenus de la pêche. La canne à sucre, un produit qui intéressait fortement l'Angleterre, mais qui ne pouvait pas être cultivé dans les colonies de l'Est, prospéra sous le soleil chaud de juillet et pour la première fois les pauvres purent à l'occasion se repaître de sucre si la récolte avait été abondante. L'influence espagnole s'est également avérée être très forte et le commerce avec l'Empire espagnol à proximité prospérait au début, à la fois avec les ports des Caraïbes comme Haïti et d'avant-postes dans ce qui est aujourd'hui le Texas : au , de nombreux colons en provenance d'Espagne et de la France urbaine installés dans les villes comme La Nouvelle-Orléans fondent la cuisine créole à base de piments, kumquats (appelés localement « petites oranges ») et mirliton, répandue dans les bayous, et fournissant de très bonnes sources de vitamine C. Le sanglier, un des gibiers préférés des Créoles et Cajuns, pouvaient nourrir plusieurs personnes à la fois. Le rôti de porc (mets de base espagnol) a été une bénédiction que même les pauvres occasionnellement mangeaient, contrairement à la France où tant de gens n'étaient pas propriétaires des terres et n'avaient pas le droit de posséder une arme. Les coutumes françaises s'y perpétuèrent après avoir disparu de France même : les Cadiens surent éviter la dépendance excessive du pain qui sévissait dans les régimes alimentaires de leurs cousins de l'Ancien Monde et, malgré leur situation sociale inférieure, ils n'eurent pas à subir les horreurs de la famine dont la population souffrit en France vers 1790. Le vieux dominion et ses sœurs : les colonies britanniques du Sud. Les aristocrates qui vivaient à proximité des côtes du Maryland, de la Virginie, de la Caroline du Nord, de la Caroline du Sud, et de la Géorgie avaient fait fortune dans le commerce du tabac, plante héritée des Amérindiens de Virginie orientale : les cargaisons de tabac étaient fortement cotées à la bourse de Londres et cette culture bénéficiait d'une longue période de foliation. Plus tard, ces aristocrates cultivèrent aussi l'indigo et le coton qui pouvaient être vendus à un prix élevé, ce qui généra beaucoup d'argent pour la Couronne du Royaume-Uni. Ils essayèrent d'imiter les modes de vie anglais de l'époque géorgienne et de l'époque Stuart et par conséquent leur premier instinct fut d'importer des bovins et des moutons de Grande-Bretagne afin de pouvoir en consommer la viande. Cependant, cette entreprise se révéla difficile jusqu'en 1770, puisque les colonies britanniques du Nord disposaient déjà d'agneaux de races hollandaise et écossaise. Dans les plantations, la bière était souvent brassée sur place, mais les propriétaires de plantations devaient se procurer par troc le houblon et l'orge qui poussaient très mal dans ce climat subtropical. Dans les villes qui disposaient de ports naturels, comme Baltimore et Charleston, les planteurs échangeaient leurs récoltes contre les épices venues du nord des Antilles, par exemple le piment, le gingembre, la cardamome et la noix de muscade. Les fruits comme les pommes, les pêches et les poires avaient été introduits en Amérique par les premiers colons, et les vergers prospérèrent très tôt : la Berkeley Hundred Plantation, l'une des premières plantations de Virginie, dispose de registres sur la culture des pommes Catshead dès 1638. La première mention qui soit faite de la culture du pêcher dans les colonies britanniques se trouve dans le testament de George Minifie en 1645 : cette culture est encore aujourd'hui extrêmement importante pour l'économie du Sud. Tous ces fruits ont probablement été introduits dans le Nouveau Monde afin de pouvoir fabriquer du brandy, du cidre et du poiré, qui étaient des boissons de base à table (l'eau était rarement bue en raison de sa mauvaise qualité sanitaire). D'autres alcools arrivaient souvent dans le Vieux Sud en contrebande, le roi d'Angleterre n'ayant aucun intérêt à enrichir d'autres nations. Ainsi le xérès, le porto et le madère de la Péninsule Ibérique, le clairet de France et la canne à sucre des territoires néerlandais, espagnols et français des Caraïbes étaient très populaires : à l'époque moderne, le "planter's punch" et le "syllabub" qui sont servis à Noël dans le Sud sont en grande partie pour l'un, une réinterprétation du de l'ancienne recette médiévale du et pour l'autre une interprétation de la recette ancienne de l'époque Tudor, réinterprétations qui impliquent des quantités massives de rhum des Caraïbes. Le porc était un aliment de base de la table de toutes les classes. Les dossiers tenus dans les plantations indiquent que des dizaines de porcs étaient engraissés avec des arachides ou des noix, des châtaignes, des noix de caryer et des glands pendant huit mois, puis ils étaient abattus en novembre, avant les premières neiges. Les jambons étaient fumés et conservés au frais et au sec afin d'être consommés pendant le reste de l'année et même le plus pauvre paysan des montagnes faisait un voyage annuel dans les ' (plaines) pour y troquer ses meilleurs porcs, tout en en gardant quelques-uns pour lui-même. Les Amérindiens avaient fait connaître les noix et les fruits comme l'asimine, les noix de noyer noir, les plaquemines de Virginie, les bleuets, les fruits de la liane de grenade et les noix de pécan qui ont été intégrés dans des recettes en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles. Les Sudistes ont appris des Amérindiens à fabriquer un produit alimentaire essentiel à la cuisine du Sud : le "hominy", où les grains de maïs sont traités avec une solution alcaline ("lessi") pour créer un type de farine. De la mer venaient les crabes bleus, et un seul crabe bleu pouvait peser jusqu'à un kilogramme ; au printemps, les colons attendaient avec impatience le retour de l'alose savoureuse et du gaspareau, qui seraient fumés, un peu comme le faisaient les Écossais. L' (ragoût d'huîtres), même si c'était à l'origine un aliment pour pauvres en Angleterre, est devenu un mets célèbre servi aux tables des classes moyennes et supérieures. Les eaux côtières du Sud ont encore aujourd'hui des bancs d'huîtres qui sont visibles à marée basse et, à l'époque coloniale, ils faisaient plusieurs fois la taille des bancs d'huîtres européens, promesse de festin. Une autre influence allait changer la cuisine américaine à jamais : celle des esclaves africains. La plupart d'entre eux venaient d'Afrique occidentale, de ce qui est maintenant la Sierra Leone, le Ghana, la Gambie, le Bénin, la Côte d'Ivoire, le Nigeria, le Mali, le Sénégal et l'Angola. Ils apportèrent avec eux les méthodes de cuisson et les ingrédients qu'ils connaissaient, en particulier les femmes, qui étaient responsables de la cuisine dans ces sociétés. D'Afrique, les esclaves étaient souvent menés dans des campements de la mer des Caraïbes, à Cuba, à la Jamaïque, à Haïti) afin d'y être dressés au travail des plantations ; c'est là que les esclaves apprirent à travailler avec de nouveaux produits, comme la canne à sucre, et de nouvelles méthodes, comme le dépeçage du bétail. En tant qu'esclaves, ils devaient souvent se contenter de ce que leur maître voulait bien leur accorder. L'objectif principal du propriétaire d'esclaves était la rentabilité. Il cherchait à nourrir et vêtir ses esclaves à moindre coût : les cornilles et les furent introduits en Amérique au dans ce but, car ces plantes produisaient en abondance à peu de frais et pouvaient contribuer à nourrir des centaines de personnes à la fois si nécessaire. Des sources archéologiques laissent à penser que les premiers propriétaires d'esclaves ne nourrissaient pas suffisamment leurs esclaves pour qu'ils restent en bonne santé, et la malnutrition était courante, surtout chez les enfants. Sur la plantation, les esclaves pouvaient élever leurs propres poulets, et une oie de temps en temps pour les plus chanceux (leurs maîtres ne pensaient pas que cela les détournait de leur travail), mais les morceaux de viande les plus nourrissants, en particulier ceux de bœuf et de porc, étaient réservés au maître et à sa famille : un esclave pouvait être sévèrement battu pour avoir volé ou vendu les jambons que lui et ses frères avaient contribué à fabriquer au mois de novembre, et le nombre de Noirs qui avaient accès à la cave était de toute manière restreint, parce que la plupart des esclaves travaillaient dans les champs de l'aube au crépuscule. Les esclaves avaient droit aux restes de l'abattage, le plus souvent les abats, la tête, les pieds, ou les morceaux de viande moins nobles comme le "" (la poitrine). Dans beaucoup de grandes plantations, les esclaves et leur famille pouvaient cultiver un petit jardin derrière leur cabane, mais tout ce qui y poussait devait avoir l'approbation du maître : les esclaves n'avaient pas le droit d'avoir de l'argent, et c'était le maître qui achetait les graines. Pour difficile et cruelle que fût la vie des esclaves, du point de vue culinaire, elle n'était pas totalement impossible : elle obligea les femmes à devenir très créatives, à utiliser des denrées négligées par les Blancs et à se rappeler les traditions orales, transmises de mère en fille de génération à génération. Le piment était totalement inconnu des Britanniques, mais il était présent en Afrique occidentale depuis son introduction par les Portugais dans les années 1500. Il était fréquemment cultivé dans les jardins d'esclaves et couramment utilisé dans leur cuisine. Le poisson-chat, qui vit dans la vase et qui était pour cette raison dédaigné par les Blancs, était servi pané et frit à la table des esclaves et y représentait une source importante de protéines. Les écureuils, les lapins et les tortues étaient chassés avec ardeur et entraient dans la composition de ragoûts et de soupes. Le mot anglais américain local pour la tortue "cooter" vient du mot bambara, "kuta". Il a probablement obtenu son nom en anglais américain des esclaves africains qui ont remarqué la présence de tortues de la taille d'assiettes dans les rivières et les rizières du Sud (assez grand pour que leurs femmes en fassent un ragoût) Le gombo, les ignames, les patates douces et les aubergines étaient la base de l'alimentation de même que les melons de toutes sortes ; les arachides sont arrivées en Virginie avec des esclaves venus des Caraïbes au . L'apport le plus important fut cependant celui du riz : les analyses ADN montrent que le riz de Caroline est génétiquement issu de cultivars de riz connus seulement en Afrique occidentale, sur le Golfe de Guinée. Les Européens et leurs descendants ne savaient pas cultiver ni récolter le riz. Cependant, il y avait là moyen de gagner des fortunes, et les négriers étaient prêts à payer plus pour des esclaves qui connaissaient les techniques d'irrigation, de récolte et de soins à donner au riz. Au moment de la récolte, les femmes battaient le riz dans d'énormes mortiers avec des pilons en bois. Il était ensuite passé au crible dans de grands paniers ronds en herbes tressées, presque identiques à ceux en usage en Afrique, afin de séparer le grain de son enveloppe. Avec le temps, les îles au large des côtes marécageuses de Caroline du Nord et Caroline du Sud ont été transformées en d'immenses fermes pour la production du riz, ce qui rendit leurs propriétaires énormément riches, rivalisant avec la noblesse d'Europe. La dernière catégorie dont l'influence se fit sentir dans les colonies britanniques est celle des montagnards. La majorité d'entre eux venaient du Nord de l'Angleterre, d'Irlande, et des Highlands d'Écosse ; certains étaient venus directement (les victimes des évictions des Highlands) ou indirectement (ceux qui venaient d'Ulster et les réfugiés jacobites). La plupart de ces colons arrivèrent en Amérique trop tard pour profiter des terres arables qui avaient déjà été distribuées à l'est et ils durent par conséquent aller s'implanter dans des terres inoccupées. Ils étaient méprisés en Europe et, parce qu'ils avaient souvent dû travailler sur des terres qui ne leur appartenaient pas avant de pouvoir devenir eux-mêmes propriétaires, un nouveau terme les a désignés, d'après la couleur de leur cou, acquise au travail au soleil : "redneck". Une des plus grandes contributions culinaires de ce groupe peut se résumer par cette expression gaélique : "uisce beatha". À cette époque, de nombreuses formes traditionnelles de distillation étaient interdites : la première interdiction du "peatreek", du "poitìn" et du "moonshine" date du règne de Charles II d'Angleterre (beaucoup de ces méthodes sont toujours interdites dans l'Union européenne). Toutefois, la distance de entre Londres et l'Amérique rendait la loi pratiquement impossible à appliquer. Les hommes des montagnes eurent tôt fait de profiter des nombreux cours d'eau pure et claire de leur nouveau pays afin de s'y livrer à la distillation. Au fil du temps, ils apprirent des Amérindiens d'autres méthodes, principalement parce que l'orge et la tourbe n'étaient pas disponibles dans les Appalaches : ils commencèrent à utiliser des fûts fabriqués avec du chêne autochtone et à fumer leur malt sur le bois du noyer blanc et l'érable à sucre. Ils ont également abandonné les ingrédients traditionnels (flocons d'avoine, orge, pommes de terre) pour le maïs et le sucre. Le whisky américain était né et son seul inconvénient était le mépris dans lequel le tenaient les classes supérieures qui lui préféraient le vin de Madère, moins alcoolisé. Le régime alimentaire de ces colons reposait essentiellement sur les bouillies de céréales comme le gruau et sur les produits laitiers comme le lait caillé. La friture était le mode de cuisson préféré : il est probable que ce sont eux qui ont inventé le poulet frit par souci d'économie. De petits bosquets de pommiers étaient plantés non loin des lieux d'habitation car les pommes étaient pressées pour faire du cidre ou séchées et conservées avec soin dans des tonneaux : par temps de gel, lorsque la terre était stérile, elles représentaient une réserve de vitamines A, D et E, nécessaires à la survie. Les habitants des Appalaches faisaient cuire des sortes de crêpes avec de la pâte sans levain sur des "bakestones", sortes de plaques à frire circulaires et ces gâteaux étaient connus sous le nom de "clapbread", "griddlecakes" et "pancakes", mais à cette époque la recette était plus susceptible de comporter de l'avoine, un peu comme en Écosse. Bien que la pomme de terre soit originaire d'Amérique du Sud, elle ne fut consommée en Amérique du Nord qu'à partir du , quand elle fut introduite dans le Sud par les colons du nord de l'Angleterre et sa culture devint alors aussi importante que celle du maïs. Les colons issus de cette classe sociale complétaient leur alimentation avec du gibier : le dindon sauvage, le wapiti, la bernache du Canada, la bécasse des bois et les pigeons furent vigoureusement chassés et fournissaient à ces descendants de Celtes un festin de roi si on compare leur alimentation avec celle de leurs cousins restés au pays. Il n'y avait pas à cette époque de commerce de boucherie dans la région, et la chasse était donc le seul moyen de se procurer de la viande. Lorsque Georges III interdit aux colons de posséder des fusils, il condamna à la famine, par ignorance et par bêtise, ceux-là mêmes qui avaient aidé son père à gagner la guerre de la Conquête. Chefs des. À la télévision : Julia Child (de 1963 aux années 1990), puis, dans les années 1970 et 1980, James Beard et Jeff Smith. Ming Tsai dans les années 1990 et début des années 2000. Autres cuisiniers notables : Thomas Keller, Alton Brown, Charlie Trotter, Grant Achatz, Alfred Portale, Jasper White, Cat Cora, Jacques Pépin, Paul Prudhomme, Paul Bertolli, Paula Deen, Mario Batali, Alice Waters, Emeril Lagasse, Cat Cora, Bobby Flay, Ina Garten, Tom Colicchio et Todd English. Repas. Petit déjeuner "(breakfast)". Le petit déjeuner nord-américain, ou ', est pour l'essentiel une variante du petit déjeuner anglais : œufs au plat ou brouillés, lard ou saucisse, auxquels on ajoute parfois des galettes de pommes de terre sautées ou une poêlée de celles-ci. Aux œufs se substituent des mets sucrés comme les crêpes (pancakes), les gaufres ou le pain perdu, tous les trois au sirop d'érable. Le tout s'accompagne des muffins, des fruits, mais le plus souvent de toasts : deux ou trois tranches de pain de mie grillées, tartinées au beurre ou à la confiture. Dans les États du Sud-Est, on préfère au toast des petits pains épais faits de babeurre dits "biscuits", tartinés au beurre et à la confiture, ou bien arrosés de "gravy" ("biscuits and gravy") ; sinon, on prend des ', c'est-à-dire le gruau de maïs soit au beurre soit trempé du jus de viande. Aujourd'hui, le petit déjeuner traditionnel est habituellement réservé au week-end et aux grandes occasions en raison du temps nécessaire à sa préparation de même que de la quantité de calories en cause. La version allégée d'un petit déjeuner américain, dit "continental breakfast", se réduit au yaourt, aux flocons d'avoine ou aux céréales au lait, et s'accompagne de fruits, notamment des cantaloups, des bananes, des bleuets, des fraises et des mûres. Les pâtisseries tels que les beignes ("donut") et les roulés à la cannelle sont fréquentes. Des boissons comme le jus d'orange, de pomme, d'ananas ou de canneberge accompagnent le repas. Contrairement aux mœurs retenues dans d'autres anciennes colonies britanniques, les Américains ne boivent plus de thé au petit déjeuner. Le café est la boisson de choix depuis 1773, date à laquelle le parlement britannique voulut forcer les colons américains à payer un lourd impôt sur le thé importé. C'est en signe de protestation que les Américains commencèrent à boire du café. Le café américain est généralement légèrement caféiné (moins que la plupart des marques françaises) et servi avec du sucre et de la crème. Il est rarement servi dans une tasse, mais le plus souvent dans un mug ou dans un gobelet en carton. Déjeuner ("lunch"). En Europe, le déjeuner est généralement le repas principal de la journée. L'Amérique, qui suivait un rythme plus agricole, négligeait le repas du midi au profit du petit déjeuner, jugé nécessaire pour se lancer au travail, ainsi que le dîner, repas pris relativement tôt. Le déjeuner n'a été pendant longtemps qu'une collation. Les entreprises restent généralement ouvertes en journée continue jusqu'au coucher du soleil. Les pauses pour ce repas sont brèves, habituellement un peu plus d'une heure. Les repas à ce moment de la journée sont généralement très simples et en particulier comprennent des soupes, des sandwichs ou des hotdogs et des salades, des aliments qui peuvent être préparés et consommés rapidement, de sorte que les gens puissent se remettre au travail rapidement. Généralement, les gens ne rentrent pas chez eux pour le repas du midi et très peu vont au restaurant, sauf pour des déjeuners d'affaires. Les adultes, qui doivent retourner au travail peu de temps après avoir terminé leur repas, restent près de leur bureau ; certains bâtiments ont des cafétérias où la nourriture préparée depuis le matin est prête vers midi. Les enfants ne quittent pas l'école avant et généralement mangent aussi dans une cantine avec leurs amis plutôt qu'en famille. Dîner ("dinner"). Le dîner, ou ' ("supper" selon les régions), est le repas principal de la journée. Les raisons de cette habitude remontent à l'ère puritaine, où la paresse était considérée comme un péché et le plaisir devait être mérité, y compris celui du repas quotidien. Le mot anglais américain ' signifie en français littéralement « celui qui gagne son pain ». Plus tard, les agriculteurs et les ouvriers (dont les croyances religieuses n'avaient rien de commun avec celles des puritains) ne pouvaient que rarement faire une pause longue à midi. Dans les usines du , les syndicats n'existaient pas encore et si un travailleur partait au milieu de la journée, il risquait de perdre son poste ou son salaire pour la journée. À la ferme, des familles entières travaillaient, même les enfants, et s'arrêtaient brièvement à midi pour avoir un petit repas. Quant aux classes moyennes, leurs entreprises devaient être ouvertes en permanence pour servir les clients en continu. Par conséquent, pendant la plus grande partie de l'histoire américaine, le dîner a presque toujours été le repas principal en fin de journée quand il est enfin temps d'être ensemble. La cuisine est généralement de vastes dimensions, y compris dans les appartements. Elle sert de lieu de réunion et de discussion aux parents et amis et c'est là que les enfants apprennent à faire la cuisine avec leurs parents. La cuisine est littéralement au cœur de la maison, à côté du ' (salle de détente) ou bien directement reliée à la salle où se trouve la table familiale. La cuisine américaine est conçue pour pouvoir abriter, outre les classiques marmites et casseroles et leurs équivalents plus exotiques tels que woks et ', divers gadgets électroniques comme les batteurs multifonctions, sorbetières, fours doubles, micro-ondes, robots de cuisine, grille-pains et mixeurs qui, pour certains, sont devenus populaires dès le début du aux États-Unis et au Canada et qui font partie intégrante de la manière de faire la cuisine à l'américaine. Dans l'Amérique du , le dîner en famille est toujours un évènement social ainsi qu'une fonction nécessaire : depuis près de cent ans, le cinéma américain et les médias reflètent fidèlement la pratique de la réunion de la famille autour de la table. Le dîner commence habituellement au coucher du soleil, lorsque la majorité des entreprises ferment et que les adultes sont en mesure de partir en voiture et d'aller chercher leurs enfants. À 17 h 30, les enfants et les adolescents ont terminé leurs activités extrascolaires, les plus jeunes sont sortis de la garderie et tous sont prêts à se réunir avec leur famille ainsi qu'à s'occuper de leurs devoirs ou des tâches ménagères. Une fois que chacun est à la maison, un des deux parents prépare le repas dans la cuisine puis, tous assis autour de la table, rendent grâce ; ils mangent, ils discutent, et surtout ils se rapprochent. Les différents plats ne sont jamais servis les uns après les autres, sauf lors de repas de cérémonie ou de dîners pris dans un restaurant de luxe. Les repas à la maison sont servis ', à la mode familiale. Le plat de service, copieusement garni, est passé autour de la table, et chacun se sert, y compris le bébé dès qu'il est en âge de manger ce qui est proposé. Le service de table est très simple : une grande assiette, une cuillère, un couteau et une fourchette, un grand verre rempli de glace pour rafraîchir la boisson. La fourchette est tenue dans la main directrice, comme une cuillère, les dents tournées vers le haut. La salade, lorsqu'il y en a, est habituellement coupée en morceaux et servie en accompagnement. Plusieurs types de mets, comme le maïs en épi, le poulet frit, les tacos, les homards, et même quelques pâtisseries, comme les ' et les cookies, se mangent avec les doigts, ce qui explique la coutume de se laver les mains avant de s'asseoir pour manger. C'est un repas généralement plus élaboré que celui servi au déjeuner, et on peut y trouver de tout ou presque : un ragoût, un potage, une viande rôtie, un mets en cocotte, du poisson, des pâtes, ou même des sautés similaires à ceux d'Extrême-Orient. Le vin et l'alcool sont généralement absents, car il n'est pas habituel de boire devant les enfants en dehors des grandes occasions. L'attitude actuelle de l'Amérique envers la cuisine est comme sa culture, une mosaïque extrêmement éclectique où tout est permis, ce qui se manifeste à l'heure du dîner en particulier. Les enfants sont habitués à manger des mets d'origines très diverses dès le plus jeune âge. Échanger des recettes entre voisins de différents groupes ethniques n'est pas rare, ce qui a contribué et contribue encore à l'élaboration de nouvelles recettes typiques de la gastronomie américaine. Mets principaux. Sandwichs. Les sandwichs américains ne nécessitent généralement pas de couverts. Sauces, condiments et pâtes à tartiner. Miels américains. L'abeille n'est pas originaire d'Amérique du Nord. Elle y a été introduite par les Européens à différentes époques. Les Amérindiens qui virent les abeilles s'échapper pour former des ruches dans la nature furent souvent intrigués par l'apparition de miel et par sa signification pour leurs religions animistes. Aujourd'hui, les États-Unis produisent connues de miel, dont bon nombre n'existent nulle part ailleurs. Dans le Sud, le miel est encore souvent servi cru avec un rayon de miel dans le pot, une tradition provenant des Français et des Anglais. Dans le Nord, c'est souvent un miel crémeux. Énumérées ici sont quelques-unes des espèces les plus importantes. Vins et boissons alcoolisées. L'alcool est consommé en Amérique depuis l'époque coloniale, depuis le moment où la bière est arrivée au Nouveau Monde avec les premiers colons britanniques en 1607. Les premiers vins de Californie remontent vers 1779, après la plantation par un moine espagnol de la première vigne dans un monastère près de ce qui est aujourd'hui la ville de San Diego. Entre 1775 et 1830, les moines franciscains plantèrent des figuiers, des ceps de vigne du cépage Listán Prieto de Castilla et une variété ancienne d'olivier. Les oliviers et les vignes fournissaient à la fois pour la table et pour l'administration des sacrements (l'huile d'olive sert à la fabrication du Saint chrême). Sous l'égide de la mission principale de San Diego, les plantations se poursuivirent à Santa Barbara, à San Juan Capistrano et plus particulièrement à la très petite église d'où naîtrait un jour la ville de Los Angeles. Le nom complet de cette petite église, église-fille de celle de San Gabriel Arcangel, est "Nuestra Señora Reina de Los Ángeles del Río Porciúncula", ou en français, « Notre-Dame, Reine des Anges de la rivière Porciúncula », nom très révélateur de son objectif initial et de son histoire agricole. Les Français et les Anglais tentèrent à plusieurs reprises de planter des vignes dans l'est des États-Unis ; même Thomas Jefferson s'y essaya à Monticello. Ils ignoraient malheureusement comment se défendre du phylloxéra et de plus les cépages choisis étaient souvent mal adaptés au climat. Par exemple, le cabernet franc est originaire d'Aquitaine où le temps est pluvieux et où les températures dépassent rarement en été et ne tombent que rarement sous en hiver. Il ne pouvait pas survivre dans un climat où les températures estivales dépassent et les températures hivernales tombent sous . Les premiers colons de Caroline du Nord avaient essayé de faire du vin avec le raisin Scuppernong, bon raisin de table qui s'était révélé décevant pour la vinification. Presque deux siècles s'écoulèrent avant que des immigrants allemands arrivés à New York ne découvrent comment greffer leurs rieslings qui résistaient au gel sur les plants de vignes autochtones, créant finalement des vignobles dans l'est du pays. Le rhum est connu aux États-Unis depuis le et y est encore aujourd'hui couramment consommé, à la maison comme dans les débits de boissons. Au et au , la mer des Caraïbes fut un centre majeur pour le commerce de fruits et d'épices qui ne pouvaient pas être cultivés en Europe, y compris la canne à sucre. Les treize colonies britanniques d'origine (en particulier la Nouvelle-Angleterre) en profitèrent pour développer l'industrie de la construction navale et le commerce : les navires revenaient de la Caraïbe avec la canne à sucre que les marchands transformaient en mélasse, l'ingrédient clé de la fabrication du rhum. Le gouvernement britannique poussa les colons à utiliser le rhum comme monnaie d'échange pour acheter des esclaves en Afrique, encourageant ainsi le commerce triangulaire, et quand les colons se mirent eux-mêmes à consommer du rhum, le roi interdit aux colons de commercer avec les territoires espagnols et français de la mer des Caraïbes, voulant ainsi les forcer à échanger exclusivement avec les colonies britanniques de cette zone. C'est là une des causes de la guerre révolutionnaire américaine : la contrebande avec les Caraïbes (y compris pour le rhum) était très répandue. Aujourd'hui, il existe deux types de rhum qui sont populaires aux États-Unis, l'un qui obéit au goût britannique et dans lequel la saveur de mélasse est prononcée, et l'autre plus léger, correspondant davantage au goût espagnol comme à Porto Rico et à Cuba. Dans le Sud-Ouest, les boissons alcoolisées préférées, tout comme la cuisine locale, ont subi l'influence extrêmement forte des hispanophones. Cette partie du pays n'a été pleinement intégrée aux États-Unis qu'en 1912. Aujourd'hui, les vagues d'immigrants venues d'Amérique centrale et du Mexique ne font que renforcer l'influence hispanique des origines. Les cowboys de l'époque de la conquête de l'Ouest buvaient de la tequila dont la recette était héritée des colons espagnols qui les avaient précédés de plus d'un siècle. La tequila était très populaire car elle était facile à distiller (les agaves se trouvant aussi bien dans le désert des États-Unis qu'au Mexique) et elle pouvait servir pour le troc dans les épiceries-bazars ou dans les postes de traite. Elle se conservait plus longuement que d'autres alcools au chaud dans une sacoche et comme les mineurs et les "homesteaders" (les bénéficiaires du Homestead Act) avaient pour elle un penchant égal, c'était une boisson de base dans les saloons. Sa distillation s'opérait souvent à l'échelle locale car le reste de la nation ne commença à s'y intéresser que dans les années 1920. Les États-Unis et le Mexique ont connu des conflits au sujet de la fabrication de la tequila qui ont été résolus en 1996 par l'ALENA (le gouvernement mexicain était mécontent de ce qu'il considérait comme un vol de propriété intellectuelle, en particulier après 1950). La tequila est aujourd'hui un élément essentiel utilisé dans les bars et dans la cuisine (on l'ajoute dans les sautés, comme on le ferait d'un vin ; on l'utilise aussi pour les grillades). Des produits similaires venus d'Amérique hispanophone, comme la "chicha", le mezcal et le "pulque", qui avaient été longtemps absents de la région, y ont fait leur retour sous l'influence des nouveaux immigrants. Il est très fréquent de mélanger différents types d'alcool avec toutes sortes de liquides pour créer des cocktails, dont les recettes se comptent par milliers. On trouve de tout, du classique whisky-coca jusqu'au poinsettia, dans lequel un vin mousseux de qualité comme un champagne français ou, plus rarement, un spumante italien, est mélangé avec du jus de canneberge (la couleur en est rouge sang, un peu comme les fleurs de la plante mexicaine qui lui a donné son nom, et qui est une décoration de Noël courante dans les foyers nord-américains). Les cocktails portent parfois des noms humoristiques. Par exemple, le "duck fart", le "fuzzy navel", et la "car bomb" (en français : le « pet de canard », le « nombril velu », et la « voiture piégée ») sont tous d'authentiques cocktails américains. La plupart des noms sont inspirés par la composition du cocktail (ou dans le cas du "duck fart", sa couleur jaune). Cependant, le nom peut être trompeur. Il y a ainsi un cocktail appelé "Long Island Iced Tea" qui ne contient pas de thé, mais qui a une très forte concentration de plusieurs alcools différents. Le Coca-Cola est son ingrédient principal. Le cidre de pomme est disponible aux États-Unis en deux variétés : l'une, appelée cidre, a un taux d'alcool d'environ 12 %, et l'autre, appelée cidre doux, totalement dépourvue d'alcool, est consommée par tous, enfants et adultes. La première variété est commune dans le nord-est du pays (notamment au New Jersey). La seconde, de couleur ambrée, est une sorte de jus de pomme. Ce second genre de cidre est celui qui est généralement consommé en famille à Noël ou pour l'Action de Grâce et il est alors consommé chaud avec des épices infusées, comme du vin chaud. Cidres et autres boissons alcoolisées. Le cidre a une très longue histoire aux États-Unis, et en fait c'était l'un des tout premiers alcools produits dans le colonies britanniques au . Nicholas Spencer, un parent éloigné de Diana, princesse de Galles, était autrefois le secrétaire de la Virginia House of Burgesses. En 1676, il se lamenta un jour sur la cause des émeutes de ces deux dernières années : « "All plantations flowing with syder, soe unripe drank by our licentious inhabitants, that they allow no tyme for its fermentation but in their braines." » (traduction approximative en français : Toutes les plantations donnent beaucoup de cidre, et nos résidents licencieux n'attendront même pas qu'il fermente complètement pour le boire et s'enivrer). Cent ans plus tard, John Adams a déploré la qualité de l'alcool à Philadelphie et a écrit une lettre à sa femme, Abigail, lui disant combien il souhaitait pouvoir goûter sa recette. Malheureusement, le temps n'était pas clément pour cette boisson. Au cours du , sa popularité a décliné, en partie à cause des immigrants d'Europe centrale et orientale et aussi de l'explosion d'immigrants d'Irlande : tous préféraient la bière, en particulier les lagers et les pilsners, et dans le cas des Irlandais, le whisky et le poítín, beaucoup plus forts esprits. Au moment de la Prohibition, la boisson a à peine survécu en Nouvelle-Angleterre. Cela n'a pas empêché les fanatiques de la ligues de Temperance de brûler ou d'abattre des pommiers contenant des pommes à cidre pour s'assurer qu'aucun alcool ne serait brassé à partir de la récolte … et plus tard, des agents fédéraux ont suivi les fanatiques, avec le Volstead Act comme excuse. Le livre "The Cider House Rules" montre à juste titre que la plupart des pomiculteurs de la Nouvelle-Angleterre sont passés à la production de cidre sans alcool dans les années 1940, lorsque les événements du roman se déroulent. C'est resté ainsi jusque dans les années 1980. À cette époque, certains des anciens équipements de cidre de la Nouvelle-Angleterre étaient réparables et l'interdiction avait été abrogée depuis de nombreuses années. Des lois plus récentes ont permis dans certaines juridictions de créer de l'alcool à la maison pour un usage personnel. La Californie avait remporté le Jugement de Paris au cours de la décennie précédente et la demande de vin californien est montée en flèche. Certains des équipements utilisés par ces vignerons particuliers pouvaient également être utilisés pour la fabrication du cidre : les vignerons californiens pouvaient également être invités à fournir tout équipement excédentaire dont ils disposaient. Des catalogues existaient également. À Boston, il y avait aussi une importante communauté d'expatriés irlandais qui maintenait la préférence pour le cidre, comme en témoigne l'exportation du cidre Bulmer vers la Nouvelle-Angleterre vers la fin du . Aujourd'hui, après une très longue absence, le cidre est de retour. De nombreux États des deux côtes distillent au moins une marque de cidre, généralement d'un type très similaire aux styles anglais, mais plus léger et sucré. Il existe une multitude de brasseurs locaux et aussi de marques nationales, comme Woodchuck Cider. Les anciennes variétés de pommes plantées dans les années 1920, les survivantes, sont redécouvertes sur des terres abandonnées et sont soigneusement cataloguées et expérimentées. Par exemple, la Napa Valley en Californie est très célèbre pour ses vins, mais peu de gens en dehors des États-Unis savent qu'avant de faire pousser des raisins de cuve, ils faisaient pousser des pommes. Aujourd'hui, un petit nombre de ces arbres survivent encore, généralement du cultivar Gravenstein. , à l'origine un cultivar de pomme danois. Auparavant, cela ne valait presque rien en tant que récolte, perdant la bataille contre les vignobles, mais aujourd'hui, il est à nouveau rentable de vendre la récolte aux cidreries.La ville de New York se trouve juste à l'extérieur de la vallée de l'Hudson, qui cultive des pommes depuis des siècles. Il est devenu courant d'avoir du cidre à la pression dans les tavernes. Bières. La production de bière est très diversifiée aux États-Unis et les marques les plus célèbres dépendent de la région. À part des bières les plus connues, comme le Budweiser, chaque région est dotée d'une variété de microbrasseries, le nord-ouest et la Nouvelle-Angleterre ayant le plus grand nombre "per capita" :
Danemark Le Danemark, en forme longue le royaume de Danemark ou le royaume du Danemark (en et "), est un pays d’Europe du Nord et de Scandinavie. Son territoire métropolitain est situé au sud de la Norvège, de laquelle il est séparé par le Skagerrak, au sud-sud-ouest de la Suède, le Cattégat faisant office de frontière naturelle avec cette dernière et au nord de l'Allemagne, seul pays avec lequel il partage une frontière terrestre, outre le Canada depuis la résolution du conflit portant sur l'île Hans. Sa capitale et sa plus grande ville est Copenhague. Le royaume de Danemark est aussi composé de trois pays constitutifs réunis sous l'entité politique de l'Unité du Royaume : d'une part, le Danemark métropolitain, constitué de la péninsule continentale du Jutland, ainsi que îles, les plus grandes étant Seeland, sur laquelle est située Copenhague, Vendsyssel-Thy et la Fionie, et d'autre part, les Îles Féroé et le Groenland, respectivement dans l'océan Atlantique Nord et l'océan Arctique. Le Danemark métropolitain couvre une superficie de , ce qui en fait le plus petit État de Scandinavie, mais il a une superficie totale de en incluant les îles Féroé et le Groenland. II est peuplé, en 2020, de d'habitants. Son territoire, au relief peu accidenté, est composé essentiellement de surfaces propices aux activités agricoles et de buttes issues de dépôts glaciaires. Monarchie constitutionnelle depuis 1849, le Danemark est une démocratie parlementaire et le monarque, actuellement la reine , n'exerce qu'un rôle symbolique dans le fonctionnement de ses institutions. Le Danemark existe en tant que tel depuis le , lorsque Harald, premier roi du Danemark, a réalisé l'unité de la région. Son histoire est intrinsèquement liée à celle du reste du continent européen. Participant des invasions vikings jusqu'au , le Danemark a connu des luttes d'influence incessantes en vue du contrôle de territoires et de lieux stratégiques (Petit Belt notamment), en premier lieu avec la Suède et la Norvège, avec qui il a formé une union personnelle, le royaume de Danemark-Norvège jusqu'en 1814. Cette même union lui a permis d'acquérir les îles Féroé, le Groenland et un temps l'Islande. Des mouvements nationalistes à partir du agitent le pouvoir absolu de la monarchie. Une Constitution est instaurée en 1849, parallèlement à un « âge d'or » des arts et des sciences ainsi qu'une industrialisation poussée. Le pays s'oppose durant deux guerres à la Confédération germanique et est défait à l'issue de la seconde guerre du Schleswig de 1864, au terme de laquelle il est contraint de céder son territoire méridional, le duché du Schleswig, qu'il ne recouvrera qu'en partie après la Première guerre mondiale bien que le pays y soit demeuré neutre. Le Danemark a été envahi par le Troisième Reich pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a connu un développement au cours du de son État-providence basé sur un haut système de protection sociale, aujourd'hui l'un des plus avantageux au monde. Son économie est de nos jours l'une des plus développées au monde, le PIB nominal par habitant en 2013 étant au sixième rang. Avec son haut niveau de vie, le Danemark est régulièrement dans le peloton de tête des classements des indicateurs de performance sociale (ex : IDH), et la population danoise est souvent citée comme la plus heureuse du monde. Membre fondateur de l'OTAN, du Conseil nordique, et des Nations unies, le Danemark est membre de l'Union européenne depuis 1973 et de l'espace Schengen. Néanmoins il n'est pas membre de la zone euro et continue d'utiliser sa propre monnaie, à savoir la couronne danoise. Toponymie. " signifierait littéralement « le champ des Danes », soit une région peuplée par les Danes, un peuple scandinave installé sur l'actuelle péninsule du Jutland. Ce champ correspondrait à sa position entre la Germanie et les pays nordiques. Cette étymologie est encore sujette à débats par les linguistes. "Dan" pourrait dériver d'une racine germanique signifiant "plaine", "terre plate". "Mark" pourrait être similaire au français "marches" (au sens de "limite", "frontière"). Il est devenu Danemark en français. Histoire. Le Danemark a toujours tenu un rôle majeur en Europe du Nord. Son histoire est intrinsèquement liée à celle-ci, aux termes de luttes d'influence et de contrôle de territoires sur toute la région de la Scandinavie. Préhistoire et Antiquité. Les premières traces humaines au Danemark remontent à l'Âge de pierre. Le Jutland et les îles danoises sont peuplés depuis plusieurs milliers d’années, la Culture de Bromme, des tribus utilisant des outils en pierre, à la fin du Paléolithique supérieur (à partir de 11300 ) ayant été découverte à l'ouest du Seeland. L'âge du bronze danois se situe entre - 1400 et - 450. Les spécialistes pensent que les chars solaires illustrent un important fondement mythologique de l'âge du bronze. C'est à cette période que se forment des communautés rurales notoires. Pendant l'âge du fer (500 - 1 ), le climat du Danemark et de la Scandinavie méridionale devient plus frais et plus humide, limitant l'agriculture et forçant les groupes indigènes à émigrer vers le sud, en Germanie. La culture nordique subit fortement l'influence de la civilisation romaine, notamment apportée par les provinces romaines de Germanie, proches du Danemark avec lesquelles il entretient des relations commerciales. C'est à la même époque qu'émerge le monde germanique, caractérisé notamment par des langues communes. La région connait une grande période de migration à partir du à la suite de la chute de l'Empire romain et la montée en puissance des « royaumes barbares ». Une tribu, appelée "Daner", vraisemblablement originaire de la Scanie, s'installe au Jutland et dans les îles alentour, ainsi que d'autres tribus germaniques. Leur instabilité chronique et leurs divisions incessantes au cours du et des suivants s'expliquent par les luttes d'influence entre les peuples de la Baltique. Époque viking, christianisation, naissance du Danemark. La population danoise se sédentarise tôt en comparaison des autres populations d'Europe du Nord, à partir du et apparaissent les premières villes, notamment Ribe et Hedeby. Plusieurs tentatives d'union du Danemark ont été réalisées avec plus ou moins de succès. La première en 705, avec une succession de rois danois plus ou moins légendaires, comme Harald Hildetand. Jusqu’au , les Danois participèrent aux expéditions vikings, colonisant, commerçant et pillant partout en Europe : Grande-Bretagne, empire carolingien, mais aussi Espagne. Cette activité essentiellement privée, qui n'est pas uniquement destructrice, opère une colonisation et une installation au long des rivages de l'Atlantique. La christianisation du Danemark se recoupe en partie avec l'époque Viking. En 725, l'archevêque d'Utrecht se rend au Danemark, tentant en vain de convertir le roi. Les évangélisations sont interrompues sous Charlemagne qui interdit que les missionnaires se rendent dans des territoires non soumis à son autorité. Sous le règne de Louis le Pieux elles reprennent à partir de 823, notamment sous l'impulsion de l'archevêché de Hambourg. L'archevêque Anschaire de Brême reçoit en 847 l'autorisation d'ériger une église au Schleswig. Le roi Harald fonde, dès son entrée au pouvoir avec son père Gorm l'Ancien aux environs de 940, trois évêchés au Danemark : Schleswig, Ribe et Aarhus. Le nom de Danemark apparaît pour la première fois sur les pierres de Jelling. Les inscriptions runiques commémorent à la fois l’unité du pays et sa christianisation réalisée par Harald « à la dent bleue » ("") qui règne sur un territoire s'étendant du Jutland à la Scanie. Il se fait baptiser vers 965 ; cette nouvelle religion, qui permet au pouvoir royal de recevoir un certain soutien de la part du Saint-Empire, lui permet aussi d'asseoir son pouvoir en organisant la purge d'opposants adorant les divinités païennes. Peu à peu, la religion chrétienne, d'abord le fait de missionnaires venus du reste de l'Europe, s'implante localement et l'Église danoise commence elle-même à se livrer à l'action missionnaire. Moyen Âge, luttes d'influences en Scandinavie. L'Église ne cesse d'étendre son influence séculaire. La société agricole de est à la fin du une société aux normes apparemment féodales : un clergé puissant, une noblesse séculière de grands propriétaires terriens qui constitue le noyau de la défense du royaume, une bourgeoisie qui grandit en même temps que les villes et une paysannerie très nombreuse. Sous le règne de le Saint (1080-1086), la monarchie s'enrichit considérablement et contribue au rayonnement du Royaume, mais son pouvoir est contesté par son frère, , qui appuie des révoltes paysannes voyant d'un mauvais œil cet essor. est assassiné en 1086. Un moment fief du Saint-Empire entre 1153 et 1162, le royaume de Danemark redevient indépendant sous Valdemar le Grand qui impose une monarchie héréditaire. Sous son égide, le royaume entreprend au début du des conquêtes militaires vers la Baltique, comme l'Estonie, et l'Allemagne du Nord, devenant une puissance incontournable. À un moment ou à un autre, le royaume contrôla l’Angleterre, la Suède, la Norvège, la mer Baltique et des territoires en Allemagne. La peste noire décime la population danoise à partir de 1350, entraînant par là-même une crise économique et des bouleversements sociaux : la dynastie régnante, les Esthrithides, éteinte, entame une lutte de succession résolue sous l'impulsion de , qui, à partir de 1387, devient Reine du Danemark, de Norvège et de Suède avant de céder sa place à son petit-neveu, Éric de Poméranie, couronné le . Naît alors l'Union de Kalmar, où les trois royaumes qui conservent leur autonomie juridique et leur administration, s'accordent pour avoir le même roi et posséder des organes administratifs communs. Cette union, interrompue plusieurs fois, marquera un rapprochement culturel indéniable entre ces trois pays de la Scandinavie. Le Danemark prend la tête économique et politique de cet ensemble, face à la puissance des villes de la Hanse. La Suède recouvre son indépendance grâce à Gustave Vasa en 1523, notamment en mettant à profit le conflit entre la noblesse suédoise et le roi et force les Danois à quitter le territoire suédois. L'Union de Kalmar prend définitivement fin. La couronne de Norvège, en revanche, demeure unie à celle du Danemark pour former le Royaume de Danemark-Norvège. Période moderne, une puissance européenne majeure. La Réforme luthérienne s'impose après une guerre civile de déclenchée par une crise de succession : l'Église catholique refuse en 1533 de reconnaître l'élection de , converti au luthéranisme, mais cède finalement, et la Réforme devient religion d'État en 1536. Le Danemark s'enrichit durant le , en grande partie grâce à l'accroissement du trafic maritime dans l'Øresund. Le pays contrôlant les deux côtes du détroit du Petit Belt, il profite de la manne que représente la taxation des commerçants l'empruntant depuis la mise en place du péage en 1429. Sous les règnes de et de , le pouvoir royal s'attèle à la modernisation de l'économie du pays, notamment de l'agriculture, de la flotte marchande et du commerce maritime (la marine de guerre, pour sa part, connaît elle aussi une modernisation). Les nouvelles conditions favorisent l'apparition d'une noblesse aisée qui réduit les paysans au servage. Mais ce développement, encore accéléré par l'immigration massive de réfugiés hollandais après la guerre de Quatre-Vingts Ans aux Pays-Bas, se fait parallèlement à une rivalité persistante avec la Suède contre laquelle le Danemark entre en guerre à six reprises entre 1563 et 1720 : la partie sud de la Suède moderne, appelée Scanie (""), sera cédée par le Danemark à la suite du traité de Roskilde en 1658. Mais ces guerres incessantes causent dommages et destructions, et laissent les finances du pays exsangues, que le roi veut renflouer par la convocation des états généraux en 1660. La bourgeoisie et le clergé las des faveurs accordées à la noblesse par une monarchie élue par elle, provoque une insurrection qui conduit à l'hérédité de la succession et permet à d'instaurer une monarchie absolue durant cette même année. Le Danemark entame un nouveau mouvement d'expansion à partir du : il commerce avec le reste de l'Europe grâce à sa flotte marchande qui échange toutes sortes de produits avec des contrées de plus en plus lointaines : Chine, comptoirs aux Indes, Antilles. Le Royaume conserve le Groenland et l'Islande (dans l'Atlantique nord), colonies dont la couronne avait hérité des Norvégiens, mais il s'engage aussi dans la course aux terres à coloniser dans le reste du monde : il s'établit notamment à Tranquebar, sur la côte sud de l'Inde, en 1620, ou à Saint-Thomas dans les actuelles Îles Vierges américaines en 1671. Les compagnies coloniales danoises prospèrent particulièrement aux Indes et dans l'Afrique de l'Ouest notamment grâce aux comptoirs établis le long des côtes africaines pour le commerce des esclaves. à 1945, déclin relatif, nationalisme et démocratie. Le voit un déclin relatif de la puissance danoise. Allié forcé de pendant les guerres napoléoniennes, le Danemark est bombardé par l'Angleterre en 1807 et encerclé par un blocus portuaire par la flotte britannique. William Turner se rendit à Portsmouth en 1807, pour voir l'arrivée de deux navires danois capturés et faire des croquis sur lesquels cette peinture était basée. Le titre original de l'œuvre était "Spithead : deux navires danois capturés, entrant dans le port de Portsmouth". Au moment où le tableau a été exposé à la Royal Academy en 1809, le tollé politique contre l'opération était tel qu'il jugea opportun de changer le titre en «L'équipage du bateau récupérant l'ancre». Cette huile sur toile est conservée à la Tate Britain à Londres. L'économie danoise souffre énormément du blocus, ce qui conduit à la faillite de l'état danois en 1814. La Suède de Charles-Jean en profite pour attaquer le Danemark, forçant à signer le traité de Kiel le transférant le royaume de Norvège à la Suède, à l'exception du Groenland, de l'Islande et des îles Féroé, qui sont laissées au Danemark. Exsangue de ces revers militaires et économiques, en 1831, le pays dirigé par instaure des assemblées d'État provinciaux. Mais le mouvement nationaliste au Danemark devient de plus en plus puissant tout au long du . Dans le sillage des révolutions européennes de 1848, le Danemark devient une monarchie constitutionnelle avec la signature d'une première Constitution parlementaire le : la diète se compose de deux assemblées, le ("Chambre du peuple") et le ("Chambre des grands propriétaires"). Le règlement de la future succession au trône donne lieu en 1848 à des troubles entre nationalistes danois et activistes allemands, le Schleswig, le Holstein et le Lauenbourg ayant tenté à cette occasion de se séparer du Danemark, avec l'appui de la Prusse. À la mort de (1863), l'Allemagne réunie à Francfort réclame l'indépendance du Holstein et du Schleswig, ce qui donne lieu à deux guerres des Duchés dont la seconde en 1864 est désastreuse pour le Danemark : il est contraint de céder ces trois duchés. De 1815 à 1914, plus de trois cent mille Danois émigrent définitivement, la plupart vers les États-Unis. En 1901, le régime parlementaire est instauré "". Durant les premières décennies du , le nouveau Parti radical et le plus ancien Parti libéral se partagent le pouvoir. Les femmes obtiennent le droit de vote en 1915 et quelques-unes des colonies danoises sont vendues aux États-Unis. Durant cette période, le Danemark inaugure d'importantes réformes sociales et du marché du travail, jetant les bases de l'état-providence actuel. Resté neutre pendant la Première Guerre mondiale, le pays est néanmoins considérablement affecté par le conflit mondial : le commerce a été largement interrompu, suivi par l'instabilité financière en Europe. Néanmoins, le Danemark a repris en 1920 une partie du Schleswig-Holstein, le Nord-Schleswig à l'issue de deux plébiscites prévus par le Traité de Versailles. Bien que le Danemark se soit déclaré neutre au début de la Seconde Guerre mondiale, le , la Wehrmacht envahit son territoire, sans rencontrer de résistance, le roi étant conscient de la supériorité militaire du Troisième Reich. Le roi propose en vain à Adolf Hitler le régime du protectorat. Le pays fut occupé pendant toute la Seconde Guerre mondiale, dans des conditions toutefois beaucoup moins drastiques que dans les autres pays d'Europe : le Parlement put initialement maintenir ses sessions et la police resta sous contrôle danois. Malgré cela la population devint de plus en plus hostile aux Allemands ; les actes violents de résistance et l'organisation du sauvetage des Juifs, qui permit de faire évacuer et de protéger quelque 99 % de la population juive, conduisirent l'Allemagne nazie à considérer le Danemark comme territoire ennemi dès 1942 et à dissoudre le gouvernement danois en 1943. En 1944, l'Islande rompt l'union personnelle avec le Danemark, qui reconnait la séparation à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le pays fut libéré en . Depuis 1945, le Danemark contemporain. En 1948, les Îles Féroé obtiennent un statut autonome. En 1953, d'autres réformes politiques sont effectuées avec l'adoption d'une nouvelle constitution : le , la chambre haute du parlement, est supprimé, le statut de colonie du Groenland est aboli et les femmes obtiennent le droit de monter sur le trône. Après la guerre, le Danemark renonce à sa neutralité sous la menace grandissante de l'URSS. Il s'installe résolument dans le bloc de l'Ouest : il devient membre fondateur de l'Organisation des Nations Unies et de l'OTAN, même s'il a tout d'abord essayé de former une union de défense scandinave avec la Norvège et la Suède. Le , une nouvelle constitution, à régime unicaméral, à possibilité de succession féminine au trône, à régime parlementaire , est signée par le roi . Le pays participe activement à la construction de l'Europe politique et économique. En 1960, le Danemark devient membre de l'Association européenne de libre-échange (AELE). En 1972, les Danois acceptent par référendum de rejoindre la Communauté européenne et le Danemark en devient membre le . Depuis lors, le Danemark est un membre hésitant de l'Europe, rejetant de nombreuses propositions et refusant notamment par référendum le traité de Maastricht le (50,7 % de votes négatifs) et l'euro le (53,2 % de votes négatifs). Le Danemark refuse aussi de participer à la Politique de sécurité et de défense commune mais demeure membre de l'espace Schengen. Le pont de l'Øresund, pont ferroviaire et routier à la fois, relie depuis 2000, Copenhague à la ville de Malmö en Suède, symbole de cet ancrage du pays au sein de l'Europe. En 2011, le Danemark élit sa première femme Premier ministre, Helle-Thorning Schmidt. Le pays n'est pas épargné par la menace terroriste présente en Europe occidentale depuis la : les et , deux fusillades éclatent (attaques islamistes), la première lors d'une conférence nommée « Art, blasphème et liberté d'expression » (danois : "), la seconde le lendemain devant la Grande Synagogue de Copenhague, faisant au total plus l'assaillant et . Géographie. Bordé par la mer Baltique, le Kattegat, le Skagerrak et la mer du Nord, le Danemark est situé au nord de l’Allemagne, au sud de la Norvège et au sud-sud-ouest de la Suède. Le Danemark est constitué d’une péninsule, le Jutland (') et de , dont 72 sont habitées, formant un ensemble appelé l'archipel danois. Les plus importantes sont l’île de Fionie (') et le Seeland ("). L’île de Bornholm est située à l’est-sud-est du reste du pays dans la mer Baltique. L'ensemble des côtes danoises représentent de littoral. Le point le plus éloigné du littoral dans le pays est situé à de la côte. Les îles principales sont reliées par des ponts et le pont de l'Øresund relie le Seeland avec la région de Scanie en Suède. Si le Danemark est peu doté en ressources naturelles, il dispose néanmoins, en plus de sa position stratégique de carrefour maritime, de pétrole, de gaz naturel et de ressources halieutiques. Hydrographie et reliefs. Le Danemark est l'un des pays les plus plats du monde. L'altitude moyenne ne dépasse pas les au-dessus de la mer. Le pays est toutefois parsemés d'eskers qui peuvent former des vallées et massifs aux pentes marquées (Himmelbjerget par exemple). Les glaciers ont aussi laissé des falaises crayeuses typiques (île de Møn). Les côtes sont essentiellement dunaires sur la façade atlantique. L'île de Bornholm présente un relief particulier par rapport au reste du pays avec des côtes rocheuses sur une bonne partie de son pourtour. Le point culminant est le Yding Skovhøj situé dans le Jutland avec ses . Les cours d'eau (fleuves) les plus longs sont : Climat. Le Danemark dispose d'un climat tempéré compte tenu de sa situation méridionale comparé au reste de la Scandinavie. Les hivers sont généralement humides, venteux, mais doux et les étés, assez frais, peuvent connaître des passages pluvieux fréquents. Selon la classification de Köppen, son territoire est partagé entre : Il tombe environ de précipitations sur toute l'année de manière assez stable sur l'année. Les mois les plus pluvieux sont entre les mois de novembre () et de mai (). La variation moyenne de température sur l'année enregistrée est de . Le mois de juillet est le plus chaud de l'année avec une température moyenne de et janvier le plus froid avec . La température moyenne annuelle, elle, est fixée à . Subdivisions. Le Danemark étant un État unitaire, les collectivités territoriales ne sont pas souveraines et ne disposent pas d'autonomie législative. Elles disposent en revanche d'un principe de libre administration garanti par l' de la Constitution dans sa version de 1953. Depuis le , et à la suite d'une décision gouvernementale de , les "" ont été remplacés par , principalement compétentes en matière de sécurité sociale, de culture et d'éducation : Le territoire est ensuite subdivisé entre regroupées en de avec des responsabilités proches de celles des anciens "amter". L'archipel Ertholmene, (), et peuplé de (2014), situé au nord-est de l'île de Bornholm, ne fait partie d'aucune région. Le Groenland et les îles Féroé sont deux régions autonomes rattachées au Danemark. Le Royaume de Danemark, qui inclut ces deux territoires insulaires, couvre . Le Groenland, ' en danois (« terre verte »), ' en groenlandais est une île située dans l’océan Atlantique. Bien que faisant géographiquement partie de l’Amérique du Nord, le territoire est juridiquement rattaché à l’Europe en tant que territoire autonome du Danemark. Le Groenland bénéficie d’une autonomie politique depuis 1994, fortement étendue à la suite du vote du . Ses ont choisi, au cours d’un référendum en 1982 (entré en vigueur le ), de ne plus faire partie de la Communauté européenne et de la CECA auxquelles leur territoire appartenait depuis le . À la suite du référendum du , le Groenland a accédé le à une autonomie renforcée. Le Danemark lui cède de compétences, dont ceux de la police et de la justice. Le groenlandais en est la langue officielle. La capitale du Groenland est Nuuk (ou "" en danois). La ville compte et sa population est essentiellement composée de Groenlandais (80 %) et de Danois (14,5 %). Villes. Les plus grandes villes sont Copenhague (sur l’île de Seeland), Aarhus (dans le Jutland) et Odense sur l’île de Fionie. Paysages et environnement. Le pays est plat. Il est surtout composé de côtes sablonneuses et de terres agricoles. Il ne comporte que très peu de reliefs, les points les plus élevés sont Himmelbjerget, Møllehøj, Yding Skovhøj et Ejer Bavnehøj, qui sont à 170,86, 170,77 et d’altitude. Les deux pylônes de de haut du pont de l’Est de la liaison du Grand Belt s’élèvent plus haut que le point culminant naturel du pays. Le territoire est composé à 55,99 % de terres arables, pourcentage le plus élevé du monde. Les terres irriguées représentent au total . Le Danemark est co-gestionnaire du site du patrimoine mondial de l'UNESCO de la mer des Wadden (zone côtière de la mer du Nord) avec l'Allemagne et les Pays-Bas. En raison de la l'importance de cet espace pour les oiseaux migrateurs, un accord de jumelage a été passé avec le site du Banc d'Arguin en Mauritanie, site lui aussi relevant de la Convention sur le patrimoine. Environnement. Le pays est devenu l’un des leaders mondiaux en matière d’énergie éolienne et a développé de nombreuses expériences d’écologie urbaine (écoquartiers, architecture de haute qualité environnementale) dans le domaine du développement durable. Malgré ces efforts, les émissions de par habitant au Danemark restent élevées (plus de de par habitant en 2010). Ce mauvais résultat s'explique par un usage massif des énergies fossiles (70% du mix énergétique total). L’agriculture biologique s’est fortement développée et une taxe significative sur les pesticides a considérablement réduit l’usage de ces produits par les agriculteurs conventionnels. Le pays est cependant encore grevé par une relative artificialisation du territoire et par la forte dégradation écologique de la mer Baltique (métaux lourds, radioactivité, surpêche, eutrophisation et « zones mortes » dans le Skagerrak). Cette mer abrite aussi plusieurs décharges de dizaines de milliers de tonnes de munitions immergées (issues de guerre) dont un grand nombre de munitions chimiques qui ont récemment commencé à se corroder et à libérer leur contenu toxique dans l’environnement. Le Danemark est membre de la commission Helcom qui se penche au chevet de la Baltique avec les autres pays baltes et le soutien de l’Union européenne. Politique. Gouvernance. Depuis la ratification d'une première Constitution du, le Danemark est une monarchie constitutionnelle doté d'un système parlementaire de gouvernance de type monocaméral qui porte le nom de Communauté du Royaume. C'est une démocratie parlementaire stable. Le monarque est formellement le chef d’État et le détenteur du pouvoir exécutif. Dans les faits, il s'astreint à une position essentiellement symbolique limitée à la représentation officielle, notamment à l'étranger et au pouvoir de nomination, en premier lieu celui du Premier ministre et des ministres du cabinet gouvernemental. Le monarque n'est pas politiquement responsable de ses actes. Depuis le , la reine de Danemark est de Danemark. Le pouvoir exécutif est dévolu par le monarque au Cabinet, qui exerce le réel pouvoir exécutif, composé de ministres. Il est dirigé par un Premier ministre, nommé par le souverain, qui doit avoir le soutien d'une majorité au , et qui est le « premier d’entre ses pairs » ("). Le pouvoir législatif est exercé par le parlement, le ", qui comprend , dont 175 représentent le Danemark métropolitain, deux le Groenland et deux les îles Féroé. Les parlementaires sont élus au suffrage universel direct par scrutin majoritaire avec une importante dose de proportionnelle. Il est renouvelé intégralement tous les quatre ans. La majorité électorale est fixée à et les Danoises disposent du droit de vote depuis 1915. Le Premier ministre est habilité par la Constitution à convoquer des élections parlementaires anticipées lorsqu'il le juge politiquement profitable. Il a l'obligation de l'organiser si le a voté une motion de censure. Dans les faits, aucun parti n'a jamais eu la majorité des voix depuis 1909, les gouvernements successifs depuis ayant toujours été minoritaires. De fait, à chaque élection, négociations et alliances se font et défont entre les différents partis politiques selon un système pluripartite. Un parti politique est représenté au dès lors qu'il a obtenu 2 % des suffrages exprimés du scrutin. Il existe une multitude de partis minoritaires non représentés au (dont les Démocrates du centre, ""). Le mouvement populaire contre l'Union européenne et le Mouvement de juin (une scission du précédent) sont représentés au Parlement européen et ne se présentent que lors des élections européennes. Des partis locaux du Groenland et des îles Féroé sont représentés au . Un tiers des membres du peut demander la soumission à un référendum populaire d'une loi ordinaire qu'il a adoptée. Un seul référendum a été organisé selon ce principe, en 1963, au sujet d'une réforme des lois agraires. Les révisions constitutionnelles ainsi que les modifications de la majorité électorale font obligatoirement l'objet d'un référendum, de même que les transferts de souveraineté nationale. Entre 2001 et 2009, le pays a été gouverné par Anders Fogh Rasmussen du parti Venstre (libéral) en coalition avec le parti conservateur et avec l’appui du parti populaire danois. Sa politique étrangère reposait sur une position atlantiste, l’arrêt de la hausse des impôts, une réduction de l’immigration et le maintien des acquis sociaux de l’État-providence. Il avait été reconduit en 2005 malgré une légère diminution du nombre de voix en sa faveur. Gouvernement actuel. Le gouvernement actuel, dirigé par Mette Frederiksen, est uniquement composé de membres du parti social-démocrate. Formé à la suite des élections de 2019, c'est un gouvernement minoritaire qui dépend du soutien du Parti populaire socialiste, de la Liste de l’unité et du Parti social-libéral danois. Il a succédé le à un autre gouvernement minoritaire, celui de Lars Løkke Rasmussen, composé de 2015 à 2019 de membres du parti libéral Venstre, de l'Alliance libérale et du Parti populaire conservateur. Politique extérieure. Autrefois synonyme de puissance majeure en Europe du Nord, la politique extérieure du Danemark a, depuis la fin du , essentiellement consisté en l’affirmation de sa neutralité politique. Ceci a permis aux Danois d’échapper à la Première Guerre mondiale. Mais l’invasion du pays par l’Allemagne nazie en 1940 a montré les limites de cette neutralité et le pays a, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, adopté pour sa politique extérieure une orientation très atlantiste. Le Danemark a notamment soutenu l'intervention américaine en Irak de 2003, en déployant danois sur le sol irakien. Le pays est membre de l'OTAN depuis 1949 et cette appartenance à l'alliance atlantique continue de jouir d'un fort soutien populaire. Le gouvernement et le Parlement sont, en parallèle, en dialogue permanent avec les autres pays scandinaves dans le cadre du Conseil nordique, forum de coopération économique et politique. Le Royaume participe également au Conseil de l'arctique en tant que pays riverain du cercle polaire via le Groenland. Le Danemark est reconnu comme un acteur diplomatique majeur sur la scène européenne et internationale avec la stature d'une moyenne puissance. Il participe régulièrement aux dialogues diplomatiques internationaux, le plus récemment à travers l'organisation de la Conférence de Copenhague de 2009 pour une action mondiale sur le climat. Cette conférence fut cependant considérée par certains comme un échec. Union européenne. Le Danemark est membre de l'Union européenne depuis son adhésion à la Communauté économique européenne le , à la faveur de son premier élargissement, au même moment que l'Irlande et le Royaume-Uni. Il avait très tôt demandé à adhérer, dès le , mais le processus d'adhésion avait été bloqué par la France eurosceptique de Charles de Gaulle qui refusait dans le même temps l'adhésion britannique, le Danemark ayant décidé d'y joindre la sienne. En 1973, cette adhésion comprenait aussi le Groenland, mais celui-ci l'a quitté en 1985, à la suite d'un référendum. Fondamentalement ancré dans les échanges commerciaux au sein de l'Europe, le pays s'est progressivement rallié aux développements successifs de l'Union, ayant notamment largement soutenu l'Acte unique européen de 1986 qui a approfondi les libertés de circulation économique au sein du marché commun. Les échanges commerciaux au sein de l'Union représentent 62 % du commerce extérieur du Danemark et comptent pour 71 % de ses importations. Le pays est membre de l'Espace Schengen depuis 2001; il n'a signé les accords qu'en 1996, soit onze ans après la création de l'espace de libre circulation des personnes. Membre depuis l'origine du système monétaire européen, il n'est cependant pas membre de la zone euro et continue d'utiliser sa propre monnaie, la couronne danoise, grâce à une option de retrait ; les accords d’Édimbourg de 1992 lui permettent d'être exempt de l'obligation d'adopter la monnaie unique. Il est cependant membre du qui arrime sa monnaie nationale à l'euro. Il bénéficie par ailleurs d'autres options de retrait l'exemptant notamment de la participation à la PESC, en matière de justice et affaires intérieures, y compris d'Europol, et jusqu'au Traité d'Amsterdam de la citoyenneté européenne, bien que ces options de retrait fassent l'objet de débats politiques en faveur de leur abandon, un référendum pour plus d'intégration judiciaire et politique ayant été rejeté en 2015. Le pays est vu comme traditionnellement eurosceptique. Le Danemark a présidé sept fois l'Union, la dernière fois entre et. Il est représenté par au Parlement européen. Défense. Membre actif de l'OTAN depuis sa création en 1945, le pays a, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, abandonné sa politique de neutralité et d'isolationnisme qui n'avait pas évité au pays l’invasion allemande du . Prenant conscience de sa place de petit État au sein du continent européen, le Danemark a donc privilégié une politique d'influence, au nom de la sécurité et le bien-être sur le plan international, basés sur les règles et les actions des organisations internationales, rejetant l'unilatéralisme autoritaire. Par exemple, le pays fut le deuxième pays à reconnaître l'indépendance des pays baltes après l'Islande et joua un rôle important dans l'édification de leur défense. L'ouverture et la coopération militaire avec les pays riverains de la Mer Baltique anciennement membres du bloc soviétique, constitue pour le pays une sphère d'influence nécessaire ainsi qu'un moyen de légitimer la présence de l'OTAN dans la région et de maintenir les intérêts américains dans la région (notamment en coopérant secrètement à des opérations renseignement , ce qui est révélé depuis le ). Cette approche a été réitérée en resserrant les liens avec la Pologne dès 1993 aux côtés de l'Allemagne, avec notamment la création d'une coopération militaire trilatérale appelé "Corps multinational du Nord-Est". Le Danemark privilégiant une politique étrangère atlantiste, est volontairement resté à la marge de la construction européenne d'une politique commune de sécurité et de défense sous l'égide de l'Union européenne, dont il dispose d'une exclusion dérogatoire, choix eurosceptique régulièrement critiqué compte tenu de son analogie en matière d'orientation de défense commune et d'activisme international. Il suit néanmoins la doctrine de la défense totale, c'est-à-dire en assurant le maximum d'autonomie en ce qui concerne la mobilisation de moyens humains et matériels nécessaires à sa propre sécurité. Le pays jouant par ailleurs un rôle actif dans la diplomatie et les opérations de maintien de la paix dirigées par l'ONU, l'OTAN ou la Coalition militaire en Irak, moyen pour lui de promouvoir ses valeurs libérales démocratiques. Au , l'armée danoise déploie au total dans les pays suivants : En 2017, le Danemark consacrait de couronnes danoises (DKK) - près de de dollars américains (USD) - à son budget militaire, soit environ 1,17 % de son PNB. La défense est assurée par les Forces armées danoises ("") composée de (militaires professionnels) ainsi que , et au sein de la Garde nationale. Elle dispose à ce jour d'un équipement et de matériel militaire contemporain de pointe, des chars de combat aux aéronefs avec notamment , huit Eurocopter AS550 Fennec ou encore quatre frégates et trois corvettes au sein de sa Marine royale. Système juridique. Le système juridique danois est de tradition civiliste de type scandinave. Développé au Moyen Âge sur la base de coutumes régionales, il a pour source principale la jurisprudence et les édits royaux, c'est-à-dire les lois votées par le Parlement et contresignées par le monarque, en particulier le "Code danois" (") de 1683 qui a compilé le droit positif applicable. Le système juridictionnel est organisé en deux niveaux d'instance : une voie de premier ressort (dont les Tribunaux de district (') et des cours spécialisées) et une voie d'appel, entendue par trois hautes-cours ('), et un niveau de juridiction suprême représenté par la Cour suprême ("). Les tribunaux du Danemark sont indépendants des pouvoirs législatif et exécutif (séparation des pouvoirs suivant les principes de Montesquieu). Ils sont compétents pour connaître des litiges selon leur nature pénale ou civile. Le système juridictionnel actuel est issu d'une dernière réforme importante du qui a considérablement réorganisé l'organisation des tribunaux ainsi que les recours aux jurys. Économie. Structure de l'économie. Le Danemark est une économie mixte classée comme un pays développé à hauts revenus participant activement dans la mondialisation. Il était classé au mondial pour ce qui est du par habitant en parité de pouvoir d'achat et au mondial pour le PIB nominal par habitant en 2015. Le pays se classe comme huitième économie européenne la plus compétitive selon le Forum économique mondial dans son "Rapport sur la compétitivité globale" de 2014-2015. En 2022, le Danemark est classé en pour l'indice mondial de l'innovation. Plusieurs entreprises danoises sont connues mondialement, telles que Carlsberg, Maersk, Danfoss, Vestas, , Velux, Stimorol, Bang & Olufsen. Malgré son faible poids démographique, le pays a une économie solide, jouissant de faibles taux d'intérêt et d'un faible taux d'inflation. Tout comme le reste de la zone euro, le sien s'élevait à 1,4 % en 2017 après être resté sous la barre des 1 % d'augmentation annuelle entre 2013 et 2016. Cette économie a, comme le reste de l'Union européenne, largement souffert de la crise économico-financière de 2008, connaissant une longue période de récession et de repli de la consommation intérieure considérée comme le pire ralentissement depuis quarante ans, bien qu'en des proportions légèrement moindres. Une situation financière saine a permis aux pouvoirs publics de prendre des mesures de stimulation budgétaire vigoureuses pour pallier des difficultés comme la hausse du chômage et la flambée des prix du logement entamée au début de la . Les mesures furent entre autres la flexibilisation du marché du travail ainsi que la hausse des investissements publics. Les prévisions de croissance de son produit intérieur brut (PIB) pour 2016 sont de 1,7 % pour 2018 et de 1,9 % pour 2019, plus faible que pour l'ensemble de la zone euro à laquelle elle n'appartient pas, évaluée à 2,2 % en 2018 par la Commission européenne. Croissance timide mais consolidée par la bonne forme du marché du travail, elle est poussée surtout par la consommation intérieure, l'investissement des entreprises et les exportations demeurant à la traîne. Plus généralement, la croissance danoise a nettement diminué depuis le début des par rapport aux décennies précédentes. En 2018, le PIB par habitant n'avait toujours pas retrouvé son niveau d'avant-crise. Les inégalités de revenus, relativement faibles par rapport aux autres pays de l’OCDE, se sont accrues de 9 % entre 1987 et 2012. Le Danemark est aussi confronté au phénomène récent des travailleurs pauvres. Le Danemark présente l'un des taux d'emploi dans les administrations publiques (nombre de fonctionnaires par habitant) les plus élevés des pays de l'OCDE, celui-ci s’élevant en 2018 à ( en France) Agriculture et industrie agroalimentaire. Si les secteurs d'activités sont des plus diversifiés, le Danemark est l'une des économies les plus tertiarisées du monde. L'agriculture ne compte que pour 2 % du PIB en 2006, bien que plus de 60 % de sa surface au sol soit arable et utilisée pour l'agriculture, faisant du pays l'un des plus agricoles au monde. Elle participe indirectement à 10 % des emplois. Elle est basée principalement sur un modèle de hauts-rendements, fortement spécialisé et industrialisé, avec par exemple un rendement de de céréales par hectare en 2016, la moyenne mondiale étant de par hectare. Fortement équipé en hautes technologies, ce secteur se voit doté par les pouvoirs publics d'un pôle d'innovation agricole en 2014 pour regrouper les PME de recherche et développement en solutions informatiques spécialisées pour les produits agricoles, de sorte qu'il soit capable de nourrir de personnes chaque année soit presque trois fois la population nationale. Il perd sa tradition d'agriculture familiale, la tendance actuelle étant une réduction du nombre de producteurs et de fermes et à l'augmentation de la taille des exploitations, à la suite d'un taux d'endettement élevé dans le secteur agricole depuis la crise. Le Danemark produit une grande variété de produits agricoles : des volailles, de la viande bovine et porcine, du poisson, tout comme des céréales comme le blé, de l'herbe pour l'alimentation des animaux ou encore des graines horticoles. En revanche, la forêt ne représentant que 4 % de la surface du pays, dont 70 % composée de surfaces forestières privées, la production de bois danoise ne couvre que 25 % des besoins nationaux, le reste étant couvert par l'importation depuis les pays voisins. Ses principales exportations sont les produits agroalimentaires, d'euros en 2011, puis la pêche et la viande porcine, le Danemark étant d'ailleurs le quatrième producteur européen de porc, derrière la France, pour de tec par an. Ces exportations comptaient en 2011 pour 20 % du total des exportations, le gouvernement cherchant à développer encore le secteur devant l'explosion de la demande mondiale. Ses principaux clients sont le reste de l'Union européenne, en premier lieu l'Allemagne. Le Danemark fait partie des pionniers en matière d'agriculture biologique comptant pour 6 à 7 % du nombre total d'exploitations agricoles certifiées. Son agriculture a d'ailleurs largement baissé sa consommation traditionnellement forte en insecticides et en pesticides, leur taxation étant bien plus élevée que dans le reste de l'Union. L'agriculture peut compter en outre sur un secteur agroalimentaire solide et puissant avec plusieurs entreprises multinationales comme , spécialisé dans la production et la transformation de viandes ou , spécialisé dans les produits laitiers, qui figurent parmi les plus grandes sociétés alimentaires d'Europe. Le secteur est structuré en coopératives où sont intégrées à la fois la production primaire et l'industrie agroalimentaire propre. Industries et services. Comme le reste de l'Europe, le Danemark est une économie post-industrielle, le secteur industriel ne participe directement plus qu'à 19,43 % du total des emplois en 2016 contre 34,24 % en 1972. Du fait de la taille réduite de son marché intérieur, l’économie danoise dépend fortement du commerce extérieur. Sa production est axée sur l'écotechnologie (éolienne, panneaux photovoltaïques), le design (architecture, mobilier, matériaux), l'industrie électronique (son, image, matériel médical), l'exploitation des ressources naturelles (pétrole et gaz), la production de nourriture et de boissons (poissons, porcs, bière), la production de machineries industrielles, les équipements militaires, ainsi que les soins de santé et la production pharmaceutique. Les médicaments sont le premier poste des exportations totales du pays pour 12 %, soit d'euros en 2015. Le Danemark exporte abondamment ses produits grâce à une industrie spécialisée dynamique et à ses transports maritimes et fluviaux qui sont parmi les plus importants du monde. Plusieurs entreprises danoises ont ainsi acquis une notoriété mondiale sur des niches spécialisées en forte croissance. Nouvelles technologies. Selon le rapport 2014 de l'Union internationale des télécommunications, le Danemark était le pays le plus connecté du monde en 2014. Ce classement réalisé sur la base d'un « indice de développement » des technologies de l'information et de la communication (TIC) s'appuie le niveau d'accès aux TIC, l'utilisation qui en est faite et les compétences développées dans ce domaine. Énergie. Production. Le secteur de l'énergie repose à la fois sur des ressources naturelles fossiles importantes mais finies, représentant 75 % de ses ressources totale d'énergie en 2014, et de ressources renouvelables, la biomasse mais surtout l'éolien, représentant ensemble 25 % des ressources. Membre de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le Danemark dispose de ressources importantes de pétrole et de gaz naturel grâce à sa ZEE dans le Mer du Nord, le pays étant classé comme le de pétrole brut en 2016 avec une production de de barils par jour. La production est néanmoins vouée à décliner dans les années à venir compte tenu de l'épuisement des ressources, le pétrole qui continuait à fournir 46,3 % de la production d'énergie primaire en 2016, était tombé de en 2005 à 293 en 2016, et le gaz naturel 26,3 %. La production d'électricité reposait en 2015 pour 32 % sur des centrales thermiques à combustibles fossiles (surtout charbon : 24,5 % et gaz naturel : 6,3 %), et pour 65,5 % sur les énergies renouvelables, en particulier les éoliennes (48,8 %) et la biomasse (14,5 %) ; la part du solaire augmentant rapidement : 2,1 %. En revanche, le Danemark apparaît comme l'un des États les plus avancés en matière d'énergie renouvelable, 29,4 % de sa production primaire et 57,4 % de sa production nette d'électricité étant issue de ressources renouvelables en 2014, cette part ayant doublé en dix ans. Signataire du Protocole de Kyoto, les pouvoirs publics considèrent la transition énergétique vers les énergies renouvelables comme une priorité, ainsi qu'en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, l'objectif fixé étant que 50 % du total de la production primaire d'énergie soit couverte par les énergies renouvelables. L'AIE a d'ailleurs qualifié le pays de « mondial de la décarbonisation ». La production éolienne est de loin la première source d'énergie renouvelable du pays, dont la production a plus que doublé pour passer de en 2006 à en 2016, pour assurer en 2017 43,7 % du total des besoins en électricité du pays, situant le pays à la première place mondiale de très loin pour cette proportion, ayant profité d'une politique de subvention généreuse. L'intermittence de la production est couverte par les capacités de régulation apportées par les barrages hydroélectriques de la Norvège et de la Suède, et aux nombreux câbles sous-marins d'interconnexion qui relient le Danemark à ces deux pays. Le fort potentiel éolien du pays est dû à son front littoral balayé par les vents maritimes, notamment de la Mer du Nord. Les Danois ont d'ailleurs été pionniers dans le développement de fermes éoliennes , et ont établi un record de production de d'énergie par éolienne seule. Une telle spécialisation fait émerger des géants nationaux de l'éolien, tels que l'entreprise Vestas, mondial jusqu'en 2011. Le pays ne produit pas d'énergie nucléaire. Consommation. La consommation danoise d'énergie primaire par habitant était en 2015 de 2,83 tep, nettement inférieure à celles de la France : et de l'Allemagne : . La part des énergies renouvelables dans cette consommation atteignait 29 % en 2016 contre 37 % de pétrole, 17 % de gaz naturel et 15 % de charbon. La consommation finale d'énergie du Danemark se caractérise avant tout par sa stabilité exceptionnelle ; en fait, elle avait légèrement augmenté jusqu'en 2007 (+4 %), puis est retombée de 7 % sous l'effet de la crise. Le pétrole reste prédominant, mais décline progressivement en faveur du gaz, des énergies renouvelables thermiques (bois, biogaz) et du chauffage urbain ; l'électricité a progressé de 115,5 % entre 1972 et 2006, puis a régressé de 7,8 % en ; le gaz naturel est monté en flèche de ses débuts en 1982 jusqu'à son apogée en 1996 (à 11,4 %) puis s'est stabilisé autour de 11 %. Monnaie. La couronne danoise (') est relativement stable. Elle fait partie du Mécanisme de taux de change européen dit ' car liée à l’euro. vaut avec une marge de fluctuation de 2,25 %. Le Danemark ne participe pas à l’euro car les Danois ont rejeté cette proposition par un référendum en . Il est l'un des États de l’Union européenne à avoir signé avec les autres États membres une clause dite d' négociée dans l’accord d’Édimbourg en 1992, qui lui permet de rester hors de la zone euro. Un nouveau référendum sur l’adhésion du Danemark à la zone euro aurait pu se tenir au deuxième semestre 2008, mais l’idée a été repoussée depuis la crise des dettes souveraines en Europe à partir des . Majoritairement favorable à l'introduction de l'euro jusqu'en , une grande majorité (65 %) de la population danoise s'y est ensuite opposée, un dernier sondage en ce sens date de . Prestations sociales et marché du travail. Le modèle social danois à travers le monde, y compris en France. Il est caractérisé par une politique volontariste en matière d'assistance sociale faisant du pays un modèle d'État-providence, les pouvoirs publics consacrant 54,5 % du PIB en 2015 pour les dépenses des administrations publiques, soit le troisième pays de l'OCDE en pourcentage du PIB, juste derrière la Finlande et la France. La population bénéficie de hauts niveaux de prestations sociales ; la protection sociale danoise couvre les salariés contre un très grand nombre de risques (maladie, maternité, accidents du travail et maladies professionnelles, invalidité, vieillesse, survivants et chômage). En 2014, il était estimé que seule 6 % de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté ajusté des taxes et impositions, soit le second plus faible taux de pauvreté de l'OCDE dont la moyenne était fixée à 11,3 % la même année. Le fonctionnement du marché du travail se caractérise par un système de flexisécurité qui conjugue la facilité de licenciement avec d’importantes indemnités de chômage. La Banque mondiale a ainsi classé le Danemark comme ayant le marché du travail le plus libéral d'Europe. L'emploi temporaire n'y est pas synonyme de précarité. Selon Carole Tuchszirer, économiste au Cairn, ce système repose à la fois sur un marché du travail fluide et peu réglementé, un régime d'assurance-chômage qui joue pleinement son rôle de revenu de remplacement, et un ensemble de droits et obligations imposés aux chômeurs, pourtant de plus en plus décrié, les chômeurs devant envoyer deux lettres de candidature par semaine, être toujours disponibles pour l'agence pour l'emploi, toute absence temporaire y compris pour vacances étant soumise à autorisation préalable. De plus, le faible taux de chômage, en dessous du niveau structurel, établi à 4,2 % au mois de , masque une pénurie récurrente de main-d'œuvre, expliquant au moins en partie le recours à l'immigration pour pallier ce manque. Si le pays était globalement présenté comme hospitalier et doux à vivre, à la suite de la crise migratoire à partir de 2015, le royaume n'a accordé aux migrants que des droits d'asile temporaires, n'a pas facilité pas les regroupements familiaux, autorisés au bout de trois ans et a réduit de 10 % les allocations aux nouveaux arrivants, allant jusqu'à réserver la possibilité pour la police de confisquer les biens des demandeurs d’asile pour financer leurs aides, proposition vivement critiquée par les ONG et organismes de défense des droits de l'homme. L'âge de la retraite au Danemark est actuellement fixé à 67 ans. Il est prévu de le reculer progressivement à 70 ans. Transports. De par sa situation de passage terrestre obligé entre la péninsule scandinave et l'Europe continentale depuis l'inauguration du pont de l'Øresund, mais aussi par le détroit éponyme point de passage maritime pour entrer dans la mer Baltique et les ports russes, le Danemark a toujours historiquement représenté un carrefour pour les échanges commerciaux et les cultures. Des investissements significatifs ont néanmoins été nécessaires depuis une vingtaine d'années afin de resserrer le maillage des réseaux de transports danois. Routes. Le réseau routier, bien développé et entretenu, représente un total de dont d'autoroutes. Plusieurs ponts monumentaux permettent de relier par voie routière les différentes îles danoises, notamment la liaison du Grand Belt reliant les deux plus grands îles, Seeland où se trouve Copenhague à la Fionie. Depuis le , le pont de l'Øresund, à deux niveaux, autoroutier et ferroviaire, relie le Danemark et Malmö sur la rive suédoise voisine, ce qui permet de relier le reste de la Scandinavie à l'Allemagne sans ferry. Un nouveau projet de tunnel sous-marin de , le Lien fixe du Fehmarn Belt, traversant le détroit du même nom, est actuellement en construction. Il reliera l'île allemande de Fehmarn à l'île danoise de Lolland, permettant aux véhicules et les trains reliant la Suède et la Norvège d'éviter un détour par la péninsule du Jutland. Il pourrait ainsi réduire le temps de trajet ferroviaire entre Hambourg et Copenhague de cinq à deux heures. Il est prévu entre 2024 et 2029. Réseau ferroviaire. Le réseau ferré du Danemark comprend de lignes dont 640 électrifiées, à écartement normal, et dessert la plupart des plus grandes villes du pays. Il est exploité commercialement par l'opérateur national DSB pour le trafic passagers et DB Cargo pour le trafic fret. Le trafic passagers comprend des lignes "Intercity", le réseau régional de Copenhague appelé "S-Tog", ainsi que le trafic international desservant des villes étrangères comme Hambourg, Berlin, Malmö ou Helsingborg. Le Danemark ne dispose pas à ce jour de ligne à grande vitesse. La capitale, Copenhague, dispose d'un système de métro léger automatique à courant continu fourni par troisième rail composé de deux lignes, dont l'une dessert l'aéroport de la ville. Il était emprunté par de passagers en 2017. Deux lignes nouvelles sont en construction, dont une circulaire programmée pour . La ville d'Aarhus, elle, dispose de son propre système de métro léger depuis fin 2017, composé de deux lignes. Odense construit actuellement son réseau de tramway moderne après avoir démantelé l'ancien en 1952, attendu pour 2020. Transport aérien. Le principal aéroport du pays est l'aéroport de Copenhague appelé aussi "Kastrup" du nom de la municipalité qu'il occupe, qui occupe le sud-est de l'île d'Amager à du centre-ville et à de Malmö (code "AITA" : CPH). Il est desservi par les trains "Intercity" vers la Suède ainsi que par le métro. Kastrup est le hub principal de la compagnie Scandinavian Airlines (SAS), ainsi que de la Cimber Air. Il était emprunté par environ de passagers en 2017, faisant de lui le troisième aéroport le plus fréquenté d'Europe du Nord. 83,5 % du trafic passager transitant par l'aéroport se fait depuis et vers le reste de l'Europe. Le Danemark dispose aussi de trois autres aéroports : Transport maritime. Pays en grande partie insulaire, le Danemark a toujours été un pays maritime, déjà à l'époque Viking. La compagnie nationale Maersk est ainsi l'un des plus grands armateurs mondiaux, et la plus grande entreprise du pays. Plusieurs ports de passagers permettent de desservir le pays ainsi que les pays voisins comme la Norvège de lignes de ferry régulières, dont certaines sont électrifiées. Le port d'Elseneur, le plus fréquenté, était emprunté par de passagers en 2007. Les ports danois étaient empruntés au total par de passagers et voyaient passer de tonnes de fret par an en 2009. Vélo. Le vélo représente à la fois une activité de loisirs et un moyen de transport majeur. Un réseau national de pistes cyclables de plus de (en 2012) couvre l'ensemble du pays, y compris onze classées routes nationales cyclistes. Le vélo représente 19 % du total des déplacements, jusqu'à 31 % à Copenhague et de vélos sont comptabilisés pour d'habitants, faisant du pays un modèle pour les cyclistes à l'instar des Pays-Bas. Les transports en commun danois (métro, trams et autobus) sont conçus pour pouvoir transporter en même temps les vélos des passagers qui les utilisent. Population et société. De nos jours, le mode de vie danois empreint de modération et de respect mutuel est particulièrement apprécié pour la ponctualité, la modestie mais surtout sa constante recherche de l'égalité. Les Danois sont particulièrement connus pour être flegmatiques et tolérants. Son économie forte et moderne, l'efficacité de son système judiciaire vis-à-vis de la protection des droits fondamentaux inspire le respect du reste du monde. Démographie. Statistiques. La population danoise était estimée par "", organisation gouvernementale, à au . L'âge médian se situe à et le ratio hommes/femmes à pour . Le taux de fécondité est resté stable depuis le début des pour afficher un taux de 1,85 en 2006, soit légèrement en dessous du seuil naturel de renouvellement des générations fixé à 2,05. Le taux de natalité est régulièrement en baisse, tombé de en 1995 à 10,2 en 2015, poussant d'ailleurs le gouvernement danois, inquiet, à lancer une campagne de publicité sur le ton humoristique encourant les couples à partir en vacances romantiques à l'étranger pour augmenter la natalité du pays. Le taux d'accroissement naturel est de 0,22 % en 2012 selon la CIA. Ethnicité et immigration. Le Danemark est historiquement une nation homogène. La majorité de la population est d’origine scandinave, avec des individus d'origine inuite et féroïenne issus des territoires autonomes du Groenland et des îles Féroé. Près de la frontière allemande, dans l’ancien "amt" du Jutland-du-Sud se trouve la seule minorité officielle du Danemark : la minorité allemande, dénommée "Groupe ethnique allemand", qui comprend environ, soit près de 10 % de la population de l’ancien "amt". Les immigrés ( et générations confondues) sont 807 169 au avril 2020, ce qui représente environ 13,9% de la population. La communauté la plus importante est formée par les Turcs. En 2002, le gouvernement conservateur, nationaliste, imposait la règle dite des : les Danois ne sont autorisés à se marier avec des étrangers que si les deux fiancés ont plus de et remplissent un ensemble de conditions drastiques. En 2015, le pays adoptait une loi controversée de confiscation, qui permet de saisir aux migrants leur argent liquide et leurs objets valant plus de pour financer le coût de leur séjour pendant l'examen des demandes d'asile. En 2018, le Parlement autorisait la transformation de la petite île de Lindholm en un centre de rétention à ciel ouvert pour les étrangers condamnés à une peine de prison, mais que les conventions internationales empêchent de renvoyer dans leur pays d’origine. En 2019, les demandes d’asile sont à leur plus bas niveau depuis 2008. Langues. La langue officielle du Danemark est le danois. Elle est la langue maternelle de 92 % de la population. Elle comprend plusieurs variétés régionales. L'allemand est elle aussi très présente comme étant la seconde langue et elle est maîtrisé par environ 47 % de la population en 2012 toujours selon Eurostat. Elle bénéficie par ailleurs du statut de langue régionale dans le Nord-Schleswig. La grande majorité de la population, soit 86 % parle ou comprend l'anglais selon Eurostat. L'anglais est souvent utilisée dans l'administration par une grande partie des 8,9 % d'immigrants étrangers (Nigérians, Pakistanais, Indiens, Ghanéens, Somaliens). Elle est étudié par la totalité des élèves dans l'enseignement secondaire inférieur. Le Danemark figure régulièrement à la tête des classements des pays du monde maîtrisant le mieux l'anglais. Il est ainsi souvent cité parmi les trois pays européens présentant les meilleurs indices de compétence en anglais, juste derrière les Pays-Bas et la Suède. Le suédois, qui est issu de la même racine linguistique que le danois et est compréhensible pour un locuteur danois natif, n'est annoncé comme "courant" que par 13 % de la population. Éducation et enseignement supérieur. Le Danemark investit énormément dans le système éducatif, consacrant jusqu'à 15,4 % de son PIB pour l'éducation en 2012. Son système éducatif privilégie autant l'égalité des chances en matière d'acquisition des compétences académiques s'adaptant au cas par cas en fonction des avancées des élèves, que la transmission de valeurs comme la capacité à vivre en collectivité, le dialogue ou la générosité. L'éducation est une compétence des collectivités territoriales, le conseil municipal décidant en matière de recrutement du personnel, de budget et de mise en œuvre des programmes dans l'enseignement primaire. Le système éducatif danois est obligatoire à partir de . Il est gratuit, non-laïque, les familles pouvant choisir de suivre des enseignements religieux ou non, et les élèves reçoivent une aide financière mensuelle s’élevant à (DKK) par mois, soit (EUR). Les écoles de petite enfance ("") accueillent les jeunes enfants de . L'éducation de base obligatoire relève de la compétence des communes et est assurée par l'école primaire (') pendant , de , où les enfants gardent quasiment le même groupe-classe et le même enseignant chargé à la fois de créer un esprit de groupe et de maintenir des relations proches avec les familles. Les élèves suivent des cours classiques, ainsi que (depuis les ) des cours obligatoires spécifiques où ils sont invités à partager leurs émotions, notamment à travers la couture, le théâtre la musique ou le sport. Les enfants ne sont pas notés jusqu'à l'âge de . À l'issue de ces neuf années, les élèves peuvent choisir de poursuivre une dixième année de remise à niveau, ce que font 50 % des élèves, ou de passer directement l'examen de fin d’études primaires ('). Le passage dans l'enseignement secondaire (') se fait de manière concertée avec les parents, les élèves et les enseignants, qui décident ensemble le choix d'une orientation professionnelle ou la poursuite d'études au lycée ('), durant jusqu'à l'âge de . Ce cursus préparé alors à l'équivalent du baccalauréat (") qui donne accès à l'enseignement supérieur. L'usage d'Internet est autorisé pendant les épreuves du baccalauréat. Membre de l'Espace européen de l'enseignement supérieur, l'enseignement supérieur danois suit l'organisation européenne issue du système LMD : les jeunes diplômés peuvent choisir de suivre une licence de trois ans à l'université publique ('), et peuvent poursuivre ensuite en master puis en doctorat. Ils peuvent aussi choisir une licence professionnelle ('), tandis que les élèves de l'orientation professionnelle peuvent suivre la même licence professionnelle ou un diplôme supérieur professionnel (", ou "AK"). Le pays participe activement aux échanges Erasmus au sein de l'Union européenne, son confort de vie, la qualité de ses enseignements universitaires attirant beaucoup d'étudiants étrangers, les étudiants danois bénéficiant de plusieurs aides y compris financières. De nombreux enseignements au sein des douze universités danoises, et treize institutions spécialisées de niveau universitaire, voire des programmes entiers, sont dispensés en anglais. Les universités offrent un large éventail de programmes d'enseignement, des arts à la chimie en passant par la littérature, souvent reconnus de haut niveau. L'enseignement universitaire de qualité faisait qu'en 2012, 34,2 % de la population danoise était diplômée du supérieur, contre 25,9 % pour la moyenne de l'Union européenne. La formation professionnelle des adultes ("", ou GVU) permet à 32,8 % des de suivre une formation tout au long de leur vie. S'adressant aux plus de , environ sont destinés à approfondir des connaissances dans un domaine spécifique ou à élargir son savoir. Ce dispositif généralisé de formation continue poursuit un objectif de flexibilité et d'adaptation du marché du travail, tant en ce qui concerne les changements technologiques que les besoins en main-d'œuvre. Ces formations sont dispensées en cours du soir ou à temps partiel. Trois niveaux existent dans la formation pour les adultes : Religion. de Danois (au premier trimestre 2020), soit 74% de la population, appartenait à l’Église populaire danoise, de confession luthérienne, à laquelle appartient le monarque. Le reste de la population appartient en majorité aux autres Églises chrétiennes ou à la religion musulmane. L’Église catholique romaine, dont le culte n'a été légalement reconnu qu'en 1849, regroupe 0,7 % environ des Danois, soit environ . Le christianisme a été introduit au Danemark il y a plus de . Avant l’an 1536, l’Église danoise était catholique et romaine. Au début du , des protestations (notamment celles de Luther) s’élevèrent contre les pratiques catholiques. En 1536, l’Église protestante fut introduite au Danemark et le luthéranisme est maintenant la religion dominante au Danemark. L'Église du Danemark est divisée en (Copenhague, Elseneur, Roskilde, Lolland-Falster, Fionie, Aalborg, Viborg, Aarhus, Ribe, Haderslev et celui du Groenland), dotés d'une cathédrale et d'un évêque. Ces évêchés sont divisés en paroisses dirigées par des pasteurs. Dans la Constitution, il est écrit que et qu’elle est soutenue par l’État. Avec le baptême, on devient automatiquement membre de l’Église danoise. Chacun est libre de s’en retirer par la suite mais 90 % des Danois baptisés en restent membres. L'enfant baptisé reçoit un certificat de naissance et de baptême où sont inscrits ses lieu et sa date de naissance, un numéro personnel national ainsi que l’identité de ses parents. L’Église danoise joue le rôle d'état civil puisque, dans le cas où les parents ne souhaitent pas baptiser leur enfant dans cette Église, il est cependant obligatoire de s'adresser à elle pour obtenir l’attestation de naissance et d’identité. Cette attestation, similaire à celle des enfants baptisés dans l'Église danoise, comprend éventuellement la mention du baptême dans une autre Église. Dans le sud du Jutland, les règles sont différentes. On doit s’adresser au « registre du peuple » ("). Les adolescents danois, à l'âge de ont la possibilité de confirmer leur foi en Dieu. Cette confirmation a lieu après un an d'étude religieuse durant laquelle ils doivent se rendre huit fois à l'église. Cette cérémonie est un temps fort à travers le pays et a lieu chaque année au printemps. À cette occasion, les villes revêtent les couleurs du drapeau danois. Le lundi suivant la confirmation, les confirmands bénéficient d'un jour chômé le « Lundi bleu ».Le ministre de l’Église est responsable des églises et des pasteurs. Mais chaque église dispose d’une gestion autonome. Tous les quatre ans, les membres de l’Église choisissent un « conseil de congrégation » (") pour leurs églises locales. Ces conseils désignent les pasteurs, mais ces derniers reçoivent leur salaire de l’État. Les membres de l’Église danoise acquittent l’impôt de l’Église qui couvre une partie des dépenses de l'institution. Cet impôt est levé en même temps que l’impôt d’État. Les Danois qui ne sont pas membres de cette Église doivent payer l'équivalent de cet impôt à l'État. Depuis 1947, les Danoises peuvent accéder au pastorat. La plus haute dignité dans la hiérarchie de l’Église est l’épiscopat ; plusieurs femmes y ont accédé ces dernières années. La mission des pasteurs est avant tout d'organiser l'office, les sacrements et autres rituels comme le baptême, la confirmation, le mariage, l’enterrement. L'office se tient tous les dimanches matin. On y chante des psaumes et écoute le prêche du pasteur concernant le texte de la Bible choisi. Il y a aussi des messes particulières à Noël, à Pâques ou à la Pentecôte. Les pasteurs ont en outre souvent un rôle social. Ils parlent avec les gens qui ont des problèmes, rendent visite aux personnes âgées ou malades de leur paroisse. Criminalité et détention. Régulièrement cité comme l'un des pays les plus sûrs du monde, le pays connaît un très faible taux de criminalité, affichant un faible taux d'homicide de 0,8 pour en 2012 et de pour , ce chiffre étant néanmoins en baisse de 10,5 % entre 2008 et 2013. 17 % des jeunes déclaraient ayant déjà pratiqué le vol à l'étalage en 2016 contre 46 % des jeunes en 1989. Les forces de police ont pour priorité la lutte contre les cambriolages et la criminalité organisée, et la lutte contre l'insécurité demeure un objectif permanent des pouvoirs publics, qui pénalisent la mendicité depuis une loi votée par le Parlement en . Le Danemark a définitivement aboli la peine de mort en 1978, après ne plus l'avoir appliquée dès 1950 et l'avoir abolie pour les crimes de droit commun dès 1933. Son régime pénitentiaire repose sur un principe de "normalisation" du condamné, c'est-à-dire rapprocher au maximum les conditions carcérales des détenus à celles de l'extérieur. Ainsi, 60 % des prisons sont « ouvertes », sans murs ni miradors. Les détenus préparent eux-mêmes leurs repas, travaillent, étudient ou suivent un programme de prise en charge et perçoivent à ce titre un salaire et une allocation hebdomadaire, certains établissements proposant des appartements où les détenus et leurs familles peuvent passer jusqu'à ensemble. Égalité des sexes. Progressiste, le Danemark apparaît souvent comme un modèle de progrès social, ayant octroyé le droit de vote aux femmes dès 1915. Les femmes sont 35,4 % à avoir un niveau d'études équivalent à l'enseignement supérieur, contre 27,4 % des hommes, selon Eurostat en 2014, chiffre supérieur à la moyenne de l'Union européenne fixée respectivement à 29,1 % et 25,4 %. Les femmes danoises sont parmi les moins pauvres de l'Union européenne, avec un taux de pauvreté féminin de 6,5 % contre 10,8 % dans l'ensemble de l'Union. La société danoise favorise l'activité professionnelle des femmes, car les soins de maternité sont gratuits, les droits à congés de maternité sont fixés à un total de que les deux parents peuvent se partager. Les allocations familiales étaient fixées ainsi à par trimestre, par enfant de . Dès le plus jeune âge, les Danois peuvent suivre des cours de bricolage, couture, cuisine, musique, ou sport, qui ne sont pas considérés comme des tâches attribués à un genre ou un autre ; toutes les compétences et tous les talents sont valorisés. Cependant, si l’égalité entre hommes et femmes est prise en compte sur le plan juridique, le sexisme reste très présent sur le plan économique et culturel. Ainsi, en août 2020, des médias ont signé un appel de soutien à l’animatrice Sofie Linde pour « en finir avec le sexisme », qui a occasionné des prises de paroles dans d'autres nombreux milieux professionnels comme le syndicalisme, l'édition, la musique, la politique, et l'université. Homosexualité, bisexualité, transidentité. Pays dit , et tout particulièrement sa capitale Copenhague, le Danemark a dépénalisé l'homosexualité dès 1933. Il est le premier pays du monde à avoir accordé un partenariat enregistré aux couples de même sexe, le . Le mariage homosexuel y est légal depuis le . Cette loi s’appliquait seulement sur le territoire métropolitain du Danemark et, dans un premier temps, ni au Groenland, jusqu'en 2017 ni dans les îles Féroé. Elle permet également le mariage homosexuel religieux à l’Église luthérienne d’État, permettant aux couples de même sexe de bénéficier d'une véritable cérémonie religieuse. Le changement de sexe peut être demandé à l'état-civil à toute personne majeure capable sans procédure judiciaire ou médicale requise. La PMA est ouverte aux couples mariés de femmes depuis 2014. Culture. Le Danemark est connu comme une des terres d'origine des Vikings. Petit pays peuplé de d'habitants en 2006, sa culture repose néanmoins sur un héritage historique multi-millénaire issu de sa position de carrefour géographique et ses rêves d'impérialisme passé, et façonné par ses grands monarques tout au long de son histoire. La culture danoise est une des expressions de la culture scandinave. Elle a apporté un riche héritage intellectuel et artistique, des découvertes astronomiques de Tycho Brahé (1546–1601) à la physique atomique avec Niels Bohr (1885–1962), en passant par des cinéastes comme Carl Theodor Dreyer, Lars Von Trier, Thomas Vinterberg et des designers légendaires comme Arne Jacobsen, Poul Henningsen, Nanna Ditzel, Verner Panton. Tourisme. Les paysages, sa population accueillante ainsi que sa riche histoire font du Danemark une destination prisée du tourisme, avec de nuitées enregistrées en 2015. Le pays est visité tout autant par les Danois eux-mêmes que par les touristes étrangers, accueillant de touristes internationaux en 2014, ce qui fait de ce pays la touristique mondiale et la première de Scandinavie, les Allemands étant le premier groupe de touristes étrangers. Le tourisme participe pour de couronnes danoises (DKK) de revenus par an en 2015, soit d'euros. Il participe directement à la création de et contribue à 3,7 % de PIB pour les exportations de l'économie. Le pays est particulièrement attractif et apprécié pour ses plages et son littoral, les activités urbaines et sa population jugée accueillante et amicale. C'est Copenhague, la capitale, qui est la ville la plus visitée du pays, avec de nuitées enregistrées en 2014, dont pour les étrangers. Gastronomie. La cuisine danoise, issue des produits locaux de la population paysanne, a été enrichie par les techniques de cuisson mises au point à la fin du et par la plus grande disponibilité des produits après la révolution industrielle. Les sandwiches ouverts, connus sous le nom de smørrebrød, qui, dans leur forme de base, sont le repas habituel pour le déjeuner, sont une spécialité nationale. Ils sont préparés et décorés avec une variété d'ingrédients fins. Les plats chauds consommés pour le repas du soir sont traditionnellement préparés à partir de viande hachée, comme les ' (boulettes de viande) et le ' (épaisse saucisse épicée), ou à partir de plats de viande et de poisson plus substantiels comme le ' (rôti de porc avec des craquelins) ou le ' (morue). Le Danemark est connu pour ses bières Carlsberg et Tuborg et pour ses "" (eau de vie de pomme de terre) et bitters (liqueur danoise). Cependant, le vin importé a gagné en popularité auprès des Danois depuis les . La cuisine au Danemark a toujours été inspirée par les pratiques étrangères et continentales. Des épices tropicales importées comme la cannelle, la cardamome, la muscade et le poivre noir étaient déjà utilisées dans la cuisine danoise du Moyen Âge et même à l'époque des Vikings. Au cours des dernières années, certains chefs danois ont développé la nouvelle cuisine danoise, une façon innovante de cuisiner à base de produits locaux de haute qualité. Cette nouvelle philosophie a été célébrée par la communauté gastronomique internationale et a contribué au nombre considérable de restaurants très réputés à Copenhague, certains d'entre eux ayant reçu des étoiles au guide Michelin. Littérature. Hans Christian Andersen (1805–1875) est un écrivain célèbre pour ses contes comme "La Petite Sirène, La Reine des Neiges" et "Le Vilain Petit Canard." D’autres Danois très célèbres sont le philosophe existentialiste Søren Kierkegaard ou les écrivains Karen Blixen, le prix Nobel de littérature Henrik Pontoppidan et Hans Scherfig. Beaux-arts. Dans le domaine des Beaux-arts, le Danemark occupe une place prépondérante en Scandinavie, grâce, à la richesse de certains de ses musées (musées d’art moderne Louisiana près de Copenhague, et d’Aalborg) et à plusieurs écoles qui permirent à la peinture danoise de rayonner à l’étranger (école de Skagen, mouvement CoBrA). Peinture. La peinture danoise a souvent suivi les courants européens tout au long de son histoire et reste peu connue. Ce sont d'abord les églises qui ont été les plus représentées, compte tenu de la tradition chrétienne du pays. Puis les paysages ont fait l'objet de l'intérêt des peintres à partir du , avec l'âge d'or danois, mouvement artistique sous l'influence de Christoffer Wilhelm Eckersberg (1783–1853), qui a eu notamment comme disciples célèbres Constantin Hansen (1804–1880) ou Christen Købke (1810–1848), ainsi que Vilhelm Hammershøi (1864–1916). Émerge alors l'École de Copenhague au sein de l'Académie des beaux-arts de Copenhague, où foisonne une diversité de courants et de productions artistiques, dont les œuvres d'Eckersberg qualifiées ainsi : . Les destructions puis la perte du Schleswig à la suite de la Guerre des Duchés perdue contre la Prusse en 1864 entament cet âge d'or danois, la peinture danoise délaissant alors les exemples étrangers pour se focaliser sur un art national et sur son propre paysage. C'est une lumière particulière, une apparente simplicité dans les portraits et un goût du paysage porté à son comble reflétant le climat et le relief, qui sont désormais décrits ; ce paysage danois acquiert son autonomie. Les peintres danois sont plusieurs à se retirer dans le petit village de pêcheurs de Skagen, où ils recherchent un style plus personnel et national, assimilant notamment l’impressionnisme dans le respect des traditions scandinaves. Le , qui rouvre progressivement le pays aux influences artistiques européennes comme l'impressionnisme avec Paul Gustav Fischer (1860–1934) puis le symbolisme avec Jens Ferdinand Willumsen (1863–1958) se tourne plus vers les natures mortes ainsi que les portraits. La peinture danoise s'exprime aussi dans le surréalisme avec Richard Mortensen (1903–1998), s'inspirant notamment de Vassily Kandinsky : développant un style abstrait, il fonde ainsi l'école de la "" (en français : "ligne") école de peintres abstraits, se qualifiant elle-même d'association de l’abstraction et du surréalisme. Ses œuvres reflètent surtout la violence qu'a connue l'Europe pendant la Seconde guerre mondiale et le vide qui en a suivi. Ses œuvres "expressionnistes" ultérieures présentent de grandes surfaces aux couleurs vives. C'est dans ce contexte artistique qu'émerge à son tour Richard Winther (1926–2007), considéré comme l'un des plus grands peintres danois du : inspiré de l'école de la Linien et de l'art abstrait, il s'inscrit plus tard dans l'art concret. Architecture et urbanisme. Riche d'une Histoire millénaire, le pays regorge de maisons uniques, trace des différentes époques et cultures qui ont traversé le Danemark, des maisons longues des Vikings aux moulins. Au Moyen Âge, contrairement aux autres pays scandinaves, où les constructions étaient réalisées en bois, la pierre était majoritairement employée au Danemark, aussi trouve-t-on aujourd'hui un nombre important d'églises romanes à travers le pays. Cependant, c'est l'arrivée de l'art gothique qui développa l'architecture en Scandinavie. Le Danemark, comme les Pays-Bas, disposant d'un sol très riche en argile, la construction en brique prit son essor, et à la Renaissance ce sont les formes hollandaises présentes notamment par l'emploi du pignon à gradins puis à volutes. Au , l'architecture danoise subit une nette influence hollandaise, que l'on peut observer à travers les châteaux de Rosenborg, de Charlotenborg, mais aussi à la Bourse de Copenhague. Peu d'architectes nationaux se démarquent, et le nom des constructeurs reste souvent inconnu. Au , c'est l'influence française qui prédominera. Mais vers 1760, ce sont des architectes locaux, formés lors de leurs voyages d'étude, qui viendront remplacer leurs maîtres étrangers. Ainsi, Caspar Frederik Harsdorff (1735-1799) se démarquera par une conception de l'architecture alliant la noblesse à la simplicité des formes. Celui-ci, élève de l'architecte Nicolas-Henri Jardin, avait en effet voyagé en France et en Italie de 1757 à 1764, ce qui lui permit de recevoir des offres intéressantes à son retour au Danemark. Harsdorff s'inspirera de Ange-Jacques Gabriel dans ses réalisations qui comprennent notamment la colonnade d'Amalienborg, le pavillon d'Hercule du Parc Royal, ou encore le Palais Peschier sur le bord du Holmens Kanal. Le principal successeur d'Harsdorff fut l'architecte Peter Meyn (1749-1808), qui conçut l'Académie de chirurgie et la porte du Parc Royal. Meyn se montrait plus souple que Harsdorff et n'hésitait pas à employer la ligne courbe ou à faire usage d'une grande variété d'ornements, tout en prenant le parti de la sobriété. Son architecture le rapproche du style Louis XVI, associé à des réminiscences de la Renaissance italienne.L'architecture danoise, éminemment européenne dans son influence, a ensuite suivi le courant néoclassique dans les qui a supplanté le style rococo. La monarchie danoise a favorisé l'émergence et le développement de l'architecture dès le par une politique de mécénat et de grandes commandes publiques : Gustav Friedrich Hetsch (1788–1864) ou encore Jørgen Hansen Koch (1787–1860) en sont les représentants les plus éminents. Elle crée ainsi l'Académie des Beaux-Arts de Copenhague. Le musée Thorvaldsen à Copenhague, construit entre 1838 et 1848, consacré au sculpteur Bertel Thorvaldsen (1770–1844), s'inspire largement de l'architecture antique, expression du néoclassicisme en vogue dans l'Europe du . Le pays semble s'être cependant resté plus longtemps imprégné dans son architecture comme son design par le classicisme que ses pays voisins comme la Suède. Plus tard, les architectes modernes du comme Jørn Utzon (1918–2008) et Arne Jacobsen (1902–1971), qui ont notamment construit l'Opéra de Sydney, affirmaient une architecture danoise moderne portée sur la rationalité et le fonctionnalisme, à l'instar de Le Corbusier en France ou de Walter Gropius en Allemagne : l'architecture organique à la scandinave, selon Jacobsen, doit retravailler la relation d'harmonie entre l'être humain et le monde naturel, matérialisée par le bâtiment et le mobilier érigés en composition unifiée et intriquée avec leur environnement. Elle s'est par la suite affirmée de nos jours par une préoccupation plus grande vis-à-vis du respect de l’environnement, soutenue par les subventions gouvernementales volontaristes pour trouver les solutions écologiques et réaliser la transition énergétique. La construction de maisons écologiques dans le pays et exportées à l'étranger se caractérisent notamment par un standard de faible empreinte écologique, avec des matériaux naturels tels que le bois, mais aussi l'herbe, la paille, ou les algues marines et le développement de procédés économisant l'énergie comme les puits de lumière naturelle et la qualité de l'air intérieur. Le Danemark se situe à la pointe du développement des écoquartiers. Sculpture. Au , la plupart des sculpteurs danois sont encore subordonnés à l'architecture, ils ne font que produire des images. De plus, à cette époque, la plupart des artistes sont étrangers, souvent Hollandais, Allemands ou Français (du fait de la révocation de l'édit de Nantes). Et ce sont des sculpteurs d'origine française, les frères Claude et Abraham-César Lamoureux qui seuls se démarqueront au . Il réalisèrent de 1681 à 1699 la statue équestre de Christian V, installée au sein du Kongens Nytorv à Copenhague. Au , si bon nombre de sculpteurs restent les collaborateurs des architectes nationaux, il en est de très talentueux, tel Johannes Wiedewelt, qui fit son voyage d'étude à Paris avant de passer quatre ans à Rome, où il fut marqué par le néo-classicisme qui caractérisa ensuite son œuvre. Il réalisa pour le parc de Frederiksborg des statues décoratives aux formes stylisées, d'aspect un peu dur, mais dont la sévérité est tempérée par la décoration d'inspiration française accompagnant les piédestaux. Au , le Danemark donna naissance au sculpteur le plus renommé de toute la Scandinavie, Bertel Thorwalden (1770-1844), qui devint le chef de file des sculpteurs néo-classiques. Son "Jason" sculpté en 1803 fut particulièrement remarqué et réalisa par la suite la statue de Potocki (à la cathédrale de Varsovie), le monument au Pape Pie VII et une statue du Christ pour la cathédrale de Copenhague. Design. Le design danois est intiment lié à l'architecture avec laquelle il s'est construit réciproquement. S'il est aujourd'hui réputé pour ses lignes épurées et son élégance, mais aussi pour son côté fonctionnel et jouit d'une forte renommée à l'échelle mondiale a d'abord émegé dans cette inspiration néoclassique : Nicolai Abildgaard dessine des chaises, la plus connue étant la Chaise "Klismos" conçue en 1790. Il a subi l'influence du Bauhaus, mais s'en est écarté pour obtenir une identité propre, en se basant à la fois sur un artisanat de haute qualité et une industrie performante. Le design danois se manifeste d'abord des objets quotidiens comme le mobilier ou les objets ménagers tout au long de la seconde moitié du , poussé par l'essor économique et l'émergence de la société de consommation post-Seconde Guerre mondiale : chaises, bouteilles isothermes, ustensiles de cuisine, vases, bijoux ou encore luminaires suivent des lignes épurées et courbes. C'est le designer et professeur Kaare Klint, considéré comme le père du design danois moderne, qui amorce dans les une véritable transition des arts décoratifs vers le design moderne : il a jeté les principes du design à la danoise, recentrant l'Homme dans la conception des objets du quotidien et une optimisation de l'espace de rangement par ces derniers. Selon lui, la tradition danoise correspond à un mélange de classicisme, de romantisme national et surtout à une tradition d’ébénisterie de grande qualité. Le design continue de rayonner à travers le monde, n'ayant pas omis de suivre la révolution numérique et le design des appareils électroniques comme ou encore plus récemment les casques électroniques ou les écouteurs. La maison Bang & Olufsen, aujourd'hui célèbre pour son matériel high-tech de manière sonorisation, a été fondée en 1925 à Quistruip dans le Jutland central. Cinéma et télévision. Le Danemark possède une longue tradition de séries télévisées. Dès 1978, les Danois se sont passionnés pour une série érigée en chronique sociale de seulement, "Matador". Moyen culturel d'exporter et de dépeindre la société danoise et sa manière de vivre, c'est surtout l'impulsion dans les de la chaîne de télévision publique DR, qui fait émerger des séries à succès exportées internationalement comme les séries policières ' (en danois : ') puis la série dano-suédoise ' (en danois : ') qui marquent véritablement l'esprit danois et plus généralement scandinave de conter une série. Elle se caractérisent généralement par une atmosphère noire et brute à la fois, évoluant dans un environnement urbain tendu et froid à la fois. La série "Borgen, une femme au pouvoir", série télévisée diffusée en 2010 en trois saisons, connaît un grand succès international, diffusée en France sur Arte début 2012. Elle raconte l'accession au pouvoir d'une femme partagée entre sa vie familiale et les intrigues politiques, mais aussi compris comme un hommage à la démocratie des mots de son créateur, Adam Price. Un rythme trépidant, une sobriété des décors et une limpidité de la forme, sont notés par une critique internationale très positive. Le succès indéniable de ces séries a pu conduire à des réadaptations souvent américaines. En 2018, enfin, la plateforme de vidéo à la demande Netflix, souhaitant produire une série s'inscrivant dans cette spécificité de noir nordique, produit la série ", suivant la quête et la survie d'un groupe de jeunes survivants dans une Scandinavie post-apocalyptique après qu'une pluie infectée et meurtrière a décimé quasiment toute la population. Les acteurs Sidse Babett Knudsen, Nikolaj Coster-Waldau, Lars Mikkelsen et Mads Mikkelsen ainsi que les cinéastes Carl Dreyer, Nicolas Winding Refn et Lars von Trier sont danois. Sport. Le sport est populaire au Danemark. Ses habitants participent et pratiquent une grande variété de sports qui leur est offerte grâce à une politique volontariste du gouvernement et les écoles incitant les enfants à en pratiquer en plus. Le football, sport le plus pratiqué avec inscrits dans , ainsi que le handball sont considérés comme les deux sports nationaux. Ce dernier est d'ailleurs considéré comme un sport d'origine danoise. L'équipe féminine de handball est la première et la seule équipe à avoir remporté les Jeux olympiques trois fois d'affilée en 1996, 2000 et 2004. Au football, chez les hommes, le Danemark a notamment remporté le championnat d’Europe en 1992 et a été trois fois finaliste aux Jeux olympiques (en 1908, 1912 et 1960). L'équitation ainsi que la chasse, respectivement septième et neuvième sports les plus pratiqués en 2013 tiennent une place prépondérante de la culture danoise. Ses nombreuses côtes littorales, ses plages ont permis le développement d'activités nautiques et aquatiques, où la pêche comme le canoë-kayak sont notamment populaires. Grâce à son réseau de pistes cyclables et sa population utilisant le vélo pour 36 % de leurs déplacements, le cyclisme tient naturellement une place prépondérante au sein des sports populaires au Danemark. Thorvald Ellegaard a ainsi gagné six titres mondiaux professionnels de cyclisme, trois européens et vingt-quatre nationaux, Bjarne Riis et Jonas Vingegaard ont respectivement gagné les Tours de France 1996 et 2022. La joueuse de tennis danoise Caroline Wozniacki est souvent citée comme la meilleure du pays. Elle a terminé les saisons 2010 et 2011 de la WTA à la première place mondiale. Codes. Le Danemark a pour codes :
Recherche dichotomique La recherche dichotomique, ou recherche par dichotomie (), est un algorithme de recherche pour trouver la position d'un élément dans un tableau trié. Le principe est le suivant : comparer l'élément avec la valeur de la case au milieu du tableau ; si les valeurs sont égales, la tâche est accomplie, sinon on recommence dans la moitié du tableau pertinente. Le nombre d'itérations de la procédure, c'est-à-dire le nombre de comparaisons, est logarithmique en la taille du tableau. Il y a de nombreuses structures spécialisées (comme les tables de hachage) qui peuvent être recherchées plus rapidement, mais la recherche dichotomique s'applique à plus de problèmes. Exemple introductif. On peut illustrer l'intérêt de la recherche dichotomique par l'exemple du jeu suivant. A et B jouent au jeu suivant : A choisit un nombre entre 1 et 20, et ne le communique pas à B, B doit trouver ce nombre en posant des questions à A dont les réponses ne peuvent être que « Non, plus grand », « Non, plus petit » ou « Oui, trouvé ». B doit essayer de poser le moins de questions possible. Une stratégie pour B est d'essayer tous les nombres, mais il peut aller plus rapidement comme le montre le scénario suivant : A choisit 14 et attend les questions de B : Description de l'algorithme. Principe. L'algorithme est le suivant : On peut toujours se ramener à une moitié de tableau sur un tableau trié en ordre croissant. Si la valeur de la case est plus petite que l'élément, on continuera sur la moitié droite, c'est-à-dire sur la partie du tableau qui contient des nombres plus grands que la valeur de la case. Sinon, on continuera sur la moitié gauche. Pseudo-code ou implémentation. Écriture récursive. On peut utiliser un algorithme récursif comme l'implémentation en Python suivante : def recherche_dichotomique_recursive2(element, liste_triee): if len(liste_triee)==1 : return 0 m = len(liste_triee)//2 if liste_triee[m] == element : return m elif liste_triee[m] > element : return recherche_dichotomique_recursive2(element, liste_triee[:m]) else : return m + recherche_dichotomique_recursive2(element, liste_triee[m:]) Écriture itérative. L'algorithme de dichotomie permettant de trouver une valeur val dans un tableau t de N+1 entiers trié par ordre croissant est le suivant : //déclarations début, fin, val, mil, N : Entiers t : Tableau [0..N] d'entiers classé trouvé : Booléen //initialisation début ← 0 fin ← N trouvé ← faux Saisir val //Boucle de recherche // La condition début inférieur ou égal à fin permet d'éviter de faire // une boucle infinie si 'val' n'existe pas dans le tableau. Tant que trouvé != vrai et début <= fin: mil ← partie_entière((début + fin)/2) si t[mil] == val: trouvé ← vrai sinon: si val > t[mil]: début ← mil+1 sinon: fin ← mil-1 //Affichage du résultat Si trouvé == vrai: Afficher "La valeur ", val , " est au rang ", mil Sinon: Afficher "La valeur ", val , " n'est pas dans le tableau" Variante pour recherche approchée. On peut modifier l'algorithme pour faire des requêtes approchées, par exemple, quelle est la plus petite valeur strictement plus grande que "a" dans le tableau. Complexité et performances. La dichotomie possède une complexité algorithmique logarithmique en le nombre d'éléments composant le tableau dans lequel s'effectue la recherche. On considère dans un premier temps le nombre de comparaisons comme étant la mesure de complexité. On appelle "T(n)" le nombre de comparaisons effectuées pour une instance de taille "n". Alors le nombre de comparaisons "T" satisfait la récurrence suivante : "T(n)=1+T(n/2)". D'après le "master theorem", cette récurrence a une solution de la forme "T(n)=O("log"(n))", avec la notation de Landau. Enfin le nombre de comparaisons est linéaire en le nombre d'opérations effectuées; l'algorithme a donc une complexité logarithmique. D'autre part, pour déterminer la complexité de l'algorithme, on peut chercher à exprimer le nombre total d'opérations effectuées "k" (un entier naturel non nul) en fonction de la taille "n" de l'instance. De par le fonctionnement de la dichotomie, "n" est divisé par 2 à chaque itération de la boucle de recherche, la taille finale de l'instance est donc formula_1(en partie entière). Puisque la plus petite taille possible d'une instance est de 1, on a formula_2 ; en multipliant par formula_3 (positif) on obtient formula_4 ; puis par composition avec le logarithme décimal (qui est croissant) formula_5 ; enfin en divisant par formula_6 non nul : formula_7. On obtient ainsi une complexité logarithmique. Comparaison avec d'autres méthodes. Recherche séquentielle. La méthode de recherche la plus simple est la recherche séquentielle qui s'effectue en temps linéaire : étudier les éléments les uns après les autres. Elle ne nécessite pas d'avoir une structure de données triée. De plus elle peut être pratiquée non seulement sur un tableau, mais aussi sur une liste chaînée, qui est parfois une structure plus adaptée. Sur des tableaux ordonnés, la recherche dichotomique est plus rapide asymptotiquement, mais pas forcément sur des tableaux de petite taille. Hachage. Le hachage est souvent plus rapide que la recherche dichotomique, avec une complexité amortie constante. La recherche dichotomique est cependant plus robuste en ce qu'elle peut être utilisée pour d'autres tâches qu'une simple recherche, comme trouver les éléments les plus proches d'un certain élément. Arbre binaire de recherche. Les arbres binaires de recherche utilisent une stratégie de dichotomie similaire à celle de la recherche dichotomique. La structure est plus efficace que les tableaux triés en ce qui concerne le temps d'insertion et de suppression (logarithmique et non linéaire), mais ils prennent plus d'espace. De plus, si un tel arbre n'est pas parfaitement équilibré, alors la recherche dichotomique sur tableau sera plus rapide. Recherche par interpolation. Pour les tableaux triés dont les données sont régulièrement espacées, la recherche par interpolation est plus efficace. Autre. D'autres structures de recherche sont : les matrices Judy, les filtres de Bloom, les arbres de Van Emde Boas, , les tries et les tableaux de bits. Champs d'application. En dehors des considérations mathématiques, la méthode de détection de problème par dichotomie peut être appliquée à de nombreux processus. Test dans l'industrie. Par exemple, en industrie, si un produit passant par x phases de transformation présente une anomalie, il est très pratique d'utiliser la dichotomie pour analyser les transformations (ou processus) par groupe plutôt qu'un par un. Cela permet aussi d'effectuer des réglages précis par étape. La méthode de dichotomie peut, par exemple, être utilisée si l'on rencontre un problème lorsque l'on groupe plusieurs appareils : on peut essayer de trouver le bon appareil en les triant et en faisant une dichotomie (en faisant des plus petits groupes). Recherche de zéros. La recherche par dichotomie peut être appliquée à la recherche des zéros approchés d'une fonction continue : il s'agit de la méthode de dichotomie.
