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Dictionnaire Un dictionnaire est un ouvrage de référence contenant un ensemble de mots d’une langue ou d’un domaine d’activité généralement présentés par ordre alphabétique et fournissant pour chacun une définition, une explication ou une correspondance (synonyme, antonyme, cooccurrence, traduction, étymologie). Le présent article concerne les dictionnaires unilingues qui décrivent ou normalisent une langue. Ceux-ci sont à distinguer d'autres types d'ouvrages de référence : les dictionnaires de noms propres; les encyclopédies ou dictionnaire de choses ; les dictionnaires de traduction bilingues ; les dictionnaires des synonymes ; les dictionnaires thématiques spécialisés (dictionnaire du droit, du commerce, dictionnaire de géographie, dictionnaire humoristique, dictionnaire médical, etc.). Étymologie. Le substantif masculin "dictionnaire" est un emprunt au latin médiéval ', dérivé du latin '. D'abord écrit avec un seul "n", il est dérivé du latin "dictio" : « action de dire, propos, mode d'expression ». Sa première utilisation remonte à Jean de Garlande dont le "Dictionarius cum commento" paraît en 1220. "Dictionnaire" est attesté au : d'après le "Trésor de la langue française informatisé" (TLFi), sa plus ancienne occurrence connue se trouve dans "le Jardin de plaisance et fleur de rhétorique". Contenu des dictionnaires. Les auteurs d'un dictionnaire doivent déterminer au départ les catégories de mots à retenir, en fonction des limites imposées par l'éditeur et du public visé. Il faut décider de la place à faire aux néologismes, aux termes rares ou archaïques, au vocabulaire scientifique et technique, aux mots d'un emploi purement régional, au vocabulaire d'origine étrangère, aux mots grossiers et au vocabulaire populaire et argotique. Une entrée, aussi appelée vedette, ou mot vedette, comprend normalement : (a) la lexie, ou plus petite unité porteuse de signification, ses dérivés affixaux et ses composés (pomme, pommier, pomme de terre) ; (b) les morphèmes grammaticaux, c’est-à-dire les mots vides qui indiquent les rapports entre les mots pleins, porteurs de signification ou sémantèmes ; (c) la prononciation ; (d) les marques d'usage ; (e) des exemples. Les renseignements linguistiques sont de trois ordres : Définition. Un dictionnaire doit d'abord donner la définition du mot. Cette opération, bien plus complexe qu'elle n'en a l'air, est . Elle occupe les logiciens depuis des siècles et est également étudiée par la linguistique, la sémiotique et la psycho-sociologie. Selon la méthode fondée par Aristote, définir consiste à découvrir les attributs essentiels, en identifiant les différences et en remontant, par paliers successifs, à la catégorie supérieure. Ainsi, on définirait l’acception principale du mot "chien" comme un animal de la classe des mammifères, ordre des carnivores et famille des canidés. En procédant ainsi, il faut évidemment veiller à ne pas empiéter sur le sens d'autres mots. En théorie, selon cette méthode, les divers objets du monde pourraient s'emboîter dans un arbre binaire, mais cela n'est valide que pour les objets mathématiques, le langage humain comportant un espace de « jeu » essentiel à la compréhension. Dans la pratique, les définitions incorporent aussi des propriétés non essentielles, mais qui aident le lecteur à identifier ce dont il est question. Ainsi, une définition de "chien" va inclure que l’animal peut servir comme chien de garde, de chasse, de trait, etc. Ces notations sont de nature encyclopédique, tout comme le fait qu'il aime ronger un os. De nombreux dictionnaires intègrent ces données encyclopédiques au moyen d'exemples. Il est rare qu'une seule définition épuise tous les sens d'un mot. Le plus souvent, un mot va avoir plusieurs acceptions, c'est-à-dire plusieurs significations, phénomène que l'on désigne par le terme de polysémie. Dans certains cas, un mot peut même désigner deux réalités opposées, comme le mot « hôte » qui peut signifier, selon le contexte, la personne qui accueille ou celle qui est accueillie. Souvent, la différence de sens provient d'un emploi figuré plutôt que littéral ou des déplacements de sens d'un domaine d'activité à un autre. Ainsi, le sens du mot « fuite » varie selon qu'il est utilisé en droit, en peinture, en aéronautique, en économie, en plomberie ou en politique. Un dictionnaire doit non seulement identifier les divers sens du mot, mais encore les classer d'une façon aussi cohérente et significative que possible. Il peut également comporter un répertoire indexé pour en faciliter l'utilisation. Présence d'exemples. Les exemples sont apparus en français avec le dictionnaire de Richelet, en 1680 (voir ci-dessous). Ils ont une triple utilité : Données étymologiques. L'étymologie est apparue dans les dictionnaires français avec "Origines de la langue française" (1650), de Ménage, qui « découvrit seul, et de manière intuitive, l'origine d'un grand nombre de mots français ». Les bases d'une étymologie scientifique ont été posées par le philologue allemand Friedrich Christian Diez (1794-1876). Le domaine est maintenant couvert par l'ouvrage monumental de Walther von Wartburg (1888-1971), grâce auquel « nous disposons d'informations indiscutables, dans presque tous les cas, sur l'étymologie des mots français ». L'histoire du mot est souvent plus instructive que l'étymologie, car elle permet de voir l'évolution des significations au fil des siècles, mais ces données sont souvent très fragmentaires dans les dictionnaires courants. La datation est également une donnée intéressante, qui indique la date à laquelle un mot a été employé en français pour la première fois dans un texte. Prononciation. Des indications sur la prononciation des mots sont devenues courantes avec le "Dictionnaire de la langue française" (1863) de Littré. Divers procédés de transcription phonétique ont été utilisés, avec plus ou moins de bonheur, par divers dictionnaires. En 1967, le Petit Robert a adopté l'A.P.I. ou alphabet phonétique international, qui, en plus d'être standardisé à travers les dictionnaires de différentes langues, présente trois avantages : La prononciation n'est pas homogène, mais varie selon les régions et les groupes sociaux. Des mots comme "sculpteur" et "oignon" possèdent des lettres que les locuteurs cultivés ne prononcent pas, mais le cas de "dompteur" est moins clair, les deux formes étant en usage : et . L'auteur d'un dictionnaire doit donc déterminer la forme recommandée en se basant sur la prononciation la plus acceptée, qui n'est pas nécessairement la plus répandue. Ces questions complexes, qui touchent à la norme dans ce qu'elle a de plus intime et de moins conscient, ont justifié la rédaction d'ouvrages spécialisés, tel le "Dictionnaire de la prononciation française dans sa norme actuelle" (1964) de Léon Warnant. Lemmatisation. Il ne serait pas efficace, pour un dictionnaire de langue, de retenir toutes les formes fléchies des mots, car cela amènerait un fort taux de répétition. Si certains mots ont une forme unique, tels les adverbes, beaucoup d'autres, en effet, existent sous diverses formes, selon qu'ils sont au singulier ou au pluriel, au masculin ou au féminin, ou s'ils sont des verbes aux formes conjuguées. Pour résoudre ce problème, on recourt à une opération de lemmatisation, qui consiste à regrouper les formes occurrentes d’un mot sous une même adresse lexicale. Si cette opération peut paraître à première vue assez simple, elle se trouve rapidement compliquée par les variations orthographiques survenues au fil du temps, voire par la présence, au sein d’une langue évoluée, de divers homographies. On peut s’en faire une idée en consultant un dictionnaire historique de langue ou un dictionnaire étymologique. Classement alphabétique ou idéologique ? Le classement alphabétique, qui nous paraît aujourd'hui normal et caractéristique des dictionnaires, n'a pas toujours été considéré comme la solution idéale. Le Dictionnaire de l'Académie française de 1694 avait plutôt adopté un classement par famille de mots : "malaise" est classé sous l'article "aise", "aîné" sous "naître", "ennemi" et "inimitié" sous "amour", etc. Abandonné par la majorité des dictionnaires, un système similaire a cependant encore été retenu par von Wartburg pour son grand dictionnaire étymologique. Une solution mitoyenne est celle du "Lexis" des éditions Larousse (1979), qui limite les familles aux termes les plus proches, l'objectif, parfaitement défendable au plan pédagogique, étant de faire découvrir à un usager les mots apparentés à celui qu'il consulte. Ce genre de préoccupation devient sans objet avec les dictionnaires électroniques. Ordre des lemmes. Le tri alphabétique, qui apparaît comme une évidence pour un utilisateur francophone contemporain, n'est pas universel. Aspect normatif ou descriptif. Les dictionnaires de langue peuvent se classer en deux catégories, selon qu'ils sont de type descriptif ou normatif, ce dernier cas étant le plus fréquent. Un dictionnaire descriptif s'attache autant que possible à décrire une langue telle qu'elle est écrite et parlée dans toute sa diversité ; un dictionnaire normatif tente au contraire d'établir la norme et d'orienter l'usage, en utilisant des expressions comme « à éviter » ou « locution vicieuse » : Standardisation des dictionnaires. L'Organisation internationale de normalisation travaille afin de définir un cadre commun normalisé pour l'élaboration des lexiques du traitement automatique des langues. Histoire du dictionnaire. L'Antiquité n'a pas eu de dictionnaire de langue au sens propre, mais elle a mis au point des listes de mots organisées en fonction de la première syllabe. Progressivement sont apparus des "protodictionnaires" ou formes intermédiaires du dictionnaire tel que nous le connaissons depuis la fin du . Les dictionnaires bilingues sont également apparus à une date très ancienne, mais il n'est pas évident qu'ils aient précédé les protodictionnaires. Sumer. Les premières listes de mots apparaissent à Sumer, vers la fin du Elles sont utilisées à des fins pédagogiques, afin de former des scribes, profession très valorisée. On a ainsi trouvé une série de comportant classés en fonction de leur premier élément. Après l'arrivée des Akkadiens, des lexiques bilingues sumérien-akkadien se multiplient. On a aussi trouvé un ensemble de datant des environs de l'an 2000 , comportant environ où sont mis en correspondance mots sumériens et akkadiens et qui ressemble à une sorte d'encyclopédie du monde de la culture et de la nature, organisée thématiquement. Égypte. On a également trouvé en Égypte ancienne des listes de mots organisées de façon thématique, telles l’"Onomastique du Ramesseum", rédigé vers 1750 , et l’"Onomastique d'Aménopé", rédigé vers -1100. Ce "proto-dictionnaire" (lointain ancêtre du dictionnaire) avait pour vocation « non pas d'apprendre à écrire aux enfants, mais de proposer un programme d'instruction de l'humanité fondé sur l'organisation du monde ». En matière de dictionnaires bilingues, on n'a retrouvé que des fragments d'un dictionnaire akkado-égyptien rédigé vers 1400 Il faut attendre la période alexandrine (de -323 à -30) pour voir se répandre les glossaires thématiques grecs-coptes. En 580 de notre ère, le "Glossaire de Dioscore" semble avoir remanié une onomastique grecque ancienne. Divers recueils de gloses ou de scholies (commentaires linguistiques sur des textes), désignés sous le nom de "scala", paraissent durant cette période et dans les siècles qui suivent, servant d'étapes intermédiaires dans la mise au point du dictionnaire. Antiquité grecque. Le courant sophiste porté sur l'art de convaincre, développe le besoin de préciser le sens des mots et l’utilisation d'un vocabulaire précis et adapté. On trouve des recueils de gloses destinés aux élèves, enseignants et au public lettré ; ce sont de petits lexiques attachés aux œuvres de grands écrivains fournissant des explications sur les mots rares ou difficiles. Au , Protagoras d’Abdère compile une liste des mots rares chez Homère. D'autres glossaires sont dus à Démocrite, Timée de Locres, Philémon d'Athènes (361-262), Philétas de Cos, Zénodote (320-240). Callimaque de Cyrène (310-240) a laissé une œuvre considérable, comportant notamment des glossaires thématiques. Ératosthène (276-194) se définit comme un philologue et développe cette discipline selon des principes rigoureux. Aristophane de Byzance (257-180) est un savant astronome et mathématicien qui s'intéresse aussi à la comédie et à la critique des textes ; un de ses ouvrages s'intitulait "Peri Lexeon" ("Sur les mots"), un autre était un dictionnaire des noms propres donnés à des courtisanes dans la comédie. Aristarque de Samothrace (220-143) rédige un lexique homérique. Cratès de Mallos rédige des glossaires. À l'ère chrétienne, on note les noms d'Apollonios le Sophiste, de Pamphile d'Alexandrie, d'Héliodore, et d'Aelius Herodianus qui jouent un rôle important dans l’évolution du dictionnaire par leurs études lexicographiques. Antiquité romaine. Les Romains ont montré un intérêt très vif pour la langue. On connaît de cette période différents ouvrages de description de la langue ressemblant de près ou de loin à des dictionnaires. Le début de l'ère chrétienne est marqué par le fort développement des gloses des auteurs latins et de la jurisprudence. La tendance est renforcée par l'apparition du codex qui favorise l'étude des textes. Ces recueils de grande dimension continuent donc de mêler les mots et les choses, les noms propres et les extraits. Parmi les gloses les plus célèbres : Malgré les lacunes et erreurs, ces ouvrages restent essentiels pour la lexicographie et la lexicologie latine. Monde arabe. Khalil ibn Ahmad (718-791) rédige le premier dictionnaire de la langue arabe, le "Kitab al-Ayn" ("Le livre source"). À la suite de celui-ci, une douzaine de dictionnaires arabes sont rédigés jusqu'au . Ces ouvrages sont particulièrement intéressants pour leurs importantes rubriques de citations, qui renvoient à des grammaires, des textes religieux, des ouvrages poétiques, ou encore des proverbes. Chine. Le chinois s'est formé très tôt et son écriture a peu évolué. Le premier dictionnaire connu, le "Er ya" date probablement du avant l'ère commune. Le premier dictionnaire largement répandu, le "Shuowen Jiezi" a été publié au début du . 9353 idéogrammes, dont 1163 à doubles significations, avaient leur prononciation et étaient réunis dans l’ancêtre du Shingi, ouvrage en 44 volumes. Voir Dictionnaire de sinogrammes. Inde. Le "Amarakosha" fut le premier lexique sanskrit, rédigé par Amarasimha, probablement au à la cour des empereurs Gupta. Renaissance. On ne trouve toujours pas à la Renaissance de dictionnaire au sens où nous l'entendons aujourd'hui, car ils ne sont pas monolingues. Invention du dictionnaire monolingue définitionnel. Le premier dictionnaire européen entièrement consacré à une langue vivante et proposant pour chaque entrée une définition est le "Tesoro de la lengua castellana o española" de Covarrubias paru en 1611. La langue italienne est la première à se donner un dictionnaire monolingue rédigé par une académie linguistique : le "Vocabolario dell' Accademia della Crusca", dont la première édition paraît à Florence en 1612. En français, il faudra attendre Richelet pour que paraisse le premier dictionnaire monolingue de langue française (1680). La langue anglaise, bien que pourvue de divers dictionnaires, devra attendre 1755 pour se voir dotée d'un dictionnaire exhaustif de la langue anglaise avec le "Dictionary of the English Language". |
Douamoutef Douamoutef est un génie à tête de chacal de la mythologie égyptienne, souvent associé à la ville de Hiérakonpolis. Divinité protectrice de l’estomac des morts, elle est représentée avec une tête de chacal. Il est l’un des quatre génies funéraires anthropomorphes, appelés « Les enfants d'Horus ». Ils avaient pour mission de garder les viscères du corps du défunt. À partir de la fin de la , les bouchons des vases canopes sont modelés à l’image des divinités qui les protègent. Le vase canope qui renferme l’estomac protégé par Douamoutef, à un couvercle qui représente une tête de chacal. Pour que le pouvoir s’accomplisse et qu’il protège les organes momifiés, ce génie doit être associé à une déesse et à un point cardinal. Pour Douamoutef c’est la déesse Neith et l’Est. Les quatre enfants d'Horus représentés sur les vases canopes : |
Liste de divinités égyptiennes par ordre alphabétique Liste des dieux et déesses égyptiens par ordre alphabétique (en italique, autre nom d'un dieu avec redirection vers le nom principal) : A. Âbâset - Ach - Ageb - Aha - Aheqet - "Aken" - Aker - Akhet la prairie - "Amam" - Amaounet - Amemet - Amenhotep - "Amenothes" - Ament - "Amentet" - Am-Heh - "Ammit" - Amon-Min - "Ammon-Zeus" - Ammout - Amon - "Amonet" - Amon-Rê - Amset - Anat - Andj - Andjéty - "Andjty" - "Anhor" - Anhour - "Anouket" - Anoukis - "Anoupou" - "Anqet" - Anty - Antywy - Anubis - Anupet - Anzti - Apedemak - Âperet-Isis - "Apet" - Api - Apis - Apophis - Apopis - Âqen - Arensnouphis " - Arensnouphis-Dedoun" - "Arsaphes" - "Aset" - "Ash" - Astarté - Aton - Atoum - "Ausar" B. Baal - "Baâl" - Baalat - Baba - Babaï - Babi - Bakha - Ba-Pef - Banebdjedet - "Baou Imenty" - Baq - Bastet - Basty - Bat - Bata - Behedetite - "Bélier seigneur de Mendès" - Benben - Benu - Benwen - Bès - Boukhis C. Chai - "Ched" - Chentaït - Chentyt - Chepes - Chesmet - Chesmou - "Chou" D. Dedoun - Dedwen - Denwen - "Djéhuti" - Djen - Douaour - Douamoutef - Douat - Dounanoui - Doun-anouy - Dounâouy E. Edjo - Ermouthis - Esprits de l'Ouest F. Fetket G. Geb - Gengen Wer H. Ha - Hâpi - Hâpy - "Harachte" - Harakhtes - "Harakhti" - Harmakhis - Haroeris - Harpocrate - Harparê - Harsaphes - Harsiesis - Harsomtous - Harsontoum - Hathehyt - Hathor - Hatmehyt - Haurun - Ha-hotep - Heddet - Hededèt - Hedjour - Heh - Hehet - Hehou - Hemen - Henou - Heqa l'enfant - Heqat - Heqet - Heret-Kau - Hermanubis - "Heryshef" - Heryyshaf - Hesat - Hetepes-Sekhous - Hity - Hor - Horakhty - Horemakhet - Hormerty - Hornoufi - Horus - Horus aux deux yeux - Horsaïsis - Hor-khentakhtaï - Hotep - Hou - Houroun - Hyt I. Iâh - Iahès - Iat - Ibou-ouret - Igaï - Ihet - Ihi - "Ihy" - Ikhesef - Imenhy - Imentèt - Imhotep - Imouthes - Iouf - Iounmoutef - Iounyt - Iousaas - "Ipy" - Iry - Irta - Ir-renef-djesef - Irto - Isdès - Ishtar - Isis - Izi K. Kamoutef - Kébehsénouf - Kek - "Keket" - Kekou - Kekout - Kemour - Khefethernebes - Khensit - Khentamentiou - Khentekthai - Khentétkhas - Khenty - Khentykhety - Khepri - Kherty - Khérybaqef - Khnoum - Khonsou - Kolanthes M. Maa - Maanitef - Maât - Mafdet - Mahaef - Matit - Mandulis - Mehen - Mehenyt - Mehet-Weret - Mehyt - Mekhenti-En-Irty - Mekhenty-Irty - Menhyt - Mennéfer - Menqèt - Mentit - Meret - Mertseger - Meryt - "Merour" - Meskhenet - Methyer - Methyour - Mihos - Min - Miysis - Mnévis - Monthou - Montou - Mout N. Naounet - Naunet - Nebethetepet - Nebetouou - Nebou - Nefertem - Nefertoum - Nehebkaou - Nehebu-Kaou - Nehet-kaou - Nehemetaouay - Neit - Neith - Nekhbet - Nékhbet - Nekheb-Kaou - Nemty - Nephtys - Nepri - Noun - Nounet - Nout - Nya - Nyat O. Ogdoade d'Hermopolis - Onnophris - Onouris - "Opet" - Ophois - Osiris - Ouadjet - Ouadjit - Ouadjour - Ouaset - Oudjat - Oukh - Ounennéfer - Ounout - Ounshepsef - Oupaout - Oupesèt - Oupouaout - Oupouat - Oupouaout-Rê - Our - Ourèthékaou - Ouseret - Outo P. Pachet (Pakhet) - Panebtaouy - Peteese - Pihor - Ptah - Ptah-Sokar - Ptah-Sokar-Osiris - Peret Q. Qadesh - Qébéhout - Qebehsenouf - Qeboui - Qefedenou - Qerehèt R. "Ra" - Rattaoui - Râttaouy - Rê - Rê-Horakhty - Renenout - Renenoutet - Renoutet - Répit - Reshep - Résoudja - Rosetaou S. Samaty - Sarapis - Satis - Sbomeker - Sebhmet - Sebioumeker - "Séchat" - Sedjem - Sefegiru - Séfekhètâbouy - Sefkhet-Abwy - Seker - Sekhathor - Sekhmet - "Selket" - "Selkis" - Selkit - Sématourèt - Senmenty - Sepa - Sépédèt - Sept Hathor - Sérapis - Serket - "Serqet" - Seshat - Seth - "Shai" - Shed - Shedit - Shentaït - Shepès - Shesmetet - Shesmou - Shetat - Shezmou - Shou - Sia - Singe-Qefdenou - Sobek - Sokar - Sokaris - Somtous - Sopdou - Soped - Sopdet - Sôpdit - Sothis T. Taït - Taa - Tapsaïs - "Taueret" - Taouret - Tasenètnéferèt - Tasenetnofret - Taténen - Tatjenen - "Taurt" - "Tawaret" - "Taweret" - Tayet - Taÿt - Tefnet - Tefnout - Témèt - Tenenet - "Thoéris" - Thot - "Thouéris" - Tjaïsepef - Tjenenet - Toum - Toutou - Typhon U. Uræus W. "Wadj Wer" - Wadjet - Weneg Y. "Yah" - Yam |
Dreamcast La est une console de jeux vidéo développée par Sega, et le successeur de la . Commercialisée dès novembre 1998 au Japon, elle est la première console de sixième génération présente sur le marché, avant ses concurrentes . Son nom est composé des mots ' (rêve) et ' (de "" : diffuser). Elle a été connue pendant son développement sous les noms , "Dural" et "Katana". Contrairement à la , fabriquée en utilisant du matériel informatique onéreux créé spécifiquement pour cette console, la est conçue pour réduire les coûts grâce à l'utilisation de composants standardisés, dont un CPU Hitachi SH4 et un GPU NEC PowerVR2. Si la est accueillie assez froidement par le public japonais, son lancement en Europe et aux États-Unis a été une réussite, en partie grâce à la vaste campagne de lancée par Sega. Mais l'intérêt que porte le public à la console diminue au fur et à mesure que Sony multiplie les annonces concernant sa future console, la . Malgré plusieurs baisses de prix, le chiffre d'affaires ne répond pas aux attentes de Sega et l'entreprise continue d'enregistrer des pertes financières importantes. Après un changement de direction, Sega cesse la commercialisation de la le . La firme ne produit pas de nouvelle console et se retire ainsi complètement du milieu "" des jeux vidéo de salon en se restructurant pour devenir un éditeur tiers. Lorsque la production de la console est interrompue, de consoles Dreamcast ont été vendues dans le monde entier. Bien que la ait eu une courte durée de vie et un support limité de la part des développeurs tiers, les critiques l'ont qualifiée de console en avance sur son temps. Sa ludothèque contient de nombreux jeux considérés comme créatifs et innovants, parmi lesquels , et "Shenmue", ainsi que des portages de qualité de nombreux jeux Sega sortis sur le système d'arcade NAOMI. Elle est également la première console livrée en standard avec un modem lui permettant un support de jeu en ligne, de se connecter à Internet et ainsi de consulter des pages web ou bien de lire des courriels. Historique. Sega avant la. Lorsqu'elle sort en 1988, la (connue sous le nom de Sega Genesis en Amérique du Nord) marque l'entrée de Sega dans la quatrième génération des consoles de jeux vidéo. Vendue à d'exemplaires dans le monde, la est la console de Sega la plus vendue. La , qui succède à la , sort au Japon en 1994. La est une console équipée d'un lecteur de CD-ROM qui génère des visuels en 2D et en 3D, mais son architecture complexe, basée sur deux processeurs la rend plus difficile à programmer que sa principale concurrente, la PlayStation de Sony. Bien que la Saturn soit sortie avant la au Japon et aux États-Unis, son lancement surprise aux États-Unis, qui a eu lieu quatre mois plus tôt que la date prévue à l'origine, est gâché par des problèmes de distribution limitée, qui perdurent jusqu’à l’arrêt de la production de la console. De plus, les avantages que Sega pouvait espérer retirer d'une sortie anticipée de sa nouvelle console sont quasiment réduits à néant par une annonce faite de manière simultanée par Sony concernant le prix de la : elle est vendue au prix de 299 dollars, contre pour la . Durant les années qui suivent la sortie de la , Sony réussit à s'imposer sur le marché des consoles de jeux vidéo, en partie grâce au long retard pris par Nintendo dans le développement d'une console 3D concurrente, et aux dommages causés à la réputation de Sega par la vente d'extensions pour la dont le suivi est médiocre, voire quasi inexistant (en particulier la 32X). Mais si la connaît un succès immédiat aux États-Unis, c'est aussi grâce à la campagne publicitaire massive qui accompagne sa sortie, et à un solide soutien des éditeurs tiers, Sony ayant réussi à les attirer en mettant à leur disposition d'excellents outils de développement et en fixant le prix des licences de développement à . De plus, le succès de Sony est facilité par une guerre des prix lancée par Sega, qui baisse celui de la de 399 à , puis de 299 à afin d'égaler le prix de la . Mais, non seulement cela ne suffit pas à relancer les ventes, car la bénéficie d'une ludothèque plus importante que sa concurrente (ce qui n'incite pas à acheter une console Sega malgré ces baisses de prix), mais en plus comme le matériel utilisé pour fabriquer la Saturn est plus coûteux, chaque ristourne tarifaire augmente les pertes que Sega subit a chaque vente d'une . Finalement les difficultés financières de Sega ne font que s'aggraver, la firme voyant son chiffre d'affaires diminuer entre 1992 et 1995 dans le cadre d'un ralentissement de l'industrie, couplé aux mauvaises ventes de ses consoles. En raison de désaccords de longue date avec Sega Japon, Tom Kalinske, le PDG de , se désintéresse de son travail. Le 16 juillet 1996, Sega annonce que Shoichiro Irimajiri est nommé président et CEO de , tandis que Kalinske quitte Sega le 30 septembre de la même année. Sega annonce également que David Rosen, le cofondateur de Sega Enterprises, et Hayao Nakayama, le PDG de Sega Japon, ont démissionné de leurs fonctions de président et de coprésident de , bien que les deux hommes restent des employés de l'entreprise. Bernie Stolar, un ancien cadre de , est nommé vice-président exécutif de chargé du développement des produits et des relations avec les tiers. Stolar ne soutient pas la , car il pense que cette console a été mal conçue et il annonce publiquement à l'E3 1997 que . Après le lancement de la Nintendo 64, les ventes des jeux diminuent fortement. En août 1997, Sony contrôle 47 % du marché des consoles, Nintendo 40 % et Sega seulement 12 %. Malgré les baisses de prix et les efforts de Sega, la est un échec commercial. En raison de la mauvaise performance de la en Amérique du Nord et en Europe, , qui gère ces deux marchés, licencie 60 de ses à l'automne 1997. En raison de la détérioration de la situation financière de Sega, Nakayama démissionne de son poste de président en janvier 1998 en faveur de Shoichiro Irimajiri, puis Bernie Stolar remplace Tom Kalinske comme président de . Après cinq années de baisse générale des bénéfices, Sega subi, au cours de l'exercice clos le 31 mars 1998, ses premières pertes financières, tant sociales que consolidées, depuis son introduction à la Bourse de Tokyo en 1988. En raison d'une baisse de 54,8 % des ventes de produits de consommation (dont une baisse de 75,4 % à l'étranger), la société enregistre une perte nette de de yens et une perte nette consolidée de de yens. Peu avant d'annoncer ses pertes financières, Sega annonce l'arrêt de la en Amérique du Nord, afin de préparer le lancement de la console qui va lui succéder. Cette décision a pour conséquence directe de laisser le marché occidental sans jeux Sega pendant plus d'un an. Très vite, des rumeurs à propos de la future , diffusée principalement par Sega, commencent à circuler, et ce avant même la sortie des derniers jeux . Genèse. Dès 1995, des rapports indiquent que Sega collabore avec Lockheed Martin, , Matsushita, ou pour créer un nouveau GPU qui, selon des sources contradictoires, serait utilisé pour une 64 bits ou un périphérique supplémentaire. En fait, le développement de la n'a aucun rapport avec le projet évoqué par ces rumeurs : Tirant les leçons des mauvaises performances de la sur le marché, Irimajiri décide de se tourner vers d'autres intervenants que la division de développement matériel interne de la société pour créer une nouvelle console. En 1997, Irimajiri fait appel aux services de Tatsuo Yamamamoto d'IBM pour diriger une équipe de travaillant sur un projet secret aux États-Unis, appelé . Pendant ce temps, une équipe interne, dirigée par Hideki Sato, commence le développement du d'un autre projet baptisé . Les sources divergent concernant la manière dont ces deux projets ont été lancés en même temps. Selon certaines, c'est Sega Japon qui a décidé que les deux équipes devaient travailler sur les deux projets en même temps, tandis que d'autres suggèrent que Sato a été dérangé par le choix d'Irimajiri d'externaliser le développement et décidé de son propre chef de lancer le projet . Sato et son groupe choisissent pour leur projet le processeur central SH-4 fabriqué par Hitachi et le processeur graphique VideoLogic PowerVR2, fabriqués par NEC. est rapidement rebaptisé , du nom de code du combattant féminin métallique de la série de Sega. De son côté, le groupe de Yamamoto choisit d'utiliser des processeurs graphiques Voodoo 2 et Voodoo Banshee de 3dfx avec comme unité centrale (CPU) un Motorola PowerPC, mais assez vite, la direction de Sega leur demandé d'utiliser également le SH-4. Les deux processeurs sont décrits comme étant des composants . En 1997, 3dfx prépare son introduction en bourse, et, à cause d'obligations légales liées à cette introduction, dévoilé ses contrats avec Sega, y compris le développement de la nouvelle console. Cela irrite les cadres de Sega Japon, qui décident finalement de favoriser le projet Dural et de couper les liens avec 3dfx. Selon Charles Bellfield, qui est à la fois l'ancien vice-président des communications de et l'ancien directeur de la marque NEC, les présentations des jeux utilisant la solution NEC ont mis en évidence les performances et le faible coût de l'architecture SH-4 et . Il ajoute que . Stolar, d'autre part, estime que . En conséquence, 3dfx intente une action en justice contre Sega et NEC pour rupture de contrat, qui est finalement réglée à l'amiable. Le choix d'utiliser l'architecture a des conséquences pour , un développeur de longue date pour les consoles de Sega. Electronic Arts avait investi dans la technologie 3dfx mais ne connaissait pas l'architecture finalement retenue, qui était apparemment moins puissante. Comme le rappellent Shiro Hagiwara (directeur général de la division hardware de Sega) et Ian Oliver (directeur général de la filiale Cross Products de Sega), le SH-4 a été choisi alors qu'il était encore en développement, et après un long processus de délibération, car il était le seul processeur disponible qui . En février 1998, Sega rebaptise le projet Dural , bien que certaines spécifications matérielles telles que la mémoire vive (RAM) ne soient pas encore finalisées. Sachant que la a été handicapée par ses coûts de production élevés et son matériel complexe, Sega adopte une approche différente avec la . Comme les précédentes consoles Sega, la est conçue autour de sous-systèmes intelligents, fonctionnant en parallèle les uns avec les autres, mais les choix concernant le matériel ressemblent plus à ce qu'il se fait lors de l'élaboration d'un PC que d'une console de jeux vidéo, réduisant le coût du système. Selon Damien McFerran, . L'économiste chinois, et futur PDG de Sega.com, Brad Huang réussit à convaincre Isao Okawa, le président de Sega, d'inclure un modem dans chaque , malgré l'opposition du personnel d'Okawa à cause du coût additionnel de par unité. Pour tenir compte des changements rapides dans la livraison des données à domicile, Sega conçoit le modem de la pour être modulaire et remplaçable par un modèle plus performant si nécessaire. Sega choisit le format GD-ROM pour les jeux de sa nouvelle console. Le GD-ROM, qui a été développé conjointement par Sega et Yamaha Corporation, peut être produit en série à un prix similaire à celui d'un CD-ROM classique, évitant ainsi les coûts plus élevés de la technologie DVD-ROM. Comme le format GD-ROM peut contenir environ 1 Go de données, contre pour un CD-ROM, les copies illégales de jeux réalisées sur des CD-ROM nécessitent parfois la suppression de certaines fonctions desdits jeux, un handicap qui n'a pas empêché la copie des logiciels . Microsoft développe une version personnalisée pour la Dreamcast de avec une API DirectX et des bibliothèques de liens dynamiques, ce qui facilite le portage des jeux PC sur la plate-forme, bien que les programmeurs préférèrent finalement les outils de développement de Sega à ceux de Microsoft. Sega organise un concours public pour trouver un nom pour sa nouvelle console et examine plus de propositions différentes avant de choisir , un mot-valise créer à partir de (rêve) et (diffuser). Selon Katsutoshi Eguchi, c'est le développeur de jeux japonais Kenji Eno qui a soumis le nom et créé le logo en spirale de la , mais cette affirmation n'est pas confirmée par Sega. Le son qui retentit au démarrage de la console est composé par le musicien japonais Ryūichi Sakamoto. Comme la a terni la réputation de Sega, la société prévoit de retirer entièrement son nom de la console et d'établir une nouvelle marque de jeu, comme Sony l'avait fait avec la , mais l'équipe d'Irimajiri décide finalement de conserver le logo Sega sur la . En tout, Sega a dépensé entre 50 et de dollars pour le développement de matériel informatique, entre 150 et de dollars pour le développement de logiciels et de dollars pour la promotion mondiale, une somme qu'Irimajiri, un ancien dirigeant de Honda, compare avec humour aux investissements requis pour concevoir de nouvelles automobiles. Lancement. Un lancement décevant au Japon. Malgré des pertes massives dues aux mauvaises ventes de la Saturn, dont une baisse de 75 % des bénéfices semestriels juste avant le lancement japonais de la Dreamcast, Sega est confiant quant à sa nouvelle console. En effet, la Dreamcast suscite beaucoup d'intérêt et les précommandes sont nombreuses. Sega annonce que "Sonic Adventure," le nouveau jeu mettant en vedette Sonic, la mascotte de Sega, arrivera à temps pour le lancement de la Dreamcast, et fait la promotion du jeu avec une démonstration publique à grande échelle au Tokyo Kokusai Forum Hall Cependant, Sega n'arrive pas à atteindre ses objectifs d'expédition de consoles aux revendeurs pour le lancement japonais de la Dreamcast, en raison d'une pénurie de processeurs PowerVR causée par un taux de défaillance élevé dans le processus de fabrication. Comme plus de la moitié de son stock limité de consoles a déjà été pré-commandée, Sega arrête les pré-commandes au Japon. La Dreamcast est commercialisée le au Japon au prix de yens, et tout le stock mis en vente est épuisé à la fin de la journée. Cependant, sur les quatre jeux disponibles au lancement, seul "Virtua Fighter 3", la plus grande réussite de l'histoire de Sega dans les salles d'arcades japonaises, se vend bien. Sega estime que à Dreamcast supplémentaires auraient pu être vendues avec un approvisionnement suffisant. De plus, deux jeux phares qui devaient être disponibles lors de la mise en vente de la Dreamcast, "Sonic Adventure" et "Sega Rally Championship 2", sont retardés et ne sont mis en vente que dans les semaines qui suivent le 27 novembre. Mais malgré ces nouvelles sorties, les ventes restent moins élevées que prévu Irimajiri espérait vendre plus d'un million de Dreamcast au Japon avant février 1999, mais à cette date, moins de consoles sont vendues. Ces méventes sapent les tentatives de Sega de se constituer une base installée suffisante pour assurer la survie de la Dreamcast après l'arrivée des nouvelles consoles des autres fabricants. Sega reçoit des rapports indiquant que des consommateurs japonais, déçus par leurs achats, ramènent leurs Dreamcast chez les revendeurs et utilisent l'argent des remboursements pour acheter des jeux PlayStation. "Seaman", qui sort en juillet 1999, est considéré comme le premier grand succès de la Dreamcast au Japon. Avant le lancement de sa console dans les pays occidentaux, Sega réduit le prix de la Dreamcast à yens, soit un prix qui est en dessous du seuil de rentabilité de la console, mais augmente les ventes. La réduction du prix et la sortie du jeu "SoulCalibur" de Namco permettent aux actions Sega de gagner 17 % a la bourse de Tokyo. Avant la sortie de la Dreamcast, Sega subit un coup dur quand Electronic Arts, le plus grand éditeur tiers de jeux vidéo de l'époque, annonce qu'il ne développera pas de jeux pour la nouvelle console de Sega. Bing Gordon, le directeur artistique d'Electronic Arts, déclare que Sega . Gordon affirme également que . Stolar livre un autre récit de l'échec des négociations avec Electronic Arts. Selon lui, c'est surtout dû au fait que Larry Probst, le président d'Electronic Arts, souhaitait que sa société ait l'exclusivité du développement des jeux de sport sur Dreamcast, ce que Stolar ne pouvait accepter en raison du récent achat par Sega de Visual Concepts, un développeur de jeux de sports, pour de dollars. Alors que la série "Madden NFL" d'Electronic Arts a établi la prééminence de la société dans le domaine des simulations sportives, Stolar considère que le jeu "NFL 2K" de Sega est bien supérieur et offre pour le lancement de la Dreamcast. Alors que la Dreamcast n’aura aucun des jeux de sport populaires d'Electronic Arts, les jeux Sega Sports, développés principalement par Visual Concepts, contribuent à combler ce vide. Un lancement réussi aux États-Unis. Profitant des dix mois qui ont suivi la sortie de la Dreamcast au Japon, Sega of America fait le nécessaire pour assurer un lancement américain plus réussi qu'au Japon. Travaillant en étroite collaboration avec Midway Games, qui développe quatre jeux devant accompagner le lancement américain de la Dreamcast, Sega veut avoir, au minimum, 15 jeux disponibles en même temps que la console. Malgré l'amertume persistante depuis la sortie anticipée de la Saturn et ses conséquences, Stolar réussit à renouer les liens avec les principaux détaillants américains, auxquels Sega a pré-vendu Dreamcast. De plus, une promotion de pré-lancement permet aux consommateurs de louer la console dans les magasins de la chaîne "Hollywood Video" durant les mois précédant son lancement officiel, prévu en septembre. Peter Moore, le vice-président senior du marketing chez Sega of America, un fan du style marketing de Sega pendant la période Megadrive, travaille avec Foote, Cone & Belding et Access Communications pour développer la campagne ; des spots publicitaires télévisés de qui mettent en avant la puissance du matériel de la Dreamcast. Selon Moore, . Le 11 août, Sega of America confirme que Stolar a été licencié, laissant Moore diriger le lancement de la nouvelle console. La Dreamcast sort le aux États-Unis, (dont les 1500 premiers acheteurs de la console recevaient une cassette vidéo promotionnelle contenant la composition de la machine) et au Canada, au prix de , ce que le marketing de Sega a baptisé . Finalement, ce ne sont pas quinze, mais dix-huit jeux qui sont disponibles le jour du lancement de la console en Amérique du Nord. Sega établit un nouveau record de ventes, en vendant plus de de la Dreamcast en 24 heures, ce qui permet à la société de gagner de dollars durant ce que Moore appelle . Quatre jours après le lancement aux États-Unis, Sega annonce que de la console ont été vendus pour un total de de dollars. En deux semaines, les ventes de Dreamcast aux États-Unis dépassent les unités. À Noël, Sega détient 31 % du marché nord-américain des jeux vidéo. Parmi les jeux du lancement ayant connus un succès important, "SoulCalibur", un jeu de combat d'arcade ayant eu droit à une amélioration graphique pour sa version Dreamcast, se vend à un million d'exemplaires, et "NFL 2K" de Visual Concepts, dont les ventes confirment la prédiction de Stolar concernant son potentiel. Le 4 novembre, Sega annonce avoir vendu plus d'un million de Dreamcast. Néanmoins, le lancement est gâché par un problème technique dans l'une des usines de production de Sega, qui produit des GD-ROMs défectueux. Un lancement réussi en Europe, puis déclin en 2000. La sortie de la Dreamcast en Europe a lieu le . Son prix de lancement est de francs en France et 200 livres sterling au Royaume-Uni, soit environ . Au 24 novembre, les chiffres de ventes en Europe sont de consoles vendues, puis à Noël 1999. Ce chiffre de unités vendues est atteint avec d'avance sur les prévisions de Sega. Des jeux de lancement tels que "SoulCalibur", "Sonic Adventure", "Power Stone", "Hydro Thunder", "Marvel vs. Capcom", "The House of the Dead 2" et "NFL 2K" aident la console à se forger une bonne réputation auprès des joueurs. "Sonic Adventure" établit même le record de vente pour un jeu Dreamcast, en s'écoulant à 2,5 M d'exemplaires. L'année 2000 semble donc démarrer sous les meilleurs auspices, les ventes de la Dreamcast augmentant de 156,5 % entre le 23 juillet et le 30 septembre 2000, battant même les ventes de la Nintendo 64 durant cette même période. Mais malgré ces chiffres encourageants, les ventes finissent par décliner et, en octobre 2000, Sega n'a vendu qu'environ 1 million de consoles en Europe, un chiffre bien en dessous de ses objectifs. Dans le cadre de la promotion par Sega de la Dreamcast en Europe, la société japonaise sponsorise quatre clubs de football européens : Arsenal F.C. (Angleterre), AS Saint-Étienne (France), U.C. Sampdoria (Italie), et le Deportivo La Corogne (Espagne). Arrivée des consoles concurrentes. Bien que le lancement de la Dreamcast ait été couronné de succès, fin 1999 Sony détient toujours 60 % de parts du marché global des jeux vidéo en Amérique du Nord, grâce à la PlayStation. Le 2 mars 1999, dans ce qu'un reportage appelle une « annonce très médiatisée, de type vaporware », Sony révèle les premiers détails de sa « nouvelle génération de PlayStation », qui, selon Ken Kutaragi, permettra aux jeux vidéo de transmettre des émotions sans précédent. Le centre du plan marketing de Sony et de la PlayStation 2 elle-même est un nouveau processeur cadencé à et développé conjointement par Sony et Toshiba : l’"Emotion Engine". Kutaragi annonce qu'elle sera dotée d'un processeur graphique ayant fois plus de bande passante que les processeurs graphiques PC du moment et des performances de calcul en virgule flottante de 6,2 gigaflops, rivalisant avec la plupart des supercalculateurs. Sony, qui a investi 1,2 milliard de dollars dans deux grandes usines de fabrication de semi-conducteurs intégrés pour fabriquer l’"Emotion Engine" et le "Graphics Synthesizer" de la PlayStation 2, a conçu la machine pour pousser plus de polygones bruts que toute autre console de jeu vidéo de l'histoire. Sony affirme que la PlayStation 2 pourra afficher de polygones bruts par seconde sans aucun effet, et sans tenir compte de fonctionnalités telles que les textures, l'intelligence artificielle, ou la physique. En prenant en compte l'utilisation de tels effets, Sony estime que la PlayStation 2 pourra afficher de 7,5 à de polygones par seconde, alors que les estimations indépendantes vont de à . De son côté, Sega estime que, dans les mêmes conditions, la Dreamcast peut afficher entre 3 et de polygones. La console utilisera également le format DVD-ROM, qui peut contenir beaucoup plus de données que le format GD-ROM de la Dreamcast. Parce qu'elle peut se connecter à Internet tout en jouant des films, de la musique et des jeux vidéo, Sony a survendu la PlayStation 2 en la présentant comme étant l'avenir du divertissement à domicile. Des rumeurs, la plupart répandues directement par Sony, commencent à circuler : elles prétendent que la PlayStation 2 serait aussi puissante qu'un supercalculateur capable de guider des missiles et pourrait afficher des graphismes de la même qualité que ceux du film Toy Story. Kutaragi se vante des capacités en ligne de sa console, qui donnerait aux consommateurs la possibilité de « se brancher sur "la Matrice" ! ». En outre, Sony souligne que la PlayStation 2 sera rétrocompatible avec des centaines de jeux de la première PlayStation. Les spécifications de cette console semblent rendre la Dreamcast obsolète, ce des mois avant le lancement de la PlayStation 2 aux États-Unis. Par la suite, d'autres articles révèlent que la PlayStation 2 n'est pas aussi puissante que prévu et est très difficile à programmer pour créer des jeux ; mais cela ne suffit pas à faire retomber l’intérêt des joueurs pour la future console de Sony. La même année, Nintendo annonce que sa console de nouvelle génération atteindra ou dépassera tout ce qui se trouve sur le marché, et Microsoft commence à développer sa propre console. La dynamique initiale de Sega s’avère être éphémère, puisque si les ventes de la Dreamcast aux États-Unis dépassent les 1,5 million de consoles vendues à la fin de 1999, elles commencent à baisser dès janvier 2000. Ce repli du marché américain et les mauvaises ventes japonaises expliquent les de ¥ de pertes nettes consolidée que Sega enregistre au cours de l'exercice clôturé en mars 2000 ; qui font suite à une perte similaire de de ¥ l'année précédente. En tout, c'est la troisième année consécutive que Sega enregistre des pertes nettes consolidées. Pourtant, le chiffre d'affaires global de Sega a augmenté de 27,4% en 1999 et les ventes de Dreamcast en Amérique du Nord et en Europe ont largement dépassé les attentes de la société, la décroissance des ventes ne commençant à devenir visible qu'a la fin de l'exercice fiscal. Mais cette augmentation des ventes coïncide avec une baisse de la rentabilité due aux investissements nécessaires pour lancer la Dreamcast sur les marchés occidentaux et aux mauvaises ventes de jeux au Japon. Dans le même temps, la baisse de la fréquentation des salles d'arcade réduit la rentabilité de l'activité arcade de Sega au Japon, ce qui conduit la société à fermer 246 salles. Sachant qu'ils doivent « pêcher là où les poissons mordent », le président de Sega of America, Peter Moore et les développeurs japonais de Sega se concentrent sur le marché occidental pour se préparer au lancement prochain de la PS2. C'est pour cela que Sega of America lance son propre fournisseur d'accès Internet, Sega.com, dirigé par son PDG Brad Huang. Le 7 septembre 2000, Sega.com lance SegaNet, le service de jeux en ligne de la Dreamcast, qui permet aux utilisateurs de discuter, d'envoyer des e-mails et de naviguer sur Internet, au prix de par mois. À cette date, "ChuChu Rocket!", un jeu de puzzle développé par , est le seul jeu Dreamcast sorti aux États-Unis qui met en avant le mode multijoueur en ligne de la console. Mais les lancements combinés de SegaNet et de NFL 2K1, un jeu de football américain utilisant de nombreuses fonctionnalités en ligne, ont pour but d'accroître la demande pour la Dreamcast sur le marché américain, en jouant justement sur l'aspect « jeu en ligne ». Par la suite, ce service prend en charge des jeux tels que "Bomberman Online", "Quake III Arena" et "Unreal Tournament". Le lancement de SegaNet le 7 septembre coïncide avec une nouvelle campagne publicitaire visant à promouvoir ce nouveau service, notamment via les MTV Video Music Awards, qui ont lieu le même jour et que Sega sponsorise pour la deuxième année consécutive. Sega met en place des stratégies de prix agressives par rapport aux jeux en ligne. Au Japon, chaque Dreamcast vendue donne droit a une année gratuite d'accès à Internet, qu'Okawa paye personnellement. Avant le lancement de SegaNet, Sega avait déjà offert un rabais de à tout propriétaire de Dreamcast qui achetait deux ans d'accès Internet sur Sega.com. Après le 7 septembre, pour augmenter l'attrait de SegaNet aux États-Unis, Sega baisse le prix de la Dreamcast à , et offre un rabais sur ce prix, ainsi qu'un clavier Dreamcast gratuit, a toute personne souscrivant un abonnement SegaNet de . Moore déclare qu'il faut vendre de Dreamcast aux États-Unis d'ici la fin de l'an 2000 afin de rester une plate-forme viable, mais Sega n'atteint pas cet objectif, avec juste de consoles. De plus, les tentatives de Sega pour stimuler l'augmentation des ventes de Dreamcast par le biais de prix plus bas et de remises en espèces provoquent des pertes financières croissantes. Au lieu du retour aux bénéfices attendu, Sega enregistre une perte de de ¥ entre mars et septembre 2000 et la société estime que ses pertes totales seront de ¥ en fin d'année. Cette estimation se révèle être optimiste, puisque les pertes totales de Sega pour l'année 2000 sont de de yens, soit plus du double de ce qui était prévu. Et l'année qui débute n'augure rien de bon, car en mars 2001, Sega enregistre une perte nette consolidée de de yens. Bien que le lancement de la PS2, qui a lieu le 26 octobre aux États-Unis, soit marqué par des pénuries, avec seulement consoles livrées sur le 1 million prévus en raison d'un problème de fabrication, la Dreamcast n'en profite pas autant que prévu. En effet, de nombreux consommateurs, déçus par les consoles Sega, continuent à attendre de pouvoir acheter une PS2, tandis que la PSone, une version relookée de la PlayStation originale, est la console la plus populaire aux États-Unis au début de la période des fêtes de l'année 2000. Selon Moore, « l'effet PlayStation 2 sur lequel nous comptions ne fonctionnait pas pour nous... les gens allait s'accrocher le plus longtemps possible... Ce qui s'est réellement passé, c'est que le manque de disponibilité de la PlayStation 2 a gelé le marché ». En fin de compte, Sony et Nintendo détiennent respectivement 50 % et 35 % du marché américain des jeux vidéo, tandis que Sega n'en détient que 15 %. Selon Bellfield, les jeux Dreamcast se vendent à un ratio de 8 jeux pour 1 console, mais ce ratio appliqué à « une petite base installée « (comprendre : « un nombre de consoles vendues trop faible") ne nous donne pas les revenus (nécessaires)... pour maintenir cette plateforme viable à moyen et long terme ». Déclin et arrêt de la production. Le lancement de la PlayStation 2 par Sony marque donc le commencement de la fin de vie de la Dreamcast. Le 22 mai 2000, Okawa remplace Irimajiri à la présidence de Sega. Okawa préconise depuis longtemps que Sega abandonne le marché des consoles, et il n'est pas le seul à penser ainsi au sein de la société : David Rosen, cofondateur de Sega, a « toujours estimé qu'il était un peu insensé de limiter son potentiel au matériel Sega » et lorsqu'il était encore directeur de Sega of America, Stolar avait suggéré que la société soit vendue à Microsoft. En septembre 2000, lors d'une réunion avec les dirigeants japonais de Sega et les responsables des principaux studios de développement de jeux de la société, Moore et Bellfield recommandent que Sega abandonne son activité de fabricant de consoles et se concentre sur la création de logiciels, ce qui provoque le départ de la pièce des dirigeants des studios. Néanmoins, le , Sega annonce l'arrêt de production de la Dreamcast à partir du 30 mars la même année, et la restructuration de l'entreprise en tant que développeur tiers officiant sur tous les supports existant. La décision a été prise par Moore. Sega annonce également une réduction du prix de la Dreamcast à pour éliminer le stock d'invendus, qui est estimé à consoles en avril 2001. Après une autre réduction à , la Dreamcast disparaît des magasins avec les derniers exemplaires vendus à pièce. La dernière Dreamcast fabriquée est signée par les directeurs des neuf studios de développement de jeux internes de Sega, ainsi que les directeurs de Visual Concepts et Wave Master, et offerte avec 55 jeux développés par Sega par le biais d'un concours organisé par le magazine "GamePro". Okawa, qui avait prêté de dollars à Sega durant l'été 1999, décède le 16 mars 2001. Peu avant son décès, il annule les dettes de Sega envers lui et rend à la société ses de dollars en actions Sega et CSK, aidant ainsi l'entreprise à survivre durant sa transformation en éditeur tiers de jeux vidéo. Dans le cadre de cette restructuration, presque un tiers des effectifs de Sega à Tokyo sont licenciés en 2001. En tout, il s'est vendu de Dreamcast dans le monde, le principal marché étant l’Amérique du Nord (3,9 M), suivis du Japon (2,25 M) et de l'Europe (1,91 M). Mais même après l'arrêt de la production, des jeux continuent à être développés et commercialisés sur la console, en particulier au Japon. Aux États-Unis, les sorties de jeux se poursuivent jusqu'à la fin du premier semestre 2002, le dernier à sortir étant "NHL 2K2", commercialisé en février 2002.Sega Europe, qui n'est alors qu'une branche de Sega of America, continue également de vendre des jeux vidéo sur Dreamcast jusqu'en 2002. Ces derniers jeux sont distribués par Bigben Interactive, qui propose des titres tels que ', "Cannon Spike", ', "Razor Freestyle Scooter" et "Conflict Zone". Au Japon, Sega continue d'assurer le service après-vente et de réparer les Dreamcast en panne jusqu'en 2007. Finalement, après cinq années consécutives de pertes financières et après tous ces changements, Sega annonce des bénéfices pour l'année fiscale se terminant en mars 2003. Parmi les raisons invoquées pour expliquer l'échec de la Dreamcast, on trouve : Mais, la raison la plus fréquemment citée est peut-être la dégradation de la réputation de Sega, causée par la sortie de plusieurs plates-formes de jeu bénéficiant d'un suivi médiocre ou inexistant. Dans les articles qu'il écrit pour "GamePro", Blake Snow déclare que « la console bien-aimée (fut) lancée des années avant la concurrence mais a finalement dû lutter pour se débarrasser de la réputation négative (que Sega avait) gagné pendant les années Saturn, Sega 32X et Sega CD. En conséquence, les joueurs occasionnels et les développeurs tiers blasés doutaient de la capacité de Sega à livrer la marchandise ». Dan Whitehead d'Eurogamer note que l'attentisme des consommateurs et le manque de soutien d'EA sont des symptômes plutôt que la cause du déclin de Sega, concluant que « les aventures de Sega dans les années 1990 avaient laissé les joueurs et éditeurs sur leurs gardes quant à toute nouvelle plate-forme portant son nom ». Selon Jeremy Parish de 1UP.com, « Bien qu'il serait facile de pointer un doigt accusateur sur Sony et de les accuser d'avoir tué la Dreamcast en sur-vendant la PS2... il y a un certain niveau de malhonnêteté intellectuelle dans une telle position... Le faible support américain de [Sega] pour le matériel comme le Sega CD, la 32X, et la Saturn a rendu les joueurs timides. De nombreux consommateurs se sont sentis insultés après avoir investi dans des machines Sega coûteuses et avoir constaté que leurs ludothèques étaient relativement vides ». L'annonce de la transition de Sega est accueillie avec enthousiasme. Selon Travis Fahs d'IGN, « Sega était une entreprise créative et fertile, avec un parc de « propriétés » (comprendre propriétés intellectuelles / licences de jeux) en pleine expansion. Il semblait qu'ils étaient dans une position idéale pour commencer une nouvelle vie en tant que développeur/éditeur ». Après avoir appris la nouvelle de la reconversion de Sega, Victor Ireland, l'ancien président de Working Designs, écrit : « C'est en fait une bonne chose... parce que maintenant Sega va survivre, en faisant ce qu'ils font le mieux : des jeux ». Selon un article du magazine "Newsweek" : « De "Sonic" à "Shenmue", les programmeurs de Sega ont produit certaines des expériences les plus intéressantes de l'histoire des médias interactifs... Débarrassé d'une console en difficulté, ce peloton de développeurs de jeux vidéo de classe mondiale peut faire ce qu'il fait de mieux pour n'importe quelle machine sur le marché ». Rosen prédit alors « qu'ils (Sega) ont le potentiel pour rattraper Electronic Arts ». Le magazine "Game Informer", commentant la tendance de Sega à produire des classiques cultes sous-estimés, déclare dans un de ses articles : « Réjouissons-nous du fait que Sega est également en train de faire des jeux correspondant à la culture console actuelle, afin que l'histoire ne se répète pas ». Développement indépendant dans les années 2000 et 2010. Alors que plus aucun jeu ne devait être édité, la Dreamcast compte sur une communauté de joueurs et de fans qui font perdurer cette machine et tentent de pousser certains éditeurs (notamment japonais) à sortir encore de nouveaux jeux. Ainsi, deux titres sortent en 2006 au Japon : "Radilgy" le 16 février puis "Under Defeat" le 23 mars. Un jeu de tir à scrolling vertical nommé "Fast Striker" développé par NG:Dev.Team est prévu pour la fin d'année 2010, soit neuf ans après l'abandon de la console, un record dans le monde du jeu vidéo pour une console de salon (record depuis battu avec la sortie de "Pier Solar and the Great Architects" sur Mega Drive vingt ans après l'abandon de la console). Le studio allemand Redspotgames a annoncé en la sortie de "Sturmwind", shoot 'em up horizontal, courant de l'année 2012. Par ailleurs, pour l'année 2013, le studio NG:Dev.Team a déjà prévu de sortir un nouveau jeu du nom de XYX sur Dreamcast. En 2014, la console bénéficie toujours de sorties de jeux supportant le format MIL-CD et réalisés par des développeurs indépendants. Depuis les années 2000, la Dreamcast est une plate-forme de développement indépendant dynamique, et beaucoup de jeux ou programmes "" (faits maison) font leur apparition. Ainsi, des développeurs indépendants ont créé des émulateurs et lecteurs de médias (MPEG, DivX, MP3, JPEG). Cette reconversion particulière s'explique par le fait que le développement d'applications pour Dreamcast est relativement aisé : la console est en partie compatible avec "Windows CE", qui permet aux émulateurs ont pu se développer rapidement : il est ainsi possible de jouer à la Mega Drive, à la Master System ou encore à la Super Nintendo sur la Dreamcast. De plus, "KallistiOS", une plate-forme de développement, a été créée par Dan Potter. De plus, la copie de jeux vidéo est aisée, malgré le format propriétaire du GD-ROM choisi par Sega. Des hackeurs ont réussi à créer des images des jeux (images ISO) et à les copier sur un CD traditionnel - la Dreamcast lisant également les CD audio et les MIL-CD. En 2009, l'entreprise américaine ThinkGeek recommercialise la console de façon limitée aux États-Unis. Au vu de l'engouement de la communauté de joueurs face à ce support, le marché de l'occasion bat son plein. Seulement, la Dreamcast rencontre quelques lacunes en matière de longévité, notamment par sa lentille fragile et ses problèmes de surchauffe. À noter que la console est en version NTSC-US. En conséquence, un disque de boot est requis pour lire les jeux import. Commercialisée à , l'offre limitée est momentanément vidée de son stock. Étant donné que Sega ne fournit plus de support pour cette console, la garantie n'est que de via le site du revendeur. Le , Sega annonce la sortie de certains titres Dreamcast disponible sur le Xbox Live Arcade et le PlayStation Network. Les deux premiers titres à paraître sont "Sonic Adventure" et "Crazy Taxi". De plus, une compilation appelée "Dreamcast Collection" est commercialisée en , sur Xbox 360 et PC (Windows). Elle comporte "Crazy Taxi", "Sonic Adventure", "Sega Bass Fishing" et "Space Channel Five 2". Enfin, "Pier Solar and the Great Architects", sorti également sur Mega Drive, est adapté sur Dreamcast en 2014. Enfin, des émulateurs de cette console ont été développés pour différents systèmes d'exploitation, permettant de continuer à utiliser les jeux et logiciels de la console sur d'autres architectures, comme "NullDC", pour Microsoft Windows, "lxdream", pour Linux, et "Reicast", open source, pour Android (architectures ARM et MIPS, notamment pour la console en matériel libre GCW Zero) et Linux (sur architecture ARM), des ports pour architecture x86 sont en cours de préparation. Matériel et accessoires. Le format utilisé pour les jeux est le GD-ROM fabriqué par Yamaha. En effet, pour empêcher la copie de jeux, Sega a fait développer un nouveau support pour les jeux Dreamcast. Il s'agit d'un hybride entre le CD et le DVD d'une capacité de , qui ne peut pas être lu par un PC. Une de ses principales caractéristiques est la gravure des données dans une densité élevée et une deuxième TOC commençant après la section de type CD du GD-ROM. La Dreamcast lit les GD-ROM en 12X, d'où des temps de chargement relativement courts. Systèmes d'exploitation. La Dreamcast possède deux systèmes d'exploitation : SegaOS et Windows CE. Le premier, présent dans la console, est plus difficile à utiliser pour les programmeurs mais permet d'utiliser les capacités maximales du matériel. Le deuxième est, quant à lui, chargé directement depuis le GD-ROM par les jeux qui en ont besoin. Le fait que la console reconnaisse Windows CE permet d'adapter assez rapidement des jeux pour PC sur la Dreamcast. La Dreamcast permet donc aux programmeurs d'utiliser plusieurs interfaces de programmations associées a différents middleware. Modèles. Sega a construit de nombreux modèles différents de la Dreamcast, dont la plupart sont sortis exclusivement au Japon. Parmi ces diverses versions, on trouve une Dreamcast reconditionnée connue sous le nom de R7 qui était à l'origine utilisée comme console réseau dans les salles de pachinko japonaises. Un autre modèle, le Divers 2000 CX-1, possède une forme similaire à celle de la tête de Sonic et inclut une télévision ainsi qu'un logiciel de téléconférence. Sega a également produit une version "Hello Kitty" de sa console, une édition limitée, avec seulement 2000 unités produites et destinée aux joueuses japonaises. Des éditions spéciales ont été créées pour certains jeux comme "Seaman'" et '. Il existait également un service nommé "Dreamcast Direct" permettant aux acheteurs qui le désiraient de commander une Dreamcast dont ils choisissaient la couleur. Ce service était une exclusivité du marché japonais. Toyota a également proposé des Dreamcast en éditions limitées aux couleurs de la marque chez 160 de ses concessionnaires au Japon. Mais le Japon n'est pas le seul marché à avoir eu droit a des éditions limitées. Ainsi, en Amérique du Nord, Sega a sorti une Dreamcast noire avec un logo Sega Sports sur le couvercle, qui était vendue avec deux manettes noires également siglées Sega Sports et deux jeux de cette gamme. Accessoires. La manette Dreamcast comprend à la fois un stick analogique et un pad numérique, quatre boutons d'action et deux gâchettes analogiques. La console dispose de quatre ports manettes sur sa face avant, même si elle n'était fournie qu'avec une seule manette. La conception de la manette de la Dreamcast, décrite par l'équipe de "Edge" comme « une évolution hideuse de la manette 3D de la Saturn », a été qualifiée de « [pas] très bonne » par Sam Kennedy de 1UP.com et de « (conception) boiteuse » par Andy McNamara de Game Informer. Dans un de leurs articles, les rédacteurs du site IGN indiquent que « contrairement à la plupart des manettes, le pad de Sega force les mains de l'utilisateur à garder une position parallèle inconfortable ». Contrairement au Mega CD et à la Saturn qui incluent une mémoire de sauvegarde interne, la Dreamcast utilise une carte mémoire de appelée VMU (ou "Visual Memory Unit") pour le stockage des données de sauvegarde des jeux. Le VMU dispose d'un petit écran LCD, d'une sortie audio à partir d'une source sonore PWM à un canal, d'une mémoire non volatile, d'un pad directionnel et de quatre boutons. Le VMU peut afficher des informations de jeu, être utilisée comme une console portable basique et se connecter à certaines bornes d'arcade Sega. Par exemple, les joueurs peuvent utilisent le VMU pour élever des animaux virtuels dans "Sonic Adventure". Les responsables de Sega ont noté que la VMU pourrait être utilisée « comme une zone de visualisation privée, dont l'absence a empêché la mise en œuvre efficace de nombreux types de jeux dans le passé ». Après l'intégration d'un slot VMU dans la conception de la manette, les ingénieurs de Sega lui ont trouvé de nombreuses autres utilisations, ce qui a conduit à l'ajout d'un second slot. Ce dernier était généralement utilisé pour les packs vibrant fournissant un retour de force comme le « Jump Pack » de Sega et le « Tremor Pack » de Performance, bien qu'il puisse également être utilisé pour d'autres périphériques, dont un microphone permettant d'utiliser le contrôle vocal pour certains jeux et la communication entre joueurs online. Diverses cartes fabriquées par des éditeurs tiers offrent un espace de stockage et certaines contiennent également un écran LCD. Iomega a annoncé la sortie d'un lecteur zip compatible Dreamcast capable de stocker jusqu'à de données sur des disques amovibles, mais il n'est jamais sorti. Diverses manettes fabriquées par des sociétés non affiliées à Sega, comme Mad Catz, incluent des boutons et des fonctionnalités supplémentaires. Ces mêmes sociétés ont également fabriqué des joysticks de style arcade pour les jeux de combat, tels que l'Arcade Stick d'Agetech et l'Arcade Stick d'Interact's Alloy. Mad Catz et Agetec ont également créé des volants utilisables avec les jeux de course de voiture de la console. Si Sega a décidé de ne pas sortir son pistolet optique officiel dans les pays occidentaux, d'autres sociétés en ont profité pour fabriquer et distribuer les leurs. Il existe également un clavier et une souris spécifique à la Dreamcast, ainsi qu'un contrôleur de mouvement en forme de canne à pêche. Bien que ce dernier ait été conçu pour des jeux de pêche tels que "Sega Bass Fishing", il peut aussi être utilisé pour jouer au jeu de combat "Soul Calibur", les mouvements verticaux et horizontaux réalisé avec la « canne à pèche » se traduisant à l'écran par des coups d'épée donné dans l'un ou l'autre sens. Quelques années plus tard, cette façon de jouer a Soulcalibur a été vue comme une sorte d'ancétre du gameplay de la Wiimote. Certains périphériques sont tellement étranges et cher qu'ils ne sont pas distribués au niveau mondial. C'est ainsi que lorsque le portage de "", un jeu d'arcade de Sega, sort au japon, il prend en charge un périphérique « Twin Sticks », reproduisant les deux Sticks de la borne d'arcade originale servant à contrôler les robtos du jeu. Mais l'éditeur américain du jeu, Activision, choisit de ne pas vendre cet accessoire cher et encombrant aux États-Unis. La Dreamcast pouvait également se connecter a la Neo Geo Pocket Color de SNK, via un câble spécifique créé bien avant le Câble Nintendo GameCube Game Boy Advance. Autre création de Sega pour sa console, le Dreameye est un appareil photographie numérique qui pouvait être connecté à la Dreamcast et utilisé pour échanger des photographies et participer à des discussions vidéo via la connexion Internet de la console. Sega espérait que les développeurs utiliseraient le Dreameye pour leurs futurs jeux, comme certains l'ont fait plus tard avec le périphérique EyeToy de Sony. En outre, Sega a étudié des systèmes qui auraient permis aux utilisateurs de passer des appels téléphoniques avec la Dreamcast, et a discuté avec Motorola du développement d'un téléphone cellulaire compatible Internet qui aurait utilisé la technologie de la console pour permettre le téléchargement rapide des jeux et autres données"." La console peut fournir un signal vidéo par le biais de plusieurs accessoires différents. La console était livrée avec des câbles RCA, considérés à l'époque comme la norme en matière de connectivité vidéo et audio. Sega et diverses autres sociétés ont également fabriqué des connecteurs de modulateurs RF et des câbles S-Vidéo. Il existe également un adaptateur VGA permettant de jouer à des jeux Dreamcast sur des écrans d'ordinateur ou des téléviseurs EDTV en 480p. Internet et la communauté Dreamarena. Si la Mega Drive a permis, dès le 3 novembre 1990, le jeu en ligne grâce au Sega Meganet, la Dreamcast est la seconde console de jeu permettant véritablement l'accès à Internet, après la Sega Saturn et son Sega Net Link, via un modem amovible enfiché sur son côté droit, une modularité voulue pour les futures mises à niveau. Le modèle japonais original et tous les modèles PAL avaient un modem 33,6 kbit/s, tandis que les consoles vendues aux États-Unis et au Japon après le 9 septembre 1999 comportaient un modem 56 kbit/s. De plus, elle possédait jusqu'en 2003 son propre portail d'accès à Internet : la Dreamarena. La plupart des jeux Dreamcast possédaient une page web dédiée directement accessible depuis le jeu sur ce portail. Sega a mis fin au service en mars 2003. Ludothèque. Avant la sortie de la Dreamcast au Japon, Sega annonce le lancement de sa carte d'arcade New Arcade Operation Machine Idea (NAOMI), qui sert d'alternative meilleur marché a la Sega Model 3. La NAOMI partage la même technologie que la Dreamcast, mais avec deux fois plus de mémoire système, vidéo et audio et une carte ROM flash de à la place du lecteur GD-ROM. Cette grande proximité technologique permettait de jouer chez soi à des conversions de jeux d'arcade presque identiques a la version originale. Des jeux ont porté de la NAOMI à la Dreamcast par plusieurs grandes sociétés d'arcade japonaises, dont Capcom ( et ), Tecmo ("Dead or Alive 2" ""), Treasure ("Ikaruga" ""), et, bien sûr, Sega ("F355 Challenge" et "Crazy Taxi"). En l'an 2000, dans ce que la presse vidéoludique a appelé « un bref moment de créativité remarquable », Sega restructure ses équipes de développement de jeux arcades et consoles, en neuf studios semi-autonomes dirigés par les meilleurs designers de l'entreprise. Ces studios sont : À côté de ces neufs studios, on trouve également Visual Concepts, le studio américain responsable de la gamme de jeux de sport de Sega, dirigé par Greg Thomas et Wave Master, le studio audio de Sega, dirigé par Yukifumi Makino. Ces studios sont encouragés à expérimenter et bénéficient alors d'un processus d'approbation relativement laxiste, ce qui aboutit à la création de jeux tels que "Rez" (une tentative de simuler la synesthésie sous la forme d'un rail shooter), "The Typing of the Dead" (une version de "The House of the Dead 2" prenant la forme d'un logiciel d’apprentissage de la dactylographie), "Seaman" (un simulateur d'animaux de compagnie dans lequel les joueurs utilisent un microphone pour interagir avec un poisson humanoïde grotesque dont la croissance est commentée par Leonard Nimoy, et "Segagaga" (un jeu de rôle sorti uniquement au Japon dans lequel les joueurs doivent empêcher Sega de faire faillite). Sega a également relancé des franchises de l'ère Mega Drive, comme . UGA a aussi créé le jeu vidéo musical "Space Channel 5", dans lequel les joueurs aident une journaliste venant de l'espace nommée Ulala à combattre des aliens avec « l'énergie du groove » en dansant. Destiné à un public « casual féminin », "Space Channel 5" est considéré comme l'une des créations originales « les plus audacieuses et les plus appréciées » de Sega, combinant une bande-son « résolument rétro » et « édifiante » avec une présentation visuelle « éblouissante » et « colorée », malgré « un réel manque de substance du gameplay ». Ni "Space Channel 5", ni "Rez" n'ont eu de succès commercial, et "Rez" n'a été mis en vente sur le marché américain que par le biais d'un port PS2 disponible en quantités limitées. Les ports d'arcade de Hitmaker comprennent "Crazy Taxi", un jeu de course d'arcade open world connu pour son gameplay addictif, qui s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires et est fréquemment cité comme étant l'un des meilleurs jeux Dreamcast et "Virtua Tennis", qui a revitalisé le genre du jeu de tennis avec un système de jeu simple à deux boutons et en utilisant des minijeux pour tester la technique du joueur.Dans le jeu "Jet Set Radio" de Smilebit, les joueurs contrôlent les « GG », un gang de jeunes rebelles utilisant des roller en ligne basés à Tokyo. Les « GG » utilisent des graffitis pour revendiquer le territoire de bandes rivales, tout en évitant des forces de police à l'attitude oppressive. "Jet Set Radio" a été cité comme un exemple majeur de l'engagement de Sega dans des concepts originaux pendant la durée de vie de la Dreamcast. Salué pour la bande originale « punchy, psychédélique » du compositeur Hideki Naganuma, qui intègre des éléments de « J-pop et Electrofunk », ainsi que son message d'« expression personnelle et de dissidence non-violente », le jeu a également popularisé les graphismes en Cel-shading. En dépit des nombreux éloges pour son style, certains ont critiqué le gameplay de "Jet Set Radio" en le qualifiant de médiocre, et le jeu n'a pas répondu aux attentes de Sega en matière de ventes. Produit par Rieko Kodama et développé par Overworks, le jeu de rôle "Skies of Arcadia" a été acclamé pour son monde fantastique et surréaliste peuplé d'îles flottantes et de pirates du ciel inspiré de Jules Verne, ses protagonistes charmants, l'accent mis sur les propriétés environnementales des armes, ses batailles de dirigeables passionnantes et son scénario mémorable, qui inclut une séquence racontée depuis différents points de vue. AM2 a développé ce que Sega espérait être la killer application de la Dreamcast : "Shenmue", une « épopée de vengeance dans la tradition du cinéma chinois ». Ce jeu d'action-aventure nous fait suivre la quête du protagoniste principal, Ryo Hazuki, pour venger le meurtre de son père ; mais son principal argument de vente est sa reconstitution de la ville japonaise de Yokosuka telle qu'elle était dans les années 1990, avec un niveau de détail considéré comme sans précédent pour un jeu vidéo. Intégrant un cycle jour/nuit simulé avec un temps variable, des personnages non-joueurs ayant des horaires réguliers, la possibilité de ramasser et d'examiner des objets détaillés et introduisant également les Quick time event sous leur forme moderne, "Shenmue" est un jeu très ambitieux qui a dépassé son budget initial et aurait coûté plus de de $ à Sega. Initialement prévu comme le premier volet d'une saga en , "Shenmue" a finalement été réduit à une trilogie, même si pour l'instant une seule suite est sortie, le troisième opus devant théoriquement sortir le 27 août 2019 sur PC et PlayStation 4. Si "Shenmue" a été salué pour son innovation, ses graphismes et sa musique, son accueil par la presse vidéoludique a été mitigé ; les critiques ont porté sur les « murs invisibles » qui limitent le sentiment de liberté du joueur, l'ennui causé par l'incapacité de progresser sans attendre les événements prévus à des moments précis, des scènes de jeu trop courtes et un manque de défi. Selon Moore, "Shenmue" s'est « extrêmement bien vendu », mais le jeu n'avait aucune chance de dégager des bénéfices car Sega n'a pas vendu assez de Dreamcast pour écouler assez d'exemplaires du jeu pour rentabiliser le développement. "Shenmue II" « a été achevé pour une somme beaucoup plus raisonnable », tandis que Sato défendait "Shenmue" comme un « investissement [qui] sera un jour récupéré » parce que « les progrès que nous avons faits en matière de développement... peuvent être appliqués à d'autres jeux ». Outre l'accueil mitigé réservé à "Shenmue", Travis Fahs d'IGN a déclaré que « l'époque [Dreamcast] n'était pas aussi favorable à [AM2] que les années précédentes » - citant (entre autres) "F355 Challenge" comme un jeu d'arcade « acclamé » qui « ne faisait pas grand-chose à la maison » (comprendre : « les ventes de la version dreamcast ne sont pas à la hauteur de la réputation du jeu »), et le portage de "Virtua Fighter 3" par Genki qui, en plus d'être inférieur à la version arcade, est un jeu « qui était déjà vieux de plusieurs années et n'avait jamais été aussi populaire que ses prédécesseurs ». La série "Virtua Fighter" connaîtra un « retour en force » quelques années plus tard avec le célèbre "Virtua Fighter 4", qui sort en exclusivité sur PlayStation 2. En tant que premier jeu de plates-formes entièrement en 3D mettant en vedette Sonic, la mascotte de Sega, le "Sonic Adventure" de était considérée comme étant « la pièce maîtresse du lancement [de la Dreamcast] ». Le jeu a été critiqué pour ses problèmes techniques, comprenant, entre autres, des angles de caméra erratiques et des glitchs, mais il a également été loué pour ses visuels « somptueux », ses « vastes environnements tortueux » et ses décors iconiques, dont un passage dans lequel Sonic court sur le côté d'un gratte-ciel. Certains critiques de jeux vidéo l'ont décrit comme étant le sommet créatif des jeux Sonic. Cependant, il n'a pas réussi « à attraper les joueurs comme l'avait fait "Super Mario 64" », peut-être en raison d'un manque perceptible de profondeur de jeu. Se distinguant par son utilisation novatrice de multiples scénarios aux styles de jeu variées, "Sonic Adventure" s'est vendu à d'exemplaires, ce qui en fait le jeu le plus vendu de la Dreamcast. a également développé le premier jeu en ligne de la Dreamcast, "ChuChu Rocket!", qui a été largement salué comme étant un jeu de puzzle addictif donnant lieu à des matchs multijoueurs « frénétiques ». La même équipe a également crée le jeu musical "Samba de Amigo", qui a connu un grand succès critique, à défaut de commercial, et qui se démarque de la concurrence par son esthétique colorée et le très coûteux accessoire en forme de maracas vendu qui est nécessaire pour pouvoir y jouer. "Phantasy Star Online", (ou PSO), est peut-être le jeu Dreamcast de qui a eu le plus d'impact. Premier RPG en ligne sorti sur une console, le développement de "PSO" débute lorsque Okawa demande à de créer un jeu en ligne. "PSO" a été fortement influencé par "Diablo", un action-RPG sorti sur PC en 1996, mais a raffiné et simplifié son style de gameplay pour plaire au public jouant sur console. Cette organisation et cette liberté de création ne survivent pas à la Dreamcast; car le 22 juillet 2003, Sega annonce une nouvelle restructuration de ses studios internes : fusionne avec UGA, Hitmaker avec Sega Rosso et Smilebit avec Amusement Vision. Mizuguchi quitte la société à la suite de la fusion d'UGA avec . Dans le domaine du sport, le studio Visual Concepts crée sur Dreamcast deux séries de jeux acclamées par la critique : les "NFL 2K" sur le football américain et les "NBA 2K" sur le basketball. La presse vidéo-ludique a salué NFL 2K comme étant un jeu exceptionnel pour le lancement d'une console, grâce à ses graphismes de haute qualité et ses "commentaires perspicaces, adaptés au contexte et, oui, même amusants", tandis que NFL 2K1 bénéficie d'un mode multijoueur en ligne révolutionnaire et ce avant son principal concurrent, la série des "Madden NFL" d'Electronic Arts (EA). "Madden" et "2K" continuent de rivaliser sur d'autres plates-formes tout au long de l'année 2004, la série des "2K" introduisant des innovations telles qu'une vue à la première personne totalement inédite dans ce genre de jeux, avant de sortir le jeu "ESPN NFL 2K5" au prix agressif de . Le duel vidéo-ludique entre les deux sociétés prend fin lorsque EA signe un accord d'exclusivité avec la National Football League, qui fait d'eux les seuls éditeurs à avoir le droit d'utiliser le terme "NFL" et les noms des équipes et joueurs officiels dans un jeu vidéo. Sega vend Visual Concepts pour de dollars en 2005 a l'éditeur Take-Two Interactive, qui continue la série des NBA 2K. Sur Dreamcast, Visual Concepts a également collaboré avec Hirokazu Yasuhara, le level designer de Sonic the Hedgehog, sur le jeu d'action-aventure "Floigan Bros." et a développé "Ooga Booga", un jeu d'action qui a connu un succès critique. Pour s'adresser au marché européen, Sega créé une filiale française, No Cliché, qui développe des jeux tels que "Toy Commander". Sega Europe fait également appel à Bizarre Creations pour développer le jeu de course "Metropolis Street Racer" (MSR), qui connait un succès critique. On trouve dans MSR des reconstitutions détaillées de Londres, Tokyo et San Francisco, avec des fuseaux horaires cohérents, des stations de radio fictives, et 262 pistes de course différentes. Même si Acclaim, SNK, Ubisoft, Midway, Activision, Infogrames et Capcom soutiennent la console au cours de sa première année, les développeurs tiers restent frileux en raison de l'échec de la Saturn et de la meilleure rentabilité des jeux sortant sur la PlayStation. L'attitude de Namco est révélatrice de ces réticenses : l'éditeur japonais décide de sortir "SoulCalibur" sur Dreamcast en raison de l'impopularité relative de la série "Soul" à l'époque; préférant réserver la franchise "Tekken", plus populaire, à la PlayStation et aux bornes d'arcades basées sur la Playstation. Malgré ces calculs, "SoulCalibur" est acclamé par la critique et les joueurs, et est souvent décrit comme étant l'un des meilleurs jeux de la console. Capcom produit un certain nombre de jeux de combat pour la Dreamcast, y compris la série des "Power Stone", ainsi que "" un épisode de la populaire série de survival horror "Resident Evil" qui est une exclusivité temporaire de la console. La Dreamcast est également connue pour plusieurs shoot 'em ups, notamment "Bangai-O" et "Ikaruga" de Treasure. En janvier 2000, trois mois après le lancement de la console en Amérique du Nord, le magazine "Electronic Gaming Monthly" fait l'éloge de sa ludothèque en déclarant: «... avec des trucs comme "Soul Calibur, NBA 2K," et bientôt "Crazy Taxi", nous pensons que vous êtes heureux d'avoir franchi le pas des 128-bit». Dans une rétrospective, Jeffrey L. Wilson de "PC Magazine" fait référence à la «ludothèque qui tue» de la Dreamcast et décrit l'influence créative et l'innovation visuelle de Sega comme étant à son apogée durant la période de la Dreamcast. L'équipe du magazine "Edge" est d'accord avec cette évaluation des jeux originaux développé pour la Dreamcast, et des conversions de jeux d'arcade de Sega, déclarant que la console «a livré les premiers jeux qui pouvaient être décrits de manière significative comme arcade-parfaits (comprendre : copie parfaite des jeux d'arcades originaux)». Blake Snow, un des rédacteurs du magazine "GamePro", considère que la ludothèque Dreamcast est "très louée (pour ses jeux)". Damien McFerran de "Retro Gamer" fait l'éloge des ports de jeux d'arcade NAOMI suir la Dreamcast, en déclarant: «Le plaisir de jouer à "Crazy Taxi" sur une borne d'arcade en sachant très bien qu'une conversion au pixel près (et non un portage bancal) est prévu sur la Dreamcast est une expérience dont les joueurs ne seront probablement plus témoins». Dans "Loading... The Journal of the Canadian Game Studies Association", Nick Montfort et Mia Consalvo ont écrit que «la Dreamcast a accueilli une quantité remarquable de jeux vidéo qui sont allés au-delà de l'étrange et de l'inhabituel et qui sont intéressants lorsqu'ils sont considérés comme avant-gardistes... il est difficile d'imaginer un jeu console (qui est un produit) commercial exprimant une forte résistance à la perspective d'être une marchandise et à la vision que la production de jeux est commerciale. Mais même lorsqu'il s'agit de résister à la commercialisation (: ici les auteurs font référence à la volonté de voir un jeu principalement, voire uniquement comme un produit commercial), on peut soutenir que les jeux Dreamcast sont plus proches de cette attitude que n'importe quel autre console de jeux vidéo.» Jeremy Parish de 1UP.com a fait un comparatif entre la production vidéoludique de Sega pour la Dreamcast, qui comprenait certains des «jeux les plus variés, créatifs et amusants que la société ait jamais produits», a celle, jugée plus fade, de cette même société depuis qu'elle est passée au statut d'éditeur tiers. Fahs a noté que «la vie de la Dreamcast fut éphémère, mais elle était saturée de titres mémorables, dont la plupart étaient des licences complètement nouvelles». Selon l'auteur Steven L. Kent, «De "Sonic Adventure" et "Shenmue" à "Space Channel 5" et "Seaman", la Dreamcast a donné et donné et donné et donné (des jeux mémorables).». Accueil sur le moment et avis "a posteriori". En décembre 1999, le magazine "Next Generation" donne à la Dreamcast une note de 4 étoiles sur 5 et déclare : « Si vous voulez la console la plus puissante disponible actuellement, présentant les meilleurs graphiques à un prix raisonnable, cette console est faite pour vous ». Cependant, lorsqu'il faut évaluer l'évolution de la Dreamcast dans les années à venir, le même magazine ne lui décerne que 3 étoiles sur 5, notant que Sony livrera un produit supérieur du point de vue hardware l'année suivante, la PlayStation 2, et que Nintendo a dit qu'il ferait de même avec la GameCube. Au début de l'année 2000, c'est au tour "d'Electronic Gaming Monthly" de noter la Dreamcast. La nouvelle console de Sega obtient des notes de 8,5 - 8,5 - 8,5 - 8,5 - 8,5 - 8,0 et sur 10 de la part des testeurs du magazine. En 2001, les notes des journalistes d"'Electronic Gaming Monthly" passent à 9,0 - 9,0 - 9,0 - 9,0 - 9,0 et 9,5 sur 10 pour la Dreamcast. De son côté "Businessweek", un magazine hebdomadaire américain spécialisé dans l'économie, considère que la Dreamcast est l'un des meilleurs produits de 1999. En 2009, IGN décerne à la Dreamcast le titre de plus grande console de jeu vidéo de tous les temps, une reconnaissance englobant aussi bien les innovations que les jeux de la console. Selon IGN, «La Dreamcast a été la première console à incorporer un modem intégré pour jouer en ligne, et bien que la mise en réseau n'ait pas eu l'éclat et le raffinement de ses successeurs, c'était la première fois que les utilisateurs pouvaient simplement allumer (une console) et jouer avec des utilisateurs du monde entier». En 2010, Jeffrey L. Wilson de "PC Magazine" considère que la Dreamcast est la plus grande console de jeu vidéo (de tous les temps), soulignant qu'elle est «partie trop tôt». En 2013, "Edge" désigne la Dreamcast comme étant la meilleure console des 20 dernières années, soulignant les innovations qu'elle a ajoutées au jeu vidéo sur console, y compris le chat vocal en jeu, les contenus téléchargeables et la technologie du second écran grâce à l'utilisation des VMU. "Edge" explique ses mauvaises performances en matière de ventes en déclarant: «La console de Sega était sans aucun doute en avance sur son temps, et elle a souffert à la vente pour cette raison... mais son influence se fait encore sentir aujourd'hui». Dans son ouvrage "1001 Video Games You Must Play Before You Die", Duncan Harris a écrit: «L'une des raisons pour lesquelles les joueurs plus âgés ont pleuré la perte de la Dreamcast est qu'elle marquait la fin de la culture du jeu d'arcade... La console de Sega donnait l'espoir que les choses n'étaient pas sur le point de changer pour le pire et que les principes du fun immédiat et des graphiques brillants et attrayants n'étaient pas sur le point de sombrer dans un marais brun et vert de jeux de guerre réaliste». Parish, qui est alors journaliste pour USGamer, a comparé la bibliothèque diversifiée de la Dreamcast avec le "sens étouffant du conservatisme" qui a imprégné l'industrie du jeu au cours de la décennie suivante. Alors que de plus en plus de fans de la Dreamcast la présentent «comme un petit JFK carré en plastique blanc», Dan Whitehead d'Eurogamer pense que la courte durée de vie du système «peut avoir scellé sa réputation d'être l'une des plus grandes consoles jamais vu» : «Rien ne construit mieux un culte qu'une mort tragique». Enfin, selon Travis Fahs d'IGN, «De nombreux fabricants de hardware sont venus et sont partis, mais il est peu probable qu'aucun d'entre eux soit sorti avec la moitié de la classe de Sega». |
Disc jockey Un (, ), ou (), ou platiniste en français, est un animateur qui sélectionne, diffuse et mixe de la musique à destination d'un public, que ce soit pour une émission radiophonique, dans une discothèque ou à l'occasion d'un événement spécifique. Définition. Dénomination. À l'origine, un "disc jockey" (DJ) est un animateur qui produit des effets sonores avec une platine (portant un disque 45 tours ou 33 tours). La dénomination s'est ensuite généralisée pour qualifier les musiciens des multiples courants de musique électronique, qu'ils soient créateurs originaux, joueurs interprètes, chanteurs ou conteurs accompagnateurs, arrangeurs pratiquant l'art du mixage et de l'enregistrement sur de multiples supports à codage analogique ou numérique. Fred Rister, qui a débuté dans les années 1970 en discothèque, explique que et ajoute qu'. Il précise qu'à ses débuts, il ne suffisait pas de passer des disques et qu' Origines du terme. Le terme original de DJ désigne la personne qui tient le microphone et intervient en direct sur la version instrumentale d'un disque (souvent en face B), dans les « "" » jamaïcains. Le deejay reggae est un artiste vocal au même titre que le chanteur. Son style vocal est un mélange de voix parlée, scandée et chantée et préfigure en cela celui du rappeur. Les deejays ont été reconnus à partir de la fin des années 1960 comme des artistes vocaux à part entière (avec des couplets et refrains complets chantés sur une version instrumentale) à égalité avec les chanteurs et sont devenus hégémoniques dans le reggae (aujourd'hui, à peu près 70 % des artistes vocaux du reggae sont des deejays), et le public a également vu l'apparition du "singjay" (mélange de style "deejay" et de chant pur) au cours des années 1970. Le DJ travaillant derrière les platines est quant à lui nommé « "" ». Le lien entre reggae et hip-hop s'est fait par l'intermédiaire de DJ Kool Herc, un Jamaïcain ayant émigré aux États-Unis et pionnier du hip-hop. Historique. Préambule. La fonction de disque jockey en France trouve ses origines grâce à deux facteurs déterminants du : la création des premières radios vers la Première Guerre mondiale qui se développent dans les années 1930, puis la création de discothèques. Ces futures discothèques sont au départ des « dancings » datant de l'Occupation où les orchestres de jazz, chassés par les Allemands, sont remplacés par du matériel de diffusion. Après la Guerre, les deux types d'endroits cohabitent : ceux diffusant des disques et d'autres recevant un orchestre, dont les bals. La commercialisation de disques se développe peu à peu. Plusieurs lieux ouvrent par la suite où, avec des disques et deux platines, les morceaux sont enchaînés les uns après les autres. Dans les années 1950, les dancings disparaissent peu à peu et sont remplacés par un mélange de bars, de restaurants ou de « clubs ». La musique y est de la responsabilité du « disquaire » qui ne s’appelle pas encore disc jockey. Appartenant « au monde de la nuit », le disquaire n'exerce pas un métier noble : il n'a pas de statut, reste mal payé et mal considéré, un employé anonyme au même titre que les serveurs ou barmans : son métier n'est pas encore reconnu car , même si déjà, le disquaire réalise parfois une performance et que certains essayent tant bien que mal de conserver le rythme dans leurs transitions, sans équipement réellement adapté. En parallèle, le métier se développe à la radio dans les années 1950, grâce à l'influence des États-Unis : la musique prend de plus en plus de place dans la programmation. Les premières radios pirates lors de la décennie suivante vont mettre en exergue le rôle du « disc jockey-animateur » jusqu'à influencer les grandes radios nationales. Ceux-ci ne cherchent pas à enchainer les morceaux au rythme, ils annoncent et parlent durant la phase d'introduction de chaque morceau. Les premiers jingles radiophoniques sont utilisés. Dans les années 1960, ces hommes de radio vont influencer les disquaires des discothèques jusque là muets. Dans les années qui vont suivre, deux types de disquaires vont cohabiter suivant les lieux : celui, technique, qui va enchaîner les disques en parlant rarement au micro et le second, plus centré sur l'animation. Mais progressivement, les simples enchaînements de titres deviennent un ensemble cohérent qui accompagne les danseurs. C'est de l'autre côté de La Manche, en Angleterre, que le métier devient un peu reconnu vers la fin des années 1960 à l'époque du , dans quelques boites branchées de la capitale britannique. Pourtant, à l'aube de la décennie suivante, la fonction reste encore à l'état de balbutiements. Le disquaire est parfois relégué dans une cabine sans prise directe avec les danseurs. Mais les choses changent sensiblement dès le milieu des années 1970 avec certains tels Guy Cuevas ou Yannick Chevalier plus largement reconnus en France. Des écoles, des salons voient le jour ainsi que des magazines, beaucoup de discothèques s'équipent de . Le « disquaire » devient « disc jockey ». Du disco au hip-hop. À la fin des années 1970, un ensemble de facteurs tant musicaux que sociaux et techniques (évolution du rock vers un style moins dansant, développement d'une musique soul plus dansante, amélioration des sound systems, libération des mœurs, besoin de reconnaissance de certaines minorités) aboutissent au développement aux États-Unis d'un mode de sortie et d'un style de musique qui sera finalement nommé disco. Les discothèques se multiplient et le métier de DJ évolue alors dans les lieux de sorties avec musique (bars, clubs). Le DJ sera au centre de mouvement jusqu'au moment où, à la fin des années 1970, les maisons de disques et l'évolution de la société se chargent soit d'exploiter le filon disco puis de le rejeter une fois épuisé, soit de juger ce genre vide et décadent. Cependant, dans des clubs des quartiers noirs de New York où se joue et évolue le disco, des DJs observent les danseurs et constatent que certains d'entre eux se déchaînent en solo quand le titre marque un break. De ce constat naît la breakdance qui donnera naissance au hip-hop, dont l'idée vient de personnalités comme DJ Kool Herc qui, en enchaînant les breaks de plusieurs morceaux, parvenait à prolonger la durée des coupures rythmiques. Avant que puisse être dupliquée par enregistrement cette répétition, la technicité demandée au DJ pour effectuer cet exercice s'est accrue. Progressivement, avec des artistes comme Grandmaster Flash, le deejaying prend alors un nouveau sens qui exprime l'idée que le DJ produit du son à partir d'un instrument, le disque, grâce à tout un ensemble de techniques nouvelles qui nécessitent une dextérité extrême. Le DJ passe ainsi du rôle de sélectionneur à celui d'artiste. Arrivés aux années 1980, le domaine est maintenant une fonction effectuée par des professionnels, avec chacun leur style artistique, mais pour la grande majorité anonymes ; l'héritage des quelques DJ stars du disco, dont les habitués citent les noms, ne suffisant pas à en faire des personnes reconnues. La libéralisation des radios en France change la donne : en quelques années, le pouvoir que prennent ces radios imposent la programmation dans les discothèques ; le disc jockey conserve alors moins de liberté sur ses choix et les hit-parades marquent leur hégémonie. La France compte, vers cette époque, environ disc jockeys dont un bon tiers non déclarés, le métier n'ayant toujours pas de réelle existence administrative. Outre quelque noms sortants du lot, pour une majeure partie de DJ cela consiste toujours à animer et diffuser, la fonction reste sans reconnaissance ni considération. Lorsque la house arrive en France, les DJ sont pour la plupart timides avec ce style musical. Il faut attendre la déferlante de la French touch pour qu'enfin surgisse une génération de disc-jockeys-musiciens créant leurs propres compositions, entrainant dans leur sillage et leur succès tout les DJ français, même les plus underground. La technique de mixage elle aussi évolue, où le simple enchainement de titres laisse place au turntablism alors que jusqu'ici la plupart des titres sont enchainés avec . Émergence du "turntablism". Kool Herc est crédité comme le premier DJ qui mixe deux disques réglés sur le même BPM, faisant ainsi une transition appelée de nos jours calage tempo. Par la suite, cette pratique se développe dans le Bronx notamment grâce à la culture "Zulu Nation" du milieu des années 1970. Au début des années 1980 vient ensuite le scratch, inventé par Grand Wizzard Theodore. Cette manipulation révolutionnaire du disque est largement popularisée en 1983 par Grand Mixer DXT et Herbie Hancock dans le titre "Rockit". Après 10 ans d'amélioration des techniques de scratch, le terme de "Turntablism" est finalement proposé par DJ Babu en 1995 pour décrire cette pratique. Déferlante techno. Jusque là le plus souvent exclusifs à un lieu, les disc jockeys avec un peu de notoriété deviennent de plus en plus indépendants, changeant de discothèque et de pays, ce qu'Erik Rug appelle l'.|group=alpha}}. Le nom de certains apparaît sur les flyers, marque de reconnaissance encore rare au début des années 1990. Après le déclin des raves au milieu des la décennie, une grande majorité de clubs et de disc jockeys se sont convertis à la musique électronique. Fonctions. Animateur. Dans des bars et dans les fêtes techno ou les "rave parties". Il peut simplement enchaîner les morceaux de musique les uns après les autres en fonction des envies des auditeurs. Il peut aussi modifier ou superposer deux musiques, ou une musique et une version a cappella, et faire preuve de créativité et d'ingéniosité, voire utiliser des équipements spéciaux ou des ordinateurs pour refondre entièrement le morceau utilisé. Dans le milieu du « DJing », cette technique est connue sous le nom de « ' » ou encore de « ' » ou « "" ». L'animateur DJ de soirée privée comme le mariage ne peut pas être considéré comme un artiste du spectacle. Par contre, depuis fin 2015, le DJ ayant une activité en discothèque est considéré comme un grâce à une loi votée par les députés français. Il peut à ce titre prétendre au statut d'intermittent du spectacle pour autant que le lieu qui le reçoit cotise en conséquence. Musicien. Depuis, le rôle du disc-jockey a pris de l'ampleur dans les musiques populaires récentes. Il est parfois reconnu comme un musicien à part entière. Le DJ peut parfois produire une œuvre originale à partir de matériaux musicaux existants, soit qu'il joue un rôle de découvreur de titres passés inaperçus ou tombés dans l'oubli, soit qu'il combine avec talent des œuvres mineures. Il se réapproprie alors le travail d'autres musiciens, exploitant un matériau sonore qu'il n'a pas lui-même créé. Cependant, le juste mélange des musiques diffusées, leur arrangement en live demandent une certaine créativité, et peut donc être considéré comme un art, qui diffère un peu de celui des musiciens. DJ star. Certaines têtes d'affiches, particulièrement en EDM, sont devenues de véritables vedettes, à l'instar de David Guetta, Tiësto ou Avicii par exemple. , annonce Alesso. Les salaires se mettent alors en adéquation avec leur statut : ils . D'après les études du magazine "Forbes", une douzaine de DJs gagnent plus de quinze millions de dollars dans l'année : les quinze premiers DJs mondiaux représentent à eux seuls de dollars de chiffre d'affaires en 2014 puis plus de 300 millions l'année suivante, sachant que le chiffre global estimé du domaine de l'EDM atteint six à sept milliards de dollars dont plus de 400 millions d'euros rien qu'en France d'après la Sacem. Selon ce même magazine économique, les gains de Calvin Harris se montent alors à plusieurs dizaines de millions de dollars, comprenant, outre ces prestations scéniques, son travail de production ou les revenus de ses labels et droits d'auteur, et ce, quatre ans de suite. , précise Martin Garrix qui est passé en peu d'années d'un salaire individuel à quatre chiffres pour six chiffres, rémunérant aussi une importante équipe technique derrière lui ; mais cela ne profite guère aux majors du disque, reléguées en fin de peloton en ce qui concerne l'influence ou les gains financiers. Cette course aux enchères des cachets peut aller jusqu'à des contrats annuel de plusieurs dizaines de millions pour certains DJ résidents de Las Vegas ; la Chine ou Dubaï suivent cette escalade. Si la transition du marché de l'electro, des discothèques aux festivals relayés mondialement, a évolué en une quinzaine d'années, c'est David Guetta qui reste considéré comme l'élément clef avec sa production avec Fred Rister "I Gotta Feeling" en 2009 faisant rapidement décoller l'electro aux États-Unis. Jusque là, précise le rédacteur en chef de "DJ Mag" et ajoute . En parallèle, Internet a changé la donne par la diffusion globale de vidéos ; , les grands événements, rentables, se multiplient sur un modèle unique : l'Ultra, Tomorrowland ou l'Electric Daisy Carnival se déclinent à travers la planète, avec globalement une programmation identique. Résultat, cette uniformisation savamment marketée laisse les disc-jockeys acquérir un succès plus seulement national, mais bien mondial. Une réciprocité s’établit alors entre la réputation des grands festivals et la renommée de l'artiste, chacun ayant besoin de l'autre pour obtenir revenus et reconnaissance du public. Le vedettariat de la profession et l'inflation des festivals oblige les discothèques à se renouveler et à s'agrandir. Mais cette starisation coûteuse, combinée à l'industrialisation de cette culture musicale, font disparaître ces mêmes disc-jockeys des clubs dont ils sont pourtant issus. De plus, David Guetta précise que la fonction de DJ reste également de faire connaître des nouveautés, mais . En définitive, cet avènement d'une frange de disc-jockey entraîne comme conséquence de renforcer une scène underground, plus accessible, dans le domaine de la dance : , commente l'artiste français. Pratiques musicales courantes. Les disques sont enchaînés de plusieurs façons : Certains musiciens se disent également DJs du fait qu'ils utilisent les mêmes outils, bien que ce ne soit pas dans le but d'enchaîner des morceaux, mais bien d'en créer de nouveaux à partir d'éléments de plusieurs supports musicaux selon le principe des boucles et du "sampling". Le "DJ-ing" ne se fait pas toujours en direct, ni face à un public. Par exemple, certains DJs utilisent des logiciels comme Cubase, FL Studio, ou Reason pour créer leur propres "tracks". Certaines maisons de disques ne publient rien d'autre que les réalisations en studio de DJ. Il existe aussi un championnat du monde des DJs, qui se rencontrent dans différents types de catégories. Le concept du DJ-ing s'applique également à la vidéo. Le « VJ » ("visual jockey" ou "vidéo jockey") enchaîne et superpose des images fixes et animées qui peuvent être projetées sur écran à l'occasion de soirées ou de concerts, mais également, sur les chaînes télévisées musicales. Le terme a d'ailleurs été élargi au simple présentateur d'émissions de telles chaînes du fait qu'il est censé choisir les clips vidéo qui passent. De la même manière, il est question de KJ ("karajockey") pour les animateurs de karaoké. Support musical et DJing. Si, historiquement, le vinyle a été le premier support des DJ (par le scratch), . La raison de cette résistance est l'absence de platine CD à vitesse réglable au départ, condition nécessaire pour mixer en discothèque. De ce fait, durant plusieurs années, la Technics 1200 MKII est devenue puis restée la platine vinyle la plus répandue dans les clubs. Dans les années 2010, certains labels sortent les nouveautés sous le format vinyle, à destination des DJ qui diffusent ainsi ces morceaux et permettent d'évaluer leur potentiel. Le pressage en plus grand nombre peut alors suivre, et selon le succès du morceau, le public pourra ensuite le trouver dans des compilations CD ou sur les albums des artistes correspondants. Cependant, à l'exception de la scène underground, de moins en moins de disc-jockeys mixent sur vinyles, ce format étant supplanté par le format numérique pour des raisons de gain de place (ainsi, Laurent Garnier a pu dire ), d'ergonomie et de possibilités de création. L'utilisation combinée du format MP3 (ou d'autres plus performants) et des ordinateurs a ainsi révolutionné le monde du DJing : Le contrôle d'un logiciel prend maintenant un intérêt de plus en plus important pour des DJs pros, grâce à l'apparition de contrôleurs de qualité ou de systèmes comme le Vinyl timecodé. Cela dit, il est généralement plus aisé d'effectuer des transitions de type Calage tempo sur ces programmes, qui disposent souvent d'une fonction de synchronisation automatique des morceaux à caler, ainsi que l'affichage du BPM. Risques pour la santé. Du fait de leur profession ou spécialité, et parce qu'ils sont souvent exposés à des intensités sonores élevées, de nombreux disc jockeys courent le risque de développer une surdité ou une de perte d'audition ; et s'ils sont, en outre, chroniquement exposés aux infrasons à forte intensité, et plus généralement aux basses-fréquences à haute intensité (≤ 500 Hz, soit à des longueurs d'onde pour certaines totalement inaudibles et contre lesquelles les protections auditives sont sans efficacité), ils sont alors aussi exposés à un syndrome dit "maladie d’origine vibroacoustique" (ou maladie vibroacoustique), principalement caractérisée par un épaississement du péricarde. Selon Alves-Pereira & Branco, les deux spécialistes de ce syndrome, il est possible d'empêcher l'évolution de la maladie vers des stades cliniquement graves ou mortels à condition de détecter la maladie précocement, ce qui implique un échocardiogramme chaque année, ainsi qu'un suivi médical par des médecins du travail bien informés travaillant avec la participation active du patient. Vocabulaire. En , la commission générale de terminologie et de néologie française a proposé de traduire en français les termes « deejay (DJ) » et « disc jockey (DJ) » sous l'appellation "platiniste". Cette proposition a reçu l'accord de l'Académie française et le nouveau terme a été publié au "Journal officiel" le 16 octobre 2011. Le vocabulaire du DJ comprend un certain nombre de termes techniques : |
Do it yourself (, anglicisme, en français « faites-le vous-même », « faites-le par vous-même », « fait maison », voire « fait à la main » au Québec) comprend à la fois des activités visant à créer ou réparer des objets de la vie courante, technologiques ("hacking"), ou artistiques, généralement de façon artisanale (bricolage), et un mouvement culturel, notamment musical. Histoire. Au début du paraissaient en Amérique du Nord des revues sur le sujet de niche qu'était le "DIY". Des magazines tels ' (fondé en 1902) et ' (fondé en 1928) permettaient au lecteur de maintenir à jour ses compétences pratiques et sa connaissance des techniques, outils et matériaux. De nombreux lecteurs habitant alors en milieu rural ou semi-urbain, le contenu publié était initialement surtout lié à leurs besoins à la ferme ou au village. Dans les années 1970, le "DIY" se répandit auprès de la population nord-américaine d'étudiants et de jeunes diplômés. Le mouvement touchait notamment à la rénovation de maisons délabrées et abordables, et plus généralement à une grande variété de projets exprimant la vision sociale et environnementale des années 1960 et début 1970. Le jeune et visionnaire Stewart Brand, aidé de sa famille et de ses amis, publia en 1968 la première édition du "" (sous-titré "Accéder aux outils"), à la composition et à la mise en page rudimentaires. Le catalogue resta comme une des premières formes contemporaines du mouvement. En 2007, la croissance des ressources de "DIY" en ligne est en forte progression et le nombre de blogs personnels à propos d'expériences personnelles ne cesse de croître, de même que les sites web "DIY" d'organisations. Philosophie ". On peut associer la formule au bricolage ou à la débrouillardise (le DIY anglais s'apparentant ainsi au « système D » français, la lettre « d » signifiant « débrouille »), mais elle ne s'arrête pas là. Différents domaines s'apparentent à la philosophie du « faites-le vous-même », tels : Engagement politique. Au-delà d'une simple volonté de récupération, pour certains le mouvement " (il ne s'agit pas d'un mouvement constitué) se voit comme une autre voie politique en opposition au monde d'ultra-consommation dans lequel il baigne. Ses membres peuvent ainsi être liés à l'autogestion, à l'anarchisme, ou aux mouvements squat et punk. Le besoin de créer, d'avoir une certaine indépendance par rapport à l'industrie et aux grands groupes commerciaux, de retrouver un savoir-faire abandonné, les pousse à trouver des solutions pour faire le maximum de choses par eux-mêmes, en opposition à la marchandisation dominante, tout en recherchant la gratuité ou les prix faibles. Les survivalistes ainsi que les populations défavorisées du monde entier sont aussi adeptes du DIY, dont certains sont engagés politiquement et d'autres non. Dans la culture punk. Le DIY comme sous-culture a sans doute commencé avec le mouvement punk des . Cependant, la débrouille, le bricolage, les activités pour enfants, existaient avant le mouvement punk DIY. Dans la culture punk, l'éthique DIY est liée à la vision punk anti-consumériste ; c'est un rejet de la nécessité d'acheter des objets ou d'utiliser des systèmes ou des procédés existants. C'est également une réaction à l'échec politique, économique et social des Trente Glorieuses qui n'ont pas tenu leurs promesses et laissé dans la précarité toute une partie de la population. Cette éthique a notamment été véhiculée par le slogan (« Fais-le toi-même ou meurs ») qui exprime l'idée de s'en sortir par soi-même sans rien attendre d'autrui. En musique, les groupes punk émergents produisent souvent des spectacles dans les sous-sol des habitations, plutôt que sur des scènes traditionnelles, pour éviter le mécénat d'entreprise ou pour assurer la liberté de la performance. Partant, alors que de nombreuses salles ont tendance à fuir la musique expérimentale, les maisons ou leurs caves sont souvent les seuls endroits où ces groupes peuvent jouer. L' est alors réellement "" (« souterrain »), et pourtant les salles de spectacle dans les caves gagnent en renommée dans les grandes villes. Les adhérents de l'éthique punk DIY peuvent également travailler collectivement. Par exemple, le CD (une compagnie musicale de promotion de concert) de l'imprésario punk David Ferguson permet une production de concerts DIY et l'octroi d'un studio d'enregistrement ainsi que l'accès à un réseau de maisons de disques. L'éthique punk DIY s'applique également à la vie quotidienne, par exemple dans l'apprentissage de réparation de vélos plutôt que le recours à l'atelier, la couture (réparation/modification des vêtements plutôt que l'achat de nouveaux), la culture de jardins potagers, la récupération de produits réutilisables dans les poubelles. Certains enseignants ont recours à des techniques d'enseignement de bricolage, parfois appelé Edupunk. De ce fait, le mouvement DIY est une approche concrète et une mise en pratique de l'écologie et de l'anticapitalisme, par l'anti-consumérisme. Bijoux de fantaisie DIY. Face à la grande différence entre la valeur marchande des matériaux utilisés et le prix de vente du bijou final, de nombreuses boutiques, notamment sur Internet, vendent aujourd'hui les éléments nécessaires à la fabrication maison de bijoux fantaisie. Leurs produits se résument de manière générale aux apprêts (fermoirs, estampes), fils (en métal ou en laine) et différentes sortes de perles en (plastique, pâte Fimo, verre, pierres semi-précieuses). Un grand nombre de blogs et tutoriels vidéos sont disponibles sur Internet, permettant ainsi aux novices de fabriquer eux-mêmes leur bijoux. Les clients des boutiques DIY sont en général motivés par la possibilité de création d'un bijou unique, mais aussi par la possibilité de concevoir des bijoux à partir d'éléments recyclés. L'intérêt économique entre également en compte. Musique DIY. Les groupes de musique DIY tentent de faire tout eux-mêmes, depuis la production de l'album jusqu'aux concerts, en passant par les actions de communication. Ce choix de production reflète avant tout une volonté de marquer son indépendance face aux grandes maisons et à l'industrie du disque en général : rendu possible par le développement de l'informatique grand public, ce type de production connaît un véritable essor ces dernières années, particulièrement dans la musique électronique. En contrôlant l'intégralité de la chaîne de production et de distribution, ces groupes musicaux tentent d'inventer une nouvelle conception de la relation entre les artistes et le public, sans aucune forme d'intermédiaire. Plus qu'une simple forme de communication, le DIY permet un contrôle total sur la production finale qui n'est influencée par personne d'autre que les artistes eux-mêmes. Ceci peut aussi bien être analysé d'un point de vue positif, la production finale étant plus personnelle qu'une production industrielle, que négatif, cette production étant par nature même une production non-professionnelle, terme ayant tendance à avoir une connotation négative. Cette opposition « DIY "vs" industrie » suscite d'ailleurs de vifs débats entre les deux camps : les majors ne cessent d'assurer que les maisons de disques ont un rôle déterminant à jouer dans la production de musique enregistrée, quand certains artistes très en vue défendent le modèle d'auto-production (Radiohead, Trent Reznor et Bérurier Noir, par exemple). De nombreux termes sont utilisés pour qualifier les groupes de musique DIY (autoproduction, "…) et l'on retrouve cette opposition avec le mode de production industriel dans les termes de « musique indépendante », « musique libre », ou encore « artisanat musical ». Design DIY. En 1974, Enzo Mari présente sa " à la . Le designer fournit des plans permettant au consommateur de fabriquer du mobilier à partir de matériaux courants, principalement des planches, à assembler selon un petit guide disponible à la demande. Derrière son projet, une démarche artistique engagée et généreuse : proposer une nouvelle relation entre le créateur et l’acheteur. Enzo Mari a à l’esprit la démocratisation de la création et affirme : . Les mouvements que sont le ', l" et le design de partage puisent largement dans son travail. Composer avec des éléments manufacturés, s’inspirer des objets du quotidien et les détourner, offrir à un large public les ressources pour fabriquer du mobilier de qualité, sont autant d’initiatives qui s’inscrivent dans sa démarche. Aujourd'hui, cette pratique de partage devient plus courante, favorisée par Internet, mais aussi par l'édition classique. Le projet « Bricoler chic et design », lancé par Le Grand appartement dans la continuité du livre "Lumière !" en est le prolongement dans le domaine du design de luminaire. |
Dubplate Définition générale. Un dubplate désigne un disque microsillon en acétate très fragile gravé en un seul exemplaire, créé à l'origine pour faire les 2 moules matricielles du futur disque, ceux des Faces "A" et "B", qui permettront de presser des disques vinyles par la suite.Le format du dubplate (33t - 45t ) dépend de la production prévue. Pourtant il ne fut pas juste utilisé pour créer des disques vinyles, différents label en produisirent pour les distribuer aux radios et aux sound system afin d'évaluer les réactions du public en vue d'une production commerciale ultérieure. Ce procédé promotionnel a encore lieu de nos jours bien que les formats numériques aient remplacé les formats analogiques. Le dubplate est également utilisé par les sounds systems et les DJ pour créer des productions musicales ou des remixes qui leur sont propres afin de développer leurs identités musicales et d'accroitre leurs notoriétés via une promotion musicale de qualité. Comme les radios, les sounds systems et DJ de nos jours pressent rarement leurs dubplates sur acétate, préférant le format numérique plus pratique d'utilisation. Sens actuel. On assimile aujourd'hui le dubplate au special à une production musicale exclusive pour un sound system ou un D.J et sur lequel un artiste (chanteur ou deejay) modifie les paroles d'une de ses compositions pour en faire un hommage au sound-system qui le lui a commandé (on parle aussi de VIP mix, spécialement dans la musique électronique actuelle). Histoire des dubplates et des specials. Apparition des dubplates. À l'origine, à la fin des années 1950, la "dubplate" désigne un disque promotionnel que les producteurs envoient aux sound-systems pour mesurer leur popularité avant un éventuel pressage en 45 tours. Si la réaction du public est bonne, le morceau est ensuite normalement pressé. Alors que l'industrie musicale jamaïcaine est balbutiante, presser un 45 tours qui ne rencontrerait aucun succès est un risque énorme que les producteurs cherchent à minimiser en ayant recours aux dubplates. Mais l'engouement immédiat des Jamaïcains pour leur musique locale induit un développement rapide de l'industrie musicale jamaïcaine et le risque d'échec étant nettement réduit, on presse désormais directement les 45 tours sans passer par le stade des "dubplates". Innovation et exclusivité. Les "dubplates" ne disparaissent pas pour autant et deviennent même un instrument majeur dans l'évolution de la musique jamaïcaine. Pour les producteurs, ils permettent de prendre la température des sounds et d'observer presque instantanément la réaction du public aux dernières innovations qu'ils apportent. Si cette réaction est bonne, les producteurs sont confirmés dans l'orientation musicale qu'ils ont prise. Pour les sound-systems et leurs propriétaires, le "dubplate" est un moyen de se distinguer de leurs concurrents de par son caractère exclusif : on se rend chez "Downbeat" (sound-system de Studio One) plutôt que chez un autre car lui seul peut passer avant tout le monde les derniers morceaux en version "dubplate" des Heptones ou des Wailers. Un accord implicite se noue entre labels et producteurs : les "dubplates" servent à faire la promotion de morceaux avant leur sortie et de tester des innovations avant que le processus ne soit tout à fait enclenché, et à attirer le plus de monde possible dans un sound-system. Naissance du dub. C'est d'ailleurs au cours de la gravure d'un "dubplate" que le dub est créé en 1967 : l'opérateur oublie de connecter la piste vocale et seule la rythmique nue est gravée. Mais la réaction du public face à ce qui n'est finalement qu'une version accidentellement instrumentale est telle qu'elle convainc les producteurs de généraliser les versions instrumentales, qui servent ensuite à combler les faces B de 45 tours, puis, avec l'inventivité de Lee Perry ou King Tubby (dont les premières expérimentations surviennent en gravant des "dubplates" à la fin des années 1960), se retrouvent bardées d'effets sonores pour devenir le dub que l'on connaît depuis les années 1970. Du dubplate au special. Au début des années 1980, apparaît la mode non-démentie jusqu'à aujourd'hui des "specials" (voir définition). Le special n'a plus le caractère de disque promotionnel du dubplate initial. En revanche, il va encore plus loin dans le principe de l'exclusivité, puisque désormais, le morceau est enregistré directement et exclusivement pour le sound-system, sans intervention du producteur. Un artiste y parodie voire y plagie donc un de ses tubes en forme d'hommage plus ou moins glorificateur et guerrier à un sound-system (les dubplates peuvent également consister en un pot-pourri par l'artiste de ses tubes). Dans les "dubplates" qu'il signe, le chanteur Johnny Osbourne transforme ainsi généralement son "I don't want no ice-cream love 'cause it's too cold for me" en "I don't want no ice-cream sound 'cause it's too soft for me". Ce qui compte, ce n'est évidemment pas la qualité du son ni la performance artistique : les sound-systems n'ont pas les moyens d'enregistrement des grands labels et les "specials" sont enregistrés à la va-vite. Ce n'est même pas la nouveauté puisque l'artiste ne crée pas des paroles totalement nouvelles ni une nouvelle mélodie et les "dubplates" sont d'ailleurs plus souvent réalisés sur des riddims classiques déjà éprouvés et connus de tous, que sur la rythmique originale du morceau (sauf si celle-ci est un classique). Par ailleurs, il faut rendre immédiatement identifiable le "dubplate" : par l'utilisation d'un riddim classique et la parodie d'un morceau déjà existant, le public saisit instantanément le caractère exclusif du "dubplate". D'autant plus que celui-ci comprend généralement le nom du sound voire de ses membres. Cette dernière pratique s'est estompée depuis que les résidents des sound-systems ont pris l'habitude de quitter leur sound pour être "transféré" dans un autre ou pour fonder le leur : après leur départ, le sound ne peut plus passer un "dubplate" dans lequel est cité le nom d'un ex-membre désormais concurrent ! Plus l'artiste est coté, plus le "dubplate" a de la valeur (valeur décuplée si l'artiste est décédé ou "retraité"). Des rumeurs de "specials" de Bob Marley ont fréquemment circulé dans le milieu reggae, mais leur existence paraît assez improbable vu que la mode des specials est postérieure à la mort du chanteur. Les "specials" sont principalement utilisés lors de clashs (joutes par vinyles interposés) entre différents sound systems. Les grands sound-systems réalisent d'ailleurs parfois des "specials" exclusivement destinés à un clash précis dans lesquels le nom du sound concurrent est mentionné et discrédité (on parle de "nominatifs"). |
Duke Reid Arthur "Duke" Reid, surnommé Trojan, né en 1915 dans la Paroisse de Portland (Jamaïque) et mort en 1975, est un producteur de musique jamaïcain. D'abord propriétaire du plus populaire sound system de Kingston, le "Trojan" (en 1956, 1957 et 1958, il est même sacré roi du sound & blues par le public), il monte un studio d'enregistrement à l'étage de son magasin de vins et spiritueux en 1965, puis fonde les labels Treasure Isle et Trojan. Il était aussi le rival historique de Coxsone. Biographie. Duke Reid va participer activement à l’émancipation et au développement de la musique yardie. Tout d’abord amateur de Calypso, rhythm and blues, et de jump blues, il se tourne ensuite vers le ska et le reggae. Au début des années 1950, il devient DJ pour une radio locale, et anime un programme qu’il nomme « Treasure Island Time » du nom d’un magasin d’alcool acheté avec sa femme : « Treasure Isle Liquor store ». Il lance aussi une affaire de "sound system" mobile, en déplaçant son matériel et ses disques à l'aide d'un pick-up « Trojan », d'où lui vient son surnom. Il est aussi et surtout, un des premiers opérateurs de "sound system" de l’île, avec Tom the great Sebastian et Coxsone Dodd. Les "sound systems", ou « maison de la joie » comme on les surnomme en Jamaïque, sont des espèces de discothèques mobiles, composées d’une quarantaine d’amplis environ, et qui représentent pour le peuple jamaïcain le principal moyen d’accès à la musique. Bien que peu nombreux, la compétition entre les "sounds systems" fait rage, ils s’affrontent sur les « longs » (pelouses) et c’est alors l’originalité du son et le talent des DJ qui font la différence. Le Duke se démarque notamment par ses performances scéniques souvent spectaculaires, la qualité de ses riddims et de ses Dj : Cuttins et Cliffie. Ce qui ne l’empêche pas à l’occasion d’utiliser la violence pour briser les oppositions. Ancien policier, il inspire le respect de tous, d'autant plus qu'il ne sort jamais sans une arme et une ceinture de munitions, voire une grenade ou une machette en tant qu'accessoires. De plus, il emploie des vieilles connaissances et des voyous (« dancehall crashers ») pour saboter le matériel des "sounds systems" concurrents et provoquer des bagarres chez eux, dans le but d'attirer des danseurs par la bonne ambiance de son sound. Duke Reid est en quelque sorte le précurseur d'un comportement « gangsta » dans la musique jamaïcaine. Sa rivalité avec Coxsone augmentant, il multiplia ses voyages aux États-Unis pour dénicher d'obscurs vinyles R&B ou des pistes instrumentales de saxophone. L'exclusivité devenant un critère de plus en plus important pour garantir le succès d'un sound system, Reid et Coxsone rayaient les noms des artistes et des labels sur leurs disques, et les renommaient pour protéger leurs vraies identités. Une anecdote célèbre est que Reid s'est risqué à passer une chanson portant la signature de Coxsone, ce qui entama un « battle » entre Duke Reid et un Coxsone choqué et consterné. Reid était souvent accusé de tactiques peu scrupuleuses à cause, entre autres, de son recours aux « dancehall crashers », des voyous dont le rôle consistait à saboter le matériel hi-fi des sound-systems rivaux et de provoquer des bagarres. Il remporta le "Jamaica's top sound-system battle" trois années consécutives, de 1956 à 1958. Fin des années 1950, il produit du Calypso sur son label « Trojan » ; en 1959, il construit son propre studio d'enregistrement, qu'il baptise logiquement Treasure Isle et forme un groupe de studio, le "Duke Reid Band", auquel participent ponctuellement Rico Rodriguez, Don Drummond, Roland Alphonso, Johnny Moore et Ernest Ranglin. Il enregistre un grand nombre de chansons destinées à déchainer les foules lors des soirées organisées à l'aide de son Sound System. Après quelques mois et devant la demande du public Duke Reid commence à commercialiser certains morceaux en les pressant au format 45 tours en petite quantité (500 exemplaires environ). Devant le succès populaire, Duke Reid se lance dans le commerce de l'édition de disques. De 1962 à 1965, les labels de Reid - Treasure Isle en premier - sortent de nombreux hits ska des Skatalites, Stranger Cole, the Techniques, Justin Hinds & the Dominoes... Cependant, c'est avec l'arrivée en 1966 d'Alton Ellis et du rocksteady, plus lent que le ska, que Duke Reid devance Studio One et Coxsone dans la course à la renommée. L'apogée du rocksteady (1966-1968) fut très fertile pour les productions de Reid, avec Alton Ellis, Phyllis Dillon, the Melodians, the Paragons, the Ethiopians, the Jamaicans et bien d'autres. La plupart d'entre eux étaient entourés du nouveau "house band" de Reid, Tommy McCook & the Supersonics, menés par l'ancien saxophoniste des Skatalites. Dans une interview pour Kool 97 FM, Jackie Jackson avec Paul Douglas et Radcliffe "Dougie" Bryan ont été interrogés sur les nombreux enregistrements qu'ils ont fait ensemble comme la section rythmique pour Treasure Isle Records. Ils ont été interviewés sur leur travail avec Sonia Pottinger et Duke Reid. Avec la fin du "rocksteady" et l'avènement du "roots reggae" à tendance rasta, Reid se trouva face à un dilemme, cette nouvelle musique n'étant pas de son goût, particulièrement les paroles relatant des revendications sociales. Cette position fit petit à petit de lui un personnage de la « vieille garde », passé de mode. Bien qu'ayant été un des plus grands producteurs jamaïcains, il n'hésitait pas à refuser d'enregistrer des chansons rastas, en répliquant « je suis moi-même Babylone, j'ai été flic, c'est de moi que tu parles, pas de rasta-song ici ». Heureusement, il y avait une autre mode à l'époque qui fleurissait dans les "dancehalls" : les DJ commençaient à insérer leurs propres rythmes, jouant avec les rimes, et commençaient véritablement à « chatter » et à « toaster » sur des mélodies populaires. Le leader des Paragons, John Holt, présenta le pionnier du genre, U Roy à Duke Reid en 1970, qui décida très vite de l'enregistrer, et insiste sur l'idée de rajouter simplement des voix sur les enregistrements "Treasure Isle" existants. Les résultats ont été époustouflants de popularité. Quatre singles de U Roy sont apparus dans le Top5 jamaicain d'un seul coup. Reid continue d'enregistrer U Roy jusqu'au début des années 1970, et sortit également des disques d'autres jeunes DJs, comme Dennis Alcapone. Il tombe gravement malade en 1974, et finit par s’éteindre en 1975 à l’âge de 60 ans. Les collections, productions estampillées Trojan, Treasure Isle, etc. forment une œuvre tout simplement faramineuse. |
Don Drummond Don Drummond est né le à Kingston, Jamaïque, dans le quartier de Trenchtown. Il est mort le à Kingston. C'est un tromboniste et compositeur jamaïcain issu du jazz, il restera une des plus grandes légendes du ska et de la musique jamaïcaine pour son œuvre individuelle ainsi que pour sa carrière au sein des Skatalites, groupe mythique formé en 1963. Biographie. Don Drummond était parmi les figures les plus représentatives du ska et un des membres fondateurs des Skatalites. Il fut le compositeur le plus prolifique dans son genre, avec près de 300 titres sous son nom. Même avant la naissance du ska, Drummond était déjà considéré comme une légende jamaïcaine pour ses prouesses en jazz et en tant que professeur des jeunes orphelins de l'Alpha Boys School de Kingston. C'est d'abord en tant qu'élève qu'il fréquente cet établissement sous la direction de Rupert Anderson. La tradition veut que les anciens pensionnaires deviennent par la suite professeurs. Il enseigne alors à Rico Rodriguez, Vernon Muller, Joe Harriott et Vincent Gordon. Don Drummond intègre par la suite les orchestres locaux tel que le Colony Club Orchestra d'Eric Dean ou le Tony Brown Orchestra. Aimant le jazz, il forme un groupe, le Don Drummond Four et est élu meilleur tromboniste de l'année 1954. Clement Dodd le repère lors d'un de ses shows et l'embauche dans ses groupes de studio (les Blues Blasters, The City Slickers ou le Studio One Orchestra), où officient plusieurs futurs Skatalites. Sa carrière de studio commence en 1956, il a principalement enregistré des "specials" (enregistrements originaux et exclusivement pour sound system). En 1959, cependant, ces specials ont commencé à être commercialisées pour la Jamaïque puis l'Angleterre. Drummond enregistre également pour les producteurs Leslie Kong ("Spitfire"), Vincent Chin ("Don't Bury Me", "Dandy Don D."), Prince Buster ("That Man Is Back", "Dewdrops", "Corner Stone"), Justin Yap ("Ringo", "Confucious", "Ska-Ra-Van") et Duke Reid ("Eastern Standart Time", "Occupation", "Let Georges Do It"). Ses premières influences viennent de grands jazzmen américains tels Jay Jay Johnson ou Kai Winding. Le génie de Don Drummond n'est pas venu sans prix, il fut un homme notoirement excentrique qui a souffert de schizophrénie, son comportement erratique lui ayant valu le surnom de "Don Cosmic" de la part de Dodd. Il était fréquent que lors de concerts, il s'arrête de jouer et reste immobile sur la scène devant un public remuant. Il est l'un des premiers musiciens rasta et fréquente les groundations de Count Ossie. Ses titres "King Solomon", "African Beat", "Mesopotamia" ou "Addis Ababa" rendent hommage à l'Afrique et quant à "Marcus Junior" et "Garvey Burial", dédiés à Marcus Garvey, ils témoignent de ses convictions et de sa foi. Drummond est devenu par la suite un des chefs créateurs et spirituels des Skatalites. En 1964, le Ska inonde les ondes hertziennes jamaïcaines tout au long de l'année, et il participe à des dizaines de séances d'enregistrement. Les Skatalites accompagneront les stars jamaïcaines de l'époque tel que Joe Higgs ou Jackie Opel mais également une nouvelle génération où l'on retrouve Delroy Wilson, The Wailers, Lee 'Scratch' Perry et Ken Boothe. "Man in the Street", composition de Drummond, rentre dans le Top 10 au Royaume-Uni en 1964, et un an après, son adaptation du thème du film "Guns of Navarone" réussit le même exploit en Angleterre. Le nouvel an 1965, il se rend au commissariat pour le meurtre de sa femme, une danseuse nommée Anita 'Margarita' Mahfood (que l'on peut entendre sur le titre "Woman A Come"), poignardée. Son corps a été trouvé dans sa maison, la victime avait de multiples blessures causées par des coups violents. Drummond a été considéré comme non-responsable de ses actes par le tribunal et interné au Bellevue Hospital. Il meurt le à l'âge de 37 ans. Sa mort a suscité d'étranges rumeurs (notamment une vengeance de la famille de sa concubine ou un suicide), la version officielle étant une mort naturelle. Heather Augustyn, auteur d'une biographie exhaustive de Don Drummond parue à l'été 2013, affirme avoir la preuve que la mort de Don Drummond fut causée par les médicaments administrés à l'hôpital de Bellevue et qu'il était impossible que la famille d'Anita Mahfood ait été derrière un meurtre de vengeance. |
Doctrine Une doctrine (mot attesté en 1160, du latin "doctrina", « enseignement », « théorie », « méthode », « doctrine ») est un ensemble global de conceptions d'ordre théorique enseignées comme vraies par un auteur ou un groupe d'auteurs. Les doctrines peuvent être considérées quelquefois comme fallacieuses, sophistiques, et ou dogmatiques, de par leur origine religieuse ou mythologique. Elle a une dimension idéologique et elle peut être d'ordre politique, juridique, économique, religieuse, philosophique, scientifique, sociale, militaire Principes stratégiques et plans d'actions. Dans le domaine militaire, politique, diplomatique, et du management, on appelle par extension doctrine les principes de base sur lesquels s'appuient une stratégie et des plans d'actions. Économie. En matière économique, les doctrines peuvent se manifester dans différentes théories économiques, ou en intelligence économique. Religion. Des exemples de doctrines religieuses inclus : Art. La doctrine académique est un ensemble de règles artistiques énoncées par les académies des beaux-arts apparues au milieu du permettant d'atteindre la beauté. En France, sous l'action de Charles Le Brun, l'Académie royale de peinture et de sculpture édictait les canons de l'art en affirmant que les chefs-d'œuvre de l'antiquité devaient servir de référence. |
Dennis Tito Dennis Tito est un homme d'affaires californien d'origine italienne et un millionnaire américain, né le à New York, connu pour avoir été le premier « touriste de l'espace » en 2001. Biographie. C'est à l'âge de 17 ans que sa passion pour le cosmos est née, avec l'envoi du satellite Spoutnik dans l'espace, en 1957. Il a ensuite travaillé pour la NASA au calcul des trajectoires. Il s'est finalement tourné vers les affaires : il a fondé son entreprise de conseil en technologies en 1972, et est aujourd'hui à la tête d'une fortune s'élevant à 200 millions de dollars. Dennis Tito détient un record de vitesse en planeur. Vol spatial réalisé. Le , il devient le premier « touriste de l'espace » à bord de la mission Soyouz TM-32. Pour un montant de 20 millions de dollars octroyé à l'agence spatiale fédérale russe, l'Américain a réalisé son rêve, après un rude entraînement à la Cité des étoiles de Moscou. Le vol a duré 7 jours, 22 heures et 4 minutes et comporta un amarrage à la station spatiale internationale. Il revient sur Terre le 6 mai 2001 à bord de Soyouz TM-31. Projet. Dennis Tito a annoncé en 2013 le projet Inspiration Mars. |