Dagobert Ier , né vers 602/605 et mort le ou 639, est un roi des Francs de la dynastie mérovingienne. Fils de (584-629), arrière-arrière-petit-fils de Clovis, il règne sur l'Austrasie de 623 à 632 et est roi des Francs de 629 à 639. Durant cette période, il a sa résidence le plus souvent autour de Paris, notamment à Clichy (actuel département des Hauts-de-Seine). Déjà affaibli sous Dagobert, le pouvoir monarchique passe entre les mains des maires du palais à partir de sa mort. Contexte historique. Le règne de Dagobert se déroule environ après celui de Clovis et avant l'avènement du carolingien Pépin le Bref. Dagobert prend la succession de son père ; ce dernier a unifié les terres franques alors réparties entre les petits-fils de Clovis. Dagobert règne donc sur un royaume unifié. Cependant, il doit compter avec la noblesse austrasienne, qui avait su monnayer son aide auprès de contre Brunehaut. La dynastie mérovingienne de Clovis à Dagobert. Le règne de Clovis (481-511) a établi la domination des Francs sur la plus grande partie de la Gaule ex-romaine. À la mort de Clovis, le royaume est partagé entre ses quatre fils, puis réunifié vers 555, augmenté de la Bourgogne, par . Un nouveau partage a lieu à la mort de celui-ci entre ses quatre fils : l'un, Caribert meurt en 567 ; Gontran, roi de Bourgogne, reste dans une certaine mesure à l'écart du conflit, commencé vers 570, entre les couples Sigebert-Brunehilde/Brunehaut (royaume de Metz) et Chilpéric-Frédégonde (royaume de Paris, Neustrie) ; Sigebert est assassiné en 575, Chilpéric en 584 ; il laisse un fils de quelques mois, Clotaire, qui triomphe en 613 avec l'exécution de Brunehilde et de ses arrière-petits-enfants. Il réunifie alors le royaume franc. Cependant, sous la pression des nobles austrasiens, il doit dès 623 confier le royaume d'Austrasie à son fils Dagobert, qui lui succède comme roi des Francs en 629. Le monde à l'époque de Dagobert. Sous le règne de Dagobert, le royaume franc couvre l'ancienne Gaule ainsi que des dépendances en Germanie, notamment la Bavière. Il est ici au contact de peuples encore païens : les Frisons, les Saxons et les Alamans en Germanie, les Avars en Pannonie (actuelle Hongrie). Au nord, l'actuelle Angleterre est divisée entre différents royaumes anglo-saxons (Kent, Mercie, etc.), dont certains sont encore païens. Au sud-est, l'Italie est aux mains des Lombards (royaume des Lombards, duchés de Spolète et de Bénévent), dont beaucoup sont encore ariens ou païens, et de l'Empire byzantin (Exarchat de Ravenne, dont dépend Rome, siège de la papauté ; Sicile et Italie du Sud). Au sud-ouest, l'Espagne est aux mains des Wisigoths (royaume de Tolède, dont est originaire la reine Brunehilde). La grande puissance de l'époque est l'Empire byzantin (capitale : Constantinople) qui contrôle, en plus des provinces italiennes, le Sud des Balkans, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. La date de 630 est importante pour l'avenir de ces régions : c'est l'année de la prise de La Mecque par les musulmans de Médine, donc le début des conquêtes musulmanes ; le prophète de l'Islam, Mahomet meurt en 632. Pépinides et Arnulfiens à l'époque de Dagobert. Les Pépinides et Arnulfides, ancêtres des Carolingiens, constituent dès cette époque deux familles importantes en Austrasie. Parmi eux, on doit citer le maire du palais Pépin de Landen et saint Arnoul. De leur alliance et du mariage de leurs enfants naîtra la famille carolingienne. Ils possèdent de très nombreux domaines, en particulier dans la vallée de la Meuse (Herstal, Jupille, etc.). Après Dagobert, les maires du palais d'Austrasie, de Neustrie ou de Bourgogne jouent un rôle croissant, au détriment des rois de la famille mérovingienne. Sources. Les sources concernant le règne de Dagobert sont d'abord des chroniques : La chronique de Frédégaire est rédigée peu après le règne de Dagobert. Mais elle est tout de même biaisée par le point de vue de son auteur, qui juge les rois en fonction de leur attitude vis-à-vis de l'Église. Les deux chroniques ultérieures sont encore plus biaisées, parce que le règne de Dagobert est, dans les milieux carolingiens, l'objet d'une reconstruction qui en fait le roi mérovingien le plus remarquable après Clovis. Il existe aussi quelques chartes (le plus souvent des chartes de donation). Certaines datent du règne de Dagobert, mais un assez grand nombre de fausses chartes attribuées à Dagobert ont été rédigées après sa mort, du , en particulier à l'abbaye de Saint-Denis, lieu de la sépulture de Dagobert, et plus tard de Charles Martel et Pépin le Bref, puis des Capétiens. On a au total dont 33 sont faux ( concernent Saint-Denis, dont ). Ce phénomène des fausses chartes de Dagobert est lié à la valorisation de son rôle à l'époque carolingienne, puis sous les Ottoniens et les Capétiens. Dans cette perspective, ont aussi été élaborées de fausses généalogies établissant le rattachement des Carolingiens, puis d'autres familles, aux Mérovingiens grâce à une sœur (inventée) de Dagobert ; cette pratique a encore lieu au au sein de la famille des ducs de Lorraine en lutte contre la famille royale française des Valois. Biographie. Formation. Dagobert est le fils de (fils de et arrière-petit-fils de Clovis). Sa mère s'appelle Bertrude. À l'âge de neuf ans, il est atteint d'une entérite colique. Bertrude l'envoie, avec son demi-frère Caribert, dans la villa royale de Reuilly, à l'est de Paris. Il est instruit par des clercs qui lui enseignent le latin et l'histoire. À dix ans, il apprend à monter à cheval, pratique du sport et le maniement des armes. Il pratique également comme passe-temps certaines activités manuelles comme l'ébénisterie et la menuiserie. En 615, il rejoint la cour du roi son père, avec qui il entretient des relations dictées par la raison d'État, pour y suivre l'instruction de l"'École du palais" où il enrichit ses connaissances politiques et administratives. En 618, quelques mois après le décès de Bertrude, l'épouse de Clotaire, ce dernier, père de Dagobert se remarie avec Sichilde, alors gouvernante de Caribert. Dagobert la voit comme une intrigante cherchant à favoriser Caribert tout en la soupçonnant d'avoir été la maîtresse de son père. Avec son frère Brodulf (ou Brunulf), elle tente de faire obtenir un héritage égal entre les deux fils de Clotaire, alors que Caribert est mis à l'écart de la succession royale pour cause d'incapacité à régner. En 621, aux quinze ans de Caribert, Sichilde obtient de Clotaire un don de petits domaines disparates et éloignés les uns des autres, formant des comtés gérés par des intendants royaux, à chacun de ses deux fils. L'âge de la majorité est donné aux deux princes, supprimant leur gouvernance. En guise de remplacement, un maire du palais est désigné pour chacun d'eux, bien que ne régnant sur aucun royaume. Harmaire échoit à Caribert, quant à Dagobert, il lui est permis de choisir : il propose le duc Ega, qui, en plus d'avoir bonne réputation, participe à sa formation à l'école du palais ; ce dernier accepte et la proposition est approuvée par le roi. Brodulf et Sichilde font en sorte d'éloigner le plus possible Dagobert de la cour, afin que le roi porte plus d'attention à Caribert, en incitant Clotaire à envoyer Dagobert un peu partout à travers la Gaule : en Austrasie, Burgondie et Neustrie. Ceci permet à Dagobert de connaître les régions du royaume avec leurs particularités, de rencontrer des gens de toutes conditions et de visiter toutes sortes de lieux, de lier des relations et d'être perçu comme délégué de la couronne. En 622, il siège au conseil du royaume, où il participe aux décisions gouvernementales en étant consulté par son père et ses ministres. Il recommande la prolifération des "immunistes", octroyant un diplôme royal d"'immunité" aux propriétaires de domaine, refusant l'accès au domaine à toute personne extérieure autre que le roi afin de limiter le pouvoir des Grands du royaume qui usurpent le pouvoir du roi pour exercer une juridiction à ses dépens et accaparer des pouvoirs judiciaires ainsi que des biens, taxes, capitations, récoltes... Il promeut également des "recommandations" pour assurer une meilleure hiérarchisation seigneuriale : un seigneur reçoit l'hommage d'un guerrier ou d'un chef qui prête serment de fidélité et offre ses services en échange d'avantages et de la protection du seigneur. Une protection spéciale et des devoirs particuliers sont attribués à ceux qui se recommandent au roi. Les "leudes" sont des recommandés qui placent leurs terres sous la protection du roi et en échange de quoi, le roi leur en offre d'autres. Dans le but d'augmenter la production agricole des paysans libres, le concept d'origine romaine des "précaires" est répandu : un propriétaire terrien accorde l'exploitation d'un terrain à un paysan libre pour un certain nombre d'années qui peut faire ce que bon lui semble de la récolte, en échange le paysan doit aménager et entretenir la terre. À l'expiration du délai d'exploitation, le propriétaire bénéficie des aménagements et constructions réalisées. Pour fidéliser les vassaux à la monarchie, des "bénéfices" peuvent être accordés : l'usufruit d'un domaine, pour une durée déterminée d'au moins cinq ans et à vie la plupart du temps, est attribué à un favori du roi en échange de services rendus. Roi d'Austrasie. En 623, l'évêque de Metz, Arnoul, demande à ce que le roi lui rende visite, mais celui-ci préfère envoyer Dagobert. Arnoul rend compte que les Austrasiens sont jaloux des Neustriens qui bénéficient de la présence du monarque et s'estiment lésés. Aussi, ils souhaitent la présence du roi en leur contrée ce que Clotaire refuse. Mais cédant aux revendications autonomistes des nobles d'Austrasie, il nomme Dagobert vice-roi de ce territoire (amputé néanmoins des régions à l'ouest des Ardennes et des Vosges ; les vallées de la Haute-Meuse, de la Haute-Marne, de l'Aisne, de la Champagne. Les villes de Verdun, Toul, Châlons et Reims, également exclues, sont déclarées « cités royales » et ne dépendent que du roi) en tant qu'associé à la couronne avec délégation d'autorité. Cette décision est approuvée par Brodulf qui voit là une occasion d'éloigner Dagobert ainsi que Harmaire, dont Brodulf suggère qu'il commande des troupes afin d'apaiser les troubles causés outre-Rhin par le duc saxon Aighina. C'est alternativement à Metz et à Trèves qu'il réside alors. Ses tuteurs seront le maire du palais Pépin de Landen, saint Arnoul et Cunibert (ou Chunibert), évêque de Cologne, qui sont déjà les dirigeants effectifs de la contrée. Son éducation s'oriente de manière à répondre aux besoins de l'Église, et il ne peut se passer de la compagnie d'Arnoul au point de menacer ses fils de mort si ce dernier ose mener une vie érémitique. Il se consacre à l'amélioration du système judiciaire afin d'étendre les compétences du roi par la mise en place de réformes. Le wergeld (« prix de l’homme ») pour une même catégorie sociale est pratiquement équilibré, quelle que soit la naissance des hommes, les conditions de l'état civil, de la famille, des successions s'uniformisent. En conformité avec l'édit de 614, il impose que durant les jugements, un évêque ou un clerc intervienne pendant les débats ou délibérations pour réduire les injustices. Le comte du palais ou le clerc peuvent demander la reconsidération des sentences et interjeter appel. Il pousse à la périodicisation régulière des sessions, au maintien des jurys populaires, à la désignation de conseillers-auditeurs compétents au mandat de longue durée. Le référendaire spécialise les juristes auxquels le roi fait appel. Il laisse le chancelier-référendaire promouvoir à la chancellerie des magistrats pour des missions juridiques ou d'inspections. Les accusés, défendeurs et demandeurs peuvent s'appuyer sur des témoins, des garants ou cautions. Les problèmes concernant les veuves, orphelins et déshérités sont soumis aux clercs, qui ont mission de représentant et conseiller. Les conseillers-auditeurs non convoqués à une session peuvent assister ou représenter en justice des plaideurs. Les "pagus" (unité administrative principale des états du royaume), où les comtes exercent la juridiction du roi, sont de taille variable, empêchant ainsi le comte d'y assurer la représentation du roi à chacune des audiences des différents centres judiciaires. Les comtés sont donc partagés en "vicairies" où à leurs têtes sont nommés des vicaires, qui président les tribunaux locaux, sous autorité du comte. Les affaires importantes sont directement présidées par les comtes. Les comtes et les vicaires doivent désigner juristes et clercs de leur entourage pour assistance. Les comtes eux-mêmes font appel à des vicaires pour les affaires courantes et pour les remplacer lors de leurs déplacements. Chrodoald, un aristocrate bavarois de la famille des Agilolfinges, propriétaire d'un domaine à l'ouest de Trèves, exerce un trafic de marchandises avec les duchés alliés de l'Est et étend son influence au détriment de celle du roi, pour constituer un État indépendant. Il refuse également de payer l'impôt à Pépin de Landen, dont il a acheté certains de ses officiers, et ne se soumet guère au ban. Arnoul souhaite sa mise à l'arrêt et un jugement par le tribunal royal. Chrodoald se réfugie à Paris auprès de Clotaire qui demande à Dagobert d'abandonner toute poursuite, et de promettre de le laisser regagner ses terres. Clotaire aurait reçu serment de Chrodoald qu'aucun trouble n'interviendrait de sa part. Après consultation de Pepin, Arnoul, Harmaire, Anségisèle et l'évêque Clodulf de Metz, également conseiller royal, Dagobert accorde son pardon. À son retour au palais de Metz, Chrodoald est assassiné par des hommes du patrice Harmaire sur ordre de Dagobert. Clotaire se rend compte qu'il y a eu accord entre son fils et l'entourage de celui-ci. Il menace de le destituer s'il ne vient pas de lui-même pour repentance et soumission. Dagobert en profite pour étendre son autorité sur Metz et Trèves. Il envoye Cunibert à Clichy demander au roi l'Austrasie avec la Champagne, Brie et les cités royales. Un comité de douze Grands a lieu pour en délibérer. En septembre 626, il rencontre son père et s'installe dans la villa royale de Saint-Denis. C'est peut-être à cette date ou en 625 qu'il fait embellir son monastère. L'assemblée accorde l'intégralité de l'Austrasie à Dagobert excepté l'Aquitaine et la Provence, habituellement rattachées aux rois austrasiens. Il est convoqué par son père à Clichy en présence d'Amand et de Caribert, pour reconnaissance officielle du royaume d'Austrasie et prêter serment d'allégeance. Mais Clotaire impose la condition qu'il épouse la sœur de la reine Sichilde, Gomatrude et que Caribert épouse Fulberte, belle-sœur de Brodulf (l'existence de Fulberte serait contestée, voir article Faux Mérovingiens). Ces mariages permettent à Sichilde et Brodulf que des membres de leur famille soient reines. Le mariage a lieu en décembre 626 à Clichy, Amand célèbre l'union. Il unit également Caribert et Fulberte quelques jours après. Le duc Aighina doit s'expliquer devant Dagobert des troubles causés, à l'extérieur de son duché, par ses soldats. Il remet en cause la gestion de ses troupes par le patrice Harmaire et un différend éclate entre eux. Aighina doit faire serment de fidélité et est convié à une assemblée de Grands présidée par Clotaire, qui se situe entre décembre 626 et 627. Harmaire est assassiné en sortant de la grande salle de la villa royale. Les assassins s'enfuient mais des témoins reconnaissent des hommes de la garde personnelle d'Aighina qui s'est réfugié à Montmartre. Les fidèles de Harmaire veulent le venger et assiègent le duc. Brodulf demande l'intervention du roi qui convoque Ega pour imposer la « paix du roi » entre les rivaux. Aighina est destitué de son duché, remis à Berthoald, exilé à Montmartre avec une petite garde en compagnie et avec l'octroi d'un petit domaine comme résidence forcée. En avril 627, profitant de la mort d'Harmaire, qui n'est pas encore remplacé dans ses fonctions, les Saxons commandés par Berthoald attaquent l'Austrasie. Dagobert lève le ban et commande les troupes à Spa. Durant la bataille, les cavaleries ennemies s'affrontent laissant les deux chefs face-à-face : Berthoald agrippe la chevelure de Dagobert et la lui coupe. Dagobert demande de l'aide à Clotaire qui, avec Ega et l'armée Neustrienne, arrive près d'Aix-la-Chapelle. Le duc fond avec sa cavalerie sur les troupes de l'armée neustrienne tentant de la prendre à revers mais Ega et ses hommes, grâce à leurs piques et lances, font Berthoald prisonnier et mettent ses troupes en déroute. Ega convoque le roi et son fils et demande l'application des lois de la guerre concernant les traîtres : Clotaire ordonne l'exécution de Berthoald qui est décapité. À la suite des affrontements, Dagobert doit reconstituer les royaumes de Saxe et de Thuringe. En matière fiscale, il ordonne la restauration du "cadastre", le versement annuel d'une redevance par les Grands. Les levées exceptionnelles sont supprimées et le droit de gîte et d'hospitalité, qui permet au roi et son escorte de bénéficier d'un hébergement et de subsistance, n'est plus accablant et des dédommagements sont accordés aux cités d'accueil. Les zones de stationnement et les relais des armées doivent être dédommagées par les provinces ou le pays dans son ensemble. Il encourage les comtes à rendre une justice moins intéressée en accroissant les inspections, les modifications de sentences. Il accorde des faveurs aux magistrats intègres. Il dote les comtes de bénéfices personnels qu'ils tentent de rendre héréditaires. Face à l'augmentation des biens ecclésiastiques, Cunibert et Clodulf en informent le roi qui promeut de nouvelles lois : en cas de fraude électorale pour la nomination d'un évêque, ainsi que pour les désignations abusives de diacres et de prêtres, un appel peut être fait au roi. Il en est de même en cas de manquement d'un évêque pour l'assistance aux déshérités. L'enseignement leur revenant de fait, il leur est imparti d'ouvrir des écoles et de veiller à la bonne formation des clercs instructeurs, sous peine de voir leurs privilèges remis en cause. Les biens de l'Église ont pour objectifs l'amélioration des conditions des paysans et l'augmentation de leurs rendements. Les affranchis, esclaves, veuves et orphelins passent sous la juridiction des évêques tout comme les contrats de mariages et testaments. Roi des Francs. Dès le décès de (18 octobre 629), un messager lui transmet une invitation aux funérailles de son père à Paris. Le roi est enterré à l'église saint-Vincent. Alors que Sichilde s'est rendue dans sa villa de Bonneuil, Brodulf explique qu'avant sa mort, Clotaire aurait légué le royaume à Caribert, secondé par le maire du palais neustrien Landri. Dagobert exigea des témoignages et Brodulf dit que Landri et Amand sont témoins de la scène. Tous les deux sont convoqués et le contredisent : Landri dit qu'il n'a pas reçu de consignes particulières et Amand n'a entendu qu'un bredouillage de confession sans rapport. Dagobert ordonne à Brodulf de partir le plus loin et le plus vite possible, ce qui est fait. Face à toute la cour, il déclare son titre royal en se faisant nommer roi de Bourgogne, puis chasse Caribert de la Neustrie, lui faisant jurer de renoncer définitivement à la Gaule, Caribert devant lui succéder en l'absence de descendance. Quelques jours plus tard, Landri meurt et est remplacé par Ega. Il visite la Neustrie et la Burgondie pour y établir les réformes mises en place en Austrasie, puis s'installe dans l'abbaye de Saint-Denis. Ega et le trésorier royal Didier viennent le voir pour lui annoncer que l'Aquitaine se révolte du fait de l'absence de visite du roi dans cette province. Le comte de Cahors se fait assiéger par un groupement de bandits et de population locale, entrainant la lapidation de l'évêque Rubique, frère de Didier, qui tente de s'interposer. Didier est désigné comme successeur de Rubique. Afin d'apaiser les tensions, le roi doit se faire représenter en Aquitaine. Poussé par son oncle Brodulf, Caribert réclame son dû. Dagobert ne lui laisse pour territoire que le royaume d'Aquitaine, créé pour l'occasion. Ce royaume a Toulouse pour capitale et englobe l'Aquitaine méridionale (duché de Vasconie) jusqu'au Pyrénées avec comme principales villes Agen, Cahors, Périgueux et Saintes. Aidé par les ducs Vascons et Aighinan ainsi que par d'autres ducs et comtes, il envoie des troupes sur les principaux lieux de rébellion. Il repousse les Vascons ibériques ainsi que leurs alliés Aquitains (Proto-basques), soumettant à l'autorité royale toute l'Aquitaine. Le duc Aighinan s'installe avec ses troupes aux bords des Pyrénées. Lorsque Caribert rejoignit Toulouse, il reçoit un légat de Dagobert pour le complimenter de sa victoire. Voulant répudier Gomatrude qui lui a été imposée par son père, il convoque le référendaire Dadon, l'évêque Amand et un officier de sa garde. L'officier est chargé d'avertir la reine qu'elle ne doit plus que se contenter de vivre dans une aile de sa villa de Romilly et d'y rester. Puis le roi accompagné de Dadon, Amand et de hauts dignitaires, signe l'acte de répudiation, ne laissant à la reine que la liberté de choisir son lieu de résidence, l'accompagnement de serviteurs et la possibilité de percevoir une pension de la part du comté de son lieu de résidence. Amand s'oppose à cette décision et est destitué de ses fonctions à la cour pour être envoyé auprès de Caribert, qui accepte de l'héberger. Mais devant son refus, Dagobert nomme Amand évêque sans siège fixe, en lui donnant pour mission l'évangélisation des païens du Pays basque. Avec l'aide de clercs qui l'accompagnent et des seigneurs chrétiens locaux, il fonde des paroisses, crée des séminaires d'enseignement de langue romane et de formation des diacres. Sa mission achevée, Caribert fait d'Amand son aumônier. Gomatrude est finalement répudiée et se réfugie dans le domaine de sa belle-sœur Bruère. En 630, afin de rendre justice et secourir les pauvres, Dagobert voyage en Burgondie, se rendant dans plusieurs villes dont Saint-Jean-de-Losne, où il fait assassiner Brodulf. Il répudie Gomatrude à Reuilly et épouse Nanthilde. Il prend ensuite comme concubine Ragnetrude qui enfante Sigebert. En décembre 630 ou en janvier 631, Dagobert parraine Chilpéric, le nouveau-né de et de Fulberte. Caribert est malade de dysenterie ou de tuberculose, ce qui engendre des troubles causés par les seigneurs aquitains ainsi qu'une crainte de rébellion vasconne ou d'offensive wisigothe. En 631, accompagné à Orléans par Pépin de Landen, son fils Sigebert est baptisé par l'évêque Amand et . Il signe un traité de « Paix Perpétuelle » avec l'empereur byzantin Héraclius. Sur les conseils de ce dernier, il fait baptiser tous les juifs de son royaume. Les Wendes ou Vénèdes, ethnie slave, supposés avoir agressé une caravane de négociants francs, provoquent un conflit diplomatique entre Dagobert et Samo, roi des Wendes. Les Francs d’Austrasie s’unissent avec les Lombards et les Alamans pour battre les Wendes. Dans la bataille, qui a lieu à "Wogastisburc" (peut-être Kaaden-sur-l'Oder, et plutôt Kadaň sur l'Eger), les Austrasiens sont vaincus. On attribue cette défaite à un manque de motivation, dû à une politique pro-neustrienne et au fait « "qu'ils se voyaient haïs de Dagobert et continuellement dépouillés par lui" ». En mars 631, Sisenand, aristocrate wisigoth, demande l'appui de Dagobert pour détrôner son rival, Svinthila. Dagobert lève des troupes en Bourgogne et envoie les ducs Abondance et Vénérande qui marchent jusqu'à Saragosse. Sisenand monte alors sur le trône et offre aux envoyés de Dagobert d'or, qui bénéficient à l'abbaye de Saint-Denis. En janvier 632, meurt. La volonté d'autonomie en Aquitaine est ébranlée par la mort du roi. Il est décidé que le duc Egina et l'évêque de Toulouse assurent la gouvernance de l'Aquitaine accompagnés par l'évêque Didier de Cahors, qui dispense des conseils en cas de problème, pendant la minorité de Chilpéric. Cependant, celui-ci meurt quelque temps après, peut-être assassiné sur ordre de Dagobert. Le 8 avril 632, Dagobert récupère l'Aquitaine, reconstituant ainsi le royaume franc tel qu'il était sous le règne de son père. Dès lors, il choisit de quitter l'Austrasie, et de prendre Paris pour capitale, en raison de sa position géographique au centre du royaume. Il se sépare ensuite de Pépin de Landen, tentant de recouvrer un peu du pouvoir que son père avait laissé aller aux maires du palais. Il choisit alors d'excellents conseillers tels que le chancelier Didier, le référendaire (gardien du sceau royal) Dadon (canonisé sous le nom de saint Ouen) et l'orfèvre Eligius (futur saint Éloi). Avec leur aide, il s'occupe en priorité des affaires intérieures du grand royaume des Francs et son règne constitue une trêve heureuse dans l'anarchie mérovingienne et apporte une paix relative, grâce à sa volonté d'unifier le gouvernement du pays. Il est en fait le dernier roi mérovingien à diriger personnellement le "regnum francorum". Il entreprend un certain nombre de réformes essentielles : Au niveau politique, Dagobert développe les relations diplomatiques avec les pays voisins : un accord en 633 avec les Saxons pour qu'ils l'aident à protéger ses frontières des Slaves de Samo. Les Saxons proposent à Dagobert de protéger le royaume en échange de rémission de leur tribut de cinq cents vaches. Il mène également des campagnes militaires, notamment contre les Vascons (638), les Bretons, et surtout les Slaves qui lui résisteront en 632. Mais en 634, la noblesse d'Austrasie se révolte. Pour apaiser les esprits, Dagobert est contraint d'abandonner le royaume d'Austrasie à son fils qui n'a alors que deux ans (il réussit néanmoins à écarter cette fois Pépin de Landen du poste de maire du palais). Il lui donne comme tuteurs l'évêque de Cologne et le duc Andalgésil. En 635, il a de Nanthilde un fils nommé Clovis. Ce sont ensuite les nobles de Neustrie qui revendiquent leur rattachement à la Burgondie ; ils exigent et obtiennent que Dagobert rassemble les deux régions et qu'il place son fils à la tête de ce nouveau royaume. Un traité fut conclu avec Sigebert, afin qu’à la mort de Dagobert la Neustrie et la Bourgogne reviennent à Clovis, l’Austrasie restant à Sigebert et à sa descendance. En 637, une révolte de Vascons éclate. Une armée est envoyée de Bourgogne, avec à sa tête Chadoinde et dix ducs, qui ravagent leurs vallées. Lors du retour, un duc est piégé dans la vallée de la Soule et sa troupe est vaincue. À la mort, en 612, du duc de Domnonée , qui détient également le titre de roi des Bretons, ses deux fils Judicaël et Gazlun sont désignés pour gouverner conjointement. Néanmoins, Gazlun refuse de partager le pouvoir et tente d'obtenir le titre de roi. Après une bataille partisane, Gazlun avec l'appui du duc-roi du Bro-Waroch, prend le dessus sur Judicaël et ses partisans cornouaillais. Celui-ci se consacre alors à la vie monastique du monastère de Saint-Méen-de-Ghé. Par l'intermédiaire d'intrusions, Gazlun dépossède alors des leudes partisans de son frère, en enferme certains en prison, en assigne à résidence et fait saccager des domaines et chantiers de construction. Il tente même d'imposer en culte des saints de son choix. Par crainte de voir cette pagaille déborder sur le royaume des Francs, les villes de Nantes et Rennes qui constituent ses défenses et ont été ravagées, sont renforcées. Afin de savoir ce qui se passe, un notable est envoyé auprès de l’entourage de Gazlun qui décède en fin d’année 632. Une délégation bretonne se rend au monastère de Saint-Méen-de-Ghé pour inciter Judicaël à devenir roi. Celui-ci a pris goût à la vie monastique et préfère que son fils de douze ans, Alaüs, prenne sa place. La délégation lui demande d’au moins régner jusqu’à la majorité de son fils. Finalement, Judicaël accepte de devenir duc de Domnonée. Les nouvelles de Bretagne parviennent difficilement à la cour de Dagobert, qui décide de voyager en Poitou, dans l’Orléanais, la Touraine et le Maine pour enrichir ses informations. Il rencontre sans doute Berthilde dans un grand domaine des environs d’Orléans. Il apprend la mort de Gazlun et la prise de pouvoir de Bretagne par Judicaël. Éloi a pour mission d’obtenir la soumission de Judicaël et la réparation de tous les préjudices subis par ses leudes. Durant l’absence d’Éloi, le duc Ega assure sa fonction au gouvernement. Éloi s’installe alors dans le palais du gouverneur de Vannes. Avec l’aide de clercs qui l’accompagnent et qui se déplacent dans le Bro-Waroch, la Cornouaille et la Domnonée, il apprend que Judicaël n’a pas demandé audience à Dagobert pour se consacrer au redressement de la Bretagne, après les troubles causés par Gazlun. Des officiers laïcs de la délégation d’Éloi apprennent que les leudes ont été libérés et dédommagés. Éloi rencontre l’abbé du monastère de Saint-Méen-de-Ghé pour établir un accord en vue de faire se rencontrer Judicaël et Dagobert. Une ambassade est alors accueillie au palais de l’évêque à Vannes, où Éloi accueille des laïcs et ecclésiastiques. Il leur demande s’ils peuvent exprimer « les intentions du roi Judicaël » et celui-ci qui fait partie du groupe répond « Je suis Judicaël et je ne suis pas roi ». Après cette délégation, plusieurs négociations ont lieu tantôt à Vannes tantôt à Saint-Méen-de-Ghé. Judicaël y explique qu’il a accepté le titre de duc de Domnonée, que son père lui a attribué à lui et son frère, mais qu’il refuse tout titre royal. Il ajoute que tous les seigneurs bretons reconnaissent la suzeraineté de Dagobert, qu’il n’a jamais failli à sa parole, et refuse de se soumettre, ce qui serait reconnaître une faute qu’il n’a pas faite. Judicaël reproche aux Francs leur indifférence et de n’être pas intervenus contre Gazlun, ce à quoi Éloi répond que la situation bretonne est mal connue de la cour franque et que l’envoi d’un légat auprès de Gazlun signifie la reconnaissance de son pouvoir. L’insistance d’Éloi pour que Judicaël rencontre le roi des Francs est vouée à l’échec, Judicaël affirmant que « Je ne suis qu’un duc, non un roi. Je n’ai nulle raison de solliciter une faveur particulière, et nulle raison non plus de réitérer un acte d’allégeance auquel mon pays est fidèle ». Il accepte néanmoins d’être reçu par un haut représentant du roi comme le serait n’importe quel duc plutôt que de dîner avec Dagobert. Éloi accepte de le faire recevoir par le référendaire Dadon. Judicaël accorde une audience aux représentants de Cornouaille et du Bro-Waroch, qui le saluent comme roi, pour exprimer aux représentants du roi des Francs la fidélité de la Bretagne. Judicaël rencontre alors Dadon à Creil pendant deux jours, en tant que duc des Bretons. Celui-ci enregistre les déclarations et renouvelle l’amitié et l’appui du roi. Le jour du départ de Judicaël, alors qu’il vient prévenir son hôte, Dagobert apparaît derrière une tenture qui se soulève, et donne l’accolade au duc pris de court, puis se retire. À la fin de l’année 634, Judicaël cède sa place à son fils Alaüs (), qui sera traité en souverain de toute la Bretagne, pour se retirer au couvent de Saint-Méen-de-Ghé. Cette relation entre la Bretagne et le royaume des Francs permet d’accroître les liens entre seigneurs bretons pouvant devenir leudes du roi des Francs, et les autres leudes. De plus, de riches Francs peuvent s’installer en Bretagne et contribuer à faire vivre la région. Des liens commerciaux s’installent notamment avec le développement des manufactures de toiles de Vitré et de Locronan, des salines de Guérande et de Bourgneuf-en-Retz. Par l’intermédiaire des transports rapides dits de cache-marée, la Bretagne approvisionne de grandes villes telles que Paris en poisson frais. Les grandes villes bretonnes se développent : Brest devient un centre de construction navale et port de commerce. Le Mans devient un centre d’échange entre la Bretagne et la Neustrie et des populations bretonnes s’installent dans l’Alençonnais et dans l’ouest sarthois. De même, l’aristocratie vasconne se soumet à Clichy. En 638 ou 639, Dagobert tombe malade d’un flux au ventre à Épinay-sur-Seine. Il recommande alors la reine Nanthilde et son fils Clovis au maire du palais de Neustrie Aega. Il meurt quelques jours après à Braine, le 19 janvier à l'âge de . Héritage. À sa mort, ses deux héritiers sont encore très jeunes : Sigebert a huit ans et Clovis quatre ; l'unité de commandement disparaît et les luttes et l'anarchie reprennent. Le pouvoir des maires du palais va s'accroître au détriment des rois, car ils en profitent pour manipuler les jeunes souverains et s'emparer définitivement du pouvoir : c'est le début de l'époque dite des "Rois fainéants" qui marquera la fin de la dynastie mérovingienne. Tombeau. Avant de mourir, le roi Dagobert a choisi d'être enterré, non à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, comme ses prédécesseurs depuis en 558, mais à la nouvelle basilique Saint-Denis dont il a fait construire l'enceinte, sur le lieu où reposait déjà depuis 570 Arégonde, son arrière-grand-mère et quatrième épouse de . De Dagobert, dernier roi unique du "regnum Francorum", il subsiste le tombeau que fait installer au le roi . Au , les moines de Saint-Denis voulurent imposer leur basilique comme nécropole royale et rendre hommage au roi Dagobert en réalisant, pour sa dépouille, un tombeau exceptionnel adoptant la forme d'un enfeu à haut pignon dont le fond est traité comme un tympan. Mais la sulfureuse réputation du bon roi les fit trembler. Ils imaginèrent donc une sculpture un peu ambigüe et qui se lit dans la pierre comme une bande dessinée. Le roi est représenté en gisant couché de flanc, les mains jointes, le regard tourné vers le tombeau des trois martyrs, ses patrons, sur un lit entouré de deux statues (Nanthilde, son épouse et , son fils, tenant le plan relief de la basilique). Ces statues et le gisant sont des restitutions de Viollet-le-Duc. Les registres du tympan retracent le voyage d'outre-tombe du royal trépassé : sur le premier registre, à l'heure même où Dagobert expire, un pieux ermite représenté couché a une vision dans son sommeil et voit une armée d'esprits maléfiques qui emportent Dagobert, enchaîné et battu, dans une barque à travers la mer vers les régions infernales. L'âme du roi, figurée en enfant nu et couronné, est emportée en Enfer par les griffes des démons. Au deuxième registre, saint Denis, saint Martin (qui tape avec son gourdin sur les démons) et saint Maurice délivrent cette âme, la présentent au Ciel et lui permettent d'accéder au Paradis. Le message est clair : Dagobert aurait mérité l'Enfer, mais l'intercession des saints lui a miraculeusement ouvert les portes de la bienheureuse éternité représentée sur le registre supérieur. Étymologie du nom « Dagobert ». Le nom de "Dagobert" est généralement considéré comme d'origine germanique : il pourrait signifier « Jour brillant » ou « Bonheur du jour », "obert" ou "oberth" (bonheur) et "dag" (jour), en vieux-francique. Une autre hypothèse est celle de l'étymologie celtique : "dago" signifierait « bon » et "ber", « grand ». Mémoire de Dagobert. Récits de la vie de Dagobert. Alors qu'il était adolescent, Dagobert partit à la chasse au cerf. Ses chiens en poursuivirent un qui se réfugia dans une chapelle édifiée, à Catulliacum, sur le tombeau des saints Denis, Rustique et Eleuthère, évêques de Paris. Un miracle empêcha les chiens d'entrer, impressionnant Dagobert qui conçut pour les saints une grande vénération. Chassant un cerf avec saint Ouen dans la forêt de Cuise, il aperçoit dans l'air une croix d'une blancheur lumineuse. Saint Ouen décida de bâtir une église à cet endroit, qui devint le prieuré de Lacroix. Peu de jours après son entrée à Metz pour y exercer la délégation d'autorité de la couronne de son père, Dagobert aurait reçu la visite d'un prince d'Arabie attiré en Francie et en Alémanie par des perspectives d'échanges commerciaux. Ce prince l'aurait averti de la fuite de Mahomet, l"'hégire", et de son retrait à Médine. Notburge, fille de Dagobert, se vit proposer en mariage par son père, qui séjournait dans la vallée du Neckar près du royaume Wende, au roi Samo. Horrifiée par un mariage païen, Notburge se réfugia dans une grotte de l'autre côté de la rivière. Irrité, le roi la retrouva et la saisit par le bras qui lui resta dans la main. Reprenant ses esprits, Notburge . Pieuse, Notburge obtint la conversion des habitants du lieu. La grotte devint un lieu de pèlerinage, et on éleva une église sur sa tombe à Hochhausen. Elle fut sanctifiée sainte Notburge. Dagobert tomba malade d'une fièvre que les médecins ne savaient guérir. Au bout de six mois, son père envoya en Sarthe à saint Longis, fondateur du monastère du même nom . Dagobert fut atteint de lèpre. Il confia son royaume à son fils et partit en pèlerinage avec son épouse. En Alsace, ils s'établirent à Atenborg. Au cours d'une chasse, le roi s'étendit sur un pré fleuri pour y dormir. Au réveil, le contact de sa peau avec la rosée rendit saine une partie de son corps. Sur conseil de sa femme, il s'immergea complètement et guérit de même. (Heiligenstadt). Les saints étaient les martyrs Aureus et Justin, une église fut construite en leur honneur. La sœur de Dagobert, Énimie, se vit offerte en mariage. Or, elle était vouée au Christ. Elle demanda au seigneur d'empêcher cela, et fut atteinte de lèpre. Une vision lui intima de partir guérir à la fontaine de Burle, en Gévaudan. Ainsi, elle put guérir. De retour dans le royaume franc, la lèpre frappa à nouveau. Elle retourna à Burle et compris qu'elle devait rester en Gévaudan. Elle y accomplit de grands miracles, où tel saint Romain, elle anéantit le Drac, accompagnée partout de sa filleule également nommée Énimie. Elles moururent quasiment en même temps et furent ensevelies l'une au-dessus de l'autre, en sorte que seul le tombeau de la filleule, placé en haut, portait mention d'Énimie. Mais trompé par la disposition des tombeaux, il s'empara d'Énimie la jeune. Ainsi, les reliques de la sainte restèrent en son abbaye. fit Sadragésile duc d’Aquitaine. Celui-ci n’appréciait pas Dagobert et, lorsque ce dernier l’invita à sa table, en l’absence de , Sadragésile refusa de boire à trois reprises avec Dagobert en plus de se montrer impoli. Dagobert le ridiculisa en lui faisant couper la barbe et en le faisant battre avec des verges. Au retour de , son ministre raconta les faits. Le roi menaça son fils qui se réfugia en la chapelle de Saint-Denis où les hommes de son père ne purent entrer. Durant cette captivité, Dagobert fit un songe où les saints lui seraient apparus. Dagobert s’engagea à les honorer en échange de leur protection. s’inclina devant le pouvoir des saints et se réconcilia avec son fils. Il offrit, en plus, des dons au tombeau des saints. Dagobert, Durant la bataille, Dagobert fut blessé à la tête et son père vint à son secours. Ils combattirent Ce serait après la mort de son père que Dagobert aurait fait reconstruire l'église de Saint-Denis en remerciement de la protection des saints. La chanson "Le Bon Roi Dagobert". Dans la culture populaire française, Dagobert est surtout connu au travers de la chanson du "Bon Roi Dagobert". Celle-ci semble dater de la Révolution française. Selon la légende, Dagobert était tellement distrait qu'il avait l'habitude de mettre ses culottes (ses braies, pantalons) à l'envers. Bon vivant et populaire, il riait bien souvent de sa propre personne. Le respect dû au roi a fait passer sa distraction pour une simple légende. Il est aussi probable que cette chanson s'inspire des rois éphémères dont et Cette chanson, écrite sur un air de chasse dit "Fanfare du Cerf", n'a pas pour but de transcrire une vérité historique mais plutôt de se moquer, à travers ce roi ancien et mal connu, du roi , connu entre autres pour sa personnalité distraite, et de la reine Marie-Antoinette.
Opération Tempête du désert L' ("Desert Storm" en anglais) est le nom donné aux opérations militaires réalisées contre l'Irak du au par une coalition internationale sous commandement des États-Unis et missionnée par les Nations unies. Cette opération a mis fin à l'occupation du Koweït par l'Irak. Elle constitue la phase la plus violente de la guerre du Golfe. Elle peut se distinguer en une phase aérienne (campagne de bombardements) et en une phase terrestre (Desert Sabre""', qui a duré symboliquement cent heures). La résolution 687 du Conseil de sécurité des Nations unies en met un terme définitif à la guerre du Golfe. Déroulement de l'opération. Elle débute par des bombardements le contre l'armée irakienne, la coalition bénéficiant d'une suprématie aérienne et navale, les navires de guerre américains lançant des BGM-109 Tomahawk depuis le golfe Persique. Plus de aériennes sont effectuées et de bombes larguées, détruisant en grande partie les infrastructures militaires et civiles irakiennes. Le réacteur nucléaire Osirak, situé au sud-est de Bagdad, construit par les Français sur le modèle d'Osiris, est bombardé lors de raids massifs de bombardiers F-117 et F-111 de l'aviation des États-Unis. Il avait déjà été bombardé par les Israéliens le , causant une destruction partielle. La campagne aérienne a été menée sous les ordres de , commandant en chef de l'United States Central Command. L'objectif de cette campagne, qui a mobilisé alliés (dont ) était de détruire l'armée de l'air irakienne qui entretenait une force de 500 MiG-29, MiG-25, MiG-23 et Mirage F1 ainsi que détruire les Scuds et les centres de commandement et de communication de l'armée irakienne, dans le but d'affaiblir les troupes irakiennes au sol. Les défenses anti-aériennes irakiennes s'avèrent inefficaces, seulement de la coalition sont perdus dont aux tirs ennemis. Alors que le l'Irak accepte un cessez-le-feu sous la pression de l'URSS, la coalition rejette la proposition mais déclare que les forces irakiennes battant en retraite ne seront pas attaquées, leur donnant 24 heures pour évacuer le Koweït. L'opération terrestre débute dans la nuit du 23 au (le à du matin pour les français). Nommée "Desert Sabre" (« Sabre du désert »), elle a duré (symboliquement) cent heures. Les blindés de la coalition traversent la frontière koweïtienne et se dirigent vers Koweït. Le M1 Abrams américain, le Challenger 1 britannique et le M-84 s'avèrent bien supérieurs aux chars irakiens (Type 69 et T-72). L'utilisation du GPS et de la reconnaissance aérienne permet de savoir la localisation exacte de l'ennemi. L'événement le plus tragique de l'opération (pour la coalition) a lieu le lorsqu'un Scud irakien est lancé contre une caserne militaire de Dhahran en Arabie saoudite, tuant vingt-huit soldats américains. La neutralisation de la garde républicaine irakienne, composée des unités de blindés les plus dangereuses pour la coalition internationale, fut un objectif stratégique. Cette formation se tenait à l'intérieur du territoire irakien. La bataille de 73 Easting livrée les et dans le Sud-Est de l'Irak, mettant hors de combat une centaine de blindés irakiens contre seulement un M2 Bradley américain perdu pendant l'opération, a été le tournant de cette opération militaire. Le , les Irakiens commencent à se retirer du Koweït en appliquant une politique de la terre brûlée : les troupes irakiennes mettent le feu aux puits de pétrole koweïtiens. Un long convoi irakien se forme le long de l'autoroute Koweït-Irak (autoroute 80) : presque entièrement détruit par les avions de la coalition, cette autoroute deviendra connue sous le nom de « "" » (signifiant « "Autoroute de la mort" »). Le , le président américain George H. W. Bush déclare un cessez-le-feu, mettant fin à l'opération. Le , l'émir du Koweït, Jaber al-Ahmad al-Sabah, rentre au pays après avoir passé plus de huit mois en exil.
Département français En France, le département est à la fois : La circonscription administrative départementale est administrée par un préfet à la tête de différents services de l'État. La collectivité départementale, quant à elle, dispose, pour l'exercice des compétences qui lui sont dévolues, d'un organe délibérant, le conseil départemental, et d'un organe exécutif, le président du conseil départemental, qui prépare et exécute les délibérations du conseil départemental. Il est assisté à cette fin de vice-présidents et d'un bureau sur le plan politique et de services départementaux pour la mise en œuvre des décisions. La circonscription administrative et le territoire de la collectivité départementale ne coïncident pas nécessairement : Le territoire départemental est également utilisé comme circonscription électorale pour l'élection des sénateurs. La création des départements français remonte au décret du 22 décembre 1789 pris par l'Assemblée constituante de 1789, effectif à partir du . Leurs limites sont fortement inspirées de projets de redécoupages du territoire plus anciens élaborés sous la royauté par Marc-René d'Argenson dès 1665 et inscrit dans un édit en 1787, ou encore par Condorcet en 1788. Dans les départements et les collectivités territoriales uniques, les lois et règlements sont applicables de plein droit. En France métropolitaine, il existe néanmoins un droit local alsacien-mosellan applicable dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle. Étymologie. Le substantif masculin "département" est attesté au début du : sa plus ancienne occurrence connue () figure dans le "Psautier d'Oxford". Dérivé du verbe transitif "départir", "département" est composé de "départ-", radical de "départir", et de "-ment", suffixe nominal d'action. Il a tenu lieu de nom d'action au sens d'action de partager. Il s'est appliqué, par métonymie, aux choses partagées, en particulier aux terres. Au , il prend le sens de . Au , il prend le sens de , emploi attesté dans les "Considérations sur le gouvernement ancien et présent de la France" du marquis d'Argenson. Histoire. L'histoire des départements français, depuis la création des départements en 1790, résulte principalement des ajustements successifs du territoire de la France. Si de nombreux départements ont été créés à l'occasion des guerres de la Révolution et de l'Empire puis lors de la colonisation, la chute de l'Empire en 1814 a généralement conduit à leur suppression. La carte actuelle des départements n'est donc guère différente de celle de 1790, à l'exception notable des départements d'outre-mer, de la région parisienne et des zones frontalières avec l'Allemagne et l'Italie. En revanche, les numéros de départements attribués ont été modifiés. De 1790 à 1871. Il existait déjà une administration locale sous l'Ancien Régime, mais c'est l'assemblée constituante qui a procédé au découpage de la France en circonscriptions et notamment en circonscriptions départementales. Pendant la Révolution française, le , l'abbé Sieyès propose ainsi à l'Assemblée nationale l'élaboration d'un plan de réorganisation administrative du royaume. La création de est décidée le , et leur existence prend effet le . En 1793, il y a quelques remaniements, notamment, au mois de juin, l'addition du Vaucluse après le rattachement à la France du Comtat Venaissin et de l'État pontifical d'Avignon, ainsi que, au mois d'août, la scission du Rhône-et-Loire en Rhône et Loire. Sous le Consulat, la loi du () crée les préfets, les conseils généraux et les conseils de préfecture. La Restauration conserve les départements et leur administration. Le nombre de départements atteint 130 en 1810 au gré des conquêtes révolutionnaires puis napoléoniennes puis, à la suite du traité de Paris du, il est réduit , notamment avec la perte du département « résiduel » du Mont-Blanc. Sous la Seconde Restauration, le Conseil d'État dénie la personnalité civile aux départements par deux avis de sa section des finances en date des et . La monarchie de Juillet amorce une prudente évolution institutionnelle avec la loi du . Les conseillers généraux qui étaient nommés jusqu'à présent par le gouvernement sont désormais élus au suffrage censitaire. Ils ont la possibilité de mener des actions publiques et peuvent aussi éclairer le préfet et le gouvernement sur les besoins et les ressources du département. Mais leur pouvoir de décision est très encadré et le vrai décisionnaire reste le préfet. Le , le territoire civil de chacune des trois provinces d'Algérie est érigé en département. En 1860, la France compte en métropole et trois autres en Algérie. De 1871 à 1982. La loi du marque un vrai tournant institutionnel puisqu'elle permet au conseil général d'accéder à l'autonomie, grâce à la délimitation de ses pouvoirs et de ceux du préfet. Cette loi réaffirme le principe de l’élection des conseillers généraux au suffrage universel, pour six ans, avec renouvellement par moitié tous les trois ans, institue la publicité des séances, reconnaît au conseil général le droit de tenir des sessions de sa propre autorité, de désigner son bureau et d’établir son règlement intérieur et crée la commission départementale qui, élue chaque année par le conseil, est l'une des pièces maîtresses du système, en assurant la continuité de son action. Pour autant, ce texte ne dote pas les départements d'un exécutif élu, le préfet demeurant à leur tête, une situation qui va perdurer jusqu'en 1982. La perte de l'Alsace-Lorraine entraîne la création d'un nouveau département, celui de Meurthe-et-Moselle (constituée des parties des départements de Meurthe et de Moselle restées françaises) ; ce département subsiste après le retour à la France de l'Alsace-Lorraine en 1918. . Sous la , la loi "Césaire" du érige en départements les quatre colonies de la Guadeloupe, la Guyane française, la Martinique et La Réunion. La Constitution du crée la catégorie des départements d'outre-mer (DOM). De et , les trois départements d'Alger, Oran et Constantine sont subdivisés, voyant la création de 12 autres départements. En 1957, le Sud-Est est départementalisé avec la création de deux départements du Sahara. Tous ces départements disparaissent avec l'indépendance de l'Algérie en 1962. La réorganisation de la région parisienne en 1964, effective en 1968, transforme les deux départements de la Seine et de Seine-et-Oise en sept départements : Paris, Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Val-d'Oise. En , la réorganisation de la Corse scinde son département en deux : la Corse-du-Sud et la Haute-Corse. En , le territoire d'outre-mer de Saint-Pierre-et-Miquelon devient le cinquième département d'outre-mer, statut qu'il abandonne en 1985 pour devenir une collectivité d'outre-mer. De 1982 à 2015. Avant 1982, le département était déjà une collectivité territoriale, puisqu'il disposait d'un organe délibérant élu au suffrage universel direct (le conseil général) et d’un président, au titre uniquement honorifique. En effet, c’était le préfet, aidé par les administrations d’État, qui assurait l’exécution des décisions du conseil général. Avec la loi du 2 mars 1982, le département devient une collectivité de plein exercice. Désormais, c’est le président du conseil général, élu parmi ses pairs, qui préside l’assemblée, prépare et exécute les budgets et les délibérations. Il devient également le chef de l’administration départementale. Ainsi à partir de 1982, le territoire départemental est le support d'exercice de l'État, en tant que circonscription administrative départementale, mais aussi du département, en tant que collectivité territoriale départementale. De 1982 à 2015, ces deux territoires se superposent. En 2015 l'entrée en vigueur de différentes lois induit des modifications de périmètres entre certaines circonscriptions départementales et collectivités départementales. Années 2000 : suppression des départements envisagée puis abandonnée. La suppression d'un ou de plusieurs échelons de collectivités locales fait débat en France et en particulier l'option de supprimer l'échelon départemental. En janvier 2008, la Commission pour la libération de la croissance française, dite "Commission Attali", recommandait de . Cependant, le Comité pour la réforme des collectivités locales, dit "Comité Balladur", n'a pas retenu cette proposition et ne prône pas la disparition des , mais simplement de « favoriser les regroupements volontaires de départements », ce qu'il propose aussi pour les régions. Ce Comité prône en revanche la suppression des cantons. La réforme des collectivités territoriales consécutive a retenu la première de ces propositions. Comme un écho au débat sur la réforme des collectivités locales, après qu'il eut été question de supprimer le numéro de département des plaques d'immatriculation des véhicules français, depuis le ce numéro est toujours affiché sur les nouvelles plaques mais son insertion est désormais librement choisie par le propriétaire, sans contrainte de domicile. Par ailleurs, le numéro du département est automatiquement accompagné du logo de la région dont il fait partie. Selon l'Observatoire national de l'action sociale décentralisée, dirigé par Jean-Louis Sanchez, le projet de réforme territoriale affiche un souci légitime de performance de l'action publique et tout particulièrement de l'action sociale et médicosociale. En 2014, le Premier ministre Manuel Valls au mois d'avril, puis le président de la République François Hollande le 3 juin, annoncent vouloir supprimer les conseils généraux pour 2020. De 2015 à nos jours. Depuis le , la circonscription départementale du Rhône possède une architecture particulière. Les services de l'État demeurent uniques (préfet à Lyon et sous-préfet à Villefranche-sur-Saône) et la circonscription départementale possède en son sein deux collectivités territoriales : le département du Rhône, avec le conseil départemental du Rhône, et la métropole de Lyon, avec son propre conseil, qui exercent les mêmes prérogatives mais sur leurs territoires respectifs. C'est un cas unique en France. Depuis le , en vertu des dispositions de l’article 30 de la Loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (loi Notre), la collectivité territoriale de Corse et les deux départements de Haute-Corse et de Corse-du-Sud sont fusionnés en une collectivité de Corse unique, tandis que les services de l’État sont maintenus à Bastia et à Ajaccio dans deux circonscriptions administratives séparées. Le , le département de Paris et la commune de Paris, qui étaient auparavant des collectivités distinctes, sont fusionnés en une collectivité à statut particulier nommée Ville de Paris. Le , le Bas-Rhin et le Haut-Rhin fusionnent et deviennent la collectivité européenne d'Alsace. Les deux circonscriptions administratives de l'État sont maintenues. Division géographique. Dénomination des départements. Choix des noms en 1790. Une semaine avant la création des départements, une assemblée est chargée du choix définitif des noms des départements (nom et orthographe), ce tableau résume les choix effectués. Origine des noms. Les départements furent principalement nommés à leur création non pas d'après des critères historiques, pour ne pas rappeler le découpage en provinces de l'Ancien Régime, mais surtout d'après des critères géographiques. À la suite des différents changements de noms intervenus au cours des siècles, il est possible d'établir le tableau suivant sur l'origine de leur nom : Un seul département porte le nom d’un cours d'eau qui ne le parcourt pas : le Var. La raison en est historique : le département comprenait anciennement l'arrondissement de Grasse, qui s'étend jusqu'à la rive droite du Var. Mais avec l'annexion du comté de Nice en 1860, cet arrondissement fut rattaché au comté pour former le département des Alpes-Maritimes ; le Var (fleuve) ne coule donc plus dans le Var (département). Créés en 1860, les départements de Savoie et de Haute-Savoie sont les seuls à déroger à la règle révolutionnaire de ne pas réutiliser les noms des provinces de l'Ancien Régime en utilisant dans la nouvelle appellation la géographie des lieux, Napoléon III ayant accédé à la requête dans ce sens d'une délégation de ces futurs départements. Changements de noms. Il est arrivé au cours de l'histoire que certains départements changent de nom. Parmi ces changements, on peut citer ceux de la période révolutionnaire, au cours de laquelle la géographie départementale s'est peu à peu fixée. Un certain nombre de modifications sont intervenues au pour faire disparaître les expressions jugées dépréciatives, tels que les adjectifs « bas » ou « inférieur », ou encore la référence à l'orientation septentrionale. De ce fait, parmi tous les départements, il n'en reste que deux dont le nom, bien qu'il entre dans l'une des catégories précédemment énoncées, n'a pas été modifié : le Bas-Rhin, qui a conservé l'adjectif « bas » dans son nom (c'était également le cas de la Basse-Normandie parmi les régions) et le département du Nord, qui a un nom uniquement composé d'une référence à son orientation septentrionale. Changements de noms non aboutis à ce jour. Les propositions de changements n'aboutirent pas toutes, généralement parce que les propositions faisaient référence au précédent historique d'une province d'Ancien Régime. Chefs-lieux des départements. Fin de l'alternat. Par la loi des – , la Constituante met fin à l'alternat, sauf pour le Cantal où elle maintient l'alternat entre Saint-Flour et Aurillac. Par la loi du , la Convention montagnarde y met fin en fixant le chef-lieu du Cantal à Aurillac. Changements de chefs-lieux. Sous le Directoire, la loi du transfère les chefs-lieux de quatre départements : Montbrison remplace Feurs comme chef-lieu de la Loire ; Oloron remplace Pau comme chef-lieu des "Basses-Pyrénées" ( les Pyrénées-Atlantiques) ; Brignoles remplace Grasse comme chef-lieu du Var ; et Saint-Lô remplace Coutances comme chef-lieu de la Manche. Sous le Consulat, un arrêté du transfère les chefs-lieux de deux départements : Marseille remplace Aix-en-Provence comme chef-lieu des Bouches-du-Rhône ; et Albi, Castres comme chef-lieu du Tarn. Depuis l', seuls les chefs-lieux de cinq départements ont été transférés : Territoire des départements. Enclaves. Les communes de Gardères et Luquet, d'une part, et d'Escaunets, Séron et Villenave-près-Béarn, d'autre part, sont deux enclaves des Hautes-Pyrénées dans les Pyrénées-Atlantiques. Les communes de Valréas, Visan, Grillon et Richerenches sont une enclave de Vaucluse dans la Drôme. Les communes de Boursies, Doignies et Mœuvres sont une enclave du Nord dans le Pas-de-Calais. La commune d'Othe est une enclave de la Meurthe-et-Moselle dans la Meuse. La commune de Ménessaire est une enclave de la Côte-d'Or entre la Nièvre et la Saône-et-Loire. Deux parties de la commune de Chêne-Sec sont une enclave du Jura en Saône-et-Loire. Des parties des communes d'Ivors et de Vauciennes sont des enclaves de l'Oise dans l'Aisne. Codification. Principes de codification. Le code du département, attribué par l'Insee, fait partie de la vie quotidienne des Français. On retrouve ce code dans les codes postaux ou dans les numéros de sécurité sociale. Il figure également sur les plaques d'immatriculation des véhicules, de manière obligatoire : numéro correspondant à la préfecture du département où la carte a été délivrée (de 1950 à 2009), puis département au choix depuis le nouveau système d'immatriculation (). En 1790, les départements français étaient numérotés (de 01 à 83) pour les besoins des services postaux. La Poste faisait figurer sur chaque lettre un cachet au numéro du département de départ. La numérotation évolua en fonction des modifications de la carte administrative. En 1793, le département de Rhône-et-Loire fut divisé en deux départements, le Rhône et la Loire. La même année fut créé le département du Vaucluse, suivi par celui du Tarn-et-Garonne en 1808. À la chute de l'Empire, en 1815, les furent reclassés dans l'ordre alphabétique. Une renumérotation fut effectuée en 1860 lors de la création des trois départements des Alpes-Maritimes, de la Savoie et de la Haute-Savoie. En 1922, le territoire de Belfort fut constitué comme département et fut ajouté en fin de liste avec le numéro 90. À partir de 1946, ce fut l’Insee qui devint responsable de la codification officielle des départements. En effet, l'Insee, créé cette année-là, gère depuis lors le Code officiel géographique qui rassemble les codes et les libellés des communes, des cantons, des arrondissements, des départements, des régions, des pays et territoires étrangers. Les départements et régions d'outre-mer reçurent le comme préfixe (971 à 974) après qu'ils furent devenus des départements en 1946 (les à 96 étant alors utilisés par l'Insee pour les territoires français du Maghreb). Le redécoupage de l'Île-de-France, en 1964, prit effet en 1968. Il conduisit à la création des départements de Paris (qui prit le numéro 75 attribué jusqu'alors à la Seine), des Yvelines (qui fut numéroté 78 en lieu et place de la Seine-et-Oise) ainsi que de l'Essonne, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et du Val-d'Oise, ajoutés en fin de liste avec les numéros 91 à 95. Quatre de ces cinq départements récupéraient en effet les numéros qu’avaient portés entre 1943 et 1962 les quatre premiers départements français d'Algérie : respectivement Alger (91), Oran (92), Constantine (93) et les Territoires du Sud (94). Le cinquième département, le Val-d'Oise, récupérait le numéro (95) qui avait été utilisé comme préfixe des codes du protectorat français au Maroc de 1943 à son indépendance en 1956. Le préfixe 96, qui avait été attribué au protectorat français de Tunisie, n'est quant à lui plus utilisé depuis 1956. En 1976, la Corse (numéro 20) fut partagée entre la Corse-du-Sud (2A) et la Haute-Corse (2B). Le est donc depuis un . Néanmoins, le code postal des communes de ces deux départements, commence toujours par . La composition des numéros de sécurité sociale a été modifiée pour les personnes nées à compter du , le ayant été remplacé par ou . Les territoires français qui ne sont pas des départements possèdent également des numéros analogues : 975 pour Saint-Pierre-et-Miquelon (collectivité d'outre-mer), 977 et 978 pour Saint-Barthélémy et Saint-Martin (deux collectivités d'outre-mer détachées de la Guadeloupe en 2007), 986, 987 et 988 pour les anciens territoires d'outre-mer Wallis-et-Futuna, la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie. En 2015, la métropole de Lyon est une collectivité territoriale à statut particulier détachée du département du Rhône. L'INSEE attribue le numéro 69M à la métropole et le numéro 69D au département en tant que collectivité territoriale administrée par le conseil départemental. Bien qu'extérieur à la France, Monaco utilise « 980 » pour ses codes postaux. Mais Andorre a, pour sa part, refusé d'utiliser le code que les postes françaises lui avaient attribué (09999 - Andorre-la-Vieille). Différence entre code géographique et code postal. Il existe plusieurs communes dont le préfixe du code postal n’est pas le code du département. Ainsi : La raison en est le plus souvent un problème d’accessibilité : lorsque la ville ou le village est encaissé dans une vallée, il est plus facile de distribuer le courrier par celle-ci, plutôt que par le col, quitte à le faire depuis le bureau distributeur d'un département voisin, lequel constitue alors la référence de la commune en matière d'identification postale. Par ailleurs, le préfixe du code postal est distinct du code INSEE pour les départements et collectivités assimilées auxquels l'INSEE a attribué un code alphanumérique : Corse-du-Sud (2A), Haute-Corse (2B), collectivité européenne d’Alsace (6AE), Rhône (69D), métropole de Lyon (69M). Dans ces collectivités, issues d'une scission ou d’une fusion, les codes postaux conservent le préfixe numérique antérieur (respectivement 20, 67, 68 et 69). Dénombrement. Évolution du nombre de 1789 à 2015. Le nombre de départements, initialement de 83, atteint 130 en 1810 (voir Liste des départements français de 1811) avec les annexions territoriales de la République et de l'Empire, en Allemagne, dans les Pays-Bas, en Italie, en Espagne, puis fut réduit à 86 après la chute de l'Empire en 1815 (Rhône-et-Loire divisé en Rhône et Loire, création des départements du Vaucluse en 1793, et du Tarn-et-Garonne en 1808). Le rattachement de Nice (Alpes-Maritimes) et de la Savoie (Duché de Savoie) partagée entre les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie en 1860 conduisit à un total de 89. À la suite de la défaite de 1871, le Bas-Rhin, la majeure partie du Haut-Rhin et de la Moselle, ainsi qu'une partie de la Meurthe et des Vosges furent cédés à l'Allemagne. Les parties non cédées de la Meurthe et de la Moselle furent fusionnées dans le nouveau département de Meurthe-et-Moselle, portant le total à 86. Ces trois départements furent rétrocédés à la France en 1919, ramenant le nombre total à 89 (les parties des anciens départements de la Meurthe et de la Moselle furent fusionnées dans le nouveau département de la Moselle). La partie du Haut-Rhin qui resta française en 1871, située autour de Belfort, ne fut pas réintégrée dans son département d'origine en 1919 et ne constitua le département du Territoire de Belfort qu'en 1922, amenant le total à 90. Avec cela, il fallait compter sur les départements en Algérie, de trois départements en 1848, quatre en 1902, cinq en 1955, jusqu'à 17 en 1958, puis 15 départements de 1959 à leur suppression définitive en 1962. La réorganisation de la région parisienne en 1964, effective en 1968, transforma les deux départements de la Seine et de Seine-et-Oise en sept départements : Paris, les Yvelines, l'Essonne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et le Val-d'Oise. Le département de Corse fut divisé en 1976 en Corse-du-Sud et en Haute-Corse. Avec les quatre départements d'outre-mer créés en 1946, le total fut porté à 100. Saint-Pierre-et-Miquelon eut le statut de département d'outre-mer de 1976 à 1985 avant de devenir une collectivité d'outre-mer. Le , date de la première réunion du Conseil général suivant les élections cantonales, Mayotte, une collectivité d'outre-mer, devient le français. Évolution du nombre après 2015. En , l'Assemblée des départements de France (ADF) recense et autres . L'ADF définit celles-ci comme des sur leur territoire respectif. L'ADF classe notamment, parmi les , la métropole de Lyon, la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon et la collectivité de Corse. Le code officiel géographique de l'Institut national de la statistique et des études économiques reconnaît 101 départements en France, dont 96 dans les de la France métropolitaine et 5 en outre-mer. L'INSEE décompte sous le nom de département les circonscriptions administratives de l'État. Certaines collectivités, faisant autrefois partie des départements au sens de l'article 72 de la Constitution, ont évolué vers d'autres statuts : L'administration de l'État ayant conservé des préfectures dans l'ensemble de ces territoires, ils demeurent comptés comme des départements dans le code officiel géographique. Caractéristiques générales. Superficie. Le département est une subdivision territoriale située entre la région et l'arrondissement, doté de structures représentant l'État et chargées d'appliquer la politique du Gouvernement. De façon générale, une région contient plusieurs départements et un département est subdivisé en plusieurs arrondissements. En France métropolitaine, la superficie médiane d'un département est de . À titre de comparaison, les comtés cérémoniels d'Angleterre sont en moyenne plus petits et le comté des États-Unis médian plus petit. Population. Selon l'Insee, la population moyenne d'un département de France métropolitaine s'élevait en 2009 à soit environ cinq fois la population moyenne d'un comté des États-Unis (), mais moins des deux tiers d'un comté cérémoniel d'Angleterre. Chaque département possède une préfecture qui représente l'administration de l'État, souvent identique au chef-lieu qui représente la collectivité territoriale. Ce chef-lieu est généralement la plus grande ville du département, mais de nombreuses exceptions existent. Circonscription administrative de l'État. Administration territoriale de l'État. Une circonscription administrative est un cadre territorial dans lequel se trouvent des services extérieurs de l’État. Le département est une circonscription administrative de droit commun depuis l'an VIII (1799–1800) et l'est restée. Il est dirigé par un préfet de département, nommé par le gouvernement, assisté par des sous-préfets pour chaque sous-préfecture. À la suite de la révision générale des politiques publiques (RGPP) engagée sur la période 2007-2011, plusieurs des services de l'État ont été appelés à se regrouper ou à transférer leurs activités à l'échelon régional. Depuis le , il y a dans tous les départements soit deux soit trois directions départementales interministérielles, sauf en Île-de-France où la réforme est différée. Ainsi, la Direction de l'équipement, celle de l'agriculture et de la forêt, et la cellule environnement de la préfecture ont fusionné en deux temps pour former une nouvelle Direction départementale des territoires, le regroupement équipement - agriculture est effectif au pour la moitié des départements. Une partie de la DDASS (le restant étant transformé en délégation territoriale des Agences régionales de santé) et la Direction des services vétérinaires, ainsi que d'autres services ont fusionné en une nouvelle Direction de la protection des populations, à l'horizon 2010. Dans certains départements à besoins spécifiques a été créée une Direction de la cohésion sociale, dans les autres départements les services correspondants ont été intégrés à la Direction de la protection des populations. Avant cette réforme, de nombreux services déconcentrés de l'État étaient organisés dans le cadre du département, comme la direction départementale de l'Équipement (DDE) ou la direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (DDASS) sous l'autorité du préfet. La est une des trois de droit commun dans le cadre desquelles les services déconcentrés des administrations civiles de l'État sont organisées ; et la circonscription territoriale de droit commun . Le terme « circonscription départementale » peut désigner le département en tant que circonscription administrative, notamment dans le cas où elle ne coïncide pas avec un département en tant que collectivité territoriale. C'est le cas de la circonscription départementale du Rhône qui, sous l'autorité d'un seul préfet de département, regroupe depuis le janvier 2015 deux collectivités de niveau départemental : la métropole de Lyon et le département du Rhône. Liste des 101 circonscriptions administratives. La France est divisée en 101 circonscriptions administratives départementales. Division en arrondissements. La division en arrondissements, territoires d'exercice des sous-préfets, subit des évolutions périodiques. Au , la répartition par département des est la suivante. Collectivité territoriale. Administration départementale. Le département est aussi une collectivité territoriale dirigée par le conseil départemental, élu au suffrage universel direct pour six ans. Les élections départementales ont lieu tous les six ans et renouvellent l'intégralité de l'assemblée départementale. Avant 2015, celle-ci portait le nom de « conseil général » et était renouvelée par moitié tous les trois ans. La France comptait 100 collectivités départementales avant 2011. Ce nombre est maintenu en 2011 malgré la création du département de Mayotte cette année-là, car celle-ci bénéficie, malgré son nom, d'un statut particulier différent de celui des collectivités départementales de droit commun, puis ce nombre est ramené à 98 en 2015 avec la transformation du statut de la Guyane et de la Martinique. La création de la métropole de Lyon en 2015 n'a pas d'incidence sur le nombre de départements car en parallèle à sa création est créé le conseil départemental du Rhône sur un territoire de compétences plus restreint que celui de l'ancienne collectivité départementale. Le nombre est ramené à 96 en 2018 avec la transformation des collectivités départementales de Corse-du-Sud et de Haute-Corse en une collectivité à statut particulier, la Corse, puis à 95 en 2019 avec la transformation du statut de Paris, qui instaure la fusion de la commune et du département de Paris, en application de la loi du . Ses élus, appelés « conseillers départementaux » (« conseillers généraux » avant mars 2015), ont pour mission d'élaborer et de voter les délibérations du conseil départemental qui engageront l'avenir du département dans de nombreux domaines. Liste des 101 collectivités à compétences départementales. Les conseils généraux de la Martinique et de la Guyane étaient de 1825 à 2015 la collectivité qui gérait la Martinique, d'abord comme colonie, puis comme département français à partir de 1946. Au , l'Assemblée de Martinique (972R) et l'Assemblée de Guyane (973R) se substituent aux conseils généraux et aux conseils régionaux de la Martinique et de la Guyane. Le , le Bas-Rhin et le Haut-Rhin fusionnent pour former la collectivité européenne d'Alsace, qui exerce les compétences d'un département ainsi que certaines compétences additionnelles. Des collectivités à statut particulier ont été instituées pour deux autres départements : Corse (20R) et Paris (75C). Le codage Insee des collectivités territoriales à compétence départementale reprend le numéro de la circonscription administrative de l’État correspondante, suivi de la lettre D. La collectivité européenne d'Alsace est quant à elle codée 6AE. Division en cantons. Depuis le redécoupage cantonal de 2014 en France entré en vigueur en 2015 à la suite de la loi du , les conseillers départementaux sont élus par binômes dans un canton, circonscription électorale subdivision du département, alors qu'antérieurement un conseiller général était élu par canton. Ce nouveau redécoupage réduit de près de moitié le nombre de cantons qui est ramené de 4035 en 2054 cantons. Le , à la suite de la disparition des cantons de Corse-du-Sud et de Haute-Corse parallèlement à la création de la collectivité de Corse, ce nombre est ramené à . La répartition des cantons par département est la suivante. Compétences. Le principe de libre administration des collectivités territoriales, énoncé à l'article 72 de la Constitution, suppose que celles-ci s'administrent par des conseils élus dotés d'attributions effectives et disposant d'un pouvoir de décision dans le cadre de compétences qui leur sont confiées. Suppression de la clause de compétence générale. Le département disposait d’une clause générale de compétence en vertu de la loi du 2 mars 1982 relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions : "" . En vertu de cette clause, les départements pouvaient intervenir dans tous les domaines présentant un intérêt public à l'échelon du département même si cette intervention n'était pas expressément prévue par une loi, sous réserve, néanmoins, de ne pas empiéter sur les compétences réservées exclusivement à d'autres personnes publiques. Cependant, la loi NOTRE du 7 août 2015 a supprimé la clause de compétence générale. Désormais, le département "règle par ses délibérations les affaires du département dans les domaines de compétences que la loi lui attribue". Compétences d'attribution. Les compétences d'attribution regroupent les domaines du social, de la santé, de l'aménagement, de l'éducation, de la culture et du patrimoine, de l'économie. Circonscription électorale. Une circonscription électorale est une division du territoire servant de cadre à l'élection des membres d'une assemblée. Élections sénatoriales. Le département est la circonscription d'élection des sénateurs. Les sont élus au suffrage universel indirect par environ électeurs. Dans chaque département, les sénateurs sont élus par un collège électoral de grands électeurs formé d'élus de cette circonscription : députés et sénateurs, conseillers régionaux, conseillers départementaux, conseillers municipaux, élus à leur poste au suffrage universel. Les se répartissent en 328 dans les départements et 20 dans les circonscriptions d'outre-mer ou de l'étranger. La répartition par département administratif est la suivante. Élections législatives. Sous le Directoire, le département sert de circonscription pour l'élection du Conseil des Cinq-Cents. Sous la , le département est la circonscription dans laquelle sont élus les membres de l'Assemblée nationale législative. Pour l'élection de la Chambre des députés, la recourt au scrutin d'arrondissement, sauf pour les élections de puis, après la Première Guerre mondiale, pour celles de et de. Sous la , le département sert de circonscription pour les élections du. Aujourd'hui, le département n'est plus une circonscription électorale permettant l'élection des députés qui sont élus au sein de circonscriptions législatives, des subdivisions des départements. Les se répartissent en 558 dans les départements et 19 dans les circonscriptions d'outre-mer ou de l'étranger. La répartition par département est la suivante. Attention : Plusieurs erreurs dans le nombre de circonscriptions législatives par département Élections régionales. Les départements ont été des circonscriptions d'élection des conseillers régionaux de 1986 à 1999, puis en 2003 sont devenus des subdivisions des circonscriptions régionales. De 1986 à 1999, les conseillers régionaux étaient en effet élus à la proportionnelle, dans le cadre de circonscriptions départementales, mais devant les difficultés engendrées par ce mode de scrutin, le gouvernement Jospin a modifié le mode de scrutin avec la loi du qui institue les listes régionales. Les circonscriptions d'élection des conseillers régionaux, antérieurement départementales, sont désormais régionales. Les listes régionales ont pour effet de permettre quasiment l’élection du président du conseil régional par les électeurs eux-mêmes. Ceux-ci savent en effet que le candidat placé en tête de la liste victorieuse sera élu par la majorité du conseil régional, comme c’est le cas pour les maires des villes de plus de . Toutefois, avec de telles listes, les conseillers régionaux perdent leur attache territoriale. Afin de remédier à cet inconvénient, la loi du a créé des listes régionales comportant des sections départementales, chaque liste comportant autant de sections qu'il y a de départements dans la région.