Espéranto Lespéranto est une langue construite internationale utilisée comme langue véhiculaire par des personnes provenant d’au moins à travers le monde, y compris comme langue maternelle. N’étant la langue officielle d’aucun État, l'espéranto vise à établir un pont neutre entre cultures ; certains locuteurs nomment « Espérantie » la zone linguistique formée des lieux géographiques où ils se trouvent. Nécessitant un court apprentissage pour être utilisable, l'espéranto est ainsi présenté comme solution efficace et économiquement équitable au problème de communication entre personnes de langues maternelles différentes. Fondée sur une grammaire régulière sans exception, l'espéranto est une langue globalement agglutinante où les mots se combinent pour former un vocabulaire riche et précis à partir d'un nombre limité de racines lexicales et d’affixes. Ces particularités la rendent aisément adaptable aux exigences les plus variées et facilitent son apprentissage à tout âge. L’Académie d'espéranto contrôle en particulier l'introduction de mots découlant d'inventions ou de notions nouvelles et l’Association mondiale anationale publie le "", dictionnaire tout en espéranto le plus vaste et reconnu internationalement. C’est en 1887 que Louis-Lazare Zamenhof, sous le pseudonyme (Docteur « Espérant ») qui donnera par la suite son nom à la langue, publie le projet "Langue Internationale". La langue a connu un rapide développement dès les premières années, donnant lieu à des publications et des rencontres internationales. L'apparition des premières méthodes d'apprentissage en ligne au début des années 2000, puis de cours d'espéranto sur des sites d'apprentissage de masse comme sur Duolingo en 2015 suscitent un regain d’intérêt pour l'espéranto. L’Association universelle d’espéranto, fondée en 1908, est en relation officielle avec l’Organisation des Nations unies et l’UNESCO, qui a publié des recommandations en faveur de l’Espéranto en 1954 et 1985. L’espéranto est l’une des langues officielles de l’Académie internationale des sciences de Saint-Marin. L’université Loránd Eötvös en Hongrie sanctionne son cursus universitaire d’enseignement de l’espéranto par un diplôme reconnu par le cadre européen commun de référence pour les langues. Plusieurs universités proposent des cycles d’études espérantophones au Brésil, en Bulgarie, Pologne, Roumanie et Slovaquie. Définition. Nom. Le pseudonyme « Doktoro Esperanto » (Docteur « Espérant »), utilisé par Zamenhof pour présenter son projet, donne son nom à la langue qu’il a créée. Utilisation du mot "espéranto" en tant que métaphore. Le nom "espéranto" fonctionne comme un nom propre quand il désigne la langue même, mais est parfois utilisé comme nom commun (dans une sorte d'antonomase) pour représenter une langue commune ou un moyen commun dans un domaine donné où cette mise en commun ne va pas de soi. Cette utilisation du mot "espéranto" peut aussi bien être prise dans un sens positif que dans un sens négatif ou péjoratif. Dans le domaine de l'informatique, Java fut qualifié d'« espéranto des langages de programmation », en particulier à cause de sa simplicité et de son universalité (indépendance par rapport au système d'exploitation), métaphore reprise pour XML, qualifié à son tour "d'espéranto du système d'information". En Allemagne et en Autriche, les opposants à l'euro le décrivirent comme ' ou ' (' = « argent » ; ' = « Monnaie »), voulant dire par là qu'un tel projet international était, selon ces personnes, intrinsèquement voué à l'échec. Classification. En tant que langue construite, l'espéranto n'est généalogiquement rattaché à aucune famille de langues vivantes. Cependant, une part de sa grammaire et l'essentiel de son vocabulaire portent à le rattacher aux langues indo-européennes (bien souvent aux langues romanes). Ce groupe linguistique a constitué le répertoire de base à partir duquel Louis-Lazare Zamenhof a puisé les racines de la langue internationale. Toutefois, la typologie morphologique de l'espéranto l'écarte significativement des langues indo-européennes, qui sont largement à dominante flexionnelle. En effet, il consiste en monèmes invariables qui se combinent sans restriction, ce qui l'apparente aux langues isolantes comme le chinois. En espéranto, on dérive « mon » "()", de « je » "()" et « premier » "()" de « un » "()". Sa tendance à accumuler, sans en brouiller les limites, des morphèmes porteurs d'un trait grammatical distinct le rapproche aussi des langues agglutinantes. Histoire. L'idée d'une langue équitable pour la communication internationale germa à Białystok au cours des années 1870, dans la tête d'un enfant juif polonais nommé Louis-Lazare Zamenhof. Quelques années plus tard, à l'âge de , il ébaucha son premier projet qu'il présenta à ses camarades de lycée. Ce n'est qu'après ses études en ophtalmologie qu'il publia en langue russe, à Varsovie, le 26 juillet 1887, l'ouvrage "Langue Internationale", premier manuel d'apprentissage. Il fut suivi au cours des deux années suivantes de versions dans plusieurs autres langues. Dans ce manuel, Zamenhof avait défini ainsi le but de la Langue Internationale : « "Qu’on puisse l’apprendre, comme qui dirait, en passant [et] aussitôt en profiter pour se faire comprendre des personnes de différentes nations, soit qu’elle trouve l’approbation universelle, soit qu’elle ne la trouve pas [et que l’on trouve] les moyens de surmonter l’indifférence de la plupart des hommes, et de forcer les masses à faire usage de la langue présentée, comme d’une langue vivante, mais non pas uniquement à l’aide du dictionnaire." ». Très vite, l'espéranto rencontra un vif succès, dépassant même les espérances de son initiateur. Le nombre de personnes qui apprirent la langue augmenta rapidement, au départ principalement dans la Russie impériale et en Europe de l'Est, ensuite en Europe occidentale et aux Amériques. L'espéranto pénétra au Japon à la suite de la guerre russo-japonaise de 1904-1905. En Chine, les premiers cours furent donnés à Shanghai dès 1906 et à Canton dès 1908. Durant ces premières années, l'espéranto fut essentiellement une langue écrite, les échanges se faisant essentiellement par correspondance et par l'intermédiaire de périodiques spécialisés. Le premier congrès mondial d’espéranto se déroula en 1905 à Boulogne-sur-Mer. Ce premier congrès marqua un tournant important pour l'espéranto. La langue qui était jusqu'alors essentiellement écrite fut dès lors de plus en plus utilisée pour des échanges directs, notamment lors de rencontres internationales et des congrès qui se déroulent depuis chaque année, mis à part les interruptions dues aux deux guerres mondiales. C'est au cours du premier congrès de 1905 que fut publié le "Fundamento de Esperanto" fixant les bases de la langue. La Première Guerre mondiale mit un frein au développement de l'espéranto, qui reprit cependant au cours des années 1920 dans l’enthousiasme généré par les espoirs de paix issus de la création de la Société des Nations. L’espéranto y est proposé comme langue de travail : la proposition, soutenue par des pays tels que le Japon et la Perse, échoue notamment à cause du véto de la France, qui estime que la langue internationale est et doit être le français. Mais les années 1930 avec la montée en puissance des régimes totalitaires, puis la Seconde Guerre mondiale marquèrent un nouveau coup d'arrêt au développement de l'espéranto. Malgré des conditions difficiles liées aux bouleversements politiques de l'après-guerre, l'apprentissage de l'espéranto a redémarré à partir des années 1950 essentiellement grâce à l'apparition de nombreuses associations et clubs d'espéranto. Au cours de cette deuxième moitié du , les publications en espéranto connaissent un certain succès et les rencontres espérantophones se multiplient. C'est surtout avec la généralisation d'Internet et à l'initiative de jeunes espérantophones que les années 2000 sont le début d'un renouveau de l'espéranto. Des méthodes d'apprentissage en ligne souvent gratuites sont apparues et de nouveaux usages se sont développés au travers des réseaux sociaux et des échanges directs. Évolutions et dérivés de l'espéranto. Dès l'origine de l'espéranto, des propositions de réformes de la langue sont proposées, y compris par Zamenhof lui-même. Cependant, la communauté espérantophone fut toujours très réticente à de telles réformes et tous les projets échouèrent. De fait, le projet de réforme le plus connu est celui qui fut présenté par Louis de Beaufront et Louis Couturat en 1908. À l'époque, il provoqua une crise au sein du mouvement espérantophone. Les partisans de ce projet quittèrent le mouvement pour créer une nouvelle langue construite : l'ido. Au , l’ido ne compte que quelques centaines de locuteurs, même si on trouve quelques sites en ido, dont Wikipédia. D'autres propositions de réforme d'ampleur plus limitée virent le jour ultérieurement notamment le riisme, mais n'obtinrent que des soutiens limités. De fait, l'espéranto parlé aujourd'hui est très proche de ce qu'il était à l'origine. Sociolinguistique. Statut. Espéranto-France a lancé une préparation à une future épreuve écrite d'espéranto comme langue facultative au baccalauréat français et propose aux lycéens intéressés de passer un bac blanc d'espéranto. Le premier examen blanc de ce type a eu lieu le samedi ; cependant la date d’introduction de l'espéranto dans la liste des langues facultatives au baccalauréat dépend d’une décision du ministère de l’Éducation nationale. Le , la directrice générale de l’enseignement scolaire Florence Robine précise par une lettre qu’« "il est tout à fait possible d’entreprendre, dans les établissements où l’enseignement de l’espéranto pourrait se développer, une démarche expérimentale à l’échelle locale" ». L’espéranto est l'une des langues officielles de l'Académie internationale des sciences de Saint-Marin (AIS) dont le but est de favoriser l'utilisation de l'espéranto dans toutes les sciences. Parmi les universités disposant de cycles d'études espérantophones, les plus réputées sont : Concernant l’Université Adam-Mickiewicz de Poznań, des cours d’interlinguistique sont dispensés depuis 1997 dans le cadre de la faculté de philologie, et un cursus de trois ans en espéranto est proposé. Il valide des crédits ECTS. C’est Ilona Koutny, membre de l’Académie d'espéranto, qui guide ce cursus. À l'instar des autres langues, l’espéranto dispose de diplômes validant les acquis, mais seul l'institut des langues étrangères (ITK) de l'université Loránd Eötvös (ELTE) délivre des diplômes d'État sur la base du cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) : niveaux B1, B2 et C1. Il est à noter que parmi les trente langues proposées par ITK, l'espéranto se classe en par le nombre de candidats, après l'anglais et l'allemand. De son côté, la Ligue internationale des enseignants d'espéranto (ILEI) agit pour la promotion de l’apprentissage et propose des ressources pédagogiques aux enseignants d’espéranto. La Commission européenne, par l'intermédiaire de l'agence croate du programme Erasmus+, a décidé de soutenir financièrement la création en une quinzaine de langues du programme « Accélérateur de multilinguisme ». Dans ces ressources, gratuites et libres d’accès, l’espéranto y est enseigné à des élèves d’environ neuf ans, dans le but de leur permettre un apprentissage plus rapide d’autres langues vivantes, du fait du caractère propédeutique de l’espéranto. En Chine, l'enseignement de l'espéranto en vue de la préparation du baccalauréat a été autorisé au début de l'année 2018. L'UNESCO a adopté plusieurs recommandations en faveur de l'espéranto. La première a eu lieu le lors de la générale à Montevideo (Uruguay). De plus, la revue "Le Courrier de l'Unesco" est disponible en espéranto depuis 2017. En 1980, l’organisation mondiale du tourisme a souligné à Manille « "l’importance de connaitre des langues, notamment celles à vocation internationale comme l’espéranto" ». L'espéranto n'est la langue officielle d'aucun pays, mais il est la langue de travail de plusieurs associations à but non lucratif, principalement des associations d'espéranto. La plus grande organisation d'espéranto est l'association universelle d’espéranto, qui est en relation officielle avec les Nations unies et l'UNESCO dans un rôle consultatif depuis 1998, ainsi que l'organisation mondiale des jeunes espérantophones depuis 2021. Nombre de locuteurs. Selon les estimations du linguiste et espérantiste findandais Jouko Lindstedt, le nombre d'espérantophones capable de réellement parler la langue serait de 100 000 (avec une marge d'erreur d'un demi-ordre de grandeur, soit entre 30 000 et 300 000 personnes). Toutefois, on peut affirmer en 2015 qu'il y a dans lesquels se trouvent des espérantophones. Étant une langue construite, l'espéranto est généralement appris comme langue seconde, et très souvent en autodidacte par une méthode ou un cours en ligne. Il existe cependant un certain nombre d'espérantophones natifs. Le linguiste finlandais Jouko Lindstedt estime leur nombre à . Jouko Lindstedt évalue par l'échelle suivante la capacité à parler l'espéranto dans la communauté espérantophone : Sidney S. Culbert, ancien professeur de psychologie de l'université de Washington, espérantophone lui-même, est arrivé, en comptabilisant pendant vingt ans dans de nombreux pays les espérantophones à l'aide d'une méthode par échantillonnage, à une estimation de de personnes parlant l'espéranto avec un niveau professionnel. Ses travaux ne concernaient pas que l'espéranto et faisaient partie de sa liste d'estimation des langues parlées par plus d'un million de personnes, liste publiée annuellement dans le "". Comme dans "l'Almanach", toutes ses estimations étaient arrondies au million le plus proche, c'est le nombre de deux millions d'espérantophones qui a été retenu et fréquemment repris depuis. Culbert n'a jamais publié de résultats intermédiaires détaillés pour une région ou un pays particulier, ce qui rend difficile l'analyse de la pertinence de ses résultats. Apprentissage. L'apprentissage de l'espéranto repose en grande partie sur l'utilisation de méthodes autodidactes ou de cours traditionnels via des associations ou des clubs locaux. Toutefois, quelques établissements d'enseignement ont introduit des cours d'espéranto à leur programme. Au début des , l'apparition de méthodes d'apprentissage en ligne de l'espéranto, souvent gratuites, les plus connues étant ' et ', a permis de toucher un public nouveau, en particulier parmi les jeunes. Le , le site d’apprentissage de langues en ligne, Duolingo, met en ligne la version bêta d'apprentissage de l'espéranto pour les anglophones et les hispanophones. En 2017, la méthode compte plus d’un million d’apprenants. Une version pour francophones est disponible en version bêta depuis . Le site de langues Memrise comporte plusieurs cours d’espéranto, dont l'un publié par l'association Esperanto-France. Viendront aussi des applications d’apprentissage pour téléphone portable, comme "L’espéranto en ", une adaptation de la ". Enfin l’espéranto est présent parmi les langues mises en place sur la plateforme de recueil d'échantillons de voix Common Voice, de Mozilla : la fonction Enregistrer permet de s’entraîner à prononcer des phrases, puis de se ré-écouter, alors que la fonction Valider permet d'entendre d'autres locuteurs en espéranto. Tests de niveaux et CECR. Les tests de niveaux en espéranto sont organisés suivant deux filières : Actuellement seul l'institut des langues de l'université Eötvös Loránd (Budapest, Hongrie) délivre des diplômes officiels de connaissance de l'espéranto. Depuis 2009, ces diplômes sont fondés sur le cadre européen commun de référence pour les langues (CECR) et disponibles dans les niveaux B1, B2 et C1. Près de possèdent un tel diplôme à travers le monde : en 2017, environ 570 au niveau B1, 590 au B2 et 820 au C1. La Ligue internationale des enseignants d'espéranto (ILEI) propose quant à elle des examens qui testent non seulement la maîtrise de la langue, mais également la connaissance de la culture véhiculée par l’espéranto : associations, principaux acteurs, Espérantie Intérêt pédagogique de l'espéranto. Ces études furent reprises et confirmées par d'autres études dans le rapport remis au ministère italien de l'enseignement public (ministère de l'instruction), ainsi que dans le rapport Grin. Cette facilité de l'espéranto fut constatée par Inazō Nitobe, membre de l’Académie Impériale du Japon, homme de science, Secrétaire général adjoint de la Société des Nations, qui avait participé au congrès mondial d’espéranto de Prague en 1921 pour se rendre compte par lui-même de l’efficacité de cette langue. Dans un rapport intitulé " (L’espéranto comme langue auxiliaire internationale), publié en 1922, il avait écrit : . Lorsque l'on a déjà appris une langue étrangère, l'apprentissage d'une nouvelle langue étrangère est plus facile, d'où l'intérêt de commencer par une langue étrangère facile. Des études menées sur des échantillons comparatifs d'élèves ont montré que les élèves qui avaient d'abord étudié l'espéranto avant de passer à l'étude d'une langue étrangère atteignaient un meilleur niveau, dans cette langue, que le groupe témoin qui pendant la même durée n'avait étudié que cette langue étrangère. Du point de vue de la graphie, l’espéranto fait partie des langues dites « transparentes » : comme pour le croate, le serbe, l'espagnol, l'italien, le slovène ou le tchèque, la correspondance entre graphèmes et phonèmes est simple, stable et régulière. Une langue complètement transparente suit deux principes : à un phonème correspond une seule graphie ; à une seule graphie correspond un seul phonème. À l’opposé, les langues dites « opaques » comme l'anglais ou « semi-opaques » comme le français ont des règles de correspondance grapho-phonémique complexes et irrégulières. Un dyslexique utilisant une langue « opaque » devient souvent dysorthographique. Il est préférable de choisir l'apprentissage d’une langue transparente pour faciliter l'apprentissage des langues chez les enfants dyslexiques. L'espéranto permettrait d'aider les dyslexiques en milieu scolaire. D'autre part, l'espéranto peut aider grâce à sa construction signalant pour chaque mot un trait grammatical précis, à faire comprendre les liens entre la « fonction dans la phrase » et l'« orthographe grammaticale » de chaque mot. Claude Piron qui fut pendant cinq ans traducteur-interprète au siège de l’ONU à New York pour l’anglais, le chinois, l’espagnol et le russe : . Militantisme. L'espéranto est soutenu par un réseau de militants regroupés dans de nombreuses associations. Au niveau international, ce réseau d'associations nationales et d'associations thématiques est fédéré par l'association universelle d’espéranto. L'ensemble des militants favorables à l'espéranto est souvent désigné comme "Le mouvement espérantophone" ou même tout simplement "Le mouvement espérantiste". Toutefois, cette appellation est trompeuse dans la mesure où les espérantophones ne constituent pas un ensemble homogène. Dans les faits, les motivations, les aspirations et les idées des espérantophones reflètent la diversité des opinions présentes dans le monde. Il est également à noter que seule une minorité d’espérantophones sont membres d'associations d'espéranto. De façon générale, l'essentiel du militantisme consiste à promouvoir l'apprentissage de l'espéranto et son usage dans la communication internationale. La défense de cet objectif s'appuie sur différentes études et rapports montrant les avantages de l’espéranto pour cet usage : Un exemple de cet objectif militant est l'apparition récente du mouvement Europe Démocratie Espéranto qui promeut l'usage de l'espéranto comme langue commune équitable en Europe en complément des langues officielles. En , le ministère français de l’Éducation nationale accepte que l’espéranto puisse être enseigné à titre expérimental. Cette décision fait suite à une demande de militants encouragés par le résultat considéré par ces mêmes militants comme un succès d'une pétition lancée par des associations pro-espéranto pour son ajout comme langue optionnelle au bac, qui avait recueilli , mais qui n'est de la part du ministère, que l'application de dispositions générales concernant n'importe quelle langue. En , une nouvelle pétition est lancée, cette fois-ci sur la plateforme officielle des pétitions citoyennes de l’Assemblée nationale avec pour titre "Encourager l’enseignement de la langue internationale espéranto". Usage professionnel. Bien qu'il soit couramment utilisé dans un contexte associatif, l'usage de l'espéranto dans un contexte professionnel est jusqu'à présent resté relativement limité. On peut citer l'exemple de l'association Réinsertion et Espéranto qui de 1997 à 2008 forma et embaucha en CDI à Montpellier des jeunes chômeurs avec l'espéranto dans le cadre du dispositif Emplois-jeunes. Afin d'encourager l'usage de l'espéranto, dans un contexte professionnel, quelques chefs d'entreprises se sont regroupés au sein d'une association, "Entreprise-Esperanto" dont l'objectif est d'accompagner les entreprises ayant des besoins de communication internationale et qui souhaitent utiliser l'espéranto. Vie culturelle. Évolution des usages de la langue. L’espéranto a longtemps été une langue plus écrite que parlée. Dès le début, toutefois, son usage oral a été assuré par les clubs d'espéranto, disséminés un peu partout en Europe, en Asie orientale et dans quelques pays d'Amérique. Les personnes intéressées s'y retrouvaient une fois par semaine ou par mois pour pratiquer la langue et accueillir des voyageurs étrangers qui l'avaient apprise. Au début du sont apparus de nombreux écrivains, hommes et femmes, poètes…, qui, ayant adopté l'espéranto comme langue de leurs écrits, lui ont donné sa littérature. Dans la résistance à l'occupation japonaise, des artistes coréens, notamment des réalisateurs qui seront à l'origine du cinéma nord-coréen, choisissent ainsi de se regrouper en 1925 dans une association ayant choisi un nom en espéranto : la (KAPF), ou Association coréenne des artistes prolétariens. En fait, l'usage oral de la langue, de la simple conversation à la musique, s'est surtout développé lorsque les voyages sont devenus plus accessibles et que les rencontres internationales espérantophones se sont multipliées. La mise en place de services d'hébergement chez l'habitant, comme le , et l'apparition de l'enregistrement sonore sur cassette, de même que les programmes de conversation téléphonique par ordinateur (voix sur IP), ont contribué à faire progresser l'utilisation orale de la langue. Avec l'Internet, l'espéranto a trouvé un nouveau vecteur de communication, tant pour la langue écrite que pour la langue parlée. Il est à noter que la version de Wikipédia en espéranto a dépassé le cap de le . Amikumu, une application mobile gratuite destinée à faciliter les contacts entre espérantophones est lancée le . Il faut également noter qu'avec l'accroissement du nombre de locuteurs, l'espéranto est devenu la langue maternelle d'enfants issus de couples espérantophones. En défendant son idée à travers l’Europe, le Docteur Zamenhof s'est attiré la sympathie de nombreuses personnalités politiques, telles que Gandhi ainsi que la communauté internationale du Bahaïsme. Littérature. La littérature en espéranto se compose à la fois d'œuvres originales et d'œuvres traduites. Quelques ouvrages originaux : Parmi les œuvres traduites, on trouve des ouvrages aussi divers que "Le Petit Prince", la Bible, le Coran, le Manifeste du parti communiste, une biographie du peintre Camille Pissarro par son fils Ludovic-Rodo. La majorité des ventes d'ouvrages en espéranto est réalisée par les associations espérantophones. L'une des plus importantes librairies d'ouvrages en espéranto est le "" de l’association universelle d’espéranto, qui compte plus de . Presse. Il existe de nombreuses publications originales en espéranto. Parmi les plus connues, on trouve : À côté de la presse papier, on trouve un certain nombre de sites de presse uniquement disponibles en version électronique. Les plus connus sont : Deux revues paraissent en France et en français : "Le Monde de l'Espéranto" et "Espéranto info". Musique. La musique espérantophone est presque aussi ancienne que l'espéranto. "", qui deviendra l'hymne du mouvement espérantophone, a été écrit par Zamenhof, peu après la publication du premier manuel, Langue Internationale, paru en 1887. La musique espérantophone a suivi les évolutions technologiques, avec l’apparition des premiers vinyles dans les , puis l'apparition des musiques rock dans les , puis des disques compacts dans les et enfin des formats électroniques téléchargeables via Internet depuis les . les musiciens espérantistes les plus connus sont JoMo (Jean-Marc Leclercq) de France, Martin Wiese de Suède, Jonny M d’Allemagne, Kim J. Henriksen du Danemark, Ĵomart et Nataŝa du Kazakhstan et de Russie, Georgo Handzlik de Pologne, les groupes Kajto dont les membres principaux sont néerlandais, Dolchamar de Finlande, de France, de Suède. La musique espérantophone est naturellement mise en scène lors des différentes rencontres internationales. Radio. Les premières émissions de radio en Espéranto datent de 1922 et furent émises à () et Londres (Royaume-Uni). En 2012, les émissions sont principalement des podcasts, mais certaines radios diffusent une émission hebdomadaire comme Radio Havana Cuba, ou Radio libertaire à Paris. La première radio diffusant entièrement en espéranto, Muzaiko, est apparue le . Elle émet sur Internet grâce à la technologie de lecture en continu. Son programme se compose de musique espérantophone, d'interviews, et d'informations généralistes. Radioamateurs. Sur les bandes radioamateurs l'espéranto est utilisé aux fréquences : Cinéma. L'essentiel des films tournés originellement en espéranto sont des courts métrages. Seuls trois longs métrages ont été tournés directement en espéranto : Plusieurs films ont par ailleurs été doublés ou sous-titrés en espéranto. Dans le film de Charlie Chaplin, "Le Dictateur", les plaques des magasins du ghetto juif sont en espéranto, catalogué comme « langue juive internationale » par Hitler dans "". Il est aussi possible d'entendre de l'espéranto dans la version originale du film "Bienvenue à Gattaca". En effet, les haut-parleurs de l'entreprise dans laquelle travaille le protagoniste de l'histoire font les annonces d'abord en espéranto puis en anglais. La musique du générique de fin du film d'animation japonais "Patéma et le monde inversé" est en espéranto et est chantée par Estelle Micheau. Dans le feuilleton français "Ovni(s)", l'un des personnages principaux, Véra Clouseau, connaît l'espéranto. Dans l'épisode 10 de la saison 2, une partie des dialogues de l'épisode sont en espéranto. Phonologie et écriture. L'espéranto possède vingt-huit phonèmes : cinq voyelles et vingt-trois consonnes. Ils sont transcrits au moyen d'un alphabet de vingt-huit lettres : vingt-deux lettres de l'alphabet latin ("q", "w", "x" et "y" ne sont pas utilisés, sauf dans les expressions mathématiques), et six lettres utilisant deux diacritiques (accent circonflexe et brève), propres à l'espéranto : "ĉ", "ĝ", "ĥ", "ĵ", "ŝ", "ŭ". L'orthographe est parfaitement transparente : chaque lettre représente invariablement et exclusivement un seul phonème. En plus de leur rôle premier de transcription, les lettres diacritées rappellent en espéranto l’orthographe ou la prononciation d’autres langues. Par exemple, ' « poste », rappelle graphiquement et phonétiquement le mot ' du tchèque, du slovaque, du slovène, du serbo-croate, mais aussi par la graphie les mots français, anglais, néerlandais, allemand "poste, post, post, Post", et par le son le bulgare "поща" (prononcé ). L'espéranto aboutit souvent ainsi à un juste milieu rappelant plusieurs langues sources : ainsi ' rappelle le français "jardin", l'allemand ', le néerlandais ', l'italien ' et l'anglais "". La langue comporte un accent tonique toujours situé sur l'avant-dernière syllabe des mots. Le système vocalique comporte cinq timbres : "a e i o u", correspondant aux valeurs du français "â é i ô ou", comme dans de nombreuses langues, sans distinction de quantité. Le cadre sonore ci-après, permet d'écouter un court extrait du . Cet extrait lu par Claude Piron a été enregistré lors de la rencontre commémorative de 2005 à Boulogne-sur-Mer. Ces extraits sont reproduits et traduits dans la "". Les lettres diacritées peuvent poser quelques problèmes typographiques à l'imprimerie ou l'informatique (plus particulièrement avec les systèmes informatiques anciens). Pour les francophones, le clavier BÉPO et la variante Xorg du clavier AZERTY permettent d’accéder de façon native aux caractères accentués de l'espéranto. Des logiciels peuvent également être installés pour faciliter la frappe des six lettres diacritées. Grammaire. La grammaire de l'espéranto se fonde sur seize principes énoncés dans le ", adopté comme référence intangible au premier congrès mondial d’espéranto de Boulogne-sur-Mer en 1905. Ils ne constituent cependant qu'un cadre dans lequel ont été progressivement dégagées des règles plus détaillées. Chaque radical peut recevoir des morphèmes invariables signalant chacun un trait grammatical précis : —o pour les substantifs, —a pour les adjectifs, —e pour les adverbes dérivés, —j pour le pluriel et —n pour le cas accusatif. La régularité de la langue permet d’en expliquer la grammaire de façon aisée sans avoir recours à la terminologie technique habituelle, parfois difficile pour certains néophytes. L’ouvrage " propose ainsi un panorama complet de la grammaire espérantophone sans vocabulaire complexe. Conjugaison. Les verbes se caractérisent par une série de seulement six désinences ou finales détachables invariables qui forment une conjugaison, avec, mêlant des valeurs temporelles pour l'indicatif et modales : —i pour l'infinitif, —is pour le passé, —as pour le présent, —os pour le futur, —us pour le conditionnel, —u pour le volitif. Ces terminaisons sont les mêmes pour toutes les personnes et tous les verbes. Corrélatifs. L'espéranto utilise également comme déterminants un ensemble de pronoms-adjectifs assemblés systématiquement à partir d'une initiale et d'une finale caractéristiques : D'autres finales produisent des adverbes circonstanciels : -e (lieu), -am (temps), -el (manière), -al (cause), -om (quantité). Les mots formés sur ces bases sont désignés collectivement comme corrélatifs ou (en espéranto même) "tabel-vortoj". Par exemple : Particules invariables. L'espéranto recourt également à diverses particules invariables dans l'organisation de la phrase : il s'agit de conjonctions de coordination (' « et », ' « ou », ' « donc », ' « mais »…) ou de subordination (' « que », ' « parce que », ' « pendant que », ' « si »…) qui précisent les rapports entre propositions, et des adverbes simples à valeur spatiale, temporelle, logique ou modale. Par exemple, ' marque la négation, et ' marque l'interrogation globale. Syntaxe de phrase. L'ordre des mots est relativement libre en espéranto : grâce à la marque -n du complément d'objet (accusatif), toutes les constructions (SOV, VSO, OSV) sont acceptées ; l’ordre le plus fréquent est toutefois "sujet-verbe-objet" suivi du complément circonstanciel. L'usage d'autres dispositions est courant notamment en cas de mise en relief afin de placer l'élément le plus important en début de phrase. Il existe cependant certaines règles et tendances bien établies : D'une manière générale, on peut dire que l'ordre des syntagmes est libre mais que la disposition des morphèmes à l'intérieur d'un syntagme est fixée par l'usage. Certaines tendances expressives peuvent sembler peu communes par rapport à l'usage du français : Du fait de l'absence de restriction sur la combinaison des monèmes, une même phrase peut se formuler de multiples façons : L'espéranto peut ainsi alternativement se montrer synthétique ou analytique. Lexique. Sources lexicales. Au même titre que la majorité des langues européennes dont le français qui tirent leurs racines en partie du latin et du grec et qui empruntent à l’anglais ou à d’autres langues, l’espéranto est une langue construite "a posteriori" : elle tire ses bases lexicales de langues existantes. Les principales sources sont, par importance décroissante : Les mots provenant d'autres langues désignent surtout des réalités culturelles spécifiques : ' « renne » (du same), ' « yoga » (du sanskrit), " « baguettes (pour manger) » (du japonais) Les morphèmes grammaticaux doivent beaucoup au latin et dans une moindre mesure au grec ancien. Une très petite partie selon certains est construite " sans référence évidente à des langues existantes. Pour d'autres, il s'agit d'éléments profondément remaniés rappelant ceux de langues préexistantes, comme la série des corrélatifs. Zamenhof a suivi diverses méthodes pour adapter ses sources lexicales à l'espéranto : adaptation phonétique orthographique, à partir de la prononciation ( ' du français "trottoir") ou à partir de la forme écrite ( ' de l’anglais ' « oiseau »). Lorsque plusieurs de ses sources comportaient des mots proches par la forme et le sens, Zamenhof a souvent créé un moyen terme ( ' « chef »). Le vocabulaire de l'espéranto était construit à partir d'environ 1800 radicaux dans le ' de 1905. En 2002, après un siècle d'usage, le plus grand dictionnaire monolingue en espéranto ('), en comprend correspondant au moins à lexicaux. Ce nombre continue à augmenter notamment avec le vocabulaire technique spécialisé davantage pris en compte. Formation des mots. La formation des mots espéranto est traditionnellement décrite en termes de dérivation lexicale par affixes et de composition. Cette distinction est cependant relative, dans la mesure où les « affixes » sont susceptibles de s’employer aussi comme radicaux indépendants : ainsi le diminutif ' forme l’adjectif ' « petit (avec idée de faiblesse) », le collectif ' forme le nom ' « groupe », le causatif ' forme le verbe ' « faire, rendre » Les deux principes essentiels de formation des mots sont : En théorie, il n’existe pas d’autre limite que sémantique à la combinatoire des radicaux. Il en résulte un certain schématisme qui aboutit à la formation systématique de longues séries sur le même modèle, parfois sans équivalent direct dans d’autres langues. Par exemple : Ce schématisme a pour effet de diminuer le nombre de radicaux nécessaires à l’expression au profit de dérivés, réduisant ainsi la composante immotivée du lexique. Le procédé pouvant parfois paraître lourd, la langue littéraire a cependant introduit quelques radicaux alternatifs à titre de variantes stylistiques : par exemple ' « vieux » peut doubler ' (formé sur ' « jeune ») ou ' (formé sur "" « neuf, nouveau »). L’usage courant tend cependant à préférer les dérivés. Le système de dérivation s’adapte aisément aux besoins en mots nouveaux. Ainsi, du mot ' (« réseau, filet »), on a extrait le radical ' pour former tout un ensemble de mots liés à Internet : ' (« adresse de courriel »), ' (« pirate informatique ») Exemples. Phrases simples. Le tableau ci-dessous présente quelques mots et phrases ainsi que leurs transcriptions en alphabet phonétique international : Texte analysé en constituants. La akcent' estas sur la antaŭlasta silab'. La kern' de la silab' formas vokal'. Vokalj" ludas granda rol' en la ritm' de la parol'. Substantivj" finas per ', adjektivj" per -a. La sign' de la plural' estas "-j". La plural' de « lasta vort' » estas « lastaj" vort"'j" ». « -o » = substantifs« -a » = adjectifs« -j » = pluriel« -n » = accusatif Traduction :" L'accent tonique est sur l'avant-dernière syllabe. Le cœur de la syllabe est formé par une voyelle. Les voyelles jouent un grand rôle dans le rythme de la parole. Les substantifs finissent par "-o", les adjectifs par "-a". La marque du pluriel est "-j". Le pluriel de « ' » (« dernier mot ») est « ' »". |
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Eure-et-Loir Le département d'Eure-et-Loir () est un département français dont la préfecture, Chartres, est située à à l'ouest-sud-ouest de Paris. Les villes de Dreux, Châteaudun et Nogent-le-Rotrou en sont les sous-préfectures. Il fait partie de la région Centre-Val de Loire. Son nom provient des deux principales rivières qui le traversent, l'Eure, affluent de la Seine, et le Loir, affluent de la Sarthe. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 28. Géographie. Le département d'Eure-et-Loir s’étend à l'ouest-sud-ouest de l’agglomération parisienne et comprend plusieurs plateaux : le Thymerais au nord-ouest, le Drouais au nord, et la Beauce qui s’étend sur l'est, et dont fait partie le Dunois au sud. Dans l’ouest du département, le relief s’élève et forme les collines du Perche, attenantes à la fois à la Normandie et aux Pays de la Loire. Le Faux Perche marque la transition entre la Beauce et le Perche. Le département a par ailleurs bénéficié de la création du parc naturel régional du Perche. Les principales rivières du département alimentent deux bassins versants, celui de la Seine au nord avec son affluent l'Eure et ses sous-affluents Avre et la Blaise, et celui de la Loire au sud avec son affluent le Loir et ses sous-affluents Ozanne, Conie et Yerre. La forêt, avec près (appartenant à 80 % au domaine privé et de forêts domaniales) est également présente, notamment dans le Nord-Ouest du département. Les forêts de Senonches () Dreux (), Châteauneuf () et de Montécot () abritent les massifs les plus importants. La vallée de l'Eure constitue également une trame verte et boisée qui contraste avec le plateau beauceron attenant. L'Eure-et-Loir est limitrophe des départements de Loir-et-Cher et du Loiret, qui font également partie de la région Centre-Val de Loire. Il jouxte la région Île-de-France avec les départements de l'Essonne et des Yvelines, la région Normandie avec les départements de l'Eure et de l'Orne et enfin la région des Pays de la Loire avec le département de la Sarthe. Géologie et relief. Schématiquement, quatre « régions » partagent le département : le Perche, au sud-ouest ; le « Faux Perche », à sa marge ; à l'est et au sud, la Beauce, avec la « Beauce chartraine » autour de Chartres ; et au nord-ouest, on trouve le Drouais-Thymerais (autour de Dreux et de Châteauneuf-en-Thymerais). Le relief et la disposition des cours d'eau dans le Perche et en Beauce peuvent se déduire à partir d’une carte. La répartition des cours d'eau. La répartition des cours d'eau est différente : il y en a plus au sud-ouest, dans le Perche, qu'en Beauce. S'il y a une petite différence de la pluviométrie, elle ne peut expliquer à elle seule cette disposition. Quoi qu'il en soit, on constate donc, que dans le Perche l'eau ruisselle en surface, et qu'en Beauce ce n'est pas le cas. Elle s'infiltre : cela est dû à une différence géologique au niveau des roches du sous-sol. Le sous-sol du Perche est plutôt fait de sable et de grès, avec de l'argile à silex, et le sous-sol de Beauce est, lui, plutôt constitué de calcaire. Le sous-sol du Perche. Concernant la géologie du Perche, la structure actuelle serait en lien avec la formation des Alpes. Lors de cet événement, les roches sédimentaires se sont plissées et cela a formé un bourrelet (anticlinal) dans la région du Perche. En effet, comme les roches du Massif armoricain sont « rigides » (il s'agit surtout de granite), elles se sont comportées comme un « mur » contre lequel se sont bloquées les roches sédimentaires du Bassin parisien, donc du Perche. Le Perche se retrouve donc plus haut que la Beauce. D’autre part, les anciennes failles hercyniennes (ici du Massif armoricain) ont rejoué et permis l’affaissement du sommet du bourrelet. Ainsi, actuellement, la zone centrale est de l’argile à silex, et autour on trouve du sable ou du grès. La présence d'argile, de grès ou de sable permet somme toute à l'eau de ruisseler et de se rassembler en cours d’eau. La pluviosité est relativement importante (). Le sous-sol de la Beauce. Dans le calcaire de Beauce, on trouve des fossiles, notamment, des planorbes et des limnées (des espèces d’eau douce – qui existent toujours -) : il y avait donc un lac en Beauce, c’est lui qui a permis la formation de ce calcaire. On trouve aussi de l’argile à silex, par décalcification du calcaire (qui n’était donc pas pur). Le calcaire s’est dissous, l’argile et les morceaux de silex sont restés. Ainsi, en Beauce, le calcaire se dissout facilement et permet à l’eau de ruissellement de s’infiltrer et il n'y a pas (ou peu) de rivières. De plus, la pluviosité est relativement faible (). Le relief. Le relief est différent au sud-ouest, et au nord et nord-est : vallonné dans le sud-ouest, relativement plat au nord et au nord-est. D'une part, l'érosion (l'eau) a creusé des vallées dans le Sud-Ouest, donc des reliefs. Dans le Nord et le Nord-Est, l'eau a « ramolli » la roche et a donc permis que la surface soit plate : c'est du calcaire plus ou moins argileux (en fait, le calcaire est naturellement dissous par l'eau de ruissellement qui est enrichie par du dioxyde de carbone rejeté par les êtres vivants du sol, et à la fin, cela peut former des « trous » ou des « fissures », appelées diaclases). Ainsi, l'eau s'infiltre relativement rapidement en profondeur (sans vraiment ruisseler) pour rejoindre la nappe phréatique retenue par les couches plus profondes et imperméables. L'habitat en lien avec la géologie. Les constructions anciennes montrent en général le contenu du sous-sol : en Beauce, les anciennes maisons sont en calcaire, dans le Perche, elles sont en torchis, en conglomérat appelé « grison » (morceaux de silex cimentés par du calcaire et de l'argile), en brique et en grès « roussard » (il est de couleur rousse, car assez riche en fer oxydé : la rouille). Ces constructions sont aussi en lien avec l'activité agricole. Dans le Perche. Les fermes sont allongées (maison d’habitation que l’on agrandit avec le temps, lorsque les besoins s'en font sentir ou lorsqu'il y a suffisamment d'argent…) : on les appelle « longère » ; les champs sont délimités par des haies. Les animaux sont « parqués » par ces haies. En Beauce. Les cours des fermes sont fermées, mais les champs sont ouverts ("openfield"). Cela permet de maintenir les animaux d’élevage dans la cour. L'évolution du paysage. Il y a eu une diminution du nombre de parcelles (donc une modification du paysage), en Beauce et dans le Perche à la suite du remembrement entre le et 1980, pour accroître la surface et permettre l’utilisation du matériel agricole. Climat. Le département présente un contraste climatique entre sa partie ouest et sud-ouest, humide et bocagère (qui fait partie du Perche) et sa partie sud et est, beauceronne, qui fait partie des régions les moins arrosées de France, avec le Haut-Languedoc. Histoire. Le département a été créé à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir, principalement, de parties des anciennes provinces de l'Orléanais (Beauce) et du Perche (partie Est), mais aussi de l'Île-de-France (Drouais, Thymerais, Vallée de l'Avre, Hurepoix). Au Moyen Âge, le territoire actuel du département est dominé par la ville de Chartres. La ville se développe grâce à la culture des riches terres de Beauce (marché au blé) et à sa vocation religieuse due notamment à la présence de la relique du Voile de la Vierge (don de Charles II le Chauve en 876). Sur l'impulsion de Fulbert de Chartres, elle sera le berceau d'une renaissance intellectuelle avec la fondation de l'École de Chartres. Au nord, Dreux, la vallée de l'Avre et le Thymerais, de même que le comté du Perche à l'ouest, constituent des postes avancés des rois de France face aux ducs de Normandie. Les terres d'Eure-et-Loir, par leur intérêt stratégique, sont donc très tôt ancrées dans la mouvance capétienne et progressivement rattachées aux anciennes provinces de l'Orléanais et de l'Île-de-France. Durant la guerre de Cent Ans, le territoire du département est au centre de plusieurs conflits (dont la Journée des Harengs à Rouvray-Saint-Denis), en raison de sa proximité avec Paris et Orléans. Le traité de Brétigny, qui met fin provisoirement à la guerre, y sera signé près de Chartres. À la Renaissance, l'Eure-et-Loir devient également une région prisée par les rois François et Henri II avec la présence du château d'Anet, appartenant à une grande dame de la cour : Diane de Poitiers. Le département est également marqué par la présence de Madame de Maintenon, Madame de Pompadour (Crécy-Couvé), Maximilien de Béthune, duc de Sully, décédé en son château de Villebon et inhumé à Nogent-le-Rotrou. À la Révolution, il est dans un premier temps envisagé de créer un département beauceron. La Beauce a en effet l'avantage de n'avoir jamais été une province sous l'Ancien Régime. Sa dimension essentiellement géographique et non politique s'inscrivait donc parfaitement dans l'idéologie révolutionnaire. Ce projet est mis en échec principalement par la volonté du roi de ne pas voir dispersées en un nombre trop important de départements ses possessions franciliennes. La création du département dans sa configuration actuelle tient également aux résistances des terres du Thimerais et du Drouais à se voir agrégées à celles de l'ancienne Normandie, et à l'impossibilité de conserver au Perche son unité, en partie pour des raisons politiques (ancien comté), et surtout à cause de l'absence d'une ville suffisamment importante pour se prévaloir du rang de chef-lieu de département. Chartres, avec entre autres le général Marceau, l'abbé Sieyès ou encore Brissot de Warville, chef de file des Girondins, donne plusieurs grands hommes à la Révolution. Au , le nord du département connaît une forte industrialisation, avec notamment l’imprimerie de Firmin Didot et les manufactures textiles des Waddington. Chartres conserve essentiellement sa vocation commerciale grâce à son important marché au blé et au commerce de la laine des nombreux élevages de moutons, dont la foire de Châteaudun est aussi un haut lieu. Le Perche qui s'est peu développé, et a connu une notable émigration vers le Québec les siècles précédents, devient une terre de nourrices réputées pour leur qualités maternelles auprès des familles aisées de Paris. Dreux devient également une ville industrielle, en particulier après la crise du phylloxéra qui met définitivement à bas les vignes normandes. Après le coup d'État du 2 décembre 1851 de Napoléon III, l'Eure-et-Loir fait partie des départements placés en état de siège afin de parer à tout soulèvement massif. Moins d'une centaine d'opposants sont arrêtés. Le département est durement touché par la guerre de 1870, avec la bataille de Loigny et l'incendie de Châteaudun par l'armée prussienne. Au , le département devient de plus en plus économiquement lié au développement de la région parisienne. Chartres et Dreux profitent pleinement de cette proximité avec l'implantation de plusieurs grandes entreprises (dont les futurs établissements Philips), pendant que la vallée de l'Eure qui les relie devient un lieu de villégiature avec la construction de nombreuses résidences secondaires. Des bases aériennes importantes s'installent à Chartres de 1909 à 1997 (base aérienne 122 Chartres-Champhol), ainsi qu'à Châteaudun de 1936 à 2014 (base aérienne 279 Châteaudun). Durant la Seconde Guerre mondiale, le département est marqué par son préfet Jean Moulin qui y fait son premier acte de Résistance face à l'occupant. La ville de Chartres est partiellement détruite en 1944 par un bombardement qui incendie sa bibliothèque. La ville de La Loupe est quant à elle presque totalement sinistrée. Après-guerre, l'est du département intègre progressivement l'aire urbaine de Paris, les cantons d'Anet, de Maintenon et de Nogent-le-Roi, voire d'Auneau, qui sont dès lors intimement liés à ceux du département des Yvelines limitrophes. En politique, le département est la terre d'élection et le berceau de plusieurs grandes figures des et républiques : William Waddington (ministre de l’Instruction publique en 1873 et 1877), Maurice Viollette (ministre d'État sous le Front populaire), Paul Deschanel (président de la République en 1920), Maurice Bourgès-Maunoury (président du Conseil en 1957). Au tournant des années 1980, Dreux devient une ville politiquement singulière en élisant comme maire en 1977, puis députée en 1981, Françoise Gaspard, l'une des premières femmes politiques ayant assumé publiquement son homosexualité. En 1983, Dreux est le théâtre d'une alliance entre la droite locale et le Front national mené par Jean-Pierre Stirbois, dont la veuve Marie-France Stirbois est élue députée en 1989. Politique et administration. Histoire politique du département. Ce département fut dirigé entre 1907 et 1960 par le parti républicain, radical et radical socialiste (PRRRS), avec les présidences de Gustave Lhopiteau (1907-1920) et de Maurice Viollette (1920-1960) qui furent tous les deux ministres sous la République, le second le fut même sous le Front populaire. Le PRRRS, parti d'idéologie républicaine et laïque, se situait initialement à gauche de l'échiquier politique, mais glissa ensuite vers le centre lorsque se développa le socialisme. D'ailleurs c'est le parti socialiste qui prendra les rênes du Conseil général d'Eure-et-Loir en 1960, avec la présidence d'Émile Vivier qui durera jusqu'en 1976. 1976 est l'année du retour des radicaux à la tête du Conseil général, cependant ils apparaissent sous une forme différente : le parti radical de gauche, parti issu de la scission du PRRRS en 1972. Edmond Desouches puis Robert Huwart, occuperont successivement la présidence du Conseil général sous cette étiquette, et ce jusqu'en 1985. Les élections cantonales de 1985 sont marquées par le basculement à droite du Conseil général d'Eure-et-Loir, Martial Taugourdeau membre du RPR en devient le président, il occupera ce poste jusqu'à son décès en 2001. Après un cours intérim assuré par le sénateur, Gérard Cornu, Albéric de Montgolfier alors conseiller général du canton d'Orgères-en-Beauce et membre du RPR (qui deviendra en 2002 l'UMP, puis Les Républicains en 2015), devient président du Conseil général en 2001. Il sera continuellement réélu en 2004, 2008 et 2015. Au terme des élections départementales de 2015, il bénéficie d'une très large majorité comprenant 28 conseillers généraux sur 30, parmi lesquelles se trouvent 22 élus "Les Républicains", 3 élus UDI et 3 élus DVD. Le département d'Eure-et-Loir fut également connu pour la forte implantation qu'eut le Front National à partir des années 1980. Lors d'une élection municipale partielle à Dreux en 1983, le RPR et l'UDF s'allient avec le Front National pour faire basculer la mairie qui était à gauche depuis les élections municipales de 1977. Cela amène à l'élection du RPR Jean Hieaux qui administrera la ville en compagnie du Front National. Le Front National poursuivra sa progression avec l'élection de Marie-France Stirbois au poste de députée de la deuxième circonscription d'Eure-et-Loir, à l'occasion d'une élection législative partielle en 1989. Enfin Marie-France Stirbois obtiendra un autre mandat en devenant conseillère générale du canton de Dreux-Ouest entre 1995 et 2001. Cette même année marque la fin de l'implantation du parti dans le département, lorsque Marie-France Stirbois quitte le département pour les Alpes-Maritimes. La situation actuelle. À droite. Trois des quatre principales villes du département sont dirigées par des maires de droite : D'autres villes de moindre importance sont dirigées par des maires de droite : Un député sur quatre, Olivier Marleix, est membre de LR. Les trois sénateurs d'Eure-et-Loir, Albéric de Montgolfier, Chantal Deseyne et Daniel Guéret sont membres de Les Républicains. Au centre. Les Centristes sont surtout présents dans le sud du département marqué par l'ancien président de la région Centre-Val de Loire et député, Maurice Dousset, dont l'un des héritiers est Philippe Vigier, député-maire de Cloyes-sur-le-Loir, conseiller régional et président du syndicat du Pays Dunois. Il compte également quatre conseillers généraux (Michel Boisard, Laurent Leclerc, Marc Guerrini et Dominique Leblond) et quatre présidents d'anciennes intercommunalités (communauté de communes de la Beauce de Janville, communauté de communes de la Beauce vovéenne, communauté de communes des Trois Rivières, communauté de communes de la Beauce alnéloise). Le Parti radical, ancien parti dirigeant le département entre 1885 et 1979, compte encore plusieurs élus municipaux : Philippe Masson, maire de Brou, des conseillers municipaux à Châteaudun et un maire honoraire à Gasville-Oisème. Le Mouvement démocrate compte un conseiller général, Jean-Pierre Gaboriau, également maire de Châteauneuf-en-Thymerais. Deux députés sur quatre sont classés au centre Guillaume Kasbarian de La République en marche et Laure de La Raudière du parti Agir À gauche. Elle compte 2 conseillers départementaux sur 30 : Xavier Roux et Marie-Pierre Lemaître-Lezin, élus du canton de Lucé sous l'étiquette divers gauche. La gauche a longtemps détenu (1978-2002) la première circonscription du département dont Georges Lemoine était le député. Ancien maire de Chartres et ministre socialiste, il est membre depuis 2008 du Parti ouvrier indépendant au nom duquel il s'est présenté à l'élection législative partielle de septembre 2008 (14,51 % des suffrages) et aux élections cantonales de 2011 sur le canton de Mainvilliers. Depuis 2015, elle compte enfin 5 conseillers régionaux sur 12 dont Harold Huwart (PRG), vice-président, Estelle Cochard (EÉLV) et trois élus socialistes, Fabien Verdier, Michèle Bonthoux et Valentino Gambuto. Extrême droite. Le Rassemblement national (RN) compte un conseiller régional (Philippe Loiseau), depuis les élections régionales de 2004. Le RN fait partie de l'opposition aux conseils municipaux de Dreux et Chartres. Population et société. Démographie. Les habitants d'Eure-et-Loir sont les "Eurélien(ne)s". Au niveau national le département occupe le . L'évolution démographique du département, bien que positive, cache des contrastes importants selon les secteurs L'est du département, dans la zone d'influence directe de Paris, bénéficie depuis quelques années, de l'arrivée conséquente d'une nouvelle population poussée hors de l'Île-de-France par la pression immobilière et à la recherche d'une meilleure qualité de vie. Les agglomérations de Chartres et de Dreux, bien desservies en transports et en infrastructures, sont au cœur des bassins de vie les mieux pourvus. À l'ouest : le Perche et son cadre bucolique s'est revitalisé depuis la création du parc naturel régional en 1998 grâce à une population plus touristique et aisée, en quête d'une résidence secondaire Le centre et le sud du département connaissent une évolution moins favorable. Si la région de Courville-sur-Eure, reliée à Paris et Chartres par le rail et proche de l'autoroute A11 se maintient bien, les secteurs de Châteaudun et d'Illiers-Combray, mal desservis, subissent un solde démographique nul, voire négatif. Résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du , 6,9 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes d'Eure-et-Loir dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Manifestations culturelles et festivités. Parmi les festivals et événements culturels, peuvent être citées : Journées lyriques de Chartres et d'Eure-et-Loir, Rencontres Musiques électroacoustiques, Jazz de Mars, Festival du légendaire, Caravane des poètes, Festival Top In Humour et Festival de musiques actuelles L'Paille à Sons (Chartres), Festival du Thé Vert et Festival Percheval (Nogent-le-Rotrou), Hurluperku (Châteauneuf-en-Thymerais), Fête des livres de La Ferté-Vidame, Fête des Flambarts de Dreux, Foire aux laines de Châteaudun. Sports. Principaux clubs euréliens : Économie. L'Eure-et-Loir est un département de tradition agricole (Beauce) mais aussi en pointe dans trois filières économiques : Agriculture. Le département est un acteur économique majeur dans la production de céréales et d'oléo-protéagineux en France. Son économie agricole est néanmoins très fortement dépendante de la conjoncture et de l'environnement réglementaire des marchés des grandes cultures. L'Eure-et-Loir est le premier céréalier français. Il occupe également le premier rang national pour la production de colza et de pois protéagineux. Le blé tendre est de loin la production emblématique du département. Ainsi, près de 40 % des surfaces agricoles du département sont consacrées à la culture du blé tendre, qui a généré en moyenne 29 % de la production agricole marchande du département au cours des cinq dernières années. L'agriculture du département est également promue par le Pôle AgroDynamic, une filière de valorisation des ressources agricoles du département mis en place dans différents secteurs : agroénergie, agroalimentaire, agromatériaux, agrosanté. Énergies. Le département est également en pointe en matière d'énergies renouvelables. Déjà classé au deuxième rang national en termes de production électrique grâce à ses parcs éoliens notamment situés dans la Beauce, l'Eure-et-Loir aurait été, dès 2012, le premier producteur d'électricité français d'origine photovoltaïque avec la création sur la base aérienne de l'OTAN désaffectée de Crucey-Villages, près de Brezolles dans la région naturelle du Thymerais, du plus grand parc photovoltaïque de France. Confié en février 2011 par le conseil général à l'opérateur EDF énergies nouvelles, le parc couvre 245 des de l'ancienne base militaire et a une puissance nominale de (équivalent à la consommation électrique de ou la production de ). Le nombre de panneaux installés est de . |
Espace de Hilbert En mathématiques, un espace de Hilbert est un espace vectoriel réel (resp. complexe) muni d'un (resp. hermitien), qui permet de mesurer des longueurs et des angles et de définir une orthogonalité. De plus, un espace de Hilbert est complet, ce qui permet d'y appliquer des techniques d'analyse. Ces espaces doivent leur nom au mathématicien allemand David Hilbert. Le concept d'espace de Hilbert étend les méthodes de l'algèbre linéaire en généralisant les notions d'espace euclidien (comme le plan euclidien ou l'espace usuel de dimension 3) et d'espace hermitien à des espaces de dimension quelconque (finie ou infinie). Des espaces de Hilbert apparaissent fréquemment en mathématiques et en physique, essentiellement en tant qu'espaces fonctionnels de dimension infinie. Les premiers espaces de Hilbert ont été étudiés sous cet aspect pendant la première décennie du par David Hilbert, Erhard Schmidt et Frigyes Riesz. Ils sont des outils indispensables dans les théories des équations aux dérivées partielles, mécanique quantique, analyse de Fourier (ce qui inclut des applications au traitement du signal et le transfert thermique) et la théorie ergodique qui forme le fondement mathématique de la thermodynamique. John von Neumann forgea l'expression espace de Hilbert pour désigner le concept abstrait qui sous-tend nombre de ces applications. Les succès des méthodes apportées par les espaces de Hilbert menèrent à une époque très prolifique pour l'analyse fonctionnelle. En plus des espaces euclidiens classiques, les exemples les plus courants d'espaces de Hilbert sont les espaces de fonctions de carré intégrable, les espaces de Sobolev qui sont constitués de fonctions généralisées, et les espaces de Hardy de fonctions holomorphes. L'intuition géométrique intervient dans de nombreux aspects de la théorie des espaces de Hilbert. Ces espaces possèdent des théorèmes analogues au théorème de Pythagore et à la règle du parallélogramme. En mathématiques appliquées, les projections orthogonales sur un sous-espace (ce qui correspond à aplatir l'espace de quelques dimensions) jouent un rôle important dans des problèmes d'optimisation entre autres aspects de la théorie. Un élément d'un espace de Hilbert peut être défini de manière unique par ses coordonnées relativement à une base de Hilbert, de façon analogue aux coordonnées cartésiennes dans une base orthonormale du plan. Quand cet ensemble d'axes est dénombrable, l'espace de Hilbert peut être vu comme un ensemble de suites de carré sommable. Les opérateurs linéaires sur un espace de Hilbert sont semblables à des objets concrets : dans les « bons » cas, ce sont simplement des transformations qui étirent l'espace suivant différents coefficients dans des directions deux à deux perpendiculaires, en un sens qui est précisé par l'étude de leur spectre. Définition et exemples. Exemple introductif : l'espace euclidien de dimension 3. Un des exemples les plus courants d'espace de Hilbert est l'espace euclidien de dimension 3, noté ℝ, muni du produit scalaire usuel. Le produit scalaire associe, à deux vecteurs formula_1 et formula_2 un nombre réel noté formula_3. Si formula_1 et formula_2 ont pour coordonnées cartésiennes respectives formula_6 et formula_7, alors leur produit scalaire est : Le produit scalaire satisfait aux propriétés suivantes : Le produit scalaire est intimement relié avec la géométrie euclidienne par la formule suivante, qui relie le produit scalaire de deux vecteurs formula_1 et formula_2 avec leurs normes (notées respectivement formula_21 et formula_22) et l'angle formula_23 qu'ils forment : Toute opération sur les vecteurs qui vérifie les trois propriétés ci-dessus est également appelée produit scalaire. Un espace vectoriel muni d'un produit scalaire est dit espace préhilbertien réel. Un espace de Hilbert est un espace préhilbertien qui possède de plus une propriété d'analyse mathématique : il est complet, argument reposant sur les limites de suites de vecteurs dans cet espace. Définition. Un espace de Hilbert est un espace préhilbertien complet, c'est-à-dire un espace de Banach dont la norme ║·║ découle d'un produit scalaire ou hermitien 〈·, ·〉 par la formule formula_25 C'est la généralisation en dimension quelconque (finie ou infinie) d'un espace euclidien ou hermitien. Classification. Dans un espace de Hilbert de dimension infinie, le concept habituel de base est remplacé par celui de base hilbertienne (ou base de Hilbert) qui permet, non plus de décrire un vecteur par ses coordonnées, mais de l'approcher par une suite infinie de vecteurs ayant chacun des coordonnées finies. On est donc au confluent de l'algèbre linéaire et de la topologie. Théorème de Fréchet-von Neumann-Jordan. Un espace de Banach (respectivement espace vectoriel normé) est un espace de Hilbert (respectivement espace préhilbertien) si et seulement si sa norme vérifie l'égalité formula_32, qui signifie que la somme des carrés des quatre côtés d'un parallélogramme est égale à la somme des carrés de ses diagonales (règle du parallélogramme). Ce théorème est dû à Maurice René Fréchet, John von Neumann et Pascual Jordan. Identité de polarisation : Annexes. Lien externe. Cours d'analyse — Jacques Harthong |
Essonne (département) Le département de lEssonne ( ) est un département français situé au sud de Paris, dans la région Île-de-France. Il est pour partie intégré à l'agglomération parisienne et tire son nom de la rivière Essonne dont le cours traverse le territoire selon un axe sud-nord jusqu’à sa confluence avec la Seine. Officiellement créé le par démembrement de l'ancienne Seine-et-Oise, il porte le code Insee et et couvre un territoire de occupé en par . Son chef-lieu est Évry-Courcouronnes (Évry jusque fin 2018). Ses habitants sont appelés les Essonniens. Géographie. Situation. Le département de l’Essonne est situé dans la région Île-de-France, il est pour 40 % de son territoire intégré à l’agglomération parisienne et géologiquement implanté dans le bassin parisien. Quatre régions naturelles occupent le territoire, délimitées par des cours d’eau. Sur les deux tiers nord-ouest du département, à l’ouest de la rivière l’Essonne et au nord de la Louette se trouve le Hurepoix, au sud-ouest, délimité par la Louette et l’Essonne s’étendent les larges plaines de la Beauce, à l’extrême sud-est, approximativement dans la vallée de l’École se trouve le Gâtinais français et au nord-est, sur la rive droite de la Seine commence le plateau de la Brie. Ce territoire fertile est aujourd’hui encore fortement disparate, avec une urbanisation relativement dense au centre-nord dans la pénéplaine de l’Orge, la Seine et l’Essonne, la présence conjointe de bourgs, de culture maraîchère et d’espaces boisés protégés dans les vallées, de vastes espaces de grande culture céréalières sur les plateaux de l’ouest et du sud où se trouvent des villages ruraux. En 2003, ce sont ainsi près de 78 % du territoire qui étaient encore considérés comme ruraux. Plusieurs cours d’eau arrosent le département, le fleuve la Seine forme une boucle de l’est au nord, complétée par ses affluents l’Yerres sur la rive droite, sur la rive gauche du sud au nord, l’École, l’Essonne, l’Orge et la Bièvre et les sous-affluents le Réveillon qui se jette dans l’Yerres, la Juine, grossie par la Louette et la Chalouette, qui se jettent dans l’Essonne, la Renarde, la Rémarde, alimentée par la Prédecelle, la Salmouille et l’Yvette, alimentée par la Mérantaise, le Vaularon et le Rouillon se jettent toutes dans l’Orge. Ces rivières et ruisseaux ont creusé le sous-sol sédimentaire du territoire, caractéristique du bassin parisien et composé principalement de sable, de marne et de calcaire, par endroits complété par de l’argile, du gypse et de la craie ou compacté pour former de la meulière. Le terrain s’étage ainsi en un vaste plateau sur la moitié ouest, descendant en pente douce vers la pénéplaine de la Seine au nord-est et entrecoupé de vallées plus ou moins encaissées. Le point culminant du département est ainsi situé à cent soixante-dix-huit mètres à Pecqueuse tandis que le point le plus bas, en bord de Seine est positionné à trente-et-un mètres à Vigneux-sur-Seine. Le point le plus bas est d’ailleurs situé à la frontière avec le département limitrophe nord et nord-est du Val-de-Marne, tandis que le plateau ouest s’étend des Hauts-de-Seine au nord-ouest à l’Eure-et-Loir au sud-ouest en passant par les Yvelines à l’ouest. Au Sud, la Beauce occupe une large part du nord du Loiret, complétée par le Gâtinais qui s’étend aussi au Sud-Est en Seine-et-Marne. À l’Est, la Brie constitue le paysage typique de cette même Seine-et-Marne. Aujourd’hui, les communes extrême-cardinales sont Bièvres au Nord, Varennes-Jarcy à l’Est, Angerville au Sud et Chatignonville à l’Ouest. Le centre géographique du département est situé dans la commune de Lardy en lisière du bois des Célestins (). Outre la préfecture Évry-Courcouronnes et les chefs-lieux Corbeil-Essonnes, Étampes et Palaiseau, plusieurs cités apparaissent comme caractéristiques du département par leurs importance historique, culturelle, économique et administrative, soit Arpajon, Dourdan, La Ferté-Alais, Milly-la-Forêt et Montlhéry. Elles sont, encore aujourd’hui, reliées au maillage d’infrastructures de transport qui parcourt le département, constitué par les routes nationales 118 au nord-ouest, 20 au centre, 7 à l’est, 6 au nord-est et 104 d’ouest en est, l’autoroute A10 du nord au sud-ouest et A6 du nord au sud-est, le Réseau express régional d'Île-de-France avec les lignes B au nord-ouest, C au centre et D à l’est, les lignes d’autobus et l’aéroport de Paris-Orly implanté au nord du département. Hydrographie. Le département de l’Essonne est traversé par de nombreux cours d'eau d’importances et de tailles diverses. En premier, le fleuve la Seine passe au nord-est du territoire, elle entre par l’est au Coudray-Montceaux et parcourt vingt-quatre kilomètres jusqu’à Vigneux-sur-Seine. Plusieurs de ses affluents parcourent le département, sur la rive droite, l’Yerres parcourt dix-sept kilomètres dans l'Essonne entre Quincy-sous-Sénart et Crosne avant la confluence située dans le département du Val-de-Marne à Villeneuve-Saint-Georges. Sur la rive gauche, l’École fait un court passage au sud-est entre Oncy-sur-École et Soisy-sur-École, la confluence étant située en Seine-et-Marne à Saint-Fargeau-Ponthierry, l’Essonne entre par le sud du département à Boigneville et rejoint le cours du fleuve à Corbeil-Essonnes après un parcours de quarante-quatre kilomètres, l’Orge démarre son tracé essonnien à Dourdan jusqu’à se jeter dans la Seine à Viry-Châtillon et Athis-Mons sur quarante-et-un kilomètres, la Bièvre fait une petite incursion à l’extrême nord-ouest entre Bièvres et Verrières-le-Buisson. Plusieurs sous-affluents du fleuve sont ensuite répartis sur le territoire. Rejoignant la Bièvre à l’extrême nord, la Sygrie coule depuis le plateau de Vélizy, grossissant la Bièvre par sa rive gauche, au nord-ouest l’Yvette alimentée par la Mérantaise, le Vaularon et le Rouillon trace la vallée de Chevreuse, à l’ouest la Salmouille et la Rémarde alimentée par la Prédecelle descendent du plateau de Limours, sur la rive droite la Renarde descend de la Beauce. Au sud, rejoignant l’Essonne par sa rive gauche coule la Juine, alimentée par la Louette et la Chalouette. À l’extrême nord-est coule enfin le Réveillon qui se jette dans l’Yerres à Yerres. Plusieurs lacs et étendues d’eau, naturels ou artificiels, sont aussi répartis sur le territoire. En bord de Seine se trouvent le lac de Viry-Châtillon, le lac de Draveil et le lac de Vigneux-sur-Seine. Assurant la régulation et la retenue des eaux, le lac de Saulx-les-Chartreux et les étangs de Saclay constituent aujourd’hui des espaces protégés. Le lac de Vert-le-Petit, le lac de Tigery, l’étang de la Veyssière, l’étang de Trévoix et le lac Montalbot caractérisent eux aussi le patrimoine hydrique du département. Enfin, le département est traversé du Sud au Nord par l’aqueduc de la Vanne et du Loing qui est chargé, par son prolongement formé par les aqueducs d'Arcueil et de Cachan et le réservoir de Montsouris, d’alimenter Paris en eau potable. Dans l’Essonne, il démarre son parcours entièrement souterrain à Soisy-sur-École (), traverse les communes de Champcueil, Chevannes, Mennecy, Ormoy, Villabé, Lisses, Courcouronnes, Ris-Orangis, Grigny, Viry-Châtillon, Savigny-sur-Orge et Paray-Vieille-Poste où il quitte le territoire départemental en passant sous l’aéroport de Paris-Orly (). Relief et géologie. Le département de l’Essonne occupe un territoire orienté en pente relativement douce de la Beauce au sud-ouest vers la vallée de la Seine au nord-est. Le point culminant du département se trouve à l’ouest sur le territoire de Pecqueuse à cent soixante-dix-huit mètres d’altitude au lieu-dit Chaumusson à proximité de l’ancienne ligne Paris - Chartres par Gallardon (). Le point le plus bas est lui situé à trente-et-un mètres d’altitude à Vigneux-sur-Seine à proximité de la station d’épuration en bord de Seine (). La moitié sud du département est occupée par le large plateau de la Beauce, creusé par les vallées de l’Essonne et l’École à l’est, de la Juine au centre et la vallée de l'Orge au nord-ouest. Le nord-ouest du département alterne plateaux et vallées encaissées avec du sud au nord, le plateau de Limours, la petite vallée de la Salmouille, le plateau de Courtabœuf, la vallée encaissée de l’Yvette, le plateau de Saclay, la vallée encaissée de la Bièvre (affluent de la Seine) et enfin les contreforts du plateau de Villacoublay. Le nord-est du département est occupé par la pénéplaine de la Seine, de l’Essonne et de l’Orge, au relief relativement peu marqué jusqu’au lit du fleuve. Sur la rive droite commence le plateau de la Brie, traversé par la vallée peu profonde de l’Yerres. Géologiquement intégré au bassin parisien, le sous-sol est relativement homogène sur l’ensemble du territoire avec quelques variations entre le sud et le nord-est. Au sud-est le sous-sol est constitué de couches successives de sable de Fontainebleau et de calcaire. Au nord-ouest et à l’est, le calcaire est remplacé par de la marne et dans les vallées de l’Yvette et de la Bièvre, le sable compacté forme des blocs de meulière. Au centre du territoire, le gypse se mêle au calcaire et la marne. Dans la vallée de l’Essonne et la vallée de l’Orge s’ajoutent une couche d’argile à silex, et à l’extrême est du territoire, dans le Gâtinais, en profondeur une couche de craie. Au nord-est de la Seine, le plateau briard est composé de couches successives de marne, de sable et de calcaire. Départements limitrophes. Le département de l’Essonne est une portion de l’ancienne Seine-et-Oise, comme ses départements limitrophes que sont les Yvelines à l’ouest, les Hauts-de-Seine au nord-ouest et le Val-de-Marne au nord et nord-est. À l’est et au sud-est se trouve le plus vaste département de la région Île-de-France, la Seine-et-Marne. Au sud et au sud-ouest, se trouvent le Loiret et l’Eure-et-Loir qui appartiennent tous deux à la région Centre-Val de Loire. Climat. Le climat de l’Essonne est mesuré à partir de la station météorologique départementale de Brétigny-sur-Orge (), approximativement centrale sur le territoire et implantée à soixante-dix huit mètres d’altitude dans un secteur représentatif géographiquement. Cependant, des variations relativement importantes sont mesurables à partir de stations situées à proximité dans les départements limitrophes, comme à Orly et Vélizy-Villacoublay au nord, Melun à l’est, Trappes et Chartres à l’ouest, Orléans au sud. Le département de l’Essonne, situé en Île-de-France et dans le bassin parisien, se caractérise par un climat océanique dégradé, principalement sous l’influence des régimes d’ouest - sud-ouest, aux hivers frais et aux étés doux. Cela se traduit par une fréquence élevée des pluies, environ cent soixante jours par an. Mais paradoxalement l’Essonne figure parmi les départements les plus « secs » de France, le mot sec étant relatif aux quantités de pluie reçue avec seulement par an à la station météorologique départementale de Brétigny-sur-Orge contre à Nice ou à Toulouse. Les précipitations sont cependant bien réparties tout au long de l’année, toutefois l’été connaît des précipitations surtout sous forme d’averses orageuses brèves mais intenses. L’ensoleillement est pour sa part conforme aux moyennes relevées au nord de la Loire avec un cumul de par an, un ensoleillement maximum en juillet et minimum en décembre. Les températures sont typiques des plaines du bassin parisien avec des moyennes en janvier entre et , en juillet entre et à Brétigny-sur-Orge. La température moyenne annuelle est fixée à avec une moyenne haute à et une moyenne basse à , le mois le plus chaud est juillet avec une moyenne haute mensuelle fixée à et le mois le plus froid, janvier avec une moyenne basse à . L’influence du climat continental entraîne cependant des écarts parfois importants et des records de température élevés avec relevés le et très bas à le . À noter que les températures minimales sont systématiquement plus élevées d’un à deux degrés celsius dans le nord du département du fait de la densité urbaine plus forte. Transports. Le département dispose d’un maillage important d’axes de transport d’envergure nationale, des routes en partie héritées des voies romaines et de l’ancien régime, des voies ferrées majeures et un aéroport international. Transport aérien. Implanté pour 60 % de sa superficie à l’extrême nord du département, l'aéroport de Paris-Orly constitue une plaque tournante importante du transport aérien. Deuxième aéroport de France avec un trafic d'environ et en 2015. Il est complété, dans l'Essonne par l'aérodrome d'Étampes - Mondésir, l'aérodrome de La Ferté-Alais et l'aérodrome de Buno-Bonnevaux. La base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge a été dissoute le 26 juin 2012. Transport fluvial. Malgré la présence de la Seine à l’est du département, le transport fluvial est relativement peu développé avec la seule présence du port d'Évry, installation de quatre hectares gérée par le port autonome de Paris, qui a permis le traitement en 2001 de tonnes de marchandises et qui devrait voir sa capacité augmenter par l’adjonction d’un terminal à conteneurs. Il est complété un peu en amont par les installations des grands moulins de Corbeil dont le nouveau terminal inauguré en 1995 est adapté aux convois fluviaux et par des installations d’entreprises privées à Viry-Châtillon, Grigny et Athis-Mons. En 2008, le trafic fluvial dans les ports du département s’est élevé à tonnes. Transport routier. L’Essonne est traversée du nord au sud par six axes routiers majeurs. Implantés d’ouest en est, on trouve la route nationale 118 de Bièvres aux Ulis qui mènent à la porte de Saint-Cloud, l’autoroute A86 qui fait une courte incursion à Verrières-le-Buisson, l’autoroute A10 de Wissous à Dourdan vers l’ouest, la route nationale 20 de Massy à Angerville vers le sud-ouest, l’autoroute A6 de Wissous à Soisy-sur-École vers le sud-est, l’ancienne route nationale 7 de Paray-Vieille-Poste au Coudray-Montceaux vers le sud, la route nationale 6 de Crosne à Tigery, la route nationale 337 au Coudray-Montceaux et la route nationale 449 à Ris-Orangis. Assurant la liaison entre ces axes et la ceinture de la région, la route nationale 104 traverse le département d’ouest en est entre Marcoussis et Tigery. Le département totalise ainsi en 2009 cinquante-huit kilomètres d’autoroute, deux cent vingt-cinq kilomètres de route nationale et mille cent quatre-vingt-onze kilomètres de route départementale. L’entretien des axes nationaux est réalisé par la DIR Ile-de-France et les routes départementales par 3 unité territoriale de déplacement de l’Essonne, à Lisses, Linas et Étampes. Complétant ce maillage, plusieurs réseaux d’autobus de la RATP et des transporteurs membres de l'Optile relient les agglomérations. Transport ferroviaire. Suivant pour la plupart ces axes routiers, des voies ferrées furent ajoutées. Le département est ainsi parcouru, selon leur implantation d’ouest en est, par l’ancienne ligne de Sceaux utilisée par la ligne B du RER d'Île-de-France de Verrières-le-Buisson à Gif-sur-Yvette, la ligne de Paris-Montparnasse à Monts (LGV) de Verrières-le-Buisson à Saint-Cyr-sous-Dourdan, la ligne de la grande ceinture de Paris entre Bièvres et Athis-Mons, la ligne de Paris-Austerlitz à Bordeaux-Saint-Jean d’Athis-Mons à Angerville et la ligne de Brétigny à La Membrolle-sur-Choisille de Brétigny-sur-Orge à Dourdan aujourd’hui toutes trois utilisées par la ligne C du RER d'Île-de-France, la ligne de Villeneuve-Saint-Georges à Montargis entre Vigneux-sur-Seine et Boigneville, la ligne de Grigny à Corbeil-Essonnes entre Grigny et Corbeil-Essonnes, la ligne de Corbeil-Essonnes à Montereau entre Corbeil-Essonnes et Le Coudray-Montceaux et la ligne de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles entre Montgeron et Boussy-Saint-Antoine empruntées par la ligne D du RER d'Île-de-France. Au total, ce sont soixante-treize gares qui sont réparties sur les trois lignes de transports en commun. Les TGV desservent les gares de Massy TGV et Massy - Palaiseau. Transports en commun. Dans le futur, le département sera desservi par : Énergie. Quatre réseaux d’oléoducs traversent le département totalisant cent soixante-cinq kilomètres, dont le Donges-Grandpuits-Metz exploité par la Société française Donges-Metz avec quatre dépôts à Guigneville-sur-Essonne, D'Huison-Longueville, Cerny et Orveau et Le Havre-Grandpuits et son jumeau PLIF exploités par la Trapil et l’oléoduc reliant la station de pompage d’Itteville à la raffinerie de Grandpuits. Plusieurs gazoducs du réseau haute pression de GRTgaz sillonnent le territoire et un spécial géré par Air liquide relie l’usine Altis Semiconductor de Corbeil-Essonnes au centre de production de Moissy-Cramayel. À Villejust se trouve le centre de transformation électrique le plus important de France chargé de transformer le volts provenant des centrales électriques de la Loire en volts à destination des répartiteurs d’Issy-les-Moulineaux et Chevilly-Larue et en volts pour la consommation locale. Il est en outre relié à la ligne à très haute tension « boucle » de RTE qui entoure l’Île-de-France et traverse le département d’ouest en est. Toponymie. L’appellation de la rivière l’Essonne tire ses origines du nom de la déesse gauloise des rivières, "Acionna", vénérée dans l’Orléanais où le cours d’eau prend sa source. À la création du département en 1964, il fut décidé qu’il prendrait le nom de la rivière qui parcourt son territoire du sud au nord jusqu’à la confluence avec la Seine à Corbeil-Essonnes. Ce même nom se retrouvait aussi dans le toponyme de l’ancienne commune d’Essonnes et comme extension de plusieurs communes du département : Ballancourt-sur-Essonne, Boutigny-sur-Essonne, Courdimanche-sur-Essonne, Gironville-sur-Essonne, Guigneville-sur-Essonne, Prunay-sur-Essonne et Vayres-sur-Essonne. Histoire. Avant l’Essonne. Le territoire de l’actuel département de l’Essonne fut occupé de façon certaine dès le Néolithique, comme en témoignent les découvertes en divers points du département de silex taillés et l’élévation de menhirs comme dans la forêt de Sénart à Brunoy. À l’époque gauloise, le territoire était à la frontière entre les domaines des "Parisii" au nord, des "Carnutes" au sud-ouest et des "Sénons" au sud-est. Des premières villes commencèrent alors à se démarquer, dont Dourdan, réputée pour son activité de poterie. L’invasion romaine permit l’édification d’une multitude de "villa rustica" sur les plateaux dominant les riches vallées, comme en témoignent les résultats de fouilles archéologiques à Orsay. D’autres villages se transformèrent en "oppidum" à la croisée des routes, tel Arpajon. Milly-la-Forêt devint par la volonté de Dryus un centre druidique au , la région de Dourdan subissant l’autorité du roi païen "Dordanus" au . Au s’acheva l’évangélisation du territoire, avec l’édification en 600 d’une première église à Corbeil-Essonnes et le développement à Palaiseau d’une abbaye sous l’impulsion de sainte Bathilde et saint Wandrille. En l’an 604 se déroula la première bataille d’Étampes entre Clotaire II, roi de Neustrie et Thierry II, roi de Bourgogne allié de Thibert II, roi d’Austrasie. À partir du , la plupart du territoire était intégré au domaine royal français, les rois disposant des lieux et distribuant les terres à leurs vassaux. Commença alors au l’édification de châteaux forts contrôlant les routes commerciales, comme à Montlhéry, ou pour arrêter les "raids" vikings à Corbeil-Essonnes et La Ferté-Alais. À partir du , la basilique Notre-Dame-de-Bonne-Garde à Longpont-sur-Orge devint la première étape du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle depuis Paris. Les révoltes des nobles locaux entraînèrent l’intégration complète du territoire dans le domaine royal, Robert II de France construisant le château d'Étampes, démantelant le château de Montlhéry au et réduisant à néant la puissante famille de Montlhéry, Philippe II de France construisant le château de Dourdan au . En 1131 se déroula le concile d’Étampes qui se prononça en faveur du futur pape Innocent II. En 1258 fut scellé le traité de Corbeil, fixant les limites territoriales entre le royaume de France et le royaume d'Aragon. Le domaine d’Étampes fut érigé en comté en 1298, créant alors la lignée des comtes puis ducs d’Étampes. De cette époque se fixèrent les deux composantes principales de l’économie locale, l’agriculture pour alimenter la capitale et l’industrie utilisant la force motrice des nombreux cours d’eau. Au , les Grands moulins de Corbeil devinrent « moulins du Roi ». À partir du s’installèrent dans la région d’importantes commanderies templières à Étampes, Longjumeau, Chalou-Moulineux, Auvernaux, organisant de vastes domaines agricoles prospères. En 1305 fut signé le traité d'Athis-sur-Orge qui intégrait au royaume de France les villes de Lille, Douai et Béthune. En 1326 intervint le second traité de Corbeil, renouvelant l’"Auld Alliance". En 1346, Philippe VI de France signa l’ordonnance de Brunoy, considérée comme le premier acte juridique en français ayant trait au développement durable. Survint alors la guerre de Cent Ans, causant des ravages et des massacres sur le territoire, comme l’incendie en 1360 de l’église Saint-Clément d’Arpajon par les troupes d’Édouard III d'Angleterre, brûlant vifs huit cents habitants. En 1371, ce fut au tour de Milly-la-Forêt d’être ravagée par le « prince noir » Édouard de Woodstock. Entre 1353 et 1355, Paris frappé par la peste noire utilisa les coches des bateliers de Corbeil, les "corbeillards" pour évacuer les cadavres, donnant ainsi naissance au mot corbillard. En 1465 eu lieu la bataille de Montlhéry entre et Charles le Téméraire. Le début de la Renaissance vit le développement commercial de la région, avec l’édification de halles à Milly-la-Forêt au puis Dourdan, Arpajon et Méréville au . Dans le même temps, la fixation du pouvoir royal à Paris puis Versailles, deux villes proches et les apanages que constituaient les villes de Dourdan et Étampes, offertes en présents aux favorites Anne de Pisseleu et Gabrielle d'Estrées, entraînèrent l’établissement de châteaux, construits par les courtisans et les magistrats parisiens. En 1568 fut signée la Paix de Longjumeau, concluant la deuxième guerre de religion. En 1590, lors du siège de Paris, ce fut encore Corbeil, prise par Alexandre Farnèse qui permit le ravitaillement de Paris, bloqué par les troupes d’Henri de France. En 1628, la ville d’Essonnes fut ravagée par un incendie, provoqué par une nouvelle explosion du moulin à poudre. En 1652, en pleine Fronde, la seconde bataille d’Étampes mena à la victoire de Turenne qui avait stationné ses troupes à Arpajon. Le vit la région s’équiper de plusieurs hôtels-Dieu à Milly-la-Forêt, Dourdan et Arpajon, de relais de poste sur les routes de Fontainebleau et Orléans. Il s’acheva par la Révolution française, modifiant relativement peu le quotidien des habitants. Un fait-divers marqua cependant cette période troublée, l’assassinat à Étampes du maire Jacques Guillaume Simoneau, entraînant la création par l’Assemblée législative d’une « Fête de la Loi » sur tout le territoire. Relativement peu touché par les conflits en dehors de l’occupation prussienne en 1870, le territoire profita du pour bénéficier d’une modernisation importante, avec la création de plusieurs lignes de chemin de fer, la ligne de Sceaux en 1854, la ligne Brétigny - Tours en 1867, la ligne de la grande ceinture en 1882, plusieurs villages devenant alors un lieu de villégiature pour les riches bourgeois parisiens et les artistes. L’ouverture de la ligne de tramway de l’Arpajonnais en 1894 permit une nouvelle montée en puissance des débouchés agricoles de la région, offrant un accès direct et rapide aux halles de Paris. L’industrie lourde fit aussi son apparition avec l’ouverture des usines Decauville à Évry-Petit-Bourg et des papeteries Darblay à Essonnes, faisant entrer cette riche famille essonnienne dans le cercle des « deux cents familles ». Le début du vit une nouvelle révolution pour le département, qui devint un des berceau de l’aviation, Viry-Châtillon accueillant en 1909 le premier aéroport organisé du monde à Port-Aviation, en 1910 Louis Blériot et Maurice Farman ouvraient des écoles sur l’aérodrome d'Étampes - Mondésir, Brétigny-sur-Orge disposait dès 1938 de la base aérienne 217, lieu de nombreux records. Autre site emblématique de la course à la vitesse, l’autodrome de Linas-Montlhéry créé en 1924 resta le lieu des plus célèbres courses automobiles jusque dans les années 1960. Relativement épargné par les deux conflits mondiaux, malgré la présence du camp de concentration de Linas-Montlhéry construit en 1940 par les nazis pour l’enfermement des Tsiganes, le futur département connu dès les années 1950 une forte poussée démographique, touché comme ces voisins par l’édification de bidonvilles aux portes de Paris, situation plus tard aggravée par la nécessité d’héberger les nombreux rapatriés d’Algérie venus s’installer dans la région. Ces bouleversements démographiques allaient entraîner le redécoupage administratif. Création et organisation d’un nouveau département. Au milieu des années 1960, la région Île-de-France était le théâtre de tractations politiques importantes. Le pouvoir central de la jeune Cinquième République, représenté par le président le général de Gaulle et le Premier ministre Michel Debré, décida de la réorganisation de la région capitale. Ainsi, la loi du 10 juillet 1964 portant réorganisation de la région parisienne prévoyait de supprimer les départements de Seine-et-Oise et de la Seine pour en créer sept nouveaux, dont le département de l’Essonne comprenant la presque totalité de l’arrondissement de Corbeil, l’arrondissement de Palaiseau et une partie de l’ancien arrondissement de Rambouillet. Le , le décret fixait le chef-lieu du département à Évry-Petit-Bourg, précédemment officieusement installé à Corbeil-Essonnes. Le , un nouveau décret 66-339 prévoyait le découpage administratif du département avec la création de l’arrondissement d'Évry en remplacement de celui de Corbeil-Essonnes (cette commune conservant cependant son statut de sous-préfecture) et modifiait les limites de l’arrondissement de Palaiseau. Le même jour, le décret créait l’arrondissement d'Étampes. Le , le décret portait création officielle des vingt-sept cantons du département : Arpajon, Athis-Mons, Bièvres, Brétigny-sur-Orge, Brunoy, Corbeil-Essonnes, Dourdan, Étampes, Étréchy, Évry, Juvisy-sur-Orge, La Ferté-Alais, Limours, Longjumeau, Massy, Mennecy, Méréville, Milly-la-Forêt, Montgeron, Montlhéry, Orsay, Palaiseau, Ris-Orangis, Saint-Chéron, Sainte-Geneviève-des-Bois, Savigny-sur-Orge et Viry-Châtillon. Le , le décret fixait à la date du l’entrée en vigueur de la loi du 10 juillet 1964, prévoyant effectivement la création du nouveau département, dont le territoire faisait partie jusqu'ici de celui de la Seine-et-Oise. Ainsi, le département de l’Essonne fut officiellement créé le janvier 1968, les élus du nouveau conseil général désignés lors des élections de 1967 entraient en fonction à cette date. Il fallut cependant attendre 1969 pour l’entrée en fonction du préfet Michel Aurillac. Le un décret détacha les communes de Châteaufort et Toussus-le-Noble qui sont rattachées au département voisin des Yvelines. Le , un décret actait la fusion des communes d’Angerville et Dommerville, cette dernière quitte alors le département d’Eure-et-Loir pour intégrer l’Essonne. Le intervient un redécoupage administratif, le décret portant le nombre de cantons à trente-cinq en ajoutant les cantons de Chilly-Mazarin, Draveil, Gif-sur-Yvette, Morsang-sur-Orge, Saint-Germain-lès-Corbeil, Saint-Michel-sur-Orge, Vigneux-sur-Seine, Villebon-sur-Yvette et Yerres et en supprimant le canton de Juvisy-sur-Orge. Le , le préfet de l’Essonne Paul Cousserand signait l’arrêté portant création d’une nouvelle commune, Les Ulis. Le , un nouveau décret modifiait encore les limites administratives en portant le nombre de cantons du département à quarante-deux par l’ajout des cantons de Corbeil-Essonnes-Est, Épinay-sous-Sénart, Évry-Nord, Grigny, Juvisy-sur-Orge, Massy-Est et Les Ulis. En parallèle de cette mise en place administrative, les autorités religieuses décidèrent de suivre le mouvement en créant le , à partir du vaste diocèse de Versailles, le nouveau diocèse de Corbeil-Essonnes. La collégiale Saint-Spire de Corbeil-Essonnes fut alors élevée au rang de cathédrale, avant l’édification à partir de 1991 de la nouvelle cathédrale de la Résurrection à Évry, conformément au changement de nom intervenu en 1988. Développement de l’Essonne. Depuis la création du département, sa morphologie s’est considérablement modifiée, créant deux paysages radicalement différents entre le Nord urbanisé et le Sud rural du territoire. L’explosion démographique entraînant une forte demande de logements, a entraîné comme ailleurs dans la région de grands travaux et la construction de grands ensembles, certains villages devenant en dix ans des grandes villes. Cas typique, Grigny qui ne comptait que en 1962 en comptait plus de en 1975, en grande partie logés dans la nouvelle cité d’habitat social de La Grande Borne. Le chef-lieu du département, Évry connut la même évolution sur une période plus longue, passant de en 1962 à plus de en 2006. Cette dernière fut, en même temps que se forgeait le nouveau territoire, intégrée dès 1965 au grand programme de Paul Delouvrier qui ambitionnait d’y construire une ville nouvelle, menant à la création en 1969 de l’établissement public d’aménagement de la ville d’Évry. Cette ville nouvelle dépassait largement les limites de la petite commune d’Évry-Petit-Bourg puisqu’elle englobait aussi Bondoufle, Courcouronnes et Lisses avec l’objectif d’accroître le pôle urbain que constituait déjà Corbeil-Essonnes, où s’était élevée la vaste cité des Tarterêts. De fait, presque toutes les villes moyennes, quasiment chaque chef-lieu de canton ou leurs périphéries, virent leurs territoires lotis, par des barres d’immeubles, des tours ou des pavillons individuels. Palaiseau, Étampes, Massy, Longjumeau, Sainte-Geneviève-des-Bois, Vigneux-sur-Seine, Épinay-sous-Sénart, Athis-Mons, Saint-Michel-sur-Orge, Brétigny-sur-Orge devinrent des villes de banlieue typiques. Autre exemple de cette course à la construction, Les Ulis, commune créée en 1977 sur les champs de blé du plateau de Courtabœuf, atteint plus de en 1982. Cette nouvelle concentration de résidents entraîna de nouveaux besoins, permettant le développement d’une nouvelle société de consommation avec l’ouverture en 1963 du premier hypermarché de France sous l’enseigne Carrefour à Sainte-Geneviève-des-Bois, puis la création des centres commerciaux, Ulis 2 en 1973, Évry 2 en 1975, La Croix-Blanche dans les années 1980, Villebon 2 en 1988, Villabé A6 en 1992. Les besoins en transports en commun entraînèrent la création entre 1962 et 1979 du réseau express régional d'Île-de-France avec l’ouverture dans le département de la ligne B en 1977, la ligne C en 1979 et la ligne D en 1987, le percement de nouvelles voies rapides, dont l’autoroute A6 ouverte en 1960 depuis Paris jusqu’au Coudray-Montceaux, l’autoroute A10 ouverte progressivement entre 1960 et 1973 depuis Wissous et la route nationale 104 aménagée dans les années 1980. L’aéroport de Paris-Orly, dont l’aérogare Sud fut inaugurée en 1961 marquait l’avènement de la modernité, mais il fut cependant vite à l’étroit, à cause de l’urbanisation rapide de ses abords, entraînant dès 1968 la première décision d’instaurer un couvre-feu de 23h00 à 6h00. De façon concomitante, de nombreuses institutions et entreprises s’implantèrent dans le département. La création en 1960 du parc d'activités de Courtabœuf permit l’arrivée d’entreprises de renom comme Hewlett-Packard qui y ouvrit son centre de recherche européen en 1968, imitée en 1983 par Microsoft. Sur le plateau de Saclay voisin, l’implantation en 1975 de l’école supérieure d'électricité et en 1976 de l’École polytechnique renforçait l’importance prise par le secteur depuis l’ouverture en 1971 de l’université Paris-Sud 11 à Orsay et complétait le commissariat à l'énergie atomique ouvert en 1952. L’est du département suivit plus tard le même développement, porté par la ville nouvelle, avec l’implantation en 1972 du centre national d'études spatiales, en 1979 de l’école Télécom SudParis (ex-Télécom INT) et Télécom École de Management (ex-INT Management), en 1980 du groupement Arianespace, l’ouverture en 1991 de l’université d'Évry-Val d'Essonne et en 1998 la création du Genopole. En 2006, l’inauguration à Saint-Aubin du Synchrotron soleil marquait la poursuite du programme de développement économique et scientifique du département. Des équipements structurants de niveau départemental furent bientôt développés, le théâtre de l’Agora d’Évry ouvert en 1975, l'île de loisirs d'Étampes en 1977, l’opéra de Massy en 1993, Le Grand Dôme en 1994 à l’occasion des jeux de la Francophonie. La décision de créer en 2006 l’opération d'intérêt national de Massy Palaiseau Saclay Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, couvrant presque un quart du nord-ouest du département sur vingt-sept communes relance aujourd’hui les perspectives de développement économique et d’aménagement du territoire, et débouche sur le projet de "cluster" technologique Paris-Saclay. En 2009, la réorganisation des services de l'État entraîna la suppression de la sous-préfecture de Corbeil-Essonnes. En 2019, le Conseil départemental de l'Essonne a lancé le projet d'un franchissement de la Seine au niveau d'Athis-Mons et de Vigneux. En 2020, l'École normale supérieure Paris-Saclay, établissement-composante de l'université Paris-Saclay, s'installe à Paris-Saclay et inaugure son nouveau théâtre. Démographie. Évolution démographique. Depuis la création du département le , sa population a crû rapidement, passant de lors du premier recensement de 1968 à en 1975, puis a connu une croissance moins rapide, pour atteindre en 1982 et pour ne dépasser le million qu'en 1990. Le ralentissement de la croissance démographique depuis 1990 est dû au solde apparent des entrées-sorties, devenu négatif (- 0,4 % par an de 1990 à 1999, - 0,1 % par an de 1999 à 2006 et - 0,5 % par an de 2006 à 2011). En d'autres termes, il y plus d'habitants qui quittent le département pour habiter ailleurs que de personnes qui viennent y résider. L'augmentation de la population est donc à mettre au compte d'un solde naturel (différence entre les naissances et les décès) encore très largement positif. La proportion d'immigrés dans la population essonnienne (13,8 % en 2011) est supérieure à la moyenne nationale (8,7 %) : en 2011, parmi les immigrés habitant dans l'Essonne, 31,2 % proviennent d'un pays européen (17,9 % du Portugal), 25,4 % d'un pays du Maghreb (11,3 % d'Algérie, 9,5 % du Maroc et 4,6 % de Tunisie), 24,8 % d'autres pays d'Afrique, 4,6 % de Turquie, 10,2 % d'autres pays d'Asie. Pyramide des âges. Département jeune par sa date de création, l’Essonne l’est aussi relativement par sa population avec une nette différence de répartition des tranches d’âges comparativement à l’ensemble du territoire national. Ainsi, pour les deux catégories les plus jeunes, entre un et deux points supplémentaires caractérisent la pyramide des âges essonnienne et à l’inverse pour les trois dernières tranches, deux points de moins approximativement séparent les taux de l’Essonne de ceux de la France. L’Essonne est un département qui vieillit, dans une proportion cependant moindre qu’à l’échelle nationale. La population des dans l'Essonne ne représente que 12,3 % en 2010 (), tandis qu’au niveau national cette tranche d’âge représente près de 15 % de la population. Par ailleurs, le département compte quelque âgées de et plus. Répartition de la population. En , la densité moyenne de population s'établissait à , taux très supérieur à celui de la moyenne nationale fixée à mais inférieur à la moyenne de la région Île-de-France établie à . La densité de peuplement est cependant très inégale sur le territoire départemental, avec une concentration forte au Nord-Est, autour du chef-lieu départemental et des axes majeurs, une densité légèrement moindre au nord-ouest, exception faite des pôles urbains de Massy, Longjumeau et Les Ulis et une densité faible dans une large moitié sud, où les communes conjuguent vaste territoire et faible population, Étampes jouant là le rôle de pôle urbain. La commune la plus densément peuplée en est Juvisy-sur-Orge avec , et la moins dense est Chatignonville avec . Administration et politique. Politique locale. Le département de l’Essonne est dirigé par le conseil départemental de l'Essonne, assemblée délibérante départementale composée de quarante-deux conseillers départementaux dont trente conseillers départementaux de la majorité de droite et 12 conseillers départementaux de l'opposition de gauche. Le président du conseil départemental est depuis 2015 François Durovray, conseiller du canton de Vigneux-sur-Seine. L’Insee attribue au département le code 91, Eurostat le code NUTS3 FR104 et l’organisation internationale de normalisation le code ISO 3166-2 FR-91. Parlementaires de l'Essonne. Au Sénat, le département de l’Essonne est représenté par cinq sénateurs. Les grands électeurs essonniens ont choisi pour les représenter durant la mandature 2017-2023 Laure Darcos (LR), Vincent Delahaye (UDI), Jocelyne Guidez (UDI), Jean-Raymond Hugonet (DVD) et Olivier Léonhardt (DVG). À l’Assemblée nationale, le département de l’Essonne est représenté par dix députés, dont cinq issus de la majorité présidentielle LREM. Les électeurs essonniens ont choisi pour les représenter au cours de la législature Farida Amrani (LFI), Nathalie Da Conceicao Carvalho (RN), Alexis Izard (LREM), Marie-Pierre Rixain (LREM), Paul Midy (LREM), Jérôme Guedj (PS), Robin Reda (Libres), Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Marie Guévenoux (LREM) et Antoine Léaument (LFI). Autres représentants politiques. Au conseil régional d'Île-de-France, le département de l’Essonne est représenté par vingt-quatre conseillers régionaux. Les électeurs essonniens ont choisi pour les représenter durant la mandature 2015-2021 six LR et apparentés, cinq UDI, cinq socialistes, trois RN, deux centristes MoDem et UDE, un LFI et une écologiste. Le département de l’Essonne compte cent quatre-vingt-quatorze communes. Parmi les 10 communes les plus peuplées du département, les maires sont les suivants : Présidents du conseil départemental de l’Essonne. Sept présidents se sont succédé à la tête du conseil général puis départemental depuis l’élection du premier en 1967 : Découpage administratif. En 2009, le département de l’Essonne est subdivisé en trois arrondissements : Cette même année, les services de l’État dans le département étaient dirigés par le préfet Jacques Reiller et les sous-préfets Pascal Sanjuan, secrétaire général et sous-préfet de l’arrondissement d’Évry, Daniel Barnier, sous-préfet de Palaiseau, et Thierry Somma, sous-préfet d’Étampes. Le préfet délégué pour l'égalité des chances est Pierre Lambert. Les communes du département ont choisi de se regrouper au sein de 5 communautés d’agglomération (Cœur d'Essonne Agglomération, Communauté Paris-Saclay, Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart, Val d'Yerres Val de Seine et Versailles Grand Parc) et de 7 communautés de communes (2 Vallées, Entre Juine et Renarde, l'Étampois Sud-Essonne, Le Dourdannais en Hurepoix, l'Orée de la Brie, le pays de Limours et le Val d'Essonne). 6 communes sont par ailleurs rattachées à la métropole du Grand Paris. Découpage électoral. Le département de l’Essonne est divisé en trois niveaux de circonscriptions électorales, le dernier découpage électoral étant intervenu en 1986. En 2009, un nouveau redécoupage a entraîné le transfert des communes de Bruyères-le-Châtel et Ollainville (canton d'Arpajon) de la troisième à la quatrième circonscription. En 2010, il est ainsi divisé en dix circonscriptions législatives : Il est aussi divisé en vingt-et-un cantons : Enfin, le département est divisé en cent quatre-vingt-seize communes dont la plus récente, Les Ulis a été créée le . La plus petite commune est Villiers-sur-Orge avec seulement carré, la plus étendue est Étampes avec carrés. D’après les données du recensement intervenu en 2008, la moins peuplée était Chatignonville avec seulement , la plus peuplée était le chef-lieu Évry avec . Outre le découpage électoral départemental, l’Essonne est intégré dans la circonscription Île-de-France dans le cadre des élections du Parlement européen et de cette même circonscription d’Île-de-France pour les élections régionales. Tendances et résultats politiques. L’analyse des derniers résultats électoraux d’envergure supra-départementale montre que le département de l’Essonne suit les tendances nationales avec une propension légère au vote à gauche comme en témoignent les nettes avances des candidats du Parti socialiste lors des scrutins de 2004 et le score légèrement supérieur au national de la candidate Ségolène Royal lors de l’élection présidentielle de 2007. Cette tendance se traduit aussi lors des échéances départementales, le conseil général de l'Essonne est ainsi dirigé par l’alliance de gauche depuis 1998, même si l’on assiste depuis la dernière élection de 2008 à un rééquilibrage et une concentration des forces, légèrement en faveur de la droite. Cette propension au vote de gauche toutefois absente lors des élections législatives puisque les députés de gauche ne sont plus majoritaires dans le département depuis 1988 en n’étant plus que trois sur dix depuis 2002. De la même façon, les élections municipales amènent traditionnellement une majorité d’élus de droite au pouvoir, constat confirmé en 2008 avec cent deux communes à droite et seulement cinquante-cinq à gauche, avec une très nette différence entre le sud du département, presque exclusivement à droite et le nord, plus diversifié. Élections présidentielles, résultats des deuxièmes tours : Élections européennes, résultats des deux meilleurs scores : Élections sénatoriales, résultats des deux meilleurs scores : Élections régionales, résultats des deux meilleurs scores : Élections référendaires : Enseignement. Les établissements scolaires du département de l’Essonne dépendent tous de l’académie de Versailles, ils sont sous la direction de l’inspection académique de l’Essonne. En 2009, huit cent trente-trois écoles maternelles et élémentaires publiques sont réparties sur le territoire, découpé en cinq bassins d’éducation, complétées par vingt-neuf écoles privées. Les collèges sont gérés et entretenus pas le conseil départemental, eux aussi répartis entre cinq bassins, le département en compte cent sur l’ensemble du territoire dont vingt-trois disposant d’une section d'enseignement général et professionnel adapté. Les lycées, sous la responsabilité de la région, sont au nombre de quarante-quatre répartis dans le département. La direction diocésaine de l’enseignement catholique gère en plus seize collèges et treize lycées privés. Deux Greta sont installés à Massy et Corbeil-Essonnes. Onze centres d’information et d’orientation sont répartis sur le territoire. Enseignement supérieur. Plusieurs établissements d’enseignement supérieur d’envergure régionale ou nationale sont implantés dans le département de l’Essonne, constituant deux pôles étudiants d’importance. Au total, en 2006, le département comptait ainsi et étudiants de cycle supérieurs, soit 16 % du total francilien, Paris intra-muros absorbant à lui seul plus de 50 %. Évry-Courcouronnes et ses environs. À l’est, autour d’Évry-Courcouronnes se trouvent l’université d'Évry-Val d'Essonne, l’École nationale supérieure d'informatique pour l'industrie et l'entreprise (ENSIIE), Télécom SudParis, Télécom École de Management et une antenne du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). Le pôle scientifique et technologique Paris-Saclay. Au nord-ouest, le "cluster" scientifique et technologique Paris-Saclay et ses alentours concentrent un important centre d'enseignement de pointe avec la présence de l'université Paris-Saclay et ses établissements-composantes : Et également, la présente de l'Institut Polytechnique de Paris et ses écoles d'ingénieurs « établissements-composantes » à Palaiseau : Avec les Yvelines, l'Essonne est l'un de deux départements concernés par le projet de "cluster" technologique Paris-Saclay. Autres villes de l'Essonne. À Brétigny-sur-Orge se trouve l'Institut universitaire de technologie de Brétigny et l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) et à Étiolles une annexe de l'Institut national supérieur du professorat et de l'éducation de Paris. Enfin, à Orsay, Juvisy-sur-Orge, Longjumeau, Corbeil-Essonnes, Épinay-sur-Orge, se trouvent des Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) rattachés à la Faculté de médecine de l'université Paris-Saclay. Santé. La santé et le social sont deux thèmes qui entrent dans les compétences du conseil départemental. À ce titre, il est chargé de coordonner les actions en faveur des personnes âgées, des handicapés, des enfants, des familles et des personnes en difficulté. Au janvier 2012, l'Essonne comptait près de 142 lits pour âgées de et plus - taux d'hébergement largement supérieur à la moyenne nationale. Ce taux prend en compte toutes les structures d'hébergement pour séniors: maisons de retraite, foyers-logement, unités de soins de longue durée (USLD) et hébergement temporaire. Près de 101 lits pour 1000 sont disponibles en EHPAD et USLD uniquement. À noter que le taux national de structures médicalisées pour seniors s'élève à . Il dispose aussi d’un droit de regard dans la gestion des établissements publics de santé présents sur le territoire départemental. Dans l'Essonne, quatorze centres hospitaliers et hôpitaux sont installés à Arpajon, Ballainvilliers, Briis-sous-Forges, Champcueil, Dourdan, Draveil, Épinay-sur-Orge, Étampes, Évry, Fleury-Mérogis, Juvisy-sur-Orge, Longjumeau, Orsay, Quincy-sous-Sénart et Yerres. Certains hôpitaux spécialisés d’importance régionale sont implantés dans l'Essonne dont l’hôpital Dupuytren et l’hôpital Georges-Clemenceau qui dépendent tous deux de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris. À terme, le centre hospitalier sud francilien actuellement répartis sur vingt-sept sites avant son transfert à Évry deviendra le principal centre de santé du département. Ils sont complétés par quatorze cliniques à Arpajon, Athis-Mons, Brunoy, Crosne, Étampes, Évry, Juvisy-sur-Orge, Longjumeau, Massy, Morangis, Ris-Orangis, Saclas, Villiers-sur-Orge et Viry-Châtillon. Au total, quatre-vingt-cinq maisons de retraite plus ou moins médicalisées accueillent les personnes âgées dépendantes, complétant ainsi l’offre de soin au même titre que les quarante-six établissements d’accueil des handicapés. Soixante-deux centres de protection maternelle et infantile relaient sur le terrain les actions du conseil général. Sécurité et justice. L’organisation juridictionnelle permet au département de l’Essonne de disposer de plusieurs tribunaux et maisons de justice. Le chef-lieu d’Évry accueille ainsi une cour d’assises, un tribunal d’instance, de commerce, de grande instance et un conseil de prud’hommes ainsi que le barreau départemental qui regroupe deux cent cinquante et un avocats. Il est complété par les tribunaux d’instance d’Étampes, Juvisy-sur-Orge, Longjumeau et Palaiseau et par les conseils de prud’hommes d’Étampes et Longjumeau. L’ensemble de ces palais de justices dépendent de la cour d'appel de Paris et du tribunal administratif de Versailles. Le département est doté d’un centre départemental d’accès au droit qui a mis en place trois maisons de justice et du droit à Athis-Mons, Les Ulis et Villemoisson-sur-Orge. Douze permanences du représentant du médiateur de la République sont réparties sur le territoire, vingt conciliateurs de justice exercent dans le département pour traiter les conflits mineurs. Le département accueille depuis 1968 le plus grand centre pénitentiaire d’Europe avec la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis d’une capacité de , complétée par le centre de semi-liberté de Corbeil-Essonnes. La sécurité départementale relève de la préfecture de l’Essonne qui coordonne les services de police et de gendarmerie. Les services de police sont organisés autour des trois districts d’Évry, Palaiseau et Juvisy-sur-Orge et de quatorze circonscriptions. La gendarmerie nationale compte trois compagnies à Étampes, Évry et Palaiseau et trente-et-une brigades territoriales. Deux compagnies républicaines de sécurité sont stationnées dans le département à Massy et Bièvres, commune qui accueille aussi le centre de formation et de commandement du Raid. L’organisation des secours dépend du service départemental d'incendie et de secours qui regroupe agents dont 56 % de volontaires répartis dans cinquante-et-un centres de secours. Organisation militaire. Le département de l’Essonne relève de la région terre Île-de-France dont le siège est basé à l’hôtel des Invalides de Paris et l’état-major au camp des Loges à Saint-Germain-en-Laye et de la Zone de défense et de sécurité de Paris. Le département dispose d’un délégué militaire départemental basé à Montlhéry et sur son territoire de plusieurs corps militaires dont l’école polytechnique à Palaiseau, le du train et la logistique implantés à Montlhéry, le logistique du commissariat à l’armée de Terre, le bureau d'enquête accident Défense-air et la structure intégrée de maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques de la Défense basés à Brétigny-sur-Orge sur la base aérienne 217. Gestion des déchets. En 2008, tonnes de déchets ont été collectés dans le département soit une moyenne de cinq cent trente-trois kilogrammes par habitant dont 47 % étaient incinérés et 13 % stockés, vingt-quatre déchèteries étaient opérationnelles sur le territoire gérées par neuf syndicats intercommunaux. Vie quotidienne dans l'Essonne. Culture. La Politique culturelle est une des compétences du conseil départemental, à ce titre, il dispose d’un service spécialisé, chargé de soutenir les initiatives locales et les lieux d’expression culturelle. Le département de l’Essonne dispose d’une multitude de lieux répartis sur le territoire, presque chaque commune disposant d’une salle polyvalente, d’une médiathèque, d’un centre culturel ou d’une maison des jeunes et de la culture. Un maillage important de salles de cinéma complète cette offre. Trois lieux se distinguent cependant par leur importance, le théâtre de l’Agora à Évry, labellisé scène nationale, l’opéra de Massy, labellisée scène conventionnée lyrique et le centre d'art contemporain du château de Chamarande. Plusieurs musées sont répartis aux quatre coins du département, dont certains d’envergure nationale tel le musée français de la photographie à Bièvres. Des festivals réputés sont organisés par les communes du département comme le festival international du cirque de Massy, le festival de cinéma "emergence" à Marcoussis ou par des personnes privées comme la fête des plantes vivaces au domaine de Saint-Jean-de-Beauregard. Héritages des siècles passés, les foires d’Arpajon, Montlhéry et Dourdan marquent encore le calendrier départemental. Les communes du département ont par ailleurs toujours attiré les artistes, devenant des centres d’expression et de création, comme Étampes où naquit une École de peinture, Milly-la-Forêt qui accueillit Jean Cocteau, Christian Dior, Jean Marais et Jean Tinguely, auteur du fameux Cyclop. D’autres artistes sont originaires du département, parmi lesquels Dany Brillant, Alain Chabat, Marc Lavoine ou Jean-Luc Lemoine, d’autres comme Claude François ont choisi de s’y installer. Sport. Le Sport est aussi une compétence acquise par le conseil départemental, il participe ainsi au financement des installations et aux subventions des clubs. Le département a ainsi accueilli certaines épreuves des jeux de la Francophonie 1994, notamment au Grand Dôme de Villebon-sur-Yvette, construit pour l’occasion, il accueille aussi depuis 2002 le Centre national du rugby à Marcoussis. Presque chaque commune disposent d’infrastructures à caractère sportif, un réseau de piscines parsème le territoire mais deux sites se démarquent, le stade omnisports Robert-Bobin à Bondoufle, quatrième francilien par la taille avec (derrière le Stade de France, le Parc des Princes et le Stade Charléty) et le stade nautique Maurice Herzog de Mennecy, dimensionné pour les compétitions internationales. Plusieurs clubs sportifs évoluent au niveau national, l’AS Corbeil-Essonnes, l’AS Évry, le Juvisy FCF, le Sainte-Geneviève Sports, l’Entente sportive Viry-Châtillon en football, le RC Massy Essonne en rugby à XV, le Viry-Châtillon Essonne Hockey et le SCA 2000 Évry en hockey sur glace, les Gothics de Gif-sur-Yvette et les Lions de Savigny-sur-Orge en baseball, les Corsaires d'Évry et les Quarks de Villebon en football américain, le Massy Essonne HB en handball, le RC Villebon 91 en volley-ball, l’ASCE en canoë-kayak et le Viry Évry Nord Sud Essonne en athlétisme. Autrefois, le département était aussi connu pour les courses automobiles organisées à l’autodrome de Linas-Montlhéry et pour l’organisation du tour cycliste de l'Essonne. Aujourd’hui, l’évènement sportif marquant est l’Open international Stade français Paris au golf de Courson-Monteloup. Outre Montgeron qui fut la ville de départ du premier Tour de France 1903, plusieurs communes du département ont été villes-étapes du Tour de France : Épinay-sous-Sénart en 1987, Brétigny-sur-Orge en 1990 et 1993, Montlhéry et Viry-Châtillon en 1993, Sainte-Geneviève-des-Bois en 1995, Palaiseau en 1996, Arpajon en 1999, Évry en 2001, Montgeron en 2003, Corbeil-Essonnes en 2001 et 2005, Marcoussis en 2007, Étampes en 2008, Longjumeau en 2010. Plusieurs personnalités du sport sont originaires du département, parmi lesquels Thierry Henry et Patrice Évra des Ulis, Ladji Doucouré d’Évry et Mathieu Bastareaud de Massy. Le Département est labélisé Terre de Jeux 2024, le label de Paris 2024 dédié aux collectivités, et accueillera le passage du Relais de la flamme sur son territoire. Lieux de culte. Le culte catholique est organisé dans l'Essonne autour du diocèse d'Évry-Corbeil-Essonnes, qui couvre le département et deux villes voisines des Yvelines. Il est divisé en deux zones, cinq vicariats, vingt-trois secteurs paroissiaux et cent huit paroisses. Son siège est installé à Évry, près de la cathédrale de la Résurrection, et il dispose du siège associé de Corbeil-Essonnes de la cathédrale Saint-Spire. Le culte musulman dispose à Courcouronnes de la plus grande mosquée de France, la mosquée d'Évry-Courcouronnes, et d’une multitude de centres de prières répartis sur le territoire. La religion juive dispose de synagogues dans certaines communes du département, dont la plus importante à Massy. Les protestants disposent de temples répartis dans plusieurs communes. Les chrétiens orthodoxes se retrouvent dans plusieurs lieux, principalement l’église Notre-Dame-de-la-Dormition de Sainte-Geneviève-des-Bois et le siège de la métropole orthodoxe roumaine d'Europe occidentale et méridionale à Limours. Les bouddhistes disposent de la Pagode Khánh-Anh à Évry. L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours dispose d’un lieu de culte à Évry. Médias. Plusieurs groupes de médias diffusent les informations locales. La presse écrite est représentée par l'hebdomadaire "Le Républicain de l'Essonne" et les éditions locales du quotidien "Le Parisien". Sur la toile, le web-journal Essonne Info publie une édition quotidienne consacrée à l'actualité politique, économique, sociétale, sportive et culturelle. Après d'activités, la chaîne de télévision locale Téléssonne a cessé d'émettre le 30 septembre 2014. Économie. Intégré à la région Île-de-France, plus importante région européenne par son produit intérieur brut (PIB), le département de l’Essonne bénéficie de son attrait économique et y participe pleinement, avec un PIB départemental fixé en 2008 à euros, soit euros par habitant, cependant en régression puisqu’il était fixé à euros par habitant en 2005. En 2008, l’Essonne participait à hauteur de d’euros aux exportations nationales avec en tête des productions exportées les produits pharmaceutiques et les produits d’entretien ou de parfumerie, et pour d’euros aux importations nationales avec en tête des produits importés les machines de bureau, matériels informatiques et appareils d’émission ou réception de son et d’image. Avec un total en 2006 de , dont 81,5 % relevant du secteur tertiaire, elle suit l’évolution économique et sociologique régionale avec cependant une certaine propension à conserver des activités industrielles (11,5 % des emplois) et dans une moindre mesure agricoles (0,8 % dans l'Essonne pour 0,3 % en Île-de-France). Avec une population active évaluée à , le département apparaît cependant comme déficitaire en nombre d’emplois, entraînant un taux de chômage de 8,9 % en 2006 ( demandeurs d’emploi) et des déplacements pendulaires de résidents allant travailler hors du département (42,5 % des Essonniens travaillaient en 2006 hors de l’Essonne). Cette situation implique le développement d’un réseau de transports en commun fortement orienté vers Paris et sa proche banlieue, trois lignes du RER d'Île-de-France, deux lignes à grande vitesse, deux autoroutes et trois routes nationales traversant le territoire pour converger vers la capitale. Cette présence dans la « région capitale », ces infrastructures et l’histoire récente du département lui permettent aujourd’hui de concentrer sur son territoire une diversité et une richesse économique relativement importante. L’agriculture occupe ainsi une place toujours importante, avec près de trois mille cinq cents hectares cultivés aux portes de l’agglomération parisienne, sur près de 50 % du territoire consacrés pour, 80 % des exploitations se consacrant à la grande culture céréalière au sud et 16 % au maraîchage. Le commerce occupe lui aussi une place importante et historique, occupant 15,4 % des employés, pour la plupart dans de vastes centres commerciaux, dont le plus grand de la région, La Croix-Blanche sur plus de mètres carrés. L’industrie constitue le troisième pilier économique historique du département, elle y est aujourd’hui prioritairement tournée vers la haute technologie, notamment grâce à la présence concentrée de plusieurs universités et grandes écoles. Ainsi, la recherche scientifique a peu à peu pris une importance majeure dans l’économie départementale, au point d’employer plus de en 2005. Le tourisme enfin, d’agrément ou d’affaires occupe une place non négligeable dans l’économie locale avec la présence de deux bases régionales, de châteaux, d’édifices religieux classés aux monuments historiques, de parcs et jardins remarquables, du parc naturel régional du Gâtinais français, certains secteurs du département ayant conservé un caractère rural, vingt-sept communes comptaient en 2006 plus de 10 % de résidences secondaires. Statistiquement, l’Insee découpe le territoire en huit zones d’emploi dépassant les limites administratives. Le nord-ouest appartient ainsi à la zone d’emploi de Boulogne-Billancourt, le centre-nord à la zone d'emploi d'Orly, le nord-est à la zone d’emploi de Créteil, l’est à la zone d’emploi d’Évry, le sud-ouest à la zone d’emploi d’Étampes, l’ouest aux zones d’emploi de Dourdan et Orsay, une petite enclave étant rattachée à la zone d’emploi de Versailles. Développement économique. Le département est au cœur du projet Paris-Saclay, inspiré de la Silicon Valley. Géographiquement, deux pôles majeurs de développement économique se distinguent, disposant chacun d’une implantation de la chambre de commerce et d'industrie de l'Essonne et de la chambre de métiers et de l'artisanat de l'Essonne. Au nord-ouest dans la « vallée de la Science », le parc d'activités de Courtabœuf, le plateau de Saclay et la vaste zone industrielle de Massy se concentrent l’université Paris-Sud 11, le pôle ParisTech regroupant plusieurs grandes écoles et de nombreux centres de recherches (Danone, Motorola, Thales, Alcatel-Lucent, Hewlett-Packard, etc.). L’ensemble est aujourd’hui intégré aux pôles de compétitivité System@tic Paris-Région, Opticsvalley et à l’opération d'intérêt national de Massy Palaiseau Saclay Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Au nord-est, de Corbeil-Essonnes à Orly en suivant la vallée de la Seine, s’organisent autour de l’université d'Évry-Val d'Essonne et du Genopole le pôle Médicen et autour du centre national d'études spatiales et d’Arianespace le pôle ASTech. Plusieurs pépinières d’entreprises sont réparties sur le territoire : X Technologies à Palaiseau, Incuballiance à Orsay, Scientipole à Palaiseau, Orsay et Gif-sur-Yvette, Apis Développement à Courtabœuf, Innov'Valley à Marcoussis, Génopole, INT et Magellan à Évry. Certains lieux sensibles du département bénéficient en outre du statut de zone franche urbaine, dont les quartiers de La Grande Borne et du Village à Grigny et Viry-Châtillon, des Cinéastes et de la Plaine à Épinay-sous-Sénart, des Tarterêts à Corbeil-Essonnes, des Pyramides à Évry-Courcouronnes,Les Ardrets, Rosières à Brétigny-sur-Orge, le quartier de Guinette à Étampes . Emplois, revenus et niveau de vie. En 2006 les catégories socioprofessionnelles les plus représentées dans les ménages essonniens étaient les cadres (20,7 %) suivis des professions intermédiaires (20,5 %), puis les retraités (18,6 %) et les ouvriers (18,2 %). Cette même année, 92,6 % des actifs ayant un emploi étaient salariés, dont 80,8 % titulaires d’un emploi fixe. Le revenu net imposable moyen du département était alors fixé à euros, mais seul 66,1 % des foyers étaient effectivement assujettis à l’impôt sur le revenu avec un revenu net imposable moyen à euros. Agriculture. Bien que le département soit situé en Île-de-France et dans l’agglomération parisienne, l’agriculture occupe encore une place importante dans l’économie locale, au point de modeler le paysage départemental. Si elle n’occupait en 2006 que agriculteurs exploitant, soit seulement 0,2 % des actifs, au total ce sont qui occupait un emploi dans l’agriculture, soit 0,8 % de la population active. En 2000, exploitations étaient réparties sur le territoire, d’une superficie moyenne de soixante-dix-neuf hectares et pour un total de hectares soit 49,45 % de la superficie totale du département. Cette agriculture, organisée sur les plaines de Beauce et les vallées du Hurepoix et du Gâtinais, est tournée pour 805 exploitations vers la grande culture céréalière, pour 164 d’entre elles vers le maraîchage et pour trente-huit vers l’élevage, le cheptel départemental étant constitué cette année-là de trente-trois bovins et cent dix-sept volailles. Alimentant la région en produit frais, de nombreuses exploitations ont fait le choix de l’agriculture raisonnée comme pour celles adhérentes à l’association du Triangle vert du Hurepoix ou biologique, malgré leur quasi intégration au centre d’espaces urbains, d’autres comme la ferme de Viltain sur le plateau de Saclay ont choisi de proposer leurs productions directement aux consommateurs, ajoutant une fonction pédagogique à leurs activités. Trente communes du sud-est du territoire sont intégrées à la région d’indication géographique protégée de la « Volaille du Gâtinais ». Quarante pour cent de la production nationale française de cresson est originaire d’Essonne, à tel point que cette plante est surnommée « l’or vert » du département. Commerce. Très tôt, le territoire fut situé aux carrefours de routes commerciales où se développèrent des foires, comme à Dourdan qui disposait d’une halle dès le ou Milly-la-Forêt dès le . C’est aussi dans l’Essonne que s’ouvrit en 1963 le premier hypermarché de France à l’enseigne Carrefour. Le commerce dans le département aujourd’hui, outre les centres-villes actifs, s’organise autour de grands centres commerciaux avec par ordre de tailles, La Croix-Blanche qui rassemble 164 enseignes sur sept cent mille mètres carrés de surface, Évry 2 qui accueille 235 magasins sur cent mille mètres carrés de surface, Villebon 2 qui propose soixante enseignes sur environ soixante mille mètres carrés, Ulis 2 qui offre 120 enseigne, le Centre commercial régional Aushopping Brétigny,Villabé A6 avec 68 magasins, Exona et VdB, de moindre importance. S’ajoute à Corbeil-Essonnes un centre de magasins d’usine géré par le groupe Marques Avenue. En 2006, 15,4 % des emplois relevaient du secteur du commerce. Industrie. L’industrie dans l'Essonne a une histoire ancienne, bien avant la création du département, Corbeil et Essonnes étaient réputées pour leurs usines de minoterie dont subsiste encore aujourd’hui les Grands moulins de Corbeil, de tannerie, de poudrerie. Plus tard, dans le même secteur géographique, la famille Darblay qui possédait les papeteries fit fortune dans l’industrie locale, Paul Decauville faisant lui fortune avec sa sucrerie à Évry puis dans le matériel ferroviaire avec l’invention de la Decauville. Le département occupe encore 11,5 % de sa main-d’œuvre dans l’Industrie, mais il s’agit maintenant principalement d’industrie de pointe, implantée à proximité des grands centres de recherche, notamment dans le parc d'activités de Courtabœuf. En , la répartition des établissements donnait 0,1 % pour l’industrie extractive, 6,8 % pour l’industrie manufacturière, 0,1 % pour la production d’énergie et 0,3 % pour la production et le traitement des eaux. Les centres de production et de recherche de Nokia Networks France (ex-Alcatel-Lucent) à Marcoussis, Arianespace à Évry, Altis Semiconductor à Corbeil-Essonnes, Faurecia à Étampes bénéficient de la présence de personnels bien formé (45 % de la population dispose d’un diplôme supérieur ou égale au baccalauréat), d’infrastructures de transports de qualité et variées. Recherche. Grâce à la présence de trois campus sur son territoire à Orsay (université Paris-Saclay), Palaiseau (Institut Polytechnique de Paris) et Évry (université d'Évry-Val d'Essonne) et de nombreuses grandes écoles (Polytechnique, CentraleSupélec, Télécom Paris, ENS Paris-Saclay, Télécom SudParis, IMT Business School…), d’importants laboratoires et centres de recherches ont choisi l’Essonne pour s’implanter. Ainsi, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) dispose de deux centres importants à Saclay et Bruyères-le-Châtel, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) est à Gif-sur-Yvette, l’Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA) et Danone et Thales à Paris-Saclay et Limours, Nokia France (ex-Alcatel-Lucent) à Nozay, Hewlett-Packard aux Ulis, Microsoft à Villebon-sur-Yvette, l’Institut national de la recherche agronomique à Leudeville, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, le Genopole, Arianespace et le Centre national d'études spatiales (CNRS) à Évry, Safran Aircraft Engines (ex-Snecma) à Corbeil-Essonnes, le Synchrotron SOLEIL à Saint-Aubin, Safran Electronics & Defense (ex-Sagem Défense Sécurité) à Massy. Afin d’aider ces acteurs, le conseil départemental a développé le dispositif d’action de soutien à la technologie et à la recherche dans l'Essonne. Plusieurs pôles de compétitivités ont en outre été développés par l’État et sont actifs sur le territoire départemental dont System@tic Paris-Région, Medicen, ASTech et Opticsvalley. Enfin, la chambre de commerce et d'industrie de l'Essonne a développé un site consacré à la recherche dans le département, centralisant les laboratoires et les organismes et la promotion du transfert de compétences. Cette même chambre de commerce a recensé entre 2004 et 2006 le dépôt de brevets, le secteur employant en 2005 . Tourisme. Le département de l’Essonne n’est pas intrinsèquement réputé pour être un lieu touristique, cependant le patrimoine dont il dispose sur son territoire et les infrastructures développées permettent au département de recevoir un nombre relativement important de visiteurs. Ainsi, les services du conseil départemental dénombre plus de huit cent mille visiteurs chaque année, plus de deux cent mille pour le seul site du château de Chamarande et la création en 2003 de cent vingt-sept entreprises directement liées au tourisme. Selon le comité départemental du tourisme, le chiffre d’affaires du tourisme s’élève globalement à trois cent soixante-et-un millions d’euros, répartis en soixante-trois millions consacrés aux loisirs dans le département et deux parts approximativement égales ( et d’euros) pour le tourisme d’agrément et le tourisme d'affaires. En 2008, divers sites ont ainsi accueilli plus de vingt mille visiteurs, le trio de tête étant la verrerie d’art de Soisy-sur-École avec , l'île de loisirs d'Étampes avec et Koony Parc à Bondoufle avec . Le tourisme dans l'Essonne tourne autour de six grands axes, les châteaux et leurs jardins, les édifices religieux, les musées, les maisons d’artistes dont celles de Victor Hugo à Bièvres, d’Alphonse Daudet à Draveil, de Claude François à Dannemois et de Tsugouharu Foujita à Villiers-le-Bâcle, le tourisme d’affaires à destination des grandes entreprises implantées et les activités sportives. Ces dernières se pratiquent dans l’une des deux bases de loisirs d’Étampes et du Port-aux-Cerises, la randonnée pédestre ou le cyclotourisme sur les circuits balisés, dont le GR 1, le GR 2 et le GR 11, les quinze golfs dont celui du Stade français Paris rugby à Courson-Monteloup, les parcours d’accrobranche, les piscines ou les clubs équestres. En 2009, l’Insee dénombrait quatre-vingt-dix-huit hôtels dans le département totalisant chambres et vingt-et-un campings totalisant emplacements, auxquels s’ajoutaient les gîtes ruraux et les chambres d’hôtes. Communes ayant plus de 10 % de résidences secondaires. Selon le recensement de la population de 2006, soit 1,43 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires ou occasionnelles. Culture locale et patrimoine. Patrimoine environnemental. Le département de l’Essonne, pour moitié intégré à l’agglomération parisienne dispose néanmoins d’un environnement préservé sur une large part de son territoire. Ainsi, près de cent trente-neuf mille hectares, soit près de 78 % du territoire sont encore classés par l’Iaurif comme des espaces ruraux. Les quatre régions naturelles qui composent le département, le Hurepoix, la Brie, le Gâtinais et la Beauce présentent chacune des paysages typiques et bien distincts. Au nord-est, la Brie en Essonne est couverte par la vaste forêt de Sénart aux essences de chêne, de châtaignier, de charme et de bouleau, le Hurepoix mélange vallées boisées et plateaux agricoles, le Gâtinais est pour sa plus grande partie recouvert par l’importante forêt de Fontainebleau et sa forêt annexe de Milly, dont le sol sablonneux et rocailleux est couvert de chêne, de pin sylvestre et de hêtre, la plaine de Beauce est elle presque entièrement recouverte de grandes cultures céréalières. D’ouest en est, le département est traversé par la ceinture verte d’Île-de-France, avec depuis la forêt de Rambouillet dans les Yvelines, un bandeau formé par la forêt de Dourdan et celle d’Angervilliers, puis la forêt de la Roche Turpin, la forêt du Belvédère, la forêt des Grands Avaux et la forêt de Milly-la-Forêt qui rejoint la forêt de Fontainebleau à l’est. Au nord du département, la forêt de Verrières et la forêt de Sénart forment deux espaces préservés en bordure de la première couronne parisienne. Les forêts de Palaiseau, du Rocher de Saulx et de Bellejame complètent ces massifs. Plusieurs parcs d’envergure départementale parsèment le territoire et permettent une approche plus ou moins naturelle de l’environnement. Les deux plus importants sont les îles de loisirs d'Étampes et du Port-aux-Cerises à Draveil et Vigneux-sur-Seine. Elles sont complétées dans leur rôle pédagogique par l’arboretum Vilmorin et l’arboretum municipal de Verrières-le-Buisson, l’arboretum de Segrez à Saint-Sulpice-de-Favières et le Conservatoire national des plantes à parfum, médicinales, aromatiques et industrielles à Milly-la-Forêt. Le parc de Jeurre à Morigny-Champigny, le parc de Chamarande, le parc du château de Courances, le parc de Courson et le parc du château à Saint-Jean-de-Beauregard attirent eux aussi les visiteurs. S’ajoutent deux initiatives environnementale récentes, la coulée verte du sud parisien qui traverse le nord-ouest du département de Verrières-le-Buisson à Gometz-le-Châtel avec une continuation prévue jusque Rambouillet par Limours et la Méridienne verte qui traverse le département en son centre du nord au sud. Dans ces parcs et forêts plusieurs arbres remarquables ont été recensés dont un tilleul à Boutigny-sur-Essonne, un chêne à Bures-sur-Yvette, des platanes à Chamarande et Morsang-sur-Orge, des séquoias à Courson-Monteloup et Mennecy, un sophora du Japon à Juvisy-sur-Orge et des hêtres communs à Saint-Sulpice-de-Favières. Deux espaces renommés occupent aussi une part importante du territoire. Au nord-ouest, la vallée de Chevreuse suit le cours de l’Yvette jusqu’à Palaiseau, avec l’éventualité en 2010 d’une extension du parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse, seize communes du département ayant déjà approuvé le principe de l’intégration. Au sud-est, le parc naturel régional du Gâtinais français englobe vingt-huit communes du département entre les vallées de l’Essonne et de l’École. Dépassant pour certains les limites administratives, dix sites ont été recensés par le réseau Natura 2000 dont trois sont classées « Zone de protection spéciale » : les marais d'Itteville et de Fontenay-le-Vicomte sur cinq cent vingt-deux hectares, le Massif de Fontainebleau sur les communes de Courances et Milly-la-Forêt et le Massif de Rambouillet dont 4 % du territoire se trouve dans l'Essonne. S’ajoutent des sites d’importances communautaires comme les champignonnières d’Étampes, les buttes gréseuses de l’Essonne, les marais des basses vallées de la Juine et de l’Essonne, les pelouses calcaires du Gâtinais et de la haute vallée de la Juine et la haute vallée de l’Essonne. Réparties dans plusieurs communes, la Réserve naturelle des sites géologiques de l'Essonne qui occupe près de cinq hectares est classée Réserve naturelle nationale, elle est complétée par plusieurs réserves naturelles régionales dont le bassin de Saulx-les-Chartreux, le parc d’Itteville, les Grands Réages à Varennes-Jarcy et l’arboretum Roger de Vilmorin à Verrières-le-Buisson. Le ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer a lui aussi classé un certain nombre de sites dont la vallée de la Juine et ses abords, la vallée de l’Yerres et ses abords. Enfin, le conseil départemental de l’Essonne a acquis des terrains pour les classer en « Espace naturel sensible ». Principalement résidentielles, les communes du département font des efforts de politique environnementale et d’embellissement, récompensées pour certaines par des fleurs au concours des villes et villages fleuris, Sainte-Geneviève-des-Bois est classée quatre fleurs ; Boutigny-sur-Essonne, Chilly-Mazarin, Corbeil-Essonnes, Dourdan, Étampes, Évry, Les Ulis, Massy, Paray-Vieille-Poste, Ris-Orangis, Villebon-sur-Yvette et Viry-Châtillon sont classées trois fleurs ; Arpajon, Briis-sous-Forges, Épinay-sur-Orge, Étréchy, Grigny, Longjumeau, Morangis, Ollainville, Orsay, Palaiseau, Saint-Germain-lès-Arpajon, Saint-Michel-sur-Orge, Savigny-sur-Orge, Villejust, Wissous et Yerres sont classées deux fleurs ; Baulne, Boussy-Saint-Antoine, Brétigny-sur-Orge, Courcouronnes, Le Coudray-Montceaux, Linas, Mauchamps, Milly-la-Forêt, Morigny-Champigny, Richarville, Saclay, Soisy-sur-Seine et Vert-le-Grand sont classées une fleur. Pour permettre de visiter ces espaces naturels, le département est équipé de plusieurs circuits de grande randonnée dont le et le qui ceinturent l’Île-de-France, le qui suit le cours de la Seine, le , le qui parcourt l’ensemble du département et le qui correspond à l’ancien chemin de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle depuis Paris. Patrimoine architectural. Le département de l’Essonne est situé dans le bassin parisien, territoire très tôt occupé par l’Homme, comme en témoigne la découverte de silex taillés et l’élévation au néolithique de menhirs, dont certains subsistent et sont aujourd’hui classés aux monuments historiques : la Pierre à Mousseau à Vigneux-sur-Seine, la Pierre droite à Milly-la-Forêt, la Pierre Fritte à Étampes, la Fille de Loth à Brunoy. L’occupation gauloise puis gallo-romaine laissa des vestiges de villages comme celui découvert à Gif-sur-Yvette, de "villa rustica" comme à Orsay et d’"oppidum" comme à Champlan. Du Moyen Âge subsistent à Longjumeau l’un des plus vieux ponts d’Île-de-France, daté du , le Pont des Templiers, des châteaux forts comme à Montlhéry (), Dourdan () ou Étampes (), les remparts de Corbeil-Essonnes ou des lieux de culte catholiques importants, tel la basilique Notre-Dame-de-Bonne-Garde de Longpont-sur-Orge du ou la collégiale Notre-Dame-du-Fort à Étampes du . Placé dans une région agricole et à proximité des capitales de Versailles et Paris, le territoire fut à la Renaissance et durant l’Époque moderne équipé d’importantes halles à Dourdan, Arpajon (), Milly-la-Forêt () et Méréville (), enrichi de châteaux, dont les plus importants sont le château de Chamarande à Chamarande (), le château du Marais au Val-Saint-Germain (), le château de Courson à Courson-Monteloup () ou le château de Courances à Courances (, d’églises dont la cathédrale Saint-Exupère de Corbeil-Essonnes () ou l’église Saint-Germain-l’Auxerrois de Dourdan (), de lavoirs et de demeures bourgeoises. Du Premier Empire à la Belle Époque, le département évolua vers l’industrie avec la construction d’importantes usines comme les Grands moulins de Corbeil du , de nombreuses communes devinrent des lieux de villégiatures pour les parisiens, qui se faisait construire des demeures et des folies, comme le temple de la Gloire à Orsay () et la propriété Caillebotte, à Yerres et de lieux de culte d’autres confessions comme l’église orthodoxe Notre-Dame-de-la-Dormition de Sainte-Geneviève-des-Bois (). Le a lui aussi laissé un patrimoine contemporain avec l’édification de la vaste cité d’habitat social de La Grande Borne à Grigny, l’édification de la sculpture monumentale du Cyclop à Milly-la-Forêt, de l’unique cathédrale française du à Évry accompagnée par la plus grande mosquée de France à Courcouronnes et la plus grande pagode d’Europe toujours à Évry. Au sud du département, Étampes, ancienne ville royale, concentre sur son territoire un patrimoine remarquable, bénéficiant ainsi du label « Villes et pays d'art et d'histoire ». Au total, ce sont cinquante-et-un châteaux et quatre-vingt-quatorze monuments religieux répartis sur le territoire qui bénéficient d’un classement ou d’une inscription aux monuments historiques. Personnalités. Le département de l’Essonne a donné plusieurs personnalités politiques d’envergure nationale, parmi lesquelles des membres de gouvernement. Par ordre chronologique : Léo Hamon, secrétaire d'État de la Participation et de l’Intéressement dans le gouvernement Chaban-Delmas en 1972, Jacques Guyard, secrétaire d’État chargé de l’Enseignement technique dans le gouvernement Cresson de 1991 à 1992, Marie-Noëlle Lienemann, ministre délégué au Logement et au Cadre de vie dans le gouvernement Bérégovoy de 1992 à 1993, Jean de Boishue, secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur dans le gouvernement Juppé I en 1995, Jean-Luc Mélenchon, ministre délégué à l’Enseignement professionnel dans le gouvernement Jospin de 2000 à 2002, Pierre-André Wiltzer, ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie dans le gouvernement Raffarin II de 2002 à 2004, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État chargée de l’Écologie puis chargée de la Prospective et du Développement de l’Économie numérique dans le gouvernement Fillon II de 2007 à 2010 puis ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et Logement dans le gouvernement Fillon III de 2010 à 2012, Georges Tron, secrétaire d’État chargé de la Fonction publique dans le gouvernement Fillon II de 2010 à 2011, François Lamy, ministre délégué à la Ville dans les gouvernements Ayrault I et II depuis 2012, Manuel Valls, ministre de l’Intérieur dans les gouvernements Ayrault I et II entre 2012 et 2014 puis Premier ministre. Gastronomie. Le département est encore en grande partie couvert par les espaces de culture, dont on distingue le maraîchage au nord et les grandes cultures céréalières dans le sud, il était jusqu’au milieu du l’un des principaux fournisseurs en produits frais des halles de Paris et directement relié à elles par l’Arpajonnais. Certains produits sont ainsi réputés dans le département, comme la fraise dans la vallée de la Bièvre et sur le plateau de Saclay, la tomate dans la région de Montlhéry, le haricot et notamment l’espèce Chevrier autour d’Arpajon, le potiron rouge vif d'Étampes, la mâche verte d'Étampes et le Cresson de fontaine dans le sud-est. Le Gâtinais et la région de Milly sont aussi réputés pour leur plantes aromatiques et médicinales comme le Safran, la Menthe poivrée. Il en découle quelques spécialités culinaires comme la Quiche au cresson de Milly-la-Forêt, le Vin de cresson de Méréville, le Pâté d'alouette de Chalo-Saint-Mars et la confiserie appelée Buchette d'Étampes. |
Europe L’Europe est un territoire considéré conventionnellement comme un continent, délimité à l’ouest par l’océan Atlantique et le détroit de Danemark, au nord par l’océan Arctique. Sa limite méridionale est marquée par la mer Méditerranée et le détroit de Gibraltar qui la sépare de l'Afrique, tandis que les détroits du Bosphore et des Dardanelles marquent sa frontière avec l'Asie de l'Ouest. Sa limite à l'est, fixée par Pierre le Grand aux monts Oural, au fleuve Oural et au Caucase est la limite traditionnellement retenue, mais reste, faute de séparation claire et précise, l'objet de controverses selon lesquelles un certain nombre de pays sont ou ne sont pas à inclure dans le continent européen. Géographiquement, ce peut être considéré aussi comme une partie des supercontinents de l'Eurasie et de l'Afro-Eurasie. Dans son acception la plus commune, le continent européen couvre une superficie d’environ et a une population d’environ : les Européens. On peut distinguer cinq grandes régions géographiques : l'Europe de l'Ouest, l'Europe centrale, l'Europe du Sud, l'Europe de l'Est et l'Europe du Nord. L'Europe comprend une diversité de climats : un climat tempéré sur la majorité de sa surface, du fait de l'influence de l'océan Atlantique Nord-Est et de la mer Méditerranée et un climat de type continental à l'est de la Pologne orientale. Elle connaît aussi un climat océanique froid, voire polaire, dans ses régions les plus septentrionales, et un climat subtropical humide dans les Balkans autour de la mer Noire. Arrosé par de nombreux fleuves et rivières, le continent n'est pas en stress hydrique. L'Europe recouvre une grande biodiversité et a été pionnière dans les questions environnementales. Le peuplement s'est effectué de manière continue depuis d'années, des cycles glaciaires et interglaciaires créant des périodes d'isolement géographique à l'origine d'une différenciation des formes anciennes du genre "Homo" sur le continent à partir d'une espèce commune apparue en Afrique. Arrive ensuite "Sapiens", également né en Afrique, qui remplace l'espèce d'origine européenne qu'est Néandertal, et « toutes les autres humanités » à partir de avant l'ère commune. La population européenne se sédentarise entre avant J.-C., par l'effet de diffusion de populations et de techniques apparues sur le plateau d'Anatolie vers avant J.-C. et pratique l'agriculture à partir de avant J.-C. Des hypothèses linguistiques et archéologiques ainsi que des études génétiques récentes accréditent la thèse d'un peuplement de l'ensemble du continent par des populations de l'est de l'Europe qui seraient les locuteurs du proto-indo-européen, langue-mère de la quasi-totalité des langues européennes. Les peuples germains apparaissent avant J.-C. au nord de l'Europe, les peuples celtes s'étendant quant à eux à partir de avant J.-C. sur la majeure partie du territoire, du bassin des Carpates à l’est de la France. C'est la Grèce, avec sa brillante civilisation de l'époque classique (), qui doit être considérée comme le berceau culturel de l'Europe. Après l'époque hellénistique, l'Europe voit Rome commencer son expansion au et atteindre son apogée au . Le continent est alors divisé entre le monde romain et celui des barbares (Celtes, Germains et Slaves). L'influence romaine s'inscrit dans la culture, via la langue latine, ainsi que dans l'usage de l'espace via les voies romaines et l'urbanisation, sur un vaste territoire borné au nord par le mur d'Hadrien et à l'Est par le Rhin et le Danube, et qui s'étend par ailleurs en Afrique et en Asie. L'Europe est ainsi le berceau de la civilisation gréco-romaine, qui a donné le jour à la civilisation occidentale. Le christianisme s'y diffuse à partir du . En , l'Empire romain est définitivement scindé en deux, l'Empire romain d'Orient seul perdurant (jusqu'au milieu du ) tandis que l'Empire romain d'Occident se délite dès le sous l'effet des attaques des peuples germains, appelées les invasions barbares. Plusieurs tentatives furent faites pour reconstituer l'Empire romain d'Occident : celles de Charlemagne, des souverains du Saint-Empire romain germanique, d’ en 962 à Charles Quint au , voire de . Le morcellement féodal prévalut au Moyen Âge, avec toutefois l'élaboration d'une civilisation commune aux Européens autour de la foi chrétienne. Des États-nations se constituèrent ensuite progressivement, et leurs rivalités entraînèrent des guerres importantes au fil des siècles, de la guerre de Cent ans aux guerres du . L'unité religieuse fut également perdue, un premier schisme séparant en 1054 les chrétiens d'Occident (catholiques) des chrétiens de l'Est de l'Europe (orthodoxes). La Réforme protestante entraîna un deuxième schisme à partir du et de nombreuses guerres de religion, notamment en France, entre catholiques et protestants. L'Europe est toutefois, à partir de la Renaissance, à l'origine de plusieurs bouleversements historiques majeurs. La période moderne voit l'invention de l'imprimerie, la première alphabétisation de masse à la suite de la Réforme protestante et la découverte de nouveaux continents lors des grandes découvertes. Elle voit éclore le siècle des Lumières et est à l'origine de la diffusion du capitalisme marchand puis de la révolution industrielle. Elle invente des formes politiques nouvelles, nées des révolutions anglaise et française. Du , elle colonise par peuplement l'ensemble du continent américain. Elle établit, par ailleurs, au travers de plusieurs de ses nations, des empires coloniaux dans la quasi-totalité de l'Afrique, l'Océanie et de grandes parties de l'Asie jusque dans les années 1950-1960. C'est en Europe également que prennent naissance les deux guerres mondiales et que se produit la Shoah. La Seconde Guerre mondiale, qui l'a laissée exsangue, fait perdre à l'Europe son hégémonie mondiale et enclenche un mouvement de décolonisation. Pendant la Guerre froide, le continent est divisé en deux blocs séparés par un rideau de fer, celui de l'Ouest et celui de l'Est, idéologiquement opposés. Le bloc occidental, zone d'influence américaine, connaît un essor économique rapide et met en place les premières étapes d'une union européenne, économique puis politique, qui va croissant dans le nombre des États membres, en intégrant en particulier un certain nombre d'ex-pays de l'Est après l'effondrement du bloc soviétique. Étymologie. Deux origines concurrentes du mot « Europe » ont été proposées. La première fait provenir ce nom de l'usage par les marins phéniciens des deux mots "Ereb", le couchant, et "Assou", le levant pour désigner les deux rives opposées de la mer Égée : d'une part la Grèce actuelle et d'autre part l'Anatolie ( signifie pareillement, en grec, le "levant"). La première mention connue de ces mots sémitiques se trouve sur une stèle assyrienne qui distingue "Ereb", la nuit, le [pays du soleil] couchant, et "Assou", le [pays du soleil] levant. Selon Michael Barry, les deux mots sont probablement à l'origine des deux noms grecs "Eurôpè" et "Asia" dans leur acception géographique antique. En grec, dans un hymne à Apollon datant d’environ 700 avant notre ère, "Eurôpè" représente encore, comme "Ereb", le simple littoral occidental de l’Égée. C'est également le nom de la princesse de Tyr enlevée par Zeus. Néanmoins, cette étymologie sémitique est critiquée, la proposition étant considérée par d'autres comme improbable ou indéfendable. La seconde est grecque. Dans la mythologie grecque, plusieurs « Europe » sont connues, Europe, fille du géant Tityos ; la mère de Niobé ; la fille de Nil, une épouse de Danaé ; selon Hésiode, Europe l'Océanide est l'une des trois mille nymphes d'Océan et de Téthys ; dans l’"Iliade", Europe est la fille de Phœnix, ascendant du peuple phénicien. "Europè" ("εὐρώπη") provient de deux mots grecs : et . Le premier, , signifie soit large, qui s'étend en largeur, soit vaste, qui s'étend au loin ; le second, en grec ancien , signifie soit regarder en face, regard, soit œil. Le terme signifie « [celle qui a] de grands yeux » et devient un prénom féminin, donné à plusieurs personnages mythologiques grecs, et notamment à la fameuse princesse Europe enlevée par Zeus déguisé en taureau. Hérodote fait remarquer que la jeune princesse ne pose jamais le pied sur le continent du côté grec désigné par le terme géographique "Eurôpè" puisque Zeus la dépose en Crète. De nos jours, les institutions de l'Union européenne retiennent et propagent l'affirmation selon laquelle le nom du continent viendrait de la mythique Europe enlevée par Zeus. Géographie. Limites géopolitiques. Selon Jean Haudry, "Europē" est initialement une désignation de la Grèce continentale par opposition au Péloponnèse, aux îles et à la Thrace. Ce serait seulement à partir des guerres médiques, que le terme s'oppose à l'Asie (qui ne désigne que l'Asie Mineure) et à la Libye (l'Afrique) pour s'appliquer au continent européen, dont les limites demeurent inconnues. L'usage fait de l'Europe un continent mais il s'agit, si l'on considère la plaque eurasiatique, de la partie occidentale (une péninsule) d'un super-continent. Cela entraîne que les limites terrestres de l'Europe ont donc toujours été imprécises à l'est car il n'existe pas de relief ou de mer venant clairement scinder l'Eurasie. Les frontières géographiques de l'Europe sont donc plus politiques que physiques. Pour les Grecs, l'Europe ne s'étendait pas . Jusqu'au règne du tsar Pierre le Grand (1682-1725), la limite orientale de l'Europe est fixée au fleuve Tanaïs (actuel Don). Pierre le Grand mène une politique de réorientation de l'Empire russe vers l'Europe, en fondant Saint-Pétersbourg capitale ouverte sur la mer Baltique et en chargeant Vassili Tatichtchev de déplacer vers l'est la frontière de l'Europe. Ce dernier choisit le massif de l'Oural et le fleuve Oural. Au sud-est, la mer Caspienne, le massif du Caucase, la mer Noire et le détroit du Bosphore séparent l'Europe du Proche-Orient. Au sud et au sud-ouest, la Méditerranée et le détroit de Gibraltar séparent l'Europe de l'Afrique. Le continent est bordé à l'ouest par l'océan Atlantique et au nord par l'Arctique. Sont considérées comme européennes l'Islande (située géologiquement sur la séparation Eurasie-Amérique) et les principales îles de la Méditerranée ; le cas de Chypre est toutefois particulièrement sujet à débat, à la fois sur les plans géographique, culturel, politique et historique. Les cas de la Russie, de la Géorgie et de la Turquie sont emblématiques du hiatus politico-géographique. Ces nations ayant la plus grande partie de leur territoire en Asie, le plan politique ne recoupe pas le « plan » géographique premier. Ainsi, si la Russie est européenne par sa culture, son histoire et une part de son territoire, son centre de gravité fait d'elle un quasi-continent, s'étendant du Pacifique jusque dans l'Europe. Ensuite, la Géorgie conserve un territoire de part et d'autre du Caucase qui atteint la mer Noire. Le cas est plus complexe pour la Turquie, celle-ci possédant la majeure partie de son territoire en Asie, et possédant par l'histoire une culture mixte entre la culture européenne et moyen-orientale. Le Groenland, qui appartient au Danemark, est politiquement et culturellement rattaché à l'Europe bien que géographiquement situé en Amérique du Nord. Certains territoires, les régions ultrapériphériques, font partie de l'Union européenne quoique étant situés en dehors du continent (la communauté autonome espagnole des îles Canaries, les cinq départements et régions d'outre-mer français, la collectivité d'outre-mer française de Saint-Martin et les deux régions autonomes portugaises de Madère et des Açores). L'Europe a une superficie d'un peu plus de de kilomètres carrés (). Cela représente un tiers de l'Afrique, un quart de l'Asie et de l'Amérique. On peut distinguer cinq grandes régions géographiques : l'Europe de l'Ouest, l'Europe centrale, l'Europe du Sud, l'Europe de l'Est et l'Europe du Nord. L'organisation de l'espace montre un cœur économique, la « banane bleue » ou mégalopole européenne, qui comprend notamment l'Europe rhénane ainsi que les périphéries européennes. Les frontières orientales de l'Europe sont avant tout politiques : la limite de l'Oural est due aux cartographes du tsar Pierre le Grand au . De même, la frontière fut déplacée des hautes crêtes du Caucase vers la mer Caspienne au début du pour justifier l'annexion de la Géorgie et de l'Arménie dans l'Empire russe. D'un point de vue géologique, si l'on se réfère à la tectonique des plaques, l'Europe et la partie continentale de l'Asie ne sont qu'un seul et même continent, dénommé Eurasie. Aussi, quelques géographes éminents, tels qu'Alexander von Humboldt, considéraient-ils l'Europe comme une simple péninsule de l'Asie. Climat. Le climat européen est conditionné notamment par son étalement en latitude du au parallèle nord, soit plus de entre les espaces scandinave et méditerranéen. De ce fait, le contraste de température est considérable entre l'extrême nord, moyenne annuelle environ comme dans l'archipel de Nouvelle-Zemble, et l'extrême sud, moyenne annuelle environ pour la Crète. L'Europe dispose d'une vaste zone côtière, et l'influence océanique atlantique et méditerranéenne contribuent à modérer les températures sur une bonne partie de l'Europe. Elle est située à l'est et au sud de l'Atlantique nord-est dont la température est notablement attiédie par la dérive nord-atlantique. Du fait de sa latitude, la majeure partie du continent est soumise au flux d'ouest dont la température a été auparavant adoucie par son passage sur cette partie de l'océan. Ce flux d'ouest n'est pas contrarié dans sa progression vers l'est en raison des grandes plaines largement ouvertes vers l'ouest dans la partie moyenne de l'Europe. En toutes saisons, ce flux est tempéré et porteur de perturbations assurant des pluies régulières. Au fur et à mesure de sa progression à l'intérieur des terres, ce flux subit les influences continentales : il devient moins tempéré et s'assèche progressivement, les précipitations devenant moins régulières. Vers l'est, les hautes pressions hivernales prennent de l'importance, font barrage au flux océanique et sont la source d'épisodes très froids et secs. Au nord, les montagnes scandinaves font obstacle aux vents d'ouest et entraînent un climat continental froid sur la partie orientale de la Scandinavie. Le flux océanique voit également son importance climatique diminuer au sud de l'Europe, à cause de la latitude, des hautes pressions estivales, et des barrières montagneuses conséquentes qui s'interposent la plupart du temps en direction de la Méditerranée. Tous ces facteurs expliquent la répartition des climats européens. Climat polaire. La bordure de l'océan Arctique connaît un climat polaire sans véritable été (température de juillet inférieure à , ET dans la classification de Köppen) avec des précipitations faibles. L'hiver est froid ou très froid avec une température moyenne de janvier qui s'abaisse à vers l'est, il est assez perturbé du fait du voisinage de la mer. Climat océanique froid. Les littoraux du Nord-Ouest, la bordure côtière de la Norvège, les îles au nord de l'archipel britannique, l'Islande connaissent un climat océanique frais avec une température moyenne dépassant pendant moins de quatre mois (). Les précipitations sont abondantes, généralement plus de par an et souvent beaucoup plus dès qu'il y a des reliefs un peu importants. Les pluies sont réparties en toutes saisons avec un maximum d'automne ou d'hiver. Les tempêtes d'automne et d'hiver sont très fréquentes. Bien qu'agité, l'hiver reste « tempéré » par rapport à la latitude, entre et pour le mois le plus froid. L'été est frais et la température moyenne de juillet est comprise entre et . Climat océanique à continental. À l'est de cette zone, le climat, encore modéré par l'influence de l'océan, connaît une altération de ses caractéristiques quand on s'éloigne du littoral. La limite avec le domaine précédent est assez floue, cependant on peut considérer qu'à partir de quelques dizaines de kilomètres du littoral, dans la vaste zone de plaines ou de moyennes montagnes qui va du Bassin parisien au sud de la Scandinavie, à l'ouest de la Pologne et limitée par les contreforts des Alpes suisses et autrichiennes au sud, le climat est assez homogène sur une grande étendue. Il se continentalise peu à peu tout en conservant des caractéristiques modérées par rapport à la latitude (comme précédemment Cfb selon Köppen), les pluies deviennent un peu moins régulières, leur volume diminue progressivement, entre en plaine, sur les reliefs. Les pluies sont réparties très uniformément tout au long de l'année avec un maximum pluviométrique qui tend à devenir plutôt estival. Les tempêtes automnales et hivernales voient leur importance diminuer au fur et à mesure que l'on s'éloigne de l'océan, mais ne sont pas exclues. L'amplitude entre l'hiver et l'été ainsi que la fréquence des épisodes de température extrêmes augmentent progressivement mais les moyennes restent modérées par rapport à la latitude. La température du mois le plus chaud est comprise entre et du nord au sud, celle du mois le plus froid de à de l'ouest vers l'est. En France, cette zone correspond aux appellations traditionnelles de climat « parisien », « semi-océanique d'abri ». Un peu plus au sud, du Bassin aquitain jusqu'à une partie des Balkans hormis la plaine du Pô, le climat est encore océanique ou semi-océanique (Cfb dans la classification de Köppen), mais se distingue par ses températures d'été plus élevées (moyenne de juillet de à ) et par une multiplication des climats locaux du fait du relief beaucoup plus compartimenté. Les précipitations peuvent être importantes à proximité des reliefs exposés aux flux humides ou bien réduites dans les bassins abrités. Les étés sont plus orageux que dans le type précédent avec des précipitations plus irrégulières. Mais la chaleur moyenne de juillet reste en dessous de et l'été connaît encore des périodes de rafraîchissement épisodiques, ce qui est un trait des climats océaniques. Les hivers restent doux à proximité de l'océan mais nettement plus froids vers l'Europe centrale. La température du mois le plus froid (janvier le plus souvent) est comprise entre et de l'ouest vers l'est. En France, cette zone correspond aux appellations traditionnelles de climat « aquitain », « semi-océanique d'abri ». Climat continental. À l'est des deux domaines précédents, à partir de la Pologne orientale, la façade orientale de la chaîne scandinave et les confins de l'océan Arctique au nord jusqu'à l'Oural vers l'est, jusqu'à la mer Noire, le Caucase et la Caspienne au sud apparaît le climat continental. L'hiver est froid avec blocage fréquent du flux océanique par l'anticyclone continental générateur d'épisodes très froids et secs. La moyenne de janvier va de de l'ouest à vers le nord-est. L'été, l'anticyclone continental disparaît et le flux atlantique pénètre plus librement à l'intérieur du continent, l'été est encore frais au nord mais il est de plus en plus chaud vers le sud, en juillet à la frontière du domaine polaire, jusqu'à près de la mer Caspienne (au nord, où les étés sont frais, nous sommes dans le domaine Dfc de Köppen, Dfb plus au sud, là où la moyenne dépasse durant au moins quatre mois). Les saisons intermédiaires sont courtes. Les pluies sont plus irrégulières avec un maximum de printemps ou d'été. Au nord du domaine, les étés sont assez pluvieux et restent frais avec une évaporation modérée, la sécheresse d'été est modérée. Vers le sud, la chaleur augmente ainsi que l'irrégularité des pluies, la sécheresse relative d'été s'intensifie et les abords de la Caspienne connaissent un climat steppique (BSk selon Köppen). Climat montagnard. Les montagnes (Alpes, Pyrénées, Carpates, chaînes balkaniques, Caucase, Alpes scandinaves) connaissent le climat montagnard qui correspondent à peu près à celui des plaines environnantes mais modifiés par l'altitude. Celle-ci provoque un abaissement de la température, en toutes saisons mais davantage en été qu'en hiver et une augmentation des pluies pour les versants exposés aux vents pluvieux. Les reliefs multiplient les climats locaux du fait des différences d'expositions au soleil et du fait de la modification du régime des vents qu'ils induisent. Climat subtropical humide. Dans la plaine du Pô et dans les Balkans bordant la mer Noire, les chaînes de montagnes font barrage au flux océanique, la chaleur estivale s'accentue avec une température moyenne de juillet supérieure à , les précipitations deviennent plus importantes en été. Selon la classification de Köppen, ce climat est appelé tempéré à étés chauds (Cfa). Les hivers sont assez variables, de assez doux comme sur les côtes occidentales de l'Adriatique, à assez froid (Bulgarie, Roumanie), mais toujours avec une température moyenne de janvier supérieure à . La température du mois le plus froid est comprise entre et de l'ouest vers l'est. Les influences océaniques concernent peu cette zone. Le cumul annuel des précipitations s'assèche progressivement vers l'est. Les pluies, encore réparties sur toute l'année, prennent cependant une importance estivale marquée, notamment sous forme d'orages. Climat méditerranéen. Les régions bordant la Méditerranée (majeure partie de l'Espagne, Sud-Est de la France, Italie excepté les Alpes et la plaine du Pô, la Croatie, la Slovénie, l'Albanie, la Grèce et les îles méditerranéennes) connaissent un climat méditerranéen, Csa et Csb d'après Köppen. À l'écart du flux océanique humide du fait des montagnes et de la latitude, ce climat est caractérisé par une sécheresse estivale et un ensoleillement nettement plus important que dans les domaines précédents. Les pluies ne sont pas souvent apportées par le flux atlantique mais la plupart du temps par des perturbations qui se développent sur place, alimentées par l'air méditerranéen, ces perturbations sont moins nombreuses que les perturbations océaniques mais les pluies qu'elles apportent sont copieuses et parfois excessives. Le total pluviométrique annuel des régions méditerranéennes est à peu près le même que pour les domaines précédents mais la répartition des précipitations est beaucoup plus irrégulière. L'été est à peu près sec surtout près des côtes et dans le sud, les pluies de printemps et d'automne sont prédominantes au nord du domaine méditerranéen et celles d'hiver au sud. Suivant les effets d'abris ou au contraire suivant les effets de couloir induits par les reliefs environnants, ce domaine est calme ou au contraire très venté (mistral, tramontane, bora, etc.). Les températures hivernales sont douces sauf en moyenne montagne, en janvier, de l'intérieur vers la côte et du nord vers le sud. L'été est chaud à en juillet du nord vers le sud. Ce type de climat est généralement limité par les versants sud ou est des massifs montagneux : chaîne Cantabrique, Pyrénées, Alpes et Balkans. Sur le littoral atlantique, la limite se trouve à peu près au nord du Portugal. C'est à partir de cette zone que l'on observe des caractéristiques méditerranéennes marquées (chaleur et sécheresse d'été entraînant des feux de forêt réguliers, un ensoleillement élevé comparé aux régions océaniques). Fleuves et rivières. L'Europe est assez bien arrosée par des fleuves et rivières, et pratiquement aucune zone n'est en stress hydrique. Trois fleuves d'Europe, le Rhin, le Rhône, et le Pô, prennent leur source dans les Alpes, quelquefois appelées pour cette raison le « château d'eau de l'Europe » (au moins de sa partie occidentale). Le Rhin se jette dans la mer du Nord, le Rhône dans la mer Méditerranée et le Pô dans la mer Adriatique. Le Danube prend sa source dans la Forêt-Noire et se jette dans la mer Noire. L'Elbe se jette dans la mer du Nord. La Vistule et l'Oder se jettent dans la mer Baltique. Le Dniepr, fleuve de plaine, se jette dans la mer Noire. La Volga et l'Oural se jettent dans la mer Caspienne. Biodiversité. La faune et la flore de l'Europe ne présentent pas de caractéristiques propres à l'échelle du continent. Diverses espèces ou sous-espèces rencontrées en Europe ont cependant reçu l'épithète spécifique ou le nom subspécifique (« européen, européenne »). L'Europe regroupe plusieurs zones biogéographiques et une grande variété d'écosystèmes terrestres et marins, qui ont souvent été intensivement exploités, fragmentés et pollués. L’écosystème européen fait face à de nombreux problèmes de détérioration de l’environnement engendrés par certaines actions de l’être humain comme l’agriculture intensive, l’urbanisation couplé aux activités touristiques et de loisirs… L'Europe a été motrice pour de nombreux états-membres en matière de Droit de l'environnement avec notamment les directives Habitats et Oiseaux, bien que certains états membres (dont la France) les aient tardivement et incomplètement appliquées. Une directive-cadre sur l'eau est en cours d'application, des directives sur le sol et la mer sont en projet, et le est entrée en vigueur la nouvelle norme européenne pour limiter la pollution atmosphérique : les agglomérations de plus de de l'Union européenne ne doivent pas dépasser certaines valeurs limites : 50 microgrammes () de particules par mètre cube d'air ambiant doit être le seuil maximum pour 35 jours par an, et la valeur moyenne annuelle ne doit pas aller au-delà de 40 microgrammes. Cependant, les normes anti-pollution déjà en vigueur n'étaient déjà pas respectées : en 2002, sur 15 ont dépassé la marge autorisée. Depuis 1996, le conseil de l'Europe invite les états à construire ensemble un Réseau écologique paneuropéen et ils doivent appliquer, comme toutes les collectivités la directive 2003/4 concernant l'accès du public à l'information en matière d'environnement, la directive INSPIRE (Infrastructure d’information spatiale en Europe). Un futur Réseau européen de données d'observation et de surveillance (EMODNET / "European Monitoring Observation. Data Network") est en construction. Pour mesurer l'état de l'environnement, les pressions et les réponses, l'UE s'est dotée d'une Agence européenne pour l’Environnement (AEE) qui applique maintenant la méthodologie LEAC (Land and Ecosystem Accounting - Comptabilité des écosystèmes et du territoire). Le système Corine Landcover et d'autres permettent d'harmoniser les cartes européennes de données environnementales. Bilan : malgré des efforts importants, comme dans la plupart des autres régions du monde, la biodiversité qui y fait l'objet d'évaluations périodiques, est globalement en recul (sauf pour certaines les espèces plutôt généralistes et banales). Les espèces invasives continuent à gagner du terrain. À ce titre, la commission européenne a publié le , une liste des trente-sept espèces à combattre pour éviter qu'elles ne portent préjudice aux espèces indigènes. Cette liste prévoit d’interdire l’importation, la vente, la reproduction, la culture ou l’élevage de ces animaux et végétaux qui menacent la biodiversité. Les objectifs européens en matière de lutte contre le changement climatique, et limitation des émissions de gaz à effet de serre, dont celui de -25 % pour 2020 semble difficile à tenir (pour les transports et l'agriculture notamment), la Pologne s'y opposant même avant que le 21 juin 2011, les ministres de l'environnement européens (en Conseil environnement) examinent un nouveau projet de feuille de route pour 2050 (économie européenne bas carbone) présentée par la Commission européenne le 8 mars 2011, confirmant l'objectif du Conseil d'octobre 2009 de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 à 95 % en 2050 (par rapport à 1990), avec un calendrier de -40 % par rapport à 1990 en 2030, -60 % en 2040 et -80 % en 2050 (un pays s'est encore opposé à ces objectifs). En 2019, on compte 20 % d'oiseaux en moins en Europe qu'en 2000. Plus de 40 % des espèces d’arbres présents en Europe sont menacées d’extinction selon un rapport de l’Union internationale pour la conservation de la nature. L'organisation appelle l’Union européenne à agir, indiquant que « Les arbres sont essentiels à la vie sur terre et les arbres européens dans toute leur diversité sont une source de nourriture et d’abri pour d’innombrables espèces animales telles que les oiseaux et les écureuils ». En outre, la moitié des espèces d’arbustes présents en Europe sont menacées de disparition, ainsi qu’un cinquième des espèces de mollusques terrestres, tels que les escargots, et certaines espèces de bryophytes (plantes non vascularisées), comme des mousses. Histoire. Préhistoire et protohistoire. Contexte. Le peuplement de l'Europe est conditionné par les cycles glaciaires et interglaciaires qui se succèdent, notamment au Pléistocène moyen (), et qui affectent la démographie des populations, créant notamment des périodes d'isolement géographique qui sont une des raisons de la différenciation des formes anciennes du genre "Homo" sur le continent. "Homo" naît et évolue en Afrique, où il s'affranchit d'abord du milieu forestier, puis connaît une expansion constante vers les latitudes moyennes d'Eurasie, puis les hautes latitudes. Cela est rendu possible par sa capacité à s'adapter aux changements d'environnement et par ses caractéristiques de prédateur, lesquelles culminent chez Néandertal l'Européen, devenu principalement un chasseur carnivore occupant le haut de la chaîne alimentaire, un superprédateur chasseur de gros gibier. Arrive ensuite "Sapiens", venu d'Afrique, qui remplace l'espèce d'origine européenne qu'est Néandertal, et « toutes les autres humanités ». Peuplement humain. Le genre "Homo" apparaît en Afrique, probablement vers dans la basse vallée de l’Omo, en Éthiopie, et il est attesté de manière certaine vers . Les premiers "Homo erectus" quittent l'Afrique et atteignent l'Eurasie il y a sans doute d'années, mais les dates et les chemins empruntés ainsi que certaines différenciations en espèces ("H. erectus", "H. ergaster", "H. antecessor", "H. heidelbergensis") sont encore discutées. "Homo georgicus", parfois considéré comme un "Homo ergaster" européen, dont les restes ont été découverts en 2002 à Dmanissi, en Géorgie (Caucase), est le premier représentant du genre "Homo" attesté en Europe (et aussi l'un des plus anciens hors d'Afrique) ; il est daté d'environ . D'autres lui succèdent ; on a trouvé, à Kozarnika (Bulgarie), une industrie lithique, datant de et, en actuelle Espagne, des restes humains à Sima del Elefante (appartenant au site d'Atapuerca), datant de et à Orce, les restes de l'Homme d'Orce et de l'Enfant d'Orce, datant de . Le site d'Atapuerca a livré aussi des restes d'industrie lithique d'environ , et des restes humains ayant abouti à la description d"Homo antecessor", daté d'env. , possible ancêtre de "", attestant d'un peuplement continu de l'Europe occidentale depuis ainsi que de l'existence possible d'une migration à partir de l'Europe centrale, depuis Dmanissi (où a été découvert "H. georgicus"), et non pas via le détroit de Gibraltar. Jusqu'à "H. antecessor", l'industrie lithique associée à ces peuplements est l'Oldowayen, technique des galets aménagés. Vient ensuite "Homo heidelbergensis" (l"Homo erectus" européen, , espèce à laquelle appartient, par exemple, l'homme de Tautavel), décrit à partir de plusieurs fossiles, retrouvés en Allemagne actuelle, à Heidelberg, d'où provient son holotype et en Espagne, sur le site d'Atapuerca ; "H. heidelbergensis" pourrait être l'ancêtre d"H. neanderthalensis". L'industrie lithique associée aux heidelbergiens est l'Acheuléen, caractérisé par la technique des bifaces, attesté il y a en Europe mais né en Afrique il y a . À la même époque, vers , les Européens commencent à maîtriser le feu, étape importante de l'évolution, qui permet la cuisson des aliments et donc facilite l'assimilation des nutriments, et qui permet aussi de se chauffer, dans un environnement climatique globalement plus froid qu'actuellement, ce qui concourt à un processus de socialisation. "Homo neanderthalensis", l'« Homme de Néandertal », naît il y a environ en Europe occidentale, issu sans doute d'une forme de spéciation (« spéciation par distance ») d"", ou d'une dérive génétique (modèle d'accrétion), dans un contexte où l'Europe est isolée par les glaces du reste de l'ancien monde. Neandertal est très adaptable, il s'accommode des périodes glaciaires et inter-glaciaires et des environnements correspondants et s'étend massivement en Europe et au-delà, vers l'Asie Centrale et le Proche-Orient entre . Physiquement robuste et adapté au froid, Néandertal possède des capacités cognitives proches de celles de l'« Homme moderne » ("Homo sapiens"), il pratique des rituels, il enterre ses morts, le premier en Europe à le faire, et il pratique une forme d'art. Il est associé au Moustérien. Le nombre de néandertaliens (métapopulation) est compris dans une fourchette allant de quelques milliers à , donnant en tout état de cause une très faible densité de population. "Homo sapiens", quant à lui, naît en Afrique, il y a environ . Sa présence hors d'Afrique, sous une forme archaïque, est attestée par des fossiles âgés de environ, en Israël (Grotte de Misliya). L'expansion de Sapiens se fait en plusieurs vagues, lesquelles empruntent probablement un chemin passant par Bab-el-Mandeb, détroit entre la péninsule arabique et l'Afrique, outre celui par le Nil et le Proche-Orient, mais les premières n'atteignent pas l'Europe. Les vagues de Sapiens évolués qui atteignent l'Europe partent d'Afrique vers et leurs plus anciennes traces en Europe datent de (Grotta del Cavallo). À partir de , "H. sapiens" commence sa colonisation de l'Europe, dans un mouvement d'est en ouest. À ce moment, il a déjà eu l'occasion de se métisser avec Néandertal, leurs chemins s'étant croisés au Proche-Orient et à l'est de l'Eurasie. Ce métissage entre Néandertal et Sapiens est sans doute favorable à ce dernier ; venu beaucoup plus récemment d'Afrique, il est plus adapté aux basses latitudes et il acquiert par ce métissage des avantages évolutifs, notamment de résistance au froid. Sapiens progresse en Europe et, concomitamment, les néandertaliens régressent, se retrouvant confinés dans des zones refuges avant de disparaître vers avec des populations relictuelles perdurant jusqu'à , non sans laisser leurs traces génétiques dans l'actuelle population humaine. Les causes de la régression puis de la disparition de Néandertal sont plurifactorielles et toujours discutées. La peau de ces "Homo sapiens" était sombre, adaptée à leur origine africaine et aux régions très ensoleillées. Ce n'est que récemment, il y a , que les chasseurs-cueilleurs européens ont disposé des gènes responsables de la peau pâle. Les premiers Hommes modernes européens développent des industries diverses (Uluzzien, Bohunicien, Châtelperronien, attribué à Néandertal, Lincombien-Ranisien-Jerzmanowicien) ; deux d'entre elles, l'Aurignacien (env. ) puis le Gravettien (env. ) se répandent largement en Europe. Ces expansions sont concomitantes à des mouvements de populations, retracés par la génétique, eux-mêmes corrélés aux fluctuations climatiques de l'époque. L'Aurignacien est caractérisé notamment par le développement du travail des matières osseuses (bois de rennes et os de mammouths), rare jusqu'alors, à des techniques de débitage de lamelles ainsi qu'à des objets de parure et au développement de l'art ; la grotte Chauvet, occupée à l'Aurignacien () et au Gravettien (), en est un exemple. Dès , à une période particulièrement froide, on trouve des traces de sédentarisation partielle dans l'est de l'Europe, sous la forme de campements bénéficiant d'infrastructures d'habitation (à la différence des abris de plein-air), autour desquels ont été retrouvés des sépultures et des statuettes d'argile. Mais Sapiens reste néanmoins, fondamentalement, un chasseur-cueilleur mobile nomadisant sur des distances de quelques centaines de kilomètres. Entre se produit un intense refroidissement, le « maximum glaciaire » qui donne à l'Europe une configuration nettement différente de l'actuelle. Les études génétiques montrent que certains groupes, d'abord représentés en Europe du Nord-Ouest, sont repoussés dans le sud de l'Europe. C'est le moment où apparaît l'industrie lithique solutréenne, caractérisée par des pointes en pierre très fines et acérées, appelées « feuilles de laurier », servant sans doute de couteaux et armant l'extrémité des flèches et des sagaies. Émergent l'usage du propulseur et (probablement) de l'arc pour la chasse mais ces deux outils, cependant, ne se généraliseront qu'au Magdalénien qui lui succède. On a longtemps pensé que le Solutréen était aussi l'époque de l'invention de l'aiguille à chas jusqu'à la découverte, en 2016 en Sibérie, d'un tel artefact, daté de , attribué à l'Homme de Denisova. Le Magdalénien est caractérisé par un art pariétal particulièrement riche, comme en témoignent les grottes de Lascaux et d'Altamira, et par le travail des matières osseuses. La dernière période glaciaire s'achève de manière brutale. Un premier réchauffement rapide se produit vers , la température du Groenland augmente de plus de , c'est ce qu'on nomme le Bölling, qui libère des glaces une grande partie de l'Europe du Nord et de la Scandinavie, permettant leur peuplement depuis le sud. Avec ce retrait des glaces, de nouveaux apports de populations à partir du Proche-Orient font sentir leurs effets. Plus tard, vers , un retour à des conditions glaciaires se traduit par des températures extrêmement froides avant un réchauffement final, vers , qui marque la fin de la dernière glaciation et l'entrée dans l'Holocène avec l'instauration du climat actuel ; cela coïncide avec les débuts de l'extinction de la mégafaune européenne (mammouth laineux, rhinocéros laineux, cerf géant, ours des cavernes), sans doute pour des raisons climatiques probablement aggravées par la prédation humaine. Le paysage et sa faune se recomposent, la forêt tempérée progresse en Europe à partir de , la chasse à l'arc se généralise et l'alimentation des hommes du Mésolithique devient extrêmement diversifiée (les escargots par exemple, sont consommés en très grande quantité dans certaines niches écologiques). Néolithisation. La néolithisation de l'Europe commence vers par diffusion de populations et de techniques apparues vers dans le croissant fertile, elle s'accompagne d'une forte croissance démographique. Elle est probablement autant due à un changement culturel qu'aux conditions climatiques. Les indicateurs de la néolithisation sont la domestication des plantes et des animaux (celle du chien étant cependant largement antérieure), la tendance à la sédentarisation (la sédentarisation précède cependant l'agriculture) avec le regroupement en villages et l'émergence de la poterie pour des contenants destinés au stockage de produits agricoles. Ce sont les débuts des sociétés agropastorales et la naissance du mégalithisme. Cette néolithisation, venue du croissant fertile via l'Anatolie, emprunte deux chemins ; d'abord un courant méditerranéen par lequel se diffuse la culture de la céramique imprimée suivie de la culture de la céramique cardiale () ; ensuite un courant danubien, par lequel se diffuse la culture rubanée (vers ). Les études génétiques montrent que, outre une diffusion culturelle, l'Europe connaît l'arrivée de populations d'agriculteurs, venues d'un foyer anatolien, qui ont suivi ces chemins danubien et méditerranéen. Les îles britanniques, en configuration insulaire depuis , connaissent ce processus plus tardivement, près d'un millénaire après celui de l'Europe continentale. La néolithisation est largement effective en Europe vers . Des hypothèses linguistiques et archéologiques de la deuxième moitié du (l'hypothèse kourgane étant la plus largement reconnue) et des études génétiques du début du accréditent la thèse que des populations, ayant domestiqué le cheval et maîtrisant l'équitation ainsi que le transport en chariot, seraient venues de l'est de l'Europe, la steppe pontique, et se seraient répandues sur le continent à partir de , le dominant largement ; elles contribuent pour 75 % à l'ADN des peuples de la céramique cordée, héritière de la culture de la céramique rubanée, largement présente en Europe à ce moment. Leur foyer d'origine est la culture Yamna’’. Elle se caractérise par sa pratique de l'inhumation dans des tumuli nommés « kourganes ». Ils seraient aussi les locuteurs du proto-indo-européen, langue-mère de la quasi-totalité des langues européennes. Georges Dumézil, au début du , postule que les sociétés d'origine indo-européenne partagent jusqu'à nos jours un mode de pensée, l'idéologie tripartite. L'agriculture européenne commence sur les bords de la mer Égée, aux environs de Elle s'installe progressivement sur le continent, dans la zone danubienne et l'actuelle Hongrie (), sur les côtes méditerranéennes et le territoire de la France actuelle vers , en Germanie et sur le territoire des actuels Pays-Bas vers ; elle atteint les îles britanniques vers Vers apparaît le travail du cuivre, qui conjugué à celui de la pierre, caractérise le Chalcolithique ; des outils agricoles métalliques plus efficaces apparaissent, l'araire se développe à la place de la houe. La civilisation minoenne, inspiratrice de la culture grecque, apparaît vers avec sa langue écrite en linéaire A, une des plus anciennes formes d'écriture en Europe avec les hiéroglyphes crétois. À son apogée, elle sera la première civilisation avancée de l'âge du bronze. L'âge du bronze date de la fin de la culture campaniforme, laquelle, entre et , couvre une notable partie de l'Europe de l'Ouest. Germains. Le commencement des Germains se situe vers le en Suède méridionale, au Danemark et en Allemagne du Nord entre la Weser et l’Oder. Ils s'établissent dans la grande plaine européenne, du Rhin à la Vistule et de la Baltique au Danube, entre le et le début de l'ère chrétienne. Leur expansion vers le sud est arrêtée par l' () puis par les Romains (). On distingue trois groupes linguistiques : le nordique, celui des Scandinaves ; l’Ostique ou Germains orientaux, celui des Goths, des Vandales, des Burgondes ; enfin les Westiques (Germains occidentaux), en Allemagne, au Jutland et aux Pays-Bas. Celtes. Les Celtes s'installent entre l’âge du bronze moyen (env. ) et le début de l’âge du fer (env. ) dans une grande partie de l’Europe, du bassin des Carpates à l’est de la France. Leur origine est le centre de l'Europe, où étaient apparues les cultures caractérisées par leurs coutumes funéraires de l'enterrement sous tumulus ( - ) puis par la technique consistant à incinérer les cadavres et à conserver leurs cendres dans des urnes (civilisation des champs d'urnes, - ). Le noyau celte se situe à Hallstatt, en actuelle Autriche. Aux débuts de l'âge du fer, leur société, relativement égalitaire, se stratifie avec, à son sommet, des chefs militaires. Cela est probablement en lien avec la métallurgie du fer et, notamment, la conception d'armes, telles les épées droites caractéristiques, et la confection de pièces de harnachement plus efficaces qui donnent de l'importance aux cavaliers armés. Les Celtes excellent en effet dans le travail du fer, fabriquant, outre des armes, des outils tels que haches et ciseaux. Ils confectionnent aussi des poteries, ils inventent la tonnellerie, et ils exploitent le sel gemme, dont le commerce est source de richesse. On leur doit aussi, avec un apogée aux , les habitats structurés autour d'un oppidum, centre fortifié à vocation militaire, économique et cultuelle. La période laténienne ou deuxième âge du fer, commençant au , est celle où les Celtes passent de la protohistoire à l'histoire, lorsqu'ils apparaissent dans les textes des auteurs grecs. Antiquité. L'Europe antique est, pour notable partie, une Europe celtique, celle des peuples héritiers de la culture des tumulus, et en partie germanique, aux côtés de la Grèce antique et de sa brillante civilisation de l'Époque classique (), considérée comme le berceau culturel de la civilisation occidentale. Pour ce qui concerne le terme et le concept, le mot « Europe » désigne d'abord, dans son acception géographique, la Grèce continentale. Le terme est mentionné pour la première fois vers , par Hésiode, dans sa "Théogonie". Anaximandre et Hécatée de Milet produisent, entre 600 et , des cartes représentant un territoire appelé Europe. Le mot prend aussi un sens politique lorsque les Grecs sont confrontés aux invasions venant d'Asie, principalement lors des guerres avec l'empire perse. Selon Jacqueline de Romilly, . L'Europe en tant qu'entité géographique se retrouve chez Ératosthène au , lequel présente une tripartition du monde connu par une carte où elle figure. Mais la distinction fondamentale durant l'antiquité est celle entre les Barbares, qui habitent ce qu'en latin on nomme "barbaricum" (« pays des Barbares »), et ceux qui appartiennent à l'aire culturelle grecque, puis gréco-romaine. Le royaume de Macédoine désigne l'Europe comme une entité politique : lorsque part en Orient, en , il laisse en Macédoine un régent, Antipatros, qui porte le titre de « stratège d'Europe ». Après l'époque hellénistique, l'Europe voit Rome commencer son expansion au et atteindre son apogée au . L'Europe est reconfigurée, son histoire devient celle de l'Empire romain pour la zone concernée. La Grèce et le royaume de Macédoine sont supplantés au Les Celtes, qui se sont largement répandus en Europe, allant jusqu'à menacer Rome en , pris en tenaille par les attaques des tribus germaniques venues du nord, sont repoussés ou assimilés. À l'aube de l'ère chrétienne, les Romains, lorsque leur zone d'expansion dépasse la « ceinture celtique », se retrouvent entourés par les Germains qui deviennent . Les frontières orientales de l"'Imperium", limites avec les peuples germaniques, sont le Rhin et le Danube, tandis que sa frontière septentrionale est le mur d'Hadrien, qui le sépare des Pictes celtes. À cette époque, entre et , Strabon rédige une géographie qui mentionne l'Europe et, déjà, des descriptions non seulement géographiques, mais aussi économiques et culturelles des territoires qu'il étudie. Au , Varron évoque une bipartition du monde au niveau du Bosphore, les parties situées au nord-ouest du détroit constituant l’Europe, celles situées au sud-est, l’Asie. Toujours au , Pline l'Ancien divise le monde en trois parties, l'Europe, l'Asie et l'Afrique. Les Celtes présentent une certaine unité linguistique et culturelle, mais pas d'intégration politique ; ils bénéficient d'une organisation tribale, au plus en ligues de tribus, à l'instar des Germains. C'est donc l'Empire romain qui contribue à créer les prémices d'une unité européenne. Si la Grèce est le berceau culturel de l'Europe, Rome peut être considérée comme le berceau de sa civilisation. L'influence romaine s'inscrit dans la culture, formant ce qu'on nomme la culture gréco-romaine via la langue latine, ainsi que dans les territoires et dans l'usage de l'espace via les voies romaines et l'urbanisation et esquisse même une Europe religieuse en diffusant le christianisme à partir du . Les sont ceux de la "Pax Romana", période de calme relatif, notamment politique, malgré des batailles toujours existantes sur les marches de l'Empire, notamment avec les peuples germaniques pour ce qui concerne la zone européenne. L'Empire est l'entité politique unificatrice définissant le mode de gestion politique ainsi que les limites (et les frontières, qui sont une forme particulière de limites), qui séparent le monde romain de celui des barbares. Le est une période de crise interne pour l'Empire romain qui subit aussi une pression croissante des peuples germaniques, invasions difficilement repoussées. L'empire intègre nombre de ces envahisseurs par des traités, faisant d'eux des fédérés qui fournissent des troupes à l'armée. Une Tétrarchie est mise en place en pour lutter contre les Barbares et, au , « Europe » désigne l’une des six provinces du diocèse de Thrace dont le territoire correspond à . Le christianisme, dont les adeptes sont par périodes persécutés, notamment au par Dioclétien, s'était répandu dans l'Empire, comme en témoigne l'épisode symbolique de la conversion de l'Empereur Constantin et l'édit de tolérance religieuse de Milan en En , il est déclaré religion officielle de l'Empire par Théodose et les autres cultes sont interdits. Même si, à ce moment, les chrétiens sont nettement minoritaires dans la population, cette christianisation officialisée aura une importance, donnant, au moment des royaumes barbares, une légitimité religieuse à un pouvoir royal qui en était, à l'origine, dépourvu. En , l'Empire est définitivement scindé en deux, l'Empire romain d'Orient et l'Empire romain d'Occident. Le premier perdure : Inversement, dès le , l'Empire d'Occident se délite sous l'effet des attaques des peuples germains, appelées les invasions barbares : |
Euro L'euro (symbole monétaire : € ; code ISO : EUR) est la monnaie unique de l'union économique et monétaire formée au sein de l'Union européenne ; en 2023, elle est commune à vingt États membres de l'Union européenne qui forment ainsi la zone euro. Quatre micro-États (Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Vatican) et deux bases britanniques situées à Chypre (Akrotiri et Dhekelia) sont également autorisés à utiliser l'euro et deux pays européens non-membres, le Monténégro et le Kosovo l'utilisent "". D'autres pays ont leur monnaie nationale liée à l'euro du fait d'un amarrage antérieur au franc français, à l'escudo portugais ou au mark allemand : Bénin, Bosnie-Herzégovine, Burkina Faso, Cameroun, Cap-Vert, Comores, Congo (Brazzaville), Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée équatoriale, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna, République centrafricaine, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Tchad, Togo. En usage sous sa forme scripturale le , il est mis en circulation le à sous sa forme fiduciaire. Il succède à l'ECU, mise en service en 1979. L'euro est la deuxième monnaie au monde pour le montant des transactions, derrière le dollar américain et devant le yuan chinois. Depuis , elle est la première monnaie au monde pour la quantité de billets en circulation. Au , étaient en circulation dans le monde, pour une valeur totale de , ainsi que pour une valeur totale de , l'ensemble représentant la somme de . Fonctionnement. L'euro est géré par la Banque centrale européenne (BCE) qui siège à Francfort et par l'Eurosystème, composé des banques centrales des États de la zone euro. En tant que banque centrale indépendante, la BCE est l'unique instance ayant le pouvoir de fixer une politique monétaire pour l'ensemble de la zone euro. L'Eurosystème participe à l'impression, la frappe et la distribution des billets et pièces dans tous les États membres ; il veille également au bon fonctionnement des systèmes de paiements au sein de la zone euro. Le traité de Maastricht, signé en 1992, oblige la plupart des États de l'Union européenne (UE) à adopter l'euro dès qu'ils respectent certains critères monétaires et budgétaires, dits de convergence. Le Royaume-Uni et le Danemark ont cependant obtenu des options de retrait, tandis que la Suède (qui rejoint l'UE en 1995, soit après la signature du traité de Maastricht) refuse d'introduire l'euro, après un référendum négatif en 2003, et contourne au surplus l'obligation d'adopter l'euro en ne respectant pas un des critères de convergence. Néanmoins, tous les pays qui adhérent à l'UE depuis 1993 se sont engagés à adopter l'euro en temps voulu. Émission et contrôle. La gestion de l'euro dépend du contrôle de la Banque centrale européenne qui en mesure les flux, la masse monétaire, ainsi que les dettes des États membres. Pièces et billets. Pièces. Toutes les pièces en euro possèdent une face européenne commune (1, 2 et : "l'Europe dans le monde" ; 10, 20 et : "l'Europe comme une alliance d'États" ; 1 et : "l'Europe sans frontière") et une face spécifique au pays émetteur (y compris Monaco, Saint-Marin, le Vatican et Andorre, États en union monétaire avec leurs voisins immédiats qui sont autorisés à frapper leurs propres pièces). Une nouvelle série de pièces est frappée depuis fin 2007 avec un décalage d'un an pour la monnaie italienne (qui frappe aussi les pièces du Vatican et de Saint-Marin). Se calquant sur la pratique décidée pour les billets de banque, elle représente désormais l'ensemble du continent européen (membre ou non de l'Union), afin d'éviter de devoir frapper de nouvelles séries à chaque élargissement. Les frontières n'y apparaissent donc plus. Toutes les pièces sont utilisables dans tous les États membres, à l'exception des pièces de collection, qu'elles soient ou non en métal précieux, qui n'ont cours que dans le pays d'émission. Des problèmes de compatibilité sont cependant relevés sur certains automates (distributeurs automatiques, péages…). Il existe également des pièces de collection, souvent en métal précieux, qui n'ont cours légal que dans leur pays d'émission. Par exemple, gravée par Joaquin Jimenez (qui est également l'auteur de l’"Arbre Étoilé" des pièces de 1 et ), une pièce de en argent est frappée à deux millions d'exemplaires en 2008. Des pièces de 10 à , en argent et en or, sont mises en circulation de 2008 à 2010. Billets. Les billets, quant à eux, ont une maquette commune à toute la zone euro. Les ponts, portes et fenêtres des billets symbolisent l'ouverture de l'Europe sur le reste du monde et les liens entre les peuples. Le choix du graphisme des billets est de la compétence de la Banque centrale européenne alors que celui des pièces est de la compétence des États membres de l'Eurogroupe. La prochaine face commune a ainsi été décidée lors d'une réunion de l'Eurogroupe. Cette décision provoque une petite polémique de la part de quelques députés par l'absence, selon eux volontaire, de la Turquie sur le dessin retenu, au contraire de celui des billets. Le , un nouveau billet de est mis en circulation ; il est le premier d'une nouvelle série de billets baptisée "Europe". Le , c'est un nouveau billet de 10 euros qui fait son apparition. Puis, le , c'est le nouveau billet de 20 € qui est mis en circulation. Le billet de 50 € est mis en circulation le . Enfin, les nouveaux billets de 100 et 200 € sont introduits le 28 mai 2019. Le , la Banque centrale européenne annonce qu'elle va modifier les billets d'ici à 2024. La BCE souhaite consulter plusieurs experts (artistes, historiens, designers) venant de tous les pays et réunis en comités et sous-comités, puis soumettre les différentes thématiques au vote du public, mais la décision finale reviendra au conseil des gouverneurs. En 2019, les billets de banque étaient encore utilisés dans des transactions, et la BCE considère leur graphisme comme étant d'importance cruciale. Suppression du billet de 500 €. La disparition du billet de 500 euros était envisagée, tenant compte des préoccupations selon lesquelles cette coupure pourrait faciliter les activités illicites (en particulier dans le cadre de la lutte contre le financement du terrorisme). Cette décision a été prise par la Banque centrale européenne le 4 mai 2016. Cependant, si l’arrêt de production du billet a été décidé, l'arrêt de l’émission des billets n'est effective qu’en début d’année 2019 (initialement prévu fin 2018), le temps nécessaire à la production et l’émission supplémentaires de coupures de 100 et 200 euros. Ainsi, à partir du 27 janvier 2019, dix-sept des dix-neuf banques centrales nationales ont cessé d’émettre les billets de 500 euros et seules l’Allemagne et l’Autriche ont continué d’émettre cette coupure jusqu’au 26 avril 2019 pour des raisons logistiques. Après cet arrêt d'émission, la coupure de 500 euros gardera toujours sa valeur et pourra être échangée auprès des banques centrales nationales de l’Eurosystème pendant une période illimitée. Depuis cette décision, les billets rentrent en nombre aux guichets des banques centrales (plus de dix mille billets pour le mois de mai 2016). Allié au fait qu'ils étaient, à l'exception de l'Allemagne et l'Autriche, très peu utilisés dans la vie courante, il y a de fortes probabilités que, "de facto", sa fonction ne se limite à l'avenir qu'à une valeur de réserve et de thésaurisation. Il est à noter que si en France on trouve difficilement des billets d'une valeur supérieure à 50 euros, ce n'est pas le cas en Belgique où des distributeurs de billets permettent d'obtenir des coupures de 100 et de 200 euros, ces dernières valeurs ayant remplacé les billets de 500 euros dans les distributeurs belges qui en proposaient jusqu'en 2018. Historique. Avant Maastricht. L'euro n'est pas la première monnaie à vocation européenne (et internationale). En effet, l'Union latine, née en 1865 à l'initiative de , marque une union monétaire, ou supranationale, signée et partagée par la France, la Belgique, la Suisse, l'Italie, la Grèce et, plus tard, l'Espagne et le Portugal, puis la Russie et certains pays d'Amérique latine. La Première Guerre mondiale (1914-1918) met fin à ce projet d'unification monétaire. Le projet de créer une monnaie commune naît dans les années 1970 avec les turbulences du régime agrimonétaire, depuis la mise en œuvre de la Politique agricole commune, en 1962, et l'impossibilité de mettre en place un système de taux de change contrôlable. Dès les années 1970 existe l'European Currency Unit. Les négociations de Maastricht. La décision de créer l'euro est officialisée lors du traité de Maastricht. Lorsque les négociations sont engagées, les responsables savent qu'économiquement la constitution de la zone euro est un défi. En effet, les économistes savent, depuis les travaux de Robert Mundell (dans les années 1950) que, pour que des pays aient intérêt à avoir une même monnaie, ils doivent : Pour Jean Pisani-Ferry, les responsables politiques des pays décident de passer outre, pour trois raisons : Deux visions s'opposent : Passage à l'euro. L'euro est créé par les dispositions du traité de Maastricht, en 1992. Pour participer à la monnaie commune, les États membres sont censés répondre à des critères stricts tels qu'un déficit budgétaire de moins de 3 % de leur PIB, un endettement inférieur à 60 % du PIB (deux critères qui sont régulièrement bafoués après l'introduction de l'euro), une faible inflation et des taux d'intérêt proches de la moyenne de l'Union européenne. Lors de la signature du traité de Maastricht, le Royaume-Uni et le Danemark obtiennent des options de retrait pour ne pas participer à l'union monétaire qui se traduirait par l'introduction de l'euro. De nombreux économistes tels que Fred Arditti, Neil Dowling, Wim Duisenberg, Robert Mundell, Tommaso Padoa-Schioppa et Robert Tollison participent à la création de la monnaie commune. L'appellation « euro » est officiellement adoptée à Madrid, le . L'espérantiste belge, Germain Pirlot, ancien professeur de français et d'histoire, est désigné pour dénommer la nouvelle monnaie ; il envoie une lettre au président de la Commission européenne, Jacques Santer, et suggère la dénomination « euro », le . Les taux de conversion sont déterminés par le Conseil de l'Union européenne, sur la base d'une recommandation de la Commission européenne, établie sur les taux du marché au . Ils sont créés de sorte qu'une unité de compte européenne (ECU) serait égale à un euro. L'unité monétaire européenne était une unité de compte utilisée par l'Union européenne et calculée sur la base des monnaies des États membres. Ce n'était pas une monnaie à part entière. Les taux n'ont pas pu être fixés plus tôt car la valeur d'un ECU dépendait des taux de change des monnaies ne participant pas à l'euro (comme la livre sterling), à la clôture, ce jour-là. La procédure utilisée pour fixer le taux de change irrévocable entre la drachme grecque et l'euro est différente : alors que les taux de change pour les onze monnaies initiales sont déterminés quelques heures seulement avant que l'euro n'ait été introduit, le taux de conversion de la drachme grecque est fixé plusieurs mois à l'avance. La monnaie est introduite sous forme immatérielle (chèques de voyage, transferts électroniques, services bancaires…), le , à minuit, dans les onze pays formant la toute nouvelle zone euro: l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Portugal. Les monnaies nationales des pays participants cessent dès lors d'exister indépendamment. Les taux de change sont alors bloqués à taux fixes, les uns envers les autres pendant toute la période allant du premier janvier 1999 au premier janvier 2002. L'euro devient ainsi le successeur de l'unité de compte européenne (ECU). Les billets et pièces des anciennes monnaies continuent cependant à avoir cours légal jusqu'à ce que les billets et pièces en euro soient introduits, le . À partir de cette date, les monnaies nationales ont cessé définitivement d'exister et sont remplacées par l'euro à l'intérieur même de chaque pays membre de la zone euro. La période de transition au cours de laquelle les anciens billets et les anciennes pièces sont échangés contre billets et pièces en euro dure environ deux mois, jusqu'au . La date officielle à laquelle les monnaies nationales cessent d'avoir cours légal varie d'un État membre à l'autre ; la période la plus courte est en Allemagne, où le Deutsche Mark cesse officiellement d'avoir cours légal le , bien que la période de transition y dure également deux mois. Même après que les monnaies nationales cessent d'avoir cours légal, elles continuent à être acceptées par les banques centrales nationales, pour des périodes plus ou moins longues, allant de plusieurs années à tout jamais (cf. section Conversion dans les anciennes devises). Les premières pièces cessant d'avoir cours légal sont les pièces portugaises en escudo, qui cessent d'avoir cours légal le , bien que les billets restent échangeables jusqu'en 2022. En 2002, l'euro est lauréat du Prix International Charlemagne. Élargissement de la zone euro. L'adhésion à l'euro est obligatoire pour les nouveaux membres de l'Union européenne, mais chaque pays en fixe la date et doit respecter les conditions économiques nécessaires. La zone euro s'étend progressivement : États membres de l'Union européenne non adhérents. Des trois membres de l'Union européenne (à quinze) non participants, seuls le Royaume-Uni et le Danemark obtiennent une clause dite d’", leur permettant de rester en dehors de la monnaie commune, même s'ils venaient à remplir les conditions d'adhésion, clause confirmée par le traité de Rome de 2004. Cette clause ne leur interdit toutefois pas d'adhérer ultérieurement. Aussi le Royaume-Uni, contrairement au Danemark, ne fait pas partie du mécanisme de change (), bien que remplissant les conditions du traité de Maastricht car il ne souhaite pas lier le taux de change de la livre sterling à l'euro ; depuis que la livre sterling a quitté le défunt SME (fondé sur l'ancienne unité de compte européenne, ou ECU), son cours par rapport à l'euro connaît des variations plus importantes que les autres monnaies des pays membres non adhérents, notamment durant les deux premières années de l'introduction de l'euro, qui s'est temporairement fortement déprécié par rapport au dollar américain, à la livre sterling et au franc suisse. Cette instabilité initiale est, semble-t-il, résolue et, depuis, la livre sterling suit de façon assez proche les évolutions du cours de l'euro (le franc suisse s'est aussi stabilisé par rapport à l'euro et il remplirait les conditions d'entrée dans le si la Suisse et le Liechtenstein décidaient de rejoindre l'Union européenne). En revanche, la Suède s'est engagée à rejoindre à terme la monnaie commune et ce, dès qu'elle remplira les conditions du traité de Maastricht. Cependant, en raison d'une opinion publique qui reste favorable au maintien de la couronne suédoise, comme le montre le dernier référendum organisé sur ce sujet, le , la Suède ne remplit pas techniquement les conditions d'entrée dans le afin de ne pas être contrainte d'adopter automatiquement la monnaie commune. Les États membres qui ont rejoint l'Union européenne après la mise en place de l'euro sont tenus d'intégrer, à terme, la zone euro. Ceci suppose qu'ils intègrent d'abord le puis qu'ils remplissent les autres conditions d'adoption de l'euro. Ainsi, selon Valdis Dombrovskis, commissaire européen chargé de l'euro, pour la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Bulgarie et la Roumanie, un nouvel élargissement n'est pas à prévoir « dans les prochaines années » [à partir de 2016]. En , le ministre des Finances bulgare, Simeon Djankov, annonce que son pays renonce à abandonner sa monnaie nationale pour l'euro, du fait de l'incertitude entourant la pérennité de la monnaie commune. Notons cependant que la Bulgarie est juridiquement obligée d'adopter l'euro à terme, ayant ratifié son traité d'adhésion à l'Union européenne sans bénéficier d’". Pays utilisateurs de l'euro. Au , 20 pays de l'Union européenne utilisent l'euro comme monnaie nationale. À ceux-ci s'ajoutent quatre états hors Union européenne ayant des accords officiels et utilisant donc l'euro de façon officielle, ainsi que deux autres états l'ayant adopté unilatéralement. Le cas des bases britanniques à Chypre est particulier : le traité d'indépendance de Chypre y prévoyait l'utilisation exclusive de la monnaie locale, ce qui a imposé un basculement vers l'euro ; cette particularité est prévue par le traité d'adhésion de Chypre et par le droit britannique. L'euro est également " utilisé dans plusieurs pays hors d'Europe, comme au Zimbabwe où il circule aux côtés du dollar américain, du rand sud-africain, du pula botswanais et de la livre sterling. Autres devises européennes ou liées. Devises européennes liées. En 2018, au sein de l'Union européenne et des pays candidats à l'entrée dans l'Union, se trouvent les monnaies suivantes qui ont toutes intégré le : Toutefois, les phases préparatoires avant l'introduction de l'euro sont actuellement considérablement raccourcies, tous ces pays négociant déjà l'euro sur les marchés internationaux et disposant même de stocks de pièces et billets pour le marché des changes aux particuliers (notamment dans les zones touristiques). Dans certains de ces pays, de nombreux commerces acceptent les paiements en euro (parfois même aussi en pièces et billets), certains pratiquant même le double affichage sur un taux voisin du cours central défini dans le (qui autorise une variation de 15 % du cours, mais qui, en pratique, varie dans des marges très inférieures, le marché des changes étant déjà très stabilisé, ce qui permet même à certains pays de garantir unilatéralement leur taux de change par l'intervention de leur banque centrale), ou autorisant l'ouverture de comptes en euro pour les entreprises et les administrations, afin de limiter les frais relatifs aux opérations de change. Dans les derniers jours précédant l'évaluation par la Commission européenne d'une devise après deux années de stabilité, il apparaît une instabilité temporaire du cours de cette devise liée à une anticipation du marché sur une prochaine convertibilité totale de cette devise, ce qui limite l'intérêt de conserver des fonds de garantie dans cette devise. Mais la BCE et les BCN veillent à limiter cette instabilité et assistent la BCN, candidate pour limiter cet impact temporaire, en achetant ou vendant massivement les surplus de change sur les marchés financiers. Une stabilisation forte en dernière minute est donc constatée autour du taux central défini dans le , sauf si les engagements financiers pris par la BCE sont trop importants et nécessitent un ajustement pour éviter d'imposer à la BCN candidate des dettes dès son entrée dans l'UME, qui ne lui permettraient plus de remplir les objectifs de stabilité de Maastricht. Aussi, le cours central, défini dans le , ne préfigure pas forcément le taux de conversion définitif qui sera appliqué (mais qui devrait rester tout de même dans la bande de fluctuation de 15 % autour du taux central). Autres devises liées. Un certain nombre de devises, hors Union européenne, sont déjà liées à travers un taux de change, fixe ou variable, à l'euro : Devises européennes non liées. Les monnaies suivantes des pays membres de l'Union européenne, ou candidats à l'adhésion, ne sont pas liées à l'euro, Utilisation par des pays non-membres. Quatre micro-États enclavés dans l'Union européenne, sans en être membres, ont obtenu le droit d'utiliser l'euro : Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Vatican ; ces États sont également autorisés à frapper un certain nombre de pièces de monnaie (officiellement depuis le pour Andorre, effectif à compter du ). Deux autres États, ou entités européennes, non membres de l'Union, utilisent également l'euro " : le Monténégro et le Kosovo, sans dépendre de la BCE, sans pouvoir émettre de pièces ni de billets. L'euro est également utilisé " dans certains territoires d'outre-mer, non intégrés à l'Union, dont les habitants sont citoyens d'un pays de l'Union ; c'est le cas de Saint-Pierre-et-Miquelon et, dans une infime mesure, des TAAF. Enfin, l'euro est accepté comme quasi seconde monnaie dans des régions d'États non-membres frontalières de la zone euro (Genève) ou pour des raisons touristiques (Polynésie). Valeur. Conversion dans les anciennes devises. La valeur de l'euro, exprimée dans les anciennes monnaies de ces pays, est la suivante : Notes : Taux de change officiel des devises liées. Notes : Valeur par rapport au dollar. L'ECU, qui était un panier, contenait des monnaies comme la livre sterling, qui n'ont pas été intégrées dans l'euro. Les deux devises européennes ne coïncident donc que brièvement, pendant les heures de fermeture des marchés entre la fin de 1998 et le début de 1999 et, si l'ECU existait encore, il aurait maintenant une valeur tout autre que celle de l'euro. Afin de reconstituer la valeur qu'aurait eue l'euro par rapport au dollar américain avant sa cristallisation du , il convient d'utiliser les taux de change face au dollar d'une monnaie nationale, et de lui appliquer son taux de conversion en euro. Par exemple, sera divisé par la valeur du dollar en francs français. Le résultat du calcul figure sur le graphique ci-contre pour le franc français (en rouge) et le deutschemark (en bleu) pour toute la période qui va de l'introduction du régime des changes flottants par Richard Nixon à celle de l'euro. Pendant les dix années précédant son introduction, l'euro aurait ainsi eu une valeur moyenne de l'ordre de , calculée avec le franc français, et , calculée avec le deutschemark. En 1999, le cours d'introduction de l'euro était de 1,1789 dollar pour un euro. On peut ensuite distinguer plusieurs périodes : Le marché des changes le plus actif de l'euro est bien évidemment celui comparé au dollar US ; la parité euro/dollar est l'instrument financier le plus traité dans le monde, c'est un indicateur phare, suivi quotidiennement par tous les milieux économiques et financiers. Débats économiques. Les conséquences économiques de l'euro font l'objet de débats au sein des économistes. La plupart des études soulignent l'effet de l'euro sur la convergence des taux d'intérêt et sur la chute de l'inflation, et montrent un effet positif de la monnaie unique sur l'intensification des échanges commerciaux. L'euro a, en effet, un rôle fondamental à jouer dans cette direction : à la fin des années 1990, 60 % des transactions commerciales des pays de la zone euro sont effectuées entre eux. Par conséquent, la nouvelle monnaie unique permet d'éviter les contraintes de change entre les devises nationales. Des débats médiatiques ont été centrés sur l'inflation qui aurait été causée par le passage à l'euro. La Banque de France a toutefois montré que l'introduction de l'euro s'est produite simultanément à une hausse importante des prix de l'immobilier et des produits pétroliers. Par ailleurs, certains secteurs (hôtellerie, tabac par exemple) ont connu de fortes hausses de prix depuis l'introduction de l'euro. Face à la polémique, le ministre des Finances Thierry Breton a proposé, ultérieurement, un indice spécial lié au coût du panier d'achat au supermarché pour répondre aux critiques des associations de consommateurs. L'INSEE introduit un indicateur d'inflation personnalisé. Un débat sur les effets macroéconomiques de l'euro existe. Les économistes soulignent que l'euro a rendu la dévaluation impossible, conduisant les pays à devoir engager une dévaluation interne (baisse des salaires) ou des politiques d'investissements, ou encore des réformes structurelles. Euro et politique monétaire unique pour plusieurs pays. La politique monétaire menée (au moins jusqu'au QE) conduit à un « euro fort », ou qualifiée par ses détracteurs d'« euro cher ». À terme, selon le centre de recherche économique CEE "", le maintien de l'orthodoxie financière, prôné par le gouvernement allemand et la BCE, et la politique de rigueur généralisée qui en découle, nécessiteront une révision du traité de Lisbonne, car ils pourraient avoir pour conséquence de réduire les prérogatives budgétaires et fiscales des États membres, au-delà des dispositions du traité dans sa forme actuelle. Le CEPII soulignait en 2012 que, par construction, l'euro empêche les taux de change de s'ajuster pour compenser les déséquilibres des balances commerciales des pays membres. En l'absence de ce canal, l'ajustement doit se faire par des taux d'inflation différenciés entre pays, ce qui suppose des dévaluations internes (baisse des salaires) pour les pays les moins compétitifs, ou par une montée en gamme des produits. Paul Krugman souligne à ce propos que l'Allemagne bénéficie d'un Euro légèrement sous-évalué par rapport au Deutsch Mark (si celui-ci était toujours en circulation), contrairement aux autres pays d'Europe, en particulier du sud, qui ont une monnaie surévaluée. Cette analyse a été confirmée par une étude du FMI datant de 2017. Ce déséquilibre a sa part de responsabilité dans l'excédent commercial très élevé de l'Allemagne, qui est en partie responsable, selon nombre d’économistes, dont ceux du FMI, de l’anémie de la croissance européenne (cet excédent se fait au détriment des autres pays de la zone, certains économistes parlant à ce sujet de mercantilisme). De plus, l'épargne résultant de cet excédent s'investirait peu dans la zone euro et profiterait peu aux voisins de l'Allemagne. A ce sujet, Patrick Artus souligne que les excédents allemands servent essentiellement à financer le déficit américain. Faute de pouvoir rééquilibrer leur compétitivité par la dévaluation, certains pays ont connu, selon une étude allemande du CEP (Centrum für europäische Politik), une moindre hausse de leur PIB. L'Euro a ainsi freiné leur croissance économique par rapport à la croissance qui aurait été la leur s'ils avaient gardé leur monnaie. Ainsi, chaque Français aurait perdu 56 000 euros sur la période 1999-2017 et les Italiens 73 000. L'Allemagne, les Pays-Bas et la Grèce auraient au contraire bénéficié de l'euro. Cette étude a été critiquée par le Groupe d'études géopolitiques (GEG), un groupe de réflexion de l'ENS Ulm. Selon le GEG, les chiffres de l'étude sont faux car elle est constituée . Le GEG ajoute que . Une étude publiée en décembre 2018 dans la "European Economic Review" et employant la même méthode statistique que le CEP trouve des résultats également sensiblement différents. Le quotidien allemand "Die Welt" a aussi livré une critique acerbe de l'étude du CEP, en France "Le Point" qualifie l'étude de et "Libération" estime que la méthodologie employée est particulièrement . Perception des citoyens. Un sondage est effectué à la demande du , durant l'été 2010. À la question , si une majorité de Néerlandais a répondu « oui », 53 % des Allemands et des Espagnols ont répondu « non », ainsi que 60 % des Français. Pourtant, à cette même date, un autre sondage indiquait que seuls 38 % des Français étaient en faveur d'un retour au franc. En 2015, dans un sondage d'Eurobaromètre, 61 % des citoyens des pays de la zone euro ont répondu, à la question , que l'euro était une bonne chose pour leur pays, alors que 30 % ont dit que c'était une mauvaise chose ; le niveau de soutien le plus élevé enregistré par Eurobaromètre depuis qu'il a commencé à poser cette question en 2002, et une importante augmentation depuis le plus bas niveau de soutien (moins de 50 %) enregistré par ce sondage, en 2007. Les pays les moins favorables à l'euro étaient l'Italie et Chypre, les deux pays où moins de la majorité absolue s'est prononcée favorable à l'euro (en Italie, 49 % en faveur et 41 % contre ; à Chypre 50 % et 40 % respectivement) et la Lettonie (54 % en faveur, 29 % contre), tandis que les pays les plus favorables étaient le Luxembourg (79 % en faveur, 14 % contre), l'Irlande (75 % et 18 %) et l'Allemagne (70 % et 22 %). En 2017, un sondage de l'Ifop indique que 72 % des Français sont en faveur d'un maintien dans la zone euro. Seuls 28 % se sont déclarés en faveur d'une sortie, dont une majorité est électrice du Front national. Zone monétaire optimale. Nombre d'économistes pointent le fait que les pays de la zone euro ne constituaient pas, en 2002, une zone monétaire optimale, et qu'un défaut de convergence des politiques économiques, et l'absence d'outils de gestion commune (trésor, budget fédéral) ne les rapprochent pas de cette configuration. Les économistes Milton Friedman et Martin Feldstein ont également exprimé leur doute à ce sujet. L'absence de trésor et de budget fédéral entraîne l'absence de transferts (en particulier fiscaux) entre pays en excédent et pays en déficit, ce qui pose un problème qui peut menacer à terme la viabilité de la zone Euro. Conscients du problème, certains responsables européens, dont Emmanuel Macron, plaident pour une Europe budgétaire, tentant d'infléchir la position de l'Allemagne sur ce sujet. Ce problème est également souligné à la tête de la BCE par Christine Lagarde qui déplore le manque de solidarité dans la zone Euro sur le plan budgétaire. Monnaie de réserve. L'euro est la deuxième monnaie de réserve dans le monde, loin derrière le dollar américain ; cependant, petit à petit, l'euro commence à augmenter comme monnaie de réserve dans le monde, passant de 17,9 %, en 1999, à 27,3 %, en 2009. Ceci corrobore les propos d'Alan Greenspan, ancien président de la banque centrale des États-Unis, selon lesquels . Tourisme. Une étude menée en 2009 montre que l'introduction de l'euro a eu un effet positif sur le tourisme en Europe, entraînant une augmentation de 6,5 % du nombre de touristes au sein de la zone euro. Divers aspects techniques. Documents électroniques et bases de données. L'euro est actuellement présent dans les documents électroniques et les bases de données de nombreux pays, non seulement de l'Union économique et monétaire, mais aussi de nombreux pays du monde. Il faut signaler que cette devise, comme toutes les autres, ne fait pas encore partie d'une norme internationale de métadonnées (voir ""), en raison de la variabilité des monnaies et des prix soumis aux lois d'évolution des marchés ; cependant, la norme est abondamment utilisée dans les bases de données et les échanges informatiques, et attribue le code EUR à l'euro, norme à caractère quasi obligatoire pour les transferts interbancaires de devises et la tenue des comptes à la place des symboles monétaires souvent ambigus (même si l'euro a un symbole bien défini, la présence de devises dérivées non régulées par la BCE est source de nouvelles ambiguïtés). Orthographe et grammaire. Du fait d'alphabets différents les noms et divisions nationales de l'euro ne s'orthographient et ne se prononcent pas de la même façon dans tous les pays de la zone. Du fait de la diversité des règles grammaticales au sein de la zone euro, le mot sur les pièces et billets est invariable et ne prend donc pas de . Toutefois, dans la langue française, selon la règle, le pluriel se forme par l'ajout d'un « s » en fin de mot. L'Académie française s'est prononcée en ce sens dans une note publiée au "Journal officiel" du . En revanche, en France, le terme , prêtant à confusion, n'est généralement pas utilisé ; on parle de « centime » ou, dans une forme plus rare et déconseillée, d'« eurocent » lorsque l'on voulait éviter la confusion avec les centimes de franc pendant la phase transitoire. Pour des raisons similaires, il est dit ' en espagnol, ' en italien, ' (pluriel ') en grec, alors que ce problème ne se pose pas en anglais, par exemple, langue dans laquelle il est adopté tel quel. La liaison avec le mot antéposé et l'élision du « e » (des articles « de » et « le » ainsi que de la préposition « de ») suivent les règles habituelles du français : on prononce donc "un(n)euro", "dix(z)euros", "vingt(t)euros", "quatre-vingts(z)euros", "cent(t)euros", de même qu'on dit « l'euro » et « d'euro(s) ». Fabrication. En France, deux imprimeries fabriquent des billets de 5, 10 et : l'imprimerie de la Banque de France, à Chamalières (Puy-de-Dôme) et l'imprimerie de François-Charles Oberthur Fiduciaire, à Chantepie (Ille-et-Vilaine). Ces billets sont destinés à remplacer ceux qui sont trop usés, en France et dans toute l'Europe. Les autres coupures sont fabriquées dans d'autres pays européens puis envoyées en France selon une sorte de contrat d'échange établi par la BCE. En revanche, les pièces françaises en euro sont toutes frappées à Pessac (Gironde), par la direction des Monnaies et médailles. Euro numérique. L'euro existe déjà sous forme dématérialisée (réserves détenues par les banques auprès de l’Eurosystème, dépôts bancaires). L’« euro numérique » désigne donc l’instrument de paiement émis par la BCE, qu'elle pourrait choisir de mettre dans le futur à la disposition des résidents de la zone européenne. La Banque centrale européenne annonce en réfléchir à la mise en place d'un « euro numérique ». Cet e-euro aurait vocation, selon la Banque de France, à coexister avec la monnaie fiduciaire et de la monnaie scripturale. De son côté, la Banque de France lance en des expérimentations d'un euro numérique à usage interbancaire utilisant la technologie du registre distribué (, DLT) via la technologie "blockchain". Selon François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, la création d’une monnaie numérique de banque centrale est un « puissant levier d'affirmation de notre souveraineté face aux initiatives privées du type Diem, anciennement Libra ». Sources. Bibliographie. La bibliographie sur l’Union européenne signalée ci-contre contient une importante section de documents et ouvrages autour de l’euro. |
Empereur Empereur est un titre monarchique, parfois héréditaire, porté par le souverain d'un empire. Origine. Du latin ' qui signifie « commander en maître, ordonner », du préfixe ' et du verbe "", préparer, apprêter. Il a donné le mot "imperium", « commandement » d’où découle « impérieux ». « Empereur » est une déformation du titre d’"imperator" que portaient les généraux romains victorieux acclamés par leurs troupes. À l'origine de la République romaine, l’"" était celui qui commandait la mobilisation des citoyens. Par glissement de sens, il désignera les actes qui en découlent puis, vers la fin de la République, il désigna celui qui commandait l’armée. Pour Scipion l'Africain, c’était un titre que l’armée accordait au vainqueur avec l’ovation, dans le cadre du culte à Jupiter. Le titre d’"imperator" n'est pas une magistrature et n’a alors aucune valeur institutionnelle pour le Sénat romain. Son sens actuel va apparaître avec Octavien lorsque celui-ci prit ' pour prénom, afin de conserver le souvenir perpétuel de ses victoires et de sa gloire. Après l’assassinat de Jules César, qui avait fait de lui son héritier, Octavien recevra l’"imperium" du Sénat le puis le , alors que César était élevé au rang des dieux, Octavien reçut le nom de '. C’est ce titre d’"Auguste" qui correspond à ce que l’on entend actuellement par "empereur", c’est-à-dire dirigeant de l’Empire. Plus largement, l’empereur à Rome est celui qui porte les titres suivant : ', ', "" et dans un premier temps "Princeps". L’équivalent en grec de ces termes, à savoir autocrate, sébastocrate et basileus a, par la suite, été utilisé dans l’Empire byzantin. Plus largement, la plupart des titres impériaux occidentaux renvoient aux termes latins, "Kaiser" et "Imperator" (Император, également "tsar") étant ainsi des déformations du titre de César. Le féminin d'empereur est "impératrice" et l'adjectif correspondant est "impérial" ("impériale" au féminin). Distinction entre l'empereur et le roi. La taille du territoire gouverné et la diversité religieuse et ethnique des peuples gouvernés peuvent être pris en considération. Ainsi, un roi peut porter deux titres telle la reine Victoria, reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande (1837-1901) et impératrice des Indes (1876-1901), sa fille la princesse Victoria qui fut également brièvement en 1888 à la fois reine de Prusse et impératrice allemande, ou encore l'empereur d'Autriche, également roi de Hongrie. Parfois, l'empereur est assimilé à une divinité, tel le au Japon. En Europe, le titre impérial fut porté par les monarques qui se réclamaient de l'héritage impérial romano-byzantin. Ainsi, Charlemagne fut empereur d'Occident et Charles Quint le tout-puissant souverain du Saint-Empire romain germanique. En fait, jusqu'au milieu du , l'empereur affirmait sa prééminence théorique sur les rois (de France, d'Angleterre) dans toute l'étendue de la "romanitas". Il en resta ensuite quelque chose, ainsi Philippe le Bel — et ses successeurs — s'affirmait ; en effet refusant la souveraineté de l'empereur, théoriquement situé au-dessus des rois, le roi de France prétendait avoir à l'intérieur de ses frontières les mêmes droits que l'empereur sur les autres rois, remettant ainsi en cause toute subordination à l'hégémonie impériale (en effet les rois de Bohême par exemple étaient bien plus influencés par l'empereur que le roi de France, qui prétendait traiter d'égal à égal avec ce dernier). Les rois comme les empereurs sont des monarques. Il n'y a "a priori" pas de règle établie pour les distinguer. Tout juste notera-t-on que le rang d'empereur peut être supérieur à celui de roi, notamment s'il a autorité sur d'autres rois, alors que l'inverse semblerait étrange. Ainsi au sein de l'Empire allemand, entre 1870 et 1918 où l'empereur régnait sur des États organisés sous forme de royaumes tel le royaume de Bavière. De même en France sous l'Empire, Napoléon régnait au-dessus des rois qu'il avait placés dans les États satellites de l'empire (royaumes d'Italie, d'Espagne). Liste de pays qui ont été dirigés par un empereur. Actuellement, seul le Japon est sous le règne d'un tel souverain, l’empereur du Japon. Toutefois, plusieurs autres pays furent autrefois dirigés par des empereurs pour des périodes plus ou moins longues. |
Empereur du Japon L' est le chef de l'État japonais "de facto". Selon la Constitution promulguée en 1947 lors de l'occupation ayant suivi la Seconde Guerre mondiale, il a un rôle uniquement symbolique (en tant que symbole du Japon et de l'unité du peuple japonais) et détient sa fonction des citoyens japonais. L'empereur actuel, Naruhito, est l'héritier d'une succession que la tradition présente comme ininterrompue et que la légende fait commencer en 660 av. J.C. avec l'empereur Jinmu, qui descend de la déesse du Soleil Amaterasu, elle-même fille des dieux démiurges créateurs du monde terrestre (l'archipel japonais) : Izanagi et Izanami. Pour les partisans du culte impérial, dont l'influence fut prédominante lors de l'expansion de l'ère Shōwa, l'empereur avait un statut divin, symbolisé par les insignes impériaux. Ce statut a fait l'objet d'une remise en question lors de l'occupation du pays par les forces américaines, ces dernières obligeant en conséquence Hirohito à renoncer officiellement, en , à sa nature de « divinité incarnée » ("") sans toutefois renoncer à son ascendance divine. La liste officielle actuelle comprend 126 souverains (dont Naruhito), parmi lesquels on trouve huit impératrices (dont deux ont régné sous deux noms différents). Le pouvoir impérial a souvent été usurpé de fait par des chefs de familles puissantes, dont les mieux connus sont les shoguns. Pour échapper aux pressions et conserver leur pouvoir, certains empereurs « retirés » ont fait le choix de laisser le trône à des membres de leur famille, tout en exerçant leur contrôle depuis les coulisses. Après avoir résidé plusieurs siècles au Kyōto-gosho à Kyoto, les empereurs se sont installés au milieu du dans l'ancien château d'Edo (Tokyo), devenu Palais impérial : ou . L', située sur le domaine du Kōkyo, gère presque tout ce qui concerne l'empereur et sa famille : service du palais et menus, santé, sécurité, déplacements et emploi du temps officiel. Titulature. Jusqu'au milieu du , le titre du souverain japonais était ou . Les textes chinois le nommaient alors « Roi des Wa » ( : "waō", "wakokuō", "daiwaō"). Il a existé en japonais plusieurs appellations respectueuses pour l'empereur, employées à diverses époques et dans différentes circonstances (par les ministres, par l'empereur lui-même, lors des cérémonies religieuses, etc.), mais beaucoup n'existaient que sous forme écrite et se lisaient toutes "Sumemima no mikoto" ou "Sumera mikoto", « sublime souverain qui règne au-dessus des nuages ». , littéralement « sublime porte », désignant à l'origine le palais impérial, fut adopté par métonymie pour désigner la fonction impériale (comme "l'Élysée" désigne la fonction présidentielle en France) aux époques Heian et Edo. L'appellation la plus usitée de nos jours est "Tennō" (天皇), « empereur céleste ». Elle apparaît au Japon au sous le règne de l'empereur Tenji (r. 661 – 672) ou Temmu (r. 672 – 686). On pense généralement que les souverains japonais se sont inspirés de leur homologue chinois Tang Gaozong (r. 628 – 683), qui s'était paré de cette appellation à l'origine réservée à des dieux du taoïsme, religion officielle de la famille impériale chinoise. Certains, cependant, pensent que le terme est d'origine japonaise et reflète l'origine divine des empereurs. Il est par la suite utilisé en alternance avec , titre habituel des empereurs de Chine depuis Qin Shihuangdi (prononcé "Shikōtei", en japonais, soit le Premier Empereur de Chine), préféré dans les documents diplomatiques. Désigné comme appellation officielle par la constitution Meiji, "Tennō" ne remplace entièrement "Kōtei" dans les documents officiels qu'à partir de 1936. L'empereur régnant est généralement appelé ou . Les empereurs défunts sont nommés du nom de leur ère : pour Hirohito ; après son décès, Akihito sera connu comme l'« empereur Heisei » ou . Le terme , littéralement « empereur-roi », est utilisé pour les empereurs étrangers. Aperçu historique et rôle impérial. Historique des termes désignant le souverain du Japon. Les dynastes Wa de l'époque des kofun, les premiers chefs de l'État du Yamato, des , portaient le titre de "daiō", lu aussi "ōkimi", « grands princes, rois ». C'est après que les princes du Yamato eurent montré leur supériorité, puis sous l'influence de la Chine et de l'élaboration du régime des codes, à époque de Nara, que le titre de "daiō" fut abandonné pour celui de "tennō". Le terme "tennō", pour cette époque, correspondrait à « souverain » (comme dans "tennō tentei", « souverain céleste ») , plutôt que « empereur », dont les connotations occidentales dues à l'ère Meiji seraient, ici, déplacées. L'apparition du terme "tennō" est débattue, mais, si certains la situent au début du , celle qui est la plus accréditée est en rapport avec « le renforcement de la monarchie, consécutif à la victoire de Temmu tennō lors des troubles de l'année "Jinshin", donc après 672 ». Ce terme ne fait l'objet d'une définition juridique qu'avec la restauration de "Meiji". Lignée impériale. Il n'y a pas de documents précis antérieurs aux deux livres historiques, ' et ', achevés en 712 et en 720 qui exposent la fondation mythologique du Japon et l'origine du premier empereur, Jinmu (660 ). Selon ces sources, Jinmu descend de la déesse japonaise Amaterasu (divinité du Soleil), les deux étant séparés par cinq générations. Les expressions « demi-dieu » et « dieu vivant » pour désigner l'empereur japonais y trouvent leur origine. Depuis le premier empereur Jinmu (660 ) la même famille impériale règne sur le Japon (« lignée impériale » japonaise ou "kōtō"). La succession au trône impérial est régie par le principe agnatique : quel que soit l'empereur considéré, la règle la plus importante est que si l'on remonte sa généalogie par la ligne paternelle (son père, puis le père de son père, etc.) on arrive nécessairement au premier empereur Jinmu. Pour cette raison, tous les empereurs japonais sont en ligne « directe » avec l'empereur primordial selon un principe unique et inviolé, d'après la mythologie, depuis plus de vingt-six siècles. Il est impossible de prouver historiquement la véracité de ce récit sur l'ensemble de la période, l'époque pré-Jinmu et les premiers empereurs relevant du domaine de la légende, mais la force de ce principe n'en est pas diminuée, car celui-ci ne souffre aucune exception démontrée pour la période historique connue (plus de quinze siècles). La « lignée impériale » ne se réduit donc pas à la série des empereurs ayant régné, faisant de la monarchie japonaise un objet tout à fait unique, non seulement dans le contexte culturel japonais, mais plus généralement en comparaison notamment avec les monarchies européennes, et ce pour au moins trois raisons principales. Primo, le lien mythologique avec la création du Japon, comme territoire (création par le père d'Amaterasu, le dieu Izanagi et sa compagne Izanami) puis comme empire (Jinmu, descendant d'Amaterasu). Secundo, l'unicité du principe primordial de succession à travers toutes les époques. Tertio, la remarquable longueur de la lignée (ininterrompue à ce jour). Ce système contribue en particulier à la stabilité de la société, aucune révolution ne changeant ou abolissant la monarchie n'ayant de fait éclaté au Japon. Par contraste, en Europe, le roi était traditionnellement celui qui dominait un pays, c'est-à-dire le vainqueur de la guerre ; la monarchie et la famille régnante ont subi des changements relativement fréquents. Comme la lignée impériale nipponne est unique, les empereurs n'ont pas de nom de famille. Dans un monde en perpétuelle évolution, la « lignée impériale » préservée jusqu'à nos jours est donc d'une grande valeur symbolique pour le Japon. La volonté farouche de nombre de Japonais de préserver intacte cette valeur — c'est-à-dire au minimum ne pas changer la règle primordiale de succession — n'a a priori aucun lien avec une question de misogynie. Le plus grand obstacle est en effet la question de la succession de cette impératrice potentielle, car si le principe agnatique est ignoré ne serait-ce qu'une fois, la « lignée impériale » telle qu'elle a toujours été définie s'en trouverait interrompue à jamais. Bien qu'il y ait eu quelques impératrices, au sens de Tennō et non au sens d'épouse de Tennō, cela ne crée pas d'exceptions au principe premier de succession vu ci-dessus, car une exception aurait été créée si et seulement si les fils ou filles de ces impératrices nés de pères extérieurs à la lignée impériale étaient devenus empereurs, ce qui ne fut jamais le cas. Le rôle impérial suit donc deux axes majeurs : dimension ethnique (incluant l'aspect shintoïste) et dimension constitutionnelle. Tout d'abord, l'empereur symbolise tout autant la nation japonaise (le peuple et sa culture) en incarnant la « lignée impériale » qui fait le lien, grâce à sa constance, entre toutes les époques traversées par cette nation (cf. section détaillée). Il est lui-même le prêtre suprême du shinto (religion qui se fonde notamment sur la mythologie japonaise) et il personnifie ainsi des aspects divins (cf. section détaillée). Il symbolise d'autre part l'État du Japon, au sens de représentant de plus haut niveau, comme le Président de la république italienne ; il s'agit d'un rôle dont les modalités sont définies constitutionnellement (cf. section détaillée). L'empereur comme symbole étatique. Certaines dates et des détails de l'histoire des empereurs font l'objet de controverses parmi les historiens japonais. Les quinze premiers souverains (dont une impératrice régente) sont considérés comme légendaires, et d'autres sont morts à un si jeune âge qu'ils peuvent difficilement avoir réellement gouverné. Néanmoins, les dates de règne de la liste complète restent la référence standard pour la détermination des ères de l'histoire japonaise (en japonais -yo). L'empereur Ōjin () serait le premier à avoir eu une existence réelle, mais la famille impériale actuelle remonterait à l'empereur Keitai (), probablement fondateur d'une nouvelle dynastie plutôt qu'héritier de ses prédécesseurs. L'autorisation d'explorer partiellement les tumulus impériaux funéraires a été accordée en 2007 par l'Agence de la Famille impériale. Outre le respect dû aux ancêtres impériaux, raison avancée jusqu'ici pour refuser les recherches archéologiques, beaucoup soupçonnent la crainte de découvrir que certains occupants ne sont pas des empereurs, ou que des éléments pointent en direction d'une origine coréenne de la lignée, hypothèse d'ailleurs proposée depuis longtemps et envisagée ouvertement par l'empereur Akihito lors d'une déclaration. Les premiers empereurs historiques, souverains du Yamato, exerçaient leur pouvoir sur un domaine limité (nord de Kyūshū et sud-ouest de Honshū), qui s'est étendu progressivement vers le sud-ouest et le nord-est. Les territoires de Kyūshū et Honshū ne furent totalement dominés qu'au . L'empereur du Japon subissait généralement la pression des familles alliées, dont les plus importantes furent Soga (530-645), Fujiwara (850-1070), Taira, Minamoto (1192-1331), Ashikaga (1336-1565) et Tokugawa (1603-1867). Certains souverains se retirèrent dans un monastère pour y échapper, continuant d'exercer une forte influence et maintenant leur successeur officiel dans leur dépendance. Ce stratagème n'évitait pas toujours les conflits, comme le montre la rébellion de Hōgen (1156). Néanmoins, la fonction impériale ne fut jamais officiellement usurpée ni remise en cause ; les shoguns étaient ainsi officiellement investis par l'empereur. Il semble que cette fonction ait dès l'origine été surtout religieuse et symbolique, nonobstant l'existence d'empereurs forts. Dans leurs descriptions de l'empire du Soleil levant, Portugais et Espagnols comparaient les positions respectives de l'empereur et du shogun à celles du pape et de l'empereur du Saint-Empire. L'empereur, tête de la religion shintoïste. Jusqu'à l'ère Meiji (1868), le bouddhisme était la foi des empereurs, malgré leurs liens avec le shinto. Du Moyen Âge à l'époque moderne (1185-1868), on observe un syncrétisme shinto-bouddhiste ("shinbutsu shūgō"), les deux religions devenant indissociables l'une de l'autre. Au début de l'ère Meiji, le bouddhisme et le shinto sont séparés ("shinbutsu bunri"). L'autel bouddhiste de la famille impériale ("okurodo"), situé au sein du palais (alors à Kyoto), est notamment transféré au Sennyū-ji, le temple mortuaire de la maison impériale. Le gouvernement souhaite ainsi rétablir le pouvoir de l'empereur, et promouvoir l'établissement d'une nation axée autour du shintoïsme, le différenciant des autres religions. Depuis l'époque Meiji, le premier rôle principal de l'empereur du Japon est d'être le prêtre suprême du shintoïsme. Il organise plus de vingt cérémonies religieuses par an dans les temples qui se trouvent au palais impérial. Ces sont "Kashikodokoro" (temple pour Amaterasu, déesse de la famille impériale), "Kōreiden" (temple des empereurs antécédents et des membres défunts de la famille impériale) et "Shinden" (temple pour tous les dieux du Japon). Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale et la promulgation de la nouvelle Constitution du Japon, ces cérémonies ont cependant perdu leur caractère officiel, et sont considérées comme des actions privées de la famille impériale. Les cérémonies annuelles célébrées par l'empereur du Japon sont : Les cérémonies essentielles comme "Shihōhai" remontent au , époque de Heian. Or, l'empereur du Japon est très religieux et traditionnel comme tête du shintoïsme. Sa vie se base sur le shintoïsme. L'empereur comme chef d'État. Avec la refonte des institutions en 1868 sous l'ère Meiji, le shinto devint une religion d'État pour l'empire du Japon : le . L'empereur du Japon, descendant de la déesse Amaterasu et désormais chef de l'État et commandant suprême de la Marine et de l'Armée, fut l'objet d'un véritable culte. En 1889, fut établi un sanctuaire dédié à l'empereur Jinmu, le fondateur mythique de la dynastie. Ce sanctuaire porte le nom de . La restauration de Meiji (1868) mit théoriquement fin au système féodal en plaçant la terre et la population directement sous juridiction impériale, tout en instaurant un régime représentatif. Néanmoins, le Conseil extra-gouvernemental des "genro" « pères du pays », composé de membres de factions ayant soutenu la Restauration, exerça une importante influence dès le règne de l'empereur Meiji, et la mauvaise santé de son successeur l'empereur Taishō permit aux chefs de l'Armée et de la marine impériale japonaise d'entreprendre une prise en main du pouvoir. Le rôle de l'empereur devint toutefois prédominant sous l'ère Showa, et notamment lors de la constitution du quartier général impérial en 1937. Déjà chef de l'État et « commandant suprême de l'Armée et de la Marine » en vertu de la constitution, Hirohito devint le commandant d'une structure militaire indépendante du gouvernement et du conseil des ministres et composée essentiellement des représentants de l'Armée et de la Marine. Le "Kokka shinto" prit une importance primordiale lors de l'expansionnisme du Japon durant l'ère Showa. En tant que Commandant officiel du quartier général impérial à compter de 1937, l'empereur Shōwa était considéré comme la pierre d'assise du , la « réunion des huit coins du monde sous un seul toit ». Il fut ainsi instrumentalisé pour justifier l'expansionnisme et la militarisation auprès de la population japonaise. La manifestation tangible qui faisait de l'empereur le représentant des dieux était les insignes impériaux. Parmi les partisans les plus notables de cette doctrine, on compte le prince Kotohito Kan'in, chef d'état-major de l'armée impériale japonaise et le Premier ministre Kuniaki Koiso. En 1945, le commandant suprême des forces alliées imposa une révision de la constitution, abolissant par le fait même les pouvoirs de l'empereur et le Kokka shinto. Rôle actuel. Par la constitution de 1889, l'empereur avait déjà transféré une grande partie de ses anciens pouvoirs de monarque absolu aux représentants du peuple. Son rôle actuel est défini dans le chapitre I de la Constitution de 1946 : l'article premier le définit comme le symbole de l'État et de l'unité du peuple japonais ; l'article 3 dispose que pour toutes ses actions concernant les affaires d'État, l'autorisation du cabinet est nécessaire ; l'article 4 précise qu'il n'est pas compétent en matière de gouvernement ; l'article 6 lui donne le pouvoir d'accréditer le Premier ministre et le chef de la cour suprême (nommés respectivement par la diète et le cabinet) ; l'article 7 lui donne le pouvoir d'agir en chef de l'État avec l'approbation du cabinet. Contrairement à la plupart des monarchies constitutionnelles, l'empereur du Japon n'a donc aucun pouvoir réservé mais se retrouve dans une situation proche de celle du roi de Suède. Il remplit la plupart des rôles d'un chef d'État et les puissances étrangères (les accréditations diplomatiques lui sont présentées par les ambassadeurs étrangers par exemple) le reconnaissent comme tel. Il existe au Japon une controverse récurrente concernant la façon dont l'empereur doit être envisagé : chef de l'État, ou personne agissant comme chef de l'État. Des tentatives des forces conservatrices dans les années 1950 pour amender la constitution afin de désigner clairement l'empereur comme chef de l'État furent rejetées. La restauration du statut de chef d'État de droit divin figure parmi les objectifs clairement affirmés par Nippon Kaigi, le principal lobby révisionniste japonais. Alliances. Les souverains précédant l'empereur Taishō (1912-1926) avaient plusieurs épouses et concubines d'origine noble, dont en principe une (ou plus rarement deux) impératrice en titre. Le choix de ces femmes ainsi que leur rang étaient déterminés selon leur famille de naissance. Il semble qu'à l'origine les impératrices provenaient du clan impérial lui-même. Par la suite, elles furent le plus souvent choisies dans le clan allié le plus puissant, qui fut tout d'abord les Soga aux . Le relais fut pris au début du (empereur Shomu) par les Fujiwara. L'habitude de choisir l'impératrice dans le clan impérial ou le principal clan allié faisait qu'une relation consanguine existait entre les conjoints impériaux, très rapprochée parfois, surtout dans les premiers siècles (demi-frère et sœur ou oncle et nièce). Le beau-père de l'empereur, qui était souvent son oncle maternel, exerçait un pouvoir important. Les Fujiwara, en particulier, s'attribuèrent de façon héréditaire les positions de régents (sesshō et kanpaku) et dominèrent la politique durant la période Heian (794-1185). Fujiwara no Michinaga (966-1027), pour assurer son pouvoir, fit créer une deuxième position d'impératrice : pour sa fille Shosi, égale à la position de détenue par Teishi, fille de son frère aîné Fujiwara no Michitaka. Même après l'ascension des shoguns Minamoto, Taira et Ashikaga, les cinq branches principales du clan Fujiwara (Ichijo, Kujo, Nijo, Konoe et Takatsukasa) continuèrent de fournir l'essentiel des impératrices. Ce fait fut entériné officiellement lors de la restauration de Meiji (1889) ; les filles des cinq grandes branches Fujiwara et du clan impérial furent désignées comme les seules aptes à accéder au statut d'impératrice. La dernière impératrice Fujiwara fut Teimei, épouse de Taisho. L'impératrice Kojun, femme de Hirohito, venait du clan impérial ; son fils Akihito fut le premier à épouser une femme qui ne venait pas de la noblesse (impératrice Michiko). Les impératrices régnantes ou régentes étaient en général mises en place par la principale famille alliée pour protéger ses intérêts en l'absence d'un héritier mâle lié au clan, ou en cas de conflit insoluble entre deux prétendants. Durant leur règne, elles restèrent célibataires, à moins qu'elles ne soient arrivées ou revenues au pouvoir déjà veuves. La question du choix d'un empereur consort ne s'est donc jamais posée. Succession. Autrefois. Selon l'historiographie traditionnelle, le titre d'empereur du Japon est toujours resté dans le même clan patrilinéaire (lignée Yamato) depuis les débuts légendaires de la dynastie au Même si ce n'est pas la réalité, il est en tout cas vraisemblable que depuis le premier empereur historique (fin du ), les souverains successifs ont maintenu entre eux d'authentiques liens de consanguinité, d'autant plus que les épouses et concubines impériales étaient généralement issues d'un nombre limité de familles ; même Keitai (450-531), qui semble être venu d'un clan différent de celui de ses prédécesseurs, leur était apparenté par les femmes. Le Trône du chrysanthème se transmettait selon le principe patrilinéaire, mais avec une certaine souplesse. Contrairement à la monarchie française, aucun ordre rigoureux de succession ne semble avoir été imposé, la transmission pouvant se faire de frère à frère aussi bien que de père à fils, avec dans ce dernier cas priorité aux fils de l'impératrice en titre, mais également possibilité d'adopter le fils d'un autre membre masculin de la famille. À l'époque de l'empereur Go-Saga (1220-1272), une alternance de la fonction impériale fut instaurée entre deux branches collatérales issues de deux princes impériaux. Le système finit mal, donnant lieu à l'apparition de deux empereurs rivaux, un du nord et un du sud. À partir du , la transmission du trône au fils aîné est devenu le mode le plus habituel, sans pour autant être une obligation officielle. Il était également possible à une princesse impériale de monter sur le trône, mais pas de le transmettre, c'est pourquoi les impératrices régnantes furent en général nommées en attente d'un candidat masculin valable et restèrent célibataires, à moins qu'elles ne soient déjà veuves. De nombreux empereurs abdiquèrent après quelque dix années de règne, soit pour diriger dans les coulisses, soit pour jouir d'une retraite confortable. La fonction impériale, à l'origine fortement religieuse, avait des aspects rituels très contraignants peu favorables à l'exercice effectif du pouvoir. Depuis Meiji. L'article 2 de la constitution de 1889 interdit formellement que le trône soit occupé par une femme. La loi sur la famille impériale précisa que les fils de l'empereur prenaient le pas sur ses frères et ses neveux dans la succession ; si l'empereur n'avait pas de fils, le trône passait à la branche collatérale la plus proche. L'empereur était autorisé à prendre une ou plusieurs concubines si nécessaire, ce que fera d'ailleurs l'empereur Meiji, l'impératrice étant stérile. En 1947, l'interdiction des femmes sur le trône fut maintenue et la taille de la famille impériale réduite aux descendants de l'empereur Taisho. Seuls les fils biologiques légitimes peuvent hériter du trône, excluant le recours aux adoptions et aux concubines. À partir de la naissance en 2001 de la princesse Aiko, fille de l'actuel empereur Naruhito, un débat s'est élevé au Japon concernant la pertinence de soumettre à la Diète une proposition de révision des lois de succession visant à autoriser l'accession des femmes au Trône du chrysanthème. La réduction drastique du nombre de branches collatérales autorisées à hériter, associée à la stricte monogamie, peut en effet mener à une totale absence d'héritier mâle. Ainsi, le frère cadet de Naruhito, Akishino, avait à l'époque deux filles ; les trois autres héritiers possibles, frère ou cousins de Akihito, déjà quinqua ou sexagénaires, étaient aussi sans descendance mâle. En janvier 2005, le premier ministre Jun'ichirō Koizumi mit en place une commission composée de juges, d'universitaires et de cadres de l'administration pour étudier les changements possibles aux règles de succession et proposer des recommandations à cet égard. Le 25 octobre 2005, l'ouverture du trône aux femmes fut recommandée et en janvier 2006, Koizumi promit d'entreprendre un changement législatif, mais la venue au monde cette même année du prince Hisahito a suspendu ce projet, que le premier ministre Shinzō Abe a déclaré officiellement abandonné en janvier 2007. Nécropole impériale. Tous les empereurs et impératrices, depuis l'empereur Taishō en 1926, ont été inhumés dans un vaste complexe funéraire situé dans la ville d'Hachiōji à l'ouest de Tokyo, et généralement appelé depuis 1990. Le terme de renvoie à l'ancienne Province de Musashi, qui comprenait, entre autres, l'actuel territoire de la préfecture de Tokyo. Cette nécropole était à l'origine, à la suite de sa création en 1927, et jusqu'en 1990, désignée sous le terme de , la ville d'Hachiōji faisant partie de la zone géographique appelée aire de Tama qui consiste en la partie occidentale de la préfecture de Tokyo, non comprise donc dans les 23 arrondissements tokyoïtes. Il comprend : |
Empereur Jimmu |
Espagnol L’espagnol (en espagnol : '), ou le castillan (en espagnol : ') est une langue romane parlée en Espagne et dans de nombreux pays d'Amérique et d'autres territoires dans le monde associés à un moment de leur histoire à l'Empire espagnol. La langue espagnole est issue du latin vulgaire parlé dans la péninsule ibérique. Son développement s'est appuyé sur la reconquête politique du pays par le Royaume des Asturies, en région cantabrique, au nord de la péninsule Ibérique, en suivant l’extension du royaume de Castille et continua en Afrique, aux Amériques et en Asie Pacifique avec l'expansion de l'empire espagnol entre les , circonstances historiques qui en font la langue romane la plus parlée dans le monde actuellement. L’espagnol est maintenant la langue maternelle d'environ de personnes et est utilisé par près de de personnes, ce qui la hisse au quatrième rang mondial pour le nombre de locuteurs, derrière le chinois mandarin, l'anglais et le hindi, et au deuxième rang pour le nombre de locuteurs de naissance. L'espagnol est l'une des principales langues de communication internationale, avec l'anglais et le français. Caractéristiques. L’espagnol est de façon générale resté nettement archaïsant et demeure ainsi relativement proche du latin classique et de l'italien moderne, avec lequel il maintient un certain degré d'intercompréhension. Appartenant à la sous-branche ibéro-romane comme le portugais, l’espagnol permet également une certaine intercompréhension écrite, et dans une moindre mesure orale, avec celui-ci. L’espagnol est morphologiquement proche du français, du fait de leur origine latine commune, mais l'intercompréhension reste toutefois très limitée, bien que facilitée à l'écrit par le caractère archaïsant de l'orthographe française. D'autre part, l’espagnol étant originaire de la région de Cantabrie, dans le nord de l'Espagne, il a reçu une forte influence du substrat formé par l'ancêtre du basque, en particulier au niveau morphologique, ainsi que, dans une moindre mesure, lexical. Morphosyntaxe. L’espagnol partage avec les autres langues romanes la plupart des évolutions phonologiques et grammaticales caractéristiques du latin vulgaire, telles que l'abandon de la quantité vocalique, la perte des déclinaisons et la disparition des verbes déponents. Les principales évolutions qui caractérisent l’espagnol sont : En comparaison aux autres langues romanes, l’espagnol possède une typologie syntaxique particulièrement libre et avec des restrictions bien moindres concernant l'ordre des mots dans les phrases (typiquement : sujet-verbe-complément). Un des traits syntaxiques caractéristiques de l'espagnol est l'ajout d'une préposition « a » devant les compléments d'objet renvoyant à une personne ou un être animé. Il peut être considéré comme une conséquence de la liberté syntaxique précédemment évoquée, le fait de pouvoir intervertir facilement les groupes syntaxiques dans une phrase entraînant possiblement une confusion entre sujet et objet, évitée grâce à l’emploi de la préposition. Ce trait concourt à une confusion que l'on rencontre dans l'usage des pronoms compléments directs et indirects (phénomènes qualifiés de Leísmo, laísmo et loísmo, le premier étant considéré comme correct dans certains cas d'un point de vue académique). L’espagnol fait fréquemment usage d'un pronom complément indirect redondant en cas de présence du groupe nominal référent : "le digo a Carmen" : « je dis à Carmen » (littéralement : « je lui dis à Carmen »), et même "se lo digo a Carmen" (« je le lui dis à Carmen »). Comme en latin et dans la plupart des autres langues romanes, et à la différence du français, l'usage des pronoms sujets est facultatif. Il n'est utilisé que pour lever une confusion dans certains cas de conjugaisons ou pour insister sur le sujet : "yo sabía la lección" (« je savais la leçon ») face à "ella sabía la lección" (« elle savait la leçon ») ou bien "trabajo muy bien" (« je travaille très bien ») opposé à "yo trabajo muy bien (tú no)" « moi, je travaille très bien (pas toi) ». Système verbal. De façon générale, le système de conjugaison de l’espagnol est resté morphologiquement très proche du latin. Les quatre conjugaisons latines sont réduites à trois en espagnol. Les infinitifs latins en -ĀRE, -ĒRE et -ĪRE deviennent respectivement en espagnol "-ar", "-er" et "-ir" ; la troisième conjugaison latine, en -ĔRE, est redistribuée entre les deuxième et troisième conjugaisons de l’espagnol, "-er" et "-ir" (ex. : FACĔRE > "hacer", DICĔRE > "decir"). L’espagnol conserve avec une grande vitalité son passé simple, issu du parfait latin, qui tend à être remplacé par des formes analytiques dans d'autres langues romanes. Comme dans d’autres langues romanes, on observe en espagnol une auxiliarisation du verbe "haber" (« avoir, posséder »). Celui-ci permet de construire les temps composés (suivis du participe-passé des verbes conjugués, qui reste toujours invariable en espagnol) mais aussi les nouveaux paradigmes du futur de l'indicatif (infinitif + "haber") pour remplacer le paradigme latin (CANTABO…) tombé en désuétude. Le conditionnel est construit par analogie, en utilisant l'auxiliaire simplifié à l'imparfait. "haber" a fini par perdre son sens original de « avoir, posséder » au profit de "tener", pour n’être plus qu’un verbe auxiliaire. Il conserve encore sa valeur sémantique d’origine dans certaines expressions lexicalisées, en particulier "haber de" + infinitif pour signifier une obligation et la forme "hay "< "ha allí" (« il y a ») ainsi que ses variantes dans les différents temps et modes ("había", "habrá", "hubo", etc. et même "ha habido" au passé-composé). L’espagnol dispose actuellement de deux paradigmes de conjugaison pour le subjonctif imparfait, issus du plus-que-parfait latin, indicatif pour les formes en "-ra" (AMAVERAM>"amara"), et subjonctif pour les formes en "-se" (AMAVISSEM>"amase"). Bien que tous deux soient également admis sur un plan académique, le premier tend à se substituer au second, surtout dans le langage oral. De plus, il conserve encore dans certains usages, en particulier littéraires, sa valeur originelle d'indicatif plus-que-parfait, et est utilisé comme deuxième variante (libre) du conditionnel présent pour quelques verbes ("querer" > "quisiera "~ "querría" ; "deber" > "debiera "~ "debería" ; "haber" > "hubiera "~ "habría" ; "poder"> "pudiera "~ "podría"). De même, le subjonctif plus-que-parfait peut remplacer le conditionnel passé pour exprimer l'irréel du passé. Les pronoms personnels compléments sont placés en enclise, c’est-à-dire collés immédiatement après le verbe, lorsque le verbe est à l’infinitif ("llamarse", « s’appeler » ; "dejarme", « me laisser », etc.), au gérondif ("mirándome", « en me regardant ») ou l’impératif (comme en français : "mírame", « regarde-moi » ; et comme en français le pronom redevient proclitique si l’impératif est négatif : "no me mires", « ne me regarde pas »). Les pronoms sont susceptibles de se combiner, le pronom indirect se place alors en premier : "déjamelo", « laisse-le-moi ». Dans une combinaison, le pronom indirect de troisième personne devient "se" (habituellement pronom réfléchi) et non "le" : "díselo", « dis-le-lui ». Lorsque la forme verbale portant le pronom est associée à un semi-auxiliaire, on a la possibilité de rattacher le ou les pronoms à celui-ci en position proclitique : "está levantándose "~ "se está levantando" (« il est en train de se lever ») ; "¿Quieres callarte?"~"¿Te quieres callar?" (« Veux-tu te taire ? ») ; "suele decirme la verdad "~ "me suele decir la verdad" (« il me dit habituellement la vérité »). La construction enclitique est perçue comme légèrement plus soutenue. Les cas d’enclises de pronoms étaient beaucoup plus nombreux en ancien espagnol ("direvos", « je vous dirai », "os diré" en espagnol moderne, etc.) ; certains sont préservés dans des locutions figées. On trouve un phénomène analogue en portugais, en catalan, en occitan aranais, ainsi que, partiellement, en italien. Jusqu'au , l'espagnol a maintenu un subjonctif futur en "-re" (à valeur fortement hypothétique), issu d'une fusion des paradigmes du subjonctif parfait et du futur antérieur (remplacé par la forme composée en utilisant "haber" au futur). Cette forme a pratiquement disparu de l’espagnol actuel et ne persiste que dans des expressions lexicalisées, des proverbes et certaines formules juridiques. Lexique. En raison de ses contacts prolongés avec d'autres langues, le lexique de l’espagnol comporte bon nombre de mots issus d'emprunts, notamment aux langues paléo-hispaniques (ibère, hispano-celtique), au basque, à l'arabe et à différentes langues amérindiennes. Fonds paléo-hispanique. Mots d'origine ibère. L'ibère se parlait tout au long de la côte orientale de la péninsule. Le fonds ibère consiste principalement en éléments géographiques et zoologiques, comprenant pour l'essentiel : "ardilla" « écureuil », "arroyo" « ruisseau », "balsa" « étang », "calabaza" « potiron » ("cf". catalan "carabassa"), "cama" « lit », "conejo" « lapin » (du latin "cuniculus"), "cuérrago" « lit de fleuve », "galápago" « tortue de mer » ("cf". cat. "calapèt" « crapaud »), "garma" « éboulis », "gazapo" « lapereau » ("cf". portugais "caçapo", cat. "catxap"), "gusano" ~ "gusarapo" « ver », "manteca" « saindoux », "maraña" « fourré », "marueco" ~ "morueco" « bélier » ("cf". cat. "marrà", "mardà"), "parra" « pied de vigne », "perro" « chien », autrefois « corniaud », "rebeco" « chamois, isard » (du latin "ibex", emprunté à l'ibère), "sima" « gouffre, abîme », "tamo" « menue paille ». Mots d'origine hispano-celtique. L'hispano-celtique regroupe plusieurs variétés, dont le gallaïque (au nord-ouest), le celtibère et le gaulois tardif (au nord-est). Le fonds celtique concerne notamment la botanique, la faune, le labourage et d'une moindre mesure l'artisanat. Au celtique remontent : "álamo" « peuplier blanc », "ambuesta" « poignée », "amelga" « champ défriché », "beleño" « jusquiame », "berro" « cresson » ("cf". français "berle"), "bezo" « babine », "bodollo" « faucille » ("cf". fr. "vouge"), "breca" « pandore (mollusque) » ("cf". poitevin "brèche" « vache bigarrée »), "brezo" « bruyère », "bruja" « sorcière », "cam(b)a" « chambige », "combleza" « maîtresse (d'un homme marié) », "corro" « cercle », "cresa" « asticot », "cueto" « butte, petite colline », "duerna" « pétrin », "galga" « galet », "gancho" « crochet », "garza" « héron », "greña" « enchevêtrement », "mocho" « bouc ou bélier châtré » ("cf". fr. "mouton"), "rodaballo" « turbot », "sábalo" « alose », "sel" « pâturage commun », "serna" « champ labouré », "taladro" « tarière », "terco" « têtu », "varga" « chaumière », "yezgo" « hièble ». Mots d'origine basque. Le basque, adstrat du castillan, l'a aussi influencé, et ce dès sa naissance. Certains mots, comme (1) "izquierda" « la gauche », du basque "ezkerra" ("cf". cat. "esquerre", port. "esquerda"), (2) "madroño" « arbousier » ("cf". arag. "martuel", cat. "maduixa"), correspondant au basque "martotx" « ronce » et "martuts" « mûre », et (3) "zarza" « ronce » ("cf". port. "sarça"), qui provient du basque anc. "çarzi" (auj. "sasi"), ont eu du succès en évinçant le vieil espagnol "siniestro" « gauche » (aujourd'hui « sinistre »), "alborço" « fraisier » et "rubo" « ronce ». Certains d'entre eux ne semblent pas avoir connu de concurrent, comme "vega" « plaine fertile riveraine » (v.esp. "vayca", "vajka"), qui répond au basque "ibai" « fleuve » ; d'autres qui rivalisent toujours, comme "sapo" « crapaud », du basque "zapo", face à son équivalent latin "escuerzo" ; encore d'autres, comme "muérdago" « gui » (du basque "mihura") et "cachorro" « chiot » (du "txakur" « chien») ont fait glisser de sens leurs anciens synonymes ("visco" « glu (à base de gui) », "cadillo" « caucalis »). D'autres encore sont de date récente, comme "zorra" « renard », emprunté au portugais et substantivisé à partir d'un "zorro" « oisif », lui-même tiré du basque "zuur" ~ "zur" ~ "zuhur" « prudent ». Ce mot est toujours concurrencé par le sobriquet "raposa", « la touffue », plus ancien : synonymie recherchée parce que le renard fait l'objet d'un tabou lexical. Quelques noms de vêtements sont passés du basque à l'espagnol, comme "chapela" « béret basque » (< "txapel"), face à "boina" « béret », "chamarra" « veste » (< "zamar" ou "txamar", "zamarra" ou "txamarra" avec l'article défini singulier), des activités comme "pelotari" « joueur de pelote basque », "chistu" « flûte basque » (< "txistu"), "chalaparta" (< "txalaparta", instrument de percussion), "aquelarre" « sabbat » (de "akelarre", lui-même formé à partir de "aker" « bouc » + "larre" « pré », car ces rites, soi-disant présidés par Satan lui-même, sous la forme d'un bouc, avaient lieu dans des prés) et le nom de la langue basque, "euskera", "eusquera" ou "euskara" (< "euskara"), face à "vasco" ou le plutôt vieilli "vascuence". Plus récemment, des emprunts ayant rapport au contexte politique, comme "zulo" « cache d'armes » (du mot "zulo" « trou »), "kale borroka" « guerrilla urbaine » (de "kale" « rue » et "borroka" « combat »), "ikurriña" (de "ikurrina" « drapeau basque »), "gudari" (de "gudari" « soldat », surtout pendant la Guerre civile espagnole) ou "abertzale" « nationaliste basque » sont devenus courants dans les médias espagnols. L'espagnol régional du Pays basque possède évidemment davantage d'emprunts, tels que "sirimiri" « bruine, crachin» (face à "llovizna"), "chirristra" « toboggan» (du basque "txirrista", face à "tobogán") ou bien "aita" « père » et "ama" « mère », face à "papá" et "mamá" ; la gastronomie a également fourni des mots, tels que "marmitaco" ou "marmitako" (plat préparé par les pêcheurs avec du thon et des pommes de terre, du basque "marmitako"), "cocochas" (de "kokots(a)", avec l'article défini singulier) « barbillon, menton », "chacolí" (du substantif "txakolin", sorte de vin blanc) ou "chistorra" (de "zistorra" et "txistorra", saucisson fin). À noter également le nom "órdago", de la phrase basque "Hor dago" « (il) est là ; renvi », à l'origine utilisée dans un jeu de cartes et qui veut dire aussi « épatant » dans l'expression "de órdago". Mots d'origine germanique. Environ mots espagnols dérivent du gotique, une langue germanique orientale qui fut parlée par les Wisigoths, un peuple qui domina une grande partie de la péninsule Ibérique du . Quelques mots d'origine francique ont également pénétré l'espagnol par le biais du français. Mots d'origine arabe. Héritage du contact linguistique lors du siège musulman en Espagne, l'arabe apporta un grand nombre de mots à l’espagnol (plus de ). Les langues issues du roman présentes au nord de la péninsule ibérique n'étant parlées qu’en minorité, c’est la langue coranique qui s’imposa comme langue administrative et culturelle pendant les 8 siècles du règne du califat de Cordoue. Après le latin, l’arabe est le flux lexical le plus important de l’espagnol, les toponymes constituant près du quart. Les sciences, l’agriculture, le commerce et la guerre sont les domaines qui influencèrent le plus le corpus du castillan. Le passage des arabes en Espagne contribua aussi à intégrer à la langue des mots provenant du grec, du perse et du sanskrit. Les arabismes se figèrent dans la langue avec la publication de la première grammaire en langue castillane en 1492, année marquant la fin de la reconquête du territoire instiguée par les Rois catholiques. Mots d'origine gitane. Le caló (langue mixte issue de l'espagnol et du romaní, langue des Roms proche des langues indiennes, comme l'hindi, dont de nombreux mots sont similaires : "pani", « eau », etc.) a apporté un grand nombre de termes d’argot comme "gachó" « mec », "bato" « père », "biruji" « vent très froid », "camelar" « aimer », "chaval,a" « jeune », "currar" « bosser », "fetén" « excellent », "parné" « fric », "sobar" « pioncer », "pinrel" « panard », "pureta" « vieux, ancien », "chorar" « chaparder » ("cf". fr. "chourer"), "terne" « fort, robuste », "diñar" « donner », "mangue" « moi », "pañí" « eau », "chingar" « piquer, voler», "lacha" « honte », "pirarse" « s'en aller », "canguelo" « peur », "chachi" « super », "chanelar" « comprendre, piger », "chungo,a" « difficile », "jiñar" « caguer », "mangar" « piquer, voler», "clisos" « yeux », "jalar" « bouffer ». Écriture. Comme les autres langues romanes, l’espagnol a adopté l'alphabet latin et recourt à des diacritiques et des digrammes pour le compléter. Les accents écrits, utilisés en espagnol moderne pour marquer la voyelle tonique dans certains cas, ou pour distinguer certains homonymes, ont été utilisés de façon spontanée jusqu'à la standardisation de leur usage à la création de l'Académie royale espagnole au . De plus, le "u" porte un tréma dans de rares occasions, à savoir dans les suites "güe" et "güi" pour indiquer que le "u" se prononce (par exemple : "bilingüe", « bilingue »). Le tilde est peut-être le plus célèbre des diacritiques espagnols ; il donne naissance à un caractère considéré comme une lettre à part entière, "ñ". Il s'agit à l'origine d'un digramme "NN", le second "N" ayant été abrégé par suspension au moyen d'un trait devenu ondulé, ~. Ce sont les scribes espagnols qui ont inventé la cédille (, « petit "z" »), qui n'est cependant plus utilisée depuis le (le "ç", qui se notait [ts], est devenu un [θ] interdental noté "z" : "lança" est devenu , « lance », ou "c" devant "e" et "i" : , « aveugle »). Les points d'exclamation et d'interrogation sont accompagnés par des signes du même type inversés, "¡" et "¿", placés au début de la proposition concernée (et non au début de la phrase) : (« Comment vas-tu ? »), (« Comme c'est étrange ! ») mais (« Si tu vas à Séville, tu m'achèteras un éventail ? »). De façon générale, l’espagnol, à l'écrit, est une transcription proche de l'oral ; toutes les lettres doivent être prononcées, à de rares exceptions près (la plupart des "h" et le "u" des syllabes "gue", "gui", "que" et "qui"). L'apprentissage de la langue s'en trouve ainsi dans une certaine mesure facilité, autant pour les hispanophones de naissance comme pour ceux désireux d'apprendre la langue comme seconde langue. Les combinaisons de lettres "ph," "rh" et "th" ainsi que "ch" provenant du "kh" grec ne sont pas utilisées, et seules les consonnes "c", "r", "l" et "n" peuvent être doublées. Le "rr", comme "r" en début de mot, transcrit une consonne roulée alvéolaire voisée tandis que "ll" transcrit une consonne centrale liquide. La combinaison "qu" rend le son "k" devant "e" et "i" (comme habituellement en français). Traditionnellement, "ch" et "ll" ont été considérées comme lettres à part entière et pour cette raison, dans le dictionnaire, elles se trouvaient classées en conséquence (par exemple : "camisa, claro, charla", ou "liar, luna, llama"). Les dictionnaires ont cependant, peu à peu, abandonné cette pratique et recourent à un classement alphabétique classique (comme en français). Cette situation a été régularisée par l'Académie royale espagnole dans une réforme orthographique publiée en 2010, qui stipule que "ch" et "ll" ne doivent plus être considérées comme des graphèmes indépendants mais seulement comme une combinaison de deux graphèmes. Variations et dialectes. Dialectes d'Espagne. Parmi les modalités les plus remarquables du castillan parlé en Espagne, on peut citer l'andalou (notamment caractérisé par la présence de seseo ou de ceceo selon les zones), le murcien, le castúo et le canarien. Variations en Amérique hispanique. On distingue cinq aires de variation topolectale de l’espagnol en Amérique : Parmi les plus remarquables, on peut citer l'utilisation d'un autre système de pronoms personnels. Le pronom de la troisième personne du pluriel (qui sert en Espagne uniquement à s'adresser à un ensemble de personnes que l'on vouvoie) remplace en Amérique hispanique le . Ce pronom, ( personne du pluriel) équivaut en Espagne au « vous » français lorsque l'on s'adresse à un ensemble de personnes que l'on tutoie. La prononciation ibérique de la consonne "c" (devant les lettres "e" et "i") ou "z" (devant "a", "o" et "u"), est une spirante interdentale (proche du "th" anglais dans le verbe "think", pas dans l'article "the"). En Amérique latine, le phonème se prononce presque toujours (phonétiquement proche du "s" français, le "s" péninsulaire étant plus palatal), un important trait commun avec le canarien et une grande partie de l'andalou. Cette prononciation, appelée en espagnol , est généralisée en Amérique hispanique. Les traits communs avec le dialectes andalou et canarien s'expliquent par le fait que la colonisation de l'Amérique hispanique et tous les échanges commerciaux avec celle-ci ont pendant longtemps été centralisés à Séville (les îles Canaries servant alors d'intermédiaire avec la Péninsule Ibérique), ce qui permettait un meilleur contrôle des flux par la monarchie. Ceci explique que le dialecte andalou ait été dominant chez les migrants qui y passaient souvent de longs mois avant de pouvoir embarquer pour le Nouveau Monde. Les nombreux esclaves africains déportés dans l'empire espagnol ont également influencé certaines différenciations des parlers d'Amérique et développé une forme d'espagnol particulière au contact des colons, tout en apportant leur accent africain. De grandes disparités peuvent exister au niveau du lexique. Par exemple certains mots courant dans l’espagnol péninsulaire sont obscènes en Argentine, au Pérou ou au Mexique, tels que "coger" (« prendre » en espagnol européen, mais « avoir des relations sexuelles » dans beaucoup de pays d’Amérique du Sud). L'expression de l'heure peut différer en Espagne et en Amérique. Pour ce qui est de la première moitié du cadran (12 à 6), l'usage est le même. Pour la deuxième moitié (6 à 12), il y a des variations. Par exemple, en Espagne, "Il est »" se dira tandis qu'en Amérique latine on préférera généralement , bien que le paradigme péninsulaire existe et soit quelquefois employé. "« Il est »" et "« Il est »" se disent de la même façon : . Le spanglish. Une conséquence du contact de la langue espagnole avec l'anglais est l'apparition d'un parler appelé « spanglish », qui est employé notamment par des locuteurs aux États-Unis. Cette variante de l’espagnol est étudiée dans certaines universités comme l'Université Amherst du Massachusetts. Extension et usage. En Europe, l’espagnol est langue officielle de l'Espagne (coofficielle suivant les régions autonomes), où elle est parlée par environ 47 millions de locuteurs. Dans le reste de l'Union européenne, on recense près de 32 millions d'hispanophones, en très grande majorité partiels. À Gibraltar, il est parlé par 77 % de la population (50 % comme langue maternelle). En Andorre, il est la langue utilisé par presque 40 % de la population. En Amérique, l’espagnol est la langue officielle de 18 des 35 pays du continent : Argentine, Bolivie, Chili, Colombie, Costa Rica, Cuba, République dominicaine, Équateur, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, Porto Rico, Salvador, Uruguay et Venezuela. Les populations hispanophones les plus nombreuses se trouvent au Mexique (127 millions), aux États-Unis (56 millions, ce qui représente une proportion d'environ 18 % de la population, avec une densité supérieure à 25 % dans les États frontaliers du Mexique), en Colombie (50 millions), en Argentine (45 millions), au Pérou (32 millions) et au Venezuela (32 millions). En Amérique, il y a également plus d'un demi-million d'hispanophones au Canada et au Brésil (où l'apprentissage de la langue est obligatoire à l'école primaire depuis 2005). Il est aussi la langue maternelle de 40 % de la population au Belize. En Afrique, l’espagnol est la langue officielle de la Guinée équatoriale. Il est également parlé dans les régions nord du Maroc et au Sahara occidental, sans oublier les territoires espagnols de Ceuta, Melilla et les îles Canaries. En Asie, plus de 3 millions de locuteurs existaient aux Philippines, mais aujourd'hui il y en a quelques milliers de moins que le demi-million de locuteurs hispanophones recensés en Australie. On recense environ hispanophones en Israël. En Océanie, il est parlée dans le territoire chilien de l'Île de Pâques. Enfin, une langue derivée du vieux castillan appelée selon les auteurs "ladino", "judesmo", "ispanyol" ou "judéo-espagnol" est parlée par la communauté juive séfarade originaire de la Péninsule ibérique en Israël, Turquie, ou encore Gibraltar. Répartition des hispanophones dans le monde. Les données publiées dans le tableau ci-dessous sont extraites du rapport 2020 de l'Institut Cervantes. Littérature. Les prix Nobel de littérature en langue espagnole : Distinction entre « espagnol » et « castillan ». Le terme « espagnol » est recommandé par l'Académie royale espagnole (), et l'Association des académies de la langue espagnole en tant que dénomination internationale de la langue. Toutefois, cette appellation est peu employée voire rejetée dans des pays où l'espagnol est langue officielle, et où le terme de "castillan" est préféré : Par ailleurs, la dénomination castillan peut désigner plus précisément : Étymologie. Le substantif masculin « espagnol » (prononcé : ) est un probable emprunt à l'ancien languedocien ' ou ', issu, par l'intermédiaire du latin vulgaire "*hispaniolus", du latin classique "", de même sens. |
Edgar Villanueva Núñez |
EDF Gaz de France distribution EDF Gaz de France Distribution (EGD) était une ancienne direction commune aux deux entreprises Électricité de France et Gaz de France. Généralités. Bien que n'ayant pas d'identité juridique propre, et n'ayant pas le statut de filiale, EDF Gaz de France Distribution était reconnue comme une direction mixte à EDF et Gaz de France. Son personnel et ses directions étaient « mixtes » et appartenaient aussi bien au groupe EDF qu'au groupe Gaz de France qui en partageaient la direction. Auparavant « Direction de la Distribution », puis Direction « EDF GDF Services » (DEGS), cette direction renommée en 2004 (« EDF Gaz de France Distribution ») est couramment abrégée en « EGD ». Elle couvre tout le territoire français, y compris les départements d'Outre-Mer, mais hors territoires d'Outre-Mer et hors communes desservies par des régies locales. Sur ce territoire, elle a pour fonction principale de gérer, sous le contrôle des communes qui en sont propriétaires, les réseaux de distribution du gaz et de l'électricité. Elle emploie salariés. La production et le transport sont à la charge d'autres directions. Dans le cadre de l'ouverture du marché de l'énergie, et pour permettre un accès au réseau de distribution non discriminatoire à tous les clients quel que soit le fournisseur choisi, EDF et Gaz de France ont mis en place à partir du 2004 deux gestionnaires de réseaux de distribution séparés, un pour l’électricité (EDF Réseau Distribution - ERDF) et un pour le gaz (Gaz de France Réseau Distribution - GRDF). EDF Gaz de France Distribution représentait le service commun de ces deux directions. Jusqu'en juillet 2007, EDF Gaz de France Distribution a assuré, en plus de ses missions de gestionnaire de réseau, le service clientèle (service client, facturation, gestion, vente...) des entreprises EDF et Gaz de France pour la clientèle des particuliers. Organisation d'EDF Gaz de France Distribution en Région. EDF Gaz de France Distribution était composé de 102 Centres de distribution sur tout le territoire, regroupé en « Groupement de Centres » (Sud-Est, Ouest...etc.) qui assurent le pilotage et la stratégie d'EDF Gaz de France Distribution en région. Chaque groupement de centre était composé de 4 lignes métier : Il existait également une Fonction Soutien Logistique, assurant les fonctions transverses pour les 4 autres portefeuilles métier (RH, Immobilier...). Dissolution d'EDF Gaz de France Distribution. Depuis le , les activités d'EDF Gaz de France Distribution sont transférées dans deux entités : Électricité Réseau Distribution France (ERDF, devenu Enedis le , filiale du groupe Électricité de France) et Gaz Réseau Distribution France (GRDF, filiale du groupe Gaz de France, devenu GDF Suez en , puis Engie en ) qui forment un service commun de salariés, destiné à la gestion du réseau de distribution d'électricité et de gaz. |
Electronic Entertainment Expo L’ (en français : « Expo de divertissements électroniques »), plus connu sous le nom de E3 ou E (i-cube), est l'un des plus grands salons internationaux du jeu vidéo et des loisirs interactifs. À la suite d'une refonte du salon, après l'édition 2006, son nom avait été modifié pour devenir l'E3 Media and Business Summit lors des éditions 2007 et 2008. Le salon est organisé chaque année par l'Entertainment Software Association (ESA). Ce salon annuel, autrefois exclusivement réservé aux professionnels du secteur et aux journalistes, se tient au début du mois de juin au Los Angeles Convention Center à Los Angeles, États-Unis. Il s'étale sur trois jours et met à l'honneur les constructeurs de machines (Nintendo, Sony et Microsoft) et les éditeurs de jeux vidéo (EA, Activision, Ubisoft, etc.). Les conférences sont généralement diffusées en streaming sur internet, tandis que des chaînes de télévision spécialisées, comme Nolife ou encore Game One, diffusent et organisent des émissions en direct du salon. Histoire. En 1994, le jeu vidéo ne disposait pas de salon lui étant réservé et les professionnels du secteur se rencontraient dans des salons plus généralistes, comme le Consumer Electronics Show (CES), qui se déroulait deux fois par an. Il ouvre ses portes en 1995, débute avec visiteurs. Le syndicat des éditeurs américains, l'Interactive Digital Software Association (IDSA), crée alors son propre salon annuel, réservé aux professionnels ; la première édition de l’Electronic Entertainment Expo (E3) ouvre ses portes en 1995. Depuis 1998, un groupe, indépendant du salon, remet les Game Critics Awards qui récompensent les meilleurs jeux dans différentes catégories. Les coûts d'expositions toujours croissants poussent les acteurs du secteur à se concentrer sur un nombre limité de salons annuels. Le salon de l'E3 a réussi à devenir incontournable et ce sont donc ses concurrents, le CES de Las Vegas, l'ECTS de Londres et le TGS de Tokyo, qui font les frais de ce recentrement. Malheureusement, l'E3 est victime de son succès et les gros éditeurs (Microsoft, Blizzard Entertainment et sa BlizzCon, etc.) préfèrent organiser leur propre salon de façon à réduire leurs coûts. Face à la possible disparition de cet énorme événement, Doug Lowenstein, président de la Entertainment Software Association, tient une conférence de presse. Il y explique que l'E3 se déroulera encore en 2007 et pour les années à venir, mais à Santa Monica. Mais l'E3 aura désormais les allures d'un salon de jeux vidéo conventionnel, il se déroulera dans plusieurs hôtels de la ville, assez proches les uns des autres, et les éditeurs auront chacun un lieu bien réservé ; les présentations de jeux ressembleront à des conférences de presse, le tout sera donc bien plus conventionnel qu'auparavant. Cependant, une salle commune à tous les éditeurs est prévue, mais l'ESA s'occupera de rendre chaque partie conventionnelle et pratique. À la suite de ces changements, le salon est renommé « E3 Media and Business Summit ». En 2007, le nombre de visiteurs décline à seulement . Pour l'édition suivante de 2008, en raison de plaintes et des difficultés à tenir le salon dans la petite ville de Santa Monica, l'E3 revient à Los Angeles. La nouvelle formule ne change pas de l'année précédente, l'évènement n'utilisera qu'un seul hall du Los Angeles Convention Center, contrairement aux éditions précédant l'E3 2007. La presse et les exposants ne sont toutefois pas satisfaits par cette formule, et certains menacent d'abandonner le salon. À la suite de ce second échec, l'ESA décide de revenir à la formule de 2006 pour l'E3 2009, en annonçant également que l'événement est avant tout destiné aux professionnels et à la presse. Le salon redevient ainsi l'Electronic Entertainment Expo, et les sessions des années 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015 se déroulent au Los Angeles Convention Center. Pour son édition 2015, la formule de l'E3 est toutefois légèrement modifiée en permettant à des non-professionnels d'entrer sur le salon. Cette ouverture au public reste partielle et ne se fait qu'à l'aide de l'une des quelques milliers d'invitations distribuées par certains éditeurs. Cependant, avec la démocratisation de l'info en direct et des conférences via Internet, les éditeurs sont de moins en moins intéressés par le salon, coûtant trop cher pour eux et étant moins efficace qu'un événement organisé seul. En 2017, le salon s'ouvre pour la première fois au grand public, avec billets mis en vente le 13 février 2017. En 2019, Sony ne participe pas à l'événement. Cette absence est expliquée lors d'un communiqué officiel parvenu à Game Informer. En 2020, l'E3 est annulé à cause des préoccupations concernant la pandémie de Covid-19. En 2021, toujours en raison de la pandémie, une édition uniquement en ligne est proposée. En 2022, l'exposition est de nouveau annulée. En 2023, l'édition sera annulée une fois encore. Le tableau ci-dessous récapitule tous les lieux ainsi que les développeurs de jeux vidéo présents. Statistiques. Évolution du nombre de visiteurs à l'E3 de 2002 à 2019. Inclus les visiteurs grand public, hors journalistes et professionnels, non autorisés lors des éditions précédant 2015. |
Europe du Nord Dans un sens restreint, l’Europe du Nord (ou Europe septentrionale) désigne généralement des pays nordiques de langues scandinaves (Norvège, Danemark, Suède et Islande) et de langues fenniques (Finlande et Estonie). Dans une vision plus large, l'Europe du Nord désigne toute la moitié nord (ou septentrionale) du continent européen. D'un point de vue géographique, l'Europe du Nord peut se définir comme étant l'ensemble des régions s'ouvrant sur la Manche, la mer du Nord et la mer Baltique (de la même manière que l'Europe du Sud peut se définir par rapport à la mer Méditerranée). Définition géographique. Définition répandue. La définition de l'Europe du Nord est variable selon les perceptions et, selon la vision la plus restrictive, englobe : À la vision restreinte s'ajoute de plus en plus souvent : Définition la plus large. À la vision élargie, s'ajoutent l'Europe du Nord telle que définie officiellement : et moins souvent : De manière générale, toute classification reste subjective suivant les critères que l'on prend en compte (climatiques, linguistiques, historiques...). Notons que la France a une position très hétéroclite selon les régions, elle est à la fois en Europe du Sud, en Europe de l'Ouest, en Europe Centrale et en Europe du Nord, certaines régions elles-mêmes, peuvent être considérées dans plusieurs zones à la fois (Bretagne, Hauts-de-France, Grand Est, etc.). Vision de l'ONU. Selon la définition de l'Organisation des Nations unies, l'Europe du Nord regroupe : |
Liste d'encyclopédies sur Internet Une encyclopédie en ligne désigne une encyclopédie disponible sur Internet. Il en existe de nombreuses formes, certaines n'étant que le développement d'encyclopédies existantes, d'autres totalement inédites. |
Eraserhead , initialement distribué en France sous le titre , est un film expérimental américain relevant du "body horror" écrit, réalisé, produit et monté par David Lynch, et sorti le à Los Angeles puis à New York dès l'automne 1977. Tourné en noir et blanc, il s'agit du premier long métrage du cinéaste, après plusieurs courts. Jack Nance, qui deviendra un fidèle collaborateur de Lynch par la suite, y interprète Henry Spencer, un jeune père qui doit s'occuper de son enfant, un bébé monstrueux et malade, dans un appartement au cœur d'un paysage industriel désolé. Pour s'échapper de son quotidien oppressant, il se réfugie dans un monde parallèle où réside la « Dame du radiateur ». Charlotte Stewart, Jeanne Bates, Judith Anna Roberts, Laurel Near et Jack Fisk complètent la distribution. Découlant d’un scénario de , est produit avec le soutien de l'American Film Institute (AFI) pendant que Lynch y étudie. Le tournage, principalement réalisé dans les locaux désaffectés de l’AFI, exige près de cinq ans à lui seul, notamment pour des raisons budgétaires. Il ne peut être achevé que grâce aux dons de Fisk et de son épouse Sissy Spacek. Lynch et le designer sonore Alan Splet passent ensuite une année à travailler sur l'atmosphère sonore du film, principalement constituée de bruits de machines. Lynch intègre à la bande-son la chanson "", écrite par lui-même et interprétée par Peter Ivers, ainsi que des airs préexistants du musicien de jazz Fats Waller à l'orgue. Le budget final est estimé à . À l'origine distribué à petite échelle, gagne en popularité grâce aux programmations nocturnes de certains cinémas : en tant que « », il est rapidement élevé au rang de film culte. S'il reçoit un accueil mitigé de la part de la critique à sa sortie, le film est considéré à partir du siècle comme un classique du cinéma fantastique, ce qui lui vaut d'être sélectionné pour préservation en 2004 par le National Film Registry de la bibliothèque du Congrès des États-Unis en raison de son intérêt . est aussi reconnu pour son imagerie fantasmatique proche du surréalisme, ses thématiques sexuelles ainsi que sa conception sonore innovante. Synopsis. Présentation générale. Dans une ville industrielle, un homme sans histoire, Henry Spencer, est contraint de s'occuper seul de son enfant, nouveau-né prématuré et monstrueux, après que sa femme a quitté le domicile conjugal. Pour s'échapper de son quotidien oppressant, marqué par les cris du bébé, il se réfugie dans un monde parallèle où réside la « Dame du radiateur ». Synopsis détaillé. débute par une séquence dans l'espace. La caméra s'approche d'une planète où se trouve une petite cabane dans laquelle un homme défiguré par des brûlures (Jack Fisk) tire des leviers. Un des leviers déclenche la chute d'un cordon ombilical dans une mare. Émergeant peu à peu de la mare, la lumière devient de plus en plus intense jusqu’à un fondu au blanc. Henry Spencer (Jack Nance) est un imprimeur « en vacances », d'allure nerveuse. Le jeune homme marche jusqu'à son appartement, traversant un quartier mi-industriel mi-portuaire, des immeubles désaffectés, des terrains vagues et des rues glauques. Sa voisine de palier lui apprend qu'il est invité chez les parents de sa copine, Mary X (Charlotte Stewart), qui ne l'avait pas contacté depuis longtemps. Henry croyait qu’elle avait mis fin à leur relation. Le repas chez la belle-famille prend place dans une atmosphère encline au malaise. La mère de Mary X (Jeanne Bates) talonne véritablement Henry tandis que le père de Mary (Allen Joseph) est un personnage totalement déconnecté de la situation tendue qui règne autour de la table. Après avoir tenté de découper un poulet qui s'anime et se met à suinter un liquide noir, Henry apprend qu’il est le père d’un enfant prématuré de Mary. Il se voit donc dans l’obligation de se marier avec elle. Mary et le bébé emménagent dans l’appartement d’une pièce de Henry. On aperçoit alors l'enfant pour la première fois, un bébé avec une apparence proche du fœtus d'agneau et hideusement déformé, qui ne cesse de gémir. Ces couinements viendront à bout de Mary qui, incapable de dormir, quitte Henry et le laisse seul avec la petite créature. Ce départ est suivi par une suite d’événements des plus étranges, incluant la rencontre avec la « dame dans le radiateur » ('), une femme blonde aux joues grotesquement hypertrophiées à la Betty Boop, qui chante et vit sur la petite scène d'un music-hall caché dans le radiateur de la chambre de Henry. Celui-ci aura, par la suite, une relation sexuelle avec sa voisine, la « jolie fille de l'autre côté du couloir » ('). Le titre (« tête à effacer » en français) prend toute sa signification durant le dernier quart d'heure du film. La tête de Henry se détache alors de son corps et s’enfonce dans une flaque de sang, tombe du ciel pour atterrir dans une ruelle où elle s’ouvre. Un jeune garçon (Thomas Coulson) trouve la tête et l’emporte dans une fabrique de crayons où Paul (Darwin Joston), un réceptionniste, appelle son patron (Neil Moran) en appuyant avec insistance sur le bouton d'une sonnette. Le patron furieux entre dans la pièce mais change aussitôt d’humeur en apercevant ce que le jeune garçon leur apporte. On transporte la tête dans une autre pièce où un opérateur de machine à faire des crayons (Hal Landon Jr.) prend un échantillon du cerveau de Henry et l’appose sur le bout d’un crayon. Il teste cette « gomme » qui s’avère efficace, et le jeune garçon est payé par le patron de l’usine. L'image de Henry dans son lit laisse ensuite penser que toute cette séquence n'était qu'un rêve. Un peu plus tard, Henry aperçoit par sa fenêtre deux hommes qui se battent dans la rue. Il tente d'aller voir sa jolie voisine de l’autre côté du couloir, mais celle-ci est avec un autre homme. Le bébé est pris d'un rire sarcastique, Henry prend alors une paire de ciseaux et coupe les bandages dans lesquels l’enfant est enroulé. On s’aperçoit bien vite qu’ils donnent directement sur les organes vitaux de la créature. Pendant que le bébé hurle de douleur, Henry plante les ciseaux dans ses poumons. Le système électrique de l’appartement disjoncte et les lampes se mettent à clignoter, puis s’éteignent. Une tête géante de l’enfant apparaît dans la chambre. Henry retourne sur la petite scène du music-hall où la dame du radiateur l'accueille tendrement dans ses bras. La scène est inondée de lumière et un bruit blanc fait un crescendo. Puis tout devient noir et silencieux pendant quelques secondes avant le générique de fin. Production. Préproduction. Dans sa jeunesse, David Lynch étudie à l'Art Institute of Philadelphia pour devenir artiste peintre et plasticien et il réalise plusieurs courts-métrages pour animer ses peintures. Son attrait pour le cinéma grandit et en 1970, à , il obtient une bourse pour intégrer le à l' (AFI) de Los Angeles. Lynch n'aime pas le cursus et envisage d'abandonner, mais change d'avis après qu'on lui propose de produire son propre scénario. L'AFI l'autorise à disposer de l'ensemble du campus comme décor de son film. Il transforme les écuries désaffectées de l'école en une série de plateaux et décide d'y vivre. Il est également autorisé à se servir du manoir Greystone, appartenant à l'AFI, pour y tourner plusieurs séquences. Lynch commence à travailler sur un scénario intitulé , basé sur une de ses peintures mettant en scène un personnage voûté, le dos recouvert de végétation. Ce scénario surréaliste sur le thème de l'adultère met en scène un insecte grandissant sans cesse, représentant le désir d'un homme pour sa voisine. Il aurait donné lieu à un film d'environ , ce que l'AFI trouve trop long pour un scénario aussi abstrait et non linéaire. À la place, Lynch propose , inspiré par un de ses rêves où un enfant amène la tête d'un homme à une usine de crayons. Plusieurs membres du conseil d'administration de l'AFI sont toujours opposés au projet jugé à nouveau trop surréaliste, mais ils acceptent à contrecœur quand le doyen Frank Daniel menace de démissionner s'il est refusé. Le scénario de Lynch est fortement influencé par ses lectures d'étudiant en cinéma, dont "La Métamorphose" (, 1915) de Franz Kafka et "Le Nez" (, 1836) de Nicolas Gogol. Le film prend forme dans son esprit en lisant un verset de la Bible ouvert à l'aveugle . En 2007, il affirmera : sans vouloir développer outre mesure. Le scénario serait également inspiré de la peur de la parentalité de Lynch, notamment à la suite de la naissance de sa fille Jennifer : elle est née avec une forme sévère de pied bot qui nécessite une correction chirurgicale lourde. Selon Jennifer, sa conception non désirée est la base thématique du long-métrage. Le ton du film trouve son inspiration dans les souvenirs du passage de Lynch à Philadelphie, où il a vécu de 1965 à 1971. Il décrit cette expérience comme , dans une atmosphère de . Le décor urbain d' rappelle la dans laquelle il a passé ses jeunes années d'adulte. Pour le critique Greg Olson, c'est le décalage saisissant entre l'expérience du cinéaste à Philadelphie et son enfance passée dans le Nord-Ouest Pacifique qui lui a donné une qui façonnera le reste de sa filmographie. Le casting débute en 1971 et Jack Nance est rapidement sélectionné pour interpréter le rôle principal. Mais l'AFI sous-estime l'ampleur du projet en lui donnant son accord. Après avoir lu le scénario de et se basant sur le ratio usuel dans l'industrie du cinéma d'une minute de film pour une page de scénario, ils estiment que le film ne devrait pas dépasser une vingtaine de minutes. Ce malentendu, couplé à la méticulosité de Lynch, entraîne le film dans une production de plusieurs années. Un exemple extrême de ce laborieux calendrier est le suivant : dans une scène du film, Nance ouvre une porte et il se passe une année complète avant qu'il ne soit filmé entrant dans la pièce. L'acteur, cependant, est tellement enthousiasmé par le projet qu'il garde la coiffure peu orthodoxe de son personnage pendant toute la production. Peu avant le début du tournage, Lynch projette "Boulevard du crépuscule" (, 1950) de Billy Wilder à toute l'équipe du film, pour son utilisation expressionniste du noir et blanc et son atmosphère morbide, éléments déterminants d'. Tournage. Lynch obtient dans un premier temps une bourse de de la part de l'AFI. En 1973, l'institution demande à voir le film et Lynch leur montre la scène du dîner chez les parents de Mary. Un producteur, furieux, déclare . L'AFI retire ensuite son financement. Le tournage, intermittent, s'étale donc sur plusieurs années. La production d' ne peut se poursuivre que grâce à de faibles et ponctuels apports financiers de la part d’amis et de proches de l’équipe de tournage, dont Jack Fisk, ami d'enfance de Lynch, et sa femme Sissy Spacek, ainsi que Catherine E. Coulson, l'épouse de Jack Nance, qui travaille à l'époque en tant que serveuse et qui fait don de son salaire. Le réalisateur lui-même travaille en tant que livreur de journaux, distribuant le "Wall Street Journal" pour financer le film. Divorcé et sans logis, il habite pendant plus d'un an la chambre qui sert de décor au film, . Lynch obtient de tourner en 35 mm, à condition de tourner en noir et blanc, ce qui lui convient parfaitement. En 1974, durant l'une des nombreuses pauses du tournage, il réalise le court métrage "The Amputee", profitant de la volonté de l'AFI de tester son matériel sur de petits projets avant de se lancer dans la production de longs-métrages. Ce film de met en scène Coulson, qui continuera à travailler sur en tant que technicienne de plateau, avant de devenir célèbre en tant que « dame à la bûche » dans la série télévisée "Twin Peaks". L'équipe technique est très réduite. Alan Splet est en charge du design sonore, Doreen Small est à la fois directrice de production et accessoiriste et Coulson cumule quant à elle plusieurs rôles. Le directeur de la photographie est d'abord Herb Cardwell, avant qu'il ne quitte la production pour des raisons financières. Il est ensuite remplacé par Frederick Elmes. Les décors du film sont démantelés et reconstruits à plusieurs reprises. Les effets visuels utilisés pour créer l'enfant déformé sont encore aujourd'hui tenus secrets. Le projectionniste qui travaille sur les "rushes" a les yeux bandés par Lynch pour éviter de révéler la nature du trucage et refusera d'en parler en interview. La créature, surnommée « Spike » par Nance, est composée de plusieurs éléments indépendants, en particulier son cou, ses yeux et sa bouche, capables de mouvements autonomes. Lynch lui-même est resté cryptique à son propos, déclarant de temps à autre qu'il ou . Selon John Patterson, journaliste du "Guardian", la marionnette a peut-être été fabriquée à partir d'un lapin écorché ou d'un fœtus d'agneau. L'enfant est vu comme l'initiateur d'autres effets du même genre dans la filmographie de Lynch tels que le maquillage de John Merrick dans "Elephant Man" (1980) ou les vers des sables dans "Dune" (1984). La scène d' en animation du ver qui rampe en gémissant sur la surface de la planète, s'y enfonce et en ressort nécessite un jour pour installer la maquette et le décor, un jour pour tester l'animation et un jour pour tourner la scène. Durant la production, Lynch expérimente plusieurs techniques visuelles et sonores, dont celle d'enregistrer un dialogue lu phonétiquement à rebours puis reproduisant la piste audio à l'envers. La technique n'apparaît pas dans la version finale du film, mais Lynch s'en servira pour l'épisode "Comment attraper un tueur" (épisode 2 de la saison 1) de "Twin Peaks" (Lynch et Mark Frost, 1990). C'est également lors de la production d' que Lynch commence à s'intéresser à la méditation transcendantale, adoptant un régime végétarien, arrêtant de fumer et de boire de l'alcool. C'est dans ce nouvel état d'esprit qu'il a l'idée de la « Dame du radiateur », que Michel Chion qualifie de changement . Post-production. Lynch conçoit l'environnement sonore avec Alan Splet. Ils créent des couvertures insonorisantes pour isoler leur studio, où ils passent presque une année à réaliser et éditer les effets sonores du film, selon les mêmes techniques que la musique concrète française. La bande-son est densément stratifiée, avec parfois jusque quinze sons différents, diffusés simultanément en utilisant plusieurs bobines. Lynch et Splet redoublent d'imagination pour créer leurs sons. Ainsi, dans la scène où un lit se dissout lentement dans une piscine de liquide, Lynch et Splet insèrent un microphone à l'intérieur d'une bouteille en plastique, la faisant flotter dans une baignoire et enregistrant le bruit de l'air à travers la bouteille. Les sons sont ensuite retravaillés, jouant sur leur intensité, leur réverbération et leur fréquence. Une projection test a lieu à l'American Film Institute pour les acteurs, l'équipe technique et leurs proches. À la fin de la projection, le public, confus, reste silencieux. Devant l'accueil mitigé de la première projection en public, Lynch pense avoir mixé la bande sonore à un volume trop élevé et coupe vingt minutes du film, réduisant sa durée à . Parmi les séquences supprimées, on trouve une séquence avec la sage-femme du bébé (interprétée par Catherine E. Coulson), une autre avec un homme torturant deux femmes (dont l'une est là encore interprétée par Coulson) avec une batterie de voiture, et une de Spencer s'amusant avec un chat mort. La présence au générique d'acteurs ou de personnages dont on ne voit pas trace dans l'œuvre connue s'explique par le fait que c'est sur la copie finale que les coupes ont été faites. Pour Michel Chion, ces coupes suppriment principalement des scènes extérieures et resserrent l'unité de lieu . Sortie et accueil. Sortie du film et box-office. La première d' a lieu au festival du film Filmex de Los Angeles, le . 25 personnes assistent à la projection du film le soir de la première, et 24 le soir suivant. Néanmoins, le directeur de la société de distribution , Ben Barenholtz, persuade le de New York de diffuser le film en séance de minuit, ce qu'il fera pendant un an. n'étant projeté que dans quelques salles aux alentours de minuit, les spectateurs se voient récompensés à la sortie de la séance d’un badge sur lequel est inscrit . L'attention portée au film est aussi renforcée par le réalisateur John Waters qui, à l'avant-première d'un de ses films, déclare qu' est son film préféré. Le film reste ensuite à l'affiche pendant quatre-vingt-dix-neuf semaines au de New York, pendant un an au de San Francisco de 1978 à 1979, et pendant trois ans au de Los Angeles de 1978 à 1981. Le film est un succès commercial, rapportant 7 millions de dollars aux États-Unis et dans le reste du monde. est également projeté au festival du film de Londres en 1978 et au festival du film de Telluride en 1986. En France, sort dans un premier temps le dans deux cinémas à Paris, première exploitation se soldant par seulement vendus. À la suite de la sortie d' au , le film est à nouveau exploité sous le nom de et connaît cette fois un succès plus important avec . Le film reste longtemps à l'affiche de L'Escurial, en séance de minuit. Michel Chion juge significatif que les tentatives d'une sortie traditionnelle du film avec plusieurs séances par jour à la suite du succès d""' ont échoué. Accueil critique. À la sortie du film. Lors de la sortie d', ' en fait une critique négative, le qualifiant d'. La critique exprime son incrédulité quant à la longue gestation du film et qualifie son final d'insoutenable. Lynch est aussi accusé de . Comparant au film suivant de Lynch, ', Tom Buckley du "" écrit que ce dernier est un film bien réalisé et interprété, contrairement au premier. Le critique juge et écrit que les aspects horrifiques du film proviennent uniquement de l'apparence de l'enfant déformé plutôt que de son scénario ou de ses performances. Critiques postérieures. Aujourd'hui, les critiques du film sont plus positives. Sur le site Rotten Tomatoes, le film détient une note d'approbation de 90% sur la base de . Le consensus critique est le suivant : . Sur le site Metacritic, le film obtient une note moyenne pondérée de 87 sur 100 sur la base de , ce qui indique une « acclamation universelle ». En 1984, Lloyd Rose de "The Atlantic" écrit qu' montre que Lynch est . Rose décrit le film comme intensément personnel, car contrairement à d'autres films surréalistes antérieurs, à l'instar d"'Un chien andalou" (1929) ou de "L'Âge d'Or" (1930) de Luis Buñuel, l'imagerie de Lynch . Dans une critique de 1993 pour le "Chicago Tribune", Michael Wilmington décrit comme unique, estimant que son et sa sont le résultat de l'attention portée par Lynch aux détails de sa création, en raison de son implication dans de nombreux rôles au cours de la production. Dans l'essai , publié en 1995, le critique Jonathan Rosenbaum écrit qu' représente à ses yeux le meilleur film de Lynch. Il estime que le talent artistique du réalisateur a décliné au fur et à mesure que sa popularité augmentait, et compare le film à "Sailor et Lula" (1990), le dernier long métrage de Lynch à l'époque, en déclarant que . John Simon, de la "National Review", qualifie de . Dans un article pour le magazine "Empire" en 1993, Steve Beard attribue au film cinq étoiles sur cinq. Il écrit qu' est et souligne son mélange de "body horror" surréaliste et de comédie noire. Almar Haflidason de la BBC décerne quant à lui trois étoiles sur cinq à , le décrivant comme . Il estime que le film est un agrégat d'idées vaguement reliées entre elles, ajoutant qu'il est ; selon le critique, le film aborde la peur de l'engagement personnel et comporte . Un critique de Film4 donne à une note de cinq étoiles sur cinq, le trouvant . Le critique juge comme un film unique dans l'histoire du cinéma, auquel seules ressemblent les collaborations entre Luis Buñuel et Salvador Dalí, à l'instar d’"Un chien andalou" (1929) ou de "L'Âge d'or" (1930) ; cependant, Lynch nie avoir vu l'un de ces films avant de réaliser . Peter Bradshaw, du "Guardian", se montre aussi élogieux à l'égard d', auquel il attribue également la note de cinq étoiles sur cinq. Le critique juge le film magnifique et décrit sa conception sonore comme un . Il le compare au film "Alien, le huitième passager" (, 1979) de Ridley Scott. Jason Ankeny, écrivant pour le site AllMovie, accorde au film une note de cinq étoiles sur cinq, soulignant sa conception sonore inquiétante qu'il décrit comme . Il estime qu' , ajoutant que le surréalisme du film permet de mieux comprendre les films suivants du réalisateur. Dans un article pour le "Daily Telegraph", le cinéaste Marc Evans fait l'éloge de la conception sonore et de la capacité de Lynch , citant le film comme une inspiration pour son propre travail. Une critique du film parue dans le même journal compare aux œuvres du dramaturge irlandais Samuel Beckett, le décrivant comme une parodie chaotique de la vie familiale. Manohla Dargis, écrivant pour le "New York Times", estime que le film correspond . Selon elle, l'imagerie du film évoque autant les peintures de Francis Bacon que le documentaire "Le Sang des bêtes" (1949) de Georges Franju. Phil Hall, de "Film Threat", décrit comme le meilleur film de Lynch, estimant que ses œuvres ultérieures ne sont pas aussi réussies. Il mentionne la bande-son du film et la comédie physique de l'acteur principal Jack Nance comme les éléments marquants du film. Sortie en vidéo. sort en VHS le chez Columbia Pictures, puis en DVD et Blu-ray chez Umbrella Entertainment en Australie, respectivement le et le , accompagnés d'un documentaire de sur le tournage du film. Le film sort également en DVD chez Universal Pictures en 2001, Subversive Entertainment en 2006, Scanbox Entertainment en 2008, et en DVD et Blu-ray chez Criterion en . Distinctions. Lors du festival international du film fantastique d'Avoriaz 1978, remporte l'antenne d'or et le prix du jury, jury présidé par William Friedkin. est aussi en compétition pour le prix du meilleur film au festival Fantasporto 1982. Bande originale. La bande originale d' sort chez I.R.S. Records en 1982. L'album ne comporte que deux pistes comprenant des extraits de musique d'orgue par Fats Waller et la chanson de Peter Ivers. Elle ressort le dans une édition limitée à , publiée par le label Sacred Bones Records. L'album est décrit comme un précurseur de la musique "dark ambient", tandis que Mark Richardson du site web Pitchfork le qualifie de en raison de la présence de bruits de fond et d'éléments non musicaux. Analyse. Design sonore. Le design sonore d' est considéré comme l'un de ses éléments déterminants. Bien que le film comporte des éléments visuels emblématiques, tels que le nouveau-né déformé ou le décor industriel étendu, ils sont assortis d'une ambiance sonore très prononcée, qualifiée de et de par Mike D'Angelo dans un article pour le site web The A.V. Club. Le film utilise continuellement des sons industriels, créant un arrière-plan sonore au volume faible, mais constant dans chaque scène. Cela participe à la mise en place d'une atmosphère et , reprise dans des œuvres telles que le drame des frères Coen "Barton Fink" (1991) et le "thriller" de David Fincher "Seven" (1995). Le bruit de fond perpétuel est perçu par James Wierzbicki comme pouvant être le produit de l'imagination d'Henry Spencer. Il décrit également la bande originale comme . Le film amorce une tendance dans l'œuvre de Lynch où la musique est diégétique, c'est-à-dire que les personnages du film eux-mêmes sont censés l'entendre. Elle se lie à celle des rêves, à l'instar de la longue séquence de rêve lors de laquelle chante la Dame dans le radiateur. On retrouve cette idée dans l'épisode "Comment attraper un tueur" (S01E02) de "", dans lequel la musique diégétique déborde du rêve du personnage à ses pensées éveillées, et dans (1986), avec une utilisation similaire de la chanson "In Dreams" de Roy Orbison. Loin de passer inaperçue, l'utilisation du son dans le film a été remarquée par de nombreux critiques. Dans l'hebdomadaire américain "The Village Voice", Nathan Lee en fait l'éloge, écrivant que . Il décrit ainsi la conception sonore du film comme . Thèmes. est aussi connu pour ses thématiques sexuelles très prononcées. S'ouvrant par la représentation d'une conception, le film met en scène Henry Spencer, un personnage à la fois terrifié et fasciné par le sexe. Des images de créatures à la forme de spermatozoïdes sont récurrentes, y compris chez l'enfant, et particulièrement présentes dans les scènes de sexe du film ; le charme apparent typique de la "girl next door" de la Dame dans le radiateur est abandonné durant son numéro musical lorsqu'elle commence à écraser violemment les créatures spermatozoïdes de Spencer et lui oppose un regard agressif. Selon l'écrivain de science-fiction David J. Skal, . Il postule également une caractérisation différente de la Dame dans le radiateur, la qualifiant de . Mark Allyn Stewart, spécialiste de l'œuvre de Lynch, pense que le personnage est une manifestation du subconscient de Spencer, une représentation de sa propre envie de tuer son enfant, qui l'embrasse après qu'il l'a fait, comme pour le rassurer d'avoir bien agi. En tant que personnage, Spencer a été interprété comme la figure de , son expression vide et sa garde-robe faisant de lui un simple archétype. Il fait preuve d'une inactivité pacifiste et fataliste tout au long du film, laissant les événements se dérouler autour de lui sans jamais prendre le contrôle. Ce comportement passif culmine dans sa seule initiative lors du climax du film : son infanticide apparent est en réalité motivé par les influences dominatrices qui l'assaillent. La passivité de Spencer est vue par les critiques Colin Odell et Michelle Le Blanc comme précurseure de la bande dessinée de Lynch "The Angriest Dog in the World" (1983-1992). Postérité. Influence culturelle. En 2004, est sélectionné par le du National Film Registry afin d'être conservé à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis pour son . est l'un des sujets abordés dans le documentaire de Stuart Samuels (2005), qui retrace l'essor du phénomène des (ou cinéma de minuit) à la fin des années 1960 et dans les années 1970. Lynch participe au documentaire par le biais d'une série d'entretiens. Le film traite de six films considérés comme ayant créé et popularisé le genre, comme "La Nuit des morts-vivants" (, 1968), "El Topo" (1970), "Pink Flamingos" (1972), "Tout, tout de suite" (, 1972) et "The Rocky Horror Picture Show" (1975). En 2010, l' dresse une liste des 100 meilleurs premiers films, c'est-à-dire les meilleurs premiers longs métrages de réalisateurs connus. se classe deuxième dans ce classement, derrière "Citizen Kane" d'Orson Welles (1941). Alors qu'il travaille sur , Lynch rencontre le réalisateur américain Stanley Kubrick, qui lui révèle qu' est son film préféré. a ainsi influencé le film "Shining" () de Kubrick, sorti en 1980 : Kubrick aurait projeté le film aux acteurs et à l'équipe pour les qu'il voulait donner au film. a aussi influencé le film cyberpunk japonais "Tetsuo" (, 1989), le film d'horreur expérimental "Begotten" (1990) et le premier film de Darren Aronofsky, "Pi" (1998) . L'artiste suisse H. R. Giger cite quant à lui comme et déclare qu'il est plus proche de sa vision artistique que ses propres films. Selon Giger, Lynch aurait refusé de collaborer avec lui sur "Dune" car il estimait que Giger lui avait . Conséquences sur l'équipe du film. Lynch collabore à nouveau avec la plupart des acteurs et de l'équipe technique d' sur ses projets suivants. Frederick Elmes est à nouveau directeur de la photographie sur (1986), le court-métrage (1988) et "Sailor et Lula" (, 1990). Alan Splet assure la conception sonore d' (, 1980), de "Dune" (1984) et de . L'acteur Jack Fisk réalise des épisodes de la série télévisée de Lynch en 1992 et travaille en tant que décorateur sur "Une histoire vraie" (, 1999) et "Mulholland Drive" (2001). Quant à Catherine E. Coulson et Jack Nance, ils apparaissent dans la série télévisée "Twin Peaks" ainsi que dans les films "Dune", , "Sailor et Lula" et (1997). Après la sortie d', Lynch commence à chercher des fonds pour son projet suivant, , un film selon ses propres termes. Il rencontre alors le producteur Stuart Cornfeld, qui travaille à l'époque pour Mel Brooks et sa société de production Brooksfilms. Cornfeld, qui avait apprécié , se montre intéressé par la production de , mais les deux hommes réalisent qu'il a peu de chances de trouver un financement suffisant. Lynch demande alors à voir quelques scénarios déjà écrits pour y trouver l'idée d'un prochain projet ; Cornfeld lui en soumet quatre qui, selon lui, pourraient intéresser Lynch. C'est en entendant le titre d' que le réalisateur décide d'en faire son deuxième film, lequel sera notamment nommé huit fois aux Oscars 1981. |