Dordogne Navire. Dordogne peut aussi désigner :
Doubs (département) Le Doubs () est un département français de la région Bourgogne-Franche-Comté qui tient son nom de la rivière Doubs. Il fait partie de la région historique et culturelle de Franche-Comté. Son chef-lieu (préfecture) est la ville de Besançon et il compte deux sous-préfectures situées dans les villes de Montbéliard et de Pontarlier. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 25. Sa population était de habitants, appelés "Doubiens" et "Doubiennes", en . Deuxième département le plus peuplé de la région Bourgogne-Franche-Comté après la Saône-et-Loire, il est également le deuxième le plus densément peuplé après le Territoire de Belfort. Situé à l'est de la France et de la région Bourgogne-Franche-Comté, il partage près de de frontière avec la Suisse et la majeure partie de son territoire est incluse dans le Massif du Jura. Son point culminant est le mont d'Or () et les trois principaux cours d'eau qui l'irriguent sont le Doubs, l'Ognon et la Loue. Économiquement, le département du Doubs est un des plus industrialisés de France, spécialisé notamment dans la construction automobile avec l'implantation historique de l'usine Peugeot (groupe Stellantis) à Sochaux, dans la métallurgie et l'agroalimentaire. Berceau historique de l'horlogerie française, le Doubs accueille également de nombreuses entreprises dans le secteur des microtechniques. Son agriculture, principalement orientée vers l'élevage et la production de lait, est symbolisée par ses fromages (comté, mont d'or, morbier, cancoillotte) et charcuteries (saucisse de Morteau, saucisse de Montbéliard, jambon fumé). Les principaux monuments touristiques du département sont la citadelle de Besançon et la saline royale d'Arc-et-Senans, toutes deux inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO ainsi que le château de Joux. Le Doubs est renommé pour ses nombreux sites naturels remarquables, tels que le lac de Saint-Point, le saut du Doubs, les sources du Doubs, de la Loue et du Lison, le cirque de Consolation, la grotte d'Osselle et le gouffre de Poudrey. Géographie. Situation. Le Doubs fait partie de la région Bourgogne-Franche-Comté, dont il occupe la partie Est : il est bordé au sud et à l'ouest par le département du Jura, au nord par les départements de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort et à l'est par les cantons suisses de Vaud, de Neuchâtel et du Jura. Il a une superficie de . Géologie et relief. Le Doubs s'étend en grande partie sur le massif du Jura, massif calcaire d'altitude moyenne qui présente tous les éléments caractéristiques du relief jurassien: monts, vaux, cluses, combes, bordées de crêts. Son point culminant est le mont d'Or qui culmine à d'altitude ; l'autre point majeur est le Morond à . On peut distinguer trois régions. Au nord-ouest, la plaine de la Haute-Saône et son relief accidenté façonné par les eaux. Le Centre est, lui, principalement une région de hauts plateaux calcaires ; quant à l'Est, la montagne domine le département ; elle est composée de hauts plateaux mais ses sommets restent assez modestes. Hydrographie. Du point de vue hydrographique, le Doubs cumule de cours d'eau dont les principaux sont le Doubs, l'Ognon, la Loue, l'Allan, le Dessoubre et le Lison, et 718 hectares de plans d'eau dont le lac de Saint-Point, le lac de Remoray, lac de Chaillexon et le lac de Biaufond. Voies de communication et transport. Voies routières. Au 31 décembre 2017, le Doubs totalise de voies routières dont d'autoroutes, de routes nationales, de routes départementales et de routes communales. Une seule autoroute, l'autoroute A36, traverse le département sur d'est en ouest : cet axe qui relie Beaune à Mulhouse dessert les deux principales agglomérations du département, Besançon et Montbéliard, ainsi que les petites villes de Saint-Vit et Baume-les-Dames. Le deuxième axe majeur est la route nationale 57 qui traverse le département du nord au sud sur en passant par Besançon et Pontarlier jusqu'au principal point de passage de la frontière entre le département du Doubs et la Suisse situé sur la commune de Jougne. Une autre route nationale, la RN83, relie l'agglomération de Besançon au département du Jura sur . La plus longue voie routière à traverser le territoire doubien est la route départementale 437 qui parcourt du nord au sud à travers le massif du Jura, desservant notamment Mouthe, Malbuisson, Pontarlier, Morteau, Le Russey, Maîche, Pont-de-Roide et l'agglomération de Montbéliard. Toponymie. Le département tient son nom de la rivière Doubs, mentionnée anciennement sous la forme "Dubis", qui vient du celtique (gaulois) "dub" qui signifie « noir ». La première mention écrite apparaît dans les "Commentaires sur la Guerre des Gaules" de Jules César : « […] propterea quod flumen [alduas] Dubis ut circino circumductum paene totum oppidum cingit […] ». C'est un nom féminin à l'origine "*dubui" > "dubi(s)", comme la plupart des noms de rivière antiques. On retrouve plusieurs noms de rivière analogues en Grande-Bretagne du type Dove, d'une forme en -ā ("dubuā") et des noms dérivés en France (la Dhuine, la Dheune ou la Deûle). La racine celtique ancienne "dubu-" est prolongée par le vieux gallois "dub-", gallois, breton "du" et l'irlandais "dub", signifiants « noir », de même dans des termes dialectaux régionaux, par exemple dans "sapin double", compris comme « double », mais à l'origine "doube", c'est-à-dire noir. De même, le Suisse alémanique a conservé le mot, figé dans les toponymes du type "Tobwald", "Toppwald", mais encore vivant au Moyen Âge comme le montre la mention latine de 1299 : « Silvas nigras que theotonice vulgo "topwelde" appellantur. ». Histoire. Jadis peuplé par les Séquanes, peuple celtique de l'Est de la Gaule, le territoire du Doubs fut sous domination romaine jusqu'au avec pour métropole Vesontio. Le christianisme a très tôt été introduit dans la région par le premier évangélisateur de Franche-Comté : saint Ferréol et son frère le prêtre saint Ferjeux, fondateurs de l'Église de Besançon. Ils furent martyrisés en 212. Envahie ensuite par les Burgondes, la région fut rattachée au royaume d'Arles lors de l'établissement de la féodalité. C'est au qu'est fondé le comté palatine de Bourgogne, à la fois convoité par le roi de France et l'Empereur. Puis le comté fut rattaché à la France au lors du mariage de Philippe V avec la comtesse de Bourgogne Jeanne II. C'est ainsi qu'elle partagera alors son histoire avec le duché de Bourgogne, gardant néanmoins une autonomie certaine. En 1477, le mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien Ier du Saint-Empire fait basculer la région aux mains des rois d'Espagne de la maison de Habsbourg, et ce malgré l'intervention militaire du roi Louis XI. Le protestantisme s'y implante aux malgré le très fort ancrage local du catholicisme. Les conflits qui s'ensuivent n'épargnent pas la région : les troupes suédoises du général Bernard de Saxe-Weimar y commettent des exactions au cours de la guerre de Dix Ans, épisode franc-comtois de la guerre de Trente Ans. Le comté est définitivement cédé à la France par le royaume d'Espagne en 1678 à la suite de la signature du traité de Nimègue. Il connaît alors une prospérité économique et une relative autonomie politique. Le "département du Doubs" a été créé à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir d'une partie de la province de Franche-Comté. La république de Mandeure lui fut rattachée en 1793, ainsi que la principauté de Montbéliard en 1816 (après avoir été rattachée à la Haute-Saône en 1793, puis au Mont-Terrible et au Haut-Rhin). Le Consulat installe le conseil général et le préfet en 1800 puis plus tard, en instaurant le suffrage universel, la Seconde République permet à chaque canton d'élire son conseiller. La commune du Cerneux-Péquignot est annexée par le canton de Neuchâtel en application du traité de Paris en 1814. Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le département est occupé par les troupes autrichiennes et suisses de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire). Durant la Seconde Guerre mondiale, les maquis du Lomont jouèrent un rôle important dans la Résistance. Au , la région Franche-Comté, à laquelle appartenait le département, fusionne avec la région Bourgogne pour devenir la nouvelle région administrative Bourgogne-Franche-Comté. Politique et administration. Politique. Tendances politiques. Le département du Doubs, terre de tradition catholique, a longtemps été marqué à droite de l'échiquier politique français, avant que la gauche n'exerce une influence de plus en plus grande à partir de la deuxième moitié du dans les espaces urbanisés de Besançon et Montbéliard, tandis que les régions montagneuses du Haut-Doubs restent fortement ancrées à droite. Ainsi, le conseil général dirigé par la droite sans discontinuer de 1913 à 2004. De cette année à 2015 la gauche est majoritaire. La droite reprend le Doubs lors des élections départementales du . Lors des élections présidentielles, qui ont lieu en France au suffrage universel depuis 1965, le département du Doubs a toujours soutenu le vainqueur du scrutin lors du deuxième tour, sauf lors de l'élection présidentielle de 2012 lors de laquelle Nicolas Sarkozy a été battu par François Hollande. Personnalités politiques. Le Doubs a donné plusieurs personnalités politiques de premier rang à la France, parmi celles qui sont nées dans le département on peut citer Yves Jégo (1961- ), secrétaire d'État à l'Outre-Mer de 2008 à 2009, Dominique Voynet (1958-), ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement de 1997 à 2001, Paulette Guinchard-Kunstler (1949-2021), secrétaire d'État aux personnes âgées de 2001 à 2002, Jules Jeanneney (1864-1957), président du Sénat de 1932 à 1940, Jules Viette (1843-1894), ministre de l’Agriculture de 1887 à 1889 et des Travaux publics de 1892 à 1893. Parmi les personnalités ayant été élues ou nommées dans le Doubs, on peut citer André Boulloche, Anne Vignot, Pierre Moscovici, Claude Guéant, Huguette Bouchardeau, Edgar Faure, Jean Minjoz ou Roland de Moustier. Le conseil départemental. La gestion du département du Doubs est assurée par le conseil départemental (ex-conseil général), placé sous l'autorité de son président élu par les trente-huit conseillers départementaux, eux-mêmes élus dans chaque canton. Administration. Administration territoriale. La préfecture est Besançon et les deux sous-préfectures sont Montbéliard et Pontarlier. L'État est représenté dans le Doubs par le préfet du département, département divisé depuis 1800 en trois arrondissements, respectivement de Besançon, de Montbéliard et de Pontarlier, dans chacun desquels se trouve un sous-préfet, chargé d'assister le préfet de département. Les arrondissements sont respectivement divisés en 15, 12 et . En zone urbaine, une commune recouvre parfois plusieurs cantons, alors qu'en zone rurale, un canton comprend plusieurs communes et au chef-lieu duquel se trouvent localisés un certain nombre de services administratifs (gendarmerie, trésorerie, etc.). Le département comportait 571 communes au . Enfin, de nombreuses communes se réunissent dans 30 intercommunalités dont la communauté urbaine Grand Besançon Métropole et la communauté d'agglomération du Pays de Montbéliard, afin de coopérer dans un ou plusieurs domaines comme l'eau, les déchets, les infrastructures, les transports, le développement économique, l'aménagement du territoire ou l'urbanisme, sous l'autorité d'un conseil communautaire, élu par les conseils municipaux parmi les conseillers municipaux concernés, lequel élit ensuite son président. Les trois sénateurs du Doubs sont élus par les représentants des conseils municipaux, par les conseillers généraux, conseillers régionaux et députés, élus dans les cinq circonscriptions législatives du département. Enfin, à l'échelon local, chaque maire et son conseil municipal gèrent la commune correspondante, et les intercommunalités sont gérées par les conseils communautaires et leur président. Population et société. Démographie. Les habitants du Doubs sont les "Doubiens". Évolutions démographiques. De 1990 à 1999, la population du département a cru à un rythme annuel de (3 % au total). Pendant la même période, le nombre de logements s’est accru au total de 12 % et la population active de 3,7 %. Ces évolutions ne sont pourtant pas uniformes ; le dynamisme touche notamment les bassins d'emploi et la zone frontalière à la Suisse. Au travers de quelques difficultés économiques entre 1990 et 1999, le Doubs a vu ses emplois offerts en zones urbaines et en Suisse-même devenir déterminants. L'accroissement démographique du Doubs est l'un des plus forts de tous les départements français. On y trouve près de 3 % d’habitants supplémentaires et a dépassé les . La longévité et l'affaiblissement de la natalité tendent cependant à changer la structure de la population puisque la proportion des moins de a fortement chuté ces dix dernières années. À l'inverse, les personnes âgées ont fortement augmenté en nombre et représentent une personne sur cinq de la population doubienne alors qu'ils ne représentaient qu’une personne sur sept en 1975. La population la plus jeune se concentre autour des villes, en particulier Pontarlier et Besançon, qui accueille de nombreux étudiants. Le statut de ville universitaire de Besançon joue très fortement sur la migration intra comme extra-régionale et accueille des jeunes d'autres départements de la région. Cependant, les jeunes diplômés quittent souvent leur lieu d'études, ce qui explique le déficit des 18/. Sur la période 1999-2006, la croissance est encore plus rapide, avec un taux d’accroissement annuel moyen de 4,8 ‰. Selon l'Insee, le Doubs devrait compter en 2050, soit de plus qu'en 2015, et devenir le département le plus peuplé de la région. Éducation et société. Enseignement supérieur. Le principal pôle d'enseignement supérieur du Doubs est à Besançon où se trouve le siège et les trois campus principaux de l'université de Franche-Comté. Un quatrième campus se trouve à Montbéliard. Sports. Le football a joué un rôle social très important dans les villes du Doubs. Le groupe Peugeot, moteur de l'activité de la région, a très fortement contribué à la création du FCSM, club emblématique de la Franche-Comté. Et à l'instar des usines, le football se trouve, dès les années 1960, au cœur de la vie des villes doubiennes. Le département du Doubs possède l'Académie de Football des Orchamps Besançon, destinée aux jeunes joueurs de , et labellisée par la Fédération française de football. Environnement. Faune et flore. La faune du Doubs est relativement riche et jouit notamment du retour du lynx, objet d'un programme de réintroduction. Les autres espèces emblématiques sont le grand tétras, le chamois, le faucon pèlerin. Ce dernier niche dans les nombreuses falaises du massif jurassien. La gentiane jaune est également une espèce remarquable dans le département, où elle est traditionnellement distillée. Sites et espèces protégées. Deux parcs naturels régionaux couvrent une partie du territoire du département : le parc naturel régional du Doubs Horloger à l'est et le parc naturel régional du Haut-Jura au sud, partagé avec le Jura et l'Ain. Économie. Fort de son industrie, le Doubs est le premier département de Franche-Comté pour le commerce en cumulant à lui seul plus de la moitié des exportations ainsi que des importations franc-comtoises. Le taux de chômage, inférieur à la moyenne nationale, est de 8 % au trimestre 2018, et on dénombrait en 2005 pas moins de et établissements. Le Doubs est aussi le français (sur 100) à l'échelle nationale pour son PIB de . En 2010, la médiane du revenu fiscal des ménages par unité de consommation du département s'élevait à , cachant des disparités importantes des Terres-de-Chaux () aux Hopitaux-Neufs (). Agriculture. L'agriculture du département est essentiellement tournée vers l'élevage, pour une grande partie destiné à la production de fromage (comté, morbier, mont d'Or). La Franche-Comté et le Doubs en particulier sont le berceau de deux races, la vache montbéliarde, le cheval comtois. Entreprises. Le poids du pôle urbain Montbéliard-Belfort, essentiellement voué à l'automobile et au TGV, est fondamental dans l'économie du département. Le site industriel Peugeot-Citroën de Sochaux est le premier (toutes industries confondues) de France avec en septembre 2006. Besançon est un véritable centre pour les secteurs de la mécanique. Elle est un pôle d'excellence historique des microtechniques, du temps fréquence et du génie biomédical, ainsi que le premier centre européen du découpage de haute précision. En juin 2005, un pôle de compétitivité national y a pris son siège, le Pôle des microtechniques. Activité. La population active a connu une hausse plus importante que celle de la population. Le taux d’activité s’établit désormais à 45 % de la population totale contre 44 % en 1990. Il est le résultat d'une croissance élevée du taux d'activité des femmes entre mais aussi d'une baisse pour les hommes et les femmes de . Le fait que les femmes ont conservé leur activité a contribué à réduire l’écart avec le taux d’activité des hommes, toujours supérieur. Le taux de salariat s'est vu renforcé pour atteindre 90 % des actifs occupés, soit de plus que les autres départements de la région. Cette population active est essentiellement concentrée autour des pôles urbains (Besançon, Montbéliard...) mais beaucoup trouvent aussi en Suisse un débouché intéressant et la bande frontalière jouit d'un taux d’activité très élevé. Le nombre d’actifs avec un emploi et résidant dans les communes péri-urbaines a augmenté de plus de 15 % alors qu'il baisse de plus de 3 % pour les habitants des villes de plus de . Commerce. Le Doubs est le premier département commercial extérieur de Franche-Comté. À lui seul il représente 55 % des exportations de la région contre 21 % par la Haute-Saône, 13 % par le Territoire de Belfort et 11 % par le Jura. Il en va de même des importations puisque 52 % d'entre elles sont du Doubs, 19 % de la Haute-Saône, 15 % du Territoire de Belfort et enfin 14 % du Jura. Afin de promouvoir le commerce local, la Chambre de commerce et d'industrie du Doubs a mis en place un dispositif appelé « Achats Doubs », permettant de présenter tous les commerçants du Doubs, leurs produits et leurs services. Tourisme. Le tourisme dans le Doubs est essentiellement familial. On y trouve quelques pôles sportifs, comme la station de Malbuisson au bord du lac Saint-Point, voués notamment au VTT, au ski de fond, à l'équitation, au kayak, à la pêche... De plus, le relief karstique du département offre des opportunités à la spéléologie. Le seul point de ski alpin notable se situe à Métabief, même si beaucoup de communes rurales ont leurs propres infrastructures constituées de petites remontées mécaniques à vocation familiale. L'activité touristique du Doubs représente près de 40 % de celle de la région et 1 % à l'échelle nationale. Avec plus de liés à cette activité et d'euros de chiffre d'affaires, le tourisme et les loisirs ne constituent pour autant que 5 % du produit brut départemental. Conscient de l'enjeu du développement de l'économie touristique, le conseil départemental a engagé une réflexion avec le Comité départemental du tourisme du Doubs afin de construire une stratégie de développement pour la période 2003-2006, notamment à travers : Le département offre aussi de nombreux sites et monuments d'exception dont les plus remarquables sont la citadelle de Besançon, la saline royale d'Arc-et-Senans, le château de Joux, le village de Lods, le château de Montbéliard, etc. Dans un cadre plus naturel, le département n'est pas en reste et propose aux visiteurs de nombreux détours : On y trouve de nombreuses grottes dont certaines aménagées spécialement pour les visiteurs, les plus notables étant le gouffre de Poudrey, la grotte de la Glacière et la grotte d'Osselle. il y a aussi de nombreux espaces naturels puisque le Doubs reste un département très vert : il existe la réserve naturelle du Lac de Remoray, le val de Consolation, le saut du Doubs qui reste le premier site naturel mais aussi les Échelles de la Mort. Le Haut-Doubs assure lui aussi de très belles échappées naturelles comme son point culminant, le Mont d'Or ou la source de la Loue. D'un point de vue plus global et sommaire, le Doubs possède : Les résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du , 4,7 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes du Doubs dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Culture. Langue. En 1835, d'après Abel Hugo, on parlait français dans les villes, avec un accent lourd, une prononciation lente et traînante ; la plupart des habitants y mêlaient des locutions vicieuses et des tournures de phrases étrangères, qui provenaient sans doute de l'usage du franc-comtois. Le franc-comtois était en 1835 encore employé par tous les habitants des campagnes. La façon de le parler, dans les divers cantons, présentait à cette époque quelques nuances remarquables : dans la haute montagne, la prononciation est plus légère, plus accentuée, le langage a plus de grâce. Dans la plaine, la prononciation est traînante, il y a quelques variantes dans la terminaison des mots. Et autour de Besançon, pays de vignerons, le franc-comtois a un accent brusque. La moitié sud du Doubs quant à elle est de langue arpitane dans sa variante locale, le burgondan. Patrimoine. Au , le Doubs compte 475 édifices comportant au moins une protection au titre des monuments historiques, dont 94 sont classés et 402 sont inscrits. Les communes en comptant le plus sont Besançon (191 édifices protégés soit 40% du total départemental), Montbéliard (33 édifices soit 7%), Ornans (13 édifices soit 3%), Pontarlier (9 édifices) et Baume-les-Dames (6 édifices). Deux sites sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, la citadelle et les fortifications Vauban de Besançon d'une part et la saline royale d'Arc-et-Senans d'autre part. Le département du Doubs compte également 46 sites naturels classés. Par ailleurs, la commune de Lods adhère à l'association Les Plus Beaux Villages de France et 15 communes du Doubs adhèrent à l'association Cités de caractère de Bourgogne-Franche-Comté : Arc-et-Senans, Baume-les-Dames, Belvoir, Grand'Combe-Châteleu, Jougne, Le Bizot, Lods, Mouthier-Haute-Pierre, Morteau, Ornans, Quingey, Rougemont, Saint-Hippolyte, Vandoncourt et Vuillafans. Personnalités liées au département. En relation avec le département
Deux-Sèvres Les Deux-Sèvres (; "lés Deùs Saevres" en poitevin-saintongeais) est un département du Centre-Ouest de la France, situé en région Nouvelle-Aquitaine. Il doit son nom à la Sèvre Nantaise, dernier grand affluent de la Loire, et à la Sèvre Niortaise, fleuve côtier qui se jette dans l'océan Atlantique au niveau de l'anse de l'Aiguillon. Les habitants des Deux-Sèvres sont appelés les "Deux-Sévriens". L'Insee et la Poste lui attribuent le . Histoire. Le département a été créé à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir d'une partie de la province du Poitou, de quelques communes de l'Angoumois (Pioussay, Hanc et Bouin, issues du marquisat de Ruffec), de quelques communes de l'Anjou : Bouillé-Loretz (dépendante de la sénéchaussée de Saumur), Loublande, Saint-Maurice-la-Fougereuse et Saint-Pierre-des-Échaubrognes (anciennes paroisses des Mauges angevines) et de communes des marches d'Anjou : Saint-Pierre-à-Champ, Cersay et Bouillé-Saint-Paul. Sous l'ancien régime, la partie du territoire situé au nord de l'Autize et du Thouet relevaient de la circonscription du Bas-Poitou tandis les paroisses situées au sud de ces cours d'eau étaient rattachées au Haut-Poitou. Quelques paroisses relevaient à la fois des marches d'Anjou et du Poitou : Argenton-l'Église, Bagneux, Brion-près-Thouet, Genneton, Louzy, Massais, Saint-Léger-de-Montbrun, Saint-Martin-de-Mâcon, Saint-Martin-de-Sanzay, Saint-Cyr-la-Lande, Tourtenay. Au cours de la période révolutionnaire, le département fut marqué par les guerres de Vendée. La partie nord du département, région bocagère se rattachant au massif armoricain se souleva avec le bocage vendéen voisin, tandis qu'au sud, le Niortais et le Mellois plus urbanisés, restèrent fidèles à la Convention. En 1973, les habitants du Puy-Saint-Bonnet décident de quitter les Deux-Sèvres et de rejoindre le département de Maine-et-Loire afin d'associer leur commune à la communauté urbaine de Cholet. L'industrie trouve au et à se développer dans le département (traitement des peaux et laines, chamoiserie et ganterie niortaises, production de chaux, de houille à Saint-Laurs, de matériel agricole, produits laitiers, farines de minoteries industrielles et alcool de betterave, allumettes, lubrifiants, colles ou pâtes alimentaires, et au contreplaqué / filière bois / bois exotiques (Groupe Rougier, premier employeur industriel du département) et secteur automobile (avec encore active la société Heuliez à Cerizay, et de la chimie industrielle, avec trois grandes usines chimiques, dont le site Solvay anciennement Rhodia de Melle et de Saint-Léger-de-la-Martinière (rachetée en 1972 par le groupe Rhône-Poulenc, avec ses , devenue la seconde entreprise du département). Rien que pour les sites de fabrication construits avant 1950, , ce sont 288 usines encore actives ou non, qui figurent dans le patrimoine industriel régional, abritant quelques architectures et machines remarquables, mais aussi parfois de lourdes séquelles de pollution. En moyenne, ont été créées tous les dix ans dans le département, . Au la région Poitou-Charentes, à laquelle appartenait le département, fusionne avec les régions Aquitaine et Limousin pour devenir la nouvelle région Nouvelle-Aquitaine. Administration. Le préfet des Deux-Sèvres est Emmanuelle Dubée depuis mars 2022. Politique. Comme le département voisin de la Vendée, les Deux-Sèvres ont été traditionnellement marquées par un clivage politique entre le Nord et le Sud, hérité en grande partie de la guerre de Vendée. Tandis que le Nord, région bocagère de grands propriétaires catholiques, est historiquement plutôt ancré à droite, le Sud, qui connaît une importante présence protestante et une forte implantation du mouvement coopératif (notamment « via » les mutuelles, voir Niort), vote traditionnellement à gauche (Melle est ainsi le fief de la candidate du Parti socialiste, Ségolène Royal, à l'élection présidentielle française de 2007). Les Deux-Sèvres ont longtemps été considérées comme un bastion de la droite, mais les élections cantonales de 2008 donnent une majorité de gauche au Conseil Général. Au cours des élections municipales de 2008, la ville de Thouars est également passée à gauche. Les Deux-Sèvres offrent des scores relativement bas au Front national par rapport au niveau national. Il faut noter enfin le basculement lors des législatives de 2007 de la (Bressuire-Thouars) à gauche, ce qui porte à trois députés de gauche et un député de droite la représentation des Deux-Sèvres. Le redécoupage des circonscriptions, qui ne sont désormais plus que trois, se fait à l'avantage de la gauche : lors des élections législatives de 2012, la droite ne remporte aucun siège. Les élections municipales de 2014 mettent fin à la progression de la Gauche dans le département. La perte de Niort dès le premier tour sonne comme un coup de tonnerre dans la vie politique locale. Ce tableau donne les résultats pour les principales communes des Deux-Sèvres. Huit ans plus tard, à la veille de l'Élection présidentielle française de 2022, c'est l'écologie qui domine parmi les affinités politiques des élus locaux des Deux-Sèvres, le candidat Yannick Jadot étant en tête des parrainages comptabilisés à la mi-février. Géographie. Les données géographiques du département. Géographiquement, les Deux-Sèvres font partie de l'Ouest de la France et une grande partie de son territoire se rattache au Massif Armoricain. Le département des Deux-Sèvres appartient à la région Nouvelle-Aquitaine où il est limitrophe des départements de la Vienne à l'est, de la Charente au sud-est et de la Charente-Maritime au sud-ouest. Par ailleurs, ce département est bordé par la région des Pays de la Loire où, à l'ouest, il jouxte la Vendée et, au nord, celui de Maine-et-Loire. Géographie physique. La Gâtine. A l'ouest de La Gâtine, le bassin houiller de Vendée s'est principalement formé au Stéphanien (daté entre - et - millions d'années), il déborde sur les communes de Saint-Laurs et Ardin. Le point culminant du département, le Terrier de Saint-Martin (), se situe sur la commune de Saint-Martin-du-Fouilloux. Géographie administrative des Deux-Sèvres. L'intercommunalité devient de plus en plus active dans les Deux-Sèvres, composé de plusieurs Syndicats de Pays dont : Par ailleurs, le département possède une seule communauté d'agglomération, qui s'est constituée autour de Niort, préfecture et principale ville des Deux-Sèvres : Climat. Les Deux-Sèvres possèdent un climat océanique, de par la proximité du département avec l'océan (environ ). Voici les données mensuelles pour quelques paramètres pour la station de Niort. Démographie. Un département moyennement peuplé. La densité de population des Deux-Sèvres est de en , ce qui le classe au cinquième rang en Nouvelle-Aquitaine devant la Vienne () et derrière la Haute-Vienne () ; cependant, sa densité demeure inférieure à celle de la région qui s'établit à . Comparé à la densité de la France métropolitaine qui est de , le département des Deux-Sèvres apparaît comme un département moyennement peuplé. Cependant, le département se caractérise à la fois par une démographie assez dynamique (solde naturel et solde migratoire positifs) et une urbanisation qui se renforce, notamment avec Niort dont l'unité urbaine compte en 2010. Le département compte onze unités urbaines de plus de en 2010 et un taux urbain proche de la moitié de la population départementale. Plus de la moitié de la population est urbaine. Le département recense dix villes de plus de au recensement de 2010, alors qu'il n'en comptait que six en 1999 et il cumule de plus de dont une vingtaine sont classées urbaines . Par ailleurs, le département recense onze unités urbaines dépassant les en 2010 contre sept au recensement de 1999. Économie. L'économie des Deux-Sèvres reste essentiellement rurale. Le département étant particulièrement présent sur la chaîne de la production laitière (20 % des fromages de chèvre produits en France le sont dans le département, beurre d'Échiré…) et de la viande. Sur les vingt-cinq dernières années, la population active agricole a connu une forte diminution, mais reste encore importante en comparaison de la moyenne nationale. D'après la chambre d'agriculture des Deux-Sèvres dans sa revue "Chamb@gri79", les Deux-Sèvres étaient en France les premiers producteurs de melon et de lait de chèvre en 2010. Plusieurs secteurs de l'industrie sont représentés : Le département compte peu de grosses unités industrielles, et le secteur repose sur un tissu de PME. Ces PME sont essentiellement localisées à Niort et dans le Nord-Ouest du département. Le secteur des services est très important dans le département et plus particulièrement à Niort et dans son agglomération, qui abrite les sièges sociaux de nombreuses mutuelles d'assurances nationales (MAAF, MAIF, Macif). Ces mutuelles ont fait évoluer leur activité en se diversifiant dans l'assurance des particuliers, l'assurance santé, l'assurance vie, la prévoyance, la gestion d'actifs, l'assistance (IMA). Niort abrite également le siège régional de certaines compagnies d'assurances (Groupama), de banques (Banque populaire, Crédit agricole) ou leur centres de gestion. Aux côtés de cette activité « assurances » et « banque », des sociétés de services locales ou antennes de groupes internationaux, liées à ces activités sont implantées : Niort est aussi un centre logistique et commercial important dans le Centre-Ouest de la France. Les exportations des Deux-Sèvres se sont élevées à d'euros en 2005, principalement vers l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni. Le premier poste à l'exportation étant les « Produits de la construction automobile ». Selon l'Insee la même année, le PIB par habitant des Deux-Sèvres s'élevait à , chiffre le plus élevé de la région Poitou-Charentes et le en France. Ce chiffre ayant connu une forte progression entre 2000 et 2005 (+ 24,77 %). Sur la période, en valeur absolue, les Deux-Sèvres connaissent la cinquième plus forte croissance de cet indicateur après les Hauts-de-Seine, Paris, la Savoie et les Hautes-Alpes. À titre de comparaison, le PIB par habitant de la Charente s'élève à (), de la Vienne à ( position) et de la Charente-Maritime à (). Recherche. En matière de recherche, le département abrite quatre centres de recherche : Voies de communication et transports. Transports routiers. Le département est aujourd'hui traversé dans sa partie sud par deux autoroutes : Le département était concerné par deux autres projets de dessertes autoroutières, aujourd'hui à l'arrêt : La voie rapide Nantes-Poitiers (E62) désenclave la partie nord-ouest du département depuis 2008, année d'ouverture du tronçon Cholet-Bressuire. Cette deux fois deux voies doit maintenant se prolonger vers Parthenay puis Poitiers. Transports en commun. Le département est traversé par les voies ferrées (voyageurs) suivantes : Deux lignes à vocation régionale font l'objet de projets de réouverture non financés à ce jour : Le département avait également mis en place un réseau de cars desservant les principales communes du département (délégation de service public auprès d'entreprises de transports privées locales) : le Réseau des Deux-Sèvres (RDS). Ce réseau a été repris en 2017 par la région Nouvelle-Aquitaine. Tourisme. Les résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du , 5,1 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes des Deux-Sèvres dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Abbaye royale et abbatiale Notre-Dame de Celles à Celles-sur-Belle. À l’origine, une « celle » (ce qui signifie « petit prieuré ») dépendant de l'abbaye de Lester (diocèse de Limoges) dont le sanctuaire, placé sous le vocable de la Vierge, voit « fleurir » dès 1095 de nombreux miracles. Il devient le lieu d’un pèlerinage fréquenté et proche d'un chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Une abbaye indépendante de l’ordre de Saint-Augustin entre 1137 et 1140, mais aussi une seigneurie ecclésiastique dont les biens vont s’accroître au gré des offrandes et des donations. Aujourd'hui, ces jardins à la française, jardins de curé, jardins à insectes, sa roue du moulin, son musée moto et ses hologrammes présentant l'abbaye comme au temps jadis, l'abbatiale avec son orgue unique en France, rendent cette abbaye incontournable dans le sud des Deux-Sèvres. Église romane de Verrines-sous-Celles. L'église romane de Verrines est classée Monument historique et son cimetière classé Site historique. De l'église ne subsistent aujourd'hui plus que le chœur et le transept. La nef, à l'exception d'une travée, a été détruite à la Révolution française. Culture. Les festivals. Le dispositif « Terre de festivals » favorise la promotion de vingt-cinq festivals deux-sévriens auprès de la population locale et des touristes depuis 2004. Le Département, labellisé Terre de Jeux 2024 - le label des collectivités de Paris 2024 - accueillera sur son territoire le passage du Relais de la flamme.
Debian Debian (/ˈde.bi.ən/) (également connu sous le nom Debian GNU/Linux) est un système d’exploitation Linux composé exclusivement de logiciels libres, développé par le Debian Project, organisation communautaire qui fut fondée par Ian Murdock le . La première version de Debian sort le et la première version stable le . Debian réunit autour d'un noyau de système d'exploitation de nombreux éléments développés indépendamment les uns des autres, pour plusieurs architectures matérielles. Ces éléments, programmes de base complétant le noyau et logiciels applicatifs, se présentent sous forme de « paquets » qui peuvent être installés en fonction des besoins. Des versions de Debian sont proposées avec d’autres noyaux : Debian GNU/Hurd et Debian GNU/kFreeBSD. Debian est utilisée comme base de nombreuses autres distributions, telles que Linux Mint et Ubuntu ou encore Q4OS. Caractéristiques de la philosophie Debian. Debian se distingue de la plupart des distributions fondées sur elle par son caractère non commercial et par le mode de gouvernance coopératif de l'association qui gère la distribution. Une distribution commerciale est une distribution éditée par une société commerciale. Par « constituer une distribution » on entend « choisir et assembler les logiciels qui composent la distribution » : le noyau du système d'exploitation, le programme d'installation de la distribution, un logiciel et des pilotes pour les connexions telles que le Wi-Fi ou pour une imprimante, des logiciels tels qu'un lecteur vidéo, un navigateur web, etc. Les distributions commerciales proposent généralement des versions gratuites, mais cela n'en fait pas des distributions non commerciales puisque l'objectif est de réaliser du profit par la vente de services liés à l'utilisation de la distribution (support, développement…) ou par la vente d'un code permettant d'activer une partie bridée de celle-ci (voir : modèle Freemium). Ainsi, Ubuntu est une distribution commerciale car elle est fabriquée par la société commerciale Canonical. Debian est en revanche une distribution non commerciale car elle est développée par une organisation à but non lucratif : . La distinction entre distributions non commerciales et commerciales est importante car les choix en matière de technologie ou de marketing ne sont pas fondés sur les mêmes critères selon qu'ils sont faits par des bénévoles organisés en démocratie directe, ou par le (ou les) propriétaire(s) d'une société commerciale. Organisation du projet. Debian est une distribution GNU/Linux non commerciale, lancée en 1993 par Ian Murdock avec le soutien de la ; elle a pour principal but de fournir un système d'exploitation composé uniquement de logiciels libres. Debian se prononce « Débiane ». Ce nom trouve son origine dans la contraction de deux prénoms : Debra, la femme du créateur du projet, et Ian, le créateur lui-même. Le projet Debian s'organise autour de trois piliers : Juridiquement, Debian est le projet d'une association à but non lucratif nommée SPI (""). Debian est en fait le nom de l'organisation, mais est souvent utilisé pour désigner la distribution, fruit de l'organisation. La fondation regroupe plusieurs centaines de programmeurs, mais tous ne sont pas actifs. Les programmeurs actifs sont normalement chargés de la gestion d'un ou plusieurs modules. La coordination est assurée par des échanges sur liste de diffusion ou par chat IRC, ainsi que par les organes de la fondation. Le projet est dirigé par un ' (« chef du projet Debian ») élu (ou réélu) par les membres chaque année, dans le respect de la constitution de la fondation. Ses pouvoirs sont limités, et les décisions d'une certaine importance sont prises par la communauté. Il est assisté depuis 2006 par un ' (2IC). Un autre poste important est celui de ', lui-même assisté de '. Son rôle est de définir (avec la communauté des développeurs) les objectifs de la prochaine version, de superviser le processus et de définir les dates de sorties. Le projet est composé de bénévoles, essentiellement des développeurs. De ce fait, la fondation a des besoins financiers réduits, satisfaits par des dons en nature (des ordinateurs, par exemple) ou en argent. Chefs du projet Debian "()". Le projet a eu les chefs de projet suivants : Un poste de Debian 2IC avait été créé par Anthony Towns. Le poste a été occupé par Steve McIntyre ( – ). Installation. Debian offre la possibilité de télécharger des images disque CD, DVD et BD via BitTorrent ou Jigdo. Il est également possible de les acheter via des revendeurs. Les ensembles complets sont constitués de nombreux disques. La version AMD64 de Debian 11 consiste par exemple en 18 DVD ou 4 BD. Seul le premier disque est requis pour l'installation, l'installateur pouvant récupérer les logiciels absents via les dépôts en ligne. Les images sont hybrides, il est donc possible de les utiliser pour créer une clé USB bootable. Les environnements de bureau pouvant être installés à partir du DVD sont GNOME, KDE, LXDE, LXQt, MATE, Cinnamon et Xfce. Si l'installation s'effectue à partir des DVD, seul le premier est nécessaire pour installer GNOME. Debian permet d'installer le système via le réseau de trois manières distinctes : Distribution des logiciels. La distribution GNU/Linux Debian contient environ paquets logiciels ( au moment de la sortie de la version Bullseye) élaborés et entretenus par un millier de développeurs. Debian est réputée pour sa fiabilité et son gestionnaire de paquets original (APT), au format de fichier , permettant les mises à jour et garantissant un système homogène. Debian est officiellement disponible pour neuf plates-formes de matériel informatique : x86 (i686), x64 (AMD64 ou Intel 64), ARM (EABI, v7 et 64 bits), MIPS petit-boutiste (32 bits et 64 bits), Power Systems (PowerPC 64 bits petit-boutiste) et System z. Les architectures IA-64 et SPARC étaient supportées par la version Wheezy, PowerPC par Jessie. D'autres architectures sont reconnues, mais de manière non officielle. Sections de paquets logiciels. Pour chaque branche, trois sections sont disponibles : D'autres dépôts logiciels existent dans Debian, comme les dépôts "backports" qui proposent un service de rétroportage à destination des utilisateurs de la version "stable". En effet, une fois que la version "stable" est publiée, elle n’est plus mise à jour que pour des bogues sérieux trouvés dans ses paquets ou des mises à jour de sécurité. Les dépôts "backports" fournissent des versions plus récentes mais potentiellement moins stables de certains logiciels, qui proviennent de la prochaine version dite "testing" et sont adaptées pour s’intégrer à la version "stable". Aujourd'hui les dépôts "backports" sont officiellement supportés par Debian. Gestion des paquets. Dpkg est le programme principal pour manipuler les fichiers de paquets ( - APT - y fait d'ailleurs appel pour l'installation desdits programmes). (soit « utilitaire avancé de gestion de paquets » en français) est une interface avancée pour le système de gestion des paquets Debian, qui consiste en plusieurs programmes dont les noms commencent par « apt- » (apt-get, apt-cache, apt-cdrom…). Outre sa facilité d'emploi et sa polyvalence, son intérêt réside dans sa gestion automatique des dépendances entre les différents paquets. Il existe également une interface graphique pour ce programme : Synaptic. Dselect est l'interface utilisateur historique, permettant une gestion plus aisée des paquets. Cet utilitaire tend à céder la place à Aptitude. Versions de Debian GNU/Linux. Debian est toujours disponible en trois versions (trois branches) qui sont : Outre le dépôt de paquets nommé "backports", il existe un dépôt nommé "experimental", qui contient des paquets expérimentaux de logiciels dont l'utilisation pourrait dégrader le système. Cependant, le dépôt "experimental" ne contient pas tous les paquets disponibles dans les branches "stable", "testing" et "unstable". Voilà pourquoi il n'est pas considéré comme une branche à part entière. Enfin, une déclinaison Live CD (ou CD autonome) existe, permettant de tester la distribution depuis un support amovible, sans avoir à l'installer. Si l'utilisateur le souhaite, il pourra installer le système par la suite à l'aide de ce même CD. Seules les architectures i386 et AMD64 sont disponibles. L'utilisateur a le choix entre sept environnements de bureau, à savoir : GNOME, KDE, LXDE, LXQt, MATE, Cinnamon et Xfce. Historique des versions. Les différentes versions de la distribution empruntent leur nom aux personnages du film d'animation Toy Story des studios Pixar : Chronologie de Debian GNU/Linux. Versions 0.x. Debian est née en grâce à Debra Lynn et Ian Murdock, alors étudiants à l'université Purdue. Debian est soutenue par le projet GNU de la de à . Les versions 0.01 jusqu'à 0.90 de Debian sont produites entre août et . Ian Murdock écrit alors : La version 0.91 de Debian sortit en . Elle avait un système de gestion de paquets primitif qui permettait aux utilisateurs de manipuler les paquets mais n'autorisait pas grand-chose d'autre (il ne possédait certainement pas de dépendances ou d'options analogues). À partir de ce moment-là, quelques douzaines de personnes travaillaient sur Debian, alors que je devais toujours assembler les versions moi-même. La version 0.91 fut la dernière version faite de cette manière. […] Une grande partie de l'année 1994 fut consacrée à organiser le projet Debian de façon que les autres puissent plus directement contribuer, comme pour la réalisation de Dpkg (Ian Jackson fut très largement responsable de cette dernière). Si je me souviens bien, il n'y eut pas de version officielle en 1994, bien que nous en eûmes un certain nombre en interne, à chaque fois que nous progressions dans l'avancement de la distribution. […] La Debian 0.93, en version 5, sortie en mars 1995, fut la première version « moderne » de Debian : il n'y avait jamais eu autant de développeurs (bien que je ne puisse me rappeler combien), chacun avait maintenant ses propres paquets et Dpkg fut utilisé pour installer et entretenir tous ces paquets après l'installation du système de base. […] La Debian 0.93, en version 6, sortie en novembre 1995, fut la dernière version au format a.out. Il y avait environ 60 développeurs pour entretenir les paquets de la version 0.93R6. Si je me souviens bien, dselect fit son apparition dans cette version qui fut ma version favorite de Debian. […] Murdock cesse de travailler activement sur le projet en mars 1996 durant la préproduction de la Debian 1.0. Cette dernière est renommée 1.1 pour éviter toute confusion avec un fabricant de disque compact qui nomma faussement 1.0 une version précédente. Cet incident mena au concept d'images ISO « officielles », de façon à éviter aux vendeurs ce genre de bévue. Durant le mois d' (entre la version 0.93R5 et 0.93R6 de Debian), Hartmnut Koptein commence le premier portage de Debian pour la famille des Motorola m68k. Il raconte : Depuis lors, le projet Debian s'est développé en incluant de nombreux portages vers d'autres architectures, ainsi qu'un portage vers un nouveau noyau, Hurd, et donc vers le système à micro-noyau GNU/Hurd. Un des tout premiers membres du projet, Bill Mitchell, se rappelle au sujet du noyau Linux : On devait être entre la version 0.99r8 et 0.99r15 lorsque l'on a débuté. Pendant très longtemps, je fus capable de compiler un noyau en moins de sur une machine dotée d'un 386 à , et j'étais ainsi capable d'installer une Debian dans le même temps avec moins de d'espace disque. […] Je me souviens que l'équipe initiale comprenait Ian Murdock, moi-même, Ian Jackson, un autre Ian dont je ne me souviens pas le nom de famille, Dan Quinlan, et quelques autres personnes dont je ne me souviens pas des noms. Matt Welsh faisait aussi partie du groupe initial, ou l'a rejoint à ses tout débuts (il a depuis quitté le projet...). Quelqu'un créa une liste de discussions et nous nous mîmes au travail. […] Si je me souviens bien, nous ne partîmes pas d'un plan défini, et nous ne partîmes pas sur le fait de créer ensemble un plan avec une approche très organisée. Dès le début, si je ne me trompe pas, nous rassemblâmes aléatoirement les sources d'un certain nombre de paquets. Avec le temps, nous finîmes par finaliser une collection d'articles qui seraient nécessaires au cœur de la distribution : le noyau, un shell, update, getty, de nombreux autres programmes et de fichiers de configuration requis pour initialiser le système ainsi que tout un jeu d'utilitaires. Versions 2.x. Ian Jackson devient le responsable du projet Debian au début de l'année 1998 et devient tout de suite après vice-président de la . Après la démission du trésorier (Tim Sailer), du président (Bruce Perens) et du secrétaire (Ian Murdock), il devient président et trois nouveaux membres sont choisis : Martin Schulze (vice-président), Dale Scheetz (secrétaire) et Nils Lohner (trésorier). La version 2.0 de Debian (Hamm) sort en pour les architectures de processeurs Intel x86 et Motorola m68k. Cette version se caractérise par l'introduction d'une nouvelle version des bibliothèques C (libc6 reposant sur la glibc2). Au moment de sa sortie, il y a plus de paquets entretenus par plus de 400 développeurs Debian. Wichert Akkerman succéde à Ian Jackson comme chef de projet Debian en janvier 1999. La version 2.1 de Debian (Slink) sort le , après avoir été retardée pendant une semaine par des demandes de corrections de dernière minute. Cette version supporte officiellement deux nouvelles architectures : l'Alpha et le Sparc. Les paquets contenant le système X Window sont profondément réorganisés par rapport aux précédentes versions. Elle inclut aussi APT, l'interface de gestion de paquets de la génération suivante. Ainsi, cette version de Debian est la première à requérir deux cédéroms pour le jeu de cédéroms officiels ; elle contient environ paquets. Le , Corel Corporation et le projet KDE forment effectivement une alliance avec Debian lorsque Corel affirme son intention de fabriquer une distribution GNU/Linux basée sur Debian et l'environnement de bureau du projet KDE. Durant le printemps et l'été suivants, une autre distribution basée sur Debian fait son apparition, Storm Linux. Le projet Debian choisit alors un nouveau logo, en créant à la fois une version officielle à utiliser sur le matériel utilisant Debian, comme les cédéroms ou les sites webs officiels du projet, et une version non officielle pour une utilisation dérivée de Debian ou mentionnant son nom. Un nouveau portage, unique en son genre, débute à ce moment avec le Hurd. C'est la première tentative d'utiliser un noyau non-linux, avec le GNU/Hurd, qui est lui-même basé sur le micronoyau GNU Mach. La Debian 2.2 (Potato) sort le . Cette version ajoute le support des architectures PowerPC et ARM, avec Wichert Akkerman en tant que chef de projet. Elle compte paquets entretenus par près de 450 développeurs. Versions 3.x. La version 3.0, Woody, sortie le , supporte toujours plus d'architectures, avec l'ajout de IA-64, HP PA-RISC, MIPS et S/390. Le projet compte alors 900 développeurs et paquets, dont pour la première fois KDE, après que le conflit de licence de la bibliothèque Qt a été résolu. Debian Sarge, soit la version 3.1, est finalisée le et ne compte pas moins de paquets et 11 architectures. Versions 4.x. La version 4.0, Etch, sortie le , inclut les éléments suivants : La quatrième révision d'Etch est sortie le . Outre les mises à jour de sécurité habituelles, cette version inclut aussi "etch-and-a-half". Ce dernier propose un nouveau noyau (2.6.24), des pilotes plus récents pour X.Org, ainsi que divers autres changements permettant de faire fonctionner Debian avec un matériel plus récent. Le , Debian peut s'installer sur le téléphone Neo FreeRunner. Versions 5.x. La version 5.0, Lenny, sortie le , inclut les éléments suivants : Versions 6.x. La version 6.0, Squeeze, sortie le , inclut les éléments suivants : Versions 7.x. La version 7.0, Wheezy, sortie le 4 mai 2013, inclut les éléments suivants : Pour la première fois, Debian offre les fonctionnalités suivantes : Versions 8.x. La version 8.0, Jessie, sortie le , inclut les éléments suivants : Note : un "fork" de Debian, Devuan, voit le jour fin 2014, en raison de l'intégration par défaut de systemd dans Debian Jessie. Versions 9.x. La version 9.0, Stretch, sortie le , est la version "oldstable". Elle inclut les éléments suivants : Et plus de autres paquets de logiciels prêts à l'utilisation. Version 10.x. La version 10.0, Buster, sortie le , inclut les éléments suivants : Version 11.x. La version 11.0, "Bullseye", sortie le est l'actuelle version "stable" de Debian. Elle inclut, entre autres, les éléments suivants: Version 12.x. Debian "Bookworm" sera le nom de la version 12 de Debian. Version 13.x. Debian "Trixie" sera le nom de la version 13 de Debian. Version 14.x. Debian "Forky" sera le nom de la version 14 de Debian. Caractéristiques et critiques. Orientation et utilisations. La distribution Debian s'étant à l'origine principalement développée autour de son utilisation sur des serveurs, elle est donc particulièrement adaptée à ce rôle ; par exemple elle distingue toujours l'administrateur système de l'« utilisateur », si un mot de passe root est rentré lors de l'installation. Cependant, le but a toujours été d'obtenir un système universel, c'est-à-dire utilisable aussi bien sur un serveur que sur un ordinateur de bureau, un ordinateur portable, voire un smartphone (ordiphone). Sortie des versions. Cette utilisation originellement orientée serveurs a également influencé son cycle de sortie de nouvelles versions. Une fiabilité irréprochable était nécessaire, ce qui a entraîné des délais très longs entre les versions stables (surtout à l'époque des versions 3). Cela avait pour conséquence de fournir des applicatifs stables mais parfois désuets ou dépassés au moment de la sortie d'une nouvelle version. En 2008, pour résoudre ce problème, la version Etch et demi ("etch-and-a-half") propose une mise à jour des paquets au sein d'une version stable, ce qui est une première dans l'histoire de Debian. En 2009, il est décidé de commencer à geler les paquets à la fin de chaque année impaire (c'est-à-dire de stopper les mises à jour des éléments constituants pour se concentrer sur leurs bonnes interactions). Cette nouvelle stratégie laisse apparaître un cycle de développement de deux ans, et avec une nouvelle version stable au début de chaque année paire (comme les versions LTS d'Ubuntu, mais sans fixer la date de sortie). Toutefois, la sortie des versions de Debian a continué à avoir lieu durant des années impaires et en 2022, la dernière version majeure de Debian a être sortie durant une année paire est la 3.0 (19 juillet 2002). Sécurité. D'une manière générale la sécurité est réputée être un point fort de Debian. La politique de sécurité (commune aux systèmes libres) est de toujours afficher les failles découvertes. Une équipe spécialisée dans la sécurité de l'ensemble des logiciels proposés sur Debian est d'ailleurs une référence dans ce domaine et participe activement au comité « ». En , Luciano Bello, développeur Debian et chercheur en sécurité informatique découvre que des changements effectués dans la version d'OpenSSL distribuée par Debian avaient provoqué une faiblesse dans le générateur de nombres aléatoires. Ainsi les clés de sécurité générées par une machine utilisant la version Etch étaient prévisibles. Cette faille a concerné aussi les distributions dérivées de Debian telles que Ubuntu et Knoppix. Logos. Le logo actuel (la volute) est l'œuvre de Raul M. Silva et est le résultat d'un concours organisé en 1999. Il existe en deux versions : une version dont l'usage est libre (volute seule, avec ou sans la mention « Debian ») et une version officielle (volute au-dessus d'une carafe à décanter le vin, avec ou sans mention « Debian ») qui ne peut être utilisée qu'avec l'autorisation explicite de Debian. Aucune déclaration officielle n'a été faite quant à la signification ou la source d'inspiration du logo. Différentes hypothèses ont toutefois été avancées. Utilisation dans des administrations publiques. Fin 2005, la distribution Debian a été retenue par la ville de Munich pour équiper les quelque ordinateurs de type PC qui formaient alors son parc informatique. En 2014, un bilan établi par la nouvelle équipe municipale annonce d'euros (M€) comme coût de la migration, compensés partiellement par en économies de licences et de matériel. Le coût du retour à Windows est estimé par la même étude à de matériel, plus le coût des licences, inconnu puisque négociable. En 2020, ZdNet rapporte que la ville de Munich en Allemagne dispose de 80 % de son parc informatique sous MiNux (Debian) depuis 2013, et que 2017 a été le tournant vers un retour à Windows 10, principalement pour des raisons d'interopérabilité, à l'aube de la nouvelle décennie. DebConf : la conférence des développeurs de Debian. La DebConf est la conférence annuelle qui réunit les développeurs du projet Debian pour discuter du futur du développement du système.
Dendrochronologie Branche de la dendrologie, la dendrochronologie (du grec ancien , "dendron", « arbre », , "khronos", « temps » et , "-logie", « discours ») est une méthode scientifique permettant en particulier d'obtenir des datations de pièces de bois à l’année près en comptant et en analysant la morphologie des anneaux de croissance (ou "cernes") des arbres. Elle permet également de reconstituer les changements climatiques et environnementaux. Le botaniste bâlois Heinrich Zoller avait déjà publié dans les années 1950 une étude montrant et utilisant la présence de cernes annuels chez certaines herbacées. Il avait grâce à cela évalué l'âge de plusieurs herbacées de végétation de steppe sèche du Valais, mais ses travaux sont passés relativement inaperçus. Principes. La dendrochronologie a été inventée et développée au cours du par A.E. Douglass, le fondateur du "Laboratory of Tree-Ring Research" de l’Université de l'Arizona. Plusieurs siècles auparavant Léonard de Vinci avait déjà décrit le principe des cernes de croissance et leurs variations en fonction des conditions climatiques. L'Américain Edmund Schulman (1908-1958) et le Suisse (1935-2020) ont également largement contribué au développement scientifique de la discipline. Sous des latitudes moyennes, les arbres poussent en produisant du bois lorsque les conditions climatiques sont favorables (du début du printemps à la fin de l'été). Au printemps, les cernes sont clairs car les vaisseaux conduisant la sève sont plus larges, ce qui permet des flux plus importants. L'analyse d'un échantillon de bois en repérant ses anneaux de croissance et en attribuant à chacun d'entre eux un millésime de formation, permet de déduire les conditions climatiques contemporaines à la vie de l'arbre. En prenant des échantillons dans différents sites d'une même région et ayant poussé à des époques différentes mais se recoupant, il est possible de recomposer une séquence sur plusieurs siècles et de créer une chronologie de référence permettant de réaliser des études paléo-climatiques. L'idéal est bien sûr d'avoir une tranche d'arbre multi-centenaire. La comparaison du profil de croissance d'un morceau de bois d'une époque indéterminée avec cette chronologie de référence permet sa datation exacte à l'année près. Cette propriété a permis d'établir des courbes de calibrage pour corriger les résultats de la datation par le carbone 14, qui supposait une concentration de carbone 14 constante dans l'atmosphère au cours des siècles alors que celle-ci a varié. Depuis quelques décennies, les datations par le carbone 14 sont calibrées et donc plus précises. La dendrochronologie est une des meilleures méthodes de datation absolue utilisées en archéologie pour les périodes remontant jusqu'au Mésolithique (env. 7000 ans av. J.-C.), qui permet de dater des objets ou des sites (à Charavines, en Isère, dès 1974, un habitat néolithique fut le site français pionnier dans cette discipline). Elle permet une datation très précise, à l'année près, mais nécessite que des éléments en bois de taille suffisante soient conservés et qu'il n'y ait pas de cernes manquants ou surnuméraires. En effet, le comptage des cernes est une procédure rudimentaire qui est souvent à l'origine d'une sous-estimation. En effet, chez de nombreuses espèces, l'arbre peut certaines années ne pas former de bois sur tout ou partie de sa circonférence (d'où un cerne partiellement ou totalement absent), en raison d'un hiver rigoureux combiné ou non à un printemps tardif, ou consécutivement à une défoliation sévère. Plus rarement, l’arbre peut fabriquer plusieurs cernes (cernes doubles ou faux cernes) dans une année, par exemple à la suite de l'installation précoce de la sécheresse estivale (cas de la région méditerranéenne), lorsque le cambium élabore des éléments de bois final, puis, à la faveur d'une amélioration des conditions météorologiques estivales, produire à nouveau des éléments de bois initial, avant de produire en fin de saison de croissance le bois final normal. De plus, le premier cerne formé par chaque arbre se trouve généralement au niveau du collet racinaire de l'arbre, sous le niveau du sol. Pour identifier ces cernes manquants ou surnuméraires, afin d'obtenir un âge exact, les dendrochronologues utilisent l'interdatation (appelée aussi synchronisation), . Dendrochronologie et paléoenvironnement. Des analyses microchimiques de chaque cerne permettent de déterminer les concentrations de certains polluants dans l'environnement (plomb par exemple) pour les années et décennies antérieures (tant que le bois reste en bon état et qu'il n'a pas subi de contamination secondaire). L'analyse dendrochronologique apporte également des indices sur la pluviométrie et la température qu'il faisait au moment où l'arbre produisait un cerne. Les données sont pondérées par l'analyse de nombreux arbres pour gommer certains artefacts, par exemple liés à des attaques de certains insectes défoliateurs (qui peuvent stopper la croissance d'un arbre jusqu'à 5 ans durant par des attaques répétées). Ce principe est à la base d'une sous-discipline de la dendrochronologie, la dendroclimatologie. De même en présence de certains mammifères (bisons, cervidés) qui écorcent partiellement les arbres, la croissance des cernes peut être provisoirement modifiée le temps de la cicatrisation. La compréhension des évolutions passées — face aux changements climatiques notamment — peut éclairer le présent et le futur des forêts. Ainsi les satellites montrent un allongement de la saison de végétation dans le nord de l'hémisphère Nord, mais l'étude des cernes de l'épinette blanche en Alaska et des teneurs du bois en isotopes du carbone montrent (sur 90 ans) que la croissance radiale des arbres a — dans cette région — été ralentie quand il faisait plus chaud (et trop sec ?), ce qui est contraire à ce qu'attendaient nombre d'experts, et qui doit faire réviser les théories sur la capacité de la forêt boréale à stocker plus de carbone si le réchauffement se poursuit. Dendrochronologie appliquée à certaines herbacées (vivaces). Les herbacées dicotylédones peuvent vivre jusqu'à plusieurs décennies et leurs racines (ou tiges quand elles sont pérennes) sont également porteuses de cernes de croissance parce que les vaisseaux de sève sont plus épais au printemps qu’en fin d'été. Des essais récents réalisés dans des champs en Suisse ont montré qu’il s’agit bien de véritables cernes annuels, même s'ils sont plus fins que ceux des arbres et plus difficiles à observer car ne mesurant que de de large. L'étude par Fritz Schweingruber de sections de racines pivotantes de saxifrages faux aïzoons ("Saxifraga aizoides)" a permis de trouver des individus de 22 ans. Un âge de 19 ans a été démontré pour une campanule à feuilles de cranson ("Campanula cochleariifolia"). Des pieds-de-chat étaient âgés de dix ans ("Antennaria dioica)" alors que certaines bruyères ("Erica carnea") avaient atteint les 70 ans. La dendrochronologie des herbacées pourra aider à mieux comprendre rétrospectivement la dynamique des populations de communautés végétales et l'âge de certaines plantes qu'on ignorait jusqu'ici, notamment pour des espèces menacées ou au contraire invasives. Dater l'apparition et l’expansion d’une espèce invasive dans différents types d'habitat peut permettre d'affiner des scénarios de progression future. La largeur des cernes est également un indicateur jugé fiable des conditions locales et temporelles de bonne ou mauvaise croissance de la végétation, les plantes réagissant de manière plus marquée à la plupart des aléas que les arbres dont les racines plongent plus profondément dans le sol. Études sur la dendrochronologie. En France. Pour être vraiment significatif, un prélèvement (par exemple dans une maison en pan de bois ou dans une charpente) doit s’effectuer par lots, en échantillonnage représentatif. Dans les châteaux, les églises et autres édifices, les prélèvements de bois sur les poutres des différents ensembles peuvent être réalisés par carottage de cinq millimètres de diamètre. Le fait que les laboratoires fournissent un rapport d’analyse détaillé dans un délai de deux à trois mois permet aux géologues, préhistoriens, historiens, historiens d’art, restaurateurs d’art ou architectes, d’orienter leurs travaux et de réaliser la mise en valeur des résultats dans leur contexte. Depuis 1993, le Centre de recherches sur les monuments historiques mène une politique d’analyses de dendrochronologie pour préciser ou confirmer les datations des charpentes, des pans de bois et des menuiseries étudiées par le service. Ces analyses ont permis d’établir des jalons chronologiques des mises en œuvre et sont une aide précieuse pour dater les éléments architecturaux en bois. Analyses de dendrochronologie des charpentes de Chinon (Indre-et-loire), de Puiseaux (Loiret) et de Bourges menées par le Centre de recherches sur les monuments historiques dans le cadre d’actions de datation des charpentes. La mission de la recherche et de la technologie, en liaison avec les directions patrimoniales du ministère, a pour sa part commandé une étude sur l’organisation de la dendrochronologie en France et les conditions d’intervention des organismes fournissant des datations par la dendrochronologie aux archéologues, historiens, chercheurs, architectes, chargés de la conservation du patrimoine culturel. En effet, un nombre croissant de laboratoires publics et privés se disputent non sans heurts l’exercice de la dendrochronologie, méthode de datation spécifique au bois basée sur l’analyse comparative des cernes de croissance. Il est à noter que ce sont l’expérience et la richesse des références accumulées qui sont déterminantes pour la qualité de cette méthode, alors que le matériel nécessaire est simple et n’exige pas de lourds investissements. Cette étude avait pour objectif de comprendre cette situation de concurrence entre ces laboratoires, préjudiciable aux services du ministère, qui en sont les principaux commanditaires. Il s’agissait d’apprécier et de comparer les performances, au sens le plus étendu du terme, des laboratoires en France et en Europe ; afin d’évaluer le caractère stratégique de la dendrochronologie et ses applications notamment en matière de datation, d’authentification, d’expertise, de conservation et de valorisation du matériau bois dans le patrimoine culturel ; également d’apprécier la dimension du marché de la dendrochronologie en France, de prévoir son évolution et les moyens d’y faire face si possible en développant le recours à des moyens nationaux. la datation par dendrochronologie n’intéressait que la recherche archéologique. Il s’y ajoute aujourd’hui de manière presque égale en nombre d’échantillons datés par an, l’étude du bâti (monuments historiques, sites etc) et l'étude/expertise d'œuvres d'art. La méthode et ses possibilités sont encore mal connues des architectes et le recours à la dendrochronologie lors des études préalables est encore accessoire. Au Québec. Les longues séries dendrochronologiques ayant pu être reconstituées à ce jour au Québec sont principalement constituées d'épinette noire à la limite nordique de la forêt boréale ainsi que de thuya occidental, de pin blanc et de pruche du Canada plus au sud dans les forêts boréale et tempérée. Plusieurs groupes et associations œuvrent à la construction de longues séries dendrochronologiques. À Montréal, le Groupe de Recherche en Dendrochronologie Historique (GRDH), OSBL basée à l'Université de Montréal, a effectué de nombreuses analyses dendrochronologiques sur des pièces de bois provenant de maisons anciennes, de sites archéologiques et d'arbres vivants. Les travaux du groupe ont mené à la création depuis 2002 de chronologies de référence pour la ville de Québec, l'Île d'Orléans, Montréal ou encore l'Outaouais. À Québec, le Centre d'études nordiques a construit plusieurs chronologies, notamment dans la région de Québec et dans le Bas-Saint-Laurent. Enfin, plus au nord, le laboratoire de dendroécologie de la forêt d'enseignement et de recherche du lac Duparquet (FERLD), liée à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, est un acteur incontournable de la dendrochronologie au Québec. Cette station de recherche se concentre principalement sur l'étude de la forêt boréale. Voir aussi. Liens externes. Web-documentaire Laboratoires en France Laboratoires au Québec Laboratoires aux États-Unis Laboratoires en Suisse Autres institutions
Dragon Quest , aussi connu sous le nom de Dragon Warrior aux États-Unis, est une série de jeux vidéo créée en 1986 par le concepteur Yuji Horii. Pour chacun des épisodes, Horii tient la place de directeur ou de producteur, Akira Toriyama supervise l'environnement graphique puis se concentre sur la création des personnages et Kōichi Sugiyama compose les musiques. La série est extrêmement populaire au Japon et s'est vendue à près de 80 millions d'exemplaires dans le monde. Création. Le premier épisode, créé par la société japonaise Enix, est sorti en 1986. Inspiré par les déjà nombreux jeux vidéo de rôle sur microordinateurs, il est généralement considéré comme le premier représentant du genre sur console de jeu vidéo. Au Japon, l'influence du jeu original et de la série sur les jeux vidéo de rôle sur console a été immense. La série continue encore aujourd'hui à faire des émules, et chaque épisode s'est hissé au sommet des classements des meilleures ventes de jeux vidéo au Japon. Ce qui caractérise "Dragon Quest" est une certaine forme de classicisme et de simplicité : univers "heroic-fantasy" coloré, dragons, héros, légendes et autres démons qui se retrouvent dans tous les épisodes, là où d'autres séries varient les univers. À tout cela on peut ajouter les graphismes très caractéristiques d'Akira Toriyama, une difficulté relevée, et un "gameplay" reconnu pour sa profondeur. "Dragon Quest" est l'œuvre maîtresse de Yuji Horii. Ce dernier a aussi supervisé, avec Hironobu Sakaguchi, le célèbre "Chrono Trigger". Un autre grand nom de "DQ" est Kōichi Sugiyama, responsable des thèmes musicaux. De par son âge, la série a connu un grand nombre de plates-formes différentes : MSX, NES, Super Nintendo, Game Boy Color, Game Boy Advance, Nintendo DS, Nintendo 3DS, Wii, Wii U, Nintendo Switch, téléphones portables, PlayStation, PlayStation 2, PlayStation 3, PlayStation 4 et Xbox one. Épisodes. Jeux dérivés. "Dragon Quest" a donné naissance à des séries dérivées : Adaptations. Plusieurs mangas et "anime" ont été adaptés de "Dragon Quest" : Popularité au Japon et à l'étranger. Au Japon, "Dragon Quest" détient de nombreux records. Il s'agit de la série la plus populaire de Square Enix, devant "Final Fantasy" et d'une manière générale, il s'agit de la série non-Nintendo la plus populaire du pays. Sur NES, les trois meilleures ventes d'éditeurs autres que Nintendo sont des "Dragon Quest", tandis que sur Super Nintendo, "Dragon Quest VI" constitue également la meilleure vente d'un éditeur tiers avec d'exemplaires vendus. "Dragon Quest VII" devient l'épisode le plus vendu de la série avec presque d'exemplaires vendus, meilleure vente de la PlayStation au Japon et, hors jeux Nintendo, la meilleure vente de l'histoire du pays. Toujours au Japon, La série est si populaire, qu'à la suite de la sortie de "Dragon Quest III" en 1988, Enix planifie son calendrier de telle sorte que la sortie d'un nouvel opus de "Dragon Quest" se fasse désormais en dehors des jours ouvrés, afin de limiter l'absentéisme (aussi bien scolaire que professionnel). C'est un tel phénomène au Japon qu'il existe des concerts basés sur cet univers, et de nombreux CD reprenant les diverses OST des jeux (certains ayant bénéficié de la participation de l'Orchestre philharmonique de Londres). "Dragon Quest VIII" devient à son tour la meilleure vente de la PlayStation 2, tandis que le "Dragon Quest IX" est plus tard annoncé sur la Nintendo DS qui connaît un succès énorme. Bien que l'annonce d'un nouvel épisode sur une console portable surprenne beaucoup de monde, certaines personnes commencent déjà à imaginer la possibilité d'un succès colossal grâce au phénomène de la Nintendo DS, dont le président de Enterbrain qui déclare s'attendre à ce que le jeu puisse dépasser les . À sa sortie en juillet 2009, il devient le deuxième meilleur démarrage de l'histoire avec environ d'exemplaires écoulés en première semaine () selon "Famitsu", mais la loi l'imposant de sortir en week-end l'empêche ainsi de tenir la comparaison face à "Final Fantasy VIII" qui s'était lui écoulé à d'exemplaires en première semaine, mais était sorti un jeudi, jour habituel des nouveautés au Japon, lui laissant ainsi 4 jours de commercialisation. Néanmoins "Dragon Quest IX" réussit à se maintenir dans les meilleures ventes et devient alors l'épisode le plus vendu de la série mais aussi le premier jeu non-Nintendo à dépasser les d'exemplaires vendus et constitue actuellement le vidéo le plus vendu de l'histoire du Japon. "Dragon Quest" n'a en revanche pas beaucoup de succès dans le reste du monde, ce qui fait d'ailleurs qu'au niveau mondial, "Final Fantasy" est ainsi la série la plus populaire de Square-Enix. Enix avait tout de même à l'époque sorti les premiers épisode aux États-Unis, sous le nom de "Dragon Warrior", mais aucun opus n'a rencontré de véritable succès. En revanche, la société n'a sorti aucun épisode en Europe. Après la fusion avec Squaresoft, l'éditeur devient plus ambitieux pour sa série à l'international. "Dragon Quest VIII" devient le premier épisode à sortir en Europe et également le premier à être traduit officiellement en français. Sans connaître un grand succès, le jeu se vend tout de même très bien en Occident. Depuis, chaque épisode a droit à une localisation aux États-Unis comme en Europe, où "Dragon Quest IV", "Dragon Quest V" et "Dragon Quest VI" sortent pour la première fois grâce à leurs remakes sur Nintendo DS. Les ventes sont toutefois assez moyennes, surtout en comparaison du succès japonais. La série s'avère toutefois plus populaire en Europe qu'aux États-Unis, bien que ce dernier soit le plus important marché au monde pour le jeu vidéo : dans le cas de "Dragon Quest IV" sur DS, Square-Enix a écoulé au Japon, en Amérique du Nord, et en Europe. Divers. La mascotte officielle de "Dragon Quest" est un slime (traduit en « gluant », dans la version française de "Dragon Quest VIII") bleu, en forme d'oignon. Il apparaît dans chaque épisode du jeu ; c'est souvent le premier personnage que l'on rencontre. Il peut, en se mélangeant avec d'autres slimes, devenir un roi slime, un slime plus gros coiffé d'une couronne. Les jeux contiennent quelques notes religieuses : de nombreux évêques vagabondent souvent au sein de l'univers de "Dragon Quest Monsters", et ont un pouvoir de guérison. Dans "Dragon Quest VII", le seigneur du mal, une sorte de diable, appelé Orgodemir, est le dernier ennemi à combattre. Une quête annexe permet de se battre contre Dieu lui-même. Dans les épisodes de la série à partir de "Dragon Quest IV" (numérotés), la sauvegarde se fait dans des églises. Dans "Dragon Quest IX", des pierres gravées dans le palais du tout-puissant relatent un récit ressemblant très fort à la genèse (premier livre de la Bible). Dans ce même opus, le mal est incarné par un ange déchu, le tout-puissant a une fille unique qui s'est sacrifiée pour l'humanité. Le héros de ' est disponible en DLC payant dans "Super Smash Bros. Ultimate", avec les héros de "Dragon Quest III", "Dragon Quest IV" et ' en costumes alternatifs. Influence. Inspiré des jeux de rôle sur micro-ordinateurs (avec "Ultima I" en 1980 ou "Wizardry" en 1981), le premier opus "Dragon Quest" est considéré comme le premier jeu du genre sur console de jeux vidéo. En tant que premier jeu japonais du genre, il est source d'une influence artistique que l'on surnomme J-RPG pour les jeux de rôles japonais. Ce même jeu a fait naître une autre série tout aussi populaire au Japon, "Final Fantasy". Une série qui, à ses débuts, prenait référence sur la série "Dragon Quest" (au moins dans la forme comme l'utilisation de chiffre romain pour les titres) mais qui a su se démarquer par une prise de risque artistique et commerciale par la suite. "Dragon Quest" a aussi inspiré d'autres séries tout aussi populaires telles que "Pokémon", Digimon et Dokapon par la mécanique de recrutement et d'élevage de monstre. En effet dans "Dragon Quest V" sorti en 1992, il était déjà possible de capturer des monstres et de les faire évoluer, le principe même de "Pokémon" dont le premier jeu est sorti en 1996. Dragon Quest a également inspiré Sega et le Ryu ga Gotoku Studio dans le dernier épisode de la saga Yakuza. En effet, dans , sorti en 2020, le protagoniste principal, Ichiban Kasuga, se prend pour un héros de Dragon Quest. Le nom de la série est ouvertement cité dans le jeu, Square-Enix ayant donné à Sega le droit d'utilisation du nom.
Dirigeants du Japon L' est le chef de l'État japonais "de facto". Historiquement, cependant, le pouvoir impérial a souvent été usurpé de fait par des chefs de familles puissantes, dont les mieux connus sont les . Selon la Constitution du Japon promulguée en 1947 lors de l'occupation ayant suivi la Seconde Guerre mondiale, l'empereur du Japon a maintenant un rôle uniquement symbolique, le pouvoir exécutif étant détenu par le , chef du gouvernement, à l'instar de ses homologues dans la plupart des autres monarchies constitutionnelles. Souverains impériaux. Empereurs retirés. Pour échapper aux pressions et conserver leur pouvoir, certains empereurs « retirés » affectèrent de laisser le trône à des membres de leur famille, tout en exerçant leur contrôle depuis les coulisses :
Dirigeants de la période Meiji Voici une liste des principaux acteurs de la Restauration Meiji (明治). Cette période débute avec le retour au pouvoir des empereurs japonais, après plusieurs siècles de domination par les shoguns Tokugawa. Certains d'entre eux furent Premiers ministres.