Communautés autonomes d'Espagne Les communautés autonomes (, abrégé en "CC.AA.") sont le premier niveau de subdivision territoriale du royaume d'Espagne. Au nombre de 17, auxquelles il faut ajouter les villes autonomes de Ceuta et Melilla, elles bénéficient toutes d'un régime d'autonomie interne. Formation. Les communautés sont constituées par , , , ou . Elle bénéficie d'un statut d'autonomie inscrit dans une loi organique qui régit son organisation institutionnelle, ses compétences et les prélèvements obligatoires dont elle reçoit tout ou partie des recettes en vue d'assurer son financement. Bien qu'elles bénéficient du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif, les communautés autonomes constituent des collectivités décentralisées et non des entités fédérées. Organisation institutionnelle. L'article 152 de la Constitution impose que l'organisation des institutions autonomes soit fondée sur . Dans l'ensemble des communautés autonomes, les membres du gouvernement portent le titre de (, , , ). Ils sont placés à la tête d'un département exécutif (, ou "", , ). Système de financement. Le financement des communautés autonomes () repose sur la distinction entre le régime de droit commun, et le "Concierto Económico" propre au Pays basque et à la Navarre. Système de droit commun. Il est établi par la loi organique de financement des communautés autonomes (LOFCA) et régulièrement révisé dans le cadre du Conseil de la politique fiscale et financière (CPFF). La dernière version est entrée en vigueur en , accordant une plus grande autonomie fiscale aux territoires. Chaque communauté se voit ainsi reverser 50 % du total de l'impôt sur le revenu (IRPF) et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) perçu par l'État sur son territoire ; 58 % des impôts spéciaux (sur la bière ; sur le vin et les alcools fermentés ; sur les produits intermédiaires ; sur l'alcool et les produits dérivés ; sur les hydrocarbures ; sur le tabac ; sur le charbon) ; 100 % de l'impôt sur le patrimoine, de l'impôt sur les successions et donations, de l'impôt sur les transmissions patrimoniales, de l'impôt spécial sur l'électricité, de l'impôt spécial sur l’immatriculation, et des taxes sur les jeux de hasard. Jusqu'à son abrogation en , elles touchaient également l'intégralité des recettes de l'impôt sur la vente au détail de certains hydrocarbures (IVMDH). Le système de droit commun est adapté à la situation particulière d'éloignement propre aux îles Canaries grâce au dispositif du régime économique et fiscal (REF). Système spécifique. Dans le cadre du Pays basque, les députations forales d'Alava, de Biscaye, du Guipuscoa et de Navarre recouvrent la totalité des impôts dans leurs ressorts territoriaux respectifs. Elles reversent ensuite aux autorités nationales une somme qui correspond aux dépenses assumées par l'État espagnol pour les compétences qu'il n'a pas transférées à la communauté autonome, comme la diplomatie, la défense nationale ou encore les intérêts de la dette publique étatique. Cette somme est régulée par une loi spécifique, votée en principe tous les cinq ans. Statistiques. Les trois communautés autonomes ayant le produit intérieur brut le plus élevé sont la communauté de Madrid (), la Catalogne () et l'Andalousie (), tandis que celles dont il est le plus bas sont la Navarre (), la Cantabrie () et La Rioja (). Le revenu par tête est le plus haut dans la communauté de Madrid (/habitant), au Pays basque (/habitant) et en Navarre (/habitant), et il se trouve le plus bas en Estrémadure (/habitant), en Andalousie (/habitant) et aux Canaries (/habitant). Les trois territoires les plus endettés en valeur absolue sont la Catalogne (), la Communauté valencienne () et l'Andalousie (), alors que celles qui le sont le moins sont la Cantabrie (), la Navarre () et La Rioja (). La dette est la plus forte en valeur relative en Communauté valencienne (47,8 % du PIB), en Castille-La Manche (36,5 % du PIB) et en Catalogne (36 % du PIB), et la plus faible dans les Canaries (15,3 % du PIB), en Navarre (15,2 % du PIB) et dans la communauté de Madrid (14,8 % du PIB). Le déficit public est le plus élevé absolument en Communauté valencienne (), en Catalogne () et en région de Murcie (). Il est le plus modeste aux îles Baléares (0,34 milliard d'euros d'excédent), au Pays basque (0,60 milliard d'euros d'excédent) et dans la communauté de Madrid (0,74 milliard d'euros d'excédent). En valeur relative, les communautés les plus déficitaires sont la région de Murcie (1,4 % du PIB), la Communauté valencienne (1,2 % du PIB) et la Catalogne (0,3 % du PIB), et les plus excédentaires sont les Asturies (0,93 % du PIB), les îles Baléares (1,17 % du PIB) et la Navarre (1,30 % du PIB). Le taux de chômage relatif est le plus fort dans les Canaries (20,3 % de la population active), en Andalousie (19,4 % de la population active) et en Estrémadure (19,0 % de la population active), et le plus faible en Catalogne (10,2 % de la population active), en Aragon (10,1 % de la population active) et au Pays basque (8,7 % de la population active pour chacune). |
Environnement L'environnement est « l'ensemble des éléments (biotiques ou abiotiques) qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins », ou encore « l'ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles d’agir sur les organismes vivants et les activités humaines ». La notion d'environnement naturel, souvent désignée par le seul mot « environnement », a beaucoup évolué au cours des derniers siècles et tout particulièrement des dernières décennies. L'environnement est compris comme l'ensemble des composants naturels de la planète Terre, comme l'air, l'eau, l'atmosphère, les roches, les végétaux, les animaux, et l'ensemble des phénomènes et interactions qui s'y déploient, c'est-à-dire tout ce qui entoure l'Homme et ses activités ; bien que cette position centrale de l'être humain soit précisément un objet de controverse dans le champ de l'écologie. Au , la protection de l'environnement est devenue un enjeu majeur, en même temps que s'imposait l'idée de sa dégradation à la fois globale et locale, à cause des activités humaines polluantes. La préservation de l'environnement est un des trois piliers du développement durable. C'est aussi le des huit objectifs du millénaire pour le développement, considéré par l'ONU comme "". Linguistique. Origine. On trouve ' en français dès 1265 dans le sens de « circuit, contour » puis à partir de 1487 dans le sens « action d'environner ». Le mot provient du verbe "environner", qui signifie "action d'entourer". Lui-même est un dénominatif denviron", qui signifie "alentours". Deux dictionnaires au attestent un emprunt à l'anglais "environment" mais pour traduire le mot "milieu". Bertrand Lévy précise que le mot, au sens d', apparaît pour la première fois en 1964, il est dérivé de l’américain "environment". Avant, les géographes qui s'intéressaient au sujet et notamment Élisée Reclus utilisaient le terme "milieu". Sens. Le mot "environnement" est polysémique, c'est-à-dire qu'il a plusieurs sens . Ayant le sens de base de "ce qui entoure", il peut prendre le sens de "cadre de vie", de "voisinage", d"'ambiance," ou encore de "contexte" (en linguistique). L'environnement au sens d"'environnement naturel qui entoure l'homme" est plus récent et s'est développé dans la seconde moitié du . Le mot "environnement" est à différencier du mot "nature" qui désigne les éléments naturels, biotiques et abiotiques, considérés seuls, alors que la notion d'environnement s'intéresse à la nature au regard des activités humaines, et aux interactions entre l'homme et la nature. Il faut également le différencier de l'écologie, qui est la science ayant pour objet les relations des êtres vivants avec leur environnement, ainsi qu'avec les autres êtres vivants, c'est-à-dire, l'étude des écosystèmes. La notion d'environnement englobe aujourd'hui l'étude des milieux naturels, les impacts de l'homme sur l'environnement et les actions engagées pour les réduire. L'environnement a acquis une valeur de bien commun, et a été compris comme étant aussi le support de vie nécessaire à toutes les autres espèces que l'Homme. En tant que patrimoine à raisonnablement exploiter pour pouvoir le léguer aux générations futures, il est le support de nombreux enjeux esthétiques, écologiques, économiques et socio-culturels, ainsi que spéculatifs (comme puits de carbone par exemple) et éthiques. L'ONU rappelle dans son rapport GEO-4 que sa dégradation (…) et . Ce même rapport rappelle que l'environnement fournit l'essentiel des ressources naturelles vitales de chacun (eau, air, sol, aliments, fibres, médicaments, etc.) et de l'Économie ; . Histoire. L'histoire de l'environnement est une sous-division de l'histoire qui intéresse de plus en plus de chercheurs. Son but est d'étudier rétrospectivement l'état de l'environnement à différentes époques et ses interactions avec les activités humaines. Avant le. La prise de conscience de l'existence d'un environnement s'est développée par vague et de manière différente selon les époques, les régions et les cultures humaines. Certaines interprétations animistes ou religieuses, comme le bouddhisme, ont favorisé un certain respect de la vie, des ressources naturelles, et des paysages. Ce respect était motivé avant tout par des croyances religieuses, bien plus que par un réel désir de protection des milieux naturels. En effet, les concepts d'environnement économique, urbain ou civique tels que nous les définissons aujourd'hui ne semblent pas avoir été relevés par les ethnologues ni par les historiens. Au. Au , en Occident, le romantisme a mis en avant la beauté des paysages sauvages, parfois en les opposant aux paysages et à la misère des mondes ouvriers, et industriels. En vantant les beautés de la nature, les romantiques ont fait prendre conscience que ce bien était précieux et devait être préservé. C'est par cet intérêt porté au paysage que les sociétés humaines vont commencer à prendre en compte l'environnement. À partir de 1825, les peintres de l'École de Barbizon sortent de leurs ateliers, ils peignent directement la nature dans la forêt de Fontainebleau et souhaitent en préserver sa beauté. Contre les forestiers qui souhaitent planter des résineux au risque d'altérer le paysage, ils inventent l'écoterrorisme en s'opposant aux coupes et en arrachant les jeunes plants potentiellement disgracieux. En 1853, ils obtiennent que cette forêt soit classée sur plus d'un millier d’hectares pour un motif esthétique. En 1861, un décret impérial officialise ces « réserves artistiques ». Ainsi la forêt de Fontainebleau devient le premier site naturel protégé au monde.Le géographe Élisée Reclus décrit avec émerveillement et poésie le milieu dans lequel vivent les hommes tout en constatant les effets du capitalisme sur l’agriculture et l’environnement. Précurseur de l'écologie, il sensibilise et incite ses lecteurs à endosser la responsabilité de la beauté de la nature, condition pour l’épanouissement de la nature et de l’humanité. En 1872, sous la menace que le gouvernement d'Adolphe Thiers fait peser sur la forêt de Fontainebleau George Sand se révèle pionnière de la future écologie. Soucieuse de rigueur et de curiosité scientifique elle convoque toutes les sciences naturelles : la biologie, la géologie, l'entomologie mais aussi les sciences de l'ingénieur pour rédiger un plaidoyer de douze pages où elle écrit : « Si on n’y prend garde, l’arbre disparaîtra et la fin de la planète viendra par dessèchement, sans cataclysme nécessaire, par la faute de l’homme », elle initie ainsi les règles d'une exploitation forestière respectueuse et sauve la première réserve naturelle. Les États-Unis créent le statut de parc national, avec le président Abraham Lincoln le et la Yosemite Valley devient le second site naturel protégé au monde. Le parc national de Yellowstone deviendra en 1872 le premier parc national. La France, en 1906, vote sa première loi sur la protection du paysage. À cette époque, c'est plutôt le paysage, et non l'écosystème qui guide les choix des élus pour les sites à protéger, comme le montre par exemple le classement des boucles de la Seine peints par les impressionnistes.En 1896, Arrhenius développe l'embryon de la première théorie environnementaliste, en étudiant l'effet de l'augmentation de la teneur en dioxyde de carbone (CO) dans l'atmosphère ; dans son article "De l'influence de l'acide carbonique dans l'air sur la température du sol", il cite la vapeur d'eau et le CO comme gaz à effet de serre, et emploie même le terme. Il propose certains calculs mettant en évidence l'élévation de la température en fonction de l'élévation de la concentration en CO ; il formule l'hypothèse du lien entre des variations de concentration au cours des âges géologiques, expliquant les variations de températures correspondantes. Au. Dès la fin du et pendant la majeure partie du , le développement mondial est très fort. La révolution industrielle et la forte croissance économique favorisent une industrie lourde et fortement consommatrice en ressources naturelles. Les nombreux conflits font prendre conscience de la rareté de certaines ressources, voire localement de leur épuisement. Les premières catastrophes industrielles et écologiques visibles (marées noires, pollution de l'air et des cours d'eau) sensibilisent l'opinion publique et certains décideurs à la protection des écosystèmes. La perception de l'environnement a également fortement progressé avec une meilleure diffusion des connaissances scientifiques et une meilleure compréhension des phénomènes naturels. La découverte et l'exploration de nouveaux milieux (Arctique, Antarctique, monde sous-marin) ont mis en évidence la fragilité de certains écosystèmes et la manière dont les activités humaines les affectent. Ils ont été respectivement et notamment vulgarisés par de nombreux auteurs, dont Paul-Émile Victor et le commandant Cousteau. Dans le même temps, la connaissance rétrospective de l'histoire de la planète et des espèces progressait avec la paléoécologie, et la mise à jour de preuves scientifiques de catastrophes écologiques majeures qui ont fait disparaître successivement des espèces durant des millions d'années. Ces sciences du passé ont montré les liens forts qui lient la pérennité des espèces à leur environnement et au climat. De nombreux outils scientifiques et techniques ont également contribué à une meilleure connaissance de l'environnement et donc à sa perception. Parmi les principaux, citons l'observation, puis l'analyse et la synthèse, photographie aérienne, puis satellitaire, et plus récemment, la modélisation prospective. Vers la fin du , la prise de conscience de la nécessité de protéger l'environnement devient mondiale, avec la première conférence des Nations unies sur l'environnement à Stockholm en juin 1972. En juin 1992, lors du sommet de la Terre de Rio de Janeiro, l'environnement est défini comme un bien commun et un bien public. Depuis les années 1990, les mentalités évoluent très rapidement pour se rapprocher de la perception que nous avons aujourd'hui de l'environnement. Cependant, la prise en compte de l'environnement dans les décisions et les pratiques environnementales diffère énormément d'un pays à l'autre. Dans les pays en voie de développement, où les préoccupations de la population sont très différentes de celles des pays développés, la protection de l'environnement occupe une place beaucoup plus marginale dans la société. Au. La Charte de l'environnement a été annoncée le 3 mai 2001 à Orléans par le président de la République française Jacques Chirac. Elle a été adossée à la Constitution française par la loi constitutionnelle du mars 2005. Par principe de précaution, elle dispose que : « Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ». Avec la Charte de l’environnement, le droit à l’environnement devient une liberté fondamentale de valeur constitutionnelle. La Charte place en effet, désormais, les principes de sauvegarde de notre environnement au même niveau que les Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 et les droits économiques et sociaux du préambule de la constitution de 1946. Art et environnement. Depuis quasiment les débuts de l'art, l'environnement a été une source d'inspiration inépuisable pour l'homme. Les représentations d'animaux ou de paysages jalonnent l'histoire de l'art, et il n'est pas une époque qui fasse exception à la règle. Les paysages occupent une part primordiale dans l'art en Extrême-Orient, notamment en Chine et au Japon, mais il faudra attendre la Renaissance en Europe pour voir les paysages prendre de l'importance dans la peinture. De nombreux peintres seront qualifiés de paysagistes, tant parmi les romantiques que parmi les impressionnistes. Plus tard, les éléments environnementaux seront toujours très présents dans les nouvelles formes d'art, comme la photo, et plus tard, le cinéma. Plus récemment, des artistes ou des personnalités utilisent l'art pour sensibiliser la population à la défense de l'environnement : c'est le cas par exemple d'Al Gore, qui réalisa un film "An inconvenient truth", ou le photographe Yann-Arthus Bertrand. Sciences de l'environnement. La science a connu un développement considérable au cours du dernier siècle. Les connaissances scientifiques ont beaucoup progressé, en particulier dans le domaine de l'environnement. Certaines disciplines spécialement dédiées à l'environnement, qui n'existaient pas jusque-là sont même apparues récemment, comme l'écologie devenue seulement prééminente dans la seconde moitié du . La mise au point de nouveaux moyens techniques, d'instruments de mesures et d'observation, a fait considérablement avancer la connaissance que nous avions de l'environnement, que ce soit au niveau du fonctionnement des êtres vivants et des interactions avec leur milieu, des écosystèmes. Les avancées de la physique et de la chimie nous ont permis de comprendre le fonctionnement des végétaux et plus globalement des corps vivants. L'avancée de la science a entraîné une plus grande mesurabilité des impacts humains sur l'environnement, d'où provient également une plus grande prise de conscience. Les problématiques environnementales sont passées de problèmes locaux, comme la protection d'une espèce, à des problèmes mondiaux (trou dans la couche d'ozone, réchauffement de la planète, par exemple). La nécessité d'avoir des données mondiales est donc apparue, entraînant le besoin de mutualiser les données. Par nécessité, le monitorage (programme de surveillance) environnemental se développe aujourd'hui à échelle planétaire, aidée par les avancées techniques, politiques et idéologiques. L'Organisation des Nations unies offre un cadre international de travail : PNUE, ainsi que des conférences internationales, et des sommets mondiaux, comme celui de Rio, permettant ainsi à des chercheurs de divers horizons de rassembler leurs connaissances. Les problématiques environnementales étant récemment devenues mondiales, il est fondamental d'appréhender la recherche scientifique de manière globale, et non plus locale. De nombreux pays ou groupes de pays ont également des communautés d'intervenants, d'indicateurs et de chercheurs spécialisés dans les thématiques environnementales, avec des programmes de mutualisation et d'échange des connaissances. Observation (monitoring) de l'environnement. Des agences ou observatoires de l'environnement se sont constitués dans de nombreux pays. Ils relèvent, mesurent, et suivent des indicateurs environnementaux et produisent des statistiques, éventuellement agrégées au niveau local, régional, national, européen (ex : Eurobaromètre) et planétaire (sous l'égide de l'ONU et du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Ce sont des outils d'aide à la décision. Impacts de l'Homme sur l'environnement. L'idée d'une dégradation de l'environnement de la Terre dans laquelle vivent les humains, par l'effet de la pollution, est devenue largement majoritaire à la fin du : cet effet prend la forme d'une crise écologique globale. Plus qu'une idée, les faits démontrent que l'évolution de l'environnement est représentative d'une dégradation de l'habitat, imputable à l'activité humaine. Pour mesurer cette dégradation, on peut se servir de plusieurs indicateurs : En 2001, un rapport de l'OCDE a fait l'état des thématiques environnementales et leur a associé un « niveau d'inquiétude ». Cette étude montre que les impacts de l'homme sur l'environnement sont multiples et variés. Presque tous les éléments constituant l'environnement sont touchés par les activités humaines. Ces impacts sur l'environnement sont liés à plusieurs facteurs, dont ceux évoqués le plus souvent sont la démographie et le développement économique. En effet, le lien entre la population et la pollution est évident : les impacts humains locaux sont proportionnels au nombre d'habitants d'une région, et il en est de même pour le nombre d'habitants sur la Terre. Mais la démographie n'est pas le seul facteur qui intervient dans cette équation. Le niveau de développement économique, les habitudes de vie, le climat et toute une multitude de facteurs, jouent un rôle très important dans les impacts sur l'environnement, ce qui amène de nombreux spécialistes à relativiser le rôle de la démographie et de la surpopulation dans les problèmes environnementaux. Sols. Les problèmes liés aux sols sont souvent des problèmes d'ordre local. On parle de régression et dégradation des sols lorsqu'un sol perd en qualité ou que ses propriétés changent. Ils peuvent être divisés en deux catégories : Eau. Selon un rapport de l'OCDE de 2001, trois points sont particulièrement préoccupants concernant l'eau. Il s'agit de la consommation d'eau et l'épuisement de la ressource, la pollution des eaux de surface et la pollution des eaux souterraines. Eau ressource. La gestion de l'eau en tant que ressource naturelle est une question préoccupante pour de nombreux états. Le rapport de l'OCDE de 2001 qualifie ce problème comme « nécessitant une attention urgente ». Toujours d'après ce rapport, un grand nombre d'humains vivent dans des zones soumises au stress hydrique. En 2030, en l'absence de mesures efficaces pour préserver les ressources en eau potable, il pourrait y avoir milliards de personnes concernées par le stress hydrique, dont 80 % de la population du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Cette pénurie sera aggravée par l'augmentation de la population et donc des besoins en eau pour boire ou pour l'agriculture. Le réchauffement de la planète aurait également des incidences fortes sur les ressources en eau. Des régions comme l'Asie centrale, l'Afrique sahélienne ou les grandes plaines des États-Unis pourraient connaître un assèchement dramatique pour les populations, leur approvisionnement en eau, et l'agriculture, comme le rappellent les études de l'UNFCCC. Ce manque d'eau à l'échelle mondiale semble donc inéluctable, et s'annonce lourd de conséquences sur les activités humaines (agriculture, développement, énergie), et sur les relations diplomatiques internationales. En effet, les enjeux se multiplient autour de l'eau ; indispensable à la survie d'une population, elle l'est aussi pour l'agriculture, via l'irrigation, à la production d'énergie hydraulique. Les cours d'eau ne se limitant généralement pas à un seul État, ils sont devenus des enjeux géopolitiques stratégiques déterminants à la source de nombreux conflits. La plupart des états sont conscients de ces enjeux forts, comme en atteste la tenue régulière du forum alternatif mondial de l'eau. Qualité de l'eau. La pénurie d'eau n'est pas la seule préoccupation à avoir vis-à-vis de la gestion des ressources en eau. En 2001, l'évolution de leur qualité et de leur degré de pollution était également inquiétante. Parce que l'eau douce est une ressource précieuse, la pollution des nappes phréatiques, qui constituent une réserve importante d'eau douce relativement pure, et des lacs et des rivières, est sans doute la plus préoccupante. Ceux-ci étant également liés aux activités humaines, ils sont affectés, et leur état est globalement en cours de dégradation. Les pollutions des eaux douces se retrouvent dans les mers et les océans, de par le cycle de l'eau, et viennent ainsi aggraver la pollution marine. La pollution des eaux peut être d'origine et de nature diverses et variées. Elle peut être : Air. La pollution atmosphérique, ou pollution de l'air, est une pollution d'origine diffuse qui peut avoir des effets locaux ou globaux. Le terme « pollution de l'air » signifie généralement « l'introduction directe ou indirecte dans l'air ambiant (à l'exception des espaces confinés) par l'homme de toute substance susceptible d'avoir des effets nocifs sur la santé humaine et/ou l'environnement dans son ensemble ». Comme pour l'eau, la pollution de l'air peut être de nature et d'origine diverses et variées. On distingue différents types de pollutions : Les effets de cette pollution peuvent être régionaux ou mondiaux. Régionalement, on peut avoir : À l'échelle de la planète, les effets de la pollution atmosphérique sont importants, et ont des impacts sur l'atmosphère et le climat de l'ensemble du globe. Les deux principaux effets de cette pollution sont : Biodiversité. Les activités humaines ont une incidence forte sur la biodiversité, c'est-à-dire sur l'avenir des espèces vivantes, animales et végétales. Le taux d'extinction actuel des espèces est de 100 à fois supérieur au taux moyen naturel constaté dans l'histoire de l'évolution de la planète. En 2007, l'UICN a évalué qu'une espèce d'oiseaux sur huit, un mammifère sur quatre, un amphibien sur trois et 70 % de toutes les plantes sont en péril. Cette extinction massive des temps modernes est souvent désignée par le nom d'extinction de l'Holocène. L'origine de cette extinction massive d'espèces est principalement humaine, et notamment depuis les années 1500, où l'influence de l'homme a considérablement augmenté. La surchasse et la surpêche sont à l'origine de la disparition ou facteurs de menaces sur plusieurs espèces, mais c'est surtout la destruction et la dégradation de l'habitat naturel qui a eu les plus importantes conséquences. L'anthropisation grandissante des milieux naturels, via la déforestation, l'imperméabilisation des sols, l'agriculture et l'élevage extensif, l'urbanisation des littoraux, l'introduction d'espèces invasives, mais aussi la pollution des eaux et des sols, ainsi que le changement climatique, sont autant de facteurs qui réduisent ou détruisent l'habitat de certaines espèces, causant parfois leur disparition. La biodiversité fait l'objet d'études internationales dirigées par les Nations unies, "via" un groupe d'experts : l'IPBES. Elle est considérée comme un indicateur important, dont la dégradation serait significative pour la santé de la planète, mais aussi pour le bien-être humain. La préservation de la biodiversité est également une cible des objectifs du millénaire pour le développement. Ressources naturelles. Une ressource naturelle est un élément présent dans la nature, exploité ou non par les humains, et pouvant être renouvelable ou non renouvelable. Dans une approche quantitative, on parle de capital naturel. La raréfaction des ressources naturelles est considérée comme inquiétante et représente une menace pour l'environnement et les activités humaines, qu'il s'agisse des ressources naturelles renouvelables, ou des ressources non renouvelables. S'agissant des ressources renouvelables (poissons, forêts, etc.), leur surexploitation peut entraîner une baisse significative de la ressource disponible, diminuant ainsi sa capacité de renouvellement. Ce sont les problèmes de la surpêche et de la déforestation entre autres. Si rien n'est fait pour enrayer cette spirale, cela peut conduire à l'épuisement total de la ressource, comme cela s'est déjà produit localement sur l'île de Pâques, par exemple, où la déforestation a conduit à la disparition des arbres sur l'île et à l'extinction de plusieurs espèces. Pour les ressources non renouvelables telles que les énergies fossiles et les minerais, l'impact de leur extraction sur l'environnement est relativement faible à court terme. C'est leur utilisation, qui produit souvent une pollution significative, et leur raréfaction qui sont une source d'inquiétude socio-économique. En effet, certaines de ces ressources sont une composante importante de l'activité humaine et économique. Leur extraction, continuellement en hausse, conduit à une baisse inquiétante des réserves, ce qui pose des problèmes pour les besoins des générations futures en matières premières. Catastrophes écologiques. L'apparition de certains types d'industrie et de nouvelles techniques au cours du a rendu possible des accidents ou des actions ayant des conséquences très importantes sur les hommes et sur de multiples domaines de l'environnement, tout en touchant des zones géographiques plus ou moins vastes. Certains de ces accidents, dont certaines grandes catastrophes industrielles ou certains accidents nucléaires, peuvent affecter des écosystèmes entiers et engendrer des séquelles graves sur l'environnement. On parle alors de catastrophe environnementale ou écologique. Le terme est parfois utilisé pour désigner, non pas un événement ponctuel, mais une action ayant des effets négatifs importants et constants sur l'environnement. Le thème a notamment été largement utilisé dans les médias pour parler de l'impact écologique du barrage des Trois-Gorges. Effets sur la santé humaine. Les dégradations de l'environnement ont des effets importants, sur la santé humaine et la qualité de vie des populations, comme en attestent les études sur le sujet et les différents organismes chargés d'étudier la relation entre la santé et l'environnement. La qualité de l'environnement — notamment dans les régions fortement peuplées —, est devenue un véritable problème de santé publique. Le lien entre santé et environnement a pris toute son importance depuis le sommet de la Terre de Rio en 1992 ; la protection de l'environnement est alors apparue comme une étape incontournable des politiques de santé publique mondiales. Ce lien est généralement désigné par le terme santé-environnement, et il est étudié par la médecine environnementale et le domaine des risques sanitaires. Les domaines de l'environnement pour lesquels la pollution peut avoir les conséquences les plus néfastes sur les populations sont l'eau et l'air, ressources indispensables à la vie. La pollution des sols peut aussi générer, à plus long terme, des problématiques sanitaires. L'eau et l'air peuvent être vecteurs de produits toxiques, CMR, non-biodégradables, allergisants ou eutrophisants mais aussi de virus, bactéries et autres agents pathogènes ayant des effets pathologiques directs, à court, moyen ou long terme, sur les organismes vivants. Relations de l’humain avec l’environnement. Il existe un pan de recherche portant spécifiquement sur les relations que l’humain entretient avec l’environnement, soit l’anthropologie de l’environnement. Plusieurs approches marquent cette branche de la recherche : l’écologie culturelle de Steward, l’approche écosystémique de Rappaport, l’ethnoscience et l’ethnoécologie comme chez Haudricourt, l’œuvre d’anthropologie structurale de Claude Lévi-Strauss, les sur rapports à la nature, des vivants et des non-vivants, notamment ceux de Ellen et Katsuyochi, de Descola et de Viveiros de Castro, et ceux sur la perception et sur « l’habiter » menés par Ingold. Ces recherches, selon Doyon, ont quelques points en commun : d’abord de questionner les perceptions et les constructions sociales de la nature. Mais aussi, elles cherchent souvent aussi à montrer que les divisions courantes dans la pensée occidentale entre la nature et la culture, ou entre la société et l’environnement ne sont finalement pas universelles et s’ancrent plutôt dans des constructions modernes, dans la suite des travaux de Latour. Quant aux thèmes de recherche, ceux-ci sont aussi variés. Les conséquences sociales, économiques et politiques des discours globalisés sur l’environnement sont une voie explorée par plusieurs spécialistes. Des enjeux connexes peuvent être discutés et analysés, comme la justice environnementale, les réfugiés climatiques et le racisme environnemental. D’autres sujets peuvent être étudiés dans les rapports entre humain et environnement, recensés par Doyon, parmi lesquels il y a : l’exploitation de la nature par la production mécanisée et industrielle en agriculture (pêche, exploitation minière, foresterie ou carburants fossiles), mais aussi le développement durable, la privatisation et la marchandisation de la nature et du vivant, la création des aires protégées, le développement de l’écotourisme. Le lien qui existe entre l'Homme, les animaux, la biodiversité et l'environnement est représenté par le concept du « One Welfare ». Techniques de protection de l'environnement. Dans les dernières années, des moyens techniques ont été développés pour adapter les méthodes industrielles aux impacts de l'activité humaine sur l'environnement. Ces moyens peuvent être techniques, mais aussi législatifs et normatifs. Au niveau international, des accords comme le protocole de Kyoto imposent des quotas maximum d'émissions de gaz à effet de serre. D'autres accords règlent des points plus précis, comme la protection d'un lieu, d'une espèce menacée, ou l'interdiction d'une substance. Traitement des effluents. Dans les pays développés, les effluents, qu'ils soient liquides ou gazeux, sont majoritairement traités. Ces effluents peuvent être d'origine industrielle ou provenir des particuliers. Dans la plupart des pays riches, les effluents sont traités lorsqu'ils sont polluants. Pour l'eau, les particuliers sont équipés de fosses septiques ou sont reliés à l'égout. Les rejets liquides passent alors par une station d'épuration avant d'être rejetés dans la nature. Pour les industries, la législation impose des normes qualitatives pour les rejets. Les industries possèdent leur propre station de traitement, ou sont elles aussi reliées à l'égout. S'agissant de l'air, il existe là-aussi des normes imposant de traiter les rejets polluants. Ces normes sont cependant très dépendantes des techniques existantes, selon le principe de la meilleure technique disponible. La situation est très différente dans les pays en voie de développement. La plupart des effluents ne sont pas du tout traités, par manque de moyens, ou par absence de législation contraignante. Les enjeux environnementaux sont véritablement importants ; des effluents non traités ont un impact fortement négatif, non seulement sur l'environnement, mais aussi sur la santé des habitants. Gestion des déchets. L'homme a un impact fort sur l'environnement via ses déchets. On estime que l'ensemble de l'humanité produit entre 3,4 et 4 milliards de tonnes de déchets par an, soit environ 600 kilos par an et par personne. Et ce chiffre est en constante augmentation Comme pour les effluents, l'absence de gestion des déchets dans les pays pauvres ou sortant des circuits légaux dans le monde, entraînent des impacts négatifs sur l'environnement et la santé humaine. On estime qu'environ 75 % des déchets d’équipements électriques et électroniques (50 millions de tonnes par an) disparaissent des circuits officiels de retraitement, exportée en grande partie illégalement vers des décharges clandestines en Afrique (Ghana, Nigeria), en Asie (Chine, Inde, Pakistan, Bangladesh), ou encore en Amérique du Sud. Pour éliminer les déchets, il faut tout d'abord les collecter. Ensuite, il existe différentes techniques pour les éliminer : L'impact environnemental des déchets peut être limité, à la fois par les industriels par l'Écoconception et d'autres dispositifs. Mais aussi par les consommateurs, à travers la démarche zéro déchet et la règle des 5 R, qui sont à appliquer dans cet ordre: Cette démarche permet d'éviter à la source la création de déchets, de préserver ainsi les ressources naturelles, et de mieux valoriser les déchets qui sont malgré tout générés. Gestion des ressources naturelles. La gestion des ressources naturelles est un enjeu environnemental de premier plan. Dans le but de sauvegarder les ressources non renouvelables, et de préserver les ressources renouvelables, des techniques de gestion se sont mises en place. Dans le cas du papier, certains labels certifient une gestion durable de la forêt, certifiant que l'exploitation respecte les rythmes de croissance des arbres et ne participe pas à la déforestation. Pour de nombreuses autres ressources, des labels existent, certifiant de techniques de gestion durables. Pour la pêche ou la chasse des quotas réglementaires imposent de respecter le rythme de renouvellement des espèces animales. Pour des espèces animales ou végétales menacées ou plus fragiles, il est possible de leur assurer une certaine protection grâce à des parcs naturels. Dans ce domaine, les efforts restant à faire sont grands pour assurer une gestion durable de la majorité des ressources que nous utilisons. C'est pour cette raison que l'OCDE a en fait une de ses priorités. Protection des milieux et des espèces. Dans le but de préserver la biodiversité, de nombreux moyens ont été développés pour protéger les milieux naturels et les espèces qui y vivent. Les réserves naturelles, qui existent dans de nombreux pays au monde, permettent de préserver des écosystèmes rares ou menacés en limitant l'urbanisation et les activités humaines dans les zones concernées. Pour les espèces menacées, l'UICN dresse et actualise une liste rouge répertoriant les espèces menacées d'extinction. Appuyées par des conventions internationales, comme la convention de Washington, des mesures sont prises pour leur préservation. Plus récemment, la meilleure compréhension des espèces animales a permis la création des corridors biologiques, qui permettent de relier des milieux naturels entre eux, favorisant ainsi la migration et la dispersion des espèces. Réduction des émissions de gaz à effet de serre. La réduction des émissions de gaz à effet de serre est devenue un enjeu mondial majeur pour la lutte contre le réchauffement climatique. La sobriété, le choix d'équipements moins gourmands en énergie sont là aussi les méthodes principalement employées. Le recours aux énergies renouvelables contribue, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, à combattre le réchauffement climatique, et représentent un avenir prometteur. Certains pays ont vu l'émergence et la progression de ces énergies ces dernières années, bien qu'elles restent encore marginales dans la plupart des pays. L'adoption par les consommateurs d'un régime végétarien ou végétalien contribue également à réduire l'émission de gaz à effet de serre. Les énergies renouvelables englobent des techniques relativement récentes, comme l'énergie solaire thermique, l'énergie solaire photovoltaïque, mais aussi d'autres formes d'énergies qui sont utilisées depuis longtemps sous d'autres formes, comme la biomasse, l'énergie éolienne, la géothermie et l'énergie hydraulique. Actions de protection de l'environnement. En réponse à la croissance des impacts négatifs sur l'environnement, et en partie, par la place grandissante de l'intérêt pour l'environnement dans la société, les gouvernements ont élaboré ou mis en place des lois ou des normes techniques, dans le but de réduire les répercussions néfastes de l'activité humaine sur l'environnement. Environnement : un des trois piliers du développement durable. Le terme "développement durable" apparaît pour la première fois dans un rapport de l'UICN publié en 1980. La traduction du terme anglais "sustainable development" devrait être "développement soutenable", mais l'expression "développement durable" lui a été préférée. C'est le rapport Brundtland (1987) qui pose véritablement les bases du développement durable, et qui en donne la définition de référence : « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Comme le détaille le rapport Bruntland, cela implique un développement qui soit à la fois vivable (écologiquement supportable et socialement juste), viable (économiquement rentable et écologiquement supportable) et équitable (économiquement rentable et socialement juste), s'appuyant en cela sur ce qu'on appelle souvent les trois piliers du développement durable : l'économie, le social et l'environnement. L'idée d'un développement soutenable signifie que l'on ne doit pas prendre à la Terre plus que ce qu'elle peut donner. Cela implique le recours aux énergies renouvelables, au recyclage pour les matières premières dont le stock n'est pas renouvelable (comme les métaux par exemple), mais aussi une bonne connaissance du rythme de renouvellement des espèces animales, des végétaux, de la qualité de l'air, de l'eau, et plus généralement, de toutes les ressources que nous utilisons ou sur lesquelles nous agissons. Le but de cette démarche est d'avoir une empreinte écologique suffisamment faible pour ne pas faire diminuer le capital naturel. Le développement durable a été décliné en programmes pour la préservation de l'environnement par la majorité des gouvernements et des instances internationales ; en effet, il existe aujourd'hui un consensus global autour de la nécessité de se préoccuper de la durabilité du développement. Mais le développement durable est aussi l'objet de nombreuses critiques. Luc Ferry, par exemple, se demande « "qui voudrait plaider pour un « développement intenable » ! Évidemment personne ! […] L'expression chante plus qu'elle ne parle" ». Le développement durable peut également parfois être instrumentalisé, soit à des fins politiques pour légitimer des idées protectionnistes, par exemple, ou à des fins commerciales, comme argument de vente par des grandes sociétés. Enfin, le développement durable met la croissance économique au cœur de la stratégie de protection de l'environnement, accordant notamment une place importante à l'innovation et aux solutions techniques alors que certains de ses détracteurs estiment que c'est la croissance économique elle-même qui est à l'origine de la dégradation de l'environnement : c'est la théorie de la décroissance. Modèles économiques. Le modèle économique de société, de par la consommation d'énergie, de matières premières, et de par le progrès technique, est très étroitement lié avec les impacts sur l'environnement et sa protection. Pour beaucoup, adopter un modèle économique différent permettrait de réduire nos impacts : les deux modèles les plus couramment évoqués sont celui du développement durable et celui de la décroissance. Décroissance. La décroissance est un modèle théorique qui prône la décroissance de l'économie dans le but de réduire les impacts humains sur l'environnement. Ce courant de pensée a pris naissance avec les réflexions du club de Rome, qui publia un rapport en 1972, sous le nom de "The Limits to Growth", traduit en français par "Halte à la croissance ?" et aussi connu sous le nom de "Rapport Meadows". Ce rapport part du constat que la population humaine ne cesse de croître, ainsi que la consommation de biens matériels, de matières premières, d'énergie, et la pollution engendrée. Il préconise donc de se limiter à une croissance zéro, pour éviter d'épuiser les ressources naturelles. Partant du même constat, les partisans de la décroissance, aussi appelés objecteurs de croissance, concentrent leurs critiques sur le choix du PIB comme indicateur de référence, jugeant ce dernier trop restrictif. En effet, cet indicateur ne prend pas en compte l'état de l'environnement et de ses ressources, pas plus que le bien-être humain. Pour eux, la meilleure solution serait d'entrer en décroissance économique de manière durable et d'abandonner ce qui n'est pas indispensable pour se contenter de satisfaire ses besoins naturels primaires sans entrer dans une société de consommation excessive. Les partisans de la décroissance sont opposés au développement durable, qui accorde une place importante à la croissance et au développement technique. Cette théorie est vivement critiquée, notamment sur le fait qu'elle ne prend pas en compte le fait que les progrès scientifiques et techniques pourraient permettre de moins polluer, remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables, et qu'il est possible de maintenir une croissance économique sans augmenter les consommations d'énergie et de matières premières. Pour étayer cet argument, ils s'appuient par exemple sur l'évolution de l'intensité énergétique des grandes économies mondiales qui a significativement baissé depuis vingt ans. Cette théorie a fait notamment l'objet des critiques de plusieurs « prix Nobel » d'économie, comme Amartya Sen ou Robert Solow, qui précisent que le progrès permettra de remplacer les matières premières manquantes, notamment par le biais du recyclage. Ils citent en exemple le rapport Meadows qui prédisait la fin du pétrole pour le début du . Enfin, un autre argument souvent repris est qu'un arrêt de la croissance économique serait préjudiciable aux pays les plus pauvres, dont la survie est très dépendante de la croissance, comme le prouve la crise économique de 2008-2009. Changement de mode d'alimentation. Plusieurs chercheurs et ingénieurs mettent en avant le fait qu'une diminution significative de la consommation de viande permettrait d'agir efficacement pour l'environnement. Le secteur de l'élevage représente environ 15% des émissions de gaz à effet de serre, principalement sous forme de méthane. L'élevage, intensif ou extensif, conduit à des risques environnementaux diverses tel que la pollution du sol et des eaux, une substitution des forêts au profit des prairies, et une substitution des prairies au profit de cultures dédiées à l'alimentation animale. Politiques de l'environnement. L'environnement en politique. Historiquement, ce n'est véritablement qu'avec l'apparition des dans les pays développés que l'environnement a occupé une place dans le débat politique. C'est à la fin des années 1970 que les premiers ministères de l'environnement voient le jour, avec la création le 2 décembre 1970 de l'Environmental Protection Agency par le gouvernement Nixon aux États-Unis, suivi en janvier 1971 par la France et en mai de la même année par l'Australie. Petit à petit, l'ensemble des pays développés vont se doter d'un tel ministère, avec plus ou moins d'importance, et souvent à la suite d'une détérioration importante de l'environnement, comme en Allemagne à la suite de la catastrophe de Tchernobyl. Depuis, la défense de l'environnement a pris une part croissante dans le débat politique, avec la création des partis verts. Les performances électorales de ces partis dans les pays développés se sont globalement améliorées des années 1980 à nos jours. Aujourd'hui, certaines élections récentes montrent l'importance des questions environnementales dans les débats politiques. En France en 2007, le pacte écologique de Nicolas Hulot, demandant un engagement fort en matière d'environnement, a été ratifié par tous les candidats à l'élection présidentielle. À l'élection présidentielle américaine de 2008, les questions environnementales ont eu une place importante dans les débats, défendues ardemment par Barack Obama. Enfin, aux élections européennes de 2009, le très bon score du groupe des Verts dans les pays de l'Union européenne vient confirmer cette tendance : l'environnement est véritablement devenu un enjeu politique fort. Actions internationales. Illustrant la globalité du phénomène et sa place croissante dans le monde politique et géopolitique, les actions internationales en lien avec l'environnement se sont multipliées : sommets internationaux, accords et protocoles, journées mondiales, évolution des réglementations, etc.. La description de la politique environnementale des États-Unis fait l'objet d'un article spécifique. Le manque de vision stratégique holistique bloque un certain nombre d'avancées pour l’environnement (ex Cf protocole de Kyoto et taxe carbone qui est l'exemple d'un échec majeur) Sommets et accords internationaux. La première réunion internationale autour de l'environnement fut la Conférence internationale sur l’usage et la conservation de la biosphère, qui s'est réunie en 1968 à Paris. Elle permit aux différents acteurs présents d'entamer les discussions en vue du premier Sommet de la Terre, prévu à Stockholm en 1972. Ces sommets de la Terre sont les principaux sommets internationaux consacrés à l'environnement, et se tiennent tous les 10 ans. La conférence des Nations unies sur l'environnement de Stockholm en juin 1972, premier sommet international de grande ampleur consacrée à l'état de l'environnement, marque véritablement la prise de conscience d'un problème environnemental mondial, et de la nécessité d'une action concertée de préservation. Elle débouche sur une déclaration de principes et un plan d'action concrètes. Le 3 mars 1973, la convention de Washington est adoptée par un grand nombre de pays. Elle a pour objectif de veiller à ce qu'aucun commerce ne mette en danger la pérennité d'une espèce animale dans son milieu naturel. Son combat le plus connu est peut-être celui contre le trafic d'ivoire, qui met en danger les éléphants d'Afrique. La même année est adoptée la convention MARPOL, qui réglemente les pratiques en vue de diminuer les pollutions marines. Le sommet de la Terre de Nairobi, qui s'est tenu en 1982, a été un échec, du fait du faible intérêt de Ronald Reagan, alors président des États-Unis, du faible retentissement de ce sommet, et de l'absence de décisions importantes. Ce sommet n'est d'ailleurs pas considéré comme un sommet de la Terre. En 1984, le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) organise la Conférence mondiale de l’industrie sur la gestion de l’environnement, à Versailles, puis l'année d'après la Conférence internationale sur l’évaluation du rôle du dioxyde de carbone et autres gaz à effets de serre à Villach, alors que les premières interrogations sur le réchauffement climatique commencent à surgir. Le est signé le protocole de Montréal, qui vise à stopper les dégâts causés à la couche d'ozone, notamment en interdisant l'usage des chlorofluorocarbures et d'autres gaz nocifs pour la couche d'ozone. En 1989, la convention de Bâle réglemente le commerce des déchets, en interdisant notamment l'exportation de déchets des pays développés vers les pays en voie de développement pour échapper aux réglementations locales. En juin 1992, lors du sommet de la Terre de Rio de Janeiro, l'environnement a été défini comme un « bien commun » ou un « bien public ». Les acteurs internationaux ont montré avoir pris conscience que la problématique environnementale ne pouvait pas être découplée des problèmes économiques, écologiques et sociaux, de sorte que l'environnement a été considéré comme un dénominateur des trois piliers du développement durable. Il a été intégré dans les objectifs des agendas 21 pour les collectivités territoriales. Le est signé le protocole de Kyoto. Ce texte est d'une importance fondamentale puisque les pays l'ayant signé s'engagent à réduire leurs émissions en gaz à effet de serre, avec des objectifs chiffrés, et ce, pour essayer de limiter le réchauffement climatique. La mise en application du protocole et son suivi donneront lieu à une conférence internationale quasiment tous les ans. Ce protocole n'est entré en vigueur qu'en 2005, puisqu'il devait pour cela être ratifié par des pays dont les émissions en gaz à effet de serre représentent au moins 55 % des émissions mondiales. En 2002, lors du Sommet de la Terre de Johannesburg, sous l'impulsion, entre autres, des grandes ONG environnementales, l'environnement et le développement durable ont touché le monde des entreprises. On a vu émerger le concept de responsabilité sociétale des entreprises, application des principes de développement durable aux entreprises, l'environnement étant un témoin de l'efficacité fonctionnelle des trois piliers (économique, écologique et le social) du développement durable. Les préoccupations environnementales touchent également d'autres domaines, et apparaissent dans de nombreuses autres conférences ou sommets mondiaux (G8, G20, Conférences mondiales sur l'habitat, les villes, entre autres). Le conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni en avril 2007 pour agir contre les changements climatiques et les dégradations de l'environnement, témoignant de l'importance de la question. Le dernier sommet mondial important a été le sommet de Copenhague en décembre 2009, dont le bilan est mitigé qui a entamé la préparation de l'après-Kyoto, et essayé de lui donner un nouveau souffle en décidant d'engagements chiffrés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les journées internationales. Les journées mondiales ou internationales sont souvent officialisées par l'Organisation des Nations unies. Un nombre croissant de journées internationales sont consacrées à des thèmes environnementaux, illustrant la place grandissante des thématiques environnementales dans la société. On y trouve, entre autres : Réglementation. Le droit de l'environnement est une discipline relativement récente qui a pour objet l'étude ou l'élaboration de règles juridiques concernant l'utilisation, la protection, la gestion ou la restauration de l'environnement. C'est un droit technique et complexe, en pleine expansion, et dont les champs tendent à se densifier au fur et à mesure des avancées sociales, scientifiques et techniques. Il est dans un nombre croissant de pays matérialisé par un code de l'environnement, mais sans juridiction spécialisée à ce jour (il n'y a pas de juge de l'environnement, comme il peut y avoir un juge à l'enfance, une spécialité criminelle ou anti-terroriste). Dans certains pays il existe cependant des services de police, douane ou garde-côte ayant une spécialité environnementale. Les textes de références sont généralement nationaux, sauf dans le cas de conventions, d'accords, et de systèmes de management internationaux, comme la norme de management environnemental ISO 14001. La plupart des pays cherchent désormais à harmoniser leurs textes réglementaires pour adopter une réponse plus adaptée aux problèmes mondiaux. Sans que cela soit pour autant réglementé, de nombreuses ONG appellent à une éthique de l'environnement qui soit reconnue par la majorité. De même, certaines organisations demandent que soit développée la notion de crime environnemental, notion diversement définie à travers le monde. Associations écologistes. Il existe de nombreuses associations et organisations non gouvernementales actives sur les questions d'environnement. Parmi les plus en vue au niveau international, on trouve : En France, les associations peuvent être « agréées au titre de l'environnement » par le ministère de l'Écologie et du Développement durable. Ce sont des associations régies par la loi de 1901 qui contribuent à révéler des problèmes ou à trouver et tester des solutions dans les domaines de la protection de la nature et de l'environnement et de l'amélioration du cadre de vie (leur vigilance s'exerce sur l'ensemble du territoire). Il existe aussi des associations concernant l'éducation à l'environnement et au développement durable (EEDD) ou le lien santé-environnement, comme l'Association Santé Environnement France (ASEF). Économie de l'environnement. Théorie économique. L'économie de l'environnement est souvent considérée comme une sous-discipline de l'économie, qui s'intéresse aux relations entre l'environnement et l'économie, c'est-à-dire aux coûts des atteintes à l'environnement, de la protection et de la connaissance de l'environnement, ainsi qu'à l'efficacité et à la conception d'instruments économiques pour changer les comportements à l'égard de l'environnement. Toutefois, cette position est critiquée notamment par l'agroéconomiste américain Lester R. Brown, qui considère que l'économie devrait être au contraire une sous-discipline de l'écologie. Le problème qui se pose souvent est celui de la valeur marchande à attribuer à un bien environnemental, à une ressource ou à sa qualité. Par exemple, il est très difficile d'attribuer un montant à un air de bonne qualité ou de chiffrer les impacts d'une pollution sur l'eau. Les outils économiques permettant d'influencer les comportements sont nombreux, allant de la loi de l'offre et de la demande (qui rend moins accessible une ressource rare en augmentant son prix), les amendes, dont le calcul du montant peut s'avérer difficile, les licences, normes, permissions, etc. Cela nécessite une prise en compte des problèmes relatifs aux externalités liées à une activité, qui induisent un coût environnemental non pris en compte par le responsable ; par exemple, un agriculteur ne va pas payer les coûts engendrés par une éventuelle pollution de l'eau par les pesticides, ou un transporteur ne va pas payer pour les gaz rejetés dans l'atmosphère. C'est la prise en compte de ces problèmes qui a fait naître le principe de pollueur-payeur, mais également les droits à polluer, dont l'exemple le plus connu est peut-être la bourse du carbone, prévue par le protocole de Kyoto L'économie de l'environnement traite également des marchés associés au domaine de l'environnement, et dont la croissance est forte. Ces marchés répondent à des besoins de non-pollution, d'efficacité énergétique, de traitement de l'air, de l'eau, de propreté ou de dépollution. Cette croissance entraîne une hausse de la demande en personnel formé aux métiers de l'environnement. Métiers et formations. Les métiers de l'environnement se sont fortement développés dans le contexte du développement durable, faisant de l'environnement un secteur économique en plein développement. Le Grenelle de l'Environnement en France, et les objectifs de croissance verte et de réduction des rejets de CO2 dans les pays industrialisés ont donné une nouvelle impulsion au développement des métiers de l'environnement. On peut les séparer en cinq grands domaines : À cela il faut ajouter tous les métiers qui ne sont pas directement liés à l'environnement, mais qui comportent une fort dimension environnementale, comme les métiers de l'énergie, de la construction et de la thermique du bâtiment. La forte croissance de ces métiers demande des formations adaptées, elles aussi en forte augmentation. Dans les pays développés, il est aujourd'hui possible de trouver de nombreuses formations spécialisées ou ayant un lien avec l'environnement. Philosophie et éthique de l'environnement. Environnement et religion. La plupart des religions anciennes étaient respectueuses de l'environnement bien que la notion d'environnement à l'époque ne fût pas la même qu'aujourd'hui. Certaines religions animistes et celtiques faisaient des éléments de la nature, comme les sources, certains animaux ou plantes, des divinités. En effet, la non-compréhension de la nature lui conférait un aspect mystique qui aboutissait souvent à une divinisation de ses éléments. Dans l'hindouisme, l'environnement a une grande importance. On traduit hindouisme par "sanatana dharma", qui, traduit approximativement, signifie l'« essence éternelle du cosmos » – la qualité qui lie tous les êtres humains, animaux et végétaux à l'univers alentour et éventuellement à Dieu, source de toute existence. Le shintoïsme a également divinisé de nombreux éléments naturels, sous le nom de "kami". Un kami peut être toute entité supérieure à l'homme par sa nature. Le monde naturel joue un rôle important dans le judaïsme. Dans la loi juive (halakhah), on trouve des mises en garde pour la protection des arbres fruitiers, ou de tout ce qui relève du bien commun, y compris les éléments naturels constituant l'environnement. La gestion de la création a été confiée par Dieu à l'homme afin de lui assurer une base matérielle et un tremplin pour son développement spirituel. Le rapport du Judaïsme à la nature est donc marqué par le respect de ce qui appartient à Dieu (l'homme est gestionnaire, et non propriétaire) et le fait que tout élément sur terre a son rôle à jouer dans la création, pour le bien être de l'homme et l'harmonie de l'ensemble des créatures. L'Église catholique alerta la communauté internationale dès les années 1970 sur un important manque d'éthique. Notamment le pape Paul VI, inquiet des nouvelles politiques agricoles, a pris position en 1970 lors du anniversaire de la FAO, puis a délivré un message fort en 1972 à l'ouverture de la Conférence des Nations unies sur l'environnement de Stockholm. Puis, en parallèle à l'œcuménisme prôné par Jean-Paul II, divers évènements chrétiens eurent lieu sur la question de l'environnement. De multiples initiatives œcuméniques ont abouti à proposer en 2007 de consacrer un temps pour la sauvegarde de la Création chaque année entre le septembre (journée de prière pour la sauvegarde de la Création chez les orthodoxes, adoptée ensuite par les catholiques) et le 4 octobre (fête de saint François d'Assise chez les catholiques). De même, la plupart des autorités religieuses islamiques se sont positionnées en faveur d'un plus grand respect de l'environnement. 60 responsables religieux musulmans représentant 20 pays différents, se sont réunis les 17 et 18 août 2015 à Istanbul pour le colloque de l’Islamic Climate Change Symposium, et ont signé la déclaration islamique sur le changement climatique. Position du Saint-Siège. En juin 2012, à l'approche de la Conférence des Nations unies sur le développement durable, Rio+20, le Saint-Siège rappelle . En juin 2015, quelques mois avant la Conférence de Paris sur le climat (COP 21), le pape François publie l'encyclique "Laudato si"' (« sur la sauvegarde de la maison commune »). C'est la première encyclique d'un pape entièrement consacrée aux questions d'environnement, d'écologie intégrale, et de développement durable et intégral. Bien conscient des problèmes environnementaux de la planète, notamment de l'origine anthropique du réchauffement climatique, le pape souligne que ce sont les pauvres de la planète qui souffrent le plus de la dégradation de l'environnement, et il montre que la préservation de l'environnement ne peut pas être dissociée de la préoccupation d'aider les plus pauvres, ce qui constitue la dimension sociale de la doctrine de l'Église. Notes et références. Références. Sauf indication contraire, les sources présentées ici sont exclusivement en français (). |
Empereurs du Japon |
Enron Enron était une entreprise américaine du secteur de l'énergie, qui fut l'une des plus importantes entreprises américaines par sa capitalisation boursière. Outre ses activités initiales dans le gaz naturel, Enron avait monté un système de courtage par lequel elle achetait et revendait de l'électricité, notamment au réseau des distributeurs de courant de l'État de Californie. En décembre 2001, elle fit faillite de manière retentissante, en raison de pertes occasionnées par ses opérations spéculatives sur le marché de l'électricité, qui avaient été maquillées en bénéfices via des manipulations comptables. Cette faillite entraîna dans son sillage celle d'Arthur Andersen, qui auditait ses comptes, et fut à l'origine de nouvelles lois et normes dans les domaines de la finance et de la comptabilité. Le scandale Enron est devenu un important symbole des dérives du capitalisme américain des années 1990. Histoire. Création de la société. En 1984, Kenneth Lay, 42 ans, prend la tête de la "Houston Natural Gas", un petit distributeur texan de gaz. Il est l'ancien sous-secrétaire à l'Énergie dans l'administration Reagan et est très lié à la famille Bush qui a fait des affaires dans le pétrole, et à Dick Cheney, lui aussi patron dans le milieu pétrolier. En juillet 1985, Enron nait de la fusion de "Houston Natural Gas" et de la "Internorth of Omaha". Son nom fut d'abord Enteron, composé de "En" pour Energy, de "on" de Houston et de "ter" pour la phonétique. Néanmoins, ce mot veut dire « intestin » en anglais scientifique : les lettres "t" et "e" seront ôtées pour conserver "Enron". Quand l'entreprise démarra ses activités, elle était à la tête d'un réseau de gazoducs important. Son "business model" restait traditionnel : production et transport de gaz, ainsi que la vente, essentiellement sur les marchés de gros, dont il devient le leader avec 15 % du marché. Développement et diversification. Dans les activités de production et de transport d'énergie. Enron multiplie les prises de participation dans les sociétés de pipelines aux Etats-Unis, en Europe, en Asie et en Amérique du Sud. Les activités de trading sont déjà présentes, avec des instruments de couverture contre les risques de fluctuation des cours du pétrole et de gaz. En 1988, elle se développe à Londres pour capter les contrats de fourniture gazières résultant de la privatisation des services publics britanniques. La même année, elle lance la "Gas Bank", une chambre de compensation pour le commerce du gaz, chargée du montage financier des projets d'investissements gaziers, qui préfigure son "business model" à venir. Dans le courtage d'énergie. Au tournant des années 1990 et avec l'arrivée de Jeffrey Skilling, ancien consultant de McKinsey, Enron entend profiter de la libéralisation du marché de l'énergie aux États-Unis et adopte un nouveau "business" "model" autour du courtage de l'énergie. Enron offre, grâce à la "Gas Bank", des produits financiers dérivés comme des swaps, options, ... à ses clients : elle couvre des risques technologiques (accidents), économiques (fluctuations de cours), politiques (risque-pays), financiers (variations de taux d'intérêt, de taux de change...). Enron fait ainsi appel à des techniques d'ingénierie financière, considérant . Enron est la contrepartie de toutes les transactions. La détention des actifs (infrastructures énergétiques) devient alors secondaire dans le business d'Enron et lui permet de faire se rencontrer l'offre et la demande si besoin. Le business des pipelines devient un business de trading. Matières premières, réseaux de télécommunications.... En 1993, elle se lance dans le commerce de l'électricité. Puis elle entreprend une diversification en élargissant son marché à d'autres matières premières et offre des dérivés sur un grand nombre de sous-jacents. En 1996, elle se lance sur le Nord Pool, bourse de l'électricité des pays scandinaves. Cette politique sera suivie en 1999 par le lancement du site EnronOnline, une plate-forme de trading où seront négociés jusqu'à . Parmi les nouveaux produits lancés par Enron, on trouve : Ce développement se fit sous la tutelle du sénateur texan Phil Gramm, dont l'épouse était présidente de la "Commodity Futures Trading Commission" (CFTC, l'organe de contrôle des produits financiers dérivés, en particulier pour les matières premières). Plus largement, Enron était très active dans le domaine du lobbying, finançait certains partis politiques, et aurait réussi à influencer en sa faveur plusieurs lois et réglementations. Une vaste campagne de communication fut également lancée auprès des consommateurs, notamment pour les persuader qu'une dérégulation du marché (cf. déréglementation) réduirait leur facture de 43 %. Succès. Enron a longtemps été considérée comme un modèle d'innovation et de croissance aux Etats-Unis. De 1990 à 1999, elle affiche un chiffre d'affaires et des résultats en progression de plus de 20% par an. Elle sert de modèle aux entreprises de la nouvelle économie qui profitent de l'essor d'Internet. Sa capitalisation boursière passe de 10 à 100 milliards de dollars et Enron est, à un moment, la septième entreprise la plus importante des Etats-Unis par ce critère. Sa croissance a été liée à un ensemble de facteurs exogènes ou endogènes : Le magazine "Fortune" décerne à Enron le titre "d'entreprise la plus innovante des États-Unis" six années de suite. Elle a aussi redynamisé Houston, la ville où elle est basée, qui avait été sinistrée par les deux chocs pétroliers. Culture d'entreprise. Enron avait développé une culture d'entreprise très agressive et portée sur la prise de risque, souvent qualifiée d'arrogante. Sa politique de ressources humaines consistait à recruter des cadres à haut potentiel issus des meilleures universités américaines et baignant dans la culture élitiste, ainsi que des traders expérimentés. Elle les rémunérait bien mieux que ne le faisait la concurrence. La culture d'Enron valorisait plus que tout le reste la croissance et la performance financière, assortie de sanctions en cas d'échecs. Les salariés étaient mis sous tension par un système de notation, les plus mal notés étant limogés, inspiré du modèle de Jack Welch de General Electric. Controverses avant le scandale. En janvier 1999, Human Rights Watch accuse Enron de complicité dans de « graves violations » des droits de l’homme en Inde. La centrale de Dabhol, détenue à 50 % par Enron, « emploie des forces de sécurité qui agressent régulièrement les personnes qui manifestent pacifiquement contre la centrale », écrit l'organisation, qui accuse les gouvernements indien et américain de tolérer ces pratiques. Le scandale Enron. Fraudes et manipulations. En interne, Enron créa plus de . Le but premier de ces sociétés était de permettre à des investisseurs de cofinancer des infrastructures longues à rentabiliser grâce à la titrisation. Ces sociétés permettaient aussi d'externaliser certains risques importants de la société mère pour éviter de la mettre en péril. Enron utilisait largement ce type de sociétés non consolidées dans ces buts et par la suite pour sortir des actifs ou des passifs du bilan. Ces sociétés, dont les sièges sociaux étaient installés dans les îles Caïmans, les Bermudes ou les Bahamas, rendaient ainsi le bilan plus "présentable". Toutefois, de succinctes informations sur ces filiales étaient indiquées dans des notes en bas de page des documents d'information financière. L'entreprise poursuivait simultanément une politique de communication agressive. "«Je crois en Dieu et je crois dans le marché»", déclare Kenneth Lay, le charismatique président de Enron. Il envoya aux salariés un courrier leur annonçant qu'il pensait que le cours de l'action gagnerait 800 % avant l'année 2010. Exemple de montage financier d'Enron. L'objectif est de permettre à Enron d'emprunter de l'argent sans que cela apparaisse dans ses comptes. L'opération implique trois acteurs : Enron, une filiale offshore d'Enron (comme Jedi, LJM ou Mahonia) et une banque (appelons-la banque A). Tous sont complices du montage. L'opération est ici largement simplifiée. D'abord la filiale vend pour un million de dollars de gaz à la banque A. La filiale, contrôlée par Enron, reçoit alors un million de dollars de la part de la banque A (un contrat de livraison de gaz est signé, mais cette livraison n'a pas lieu ; seul son paiement est effectué). Enron vend ensuite pour un million de dollars de gaz à sa filiale. Enron reçoit donc un million de dollars de cette dernière. Enfin Enron achète à la banque A pour un million cinquante mille dollars de gaz, et paie en plusieurs fois. La banque A recevra, au terme du processus, un million cinquante mille dollars (les cinquante mille dollars sont, en réalité, des intérêts). Quel est le résultat ? L'opération équivaut pour Enron à contracter un prêt d'un million de dollars auprès de la banque A et le rembourser progressivement avec des intérêts. Mais cela apparaît dans les comptes comme une opération commerciale, et permet à Enron de se surendetter sans éveiller les soupçons. D'autre part, sur les résultats comptables, Jeff Skilling demanda, comme condition à sa prise de la direction, de tenir une comptabilité sur la base des prix du marché et non pas sur des valeurs historiques, ce que le cabinet Arthur Andersen accepta. Il faut savoir qu'aucune pratique ne réglemente encore le nouveau "business model" d'Enron. Cette méthode de comptabilité à la valeur du marché qui est la règle dans le domaine de la finance est appliquée pour la première fois hors de ce milieu. Cela permet d'inscrire en comptabilité non pas les bénéfices réels, mais les bénéfices à la valeur du cours du gaz au jour de la signature du contrat. La révélation des fraudes et l'effondrement de l'entreprise. En 2000-2001, les actions Enron baissent fortement dans le sillage de l'explosion de la bulle Internet. Comme ces actions servent de garantie à de nombreux montages financiers réalisés entre Enron et les banques, celles-ci demandent le remboursement de ces emprunts camouflés qui, dès lors, réapparaissent dans le bilan d'Enron. Le 20 août 2001, son PDG, Kenneth Lay, déclare à Business Week: « La société est probablement dans sa meilleure forme, la meilleure qu'elle ait jamais eue. » Il a pourtant vendu toutes ses actions Enron depuis six mois, empochant au passage une dizaine de millions de dollars de profit net. Le 9 octobre 2001, Goldman Sachs qualifie Enron de "« best of the best »". Le 29 octobre 2001, le PDG d'Enron joint le secrétaire au Commerce Donald Evans pour lui demander s'il peut influencer l'agence de cotation Moody's qui a dégradé la note de la dette à long terme de sa société. Evans estime qu'il ne peut intervenir. Le , la SEC (le gendarme de la bourse américaine) ouvre une enquête. Le , la multinationale se déclare en faillite ; le cours de l'action chute à en quelques mois. En un an, sa valeur boursière a été divisée par 350. Environ sont immédiatement licenciés, . Des procédures pénales sont ouvertes contre les anciens dirigeants de l'entreprise : le trésorier, Ben Glisan fut condamné à cinq ans de prison. Le directeur financier, Andrew Fastow, à dix ans (son épouse, Lea, fut elle aussi condamnée pour avoir aidé à masquer les comptes). Le , Kenneth Lay, , est reconnu coupable de six chefs d'accusation, dont la fraude et le complot ; mais il décède d'un infarctus le 6 juillet avant de commencer à purger sa peine. L'ancien numéro deux d'Enron, Jeffrey Skilling est également reconnu coupable de 19 des 28 accusations, dont fraude, complot, fausses déclarations et délit d'initié et condamné à vingt-quatre ans et quatre mois de prison le . La Cour suprême des États-Unis décide le 24 juin 2010 d'annuler la condamnation de Jeffrey Skilling, ancien PDG d'Enron, pour manquement à ses « obligations morales » lors de la faillite de la société en 2001. Le 21 juin 2013, sa peine initiale de 24 ans de détention est ramenée à 14 années. Les anciens partenaires de l'entreprise sont également inquiétés par les poursuites judiciaires, notamment : le cabinet Arthur Andersen, qui est démantelé en 2002 à la suite de la faillite d'Enron, Citigroup, JP Morgan, Merrill Lynch, Deutsche Bank, la CIBC, et la banque Barclays. NatWest. David Birmingham, Giles Darby et Gary Mulgrew, trois anciens banquiers britanniques de la banque Greenwich NatWest - accusés par la justice des États-Unis de transactions frauduleuses liées à l'affaire Enron - ont été extradés de leur pays le . Un quatrième banquier, Neil Coulbeck, s'est suicidé. |
Eukaryota Les eucaryotes (Eukaryota) sont un domaine regroupant tous les organismes, unicellulaires ou multicellulaires, qui se caractérisent par la présence d'un noyau et généralement d'organites spécialisés dans la respiration, en particulier mitochondries chez les aérobies mais aussi hydrogénosomes chez certains anaérobies. On le distingue classiquement des deux autres domaines que sont les bactéries et les archées (mais le clade des eucaryotes s'embranche en fait parmi ces Archées). Les eucaryotes rassemblent trois grands règnes du monde du vivant : les animaux, les champignons, les plantes, et d'autres (par exemple les algues brunes). Les eucaryotes unicellulaires sont parfois regroupés sous le terme de « protistes » et les non-eucaryotes sous la dénomination de « procaryotes » (ces deux derniers groupes étant paraphylétiques). Les eucaryotes peuvent se reproduire de manière sexuée (par méiose et fusion de gamètes) ou non (par mitose). Dans la mitose, une cellule se divise pour produire deux cellules génétiquement identiques. Dans la méiose, la réplication de l'ADN est suivie de deux cycles de division cellulaire pour produire quatre cellules filles haploïdes. Celles-ci agissent comme des cellules sexuelles (gamètes). Chaque gamète ne possède qu'un seul ensemble de chromosomes, chacun étant un mélange unique de la paire correspondante de chromosomes parentaux résultant d'une recombinaison génétique au cours de la méiose. Étymologie et histoire du concept. Le terme Eukaryota provient du grec "eu", « bien » et "karuon", « noyau ». Il signifie donc littéralement « ceux qui possèdent un véritable noyau ». Il s'oppose au concept de Prokaryota. Les eucaryotes forment traditionnellement un empire du monde vivant, ou un domaine dans la classification proposée par Carl Woese. À cette occasion, ce dernier suggère un changement de nom pour Eucarya, un terme aujourd'hui très peu employé, en dehors de quelques microbiologistes. Le terme est aussi écrit sous la variante Eukarya, notamment par certains biologistes qui, à l'instar de Margulis et Chapman (2009), considèrent le taxon comme un super-règne. Caractéristiques morpho-anatomiques. Les cellules eucaryotes possèdent, par opposition aux procaryotes (archées et bactéries) : Origine évolutive. Apparition. Les plus anciens eucaryotes attestés seraient âgés de 1,6 Ga, certains acritarches dateraient approximativement de cette époque. Leur origine, toutefois, pourrait être encore plus ancienne. Grypania, vieille de , a été rapprochée des algues, et les Gabonionta, dans les formations de schistes noirs du Gabon, aussi anciens, suggèrent qu'une vie organisée faisant penser aux eucaryotes existait déjà. L'apparition des eucaryotes est encore plus ancienne. La présence de stérane, marqueur biochimique des eucaryotes dans des formations schisteuses australiennes suggèrent qu'à l'époque deux lignées s'étaient déjà différenciées il y a . Les groupes modernes ont d'abord été retrouvés dans les archives fossiles il y a sous la forme d'une algue rouge. Mais là aussi, les origines sont plus anciennes puisqu'un fossile trouvé dans le bassin du Vindhya en Inde et datant de pourrait bien être une algue filamenteuse. D'autres cellules fossilisées datées de 1,6 milliard d'années et présentant des cellules compartimentées et des organelles ont été découvertes dans des roches sédimentaires en Inde centrale. Il semble y avoir deux types d'algues rouges nommées "Rafatazmia chitrakootensis" (filamenteuse et contenant de grands disques rhomboïdaux qui pourraient être des restes de chloroplastes) et "Ramathallus lobatus" (plus globulaire et charnue). Mieux dater l'apparition des premiers eucaryotes est important pour évaluer les vitesse et taux de mutations du génome dans le temps. Faute d'ADN, les chercheurs ne peuvent pas certifier qu'il s'agit d'algues rouges. Enracinement au sein des archées. Dans le monde des bactéries et des archées, le groupe le plus proche des eucaryotes est un super-embranchement d'archées, les archées d'Asgård. Leur génome code une série de protéines identiques ou similaires à des protéines qu'on pensait spécifiques des eucaryotes, et notamment l'actine qui forme le cytosquelette. Au sein des Asgards, l'embranchement le plus proche des eucaryotes est celui des Heimdallarchaeota. Origine de la mitochondrie. La mitochondrie serait le résultat de l'endosymbiose d'une alpha-protéobactérie (une rhodobactérie) par une cellule eucaryote primitive. L'existence de gènes d'endosymbiotes (transférés au noyau de la cellule hôte et intégrés dans le génome de cette dernière) ou de leurs vestiges (demeurant dans le noyau alors que les organites eux-mêmes sont perdus ou dégénérés) révèle que les ancêtres d'eucaryotes dépourvus de mitochondries ont contenu jadis de tels organites. Cladogramme. Les eucaryotes comprennent deux clades : Cladogramme selon les études de Cavalier-Smith, Brown Heiss et Torruella : |
Ensemble En mathématiques, un ensemble désigne "intuitivement" un rassemblement d’objets distincts (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme une totalité » pour paraphraser Georg Cantor qui est à l'origine de la théorie des ensembles. Dans une approche axiomatique, la théorie des ensembles est une théorie de l'appartenance (un élément d'un ensemble est dit « appartenir » à cet ensemble). Le mot "ensemble" désigne alors un objet du domaine de cette théorie, et les propriétés des ensembles sont régies par les axiomes de celle-ci. La théorie des ensembles est utilisée pour fonder les mathématiques, et dans cette approche tout objet mathématique est "in fine" un ensemble. Mais la notion d'ensemble est aussi une notion de base qui intervient dans à peu près tous les domaines des mathématiques. Origines. Le mathématicien Georg Cantor, énonçait : « Par "ensemble", nous entendons tout rassemblement "M" en une totalité d’objets "m" de notre intuition ou de notre pensée, déterminés et bien différenciés (qui seront appelés les "éléments" de M). » . Ceci était particulièrement novateur, s'agissant d'ensembles éventuellement infinis (ce sont ces derniers qui intéressaient Cantor). Ce qui est en jeu au premier chef dans la notion d'ensemble, c'est la relation d’appartenance : un élément "appartient" à un ensemble. Ce sont les propriétés de cette relation que Zermelo, puis d'autres, ont axiomatisées en théorie des ensembles. Il est assez remarquable que l'on puisse s'en contenter pour une théorie qui peut potentiellement formaliser les mathématiques. Mais ce n'était pas l'intention de Cantor, et il n'avait pas non plus axiomatisé sa théorie. L'objet de cet article est de donner une approche intuitive de la notion d'ensemble, telle qu'elle est indiquée dans l'article théorie naïve des ensembles. Ensembles, éléments et appartenance. Un "ensemble" peut être vu comme une sorte de sac virtuel entourant ses éléments, ce que modélisent bien les "diagrammes de Venn". Souvent (ce n'est pas toujours possible), on essaye de le distinguer typographiquement de ses éléments, par exemple en utilisant une lettre latine majuscule, par exemple « "E" » ou « "A" », pour représenter l'ensemble, et des minuscules, telles que « "x" » ou « "n" », pour ses éléments. Les "éléments" peuvent être de n’importe quelle nature : nombres, points géométriques, droites, fonctions, autres ensembles… On donne donc volontiers des exemples d'ensembles en dehors du monde mathématique. Par exemple : "lundi" est un élément de l’ensemble des "jours de la semaine" ; une "bibliothèque" est un ensemble de livres, etc. Un même objet peut être élément de plusieurs ensembles : "4" est un élément de l'ensemble des nombres entiers, ainsi que de l’ensemble des "nombres pairs" (forcément entiers). Ces deux derniers ensembles sont "infinis", ils ont une infinité d’éléments. L'appartenance d'un élément, noté par exemple "x", à un ensemble, noté par exemple "A", s’écrit : "x "∈ "A". Cet énoncé peut se lire : Le symbole « ∈ », dérive de la lettre grecque ε ("epsilon") introduite par Giuseppe Peano dès 1889. Pour Peano « "x" ε "A" » se lit « "x" est un "A" », par exemple « "x" ε N » se lit « "x" est un entier positif ou nul». Le ε renvoie à l'initiale du mot « est » (en latin, langue de l'article de Peano de 1889 !), en français, ou en italien (« è »). Bertrand Russell reprend les notations de Peano en 1903 dans les "Principles of Mathematics", ouvrage qui va participer à leur diffusion, et où est utilisée la forme arrondie vieillie du epsilon : « ϵ », en usage dans l'édition mathématique anglo-saxonne. Comme souvent pour les relations, on barre ce symbole pour indiquer sa négation, la non-appartenance d’un objet à un ensemble : Égalité de deux ensembles. En mathématiques – et pas seulement en mathématiques d'ailleurs –, on considère que deux objets sont égaux quand ils ont les mêmes propriétés, que l'on ne peut donc les distinguer l'un de l'autre – c'est la définition de l'égalité de Leibniz. Dire que deux objets sont égaux, c'est-à-dire que deux expressions désignent en fait le même objet, c'est donc donner une information sur ce que sont ces objets. En théorie des ensembles on décide qu'un ensemble est complètement caractérisé par ses éléments, son "extension", alors qu'il peut avoir plusieurs définitions. Par exemple, il n'y a pas lieu de distinguer l'ensemble des entiers différents d'eux-mêmes et l'ensemble des entiers supérieurs à tous les nombres premiers : ces deux ensembles sont tous les deux vides, donc égaux – ils ont bien les mêmes éléments –, même s'ils ont des définitions différentes, et sont vides pour des raisons très différentes. On dira donc que deux ensembles "A" et "B" sont égaux (on le notera comme d'habitude "A" = "B") quand ils ont exactement les mêmes éléments. Cette propriété est connue sous le nom d'extensionnalité : où « ⇔ » désigne l'équivalence logique. Deux ensembles qui ont les mêmes éléments sont bien "identiques" : tout ce qui peut être dit de l'un peut être dit de l'autre. Si nous nous représentons les deux ensembles comme des sacs étiquetés chacun par leur nom, s’ils sont égaux, alors il s’agit en fait d’un seul et même sac avec "deux" étiquettes. Par contre, les propriétés d’un ensemble ne dépendent absolument pas de la nature ou de la forme du sac, seulement de son contenu. Ainsi un ensemble est complètement déterminé par ses éléments. Quand un ensemble est fini, il est donc possible de le définir en donnant la liste de ses éléments, que l'on note traditionnellement entre accolades. Par exemple l'ensemble auxquels appartiennent les éléments 2, 3, et 5, et seulement ces éléments, est noté {2, 3, 5}. L'ensemble est défini en "extension". Mais on ne peut procéder ainsi en toute généralité, on ne pourrait définir ainsi un ensemble infini. Même si quelques artifices de notation qui ressemblent à la notation en extension sont possibles (voir ci-après), la façon la plus générale de définir un ensemble est de donner une propriété caractéristique des éléments de cet ensemble. Par exemple, on pourra définir l'ensemble des nombres premiers par une propriété caractéristique de ceux-ci : être différent de 1 et avoir pour seuls diviseurs 1 et lui-même. On parle de définition en "compréhension". L’ensemble {2, 3, 5} peut être défini en compréhension comme l’ensemble de tous les nombres premiers inférieurs à 6. La définition en extension des ensembles finis peut être vue comme un cas particulier simple de définition en compréhension : par exemple l'ensemble {2, 3, 5} est caractérisé par la propriété, pour un nombre entier, d'être égal à 2 ou à 3 ou à 5. Ensembles finis. Quand on parle d'ensembles finis, c'est en un sens intuitif, sans avoir vraiment défini cette notion. Un ensemble est fini quand on peut compter ses éléments à l'aide d'entiers tous plus petits qu'un entier donné. Les ensembles finis peuvent être "définis en extension", par la liste de leurs éléments, et décrits comme tels ; on place la liste des éléments d'un ensemble entre accolades, comme on l'a déjà vu pour l'ensemble {2, 3, 5}. Par exemple, l'ensemble des jours de la semaine peut être représenté par { lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche }. La notation d'un ensemble en extension n'est pas unique : un même ensemble peut être noté en extension de façon différentes. À cause de la propriété d'extensionnalité, il n'est pas question de distinguer des ensembles par le nombre de répétitions d'un même élément à ces ensembles : un élément appartient ou n'appartient pas à un ensemble, il ne peut appartenir à un ensemble une, deux, ou trois fois… On pourrait imposer que la notation se fasse sans répétitions, ce serait assez malcommode dès qu'interviennent des variables : on ne pourrait noter un ensemble en extension sans devoir supposer que ses éléments sont distincts. Il peut arriver que l'on ait besoin d'ensemble « avec répétition », dans le cas fini, il s'agit plus justement, de suites finies à l'ordre des éléments près, on définit alors la notion de multiensemble fini (qui peut se définir à partir de la notion de suite finie). Les ensembles réduits à un seul élément sont appelés singletons. Par exemple l'ensemble qui contient pour seul élément 0 est appelé « singleton 0 » et noté {0}. Les ensembles qui ont exactement deux éléments sont appelés paires, la paire des éléments 1 et 2, notée {1,2}, ne doit pas être confondue avec le couple (1,2), qui a un ordre déterminé. Par extensionnalité, il n'y a qu'un seul ensemble sans éléments, l'ensemble vide, que l'on note ∅ ou { }. Définition d’un ensemble en compréhension. Un ensemble peut être "défini en compréhension", c’est-à-dire qu'on le définit par une propriété caractéristique parmi les éléments d'un ensemble donné. Ainsi l'ensemble des entiers naturels pairs est clairement défini en compréhension, par la propriété « être pair » parmi les entiers naturels. On peut utiliser la "notation d'un ensemble en compréhension", par exemple pour l'ensemble des entiers naturels pairs, on écrira (ℕ désignant l'ensemble des entiers naturels) : On définira de la même façon (ℤ désignant l'ensemble des entiers relatifs) : La formulation générale est : Il n'est pas pour autant possible de définir un ensemble par n'importe quelle propriété, et lever entièrement la restriction de la compréhension. Si c'était le cas on pourrait définir l'ensemble {x | x ∉ x}, ce qui conduit à une contradiction (c'est le paradoxe de Russell). La restriction de la compréhension à un ensemble connu protège contre ce genre de paradoxes, elle correspond directement au schéma d'axiomes de compréhension de la théorie de Zermelo. Cette restriction ne peut se lever que dans des cas particuliers précis, qui correspondent à d'autres axiomes de la théorie de Zermelo (axiome de la paire, axiome de la réunion, axiome de l'ensemble des parties). On n'a pas dit ce que l'on entendait par « propriété » ou « condition ». Malgré la restriction précédente, on ne peut tout autoriser, sous peine d'autres paradoxes comme le paradoxe de Richard ou le paradoxe de Berry, qui fait intervenir, par exemple, « l'ensemble des entiers naturels définissables en moins de quinze mots français ». Il est nécessaire de préciser le langage dans lequel on peut définir ces conditions. En particulier ce langage doit être défini "a priori", et ne peut être étendu qu'à l'aide de définitions qui sont soit de simples abréviations, soit résultent de preuves d'existence et d'unicité. Ensemble défini comme image directe. Pour noter l'ensemble des carrés parfaits non nuls (voir exemple au paragraphe précédent) on peut utiliser la notation plus concise : dont la forme générale est : Elle représente l'ensemble des images d'un ensemble "E" par une application "f". L'ensemble obtenu s'appelle image directe de "E" par "f". Il s'agit d'une variante de la notation en compréhension ci-dessus. Elle se déduit de celle-ci, en utilisant la définition d'une fonction, si "F" est l'ensemble d'arrivée de la fonction "f" : De cette notation dérivent d'autres notations faciles à comprendre Ces notations ont leur avantage et leur inconvénient. D'un côté, elles facilitent une compréhension immédiate des ensembles considérés et rendent accessibles à l'intuition des objets plus compliqués. D'un autre côté, ces notations masquent un quantificateur existentiel indispensable dès lors que l'on veut utiliser cet ensemble. Autres notations. Il existe d'autres notations commodes, en particulier pour les ensembles de nombres, et plus généralement pour les ensembles totalement ordonnés. On peut utiliser des points de suspension, pour des notations inspirées de la notation en extension pour des ensembles de cardinalité infinie, ou finie mais non déterminée. Par exemple, l’ensemble des entiers naturels peut se noter par : ℕ = { 0, 1, 2, 3, … }. S'il est clair par ailleurs que "n" désigne un entier naturel, {1, 2, … , "n"}, voire {1, … , "n"} désigne en général l'ensemble des entiers supérieurs ou égaux à 1 et inférieurs ou égaux à "n". De même on peut écrire ℤ = { … , –3, –2, –1, 0, 1, 2, 3, … }. Quand il y a un procédé itératif simple pour engendrer les éléments de l'ensemble, on peut se risquer à des notations comme {0, 2, 4, 6, … } pour l'ensemble des entiers naturels pairs On peut bien sûr utiliser ces notations pour des ensembles ayant « beaucoup » d'éléments, {1, 2, … , 1000} plutôt que d'écrire les mille premiers nombres entiers non nuls, ou encore { 3, 5, … , 21} plutôt que { 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21 }. Toutes ces notations ne sont pas systématiques, ni universelles, et pour les dernières au moins, pas très rigoureuses. On peut encore signaler, la notation, rigoureuse celle-ci, de certains sous-ensembles de la droite réelle, les intervalles. Par abus de notation, parfois on ne note pas la variable dans la définition en compréhension, mais seulement la propriété. Ainsi on note un ensemble en plaçant entre accolades la nature, ou une propriété caractéristique, des objets qui lui appartiennent. Par exemple la notation {chiens} désigne l’ensemble de tous les chiens ; pour prendre un exemple plus mathématique, on pourrait écrire parfois {pairs} pour l'ensemble des nombres pairs. |
Ethernet Ethernet est un protocole de communication utilisé pour les réseaux informatiques, exploitant la commutation de paquets. Il réalise les fonctions de la couche physique et de la couche liaison de données (couches 1 et 2) du modèle OSI. C'est une norme internationale ISO/IEC/IEEE 8802-3. Il a été conçu au début des années 1970 pour faire communiquer des ordinateurs rattachés à un même « éther », c'est-à-dire, un milieu passif capable de transférer des données, comme un câble coaxial. Depuis les années 1990, on utilise très fréquemment une transmission sur un câble de paires torsadées pour la connexion des postes clients, et sur fibre optique pour le cœur du réseau. D'abord développé pour un débit binaire inférieur à , Ethernet est maintenant standardisé jusqu'à et des débits plus rapides sont à l'étude. À l'origine prévu pour des transmissions sur des réseaux locaux, Ethernet est aujourd'hui utilisé sur tout type de réseau (réseau étendu, dorsale Internet, automobile…) mais aussi pour des communications sur circuit imprimé. Ethernet divise le flux de données en petites sections appelées trames. Chaque trame consiste en un entête contenant des informations liées au message à transmettre, une charge utile contenant le message lui-même et un postambule incorporant un code de détection d'erreurs qui élimine les trames corrompues. La simplicité du protocole le rend très flexible et adaptable à d'autres technologies : c'est la raison de sa popularité. Les trames sont envoyées et reçues à l'aide d'un émetteur-récepteur qui assure la liaison entre le médium de transmission et l'équipement informatique. Ethernet est fréquemment utilisé pour transmettre les télécommunications personnelles ou professionnelles, et se combine facilement avec les technologies sans fil (protocoles Wi-Fi). Il a largement supplanté d'autres standards comme le , FDDI et ARCnet. Le protocole internet est communément porté par le protocole Ethernet, ce qui fait de ce dernier une importante base technologique d'Internet. Par métonymie, on parle parfois de câble Ethernet et de port Ethernet pour désigner un câble de paires torsadées avec connecteur 8P8C (appelé aussi connecteur RJ45) et du port associé, voire de connexion Ethernet pour désigner tout type de connexion filaire, même si le protocole Ethernet n'est pas forcément utilisé. Origine du nom. Dans les premiers réseaux Ethernet, le câble coaxial diffusait les données à toutes les machines connectées, de la même façon que les ondes radiofréquences parviennent à tous les récepteurs. Le nom "Ethernet" dérive de cette analogie : avant le , on imaginait que les ondes se propageaient dans l’"éther", milieu hypothétique censé baigner l'Univers. Quant au suffixe , il s'agit de l'abréviation du mot (« réseau ») en anglais. On peut écrire parfois le nom francisé "Éthernet". Modèle OSI. Le protocole Ethernet réalise les fonctions de la couche physique (couche 1 du modèle OSI) et de la sous-couche contrôle d'accès au support (MAC, ). Il est possible d'ajouter des protocoles supplémentaires en les encapsulant dans la trame Ethernet. Par exemple, quand elle est implémentée, la sous-couche contrôle de la liaison logique (LLC, ), standard IEEE 802.2, complète la couche liaison de données (couche 2 du modèle OSI). L'image ci-dessous schématise le rapport entre modèle OSI et le standard IEEE 802.3. Histoire. Ethernet a été développé au Xerox Palo Alto Research Center, à Palo Alto en Californie (États-Unis) à partir de 1973, grâce aux travaux de Robert Metcalfe s'inspirant d'ALOHAnet. Un brevet, dont les inventeurs sont Metcalfe, David Boggs, Charles Thacker et Butler Lampson, est déposé par Xerox en 1975. L'année suivante, Metcalfe et Boggs décrivent, dans un article, un système Ethernet opérationnel pour 256 stations réparties sur un kilomètre de câble coaxial. Metcalfe quitte Xerox en 1979 et fonde l'entreprise 3Com pour promouvoir l'utilisation des ordinateurs personnels et des réseaux locaux. Il convainc Digital Equipment Corporation, Intel et Xerox de travailler ensemble pour promouvoir Ethernet en tant que standard, au terme d'une période au cours de laquelle la réflexion des constructeurs s'oriente vers une informatique décentralisée. 3Com deviendra une compagnie majeure du domaine des réseaux informatiques, jusqu'à son rachat par Hewlett-Packard en 2010. La spécification Ethernet I (), surnommée « DIX » (pour « DEC Intel Xerox ») est publiée en 1980, puis révisée en 1982 (Ethernet II). L'Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens (IEEE) s'inspire de la spécification DIX et publie la norme IEEE 802.3 en 1983. Les standards DIX et 802.3 sont interopérables. Par la suite les mises à jour normatives ont été formalisées par l'IEEE, et 802.3 a du reste pris officiellement en compte les aspects de DIX en 1998 (révision 802.3-1998). Ethernet était à l'époque en compétition avec deux systèmes propriétaires, Token Ring (IBM, plus récent) et ARCnet (TRW-Matra, plus ancien) ; ces deux systèmes ont au fil du temps diminué en popularité puis disparu face à Ethernet, en raison de la baisse de coûts due à la production de masse, et aux modernisations ultérieures d'Ethernet. Ethernet avait par ailleurs moins de contraintes topologiques que le Token Ring (au CeBIT de 1995, on pouvait voir à titre expérimental un simili plafond blanc utilisé comme medium Ethernet, les signaux transitant par infrarouge). Normalisation. Au niveau de la couche MAC, le protocole Ethernet a très peu changé depuis son invention. Des protocoles supplémentaires se sont ajoutés pour pallier le manque de fonctionnalités d'Ethernet sans que le principe de base soit bouleversé. Quelques-uns sont décrits à la section Évolutions protocolaires ultérieures de cet article. Au niveau de la couche physique, au contraire, les évolutions d'Ethernet ont été nombreuses et motivées par plusieurs facteurs, dont le besoin d'un plus grand débit, l'adaptation aux structures préexistantes, le coût des équipements et du médium de transmission La section ci-dessous donne un bref résumé de quelques versions d'Ethernet les plus connues. En plus de tous ces standards officiels, plusieurs fabricants ont implémenté des versions propriétaires pour différentes raisons, par exemple pour opérer à de plus longues distances sur de la fibre optique. 10 Gigabit Ethernet. Ethernet (10GbE) et les standards plus rapides encore prennent seulement en charge le mode . L'utilisation de concentrateurs n'est plus possible. Le standard a été spécifié par le groupe de travail IEEE 802.3ae, dont la première publication date de 2002, puis a été incorporé dans une révision de l'IEEE 802.3. Sur fibre optique, le mode LAN fonctionne à un débit ligne physique de ce qui représente un débit à la couche MAC de , car la sous-couche PCS utilise un codage 64B66B. Le sur-débit de ce code est de 3 %, à comparer aux 25 % du codage 8B10B du Gigabit Ethernet. 25 Gigabit et 50 Gigabit Ethernet. Le 25 Gigabit Ethernet et 50 Gigabit Ethernet sont des standards destinés aux connexions de centres de données, définies sous les normes 802.3by et 802.3cd, et sont proposés par plusieurs constructeurs. Ils ont été validés en 2016. Ethernet par seconde et par seconde. Ces deux familles de standards (40GBASE et 100GBASE) ont été initialement définies en 2010 sous la norme IEEE 802.3ba. Ethernet par seconde et par seconde. Ces deux familles de standards (200GBASE et 400GBASE) ont été définies en décembre 2017 sous la norme IEEE 802.3bs. Interfaçage avec le médium de transmission. La connexion entre le médium de transmission (le plus souvent un câble) et l'équipement informatique (parfois via une carte réseau) est très importante, car elle réalise la transition entre lien physique et lien logique. Cette connexion est réalisée grâce à un émetteur-récepteur (), dont le format a évolué avec les différentes normes Ethernet. Câble coaxiaux. Dans les premières versions d'Ethernet, l'interfaçage avec le câble coaxial de transmission se fait grâce un adaptateur externe appelé Medium Attachment Unit (MAU). La connexion au médium de transmission est assurée en perçant le câble pour se connecter au centre et à la masse (prises "vampires"). Par la suite (notamment avec 10BASE2), on utilise des connecteurs BNC en T pour se brancher. Cependant un adaptateur d'impédance (souvent surnommé « bouchon ») à chaque extrémité du bus reste nécessaire pour limiter les pertes par réflexion du signal. Le signal est transféré du MAU à l'ordinateur grâce à un Attachment unit interface (AUI), d'interface D-sub. Modules optiques : couche PMD (PHY). Divers fabricants (Fiberxon, Sumitomo, Finisar, etc) proposent des modules optiques (ou cuivre, selon la technologie employée) appelés "transceivers" en anglais, permettant une interopérabilité. Ces modules permettent de convertir le signal optique (côté ligne) en un signal électrique différentiel (côté matériel) au débit de ; c'est donc l'équivalent de la couche PHY au niveau PMD du modèle OSI. Il existe plusieurs normes pour ces "transceivers", par exemple (en 10 Gb/s) : XENPAK, XPAK, X2, XFP (normalisés selon le XFP MSA Group), SFP+ (normalisés selon le Small Form Factor Committee). Serdes : couche PMA (PHY). Ce signal de , trop rapide à l'époque de sa standardisation, ne pouvait pas être traité directement, il a donc fallu le paralléliser, en général sur . Des circuits dédiés spécialisés permettent cette conversion. Le terme "serdes" vient de l'anglais "serialiser/deserialiser". Codage 64B66B : couche PCS (PHY). Le code en ligne utilisé 64B66B transforme le format XGMII ( de données plus de contrôle) en mots de . L'objectif est multiple : Le code est composé de deux bits de synchronisation suivis de de donnée. Les de données sont embrouillés par un embrouilleur auto synchronisé. À ce niveau-là nous retrouvons un format équivalent MII, les couches suivantes : (MAC), (IP), (TCP/UDP) fonctionnant de façon similaire à gigabit Ethernet. Topologie et collisions. Topologie initiale. Ethernet est initialement fondé sur le principe de membres (ou pairs) connectés sur le réseau et recevant tous les messages transmis à l'intérieur d'un fil ou d'un canal commun. Ainsi, Ethernet est conçu à l'origine pour une topologie physique et logique en bus : tous les signaux émis sont reçus par l'ensemble des machines connectées. On parle de réseau de type diffusion ("broadcast"). Chaque pair est identifié par une adresse MAC unique, pour s'assurer que tous les postes sur un réseau Ethernet aient des identifiants distincts sans avoir besoin de configuration préalable. Cependant, les pairs ne sont pas synchronisés, il peut donc y avoir des situations où plusieurs trames sont reçues en même temps, d'autant plus fréquemment qu'il y a de pairs. On parle alors de collision de trames. Historiquement, Ethernet utilisait des bus sur câbles coaxiaux, avec les normes 10BASE5 puis 10BASE2. Il fut ensuite adapté en 10BASE-T pour utiliser des topologies physiques en étoile sur câbles à paires torsadées, les pairs étant raccordés à des concentrateurs ("hubs"), ce qui ne change, toutefois, rien à la nature d'Ethernet : la topologie logique reste le bus, le médium reste partagé, tout le monde reçoit toutes les trames, il n'y a toujours qu'un seul segment, tout le monde voit les collisions. Il est possible de raccorder deux segments Ethernet par le biais d'un pont ("bridge") qui va répéter et retransmettre à l'identique, contrairement à un routeur, les trames d'un segment vers un autre segment. Les deux segments ainsi raccordés forment un seul domaine de diffusion, en revanche ils forment chacun leur propre domaine de collision car les collisions ne traversent pas le pont. Gestion des collisions. Une technologie connue sous le nom de CSMA/CD (, Écoute de porteuse avec accès multiples et détection de collision) régit la façon dont les postes accèdent au médium. Au départ développée durant les années 1960 pour ALOHAnet à Hawaï en utilisant des signaux radio, la technologie est relativement simple comparée à ou aux réseaux contrôlés par un maître. Lorsqu'un pair veut envoyer de l'information, il obéit à l'algorithme suivant : En pratique, CSMA/CD fonctionne comme une discussion ordinaire, où les gens utilisent tous un médium commun, l'air, pour parler à quelqu'un d'autre. Avant de parler, chaque personne attend poliment que plus personne ne parle. Si deux personnes commencent à parler en même temps, les deux s'arrêtent et attendent un court temps aléatoire. Il y a de bonnes chances que les deux personnes attendent un délai différent, évitant donc une autre collision. Des temps d'attente en progression exponentielle sont utilisés lorsque plusieurs collisions surviennent à la suite. Comme dans le cas d'un réseau non commuté, toutes les communications sont émises sur un médium partagé, toute information envoyée par un poste est reçue par tous les autres, même si cette information était destinée à une seule personne. Les ordinateurs connectés par Ethernet doivent donc filtrer ce qui leur est destiné ou non. Ce type de communication « quelqu'un parle, tous les autres entendent » d'Ethernet était une de ses faiblesses, car, pendant que l'un des nœuds émet, toutes les machines du réseau reçoivent et doivent, de leur côté, observer le silence. Ce qui fait qu'une communication à fort débit entre seulement deux postes pouvait saturer tout un réseau local. De même, comme les chances de collision sont proportionnelles au nombre de transmetteurs et aux données envoyées, le réseau devient extrêmement congestionné au-delà de 50 % de sa capacité (indépendamment du nombre de sources de trafic). Suivant le débit utilisé, il faut tenir compte du domaine de collision régi par les lois de la physique et notamment la vitesse de propagation finie des signaux dans un câble de cuivre. Si l'on ne respecte pas des distances maximales entre machines, le protocole CSMA/CD devient inopérant et la détection des collisions ne fonctionne plus correctement. Évolution majeure : Ethernet commuté. Pour résoudre les problèmes liés aux collisions, les commutateurs ("switchs") ont été développés afin de maximiser la bande passante disponible. Les premiers commutateurs commerciaux voient le jour en 1989. Un commutateur est une sorte de pont multiport, chaque lien point à point entre un hôte et le commutateur étant alors un segment avec son propre domaine de collision. Dans ce cas, les caractéristiques d'Ethernet changent nettement : Trames Ethernet. Une trame Ethernet est un message écrit en système binaire, avec des bits pouvant prendre 0 ou 1 comme valeur. Afin de limiter la taille de l'affichage, on choisit parfois de grouper ces bits en octets et de les représenter sous forme hexadécimale. La trame est précédée d'un préambule et d'un délimiteur de début de trame (SFD, ), qui font partie du paquet Ethernet à la couche physique. Le préambule est un motif de 0 et de 1 en alternance, avec les deux derniers bits valant 1, qui permet aux équipements de réseau de synchroniser leurs horloges au bit près. Le champ SFD, qui suit immédiatement le préambule, est un octet de valeur 0xD5, qui marque le début de la trame, donc qui délimite les octets. Chaque trame Ethernet débute par un entête, qui contient les adresses MAC de destination et de source dans ses deux premiers champs. L'entête est suivi par la charge utile à transmettre, qui contient elle-même les entêtes des protocoles de couche plus haute, par exemple le protocole Internet. La trame finit par une séquence de vérification de trame (FCS, ), qui consiste en un contrôle de redondance cyclique de utilisé pour détecter si les données sont corrompues pendant la transmission. Le délai inter-paquet (IPG, ) correspond à la durée séparant deux paquets Ethernet, au minimum de . Types de trames. Hormis les expérimentations d'avant 1982, on trouve principalement quatre types de trames Ethernet. Ces différents types de trame ont des formats différents mais peuvent coexister sur un même médium physique et être distinguées par les membres du réseau. La différence de base entre les trames Ethernet II et les autres trames est l'utilisation du champ de 16 bits (soit ) situé après les adresses MAC : Par convention les valeurs de ce champ entre (0x0000 à 0x05DC en système hexadécimal) indiquent une taille de charge utile, donc permettent d'identifier une trame Ethernet 802.3 ; et les valeurs plus grandes indiquent un EtherType, donc l'utilisation du format Ethernet II. Cette utilisation double du même champ justifie son appellation courante de champ « longueur/type ». L'IEEE 802.3 ayant initialement défini ce champ de après les adresses MAC comme la longueur du payload, il est fait appel à un nouveau champ pour préciser la charge utile transporté et les niveaux et types de service utilisés (Service Access Point). Les trames 802.3 doivent ainsi avoir un champ LLC de défini par la norme IEEE 802.2. Le LLC étant trop petit par rapport aux besoins potentiels, un champ supplémentaire SNAP de a été défini ultérieurement, utilisable en option. En examinant le champ LLC, il est possible de déterminer s'il est suivi par un champ SNAP ou non. En outre, Novell a utilisé des trames 802.3 sans LLC (avant la normalisation IEEE 802.2) dans son système d'exploitation Netware pour y faire passer son protocole IPX. Netware ayant été très répandu (à une époque), ce non-standard en est devenu un de fait. Note : Les valeurs de champ longueur/type entre et ne sont pas standardisées et ne devraient jamais être employées. Taille de trame. La taille minimale d'une trame Ethernet (entête, charge utile et FCS) est de , pour permettre le bon fonctionnement du CSMA/CD. Par conséquent, la taille minimale de la charge utile est de . Si les données à transmettre sont de taille encore plus petite, on ajoute artificiellement des 0 (bourrage) à la fin de la charge utile. Si la trame est plus petite que la taille minimale, ce qui arrive parfois en cas de collision, on parle de trame « nabot » (). La taille maximum d'une trame Ethernet est importante à connaître, afin de maximiser l'unité de transmission maximale, donc le rapport taille de la charge utile sur taille du paquet Ethernet, ce qui correspond à l'efficacité du protocole. Les trames contiennent, en théorie, au maximum , l'IEEE n'ayant pas normalisé de valeur supérieure. Cependant, certains équipements modernes savent gérer des trames géantes () pouvant dépasser les de données, sous réserve de configuration locale spécifique. Le champ longueur des trames 802.3 ne peut dépasser 1500 (sous peine d'être reconnues comme des trames Ethernet II), ce qui les empêche apparemment d'utiliser des trames jumbo. Une proposition pour résoudre ce conflit est d'utiliser un EtherType spécial 0x8870 quand une longueur supérieure à 1500 aurait dû être indiquée. Quoique théoriquement obsolète du point de vue de l'IEEE, cette solution est implémentée par certains équipements. Évolutions protocolaires ultérieures. Autonégociation. Une station et un commutateur qui se connectent ensemble peuvent utiliser l'autonégociation, c'est-à-dire qu'ils négocient automatiquement sans configuration préalable nécessaire, les éléments de la communication Ethernet et notamment, la vitesse, le duplex, et l'utilisation ou non de contrôle de flux. Contrôle de flux. En Ethernet commuté, toutes les stations du réseau peuvent communiquer en même temps (ou à des vitesses différentes, le médium physique n'étant pas partagé), il est donc possible pour une station que son port soit saturé en réception par plusieurs communications entrantes. Pour limiter la perte de paquets, le commutateur peut alors stocker temporairement et/ou détruire les trames qui ne peuvent être transmises, ou opter pour d'autres méthodes comme le ou les trames Pause. Backpressure. Dans ce cas le commutateur génère un signal de collision factice vers la station émettrice (en fait il n'y a pas de collision puisqu'il s'agit d'Ethernet commuté, full-duplex, mais ce signal est toujours pris en compte), ce qui fait cesser temporairement son émission. Trames Pause : 802.3x et 802.1Qbb. La norme IEEE 802.3x, publiée en 1997, définit un type de trame Ethernet appelées "Pause" (EtherType 0x8808). Un équipement dont le lien sature en réception peut envoyer une trame Pause pour faire taire l'émetteur le temps que le lien ne soit plus saturé, fournissant ainsi un mécanisme normalisé de contrôle de flux. Toutefois cette solution ne permet pas d'être spécifique en fonction du trafic car tout le trafic de la station émettrice est stoppé et il n'y a pas d'exception pour les flux prioritaires, ayant une plus haute qualité de service. Une solution, proposée par Cisco Systems puis standardisée en 2011 (IEEE 802.1Qbb), consiste à adapter la durée de la pause selon la classe de service. Réseaux locaux virtuels (VLAN) et Classes de Service (CoS). La norme IEEE 802.1Q permet de créer des réseaux virtuels (VLAN, ) au sein du réseau Ethernet réel. La trame Ethernet est modifiée avec l'ajout d'un champ de quatre octets après les adresses MAC et avant l'EtherType. Les deux premiers octets sont fixés à la valeur de 0x8100 (ce champ correspond à l'EtherType si 802.1Q n'est pas mis en place). Les bits suivants définissent une valeur de priorité et d'identification. Cette valeur de priorité permet de distinguer huit différentes classes de service ("," CoS) définies par la norme 802.1p. Ainsi, par un mécanisme de qualité de service (, QoS), chaque VLAN peut être traité différemment, selon sa priorité, par les équipements du réseau. Alimentation électrique. Les normes IEEE 802.3af et IEEE 802.3at permettent à un commutateur d'alimenter électriquement un équipement raccordé par paire torsadée dans le cadre du concept d'alimentation électrique par câble Ethernet (", PoE). Le PoDL (") a été introduit par l'amendement IEEE 802.3bu-2016 pour alimenter électriquement avec une paire unique pour des applications automobiles et industrielles. Sur les normes à deux ou quatre paires utilisant le PoE, l'alimentation est transmise uniquement entre les paires, de sorte qu'à l'intérieur de chaque paire, il n'y a aucune tension présente autre que celle représentant les données transmises. Avec l'Ethernet à une paire, la puissance est transmise en parallèle aux données. Prévus au départ pour la norme 100BASE-T1 et 1000BASE-T1, la PoDL a été ajoutée aux variantes à paire unique 10BASE-T1, 2,5GBASE-T1, 5GBASE-T1 et 10GBASE-T1. Synchronisation. Contrairement aux protocoles multiplexés temporellement (TDM), comme PDH, SDH ou SONET, Ethernet ne contient pas, nativement, de moyens de synchroniser les différents éléments du réseau. Le (SyncE), standardisé par l'UIT-T G.826x, permet de propager les signaux d'une horloge de référence, appelée (PRC), à partir de la couche physique (en faisant appel à la synchronisation symbole) et, ainsi, de synchroniser en fréquence les différents équipements du réseau. Pour synchroniser en phase et en temps, il faut transporter des protocoles de couches supérieures comme le (NTP) ou le (PTP). |
GNU Emacs GNU Emacs est l’une des deux versions les plus populaires de l’éditeur de texte Emacs (l’autre version est XEmacs). Ces deux versions sont majoritairement compatibles et ont de très nombreux points communs, décrits dans l’article Emacs. Dans le manuel, on peut lire qu'il est l’. GNU Emacs, développé par Richard Stallman depuis 1984 dans le cadre du projet GNU, s’appuie sur le langage Emacs Lisp. Développement. Histoire. GNU Emacs fait partie du projet GNU. En 1984, Stallman commence le projet sur les systèmes Unix. Il veut une alternative libre à Emacs. En 1991, à la suite de divergences d'opinion sur le développement, un fork dénommé "Epoch" produisit le logiciel Lucid Emacs, qui sera ultérieurement renommé XEmacs. À sa sortie, ce logiciel se distingue par une interface graphique et des fonctionnalités étendues. Le projet GNU continue à développer GNU Emacs. La plupart des fonctionnalités mises en avant dans XEmacs se retrouvent désormais dans GNU Emacs. Les deux projets se synchronisent régulièrement entre eux. Après un long temps de développement, la première version d'Emacs de la branche 22, la version 22.1, est diffusée le . Le développement de cette version a été assuré par Richard Stallman. Cette version apporte un nombre important de fonctionnalités. Le , Richard Stallman annonce sa volonté de se retirer de la maintenance d'Emacs. Il laisse la place à Stefan Monnier et Chong Yidong. Son développement reste actif. La plupart de ses développeurs sont affiliés à la Free Software Foundation (FSF). Droits sur le code. Jusqu’en 1999, le développement de GNU Emacs est relativement hermétique, au point qu’il servait d’exemple pour le style « Cathédrale » dans l’ouvrage "La Cathédrale et le Bazar". Depuis, le projet a adopté une liste de diffusion publique sur le développement, et ouvert un accès anonyme à CVS. Comme pour tous les projets GNU, il subsiste une règle particulière pour l’acceptation d’une partie de code significative : le détenteur des droits sur le code proposé doit les céder à la FSF. Il existe toutefois une exception notable : le code de "MULE" (pour "MULtilingual Extension", « extension multilingue »), car il appartient au gouvernement japonais et la cession du copyright n’était pas possible. Cette règle ne s’applique pas aux contributions mineures ou aux corrections de bugs. Il n’existe aucune définition rigoureuse de ce qu’est une "contribution mineure", mais il est habituel de considérer une contribution de moins de 15 lignes comme mineure. Cette règle est prévue pour faciliter le respect du copyleft, afin que la FSF puisse défendre le logiciel devant un tribunal le cas échéant. Une telle obligation est connue pour avoir des effets négatifs sur les contributions. Certains affirment qu’elle affecte même les performances ; par exemple, l’incapacité de GNU Emacs à prendre en charge des fichiers volumineux de façon efficace serait à mettre sur le compte de cette obligation, qui découragerait les développeurs les plus sérieux. Mais d’après Richard Stallman, il est plus important que GNU Emacs soit libre que performant. Le respect scrupuleux de cette règle permet d’asseoir la confiance juridique que l’on peut accorder à la licence libre de GNU Emacs (la GPL), et au logiciel libre lui-même, qui constitue le travail intellectuel de nombreux détenteurs de droits potentiels et contributeurs. Historique des versions. Historique des versions de GNU Emacs. Distribution. GNU Emacs est un logiciel libre distribué selon les termes de la licence publique générale GNU. Le code source ainsi que les fichiers binaires sont disponibles sur le serveur FTP du projet GNU ("cf. infra") et sur la plate-forme collaborative GNU Savannah. Les développeurs peuvent récupérer les sources en utilisant GNU Bazaar, le système décentralisé de contrôle des versions du projet GNU Emacs. GNU Emacs est par ailleurs intégré dans tous les systèmes libres, notamment GNU/Linux, FreeBSD. Il fonctionne également sur de nombreux systèmes propriétaires dans le but de convaincre leurs utilisateurs de migrer vers des solutions libres. GNU ELPA. Emacs s’est défini dès l’origine comme un éditeur extensible. Si les modules d’extension les plus populaires se retrouvent souvent intégrés, la plupart sont disponibles sur Internet. Tous les paquets tiers sont désormais accessibles depuis Emacs via un dépôt de code source exclusivement destiné aux extensions Emacs Lisp. Baptisé GNU ELPA (de l’anglais « "GNU Emacs Lisp Package Archive" »), le projet est en production depuis 2010. Son nom vient d’une plateforme similaire initiée par le dénommé Tom Tromey et du gestionnaire de paquets « "package.el" » d’un certain Phil Hagelberg. Utiliser GNU Emacs. Commandes. Dans son mode d'édition normal, GNU Emacs se comporte comme les autres éditeurs de texte et permet à l'utilisateur d'insérer des caractères avec les touches correspondantes et de déplacer le point d'édition avec les touches fléchées. Échapper aux séquences de touches ou appuyer sur la touche Ctrl et / ou la touche méta, la touche Alt ou les touches Super en conjonction avec une touche normale produit des séquences de touches modifiées qui invoquent des fonctions de l'environnement Lisp d'Emacs. Des commandes telles que save-buffer et save-buffers-kill-emacs combinent plusieurs frappes modifiées. Certaines commandes GNU Emacs fonctionnent en invoquant un programme externe, tel qu'ispell pour la vérification orthographique ou GNU Compiler Collection (gcc) pour la compilation de programmes, l'analyse des résultats du programme et l'affichage du résultat dans GNU Emacs. Emacs prend également en charge les "processus inférieurs" - des processus de longue durée qui interagissent avec un tampon Emacs. Ceci est utilisé pour implémenter le mode shell, exécuter un shell Unix en tant que processus inférieur, ainsi que les modes lecture-évaluation-boucle d'impression (REPL) pour différents langages de programmation. La prise en charge des processus externes par Emacs en fait un environnement attractif pour la programmation interactive sur les lignes d'Interlisp ou de Smalltalk. Les utilisateurs qui préfèrent les clés de type IBM Common User Access peuvent utiliser cua-mode, un package qui était à l'origine un module complémentaire tiers, mais qui a été inclus dans GNU Emacs depuis la version 22. Minibuffer. Emacs utilise le "mini-tampon", normalement la ligne la plus basse, pour présenter le statut et demander des informations - les fonctions qui seraient généralement effectuées par des boîtes de dialogue dans la plupart des interfaces graphiques. Le mini-tampon contient des informations telles que le texte à cibler dans une recherche ou le nom d’un fichier à lire ou à enregistrer. Le cas échéant, l'achèvement de la ligne de commande est disponible à l'aide des touches de tabulation et d'espace. Gestion de fichiers et affichage. Emacs conserve le texte dans les structures de données appelées tampons. Les tampons peuvent ou non être affichés à l'écran, et toutes les fonctionnalités de tampon sont accessibles à la fois à un programme Emacs Lisp et à l'interface utilisateur. L'utilisateur peut créer de nouveaux tampons et rejeter ceux qui ne le sont pas, et de nombreux tampons peuvent exister en même temps. Il n'y a pas de limite supérieure au nombre de tampons qu'Emacs permet, autres que les limites de mémoire matérielle. Les utilisateurs avancés peuvent amasser des centaines de tampons ouverts de différents types liés à leur travail actuel. Emacs peut être configuré pour enregistrer la liste des tampons ouverts à la sortie et rouvrir cette liste au redémarrage. Certains tampons contiennent du texte chargé à partir de fichiers texte, que l'utilisateur peut modifier et enregistrer dans un stockage permanent. On dit que ces tampons sont des fichiers "visitants". Les tampons servent également à afficher d'autres données, telles que la sortie des commandes Emacs, les listes de répertoires dired, les chaînes de documentation affichées par la bibliothèque "help" et les messages de notification qui dans d'autres éditeurs seraient affichés dans une boîte de dialogue. Certaines de ces notifications sont affichées brièvement dans le mini-tampon et GNU Emacs fournit un tampon * Messages * qui conserve l'historique des notifications les plus récentes de ce type. Lorsque le mini-tampon est utilisé pour la sortie d'Emacs, il est appelé "zone d'écho". Les notifications plus longues sont affichées dans des tampons propres. La longueur maximale des messages qui seront affichés dans le mini-tampon est, bien sûr, configurable. Les tampons peuvent également servir de zones d'entrée et de sortie pour un processus externe tel qu'un shell ou une REPL. Les tampons créés par Emacs sont généralement nommés avec des astérisques à chaque extrémité, à distinguer des tampons utilisateur. La liste des tampons ouverts est elle-même affichée dans ce type de tampon. La plupart des séquences de touches d'Emacs restent fonctionnelles dans n'importe quel tampon. Par exemple, la fonction isearch standard de Ctrl-s peut être utilisée pour rechercher des noms de fichiers dans des tampons dired, et la liste de fichiers peut être enregistrée dans un fichier texte comme n'importe quel autre tampon. les tampons dired peuvent être basculés sur un mode inscriptible, dans lequel les noms de fichiers et les attributs peuvent être édités textuellement; Lorsque le tampon est enregistré, les modifications sont écrites sur le système de fichiers. Cela permet de renommer plusieurs fichiers en utilisant les fonctionnalités de recherche et de remplacement d'Emacs. Lorsque équipé, Emacs affiche les fichiers image dans des tampons. Emacs est binaire sécurisé et 8 bits propre. Emacs peut diviser la zone d'édition en sections distinctes appelées "windows", une fonctionnalité disponible depuis 1975, antérieure à l'interface utilisateur graphique couramment utilisée. Dans la terminologie d'Emacs, «Windows» est similaire à ce que les autres systèmes appellent « frames » ou « volets » - une partie rectangulaire de l'affichage du programme qui peut être mise à jour et interagir indépendamment. Chaque fenêtre d'Emacs a une barre d'état appelée "ligne de mode" affichée par défaut au bas de la fenêtre. Les fenêtres Emacs sont disponibles dans les modes texte-terminal et graphique et permettent l'affichage simultané de plusieurs tampons ou de plusieurs parties d'un tampon. Les applications courantes consistent à afficher un tampon dired avec le contenu des fichiers dans le répertoire en cours (il existe des modes spéciaux pour que le tampon de fichiers suive le fichier mis en évidence), pour afficher le code source d'un programme un tampon de shell avec les résultats de la compilation du programme, pour exécuter un débogueur avec un tampon shell exécutant le programme, pour travailler sur du code tout en affichant une page de manuel ou une autre documentation (éventuellement chargée sur le World Wide Web -dans les navigateurs Web) ou simplement pour afficher plusieurs fichiers à modifier en même temps, comme un en-tête et son fichier d'implémentation pour les langages basés sur C. De plus, il existe un mode suivi, un mode mineur qui enchaîne les fenêtres pour afficher des parties non chevauchantes d'un tampon. En utilisant le mode suivi, un seul fichier peut être affiché dans plusieurs fenêtres côte à côte qui se mettent à jour de manière appropriée lors du défilement. Les fenêtres Emacs sont en mosaïque et ne peuvent pas apparaître "en haut" ou "en dessous" de leurs compagnons. Emacs peut lancer plusieurs "frames", qui sont affichés sous forme de fenêtres individuelles dans un environnement graphique. Sur un terminal texte, plusieurs images sont affichées empilées pour remplir le terminal entier et peuvent être commutées à l'aide des commandes standard d'Emacs. Modes principaux. GNU Emacs peut afficher ou éditer différents types de texte et adapter son comportement en entrant des modes complémentaires appelés "modes majeurs". Il existe des modes principaux pour différentes raisons, notamment l'édition de fichiers texte ordinaires, le code source de nombreux langages de balisage et de programmation, ainsi que l'affichage de pages Web, de listes de répertoires et d'autres informations système. Chaque mode majeur implique un programme Emacs Lisp qui étend l'éditeur pour qu'il se comporte plus facilement pour le type de texte spécifié. Les modes principaux fournissent généralement tout ou partie des fonctionnalités communes suivantes : Modes mineurs. L'utilisation de "modes mineurs" permet une personnalisation supplémentaire. Un tampon d'édition GNU Emacs ne peut utiliser qu'un seul mode majeur à la fois, mais plusieurs modes mineurs peuvent fonctionner simultanément. Celles-ci peuvent fonctionner directement sur les documents, comme dans le cas où le mode majeur du langage de programmation C définit un mode mineur distinct pour chacun de ses styles de retrait populaires, ou peuvent modifier l'environnement d'édition. Des exemples de ces derniers incluent un mode qui ajoute la possibilité d'annuler les modifications de la configuration de la fenêtre et un autre qui effectue une vérification de la syntaxe à la volée. Il existe également un mode mineur qui permet d'utiliser plusieurs modes principaux dans un seul fichier, par souci de commodité lors de l'édition d'un document dans lequel plusieurs langages de programmation sont intégrés. "Mode batch". GNU Emacs prend en charge la possibilité de l'utiliser comme interpréteur pour le langage Lisp Emacs sans afficher l'interface utilisateur de l'éditeur de texte. En mode batch, la configuration de l'utilisateur n'est pas chargée et les caractères d'interruption du terminal Cc et Cz auront pour effet habituel de quitter le programme ou d'interrompre l'exécution au lieu d'appeler les raccourcis clavier d'Emacs. GNU Emacs a des options en ligne de commande pour spécifier soit un fichier à charger et à exécuter, soit une fonction Lisp d'Emacs peut être transmise depuis la ligne de commande. Emacs démarre, exécute le fichier ou la fonction transmis, imprime les résultats, puis quitte. La ligne de shebang #!/usr/bin/emacs --script permet la création de scripts autonomes dans Emacs Lisp. Le mode Batch n'est pas un mode Emacs en soi, mais décrit un autre mode d'exécution pour le programme Emacs. Manuels. En dehors de la documentation intégrée, GNU Emacs possède un manuel particulièrement long et détaillé. Une copie électronique du manuel GNU Emacs, écrite par Richard Stallman, est fournie avec GNU Emacs et peut être visualisée avec le navigateur intégré. Deux manuels supplémentaires, le Manuel de référence Emacs Lisp de Bil Lewis, Richard Stallman et Dan Laliberte, ainsi qu'une Introduction à la programmation dans Emacs Lisp de Robert Chassell sont inclus. Les trois manuels sont également publiés sous forme de livre par la Free Software Foundation. Le manuel de XEmacs est similaire au manuel GNU Emacs, à partir duquel il a généré en même temps que le logiciel XEmacs issu de GNU Emacs. Internationalisation. GNU Emacs prend en charge de nombreux alphabets, scripts, systèmes d'écriture et conventions culturelles et fournit une vérification orthographique pour de nombreuses langues en appelant des programmes externes tels qu'ispell. La version 24 a ajouté la prise en charge du texte bidirectionnel et de la direction d'écriture de gauche à droite et de droite à gauche pour des langues telles que l'arabe, le persan et l'hébreu. De nombreux systèmes de codage de caractères, y compris UTF-8, sont pris en charge. GNU Emacs utilise UTF-8 pour son encodage à partir de GNU 23, tandis que les versions antérieures utilisaient leur propre encodage en interne et effectuaient des conversions lors du chargement et de l'enregistrement. L'encodage interne utilisé par XEmacs est similaire à celui de GNU Emacs mais diffère dans les détails. L'interface utilisateur de GNU Emacs est née en anglais et, à l'exception du tutoriel pour débutants, elle n'a pas été traduite dans une autre langue. Un sous-système appelé Emacspeak permet aux utilisateurs malvoyants et aveugles de contrôler l'éditeur via un retour audio. Extensibilité. Le comportement de GNU Emacs peut être modifié et étendu de manière presque illimitée en incorporant des programmes Lisp Emacs qui définissent de nouvelles commandes, de nouveaux modes de tampon, de nouvelles keymaps, des options de ligne de commande, [30], etc. De nombreuses extensions fournissant des fonctionnalités orientées utilisateur définissent un mode majeur (soit pour un nouveau type de fichier, soit pour créer une interface utilisateur sans modification de texte) ; d'autres ne définissent que des commandes ou des modes mineurs, ou fournissent des fonctions qui améliorent une autre extension. De nombreuses extensions sont livrées avec l'installation GNU Emacs ; d'autres étaient téléchargées en tant que fichiers en vrac (le groupe de discussion Usenet gnu.emacs.sources était une source traditionnelle) mais il y a eu un développement de paquets gérés et de sites de téléchargement de paquets depuis la version 24, avec un gestionnaire de paquets intégré pour les télécharger, les installer et les mettre à jour. Quelques exemples incluent: Plateformes. GNU Emacs est devenu l'un des programmes informatiques non triviaux les plus courants et fonctionne sur une grande variété de systèmes d'exploitation, y compris DOS, Windows et OpenVMS. Il est disponible pour la plupart des systèmes d'exploitation de type Unix, tels que Linux, les différents BSD, Solaris, AIX, HP-UX et macOS, et est souvent inclus dans les paquets d'installation du système. Les ports natifs de GNU Emacs existent pour Android et Maemo de Nokia. GNU Emacs s'exécute à la fois sur les terminaux en mode texte et dans les environnements graphiques. Sur les systèmes d'exploitation de type Unix, GNU Emacs peut utiliser le système X Window pour produire son interface graphique, soit directement à l'aide des widgets Athena, soit en utilisant un "toolkit widget" tel que Motif ou GTK+. GNU Emacs peut également utiliser les systèmes graphiques natifs de macOS et Windows pour fournir des barres de menus, des barres d'outils, des barres de défilement et des menus contextuels plus conformes à l'apparence de chaque plate-forme. |
Ethiopie |
Eicosane L'eicosane est un alcane linéaire de formule brute . Il possède 366319 isomères structuraux. |
Ethologie |