Disque dur Un disque dur (parfois abrégé DD ; en anglais, hard disk drive, HD ou HDD) est une mémoire de masse à disque tournant magnétique utilisée principalement dans les ordinateurs, mais également dans des baladeurs numériques, des caméscopes, des lecteurs/enregistreurs de DVD de salon, des consoles de jeux vidéo Inventé en 1956, le disque dur a fait l'objet d'évolutions de capacité et de performances considérables, tout en voyant son coût diminuer, ce qui a contribué à la généralisation de son utilisation, particulièrement dans l'informatique. Avec l'arrivée des disques SSD la part de marché des disques durs est en baisse. Historique. En 1956, le premier système de disque dur s'appelle l'IBM 350. Il est utilisé dans le (RAMAC pour « " »). Il est dévoilé au public par IBM. La production commerciale commence en juin 1957 et, jusqu’en 1961, plus d’un millier d’unités sont vendues. Son prix est alors de par mégaoctet. Le était constitué de de de diamètre, deux têtes de lecture/écriture qui pouvaient se déplacer d’un plateau à un autre en moins d’une seconde. La capacité totale était de cinq millions de caractères. Le RAMAC avait déjà un concurrent : le , composé de magnétiques chacun d’une capacité de . Bien que ce dernier ait eu une vitesse supérieure, c’est le RAMAC, qui pouvait stocker trois fois plus d’informations, qui avait le rapport coût/performance le plus intéressant pour le plus grand nombre d’applications. En juin 1954, J. J. Hagopian, ingénieur IBM, a l'idée de faire « voler » les têtes de lecture/écriture au-dessus de la surface des plateaux, sur un coussin d’air. Il propose le design de la forme de ces têtes. En septembre 1954, il dessine l’équivalent des disques durs actuels : des plateaux superposés et un axe sur lequel sont fixées les têtes de lecture/écriture. Cela deviendra un produit commercial en 1961 sous la dénomination « ». En 1962, IBM sort son périphérique de stockage à disque dur amovible modèle 1311, il faisait la taille d'une machine à laver et pouvait enregistrer jusqu'à deux millions de caractères sur une pile de disques. Les utilisateurs peuvent acheter des paquets de disques supplémentaires et les échanger au besoin, un peu comme des bobines de bande magnétique. Les modèles ultérieurs d'unité d'entraînement pour piles de disques amovibles, d'IBM et d'autres, sont devenus la norme dans la plupart des installations informatiques de l'époque. Ils ont atteint des capacités de dans le début des années 1980. Les unités de disques durs non amovibles ont été appelées lecteur-enregistreurs de disques durs « fixes ». Fin 1969, trois ingénieurs réfléchissent à ce qui pourrait être pour eux le système disque idéal. Ils tombent d’accord sur un modèle composé de deux disques de chacun, l’un amovible, l’autre fixe. On le nomme « », comme celui d'un modèle de carabine . Le nom est resté, et encore aujourd’hui un disque « "" » désigne un disque dur non amovible (soit quasiment tous les disques internes depuis les années 1990). Dans les années 1970, HP sort ses premiers disques à têtes mobiles ; d'abord le HP-7900A, suivi des HP-7905, 7920 et 7925, tous ces disques possèdent des cartouches amovibles. À la même époque il a existé des disques durs à têtes fixes : un certain nombre de têtes permettaient un accès piste-à-piste très rapide avec, certes, une capacité inférieure aux disques à têtes mobiles mais moins fragiles mécaniquement ; ils ont été utilisés pour les applications embarquées, notamment en sismique par réflexion. À cette époque, le disque dur a remplacé efficacement les tambours et les bandes, reléguant peu à peu ces dernières à des applications d’archivage et de sauvegarde dans les années 1990. Dans les années 1980, HP sort de nouveaux disques, plus performants, les HP-7933 et HP-7935 à pack amovible. À cette époque sont apparus des disques reliés directement sur les réseaux NAS et SAN, suivis par d'autres applications dans lesquelles le disque dur a trouvé son utilité : stockage d'information de caméscopes, de lecteurs/enregistreurs de DVD de salon, de consoles de jeux vidéo Au cours des années 1990, la taille des disques durs a pu être considérablement réduite grâce aux travaux d'Albert Fert et de Peter Grünberg sur la magnétorésistance géante. Leur prix va se démocratiser et tous les ordinateurs personnels seront équipés d'un disque dur, et non plus seulement de lecteurs de disquettes. En 1998, année du centenaire de l’enregistrement magnétique (inventé par le Danois Valdemar Poulsen), IBM commercialise le premier disque dur de (), capacité présentée à l’époque par la presse comme disproportionnée par rapport aux besoins réels des particuliers. En effet : ils n'avaient pas encore accès en masse à Internet et au téléchargement, en particulier le téléchargement illégal. Dans les années 2000, le disque dur se met à concurrencer les disquettes en raison de la baisse de son coût au gigaoctet et de sa plus grande commodité d’accès ; vers la fin de cette même décennie, il commence à être remplacé lui-même comme mémoire de masse, pour les petites capacités (), par des stockages à mémoire flash qui, bien que plus onéreux, n’imposent pas le délai de latence dû à la rotation des plateaux. En 2011, le besoin du marché en disques durs était évalué à d'unités par an. Au quatrième trimestre de 2011, des inondations en Thaïlande provoquent une pénurie de disques durs, en rendant inopérantes plusieurs usines, ce qui provoque une augmentation importante des prix. Certains modèles ont vu leur prix doubler, voire tripler. Évolutions en termes de prix ou de capacité. Entre 1980, date de sortie du ST-506 d'une capacité de , et 2008, la surface moyenne occupée par un bit d’information sur le disque s’est vue réduite d’un facteur de plus de ( pour un plateau en 1980 et en 2008, soit une densité supérieure). Dans le même temps, le prix du mégaoctet a été divisé par plus d'un million, sans tenir compte de l'inflation, car : Capacité de stockage. Les disques durs ayant les capacités les plus importantes sur le marché dépassent les (téraoctets) (2017) et en 2022. Le constructeur Seagate a annoncé en que des disques de capacités de , et seront disponibles respectivement en 2023, 2026 et 2030. La capacité des disques durs a augmenté beaucoup plus vite que leur rapidité, limitée par la mécanique. Le temps d'accès en lecture est lié à la vitesse de rotation du disque et au temps de positionnement des têtes de lecture. Le débit d'information ensuite est d'autant meilleur que la densité du disque et la vitesse de rotation sont élevées. En 2,5 pouces (2,5") : Principe de fonctionnement. Dès 1956, dans un disque dur, on trouve des plateaux rigides en rotation. Chaque plateau est constitué d’un disque réalisé généralement en aluminium, qui a les avantages d’être léger, facilement usinable et paramagnétique. À partir de 1990, de nouvelles techniques utilisent le verre ou la céramique, qui permettent des états de surface encore plus lisses que ceux de l’aluminium. Les faces de ces plateaux sont recouvertes d’une couche magnétique, sur laquelle sont stockées les données. Ces données sont écrites en code binaire {0/1} sur le disque grâce à une tête de lecture/écriture, petite antenne très proche du matériau magnétique. Suivant le courant électrique qui la traverse, cette tête modifie le champ magnétique local pour écrire soit un 1, soit un 0, à la surface du disque. Pour lire, le même matériel est utilisé, mais dans l’autre sens : le mouvement du champ magnétique local engendre aux bornes de la tête un potentiel électrique qui dépend de la valeur précédemment écrite, on peut ainsi lire . Un disque dur typique contient un axe central autour duquel les plateaux tournent à une vitesse de rotation constante. Toutes les têtes de lecture/écriture sont reliées à une armature qui se déplace à la surface des plateaux, avec une ou deux têtes par plateau (une tête par face utilisée). L’armature déplace les têtes radialement à travers les plateaux pendant qu’ils tournent, permettant ainsi d’accéder à la totalité de leur surface. Le disque peut-être positionné horizontalement ou verticalement selon le boîtier. L’électronique associée contrôle le mouvement de l’armature ainsi que la rotation des plateaux, et réalise les lectures et les écritures suivant les requêtes reçues. Les "" des disques durs récents sont capables d’organiser les requêtes de manière à minimiser le temps d’accès aux données, et donc à maximiser les performances du disque. Mécanique. Les disques durs à plateaux sont des organes mécaniques, donc fragiles. Il est important de ne pas soumettre les disques, internes ou externes, à des chocs qui pourraient endommager les roulements, ni à des températures de stockage basses qui rendraient le lubrifiant trop visqueux et empêcherait le démarrage. Plateaux. Les plateaux sont solidaires d’un axe sur roulements à billes ou à huile. Cet axe est maintenu en mouvement par un moteur électrique. La vitesse de rotation est actuellement (2013) comprise entre (les valeurs typiques des vitesses vont de voire ). La vitesse de rotation est maintenue constante sur tous les modèles, en dépit parfois . En effet, suivant l’augmentation des préoccupations environnementales, les constructeurs ont produit des disques visant l’économie d’énergie, souvent dénommés « ' » ; ceux-ci sont annoncés comme ayant une vitesse de rotation variable (la vitesse de rotation n'est pas variable, mais l'électronique du disque arrête complètement la rotation quand le disque n'est pas utilisé pendant une longue période ; d'autres disques récents non dénommés « ' » font de même avec, semble-t-il, un délai de mise en veille moins court), laissant donc supposer qu'au repos ils tourneraient plus lentement en réduisant leur consommation électrique, et augmenteraient cette vitesse en cas de sollicitations. Il a cependant été confirmé (notamment par des tests acoustiques) que cette information était erronée : ces disques fonctionnent bien à vitesse constante, plus faible que la vitesse standard de (soit pour Western Digital et pour Seagate). Les disques sont composés d’un substrat, autrefois en aluminium (ou en zinc), de plus en plus souvent en verre, traité par diverses couches dont une ferromagnétique recouverte d’une couche de protection. L’état de surface doit être le meilleur possible. Note : contrairement aux CD/DVD, ce sont d’abord les pistes périphériques (c'est-à-dire les plus éloignées du centre du plateau) qui sont écrites en premier (et reconnues comme « début du disque »), car c’est à cet endroit que les performances sont maximales : en effet, la vitesse linéaire d'un point du disque est plus élevée à l'extérieur du disque (à vitesse de rotation constante) donc la tête de lecture/écriture couvre une plus longue série de données en un tour qu’au milieu du disque. <gallery mode="packed" caption="Composant de la tête de lecture/écriture"> Fichier:Teteplateau.png|Le bras supportant les deux têtes de lecture/écriture. Les rayures visibles sur la surface du plateau indiquent que le disque dur a été victime d’un « atterrissage ». Fichier:Musee-bolo-01.jpg|Tête de disque dur de 1970. Fichier:Tête de Lecture.jpg|Tête de disque dur de 2011. </gallery> Fixées au bout d’un bras, elles sont solidaires d’un second axe qui permet de les faire pivoter en arc de cercle sur la surface des plateaux. Toutes les têtes pivotent donc en même temps. Il y a une tête par surface. Leur géométrie leur permet de voler au-dessus de la surface du plateau sans le toucher : elles reposent sur un coussin d’air créé par la rotation des plateaux. En 1997, les têtes volaient à de la surface des plateaux ; en 2006, cette valeur est d’environ . Le moteur qui les entraîne doit être capable de fournir des accélérations et décélérations très fortes. Un des algorithmes de contrôle des mouvements du bras porte-tête est d’accélérer au maximum puis de freiner au maximum pour que la tête se positionne sur le bon cylindre. Il faudra ensuite attendre un court instant pour que les vibrations engendrées par ce freinage s’estompent. À l’arrêt, les têtes doivent être parquées, soit sur une zone spéciale (la plus proche du centre, il n’y a alors pas de données à cet endroit), soit en dehors des plateaux. Si une ou plusieurs têtes entrent en contact avec la surface des plateaux, cela s’appelle un « atterrissage » et provoque le plus souvent la destruction des informations situées à cet endroit. Une imperfection sur la surface telle qu’une poussière aura le même effet. La mécanique des disques durs est donc assemblée en salle blanche et toutes les précautions (joints…) sont prises pour qu’aucune impureté ne puisse pénétrer à l’intérieur du boîtier (appelé « HDA » pour « "" » en anglais). Les techniques pour la conception des têtes sont (en 2006) : Électronique. Elle est composée d’une partie dédiée à l’asservissement des moteurs et d’une autre à l’exploitation des informations électriques issues de l’interaction électromagnétique entre les têtes de lecture et les surfaces des plateaux. Une partie plus informatique va faire l’interface avec l’extérieur et la traduction de l’adresse absolue d’un bloc en coordonnées à (tête, cylindre, bloc). L’électronique permet également de corriger les erreurs logicielles (erreur d'écriture). Contrôleur. Un contrôleur de disque est l’ensemble électronique qui contrôle la mécanique d’un disque dur. Le rôle de cet ensemble est de piloter les moteurs de rotation, de positionner les têtes de lecture/enregistrement, et d’interpréter les signaux électriques reçus de ces têtes pour les convertir en données exploitables ou d’enregistrer des données à un emplacement particulier de la surface des disques composant le disque dur. Sur les premiers disques durs, par exemple le ST-506, ces fonctions étaient réalisées par une carte électronique indépendante de l’ensemble mécanique. Le volumineux câblage d’interconnexion a rapidement favorisé la recherche d’une solution plus compacte : le contrôleur de disque se trouva alors accolé au disque, donnant naissance aux standards SCSI, IDE et maintenant SATA. L’appellation « Contrôleur de disque » est souvent employée par approximation en remplacement de « Contrôleur ATA » ou « Contrôleur SCSI ». « Contrôleur de disque » est une appellation générique qui convient également à d'autres types de périphériques ou matériels de stockage : disque dur donc, mais aussi lecteur de CD, dérouleur de bande magnétique, scanner Alimentation électrique. Dans un ordinateur personnel, l'alimentation électrique d'un disque dur à interface IDE est reçue à travers un connecteur Molex. Certains disques durs à interface Serial ATA utilisaient dans un premier temps ce même connecteur Molex pour être compatible avec les alimentations existantes, mais ils ont progressivement tous migré vers une prise spécifique longue et plate (alimentation SATA). Géométrie. Chaque plateau (possédant le plus souvent deux surfaces utilisables) est composé de pistes concentriques initialement séparées les unes des autres par une zone appelée « espace interpiste ». Cette zone disparaît pour les disques durs à plus grande capacité et les pistes sont superposées les unes aux autres dans un format SMR dit enregistrement magnétique à bardeau plus dense mais moins rapide à l'écriture. Les pistes situées à une même distance de l’axe de rotation forment un cylindre. La piste est divisée en blocs (composés de secteurs) contenant les données. En adressage CHS, il faut donc trois coordonnées pour accéder à un bloc (ou secteur) de disque : Cette conversion est faite le plus souvent par le contrôleur du disque à partir d’une adresse absolue de bloc appelée LBA (un numéro compris entre 0 et le nombre total de blocs du disque diminué de 1). Puisque les pistes sont circulaires (leur circonférence est fonction du rayon - "c" = 2×pi×"r"), les pistes extérieures ont une plus grande longueur que les pistes intérieures (leur circonférence est plus grande). Le fait que la vitesse de rotation des disques soit constante quelle que soit la piste lue/écrite par la tête est donc problématique. Sur les premiers disques durs (ST-506 par exemple) le nombre de secteurs par rotation était indépendant du numéro de piste (donc les informations étaient stockées avec une densité spatiale variable selon la piste). Depuis les années 1990 et la généralisation du zone bit recording (en), la densité d’enregistrement est devenue constante, avec une variation du nombre de secteurs selon la piste. Sur les premiers disques, une surface était formatée en usine et contenait les informations permettant au système de se synchroniser (de savoir quelle était la position des têtes à tout moment). Cette surface était dénommée « servo ». Par la suite, ces zones de synchronisation ont été insérées entre les blocs de données, mais elles sont toujours formatées en usine (dans la norme SCSI il existe une commande FORMAT qui réenregistre intégralement toutes les informations de toutes les surfaces, elle n’est pas nécessairement mise en œuvre sur tous les disques). Typiquement donc, on trouvera sur chaque piste une succession de : Types d'interface. Les interfaces des disques durs sont les connecteurs et les câbles permettant l'acheminement des données. Elles ont largement évolué avec le temps dans un souci de compacité, d'ergonomie et d’augmentation des performances. Voici les 2 principales interfaces de nos jours : Ainsi que les interfaces plus spécifiques ou anciennes : Note : les interfaces M2 concernent exclusivement les SSD et pas les disques durs. Les protocoles de communication. Les protocoles de communication avec une unité de stockage, incluant les disques durs, sont très dépendants de l'interface de connexion, il ne faut pas cependant les confondre. Boîtiers adaptateurs (disques durs externes). L'USB et le Firewire/IEEE 1394 (ainsi que les connectiques réseau) ne sont pas des interfaces de disque dur : les disques durs externes amovibles USB ou Firewire sont équipés en interne d'un adaptateur d'interface USB/S-ATA ou Firewire/S-ATA. Ces disques existent en trois formats : , et mais on trouve aussi des boîtiers permettant de transformer des disques internes en disques externes, avec leur alimentation séparée et leur interface, généralement USB. En plus de la compatibilité de la connectique, l'utilisation de disques de technologie récente peut nécessiter un boîtier adaptateur capable de supporter cette technologie nouvelle. Par ailleurs, certains disques durs externes ne peuvent être dissociés de leur adaptateur car ils forment un tout (circuit imprimé commun) ; dans ce cas, le disque dur ne peut pas être extrait pour être monté sur un ordinateur personnel. En avril 2014, les capacités courantes sur le marché sont de , , , , , , et de , , , , , . Des fonctionnalités telles que la sécurité biométrique ou des interfaces multiples sont disponibles sur les modèles les plus onéreux. Capacité. Nominale. La capacité d’un disque dur peut être calculée ainsi : nombre de cylindres × nombre de têtes × nombre de secteurs par piste × nombre d’octets par secteur (). Cependant les nombres de cylindres, têtes et secteurs sont faux pour les disques utilisant le "" (enregistrement à densité constante), ou la translation d’adresses LBA. Sur les disques ATA de taille supérieure à , les valeurs sont fixées à , et un nombre de cylindres dépendant de la capacité réelle du disque afin de maintenir la compatibilité avec les systèmes d’exploitation plus anciens. Par exemple avec un disque dur S-ATA Hitachi de fin 2005 : × × × = soit (ou ). Utilisable par les systèmes. DOS et Windows. La FAT12, lancée avec la première version de PC-DOS, conçue pour les disquettes, ne permettait d'adresser que , dont la taille pouvait être au maximum de sous . Il s'ensuivait une limite de fait à par partition sous . Lancée avec MS-DOS 3.0, la FAT16 autorisa l'adressage de de , soit par partition, avec quatre partitions maximum pour . Avec le DOS 4, le nombre de clusters put monter à , permettant des partitions de mais la taille des clusters ne pouvait toujours pas dépasser . MS-DOS 5 et 6 permirent l'usage de clusters plus grands, autorisant la gestion de partitions de avec des clusters de , mais ne géraient pas les disques de capacité de plus de car ils employaient l'interface (AH=02h et AH=03h) du BIOS. MS-DOS 7.0 supprima la limite à par l'usage de la nouvelle interface (), mais conservait la limitation à par partition, inhérente à FAT16 avec des clusters de . MS-DOS 7.1, distribué avec Windows 95 OSR/2 et Windows 98, supportait FAT32, ramenant la limite théorique à pour . Mais sur disque ATA, le pilote de ne permettait que l'usage de LBA-28, et pas de LBA-48, ramenant la limite pratique à la gestion de disques de . Les BIOS avaient eux-mêmes leurs limites d'adressage, et des limites propres aux BIOS apparurent pour les tailles de , , , , . Cette dernière limite à ne put être dépassée qu'en étendant l'interface BIOS INT-13 par la . Les outils de Microsoft ont eu leurs propres limites pour des tailles de et 64. Linux. Avec les noyaux n'utilisant que l'adressage CHS sur les disques IDE, la capacité était limitée à . Les noyaux contemporains utilisant nativement l'adressage LBA 48 bits, la limite de capacité est désormais de . Limite structurelle. En 2010, l'adressage ATA est limité à par l'usage de la norme LBA-48. Compression. La compression de disque est une technique qui augmente la quantité d'informations pouvant être stockées sur un disque dur. Les utilitaires de compression de disque étaient populaires au début des années 1990, lorsque les disques durs des micro-ordinateurs étaient encore relativement petits () et assez coûteux (environ par mégaoctet). Les utilitaires de compression de disque permettaient alors d'augmenter pour un faible coût la capacité d'un disque dur, coût qui compensait alors largement la différence avec un disque de plus grande capacité. , lorsque les progrès de la technologie et de fabrication des disques durs ont entraîné une augmentation des capacités, une baisse des prix, et que les systèmes d'exploitation majeurs de l'époque ont intégré en standard cette fonctionnalité. Néanmoins cela continue à être utilisé sur certains disques durs externes et même SSD. Performances. Le temps d’accès et le débit d’un disque dur permettent d’en mesurer les performances. Les facteurs principaux à prendre en compte sont : Pour estimer le temps de transfert total, on additionne les trois temps précédents. On peut par exemple rajouter le temps de réponse du contrôleur. Il faut souvent faire attention aux spécifications des constructeurs, ceux-ci auront tendance à communiquer les valeurs de pointe au lieu des valeurs soutenues (par exemple pour les débits). L’ajout de mémoire vive sur le contrôleur du disque permet d’augmenter les performances. Cette mémoire sera remplie par les blocs qui "suivent" le bloc demandé, en espérant que l’accès aux données sera séquentiel. En écriture, le disque peut informer l’hôte qui a initié le transfert que celui-ci est terminé alors que les données ne sont pas encore écrites sur le média lui-même. Comme tout système de cache, cela pose un problème de cohérence des données. Sécurité. L'évolution rapide des systèmes conduisant à remplacer périodiquement les matériels, de nombreux disques durs recyclés contiennent des informations qui peuvent être confidentielles (comptes bancaires, informations personnelles…). Des guides concernant l'effacement des supports magnétiques sont disponibles. Le contenu des disques durs est de plus en plus souvent chiffré pour obtenir de meilleures conditions de sécurité. Le chiffrement peut être logiciel (géré par le système d'exploitation) ou géré par une puce intégrée au disque dur. Gestions des secteurs défectueux. Les anciens disques durs utilisant l’interface , par exemple le Maxtor XT-2190, disposaient d’une étiquette permettant de répertorier les secteurs défectueux. Lors du formatage et donc, en vue d’une préparation à l’utilisation, il était nécessaire de saisir manuellement cette liste de secteurs défectueux afin que le système d’exploitation n’y accède pas. Cette liste n’était pas forcément vierge au moment de l’achat. Avec le temps, les contrôleurs électroniques des disques durs ont pris en charge matériellement les secteurs défectueux. Une zone du disque dur est réservée à la ré-allocation des secteurs défectueux. Les performances s’en trouvent réduites, mais le nombre de secteurs étant faible, l'effet est négligeable pour l'utilisateur. L’usure de la couche magnétique, importante sur les premiers disques durs mais de plus en plus réduite, peut causer la perte de secteurs de données. Le contrôleur électronique embarqué du disque dur gère la récupération des secteurs défectueux de façon transparente pour l’utilisateur, mais l’informe de son état avec le SMART (""). Dans la grande majorité des cas, le contrôleur ne tente pas une récupération des nouveaux secteurs défectueux, mais les marque simplement comme inutilisables. Ils seront réalloués au prochain formatage bas-niveau à des secteurs de remplacement parfaitement lisibles. Cependant, suivant le contrôleur et l’algorithme utilisé, la réallocation peut avoir lieu pendant le fonctionnement. Les secteurs défectueux représentent une pierre d'achoppement des sauvegardes matérielles de disques durs en mode miroir (que ce soit au moyen de doubles docks possédant un dispositif de copie matérielle hors connexion ou d'une commande comme "dd" en Linux), car ces secteurs peuvent exister sur un disque et non sur l'autre, ou encore être à des endroits différents sur chaque disque, rendant dès lors la copie matérielle imparfaite. Formats. Les dimensions des disques durs sont normalisées : De plus petits disques existent mais entrent dans la catégorie des "", avec une taille de (). Les formats normalisés précédents sont définis d’après la taille des plateaux. Il existe aussi une normalisation de la taille des boîtiers pour permettre aux disques durs de tous les manufacturiers de s’insérer dans tous les ordinateurs. Le disque est créé en 1998 par IBM. est une marque déposée pour un disque dur de très petite taille développé puis commercialisé à partir de 1999 pour répondre aux besoins des baladeurs numériques et surtout de la photographie numérique. Le emprunte les dimensions et la connectique d'une carte mémoire CompactFlash () et est utilisé de la même manière. Sa capacité varie de à . Ce disque avait, à l'époque, une capacité supérieure aux cartes mémoires, mais était plus cher (mécanique de précision avec systèmes antichocs), plus fragile et consommait davantage d’électricité à cause de son micromoteur. Il était principalement utilisé dans les appareils photos professionnels et dans certains lecteurs MP3 en raison de sa capacité importante. Depuis environ 2007, ce type de disque dur est en concurrence frontale avec les cartes de mémoire flash, qui sont moins sensibles aux chocs, car faites d’électronique pure et dont le prix diminue sans cesse. Disque virtuel (RAM disque). Un disque virtuel est un logiciel qui permet d’émuler un disque à partir d’un espace alloué en mémoire centrale. Sa création est faite par le pilote de disque virtuel, sa destruction est faite par la réinitialisation ou l'extinction de l'ordinateur (plus rarement par le pilote), les accès se font par des appels systèmes identiques à ceux pour les disques réels (le noyau doit contenir les pilotes adéquats). Les temps d’accès sont extrêmement rapides, en revanche, par nature, la capacité d'un disque virtuel ne peut excéder la taille de la mémoire centrale. Les données étant perdues si la mémoire n’est plus alimentée électriquement, on écrit en général sur un disque virtuel des fichiers pour lecture seule, copies de fichiers sur disque, ou des fichiers intermédiaires dont la perte importe peu, par exemple : Disque dur amovible. Historiquement, le premier disque dur amovible à large diffusion commerciale était un boîtier rackable contenant un disque dur et doté d'une interface IDE ; avec ce type de technologie, aucun branchement à chaud n'était possible. Les disques externes raccordables à chaud commercialisés par la suite sont principalement dotés d'un port FireWire, eSata ou USB. Les disques durs externes raccordés via un port USB sont de plus en plus abordables, et possèdent par exemple des capacités de , 1, 2 et même , pour un usage typique de sauvegarde de données volumineuses (photos, musique, vidéo). L'interface est de type ou , et elle sert aussi à l'alimentation électrique. Ils sont parfois dotés de deux prises USB, la deuxième permettant une meilleure alimentation en énergie, un port étant limité à ; l'utilisation de deux ports permet d'atteindre . Concurrents du disque dur classique. Solid-state drive. Un SSD (pour "") peut avoir extérieurement l’apparence d’un disque dur classique, y compris l’interface, ou avoir un format plus réduit (mSATA, mSATA half-size, autrement dit demi-format) mais est dans tous les cas constitué de plusieurs puces de mémoire flash et ne contient aucun élément mécanique. Par rapport à un disque dur, les temps d’accès sont très rapides pour une consommation généralement inférieure, mais lors de leur lancement, leur capacité était encore limitée à et leur prix très élevé. Depuis 2008, on voit la commercialisation d'ordinateurs portables (généralement des ultraportables) équipés de SSD à la place du disque dur, par la plupart des grands constructeurs (, , Asus, Sony, Dell, Fujitsu, Toshiba). Ces modèles peuvent être utilisés par exemple dans un autobus, ce qui serait déconseillé pour un modèle à disque dur physique, la tête de lecture risquant alors d'entrer en contact avec le disque et d'endommager l'un et l'autre. Comme toute nouvelle technologie, les caractéristiques évoluent très rapidement : Disque dur hybride. À mi-chemin entre le disque dur et le SSD, les disques durs hybrides (SSHD) sont des disques magnétiques classiques accompagnés d’un petit module de mémoire flash ( selon le fabricant) et d'une mémoire cache ( selon le fabricant). Développé en priorité pour les ordinateurs portables, l’avantage de ces disques réside dans le fait de réduire la consommation d’énergie, d’augmenter la vitesse de démarrage et d’augmenter, enfin, la durée de vie du disque dur. Lorsqu’un ordinateur portable équipé d’un disque hybride a besoin de stocker des données, il les range temporairement dans la mémoire flash, ce qui évite aux pièces mécaniques de se mettre en route. L’utilisation de la mémoire flash devrait permettre d’améliorer de 20 % les chargements et le temps de démarrage des PC. Les PC portables devraient quant à eux profiter d’une augmentation d’autonomie de 5 à 15 %, ce qui pourrait se traduire par un gain de sur les dernières générations de PC portables. Fabricants. Le nombre de fabricants de disques durs est assez limité de nos jours, en raison de divers rachats ou fusions d’entreprises, voire l’abandon par certaines entreprises de cette activité. Les fabricants mondiaux restants sont : Les fabricants historiques sont :
Divinités égyptiennes Les dieux et déesses de l’Égypte antique représentent une foule considérable de plus d'un millier de puissances surnaturelles ; divinités cosmogoniques, divinités provinciales, divinités locales, divinités funéraires, personnification de phénomènes naturels ou de concepts abstraits, ancêtres déifiés, démons, génies, divinités étrangères importées, etc. Le mot égyptien pour dieu est "netjer" et son plus ancien hiéroglyphe représente vraisemblablement un mat enveloppé de bandelettes de tissu. Pour désigner le concept de la divinité, les glyphes alternatifs sont le faucon sur un perchoir et un personnage accroupi. D'autres termes existent pour désigner une divinité, tel "baou" ou "sekhem" mais leur diffusion a été de moindre importance. L'iconographie divine fut dès les temps protohistoriques placée sous le caractère de la diversité. La plupart des divinités furent dotées de plusieurs modes de représentations. La forme zoomorphe est sans doute la plus ancienne, mais très vite on lui adjoignit la forme purement anthropomorphe. La forme composite qui mêle un corps humain à une tête animale, ou vice versa, est plus tardive mais apparaît tout de même dès le avant notre ère. Le panthéon des dieux égyptiens ne fut jamais organisé de manière canonique et rigoureuse à la manière des anciens Grecs. Cependant l'anarchie n'est pas totale. Les prêtres de la cité d'Héliopolis élaborèrent l'Ennéade ("pesedjet"), un groupement de neuf divinités issues du démiurge. Ce groupe fit florès à travers tout le pays et toutes les villes d'importance se virent dotées de leur propre Ennéade, sans pour autant se tenir strictement au nombre neuf, synonyme de la multitude. Les autres regroupements sont le couple, avec Osiris et Isis pour parangon, et la triade qui est l'adjonction au couple divin d'un dieu enfant, manifestation du cycle de la régénération cosmique. Il semble que ce qui caractérise un dieu égyptien, c'est d'abord les nombreux rites qui lui sont consacrés ; l'offrande de la Maât par pharaon à une divinité étant le geste cultuel par excellence. Terminologie. Netjer. Déclinaisons. ! scope="col" | Mot ! scope="col" | ! scope="col" | Hiéroglyphe ! scope="col" | Traduction Les mots égyptiens « netjer » (masculin) et « netjeret » (féminin) se traduisent en langue française par « dieu » et « déesse ». L'actuelle transcription des hiéroglyphes utilisée par les égyptologues donne au mot netjer la forme « "nṯr" ». Cette forme scientifique n'indique que les consonnes du mot égyptien, l'écriture égyptienne ne restituant pas les voyelles. La prononciation exacte est par conséquent perdue. Pour rendre le mot "nṯr" prononçable à un public francophone, on ajoute mais très arbitrairement, un « e » aux consonnes pour le prononcer sous la forme "netjer" ou "neter" (si l'on ne tient pas compte de l'arrêt prépalatal). Les travaux de restitution de la vocalisation exacte des mots de l'égyptien ancien, à partir des vocables grec, copte ou akkadien permettent de restituer approximativement le terme "nṯr" sous la forme « nátjīr » avec « natjārat » pour sa forme féminine. La langue égyptienne, comme d'autres langues dispose du duel, une forme grammaticale intermédiaire au singulier et au pluriel ; "netjeroui" (masculin duel) et "netjerti" (féminin duel). Le duel s'applique à deux divinités apparaissant ensemble comme Isis et Nephtys ou Horus et Seth. La forme du pluriel commence à partir du nombre trois, "netjerou" (masculin pluriel) et "netjerout" (féminin pluriel). Étymologie. Les tentatives pour donner l'origine du mot "netjer" se sont montrées jusqu'à présent peu convaincantes. Aucune hypothèse n'a rallié à elle l'approbation de la majorité des égyptologues. La plus ancienne tentative remonte au en la personne d'Emmanuel de Rougé. Elle se fonde sur un rapprochement phonétique avec le mot "ter", signifiant « rajeunir, renouveler » et représenté par le signe hiéroglyphique de la tige végétale et symbolisant l'année. Friedrich Wilhelm von Bissing a fait un rapprochement avec le mot « natron », un ancien terme issu de la langue égyptienne. La très controversée Margaret Alice Murray s'est essayée à un rapprochement, peu probant, avec l'arbre "tjeret", le « saule » dans le cadre d'un culte rendu aux arbres. En 1988, Dimitri Meeks a postulé que tous les mots basés sur la racine "netjer" sont en rapport avec un acte cultuel. Le pharaon ne devient un dieu parfait, "netjer nefer", qu'après les rites de couronnement, tandis que les défunts ne peuvent espérer une survie divine qu'après des rites funéraires. Signes hiéroglyphiques. Emblème. Le mot « netjer » s'écrit avec un signe hiéroglyphique qui représente probablement un bâton avec des banderoles. En 1947, l'égyptologue britannique Percy Edward Newberry décrit ainsi ce signe : « une hampe enveloppée d'une bandelette maintenue par une corde, dont l'extrémité se projette, tel un rabat ou une banderole ». Ce signe est très ancien, ses premières attestations remontent à la période proto-dynastique. Jusqu’à la , les banderoles sont nettement séparées et leur nombre varie entre deux et quatre. Au cours de l'Ancien Empire la forme du signe hiéroglyphique se fixe et les banderoles sont remplacées par une bandelette unique. Les variantes les plus précises de ce signe montrent alors une sorte de bâton-fétiche entièrement enrubanné de tissus jaune, bleu et vert. Selon l'égyptologue allemand Wolfhart Westendorf, il pourrait s'agir d'une stylisation de l'imy-out. Ce suaire, constitué par une peau d'animal, enveloppait le roi mort et permettait au souverain de renaître régénéré. Cette peau est toujours figurée comme étant suspendue à un mât et sa symbolique est en lien avec Osiris et Anubis, les principales divinités du culte funéraire royal. Le "papyrus hiéroglyphique de Tanis" rédigé durant la période romaine de l'Égypte va dans ce sens. Dans cette liste de signes hiéroglyphiques, le signe « netjer » est accompagné d'une notice en écriture hiératique qui dit « celui qui est placé dans la tombe ». Mais cette petite explication ne vaut peut-être pas pour le bâton enrubanné en lui-même. À cette époque, le mot « netjer » désigne aussi le défunt alors assimilé au dieu funéraire Osiris. Quoi qu'il en soit de cette explication, une variante du signe « netjer » le montre comme une hampe tel un drapeau flottant sur son mât au milieu de la nécropole avec d'un côté un tombeau et de l'autre une colline. Il est manifeste que les Égyptiens percevaient ce signe comme l'indication d'une zone sacrée. Le bâton-fétiche des origines aurait dérivé vers un drapeau cultuel fiché dans le sol et marquant l'entrée des territoires sacrés (cimetières, temples et palais royaux) où les dieux, plus fortement qu'ailleurs, régnaient en maîtres. Il est indéniable que la notion de Dieu a donc été représentée dès les débuts de l'écriture égyptienne par un objet inanimé (bâton ou mât) en rapport avec le domaine funéraire. Cependant, il serait trop restrictif de limiter la notion égyptienne de divinité au seul domaine funéraire. Le mot « netjer » n'est pas une équivalence parfaite de la notion recouverte par les termes de « défunt » ou de « roi défunt ». Faucon. D'autres hiéroglyphes peuvent servir à écrire le mot « netjer ». Le premier représente l'image d'un faucon sur une enseigne telle qu'elle était portée en procession. Ce signe est aussi ancien que le signe du bâton fétiche et comme lui, il date de l'invention de l'écriture hiéroglyphique. Le faucon est dès les origines de la civilisation égyptienne l'une des principales incarnations de la divinité. Le faucon sert à individualiser le dieu Horus c'est-à-dire « le Lointain ». Horus n'est d'abord qu'une divinité-faucon parmi beaucoup d'autres. Mais avec l'affirmation du pouvoir pharaonique ce dieu céleste se dote des aspects d'une divinité dynastique ; le pharaon étant alors considéré comme un Horus vivant sur terre. Horus est aussi très vite associé à Rê le dieu solaire ; sans doute dès la même si cet aspect n'est formulé qu'à partir de la dans les « "Textes des pyramides" ». Mais le faucon sur son pavois sert surtout en tant que signe déterminatif dans l'écriture cursive égyptienne (écriture hiératique). Ce signe est plutôt rare en tant que hiéroglyphe gravé sur les monuments et contrairement au bâton-fétiche sert très peu comme logogramme du mot « netjer ». Homme assis. En plus de l'emblème et du faucon, l'homme assis est un autre hiéroglyphe qui sert à désigner la divinité. Cette image est plus récente et n'apparaît qu'à partir de la . À la fin de l'Ancien Empire, ce signe sert essentiellement de déterminatif pour les noms des dieux égyptiens. Il représente un homme assis par terre, les genoux repliés vers la poitrine et enveloppé dans un suaire qui lui cache entièrement les deux bras. Il porte à son menton une barbe cérémonielle, attribut des dieux et des rois. Dans les "Textes des pyramides" ce signe sert de déterminatif qu'au seul dieu Osiris. Sa symbolique est donc en rapport avec le roi défunt qui comme un nouvel Osiris bénéficie des rituels de régénération et de renaissance. Par la suite, le signe de l'homme assis a été étendu aux autres divinités masculines comme déterminatif. De ce hiéroglyphe dérive toute une série d'autres qui sont comme des versions abrégés des noms des dieux. Sir Alan Henderson Gardiner a regroupé dans la section C de sa liste de hiéroglyphes tous les signes représentant des divinités anthropomorphes et zoomorphes en position assise. Ces derniers furent très en vogue durant la période ramesside ( et s) et apparaissent notamment dans les cartouches des titulatures royales. Tous ces signes ne se lisent pas "netjer" mais bel et bien comme le nom propre du dieu, Rê ou Ptah par exemple. Autres termes. Baou. Le mot « netjer » apparaît dans les plus anciens textes écrits en Égypte. Cependant Hans Wolfgang Helck pensait que l'on pouvait voir dans le terme « baou » (transcription : "bȝw", pluriel de "bȝ") une désignation encore plus ancienne de la notion de divinité. Généralement traduit par « âmes », le terme baou désigne un groupe de divinités attachés à une ville en particulier. Les pyramides à textes parlent ainsi des « baou de Héliopolis », des « baou de Bouto », des « baou d'Hermopolis », etc. Par la suite, ces expressions seront successivement reprises par les "Textes des sarcophages" et par les "Livres des Morts" (chapitres 111 à 116). Ces âmes ont été très diversement interprétées ; Kurt Sethe a vu en elles des anciens rois décédés et ayant uniquement régné sur ces villes. Quant à Hermann Kees, il les voyait comme des groupes de très anciennes divinités locales. Dès les "Textes des pyramides", les plus grandes divinités sont intégrées aux « âmes de Héliopolis » : Les baou sont donc des êtres divins et cette notion recoupe la notion de netjer. Mais le mot baou sert aussi dès l'Ancien Empire à désigner un concept plus abstrait. Il s'agit alors d'une sorte de puissance qui émane des divinités ou des souverains humains. Cette efficacité peut être positive (l'origine d'un succès) ou négative (tempête destructrice). Les traductions modernes comme volonté, pouvoir créateur, énergie, gloire ne sont pas valable pour tous les cas de figure ; aucun terme moderne ne pouvant restituer le sens originel. Le baou peut donc être vu comme l'action visible et constaté de la divinité. Mais très tôt, la divinité netjer et son action baou ont été confondus, expliquant par là que les divinités netjer ont aussi été appelées baou. Sekhem. Le terme « sekhem » (transcription : "sḫm") comme netjer et baou se retrouve dans les plus anciens textes égyptiens. On le traduit généralement en français par le mot « puissance ». Comme le baou, le sekhem se réfère à une émanation de la divinité, il s'agit d'une puissance, une force que toute divinité possède en propre. Cette puissance s'incarne dans un objet symbolique, le sceptre sekhem que tout dignitaire divin ou humain se doit de tenir entre ses mains. Le mot sekhem est la racine du nom propre de Sekhmet la déesse lionne, faisant d'elle « La Puissante ». Sous le Nouvel Empire, le mot sekhem sert à désigner l'image d'un dieu, sa représentation animé ou inanimé sur terre. Plus tardivement encore, sekhem devient un synonyme de netjer sans que l'on puisse voir entre les deux une quelconque nuance». Historique. Préhistoire. En Égypte, le avant notre ère est une période charnière entre le néolithique et l'âge du bronze. Les plus anciennes preuves archéologiques attestant l'existence de croyances religieuses remontent à cette époque. Dès le départ, la religiosité offre le visage de la diversité. Les principales découvertes ont été faites à Héliopolis, Maadi, Badari et Nagada. Des fouilles archéologiques ont révélé des inhumations d'animaux, surtout des gazelles et des canidés (chiens, chacals) mais aussi des béliers et des bovidés. La présence d'objets cultuels dans ces tombes semble prouver qu'il s'agissait d'animaux sacrés. Durant la période de , les vases sont décorés de motifs animaliers et les palettes à fard prennent des formes animales. Toutes ces découvertes attestent des croyances en des divinités pouvant prendre des formes animales. Cependant, il ne s'agit pas d'une zoolâtrie pure et simple. Au cours des périodes suivantes, de à la Dynastie 0, la vénération se porte manifestement aussi sur des objets sacrés. L'iconographie montre ainsi des hampes processionnelles sur lesquelles sont perchées soit des animaux soit des objets sacrés. De cette période protohistorique, on ne dispose pas encore de preuves formelles concernant des croyances en des divinités anthropomorphes. Des statuettes en argile ou en os (femmes nues, hommes barbus) ont bien été retrouvées mais il n'est pas assuré qu'il faille voir en elles les premières représentations anthropomorphes des divinités égyptiennes. Période thinite. À la fin de la protohistoire égyptienne (vers 3000 avant notre ère), les animaux sont toujours perçus comme étant plus puissants que les humains. Sur les fragments de la "Palette du champ de bataille" conservés à Londres et à Oxford, les vaincus sont figurés sous forme humaine nus et désarmés voire ligotés à une hampe. Jetés à terre, leurs corps sont foulés par les vainqueurs représentés sous des formes animales ; lions et rapaces. Cette conception de la supériorité animale transparaît aussi dans les titulatures royales. Les premiers rois de l'Égypte antique n'ont que des noms d'animaux ; vautour, faucon, scorpion, crocodile. Vers la fin de la (vers 2800 avant notre ère), la pensée humaine connaît une mutation qui fait que les Anciens Égyptiens modifient leur manière de penser leur univers. Les rois abandonnent les dénominations strictement animales tandis que dans l'iconographie les formes animales ou inanimées s'humanisent. Les forces et les puissances surnaturelles, jusqu'alors seulement zoomorphes, s'humanisent et leurs représentations deviennent aussi anthropomorphes. La "Palette de Narmer" laisse ainsi voir la déesse Bat sous une forme mixte (tête de vache avec visage humain vu de face). La contrée vaincue est figurée comme un fourré de papyrus avec une tête d'homme tenue en laisse par un faucon en fureur. Durant le premier quart du , le cercle des divinités à être entièrement représentées sous la forme humaine est très limité. La "Pierre de Palerme" est un bloc de basalte gravé de hiéroglyphes qui se présente comme les annales des cinq premières dynasties royales. Ce document n'est toutefois pas contemporain de cette époque car des anachronismes ont été constatés. Cette réserve mis à part, la pierre indique qu'une statue de Min a été réalisée sous la puis une autre sous la . Mais on ne sait pas si ces statues avaient déjà fait voir le dieu Min sous sa forme humaine ithyphallique. La nécropole de Tarkhan a révélé un vase en pierre où figure une représentation de Ptah dans un naos et datable des toutes premières dynasties. C'est aussi sous les et s que les déesses Satis et Neith acquièrent chacune leur forme humaine. Il en va de même pour les principales divinités cosmiques : Atoum, Shou, Geb et Nout. Mais à cette même époque les dieux à forme entièrement animale sont toujours les plus fréquents, tels Horus et Seth. Les divinités composites, tête animale sur un corps humain ne font leur apparition qu'à l'extrême fin de la ; sur une empreinte d'un sceau-cylindre au nom du roi Péribsen par exemple. Le dieu Horus acquiert sa forme composite hiéracocéphale sous la . Toutefois, cette forme a déjà été attribuée au dieu-faucon Ach, le gardien des oasis libyques, quelque temps plus en avant. Ancien Empire. À la fin du , le territoire de l'Égypte antique devient un pays unifié autour d'une monarchie centralisée. Pouvoirs civils et religieux étant confondus, les grandes traditions religieuses issues des peuplades préhistoriques se structurent autour de l'idéologie royale. Disposant de l'écriture, les scribes et les prêtres royaux développent des rituels et tentent de donner un sens commun aux différentes traditions religieuses. Se met alors en place une vision de l'univers où le roi, incarnation du dieu Horus de Hiérakonpolis, tient une position centrale. Cette mythologie, où les divinités sont mises au service de la destinée royale, ne nous est toutefois parvenue qu'avec des textes de la fin du ; les fameux "Textes des pyramides" gravés sur les murs des modestes pyramides des rois des et s (entre 2350 et 2150 avant notre ère). Tout au long de l'histoire religieuse égyptienne le culte des dieux locaux est resté la donnée fondamentale de la vénération. Cependant quelques divinités ont réussi à connaître une influence plus grande. Ces divinités en bénéficiant d'une association à l'idéologie royale et des circonstances politiques sont parvenues à dépasser le cadre de leur cité ou de leur nome. L'Ancien Empire est marqué par la place prépondérante du culte solaire issu des traditions d'Héliopolis où le dieu Rê apparaît comme la manifestation visible d'Atoum, le démiurge issu des sombres eaux du Noun. Dans le domaine des cultes funéraires, les divinités canines comme Oupouaout ou Anubis s'effacent devant Osiris auquel le roi défunt est assimilé. Moyen Empire. Après les temps difficiles de la Première Période intermédiaire, le pouvoir monarchique réaffirme sa puissance durant le Moyen Empire sous les et s (entre 2100 et 1780 avant notre ère). Le culte de Rê, le dieu solaire, s'associe aux principales divinités locales. À Thèbes, la ville d'où est partie la volonté réunificatrice du pays, le dieu Amon prend l'aspect d'un démiurge solaire sous son aspect d'Amon-Rê. Les autres divinités locales sont elles aussi associées à l'idéologie solaire, tels le faucon Montou-Rê à Hermonthis, le bélier Khnoum-Rê à Éléphantine ou le crocodile Sobek-Rê dans les localités du Fayoum. Dans le domaine funéraire, le dieu Osiris continue sa montée en puissance. Sa dévotion s'étend dans tout le pays mais plus particulièrement à Abydos sa ville sainte où de nombreuses chapelles et stèles prouvent sa renommée auprès du peuple. Les formules funéraires des "Textes des sarcophages", plus particulièrement prisés par les nomarques de la Moyenne-Égypte, sont la marque d'une diffusion des prérogatives funéraires royales auprès des grandes familles dirigeantes. Ces textes tout en montrant l'importante place prise par Osiris et Isis dans les croyances post-mortem, montrent aussi le rôle crucial joué par Rê dans les contrées souterraines. De nombreux défunts cherchent en effet à accompagner le dieu Rê à bord de sa barque durant son voyage nocturne. Les défunts cherchent aussi à devenir les scribes des dieux Thot, Atoum ou Hathor. Nouvel Empire. Sous le Nouvel Empire (entre 1552 et 1069 avant notre ère), la domination du dieu Amon-Rê s'accentue. La ville de Thèbes et son clergé sont largement favorisés par les premiers souverains de la . Tous les pharaons de cette époque participent à l'embellissement des immenses complexes religieux de Louxor et de Karnak. La suprématie d'Amon n'est remise en question que lors de la parenthèse amarnienne. Cette réforme religieuse, balbutiante sous , est symboliquement portée à son apogée par en la quatrième année de son règne. En devenant Akhenaton, le souverain abandonne Amon et Thèbes et se tourne vers Aton, le disque solaire déifié et fonde la ville nouvelle d'Akhetaton, « l'Horizon d'Aton ». Mais ses successeurs, Toutânkhamon et Aÿ reviennent très vite aux anciennes conceptions religieuses. Cette décision est définitivement entérinée par le général Horemheb, initiateur de la par la condamnation à l'oubli des souverains amarniens et par la destruction des temples d'Aton à Thèbes. Le dieu Amon retrouve sa place dominante dans l'idéologie royale. Il se trouve toutefois associé au dieu Rê d'Héliopolis et au Dieu Ptah de Memphis dans de savantes spéculations religieuses. Ces conceptions sont peut-être la marque d'une politique royale plus équilibrée envers les autres grandes divinités et villes du pays : Cette spéculation autour des trois principaux dieux monarchiques s'enrichit sous de réflexions autour du chiffre quatre. L'armée se divise ainsi en quatre grandes divisions placées sous le patronage d'Amon, Rê, Ptah et Seth. En Nubie, dans le naos du grand temple d'Abou Simbel, trônent quatre divinités Ptah, Amon, (divinisé) et Rê-Horakhty, tandis qu'à l'extérieur quatre grands colosses sous les traits de gardent l'entrée du temple. Déclin. Le Nouvel Empire se termine sur un désordre socio-économique, les obscurs successeurs du pharaon ne parvenant plus à imposer leur pleine autorité sur la Haute-Égypte. À partir du règne de , le pays est de fait scindé en deux. Profitant de l'impéritie du pouvoir pharaonique, une lignée de grands prêtres d'Amon contrôle la Haute-Égypte depuis Thèbes. La Basse-Égypte reste quant à elle sous l'influence des pharaons de la installée à Tanis, la "Thèbes du Nord" avec son temple lui aussi consacré au dieu Amon. L'idéologie royale de cette époque tend vers la théocratie ; le véritable pharaon est en fait le dieu Amon qui gouverne le pays par l'entremise d'oracles interprétés par son clergé. Avec la , des Libyens détenteurs du pouvoir militaire s'emparent de la fonction royale. Ils prennent d'abord le pouvoir dans le Nord autour de Bubastis, Tanis et Memphis leurs zones d'émigration. Avec une forte garnison à Héracléopolis et la nomination de princes royaux en tant que grand prêtre à Thèbes, les pharaons libyens parviennent ensuite à contrôler totalement le Sud. Mais ce pouvoir libyen finit par se disloquer à cause de dissensions internes. Plusieurs dynasties coexistent alors au même moment, les , et s. Ce désordre politique est mis à profit par des pharaons d'origine nubienne () qui parviennent à se saisir de la Haute-Égypte. Les Nubiens ne parviennent cependant pas à s'affirmer totalement en Basse-Égypte morcelée en plusieurs chefferies dont les roitelets des et s. Au cours d'invasions, les armées d'Assurbanipal refoulent les Nubiens de Tanoutamon en deçà d'Assouan et en profitent pour mettre à sac la ville de Thèbes. Profitant d'un reflux des troupes assyriennes, réunifie l'Égypte et inaugure une période de prospérité : la Renaissance saïte. Cette période est marquée par un retour aux sources où spiritualité et art de l'Ancien Empire sont mis à l'honneur et copiés. Cette période voit aussi se développer le culte des animaux sacrés comme Apis ou Boukhis. Le dieu Osiris devient de plus en plus populaire au quotidien, tandis que Seth qui fut promu au temps de est de plus en plus diabolisé et rejeté. Le culte d'Isis et des dieux enfants comme Harsiesis connaît une plus grande ferveur. Pendant toute cette période, les pharaons implantent leurs tombes dans leurs capitales. En Nubie pour la et pour les dynasties indigènes dans le delta du Nil essentiellement à Tanis et à Saïs. Originaire de cette région, Neith la déesse guerrière, devient la patronne alors de la monarchie. Dominations perses. En l'an 525 avant notre ère, l'armée égyptienne conduite par le jeune est défaite à Péluse par les forces des Perses Achéménides de . Conquise, l'Égypte devient une province perse et est intronisé pharaon à Saïs. Lui et ses successeurs sont considérés comme les membres la . Mais ils sont avant tout des rois perses qui gouvernent l'Égypte depuis Suse à travers des satrapes. Le perse poursuit la politique pharaonique traditionnelle ; il fait construire un temple dans l'oasis de Kharga et en fait restaurer d'autres comme à Bousiris et à El Kab. Certaines élites égyptiennes se rallient facilement aux dominants à l'image de Oudjahorresné, prêtre de Neith à Saïs. Mais cette première domination perse est aussi marquée par de nombreuses révoltes. Sous et l'indépendance est presque complète avec les soulèvements des pharaons locaux des , et s égyptiennes. Cette indépendance nationale face aux Perses est surtout assurée avec l'aide de mercenaires grecs. L'égyptien durant ses dix-huit ans de règne fait restaurer de nombreux temples. Tout au sud du pays, sur les îles sacrées de Philæ et de Biggeh, il fait construire deux sanctuaires dédiés respectivement à Isis et à Osiris, ce dernier étant considéré comme l'initiateur de la crue du Nil. La prospérité économique de ce temps profite aussi aux autres divinités. Le roi accorde ainsi les taxes perçues sur les importations du comptoir grec de Naucratis au temple de Neith de Saïs. Son petit-fils poursuit la même politique en maintenant les valeurs religieuses traditionnelles. Sa grande piété transparaît à travers une statue qui le représente en taille réduite entre les pattes du faucon Horus coiffé de la double couronne, le pschent. Les troupes perses d' sont refoulées une première fois vers -350. Mais quelques années plus tard, en -343, lors d'une seconde tentative, l'armée de est défaite à Péluse par les perses puis une seconde fois à Memphis qui subit un siège en règle. résiste plusieurs mois en Haute-Égypte mais est finalement contraint à fuir en Nubie où l'on perd définitivement sa trace. Avec ce roi, finit la dernière dynastie indigène égyptienne. Les Perses dominent une seconde fois l'Égypte sous les règnes des rois et (). À la mort d', et à la faveur de troubles de succession qui éloigne un temps l'emprise des perses sur l'Égypte, une ultime tentative de reprise du pouvoir par un prince égyptien a lieu en -338 avec le règne éphémère de Khababash qui est attesté au Sérapéum de Saqqarah. Mais cette rébellion est matée en -336 avec la montée sur le trône achéménide de qui reprend le contrôle du pays pour seulement quatre années. En effet, dès -332 le satrape livre le pays sans grands combats au macédonien Alexandre le Grand. Époque ptolémaïque et romaine. Sous la domination grecque des Ptolémées puis sous l'occupation romaine, la religion traditionnelle égyptienne continue à persister. Les occupants n'ont jamais pourchassé les divinités égyptiennes ni tenté de les remplacer par d'autres. Cependant, au contact du monde gréco-romain, l'Égypte antique va connaître de profonds bouleversements. Sous les Ptolémées, si les individus égyptiens ne doivent pas faire face à une assimilation culturelle, leur société va cependant devenir très nettement biculturelle avec deux civilisations très différentes sur un même territoire. Les Lagides tout en favorisant la minorité grecque doivent composer avec la majorité égyptienne, se fondre dans le moule pharaonique et ménager le clergé provincial. Tout ceci n'empêche pas des révoltes, surtout en Haute-Égypte, de par son éloignement avec Alexandrie, la nouvelle capitale. Après la défaite de en -30, les Romains, peu nombreux, renforcent les droits de la minorité grecque et modifient l'administration du pays pour une meilleure captation des rentrées fiscales. Les temples sont ainsi dépossédés de leurs biens fonciers et par là même dépourvus de toute autonomie financière. L'idéologie pharaonique persiste tout de même à travers le pays». Des empereurs comme Auguste et Tibère sont tout naturellement représentés sur les murs des temples dans le costume de pharaon. Entre le avant notre ère et le de notre ère, la vitalité des divinités égyptiennes se montre à travers la reconstruction de nombreux temples. Parmi les plus célèbres figurent le temple d'Horus à Edfou, le temple d'Isis sur l'île de Philæ, le temple d'Hathor à Dendérah et le temple de Sobek et Haroëris à Kôm Ombo. On peut aussi citer des sanctuaires bien plus modeste comme le temple d'Hathor à Deir el-Médineh, le temple d'Isis à Dendour, le temple de Tafa et le temple d'Amon à Debod. Les élites égyptiennes, dont les prêtres, accèdent à la culture hellénistique et bénéficient d'une double culture. Durant l'époque romaine l'usage de la langue grecque est partout présent dans les milieux sacerdotaux. Mais si on trouve des prières rédigées en langue grecque pour un public grec, les grandes spéculations religieuses à l'intérieur des temples se font toujours en langue égyptienne. L'usage des hiéroglyphes sur les monuments se complexifie par la création des glyphes nouveaux et l'usage de combinaisons cryptographiques très ardues. Les textes anciens (mythes, réglementations sacerdotales, textes liturgiques et littéraires) continuent à être recopiés en écriture démotique. Cependant on assiste aussi à des réflexions nouvelles où l'on tente d'ordonner les mythes et les divinités dans des synthèses théologiques innovantes. Le culte des divinités locales persiste mais les divinités du mythe osirien sont de plus en plus populaires. Tous les temples d'importance se dotent de chapelles osiriennes autonomes ainsi que de mammisi consacrés à la naissance des dieux enfants élaborés à l'image de Harsiesis, « Horus, fils d'Isis ». Le culte d'Isis dépasse les frontières de l'Égypte et atteint Rome et les contrées les plus éloignées de son empire. L'iconographie du dieu Osiris conserve sa forme momiforme traditionnelle mais on peut ainsi le rencontrer sous sa forme gréco-romaine de Sarapis (homme barbu à la manière d'Hadès) ou sous sa forme d'Osiris-Canope avec une tête qui émerge d'un vase lui servant de corps. Malgré l'aversion des Romains pour les divinités animales, Anubis sous sa forme d'Hermanubis parvient à se faire une place dans les croyances, sans doute encouragé par le comportement lubrique attribué au chien. Thot assimilé à Hermès devient le Trismégiste, c'est-à-dire le « Trois fois grand », l'auteur de savantes spéculations philosophiques diffusées à travers le "Corpus Hermeticum" et la "Table d'émeraude" alternatives ésotériques aux lois de Moïse durant le Moyen Âge occidental. Iconographie. Diversité des représentations. La forme composite qui fusionne un corps humain avec une tête animale peut être vue comme l'iconographie la plus représentative de la conception égyptienne de la divinité. Mais ce mode de représentation doit plus être vu comme un enrichissement de l'iconographie que comme une substitution du mode de représentation entièrement animal. L'ancienne forme animale de la divinité n'a jamais été remplacée par la nouvelle forme composite. C'est ainsi que chaque divinité égyptienne peut être représentée de différentes manières, aucune manière n'ayant définitivement chassé l'autre. Les différents modes coexistent à toutes les époques de l'Égypte antique. Le dieu Thot est ainsi figuré à l'image d'un babouin, d'un ibis ou d'un homme à tête d'ibis. La déesse Hathor offre une gamme de représentations encore plus large. Elle peut apparaître sous la forme d'une vache, sous une femme (simplement accompagnée de son nom hiéroglyphique), plus rarement sous la forme d'une femme à tête de vache, sous la forme d'une femme coiffée d'une perruque ornée de cornes de vache avec le disque solaire, comme une vache surgissant d'une colline, sous le visage d'une femme vu de face mais avec des oreilles de vaches, sous la forme d'un arbre, d'une serpente, d'une lionne, etc. Zoomorphisme. Dans la culture égyptienne, nommer, représenter est un acte quasi magique, c'est faire venir à l'existence ce que l'on nommait ou représentait. Pour les Égyptiens, le démiurge crée, à son image, toutes les créatures terrestres, hommes, animaux, végétaux et minéraux. En retour, le choix de l'image, par le prêtre ou l'artiste est essentiel: on comparait, par exemple, les manifestations d'une espèce animale à un trait caractéristique d'une manifestation du démiurge ; une manifestation de ce qui est inexprimable trouvait alors sa forme métaphorique. À propos de Bastet le prêtre pouvait dire : « La déesse Bastet vous protège comme une chatte protège ses chatons ». D'où l'attention au détail significatif qui manifeste, dans la représentation, une chatte vigilante, les oreilles dressées. Et l'attention au détail significatif, dans l'art égyptien des représentations figurées vient de là. Ainsi le bousier qui enfouit sa pelote ou bien qui émerge du sable en la poussant (son « garde-manger » et où il pond ses œufs, son « nid ») était la plus merveilleuse métaphore pour évoquer le cycle solaire, le soleil qui émerge chaque matin dans le ciel pour disparaître, le soir, à l'horizon. L'animal n'est pas le dieu mais il peut en représenter une manifestation. Sa momie (à partir du Nouvel Empire) peut servir aussi d'intermédiaire entre le dévot et le démiurge, pour lui demander une faveur ou le remercier. Enfin certains animaux précis, des individus choisis, pouvaient incarner la divinité, c'est le cas d'Apis (à partir d'), incarnation du dieu Ptah sur la terre. Le bestiaire servant à représenter les dieux n'est pas extensible. Il se limite aux animaux qui vivaient dans la plaine du Nil lorsque l'iconographie divine s'est mise en place. L'éléphant, le rhinocéros et la girafe n'ont pas été divinisés. Ces espèces ont peuplé la vallée à une époque reculée, mais avec les variations du climat elles avaient déjà disparu lorsque le paysage religieux de l'Égypte antique s'est structuré. Quant au cheval, il ne fut introduit que très tardivement et n'a donc pas joué un grand rôle dans l'imaginaire divin. Les seules représentations du cheval se limitent aux divinités étrangères du Moyen-Orient ; Astarté montant à cru un cheval par exemple. Les Égyptiens ont donc observé le comportement des animaux et ont attribué aux différentes espèces des qualités qu'ils ont transposées au monde divin. Le scarabée poussant sa boule d'excréments est devenu Khépri le dieu poussant le disque solaire hors de la nuit. Dans une horde de babouins, le mâle dominant se montre très paternaliste avec ses rejetons, surtout s'ils sont orphelins de mère. Le dieu à l'image de singe cynocéphale, Thot, a ainsi été figuré comme un maître sur une estrade dictant ses paroles à un scribe comme à un fils spirituel. Anthropomorphisme. Les phénomènes naturels, le cosmos, les lieux ainsi que les concepts abstraits ont très tôt été figurés comme des divinités à l'apparence humaine. La déesse Maât personnifie l'harmonie cosmique mise en place par Atoum le démiurge. Venu à l'existence au même moment, Shou est la personnification du souffle de vie. Maât et Shou portent généralement une plume d'autruche sur la tête pour symboliser leur nature éthérée. Shou prend souvent l'aspect d'un homme en train de soulever Nout la déesse du ciel, pour la séparer de Geb le dieu de la terre qui sont eux aussi représentés à la manière anthropomorphe. Maât peut aussi apparaître dédoublée dans le Tribunal d'Osiris. Elle est alors rapprochée des deux sœurs Isis et Nephtys, personnifications du trône et du palais royal. D'autres forces à l'œuvre dans l'univers ont été personnalisées : Sia l'intuition, Hou le verbe créateur ou encore Heka la magie. De ces trois, seul Heka semble avoir bénéficié d'un véritable culte. Le Nil, les étendues d'eau et les poissons n'ont pas été divinisés ; peut être à cause d'un tabou. Seule la crue du Nil a bénéficié d'une représentation anthropomorphe. Sous l'aspect de Hâpy, la crue a pris l'apparence d'un homme obèse à la bedaine retombant sur la ceinture de son pagne, les mamelons pendant sur le thorax. Il transporte généralement une table d'offrande et le fourré de papyrus placé sur sa tête le met en lien avec les zones humides où stagnent les eaux limoneuses et fertiles de la crue. Certains lieux remarquables ont aussi bénéficié de la personnalisation ; les Égyptiens ont en effet perçu la présence du divin en certains lieux. Le piton rocheux qui surmonte la nécropole de Thèbes a été vu comme étant la déesse Mertseger « Celle qui aime le silence ». Si beaucoup de représentations la montrent comme une femme avec la coiffure traditionnelle de Hathor (corne de vache et disque solaire), dans le village de Deir el-Médineh sa forme habituelle est le cobra. Après la défaite des Hyksôs, la ville de Thèbes fut vue comme une déesse armée d'un arc, d'une massue et d'une lance. Même les secteurs d'agglomération ont pu être divinisés. Sous la , la nécropole thébaine située sur la rive occidentale, en face du temple d'Amon de Karnak, est devenue la déesse Khefethernebes, « Celle qui est en face de son maître ». Forme composite. Corps humain à tête animale. La divinité figurée sous la forme composite adopte le plus souvent un corps humain surmonté d'une tête animale. De plus, pratiquement toutes les divinités composites portent une longue perruque tripartite, deux parties des cheveux tombant sur le torse et une troisième partie dans le dos. Cette perruque sert de transition entre le corps humain et la tête animale. L'animal peut être un mammifère (taureau, vache, lion, chien, chacal, chat, panthère, hippopotame, animal Seth, bélier, lièvre), un oiseau (faucon, vautour, ibis), un reptilien (crocodile, serpent) voire un batracien (grenouille). Ce système comporte pourtant quelques exceptions. La forme animale du dieu Khépri est le scarabée. Sa forme composite ne se limite pas à montrer la tête de l'insecte mais son corps entier, tel un visage. Le démon de la Douât « Celui qui enchaîne » est quant à lui représenté comme un homme avec deux boucles d'une corde en guise de tête mais sans perruque tripartite. La déesse Serket est entièrement figurée comme une femme, son animal la nèpe (punaise des étangs) étant placé au-dessus de la tête. Geb est un homme ayant son animal, le jars, au sommet de sa tête. Quant à la déesse Bastet, sa tête de chatte peut se trouver dépourvue de sa perruque tripartite. Corps animal à tête humaine. La forme composite fusionnant un corps animal et une tête humaine n'est pas la plus courante. Cette combinaison s'applique surtout dans les cas où l'humanité aspire à entrer dans le monde divin. L'exemple le plus connu est le sphinx égyptien ; corps de lion et tête humaine. Mais cette représentation renvoie plus vers le pharaon que vers une divinité en tant que telle. L'autre combinaison de ce genre s'applique pour l'âme-Ba, une des composantes de l'être selon les Anciens Égyptiens. Nous nous trouvons ici avec un corps d'oiseau avec une tête humaine. Certaines représentations montrent le Ba avec deux bras humains dans le geste d'adoration. Corps paniconique. Les divinités égyptiennes sont rarement figurées comme des êtres monstrueux. Les combinaisons de différents animaux entre eux ou les combinaisons qui mêlent le corps humain avec plusieurs animaux sont réservées à un cadre très limité de divinités liées au concept de la marginalité (limite civilisation / monde désertique ; naissance / mort). La figuration paniconique (ou panthée, ou syncrétique) est une addition de formes et de symboles, chaque partie étant vue comme une des nombreuses facettes du monde divin. La plus célèbre divinité paniconique est l'animal de Seth, qui combine plusieurs animaux évoluant dans le désert. Dans le tribunal d'Osiris, sous la balance de la pesée des cœurs est représenté une autre figure paniconique, Ammout la dévoreuse des impies, dont le corps est une hybridation de crocodile, de lion (ou léopard) et d'hippopotame. Les ivoires magiques sont des objets plus particulièrement utilisés durant les Moyen et Nouvel Empires. Leur fonction est apotropaïque et tous visaient à éloigner le mauvais sort des femmes en couches. Fabriqués à partir de canines d'hippopotames, les ivoires se présentent comme des croissants d'à peu près cinquante centimètres de long sur cinq de large. De nombreuses divinités protectrices sont figurées incisées sur les deux tranches ; griffons à corps de lion et tête de faucon, Aha sous la forme de Bès, divinité léonines empoignant des serpents, hippopotames gravides, léopard à cou de serpent, cobras ailés à têtes humaines, etc. Durant la Basse époque et l'occupation romaine, dans le cadre des pratiques magiques, ces figurations se sont multipliées et complexifiées. Les dieux comme Bès ou Tithoès peuvent être vus comme le summum de cette hybridation ; addition d'ailes, de serpents sur les articulations (genoux, coudes, etc.), addition de couronnes. Attributs. Vêtements et nudité. Mis à part les dieux momiformes comme Min, Ptah, Khonsou, Sokar, Osiris et les quatre fils d'Horus, les divinités portent uniformément le même costume ; les vêtements ne permettent donc pas de distinguer un dieu d'un autre. Cependant la différence sexuelle est bien marquée, les illustrations ne mêlant pas les apparences masculine et féminine. L'exception la plus notable à cette règle concerne la déesse Mout ithyphallique des vignettes du chapitre 164 du "Livre des Morts". Le vêtement des divinités masculines est resté le même tout le long de l'histoire de l'Égypte antique. Sa forme fut fixée sous la et il consiste en un pagne court. Le torse peut être nu ou recouvert d'une tunique à bretelles. Les divinités féminines portent une longue robe maintenue par des bretelles, très cintrée, les seins nus. Les divinités adoptent toujours l'attitude de la marche, une jambe en avant, mais ne portent pas de sandales. La nudité complète ne s'applique qu'aux divinités enfants comme Harpocrate (Horus enfant) ou Néfertoum (jeune soleil). La nudité s'applique aussi à la déesse Nout mais seulement quand elle est figurée comme la voûte céleste. Couronnes. Tout comme le vêtement, la couronne n'est pas vraiment un signe distinctif ; aucune couronne n'étant réservée à un dieu en particulier. Les éléments de ces régalia rappellent la nature de ceux qui les portent ; hautes plumes, disque solaire, cornes de bovin ou d'ovin. À partir du Nouvel Empire, les couronnes se complexifient, se mêlent et fusionnent entre elles. Les couronnes des dieux principaux restent cependant stables : le bonnet de Ptah, l'atef d'Osiris ou les plumes d'Amon. Panthéon. Dieux locaux. L'Égypte antique a été subdivisée en une quarantaine de nomes, communément appelés districts. Au cours de l'histoire, leur nombre et leurs frontières ont varié. Sous les Ptolémées, en accord avec d'antiques traditions, on considère le royaume comme un Double-Pays divisé en quarante-deux nomes ; vingt-deux pour la Haute-Égypte et vingt pour la Basse-Égypte. Le pouvoir pharaonique a plus ou moins bien contrôlé ces districts au cours de l'histoire. Les élites régionales ou nomarques ont été soit de loyaux fonctionnaires royaux soit des potentats plus ou moins autonomes. Les nomes ont été la base d'une cartographie sacrée ; le découpage du Double-Pays résultant de la volonté du Dieu créateur. Chaque nome a disposé de son emblème constitué par un pavois sur lequel était juché la représentation d'un fétiche, manifestation visible de la divinité locale. Les multiples croyances issues des temps préhistoriques furent continuellement réinterprétées et réorganisées au sein des temples des grandes métropoles, chaque nome disposant d'une grande divinité locale : Khnoum à Éléphantine, Amon à Thèbes par exemple. Les spéculations théologiques ont aussi abouti à ce que chaque dieu local dispose d'une divinité parèdre, d'une relique osirienne, d'un ou de plusieurs arbres sacrés, mais aussi de lieux et de fêtes sacrés. Les fétiches sur les pavois emblématiques peuvent être considérés comme les plus anciennes divinités des nomes, les témoins des plus anciens cultes. Le plus grand nombre de ces dieux-fétiches a lentement disparu des traditions religieuses, leur souvenir s'effaçant peu à peu. À Dendérah, le crocodile Iq s'est effacé devant Hathor, à Héracléopolis l'arbre Nâret cède devant Hérishef, à Athribis le taureau noir Kemour s'associe à Khentykhety, à Edfou le faucon des origines a été réinterprété comme étant le dieu Horus. Ce n'est qu'à partir de la Basse époque que les mythes, panthéons et interdits locaux furent systématisés. On dispose ainsi pour le de Haute-Égypte d'une monographie religieuse centrée autour du dieu Anubis. Ce texte rédigé à l'époque ptolémaïque est actuellement conservé par le Musée du Louvre et connu sous le nom de « "Papyrus Jumilhac" ». Mais on ne peut pas limiter l'histoire de la religion locale égyptienne à une simple addition de zones géographiques, chacune ayant eu sa propre histoire. Dans les premiers temps, cette classification locale n'a pas joué un grand rôle. Quand certains cultes locaux apparaissent, leurs divinités ne sont pas provinciales mais déjà nationales. Dès son apparition, Osiris est très largement diffusé et on ne peut réduire ses origines à une simple divinité locale adorée par une poignée de nomades à Busiris dans le delta du Nil. Il en va de même pour des divinités comme Rê, Ptah ou Khnoum. Durant l'Ancien Empire, la topographie locale ne tient pas un grand rôle. Les dieux ne semblent pas liés à un point donné du territoire. Le clergé des dieux locaux ne se constitue que vers la fin de la . Les grands temples locaux ne font leur apparition que sous les Moyen et Nouvel Empires. Triades. Le couple divin avec sa dualité sexuelle est la configuration divine la plus répandue ; Osiris et Isis étant perçu comme le couple par excellence. Les "Textes des pyramides" mettent déjà en scène le martyre d'Osiris et les lamentations d'Isis sa sœur-épouse. Dès cette époque, leur fils, le dieu Horus combat Seth pour venger l'assassinat de son père. À partir du Nouvel Empire, il se produit dans toute l'Égypte un effort de systématisation des relations divines. La base de cette réflexion est la triade formée par Osiris et Isis, père et mère d'Horus le dieu enfant. Chaque théologie locale réunit trois divinités complémentaires entre elles. La triade résume symboliquement le cycle du renouvellement des forces vitales à l'œuvre dans l'univers. Le plus souvent le dieu-enfant est la forme jeune du dieu-père. À Memphis, les divinités Ptah et Sekhmet ont d'abord été vénérées séparément. Mais la deuxième devient la parèdre du premier, et Néfertoum leur est adjoint comme dieu-enfant. À Thèbes, sous la , le dieu Amon est rapproché de la déesse Mout et le dieu Khonsou devient leur rejeton. Le plus souvent, l'enfant de la triade est un dieu masculin mais il est possible de rencontrer des triades avec un rejeton féminin comme à Éléphantine où le couple Khnoum et Satis ont été considérés comme les parents de la déesse Anoukis. À Esna, le même Khnoum est mis en couple avec la déesse Nebètou (forme favorable de la lionne Menhyt) avec le dieu Heka pour enfant. À Médamoud, Montou le faucon belliqueux a été vu comme le compagnon de Râttaouy la forme féminine de Rê et comme le père de Harparê « Horus le Soleil ». À Edfou, les divinités Horus et Hathor sont les parents de Harsomtous. Ennéades. La classification théologique la plus importante est l'Ennéade. Le terme en égyptien ancien est "pesedjet" forgé sur "pesedj" désignation du nombre cardinal neuf. L'ennéade est donc la forme intensifiée du pluriel, neuf étant égal à trois fois trois. Ce groupe de dieux, "pesedj" signifie aussi « escorte lumineuse », apparaît pour la première fois dans la théologie de la ville d'Héliopolis. Dès la fin de l'Ancien Empire, les "Textes des pyramides" offrent la liste complète des neuf dieux : Le concept de l'Ennéade a probablement remplacé celui de la Corporation divine, "khet" en Égyptien ancien ; sans doute au moment où les souverains de la ont placé le dieu solaire Atoum-Rê au cœur de leur idéologie religieuse. Auparavant les rois des et s se réclament encore de la Corporation divine dans leurs titulatures, tels les rois Djéser, Sekhemkhet et Mykérinos. Contrairement à la Corporation divine, l'Ennéade d'Héliopolis est plus qu'un simple groupement de divinités indéfinies. L'Ennéade évoque la constitution de l'univers et les premières générations issues du dieu créateur. Atoum est le dieu issu des eaux du Noun, le chaos originel. Grâce à ses enfants Shou et Tefnout, Atoum devient Rê le soleil. De ces deux jumeaux naît la génération suivante, Geb la terre et Nout le ciel dont sont issus Osiris et Isis ainsi que Seth et Nephtys. L'ennéade n'est pas un concept figé. Durant le Nouvel Empire, le dieu Seth en est chassé et remplacé par Horus. Les ennéades qui ont été composées après celle d'Héliopolis n'ont pas nécessairement regroupé neuf divinités. L'ennéade de Thèbes est plus large et compte quinze divinités, tandis que celle d'Abydos est plus restreinte avec ses sept divinités membres. L'Ennéade d'Abydos nous est connue par un discours du roi gravé sur une stèle découverte à Abydos : Divinités stellaires. Les prêtres égyptiens ont été de fins observateurs des étoiles. Dès les "Textes des pyramides", certaines étoiles sont dotées d'un nom et sont personnifiées en divinités anthropomorphes. Deux grandes catégories d'étoiles ont été distinguées. Les étoiles circumpolaires ont été vues comme les « Impérissables » car elles ne quittent jamais la voûte céleste durant toutes les nuits de l'année. Les étoiles non-circumpolaires disparaissent sous l'horizon durant par an. Elles ont été nommées les « Infatigables » car malgré leur fatigue elles finissent par revenir, leur disparition étant assimilée au sommeil de la mort. À partir des étoiles infatigables, les astronomes égyptiens ont établi les , chaque décan commençant par la réapparition d'une étoile dans le ciel nocturne après sa période de disparition. L'année égyptienne a donc été divisée en , soit trois décades par mois (36 × 10 = 360 jours) auxquelles il a fallu ajouter les cinq jours épagomènes considérés comme néfastes. Dans les textes astronomiques, chaque décan porte un nom. Le roi a fait représenter le ciel nocturne sur le plafond de sa tombe (KV17). Chaque décan dispose de sa dénomination et est mis en relation avec un groupe de deux ou trois divinités peintes en jaune sur un fond bleu nuit et avançant d'est en ouest. Sur le plafond de la tombe de Sénènmout (TT353), le nom de plusieurs décans est même accompagné du dessin de la constellation, le décan Héry-ib-ouia est centré sur une barque et le décan Seret sur un mouton. Le cycle décanal débute avec le groupe Qenemet « Obscurité » (aussi dénommé Tep-aqenemet, « Chef de l'obscurité ») qui est annoncé par la réapparition de l'étoile Sirius dénommée Sopet (ou Sepedet) en langue égyptienne, « l'Aiguisée » ou « l'Efficace » en français. Cette étoile est personnifiée sous les traits d'une femme coiffée de plusieurs hautes plumes. Sur les murs du temple de Dendérah, Sirius est considérée comme la souveraine des décans, ailleurs il est dit que toutes les étoiles commencent à la date du premier jour de l'année quand Sirius apparaît. Sur une plaquette attribuée au roi Djer () Sirius est représentée sous la forme d'une vache et mise en relation avec le début de l'année quand la crue du Nil réapparait. La vache du ciel, symbole de l'abondance, est à la fois Hathor, Sopet, Isis, Sekhmet et Ouadjet. Dans les tombes de et Senmout, l'étoile Sirius est clairement mise en relation avec la déesse Isis, son nom étant placé au-dessus de la personnification de l'étoile. La fin du cycle décanal est annoncé par le décan de la constellation d'Orion, Sah en égyptien, manifestation du dieu Osiris régénéré et représenté comme un homme qui court et regardant derrière lui. Les cinq planètes visibles à l'œil nu ont aussi été divinisées. Mercure, souvent assimilé à Seth est "Sebeg" « Celui qui est à l'avant ». Vénus a plusieurs noms « Divinité du matin » ou « Étoile unique » du fait de sa brillance. Jupiter est considérée comme « l'Étoile du sud », Saturne est « l'Étoile de l'ouest qui traverse le ciel » ou « Horus taureau du ciel ». Mars du fait de sa couleur rouge orangée est « Horus rouge » (à l'époque gréco-romaine) ou « l'Étoile de l'est du ciel » ou « Celle qui navigue à reculons » à cause de son mouvement rétrograde observé tous les deux ans. Humains déifiés. Les héros et les demi-dieux tels qu'ils furent imaginés en Grèce antique n'ont pas existé dans la mentalité égyptienne. Dans de rares cas, de simples mortels ont été considérés comme de véritables divinités et un véritable culte s'est développé autour de leur chapelle funéraire. Dans la plupart des cas, la vénération ne dépassa pas le cadre de leur province d'origine. Ces personnages furent de leur vivant soit des gestionnaires hors pair soit de fins lettrés. Parmi ces hommes d'exception, on peut citer plusieurs hauts fonctionnaires de l'Ancien Empire dont deux vizirs. Imhotep, le ministre du roi Djéser () fut l'architecte de la toute première pyramide d'Égypte et le premier égyptien à avoir fait édifier pour son roi des monuments en pierre taillée. Imhotep est aussi le seul humain déifié à avoir connu une très large renommée, à la fois spatiale et temporelle. Des temples lui furent dédiés dans plusieurs villes dont Memphis et Thèbes. À Karnak, un temple lui fut consacré en association avec Ptah considéré comme son géniteur. Le ministre Kagemni a quant à lui occupé sa fonction sous le roi Snéfrou (). Sa renommée fut bien moins importante que celle d'Imhotep. On lui attribua toutefois la rédaction d'une œuvre moralisante ; les "Instructions pour Kagemni" maintenant en partie perdue. Le nomarque Izi fut en poste dans la ville d'Edfou sous la . Après son décès, un culte se développa autour de sa tombe et resta actif jusqu'à la Deuxième Période intermédiaire. Le nomarque Heqaib en poste à Éléphantine sous la bénéficia lui aussi de la vénération de fidèles, mais, pour lui aussi, la renommée fut restreinte et ne dépassa pas les frontières de la région d'Assouan avant de s'éteindre sous le Moyen Empire. Amenhotep fils de Hapou fut déifié sous le Nouvel Empire. Architecte du roi , ce dernier lui doit l'édification de son temple funéraire, le Château des millions d'années, dont il ne reste plus aujourd'hui que les deux colosses de Memnon. Après son décès, il devint un intercesseur pour le petit peuple auprès de la grande divinité Amon. Son culte fut toutefois limité à la région thébaine. Il fut aussi considéré comme un dieu guérisseur. À Deir el-Bahari, le temple principal fut transformé en un sanatorium où ses talents magiques et médicaux furent mis en commun avec ceux de son confrère Imhotep. À Deir el-Médineh, les ouvriers chargés de creuser les tombes de la vallée des Rois portèrent leur vénération sur le roi et sur sa mère la reine Ahmès-Néfertary. Considérés comme les patrons de la nécropole, leurs effigies ont été retrouvées dans plusieurs tombes de particuliers. Jusqu'à la fin de l'ère ramesside, la statue de ce roi déifié parcourait la nécropole et rendait des oracles au cours du mois de Phaminoth, c'est-à-dire le mois d'. Divinités populaires. En dehors des cultes et des rituels mis en œuvre par l'état pharaonique dans ses temples, la plupart des grandes divinités égyptiennes sont aussi concernées par une approche plus personnelle et individuelle de la piété. Pour tout Égyptien, les divinités sont des recours, des espoirs de solution face aux nombreuses difficultés qui peuvent assaillir un individu au cours de son existence. Durant le Nouvel Empire, les artisans du village de Deir el-Médineh, ont porté leur piété vers de nombreuses divinités : Rê, Horakhty, Amon, Ptah, Thot, Iâh, Sobek, Min, Osiris, Anubis, Isis, Nephtys, Horus, Hathor, Meresgert, Taouret, Rénénoutet, Seth, Montou, Qadesh, Reshep, Anat, le roi et sa mère Ahmès-Néfertary, Satis, Anoukis et bien d'autres encore. Les habitations de ce village se composaient de deux pièces. La première servait d'entrée et disposait d'un autel destiné à un culte domestique avec des représentations de Bès, des ex-voto, des divinités liées à la fécondité mais aussi des bustes d'ancêtres : les "akh iker" ou « glorifiés excellents ». Dans l'autre pièce, plus spacieuse, des stèles fausse-portes étaient consacrées au roi déifié et à sa mère Ahmès-Néfertary mais figuraient aussi de petits naos en bois pour des divinités comme Ptah, Rénénoutet ou Taouret. Sous la dynastie des Ptolémées, la population de la petite ville d'Athribis vénère (sans compter les grandes divinités) pas moins de soixante-huit divinités de seconde importance. La petite bourgade de Douan-âouy en Moyenne-Égypte compte trente-six cultes différents. Même Amarna la ville du pharaon monolâtre Akhenaton n'a pas échappé à la multitude des divinités adorées en privé dans les cercles familiaux. À travers tout le pays se sont diffusées des statuettes et des amulettes en bois, en terre cuite, en faïence ou en bronze représentant des divinités à caractère prophylactique ou apotropaïque : Bès, Taouret, Hathor, Isis allaitant Horus, Imhotep, Harpocrate, etc. Divinités importées. Au fil du temps, le panthéon égyptien s'est enrichi de dieux étrangers, par les conquêtes, le commerce ou le brassage des populations. À l'époque où les frontières n'étaient pas encore définies, ou à l'époque des expéditions intensives vers la Nubie, certaines divinités soudanaises auraient rejoint leurs homologues septentrionales, comme Arensnouphis, Mandoulis et Apédémak. Durant le Moyen Empire et la Deuxième Période intermédiaire, avec l'incursion des Hyksôs, Anat et Qadesh, originaires de la Syro-Palestine, le phénicien Baal, la hourrite Astarté et le cananéen Reshep se sont d'abord implantés dans le delta du Nil, avant que leur culte ne se répande en Égypte durant le Nouvel Empire. À partir du avant notre ère, la venue des Grecs sous la dynastie des Ptolémées a aussi engendré des dieux, mêlant aspects de la religion hellénique aux idées égyptiennes, comme Agathodémon, Sarapis et Kolanthes. Aton. De nombreuses divinités égyptiennes peuvent incarner la puissance du soleil. Traditionnellement, ces dieux sont représentés sous la forme humaine ou animale et tous sont dotés du disque solaire. C'est ainsi qu'Horakhti, « l'Horus de l'Horizon » est représenté comme un homme à tête de faucon sur laquelle est posé un disque solaire, "aton" en langue égyptienne. Durant les premiers temps de son règne (dix-sept ans au total), commence lentement à déroger de la tradition pharaonique. La véritable rupture avec la théologie d'Amon ne survient en effet qu'au cours de la quatrième année. En accédant au trône, le jeune roi ne se démarque pas de ses prédécesseurs. Comme le prouve sa titulature royale, il est considéré comme le fils d'Amon-Rê, celui dont la royauté est puissante dans Karnak. Mais au cours de sa première année de règne, abandonne les chantiers et les constructions en l'honneur d'Amon et se tourne vers un nouveau sanctuaire centré autour de l'immense obélisque unique de . Le choix de ce lieu n'est pas anodin car à Thèbes, la zone orientale dans l'enceinte sacrée d'Amon est très connoté par les aspects solaires du dieu Amon. En convertissant l'obélisque de son ancêtre en Benben (bétyle sacré), se détourne de la masse des dieux du panthéon et porte son attention, d'une manière très exclusive, sur la manifestation visible du soleil, l'Aton un des aspects de la très vieille divinité solaire traditionnelle, Rê-Horakhty. Un des blocs de ce temple rasé sous les successeurs du roi se trouve à Berlin et fait voir qu' n'a pas encore abandonné les anciens codes iconographiques ; Rê-Horakhty figure toujours comme une divinité anthropomorphe et hiéraconcéphale. La nouveauté réside dans le nom de la nouvelle divinité de prédilection. Le théonyme est long, fixe et précis. Cette particularité n'autorise aucune interprétation ou spéculation religieuse, aucune assimilation avec une autre divinité. devient le grand-prêtre de « Rê-Horakhty qui jubile dans l'Horizon en son nom de Shou qui est dans Aton ». Cette divinité se définit donc comme étant Rê, le soleil et l'animateur de l'univers sous la forme de Horakhty, c'est-à-dire le Lointain dans le ciel ; une divinité dont la manifestation visible est dans le ciel et qui fait voir sa lumière vivifiante (Shou) par le disque solaire (Aton). Le nom dogmatique du dieu Aton va connaître quelques petites modifications au cours du règne. Le roi va d'abord insister sur l'aspect vivant de sa divinité en faisant précéder le théonyme par l'Ânkh, le signe hiéroglyphique de la vie, une manière de montrer que les autres divinités sont des objets morts, de simples statues cultuelles. Au cours de l'an quatre, pour montrer les liens indéfectibles de la royauté avec le dieu Aton, va faire inscrire le nom dogmatique dans un double cartouche, à savoir un signe hiéroglyphique d'ordinaire réservé à la titulature royale. Aton est un dieu royal et le pharaon est son image vivante sur terre, le seul être humain à comprendre ses desseins. La main mise de la royauté sur la divinité se montre aussi par la mise en place d'une nouvelle iconographie. Aton est désormais un globe solaire vu de face qui donne la vie au couple royal grâce à ses rayons se terminant avec des mains. Ce globe solaire irradie de lumière non pas le monde entier mais seulement le roi devenu au cours de l'an cinq le pharaon Akhenaton, « Celui qui est utile à Aton ». En deux ans, entre l'an quatre et l'an six, un immense sanctuaire à ciel ouvert, le « Domaine de l'Aton dans l'Héliopolis du Sud » est édifié à Thèbes en l'honneur d'Aton ; durant ce temps, change de nom et découvre le site d'Amarna, à mi-chemin entre Thèbes et Memphis. Ce lieu, avec ses palais et ses sanctuaires, deviendra sa capitale sous le nom Akhetaton, « l'Horizon d'Aton ». Une fois installé dans sa ville nouvelle, théologiquement, le roi est considéré comme le pivot de la création. La force vitale du dieu Aton passe nécessairement par le couple royal et de là inonde le monde. Le roi devient la statue cultuelle vivante du dieu solaire, un objet de vénération, le sujet de tous les rituels : Nature. Noms propres. Divinités principales. Pour la plupart des grandes divinités égyptiennes, la signification de leurs noms est très incertaine. Malgré de nombreuses tentatives, il n'y a pas d'étymologie convaincante pour Osiris, Rê, Seth, Ptah ou Min. Pour d'autres divinités, les noms sont une référence à leur principale caractéristique. Sekhmet est « la Puissante », Amon, « le Caché », Noun est « l'inerte », Heh « l'infinité ». Le dieu créateur Atoum est à la fois « celui qui est complet » et « celui qui n'est pas » car avant qu'il ne se mette à créer l'univers il formait une unité indifférenciée. Contrairement à la mythologie grecque, les noms des grandes divinités cosmiques égyptiennes ne correspondent pas aux éléments auxquels elles correspondent. En égyptien ancien, terre se dit "ta" mais son dieu est Geb, ciel se dit "pet" mais sa déesse est Nout. La Lune, "iâh", a été divinisée sous son nom de Iâh mais les principaux dieux lunaires sont Khonsou et Djéhouty (plus connu sous Thot, son nom en grec ancien). Le cas de "aton", le disque solaire, est encore plus particulier. La divinité solaire fut traditionnellement Rê mais durant la , sous le règne du pharaon Akhenaton, le disque solaire fut divinisé sous le nom d'Aton. Divinités secondaires. Le nom des divinités locales dérive généralement du nom de leur localité d'origine. La déesse vautour de la ville de Nekheb se dénomme Nekhbet. En tant que protectrice de la Haute-Égypte, elle est souvent mise en relation avec la déesse cobra Ouadjet originaire de la ville de Per-Ouadj et protectrice de la Basse-Égypte. Le nom du de Basse-Égypte est Andjet et son dieu est Andjéty ; une divinité funéraire qui fut très vite assimilée à Osiris. Bien avant l'Ancien Empire, il existe déjà un terme encore plus général pour désigner les divinités locales. Le terme "niouty", « Celui de la ville » ("nioutyou" au pluriel) désigne simplement le dieu de la ville, "niout" en Égyptien ancien. Parmi les divinités mineures figurent tous ceux que nous pouvons plutôt considérer comme des démons ou des génies. Les Anciens Égyptiens les considéraient comme de petits dieux. Ces puissances ne sont pas des divinités indépendantes mais des divinités subordonnées, des manifestations de la puissance des grands dieux. Toutes ces divinités mineures ont des noms qui évoquent soit un trait de leur apparence soit leur fonction spécifique. Le dieu Osiris, pour se protéger des attaques de Seth, est probablement la divinité majeure qui dispose du plus grand nombre de ces divinités subordonnées. Plusieurs chapitres du "Livre des Morts" permettent aux défunts de connaître leurs noms : Composantes de la personnalité. Ba. Un dieu passe du monde invisible au monde visible grâce à son âme-Ba qui est avant tout un élément mobile. Quand un défunt fort de son statut d'ancêtre déifié désire sortir de sa tombe, il utilise son Ba. Cette liberté d'action est figurée dans les vignettes du "Livre des Morts" comme un oiseau à tête humaine. Quand un prêtre invite une divinité à se manifester sur terre, elle descend du ciel grâce à son Ba. Dans le temple, c'est donc le Ba de la divinité qui habite les statues ou les animaux sacrés. Le Ba est la manifestation, la présence du dieu sur terre. Dans le "Livre de la Vache céleste", le dieu créateur énumère quelques manifestations divines : Ka. Le Ka est la force vitale individuelle attachée à chaque divinité et à chaque humain. Tout être vivant doit se nourrir pour pouvoir continuer à vivre ; sans nourriture (kaou en égyptien) il dépérit puis meurt. Mais s'il tombe dans les excès, il peut aussi en souffrir. Dans les livres sapientaux, les sages égyptiens conseillent à leurs disciples de ne pas se montrer voraces au sens propre et au sens figuré car ce comportement égoïste est mauvais pour le Ka et déplaît fortement aux divinités. Le Ka est donc aussi le reflet d'un juste sens moral. Les divinités possèdent plusieurs Kaou. Le chapitre 15 du "Livre des Morts" après avoir attribué sept âmes-Ba au dieu Rê fait connaître ses quatorze Kas : Trilocalisation divine. Les statues cultuelles déposées dans les naos des temples ou même les animaux sacrés (Apis par exemple) ne sont que la résidence terrestre des puissances divines. La forme véritable du dieu évolue dans le ciel. Son âme-Ba peut descendre sur terre et rejoindre ses images façonnées. Cependant, le véritable corps du dieu n'est pas sa statue terrestre. Le corps du dieu réside dans le monde souterrain de la Douât. La véritable identité du dieu reste mystérieuse. Personne ne connaît ni sa véritable nature, ni sa véritable identité ; ni les autres dieux, ni les prêtres de son culte. Cette conception d'une divinité inconnaissable et située sur les trois plans de la création (ciel, terre et Douât) a été élaborée par les prêtres du dieu Amon, démiurge de la ville de Thèbes en Haute-Égypte : Fonctions. Création de l'univers. Les mythes cosmiques sont à l'image de la géographie de l'Égypte antique. Les Nilotiques, par l'observation de leur environnement naturel, en premier lieu de la crue du Nil (personnifiée par Hâpy), ont conçu l'acte créateur comme l'établissement d'une dynamique cyclique. Le cycle doit se répéter infiniment afin de maintenir l'existence du monde. L'état d'avant la création est décrite comme la négation de tout ce qui existe : L'univers repose sur un équilibre de deux forces opposées mais complémentaires. Les dieux et les hommes dans leurs actes quotidiens doivent veiller à ce que le désordre « "isefet" » ne renverse pas l'harmonie cosmique « "Maât" ». Cette tension entre ces deux opposés s'incarne mythologiquement dans le conflit qui oppose Seth, l'élément perturbateur, l'agressivité de la puissance, à Horus la divinité qui rassemble en elle toutes les forces utiles au maintien de la vie. L'existence humaine, tant corporelle que spirituelle est basée sur les quatre premières actions du Dieu créateur : Les principaux récits mythologiques sont apparus dans les trois plus importants centres religieux de l'Égypte naissante : Héliopolis, Hermopolis et Memphis. Aussi différentes qu'elles puissent paraître, les cosmogonies égyptiennes ont un principe commun : l'énergie du Noun précède et alimente l'Univers symbolisé par la Barque de Rê. Mais ce dernier doit se régénérer régulièrement, faute de quoi, il sombre dans le chaos et le néant ; c'est la tâche du culte divin. La manifestation de cette énergie est le démiurge (que ce soit Atoum, Neith, Sobek ou Taténen) qui s'est créé lui-même, qui a pris forme sur le tertre issu de l'océan primordial, le Noun, puis mis en marche la machine cosmique, avant d'engendrer les éléments qui allaient compléter et entretenir la création. Mais l'univers n'a pas été créé définitivement : au contraire, il est soumis aux contraintes du temps et des cycles, il peut disparaître et se renouveler. Seul le cycle lui-même, la dynamique de la création, l'énergie mise en œuvre (incarnée par le phénix Bénou) sont éternels. Même les dieux sont susceptibles de succomber. Pour les anciens Égyptiens, les dieux habitaient aussi sur terre dans leurs temples. Mais il fallait les honorer pour qu'ils continuent, non seulement à y résider, mais également pour les maintenir en vie. Pour cela, les prêtres priaient, dansaient, chantaient et leur apportaient des offrandes de nourriture et d'objets précieux. Temple. Microcosme. Le dieu créateur Atoum-Rê après avoir créé et régné sur le monde s'est retiré dans le ciel après une révolte humaine. Il est cependant représenté sur terre par le pharaon considéré comme son successeur. Après avoir bénéficié des rites du couronnement, l'individu qui assume la charge royale est vu comme une personne sacrée assimilée à Horus, fils d'Isis et d'Osiris mais aussi fils de Rê ou d'Amon-Rê. Le rôle du pharaon est avant tout d'assurer un lien entre le peuple d'Égypte resté sur terre et le peuple divin réfugié dans le ciel. Les rites et les cultes célébrés dans les temples rappellent et se réfèrent sans cesse au « Temps de la Première fois », c'est-à-dire le moment de la Création et l'époque où les divinités et les humains ne formaient qu'un seul peuple. Le temple est considéré comme l'endroit où le dieu créateur s'est posé pour la première fois après s'être extirpé des eaux du Noun. L'Égypte ayant connu plusieurs mythes de la « Première fois », ce lieu d'émergence a été vu de plusieurs manières mais toujours inspirés par le contexte géographique du pays ; une île émergeant des eaux du Nil (Héliopolis), un amas de papyrus flottant sur le fleuve (temple d'Edfou), une fleur de lotus s'ouvrant au petit matin (Hermopolis). Du fait de la révolte humaine contre Rê, le temple égyptien ne peut pas être vu comme un lieu de rassemblement populaire. Le peuple égyptien est vu comme les descendants des insurgés rescapés de la répression divine, ceux qui ont échappé aux griffes de la terrible lionne Sekhmet envoyée par Rê pour mater la révolte. Le temple et le pharaon, grâce aux rites qui miment les événements mythiques, s'inscrivent dans des temps et des lieux d'avant la révolte. Le temple est un retour aux origines et une image du cosmos tel qu'il fut imaginé par le dieu créateur. L'architecture sacrée fait du temple un microcosme. La muraille qui l'entoure est la manifestation du combat entre les armées du dieu créateur contre celles d'Apophis (le serpent maléfique), les eaux du lac sacré situé à l'intérieur du téménos rappellent le Noun, les deux môles du pylône d'entrée sont les montagnes de l'Orient et de l'Occident (les lieux d'apparition et de disparition du soleil), les colonnes papyformes évoquent le marais primordial, le défilé des génies des nômes évoque l'abondance issue des champs fertilisés par la crue du Nil, le plafond est un ciel où prennent place les représentations des étoiles et de Nout la voûte céleste, etc. Statues cultuelles. Il ne faut pas imaginer que les Anciens Égyptiens se figuraient leurs divinités comme étant réellement des animaux ou des êtres surhumains à tête d'animaux. La diversité des représentations indique que l'iconographie divine n'est qu'une manière de décrire la nature véritable des dieux. Les statues à l'intérieur des temples, mais aussi toutes les autres représentations picturales (fresques, bas-relief) ne sont que des réceptacles ; des symboles destinés à accueillir la véritable manifestation de la divinité. Les divinités sont des puissances invisibles, dispersées dans tout l'univers créé. Le seul moyen d'entrer en contact avec elles est leurs représentations cultuelles. Ces idoles façonnées par les hommes n'ont pas été vues comme une invention humaine mais comme un don du Dieu créateur. Les statues divines ont été créées en même temps que les dieux et les hommes par le dieu Ptah, le démiurge de la ville de Memphis : Sur les scènes pariétales du temple le pharaon est le seul interlocuteur et le seul médiateur avec les divinités domiciliées dans le temple. Mais, ne pouvant se rendre dans tous les lieux de culte, il délègue à des prêtres l'accès aux statues cultuelles. Chaque matin, la divinité endormie dans le naos est réveillée par des hymnes. Après cela, elle est lavée puis habillée de vêtements tissée avec le lin le plus fin. Elle est ensuite nourrie par la présentation de nombreuses offrandes alimentaires. Au terme du repas, le prêtre présente à la divinité de l'encens et la Maât sous la forme d'une petite statuette. D'ailleurs dans quelques petits temples, on s'est contenté, faute de place, de ne représenter que ce moment du rituel. Rites cultuels. Les temples égyptiens à travers leurs différentes scènes pariétales offrent près de de rituels exécutés en l'honneur des divinités. Sans tous les citer on peut rapporter une demi-douzaine de gestes d'offrandes de boissons (eau, bière, vin ou lait), une quarantaine de gestes d'offrandes de nourriture (pains, gâteaux, viandes rôties, légumes, papyrus, céréales, fruits, miel), une cinquantaine de gestes d'offrandes diverses (onguents, étoffes, pierreries, couronnes, colliers, pectoraux, amulettes), mais aussi trente différents rites en rapport avec la royauté et soixante-dix rites en rapport avec la régénération divine, le cosmos et la défense apotropaïque de l'univers. Les murs du temple d'Horus à Edfou sont ainsi couverts par plus de de ce genre. Le choix et la répartition des offrandes et des rites dépend du Dieu honoré dans le temple. À Edfou, le culte est orienté vers la royauté d'Horus, à Dendérah vers la féminité d'Hathor et à Philæ vers le retour de la crue du Nil. Les offrandes sont en effet liées aux spécificités des divinités. Geb le dieu de la terre reçoit surtout des bouquet de fleurs, les dieux de la première cataracte comme Khnoum, Anoukis, Isis et Osiris reçoivent des libations d'eau, tandis que les dieux-enfants reçoivent du lait. Le pharaon en échange espère en retour une bonne crue du Nil, la fertilité des champs, la perpétuation de cosmos, etc. Le souverain n'hésite pas à s'adresser à toute une série de divinités mineures mais jugées très efficaces dans leurs spécialités. La déesse-vache Hésat donne le lait, le dieu céréalier Nepri le bon pain, le dieu du pressoir Chesmou les huiles et le vin, la déesse Menqèt la bière, Taït les étoffes, etc. Généralement le pharaon ne s'adresse qu'à une seule divinité mais ces dernières peuvent aussi se présenter en couple ou en groupe. Les scènes gravées sur les murs des temples ne représentent pas forcément la réalité du culte. La représentation des offrandes constitue une sorte d'hommage perpétuel aux divinités et l'on espère d'elles en retour une abondance de biens. Offrande de la Maât. La Maât est la perfection vers laquelle les humains doivent tendre. Dans les temples, de nombreuses représentations montrent le pharaon, c'est-à-dire le représentant de l'humanité, en train d'offrir la Maât aux dieux. Des affirmations théologiques comparent la Maât aux nourritures terrestres, pains, bières, victuailles ou à l'encens. La Maât est une substance spirituelle qui depuis les origines du monde fait vivre les divinités : Le cycle du don et du contre-don de la Maât ; ses allers-retours entre le monde divin et le monde humain est résumé dans un texte inscrit dans la tombe thébaine TT49 : La Maât est l'élément qui permet la cohésion de l'univers. Selon la volonté de Rê, la Maât demeure parmi les hommes, dans leurs cœurs. Mais pour qu'elle reste auprès d'eux, il faut qu'ils parlent et agissent selon ses normes. Dès les "Textes des pyramides", le roi parle et agit en fonction de la Maât ; toutes ses paroles sont la Maât. L'affaiblissement de la monarchie et les désordres socio-politiques de la Première Période intermédiaire ont été vus comme un temps où la Maât a été chassé. Un temps où le désordre "isefet" fut la norme des comportements humains. La Maât est ce qui permet la cohésion de la société égyptienne et l'ingrédient essentiel de l'harmonie cosmique ; le monde divin et le monde terrestre formant un tout insécable. La Maât est une notion globale. Elle est les bonnes récoltes, les bonnes paroles, les bons gestes et comportements, la bonne administration, les bonnes prières et les bons rituels cultuels. Tous les êtres de la création ; les divinités, le pharaon, les hommes y sont soumis. La Maât est à la base de l'économie agricole, de la gestion des ressources, de la justice et des cultes. Toutes ces notions se rejoignent dans le corps symbolique du pharaon. Le roi vit de la Maât, il l'offre aux puissances du ciel et vers le peuple terrestre d'Égypte. Envoûtement. En Égypte antique, l'envoûtement est une pratique institutionnelle dirigée contre les ennemis politiques de l'institution pharaonique et contre les ennemis mythologiques du dieu solaire ; les premiers étant assimilés aux seconds. L'envoûtement est une pratique fondée sur les lois de la magie sympathique où le semblable agit sur le semblable. La représentation d'une chose agit sur la chose représentée. Façonner la statuette d'un ennemi puis lui donner son nom, c'est agir sur lui. Le but est de s'emparer de sa volonté pour l'obliger ou l'empêcher de faire certains actes. Les fouilles archéologiques ont révélé de nombreuses figurines datées de la ensevelies dans les nécropoles situées autour de la pyramide de Khéops. À cette époque, les ennemis visés sont surtout les Nubiens. Le site de la forteresse de Mirgissa (dans l'actuel Soudan à la hauteur de la deuxième cataracte) a quant à lui révélés quatre statuettes en albâtre et des centaines de vases d'envoûtement brisés datés de la . Le matériel d'envoûtement (vases ou figurines en cire) sont généralement associés à la couleur rouge considérée comme maléfique puis brisés à la fin du processus opératoire. Dès l'Ancien Empire, les "Textes des pyramides" évoquent le rituel de « briser les vases rouges ». Au Nouvel Empire, dans les textes magico-religieux, la couleur rouge est très souvent associée au serpent Apophis puis dans les rituels de la Basse époque au dieu Seth. Dans l'écriture, le serpent et l'animal séthien sont souvent transpercés de couteaux pour annihiler leurs aspects néfastes. Les rituels d'envoûtement étaient pratiqués au sein des temples au profit du pharaon et pour le bien de tous. Cette magie est perçue comme un moyen de maintenir la Maât (l'ordre cosmique) : Les formules du "Livre de renverser Apophis" conservées par des exemplaires tardifs montrent que la pratique de l'envoûtement accompagne les autres gestes cultuels (offrandes, libations). Plusieurs fois par jour, les prêtres malmenaient le serpent Apophis par le biais d'une petite figurine en cire rouge ou d'une image dessinée sur une feuille de papyrus. La représentation était ensuite brutalisée ; crachat, piétinement, harponnement puis destruction par le feu: Communication. Cauchemars. Avant le Nouvel Empire, la pratique de l'oniromancie (l'interprétation des rêves) n'existe pas car les Égyptiens ne font pas le lien entre rêve et révélation divine. Durant les Ancien et Moyen Empires, il n'y a que les mauvais rêves, les cauchemars qui sont pris en compte. Le sommeil est un monde hostile, un lieu de rencontre avec les morts dangereux et les puissances maléfiques. Tous les moyens sont bons pour apaiser leur colère : offrandes, prières, talismans, formules magiques. Le sommeil n'est pas un concept qui a été divinisé, contrairement à l'Hypnos des Grecs anciens. La dangerosité du sommeil s'exprime à travers la divinité maléfique Seqed « Celui qui fait avoir la tête en bas » c'est-à-dire celui qui fait s'endormir pour toujours, une expression qui signifie l'annihilation éternelle, la mort définitive. Les Égyptiens ont rapproché le sommeil et la mort, cette dernière permettant de se réveiller dans le monde des dieux dans l'Occident des Bienheureux. Les euphémismes de la mort sont « fatigue », « lassitude », « être couché » ; Osiris, le dieu assassiné, est « Celui dont le cœur est las ». Les rêves sont donc avant tout liés au monde des morts. Dès l'Ancien Empire, les vivants envoûtés par des défunts vindicatifs déposent des "Lettres aux Morts" dans les tombeaux de leurs proches eux aussi décédés. Ces petits messages sont des demandes qui exhortent les ancêtres à être plus efficaces dans leurs actions protectrices : Même le fœtus (l'œuf en égyptien) peut être touché par les démons vu en rêve par la mère enceinte. Pour contrer ce danger, les guérisseurs égyptiens pouvaient élaborer des suppositoires magiques élaboré à partir de plumes de pigeons et de poils d'ânon enveloppés dans une bandelette enduite de foie de porc. Les paroles magiques évoquées durant l'élaboration du remède assimilent le fœtus au dieu-enfant Ihy protégé contre toutes les mauvaises divinités par les puissances résidant à Héliopolis. Songes royaux. À partir du Nouvel Empire, les rêves deviennent un moyen de prémonition. Le songe reste comme une chose naturelle et non provoquée. Limpide, la vision ne nécessite généralement pas une interprétation par un devin spécialisé en oniromancie. La divinité se montre au roi dans un songe et lui promet soit la victoire sur des ennemis soit lui demande une action pieuse comme la construction d'un temple. Le premier pharaon à évoquer un songe est dans un texte retrouvé sur deux stèles, l'une à Karnak l'autre à Memphis. Durant l', au cours d'une campagne militaire au Proche-Orient, le roi s'endort durant un moment de repos : Le plus célèbre songe pharaonique est sans doute celui que a commémoré par la mise en place d'une stèle entre les pattes du sphinx de Gizeh. Il y évoque un prodige qui lui était arrivé alors qu’il était adolescent. Après une chevauchée dans la région de Memphis, il s'était assoupi à l’ombre du Dieu. Pendant son sommeil, Rê-Harmakhis, le Sphinx lui-même, lui apparut et lui demanda d'ôter le sable qui l'ensevelissait petit à petit : Jusqu'à la fin de l'Égypte antique, les pharaons ont fait connaître leurs songes. Mérenptah voit le dieu Ptah lui annoncer la victoire sur les Libyens, Tanoutamon se fait interpréter la vision de deux serpents annoncés comme la reconquête de tout le pays, rêve d'une statue, annonciatrice de la mise en place du culte de Sarapis. Oracles. Au cours de nombreuses fêtes processionnelles, la statue du dieu sortait de son temple abritée dans un naos monté sur une barque sacrée. Le tout était fixé sur un brancard et porté sur les épaules par une vingtaine des prêtres ; trois à quatre rangées de six individus au temps de . Lors de ses sorties, la statue d'Amon se déplaçait ainsi de Karnak à Louxor ou de Karnak vers des chapelles de la nécropole. Du Nouvel Empire à la période romaine ces sorties furent l'occasion de pratiques oraculaires. Cet usage existait probablement déjà aux époques antérieures mais les preuves font actuellement encore défaut. Le dieu rendait sa justice et ses oracles par l'interprétation des mouvements de la barque sacrée suivant qu'elle faisait un mouvement de recul ou d'avancée. La question du requérant était nécessairement brève car la réponse divine était soit positive soit négative. Les oracles furent mis en pratique pour résoudre bon nombre de problèmes de la vie quotidienne ; dois-je me marier, partir en voyage, suis-je un voleur, vais-je guérir, etc. Plusieurs pharaons du Nouvel Empire ont eu recours aux services de l'oracle d'Amon ; c'est ainsi qu'Hatchepsout puis ont été confirmés dans leurs fonctions royales. n'a châtié une révolte en Nubie qu'après un passage devant le dieu et le général Horemheb n'a pu justifier son accession au trône qu'avec un passage devant l'oracle : Invocations. Les époques ptolémaïque et romaine nous ont laissé plusieurs papyrus magiques rédigés en langue démotique et grecque, mais aussi en langue copte pour les plus récents. Ces documents livrent des pratiques magiques qui mêlent à la vieille magie pharaonique des usages empruntés à la Grèce et à la Perse. Ces compilations contiennent des recettes de plus en plus compliquées. Pour arriver à ses fins, le praticien est obligé d'invoquer les divinités égyptiennes mais aussi celles de Babylonie, de Grèce voire les prophètes et les anges issus de la tradition hébraïque comme Moïse, Gabriel ou Jésus (magie copte). Cette magie utilise aussi bon nombre d'onomatopées dépourvues de sens, sans doute des mots déformés issus des langues du Proche-Orient. Les recettes livrent néanmoins des allusions aux mythes égyptiens surtout ceux liés à Osiris, Isis, Horus. À travers ces textes, la magie apparaît comme un rituel complexe s'étalant parfois sur plusieurs jours car une purification corporelle est le plus souvent nécessaire. L'invocation permet au magicien de voir directement les divinités mais il peut aussi s'adjoindre d'un médium, généralement un jeune garçon. Une fois que le dieu ou le défunt invoqué apparaît au magicien, ce dernier peut lui demander de nombreuses choses ; un présage, un succès professionnel, une guérison miraculeuse, une rencontre amoureuse, etc. Les divinités peuvent apparaître de plusieurs manières ; tout dépend du rituel choisi. Le médium peut la voir corporellement ou plus modestement l'apercevoir dans la flamme d'une lampe à huile ou dans l'eau d'un bol. L'invocation par la flamme (ou lychnomancie) est sûrement une pratique qui fut très populaire car elle nous a été transmise par les "Contes des mille et une nuits" lorsque Aladin fait apparaître un génie en frottant une lampe à huile. Le dieu Anubis joue un grand rôle dans le cérémonial. Cette divinité funéraire sert de lien entre le monde des vivants et le monde surnaturel. Par son entremise, les divinités ou les défunts apparaissent aux yeux du médium : Pratiques magiques. La magie est une pratique active qui vise à prendre en main son destin en faisant pression sur les divinités. En Égypte antique, le magicien est un prêtre attaché à un temple. C'est un lettré et un connaisseur des savoirs traditionnels conservés dans les archives des temples. Il dispose de nombreuses formules et de recettes pour détourner le mauvais œil et toute la cohorte de défunts hostiles qui sans répit harcèlent les vivants. Ce savoir institutionnel profite à tous. Tout individu en danger ou malade peut s'adresser au personnel du temple pour obtenir un secours, magie et médecine étant intimement imbriquées l'une dans l'autre. Les prêtres de Sekhmet et de Serket ont été considérés comme les plus grands guérisseurs des piqûres et morsures d'animaux venimeux. Dans les "Textes des pyramides" les serpents sont vus comme des êtres néfastes. Le pharaon Ounas est protégé contre leur venin par plusieurs formules magiques (chapitres 276 à 299) gravées sur les murs de l'antichambre de son caveau funéraire. Le reptile dangereux est vu comme un complice du plus néfaste ennemi des dieux à savoir le serpent Apophis. Du fait de la dangerosité de cet être mythique son nom est préventivement éludé : Au Moyen Empire, le mauvais œil est identifié à la puissance d'Apophis. Par son simple regard, le serpent maléfique est capable d'immobiliser la barque solaire au moment de son coucher. Tout l'équipage du navire est dans le trouble. Seul le dieu Seth est capable de se mesurer au monstre : Le serpent Apophis n'est pas le seul être vivant à lancer le mauvais œil. Tous les êtres vivants ont ce pouvoir de malfaisance. Tous les serpents bien sûr, mais aussi les morts en colère ou les voisins terrestres. De nombreuses formules magiques énumèrent les ennemis potentiels d'une manière générale : esprit (Akh) mâle, esprit femelle, mort, morte, adversaire mâle, adversaire femelle, dans le ciel et dans la terre. On craint aussi le regard malveillant des divinités si l'on a commis une faute envers elles, l'Oudjat c'est-à-dire l'« Œil d'Horus » est particulièrement redouté. Pour repousser le mauvais œil, le dieu Thot est plus particulièrement efficace. Dans les récits mythiques ses pouvoirs de guérisons se sont montrés très efficaces envers le jeune Horus. La lionne Sekhmet qui représente l'aspect destructeur de Rê le soleil est capable de propager les pire maladie. Mais, apaisée par de bonnes paroles, elle est aussi capable de les apaiser :
Dejima ou Deshima est une ancienne île artificielle située dans la baie de Nagasaki au Japon et englobée depuis par la ville elle-même. C'était le lieu où les Portugais (entre 1634 et 1641), puis les Néerlandais (de 1641 à 1853) commerçaient avec les Japonais. Dejima qui signifie « île extérieure», est parfois aussi écrit "Deshima" ("shima" signifie « "île" » en japonais et se modifie phonétiquement en -jima). Pendant cette période, les étrangers autres que les Néerlandais de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales ("" ou VOC) n'avaient pas le droit de commercer avec l'archipel nippon. Ces derniers n'avaient pas le droit de quitter l'île artificielle sur laquelle ils étaient installés. Histoire. Construite dès 1634 sous les ordres du shogun Tokugawa Iemitsu, afin de permettre aux Portugais d'y accoster pour décharger leurs navires, Dejima était auparavant isolée des terres sous la politique "sakoku" et a été peu à peu entourée de terrains gagnés sur la mer. Elle n’atteindra néanmoins qu'une taille de sur 75 et sera finalement reliée à la terre ferme par un pont, dont le franchissement était lui-même surveillé tant du côté japonais que du côté néerlandais (ces derniers ayant également installé une porte qui fermait l'accès de l’île). Chassés du Japon quelques années plus tard par la rébellion de Shimabara, les Portugais sont remplacés à Dejima par les Néerlandais jusqu'ici cantonné sur l'île d'Hirado, à environ au nord-ouest de Nagasaki. Après une chute significative du commerce au cours du (deux navires par an sont autorisés à accoster à Dejima), la VOC fait finalement faillite en 1799 et ses actifs sont cédés au gouvernement néerlandais. Durant la Révolution française et les guerres napoléoniennes, lorsque les Pays-Bas furent occupés, puis annexés par les Français, Dejima rompit ses liens avec la métropole. Ainsi, l'île restera le seul endroit au monde où le drapeau néerlandais continuera de flotter durant cette période sous l’ordre de Hendrik Doeff. À la suite de l'ouverture forcée par le comodore Perry en 1854, le Bakufu (le gouvernement des shoguns) y installe en 1855 le Centre d'entraînement naval de Nagasaki destiné à permettre aux Japonais d'assimiler les techniques navales occidentales. Le centre sera d'ailleurs équipé du premier navire à vapeur japonais, le "Kankō Maru" (offert par les Néerlandais). L'un des premiers amiraux nippons, Takeaki Enomoto, étudia dans ce centre de formation. Après avoir obtenu des autorités nippones l’autorisation de faire du commerce dans la ville même de Nagasaki, les Néerlandais fermeront le poste de Dejima en 1857. L’île sera peu à peu englobée dans la ville de Nagasaki, par la récupération de terrains supplémentaires gagnés sur la mer. Au nord, elle est désormais baignée par la rivière . Organisation. Dejima était essentiellement constituée d’entrepôts et de maisons d'habitation pour les Néerlandais, mais aussi de logements de fonction pour les fonctionnaires nippons. Les marchands occidentaux étaient étroitement surveillés par des gardiens et autres veilleurs de nuit placés sous la responsabilité d'un superviseur, l"'Otona". Un certain nombre de commerçants assistés de 150 "Tsuji" (interprètes) y résidaient et étaient tous rémunérés par la VOC. Le représentant officiel de la compagnie s'appelait "Opperhoofd" ou "Kapitan". Cependant, le titre ne changea pas lorsque l'île tomba sous l'autorité de l'État néerlandais. Tout au long de cette période, le titulaire devait changer tous les ans, mais cela ne fut pas toujours le cas. Dejima était directement placée sous la supervision centrale d’Edo, représenté par un préfet appelé Nagasaki bugyō, qui était responsable de tous les contacts entre la VOC et toute personne se trouvant dans l'archipel japonais. Celui-ci inspectait également tout navire néerlandais qui arrivait à Dejima, et donc les voiles étaient saisies jusqu'à ce que le bâtiment ait décidé de partir. Les livres religieux (comme la Bible) et les armes étaient scellés et confisqués. De plus, aucun service religieux n’était toléré à Dejima. Activités commerciales. Les Néerlandais commercialiseront principalement de la soie, puis plus tard du sucre (qui deviendra alors la principale denrée échangée). Des peaux de cerfs ou de requins seront également rapportées du reste de l'Asie par les Occidentaux, qui feront venir d'Europe des lainages et du verre (les Japonais leur fournissant essentiellement du cuivre et de l'argent. Ce commerce sera d'ailleurs très profitable pour la VOC qui réalisera de confortables profits à hauteur de 50 %, voire plus. Ainsi, la charge financière que Dejima représentait pour la compagnie se trouvait largement amortie. À cela s'ajoute à un système d'échanges commerciaux individuels organisé par le personnel de Dejima et les négociants néerlandais nommé "Kanbang". Celui-ci était autorisé par le gouvernement japonais afin d'obtenir des livres et des instruments scientifiques, et constituait une importante source de revenus pour les salariés. Plus de 10 000 ouvrages étrangers traitant de diverses questions scientifiques ont été vendus de cette manière, et deviendront pour les Japonais de la fin du et du début du , une source pour les « Études hollandaises », le "rangaku". Reconstruction. C'est en 1922 que l'on prit conscience de l'importance historique du lieu. Le travail de restauration de l'île débuta en 1953. Il existe actuellement un projet de restauration très avancé, qui comprend aussi bien la reconstruction des bâtiments que la reconstitution de l'île elle-même. À ce jour, le contour initial de l'île a été reconstitué, et les bâtiments ont été restaurés. Dejima est un des sites historiques majeurs de Nagasaki. Dans la culture. Dejima apparaît dans le film américain "Silence" de 2016 lorsque les prêtres catholiques portugais dont Cristóvão Ferreira inspectent les marchandisent en provenance de l'extérieur à la recherche d'objets religieux chrétiens et rencontrent des marchands néerlandais.