Estonie L'Estonie ou encore la république d'Estonie ( et ), est un pays situé à l'est de de l'Europe du Nord sur les bords de la mer Baltique. Le pays forme avec la Lituanie et la Lettonie un ensemble géopolitique communement nommé pays balte. Elle partage ses frontières terrestres avec la Russie à l'est et avec la Lettonie au sud. La mer Baltique s'ouvre à l'ouest, séparant l'Estonie de la Suède, tandis que le golfe de Finlande, où se trouve la capitale, Tallinn, constitue une délimitation naturelle avec la Finlande au nord. L'Estonie possède des racines linguistiques et génétiques finno-ougriennes qui l’apparentent à la Finlande, souvent considérée, de par leur culture commune, comme le "pays frère" de l'Estonie. On y retrouve notamment le sauna, une mythologie riche ainsi qu'une culture du silence et le droit d'accès à la nature. Ces caractéristiques, ajoutées à la forte influence des cultures germaniques et scandinaves, font de l'Estonie un pays nordique. Cependant, sa situation géographique et son histoire récente sont similaires à celles de ses voisins méridionaux (la Lettonie et la Lituanie). Initialement peuplée de populations indigènes fenniques pendant plusieurs milliers d'années, l'Estonie a connu un âge viking avant d'être conquise, colonisée puis convertie au christianisme par des chevaliers allemands au . Pendant près de sept cents ans, et à la manière de la Finlande (dominée alors par la Suède), le peuple estonien autochtone vit sous le contrôle et l'influence permanente de populations germaniques (noblesse venue du Nord de l'Allemagne et des pays scandinaves), qui affectent durablement leur culture et leur mode de vie. En parallèle, la lutte permanente des puissances voisines (Ordre Teutonique d'origine allemande, Suède, Danemark, Empire russe, Pologne) pour le contrôle de cet emplacement stratégique tout au long de l'histoire déclenche en réponse une volonté d'émancipation de la part des Estoniens à partir du . Ces derniers, bien que majoritaires, sont dominés socialement et réduits au servage (voire à l'esclavage) pendant près de sept cents ans. Ils réussissent néanmoins à tirer profit des luttes d'influence entre leurs maîtres allemands et la Russie impériale, qui administrent le territoire à cette époque, pour s'affirmer culturellement (le "réveil national"), puis politiquement tout au long du . Les Estoniens se servent des troubles engendrés par la révolution russe de 1917 et de la fin de la Première Guerre mondiale pour revendiquer leur indépendance à partir de 1918, qu'il finissent par obtenir en 1920 à la suite de leur victoire sur la Russie bolchevique lors de la guerre d'indépendance de l'Estonie. De 1920 à 1940, la jeune république d'Estonie, tout comme la Finlande voisine, édicte pour la première fois ses propres règles en tant qu'État souverain et tente de se faire une place dans le concert des nations européennes modernes. En 1940, en pleine Seconde Guerre mondiale, l'Estonie, ainsi que ses voisins baltes, sont envahis par l'Union soviétique dans l'indifférence générale et conformément au Pacte germano-soviétique d'. Le pacte est finalement violé par l'Allemagne nazie qui envahit le territoire en 1941 dans le cadre de l’opération Barbarossa et y organise la Shoah. À partir de 1944 et après la défaite allemande, l’Union soviétique reprend le contrôle de l'Estonie et y impose un régime communiste. Ces occupations successives contraignent une grande partie de la population à l'exil pour échapper aux crimes puis aux déportations de masse, notamment les minorités ainsi que l’élite intellectuelle du pays. De 1945 à 1990, le territoire de l'Estonie est administré par l'URSS par le biais d’une république socialiste, comme dans le reste de l’Union soviétique. Non reconnue par les pays du bloc de l'Ouest qui continuent de soutenir le gouvernement de la République en exil, notamment pendant la guerre froide, l’Estonie soviétique constitue le seul « pays » nordique membre de l'URSS, mais aussi le moins peuplé et le plus prospère. Elle est alors le territoire soviétique dont le niveau de vie se rapproche le plus des pays situés de l'autre côté du rideau de fer. Néanmoins, le régime autoritaire ainsi qu’un développement économique insuffisant entraînent le début d'une contestation populaire dans les pays baltes (et d’autres républiques soviétiques), qui aboutit à la dislocation de l’URSS au début des années 1990. En Estonie, ce mouvement de protestation prend la forme de la révolution chantante pacifique à partir de 1987 qui mène à la restauration de l'indépendance du pays le . L’Estonie récupère alors ses institutions d'avant-guerre, de retour de l’exil, et reconstitue son État d’origine : une république parlementaire unitaire démocratique divisée en comtés avec comme capitale Tallinn, tandis que sa seconde ville, Tartu, reste le siège historique de sa principale université et de plusieurs institutions nationales. Consciente du retard de développement économique engendré par des décennies d’administration soviétique, l'Estonie parie alors sur l'essor grandissant des nouvelles technologies de l'information consécutif à l'arrivée d'internet. Au milieu des années 1990, la stratégie du « bond du tigre » (en estonien "Tiigrihüpe"), lancée par le Gouvernement, organise le déploiement massif et accéléré d'infrastructures informatiques (notamment dans les écoles) et encourage l'utilisation du Web. La formation de sa population aux usages du numérique dès 1997, l'apparition de la carte d'identité numérique en 2002, du vote électronique en 2007, de la E-résidence en 2014, ainsi que le programme "e-Estonia" de simplification des démarches administratives lui confère aujourd'hui le statut de société numérique la plus avancée du monde. En découle un environnement propice à la création d'entreprises de l'économie numérique, qui place l'Estonie en tête du nombre de start-ups par habitant, avec notamment neuf licornes d'origine estonienne : Skype, Bolt, Playtech, Wise, Pipedrive, Zego, ID.me, Veriff et Glia. Grâce, entre autres, à l'économie numérique, l'Estonie est aujourd'hui un pays développé doté d'une économie qui a connu l'une des croissances les plus rapides de l'Union européenne, qu'elle a rejoint en 2004. Le pays se classe à la trente-et-unième place en 2021 dans l'indice de développement humain et obtient des résultats favorables en termes de liberté économique, libertés civiles, enseignement (régulièrement classé dans les premiers pays d'Europe) et liberté de la presse selon RSF (quatorzième dans le monde en 2020). Les citoyens estoniens bénéficient de soins de santé universels ainsi que d'un enseignement public gratuit et de qualité. Par ailleurs, l'Estonie est également l'un des pays qui compte le plus de musées, de livres et le plus grand répertoire de chansons par habitant au monde. L’Estonie devient membre de l’Alliance militaire atlantique (OTAN) en mars 2004. Avec une population de d'habitants, l’Estonie est l'un des membres les moins peuplés de l'Union européenne. L'Estonie est également membre de la zone euro, de l'ONU, de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), du Conseil de l'Europe, de l'espace Schengen, de l'OCDE ou encore du Conseil des États de la mer Baltique, et est observateur au Conseil nordique et à l’Organisation internationale de la francophonie. En 2020 et 2021, l'Estonie siège au Conseil de sécurité des Nations unies. Histoire. À l'issue de la dernière ère glaciaire, les premiers occupants à pénétrer sur l'actuel territoire estonien sont des populations nomades qui arrivent vers 8500 av. J.-C. Selon la théorie la plus répandue, le peuple finno-ougrien, dont descend la majorité des Estoniens contemporains, arrive dans la région vers le millénaire en introduisant la céramique à peigne commune à plusieurs peuples rattachés à la même famille linguistique. Vers 3200 une nouvelle population, sans doute d'origine indo-européenne, arrive dans la région : son apparition se traduit par l’apparition de la céramique cordée, de haches en pierre particulièrement bien finies (haches naviformes) et par l'amorce d'une activité agricole et de d'élevage. Les premières fermes sont construites à l'époque. Il semble qu'après une période de coexistence qui va jusqu’au , la langue finno-ougrienne s'impose sur le territoire de l'Estonie, au nord et sur la côte de la Lettonie, tandis que le parler des derniers arrivants s'impose dans le reste de la Lettonie et plus au sud. Toutefois, chaque langue emprunte sans doute à cette époque une fraction de son vocabulaire à l'autre. Par la suite, aucun autre mouvement de population massif ne semble avoir touché le territoire de l’Estonie. La population estonienne et sa langue semblent donc descendre directement des habitants de cette époque. Au début du les rives sud de la mer Baltique constituent une des dernières contrées païennes d'Europe. Les croisades baltes (1200-1227), menées sur le territoire par un ordre de soldats templiers allemand, les chevaliers porte-glaive, réalisent la conquête du pays dont les habitants sont convertis à la foi chrétienne. Un État dominé conjointement par des princes-évêques et l'ordre des moines soldats, recouvrant à la fois le territoire de l'Estonie et de la Lettonie moderne, se met en place avec deux classes de population bien distinctes : d'une part une minorité d'origine allemande qui constitue l'élite politique, militaire, religieuse, intellectuelle et qui monopolise le commerce et la propriété foncière, d'autre part les paysans, finno-ougriens sur le territoire estonien, dont le statut va se dégrader au fil des siècles. Cette division perdure plus ou moins jusqu'en 1917. Entre 1418 et 1562, la région forme la Confédération livonienne. Au début du le pays, touché par la Réforme, opte pour le luthéranisme. Il est le théâtre de conflits qui l'opposent à des voisins de plus en plus puissants : la Russie, la Lituanie, la république des Deux Nations et la Suède. Finalement cette dernière annexe la région en 1595. Initialement, les souverains suédois ne remettent pas en cause la suprématie de la noblesse balte d'origine germanique descendante des chevaliers porte-glaives. Cette politique change avec la grande guerre du Nord, à l'issue de laquelle (à compter de 1710), le territoire estonien devient pour deux siècles une région de l'Empire russe. Au la noblesse foncière germanophone, à qui les dirigeants russes laissent une grande autonomie, maintient les paysans finno-ougriens dans le servage. Celui-ci n'est aboli qu'au début du siècle suivant en partie sous la pression du pouvoir russe, en partie grâce à quelques germanophones éclairés. Certains de ces derniers, qualifiés d'estoniophiles, s'intéressent à la langue, la culture et l'histoire des autochtones. Des intellectuels membres de la classe moyenne estonienne, qui commence à se former à cette époque, vont prendre le relais en faisant un travail de collecte de la mémoire populaire et en affinant la langue permettant l'apparition des premiers périodiques et ouvrages de fiction en estonien. À la fin du siècle la langue estonienne, dopée par une tentative de russification, commence à se substituer à l'allemand comme langue véhiculaire. En parallèle la proportion de paysans propriétaires s'accroît fortement. Au début du apparaissent les premiers partis politiques estoniens dont les revendications se cantonnent à une autonomie limitée et à l'égalité de statut avec les germanophones qui conservent une grande partie des pouvoirs. Aux débuts de la guerre civile russe (1917-1922), la plupart des divisions militaires estoniennes (créées pendant la Première Guerre mondiale) combattirent contre l'Allemagne aux côtés des bolcheviks. Toutefois par la signature du traité de Brest-Litovsk, la Russie soviétique cède les États baltes à l'Empire allemand. Selon ce traité, l'Estonie, qui avait proclamé son indépendance le , devait être annexée par le Reich, mais la défaite allemande du lui permet d'accéder à la souveraineté, reconnue internationalement en 1919 (première période d'indépendance, 1919-1940). Les terres agricoles encore détenues par la noblesse germanophone sont redistribuées aux paysans et un régime parlementaire est instauré. Celui-ci, menacé durant la Grande Dépression par la montée d'un mouvement populiste, se mue en 1934 en régime semi-autoritaire. Au début de la Seconde Guerre mondiale, l'Estonie est d'abord envahie en juin 1940, ainsi que le prévoyaient les clauses secrètes du Pacte de non agression germano-soviétique (en même temps que les deux autres pays baltes), par l'URSS qui y organise un « plébiscite » pour donner à l'annexion du pays une apparence de légitimité. Les États-Unis et la plupart des pays non-communistes membres de l'ONU, ainsi que, par la suite, le Parlement européen, la CEDH et le Conseil des droits de l'homme de l'ONU n'ont pas reconnu l'incorporation de l'Estonie parmi les 15 Républiques socialistes soviétiques et ont continué à la reconnaître "de jure" comme État souverain. Quelque furent déportés par les soviétiques et seule une minorité survécut au Goulag ; ils furent remplacés après la guerre par des colons russes. Beaucoup d'Estoniens se réfugièrent dans la campagne où ils formèrent des maquis. En 1941, l'Estonie est occupée par la Wehrmacht, accueillie en libératrice par la population sortant d'un an de terreur rouge exercée par le NKVD et l'Armée rouge. Les Germano-Baltes quittent en masse le pays pour répondre à l'appel des autorités nazies. Les Estes finno-ougriens, étant dans la hiérarchie raciste des nazis inférieurs aux Germains, découvrent la cruauté des nazis, de sorte que plusieurs milliers rejoignent la résistance anti-allemande. Mais d'autres, nombreux, se mettent au service de l'occupant nazi et lorsque les Soviétiques libèrent l'Estonie du nazisme en 1944, ces collaborateurs (dont beaucoup de criminels de guerre) fuient pour éviter leurs procès, vers la Finlande, la Suède ou le Canada. La Shoah en Estonie est une réalité effroyable : sous l’occupation allemande, des dizaines de milliers de crimes sont commis par les nazis et leurs supplétifs estoniens (plusieurs dizaines de milliers d’Estoniens natifs ont été recrutés dans les Waffen-SS et la Wehrmacht ou dans la police auxiliaire estonienne). Il est estimé entre (Juifs, Roms, Estoniens, prisonniers de guerre soviétiques) morts dans les camps de concentration nazis établis en Estonie ou exécutés. Dans l’Estonie occupée est mise en place une république socialiste intégrée dans l'URSS, tandis que la République d’Estonie proprement dite, reconnue par la majorité des puissances occidentales, est représentée par un gouvernement en exil à l’étranger. La société estonienne et son économie sont profondément transformées par les Soviétiques. De nombreuses industries sont installées, l'agriculture est nationalisée et une forte minorité russe s'installe pour diriger ces nouvelles activités. La dislocation de l'URSS en 1991 permet à l'Estonie de retrouver son indépendance "de facto" à l'issue d'un processus pacifique. Du fait de la non-reconnaissance internationale de son occupation par l'URSS (voir plus haut), l'Estonie a pu, contrairement à douze autres républiques ex-soviétiques, quitter la sphère d'influence russe, opter pour une politique euro-atlantique et finalement adhérer à l'OTAN en avril 2004, puis à l'Union européenne le . Politique. L'Estonie est une démocratie parlementaire depuis le rétablissement de l'indépendance en 1991 ; toutefois les lois en vigueur ne reconnaissent pas aux communistes de liberté d'expression, de rassemblement, et autres droits politiques. Pouvoir exécutif. Le mandat du président de la République est de cinq ans. Il est élu au premier tour de scrutin par le Riigikogu (parlement) s'il obtient la majorité des deux tiers, et au second tour, si nécessaire, par un collège électoral composé des du Riigikogu et d'un nombre d'élus locaux défini à chaque nouvelle élection. Son principal pouvoir est de nommer le Premier ministre qui doit obtenir la confiance du Riigikogu. Le président actuel, Alar Karis, a succédé en 2021 à Kersti Kaljulaid. Kaja Kallas exerce la fonction de Première ministre depuis le . Pouvoir législatif. Le Riigikogu est le nom estonien du parlement monocaméral de l'Estonie. Il comprend , élus tous les quatre ans. L'Estonie étant une république parlementaire, le Riigikogu est le principal acteur du pouvoir estonien. "Riigi"- se rapproche de l'allemand "Reich" ou du suédois "Riks" (« État ») et -"kogu" vient d'« assemblée » en estonien. Les premières élections eurent lieu en 1920. Jusqu'en 1938, cinq autres élections se déroulèrent sur la base de trois constitutions différentes. Depuis 1922, les sessions du Riigikogu ont lieu dans le château de Toompea où une aile a été reconstruite pour devenir le bâtiment du parlement. En 1992, après d'occupation soviétique, de nouvelles élections eurent lieu selon la nouvelle constitution adoptée durant l'été 1992. Le Riigikogu est entièrement équipé de matériel de vote informatique, les résultats sont transmis via internet et donc directement accessibles aux citoyens. Cinq partis politiques sont actuellement représentés au Riigikogu depuis les élections de 2019 et ont donc dépassé le seuil d'éligibilité de 5 %. Relations avec l'Union européenne. Le processus d'adhésion de l'Estonie à l'Union européenne débute en 1995, et s'achève en 2004 : L'Organisation internationale de la francophonie. L'Estonie est un membre observateur au sein de l'Organisation internationale de la francophonie. Droits de l'homme. L'Estonie fait l'objet de critiques sur sa gestion des droits humains. En 2011, le département d'État des États-Unis classe l'Estonie comme « pays à surveiller » en matière de trafic d'être humains. Selon ledit rapport, « l'Estonie est un pays d'origine, de transit et de destination pour les femmes soumises à la prostitution forcée, et pour des hommes et des femmes soumis au travail forcé ». En 2020, la Commission européenne exige de l'Estonie qu'elle implémente mieux une législation de l'Union européenne pénalisant les manifestations de racisme et de xénophobie, constatant que le pays a des lacunes dans le domaine. En effet, selon le centre estonien pour les droits humains, le gouvernement estonien ne prend pas de mesures pour s'attaquer aux discours de haine. Le pays est également l'un de ceux où les inégalités salariales entre les hommes et les femmes sont les plus élevées, avec des écarts moyens de 21%, contre 14% en moyenne dans l'Union européenne. Selon Amnesty International, des violations des règles du droit d'asile seraient commises dans le pays par la police et les gardes-frontières. En 2022, la Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe Dunja Mijatovic appelle les députés estoniens à modifier un projet de loi sur les frontières nationales considéré comme peu conforme aux droits de l'homme. Division du territoire. Comtés. L'Estonie est divisée en quinze comtés ("maakond", au pluriel "maakonnad") symboliques, ayant eu un rôle administratif jusqu'en 2018. Villes. Il existe quinze villes (officiellement appelées « municipalités urbaines » en Estonie). Il s'agit des municipalités ayant une densité élevée. Il arrive que des municipalités dites « rurales » soient également pourvues d'un centre urbain, mais cela n'est pas considéré comme une ville. La carte géographique des axes formées par la position des villes d'Estonie se présente sous la forme d'un rectangle reliant les quatre agglomérations majeures du pays. Chacune de ces villes est distinguée par un ou plusieurs domaines de spécialités : Géographie. D'une superficie () proche de celle des Pays-Bas (celle définie par le traité de paix de Tartu en 1920 était de ), l'Estonie est le plus septentrional des pays baltes, largement ouvert à l'ouest sur la mer Baltique, au nord sur le golfe de Finlande ( de côtes), bordé à l'est par la Russie (frontière de ) et au sud par la Lettonie (frontière de ). La côte estonienne est essentiellement rocheuse. Dix pour cent du territoire est composé d'un archipel de plus de îles situées dans la Baltique dont les deux plus grandes sont Hiiumaa () et Saaremaa (). La distance de Tallinn à Helsinki n'est que de alors qu'il faut pour aller à Rīga, pour rejoindre Saint-Pétersbourg et pour Stockholm. Relief. L'Estonie est un pays de terres basses marécageuses. Des inondations ont régulièrement lieu au printemps. Le pays compte peu de cultures agricoles permanentes. 48 % du pays est constitué de bois et de forêts, la taïga, et 13 % de marais à tourbe. L'Estonie compte également plus de . Le relief de l'Estonie est caractérisé par une altimétrie assez faible et un grand nombre de lacs et environ . Le point culminant est le Suur Munamagi, situé au sud-est du pays. Le lac Peïpous est le quatrième plus grand lac d'Europe après les lacs Ladoga et Onega en Russie et le Vänern en Suède. Il ressemble à une véritable mer intérieure du point de vue de sa superficie et sert de frontière à l'est avec la Russie. Il est gelé en hiver pendant quatre mois et est navigable pendant les huit autres mois de l'année. À l'inverse, l'été avec les longues journées ensoleillées estoniennes, le lac est propice à la baignade et de nombreux Estoniens et Finlandais sont attirés par les plages de dunes sur son côté nord. Il présente même de nombreux campings gratuits, mode d'hébergement favori dans les pays nordiques. Le reste du lac est par contre davantage composé de marécages. Climat. Grâce au courant nord atlantique chaud, toute l'Europe du Nord (dont l'Estonie) jouit d'un climat considérablement plus doux que, par exemple, les mêmes latitudes en Amérique du Nord. La mer Baltique cause de grandes différences de climat entre les zones côtières et continentales. Le climat est caractérisé par un hiver plutôt froid, un printemps doux et un peu pluvieux, un été relativement chaud et un long et doux automne (température moyenne en juillet ; température moyenne en février ). Les premières neiges apparaissent vers novembre. La température peut descendre en dessous de l'hiver. Le mois le plus sec est le mois de mars avec en moyenne alors que la pluviométrie est la plus élevée au mois de juin avec une moyenne de . Comme dans les autres pays nordiques, la latitude élevée de l'Estonie engendre une importante différence de lumière de jour entre l'hiver et l'été. Les journées sont plus courtes au solstice d'hiver : À l'inverse, les journées sont plus longues au solstice d'été : Le nombre annuel d'heures ensoleillées varie entre , ce nombre étant plus élevé sur la côte et les îles et plus faible à l'intérieur du pays. Cela correspond à moins de la moitié de la quantité maximale de soleil possible. Écologie. Les Estoniens, comme les autres populations nordiques, sont très proches de la nature et soucieux de la préservation de l'environnement . L'Estonie pratique le libre droit d'accès à la nature comme la Finlande. Le camping sauvage est autorisé partout hors des villes et des endroits qui mentionnent une interdiction spécifique. Une initiative de dépollution de grande ampleur a été mise en place en 2008 au niveau national par l'association Teeme Ära, devenu par la suite Let's do it! World au niveau international. Les zones polluées par de nombreux déchets ainsi que les décharges sauvages ont été localisées par images satellite et par des citoyens qui renseignaient une base de données. Les coordonnées GPS de chaque endroit ont ensuite été communiquées aux participants qui pouvaient localiser les zones proches de chez eux et y intervenir pour s'occuper des déchets. Plusieurs dizaines de milliers d'Estoniens ont participé à ce projet. Cette expérience fut accompagnée d'une vaste campagne de sensibilisation. 80 % des déchets collectés par les bénévoles ont été recyclés Le pays produit la quasi-totalité de son électricité avec du pétrole de schiste et du charbon. En conséquence, il est le deuxième émetteur de CO2 par habitant d'Europe. L’Estonie compte aussi parmi les États à refuser l’objectif de neutralité carbone pour 2050. Réseau européen Natura 2000. Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent. En décembre 2018, l'Estonie comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 17,9 % de la surface terrestre et marine du territoire de l'Estonie. Économie. En 2020, le PIB/habitant était de , le PIB en standard de pouvoir d'achat (SPA) par habitant de et le taux d'inflation de 4,6 % (2021). En 2022, le taux de chômage était de 5,5 %. L'Estonie se trouve dans une région d'Europe à fort potentiel économique, autour de la mer Baltique. Ces dernières années, elle a connu une croissance rapide (8,1 % en 2004, de 10,5 % en 2005 et de 11,4 % en 2006, selon Eurostat). Elle appartient, depuis 2001, au premier groupe des pays à fort niveau de développement humain ( rang sur 191). En 2022, l'Estonie est classée en pour l'indice mondial de l'innovation. L’une des plus libérales d'Europe du Nord, l’économie estonienne exporte machines-outils, équipements électriques et électroniques (comme les pièces de téléphonie mobile), logiciels et services liées aux NTIC, bois et produits textiles. L'Estonie est l'une des sociétés les plus avancées sur le plan numérique. En 2005, elle est devenue le premier État à tenir des élections sur Internet. En 2014, elle est le premier État à offrir la résidence électronique, et est également à l'origine du système d'échange de données X-Road.Microsoft Skype est une entreprise qui commercialise son logiciel propriétaire et le service lié de voix sur IP (VoIP) développé par les programmeurs Ahti Heinla, Priit Kasesalu et Jaan Tallinn pour les entrepreneurs Niklas Zennström et Janus Friis. Les trois Estoniens étaient déjà à l'origine du logiciel Kazaa. L'Estonie est régulièrement citée comme modèle dans l'adoption des technologies de l'information et des télécommunications. Anneli Kavald, chargée de mission à l’Institut estonien en France, établit sur ce point une comparaison d'ordre culturel avec la France : L’économie, très dépendante sur le plan financier des banques suédoises, s’est révélée très fragile. La crise bancaire et financière de l'automne 2008 a provoqué une débâcle dans ce petit pays baltique qui avait formé sa propre bulle immobilière : entre juin 2008 et juin 2009, le chômage a doublé, le PIB a reculé de 15 %, la production industrielle de 34 %. Le gouvernement tente de renverser la situation essentiellement par des coupes budgétaires afin de pouvoir remplir les conditions d'entrée dans la zone euro dès 2011. On attendait pour 2009 une contraction du PIB comprise entre -14 % et -15 % tandis que le pays connaissait désormais la déflation qui a atteint - 0,1 % en 2009. Le pays renoue avec la croissance à partir de 2010, et le gouvernement estime que l'Estonie retrouvera le niveau de PNB d'avant la crise économique à horizon 2015. Quant au taux de chômage, il s’élève en décembre 2011 à 11,7 % contre 15,2 % en janvier 2010, selon Eurostat. L’écart de l’espérance de vie entre les personnes diplômées et les personnes non diplômées est de en Estonie Monnaie. À l'issue de la Première Guerre mondiale, plusieurs monnaies circulaient en Estonie, dont le mark allemand et le rouble russe. Elles furent remplacées en 1918 par le mark estonien, à parité avec le mark allemand. Après plusieurs dévaluations, celui-ci fut remplacé le par la couronne estonienne au taux de 1 couronne pour 100 marks. Cette première couronne estonienne fut à nouveau dévaluée en 1933 lors de la crise économique. À la suite de l'invasion soviétique de 1940, la couronne estonienne se trouva remplacée par le rouble soviétique au taux de pour . Après l'indépendance, une nouvelle couronne estonienne ("eesti kroon" ; abréviation internationale EEK), fut introduite en à parité fixe avec le mark allemand (1 DEM = 8 EEK). Cette nouvelle monnaie rejoint le mécanisme de taux de change européen II (MCE II) le , en vue d'une adoption de l'euro initialement prévue en ( = , ± 15 %). Mais une inflation trop importante (environ 4 % sur ) retarde le passage à l'euro jusqu'à 2011. Depuis le , la monnaie nationale est l'euro, avec une parité fixe de = 15,6466 EEK. Les pièces en euro de l'Estonie représentent toutes la carte du pays. Transports. En , 11 des 15 comtés estoniens ont adopté la gratuité des déplacements en bus. L'Estonie est ainsi devenue le premier pays européen à prendre cette mesure sur quasiment l'ensemble du territoire, dans le but de limiter l'exode rural et la consommation de combustibles fossiles. La capitale Tallinn offre déjà la gratuité des bus depuis 2013. Démographie. En 2010, la population de l'Estonie s'élevait à , contre en 2000. La démographie est marquée par une perte sensible de population de la fin des années 1990 jusqu'au milieu des années 2000 (-4,9 ‰ en 1998 ; -3,8 ‰ en 1999), en raison du départ d'une partie de la population, comme dans les autres pays baltes, mais surtout d'un indice de fécondité faible ( par femme en 2000 et 1,64 en 2010). En 2019, le département des statistiques d'Estonie prévoit une chute de la population de 1,3 à de personnes de 2019 à 2080. Cependant, l'immigration due à l'attractivité du pays (notamment liée aux entreprises de l'économie numérique) engendre un accroissement de la population. En 2018, la population était de , tandis qu'en 2022, elle est de , soit une augmentation de en quatre ans. Puis, l'arrivée massive de réfugiés en provenance d'Ukraine, à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, fait augmenter ce nombre. Ethnies. Populations fenniques. Présents depuis l'Antiquité sur le territoire de l'Estonie, les Estoniens forment la majorité de la population avec en 2022. Initialement répartis dans plusieurs provinces historiques (comtés), elles-mêmes divisées en tribus, jusqu'au , les Estoniens sont aussi connus sous le nom de "Estes" et souvent qualifiés de « finnois de la Baltique » par les populations étrangères. Dominés et colonisés à partir du Moyen Âge par les Allemands, les autochtones, au départ païens, sont essentiellement des paysans réduit au servage, voire à l'esclavage. La séparation sociale maintenue par les seigneurs allemands permet aux Estoniens de conserver une endogamie culturelle malgré l'omniprésence des dialectes germaniques parlés dans le pays. Avec le réveil national au , l'intérêt grandissant pour les minorités indigènes et le développement du nationalisme Estonien permet de standardiser la langue Estonienne, en se basant notamment sur les dialectes du Nord de l'Estonie. Les peuples du Sud-Est, qui se distinguent du reste du pays sur les plans culturels et linguistiques, ont toutefois pu garder leurs particularités culturelles jusqu'à nos jours, notamment les Setos et Võros. Les habitants des îles de l'Ouest du pays possèdent également des cultures particulières. Les Finnois sont également présents en Estonie avec , de nationalité finlandaise. Populations germaniques. Bien qu'étant un très petit nombre de nos jours, les Allemands (ou Germano-Baltes) ont été le groupe dominant de l'Estonie pendant sept cents ans. Les premiers Allemands étaient des prêtres arrivés à la fin du pour christianiser le territoire. Lors des croisades baltes, des ordres religieux composés de moines-soldats et de chevaliers prennent le contrôle du territoire, accaparent les terres et créent un État : la confédération de Livonie. La noblesse dite germano-balte domine le pays pendant le Moyen Âge, puis la Renaissance et y impose ses lois, contraignant les indigènes estoniens au servage, voire à l'esclavage. Malgré les multiples invasions étrangères (de la Pologne-Lituanie, de la Suède ou de l'Empire russe), les Allemands continuent à dominer la société estonienne jusqu'à la fin du , en concluant des accords avec chaque puissance occupante tout en maintenant des liens avec l'Allemagne continentale. Du fait de leur domination, les Allemands ont profondément influencé l'Estonie et lui ont permis d'accéder à la culture européenne en y apportant la religion (le protestantisme), la langue (près d'un tiers du vocabulaire estonien provient de l'allemand), une partie de la tradition juridique, mais aussi en y réintroduisant l'université ou encore des innovations technologiques de la révolution industrielle telles que le chemin de fer. Étant essentiellement des nobles et bourgeois, les Allemands ont perdu de leur influence politique sur la région entre la fin du (russification de l'Empire russe) et le début du (indépendance de l'Estonie). L'immense majorité d'entre eux a quitté le pays peu avant la Seconde Guerre mondiale à la suite des déplacements de population exigés par le régime nazi. La domination allemande en Estonie laisse cependant des traces encore de nos jours, notamment dans l'architecture des centre-villes et les divers monuments historiques (ruines des châteaux médiévaux et manoirs du ). La population allemande d'Estonie est très faible au début du : de l’ordre de . Néanmoins, ces statistiques incluent également les immigrés et expatriés directement originaires d'Allemagne, et non uniquement les Germano-Baltes. Quelques descendants de longues lignées de familles nobles sont toutefois revenues s'installer dans le pays après le rétablissement de l'indépendance de l'Estonie. Les Suédois d'Estonie sont les populations de langue suédoise qui se sont installées en Estonie, notamment pendant la période de colonisation du pays par la Suède pendant la Renaissance. Comme du côté finlandais, ils résidaient principalement dans les îles du golfe de Riga (notamment Hiiumaa, Ruhnu, Naissaar et Vormsi) et sur la côte nord-ouest du pays, appelée aujourd'hui "Rannarootsi" (« la côte de Suède » en estonien). La communauté suédoise, installée dans ces lieux depuis le et qui comptait alors environ a quitté le pays durant la Seconde Guerre mondiale. Il ne reste aujourd'hui que quelques centaines de Suédois d'Estonie. Populations slaves. Les Russes représentent la minorité la plus importante d'Estonie (environ ) et l'une des plus anciennes. Elle est loin d'être homogène car elle est constituée de plusieurs sous-groupes dont l'arrivée sur le sol estonien s’est échelonnée dans le temps. Tout au long de l'histoire de l'Estonie, des Russes se sont installés dans les villes pour occuper des métiers d'artisans et de commerçants. Au Moyen Âge, les villes, alors sous domination allemande et catholique (puis protestante), comportaient des quartiers russes (et orthodoxes) situés à l'écart du centre. Environ sont descendants de Russes présents avant l'invasion soviétique de 1940. La période qui correspond à la Renaissance, voit arriver les vieux-croyants sur les rives du lac Peïpous. Cette communauté liée à l'Église vieille-orthodoxe pomore était alors pourchassée par le pouvoir tsariste et par l'Église officielle (le Patriarcat de Moscou et de toute la Russie). Les vieux-croyants forment aujourd'hui une communauté d'environ , et sont même parfois perçus comme un mouvement sectaire par certains habitants. Une grande partie des Russes se sont installés là durant l'occupation soviétique pour occuper les emplois nécessités par la construction en Estonie d'importants complexes industriels. Cette partie de la communauté russe représentant environ 20 % de la population est très présente dans certains quartiers à Tallinn (Lasnamäe), Tartu (Annelinn) et représente la majorité de la population des villes industrielles du Nord-Est (Narva et Kohtla-Järve). Les personnes se déclarant comme "russes ethniques" lors des recensements ont toutefois des nationalités différentes. Les Russes de nationalité estonienne sont les plus intégrés dans la société. Plus de Russes ethniques sont devenus estoniens après le rétablissement de l'indépendance. Russes ethniques sont, bien qu'étant pour la plupart nés en Estonie lors de la période soviétique, des citoyens de la fédération de Russie. Ils sont donc considérés comme des étrangers par l’État. Peu parlent l'estonien et, vivant en communauté fermée, ils ont peu de contacts avec les autres habitants de l’Estonie qui ne cherchent de toute façon pas à les fréquenter. Ces Russes sont souvent des personnes âgées. Environ n'ont pas voulu choisir entre la citoyenneté Russe et Estoniennes à la fin de l'occupation soviétique, et sont depuis reconnus par l'État estonien comme étant des « non-citoyens » (aussi surnommés "passeports gris") et sont donc privés de leurs droits civiques. Aujourd'hui encore, ils sont apatrides puisque leur pays d'origine, l'Union soviétique, a depuis disparu. Peu à peu, une partie de cette minorité russe quitte le pays. De nos jours la population russe ethnique tend à diminuer. De plus en plus de Russes choisissent de s'intégrer dans la société estonienne et de se considérer estoniens. Les autres Russes font le choix de quitter le pays pour rentrer en Russie. Les Ukrainiens sont la seconde plus grande population slave d'Estonie et la troisième minorité. Les premières arrivées massives d'Ukrainiens viennent essentiellement de la période soviétique. Après le rétablissement de l'indépendance, de nombreux Ukrainiens arrivent également pour étudier. La population de personnes se déclarant ukrainiens ethniques est de . Lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, près de 41000 réfugiés Ukrainiens arrivent en Estonie et 27000 d'entre eux y restent. L'Estonie compte également de nombreux Biélorusses, un grand nombre d'entre eux considérés comme des réfugiés politiques. On peut également noter la présence de Polonais. Langues. La langue officielle de l'Estonie est l'estonien, qui est la langue maternelle de plus de 69 % de la population du pays ainsi qu'une langue étrangère maîtrisée par 14 % de la population, ce qui fait que plus de 82 % des habitants du pays savent parler estonien. La plupart des habitants du pays qui ne maîtrisent pas l'estonien sont étrangers (particulièrement des Russes) et sont plutôt âgés. L'apprentissage de l'estonien est obligatoire dans toutes les écoles du territoire, et quasiment toute la jeunesse du pays maitrise cette langue. L'estonien proprement dit repose sur le standard d'écriture du Nord de l'Estonie. Des langues régionales (notamment le võro et le seto) sont parlées dans le Sud, et des dialectes sont encore parlés dans les îles du Nord-Ouest. Un temps délaissés et stigmatisés, ces dialectes sont aujourd'hui remis à l'honneur par certains médias et activités culturelles. La première langue étrangère dépend principalement des différentes catégories d'âges et des origines individuelles. L'anglais est la langue étrangère la plus parlée par la jeunesse et se répand très rapidement car enseignée très tôt dans les écoles et diffusée massivement par l'industrie culturelle britannique et américaine. Certaines personnes ont pu bénéficier d'un enseignement de l'anglais y compris lors de la période soviétique. Du fait du passé soviétique, le russe est également très présent avec 30 % des habitants l'ayant comme langue maternelle et 42 % comme langue étrangère. Environ 72 % des habitants comprennent ainsi plus ou moins le russe, malgré un rejet massif de cette langue par la population de souche estonienne qui tend à l'oublier et l'écarter au profit de l'anglais. La concentration de population d'origine russe dans certains endroits très localisés est telle que la langue russe est quasiment hégémonique dans ces zones, notamment dans les villes de Narva, Kohtla-Järve, Maardu, l'Arrondissement de Lasnamäe à Tallinn et, dans une moindre mesure dans le quartier d'Annelinn à Tartu et la ville de Valga. La troisième langue et deuxième langue étrangère proposée à l'enseignement dans les écoles est souvent un choix entre le russe, l'allemand (très présent chez l'élite, et dans des domaines comme le tourisme), ainsi que le français (l'Estonie est un membre observateur de l’Organisation internationale de la francophonie, ce qui traduit la présence plus ou moins importante d'une certaine francophonie sur le territoire. Deux établissements participent à la promotion de la langue française : l’Institut français d’Estonie et l'école française de Tallinn). Pour des raisons culturelles et historiques, les langues suédoise et finnoise sont aussi étudiées. Le suédois fait également office de dialecte régional dans une petite région de la côte du Nord-Ouest, du fait de la colonisation des Suédois d'Estonie. Athéisme et religions. D'après le recensement de 2011, 65 % des Estoniens de et plus ont indiqué être non croyants. L'orthodoxie est la première religion du pays avec un peu moins de se recrutant pour l'essentiel parmi la communauté russophone. Le luthéranisme quant à lui s'est implanté chez les habitants de langue maternelle estonienne. L'Église luthérienne regroupe 11,9 % de la population. Culture. De tout temps, l'Estonie s'est trouvée dans la sphère de culture européenne. Tallinn (Reval à l'époque) était, au Moyen Âge, la ville la plus orientale de la Ligue hanséatique. Tartu, siège de l'Université nationale, était au un foyer de culture et langue allemande au cœur de l'Empire russe. Forte des diverses cultures qui se sont côtoyées et succédé du fait des occupations successives, l'Estonie s'est forgé une culture particulière faite de tolérance et de respect envers l'étranger, quels que soient son pays ou sa culture. L'Estonie compte de nombreuses minorités : les Russes représentent 25,7 % de la population. Viennent ensuite les Ukrainiens : 2,1 % de la population ; 1,2 % de la population est biélorusse et 0,8 % finnoise... L'importance de la population russophone vient naturellement de l'occupation soviétique et de l'industrialisation forcenée dont l'Estonie avait fait l'objet à l'époque. Littérature. L'estonien n'est pas une langue indo-européenne mais finno-ougrienne de même que le finnois et le hongrois. L’estonien littéraire naît tardivement, entre les s. Il est surtout utilisé par des pasteurs allemands pour transmettre la littérature religieuse. Le plus ancien livre en estonien est le catéchisme de Wanradt et Köll, publié en 1535 à Wittenberg. On remarquera que c'est la Réforme qui est à l'origine de ce livre. Le voit la naissance de la littérature nationale, et la langue écrite se répand par les almanachs et journaux, colportés jusqu’au fond des campagnes. La littérature est alors composée de récits imités d’œuvres allemandes. À partir de 1820, Kristjan Jaak Peterson est à l’origine de la poésie estonienne moderne. Dans les années 1850, à la suite des mouvements nationaux et romantiques, la littérature connaît un véritable essor, avec notamment la redécouverte du folklore national et la rédaction de l’épopée nationale, le "Kalevipoeg", composée par Friedrich Reinhold Kreutzwald, publiée entre 1857 et 1861 (voir , un conte typiquement estonien) dans les publications de la Société savante estonienne. L'édition populaire a été publiée en 1862 en Finlande. À cette période, entre 1860 et 1885, la nation estonienne prend conscience d’elle-même, et la littérature se développe rapidement. La poésie est un genre particulièrement vivace (et le reste aujourd’hui), symbolisée à cette époque par l’une des grandes poétesses de ce pays, Lydia Koidula. Comme dans le reste de l’Europe, la fin du voit le développement d’une littérature réaliste, en particulier avec Eduard Vilde. Peu après, la littérature s’ouvre de plus en plus aux courants occidentaux, avec le groupe des « Jeunes Estoniens ». C’est dans ce contexte qu’émerge l’une des figures estoniennes les plus connues à l’étranger, celle de la poétesse Marie Under. Les années 1920 voient le retour du réalisme, avec Anton Hansen Tammsaare. La période de l’entre-deux-guerres, celle de l’indépendance, contraste fortement avec la suivante, celle de l’exil pour les uns, de la déportation en Sibérie pour les autres. La littérature estonienne en exil demeure très vivace, pour preuve les volumes en estonien qui sont parus entre 1945 et nos jours. En Estonie devenue soviétique, la littérature « bourgeoise » est brûlée, interdite, censurée, etc. Un certain renouveau se déclare après la mort de Staline, avec les débuts de grands auteurs comme Viivi Luik et Jaan Kaplinski, mais surtout le monument Jaan Kross qui est publié chez Robert Laffont. Il est l'auteur notamment du "Fou du Tzar" (1978), prix du meilleur livre étranger 1989. comme le baron balte Timotheus von Bock du "Fou du Tzar" ou le juriste et diplomate Frédéric Fromhold de Martens de "Le départ du professeur Martens" (1984). Après le retour de l’indépendance, l’Estonie libre retrouve une belle vitalité littéraire, marquée par l’émergence de nombreux jeunes auteurs, comme Tõnu Õnnepalu, en particulier grâce aux généreuses subventions de la Fondation pour la culture. Musique, arts du spectacle. La musique est indissociable de la culture nationale, les Estoniens n'ont-ils pas été qualifiés de « Peuple chantant » ? Le premier festival pan-estonien de chant a eu lieu en 1869 à Tartu, où près de mille chanteurs et musiciens venus de tout le pays furent réunis. Aujourd'hui cette fête rassemble trente mille chanteurs et musiciens devant un public de . Ces traditions ont inspiré en 1988 la « révolution chantante », c'est en chantant que l'Estonie s'est libérée du joug soviétique. En 2001, l'Estonie a remporté le concours Eurovision. L'Estonie est également le pays du compositeur de musique classique, religieuse et contemporaine Arvo Pärt, créateur du style tintinnabuli. Il existe deux grands théâtres en Estonie : le théâtre Estonia à Tallinn fondé en 1865, le théâtre Vanemuine à Tartu fondé en 1883. Tous les registres y sont abordés. Le cinéma estonien compte pour une très faible partie (2 %) du taux d'audience cinématographique du pays, mais est très productif surtout en ce qui concerne les films d'animation et documentaires. Un festival est proposé chaque été, consacré au film anthropologique à Pärnu et en hiver c'est à Tallinn que se déroule le « Festival de cinéma des nuits noires ». Sports. Le cycliste Jaan Kirsipuu a été vainqueur de nombreuses étapes du Tour de France. À Sydney, la médaille d'or du décathlon a été remportée par Erki Nool, natif de Võru. À Pékin, c'est le discobole Gerd Kanter déjà champion du monde à Osaka en 2007, qui décroche l'or olympique. Il succède à Erki Nool, sacré en 2000 à Sydney et à Jaak Uudmae vainqueur du triple saut en 1980 lors des Jeux de Moscou. Dans les sports d'hiver, les athlètes estoniens sont très productifs : une médaille d'or, une d'argent et une de bronze aux Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002 (se plaçant devant la Suède et le Royaume-Uni) et trois médailles d'or aux Jeux olympiques de Turin en 2006. À noter que le champion d'échecs Paul Keres (1916-1975), au sommet de l'élite dans les années 1930-1960, était Estonien et a concouru pour le pays, puis pour l'URSS. Il a même eu droit à son effigie sur le billet de banque de cinq couronnes. En rallye, Markko Märtin a remporté 5 épreuves en championnat du monde en 2003 et 2004 ; Ott Tänak et son copilote Martin Järveoja ont remporté 17 victoires entre 2017 et 2022, ainsi que le titre mondial en 2019. Enfin, la joueuse de tennis Kaia Kanepi est devenue durant les années 2010 l'une des athlètes les plus populaires de son pays en intégrant le top 20 du classement WTA en 2010, après avoir notamment atteint les quarts de finale à Wimbledon et à l'US Open de tennis. Capacités militaires. L'armée estonienne est de constitution récente. En 2011, 1,9 % du PNB est consacré à la défense, soit un budget de la défense de d'euros. Ayant adopté une attitude prudente face à la Russie, l'Estonie compte sur l'OTAN pour protéger son espace aérien et sur l'Union européenne en cas de crise internationale. Elle participe à plusieurs missions à l'étranger sous le commandement des Nations unies ou de l'OTAN. Les forces estoniennes sont présentes en Afghanistan et un contingent est impliqué dans la guerre en Irak. Les forces estoniennes font partie de la KFOR au Kosovo et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban renforcée. L'armée de l'air possédant plusieurs hélicoptères et avions légers de transport ainsi qu'une centaine de batteries anti-aériennes, son réseau radar est relié à celui de l'OTAN. Les forces militaires de l'Estonie ont introduit une nouvelle formation basée sur la cyberguerre et la défense des infrastructures électroniques et infrastructures essentielles de la république d'Estonie. Actuellement, la principale organisation de cyberdéfense estonienne est le CERT ("Computer Emergency Response Team of Estonia"), créée en 2006, comme organisation responsable de la gestion des incidents de sécurité dans des réseaux informatiques estoniens. Son but est de réduire le plus possible les dommages liés aux incidents de sécurité en répondant efficacement aux nouvelles menaces. L'Estonie a connu une série de cyberattaques qui ont commencé le 27 avril 2007. Les dirigeants estoniens attribuent ces attaques aux autorités russes, lesquelles démentent. Le 25 juin 2007, le président estonien Toomas Hendrik Ilves a rencontré le président des États-Unis, George W. Bush. Parmi les sujets abordés, il y avait notamment les attaques sur l'infrastructure électronique estonienne. Ces attaques ont provoqué, dans un certain nombre d'organisations militaires mondiales, une reconsidération de l'importance de la sécurité de réseau dans la doctrine militaire moderne. Le 14 juin 2007, les ministres de la Défense de l'OTAN ont tenu une réunion à Bruxelles, publiant un communiqué sur une action immédiate commune. Cette action permit de mettre fin aux attaques à l'automne 2007. L'OTAN s'apprête à mettre en place en Estonie son futur centre cybernétique de défense, les Estoniens formeront ainsi les spécialistes du cyberterrorisme, du cyber-espionnage et de la cyberdéfense pour les forces de l'alliance atlantique. Le , le président des États-Unis Barack Obama, en visite en Estonie au moment où se déroule la guerre du Donbass en Ukraine, pays qui n'est pas membre de l'OTAN, et où la Russie est accusée notamment par les membres de l'OTAN, d'envoyer des troupes de soldats russes pour soutenir les pro-Russes, déclare que l'Estonie . Codes. L'Estonie a pour codes : |
Estonien L’estonien (autonyme : , ) est une langue appartenant à la branche fennique de la famille des langues ouraliennes. Il est étroitement apparenté au finnois et plus lointainement au hongrois. Il est parlé par environ , dont la très grande majorité () habite en Estonie. Il peut y avoir intercompréhension entre un locuteur du finnois et un locuteur estonien : les difficultés seraient de l'ordre de tournures grammaticales différentes, mais ce sont surtout les accents différents qui apporteraient des difficultés. Enfin, le finnois a intégré un certain nombre de mots suédois dans son vocabulaire, tandis que les Estoniens ont emprunté des mots de vocabulaire d'origine allemande, bas-allemande ou russe. Le SIL International, organisme chargé d'attribuer les codes ISO 639-3, classe l'estonien comme une macro-langue (codice_1) et y inclut l'estonien standard (codice_2) et le võro (codice_3). La base de données linguistiques Glottolog ne reconnait pas quant à elle le võro et inclut trois variétés dans l'estonien : Alphabet. L'alphabet estonien comporte 27 lettres et est ordonné ainsi : A a, B b, D d, E e, F f, G g, H h, I i, J j, K k, L l, M m, N n, O o, P p, R r, S s, Š š, Z z, Ž ž, T t, U u, V v, Õ õ, Ä ä, Ö ö, Ü ü Les positions de "z" et "ž" dans cet alphabet sont à noter, ainsi que l'appartenance à cet alphabet des lettres diacritiquées en tant que lettres à part entière. Les lettres "F", "Š", "Z" et "Ž" sont quatre lettres rencontrées uniquement dans certains mots d'emprunts. Il est également important de noter l'absence des lettres "C", "Q", "W", "X" et "Y", qui ne sont utilisées que dans des noms propres et ne le sont pas dans les mots de racine estonienne et sont exclues de l'alphabet officiel estonien. Prononciation. Quelques-unes des lettres de l'alphabet ont des prononciations particulières ou différentes du français : "õ" note /ɤ/ (une voyelle postérieure non arrondie, semblable à un "o" français, mais vraiment postérieur, prononcé sans arrondissement des lèvres) ; "ä" produit le phonème /æ/ comme en finnois ("a" très ouvert comme dans "cat" en anglais) ; "ö", "ü" produisent respectivement les phonèmes /ø/ et /y/ comme en allemand, correspondant aux "eu" fermé et "u" du français. Quant aux lettres "š" et "ž", elles se prononcent respectivement /ʃ/ et /ʒ/, correspondant aux "ch" et "j" du français. Hormis ces quelques lettres, il faut prêter attention au fait que "E" se prononce [e] ("é"), que le "R" est roulé, que le "S" est toujours dur (comme dans le mot "jadis") et enfin, que le "U" a la même prononciation que "ou" en français. Il faut également veiller à aspirer le "H". Enfin, en estonien, une voyelle double note une voyelle longue et une double consonne note une consonne géminée. Ceci a une valeur phonémique, qui peut différencier deux mots. Phonologie. Sur le plan phonologique, l’estonien se caractérise notamment par l’existence de trois durées vocaliques et consonantiques : la plupart des phonèmes peuvent être brefs, longs ou surlongs. Cette présentation des faits a néanmoins été remise en question dans les années 1990. Plutôt que de décrire la durée des phonèmes, de nombreux linguistes préfèrent aujourd’hui décrire les trois « durées » syllabiques (voire des groupes de deux syllabes) et réduisent le système ternaire traditionnel à un emboîtement de deux oppositions binaires : les syllabes accentuées peuvent être brèves ou longues et les syllabes longues peuvent porter un « accent » fort ou faible, le terme d’« accent » désignant ici un ensemble de traits essentiellement prosodiques comprenant l’énergie articulatoire, la courbe intonative et la longueur relative de la syllabe accentuée et de la syllabe suivante. L’accent tonique est sur la première syllabe des mots, sauf dans les mots d'emprunt relativement récents, où il s'est souvent maintenu à la place qu'il avait dans la langue d'origine. L'orthographe ne distingue pas les phonèmes longs et surlongs ; les uns comme les autres sont notés par une lettre double, tandis que les phonèmes brefs sont notés par une lettre simple. La seule exception concerne les occlusives, pour lesquelles trois graphies différentes existent : les brèves sont notées "b", "d", "g", les longues "p", "t", "k", et les surlongues "pp", "tt", "kk". Grammaire. Typologiquement, l’estonien représente une forme de transition entre langue agglutinante et langue flexionnelle. Il a subi au cours de son histoire une forte influence de l'allemand, dans son vocabulaire comme dans sa syntaxe. Il a par exemple développé un système de verbes à particules dont la forme et le fonctionnement rappellent les verbes à particules séparables de l'allemand. L’estonien ne possède pas d’articles et ne connaît pas le genre grammatical. La déclinaison comprend 14 cas : nominatif, génitif, partitif, illatif, inessif, élatif, allatif, adessif, ablatif, translatif, terminatif, essif, abessif et comitatif. L’une des particularités de ce système casuel est l'absence d'accusatif ; le complément d'objet peut être marqué, selon les contextes, par le nominatif, le génitif ou le partitif. L’adjectif épithète s'accorde en cas et en nombre avec le substantif qu'il détermine, sauf au terminatif, à l'essif, à l'abessif et au comitatif où il n'y a pas d'accord en cas (l'adjectif est alors au génitif). Le système verbal se caractérise par l'absence de temps dédié au futur (le « présent » est le temps du « non-passé ») et par l’existence de formes spéciales pour exprimer l'action accomplie par une personne indéterminée (l’équivalent du « on » français) ainsi que le discours rapporté (mode verbal spécifique appelé « mode oblique » ou « médiatif »). Il existe au moins deux infinitifs : le premier, terminé par le suffixe "-ma", est la forme qui figure dans les dictionnaires ; il est utilisé par exemple après les verbes signifiant « devoir » ou « commencer à ». Le deuxième infinitif, terminé surtout en "-da" ou en "-ta" (mais aussi en "-la", "-na" ou "-ra"), s’utilise par exemple après les verbes signifiant « pouvoir », « vouloir », « aimer ». Certaines grammaires considèrent aussi comme un infinitif spécifique la forme en "-vat" (correspondant au médiatif présent) lorsqu'elle est employée après un verbe d'apparence (signifiant « sembler »). Histoire. Moyen Âge. La première transcription connue d’un mot estonien remonte peut-être au : dans sa "Cosmographie", Aethicus Ister mentionne une île du nom de Taraconta (Tharaconta). Certains auteurs pensent qu’il désignait peut-être par là l’Estonie ou sa plus grande île, Saaremaa. "Taraconta" peut en effet être interprété comme "Taara" + "kond". Taara était, selon certains, l’un des principaux dieux des anciens Estoniens ; le suffixe "-kond" désigne quant à lui une communauté de personnes, comme dans le mot "perekond" « famille », ou une entité territoriale, comme dans "maakond" « province ». "Taraconta" pourrait ainsi désigner les Estoniens comme les adorateurs de Taara. À partir du , des sources écrites plus abondantes permettent d’avoir une idée plus précise de l’état de développement de la langue. C’est en effet à cette époque que les croisés allemands et scandinaves atteignent l’Estonie, qui était alors l’une des dernières terres païennes d’Europe. Les croisades contre les Estoniens ont été décrites au cours de la première moitié du dans la chronique latine "Heinrici Chronicon Livoniae" (chronique d'Henri le Letton), qui contient des mots et des fragments de phrase en estonien. De nombreux noms propres et toponymes estoniens sont également attestés dès le . Un rôle d’impôt danois (""), établi entre 1219 et 1220, comprend environ 500 toponymes du nord de l’Estonie. À la suite des croisades, une noblesse et une bourgeoisie allemandes s’établirent sur le territoire de l’ancienne Livonie, qui couvrait l’Estonie et la Lettonie actuelles. Bien que l’Estonie ait changé plusieurs fois de maître au cours de sept siècles d’occupation étrangère (Danemark, Pologne, Suède, Russie), l’estonien fut surtout influencé par le bas-allemand et le haut-allemand, ainsi que par le dialecte allemand de la Baltique qui se développa à partir d’eux. En particulier, le vocabulaire lié à la ville et la modernité s'inspire largement de l'allemand. Le premier texte estonien conservé est celui du manuscrit de Kullamaa, qui date des années 1524-1528. Il s’agit d’une traduction des principales prières catholiques (« Notre Père », « Je vous salue Marie » et « Je crois en Dieu »). Lorsque la Réforme parvint en Estonie, la prédication en langue vernaculaire rendit nécessaire la traduction des textes religieux en estonien du nord et en estonien du sud. Période moderne. Les premières grammaires et les premiers dictionnaires furent rédigés au . On dispose depuis cette époque d’un nombre important de textes conservés. Au cours du Réveil national qui se produisit au milieu du , l’estonien, qui n’était auparavant que la langue des paysans, devint rapidement une langue de culture, notamment grâce à l’Université de Tartu, un des principaux foyers intellectuels. Il commença à être utilisé en littérature et dans les sciences. À la même époque furent publiées les premières études linguistiques en estonien. En 1884, Karl August Hermann fit paraître la première grammaire estonienne en estonien, qui contribua de façon importante à la standardisation de la langue. Dans la deuxième moitié du , la population autochtone commença à se désigner sous le nom d’"eesti", probablement emprunté deux siècles plus tôt au suédois ou à l’allemand. Auparavant, la majorité des Estoniens se désignaient sous le nom de "maarahvas" « les gens du pays » et appelaient leur langue "maakeel" « la langue du pays ». Durant les premières décennies du , les intellectuels estoniens se donnèrent pour mission de développer leur langue pour l’adapter à la culture européenne moderne. Un rôle important dans ce processus fut joué par le linguiste (et professeur de français) Johannes Aavik, qui s’efforça d’enrichir et d’embellir la langue littéraire. Il utilisa abondamment les ressources fournies par le finnois et les dialectes, mais créa également des mots et des morphèmes grammaticaux artificiels. Le français inspira nombre de ses propositions. Parallèlement à cette « rénovation linguistique » ("keeleuuendus") lancée par Aavik, un autre courant, dirigé par Johannes Voldemar Veski, se concentra sur l’élaboration des normes et le développement de la terminologie. Plusieurs milliers de termes, dans tous les domaines du savoir et de la vie, furent créés pendant cette période. Au cours du , un rôle essentiel dans la fixation de la langue standard fut joué par les dictionnaires normatifs. Le premier d’entre eux parut en 1918. Pendant la période soviétique (1940-1991), la standardisation de la langue et le strict respect des normes devinrent une forme de résistance nationale. C’était une façon de s’opposer à l’idéologie soviétique, symbolisée par la langue russe. La langue était l’un des constituants fondamentaux de l’identité estonienne. Les autorités n’avaient d’ailleurs interdit ni l’étude scientifique de l’estonien ni son emploi dans aucun domaine de la vie publique (y compris l’éducation), ce qui permit aux Estoniens et à leur langue de résister à la russification et à la colonisation. Dans les années 1990, les attitudes à l’égard de la norme linguistique se sont assouplies. Les sociolectes et autres variétés linguistiques non standard sont revenus à l’honneur. Le 2004, l’estonien est devenu l’une des langues officielles de l’Union européenne. |
Essif En linguistique, l’essif est un cas grammatical exprimant un état ou une qualité. Il peut s'exprimer en français au moyen des locutions comme "en tant que", "en qualité de" ou "comme". Dans d’autres langues - en particulier le finnois et l’estonien -, il s’exprime au moyen d'un suffixe spécifique qui est ajouté au mot de base en finnois, et à la forme du génitif en estonien : En finnois, l’essif peut aussi exprimer le temps: "maanantaina" → "au lundi", "kuudentena tammikuuta" → "au ". Dans certaines expressions, il est utilisé avec son sens ancien de locatif : "Luen lehtiä kotona" → "Je lis les journaux à la maison" (i.e.: "dans le contexte de la maison") . Cette signification s’oppose à celle de l’inessif, qui veut dire "à l’intérieur de". Le basque présente un tel cas grammatical, utilisant le suffixe -tzat directement accolé à la racine. Cette même combinaison peut également exprimer le cas translatif. Les grammaires basques cependant l'appellent et l'ont toujours appelé "prolatif", bien que ne correspondant pas à l'acception de ce terme pour les linguistes. |
Espace vectoriel En mathématiques, plus précisément en algèbre linéaire, un espace vectoriel est un ensemble d'objets, appelés vecteurs, que l'on peut additionner entre eux, et que l'on peut multiplier par un scalaire (pour les étirer ou les rétrécir, les tourner, etc.). En d'autres termes, c'est un ensemble muni d'une structure permettant d'effectuer des combinaisons linéaires. Les scalaires sont généralement des nombres réels ou des nombres complexes, ou alors pris dans n'importe quel corps. Étant donné un corps "K", un espace vectoriel "E" sur "K" est un groupe commutatif (dont la loi est notée +) muni d'une action « compatible » de "K" (au sens de la définition ci-dessous). Espace vectoriel. Définitions. Soit "K" un corps commutatif, comme le corps commutatif formula_1 des rationnels, celui, formula_2, des réels ou celui, formula_3, des complexes (on parlera dans ces cas d'espace vectoriel rationnel, réel ou complexe). Un espace vectoriel sur "K", ou "K-espace vectoriel", est un ensemble "E", dont les éléments sont appelés vecteurs (ou — plus rarement — points), muni de deux lois : tel que les propriétés suivantes soient vérifiées : Ces axiomes impliquent que "E" est non vide et pour tout vecteur "u" de "E" et tout scalaire λ : Les vecteurs (éléments de "E") ont été ici écrits avec des lettres latines italiques, mais certains auteurs les notent par des lettres en gras, ou les surmontent d'une flèche. Exemples. Voici quelques exemples d'espaces vectoriels qui servent entre autres en analyse ou en géométrie : Espaces vectoriels sur un corps non commutatif. La définition ci-dessus est celle des espaces vectoriels à gauche sur "K". Les espaces vectoriels à droite sur "K" sont les espaces vectoriels à gauche sur le corps opposé à "K". Si le corps "K" est commutatif, les notions d'espaces vectoriels à gauche et à droite coïncident, et l'on peut alors noter à gauche ou à droite (au choix) la multiplication par un scalaire. Les notions de la théorie des espaces vectoriels qui ne sont valables, avec les définitions usuelles, que lorsque le corps est commutatif sont notamment celles liées à la multilinéarité (déterminant, trace, produits tensoriels, algèbre extérieure, algèbre sur un corps commutatif) ou aux fonctions polynomiales. Même si l'on ne se sert pas de ces notions, il faut faire attention à divers détails lorsque le corps de base n'est pas supposé commutatif. Par exemple, les homothéties n'existent (en tant qu'applications linéaires) que si le facteur scalaire est central dans le corps, et la multiplication scalaire doit être écrite du côté opposé des applications linéaires (donc avec le scalaire à droite si les applications linéaires sont notées à gauche de leurs arguments). Combinaison linéaire. Les deux opérations sur un espace vectoriel permettent de définir les combinaisons linéaires, c'est-à-dire les sommes finies de vecteurs affectés de coefficients (scalaires). La combinaison linéaire d'une famille ("v") de vecteurs ayant pour coefficients (') est le vecteur ∑ "v". Lorsque l'ensemble d'indexation "I "est infini, il est nécessaire de supposer que la famille (') est à support fini, c'est-à-dire qu'il n'y a qu'un ensemble fini d'indices "i "pour lesquels "" est non nul. Sous-espace vectoriel. Un sous-espace vectoriel de "E" est une partie non vide "F" de "E" stable par combinaisons linéaires. Muni des lois induites, "F" est alors un espace vectoriel. L' non vide (finie ou infinie) de sous-espaces vectoriels est un sous-espace vectoriel mais l', même finie, n'en est pas un en général. Famille de vecteurs et dimension. Indépendance linéaire. Une famille ("v") de vecteurs de "E" est dite libre (sur "K") ou encore les vecteurs de cette famille sont dits linéairement indépendants, si la seule combinaison linéaire des "v" égale au vecteur nul est celle dont tous les coefficients sont nuls. Dans le cas contraire, la famille est dite liée et les "v" sont dits linéairement dépendants. Une famille constituée d'un seul vecteur est libre si et seulement si ce vecteur est non nul. Un couple de vecteurs est lié si et seulement si les deux vecteurs sont colinéaires. Si ("u", "v") est un couple de vecteurs linéairement indépendants, alors ("u", "v"), ("u + v", "v") et ("u", "u + v") sont eux aussi des couples de vecteurs non colinéaires, mais la famille ("u", "v", "u + v") est toujours liée. Sous-espace vectoriel engendré. Le sous-espace vectoriel engendré par une famille ("v") de vecteurs, noté (("v")), est le plus petit sous-espace (au sens de l'inclusion) contenant tous les vecteurs de cette famille. De manière équivalente, c'est l'ensemble des combinaisons linéaires des vecteurs "v". La famille engendre "E", ou encore est génératrice, si le sous-espace qu'elle engendre est "E "tout entier. Une famille "B "de vecteurs de "E "est une base de "E" si elle est libre et génératrice ou, ce qui est équivalent, si tout vecteur de "E" s'exprime de manière unique comme combinaison linéaire des éléments de "B". L'existence d'une base pour tout "K"-espace vectoriel "E" se déduit du théorème de la base incomplète. Définition de la dimension. Étant donné un espace vectoriel "E" sur un corps "K", toutes les bases de "E" ont le même cardinal, appelé dimension de "E". Deux espaces vectoriels sur "K" sont isomorphes (c'est-à-dire reliés par un isomorphisme) si et seulement s'ils sont de même dimension. Application linéaire. Soient "E" et "F" deux espaces vectoriels sur un même corps "K". Une application de "E" vers "F" est dite linéaire si elle est additive et commute à la multiplication par les scalaires : Autrement dit, préserve les combinaisons linéaires. L'ensemble des applications linéaires de "E" dans "F" est souvent noté L("E", "F"). Si "K" est commutatif, L("E", "F") est un sous-espace vectoriel de l'espace des fonctions de "E" dans "F". Toute composée d'applications linéaires est linéaire. L'ensemble L("E", "E") des endomorphismes de "E" se note L("E"). Un isomorphisme d'espaces vectoriels est une application linéaire bijective. Un automorphisme est un endomorphisme bijectif. L'ensemble des automorphismes de "E" est le groupe linéaire GL("E"). Noyau et image. Pour toute application linéaire "f" de "E" dans "F", Le graphe de "f" est un sous-espace vectoriel de "E" × "F", dont l'intersection avec "E" × {0} est Ker("f") × {0}. Forme linéaire. Une forme linéaire sur un "K"-espace vectoriel "E" est une application linéaire de "E" dans "K". Si "K" est commutatif, les formes linéaires sur "E" forment un "K"-espace vectoriel appelé l'espace dual de "E" et noté "E"*. Les noyaux des formes linéaires non nulles sur "E "sont les hyperplans de "E". Produits et sommes directes. La somme "F + G" de deux sous-espaces vectoriels "F" et "G", définie par coïncide avec le sous-espace vectoriel engendré par "F"⋃"G". Cette construction se généralise à une famille quelconque (non vide) de sous-espaces vectoriels. La formule de Grassmann relie les dimensions de "F "et "G "à celles de leur somme et de leur intersection : formula_6 Les deux sous-espaces "F" et "G" de "E" sont dits « "en "somme directe » lorsque la décomposition de tout vecteur de leur somme "F + G "en une somme de deux vecteurs, l'un appartenant à "F" et l'autre à "G", est unique (il suffit pour cela que la décomposition de 0 soit unique, c'est-à-dire que "F"∩"G "= {0}). Cette définition se généralise à la somme d'une famille quelconque (non vide) ("F") de sous-espaces. Si cette somme est directe alors les "F" sont d'intersection nulle deux à deux mais la réciproque est fausse. Une somme "F + G", lorsqu'elle est directe, est notée "F"⊕"G". Les sous-espaces "F" et "G" sont dits supplémentaires (l'un de l'autre) dans "E" s'ils sont en somme directe et si de plus, cette somme est égale à "E". Le théorème de la base incomplète garantit que tout sous-espace vectoriel possède au moins un supplémentaire. Soit une famille ("E") de "K"-espaces vectoriels. Le produit cartésien ∏ "E" hérite naturellement d'une structure de "K"-espace vectoriel, appelé espace vectoriel produit. Les familles à support fini forment un sous-espace vectoriel de ∏ "E", appelé la somme directe des espaces "E" et noté ⊕ "E". Lorsque tous les "E" sont égaux à "K", ce produit et cette somme sont respectivement notés "KI" (l'espace des fonctions de "I" dans "K") et "K"("I") (le sous-espace des fonctions à support fini, dont la dimension est égale au cardinal de "I"). Pour "I "= N, on construit ainsi l'espace "K"N des suites dans "K" et le sous-espace "K"(N) des suites à support fini. Espace vectoriel quotient. Soit "F" un sous-espace vectoriel de "E". L'espace quotient "E"/"F" (c'est-à-dire l'ensemble des classes d'équivalence de "E" pour la relation « "u "~ " v "si et seulement si "u – v "appartient à "F" », muni des opérations définies naturellement sur les classes) est un espace vectoriel tel que la projection "E "→ "E"/"F "(qui associe à "u "sa classe d'équivalence) soit linéaire de noyau "F". Tous les sous-espaces supplémentaires de "F "dans "E "sont isomorphes à "E"/"F". Leur dimension commune, lorsqu'elle est finie, s'appelle la codimension de "F "dans "E". Propriétés des espaces vectoriels de dimension finie. Soit "E" un espace vectoriel engendré par un nombre fini "m" d'éléments. Historique. La notion d'espace vectoriel naît conceptuellement de la géométrie affine avec l'introduction des coordonnées dans un repère du plan ou de l'espace usuel. Vers 1636, Descartes et Fermat donnèrent les bases de la géométrie analytique en associant la résolution d'une équation à deux inconnues à la détermination graphique d'une courbe du plan. Afin de parvenir à une résolution géométrique sans utiliser la notion de coordonnées, Bolzano introduisit en 1804 des opérations sur les points, droites et plans, lesquelles sont les précurseurs des vecteurs. Ce travail trouve un écho dans la conception des coordonnées barycentriques par Möbius en 1827. L'étape fondatrice de la définition des vecteurs fut la définition par Bellavitis du bipoint, qui est un segment orienté (une extrémité est une origine et l'autre un but). La relation d'équipollence, qui rend équivalents deux bipoints lorsqu'ils déterminent un parallélogramme, achève ainsi de définir les vecteurs. La notion de vecteur est reprise avec la présentation des nombres complexes par Argand et Hamilton, puis celle des quaternions par ce dernier, comme des éléments des espaces respectifs ℝ et ℝ. Le traitement par combinaison linéaire se retrouve dans les systèmes d'équations linéaires, définis par Laguerre dès 1867. En 1857, Cayley introduisit la notation matricielle, qui permit d'harmoniser les notations et de simplifier l'écriture des applications linéaires entre espaces vectoriels. Il ébaucha également les opérations sur ces objets. Vers la même époque, Grassmann reprit le calcul barycentrique initié par Möbius en envisageant des ensembles d'objets abstraits munis d'opérations. Son travail dépassait le cadre des espaces vectoriels car, en définissant aussi la multiplication, il aboutissait à la notion d'algèbre. On y retrouve néanmoins les concepts de dimension et d'indépendance linéaire, ainsi que le produit scalaire apparu en 1844. La primauté de ces découvertes est disputée à Cauchy avec la publication de "Sur les clefs algébriques" dans les "Comptes Rendus". Peano, dont une contribution importante a été l'axiomatisation rigoureuse des concepts existants — notamment la construction des ensembles usuels — a été un des premiers à donner une définition contemporaine du concept d'espace vectoriel vers la fin du . Un développement important de ce concept est dû à la construction des espaces de fonctions par Lebesgue, construction qui a été formalisée au cours du par Hilbert et Banach, lors de sa thèse de doctorat en 1920. C'est à cette époque que l'interaction entre l'analyse fonctionnelle naissante et l'algèbre se fait sentir, notamment avec l'introduction de concepts clés tels que les espaces de fonctions "p"-intégrables ou encore les espaces de Hilbert. C'est à cette époque qu'apparaissent les premières études sur les espaces vectoriels de dimension infinie. Translations. Sans disposer d'une définition des espaces vectoriels, une approche possible de la géométrie plane se fonde sur l'étude d'un plan affine de Desargues "P". Il comporte des points et des droites, avec une relation d'appartenance appelée incidence, dont les propriétés donnent un sens à l'alignement des points et au parallélisme des droites. On appelle homothétie-translation toute transformation de "P" préservant l'alignement et envoyant toute droite sur une droite parallèle. Hormis l'identité (considérée à la fois comme une homothétie et une translation), une telle transformation fixe au plus un point ; elle est appelée homothétie si elle fixe un point O, qui est alors son centre ; elle est appelée une translation sinon. L'ensemble des homothéties de centre fixé "O" forment un groupe commutatif pour la loi de composition, indépendant de O à isomorphisme près, noté "K"*. Il est possible d'adjoindre un élément 0 pour former un corps "K", dont la loi d'addition est encore définie à partir de "P". Tout scalaire non nul formula_7 correspond à une unique homothétie de centre O, et on dit que formula_7 est son rapport. L'ensemble des translations de "P" forme un "K"-espace vectoriel, ses lois étant les suivantes : Le vecteur nul est l'identité. L'opposé d'un vecteur représenté par une translation "t" est le vecteur défini par "t". Tout ceci se généralise aux espaces affines d'incidence (ou synthétiques) de dimensions (finies ou infinies) supérieures ou égales à 3 (ils sont alors de Desargues). Mais dans ce cas, si le nombre d'éléments des droite est égal à 2, la relation de parallélisme entre droites doit être incluse dans la définition des espaces affines. Donc, il y a intrinsèquement un espace vectoriel « sous-jacent » à tout plan affine de Desargues et à tout espace affine d'incidence. Ces considérations permettent de faire le lien entre une approche moderne de la géométrie fondée sur l'algèbre linéaire, et une approche axiomatique. |
Ergol Un ergol, dans le domaine de l'astronautique, est une substance homogène employée seule ou en association avec d'autres substances et destinée à fournir de l'énergie à un lanceur spatial, un satellite, ou tout autre objet propulsé astronautique. Les ergols sont les produits initiaux, séparés, utilisés dans un système propulsif à réaction, de manière générale utilisés dans des moteurs-fusées. Ils sont constitués d'éléments oxydants (comburant) et réducteurs (carburant ou combustible), c'est-à-dire d'un élément capable de recevoir un ou plusieurs électrons durant une réaction, et un capable d'en fournir. Le terme d’ergols résiduels est employé pour désigner les ergols imbrûlés, restants dans les réservoirs du lanceur après la phase propulsée. On assimile parfois ergols et propergols. Classement. Les ergols sont classés selon : Propriétés recherchées. Les propriétés recherchées des ergols sont : Principaux ergols. Liquides. De nombreux ergols liquides différents peuvent être employés, en fonction des caractéristiques des lanceurs, possédant tous des comportements différents : Solides. Liste des principaux ergols solides : Vers des réservoirs de combustible « autophage » ? C'est un principe proposé par des chercheurs anglais et ukrainiens : plutôt qu'une chambre solide contenant un carburant liquide, ils proposent d'utiliser une chambre solide elle-même constituée de carburant. Cette chambre « se mangerait elle-même » et la fusée s'allégerait un peu plus au fur et à mesure de la montée dans l'atmosphère. De premiers tests laissent penser que cette approche n'empêcherait pas un bon contrôle de la poussée ("throttleability"). Gazeux. Des ergols gazeux peuvent parfois êtres employés, entre autres dans le cadre de la propulsion ionique. Ce sont majoritairement des gaz nobles : |
Émile Benveniste Émile Benveniste (prononciation : ), né à Alep (Syrie) le et mort à Versailles le , est un linguiste français. Né Ezra Benveniste, il a été naturalisé français en 1924. Il s'est illustré par ses travaux tant dans le domaine de la grammaire comparée des langues indo-européennes que dans celui de la linguistique générale. Biographie. Ses deux parents sont instituteurs de l'Alliance israélite universelle dans l'Empire ottoman, en Tunisie, puis en Bulgarie. Titulaire d'une bourse de l'Alliance israélite universelle, il fait ses études à Paris au Petit séminaire israélite à partir de 1913. Après le baccalauréat, il abandonne les études religieuses. Il est licencié ès lettres en 1920, à 18 ans, et agrégé de grammaire en 1922. Il fait son service militaire au Maroc pendant la guerre du Rif. Élève d'Antoine Meillet à l'École pratique des hautes études, il enseigne lui-même dans cet établissement de 1927 à 1969, et au Collège de France, où il occupe la chaire de grammaire comparée de 1937 à 1969. Fait prisonnier en 1940, il parvient à s'évader en et se réfugie en Suisse, où il restera jusqu'en 1945, alors qu'il avait été exclu du Collège de France par le régime de Vichy. Il exerce les fonctions de secrétaire adjoint de la Société de linguistique de Paris de 1945 à 1959, puis celle de secrétaire de 1959 à 1970. En 1960, il est élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et, en 1965, membre de l'Accademia dei Lincei. En 1961, il fonde, avec Claude Lévi-Strauss et Pierre Gourou, "L'Homme, revue française d'anthropologie". De 1964 à 1975, il dirige la "Revue des études arméniennes" (REA). En , il est victime d'une attaque cérébrale qui le laisse aphasique. Il meurt sept ans plus tard, le à Versailles, à l'âge de 74 ans. Apport scientifique. Sa production scientifique s'est étalée sur une cinquantaine d'années, à partir de 1922. Les dix premières années sont principalement consacrées à sa discipline d'origine, l'iranien, avec quatre ouvrages et de très nombreux articles. À partir de 1932, il se tourne véritablement vers la linguistique comparée des langues indo-européennes ; c'est dans cette période qu'il acquiert une dimension internationale, notamment avec la publication de sa thèse principale, "Les Origines de la formation des noms en indo-européen" (1935), où il propose une théorie de la racine indo-européenne qui a fortement marqué l'évolution ultérieure de la linguistique indo-européenne. Après la période difficile de la guerre, il fait paraître en 1948 "Noms d'agent et noms d'action en indo-européen", qui est, selon , « le plus beau livre de grammaire comparée qu'on ait écrit au vingtième siècle... le chef-d'œuvre, la cime du structuralisme classique européen ». Watkins cite comme « l'apport le plus durable de Benveniste à la grammaire comparée » l'idée résumée dans cette phrase (extraite de la conclusion de son article sur « Actif et moyen dans le verbe ») : « Il est dans la nature des faits linguistiques, puisqu'ils sont des signes, de se réaliser en oppositions et de ne signifier que par là. » Dans la dernière période, l'intérêt pour la linguistique générale, aussi bien d'un point de vue formel que dans ses rapports avec l'organisation sociale, passe au premier plan mais toujours en lien direct avec la linguistique indo-européenne. Cet intérêt s'exprime pleinement dans ses "Problèmes de linguistique générale" (parus en 1966 et 1974), qui introduisent en France la linguistique de l'énonciation et dans sa dernière œuvre, le "Vocabulaire des institutions indo-européennes" (parue en 1969, quelques semaines avant que la maladie ne le frappe), fruit d'une démarche très novatrice par laquelle il cherche des significations sociales profondes, des « structures enfouies » sous les systèmes de distinctions sémantiques. Il s'intéresse ainsi au problème fondamental de la signification du vocabulaire qu'il traite en plusieurs thèmes : économie, parenté, statuts sociaux dans le premier volume, royauté, droit, religion dans le second. L'originalité de l'ouvrage est d'aboutir à des résultats intéressant l'histoire et l'anthropologie à partir de faits purement linguistiques. |
Espèce disparue En biologie et en écologie, une espèce disparue est une population réputée n’avoir plus aucun représentant vivant, ni dans la nature, ni en captivité. Avant l’apparition du clonage, on considérait que le moment de l’extinction correspondait à la mort du dernier individu de l’espèce. Si les techniques de conservation de tissus ou de gamètes se perfectionnent, le clonage permettra peut-être de dupliquer le dernier individu connu d’une espèce végétale (ou quelques individus), mais non de retrouver la diversité génétique de l’espèce, et sans garantie que l’espèce puisse survivre dans la nature (par exemple si son pollinisateur spécialisé et/ou son habitat ont également disparu). Depuis 1963, la liste rouge de l'UICN dresse la liste des espèces menacées ou disparues. En 1988, toutes les espèces connues d'oiseaux avaient été évaluées par l’UICN ainsi qu'en 1996, l’état de conservation de toutes les espèces de mammifères. Parmi les espèces décrites dans l'édition de 1996, 25 % des mammifères et 11 % des oiseaux étaient classées comme étant menacées. En 2006, l'UICN considère qu’une espèce de mammifères sur quatre, une espèce d’oiseaux sur huit, et un tiers des amphibiens sont menacés. , une espèce animale ou végétale disparaît toutes les dix-sept minutes. Situation actuelle. Les paléontologues estiment qu’en temps normal, et à échelle géologique, la grande majorité des espèces « durent » de 1 à 10 millions d’années (5 millions en moyenne), avant soit de disparaître, soit de se modifier au point que l’on doive parler de nouvelles espèces. La Terre a connu cinq extinctions majeures induites par des catastrophes géoclimatiques, la dernière étant celle qui a connu la disparition des grands dinosaures (une seule famille de ce groupe a survécu : les oiseaux). Un nombre croissant de scientifiques et d’ONG craignent que l’humanité soit en train de provoquer une sixième extinction de masse, avec un rythme d’extinction qui semble encore plus rapide que lors des grandes crises naturelles précédentes. À titre d’exemple en « rythme normal », une espèce d’oiseau devrait disparaître par siècle, or c’est presque une espèce d’oiseau par an, cent fois plus, qui disparaît depuis le . Au début du , cinq espèces de plantes vasculaires disparaissent chaque jour (une tous les deux ans, rien que pour la Picardie dans le nord de la France (source : Conservatoire botanique de Bailleul), contre une tous les 25 ans dans le monde en temps normal. Plus de 260 vertébrés auraient récemment disparu (au ), alors que pour un nombre estimé à espèces de vertébrés, c’est une disparition par siècle qui devrait se produire. L’estimation des disparitions actuelles est probablement sous-estimée, en raison d’un grand nombre de petits invertébrés inconnus ou non suivis. Données relatives. Pour les espèces récemment disparues (totalement, ou seulement dans leur milieu d’origine en cas de survie en captivité), et notamment dans les régions reculées ou peu prospectées par les biologistes, la notion de « disparu » est à considérer comme une probabilité élevée. Cela est rare, mais il arrive parfois que l’on retrouve un ou quelques individus d’une espèce que l’on croyait disparue : ainsi une tortue aquatique, "Rafetus swinhoei" pouvant atteindre de long pour , que l’on considérait comme éteinte dans la nature (seuls trois individus étaient connus en captivité) a récemment été observée à l’état sauvage sur les rives d’un lac du nord du Vietnam. Cette espèce reste bien sûr classée comme la plus menacée au monde parmi les tortues d’eau douce. Peut-on et doit-on remplacer certaines espèces disparues ? C’est une question scientifique à la fois éthique et pratique, qui ne fait pas l’objet de consensus, mais qui est étudiée. Sur le plan éthique, laisser faire des pratiques prédatrices et des gouvernances à courte vue, c'est nier non seulement le droit des autres espèces à exister, mais aussi le droit des générations humaines futures à bénéficier des mêmes ressources et « services-rendus par la biosphère » que les générations actuelles. Sur le plan pratique, certaines espèces "« récemment »" disparues (grands herbivores, grands carnivores) jouaient en effet des rôles fonctionnels et écopaysagers qui ne peuvent être remplacés par l’homme ou d’autres animaux plus petits. Certaines, comme le "Sophora toromiro" de l’île de Pâques, y ont été réintroduits à partir de graines et plants conservés dans les carpothèques et jardins botaniques du monde. Des scientifiques étudient si d’autres espèces proches et adaptées aux mêmes milieux et climats pourraient les « "remplacer" ». Ils envisagent des expérimentations (en milieu confiné) par exemple d’introduction du lion ou de l’éléphant africain en Amérique du Nord pour respectivement « "remplacer" » le lion des cavernes et les espèces de mammouths qui n’ont pas survécu à l’occupation préhistorique. |
Espèce extirpée En biologie et écologie, une espèce extirpée est une espèce qui n'existe plus à un endroit ou dans un pays, mais que l'on peut retrouver dans d'autres régions du monde. On parle d'extinction locale. Origine de l'expression. Le terme « espèce extirpée » est une traduction de l'anglais « "extirpated species" » qui a le sens d' « espèces disparues » en anglais. L'office québécois de la langue française recommande le terme « espèce disparue du pays (ou du lieu) », plutôt que le terme « espèce extirpée » dont le sens en français qui signifie « espèce arrachée » varie par rapport à l'expression anglaise. On peut aussi trouver le terme « possiblement extirpée ». |
Espèce en danger critique Une espèce en danger critique (ou en danger critique d'extinction) est un statut de conservation qui désigne toute espèce en péril exposée à une disparition ou à une extinction imminente. C'est le dernier niveau de risque avant l'. Plusieurs organismes se proposent d'évaluer le niveau de menace sur les différentes espèces (UICN, COSEPAC) et une espèce peut donc être considérée comme "en danger critique" par l'un mais pas par les autres. 878 espèces auraient totalement disparu. Des études portent sur les traits propres aux espèces qui disparaissent et sur les facteurs de vulnérabilités (causes de disparition qui peuvent varier selon l'espèce) Définition de l'Union internationale pour la conservation de la nature. Pour être ajoutée à la Liste Rouge des Espèces en Danger Critique d'Extinction, une espèce doit remplir n'importe lequel des critères suivants (A-E) ("3G/10A" signifie trois générations ou 10 ans , avec un maximum de 100 ans ; "IM" signifie Individus Matures) : Début 2019, la liste de l'UICN comptait espèces en danger critique d'extinction. Parmi celles-ci, on compte espèces de végétaux et espèces d'animaux. Une liste des cent espèces les plus menacées a également été établie en 2012. Statistiques par groupes de l'UICN. Les chiffres suivants ne tiennent pas compte des espèces classées dans la catégorie « données insuffisantes ». Mammifères. En ce qui concerne les mammifères, 188 espèces sur étaient considérées en danger critique d'extinction dans le monde en 2008, mais ce chiffre pourrait être supérieur en raison du fait que 836 mammifères étaient classés dans la catégorie « données insuffisantes ». Sur 188 espèces de primates, 64 sont en danger critiques d'extinction. Oiseaux. En ce qui concerne les oiseaux, 225 espèces sur recensées étaient considérées en danger critique d'extinction dans le monde en 2016. Amphibiens. Les amphibiens sont le groupe le plus menacé : sur que comptait la planète en 2009, 484 étaient en danger critique d'extinction. Dix ans plus tard, ce nombre s'élevait déjà à 550. Quelques exemples. Quelques espèces classées comme « en danger critique d'extinction » par l'UICN : Espèces en danger critique d'extinction décrites dans la Wikipédia francophone. Consulter |
Espèce en danger En biologie et écologie, l'expression « espèce en danger » s'applique à toute espèce risquant de disparaître à court ou moyen terme. Selon le congrès mondial de l'UICN de septembre 2016, , ce qu'un article du 10 août, dans la revue "Nature" traduit sous le titre « Les ravages des fusils, des filets et des bulldozers » aussi qualifiés de grands tueurs parmi les facteurs de régression de animales et végétales évaluées et classées en 2016 comme menacées ou quasi menacées de disparition sur la liste rouge de l'UICN. Définition. Une espèce est déclarée menacée si elle répond à au moins un des critères précis (disparition de l'habitat, déclin important de sa population, érosion génétique, chasse excessive ou surpêche ) définis par l'UICN : Utilité. Ces critères, généralement établis ou validés par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), permettent d'affiner le risque d'extinction de l'espèce (actuel, à court et moyen terme) et de lui attribuer un statut de conservation et parfois de protection (espèce protégée). Dans le cas des races locales domestiquées, il s'agit du patrimoine agricole et souvent d'espèces moins productives, mais rustiques et demandant moins de frais d'entretien. La préservation de certaines de ces espèces pourrait notamment faire partie des solutions d'adaptation au dérèglement climatique ou à la diffusion de certaines maladies (maladies animales ou zoonoses transmissibles à l'homme). Classements internationaux. La liste rouge de l'UICN classe les espèces menacées en trois catégories, selon l'importance du risque de leur extinction : « vulnérable », « en danger » et « en danger critique d'extinction ». En 2019, l'UICN compte 9754 espèces dans la catégorie "espèce en danger". Une classification un peu similaire existe pour les races locales domestiquées d'intérêt agricole. La convention de Washington (CITES) établissait une liste des espèces protégées selon trois catégories organisées en annexes : Espèces menacées par pays (exemples ; source : UICN, 2004) : Elles sont classées par groupes taxonomiques : Canada. Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) utilise le terme espèce en péril plutôt qu'espèce menacée, l'expression « espèce menacée » ne s'appliquant alors qu'à une partie des espèces pouvant disparaître. Selon la classification COSEPAC des espèces, une "espèce menacée" est une espèce en péril susceptible de devenir une espèce en danger de disparition dans un avenir plus ou moins proche si les pressions s'exerçant sur elle (facteurs limitants), comme la disparition de l'habitat, ne sont pas supprimées. Ce terme désigne le statut donné à l'espèce quand le deuxième niveau de risque d'extinction est atteint. Au Québec. Avec la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables, le gouvernement québécois s'est engagé à garantir la sauvegarde de l'ensemble de la diversité génétique du Québec. En 2018, de la flore et de la faune sont légalement désignées menacées ou vulnérables au Québec. Pour chaque espèce floristique légalement protégée au Québec, des plans de conservation seront élaborés afin d’identifier les actions à mettre en œuvre pour assurer leur survie à long terme. Les plans de conservation pour le Carex faux-lupulina et la Sagittaire à sépales dressés sous-espèce des estuaires sont maintenant disponibles. Monde. Bien que la communication sur les espèces menacées porte surtout sur les animaux, et notamment les mammifères et les oiseaux, en nombre absolu, deux fois plus d'espèces de plantes ont disparu que d'espèces d'oiseaux, de mammifères et d'amphibiens réunies. Selon une étude récente (juin 2019) publiée dans Nature Ecology & Evolution, rien que dans les herbiers des musées on trouve 571 espèces de plantes éteintes au cours des 250 dernières années, ce qui est beaucoup plus (4 fois plus) que la liste officielle de l’UICN des plantes disparues. Néanmoins 5% des mammifères et oiseaux ont disparu, ce qui est énorme comparé aux plantes (seules 0,2% des plantes connues ont disparu). Ainsi : Le nombre de plantes disparues est sous-estimé, par manque de suivi de la flore tropicale d’Afrique et d’Amérique du Sud et beaucoup d'espèces risquent bientôt d’aussi disparaître; Selon l’IPBES, plus d'un million d'espèces (dont 14% de la diversité végétale et animale) sont menacées d’extinction Europe. L'UICN qu'en Europe, rien que pour les mammifères ; Les causes principales sont la perte, la dégradation et la fragmentation des habitats, les changements climatiques, la mortalité accidentelle (""), la pollution et l’homme (chasse, poison, pièges, introduction volontaire ou non d'espèces invasives et concurrentielles des espèces autochtones). L'UICN note que certains plans de conservation ont efficacement sauvé quelques espèces (mais ils ne concernent que 8 % des mammifères européens, et pas dans tous les pays). Une évaluation de l'état des populations de mammifères est en cours. La commission a plusieurs fois alerté aussi sur l'importance de restaurer un réseau écologique européen, et de ne pas oublier les invertébrés et en particulier les invertébrés xylophages, souvent menacés par le manque de ressources en bois-morts ou sénescents dans les forêts européennes trop exploitées. De nombreuses espèces d'eau douce autrefois communes sont également en très forte régression ( reptiles ou amphibiens) ou menacées, dont l'anguille européenne (Anguilla anguilla). Plusieurs études observent également un déclin important chez les lichens et les champignons. France. Il existe des listes rouges (nationales et régionales) d'espèces menacées. La France se classe parmi les dix pays hébergeant le plus d'espèces menacées sur la planète. Elle jouit d'une position unique au monde en termes de richesses naturelles. Via ses départements (La Réunion, Guyane, Martinique, Guadeloupe, Mayotte) et ses territoires et collectivités d'Outre-Mer, elle est présente dans cinq des trente-quatre points chauds du globe, ces zones où la diversité biologique s'avère la plus grande mais la plus en danger et où les espèces endémiques sont très nombreuses. La loi du 10 juillet 1976 protège déjà certaines espèces menacées en France. Elle en interdit la capture, la vente et l'achat et même la perturbation intentionnelle. En 2005, la loi concernait en métropole plus de animales sauvages (soit 52 % des vertébrés, 4 % des mollusques et 0,5 % des insectes, crustacés et échinodermes) et végétales (plus de 7 % des plantes, sans compter les mousses). Mais l'Outre-Mer concentre 80 % de la biodiversité or, la loi française ne s'exerce que sur ses départements, la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna possédant leur propre réglementation. Costa Rica. Le Costa Rica a mis en œuvre une politique de protection de la biodiversité : 25 % de son territoire est classé en parc national, réserve ou zone protégée. Afrique. Espèces les plus menacées d'Afrique.. Okapi. L’okapi (Okapia johnstoni) est un mammifère originaire des forêts équatoriales d'Afrique centrale appartenant à la même famille que la girafe, les Giraffidae. Il est l'unique représentant du genre Okapia. Découvert en 1901 par Sir Harry Johnston, à qui il doit son nom, l'okapi est l'un des derniers grands mammifères à être observé scientifiquement sur la planète. Les principales raisons du déclin des populations d'okapis sont le braconnage, la perte des habitats naturels, ainsi que la présence de rebelles et de mineurs illégaux. D'après l'UICN, l'espèce est "proche de la catégorie la plus élevée de risque d'extinction". Gorille des montagnes. Le gorille des montagnes vit dans la forêt tropicale humide qui couvre les monts Virunga, à la frontière de l'Ougande et du Rwanda. Il est actuellement dans la liste des espèces les plus menacées. Les braconniers chassent le gorille, pour sa viande, ses mains et son crâne qui rapportent énormément d’argent. Enfin, la déforestation, pratiquée pour faire des terres agricoles détruit son habitat. Le gorille est également victime de maladies telles que la pneumonie, la grippe ou d’autres maladies de l’homme qui lui sont mortelles. Malgré ces nombreuses menaces et le classement de l’espèce « en danger d’extinction » par l’UICN, les effectifs de Gorilla beringei beringei sont aujourd’hui en nette augmentation. Ils sont en effet passés d’environ 620 en 1989 à près de 1004 en 2018. Si la sous-espèce n’est pas encore tirée d’affaire, il s’agit du seul grand primate à avoir vu ses effectifs augmenter au cours des dernières décennies. Éléphants d'Afrique. L’éléphant d’Afrique est le plus grand animal terrestre. Ses oreilles sont plus grandes que celles de l’éléphant d’Asie. De plus, tous les éléphants d’Afrique, mâles et femelles, possèdent des défenses, ce qui n’est pas le cas chez leurs cousins asiatiques. On distingue deux sous-espèces : l’éléphant de savane et l’éléphant de forêt. L’éléphant de savane est sensiblement plus grand que l’éléphant de forêt et ses défenses sont plus recourbées. De plus, l’éléphant de forêt a des oreilles plus arrondies. Les éléphants peuplent encore de nombreuses régions d’Afrique, mais cet animal aux dimensions impressionnantes continue de souffrir des graves menaces que sont le braconnage, la perte de son habitat et les conflits avec les hommes. L’éléphant d’Afrique est le plus touché par le braconnage pour l’ivoire. L’ivoire des défenses a toujours présenté une valeur marchande élevée. Souvent exporté en Asie, il sert à fabriquer des bijoux, des baguettes et des statuettes. Dans les années 1980, près de éléphants étaient abattus chaque année pour leurs défenses. Après l’interdiction du commerce de l’ivoire en 1989, la situation s’est sensiblement améliorée mais malgré cela, l’animal continue d’être chassé. Ces dernières années, la chasse aux éléphants et le commerce de l’ivoire ont même connu une forte hausse. Chaque année, éléphants sont tués pour leur précieux ivoire, principalement en Afrique. Au Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), les organisations interviennent sur chaque maillon de la chaîne du trafic, en luttant contre le braconnage et les trafiquants, mais aussi en œuvrant à la réduction de la demande en produits dérivés d’animaux sauvages. |
Espèce vulnérable En biologie et en écologie, une espèce vulnérable (ou "préoccupante") est une espèce en péril car ses caractéristiques biologiques la rendent particulièrement sensible aux menaces liées aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels. Ce terme désigne le statut donné à l'espèce quand le premier niveau de risque d'extinction est atteint. Si la menace d'extinction de cette espèce augmente, elle est alors qualifiée d'espèce en danger. En Australie, la liste des espèces vulnérables est établie sur la base légale de l'Environment Protection and Biodiversity Conservation Act 1999 (EBPC act). L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) maintient également une liste mondiale des espèces menacées, indiquant le degré de risque. En 2019, 12 457 espèces sont classées dans la catégorie « espèce vulnérable ». Définition. Une espèce est vulnérable selon l'UICN si elle répond à au moins un des critères suivants : |
Domestication La domestication d'une espèce, animale ou végétale, est l'acquisition, la perte ou le développement de caractères morphologiques, physiologiques ou comportementaux nouveaux et héréditaires, résultant d’une interaction prolongée, d'un contrôle voire d'une sélection délibérée de la part des communautés humaines. Elle se traduit par une modification plus ou moins profonde du patrimoine génétique de l'espèce, voire la formation d'une espèce génétiquement disjointe (non interféconde avec l'espèce originelle). D'un point de vue biologique l'ensemble de ces modifications compose la "biodiversité domestique", soit l'ensemble des espèces et des sous-espèces (races, variétés) domestiquées par l'homme et ayant été soumise à sa sélection. Les modifications vont de l’isolement de populations (simple isolat de génotypes sauvages reproduits) au changement du génome et jusqu’à la création d’espèces nouvelles. On parle d'espèces domestiquées, de plantes ou d'animaux domestiqués. La domestication est une activité humaine très ancienne, elle précède la sédentarisation et l’agriculture (domestication du chien ou du figuier par les chasseurs paléolithiques). Le terme « domestication » est utilisé par extension aux techniques et aux objets mis au service des besoins humains (domestication d'un fleuve, d'une énergie, etc.). La notion de besoin humain s'entend extensivement à toutes les activités humaines, utilitaires ou culturelles, et la domestication porte sur toutes les classes du vivant. Son étude relève de sciences multiples, sachant que la génétique permet depuis le de mieux connaître ses étapes et ses processus. On parle aussi de domestication pour des choses, telles la « domestication secondaire » ou « domestication des produits » (élevage d'animaux en vue d'usages autres que la production de viande : lait, laine, exploitation de leur énergie par la traction et le portage, bât et monte), ou la domestication de paysages, pour exprimer les modifications que les humains leur apportent pour qu'elles correspondent à leurs conceptions utilitaires, morales et philosophiques. Le processus de domestication. Dates et lieux de domestication. "Se reporter au tableau des dates et foyers par espèce, plus bas." Les domestications s'étalent du néolithique à nos jours, à l'exception de celle du chien, qui a précédé de plusieurs millénaires l'élevage d'autres espèces et la sédentarisation. Notre époque, à partir du , est par contre riche en nouvelles espèces élevées, et on peut parler pour plusieurs d'entre elles de domestication. Les dates et foyers des domestications anciennes ont été estimés par des méthodes essentiellement archéologiques ; il s'agit plus spécialement d'archéozoologie. Ces méthodes consistent à fouiller ou exploiter les résultats de fouilles de sites d'occupation humaine préhistorique. Les restes animaux sont datés selon les méthodes archéologiques : on détermine l'espèce à laquelle ils appartiennent, on estime également l'âge auquel ils sont morts, voire le type d'animaux (d'une forme éventuellement domestique) qu'ils représentent, et on s'appuie sur d'autres indices comme les traces observables d'abattage ou de découpe. L'enjeu est de déterminer si on est en présence d'animaux sauvages ou d'élevage, et plus globalement la nature de leurs relations avec les humains. Ainsi le squelette d'un chat retrouvé auprès d'un tombeau humain indique qu'il s'agissait probablement d'un animal de compagnie. Une certaine homogénéité d'âge des animaux dont on retrouve les restes indique qu'il s'agissait d'un élevage, où l'on abattait les animaux à l'âge optimal. Les nouvelles techniques et en particulier l'étude de l'ADN mitochondrial permettent de réestimer les dates de domestication de même que l'arbre généalogique des espèces domestiques actuelles ; ces connaissances sont donc toujours en évolution. La lignée du chien en particulier se serait séparée de celle du loup il y a entre et . Il est possible que l'ancêtre du chien se soit à cette époque rapproché et associé aux groupes humains qu'il suivait, pour les restes qu'il pouvait obtenir, en ayant un rôle d'alerte voire d'auxiliaire de chasse. La date de domestication issue des sources archéologiques correspondrait alors à une relation devenue plus étroite et à un contrôle plus fort de l'homme. Le processus de domestication et la diffusion des espèces et techniques d'élevage s'étalent sur des périodes longues et loin d'être parfaitement déterminées. On admet pour plusieurs espèces le principe de plusieurs foyers de domestication distincts. Cela n'exclut pas les croisements qui ont suivi et il semble vain de déterminer un ancêtre sauvage pour chaque race d'une espèce domestique. Après celle du chien, le premier foyer de domestication fut le Moyen-Orient, en particulier sa partie qu'on appelle le Croissant fertile. On remarque ensuite l'Asie de l'Est, le bassin méditerranéen et l'Amérique du Sud. Certaines régions du monde n'ont connu aucune domestication d'espèces locales sinon de très récentes comme l'Australie ou l'Afrique australe. Le nombre d'espèces domestiques disponibles s'est brusquement accru au de part et d'autre de l'Atlantique, avec ce qu'on nomme l'échange colombien. Le continent américain abritait alors cinq espèces animales domestiquées, dont seul le chien était connu dans l'Ancien Monde. Les chevaux et bœufs par exemple y sont alors apparus tandis qu'un grand nombre de plantes domestiques américaines, nouvelles en Europe, en Asie et en Afrique y ont été adoptées. Scénarios de domestication. Plusieurs scénarios ont été proposés comme ayant mené à la domestication des espèces animales. La tradition d'adoption de bébés animaux, voire leur allaitement au sein est souvent donnée pour origine de la domestication, étant donné que par le phénomène d'empreinte, il est facile d'obtenir de cette façon des animaux familiarisés par leur contact précoce avec les humains. Pourtant, le processus de domestication implique l'élevage de lignées d'animaux sur de nombreuses générations, ce qui n'est pas le cas si le recrutement se fait en permanence par prélèvement d'animaux sauvages. Par ailleurs cette pratique, toujours observée actuellement, est caractéristique des peuples de chasseurs-cueilleurs qui, précisément, n'ont pas d'animaux domestiques. Ces apprivoisements seraient donc intégrés à une culture basée sur la chasse et non l'élevage, et il y aurait une opposition entre sociétés « apprivoisatrices » et « domesticatrices ». Ce schéma ne paraît donc pas pouvoir être retenu directement comme moyen de domestication. Pourtant si le facteur culturel est sans doute essentiel pour expliquer la domestication voire la non-domestication d'une espèce, le système économique et culturel d'une société n'est pas figé. La plupart des sociétés fondées sur la chasse élèvent des chiens, pour lesquels ce schéma a pu être un élément important de la domestication. Il est possible que la domestication soit passée par une phase de mutualisme entre ces animaux et l'homme, c'est-à-dire un rapprochement et une aide dans l'intérêt mutuel. En effet, cette relation s'observe toujours chez le chien paria, et on présume qu'elle a été une étape de la domestication du porc. Plusieurs espèces étaient les objets d'une tradition de chasse qui a évolué vers un contrôle des populations, et une gestion de population sauvage devenue raisonnée. Cette chasse a pu devenir sélective, visant par exemple les animaux les plus âgés et les mâles en surnombre, et conduire à un mode d'élevage extensif, puis intensifié. Tous ces stades sont actuellement pratiqués dans le cas du renne, dans des régions différentes. Ce processus semble avoir concerné plusieurs espèces, dont les chèvres et moutons, ainsi que les petits camélidés (lamas). Enfin l'élevage a pu simplement commencer avec des animaux capturés puis élevés en stricte captivité. C'est le cas de la plupart des domestications récentes ou contemporaines. C'est dans cette situation que le contrôle et la sélection peuvent être les plus forts, permettant une transformation plus rapide des espèces élevées. Le scénario de domestication d'une espèce peut avoir correspondu à l'un de ces schémas ou en avoir été une combinaison simultanée ou successive. Dans le cas du lapin, les étapes de la domestication à partir de la simple chasse ont été l'établissement de garennes fermées au Moyen Âge, qui constituaient des sortes de réserves de chasse. Dans certaines de ces garennes a été pratiquée une sélection, permise par la capture des animaux vivants grâce aux furets. Cette sélection a abouti à l'apparition des premières variétés de lapin au cours du , qui se distinguaient par leur coloris et leur taille. L'élevage a ensuite été intensifié et la forte sélection a abouti à une grande variabilité des races domestiques. Le comportement du lapin d'élevage a probablement évolué conjointement, du fait d'une sélection d'animaux moins farouches, celle-ci ayant pu être aussi bien intentionnelle qu'indirecte : les animaux plus difficiles à recapturer ne pouvant pas être donnés à de nouveaux éleveurs. Les pratiques d'élevage et de sélection qu'on peut observer sur la période historique peuvent donner une idée de celles qui ont produit la domestication. Celles-là sont très variées, ainsi que les connaissances et représentations qu'ont les éleveurs de l'hérédité et de l'influence qu'ils peuvent avoir sur une population animale. Certains d'entre eux opèrent une sélection méthodique au sein d'un cheptel, d'autres ne conçoivent pas l'influence que peut avoir le choix des reproducteurs sur leurs produits, au sein d'une espèce ou variété. Ces éleveurs peuvent croire pourtant à l'intérêt d'acquérir une nouvelle lignée ou d'opérer des croisements avec des animaux de souches différentes de la leur et participer ainsi à leur diffusion. La sélection exercée par les éleveurs est d'ailleurs loin d'avoir constamment la même direction, une pratique relevée pour plusieurs espèces et à différentes époques consistant par exemple à sacrifier les animaux ayant eu la croissance la plus forte ou la plus rapide afin de laisser les autres finir leur croissance. Cette pratique qui a vraisemblablement un effet de contre-sélection a d'ailleurs été dénoncée comme telle par des observateurs pour les moutons par exemple, ou en pisciculture d'étang où la pratique du « fond de pêche » consiste à repeupler un étang après sa pêche par vidange en y relâchant les poissons les plus petits. Ainsi, quoique la carpe ait eu une longue tradition d'élevage en France, les performances d'élevage de ce poisson étaient médiocres. Des lignées à croissance nettement plus rapide y ont été réintroduites à partir d'Europe centrale à la fin du , où un élevage sélectif était pratiqué. Parmi la diversité des pratiques, on relève aussi celle consistant à faire saillir une femelle par des congénères sauvages pour les qualités réelles ou supposées que cela procure aux produits de tels croisements (chien/loup ; porc/sanglier en Europe). Quoique ceci semble aller à l'encontre du processus de domestication, ces hybridations ont pu contribuer à conjuguer les caractères domestiques, en particulier comportementaux d'une espèce avec ceux d'une sous-espèce locale sauvage bien adaptée à son milieu. Cela a probablement été le cas des races de chiens nordiques. La domestication d'une espèce est le fruit d'une histoire multiple qu'il est difficile de reconstituer. Ses facteurs importants sont les prédispositions de cette espèce, les pratiques des éleveurs ou proto-éleveurs sur de longues périodes qui opèrent une sélection consciente ou non et les échanges d'animaux qui permettent aux lignées les plus domestiquées de se diffuser. Point de vue biologique. Le processus de domestication commence lorsqu'un nombre restreint d'animaux est isolé de l'espèce sauvage. Cette population peut alors connaître un phénomène de microévolution, en s'adaptant aux conditions d'élevage et du fait de la sélection humaine. Cette évolution est marquée par l'apparition de traits domestiques, c'est-à-dire des nouveaux caractères interprétés comme des mutations génétiques conservées voire sélectionnées alors que les allèles qui les portent seraient restés rares ou auraient été éliminées par sélection naturelle à l'état sauvage. Ce sont des caractères morphologiques comme la taille plus grande ou plus petite que celle de l'espèce sauvage, des coloris nouveaux, le poil long, frisé ou encore la queue enroulée ; ce sont aussi des caractères physiologiques comme l'augmentation de la prolificité, et la précocité de la croissance. On note aussi la perte de caractères physiques comme les cornes pour une partie des races de mouton ou d'aptitudes comme une diminution de la mobilité ; de la vitesse de course ou de l'aptitude au vol, ainsi que la perte d'aptitudes comportementales. Ceci fonde une interprétation de la domestication comme altération du génotype, ce qui est indiscutable dans le cas de l'albinisme. De même et plus tôt, Buffon a décrit la domestication en termes de dégénérescence. La variabilité morphologique est importante chez certaines espèces et beaucoup moins chez d'autres comme le chameau de Bactriane. On interprète également les transformations de la domestication avec la notion de néoténie, selon laquelle des caractères morphologiques comme les oreilles pendantes ou comportementaux comme l'attachement, à l'origine propres aux stades juvéniles, se prolongent à l'état adulte. Si les premières espèces domestiquées sont élevées depuis quelques millénaires, ce temps est-il pour autant indispensable à cette évolution ? Des expériences spécifiques ainsi que les domestications contemporaines montrent qu'avec une forte sélection, les transformations caractéristiques de la domestication peuvent apparaître relativement rapidement, dans l'intervalle d'une dizaine à quelques dizaines de générations. Du point de vue "écologique", certaines espèces sont élevées à l'état domestique dans un milieu identique ou proche de celui de leurs ancêtres sauvages comme le chameau ou le renne. À l'inverse, on remarque que le nombre relativement faible d'espèces domestiques est compensé par leur distribution souvent très large, dans des milieux et sous des climats variés et très différents de ceux d'où l'espèce est originaire. La poule, originaire de régions tropicales est élevée jusqu'au cercle polaire arctique, et le porc, originaire de régions tempérées, est élevé jusqu'en climat équatorial plutôt que d'autres espèces de suidés, originaires de ces climats mais non domestiquées. Le régime alimentaire des espèces domestiques peut varier très fortement du fait de l'accès aux ressources naturelles d'un nouveau milieu, et bien sûr avec l'alimentation artificielle parmi laquelle les céréales cultivées sont primordiales, y compris pour le chien. Il est difficile de déterminer à quel point ces changements de climat et de régime alimentaire se sont accompagnés d'une adaptation physiologique héréditaire vers une éventuelle tolérance des animaux domestiques à ces variations. Certains auteurs ont estimé dans le sens inverse que les espèces domestiques avaient été choisies parmi celles qui sont les moins spécialisées du point de vue alimentaire et écologique (espèces dites "Euryèces"). Les déplacements et introductions par l'être humain d'espèces domestiques dans des espaces où elles étaient absentes a eu des conséquences importantes sur les équilibres écologiques dès le néolithique, puisqu'ils pouvaient constituer des invasions biologiques et entraîner la disparition d'espèces locales. Les grandes étapes de la domestication du Paléolithique inférieur au Néolithique. Au Paléolithique inférieur, il y a deux millions d'années, des restes de loup gris, l’ancêtre du chien, ont été retrouvés en association avec des restes d'hominidés. On peut donc en déduire que les loups se sont associés aux humains pour chasser des grandes proies. Cette association a fait évoluer le loup en chien et a conduit à la domestication actuelle du chien. Elle a eu lieu dans plusieurs endroits du globe. Au Paléolithique moyen, il y a , des crânes de loup associés aux restes humains ont été retrouvés dans la Grotte du Lazaret à Nice en France. Au Paléolithique supérieur, il y a , des premières traces de chiens ont été découvertes sur des sites magdaléniens comme dans l'abri du Morin en Gironde. Au Mésolithique, sur certains sites du Moyen-Orient il y a , des restes archéozoologiques témoignent de la domestication : les aurochs sont devenus des bœufs, les mouflons sont devenus des moutons, et les chèvres sauvages sont devenues des chèvres domestiques. Au Néolithique, en arrière, on a trouvé une tombe qui renfermait les restes d'un homme et d'un chaton. On en a déduit que l'homme a domestiqué le chat pour chasser les souris qui profitaient des stocks de blé à cette époque. Point de vue comportemental. La domestication est non seulement une modification des caractères physiques d'une espèce, mais aussi de son comportement. Cette évolution consiste en premier lieu en un caractère moins farouche, à une tolérance voire une familiarité plus facile à l'égard des humains et à l'atténuation des comportements potentiellement dangereux à leur égard. C'est aussi une adaptation aux conditions d'élevages, donc aux groupes importants et à la promiscuité, qui peuvent être mal tolérés par les congénères sauvages. L'éthologue Konrad Lorenz a décrit notamment la domestication comme un appauvrissement des comportements sociaux spécialisés, au profit de l'hypertrophie des besoins de base comme la reproduction et l'alimentation. Le comportement social en général paraît en effet plus riche chez les animaux sauvages que chez leurs congénères de races domestiquées. Dans le cas du chien, l'évolution comportementale semble beaucoup plus radicale et ne peut en aucun cas être réduite à la perte du caractère farouche ou sauvage. La capacité des chiots à interpréter les signes de communication humains parait ainsi supérieure à celle des loups et des primates. L'attachement qu'un chien porte à son maître et la propension à lui obéir, bien que pouvant être l'objet d'une éducation ou dressage sont des caractères innés issus de la domestication. L'éthologie est aussi évoquée concernant la domestication pour discuter des caractères comportementaux qui permettent ou ont permis à une espèce d'être domestiquée. Le principal d'entre eux serait le caractère social d'une espèce. Le fait qu'elle vive en groupe hiérarchisé (dans l'exemple du chien) aurait permis à l'éleveur d'exercer un contrôle sur ces animaux en prenant la position de l’élément dominant du groupe. La territorialité a pu être déterminante pour certaines espèces (dans l'exemple du chat) : le fait que certains individus d'espèces différentes se côtoient de manière répétée dans le temps a favorisé l'apprivoisement qui a pu déboucher sur la domestication. La communication interspécifique est une branche de l'éthologie qui en est à ses balbutiements. Le sujet est aussi vaste que le nombre d'espèces. Les cas de relation particulière interspécifique commencent à être documentés (lionne solitaire adoptant un bébé oryx, étalon solitaire cohabitant avec un chevreuil), tendant à montrer que la domestication n'est peut-être qu'un cas particulièrement développé par la culture humaine de processus éthologiques exceptionnels existants. Point de vue zootechnique. Actuellement, les objectifs intentionnels de la domestication (dans le cas de nouvelles espèces) ou de l'amélioration des races domestiques concernent essentiellement la production (rarement le travail produit par les animaux). Ce sont l'adaptation aux conditions d'élevage, la prolificité, la vitesse de croissance, et souvent la qualité de la chair ou celle d'autres produits comme le lait ou la laine. Les premiers registres découverts qui établissent des listes de lignées, montrant ainsi une formalisation de la sélection des animaux datent du en langue Hittite. La sélection moderne des espèces d'élevage fait appel à des outils notamment statistiques appliqués aux notions génétiques. Elle demande une évaluation aussi objective que possible des sujets et une organisation rigoureuse des programmes d'élevages, pour obtenir une amélioration des performances des lignées en fonction d'objectifs déterminés. Ces sélections sont souvent mises en œuvre par des organismes spécialisés. La sélection sur des critères étroits de performance est critiquée pour les inconvénients qu'elle amène en termes de fragilité des sujets par exemple, et pour la menace qu'elle fait subir à la biodiversité des races domestiques, en leur substituant un nombre réduit de lignées. Elle tend en réponse à intégrer des critères plus larges de sélection, comme la facilité de mise-bas en plus de la performance laitière ou de croissance pour les bovins par exemple. Cette sélection peut tenter également de répondre à des besoins très précis, comme dans le cas du porc une réduction des éléments les plus polluants des déjections des animaux, qui posent problème en situation d'élevage intensif. D'autre-part, les variétés peu sélectionnées ou dites rustiques sont reconnues non seulement en tant que ressources génétiques potentielles, mais aussi pour leur adaptation à certains modes ou systèmes d'élevage de type extensif. Le CNRS estimait en 2005 que 50 % des races d'oiseaux domestiqués sont en voie de disparition. La sélection des animaux paraît donc liée à des objectifs et un type d'élevage précis. En outre, la prise en charge de la sélection par des organismes spécialisés peut réduire l'autonomie des producteurs et les rendre dépendants des orientations de ces organismes, notamment en types de productions. Malgré ces limites, la sélection contemporaine montre une assez grande efficacité. Le « progrès génétique » obtenu peut être très sensible à l'échelle de quelques années, montrant que la transformation des espèces domestiques est loin d'être arrêtée. Les efforts portent également sur des nouvelles espèces d'élevage, en particulier parmi les poissons. Point de vue culturel. La domestication est aussi un phénomène culturel en ce qu'elle a impliqué lors des premiers élevages un bouleversement des rapports de l'homme avec la nature et avec les espèces concernées. Les systèmes culturels humains et leur évolution semblent être en premier lieu le facteur qui a déterminé la domestication (ou la non-domestication) des espèces. Variétés animales domestiquées. La liste des espèces domestiques est modulable selon les critères adoptés. On limite en général celle des espèces domestiques les plus répandues et les plus anciennes à une trentaine. Cette liste est complétée par d'autres animaux dont l'élevage est ancien, par les nouvelles espèces domestiques puisque l'ancienneté de l'élevage de plusieurs espèces n'empêche pas que la domestication soit un phénomène contemporain, et par d'autres espèces en fonction de leur lien plus ou moins étroit avec l'homme. Une partie des espèces dont il existe des variétés domestiquées ont vu leur forme sauvage disparaître à l'époque préhistorique comme pour le dromadaire ou tardivement pour l'auroch. Il existe pourtant des populations sauvages de ces deux espèces ainsi que du cheval par exemple, mais celles-là sont issues exclusivement de marronnage. Le lien de parenté entre une espèce domestique et l'espèce sauvage dont elle est issue est longtemps resté insoupçonné. Sa découverte, qui allait avec celle de la variabilité, au moins morphologique d'une espèce, a contribué à l'établissement des théories de l'évolution. Pour des espèces comme le cochon d'inde ou le mouton, l'espèce sauvage dont elles sont issues n'est toujours pas connue avec certitude, parmi plusieurs espèces proches. Liste restreinte. Plusieurs animaux domestiques ont longtemps été considérés et classifiés comme des espèces distinctes de celles dont elles sont issues, lorsque celles-ci existent toujours à l'état sauvage. Actuellement et dans ce cas, la classification d'une variété domestiquée comme une sous-espèce de l'espèce dont elle est issue tend à s'imposer. Ainsi le nom scientifique du porc a été changé de "Sus domesticus" à "Sus scrofa domesticus", ce qui le désigne comme une sous-espèce du sanglier. Dans cette liste, les cas du furet et du ver à soie ne font pas consensus : du point de vue légal pour le furet (classé dans certains pays dont la Suisse ou la Californie comme animal sauvage) et en tant qu'insecte qui ne serait pas concerné par la notion d'animal domestique pour le second. Ces deux espèces sont à d'autres points de vue parmi celles dont la domestication est la plus poussée. La carpe et le poisson rouge ne sont pas non plus toujours cités au sein d'une liste restrictive d'espèces domestiques. Certaines espèces considérées comme distinctes et qui ont été domestiquées séparément sont néanmoins interfécondes. Elles partagent alors le genre. Ce sont par exemple le genre "Bos" qui réunit bœuf, zébu, yak, gayal et banteng, le genre "Camelus" : chameau de Bactriane et dromadaire, le genre "Lama" : lama et alpaga ou le genre "Anser" (les oies). Certaines variétés domestiques peuvent alors être issues de l'hybridation de plusieurs espèces : le sanglier des Célèbes ("Sus celebensis") a été domestiqué séparément de l'espèce "Sus scrofa" et ne subsiste probablement à l'état domestique qu'au sein de variétés issues de l'hybridation de ces deux espèces. Le cheval et l'âne (genre "Equus") donnent des hybrides stériles : mulet et bardot, ainsi que le canard de Barbarie et les races de canard domestique issues du canard colvert qui produisent le canard mulard. Deuxième cercle. On peut élargir la liste avec : Les deux premières espèces, malgré l'ancienneté de leur élevage, ne sont en général pas détachées comme populations de celles de leurs congénères sauvages, et leur reproduction n'est pas entièrement contrôlée. Les suivants sont des animaux d'agrément et de volière, parfois opposés à ce titre aux animaux domestiques de rente. Le daim est dans ce cas, son élevage relevé en Égypte antique n'a probablement pas été continu jusqu’à nos jours. Les critères qui font qu'une population est perçue ou non comme domestique ne correspondent pas toujours exactement à des faits biologiques ou techniques objectifs et la frontière entre animaux domestiques et sauvages est souvent floue. Nouvelles domestications. Animaux d'étude. Les études et expérimentations ont utilisé fréquemment des animaux de différentes espèces domestiques. Certaines de ces espèces comme la souris et le rat semblent avoir été sélectionnées conjointement comme animaux de compagnie et de laboratoire. Une espèce au moins a été domestiquée à des fins uniquement scientifiques : la drosophile, dont la rapidité du cycle d'élevage, a fait un organisme modèle dans la recherche en génétique. Ces animaux augmentés par les biotechnologies dans les laboratoires sont appelés post-animaux. Anciennes domestications. Certaines espèces ont été élevées voire réellement domestiquées, mais ne le sont plus, ayant totalement disparu ou n'existant plus qu'à l'état sauvage. Ces cas sont cependant douteux : le degré de domestication des animaux peut être difficile à déterminer, ainsi Digard relève plusieurs espèces dont l'élevage paraît attesté en Égypte antique (des antilopinés des genres gazella, oryx, addax, ainsi que l'Ouette d'Égypte et la hyène tachetée), quoique leur cas pourrait être qualifié de détention d'espèces sauvages plutôt que de domestication. D'après Buffon, la sarcelle était élevée pour sa viande par les Romains, tandis que le colvert n'a été domestiqué qu'au cours du Moyen Âge. Pour deux autres cas, c'est l'identification de l'espèce qui n'est pas certaine : l'onagre, "Equus hemionus" aurait été domestiqué et utilisé notamment attelé dans la civilisation sumérienne (de 5000 à ). Néanmoins, sur les représentations qui paraissent l'attester il pourrait s'agir plutôt d’"Equus asinus" ; l'âne domestique originaire d'Afrique. En Europe la tourterelle des bois (streptopelia turtur) aurait été couramment élevée au Moyen Âge comme animal de compagnie. Dans ce cas également, il reste à confirmer qu'il s'agissait bien de cette espèce, qui n'existe de nos jours qu'à l'état sauvage, ou bien de la tourterelle domestique, qui n'est pas originaire d'Europe. On relève l'utilisation d'éléphants de guerre dès la fin du en Perse sous le règne de Darius qui entreprit une expédition dans la vallée de l'Indus. Ils furent ensuite utilisés à la bataille de Gaugamèles (-331) puis par les troupes carthaginoises durant les Guerres puniques notamment celles d'Hannibal Barca au avant notre ère, leurs éléphants ayant traversé l'Espagne, les Pyrénées, le sud de la France et les Alpes. Pour ces derniers, il existe trois hypothèses d'identification : celle d'éléphants d'Asie, d'éléphants de forêt d'Afrique vivant dans les forêts d'Afrique du Nord, plus denses qu'actuellement selon Philippe Leveau et Jean-Pascal Jospin et enfin celle d'éléphants d'Afrique du Nord, espèce ou sous-espèce de Loxodonta, ayant supposément existé selon Gilbert Beaubatie bien qu'ils ne soient pas recensés par la taxinomie et qu'aucune étude paléontologique basée sur de potentiels ossements fossiles n'ait fait la preuve de leur existence. Par ailleurs l'éléphant était utilisé dès l'Antiquité lors d’exécutions. Espèces non domestiquées. Toutes les espèces élevées ou utilisées par l'être humain n'ont pas subi une évolution vers la domestication. Plusieurs d'entre elles font l'objet d'un élevage établi de rente pour la fourrure ou la peau comme le ragondin, le rat musqué, la martre, le crocodile, ou la chair comme la grenouille, l'écrevisse, l'escargot ou le cerf élaphe. Ces espèces sont rarement considérées comme domestiquées pour autant. Pour une part d'entre elles, l'élevage durant plusieurs décennies a engendré des modifications qui peuvent être interprétées comme un début de domestication (voir par exemple les expériences de Dimitri Belyaev). C'est le cas des renards et des visons élevés pour leur fourrure, chez lesquels on a vu apparaître de nouveaux coloris au fil des décennies d'élevage. Cependant, ces espèces ont été très peu sélectionnées sur des critères d'apprivoisabilité et d'adaptation aux conditions d'élevage, ce qui pose des problèmes sérieux de stress et comportements pathologiques. En aquaculture, les espèces de poissons peuvent être élevées sans domestication, soit du fait d'un mode d'élevage extensif laissant peu de prise au contrôle de la reproduction et à la sélection, soit par la limitation de l'élevage au grossissement après capture des juvéniles dans le milieu naturel, ce qui est le cas de l'anguille. Plusieurs espèces de coquillages marins sont l'objet d'un élevage intensif (voir conchyliculture). C'est le cas en particulier de l'huître et de la moule. Il n'y a en général pas de contrôle de la reproduction mais captage du naissain sauvage, donc une perméabilité entre les populations sauvages et de production, ce qui se rapproche du cas des abeilles. La maîtrise de la reproduction et des premiers stades d'élevage, acquise ces dernières années pour l'huître par exemple, est cependant une forme de domestication de ces espèces. On recense plusieurs espèces pour lesquelles il existe ou il a existé une tradition de dressage et d'utilisation, souvent pour la chasse, sans qu'un élevage durable et une sélection aient été pratiqués. La loutre et le grand cormoran ont été employés comme auxiliaires de pêche ; les faucons et de nombreuses espèces de rapaces sont dressées à la chasse, la fauconnerie étant une tradition toujours bien vivante. D'autres animaux comme le caracal au Moyen Âge et le guépard, depuis le jusqu’à nos jours, sont employés pour la chasse. Le cas des macaques dressés à la cueillette de noix de coco en Thaïlande ne rend pas la liste exhaustive. D'autres espèces sont élevées pour l'ornement, en particulier des oiseaux de cage et de volière, des reptiles et amphibiens de terrariophilie et des poissons d'aquariophilie, et ne sont pas les objets d'une sélection durable. Elles restent, biologiquement, légalement ou dans la perception qu'en ont leurs détenteurs, des espèces sauvages détenues ou élevées en captivité. Espèces végétales domestiques. La domestication des plantes est probablement plus importante encore que celle des animaux pour l'espèce humaine. Les premières plantes ont été domestiquées autour de 9000 dans le Croissant fertile au Moyen-Orient. Il s'agissait d'annuelles comme l'orge et bien sûr le blé. Le Moyen-Orient a particulièrement convenu à ces espèces ; le climat aux étés secs favorisant le développement des plantes à semer, et les divers étages d'altitude ont permis le développement d'une grande variété d'espèces. Avec la domestication s'est faite la transition d'une société de chasseur-cueilleurs à une société agricole et sédentaire. Ce changement aura mené par la suite, environ 4000 à plus tard, aux premières villes et à l'apparition de véritables civilisations. Dans différentes régions du monde, des espèces très variées ont été domestiquées : en Amérique du Nord, la courge, le maïs, et le haricot ont formé le cœur de l’alimentation des amérindiens alors que le riz et le soja étaient les cultures les plus importantes de l’Asie de l'Est. La domestication autour de la même période a également débuté en Chine avec le riz, au Mexique avec le maïs, en Nouvelle-Guinée avec la canne à sucre et certains légumes-racine, mais aussi dans les Andes avec le piment ou en Équateur avec des légumes de la famille des courges, aubergines et concombres, ce qui remet en cause la théorie de la naissance de l'agriculture uniquement par des nécessités économiques et productives. La domestication des plantes comme celle des animaux est un processus lent et progressif. Après les plantes annuelles, des pluriannuelles et des arbrisseaux et arbustes ont commencé à être domestiqués, parmi lesquels la vigne, le pommier et l'olivier. Quelques plantes n'ont été domestiquées que récemment comme le noyer du Queensland et le pacanier (noix de pécan). Certaines espèces n'ont pas pu être domestiquées malgré des tentatives modernes ; ainsi le colchique, qui contient une molécule d'intérêt médicinal la colchicine, n'a pu être cultivé car les exploitations expérimentales étaient ravagées par le potyvirus dont la diffusion était grandement facilitée par le regroupement des plantes. On parle de centres d'origine et de centres de diversité (Nikolai Vavilov décrivait en 1926 dix centres de diversité pour l'ensemble des plantes domestiques, dans "Études sur l'origine des plantes cultivées"). Le critère initial de sélection de la domestication d’une céréale est de pouvoir être moissonnée sans que le grain ne se détache de l’épi, tout en conservant son pouvoir germinatif pour servir de semence. Cette difficulté a été résolue progressivement, permettant à la sélection de porter ensuite sur d'autres caractères comme l’adaptation de la plante à son environnement de culture ou sa productivité. Au cours des millénaires, la sélection a rendu beaucoup d’espèces domestiquées très différentes des plantes d'origine. Les épis de maïs font maintenant plusieurs dizaines de fois la taille de ceux de leurs ancêtres sauvages. L'homme a aussi modifié directement les plantes par le greffage et maintenant le transgénisme. Le nombre d’espèces végétales cultivées est beaucoup plus important que celui des espèces animales élevées, et il est plus difficile encore dans le règne végétal de dresser la liste des espèces domestiquées. On trouve ici un tableau des 30 espèces les plus cultivées dans le monde. "Voir aussi le pour accéder à beaucoup d'autres articles concernant ces plantes." Utilisation des animaux domestiques. Les raisons pour lesquelles on a domestiqué des espèces et pour lesquelles on les élève aujourd’hui sont très diverses. Il faut remarquer aussi qu’elles sont probablement distinctes : les interactions avec une espèce animale qui allaient amener à sa domestication n’avaient pas comme but immédiat ni comme projet d’en exploiter certains caractères qui le seront plus tard. L’exemple caractéristique en est la laine du mouton qui est un produit de la domestication, la toison de l’ancêtre du mouton n’ayant pas ces caractéristiques. L’exploitation de la laine s’est donc développée dans un second temps, le mouton ayant été probablement domestiqué pour sa viande. Une vision opposée au propose une thèse qui considère que les animaux ont aussi un intérêt à la domestication selon le processus naturel de l'évolution, l'homme les soustrayant aux prédateurs, leurs prodiguant des soins lorsqu'ils sont malades, favorisant leur reproduction. Produits. Les animaux domestiques sont élevés pour les produits qu’ils donnent. Ce sont les produits alimentaires : viande, lait, œufs, ou non-alimentaires : laine, fourrure, cuir ainsi que d’autres produits accessoires comme les excréments pour la fertilisation voire comme combustible. La production alimentaire est à notre époque la principale raison de l’élevage. Travail. Leur fonction est souvent de fournir un travail ou service. C’est en particulier le transport avec les chevaux, ânes, bœufs, chameaux et même le chien. Les animaux ont longtemps été la principale énergie du travail agricole. L’utilisation de la force des animaux pour le transport et l’agriculture s’est développée jusqu’au début du avec le transport sur les canaux, tiré par des chevaux, et les progrès du matériel agricole avant la motorisation. La fonction d’auxiliaire de chasse a certainement été le premier métier du chien domestique. Celui-ci effectue des travaux très variés, de la garde, protection, la conduite de troupeau jusqu’aux fonctions modernes de chien d’aveugle. Certaines espèces fournissent un travail ou service particulier, de communication pour le pigeon voyageur ou un mode de chasse particulier pour le furet. Utilisation non utilitaire. La détention et l’élevage d’animaux domestiques sans objectifs strictement utilitaires ne sont pas récents. Les animaux de compagnie sont particulièrement développés de nos jours, ceux d’ornement ont souvent une longue tradition, quoique de nouvelles espèces soient apparues à l’époque moderne, parmi les poissons notamment. Le combat d’animaux est une activité très ancienne et toujours vivace, qui engendre un élevage spécialisé. Les espèces les plus courantes sont les coqs, le poisson combattant, les chiens, les vaches et taureaux, et même un grillon ("Acheta domestica") en Chine. Les animaux peuvent être les supports d’une activité sportive, ce qui est le cas des chevaux depuis l’Antiquité (souvent en association avec la chasse). On note encore d’autres destinations des animaux domestiques comme le spectacle. Impacts des domestications. L'agriculture et l'activité humaine liée aux espèces domestiques ont conduit à des modifications majeures de l'environnement, notamment par le déboisement, la dégradation des terres, et d'autres biais comme l'émission actuellement non négligeable de méthane, un gaz à effet de serre du fait de l'élevage abondant de ruminants. L'agriculture et l'élevage ont permis l'accès à des ressources alimentaires beaucoup plus importantes pour un territoire donné, et par conséquent ont contribué au développement des populations humaines. L’archéologue et généticien Greger Larson explique que . La domestication semble avoir induit chez l'espèce humaine elle-même des adaptations comme la faculté à digérer le lait plus élevée dans les populations d'Europe occidentale et d'Afrique par rapport aux populations asiatiques. La promiscuité avec des espèces animales a également favorisé l'apparition de zoonoses, maladies qui se transmettent de l'animal à l'homme, ainsi que des résistances à ces maladies. C'est également auprès des espèces sauvages que la concentration et les transports d'animaux peuvent devenir un facteur important de transmission voire d'évolution de maladies, alors que ces espèces en étaient à l'abri du fait de barrières naturelles à leur transmission. Les formes de l’état domestique. La domestication en tant que relation, interaction ou contrôle humain sur une population animale existe sous différentes formes. Lorsqu’il ne s’agit plus de domestication à proprement parler, on peut employer le terme d’action domesticatoire. Si les modes d’élevage pour lesquels le contrôle humain est fort portent souvent sur des espèces anciennement domestiquées, les deux axes que sont le degré biologique de domestication et le mode d’élevage n’évoluent pas conjointement. Ils peuvent être croisés et faire apparaître autant de situations différentes : certains animaux sauvages peuvent être appropriés sur un territoire, faire l’objet d’un élevage, tandis qu’il existe des animaux domestiques sans propriétaire (pigeons des villes). D’autre part, du point de vue culturel, certains types d’interaction entre humains et animaux, quoique similaires, sont perçus de façon différente. L’élevage intensif. La forme la plus poussée de domestication correspond à l’élevage intensif, où l’éleveur fournit tout ce qui est nécessaire au développement des animaux, pour maximiser leur production ou permettre leur élevage sur des surfaces réduites. Elle correspond à un contrôle maximum sur les animaux. Si l’élevage intensif est "a priori" celui où l’éleveur a le contact le plus proche avec ses animaux, ce qui est le cas avec l’élevage laitier par exemple, l’intensification qui accompagne la modernisation tend au contraire à amoindrir l’interaction directe entre éleveur et animal. Ce type d’élevage concerne par ailleurs des espèces anciennement domestiquées comme d’autres qui ne le sont pas ou peu, particulièrement en aquaculture. L’élevage extensif. La pression domesticatoire peut être considérée comme moindre dans le cas d’élevage extensif, c’est-à-dire s’appuyant sur de plus grandes surfaces pour la même production, ce qui correspond en général à une plus grande autonomie des animaux. Un élevage de type extensif n’exclut pourtant pas un contact très proche de l’éleveur avec les animaux, notamment dans les systèmes d’élevage traditionnels, non plus qu’une sélection réfléchie et stricte. Celle-ci est cependant souvent moins forte voire inexistante et ces systèmes valorisent en premier lieu l’adaptation des animaux à leur milieu d’élevage. Les animaux de compagnie et de loisir. L’interaction des animaux de compagnie avec leurs maîtres est bien sûr particulièrement importante et ils peuvent être intégrés à une cellule familiale, ce qui est habituellement le cas du chien. Ils apportent souvent un soutien affectif, psychologique, voire physique en aidant à la mobilité personnelle et au transport. Les activités pratiquées avec ces animaux relèvent souvent du sport ou des loisirs comme l’équitation ou la chasse. Ces activités exigent un apprentissage tant du côté humain qu’animal ainsi qu’un mode de communication particulière et pouvant être très élaboré. L’absence de contraintes strictement utilitaires permet l’apparition de variétés et de types d’animaux très divers, chez les animaux d’ornement en particulier. Le commensalisme. Le commensalisme est une forme d’interaction entre deux espèces. Plusieurs espèces animales sont commensales de l’homme en ce qu’elles vivent en fonction de son activité, quoique sans être directement contrôlées par lui. L'impact de ces espèces pour les activités humaines va de la nuisance au bénéfice mutuel, en passant par l'absence d'effet sensibles, ce qui correspond au "commensalisme" au sens strict. Ces relations peuvent être considérées comme des cas limites de la domestication. Le qualificatif "domestique" du nom vernaculaire ou scientifique de plusieurs espèces correspond à cette acception, ce qui est le cas notamment de la mouche domestique ("Musca domestica"), de la souris domestique ("Mus musculus") sauvage (sa forme blanche est réellement domestiquée), ou du moineau domestique ("Passer domesticus"), dont l'homme ne contrôle pas les populations, mais qui se sont adaptés à son voisinage. On emploie la notion de synanthropie pour décrire l'adaptation qui accompagne cette relation à l'espèce humaine, lorsqu'elle a les caractères d'une véritable microévolution. Le commensalisme concerne également des animaux plus gros, éliminant les déchets voire les charognes jusqu'en ville (vautour fauve, vautour noir en Afrique et en Amérique du Sud, chien paria en Orient) et de nouvelles espèces se sont adaptées aux villes comme la mouette rieuse ou le renard roux, notamment en Angleterre. Le lien de certaines espèces avec l'être humain peut tendre vers le mutualisme lorsque celles-ci sont non seulement tolérées mais considérées comme utiles en tant que prédateurs d'insectes ou rongeurs nuisibles. Ce sont notamment la cigogne, ou l'hirondelle. Ceux-ci peuvent vivre en véritable association avec un système agricole dans lequel ils ont un rôle et une place, et bénéficier sinon de soin, au moins d'une protection de la part de l'homme. On relève des cas de véritables collaborations entre hommes et animaux libres comme celle des dauphins qui rabattent des bancs de poissons vers les filets de pêcheurs côtiers en Mauritanie par exemple, les hommes comme les dauphins ayant ainsi de meilleures chances de capture. Les dingos australiens, quoique beaucoup plus indépendants des hommes que leurs congénères domestiques, chassaient également en association avec l’homme. Le caractère obligatoire d'une telle relation n'est pas toujours avéré, néanmoins l'extension de l'aire de répartition d'une espèce commensale de l'homme paraît le plus souvent conditionnée à cette relation et donc aux activités humaines. Ainsi la souris domestique de Saint-Kilda a disparu après l'évacuation des habitants de cet archipel. L’élevage d’animaux sauvages. Celui-ci représente un paradoxe dans la dualité sauvage/domestique. Au-delà de la détention et de l’élevage occasionnel d’animaux sauvages par des parcs zoologiques, des aquariums, des chercheurs ou des particuliers, qui peut concerner la plupart des espèces, il existe sous des formes et avec des objectifs variés. L’élevage d’animaux sauvages induit en fonction de son type et des espèces concernées des questions particulières, notamment juridiques au titre de la protection des espèces ou à propos de la propriété des animaux. L’élevage conservatoire porte sur une espèce en général rare ou disparue à l’état sauvage, pour sa sauvegarde et éventuellement sa réintroduction. Dans ce cas, on redoute la domestication et on tente d’éviter que cet élevage modifie les caractères originels de l’espèce. La réussite de l’élevage en captivité lui-même et plus encore celle de la réintroduction des animaux dans leur milieu naturel, conditionnent l'atteinte des objectifs de l'élevage conservatoire mais, sous cette réserve, la préservation du patrimoine génétique d'une espèce sauvage est apparue tout à fait possible par un élevage même très artificialisé. On élève des espèces de gibier en conditions artificielles pour produire des animaux sauvages destinés au repeuplement, des produits à chasser directement ou pour la production de viande. Les espèces sont typiquement : le faisan de Colchide ou le sanglier en Europe, et d’autres espèces suivant les régions du monde. Plusieurs espèces sauvages sans lien avec la chasse font également l’objet d’un élevage de production. On appelle gestion de faune sauvage ou gestion cynégétique l’action coordonnée, de la part ou pour le compte de chasseurs, sur une partie des espèces sauvages d’un territoire. Elle comporte par exemple l’aménagement du territoire pour favoriser une espèce, le nourrissage occasionnel, l’apport de sel, la mise à disposition de cultures destinées au gibier, et surtout le choix réfléchi des prélèvements en nombre et en qualité (âge et sexe des animaux) ainsi que des introductions éventuelles (repeuplement). En tant que telle, on peut la qualifier « d’action domesticatoire », sans que cela présume nécessairement une évolution des espèces de gibier qui en sont l’objet en espèces domestiques. Lorsque cette action est orientée vers la production, les anglo-saxons emploient le terme de "game ranching" qui peut être traduit comme élevage extensif, en milieu naturel, d’espèces sauvages ou de gibier. Cela consiste à gérer des populations, typiquement de grands herbivores comme des antilopes, dans leur milieu naturel et dans une optique de production, ou encore de chasse payante. Cette pratique est connue en Afrique australe, mais existe ou a existé sur les autres continents : en Amérique du Sud, la vigogne par exemple a fait et fait d'ailleurs encore l’objet de captures annuelles, où les animaux sont tondus et pour partie abattus. Cette pratique constitue de fait une action humaine de sélection, même si elle ne se fixe pas d'objectifs, sur les populations qui en sont l'objet. En Europe, le lièvre a fait l'objet d'un élevage de ce type. De la même façon, une gestion de faune aquatique ou gestion halieutique est pratiquée pour le compte des pêcheurs dans les milieux aquatiques. La gestion halieutique consiste à veiller à l’utilisation durable des ressources aquatiques ainsi qu’à la protection des processus écologiques et de la diversité biologique qui sont essentiels à leur maintien. Elle vise à faire en sorte que ces ressources aquatiques fournissent le maximum d’avantages durables et que la base de la ressource soit maintenue, en mer comme dans les eaux continentales. Cette gestion de la faune aquatique peut conduire à une action domesticatoire plus ou moins poussée. Ainsi en France, les espèces élevées en pisciculture d’étang sont peu transformées en dehors de la carpe, et le mode d’élevage correspond à un contrôle humain très faible. Les truites issues d’élevage relâchées en rivières, quoique biologiquement et techniquement plus domestiques, relèvent dans cette situation de la faune sauvage. Une variante en est le "sea ranching" ou pacage marin qui consiste à ne contrôler qu’une partie du cycle d’élevage : en général la reproduction ou les premiers stades de développement, puis à relâcher les animaux pour grossissement en pleine mer en vue de leur recapture. Cette technique est appliquée au saumon, à la coquille Saint-Jacques. L'expérience a également été menée avec les tortues de mer, espèces menacées et prisées pour leur chair ou leurs écailles, dont les premiers stades de développement sont sujets à une forte mortalité en milieu naturel. Les résultats sont mitigés, en raison de problèmes comportementaux observés chez certains sujets lorsqu'ils sont nés au sein d'un élevage puis relâchés au bout d'un certain âge, ou d'effondrements de la population sauvage lorsque la reproduction n'est pas réalisée au sein de l'élevage et que le ramassage continu des œufs dans la nature est trop important. Cet élevage controversé pourrait cependant endiguer partiellement le braconnage des tortues de mer, notamment celui de la tortue imbriquée. L'exploitation d'une espèce à l'état sauvage, comme c'est le cas des cerfs, plutôt que son élevage plus étroitement contrôlé paraît relever de systèmes voire de choix qui comportent des dimensions techniques, biologiques, mais aussi historiques, sociales et culturelles. Le marronnage. On observe pour la plupart des espèces domestiques la possibilité de s’affranchir de la tutelle de l’homme, c’est-à-dire de reformer des populations vivant à l’état sauvage. Ce phénomène, appelé marronnage ou féralisation, survient notamment dans des milieux nouveaux pour l'espèce, notamment dans les îles, où celle-là peut se révéler invasive, et provoquer des dégâts écologiques comme la disparition d'espèces locales par prédation ou concurrence. Dans quelques cas, lorsqu'au contraire la forme sauvage de l'espèce est déjà présente, celle-ci peut subir une "« pollution génétique »" par croisement de ses représentants avec des animaux d'origine domestique. Le marronnage est probablement un élément de l’histoire de la domestication de plusieurs espèces, celles-ci ayant pu être élevées, puis s’échapper dans un milieu où l’homme les aura introduites, avant d’être à nouveau domestiquées. Cela s’est vu dans la période historique pour les mustangs repris par les Indiens des Plaines. Le marronnage semble montrer que la domestication d’une espèce n’est pas définitive ni irréversible. Cependant si ces animaux se montrent à nouveau tout à fait adaptés à la vie sauvage, ils gardent en général leurs caractères d’espèces ou de races domestiquées. La théorie de l'autodomestication humaine. La théorie de l'autodomestication humaine avance que l'être humain s'est sélectionné génétiquement, la sélection naturelle laissant place à la sélection culturelle. Louis Bolk avait avancé la théorie de la néoténie ou théorie de la fœtalisation avançant que l'homme est un être juvénile. Les traits de néoténie (ou foetalisation) humaine s'expliqueraient ici par la domestication de l'homme par lui-même (ses parents, ses proches, la société). Les expériences sur la domestication de Dmitri Beliaïev sur le renard argenté domestiqué montrent que les animaux domestiqués (domestication par sélection génétique en évitant le contact humain) présentent, outre leur docilité, des traits de néoténie, une hausse de la sérotonine et une baisse de l'adrénaline, une période de reproduction plus longue. La solidité de ces conclusions sur la morphologie est cependant remise en cause dans la mesure où la souche de renards utilisés par Dmitri Beliaïev provenait d'un élevage pour la fourrure, où certains caractères pourraient avoir été pré-sélectionnés. Konrad Lorenz avait avancé l'idée de l'autodomestication humaine et postulé que la pression de sélection de l'homme par l'homme aurait conduit à une forme de dégénérescence de l'espèce humaine dont les plus touchées sont les races occidentales. Emil Kraepelin et Ernst Rüdin avançaient aussi cette idée d'autodomestication qui conduit à une dégénérescence de l'espèce (voir Théorie de la dégénérescence). Eugen Fischer, considérant que la blondeur et les yeux bleus sont des signes distinctifs de domestication, a proposé ces traits pour définir qui exterminer lors de la période nazie, alors même que les critères du aryen parfait étaient la blondeur et les yeux bleus. Contrairement à l'eugénisme qui se projette dans l'avenir et a pour objectif d'améliorer le génome humain par diverses méthodes, la théorie de l'autodomestication avance que l'être humain est déjà le résultat d'une sélection génétique par lui-même sans en être conscient. Une théorie avance que les bonobos pourraient aussi s'être autodomestiqués. U. G. Krishnamurti aborde également la domestication de l'homme par la société via l'éducation, la culture et la religion. Cette domestication l'empêchant de se révéler et de s'éveiller dans ce qu'il appelle l'« état naturel ». Mais cette domestication est selon lui physique et pour s'en libérer le corps physique doit subir une mutation physique. Ce n'est pas une libération par l'esprit, mais une libération physique (chaque cellule stockant la connaissance). |