Liste de divinités égyptiennes par famille Les dieux et déesses égyptiens par famille. La grande ennéade d'Héliopolis. Noun Atoum (ou Rê) │ │ Shou───────┬──────Tefnout │ │ Nout───────┬────Geb │ │ │ │ │ Osiris───┬──Isis Seth Nephtys Horus l'Ancien Horus (Il ne fait pas toujours partie de cette ennéade) L'ogdoade d'Hermopolis. Noun ─ Naunet Kekou ─ Keket Amon ─ Amemet Heh ─ Hehet La triade d'Héliopolis. Khépri ─ Rê ─ Atoum Culte de Bastet. Bastet─┬─Atoum Miysis La triade de Memphis. Ptah─┬─Sekhmet Néfertoum La triade d'Edfou. Horus─┬─Hathor Harsomtous (Horus le jeune) La triade de Thèbes. Amon─┬─Mout Khonsou La triade de Cynopolis. Anubis─┬─Anupet Qébéhout La triade d'Éléphantine. Khnoum─┬─Satis Anoukis La triade de Médamoud. Râttaouy─┬─Montou Harparê La triade de Erment. Iounyt ─ Montou ─ Rattaouy La grande famille d'Héliopolis (en plus de l'ennéade). Noun Rê (ou Atoum) │ │ Shou──────┬────Tefnout │ │ Geb─────┬────Nout │ │ │ │ │ Horus l'Ancien Isis───┬──Osiris──┬──Nephtys─────Seth Horus Anubis (ou fils de Rê)
Distribution Linux Une distribution Linux, appelée aussi distribution GNU/Linux lorsqu'elle contient les logiciels du projet GNU, est un ensemble cohérent de logiciels, la plupart étant des logiciels libres, assemblés autour du noyau Linux, et formant un système d'exploitation pleinement opérationnel. Le terme « distribution » est calqué sur l’anglais "software distribution" qui signifie « collection de logiciels » en français. Il existe une très grande variété de distributions Linux, chacune ayant des objectifs et une philosophie particulière. Les éléments les différenciant principalement sont : la convivialité (facilité de mise en œuvre), l'intégration (taille du parc de logiciels validés distribués), la notoriété (communauté informative pour résoudre les problèmes), leur fréquence de mise à jour, leur gestion des paquets et le mainteneur de la distribution (généralement une entreprise ou une communauté). Leur point commun est le noyau Linux, et un certain nombre de commandes Unix. Les parties GNU et Linux d’un système d’exploitation sont indépendantes, on trouve aussi bien des systèmes avec Linux et sans GNU — comme Android — ou des systèmes GNU sans Linux — comme GNU/Hurd. Définition. Les distributions rassemblent les composants d'un système dans un ensemble cohérent et stable dont l'installation, l'utilisation et la maintenance sont facilitées. Elles comprennent donc le plus souvent un logiciel d'installation et des outils de configuration. Il existe plusieurs centaines de distributions, chacune ayant ses particularités. La maintenance d'une distribution peut être assurée par une entreprise (cas de Red Hat Enterprise Linux, SUSE Linux Enterprise...) ou par une communauté (cas de Debian, Mageia, Gentoo, Fedora, Ubuntu, Slackware...). Certaines communautés peuvent aussi avoir comme mainteneur principal une entreprise (cas de Fedora dont Red Hat est le premier sponsor, Ubuntu par Canonical ou encore OpenSUSE par Novell). Leurs orientations particulières permettent des choix selon les besoins et les préférences de l'utilisateur. Certaines sont plus orientées vers les utilisateurs débutants (Ubuntu, Linux Mint, etc.), car plus simples à mettre en œuvre. Debian, en revanche, reste prisée pour les serveurs ou plutôt considérée comme une méta-distribution, c'est-à-dire pour servir de base à une nouvelle distribution. Diverses distributions en dérivent, comme Ubuntu, Knoppix, MEPIS… L'installation de Debian est devenue plus facile depuis la version 3.1 (Sarge), néanmoins des compétences en shell et une culture des projets libres restent nécessaires pour obtenir le GNU/Linux de ses rêves ; en revanche la mise à jour et la maintenance du système sont très aisées grâce aux outils Debian. La distribution Gentoo, destinée à des utilisateurs plus connaisseurs, à la recherche de mises à jour fréquentes, a pour particularité d'être compilée depuis le code source sur le poste même de l'usager, en tenant compte des nombreux paramètres locaux. Ceci en fait le système d'exploitation le plus optimisé pour chaque configuration individuelle. Certaines distributions sont commerciales, comme celles de Red Hat ou de SUSE, alors que d'autres sont l'ouvrage d'une fondation à but non lucratif comme Debian, Mageia et Gentoo. Les logiciels du projet GNU sont libres — ils utilisent tous la licence GPLv3 — Linux quant à lui est partiellement libre — sous licence|GPLv2 — car il contient aussi une quantité importante de code qui n’est pas libre — ce sont les BLOBs. Une majorité des logiciels contenus dans les dépôts des systèmes GNU/Linux sont libres, mais "libre" ne veut pas dire gratuit, même si les logiciels libres sont généralement distribués gratuitement. Ainsi, lorsque l'on achète une distribution GNU/Linux, le prix payé est celui du média, de la documentation incluse et du travail effectué pour assembler les logiciels en un tout cohérent. Toutefois, pour se conformer aux exigences des licences utilisées par ces logiciels, les entreprises qui éditent ces distributions acceptent de mettre à disposition les sources des logiciels sans frais supplémentaires. La multiplication des distributions GNU/Linux a pu dans le passé être vue comme un inconvénient, mais Linus Torvalds défend au contraire avec vigueur la multiplicité de distributions spécialisées chacune sur un créneau particulier, à côté des distributions orientées « grand public » comme openSUSE, Fedora, Mageia ou Ubuntu. Historique. La première distribution apparue en 1992 était assemblée sur quelques dizaines de disquettes. En raison de la très forte croissance de GNU/Linux, une distribution actuelle peut occuper de quelques mégaoctets (pour être installée sur une clé USB par exemple) à plusieurs gigaoctets. Avant l'existence des distributions, les utilisateurs de GNU/Linux devaient composer eux-mêmes leur système en réunissant tous les éléments nécessaires. En 1992, Linux (version 0.96) est pleinement fonctionnel. C'est la naissance des premiers systèmes d’exploitation GNU/Linux : Yggdrasil Linux, , TAMU. Au milieu de l'année, Softlanding Linux System (SLS) est créé : Slackware, le plus ancien système GNU/Linux encore en activité aujourd’hui, est dérivé de cette distribution. Il est aussi le premier, longtemps avant les autres, à permettre un usage direct depuis le CD-ROM, sans installation préalable. Architecture logicielle d'une distribution. Ce qui fait l'intérêt d'une distribution est l'exploitation du concept de couche d'abstraction matérielle. Comme on peut le voir sur le schéma les parties qui composent la distribution sont distinctes. On peut donc, par exemple, changer le noyau sans changer les logiciels et donc porter plus facilement la distribution sur une autre architecture matérielle. À la mi-2015, par exemple, la plupart des distributions sont livrées avec un noyau Linux 3.1x ou 3.2x, mais les utilisateurs qui le désirent peuvent installer en parallèle un noyau Linux 4.1 qui gère mieux l'économie d'énergie sur les batteries avec les processeurs récents. Plusieurs noyaux peuvent coexister (un seul étant évidemment choisi au "boot"), ce qui permet de revenir à l'ancien noyau en cas de souci. Différences entre distributions commerciales et non commerciales. Une distribution commerciale est une distribution constituée par une société commerciale. Par « constituer une distribution » on entend « choisir et assembler les logiciels qui composent la distribution » (le noyau du système d'exploitation, un lecteur vidéo, un programme et les pilotes de connexion Wi-Fi, le programme d'installation de la distribution, etc.). Les distributions commerciales proposent généralement des versions gratuites, ce qui n'en fait pas des distributions non commerciales puisque l'objectif est de réaliser du profit par la vente de services liés à l'utilisation de la distribution (support, développement...) ou par la vente d'un code permettant d'activer une partie bridée de celle-ci. Ainsi, Ubuntu est une distribution commerciale car elle est constituée par la société commerciale, Canonical. Debian est en revanche une distribution non commerciale car elle est constituée par l'organisation à but non lucratif SPI. La distinction entre distributions non commerciales et commerciales est importante car les choix en matière de technologie ou de marketing ne sont pas fondés sur les mêmes critères selon qu'ils sont faits par des bénévoles organisés en démocratie directe, ou par le (ou les) propriétaire(s) d'une société commerciale. Principales distributions. Distributions orienté entreprise ou communauté.. Les systèmes d’exploitations de cette liste sont ceux dont sont issus la plupart des autres systèmes GNU/Linux. "Pour avoir toutes les distributions faisant l'objet d'un article : voir ." Standardisation. En raison de la variété des options du noyau à compiler, des logiciels nécessaires ou souhaitables pour le fonctionnement du système, et de caractéristiques propres à des besoins géographiques locaux, de nombreuses distributions différentes ont vu le jour. Par exemple "Conectiva", était l'une des plus populaires en Amérique du Sud, et très peu connue en Europe ; Mandrake et Conectiva ont fusionné en 2005 créant ainsi la distribution Mandriva. La multiplicité des distributions et l'existence des différents formats de paquet est parfois perçue comme source de possibles incompatibilités. Un standard fut créé par Red Hat, nommé "Linux Standard Base" ou LSB. Cependant, peu de distributions suivent ce standard, car il est centré autour des paquets RPM inventé par Red Hat. De nouvelles versions sont régulièrement publiées afin d'incorporer les nouveaux développements. La plupart intègrent également des logiciels annexes, tels des suites bureautiques et des jeux vidéo. La complexité de l'offre ou des questions d'incompatibilité provisoire (par exemple "Kuickshow" a pendant quelque temps manifesté une incompatibilité avec KDE 3.2) font que certains choix du menu pointent parfois dans le vide, même à l'intérieur d'une distribution, argument qui est mis en avant par ceux qui préfèrent les systèmes de Microsoft. Les partisans de GNU/Linux font remarquer que cela est dû au développement plus rapide de GNU/Linux et que celui-ci ne fait que manifester ici "le défaut de ses qualités". Certaines distributions se caractérisent par des options prédéfinies qui leur sont propres. Ainsi Slackware utilise-t-elle le système de fichiers ReiserFS là où la plupart des autres considèrent comme implicite l'usage d'ext3fs. OpenSuse, au contraire, installe par défaut le système le plus puissant, mais plus récent Btrfs, et les répertoires utilisateurs sous XFS, plus éprouvé. Dans un cas comme dans l'autre, on peut si on le désire choisir d'autre systèmes de fichiers, comme ext4, au moment de l'installation. Concernant le codage des caractères, les distributions récentes sont généralement pré-configurées pour utiliser UTF-8 en tant que "locale". Un pas majeur vers la standardisation des différents systèmes GNU/Linux fut opéré lors de l’adoption massive de systemd. Cette standardisation fut l’occasion d’intenses disputes, la diversité de l’écosystème GNU/Linux étant aussi considéré comme une force. Critères de distinction des distributions. Depuis l'instauration du concept de distribution, plusieurs questionnent la nécessité de centaines de distributions différentes, alors que le système de Microsoft, Windows et celui d'Apple ne se déclinent qu'en une voire deux versions. La réponse réside dans l'éventail de possibilités offertes par le grand choix logiciel permettent de créer de nombreuses distributions adaptées aux objectifs que se fixe l'utilisateur. Voici une liste (non exhaustive) des critères permettant de distinguer deux distributions. Des exemples s'appuient sur les distributions les plus célèbres. Attention : il ne s'agit pas ici de classer les distributions les plus célèbres selon le critère en question (ce qui risquerait d'amener le troll) mais d'illustrer chaque critère pour faciliter la compréhension du lecteur. Architecture matérielle supportée. Une distribution peut ne supporter qu'une seule et unique architecture matérielle comme elle peut en supporter plusieurs. On peut penser a priori qu'une distribution spécialisée sur une architecture fonctionnera mieux qu'une distribution plus générique mais ce n'est pas toujours vrai. Exemple : Yellow Dog ne fonctionne que sur les machines à base de processeurs PowerPC (Macintosh avec processeur G3, G4 ou G5, PlayStation 3) alors que Debian fonctionne sur pas moins de onze architectures matérielles différentes. Système d’initialisation. Première étape lors du démarrage d’un système d’exploitation, l’initialisation est majoritairement faite aujourd’hui par systemd. Certains systèmes GNU/Linux, tels que Devuan, au contraire mettent un point d’honneur à employer un autre système d’initialisation que systemd. Stabilité. Certains préfèrent avoir un système très stable, qui ne plantera jamais et dont la cohérence est assurée, mais avec des logiciels d'une version un peu ancienne. D'autres utilisateurs aspirent à disposer de logiciels dans la toute dernière version, l'instabilité du système constituant la contrepartie de cette volonté d'actualisation constante. Ainsi, une distribution qui se veut stable met du temps à éditer des versions : par exemple, Debian, dont la stabilité est réputée, met deux ans pour chaque édition majeure, et jusqu'à trois pour "Sarge" (2005). Serveur ou station de travail. Les distributions peuvent être destinées à faire fonctionner une machine serveur ou une machine de type bureau et cela influence le choix logiciel. Une distribution orientée bureau se doit d'inclure un environnement graphique (GNOME ou KDE) et un serveur graphique (XFree86 ou Xorg), tout le contraire d'une distribution serveur qui se passera très bien de ces logiciels. Tolérance aux contraintes imposées par les licences logicielles. Chaque logiciel, étant doté d'une licence qu'il faut respecter, donne ou non une certaine liberté à l'utilisateur. Des distributions n'intègrent strictement que des logiciels libres. D'autres, au contraire, incluent des logiciels, des pilotes, ou des codecs propriétaires. Distribution autonome ou amorçable. Certaines distributions fonctionnent sans qu'on ait besoin de les installer. Elles sont appelées distributions « autonomes » ou « amorçables ». Le principe est de pouvoir amorcer l'ordinateur depuis un support de stockage : CD-ROM, DVD-ROM, clé USB… qui contient la distribution en lecture seule (à l'exception parfois des clés USB), donc sans installation sur le disque dur. Grand public ou expert. Les distributions peuvent se distinguer par le niveau de compétences nécessaire à l'utilisateur en matière d'administration système : Mageia, Ubuntu ou Debian (depuis la version 5) s'adressent au grand public qui n'a besoin d'aucune compétence particulière pour utiliser ces systèmes. Linux From Scratch s'adresse à un public plutôt expert en administration système, en effet il est nécessaire d'avoir installé et administré bien des systèmes en ligne de commande avant de se lancer dans une installation de LFS. Sélection et installation des logiciels. Une des tâches centrales d'une distribution GNU/Linux, sans équivalent sur Microsoft Windows, consiste à centraliser dans un ou plusieurs dépôts centraux un (plus ou moins) grand nombre de logiciels tiers et à les empaqueter de manière que les utilisateurs de la distribution puissent les installer en 1 clic, sans CD-ROM via Internet, dans la plus grande légalité. Un système de gestion de paquets installé (et souvent spécifique à la distribution) permet la recherche, l'installation, la désinstallation et la mise à jour de ces logiciels. Il existe également un logiciel permettant de produire le paquet d'installation d'une ou plusieurs applications, Gobisoft, prenant en charge plus d'une douzaine de distributions (Debian, Fedora, OpenSuse, Mageia, Gentoo, CentOs, Mx-Linux, Mint, Solus, Ubuntu (Xubuntu, Lubuntu, Kubuntu), Uruk, Majaro, Slackware), cette méthode installe simplement un logiciel en utilisant les commandes de la version Linux destinataire. Sélection des logiciels installés par défaut. Les distributions se distinguent également en fonction des logiciels disponibles d'origine, lesquels répondent aux attentes de publics différents. Cette sélection peut être généraliste ou spécialisée. Ainsi par exemple : Ajouts personnalisés. Les logiciels d'installation de paquets fournis avec chaque distribution permettent de la personnaliser, en prévenant "en principe" l'utilisateur des incompatibilités éventuelles. Ils fonctionnent sans problème pour les logiciels "applicatifs", mais demandent un peu de doigté lorsqu'on installe quelque chose touchant l'interface graphique elle-même, en particulier : Note : si l'on souhaite faire coexister plusieurs systèmes d'exploitation sur le même disque dur, le gestionnaire graphique de boot permet de le faire dans de bonnes conditions de confort. Dépôts de paquets. Au-delà du choix des logiciels installés par défaut, les distributions gèrent un ensemble plus ou moins grand de dépôts de paquets, depuis lesquels l'utilisateur peut par la suite installer des logiciels. Debian (par extension Ubuntu) ou Mageia ont des dépôts particulièrement remplis, permettant ainsi à leurs utilisateurs d'installer les logiciels qu'ils souhaitent (ex: traitement de texte, montage vidéo, jeu vidéo, outils réseaux ou de programmation, ...) Formats des paquetages. Plusieurs formats de paquets existent : Binaire ou source. Il est possible d'utiliser des distributions dites "sources" (par exemple, Gentoo ou Funtoo) dans lesquelles le système de paquets télécharge les sources du logiciel puis produit le logiciel désiré sur l'ordinateur de l'utilisateur en le compilant. L'un des intérêts avancés pour les utilisateurs d'une distribution source est que "théoriquement", les programmes compilés sur la même machine que celle sur laquelle ils seront exécutés seront plus rapides - cette théorie n'est cependant pas appuyée de façon significative par le benchmarking. Le principal avantage de compiler toute une distribution depuis les sources est qu'il est possible de mélanger les branches stables et test. Ceci est possible car les programmes installés dépendent uniquement des programmes qui existaient déjà lors de la compilation. Il est ainsi possible d'avoir un système de base stable et d'installer la dernière version de son logiciel préféré sans avoir à passer tout le système en version de test. Un autre avantage de la distribution source est de permettre l'installation de GNU/Linux sur des plateformes matérielles pour lesquelles aucune distribution n'est disponible (en particulier pour des microprocesseurs autres que x86 ou PPC). D'un autre côté, les distributions dites "binaires" (par exemple, Mageia ou Ubuntu) permettent, comme Microsoft Windows ou Mac OS, d'installer directement des logiciels déjà compilés pour son ordinateur, ce qui a pour principal avantage un gain de temps lors de l'installation. Puissance de la machine. Des distributions sont destinées à l'utilisation sur des appareils plus anciens, que l'on pourrait considérer comme obsolètes : c'est le cas de Damn Small Linux. Ces distributions s'efforcent de proposer une interface graphique la plus réactive possible, par exemple en proposant une sélection de logiciels légers tournant dans l'environnement graphique Xfce, par exemple HandyLinux qui intègre Chromium plus léger et réactif que Iceweasel. Zenwalk, bien que n'étant pas destinée à cette catégorie d'ordinateurs mais plutôt à des ordinateurs « récents », utilise d'office Xfce afin d'augmenter les performances. De même pour Ubuntu dont il existe une version officielle dans laquelle GNOME est remplacé par Xfce baptisée Xubuntu. Localisation et internationalisation. La plupart des distributions sont issues de l'Europe et des États-Unis d'Amérique. Des distributions sont nées pour des besoins locaux, par exemple pour qu'une distribution existante puisse être utilisée avec un clavier d'ordinateur particulier ou un codage des caractères différent. Ces distributions se sont notamment répandues de façon importante dans les pays asiatiques.
Liste des distributeurs de jeux vidéo Un distributeur de jeux vidéo est une entreprise, interne ou externe à un éditeur de jeux vidéo, qui assure la distribution d'un produit auprès des grossistes. Liste des distributeurs de jeux vidéo, triés par ordre alphabétique. Légende :
Décane Le décane est un alcane linéaire de formule brute qui possède 136 isomères. Ces diverses molécules comportent toutes dix [en grec δέκα (déca), "dix"] atomes de carbone.
DL DL peut faire référence à : dL est un symbole, qui signifie :
Démocratie libérale La démocratie libérale, parfois appelée démocratie occidentale, est une idéologie politique et une forme de gouvernement dans laquelle la démocratie représentative fonctionne selon les principes du libéralisme, à savoir la protection des libertés de l'individu. Elle est caractérisée par des élections justes, libres et concurrentielles entre plusieurs partis politiques distincts, une séparation des pouvoirs dans différentes branches du gouvernement, la primauté du droit dans la vie quotidienne dans le cadre d'une société ouverte, et la protection égale des droits de l'Homme, des droits et libertés civils, et des libertés politiques pour tous les hommes. En pratique, les démocraties libérales sont souvent basées sur une constitution, formellement écrite ou non codifiée, afin de définir les pouvoirs du gouvernement et de consacrer le contrat social. Après une période d'expansion soutenue tout au long du , la démocratie libérale est devenue le système politique de la majorité des pays développés. Une démocratie libérale peut prendre diverses formes constitutionnelles. Elle peut reposer sur une république, comme en France, en Allemagne, en Inde, en Irlande, en Italie ou aux États-Unis, ou bien sur une monarchie constitutionnelle, comme au Japon, en Espagne, aux Pays-Bas, au Canada ou au Royaume-Uni. Le régime peut être présidentiel (Argentine, Brésil, Mexique, États-Unis), semi-présidentiel (France et Taïwan), ou parlementaire (Australie, Canada, Inde, Nouvelle-Zélande, Pologne, Pays-Bas ou Royaume-Uni). Les démocraties libérales ont d'ordinaire un suffrage universel, octroyant à tous les citoyens adultes le droit de vote, sans distinction de genre, de population ni de propriété. Cependant, certains pays considérés comme des démocraties libérales ont parfois opté dans l'Histoire pour un suffrage non universel, de ce fait restreignant, à l'exemple du suffrage censitaire en vigueur en France ou en Belgique, principalement au , sans évoquer le tardif droit de vote des femmes octroyé dans la première moitié du , avant quoi la moitié de la population n'avait le droit de participer aux scrutins. Le but des constitutions libérales-démocratiques est de définir le caractère démocratique de l'État. Ainsi, elles sont souvent vues comme étant faite pour limiter l'autorité des gouvernements. La démocratie libérale met l'accent sur l'indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs, dont un système de « freins et de contrepoids » entre les branches du gouvernement constitue la garantie de la pérennité du caractère démocratique de l'organisation de l'État. Structure. Les démocraties libérales reposent généralement sur le suffrage universel, c'est-à-dire l'octroi à tous les citoyens adultes du droit de vote, sans distinction de race, de sexe ou de ressources. Les décisions prises par les élections ne sont pas prises par l'ensemble des citoyens, mais par ceux ayant participé au scrutin. La constitution d'une démocratie libérale définit le caractère démocratique de l'État. Elle donne des limites à l'autorité du gouvernement. La démocratie libérale repose sur la séparation des pouvoirs : un pouvoir judiciaire indépendant et un système contrôle et de contrepoids entre les pouvoirs de l'État (législatif et exécutif). L'autorité gouvernementale ne s'exerce légitimement que conformément aux lois adoptées et mises en œuvre conformément au processus défini. De nombreuses démocraties utilisent le fédéralisme - une séparation verticale des pouvoirs - afin de prévenir les abus et d'accroître la participation du peuple, en fractionnant les pouvoirs, entre les gouvernements municipaux, provinciaux et nationaux. Droits et libertés. Dans la pratique, les démocraties posent des limites sur certaines libertés. Il existe diverses limitations juridiques telles que le droit d'auteur et des lois contre la diffamation. Il peut y avoir des limites relatives à l'expression anti-démocratique, l'atteinte aux droits de l’homme, ou sur l'incitation au terrorisme. Aux États-Unis plus qu'en Europe, au cours de la guerre froide, de telles restrictions ont été appliquées aux communistes. De nos jours elles sont le plus souvent appliquées aux organisations perçues comme favorisant le terrorisme ou l'incitation à la haine et sont regroupés sous forme de lois sur le terrorisme dans le droit national. La justification classique de ces limites est qu'elles sont nécessaires pour garantir l'existence de la démocratie, ou l'existence des libertés elles-mêmes. Par exemple, permettre la liberté d'expression pour ceux qui préconisent l'assassinat de masse porte atteinte au droit à la vie et à la sécurité. Par là-même, les gouvernements considèrent les restrictions apportées aux discours négationnistes (et à tout discours de haine) comme conforme à l'idée de démocratie. Conditions. Bien que ne faisant pas partie du système de gouvernement en tant que tel, un minimum de libertés individuelles et économiques, entrainant une importante classe moyenne ainsi qu'une société civile prospère, sont souvent vues comme nécessaire à l'avènement d'une démocratie libérale. Origine. Les démocraties libérales tiennent leurs origines de l'Europe des lumières mais leur nom de démocratie n'est arrivé que plus tard après les révolutions, ces systèmes étaient appelés république et opposé à la démocratie antique. À cette époque, les États européens étaient, dans leurs vastes majorités, des monarchies où le pouvoir politique était détenu par des monarques ou par l'aristocratie. La possibilité d'un État démocratique n'avait pas été considérée comme une théorie politique sérieuse depuis l'Antiquité classique, et la croyance bien répandue était qu'une démocratie déboucherait invariablement sur une instabilité, un chaos politique du fait des caprices changeants de la population. Il était en plus admis que la démocratie était contraire à la nature humaine, les Hommes étant conçus comme inévitablement mauvais, violents et nécessitant ainsi un dirigeant fort afin d'empêcher leur pulsions destructrices. Nombreux étaient les monarques européens à affirmer tenir leur pouvoir de Dieu, et ainsi, questionner leur droit de régner était équivalent au blasphème. Aux États-Unis, le terme démocratie s'est substitué au terme république dans les années 1820, à la suite d'une élection où Andrew Jackson s'est revendiqué démocrate pour se démarquer des autres, et s'est fait élire. Les autres candidats ont par la suite repris ce terme. Un type de régime minoritaire dans le monde. Selon le rapport de 2021 du projet V-Dem (pour "Varieties of Democracy") conduit par une équipe de chercheurs hébergée à l’université de Göteborg, qui propose une distinction entre « démocraties libérales », « démocraties électorales », « autocraties électorales » et « autocraties fermées », seuls 14 % de la population mondiale, répartis dans une trentaine d’États, vivraient dans une démocratie authentiquement libérale.
Dennis Ritchie Dennis MacAlistair Ritchie, né le à Bronxville dans l'État de New York et retrouvé mort le à Berkeley Heights dans le New Jersey, est un des pionniers de l'informatique moderne, inventeur du langage C et codéveloppeur de Unix. Il est parfois désigné par "dmr", son adresse électronique aux Laboratoires Bell. Au début des années 1970, programmeur aux Laboratoires Bell, il travaille avec Ken Thompson au développement d'Unix. Le langage B de Thompson étant trop limité pour les besoins du nouveau système, Ritchie est amené à créer sur les mêmes bases le langage C. Par la suite, avec l'aide de Brian Kernighan, il promeut le langage et rédige notamment le livre de référence ". Il reçoit conjointement avec Ken Thompson le prix Turing de l'ACM en 1983 pour leur travail sur le système Unix. Biographie. Dennis Ritchie nait en 1941 à Bronxville dans l'État de New York. Son père, Alistair E. Ritchie, est un scientifique des Laboratoires Bell et connu pour le livre " sur la théorie des commutation de circuits, dont il est co-auteur. Dennis Ritchie étudie la physique ainsi que les mathématiques appliquées à Harvard, y obtenant un doctorat. En 1967, il commence à travailler également aux Laboratoires Bell, où son père fait lui-même carrière. Un an plus tard, en 1968, il soutient sa thèse, nommée ", à Harvard sous la supervision de Patrick C. Fischer. Cependant, disposant déjà d'un poste chez Bell Labs, Ritchie n'a jamais pris le temps de remettre sa thèse sous forme de volume relié à l'université de Harvard, créant ainsi une difficulté administrative qui empêcha l'université de lui décerner officiellement son doctorat. Celle-ci a depuis été redécouverte auprès de la veuve de son directeur de thèse, et republiée en ligne. En 1978, Ritchie co-écrit avec Brian Kernighan ", un livre sur le langage C. C'est l'une de ses contributions les plus célèbres, puisque le livre est encore aujourd'hui connu sous le nom de "K&R", les initiales des deux auteurs. Ritchie travaille également dans les années suivantes avec Ken Thompson sur le système d'exploitation UNIX. Ritchie est notamment le contributeur principal du portage d'UNIX sur différentes machines et plateformes. En 1983, Ritchie et Thompson reçoivent le prix Turing pour leurs travaux sur la théorie d'un système d'exploitation générique et l'implémentation du modèle sur le système UNIX. Le prix de Ritchie est par ailleurs intitulé . En 1990, Ritchie et Thompson seront de nouveaux récompensés, par la médaille "Richard W. Hamming" de l'IEEE pour le système UNIX et le langage C. Le , Thompson et Ritchie reçoivent la "National Medal of Technology and Innovation" de 1998, par le président américain Bill Clinton, toujours pour l'invention d'UNIX et du langage C. Ces inventions ont, d'après le jury, . De santé précaire, après le traitement d'un cancer de la prostate et de problèmes cardiaques, il meurt à l'âge de à son domicile de Berkeley Heights dans l’État du New Jersey où, vivant seul, il est retrouvé le mercredi , inerte. La date de sa mort n'est pas connue avec certitude, mais pourrait se situer autour du , selon les sources inspirées par les proches. Son décès est occulté par celui de Steve Jobs, survenu quelques jours auparavant, bien que Mac OS et iOS se basent sur les travaux de Dennis Ritchie effectués sur UNIX. C et Unix. Dennis Ritchie est connu comme étant le créateur du langage C, un développeur clé du système d'exploitation Unix, et le coauteur du livre "", communément appelé "K/R" ou "K&R" (en référence aux deux auteurs : Kernighan et Ritchie). Son invention du langage C et sa participation au développement d'Unix au côté de Ken Thompson ont fait de lui un pionnier de l'informatique moderne. Le langage C reste au début du un des langages les plus utilisés, tant dans le développement d'applications que de systèmes d'exploitation. Unix a aussi eu une grande influence en établissant des concepts qui sont désormais totalement incorporés dans l'informatique moderne. Il déclare que le langage C et que , bien que son collègue des laboratoires Bell Bjarne Stroustrup, créateur du C++, réponde que . À la suite du succès d'Unix, Dennis continue ses recherches dans les systèmes d'exploitation et les langages de programmation, tout en contribuant à des projets tels que les systèmes d'exploitation Plan 9 et Inferno, et le langage de programmation Limbo. Il est corécipiendaire avec Ken Thompson du prix japonais de 2011.
Daniel Gluckstein Daniel Gluckstein, né le à Paris, est un homme politique trotskiste français. Il est secrétaire national du Parti des travailleurs (PT) de 1991 à 2008. Il participe en 2015 à la fondation du Parti ouvrier indépendant démocratique (POID), après avoir été l'un des quatre secrétaires nationaux du Parti ouvrier indépendant (POI) et coordinateur de l'Entente internationale des travailleurs et des peuples. Candidat du PT à l'élection présidentielle de 2002, il finit en dernière position du premier tour avec 0,47 % des voix. Biographie. L'intérêt de Daniel Gluckstein pour son histoire familiale — l'un de ses ancêtres, juif d'Europe de l'Est, aurait participé en 1897 à la fondation de l'Union générale des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie ("Bund") — contribue, durant son adolescence, à le faire s'engager en politique. Il fait partie, à l'âge de 14 ans, des comités Viêt Nam, dans le contexte de l'opposition à la guerre du Viêt Nam. En 1968, il adhère à la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), puis rejoint la Ligue communiste. Il utilise à l'époque le pseudonyme de "Michaël" ; en 1973, lors de la dissolution de la Ligue communiste et sa refondation sous le nom de Ligue communiste révolutionnaire, il adopte le nouveau pseudonyme de "Seldjouk". Après des études d'histoire et de lettres, il enseigne ces matières en lycée professionnel. Vie privée. Marié, il est le père de trois enfants. Parcours politique. À la fin des années 1970, Daniel Gluckstein participe à une tendance de la LCR, la « tendance léniniste-trotskiste » (ou TLT) animée par Christian Leucate, et qui regroupe plusieurs centaines de membres. En 1979, exclus de la LCR, les animateurs de la TLT partent avec environ 400 militants et fondent la Ligue communiste internationaliste (LCI) ; l'année suivante, ce mouvement fusionne avec l’Organisation communiste internationaliste (OCI), nom utilisé à l'époque par le courant lambertiste. Au départ réticent à la collaboration avec , Daniel Gluckstein finit par devenir proche de ce dernier, dont il fera avec le temps figure de . Il quitte à cette époque l'Éducation nationale pour devenir permanent salarié de l'organisation lambertiste. Parti des travailleurs. En 1991, il est élu secrétaire national du Parti des travailleurs (PT), lors de la fondation de cette nouvelle incarnation du parti lambertiste. Aux élections européennes de 1994, il est à la tête d'une liste pour l'Europe des travailleurs et de la démocratie, contre l'UE de Maastricht, qui obtient 0,43 % des voix. En 1997, il est candidat aux élections législatives à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Il obtient 0,87 % des voix. L'année suivante, il fonde avec quarante autres militants, dont Frédéric Mérat et des responsables de divers courants internes du Parti communiste français, dont Jean-Jacques Karman et Rémy Auchedé, et du Mouvement des citoyens de Jean-Pierre Chevènement le Comité national pour l'abrogation du traité de Maastricht. En 2002, il est candidat du Parti des travailleurs à l'élection présidentielle, et remporte au premier tour 0,47 % des suffrages, arrivant dernier parmi les seize candidats présents. Dès le , il appelle avec divers élus dont Gérard Schivardi à la victoire du « non » au référendum sur le traité constitutionnel de l'Union européenne par la création d'un comité "ad hoc". En 2007, il est directeur de campagne de Gérard Schivardi, « candidat de maires », à l'élection présidentielle. Parti ouvrier indépendant. En 2008, lors du congrès fondateur du Parti ouvrier indépendant (POI), dans lequel s'est auto-dissout le Parti des travailleurs, il devient un des quatre secrétaires nationaux du nouveau parti, avec Claude Jenet, Gérard Schivardi et Jean Markun. À l'approche du du Parti ouvrier indépendant, fin 2015, de fortes tensions se font sentir au sein du parti. Alors que le congrès national du courant trotskiste, le Courant communiste internationaliste (CCI), confirme les orientations historiques de l'organisation, la direction nationale restée inchangée adopte des positions limitant l'expression du POI comme parti et met au centre de ses préoccupations les positions adoptées par les différents appareils syndicaux. Gluckstein annonce alors vouloir créer une tendance soutenue par plus d'un tiers de la direction nationale du courant communiste internationaliste et intitulée « Revenir à une politique de construction de parti ». Parti ouvrier indépendant démocratique. Pour ne pas avoir respecté les décisions majoritaires de son courant (les deux tiers de la conférence des cadres, composée des délégués au précédent congrès), après avoir annoncé vouloir créer une tendance soutenue par plus de 700 membres du Courant communiste internationaliste (CCI) et intitulée « Revenir à une politique de construction de parti », Daniel Gluckstein est suspendu, ainsi que les autres membres de la direction nationale l'ayant soutenu, au motif qu'il ne saurait y avoir de tendance dans le CCI hors période de préparation de congrès. Un bureau national le démet, ainsi que Gérard Schivardi et Jean Markun, de leurs mandats de secrétaires nationaux. À l'issue de deux congrès distincts se tenant les 21 et , la tendance lancée par Daniel Gluckstein décide de se former en tant que Parti ouvrier indépendant démocratique afin de revenir à la création d'un vrai parti ouvrier, indépendant des appareils syndicaux. Publication. Le POID publie depuis 2015 "La Tribune des travailleurs", , journal hebdomadaire dont le directeur de publication est Daniel Gluckstein. Élus et participation aux élections. Le POID a des élus (anciens élus du POI) dans un certain nombre de communes : maires, adjoints ou conseillers. Il présente 64 candidats aux élections législatives françaises de 2017. Lors des élections municipales de 2020, . Élections législatives de 2022. En 2022, alors que le POI rejoint l'Union populaire formée par La France insoumise pour aborder l'élection présidentielle, puis à l'occasion des élections législatives la Nouvelle Union populaire écologique et sociale portée par le parti de Jean-Luc Mélenchon, le POID reste sur une position d'écoute et d'attente. Relevant pour sa part que s'il revendique le pouvoir, , le POID présente une centaine de candidats aux élections. Il n'obtient aucun député. Militantisme syndical. Tant le POI que le POID sont présents dans le mouvement syndical, à commencer par Force ouvrière. Les deux partis sont à présent en conflit au sein de FO depuis l'éviction de Pascal Pavageau, éphémère successeur de Jean-Claude Mailly en 2018.
David Lynch David Lynch est un cinéaste, scénariste, photographe, musicien et peintre américain né le à Missoula (Montana). Il est l'auteur de 10 longs-métrages sortis entre 1977 et 2006, ainsi que d'une série télévisée notable, "Twin Peaks", initialement sortie en 1990-91 et prolongée en 2017. Nommé aux Oscars du cinéma comme meilleur réalisateur pour "Elephant Man" (1980), "Blue Velvet" (1986) et "Mulholland Drive" (2001), il a reçu la Palme d'or au Festival de Cannes en 1990 pour "Sailor et Lula" et un Lion d'or d'honneur à la Mostra de Venise en 2006. Son style novateur et surréaliste, parfois qualifié de « lynchien », est devenu reconnaissable pour de nombreux spectateurs et critiques. Il se caractérise par son imagerie onirique et sa conception sonore méticuleuse. L'imagerie parfois violente de ses films lui confère la réputation de « déranger, d'offenser ou de mystifier » son public. David Lynch porte un regard sombre et halluciné sur la réalité humaine inquiétante qui se dissimule derrière le vernis social, au sein des petites bourgades américaines (dans "Blue Velvet" ou "") ou de Los Angeles (dans "Lost Highway" ou "Mulholland Drive"). Il donne par la suite de nouvelles orientations à sa carrière artistique, se faisant connaître comme peintre, photographe, musicien, designer ou vidéaste web. Depuis la création de sa Fondation David-Lynch en 2005, il s'engage dans la promotion de la méditation transcendantale pour aider les populations dites « à risque ». La critique de cinéma Pauline Kael le qualifie de « premier surréaliste populaire » ; en 2007, un panel de critiques réunis par "The Guardian" le place en tête d'une liste de 40 réalisateurs, tandis que le site AllMovie le définit comme « l'homme-orchestre du cinéma américain moderne ». Biographie. Origine et enfance. David Keith Lynch naît à Missoula, dans l'État du Montana, le . Son père, Donald Walton Lynch (1915–2007), est chercheur pour le Département de l'Agriculture des États-Unis (USDA), et sa mère, Edwina « Sunny » Lynch née Sundholm (1919–2004), est professeure d'anglais. Deux des arrière-grands-parents maternels de Lynch étaient des immigrants finno-suédois arrivés aux États-Unis au . Il reçoit une éducation presbytérienne. Les Lynch déménagent souvent au gré des mutations de Donald. Ainsi, ses parents partent s'installer à Sandpoint, dans l'Idaho, quand il a deux mois. Deux ans plus tard, après la naissance de son frère John, la famille part pour Spokane, Washington, où naît la sœur de Lynch, Martha. La famille part ensuite à Durham, en Caroline du Nord, à Boise, en Idaho et à Alexandria, en Virginie. Lynch s'adapte relativement facilement à cette vie itinérante, notant qu'il n'avait généralement aucun problème à se faire de nouveaux amis chaque fois qu'il entrait dans une nouvelle école. Il déclare au sujet de son enfance : Lynch rejoint les Boy Scouts, où il atteint le grade d'Eagle Scout. C'est à ce titre qu'il est présent avec d'autres Boy Scouts à l'extérieur de la Maison Blanche lors de l'investiture du président John F. Kennedy, le jour du quinzième anniversaire de Lynch. Lynch s'intéresse à la peinture et au dessin dès son plus jeune âge, et commence à penser en faire son métier lorsqu'il vit en Virginie, où le père d'un de ses amis est peintre professionnel. Au lycée Francis C. Hammond d'Alexandria, Lynch n'excelle pas sur le plan des résultats, montrant peu d'intérêt pour le travail scolaire mais est apprécié des autres lycéens. Après son départ, il décide d'étudier la peinture à l'université et commencé ses études à la , Washington, DC, avant de partir en 1964 pour la à Boston, où il partage sa chambre avec le musicien Peter Wolf. Il quitte l'école au bout de seulement un an : « Je n'ai pas DU TOUT été inspiré par cet endroit. » Il choisit de voyager à travers l'Europe pendant trois ans avec son ami Jack Fisk : les deux souhaitent étudier auprès du peintre expressionniste autrichien Oskar Kokoschka, mais en arrivant à Salzbourg, ils constatent que celui-ci n'est pas disponible ; déçus, ils repartent pour les États-Unis après seulement deux semaines en Europe. Débuts à Philadelphie et courts métrages. De retour aux États-Unis, il s'installe à Philadelphie et s'inscrit en 1965 à l'Académie des Beaux-Arts de Pennsylvanie. Il préfère cette université à sa précédente école de Boston : Il a entamé une relation avec une camarade d'études, Peggy Reavey, qu'il épouse en 1967. L'année suivante, Peggy donne naissance à une fille, Jennifer. La famille déménage pour Fairmount, dans la banlieue de Philadelphie. Pour subvenir aux besoins de la famille, Lynch travaille dans l'impression de gravures. À l'Académie de Pennsylvanie, il conçoit l'idée de donner du mouvement à ses peintures et réalise son premier court-métrage, "Six Figures Getting Sick" (1967). Il passe le film en boucle à l'exposition annuelle de fin d'année de l'Académie, où il partage le premier prix. À la suite d'une commande d'un camarade de classe, il expérimente un mélange d'animation et de direct avec le court métrage de quatre minutes "The Alphabet" (1968). Ayant appris que l'American Film Institute accorde des subventions aux cinéastes qui pouvaient étayer leur candidature avec une œuvre antérieure et un scénario pour un nouveau projet, Lynch envoie une copie de "The Alphabet" avec un scénario écrit pour un nouveau court métrage qui serait presque entièrement filmé en direct, "The Grandmother", pour lequel l'institut décide de lui accorder un financement. Les figurants sont des proches de Lynch, à son travail et à l'université, et les décors sa propre maison. "The Grandmother" dépeint un enfant délaissé qui « fait pousser » une grand-mère à partir d'une graine pour prendre soin de lui. Selon les critiques de cinéma Michelle Le Blanc et Colin Odell : Révélation et consécration (années 1980). Étudiant en arts plastiques, David Lynch, initialement peintre, s'essaie très tôt au cinéma et se livre à diverses expérimentations qui aboutissent à "Eraserhead" en 1977, film-cauchemar, tourné en noir et blanc et totalement autoproduit. Après avoir vu le film, Mel Brooks décide de confier à Lynch la réalisation d"'Elephant Man" (1980), inspiré de la vie de Joseph Merrick. Le film, tourné également en noir et blanc, mêle réalisme et symbolisme et rend hommage au cinéma expressionniste. Il remporte le Grand Prix du Festival d'Avoriaz et le César du meilleur film étranger. Par ailleurs, il apporte la notoriété à son metteur en scène. Impressionnée par ce premier succès, Raffaella De Laurentiis convainc son père Dino d'engager Lynch comme réalisateur de la superproduction "Dune" (1984), adaptée de l'œuvre de Frank Herbert. Pour ce film de science-fiction, très coûteux et complexe, l'accueil critique et public est mitigé et le réalisateur renie ce film dont il n'a pas réussi à avoir le "final cut". Lynch renoue avec le succès en 1986 grâce à "Blue Velvet", Grand Prix du Festival d'Avoriaz, thriller à l'ambiance érotique et malsaine avec notamment Kyle MacLachlan, Dennis Hopper et Dean Stockwell. Il s'agit d'un projet écrit avant "Dune", que Dino De Laurentiis s'était engagé contractuellement à financer et qui dispose d'un budget assez modeste de de dollars. Durant le tournage, Lynch noue une relation amoureuse qui dure quatre ans avec Isabella Rossellini, l'actrice principale. Son film suivant, "Sailor et Lula" ("Wild at Heart", 1990), qui raconte l'histoire de deux amants en fuite interprétés par Nicolas Cage et Laura Dern, mêle conte, ultra-violence, road movie, polar, film d'aventures et comédie musicale et vaut au cinéaste la Palme d'or du Festival de Cannes. Série télévisée et collaborations européennes (années 1990-2000). En 1989, David Lynch crée, avec le scénariste Mark Frost, la série "Twin Peaks". Diffusée de 1990 à 1991 sur ABC, la série deviendra rapidement culte en mêlant le fantastique absurde, le drame et le thriller sur fond d'un crime dans une ville mystérieuse. Même si elle est sélectionnée plusieurs fois aux Emmy Awards, la série sera déprogrammée au bout de deux saisons pour des audiences en baisse, laissant la série sur un cliffhanger. Durant les années 1990, Lynch se sent isolé en tant que créateur dans le système hollywoodien : il n'oublie pas combien la production de "Dune" a été difficile et il souffre de devoir toujours négocier très longuement son autonomie financière et artistique. Grâce à Pierre Edelman, il signe un contrat en France pour réaliser trois films, à partir de "". Il est mis en relation avec le producteur Alain Sarde et par la suite avec StudioCanal. Dès lors, ses films sont majoritairement financés par des maisons de production françaises et par sa propre société, Asymmetrical Productions. "Une histoire vraie" ("The Straight Story", 1999), qui narre la traversée du territoire américain en tondeuse à gazon par un vieil homme, marque une rupture avec ses œuvres précédentes. Voulu épuré et sobre, le film, dont le scénario est coécrit par son épouse Mary Sweeney, est plus apaisé et presque optimiste. En 2000, David Lynch crée un studio, avec en projet, une école de cinéma, à Łódź et y réalise des photographies d'usines et de femmes qui sont exposées à Paris en 2004. En 2001 sort "Mulholland Drive". Avec ce film qui revient à son esthétique et ses expérimentations habituelles, Lynch reçoit les louanges de la critique, le prix de la mise en scène à Cannes et le César du meilleur film étranger. Lors de la production, il aurait poussé assez loin le : il aurait refusé de donner des informations à ses producteurs sur le film et la rumeur affirme qu'il leur aurait fait parvenir un scénario sous scellés, voué à être détruit après le tournage. Il aurait considéré à l'époque son producteur français Studiocanal, également chargé de la vente internationale de ses œuvres, comme Le film est un succès, atteignant les de dollars de recettes. En 2002, David Lynch préside le jury du festival de Cannes qui attribue la Palme d'or au "Pianiste" de Roman Polanski. "Inland Empire", sorti en France le , tourné entre Łódź en Pologne et les États-Unis, est une coproduction franco-polonaise et américaine. Lynch a poussé sa volonté d'indépendance au point de ne communiquer à ses producteurs ni le scénario, ni le budget réel, ni le plan de tournage. Le réalisateur s'isole totalement avec ses acteurs et son épouse et monteuse, Mary Sweeney. Lorsque StudioCanal découvre le film, la déception est grande. "Inland Empire" est considéré comme trop bizarre, incompréhensible et Le film, qui reçoit un accueil critique contrasté, ne rapporte que de dollars (cinq fois moins que "Mulholland Drive", son film précédent). Très affecté par cet échec public, le réalisateur décide de s'écarter du cinéma. Depuis le , il publie sur son site internet une série d’interviews d’Américains moyens, croisés lors d’un voyage dans tous les États-Unis. Il produit ces courts métrages de trois à cinq minutes réalisés par son fils Austin Lynch. Retour à l'écran. En 2011, il cherche à réaliser "Ronnie Rocket", d'après un ancien scénario écrit après "Eraserhead" racontant l'enquête, dans les années 1950, sur l'enlèvement d'un nain rockeur dans une ville industrielle. Le projet, qui devait être produit par Pierre Edelman et Alain Sarde, n'a pas trouvé les financements nécessaires à sa réalisation. Son devis se serait élevé à plus de d'euros et le cinéaste aurait refusé de faire la moindre concession sur ses choix artistiques. Mais c'est la télévision qui lui permet de revenir à la réalisation. Il travaille dès 2015 à la suite, tant réclamée par les fans de la série culte "Twin Peaks". Produite en 2016, elle est diffusée début 2017 sur Showtime. Les de la saison 3 seront tous réalisés par Lynch et écrits en collaboration avec Mark Frost. En , plusieurs médias font état d'une série en préparation, désignée sous le titre "Wisteria", qui serait écrite et réalisée par David, en collaboration avec la productrice Sabrina S. Sutherland et diffusée sur Netflix, avec selon "Production Weekly", un tournage en . Cependant, rien n'est confirmé par la suite, et Sabrina S. Sutherland annonce fin 2021 que David Lynch est pris par d'autres projets. Quant à un nouveau film qui serait présenté au festival de Cannes 2022, David Lynch assure en avril dans une interview au magazine "Entertainment Weekly" qu'il n'a aucun film de prévu et qu'il s'agit d'une rumeur. En février 2022, "Variety" annonce que David Lynch a été choisi pour un rôle dans le film de Steven Spielberg "The Fabelmans", rôle qui s'avère plus tard être celui du réalisateur John Ford lors de sa rencontre avec Spielberg, mise en scène dans les derniers instants du film. Vie privée. David Lynch a quatre enfants. Il est le père de la réalisatrice Jennifer Lynch née en 1968, dont la mère est la peintre Peggy Reavey. Il divorce lorsque sa fille est âgée de six ans. Son fils Austin Jack Lynch est né en 1982 de son union avec Mary Fisk. Il a été l'époux de sa monteuse et productrice Mary Sweeney. En 2009, il se marie pour la quatrième fois, avec l'actrice Emily Stofle, mère de son quatrième enfant. Analyse de l'œuvre. Univers. Le travail de David Lynch, qui met monde quotidien et imaginaire sur le même plan, est rebelle à toute étiquette. Il développe, dans ses séries comme dans ses films, un univers surréaliste très personnel où se mêlent cinéma expérimental, cinéma de genre, arts graphiques et recherches novatrices, tant sur le plan dramaturgique que plastique (images hypnotiques, bande sonore inquiétante, goût du mystère, de la bizarrerie et de la difformité…). On note plusieurs références à la peinture (Jérôme Bosch, Edward Hopper, Francis Bacon…). Si "Elephant Man", "Blue Velvet", "Sailor et Lula" et "Une histoire vraie" développent une histoire totalement ou globalement compréhensible, ses autres réalisations brisent les codes d'une narration cinématographique linéaire et conventionnelle. Les lois du film noir en particulier sont utilisées, détournées puis finalement détruites : c'est le cas dans ' (1992), "Lost Highway" (1997) et "Mulholland Drive" (2001). Ces deux derniers films sont représentatifs de la manière dont le cinéaste abandonne son intrigue à mi-parcours et passe dans un contexte bouleversé où les acteurs semblent interpréter des rôles différents et où les décors occupent une fonction nouvelle. La lisibilité du récit est volontairement brouillée et une énigme irrésolue se dissémine dans un monde sophistiqué dans lequel le sens s'efface et la frontière entre réalité, cauchemar et hallucination disparaît. Par ailleurs, Lynch n'hésite pas à manipuler certains clichés cinématographiques de manière subversive : dans "Blue Velvet", il transforme en cauchemar l'idéalisme des années 1950 et le modèle dominant des banlieues cossues de la classe moyenne blanche. La série "Twin Peaks" s'amuse, quant à elle, à aller du mélo à l'angoisse, en passant par la comédie. Son cinéma, silencieux et anxiogène, mêle la violence, le macabre et le grotesque à une forme de normalité sociale et cherche à retranscrire la réalité profonde des fantasmes, en passant d'un monde lumineux à un univers nocturne où surgissent des pulsions refoulées. Influences. Selon David Lynch, son travail se rapproche à plusieurs égards de celui de cinéastes et réalisateurs européens et il évoque son admiration pour des cinéastes tels que Federico Fellini, Werner Herzog, Alfred Hitchcock, Roman Polanski, Jacques Tati, Stanley Kubrick, Billy Wilder, Jean-Luc Godard ou Ingmar Bergman. "Boulevard du crépuscule" de Wilder (1950) est l'un de ses films préférés, tout comme "Lolita" de Kubrick (1962), "Les Vacances de monsieur Hulot" de Tati (1953), "Fenêtre sur cour" d'Hitchcock (1954) et "La Ballade de Bruno" de Herzog (1977). Il cite également d'autres influences comme "Le Carnaval des âmes" de Herk Harvey (1962) et "Deep End" de Jerzy Skolimowski (1970). Mais l'œuvre de David Lynch puise aussi ses sources dans la peinture, dont celle d'Edward Hopper, de Francis Bacon et Henri Rousseau : Hopper pour le thème de la solitude, Bacon pour les déformations de la chair, et Rousseau pour le thème du mystère, ainsi que d'autres artistes comme Edward Kienholz, Lucian Freud et David Hockney. Parmi les œuvres littéraires qui l'ont marqué, David Lynch mentionne "La Métamorphose" de Kafka, ainsi que d'autres ouvrages comptant parmi ses favoris : "Crime et châtiment" de Dostoïevski, "The Name Above the Title : An Autobiography" de Frank Capra, "The Art Spirit" de Robert Henri, et "Anynymous Photographs" de . En ce qui concerne Kafka, David Lynch a un temps travaillé, dès les années 1980, sur une adaptation au cinéma de "La Métamorphose", sans que toutefois le projet aboutisse : Par ailleurs, l'œuvre de David Lynch exerce à son tour une influence sur le cinéma contemporain, Serge Kaganski estimant que Autres activités. Plus largement, outre la réalisation cinématographique, David Lynch explore depuis longtemps les arts plastiques dont la peinture et la lithographie, la photographie et la musique. Depuis l'échec commercial du film "Inland Empire", David Lynch a multiplié les activités dans des champs artistiques divers, poussé d'une part par une volonté d'expérimentation, et de l'autre pour assurer ses revenus financiers à la suite du ralentissement de son activité de cinéaste et au coût de sa fondation pour la méditation transcendantale. Arts graphiques. Lynch a publié de 1983 à 1992 "The Angriest Dog in the World", une bande dessinée hebdomadaire au format comic strip dont seules les bulles de dialogue changent d'un épisode à l'autre, les cases restant identiques. David Lynch n'a jamais totalement abandonné la peinture et le dessin qu'il avait étudiés plus jeune. C'est pendant le montage du film que le directeur général de la Fondation Cartier pour l'art contemporain demande à voir ses travaux. Enthousiasmé, il met en œuvre une exposition à Paris. En a lieu l'exposition « "The Air Is on Fire" », qui regroupe photos, œuvres plastiques et sonores du réalisateur. Au vernissage de l'exposition, le , David Lynch donne devant un auditoire restreint un concert d'une trentaine de minutes avec Marek Zebrowski. Les deux hommes exécutent une improvisation aux synthétiseurs, d'après des écrits de Lynch lus entre les morceaux, et rassemblés sous le nom de "Thoughts". C'est à Paris également que Lynch conçoit une grande partie de son œuvre graphique. Lors de son exposition à la fondation Cartier, il découvre, à proximité, l'ancien atelier Mourlot, rue du Montparnasse, devenu Idem Paris (qui abrite les éditions Item), et où il a élu domicile pour réaliser et imprimer ses lithographies, montages photo, etc. Il écrit à ce propos : En 2012, il réalise un court métrage en vidéo noir et blanc intitulé Idem Paris, montrant le tirage de ses lithographies sur les presses de l'atelier. Sa production graphique a notamment fait l'objet d'une exposition au musée du dessin et de l'estampe originale de Gravelines. En 2012, Lynch a exposé ses lithographies et ses courts métrages au FRAC Auvergne (Clermont-Ferrand). Cette exposition a donné lieu à la publication d'un livre et à l'acquisition d'un dessin et de six estampes par la collection du FRAC. En 2013, le centre de la gravure à La Louvière présente « "Circle of Dreams" - Estampes et courts métrages », un ensemble de lithographies et de courts métrages livrant une parcelle de l’univers du cinéaste américain, fait de rêves et d’angoisses. Il semble que, par son travail graphique, David Lynch ait l'impression de pouvoir renouveler son processus créatif, comme s'il sentait qu'il était arrivé à une limite avec son œuvre cinématographique. Il peut dans son atelier créer avec une pression moindre que celle qui existe lorsqu'il fait un film. Si ses expositions voyagent dans le monde et si ses œuvres se vendent, Lynch semble néanmoins ne pas être encore totalement reconnu dans le milieu de l'art : selon Patrick Steffen, rédacteur en chef de la revue spécialisée "Flash Art" à Los Angeles, interrogé par "Les Inrockuptibles", la curiosité pour ses travaux vient avant tout de sa notoriété en tant que cinéaste. Il est rarement cité dans les revues d'art contemporain et ses peintures n'auraient pas David Lynch a réalisé également des lithographies en hommage au cinéaste italien Federico Fellini. Musique. Parmi ses passions, David Lynch compte aussi la musique, à laquelle il s'est souvent essayé, par exemple sur l'album "Dark Night of the Soul", de Danger Mouse et Sparklehorse. Outre la musique de sa série "Twin Peaks", écrite par Angelo Badalamenti mais à laquelle il participe, il réalise en 2001 l'album "", un album blues/rock industriel écrit et interprété avec John Neff. Deux des morceaux de l'album, "Mountains Falling" et "Go Get Some", apparaissent dans son film "Mullholland Drive". Tous les instruments sont joués par le duo, et Lynch est non seulement co-interprète, coproducteur et cocréateur des chansons, mais assure aussi le mixage et le design de l'album. En 2010, il prend un tournant plus prononcé en sortant, sous son propre nom, deux titres à tonalité electro, sur un label indépendant, intitulés "Good Day Today" et "I Know". Il lance même un grand concours ouvert aux cinéastes amateurs pour réaliser leur propre clip des titres, avec à la clé une récompense de sterling pour les gagnants ; le concours est remporté par Arnold de Parscau, étudiant rennais. Lynch crée aussi un nouveau site pour rassembler les meilleurs artistes émergents afin de soutenir les œuvres de sa fondation. Il sort en 2011 son premier album solo, "Crazy Clown Time", et, en 2013, annonce la sortie de son nouvel album musical, de tonalité blues, "The Big Dream". Le , le titre "I'm Waiting Here", interprété par David Lynch et la chanteuse Lykke Li, est diffusé sur Internet. Publicité. David Lynch réalise, depuis le début des années 1990, une dizaine de spots publicitaires, entre autres pour PlayStation, Calvin Klein, Nissan, Barilla ("Piazza Navona" en 1993 avec Gérard Depardieu), ou encore "Lady Dior" (avec Marion Cotillard) dans les années 2010. Design. David Lynch a travaillé ces dernières années sur des projets très différents : il a réalisé une installation exposée en vitrine pour les Galeries Lafayette en 2009 intitulée "Machines, Abstraction and Women", a dessiné une bouteille de champagne pour Dom Pérignon et conçu le design intérieur d'une boîte de nuit parisienne, le Silencio, 142 rue Montmartre. Il semble qu'il s'implique fortement dans ce genre de projets. Son entourage déclare qu'il ne s'y engage que s'il a et qu'il a l'assurance de jouir d'une liberté de création totale. Chaîne YouTube. Le , il crée sa chaîne YouTube intitulée "David Lynch's Theater", sur laquelle il publie sa première vidéo le , celle-ci étant le début d'une série de "weather reports" sans interruption. En plus des "weather reports" quotidiens, Lynch y publie également des courts métrages comme "Fire (Pozar)" ou "Rabbits", des présentations de son travail dans une série intitulée "What Is David Working on Today?", des conseils de bricolage et de couture, des interviews où il répond aux questions de ses fans, ainsi que, à partir de la période de pandémie de Covid-19 en 2020, un tirage au sort de numéro entre 1 et 10, "Today's Number is...". Engagements divers. Méditation transcendantale. David Lynch apprend la technique de méditation transcendantale en , et la pratique régulièrement depuis. Il évoque dans son livre, "Catching the Big Fish", l'impact de cette technique sur son processus créatif. En 2005, il crée la « Fondation David Lynch pour la paix mondiale et une éducation fondée sur la conscience » pour procurer des bourses de financement aux lycéens, étudiants et autres populations dites « à risque », intéressés par l'apprentissage de la technique de Méditation Transcendantale et pour financer la recherche sur la technique et ses effets sur l'apprentissage. Il assiste à la crémation de Maharishi Mahesh Yogi en Inde en 2008. En 2009, il se rend une nouvelle fois en Inde pour effectuer des interviews de personnes ayant côtoyé Maharishi Mahesh Yogi dans le but de réaliser un documentaire biographique. Le , à l'occasion du cinquantième anniversaire de la première venue en France de Maharishi Mahesh Yogi, le cinéaste donne une conférence de presse à Lille pour parler des bénéfices que l'on pourrait attendre de la Méditation transcendantale pour lutter contre la violence à l'école, une démarche qu'il souhaiterait expérimenter en France dans une dizaine d'établissements scolaires de banlieue. David Lynch a aussi donné une série de conférences en faveur de la Méditation transcendantale dont des séquences ont été filmées et réunies par la Fondation David Lynch dans un documentaire de 2012, "Meditation, Creativity, Peace". Le jeune réalisateur du documentaire de 2010 "David et les yogis volants" (titre original : "David wants to fly"), David Sieveking, porte un regard critique sur Lynch autant que sur les "rajas", responsables nationaux du mouvement de Méditation transcendantale. Attentats du 11 septembre 2001. Dans un entretien diffusé le dans l'émission "Wereldgasten" sur la chaîne de télévision hollandaise VPRO, puis dans l'émission de radio d'Alex Jones aux États-Unis, David Lynch affiche sa perplexité quant à l'explication gouvernementale des attentats du 11 septembre 2001 sans lui préférer pour autant d'autres théories : Élections présidentielles. Il annonce, le , son soutien au candidat démocrate Bernie Sanders pour l'élection présidentielle américaine de 2016, via un message posté sur Twitter. Filmographie. Acteur ou contributions diverses. En plus de ses multiples fonctions derrière la caméra (compositeur, monteur, mixeur, décorateur, animateur, producteur, scénariste, cadreur, ingénieur du son, réalisateur), David Lynch est aussi acteur. Il se met lui-même en scène dans la série "Mystères à Twin Peaks" et le , où il tient le rôle de l'agent Gordon Cole, dont la particularité est d'être malentendant. Il collabore également avec d'autres réalisateurs, comme ("Zelly and Me", 1988), Michael Almereyda, en endossant le rôle d'un réceptionniste d'une morgue dans "Nadja" (1994), puis dans "", un documentaire réalisé en 2006 par . Dans "The Cleveland Show", série créée par Seth MacFarlane, Lynch prête sa voix au barman Gus, personnage lui ressemblant étrangement. Collaborations récurrentes. Des acteurs et professionnels du cinéma et du monde artistique ont collaboré de façon récurrente avec David Lynch ; ainsi du compositeur Angelo Badalamenti, de son ex-épouse la monteuse et productrice Mary Sweeney, ou des acteurs Harry Dean Stanton, Jack Nance, Kyle MacLachlan, Naomi Watts, Isabella Rossellini, Grace Zabriskie et Laura Dern. Musiciens dans le cinéma de Lynch. À plusieurs reprises, Lynch a inclus dans ses films des musiciens célèbres.
Dublin Dublin ( ; en anglais local : ; en irlandais : ' ou ' ) est la plus grande ville de l'île d'Irlande et de l'État d'Irlande, dont elle est la capitale (Belfast étant la capitale de l'Irlande du Nord). La ville est située sur la côte orientale de l'île et au centre du comté de Dublin. Dublin est la plus grande ville d'Irlande en importance et en nombre d’habitants depuis le haut Moyen Âge. Elle est aujourd’hui classée à la soixante-sixième place dans l’index des places financières mondiales et a un des plus forts taux de développement parmi les capitales européennes. Dublin est le centre historique, politique, artistique, culturel, économique et industriel de l’Irlande. La population de la commune de Dublin est de au recensement de 2016. Au même recensement, le comté de Dublin compte tandis que la région du Grand Dublin abrite . Toponymie. Le nom de « Dublin » est généralement considéré comme provenant du gaélique originel "Dubh Linn" (« l'étang noir ») qui signifie maintenant « baie de la fumée », le nom d'un bassin d'un affluent de la Liffey, près duquel s'est érigée la première place forte des Vikings irlandais, ou "Gall Gàidheal". Des doutes existent cependant à ce propos. En effet, la première référence à l'existence de la ville se trouve dans les écrits de Ptolémée aux environs de 140. Elle est alors désignée sous le nom de "Eblana". La proximité de ce nom avec le nom actuel (b, l et n en commun) fait donc douter sur le lien entre "Dublin" et "Dubh Linn", mais on ne sait pas si ces deux origines sont liées. Le nom "Dubh Linn" se retrouve également en islandais : "djúp lind" ("mare profonde"), en gallois : "Dulyn" ("du" noir, et "llyn" lac, étang) et en breton : "Dulenn" ("du" noir, et "lenn" étang, mare, lac). Le nom gaélique contemporain "" (« La ville du gué des haies de roseaux ») fait référence au hameau qui se trouvait près du site de fondation de Dublin. Géographie. Site. La ville est située à peu près au milieu de la côte est de l'Irlande, le long d'une baie, à l'embouchure de la Liffey et au centre de la région du Grand Dublin. Au sud de la ville s'étendent les montagnes de Wicklow. Climat. Son climat est typiquement océanique. On peut le comparer au climat de Vancouver. Les hivers sont doux (environ ) et les étés frais (environ ). Les précipitations, d'un total de , sont bien réparties tout au long de l'année. Histoire. Origines. Selon Ptolémée, "Eblana" existait dès l'an 140. Le village celtique "Áth Cliath" (le gué de la haie) est en fait antérieur à la fondation de Dublin en tant que « Dubh Linn » par les Vikings au . En l'an 837, Thorgis y revient pour la deuxième fois, accompagné cette fois d'une flotte de cent vingt bateaux viking. Soixante d'entre eux remontent la fleuve Boyne, les soixante autres le fleuve Liffey. Selon les annales de l'époque, cette formidable force militaire se rassemble sous son autorité. Inconnu dans son propre pays, tous les récits relatifs à ses conquêtes se trouvent en Irlande et dans les îles britanniques. À leur arrivée à Dublin, ses hommes s'emparent de cette communauté de pêcheurs et agriculteurs et érigent un solide fort selon les méthodes de construction scandinaves, sur la colline où se trouve l'actuel château de Dublin. Les noms modernes de Dublin font référence à cette double origine : le hameau originel pour le nom gaélique, et le village viking pour la version anglaise. Le roi Brian Boru, surnommé Boroimhe, Brian Mac Cenneidigh, né en l'an 941 dans le Thomond en Irlande, fut inhumé à Dublin en l'an 1014, à l'âge de . Il a tenté une unification de l'Irlande ; il est décédé à la bataille de Clontarf le , dans sa tente, un vendredi saint. L'occupation anglaise. Après l'invasion de l'Irlande par les Anglo-Normands (1170/1171), Dublin a remplacé la colline de Tara comme capitale de l'Irlande, le pouvoir s'installant au château de Dublin jusqu'à l'indépendance. Un évêché y fut érigé en 1018 ; en 1213 les Anglais, qui s'en étaient rendus maîtres, y élevèrent un château, fortifié au . À partir du , la ville s'est développée rapidement, croissance qui sera rationalisée cinquante ans plus tard par le percement de boulevards, sous la Wide Streets Commission créée en 1757. En 1700, la population dépasse , ce qui en fait la deuxième ville de l'empire britannique, alors réduit aux îles et aux colonies d'Amérique du Nord et des Antilles. Après leur victoire à la bataille de la Boyne en 1690, les troupes protestantes de Guillaume d'Orange, parmi lesquelles français, ont installé nombre de leurs hommes à Dublin, pour se démarquer des protestants controversés qui avaient colonisé l'Ulster et le Munster depuis un siècle. Les 239 huguenots de Dublin ont une sépulture collective, Huguenot House dans la petite rue de Mansion Row près du parc de St Stephen's Green, créé en 1693 dans le nouveau Dublin, où sont gravés les noms de 239 d'entre eux, répertoriés par ordre alphabétique. Leur domination politique et culturelle est facilitée par l'exil pour la France de jacobites au moment du Traité de Limerick, parmi lesquels on compte l'essentiel de la noblesse catholique irlandaise, dont une large partie avait déjà été expropriée, dans les régions de Munster (centre-ouest) et l'Ulster depuis un siècle. Londres ne prétend pas transformer en propriétaires terriens cette nouvelle vague de protestants, qui ont connu la vie aux Pays-Bas, et préfère les voir réunis à Dublin pour contrer d'éventuels débarquements jacobites, au départ du port français de La Hougue. Depuis le début de l'occupation anglaise au , la ville a joué le rôle de capitale de l'île irlandaise, sous toutes les formes qu'a pu prendre l'autorité politique : Capitale de l'Irlande indépendante. L'Insurrection de Pâques en 1916 place la capitale dans l'instabilité, et la guerre anglo-irlandaise, tandis que la guerre civile irlandaise a laissé la ville en ruines, beaucoup de ses plus beaux bâtiments ayant été détruits. L'État d'Irlande a reconstruit une grande partie des bâtiments de la ville, mais sans prendre de réelle initiative pour moderniser la ville ; le parlement a été déplacé dans la Leinster House. À partir de 1922, à la suite de la partition de l'Irlande, Dublin est la capitale de l'État libre d'Irlande (1922–1937) puis de la République d'Irlande. Après la Seconde Guerre mondiale (connue comme « » en référence à l'état d'urgence décrété de 1939 à 1946), Dublin était une capitale vieillotte, le renouvellement de la ville était lent. Dublin fut plusieurs fois touchée par des attentats en lien avec le conflit nord-irlandais, comme ceux de 1974. À partir des années 1990 et la période du tigre celtique, la ville a connu de nombreuses transformations, notamment par la création de nouveaux quartiers, bâtiments et infrastructures, dans le centre mais aussi en périphérie, ainsi que par l'arrivée de nouvelles populations constituées de jeunes actifs originaires d'Europe et d'Asie. Les infrastructures ont été bouleversées, avec l'avènement du DART (train de banlieue de type RER) et du LUAS (tramway), qui ont permis à la ville de disposer d'un système de transports urbains digne d'une ville européenne moderne. La création de deux lignes de métro est également projetée à l'horizon 2025. Ainsi, Dublin, qui avait un aspect plutôt provincial jusque dans les années 1990, a beaucoup changé, du fait d'une frénésie immobilière et urbanistique. Économie. Industries. Dublin est le centre industriel de l'Irlande, avec notamment de nombreuses activités dans le port de Dublin. De nombreuses multinationales pharmaceutiques se sont implantées à Dublin et dans sa banlieue, comme Pfizer. L'usine Guinness, située dans Dublin même, porte de St James, est un des premiers entrepôts ayant servi à la fabrication de la Guinness, désormais convertis en un gigantesque musée consacré à l’histoire de la marque. Secteur tertiaire. Le secteur tertiaire s'est fortement développé depuis l'époque du Tigre celtique dans les années 1990, notamment dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication. La ville abrite les sièges européens ou les principaux centres opérationnels de Google, Facebook, Amazon, eBay, PayPal, Yahoo!, Twitter, Accenture, Xerox, Provectio et Salesforce.com. À l'ouest de Dublin, Leixlip accueille Intel et Hewlett-Packard. Le centre opérationnel de Microsoft pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique est situé dans la zone d'activités de Sandyford, au sud de Dublin. Un important centre d'affaires, l'International Financial Services Centre, a été construit dans le quartier de North Wall. Dublin a également vu la création d'un pôle de compétence par l'installation de nombreuses entreprises multinationales de haute technologie (informatique principalement), attirées par une fiscalité très favorable et l'amélioration des infrastructures grâce aux aides européennes consécutives à l'entrée de l'Irlande dans l'Union européenne. Culture. Littérature, théâtre et arts. La ville de Dublin a une formidable histoire littéraire, ayant produit de très grandes figures de la littérature comme les Prix Nobel William Butler Yeats, George Bernard Shaw et Samuel Beckett ou les auteurs Oscar Wilde, Jonathan Swift et même le créateur de Dracula, Bram Stoker. Dublin est aussi célèbre comme étant le lieu d’action des plus grandes œuvres de James Joyce. "Dubliners" est un recueil de nouvelles à propos d’évènements et de résidents de la ville au tout début du . Son œuvre la plus célèbre, "Ulysse" se déroule aussi à Dublin et fourmille de détails décrivant la ville. En hommage à cette œuvre fondamentale, le Bloomsday (référence à Léopold Bloom, protagoniste de l'œuvre) est célébré chaque année le 16 juin et est l'occasion de voir les Irlandais défiler et déambuler sur les traces de Bloom. D’autres écrivains dublinois sont aussi célébrés, comme John Millington Synge, Seán O'Casey, Brendan Behan, et plus récemment Maeve Binchy et Roddy Doyle. Les plus grandes bibliothèques d’Irlande se trouvent à Dublin, la Bibliothèque nationale d'Irlande ou la Bibliothèque Chester Beatty. La littérature et la poésie jouent un rôle fondamental dans la vie de la ville et de manière générale en Irlande. Ainsi, un musée (le Dublin Writers Museum) regroupe des manuscrits et des objets originaux ayant appartenu à de nombreux écrivains, de Swift à Seamus Heaney. Il existe de nombreux théâtres à Dublin. Ceux-ci ont formé quelques acteurs mondialement célèbres comme Noel Purcell, Brendan Gleeson, Stephen Rea, Colin Farrell, Colm Meaney et Gabriel Byrne. Les théâtres les plus connus sont l’Abbey Theatre, le Gate Theatre, le Gaiety Theatre et l’Olympia. L’ a été fondé en 1904 par un groupe d’écrivains dont Yeats, dans le but de promouvoir les talents littéraires des auteurs irlandais. Il a permis de faire découvrir les œuvres d’auteurs comme Shaw, Synge, O'Casey, et en même temps de servir de tremplin au réveil national et politique du début du . Le Gate Theatre a été fondé en 1928 pour promouvoir les œuvres européennes et américaines d’avant-garde. Le est quant à lui spécialisé dans les productions musicales : opéras, comédies musicales, ballets. Le plus grand théâtre est le Mahony Hall. Dublin est aussi le point central de l’art Irlandais. On y trouve les musées les plus importants du pays. Le Livre de Kells est conservé au sein de la bibliothèque de Trinity College. La Chester Beatty Library possède de très nombreux manuscrits, dessins et autres livres rares dont les plus anciens documents remontent à 2700 ans Les œuvres artistiques des artistes Irlandais peuvent être contemplées dans de très nombreux musées situés à Dublin et dans les galeries d’art du centre-ville. Les principaux musées sont la Galerie nationale d'Irlande, le musée irlandais d'art moderne, la "Hugh Lane Municipal Gallery" et le musée national d'Irlande répartis en trois sites, l’archéologie dans Kildare Street, les arts décoratifs et l’histoire dans les Collins Barracks et l’histoire naturelle dans Merrion Street. Il existe également de nombreuses galeries commerciales (privées) dont l'entrée est toujours gratuite. L'une est d'ailleurs tenue par un Français : la galerie Olivier Cornet, en haut du Parnell Square (3 Great Denmark Street). Loisirs. Il existe une vie nocturne très dynamique à Dublin. La ville est une des plus jeunes d’Europe avec près de 50 % de la population âgée de moins de . De plus, Dublin a été élue en 2007 et 2009 ville la plus amicale d’Europe. Comme le reste de l’Irlande, Dublin est parsemée de pubs. Temple Bar, quartier situé sur la rive sud de la Liffey, est le lieu d’attraction d’une foule venue de toute la ville et de très nombreux touristes venus prendre les pubs d’assaut. Ce quartier a été développé en quartier culturel avec des galeries d’art, le centre national du cinéma (Irish Film Institute), des studios de photographie. De très nombreuses animations y sont organisées. Les rues autour de St Stephen's Green comptent de très nombreuses boîtes de nuit. Dublin a accueilli le Fleadh Cheoil en juin 1972. La ville a accueilli le concours Eurovision de la chanson à six reprises : en 1971, 1981, 1988, 1994, 1995 et 1997, c'est la ville qui a accueilli le concours le plus de fois. Les concerts sont très populaires. Depuis les petits groupes de musique traditionnelle jusqu’au hard rock, toutes les tendances musicales se retrouvent dans les différents pubs. De nombreux artistes ont fait leurs premiers pas à Dublin, au premier rang desquels U2, The Dubliners, The Boomtown Rats, Thin Lizzy, Sinéad O'Connor et The Cranberries ou encore Shook Up! La ville compte aussi un des parcs zoologiques les plus anciens du monde, le Zoo de Dublin, situé dans Phoenix Park, administré par la Société de zoologie d'Irlande. Communications. Radio Telefís Éireann (RTE) est la chaîne nationale de radio et télévision ; son siège se trouve à Dublin où sont également installés ses principaux studios. "Fair City" est un feuilleton produit par la chaîne dont l'action se déroule dans une banlieue fictive, "Carraigstown". TV3, la seule chaîne privée nationale, est aussi basée à Dublin, et importe la plupart de ses programmes des télévisions britanniques et américaines, cherchant à atteindre un public jeune. Les principaux bureaux des services postaux, téléphoniques (fixes et mobiles) sont également implantés à Dublin, tout comme de nombreuses stations de radio et la plupart des quotidiens nationaux. Société. Northside & Southside. Il existe traditionnellement une opposition entre le nord et le sud de la ville, avec la ligne de démarcation formée par la Liffey. Le "Northside" est plus pauvre et ouvrier, tandis que le "Southside" est considéré comme plus aisé, occupé par les classes moyennes et supérieures. Cette division se retrouve dans les codes postaux attribués aux quartiers, le nord ayant des numéros impairs tandis que les numéros pairs sont attribués aux quartiers sud. Cette division date d'il y a des siècles, sans doute à l'époque où le comte de Kildare a construit sa résidence au sud, à l'époque peu développé, et a été rapidement suivi par ses pairs ; quand on lui demandait pourquoi il allait s'installer au sud, il répondait « Où je vais me suit la mode ». En opposition, bien que le sud soit plus aisé, la résidence officielle du président d'Irlande (Áras an Uachtaráin) se trouve au nord (mais avec le code postal 8, normalement du sud). La résidence de l'archevêque catholique de Dublin et de son homologue anglican jusqu'en 1920 sont elles aussi situées dans le "Northside", ainsi que l'une des banlieues les plus riches de Dublin, la colline de Howth. Il existe également de nombreuses banlieues ouvrières dans le sud, comme Palmerstown, Crumlin et Ballyfermot. Dublin 4. Les classes moyennes de Dublin sont souvent appelées Dublin 4, en référence au code postal de l'un des quartiers les plus riches de Dublin, dans lequel se trouvent les studios de la radio nationale, Radio Telefís Éireann, ainsi que bon nombre d'écoles et de lycées réputés, une université et les ambassades. Le campus moderne de l'University College of Dublin se trouve à la limite entre Dublin 4 et Dublin 14. En fait, le terme Dublin 4 ou son abréviation D4 peut s'appliquer à n'importe quel Dublinois de classe moyenne, aussi bien du Northside que du Southside, ou plus souvent à une attitude que l'on peut trouver partout ailleurs en Irlande. De nombreux personnalités politiques et politologues vivent à Dublin 4, et ce quartier prend traditionnellement des positions très libérales lors des référendums sur des sujets tels que l'avortement ou le divorce. Dublin 4 est également associé à un certain accent (pas vraiment spécifique à ce quartier), que certains apprécient et d'autres abhorrent. Sport. Pratiquement toutes les fédérations sportives irlandaises ont leur quartier général à Dublin. La capitale irlandaise est en 2010 la « Capitale européenne du sport ». Avec ses assises, Croke Park est la quatrième plus grande enceinte sportive d’Europe. Ce stade accueille traditionnellement les sports gaéliques que sont le hurling et le football gaélique. Il accueille aussi des matchs internationaux de rugby, et des concerts comme ceux de U2 ou de Robbie Williams. Le stade de Lansdowne Road, appartenant conjointement aux fédérations de rugby et de football reçoit les matchs des équipes nationales de ces deux sports. Nommé Aviva Stadium, il atteint une capacité d’accueil de . Ce nouveau stade a accueilli en 2011 la finale de la Ligue Europa. Le Donnybrook Rugby Ground est le terrain traditionnel de l'équipe de Leinster Rugby ; à cause de son manque de place, le club déménage en 2007 à la RDS Arena. Dublin compte six équipes professionnelles de football : Shamrock Rovers, Bohemian FC, Shelbourne FC, St. Patrick's Athletic, UC Dublin. Il y a également plusieurs champs de course dans l'agglomération de Dublin, dont Shelbourne Park (course de lévriers) et Leopardstown (courses hippiques). Enfin, on trouve également de nombreux autres stades, destinés au basket-ball, au handball gaélique, au hockey sur gazon ou à l'athlétisme. Monuments et lieux d'intérêt. Dans la ville se trouve une importante architecture géorgienne, et des lieux ayant gardé le souvenir de l'histoire littéraire irlandaise (Jonathan Swift, Oscar Wilde, George Bernard Shaw, William Butler Yeats, James Joyce, Samuel Beckett…) Parmi les sites à visiter, les plus intéressants sont : Il y a aussi de nombreuses places et squares recelant des trésors de l'architecture géorgienne : St Stephen's Green, Merrion Square, Ely Place, Fitzwilliam Square… Le quartier le plus richement doté en restaurants est celui de Temple Bar, ancien, intéressant et en pleine renaissance. Cependant, les autorités dublinoises essaient de réduire le nombre d'enterrements de vie de jeune fille ou de garçon (les "Stag nights"), qui envahissent ce quartier chaque semaine. Pour apprécier un autre aspect de la ville, on peut visiter le paisible village de Sutton. Éducation. Dublin est le principal centre d'enseignement supérieur en Irlande. La ville est dotée de trois universités. L’université de Dublin (protestante à l'origine) est la plus ancienne, fondée au . Son unique faculté, Trinity College, a été créée par un édit royal sous le règne d'Élisabeth d'Angleterre. L’université Nationale d'Irlande a son siège à Dublin, tout comme la direction de l’"University College Dublin", une faculté autonome depuis 1997, son principal organisme. Un autre de ses départements, l’université Nationale d'Irlande de Maynooth, est basé à environ de Dublin. Dublin City University est l'université la plus récente créée en Irlande. Elle est spécialisée dans le commerce, l’ingénierie et les sciences industrielles, et dispose d'importants centres de recherche. Le Collège Royal des Chirurgiens d'Irlande est une école médicale indépendante basée à Stephen's Green, dans le centre. Dublin Institute of Technology, l’institut de technologie de Dublin, est une école d’ingénieurs moderne, la plus grande structure d'enseignement supérieur du pays qui ne soit pas une université ; ses spécialités sont les matières technologiques, mais il dispense également un remarquable enseignement artistique. Il va bientôt s'implanter sur le campus de Grangegorman. Il y a aussi de plus petits instituts de technologie à Blanchardstown et Tallaght. Le National College of Art and Design (École nationale d'art et de design) et l'institut de Dún Laoghaire pour les Arts, le Design et la Technologie mènent des actions de recherche et d'expérimentation dans les domaines des arts, du design et des technologies de l'information. Il existe également de nombreuses écoles spécialisées dans la ville, dont certaines structures privées. Logement. Les loyers réclamés aux locataires sont très élevés. En 2019, ils se situent entre en moyenne pour un logement avec une chambre. Les prix ont augmenté en moyenne de 70 % entre 2012 et 2020, faisant de Dublin la capitale européenne la plus onéreuse pour le montant des loyers. Transports. Port de Dublin. Le port est le plus important du pays Transport aérien. L'Aéroport international de Dublin est le principal aéroport du pays. Transport ferroviaire. Heuston Station et Connolly Station sont les deux gares principales de la ville, la première desservant le Sud et l'Ouest du pays tandis que la seconde relie Dublin à Sligo, Rosslare et Belfast. Réseau routier. Dublin est également le centre du réseau routier irlandais. L'autoroute M50, une sorte de périphérique encerclant Dublin du Nord au Sud en passant par l'Ouest, relie tous les axes nationaux partant de la capitale. Un péage est perçu pour le passage du "West Link", un pont autoroutier enjambant la Liffey au niveau du village de Lucan. Bien que sa construction ait débuté dans les années 1980, en 2005 tous les travaux ne sont pas terminés. Une action en justice à propos de la préservation du site médiéval de Carrickmines Castle a retardé la dernière tranche. Actuellement, la M50 compte , mais on commence à réfléchir au passage à . L'autorité routière nationale envisage également d'augmenter la capacité des parties les plus fréquentées de l'autoroute en aménageant des échangeurs plus efficaces. Afin de boucler le périphérique, un contournement « Est » est envisagé. La première partie du projet est en cours de construction, il s'agit du tunnel du port de Dublin. L'ouverture à la circulation de ce tronçon, qui devrait accueillir principalement des poids lourds, est prévue pour 2006. Après cette mise en service, le conseil municipal de Dublin espère pouvoir interdire le passage des camions à travers la ville. La suite du projet implique un autre tunnel reliant le port au Sud de la ville, mais les plans de cette partie n'ont pas encore été établis. La capitale est aussi entourée par ce que le conseil municipal a appelé les "orbitales" intérieure et extérieure. L'orbitale intérieure encercle le cœur de la ville géorgienne, de St Stephen's Green à Mountjoy Square et du King's Inns à la cathédrale Saint-Patrick. L'orbitale extérieure contourne la ville le long du cercle naturellement formé par les deux canaux de Dublin : le grand canal d'Irlande et le canal royal d'Irlande, ainsi que "South Circular Road" et "North Circular Road". Transports publics. Les transports publics dublinois s'appuient sur différents réseaux gérés en majorité par la "Bus Átha Cliath" (Bus de Dublin), : Il n'y a qu'un conducteur à bord (pas de contrôleur) et le prix du trajet, fonction du nombre d'arrêts de bus entre le départ et l'arrivée doit être payé exactement au conducteur à la montée, sans rendu de monnaie. Il existe également des forfaits prépayés que l'on composte à la montée du bus. Le tarif des bus de nuit est un forfait indépendant de la distance parcourue. Un projet de métro reliant l'aéroport de Dublin au centre-ville est la prochaine étape du développement des transports publics. En 2019, l'autorité organisatrice dévoile le tracé sélectionné sur l'axe nord-sud avec un passage par l'aéroport. Le calendrier prévoit un début des travaux en 2021 pour une ouverture en 2027. Les trains de banlieue desservent aussi l'ouest de l'agglomération, et notamment Kildare et Maynooth. Administrations. Pouvoirs municipaux. Dublin est gérée par le Conseil de la Ville de Dublin ("Dublin City Council", qui s'appelait précédemment "Dublin Corporation"), qui est présidé par le Lord-maire de Dublin (équivalent du Maire), qui est élu annuellement et réside à Mansion House, devenue La résidence du Maire en 1715. Le conseil de Dublin est basé sur deux sites : le principal se trouve au "Dublin City Hall", l'ancien "Royal Exchange", qui avait été construit à cette fin dans les années 1850. Une grande part de l'administration est cependant logée dans les bâtiments des "Civic Offices", très controversés car construits sur ce qui était l'un des sites archéologiques Vikings les mieux préservés au monde. La décision de raser ce site pour le Conseil de Dublin a provoqué l'une des plus grandes contestations de l'histoire récente en Irlande, avec des milliers de personnes manifestant pour arrêter les travaux. La destruction de ce site, et la construction de ce qu'on appelle maintenant « Les Bunkers » en référence à leur laideur, est considérée comme le pire désastre subi par le patrimoine irlandais depuis l'Indépendance. Même le Conseil de l'époque a fini par admettre sa honte, et seuls 2 des initialement prévus ont été réalisés. À la place des deux autres, un troisième bâtiment dessiné par l'atelier de Scott Tallon Walker a été achevé en 1994. Ce bâtiment, situé face à la rivière, est moins massif que les précédents. Les réunions du Conseil se déroulent au City Hall, sur Dame Street, l'un des plus beaux bâtiments de la ville construit par Thomas Cooley. Région de Dublin. Depuis des siècles, la ville a été administrée par le Conseil de Dublin. Aujourd'hui, la région de Dublin, précédemment connue comme le comté de Dublin, compte plus d'un million d'habitants répartis sur . En 1994, le comté de Dublin (hors la ville) a été divisé en trois, chaque nouvelle entité recevant les statuts d'un comté à part entière et l'administration équivalente ; il s'agit de : Il existe aujourd’hui une autorité régionale : la ", au sein de laquelle les différentes administrations de chacune des entités de la région de Dublin (la ville et les trois comtés périphériques) coordonnent leurs politiques. Gouvernement national. Le Parlement national de la République d'Irlande (appelé "Oireachtas Éireann") est composé de la présidence et de deux chambres : "Dáil Éireann" (« Assemblée d'Irlande ») et "Seanad Éireann" (« Sénat d'Irlande »), les trois pouvoirs étant basés à Dublin. La résidence du président d'Irlande s'appelle Áras an Uachtaráin, ancienne résidence du gouverneur général de l'État libre d'Irlande, situé dans Phoenix Park, le plus grand parc de la ville. Quant aux deux chambres, elles se réunissent à Leinster House, un ancien palais ducal au Sud de la ville. Ce bâtiment est le siège du Parlement depuis la création de l'État Libre d'Irlande, le Le gouvernement irlandais, quant à lui, occupe un grand bâtiment conçu par Aston Webb, l'architecte qui avait créé la façade du palais de Buckingham. Ce bâtiment, aujourd’hui appelé "Government Buildings", avait été construit pour être le Collège royal scientifique, il fut le dernier bâtiment construit sous l'administration britannique en Irlande. Étant donné sa proximité avec Leinster House, le bâtiment a été choisi pour accueillir temporairement certains ministères en 1921 après l'indépendance. Finalement, aussi bien "Government Buildings" que "Leinster House" (elle aussi prévue pour accueillir temporairement le parlement) sont devenues les sièges permanents, respectivement, du gouvernement et du Parlement. Jusqu'en 1990, le gouvernement a partagé le bâtiment avec l'école d'ingénieurs de l"'University College of Dublin" (université) mais la construction de nouveaux bâtiments sur le campus de UCD à Belfield a permis au gouvernement de prendre possession de l'intégralité des locaux et de les réaménager à son usage. Jumelages. La ville de Dublin est jumelée avec :
D. H. Lawrence David Herbert Lawrence, plus connu comme D. H. Lawrence, ( à Eastwood au Royaume-Uni - à Vence en France) est un écrivain britannique. Auteur de nouvelles, romans, poèmes, pièces de théâtre, essais, livres de voyage, traductions et lettres, il est célèbre notamment pour son roman "L’Amant de lady Chatterley". Ses œuvres rassemblées représentent, entre autres, une réflexion approfondie sur les effets déshumanisants de la modernité et de l’industrialisation. Les écrits de Lawrence explorent des questions telles que la sexualité, la santé émotionnelle, la vitalité, la spontanéité et l’instinct. Ses romans incluent "Amants et Fils," "L'Arc-en-ciel" et "Femmes amoureuses". Les opinions de Lawrence lui ont valu de nombreux ennemis, et il a enduré la persécution officielle, la censure et la fausse représentation de son travail créatif tout au long de la seconde moitié de sa vie, dont une grande partie a été passée dans un exil volontaire qu’il a appelé son « pèlerinage sauvage ».  Au moment de sa mort, sa réputation publique était celle d’un pornographe qui avait gaspillé ses talents considérables. Edward Morgan Forster, dans une notice nécrologique, a contesté ce point de vue largement répandu, le décrivant comme « le plus grand romancier imaginatif de notre génération ».  Plus tard, le critique littéraire F. R. Leavis a défendu à la fois son intégrité artistique et son sérieux moral. Même s'il fut considéré comme l'un des plus grands écrivains britanniques et mondiaux du XXe siècle, nombreux furent et restent les malentendus qui l'entourent. Bien que quelques féministes aient mis en cause certains de ses propos sur les femmes et la sexualité, il demeure l’un des rénovateurs majeurs de la fiction contemporaine qui sentit le lien profond existant entre esthétique, sexualité et idéologie ; un penseur visionnaire. Biographie. Jeunesse et formation. Fils de Arthur John Lawrence, un mineur, et de Lydia Beardsall, David Herbert Richards Lawrence voit le jour à Eastwood, dans le Nottinghamshire, le 11 septembre 1885. Après l'école primaire, il poursuit sa scolarité à la "Nottingham High School" de 1898 à 1901. De 1902 à 1906, Lawrence enseigne dans le primaire, dans une école d'Eastwood. En 1908, il obtient son certificat d'aptitude au professorat à l'université de Nottingham. Durant ses premières années professionnelles, il écrit ses premiers poèmes et quelques nouvelles. En 1908, il s'installe près de Londres, pour enseigner à Croydon. Ses écrits sont remarqués par Ford Madox Ford puis par Edward Garnett, deux critiques littéraires à la fois écrivains et éditeurs. Après une sévère pneumonie en 1911, Lawrence décide de se consacrer pleinement à la littérature. De retour à Nottingham en 1912, il rencontre la baronne Frieda von Richthofen, l'épouse d'un de ses anciens professeurs. De six ans son aînée, Frieda l'initie aux plaisirs charnels, alors qu'il lui fait découvrir la poésie. Il l'épouse deux ans plus tard, après un périple riche en péripéties, en Allemagne et en Italie. Maturité et voyages. Juste après la guerre, en 1919, Lawrence quitte l'Angleterre et mène une vie d'errance d'un continent à l'autre. Il voyage ainsi en Australie, en Italie, à Ceylan, aux États-Unis, au Mexique et dans le Sud de la France. La première étape de son voyage le mène en Italie, dans la région des Abruzzes, puis à Capri et à Taormina en Sicile. Depuis la Sicile, il rayonne en Sardaigne, à Malte, dans le nord de l'Italie, en Autriche et dans le sud de l'Allemagne. Soucieux d'expériences authentiques, il parcourt l'arrière-pays sarde dans le petit train reliant les villages. Profitant de ses voyages pour expérimenter de nouvelles sensations, Lawrence continue à écrire régulièrement. Pendant cette période, il écrit notamment "Women in Love" ("Femmes amoureuses"), et "The Lost Girl" ("La Fille perdue"). Répondant en 1922, à l’invitation d'une riche Américaine, le couple s’embarque pour les États-Unis. Après une escale à Ceylan, puis une autre en Australie, qui inspire l'auteur pour ses romans "Kangaroo" et "Jack dans la brousse", ils font escale en Nouvelle-Zélande, et enfin à Tahiti. En septembre 1922, ils débarquent en Amérique, où ils demeurent jusqu’en 1925. Entre mars 1923 et mars 1925, Lawrence et Frieda font trois voyages au Mexique, où ils passeront au total environ un an. Ils s'installent notamment près de Guadalajara. L’auteur, qui s’intéresse à la civilisation amérindienne, commence alors à écrire "Le Serpent à plumes". À l’automne 1923, le couple regagne l’Europe, visite Paris et Baden-Baden. L'année suivante, ils repartent pour New York, en compagnie d’une jeune anglaise, Dorothy Brett. En 1925, l'auteur écrit "St Mawr" ("L’Étalon"). Apprenant qu’il est condamné par la tuberculose, Lawrence regagne l’Europe à l’automne. Le couple mène dès lors une vie errante, en Angleterre, Allemagne, France, Espagne, Suisse et surtout Italie. En 1926, Lawrence publie "The Plumed Serpent". Il effectue son dernier séjour en Angleterre. À Florence, les époux Lawrence se lient d’amitié avec le romancier Aldous Huxley et son épouse. L’Amant de lady Chatterley. Lawrence a écrit son dernier roman plusieurs fois. Trois versions en seront finalement publiées : Lawrence était gravement malade, atteint d'une tuberculose pulmonaire, incurable à l'époque. Il l'apprend de son médecin en 1925. Souffrant d'hémoptysie en , il écrit alors très vite la version puis la publie . Le livre fait scandale, il est saisi pour « obscénité » fin par les autorités britanniques et américaines. Une édition est publiée en à Paris. Il faudra attendre 1959 à New York (Grove Press) et 1960 à Londres (Penguin) pour que paraisse dans ces pays une version non expurgée du texte, les deux fois après procès . Il faut citer la dédicace des éditions Penguin : En France, le livre est traduit par F. Roger-Cornaz en 1932 et publié par Gallimard. En 1929, Lawrence publie "Pansies" ("Pensées"), un recueil de poèmes qui est confisqué par la justice. Ses peintures saisies à Londres. Une exposition de ses peintures provoque un scandale à Londres, et ses tableaux sont saisis par la police. Il écrit alors "Pornographie et obscénité". Pour son honneur et la défense de son œuvre, il publie "À Propos of Lady Chatterley’s Lover" ("Défense de Lady Chatterley") en 1930. Rattrapé par la maladie, Lawrence s’éteint le 2 mars 1930, à Vence, où il séjourne en compagnie de son épouse Frieda et des Huxley. Publications de son œuvre. Non seulement Lawrence est reconnu comme l'un des plus grands auteurs et romanciers britanniques, mais également comme l'un des meilleurs auteurs de récits de voyage. En 1921, il écrit "Sardaigne et Méditerranée", un récit du mode de vie des Méditerranéens. Livres et recueils. Sont ici indiqués les romans, recueils de nouvelles,de poèmes, pièces de théâtres, essais et autres ouvrages selon leur date de parution. Compilations posthumes. Sont indiquées les principales compilations en langue anglaise et française.
Densitomètre Un densitomètre est un instrument permettant de mesurer la densité optique (le noircissement) de matériaux photographiques transparents (films négatifs ou inversibles) ou opaques (papier). Le principe du densitomètre de transmission repose sur une mesure optique de deux plages lumineuses, dont l'une est fixe et l'autre variable. Dans les anciens systèmes manuels (comme le système Volomat), un opérateur actionnait un levier jusqu'à ce que les deux zones aient acquis la même intensité. En utilisant comme source fixe le faisceau de l'agrandisseur après passage au travers d'une zone de forte densité du négatif, et en connaissant l'intensité de la lampe d'agrandisseur, on arrive par lecture d'un abaque à déterminer la densité maximale du négatif. Aujourd'hui, l'opérateur est remplacé par une cellule. On se passe dans ce cas des deux sources lumineuses et on se contente de la source de référence. Cette dernière peut être intégrée au densitomètre ou faire l'objet d'un dispositif spécial, par exemple une table lumineuse. Le signal électrique généré par la cellule exposée à la lumière, après amplification, est mesuré par un milliampèremètre gradué en densité. Certains densitomètres sont associés à une table traçante qui dessine automatiquement la courbe caractéristique. Le densitomètre permet l'étalonnage de divers instruments optiques, tels les scanners, les systèmes d'agrandissement ou tout autre système d'acquisition optique. Il est indispensable pour suivre la qualité des traitements dans un laboratoire photographique ; dans ce cas, on l'utilise pour lire un sensitogramme. Le densitomètre par réflexion est également utilisé en imprimerie pour mesurer et contrôler la densité des encres couleur. On distingue des densitomètres noir et blanc et couleur ; certains densitomètres combinent un mode par réflexion et un mode par transmission.
Divertissement Un divertissement est une activité qui permet aux êtres humains d'occuper leur temps libre en s'amusant et de se détourner ainsi de leurs préoccupations. Les divertissements forment l'essentiel de la famille plus large des loisirs : par exemple, une conversation, amicale et plutôt inattendue, entre anciens collaborateurs sera un loisir notable dans l'entreprise sans être un divertissement. Le divertissement a été étudié par différents philosophes, en particulier Blaise Pascal. Depuis l'ère de la société de consommation et des loisirs, il est devenu un secteur d'activité économique florissant notamment concernant les parcs de loisirs et de divertissement ainsi que les médias. Étymologie. Le terme "divertissement" est d'origine latine, il est apparu en Europe à la fin du . Il désignait alors l'action financière consistant à détourner à son propre profit, ou distraire, une part de l'héritage. Par la suite, on a repris le terme pour l'appliquer à l'action de détourner l'essentiel en général et, par extension, à ce qui détourne quelqu'un de l'essentiel. Progressivement, il s'est associé à l'idée de plaisir et plus tard de loisirs. Approche de Blaise Pascal. En 1662, le philosophe français Blaise Pascal élabore une approche philosophique du divertissement qui sera publiée en 1670 dans les "Pensées". Il y développe l'idée selon laquelle il est nécessaire à l'être humain de se distraire et donc essentiel pour lui de se détourner de l'essentiel. Le divertissement est une façon pour lui de se détourner de ce qu'il est vraiment, à savoir un être misérable et mortel. Parce que le fait d'être inactif le confronte à l'ennui, dans lequel il découvre sa propre vacuité et le néant qui l'habite, l'être humain préfère se divertir de sa condition, en s'adonnant à toutes sortes d'activités (des plus hautes aux plus basses, Pascal les rassemble toutes sous le même concept). Le divertissement est donc indissociable de la condition humaine : c'est parce que l'être humain est un être fini et essentiellement incomplet, que le divertissement s'impose à lui. C'est une façon de ne pas affronter sa propre vérité, notamment sa mortalité : ("Les Pensées", Laf. 133). Selon Blaise Pascal, tout le monde est en proie au divertissement, aussi bien le roi que le courtisan, le soldat que le laboureur, puisque tous sont des êtres humains. Pour cette raison, Pascal ne le condamne pas moralement, et reconnaît même son efficacité : ("Les Pensées", Laf. 101). Ainsi, ce sont les « demi-savants » qui condamnent et méprisent le divertissement chez le peuple. Celui qui connaît la condition humaine, au contraire, ne peut que reconnaître que le divertissement est une façon efficace de ne pas passer sa vie à se morfondre sur soi, et son essentielle vacuité. Pour autant, il y a encore un niveau supérieur de considération : c'est celui du philosophe chrétien pour qui la seule façon véritable d'affronter la vérité de son être consiste non pas à choisir le divertissement, mais à reconnaître la toute-puissance de Dieu. Pour le chrétien qu'est Pascal, l'expérience de l'ennui et la méditation sur la condition humaine doit amener finalement l'être humain à la connaissance et l'adoration de Dieu. Divertissement en présentiel et divertissement médiatisé. Divertissement, "entertainment", comédie musicale. (Susie Morgenstern, "Be happy ! Mes plus belles comédies musicales" ; éditions Didier Jeunesse, 2018, p. 5.). Divertissements à l'heure du covid-19. Avec le développement de la pandémie covid-19 ce sont tous les divertissements en présentiel qui sont menacés. Mario d'Angelo définit cette catégorie par opposition aux divertissements médiatisés. Les pratiques qui se situent dans le champ du divertissement en présentiel sont: la fréquentation des spectacles et événements culturels et sportifs, les voyages et évasions touristiques, les visites de sites historiques, parcs à thème, musées… mais aussi les pratiques collectives en amateurs (arts, culture, sport) ou encore la fréquentation des lieux conviviaux (restaurants, discothèques...). Cependant, depuis longtemps le divertissement présentiel (sauf les voyages/séjours touristiques) a cédé du terrain face au divertissement médiatisé. Plus exactement, la forme présentielle a été relativisée dans l’ensemble des divertissements qui n’a cessé de croître conjointement au temps libre. La pandémie de covid-19 marque une nouvelle étape dans cette évolution. Exemples de divertissements. Quelques exemples d'activités qui permettent de se divertir : Elles prennent des formes différentes selon les lieux et les époques. Elles marquent plus ou moins les civilisations. L'une des plus anciennes est la danse et l'une des plus modernes est l'accès à des centres d'intérêt multiples via internet. Les arts plastiques, la musique, la fête et le sport passent à travers les âges et les cultures.
D'Ieteren D’Ieteren Group, fondée en 1805, est une société d'investissement contrôlée par une même famille sur plusieurs générations. Elle poursuit une stratégie à long terme en soutenant le développement de filiales dans le but d'en faire des leaders de leur secteur dans leurs aires géographiques. Activités. Le groupe possède en 2022 les entreprises suivantes : Principaux actionnaires. Au 28 février 2020: Histoire. Fondée à Bruxelles au début du sous le Premier Empire, par un artisan carrossier, Joseph-Jean D'Ieteren, dont le père, Jean-Gaspard Dieteren (1753-1795), qui avait épousé une fille de bourgeois, était déjà maître charron en cette ville et avait été reçu lui-même à la bourgeoisie de Bruxelles le 10 septembre 1794, la compagnie s'est ensuite développée en même temps que l'automobile et l'automobilisme, passant de réalisations artisanales à des productions plus industrielles. Au début du , l'entreprise, qui fabriquait à l’origine des carrosseries, voit son activité se transformer lorsqu'elle se tourne vers l’importation (1931) et l’assemblage (1935) de voitures et de camions Studebaker. Après la Seconde Guerre mondiale, D’Ieteren obtient les droits d’importation et de montage de la marque Volkswagen (1948) et de Porsche (1950). En 1956, D’Ieteren se lance dans la location de véhicules. Cette activité débouchera sur un partenariat avec Avis en 1958. D’Ieteren deviendra même en 1989 l’actionnaire principal d’Avis, avant de revendre sa participation dans Avis Europe au Avis Budget Group en 2011. D’Ieteren obtient par la suite le droit d’importer d’autres marques affiliées au Groupe Volkswagen : Audi (1974), Seat (1984), Skoda (1992), Bentley Motors (2000) et Lamborghini (2001). L’activité d’importation de deux-roues motorisés commence avec une partie de la production de Yamaha en 1975. En 1999, D’Ieteren devient actionnaire majoritaire du groupe de réparation et du remplacement de vitrage automobile Belron, auquel appartiennent Carglass et Autoglass. Sa participation s'élève en 2016 à 94,85 %, puis à 54,85% en 2018. Il existe un musée consacré à l’évolution de la compagnie et à l’automobilisme : la D’Ieteren Gallery, située au numéro 50 de la rue du Mail, à Ixelles (en Région de Bruxelles Capitale). En 2016, D'Ieteren acquiert la société Moleskine, une marque lifestyle aspirationnelle reconnue dans le monde entier. En 2018, D’Ieteren vend une participation minoritaire de 40% dans Belron à la société d’investissement internationale CD&R, renforçant ainsi sa capacité d’investissement. En 2021, D’Ieteren scinde ses activités de distribution et de vente au détail dans le secteur automobile pour en faire une nouvelle filiale détenue à 100%. Les deux entreprises, qui faisaient jusque-là partie de D’Ieteren SA/NV, deviennent deux entités distinctes: D’Ieteren Group et D’Ieteren Automotive. Chacune d’entre elles se voit dotée d’une nouvelle identité graphique et d’un nouveau logo. En 2021, D'Ieteren Group annonce l'acquisition d'une participation de 40 % dans TVH Parts. Établi à Waregem, en Belgique, TVH Parts est un distributeur international de pièces détachées pour les équipements de manutention, de construction, industriels et agricoles, et opère dans 26 pays.
David McNeil David McNeil est un auteur-compositeur-interprète, parolier, romancier et auteur de littérature d'enfance et de jeunesse né le dans le Bronx à New York (États-Unis), résident depuis 1949 en France, en Belgique, au Royaume-Uni et à Monaco, Américain naturalisé britannique en 1966. Biographie. David Mc Neil naît le dans le Bronx à New York (États-Unis). Il est le fils de l'artiste Marc Chagall et de Virginia McNeil. Après la mort de Bella, la première femme du peintre, en 1944, sa fille Ida, chez laquelle il vit depuis un an, se met en quête d'une gouvernante pour son père. Virginia, fille du diplomate britannique , consul général de New York, alors mariée à John McNeil, peintre et scénographe écossais, et mère d'une fille de cinq ans, Jean, accepte cet emploi à la condition de regagner son domicile le soir. Anglaise née à Paris en 1915, elle est parfaitement bilingue, a appris les beaux-arts à Paris et à Chicago, et a besoin de travailler pour retrouver son indépendance. Marc Chagall et Virginia McNeil tombent amoureux. David naît alors que sa mère n'est pas divorcée. Il porte de ce fait le nom du mari de sa mère. Les frais de clinique du Bronx dans laquelle il voit le jour sont cependant pris en charge par Chagall qui envisageait de l'adopter après le divorce de Virginia. L'enfant est prénommé David en mémoire du frère de Marc Chagall et circoncis le 29 juin lors d'une cérémonie présidée par . Ses parents s'installent à High Falls dans le Comté d'Ulster (État de New York) jusqu'au retour en France en 1949. En France, David McNeil passe ses premières années avec ses parents et sa sœur Jean entre Orgeval près de Paris et la maison des "Collines" à Vence dans le Midi. En 1952, sa mère rompt avec Marc Chagall, se remarie avec le photographe belge , son premier mari John McNeil ayant finalement accepté le divorce, et part vivre en Belgique avec ses deux enfants. Marc Chagall se remarie avec Valentina "Vava" Brodsky. Lorsque Virginia doit s'occuper de son mari gravement malade, David revient vivre auprès de son père mais après leur mariage . David est placé jusqu'à l'âge de seize ans en pensionnat au collège Montcel à Jouy-en-Josas. Il repart en Belgique où il est inscrit au lycée français de Bruxelles. Ensuite, il vit un temps chez sa sœur Jean à Londres. À vingt ans, alors qu'il est appelé par l'administration américaine pour partir au Viêt Nam, il obtient la nationalité britannique. En 1967, il épouse Leslie Ben Said dont la mère est juive marocaine et le père belge. Ils ont un fils, Dylan, en 1968. Pendant ses années de pensionnat, il découvre, à quinze ans, le jazz et le New Orleans en écoutant Louis Armstrong dans l'émission "Pour ceux qui aiment le jazz" de Frank Ténot sur Europe 1. Il s'essaye à la trompette sur un instrument offert par un ami de son père. Sa mère puis sa sœur lui font découvrir Duke Ellington et Miles Davis. Sûr de ne jamais parvenir à une telle perfection il arrête définitivement la trompette. Autour des années 1963, il découvre la musique folk avec Bob Dylan et Donovan, et la guitare avec Derroll Adams dont il devient le road manager. Il adopte le picking, influencé par Bert Jansch du groupe Pentangle et le brit blues. Vient ensuite, à la fin des années 1960, l'influence d'auteurs comme Claude Nougaro et Serge Gainsbourg. Trois disques 45 tours sont gravés par Philips avec des chansons qu'il a écrites en anglais et qu'il interprète : "Space Plane" et "Don't Let Your Chance Go By" puis "Indigo" et "The Machine", en 1968, dans un style de rock psychédélique, puis, en 1969 : "Linda" et "My Love", dans un style de musique beat. Le premier est également gravé par au Royaume-Uni et la partition, portant en incipit : (J'étais là debout, ivre comme je peux l'être, prêt à tomber), est publiée par la maison d'édition musicale . Il écrit et interprète en 1972 les chansons de son premier album, "Group Captain Crash", produit par la maison de disques de Pierre Barouh, "Saravah", dans lequel se trouve "Hollywood", la chanson qu'Yves Montand chantera dix ans plus tard lors de son Olympia 81 puis en 1982, traduite en anglais par David McNeil, au Metropolitan Opera de New York, en faisant un succès mondial. Vers 1970, David McNeil fait partie du milieu du cinéma "underground" belge. Il compose pour "La tête froide" de Patrick Hella, est l'assistant d'Henri Storck sur "Les fêtes de Belgique" et réalise plusieurs brûlots dont "Week-end" en 1968, "What Happened to Eva Braun?" en 1971 et "Les aventures de Bernadette Soubirous" en 1973. L'aventure Saravah se poursuit jusqu'en 1976 avec la production par Pierre Barouh de deux autres albums, "L'Assassinat" en 1973, "J'ai déjà fait mon arche, j'attends les animaux" en 1975 pour la sortie en France et en 1976 pour le Canada, complétés par trois 45 tours, "Group Captain Crash" et "Hollywood" en 1972, "Honolulu Lulu" et "Papa jouait du rock n'roll" puis "Tous les bars de Babylone" et "Suzy Blériot" en 1976. Durant cette période, David McNeil est accompagné par des musiciens comme Jacques Higelin, Jack Treese, Jean-Charles Capon, Jean-Louis Mahjun, Roland Romanelli, Bill Keith, Jean-Louis Rassinfosse, Yves Simon, Steve Lacy, Naná Vasconcelos ou Larry Martin. David McNeil a longtemps voulu que le grand public ignore qu'il était le fils de Marc Chagall, ayant fait un procès au journaliste Paul Wermus pour l'avoir révélé dans "Le Figaro Magazine". Il déclare en 2014 au micro de Frédéric Zeitoun pour l'émission Télématin sur France 2, à propos de la reprise d"'Hollywood" par Yves Montand : Rien n'a en effet davantage ému David McNeil que d'apprendre, de la bouche de Bill Wyman, l'ancien bassiste des Rolling Stones, voisin de Chagall à Vence, que le peintre suivait son fils de loin. André Verdet qui écrivait un livre sur le peintre lui avait présenté Bill Wyman mais s'ils ont effectivement sympathisé, Chagall ne semblait cependant pas s'intéresser à la musique en dehors d'Igor Stravinsky bien que son œuvre foisonne de violonistes. Après avoir décrit son enfance avec son père dans son livre "Quelques pas dans les pas d'un ange", David McNeil publie en 2006 "Tangage et roulis" aux éditions Gallimard. "28, boulevard des Capucines", sorti également chez Gallimard en 2012, est un livre de souvenirs, évoquant son enfance et les rencontres de sa vie d'artiste : Yves Montand, Laurent Voulzy, Robert Charlebois, etc. Dans "Un Vautour au pied du lit", il raconte son cancer à l'œsophage. Interprètes. Ses chansons sont interprétées par Yves Montand ("Hollywood", "Couleurs", "Nostalgie d'Angie"...), Alain Souchon ("Casablanca", "J'veux du cuir", "Normandie Lusitania", "Parachute doré"), Julien Clerc ("Mélissa", "Hélène", "Les Aventures à l'eau"...) mais aussi Jacques Dutronc, Sacha Distel, Robert Charlebois, Renaud ou encore Laurent Voulzy. Sauf indication, toutes les chansons citées sont écrites, pour les paroles, par David McNeil seul. Un titre suivi d'un astérisque indique une chanson adaptée par David McNeil, le titre de la chanson originale est alors précisé entre parenthèses.
Dark City , ou Cité obscure au Québec, est un film de science-fiction australo-américain co-écrit, co-produit et réalisé par Alex Proyas, sorti en 1998. Malgré des critiques globalement positives, le film est un échec commercial. Synopsis. Présentation générale. John Murdoch se réveille amnésique dans un hôtel. En cherchant à en savoir plus sur lui-même, il découvre qu'il est suspecté d'être un tueur en série. Il est notamment poursuivi par l'inspecteur Bumstead. Dans sa quête pour retrouver la mémoire, Murdoch fait la connaissance du docteur Schreber, qui semble en savoir beaucoup sur lui-même. De plus, Murdoch découvre des créatures douées de pouvoirs surnaturels effrayants et aux sombres desseins. Synopsis détaillé. Un homme se réveille dans son bain, une goutte de sang perle sur son front. Il ne se souvient de rien, il met des vêtements neufs déposés dans sa chambre d'hôtel quand il reçoit un appel téléphonique anonyme. On le prévient qu'« ils » arrivent et qu'il ne doit jamais « les » laisser l'attraper. Au moment où il prend la fuite, il aperçoit le corps d'une femme sur le sol. Il est poursuivi à la fois par un détective qui enquête sur les meurtres qu'il aurait prétendument commis et par d'étranges hommes pâles et chauves, tous habillés de la même façon. Ensuite, il apprend que son nom est John Murdoch et qu'il a une compagne, nommée Emma. Il est recherché par l'inspecteur de police Frank Bumstead. Ce dernier l'accuse d'être un tueur en série. John découvre ensuite qu'il est un mutant psychokinétique qui a la capacité de modifier les environnements. Il fait ensuite face à d'étranges hommes en noir, chauves et à la peau très pâle. Alors que ces hommes étranges cherchent à l'assassiner, John réussit à s'en débarrasser et fuit. John Murdoch explore ensuite la ville - Dark City- , toujours sombre. Personne ne semble se rendre compte qu'il y fait toujours nuit. À minuit, tous les citoyens dorment, sauf John Murdoch et ces mystérieux hommes pâles et chauves. Ces derniers ont eux aussi le pouvoir de modifier les environnements, la mémoire des gens et leurs identités. John Murdoch fait ensuite des découvertes sur son passé : il apprend qu'il est originaire de la ville de Shell Beach. Mais personne ne semble se rappeler comment se rendre dans cette région. De leur côtés, les hommes pâles et chauves injectent les souvenirs de John Murdoch sur l'un des leurs, M. Main, afin de mieux le connaître et ainsi le localiser. John Murdoch est capturé par l'inspecteur Frank Bumstead, qui semble être convaincu de l'innocence de ce dernier. Il sait que des choses anormales ont lieu dans cette ville. Ils rencontrent ensuite le Daniel Schreber, qui leur explique que ces hommes pâles et chauves sont en réalité des extraterrestres. Schreber précise qu'ils utilisent les humains comme cobayes d'expériences. Le docteur ajoute que John Murdoch est une anomalie réveillée par inadvertance. En cassant un mur avec des masses, Murdoch et Bumstead découvrent un passage vers l'espace. Les aliens surgissent alors et M. Main se sert d'Emma comme bouclier humain. Après une lutte entre l'inspecteur Frank Bumstead et l'un des aliens, ceux-ci sont aspirés dans l'espace. On découvre alors que la ville est sur une station spatiale entourée d'un champ de force. Les aliens emmènent John Murdoch dans le souterrain de la ville et obligent le Daniel Schreber à lui injecter leur mémoire collective car ils pensent que John Murdoch est le point culminant de leurs expériences. Schreber trahit finalement les aliens en injectant un remède à la place des faux souvenirs. Cela déclenche le retour de souvenirs de John Murdoch. Il se réveille et parvient à se délivrer grâce à ses propres pouvoirs psychiques. Il affronte et parvient à vaincre les aliens et leur leader M. Livre. Le Daniel Schreber apprend ensuite à John Murdoch qu'Emma a été réimprimée et ne peut pas être restaurée. John Murdoch utilise alors ses pouvoirs, amplifiés par la machine extraterrestre, pour créer un environnement rappelant Shell Beach. M. Main, mourant, retrouve ensuite John Murdoch à Shell Beach. Il l'informe qu'ils ont cherché en vain au mauvais endroit pour comprendre l'Humanité. Murdoch fait alors pivoter la station spatiale vers une étoile dont elle avait été détournée. La ville est touchée par la lumière du soleil, pour la première fois. John ouvre ensuite une porte menant hors de la ville et sort pour admirer le lever du soleil. Sur une jetée, il retrouve la femme qu'il connaissait sous le nom d'Emma. Elle dit alors se nommer Anna. Murdoch se présente à nouveau à elle. Ils marchent ensemble jusqu'à Shell Beach. Production. Genèse et développement. Alex Proyas a eu l'idée du film lors du tournage de "". Il écrit une première ébauche de scénario. Lem Dobbs retravaille considérablement son travail et organise le script. Enfin, David S. Goyer est engagé pour finaliser le scénario et ajouter des scènes d'action pour avoir un budget plus conséquent. Alex Proyas cite plusieurs films des années 1940-1950 comme influences majeures (notamment "Le Faucon maltais"), mais également d'autres œuvres comme "Metropolis" (1927), la série "La Quatrième Dimension" (1959-1964) et le film d'animation "Akira" (1988) Attribution des rôles. Kiefer Sutherland, grand fan de William Hurt, aurait immédiatement accepté le rôle lorsqu'il apprit que celui-ci faisait partie de la distribution. "" marque les débuts sur grand écran de Melissa George. Tournage. Le tournage débute le et se déroule à Los Angeles et Sydney (notamment aux Fox Studios Australia). Certains décors du film seront revendus et réutilisés pour l'équipe de "Matrix" (1999) : notamment pour la scène d'introduction où Trinity échappe aux agents en sautant d'immeuble en immeuble. Accueil. "" reçoit un accueil globalement favorable dans la presse. Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, il récolte 76% d'opinions favorables pour 85 critiques et une note moyenne de . Le consensus du site est le suivant : . Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de pour 23 critiques. Le célèbre critique américain Roger Ebert le qualifie comme le meilleur film sorti en 1998. Malgré cela, le film est un échec commercial, rapportant environ au box-office mondial, dont en Amérique du Nord, pour un budget de . En France, il a réalisé . Version "director's cut". Une version "director's cut" sort en DVD et Blu-ray en 2008. Elle contient 15 minutes de scènes inédites mais aussi la suppression de la voix hors champ dans la scène d'ouverture. En effet le réalisateur estimait que son personnage y dévoilait beaucoup trop d'informations sur le contenu de l'intrigue. Cela lui avait été imposé par le studio
Dungeon Siege Dungeon Siege est un jeu vidéo d'action/aventure (et plus précisément, un hack and slash) de fantasy, développé par Chris Taylor chez Gas Powered Games et édité par Microsoft. Système de jeu. Le joueur doit sauver le royaume d'Ehb des forces du Mal. Pour cela, il commande un personnage principal qui débute en tant que fermier jusqu'à devenir un héros. Pendant la progression dans le jeu, le personnage principal peut être rejoint par d'autres aventuriers, au nombre maximal de 8, que le joueur dirige également. Il peut aussi se munir d'une mule pour transporter plus d'objets, qui se défend. Chaque personnage peut se spécialiser entre combat au corps à corps, combat à distance, magie de guerre ou magie naturelle. La spécialisation au combat au corps à corps augmente la force ; le combat à distance, la dextérité ; et les deux magies, l'intelligence. Il n'y a qu'un seul écran de chargement au début de la partie. Une fois commencé, il n'y a plus besoin de patienter entre chaque niveau, puisqu'ici le monde est continu. Le royaume d'Ehb. Il s'agit du royaume servant de décors au premier opus de Dungeon Siege. Ce royaume a été colonisé longtemps avant le début du jeu par les descendants des habitants de la péninsule qui fuyaient la guerre déclenchée contre les forces des ténèbres, cependant il est évoqué quelques fois dans le jeu original et bien plus dans son extension que la vraie origine des colons d'Ehb est un rapport avec « un peuple des étoiles» . Le scénario aurait donc un rapport important à la science-fiction, malheureusement exclu... Cachés derrière les hautes montagnes qui bordent le royaume, les habitants se croient en sûreté. L'avenir leur donnera tort et propulsera un simple fermier et ses compagnons au rang de héros après qu'ils auront traversé tout Ehb. Les héros de Dungeon Siege sont appelés les Carnorouen, il s'agit de puissant guerrier doué de la flamme de Karo un pouvoir divin conféré par un ancien dieu du savoir. Histoire. Pendant le jeu, le joueur traverse différents lieux : Multijoueurs. Le monde multijoueurs est la péninsule utréenne. Le royaume d'Ehb peut aussi être joué en multijoueurs. On a le choix en multijoueurs entre la connexion au réseau local, la connexion via IP (internet). Microsoft a annoncé la fermeture du serveur ZoneMatch en 2007.
Liste des dirigeants de l'Union soviétique Les dirigeants de l'Union soviétique sont les différents hommes qui ont dirigé la République socialiste fédérative soviétique de Russie puis l'Union des républiques socialistes soviétiques de 1917 à 1991. L'organisation de l'URSS fait coexister deux ordres institutionnels différents : celui de l'État et celui du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS), qui « noyaute » le premier. L'État possède un chef de l'État et un chef du gouvernement, mais la réalité du pouvoir est assurée par l'homme qui dirige le PCUS. L'histoire a d'ailleurs retenu les noms de ces derniers et non ceux des dirigeants constitutionnels du pays. Le dirigeant du PCUS pouvait par ailleurs cumuler ce poste avec celui de chef de l'État ou de chef du gouvernement, sans que le cumul soit systématique ni constant. Selon les époques, les dirigeants du Parti sont appelés « secrétaires généraux » ou « premiers secrétaires ». Les dirigeants de l'État sont en général deux : le président du Parlement soviétique, qui est selon les différentes constitutions, le chef de l'État, et le dirigeant des ministres soviétiques, qui est lui le chef du gouvernement. Dirigeants du Parti communiste de l'Union soviétique. Cette dernière liste est beaucoup plus raccourcie que les précédentes. Elle présente les seuls véritables dirigeants effectifs de l'Union soviétique qui sont les dirigeants du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS).
Douglas MacArthur Douglas MacArthur, né le à Little Rock en Arkansas et mort le à Washington, DC, est un général américain et "field marshal" philippin. Il fut le chef d'état-major de l'armée américaine durant les années 1930 et joua un rôle prépondérant sur le théâtre Pacifique de la Seconde Guerre mondiale. Il reçut la "Medal of Honor" pour son service durant la campagne des Philippines. Il fait partie des cinq personnes ayant atteint le grade de général de l'Armée dans l'armée américaine et le seul à avoir été "field marshall" de l'armée des Philippines. Douglas MacArthur est né dans une famille militaire de l'Arkansas. Son père, qui finit sa carrière comme major général, avait combattu durant la guerre de Sécession. Suivant la trace paternelle, Douglas étudia au "Texas Military Institute" dont il sortit major et à l'académie militaire de West Point où il fut également premier de promotion en 1903. Au cours de l'intervention américaine à Veracruz durant la révolution mexicaine, il mena une mission de reconnaissance pour laquelle il fut proposé pour la "Medal of Honor". En 1917, il passa du grade de major à celui de colonel et devint le chef d'état-major de la d'infanterie. Il combattit sur le front de l'Ouest de la Première Guerre mondiale où il atteignit le grade de brigadier-général, fut à nouveau proposé pour la "Medal of Honor" et reçut deux "Distinguished Service Cross" et sept "Silver Star". De 1919 à 1922, MacArthur fut le superintendant de l'Académie militaire de West Point où il lança plusieurs réformes. En 1924, il fut déployé aux Philippines où il participa au règlement d'une mutinerie de l'armée philippine. En 1925, il devint le plus jeune major-général de l'armée des États-Unis. Il participa au jugement en cour martiale du brigadier-général Billy Mitchell et fut président du Comité olympique américain lors des Jeux olympiques d'été de 1928 à Amsterdam. En 1930, il devint le chef d'état-major de l'armée américaine, puis fut impliqué dans l'expulsion des protestataires de la Bonus Army à Washington en 1932 et dans l'organisation du Civilian Conservation Corps. Il quitta l'armée américaine en 1937 pour devenir conseiller militaire auprès du Commonwealth des Philippines. À l'été 1941, MacArthur fut rappelé en service actif en tant que commandant de l'USAFFE. Les Philippines furent envahies par les Japonais en et les forces américaines durent se replier à Bataan, où elles résistèrent jusqu'en . En , MacArthur, sa famille et son état-major quittèrent l'île de Corregidor à bord de "PT boats" et rallièrent l'Australie où il devint le commandant suprême des forces alliées dans le Pacifique sud-ouest. Il reçut la "Medal of Honor" pour sa défense des Philippines. Après plus de deux ans de combats dans le Pacifique, il réalisa sa promesse de revenir aux Philippines. Il accepta formellement la reddition japonaise le et il supervisa l'occupation du Japon de 1945 à 1951. En tant que dirigeant effectif du Japon, il organisa de profonds changements économiques, politiques et sociaux. Par la suite, l'Américain mena les forces des Nations unies durant la guerre de Corée de 1950 jusqu'au lorsqu'il fut relevé de son commandement par le président Harry S. Truman. Il devint ensuite président du comité de direction de l'entreprise Remington Rand. Jeunesse. Douglas MacArthur est né le dans la caserne de Little Rock dans l'Arkansas. Il était le fils du capitaine Arthur MacArthur, Jr. qui avait reçu la "Medal of Honor" pour ses actions dans l'armée de l'Union durant la bataille de Missionary Ridge lors de la guerre de Sécession et de Mary Pinkney Hardy MacArthur (surnommée « Pinky »). Douglas MacArthur était le petit-fils du juriste et politicien Arthur MacArthur, Sr., un immigrant écossais qui était arrivé aux États-Unis en 1828. Pinky était issue d'une importante famille de Norfolk en Virginie. Deux de ses frères avaient combattu dans l'armée confédérée durant la guerre de Sécession et ils refusèrent d'assister à son mariage. Arthur et Pinky avaient trois fils : Arthur III né le , Malcolm né le et Douglas qui était le cadet. Douglas vécut au gré des affectations de son père dans l'Ouest américain. Les conditions de vie étaient difficiles et Malcolm mourut de la rougeole en 1883. Dans ses mémoires, "Reminiscences", MacArthur écrivit alors que son père était en affectation au fort Selden au Nouveau-Mexique. La période sur la Frontière se termina en lorsque la famille MacArthur déménagea à Washington, DC où Douglas étudia à la "Force Public School". Son père fut affecté à San Antonio au Texas en septembre 1893. Douglas étudia à la "West Texas Military Academy" où il reçut une médaille d'or pour sa . Il participa également à l'équipe de tennis de l'école, joua au poste de quart-arrière dans l'équipe de football américain et au poste d'arrêt-court dans celle de baseball. Il sortit major de sa promotion avec une moyenne annuelle de 97,33 sur 100. Le père et le grand-père de MacArthur tentèrent en vain d'obtenir une nomination présidentielle à l'Académie militaire de West Point pour Douglas, initialement auprès du président Grover Cleveland puis auprès de William McKinley. Après ces deux refus, il passa un examen pour être proposé par le congressiste Theobald Otjen et obtint la note de 99,3/100. Il écrivit plus tard : MacArthur entra à West Point le et sa mère s'installa dans une suite du surplombant le terrain de l'académie. Le bizutage était alors courant à West Point et MacArthur et son camarade Ulysses S. Grant III furent victimes des cadets du sud en tant que fils de généraux du nord dont les mères vivaient à Craney's. Lorsque le cadet Oscar Booz quitta West Point après avoir été bizuté et mourut ensuite de la tuberculose, une commission d'enquête du Congrès fut mise en place. MacArthur se présenta devant un comité spécial du Congrès en 1901 où il témoigna contre les cadets impliqués dans le bizutage mais minimisa son propre bizutage même si les autres cadets avaient donné l'ensemble des faits au comité. Le Congrès décida d'interdire les actes de même si le bizutage se poursuivit. MacArthur fut un caporal de la Compagnie B sa seconde année, un premier sergent de la Compagnie A sa troisième année et premier capitaine sa dernière année. Toujours à West Point, il joua joueur de champ extérieur pour l'équipe de baseball. Au niveau académique, il obtint des possibles, soit une note de 98,14/100, le troisième meilleur score de l'histoire de l'académie ; il arriva en tête de sa promotion de le . À l'époque, il était d'usage que les meilleurs cadets entrent dans le Corps des ingénieurs de l'armée des États-Unis et MacArthur devint sous-lieutenant dans cette branche. Officier subalterne. MacArthur passa sa permission après-diplôme avec ses parents à Fort Mason en Californie où son père, maintenant major-général, servait en tant que commandant du département du Pacifique. Il rejoignit ensuite le du génie qui partait pour les Philippines en . MacArthur fut envoyé à Iloilo où il supervisa la construction d'un quai à Camp Jossman. Il conduisit des études à Tacloban, Calbayog et à Cebu. En , alors qu'il travaillait à Guimaras, il fut attaqué par deux brigands philippins ; il les tua tous deux avec son pistolet. Il devint premier-lieutenant à Manille en . En , sa mission fut stoppée lorsqu'il contracta la malaria et une infection fongique alors qu'il réalisait une étude à Bataan. Il rentra à San Francisco où il fut assigné à la "". En , il devint l'ingénieur en chef de la division du Pacifique. En octobre 1905, MacArthur reçut l'ordre de se rendre à Tokyo pour être nommé aide-de-camp de son père. Ils inspectèrent les bases militaires japonaises de Nagasaki, Kobe et Kyoto puis se rendirent en Inde via Shanghai, Hong Kong, Java et Singapour avant d'arriver à Calcutta en . En Inde, ils visitèrent Madras, Tuticorin, Quetta, Karachi, la Frontière-du-Nord-Ouest et la passe de Khyber. Ils se rendirent ensuite en Chine via Bangkok et Saïgon et visitèrent Canton, Tsingtao, Pékin, Tientsin, Hankow et Shanghai avant de revenir au Japon en . Le mois suivant, ils retournèrent aux États-Unis où Arthur MacArthur reprit ses activités à Fort Mason avec Douglas restant son aide. En , Douglas reçut l'ordre de se présenter devant le du génie à Fort Lesley J. McNair près de Washington et s'engager dans l'école du génie. Alors qu'il s'y trouvait, il fut également à la demande du président Theodore Roosevelt. En , MacArthur fut envoyé au district du génie de Milwaukee où ses parents se trouvaient à présent. En , il fut affecté à Fort Leavenworth dans le Kansas où il reçut son premier commandement à la tête du du génie. Il devint officier-adjoint du bataillon en 1909 puis officier ingénieur de Fort Leavenworth en 1910. MacArthur fut promu capitaine en et fut nommé à la tête du Département du génie militaire et de la "Field Engineer School". Il participa à des exercices à San Antonio au Texas en 1911 et servit au Panama en et . La mort soudaine de leur père, alors lieutenant-général, le poussa Douglas et son frère Arthur à se rendre à Milwaukee pour s'occuper de leur mère dont la santé s'était dégradée. MacArthur sollicita un transfert à Washington pour que sa mère soit à proximité de l'hôpital Johns-Hopkins. Le chef d'état-major de l'armée, le major-général Leonard Wood étudia la question avec le secrétaire à la Guerre Henry L. Stimson, qui organisa la mutation de MacArthur au bureau du chef d'état-major de l'armée en 1912. Expédition de Veracruz. Le , le président Woodrow Wilson ordonna l'occupation de Veracruz au Mexique pour empêcher une livraison d'armes dans le cadre de la révolution mexicaine. Un état-major fut envoyé sur place avec MacArthur qui arriva le . Il réalisa que les besoins logistiques pour une avancée depuis Veracruz imposeraient l'utilisation des chemins de fer. Ayant trouvé de nombreux wagons à Veracruz mais aucune locomotive, MacArthur voulut vérifier l'information selon laquelle plusieurs locomotives se trouveraient à Alvarado. Pour en or, il acheta une draisine à bras et les services de trois Mexicains. MacArthur et son groupe découvrirent cinq engins à Alvarado, deux étaient de simples locotracteurs mais les trois autres locomotives étaient exactement ce qu'ils recherchaient. Lors du retour à Veracruz, ils furent attaqués par cinq hommes armés. Ces derniers furent distancés à l'exception de deux hommes armés que MacArthur abattit. Peu après, le groupe fut attaqué par environ quinze cavaliers. MacArthur reçut trois balles dans ses vêtements mais ne fut pas blessé. L'un de ses compagnons fut légèrement blessé avant que les cavaliers ne se replient après que MacArthur eut tué quatre d'entre eux. Ils furent attaqués une troisième fois par trois cavaliers. Il parvint à les distancer grâce à leur draisine à l'exception d'un des assaillants. MacArthur le tua ainsi que sa monture et le groupe dut retirer la carcasse du cheval des rails avant de continuer. Un officier écrivit à Wood pour recommander MacArthur à la "Medal of Honor". Wood proposa son nom et le chef d'état-major de l'armée Hugh L. Scott organisa un comité pour évaluer les mérites de MacArthur. Le comité s'interrogea sur l'. Le brigadier-général Frederick Funston, lui-même un récipiendaire de la "Medal of Honor", considérait que son attribution à MacArthur était . Le comité craignait cependant que ; en conséquence, MacArthur ne reçut aucune récompense. Première Guerre mondiale. Division "Rainbow". MacArthur retourna au Département de la Guerre où il fut promu major le . En , il fut assigné à la direction du Bureau de l'Information au bureau du secrétaire à la Guerre. MacArthur a depuis été considéré comme le premier attaché de presse de l'armée. À la suite de la déclaration de guerre contre l'Allemagne le , le secrétaire à la Guerre Newton D. Baker et MacArthur obtinrent du président Wilson qu'il envoie des unités de la Garde nationale en Europe. MacArthur suggéra d'envoyer une première division composée d'unités de différents États pour ne pas donner l'impression de favoriser un État en particulier. Baker approuva la création de la formation qui devint la "Rainbow" (« Arc-en-ciel ») et nomma le major-général William Abram Mann, le chef du Bureau de la Garde nationale, à sa tête avec MacArthur comme son chef d'état-major avec le grade de colonel. À la demande de MacArthur, cette commission se fit dans l'infanterie et non le génie. La fut assemblée en et à Camp Mills à New York où son entrainement mit l'accent sur le combat en terrain découvert plutôt que sur la guerre de tranchées. Elle embarqua à Hoboken dans le New Jersey le à bord du transport de troupes USS "Covington". Le , Mann fut remplacé à la tête de la division par le major-général Charles T. Menoher. Seconde bataille de la Marne. La monta au front dans le secteur assez calme de Lunéville en . Le , MacArthur et le capitaine Thomas Handy accompagnèrent un au cours duquel MacArthur participa à la capture de plusieurs soldats allemands. Le commandant du d'armée français, le général de division Georges de Bazelaire décora MacArthur de la Croix de guerre. Menoher recommanda MacArthur pour une "Silver Star" qu'il reçut par la suite. La médaille de la "Silver Star" ne fut pas créée avant le mais de petites étoiles en argent étaient autorisées sur les rubans de ceux récompensés pour leur bravoure à la manière des citations militaires britanniques. Le , la lança trois raids de sa propre initiative contre les tranchées allemandes du saillant du Feys. MacArthur accompagna une compagnie du d'infanterie. Cette fois-ci, son commandement fut récompensé par une "Distinguished Service Cross". Quelques jours plus tard, MacArthur, qui était strict sur le fait que ses hommes emportent leur masque anti-gaz mais négligeait souvent de prendre le sien, fut gazé. Il récupéra suffisamment vite pour pouvoir accueillir le secrétaire Baker qui était arrivé dans la zone le . MacArthur fut promu brigadier-général le . À la fin du mois de juin, la fut transférée à Châlons-en-Champagne pour affronter l'imminente opération Michael allemande. Le général d'armée Henri Gouraud de la française choisit de mettre en place une défense en profondeur en maintenant une ligne de front aussi fine que possible et en recevant l'attaque allemande sur sa seconde ligne de défense. Le plan fonctionna et MacArthur reçut une seconde "Silver Star". La participa à la contre-attaque alliée et MacArthur reçut une troisième "Silver Star" le . Deux jours plus tard, Menoher releva le brigadier-général Robert A. Brown de son commandement de la d'infanterie et le remplaça par MacArthur. Ayant reçu des rapports selon lesquels l'ennemi se serait replié, MacArthur monta au front le pour voir par lui-même. Il écrivit plus tard : MacArthur rapporta à Menoher et au lieutenant-général Hunter Liggett que les Allemands s'étaient effectivement retirés et il reçut une quatrième "Silver Star". Il reçut également une seconde Croix de Guerre et fut fait commandeur de la Légion d'honneur. Bataille de Saint-Mihiel et offensive Meuse-Argonne. La gagna quelques semaines de permission avant de retourner sur le front pour la bataille de Saint-Mihiel le . Les Alliés avancèrent rapidement et MacArthur gagna une cinquième "Silver Star" pour son commandement de la d'infanterie. Sa participation à un raid dans la nuit du au lui valut une sixième "Silver Star". La fut relevée dans la nuit du et envoyée dans l'Argonne pour relever la d'infanterie dans la nuit du . Lors d'une reconnaissance le lendemain, MacArthur fut à nouveau gazé et reçut un second "Wound Chevron". La participation de la lors de l'offensive Meuse-Argonne commença le lorsqu'elle attaqua avec deux brigades. Dans la soirée, une conférence fut organisée pour discuter de l'attaque au cours de laquelle le général demanda que Châtillon soit prise le lendemain avant . Une photographie aérienne montrait un vide dans le réseau de barbelés allemand au nord-est de Châtillon. Le lieutenant-colonel Walter E. Bare, commandant du d'infanterie, proposa une attaque soutenue par des tirs de mitrailleuses dans cette direction où les défenses semblaient moins puissantes ; MacArthur accepta le plan. Il fut blessé alors qu'il vérifiait l'existence de ce vide dans le réseau de barbelés. Summerall proposa MacArthur pour la "Medal of Honor" et une promotion au grade de major-général mais il ne reçut ni l'un ni l'autre ; à la place il gagna une seconde "Distinguished Service Cross". La retourna sur le front pour la dernière fois dans la nuit du au . Dans l'avancée finale sur Sedan, elle fut impliquée dans ce que MacArthur considéra comme . Un ordre demandant de ne plus considérer les frontières entre unités mena les formations à entrer dans les zones des autres. Dans le chaos qui en découla, MacArthur fut fait prisonnier par des hommes de la qui le prirent pour un général allemand. Sa performance dans l'attaque sur les hauteurs de la Meuse lui valurent une septième "Silver Star". Le , la veille de l'armistice qui mit fin aux combats, MacArthur fut nommé commandant de la . En récompense de son service en tant que chef d'état-major et commandant de la d'infanterie, il reçut l"Army Distinguished Service Medal". Son commandement fut bref car le , lui, comme d'autres brigadier-généraux, fut remplacé et il retourna à la tête de la d'infanterie. La fut choisie pour participer à l'occupation de la Rhénanie et fut stationnée dans l'arrondissement d'Ahrweiler. En , l'unité prit le train pour Saint-Nazaire et Brest où elle embarqua à bord de navires pour retourner aux États-Unis. MacArthur voyagea à bord du paquebot SS "Leviathan" qui arriva à New York le . Entre-deux-guerres. Superintendant de l'académie militaire de West Point. En 1919, MacArthur devint le superintendant de l'Académie militaire à West Point que le chef d'état-major Peyton March considérait comme dépassée sur de nombreux points et nécessitait de profondes réformes. Accepter le poste permit à MacArthur de conserver son grade de brigadier-général au lieu de redevenir major comme la plupart de ses contemporains. Lorsque MacArthur déménagea dans la maison du superintendant avec sa mère en , il devint le plus jeune superintendant depuis en 1817. Cependant, alors que Thayer avait dû faire face à l'opposition venant de l'extérieur de l'armée, MacArthur devait surmonter la résistance des cadets et des membres de l'Académie. La vision de MacArthur de ce qui était demandé d'un officier ne venait pas seulement de sa récente expérience du combat en France mais aussi de celle de l'occupation de la Rhénanie en Allemagne. Le gouvernement militaire de la région avait demandé à l'armée de gérer les problèmes politiques, économiques et sociaux et il avait vu que les diplômés étaient complémentent inexpérimentés en dehors du domaine militaire. Durant la guerre, West Point avait été réduit à une école pour élève-officier avec cinq promotions diplômées en deux ans. Le moral des cadets et de l'encadrement était faible et le bizutage avait atteint un . Le premier changement de MacArthur s'avéra être le plus simple. Le Congrès avait fixé la durée du cursus à trois ans mais MacArthur parvint à restaurer le programme sur quatre ans. Durant le débat sur la durée du cursus, le "New York Times" souleva la question de la nature recluse et antidémocratique de la vie étudiante à West Point. Suivant l'exemple de l'université Harvard en 1869, les universités civiles avaient commencé à évaluer les élèves uniquement suivant leurs performances académiques mais West Point avait conservé l'ancien concept éducatif d'« homme complet ». MacArthur chercha à moderniser le système en intégrant l'allure, le commandement, l'efficacité et les performances athlétiques dans le concept de caractère militaire. Il formalisa le code d'honneur des cadets jusqu'alors non écrit en 1922 lorsqu'il forma le comité d'honneur des cadets pour enquêter sur les supposées violations du code. Élu par les cadets eux-mêmes, il n'avait aucun pouvoir de sanction mais agissait comme une sorte de grand jury rapportant les infractions au commandant. MacArthur tenta de mettre un terme au bizutage en faisant entraîner les plébéiens par des officiers plutôt que par des personnes des classes supérieures. Au lieu du traditionnel camp d'été à Fort Clinton, MacArthur fit entraîner les cadets à l'utilisation d'armes modernes avec des sergents d'active du Fort Dix dans le New Jersey et ils devaient marcher les jusqu'à West Point avec leur paquetage. Il tenta de moderniser l'enseignement en ajoutant des cours d'arts libéraux, d'administration et d'économie mais il rencontra une forte opposition de la part du comité académique. Dans les cours militaires, l'étude des campagnes de la guerre de Sécession fut remplacée par celles de la Première Guerre mondiale. Dans les cours d'histoire, l'accent fut mis sur l'Extrême-Orient. MacArthur élargit le programme sportif en augmentant le nombre de compétitions au sein de l'établissement et en imposant à tous les cadets de participer. Il autorisa les cadets de dernière année à quitter l'Académie lors de permissions et approuva la parution d'un journal étudiant, "The Brag", précurseur de l'actuel "West Pointer". Il autorisa également les cadets à voyager pour assister aux matchs de leur équipe de football et leur accorda une indemnité de par mois. Les professeurs et les élèves protestèrent ensemble contre ces changements radicaux. La plupart des réformes de MacArthur à West Point furent rapidement abandonnées mais au cours des années qui suivirent, ses idées furent acceptées et ses innovations furent lentement réintroduites. Plus jeune major-général de l'armée. MacArthur commença à avoir une aventure avec la mondaine et héritière multimillionnaire Louise Cromwell Brooks. Selon les rumeurs, le général John J. Pershing, qui était amoureux de Louise, aurait exilé MacArthur aux Philippines. Cela fut démenti par Pershing comme étant de . MacArthur épousa Louise le 14 février 1922 dans la résidence de sa famille à Palm Beach en Floride. En octobre 1922, MacArthur quitta West Point pour prendre le commandement du district militaire de Manille aux Philippines. Les îles étaient à présent pacifiées et à la suite du traité naval de Washington, la garnison était en cours de réduction. L'amitié de MacArthur avec des Philippins comme l'indépendantiste Manuel L. Quezon offusqua certaines personnes. Il concéda plus tard que la . En février et en mars 1923, MacArthur rentra à Washington pour voir sa mère qui souffrait du cœur. Elle récupéra mais ce fut la dernière fois qu'il vit son frère qui mourut soudainement d'une appendicite en décembre 1923. En juin 1923, MacArthur prit le commandement de la d'infanterie de la division Philippines. Le 7 juin 1924, il fut informé d'une mutinerie ayant éclaté au sein des éclaireurs philippins au sujet des salaires. Il y eut plus 200 arrestations et certains craignirent une insurrection. MacArthur parvint à calmer la situation mais ses efforts pour améliorer les salaires des troupes philippines furent contrariés par les difficultés économiques et les tensions raciales. Le 17 janvier 1925, il devint le plus jeune major-général de l'armée à l'âge de . De retour aux États-Unis, MacArthur prit le commandement de la " Corps Area" basée à Fort McPherson à Atlanta en Géorgie le 2 mai 1925. Il fut cependant victime des préjugés sudistes à l'encontre du fils d'un officier de l'armée de l'Union et demanda à être relevé. Quelques mois plus tard, il prit le commandement de la " Corps Area" basée à Fort McHenry à Baltimore dans le Maryland ce qui permit à MacArthur et à Louise d'habiter dans sa propriété près de Garrison. Cependant, ce déménagement mena à ce qu'il décrivit plus tard comme l' : devoir siéger dans le procès en cour martiale pour insubordination du brigadier-général Billy Mitchell. MacArthur était le plus jeune des treize juges dont aucun n'avait d'expérience en aviation et trois d'entre eux, dont Summerall, le président du tribunal, furent retirés lorsque la plaidoirie de la défense révéla des partis pris contre Mitchell. Malgré les affirmations de MacArthur selon lesquelles il avait voté pour son acquittement, Mitchell fut reconnu coupable et suspendu de ses fonctions. MacArthur sentit qu'un . En 1927, MacArthur et Louise se séparèrent et elle déménagea à New York. En août de la même année, William C. Prout, le président du comité national olympique, mourut soudainement et le comité élit MacArthur à sa présidence. Sa tâche principale était de préparer l'équipe américaine pour les Jeux olympiques d'été à Amsterdam. À son retour aux États-Unis, il reçut l'ordre de prendre le commandement du Département des Philippines. En 1929, alors qu'il se trouvait à Manille, Louise obtint le divorce sous le motif de . Considérant la grande richesse de Louise, l'historien William Manchester décrivit cette fiction judiciaire comme . Chef d'état-major de l'armée. En 1930, MacArthur était encore, à , le plus jeune et le plus connu major-général de l'armée américaine. Il quitta les Philippines le et resta quelque temps au commandement de la "IX Corps Area" à San Francisco. Le , MacArthur devint chef d'état-major de l'armée américaine avec le grade de général. Le début de la Grande Dépression força le Congrès à réaliser des coupes dans les dépenses militaires. furent fermées mais MacArthur parvint à empêcher la réduction du nombre d'officiers de à . Ses missions incluaient le développement de nouveaux plans de mobilisation. Il regroupa les neuf "Corps Area" en quatre armées chargées de l'entraînement et de la défense du territoire. Il négocia également un accord avec le chef des opérations navales, l'amiral William V. Pratt. Il s'agissait du premier d'une série d'accords interarmes signés dans la décennie suivante qui définirent les responsabilités de chaque commandement au sujet de l'aviation. Les défenses anti-aériennes côtières furent par exemple placées sous la responsabilité de l'armée de terre. En mars 1935, MacArthur créa l"United States Army Air Corps" commandé par le major-général Frank M. Andrews pour donner une certaine autonomie à l'aviation jusqu'à présent une branche de l'armée de terre. En 1932, MacArthur dut prendre l'une des décisions les plus controversées de sa carrière lorsque les membres de la "Bonus Army" convergèrent sur Washington. Ces derniers étaient des vétérans de la Première Guerre mondiale qui demandaient une augmentation de leur pension pour faire face aux difficultés économiques provoquées par la Grande Dépression. MacArthur craignait que la manifestation ne soit prise en main par les communistes et les pacifistes mais ses services de renseignements indiquèrent que seuls 3 des 26 dirigeants clés du mouvement étaient communistes. MacArthur prépara des plans d'urgence dans le cas d'une insurrection dans la capitale. Des unités mécanisées furent redéployées de Fort Myer où des entraînements anti-émeutes étaient conduits. Le 28 juillet 1932, un affrontement entre la police et les manifestants entraîna la mort par balles de deux personnes. Le président Herbert Hoover ordonna à MacArthur d'. MacArthur rassembla des troupes et des chars et, contre l'avis du major Dwight D. Eisenhower, décida d'accompagner les troupes même s'il n'était pas responsable de l'opération. Les soldats avancèrent avec les baïonnettes et les sabres sortis sous une pluie de pierres et de briques mais sans tirer de coup de feu. En moins de quatre heures, le terrain occupé par la "Bonus Army" fut dégagé avec l'aide de gaz lacrymogènes. Les cartouches de gaz provoquèrent des incendies et un adolescent de fut asphyxié. Si elle avait été moins violente que d'autres opérations anti-émeute, la dispersion de la "Bonus Army" fut un désastre du point de vue des relations publiques. En 1934, MacArthur attaqua les journalistes Drew Pearson et Robert S. Allen en diffamation après qu'ils eurent décrit le traitement des manifestants comme . En réponse, ils menacèrent de faire témoigner Isabel Rosario Cooper. MacArthur avait rencontré Isabel alors qu'il se trouvait aux Philippines et elle était devenue sa maîtresse. Craignant que la liaison ne soit révélée au grand public, MacArthur retira sa plainte et paya secrètement à Pearson. Le président Hoover fut battu lors de l'élection de 1932 par Franklin D. Roosevelt. MacArthur et Roosevelt avaient travaillé ensemble avant la Première Guerre mondiale et ils étaient restés amis, malgré leurs différences politiques. MacArthur défendit le New Deal, et fit participer l'armée aux activités du "Civilian Conservation Corps" (CCC). Il décentralisa l'administration des opérations aux "Corps Areas" et cela joua un grand rôle dans le succès du programme. Malgré ses critiques publiques du pacifisme et de l'isolationnisme et son soutien à une armée forte qui le rendirent impopulaire, le président prolongea le mandat de MacArthur au poste de chef d'état-major. MacArthur arriva à la fin de son terme à cette fonction en octobre 1935 et il reçut une seconde "Distinguished Service Medal" pour sa performance. Deux "Purple Hearts" lui furent attribuées rétroactivement pour son service durant la Première Guerre mondiale ; MacArthur avait recréé cette récompense en 1932. "Field Marshal" de l'armée des Philippines. Lorsque le Commonwealth des Philippines obtint un statut de semi-indépendance en 1935, le président des Philippines Manuel L. Quezon demanda à MacArthur de superviser la création d'une armée. Quezon et MacArthur étaient de proches amis depuis que le père de ce dernier avait été gouverneur-général des Philippines plus tôt. Avec l'approbation du président Roosevelt, MacArthur accepta la fonction. Il fut accepté que MacArthur reçoive un salaire, une indemnité et le rang de "field marshal" de la part du Commonwealth en plus de son salaire de major-général en tant que conseiller militaire. Cela fut son cinquième voyage en Extrême-Orient. MacArthur quitta San Francisco à bord du SS "President Hoover" en octobre 1935 avec sa mère et sa belle-sœur. MacArthur fut également accompagné de son aide-de-camp de longue date, le capitaine Thomas J. Davis, ainsi que du major Dwight D. Eisenhower et du major James B. Ord, un ami d'Eisenhower en tant qu'assistants. À bord du navire se trouvait également Jean Marie Faircloth, une mondaine célibataire de . Au cours des deux années qui suivirent, ils furent fréquemment vus ensemble. La mère de MacArthur tomba gravement malade durant la traversée et mourut à Manille le 3 décembre 1935. Le président Quezon confia officiellement le titre de "field marshal" à MacArthur lors d'une cérémonie au palais de Malacañan le 24 août 1936 et lui offrit un bâton de maréchal en or et un uniforme unique. L'armée des Philippines était formée par une conscription universelle. L'entraînement devait être mené dans un cadre professionnel et l'Académie militaire des Philippines fut créée sur le modèle de West Point pour former ses officiers. MacArthur et Eisenhower découvrirent que seuls quelques camps avaient été construits et que le premier groupe de ne serait pas formé avant le début de l'année 1937. L'équipement et les armes étaient des rebuts de l'armée américaine et le budget de 6 millions de dollars était largement insuffisant. Les demandes d'équipements de MacArthur furent ignorées même si MacArthur et son conseiller naval, le lieutenant-colonel Sidney L. Huff persuadèrent la marine de lancer le développement du "PT boat". Beaucoup d'espoirs furent placés dans l'armée de l'air des Philippines mais le premier escadron ne fut pas formé avant 1939. MacArthur épousa Jean Faircloth lors d'une cérémonie civile le 30 avril 1937. Ils eurent un fils, Arthur MacArthur IV, né à Manille le 21 février 1938. Le 31 décembre 1937, MacArthur prit officiellement sa retraite de l'armée. Il cessa de représenter les États-Unis comme conseiller militaire du gouvernement mais il resta le conseiller de Quezon sur les affaires militaires en tant que civil. Eisenhower rentra aux États-Unis en 1939 et fut remplacé en tant que chef d'état-major de MacArthur par le lieutenant-colonel Richard K. Sutherland tandis que Richard J. Marshall devenait son assistant. Seconde Guerre mondiale. Campagne des Philippines (1941–1942). Le 26 juillet 1941, Roosevelt fédéralisa l'armée des Philippines, rappela MacArthur en service actif dans l'US Army en tant que major-général et le nomma commandant des forces armées américaines en Extrême-Orient (USAFFE). MacArthur fut promu lieutenant-général le lendemain puis général le 20 décembre. Au même moment, Sutherland fut promu major-général tandis que Marshall, Spencer B. Akin et Hugh J. Casey devinrent tous brigadiers-généraux. Le 31 juillet 1941, le Département des Philippines disposait de soldats dont Philippins. La principale unité était la division Philippines sous le commandement du major-général Jonathan M. Wainwright. Entre juillet et décembre 1941, la garnison reçut en renfort. Après des années de parcimonie, de nombreux équipements militaires furent envoyés dans l'archipel. En novembre, d'équipements destinés aux Philippines s'étaient accumulés dans les ports et les dépôts américains en attendant leur transport. La station d'écoute de la marine dans l'archipel, appelée station CAST, disposait d'une machine de déchiffrement "Purple" ultrasecrète qui pouvait décrypter les messages diplomatiques japonais et une partie des messages chiffrés avec le code naval JN-25. La station transférait l'ensemble des informations à MacArthur via Sutherland, le seul officier de l'état-major à les voir. Le 8 décembre 1941 à heure locale (environ le 7 décembre à Hawaii), Sutherland apprit l'attaque de Pearl Harbor et en informa MacArthur. À , le chef d'état-major de l'armée, le général George Marshall, ordonna à MacArthur d'exécuter le plan de guerre existant, appelé plan orange, destiné à affronter une attaque de l'Empire du Japon. MacArthur ne fit rien. À trois occasions, le commandant de la "Far East Air Force" (« Armée de l'Air d'Extrême-Orient »), le major-général Lewis H. Brereton, demanda l'autorisation d'attaquer les bases japonaises à Formose en application du plan orange mais l'opération fut rejetée par Sutherland. À , Brereton en parla avec MacArthur qui approuva l'attaque. MacArthur nia plus tard avoir eu cette conversation. Avant que les appareils ne soient envoyés, à , des avions de l'aéronavale japonaise attaquèrent par surprise les bases aériennes de Clark Field et de Iba Field. La "Far East Air Force" perdit 18 de ses 35 B-17, 53 de ses 107 P-40 et plus de 25 autres appareils. La plupart des avions furent détruits au sol et les installations furent sévèrement endommagées. Il y eut et 150 blessés. Ce qui restait de la "Far East Air Force" fut détruit dans les jours qui suivirent. Les plans de défenses supposaient que l'on ne pourrait pas empêcher les Japonais de débarquer à Luçon et prévoyaient l'abandon de Manille par les troupes américaines et philippines qui se replieraient avec leurs équipements dans la péninsule de Bataan. MacArthur espérait néanmoins ralentir l'avancée japonaise en tentant de repousser les débarquements japonais. Il perdit confiance dans les capacités militaires de ses troupes philippines car les Japonais progressèrent rapidement à la suite de leur débarquement dans la baie de Lingayen le 21 décembre et il ordonna un repli sur Bataan. Manille fut déclarée ville ouverte à minuit le 24 décembre sans consulter l'amiral Thomas C. Hart, commandant de l"Asiatic Fleet", ce qui força la marine à détruire de grandes quantités de matériel. Le 25 décembre, MacArthur déplaça son quartier-général dans l'île-forteresse de Corregidor dans la baie de Manille. Une série de bombardements aériens japonais détruisit toutes les structures exposées de l'île et le quartier-général de l'USAFFE fut emmené dans le tunnel de Malintla. Par la suite, la plus grande partie de l'état-major déménagea à Bataan en ne laissant que le cœur du quartier-général avec MacArthur. Les troupes de Bataan savaient qu'elles étaient perdues mais elles continuèrent de combattre. Certains blâmèrent Roosevelt et MacArthur pour leur situation difficile. Une ballade chantée sur l'air du "Battle Hymn of the Republic" l'appelait "Dugout Doug" (« Doug le Planqué »). Néanmoins, la plupart des soldats s'accrochaient à l'idée que d'une manière ou d'une autre MacArthur . Le janvier 1942, MacArthur accepta de la part du président Quezon des Philippines pour son service d'avant-guerre. L'état-major reçut également de l'argent : pour Sutherland, pour Richard Marshall et pour Huff. Quezon proposa également de l'argent à Eisenhower après qu'il eut été nommé à la tête du Supreme Commander Allied Expeditionary Force (AEF) mais il déclina. Ces paiements n'étaient connus que de quelques personnes à Manille et à Washington dont Roosevelt et le secrétaire à la Guerre, Henry L. Stimson, avant d'être rendus publics par l'historien Carol Petillo en 1979. La révélation ternit la réputation de MacArthur. Fuite en Australie et "Medal of Honor". En , alors que les forces japonaises resserraient leur emprise sur les Philippines, le président Roosevelt ordonna à MacArthur de se rendre en Australie. Dans la nuit du , MacArthur et un petit groupe incluant sa femme Jean et son fils Arthur ainsi que Sutherland, Akin, Casey, Marshall, , LeGrande A. Diller et Harold H. George quittèrent Corregidor à bord de quatre "PT boats". MacArthur, sa famille et Sutherland se trouvaient dans le "PT-41" commandé par le lieutenant John D. Bulkeley. Les autres suivaient dans les "PT 34", "PT 35" et "PT 32". MacArthur et son groupe arrivèrent à la base aérienne Del Monte sur l'île de Mindanao où ils montèrent à bord de B-17 de la marine qui les emmenèrent en Australie. Son fameux discours dans lequel il déclara (« Je suis parti de Bataan mais j'y retournerai ») fut prononcé pour la première fois à Terowie, une petite gare d'Australie-Méridionale le 20 mars. À son arrivée à Adélaïde, il abrégea la phrase à (« J'en suis venu et j'y retournerai ») et l'expression fit les gros titres des journaux. Washington demanda à MacArthur de modifier sa promesse en (« Nous y reviendrons ») mais il ignora la requête. Bataan se rendit le et Corregidor le 6 mai. Pour son commandement dans la défense des Philippines, MacArthur reçut la "Medal of Honor", une décoration pour laquelle il avait été auparavant proposé à deux reprises. Il était admis que MacArthur n'avait pas réalisé d'actes de bravoure mais son attribution à Charles Lindbergh en 1927 avait créé un précédent. MacArthur l'accepta sur la base que . Arthur MacArthur, Jr. et Douglas MacArthur devinrent les premiers père et fils à recevoir la "Medal of Honor". Ils restèrent les seuls jusqu'en 2001 quand Theodore Roosevelt reçut la médaille à titre posthume pour son service durant la Guerre hispano-américaine, son fils, Theodore Roosevelt Jr. l'ayant également reçue à titre posthume pour son service durant la Seconde Guerre mondiale. Campagne de Nouvelle-Guinée. Quartier-général suprême. Le 18 avril 1942, MacArthur fut nommé commandant suprême des forces alliées dans la "South West Pacific Area" (« Zone du Pacifique Sud-Ouest », SWPA). Le lieutenant-général George Brett devint le commandant des forces aériennes et le vice-amiral Herbert F. Leary devint le commandant des forces navales. Comme le gros des forces terrestres dans ce théâtre d'opération était australien, George Marshall insista pour qu'un Australien soit nommé à la tête des unités terrestres et le commandement fut confié au général Thomas Blamey. Bien qu'essentiellement australiennes et américaines, les unités sous le commandement de MacArthur comprenaient également quelques formations des Indes orientales néerlandaises, du Royaume-Uni et d'autres pays. MacArthur créa une forte relation avec le premier ministre australien, John Curtin mais de nombreux Australiens n'appréciaient pas MacArthur qu'ils considéraient comme un général étranger qui leur avait été imposé. MacArthur avait peu confiance dans les capacités militaires de Brett et en août 1942, il fut remplacé par le major-général George C. Kenney. Le déploiement de l'aviation de Kenney en soutien des troupes de Blamey se révéla décisif. L'état-major du quartier général suprême de MacArthur (GHQ) fut constitué autour du noyau qui avait quitté les Philippines avec lui et il devint connu sous le nom de "Bataan Gang". Bien que Roosevelt et George Marshall eussent fait pression pour que des officiers hollandais et australiens soient nommés au GHQ, tous les commandants de division étaient américains et les officiers d'autres nationalités étaient sous leurs ordres. Initialement situé à Melbourne, le GHQ déménagea à Brisbane, la ville australienne avec les installations de communication adéquates la plus au nord, en juillet 1942 et s'installa dans le bâtiment de la compagnie d'assurance AMP Limited. MacArthur forma sa propre unité de renseignement d'origine électromagnétique, appelée "Central Bureau", à partir des unités de renseignement australiennes et des cryptanalystes américains s'étant échappés des Philippines. L'unité transmettait les informations Ultra à Willoughby pour qu'elles soient analysées. Après que la presse eut révélé les détails de la disposition navale japonaise durant la bataille de la mer de Corail, au cours de laquelle une tentative japonaise d'invasion de Port Moresby fut repoussée, Roosevelt ordonna la mise en place de la censure en Australie et le Conseil de Guerre australien accorda au GHQ l'autorité pour censurer la presse australienne. Les journaux australiens ne pouvaient publier que ce qui était rapporté dans le communiqué journalier du GHQ.Les journalistes expérimentés considéraient les communiqués, que MacArthur ébauchait personnellement comme une et . Papouasie. En prévision d'une nouvelle attaque japonaise contre Port Moresby, la garnison fut renforcée et MacArthur ordonna la création de nouvelles bases à Merauke et dans la baie de Milne pour couvrir ses flancs. La victoire de Midway en juin 1942 poussa les Alliés à envisager une offensive limitée dans le Pacifique. La proposition de MacArthur d'une attaque contre la base japonaise de Rabaul fut rejetée par la marine qui privilégiait une approche moins ambitieuse et était réticente à l'idée d'avoir un général de l'armée de terre à la tête d'une opération amphibie. Le compromis obtenu prévoyait une progression en trois étapes dont la première, la capture de la zone de Tulagi, devait être menée par la "Pacific Ocean Areas" de l'amiral Chester W. Nimitz. Les étapes ultérieures seraient sous le commandement de MacArthur. Les Japonais frappèrent les premiers en débarquant à Buna en juillet et dans la baie de Milne en août. Les Australiens repoussèrent les Japonais dans la baie de Milne mais une série de défaites le long de la "Kokoda Track" eut un effet démoralisateur en Australie. Le 30 août, MacArthur avertit Washington que sans actions immédiates, les unités déployées en Nouvelle-Guinée seraient submergées. Il envoya Blamey à Port Moresby pour qu'il prenne le commandement en personne. Ayant engagé toutes les troupes australiennes disponibles, MacArthur décida d'envoyer des unités américaines. La d'infanterie, une formation de la Garde nationale mal entraînée, fut choisie. Une série de revers embarrassants lors de la bataille de Buna-Gona entraîna de violentes critiques des troupes américaines par les Australiens. MacArthur ordonna au lieutenant-général Robert L. Eichelberger de prendre le commandement des unités américaines et de . MacArthur détacha certains éléments du GHQ à Port Moresby le 6 novembre 1942. Buna tomba finalement le 3 janvier 1943 et MacArthur décerna la "Distinguished Service Cross" à douze officiers pour leur . L'attribution de la seconde récompense américaine la plus prestigieuse entraîna un certain ressentiment car si certains comme Eichelberger et George Alan Vasey avaient combattu en première ligne, ce n'était pas le cas d'autres comme Sutherland et Willoughby. Pour sa part, MacArthur reçut sa troisième "Distinguished Service Medal" et le gouvernement australien le fit chevalier grand-croix honoraire de l'ordre du Bain. MacArthur devint le symbole des forces résistant aux Japonais et reçut de nombreux hommages. Les tribus amérindiennes du sud-ouest le choisirent comme . MacArthur fut touché par cette reconnaissance de la part de . Il fut également nommé Père de l'Année 1942. Il écrivit au comité de la fête des pères que . Nouvelle-Guinée. Lors de la conférence militaire du Pacifique en , le Comité des chefs d'États-majors interarmées approuva le plan de MacArthur pour l'opération "Cartwheel" destinée à isoler et à neutraliser la base de Rabaul. MacArthur expliqua sa « stratégie du saute-mouton » : En Nouvelle-Guinée, un pays sans routes, le transport à grande échelle des hommes et du matériel devait être réalisé par air et par mer. Les embarcations de débarquement étaient livrées en pièces détachées en Australie avant d'être assemblées à Cairns. Le rayon d'action de ces petits navires fut grandement augmenté par les navires d'assaut amphibie de la force amphibie qui commencèrent à arriver à la fin de l'année 1942 et formèrent la nouvelle septième flotte américaine. Comme la septième flotte n'avait pas de porte-avions, le rayon d'action des opérations navales était limité par celui des chasseurs de la "5th USAAF". Le quartier-général de la du lieutenant-général Walter Krueger arriva dans la SWPA au début de l'année 1943 mais MacArthur ne disposait que de trois divisions américaines épuisées par les combats de Buna-Gona et de Guadalcanal. En conséquence, . L'offensive commença par un débarquement de la australienne à Lae le . Le lendemain, MacArthur assista à la prise de Nadzab par les parachutistes du de parachutistes américain. Son B-17 réalisa la tournée sur trois moteurs car l'un d'eux était tombé en panne peu après le décollage de Port Moresby mais MacArthur insista pour qu'il se rende à Nadzab. Pour cela, il reçut l"Air Medal". La et la australienne convergèrent sur Lae qui tomba le 16 septembre. MacArthur avança son calendrier et ordonna à la de prendre Kaiapit et Dumpu tandis que la organisa un assaut amphibie sur Finschhafen. L'offensive s'enlisa en partie parce que MacArthur avait basé sa décision d'attaquer Finschhafen sur l'évaluation de Willoughby selon laquelle la ville n'était défendue que par japonais. Ils étaient en réalité et la furieuse bataille qui suivit dura jusqu'en . Au début du mois de novembre, le plan de MacArthur d'une progression vers l'ouest le long de la côte de Nouvelle-Guinée jusqu'aux Philippines fut intégré aux plans pour la guerre contre le Japon. Trois mois plus tard, les aviateurs rapportèrent qu'il n'y avait aucun signe d'activité ennemie dans les îles de l'Amirauté. Malgré les réticences de Willoughby qui considérait que les îles n'avaient pas été évacuées, MacArthur ordonna un débarquement amphibie qui lança la campagne des îles de l'Amirauté. Il accompagna l'assaut à bord du croiseur léger , le navire-amiral du vice-amiral Thomas C. Kinkaid, le nouveau commandant de la , et il débarqua sur le rivage quelques heures après la première vague ; un acte qui lui valut la "Bronze Star". Il fallut six semaines de combats acharnés avant que la de cavalerie ne capture les îles. MacArthur contourna les forces japonaises dans la baie Hansa et à Wewak et attaqua Aitape et Hollandia que Willoughby considérait comme légèrement défendue en s'appuyant sur les renseignements obtenus lors de la bataille de Sio. Les cibles de l'offensive étaient hors du rayon d'action des appareils de la " USAAF" basés dans la vallée du Ramu mais le calendrier de l'opération permit aux porte-avions de la flotte de Pacifique de Nimitz de fournir un appui aérien. Bien que risquée, l'opération fut un grand succès qui permit d'isoler la armée japonaise du lieutenant-général Hatazō Adachi basée dans la région de Wewak. Comme les Japonais ne s'attendaient pas à une attaque si à l'ouest, la garnison était faible et les pertes alliées furent donc limitées. Le terrain se révéla cependant moins adapté que prévu au développement d'une base aérienne et MacArthur fut forcé de chercher un meilleur emplacement plus à l'ouest. Si le contournement des forces japonaises était tactiquement justifié, il avait l'inconvénient stratégique de devoir immobiliser des troupes alliées sur place pour les contenir. De plus, Adachi était loin d'être vaincu comme il le démontra lors de la bataille de la rivière Driniumor. Campagne des Philippines (1944–1945). Leyte. En , le président Roosevelt convoqua MacArthur à Hawaii pour . Nimitz défendit une attaque contre Formose mais MacArthur mit l'accent sur l'obligation morale des États-Unis de libérer les Philippines. En septembre, les porte-avions de William F. Halsey réalisèrent une série d'attaques dans les Philippines. L'opposition fut faible et Halsey conclut, à tort, que l'île de Leyte était et probablement non défendue et recommanda que les opérations prévues soient annulées en faveur d'un assaut sur Leyte. Le , les troupes de la de Krueger débarquèrent à Leyte tandis que MacArthur observait les opérations depuis le croiseur léger . Il s'approcha de la plage dans l'après-midi. Les troupes américaines avaient peu progressé ; les tireurs d'élite étaient encore présents et la zone était la cible de tirs de mortiers sporadiques. Lorsque son embarcation s'échoua, MacArthur demanda une péniche de débarquement mais le chef des opérations était trop occupé pour accéder à sa requête. MacArthur fut donc obligé de gagner la rive à pied. Dans son discours préparé à l'avance, il déclara Comme Leyte était hors de portée des appareils de Kenney basés à terre, MacArthur était dépendant de l'aviation embarquée. L'activité japonaise s'accrut rapidement et elle mena des raids sur Tacloban, où MacArthur avait décidé d'établir son quartier-général, et sur la flotte au large. MacArthur appréciait rester sur le pont de l'USS "Nashville" durant les attaques aériennes malgré le fait que plusieurs bombes soient passées à proximité et que deux croiseurs voisins eurent été touchés. Au cours des jours suivants, les Japonais contre-attaquèrent lors de la bataille du golfe de Leyte. L'issue fut une victoire décisive des Alliés mais les Japonais manquèrent de détruire les unités de débarquement et MacArthur attribua les erreurs à la division du commandement entre lui et Nimitz. La campagne terrestre ne fut pas non plus facile. Les fortes pluies de la mousson perturbèrent le programme de construction de bases aériennes. Les porte-avions ne pouvaient pas remplacer parfaitement les aérodromes terrestres et le manque de couverture aérienne permit aux Japonais de débarquer des renforts à Leyte. Le mauvais temps et la résistance tenace des Japonais ralentit la progression américaine et cela entraîna une campagne prolongée. À la fin du mois de décembre, le quartier-général de Krueger estimait qu'il ne restait plus que Japonais sur Leyte et le , MacArthur publia un communiqué annonçant que . Pourtant la d'Eichelberger tua encore soldats japonais sur Leyte avant la fin de la campagne en . Le , MacArthur fut promu au nouveau grade de général de l'armée avec cinq étoiles. Luçon. MacArthur décida ensuite d'envahir Mindoro où se trouvaient de potentiels sites pour des bases aériennes. Willoughby estima, correctement, que l'île n'était défendue que par Japonais. Le problème était d'y parvenir car Kinkaid rechignait à détacher des porte-avions dans la mer de Sulu et Kenney ne pouvait pas garantir un soutien aérien. L'opération était clairement risquée et l'état-major de MacArthur le dissuada d'accompagner l'invasion à bord de l'USS "Nashville". Alors que le convoi entrait dans la mer de Sulu, un "kamikaze" s'écrasa sur l'USS "Nashville" tuant 133 marins et en blessant 190 autres. Les débarquements se firent sans opposition le 15 décembre 1944 et moins de deux semaines plus tard, les unités du génie américaines et australiennes avaient construit trois aérodromes. Le ravitaillement était cependant rendu difficile par les attaques kamikazes japonaises. Les Alliés pouvaient donc maintenant préparer l'invasion de Luçon. Les estimations des forces japonaises étaient cependant très différentes suivant les interprétations des informations des services de renseignement. Willoughby estimait que le général Tomoyuki Yamashita disposait de soldats à Luçon tandis que la envisageait la présence de hommes. Le brigadier-général Clyde D. Eddleman tenta d'arranger l'estimation de la mais la réponse de MacArthur fut (« Foutaises ! »). Il considérait même que l'estimation de Willoughby était trop élevée et il ignora toutes les estimations des services de renseignement. En réalité, Yamashita disposait de plus de hommes à Luçon. Cette fois-ci, MacArthur accompagna le convoi de débarquement à bord de l' qui fut presque touché par une torpille tirée par un sous-marin de poche. Son communiqué indiquait : . Le principal objectif de MacArthur était la capture du port de Manille et de la base aérienne de Clark Field nécessaires pour de futures opérations. Il pressa ses commandants d'avancer le plus vite possible. Le 25 janvier 1945, il installa son quartier-général à Hacienda Luisita, alors plus proche du front que celui de Krueger. Le 30 janvier, il ordonna à la de cavalerie de progresser rapidement vers Manille. Elle atteignit les faubourgs de la ville le 3 février et le campus de l'université de Santo Tomas où elle libéra prisonniers. Les Américains ignoraient cependant que le contre-amiral Iwabuchi Sanji avait désobéi aux ordres de repli de Yamashita et avait décidé de défendre la ville jusqu'à la mort. La bataille de Manille fit rage durant près d'un mois. Afin d'épargner la population civile, MacArthur interdit l'emploi de frappes aériennes mais près de civils furent victimes des tirs d'artillerie américains et des exactions japonaises. Pour son rôle dans la capture de Manille, MacArthur reçut sa troisième "Distinguished Service Cross". Philippines du sud. Malgré la poursuite des combats sur Luçon et le fait qu'il n'avait pas d'instructions en ce sens, MacArthur engagea ses forces dans une série d'opérations pour libérer le reste des Philippines. 52 débarquements furent réalisés dans le centre et le sud des Philippines entre et . Dans le communiqué du GHQ du 5 juillet, il annonça que les Philippines avaient été libérées et que toutes les opérations étaient terminées même si Yamashita contrôlait encore le nord de Luçon. À partir de mai 1945, MacArthur engagea les troupes australiennes dans la conquête de Bornéo. Il accompagna l'assaut sur Labuan à bord de l' et rendit visite aux troupes sur le terrain. Alors qu'il rentrait à son quartier-général de Manille, il se rendit à Davao où il dit à Eichelberger qu'il ne restait plus que Japonais en vie à Mindanao. Quelques mois plus tard, près de soldats s'étaient rendus. En , il reçut sa quatrième "Distinguished Service Medal". En , MacArthur devint commandant en chef des forces armées américaines du Pacifique (AFPAC) responsable de toutes les unités terrestres et aériennes du Pacifique à l'exception de la "20th USAAF". Au même moment, Nimitz devint le commandant de toutes les forces navales ; le commandement dans le Pacifique restait donc divisé. Cette réorganisation qui s'étala sur plusieurs mois faisait partie des préparatifs de l'opération "Downfall" désignant l'invasion de l'archipel japonais prévue pour l'automne 1945. Cette opération fut annulée à la suite de la reddition du Japon en . Le , MacArthur, représentant les Alliés, accepta la capitulation formelle du Japon à bord du cuirassé . Il met ainsi un terme à la Seconde Guerre mondiale en disant : . En reconnaissance de son rôle de stratège naval, la marine américaine lui décerna la "Navy Distinguished Service Medal". Occupation du Japon. Le , MacArthur reçut l'ordre d'exercer l'autorité sur le Japon par l'intermédiaire de l'administration japonaise et de l'empereur Hirohito. Le quartier-général de MacArthur fut installé dans le siège de la compagnie d'assurance Dai-ichi Mutual Life Insurance à Tokyo. En tant que commandant suprême des forces alliées au Japon, MacArthur et son équipe devaient reconstruire l'économie du Japon et mettre en place un gouvernement démocratique. Le Japon et sa reconstruction étaient fermement contrôlés par les États-Unis et MacArthur fut le dirigeant effectif du Japon de 1945 à 1948. En 1946, l'équipe de MacArthur rédigea une nouvelle constitution qui instituait un gouvernement basé sur le système de Westminster dans lequel l'empereur perdait son rôle d'autorité militaire et ne pouvait agir qu'avec l'accord du Cabinet. La constitution, qui devint effective le , incluait le fameux article 9 par lequel le pays renonçait à la guerre et s'interdisait de posséder une armée. De plus, la constitution émancipait les femmes, interdisait la discrimination raciale, renforçait les pouvoirs du Parlement et du Cabinet et décentralisait la police et l'administration. Une importante réforme agraire fut entreprise ; entre 1947 et 1949, le gouvernement racheta près de de terres, soit 38 % des surfaces cultivées, aux propriétaires terriens et furent redistribués aux paysans qui travaillaient pour eux. En 1950, 89 % des terres agricoles appartenaient aux agriculteurs et seulement 11 % étaient louées par des propriétaires fonciers. Les efforts de MacArthur pour encourager la formation des syndicats connurent un succès phénoménal et en 1947, 48 % des travailleurs non agricoles étaient syndiqués. Certaines des réformes de MacArthur furent annulées en 1948 lorsque son contrôle du Japon fut remplacé par une plus grande implication du Département d'État. Durant l'occupation, les Américains parvinrent, jusqu'à un certain point, à abolir de nombreux conglomérats financiers appelés "zaibatsu" qui monopolisaient auparavant l'industrie et avaient joué un grand rôle dans le complexe militaro-industriel japonais. Des groupes industriels plus souples appelés "keiretsu" les ont ensuite remplacés. Les réformes inquiétèrent les Ministères des Affaires étrangères et de la Défense, qui considéraient qu'elles entraient en contradiction avec la perspective qu'un Japon industrialisé serve de rempart contre l'expansion du communisme en Asie. Dans son discours devant le Congrès le , MacArthur déclara, MacArthur rendit le pouvoir au gouvernement japonais en 1949 mais resta au Japon jusqu'à être relevé de ses fonctions par le président Truman le . Le traité de San Francisco, signé le 8 septembre 1951, marqua la fin de l'occupation et lorsqu'il entra en vigueur le 28 avril 1952, le Japon redevint un état indépendant. Les Japonais ont surnommé MacArthur "Gaijin Shogun" (« le généralissime étranger ») mais pas avant sa mort en 1964. On l'appelait aussi au Japon le shogun aux yeux bleus. Procès des crimes de guerre. MacArthur fut responsable de l'application des condamnations pour crimes de guerre rendues par le Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient. À la fin de l'année 1945, les commissions militaires alliées dans diverses villes d'Asie jugèrent Japonais, Taïwanais et Coréens pour crimes de guerre. Environ furent condamnés dont à mort. Les accusations portaient sur des événements comme le massacre de Nankin, la marche de la mort de Bataan et le massacre de Manille. Le procès à Manille du général Tomoyuki Yamashita, le commandant des forces japonaises dans les Philippines à partir de 1944 fut critiqué car Yamashita fut pendu en raison du massacre de Manille, perpétré par Iwabuchi, qu'il n'avait pas ordonné et dont il n'était probablement pas informé. Iwabuchi s'était suicidé à la fin de la bataille de Manille. MacArthur accorda l'immunité à Shirō Ishii et des autres membres des unités de recherche biologiques en échange de leurs données obtenues par expérimentation sur l'Homme. Il empêcha également la mise en accusation pour crimes de guerre de l'empereur et des membres de la famille impériale comme les princes Chichibu, Asaka, Takeda, Higashikuni et Fushimi. MacArthur confirma que l'abdication de l'empereur n'était pas nécessaire. Ce faisant, il ignora les conseils de nombreux membres de la famille impériale et des intellectuels japonais qui demandaient publiquement l'abdication de l'empereur et la mise en place d'une régence. Guerre de Corée. Le 25 juin 1950, l'invasion de la Corée du Sud par la Corée du Nord marqua le début de la guerre de Corée. Le jour même, le Conseil de sécurité des Nations unies vota la résolution 82 autorisant l'envoi d'une force internationale pour soutenir la Corée du Sud. Les Nations unies donnèrent aux États-Unis le pouvoir de choisir un commandant et le Comité des chefs d’États-majors interarmées recommanda MacArthur à l'unanimité. Il devint ainsi le commandant en chef du Commandement des Nations unies (UNCOM) tout en restant le commandant suprême des forces alliées au Japon et le commandant de l'USAFFE. Toutes les forces sud-coréennes furent placées sous son commandement. Alors qu'elles se repliaient sous la pression nord-coréenne, MacArthur reçut l'autorisation d'engager des forces terrestres américaines. Tout ce que les premières unités déployées pouvaient faire était de gagner du temps pour permettre la formation du périmètre de Busan. À la fin du mois d'août, l'urgence s'atténua ; les attaques nord-coréennes contre le périmètre étaient contenues et alors que la Corée du Nord déployait hommes, la du lieutenant-général Walton Walker en avait maintenant et disposait de plus de chars et de pièces d'artillerie. En 1949, le président du Comité des chefs d’États-majors interarmées, le général de l'armée Omar Bradley, avait prédit qu'une mais en juillet 1950, MacArthur planifiait une opération de ce type. MacArthur compara son plan à celui du général James Wolfe lors de la bataille des plaines d'Abraham et rejeta tous les problèmes posés par les marées, l'hydrographie et le terrain. Le 15 septembre, malgré les inquiétudes persistantes de leurs supérieurs, les soldats américains réalisèrent un débarquement à Inchon, loin derrière les lignes ennemies. Soutenues par la marine et l'aviation, les forces débarquées reprirent rapidement Séoul et forcèrent les Nord-Coréens à fuir vers le nord pour éviter un encerclement. En visite sur le champ de bataille le 17 septembre, MacArthur inspecta six chars T-34 détruits par les soldats américains en ignorant les tirs des tireurs d'élite autour de lui sauf pour noter qu'ils manquaient d'entraînement. Le 11 septembre, le président Harry S. Truman autorisa une progression au-delà du nord qui marquait la frontière entre les deux Corées. MacArthur planifia un autre assaut amphibie, à Wonsan sur la côte orientale mais la ville fut prise par les troupes sud-coréennes avant que la de Marines ne l'atteigne par la mer. En octobre, MacArthur rencontra Truman sur l'île de Wake où le président lui décerna sa cinquième "Distinguished Service Medal". Interrogé brièvement sur la menace chinoise, MacArthur l'écarta et dit qu'il espérait pouvoir retirer la au Japon avant Noël et qu'il pourrait libérer une division pour l'Europe en janvier. Il considérait la possibilité d'une intervention soviétique comme une menace plus sérieuse. Un mois plus tard, les choses avaient changé. Lors de la bataille d'Unsan à la fin du mois d'octobre, les forces de l'ONU furent repoussées avec de lourdes pertes par des soldats chinois. Néanmoins, Willoughby minimisa les preuves de l'intervention chinoise. Le 24 novembre, il estima que soldats de l'Armée des volontaires du peuple chinois étaient présents dans le pays alors que le véritable nombre était plus proche de . Le même jour, MacArthur se rendit au quartier-général de Walker et il écrivit plus tard : MacArthur survola le front dans son Douglas C-54 Skymaster mais ne vit aucun signe de renforcement chinois et décida d'attendre avant d'ordonner un assaut ou un repli. Les preuves de l'activité chinoise étaient invisibles pour MacArthur car l'armée chinoise se déplaçait de nuit et se retranchait le jour. Pour ses efforts de reconnaissance, MacArthur reçut la "Distinguished Flying Cross" et un badge d'aviateur. Le lendemain, le 25 novembre 1950, la de Walker fut attaquée par l'armée chinoise et les forces de l'ONU furent rapidement obligées de se replier. Le 23 décembre, Walker fut tué lors d'une collision entre sa jeep et un camion et il fut remplacé par le lieutenant-général Matthew B. Ridgway. Ridgway nota que le . Suspension. En décembre, le chef d'état major de l'armée, le général Joseph Lawton Collins, évoqua la possibilité d'utiliser des armes nucléaires en Corée avec MacArthur et lui demanda par la suite une liste de cibles en Union soviétique si cette dernière entrait en guerre. MacArthur témoigna devant le Congrès en 1951 qu'il n'avait jamais recommandé l'emploi d'armes nucléaires. Il avait un temps envisagé de larguer des matières radioactives en Corée. S'il évoqua le sujet avec le président élu Eisenhower en 1952, il ne recommanda jamais son application. En 1954, lors d'un entretien publié après sa mort, il déclara qu'il avait voulu larguer des bombes atomiques sur les bases ennemies mais en 1960, il s'opposa à une déclaration de Truman affirmant la même chose. Truman publia une rétractation en avançant qu'il n'avait aucune preuve et qu'il s'agissait uniquement de son opinion personnelle. Le 5 avril 1951, le Comité des chefs d’États-majors interarmées rédigea des ordres pour MacArthur autorisant des frappes nucléaires sur la Mandchourie et sur la péninsule du Shandong si, à partir de là, les Chinois lançaient des attaques aériennes contre ses forces. Le lendemain, Truman rencontra le président de la Commission de l'énergie atomique des États-Unis, Gordon Dean, et organisa le transfert de neuf bombes nucléaires Mark 4 sous contrôle militaire. Dean s'inquiétait du fait que la décision sur la manière de les utiliser soit confiée à MacArthur qui, selon lui, n'avait pas toutes les connaissances techniques de ces armes et de leurs effets. Le Comité des chefs d’États-majors n'était pas non plus complètement à l'aise à l'idée de les donner à MacArthur, de peur qu'il n'applique trop prématurément ces consignes. Il fut décidé à la place de mettre la force de frappe nucléaire sous le contrôle du Strategic Air Command. En quelques semaines, MacArthur fut obligé de se retirer de la Corée du Nord. Lorsque Séoul tomba en janvier, Truman et MacArthur durent envisager la possibilité d'abandonner l'ensemble de la péninsule coréenne. Les pays européens ne partageaient pas la vision mondiale de MacArthur, se méfiaient de son jugement et craignaient que sa stature et son influence auprès du public américain ne détournent la politique américaine de l'Europe vers l'Asie. Ils s'inquiétaient également d'une possible confrontation avec la Chine, impliquant peut-être l'emploi d'armes nucléaires. Lors d'une visite aux États-Unis en décembre 1950, le premier ministre du Royaume-Uni Clement Attlee exprima les craintes européennes que . Sous le commandement de Ridgway, la reprit son offensive vers le nord en février et reprit Séoul en mars 1951. Les Chinois subirent de lourdes pertes et durent se replier derrière le . Devant l'amélioration de la situation militaire, Truman envisagea d'obtenir une paix négociée, mais le 24 mars MacArthur demanda à la Chine de reconnaître sa défaite ; il s'agissait d'un défi à la fois contre les Chinois et face à ses propres supérieurs. La proposition de Truman fut mise en suspens. Le 5 avril, le représentant Joseph William Martin, Jr., le chef de file des républicains de la Chambre des représentants, lut une lettre de MacArthur critiquant la stratégie de guerre limitée du président Truman. La lettre se terminait par : Truman convoqua le secrétaire à la Défense, George Marshall, le chef d'état-major des armées Omar Bradley, le secrétaire d’État Dean Acheson et Averell Harriman pour discuter de la situation. Les chefs d’États-majors se réunirent le 8 avril et conclurent que MacArthur n'était pas coupable d'insubordination, et que s'il était allé assez loin dans l'application des ordres, il n'avait pas outrepassé sa mission. Ils acceptèrent la suspension de MacArthur, mais sans la recommander. Bien qu'ils aient considéré qu'elle était correcte , ils étaient conscients qu'il y avait d'importantes considérations politiques en jeu. Même si Truman et Acheson considéraient que MacArthur était insubordonné, le Comité des chefs d’États-majors évita toute suggestion en ce sens. L'insubordination était un crime et MacArthur aurait pu demander une cour martiale publique similaire à celle de Billy Mitchell dans les années 1930. Le résultat d'un tel procès était incertain et le verdict aurait pu demander qu'il recouvre ses fonctions. Le Comité des chefs d’États-majors admit qu'il y avait . Bradley insista sur le fait que . Truman demanda à Ridgway de relever MacArthur de ses fonctions et l'ordre fut transmis le 10 avril, avec la signature de Bradley. La suspension du célèbre général par l'impopulaire Truman, parce que le général avait communiqué avec le Congrès, entraîna une large controverse et une crise constitutionnelle. Les sondages indiquèrent qu'une majorité d'Américains désapprouvaient cette décision. La cote de popularité de Truman tomba à 23 % au milieu de l'année 1951, ce qui reste encore le plus bas score atteint par un président américain en exercice. Alors que l'impopulaire guerre de Corée se poursuivait, l'administration Truman fut victime d'une série d'affaires de corruption, et le président décida de ne pas se représenter en 1952. Un comité sénatorial présidé par le démocrate Richard Brevard Russell Jr. enquêta sur la suspension de MacArthur. Elle conclut que la . Fin de vie. MacArthur s'envola pour Washington avec sa famille en avril 1951. Il s'agissait de la première visite de son épouse Jean aux États-Unis continentaux depuis 1937 lors de leur mariage et leur fils Arthur IV, à présent âgé de , n'était jamais allé en Amérique. MacArthur fit sa dernière apparition officielle lors d'un discours d'adieux au Congrès qui fut interrompu par cinquante ovations. MacArthur termina son monologue par : MacArthur connaissait une très forte popularité : un demi-million de personnes se massèrent sur son cortège à San Francisco, sept millions à New York le 20 avril 1951, les spectateurs jetant plus de huit tonnes de confettis à cette occasion. Les rumeurs prétendaient qu’il pourrait se présenter à la présidence mais il ne chercha pas à être candidat. Il soutint le sénateur Robert Taft et fut l’un des principaux orateurs lors de la convention nationale républicaine de 1952. Taft perdit la nomination face à Eisenhower qui remporta largement l'élection de 1952 face à Adlai Stevenson. Une fois élu, Eisenhower consulta MacArthur sur la manière de mettre un terme à la guerre en Corée. Douglas et Jean MacArthur passèrent leurs dernières années ensemble dans une suite de l'hôtel Waldorf-Astoria. Il fut élu président du conseil d'administration de l'entreprise Remington Rand. Il recevait un salaire de en plus de son indemnité de en tant que général de l'armée. Chaque année, le 26 janvier, une réception était organisée pour l'anniversaire du général par son ancien assistant, le major-général . Lors de la célébration du de MacArthur en 1960, de nombreux invités furent choqués par l'état de santé du général. Le lendemain, MacArthur fit un malaise et fut emmené à l'hôpital St. Luke où il fut opéré de la prostate. Après une période de convalescence, MacArthur se rendit à la Maison-Blanche pour une dernière réunion avec Eisenhower. En 1961, il fit un aux Philippines où le président Carlos P. Garcia lui remit la Légion d'honneur. MacArthur accepta une avance de de l'éditeur Henry Luce pour les droits de ses mémoires qui furent publiées sous le titre "Reminiscences". Des extraits furent publiés sous forme de feuilleton dans le magazine "Life" peu de temps avant sa mort. Le président John F. Kennedy sollicita l'avis de MacArthur en 1961. Le premier des deux entretiens eut lieu peu après le débarquement de la baie des Cochons. MacArthur critiqua vertement les conseils militaires donnés à Kennedy, mit en garde le jeune président contre un engagement au Viêt Nam et lui conseilla de donner la priorité aux questions de politique intérieure. Peu avant sa mort, il donna un conseil similaire au président Lyndon B. Johnson. En 1962, West Point décerna le "Sylvanus Thayer Award" à un MacArthur de plus en plus affaibli pour son engagement extraordinaire au service de la nation. Le discours d'acceptation de MacArthur aux cadets avait comme thème, "Devoir, Honneur, Pays" : Douglas MacArthur mourut d'une cirrhose biliaire primitive à l'hôpital Walter Reed de Washington le 5 avril 1964. Kennedy avait autorisé des obsèques nationales et Johnson confirma la directive en ordonnant qu'il soit inhumé . Le 7 avril, le corps de MacArthur fut emmené par train jusqu'à Union Station puis transporté jusqu'au Capitole. Environ défilèrent devant sa dépouille. Le cercueil fut ensuite inhumé dans la rotonde du Mémorial Douglas MacArthur à Norfolk en Virginie. En 1960, le maire de Norfolk avait proposé d'organiser une collecte de fonds auprès du public pour transformer l'ancien palais de justice de la ville en un mémorial pour le général MacArthur et pour accueillir ses documents, ses décorations et ses souvenirs. Restauré, le bâtiment abrite neuf galeries retraçant la carrière militaire du général. Au cœur du mémorial se trouve une rotonde avec une crypte circulaire accueillant deux sarcophages de marbre, un pour MacArthur et le second pour Jean, qui continua de vivre dans la suite du Waldorf jusqu'à sa mort en 2000. Récompenses et honneurs. Au cours de sa vie, MacArthur reçut plus d'une centaine de décorations militaires américaines et d'autres pays dont la "Medal of Honor", la Légion d'honneur et la Croix de Guerre françaises, l'ordre de la Couronne d'Italie, l'ordre d'Orange-Nassau hollandais, l'ordre du Bain australien et l'ordre du Soleil levant japonais. Ordres et décorations étrangères. Médaille des Nations unies pour la Corée Héritage. Les réformes de MacArthur à West Point furent rapidement annulées. Son concept du rôle du soldat englobant la gestion des affaires civiles fut ignoré par la majorité de ceux qui combattirent en Europe et qui voyaient leur mission comme étant principalement la lutte contre l'Union soviétique. Sa suspension eut cependant des effets durables sur les relations entre civils et militaires aux États-Unis. Lorsque Lyndon Johnson rencontra le général William Westmoreland à Honolulu en 1966, il lui dit : . La suspension de MacArthur . Interrogé sur MacArthur, Blamey dit . MacArthur reste un personnage controversé et énigmatique. Il a souvent été représenté comme un réactionnaire même s'il fut, à de nombreux égards, en avance sur son temps. Il défendit une approche progressiste de la reconstruction de la société japonaise en avançant que toutes les occupations se finissent toujours mal pour l'occupant et l'occupé. Il affirma que la Corée du Nord et la Chine n'étaient pas de simples marionnettes de l'Union soviétique et que l'avenir se trouvait en Extrême-Orient. Il était ainsi à l'opposé de la vision dominante de la guerre froide tout en rejetant implicitement les notions contemporaines de supériorité raciale. Il traita toujours les dirigeants philippins et japonais avec le respect dû à des égaux. Sa réticence à raser Manille par des bombardements aériens fut considérée comme démodée par la génération endurcie de la Seconde Guerre mondiale. MacArthur fut extrêmement populaire auprès du public. De nombreux bâtiments, rues et parcs furent nommés d'après lui. La récompense MacArthur du collège militaire royal du Canada à Kingston en Ontario est décerné aux cadets ayant démontré une aptitude au commandement extraordinaire.
Deir el-Médineh Deir el-Médineh (ou "Deir al-Médîna") est le nom arabe d'un village de l'Égypte antique où résidait la confrérie des artisans chargés de construire les tombeaux et les temples funéraires des pharaons et de leurs proches durant le Nouvel Empire (de la à la ). Le village se situe sur le chemin qui mène du Ramesséum à la vallée des Reines. Son nom antique, "Set Maât her imenty Ouaset", signifie « La place de Maât (ou Place de vérité) à l'occident de Thèbes ». En effet, le village se trouve à l'ouest de Thèbes, sur la rive opposée du Nil. Le nom arabe de "Deir el-Médineh" signifie « le couvent de la ville » car, à l'époque de la conquête de l'Égypte par les Arabes, le temple du village avait été converti en monastère chrétien au . Les artisans vénéraient comme fondateur et protecteur de la confrérie. Les habitants de Deir el-Médineh sont à l'origine d'une grande partie des tombes de la vallée des Rois et des temples funéraires qui longent la rive ouest du Nil, entre autres des tombes des , des , des et de Toutânkhamon. On leur doit également le temple monumental d'Hatchepsout sur le site de Deir el-Bahari. Sur le flanc de la colline bordant le village, les "tombes des ouvriers" ont été construites et décorées par les ouvriers de la nécropole eux-mêmes. On y trouve entre autres les "tombes d'Ipy", de "Pached", et de "Senedjem". Les fouilles ont permis de retrouver un grand nombre d'ostraca et de papyri, qui renseignent d'une façon détaillée sur la vie quotidienne des ouvriers. Ceux-ci apparaissent comme un personnel très qualifié de petits fonctionnaires, bien logés, nourris, soignés, bénéficiant d'un statut enviable. Ces grands travaux n'ont donc pas été réalisés, contrairement à une légende tenace, par une population d'esclaves. Cependant, le village compte des esclaves étrangers. De plus, l'isolement et la claustration des habitants reviennent à une situation d'esclavage. Historique. C'est qui institue une équipe d'ouvriers dédiés au creusement et à la décoration des tombes royales et fonde ainsi le village de Deir el-Médineh. Lors de la construction d'Akhetaton, la nouvelle capitale, une partie de la communauté des artisans restent à Deir el-Médineh, tandis qu'une autre partie rejoint Amarna. Mais à partir de l'époque ramesside, le nombre d'artisans augmente et le village s'agrandît. Sous a lieu la première grève de l'histoire due à des retards d'approvisionnement. À la fin du règne de , le village est abandonné, puis pillé durant la Troisième Période intermédiaire. Architecture du village. À son apogée, le village couvre une superficie de et compte environ (soit au total, en comptant les familles). Ceint par une muraille haute de cinq mètres environ percée d'une porte principale au nord, gardée nuit et jour, le village est composé de soixante-huit maisons mitoyennes donnant sur une rue principale. Chaque maison, construite selon un modèle identique, en brique crue sur des fondations de pierre, comprend trois pièces en enfilade : Entre la pièce principale et la cuisine, un escalier permet d'atteindre le toit-terrasse. Les cours sont protégées du soleil par des canisses de roseau. Enfin, les maisons sont complétées par une cave destinée à maintenir au frais les denrées alimentaires. Le toit plat constitue un espace supplémentaire de couchage et de stockage. Les murs intérieurs sont enduits et peints de motifs colorés géométriques imitant des tissus décoratifs. Le mobilier est limité et simple, les pièces étant petites et le bois rare et onéreux. Les vêtements, cosmétiques et objets de valeur sont entreposés dans des paniers, des pots ou des coffres en bois. Les maisons les plus riches disposent de lits, de chaises et de tabourets mais dans les plus modestes - la majorité de celles de Deir el-Médineh -, des banquettes en brique crue servent pour dormir et s'asseoir. Les repas sont servis sur des plateaux, parfois soutenus par des tréteaux mobiles. Les tombes des artisans sont hors de l'enceinte et jouxtent le village. Un temple de construction ptolémaïque y est édifié par pour les déesses Hathor et Maât. Équipes de travailleurs. Deux équipes se partagent les tâches d'aménagement et de décoration des sépultures pharaoniques. Chacune compte contremaitres, maçons, peintres, graveurs, sculpteurs, etc. La cité se développe jusqu'à compter sous quelque nourries par une noria de pêcheurs, cultivateurs et porteurs d'eau. Sur les monuments laissés par les ouvriers, ces derniers se présentent comme étant serviteur dans la Place de Vérité ("sedjem aah em set Maât"). Ce terme sous-entend des notions d'ordre, de vérité et de justice, montrant que ces artisans, en préparant la tombe de Pharaon, jouent un rôle fondamental dans le maintien de l'ordre du monde dont le souverain est le garant. À la fin du règne de (vers -1166 suivant les sources), le village est le lieu d'un événement mémorable : une grève des ouvriers. Celle-ci, en effet, est l'objet du premier document connu de l'Histoire relatant un conflit social, le Papyrus de la Grève conservé au Musée de Turin. Dessins d'artistes. Dans les fouilles du « grand puits », devenu dépotoir, les archéologues ont découvert des milliers d'ostraca, certains apportant des informations sur la vie quotidienne de la communauté, et d'autres comportant des dessins témoignant du savoir-faire et de l'humour des artisans : Temples et divinités vénérées à Deir el-Médineh. La déesse Mertseger est la protectrice du village. Elle réside au sommet de la pyramide naturelle, la Cime, formée par un pic de la montagne thébaine (450 m). Temples. Le temple ptolémaïque. D'époque ptolémaïque, le petit temple de Deir el-Médineh (neuf mètres de large sur vingt-deux mètres de long) comporte trois sanctuaires juxtaposés précédés d'un vestibule soutenu par deux colonnes à chapiteau hathorique. Ici sont vénérés Amon-Rê-Osiris, Amon-Sokar-Osiris et Hathor et on trouve dans un des sanctuaires une très rare représentation de la pesée du cœur devant Osiris qui doit définir si le défunt était apte ou non à entrer dans le royaume des morts. Bien que fort modeste, le temple est pourvu d'un mammisi, actuellement visible sous la forme d'un renfoncement dans un des murs extérieur du temple, lui-même entouré par une enceinte en briques crues typique. Autres constructions. Outre le temple de Deir el-Médineh, le site est parsemé de fondations d'autres temples plus anciens, notamment le temple d', le temple d'Amon de et la chapelle d'Hathor construite par alors que d'autres éléments remontent à . Fouilles archéologiques. À partir de 1810, les voleurs pillent Deir el-Médineh, dont les nombreuses tombes et les maisons étaient encore en excellent état. Auguste Mariette met fin à ce pillage sauvage dans les années 1850. TT1, la tombe de Sennedjem, est découverte en 1885. Le village est fouillé dans sa partie nord par Ernesto Schiaparelli de 1905 à 1909 pour le compte du Musée égyptologique de Turin, et les années suivantes, le Français Émile Baraize s'intéresse au petit temple ptolémaïque. Il y a ensuite quelques fouilles dirigées par l'Allemand Müller et les Français Girard et Kuentz. Mais le véritable explorateur du site est Bernard Bruyère qui y consacra près de vingt-cinq ans de sa vie. Il y entreprend l'exploration systématique et méthodique entre 1917 et 1947 ainsi que l’égyptologue tchèque Jaroslav Černý. En 1934/1935, Bernard Bruyère y découvre la tombe de la dame Madja et de son époux, un ouvrier du village des artisans. Bibliographie. Œuvres de fiction. En 2000, Christian Jacq a écrit une série intitulée "La Pierre de Lumière", traitant de ce village d'artisans et composée de quatre volumes : "Néfer le silencieux", "La femme sage", "Paneb l'ardent" et "La place de Vérité". En 2010, un album de la série de bande dessinée, Les Gardiens du sang écrite par Didier Convard, a pour titre Deir el-Médineh. C'est un des lieux du jeu .
Droit Le droit est défini comme , ou de façon plus complète . Ces règles, appelées règles de droit sont impersonnelles, abstraites, obligatoires et indiquent ce qui « doit être fait ». Ces règles juridiques peuvent trouver leur source dans une source normative « supérieure », extérieure, transcendante, comme le droit naturel, ou découler de normes intrinsèques, issues de la morale et de la raison. Dans ce second cas, les règles sont issues d'usages constatés et acceptés (droit coutumier) ou sont édictées et consacrées par l'autorité vue comme légitime (en général, l'État) chargée de régir l'organisation et le déroulement des relations sociales (droit écrit). La « force» obligatoire du droit suppose : Il importe cependant de nuancer le caractère obligatoire de la règle de droit, avec l'avènement du droit mou (la "soft law" en anglais), qui prend différentes formes des moins aux plus contraignantes. Il peut ainsi se présenter sous la forme d'un nudge ou de règlementations privées (par exemple, les normes privées comme le standard USB). Cependant, le droit mou se retrouve principalement en droit international, caractérisé par la souveraineté des États et l'absence de force obligatoire de la règle de droit. Dans les sociétés revendiquant la séparation des pouvoirs, l'application du droit résulte d'une collaboration entre le pouvoir législatif qui définit le droit, le pouvoir exécutif qui veille à son exécution — en collaboration avec les citoyens — et le pouvoir judiciaire qui reçoit mission d'interpréter et de sanctionner les éventuels manquements ou contestations soulevées par son application. Sources primaires du droit. Droit et société. Selon les tenants du positivisme juridique, le droit est un phénomène social. La société établit des règles destinées à régir son fonctionnement et à organiser les relations, économiques ou politiques, des personnes physiques qui la composent. Cela lui donne une importance considérable. Droit, morale, éthique et justice. Le droit se distingue des règles morales et de politesse par l'intervention possible d'une sanction positive prévue et attachée à la règle de droit. Le droit est également distinct de l'éthique car son objectif premier n'est pas de caractériser la valeur morale des actes (en bien ou en mal) mais de définir ce qui est permis ou défendu par la règle instituée dans une société donnée. L'étude du droit pose des questions récurrentes, quant à l'égalité, la justice, la sûreté. Selon Aristote, la règle de droit « est meilleure que celle de n'importe quel individu ». Anatole France écrit quant à lui, en 1894 : « La loi, dans un grand souci d'égalité, interdit aux riches comme aux pauvres de coucher sous les ponts, de mendier dans les rues et de voler du pain. » "(est-ce de l'ironie ?)" Typologie des sources du droit. Les sources de la règle juridique sont généralement classées en quatre ordres : Dans les pays de tradition civiliste et de droit écrit comme la France, les seules sources formelles sont la loi au sens large, comprenant la constitution, la loi au sens strict, les textes subordonnés (règlements), comme les décrets, les arrêtés, les circulaires et la coutume. La jurisprudence, les principes généraux du droit formulés notamment par la doctrine ne sont que partiellement reconnues comme des sources du droit. Aux sources du droit correspond une hiérarchie des normes qui établit la place des normes dans l'ordre juridique. Le droit européen a un rôle de plus en plus important. De nos jours, il est dans notre droit supérieur aux lois ; mais inférieur aux lois organiques qui sont contenues dans la constitution. Autres approches du droit. D'autres sciences humaines s'intéressent au droit mais avec une approche "non strictement juridique". Typologie des systèmes de droit. Le droit est un phénomène social constant, qui se crée ou se recrée de façon naturelle dès que deux individus sont réunis. La création ou l'élaboration de règles, qui ne soient fondées ni sur des considérations morales, ni religieuses, est un phénomène qui se retrouve dans chaque société, considérée développée ou non. Chaque système juridique élabore des règles juridiques, des droits comme des responsabilités, de différentes manières. Mais dans chaque pays il existe une riche histoire juridique, avec des philosophies différentes, qui parfois s'affrontent. Droit objectif. En première approche, le droit est un ensemble de règles destinées à organiser la vie en société. Le droit est alors vu sous l'angle de son objet : organiser la vie sociale. Elles sont donc formulées de manière générale et impersonnelle, sans concerner personne en particulier, mais en visant toutes les personnes qui forment le corps social. Cette vision du terme droit est qualifiée de droit objectif. On envisage la règle de droit en elle-même et pour elle-même. Le droit objectif est l'ensemble des règles juridiques obligatoires applicables dans un pays. Ces règles sont établies par le pouvoir régulièrement en place dans le pays et sont destinées au maintien de l'ordre et de la sécurité, et par suite à « préserver les intérêts subjectifs légitimes et de réprimer les intérêts subjectifs illégitimes (Huguette Jones, 2002-03) ». On parle alors plus volontiers "du Droit". Dans le droit français, comme dans beaucoup de droits romano-germaniques, on distingue le droit public et le droit privé. Cette distinction est moins présente au sein des systèmes juridiques anglo-saxons également nommés systèmes de "common law", qui se centrent sur la dichotomie entre droit civil et droit pénal. Droit subjectif. Cependant, une vision subjective est aussi possible, rattachée à un sujet de droit, et non plus abstraite et impersonnelle : on parle de droit subjectif. Dans ce sens, le droit, s'il est envisagé de façon plus concrète, correspond aux prérogatives individuelles que les personnes ont vocation à puiser dans le corps de règles qui constitue le droit objectif. Cependant, l'existence de cette notion est critiquée, « au nom de la logique ». Michel Villey avait rejeté la conception subjective : le droit serait une discipline sociale qui se construit d'après des considérations générales, et non à partir de revendications individuelles que l'on mettrait bout à bout. De tels auteurs condamnent alors la primauté du subjectif sur le droit objectif, qu'ils jugent contraires au bien commun, sinon à l'intérêt général. Ils tentent d'affirmer en réalité la supériorité du groupe sur l'individu : les prérogatives individuelles ne sont que le produit de la règle de droit objectif, et ne résulteraient en aucun cas de la volonté individuelle. Ils sont qualifiés de « maximalistes » par la doctrine, car ils rejettent l'existence même du droit subjectif. Les droits subjectifs sont l'ensemble des prérogatives reconnues à l'individu par le "droit objectif". Ils sont opposables aux tiers. Ce sont par exemple, le droit de propriété, le droit de créance (le droit de possession), le droit à la vie… On parle alors plus volontiers "des droits". Un droit subjectif peut être absolu ou relatif : Courant relativiste. Un autre courant d'auteurs qui rejettent la notion de droit subjectif s'est formé et a été qualifié de « relativiste ». Pour ce courant, cette notion, si elle n'a pas d'intérêt juridique absolu, a un intérêt sociologique : l'individu ne voit dans la norme que l'intérêt qu'il en retire, il revendique des droits, et les règles de droit objectif sont parfois élaborées en fonction du besoin individuel. La notion de droit subjectif n'a qu'un caractère parcellaire. Cependant, aujourd'hui, pour un auteur comme Jean-Luc Aubert, « ces deux sens du mot droit ne s'opposent pas. Ils ne sont que deux façons distinctes d'envisager un même phénomène : le droit. Ils sont complémentaires. ». Ce n'est qu'une question de mise en œuvre du droit objectif. Le droit positif est l'ensemble des textes de loi d'une communauté, et de leur application par la justice, la jurisprudence. Il vise une approche scientifique où selon la hiérarchie des normes. Cette manière de voir le droit permet de faire abstraction de toutes questions religieuses, sociologiques, ethnologiques ou historiques. C'est le droit des juristes, enseigné dans les universités actuellement. Organisation du droit. Branches du droit. Les branches du droit se décomposent en droit privé (ex. droit civil, commercial, social, des affaires), droit public (ex. droit constitutionnel, droit administratif) et droit mixte ou droit interface (ex. droit pénal, fiscal, économique). On distingue également le droit interne (ex. droit public interne) et droit international (ex. droit international privé). Elles se divisent en droit substantiel (ex. règles de fonds) et droit procédural ou processuel (ex. règles de procédure). On distingue également le droit naturel, droit immanent à la nature (ex. justice, équité) du droit positif, droit posé par l’homme, droit en vigueur (ex. législation et réglementation en vigueur dans un pays). Une autre distinction est faite entre droit objectif (ensemble de règles régissant les rapports sociaux) et droits subjectifs (prérogatives individuelles ou collectives). Constitutions dans d'autres pays. Les constitutions et les lois varient selon les pays.