Espèce endémique |
Expression régulière En informatique, une expression régulière ou expression rationnelle ou expression normale ou motif est une chaîne de caractères qui décrit, selon une syntaxe précise, un ensemble de chaînes de caractères possibles. Les expressions régulières sont également appelées regex (un mot-valise formé depuis l'anglais ""). Les expressions rationnelles sont issues des théories mathématiques des langages formels des années 1940. Leur capacité à décrire avec concision des "ensembles réguliers" explique qu’elles se retrouvent dans plusieurs domaines scientifiques dans les années d’après-guerre et justifie leur adoption en informatique. Les expressions régulières sont aujourd’hui utilisées pour programmer des logiciels avec des fonctionnalités de lecture, de contrôle, de modification, et d'analyse de textes ainsi que dans la manipulation des langues formelles que sont les langages informatiques. Les expressions "régulières" ont la qualité de pouvoir être décrites par des formules ou motifs (en anglais "") bien plus simples que les autres moyens. Histoire. Dans les années 1940, Warren McCulloch et Walter Pitts ont décrit le système nerveux en modélisant les neurones par des automates simples. En 1956, le logicien Stephen Cole Kleene a ensuite décrit ces modèles en termes d’"ensembles réguliers" et d'automates. Il est considéré comme l'inventeur des expressions régulières. En 1959, Michael O. Rabin et Dana Scott proposent le premier traitement mathématique et rigoureux de ces concepts, ce qui leur vaudra le prix Turing en 1976. Dans ce contexte, les expressions régulières correspondent aux grammaires de type 3 (voir grammaire formelle) de la hiérarchie de Chomsky ; elles peuvent donc être utilisées pour décrire la morphologie d’une langue. Ken Thompson a mis en œuvre la notation de Kleene dans l’éditeur qed, puis l’éditeur ed sous Unix, et finalement dans grep. Depuis lors, les expressions régulières ont été largement utilisées dans les utilitaires tels que lex ainsi que dans les langages de programmation nés sous Unix, tels que expr, awk, Perl, Tcl, Python, etc. En sortant du cadre théorique, les expressions régulières ont acquis des fonctionnalités permettant de décrire des langages non rationnels. Un glissement sémantique s'est ainsi produit : la notion d'expression régulière n'a pas le même sens dans le contexte de l'informatique appliquée et dans la théorie des langages formels. Utilisation. Initialement créées pour décrire des langages formels, les expressions régulières sont utilisées dans l’analyse et la manipulation des langages informatiques ; compilateurs et interprètes sont ainsi basés sur celles-ci. Utilisée à la manière des outils de recherche de texte dans un document, une expression régulière décrit des chaînes de caractères ayant des propriétés communes, dans le but de les trouver dans un bloc de texte pour leur appliquer un traitement automatisé, comme un ajout, leur remplacement, leur modification ou leur suppression. Beaucoup d'éditeurs de texte et la plupart des environnements de développement intégrés permettent de mettre en œuvre les expressions régulières. Un grand nombre d’utilitaires Unix savent les utiliser nativement. Les plus connus sont GNU grep ou GNU sed qui, à la manière des éditeurs de texte, utilisent ces expressions pour parcourir de façon automatique un document à la recherche de morceaux de texte compatibles avec le motif de recherche, et éventuellement effectuer un ajout, une substitution ou une suppression. Les interfaces en ligne de commande (ou shells) utilisent un système apparenté mais distinct et moins expressif appelé ou globbing. Les expressions régulières sont fréquemment employées dans les activités d'administration système, de développement logiciel et de traitement automatique du langage naturel. Elles ont vu un nouveau champ d’application avec le développement d’Internet, et la diffusion de code malveillant ou de messages pourriels. Des filtres et des robots utilisant ces expressions sont utilisés pour détecter les éléments potentiellement nuisibles. En théorie des langages formels, une expression régulière est une expression représentant un langage rationnel. Dans ce contexte, les expressions régulières ont un pouvoir expressif plus limité : cette notion a un sens plus large en informatique appliquée qu'en théorie des langages formels. Principes. Une expression régulière est une suite de caractères typographiques (qu’on appelle plus simplement « motif » – « » en anglais) décrivant un ensemble de chaînes de caractères. Par exemple l’ensemble de mots « ex-équo, ex-equo, ex-aequo et ex-æquo » peut être condensé en un seul motif « ex-(a?e|æ|é)quo ». Les mécanismes de base pour former de telles expressions sont basés sur des caractères spéciaux de substitution, de groupement et de quantification. Une barre verticale sépare le plus souvent deux expressions alternatives : « equo|aequo » désigne soit equo, soit aequo. Il est également possible d’utiliser des parenthèses pour définir le champ et la priorité de la détection, « (ae|e)quo » désignant le même ensemble que « aequo|equo » et de quantifier les groupements présents dans le motif en apposant des caractères de quantification à droite de ces groupements. Les quantificateurs les plus répandus sont : Les symboles dotés d'une sémantique particulière peuvent être appelés « opérateurs », « métacaractères » ou « caractères spéciaux ». Les caractères qui ne représentent qu'eux-mêmes sont dits « littéraux ». Les expressions régulières peuvent être combinées, par exemple par concaténation, pour produire des expressions régulières plus complexes. Lorsqu'une chaîne de caractères correspond à la description donnée par l'expression régulière, on dit qu'il y a « correspondance » entre la chaîne et le motif, ou que le motif « reconnaît » la chaîne. Cette correspondance peut concerner la totalité ou une partie de la chaîne de caractères. Par exemple, dans la phrase « Les deux équipes ont terminé ex-æquo et se sont saluées. », la sous-chaîne « ex-æquo » est reconnue par le motif « ex-(a?e|æ|é)quo ». Par défaut, les expressions régulières sont sensibles à la casse. Lorsque c'est possible, elles tentent de reconnaître la plus grande sous-chaîne correspondant au motif : on dit qu'elles sont « gourmandes ». Par exemple, codice_7 reconnaît la totalité de la chaîne « Aaaaaaa » plutôt qu'une partie « Aaa » (gourmandise), mais elle ne reconnaît pas la chaîne « aaaA » (sensibilité à la casse). Standards. Dans le domaine de l'informatique, un outil permettant de manipuler les expressions régulières est appelé un "moteur d'expressions régulières" ou "moteur d'expressions rationnelles". Il existe des standards permettant d'assurer une cohérence dans l'utilisation de ces outils. Le standard POSIX propose trois jeux de normes : Les expressions régulières de perl sont également un standard de fait, en raison de leur richesse expressive et de leur puissance. Tout en suivant leur propre évolution, elles sont par exemple à l'origine de la bibliothèque PCRE. ECMAScript propose également dans le document Standard ECMA-262 une norme employée par exemple par JavaScript. Les notations ou leurs sémantiques peuvent varier légèrement d'un moteur d'expression régulière à l'autre. Ils peuvent ne respecter que partiellement ces normes, ou de manière incomplète, ou proposer leurs propres fonctionnalités, comme GNU ou le Framework .NET. Les spécificités de chacun sont abordées plus loin dans cet article. Classe de caractères. Une classe de caractères désigne un ensemble de caractères. Elle peut être définie de différentes manières : Des unions de classes de caractères peuvent être faites : codice_12 désigne l'ensemble constitué des caractères « 0 » à « 9 » et des lettres « a » et « b ». Certaines bibliothèques permettent également de faire des intersections de classes de caractères. Entre les crochets, les métacaractères sont interprétés de manière littérale : codice_13 désigne l'ensemble constitué des caractères « . », « ? » et « * ». Standardisation et application. Les classes de caractères les plus utilisées sont généralement fournies avec le moteur d'expression régulière. Un inventaire de ces classes est dressé dans la table ci-dessous. La bibliothèque POSIX définit des classes au départ pour l'ASCII, puis, par extension, pour d'autres formes de codage de caractères, en fonction des paramètres régionaux. Dans Unicode et des langages comme le perl, des ensembles de caractères sont définis au travers de la notion de propriétés de caractères. Cela permet de désigner un ensemble de caractères en fonction de sa catégorie (exemples : lettre, ponctuation ouvrante, ponctuation fermante, séparateur, caractère de contrôle), en fonction du sens d'écriture (par exemple de gauche à droite ou de droite à gauche), en fonction de l'alphabet (exemples : latin, cyrillique, grec, hiragana) ; en fonction de l'allocation des blocs, ou même selon les mêmes principes que les classes de caractères POSIX (à ce sujet, lire la section Expressions régulières et Unicode). Par exemple, dans le standard POSIX, codice_14 fait correspondre un caractère parmi l’ensemble formé par toutes les lettres majuscules ainsi que les lettres minuscules « a » et « b ». Dans le standard ASCII, cette expression régulière s'écrirait codice_15. Classe d'équivalence. La notion de classe d'équivalence ne doit pas être confondue avec la notion de classe de caractères. Par exemple, dans la locale FR, la classe [=e=] regroupe l'ensemble des lettres {e, é, è, ë, ê}. Ceci signifie que lorsqu'elles sont collationnées, les lettres {e, é, è, ë, ê} apparaissent dans le même jeu de caractères, après le "d", et avant le "f". Fonctions avancées. La plupart des standards et moteurs d'expressions régulières proposent des fonctions avancées. Notamment : Notations : implémentations et standardisation. Les notations utilisées sont très variables. Ce chapitre regroupe d'une part les notations propres à différentes implémentations, et d'autre part, l'entreprise de normalisation. Standard POSIX. Le standard [[POSIX]] a cherché à remédier à la prolifération des syntaxes et fonctionnalités, en offrant un standard d’expressions régulières configurables. On peut en obtenir un aperçu en lisant le manuel de codice_25 sous une grande partie des dialectes [[Unix]] dont [[GNU/Linux]]. Toutefois, même cette norme n’inclut pas toutes les fonctionnalités ajoutées aux expressions régulières de Perl. Enfin, POSIX ajoute le support pour des plateformes utilisant un jeu de caractère non basé sur l’ASCII, notamment [[EBCDIC]], et un support partiel des locales pour certains méta-caractères. Expressions régulières basiques. Les utilitaires du monde [[Unix]] tels que [[Stream Editor|sed]], [[GNU grep]], [[ed (logiciel)|ed]] ou [[vi]] utilisent par défaut la norme BRE (« "Basic Regular Expression" ») de POSIX. Dans celle-ci, les accolades, les parenthèses, le symbole « ? » et le symbole « + » ne sont pas des métacaractères : ils ne représentent qu'eux-mêmes. Pour prendre leur sémantique de métacaractères, ils ont besoin d'être [[Caractère d'échappement|échappés]] par le symbole « \ ». Exemple : l'expression régulière codice_26 reconnaît « (abc)+ » mais pas « abcabd », pour laquelle codice_27 convient. Expressions régulières étendues. Les expressions régulières étendues POSIX (ERE pour « "Extended Regular Expression" ») sont souvent supportées dans les utilitaires des distributions Unix et GNU/Linux en incluant le [[drapeau (informatique)|drapeau]] -E dans la [[ligne de commande]] d’invocation de ces utilitaires. Contrairement aux expressions régulières basiques, elles reconnaissent les caractères vus précédemment comme des métacaractères. Ils doivent ainsi être échappés pour être interprétés littéralement. La plupart des exemples donnés en présentation sont des expressions régulières étendues POSIX. Séquences d’échappement. Comme les caractères codice_28, codice_29, codice_30, codice_31, codice_32, codice_3, codice_1, codice_5, codice_36, codice_37, codice_38 , codice_39 et codice_40 sont utilisés comme symboles spéciaux, ils doivent être référencés dans une [[caractère d'échappement|séquence d’échappement]] s’ils doivent désigner littéralement le caractère correspondant. Ceci se fait en les précédant avec une barre oblique inversée codice_40. Notation étendue dans vim et emacs. Des extensions semblables sont utilisées dans l’éditeur "[[emacs]]", qui utilise un jeu de commandes différent du standard POSIX ; mais reprend les mêmes expressions régulières en apportant une notation étendue. Les expressions régulières étendues sont maintenant supportées aussi dans "[[vim]]", la version améliorée de "vi". De plus, de nombreuses autres séquences d’échappement sont ajoutées pour désigner des classes de caractères prédéfinies. Elles sont spécifiques à chaque utilitaire ou parfois variables en fonction de la version ou la plateforme (cependant elles sont stables depuis longtemps dans emacs qui a fait figure de précurseur de ces extensions, que d’autres auteurs ont partiellement implémentées de façon limitée ou différente). Python. [[python (langage)|Python]] utilise des expressions régulières basées sur les expressions régulières POSIX, avec quelques extensions ou différences. Les éléments compatibles POSIX sont les suivants : La séquence codice_56 désigne le caractère de retour arrière (codice_57 avec un codage compatible ASCII) lorsqu'elle est utilisée à l'intérieur d'une classe de caractère, et la limite d'un mot autrement. Bibliothèque BSD. Le [[Berkeley Software Distribution|système d'exploitation BSD]] utilise la bibliothèque "regex" écrite par [[Henry Spencer]]. Compatible avec la norme POSIX 1003.2, cette bibliothèque est également utilisée par MySQL (avec les opérateurs REGEXP et NOT REGEXP) et PostgreSQL (avec l'opérateur « ~ » et ses variantes). Tcl. Le moteur d'expressions régulières du langage [[Tool Command Language|Tcl]] est issu de développements d'Henry Spencer postérieurs à ceux de la bibliothèque BSD. Les expressions régulières sont appelées Expressions régulières avancées (ou ARE, Advanced Regular Expressions) et sont légèrement différentes des expressions régulières étendues de POSIX. Les expressions régulières basiques et étendues sont également supportées. Perl. [[Perl (langage)|Perl]] offre un ensemble d’extensions particulièrement riche. Ce [[langage de programmation]] connaît un succès très important dû à la présence d’opérateurs d’expressions régulières inclus dans le langage lui-même. Les extensions qu’il propose sont également disponibles pour d’autres programmes sous le nom de "lib [[PCRE]]" (, littéralement "bibliothèque d’expressions régulières compatible avec Perl"). Cette [[bibliothèque logicielle|bibliothèque]] a été écrite initialement pour le [[serveur de courrier électronique]] [[Exim]], mais est maintenant reprise par d’autres projets comme [[Langage de programmation Python|Python]], [[Apache (logiciel)|Apache]], [[Postfix]], [[KDE]], [[Analog]], [[PHP]] et [[Ferite]]. Les spécifications de [[Perl 6]] régularisent et étendent le mécanisme du système d’expressions régulières. De plus il est mieux intégré au langage que dans Perl 5. Le contrôle du [[retour sur trace]] y est très fin. Le système de regex de Perl 6 est assez puissant pour écrire des [[analyseur syntaxique|analyseurs syntaxiques]] sans l’aide de modules externes d’analyse. Les expressions régulières y sont une forme de sous-routines et les grammaires une forme de [[classe (informatique)|classe]]. Le mécanisme est mis en œuvre en [[assembleur]] [[Parrot (machine virtuelle)|Parrot]] par le module [[PGE (Perl)|PGE]] dans la mise en œuvre Parrot de Perl 6 et en [[Haskell]] dans la mise en œuvre [[Pugs]]. Ces mises en œuvre sont une étape importante pour la réalisation d’un [[compilateur]] Perl 6 complet. Certaines des fonctionnalités des regexp de Perl 6, comme les captures nommées, sont intégrées depuis Perl 5.10. PHP. PHP supporte deux formes de notations : la syntaxe [[POSIX]] (POSIX 1003.2) et celle, beaucoup plus riche et performante, de la bibliothèque [[PCRE]] (Perl Compatible Regular Expression). Un des défauts reprochés à PHP est lié à son support limité des chaînes de caractères, alors même qu’il est principalement utilisé pour traiter du texte, puisque le texte ne peut y être représenté que dans un jeu de caractères codés sur , sans pouvoir préciser clairement quel codage est utilisé. En pratique, il faut donc adjoindre à PHP des bibliothèques de support pour le codage et le décodage des textes, ne serait-ce que pour les représenter en UTF-8. ICU. [[International Components for Unicode|ICU]] définit une bibliothèque portable pour le traitement de textes internationaux. Celle-ci est développée d’abord en [[C (langage)|langage C]] (version nommée ICU4C) ou pour la [[plateforme Java]] (version nommée ICU4J). Des portages (ou adaptations) sont aussi disponibles dans de nombreux autres langages, en utilisant la bibliothèque développée pour le langage C (ou [[C++]]). Les expressions régulières utilisables dans ICU reprennent les caractéristiques des expressions régulières de Perl, mais les complètent pour leur apporter le support intégral du jeu de caractères Unicode (voir la section suivante pour les questions relatives à la normalisation toujours en cours). Elles clarifient également leur signification en rendant les expressions régulières indépendantes du jeu de caractère codé utilisé dans les documents, puisque le jeu de caractères Unicode est utilisé comme codage pivot interne. En effet, les expressions régulières de Perl (ou PCRE) ne sont pas portables pour traiter des documents utilisant des jeux de caractères codés différents, et ne supportent pas non plus correctement les jeux de caractères codés multi-octets (à longueur variable tels que [[ISO 2022]], [[Shift-JIS]], ou [[UTF-8]]), ou codés sur une ou plusieurs unités binaires de plus de (par exemple [[UTF-16]]) puisque le codage effectif de ces jeux sous forme de séquences d’octets dépend de la plateforme utilisée pour le traitement (ordre de stockage des octets dans un mot de plus de ). ICU résout cela en adoptant un traitement utilisant en interne un jeu unique défini sur et supportant la totalité du jeu de caractères universel (UCS), tel qu’il est défini dans la norme [[ISO/CEI 10646|ISO/IEC 10646]] et précisé sémantiquement dans le standard [[Unicode]] (qui ajoute à la norme le support de propriétés informatives ou normatives sur les caractères, et des recommandations pour le traitement automatique du texte, certaines de ces recommandations étant optionnelles ou informatives, d’autres étant devenues standards et intégrées au standard Unicode lui-même, d’autres enfin ayant acquis le statut de norme internationale à l’ISO ou de norme nationale dans certains pays). ICU supporte les extensions suivantes, directement dans les expressions régulières, ou dans l’expression régulière d’une classe de caractères (entre codice_58) : Les expressions régulières d’ICU sont actuellement parmi les plus puissantes et les plus expressives dans le traitement des documents multilingues. Elles sont largement à la base de la normalisation (toujours en cours) des expressions régulières Unicode (voir ci-dessous) et un sous-ensemble est supporté nativement dans la bibliothèque standard du langage [[Java (langage)|Java]] (qui utilise en interne un jeu de caractères portable à codage variable, basé sur [[UTF-16]] avec des extensions, et dont les unités de codage sont sur ). ICU est une bibliothèque encore en évolution. En principe, elle devrait adopter toutes les extensions annoncées dans Perl (notamment les captures nommées), dans le but d’assurer l’interopérabilité avec Perl 5, Perl 6, et PCRE, et les autres langages de plus en plus nombreux qui utilisent cette syntaxe étendue, et les auteurs d’ICU et de Perl travaillent en concert pour définir une notation commune. Toutefois, ICU adopte en priorité les extensions adoptées dans les expressions régulières décrites dans le standard Unicode, puisque ICU sert de référence principale dans cette annexe standard d’Unicode. Toutefois, il n’existe encore aucun standard ou norme technique pour traiter certains aspects importants des expressions régulières dans un contexte multilingue, notamment : Pour préciser ces derniers aspects manquants, des métacaractères supplémentaires devraient pouvoir être utilisés pour contrôler ou filtrer les occurrences trouvées, ou bien un ordre normalisé imposé à la liste des occurrences retournées. Les auteurs d’applications doivent donc être vigilants sur ces points et s’assurer de lire toutes les occurrences trouvées et pas seulement la première, afin de pouvoir décider laquelle des occurrences est la mieux appropriée à une opération donnée. Expressions régulières et Unicode. Les expressions régulières ont originellement été utilisées avec les caractères [[ASCII]]. Beaucoup de moteurs d’expressions régulières peuvent maintenant gérer l’[[Unicode]]. Sur plusieurs points, le jeu de caractères codés utilisés ne fait aucune différence, mais certains problèmes surgissent dans l’extension des expressions régulières pour Unicode. Une question est de savoir quel format de représentation interne d’Unicode est supporté. Tous les moteurs d’expressions régulières en ligne de commande attendent de l’[[UTF-8]], mais pour les bibliothèques, certaines attendent aussi de l’UTF-8, mais d’autres attendent un jeu codé sur UCS-2 uniquement (voire son extension [[UTF-16]] qui restreint aussi les séquences valides), ou sur UCS-4 uniquement (voire sa restriction normalisée [[UTF-32]]). Une deuxième question est de savoir si l’intégralité de la plage des valeurs d’une version d’Unicode est supportée. Beaucoup de moteurs ne supportent que le [[Basic Multilingual Plane]], c’est-à-dire, les caractères encodables sur . Seuls quelques moteurs peuvent (dès 2006) gérer les plages de valeurs Unicode sur . Une troisième question est de savoir comment les constructions ASCII sont étendues à l’Unicode. Cependant, en pratique ce n’est souvent pas le cas : Un autre domaine dans lequel des variations existent est l’interprétation des indicateurs d’insensibilité à la casse. Une autre réponse à Unicode a été l’introduction des classes de caractères pour les blocs Unicode et les propriétés générales des caractères Unicode: Notes : Implémentations et complexité algorithmique. Il existe au moins trois familles d'[[algorithme]]s qui déterminent si une chaîne de caractères correspond à une expression régulière. Certaines [[implémentation]]s tentent de combiner les qualités des différentes approches, en commençant la recherche avec un AFD, puis en utilisant la séparation et évaluation lorsque c'est nécessaire. Voir aussi. Liens externes. [[Catégorie:Langage formel]] [[Catégorie:Automates finis et langages réguliers]] [[Catégorie:Programmation informatique]] |
Episyrphus "" est un genre d'insectes diptères brachycères de la famille des syrphidés (ou syrphes), dont les larves ont pour proies principalement les pucerons colonisant la flore sauvage et aussi les arbres fruitiers, les cultures légumières, les grandes cultures... Espèces. Seule espèce appartenant au genre "Episyrphus" selon : Espèces de ce genre selon : |
Erigone (genre) Erigone est un genre d'araignées aranéomorphes de la famille des Linyphiidae. Distribution. Les espèces de ce genre se rencontrent en Amérique, en Europe, en Asie, en Afrique et en Océanie. Description. Les mâles du genre "Erigone" sont remarquables par les épines qu'ils portent sur leur céphalothorax et les tibias de leurs pédipalpes. Écologie. Ce sont des araignées prédatrices, elles ont pour proies de petits insectes comme les psylles et les diptères. Liste des espèces. Selon : Selon World Spider Catalog (version 23.5, 2023) : Systématique et taxinomie. Ce genre a été décrit par Audouin en 1826. Son espèce type est "Erigone longipalpis". |
Enki Bilal Enes Bilal, dit Enki Bilal , est auteur de bande dessinée et réalisateur français, né le à Belgrade en Serbie (Yougoslavie). Son œuvre se situe en partie dans la science-fiction et aborde notamment les thèmes du temps et de la mémoire. En 1987, il obtient le grand prix du festival d'Angoulême. Biographie. Enfance. Enes Bilal naît le à Belgrade, en Yougoslavie, deux ans après sa sœur Enisa. Leur père Muhamed Hamo Bilal est un tailleur bosniaque, musulman non pratiquant, originaire de Ljubuški, village de Bosnie-Herzégovine (alors en Yougoslavie), et leur mère Ana une Tchèque née à Karlovy Vary (alors en Tchécoslovaquie). La famille est installée à Belgrade au 16 rue Tadeuša Košćuška, dans le quartier de Dorćol. Enki était le diminutif affectueux d'Enes utilisé en famille, et dont il fera plus tard son pseudonyme d'auteur. Lorsque Enes est encore enfant, son père qui, bien qu'ayant été un compagnon de Tito dans la résistance, refusait d'adhérer au Parti communiste, demande l'asile en France, où il avait achevé sa formation de tailleur en 1936. Sa femme et ses deux enfants le rejoignent précipitamment à Paris en 1961. En 1967, les Bilal sont naturalisés Français. Auteur. Enki Bilal se lance d'abord dans la bande dessinée. En 1971, il gagne un concours de bande dessinée, organisé par le journal "Pilote" et le Drugstore Number One, dans la catégorie aventures ("Pilote" page 53). En 1972, après un passage éclair aux Beaux-Arts, Enki Bilal publie sa première histoire, « Le Bol maudit », dans le journal "Pilote". En 1975, il rencontre le scénariste Pierre Christin et publie son premier album, "l'Appel des étoiles". En 1980, première série personnelle, dans "Pilote", "La Foire aux immortels". La seconde partie, "La Femme piège", est éditée en album en 1986. Parallèlement, la collaboration entre Bilal et Christin se poursuit. Ils réalisent notamment, pour les éditions Dargaud et Autrement, plusieurs ouvrages d'illustrations et de photos détournées ("Los Angeles : L'Étoile oubliée de Laurie Bloom", "Cœurs sanglants"). Bilal s'intéresse aussi au cinéma et à l'opéra. En 1982, il dessine sur verre une partie des décors du film "La vie est un roman" d'Alain Resnais et conçoit la créature Molasar pour "La Forteresse noire" de Michael Mann. Deux ans plus tôt, il avait signé l'affiche d'un autre film de Resnais, "Mon oncle d'Amérique". En 1985, il fait des recherches graphiques pour "Le Nom de la rose", film de Jean-Jacques Annaud d'après le roman d'Umberto Eco. En 1990, Bilal dessine les décors et costumes de "Roméo et Juliette" de Prokofiev, sur une chorégraphie de son ami Angelin Preljocaj. Il dessine la même année les décors et les costumes d"'O.P.A. Mia", opéra de Denis Levaillant créé au Festival d'Avignon. En 1984, il se fait journaliste à "Libération" le temps d'une interview avec l'auteur-compositeur-interprète Gérard Manset. Au début des années 1970, Bilal avait déjà créé une illustration sur le thème de "La mort d'Orion" (album de Manset) et il illustrera la pochette d'un disque hommage en 1996, "Route Manset". Bilal participe aussi régulièrement à des expositions. En novembre 1991, c'est "Opéra bulle", deux mois d'exposition à la Grande halle de la Villette, à Paris. En 1992, l'exposition "Transit" à la Grande Arche de la Défense, près de Paris. C'est aussi l'année de "Froid Équateur", troisième tome de "La Trilogie Nikopol", dans lequel il invente le chessboxing. En 2013, il expose au musée du Louvre une vingtaine de photographies de tableaux célèbres dans lesquelles il dessine des fantômes ("Les Fantômes du Louvre. Enki Bilal"). En 2013 également, il crée l'exposition "Mécanhumanimal, Enki Bilal au Musée des arts et métiers". Il y présente une rétrospective de son œuvre, ainsi qu'une sélection d'objets du Musée des Arts et Métiers qu'il a choisis dans les réserves et rebaptisés en écho à son univers. En janvier 1987, il obtient le Grand Prix du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême. En mai 2006, il crée l'illustration du timbre de France Europa sur le thème de l'intégration. En 2011, il publie l'album "Julia et Roem" (Casterman), ainsi qu'un livre d'entretiens sur sa vie et son œuvre, "Ciels d'orage" (Flammarion). En avril 2019, il déclare que, d'après lui, la science-fiction n'existe plus. En 2019, il est membre du jury au Festival de Cannes, sous la présidence d'Alejandro González Iñárritu. La même année sort le second tome de sa nouvelle série, "Bug", annoncée par lui-même comme une suite de cinq volumes. En 2021, il publie un livre-entretien intitulé "L'Homme est un accident" (Belin), en collaboration avec Adrien Rivierre. L'artiste y détaille sa vision du monde à venir en s'exprimant sur tous les thèmes brûlants de notre époque. Pour son engagement écologique, le livre est finaliste du Prix du Livre Environnement de la Fondation Veolia. Thèmes. Enki Bilal explore le temps à travers des mondes . Il évoque dans ses œuvres des thèmes marquant le futur comme la fin du communisme dans les années 1980, l'obscurantisme religieux dans les années 1990 ou le changement climatique au début des années 2010. Il évoque souvent le thème de la mémoire, par exemple dans la série "Le Sommeil du Monstre", où le héros utilise sa mémoire pour remonter dans le temps et se rappeler jusqu'aux premiers jours de son existence. Il se dit également sensible à la mémoire collective. |
Ensemble musical Un ensemble musical est un groupe de musiciens habitués à pratiquer ensemble, en amateur ou professionnellement. Par exemple, en musique classique, un quatuor à cordes constitue un « ensemble de solistes » — comprenant les premier et deuxième violons, l'alto et le violoncelle — tandis qu'une chorale à quatre voix constitue un « ensemble de pupitres » — comprenant le pupitre des sopranos, celui des altos, celui des ténors et celui des basses. Ensembles classés selon le nombre de parties. Que l'ensemble concerne des solistes ou des pupitres, le nom de la formation reflètera le nombre de parties sollicitées — de deux à dix, sachant qu'au-delà il n'existe pas de terminologie usuelle. Lorsqu'on a affaire à un ensemble de solistes, l'accompagnement éventuel — un ou plusieurs instruments, par exemple — n'est généralement pas pris en compte par la terminologie usuelle. Par exemple, le « Trio des masques » du premier acte du "Don Giovanni" de Mozart constitue bien un trio — pour deux sopranos et un ténor — mais ces trois voix sont évidemment accompagnées par l'orchestre. |
Espèce Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin "", « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. La définition la plus communément admise est celle du concept biologique : une espèce est un ensemble d'individus qui peuvent effectivement ou potentiellement se reproduire entre eux et engendrer une descendance viable et féconde, dans des conditions naturelles, mais une publication de 1997 indique qu'il existe 22 concepts d'espèces (espèce biologique, morphologique, écologique, comportementale…) dans la littérature scientifique. Ainsi, l'espèce est la plus grande unité de population au sein de laquelle le flux génétique est possible et les individus d'une même espèce sont donc génétiquement isolés d'autres ensembles équivalents du point de vue reproductif. Pourtant, le critère d’interfécondité ne peut pas toujours être vérifié : c'est le cas pour les fossiles, les organismes asexués ou pour des espèces rares ou difficiles à observer. D’autres définitions peuvent donc être utilisées : Concept. L'espèce est un concept flou dont il existe une multitude de définitions dans la littérature scientifique. Dans son sens le plus simple, le concept de l'espèce permet de distinguer les différents types d'organismes vivants. Différentes définitions permettent d'identifier plus précisément les critères distinctifs de l'espèce. L’évolution est la différence morphologique et génétique que l’on observe d’une génération à l’autre entre ascendants et descendants, qui ne sont jamais identiques sauf en cas de clonage, et ce sont aussi les changements dans l’effectif, l'aire de répartition et les comportements d’un groupe d'individus vivants. En outre, ce nom a pu changer en raison de nouvelles découvertes, descriptions ou analyses : ainsi, un même taxon peut avoir plusieurs dénominations successives et il arrive aussi que plusieurs espèces soient identifiées là où auparavant on n'en voyait qu'une, ou inversement, que l'on regroupe au sein d'une même espèce plusieurs noms (et types) différents (par exemple larves et adultes, ou bien mâles et femelles). Avec le temps, les conditions et indications à réunir pour définir une espèce sont devenues plus nombreuses et strictes. Même si les citoyens et les pouvoirs publics n'en sont pas toujours conscients, la formation des spécialistes en classification (taxonomie) est essentielle pour la précision et la rigueur des travaux scientifiques concernant la biodiversité (mais aussi la minéralogie, la géologie et la paléontologie). Concept biologique. La définition la plus communément citée est celle du concept biologique de l'espèce énoncé par Ernst Mayr (1942) : « Les espèces sont des groupes de populations naturelles, effectivement ou potentiellement interfécondes, qui sont génétiquement isolées d’autres groupes similaires ». À cette définition, il a ensuite été rajouté que cette espèce doit pouvoir engendrer une progéniture viable et féconde. Ainsi, l'espèce est la plus grande unité de population au sein de laquelle le flux génétique est possible dans des conditions naturelles, les individus d'une même espèce étant génétiquement isolés d’autres ensembles équivalents du point de vue reproductif. Mais c'est probablement Georges Buffon qui fut le premier en 1749 à construire une définition biologique de l'espèce en écrivant : « On doit regarder comme la même espèce celle qui, au moyen de la copulation, se perpétue et conserve la similitude de cette espèce, et comme des espèces différentes celles qui, par les mêmes moyens, ne peuvent rien produire ensemble ». Le concept biologique de l'espèce s'appuie donc entièrement sur l'isolement reproductif (ou isolement génétique), c'est-à-dire l'ensemble des facteurs biologiques (barrières) qui empêchent les membres de deux espèces distinctes d'engendrer une progéniture viable et féconde. D'après Theodosius Dobzhansky, il est possible de distinguer les barrières intervenant avant l'accouplement ou la fécondation (barrières précopulatoires ou prézygotiques), et les barrières intervenant après (barrières postcopulatoires ou postzygotiques). Les barrières prézygotiques vont empêcher la copulation entre deux individus d'espèces différentes, ou la fécondation des ovules dans le cas où l'accouplement a bien lieu. Si la fécondation a lieu malgré tout, les barrières postzygotiques vont empêcher le zygote hybride de devenir un adulte viable et fécond. C'est cet isolement reproductif qui va empêcher le pool génétique de chaque espèce de s'échanger librement avec les autres et ainsi d'induire la conservation de caractères propres à chaque espèce. Pour certaines espèces, l'isolement reproductif apparait de manière évidente (entre un animal et un végétal par exemple) mais dans le cas d'espèces étroitement apparentées, les barrières sont beaucoup moins claires. Il est donc important de préciser que la reproduction entre individus d'une même espèce doit être possible en conditions naturelles et que la progéniture doit être viable et féconde. Par exemple, le cheval et l'âne sont deux espèces interfécondes mais leurs hybrides (mulet, bardot) le sont rarement ; la progéniture n'est pas féconde, il s'agit bien de deux espèces différentes. De même, certaines espèces peuvent être croisées artificiellement mais ne se reproduisent pas ensemble dans le milieu naturel. Néanmoins, le concept biologique de l'espèce possède certaines limites. L'isolement reproductif ne peut pas être déterminé dans le cas des fossiles et des organismes asexués (par exemple, les bactéries). De plus, il est difficile d'établir avec certitude la capacité d'un individu à s'accoupler avec d'autres types d'individus. Dans de nombreux groupes de végétaux (bouleau, chêne, saule…), il existe beaucoup d'espèces qui se croisent librement dans la nature sans que les taxonomistes les considèrent comme une seule et même espèce pour autant. De nombreuses autres définitions ont donc également cours pour passer outre les limites du concept biologique de l'espèce. Autres concepts. Le concept morphologique de l'espèce est le concept le plus généralement utilisé en pratique. Il consiste à identifier une espèce d'après ses caractéristiques structurales ou morphologiques distinctives. L'avantage de ce concept est qu'il est applicable aussi bien chez les organismes sexués qu'asexués et ne nécessite pas de connaître l'ampleur du flux génétique. Néanmoins, l'inconvénient majeur de ce concept réside dans la subjectivité de sa définition de l'espèce, qui peut aboutir à des désaccords quant aux critères retenus pour définir une espèce. Une autre définition repose sur la notion de ressemblance (ou au contraire de degré de différence), concept encore très utilisé en paléontologie, où il n’y a pas d’autre option. Certains auteurs utilisent même ces deux principes pour définir les espèces. L’étude de l’ADN permet de rechercher des ressemblances non visibles directement sur le plan physique (phénotype). Mais le critère quantitatif (nombre de gènes identiques) masque le critère qualitatif, par définition non mesurable. Ainsi, la classification des Orchidées de type Ophrys fait ressortir un grand nombre d’espèces, visiblement différentes (donc du point de vue phénotype) alors que leurs génotypes se sont révélés très proches. Le critère de ressemblance génétique est utilisé chez les bactéries (en plus des ressemblances phénotypiques). On sépare les espèces de manière que la variation génétique intraspécifique soit très inférieure à la variation interspécifique. L’espèce biologique est aujourd’hui le plus souvent définie comme une communauté reproductive (interfécondité) de populations. Si cette définition se prête assez bien au règne animal, il est moins évident dans le règne végétal, où se produisent fréquemment des hybridations. On associe souvent le double critère de réunion par interfécondité et séparation par non-interfécondité, pour assurer la perpétuation de l’espèce. Il existe aussi le concept d'espèce écologique, à relier à la notion de niche écologique. Une espèce est censée occuper une niche écologique propre. Cela revient à associer une espèce à des conditions de vie particulière. Cette définition proposée par Hutchinson et par Van Valen souffre des problèmes de recouvrement de niche (plusieurs espèces dont les niches sont très proches voire indiscernables). Les espèces déterminantes sont des espèces retenues par certaines méthodes parce qu'elles sont remarquables pour la biodiversité ou menacées et jugées importantes dans l'écosystème (ou représentatives d'un habitat ou de l'état de l'écosystème) aux niveaux régional, national ou supranational pour élaborer certains zonages (habitats déterminants, trame verte et bleue, ZNIEFF modernisées, ). Problématiques. Définir l'espèce de manière absolue semble très difficile, voire impossible selon Darwin. Plusieurs historiens affirment d'ailleurs que si Darwin s’était arrêté au problème de la définition de l’espèce, il n’aurait jamais publié son livre majeur "De l'origine des espèces". De manière simplificatrice, on peut ramener les diverses définitions qui ont été proposées sous trois rubriques différentes : concept typologique ou essentialiste de l'espèce (ressemblance morphologique par rapport à des individus de référence ou type) qui a prévalu pendant des siècles ; concept nominaliste (ressemblance phénoménologique des espèces qui n'ont pas d'existence) ; concept biologique ou populationnel (descendance d'ancêtres communs, liée au critère d'interfécondité) qui s’est imposé après l’avènement de la génétique mais suscite de nombreux problèmes au niveau de la classification scientifique des espèces. Ce qui a conduit des chercheurs à proposer d'abandonner la nomenclature linnéenne, de ne plus donner de noms aux différents rangs taxinomiques et d'éliminer, entre autres, le mot espèce du vocabulaire de la taxinomie. Ils veulent introduire à la place le concept de LITU (, ) qui représenterait le plus petit taxon que l’on puisse identifier. Une question mérite d’être posée : la notion d’espèce constitue-t-elle une simple commodité de travail, ou possède-t-elle au contraire une réalité indépendante de notre système de classification ? Possède-t-elle une véritable signification dans l’absolu ? L’espèce est-elle une classe logique à laquelle des lois sont universellement applicables, ou a-t-elle la même réalité qu’un individu (par le lignage) ? Les réponses à ces considérations relèvent de l’épistémologie et de la sémantique opérationnelle autant que de la biologie. Le problème se complique du fait que le critère d’interfécondité présente ou absente, n'est pas toujours applicable de façon tranchée : des populations A et A, A et A… A et A peuvent être interfécondes, alors que les populations A et A ne le sont pas. C'est le cas, par exemple, des populations de goélands réparties autour du globe (rapporté par Konrad Lorenz). On parle alors d’"espèce en anneau" ( variation clinale). La notion d’espèce se dissout alors dans une sorte de flou. L’interfécondité ne permet donc pas de dire qu’il s’agit de mêmes espèces tandis que la non-interfécondité suffit à dire qu’il s’agit d’espèces différentes. Cette non-interfécondité doit être recherchée aussi et surtout dans les descendants : chevaux et ânes sont interféconds mais leurs hybrides (mulet, bardot) le sont rarement. Les deux populations forment donc des espèces différentes. De même, certaines races de chiens (anciennement "Canis familiaris") s’hybrident sans problème — et ont une descendance féconde — avec des loups communs ("Canis lupus"), tandis que leur hybridation avec d’autres races de leur propre espèce "Canis familiaris" reste bien problématique - dans le cas par exemple d’une femelle Chihuahua et d’un mâle Saint-Bernard ! Cela s’explique par deux faits : le chien domestique est très polymorphe et c’est une sélection artificielle à partir de loups, ce dont il y a maintenant des preuves génétiques. On le nomme donc désormais "Canis lupus familiaris", c’est-à-dire comme sous-espèce du Loup, donc parfaitement interfécond avec lui… dans la limite de ce que permet physiquement l’utérus récepteur. "", le concept d'espèce suppose une hypothèse forte qui est la transitivité des interfécondations possibles ; en d'autres termes, on suppose que si X est interfécond avec X, X avec X, X sera interfécond avec X quelle que soit la longueur de la chaîne. Konrad Lorenz signale que cette supposition n'est pas toujours vraie, en particulier chez des oiseaux marins entre continents. Il faut d'ailleurs bien que ce genre de discontinuité existe pour qu'un phénomène de spéciation commence à apparaître lui aussi. Évolution de la notion. Les éleveurs en avaient vraisemblablement une notion non formalisée depuis l’origine même de l’élevage. Platon spéculera que puisque l’on voit des chevaux et des vaches, mais jamais d’hybride des deux, il doit exister quelque part une « forme idéale » qui contraint un animal à être l’un ou l’autre. Aristote préfèrera pour sa part éviter ces spéculations et se contenter de répertorier dans l’"Organon" ce qu’il observe. Albert le Grand s’y essaiera à son tour plus tard. Concept empirique, la notion d’espèce a évolué avec le temps et son histoire a été marquée par la pensée de grands naturalistes comme Linné, Buffon, Lamarck et Darwin. Au , les espèces étaient considérées comme le résultat de la création divine et, à ce titre, étaient considérées comme des réalités objectives et immuables. Depuis l’avènement de la théorie de l’évolution, la notion d’espèce biologique a sensiblement évolué, mais aucun consensus n’a pu être obtenu sur sa définition. Spéciation et durée de vie des espèces. La spéciation est le processus évolutif par lequel de nouvelles espèces apparaissent. La spéciation est à l'origine de la diversité biologique et constitue donc le point essentiel de la théorie de l'évolution. La spéciation peut suivre deux voies : l'anagénèse et la cladogénèse. L’anagénèse est une accumulation de changements graduels au cours du temps qui transforment une espèce ancestrale en une nouvelle espèce, cette voie modifie les caractéristiques d'une espèce mais ne permet pas d'augmenter le nombre d'espèces. La cladogénèse est la scission d'un patrimoine génétique en au moins deux patrimoines distincts, ce processus est à l'origine de la diversité biologique car il permet d'augmenter le nombre d'espèces. En se basant sur les intervalles couverts par les espèces fossiles que l'on répertorie dans les sédiments bien datés, la durée de vie moyenne d'une espèce est de d'années environ. Certaines évoluent plus vite, tels les mammifères et les oiseaux qui ont une durée de vie moyenne de l'ordre d'un million d'années, d'autres moins vite tels les bivalves qui atteignent environ d'années par espèce. L'extinction d'un genre se produit quant à elle en moyenne après d'années d'existence. Classification. En classification classique ou phylogénétique, l’espèce est le taxon de base de la systématique, dont le rang se trouve juste en dessous du genre. Nomenclature scientifique. Dans la classification scientifique, une espèce vivante ou ayant vécu est désignée suivant les règles de la nomenclature binominale, établie par Carl von Linné au cours du . Suivant cette classification, le nom d'une espèce est constituée d'un binom latin (on dit habituellement binôme par erreur de traduction du terme anglais "binomen" et pas "binomial") qui combine le nom du genre avec une épithète spécifique. Autant que possible, le nom est suivi de la citation du nom de l'auteur, abrégé (en botanique) ou complet (en zoologie), qui a le premier décrit l'espèce sous ce nom. Le nom de l’espèce est l’ensemble du binom, et pas seulement l’épithète spécifique, suivi du nom d'auteur et de la date. Par exemple, les êtres humains appartiennent au genre "Homo" et à l’espèce "Homo sapiens" Linné, 1758. Les noms scientifiques des espèces (en latin scientifique) s’écrivent en italique. Le genre prend une majuscule initiale tandis que l'épithète spécifique reste entièrement en minuscule. Quand le genre est connu mais que l'espèce n'est pas déterminée, il est d’usage d’utiliser comme épithète provisoire l’abréviation du latin ' : « sp. », à la suite du nom du genre. Quand on veut désigner plusieurs espèces d'un même genre, c'est l'abréviation « spp. » (pour ') qui est ajoutée. De même, « sous-espèce » est abrégé en « ssp. » (pour ') et « sspp. » au pluriel (pour '). Ces abréviations sont toujours écrites en caractères romains. La nomenclature binominale, ainsi que d’autres aspects formels de la nomenclature biologique, constitue le « système linnéen ». Ce système de nomenclature permet de définir un nom unique pour chaque espèce, valable dans le monde entier, contrairement à la nomenclature vernaculaire. Sous-espèce. Au sein d’une espèce donnée, une sous-espèce consiste en un groupe d’individus qui se trouvent isolés (pour des raisons géographiques, écologiques, anatomiques ou organoleptiques) et qui évoluent en dehors du courant génétique de la sous-espèce nominative, de référence. Au bout d’un certain temps, ces groupes d’individus prennent des caractéristiques spécifiques qui les différencient l'une de l'autre. Ces caractères peuvent être nouveaux (apparition à la suite d'une mutation par exemple), mais dépendent de la fixation de caractéristiques variables chez l’espèce de base. Ces deux bergeronnettes mâles ont été décrites comme deux sous-espèces différentes d’une même espèce, "Bergeronnette grise" : Des sous-espèces différentes ont souvent la possibilité de se reproduire entre elles, car leurs différences ne sont pas (encore) suffisamment marquées pour constituer une barrière reproductive. On peut s’interroger sur la validité de la définition d’une sous-espèce sachant que la définition du terme "espèce" reste fluctuante et controversée. Il en est ici de même et toutes les limites de la définition d’une espèce s’appliquent également pour celle d’une sous-espèce. Recensement. Carl von Linné recensait au environ végétales et animales différentes dans la dixième édition (1758) du "". Depuis cette époque et jusqu'en 2014, près de d'espèces ont été décrites mais aujourd’hui, personne ne peut dire avec précision le nombre d’espèces existant sur la planète. Différentes estimations donnent un nombre total d'espèces variant entre à . Un consensus récent a proposé un nombre précis minimum de d’espèces (à l’exception des bactéries, trop difficiles à estimer). On décrit actuellement entre et nouvelles espèces par an, dont 10 % sont issues du milieu marin. Eucaryotes. Les eucaryotes sont les animaux, les champignons, les plantes, les protozoaires… Alors qu’on estime qu'entre d’espèces vivantes sur la planète Terre ont été découvertes (avec des extrapolations jusqu'à plus de d'espèces à découvrir), seulement d'espèces ont été décrites scientifiquement (témoin des difficultés liées à la notion d’espèce, ce nombre lui-même reste flou). Les espèces marines ne représentent que 13 % de l'ensemble des espèces décrites, soit environ , dont pour les seuls écosystèmes coralliens. La grande majorité des espèces non décrites sont des insectes ( d'espèces suivant les estimations, qui vivraient principalement sur la canopée des forêts tropicales), des némathelminthes (ou vers ronds : ), et des eucaryotes unicellulaires : protozoaires ou protophytes, certains oomycètes, anciennement considérés comme des champignons, aujourd’hui classés dans les straménopiles ou les myxomycètes (moisissures visqueuses maintenant classées dans plusieurs groupes de protistes…). Selon la liste rouge de l'UICN de 2006 et les données les plus récentes, les espèces vivantes "décrites" peuvent être réparties comme suit : Environ espèces sont décrites chaque année, dont marines et près de de plantes à fleur ( répertoriées en 2015). On estime qu’environ dix espèces disparaissent naturellement (c’est-à-dire hors de l’intervention de l’espèce humaine) chaque année, ou une sur par siècle. Mais il en est qui disparaissent aussi du fait de l’homme (voir dodo, diversité génétique…) : Edward Osborne Wilson en évalue le nombre à plusieurs milliers par an. D’après l’"Évaluation des écosystèmes pour le millénaire" de 2005, le taux de disparition des espèces depuis deux siècles est dix à cent fois supérieur au rythme naturel (hors grandes crises d'extinction), et sera encore multiplié par dix d'ici 2050, soit le rythme d'extinction naturel. Procaryotes. Dans les deux autres grands groupes du vivant (les archées et les bactéries), la notion d'espèce est sensiblement différente. Le nombre total est encore moins bien connu que chez les eucaryotes, avec des estimations qui varient entre d'espèces… contre seulement de bactéries connues à l'heure actuelle. Orthographe. Suivi ou précédé d'un adjectif, on écrit une espèce bovine, une espèce protégée Suivi d'un substantif, on écrit l'espèce Mulot sylvestre ou l'espèce "Apodemus sylvaticus". « Une espèce de » est suivi d'un singulier ou d'un pluriel, selon que cette expression est prise dans le sens d'une approximation (sorte de) ou d'une population (groupe de). En français usuel, on écrit « Le bonobo est une espèce de singe » (une sorte de singe) mais un biologiste écrira de préférence « Le Bonobo est une espèce de primates » (un groupe de primates). En effet, en biologie, suivi d'un déterminant introduit par « de », on écrit une espèce (ou une sous-espèce) de mammifères, d'oiseaux, de reptiles ou bien des espèces d'insectes. Exemple : « "Solanum juzepczukii" est une espèce de plantes herbacées et tubéreuses de la famille Solanaceae » ou « la floraison de chaque espèce de plantes vivaces ». On utilise les abréviations « sp. » au singulier et « spp. » au pluriel, qui correspondent au mot latin "". Cette abréviation s'emploie souvent après le nom d'un genre, pour indiquer « espèce non précisée », par exemple "Russula" sp. signifie « espèce du genre Russule ». |
Placentalia Les placentaires (Placentalia) forment une infra-classe très diversifiée de mammifères thériens caractérisés par le fait qu'ils accouchent des juvéniles par contraste avec les marsupiaux qui accouchent de larves ou les monotrèmes qui pondent des œufs. Cela est rendu possible par la présence d'un placenta, plus développé et plus complexe que chez les marsupiaux, ce qui leur a donné leur nom. Leur apparition remonterait à environ 150 millions d'années d'après l'horloge moléculaire. Placentalia se définit comme un groupe-couronne ayant parfois le rang de cohorte ou d'infra-légion. La dénomination d'Eutheria est souvent utilisée puisque toutes les espèces existantes de ce groupe sont placentaires mais ce clade est élargi à tous les taxons fossiles plus proches des placentaires que des marsupiaux. Caractéristiques. La caractéristique la plus populaire de ce groupe : le développement de la progéniture se passe en majeure partie au sein de l'utérus maternel grâce à un placenta permettant beaucoup plus d'échanges entre la mère et ladite progéniture. On distingue notamment un stade embryonnaire et un stade fœtal, au contraire des marsupiaux qui n'ont que le stade embryonnaire avant de naître à l'état larvaire. L'examen du pelvis d"'Eomaia" semble indiquer que les euthériens non placentaires naissaient précocement, au stade larvaire comme des marsupiaux. Parmi les autres caractéristiques qui singularisent les placentaires des non placentaires au sein des euthériens (y compris fossiles) : Phylogénie. Au sein des thériens. Les mammifères placentaires sont ancrés dans la branche des euthériens, parallèlement aux marsupiaux dans celle des métathériens. La datation de l'ancêtre commun des placentaires est sujette à controverse. Les études de phylogénie moléculaire font remonter les grands groupes modernes de placentaires et leur dernier ancêtre commun au milieu du Crétacé (entre 90 et 105 millions d'années), mais cette datation est remise en cause, notamment par une étude combinant traits génétiques et morphologiques, et la date d'apparition des mammifères placentaires pourrait être de 65 millions d'années, soit entre et après l'extinction Crétacé-Tertiaire des dinosaures non aviens suggérant ainsi le scénario d'une explosion radiative. Phylogénie interne. La plupart des études s'accordent à reconnaître quatre super-ordres au sein des mammifères placentaires : Xenarthra, Afrotheria, Euarchontoglires et Laurasiatheria, les deux derniers regroupés dans le clade Boreoeutheria. Les relations entre ces autres groupes font débat, mais la phylogénie suivante se détache : |
Edgar Allan Poe Edgar Allan Poe , né le à Boston et mort le à Baltimore, est un poète, romancier, nouvelliste, critique littéraire, dramaturge et éditeur américain, ainsi que l'une des principales figures du romantisme américain. Connu surtout pour ses contes il a donné à la nouvelle ses lettres de noblesse et est considéré comme l’inventeur du roman policier. Nombre de ses récits préfigurent les genres de la science-fiction et du fantastique. Né à Boston, Edgar Allan Poe perd ses parents, David Poe Jr. et Elizabeth Arnold, dans sa petite enfance ; il est recueilli par John et Frances Allan de Richmond, en Virginie, où il passe l’essentiel de ses jeunes années, si l’on excepte un séjour en Angleterre et en Écosse, dans une aisance relative. Après un bref passage à l’Université de Virginie et des tentatives de carrière militaire, Poe quitte les Allan. Sa carrière littéraire débute humblement par la publication anonyme, en 1827, de "Tamerlan et autres poèmes", un recueil de poèmes signés seulement « par un Bostonien ». Poe s’installe à Baltimore, où il vit auprès de sa famille paternelle et abandonne quelque peu la poésie pour la prose. En , il devient rédacteur-assistant au "Southern Literary Messenger" de Richmond, où il contribue à augmenter les abonnements et commence à développer son propre style de critique littéraire. La même année, à vingt-six ans, il épouse sa cousine germaine Virginia Clemm, alors âgée de . Après l’échec de son roman "Les Aventures d'Arthur Gordon Pym", Poe réalise son premier recueil d’histoires, les "Contes du Grotesque et de l’Arabesque", en 1839. La même année, il devient rédacteur au "Burton's Gentleman's Magazine", puis au "Graham's Magazine" à Philadelphie. C'est à Philadelphie que nombre de ses œuvres parmi les plus connues ont été publiées. Dans cette ville, Poe a également projeté la création de son propre journal, "The Penn" (plus tard rebaptisé "The Stylus"), qui ne verra jamais le jour. En , il déménage à New York, où il travaille au "Broadway Journal", un magazine dont il devient finalement l’unique propriétaire. En , Poe publie "Le Corbeau", qui connaît un succès immédiat. Mais, deux ans plus tard, son épouse Virginia meurt de tuberculose, le . Poe envisage de se remarier, mais aucun projet ne se réalisera. Le , Poe meurt à l’âge de à Baltimore. Les causes de sa mort n’ont pas pu être déterminées et ont été attribuées diversement à l’alcool, à une drogue, au choléra, à la rage, à une maladie du cœur, à une congestion cérébrale, etc. L'influence de Poe a été et demeure importante, aux États-Unis comme dans l'ensemble du monde, non seulement sur la littérature, mais également sur d'autres domaines artistiques tels le cinéma et la musique, ou encore dans des domaines scientifiques. Bien qu'auteur américain, il a d’abord été reconnu et défendu par des auteurs français, Baudelaire et Mallarmé en tête. La critique contemporaine le situe parmi les plus remarquables écrivains de la littérature américaine du . Biographie. Une famille de comédiens. Il naît le dans une modeste pension de famille du 62, Carver Street, à Boston, dans le Massachusetts. Sa mère, Elizabeth Arnold (1787-1811) est la fille de deux acteurs londoniens, Henry (ou William Henry) Arnold et Elizabeth Smith. À la mort de son père, elle accompagne sa mère en Amérique. Arrivée le à Boston à bord de l’"Oustram", elle monte sur les planches trois mois plus tard, âgée d'à peine neuf ans. Elle rejoint ensuite, avec sa mère, qui meurt quelque temps après, une petite troupe de théâtre, les "Charleston Players"<ref name="eapoe.org/geninfo/poechron"> .</ref>. Durant l'été 1802, à Alexandria, en Virginie, elle se marie avec le comédien Charles Hopkins, qui meurt trois ans plus tard, le , et déjà veuve à 18 ans, elle épouse alors un garçon tuberculeux et alcoolique de 21 ans, David Poe Jr., dont le père, le général David Poe Sr., un commerçant patriote de Baltimore originaire d'Irlande, s'était illustré durant la guerre d'indépendance. David Poe Jr. avait abandonné ses études de droit pour s'engager, en , dans les "Charleston Players". C'est là qu'il rencontre Elizabeth Arnold Hopkins, qu'il épouse le . À l'époque, ils jouent au Federal Street Theater de Boston. Elizabeth est danseuse et chanteuse, mais David est un piètre acteur. Edgar est le deuxième des trois enfants du couple. Son frère, William Henry Léonard, né le , mourra le , à l'âge de 24 ans, alcoolique et tuberculeux, tandis que sa sœur, Rosalie, née le , contractera à douze ans une maladie inconnue, peut-être une méningite, qui la laissera handicapée mentale et nécessitera une mise sous tutelle durant toute sa vie. En , la famille quitte Boston pour le New York Park Theater. Le 18 octobre, David Poe, qui a sombré dans l'alcoolisme, joue son dernier rôle ; il fugue quelques mois plus tard, en . Il meurt sans doute peu après, en . La même année, Elizabeth donne naissance à une fille, Rosalie. Elle fait une tournée dans le Sud, accompagnée d'Edgar (William Henry a été confié à son grand-père paternel) mais, malade, elle ne joue que par intermittence. Le , à Richmond (Virginie), elle doit s'aliter. Le 25 novembre, un journal local lance un appel à la générosité des citoyens de Richmond, sous le titre « Au cœur humain » : « Mrs Poe, allongée sur son lit de douleur et entourée de ses enfants, demande votre aide et cette demande sera peut-être pour la dernière fois ! » Le , Elizabeth est emportée par le mal qui la ronge, peut-être une pneumonie, à l'âge de 24 ans, après avoir joué près de deux cents rôles, laissant ses enfants orphelins. Deux semaines après ses obsèques, le théâtre de Richmond brûle pendant une représentation, et la troupe, privée de théâtre, quitte la ville, après avoir laissé Edgar et Rosalie à la charité de la bourgeoisie de la ville. Tandis que William Henry demeure avec son grand-père David Poe et sa tante Maria Clemm, Edgar est recueilli par un couple de riches négociants de tabac et de denrées coloniales de Richmond, John et Frances Allan, et Rosalie (1810-1874) par les Mackenzie. Le , Edgar est baptisé par le révérend John Buchanan, vraisemblablement sous le nom d'« Edgar Allan Poe » et avec les Allan pour parrain et marraine. Une éducation d'aristocrate virginien. Edgar passe son enfance à Richmond, chez ses parents adoptifs, qui l'élèvent avec tendresse. En 1814, à peine âgé de , il commence ses études primaires sous la conduite de Clotilda ou Elizabeth Fisher. L'année suivante, il passe brièvement, à l'école de William Ewing. En 1815, en effet, John Allan (1780-1834), qui est d'origine écossaise, décide de partir au Royaume-Uni pour y étudier le marché et, si possible, ouvrir à Londres une succursale. La Bible occupe une grande place dans la vie d'Edgar, et ce malgré le rationaliste John Allan. Edgar, qui a six ans, quitte l'école de Richmond et embarque avec ses parents et la jeune sœur de Allan, Ann Moore Valentine (appelée Nancy) à Norfolk (Virginie) à bord du "Lothair". Débarqués à Liverpool le 29 juillet, les Allan gagnent d'abord l'Écosse. Mais le marché écossais se révèle mauvais, et la famille s'installe bientôt à Londres. Edgar suit, de 1816 à 1818, des études primaires à l'école des demoiselles Dubourg (146 Sloan Street, Chelsea, Londres), où il est connu sous le nom de « "Master Allan" » et étudie notamment la géographie, l'orthographe et le catéchisme anglican, puis à la Manor House School de Londres, à Stoke Newington, dirigée par le révérend John Bransby (elle pourrait avoir servi de modèle au collège de "William Wilson"), sous le nom d'« Edgar Allan ». Il suit des études classiques et littéraires solides, apprenant le grec, le latin, le français et la danse. Il fait preuve d'un caractère irritable et parfois tyrannique envers ses camarades, mais obtient de brillants résultats scolaires, en latin et français notamment. L'école mettant également l'accent sur la condition physique des élèves, Edgar devient un athlète accompli. En août 1818, les Allan visitent l'île de Wight, probablement à l'occasion de vacances, et peut-être le site de Stonehenge. Mais la situation se dégrade. D'abord, sa mère adoptive, dont la santé a toujours été fragile, tombe sérieusement malade, ce qui a pour effet de la rendre nerveuse, irritable. Par ailleurs, en 1819, John Allan connaît de graves ennuis financiers : le cours du tabac s'effondre, puis un employé l'escroque. Le jeune Edgar, qui est séparé de sa famille, fait une première fugue. Le , la famille Allan est à Liverpool, où elle embarque sur le "Martha". Arrivée à New York le 22 juillet après 31 jours de trajet, elle prend le 28 un steamboat à destination de Norfolk et se réinstalle à Richmond, le 2 août. Edgar reprend le chemin de l'école, où il obtient, là aussi, d'excellents résultats, mais commence à manifester un certain penchant pour la solitude et la rêverie. En 1823, les affaires de John Allan sont moribondes et la vie à la maison des Allan s'en ressent. Edgar continue à rédiger des poèmes qu'il adresse aux élèves de l'école où se trouve sa sœur. Les relations avec ses parents adoptifs sont ambivalentes. Il est encouragé par sa mère dans ses travaux d'écriture, mais les tours qu'il joue à certains habitants de Richmond causent le désespoir de son père. Ce dernier prend ombrage du caractère assez fier de l'adolescent, et s'éloigne progressivement de son épouse, toujours malade. Edgar, très attaché à Frances Allan (1784-1829), réprouve l'adultère de son père adoptif. John Allan voudrait voir Edgar devenir marchand, mais le jeune homme ne rêve que de poésie et envisage, à la rigueur, une carrière dans l'armée. Il trouve souvent refuge chez la mère d'un camarade, Jane Stith Stanard, qui est l'inspiratrice du poème "À Hélène" (1831). Son décès, en 1824, affectera grandement Edgar. À la suite du décès de son oncle William Galt, en , John Allan hérite de plusieurs centaines de milliers de dollars. Cette somme lui permet de payer ses dettes et d'acheter un manoir en briques appelé « Moldavia » (pour dollars). Entre 1821 et 1825, Edgar fréquente les meilleures écoles privées de Richmond, où il reçoit l'éducation traditionnelle des gentlemen virginiens. Il est inscrit à l'English Classical School de John H. Clarke (1821-1822), qui lui fait lire Ovide, Virgile et César, puis Homère, Horace et le "De Officiis" de Cicéron, puis il fréquente le collège William Burke (1823-) et l'école du Ray Thomas et de son épouse. À cette époque, il écrit ses premiers vers satiriques, tous perdus aujourd'hui, excepté "O Tempora! O Mores!" Par ailleurs, il est très influencé par l'œuvre et le personnage de Lord Byron. Bon élève, il se montre excellent nageur et passionné de saut en longueur. En juin ou , il nage six ou sept miles le long de la James River, tandis que son maître suit sur un bateau. Du 26 au , lors de son voyage aux États-Unis, le général La Fayette visite Richmond. Les volontaires juniors de la ville participent aux cérémonies organisées pour lui souhaiter la bienvenue ; Edgar est lieutenant des volontaires. Le , il entre à la nouvelle université de Virginie, à Charlottesville, que vient de fonder Jefferson (elle a ouvert ses portes le ), où il suit avec brio des cours de langues anciennes et modernes. Mais M. Allan lui a donné juste assez d'argent pour s'inscrire. Excédé par les dettes de jeu et les frais courants d'Edgar, qui s'élèvent à dollars, alors qu'il vient de passer avec succès ses premiers examens, John Allan refuse de le réinscrire et le ramène à Richmond en pour l'employer dans sa maison de commerce. Par ailleurs, il ruine ses fiançailles avec Elmira Royster (1810-1888) ; le père de la jeune fille s'empresse de la marier à un riche négociant, Alexander Shelton. Rêves de gloire et pérégrinations. Comme son beau-père refuse de le renvoyer à l'université, il quitte sa famille adoptive, probablement le , et s'embarque sous le nom d'Henri Le Rennet sur un bateau qui descend la James River jusqu'à Norfolk. Arrivé à Boston en avril, il espère survivre en publiant ses poèmes. Il y passe deux mois, comme acteur ou soldat, on l'ignore. Le 26 mai, sous le nom d'Edgar A. Perry (pseudonyme qu'il réutilisera pour signer certains contes), après s'être vieilli de quatre ans, il s'engage pour cinq ans comme artilleur de seconde classe dans l'armée fédérale. À la même époque, il fait paraître à ses frais, chez Calvin F.S. Thomas à Boston, une mince plaquette anonyme "Tamerlan et autres poèmes" sur laquelle est inscrit « A Bostonian » et dont 50 exemplaires, à peine, sont vendus. Il n'en reste aujourd'hui que 12 exemplaires. En novembre, sa batterie est transférée à Fort Moultrie, sur l'île Sullivan, face à Charleston (cette île servira de décor au très populaire "Scarabée d'or"). Malgré sa rapide promotion au grade d'artificier, puis de sergent-major (le ) et l'amitié de ses supérieurs, Edgar s'ennuie. John Allan lui refuse la lettre d'autorisation sans laquelle il ne peut démissionner. Le , la batterie d'artillerie dans laquelle il sert est transférée au Fort Monroe en Virginie. Le , Frances Keeling Allan meurt. Elle est inhumée le 2 mars au cimetière de Shockoe Hill. Prévenu tardivement, Edgar n'arrive que le soir du jour des funérailles de cette mère tant aimée. Durant ce séjour, Edgar se réconcilie provisoirement avec son père adoptif, qui accepte de l'aider à démissionner de l'armée et d'appuyer (sèchement) sa candidature à West Point, école des officiers de l'armée américaine. Le 4 avril, Edgar est libéré de l'armée. Une nouvelle histoire de dettes entraîne une nouvelle brouille entre les deux hommes. Libéré de l'armée en , sans le sou, Edgar va attendre son admission à West Point à Baltimore. Il séjourne auprès de sa tante Maria Clemm (1790-1871), sœur cadette de son père, qui a perdu son mari en 1826 et vit dans un extrême dénuement, entourée de sa mère impotente, Elizabeth Cairnes Poe, d'un fils tuberculeux, Henry (1818-après 1836), et de deux filles, Elizabeth Rebecca (1815-1889) et Virginia (1822-1847), qui est éperdue d'admiration devant son cousin, ainsi que du frère d'Edgar, William Henry. Dans cette ville, il fait paraître un second recueil de poèmes, "Al Aaraaf, Tamerlan et poèmes mineurs" chez Hatch and Dunning en . Muni de chaleureuses lettres de recommandation de ses anciens officiers et d'une froide supplique de John Allan, il se rend à pied à Washington, pour solliciter son admission dans la prestigieuse académie de John Eaton, secrétaire à la Guerre. Ses démarches n'ayant obtenu aucun succès, il retourne à Baltimore. Edgar est admis à West Point en . Il y fait de brillantes études, meilleures dans les disciplines académiques que dans les exercices militaires. John Allan, cependant, se remarie avec Louisa Patterson, qui lui donnera trois fils. Excédé par l'avarice de John Allan, qui lui refuse à nouveau l'argent nécessaire à ses études, et réfractaire à la discipline, Edgar se fait volontairement renvoyer de West Point (en refusant de se rendre en classe ou à l'église) après jugement de la cour martiale, le . Le 6 mars, il quitte l'école avec des lettres de recommandation de ses supérieurs. Des débuts littéraires difficiles. De retour à Baltimore, chez Maria Clemm, il recherche vainement un emploi. Ses articles et ses contes sont tous refusés. Enfin, il envoie cinq nouvelles au concours du "Philadelphia Saturday Courrier", qui promet au gagnant un prix de . Il n'obtient pas le prix, mais ses contes (notamment "Metzengerstein") sont publiés, sans son nom, en 1832 par le "Saturday Courrier" (qui les paie très mal). Ainsi commence sa carrière de journaliste. Dans l'indigence, il pratique aussi le métier de pigiste nègre et continue son travail d'écrivain, consacrant ses loisirs et ses maigres revenus à l'éducation de sa petite cousine Virginia. En 1831, il fait paraître chez Elam Bliss à New York "Poèmes, seconde édition", dédié au « corps des cadets des États-Unis » et précédé du premier manifeste critique d'Edgar, la "Lettre à M…" (reprise par la suite sous le titre "Lettre à B…"), qui bénéficie d'un accueil peu favorable. En 1833, le "New England" refuse de publier son premier recueil : "Contes du club de l'In-Folio". En revanche, en octobre, il gagne le du concours du "Baltimore Saturday Visiter" avec le "Manuscrit trouvé dans une bouteille", qui lui apporte une certaine notoriété et l'amitié de John P. Kennedy, membre du jury et célèbre romancier. Grâce à ses recommandations, il peut publier ses premiers comptes rendus de critique littéraire au "Southern Literary Messenger". En , il est enfin engagé par Thomas W. White comme directeur de la section littéraire du journal. Toutefois, il n'est pas libre : il doit se conformer au programme de la revue, qui soutient la littérature sudiste, et satisfaire l'admiration infantile de T. W. White pour les discours des gentlemen virginiens. La griffe d'Edgar apparaît dans ses nombreux pamphlets contre les romanciers populaires (du Nord) de l'époque. Il s'attaque notamment au best-seller de Theodore Fay, "Norman Leslie", coqueluche de New York et des journaux nordistes tels le "Knickerbocker", le "Commercial Intelligencer" ou la "North American Review". Son talent de polémiste éclate, et il rénove l'esprit du "Southern". Ses opérations médiatiques, comme la série : « Autobiographies pastiches de lettres d'écrivains », font monter le nombre d'abonnés au journal. Il épouse clandestinement Virginia le . Le , il l'épouse publiquement, et la jeune fille, qui n'a que 13 ans, le rejoint à Richmond avec sa mère. Toutefois, il s'estime, à juste titre, mal payé et ne supporte plus les reproches (sur son supposé alcoolisme, notamment) dont l'accable, en public, T. W. White, pour empêcher son brillant rédacteur de prendre trop d'ascendant et garder le contrôle de son journal. Aussi décide-t-il de quitter le "Southern". En , il s'installe à New York, où la "New York Review" lui a fait une proposition. Mais le journal a cessé de paraître quand il arrive. Mrs Clemm ouvre une pension à Manhattan, où Edgar s'installe avec Virginia. Il y achève "Les Aventures d'Arthur Gordon Pym" et y révise "Les Contes de l'In-Folio". Un écrivain reconnu. En 1838, il se fixe à Philadelphie pour reprendre ses activités régulières de journaliste appointé. Il tente d'y vivre de sa plume, mais ses quelques piges ne le sortent pas de la misère. La même année paraissent "Les Aventures d'Arthur Gordon Pym", qui n'ont aucun succès. En , William Burton offre à Edgar la place de rédacteur en chef adjoint au "Burton's Gentleman's Magazine". Il y est encore moins libre qu'au "Southern", car il doit servir l'opportunisme de Burton, qui lui a recommandé de faire preuve d'indulgence dans ses comptes rendus critiques. Toutefois, il s'entend bien avec Burton, et leur collaboration permet au "Gent's Mag", qui publie "La Chute de la maison Usher", "Le Diable dans le beffroi" et "William Wilson", de devenir le mensuel le plus en vue de Philadelphie. En revanche, la publication en volume des "Contes du grotesque et de l'arabesque", en 1840, n'obtient qu'un succès d'estime. La même année, Edgar se livre à une critique de Longfellow, auquel il reproche le manque d'unité de ses textes, et inaugure une série de dénonciations de plagiats. En , il entreprend la publication en livraisons successives d'un roman de l'Ouest, "Le Journal de Julius Rodman", médiocre fiction restée inachevée et pleine d'emprunts aux journaux de voyage contemporains. En juin, il quitte Burton pour fonder le "Pen Magazine", revue littéraire dont il serait le seul maître. Il fait circuler des tracts aux plus grandes célébrités littéraires américaines, mais le projet échoue lorsque le commanditaire, George Graham, se retire. En octobre, Graham, qui possède le "Saturday Evening Post" et le mensuel "Casket" achète pour dollars le "Burton's Gentleman's Magazine" (qui compte alors abonnés) et le rebaptise "Graham's Gentleman's Magazine". Dans le premier numéro paraît le conte "L'homme des foules". En , Edgar est engagé comme rédacteur associé par son ami George Graham. Il touche un salaire annuel de . Pour la première fois, il jouit d'une réelle indépendance. La plupart de ses grands articles et l'essentiel de son œuvre critique ont paru dans les pages du "Graham's Magazine". C'est également la période la plus heureuse de sa vie. Il poursuit ses attaques contre les « cliques » et les « coteries » de New York et de Boston, qui dictent leur loi aux éditeurs et aux journalistes des grands centres urbains. Le tirage de la revue passe à , chiffre exceptionnel pour l'époque. Un malheur vient cependant frapper sa famille. Un soir de , alors qu'elle chante pour des amis, Virginia est victime d'une hémorragie causée par la rupture d'un vaisseau de la gorge. Elle reste plusieurs mois entre la vie et la mort. Peu après, le 6 mars, Edgar rencontre Charles Dickens, en tournée aux États-Unis, avec lequel il discute de l'instauration d'un copyright international. Dickens lui promet de lui trouver un éditeur en Angleterre. En mai, Edgar quitte le "Graham's Magazine", repris par le projet de fonder sa propre revue, baptisée cette fois "The Stylus". Espérances et errances. En , il se porte candidat à un poste de l'administration qui lui laisserait le temps d'écrire, grâce aux contacts de son ami F. W. Thomas. Toutefois, malgré le soutien de Robert Tyler, le fils du président des États-Unis, il ne peut obtenir aucun poste. Pendant la campagne présidentielle de 1840, il avait rédigé plusieurs pamphlets politiques opportunistes contre le candidat démocrate Martin Van Buren ("Le Diable dans le beffroi") et son colistier Richard Mentor Johnson ("L'Homme qui était refait"), pour obtenir les bonnes grâces du parti whig. De retour à Philadelphie le 13 mars, il vit à nouveau de maigres piges. En 1844, Edgar s'installe dans le nord de Manhattan, à la ferme Brennan, où il travaille avec acharnement à une "Histoire critique de la littérature américaine" qui ne verra jamais le jour. Par ailleurs, il écrit des "Marginalia", brèves notes journalistiques souvent tirées de ses articles antérieurs. Enfin, il accepte un emploi subalterne au "New York Mirror" de son ami Nathaniel Parker Willis et remet à plus tard son projet du "Stylus". Le , il publie "Le Corbeau", qui a un succès extraordinaire. Paru dans l"'Evening Mirror", le poème est repris dans de nombreux journaux. Sa renommée grandit. Une sélection de ses contes paraît chez les prestigieux éditeurs Wiley et Putnam à New York, puis un recueil de poèmes, "Le Corbeau et autres poèmes" en . Plusieurs de ses comptes rendus critiques sont publiés dans le "Broadway Journal" de Charles Frederick Briggs et John Brisco, hebdomadaire d'information artistique et culturelle. Le , il devient collaborateur permanent du journal et lance une campagne célèbre à New York sous le nom de « Guerre Longfellow » : Edgar et « Outis », un correspondant anonyme (Edgar lui-même selon certaines hypothèses), échangent de violentes diatribes, l'une ridiculisant Longfellow, l'autre accusant "Le Corbeau" de plagiat. En juillet, Edgar parvient à éliminer Briggs, l'un des deux actionnaires du journal. En octobre, Brisco cède ses parts à Edgar, qui concrétise alors son rêve, en devenant l'unique propriétaire de l'hebdomadaire. Toutefois, il s'aliène les journalistes et le public bostonien lors d'une conférence, volontairement obscure, sur son poème "Al Aaraaf". Le , Edgar dépose le bilan du "Broadway Journal" pour cause de dettes. En mai, Virginia étant de plus en plus malade, la famille s'installe à Fordham, quartier du Bronx, dans la grande banlieue de New York. Il apprécie les jésuites de l'université de Fordham et flâne fréquemment dans son campus, conversant avec les étudiants et les professeurs. La tour du clocher de l'université de Fordham lui inspire le poème "The Bells". À cette époque, Edgar tombe gravement malade et, ne pouvant plus écrire, sombre dans la misère. Le foyer est soutenu par une amie, Marie Louis Shew, mais leur pauvreté est telle qu'un entrefilet dans le "New York Express" du 5 décembre appelle les amis du poète à l'aide. Le , Virginia décède à Fordham, à l'âge de 24 ans. Edgar, gravement malade, est soigné par Mrs Shew et Maria Clemm. À cette époque, il est très occupé par son projet de poème en prose, "Eureka ou Essai sur l'univers matériel et spirituel". Il s'engage dans une quête frénétique d'amitiés féminines avec Mrs Lewis, dont il corrige les poèmes sentimentaux contre rétribution, avec Mrs Nancy Locke-Richmond (qui habite à Lowell, dans le Massachusetts), dont il s'éprend et qui sera l'Annie des derniers poèmes, enfin, avec Mrs Sarah Whitman (qui vit à Providence, dans le Rhode Island), poétesse spiritualiste à qui il adresse le second poème "À Hélène" et qu'il demande en mariage. En , dans des circonstances assez obscures, il absorbe une forte dose de laudanum qui manque de l'empoisonner. De plus, il s'est mis à boire, lors de la maladie de Virginia, entre 1842 et 1847, et il est victime de crises d'éthylisme. Il souffre même un moment d'une attaque de paralysie faciale. Le 13 novembre, Mrs Whitman accepte de l'épouser s'il renonce à l'alcool. Le 23 décembre, à Providence, il donne devant deux mille personnes sa célèbre conférence sur "" (qui ne sera publiée qu'après sa mort). Deux jours plus tard, le 25 décembre, doivent être célébrées les noces avec Mrs Whitman. Toutefois, le lendemain, celle-ci reçoit une lettre anonyme lui apprenant de prétendues « relations immorales » entre Edgar et une de ses amies. De plus, on lui apprend que son fiancé a passé la nuit à boire avec des jeunes gens dans une taverne de la ville. Aussitôt, elle décide de rompre avec lui. De retour à Fordham, Edgar reprend son projet de revue littéraire avec E.H.N. Patterson. Après une visite à Mrs Richmond, il entreprend un voyage dans le Sud pour rassembler des fonds en faveur de sa revue. Parti de New York le , il séjourne tout l'été à Richmond, où il retrouve Elmira Royster Shelton, veuve depuis la mort de son mari en 1844, avec laquelle il songe à se marier, et redonne sa conférence sur "Le Principe poétique", qui rencontre un très grand succès. Il la refait également à Norfolk (Virginie). Une mort mystérieuse. Le 27 septembre, Edgar quitte Richmond en bateau pour Baltimore, où il débarque le lendemain. On perd alors sa trace pendant quatre jours. Le , Joseph W. Walker envoie un message au James E. Snodgrass : « Cher Monsieur, — Il y a un monsieur, plutôt dans un mauvais état, au bureau de scrutin de Ryan, qui répond au nom d'Edgar A. Poe, et qui paraît dans une grande détresse et qui dit être connu de vous, et je vous assure qu'il a besoin de votre aide immédiate. Vôtre, en toute hâte, Jos. W. Walker. » L'endroit où Edgar réapparaît, plus connu sous le nom de « Gunner's Hall », était une taverne, qui (comme souvent à l'époque) servait de lieu de vote pendant les élections. Le Snodgrass et Henry Herring, l'oncle d'Edgar, viennent chercher l'écrivain, qu'ils présument ivre. D'après les différents témoignages, au lieu de son costume de laine noir, il portait un manteau et un pantalon d'alpaga de coupe médiocre, vieillis et salis, et dont les coutures avaient lâché en plusieurs points, ainsi qu'une paire de chaussures usées aux talons et un vieux chapeau tout déchiré, presque en lambeaux, en feuilles de palmier. La chemise était toute chiffonnée et souillée, et il n'avait ni gilet ni faux-col. Conduit au Washington College Hospital, il alterne entre des phases de conscience et d'inconscience. Aux questions qu'on lui pose, il répond par des phrases incohérentes. Son cousin, Neilson Poe, venu lui rendre visite, ne peut le voir. Edgar meurt, officiellement d'une « congestion cérébrale », le dimanche 7 octobre, à 3 h ou 5 h du matin. Il est inhumé dans le cimetière presbytérien de la ville, le Westminster Hall, maintenant intégré à l'école de droit de l'université du Maryland. Plusieurs théories ont été émises pour expliquer la mort d'Edgar. On a prétendu, ainsi, qu'il serait mort des suites d'une trop grande consommation d'alcool. D'autres mettent en avant des ennuis de santé. En 1847, il avait été victime d'une longue maladie qui lui aurait causé une lésion au cerveau. De même, en 1848, le John W. Francis aurait diagnostiqué une maladie du cœur, diagnostic qu'Edgar Poe aurait d'ailleurs rejeté. Enfin, dans ses lettres à Maria Clemm, les 7 et 14 juillet, il indique qu'il est malade, parlant d'une amélioration de son état le 19. Parmi les maladies qui auraient pu causer sa mort, on a parlé de la tuberculose, de l'épilepsie, du diabète ou de la rage. Autre hypothèse mise en avant : il aurait retrouvé des anciens de West Point, qui l'auraient invité à boire. Rentrant seul, dans un état d'ivresse, il aurait été volé et battu par des brutes et aurait erré dans les rues pendant la nuit avant de sombrer, inconscient. Cependant, la théorie la plus largement admise est qu'il aurait été victime de la corruption et de la violence, qui sévissaient de manière notoire lors des élections. De fait, la ville était alors en pleine campagne électorale (pour la désignation du shérif, le ) et des agents des deux camps parcouraient les rues, d’un bureau de vote à l’autre, pour faire boire aux naïfs un cocktail d’alcool et de narcotiques afin de les traîner ainsi abasourdis au bureau de vote. Pour parfaire le stratagème, on changeait la tenue de la victime, qui pouvait être battue. Le faible cœur d'Edgar Poe n'aurait pas résisté à un tel traitement. La tombe d'Edgar Poe. Poe est enterré lors d'une cérémonie réduite à sa plus simple expression et placé dans une tombe non marquée qui progressivement sera recouverte d'herbes. En 1860, sa famille se mobilise pour offrir une pierre tombale de marbre blanc au poète négligé de Baltimore, portant l'épitaphe : « "Hic Tandem Felicis Conduntur Reliquae Edgar Allan Poe, Obiit Oct. VII 1849" » et sur l'autre face l'inscription : « "Jam parce sepulto" » ( « Maintenant, épargne celui qui est enterré »), mais la pierre est détruite accidentellement avant même sa mise en place. Grâce à une souscription initiée en 1865 et relayée par les élèves de l'université du Maryland, Poe est réinhumé le sur un nouvel emplacement, et une véritable cérémonie est organisée sur sa nouvelle tombe le 17 novembre qui mentionne cette fois une date de naissance erronée (20 janvier au lieu du 19). Le nouveau monument n'a aucune épitaphe, même si plusieurs suggestions ont été faites, en particulier par Oliver Wendell Holmes. La pierre tombale mentionne seulement les noms et les dates de ses occupants. En 1885, les restes de Virginia Poe, enterrés en 1847 à New York, ont été apportés à Baltimore et inhumés avec ceux de Poe et de Maria Clemm, désormais réunis. Ce monument sera dégradé par le temps, remplacé par un monument en bronze, lui-même volé et remplacé. Ce n'est finalement qu'en 1913 qu'une autre pierre commémorative est repositionnée, d'abord au mauvais endroit, puis finalement à l'emplacement originel de la tombe d'Edgar Poe, dans le cimetière presbytérien de Baltimore, avec l'épitaphe suivante, tirée du poème Le Corbeau : « "Quoth the Raven, "Nevermore." » (Le corbeau dit : « Jamais plus ! »). Depuis 1949, les admirateurs de Poe se réunissent chaque année sur sa tombe, à l'anniversaire de sa naissance, le 19 janvier. À l'occasion du bicentenaire de sa naissance, des funérailles solennelles, présidées par John Astin, ont été organisées par le Poe House and Museum de Baltimore le , son enterrement n'ayant pas été annoncé publiquement en 1849 et l'assistance autour de son cercueil s'étant alors résumée à dix personnes. Chaque 19 janvier de 1949 à 2009, une mystérieuse personne, désignée comme le (") a déposé discrètement, de nuit, sur sa tombe trois roses et une bouteille de cognac. Après le décès du trinqueur originel, probablement en 1998, la tradition fut reprise par un ou plusieurs héritiers. Les trinqueurs sont toujours anonymes. Sa personnalité. Doté d'une vaste intelligence, Edgar Allan Poe était un homme très courtois mais d'une férocité sans égale, qui le brouilla avec de nombreuses personnes. Ses amis étaient toujours frappés par sa tenue soignée à l'excès et la clarté de son élocution. De même, ses manuscrits se distinguent par la fermeté, la régularité et l'élégance de son écriture et ne comportent que peu de ratures. Très souvent, il écrivait sur des feuilles de bloc-notes qu'il collait les unes aux autres de manière à former des rouleaux très stricts. Une analyse graphologique de ces manuscrits a été réalisée, qui révélerait une intelligence , une indépendance extrême à l'égard des conventions, et qui contrôle, ou cherche toujours à contrôler, une extraordinaire sensibilité ; somme toute, un « cérébral ». Dans son travail, il se méfiait du premier jet, du spontané. Pressé par le besoin d'argent, il livrait le plus souvent des contes non revus aux journaux ou revues auxquels ils étaient destinés. Toutefois, lors des republications, il apportait à ceux-ci d'importants changements, toujours dans le sens d'un meilleur resserrement du texte. Durant les derniers mois de son existence, il révisa de près ses fictions et ses écrits théoriques ou critiques en vue de la première grande édition de ses œuvres, qui parut à New York en 1850. Très conscient de son intelligence, logicien, il aimait faire montre de ses capacités analytiques. Ainsi, lors de la publication en feuilleton de "Barnabé Rudge" (1841), roman de Dickens, il aurait deviné la fin de l'intrigue avant la parution des dernières livraisons. De même, "Le Mystère de Marie Roget" est inspiré d'un fait réel, l'assassinat de Mary Cecil Rogers à New York en 1841, dont le corps avait été retrouvé dans l'Hudson, près de la rive du New Jersey. Dans une lettre datée du , il explique que, dans son conte, en faisant faire à Dupin , il démontre et a , expliquant que la jeune femme n'a pas été assassinée, comme on le pensait, par une bande de voyous. Sa supériorité dans l'art d'écrire fut aussi marquée par quelques canulars, où il appliqua sa théorie de l'effet. Le , il fit paraître dans un numéro spécial du "New York Sun" un conte, "Le Canard au ballon", présenté comme un fait réel. Par cette adroite mystification, il marquait son retour sur la scène littéraire new-yorkaise. Quant à "La Vérité sur le cas de M. Valdemar", conte paru en 1845, l'éditeur, qui le publia comme un pamphlet, et les journaux qui le reprirent dans les éditions anglaises le présentèrent comme un rapport scientifique (parce qu'ils avaient été dupés). Elizabeth Barrett Browning lui écrivit pour louer « la puissance de l'écrivain et cette faculté qu'il a de transformer d'improbables horreurs en choses qui paraissent si proches et si familières ». Idéaliste, il était aussi très ambitieux, ce qu'il ne cachait pas. Il confia un jour à John Henry Ingram : Dès l'enfance, il lisait Byron, dont l'influence devait marquer ses premiers poèmes, Coleridge et la plupart des romantiques de son époque. Par la suite, il devait se démarquer de ces auteurs et se signala par des critiques assez féroces contre Coleridge. Il connaissait aussi parfaitement la littérature classique et goûtait particulièrement Pope. Il professa une grande admiration pour "Ondine", conte de Friedrich de La Motte-Fouqué, pour Shelley, pour le génie de Dickens (notamment pour "Le magasin d'antiquités"), pour Hawthorne. En revanche, il exprimait de sévères critiques à l'égard de Carlyle, d'Emerson (qu'il considérait comme la du premier), de Montaigne, dont l'emploi de la digression dans ses "Essais" était en contradiction avec ses idées sur la nécessaire unité d'un texte. De même, s'il pouvait dire de John Neal que « son art est grand, il est d'une nature élevée », il mettait en avant ses « échecs répétés […] dans le domaine de la "construction" de ses œuvres », due, selon lui, soit à une « déficience du sens de la totalité », soit à une « instabilité de tempérament ». Malgré ses efforts, il ne vécut jamais dans une réelle aisance, mais connut souvent la misère, même s'il bénéficia de son vivant d'une réelle célébrité, surtout par ses activités de journaliste et son poème "Le Corbeau". Poe et l'alcool. L'alcoolisme de Poe a été démesurément exagéré, pour suggérer que sa vie aurait été une longue suite de beuveries et le disqualifier en tant qu'auteur. D'abord, il est peu probable qu'il ait pu écrire ou concevoir ses poèmes ou ses contes sous l'influence de l'alcool, ne serait-ce qu'en raison de la longueur, de l'arrondi et de la construction soignée de ses phrases. Ensuite, son flirt avec l'alcool était intermittent ; s'il lui arrivait de boire plusieurs jours de suite, il pouvait ne pas toucher une goutte d'alcool pendant des mois ou des années. Avant 1841, il n'existe aucun document témoignant de ses rapports à l'alcool. En , il écrivit au docteur J. Evans Snodgrass : . Il est possible qu'il ait découvert l'alcool à l'université en 1826, comme nombre d'autres jeunes gens, mais l'un de ses camarades a témoigné du fait qu'il était réputé, parmi les professeurs, pour sa sobriété, son calme et sa discipline. Par la suite, il est demeuré de longues années sans boire ; il obtint trois lettres de recommandation lors de son départ de l'armée en 1829. Sa consommation aurait repris à West Point, mais les témoignages à ce sujet sont douteux. Plus tard, l'un de ses amis a fait état d'une consommation modérée de liqueur, durant son séjour à Baltimore, en 1832. C'est à Richmond, en 1835, qu'on trouve les premières traces avérées d'une consommation d'alcool excessive, mais occasionnelle. Dans sa lettre à Snodgrass, Poe explique : . Après plusieurs années de sobriété, à la suite de son départ dans le Nord, il semble qu'il se soit remis à boire, en diverses occasions, à l'époque de la maladie de son épouse, la succession des améliorations intermittentes et des rechutes l'ayant fait sombrer dans la dépression. Vers la fin , Poe rejoignit la division Shockoe Hill des "Sons of Temperance", à Richmond. Quant aux rumeurs d'alcoolisme, elles sont fondées sur le fait que, d'une part, il ne supportait pas l'alcool, et que, d'autre part, plusieurs personnes, soit qu'elles fussent fâchées avec lui (comme Thomas Dunn English), soit qu'elles pussent se compter comme ses ennemis, ont profité de ces quelques occurrences où il est apparu ivre pour généraliser et prétendre qu'il était alcoolique, cela afin de le blesser et de salir son honneur, puis sa mémoire. De même, si le vin est un thème fréquent, dans les contes de Poe, il apparaît toujours sur un mode satirique ; les personnages décrits comme des connaisseurs sont généralement ivres ou sots ; le plus noble des vins n'apparaît pas comme un moyen de rendre la vie plus agréable ou plus riche, mais comme un piège pour l'imprudent et le faible. Le vin servait à Poe de métaphore ; à travers lui, il se moquait des prétentions de l'Homme et dénonçait ses tares. Ses écrits. L'ambition d'Edgar Poe était de créer une véritable littérature nationale. En effet, à cette époque, l'influence européenne était prépondérante et la production du vieux continent affluait aux États-Unis dont la littérature ne brillait guère que par ses histoires d'horreur et ses romans sentimentaux. À ce titre, son œuvre de critique littéraire fut marquée par une véritable exigence de qualité, ainsi que la dénonciation des facilités et des plagiats. Longfellow fut la plus illustre de ses victimes ; il ne répondit jamais à ses accusations, encore que ses amis se fissent un plaisir, en réponse, de calomnier Edgar Poe dans les milieux littéraires new-yorkais. Edgar Poe a laissé d'importants écrits théoriques, influencés par August Wilhelm Schlegel et Coleridge, qui permettent de donner sens à son œuvre. Ses réflexions littéraires renvoient à ses conceptions cosmogoniques. Dans "Eureka", il explique que l'univers, à l'origine, était marqué par l'unicité. Il a éclaté par la suite en quelque chose que l'on pourrait rapprocher de la théorie du Big Bang, mais il aspire à retrouver son unité. C'est dans cet ouvrage, qui date de 1848, qu'est exposée la première solution plausible au paradoxe d'Olbers . De même, en littérature, l'unité doit l'emporter sur toute autre considération. D'où la théorie de l'effet unique qu'il développe dans "Philosophie de la composition" (traduit par Baudelaire sous le titre de "Genèse d'un poème"): le but de l'art est esthétique, c'est-à-dire l'effet qu'il crée chez le lecteur. Or, cet effet ne peut être maintenu que durant une brève période (le temps nécessaire à la lecture d'un poème lyrique, à l'exécution d'un drame, à l'observation d'un tableau, etc.). Pour lui, si l'épopée a quelque valeur, c'est qu'elle est composée d'une série de petits morceaux, chacun tourné vers un effet unique ou un sentiment, qui « élève l'âme ». Il associe l'aspect esthétique de l'art à l'idéalité pure, affirmant que l'humeur ou le sentiment créé par une œuvre d'art élève l'âme et constitue, de ce fait, une expérience spirituelle. Le poème, le conte, le roman ne doit tendre que vers sa réalisation, et toute digression doit être rejetée. De même, le roman à thèse, où l'intrigue est entrecoupée de dissertations sur tel ou tel sujet, est à proscrire. Adversaire du didactisme, Poe soutient, dans ses critiques littéraires, que l'instruction morale ou éthique appartient à un univers différent du monde de la poésie et de l'art, qui devrait seulement se concentrer sur la production d'une belle œuvre d'art. L'univers, dit-il, est un poème de Dieu, c'est-à-dire qu'il est parfait. Mais l'Homme, aveugle aux œuvres de Dieu, ne voit pas cette perfection. C'est au poète, qui a l'intuition de cette perfection, grâce à son imagination créatrice, de la faire connaître à l'humanité. Mais certains poètes mégalomanes, guidés par ce que les Grecs anciens appelaient "hubris", au lieu d'admettre l'impossibilité de l'imitation parfaite de l'intrigue de Dieu par l'Homme, prétendent se livrer à une concurrence sacrilège. Marqués non par l'imagination créatrice, mais par la "fancy" , ils ne voient pas la perfection de la création divine ; leur esprit aveuglé interprète le monde en fonction de leur cœur, de leur propre tourment intérieur ; ils sont voués au néant par leur ambition prométhéenne. Dans la première catégorie, on peut citer le chevalier Auguste Dupin ("Double assassinat dans la Rue Morgue", "Le Mystère de Marie Roget" et "La Lettre volée"), William Legrand ("Le Scarabée d'or") ou le baron Ritzner von Jung ("Mystification"). De même, dans certains contes, l'illusion est révélée par un parent au narrateur fiévreux qui a fui une épidémie de choléra dans "Le Sphinx", par des lunettes qu'on offre au narrateur myope dans "Les Lunettes", par la révélation des causes psychosomatiques de la sorte de catalepsie dont souffre le narrateur dans "L'Enterrement prématuré". Dans la seconde catégorie, la figure la plus marquante est Roderick Usher, dont l'influence néfaste « contamine » le regard du narrateur et lui fait voir comme surnaturels des phénomènes qui ont, en fait, une explication rationnelle (Poe disséminant adroitement les indices de cette explication dans le texte). Dans "La Lettre volée" (en anglais, "The Purloined Letter"), Edgar Poe imagine une intrigue où un certain « D. » (peut-être un frère du héros, le chevalier Auguste Dupin, comme semble l'indiquer la citation de la tragédie "Atrée et Thyeste" de Crébillon père : « Un destin si funeste, / S'il n'est digne d'Atrée, est digne de Thyeste. ») vole à une dame de qualité une lettre compromettante. Pour la cacher aux policiers, qui surveillent ses allers-retours et fouillent son hôtel pendant son absence, il la met bien en évidence dans un tableau accroché au mur. L'aveuglement des policiers, à l'esprit médiocre, renvoie à l'aveuglement des hommes, incapables de saisir la perfection de l'intrigue de Dieu. Quant à « D. », Poe le décrit comme dominé par la "fancy", au contraire du chevalier Dupin, qui finit par l'emporter grâce à son imagination créatrice. La narration, chez Poe, est marquée par la polysémie, dont témoignent les nombreux jeux de mot, dans les textes tragiques comme dans les textes comiques. Le narrateur, qui se signale le plus souvent par des lectures néfastes (littérature fantastique à l'allemande, romans gothiques, ésotérisme, métaphysique), décrit une histoire déformée par sa "fancy", il ne maîtrise pas son écriture, dans laquelle plusieurs indices permettent d'appréhender la réalité sous-jacente. Nombre d'histoires d'Edgar Poe, principalement celles qui devaient figurer dans les "Contes de l'In-Folio", qu'elles relèvent du tragique ou du comique, appartiennent au registre de la parodie. Son but est de démontrer l'inconsistance des fausses gloires de son temps, dont seuls quelques-uns ont échappé à l'oubli. Ainsi, "Metzengerstein" imite les horreurs inventées dans les romans gothiques, comme "Le Château d'Otrante" d'Horace Walpole ou "Les Élixirs du diable" d'Ernst Theodor Amadeus Hoffmann. L'histoire repose sur la croyance en la métempsycose, pour laquelle Edgar Poe a toujours manifesté un profond mépris et qui relevait pour lui de l'aliénation mentale. Dans "Le Duc de l'Omelette", il se moque des maniérismes et du style affecté de Nathaniel Parker Willis. Dans "Un événement à Jérusalem", qui reprend un roman de Horace Smith, "Zilhah, a Tale of the Holy City" (1829), il ridiculise l'orientalisme des romantiques. Quant à "Manuscrit trouvé dans une bouteille", il représente un pastiche des récits de voyage. De même, des contes comme "Bérénice" raillent les outrances auxquelles se livraient les revues de l'époque. "Le Roi Peste", de son côté, démonte les mécanismes du roman "Vivian Grey" (1826), récit plein de fantaisie débridée à travers lequel, non sans incongruité, Benjamin Disraeli entendait dénoncer l'ivrognerie. De même, dans "Comment écrire un article à la « Blackwood" » et "A Predicament", la satire dénonce l'absurdité des contes à sensation, qui faisaient la fortune du "Blackwood's Magazine", très célèbre revue d'Édimbourg. Quant à l'héroïne, Psyché Zenobia, c'est une femme de lettres américaine, un « bas-bleu », Margaret Fuller, dont les sympathies pour les transcendantalistes suffisaient à énerver Poe. Plus largement, quand l'actualité ne venait pas lui fournir un sujet, il puisait assez souvent dans ses nombreuses lectures (que favorisait son travail de critique littéraire) pour concevoir et construire ses œuvres de fiction. Ainsi, "Hop Frog" est inspiré de l'accident advenu à Charles VI lors du bal des ardents, tel que l'a décrit Jean Froissart dans ses "Chroniques". De même, "William Wilson" est directement inspiré de la trame d'un poème dramatique que Byron aurait eu l'intention d'écrire, dont Washington Irving avait révélé le contenu dans "The Gift" en 1836. Nathaniel Hawthorne s'était lui-même servi de ce matériau pour rédiger "Howe's Masquerade". Il s'est également inspiré, pour sa nouvelle "La Barrique d'Amontillado", de "La Grande Bretèche" d'Honoré de Balzac. Il pouvait aussi faire appel, comme tout écrivain, à son expérience personnelle. Ainsi, "Un matin sur le Wissahicon" relate au départ une promenade qu'il avait faite à Mom Rinker's Rock et la rencontre d'un daim apprivoisé, même s'il s'éloigne vite de la simple transcription de souvenirs pour se livrer à une contemplation émerveillée de la nature et à une réflexion sur l'altération des paysages créée par la présence humaine, et plus largement sur les rapports entre l'industrie humaine et la beauté (sa description perdant tout réalisme pour basculer dans l'onirisme et offrir un coup d'œil éphémère sur une vision céleste). Postérité. Edgar Poe est un auteur prolifique, qui laisse deux romans, de nombreux contes et poèmes, outre ses essais, ses critiques littéraires et son abondante correspondance. Une partie importante de ses contes et poèmes ont été traduits en français par Charles Baudelaire et Stéphane Mallarmé. D'une très grande qualité littéraire, ces traductions comportent, en dépit d'une grande fidélité au texte original, un certain nombre d'erreurs, de contresens ou de lourdeurs, voire certaines libertés qui nuisent à la compréhension de la pensée de Poe. Si les poèmes ont pu faire l'objet de retraductions, le rôle joué par Baudelaire dans la célébrité de Poe en Europe a longtemps empêché tout travail en ce sens, seuls les textes qu'il avait laissés de côté ayant fait l'objet de traductions plus récentes. Ce n'est qu'en 2018 que des traductions intégrales de ses contes ont été publiées ; celles-ci ont permis au lecteur d'accéder à un texte exempt des erreurs de Baudelaire et de comprendre que la langue de Poe n'est nullement , mais , et que . C'est le cas notamment du conte , considéré par le critique et universitaire , et à sa suite le poète Walt Whitman, comme . Pendant longtemps, l'image d'Edgar Poe fut tronquée ; elle l'est encore dans une partie importante du public. Poe fut victime d'un pasteur baptiste bien-pensant, par ailleurs littérateur jaloux, Rufus Griswold (1815-1857) , qui s'acharna à détruire son image. Le , déjà, il écrivait dans le "New York Tribune" : « Edgar Poe est mort. Il est mort à Baltimore avant-hier. Ce faire-part étonnera beaucoup de personnes, mais peu en seront attristées. […] L'art littéraire a perdu une de ses plus brillantes et de ses plus bizarres célébrités. » Par la suite, chargé avec James Russell Lowell et Nathaniel Parker Willis d'assurer l'édition des "Œuvres posthumes " de Poe, il rédigea une notice biographique parue en tête du troisième tome, selon Claude Richard. Il prétendit ainsi qu'il était alcoolique, mélancolique, c'est-à-dire victime d'un déséquilibre mental, et que c'était un personnage sinistre qui avait des . Les légendes qu'il forgea eurent longtemps seules droit de cité, malgré les protestations des amis de Poe (Sarah Helen Whitman, John Neal, George Rex Graham, George W. Peck, Mrs Nichols ou Mrs Weiss). C'est grâce aux travaux de John Henry Ingram (1880), James A. Harrison (1902) et Arthur Hobson Quinn (1941) que la vérité sur le travail de l'écrivain fut rétablie, avec l'édition, en 1902, des œuvres complètes de Poe, dite "Virginia Édition", qui comporte dix-sept volumes. En France même, où ses œuvres ont connu très tôt un large écho, grâce essentiellement aux efforts de Charles Baudelaire, nombre d'études témoignent d'une méconnaissance assez large du poète américain. Une part des légendes qui se colportent ont d'ailleurs été transmises par Baudelaire, lui-même, qui s'est reconnu dans cette image de l'écrivain hanté et misérable et l'a présenté avec trop d'insistance comme le parangon des poètes maudits et sulfureux. Même s'il dénonce largement les légendes colportées par Rufus Griswold (parmi lesquelles celle de l'alcoolisme de Poe), rappelant que, selon plusieurs témoins, il ne buvait généralement que fort peu, il décrit ce supposé alcoolisme comme « un moyen mnémonique, une méthode de travail ». De même, il lui attribue ses propres penchants pour la drogue. Plus tard, en 1933, Marie Bonaparte se livra à une importante étude psychanalytique, qui est fréquemment citée parmi les grandes critiques de Poe et de son œuvre, et qui a eu une grande influence sur la réception de l'œuvre de Poe, ne serait-ce qu'en raison de son analyse des textes de Poe suivant le prisme de la psychanalyse freudienne. Cela dit, plusieurs critiques considèrent son ouvrage comme assez contestable dans sa manière de reproduire et d'amplifier certaines légendes véhiculées par Griswold. Par exemple, elle affirme qu'Edgar Poe aurait aperçu, dans sa petite enfance, ses parents faisant l'amour, déduisant de cet événement des complexes dont témoigneraient, selon elle, ses textes. Influencée par les légendes répétées à l'envi depuis Griswold, qui présentent Poe comme un être neurasthénique, alcoolique, drogué, marqué par la fatalité, elle fait partie des analystes qui considèrent que Poe a écrit une œuvre largement autobiographique, transcrivant sur le papier ses propres terreurs. Pour ce faire, si elle corrige certaines erreurs de la traduction de Baudelaire, elle se livre elle-même à certaines déformations, pour justifier son propos. Ainsi, la phrase : « Si dans maintes de mes productions, la terreur a été le thème, je soutiens que cette terreur n'est pas d'Allemagne, mais de l'âme . », tirée de la préface des "Contes du grotesque et de l'arabesque", devient, sous sa plume : « "Si dans maintes de mes productions, la terreur a été le thème, je soutiens que cette terreur n'est pas d'Allemagne, mais de" mon "âme" ». Pour ces critiques, cette lecture ignore pour une part le travail de l'écrivain et méconnaît la pensée de Poe, que l'auteur prétend qualifier de « nécrophile en partie refoulé en partie sublimé ». Ainsi, selon le psychanalyste Édouard Pichon, . Par ailleurs, et dans une perspective très différente de celle d'une Marie Bonaparte ou d'un René Laforgue, Jacques Lacan a également livré un commentaire psychanalytique de la nouvelle intitulée "La Lettre volée". Hommages. Depuis 1917, une statue d'Edgar Allan Poe réalisée par Moses Ezekiel est installée dans le campus de la faculté de droit de l'université de Baltimore, à l'initiative de l"'Edgar Allan Poe Memorial Association of Baltimore", fondée en par le "Women's Literary Club of Baltimore". Une statue en bronze de l'auteur, œuvre de Charles Rudy, a été offerte à la ville de Richmond par le George Edward Barksdale. Installée avec un socle de granit rose sur le square près du Capitole de l'État de Virginie le , elle a été inaugurée le 7 octobre suivant. Une plaque commémorative a été apposée le , pour le anniversaire de sa naissance, sur la façade d'un immeuble près de Carver Street (actuellement, Charles Street South), dans le quartier de Bay Village, à Boston, où il a vu le jour. Puis, le , lors du bicentenaire de sa naissance, le maire de Boston, Thomas Menino, a inauguré avec Paul Lewis, professeur à Boston College, le square Poe, situé dans le même quartier, à l'angle de Boylston Street et de Charles Street, en face du Boston Common. L'université de Virginie, à Charlottesville, conserve la mémoire d'Edgar Allan Poe et de la chambre où il a vécu de à . On a donné son nom à l'allée (Poe Alley) qui borde le bâtiment. La West 84th Street, à New York, a été baptisée « Edgar Allan Poe Street ». Elle est située dans l'Upper West Side, au nord-ouest de Manhattan, entre Riverside Park et Central Park, et coupée par Broadway. C'est là que se trouvait la ferme des Brennan, où les Poe ont vécu quelque temps entre 1844 et 1845. On trouve également une place à son nom dans le Bronx, à proximité du cottage où les Poe ont habité entre 1846 et 1849. En 1927, une voie a été ouverte dans la zone de la butte Bergeyre, située dans le quartier du Combat, au sud-ouest du arrondissement de Paris, à proximité du parc des Buttes-Chaumont ; elle a été baptisée « rue Edgar-Poe » l'année suivante. Plusieurs autres rues portent son nom dans le monde, notamment à Berkeley, Bologne, Carhaix-Plouguer, Fontaine-le-Comte, Hartsdale (État de New York), Le Havre, Laredo (Texas), Mérignac, Nîmes, Niort, Palerme, Palo Alto, Portland, Providence, Reggio d'Émilie, Richmond, São José dos Pinhais, San Diego, Staten Island, Tours, Woodmere (État de New York), Xàbia ; des avenues à Ames, Cleveland, Dayton, East Meadow, Lithopolis (Ohio), Mount Pleasant (Caroline du Sud), Newark, Northridge (Ohio), Somerset (New Jersey), Stafford (Virginie), Urbana, Vandalia (Ohio), Westfield, Worthington (Ohio) ; des places à Baldwin (État de New York), Fairfield, Piscataway, Shelton, South Plainfield (New Jersey), Westerville (Ohio) ; des cours à Annandale (Virginie), Kendall Park (New Jersey) et Morganville (New Jersey), à Norfolk, New Windsor (État de New York), North Wales (Pennsylvanie), Roxbury (New Jersey), Staten Island, Williamstown (New Jersey). Plusieurs écoles ont adopté son nom, notamment les écoles élémentaires d’Arlington Heights (Illinois), de Suitland, dans le comté du Prince George (Maryland) (Maryland), ou de Girard Estate, au sud de Philadelphie, inscrite dans le Registre national des lieux historiques depuis le , ainsi que l’école élémentaire et secondaire ("Junior High School") de San Antonio. À Paris, un lycée privé sous contrat, le « lycée Edgar-Poe », porte son nom depuis sa création en 1965 dans le arrondissement de Paris. Demeures conservées. La plus ancienne des maisons existant encore où ait vécu Poe se trouve à Baltimore. Elle est conservée sous la forme d’un Musée Edgar Allan Poe. Poe est censé avoir vécu dans cette maison à 23 ans, quand il s’installa une première fois avec Maria Clemm et Virginia ainsi que sa grand-mère et, peut-être, son frère William Henry Leonard Poe. Elle est ouverte au public, de même que le siège de la Société Edgar Allan Poe. Poe, son épouse Virginia et sa belle-mère Maria ont, par la suite, loué plusieurs maisons à Philadelphie, mais seule la dernière de ces maisons est encore debout. La maison de Spring Garden, où vécut l’auteur en 1843-1844, est aujourd’hui conservée par le Service des parcs nationaux en tant que Site historique national Edgar Allan Poe. Elle se situe entre la rue et la rue Spring Garden et est ouverte du mercredi au dimanche de 9 heures à 17 heures. La dernière maison de Poe, un cottage dans le Bronx, à New York, est également conservée. La plus ancienne maison de Richmond, baptisée « Virginia », où Poe n’a jamais vécu, est aujourd’hui le siège d’un Musée Edgar Allan Poe, centré sur les premières années de l’écrivain auprès de la famille Allan. Adaptation de ses œuvres. "" (1839). Au cinéma la première adaptation est le film français muet en 1928 "La Chute de la maison Usher" réalisé par Jean Epstein. Suit un court métrage muet d'horreur américain la même année : ' réalisé par James Sibley Watson and Melville Webber. Il faut attendre 1960 pour voir "La Chute de la maison Usher", film fantastique américain réalisé par Roger Corman. Dans les années 2000 plusieurs films ont été réalisés. ' film d'horreur anglais de Ken Russell interprété par lui-même et Mediæval Bæbes. L'année suivante : ' film hollandais en anglais avec Katherine Heigl et Jeremy London. En 2004 : "Usher" écrit et réalisé par Roger Leatherwood. Et en 2006, ' film policier réalisé par Hayley Cloake. Trois opéras ont également été écrits : "La Chute de la maison Usher" opéra inachevé (il travailla à sa partition de 1908 à 1917, mais ne l'acheva jamais) en un acte et deux scènes que Claude Debussy composa sur son propre livret. Une première version de ' par Glass et une seconde ' un opéra rock du chanteur anglais Peter Hammill, fondateur du groupe Van der Graaf Generator, et réédité en 1999 dans sa version définitive. "" (1843). La première adaptation eut lieu en 1914 : "La Conscience vengeresse" (' en anglais) film américain réalisé par D. W. Griffith. Puis "Le Cœur révélateur" (' en anglais) court-métrage américain réalisé par Jules Dassin, sorti en 1941. Un nouveau court-métrage américain de moins de dix minutes portant le même titre ' sort en 1953. Un troisième film portant le même titre original sort en 1960, il s'agit d'un long-métrage d'horreur de 78 minutes réalisé par Ernest Morris. En 2009 sort le long-métrage anglo-américain ' réalisé par Michael Cuesta avec Josh Lucas, Lena Headey et Brian Cox. En 2012, Ryan Connolly sort un court-métrage d'horreur psychologique "Tell". Le jeu vidéo ' dans ses énigmes fait référence à Poe et à '. "" (1845). ' a été adapté six fois au cinéma à commencer en 1915 par un film muet sur la biographie d'Edgar Allan Poe réalisé par Charles Brabin avec Charles Brabin dans le rôle d'Edgar Poe. Puis en 1935 sort le film d'horreur américain Le Corbeau (') de Lew Landers avec Boris Karloff et Béla Lugosi. En 1963 sort le film fantastique américain Le Corbeau de Roger Corman avec à nouveau Boris Karloff, Jack Nicholson et Vincent Price. La quatrième adaptation ' sort en 2006 dirigée par le réalisateur allemand Ulli Lommel. En 2011 le réalisateur britannique Richard Driscoll sort '. En 2012 la sixième adaptation se nomme "L'Ombre du mal" (ou "Le Corbeau" au Québec) (""), qui est un thriller américain réalisé par James McTeigue. Œuvres. Contes et nouvelles. Voir la catégorie dédiée : Bibliographie. Traductions classiques en français. Dès son vivant, Edgar Allan Poe a été traduit en de nombreuses langues, et par d'innombrables auteurs ou rédacteurs, célèbres ou inconnus du public, et avec des résultats littéraires comme commerciaux plus ou moins heureux. En langue française nous connaissons essentiellement les traductions faites par Charles Baudelaire, mais contrairement à l'idée répandue une recherche approfondie dans les archives historiques des journaux, gazettes et quotidiens de l'époque, et dans la presse nationale mais aussi régionale, montre que Baudelaire fut loin d'être le premier à tenter de faire connaître Edgar Poe au public français (avant lui il y eut Gustave Brunet dès 1844, Alphonse Borghers dès 1845, Emile Forgues en 1846, et Isabelle Meunier en 1847). Il existe notamment sur le site web officiel de l’"Edgar Allan Poe Society of Baltimore" une excellente étude très complète sur les nombreuses traductions et tentatives de traductions de l’œuvre d'Edgar Allan Poe de son vivant... et jusqu'au centenaire de sa mort en 1949 et jusque dans la presse régionale française. Une page d'une importance considérable pour les bibliographes tant elle donne de sources inattendues mais précises et vérifiables, objets potentiels de visites à des archives historiques de la presse ou à des bibliothèques de nos villes de province. Nous nous contenterons de citer ici les deux principaux traducteurs connus du public français : Baudelaire et Mallarmé, ainsi qu'un traducteur plus tardif mais important, Félix Rabbe, qui a publié en 1887 un livre de 355 pages contenant une traduction en français de plusieurs contes et poèmes parmi ceux restés jusque-là non traduits, un ouvrage réédité récemment en eBook gratuit. Charles Baudelaire : Stéphane Mallarmé : Félix Rabbe : |
Edgar Rice Burroughs Edgar Rice Burroughs, né à Chicago le et mort à Los Angeles le , est un romancier américain. Il est notamment l'auteur de "Tarzan seigneur de la jungle" (1912). Ce roman d'aventures introduit le personnage de Tarzan, un homme originaire d'une famille aristocratique britannique qui grandit au sein d'un groupe de singes, avant d'être à nouveau confronté aux hommes à l'âge adulte. Ce héros connaît un succès phénoménal et devient l'un des personnages les plus importants de la culture populaire au XXe siècle. Son créateur le met en scène dans vingt-quatre romans et lance de multiples adaptations, notamment en bande dessinée et au cinéma, qui font sa fortune. Malgré un style littéraire ne faisant pas l'unanimité, Burroughs est salué, en son temps et jusqu'à aujourd'hui, pour sa capacité à convoquer l'imaginaire de ses lecteurs et à inventer des scènes d'action et des héros marquants. En plus de ses ouvrages avec Tarzan, il a signé les onze volumes du "Cycle de Mars", mettant en scène John Carter, l'un des premiers héros de science-fiction. Il est également l'auteur de romans policiers. Biographie. Burroughs est le quatrième fils du Major George Tyler Burroughs (1833–1913), homme d'affaires et vétéran de la Guerre de Sécession, et de Mary Evaline (Zieger) Burroughs (1840–1920). Burroughs étudie dans plusieurs écoles, et durant l'épidémie de grippe de Chicago en 1891, il passe 6 mois dans le ranch de son frère sur la Raft River en Idaho. Il suit ensuite les cours de la Phillips Academy à Andover, Massachusetts, puis il est diplômé de l'Académie militaire du Michigan en 1895. Il tente sans succès d'entrer à l'Académie militaire de West Point et s'enrôle comme simple soldat dans le 7e régiment de cavalerie (États-Unis) à Fort Grant, Arizona. Il est réformé en 1897 à cause d'un problème cardiaque. Après une période d'errance et de petits boulots, Burroughs travaille dans l'entreprise familiale à partir de 1899. Il épouse son amour de jeunesse Emma Hulbert (1876-1944) en janvier 1900. En 1904 il quitte son poste et cherche du travail en Idaho, mais il ne tarde pas à revenir à Chicago. En 1911, après sept années de bas salaires, il commence à écrire une nouvelle, alors qu'il travaille comme marchand de taille-crayons. À cette époque Burroughs et Emma ont deux enfants, Joan (1908–1972), qui épousera plus tard James Pierce l'acteur incarnant Tarzan au cinéma, et Hulbert (1909–1991). Pendant cette période il bénéficie de grandes plages de temps libre, ce qui lui permet de lire nombre de pulps. En 1929, il se rappellera cette période en ces termes : Ciblant son travail pour ces magazines pulps, Burroughs publie en 1912, sous le pseudonyme de Normal Bean, sa première histoire intitulée "Les conquérants de Mars", en épisodes dans "Argosy". Rapidement il se met à écrire à plein temps, et avant même que "Les conquérants de Mars" aient été entièrement publiés, deux nouvelles histoires sont achevées dont "Tarzan seigneur de la jungle", qui est publié à partir d'octobre 1912 et deviendra son plus grand succès. En 1913, le couple a un troisième et dernier enfant John Coleman Burroughs (1913–1979). Burroughs écrit également des récits de science-fiction et de fantasy, entraînant des aventuriers terriens vers diverses planètes, Barsoom (Mars), Amtor (Vénus), îles perdues, à l’intérieur de la Terre creuse dans le cas du Cycle de Pellucidar, ainsi que dans des westerns et des romans historiques. Tarzan a un grand impact culturel à sa sortie. Burroughs est déterminé à capitaliser sur sa popularité de toutes les manières possibles, il prévoit d'exploiter Tarzan sous forme de comics (bande dessinée), de films et de produits dérivés. Des experts tentent de l'en dissuader, arguant que les différents médias entreraient en concurrence s'ils étaient diffusés en même temps. Mais Burroughs ne les écoute pas et prouve qu'il a raison : le public veut Tarzan sous toutes ses déclinaisons. Tarzan est toujours l'un des personnages de fiction les plus populaires. En 1915 ou 1919, Burroughs achète un grand ranch au nord de Los Angeles, Californie, qu'il nomme "Tarzana". Les habitants de la commune qui naît autour de ce ranch adoptent ce nom pour leur ville. Tarzana, Californie, est fondée en 1927 ou 1928. De même, le lieu-dit de Tarzan, au Texas, est reconnu officiellement en 1927 quand la poste en accepte le nom, à la suite de la popularité du premier film, "Tarzan chez les singes" (muet), avec Elmo Lincoln. En 1923, Burroughs crée sa compagnie, , et commence à faire imprimer ses livres dans les années 1930. En 1934, il divorce d'Emma et épouse l'ancienne actrice Florence Gilbert Dearholt (1904-1991) en 1935, ex-femme de son ami Ashton Dearholt. Il adopte également les deux enfants des Dearholt. Le couple divorce en 1942. Au moment de l'attaque de Pearl Harbor, Burroughs habite à Hawaï et, malgré la soixantaine avancée, il demande à devenir correspondant de guerre. Il devient ainsi l'un des correspondants de guerre américains les plus âgés. Une fois la guerre terminée, il déménage à Encino, Californie, où, après de nombreux problèmes de santé, il décède d'une crise cardiaque le , laissant presque 70 romans. Le , sur Mars, est nommé en son honneur. Perception. Les critiques les plus fréquentes à l'égard de l'œuvre de Burroughs font état du caractère très répétitif de ses histoires (un héros idéal part sauver son épouse/sa fiancée, elle-même perfection faite femme, enlevée par un « méchant » stéréotypé). Cependant, le succès de ses romans tient aussi à son incontestable imagination. Que ce soit avec les aventures de Tarzan, celles de John Carter, les histoires de Vénus, ou celles d'une civilisation au cœur même de notre Terre (le "cycle de Pellucidar"), Edgar Rice Burroughs a inspiré de nombreux auteurs de science-fiction et de littérature fantastique du . |
Effet de serre L’effet de serre est un processus naturel résultant de l’influence de l'atmosphère sur les différents flux thermiques contribuant aux températures au sol d'une planète. La prise en compte de ce mécanisme est nécessaire pour expliquer les températures observées à la surface de la Terre et de Vénus. Dans le système solaire, l'essentiel de l'énergie thermique reçue par une planète provient du rayonnement solaire et, en l’absence d'atmosphère, une planète rayonne idéalement comme un corps noir, l'atmosphère d'une planète absorbe et réfléchit une partie de ces rayonnements modifiant ainsi l'équilibre thermique. Ainsi l'atmosphère isole la Terre du vide spatial comme une serre isole les plantes de l'air extérieur. L'expression "effet de serre" s'est popularisée dans le cadre de la vulgarisation du réchauffement climatique causé par les gaz à effet de serre qui absorbent une partie du rayonnement thermique infrarouge émis par la surface et réémettent ce rayonnement dans toutes les directions. Une partie de ce rayonnement est ainsi réémis vers la surface et s'ajoute au rayonnement solaire direct, ce qui augmente la température de surface. La communauté scientifique des climatologues utilise le terme forçage radiatif pour décrire l’influence des gaz à effet de serre sur le bilan thermique de la Terre. Les températures terrestres résultent d'interactions complexes, notamment entre les apports solaires perturbés par les cycles de l'orbite terrestre, l'effet de l'albédo, les courants de convection dans l'atmosphère et les océans, le cycle de l'eau et le forçage radiatif de l'atmosphère. Histoire. Dans les années 1780, Horace-Bénédict de Saussure mesure les effets thermiques du rayonnement solaire à l'aide de boîtes transparentes qu'il dispose dans la vallée et au sommet d'une montagne. En 1824, Joseph Fourier publie "Remarques générales sur les températures du globe terrestre et des espaces planétaires" dans lesquelles il affine l'analyse des expériences de Horace-Bénédict de Saussure en concluant « la température du sol est augmentée par l'interposition de l'atmosphère, parce que la chaleur solaire trouve moins d'obstacles pour pénétrer l'air, étant à l'état de lumière, qu'elle n'en trouve pour repasser dans l'air lorsqu'elle est convertie en chaleur obscure». En 1857, Eunice Newton Foote publie "Circumstances affecting the Heat of the Sun's Rays" dans la revue "American Journal of Science". Elle décrit une expérience où elle mesure la température interne de cylindres de verre, exposés au Soleil et remplis de différents mélanges gazeux. Elle découvre que le dioxyde de carbone retient particulièrement bien la chaleur et conclut que « une atmosphère constituée de ce gaz donnerait à notre Terre une haute température ». Oubliée, sa contribution scientifique est redécouverte en 2011. En 1861, John Tyndall identifie à son tour les principaux responsables de ce mécanisme : la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone. Il suggère alors qu'une modification de la composition de l'atmosphère peut avoir une influence sur l'évolution du climat. En 1896, Svante August Arrhenius propose la première estimation de l'impact du niveau de dioxyde de carbone sur les températures terrestres. Il estime qu'un doublement de la quantité de dioxyde de carbone devrait augmenter de la température moyenne. Il espère ainsi que l'exploitation du charbon permettra de surmonter la prochaine ère glaciaire due à l'orbite terrestre. Le géologue américain Thomas Chrowder Chamberlin arrivera indépendamment aux mêmes conclusions. En 1909, Robert Williams Wood montre que contrairement à une idée reçue le blocage du rayonnement infrarouge par le verre n'est pas le principal mécanisme qui explique le fonctionnement d'une serre. Par conséquent le terme scientifique, adopté par le GIEC, utilisé pour décrire l’influence des composants de l'atmosphère bloquant le rayonnement infrarouge sur le bilan thermique de la Terre est forçage radiatif et non effet de serre. L'expression synthétique "effet de serre" provient de la vulgarisation au début des des résultats alarmants des recherches climatologiques. Alors que les climatologues analysent l'impact du dioxyde de carbone sur le climat sans parler d'effet de serre, les premières alertes pour infléchir les décisions politiques sont lancées au début des années 1980 en utilisant cette expression, reprise par la suite dans des rapports de plus en plus médiatisés, comme le rapport Brundtland (1987). En France, Jean-Marc Jancovici et Hervé Le Treut ont vulgarisé les risques liés à l'effet de serre depuis les années 1980. Effet de serre sur la Terre. Mécanisme sur Terre. Lorsque le rayonnement solaire atteint la Terre, une partie (environ 30 %) est directement réfléchie, c'est-à-dire renvoyée vers l'espace, par l'atmosphère terrestre et la surface de la Terre (océans et continents). L'albédo est la mesure de cet effet de miroir. Les rayons incidents qui n'ont pas été réfléchis vers l'espace sont absorbés par l'atmosphère (20,7 %) et la surface terrestre (51 %). Le rayonnement solaire absorbé par la surface du sol lui apporte de la chaleur qu'elle restitue à son tour, le jour comme la nuit, en direction de l'atmosphère. Le transfert de chaleur entre la Terre et l'atmosphère se fait, conformément au deuxième principe de la thermodynamique, du chaud (la terre) vers le froid (l'atmosphère) ; il se fait par convection (réchauffement et humidification de l'air au contact du sol puis ascension de cet air et libération de la chaleur latente de la vapeur d'eau lorsqu'elle se condense en nuages) et sous forme de rayonnements infrarouges lointains (dans la plage principalement, correspondant au « rayonnement du corps noir » pour la température du sol). L'effet de serre ne s'intéresse qu'à ces rayonnements, qui seront absorbés en partie par les gaz à effet de serre, ce qui contribue à réchauffer l'atmosphère. La chaleur contenue dans l'atmosphère est réémise dans toutes les directions sous forme de rayonnement infrarouge ; une partie s'échappe vers l'espace, une autre partie retourne vers la surface de la Terre et vient en déduction de l'apport de chaleur de la surface vers l'atmosphère, donc s'oppose au refroidissement de la surface. Sans effet de serre (ce qui implique notamment : sans vapeur d'eau et sans nuages), et à albédo constant, la température moyenne sur Terre chuterait à . Mais à cette température la glace s'étendrait sur le globe, l'albédo terrestre augmenterait, et la température se stabiliserait vraisemblablement en dessous de (voir glaciation Varanger). Gaz à « effet de serre ». Les gaz à effet de serre sont les composants gazeux de l'atmosphère qui contribuent à l'effet de serre (l'atmosphère terrestre contient également des composants non gazeux qui contribuent à l'effet de serre, comme les gouttes d'eau des nuages). Ces gaz ont pour caractéristique commune d'absorber une partie des infrarouges émis par la surface de la planète. Pour la planète Terre, les principaux gaz à effet de serre sont la vapeur d'eau, le dioxyde de carbone (), le méthane (), le protoxyde d'azote () et l'ozone (). Les gaz à effet de serre industriels incluent les halocarbones lourds (fluorocarbones chlorés incluant les CFC, les molécules de HCFC-22 comme le fréon et le perfluorométhane) et l'hexafluorure de soufre (). Contributions approximatives à l'effet de serre des principaux gaz, d'après le GIEC : Effets des activités humaines. Les activités humaines génèrent des gaz à effet de serre, qui viennent s'ajouter à ceux présents naturellement ce qui augmente leur concentration. Cela amplifie l'effet de serre et entraîne le réchauffement climatique. L'augmentation de l'effet de serre due aux activités anthropiques est appelé effet de serre additionnel. La chaleur stockée sur Terre par l’effet de serre additionnel est absorbé à 93 % par l'océan, ce qui atténue l'augmentation de la température de l'atmosphère. L'océan global joue donc un rôle de thermostat planétaire et de contrôle des grands équilibres naturels planétaires. La plupart des gaz à effet de serre (GES) sont d'origine naturelle. Mais certains d'entre eux sont uniquement dus à l'activité humaine ou bien leur concentration dans l'atmosphère augmente en raison de cette activité. C'est le cas en particulier de l'ozone (), du dioxyde de carbone () et du méthane (). La preuve que l'augmentation du atmosphérique est d'origine humaine se fait par analyse isotopique. Répartition des gaz à effet de serre anthropiques (dus aux activités humaines) : L'ozone est fourni en grande quantité par l'activité industrielle humaine, alors que les CFC encore largement utilisés détruisent, eux, l'ozone, ce qui fait que l'on peut constater un double phénomène : La combustion des carbones fossiles comme le charbon, le pétrole ou le gaz naturel (méthane) rejette du en grande quantité dans l'atmosphère : la concentration atmosphérique de gaz carbonique a ainsi augmenté de , passant de la valeur pré-industrielle de aujourd'hui (2021). Un des secteurs d'activités qui dégagent le plus de gaz à effet de serre est l'énergie : à ce sujet, voir l'article énergie et effet de serre. Ces combustibles augmentent, de plus, la concentration de gaz à effet de serre, car ils étaient enfouis dans le sol depuis des milliers d'années ce qui a rompu l'équilibre. Il s'agit d'un ajout additionnel de gaz carbonique dans l'atmosphère qui n'est pas non plus complètement compensé par une assez grande absorption : seule la moitié serait recyclée par la nature ; l'autre moitié resterait dans l'atmosphère et augmenterait l'effet de serre. La seconde cause d'émission de gaz à effet de serre est la déforestation, qui est responsable à elle seule de 20 % des émissions mondiales. Les déboisements les plus importants concernent les trois grandes forêts tropicales que sont la forêt amazonienne, la forêt du bassin du Congo, et la forêt indonésienne. Il s'agit d'une des plus grandes causes, car tout le carbone absorbé par ces arbres est rediffusé dans l'air. S'il y avait replantation, cette quantité de dioxyde de carbone serait réabsorbée par un autre arbre, mais sans replantation, alors il n'y a qu'un ajout de la quantité de ce gaz dans l'air. Les activités humaines dégagent donc une abondance de GES : les scientifiques du GIEC qui étudient le climat "estiment" que l'augmentation des teneurs en gaz d'origine anthropique est à l'origine d'un réchauffement climatique. En France, selon le groupe, les émissions de gaz à effet de serre proviennent des transports pour 26 %, suivis de l’industrie (22 %), de l’agriculture (19 %), des bâtiments et habitations (19 %), de la production et de la transformation de l’énergie (13 %), et du traitement des déchets (3 %). Depuis 1990, les émissions ont augmenté de plus de 20 % pour les transports et les bâtiments. En revanche, elles ont diminué de 22 % dans l’industrie, de 10 % dans le secteur agricole, de 9 % dans le secteur de l’énergie et de 8 % pour le traitement des déchets. Dans le cadre de la réduction des émissions de gaz à effet de serre engendré par la circulation automobile, une étude réalisée pour le PREDIT a montré l'influence des politiques de stationnement sur les possibilités de limiter la génération de gaz à effet de serre. La démarche concerne les émissions liées à la construction de places de stationnement, à l'exploitation des parkings et surtout à la mobilité induite par l'offre de stationnement. Hypothèse de l'emballement de l'effet de serre. On craint au pire le déclenchement d'une rétroaction positive («effet boule de neige »), où le réchauffement conduirait à une libération de gaz à effet de serre et ainsi à un réchauffement encore accru. En effet l’augmentation des températures peut conduire à la libération de stocks naturels de GES actuellement fixés par le pergélisol, les hydrates de méthane marins ou la biomasse. Si cela se produit et les réactions ne se terminent qu'après avoir produit une grande augmentation de la température, cela s'appelle un . Selon l'hypothèse du fusil à clathrates ("" en anglais), un emballement de l'effet de serre "pourrait" être causé par la libération de méthane à partir des clathrates (hydrates de méthane qui tapissent le fond des océans) à la suite du réchauffement climatique. On suppose que l'extinction massive d'espèces lors du Permien-Trias a été causée par un tel emballement. Il est également estimé que de grandes quantités de méthane pourraient être libérées de la toundra sibérienne qui commence à dégeler, le méthane étant plus puissant comme gaz à effet de serre que le dioxyde de carbone. Une telle hypothèse reste toutefois hautement improbable : des études récentes ont en effet prouvé que l'hydrate de méthane du fond des océans était stable, et que celui contenu dans le pergélisol n'avait que peu de chance de s'en échapper. Conséquences pour l'environnement. L'effet de serre n'est pas en soi nocif aux écosystèmes ; sans lui, la Terre ne serait qu'une boule de glace où la vie ne serait pas possible, car il n'y aurait pas d'eau liquide. Le danger pour les écosystèmes réside plutôt dans la variation trop rapide et trop importante des conditions climatiques pour que la plupart des espèces dites "évoluées" puissent s'adapter aux changements de température et de pluviométrie. Des écosystèmes marins et littoraux pourraient également être touchés par une hausse du niveau de la mer, par la modification des courants marins et par les caractéristiques physico-chimiques de l'eau de mer (acidité, taux de gaz dissous…). Les populations humaines seraient évidemment touchées par le réchauffement climatique, la hausse du niveau de la mer entrainant la disparition d'importantes métropoles et de vastes portions de pays. En outre, une hausse des températures aide à la prolifération des insectes propageant des maladies infectieuses, qui survivent mieux dans des milieux chauds et humides. Le GIEC envisage, selon les scénarios, des augmentations de à pour le siècle à venir en supposant que l'augmentation des rejets de continue au rythme des années. Au lieu d'un ralentissement global des émissions depuis la signature du protocole de Kyoto, celles-ci continuaient à augmenter à un rythme croissant en 2018. Un arrêt total et immédiat des rejets de carbone n'empêcherait cependant pas la température moyenne de la planète de continuer à augmenter pendant plusieurs centaines d'années, car certains gaz à effet de serre ne disparaissent de l'atmosphère que très lentement. Effet de serre sur les autres planètes. Effet de serre sur Vénus. Sur Vénus l'effet de serre a porté la température à plus de . Une étude affirme que cet effet ne serait pas dû au dioxyde de carbone qui constitue 96 % de l'atmosphère, mais à des constituants en très faibles quantités relatives tels que et . En effet, dans le domaine infrarouge correspondant au maximum d'émission thermique pour un corps à la température de la surface et de la basse atmosphère de Vénus, le présente des fenêtres de transmission très larges qui ne peuvent piéger efficacement le rayonnement infrarouge. En revanche, et absorbent les radiations dans ce domaine de longueurs d'onde, tout comme le font également les fines particules d'acide sulfurique qui constituent les nuages. Vénus, plus proche (72,3 %) du Soleil que la Terre, reçoit ainsi près du double (191 %) de l'énergie solaire reçue par celle-ci. D'autres études contredisent cependant ce point et mettent en avant le rôle essentiel du dans l'effet de serre vénusien. Effet de serre sur Mars. L'atmosphère de Mars contient une grande proportion de , néanmoins l'atmosphère de la planète est trop fine pour avoir un impact significatif sur la température (estimé à moins de +5,5 °C). constituant environ 96 % en volume (et quasiment autant en masse) de l'atmosphère martienne, sa pression partielle est approximativement égale à la pression totale atmosphérique de , tandis que cette pression partielle sur Terre est d'environ . Sur Terre, la fraction molaire de dans l'air est seulement de 0,04 % en volume (0,06 % en masse). Fonctionnement d'une serre. Contrairement à une idée reçue, et comme le suggère ce nom, l'effet de serre, sous-entendu le mécanisme lié à l’absorption et à l'émission de radiations thermiques par le verre, n'est pas primordial dans le fonctionnement d'une serre. En 1909, Robert Williams Wood a réfuté par l'expérience cette explication. En remplaçant le verre qui recouvre une serre par du halite, un matériau totalement transparent aux infrarouges, Robert Wood mesure une augmentation similaire de température dans les deux cas. Aussi l'augmentation de température dans une serre ne s'explique pas que par le fait que le verre réfléchit les infrarouges. L'expression « effet de serre » a néanmoins été conservée dans l'usage courant. Mais le terme scientifique, utilisé par la communauté scientifique pour décrire l’influence des composants de l'atmosphère bloquant le rayonnement infrarouge sur le bilan thermique de la Terre, est forçage radiatif. Le fonctionnement d'une serre s'explique essentiellement par une analyse de la convection et non du rayonnement : la chaleur s'accumule à l'intérieur de la serre car les parois bloquent les échanges convectifs entre l'intérieur et l'extérieur. Hausse de température due à l'effet de serre. L'évaluation de la température moyenne de la terre se fonde généralement sur la loi de Stefan-Boltzmann, qui donne une température effective théorique de la planète compte tenu de sa capacité à ré-émettre dans l'infra-rouge l'énergie reçue en moyenne du soleil. Le problème d'une telle évaluation est qu'elle se place dans l'hypothèse d'un corps noir recevant orthogonalement le flux solaire et réémettant un flux d'infra-rouge équilibrant la réception. En réalité, les surfaces sur une sphère planétaire ne reçoivent qu'une fraction du flux solaire, suivant leur latitude et l'exposition journalière ; et cette exposition diurne est fortement refroidie par les émissions nocturnes, qui contribuent à un refroidissement supplémentaire. Confusion entre effet de serre et trou dans la couche d'ozone. L'effet de serre et le réchauffement climatique qu'il induit sont assez souvent confondus avec l'altération de la couche d'ozone. Il s'agit pourtant de deux phénomènes bien distincts, le premier concernant la rétention dans l'atmosphère des infrarouges (autrement dit de la chaleur) ; le second concernant l'augmentation de la transparence de l'atmosphère aux ultraviolets. Par ailleurs, si les principaux responsables de l'altération de la couche d'ozone, à savoir les CFC (chlorofluorocarbures, interdits dans les pays industriels dès 1989) sont aussi des gaz à effet de serre, l'inverse n'est pas vrai : les gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone et le méthane n'ont aucun effet sur la couche d'ozone. |