Djet
Droit international public Le droit international public désigne l'ensemble des règles de droit qui régissent les relations entre les sujets du droit international (États et organisations internationales). Le droit international public a vocation à définir et régir : Originellement, les seuls sujets de ce droit sont les États, mais la multiplication des organisations internationales au cours du a progressivement amené à les considérer comme des sujets (dits « sujets dérivés »). La Cour internationale de justice (CIJ) reconnaît dans son avis consultatif portant sur les que l'Organisation des Nations unies (ONU) dispose de la personnalité juridique. Les récents développements de la discipline (droit international humanitaire, droit international des droits de l'homme, droit commercial international) suggèrent que les individus et les autres acteurs privés (organisations non gouvernementales, entreprises transnationales) constituent des sujets émergents du droit international public. Cette interprétation va néanmoins à l'encontre des fondements traditionnels « volontaristes » de la discipline, selon lesquels seuls les sujets du droit international peuvent créer, appliquer ou veiller à l'application des règles de ce droit. Les sources de ce droit sont les traités et les conventions internationales, la coutume internationale, les principes généraux du droit. La jurisprudence et la doctrine des publicistes les plus qualifiés sont qualifiées de sources auxiliaires du droit international public. Le droit international privé régit quant à lui les relations de droit privé présentant un élément d'extranéité. Lorsqu'on parle simplement de droit international, il s'agit habituellement du droit international public, à savoir le tronc commun qui sert à établir l'ensemble des « branches spécialisées » du droit international : droit international de la mer, droit international des droits de l'homme, etc. Origines historiques. Si le droit international public est en grande partie une création moderne, on trouve des liens juridiques internationaux à des époques antiques. Antiquité. Dans l'Antiquité, le droit occupait une certaine place dans les relations internationales. L'un des premiers traités internationaux est le traité de la Perle, traité de paix qu'a signé le pharaon égyptien Ramsès II avec le roi des Hittites en -1296. Ce traité avait notamment pour objet l'extradition des « réfugiés politiques » ainsi qu'un accord de non-agression et reposait sur les croyances des différents dieux de chacune des parties. Les cités grecques fixent des règles relatives au traitement des prisonniers de guerre et s'associent pour gérer en commun des fonctions particulières telles que la gestion du sanctuaire de Delphes. Les Romains, avec Gaius, conçoivent le "jus gentium" comme un droit qui s'applique à l'ensemble de l'humanité. Il ne s'agit pas toutefois du droit international public tel qu'on le conçoit aujourd'hui, car il concerne le traitement et la protection des étrangers sur le sol national. Moyen Âge. Le Moyen Âge européen s'oppose de manière fondamentale à l'époque moderne par sa conception organique d'une communauté chrétienne et non d'une juxtaposition absolue d'États souverains et égaux. Toutefois, après l'an 1000, les relations internationales se développent et nécessitent l'élaboration de règles : courants commerciaux, échange d'ambassades. En théorie, la guerre, sauf contre les infidèles, doit être évitée entre chrétiens ; sa pratique est adoucie par des normes, telles que la trêve de Dieu ou la paix de Dieu. Renaissance et époque moderne. Parmi les principales personnalités qui ont contribué à la formation du droit international, on peut citer : On peut citer aussi Alberico Gentili, Emer de Vattel et Samuel von Pufendorf. Les éléments constitutifs de l'État moderne se mettent en place, en particulier en Angleterre et en France : pouvoir organisé lié à une institution et non à la personne même de son détenteur, population, territoire. De la coexistence des États, forcés de coopérer, les auteurs déduisent la nécessité de respecter les traités ("pacta sunt servanda"). La guerre demeure toutefois possible pour des auteurs tels que Grotius. Les traités de Westphalie reconnaissent en 1648 l'égalité des nations souveraines d'Europe, principe fondamental du droit international moderne. Sujets du droit international. Un sujet de droit international est assujetti à ce droit et doit pouvoir s'en prévaloir. À l'origine, l'État était le seul sujet du droit international. Mais cette conception est révolue : bien que sujets originels, les États ont ressenti depuis 1815 la nécessité de se grouper en Organisations internationales qui ont peu à peu atteint le statut de sujets. Le 11 avril 1949, un avis de la Cour internationale de justice énonce que : « Les sujets de droit dans un système juridique ne sont pas nécessairement identiques quant à leur nature ou quant à l'étendue de leur droit et leur nature dépend des besoins de la communauté ». On note également que l'individu a pris une place de plus en plus importante dans le système de droit international du fait de la protection des droits de l'Homme. On distingue ainsi trois acteurs majeurs dans le droit international : Sources du droit international. Il n'existe pas de code du Droit international public à proprement parler, et pas davantage de hiérarchie entre les différentes sources, qu'elles soient écrites ou non. C'est peut-être une des conséquences de la non-existence d'un ordre juridique international établi malgré la quasi-omniprésence de l'Organisation des Nations unies (ONU) dans les conflits mondiaux. Les différentes sources du droit international sont mentionnées à l'article 38 du Statut de la Cour internationale de justice : De cet article, on peut retirer deux sortes de sources : Sources non écrites. Coutume. Les éléments constitutifs de la coutume sont la pratique générale, le "consuetudo", c'est-à-dire l'ensemble d'actes divers non équivoque, accompli de manière analogue, répété par les membres de la société internationale et l"'opinio juris" qui est l'élément psychologique, c'est-à-dire avoir la conviction d'observer une règle de droit. Pour Dionisio Anzilotti, . Le fait que la coutume soit une source de droit non écrit pose la question de son opposabilité. Autrement dit, comment prouver qu'une coutume existe bien ? Les moyens de démontrer la règle coutumière sont divers : documents diplomatiques (recueils, correspondances), décisions judiciaires ou arbitrales ("CIJ, 20 février 1969, Affaires du plateau continental de la Mer du Nord" : le principe de l'équidistance n'est pas une règle coutumière pour les États). S'agissant de la coutume générale, la charge de la preuve incombe au demandeur. Cependant, il peut être inutile qu'une partie démontre à la Cour une coutume si elle est déjà avérée ("CIJ, 20 novembre 1950, Droit d'asile (Colombie contre Pérou)"). De plus, lorsque l'élément matériel (la pratique générale) est établi, il peut entrainer l'élément psychologique (l"'opinio juris") ("CIJ, 21 mars 1959, Interhandel (Suisse contre États-Unis)"). Concernant les coutumes régionales et bilatérales, la charge de la preuve incombe strictement au demandeur car elles sont moins évidentes. La Cour internationale de Justice, dans l'affaire sur le Droit d'Asile précitée, énonce que À ceci s’ajoute que ("CIJ, 1986, Actions armées frontalières et transfrontalières"). Depuis 1899 et la première codification du droit de la guerre, la question de la codification de la coutume s'est posée. Elle s'est accélérée à partir de la seconde moitié du sous l'égide de l'ONU, notamment. L’article 15 du Statut de la Commission du droit international, créée le par l'Assemblée générale de l'ONU, énonce que . Pour Georges Abisabe, la codification est une « activité nécessairement législative ». La codification du droit international coutumier a pour avantage d'établir clairement le sens de la règle de droit et de lutter contre l'éparpillement des règles juridiques. Cependant, il faut souligner que l'écrit est moins souple que l'oral et donc ainsi il est plus difficile de faire évoluer la règle de droit. et le risque d'échec est grand. La codification peut être à l'initiative : Aujourd'hui, cinq grands domaines ont fait l'objet d'une codification : Principes généraux du droit. Les principes généraux du droit (PGD) sont des règles de droit que le juge ou l'arbitre international applique mais sans toutefois les créer. Les auteurs de la doctrine sont divisés quant à la question de savoir si les PGD sont des sources autonomes/directes du droit international. On peut distinguer deux sortes de PGD : Équité. L'équité se définit comme la justice naturelle, comme l'application des principes de justice à chaque cas. L'équité peut compléter le droit positif lorsque : Pour Sir Gérald Fitzmaurice, le droit et l'équité ne peuvent réaliser la justice que si on les laisse se compléter mutuellement. L'équité peut également être un facteur d'équilibre. Selon Cicéron, , « un excès de droit amène les pires injustices ». Ainsi, le droit ne doit pas être laissé sans bornes. Traité. Selon l'article 2 § 1 a) de la convention de Vienne sur le droit des traités : Il existe plusieurs types de traités : le traité bilatéral conclu entre deux sujets du droit international, le traité multilatéral conclu entre plus de deux parties. Le traité a de multiples dénominations : il s'appelle charte, statut lorsqu'il institue une organisation, pacte lorsqu'il crée une alliance militaire, protocole pour un traité additionnel ou rectificatif, concordat pour un traité conclu entre un État et le Saint-Siège. Le traité est soumis à des réserves qui peuvent être définies (article 2 § 1 d) de la Convention précitée) comme étant . Il est toujours possibles de formuler des réserves ("CIJ, réserves à la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, avis consultatif du " : ) mais il faut se livrer à un examen au cas par cas des dispositions pour savoir si elles peuvent être écartées en tenant compte de l'objet et de la finalité du traité. Le traité peut interdire les réserves et les dispositions finales ne peuvent pas faire l'objet de réserves car elles ont une nature opératoire (elles ont pour but de mettre en œuvre le traité). Une réserve est adoptée si aucune manifestation contraire d'une partie au traité dans un délai de douze mois à compter de la notification par l'État dépositaire n'a été exprimée. Acte unilatéral. État. Les actes unilatéraux des États peuvent être des propos écrits ou oraux tenus par un chef d'État, un chef de gouvernement ou un ministre des Affaires étrangères. Les propos des autres ministres sont exclus ("CIJ, , Minquiers et Ecréhous" : les propos du ministre français de la marine ne peuvent engager l'État français, ce n'est pas un acte unilatéral). On peut différencier plusieurs types d'acte unilatéral : Organisations internationales. Actes ayant force obligatoire. Ce sont les actes qui ont une portée décisoire même s'ils ont une dénomination variable. Les actes des organisations internationales qui ont force obligatoire s'appliquent dans plusieurs domaines : La force obligatoire est limitée car elle suppose l'acquiescement du destinataire. De plus, l'abstention d'un État fait qu'il n'est pas lié. Et il n'y a pas de système de sanction efficace. Actes n'ayant pas force obligatoire. Ils ont une valeur de recommandation : ce sont des avis, résolutions Ils ont une fonction plus politique : ce sont des éléments de coopération internationale mais ils n'en sont pas moins efficaces car ils sont peu contraignants. Selon l'Institut du Droit International, dans sa Session du Caire du 17 septembre 1987, . Il existe plusieurs catégories de résolutions : Juridictions et tribunaux internationaux. L'avènement du juge dans la société internationale a été une longue quête historique. Les États (sujets principaux) n'ont que très lentement et difficilement accepté l'autorité d'un tiers, fut-il juge. Comme le montre l'histoire de la justice internationale (Pour une synthèse, v. Mémento de la jurisprudence du droit international public, par Blaise Tchikaya (Préface du Prof. Alain Pellet), 1822-2010, Ed. Hachette-Supérieur, éd. 2010). Ce n'est qu'en 1899 qu'est créée, à la suite des débats de la Première conférence de La Haye, une sorte de juridiction permanente à la Haye (Pays-Bas), la Cour permanente d'arbitrage (CPA). Cette juridiction existe toujours et offre les services des grands jurisconsultes. Le juge international ne commence véritablement son existence qu'avec la convention spéciale de 1920 créant la Cour permanente de justice internationale (CPJI) sous les auspices de la Société des nations. Cette initiative est perfectionnée en 1945 avec la naissance de la Cour internationale de justice actuelle (CIJ), siégeant également à la Haye. Elle a par exemple rendu le 20 juillet 2012 une décision d'importance dans le cadre de l'affaire Hissène Habré. Elle déboute la Belgique (représentée par M. Paul Reitjent) de ses prétentions et met à la charge du Sénégal (représenté par le Prof. Cheikh Tidiane Tiam) l'obligation de juger ou d'extrader le sujet en cause. Les jugements rendus par la Cour internationale de justice ont en effet un caractère définitif. Arrêts et jugements. Ils ont un caractère définitif : cela est généralement affirmé dans les statuts de la juridiction (CIJ, article 60 : ). Il est possible de demander une interprétation de l'arrêt. L'existence de voies de recours suppose l'existence d'un ordre international mais les statuts peuvent prévoir une procédure d'appel. Il faut noter que la CEDH peut siéger en Comité, en Chambre ou en Grande Chambre. Quant à la CPI, elle comporte une Section Préliminaire, une Section de Première Instance et une Section des Appels. Les jugements ont également un caractère obligatoire mais selon le principe de relativité de la chose jugée ils ne produisent des effets qu'entre les parties. Cependant, ce n'est pas systématique. Avis. Ils portent sur des questions d'ordre juridique qui sont posées à la CIJ par exemple (article 96 de la Charte de l'ONU) ou à la CEDH (articles 47 à 49 de la CESDH telle qu’amendée par le Protocole no 11 accompagnée du Protocole additionnel et des Protocoles nos 4, 6, 7, 12 et 13). La doctrine et la jurisprudence constituent aussi deux sources secondaires de droit international, selon l'article 38 du statut de la CIJ. Hiérarchisation des sources du droit international. Il n'y a en principe pas de hiérarchie entre ces sources, cependant la convention de Vienne sur le droit des traités de 1969 dans ses articles 53 et 64 semble reconnaître une certaine hiérarchie des normes internationales. Cette hiérarchie est justifiée par ce que les spécialistes du droit international appellent le "jus cogens". Les normes qui bénéficient du "jus cogens" sont censées être impératives et primer toute autre norme internationale telle que le traité. Par exemple, l'interdiction du crime de génocide peut être considérée comme entrée dans le "jus cogens". Création d'un traité international. La création d'un traité international passe par les trois voies suivantes, qui sont des conditions cumulatives : Relation entre le droit international et le droit interne. La coexistence du droit international et du droit interne pose la question de leur rapport hiérarchique éventuel : l'une des deux normes doit-elle primer l'autre ? Il existe deux positions théoriques : Ainsi, en Italie les traités internationaux signés et ratifiés doivent être formellement repris par une loi interne (dualisme) et ont donc l'autorité de la loi qui les a intégrés dans l'ordre juridique interne. En France, en revanche, les traités sont applicables dès leur ratification (monisme) : ils ont une position spécifique, qui est en l'occurrence supérieure aux lois internes. En pratique, il faut considérer la multiplicité des niveaux du droit interne et la dualité des juridictions : internationales et nationales. Plusieurs solutions en découlent. Point de vue des institutions internationales. De manière constante, les tribunaux et cours d'arbitrage internationaux considèrent que nul État ne peut invoquer une règle de droit interne pour se soustraire à ses obligations internationales. Ceci est précisé par la convention de Vienne de 1969 (article 27). Le droit international s'impose donc à l'État, même si une règle de droit interne lui est contradictoire. Cela ne signifie pas que le juge international peut annuler une règle de droit interne. Il se contente de la rendre inefficace lorsqu'elle produit des effets sur le plan international. Ainsi, dans l'affaire Nottebohm, la Cour internationale de justice a déclaré que les autorités du Guatemala pouvaient considérer comme allemand un citoyen de cet État qui venait d'acquérir la nationalité du Liechtenstein, considérant que cette nouvelle nationalité n'était pas effective. Ce faisant, la Cour n'a pas retiré à M. Nottebohm la nationalité du Liechtenstein et n'a donc pas annulé de normes ou d'actes émis par ce pays, mais s'est contenté de la rendre inopposable à un autre pays, en l'occurrence le Guatemala. Les juridictions internationales ne fondent leurs décisions que sur le droit international. Elles ne se considèrent pas liées par le droit interne des États concernés, y compris au niveau constitutionnel, qui ne constitue qu'un élément d'appréciation parmi d'autres. Point de vue des États et des juridictions internes. Les pratiques varient selon le niveau de norme considéré (constitution, loi, coutume) et le régime : primauté de la règle internationale, y compris par rapport à une loi interne ultérieure, ou simple reconnaissance à égalité avec la norme interne. Droit international et loi interne. En général, les États reconnaissent l'applicabilité du droit international en ordre interne. Ainsi la règle "Pacta sunt servanda" est inscrite dans le Préambule à la Constitution française de 1946, qui est toujours une règle constitutionnelle : , formulation qui inclut la coutume internationale. Les traités doivent toutefois être ratifiés ou approuvés, publiés et appliqués par l'autre partie (article 55 de la Constitution de 1958). En Allemagne et en Italie, la coutume internationale est également applicable directement, mais il faut promulguer une loi pour qu'un traité entre en vigueur. La différence entre la ratification dans un cas et la promulgation d'une loi dans l'autre se situe au niveau de la force de la norme. En France, les traités ont une force supérieure à la loi : la jurisprudence a reconnu progressivement qu'ils primaient même sur une loi promulguée postérieurement à leur ratification. En Allemagne et en Italie, en revanche, le traité n'a qu'une valeur égale à la loi et pourrait en principe être abrogé par une simple loi. En Angleterre, le droit international, notamment coutumier, s'applique en vertu de la doctrine de Blackstone (1765). Toutefois le droit interne l'emporte en cas de conflit. Si certains traités s'appliquent directement, il a fallu une loi pour intégrer en 1998 la Convention européenne des droits de l'homme dans le droit anglais (). Aux États-Unis, les traités aux dispositions précises et inconditionnelles sont supérieurs aux lois antérieures, mais leur rapport aux lois postérieures dépend de la volonté manifestée par le Congrès. Droit international et constitution. Le rapport des traités et de la Constitution est complexe. Tous deux sont en effet supérieurs à la loi. En France, la jurisprudence du Conseil d'État affirme que la Constitution doit s'appliquer en droit interne quels que soient les traités signés par la France. Toutefois, le Conseil constitutionnel estime aujourd'hui qu'il n'y a pas lieu de vérifier la conformité à la Constitution du droit communautaire dérivé, qui fait l'objet de règles propres. En Belgique, la jurisprudence de la Cour de cassation et du Conseil d'État établit que les traités sont supérieurs à la constitution. Par contre, la Cour constitutionnelle estime que la Belgique ne peut faire de traités contraires à sa constitution. Application extraterritoriale du droit d'un État. L'application extraterritoriale du droit américain s'est notamment concrétisée à travers les lois d'Amato-Kennedy et Helms-Burton : lois d'embargo sur Cuba, la Libye et l'Iran. Ainsi par l'extraterritorialisation de ces lois, toute société investissant dans ces pays, qu'elle soit américaine ou non, pouvait être condamnée par la justice américaine mais aussi par la Cour internationale de justice. Le rapport d'information déposé par la Délégation de l'Assemblée nationale française pour l'Union européenne sur les relations économiques entre l'Union européenne et les États-Unis (11 février 1999) pose des questions sur l'application extraterritoriale du droit des États-Unis. Responsabilité internationale des États. Le droit de la responsabilité internationale des États a été codifié par la Commission du droit international en 2001, dans le Projet d'articles sur la responsabilité de l'État pour fait internationalement illicite. Bien qu'adopté par l'Assemblée générale des Nations unies, ce texte n'a pas de valeur juridiquement contraignante. Néanmoins, il est admis que ce texte constitue le « droit commun » de la responsabilité internationale des États. En principe, tout fait internationalement illicite de l’État engage sa responsabilité internationale (Article 1). La Cour permanente de justice internationale (CPJI), ancêtre de l'actuelle Cour internationale de justice (CIJ), avait en effet considéré que (Affaire des phosphates du Maroc). La CIJ a depuis constamment répété que (Affaire du Détroit de Corfou ; Activités militaires et paramilitaires au Nicaragua ; Avis consultatif sur l'interprétation des traités de paix conclus entre la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie). Chaque État est donc responsable de son propre comportement en ce qui concerne ses propres obligations internationales. La responsabilité de l’État est donc subordonnée à l'existence d'un fait internationalement illicite. Celui-ci est défini (Article 2) comme le comportement d'un État, consistant en une action ou une omission : Limites du droit international. Le droit international se distingue des droits nationaux par l'absence d'une structure centralisée chargée de faire respecter son application. L'absence de gendarme international a amené certains auteurs à douter que le droit international soit véritablement du droit. Il existe cependant plusieurs cours de justice internationale, ainsi que certains tribunaux d'arbitrage "ad hoc" qui appliquent le droit international. On pense principalement à la Cour internationale de justice (CIJ). Cependant, pour que la Cour puisse régler un différend, les deux États parties au litige doivent avoir expressément accepté la juridiction de la cour (cette acceptation est encore désignée sous le terme clause facultative de juridiction, qui doit être bien comprise par rapport à la clause compromissoire). Cela peut se faire par plusieurs moyens, notamment la signature d'une entente après la survenance du litige, par une déclaration d'acceptation de la juridiction de la cour contenue dans un traité ou encore par une déclaration d'acceptation de la compétence générale de la cour. Cependant ces déclarations d'acceptation de compétence générale sont plutôt rares et très souvent assujetties à de nombreuses réserves. Parmi les membres du conseil de sécurité, seul le Royaume-Uni a signé une telle déclaration (les États-Unis ont retiré la leur après l'affaire des Contras au Nicaragua, la France après l'affaire des essais nucléaires). L'application d'une convention dépend donc en grande partie de la bonne volonté des États liés par celle-ci. En cas de différend international, il existe plusieurs méthodes de résolution pacifique des différends. Cela peut aller de la négociation, à la médiation, arbitrage, jusqu'à la saisine de la CIJ. Ces modes de règlement peuvent éventuellement mener à l'application de mesures de rétorsion par un État. Cependant, ce droit n'est pas nécessairement garanti. En cas de refus d'exécuter un arrêt de la CIJ par exemple, l'État lésé doit d'abord saisir le Conseil de sécurité. En ce qui concerne le droit pénal international, tout à fait distinct du droit international inter-étatique, le Statut de Rome a créé la Cour pénale internationale pour le cas des crimes contre l'humanité. Il est bien évident que des mesures de rétorsion imposées par un État puissant seront plus efficaces que celles d'un État d'importance politique ou économique plus faible. Ainsi, en pratique, seuls les États forts sont véritablement en mesure de faire respecter les conventions qu'ils ont signées. Le concept d"'État de droit" ne s'applique donc pas pleinement aux relations internationales. Dans ces conditions, il pourrait sembler que le droit international n'est qu'un déguisement de la "loi du plus fort". Cependant, il ne faut pas négliger le poids des relations diplomatiques et l'importance pour les États de leur image dans le monde. Sauf exception, les États ont avantage à respecter leurs obligations. Dans les États qui ont un système de droit positif fort, le droit international figure dans le bloc de conventionnalité de la pyramide des normes, à côté du droit européen (en Europe) et des lois organiques. Il dépend du droit constitutionnel qui figure dans le bloc de constitutionnalité, et s'impose donc en principe aux lois, qui sont à un niveau inférieur de la hiérarchie des normes.
Liste de divinités égyptiennes par ville Cette liste représente les plus importantes villes de l'Égypte antique ordonnées par nome et suivies des divinités qui y étaient adorées. Basse-Égypte. ! width="4%" | Nome ! width="17%" | Ville (nom égyptien) ! width="17%" | Ville (nom grec) ! width="17%" | Ville (nom moderne) ! width="45%" | Dieux Haute-Égypte. ! width="4%" | Nome ! width="17%" | Ville (nom égyptien) ! width="17%" | Ville (nom grec) ! width="17%" | Ville (nom moderne) ! width="45%" | Dieux
Dune (roman) Dune (titre original : "Dune") est un roman de science-fiction de l'écrivain Frank Herbert, publié aux États-Unis en 1965. Il s'agit du premier roman du "cycle de Dune". Publié à l'origine sous forme de deux publications distinctes dans le magazine "Analog" en 1963-1964, c'est le roman de science-fiction le plus vendu au monde. Dans les éditions françaises, ce roman est quelquefois divisé en deux volumes (' et '), comme lors de sa première publication dans "Analog". En 1966, le roman remporte le prix Hugo qui récompense les meilleures œuvres de science-fiction ou de fantasy, à égalité avec le roman "Toi l'immortel" de Roger Zelazny et décroche la même année le premier prix Nebula du meilleur roman. Historique de la publication. Après la publication de son roman ' (1956), sa première œuvre d’ampleur qui reçoit l'approbation de la critique, Frank Herbert se rend en tant que journaliste indépendant à Florence dans l'Oregon pour écrire un article sur les "Oregon Dunes" (la plus grande étendue de dunes de sable côtières aux États-Unis), une zone où le département de l'Agriculture des États-Unis tente d'utiliser des herbes économes en eau (') pour stabiliser les dunes de sable, qui avancent dans les terres en raison des vents forts de l'océan Pacifique. Passionné par le sujet, Herbert se plonge dans la documentation et n'achèvera finalement jamais son article, intitulé « "They Stopped the Moving Sands" » et dont une version sera publiée des décennies plus tard dans "La Route de Dune". Dans une lettre à son agent littéraire, Lurton Blassingame, Herbert affirme que les dunes en mouvement pourraient . Herbert passe les cinq années suivantes à faire des recherches, écrire et faire des corrections. De décembre 1963 à février 1964, il publie dans le mensuel "Analog" une série en trois parties intitulée "Dune World". La série était accompagnée de plusieurs illustrations qui ne furent pas publiées par la suite. Après un an d'intervalle, il publie dans les numéros de janvier à mai 1965 les cinq parties beaucoup plus lentes de "The Prophet of Dune". Dans le roman "Dune" finalement publié, la première série devient « "Book 1: Dune" » , et la deuxième série est divisée en « "Book Two: Muad'dib" » et « "Book Three: The Prophet" ». La version sérialisée a été étendue, retravaillée et soumise à plus de vingt éditeurs, qui l'ont tous rejetée. Le roman "Dune" est finalement accepté et publié en août 1965 par Chilton Books, une maison d'édition plus connue pour la publication de manuels de promotion et de réparation automobiles. Contexte fictionnel. Présentation. L’histoire de "Dune" débute en l'an après la fondation de la Guilde spatiale. L'univers connu est régi par l'empereur Padishah Shaddam IV, le chef de la Maison Corrino, qui exerce son pouvoir féodal sur la multitude de planètes de l'Imperium, un vaste empire qui s'étend sur des centaines de mondes dans la galaxie. L'Imperium est issu du Jihad butlérien, un évènement qui débuta il y a plus de dix mille ans lorsque les humains se libérèrent du joug des machines pensantes et des robots intelligents qui les avaient asservis. Avec l'appui de la Guilde spatiale, qui possède le monopole des voyages interstellaires (ainsi que de la banque), l’humanité a conquis une grande portion de l'univers connu. Toute forme d'intelligence artificielle étant désormais proscrite, diverses organisations ont été créées pour développer des talents humains palliant ce manque, ce qui a abouti à divers groupes spécialisés : L'école Suk en particulier est vitale dans le monde de l'Imperium, les grandes Maisons nobles de l'empire étant parfois ennemies et se livrant bataille. À cet effet, les assassinats et les « guerres des assassins » (des vendettas) sont monnaie courante dans cet univers, tout comme l'utilisation raffinée du poison, tolérée dans certains cas. Ces formes de représailles (le terme utilisé officiellement est la « Rétribution ») sont acceptées par l'ensemble de la société de l'Imperium et codifiées. Par ailleurs, la pratique des , un système strict de classes sociales associé à un code de bienséance rigide, est inhérent à cet empire aristocratique (). Cette spécialisation humaine pour pallier le remplacement des machines pensantes a été favorisée par une mystérieuse substance, dénommée ou le . Le Mélange est un puissant stimulant cérébral qui permet aux navigateurs de la Guilde de décupler leurs capacités psychiques et ouvre aux membres du Bene Gesserit des capacités particulières. De plus, le Mélange accroît sensiblement la durée de vie de quiconque en consomme régulièrement et immunise le corps contre certaines maladies (voire certains poisons mineurs). L'origine précise de l'Épice reste un mystère, et les quantités récoltées sont extrêmement réduites, l'Épice n'étant disponible que sur une seule planète dans tout l'univers : Arrakis, la planète des sables. L'Épice est par ailleurs (à l'époque de l'Imperium) impossible à synthétiser. L'ensemble de ces paramètres confère à cette substance une valeur monétaire particulièrement élevée, et fait l'objet d'une attention spéciale de la part de toutes les factions importantes qui s'agitent dans l'Imperium. Parmi celles-ci, en plus du règne de l'empereur Padishah et de sa maison royale des Corrino, on peut citer le CHOM (Combinat des Honnêtes Ober Marchands), un conglomérat commercial qui s'étend sur toute la galaxie et le Landsraad, l'assemblée des Maisons nobles de l'Imperium qui est un contrepoids au pouvoir de l'empereur (avec par exemple la Maison Atréides ou la Maison Harkonnen). Par ailleurs, la Guilde spatiale, le Bene Gesserit et le Bene Tleilax usent de leur influence, souvent de manière discrète, pour faire aboutir leurs projets. De son côté, l'empereur maintient sa mainmise sur l'empire grâce aux Sardaukar, ses troupes d'élite fanatiques, redoutées dans tout l'Impérium pour leurs prouesses et leur férocité au combat. Dune, la planète. On ne trouve l'Épice que sur la planète Arrakis, la « planète des sables » que ses habitants autochtones, les Fremens, appellent . Vaste désert de sable torride ponctué de rares massifs montagneux, Dune est une planète au climat aride et desséché dû à une absence totale de précipitations. C'est par ailleurs un lieu hostile et désolé, à cause des ravages engendrés par son milieu naturel unique ; tout d'abord, les vers géants de Dune, des créatures gigantesques qui attaquent et avalent tout ce qui passe à leur portée dans le désert, attirées par les vibrations au sol. Mais également les tempêtes Coriolis, des ouragans de sable à l'échelle d'un hémisphère qui balayent la surface de Dune, avec une telle force qu'elles sont réputées ronger la pierre et la chair sur les os de tous les êtres vivants qui auraient le malheur de les croiser au dehors sans protection. Par voie de conséquence, les tentatives faites pour aménager la planète et la rendre plus vivable ont été vouées à l'échec : dès qu'un puits d'eau est creusé, le mince filet d'eau disparaît rapidement et mystérieusement. Les installations dans le désert ne survivent pas longtemps face aux tempêtes Coriolis dévastatrices. Les seuls îlots d'humanité stables sur la planète trouvent refuge dans les cités des regroupées derrière le Bouclier, un vaste massif montagneux qui protège une partie de l'hémisphère nord (notamment la capitale de la planète, Arrakeen) de l'attaque des vers, et les communautés Fremen qui habitent les sietchs du désert, des habitations troglodytes nichées aux alentours du Bouclier, mais aussi dans le désert profond d'Arrakis. Enfin, à l'extrême sud de la planète se trouve une région de palmeraies discrètes, aux mains des Fremen. Du fait de ce climat inhospitalier, sur Dune l'eau est un bien rare et précieux, son absence étant souvent synonyme de mort pour les habitants pauvres qui viendraient à en manquer dans le désert. L'eau constitue aussi une monnaie d'échange locale et plusieurs dispositifs permettent de l'économiser ou de la récupérer, comme les pièges à vent ou les faucilles à rosée qui récupèrent l'humidité naturelle du matin et, chez les Fremens, les distilles (des combinaisons spéciales qui permettent de récupérer l'humidité du corps). Le pôle nord glacé de la planète est aussi exploité par la guilde des vendeurs d'eau, qui en tirent un pouvoir et une richesse importante. Seule source d'Épice connue dans l'univers, la planète fait l'objet de la surveillance constante de l'empereur, qui a donné la gestion de ce fief planétaire à la Maison Harkonnen. Celle-ci dirige Arrakis d'une main de fer, ses équipes d'ouvriers parcourant le désert à la recherche d'Épice à moissonner, afin de payer la dîme à l'empereur et accroître la fortune colossale du baron Vladimir Harkonnen et de sa famille. Dans sa quête éperdue du bénéfice, le baron n'hésite pas à faire « pressurer » et martyriser la population locale, en particulier les Fremen qu'il considère comme de la « racaille », les faisant chasser comme des bêtes sauvages. Par ailleurs, les contrebandiers présents sur la planète participent à plusieurs activités hautement rémunératrices et illégales, comme la récolte de l'épice, mais sont tolérés dans une certaine mesure du fait de leurs avantages. Les Fremen, dirigés par le planétologiste (écologiste planétaire) impérial autochtone Liet Kynes, ont cependant une espérance dans la croyance implantée chez eux qu'un sauveur, un messie qu'ils appellent le « Mahdi », viendra un jour les libérer du joug des Harkonnen, transformant la planète désertique qu'est Dune en un paradis. Résumé. Le duc Leto Atréides, chef de la Maison Atréides, règne sur son fief planétaire de Caladan, une planète constituée de jungles et de vastes océans dont il tire sa puissance. Sa concubine officielle, Dame Jessica, est une adepte du Bene Gesserit, une école exclusivement féminine qui poursuit de mystérieuses visées politiques et qui enseigne des capacités non moins étranges. Par amour pour son concubin, Jessica donne à Leto un fils, Paul, désobéissant en cela aux directives de ses supérieures du Bene Gesserit, dont le programme génétique prévoyait qu’elle engendre une fille. Les Bene Gesserit (surnommées les « Sorcières » par ceux qui les craignent) cherchent, avec ces accouplements contrôlés, à créer par sélection génétique un être mâle, le Kwisatz Haderach, qui pourra voir ce qu'elles ne peuvent voir. Paul, le fils de Leto et Jessica, est formé par les hommes du duc, qui comptent parmi les meilleurs guerriers de l'Imperium (notamment le mentat-assassin Thufir Hawat et les soldats d'élite Duncan Idaho et Gurney Halleck). Ils l'instruisent en particulier à l'art du combat au couteau (l'arme la plus efficace dans l'Imperium depuis l'invention du bouclier à Effet Holtzman, un écran énergétique qui bloque les projectiles au-delà d'une certaine vélocité). Qui plus est, Paul bénéficie, grâce à sa mère Jessica, de l'enseignement Bene Gesserit sur le contrôle du corps et du système nerveux ("prana-bindu") et, sous sa supervision, devient un combattant non armé redoutable. Enfin, Paul, qui fait des rêves prescients, semble aussi posséder des dons latents de Diseur de vérité et de mentat, à la satisfaction de son père qui rêve de le voir accéder un jour au trône du Lion de l'Imperium. C'est alors que l'empereur Shaddam IV ordonne au duc Leto d'occuper le fief d'Arrakis, lui confiant la gestion de la planète Dune et de son Épice, jusqu'alors gérée par la Maison Harkonnen, l'ennemi héréditaire des Atréides. L'Empereur, avec cette décision, joue en fait un double jeu. Il complote en secret avec les Harkonnen afin de détruire les Atréides dans le piège d'Arrakis, irrité par la popularité grandissante de son cousin Leto, le « duc rouge », auprès de l'assemblée des nobles des Grandes Maisons de l'Imperium, le Landsraad. Après s'être installé avec sa Maison sur Arrakis et avoir contré plusieurs pièges des Harkonnen (dont un qui visera son fils Paul), Leto est trahi par son médecin personnel de l'École Suk, le docteur Wellington Yueh, qui le livre inconscient aux Harkonnen après que ceux-ci ont envahi par surprise Arrakis, assistés secrètement par les troupes d'élite de l'Empereur, les Sardaukar. L'armée des Atréides est décimée et Jessica et Paul sont capturés par les Harkonnen. Yueh, pourtant un serviteur loyal de la Maison Atréides et de son duc bien-aimé, est persuadé que son maître sera tôt ou tard condamné, du fait des machinations de l'empereur contre lui. Par cette trahison, il souhaite utiliser Leto pour se venger des Harkonnen, sa femme Wanna, captive du baron Vladimir Harkonnen étant soumise aux effroyables tortures de Piter de Vries, son cruel mentat « tordu ». Le baron, faisant chanter Yueh (lui ayant promis de libérer sa Wanna sitôt Leto remis entre ses mains), réussit ainsi à annuler le conditionnement impérial strict de l'École Suk, qui normalement empêcherait Yueh d'agir de cette manière. De son côté, Yueh sait que c'est la seule chance qu'il a de tuer le baron et, au moyen d'une dent creuse remplie d'un gaz toxique qu'il a implantée dans la bouche de Leto, pense avoir sa revanche. Mais le plan de Yueh échoue : alors qu'il livre Leto aux Harkonnen, le docteur est tué par Piter de Vries sur ordre du baron (qui révélera à cette occasion que Wanna est morte depuis longtemps). Par la suite, Leto, affaibli par sa détention, confond le baron avec De Vries et relâche en mourant son gaz toxique sur le mentat, tuant ce dernier à la place du baron qui échappe de peu à l'attentat. Pendant ce temps, Paul et Jessica, aidés secrètement par Yueh qui leur a préparé un moyen de s'échapper, parviennent à s'enfuir dans le désert où ils étaient conduits pour y être tués par les Harkonnen. Retrouvés par Duncan Idaho, ils se rendent au sietch Fremen de Liet Kynes, le planétologiste impérial autochtone, qui hésite à les aider. Alors qu'ils scellent une alliance, ils sont retrouvés par les Sardaukar (déguisés en Harkonnen) qui attaquent le sietch de Kynes. Duncan meurt en protégeant leur fuite. Échappant aux Harkonnen toujours à leur trousses, les deux fugitifs sont forcés d'entrer dans le nuage d'une tempête Coriolis avec leur engin volant pour échapper à leur poursuivants. Après avoir survécu à la tempête Coriolis (les Harkonnen les pensent morts), Paul et Jessica se dirigent dans le désert profond. Ils font la rencontre d'une troupe Fremen menée par Stilgar, le naib (chef tribal) du sietch Tabr, qui au début cherche à les tuer, les voyant comme des intrus. Après avoir réussi à montrer leur valeur, ils parviennent à intégrer la tribu du sietch Tabr. Les Fremen, guidés par Liet Kynes (qui a depuis été éliminé par les Harkonnen), voient en Paul un messie, leur « Mahdi », qui leur apportera la liberté. Paul choisi comme nom communautaire Paul Muad'Dib, et prend comme concubine une Fremen, Chani, fille de Liet, nièce de Stilgar et "sayyadina" (prêtresse de la tribu) du sietch Tabr. Utilisant à son profit la Missionaria Protectiva du Bene Gesserit implantée dans les croyances des Fremen, Jessica devient la nouvelle Révérende Mère du sietch Tabr, après avoir absorbé l'Eau de la Vie (un poison violent que les Révérendes Mères du Bene Gesserit sont seules à pouvoir neutraliser pour la transformer en une drogue), prouvant ainsi aux Fremen qu'elle ne ment pas. Elle donne peu après naissance à sa fille Alia, fruit de son union avec Leto et sœur de Paul, mais sans avoir anticipé le fait que son contact avec l'Eau de la Vie a éveillé prématurément la conscience de sa fille, alors au stade fœtal, en lui transmettant ses connaissance et sa mémoire, ce qui en fera un être à part. Paul, au fur et à mesure qu'il entre en contact avec l’Épice sur Dune, voit ses pouvoirs de prescience s'éveiller. Après avoir échappé aux Harkonnen, il découvre dans un rêve prescient le lien de parenté du baron Harkonnen avec sa mère Jessica (qui s'avère être sa fille cachée). Par la suite, il a une révélation lorsqu'il absorbe lui-aussi l'Eau de la Vie (ce qui est normalement interdit aux êtres mâles) et, après un long coma, survit à l'expérience. Sa conscience en est alors décuplée ; il peut voir le « maintenant » et l'avenir en tout lieu. Il est alors révélé comme le Kwisatz Haderach, celui qui peut voir le passé et le futur. Grâce à ces dons, Paul perçoit les menaces de ses ennemis qui s'assemblent contre lui, notamment l'empereur allié à la Guilde spatiale et aux grandes Maisons, et en arrive à la conclusion que celui qui peut détruire l'Épice possède le moyen de la contrôler. Au fil du temps, Paul Muad'dib, aidé par Stilgar et Jessica, rassemble les tribus Fremen sous son autorité, les entraîne et les envoie harceler les troupes Harkonnen d'Arrakis, celles-ci étant dirigées par Glossu Rabban, dit « Rabban la Bête », un des neveux du baron qui exerce la gérance de la planète. La Maison Harkonnen doit alors affronter la puissance du désert, réveillée et menée par l'insaisissable Muad'Dib, la « souris du désert » aux tactiques surprenantes. Paul retrouve ensuite Gurney Halleck, alors allié aux contrebandiers de Dune qui l'avaient recueilli après la défaite de la Maison Atréides. Devenu chef et messie des Fremen, Paul Muad'Dib mène ses troupes de victoire en victoire face aux forces Harkonnen et aux Sardaukar de l'empereur, bien qu'il perde son premier fils lors d'une bataille. Dominant le désert, il s'attaque ensuite à la capitale, Arrakeen, qu'il prend d'assaut alors que l'empereur Shaddam IV, venu faire régner l'ordre de l'Imperium sur Arrakis, y est réfugié avec ses soldats. Au moment de l'assaut final, Alia tue le baron Vladimir Harkonnen (son grand-père maternel) avec une aiguille empoisonnée. Vaincu, Shaddam IV est forcé d'abdiquer. Il est ensuite obligé par Paul d'accepter le mariage de ce dernier avec sa fille, la princesse Irulan Corrino, ce qui donne par voie de conséquence le trône impérial à Paul Atréides. Shaddam IV sera par la suite exilé sur Salusa Secundus, la planète-mère de la Maison Corrino et le siège de la formation des Sardaukars. C'est le début de la reprise en main de l'Imperium par les légions Fremen de Paul, qui iront (dans le tome suivant) planter le drapeau vert et noir des Atréides sur toutes les planètes habitées de l’Imperium, dans un "djihad" sanglant et impitoyable. Thèmes. Le "cycle de Dune" aborde de nombreux thèmes divers : l’écologie planétaire, l’organisation politique et religieuse, la géopolitique, les rivalités princières et celles des maisons nobles, les rivalités politiques et économiques entre les ordres et les organisations de cet univers, l’acquisition et la préservation de ressources (notamment l’Épice), la remise en cause de l’intelligence artificielle et des robots intelligents (djihad Buthlérien), le transhumanisme et les manipulations génétiques (avec les gholas), mais aussi le mysticisme, le messianisme et le contrôle des religions (Missionaria Protectiva) pour guider la population. Livres audio en français. La traduction française est éditée en avril et mai 2019 par Lizzie, marque de livres audio du groupe Editis : Un classique de la science-fiction. Ce roman est considéré comme un grand classique de la science-fiction dans les ouvrages suivants : Il est étudié d'un point de vue philosophique dans l'article de Terence Blake, « Deleuze et Dune : éloge de la divergence », in "Philosophie, science-fiction ?", sous la direction de F. Albrecht, E. Blanquet, J.-L. Gautero & É. Picholle. Éditions du Somnium, octobre 2014. Autour du roman. Certains noms de planètes issues des romans du "cycle de Dune" (comme Arrakis, Buzzel, Caladan, Corrin, Chusuk, Ecaz, Gammu (Geidi Prime), Ginaz, Hagal, Harmonthep, Jonction, Kaitan, Lampadas, Lankiveil, Lernaeus, Niushe, Poritrin, Richese, Rossak, Salusa Secundus, Tleilax et Tupile) ont été adoptés pour la nomenclature réelle des plaines et autres caractéristiques de Titan, la lune de la planète Saturne.
Donjon Le donjon est la tour la plus haute d'un château fort au Moyen Âge, destinée à servir à la fois de point d'observation, de poste de tir et de dernier refuge si le reste de la fortification vient à être pris par un ennemi. À l'origine strictement militaire, ces tours, ou bâtiments fortifiés, deviennent progressivement les lieux de résidence des seigneurs des châteaux. Les donjons, à double fonction défensive et administrative, finissent par se généraliser lors de la renaissance du marquant l'âge d'or du château fort dont ils sont une caractéristique emblématique. Étymologie et sens du terme. Le mot « donjon » (ou "dongun", "doignon", "dangon") est issu du gallo-roman (attesté chez Du Cange sous les formes "dunjo, dungeo, domniono, domnio"), dérivé du latin "" « maître, seigneur ». Il a peut-être subi l'influence du vieux bas francique "*dungjo" de sens proche. Il désigne la partie du château réservée au maître (en latin ") de celui-ci. En dehors de son rôle spécifiquement militaire lors d'un siège, on y installe en général les appartements du seigneur et de sa famille, des réserves stratégiques de nourriture et d'armes ; le donjon sert également pour des prisonniers qu'on cherche à isoler particulièrement. Au Moyen Âge, le terme " s'appliquait à tout l'ensemble fortifié : logis du châtelain, écuries et chapelle. L'usage moderne en français, avec le sens exclusif de « tour la plus haute » est donc une évolution du sens. Le terme peut être appliqué à des édifices hors d'Europe, organisés selon les mêmes principes, par exemple certaines forteresses du Japon. Utilité. En temps de paix, le donjon renferme les trésors, les armes, les archives de la famille. Le seigneur y loge avec sa famille, à l'étage noble : le premier étage. Par sa position élevée, le sommet du donjon est en général celui qui offre la meilleure vue de la région environnante. En cas de siège, c'est l'endroit privilégié d'où peuvent être observés les mouvements de l'ennemi. Si le château est de petite taille, c'est de là que les archers et les machines auront la plus grande portée de tir. Les châteaux sont prévus pour que, si la muraille extérieure est prise, les enceintes intérieures puissent encore être défendues. Le donjon est le dernier refuge dans ce cas, il est conçu pour être défendable même si tout le reste du château est déjà pris. Il ne s'agit pas que de se défendre d'attaquants venus de l'extérieur de la forteresse ; pour le seigneur du château, la disposition du donjon permet de se prémunir contre des trahisons venant, notamment, des vassaux venus en renfort et amalgamés à la garnison. En général, les visiteurs des châteaux sont donc tenus à l'écart du donjon, afin que l'agencement intérieur du bâtiment soit inconnu des assaillants, en cas de conflit, de trahison ou de retournement d'alliance. Les donjons sont parfois conçus selon des plans d'une grande complexité, pour dérouter et piéger les attaquants, par exemple celui du château d'Arques-la-Bataille. Le donjon est aussi, en général, en contact avec l'extérieur de l'enceinte, afin de permettre d'en sortir ou d'y rentrer sans avoir à passer par le reste de l'enceinte. Cette disposition peut être vitale lorsque le donjon se trouve assiégé, en permettant de s'échapper. Les donjons en France. La raison première qui fit élever des donjons furent les incursions des Vikings. Les villas mérovingiennes évoquaient parfois les "villæ" gallo-romaines ; mais quand les Vikings se jetèrent périodiquement sur le continent occidental, les seigneurs, les monastères, les rois et les villes elles-mêmes songèrent à protéger leurs domaines par des forteresses en bois que l'on élevait sur le bord des rivières et autant que possible sur des emplacements déjà défendus par la nature. Les Vikings eux-mêmes, lorsqu'ils eurent pris l'habitude de descendre sur les côtes des Gaules et de remonter les fleuves, établirent, dans quelques îles près des embouchures ou sur des promontoires, des camps retranchés avec une forteresse pour mettre leur butin à l'abri des attaques et protéger leurs bateaux amarrés. C'est aussi dans les régions qui furent particulièrement ravagées par les Vikings que l'on trouve les plus anciens donjons, et ces forteresses primitives sont habituellement bâties sur plan rectangulaire formant un parallélogramme divisé quelquefois en deux parties. Le plus haut donjon d'Europe était celui du château de Coucy, dans l'Aisne, qui se dressait à plus de de hauteur, mais fut détruit en 1917 par l'armée allemande pour des raisons indéterminées. C'est maintenant celui de Crest avec ses mais ce titre pourrait aussi revenir au château de Largoët avec un donjon dominant le fond de ses douves de , avec ses sept étages et ses . Le donjon du château de Rouen, dit tour Jeanne d'Arc, encore en élévation et ouvert à la visite, représente un exemple de l'architecture philippienne mise en œuvre par Philippe Auguste au sein du domaine royal et du duché de Normandie : donjon détaché de l'enceinte fortifiée, construit de 1204 à 1210. Évolution du donjon au cours des âges. Les donjons romans quadrangulaires. Ils font leur apparition aux alentours de l'an mil et perdureront tout au long des . Ils regroupent à la fois les fonctions défensives et de résidence. C'est dans ces grands donjons de forme carrée ou barlong construits en pierre que furent concentrés les trois éléments les plus significatifs et les plus chargés de symboles que sont les lieux de sociabilité avec la grande salle, l"'aula", les espaces dédiés à la vie privée, la "camera" et ceux dédiés à la pratique de la religion, la "capella". Le plan rectangulaire, malgré le défaut des angles morts, présente une plus grande facilité de construction et, grâce à son mur de refend intérieur, il utilise des bois de charpente de portée plus restreinte que dans un donjon de plan circulaire, ce qui peut expliquer que l'on ait préféré ce modèle qui perdurera jusqu'à la fin du (vers 1180). En Basse-Normandie, le plan rectangulaire sera de nouveau à la mode au début de la guerre de Cent Ans (Saint-Sauveur-le-Vicomte, Creully, Hambye). La région naturelle du Val de Loire présente certains des plus anciens donjons français romans : Langeais (vers 994), Loches (vers 1010-1030). En Vendée, ancien comté de Poitou, il est observé, surtout dans le bocage, des donjons romans du style « niortais ». Ce sont des donjons carrés ou rectangulaires renforcés aux angles par des tours ou des contreforts arrondis et pleins. Le milieu de chacune des façades est également renforcé par des petites tours ou contreforts à demi engagés. Noirmoutier en est un bel exemple, mais on en voit aussi sur les châteaux ayant appartenu aux vicomtes de Thouars. Il en existe ainsi aux Châtelliers-Châteaumur, à Pouzauges, à Tiffauges ; et il y en a eu également à Vouvant, Mallièvre Cas particulier des donjons annulaires ou "shell-keep". Entre la fin de la conquête de l'Angleterre par Guillaume II de Normandie et la première croisade se sont construits les "shell-keep" (« donjons-coquilles ») à partir des mottes castrales déjà présentes. Ébauché en Normandie au milieu du , après 1066, le modèle va se diffuser des deux côtés de la Manche. Très courant en Angleterre, il en subsiste quelques exemples en Normandie : Courcy (Calvados), Vatteville-la-Rue (Seine-Maritime), Avrilly (Eure), Argentan (Orne) ou La Haye-du-Puits (Manche). En fin de compte, il y en a sur des terres ayant été dominées par les Plantagenêts. Ailleurs, ils sont plus rares, d'une manière générale ils sont exceptionnels au sud de la Loire. Ainsi, il y en a en Côte-d'Or (Antigny-le-Château), en Vendée (La Roche-sur-Yon), en Charente-Maritime (Pisany et Saint-Jean-d'Angle). La grande particularité de ces donjons est que à la différence d'une haute tour étroite, sans cour intérieure, aménagée en plusieurs niveaux et couverte d'une toiture, elle se constitue d'une enceinte ovoïde ou circulaire encerclant une petite motte formant cour intérieure, et des bâtiments renfermant logis, cuisines, écuries, communs qui entourent cette cour intérieure et adossés aux remparts. L'enceinte n'a quasiment pas de tours de flanquement, mais a au moins une porte fortifiée défendue par un pont-levis ou amovible enjambant un fossé protégeant l'enceinte. Les donjons-beffrois. Les donjons-beffrois sont des grandes tours typiques des châteaux médiévaux des terres d'Empire et de France méridionale. Appelées bergfried, ces tours de défense se différencient des donjons des châteaux français ou anglais par le fait qu'elles ne contiennent pas de locaux d'habitation. Les donjons cylindriques et leurs variantes. Ils apparaissent au cours du . L'un des plus anciens pouvant être le donjon du château de Fréteval dressé vers l'an 1100.
Dow Jones Industrial Average Le Dow Jones Industrial Average (abrégé en DJIA et souvent raccourci en Dow Jones) est un indice des bourses de New York. C'est le plus vieil indice boursier du monde. Cet indice est la propriété de Dow Jones Indexes, une coentreprise détenue à 90 % par CME Group et à 10 % par Dow Jones and Company. Origine et création. L'indice a été créé en 1896 par Charles Dow (1851-1902) et Edward Jones, deux journalistes qui travaillaient auparavant dans une agence de presse financière, le "Wall Street Financial News Bureau". Il créèrent la société Dow Jones avec pour ambition d'estimer quelles valeurs industrielles ont le plus fort potentiel de la Bourse. Corrélation avec les autres bourses. Les performances annuelles du Dow Jones se sont rapprochées de celles du CAC 40, du DAX et du Footsie, les grands marchés boursiers étant de plus en plus dépendants les uns des autres depuis une quinzaine d'années. Composition de l'indice. L'indice comprend 30 entreprises importantes, mais les entreprises présentes dans l'indice ont changé avec le temps. Des douze entreprises originelles plus aucune n'est encore présente, General Electric l'ayant quitté en 2018. Elle figurait de manière ininterrompue dans l’indice depuis . Depuis le , les trente entreprises entrant dans la composition du Dow Jones Industrial Average sont : Les entreprises disparues du Dow Jones y ayant figuré plus de 70 ans sont : Les entreprises disparues du DJIA sont : Six derniers changements : Calcul de l'indice. Pour calculer le Dow Jones, la somme des prix des 30 actions est divisée par un diviseur, le Dow Divisor. Le diviseur est ajusté en cas de fractionnement d'actions, de scission ou de changements structurels similaires, pour s'assurer que de tels événements ne modifient pas en eux-mêmes la valeur numérique du Dow Jones. Au début, le diviseur initial était composé du nombre initial de sociétés de composants; cela a d'abord fait du Dow Jones une simple moyenne arithmétique. Des événements tels que des fractionnements d'actions ou des changements dans la liste des sociétés composant l'indice modifient la somme des prix des composants. Dans ces cas, afin d'éviter une discontinuité dans l'indice, le Dow Divisor est mis à jour afin que les cotations juste avant et après l'événement coïncident.
Dynastie Yi
Divinités topiques Les divinités topiques sont des divinités d'un lieu géographique. On trouve des divinités topiques de fleuves, de villes… En général, la divinité porte le même nom que ce à quoi elle est attachée. L'exemple le plus connu est Athéna. Bien que divinité principale du panthéon grec, elle est aussi, et entre autres, une divinité topique, c'est la déesse d'Athènes. Les dieux égyptiens étaient aussi des divinités topiques.
Druides
Danse La danse est une forme d'art vivant. C'est un mode d'expression éphémère constitué de séquences de mouvements de corps dans l'espace souvent accompagnés par de la musique. Les mouvements sont à dessein, intentionnellement rythmiques et façonnés culturellement. Les gestes sont principalement autres que ceux effectués lors d'activités motrices ordinaires et ont une valeur inhérente, esthétique et potentiellement symbolique. Une danse est soit un ensemble défini de mouvements dénué de signification propre, comme souvent dans le ballet ou les danses traditionnelles européennes, soit une gestuelle inspirée par une symbolique laïque ou religieuse, tendant parfois vers une sorte de mime ou de pantomime, comme dans de nombreuses danses asiatiques. Parfois elle peut même viser à entraîner la transe. Généralités. La danse peut être un art, un rite ou encore un divertissement. Elle exprime des idées et des émotions ou raconte une histoire. La danse a en général un rapport direct dans l'histoire avec les autres formes d'art. Le corps peut réaliser toutes sortes d'actions comme tourner, se courber, s'étirer, ou sauter. En les combinant selon des dynamiques variées, on peut inventer une infinité de mouvements différents. Le corps passe à l'état d'objet, il sert à exprimer les émotions du danseur à travers ses mouvements, l'art devient le maître du corps. Origines. Les premières indications sur l'exécution de danses datent de la Préhistoire, au paléolithique, où des peintures rupestres attestent de l'existence de danses primitives. Il s'agit avant tout d'un acte cérémonial et rituel, adressé à une entité supérieure afin de : La danse primitive, couplée aux chants et à la musique, avait aussi probablement la capacité de faire entrer les participants dans un état de transe. Principaux genres de danses. Occident. Même si toutes les danses peuvent être données en spectacle, on peut caractériser les danses par leur nature première : spectacle, société ou/et compétition. Technique. La technique de la danse repose classiquement sur l'articulation entre le mouvement et la musique. On distingue classiquement entre le travail d'exécution de la danse (le danseur), le travail d'interprétation (danseur interprète) et le travail de création de l'œuvre (le chorégraphe). Types de danse et émotions : Technique du danseur. La technique du danseur repose sur la combinaison de quatre éléments : l'occupation de l'espace, le rythme, le temps, et le mouvement du corps. Le mouvement du corps comporte notamment les éléments d'énergie, d'équilibre afin de parvenir à donner une forme au corps. Dans beaucoup de traditions (y compris la danse classique occidentale), la technique de la danse consiste dans l'apprentissage et la répétition de mouvements répertoriés afin d'en acquérir maîtrise et perfection. La danse contemporaine a introduit la notion d'improvisation, qui fait cependant elle-même appel à des techniques d’improvisation. Technique du chorégraphe. La création (mise en place) d'un spectacle dansé dans son ensemble est la chorégraphie qui fait appel à des techniques de mise en scène et de composition.
Dessin Le dessin est une technique de représentation visuelle sur un support plat. Le terme « dessin » désigne à la fois l'action de dessiner, l'ouvrage graphique qui en résulte, et la forme d'un objet quelconque. Le « dessin linéaire » représente les objets par leurs contours, leurs arêtes et quelques lignes caractéristiques ; au-delà de cette limite, le dessin se développe en représentant le volume par les ombres, souvent au moyen des hachures, incorpore des couleurs, et rejoint, sans transition nette, la peinture. Le mot s'est écrit indifféremment « dessein » ou « dessin » jusqu'au , impliquant la notion d'intention, de projet, dans un travail de plus grande portée, en architecture, en peinture, en gravure. L'essor de la production industrielle au a fait distinguer rigoureusement le dessin d'art et le dessin technique, une forme très codifiée de dessin linéaire qui vise plus à communiquer les informations précises nécessaires à la fabrication ou à l'utilisation d'un objet ou d'un bâtiment qu'à en donner une évocation visuelle. À partir du milieu du , "", un mot anglais qui réunit les deux sens de "dessin" ou "dessein", désigne ce qu'un de ses promoteurs, Raymond Loewy, appelait "esthétique industrielle". Qu'est-ce qu'un « dessin » ? Histoire. Le sens du terme « dessin » évolue avec l'histoire des arts visuels. Le mot dessin est tiré de "dessigner", avec l'influence de l'italien "disegno" signifiant représentation graphique (1444). Le terme italien signifiait à la fois la pratique, et le projet ou intention. Ce double sens a été conservé avec le mot français dessein. Ce n'est qu'au milieu du que dessin (sans "e" après "ss") ne signifie plus que la représentation. Le terme anglais "design", qui vient de l'italien "" et du français "dessein", a conservé le sens de projet ou de conception. Il faut envisager les deux sens du mot, même si l'amateur peut s'intéresser aux dessins produits à titre de préparation d'un ouvrage aussi bien qu'à ceux valant pour eux-mêmes . Le dessin, comme projet d'un ouvrage, se trouve partout dès le Moyen Âge dans les arts plastiques, y compris l'orfèvrerie et la mode. Il résume et développe la pensée plastique de l'auteur, et lui permet de la présenter à ses clients ou commanditaires, sous une forme plus légère et demandant moins de temps que la réalisation définitive. Les dessins n'étaient pas en général destinés à être conservés ; cependant, selon Paul Valéry, . Le goût s'est ainsi porté vers les projets, études et dessins préparatoires ; cette évolution commence en France à la fin du . La première exposition des dessins du Cabinet du Roi a eu lieu au Louvre en 1797. La conception du dessin comme un art autonome, ne visant à rien d'autre que lui-même, naît des discussions dans le milieu des artistes et des amateurs sur les qualités plastiques et les principes gouvernant la peinture. La Querelle du coloris oppose au les partisans de la couleur à ceux du dessin. Le « dessin », dans ces discussions, ne dépend ni de la technique, ni du support. Il s'agit principalement de la ligne de contour des sujets, opposée à la surface colorée et à ses modulations, comme l'a fait Léonard de Vinci. Les polémiques opposent ceux qui prennent exemple sur Poussin pour privilégier le dessin, allant jusqu'à considérer avec méfiance le raccourci, les recouvrements de personnages, les ombres fortes, à ceux qui, admirant Rubens, accordent plus de valeur à ceux qui savent nuancer, juxtaposer, organiser les couleurs, avec une touche visiblement variée. Ce sens restreint du « dessin », associé à la perspective linéaire, va se poursuivre jusqu'au . Les rapports entre dessin et peinture fluctuent. L'impressionnisme reproche en général au dessin le caractère intellectuel et contraignant que lui attribuent les courants picturaux qui l'ont précédé. Le cubisme renoue avec le dessin, sans l'obligation de présenter, par la perspective, un point de vue unique. Avec Flaxman commence une succession d'artistes qui ne présentent que le dessin linéaire. Au , les dessinateurs trouvent avec la lithographie et le dessin de presse des moyens de vivre de leur activité, sans nécessairement produire autre chose. Bien que les techniques de reproduction contraignent un peu leur style, ils peuvent aussi bien réaliser des peintures dessinées, rendant le clair-obscur par des hachures, que des purs dessins linéaires, comme l'ont fait Picasso, Matisse ou André Lhote. Le dessin animé emploie depuis son invention dans les années 1920 des quantités de dessinateurs. Dans le dernier tiers du , la bande dessinée cesse de s'adresser spécifiquement aux enfants et le dessin narratif, nourri des techniques du dessin de presse, du cinéma, de la littérature, devient une des branches importantes de l'art du dessin. Dessin et peinture. Lorsque le projet graphique vise à la durée, choisissant son matériel à cet effet, on parle de peinture. L'acte de dessiner, sur pierre ou sur plâtre, sur bois, sur toile peut bien en être à la base : la peinture se définit, par opposition au dessin, comme devant durer. Si pour Léonard de Vinci, le dessin du contour est une partie de la peinture, pour Braquemond, quatre siècles plus tard, . Il n'y a pas de différence fondamentale entre le dessin et la peinture, si ce n'est que, d'après certains théoriciens de l'art, le dessin est monochrome dans son essence, la peinture colorée. Mais des dessins peuvent être en couleurs, soit directement dans le tracé, soit par coloriage dans un deuxième temps. Une peinture peut être linéaire et peut être monochrome comme c'est le cas des grisailles. La plupart des peintures, surtout lorsqu'elles sont figuratives, sont préalablement dessinées, ou dessinées en cours d'élaboration. On dessine aussi bien avec une brosse large qu'avec un crayon affûté, même si la matière est différente. On parlera donc de dessin lorsque les contours, les tracés, demeurent apparents, par rapport à des œuvres où dominent taches colorées, aplats de couleur. Le dessinateur Alfred Kubin, traitant du dessin, non comme projet, mais , écrit : . C'est, pour lui, cette modestie qui distingue le dessinateur, qui l'amène à limiter son domaine d'exploration au papier et à l'encre de Chine, à la plume et au pinceau, qu'il étudie à fond. . Conservation des dessins. Les dessins ne sont pas conçus pour être conservés et exposés ; ces objectifs entraînent des procédés qui en entraveraient la légèreté et la spontanéité . Ceci n'empêche que depuis la Renaissance, on a conservé comme des reliques précieuses les dessins et notes d'artistes vénérés comme Léonard de Vinci. Pour les conservateurs, ce qui caractérise le dessin, c'est sa fragilité. L'exposition à l'air et à la lumière jaunit les papiers et décolore les encres ; la flamme le détruit instantanément, l'humidité y favorise la moisissure ; sali, le dessin est difficilement nettoyé ; les pigments poudreux des crayons, fusains, craies et sanguines passent d'une page sur l'autre ; le papier se plisse définitivement en cas de mauvaise manipulation . Les vernis dits fixatifs pénètrent le papier, et ne peuvent, s'ils ont jauni, être éliminés et remplacés. La conservation des dessins sur papier implique en général un traitement biocide chimique ou par rayonnement ionisant . Dans les collections des musées, les dessins sont conservés dans des locaux spécialement prévus, et ne sont présentés qu'occasionnellement, dans des salles à l'éclairage atténué. La mise en valeur du dessin inclut souvent un large passe-partout et une vitre de protection ; les originaux non montés se présentent sur un champ, dans une vitrine peu inclinée. Les conservateurs doivent encore, pour organiser et valoriser les collections, identifier les auteurs. Les artistes n'ont souvent pas signé ce qu'ils considéraient comme des documents de travail. Les inscriptions peuvent être le fait de marchands ou de collectionneurs qui ont attribué à un maître ce qui est en fait une copie. Dessin et gravure. Le dessin est généralement plus que le projet d'une gravure. Un maître comme Dürer pouvait dessiner sur le bois, et laisser à un de ses compagnons, anonyme, le soin de le creuser ; mais il avait tracé chacune des lignes de la gravure. Dans le cas où la gravure prenait pour sujet des tableaux célèbres, l'interprétation revenait au graveur, qui lui donnait parfois, bien que le dessin soit dans l'ensemble conforme à l'original, un caractère assez différent, comme Marcantonio Raimondi pour Raphaël. L'eau-forte reproduit directement (inversés gauche-droite) les traits qu'un artiste a dessinés sur le support. Au , la lithographie sur pierre grenée permet aux artistes de dessiner au crayon en vue de la reproduction. Cependant, la contrainte de l'inversion du sujet, qui sera reproduit la droite à gauche, l'interdiction de poser la main sur le support, car elle le marque, poussent la plupart à dessiner d'abord sur papier un projet. Certains artistes laissent à des spécialistes l'interprétation sur la pierre. La production de lithographies connaît une première spécialisation des dessinateurs ; la fabrication d'une lithographie des "Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France" peut faire appel à un dessinateur "d'après nature", un lithographe pour le paysage, un pour les figures, un pour la lettre. La photogravure affranchit le dessinateur de la plupart des difficultés techniques ; il lui suffit de connaître les limites propres à la technique d'impression pour laquelle il travaille. En dessin de presse et en bande dessinée, l'artiste produit en général un dessin linéaire « au trait », encre noire sur papier blanc ; la reproduction photographique élimine la mise en place au crayon et les repères posés en bleu. Les dessins originaux, avec toutes ces marques ou l'on sent , peuvent devenir des pièces de collection. Technique. La technique du dessin évolue avec les supports et les outils. Les hommes préhistoriques dessinent sur des parois, sur des roches, des os, en utilisant d’une part l’incision et d’autre part les pigments colorés appliqués au moyen d’outils rudimentaires. Le dessin plus proche des conceptions actuelles apparaît avec les supports tels que le papyrus, le parchemin, puis le papier, et les outils de traçage comme le calame (roseau), la plume d’oiseau taillée. En Orient prédomine le pinceau. Les Romains utilisent les pointes de métal, ancêtres de la mine de crayon moderne sur un support préparé, enduit d'un mélange, généralement constitué de pigments, de blanc d’Espagne, de gomme arabique et de poudre d’os. À la fin du , Jules Adeline définit le dessin comme représentation des objets à l'aide de traits de plume ou de crayon, parmi lesquels se distinguent les dessins aux deux et aux trois crayons, qui sont la pierre noire, la craie blanche et la sanguine, mais aussi le fusain. On distingue aussi les instruments annexes du dessin, règles et compas dont on se passe dans le dessin à main levée. Le dessin profite aujourd'hui de matériel et de logiciel informatiques qui, l'affranchissant de la réalisation matérielle, permettent des tracés lissés et des possibilités de correction infinies . Éléments matériels. Le support est le plus souvent du papier, mais peut être toute autre matière. Le dessin au tableau noir a, plus encore que les autres, vocation à l'impermanence. On dessine soit sur des feuilles libres, soit sur des carnets ou cahiers, au crayon ou au fusain pour les techniques sèches, tandis que les techniques humides y déposent de l'encre à la plume ou au pinceau. Tout ce qui est susceptible de laisser une trace peut servir d'outil, à commencer par les doigts. Les craies, les fusains, les crayons, les plumes, les pinceaux, les stylographes (à bille, à plume, tubulaires), les feutres déposent de la matière sur le support ; les pointes, burins ou canifs en enlèvent, pour le dessin gravé ou le graffiti. Depuis la fin du , on dessine sur ordinateur. Systèmes de représentation. Selon une conception classique, dessiner consiste essentiellement à délimiter par des traits les contours de l'objet à représenter. C'est une des différences essentielles que Heinrich Wölfflin distingue dans ses "Principes fondamentaux de l'histoire de l'art" entre le "graphique" (dessin) et le "pictural" (peinture). Ceci implique une démarche d'interprétation et de synthèse : passer d'un objet en volume à un dessin plat nécessite un choix de représentation. Soit l'articulation des éléments graphiques peut éviter la perspective, soit celle-ci peut être empirique et spontanée, soit celle-ci obéit à un système de placement des lignes : perspective cavalière, perspective « italienne » conforme à une vision basée sur la projection, comme si le dessin était une fenêtre sur l'objet représenté ainsi que l'écrivit Alberti. L'application des règles de la perspective à des figures humaines ou animales s'appelle le raccourci . Le dessin peut obéir à des notions qui ne tiennent pas compte des lois géométriques de l'optique ou qui ne les considèrent pas comme primordiales. Représenter une montagne plus petite qu'un personnage peut paraître illogique, bien que la perspective puisse l'exiger. Les personnages sont quelquefois représentés à proportion de leur importance dans la société. Les conventions des différentes civilisations tentent de concilier les aspects qu'on considère primordiaux. Quand les traits caractéristiques du sujet priment, on parle d"'aspectivité". Le dessin obéit à des conventions et des codes : pour les Égyptiens, un œil est représenté de face, mais un visage de profil, un torse de face et les jambes de profil. Jean Fouquet dessine l’"Arrivée des croisés à Constantinople" vue par un spectateur central : à gauche les cavaliers de face, au centre de profil, et à droite de dos, comme si le spectateur tournait la tête, la route étant droite. Plus près de nous, l'apparition de la photographie a permis de représenter exactement un instant de la course d'un cheval au galop ; toutes les représentations passées étaient « fausses » anatomiquement, mais restent expressives. Le dessin peut reporter les contours de manière précise et fidèle (considérant qu'il est vu par un système optique tel que la chambre claire ou l'appareil photographique), ou le trait peut subir des déformations et des distorsions qui vont accentuer certains caractères du modèle, possiblement jusqu'à la caricature, ou exprimer simplement les goûts et la sensibilité du dessinateur. La représentation du volume se fait généralement par le raccourci, renforcé par les modulations de la lumière et les ombres. Ces modulations de luminosité, qu'on appelle "valeur" dans le contexte du dessin et de la peinture, s'obtiennent par traits successifs formant hachures, par remplissage avec variation de la pression selon l'intensité souhaitée, estompage en frottant à la main ou avec un outil, gommage pour éclaircir, etc. ; certaines techniques étant adoptées par certains et réprouvées par d'autres. Types de dessin. Croquis, études, esquisses. La rapidité d'exécution caractérise le croquis, dessiné face au sujet. Les esquisses sont les premières idées pour un travail important. Les études, généralement plus élaborées, servent à l'apprentissage général ou à celui d'un élément difficile d'un projet. Le croquis doit saisir l’essentiel sans s’attarder sur les détails. Il sert de notation et d’exercice. Sa rapidité d’exécution fait du « geste » graphique un élément important de son caractère. Croquis et esquisses servent dans tous les types de dessin. Dessin d'art. Le dessin d'art utilise toutes les techniques graphiques possibles dans une démarche ou une intention artistiques et à destination du marché de l'art. Dessin technique. Le dessin technique s'est détaché du dessin artistique pendant l'essor de l'industrie, vers la fin du . Le dessin technique, ou dessin industriel, est une discipline transversale fondement de la communication technique, de la conception et de l'analyse systémique. Il est utilisé principalement en génie mécanique (bureau d'études, bureau des méthodes) et en génie civil (architecture). Le dessin industriel conserve le sens d'origine du mot "dessin" : il est l'expression d'un projet, . Quand le dessinateur conçoit l'apparence du projet, il s'appelle . Le français naturalisé américain Raymond Loewy a lancé cette activité comme profession indépendante des fabricants sous le nom d', traduit encore en 1953 par "dessin industriel" ; il proposait qu'on l'appelle en français "esthétique industrielle". Dessin d’architecture. Le dessin est à la base du métier d’architecte, même si l’utilisation de l’outil informatique réduit l'importance des habiletés manuelles. C’est en dessinant, d’abord sous forme d’esquisse et de croquis, puis de dessins plus élaborés, que l’architecte trouve et précise son projet. Cette étape préliminaire de dessin à main levée est à peu près universellement pratiquée. L’étape suivante consiste à disposer les éléments indépendants de l'aspect visuel, comme les conduites de fluide, et effectuer les calculs de résistance des matériaux. On revient ensuite au dessin pour tracer les plans nécessaires aux constructeurs. Cette étape est maintenant effectuée par dessin assisté par ordinateur avec les logiciels propres à l’architecture. Elle se faisait au moyen des outils du dessin technique, le crayon ou le portemine à mine dure, la règle, l’équerre, le té, sur une table à dessin, puis un passage à l'encre au tire-ligne et plus tard au stylo technique. L'architecte fournit aussi au commanditaire des plans de façades et des vues en perspective réalistes, en couleurs, avec des ombres qui indiquent le relief, et les éléments de décor qui vont donner vie à l’ensemble : plantes, personnages, véhicules L’architecte devait donc avoir une connaissance poussée de la perspective, rigoureusement construite. Selon le degré de précision de ces dessins, les accessoires pouvaient être traités d’une manière simplifiée, afin de ne pas prendre le pas sur l’essentiel, l’architecture. Chaque architecte pouvait avoir sa façon personnelle de traiter arbres, véhicules et personnages (dénommés "grouillots" dans le jargon des architectes). Les architectes ont dessiné de véritables œuvres d’art, souvent mises en couleurs à l’aquarelle. De nos jours, les logiciels 3D dispensent de la partie technique de ce travail, tandis que des illustrateurs spécialisés réalisent d’après les plans ou perspectives fournis par les architectes des dessins de présentation pour des projets non encore construits, pour la publicité et l'information des acheteurs potentiels. Dessin de sculpteur. Le dessin sert au sculpteur pour effectuer ses recherches. Il n’est pas une fin en soi, mais une étape de son travail, pour lui permettre de visualiser ses projets en vue d’une réalisation en volume, dont le rendu est donc prépondérant, par des zones ombrées avec ou sans dégradés, et l’absence ou la neutralité du fond. Tous les dessins de sculpteurs ne sont pas des chefs-d’œuvre du strict point de vue de la qualité du dessin, mais ils sont les témoins du travail de leur auteur, et certains sont des œuvres d’art à part entière. Dessin de mode. Le dessin dit de mode est employé dans tous les domaines de la création, des vêtements aux accessoires : chaussures, chapeaux, sacs, bijoux. Le dessin sert à préciser l’idée générale puis à l’affiner au niveau de la conception, avant de passer à la réalisation proprement dite. Le dessin de mode requiert une connaissance minimale de l’anatomie basée sur le squelette, qui détermine les positions et postures du corps, et parfois sur un traitement particulier des matières (textiles et autres). Un autre aspect du dessin de mode est la représentation des modèles selon le style propre au dessinateur, sans qu’il en soit lui-même le créateur, ce qui peut être alors une des formes du dessin de presse. Le dessin est aussi à la base des créations de motifs pour les tissus, imprimés ou jacquards. Dessin de presse et caricature. Le dessin de presse, et souvent la caricature, ont pour destination la reproduction imprimée. On n'attend du spectateur qu'un bref moment d'attention. Le dessin de presse professe la simplification et l'exagération, et dépend le plus souvent de codes graphiques locaux. Bande dessinée. La bande dessinée combine l'art de raconter des histoires à celui de les représenter par le dessin. Souvent un scénariste s'associe avec un dessinateur. Une maison d'édition de bande dessinée peut aussi confier le dessin et le scénario à plusieurs artistes. Dans ce cas, les dessinateurs respectent un style graphique, et les scénaristes le caractère des histoires et de leurs personnages. Une série peut ainsi durer, comme celle des "Pieds Nickelés", pendant plusieurs générations. À partir du dernier tiers du , aussi bien en Europe qu'au Japon où le manga est très populaire, les dessinateurs de bande dessinée ont cherché à produire un style graphique personnel et caractéristique, qui contraste avec l'effacement de l'artiste pour la production d'un style défini par les éditeurs, fréquent auparavant. Dessin animé. Le dessin animé consiste à reproduire le mouvement en faisant se succéder des images représentant chacune un instant successif d'une action, comme au cinéma, à la différence que ces images sont dessinées. Le dessin animé est un processus très long et industriel, qui implique le plus souvent de nombreux graphistes spécialisés. Certains définissent les personnages et leurs mouvements par des esquisses au crayons, mis au propre avec la qualité de superposition nécessaire par des traceurs-gouacheurs sur des feuilles transparentes. D'autres se consacrent au dessin des décors. Le dessin animé recourt souvent, au , aux techniques de dessin assisté par ordinateur. Dessin d'enfant. Le dessin est souvent l'une des activités spontanées de l'enfant. Le développement de ses capacités graphiques suit un schéma régulier qui passe du gribouillage, pendant lequel l'enfant fait l'expérience du matériel, au symbolisme, pendant lequel il représente les sujets par des traits caractéristiques. L'enfant poursuit en général son exploration en direction du dessin d'observation. Jean Piaget a notamment observé et décrit cette séquence reliée au développement cognitif général et à constitution de l'individu. Les pédagogues observent les produits de l'activité de dessin en tant que témoin de cette évolution. Dès le stade du symbolisme, le dessin permet à l'enfant de s'exprimer. Quand il parle suffisamment bien pour communiquer avec son entourage, le dessin lui permet d'extérioriser ce qu'il ne peut exprimer verbalement. Les psychologues recherchent de ce fait souvent dans les dessins d'enfant des indices des sentiments des enfants. Dessin selon les différents outils. Dessin au fusain. Le fusain, tige de charbon de bois, est l'un des instruments de dessin les plus anciens. Il est largement utilisé dans la réalisation de croquis et d'études . Plus que le crayon, la pierre noire ou la sanguine, le fusain se prête aux aplats et au rendu du modelé. Le trait varie en largeur et en noirceur, il se brouille au doigt ou au chiffon, s'allège ou se corrige à la mie de pain. Il se reporte sur la feuille voisine s'il la touche. Il a l'inconvénient d'être fragile, à moins d’utiliser un fixatif appliqué généralement avec un pulvérisateur. Dessin au crayon. En dessin, le « crayon » désigne tout instrument marquant à sec qui se présente sous forme d'un bâton. On parle ainsi de « crayon à bille » . Le crayon à mine de graphite (autrefois mine de plomb) offre une gamme de possibilités très étendue, selon le type de mine, son affûtage, le grain du papier et les techniques possibles, du contour simple aux nuances de dégradés obtenues par des hachures, frottages, estompages. Le trait peut être allégé ou corrigé à la gomme à effacer, bien que le gommage affecte le papier, et les traits suivants sur la partie modifiée. Cependant, il est difficile d'en obtenir des forts contrastes. Des artistes ont complété le dessin au crayon en marquant le trait fort à la plume. Dans la bande dessinée, le dessin au crayon, dit crayonné, est, dans la production sans ordinateur, la première étape de la production d'une planche. L'artiste, ou parfois un assistant, termine ensuite le dessin pour qu'il soit prêt pour une reproduction au trait, à l’encre avec une plume ou un pinceau : une fois l’encrage sec, le dessin préliminaire au crayon peut être effacé. Le trait de crayon dépend, pour une dureté donnée, de la force d'appui sur la mine. Le dessinateur peut utiliser des crayons graphite de plusieurs duretés dans un même dessin. Le dessin d'académie et le portrait se font fréquemment aux trois crayons. Si la craie et la sanguine s'atténuent et s'effacent à la gomme mie de pain, le trait de pierre noire est définitif. Le crayon de couleur permet tous les intermédiaires entre le dessin linéaire et la peinture. Le « crayon aquarellable », inventé en 1931, permet de combiner le dessin au trait à une technique proche de l'aquarelle. Dessin au stylo à bille. Le stylo à bille, diffusé à partir de 1950, autorisé dans les écoles en France en 1965, y sert souvent aux élèves pour dessiner dans les marges des cahiers. Il peut également être un véritable outil d'art. De la simple esquisse pour capturer un mouvement jusqu’à l’illustration précise et au dessin d’architecture, le stylo à bille s'adapte à tous les genres. Dans le dessin artistique, le stylo à bille se distingue par le fait qu'il ne s'efface pas ; le trait est à peu de chose près uniforme, et plutôt léger. Le trait fort s'obtient en repassant plusieurs fois. Dessin à la plume. La plume est un instrument de dessin autant que d'écriture au moins depuis la Renaissance. Elle produit un trait fin ou gras selon la pression exercée. Les traits de plume tracés à l'encre indélébile se combinent aussi avec le lavis et l'aquarelle, qui ne les perturbent pas. Elle sert autant pour le croquis de terrain, pour lequel elle a l'avantage de produire un dessin rapide et contrasté, solide dès que l'encre a séché, que pour les projets élaborés, dans lesquels les hachures peuvent indiquer les valeurs. Sur un dessin ou un croquis au crayon, la plume peut marquer le trait fort ; on efface parfois le crayon pour ne conserver que cette décision finale. La plume a été l'instrument principal de l'encrage en bande dessinée jusque dans les années 1970. Dessin au pinceau. Le pinceau est l’outil de base du dessin en Extrême-Orient, mais il est largement utilisé également en Occident. Sa souplesse permet au dessinateur d'effectuer des déliés très fins et des aplats impossibles à reproduire avec d'autres techniques comme la plume. Le pinceau est souvent l'outil de prédilection pour l'encrage en bande dessinée. Il est très utilisé par des artistes de styles très différents, comme André Franquin, connu pour son trait expressif et nerveux, ou Milton Caniff qui jouait sur les contrastes du noir et du blanc. Dessin aux feutres. Les stylos-feutres, marqueurs ou ', existent en de nombreuses couleurs et épaisseurs de trait. Des gammes professionnelles permettent de créer ses propres nuances à partir d’encres liquides et de solvants divers. Ils ont trouvé une application spécifique dans le ' ou ' utilisé en publicité pour réaliser des simulations de photographies à réaliser ultérieurement. On utilise un papier spécial, sans grain et semi-transparent, qui ne diffuse pas les solvants et permet de travailler par transparence. Les spécialistes, ou « ' », peuvent atteindre des résultats de qualité picturale. Dessin sur ordinateur. Le matériel informatique fournit aux dessinateurs des outils pour un dessin qui n'aura quelquefois aucune autre existence que numérique. L'ordinateur sert largement pour la conception assistée par ordinateur et le dessin technique. Les fabricants de matériel informatique ont progressivement produit des périphériques mieux adaptés que la souris au dessin d'illustration, pour lequel le regard et la main ont plus d'importance que les abstractions du dessin industriel. On peut dessiner à l'aide d'un stylet sur la tablette graphique ; cela implique d'apprendre à regarder l'écran de l'ordinateur alors que sur la surface sur laquelle on pose le stylet est ailleurs. L'écran tactile résout cette difficulté. Des capteurs transmettent à l'ordinateur ou à la tablette tactile la position du stylet, son inclinaison, la force d'appui Un logiciel éditeur d'image matricielle ou d'image vectorielle transforme ces données en « vecteurs » générateurs de graphisme avec des paramètres que regroupent des « outils » nommés par analogie à ceux du dessin et de la peinture. Dessins aux pastels. Les pastels sont des petits bâtons de pigments servant à colorier sur des papiers, on les utilise le plus souvent en arts graphiques. Il existe différents types de pastels, gras ou à l'eau. Les pastels d'initiation scolaire s'achètent généralement en set. Droit. Propriété intellectuelle. Le dessin est soumis, comme les autres œuvres de l'esprit, aux règles de la propriété intellectuelle. En France, il doit aussi obéir, s'il est publié et représente une personne, aux règles du droit à l'image. La caricature , mais cette exception au droit à l'image n'est pas toujours reconnue . Dessins et modèles. En droit des affaires, le mot « dessin » ne désigne pas un objet matériel, mais la forme, reconnaissable par le consommateur, d'un objet (). En droit français qui transpose une directive communautaire du 13 octobre 1998 relative à la protection des dessins et modèles : . Il profite alors d'une protection d'une durée maximale de 25 ans par période de 5 ans sous réserve qu'il . Une protection communautaire existe également au profit de tout dessin original. Un règlement communautaire de 2001 confère une protection opposable à l'échelle de l'Union européenne. Pour les dessins enregistrés à l'Office de l'Union européenne de la propriété intellectuelle (EUIPO), la protection est dans le temps la même qu'en France (de 5 à 25 ans). Pour le dessin (ou modèle) non enregistré, cette protection naît de la première divulgation pour une durée de trois ans. Il existe enfin à l'échelle internationale une protection qui est opposable à compter de l'enregistrement international des dessins et modèles industriels à l'Office mondial de la Propriété intellectuelle.
Liste de danses Cette page recense une liste non exhaustive des danses, le classement se fait selon le pays, puis par ordre alphabétique. Europe (). France (métropolitaine) (). Pays basque (). Voir section Espagne.
Développement durable Le développement durable (, parfois traduit par "développement soutenable") est une conception du développement qui s'inscrit dans une perspective de long terme et en intégrant les contraintes environnementales et sociales à l'économie. Selon la définition donnée dans le rapport de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement de l'Organisation des Nations unies, dit rapport Brundtland, où cette expression est apparue pour la première fois en 1987, . Cette notion s'est imposée à la suite de la prise de conscience progressive, depuis les années 1970, de la , liée aux limites planétaires sur le long terme. La notion fait toutefois l'objet de critiques, notamment de la part des tenants de la décroissance, pour lesquels cette notion reste trop liée à celle de la croissance économique, mais aussi de la part de ceux qui y voient un frein au développement. Dix-sept objectifs de développement durable ont été définis en 2015 par les Nations unies (ONU). Définition. La première définition du développement durable apparaît en 1987 dans le rapport Brundtland publié par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement : Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : En 1991, Ignacy Sachs propose une définition proche de ce qu'il nomme l'écodéveloppement : . En France, l'AFNOR définit le développement durable comme un état où . Dans cette définition, . Parmi les besoins essentiels, représentés par la pyramide des besoins de Maslow, figurent en premier lieu les besoins indispensables à l'être humain en tant qu’élément de base vivant dans un environnement défini, que l'on appelle les besoins primaires ou physiologiques. Parmi ceux-ci figure notamment le besoin de se reproduire, qui établit pour l'homme et la femme une filiation et assure de la sorte le renouvellement des générations. Face à la crise écologique et sociale qui se manifeste désormais de manière mondialisée (réchauffement climatique, raréfaction des ressources naturelles, pénuries d'eau douce, rapprochement du pic pétrolier, écarts entre pays développés et pays en développement, sécurité alimentaire, déforestation et perte drastique de biodiversité, croissance de la population mondiale, catastrophes naturelles et industrielles), le développement durable est une réponse de tous les acteurs (États, acteurs économiques, société civile), culturels et sociaux, du développement. Tous les secteurs d'activité sont concernés par le développement durable : l'agriculture, l'industrie, l'habitat, l'organisation familiale, mais aussi les services (finance, tourisme). Il s'agit enfin, en s'appuyant sur de nouvelles valeurs universelles (responsabilité, participation écologique et partage, principe de précaution, débat) d'affirmer une approche double : Historique. Histoire du mot. L'expression "sustainable development", traduite par développement durable, apparaît dans la littérature scientifique au début des années 1980 (voir par exemple, les articles par Vinogradov ou Clausen de 1981), et pour la première fois dans une publication destinée au grand public en 1987 dans le rapport intitulé "Our Common Future" (Notre avenir à tous) de la Commission mondiale pour le développement et l'environnement de l'Organisation des Nations unies rédigé par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland. Une controverse sémantique portant sur la question de savoir s'il fallait parler de développement durable ou soutenable a existé depuis la deuxième traduction en français où l'éditeur canadien a traduit "sustainable" par le mot français soutenable. Les tenants du terme « durable » plutôt que du mot « soutenable » insistent sur la notion de durabilité définie comme cohérence entre les besoins et les ressources globales de la Terre à long terme, plutôt que sur l'idée d'une recherche de la limite jusqu'à laquelle la Terre sera capable de nourrir l'humanité. Cependant, la traduction du terme par soutenable, plutôt que durable, peut s'expliquer aussi par de vieilles traces du mot en langue française. En effet, on trouve le mot soutenir employé dans une optique environnementale dès 1346, dans l'ordonnance de Brunoy, prise par , sur l'administration des forêts, recommandant de les « soutenir en bon état ». Ainsi, en matière forestière, la notion de forêt cultivée soumise à une exigence de soutenabilité, un renouvellement perpétuel de la ressource, capable d'approvisionner une flotte navale, existe en France depuis plus de six siècles. Chronologie. L'émergence du concept de développement durable remonte au début du . L'idée d'un développement pouvant à la fois réduire les inégalités sociales et réduire la pression sur l'environnement a fait son chemin. Nous pouvons en retracer quelques jalons majeurs : Enjeux et objectifs. Crise écologique et sociale. La révolution industrielle du introduit des critères de croissance essentiellement économiques, principal critère aisément mesurable : ainsi le produit intérieur brut dont l'origine remonte aux années 1930 est souvent vu comme l'indicateur de la richesse d'un pays. Des corrections ont été apportées dans la deuxième moitié du sur le plan social, avec d'importantes avancées sociales. L'expression « économique et social » fait depuis partie du vocabulaire courant. Mais les pays développés ont pris conscience depuis les chocs pétroliers de 1973 et de 1979 que leur prospérité matérielle reposait sur l'utilisation intensive de ressources naturelles finies, et que par conséquent, outre l'économique et le social, un troisième aspect avait été négligé : l'environnement (comme dans l'exemple de l'impact environnemental du transport routier). Pour certains analystes, le modèle de développement industriel n'est pas viable ou soutenable sur le plan environnemental, car il ne permet pas un « développement » qui puisse durer. Les points cruciaux en faveur de cette affirmation sont l'épuisement des ressources naturelles (matières premières, énergies fossiles pour les humains), la pénurie des ressources en eaux douces susceptible d'affecter l'agriculture, la destruction et la fragmentation des écosystèmes, notamment la déforestation qui se manifeste par la destruction des forêts tropicales (forêt amazonienne, forêt du bassin du Congo, forêt indonésienne), ainsi que la diminution de la biodiversité qui diminuent la résilience de la planète ou encore le réchauffement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre et de manière générale la pollution due aux activités humaines. Les catastrophes industrielles de ces trente dernières années (Seveso (1976), Bhopal (1984), Tchernobyl (1986), Exxon Valdez (1989)) ont interpellé l'opinion publique et les associations telles que le WWF, les Amis de la Terre ou encore Greenpeace (Voir aussi Chronologie de l'écologisme). En faisant le pari du « tout technologique » dans l'optimisation de la consommation énergétique et la lutte contre le changement climatique, notre civilisation recourt de façon accrue aux métaux que nous ne savons pas bien recycler. La déplétion de ces ressources pourrait devenir un enjeu mondial au même titre que la déplétion du pétrole. Au problème de viabilité subsiste une pensée humaine à adapter. Ce qui s'ajoute à un problème d'équité : les pauvres subissent le plus la crise écologique et climatique, et il est à craindre que le souhait de croissance des pays les moins avancés ou en développement vers un état de prospérité similaire à celui des pays les plus développés, fondé sur des principes équivalents, n'implique une dégradation encore plus importante et accélérée de l'habitat humain et peut-être de la biosphère. Ainsi, si tous les États de la planète adoptaient l"American way of life" (qui consomme près de 25 % des ressources de la Terre pour 5 % de la population), il faudrait cinq planètes pour subvenir aux besoins de tous selon l'association écologiste WWF. Le développement actuel étant consommateur de ressources non renouvelables et considéré par ces critiques comme très gourmand en ressources compte tenu de la priorité donnée aux objectifs patrimoniaux à courte vue, tels que la rentabilité des capitaux propres, voire inéquitable, une réflexion a été menée autour d'un nouveau mode de développement, appelé « développement durable ». En 2020, les économistes Jérôme Ballet et Damien Bazin plaident pour une meilleure prise en compte du pilier social dans les politiques de développement durable, sur la base de trois critères, la cohésion sociale, l'équité et la sécurité. Ils recommandent la prise en compte de ces critères dans les politiques qui s'intéressent plus spécifiquement à la durabilité environnementale. Responsabilité à l'égard des générations futures. C'est le philosophe allemand Hans Jonas qui a le premier théorisé la notion de développement durable dans "Le Principe responsabilité" (1979). Selon lui, il y a une obligation d'existence des générations futures, qui pourrait être remise en cause par la forme qu'a prise le progrès technique à l'époque contemporaine. Il s'agit donc pour les générations présentes de veiller, non aux droits des générations futures, mais à leur "obligation" d'existence. « Veiller à l'obligation des générations futures d'être une humanité véritable est "notre" obligation fondamentale à l'égard de l'avenir de l'humanité, dont dérivent seulement toutes les autres obligations à l'égard des hommes à venir ». Le problème du développement durable ne se pose donc pas seulement sous l'angle des droits, mais aussi des obligations et des devoirs. Nouvelle démarche : « penser global, agir local ». Les aspects essentiels du développement durable, sur les capacités de la planète et les inégalités d'accès aux ressources posent des questions philosophiques et éthiques. Hans Jonas avança l'idée selon laquelle le modèle économique de l'Occident pourrait ne pas être viable sur le long terme s'il ne devenait pas plus respectueux de l'environnement. En effet, Jonas posa l'idée d'un devoir vis-à-vis des êtres à venir, des vies potentielles et « vulnérables » que nous menaçons et il donne à l'homme une responsabilité. Depuis, l'un des thèmes de la philosophie qui interpelle le plus nos contemporains est celui de la philosophie de la nature, qui interroge sur la place de l'homme dans la nature. Ainsi, en 1987, Michel Serres décrit l'homme comme signataire d'un contrat avec la nature, reconnaissant les devoirs de l'humanité envers celle-ci. À l'inverse, le philosophe Luc Ferry souligne, dans "Le Nouvel Ordre écologique", que l'homme ne peut pas passer de contrat avec la nature et estime que cette vision qui consiste à donner des droits à la nature participe d'une opposition radicale à l'Occident, de nature révolutionnaire et non réformiste, doublée d'un anti-humanisme prononcé. Jean Bastaire voit l'origine de la crise écologique chez René Descartes selon qui l'homme devait se « rendre comme maître et possesseur de la nature ». Au contraire, la géographe Sylvie Brunel critique le développement durable, car elle y voit une conception de l'homme comme un parasite, et la nature comme un idéal. Or, pour elle, l'homme est souvent celui qui protège la biodiversité, là où la nature est le règne de la loi du plus fort, dans lequel « tout milieu naturel livré à lui-même est colonisé par des espèces invasives ». Sans en aborder tous les aspects philosophiques, le développement durable comporte également des enjeux très importants en matière d'éthique des affaires. André Comte-Sponville entre autres, aborde les questions d'éthique dans "Le capitalisme est-il moral ?". Paul Ricœur et Emmanuel Levinas le firent aussi sous l'angle de l'altérité et Patrick Viveret et Jean-Baptiste de Foucauld sur celui de la justice sociale. Le philosophe français Michel Foucault aborde ces questions sur le plan épistémologique. Il parle de changements de conception du monde, qui se produisent à différentes époques de l'Histoire. Il appelle ces conceptions du monde, avec les représentations qui les accompagnent, des épistémès. Selon certains experts, le développement durable correspondrait à un nouveau paradigme scientifique, au sens que Thomas Kuhn donne à ce terme. La formule « penser global, agir local », employée pour la première fois par René Dubos en 1977, puis par Jacques Ellul en 1980, est souvent invoquée dans les problématiques de développement durable. Elle montre que la prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux nécessite de nouvelles heuristiques, qui intègrent le caractère global du développement durable. Elle fait penser à la philosophie de Pascal, plutôt qu'à celle de Descartes, celle-ci étant davantage analytique. En pratique, elle devrait se traduire par des approches systémiques. Elle est très bien illustrée par le concept de réserve de biosphère créé par l'Unesco en 1971. L'expert américain Lester R. Brown affirme que nous avons besoin d'un bouleversement analogue à celui de la révolution copernicienne dans notre conception du monde, dans la manière dont nous envisageons la relation entre la planète et l'économie : « cette fois-ci, la question n'est pas de savoir quelle sphère céleste tourne autour de l'autre, mais de décider si l'environnement est une partie de l'économie ou l'économie une partie de l'environnement ». Le philosophe français Dominique Bourg estime que la prise de conscience de la a entraîné dans nos représentations un changement radical de la relation entre l'universel et le singulier, et remet en cause le paradigme moderne classique du fait que dans l'univers systémique de l'écologie, la biosphère (le planétaire) et les biotopes (le local) sont interdépendants. Depuis quelques décennies, les ONG environnementales et des leaders d'opinion comme Nicolas Hulot ont sensibilisé l'opinion publique sur les enjeux de l'environnement et du développement durable. La démarche d'action locale pour un impact global est également la thèse du film de Coline Serreau : "Solutions locales pour un désordre global" (voir filmographie). Trois piliers : environnemental, social et économique. Le premier à avoir révélé la dimension multi-dimensionnelle et systémique des problèmes de notre époque est l'économiste français René Passet dans un ouvrage devenu classique : "L'économique et le vivant" (1979). L'objectif du développement durable est de définir des schémas viables qui concilient les trois aspects environnemental, social et économique des activités humaines : « trois piliers » à prendre en compte par les collectivités comme par les entreprises et les individus. La finalité du développement durable est de trouver un équilibre cohérent et viable à long terme entre ces trois enjeux. En anglais, on parle des 3 P, « "People", "Planet", "Profit" », pour désigner ces trois piliers : "People" pour le social, "Planet" pour l'environnement, et "Profit" pour l'économie. Ils sont associés à la notion de triple performance des entreprises ("triple bottom line" en anglais). À ces trois piliers s'ajoute un enjeu transversal, indispensable à la définition et à la mise en œuvre de politiques et d'actions relatives au développement durable : la gouvernance. La gouvernance consiste en la participation de tous les acteurs (citoyens, entreprises, associations, élus…) au processus de décision ; elle est de ce fait une forme de démocratie participative. Ainsi, plusieurs pays d'Afrique ont adopté des plans socio-économiques impliquant les collectivités locales via des moyens de production autonomes. Selon les termes du rapport Brundtland (1987), . Prendre en compte le temps long. Intégrer les enjeux environnementaux et les besoins des générations futures implique d'adopter une approche écosystémique, qui repose sur 12 principes de gestion adoptés à Malawi en 2000. Il conviendrait notamment, selon le huitième principe, de se fixer des objectifs à long terme : Pour Michel Rocard, qui a été ambassadeur de France chargé de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique, « le court-termisme nous conduit dans le mur ». Trois types d'acteurs. La prise en compte des enjeux de développement durable nécessite un système impliquant trois types d'acteurs : le marché, l’État et la société civile : La société civile est le cadre le plus approprié pour une économie de don et de la fraternité. Elle est indissociable des deux autres types d'acteurs. Répondre aux besoins des générations actuelles et à venir. « Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Rapport Brundtland La définition classique du développement durable provient du rapport Brundtland de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement. Ce rapport rappelle une citation célèbre, mais à l'attribution incertaine et très débattue (entre autres, sont fréquemment donnés comme son auteur, soit le chef amérindien Seattle dont il existe pourtant seulement des transcriptions apocryphes et très douteuses de son célèbre et mythique discours, soit Antoine de Saint-Exupéry, à moins qu'il s'agisse de la traduction d'un proverbe traditionnel indien ou africain) : « Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ». Ce rapport insiste sur la nécessité de protéger la diversité des gènes, des espèces et de l'ensemble des écosystèmes naturels terrestres et aquatiques, et ce, notamment, par des mesures de protection de la qualité de l'environnement, par la restauration, l'aménagement et le maintien des habitats essentiels aux espèces, ainsi que par une gestion durable de l'utilisation des populations animales et végétales exploitées. Cette préservation de l'environnement doit être accompagnée de la « satisfaction des besoins essentiels en ce qui concerne l’emploi, l’alimentation, l’énergie, l’eau, la salubrité ». Cela étant, se heurte à une difficulté, qui est de définir ce que sont les besoins des générations présentes, et ce que seront les besoins des générations futures. retenir par exemple les besoins élémentaires pour se nourrir, se loger, et se déplacer. Dans ce contexte, le développement durable a été inséré parmi les objectifs du millénaire pour le développement adoptés en 2000 par 193 États membres de l’Organisation des Nations unies (objectif 7 : assurer un environnement humain durable). Afin de subvenir aux besoins actuels sans pour autant recourir à une utilisation non durable de ressources non renouvelables, un scénario en trois points a été proposé, notamment par des associations comme négawatt dans le domaine de l'énergie : Le patrimoine culturel : transmis de génération en génération et faisant preuve d'une grande diversité, l'UNESCO souhaite la préservation de ce qu'elle nomme patrimoine culturel immatériel. La culture au sens large (ou l'environnement culturel) s'impose d'ailleurs peu à peu comme un quatrième pilier du développement durable. Inégalité planétaire. La consommation de ressources et la production de déchets sont très inégalement réparties sur la planète, comme le montre une carte de l'empreinte écologique par habitant des pays du monde. L'empreinte écologique est la plus élevée dans certains pays du Moyen-Orient, pouvant dépasser 8 hag (hectares globaux) par habitant (Qatar, Émirats arabes unis, Bahreïn, Koweït), en Amérique du Nord (environ aux États-Unis), et en Europe, alors qu'elle peut être inférieure à dans certains pays d'Afrique ; la moyenne mondiale se situe à Néanmoins, la détérioration de l’environnement et celle de la société affectent d’une manière particulière les pays les moins avancés de la planète : « Tant l’expérience commune de la vie ordinaire que l’investigation scientifique démontrent que ce sont les pauvres qui souffrent davantage des plus graves effets de toutes les agressions environnementales ». Cela engendre de graves problèmes de justice environnementale. Ainsi, l'inégalité affecte des pays entiers, ce qui oblige à penser à une éthique des relations internationales. Les différences de mode de vie et d'utilisation des ressources naturelles conduisent à parler de dette écologique entre pays développés et pays du Sud. Dans son encyclique "Laudato si « sur la sauvegarde de la maison commune », le pape François insiste sur la nécessité d'« avoir aussi recours aux diverses richesses culturelles des peuples, à l'art, à la vie intérieure et à la spiritualité » pour s'attaquer aux problèmes d'inégalités. Objectifs de développement durable. Prenant la suite des Objectifs du millénaire pour le développement (2000), les objectifs de développement durable (ODD) sont approuvés par les Nations unies en . Il s'agit d'une liste de 17 objectifs couvrant tous les aspects de l'activité humaine. Chaque objectif est accompagné de plusieurs cibles et de plusieurs cibles de mise en œuvre (sous-objectifs). Il y a au total 169 cibles qui sont communes à tous les pays engagés et qui répondent aux défis mondiaux auxquels l'humanité est confrontée, notamment ceux liés à la pauvreté, aux inégalités, au climat, à la dégradation de l’environnement, à la prospérité, à la paix et à la justice. En , les 193 États membres de l’ONU ont adopté le programme de développement durable à l’horizon 2030, intitulé « Agenda 2030 ». C’est un agenda pour les populations, pour la planète, pour la prospérité, pour la paix et par les partenariats. L'agenda reprend les 17 objectifs de développement durable. L'Agenda 2030 est assorti d'un dispositif de suivi, reposant sur une liste de 232 indicateurs de suivi mondiaux, stabilisée à l’occasion d’une réunion qui s’est tenue du 7 au 10 mars 2017. Les États sont invités à définir leur propre jeu d’indicateurs pour le suivi des ODD au niveau national en fonction des priorités, des réalités, des capacités de calcul et de la situation de chaque État. Pour le suivi des progrès de la France dans l’atteinte des 17 objectifs de développement durable, à l'issue d'une concertation par un groupe de travail sous l'égide du Conseil national de l’Information statistique (Cnis), il a été proposé mi-2018 un tableau de bord de 98 indicateurs. Agriculture. L'activité agricole est habituellement évaluée sur le plan économique seul. Dans une perspective de développement durable, une évaluation écologique est en partie appréhendée par le bilan énergétique en agriculture, qui tient compte de la dimension physique de l'activité de production agricole. Le nombre d'emplois agricoles et leur situation sociale complète l'approche sociale. Santé. Parmi les objectifs de développement durable de l'ONU, La santé fait l'objet de l'objectif . L'ONU mentionne parmi les faits et chiffres la santé infantile, la santé maternelle, le syndrome d'immunodéficience acquise (sida, responsable de de morts depuis le début de l'épidémie), le paludisme et d'autres maladies. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle à la mobilisation pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Principales questions posées. Question du modèle de développement. Lorsque Harry S. Truman s'est adressé à ses concitoyens lors de son discours d'investiture en 1949, pour évoquer l'aide aux pays « sous-développés », le peuple américain était loin de penser que l'humanité serait un jour confrontée à une limitation des ressources naturelles. Depuis les années 1970 et les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979, l'Occident prend peu à peu conscience de cette limite naturelle. Depuis les années 2000, les ONG environnementales, avec à leur tête le WWF, ont conceptualisé ces questions avec la notion d'empreinte écologique. Elles ont mis en évidence que l'impact écologique des activités des pays les plus développés (États-Unis, Europe occidentale…) dépassait largement la capacité biologique de la Terre à renouveler les ressources. Il serait présomptueux d'affirmer que le développement durable fournit un modèle de développement. Il s'agit plutôt d'un ensemble de principes, qui fixent des objectifs à atteindre. D'autre part, cette notion fait l'objet, dans les pays développés, d'une communication importante, qui n'est pas, tant s'en faut, toujours suivie d'actions concrètes. Il n'est donc pas possible d'affirmer que l'Occident dispose d'un modèle facilement exportable. D'autre part, comme le soulignait l'Unesco lors du sommet de la Terre de Johannesburg en 2002, dans l'aide au développement, il est nécessaire de tenir compte des spécificités culturelles des pays aidés. Le codéveloppement est apparu comme une évolution du concept d'aide au développement économique, prenant en compte dans une approche globale et coordonnée, non seulement les aspects économiques, mais aussi les évolutions sociales, l'environnement et le fonctionnement démocratique des institutions, tout en contrôlant mieux les flux migratoires. La coopération au service du développement durable et de la solidarité étant l'une des missions que s'est fixées l'Organisation internationale de la francophonie en 2004, la francophonie peut être considérée comme un cadre intéressant pour promouvoir le développement durable. Question du modèle économique. Il existe une relation équivoque entre l'économie et l'environnement. Les économistes voient l'environnement comme une partie de l'économie, alors que les écologues voient plutôt l'économie comme une partie de l'environnement. Selon Lester R. Brown, il s'agit d'un signe qu'un changement de paradigme est à l'œuvre. L'hypothèse de Michael Porter, selon laquelle les investissements des entreprises pour la protection de l'environnement, loin d'être une contrainte et un coût, peuvent apporter des bénéfices par un changement des modes de production et une meilleure productivité, est encore discutée par les experts. Ce qui est en question, c'est le rôle du progrès technique dans le développement économique par rapport aux problèmes environnementaux (mais aussi sociaux), comme le soulignait le philosophe Hans Jonas dès 1979 dans "Le Principe responsabilité". Depuis les chocs pétroliers de 1973 et 1979, ainsi que dans la succession des crises économiques et le tassement de la croissance économique observés depuis les années 1970, le modèle du capitalisme productiviste dans lequel les pays occidentaux se sont lancés au cours du semble être en crise. L'économiste Bernard Perret s'interroge sur la question de savoir si le capitalisme est durable. Les modèles qui décrivaient l'accroissement de la productivité des facteurs de production atteignent leurs limites. Alors que les physiocrates considéraient la terre comme le principal facteur créateur de valeur, l'école classique et l'école néoclassique n'ont retenu que les deux facteurs de production capital et travail, négligeant le facteur terre (l'environnement). Certes, dans certains courants néoclassiques, comme le modèle de Solow, la productivité globale des facteurs correspond à une augmentation de la productivité qui n'est pas due aux facteurs de production capital et travail, mais au progrès technique. Encore faut-il que celui-ci respecte les contraintes environnementales. Il faut encore souligner qu'à mesure que les améliorations techniques augmentent l'efficacité avec laquelle une ressource est employée, la consommation totale de cette ressource peut augmenter au lieu de diminuer. Ce paradoxe, connu sous le nom d'effet rebond, ou paradoxe de Jevons, a été vérifié pour la consommation de carburant des véhicules automobiles. Il semble que les problèmes environnementaux que nous rencontrons soient dus au fait que le facteur de production terre n'a pas été suffisamment pris en compte dans les approches économiques récentes, notamment classique et néoclassique. Un modèle de développement qui permet de concilier progrès technique, productivité, et respect de l'environnement est donc à repenser. Selon l'économiste belge Christian Gollier, le taux d'actualisation est une variable cruciale de la dynamique économique, en ce qu'il détermine les décisions d'investissement de tous les agents économiques : ménages, entreprises, État. Une valeur du taux d'actualisation d'environ 1 %, beaucoup plus faible que celle qui est actuellement pratiquée, serait nécessaire pour tenir compte des intérêts des générations futures à des horizons relativement éloignés. Une révision des modèles économiques est en train de s'amorcer, comme le montrent par exemple les travaux du cercle de réflexion Les Ateliers de la Terre. Selon Philippe Bihouix, auteur de "L’âge des Low Tech. Vers une civilisation techniquement soutenable", Les « technologies vertes » seraient consommatrices de ressources, feraient appel à des métaux plus rares, et seraient en général moins bien recyclables. Elles feraient croire qu'il serait possible de réduire les émissions de gaz à effet de serre significativement sans réduire massivement notre consommation énergétique. La « croissance verte », qui éluderait la question de nos modes de vie, est pour lui une imposture. En raison de leur besoin de métaux rares, les énergies nouvelles ne seraient pas la panacée : une énergie illimitée et propre serait un mythe, il faudrait donc économiser, recycler, relocaliser, et s'orienter vers la low-tech. Besoin d'une régulation économique et fiscale. Selon les économistes Emmanuel Saez et Gabriel Zucman, la (non-)régulation économique depuis le début des années 1980 . Le Brexit, le mouvement des Gilets jaunes et l'émergence de l'extrême droite dans des régions où elle était absente sont perçus comme des manifestations du mécontentement des électeurs face à la montée des inégalités. Différentes approches de la notion de durabilité. Si les objectifs du développement durable font l'objet d'un relatif consensus, c'est son application qui demeure source d'oppositions. L'une des questions posées par le terme de « développement durable » est de savoir ce que l' entend par « durable ». Or, la nature peut être vue de deux manières complémentaires : il existe d'une part un « capital naturel », non renouvelable à l'échelle humaine (la biodiversité par exemple), et d'autre part des « ressources renouvelables » (comme le bois, l'eau…). Cette distinction étant faite, deux conceptions sur la durabilité s'opposent. La première réponse à la question du développement durable est de type technico-économiste : à chaque problème environnemental correspondrait une solution technique, solution disponible uniquement dans un monde économiquement prospère. Dans cette approche, aussi appelée « durabilité faible », le pilier économique occupe une place centrale et reste prépondérant, à tel point que le développement durable est parfois rebaptisé « croissance durable ». C'est ainsi que dans la revue de l'École polytechnique, Jacques Bourdillon exhorte les jeunes ingénieurs à « ne pas renoncer à la croissance […] dont l'humanité a le plus grand besoin, même sous prétexte de soutenabilité ». L'une des réponses apportées du point de vue technologique consiste à rechercher la meilleure technique disponible (MTD, en anglais, "best available technology", BAT) pour un besoin identifié, ou des attentes exprimées par un marché, qui concile les trois piliers du développement durable d'une façon transversale. Ce discours est légitimé par la théorie économique néoclassique. En effet, Robert Solow et John Hartwick supposent le caractère substituable total du capital naturel en capital artificiel : si l'utilisation de ressources non renouvelables conduit à la création d'un capital artificiel transmissible de génération en génération, elle peut être considérée comme légitime. La deuxième réponse est de type « environnementaliste » : soutenue notamment par des acteurs non gouvernementaux son point de vue est tout à fait opposé à l'approche technico-économiste. Selon elle, « la sphère des activités économiques est incluse dans la sphère des activités humaines, elle-même incluse dans la biosphère » : le « capital naturel » n'est dès lors pas substituable. Afin d'insister sur les contraintes de la biosphère, les tenants de cette approche préfèrent utiliser le terme de « développement soutenable » (traduction littérale de "sustainable development"). Les économistes systémiques légitiment cette approche : plutôt que de se concentrer sur l'aspect purement économique des choses, ceux-ci souhaitent avoir une vision « systémique [qui] englobe la totalité des éléments du système étudié, ainsi que leurs interactions et leurs interdépendances ». peut citer Joël de Rosnay, E.F. Schumacher ou encore Nicholas Georgescu-Roegen. Ces deux approches opposées ne sont bien entendu pas les seules : de nombreuses autres approches intermédiaires tentent de concilier vision technico-économiste et environnementaliste, à commencer par les acteurs publics. pourra voir à ce sujet la typologie dressée par Aurélien Boutaud. Une autre approche est reconnue par le monde académique : celle de la valorisation du social (). parle de "développement socialement durable" (DSD). Une telle approche demande à ce qu'un principe de précaution social (voire un principe de responsabilité) soit admis. Les priorités du DSD se focalisent sur la réduction des vulnérabilités des personnes en raison de modifications dans la structure des capacités (cf. les "Capabilities Approach" d'Amartya Sen). De façon plus globale, le DSD donne la priorité à l'équité intergénérationnelle (niveaux, conditions, qualité de vie…) par rapport à l'équité intragénérationnelle. Il n'y a pas d'antinomie entre les deux versions de la durabilité (écologique "versus" sociale). La prise en compte de la dimension sociale du développement correspond à l'idée que la protection de la nature ne doit pas se faire au détriment du bien-être des populations vivant au contact direct de celle-ci. Révision des modes de production et de consommation. La stratégie de l'Union européenne en faveur du développement durable demande de promouvoir des modes de production et de consommation plus durables. Il convient pour cela de briser le lien entre la croissance économique et la dégradation de l'environnement, et de tenir compte de ce que les écosystèmes peuvent supporter, notamment en ce qui a trait aux ressources naturelles par rapport au capital naturel disponible, et aux déchets. L'Union européenne doit pour cela promouvoir les marchés publics écologiques, définir avec les parties concernées des objectifs de performance environnementale et sociale des produits, accroître la diffusion des innovations environnementales et des techniques écologiques, et développer l'information et l'étiquetage approprié des produits et services. Modes de gouvernance du développement durable. Le développement durable peut se décliner de manières complémentaires : au niveau politique, sur les territoires, dans les entreprises, voire dans sa vie personnelle. Le développement durable a d'abord été mis en application sur les territoires (lors du sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992), puis au sein de l'entreprise et de leurs parties prenantes (lors du sommet de la Terre de Johannesburg). Gouvernance mondiale. Historiquement, le développement durable a émergé après une longue période de négociations à l'échelle mondiale. La première conférence mondiale concernant le développement durable, "a posteriori" rebaptisée « Sommet de la Terre », a eu lieu à Stockholm en 1972. En 1992, au cours du sommet de la Terre de Rio de Janeiro, sont proclamés les 27 principes de la déclaration de Rio sur le développement durable. Les trois piliers du développement durable sont énoncés pour la première fois au niveau international, et l'agenda 21 pour les collectivités territoriales est élaboré. En 2002, lors du sommet de la Terre de Johannesburg, les grandes entreprises sont pour la première fois représentées. Lors de ces rencontres, des représentants des parties prenantes (ONG, États, puis entreprises) discutent des grands enjeux mondiaux, mais aussi des modes de pilotage à mettre en place dans les collectivités et les entreprises pour décliner concrètement le concept de développement durable. En plus de ces sommets « généralistes » ont lieu des sommets sur des sujets plus ciblés, comme les sommets mondiaux de l'eau, ou la Conférence des parties, qui ont lieu à des échéances plus rapprochées. Toutefois, les ONG et les associations écologistes, appuyées par plusieurs personnalités, estiment que ces sommets ne sont pas suffisants, et que, pour mettre en œuvre les plus de 300 conventions et traités de droit de l'environnement et faire contrepoids à l'OMC, il faudrait se doter d'un gendarme international aux pouvoirs contraignants, qui pourrait s'appeler « Organisation mondiale de l'environnement ». Gouvernance dans les États. Union européenne. Dans l'Union européenne, une partie du droit de l'environnement s'est progressivement déplacée des États membres vers le niveau européen qui est apparu subsidiairement plus adapté pour traiter certaines de ces questions, et ceci en plusieurs étapes : L'impact de l'environnement sur des domaines aussi vitaux que l'eau, l'énergie, les services, l'agriculture, la chimie… est connu depuis très longtemps : ainsi, on trouve en France dès le l'obligation de faire des enquêtes publiques d'impact préalables à l'implantation d'industries polluantes (enquêtes "de comodo incomodo" pour les tanneries), ainsi qu'une administration des eaux et forêts beaucoup plus ancienne, dotée d'un pouvoir règlementaire et coercitif autonome. L'Union européenne a capté certaines compétences des États nationaux, afin d'établir une nouvelle réglementation européenne qu'elle veut uniforme (directives cadres, directives, règlements) et que les États membres doivent transposer dans leurs règlements et leurs normes. L'Union européenne a demandé à chacun des États-membres de définir et de mettre en œuvre une stratégie nationale de développement durable. C'est vers les années 2001-2002 que le développement durable apparaît en France comme la nécessité pour les entreprises de rendre compte des conséquences sociales et environnementales de leurs activités, par rapport aux exigences de la société civile. Cela s'est traduit par une disposition législative sur la communication dans la loi relative aux nouvelles régulations économiques (NRE), poussant à l'élaboration de rapports de développement durable. L'ancien président Jacques Chirac a poussé à la rédaction d'une charte de l'environnement en 2004, soulignant dans un discours que la France était le premier pays au monde à inclure l'environnement dans sa Constitution. États-Unis. Dans le même temps, les entreprises anglo-saxonnes tissent des réseaux d'influence autour des institutions internationales, en s'appuyant sur les réseaux des organisations non gouvernementales. Ceci permet de collecter une quantité importante d'informations, qui sont structurées puis gérées dans les réseaux internationaux d'entreprises, d'universités, de centres de recherche (voir par exemple le World Business Council for Sustainable Development – WBCSD). La stratégie américaine consiste aussi à tisser des liens avec les enceintes normatives privées comme la chambre de commerce internationale, située à Paris. La CCI rédige des « rules », règles types dans tous les domaines de la vie des affaires, reprises comme modèles dans les contrats financés par les organismes internationaux. La CCI a joué un rôle important au sommet de la Terre de Johannesburg à l'été 2002 en créant, conjointement avec le WBCSD, le Business Action for Sustainable and Resilient Societies. Ministères. En France, le développement durable est traité d'une manière transversale par la Première ministre Élisabeth Borne, chargée de la planification écologique et énergétique. Elle a mis en place, le 20 mai 2022, un secrétariat général qui se consacre à cette tâche. Gouvernance sur les territoires. Depuis le sommet de la Terre de Rio de Janeiro (1992) et la signature de la charte d'Aalborg (1994), les territoires sont au cœur du développement durable. À l'aide de l' les réseaux de villes et les communautés urbaines sont à même d'exprimer les besoins et de mettre en œuvre des solutions. Pour cela, les collectivités territoriales peuvent coopérer avec les entreprises, les universités, les grandes écoles en France, ainsi qu'avec les centres de recherche, pour imaginer des solutions innovantes pour l'avenir. Les locaux, déclinaisons de l' localement, sont réalisables à l'échelle d'une commune, d'un département, d'une région, d'une communauté de communes ou d'une communauté d'agglomération. Ils sont définis en concertation avec les acteurs locaux, dans un cadre de démocratie participative et se déroulent en plusieurs phases : Les initiatives locales se multiplient en France et, en juin 2011, le label environnemental EcoJardin pour la gestion des espaces verts des grandes villes a été lancé officiellement. Ce label consiste à bannir l'utilisation de produits phytosanitaires dans les jardins publics, en vue de préserver la qualité de l'eau et la biodiversité. Un « référentiel écologique » a vu le jour ; il définit le cahier des charges à respecter pour l'obtention du label « jardin écologique ». Ce label s'ajoute à un autre label européen EVE attribué par Ecocert et déjà opérationnel. En France, la loi du dite () oblige les communes et les EPCI à fiscalité propre de plus de , les conseils généraux et les conseils régionaux à élaborer un rapport annuel de développement durable (RADD). Le Commissariat général au développement durable a publié en août 2016 des éléments méthodologiques pour l’élaboration de ce rapport. Gouvernance dans les entreprises : responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Puissantes au niveau international, créatrices de richesses et consommatrices de ressources, les entreprises ont une capacité d’intervention qui peut se révéler efficace en faveur du développement durable : Pour le respect d'objectifs de développement durable par les entreprises, spécifiquement parle de responsabilité sociale des entreprises ("corporate social responsability") ou plus précisément de responsabilité sociétale des entreprises puisque le volet de responsabilité ne correspond pas uniquement au volet « social ». La responsabilité sociétale des entreprises est un concept par lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, voire de bonne gouvernance dans leurs activités et dans leur interaction avec leurs parties prenantes sur une base volontaire. En effet, à côté des obligations réglementaires et législatives existe tout un champ d'actions possibles sur la base du volontariat et qui peut s'appuyer notamment sur des normes : à citer cependant en France, une loi relative aux nouvelles régulations économiques (NRE) qui incite les entreprises cotées en bourse à inclure dans leur rapport annuel une série d'informations relatives aux conséquences sociales et environnementales de leurs activités. La notion de développement durable humain en entreprise devient actuelle à la suite des nombreux problèmes d'absentéisme, de stress et de burn-out. Elle est en lien direct avec le comportement managérial responsable en interne et en externe. Depuis le début des années 2000, du développement durable. En août 2019, François-Henri Pinault présente le « "Fashion Pact" » au G7 de Biarritz, un pacte regroupant 147 marques de l'industrie de la mode et visant à agir dans les domaines du climat, de la biodiversité et des océans. Éducation au développement durable. Dans l'enseignement. En mars 2005, lors d'une réunion de haut niveau des ministères de l'environnement et de l'éducation à Vilnius (Lituanie), a été adoptée une stratégie européenne pour l'éducation en vue du développement durable. L’éducation a été présentée non seulement comme un droit de l'homme, mais également comme une condition "sine qua non" du développement durable et comme un outil indispensable à une bonne gouvernance, à des décisions éclairées et à la promotion de la démocratie. L'éducation au développement durable (EDD) conduit à une prise de conscience plus grande et une autonomie accrue permettant l’exploration de nouveaux horizons et concepts et l’élaboration de méthodes nouvelles. En août 2004 avait déjà été défini un cadre de mise en œuvre de cette stratégie pour l'Europe. Des cadres de mise en œuvre ont également été définis pour l'Afrique, les États arabes, l'Asie/Pacifique, l'Amérique latine et les Caraïbes. En septembre 2005 a été approuvé le plan international de mise en œuvre de la Décennie des Nations unies pour l’éducation en vue du développement durable, lors d'une session de l’Unesco. Ce plan a défini un cadre pour la décennie 2005-2014. Dans les différents États-membres de l'Union européenne, des actions sur l'éducation ont été intégrées dans la stratégie nationale de développement durable. En France, l'éducation au développement durable a été intégrée dans les enseignements de collège et lycée. Avec la réforme des programmes de terminale en 2019 qui vient clore le changement de tous les programmes du secondaire, une vision globale des programmes est désormais possible. Il apparaît que les sciences de la vie et de la Terre (SVT) sont la matière la plus mobilisée, tout au long du collège, en seconde et en spécialité SVT au lycée, avec des thèmes tels que le réchauffement climatique, l'érosion, la biodiversité et la gestion des ressources naturelles. La géographie est aussi impliquée, avec la question de la gestion des ressources et du réchauffement climatique (seconde). Le préambule du programme de seconde s'appuie sur le concept de « transition » pris dans un sens opératoire, commun à toutes les sciences humaines. que cet enseignement peut aussi s'appuyer sur une série de dispositifs soutenant les actions concrètes mises en œuvre au sein des établissements. Le ministère de l'Éducation nationale français a également développé des méthodes d'éducation utilisant les technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement (TICE). En France aussi, il a été créé en 2011 pour la session 2013 une filière préparant au Baccalauréat sciences et technologies de l'industrie et du développement durable ou cette dernière notion y est intégrée totalement aux programmes. En France, une dimension de développement durable est généralement intégrée dans l'enseignement supérieur. Dans les écoles d'ingénieurs par exemple, les élèves sont informés de leurs obligations futures à travers la diffusion de la charte d'éthique de l'ingénieur, selon laquelle : « L'ingénieur inscrit ses actes dans une démarche de « développement durable ». L’ de la loi du dispose : « Les établissements d’enseignement supérieur élaboreront, pour la rentrée 2009, un « Plan vert » pour les campus. Les universités et grandes écoles pourront solliciter une labellisation sur le fondement de critères de développement durable ». Un canevas de plan vert d'établissement a été préparé par la Conférence des Grandes Écoles, le Réseau français des étudiants pour le développement durable et la Conférence des présidents d'université. Le canevas respecte l'architecture de la stratégie nationale de développement durable en structurant les actions selon neuf défis clés. Dans les entreprises et les administrations. Les entreprises ont en général adopté dans leur stratégie des chartes de développement durable. La communication en interne sur ce sujet a cependant souvent laissé sceptiques les employés, en raison de distorsions avec les pratiques sociales observées sur le terrain. En France, un certain nombre de dirigeants sont formés régulièrement dans différents organismes, comme le Collège des hautes études de l'environnement et du développement durable, l'institut Cap Gemini sur les aspects informatiques, ou échangent des informations dans le cadre de groupes d'anciens élèves d'écoles ("X-environnement" pour l'École polytechnique, "ISIGE Alumni" pour l'ISIGE-MINES ParisTech). En France toujours, les ingénieurs sont tenus, au moins théoriquement, de respecter la charte d'éthique de l'ingénieur élaborée par Ingénieurs et scientifiques de France. Dans la société civile. Dans la société civile, ce sont les associations et les organisations non gouvernementales qui contribuent le plus à la sensibilisation du grand public. Les grandes ONG (WWF, Les Amis de la Terre, Secours catholique, CCFD-Terre solidaire, Action contre la faim, Amnesty International…) mettent en œuvre des démarches de responsabilité sociétale et organisent régulièrement des campagnes de sensibilisation sur des aspects particuliers du développement durable. Les sites internet de ces associations sont par ailleurs des outils de mobilisation remarquables. Les outils de calcul de l'empreinte écologique, librement accessibles sur la Toile, permettent de faire prendre conscience du problème environnemental. Organisations internationales. Les Nations unies organisent chaque année des Journées mondiales de sensibilisation et consacrent chaque année à un thème lié à la protection de l'environnement. En 2010, elles mettent l’accent sur la biodiversité. 2011 est instituée année internationale des forêts. Outils et mesure du développement durable. PIB et développement durable. Le produit intérieur brut est un indice très employé dans les comptabilités nationales pour mesurer la croissance économique, au point de conditionner une grande part des raisonnements et stratégies économiques. On dit que l'on est en croissance ou en récession selon que le PIB est en augmentation ou en diminution. Le PIB est censé mesurer la croissance économique sur le long terme, mais il prend mal en compte la variation du capital naturel (éventuellement fossiles) qui est un effet de long terme. C'est notamment la raison pour laquelle le PIB est critiqué par certains auteurs, qui en soulignent les limites pour la mesure effective de la richesse d'un pays. Le PIB est calculé par agrégation de la valeur ajoutée des entreprises, elle-même calculée en comptabilité nationale en fonction de la production et des consommations intermédiaires. Les indicateurs de développement durable tels que ceux qui figurent dans le Global Reporting Initiative ou les indicateurs demandés par la loi relative aux nouvelles régulations économiques en France, ne sont pas intégrés dans ces calculs. La question se pose donc de savoir si le PIB est vraiment une mesure fiable de développement durable. Les insuffisances du PIB comme mesure de la croissance sur le long terme sont à l'origine des réflexions sur le PIB vert. En France, l'Insee fait néanmoins figurer le PIB comme l'un des onze indicateurs de la stratégie nationale de développement durable. La France a une réflexion sur l'utilisation de nouveaux indicateurs dont l'empreinte écologique. L'Europe a annoncé qu'elle publierait dès 2010 un indice présentant la pression exercée sur l'environnement (émissions de gaz à effet de serre, réduction des espaces naturels, pollution atmosphérique, production de déchets, utilisation des ressources, consommation d'eau et pollution de l'eau), qui accompagnera la publication du PIB. Indices agrégés. Les instruments macroéconomiques classiques (PIB par exemple) s'avèrent insuffisants, voire dans certains cas déficients pour mesurer le développement durable : la croissance économique apparaît ainsi dans certains cas comme déconnectée, voire opposée aux objectifs du développement durable. Il s'agit donc de construire un indicateur agrégé qui permet de rendre compte au mieux de l'efficacité d'une politique de développement durable. Plusieurs indices ont été établis, qui concernent chacun un ou plusieurs « piliers » du développement durable : Tout indice est néanmoins sujet à caution : la manière d'agréger les données exprime un parti-pris. Qu'est-ce qu'un pays « avancé en développement durable » ? Est-ce un pays qui consomme peu de ressources (comme le Bangladesh), ou est-ce un pays avec de nombreux parcs nationaux protégés (comme les États-Unis) ? Outils d'aide à la décision pour le développement durable. L’OQADD, outil de questionnement et d’aide au développement durable, est une grille de questionnement permettant de susciter des débats sur les problématiques relatives au développement durable, en mettant en avant les points-clefs d'un projet. Ils se réclament à la fois de l’évaluation des politiques et de l’analyse multicritère, mais sont plutôt utilisés pour questionner des politiques ou des projets au regard des critères de développement durable. Ce sont des grilles de critères en arborescence, déclinants les principales dimensions du développement durable (économie, écologie, social, gouvernance…). Cet outil peut être soumis aux différents acteurs intervenant dans la mise en place d’un nouveau projet : des élus, des industriels, des associations de défense de l’environnement, des syndicats… Indicateurs et normes. La mesure microéconomique du développement durable pour les entreprises peut se faire par l'intermédiaire des critères du Global Reporting Initiative, comportant 79 indicateurs économiques. Par ailleurs l'OCDE a effectué des travaux importants sur les indicateurs environnementaux, et a développé pour cela le modèle pression-état-réponse. Les principales normes et certifications qui peuvent être appliquées par les entreprises sont la norme environnementale , la norme sur le management de l'énergie , la norme sur la qualité , la norme sur la santé et sécurité au travail, et le standard sur l'éthique et le social. Il existe également un guide (en France) pour la prise en compte des enjeux du développement durable dans les petites entreprises. Une nouvelle norme sur la responsabilité sociétale des entreprises, l', a été mise en application en 2010. Cette norme intègre la responsabilité sociétale, la gouvernance et l'éthique d'une manière plus élargie. Par ailleurs, les entreprises peuvent être notées par des agences de notation sociétale, qui prennent en compte dans leur notation des critères extra-financiers (environnementaux et sociaux). Les entreprises sont jugées par ces agences sur la base de leurs rapports de développement durable, ou de tout document permettant d'apprécier les performances économiques, environnementales et sociales. La notation sociétale est ensuite utilisée par les investisseurs pour constituer des portefeuilles de valeurs appelés investissements socialement responsables (ISR). Indicateurs clés pour le suivi de l'économie circulaire. La transition vers une économie réellement économe en ressources passe par l'utilisation optimale des ressources naturelles, dans ce que l'on appelle un modèle d'économie circulaire, dans lequel les déchets sont réutilisés comme matières premières de l'industrie. La France retient en 2021 11 indicateurs clés pour le suivi de l'économie circulaire, comme par exemple la consommation intérieure de matières par habitant, et la productivité matières. Application opérationnelle dans les entreprises. La mise en œuvre d'une démarche de développement durable dans une entreprise est un processus complexe, qui a pour objectif la triple performance (économique, sociale et écologique) de l'entreprise. Elle engage tous les domaines de l'entreprise. Il s'agit de mettre en place une véritable gestion de programme transverse, avec des correspondants dans les principales entités de l'organisation, en impliquant les parties prenantes dans un modèle d'entreprise durable. Nous donnons ci-dessous quelques exemples de domaines d'application particulièrement concernés par la mise en œuvre d'une démarche de développement durable ou de responsabilité sociétale. Ventes et logistique. Les ventes et la logistique sont particulièrement impactées par les questions de développement durable. La fonction administration des ventes des entreprises est en effet responsable de la livraison au client final, qui fait appel le plus souvent au transport routier, fortement consommateur de produits pétroliers. Marketing. Il s'agit d'identifier les opportunités et les menaces dans le contexte d'une sensibilité accrue des consommateurs et du marché aux enjeux du développement durable, en accord avec les parties prenantes. Le marketing doit aussi véhiculer vers les autres domaines de l'entreprise les valeurs demandées par le marché. Certaines sociétés se contentent parfois d'opérations de communication plutôt que de vraiment changer le fonctionnement de l'entreprise ; on parle alors d'écoblanchiment (en anglais : "greenwashing"). Élizabeth Reiss montre que les entreprises ont intérêt à créer des produits et des services responsables, parce que les clients le demandent, et parce que c'est rentable. Elle donne des pistes pour revoir les modes de production et de communication. L'entreprise peut dans certains cas y gagner en productivité et fidéliser ses équipes de salariés et ses clients. Christophe Sempels et Marc Vandercammen analysent le comportement du consommateur responsable, et soulignent le rôle du marketing dans la mise en œuvre d'innovations durables et dans leur acceptation par les marchés. Ils cherchent à créer le lien entre une demande et une offre plus responsables, en passant d'une logique « produit » à une logique « service ». Plusieurs programmes de fidélisation ayant pour but la modification des comportements de consommations au travers d'outils marketing ont vu le jour ces dernières années. C'est par exemple le cas de aux États-Unis ou encore du programme en France. Ces types de programme utilisent le principe de prime pour motiver le consommateur à changer ses habitudes de consommation. Recherche et développement. Les caractéristiques du développement durable que sont les échelles temporelles et spatiales multiples, et l'interconnexion des problèmes, conduisent à des problématiques nouvelles de recherche et développement, à la recomposition de certains champs de recherche, et à l'apparition de nouvelles disciplines. La réponse aux demandes du développement durable passe par un accroissement des travaux de nature interdisciplinaire, entre sciences de la nature et sciences humaines et sociales. Il est nécessaire de structurer la recherche scientifique de manière plus fédérative, en organisant des institutions transversales et internationales. La demande d'expertise nécessite souvent la coopération de disciplines différentes. La recherche pour le développement durable nécessite de meilleures données, plus abondantes, et des outils plus performants dans le domaine de la modélisation et de la prospective. La recherche doit imaginer de nouvelles formes de coopération avec les autres acteurs, responsables politiques, entreprises, associations, syndicats, et autres composantes de la société civile. Le marketing doit répondre à la question de savoir s'il faut investir dans le recyclage ou investir dans de nouveaux produits propres, ce qui impose des choix dans la recherche et développement. La recherche peut se faire dans des laboratoire de recherche internes aux entreprises, ou en partenariat avec des laboratoires publics, par exemple dans le cadre de pôles de compétitivité. La recherche et développement peut avoir besoin d'outils de gestion des connaissances pour améliorer l'efficacité de ses recherches. Elle doit procéder à une veille technologique orientée vers des objectifs de développement durable. Aspects juridiques. Sur le plan règlementaire, le développement durable se traduit par un ensemble de textes juridiques, qui peuvent être établis soit au niveau européen (directives de l'Union européenne), soit au niveau des États. Quelques exemples de règlements européens sont le règlement REACH sur les substances chimiques, ou la directive sur les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE), pour ce qui concerne le pilier environnemental. Au niveau des États, le droit de l'environnement et le droit social s'appliquent sur chacun de ces piliers environnemental et social (en France le code de l'environnement et le code du travail). En France : Les services juridiques des entreprises doivent procéder à une veille juridique, éventuellement pour les petites et moyennes entreprises (PME) avec l'aide des chambres de commerce et d'industrie. Outre cette veille, les services juridiques sont amenés à vérifier la conformité des actions de développement durable de l'organisation dans ses déclinaisons économiques, sociales et environnementales par rapport aux normes applicables et la communication extra-financière qui l'accompagne. Achats. Le respect de critères environnementaux, sociaux, et économiques dans l'élaboration des produits d'une entreprise dépend non seulement de ses processus internes, mais aussi de la qualité des produits achetés auprès des fournisseurs de l'entreprise, des services inhérents à ces achats, en particulier le transport, ainsi qu'en amont de ceux-ci. La performance en matière de développement durable dépend donc de l'intégration progressive de la chaîne d'approvisionnement dans le référentiel de responsabilité sociétale des entreprises concernées. Il est nécessaire de revoir la stratégie achats (réduction des coûts, élimination des déchets, augmentation de l'efficacité énergétique, conservation des ressources), en faisant participer les partenaires fournisseurs de l'entreprise. Gérer le développement durable dans les achats des entreprises, des organismes publics ou encore des collectivités locales peut se faire en tenant compte du coût global d'acquisition qui, outre le prix d'achat, intègre le transport des produits achetés, le dédouanement, les garanties, les coûts de stockage, l'obsolescence, les déchets générés lors de la production et en fin de vie. L'engagement d'un plan d'action développement durable aux achats répond généralement à des arguments de quatre natures différentes : Finance. La mise en œuvre d'une politique de développement durable dans les entreprises dépend largement de l'utilisation des ressources de l'entreprise. Ces ressources peuvent être des actifs physiques (immobilisations au sens classique du terme), mais aussi des actifs immatériels (immobilisations incorporelles) ou tout simplement des ressources humaines, c'est-à-dire des salariés et des partenaires de l'entreprise. L'atteinte des objectifs de développement durable dépend en grande partie de la façon dont les entreprises vont orienter l'action de l'ensemble de ces ressources (employés, parties prenantes, organisation…). Des réflexions apparaissent sur de nouvelles méthodes d'estimation de la valeur financière des entreprises à travers la notion de capital immatériel. Les actifs financiers que sont les investissements socialement responsables (ISR) permettent d'orienter les portefeuilles de valeurs financières vers des actifs qui respectent des critères à la fois environnementaux, sociaux et économiques. L’ISR a une vision à long terme de nature à donner des résultats meilleurs que ceux des sociétés qui agissent dans la perspective d'objectifs financiers à court terme. Selon une définition officielle donnée en juillet 2013 par le Forum pour l'investissement responsable (FIR), association réunissant les acteurs de l'ISR en France, et l'Association française de la gestion financière (AFG), association des acteurs du métier de la gestion, « L'ISR est un placement qui vise à concilier performance économique et impact social et environnemental en finançant les entreprises et les entités publiques qui contribuent au développement durable quel que soit leur secteur d'activité. En influençant la gouvernant et le comportement des acteurs, l'ISR favorise une économie responsable ». L’ISR est encore trop récent et le recul insuffisant pour le vérifier de façon tangible et assez large, mais l’observation des fonds ISR les plus anciens laisse penser que leur rentabilité est comparable, voire parfois meilleure que celle des autres fonds. Il faut également signaler le développement de toute une branche de la finance, la finance du carbone, liée aux enjeux des gaz à effet de serre. Le projet Bluenext s'inscrit dans ce type d'activités. Durant le mois de janvier 2019, seize très grandes entreprises européennes (ENEL, EDF, ENGIE, EDP, Ferrovie dello Stato Italiane, Iberdrola, Icade, Ørsted, RATP, SNCF Réseau, Société du Grand Paris, SSE, Tennet, Terna, Tideway, Vasakronan) lancent le "Corporate Forum on Sustainable Finance", un réseau tourné vers le développement d'outils du financement vert. Systèmes d'information, numérique. Il existe une croyance selon laquelle l'informatique serait « virtuelle » ou « immatérielle ». Dans les faits, le « zéro papier » est . Une analyse qualitative des avantages et des inconvénients de la dématérialisation du point de vue du développement durable montre en effet que les choses ne sont pas si simples. En particulier, ce processus n'améliore pas la qualité environnementale des produits. L'informatisation massive de l'économie depuis une cinquantaine d'années, que l'on appelle aujourd'hui en France transformation numérique, nous a fait passer dans une économie de l'« immatériel », dans laquelle l'augmentation des flux de gestion pilotés par l'informatique s'est accompagnée d'une augmentation parallèle des flux de biens marchands, donc des quantités de ressources naturelles consommées, comme le montre Jean-Marc Jancovici. La transformation numérique concerne de plus en plus des usages de particuliers. Elle s'accompagne d'un impact environnemental important correspondant, selon un rapport de l'association française The Shift Project publié en octobre 2018, à 3,7 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, soit plus que le trafic aérien. Selon un rapport de juillet 2019 de la même association, la vidéo en ligne, ou streaming vidéo, représente à elle seule 1 % des émissions de gaz de effet de serre mondiales. Selon Frédéric Bordage (GreenIT), la multiplication exponentielle des objets connectés (internet des objets) est la principale responsable de l'impact environnemental du numérique au tournant des années 2020. Les initiatives actuelles sur l'application des principes de développement durable en informatique concernent le plus souvent le matériel informatique proprement dit (recyclage et consommation électrique). Il existe une certification internationale pour les équipements, la certification TCO, ainsi qu'une directive européenne sur les substances dangereuses, la directive RoHS. L'informatique durable () se concentre essentiellement sur les bonnes pratiques portant sur le matériel informatique. Plus fondamentalement, le développement durable pose de nouveaux défis : faire face à l'augmentation des connaissances, gérer une nouvelle relation avec les clients, respecter des réglementations de plus en plus complexes. Pour cela, il est nécessaire de restructurer les systèmes d'information selon une nouvelle architecture : celle du système d'information durable, combinant gestion des données de référence (MDM), système de gestion de règles métier (BRMS) et gestion des processus métiers (BPM). L'application aux processus d'affaires vertueuse sur le plan du développement durable pose le problème du partage de l'information environnementale et sociale entre les entreprises et les administrations publiques, ainsi qu'avec leurs parties prenantes. Concernant l'application au volet environnemental proprement dit, on parle d'éco-informatique (les Américains emploient l'expression "Green IT 2.0"). Les systèmes d'information actuels sont très hétérogènes et n'ont le plus souvent pas été conçus pour gérer une information à caractère sociétal. Ainsi, les exigences de développement durable nécessitent-ils de structurer les informations utiles pour la gestion des programmes concernés, et plus particulièrement pour la gestion des données et la structuration de réseaux de compétence. Le Royaume-Uni a mis en place une régulation publique de l'information environnementale. La France mise sur l'effet de la loi relative aux nouvelles régulations économiques pour réguler l'économie. D'une façon générale, le développement durable pose le défi de gérer une grande quantité d'informations non structurées ; pour cela, plusieurs méthodes sont apparues : les techniques du web sémantique s'appuyant sur des ontologies et des métadonnées ; les projets d'ingénierie des connaissances ; les systèmes wiki comme l'encyclopédie Ékopédia. Un autre problème crucial qui se pose est de savoir quels sont les impacts de la course à la puissance informatique en matière environnementale, et si la fameuse loi de Moore est véritablement pertinente à long terme. constate que les ordinateurs et les logiciels sont généralement surdimensionnés par rapport aux besoins et que l'arrivée incessante de nouvelles versions de matériels et de logiciels a pour effet de diminuer la durée d'amortissement des équipements, donc de générer des déchets. La convergence entre l'internet et le développement durable fait l'objet des réflexions du forum TIC21. L'Association pour le développement des outils multimédias appliqués à l'environnement (ADOME) a développé un moteur de recherche du développement durable, Ecobase 21, composé de . Communication. Avec la mise en place de programmes de développement durable dans les entreprises et de l’agenda 21 dans les collectivités territoriales, s’est posée, à partir de 2002, la question de la « communication sur le développement durable ». Autrement dit, comment sensibiliser l’opinion au développement durable, impliquer les professionnels, et parfois convaincre les décideurs ? Cette question a en partie trouvé sa réponse dans la création d'une direction du développement durable, qui est désormais perçue comme un poste stratégique dans l'entreprise. Une association loi de 1901, le Collège des Directeurs du développement durable (C3D), participe à faire évoluer la fonction du directeur de développement durable. Plusieurs autres pistes et éléments de réponse sont donnés par des professionnels : Service après-vente. La mise en œuvre d'une démarche de développement durable dans le domaine du service après-vente se traduit le plus souvent par une politique de réparabilité des produits, qui peut permettre à l'entreprise de fidéliser ses clients et éviter l'obsolescence programmée, source de coûts économiques et environnementaux élevés. Application opérationnelle dans les administrations. En France. La charte de l'environnement, de valeur constitutionnelle, dispose à l' que « les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. À cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l'environnement, le développement économique et le progrès social ». Les marchés publics, soumis à une réglementation stricte, peuvent intégrer des clauses environnementales et sociales, en vertu des articles L.2111-1 et L.2112-2 du code de la commande publique. Tableau synthétique. Le développement durable reste un concept pouvant être décliné selon de nombreux axes : ses fondements peuvent être vus comme étant philosophiques et/ou scientifiques, ses applications touchent tout autant le droit que les techniques de pointe ou la gouvernance. Le tableau ci-dessous présente les domaines dans lesquels le développement durable est appliqué, ainsi qu'une liste, non exhaustive, des articles associés. Critiques de la notion. Le terme de « développement durable » a été critiqué pour le flou qui l'entoure. Luc Ferry écrit ainsi : « Je sais que l'expression est de rigueur, mais je la trouve si absurde, ou plutôt si floue qu'elle ne dit rien de déterminé. (…) qui voudrait plaider pour un « développement intenable » ! Évidemment personne ! […] L'expression chante plus qu'elle ne parle ». Le concept rencontre des critiques à plusieurs niveaux. Ainsi, considère que la notion de développement durable est dangereuse, car débouchant sur des mesures aux effets inconnus et potentiellement néfastes. Il écrit ainsi : . À l'opposé de cette notion, il défend l'efficacité de la propriété privée pour inciter les producteurs et les consommateurs à économiser les ressources. Selon Baden, . Elle permet de maintenir l'exercice effectif de la responsabilité individuelle et de développer les mécanismes d'incitation à la protection de l'environnement. L'État peut dans ce contexte . Certains auteurs, tels que les économistes américains et Turner, par exemple, soutiennent en 1990, que la dégradation du capital naturel est irréversible, en soulignant que la capacité de l'environnement à assimiler les pollutions est limitée. D'autres auteurs, comme en 2003, appartenant au courant de l'économie écologique, mettent en avant le caractère irremplaçable de certaines ressources naturelles, qui rend le capital naturel non substituable. Le développement durable est également critiqué en ce qu'il peut n'être qu'un outil des pays du Nord contre les pays en développement : la géographe spécialiste du Tiers-Monde Sylvie Brunel, estime que les idées de développement durable peuvent servir comme paravent aux idées protectionnistes des pays du Nord pour empêcher le développement par le commerce des pays du Sud. Selon elle, le développement durable . En offrant ainsi un prétexte au protectionnisme des pays développés, . Certains auteurs dénoncent une dimension religieuse ou irrationnelle du développement durable. Sylvie Brunel parle ainsi de et souligne ainsi que . Pour Claude Allègre, il s'agit d'une religion de la nature, qui a oublié que la préoccupation essentielle devait être l'homme : . D'autres penseurs soulignent encore les menaces potentielles pour les libertés individuelles que les idées au fondement du développement durable peuvent représenter. Le philosophe Luc Ferry voit par exemple dans les idées de Hans Jonas des idées potentiellement totalitaires et souligne les risques du développement durable à cet égard. Le philosophe Dominique Bourg craint une dérive vers des modèles de substitution à durabilité faible, qui admettent que la destruction du capital naturel peut être compensée par la création de capital reproductible et donc de techniques diverses. Les tenants de l'écologie politique considèrent que le terme de développement durable est un oxymore car les ressources naturelles sont finies alors que le mot « développement » présuppose, selon eux, une exploitation toujours plus importante, voire infinie, de ces ressources. Ainsi, Serge Latouche, sous un angle économique, ou Jean-Christophe Mathias, sous un angle philosophico-juridique, critiquent ce concept. Jean-Christophe Mathias estime que le concept de développement durable est car il propose de régler des problèmes environnementaux par ce qui en est, selon lui, l'origine, à savoir la croissance économique continue. Il considère que le développement durable, de même que le principe de précaution, n'est pas adapté à une politique volontariste de protection de la nature car il donne à ses yeux la primauté à l'économie sur les questions sociale et environnementale. Serge Latouche, de son côté, interroge les différentes dénominations du concept, à savoir développement durable, soutenable ou supportable et conclut que le développement serait problématique du fait de la finitude de la planète. Il propose de sortir de l'« économicisme » et d'organiser la décroissance. L'éleveur Xavier Noulhianne critique la notion de développement durable car, selon lui, et qu'en particulier cette notion ne remettrait pas en cause l'industrialisation en cours des activités humaines et notre statut assigné d'administré ; elle concourrait même plutôt à renforcer leur légitimité. D’autres critiques estiment que les trois dimensions, écologique, sociale et économique, ne suffisent pas à refléter la complexité de la société contemporaine. C'est ainsi que l'organisation Cités et Gouvernements locaux unis (CGLU) a approuvé en 2010 la déclaration « La culture : quatrième pilier du développement », fruit du travail réalisé dans le cadre de l'Agenda 21 de la culture. Enfin, la définition classique du développement durable issue de la commission Brundtland (1987) peut apparaître à certains dépassée. En effet, il ne s'agirait aujourd'hui plus de viser, comme dans les années 1980, la satisfaction des besoins lointains de générations futures. C'est la satisfaction actuelle des besoins qui est maintenant compromise par les crises environnementales et sociales que connaît le . Il ne s'agit plus, selon cette critique, d'anticiper les problèmes, mais de les résoudre. Le développement durable pourrait alors laisser place à la notion de « développement désirable », terme employé par le designer Thierry Kazazian, qui regroupe l'ensemble des solutions économiquement viables aux problèmes environnementaux et sociaux que connaît la planète. Ce nouveau mode de développement, facteur de croissance économique et d'emplois, serait une véritable « économie verte », fondée sur l'économie sociale et solidaire, l'écoconception, le biodégradable, le bio, la dématérialisation, le réemploi-réparation-recyclage, les énergies renouvelables, le commerce équitable ou la relocalisation. Voir aussi. Articles connexes. Voir .
Direction régionale de l'Environnement En France, les directions régionales de l'Environnement (DIREN) étaient des services déconcentrés de l'État français qui, sous l'autorité du préfet de région et des préfets de département, exerçaient certaines des attributions relevant du ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer (MEEDDM). Historique. Les 26 DIREN, une par régions françaises métropolitaines et d'outre-mer, ont été créées en 1991 à la suite de la fusion des délégations régionales à l'Architecture et à l'Environnement (DRAE), des services régionaux d'aménagement des eaux, des délégations de bassin et des services hydrologiques centralisateurs. Entre 2009 et 2011, la réorganisation du MEEDDM a conduit à la création de nouvelles directions régionales : les directions régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) par fusion des directions régionales de l'Équipement (DRE), des directions régionales de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE) et des DIREN dans chaque région. Missions. Les missions des DIREN étaient les suivantes :
Deraeocoris Deraeocoris est un genre d'insectes hémiptères prédateurs du sous-ordre des hétéroptères (punaises), de la famille des Miridae, de la sous-famille des Deraeocorinae, de la tribu des Deraeocorini. Les larves et les adultes ont pour proies principalement les acariens, les psylles, les pucerons et les thrips sur les arbres fruitiers, la vigne et les cultures légumières. Systématique. Le genre "Deraeocoris" a été décrit par l'entomologiste allemand Carl Ludwig Kirschbaum en 1856. Liste des espèces. Selon :
Droit à la paresse
Déclaration universelle des droits de l'homme La Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH) est adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le à Paris, au palais de Chaillot, par la . Elle précise les droits fondamentaux de l'homme. Sans véritable portée juridique en tant que tel, ce texte est une proclamation de droits ; par conséquent, il n'a qu'une valeur déclarative. Sur les 58 États membres de l'ONU à l'époque, quarante-huit ont adopté cette charte universelle. Aucun État ne s'est prononcé contre, mais huit se sont abstenus et deux n'ont pas pris part au vote. Parmi les huit abstentionnistes, l'Afrique du Sud, qui appliquait alors l'apartheid, refusait l'affirmation du droit à l'égalité devant la loi sans distinction de naissance ou de race et l'Arabie saoudite contestait l'égalité homme-femme. La Pologne, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie, l'Union soviétique, l'Ukraine et la Biélorussie se sont quant à elles abstenues en raison d'un différend concernant la définition du principe fondamental d'universalité tel qu'il est énoncé dans l' de l'. Enfin, les deux États n'ayant pas pris part au vote sont le Yémen et le Honduras. Le texte énonce les droits fondamentaux de l'individu, leur reconnaissance, et leur respect par la loi. Il comprend aussi un préambule avec huit considérations reconnaissant la nécessité du respect inaliénable de droits fondamentaux de l'homme par tous les pays, nations et régimes politiques, et qui se conclut par l'annonce de son approbation et sa proclamation par l'Assemblée générale des Nations unies. Le texte du préambule et de la Déclaration est invariable, on ne peut pas le modifier. Sa version en français, composée de 30 articles, est un original officiel, signé et approuvé par les membres fondateurs de l'Organisation des Nations unies, et non une traduction approuvée. Cependant, depuis 1948 et sa promulgation, le terme de « droits humains » est d'usage courant dans la plupart des langues dans lesquelles il a été traduit. Genèse et rédaction. De 1946 à 1948, les délégués des Nations unies se sont consacrés à l'élaboration de la Déclaration. Créée en 1946 par le Conseil économique et social, la Commission nucléaire des droits de l'homme a fixé comme principal mandat de la nouvelle Commission des droits de l'homme l'élaboration d'une charte internationale. Au début de l'année 1947, lors de sa première session, la Commission des droits de l'homme a établi un Comité de rédaction. Initialement composé de la présidente, Eleanor Roosevelt, du vice-président, P.C. Chang, et du rapporteur, Charles Malik, le Comité de rédaction sera élargi dans un second temps. Il se compose des membres suivants : Le Comité de rédaction se réunit pour sa première session du 9 au 25 juin 1947, puis pour une deuxième session du 3 au 21 mai 1948. Le projet de Déclaration rédigé par le Comité et transmis pour discussion à la Commission des droits de l'homme, puis au Conseil économique et social, et enfin à l'Assemblée générale. De nombreux amendements et propositions seront encore proposés par les États membres de l'ONU au sein de ces différents organes. Structure. La structure qui sous-tend la Déclaration apparaît dans sa seconde version préparatoire, élaborée par René Cassin. Se démarquant du premier jet de John Peters Humphrey, simple liste de droits conforme au modèle du "" de nombreux États américains, ce texte commence par un préambule . Il consacre ensuite ses premiers articles à l'énoncé de principes généraux, destinés à guider l'interprétation des dispositions détaillées qu'ils précèdent, imitant sur ce point le Code civil français, dont les six premiers articles répondent au même objectif. Cette structure a par ailleurs été comparée par René Cassin à celle du portique d'un temple grec : une succession de considérations comparables à des marches, quatre colonnes constituées par les droits individuels, familiaux, sociaux et politiques et un fronton unifiant l'ensemble dans une même vision de l'humanité, composé des trois derniers articles du texte. Précurseurs possibles. Certains affirment que la première déclaration des droits de l'homme connue serait celle transcrite sur le cylindre de Cyrus, rédigé par Cyrus le Grand, fondateur de l'Empire perse en . Théories du contrat social. Certains auteurs, tels Norberto Bobbio, affirment que la Déclaration de 1948 trouve ses sources dans l'émergence du droit naturel, des théories du contrat social (en particulier celle de Locke) et dans l'individualisme qui aurait remplacé l'holisme des communautés antérieures. Il y aurait ainsi une filiation directe entre le jusnaturalisme de certaines philosophies du siècle des Lumières, et l'adoption de documents comme la Déclaration des droits anglaise, la Déclaration des Droits américaine et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen française. D'autres soulignent toutefois des divergences considérables entre les « théories contractualistes » (Hobbes, Locke et Rousseau — théories qui d'ailleurs divergent entre elles, Hobbes et Rousseau pouvant être assimilés au positivisme juridique) et la formulation de la Déclaration de 1789. Seconde Guerre mondiale. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés adoptèrent les « quatre libertés » : la liberté d'expression, la liberté de religion, la liberté de vivre à l'abri du besoin et la liberté de vivre à l'abri de la peur, comme leurs buts fondamentaux dans ce conflit. La Charte des Nations unies réaffirme la , et engage tous les États membres à promouvoir Lorsque les atrocités commises par l'Allemagne nazie furent connues, après la Seconde Guerre mondiale, le consensus au sein de la communauté internationale était que la Charte ne définissait pas suffisamment les droits auxquels elle faisait référence. Une déclaration précisant les droits des individus était nécessaire afin de renforcer les dispositions de la Charte sur les droits de l'homme. Portée juridique. Après avoir voté la Déclaration universelle des droits de l'homme, qui n'a, en tant que telle, qu'une valeur déclarative, et ne crée donc pas d'obligations juridiques, l'Assemblée générale a souhaité une Charte des droits de l'homme qui aurait force obligatoire. La Commission des droits de l'homme de l'ONU a été chargée de la rédiger. Après de longues négociations, le projet a abouti, dans le contexte de la guerre froide avec deux textes complémentaires : le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Le Conseil constitutionnel français n'accorde pas de statut juridique positif à la Déclaration de 1948, bien que celle de 1789 soit intégrée au bloc de constitutionnalité depuis 1971. En revanche, d'extension géographique moindre, la Convention européenne des droits de l'homme comporte des dispositions contraignantes pour les États signataires. Par ailleurs, l'article 29.1 de la DUDH évoque les devoirs de la personne : sur ce point, voir l'article Droits de l'homme. Traduction de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Le texte de la Déclaration universelle des droits de l'homme s'est vu décerner par le "Livre Guinness des records" en 2009, le record mondial de traduction, avec 370 langues et dialectes différents. En 2019, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme dénombre 518 traductions, disponibles sur son site internet. Bien que le HCDH s'efforce de sélectionner les traductions officielles ou les meilleures traductions disponibles, et de produire de nouvelles traductions dans des langues de grande diffusion, le HCDH émet néanmoins comme réserve, la qualité et l'exactitude des traductions autres que celles effectuées dans les six langues officielles de l'ONU : anglais, arabe, chinois, espagnol, français (ici, la langue originale officielle du texte de la Déclaration et de son préambule), russe. Critiques. Trois critiques principales sont faites à cette Déclaration. D'une part, celle qui concerne l'effectivité des droits de l'homme, et qui s'intéresse aux garanties juridiques positives, ou à l'absence de celles-ci. Cette critique a par exemple été formulée par Jeane Kirkpatrick, représentante permanente des États-Unis auprès des Nations unies de 1981 à 1985, qui mettait sur le même plan la Déclaration et la lettre au père Noël. D'autre part, une autre critique porte sur l'universalité supposée de ces droits de l'homme. Celle-ci rejoint parfois celle-là, ainsi lorsque les pays du Sud dénoncent une application et un intérêt à géométrie variable pour les droits de l'homme, en fonction des pays, des puissances et des conflits. Dans ce dernier cas, ce n'est pas le principe de l'universalité des droits de l'homme qui est contesté en tant que tel, comme peuvent le faire les tenants d'un relativisme culturel radical, mais plutôt l'application différenciée supposée de ceux-ci. Enfin, le texte passe sous silence la peine de mort. L'article 5 mentionne seulement que "Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants." Par ailleurs, les droits liés à la liberté de la presse et la protection des sources d'information des journalistes y sont moins développés que dans d'autres textes, comme la Convention européenne des droits de l'homme et son célèbre article 10.
Darius Milhaud Darius Milhaud, né le à Marseille et mort à Genève le , est un compositeur français de musique classique. Biographie. Darius Milhaud est issu de l’une des plus vieilles familles juives de Provence, originaire du Comtat Venaissin. Cette région de Vaucluse abrite depuis des siècles de nombreuses familles juives surnommées les « Juifs du pape ». Parmi les membres de cette famille, on compte Joseph Milhaud, fondateur en 1840 de la synagogue d’Aix-en-Provence, ainsi que José de Bérys, Francine Bloch (qui demande au musicien, en 1961, de devenir le premier président de la Société des amis de la Phonothèque nationale de France et établit sa phonographie), Marcel Dassault et Pierre Vidal-Naquet. Darius Milhaud est l’unique fils d’un banquier d'Aix et d’une mère née à Marseille. Son grand-père est négociant en amandes. Ses parents sont musiciens amateurs. Son père fonde la Société Musicale d’Aix-en-Provence, et sa mère connaît bien les chants religieux. Darius montre des dons précoces, tout d’abord pour le violon et la composition. À 17 ans, en 1909, il va à Paris pour étudier au Conservatoire de musique et de déclamation, jusqu’en 1915. Ses professeurs sont Xavier Leroux en harmonie, André Gedalge pour le contrepoint, Charles-Marie Widor pour la composition et surtout Paul Dukas pour l'orchestration. Ces années sont l’occasion de multiples rencontres sur le plan musical et littéraire : il se lie d’amitié avec les musiciens Georges Auric et Arthur Honegger, et avec le poète Léo Latil, tué en 1915 lors de la Première Guerre mondiale. Il fait également la connaissance de Francis Jammes et de Paul Claudel en 1912, auteurs dont il met les textes en musique. Sa rencontre avec André Gide exerce aussi une influence importante. Atteint de rhumatismes, Darius Milhaud est réformé. Il compose dans ces années des musiques de scène, notamment sur la trilogie "Orestie" d’Eschyle, traduite par Claudel. Il recourt alors à la polytonalité, ce qui reste comme l’une des caractéristiques principales de sa musique. Cette amitié entre les deux hommes évolue dans le sens d’une collaboration : Claudel, nommé ministre plénipotentiaire à Rio de Janeiro, propose à Milhaud de devenir son secrétaire. Milhaud accepte. Il s’enthousiasme alors pour les musiques sud-américaines, qu’il insère dans les ballets "L'Homme et son désir" (1918-1921) et "Le Bœuf sur le toit" (1919-1920), ainsi que dans la suite de danses "Saudades do Brasil" (1920-1921). De retour à Paris, il est associé par le critique Henri Collet au groupe des Six, constitué de Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre. Le mentor de toute cette équipe est l'écrivain et graphiste Jean Cocteau. Fort de cette association, avec laquelle il écrit notamment la musique des "Mariés de la Tour Eiffel" (1921), unique œuvre collective du groupe des Six, sur un argument de Cocteau, Milhaud est également reconnu dans le milieu parisien pour ses œuvres de jeunesse imprégnées d’influences sud-américaines. Il officie en tant que chef d’orchestre, critique musical, ou même conférencier, et voyage abondamment, notamment à Londres en 1920, et aux États-Unis en 1922, où il découvre les rythmes du jazz qui vont profondément l’influencer pour son ballet "La Création du monde" (1923). Il continue à écrire plusieurs opéras sur des livrets de ses amis : "Le Pauvre Matelot" en 1926 sur un texte de Cocteau, et "Christophe Colomb" en 1930 sur un texte de Claudel. Il s’intéresse également au cinéma et compose pour le cinéma. Toutefois, ses compositions rencontrent un succès mitigé, et son opéra "Maximilien" (1932) est accueilli fraîchement à l’Opéra Garnier. Parallèlement, sa vie sentimentale est comblée par son mariage (le ) avec Madeleine Milhaud, une cousine actrice, qui lui donna en 1930 un fils, Daniel, qui devint artiste-peintre (décédé à Pietrasanta en ). En 1936, il est membre de la rédaction du journal communiste "Ce soir", pour lequel il s'occupe de la musique Sa production reste très abondante jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale, date à laquelle il doit fuir la France occupée, cumulant l'« inscription sur deux listes de proscription : comme juif et comme compositeur d'art dégénéré ». En 1940, il part pour les États-Unis, où le chef d'orchestre Pierre Monteux l'aide à trouver un poste de professeur de composition au Mills College d’Oakland (Californie). Milhaud y a notamment comme élèves le pianiste de jazz Dave Brubeck, le compositeur de variétés Burt Bacharach, et les fondateurs du minimalisme américain, Steve Reich et Philip Glass. Après la guerre, il retourne en France en 1947 et se voit offrir un poste de professeur de composition au Conservatoire national de musique à Paris, en alternance avec Jean Rivier, qui compte parmi ses élèves de futurs talents tels Georges Delerue. Il alterne alors son activité de professeur entre Paris et les États-Unis, continuant d’enseigner à Oakland jusqu'en 1971, ainsi qu'à l’Académie musicale d’été d’Aspen (Colorado), et dans divers établissements américains. Malgré une santé de plus en plus fragile (des rhumatismes le font beaucoup souffrir), le compositeur reste donc un infatigable voyageur, même si son activité créatrice est ralentie. Sa carrière est couronnée en 1971 par un fauteuil à l’Académie des Beaux-Arts. Il s’éteint le à Genève, à l’âge de 81 ans. Selon ses souhaits, il est enterré au cimetière Saint-Pierre à Aix-en-Provence, sous une modeste pierre du carré juif. Sa femme, Madeleine Milhaud, lui survit plus de trente ans. Elle est décédée le , dans sa , et est enterrée aux côtés de son mari, à Aix-en-Provence. Il avait été membre du Comité de direction de l'Association du Foyer de l’Abbaye de Royaumont. Œuvre musicale. Darius Milhaud s’est intéressé à tous les genres musicaux : opéra, musique de chambre, musique symphonique, concertos, ballets, musique vocale. Il est l’un des compositeurs les plus prolifiques non seulement du , mais aussi de toute l’histoire de la musique. Son style, mélange de lyrisme et de gaieté, emprunte beaucoup aux musiques folkloriques, et au jazz, qu’il affectionne particulièrement pour ses rythmes syncopés. Milhaud explore toutes les possibilités de l’écriture : à la fois fin contrapuntiste, il utilise fréquemment la polyrythmie et la polytonalité, qui rendent son œuvre extrêmement riche et diverse. Quant au groupe des Six, il s’agit tout autant d’un canular de journaliste que d’un courant musical. Cette pseudo-école rassemblait des musiciens aux styles divers. Parrainée par Jean Cocteau et Erik Satie, elle prôna un retour à la musique légère, simple ou même comique. Parfois, le cirque n’est pas bien loin. D'ailleurs, la création en 1920 du Bœuf sur le toit, son œuvre la plus populaire, s'est faite avec les frères Fratellini sur scène. Il est aussi une manifestation du rejet qui s'exprime, en cet après-guerre, dans l'art et la littérature de certains styles incroyablement « cuisinés » et/ou luxuriants en usage jusque-là. Dans les Années folles, la simplicité, parfois proche de l'art populaire ou du cabaret, s'impose facilement, parallèlement à l'apparition du surréalisme. Georges Maurice expliquait ainsi ces choix esthétiques : « Ayant grandi au milieu de la débâcle wagnérienne et commencé d'écrire parmi les ruines du Debussy, imiter Debussy ne me paraît plus aujourd'hui que la pire forme de la nécrophagie. » (revue "le Coq et l’Arlequin"). Œuvres principales. Opéra. Les opéras sont au nombre de seize, dont trois opéras minute (environ 15 minutes chacun) : Deux opéras d'une durée courte (~ 30 minutes) Autres opéras : Ballets. Au nombre de 14, dont : Musique symphonique. Milhaud attend 1939 pour entamer l’écriture de symphonies. Elles seront au nombre de douze entre 1939 et 1960. Il écrit également des suites de danses, et une variété de concertos, pour piano, violon, violoncelle, alto, etc. Musique de chambre. La production de musique de chambre de Milhaud est tout aussi prolifique : pas moins de dix-huit quatuors à cordes, des quintettes et des suites pour vents, des sonates, des duos, et bien d’autres pièces encore figurent au catalogue de l’artiste. Musique vocale. Milhaud a grandement contribué à élargir le répertoire vocal, autant pour voix solo que pour chœur. Les textes mis en musique sont extrêmement divers, provenant aussi bien d’écrivains comme André Gide que du Pape Jean XXIII, dont l'encyclique « Pacem in Terris » de 1963 sera mise en musique par le compositeur. C’est en effet dans la musique vocale que la religion prend une place importante chez Milhaud. C’est là qu’il renoue avec la religion qui est la sienne, le judaïsme. La toute dernière œuvre de Milhaud, qu’il compose l’année de sa mort, est en effet une cantate « Ani Maamin », fondée sur un texte d’Élie Wiesel, déporté à l’âge de quinze ans à Auschwitz. Les questions religieuses deviennent alors existentielles, et confinent à la philosophie. Orgue. Darius Milhaud n'a - apparemment - jamais joué d'orgue, mais trouvait l'instrument en soi intéressant, pas seulement pour la multiplicité de ses plans sonores mais surtout pour la grande variété de ses timbres/sonorités.
Daishō Le » est un terme japonais désignant la paire de sabres traditionnels portée par les samouraïs de l'ère féodale. Description. Les deux armes composant le "daishō" sont le et le , le premier étant le plus long, il correspond à l'arme d'attaque, tandis que l'autre s'apparente plutôt à une arme de parade. Ainsi c'est ce qui explique l'étymologie même du mot qui provient des termes et : "daitō" associé à "shōtō" donne "daishō". Cependant, à l'origine, le "daishō" désignait le port de n'importe quels "uchigatana" longs et courts réunis, et non spécifiquement celui d'un "katana" et d'un "wakizashi". Il arrive aussi que l'on considère une paire de "tantō" comme un "daishō", et finalement le terme "daishō" désigne parfois tout simplement un attirail de deux épées à peu près identiques. Pendant la période des samouraïs, les lames du "daishō" pouvaient être similaires car réalisées par le même artisan, mais cette pratique était relativement rare car elle était plus chère, et en outre la concordance des deux épées n'avait à l'époque pas une grande importance. Histoire. Le concept du "daishō" est né au cours de la période Muromachi (1336-1573), durant laquelle il arrivait de croiser l'association d'une épée courte avec une autre de n'importe quelle longueur. À une certaine époque, le "tachi" et le "tantō" auraient été maniés ensemble, tout comme plus tard deux "uchigatana" de tailles différentes. Avec l'apparition du "katana", le "wakizashi" a finalement été choisi par les samouraïs pour remplacer le "tantō". Dans son livre intitulé "The Japanese Sword", Kanzan Satō note qu'il ne semblait pas y avoir de besoin particulier en ce qui concerne le "wakazaishi", et suggère que ce dernier est sans doute devenu plus populaire que le "tantō" parce qu'il était plus adapté aux combats en intérieur. Selon la plupart des écoles traditionnelles de "kenjutsu", qui font partie des "koryū", seule une seule des deux lames du "daishō" était utilisée pour combattre. Cependant, durant la première moitié du , le célèbre escrimeur Miyamoto Musashi favorisa l'utilisation de la prise à une main qui permettait de manier deux épées simultanément. Cette technique, appelée , constitue un des éléments de base du style de Hyoho Niten Ichi Ryu, école enseignant l'art de manier l'épée fondée par Musashi. À la suite de la « chasse aux épées » ordonnée par Toyotomi Hideyoshi en 1588, le port du "daishō" est exclusivement réservé à la classe des samouraïs et devient ainsi un symbole de leur rang. Le "daishō" est sans doute devenu populaire durant les dernières années de la période Muromachi puisque les premiers exemples de son utilisation datent de la fin du . Par la suite en 1629, un édit définissant les droits des samouraïs est instauré et exige le port du "daishō". Durant l'ère Meiji un second édit rédigé en 1871 annule le premier, et en 1876 le port de l'épée en public est banni pour la plupart de la population japonaise, ce qui en fera définitivement le symbole des samouraïs. La fin de l'époque d'Edo voit arriver l'interdiction des épées et par conséquent la disparition de la classe des samouraïs. Présentation. Lorsque le "katana" est sur son présentoir, il est placé : Le plus souvent, seule la « monture » du sabre est exposée ainsi ("tsuka", "tsuba" et "saya", maintenus ensemble par une lame en bois). En effet la lame est souvent rangée dans une monture de protection hermétique en bois blanc dite de "shirasaya" (qui ne sont pas destinées au combat). En temps de paix, le "katana" se pose sur le présentoir, la "tsuka" côté gauche, alors qu'en temps de guerre, la "tsuka" est à droite, ceci afin de permettre une sortie plus rapide du "katana" en cas de danger.
Dolmen Un dolmen est une tombe généralement mégalithique, incluse à l'origine dans un tumulus, comportant une chambre sépulcrale destinée à recevoir plusieurs inhumations. Ce mot, probablement d'origine bretonne, a été adopté dans plusieurs langues européennes. Il est devenu un terme générique utilisé en archéologie préhistorique pour désigner des types d'architecture très variés. Le caractère imprécis de sa définition originelle et la multiplicité des terminologies adoptées depuis selon les spécialistes, tendent désormais à lui substituer les expressions « tombe mégalithique » ou « sépulture mégalithique », mais le mot demeure toujours très fréquent dans l'usage courant. Dolmens et menhirs sont les deux types de mégalithes les plus fréquents et les plus emblématiques du mégalithisme dans le monde. C'est en Europe, notamment de l'Ouest, que l'on trouve le plus de dolmens, édifiés tout au long du Néolithique. De nombreuses constructions du même type existent en Afrique du Nord, dans la Corne de l'Afrique, au Proche-Orient et en Extrême-Orient, mais construites à des époques plus récentes. Étymologie. Il semble que Théophile Malo Corret de La Tour d'Auvergne soit le premier à avoir utilisé le terme « dolmen », dans son ouvrage "Origines gauloises. Celles des plus anciens peuples de l’Europe, puisées dans leur vraie source ou recherche sur la langue, l’origine et les antiquités des Celto-Bretons de l’Armorique, pour servir à l’histoire ancienne et moderne de ce peuple et à celle des Français", publié entre 1792 et 1796. Le terme « dolmen » est repris par Pierre Jean-Baptiste Legrand d'Aussy (1737-1800) qui propose une interprétation différente de la fonction du dolmen, en y voyant, non plus une table de sacrifice ou un autel comme le pensait Malo Corret, mais bien une sépulture. Le , Legrand d’Aussy fait, à l’Institut National des Sciences et Arts, une lecture de son ouvrage, "Des sépultures nationales", publié par la suite en 1824 : Les érudits du ont semble-t-il forgés le terme à partir des mots bretons "t(d)aol" (apparenté au latin "tabula"), « table », et "maen", « pierre », soit la « table de pierre » car l'élément le plus impressionnant de ce type de monument est bien souvent la principale dalle de couverture. En effet, le terme breton authentique pour désigner un tel monument est celui de « lia » ou « liac'h », « "liaven" », « "lieven" » ou « "leven" » dans les composés. Selon d'autres dictionnaires étymologiques, le terme aurait été forgé outre-manche, à partir du cornique "tolmen", qui aurait désigné à l’origine un cercle de pierres ou une pierre trouée. Compte tenu de la prédominance des préhistoriens français à la fin du et au début du , le terme a été adopté dans plusieurs langues européennes (en , en , en , en ) alors même que le terme « tombe mégalithique » existe dans l'idiome national. Architecture générale. Le dolmen est une chambre sépulcrale ouverte, généralement mégalithique, recouverte d'un tumulus et destinée à recevoir plusieurs inhumations. En France, le terme désigne un monument préhistorique construit, généralement constitué de grandes dalles brutes, inclus à l'origine dans un tumulus, et formé d'une chambre sépulcrale pourvue d'un accès architecturé, supposée avoir reçu plusieurs inhumations. Dans leur état actuel de dégradation, les dolmens se présentent souvent sous l'apparence d'un squelette interne mais à l'origine ils étaient recouverts d'un tumulus ou d'un cairn, qui les rendaient invisibles de l'extérieur, cette partie meuble (pierres, terre) de la construction a été, au cours des siècles, érodée naturellement ou fait l'objet d'une récupération. L'architecture des dolmens varie en fonction des régions et des époques et on peut distinguer toute une série de variantes architecturales, classées en familles typologiques, variables selon les auteurs et objet de multiples débats entre eux, dont on conserve l'usage par habitude y compris quand leur nom paraît mal choisi. Selon les auteurs, l'habitude a été prise d'utiliser le mot dolmen accompagné d'un qualificatif (dolmen simple, dolmen à couloir, dolmen transepté...)ou par simplicité d'appeler « dolmen » toute sépulture collective néolithique (quel que soit son mode de constructions ou le matériau utilisé) ou bien encore d'utiliser l’appellation plus globale de « sépultures mégalithiques » qui englobe les allées couvertes et les cistes dolméniques. Par extension, on a appelé dolmens des monuments qui présentent une morphologie et une utilisation supposées semblables à celles des dolmens typiques, érigés dans d'autres lieux et/ou à d'autres époques, ou bien encore avec des parties (méga)lithiques partielles, voire absentes. Pour certains chercheurs, à côté de ces mégalithes en pierre, leurs équivalents en bois appelés, faute de terme créé pour les désigner, "dolmens en bois", pourraient avoir existé. En Europe, on peut toutefois dégager des séries assez homogènes dans lesquelles « il serait illusoire de chercher une filiation, une chronologie ou un ordre de diffusion d'ensemble, alors qu'à l'échelle locale ou régionale on peut le tenter ». On distingue ainsi généralement deux types fondamentaux d'architecture. Chaque type principal peut se décliner en variantes locales caractérisant une culture néolithique spécifique ou résultant d'une phase transitoire intégrant différentes influences. Les dolmens simples. La chambre ouvre directement sur l'extérieur. Ils sont généralement composés de deux à trois orthostates et d'une dalle de chevet. La chambre ainsi définie est de forme rectangulaire (dolmen dit de « type A ») ou polygonale (dolmen dit de « type B »). Ce type de dolmens est très répandu dans le sud-ouest (Aveyron, Lot) et le centre (Puy-de-Dôme) de la France. Ce type de construction connaît parfois des adaptions spécifiques très localisées : Les dolmens à couloir. Parfois aussi appelés "tombes à couloir", ou "dolmens à galerie" ("Passage Grave" en anglais), les dolmens à couloir sont des dolmens où l'entrée de la chambre (circulaire, polygonale, quadrangulaire) communique avec l'extérieur par un couloir (dit aussi galerie ou corridor), axial ou non, de dimensions très variables (très court d'une longueur comparable à celle de la chambre ou considérablement allongé). Ces monuments sont isolés dans un cairn individuel ou associés à plusieurs. Ce type de dolmen connaît de nombreuses déclinaisons locales : Fonction funéraire. Les dolmens sont des tombes mégalithiques, cette caractéristique funéraire est fondamentale et systématique. Si au , les celtomanes ont cru y voir des « autels druidiques » et autres « pierres destinées à des sacrifices sanglants », ces visions fantaisistes, sont totalement infondées : Le caractère sépulcral [de ces monuments] a été démontré toutes les fois qu'un monument vierge a fait l'objet d'une fouille scientifique par un archéologue sérieux. Lorsque les conditions chimiques le permettent [...] des ossements humains d'époque néolithique se retrouvent, souvent en grandes quantités : les dolmens et surtout les allées couvertes se présentent alors comme des ossuaires. Les dolmens sont des tombes ; aucun doute ne subsiste aujourd'hui, mais bien d'autres interrogations demeurent à leur sujet. La première qui vient à l'esprit, quand on a quelques expériences de ces monuments, est celle de savoir si c'était là leur fonction unique où si, comme le laisse penser bon nombre de vestiges découverts sur les tumulus, quels rites étaient célébrés au voisinage de la chambre funéraire ? Ces rites étaient-ils directement liés aux funérailles ou à d'autres cérémonies ? Au et durant une partie du , des tombes individuelles et collectives coexistent mais au-delà les sépultures collectives semblent plus systématiques. Ce sont des sépultures collectives à caractère réutilisable, à l'image des caveaux familiaux contemporains, les dolmens pouvaient ainsi être réutilisés durant des siècles : en sol calcaire, on peut y retrouver en moyenne de 15 à 25 individus (Poitou, Normandie) et dans les allées couvertes du bassin parisien on a pu y retrouver les ossements accumulés de plusieurs centaines d'individus. Elles sont collectives au sens où elles recueillent, successivement, les restes humains de plusieurs individus en général avec très peu de mobilier d'accompagnement. Cette réutilisation a perduré parfois durant des périodes parfois très longues comme en atteste la découverte concomitante d'un mobilier funéraire correspondant à diverses périodes historiques (Néolithique, âge du cuivre, âge du bronze, âge du fer) consécutives. Les inhumations les plus récentes sont celles où les os sont demeurés en connexion anatomique, pour les plus anciennes, pour faire de la place, les ossements sont entassés pêle-mêle (au fond, sur les côtés) ou stockés selon un certain ordre (superposés en plusieurs couches) subissent une ou une évacuation hors chambre (dans le couloir). Il existe aussi de nombreux cas d'incinération avec des dépôts successifs de couches de cendre parfois séparées par une couche intermédiaire volontaire (lit de pierres, dallage, argile) ou involontaire (couche détritique résultant d'une occultation imparfaite de l'entrée). Certains dolmens n'ont pas livré de restes humains de type sépulcral, mais cela peut être une conséquence de phénomènes taphonomiques, de l'érosion, de pillages, de fouilles anciennes peu méthodiques. L'expression « sépulture collective » n'implique pas forcément qu'il s'agisse d'un tombeau pour tous : le nombre d'occupants ne peut correspondre à tous les membres d'une communauté mais seulement à une partie d'entre eux, « c'étaient des tombes communes à tout un clan, un village ou une famille mais on n'y disposait pas tous les morts de la communauté, il devait y avoir des critères de choix ». Il a été démontré que pour certaines tombes, le culte des morts pouvait conduire à une exposition macabre, à certaines occasions, des os des ancêtres, tels des reliques, que l'on replaçait ensuite dans la sépulture. La découverte de petits vases à libations devant l'entrée d'un dolmen, sur son cairn ou son tumulus indique probablement l'organisation de cérémonies funèbres à l'occasion des inhumations ou lors d'occasions ultérieures, parfois même pratiquées par des populations bien différentes de celles à l'origine de sa construction. Datation. Le mobilier découvert dans la chambre ou le couloir des dolmens, en façade devant l'entrée, sur le cairn ou le tumulus est variable selon les époques de fréquentation et bien évidemment en fonction du caractère intact ou non de la sépulture. Ce mobilier peut comprendre des objets de nature purement utilitaire (à caractère domestique ou agricole), des armes, des éléments de parure (colliers, perles, amulettes, brassard d'archer...), des objets rituels (haches d'apparat), des objets insolites (coquillage, fossile) ou exceptionnels (hache en jadéite) et même des offrandes (morceaux de viande dont il ne reste que les os, vases remplis de grains ou de boissons) sans oublier tous les objets en matières périssables (bois, os, cuir, tissus, fibres diverses, fourrures) généralement disparus ou exceptionnellement conservés à l'état de débris infimes dans des conditions très favorables. Des monuments inviolés peuvent parfois livrer un matériel considérable (séries de vases complets par dizaine, outils en silex par centaines, perles par milliers). L'étude de ce mobilier constitue évidemment un précieux indicateur pour la connaissance des sociétés mégalithiques tant au niveau de leurs rituels funéraires, que de l'essor des techniques et de leur richesse matérielle mais aussi des échanges commerciaux qui ont pu exister parfois entre des communautés géographiquement très éloignées. En ce qui concerne les dolmens, et en dehors de la découverte de charbons de bois pouvant permettre une éventuelle datation au radiocarbone, ce mobilier, notamment lithique ou céramique et plus tardivement métallique, demeure aussi le seul moyen de datation de leur construction et de leur durée d'utilisation. C'est ainsi qu'il a été possible de déterminer, par exemple, une chronologie approximative des dolmens de l'Ouest et du Centre-ouest de la France. Les premiers dolmens à couloir y apparaissent vers av. J.-C et leur construction s'étalera sur un peu plus de 2000 ans, avec un certain nombre de variétés dérivées. Les allées couvertes apparaissent vers av. J.-C et seront bâties jusqu'au milieu du Elles seront à leur tour progressivement remplacées par des constructions de moins en moins spectaculaires et aboutiront à la généralisation des coffres mégalithiques durant la Protohistoire. Répartition géographique. Cinquante mille dolmens auraient été recensés dans le monde, dont vingt mille en Europe, avec une très forte concentration en Europe de l'ouest (en France, au Royaume-Uni, au Danemark, en Allemagne du Nord, en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne, au Portugal en Suisse, en Italie et à Malte) et dans une moindre mesure autour de la mer Noire (Ukraine,Crimée, Géorgie). En Europe, les dolmens sont une des composantes majeures du mégalithisme où ils se développent durant tout le Néolithique. Quelques dolmens existent dans le nord du Maroc. En Algérie et en Tunisie, les dolmens sont généralement concentrés dans de vastes nécropoles pouvant comporter des centaines voire des milliers de monuments (Bou-Nouara, Roknia, Gastel, djebel Gorra...). Il s'agit essentiellement de grands coffres mégalithiques dépassant rarement de longueur (Gabriel Camps, 1962) mais il existe aussi des monuments assimilables à des allées couvertes en Grande Kabylie (Aït Raouna, Aït Garet). Cette concentration en nécropole existe aussi au Proche-Orient (Syrie, Liban, Jordanie, Israël). En Inde, les dolmens sont érigés du jusqu'au milieu du En Extrême-Orient, les dolmens de Corée sont datés du , et ceux du Japon du L'Indonésie est le seul pays au monde où l'on édifie encore des dolmens dans certaines provinces très localisées.
Dominique (pays) La Dominique (en créole dominiquais : Dominik) () (en kalinago : Wai'tu kubuli) en forme longue le Commonwealth de la Dominique, est un pays insulaire de l'archipel des Caraïbes, située entre les îles françaises des Saintes et de Marie-Galante (deux dépendances de la Guadeloupe) au nord, et de la Martinique, au sud. Son nom kalinago est « "Wai'tu kubuli" » qui signifie « Son corps est grand ». Le premier Européen à l'avoir abordée est Christophe Colomb, lors de son deuxième voyage, en 1493. Avant son indépendance en 1978, la Dominique était un État associé de la couronne britannique () et, avant 1967, une colonie britannique membre de l'éphémère fédération des Indes occidentales (1958-1962). L'île a auparavant connu une présence française jusqu'au traité de Paris de 1763. Toutefois, la France occupe de nouveau brièvement l'île à deux reprises par la suite (1778 et 1814). Géographie physique. Localisation. L’île de la Dominique est située en plein cœur des Petites Antilles, à au nord-nord-ouest des côtes de la Martinique, à au sud-est des côtes des Saintes et autant au sud-sud-ouest de celles de Marie-Galante ; ces dernières constituant deux des dépendances de la Guadeloupe. Géologie. Géologiquement, la Dominique fait partie de l'arc volcanique des Petites Antilles. Une dorsale montagneuse centrale coupe le pays selon un axe nord-ouest vers sud-est. Elle crée d'importantes pentes volcaniques et de profondes vallées, où l'altitude varie de à au-dessus de niveau de la mer. L'île témoigne d'un volcanisme de type récent, d'intense activité, comme l'attestent les sites du « "" » (« Lac en ébullition ») et de la « vallée de la Désolation » dont les sources chaudes émettent des vapeurs sulfureuses qui en désertifient les abords, contrastant ainsi avec les forêts tropicales environnantes. Superficie et topographie. La Dominique mesure de longueur, sur de largeur, pour une superficie de . L'île est composée d'une chaîne de hauts pitons depuis son extrémité septentrionale à sa pointe méridionale ; le plus élevé, le morne Diablotin, culmine à . La Dominique revendiquait l'île de Aves, située à 230 km à l'ouest, détenue par le Venezuela, mais a renoncé, en 2007, à celle-ci. Hydrographie. Surnommée l'île aux 365 rivières, les principaux fleuves se jetant à l'ouest dans la mer des Caraïbes sont le Layou () et le Roseau (), et le principal fleuve se jetant à l'est dans l'océan Atlantique est le Toulaman (). Également, la Dominique compte environ trente chutes d’eau formant des piscines naturelles ainsi que des sources d’eaux chaudes. Enfin, le plus grand lac de cratère de l'île est le lac Boeri, situé dans le parc national. Climat. La Dominique bénéficie d'un climat tropical humide typique, avec des températures élevées et de fortes précipitations. Milieu naturel et protection de l'environnement. Le parc national de Morne Trois Pitons est classé au patrimoine mondial naturel par l’Unesco. Aussi, le pays comporterait dont une forêt tropicale humide. Le parc national du Morne Diablotin est situé dans les chaines montagneuses du nord de l’île. Il s’étend sur plus de 3.300 hectares et a été fondé en 2000 pour protéger l’habitat d’une espèce en danger, le perroquet Sisserou, animal emblème de La Dominique. C'est une région difficile d'accès, à l'est des villages de Colihaut et de Dublanc. Toutefois, les richesses écologiques de l'île ont été affectées par le développement de l'agriculture et des bananeraies, ainsi que par l'introduction de nombreuses espèces exogènes, devenant parfois invasives. Après une économie basée sur l'agriculture et l'exportation de bananes, qui a rendu l'île vulnérable aux catastrophes climatiques et aux crises du marché, la Dominique a souhaité développer un programme d'écotourisme, récompensé par la certification "Green Globe 21" validant la qualité écotouristique de cette destination, attribuée à une île des Caraïbes. La Dominique veut aller plus loin avec, depuis 2007, un programme de dix ans visant à transformer l'île en une « île biologique » par la conjugaison de l’écotourisme, de l’agrotourisme et d'un tourisme de santé, avec la conversion de l'agriculture à la production biologique, un commerce éthique et équitable ne nécessitant pas de consommation excessive des ressources naturelles. L'« île nature » a ouvert en janvier 2011 un sentier de randonnée, inédit dans les Caraïbes, le "Waitukubuli National Trail" (WNT). Long de , partagé en quatorze segments, il traverse le territoire du sud au nord en reprenant les chemins tracés par les anciens habitants, explique Edison Henry, le chef du projet. La flore typique comprend manguiers, corossols et gommiers. La faune typique est représentée par le « sisserou » (Amazone impériale), un grand perroquet au ventre pourpre et aux ailes vertes, unique au monde, emblème national de la Dominique. Certaines rivières comportent des chutes d'eau (Victoria, Sari Sari, Middelham…). La Dominique abrite le deuxième plus grand lac bouillonnant de la planète, au cœur du parc national de Morne Trois Pitons, classé au patrimoine mondial. Géographie humaine. Les habitants de l’île, les Dominiquais et Dominiquaises, au nombre de , sont concentrés essentiellement sur la côte ouest, à Roseau, la capitale, forte de , et à Portsmouth ( en 2006), au nord. Il demeure encore , préservant leurs traditions, sur la côte est. Axes de communication et transports. L'infrastructure routière repose sur un total de de route, dont sont revêtues. Le réseau routier principal connecte les principaux foyers de population en longeant les côtes de la moitié nord-ouest du pays et en traversant les terres intérieures par deux transversales. Le reste est desservi par des routes secondaires ou des pistes. Ce réseau routier est le support d'un réseau de bus, qui sillonnent les grands axes de l'île, principalement la moitié ouest de la Dominique. Les bus côtoient en outre des taxis. Il existe une liaison maritime desservant certaines îles des Petites Antilles. Tandis qu'un port en eau profonde permet l'accueil de navires plus imposants. La Dominique est aussi connectée au reste du monde par voie aérienne via l'aéroport Douglas-Charles, principale infrastructure aéroportuaire du pays. Cet aéroport ouvre la Dominique au trafic régional du bassin caraïbe, mais ne reçoit pas de vols longs courriers. Par ailleurs, un second aéroport existe, celui de Canefield, moins fréquenté. Toponymie. L'appellation kalinago (précolombienne) de l'île est "Wai'tu kubuli" et qui signifie « Son corps est grand ». Le nom actuel de l'île provient du mot espagnol Domingo signifiant dimanche en français. Puisque c'est le dimanche que l'île fut longée par Christophe Colomb. Histoire. Population autochtone pré-colombienne. L’île est initialement habitée par le peuple autochtone des Arawaks, dont se revendiquent les Kalinagos (amérindiens des Antilles). Colonisation et conquête espagnole 1493-1625. Le dimanche , lors de son deuxième voyage aux Amériques, Christophe Colomb longe les rivages de l’île qu'il appelle ainsi "Domingo" , d’où proviennent ses noms actuels, Dominique en français et « Dominica » en anglais. Les Kalinagos doivent leur survie aux reliefs escarpés de la Dominique, à ses forêts denses et sauvages. Venus du nord du Venezuela, ils s'étaient installés sur l'île des siècles avant que Christophe Colomb n'arrive. Mais c'est ici seulement, isolés dans la nature, qu'ils ont échappé à l'extermination dont ils ont été victimes partout ailleurs dans les Antilles, du fait de la violence des Européens mais surtout des maladies apportées par eux. En 1903, la Couronne britannique leur rendit quelques terres en pleine propriété. Souveraineté française 1625-1763. En 1625, lors de la guerre de Trente Ans, les Espagnols laissent la place aux Français puis au cours du , Français et Anglais s’affrontent pour la possession de l'île. Deux fois leurs canonnades détruiront totalement Roseau. En 1660, Français et Anglais abandonnent l’île aux Kalinagos et la déclarent zone neutre ; pour mettre fin aux conflits, un traité de paix est signé entre les Français, les Anglais et les Kalinagos. Déjà installés à la Martinique et à la Guadeloupe, les Français s'implantent petit à petit à la Dominique en y introduisant la culture du café. Ils importent des esclaves africains pour résoudre le problème de main-d'œuvre. Mais les Britanniques s'approprient l'île en 1759. Alternances franco-anglaises 1763-1814. À l'issue de la guerre de Sept Ans, par le traité de Paris de 1763, la France cède la Dominique à la Grande-Bretagne. Par la suite, les Français rompent le traité et s’emparent par deux fois de la Dominique. En 1778, c'est sous le commandement du marquis François Claude de Bouillé que les Français reçoivent la capitulation du gouverneur William Stuart. En 1814, après avoir incendié Roseau, les Français décident de quitter l’île en échange d’une indemnité, et cette dernière redevient britannique. Colonie britannique 1814-1956. L'esclavage est aboli à la Dominique en 1833. Comme il ne le fut qu'en 1848 dans les îles voisines de la Martinique et de la Guadeloupe, de nombreux esclaves s'enfuirent de ces îles pendant cette période, à l'aide de moyens de fortune, souvent de simples pirogues, pour trouver refuge à la Dominique. En 1898, l'île reçoit le statut de colonie de la Couronne britannique. Ébauches d'indépendances 1956-1978. En 1956, elle acquiert son indépendance au sein de l'éphémère Fédération des Antilles britanniques et, en 1967, elle devient État associé au Commonwealth et entame l’instauration d’un régime démocratique. République indépendante en 1978. L’indépendance de la Dominique est déclarée le 3 novembre 1978, lors du de sa découverte par Christophe Colomb. Aujourd'hui, les des Indiens Caraïbes, derniers héritiers de ces peuples précolombiens, vivent pour la plupart dans le territoire Kalinago, de , autour de la petite ville de Salybia, au nord-est de l'île. Bien que métissés, ils cultivent leur identité propre et ont sauvegardé leur langue. Le 19 septembre 2017, à la suite du passage de l'ouragan Maria, le Premier ministre Roosevelt Skerrit déclare : . Politique. La Dominique est une république démocratique qui combine des aspects du modèle républicain et du « système de Westminster ». Le président est élu par le parlement pour un mandat de cinq ans (18 de la Constitution). En accord avec l'article 59 de la Constitution, il choisit comme Premier ministre un député qui a l'appui d'une majorité au sein du Parlement. La Dominique est membre du Caricom, de l'AEC, de l'OECO, du Commonwealth, de l'OEA, de l'ALBA, de l'ONU, et de la Francophonie. Le président actuel de la Dominique est Charles Savarin. Roosevelt Skerrit est Premier ministre depuis 2004. Subdivisions. La Dominique est divisée en dix paroisses. Économie. L'économie dominiquaise dépend surtout du tourisme et de l'agriculture. En effet, l'agriculture, principalement la banane, représente 18 % du PIB et emploie 28 % de la main-d'œuvre. Les services (dont le tourisme) représentaient 58 % du PIB et 40 % de la main-d'œuvre en 2002. Des réformes ont été entreprises afin de développer les services financiers off-shore à l'instar d'autres îles de la région. C'est également un pavillon de complaisance. Projet géothermique Caraïbes. À partir de 2003, le gouvernement de la Dominique, les régions Guadeloupe et Martinique, l'Agence française de développement (AFD), l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) ont envisagé de conduire en coopération un projet de développement des ressources géothermales de la Dominique. Il s'agirait d’exporter l'essentiel de la production électrique via des câbles sous-marins vers les deux îles françaises voisines (Guadeloupe et Martinique) qui constituent deux pôles de consommation électrique en forte croissance dans la Caraïbe. En 2005, une étude préliminaire de cadrage technique et économique a eu lieu entre la Dominique et EDF pour la France, mais aussi plusieurs intervenants économiques. À partir de 2013, une nouvelle phase s'est ouverte avec le forage des premiers puits. Cette phase de préfiguration de la production doit aboutir à l'évaluation de la production et, par la suite, la mise en place d'une centrale de production. Les prévisions économiques de 2018 menées par "The Economist" font de la Dominique le pays à plus forte croissance du PIB par rapport à l'année précédente, avec une progression de 8,8 %. Démographie. La population de la Dominique est de selon le recensement de 2011. En 2001, la population s'identifiait à 86,8 % en tant que descendants d'Africains/noirs, 9,1 % se disaient d'origine « mixte », 2,9 % Amérindiens (Kalinago) et 0,8% Caucasiens/blancs, l'île comptait également de petites communautés d'Indiens, de Chinois et de Syriens/Libanais. La population de l'île croît peu, en partie du fait de l'émigration. La population des Kalinagos, comptant , est l'une des dernières présences indigènes des Antilles. Ces derniers vivent aujourd'hui dans une réserve créée spécialement pour eux en 1903, le Territoire Kalinago. Langues. Bien que la langue officielle du pays soit l'anglais, 80 % des citoyens s'expriment en créole dominiquais, créole à base lexicale française. D'après les derniers recensements de 2014 (OIF) 10 % de la population parle en tant que langue principale le français (). La Dominique est devenue membre de l'Organisation internationale de la francophonie en décembre 1979. Religions. Dans un recensement fait en 2001, sur : 91,2 % des Dominiquais affirmaient leur appartenance à différentes branches du christianisme, 61,4 % de la population se disaient catholiques, 28,6 % étaient affiliés à différentes églises protestantes (dont 6,7 % se disant protestants évangéliques, 6,1 % adventistes, 5,6 % pentecôtistes, 4,1 % baptistes, 3,7 % méthodistes et 2,4 % d'autres églises protestantes), et 1,2 % déclarait être Témoins de Jéhovah. Par ailleurs, 1,3 % de la population (897 Dominiquais) se revendiquaient du rastafarisme, et l'islam (0,2 %) et l'hindouisme (0,1 %) comptaient quelques dizaines de fidèles. 6,1 % de la population enfin ne revendiquaient aucune affiliation religieuse. <br>Selon l'institut privé Pew Research Center, en 2010, 94,4 % des habitants de la Dominique étaient chrétiens, principalement répartis entre catholiques (58,1 %) et protestants (35,5 %), et 3,0 % de la population pratiquaient une religion populaire. Codes. La Dominique a pour codes :
Département Un département est un type de division administrative de plusieurs pays dans le monde. Elle peut être une circonscription administrative, ou une division d'un ensemble administratif plus grand. Collectivité territoriale. Origine du nom. Le terme de « département » apparaît pour la première fois au en France dans un projet de découpage territorial du Royaume soumis au roi Louis XIV en 1665 par Marc-René d'Argenson. Ce terme est alors entendu en tant que répartition fiscale ou circonscription territoriale pour les Ponts et Chaussées. En 1787, les assemblées régionales d'Ile-de-France sont convoquées par « département » afin de clarifier les échanges. Un découpage en entités similaires du territoire semble un atout pratique pour l'administration. Ainsi l'on retrouve cette demande dans les cahiers de doléances de 1788 qui souhaitent la formation de circonscriptions uniformes avec un chef-lieu accessible. Le carnet du Puy-en-Velay parle explicitement de . Le décret du 22 décembre 1789 pris par l'Assemblée constituante de 1789 consacrera la création des départements français. Leur nombre exact et leurs limites seront fixés le , et leur mise en place prendra effet le . Anciens départements. Des pays ont utilisé anciennement cette division administrative : Départements actuels. Aujourd'hui, un certain nombre de pays utilisent ce terme pour nommer une division administrative de leur territoire. Il s'agit, soit d'anciennes colonies françaises, soit de pays d'Amérique Latine : Division gouvernementale. Le terme de « département » désigne également dans certains pays les secteurs ministériels d'un gouvernement. Ainsi :