Escalade L’escalade, également appelée grimpe ou parfois varappe (désuet), est une pratique et un sport consistant à progresser le long d'une paroi pour atteindre le haut d'un relief ou d'une structure artificielle par un cheminement appelé voie ou itinéraire, avec ou sans l'aide de matériel. Le terrain de pratique va des blocs de faible hauteur aux parois de plusieurs centaines de mètres, en passant par les murs d'escalade. Le pratiquant est couramment appelé « grimpeur ». L'escalade développe de nombreuses qualités physiques, comme la force musculaire, la souplesse, l'endurance musculaire, l'équilibre, de bonnes capacités psychomotrices et de planification. Elle sollicite particulièrement la musculature des bras, du tronc et des jambes. Cette discipline se développe en tant que sport à part entière dès la fin du après la ruée des premiers alpinistes vers les grands sommets, avant de se démocratiser au siècle suivant pour devenir populaire dès la fin des années 1970. Les premières compétitions officielles sont organisées en 1988 par l'Union internationale des associations d'alpinisme (UIAA). Chaque année est organisée une Coupe du monde de difficulté, de bloc et de vitesse, et tous les deux ans, des championnats du monde, l'ensemble étant supervisé par la Fédération internationale d'escalade (IFSC). L'escalade présente des risques variables selon les disciplines qui ont, chacune en ce qui la concerne, mis au point un équipement garantissant la sécurité du grimpeur. L'escalade en solo intégral fait figure d'exception, dans laquelle le grimpeur évolue sans système d'assurage, comme l'ont montré Patrick Edlinger, dans les films de Jean-Paul Janssen "La Vie au bout des doigts" et "Opéra vertical", et Alain Robert, par ses ascensions de bâtiments. Histoire. Jusqu'en 1885 : les origines. À l'origine, l'escalade n'était pas considérée comme une activité de loisirs, mais comme un moyen d'accéder à un endroit surélevé qui offrait un meilleur champ de vision ou une meilleure protection contre les dangers. Les hommes préhistoriques escaladaient notamment certaines parois rocheuses présentant des cavités en hauteur destinées à les protéger des animaux sauvages et des prédateurs. Au fil des siècles, certains peuples se sont distingués par leur aptitude à escalader des parois rocheuses, comme les Chinois dont il existe des aquarelles datant du qui représentent des hommes escaladant des rochers. Au , les Amérindiens Anasazis étaient réputés pour leurs qualités de grimpeurs qui leur permettaient d'installer leur village sur les hauteurs des falaises. Leurs aptitudes étaient telles que lorsque les Navajos sont arrivés dans la même région, ils pensaient que les Anasazis étaient dotés de pouvoirs magiques. Le 28 juin 1492, Antoine de Ville réussit à atteindre le sommet du mont Aiguille dans le Vercors, réalisant ainsi la première ascension officiellement reconnue de l'histoire de l'alpinisme. Dès lors, l'escalade se retrouve intégrée à la pratique de l'alpinisme et permet aux alpinistes de réaliser l'ascension de sommets toujours plus hauts et inaccessibles par la marche. 1886 - 1944 : les débuts européens. À la fin du , l'alpinisme se développe et de nombreux clubs alpins se créent en Allemagne, en France, en Italie, en Angleterre et aux États-Unis. Les alpinistes commencent à s'intéresser à la discipline de l'escalade en la dissociant de l'ascension d'une montagne, qui n'est plus une finalité ; en 1886, Walter Parry Haskett Smith réalise l'ascension de Napes Needle, un piton rocheux de situé à flanc de montagne dans le Lake District en Angleterre. Cette ascension est reconnue comme étant le début de l'escalade comme activité à part entière, distincte des ascensions de sommets. Avec l'augmentation de la difficulté des voies d'alpinisme, de nombreux alpinistes commencent à pratiquer l'escalade, notamment comme un moyen d'entraînement. Ils vont alors grimper sur les parois du Salève en Haute-Savoie, les blocs de Fontainebleau et les falaises de Lake District et de Dresde en Allemagne orientale lors de sorties organisées par les premiers clubs alpins nouvellement créés. Les années suivantes, le niveau des grimpeurs progresse rapidement malgré un matériel encore très rudimentaire et les premières voies dans le de cotation sont ouvertes. En 1903, Siegfried Herford réalise l'ascension de ' (5) au Scafell en Angleterre et Olivier Perry-Smith celle de ' (4+/5) à Dresde en Allemagne. Ces deux voies atteignent alors la limite du système de cotation utilisé à l'époque, créé par Hans Dülfer. Deux ans plus tard, Perry-Smith introduit un nouveau niveau de difficulté avec les réalisations de ' et de '. Ces voies seront classées par la suite dans le , lors de la mise en place du système de cotation proposé par Willo Welzenbach en 1925. À cette époque, ce niveau est considéré comme la limite des possibilités humaines en escalade. Pendant des années, l'escalade est pratiquée très différemment selon les pays. Les clubs alpins se réunissent alors à Chamonix en 1932 et fondent l'Union internationale des associations d'alpinisme (UIAA) afin de coordonner les actions des différents clubs et de régler les problèmes inhérents au milieu de l'escalade. Durant la première moitié du , l'escalade progresse au rythme de l'évolution du matériel et des performances des grimpeurs, et des voies d'escalade de difficultés croissantes sont ouvertes au fil des années. 1945 - 1978 : l'engouement américain. En 1945, avec la fin de la guerre, la Fédération française de la montagne (FFM) est créée à la demande du Haut commissariat aux sports afin de développer les sports de montagne comme l'alpinisme et l'escalade. Les années suivantes, l'escalade connaît un fort engouement, notamment aux États-Unis, et de nombreuses salles d'escalade sont ouvertes. De plus, l'apparition des pitons à expansion permet de franchir des passages considérés comme infranchissables avec des pitons classiques. La première voie américaine dans le est ouverte en 1957 par Royal Robbins, Mike Sherrick et Jerry Gallwas, en réussissant l'ascension de la face nord-ouest du dans le Parc national de Yosemite. Cette réalisation est la première d'une longue série de réussites américaines au parc du Yosemite, mais aussi en Europe. En 1962, Gary Hemming, Royal Robbins et trois de leurs compatriotes ouvrent "La directe américaine" aux Drus, puis en 1965, "La directissime", toujours aux Drus. Ils ouvrent aussi de nombreux itinéraires sur , comme ' (1961), ' (1964) ou encore "" (1974), qui restent encore aujourd'hui des références de l'escalade artificielle. Parallèlement, l'escalade libre se développe peu à peu, en respectant l'éthique qui recommande de préserver la voie de l'usage abusif de pitons et à réussir les ascensions dans une approche minimaliste, voire sans aide. Forts de leur expérience sur les parois du Yosemite, les Américains font rapidement progresser l'escalade et de nouveaux degrés de cotation sont atteints. En 1970, Ron Kauk réalise l'ascension d"" (7a/5.11c), la première voie dans le , puis en 1972, John Bragg réussit le dévers de "Kansas City", premier 7b, et finalement en 1974, Steve Wunsch réussit "Supercrack", le premier 7c. Depuis la création de la FFM, la France est restée en retrait et n'a pas connu la même progression car l'escalade y est peu médiatisée, comparée à l'alpinisme. Elle rattrape rapidement son retard, notamment grâce à Jean-Claude Droyer, qui ouvre les premiers 6b en 1976 puis les premiers 6c et 7a en 1977, et plus encore à Patrick Berhault et Patrick Edlinger qui, dès la fin des années 1970, réalisent un grand nombre de premières au Verdon et à Buoux ainsi que de nombreuses ascensions en solo intégral. Si, pendant cette période, le développement de l'escalade a lieu essentiellement dans les pays occidentaux, le bloc de l'Est innove en organisant dès 1947 les premières compétitions d'escalade. À partir de cette date, l'URSS organise des compétitions qui sont la combinaison d'une épreuve de , semblable à la difficulté, et d'une épreuve de vitesse où les grimpeurs sont assurés en moulinette par un câble d'acier. Ces compétitions sont principalement réservées aux athlètes russes jusque dans les années 1980. 1979 - 1991 : la démocratisation de l'escalade. En 1979, Toni Yaniro, un jeune grimpeur de 18 ans, ouvre le en réalisant "Grand Illusion" (8a/5.13b). Cependant, cette ascension est mal vue du milieu de la grimpe, en raison de la méthode employée par Yaniro : après chaque tentative, il laisse la corde mousquetonnée, réalisant ensuite de nombreux essais en moulinette. Cette façon de « travailler » une voie difficile avant son enchaînement en tête, habituelle de nos jours à haut niveau, était rarement pratiquée à cette époque ; l'éthique des grimpeurs privilégiait le style (ascension "à vue", engagement) plutôt que la difficulté. Trois ans plus tard, en 1982, le reportage de Jean-Paul Janssen "La Vie au bout des doigts" est diffusé dans l'émission « Les carnets de l'aventure » sur . Le documentaire, qui traite de la passion de Patrick Edlinger pour l'escalade et le solo intégral, remporte un franc succès tant en France que dans le reste du monde, est nommé à la des César et fait connaître ce sport au grand public. C'est à cette époque que l'escalade devient une discipline sportive à part entière et que sont organisées les premières compétitions internationales. Au milieu des années 1980, Andrea Mellano, membre du groupe académique du Club alpin italien, et Emanuele Cassarà, journaliste sportif italien, préparent la première compétition moderne d'escalade et convainquent les meilleurs grimpeurs mondiaux d'y participer. Au même moment en France, le manifeste des 19 est signé par plusieurs grimpeurs de haut niveau afin de s'opposer à l'esprit de compétitivité dans ce sport. Malgré cela, la rencontre italienne, une épreuve de difficulté, a lieu le 7 juillet 1985 sur les falaises de Bardonecchia en Italie, devant ; les vainqueurs sont Catherine Destivelle chez les femmes et Stefan Glowacz chez les hommes. L'année suivante, le succès est encore plus grand et la finale, remportée par les Français Patrick Edlinger et Catherine Destivelle, est suivie par plusieurs télévisions européennes et plus de . La même année, la France organise la première compétition en intérieur à Vaulx-en-Velin dans la banlieue lyonnaise. En 1988, l'UIAA reconnaît officiellement le circuit des "" puis, en 1989, la Coupe du monde d'escalade de difficulté et de vitesse. L'escalade se développe encore, renforcée par l'apparition des spits et plaquettes qui permettent d'augmenter la sécurité lors des ascensions, laissant le grimpeur se concentrer davantage sur la technicité et la difficulté des voies. De nombreuses salles d'escalade sont ouvertes dans les villes et des techniques d'entraînement scientifiques sont mises au point par Edlinger et Alain Ferrand. Cependant, le monde de l'escalade reste majoritairement dominé par les hommes, hormis quelques rares exceptions comme Catherine Destivelle qui réalise le premier 8a féminin en 1986. Durant les années 1980, la cotation monte rapidement. Wolfgang Güllich, un jeune grimpeur allemand, réussit en 1982 la première répétition de "Grand Illusion", voie ouverte et cotée 8a par Yaniro. En 1984, il réalise la première ascension de ' à Altmühtal, qui devient le premier 8b au monde. En 1985, il réussit le premier 8b+, ', puis en 1987 le premier 8c, sur '. L'Anglais Ben Moon réalise la première voie cotée 8c+ en 1990 avec l'ascension de ' à Raven Tor au Royaume-Uni. Finalement, en 1991, après un long entraînement spécifique, Wolfgang Güllich fait l'ascension d"Action directe" et évalue sa cotation à 8c+/9a. De nombreux répétiteurs finiront par lui attribuer une cotation de 9a, et beaucoup la qualifient de 9a dur, ce qui en fait ainsi la première voie dans le , voie qui deviendra symbolique et qui sera repétée par de nombreux grimpeurs célébres, tels qu'Adam Ondra à l'age de quinze ans et Alex Megos. En haute montagne aussi, le niveau technique d'escalade rocheuse augmente rapidement au cours des années 1980. Sous l'impulsion notamment de Michel Piola, de nombreuses voies d'escalade sont ouvertes dans le massif du Mont-Blanc. La beauté et la difficulté de l'escalade sont alors préférées à la conquête des sommets. 1992 - 2000 : l'escalade au féminin et le bloc. Durant les années 1990, l'augmentation spectaculaire de la cotation connaît une période d'accalmie et le monde de l'escalade voit surtout de nombreux grimpeurs répéter les voies ouvertes les années précédentes. La seule exception étant "Akira", une voie particulièrement difficile réalisée par Fred Rouhling en 1995 et qu'il évalue à 9b. Cette ascension est décotée en 9a en 2020 par Sebastin Bouin, à l'occasion de son Vintage Rock Tour. Parallèlement à cette augmentation du niveau des grimpeurs et à l'ouverture de nombreuses voies d'escalade de toutes difficultés, une nouvelle discipline commence à se développer : le bloc. Proposant une escalade plus courte mais plus technique et difficile, le bloc permet de travailler certains enchaînements de mouvements sans la contrainte du matériel ni l'obligation d'escalader plusieurs mètres de paroi avant d'arriver au passage difficile de la voie (« crux »). Certains grimpeurs comme Fred Nicole y consacrent d'ailleurs une grande partie de leur temps, et le niveau ne tarde pas à s'élever avec le développement de la discipline. Les sites de Fontainebleau, Hueco Tanks ou Cresciano deviennent rapidement les endroits incontournables de cette pratique et voient un grand nombre d'ouvertures de blocs cotés entre 7B et 8A. Mais c'est surtout vers le petit site d'escalade situé à Branson, en Suisse, que le monde de l'escalade se tourne. Une première fois en 1992, lorsque Fred Nicole réalise "La danse des Balrogs", premier bloc coté 8B, puis une seconde fois en 1996, où il réussit "Radja", le premier 8B+. La reconnaissance du bloc comme discipline d'escalade se traduit par son introduction en compétition, d'abord en 1998 comme test, puis de manière officielle l'année suivante. Les années 1990 sont aussi marquées par l'arrivée de femmes dans le haut niveau de l'escalade. La Française Isabelle Patissier réalise de nombreuses ascensions de haut niveau, notamment dans les gorges du Verdon, et domine les compétitions avec l'Américaine Robyn Erbesfield. Mais c'est surtout Lynn Hill qui marque l'escalade en 1993, en réussissant la première ascension en escalade libre de "" sur la paroi de El Capitan au Yosemite. Cette voie de 34 longueurs réparties sur de hauteur n'avait alors jamais été réalisée dans ce type d'escalade, démontrant ainsi le potentiel féminin dans la discipline. Cet exploit est suivi cinq ans plus tard par la première ascension féminine d'une voie cotée 8c, "Onky Tonky", réalisée par Josune Bereziartu. En novembre 2000, la difficulté en bloc augmente une nouvelle fois avec l'ascension par Fred Nicole de "" à Cresciano en Suisse. Il évalue la cotation de ce bloc à 8C, ce qui provoque rapidement une polémique, notamment sur le nombre de mouvements que requiert ce bloc. Depuis 2001 : la nouvelle génération. En 2001, alors âgé de 20 ans, Chris Sharma réussit la première ascension de "Biographie", une voie cotée 9a+ qui a été équipée en 1989 par Jean-Christophe Lafaille sur les falaises de Céüse en France. Les années suivantes sont marquées par les nombreuses premières et les répétitions d'ascensions de très haut niveau par une nouvelle génération de grimpeurs ayant commencé l'escalade dès leur plus jeune âge. Certains se distinguent dans le bloc, comme Paul Robinson ou Daniel Woods, d'autres dans la voie, comme Chris Sharma et Adam Ondra, qui est alors le plus jeune grimpeur à atteindre le neuvième degré, à l'âge de . À partir de 2008, de nouveaux niveaux de cotation sont atteints, notamment par Chris Sharma et Adam Ondra qui ouvrent plusieurs voies cotées 9b (', ') puis 9b+ (', ', Vasil Vasil). Les années 2000 et 2010 sont aussi marquées par nombre de discussions et polémiques sur les cotations de voies et surtout de blocs au plus haut niveau. D'une part, parce que la cotation a augmenté très vite durant les deux décennies précédentes, et d'autre part parce que de nombreuses cotations sont revues à la baisse. Quelques grimpeurs comme Dave Graham, Nalle Hukkataival et Daniel Woods prennent même activement part aux discussions, tentant de redéfinir clairement les limites du très haut niveau. Les femmes réalisent aussi des ascensions de très haut niveau. Après Josune Bereziartu, qui est longtemps restée la seule femme à réussir l'ascension d'une voie dans le neuvième degré, Sasha DiGiulian, Charlotte Durif et Muriel Sarkany atteignent aussi ce niveau en 2013. En 2016, elles sont une quinzaine à avoir atteint le . En bloc, c'est la jeune grimpeuse Ashima Shiraishi qui, à l'âge de 11 ans, fait parler d'elle en réussissant l'ascension de "", un bloc coté 8B/V13, difficulté alors atteinte par seulement quelques femmes ; en 2015, elle réalise une voie et en 2016 elle est la première à réaliser un bloc 8C/V15. En février 2017, Margo Hayes réalise "La Rambla" (9a+) et est reconnue comme étant la première grimpeuse à atteindre ce niveau. En 2021, Laura Rogora réalise la première ascension féminine d'un 9b/9b+, "Erebor", voie ouverte quelques semaines auparavant par le grimpeur italien Stephano Ghisolfi. En 2007, la Fédération internationale d'escalade est fondée afin de développer les compétitions au niveau mondial. En 2011, à Arco, ont lieu les premiers championnats du monde de "paraclimbing" qui concernent les déficients visuels, les déficients neurologiques et les amputés. La première Coupe du monde de bloc handisport est organisée en 2014. Après plusieurs années de palabres, l'escalade est finalement intégrée aux Jeux olympiques de 2020 à Tokyo. Types d'escalade. Deux types d'escalade permettent d'atteindre le sommet d'une voie. L'escalade libre, parfois désignée dans la littérature sous l'appellation « escalade à mains nues », néologisme repris dans les années 1980 par le grand public, regroupe les différentes pratiques où le grimpeur se sert uniquement de ses capacités physiques et des prises offertes par le rocher pour réaliser ses ascensions. À l'exception des chaussons d'escalade et de la magnésie, le matériel utilisé ne sert que pour l'assurage en cas de chute. Le second type est l'escalade artificielle, où la corde et divers équipements jouent un rôle déterminant dans la progression du grimpeur. Celui-ci peut alors se hisser en tractant sur les ancrages mis en place (pitons, spits, coinceurs, crochets) et en se dressant sur des étriers qu'il fixe à ces ancrages. Il arrive que d'anciennes voies d'escalade artificielle soient gravies en escalade libre (on parle alors de « libérer » une voie) ; c'est notamment le cas de dans le parc national de Yosemite. On distingue de nombreux types de pratique de l'escalade, selon la nature du terrain, la méthode d'ascension et le niveau d'équipement des sites. L'équipement en place (les protections) dans les voies d'escalade est variable selon la nature de celles-ci, le type de roche, les règles propres à chaque secteur géographique observées par les grimpeurs locaux, ou la compétence de l'équipeur du site. Escalade sportive. L'escalade sportive se pratique sur des voies entièrement équipées, où des points d'ancrage (spits ou broches scellées) ont été mis en place au préalable, compte tenu du cheminement envisagé de la voie, afin de permettre au grimpeur de se protéger en mousquetonnant sa corde. Apparue dans les années 1980, l'escalade sportive est un des types d'escalade les plus modernes et des plus sécurisés. L'escalade sportive est notamment pratiquée lors des compétitions d'escalade de difficulté. Escalade traditionnelle. L'escalade dite « traditionnelle » (également dénommée « trad ») se pratique sur des voies peu ou pas équipées : elle associe l'escalade libre et l'usage exclusif de points d'assurage amovibles. Ces protections posées ne doivent pas laisser de trace sur la paroi ni endommager le rocher (escalade propre), contrairement aux trous forés pour insérer des pitons à expansion ou même de simples pitons. Le grimpeur pratiquant ce type d'escalade doit juger de la qualité de l'équipement qu'il rencontre et placer lui-même des protections supplémentaires : des coinceurs dans les fissures et les trous ; des sangles autour de becquets, lunules et arbres. La pose de protections n'étant possible que si le rocher le permet, cette escalade se pratique essentiellement sur des voies à fissures. En France, l'escalade « traditionnelle » subsiste principalement dans les voies en montagne ou dans les sites classés par la Fédération française de la montagne et de l'escalade (FFME) comme terrains d'aventure. Dans d'autres pays, notamment la République tchèque, le Royaume-Uni et les États-Unis, cette pratique est majoritaire, y compris sur des falaises de faible hauteur. Bloc. Le bloc se pratique sans baudrier ni corde sur des blocs ou murs rocheux de faible hauteur : il nécessite donc peu voire aucun matériel. Pour limiter les risques de blessure lors d'une chute au sol, un ou plusieurs (tapis de protection) sont posés au sol pour amortir les réceptions ; de plus, il est utile qu'un partenaire effectue une « parade » afin de guider et amortir la chute du grimpeur, le cas échéant. Pratiqué dès la fin du par les alpinistes qui y voyaient un simple support d'entraînement, le bloc est aujourd'hui une discipline sportive à part entière et fait l'objet de compétitions spécifiques. Au-delà de l'aspect ludique lié à des contraintes moins nombreuses, le bloc est aussi la recherche d'un absolu : le mouvement le plus esthétique permettant de résoudre un « problème » difficile. Certains passages de blocs peuvent en effet ne comporter que trois ou quatre mouvements, voire un seul, à l'exemple du jeté spectaculaire de "" (8A) dans le site de Fontainebleau. Escalade en solo. L'escalade en solo, dite simplement « solo », se pratique de manière autonome, sans la présence d'un second grimpeur assurant le premier : le grimpeur évoluant seul peut donc soit s'assurer lui-même, soit progresser sans protection ; on parle alors d'escalade en solo intégral. Escalade en solo avec auto-assurage. L'escalade en solo avec auto-assurage se pratique de manière autonome, mais en utilisant des systèmes d'assurage. Ce type d'escalade peut être pratiqué dans le cadre de l'escalade libre ou de l'escalade artificielle. Elle fait appel à des techniques complexes d'assurage en tête ou bien sur corde tendue depuis le haut de la voie : leur mise en œuvre peut être facilitée par l'utilisation de matériels spécifiques, comme des dispositifs mécaniques de blocage ou anti-chute, des absorbeurs de chocs, des cordes statiques. Escalade en solo intégral. L'escalade en solo intégral se pratique seul et sans aucun système d'assurage. Certains grimpeurs sont particulièrement célèbres pour avoir réalisé de nombreuses ascensions en solo intégral. Parmi eux, Patrick Edlinger, qui fait de nombreuses ascensions dans les gorges du Verdon, devenu célèbre grâce aux films de Jean-Paul Janssen "La Vie au bout des doigts" et "Opéra vertical", mais aussi Alex Honnold, qui a réussi plusieurs records en solo, comme l'enchaînement en 18 heures du ' en 2012, c'est-à-dire la trilogie de ', du "" et du mont Watkins dans le parc national de Yosemite. En 2018 sort le film documentaire "Free solo", portant sur la plus longue ascension sans système d'assurage, réalisée par Alex Honnold à El Capitan. Depuis le milieu des années 1990, le grimpeur français Alain Robert fait aussi régulièrement parler de lui dans les médias en faisant l'ascension de gratte-ciel comme la Burj Khalifa ou la Tour First. Ces ascensions sont réalisées la plupart du temps sans autorisation, ce qui lui vaut nombre d'arrestations par les forces de l'ordre. Psicobloc. Le solo intégral est également pratiqué au-dessus de l'eau ; on parle alors de "psicobloc" ou de ' (« solo d'eau profonde » en anglais). Cette pratique permet de faire du solo intégral sans risquer de se tuer lors d'une chute, mais n'enlève pas complètement la possibilité de se blesser car l'impact sur l'eau peut être la source de contusions ou traumatismes. Apparu à la fin des années 1970, le psicobloc est particulièrement pratiqué sur les falaises de l'île de Majorque, dans les Calanques de Marseille ou plus récemment en Thaïlande, mais est resté peu connu du grand public. Cette pratique a notamment été médiatisée par Edlinger dans "La Vie au bout des doigts" (1982), le court-métrage "Psicobloc" (2002), le premier topo consacré au psicobloc à Majorque (2006), Sharma réalisant l'arche "" (2007, 9b) ou l'organisation des compétitions "Psicobloc Masters" depuis 2013. Pratiques connexes. Le terrain essentiel de pratique de l'escalade est le rocher, mais il existe d'autres terrains de pratiques : Sites d'escalade. Sites naturels d'escalade. Types de terrain. Les sites naturels d'escalade (SNE) comprennent l'ensemble des reliefs rocheux propices à la pratique de l'escalade. Les pratiquants distinguent ces sites selon les types géologiques de roche, le profil des parois, la longueur des voies et l'équipement permanent éventuellement en place. Les reliefs de haute montagne sont généralement considérés comme des lieux de pratique de l'alpinisme plutôt que d'escalade, en raison des techniques mises en œuvre et des particularités du milieu (approche, conditions, neige, etc.) Le type géologique se définit principalement par la nature des roches : le calcaire (site des gorges du Verdon, Calanques, Dolomites), le grès (Fontainebleau), la molasse (Buoux), les poudingues et conglomérats (Mallos de Riglos, Canaille), le granite (massif du Mont-Blanc, Bavella), roches volcaniques (Massif central, Allemagne, Islande), gneiss (Mercantour, Caroux), etc. La nature des roches, leurs déformations tectoniques (strates, cassures) et les effets de l'érosion (polissage, délitement, trous, taffoni) induisent d'importantes différences pour l'équipement et les mouvements d'escalade : type de prise, adhérence, facilité de protection, risques d'effritement ou chute de pierre, etc. Les pratiquants distinguent aussi les sites selon le profil géométrique des parois, qui induit des gestuelles ou des mouvements d'escalade spécifiques : dalle, paroi verticale, dévers. Ils distinguent aussi les faces (lisses) et les « faiblesses » d'une paroi : fissure, écaille, colonne, arête, dièdre, cheminée Les sites sont également différenciés selon leur hauteur : le bloc (généralement moins de cinq mètres), la couenne (moins de quarante mètres), le site de grandes voies (nécessitant plusieurs relais d'assurage), le "" (nécessitant plusieurs jours d'ascension). Sites sportifs. Les sites sportifs sont des sites d'escalade où les points d'ancrage permettent d'assurer le grimpeur durant la totalité de son ascension. Les points sont généralement constitués de pitons à expansion ou de spits et le relais doit comporter au moins deux points d'ancrages reliés ou pouvant l'être. Selon les pays, la disposition et le matériel d'ancrage peuvent être soumis à des normes réglementaires. L'équipement d'une falaise est généralement réalisé par des bénévoles. Après avoir repéré les secteurs présentant un intérêt, ils obtiennent l'autorisation d'usage auprès des propriétaires (parfois sous forme d'une convention signée avec une fédération sportive). Les équipeurs ou ouvreurs sécurisent le secteur en créant des sentiers d'approche, en purgeant la falaise des blocs et pierres instables, en taillant les arbres et la végétation trop envahissants et en brossant éventuellement la roche. L'installation des points d'assurage peut être réalisée depuis le bas, il s'agit alors d'une « ouverture », ou depuis le haut en descendant en rappel. L'équipement d'une longueur de voie requiert entre une demi-journée et trois jours de travail. Les noms des voies d'un secteur et leur description (cotation, tracé) sont ensuite répertoriés dans des publications destinées aux grimpeurs : les topos. Terrain d'aventure. À l'opposé des sites sportifs, le terrain d'aventure est un site où tout ou partie des équipements servant à l'assurage sont absents ou ne répondent pas aux normes. Le grimpeur doit alors poser lui-même ses protections afin d'assurer sa sécurité. C'est sur ce type de site que l'escalade traditionnelle peut être pratiquée. Structures artificielles d'escalade. L'escalade se pratique aussi bien en extérieur qu'en intérieur. Les structures artificielles d'escalade (SAE) permettent de pratiquer l'escalade sportive ou le bloc tout au long de l'année, en ville, quelles que soient les conditions météorologiques. Les SAE sont utilisées par certains grimpeurs pour l'entraînement hors saison (en hiver) ou dans des créneaux horaires mieux adaptés aux obligations quotidiennes (en soirée, après les créneaux scolaires). Les SAE offrent aussi un lieu de pratique dans les régions peu fournies en falaises et blocs rocheux. Elles sont parfois considérées comme un lieu plus adapté ou sécurisant pour l'initiation à l'escalade. Les SAE sont également devenues le lieu de pratique préféré de nombreux grimpeurs, qui se focalisent sur l'escalade en salle ou la compétition et délaissent l'escalade rocheuse. Les « pans » désignaient à l'origine de simples panneaux de bois de fabrication artisanale et de petites dimensions, sur lesquels sont vissées des prises de main et de pied. Les premiers pans étaient bricolés à domicile par certains grimpeurs afin de s'entrainer régulièrement sur de courts passages, de faible hauteur (sans corde). Ils se sont répandus dans les années 1990, au sein des clubs d'escalade et à l'intérieur des salles d'escalade à corde. Un « mur d'escalade » est un mur ou une paroi artificielle sur laquelle de nombreuses prises synthétiques sont fixées pour en permettre l'ascension. La plupart du temps, les murs d'escalade sont fabriqués avec des panneaux plats recouverts d'un matériau antidérapant, mais ils peuvent aussi présenter un relief ressemblant aux parois naturelles. Les termes « mur », « pan » et « SAE » ne distinguent pas les structures avec points d'ancrage (escalade avec une corde) des structures sans points d'assurage (réception au sol ou sur tapis). Mur à corde. Une « salle d'escalade (à corde) » ou un « mur à corde » désigne souvent une large structure artificielle dédiée à l'escalade sportive, composée d'un ou plusieurs murs équipés de points d'ancrage, et abrité à l'intérieur d'un bâtiment. De telles infrastructures peuvent être privées (entreprise) ou publiques (salle municipale), ouvertes au grand public (droit d'entrée payant) ou accessibles uniquement aux membres (club sportif, infrastructure scolaire). Le système de cotation est en général le même que sur les sites naturels (SNE) et la possibilité de modifier facilement le type et la position des prises permet une grande variété dans la difficulté. Les ouvreurs (les personnes qui créent les voies) renseignent en général au pied des voies des fiches descriptives ou des tableaux récapitulatifs de leur niveau. Outre l'escalade en salle, il existe quelques structures artificielles extérieures (en bois, plastique, béton, ciment, acier, etc.) construites dans cette optique ou détournées de leur vocation première au profit de l'escalade, tels les châteaux d'eau, viaducs ou façades de bâtiments. Salles de bloc. L'engouement des années 2010 pour la pratique du bloc a conduit à la création de « salles de bloc » modernes, susceptibles d'accueillir des compétitions. Ces structures artificielles sont dédiées uniquement à l'escalade de bloc, telle que pratiquée dans les compétitions. Elles sont construites à l'intérieur d'un bâtiment, avec une importante surface à grimper et des profils très variés (gros dévers, toit, proue, bombés...). À l'instar du bloc en extérieur, l'escalade y est pratiquée sans corde et à des hauteurs limitées. La chute des grimpeurs est amortie par d'épais tapis en mousse. Pour la Fédération française de la montagne et de l'escalade (FFME), ces structures de bloc se distinguent du simple « pan » par une hauteur suffisante et un vaste espace de pratique, de sécurité et de circulation. Sur ces sites, des ouvreurs créent régulièrement de nouveaux passages de bloc, en modifiant les prises, en les identifiant par des repères (étiquettes, couleur des prises...) et en mentionnant la difficulté (à l'aide d'un code couleur). Aspects techniques. Mouvements. L'escalade est un jeu de (dé)placements et d'équilibre. Le grimpeur progresse et déplace son centre de gravité dans un univers vertical et acquiert ainsi un bagage gestuel. Les pieds servent à la progression et à l'équilibre par appui sur des prises ou par traction (« crochetage »). En escalade, un principe fondamental pour garder son équilibre est celui des « trois points d'appui », c'est-à-dire deux pieds et une main ou deux mains et un pied. Cette règle est toujours enseignée chez les débutants, mais ne s'applique pas dans les mouvements dynamiques. Limiter l'effort fourni par les mains et les bras est essentiel dans un sport qui nécessite de l'endurance, notamment en grande voie. Les muscles des membres inférieurs étant nettement plus puissants et endurants que ceux des bras, le rôle des pieds et des jambes est de supporter une grande partie du poids du grimpeur. Pour progresser ou effectuer des rétablissements, le grimpeur doit parfois se servir de son talon en le crochetant pour s'équilibrer et réduire l'effort sur ses bras afin de s'économiser. Les prises de main peuvent alors être utilisées dans de nombreuses directions et être tenues par seulement quelques doigts, voire une unique phalange. Certains mouvements spécifiques servent à la progression dans les cheminées, les toits, les fissures ou les dièdres. De plus, si la plupart des mouvements s'effectuent de façon statique, où au moins une prise est toujours maintenue durant la progression, les mouvements dynamiques, comme les jetés, ne sont pas exclus, le grimpeur pouvant même quitter brièvement tous ses points d'appui simultanément. Techniques de progression. Plusieurs techniques de progression ont été développées, en fonction du type d'ascension et des connaissances et capacités du grimpeur et de l'assureur. Elles font appel aux techniques d'assurage. En tête. Lors de l'escalade en tête, le premier grimpeur escalade la paroi sans que la corde soit installée en haut (en « moulinette »). Au fur et à mesure de sa progression, il relie la corde aux points d'assurage à portée de sa main, par exemple en « mousquetonnant » une dégaine à un piton à expansion, puis la corde à cette dégaine. Le premier de cordée procède ainsi jusqu'au relais. S'il chute, il tombera d'une hauteur au moins égale à deux fois la distance du dernier point mousquetonné. L'élasticité de la corde et la mobilité de l'assureur augmentent encore cette hauteur de chute mais permettent de l'amortir. Le premier grimpeur arrivé au relais redescend immédiatement si la voie ne fait qu'une longueur (« couenne »), grâce à l'assureur (en « moulinette ») ou de manière autonome (« rappel »), ou fait monter le second grimpeur en l'assurant depuis le relais. Le second récupère les dégaines lors de sa progression afin que le premier puisse les utiliser pour la longueur suivante. Sur certains types de voie naturelle, l'usage d'une corde « à double » est recommandé pour des raisons de sécurité ou de confort. Par exemple, sur une voie en zigzag, la corde à double permet de réduire les frottements (tirage) ou les chocs aux points d'ancrage, en alternant les mousquetonnages. Elle permet aussi au grimpeur de rester assuré, voire bloqué sur un brin pendant qu'il passe l'autre brin dans une dégaine lors de sa progression, notamment en escalade artificielle. Une corde à double est recommandée dans le cas d'une cordée de trois grimpeurs (encordement en flèche). Elle peut être constituée d'un seul bloc ou de deux brins séparés, ce qui permet d'en répartir le poids entre les grimpeurs pendant la marche d'approche. Certains modèles de corde à double sont unicolores, d'autres possèdent deux brins de couleur différente, facilitant ainsi le repérage du milieu de la corde notamment pour la mise en place de rappels. En second. L'escalade en second est pratiquée sur les voies de plusieurs longueurs. Dès que le grimpeur qui monte en tête atteint le relais, il s'y attache (on dit qu'il « se vache »). Il assure ensuite à son tour, depuis le relais, celui qui monte en second. Au fur et à mesure de sa progression, le second récupère les dégaines posées par le premier de cordée ou "leader". Arrivé au relais, le second peut alors enchaîner sur la longueur suivante, qu'il grimpera alors en tête (on parle de ), ou rester au relais pour assurer son compagnon (). Cette deuxième solution s'impose quand le second n'est pas assez expérimenté ou entraîné pour gérer une longueur en tête. L'escalade « en flèche » est une variante où le premier de cordée grimpe en tête sur une corde à double (avec deux brins de cordes au lieu d'un) et est suivi par deux seconds. L'un des seconds assure alors le premier de cordée sur les deux brins de corde puis, une fois celui-ci arrivé au relais, les deux seconds grimpent simultanément, assurés par le premier, chacun sur un seul brin de corde. Un système d'assurage spécifique (plaquette par exemple) est nécessaire à cette pratique. La flèche permet de réaliser l'ascension d'une voie de plusieurs longueurs à trois grimpeurs au lieu de deux habituellement et elle augmente la sécurité du grimpeur. À corde tendue. L'escalade à corde tendue est la progression simultanée des grimpeurs. Le grimpeur de tête commence l'ascension jusqu'à ce que la corde qui le relie au second se tende. Le second commence alors à son tour à grimper sur la même voie. L'assurage s'effectue par le contrepoids d'un grimpeur par rapport à l'autre en cas de chute. Cette pratique nécessite une excellente maîtrise car elle présente des risques supplémentaires, mais elle permet d'avancer rapidement dans la voie en s'affranchissant des relais tant que le premier a le matériel nécessaire à la protection. Elle est fréquemment utilisée dans les longueurs faciles ou lors des records de vitesse sur des parois de plusieurs longueurs comme "" dans le parc national de Yosemite. En moulinette. L'escalade dite se pratique avec la corde déjà passée dans le relais en haut de la voie. Le grimpeur est constamment assuré par le haut et n'a généralement pas à utiliser de dégaines lors de sa progression, tandis que l'assureur se trouve au pied de la voie. Cette technique, généralement utilisée en école d'escalade sur de faibles hauteurs, minimise l'amplitude d'une éventuelle chute car l'élève reste à portée de vue de l'assureur lors de son évolution. Elle est aussi employée par des grimpeurs entraînés souhaitant répéter un passage ou une série de mouvements. Les encouragent souvent cette pratique afin de limiter le matériel nécessaire et de minimiser les risques. En escalade sportive, la moulinette est fréquemment utilisée pour « travailler » une voie ou un passage à la limite de son niveau, mais la « réalisation » d'une voie comportant plusieurs longueurs se fait toujours en tête ou en réversible. Cotations. La difficulté d'une voie est codifiée par un système de cotation qui diffère selon les pays. En France, la cotation est exprimée par un chiffre (de 3 à 9), avec des subdivisions en lettre (de "a" à "c"), et éventuellement un signe ("+", parfois "-" pour les notations anciennes). La difficulté par ordre croissant est donc notée, par exemple : ... < 4 < 5a < 5a+ < 5b < ...< 9c. Certains topos utilisent des chiffres romains (IV, V+...). On peut trouver une double cotation (par exemple 5c/6a), notamment si les prises sont difficiles à atteindre pour les grimpeurs de petite taille. En pratique, l'escalade proprement dite commence au niveau 4 dans le système de cotation français, le niveau 1 correspondant historiquement à la station verticale dans l'esprit de l'inventeur de cette échelle, Willo Welzenbach. Parmi les systèmes de cotation à l'étranger, la notation anglaise propose deux cotations par voie, permettant de noter respectivement la difficulté et l'engagement, car la plupart des voies anglaises ne sont pas équipées et sont parfois difficiles à protéger. La cotation en bloc y diffère en outre de l'escalade en falaise. Matériel. Le matériel de base pour pratiquer l'escalade se limite en général à des chaussons d'escalade, conçus pour assurer un bon contact entre les pieds du grimpeur et la paroi. De même, de la magnésie peut réduire la sudation des mains pour une meilleure préhension. Afin de protéger le grimpeur en cas de chute, du matériel supplémentaire peut être utilisé, détaillé ci-dessous. Bloc. Selon la hauteur du bloc, sa difficulté et la dangerosité de la réception en cas de chute, le matériel du grimpeur se complète d'un ou plusieurs . Il s'agit d'un matelas de réception qui permet l'amortissement d'une chute et la protection de la zone de réception,qui est parfois rendue dangereuse par des cailloux, des racines ou des souches d'arbres. De plus, au moins une personne se charge de parer le grimpeur pour contrôler et amortir sa chute. Escalade sportive. En escalade sportive, la hauteur atteinte par le grimpeur nécessite une protection supérieure à celle fournie par le "". Le matériel utilisé vise donc à empêcher le retour au sol du grimpeur. Il se compose de la corde et des éléments de liaison qui permettent de l'utiliser. La corde doit impérativement être dynamique, c'est-à-dire pourvue d'une certaine élasticité et d'une grande résistance aux frottements, à l'opposé des cordes statiques prévues pour une progression verticale (comme en spéléologie). Elle est conçue pour résister aux contraintes d'une chute. Cette corde est attachée au grimpeur par l'intermédiaire d'un baudrier au moyen d'un nœud d'encordement (généralement un nœud en huit ou de chaise) qui assure une fixation aisée, solide et fiable. Aux débuts de l'escalade, la corde était simplement attachée autour de la taille des grimpeurs, ce qui ne garantissait pas une totale sécurité et pouvait parfois occasionner une gêne pendant les ascensions voire des blessures (chocs, traumatismes) en cas de chute. L'autre extrémité de la corde est reliée à l'assureur par le biais d'un dispositif d'assurage. Le défilement de la corde est alors contrôlé au fur et à mesure de la progression du grimpeur en , et l'assureur peut bloquer son défilement au cas où le grimpeur viendrait à chuter. Ce dispositif d'assurage est soit un frein (dans le cas d'un descendeur en huit ou d'un nœud de demi-cabestan), soit un dispositif auto-bloquant comme le grigri ou le cinch. Dans le cas d'une voie en plusieurs longueurs, l'assureur est obligatoirement attaché (ou « vaché ») à un relais (ou chaîne) qui est constitué d'au minimum deux points d'ancrage si la configuration de la paroi le permet. En escalade sportive, lors de sa progression, le grimpeur se contente de passer sa corde dans des dégaines fixées sur les points d'ancrage de la paroi. Dans le cadre de l'escalade traditionnelle, c'est-à-dire pour les falaises peu ou pas équipées (souvent appelées ), du matériel de protection supplémentaire est nécessaire : des coinceurs ou des sangles, parfois des pitons sont installés afin d'y placer des dégaines. Pour des raisons de sécurité, ce matériel de base est souvent complété d'un casque afin de protéger le grimpeur comme l'assureur d'éventuelles chutes de pierres. Escalade artificielle. En escalade artificielle, l'équipement du grimpeur reprend celui utilisé en escalade sportive. S'y ajoute tout l'équipement permettant une progression artificielle : étriers permettant de se hisser sur l'ancrage pour en poser un nouveau, pitons voire, exceptionnellement, crochets à goutte d'eau pour la progression, marteau pour poser des pitons, dégaines explosives pour soulager le poids sur les ancrages en cas de chute Dans ce cas, le matériel ne vise plus seulement à minimiser les conséquences d'une chute, il permet aussi de créer des points d'ancrage supplémentaires nécessaires à la progression du grimpeur. Les grimpeurs utilisent systématiquement un casque car ils sont susceptibles de se cogner la tête contre des protubérances du rocher ou, dans certaines situations, aux surplombs, toits Par ailleurs, le grimpeur, assis dans son baudrier, peut porter des genouillères qui protègent les genoux lors de la pose de points d'ancrage. Normalisation. L'escalade peut être pratiquée de manière très libre. Cependant, comme pour tout sport à risques, elle est soumise à de nombreuses normes pour assurer la sécurité des grimpeurs. Les fabricants de matériel d'escalade, en particulier, sont contraints de respecter des normes strictes qui définissent les caractéristiques des équipements, particulièrement les équipements de protection individuelle (EPI), leur contrôle qualité et l'information faite aux usagers sur leur utilisation. Les structures artificielles sont également concernés. En Europe, le Comité européen de normalisation (CEN) établit des directives, en concertation avec les acteurs concernés, que tout matériel vendu dans l'Union européenne doit respecter. Il doit aussi être conforme aux lois de l'Union européenne et porter le marquage CE (conformité européenne). En France, les normes sont harmonisées avec celles européennes par l'Association française de normalisation (AFNOR). De plus, ce matériel est soumis aux normalisations ISO tout au long de sa chaîne de fabrication afin d'assurer la qualité des composants. Organisation. La Commission européenne de normalisation établit les normes sur le plan européen, tandis que l'AFNOR traite des normes françaises. De plus, l'Union internationale des associations d'alpinisme (UIAA) définit un label selon des normes souvent plus strictes que celles de la Commission européenne, et tous les fabricants adhérents à cette association mondiale doivent respecter un cahier des charges précis afin de bénéficier de ce label. Les normes concernant les prises d'escalade ont été élaborées par la commission "S53V" et celles régissant l'utilisation des tapis de réception ont été établies par la commission "S530". Pour faire respecter ces normes, des organismes, habilités en France par le ministère de l'industrie, effectuent des contrôles réguliers. Toute irrégularité vis-à-vis de ces normes conduisant à un dommage corporel constitue une circonstance aggravante pour le fabricant. Ces normes ou d'autres similaires sont respectées dans beaucoup d'autres pays en dehors de l'Europe. Catégorie des EPI. La législation encadre également l'utilisation des EPI. Il existe trois catégories d'EPI pour protéger la personne : la première concerne les agressions superficielles, la seconde les agressions graves et la catégorie 3 protège contre les dangers mortels. En escalade, les EPI de catégorie 1 sont par exemple les gants, les lunettes ou écrans de protection. Il est nécessaire qu'il comporte au moins la mention "CE". La seconde catégorie encadre notamment les casques et les crampons. Ils doivent comporter la mention « CE » et l'indication de l'année de fabrication, par exemple « CE12 » pour un casque fabriqué en 2012. Enfin la encadre par exemple les cordes, les baudriers, les mousquetons. Ceux-là doivent comporter la mention « CE », l'année de fabrication ainsi que le numéro du laboratoire agréé (par exemple « CE12987 »). Motivations. Les motivations qui poussent une personne à pratiquer l'escalade sont multiples et personnelles. Cependant, il existe des dénominateurs communs qui justifient la pratique de l'escalade. Environnement. L'escalade en extérieur se pratique quasiment exclusivement en milieu naturel, ce qui donne l'occasion aux grimpeurs de visiter des sites à l'écart de la civilisation et de profiter du cadre. Nombre de sites d'escalade sont situés dans des parcs nationaux, comme les gorges du Verdon, le parc national de Yosemite ou encore Hueco Tanks, qui permettent aux grimpeurs de voir une faune et une flore spécifiques, en plus de disposer de panoramas réputés depuis un emplacement privilégié. Physique. L'escalade développe de nombreuses capacités comme la force musculaire, la souplesse, l'endurance musculaire, l'équilibre et de bonnes capacités psychomotrices. Elle fait particulièrement travailler la musculature scapulaire, dorsale et thoracique (principalement en étirement), les groupes musculaires du bras et avant-bras ; elle fait participer les jambes et la sangle abdominale. Enfin, elle met fortement en jeu la proprioception. Le défi physique que représente l'escalade est souvent source de motivations pour les grimpeurs. Aspects psychologiques. L’escalade est une excellente école pour apprendre à se connaître et à appréhender ses limites. Elle . Dans le développement de l'enfant, l'escalade apprend . Une notion importante est la part psychologique dans la pratique de l'escalade. Pour réussir une ascension, le grimpeur doit maîtriser son appréhension du vide ainsi que sa peur de la chute par la pratique régulière et progressive. Le grimpeur éprouve une satisfaction souvent génératrice de motivation par l'adrénaline qu'elle procure, mais aussi par le sentiment de plénitude et de maîtrise de ses actions et de sa vie qu'elle inspire, qui en fait une activité autotélique. Compétitions. Les compétitions officielles d'escalade sont administrées à leur création par l'Union internationale des associations d'alpinisme (UIAA), puis dès 2007 par la Fédération internationale d'escalade (). Au niveau international, elles sont organisées sous deux formes, des championnats du monde qui ont lieu une fois tous les deux ans et une Coupe du monde qui se déroule en plusieurs étapes. L'escalade est aussi représentée aux Jeux mondiaux depuis son édition de 2005 à Duisbourg. De plus, des championnats continentaux se tiennent de manière bisannuelle, comme les Championnats d'Asie, les Championnats panaméricains et les Championnats d'Europe. En 2019, un circuit d'étapes de Coupe d'Europe voit le jour. De nombreuses compétitions de niveau national administrées par les fédérations nationales de chaque pays sont créées, ainsi que des compétitions promotionnelles comme le Melloblocco, organisées chaque année, depuis 2004, sur des blocs naturels dans la région de Val Masino en Italie ou encore le Petzl Roc Trip. Les compétitions se tiennent le plus souvent en salle sur des murs d'escalade, mais aussi sur des murs extérieurs, permanents ou provisoires comme pour les étapes de la Coupe du monde qui se déroulent à Chamonix en France. Elles se déroulent généralement en trois tours : qualifications, demi-finale et finale, avec possibilité de super-finale en cas d'ex-æquo à la première place. Il existe trois disciplines principales : la difficulté, le bloc et la vitesse. L'escalade est au programme des Jeux olympiques d'été de 2020 en tant que sport additionnel (il n'est pas encore au programme olympique). Elle comportera trois épreuves : le bloc, l’escalade de vitesse et le mur d’escalade. Pour les Jeux olympiques de 2024 à Paris, l’escalade sera de nouveau proposée au Comité international olympique afin de potentiellement l’intégrer aux sports additionnels. Difficulté. Durant les épreuves de difficulté, les concurrents grimpent les mêmes voies en tête, les uns après les autres. Ces voies doivent faire un minimum de de longueur pour de largeur et avoir une hauteur minimale de . Le vainqueur est celui qui atteint le plus haut point de la voie, en un seul essai. Une voie est réussie (comptée ) lorsque la dernière dégaine de la voie a été ; si elle n'est pas réussie la dernière prise tenue par le grimpeur est comptabilisée. Pour le classement, on tient compte également de la façon dont la dernière prise a été utilisée. Un grimpeur qui l'aura valorisée en initiant un mouvement vers la prise suivante sera classé devant celui qui l'aura simplement tenue. Depuis 2012, la durée d'ascension est prise en compte pour le classement en cas d'égalité. Cependant le temps limite pour la tentative de chaque grimpeur est de . Passé ce délai, le compétiteur est arrêté dans sa progression et la hauteur est mesurée à l'endroit de cet arrêt. Durant le tour de qualification des compétitions de difficulté, les compétiteurs doivent grimper deux voies. Le classement est alors obtenu en effectuant la moyenne du classement obtenu sur chacune des deux voies. À l'issue des qualifications, sont retenus les 26 meilleurs pour la demi-finale. À l'issue de la demi-finale, il ne reste plus que les 8 mieux classés. En cas d'égalité sur un tour, les concurrents sont départagés d'après les résultats des tours précédents. La plupart du temps, les compétiteurs doivent grimper la voie à vue. Cela signifie qu'ils ne sont pas autorisés à voir les autres grimpeurs sur la voie car autrement leurs concurrents pourraient voir les astuces ou les erreurs des grimpeurs les ayant précédés, ce qui leur donnerait un avantage important. Ils ne peuvent pas non plus recevoir de conseils d'autres grimpeurs, et n'ont qu'un temps limité pour observer et la voie à son pied. Sinon les grimpeurs grimpent la voie "flash", après avoir pu observer les techniques et enchaînements donnés par l'ouvreur de la voie, qui effectue une démonstration, puis par les autres grimpeurs. Bloc. Les épreuves officielles de bloc se déroulent sur un circuit à vue de cinq blocs pour les qualifications et de quatre blocs pour les demi-finales et les finales. Sur chaque bloc, les prises de départ à utiliser avec les mains et les pieds sont imposées, ainsi que la prise d'arrivée qui doit être tenue à deux mains. Une prise intermédiaire dite est également matérialisée. Chaque compétiteur dispose d'un temps fixe, de cinq minutes durant les qualifications et les demi-finales, et de quatre minutes pour les finales, pour observer et tenter de réussir chacun des blocs, en réalisant plusieurs essais si nécessaire. Entre chaque bloc, il bénéficie d'une période de repos de même durée. Pour chaque tour, les compétiteurs sont classés selon : le nombre de blocs réussis, en ordre décroissant, puis la somme des nombres d'essais pour réussir les blocs, par ordre croissant, puis le nombre de prises bonus tenues, en ordre décroissant, et enfin la somme des nombres d'essais pour tenir les prises bonus, par ordre croissant. La formule ' voit tous les compétiteurs d'une même catégorie disposer d'un temps commun, généralement deux à trois heures voire davantage, pour tenter de venir à bout du plus grand nombre de blocs possibles parmi les plusieurs dizaines qui leur sont proposés, dans l'ordre qu'ils choisissent. Le nombre d'essais n'est pas pris en compte. Chaque bloc réussi rapporte finalement divisés par le nombre de fois où il a été réussi (le grimpeur qui est seul à réussir un bloc reçoit points, si 5 grimpeurs en réussissent un autre, ils reçoivent chacun /5=200 points). Le vainqueur est celui qui aura obtenu le plus grand total de points. La formule ' est réservée au premier tour qualificatif des compétitions de bloc (parfois l'unique tour). Vitesse. Les épreuves de vitesse se déroulent sur deux voies identiques durant lesquelles les concurrents doivent atteindre au plus vite le sommet. Le vainqueur est celui qui réalise le meilleur temps. Les grimpeurs qui tombent avant d'arriver au sommet de la voie sont disqualifiés. Lors des qualifications, chaque grimpeur effectue généralement deux essais. Le classement est effectué d'après le meilleur des deux temps ou d'après le total des deux temps réalisés. Suivant le nombre de compétiteurs, les 4, 8 ou 16 mieux classés accèdent au tour final qui se déroule sous forme d'élimination directe. Le premier est opposé au dernier classé, le deuxième à l'avant-dernier Le record du monde absolu est détenu depuis par le grimpeur indonésien Veddriq Leonardo, qui a escaladé le mur officiel de en , lors d'une étape de Coupe du monde à . Le précédent record, détenu depuis par l'Iranien Reza Alipourshenazandifar par un chrono de , venait tout juste d'être battu, lors de cette même compétition, par un compatriote de Leonardo, Kiromal Katibin, avec un temps de . Handisport. Des compétitions d'escalade handisport sont organisées. Les sportifs y concourent par catégories : celle des aveugles et mal-voyants, celle des amputés et handicapés physiques et celle des déficients neurologiques. Le premier championnat du monde d'escalade handisport a eu lieu en juillet 2011. Le premier championnat du monde de bloc handisport est organisé en 2014. Entraînement. Durant son apprentissage, un grimpeur voit son niveau progresser au fur et à mesure de la pratique de l'escalade. Cependant, il peut présenter un souhait d'atteindre de meilleures performances, soit dans le cadre de la compétition, soit dans le cadre d'objectifs personnels. Pour cela, il peut mettre en place des techniques d'entraînement, par exemple en s'aidant de matériel spécifique. Techniques d'entraînement. L'entraînement s'organise selon différents plans : la technique, le physique et le plan mental et stratégique. Une progression dans ces différentes composantes permettra au grimpeur d'améliorer son niveau. Cela peut s'organiser en fonction du type de pratique ; par exemple, sur le plan physique, les grimpeurs de bloc favorisent le développement de la puissance, les grimpeurs de voie cherchant en plus à améliorer leurs qualités de résistance et de récupération dans l'effort. Technique. En premier lieu, le grimpeur entraîne — naturellement — sa technique de par la pratique de base de l'escalade. Il apprend alors à placer son corps de manière adéquate et doit aussi acquérir une maîtrise des placements de pieds afin d'économiser au maximum ses membres supérieurs. À partir d'un certain niveau, il doit aussi passer par un apprentissage et une mise en pratique des différents mouvements d'escalade afin de continuer à progresser. Ce but est souvent atteint en diversifiant les supports, les types de prises ou de rochers pour acquérir des techniques spécifiques supplémentaires. De plus, la pratique du bloc ou les entraînements dans des salles de bloc ou de pan permettent de travailler certains mouvements spécifiques. Selon le type d'escalade pratiqué, il est nécessaire d'apprendre à utiliser le matériel de manière efficiente. Lors d'escalade en terrain d'aventure ou artificielle, la pose de points d'assurage est nécessaire, mais doit aussi être parfaitement maîtrisée, d'une part pour être certain du bon fonctionnement du matériel, d'autre part pour passer le moins de temps à les mettre en place, car cela entame les réserves d'énergie du grimpeur et limite ses capacités lors de l'ascension. Physique. En second lieu, le grimpeur cherche à améliorer son niveau sur le plan physique. Par les types d'efforts très différents qu'elle implique, l'escalade fait appel principalement à trois filières énergétiques : la , la résistance, l'endurance. En améliorant sa force, le grimpeur sera plus performant sur le plan musculaire, il pourra fournir une puissance musculaire plus importante pendant un temps réduit. S'il améliore sa résistance, il sera capable de fournir un effort d'intensité moyenne plus souvent. Pour finir, en entraînant sa continuité, il sera en mesure d'enchaîner les efforts après de courtes pauses ou repos. Il est également nécessaire de travailler d'autres composantes physiques, notamment l'endurance, qui est la capacité à fournir un effort long, sans repos et s'inscrivant dans la durée. La souplesse et l'élasticité des muscles (par étirements) offrent plus de possibilités au corps, notamment pour atteindre des prises ou réaliser des mouvements plus avancés. Enfin, le grimpeur peut renforcer sa résistance articulaire, les articulations, particulièrement des doigts, étant très sollicitées. Cet entraînement peut lui éviter les blessures. Mental et stratégie. Pour améliorer son niveau, le grimpeur peut améliorer son mental et sa stratégie face à une voie. Avant d'entamer une escalade, le sportif a la possibilité de visualiser les prises présentes et les mouvements à effectuer pour atteindre le sommet. Cette préparation, la , peut être améliorée en favorisant une bonne mémorisation, une bonne concentration et une prise de décision juste. La confiance est une autre voie d'amélioration, notamment dans le matériel utilisé, en l'assureur qui retient le grimpeur en cas de chute, mais aussi en lui-même, pour tenter des mouvements difficiles. Comme dans d'autres sports, un esprit combatif est nécessaire pour atteindre ses objectifs. Le grimpeur apprend enfin à améliorer sa stratégie. Tout d'abord, il peut apprendre à organiser sa grimpe pour éviter des creux de fatigue. Ensuite, il veille à bien s'échauffer pour éviter les blessures et à reconnaître le moment opportun pour tenter une voie ou un mouvement difficile. Enfin, en vue de maintenir un bon niveau de forme, il apprend à correctement s'hydrater et se nourrir ainsi qu'à éviter le surentraînement, qui peut amener à se blesser, se fatiguer inutilement ou se démotiver. Matériel d'entraînement. Pour s'entraîner, les grimpeurs ont à disposition plusieurs moyens d'entraînement qui dépendent des objectifs fixés. Dans une préparation physique généralisée, un grimpeur peut pratiquer par exemple la course à pied (footing) ou la corde à sauter pour améliorer son endurance cardiovasculaire, des exercices d'étirements pour améliorer sa souplesse. Plus spécifiquement, il peut pratiquer la musculation pour améliorer sa force et entraîner des muscles plus particuliers, par exemple avec une barre de traction ou des anneaux. Des outils d'entraînement spécialisés pour l'escalade existent. Il s'agit par exemple du pan qui regroupe une quantité importante de prises afin d'offrir un grand échantillon de gestuelles possibles. Le pan Güllich ou la poutre permettent également un entraînement des mouvements spécifiques à l'escalade. Enfin, plus généralement le grimpeur peut aussi se servir d'un chronomètre, d'un cardiofréquencemètre ou d'une caméra pour mesurer ses performances, les étudier et les améliorer. Dans le cadre d'un renforcement musculaire, l'entraînement peut consister à utiliser des poids, soit en musculation (haltère, tractions) soit en situation de grimpe (gilet lesté). Risques. L'escalade est considérée comme un sport à risques, mais son intégration aux X Games contribue à lui donner une image de sport extrême. Pourtant, parmi les , elle reste l'un des moins accidentogènes. Chiffres. Selon l'institut de veille sanitaire français, sur la saison estivale 2000-2003, 11 décès et 239 victimes liés à la pratique de l'escalade sont dénombrés, en comparaison de 130 et pour l'alpinisme, et de 203 et pour la randonnée pédestre. Une étude annuelle menée par le Club alpin suisse depuis 1984 confirme la même tendance pour la Suisse, où l'escalade compte en moyenne 6 décès par année contre 37 pour la haute montagne et 44 pour la randonnée. Ces chiffres concernant l'escalade sont donc relativement bas. Ce constat est vrai également au rapport du nombre d'interventions. Selon le même rapport de l', sur répertoriés (dont 150 décès), 16 % concernent l’alpinisme, 54 % la randonnée en montagne, 10 % le VTT, 9 % le parapente et 11 % l’escalade et le canyonisme. Causes. L'escalade, comme la plupart des sports, présente des risques. Ceux-ci sont principalement de deux natures, chute du grimpeur ou chute d'objets. Pour chacun, des existent afin de pallier ces dangers. La chute du grimpeur, relativement fréquente en escalade, n'entraîne généralement pas de blessures car elle est amortie par la chaîne d'assurage : assureur, dispositif d'assurage, corde, points de progression et baudrier. Néanmoins, des défaillances dans cette chaîne peuvent causer une longue chute, une chute violente (chute de ), voire un retour au sol. Les défaillances les plus fréquentes sont une faute d'inattention de l'assureur, un mauvais encordement, une mauvaise utilisation du dispositif d'assurage, voire une rupture de point de progression (surtout en escalade artificielle). De par les normes très strictes posées sur le matériel, les erreurs humaines dominent sur les défaillances du matériel. Dans les sites naturels, des chutes d'objets peuvent se produire : rocher instable, bloc de glace (en cascade de glace), matériel perdu par les cordées situées au-dessus, ou même objets lancés par des individus inconscients situés en haut des voies. Le port du casque permet de s'en protéger. Les grimpeurs crient ou s'ils doivent lancer une corde ou s'il leur arrive de faire glisser une pierre. Ce risque est également présent en intérieur, dans une moindre mesure. Il peut alors venir de la chute de matériel lors de sa manipulation en haut de voie ou de prises d'escalade lors de leur installation sur le mur. Chute du grimpeur. Les blessures causées par la chute du grimpeur varient selon le type d'escalade pratiqué. Dans le cadre de l'escalade sportive, elles sont généralement mineures car le grimpeur peut disposer de nombreux points d'assurage qui l'empêchent de faire une chute trop importante et donc de se blesser gravement. Les blessures sont alors dues au contact avec la paroi et vont des petites éraflures aux contusions. Le risque de toucher la paroi lors d'une chute varie grandement selon le type de voie pratiquée. Sur une voie en dévers, ce risque est réduit, alors que sur une paroi en dalle, il est augmenté. Lors de la pratique de l'escalade traditionnelle, les blessures peuvent être plus graves qu'en escalade sportive, car les points d'assurage sont soit peu fiables, soit inexistants et le grimpeur doit placer lui-même ses propres protections. De ce fait, les points sont susceptibles de ne pas supporter la violence d'une chute, ce qui augmente la hauteur potentielle de chute avant que le grimpeur ne soit retenu par la corde. Dès lors, le grimpeur risque de frapper violemment la paroi, ce qui peut conduire à des blessures graves. De plus, à cause de l'augmentation de la hauteur de chute, il arrive que le grimpeur ne soit pas retenu par la corde et qu'il finisse sa course en tombant au sol. Ce type d'accidents est souvent la cause de blessures graves comme des fractures des membres inférieurs, du bassin ou de la colonne vertébrale. Dans certains cas, il arrive que le grimpeur se retourne, se retrouvant ainsi dos à la paroi, et que sa tête ou son rachis heurte la roche. Ce type d'accident peut être très grave car le choc peut provoquer un traumatisme crânien. Dans le cadre du bloc, les chutes peuvent avoir une conséquence supplémentaire car le grimpeur n'est assuré par aucune corde. Le ' amortit l'atterrissage et il n'est pas rare que des personnes se tordent la cheville lors d'une mauvaise réception. De plus, lors de l'escalade de blocs de grande hauteur, des lésions aux genoux, aux hanches et à la colonne vertébrale peuvent survenir. Une chute à côté du ' peut aussi être la cause de blessures car le grimpeur risque alors d'atterrir sur un rocher ou une racine d'arbre. Lors de la pratique de l'escalade en solo intégral, le grimpeur n'a aucun système d'assurage. La chute est généralement fatale. Chute d'un élément externe. La chute d'un élément externe, comme un morceau de roche, peut causer des blessures dont la gravité dépend de la taille de l'objet et de la hauteur de la chute. Cet accident demeure malgré tout assez rare. Les lésions vont de la simple égratignure jusqu'à, dans certains cas extrêmes, la mort du grimpeur ou de l'assureur. Il n'est pas rare de faire tomber de petits cailloux lors d'une ascension qui, s'ils ne sont pas une source de risques pour le grimpeur, peuvent l'être en revanche pour la personne qui s'occupe de l'assurage ou pour une autre cordée. Le port d'un casque permet de limiter notablement les risques dans de tel cas ou, du moins, de limiter la gravité des blessures à la tête. Le décès de Jean Couzy dans le massif du Dévoluy en 1958, victime d'une chute de pierre, a contribué à la prise de conscience de l'importance du port du casque en escalade. Pratique sportive. Les blessures causées par la pratique de l'escalade sont dues à des efforts trop importants sur une ou des régions du corps. Elles touchent principalement les articulations, les muscles et les tendons qui sont énormément sollicités lors de certains mouvements ou pour tenir des prises de petites tailles. Les doigts et les mains sont d'ailleurs particulièrement sujets aux lésions dues à un effort trop violent. Selon une étude en ligne, la main représente un tiers des lésions tandis que les membres inférieurs (genou, cheville et pied) en représentent un quart ; le reste est occupé par le rachis, l'épaule et le coude. Une des plus courantes lésions de ce type est la rupture de poulie, qui arrive généralement lors d'une mise en charge violente sur une prise de petite taille ; elle consiste en une déchirure partielle ou complète d'une ou plusieurs poulies digitales, qui servent à maintenir les tendons fléchisseurs des doigts au contact du squelette. Cette lésion est assez spécifique à l'escalade. La tendinite est aussi une des affections régulièrement rencontrées en escalade à cause des efforts répétés sur les tendons. Elles apparaissent le plus souvent au niveau des doigts et du poignet, mais peuvent aussi survenir au coude ou à l'épaule. Dans les traumatismes, les membres inférieurs sont les plus visés lors de la pratique du bloc tandis que ce sont les membres supérieurs et en particulier la main qui sont touchés lors de la pratique de la voie. Encadrement. L'encadrement et l'enseignement en escalade, permettant d'évoluer en sécurité dans la pratique, peuvent être dispensés dans le cadre de cours d'éducation physique et sportive, dans les associations par des personnes expérimentées et des diplômés fédéraux, par des moniteurs d'escalade ou des guides de montagne. En France. En France, l'encadrement bénévole se distingue de celui rémunéré. Encadrement bénévole. Dans le milieu associatif, les clubs sportifs liés au milieu de la montagne, affiliés au Club alpin français, à la Fédération française de la montagne et de l'escalade (FFME) ou à la Fédération sportive et gymnique du travail, dispensent des formations et diplômes d'initiateur fédéral escalade. Ces initiateurs escalade seront alors habilités à encadrer des groupes de grimpeurs (sans y être astreints). Des grimpeurs expérimentés n'ayant pas de diplôme d'initiateur fédéral encadrent parfois aussi, les formations sont néanmoins fortement conseillées. Ces formations et diplômes concernent la pratique sur mur d'escalade (SAE), en SNE sportif d'une ou plusieurs longueurs, jusqu'à l'escalade dite « traditionnelle ». Les premières étant plus rapides à passer, les suivantes plus exigeantes et polyvalentes. Le monitorat fédéral favorise aussi l'accès à la performance. Encadrement rémunéré. peut provoquer le changement de classement d'un site. C'est le cas des calanques de Marseille, qui se retrouvent classées comme terrain d'aventure. Les diplômes ne permettant d'encadrer qu'en ne permettent donc pas de travailler sur ces sites. Diplôme d'État de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport. Les moniteurs d'escalade titulaires du Diplôme d'État de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (DEJEPS) d'escalade sont formés pour encadrer et enseigner la pratique contre rémunération, en environnement spécifique ou (selon la mention du diplôme) et jusqu'à une altitude de . Le DEJEPS remplace le Brevet d'État d'éducateur sportif depuis 2013 . Le DEJEPS d'escalade se décline en deux mentions : « escalade » et « escalade en milieux naturels ». Les prérogatives de la mention « escalade » permettent d'encadrer en environnement non spécifique : mur d'escalade (SAE), site naturel et sur une unique longueur de corde (jusqu'au premier relais). La Fédération française de la montagne et de l'escalade (FFME) organise cette formation à Voiron et à Fontainebleau. La mention « escalade en milieux naturels » permet d'encadrer le sport dans toutes ses dimensions : environnements spécifique et non spécifique, c'est-à-dire sur tous sites naturels et via ferrata situés à une altitude inférieure à . Elle permet donc d'encadrer sur un site classé comme terrain d'aventure et sur des itinéraires de plusieurs longueurs. Cette formation est organisée par l'État . Elle est notamment dispensée dans les Centre de ressources, d'expertise et de performance sportives (CREPS). Guide de haute montagne. Les guides de haute montagne, formés en France par l'École nationale des sports de montagne, peuvent encadrer sans restrictions ni limite d'altitude. Certificat de spécialisation. En 2011, les titulaires du Certificat de spécialisation en activité d'escalade rattachés au Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport « Activité physique pour tous » peuvent encadrer la pratique de l'escalade contre rémunération en SAE et en SNE, sur voie d'une longueur (jusqu'au premier relais), d'une longueur maximum de et classée en . Certificat de qualification professionnelle. En 2016, le Certificat de qualification professionnelle « animateur d'escalade sur structure artificielle » (CQP AESA) est créé par la branche professionnelle. Il permet à son titulaire d’encadrer contre rémunération et en autonomie des activités d’escalade sur structures artificielles, auprès de tout public, de l’initiation jusqu’aux premiers niveaux de compétition. Le titulaire est contraint à un volume horaire maxium de travail partiel de par an. STAPS. Les formations Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) donnent également les prérogatives pour encadrer l'escalade contre rémunération. Les diplômes STAPS sont référés au répertoire national des certifications professionnelles. Les titulaires peuvent obtenir une carte professionnelle auprès de la direction départementale de la jeunesse et des sports. Deux approches sont possibles : En Suisse. En Suisse, l'Association suisse des guides de montagne délivre un titre de moniteur d'escalade après une formation et des examens pratiques et théoriques. Le candidat doit notamment être capable de grimper une voie cotée 7b pour les hommes et 7a+ pour les femmes. Aspects environnementaux. Comme d'autres sports de nature, l'escalade en extérieur a des impacts négatifs sur l'environnement. La pratique de l'escalade est ainsi parfois l'objet de concertations, de conflits ou de conventions entre les grimpeurs, les associations de défense de l'environnement, les parcs nationaux, les pouvoirs publics (mairie, élus), les propriétaires et les usagers des terrains. L'activité des grimpeurs sur les falaises et leurs abords peut avoir des impacts non négligeables sur les espèces rupestres animales et végétales, parfois fragilisées voire menacées. Elle est source de dérangement (visuel, sonore) pour la faune rupestre : oiseaux en période de nidification, rapaces, lézards et serpents, chauve-souris, bouquetins En nettoyant les falaises (purge de rochers, débroussaillage), en aménageant les abords (accès) ou en piétinant la végétation, les grimpeurs peuvent détruire des espèces végétales fragiles et rares ou favoriser l'érosion des sols. Aussi, pour préserver les biotopes, des pays restreignent ou interdisent l'accès à certains secteurs. À l'instar d'autres activités de plein air, la surfréquentation de certains secteurs peut être une source de pollution ou de nuisances pour les propriétaires de terrains et les riverains : déchets abandonnés, bivouac et camping sauvage, stationnement de véhicules, bruit, perturbation du bétail ou des chasses. L'emploi de magnésie, outre l'aspect visuel disgracieux, pollue les voies d'escalade par la poudre blanche résiduelle qui colle durablement aux prises et aurait un effet délétère sur la végétation épilithe, au contraire de la colophane, résine d'origine organique. Image de l'escalade dans les médias. Pour le public non-initié, l'escalade est souvent associée à une aventure, une activité à risques, voire un sport extrême, procurant des « sensations fortes » accrues par la peur du vide et l'éventualité d'une chute au sol. Cette image est souvent reprise par les médias, alors qu'elle ne correspond pas à la réalité des pratiques modernes toujours plus sécurisées, sur falaises équipées ou structures artificielles. La majorité des grimpeurs revendique au contraire un refus du « risque inconsidéré » et défend l'idée d'une aventure construite sur la performance sportive. Par ses différents aspects, l'escalade véhicule d'autres images qui sont parfois utilisées dans le milieu de la publicité, autant télévisée que papier. La marque de barres de céréales Grany utilise l'aspect avec une publicité mettant en image Patrick Edlinger diffusée en 2004. Cette publicité en reprend une diffusée plus tôt en 1988 de la même marque mettant en avant le du sport pour vanter les mérites du produit. La technique puriste de Patrick Edlinger est aussi utilisée pour apporter une image des barres Grany. |
Extrême droite Le terme « extrême droite » est employé pour classer des mouvements, des organisations et les partis politiques placés les plus à droite du spectre politique et historiquement disposés à l'extrême droite des hémicycles parlementaires. La question de sa délimitation suscite le débat, mais plusieurs usages en sont distingués. Au début du , l'extrême droite était par exemple représentée par un mouvement comme l'Action française, nationaliste et royaliste, qui défendait une doctrine raciste et antisémite. Ceux qui se réclament de ces idées aujourd'hui y sont toujours classés. De plus, le terme est associé aux mouvements défaits par la Seconde Guerre mondiale, tels que le fascisme italien et le nazisme allemand. De nos jours, on classe couramment à l'extrême droite des partis comme le Rassemblement national ou le parti Reconquête en France, le parti Frères d'Italie en Italie, ou le Parti de la liberté d'Autriche. Le qualificatif « extrême droite » peut être utilisé de manière stigmatisante et péjorative par ses adversaires politiques en assimilant toutes ses tendances au fascisme et au nazisme. Comme le relève le politologue Jean-Yves Camus, en France, le terme n'est quasiment jamais assumé par ceux qui en font partie, ceux-ci préférant, comme le Rassemblement national, les termes de « droite nationale » ou de « mouvement national ». Droite et extrême droite. Le passage de l'expression « extrême droite » de l'usage politique commun au vocabulaire des sciences politiques explique en partie les difficultés de définition : selon Cas Mudde, outre sa fonction de catégorisation descriptive, le terme remplit aussi dans l'usage commun une fonction de délimitation d'un « ennemi politique ». La science politique anglo-saxonne parle plus volontiers de "droite radicale" signifiant par là qu'elle se situe à la limite de la droite démocratique, libérale ou conservatrice. Pour se distinguer de l'extrême droite, la droite traditionnelle a historiquement entretenu un refus d'alliance, dont une illustration est le en Belgique. Cette politique est remise en question depuis quelques années : dans certains pays, comme en Autriche ou en Israël, des alliances se sont parfois nouées. Fin 2018, un scrutin régional en Espagne voit le Parti populaire conclure une double alliance remarquée, d'un côté avec Ciudadanos, de l'autre avec Vox, petit parti d'extrême droite qui venait de faire une percée électorale notable. En février 2020, c'est en Allemagne qu'une alliance entre les partis de gouvernement FDP et CDU et l'AfD d'extrême droite fait un tollé, entraînant des démissions et des manifestations. Certains mouvements d'extrême droite peuvent être liés à la droite classique, mais finirent par être classés à l'extrême droite du fait d'une radicalisation (par exemple le Fidesz hongrois). D'autres mouvements d'extrême droite s'avèrent n'avoir aucun lien avec les mouvements de droite classique, comme les factions anticapitalistes de l'extrême droite. Ces dernières s'avèrent être plus radicales et parfois en conflit avec les mouvements de la droite conservatrice radicalisées. Certaines personnalités ou structures politiques peuvent évoluer considérablement comme l'illustre, en Italie, la trajectoire du Mouvement social italien (néo-fasciste) devenu Alliance nationale (centre-droit). En France, Alain Madelin, Gérard Longuet, Patrick Devedjian et Hervé Novelli sont des figures politiques de droite ayant commencé leur engagement au sein du mouvement d'extrême droite Occident. Différences entre les extrêmes droites. Il existe de nombreuses divergences entre les extrêmes droites, notamment sur le plan économique, certaines factions sont libérales tandis que d'autres sont socialisantes. En religion, on trouve également des extrêmes droites religieuses chrétiennes (Civitas catholique, Ku Klux Klan protestant, Pamiat orthodoxe),musulmanes (Front de la stabilité de la révolution islamique et l'Alliance Fatah chiites, Hamas sunnite), juives (Lehava, Front national juif) qui peuvent être antagonistes. Si la majorité des mouvements d'extrême droite sont anticommunistes, certains mouvements prônent une forme de Communisme mêlé à du Conservatisme sociétal comme le National-bolchevisme et les eurasistes. Concernant leur rapport à la religion, certains mouvements sont favorables à la présence de la religion dans la société. D'autres sont plutôt laïcs et certains sont franchement théocrates. Sur la stratégie électoraliste, certains prônent le réformisme tandis que d'autres prônent la stratégie révolutionnaire ou contre-révolutionnaire selon les tendances. Sur le rôle de l'État, certains soutiennent l'étatisme tandis que d'autres sont anti-étatistes. Sur la politique étrangère, une grande partie se divise au sujet du conflit israélo-arabe. De nombreux mouvements soutiennent le nationalisme arabe ainsi que les palestiniens. Ainsi, l'Espagne franquiste soutenait activement les nationalistes arabes, d'autres factions antisionistes d'extrême droite affichent une proximité avec le Hezbollah libanais et l'Iran khomeiniste sans forcément être musulmans, ainsi l'Alliance pour la paix et la liberté, parti d'extrême droite européen qui appelle à la défense de la chrétienté soutient ouvertement les mouvements islamistes chiites pro-iraniens, tandis que d'autres mouvements et partis soutiennent le sionisme. Beaucoup de mouvements en Europe sont aussi anti-américains tandis que d'autres, plus proches du néoconservatisme sont pro-américains. Fondements idéologiques. Si les mouvements ou partis d'extrême droite sont divers, leurs socles idéologiques comportent des points communs : un patriotisme, un nationalisme et un traditionalisme encore plus poussés qu'à droite, un discours autoritariste affirmé, et un programme économique et social hétéroclite, parfois plus favorable aux milieux populaires que celui de la droite traditionnelle, usant largement d'une rhétorique antisystème et de dénonciation des élites. La xénophobie fait aussi partie de ce socle commun et se traduit souvent par une opposition à l'immigration. Le politologue néerlandais Cas Mudde montre que la plupart des analyses de l'idéologie d'extrême droite mettent en avant des combinaisons diverses des cinq aspects suivants : nationalisme, racisme, xénophobie, opposition à la démocratie, revendication d'un État fort. Pour Pascal Delwit et Andrea Rea, « deux sujets essentiels cristallisent le vote d'extrême-droite : la xénophobie et le discours sécuritaire ». Au-delà de ces fondements idéologiques, les références parfois hétéroclites et les itinéraires variés des mouvements d'extrême droite expliquent des positions parfois contradictoires. Ainsi, dans le domaine spirituel, certains défendent un traditionalisme-intégrisme religieux, d'autres un athéisme exacerbé ou un néo-paganisme. De plus, comme le souligne la géopolitologue Béatrice Giblin-Delvallet, l'existence de ressorts communs à l'extrême droite moderne ne doit pas empêcher de comprendre l'évolution des différents partis en relation avec des contextes nationaux particuliers. Par exemple en matière économique, « le nouveau nationalisme russe rejette toute intervention économique et sociale étatique (du fait d’un mauvais souvenir du centralisme soviétique ?). En revanche, le RN nouveau prône le rôle actif et protecteur de l’État contre les capitalistes prédateurs qui appauvrissent les plus faibles ». Qualification. Pour les politologues spécialistes de l'extrême droite Jean-Yves Camus et Nicolas Lebourg, l'expression est utilisée pour qualifier des événements très différents en Europe et est donc ambigüe, car généralement utilisée par des adversaires politiques de manière disqualifiante ou stigmatisante en assimilant toutes ses tendances au fascisme et au nazisme. Selon Pierre-André Taguieff, l'expression « extrême droite » constitue « une étiquette polémique plutôt qu’une catégorie conceptuellement élaborée ou un modèle d’intelligibilité utilisable dans les travaux savants ». Mais l'expression est néanmoins utilisée en sciences politiques pour les analyses électorales, où elle permet « d’identifier d’une façon vague mais fortement stigmatisante telle ou telle formation politique ». D'après Taguieff, les mouvements nommés « extrême droite » ont sur certains sujets, comme le rejet de la « mondialisation libérale », une position « plus proche de la gauche, voire de la gauche révolutionnaire ou radicale, que de la droite libérale ou de la droite conservatrice ». Le qualificatif « extrême droite » n'est quasiment jamais assumé par ceux qui en font partie, préférant s'autoqualifier de « droite nationale » ou « mouvement national ». La littérature scientifique reconnaît cependant l’existence d’une famille de partis d’extrême droite, mais cette analyse est surtout adaptée à l’Europe de l’Ouest. En France, Jean-Marie Le Pen déclare par exemple être ou encore en 1978 : « L'extrême droite, le mot est équivoque dans la mesure où il comporte le mot extrême. Nos adversaires confondent volontairement, et dans l'intention de tromper, une position géographique sur l'échiquier politique avec une position d'extrémisme politique. Or notre philosophie, notre principe d'action et notre programme ne sont pas extrémistes et par conséquent nous occupons la place qui est libre. Je crois qu'il n'y a pas de droite, le centre actuel n'est pas la droite, bien qu'une grande partie du peuple de droite vote pour les candidats du centre et même de la gauche ». Le MSI, parti néofasciste italien, utilisait l'expression , tandis que ses adversaires le désignaient simplement comme la , le mot n'ayant pas la même portée dans le vocabulaire politique italien : le terme était plutôt réservé, en Italie, aux groupes subversifs ou néonazis. L'appellation a été également utilisée par le Front national en France. En Autriche, le FPÖ, sous la présidence de Jörg Haider, préférait se décrire comme la opposée à la fois aux socialistes et aux conservateurs ; ses membres se présentaient comme des . Il sera donc question d’ à propos de la tendance activiste et protestataire issue directement des mouvements fascistes, nazis et racistes des années 1930 à 1960. Le terme de sera utilisé pour les partis constitués plus récemment autour de problématiques liées à la crise : chômage, immigration, identité nationale, etc. et qui mettent en œuvre des stratégies de prise de pouvoir électorale. En 2005, à partir d’une enquête menée dans cinq pays européens (Allemagne, Belgique, France, Italie, Pays-Bas) auprès de militants d’extrême droite, des chercheurs de l'Université libre d'Amsterdam résument les traits caractéristiques qui structurent leur identité politique : Les voies et moyens. Les moyens mis en œuvre par les partis ou organisations d'extrême droite sont divers : La base électorale de l'extrême droite reste avant tout les milieux populaires : petits commerçants, artisans, ouvriers, etc. Elle suit en effet une ligne « anti-élite » (voire parfois contre-révolutionnaire), se différenciant ainsi de la droite conservatrice et libérale. En France, par exemple, et selon la géographe Catherine Bernié-Boissard (coauteur du livre "Vote FN, pourquoi ?"), . Les partis d’extrême droite sont souvent accusés par l'opposition de jouer avec les peurs et les frustrations de couches populaires précarisées, notamment en érigeant l'étranger ou les jeunes de quartiers populaires en boucs-émissaires. Le sentiment d'insécurité est aussi un élément récurrent mis en avant dans ces discours. Selon une étude de l'Église réformée de France, l'électorat de l'extrême droite est majoritairement masculin, peu diplômé et anti-politique. Lors de l'élection présidentielle de 2017, le Figaro rend compte des profils socio-culturels des électeurs des différents candidats au premier tour. Si le score auprès des ouvriers et employés pour les alliés du second tour Dupont-Aignan et Le Pen dépasse les 40 %, le vote des cadres pour ces candidats est de 18 %, contre 33 % pour Macron, 20 % pour Fillon, 19 % pour Mélenchon, et 8 % pour Hamon. Caractéristiques générales. À partir du cas de la France, l'historien Michel Winock dans son ouvrage "Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France" (2004), donne les neuf caractéristiques suivantes aux mouvements d’extrême droite qui découlent du discours de la décadence, « vieille chanson que les Français entendent depuis la Révolution » : Les interprétations qu’il en donne sont de quatre ordres : Pour Jean-Yves Camus, dans un contexte de mondialisation et de montée des inégalités, l'extrême droite « s'impose plus que jamais comme principale force de contestation du consensus idéologique imposé par le modèle social ultralibéral ». Mais un anticapitalisme de façade était déjà, selon Alain Bihr, l'un des arguments démagogiques du fascisme. Étymologie contemporaine. L'extrême droite est composée de divers courants (convergents ou antagonistes) parmi lesquels : D'autres formations sont selon certains observateurs considérées comme d'extrême droite, mais cette classification peut être davantage controversée : Partis et mouvements par pays. Selon les pays et les contextes, le terme « extrême droite » est, de fait, utilisé pour trois types de visions ou de mouvances : La présence de ces mouvements par pays est aussi très variable. La situation des États-Unis, avec une extrême droite à l'influence marginale s'oppose ainsi à celles de plusieurs pays européens, (Autriche, Norvège, Danemark, Suède) où leur présence parlementaire est de plus en plus marquée. De façon intermédiaire, des pays tels que le Japon disposent de mouvements d'extrême droite non parlementaires, mais ayant une forte capacité d'influence sur le principal parti au pouvoir. Dans certains pays, comme l’Autriche, Israël et plus récemment la Norvège, l’extrême droite participe parfois aux coalitions gouvernementales avec la droite et le centre-droit, et possède donc à l’occasion des ministres. Au Danemark, l'extrême droite a, au début des années 2000, apporté son soutien à un gouvernement, sans toutefois y participer. Depuis 2000, une dizaine de pays européens ont connu des participations de l'extrême droite au gouvernement ou bien un soutien parlementaire à des gouvernements, pouvant être de centre-droit ou de centre-gauche : Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ), Parti national slovaque (SNS), Patriotes unis de Bulgarie, Parti pour la liberté des Pays-Bas (PVV), Parti populaire danois, Parti du Progrès norvégien, les Vrais Finlandais, Union démocratique du centre en Suisse, la Ligue du Nord italienne et l'Alerte populaire orthodoxe (LAOS) en Grèce. Si dans les années 1970, dirigeait une formation d'extrême droite en Suède (le Parti du Reich Nordique), c'est à partir du que les partis d'extrême droite et de droite populiste européens se féminisent, plusieurs de leurs figures de proue étant des femmes, comme Marine Le Pen (France), Siv Jensen (Norvège), Krisztina Morvai (Hongrie), Pia Kjaersgaard (Danemark), Anke Van dermeersch (Belgique), Alessandra Mussolini (Italie) ou encore Eléni Zaroúlia (Grèce). Ces personnalités et leurs partis respectifs ne se situent pas tous sur la même ligne politique, certains étant issus d'une droite radicale populiste, d'autres étant clairement fascisants. En France, l'extrême droite remonte à la deuxième moitié du et coïncide avec la fin de la monarchie. Parmi les idées caractéristiques des mouvements classés à l'extrême droite, ont figuré à titres divers notamment l'antiparlementarisme, l'islamophobie, l'antisémitisme, le nationalisme ou bien encore l'homophobie et le sexisme chez certaines personnes. Les mouvements actuellement classés à l'extrême droite en Europe sont souvent accusés de racisme et de xénophobie, en raison de leur hostilité générale à l'immigration et des positions ouvertement racistes revendiquées par certains d'entre eux. Banalisation. Nada Afiouni et Nicolas Guillet (enseignants-chercheurs en Normandie), dans leur ouvrage "Tentatives de banalisation de l'extrême droite en Europe", observent, ces dernières années, un phénomène tout sauf « anodin » de « dédiabolisation » de l'extrême droite en France ; une dédiabolisation qui s'opère aussi bien sur le plan formel où l'extrême droite « modifie [son] nom, [son] logo, [son] discours public, l'atténue, l'euphémise, se fait le porte-parole du bon sens populaire, emprunte des références aux autres familles politiques tout en [se dépouillant] des siennes » que sur le plan substantiel où elle devient « une force politique pérenne » et où « les partis politiques classiques, concurrenc[e] l’extrême droite sur son propre terrain, bris[e] les digues jusqu'à assurer des passerelles politiques à ses personnalités, à passer des accords électoraux avec elle ». Nada Afiouni et Nicolas Guillet constatent toutefois que ce phénomène de dédiabolisation reste « encore très partiel ». Ils relèvent, ainsi : « [qu']Anne-Sophie Leclère, candidate FN aux élections municipales de 2014 à Rethel, avait publié sur sa page Facebook un photomontage montrant d’un côté, un singe, de l’autre, Christiane Taubira, avec cette légende : « A 18 mois » et « Maintenant », qu’Aymeric Chauprade a tenu dans l’une de ses vidéos postées sur son site internet à la suite des attentats perpétrés en France contre Charlie Hebdo : « La France est en guerre, avec des musulmans (…). L’islam fait planer sur la France une menace très grave sur son avenir (…). On nous dit qu’une majorité de musulmans est pacifique. Certes. Mais une majorité d’Allemands l’étaient avant 1933 et le national-socialisme allemand » ou encore un tweet posté par Bruno Lemaire, conseiller économique auprès de Marine Le Pen, évoquant à la suite des attentats [contre Charlie Hebdo] la « secte de mohamerde » et amalgamant islam et terrorisme ». Les chercheurs constatent, en outre, qu'il n'est « nul besoin de [l’extrême droite] à la direction du pays pour voir une partie [de ses idées] mise en œuvre ou, du moins, pour voir des similitudes entre son programme et les actions des pouvoirs en place.» En ce qui concerne par exemple, « les obsessions sécuritaires, les pamphlets anti-Roms et antimusulmans, les débats officiels sur la patrie ». |
Exemples d'équations différentielles Cet article présente quelques exemples d'équations différentielles. Les équations différentielles sont utilisées pour résoudre des problèmes en physique, en ingénierie et dans plusieurs autres sciences. Équations du premier ordre. Une équation différentielle linéaire à variables séparables. Les équations différentielles les plus simples sont les équations linéaires homogènes du premier ordre. Par exemple, équation différentielle linéaire à variables séparables, de la forme : où est une fonction connue admettant des primitives. Une façon directe de la résoudre est de considérer, pour non nul, la forme avec les variables séparées : Par intégration, il vient alors : où est une constante arbitraire. Une équation différentielle linéaire à variables non séparables. Le cas plus général inclut des formes où les variables ne sont pas séparables, comme : où et sont des fonctions connues admettant des primitives. Une façon directe de la résoudre est de la réécrire avec un facteur intégrant : Ce qui donne, en remultipliant par le facteur dont on déduit la forme générale de la solution : Équations du second ordre. Une oscillation simple non amortie. Les mouvements périodiques dont on néglige les effets de frottement qui vont le ralentir (comme l'allongement du ressort à un temps ) peuvent être modélisés par l'équation différentielle suivante : Dont les solutions sont : Pour déterminer les constantes et , il faut utiliser les conditions initiales qui permettent de décrire l'état du système à un instant donné (correspondant en général à ). Par exemple si nous supposons qu'à l'instant , l'extension du ressort est d'une unité de longueur (), et la masse est immobile (). Nous pouvons en déduire d'où l'on déduit . et donc . En conséquence formula_12 est solution de l'équation différentielle étudiée. Plus souvent en physique pour les oscillations simples non amorties, on utilise une solution de la forme : avec étant l'amplitude et la phase. Pour l'exemple cité on procède : Ce qui donne et par conséquent . D'où le résultat formula_16 La solution la plus générale en fonction de conditions initiales quelconques et formula_17 est donnée par l'équation : Prise en compte de l'amortissement. Le modèle précédent négligeait les forces de frottement. De ce fait l'oscillation libre pouvait durer indéfiniment, ce qui n'est jamais observé en réalité. Les frottements sont en général une force proportionnelle à la vitesse () et opposée au mouvement. En rajoutant ce terme notre équation différentielle devient : Ceci est une équation différentielle linéaire à coefficients constants, homogène et du second ordre, que nous pouvons résoudre. En cherchant une solution de la forme particulière , nous constatons que doit vérifier l'équation caractéristique suivante : On revient ainsi à l'étude d'une équation du second degré. Si nous avons deux racines complexes conjuguées (de la forme ), et la solution (avec les conditions initiales identiques au cas précédent) a la forme suivante : Nous pouvons démontrer que . Le système étudié (le pendule pesant dans le référentiel terrestre supposé galiléen) est le siège d'oscillations libres amorties. Ce sont les positions du centre d'inertie de la masse, en fonction du temps, avec correspondant à une position d'équilibre. NB : la courbe présente une allure proche d'un régime critique : la position d'équilibre est à peine franchie, et on ne compte guère plus d'une pseudo-période d'oscillations. |
Émile Durkheim David Émile Durkheim, dit Émile Durkheim, né le à Épinal et mort le à Paris, est un sociologue français considéré comme l'un des fondateurs de la sociologie moderne. En effet, si celle-ci doit son nom à Auguste Comte à partir de 1848, c'est grâce à Durkheim et à l'École qu'il formera autour de la revue "L'Année sociologique" (1898) que la sociologie française a connu une forte impulsion à la fin du et au début du . Formé à l'école du positivisme, Durkheim définit le « fait social » comme une entité "sui generis" (voir section "Sociologie"), c'est-à-dire pour lui en tant que totalité non réductible à la somme de ses parties. Cette définition lui permet de dissocier l'individuel du collectif et le social du psychologique, et de fonder logiquement les conditions de possibilité d'une action contraignante de la société sur les individus. « Extériorité, étendue et contrainte caractérisent le fait social » : cette thèse fit de lui le véritable fondateur de la sociologie en tant que discipline autonome et scientifique. Durkheim est à l'origine de plusieurs termes qui sont aujourd'hui très répandus, comme anomie et conscience collective. L'apport de Durkheim à la sociologie est fondamental, puisque sa méthode, ses principes et ses études exemplaires, comme celle sur le suicide ou la religion, constituent toujours les bases de la sociologie moderne. Toutefois, l'apport de son œuvre va bien au-delà de cette discipline et touche presque toutes les disciplines dans les sciences humaines, dont l'anthropologie, la philosophie, l'économie, la linguistique, et l'histoire. Biographie. Années de formation. David Émile Durkheim, bien que fils de rabbin, est agnostique. Il entre à l'École normale supérieure où il est reçu septième à l'agrégation de philosophie en 1882. Jeune agrégé, il est envoyé en Allemagne, où il est marqué par le fonctionnement des universités allemandes, et par des philosophes sociaux qui s'intéressent au rôle de l'État moderne. Par la suite, il enseigne la philosophie aux lycées du Puy (octobre 1882), de Sens (novembre 1882), de Saint-Quentin (février 1884), de Troyes (1885). Cette éducation lui permet de s'inscrire dans une double tradition culturelle, judaïque et classique. Il devient enseignant universitaire et est notamment chargé des cours de pédagogie et de sciences sociales à l'université Bordeaux en 1887 ; dans cette ville où Montesquieu est si reconnu, il écrit en 1892 sa thèse latine "Quid Secundatus politicae scientiae instituendae contulerit" et devient ainsi docteur ès lettres en 1893, puis il devient professeur de cette université en 1896. Il rencontre des hommes comme Henri Bergson ou Jean Jaurès, et décide de défendre Dreyfus. Carrière universitaire. C'est à Bordeaux qu'il commence la rédaction de ses ouvrages de sociologie. Durkheim dispute alors l'hégémonie intellectuelle sur la discipline naissante face à Gabriel Tarde (1843-1904), bénéficiant d'une renommée internationale, mais ne constituant aucune école, et face à René Worms (1869-1926) qui créa en 1893 la "Revue internationale de sociologie" puis l'année suivante l'Institut international de sociologie. Pourtant, l'École durkheimienne s'impose grâce à des idéaux intellectuels et institutionnels. À Bordeaux, Durkheim a publié plusieurs œuvres, dont "De la division du travail social" (1893), "Les Règles de la méthode sociologique" (1894), et "Le Suicide" (1897). Il a également fondé en 1898 une revue des sciences sociales intitulée "L'Année sociologique". En 1902, Durkheim est chargé de cours à la faculté des lettres de l'université de Paris. En 1906, il y enseigne la science de l'éducation et en 1913, il est professeur de science de l'éducation et sociologie. Il est également professeur des Écoles normales qui forment les instituteurs de la République : c'est lui qui impose la sociologie comme discipline universitaire. C'est à cette époque qu'il publie "Les Formes élémentaires de la vie religieuse" (1912), ainsi que plusieurs autres articles. Le traumatisme de la Première Guerre mondiale. Dès le début de la Première Guerre mondiale, Durkheim rejoint l'Union sacrée et devient secrétaire du Comité d'études et de documentation sur la guerre, présidé par Ernest Lavisse. Les fruits de cette collaboration sont des analyses psycho-sociales du culte allemand pour la toute-puissance expansionniste de l'État, telle "L’Allemagne au-dessus de tout" (1915). Dans une « Lettre aux Français » rédigée par leurs soins, l'historien Gérard Noiriel souligne que « la théorie des représentations collectives que Durkheim avait construite pour expliquer le caractère universel de l'esprit humain est transformée en un pamphlet nationaliste » traitant de la « mentalité allemande », « rendue responsable du cataclysme ». Son fils André meurt au combat en décembre 1915. Durkheim sombre alors dans une grande tristesse, qui explique en partie son décès précoce. Il meurt le en son domicile, au , avenue d'Orléans dans le de Paris et est inhumé au cimetière du Montparnasse (). Son œuvre majeure, "La Morale", reste inachevée, avec juste une introduction provisoire. Opinions politiques. Politiquement, Durkheim est resté assez discret. Il connaissait les idées de Karl Marx. Cependant il a rejeté son œuvre, qu'il considérait trop dogmatique et peu scientifique, ainsi que le marxisme, qu'il trouvait trop réactionnaire, violent, et conflictuel. Il fut un dreyfusard de la première heure, membre fondateur de la Ligue pour la défense des Droits de l’Homme. Toutefois il se refusa à influencer ses étudiants sur l’innocence ou la culpabilité du capitaine. Ami de Jean Jaurès, le sociologue défendit parfois des thèses socialistes-réformistes. Père fondateur de la sociologie française. Durkheim apparaît pour beaucoup comme le père fondateur de la sociologie française. En effet, s'il ne fut pas le premier sociologue en France, il fut le premier à s'engager pour faire de la sociologie une discipline autonome, se distinguant des autres sciences sociales concurrentes, comme la psychologie et la philosophie. Il a fondé le premier département de sociologie à l'Université de Bordeaux, dans les années 1890. Tout d'abord, il œuvre à asseoir la sociologie comme indépendante, institutionnellement parlant. Ainsi il écrit en ouverture de son cours de science sociale en 1888 que "le seul moyen de démontrer que la sociologie est possible, c'est de faire voir qu'elle existe et qu'elle vit""." Il va alors profiter de son statut de professeur pour commencer la diffusion d'un esprit sociologique dans des cours à l'université comme sur la famille, la solidarité sociale, le suicide, la sociologie criminelle, le socialisme, la religion, la pédagogie ou l'histoire de la sociologie. C'est toujours dans cette optique que Durkheim fonde la revue "L'Année sociologique" en 1898. Cette revue permit à Durkheim de fédérer une école autour de lui tout en y diffusant les textes fondamentaux des sciences sociales de l'époque. Ainsi, Durkheim, par ses cours et sa revue, pose les bases d'une sociologie française comme science autonome comprenant des cours, un objet, une revue et une démarche spécifique. De plus, il est l'auteur de célèbres ouvrages de sociologie tels que : Influences Intellectuelles. Deux des plus importantes influences pour Durkheim sont Auguste Comte et Herbert Spencer. Le premier voulait appliquer la méthode scientifique des sciences naturelles aux sciences sociales, et le second développa une approche utilitariste évolutionnaire pour étudier la société humaine. Durkheim fut influencé par le positivisme de Comte, ainsi que par son approche scientifique de l'humanité, par lequel Comte appliqua la méthodologie des sciences dures à l'étude des sociétés humaines. Durkheim, par contre, développera une méthode complètement nouvelle et spécifique à la société. À Spencer, Durkheim emprunta des éléments de fonctionnalisme et d'analogie organique. Néanmoins, Durkheim est très critique des deux, à cause de ce qu'il considérait comme des assomptions métaphysiques, qui se trouvent, selon lui, dans leurs modèles unilinéaires d'évolution sociale. Il faut mentionner aussi Alfred Espinas, l'auteur de "Les Sociétés Animales" (1877). Durkheim a remarqué que ce livre était le premier à élaborer une science des faits sociaux. Durkheim a été également influencé par ses professeurs à l'École Normale Supérieure, dont Émile Boutroux, avec lequel Durkheim a lu Comte, et Gabriel Monod, et Numa Denis Fustel de Coulanges, qui l'ont introduit à des méthodes empiriques et comparatives pour étudier l'histoire. Charles Renouvier a été très important aussi, car il a formé en large mesure les vues de Durkheim sur Kant. Entre 1885 et 1886, Durkheim passa une année scolaire en Allemagne, ou il rencontra Fred Wagner, Gustav Schmoller, Rudolph von Jehring, Albert Schäffle, et Wilhelm Wundt. Ces penseurs étudiaient la moralité d'une manière scientifique en mettant l'accent sur l'aspect social de la moralité. Wundt a peut-être été le plus important pour Durkheim car, comme ce dernier le fera plus tard, Wundt rejetait l'individualisme méthodologique et argumentait que la moralité est un phénomène "sui generis". Ensemble, ces penseurs fournirent les bases de la théorie du réalisme social que Durkheim développera plus tard, en critiquant la vision utilitaire (voir de Spencer) de la morale qui voit l'origine de la moralité dans l'intérêt rationnel de l'individu. D'autres penseurs ont été importants pour la pensée de Durkheim. Il a écrit sur Rousseau et Montesquieu, qu'il considère comme les précurseurs de la pensée sociologique. L'anthropologue William Robertson Smith influence sa pensée sur la religion. Des philosophes comme Kant, Platon, William James, et Descartes l'influencent aussi. Réception de Durkheim. La réception de la pensée de Durkheim est assez mitigée. D'un côté, son œuvre sociologique et anthropologique est largement connue et célébrée, même si elle reste également critiquée à plusieurs reprises. Dans la sociologie et l'anthropologie, Durkheim a influencé plusieurs membres de son équipe de recherche, incluant Marcel Mauss (son neveu), Paul Fauconnet, Célestin Bouglé, et Lucien Lévy-Bruhl. D'autres penseurs, comme Maurice Halbwachs, Talcott Parsons, Alfred Radcliffe-Brown, Gustave Belot, et Claude Levi-Strauss ont également été profondément marqués par l'œuvre de Durkheim. Plus récemment, des théoriciens sociaux, comme Steven Lukes, Robert Bellah, et Pierre Bourdieu, ont reconnu l'appui de Durkheim sur leur pensée. De l'autre côté, ses contributions à la philosophie sont encore largement négligées. Dans un long article intitulé "Sociologie et philosophie en France depuis 1945 : mort et résurrection de la philosophie sans sujet", Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron examinent le legs méconnu de Durkheim non seulement dans les sciences sociales, mais aussi dans la philosophie. Ils notent que plusieurs philosophes ont manqué de voir l'importance philosophique de la sociologie de Durkheim ou ont été ouvertement hostiles à son œuvre, et pas forcément pour des raisons légitimes. En conséquence, les idées de Durkheim qui ont une importance philosophique et qui sont très présentes dans les sciences humaines ne sont pas reconnues en tant que telles. Elles sont, donc, entrées dans le jeu inconsciemment. Comme les auteurs disent, « toutes les sciences sociales vivent dans la maison du Durkheimisme, à leur insu, pour ainsi dire, parce qu'elles y sont entrées à l'envers ». Malgré cette réception philosophique muette, plusieurs philosophes ont reconnu l'influence de Durkheim sur leur propre pensée, dont Henri Bergson et Emmanuel Levinas, et plus récemment Charles Taylor. Durkheim contre Searle. La méconnaissance de l'œuvre de Durkheim de la part des philosophes existe encore aujourd'hui. Cela peut se voir dans un échange animé entre John Searle, un philosophe analytique renommé, et plusieurs sociologues, dont Neil Gross et Steven Lukes. En fait, Neil Gross estime que le livre, "La construction de la réalité sociale" (1998) de Searle, n'avance pas la théorie sociale beaucoup plus loin qu'avait déjà fait Durkheim il y a presque un siècle. En effet, Searle prend presque les mêmes positions et introduit presque les mêmes concepts que Durkheim, dont l'idée de représentations collectives, le concept d'institution sociale, le concept de fait social, ou l'idée que la société est une réalité "sui generis". Ainsi, Gross déclare que le livre de Searle a des racines durkheimiennes et qu'il constitue un durkheimisme reconstruit et non reconnu. En réponse, Searle a écrit un article dans lequel il critique Durkheim violemment, et réfute tout lien entre lui et Durkheim. Searle déclare que l'œuvre de Durkheim est encore pire que ce qu'il pensait à l'origine. En réponse aux accusations de Searle, Steven Lukes défend Durkheim et contredit chacun des points de critique de Searle. Il attribue la faiblesse de la critique de Searle en partie à une erreur de lecture, mais aussi à une ignorance de l'intégralité des textes de Durkheim ; Searle avoue que sa lecture de Durkheim est limitée au premier chapitre des "Règles de la méthode sociologique", au "Division du travail social", et à l'article, « Représentations individuelles et représentations collectives ». L’Étude de la société. La Société. Selon Durkheim, la sociologie serait « la science des institutions, de leur genèse et de leur fonctionnement ». Pour lui, une institution veut dire, « toutes les croyances et tous les modes de conduite institués par la collectivité ». Or, avant de pouvoir étudier des institutions sociales, il faut savoir en quoi elles consistent exactement. Répondre à cette question revient à se demander ce qu’est précisément la société même. Pour Durkheim, une société n’est pas un groupe d’individus qui habitent dans le même endroit géographique, elle est « avant tout un ensemble d’idées, de croyances, de sentiments de toutes sortes, qui se réalisent par les individus ». Elle indique une réalité qui est produite quand des individus agissent l’un sur l’autre, ce qui résulte dans la fusion des consciences individuelles. Cette réalité est "sui generis", c’est-à-dire qu’elle est irréductible à ses parties composantes. Elle est plus que la somme de ses parties et est d'un ordre complètement différent des parties dont elle est composée. La société et les phénomènes sociaux ne peuvent être expliqués que dans des termes sociologiques. Les termes biologiques ou psychologiques sont insuffisants, et les faits sociaux ne peuvent pas être réduits aux formes matérielles d’une société et ses nécessités vitales, comme est fait dans le matérialisme historique. Pour mieux déterminer et analyser le contenu de cette réalité psychique, Durkheim invente le concept de fait social. Les faits sociaux sont essentiels, puisqu’ils constituent et expriment la conscience collective d’une société. Le fait social. Voici comment Durkheim définit un fait social. Selon Durkheim, les faits sociaux ont une réalité objective qui peut être étudiée comme un physicien étudie le monde physique. Il faut ajouter un corollaire important à cette définition et rappeler que les faits sociaux sont aussi "internes" aux individus, et qu’il n'y a qu'à travers les individus que les faits sociaux peuvent exister. Comme les faits sociaux sont extérieurs à l'individu et doivent être expliqués « par les modifications du milieu social interne et non pas à partir des états de la conscience individuelle » afin de ne pas confondre les faits sociaux avec d'autres variables telles que la psychologie du sujet, son contexte familial, culturel, etc., ces faits sociaux existent sans que nous ayons nécessairement conscience ni de leur existence ni de leur autonomie. En effet, un fait social peut être indépendant de l'individu, les fait sociaux existent « indépend[amment] de [leurs] manifestations individuelles ». Le fait social s'impose à l'individu, qu'il le veuille ou non, et non le contraire. Il correspond à un système de normes établies pour et par la société et n'est que rarement modifiable autrement que par un bouleversement social ; l'homme acquiert nombre d'entre elles dès le début de son éducation et tend à en intérioriser une grande partie. L'éducation détient le rôle d'institution socialisante par excellence, elle fait de l'enfant un être social. Puisque présent dès l'enfance, le caractère contraignant des faits sociaux se fait moins évident et devient une habitude : c'est le principe même de la socialisation. Un des critères pour reconnaître les faits sociaux consiste à déterminer la résistance au changement d’une chose : « on reconnaît principalement un fait social à ce signe qu'elle ne peut pas être modifiée par un simple décret de la volonté ». Ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas changer, mais il faut un effort laborieux pour le faire. Cette qualité des faits sociaux est liée à leur "caractère contraignant" qui se voit à travers diverses institutions sociales, qu'elles soient formelles ou non : on peut prendre les exemples du code juridique qui condamne le vol, d'un homme d'affaires qui doit bien s'habiller ou risquer une sanction de son supérieur, ou encore des moqueries et des regards amusés que peut recevoir un individu qui ne se conforme pas aux normes quotidiennes... Un autre moyen pour déterminer un fait social consiste en l’usage de statistiques, qui permettent de neutraliser les variations entre individus et finalement d'étudier une moyenne qui, pourtant, ne sera pas apparente dans la société, ceci à cause des variables précédemment citées. Le fait social représente donc « un certain état de l'âme collective ». En exposant le concept du fait social, Durkheim présente comment la société, par l'intermédiaire des faits sociaux, influence la manière de penser et d'être d'un individu. Bien qu’au début de sa carrière, Durkheim se concentrait principalement sur la nature contraignante, et donc négative, des faits sociaux, il privilégia peu à peu, dans ses œuvres plus tardives, le côté positif des faits sociaux, c’est-à-dire leur nature libératrice. Comme Steven Lukes a noté, loin d’être des instances de « coercition » ou de « contraintes », les faits sociaux que Durkheim explore, par exemple, dans "Les Formes", montrent comment des individus sont amenés à penser ou à sentir d’une certaine manière, à connaître et à valoriser certaines choses, et à agir en conséquence. Dans ses œuvres matures, le mot ‘contraint’ n’est même plus présent. À travers son œuvre, Durkheim montre comment faire une analyse sociologique des faits sociaux. Dans "Division", il examine comment la démographie et la technologie des transports et de la communication peuvent changer la conscience collective d’une société. Durant son étude "Le Suicide", Durkheim cherche à prouver que ce fait social, qui peut sembler si dépendant de notre volonté, de notre liberté d'action, dépend également de facteurs sociaux. Durkheim cherche, à travers ce célèbre ouvrage, à trouver ces facteurs. Dans "Les Formes", il analyse la religion, la pensée logique et la langue comme des faits sociaux d’origine sociale. Il étudie également la moralité comme fait social à plusieurs reprises, notamment dans son article « La Détermination du fait moral » (1906). La méthode sociologique. Après avoir expliqué ce qu’est un fait social, Durkheim introduit des règles pour leur étude, la première et plus importante étant de traiter les faits sociaux comme des choses. Effectivement, l'étude du fait social en tant qu'objet n'a pas pour intention de le ramener à un sujet purement matériel, mais plutôt de lui donner une forme concrète afin d'éviter un glissement vers une sociologie spontanée et subjective. Il faut avant tout définir le fait social objectivement pour donner une légitimité à son étude, le distinguer de l'idée. Pour instaurer cette nouvelle discipline qu'est la sociologie, Durkheim exprime sa volonté d'installer une méthodologie spécifique garantissant sa scientificité et sa spécificité. « Il n'y a, en effet, qu'un moyen de faire en science, c'est de l'oser, mais avec méthode » ("De la Division du travail social"). Un point important de l'étude sociologique est l'objectivité du sociologue : comment étudier un objet qui, dès le départ, conditionne l'observateur ? L'observation doit être la plus impersonnelle possible, se débarrassant de ses préjugés pour éviter toute déformation perceptive, mais ne le sera jamais parfaitement. C'est pourquoi la méthode de Durkheim s'appuie sur la comparaison plutôt que sur l'étude d'un fait social pris indépendamment (méthode de comparaison, avec méthode des variations concomitantes ) : le fait social sera étudié en fonction des autres faits sociaux et non en fonction de la personne qui l'étudie. De plus Durkheim, suivant un programme de réalisme social, étudiera tout fait social par le social, sans s'appuyer sur une étude psychologique des acteurs alors soumis aux contraintes sociétales. Émile Durkheim reprend ce modèle de physiciens comme Henri Poincaré ou Ernst Mach, dans la logique qu'un fait social est un objet. Il n'apporte pas de procédures de recherche précises pour la sociologie, et son application se fait à l'aide de métaphores. Malgré cela, ce modèle sera appliqué jusqu'à aujourd'hui. Le Réalisme social de Durkheim. Une importante partie de la méthode sociologique de Durkheim est son réalisme social. Ceci consiste en ce que la société est une entité objectivement réelle qui existe indépendamment et de façon autonome aux individus particuliers, un avis démontré parfaitement par sa prescription de traiter les faits sociaux comme des choses. Cependant, cette dimension de la sociologie de Durkheim a pu être source de confusion. Plusieurs critiques ont accusé Durkheim d'affirmer que les faits sociaux existent indépendamment et en dehors de "tous" les individus, ce qui les a amenés à croire que Durkheim préconisait l’existence d’une sorte d’‘esprit de groupe’ métaphysique. D’autres critiques ont soulevé que Durkheim était coupable d’un ontologisme ou d’un réalisme dans lequel il considérait les faits sociaux comme des propriétés matérielles de la vie sociale. En réponse à ces critiques, il faut se souvenir que les faits sociaux sont à la fois externes et "internes" aux individus ; ils sont externes aux individus particuliers, mais il faut ajouter, comme faisait Durkheim de plus en plus, internes aux individus aussi. Seulement au niveau méthodologique, afin d’étudier les faits sociaux du dehors, comme ils se présentent à l’individu, le sociologue abstrait les faits sociaux des individus dans lesquels ils sont présents. En réponse à l'autre critique, Durkheim maintient que les faits sociaux, en tant que manifestations d’une réalité psychique, ou idéationnelle, n’ont pas de substratum matériel. Ils ne peuvent être observés que par la réalité phénoménale, plus ou moins systématisée, qui les exprime. La sociologie de la connaissance. Durkheim est un pionnier de la sociologie de la connaissance. Il décrit l'individu comme influencé de manière importante par son milieu social, jusqu'à sa perception de réalité. Par exemple, son livre "Les Formes élémentaires de la vie religieuse", analyse non seulement la religion mais aussi la genèse de la pensée logique. Selon lui, non seulement nos croyances et langue viennent du milieu social, mais les concepts et les catégories nécessaires pour la pensée logique, comme le temps, l’espace, la causalité, le nombre, ont des origines sociales. En cela, l'analyse de Durkheim est au moins cinquante ans en avance par rapport à des philosophes structuralistes français tels que Michel Foucault, auquel la théorie de Durkheim peut être rapprochée sur de nombreux points. Une première tentative de comprendre cette influence sur la pensée doit passer par son concept de "représentations collectives", un des plus importants concepts dans sa sociologie de la connaissance. Représentations collectives. D’après Durkheim, aucune connaissance du monde n’est possible sans le représenter d’une manière ou autre. Naturellement, les représentations sont au cœur de sa théorie de connaissance. Les représentations collectives sont le corps de représentations qui exprime la façon dont le groupe se pense dans ses rapports avec les objets qui l'affectent. Cependant, bien qu’elles soient des représentations, les représentations collectives ne sont pas des simples reflets de la réalité : « [u]ne représentation n'est pas, en effet, une simple image de la réalité, une ombre inerte projetée en nous par les choses ; mais c'est une force qui soulève autour d'elle tout un tourbillon de phénomènes organiques et psychiques ». Les représentations collectives sont infusées avec l’expérience collective de la société, ce qui donne aux choses leur valeur et leur signification. La Philosophie du langage de Durkheim. La langue est une représentation collective et pour Durkheim un fait social de premier plan. Selon Durkheim, les mots, ou les concepts, ne sont pas comme des représentations sensorielles individuelles, qui sont en flux constant et qui ne sont pas capables de donner une pensée stable et consistante. Les concepts sont impersonnels, ils sont comme en dehors du temps et du devenir, et la pensée qu’ils génèrent est fixée et résiste au changement. En conséquence, la langue est aussi la première intuition du règne de la vérité, puisque c'est à travers la langue que les individus peuvent concevoir un monde d’idées stables qui sont communes à d’autres esprits. La langue conforme, donc, aux deux critères de la vérité que Durkheim présente : l’impersonnalité et la stabilité. Ces deux critères sont aussi précisément ce qui permet la communication intersubjective. La langue est, donc, évidemment un produit "sui generis" de l’interaction sociale ; la langue ne peut venir en existence qu’à travers la fusion de consciences individuelles, avec un résultat irréductible aux parties composantes. Puisque la langue a ces qualités, elle est aussi infusée avec l’autorité de la société. Face à la langue, l’individu est contraint d'assimiler les concepts et de les approprier comme les siens, bien que cette assimilation ne soit jamais parfaite. Durkheim dit : « En face de ce système de notions, l'esprit individuel est dans la même situation que le nous de Platon en face du monde des Idées. Il s'efforce de se les assimiler, car il en a besoin pour pouvoir commercer avec ses semblables ». La langue, en tant que représentations collectives, a en outre la qualité unique qu’elle structure activement la perception de la réalité d’un individu. Comme dit Durkheim, les objets de l’expérience n’existent pas indépendamment de la société qui les représente. Ils n’existent qu’à travers la relation qu’ils ont avec la société, une relation qui peut révéler des aspects de la réalité très différents en fonction de la société. Comme nous explique Durkheim : Durkheim et les catégories. Selon Durkheim, la société est aussi à l’origine des catégories de la pensée, comme le temps, l’espace, le nombre, la causalité, la personnalité, etc. Durkheim est très critique à l’égard des rationalistes, comme Kant, qui disent que les catégories sont universelles, indépendantes des influences externes—qu’elles sont présentes à l’humanité "a priori", ou logiquement antérieures à l’expérience. Pour Durkheim, les catégories ne sont pas vagues et indéterminées comme avait imaginé Kant. Elles ont des formes et des qualités spécifiques (minutes, semaines, nord, sud, pouces, kilomètres). Les catégories, en outre, varient, parfois beaucoup, d’une culture à l’autre, ce qui amène Durkheim à croire qu’elles sont d’origine sociale. Or, Durkheim est également critique des empiristes, qui disent que les expériences individuelles sont à l’origine des catégories. D’après Durkheim, les catégories ont les mêmes propriétés que les concepts, c’est-à-dire stabilité et impersonnalité, ce qui est nécessaire pour la rencontre de deux esprits. Les catégories ont donc une fonction purement sociale et sont le produit de l’interaction sociale. Les individus ne pourraient jamais créer leurs propres catégories. Durkheim cherche donc à réconcilier cette opposition entre les rationalistes et les empiristes en expliquant la raison sans oublier les données empiriques. Pour ainsi faire, il traite les catégories comme des représentations collectives. Comme dit Durkheim, les catégories sont les produits "sui generis" des individus qui vivent ensemble et qui agissent l’un sur l’autre. Ils s’imposent aux individus, qui n’auraient pas la possibilité de penser les catégories autrement. Encore plus, Une autre catégorie, celle de la totalité, a des origines sociales, provenant de l'idée de l'ensemble d'un groupe, ou d'un groupe dans sa totalité. Cependant, cette partie de la théorie de Durkheim a un défaut. Durkheim ne distingue pas entre les facultés de la pensée catégorique, comme la catégorie de l'espace, et le contenu de ces facultés, sa division en unités (mètre, inch, etc.). Selon Durkheim, la faculté et le contenu de la pensée catégorique ne sont pas séparables. C'est pourquoi, Durkheim manque de voir les capacités innées pour la pensée catégorique ou logique. Malgré cela, l’idée selon laquelle l’organisation de la société et la vie sociale influencent la formation des catégories a eu une influence certaine sur la postérité. La Classification du savoir. La société joue aussi le rôle important dans la construction du savoir humain en ce qu’elle organise les objets de l’expérience dans un système classificatoire cohérent. Ces systèmes donnent l’ordre au monde car, dans ces systèmes classificatoires, il devient possible de « rattacher les choses les unes aux autres », c’est-à-dire de « rétablir entre elles des relations qui nous les fassent apparaître comme fonction les unes des autres, comme vibrant sympathiquement suivant une loi intérieure, fondée dans leur nature ». Encore plus, Durkheim dit que c’était à travers la religion que les premiers systèmes classificatoires étaient mis en place, dans la forme des mythes. La religion est donc le premier endroit où les êtres humains pouvaient expliquer rationnellement le monde autour d’eux. Pour ces raisons, Durkheim dit que « l’évolution logique est étroitement solidaire de l’évolution religieuse et dépend, comme cette dernière, de conditions sociales ». Durkheim dit, en essence, que la religion est à l’origine de tout savoir humain. Cela peut paraître bizarre pour la science moderne, qui se croit indépendante de toute influence religieuse. Or, c’est, en effet, à travers la religion que la logique et les concepts nécessaires pour la pensée scientifique ont pris forme et ont été élaborés. La Philosophie de la science de Durkheim. Durkheim peut être vu comme étant un relativiste culturel. Il dit que chaque culture a un réseau de logique et de concepts autoréférentielle qui créent des vérités qui sont légitimes et, même si pas fondées dans la réalité du monde physique, fondées dans la réalité de leur cadre social respectif. Les vérités de ce genre sont des « vérités mythologiques ». Pourtant, Durkheim défend aussi le rationalisme scientifique et l’idée qu’il existe une vérité indépendante aux contextes culturels et qui exprime la réalité « en soi ». Cette vision est principalement élaborée dans son "Pragmatisme et sociologie", mais aussi dans "Les Formes". Ces « représentations scientifiques » qui expriment les vérités scientifiques, sont soumises à une vérification plus rigoureuse, et donc sont plus parfaites et fiables, même si les représentations qui les expriment ne seront jamais qu’approchées. La Théorie de la religion de Durkheim. Définition de la religion. Durkheim consacre "Les formes élémentaires de la vie religieuse" à une étude de la religion. En le faisant, il propose d'étudier la religion comme fait social. Suivant sa méthode, il définit la religion ainsi : Durkheim évite le mot Dieu dans sa définition, préférant le concept d'objet sacré. Les objets sacrés sont au cœur de toute religion, mais ils ne font pas nécessairement allusion à une force surnaturelle, comme le serait un Dieu (par exemple, les quatre nobles vérités sont, au sens de Durkheim, des objets sacrés pour les bouddhistes). D'autres objets physiques, comme une plume, un drapeau, une croix, ou une pierre, peuvent être infusés de ce pouvoir collectif et ainsi servir comme représentations physiques de l'objet sacré d'une société, devenant sacré dans cette manière. Cette définition contient également les concepts de sacré, église, rites, et communauté morale que nous voyons dans sa définition de la religion. Il est aussi important de noter l'importance du social dans sa définition de la religion. Effectivement, Durkheim lutte contre des interprétations animistes ou naturalistes de la religion. Les animistes trouvent l'origine de la religion dans les phénomènes psychologiques, comme les rêves, une thèse défendue par Spencer. Les naturalistes trouvent l'origine de la religion dans la tentative d'expliquer les événements naturels (orages, tremblements de terre) par des forces surnaturelles, une thèse défendue par Edward Tylor, et James Frazer, et plus tard par Sigmund Freud. Durkheim argumente que ces interprétations sont apprises socialement, et ne sont que le résultat d'une religion déjà établie, pas sa cause. Pour réfuter la thèse naturaliste, Durkheim note également que la foi à la religion se maintient, même quand la religion exprime les forces naturelles d'une manière erronée, ou, bien quand elle est contredite par les faits naturels. La cause de la religion doit donc se trouver ailleurs. Les origines et le fonctionnement de la religion. D'après Durkheim, la religion trouve ses origines dans des forces sociales qui sont toujours présentes dans une communauté. Il ne s'agit pas, donc, de chercher l'origine ultime de la religion (une question métaphysique inutile selon lui), mais de chercher comment ces forces sociales peuvent se traduire par la forme concrète qui est la religion. Selon Durkheim, ces forces sociales se concrétisent dans des moments de ce qu'il nomme « effervescence collective ». Ces moments arrivent quand tous les individus d'un groupe sont rassemblés pour communiquer « dans une même pensée et dans une même action ». « Une fois les individus assemblés il se dégage de leur rapprochement une sorte d’électricité qui les transporte vite à un degré extraordinaire d’exaltation ». Durkheim appelle cette énergie « mana ». On peut voir aujourd'hui cette force mana dans les stades de football ou lors des réunions nationales politiques. Ensuite, pour que la société puisse prendre conscience de cette force mana, il faut qu'elle soit projetée sur un objet extérieur, matériel. Comme il dit, « La force religieuse n’est que le sentiment que la collectivité inspire à ses membres, mais projeté hors des consciences qui l’éprouvent, et objectivé. Pour s’objectiver, il se fixe sur un objet qui devient ainsi sacré ». Ainsi, la société devient consciente de soi, de sa propre unité, et une religion est née. Il est important de comprendre que le symbole religieux ne fait qu'hypostasier la force de la société, et le pouvoir de la société coule à travers l'objet sacré. Cette force est réelle, souligne Durkheim, et donc, même si le dogme ou la doctrine de la religion sont faux, l'expérience religieuse est fondée sur une force physique, une sorte d'électricité que nous ne pouvons pas écarter comme une simple illusion. L'énergie collective dégagée pendant ces moments d'effervescence doit être ranimée pour que la religion maintienne sa force parmi ses adhérents. C'est pour cette raison qu'il y a tellement de rites religieux ou d'autres cérémonies collectives, comme les rites mimétiques (induire les événements naturels tels que la pluie), les rites piaculaire (funéraire), célébratoire, sacrificiel, etc. Si la société n'arrive pas à accomplir ces rites, elle risque de mourir. Comme dit Durkheim, « Que l’idée de la société s’éteigne dans les esprits individuels, que les croyances, les traditions, les aspirations de la collectivité cessent d’être senties et partagées par les particuliers, et la société mourra ». Ces rites sont, donc, d'ordre primaire pour la société. Tous les groupes humains ont une religion, ce qui mène Durkheim à dire que la religion est une caractéristique de la condition humaine. Autrement dit, aussi longtemps que l'homme se trouve rassemblé en groupe, il va se former une religion d'une certaine forme. La mort des dieux. Dans presque toute l'œuvre de Durkheim, une des thématiques les plus importantes est celle du malaise dont la société occidentale a souffert aux . Il note, déjà dans "De la division du travail social" les transformations majeures et rapides qui ont marqué la société européenne depuis plus d'un siècle. Cela inclut non seulement la montée de la science moderne, mais aussi l'industrialisation, l'urbanisation de la population et des transformations dans la communication et le transport (chemins de fer, téléphone, machine à vapeur, etc.) qui arrivent à rendre la population beaucoup plus mobile. Cela donne à la modernité des conditions de vie radicalement différentes de celles qui précédaient. Ces transformations mènent, suivant Durkheim, à . Il indique que la religion chrétienne ne tient plus la société occidentale en forme et que la vie moderne dépasse de loin la doctrine du christianisme. Il dit ainsi : Les normes, la moralité, et la métaphysique chrétiennes n'ont plus de sens et ne nous inspirent plus. Il s'agit, alors, d'une crise de moralité importante, dont d'autres auteurs (comme Nietzsche, par exemple) parlent. Cette situation laisse la société sans centre fixe, sans autorité, et dans un état de désagrégation. Elle est vulnérable à un taux de suicide plus élevé, un individualisme sans freins, et à un sentiment plus aigu d'anomie, ou de nihilisme, dans lequel . Montée de l'individualisme : le culte de l'individu. Durkheim voit dans la mort des anciens dieux l'avènement de nouvelles formes de vie religieuse. Durant le , la société occidentale connaissait une forte division du travail, la croissance des villes, l'industrialisation, ce qui a eu l'effet d'individualiser de plus en plus la population. Cette individualisation, que Durkheim nomme « le culte de l'individu », a comme objet sacré (son dieu) l'individu. Important pour le concept d'individu de Durkheim, c'est que « c'est celui de Kant et de Rousseau, celui des spiritualistes, celui que la Déclaration des droits de l'homme a tenté, plus ou moins heureusement, de traduire en formules ». Durkheim explique, « Ce culte de l'homme a pour premier dogme l'autonomie de la raison et pour premier rite le libre examen ». On trouve donc déjà, dans le culte de l'individu selon Durkheim, plusieurs caractéristiques d'une religion : objet sacré, communauté morale, cosmologie. La Moralité. La « Structure » de la moralité. Durkheim définit la moralité comme « un système de règles de conduite ». Son analyse de la morale est très marquée par Emmanuel Kant et sa notion du devoir, dont Durkheim est très critique, mais seulement pour le réhabiliter et l'utiliser dans sa propre théorie morale. D'abord, Durkheim note, comme Kant, un élément obligatoire dans la morale. À l'intérieur de la morale il y a « une autorité morale qui, en se communiquant à certains préceptes de conduite qui lui tiennent particulièrement à cœur, leur confère un caractère obligatoire ». La morale nous dicte d'en haut comment nous devons nous comporter. Il existe une certaine norme morale préétablie à laquelle nous devons nous conformer. Ici, Durkheim critique la notion du devoir kantien, tout en le reprenant et l'insérant dans un contexte social, et pas analytique, comme le fait Kant. Ensuite, il y a un élément désiré dans la morale, une idée qui a échappé à Kant, nous dit Durkheim. Le fait que la moralité est désirée est aussi important que sa nature obligatoire. Comme cela, l'individu se soumet volontiers au code moral et croit qu'il sert le bien en le faisant. Cependant, pour pouvoir accomplir ce double mouvement, la moralité doit être bien fondée aux yeux de ceux à qui elle parle. Comme dit Durkheim, « pour que le caractère obligatoire des règles soit fondé, il suffit que la notion d’autorité morale soit fondée elle aussi, car à une autorité morale, légitime aux yeux de la raison, nous devons obéissance simplement parce qu’elle est autorité morale ». D'après Durkheim, cette autorité morale se trouve au sein de la religion d'une société. C'est elle seulement qui a les ressources, le respect et le pouvoir, afin d'être à la fois obligatoire et objet de désir, de bien commun. L'objet sacré d'une société, donc, peut être considéré comme représentant visible de l'idéal moral d'une société. Le Changement moral. La théorie morale de Durkheim n'indique pas que la moralité est réfractaire à tout changement. Il nous explique, dans l'introduction de son œuvre inachevée "La Morale", que « l'idéal moral n'est pas immuable ; il vit, évolue, se transforme sans cesse, en dépit du respect dont il est entouré. Celui de demain ne sera pas celui d'aujourd'hui. Des idées, des aspirations nouvelles jaillissent qui entraînent des modifications, et même des révolutions profondes dans la morale existante. » Quelle peut être l'origine de ces changements ? Selon Durkheim, une modification rapide au sein d'une société peut provoquer un ébranlement profond de l’organisme social tout entier, et donc de sa conscience collective. Cela peut se traduire également dans une déséquilibration de la morale d'une société. On peut voir, donc, qu'en fait un ensemble de « courants moraux » traversent continuellement les sociétés, ce qui permet l’émergence de nouvelles organisations sociales et également de différentes formes de moralité. Encore plus, la déviance sociale peut être à l'origine d'un changement de la morale : « L’existence d'une criminalité avait une utilité généralement indirecte et quelquefois directe; indirecte, parce que le crime ne pourrait cesser d'être que si la conscience collective s'imposait aux consciences individuelles avec une autorité tellement inéluctable que toute transformation morale serait rendue impossible ; directe, en ce que parfois, mais parfois seulement, le criminel a été un précurseur de la morale à venir ». La théorie de morale de Durkheim laisse, donc, largement place pour le libre arbitre et l'autonomie individuelle. Déviance morale. Durkheim dit que la déviance morale, voire la criminalité, est un phénomène social normal. Il voyait trois effets possibles sur la société. D'abord, la déviance peut provoquer le changement social. Elle peut souligner des problèmes sociétaux et provoquer un changement d'avis de la population générale. Ensuite, la déviance peut également amener une société à punir le déviant, et donc à défendre les normes existantes. Dans ce sens la déviance sert à renforcer l'ordre moral en place. Enfin, Durkheim dit que la déviance peut entrainer une plus grande solidarité parmi la partie de la population affectée par la déviance. On voit une influence de la pensée de Durkheim sur ce sujet chez Robert Merton et sa "théorie de tension" (Strain Theory) qui dit que les structures sociales peuvent amener à des actes criminels. Morale civique et démocratie. La démocratie directe fut critiquée par Émile Durkheim puisqu'elle nie essentiellement le rôle distinct de l'État par rapport à la société. Toute société se doit pour lui d'être dirigée par une minorité consciente et réflective de la pensée irréfléchie de la masse. En ce sens, la démocratie est relative au niveau de conscience qu'a l'État de la société (par la communication qu'il entretient avec elle) et à l'étendue de la diffusion de cette conscience dans le corps social (les domaines de la société non reconnus ou ignorés par l'État étant par définition « inconscients »). Ainsi, la pensée gouvernementale ne devrait pas se confondre avec la volonté des gouvernés : l’État n'est pas un résumé de la pensée populaire, mais bien un organe distinct qui surajoute à cette pensée instinctive une pensée plus méditée. Au même titre que le système nerveux central pour l'organisme vivant, il relève de la plus haute concentration réflective du corps social et a le devoir de le diriger de manière la plus rationnelle possible (comprendre en ce sens la plus bénéfique pour l'ensemble). Si l'État est trop près de la multitude, il sera alors absorbé par elle et il sera impossible qu'elle ne fasse pas la loi. Au contraire, si l'État se détache trop de la population, la communication sera coupée et l'appareil gouvernemental agira essentiellement en tant qu’oppresseur. Durkheim prône donc la mise en place de « groupes secondaires » (territoriaux ou corporatifs) qui agiraient en tant qu'intermédiaires entre la population et l'État de manière à empêcher la multitude d'imposer sa volonté à l'État tout en la protégeant contre l'attitude oppressive de ce dernier. Il s'agirait finalement d’établir le plus de communication possible entre l'État et la société afin de s'assurer que chacun des groupes qui la compose soit reconnu et représenté. La démocratie pourrait alors s'exercer de manière directe entre la population et ces groupes, ainsi qu'entre ces groupes et l’État, mais la relation entre la multitude des individus qui composent la société et l'état serait essentiellement indirecte. Un modèle de groupe secondaire est la corporation sous le royaume de France. Durkheim constate que, après avoir été supprimées lors de la Révolution Française, elles se sont reconstituées d'elles-mêmes pendant la révolution industrielle. Cela montre, selon lui, qu'elles correspondent à un besoin profond, qui n'est pas seulement économique, mais qu'elles sont en harmonie avec les nouvelles conditions sociales aussi bien qu'avec les anciennes ; elles répondent à un besoin moral. Elles ont fondé, à l'époque médiévale, le trait d'union de la bourgeoisie, donc de la commune urbaine. À partir de là, elles servent de cadre élémentaire à tout le système de société au début du . Le lien social. La lecture de Durkheim est intéressante pour un autre point : son étude sur ce qu'il appellera le lien social. Il y a deux interprétations, une qui se voit dans les textes du jeune Durkheim qui se présente comme « solidarité mécanique » ou « organique » et une deuxième qui se voit dans les textes plus avancés et qui est ancrée dans la religion. Cela est dû au fait que Durkheim reconnaissait de plus en plus l'importance de la religion pour une société, au point où il publie, en 1912, "Les Formes élémentaires de la vie religieuse", un livre consacré à la religion et à ses effets sur la société. Un lien social n'exclut pas forcément l'autre. Durkheim développe aussi l'idée, dans "Le Suicide", "La Division du Travail social", ou même dans "Les Formes élémentaires de la vie religieuse" que le lien social peut être sujet à des dysfonctionnements. Ainsi une division du travail trop poussée, trop spécialisée, peut entraîner l'isolement. Une crise du lien social peut alors apparaître si l'isolement l'emporte sur la solidarité et le partage de quelque chose en commun. Solidarité mécanique et Solidarité organique. Témoin de la naissance de la société industrielle, Durkheim se pose la question de savoir comment s'unissent les hommes dans une société qui s'individualise de plus en plus. Dans son livre, "La Division du travail social", Durkheim définit ainsi l'évolution de la solidarité : les sociétés traditionnelles passées se fondaient sur une solidarité mécanique impliquant des comportements collectifs et des activités de production faiblement différenciés. Cette solidarité reposait sur la proximité, la ressemblance et le partage d'une histoire et de valeurs communes aux communautés humaines. Mais cette solidarité doit laisser place à une solidarité devenue organique pour s'imposer dans nos sociétés modernes. Cette solidarité se définit par l'interdépendance et la complémentarité (c'est-à-dire que la société fabrique un système de parties spécialisées dont toutes sont nécessaires pour le fonctionnement de la société - par exemple sans le fermier il n'y a pas de boulanger ni de supermarché, sans le supermarché ou le boulanger, la nourriture du fermier n'arrive pas à la population qui en a besoin, etc.) qu'impose la société moderne aux êtres humains. Celle-ci s'étant mise en place avec la division du travail social produit par la forte densité démographique du pays et l'avance de la technologie. La division du travail se produit parce qu'avec la division du travail social, les individus ne se ressemblent plus, ne vivant plus dans le même lieu et ayant tous des travaux différents. La division du travail social semble alors créer pour Durkheim un lien d'interdépendance, une fonction sociale, entre les êtres humains. Paradoxalement, la société est sauvée par ce qui la met en danger, la diversité de la population. "Le Suicide". "Le Suicide", publié en 1897, est une étude sociologique empirique où Émile Durkheim met en œuvre les principes méthodologiques qu'il a préalablement définis dans "Les Règles de la méthode sociologique". Dans cet ouvrage, il défend l'idée selon laquelle le suicide est un fait social à part entière — il exerce sur les individus un pouvoir coercitif et extérieur — et, à ce titre, peut être analysé par la sociologie. Ce phénomène, dont on pourrait penser de prime abord qu'il est déterminé par des raisons relevant de l'intime, du psychologique, est également éclairé par des causes sociales, des déterminants sociaux. La statistique montre en effet que le suicide est un phénomène social normal : c'est un phénomène majoritaire et régulier que l'on retrouve dans la plupart des sociétés et, au sein de chaque société, les taux de suicide évoluent relativement peu. . Durkheim va d'abord s'attacher à dégager les causes du suicide et ensuite proposer une typologie des suicides, selon leurs causes. Critiques. Le changement social ? Durkheim est souvent rejeté en tant que penseur incapable de penser le changement. On l'associe souvent avec un structuralisme rigide et figé. Ces critiques, comme l'a montré Robert Leroux, sont loin d'être valables. Non seulement Durkheim est capable de penser le changement social, mais le changement social est au cœur de son projet sociologique, voire philosophique. Son œuvre contient une théorie du changement social ainsi que plusieurs analyses dynamiques importantes de la société occidentale. D'abord, selon Durkheim il y a deux facteurs principaux qui causent le changement social : la croissance de la population et la technologie, surtout les technologies de la communication et du transport. Ces deux éléments influent sur la manière dont les individus d'une société interagissent en augmentant les relations intra-sociales. Le changement social « progresse donc d'autant plus qu'il y a plus d’individus qui sont suffisamment en contact pour pouvoir agir et réagir les uns sur les autres ». Durkheim appelle le taux auquel ces relations sont cultivées « la densité morale ou dynamique de la société ». Avec une augmentation de la densité morale d'une société vient plus de compétition pour des ressources, ce qui fait que les individus spécialisent leur travail pour mitiger cette compétition. Il en résulte ce que Durkheim appelle « la division du travail ». Quand les sociétés se développent, les individus vont de la solidarité mécanique à la solidarité organique, une transformation qui est analysée plus haut. Durkheim consacre la majorité de son œuvre, "De la division du travail social", à une analyse des effets de la division du travail sur la société occidentale, incluant la transformation de l'Europe d'une société féodale à échelle régionale, à une société moderne, industrialisée, et internationale. Ces changements aux niveaux économique et matériel ont un effet aussi sur la conscience collective de la société. La population devient de plus en plus individualisée, on voit la montée de la science moderne, le christianisme devient de moins en moins pertinent et est remplacé par le culte de l'individu. En effet, il y a toute une gamme de transformations dans l'occident analysées par Durkheim, concernant la moralité, la religion, l'économie, la technologie, le concept de soi, le savoir, etc., et cela non seulement dans son premier grand livre, mais aussi dans "Le Suicide", "Les Formes élémentaires de la vie religieuses", et dans plusieurs articles le long de sa carrière. Le crime. Une des affirmations de Durkheim a suscité l'incompréhension chez ses contemporains : dans "Les règles de la méthode sociologique", il expose que le crime est présent dans toutes les sociétés (normalité de fait) et qu'il est "lié aux conditions fondamentales de toute vie sociale" (normalité de droit). En plus d'être nécessaire, et donc normal, il a aussi une utilité (ce n'est pas l'utilité d'un fait social qui fait sa normalité : "s'il est vrai que tout ce qui est normal est utile, à moins d'être nécessaire, il est faux que tout ce qui est utile soit normal"). Un fait social est normal pour un type social déterminé, considéré à une phase déterminée de son développement, quand il se produit dans la moyenne des sociétés de cette espèce, considérées à la phase correspondante de leur évolution. Bien qu'il soit non-conforme aux normes sociales, il est présent dans toutes les sociétés, ce qui fait de lui un phénomène normal. De plus, « le tort qu'il fait à la société est annulé par la peine, si elle fonctionne régulièrement ». Il est donc possible de juger le bon fonctionnement d'une société selon la répression exercée sur les crimes. Disciple et collaborateur de Durkheim, Paul Fauconnet a développé une stimulante analyse sociologique de "la responsabilité pénale", qui prolonge les analyses durkheimiennes de la fonction sociale du crime ; il en souligne notamment la dimension sacrificielle. Critique épistémologique. Bien que Durkheim ait cherché à fournir des explications sociologiques aux phénomènes qu'il étudiait et qu'il ait fortement réussi dans sa démarche, à un endroit il a failli à sa propre logique. Dans le cas de son étude sur "Le Suicide", Durkheim a écrit que si les femmes se suicidaient moins que les hommes, après un deuil ou un divorce, cela était dû à une différence naturelle qui impliquait selon lui un comportement plus instinctif : Mais cette conséquence du divorce est spéciale à l'homme ; elle n'atteint pas l'épouse. En effet, les besoins sexuels de la femme ont un caractère moins mental, parce que d'une manière générale sa vie mentale est moins développée. Ils sont plus immédiatement en rapport avec les exigences de l'organisme, les suivent plus qu'ils ne les devancent et y trouvent par conséquent un frein efficace. Parce que la femme est un être plus instinctif que l'homme, pour trouver le calme et la paix, elle n'a qu'à suivre ses instincts. Une réglementation sociale aussi étroite que celle du mariage et, surtout, du mariage monogame ne lui est donc pas nécessaire.Ce type de thèses, courantes à l'époque, sur la différence des sexes quant à l'instinct et l'intelligence a été réfuté par certains critiques car il contrevient aux connaissances actuelles. Sociologie comme science sociale. Durkheim a été vivement critiqué pour avoir tenté d'établir la sociologie comme une science. Certains ont considéré sa définition du fait social comme une vision minimaliste du monde réel. D'autres, comme Robert K. Merton, voient dans les hypothèses de Durkheim « une orientation [qui] ne fournit qu'un cadre très large à l'enquête empirique ». |
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Edward Evan Evans-Pritchard E. E. Evans-Pritchard est un anthropologue britannique né le à Crowborough (East Sussex) et mort le à Oxford. Il a participé au développement de l'anthropologie sociale. Il fut professeur d'anthropologie sociale à l'Université d'Oxford de 1946 à 1970. Biographie. Après des études à Winchester College, il étudie l'histoire au Collège d'Exeter à Oxford, où il subit l'influence de Robert Ranulph Marett, puis après avoir obtenu son diplôme, à la London School of Economics, où il subit l'influence de Bronisław Malinowski et surtout de Charles Gabriel Seligman, le fondateur de l'ethnographie du Soudan. Il effectue son premier travail sur le terrain chez les Azande, un peuple du haut-Nil. Il en tire sa thèse de doctorat en 1927 (et "Witchcraft, Oracles and Magic Among the Azande" en 1937). Il donne des cours à la London School of Economics et continue ses recherches chez les Azande et les Bongo jusqu'en 1930, année où il commence de nouvelles recherches chez les Nuer. Il rencontre alors Meyer Fortes et Alfred Radcliffe-Brown. Ce travail coïncide avec sa nomination à l'université du Caire en 1932, où il donne des cours sur la religion, toujours influencé par Seligman. Après son retour à Oxford, il continue ses recherches sur les Nuer et commence à développer les idées de Radcliffe-Brown sur le structuro-fonctionnalisme. Il en résulte sa trilogie sur les Nuer ("The Nuer", "Nuer Religion", "Kinship and Marriage Among the Nuer") et le volume qu'il coédite, intitulé "African Political Systems" est vite considéré comme un classique de l'anthropologie sociale britannique. Son "Witchcraft, Oracles and Magic Among the Azande" est la première contribution majeure à la sociologie de la connaissance à travers sa prise de position neutraliste sur la justesse des croyances des Zandés sur la causalité. Le travail empirique qu'Evans-Pritchard continua dans cet esprit est connu à travers les débats des années 1960 et 1970 sur la philosophie des sciences et la rationalité, où s'impliquèrent Thomas Samuel Kuhn et surtout Paul Feyerabend. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Evans-Pritchard combat en Éthiopie, en Libye, au Soudan et en Syrie. Au Soudan, il lève des troupes irrégulières parmi les Anuak pour harceler les Italiens dans une guerre de guérilla. En 1942, il est envoyé à l'Administration britannique de la Tripolitaine, expérience dont il tirera "The Sanusi of Cyrenaica". En décrivant la résistance locale aux Italiens, il est l'un des rares auteurs de langue anglaise à avoir écrit sur la tariqa. En 1944, il se convertit au catholicisme. Après un bref séjour à Cambridge, Evans-Pritchard devient professeur d'anthropologie sociale à l'Université d'Oxford et fellow de All Souls College à Oxford, où il passe le reste de sa carrière universitaire. Parmi ses étudiants de thèse, le sociologue indien , le créateur de quelques-uns des concepts clé de la sociologie indienne : la , la caste dominante et le . Talal Asad qui enseigne à l'université de la ville de New York, fut aussi son étudiant. L'ouvrage classique de Mary Douglas, ("De la souillure. Essai sur les notions de pollution et de tabou") a été influencé par les conceptions de Evans-Pritchard sur la façon dont les notions d'accusation, de faute et de responsabilité se manifestent à travers la perception spécifique à une culture des notions de malchance et de tort. Il a aussi pour étudiant Julian Pitt-Rivers et fut le directeur de thèse de Mike Singleton qui fut son avant-dernier assistant. |
Edward Tylor Edward Burnett Tylor (1832 - 1917) est un anthropologue britannique, premier titulaire de la chaire d'anthropologie de l'université d'Oxford. Biographie. Edward Tylor est né à Camberwell en 1832. Fils de Joseph Tylor et Harriet Skipper, il grandit dans une famille quaker fortunée, propriétaire à Londres d'une usine de laiton. Il se spécialise dans la culture. Il fait ses études à Grove School House, Tottenham, mais en raison de la mort de ses parents, il n'obtient pas de diplôme universitaire. Après leur décès, il se prépare à aider à gérer l'entreprise familiale, mais ce projet est suspendu par des symptômes compatibles avec l'apparition de la tuberculose. On lui conseille de gagner des climats plus chauds et Tylor quitte l'Angleterre pour les États-Unis en 1855. Son voyage se poursuit ensuite à Cuba puis au Mexique. L'expérience s’avère décisive dans la trajectoire du jeune homme, éveillant un intérêt qui ne se démentira pas pour l'étude des cultures étrangères. Au cours d’un trajet en bus dans les rues de La Havane, Taylor rencontre Henry Christy, un archéologue de confession quaker qui le convainc de l'accompagner à Mexico. Leur voyage commun stimule grandement l’intérêt naissant de Tylor pour l’anthropologie et la préhistoire. Premier titulaire d'une chaire d'anthropologie à l'université d'Oxford en 1895, il proposa "un traitement statistique des données ethnographiques" afin de rechercher les corrélations entre les institutions. Souscrivant à la "thèse évolutionniste" en honneur à l'époque, il y intégra ses analyses de la religion et des mythes, perçus comme des survivances de l'état sauvage. Il est considéré aujourd'hui comme le fondateur de l'anthropologie britannique, il est notamment célèbre pour sa définition ethnologique de la culture. Théories. Les stades. Il est le premier à aborder les faits culturels avec une visée générale et systématique. Avec son ouvrage "Primitive Culture", il pose les prémisses d'une autonomie de l'anthropologie sociale. Il y développe la théorie de l'animisme qui constitue selon lui le premier stade de la religion humaine. Elle tire son origine de l'expérience du rêve que fait chaque être humain, le poussant à dissocier le corps physique du corps psychique, donc à concevoir que l'être humain a une âme. Ainsi l'homme serait tenté d'attribuer cette même faculté à son environnement. Les objets, la nature disposant alors, eux aussi, d'une âme. Le second stade, pour Tylor, est constitué par le polythéisme, évolution logique selon lui, de l'animisme. Le dernier stade serait le monothéisme. Une nouvelle définition de la culture. Définition de la culture selon Tylor : « Ensemble complexe qui englobe les connaissances, les croyances, les arts, la morale, les lois, les coutumes, et tout autre capacité et habitude acquise par l’Homme en tant que membre d’une société ». Tylor est novateur en ce qu'il considère la culture comme un fait universel, et se détache du sens français originel de culture comme marque de distinction, comme dans l'expression « un être cultivé ». C'est lui qui invente le sens anthropologique ou ethnologique de la notion de culture. La notion se rapproche ainsi de celle de civilisation. Il innove aussi en ne restreignant pas la possession d'une culture à certaines populations uniquement, comme les Blancs. Il insiste enfin sur le caractère acquis de la culture, ce qui n'était pas évident dans une société qui faisait de la nature une norme puissante. Il s'intéresse également aux fondements des civilisations. La question de la religion. Tylor fonde la distinction entre trois stades d'avancée religieuse. Dans le contexte de l'évolutionnisme, Tylor fait un découpage artificiel pour établir une classification des sociétés en fonction de leur religion. La première étant les pratiques magiques (qui seraient le signe d'une société primitive), la seconde serait une religion institutionnalisée, structurée et hiérarchisée socialement, et le plus haut stade de cette classification correspondrait enfin à la science dominante et à la rationalité cartésienne (considérée comme supérieure). |
Finlande La Finlande ( ; ), en forme longue la république de Finlande ( ; ), est un pays d'Europe du Nord, membre de l'Union européenne depuis 1995. La Finlande est baignée par la mer Baltique, plus précisément par le golfe de Finlande au sud et par le golfe de Botnie à l'ouest et au sud-ouest. Son territoire s'étend de part et d'autre du cercle arctique dans la partie orientale de la Fennoscandie, ce qui fait d'elle un pays nordique entièrement extérieur à la Scandinavie. Composé de plus de et d'innombrables îles, parmi lesquelles celles de l'archipel autonome d'Åland, il occupe une superficie totale de entre la Norvège au nord, la Russie à l'est et la Suède au nord-nord-ouest, ce qui en fait un des plus vastes pays de l'Union européenne (en position derrière la France, l'Espagne, l'Allemagne et la Suède). Cet espace géographique soumis à un climat rigoureux pendant l'hiver est majoritairement une zone de taïga. Les d'habitants que recense la démographie nationale confèrent au pays l'une des plus faibles densités de population de toute l'Union européenne. Principalement installés dans le Sud du pays, en particulier sur la côte méridionale, où se trouve la capitale, Helsinki, mais aussi les autres communes les plus peuplées, à savoir Espoo et Vantaa, qui sont regroupées au sein de la Région capitale ou Grand Helsinki, les Finlandais disposent de deux langues officielles, le finnois et le suédois. Après la zone urbaine d'Helsinki, la deuxième plus grande ville de Finlande est Tampere, située à environ au nord d'Helsinki. Enrichie par les apports ancestraux d'une mythologie féconde, par les Samis, ou encore par les populations autochtones de la province septentrionale de Laponie, et bien qu'elle se soit clairement occidentalisée dans la seconde moitié du à la suite d'une reconversion réussie de son économie (centrée sur la sylviculture, puis la métallurgie, et enfin l'électronique), la culture nationale plébiscite toujours un certain dépouillement matériel, dont le "sisu" et le sauna sont des symboles sûrs, ainsi qu'une culture du silence. Les racines culturelles, linguistiques et génétiques de la Finlande ainsi que son héritage de pays de souche finno-ougrienne influencé par la culture germanique scandinave sont partagés avec l'Estonie, voisin méridional de la Finlande. Longtemps sous domination du voisin suédois, sous le règne duquel fut fondée la première capitale, Turku, la Finlande demeure marquée par les nombreux conflits qui l'ont opposée durant toute son histoire récente à la Russie, puissance impérialiste dont elle est devenue un grand-duché autonome en 1809, et dont elle n'a obtenu son indépendance qu'en 1917. L'année suivante, une guerre civile ensanglante le pays, suivie de deux guerres contre l'URSS pendant la Seconde Guerre mondiale, et enfin, d'une longue tutelle soviétique indirecte durant la guerre froide, connue sous le nom de « finlandisation ». Dans chaque guerre, l'armée de la République de Finlande était dirigée par Carl Gustaf Emil Mannerheim, maréchal de Finlande. Ces soubresauts n'ont cependant pas empêché l'établissement d'une république stable dont les réalisations sont souvent présentées en modèles, et ce en de nombreux domaines, notamment environnement et qualité de vie. La politique nationale s'articule autour d'un président de la République, Sauli Niinistö, d'un parlement unicaméral, l'Eduskunta et d'un gouvernement dirigé par le Premier ministre, actuellement Sanna Marin. Le Grand-duché de Finlande, alors composante de l'Empire russe, a été le premier État en Europe à accorder le droit de vote aux femmes ainsi que le premier au monde à les rendre éligibles au même titre que les hommes. En 2009, l'étude "Legatum Prosperity" classe la Finlande en première position à la suite de ses performances économiques et de la qualité de vie. La Finlande connaît une forte période de récession à la fin des années 2000, en partie liée à l’affaiblissement de son industrie électronique (comme la chute de Nokia), la récession de son voisin russe et une crise dans l'industrie forestière. L'économie du pays se redresse néanmoins au milieu des années 2010. Géographie. Géographie physique. Géologie et relief. Le paysage finlandais est plat dans la partie sud-ouest et dans les vastes plaines côtières d'Ostrobothnie, mais vallonné de collines dans le Centre et l'Est. La Laponie est par endroits montagneuse, mais généralement formée de vastes étendues assez planes. Le point culminant est le mont Ridnitsohkka d'altitude, qui se trouve dans la pointe nord-ouest de la Laponie, près des frontières norvégienne et suédoise. La Finlande est un pays aux milliers de lacs (dont la plupart communiquent entre eux) et d'îles ( et ). Un de ces lacs, le Saimaa, est le cinquième plus grand d'Europe. À côté des nombreux lacs, le paysage est dominé par la forêt boréale (environ 68 % du pays) et assez peu de terres arables. La plupart des îles sont dans le Sud-Ouest, dans l'archipel d’Åland, et le long de la côte méridionale du golfe de Finlande. Le socle rocheux de la Finlande est formé principalement de roches précambriennes du bouclier scandinave (gneiss, granite et schistes). Le relief de la Finlande s'est formé il y a environ un milliard d'années, si bien qu'il est aujourd’hui très érodé et peu marqué. Seuls quelques dômes de quartzite ont relativement bien résisté à l'érosion, et ils forment les rares collines du pays. Le paysage actuel est essentiellement marqué par les glaciations. Il y a , les glaciers recouvraient la totalité de la Finlande : ils ont charrié des rochers puis ont laissé en se retirant de vastes moraines, érodées à leur tour par l’eau de fonte. Les paysages présentent des formes typiques de paysage glaciaire : roches moutonnées, drumlins et eskers. Autour des moraines, comme à Suomenselkä dans l’Ouest, ou à Salpausselkä au Sud, l’épaisseur des dépôts de sédiments glaciaires peut dépasser par endroits . L’eau de fonte des glaciers a donné naissance au lac Ancylus, ancêtre de l’actuelle mer Baltique, et recouvert une grande partie du pays. Le lac s’est ouvert il y a sur la mer du Nord. L’abaissement du niveau de l’eau, conjugué à la surrection isostatique a donné au fil des siècles suivants le relief actuel du pays. Dans l’intérieur des terres, l’eau de fonte des glaciers a noyé les dépressions du relief et rempli d’anciennes failles, donnant naissance à la multitude de lacs de la Finlande. Le processus de surrection du relief se poursuit aujourd’hui : ainsi la côte de Pohjanmaa s’élève de au-dessus de la mer Baltique. Il s’ensuit presque à chaque printemps des inondations, car les rivières n’ont pas de chenal d’écoulement naturel formé vers les côtes et les eaux de fontes peuvent librement s’épancher à travers le pays. Au cours des derniers siècles, certaines villes, comme Pori et Vaasa, ont été rebâties plus à l’ouest de plusieurs kilomètres car leurs ports étaient asséchés. Le type de sédiment le plus commun dans les sols est la tillite, qui est un héritage des glaciations. Comme on ne trouve de craie ou de marbre que dans des sites isolés en Finlande, les dépôts glaciaires sont souvent pauvres en calcaire, et c’est pourquoi ils donnent des sols sujets à l’acidification. Dans les dépressions du relief, formées lors de la phase du lac d'Ancylus et de la formation de la Baltique, les sédiments glaciaires sont souvent recouverts par des sédiments marins, enrichis en carbonates. Ces sols limoneux, combinés à la douceur du climat, concentrent la culture des céréales sur les côtes ouest et sud de la Finlande ; car dans l’intérieur du pays, les sols sont peu favorables à l’agriculture du fait de leur acidification et de la fossilisation : il faut les chauler, les principales ressources en chaux étant fournies par les carrières de Pargas, de Lohja et de Lappeenranta. Si les mines de fer de Finlande sont aujourd’hui pratiquement épuisées, il subsiste d’importants gisements de cuivre, de nickel, de zinc et de chrome. Dans les années 1860, la découverte de quartz aurifères dans la vallée du Kemijoki déclencha une véritable ruée vers l’or en Laponie. Les rivières de Laponie sont toujours en exploitation, soit par orpaillage, soit par lixiviation industrielle : un filon important se trouve à Pahtavaara près de Sodankylä. Les autres placers se répartissent un peu partout à l’intérieur du pays : dernièrement, en 1996, on a découvert près de Kittilä un filon estimé à d'or. La Finlande est aussi le plus gros exportateur de talc d’Europe. Cette roche, très utilisée dans l’industrie de la pâte à papier, est extraite en grandes quantités à Sotkamo et Polvijärvi. Parmi les autres minéraux d’intérêt industriel extraits en Finlande, on trouve la wollastonite, dolomite, apatite, quartz et feldspath. Climat. Le climat de la Finlande méridionale est continental. En Finlande du Nord, particulièrement en Laponie, le climat subarctique domine, caractérisé par des hivers parfois très froids (pouvant descendre jusqu'à ). Dans le Sud et le Sud-Ouest, les hivers peuvent être rudes, selon les années. L'enneigement, en tout cas, est plus irrégulier que dans le Nord finlandais. L'été, le thermomètre peut parfois monter jusqu'à . La Finlande est d'ailleurs un pays à faible pluviométrie : de pluie en Laponie et dans l'Est carélien, dans le Sud-Ouest. Nature. On dénombre différentes d'animaux et de végétaux en Finlande, dont de mammifères. Si la biodiversité y est moindre qu'en Europe centrale, les zones vierges procurent un habitat à de nombreuses espèces devenues rares sur le reste du continent. En Finlande, la tradition du droit d'accès à la nature ("jokamiehenoikeus" en finnois, "allemansrätten" en suédois) permet à tout particulier, sous certaines conditions, de fréquenter en toute liberté les zones naturelles : il est notamment permis de récolter des baies, des champignons ou de pêcher à la ligne ; la chasse et la pêche sont du reste des activités très communes, puisque 6 % des Finlandais possèdent un permis de chasse. Flore et végétation. La Finlande est le pays le plus boisé d'Europe : 86 % de la superficie du pays est couverte de forêts. Mais la végétation s’ordonne du nord au sud en trois zones de végétation bien contrastées : la plus grande partie du pays est recouverte par la forêt boréale, qui se caractérise par une dominance des conifères, une période végétative brève et des sols pauvres, sur lesquels la croissance des arbres est lente et la variété florale est faible. Les essences dominantes sont le pin (50 %) et l'épicéa (30 %) ; le feuillu le plus représenté est le bouleau (16,5 %). Le sol est couvert d’airelles et de mousse, qui plus au nord cèdent la place aux lichens. On ne retrouve de forêt mixte que le long de la côte sud-ouest ainsi que sur les quelques récifs disséminés au large. Il s'y trouve certaines essences uniques pour la Finlande, comme le chêne. La Laponie septentrionale est essentiellement dénudée ; seuls quelques bouleaux faméliques trouvent à se développer. Les collines sont couvertes de toundra. Un tiers de la Finlande était à l'origine couvert de tourbières : au fil des siècles passés, la moitié a été asséchée pour l'agriculture. Il ne subsiste au sud que quelques tourbières ombrotrophes ; plus au nord, ce sont des tourbières d’aapa. La plus grande partie de ces tourbières sont des ripisylves. Faune. Malgré une chasse intense, les rennes sont encore nombreux en Finlande, et bien qu'un tiers du cheptel soit abattu chaque année, la population se maintient à peu près au niveau de . Ces animaux présentent un véritable danger pour les automobilistes car les chocs sont souvent mortels. Dans le Nord du pays, l'animal est omniprésent : quelque sont semi-domestiqués et s'ébattent toute l'année en liberté ; à la fin de l'automne, les éleveurs rassemblent le troupeau et sélectionnent les individus pour l'abattage. Le renne des forêts est beaucoup plus rare : naguère commun dans toute la Finlande, il avait disparu à la fin du ; dans les années 1950, une petite population a migré de Russie à Cajanie et en Carélie du Nord. Les cerfs de Virginie, importés en grande quantité d'Amérique, se sont acclimatés dans le Sud et l'Ouest du pays. La prospérité retrouvée des populations de prédateurs doit beaucoup aux mesures prises par les autorités ces dernières années ; on dénombre aujourd’hui plus de et lynx, et plus de . Par endroits, on a dû autoriser de nouveau la chasse de certains de ces animaux pour une durée déterminée. Il subsiste en Laponie une population de . Le renard polaire était naguère répandu dans tout le pays, mais l'activité des trappeurs l'avait pratiquement fait disparaître au début du . Le renard roux a toujours été vivace, mais depuis quelques décennies il est concurrencé par le chien viverrin, venu de Russie. Le "" (phoque annelé) est confiné aux lacs de Saimaa. Cette variété rare de phoque d'eau douce n'a pu être sauvée que par l'adoption de mesures énergiques et symbolise la protection de la Nature en Finlande. Le polatouche de Sibérie, qui pour l'Union européenne ne se trouve qu'en Finlande et en Estonie, bénéficie également de mesures spécifiques. L’avifaune de Finlande comporte , dont l’aigle royal, le pygargue, des gallinacées comme le Grand Tétras, le coq de bruyère, la gélinotte et le lagopède et enfin une multitude de palmipèdes. Le cygne chanteur, par la place qu'il occupe dans la mythologie nordique, est l'animal-emblème finlandais. Cette espèce, elle aussi, n'a pu être sauvée de la disparition que par l'adoption de lois sévères : des recensés dans les années 1950, sont nés les actuels. Réseau européen Natura 2000. Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent. En décembre 2018, la Finlande comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 12,6 % de la surface terrestre et marine du territoire de la Finlande. Géographie humaine. Découpage administratif. La Finlande est subdivisée en , et . Économie. La Finlande est la patrie de Nokia, ancien numéro un mondial de la téléphonie mobile, ainsi que de nombreuses autres grandes entreprises, par exemple : Kone, Outokumpu, Rautaruukki, Amer Sports, Fiskars, UPM-Kymmene, Stora Enso, Patria, F-Secure, TietoEVRY, , Marimekko, VR-Yhtymä Oy… La population active finlandaise s'élève à (2004). Celle-ci se répartit dans les catégories suivantes : service public 32 %, industrie 22 %, commerce 14 %, finance et services 10 %, agriculture et forêt 8 %, transport et communication 8 %, construction 6 %. En 2004, le taux de chômage était de 8,8 % (2004). Il est passé à 7,7 % en 2006 avant d'atteindre 6,0 % en avril 2008. Par la suite, le taux de chômage remonte à 8,9 % en novembre 2009 puis revient à 7,2 % en novembre 2011. La Finlande est l'un des à avoir adopté l'euro le . L'ONU, à travers le calcul de l'IDH (mesure synthétique du niveau de développement des pays) place la Finlande en neuvième position mondiale en 2007. La dette publique de la Finlande a doublé entre 2008 et 2015, passant de 32 % à 64 % du PIB. En 2015, l’écart d’espérance de vie entre les personnes diplômées et les personnes non diplômées est de cinq ans en Finlande. En 2016, le gouvernement modifie le code du travail dans l'objectif d'accroitre la compétitivité des entreprises. Les salaires des fonctionnaires sont réduits pendant les jours de congés, les heures supplémentaires et le travail dominical seront moins payés et les cotisations sociales des salariés sont augmentées. En revanche, les cotisations patronales sont réduites. En 2022, la Finlande est classée en pour l'indice mondial de l'innovation. Histoire. Préhistoire. La « Finlande et le Nord de la Sibérie » fut d'abord peuplée par des chasseurs-cueilleurs. Ils ont transmis leurs gènes jusqu’à l’ère moderne. Le groupe s’étend de la Laponie à l’est jusqu’au Groenland. Bien que génétiquement variées, ces populations ont une signature génétique qui les relie le plus souvent aux peuples finnois. Ils sont descendants des chasseurs-cueilleurs qui ont résisté à la poussée des agriculteurs. Ils se sont adaptés et ont prospéré dans un nouvel âge. Tout comme l’expansion de Béring, ce groupe dépasse les divisions conventionnelles, montrant des connexions claires à la fois avec l’est et l’ouest. Même l’Amérique est connectée avec le groupe « Finlande et Nord de la Sibérie », par sa parenté avec la Sibérie ancienne. Les Hommes ne se sont installés dans le Grand Nord qu’il y a , là où aucun Néanderthalien ne s’était aventuré. Conservant des connexions sur le long terme avec les populations du Sud, les peuples du Grand Nord ont maintenu leur cohérence après la fin de la glaciation. Le groupe « Finlande et Nord de la Sibérie » se retrouve chez les chasseurs-pêcheurs Saami, avec des apports ouraliens, russes, suédois et même scandinaves. Domination suédoise puis russe. La Finlande est, pendant le Moyen Âge et jusqu'au début du , une partie du royaume de Suède. Pour autant la délimitation exacte de ses frontières notamment septentrionales fait l'objet d'une évolution lente, marquée par les rapports de forces entre les différentes puissances voisines parfois alliées du Danemark, de la Norvège, de la Russie et de la Suède. Elle passe sous la souveraineté de la Russie de 1809 à 1917 en tant que grand-duché autonome. Son autonomie lui permettait d'entretenir une petite armée nationale, de conserver sa monnaie et sa banque nationales. Plusieurs guerres entre la Suède et la Russie se sont déroulées en Finlande, notamment là où se trouve la forteresse suédoise de Suomenlinna (Sveaborg en suédois), à l'entrée d'Helsinki. Cette période ouvre les débuts de la construction d'une identité nationale finlandaise. En témoigne également « Le Livre d'Or de la Baltique », havre naturel constitué par des îlots rocheux à proximité immédiate de Hanko (Hangö), où de nombreux marins, partis guerroyer contre les Russes, ont laissé une trace de leur passage, gravée dans le roc. Finlande indépendante. Le , pendant les événements révolutionnaires russes, la Finlande obtient son indépendance, à l'instar de ses voisins baltes. En 1918, une guerre civile déchire le pays et se termine par la défaite des soutenus par la Russie soviétique. Le , l'Union soviétique attaque la Finlande lors de la guerre d'Hiver à la suite de désaccords territoriaux concernant des îles du golfe de Finlande ; Moscou tente même d'y installer un régime fantoche, la République démocratique finlandaise. La Finlande parvient à tenir tête bien mieux que prévu à l'Armée rouge, le conflit aboutissant à un traité de paix en 1940 : l'URSS annexe l'isthme de Carélie, mais renonce à envahir le reste de la Finlande. L'attaque de l'URSS par l'Allemagne nazie en 1941 (opération "Barbarossa") place la Finlande dans la position d'une alliée "de facto" de l'Axe (se battant contre l'URSS pour des raisons différentes). Les Finlandais passent à l'offensive (guerre de Continuation), mais si les débuts sont victorieux, les défaites successives de l'Allemagne et une vaste offensive soviétique lancée en Carélie les conduisent à signer une paix séparée avec l'URSS en 1944, ce qui place cette fois l'armée finlandaise du côté des Alliés. Après avoir lancé un ultimatum à la Wehrmacht pour se retirer du territoire, en accord avec le traité de paix, la Finlande attaque les Allemands qui lui font payer ce « coup de poignard dans le dos » par de lourdes pertes : le pays sort ruiné et ravagé de cette guerre. Cet engagement porte ses fruits, car bien qu'elle doive, après la guerre, payer de lourdes réparations à l'URSS à la suite du traité de Paris de 1947, la Finlande, contrairement à ses voisins baltes, sauve au moins son indépendance. Elle fait en effet valoir que son combat était motivé par la volonté de récupérer les territoires perdus en 1940 et qu'elle n'avait pas aidé l'armée allemande à encercler définitivement Léningrad durant l'hiver 1941. Elle est ensuite soumise à une politique de neutralité stricte pendant la guerre froide (interdiction d'adhérer à l'OTAN, de permettre des troupes occidentales ou à des systèmes de défense sur son sol, interdiction des livres ou films anti-soviétiques), marquée par l'influence que l'URSS exerce sur la politique extérieure finlandaise. En Occident, cette neutralité contrainte est appelée « finlandisation ». Durant presque toute cette période, le président Urho Kekkonen, dont la personnalité a durablement marqué la Finlande, « règne » avec une longévité remarquable. En 1995, la Finlande adhère à l'Union européenne. Elle adopte l'euro comme monnaie en 2002. En 2022, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, la Finlande dépose une demande d'adhésion à l'OTAN, en même temps que la Suède. Politique. La Finlande est une démocratie parlementaire. Le président de la République, élu au suffrage universel direct, dispose de pouvoirs non négligeables, mais joue actuellement un rôle moins marqué dans la vie politique qu'il y a vingt ans. Le gouvernement (' en finnois ou ' en suédois) est dirigé par le Premier ministre qui est élu par le parlement et nommé par le président de la République. Le gouvernement est constitué du Premier ministre, des différents ministres du gouvernement central et d'un membre d'office, le Chancelier de la justice. Le parlement (' en finnois ou ' en suédois) unicaméral est constitué de , et possède constitutionnellement l'autorité législative suprême en Finlande. Il peut modifier la constitution, révoquer le gouvernement, et contrer les vetos présidentiels. Ses actes ne peuvent être judiciairement contestés. Les lois peuvent être proposées par le gouvernement ou l'un des membres du parlement, qui sont élus au suffrage proportionnel pour une durée de quatre ans. Le système judiciaire comprend les tribunaux de grande instance qui jugent des affaires civiles et pénales, des cours d'appel et une Cour suprême. Le contentieux administratif est du ressort des tribunaux administratifs, des cours administratives d'appel et de la Cour administrative suprême. Certaines juridictions administratives particulières sont chargées de traiter des litiges, par exemple dans le domaine des eaux. Le parlement, depuis que le suffrage universel a été instauré en 1906 (y compris pour les femmes), a été dominé par le Parti du centre (anciennement nommé Parti agrarien), le Parti social-démocrate de Finlande et le Parti de la coalition nationale. La Constitution et sa place dans le système judiciaire sont uniques, dans le sens où il n'y a pas de Cour constitutionnelle et où la Cour suprême ne peut intervenir sur une loi au seul prétexte que celle-ci soit inconstitutionnelle. La valeur constitutionnelle d'une loi dépend d'un simple vote parlementaire. Les seuls autres pays européens à ne pas disposer d'organe suprême constitutionnel sont les Pays-Bas, la Suisse et le Royaume-Uni (ce dernier n'ayant d'ailleurs pas de constitution écrite, celle-ci reposant sur les traditions, les précédents, la jurisprudence et un nombre limité de lois quasi-constitutionnelles). La Finlande est un pays neutre depuis 1955, et ne fait pas partie de l'OTAN, mais développe un programme d'interopérabilité de ses forces avec celles de l'OTAN. Toutefois, pour les gouvernements de Finlande comme de Suède, les deux pays nordiques non-membres de l’OTAN, les menaces de Moscou et la guerre russo-ukrainienne ont réveillé en janvier 2022 les discussions sur la nécessité, notamment, de garder une « option » d’adhésion à l’Alliance nord-atlantique. Le 12 mai 2022, à la suite de l’offensive russe en Ukraine, un sondage réalisé pour la chaîne de télévision publique Yle, révèle le basculement de l’opinion publique finlandaise. Pour la première fois, une éclatante majorité des personnes interrogées (76 %) ont déclaré être favorables à l’adhésion du pays à l’Alliance atlantique, contre 28% mi-janvier. Le , la Finlande souhaite faire évoluer leur relations avec l'Otan et officialise sa demande d'adhésion à l'OTAN. La loi autorisant l'entrée de la Finlande dans L'OTAN est votée le 1er mars 2022 à une très large majorité des députés finlandais (184 voix pour, 7 contre). Démographie. Langues. Les langues officielles du pays sont le finnois et le suédois. Le finnois est une langue agglutinante appartenant à la famille des langues finno-ougriennes, qui comprend aussi l'estonien, les langues sames et, dans une moindre mesure, le hongrois, langue ouralo-altaïque. Ces langues se distinguent des autres langues parlées en Europe car, de même que le basque, elles ne sont pas indo-européennes. Les bases du finnois écrit ont été codifiées par Mikael Agricola, archevêque de Turku, qui écrivit un abécédaire en 1543. Les mots « finnois » et « finlandais » sont souvent employés indifféremment en français courant pour désigner la langue. L'usage le plus courant en français est de faire la distinction entre les deux termes : On trouve en Finlande une grande majorité de finnophones (environ 91,5 % de la population, cf. Démographie de la Finlande) mais aussi une minorité suédophone (environ ; mais 46,6 % de la population sait parler le suédois en 2008), et une minorité d'expression samie (Lapons). On estime le nombre de locuteurs de langue samie à actuellement sur le territoire de la Finlande. À cela s'ajoute une minorité Rom relativement importante (près de ). Il y a donc en Finlande des Finlandais d'origine finnoise finnophones et suédophones (tous les suédophones ne sont pas des descendants de Suédois), d'autres d'origine suédoise suédophones ou finnophones (des anciens Suédois ayant changé de langue), des Samis d'expression finnoise (qui ont perdu la connaissance du sami). Le nom de nombreuses villes de la bande littorale est exprimé dans les deux langues ; ainsi de Helsinki (Helsingfors), Turku (Åbo) ou Tampere (Tammerfors), par exemple. La signalisation routière bilingue est également présente dans de nombreuses communes. L’anglais est aussi très présent, en seconde, ou même en troisième langue, pour une très grande partie de la population, vu le haut niveau d'éducation de la population, surtout en milieux urbains, et chez les plus jeunes. La Finlande fut une province russe (grand-duché) entre 1809 et 1918. Quelque parlent russe ; le russe demeure une langue universitaire. Le russe reste la langue maternelle de quelque , qui sont surtout des descendants de Russes, ou Slaves, qui s'établirent en Finlande entre 1800 et 1910. De nos jours, ils sont généralement bilingues russe/finnois, ou russe/suédois. Ils sont localisés surtout à Helsinki, et vers Hamina. Religion. Avant l'arrivée du christianisme, la Finlande est le berceau de croyances animistes et polythéistes. À partir de l'an 1000, et la conversion des rois suédois, le christianisme commence à apparaître. Il se développe sous la poussée de et de l'évêque anglais saint Henri au . Comme les pays du Nord de l'Europe, la Finlande se convertit aux idées de la Réforme. En 1634, l'adhésion à l'Église luthérienne devient obligatoire par la loi. Toutefois, des traces et des croyances de la religion païenne subsistent jusqu'au dans les campagnes. L'Église évangélique-luthérienne de Finlande est, en 2019, la principale confession du pays, avec 68,7 % de la population se réclamant de cette foi (Église d'État depuis 1923). La seconde Église d'État est l'Église orthodoxe de Finlande qui regroupe environ 1 % des Finlandais, on trouve aussi environ . L'islam s'est développé avec l'immigration (environ en 2018). Système éducatif. L'éducation est considérée comme un des droits fondamentaux de tous les citoyens finlandais. Il s'agit du droit de recevoir une formation secondaire (lycée inclus) gratuitement. La loi garantit ce droit pour tous les résidents et non uniquement pour les citoyens finlandais. Les enfants de Finlande qui entrent à l’école à sept ans « ont passé leur enfance à jouer à la crèche », ils peuvent apprendre l'alphabet un an avant d’entrer à l’école, mais rien n'est exigé. L'enseignement fondamental est un enseignement de culture générale dispensé à l'ensemble des classes d'âge. Il est destiné à l'enfant de sa septième à sa seizième année. L'école fondamentale dure donc neuf ans et correspond à l'accomplissement de la scolarité obligatoire. Dans l'enseignement fondamental, les groupes sont formés par classes d'âge. Pendant les six premières années, il y a en général un enseignant principal qui enseigne la plupart des matières, ou toutes. Durant les trois dernières années, l'enseignement se fait habituellement par matières si bien que les enseignants sont spécialisés selon celles-ci. Dans l'enseignement fondamental sont intégrés aussi l’orientation pédagogique de l'élève et, en cas de besoin, un enseignement spécifique de soutien. Le programme scolaire inclut au moins les matières suivantes : langue maternelle et littérature, seconde langue nationale (suédois ou finnois, selon le cas), langues étrangères, connaissances de l'environnement, instruction civique, religion ou morale, histoire, sciences sociales, mathématiques, physique, chimie, biologie, géographie, éducation physique et sportive, musique, dessin, travaux manuels et ménagers. La définition des objectifs généraux au niveau national et la répartition horaire des différentes matières ou combinaisons de matières dans l'enseignement et l'orientation pédagogique de l’élève sont du ressort du gouvernement. La direction nationale de l'enseignement définit les objectifs particuliers et les principaux contenus de l'enseignement en arrêtant les fondements des programmes scolaires. Sur ces bases, chaque établissement détermine concrètement, au niveau local, son programme d'enseignement. Il n'y a aucun examen à la fin de la scolarité obligatoire (à ). Les redoublements et les abandons sont extrêmement rares. Le baccalauréat finlandais s'appelle "Ylioppilastutkinto" et est considéré comme une véritable institution, et un pas important vers la vie adulte. En classe de terminale, les cours s'arrêtent fin avril, et les élèves se consacrent alors aux révisions, non sans avoir gratifié les plus jeunes de bordées de bonbons et d'autres friandises lancées depuis des camions lors de la virée bigarrée et joyeuse des "Penkinpainajaiset". Après le baccalauréat, les heureux élus gagnent le droit de porter la casquette blanche du bachelier, ou "ylioppilaslakki" et inondent les restaurants des grandes villes pour une grande fête avant d'attaquer les révisions pour les examens d'entrée aux études supérieures, la vie active, ou une année sabbatique. De plus, l’école est gratuite, comme le transport scolaire et le repas de midi. Les horaires sont doux : la journée démarre à et se termine vers . L’après-midi est consacrée aux sports, aux activités artistiques, à la découverte de la nature et il n’y a pratiquement pas de devoirs à la maison. Après l'école élémentaire, les jeunes Finlandais peuvent choisir entre le lycée et le lycée professionnel qui durent environ trois ans. La Finlande est depuis plusieurs années championne du monde pour l'efficacité du système scolaire. Selon l'enquête PISA sur les acquis des jeunes de (2000 et 2003), la Finlande arrive en effet en tête en mathématiques, en maîtrise de la lecture, en sciences et en capacité à résoudre un problème (Finlande : deuxième position). Pourtant ce pays performant ne consacre que 6,2 % de son PIB à l'éducation alors que la France par exemple en consacre 6,9 %. Si on en croit les enquêtes menées sur cette réussite, les relations avec les professeurs sont très bonnes, le climat est moins à la répression qu'à l'autodiscipline. Si un élève perd pied, pas question de redoubler, des professeurs spécialisés (2 ou 3 par établissement) viennent prêter main-forte à leur collègue dans la classe ou donnent des cours particuliers, autant qu’il est nécessaire. Les enseignants se situent dans une optique d'accompagnement et les textes, la hiérarchie, les maîtres y sont très respectés et leur autorité reconnue. Le système est entièrement décentralisé. L'équipe enseignante et le directeur ont une grande marge de manœuvre dans l'organisation de l'établissement. L'école se charge elle-même de l'embauche des professeurs. Il n'y a pas d'inspecteurs, mais des évaluations ministérielles à usage interne. Les professeurs s'évaluent entre eux. Les communes financent les établissements à hauteur de 50 % du budget, le reste étant financé par l'État. L'enseignement supérieur comprend deux types d'institutions : les universités et les instituts universitaires professionnalisés. Pour y entrer il faut passer des concours. Le système de l'enseignement supérieur est très décentralisé avec une cinquantaine d'établissements. Culture. La culture finlandaise est propre à la Finlande et se distingue notablement de celles des pays scandinaves et de la Russie. Le seul pays possédant une culture indigène similaire avec la Finlande est l'Estonie, dont la population est également d'origine fennique. En dépit d'un siècle au sein de la Russie, et d'une frontière de plus de mille kilomètres avec ce pays, les influences culturelles russes sont bien moins fortes que les influences suédoise et allemande. Le sentiment d’identité culturelle finnoise est né au , quand la Finlande faisait partie de la Russie, et que cette dernière a laissé naître, voire encouragé, le sentiment d'identité nationale. Musique. Un grand pan de la musique finlandaise est influencé par les mélodies et les paroles de la musique traditionnelle carélienne, telle qu'elle est exprimée par le "Kalevala." La culture carélienne est considérée comme l'expression la plus pure des mythes et croyances de la culture finlandaise, et la moins influencée par la culture germanique. La musique traditionnelle finlandaise vit un renouveau depuis quelques décennies, et est devenue une branche de la musique populaire. Les peuples du Nord de la Finlande, les Samis, ont leur propre . Un grand compositeur national est Jean Sibelius dont l'œuvre majeure "Finlandia" symbolise le mieux la naissance de l'identité nationale finlandaise. La musique contemporaine populaire finlandaise inclut une scène renommée de metal, phénomène musical partagé avec les autres pays nordiques. Les groupes/artistes les plus connus hors frontières sont actuellement Beast In Black, Stratovarius, Amorphis , Nightwish, Tarja Turunen, Impaled Nazarene, Children of Bodom, HIM, Sonata Arctica, Battle Beast, Wintersun, Sentenced, Moonsorrow, Ensiferum, Turisas, Korpiklaani, Finntroll, Von Hertzen Brothers, Apocalyptica, Lordi, , Santa Cruz, Insomnium et . Il existe également un certain nombre de groupes de rock dont The Rasmus, connu entre autres pour les titres "In The Shadows" et "No Fear", de musiciens de jazz et de représentants du hip-hop. La musique finlandaise est aussi représentée par un grand nombre d'artistes de musique classique. Le groupe Värttinä est aujourd’hui aux avant-postes de la musique folk finlandaise. Littérature. La littérature finlandaise fait référence à la littérature écrite en Finlande. Au début du Moyen Âge européen, le texte le plus ancien en langue finnoise est la de Novgorod, datant du . Les premiers textes en Finlande sont écrits en suédois ou en latin, au cours du Moyen Âge (aux environs de 1200 à 1523). La littérature finnoise se développe lentement, à partir du , après que l'évêque et réformateur luthérien finlandais Mikael Agricola (1510-1557) eut fondé le finnois écrit. Il traduit le Nouveau Testament, dans cette langue, en 1548. Au début du , la Finlande passe sous domination russe et l'essor du nationalisme se reflète et est favorisé par l'activité littéraire, qui se concentre sur le folklore finlandais. La plupart des œuvres importantes de l'époque, écrites en suédois ou de plus en plus en finnois, s'articulent autour de l'acquisition ou du maintien d'une identité finlandaise forte, comme le Carélianisme. Des milliers de poèmes folkloriques sont rassemblés dans ' (en ). Le recueil de poésie le plus célèbre est le "Kalevala", publié en 1835. Le premier roman publié en finnois est ' (1870) d'Aleksis Kivi (1834-1872). Le livre "Sainte Misère" (1919) de Frans Emil Sillanpää (1888-1964) lui vaut le premier prix Nobel de littérature finlandais, en 1939. D'autres auteurs notables sont Väinö Linna, Eino Leino et Johannes Linnankoski. Tove Jansson est connue pour ses livres illustrés pour enfants les Moumines. est une bande dessinée humoristique crée par l'auteur finlandais avec comme personnage central "Heimo Vesa". Cinéma. Les réalisateurs finlandais les plus célèbres sont Aki Kaurismäki, Mika Kaurismäki et Timo Koivusalo. Le réalisateur et producteur hollywoodien Renny Harlin est aussi finlandais et est né en Finlande. Cuisine. À l'occasion du de l'indépendance du pays, un vote a été tenu pour déterminer l'aliment national de la Finlande. Le choix des citoyens s'est arrêté sur le pain de seigle. La cuisine traditionnelle finlandaise a été fortement influencée par les cuisines suédoise, allemande et russe. Il y a cependant des différences et des singularités. Par exemple, les plats finlandais ont tendance à être moins sucrés que les plats suédois, et les Finlandais utilisent moins de crème smetana que les voisins russes. Dans des temps plus reculés, la cuisine finnoise variait d'une région à l'autre, et différait notablement entre l'Ouest et l'Est de la Finlande. Le petit déjeuner traditionnel, très consistant, est un vrai repas. Le déjeuner, qui est un repas assez léger, rapide et peu formel, est en général consommé autour de , « là où on est », soit pour ceux qui travaillent : sur le lieu de travail ou dans une cantine. Le dîner est pris entre 17 et , à la maison. Sport. Le sport est un passe-temps national en Finlande et de nombreux Finlandais se rendent régulièrement aux compétitions sportives. Le sport national est le pesäpallo, proche du baseball, mais les sports les plus populaires pour l'audience et la couverture médiatique sont le hockey sur glace et la Formule 1. Le football est aussi très populaire en Finlande grâce au célèbre Jari Litmanen, surnommé en Finlande. L'équipe nationale s'est qualifiée pour le championnat d'Europe de football 2020, première compétition majeure de son histoire. La Finlande est le berceau de quatre champions du monde de Formule 1, Keke Rosberg (1982), Mika Häkkinen (1998 et 1999), Kimi Räikkönen (2007) et Nico Rosberg (2016) et de deux autres pilotes, Heikki Kovalainen (une victoire) et Valtteri Bottas (dix victoires), qui sont vainqueurs en GP de F1. La Finlande a aussi donné naissance à de grands champions de rallye, tels qu'Ari Vatanen, Hannu Mikkola, Juha Kankkunen, Tommi Mäkinen, Marcus Grönholm, Jari-Matti Latvala ou encore Kimi Räikkönen ; le joueur de hockey Saku Koivu, ancien capitaine de l'équipe des Canadiens de Montréal et ancien joueur des Ducks d'Anaheim, qui est maintenant retraité ; Teemu Selänne, qui a remporté la Coupe Stanley avec les Ducks d'Anaheim en 2007 ; Tuukka Rask, qui remporte la Coupe Stanley en 2011 avec les Bruins de Boston ; Jari Kurri a été quintuple champion de la Coupe Stanley, il a joué 21 saisons dans la NHL avec cinq équipes différentes. À Edmonton, il a joué sur la même ligne que Wayne Gretzky, et le duo est devenu l'un des tandems de pointage les plus prolifiques jamais joués dans la NHL. La Finlande a également de très bonnes équipes de patinage sur glace synchronisé, et une biathlète qui évolue au sommet dans les années 2010 : Kaisa Mäkäräinen. La Finlande est également le pays natal du joueur de basket-ball Lauri Markkanen, sélectionné en 7e choix de la draft NBA en 2017. Parmi les plus fameux athlètes finlandais du temps passé, il y a Hannes Kolehmainen (1890-1966), Paavo Nurmi (1897-1973) et Ville Ritola (1896-1982), qui, à eux trois, ont remporté 25 médailles olympiques de course de fond. Ils sont considérés comme étant les premiers d'une génération de grands coureurs de fond finlandais, surnommés les « Finlandais volants ». Un autre coureur de fond, Lasse Virén (né en 1949), a remporté quatre médailles d'or au cours des Jeux olympiques de 1972 et 1976. Il n'est pas rare de voir un Finlandais skier deux heures après le travail. En aviron, Pertti Karppinen est triple champion olympique en skiff en 1976, 1980 et 1984. Il est l'un des plus grands champions d'aviron du . Santé : « exception finlandaise » ? Si la Finlande n'est pas dans les premiers pays pour la durée moyenne de vie (le Japon et la Suisse sont aujourd’hui en tête dans ce palmarès), elle est mieux placée que la France pour les chances d'arriver à en bonne santé. Dans le domaine du cancer, on parle même d pour décrire le phénomène suivant : les cancérologues et urologues signalent et mesurent une fréquence accrue du cancer du testicule partout dans le monde (en tout cas partout où existent des registres du cancer, et surtout dans les pays riches où les populations à peau blanche dominent, notamment au début des années 1990 en Europe). Or, pour des raisons encore inexpliquées, la Finlande semble être le seul pays épargné par ce phénomène, alors même que le proche Danemark semble le pays le plus touché au monde, avec des taux de cancer quatre fois plus élevés qu'en Finlande dont il n'est séparé que par la Baltique ; la Finlande serait le pays (suivi) le moins touché au monde, et la qualité du sperme y semble également la meilleure. De nombreux indices plaident pour des causes environnementales et tout particulièrement pour les cancers de l'enfant, une exposition à des perturbateurs endocriniens ou à des produits cancérigènes "in utero". Dans ce dernier cas, ce cancer est un des éléments du syndrome de dysgénésie testiculaire qui semble inexplicablement ne pas exister en Finlande. Le terme "héritage finlandais" s'applique à un groupe de maladies génétiques dont la prévalence est particulièrement élevée en Finlande. Symboles. Le drapeau de la Finlande, une croix scandinave bleue sur fond blanc, date de 1918. Les armoiries sont plus anciennes, puisqu’elles datent de 1557. Le pays s’est aussi doté, après des sondages auprès de sa population, de sept symboles supplémentaires : |
France La France (), en forme longue depuis 1875 la République française (), est un État souverain transcontinental dont le territoire métropolitain s'étend en Europe de l'Ouest et dont le territoire ultramarin s'étend dans les océans Indien, Atlantique, Pacifique, ainsi qu'en Antarctique et en Amérique du Sud. Le pays a des frontières terrestres avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Espagne, Monaco et l'Andorre en Europe, auxquelles s'ajoutent les frontières terrestres avec le Brésil, le Suriname et les Pays-Bas aux Amériques. La France dispose d'importantes façades maritimes sur l'Atlantique, la Méditerranée, le Pacifique et l'océan Indien, lui permettant de bénéficier de la deuxième plus vaste zone économique exclusive du monde. La France est une république constitutionnelle unitaire ayant un régime semi-présidentiel. Elle a pour capitale Paris et pour langue officielle le français, langue de l'administration depuis 1539. Au , la population de la France est d'environ d'habitants. Pendant l'âge du fer, le territoire de la France métropolitaine est envahi par les Gaulois (peuple celtique) qui s'y installent, avant d'être conquis par la République romaine en 51 à la suite de la guerre des Gaules. Les Francs (peuple germanique) s'y installent au et fondent l'Empire carolingien au . L'empire est partitionné en 843, et la Francie occidentale devient le royaume de France, puissance majeure en Europe depuis le Moyen Âge. En 1789, la Révolution française adopte la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, marque la fin de l'ancien régime et de la monarchie absolue, ainsi que la propagation des idées révolutionnaires. Le pays connaît ensuite plusieurs changements de régime institutionnel (Consulat, Premier Empire, Restauration, monarchie de Juillet, Second Empire) jusqu'à l'avènement définitif de la République en 1870, à la suite de la défaite contre la Prusse. Du milieu du au milieu du , elle conquiert le second plus vaste empire colonial derrière l'empire colonial anglais. La France est l'un des principaux belligérants de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. À partir des années 1950, elle est l'un des acteurs de la construction de l'Union européenne, l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et membre de l'OTAN. La France est également membre du G7, du G20, de l'Organisation Internationale de la Francophonie et de la zone euro, et abrite le siège de plusieurs organisations internationales dont le Conseil de l'Europe, l'UNESCO, l'OCDE, Interpol, et le Centre international de recherche sur le cancer. Depuis la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, première déclaration des droits humains, la France a maintenu un rôle notable dans l'élaboration du droit international concernant les droits de l'Homme. Comptant le cinquième budget de la Défense au monde, elle est la septième puissance militaire mondiale et dans les cinq premiers en nombre de têtes nucléaires. Elle exerce une influence notable en matière politique, économique, militaire, linguistique et culturelle, en Europe et dans le reste du monde. Produisant un PIB nominal de de dollars US en 2022 selon le FMI, la France est cette année-là la troisième économie européenne après l'Allemagne et le Royaume-Uni, ainsi que la septième économie mondiale. Elle affiche un niveau de vie « très élevé » sur le classement IDH. Elle figure parmi les chefs de file mondiaux dans les secteurs de l'agroalimentaire, de l'aéronautique, de l'automobile, du tourisme, du nucléaire, et du luxe. Dans son évaluation annuelle du niveau de la démocratie des États dans le monde, créée en 2006, répertorie la France soit comme une « pleine démocratie », soit comme une « démocratie imparfaite », son indice moyen atteignant 7,94. Toponymie. La France tire son nom des Francs (peuple germanique) qui en ont institué les premiers fondements sur les bases de la Gaule romaine. Le nom "Francs" vient lui-même du proto-germanique "frankon", qui signifie javelot ou lance ou alors peut-être du mot "frank" qui signifie «homme libre». Les premières occurrences du mot « France » en langue française se rencontrent au , notamment dans la Chanson de Roland (vers 1080), mais le terme latin "Francia" était déjà employé dans les textes antérieurs, avec des acceptions variables. Géographie. Localisation, frontières et superficie. La partie européenne de la France, appelée France métropolitaine, est située à l'extrémité occidentale de l'Europe, et sa délimitation est restée inchangée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et le traité de Paris en 1947. Elle est bordée par la mer du Nord au nord, la Manche au nord-nord-ouest, la mer Celtique à l'ouest-nord-ouest, le golfe de Gascogne à l'ouest et la mer Méditerranée au sud-est. Elle est frontalière de la Belgique au nord-nord-est, du Luxembourg au nord-est, de l'Allemagne à l'est-nord-est, de la Suisse à l'est, de l'Italie à l'est-sud-est, de Monaco au sud-est et de l'Espagne et Andorre au sud-sud-ouest. Les frontières à l'est, au sud-est et au sud-ouest du territoire métropolitain sont établies en s'appuyant sur des cours d'eau et des massifs montagneux, à savoir le Rhin, le Jura, le Léman, les Alpes et les Pyrénées, tandis qu'au nord-est la frontière ne se fonde pas sur des éléments naturels. La France est également composée de nombreux territoires situés en dehors du continent européen, couramment appelés France d'outre-mer, qui lui permettent d'être présente dans tous les océans du monde sauf l'océan Arctique. Ces territoires ont des statuts variés dans l'administration territoriale de la France et sont situés : La France possède des frontières terrestres avec le Brésil et le Suriname en Guyane, ainsi qu'avec les Pays-Bas sur l’île de Saint-Martin dans les Antilles. La longueur du littoral de la France métropolitaine est de et atteint en incluant les territoires d'outre-mer. Selon l'Insee, la France métropolitaine couvre , tandis que l'IGN, qui prend en compte toutes les surfaces jusqu'à la laisse de basse mer, comptabilise une superficie de qui constitue la valeur officielle. Des différences similaires apparaissent pour la superficie de la France métropolitaine et des DOM qui s'établit à pour l'Insee (superficie cadastrale) et à pour l'IGN (superficie géodésique). La superficie de la France entière, comprenant les DROM, les COM et les TOM, mais hors Terre Adélie s'établit à . La France est le plus grand État du monde par sa surface terrestre. C'est aussi le troisième plus grand pays d'Europe, après la Russie et l'Ukraine, ou le deuxième si on inclut les départements ultra-marins, et le plus grand de l'Union européenne. Géologie, topographie et hydrographie. Le territoire métropolitain de la France offre une grande variété d'ensembles topographiques et de paysages naturels. De vastes parties du territoire européen actuel de la France ont été soulevées lors de plusieurs épisodes tectoniques, notamment la surrection hercynienne à l'ère paléozoïque, qui est à l'origine des massifs armoricain, central, morvandiau, vosgien, ardennais et Corse. Les massifs alpin, pyrénéen et jurassien sont eux beaucoup plus jeunes, et possèdent des formes moins érodées . Bien que 60 % des communes soient classées comme présentant des risques sismiques, ceux-ci restent modérés. Ces massifs délimitent plusieurs bassins sédimentaires, notamment le Bassin aquitain au sud-ouest et le Bassin parisien au nord . En outre, diverses voies de passage naturelles, telles que la vallée du Rhône, permettent des communications aisées. Les littoraux offrent des paysages assez contrastés ; il s'agit tantôt de retombées de massifs montagneux (la Côte d'Azur par exemple), de plateaux se terminant sur des falaises (la Côte d'Albâtre) ou de larges plaines sableuses (la plaine du Languedoc). Le réseau hydrographique de la France métropolitaine est principalement organisé autour de quatre grands fleuves, la Loire, la Seine, la Garonne et le Rhône, auxquels on peut ajouter la Meuse et le Rhin, moins importants en France, mais majeurs à l'échelle européenne. Le bassin versant français des quatre premiers couvre plus de 62 % du territoire métropolitain. Les territoires ultramarins, par leur dispersion dans différents océans et continents, présentent tous des caractéristiques topographiques spécifiques. Ils partagent toutefois des points communs, notamment des contraintes, des risques ou des potentialités physiques, à commencer par l'insularité (à l'exception de la Guyane). La plupart de ces îles sont d'origine volcanique, sous la forme d'arcs volcaniques liés à une subduction (la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-Martin dans les Petites Antilles, les îles Matthew et Hunter au sud de l'arc du Vanuatu ou les îles Loyauté en Nouvelle-Calédonie), de chapelets d'îles formés initialement autour de points chauds sur la lithosphère océanique (les archipels constitutifs de la Polynésie française ou des TAAF, La Réunion, Mayotte dans l'archipel des Comores, Clipperton), de plateaux volcaniques issus de panaches mantelliques (le plateau des Kerguelen dont les terres émergées forment l'archipel du même nom et celui de l'archipel Crozet dans les TAAF) ou de composantes en partie immergées d'un massif montagneux sur la lithosphère continentale (Saint-Pierre-et-Miquelon est ainsi lié à l'orogenèse des Appalaches). Les âges plus ou moins anciens des épisodes volcaniques qui ont provoqué leur formation expliquent des degrés divers d'érosion des reliefs, de subsidences, de formations de récifs coralliens et de dépôts calcaires. De ce fait, plusieurs de ces îles conservent un reliquat rocheux plus ou moins élevé des anciens volcans (les « îles hautes », avec ou sans bordure corallienne), qu'ils soient inactifs (dans la plupart des îles hautes de Polynésie française comme Tahiti, les îles Matthew et Hunter en Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Mayotte, les îles Kerguelen en TAAF), potentiellement actifs (l'île de la Possession dans l'archipel Crozet et les TAAF), ou actifs (la Soufrière sur Basse-Terre en Guadeloupe, la montagne Pelée en Martinique, le piton de la Fournaise à La Réunion, Mehetia dans l'archipel de la Société en Polynésie française, les îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam dans les TAAF). C'est dans ces îles hautes que se trouvent les points culminants de l'Outre-mer français. Les deux seuls territoires ultramarins à avoir des sommets dépassant les d'altitude sont La Réunion (culminant au piton des Neiges à ) et Tahiti (le mont Orohena atteint ). Les îles les plus anciennes ou touchées par d'autres phénomènes géologiques ont des reliefs beaucoup moins élevés et des sols davantage calcaires, ayant pu devenir des presqu'atolls (Clipperton, potentiellement Fatu Huku aux Marquises en Polynésie française), des atolls surélevés (Grande-Terre, Marie-Galante, La Désirade et les îles de la Petite-Terre en Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, les îles Loyauté mais aussi l'île des Pins en Nouvelle-Calédonie, Alofi à Wallis-et-Futuna, Makatea dans les Tuamotu ou Bora-Bora et Huahine dans l'archipel de la Société en Polynésie française, l'île Tromelin dans les îles Éparses de l'océan Indien et les TAAF) ou des atolls (nombreux en Polynésie française, également dans les récifs d'Entrecasteaux en Nouvelle-Calédonie, les îles Éparses de l'océan Indien dans les TAAF). Par ailleurs, l'archipel de la Nouvelle-Calédonie présente la particularité parmi les ensembles insulaires de l'Outre-mer français de n'avoir aucun lien avec une activité volcanique, ayant été formé par une série d'obductions du manteau au-dessus d'une partie des terres émergées du microcontinent Zealandia, ce qui explique sa richesse en roches ultramafiques (péridotites) et, par l'altération de ces dernières, en nickel. La Grande Terre, qui constitue la plus grande île française, et l'ensemble des îles qui la prolonge au nord-ouest (Bélep) et au sud-est (l'île des Pins) sont entourées d'une barrière de corail de de long (le deuxième plus grand ensemble corallien au monde après la Grande Barrière de corail) délimitant l'un des plus grands lagons du monde (). Seuls territoires continentaux de la France d'outre-mer, la Guyane et la Terre Adélie sont tous les deux des composantes de cratons d'âges Précambriens où prédominent les roches métamorphiques (respectivement le plateau des Guyanes et celui d'Antarctique oriental) et, pour leurs littoraux comme pour les sols immergés, de marges continentales. Toutes deux présentent également le point commun d'être recouvertes, pour une grande majorité de leurs territoires, de milieux naturels spécifiques très peu touchés par les activités humaines : la forêt amazonienne pour la première et l'inlandsis de l'Antarctique pour la seconde. La France dispose de de kilomètres carrés d'eaux marines sous sa juridiction, dans trois océans et à 97 % en outre-mer. Ils constituent la deuxième plus vaste zone économique exclusive du monde Climat. Le climat de la France métropolitaine est fortement influencé par l'anticyclone des Açores, mais également par le Gulf Stream comme le reste de l'Europe de l'Ouest, avec des variantes régionales ou locales assez marquées. La France métropolitaine connaît des événements climatiques aux conséquences importantes : des tempêtes (celles de décembre 1999 ont abattu 7 % des arbres des forêts françaises), des canicules (la canicule européenne de 2003 a fait ), des incendies et des inondations. On distingue usuellement le climat océanique strict très marqué à l'ouest. Il s'étend de la Flandre au Pays basque, sur une bande côtière de quelques dizaines de kilomètres (la limite est difficile à définir), plus étroite au nord et au sud, plus large en Bretagne qui est concernée en quasi-totalité par ce climat. Le climat océanique aquitain du sud-ouest est plus chaud, car plus au sud. Le climat de la façade nord-ouest est océanique, mais plus frais que le climat océanique aquitain ; l'intensité des vents d'ouest y est beaucoup plus forte. Le "climat océanique dégradé" de plaine situé au centre-nord, est parfois appelé « parisien » car il correspond approximativement au bassin parisien, pour lequel le climat océanique est plus faiblement altéré. Le "climat semi-continental" au nord-est et au centre-est (Alsace, plaines de Saône ou du moyen-Rhône, plaines dauphinoises, auvergnates ou savoyardes) est lui-même subdivisé et possède des caractéristiques encore plus modifiées par le voisinage des massifs montagneux. Un climat "semi-continental méridional" caractérisé par un climat chaud existe dans les plaines de la vallée du Rhône autour de Lyon ainsi que celles du Forez. La Limagne et la région autour de Clermont-Ferrand connaît le même climat par l'effet de foehn et une position géographique dans la moitié sud de la France. Le climat "semi-continental oriental" quant à lui est présent de la Bourgogne jusqu'aux Ardennes. Les plaines ou bas-relief du littoral méridional et de la Corse ainsi que la basse vallée du Rhône sont pour leur part soumis au climat méditerranéen. Enfin le climat montagnard est présent, principalement en altitude dans les Alpes, les Pyrénées, le Massif central, les Vosges, le Jura et la montagne Corse. Une grande partie de la France d'outre-mer est également soumise à des climats tropicaux (avec de fortes disparités), auxquels il faut ajouter le climat équatorial de la Guyane, le climat subarctique de Saint-Pierre-et-Miquelon et les climats océanique et polaire des Terres australes et antarctiques françaises. La température moyenne en France s'est élevée de en moyenne par décennie au cours du . Le à Vérargues, le thermomètre atteint , établissant un nouveau record absolu de température en France métropolitaine depuis que les relevés existent. Paysages et environnement. La France métropolitaine possède une grande variété de paysages, avec des plaines agricoles ou boisées, des chaînes de montagnes plus ou moins érodées, des littoraux diversifiés et des vallées mêlant ville et nature. La France d'outre-mer possède quant à elle une importante biodiversité, par exemple dans la forêt équatoriale guyanaise ou dans les lagons de Nouvelle-Calédonie. La France est un des pays les plus boisés d'Europe occidentale, les forêts occupant 31 % du territoire métropolitain. La superficie forestière en métropole est constituée de 67 % de feuillus, 21 % de conifères et 12 % de peuplement mixte. Les zones humides, qui concernent potentiellement environ un quart de la surface de la France, ont fortement régressé depuis le . Cette diversité des paysages et des écosystèmes est menacée par la fragmentation écologique des milieux due à un dense réseau routier, par le développement horizontal de l'urbanisation qu'il favorise, par l'artificialisation des côtes et par la pollution de son eau et de ses sols. Un tiers des eaux de surface sont de mauvaise, voire de très mauvaise qualité, principalement à cause des pollutions industrielles ; les pollutions agricoles liées à l'usage d'engrais et de pesticides ont quant à elles fortement détérioré la qualité des nappes phréatiques dans plusieurs régions, en particulier en Bretagne. La littoralisation du peuplement et des activités entraîne une extension et une densification du bâti sur les côtes, malgré la loi littoral de 1986 et l'intervention du Conservatoire du littoral ainsi que le caractère inondable de certains secteurs. Quant aux infrastructures de transport, notamment routières, elles exposent leurs riverains à une pollution atmosphérique, sonore et visuelle importante. L'empreinte carbone de la France ( équivalent par habitant en 2018) est plus importante que son poids démographique au niveau mondial, et 50 % plus élevée que la moyenne mondiale ( équivalent par habitant en 2018). Elle est le émetteur de dioxyde de carbone en cumulé depuis 1850. La France et l'Union européenne sont engagées dans une réduction de leurs émissions nettes de 55 % d'ici 2030 par rapport à 1990. Les émissions territoriales de gaz à effet de serre en France ont baissé de 23,1 % en 2021 par rapport à 1990. En 2019, la France est le deuxième pays émetteur de gaz à effet de serre (454,8 Mte) de l'Union européenne derrière l'Allemagne (839,7 Mt-e), mais ses émissions par habitant (6,8 te) la placent au sur 27 ; elles sont inférieures de 19 % à la moyenne de l'UE (8,4 te) et de 33 % à celles de l'Allemagne (10,1 te). En France, les forêts et les terres agricoles (cultures et prairies) constituent d'importants stocks de carbone contenu dans la biomasse vivante, la biomasse morte et les sols. Le bilan en France métropolitaine du secteur UTCATF présente davantage d'absorptions de que d'émissions. C'est un puits de carbone. Avec une empreinte écologique par habitant de globaux (Hag) et une biocapacité par habitant de en 2011, la France est en déficit écologique. La production de plastique en France a augmenté de 7,8 % entre 2016 et 2017. Chaque année, de déchets plastiques français sont déversées dans la Méditerranée. Les rivières sont également atteintes par la pollution aux microplastiques. En 2015, une commission d'enquête parlementaire indique que la pollution de l'air représente un coût annuel de d'euros pour la France. Préservation de l'environnement. Les pouvoirs publics tentent depuis plusieurs décennies de répondre à ces défis environnementaux. Aux réserves naturelles et aux parcs nationaux se sont ajoutés depuis 1967 les parcs naturels régionaux, qui mêlent conservation et mise en valeur du patrimoine naturel et culturel et couvrent, en 2018, 15 % du territoire français. Six agences de l'eau ont été mises en place pour gérer et protéger les ressources en eau du pays. Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent. En , le réseau compte en France , dont marins, comprenant : La superficie totale est de , ce qui représente 12,9 % de la surface terrestre métropolitaine (soit d'hectares) et 33 % de la surface marine de la zone économique exclusive (soit d'hectares). Répartition spatiale des hommes et des activités. La France métropolitaine est marquée par des déséquilibres spatiaux multiples. D'une part, elle possède l'originalité d'avoir une capitale six fois plus peuplée que la deuxième aire d'attraction du pays, regroupant un quart des étudiants et la quasi-totalité des sièges de grandes entreprises du pays. D'autre part, la ligne Le Havre–Marseille est souvent considérée comme la limite entre un ouest longtemps resté agricole et qui bénéficie actuellement d'un important essor démographique et économique, et un est à l'industrie et à l'urbanisation anciennes, aujourd'hui en déclin. Enfin, des Ardennes au nord-est aux Landes au sud-ouest se dessine une « diagonale des faibles densités », caractérisée par un peuplement faible comparé au reste du pays et une économie souvent en difficulté. Après un long exode rural au et jusque dans la deuxième moitié du , le solde migratoire des campagnes françaises est redevenu positif dans les années 1990. L'essentiel de la croissance urbaine se fait dans les zones périurbaines, de plus en plus éloignées de l'agglomération-centre. Le tableau ci-dessous liste les principales villes du pays en 2017, classées par défaut en fonction de la population de leur aire urbaine (plus de ). Axes de communication et transports. En raison de sa situation géographique qui forme un carrefour européen, la France est un pays de passage. Elle est, en effet, le passage obligé pour les hommes et les marchandises circulant par voie terrestre entre la péninsule Ibérique et le reste de l'Europe ainsi que, depuis l'ouverture en 1994 du tunnel sous la Manche, entre le Royaume-Uni et le continent. Héritages de l'histoire, les réseaux de transports français sont très centralisés autour de Paris ; cette centralisation est particulièrement forte dans les transports ferroviaires et aériens, même si elle commence à diminuer. Le transport routier est le principal mode de transport utilisé en France, en 2014, il représentait 83 % des trafics voyageurs et 85 % des trafics marchandises. La France compte près de de kilomètres de routes en 2014, dont la quasi-totalité est revêtue. Depuis la Libération, la France s'est dotée d'un réseau autoroutier étendu, qui totalise en 2014. Depuis quelques décennies, les politiques publiques s'attachent à réduire les accidents mortels sur la route, dont les principales causes identifiées sont la vitesse et l'alcool, et cherchent à promouvoir d'autres moyens de transport moins polluants que la voiture individuelle. Le réseau ferré national date pour l'essentiel du milieu et de la fin du ; en 2018, il compte environ de lignes, dont plus de la moitié sont électrifiées et de lignes à grande vitesse. L'essentiel du trafic est géré par la société anonyme à capitaux publics SNCF sur des lignes appartenant à l'État et attribuées à SNCF Réseau, une filiale de la société. Depuis les années 1980, le trafic voyageurs augmente en France grâce à la prise en charge par les régions du trafic régional et local et surtout grâce à la naissance et à l'extension continue du réseau de lignes à grande vitesse parcouru par le TGV. En revanche, le trafic fret est en constante diminution. Par ailleurs, les principales villes du pays sont dotées d'un réseau ferroviaire urbain, de type métro (Paris, Lyon, Lille, Marseille, Toulouse et Rennes), tramway (Paris, Lyon, Marseille, Nantes, Strasbourg, Bordeaux, Toulouse, Grenoble, Montpellier et Nice notamment) ou RER (Paris) ; le métro de Paris, né en 1900, forme l'un des réseaux les plus anciens et denses au monde. Le transport aérien est particulièrement centralisé : les deux aéroports parisiens ont accueilli de passagers en 2017, alors que le premier aéroport régional, Nice-Côte d'Azur, en accueillait . Les aéroports régionaux sont, en effet, concurrencés par le TGV pour le trafic national, tandis que les aéroports parisiens accueillent la quasi-totalité du trafic long-courrier. La France est également le siège de l'une des premières compagnies aériennes mondiales en nombre de passagers transportés (Air France-KLM) et du premier constructeur aéronautique civil (Airbus) d'Europe, deuxième du monde. D'autres modes de transport sont utilisés en France, mais ils sont plus marginaux. Le trafic fluvial assure une part négligeable du trafic voyageurs et très secondaire du trafic marchandises, principalement en raison de l'inadaptation d'une grande partie du réseau au trafic moderne. Le trafic maritime est important : Calais est le deuxième port mondial pour le trafic de passagers. En ce qui concerne le fret maritime, les ports de Dunkerque, du Havre, de Nantes–Saint-Nazaire et de Bordeaux sont moins importants que leurs rivaux de la mer du Nord comme ceux de Rotterdam, d'Anvers et de Hambourg et sont désormais largement devancés par ceux d'Amsterdam et de Brême-Bremerhaven ; le port de Marseille, au premier rang français par son trafic, et un des premiers terminaux d'Europe pour les croisières, est le deuxième port de la Méditerranée, derrière Algésiras (Espagne). À noter également le développement des réseaux urbains de pistes cyclables et à la mise en place de vélos en libre-service dans plusieurs villes du pays. Néanmoins, la qualité de ces aménagements est très inégale selon les territoires. Histoire. La France métropolitaine actuelle occupe la plus grande partie de l'ancienne Gaule celtique, conquise par Jules César au , mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique qui s'y installa à partir du . La France est un État dont l'unification est ancienne, et fut l'un des premiers pays de l'époque moderne à tenter une expérience démocratique. Préhistoire, protohistoire et Antiquité. La présence humaine sur le territoire de la France actuelle remonte au Paléolithique inférieur ; les traces les plus anciennes de vie humaine datent d'il y a environ . L'homme est alors confronté à un climat rude et variable, marqué par plusieurs ères glaciaires qui modifient son cadre de vie. La France compte un nombre important de grottes ornées du Paléolithique supérieur, dont deux des plus célèbres sont la grotte de Lascaux (Dordogne, -18000 environ) et la grotte Chauvet (Pont d'Arc, -36000 environ). Vers -10000, à la fin de la dernière ère glaciaire, le climat s'adoucit. À partir de -7000 environ, l'Europe occidentale entre dans le Néolithique et ses habitants se sédentarisent, même si l'évolution est différente selon les régions. Après un fort développement démographique et agricole aux et millénaires, la métallurgie fait son apparition à la fin du millénaire, d'abord avec le travail de l'or, du cuivre et du bronze, puis avec celui du fer au . En -600, des Grecs originaires de la ville de Phocée fondent la ville de Marseille, au bord de la Méditerranée ; à la même époque, quelques peuples celtes pénètrent dans le territoire de la France actuelle, mais cette occupation ne se généralise à la totalité de ce territoire qu'entre les . La notion de Gaule, en grec, apparaît alors ; elle correspond aux territoires de peuplement celte compris entre le Rhin, les Pyrénées, l'Atlantique et la Méditerranée. Contrairement à la vision réductrice qu'en donne César dans sa Guerre des Gaules, ce vaste espace géographique est occupé par une mosaïque de plus d'une centaine de peuples dont l'organisation est très diverse, mais qui ont tous un point commun : . À partir de -125, le sud des Gaules (57 peuples gaulois) est progressivement conquis par la République romaine à la suite de la victoire de Rome sur les Allobroges et les Arvernes. Rome y fonde les villes d'Aix-en-Provence, Toulouse et Narbonne. En -58, Jules César prend prétexte d'une demande d'aide des Éduens pour se lancer à la conquête du reste de la Gaule. D'abord battu à Gergovie, il vainc à Alésia. Les riches territoires fiscaux nouvellement conquis sont répartis par l'empereur de Rome Auguste en neuf provinces, dont quatre correspondent approximativement à l'actuel territoire métropolitain français : la Narbonnaise au sud, l'Aquitaine au sud-ouest, la Lyonnaise au centre et à l'ouest et la Belgique au nord. De nombreuses villes sont fondées durant la période gallo-romaine, dont Lyon ("Lugdunum") en -43, appelée à être la capitale de la Gaule romaine qui connait alors la paix pendant environ deux siècles. Au , la Gaule romaine connaît une crise grave, le "limes", frontière fortifiée protégeant l'Empire des incursions germaniques, étant franchi à plusieurs reprises par les Barbares. Le pouvoir romain chancelant un Empire des Gaules est proclamé en 260 qui échappe à la tutelle romaine jusqu'en 274. Pendant la première moitié du , la Gaule romaine connaît une période de renouveau et de prospérité. Toutefois, les invasions barbares reprennent à partir de la seconde moitié du et le , les Vandales, Suèves et Alains franchissent le Rhin et traversent la Gaule jusqu'en Espagne. Au milieu du , les Alamans et les Francs s'installent au nord-est de la France actuelle et exercent une forte pression sur les généraux romains qui subsistent dans le nord-est de la Gaule. Pour ce qui concerne la France d'outre-mer pendant ce temps : la Guyane est occupée par des peuples vivant de chasse et de cueillette ; Saint-Pierre-et-Miquelon reçoit des visites de paléoesquimaux ; les Antilles françaises sont animées par une période précolombienne ; la Guadeloupe par des groupes amérindiens pré-céramiques ; la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna reçoivent leurs premiers habitants vers -3000, et leur première civilisation, le Lapita, se développe au premier millénaire ; les autres territoires d'outre-mer semblent inoccupés durant cette période. Naissance, crises et transformations du royaume de France au Moyen Âge. La conversion au christianisme du chef franc Clovis, baptisé à Reims le 24 décembre 496 par l'évêque saint Rémi, fait de lui l'allié de l'Église chrétienne nicéenne et lui permet de conquérir l'essentiel de la Gaule au tournant des . La fusion des héritages gallo-romains, des apports germaniques et du christianisme est longue et difficile, les Francs constituant originellement une société guerrière aux lois très éloignées du droit romain et des principes chrétiens. Tandis que la faiblesse démographique que connaît le royaume des Francs entraîne un déclin des villes, le christianisme s'installe par la fondation d'églises rurales et surtout de très nombreux monastères. Si le pouvoir de Clovis semblait originellement solide, la dynastie mérovingienne doit bientôt faire face à de graves difficultés ; elle disparaît en 751 lorsque Pépin le Bref est sacré roi des Francs, fondant ainsi la dynastie carolingienne. Pépin le Bref et son fils Charlemagne agrandissent considérablement le royaume des Francs, qui s'étend à la fin du sur plus d'un million de kilomètres carrés. L'immense empire carolingien est contrôlé par une administration centralisée basée à Aix-la-Chapelle, des comtes représentant Charlemagne dans tout l'empire et surveillés par les "missi dominici". Charlemagne, couronné en 800 empereur d'Occident, relance les arts libéraux dans l'éducation et le palais d'Aix-la-Chapelle accueille une activité intellectuelle et artistique de haut niveau. Néanmoins, après la mort de l'empereur, les comtes et les vassaux de celui-ci parviennent peu à peu à rendre leur fonction héréditaire, et les petits-fils de Charlemagne se partagent l'Empire au traité de Verdun (843) ; Charles obtient la Francie occidentale, qui correspond approximativement aux deux tiers occidentaux de la France actuelle et dont les frontières varieront peu jusqu'à la fin du Moyen Âge. Le nouveau royaume doit toutefois affronter trois vagues d'invasions différentes aux , menées par les musulmans, les Vikings et les Hongrois. À la même époque, les pouvoirs des anciens comtes continuent d'augmenter tandis que le pouvoir royal diminue ; une société féodale se met en place, caractérisée par sa division en trois ordres : le clergé, la noblesse et le tiers état. En 987, Hugues Capet est élu roi par ses pairs, c'est-à-dire les nobles du royaume ; la monarchie redevient héréditaire et les Capétiens règneront sur la France pendant plus de huit siècles. Néanmoins, les premiers rois capétiens ne contrôlent directement qu'une portion très faible du territoire français, appelée le domaine royal, et certains de leurs vassaux sont beaucoup plus puissants qu'eux. Au , le pouvoir royal commence à s'affirmer contre les princes du royaume, mais doit faire face à partir des années 1150 à la naissance d'un « empire Plantagenêt » regroupant dans un même ensemble l'Angleterre et le tiers ouest de la France. Le royaume capétien atteint son premier apogée au , la monarchie reprenant le pouvoir qu'elle avait perdu tandis que l'art et la culture française s'affirment en Europe. Philippe Auguste (1180-1223) parvient à conquérir l'essentiel des possessions françaises des Plantagenêt, mettant temporairement fin à la menace anglaise et agrandissant considérablement le domaine royal par la même occasion. Louis IX (1226-1270) se comporte en arbitre de la chrétienté et participe aux septième et huitième croisades, et sera rapidement canonisé par l'Église catholique. Le et la première moitié du voient la France plonger dans une crise grave, dont les expressions sont multiples. La guerre de Cent Ans, menée contre l'Angleterre et née d'un problème de succession à la tête du royaume de France, ravage le pays. Toutefois, la crise des n'est pas seulement politique ou militaire ; elle est aussi démographique : à partir de 1347, la peste noire tue au moins un tiers de la population du royaume ; sociale : les insurrections paysannes et urbaines se multiplient ; mais également économique et religieuse. Si la monarchie est également touchée par cette crise, elle en sort renforcée : le pouvoir central, qui s'est déplacé dans la vallée de la Loire, se dote de nouvelles institutions, met en place une armée et un impôt permanents, et amorce le passage du Moyen Âge à la Renaissance. De la Renaissance à la monarchie absolue (). À partir de 1494, les souverains français mènent de multiples guerres en Italie, puis contre l'empereur Charles Quint. Néanmoins, les règnes de François (1515-1547) et de son fils Henri II (1547-1559) sont surtout marqués par un renforcement du pouvoir royal, qui tend à devenir absolu, et par une Renaissance littéraire et artistique fortement influencée par l'Italie. En 1539, l'ordonnance de Villers-Cotterêts fait du français la langue administrative et judiciaire du royaume. Toutefois, l'unité de la France autour de la personne du roi est bousculée dans la deuxième moitié du par le problème religieux : entre 1562 et 1598, huit guerres de religion se succèdent entre catholiques et calvinistes. Cette crise religieuse se double d'une crise économique et surtout politique. En 1598, le roi Henri IV (1589-1610) met fin aux guerres de religion par l'édit de Nantes, qui donne une liberté de culte partielle aux protestants. Louis XIII (1610-1643) et ses ministres Richelieu et Mazarin doivent faire face à l'opposition de nobles soucieux de reprendre leurs anciens pouvoirs. À la même époque, la France mène plusieurs guerres victorieuses (dont la guerre de Trente Ans) et commence à former un premier empire colonial, principalement en Nouvelle-France, aux Antilles et sur la route des Indes. Louis XIV affirme plus que jamais le caractère absolu de son pouvoir : le « Roi-Soleil » se considère comme le « lieutenant de Dieu sur Terre » et fait construire le château de Versailles, symbole de son pouvoir. Il s'entoure d'artistes et de savants et travaille à l'unité religieuse de son royaume en reprenant la persécution des protestants et en révoquant l'édit de Nantes par l'édit de Fontainebleau. Malgré la situation financière critique de la monarchie, Louis XIV mène plusieurs guerres face à une Europe coalisée contre lui tandis que le marquis de Vauban fait construire un réseau de villes fortifiées aux frontières du royaume. Si ces guerres aboutissent dans un premier temps à des victoires françaises, plusieurs défaites militaires et des famines ternissent la fin de son règne. Louis XV (1715-1774), arrière-petit-fils et successeur de Louis XIV, mène lui aussi plusieurs guerres, aux résultats contrastés. En 1763, par le traité de Paris qui met fin à la guerre de Sept Ans, la France abandonne ses possessions en Amérique du Nord, mais acquiert dans la même décennie la Lorraine et la Corse. Pendant ce temps, la France connaît une forte vitalité démographique et économique. La croissance de la production agricole s'accompagne d'une proto-industrialisation, notamment dans le secteur textile, ainsi que d'un essor dans les domaines intellectuel et culturel. Toutefois, Louis XVI, qui accède au trône en 1774, se révèle incapable de trouver une solution au surendettement de la monarchie et doit convoquer les états généraux en 1789. Révolutions, républiques, monarchies et empires (1789-1914). Les délégués envoyés aux États généraux qui s'ouvrent le outrepassent rapidement les pouvoirs qui leur sont attribués et s'érigent en une Assemblée nationale constituante. Le roi ne peut alors empêcher l'assemblée constituante de décider l'abolition des privilèges dans la nuit du 4 août puis d'adopter le 26 août la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. La devise "Liberté, Égalité, Fraternité" apparaît dans le débat public, en particulier en 1790 dans un discours de Maximilien Robespierre sur l'organisation de la Garde nationale. Après un essai de monarchie constitutionnelle, la République naît le , et Louis XVI, condamné pour trahison, est guillotiné par jugement de la Convention nationale le 21/1/1793. La France révolutionnaire connaît alors plusieurs années de guerres et d'exécutions jusqu'à l'instauration du Directoire en 1795. C'est le (), que le drapeau tricolore est instauré par la Convention nationale, par décret indiquant que « le pavillon et le drapeau national seront formés des trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales de manière que le bleu soit attaché à la garde du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant ». Le , le général Napoléon Bonaparte renverse le Directoire par un coup d'État et lui substitue le Consulat ; cinq ans plus tard, il est couronné Empereur des Français. Napoléon crée ou réforme de nombreuses institutions, et ses multiples victoires militaires mettent la moitié de la population européenne sous son contrôle au début des années 1810. Le déclin sera néanmoins rapide : après une éphémère abdication puis un bref retour au pouvoir, l'Empereur est définitivement vaincu à Waterloo le . La France entame alors une seconde expérience de monarchie constitutionnelle, pendant laquelle les rois Louis XVIII (1814-1824) et surtout Charles X (1824-1830) remettent en question une partie des acquis de la Révolution. Quelques semaines après avoir conquis Alger, Charles X est renversé en 1830 par les Trois Glorieuses, un mouvement révolutionnaire qui porte sur le trône Louis-Philippe. Si ce dernier est alors considéré comme réformateur, la contestation monte bientôt, malgré l'essor économique que connaît la France à cette époque. En , une nouvelle révolution éclate, dont les objectifs ne sont plus seulement politiques, mais aussi sociaux. L'éphémère Seconde République qui est alors mise en place instaure le suffrage universel masculin et abolit l'esclavage dans les colonies ainsi que la peine de mort pour raison politique. Toutefois, elle est renversée par son président Louis-Napoléon Bonaparte, qui est couronné empereur en 1852. Si les premières années du Second Empire sont celles d'un régime autoritaire, Napoléon III entame un tournant libéral en 1860, qui n'empêche pas une montée des oppositions politiques, tandis que le développement industriel et ferroviaire s'accélère. La défaite de la France face à une Allemagne en cours d'unification, en 1870 et 1871, est un double tournant dans l'histoire du pays : l'empereur capitule le et la République est proclamée le , tandis que la Prusse annexe l'Alsace-Lorraine. La défaite française suscite en outre l'épisode dramatique de la Commune de Paris, écrasée en mai 1871 par les troupes gouvernementales. Malgré sa naissance chaotique, la Troisième République est le plus long des régimes politiques qu'a connu la France depuis 1789. Les républicains mettent peu à peu en place leur projet politique : l'école est rendue gratuite, laïque et obligatoire en 1881-1882, les libertés de presse et de réunion sont accordées en 1881, le divorce et les syndicats sont autorisés en 1884, et les Églises sont séparées de l'État en 1905. À la même époque, la France se dote d'un vaste empire colonial, qui sera le deuxième au monde après celui du Royaume-Uni : aux possessions en Inde et à l'Algérie viennent s'ajouter au fil des années l'Indochine, les protectorats de Tunisie et du Maroc, l'Afrique équatoriale et occidentale et Madagascar. Si plusieurs crises politiques se succèdent , la menace principale pour la République vient désormais de l'extérieur, où la guerre apparaît de plus en plus imminente. La France dans les deux guerres mondiales (1914-1945). Par le jeu des alliances, la France entre en guerre au début du mois d'août 1914 contre l'Allemagne, aux côtés du Royaume-Uni et de l'Empire russe. La Première Guerre mondiale, qui fait de victimes françaises et entraîne de nombreuses destructions dans le nord-est du pays, se conclut le 11 novembre 1918 en faveur de la Triple-Entente. Outre le retour de l'Alsace-Lorraine, la France recevra une partie des réparations allemandes prévues par le traité de Versailles tout en obtenant des garanties de sécurité. Néanmoins, celles-ci ne suffisent pas à éviter en 1940, une nouvelle invasion par l'Allemagne à la suite de la reconstruction de l'armée allemande et de la remilitarisation de la rive gauche du Rhin. Après quelques années de reconstruction laborieuse, marquée par un effort d'immigration et de productivité pour pallier la pénurie de main-d'œuvre dans les mines, l'acier ou l'automobile, la France peine à retrouver sa vigueur économique d'avant-guerre avant de vivre une forte croissance à partir de 1924. Elle sera touchée bien après la plupart des autres puissances par la crise des années 1930. Toutefois, si cette crise est tardive, elle est durable et profonde. Aux difficultés économiques s'ajoute une crise politique, malgré l'espoir suscité par l'arrivée au pouvoir en 1936 du Front populaire. Finalement, lorsque la France déclare le 3 septembre 1939 la guerre à l'Allemagne nazie, elle sort tout juste de la plus grave crise qu'ait connue la Troisième République. Après huit mois sans combats (la « drôle de guerre »), la Wehrmacht envahit le le nord-est de la France et le maréchal Philippe Pétain demande l'armistice le 22 juin. Ce dernier obtient les pleins pouvoirs le , signant ainsi la fin de la Troisième République et la naissance du régime de Vichy. Celui-ci mène une politique conservatrice, traditionaliste et antisémite, et collabore avec le Troisième Reich. Toutefois, la résistance s'organise à l'intérieur et à l'extérieur du pays. Le débarquement allié du en Normandie sonne la fin de l'occupation nazie et le début de la libération de l'Europe. Au total, ce conflit aura tué moins de militaires français que le précédent mais les victimes civiles sont nombreuses et les blessures psychologiques et politiques dues à la débâcle de 1940, à la collaboration puis aux règlements de compte lors de l'épuration sont longues à cicatriser. La Libération, gaullisme et crise politique (1945-1968). Une période de renouveau commence alors pour la France. Si le général de Gaulle, chef de la France libre, ne peut empêcher l'adoption d'une constitution proche de celle de la Troisième République, l'après-guerre voit la création de la Sécurité sociale et le droit de vote accordé aux femmes. La France de la Quatrième République choisit le camp occidental dans la guerre froide qui s'ouvre à cette époque, entame avec difficultés (guerres d'Indochine puis d'Algérie) la décolonisation de l'Asie et de l'Afrique et participe aux débuts de la construction européenne. Le pays entame dans le même temps une période de modernisation et de forte croissance économique que l'économiste Jean Fourastié appellera « Trente Glorieuses ». Le , lors d'une grave crise politique liée à la guerre d'Algérie, le général de Gaulle est investi président du Conseil par l'Assemblée nationale avec pour mission de donner à la République une nouvelle constitution : la Cinquième République donne au président des pouvoirs plus larges face au Parlement. Charles De Gaulle poursuit et achève la décolonisation de l'Afrique et affirme l'indépendance de la France face aux États-Unis. À cette fin, il dote la France du nucléaire civil et militaire, et d'un programme spatial qui fera de la France la troisième puissance spatiale de l'histoire. Mais la crise étudiante et sociale de révèle une fracture entre des aspirations de la jeunesse (notamment estudiantine) face à un pouvoir dépeint comme trop conservateur. Cependant, le général de Gaulle reprend en main la situation en provoquant la dissolution de l'Assemblée nationale le après laquelle les Français lui donnent une large majorité présidentielle. Il démissionne en 1969 à la suite de l'échec du référendum sur la réforme du Sénat et de la régionalisation. Toutefois, le gaullisme se maintient au pouvoir cinq ans de plus, sous la figure du président de la République Georges Pompidou. Depuis Mai 68. En 1974, s'ouvre une période post-gaulliste avec l'élection d'un président issu du centre-droit : Valéry Giscard d'Estaing. Alors que la France entre peu à peu dans la crise des années 1970, les premières années de son mandat sont marquées par plusieurs lois actant les mutations de la société française, comme la loi Veil qui légalise l'interruption volontaire de grossesse (IVG) ou l'abaissement de 21 à de l'âge de la majorité civile. Un autre tournant a lieu en 1981, lorsqu'un président socialiste, François Mitterrand, est élu. Face à la situation économique qui s'aggrave, celui-ci tente dans un premier temps une politique de relance, tout en adoptant des mesures symboliquement fortes comme l'abolition de la peine de mort. Si François Mitterrand est réélu en 1988, la France connaît entre 1986 et 1988 puis entre 1993 et 1995 deux périodes de « cohabitation », situation jusque-là inédite où le président n'appartient pas au même parti que son gouvernement et qui offre une lecture nouvelle des institutions. Cette situation se reproduit entre 1997 et 2002, mais de façon inversée, alors qu'un président de droite, Jacques Chirac, est élu en 1995, et que les élections législatives de 1997 amènent le socialiste Lionel Jospin à la tête du Gouvernement. En 2002, la France abandonne sa monnaie nationale pour adopter la monnaie unique européenne. L'élection présidentielle de 2002 est marquée par l'élimination de Lionel Jospin dès le premier tour au profit de Jean-Marie Le Pen, candidat de l'extrême droite. Une grande partie des électeurs se reportent alors sur Jacques Chirac qui est réélu. Les gouvernements Raffarin puis Villepin se soulignent par l'opposition de la France à la guerre d'Irak. En 2005, une majorité de citoyens vote « non » lors du référendum sur la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe. Si Nicolas Sarkozy, président à partir de 2007, dirigeait le parti de son prédécesseur au moment de son élection et était membre de son gouvernement, la politique qu'il mène se veut de « rupture ». Le gouvernement « d'ouverture » que François Fillon forme avec des personnalités issues non seulement de la droite, mais aussi du centre et de la gauche, doit cependant faire face à la crise économique venue en 2008-2009 des États-Unis. En 2012, le socialiste François Hollande est élu président, après être devenu candidat de son parti à l'issue des premières primaires ouvertes de l'histoire de la République. Avec une majorité socialiste dans les deux chambres du Parlement pour la première fois sous la République, il conduit une politique marquée par une hausse de la fiscalité puis par un virage social-libéral et par l'ouverture du mariage civil aux couples de même sexe. L'élection présidentielle de 2017 suit la tenue de primaires ouvertes dans les deux camps politiques pourvoyeurs jusque-là des présidents de la République, mais voit l'élimination de leurs candidats dès le premier tour. Emmanuel Macron, ancien secrétaire général adjoint du cabinet du président Hollande puis ministre de l'Économie, fonde son propre mouvement et remporte les deux tiers des suffrages du second tour de l'élection face à la candidate du Front national, Marine Le Pen. Élu à , il est le plus jeune président français de l'histoire et le second plus jeune chef d'État français depuis la désignation en 1799 de Napoléon Bonaparte comme Premier consul (à ). Depuis 1945, la France a été touchée par plusieurs vagues d'attentats terroristes, en particulier par le terrorisme islamiste depuis 1995, qui mène la même année à la création du plan "Vigipirate". Après une série d'attentats particulièrement meurtriers en 2015, le président François Hollande décrète l'état d'urgence, qui est prolongé jusqu'en novembre 2017. En 2020, la pandémie de Covid-19 provoque une crise sanitaire majeure et une importante récession économique ; le président Emmanuel Macron décrète l'état d'urgence sanitaire, qui impose notamment un confinement généralisé de la population, et fait adopter des mesures budgétaires massives pour soutenir l'économie. Politique et administration. La France est une démocratie libérale, dont le gouvernement a la forme d'une république. Les fondements de l'organisation politique et administrative actuelle de la France ont été fixés en 1958 par la Constitution de la Cinquième République. Selon l'article premier de la Constitution, . Depuis 2003, ce même article affirme en outre que . Organisation des pouvoirs. L'organisation des pouvoirs en France est définie par la Constitution de 1958, amendée à plusieurs reprises ; le rôle de chaque institution est cependant défini tant par la pratique observée depuis 1958 que par le texte de la Constitution. La France possède un régime politique original par le large pouvoir dont disposent à la fois le Parlement et le président de la République, ce qui a amené les constitutionnalistes à parler de , de ou encore de . Le pouvoir législatif appartient au Parlement français, formé de deux chambres, l'Assemblée nationale et le Sénat. L'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement, est formée de 577 députés, élus pour cinq ans au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours dans des circonscriptions découpées au sein des départements. Le Sénat, la chambre haute, est formé de élus pour six ans par (principalement des élus locaux) et est de ce fait considérée comme moins représentative que l'Assemblée nationale. L'Assemblée nationale est plus puissante que le Sénat en cas de désaccord prolongé sur l'adoption d'une loi avec ce dernier. Le pouvoir exécutif appartient en premier lieu au président de la République, élu pour cinq ans au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Le président de la République est le chef de l'État et le chef des armées, il promulgue les lois et peut dissoudre l'Assemblée nationale. Il nomme le Premier ministre, et, sur proposition de celui-ci, les membres du Gouvernement. Le Gouvernement peut être renversé par une motion de censure adoptée par l'Assemblée nationale. Lorsque la majorité parlementaire et le président n'appartiennent pas au même parti politique, on parle alors de cohabitation. Le pouvoir judiciaire, quant à lui, est séparé des deux autres, bien que le président de la République dispose d'un droit de grâce. Il est lui-même subdivisé entre un ordre administratif, dont la plus haute juridiction est le Conseil d'État, et un ordre judiciaire, dont la plus haute juridiction est la Cour de cassation. Le droit français, de tradition romano-civiliste, dispose que tout accusé, avant d'être condamné, est présumé innocent, et qu'une affaire peut être rejugée en appel sur demande d'une des parties. La conformité des lois à la Constitution, la régularité des scrutins et, plus largement, le respect des institutions sont contrôlés par le Conseil constitutionnel. Découpage territorial et décentralisation. On distingue d'une part, la France métropolitaine et les régions d'outre-mer, qui sont administrées dans le cadre des règles générales, et d'autre part, la Nouvelle-Calédonie, les collectivités d'outre-mer et les territoires d'outre-mer, qui disposent de statuts différents. La France métropolitaine et les régions d'outre-mer sont divisées en de multiples collectivités territoriales réparties sur trois niveaux : la commune, le département et la région. Il existe également des collectivités territoriales à statut particulier telles que les collectivités territoriales uniques qui englobent les compétences du département et de la région ou encore la collectivité européenne d'Alsace. Ces collectivités territoriales sont en même temps des circonscriptions administratives dans lesquelles l'État intervient au travers de ses services déconcentrés. Les communes, au nombre de en métropole au , correspondent généralement au territoire d'une ville ou d'un village ; elles sont dirigées par un conseil municipal, qui élit un maire, à la fois agent de la collectivité territoriale et représentant de l'État dans la commune. Depuis les années 1990, la coopération entre les communes a été renforcée par l'émergence d'établissements publics de coopération intercommunale, dont le rôle s'accroît. Les départements, créés pendant la Révolution française, sont aujourd'hui au nombre de 99 dont 5 en Outre-mer. Ils sont dirigés par un conseil départemental dont les membres sont élus au sein des cantons et l'État y est représenté par un préfet. Quant aux 18 régions françaises, dont l'existence est plus récente, elles sont dirigées par un conseil régional et l'État y est représenté par un préfet de région. À ces collectivités territoriales s'ajoutent d'autres divisions territoriales, telles que le canton, l'arrondissement ou plus récemment le pays mais elles ne possèdent pas de dirigeants élus. Comparée à ses voisins européens, la France a longtemps été marquée par une forte centralisation politique, les collectivités territoriales disposant de pouvoirs relativement faibles. Néanmoins, cette situation a beaucoup évolué depuis le début des années 1980, d'abord en 1982 et 1983 avec les lois Defferre (appelées "a posteriori" l'acte I de la décentralisation), puis entre 2002 et 2004 sous le gouvernement Raffarin (acte II). En 2010, les compétences des collectivités territoriales sont nombreuses, et concernent notamment les établissements scolaires, les transports, le développement économique et l'action sociale. Néanmoins, la superposition de multiples échelons et la limite souvent floue entre les compétences des différentes collectivités territoriales est la source de débats sur l'avenir de la décentralisation sur lequel le gouvernement Fillon s'est penché entre 2008 et 2010. Le gouvernement Valls poursuit ce processus, appelé l'acte III de la décentralisation en proposant un nouveau découpage en 18 régions, effectif à partir du et des élections régionales de décembre 2015. France d'outre-mer. Les territoires français situés en dehors de l'Europe géographique, qui correspondent à d'anciennes colonies restées françaises, sont quant à eux soumis à des régimes administratifs et juridiques très différents les uns des autres. Ces territoires, dont la situation économique est globalement moins bonne que celle de la métropole, bénéficient de nombreuses aides de l'État. La Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion et, depuis 2011, Mayotte sont des départements et régions d'outre-mer. Ces cinq territoires se distinguent du reste de la France d'outre-mer par leur statut en tout point similaire à celui des régions métropolitaines, bien que les lois françaises puissent prévoir des dispositions spécifiques les concernant. Ces régions ultramarines font partie des régions ultrapériphériques de l'Union européenne, et sont soumises à la législation européenne, qui s'y applique de plein droit. En revanche, les autres territoires français d'outre-mer, à l'exception des collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, ne font pas partie de l'Union européenne, bien que leurs habitants disposent de la citoyenneté européenne. Il s'agit tout d'abord des cinq collectivités d'outre-mer, aux statuts très variés : la Polynésie française, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna. Bien que l'État y conserve certaines prérogatives exclusives, elles sont soumises en grande partie à une législation spécifique et bénéficient de la spécialité législative. La Nouvelle-Calédonie, de son côté, est une collectivité territoriale "sui generis", à l'autonomie très poussée, où la question de l'indépendance fait partie du débat au sein du territoire, y compris par référendum. Enfin, les Terres australes et antarctiques françaises et l'île de Clipperton, qui n'accueillent aucun habitant permanent, sont gérées directement par l'État ou son représentant. Tendances politiques, partis et élections. Le système politique français, et notamment le suffrage uninominal majoritaire qui prévaut lors des élections présidentielles et législatives, tend à une bipolarisation ou à une tripolarisation de la vie politique. Par conséquent, on observe depuis les débuts de la Cinquième République une tendance au regroupement des partis avec de fréquents retours en arrière. Cependant, l'audience des principaux partis tend à diminuer au profit des petites formations. Le paysage politique français connaît trois évolutions majeures depuis les années 1980 : la chute de l'audience du Parti communiste français, la baisse progressive de l'électorat centriste et la hausse du vote pour des partis d'extrême droite. Par ailleurs, l'abstention concerne un nombre de plus en plus élevé d'électeurs. Depuis les années 1990, les deux principaux partis français sont Les Républicains (LR) et le Parti socialiste (PS). Le mouvement Les Républicains est un parti de droite et de centre-droit, membre du Parti populaire européen. Le Parti socialiste est un parti de gauche et de centre-gauche, membre du Parti socialiste européen. En 2012, le président de la République, le Premier ministre, la plupart des ministres, des députés, des sénateurs et des présidents de conseils régionaux ou généraux en sont membres. De nombreux autres partis participent à la vie politique de la France : les plus importants sont le Front national (FN, extrême-droite nationaliste, populiste, souverainiste et opposé à l'immigration), l'Union des démocrates et indépendants (UDI, centre et centre-droit), le Mouvement démocrate (MoDem, centre), le Mouvement radical, social et libéral (centre-gauche à centre-droit), Europe Écologie Les Verts (EELV, écologistes), le Parti communiste français (PCF, gauche communiste) et La France insoumise (gauche radicale et écosocialiste). Les élections présidentielles puis législatives de 2017 ont toutefois abouti à une recomposition du paysage politique français, marquée par une élimination dès le premier tour des candidats des deux partis ayant occupé la présidence de la République auparavant, et l'élection d'un jeune candidat entré en politique active sous la présidence de François Hollande sans être membre actif du PS, Emmanuel Macron. Le mouvement créé par ce dernier sur une ligne centriste, europhile et sociale-libérale, et réunissant des personnalités du centre-gauche, du centre, du centre-droit et de la société civile, La République en marche, obtient ensuite la majorité à l'Assemblée nationale. Cette formation reste toutefois encore peu représentée au Sénat et dans les assemblées des collectivités locales. Des mouvements indépendantistes, nationalistes périphériques ou régionalistes existent dans plusieurs territoires métropolitains ou ultramarins, mais peu d'entre eux ont acquis une importance effective (par le biais d'une représentation parlementaire ou la participation aux exécutifs locaux), par exemple : l'Union démocratique bretonne (UDB, gauche à centre-gauche socialiste et social-démocrate, régionaliste et autonomiste) et Pour la Bretagne ! (gauche écologiste, socialiste et régionaliste) en Bretagne ; la coalition "Pè a Corsica" (nationaliste, unissant des autonomistes et des indépendantistes) en Corse ; le "Partit occitan" (POC, gauche écologiste, occitaniste et autonomiste) dans le Midi ; le Mouvement indépendantiste martiniquais (MIM, gauche indépendantiste et régionaliste), le Parti pour la libération de la Martinique (PALIMA, extrême-gauche indépendantiste), le Parti progressiste martiniquais (PPM, gauche socialiste et autonomiste) et le Rassemblement démocratique pour la Martinique (RDM, centre-gauche social-démocrate autonomiste) en Martinique ; le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS, constitué lui-même de plusieurs partis, nationaliste kanak, indépendantiste et socialiste mélanésien) en Nouvelle-Calédonie ; le "Tavini huiraatira" (ou simplement "Tavini", gauche à centre-gauche indépendantiste) en Polynésie française. Finances publiques. En France, les prélèvements obligatoires représentaient 46,2 % du PIB en 2017, soit le taux le plus élevé parmi les pays membres de l'OCDE, et ce taux a tendance à augmenter. Les cotisations sociales représentent près de 38 % du total, dix points de plus que la moyenne des pays de l'OCDE ; à l'inverse, la France est le pays développé où les impôts sur le revenu et sur les sociétés représentent la part la plus faible du total des prélèvements obligatoires. Malgré le taux élevé des prélèvements obligatoires, les dépenses publiques les dépassent nettement, totalisant 56,8 % du PIB en 2015. Dès lors, le déficit public est élevé, atteignant 2,68 % du PIB en 2017, il baisse cependant de manière continue depuis 2009, année à laquelle il avait atteint 7,17 % du PIB. Depuis 1974, la France n'a jamais réalisé d'excédent budgétaire. La dette publique de la France s'établit à 98,4 % du PIB à la fin de l'année 2018, soit d'euros. Depuis 2002, la dette publique de la France n'a jamais été inférieure à 60 % du PIB. La France est néanmoins tenue de respecter les critères du Pacte de stabilité et de croissance de la zone euro, qui limite le déficit budgétaire à 3 % du PIB et la dette publique à 60 % du PIB, ainsi que les critères du Pacte budgétaire européen de 2012 qui limite le déficit structurel à 0,5 % du PIB pour l'objectif budgétaire à moyen terme. Jusqu'en 2012, les trois principales agences de notation financière attribuaient toutes à la France leur notation maximale. Cependant, à cause de la dégradation de l'état des finances publiques françaises à la suite de la crise économique de 2007-2008, elles revoient leur notation à la baisse. Le , Moody's rabaisse sa note de Aaa à Aa1, puis le , de Aa1 à Aa2. Standard & Poor's baisse sa note de AAA à AA+ le , puis de AA+ à AA le . Enfin, l'agence Fitch revoie sa note de AAA à AA+ le , puis de AA+ à AA le . Les agences de notation ont salué l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République en 2017 et ont relevé leur perspective de notation. Au , l'agence de notation chinoise Dagong attribuait la note de A à la France avec une perspective stable, elle estimait que, malgré l'amélioration de la situation économique du pays, les réformes menées par le gouvernement pour réduire le niveau de la dette publique et accélérer le taux de croissance étaient trop lentes. Défense. La France a le cinquième budget de la Défense au monde, selon les données du SIPRI. Elle est la septième puissance militaire mondiale, l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et, à ce titre, juridiquement reconnue comme un des cinq « États dotés d'armes nucléaires » (EDAN) par le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Elle est l'un des membres de l'OTAN où elle dispose du commandement allié Transformation (ACT), qui est un des deux postes de commandement militaires. L'Armée française est l'une des cinq plus dotées financièrement dans le monde et assure avec l'Armée britannique l'essentiel des opérations militaires européennes. La France lui consacre 40,9 milliards (Mds) d’euros (49,6 Md€ pensions incluses) en 2022. Sur les 40,9 milliards, 36 milliards sont consacrés à des commandes d'armement qui contribuent à soutenir l'industrie. Les forces militaires sont divisées en quatre armées principales : l'Armée de terre, la Marine nationale, l'Armée de l'air et de l'espace et la Gendarmerie nationale. Depuis 1996, l'Armée est devenue professionnelle et le service militaire obligatoire a été remplacé par une Journée défense et citoyenneté mixte. D'une capacité d'environ , elle est déployée à travers le monde, dans le cadre d'opérations extérieures au Sahel (Mali et Tchad notamment), en République centrafricaine, au Liban et en Irak, mais aussi dans le cadre de forces pré-positionnées en vertu de traités internationaux à Djibouti, au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Gabon et aux Émirats arabes unis, sans oublier les troupes positionnées dans la France d'outre-mer. Elle mobilise en outre plus de dans le cadre du plan "Vigipirate". Le pays est par ailleurs le troisième plus gros exportateur mondial d'armement et est à ce sujet critiqué et mis en cause par plusieurs organisations non gouvernementales pour le rôle que jouent ces armes dans différents conflits internationaux. Appartenance à des organisations internationales. La France est l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et participe à la vie de multiples organisations internationales, comme l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), l'Organisation mondiale du commerce (OMC), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Conseil de l'Europe, le G7, le G20 ou l'Organisation internationale de la francophonie. Depuis 1945, quelle que soit la majorité au pouvoir, l'Europe est un axe majeur de la politique étrangère française. Deux des sept Pères de l'Europe sont français ; l'un des objectifs était alors d'éviter une nouvelle guerre mondiale en facilitant la réconciliation franco-allemande. Néanmoins, le positionnement de la France et des Français vis-à-vis de l'Europe a souvent été ambigu : du rejet par l'Assemblée nationale du traité créant la Communauté européenne de défense en 1954 à celui par référendum du traité établissant une constitution pour l'Europe en 2005, les coups d'arrêt français à la construction européenne ont été nombreux. Depuis le traité de Maastricht en 1992, les domaines dans lesquels l'Union européenne a compétence exclusive sont de plus en plus nombreux. Une grande partie du droit applicable en France est en 2010 d'origine européenne, d'autant plus qu'actuellement le droit européen prime sur le droit national. La France, cinquième puissance, pèse encore davantage sur la scène mondiale grâce à l'Union européenne. L'unification du marché européen et l'instauration d'une monnaie unique en 1999 ont entraîné de profondes mutations de l'économie française, dont le caractère bénéfique fait débat. Même si la France est le premier bénéficiaire de la politique agricole commune, elle fait partie des pays contributeurs nets au budget de l'Union européenne. Politique étrangère et diplomatie. Depuis la présidence du général de Gaulle (1958-1969), la politique étrangère de la France est caractérisée par une volonté d'indépendance, notamment vis-à-vis des États-Unis, ce qui s'est traduit par la mise au point d'armes nucléaires et par son retrait du commandement intégré de l'OTAN de 1966 à 2009. Elle est vue des années 1960 au début des années 2000 comme un allié du monde arabo-musulman, critique vis-à-vis de la politique de l'État d'Israël. Le réseau des représentations diplomatiques de la France est le troisième du monde, avec actuellement 156 ambassades et 97 postes consulaires répartis sur les cinq continents. La France aide les pays en développement, notamment d'Afrique. L'aide publique au développement représente 0,36 % du revenu national brut français en 2014, un taux en baisse, et inférieur à ceux du Royaume-Uni ou de l'Allemagne. Symboles républicains. Selon la constitution de la Cinquième République, la France possède plusieurs emblèmes, datant pour l'essentiel de la Révolution française. Le drapeau de la France est constitué de trois bandes verticales d'égale largeur, de couleurs bleu, blanc et rouge. L'hymne national est "La Marseillaise", un chant composé par Rouget de Lisle à Strasbourg pendant la Révolution française et parfois critiqué depuis pour la violence de son texte. Enfin, la République française a pour devise : "Liberté, Égalité, Fraternité". En outre, plusieurs symboles officieux existent pour représenter la France. En particulier, le buste de Marianne, une femme portant le bonnet phrygien, orne les mairies, et son visage est représenté sur les timbres-poste et les faces françaises des centimes d'euro. Depuis 1999, le Gouvernement français s'est doté d'un logotype rappelant le drapeau et la devise du pays, ainsi que la figure de Marianne. Ce logo figure en entête de tous les documents publiés par l'administration française. En 2020, la charte graphique gouvernementale est modernisée pour s'adapter aux nouveaux formats et aux nouveaux usages de la communication. Population et société. Démographie. D'après l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), vivent en France au (hors COM et Nouvelle-Calédonie), dont en métropole et dans les départements d'outre-mer. En 2016, il y des collectivités d'outre-mer (Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna, Saint-Martin et Saint-Barthélemy) et de Nouvelle-Calédonie, la population de l'ensemble des territoires français atteint environ d'habitants, soit environ 0,9 % de la population mondiale. Un recensement national général était organisé à intervalles réguliers depuis 1801, mais depuis janvier 2004, le recensement est réalisé tous les ans dans les communes de ou plus, hors collectivités d'outre-mer, et tous les cinq ans ailleurs. Après avoir été relativement faible au et au début du , la croissance démographique de la France est devenue l'une des plus fortes d'Europe, combinant un taux de natalité supérieur à la moyenne européenne ( en 2015 contre ) et un solde migratoire positif (environ en 2015) : la population de la France s'est accrue de 0,4 % en 2015. En 2015, le taux de fécondité en France est d'environ par femme. En 2014, 29,2 % des nouveau-nés (hors Mayotte, COM et Nouvelle-Calédonie) avaient au moins un parent né à l'étranger et 25,7 % au moins un parent né hors de l'Union européenne. D'après les projections d'Eurostat, la France devrait compter d'habitants en 2040, en 2060, et en 2080 (en excluant les territoires d'outre mer et la Nouvelle Calédonie). En outre, la structure de la pyramide des âges évolue depuis le début du . La part de la population la plus âgée augmente, en raison à la fois de la progression de l'espérance de vie (la France jouit d'une des plus grandes espérances de vie au monde) et de l'arrivée au troisième âge de la génération du "baby boom" . La proportion des plus de dans la population française est ainsi passée de 17 % à 25 % entre 1980 et 2016, et devrait approcher le tiers en 2050 selon l'Insee. Immigration, population étrangère et minorités visibles. En 2015, selon l'historien Pascal Blanchard, entre 12 et de Français (soit 18 % à 22 % de la population totale) ont au moins un de leurs grands-parents né dans un territoire non européen. Le 19/2/2020, le président de la République Français déclare que d'habitants de la France de nationalité française avait des parents en Afrique. En 2010, la France accueille, selon la définition internationale des Nations unies (« personne née dans un autre pays que celui où elle réside »), d'immigrés, soit 11,1 % de la population, dont (7,8 %) nés hors de l'Union européenne. Elle se classe au sixième rang mondial, derrière les États-Unis (), la Russie (12,3), l'Allemagne (9,8), l'Arabie saoudite (7,3), le Canada (7,2) mais elle devance en revanche le Royaume-Uni (7,0), l'Espagne (6,4) et l'Italie (4,8). La France est également l'un des pays de l'Union européenne qui compte proportionnellement le plus de personnes issues de l'immigration ( et générations) parmi les personnes âgées de 25 à avec 13,1 % d'immigrés et 13,5 % d'enfants d'au moins un immigré, soit un total de 26,6 %, devant notamment le Royaume-Uni (24,4 %), les Pays-Bas (23,5 %), la Belgique (22,9 %), l'Allemagne (21,9 %) et l'Espagne (20,2 %). Selon la définition française (INSEE), plus restrictive (nés étrangers hors du territoire), la France comptait en 2015, d'immigrés, soit 9,3 % de la population. Depuis 1946, le nombre et la part d'immigrés en France augmente de manière continue : en 1946 (4,98 % de la population totale), en 1982 (7,43 % de la population totale), en 2008 (8,44 % de la population totale). Les enfants d'immigrés représentaient 10,4 % de la population totale en 2013. Il y avait donc d'immigrés et enfants d'immigrés en France en 2013, soit 19,3 % de la population. Les immigrés vivant en France en 2015 étaient originaires à 44,6 % d'Afrique (27 % en 1975), à 35,4 % d'Europe (66 % en 1975), à 14,3 % d'Asie (4 % en 1975) et à 5,6 % d'Amériques ou d'Océanie (2 % en 1975). En 2015, d'immigrés étaient de sexe masculin et d'immigrés étaient de sexe féminin. En 2013, 39 % des immigrés en France disposaient de la nationalité française, ce chiffre était de 28 % en 1975 et 16 % en 1911. La France a un solde migratoire positif. Selon l'INSEE, l'excédent migratoire en 2014, en France était de , soit 0,05 % de la population totale. D'après Michèle Tribalat, il y aurait personnes d'origine maghrébine en France en 2011. Il y aurait aussi, selon Jean-Paul Gourévitch, environ de personnes noires en France en 2008, dont vivant en France métropolitaine. En 2018, la communauté turque est estimée à en France. En 2014, il y avait près de , dont étaient étudiants. En 2010, on estime à le nombre de Vietnamiens en France, ils vivent très majoritairement en région parisienne. Les immigrés perçoivent des revenus inférieurs d'un tiers en moyenne à ceux des non-immigrés, sont deux fois plus nombreux à ne pas être diplômés et trois fois plus nombreux à vivre sous le seuil de pauvreté. Toutefois, à situation sociale égale, leur formation scolaire et leurs revenus sont proches de ceux des Français nés en France. Selon des travaux, publiés en 2015, de l'économiste Hippolyte d'Albis, les migrants permettent une augmentation du PIB par habitant et une baisse du taux de chômage, en cela ils ont un effet positif sur l'économie. Les populations d'origine immigrée, et celles qui appartiennent à des minorités visibles, sont parfois victimes de discriminations en France. Pour des raisons indéterminées et sujettes à débats, une partie de cette population se tourne vers le fondamentalisme religieux. Pourtant, on assiste à une certaine convergence des modes de vie des populations immigrées et des Français de longue date. En 2019, le taux de chômage des personnes immigrées est de 16,3 %. Quelque d'emplois sont interdits aux immigrés non-européens, soit plus d'un emploi sur cinq. Par ailleurs, 26,1 % des familles immigrées vivent dans un logement trop étroit, soit plus que les personnes non immigrées. Famille, sexualité et égalité des sexes. La France est, en 2009, le troisième pays le plus fécond d'Europe après l'Islande et l'Irlande, avec une descendance finale des femmes nées en 1959 de et un indicateur conjoncturel de fécondité de par femme (1,98 en France métropolitaine). Les mutations qu'a connues la famille en France entre les années 1960 et les années 2000 sont aussi nombreuses que profondes. Les naissances sont dans la majeure partie planifiées, en raison de la légalisation de la contraception (en 1967) et de l'interruption volontaire de grossesse (en 1975). Plus de sont pratiqués chaque année en France. Une partie grandissante des couples préfère au mariage l'union libre, le concubinage, ou le pacte civil de solidarité (PACS), un contrat d'union plus souple que le mariage. Quant aux divorces, leur nombre a été multiplié par 3,2 entre le début des années 1970 et la fin des années 2000. Autrefois assimilée à un crime, l'homosexualité en France a été peu à peu dépénalisée à partir de la fin du . À partir des années 1980, les couples homosexuels acquièrent progressivement des droits similaires aux couples hétérosexuels. En 1999, le PACS permet à des personnes de même sexe de conclure une union. Depuis 2013, le mariage et l'adoption d'enfants par des personnes de même sexe sont autorisés par la loi. Parallèlement, l'homophobie devient un délit. La place des femmes dans la société française a beaucoup évolué au cours du , dans un mouvement tendant vers une égalité effective entre les sexes. Cette évolution s'est accompagnée de mesures législatives (par exemple, le droit de vote accordé aux femmes). Elle se manifeste particulièrement dans le monde du travail. Ainsi, le taux d'activité des femmes est passé de 58,2 % en 1990 à 67,5 % en 2014 (contre 75,5 % pour les hommes). Les femmes continuent cependant de travailler significativement moins que les hommes : selon l'OCDE, en 2017, le temps de travail hebdomadaire moyen des femmes était de alors qu'il était de pour les hommes. En 2011, les femmes représentaient également la moitié des doctorants ainsi que la moitié des effectifs en IEP et en ESC. Les femmes sont également de mieux en mieux représentées dans la politique. Elles représentent, 38,8 % des députés élus en 2017 (pour 42,4 % des candidats) ; en comparaison, elles n'étaient que 12,1 % en 2002 (39,3 % des candidats) et 1,2 % en 1973 (6,6 % des candidats). De plus, depuis 2012, le Gouvernement français est composé à parité d'hommes et de femmes. Enfin, à métier, entreprise et fonction équivalentes, l'écart salarial entre femmes et hommes est de 2,7 %. Langues. Le français est la langue très majoritairement parlée en France et est officiellement « la langue de la République » depuis la loi constitutionnelle de 1992. La France est le deuxième pays francophone le plus peuplé du monde après la république démocratique du Congo, mais le premier pour ce qui est du nombre de locuteurs. La France mène une politique linguistique active en faveur du français. Celle-ci peut être visible entre autres au sein de l'Organisation internationale de la francophonie dont la France fait partie de même qu'au sein de l'Assemblée parlementaire de la francophonie dont la France fait aussi partie. Selon un rapport du linguiste Bernard Cerquiglini (1999), soixante-quinze langues autres que le français sont parlées en France, en comptant les langues régionales, les langues issues de l'immigration et les dialectes parlés dans l'Outre-mer. Les langues régionales, bien que n'ayant pas le statut de langue officielle, sont néanmoins reconnues comme appartenant au patrimoine de la France par l'Article 75-1 de la Constitution. L'organisme garant de la langue en France est l'Académie française, institution fondée en 1634 et officialisée en 1635 par le cardinal de Richelieu. Sa forme juridique est celle d’une personne morale de droit public à statut particulier placée sous la protection du président de la République. Dans un rapport rendu public en , l’Académie française s’inquiète d’un usage abusif des anglicismes dans la langue française. Religions. Depuis la loi du 9 décembre 1905, les Églises sont strictement séparées en droit de l'État en France : Pour des raisons historiques, l'Alsace-Moselle et la Guyane font exception. La première, car elle n'était pas française en 1905 et a conservé son droit local après la réunification ; le culte catholique, deux cultes protestants et le culte israélite y sont reconnus. La deuxième, car la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État ne s’applique pas en Guyane qui reste sous le régime de l’ordonnance royale de Charles X du . La religion catholique est également toujours reconnue dans certains départements et territoires d'outre-mer. La notion de laïcité et la réglementation qui en découle sont l'objet de débats comme, en 2003-2004, au sujet de la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques. La France est un pays laïc avec une grande tradition catholique ancienne, et bien que le poids de l'Église soit en train de diminuer, 48 % des personnes interrogées se déclaraient catholiques lors de sondages publiés en 2019, tandis qu'une part importante de la population se dit agnostique, athée ou sans religion. De plus, d'autres religions sont présentes dans des proportions moins importantes, notamment le judaïsme depuis l'Antiquité, différentes branches du protestantisme depuis la Réforme et l'islam depuis l'arrivée en France d'immigrés du Maghreb et du Moyen-Orient au . Diverses Églises chrétiennes (néo-apostolique, apostolique arménienne, Mormons, Témoins de Jéhovah, mennonites…) et d'autres religions (hindouisme, bouddhisme, bahaïsme, alévisme…) sont également présentes sur le territoire national, parfois depuis plusieurs siècles (mennonites d'Alsace). On dénombre en France et chapelles paroissiales, de culte musulmans et 794 synagogues. Au-delà de ces valeurs, la perte d'influence des religions est un aspect majeur de l'évolution de la société française aux , bien qu'elle s'évalue très différemment d'une région à l'autre. Près de 80 % des hommes et 70 % des femmes qui se disent d'origine catholique n'assistent jamais à un service religieux. Même chez les catholiques les plus fervents, l'obéissance stricte aux préceptes de l'Église diminue : 31 % des pratiquants assidus ayant eu des enfants entre 1995 et 2004 les ont eus hors mariage. Les Français ont une image plutôt négative de la religion en général. Selon un sondage Ipsos publié en 2017, 61 % des Français pensent que la religion cause plus de tort que de bien, et seulement 16 % des Français pensent que les personnes croyantes font de meilleurs citoyens. Éducation. En France, l'école publique est laïque et gratuite. Si la formation et la rémunération des enseignants, ainsi que le choix des programmes, sont du ressort de l'État, la gestion des établissements scolaires primaires et secondaires revient aux collectivités territoriales. L'instruction est actuellement obligatoire pour les enfants âgés de six à seize ans. En mars 2018, le président Emmanuel Macron annonce vouloir abaisser l'âge obligatoire de scolarisation à trois ans dès la rentrée 2019. L'enseignement primaire se déroule en deux phases. L'école maternelle, qui accueille les très jeunes enfants, se donne pour but leur éveil, leur socialisation et la mise en place des outils fondamentaux que sont le langage et le nombre. Puis, vers l'âge de six ans, les enfants sont accueillis par l'école élémentaire, dont les premiers objectifs sont l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul, et l'éducation civique. L'enseignement secondaire se déroule lui aussi en deux cycles. Le premier est dispensé au collège et aboutit au diplôme national du brevet. Le deuxième est dispensé au lycée et aboutit à des examens finaux et nationaux : le baccalauréat (professionnel, technologique ou général) et le certificat d'aptitude professionnelle (CAPA dans l'enseignement agricole). Par ailleurs, près de 17 % des élèves de l'enseignement primaire et secondaire sont scolarisés dans des établissements privés, la plupart sous contrat d'association avec l'État et souvent confessionnels. L'enseignement supérieur français présente la particularité de faire cohabiter les universités et le système des grandes écoles, où l'on entre généralement par concours à l'issue des classes préparatoires. Les enseignements supérieurs pour le brevet de technicien supérieur et les classes préparatoires aux grandes écoles sont dispensés dans des lycées ou dans des établissements privés. Tous les diplômes reconnus en France doivent être présents dans le répertoire national des certifications professionnelles. La France a connu depuis la Libération un élargissement considérable de la scolarisation. En 1936, moins de 3 % d'une classe d'âge obtenait le baccalauréat ; ce pourcentage est passé à 30 % en 1985 et 60 % en 1995. Néanmoins, cette démocratisation de l'enseignement ne supprime pas les inégalités sociales : 25 % des enfants d'ouvriers nés entre 1974 et 1978 sont diplômés de l'enseignement supérieur, contre 77 % des enfants de cadres. Ces inégalités sont encore plus fortes dans les grandes écoles : seuls 2,9 % des étudiants admis à l'École nationale d'administration en 2008 avaient un parent ouvrier. Selon le programme PISA de comparaison des systèmes éducatifs nationaux, les résultats du système éducatif français sont décevants par rapport aux autres États membres de l'OCDE, en particulier par l'accroissement des inégalités depuis l'enquête PISA de 2003. Malgré les plans de prévention, l'illettrisme touche de personnes, soit 9 % de la population âgée de 18 à ayant été scolarisée en France. L'origine sociale des élèves influe considérablement sur leurs résultats scolaires. En CE2, les élèves issus du quart le plus pauvre obtiennent en 2019, une note moyenne de 57 sur 100 en français et 58 en mathématiques, contre respectivement 87 et 85 pour ceux issus du quart le plus riche. Les inégalités s'accentuent après le collège, avec un taux d'accès en seconde générale ou technologique deux fois plus élevé pour les élèves issus de milieux favorisés que pour les autres. La première évaluation du ministère de l'Éducation nationale a révélé que la « continuité pédagogique » pendant le verrouillage au milieu de la pandémie de COVID-19 était positif. Selon l'enquête, sept enseignants sur dix et huit parents sur dix ont été jugés satisfaits. Santé et protection sociale. Protection sociale. Depuis sa création en 1945, la Sécurité sociale est au cœur du système de protection sociale français, bien que l'État, les collectivités territoriales et les mutuelles aient également un rôle important. Le maintien des régimes de protection sociale dont disposaient certaines professions avant 1945 explique la grande complexité du système, qui ne compte pas moins de 120 régimes de base et complémentaires. Le régime général de la Sécurité sociale, qui compte de loin le plus grand nombre d'affiliés, est divisé en quatre branches correspondant aux quatre risques majeurs, la maladie, les accidents du travail et maladies professionnelles, les risques liés à la vieillesse et la famille. Si cette protection sociale ne concernait dans un premier temps que les personnes actives, elle s'est peu à peu étendue à toute la population active comme inactive dans beaucoup de domaines, par exemple, lors de la création de la couverture maladie universelle (CMU) en 1999. En outre, à la fin des années 1990, six millions de personnes dépendaient des minima sociaux. Les prestations sociales sont principalement financées par les cotisations sociales versées par les actifs (65,5 % du total en 2005), mais aussi par l'État et les collectivités territoriales. En 2005, les dépenses de protection sociale représentaient près de 30 % du PIB et plus de 45 % du revenu disponible ajusté des ménages. Malgré les efforts menés par les gouvernements successifs pour maîtriser les dépenses sociales, celles-ci augmentent rapidement, du fait notamment de l'augmentation des dépenses de santé des ménages et du vieillissement de la population . Santé. Le système de santé français est en grande partie financé par la branche maladie de la Sécurité sociale. Le nombre de médecins pour était de 3,22 en 2008, un des taux les plus élevés au monde. Les Français bénéficient également d'une des espérances de vie les plus longues du monde, même si le taux de mortalité prématurée (avant ) est élevé. Les dépenses de santé par habitant étaient de par an en 2008, ce qui place la France au-dessus de ses grands voisins européens, mais en dessous de la Suisse, de la Norvège, du Danemark, du Luxembourg, et des États-Unis. De 1950 à 2006, la dépense consacrée aux soins et aux biens médicaux est passée de 2,5 % à 8,8 % du PIB. Néanmoins, la santé des habitants de la France n'est pas optimale dans tous les domaines. Malgré la chute de la consommation de vin depuis les années 1960, les Français demeurent les seconds consommateurs d'alcool d'Europe occidentale, après les Irlandais. 29 % des 18- fumaient quotidiennement en 2005, malgré les intenses campagnes de lutte contre le tabagisme. Quant aux drogues illicites, la plus consommée est le cannabis : 39 % des hommes de 18 à en auraient consommé en 2005, selon l'Observatoire français des drogues et toxicomanies. Une étude de l'ANSES en 2020 révèle que . Toujours selon cette enquête, 5 % des adultes en France ont une activité physique suffisante pour protéger leur santé : les femmes sont plus exposées que les hommes à un manque d’activité physique. Contrairement aux idées reçues, la France ne consomme pas significativement plus d'antidépresseurs que les autres pays, le taux de suicide n'y est pas non plus particulièrement plus élevé que dans les autres pays développés. Le taux de troubles de la santé mentale et l'abus de substances, bien qu'élevé, est comparable à celui des autres pays occidentaux. Médias. En France, c'est la loi du 29 juillet 1881 qui a institué et en même temps encadré la liberté de la presse. L'agence France-Presse (AFP) créée en 1835 par Charles Havas, est l'une des trois grandes agences généralistes de presse mondiale, avec Reuters et Associated Press. Si les presses régionale, hebdomadaire et thématique se vendent bien en France, la presse quotidienne nationale d'information généraliste est peu diffusée hors de la capitale. Dès lors, les cinq principaux titres de cette catégorie ("Le Figaro", "Le Monde", "Aujourd'hui en France", "Libération" et "La Croix") ne vendent réunis que moins d'un million d'exemplaires chaque jour en 2010. Depuis 1981 et la légalisation des « radios libres », les stations de radio publiques gérées par Radio France sont concurrencées par des stations privées, souvent propriétés de grands groupes de médias. Dès lors, parmi les quatre premières stations de radio en audience cumulée en novembre- (RTL, NRJ, France Inter et Europe 1), seule la troisième est publique. De même, depuis l'apparition de la première chaîne de télévision privée (Canal+) en 1984, plusieurs centaines de chaînes de télévision privées ont vu le jour, diffusées par le canal hertzien, par câble, par satellite ou plus récemment par la télévision numérique terrestre (TNT). Les trois principales chaînes sont TF1, France 2 et M6, seule France 2 appartient au groupe public France Télévisions. Quant à l'accès au réseau internet, il ne s'est vraiment démocratisé qu'au début des années 2000. En décembre 2018, la France comptait d'utilisateurs d'internet, soit une hausse de par rapport à décembre 2012. Entre 2002 et 2009, la France est passée de la à la dans le classement de la liberté de la presse dans le monde établi par Reporters sans frontières. En 2019, la France était remontée à la sur 180. En juillet 2020, une plateforme unique pour toutes les radios publiques et privées a été créée en tant que service numérique commun. Elle a réuni des succursales de plusieurs radios, dont Lagardère News, Radio France, les radios du Groupe M6 et Les Indés Radios, où les utilisateurs pouvaient écouter tous les programmes en un seul endroit sans aucun coût. Sport. La France est caractérisée par une tradition sportive ancienne et une grande variété de disciplines pratiquées à haut niveau. Le pays a un rôle prépondérant dans l'organisation du sport moderne et son palmarès, depuis la fin du . Avec un total de 840 médailles remportées (716 en été et 124 en hiver), la France est la cinquième nation la plus récompensée de l'histoire des Jeux olympiques. L'escrime et le cyclisme sont les disciplines dans lesquelles la France est la plus titrée (respectivement 44 et 41 titres olympiques après les Jeux de Vancouver en 2010). Paris est la ville hôte des Jeux olympiques d'été en 1900 et en 1924 ; elle le sera pour une troisième fois en 2024. La France a également accueilli les Jeux olympiques d'hiver à trois reprises : Chamonix en 1924, Grenoble en 1968 et Albertville en 1992. Parmi ses autres distinctions notables, la France a remporté la Coupe du monde de football à deux reprises, la Coupe Davis à dix reprises ou encore le Tournoi des Six Nations à 25 reprises. D'après le ministère des Sports, en 2010, 69 % des personnes de plus de faisaient du sport au moins une fois par semaine en France. La marche, la natation et le vélo étaient les principales activités physiques déclarées. En 2016, l'ensemble des fédérations sportives françaises comptait ; 37,5 % d'entre eux étaient des filles. En 2017, les sports les plus pratiqués en France étaient : le football (, 5,7 % de filles), le tennis (, 29,1 % de filles), l'équitation (, 82,9 % de filles), le judo (, 26,7 % de filles), le basketball (, 36 % de filles), le handball (, 35,8 % de filles) et le golf (, 27,8 % de filles). Près de sept millions de Français pratiquent le ski chaque hiver, le plus souvent en dehors de toute organisation sportive. Le domaine skiable français était en 2015, le domaine le plus fréquenté du monde, devant ceux des États-Unis et de l'Autriche. En 2013, la dépense sportive nationale s'établissait à d'euros (la moitié étant à la charge de l'administration publique), soit 1,8 % du PIB. En 2015, le secteur sportif privé en France employait . Chaque année, le ministère des Sports délivre environ sportifs, dont près de . Le tournoi de tennis international de Roland-Garros, à Paris, et le Tour de France cycliste sont des événements annuels importants, tout comme peuvent l'être des événements ponctuels tels que l'Euro de football de 2016. La France s'intéresse également de plus en plus à l'e-sport. En 2016, le gouvernement Valls crée l'association France Esports. En 2018, cinq millions de Français ont déjà regardé au moins une compétition d'e-sport et y ont déjà participé. Le pays possède l'une des plus performantes structures e-sport d'Europe et du monde, la . Outre les couleurs du drapeau, pour les fédérations sportives françaises, le coq est aussi utilisé comme symbole, mais ce n’est pas un symbole officiel. Engagement associatif, syndical et politique. Si les taux de participation aux élections diminuent, la participation protestataire, en revanche, se développe. En 2008, 42 % des Français ont participé à une manifestation, contre 25 % en 1981. En comparaison des autres pays développés, la France est souvent vue comme un pays où les manifestations et les grèves sont fréquentes. Mais cette participation ponctuelle à des événements contestataires ne se traduit pas, tant s'en faut, par un engagement important dans les partis politiques. Quant au taux de syndicalisation (8 %), il est le plus faible des pays riches, même s'il est plus important dans le secteur public. En revanche, les Français sont très impliqués dans le milieu associatif : de bénévoles sont membres de plus d'un million d'associations, qui bénéficient du statut accordé par la loi du . Économie. L'économie de la France est une économie sociale de marché fondée sur la propriété privée. Il y a une intervention étatique relativement forte depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, bien que celle-ci soit remise en cause depuis les années 1980. L'économie française est principalement tournée vers les services. Les prélèvements obligatoires représentent 46,2 % du PIB en 2017, soit le taux le plus élevé parmi les pays membres de l'OCDE, et les dépenses publiques totalisent 56,8 % du PIB en 2015, soit le deuxième taux le plus élevé de l'OCDE. Revenus de la population et développement humain. En 2018, il y avait de millionnaires (en dollars américains) en France, soit 5 % des millionnaires dans le monde. Selon le magazine "Forbes", il y avait, cette même année, 39 milliardaires en France, ce qui fait de la France le au monde avec le plus de milliardaires. En 2014, selon le World Inequality Database, en France, les 1 % les plus aisés captaient 10,8 % du revenu national avant impôt (ce chiffre était de 11,0 % en 2000, 11,5 % en 1960 et 20,1 % en 1920), les 10 % les plus aisés en captaient 32,6 % (ce chiffre était de 33,1 % en 2000, 37,7 % en 1960 et 47,3 % en 1920), les 50 % les plus pauvres en captaient 22,5 % (ce chiffre était 21,5 % en 2000, 18,6 % en 1960 et 14,6 % en 1920). Les inégalités de revenus en France au sont donc plus faibles qu'au et, sur le long terme, ont tendance à se réduire. Les revenus des Français et leur pouvoir d'achat ont augmenté durant l'ensemble du et des années 2000, mais de façon inégale au sein de la population, ce qui a accru les inégalités économiques entre ménages. Depuis 2014, le pouvoir d'achat du revenu disponible des ménages augmente de manière continue en France, quoique relativement lentement : +1,2 % en 2014, +0,9 % en 2015, +1,8 % en 2016 et +1,3 % en 2017. En 2017, le taux d'épargne (en % du revenu disponible brut) était de 14,3 % et le taux d'épargne financière (en % du revenu disponible brut) était de 4,4 %. En France, le salaire mensuel net moyen s'élevait en 2015 à . En 2016, selon l'INSEE, le salaire mensuel net médian était de et le revenu disponible brut par habitant était de (+1 % par rapport à 2008). En 2015, le revenu disponible moyen des ménages était de et le revenu disponible médian des ménages était de . En France, à métier, entreprise et fonction équivalentes, l'écart salarial entre femmes et hommes est de 2,7 %. En 2015, en France métropolitaine, le niveau de vie médian de la population s'élève à annuels, soit un niveau légèrement plus élevé qu'en 2014 en euros constants. Le seuil de pauvreté monétaire, qui correspond à 60 % du niveau de vie médian de la population, s'établit à mensuels ; 14,2 % de la population vit sous ce seuil de pauvreté, un des niveaux les plus bas de l'Union européenne. Les chômeurs ont le plus fort taux de pauvreté (37,3 %). De 1970 à 1990, le taux de pauvreté s'est fortement réduit () sous l'effet notamment de l'amélioration de la situation relative des retraités, dont le taux de pauvreté a diminué de plus de moitié grâce à l'amélioration de leur retraite et au minimum vieillesse. Depuis 1996, les évolutions du taux de pauvreté sont de moindre amplitude. Ce taux a diminué de entre 1996 et 2004, est remonté entre 2004 et 2011 (), notamment du fait de la crise de 2008, et depuis évolue peu. En 2021, selon les Nations unies, l'indice de développement humain (IDH) de la France était de , la plaçant au du classement mondial de l'IDH. À titre de comparaison, en 1990, l'IDH de la France s'élevait à . Selon la Banque mondiale, le PIB par habitant en dollars courant de la France s'élevait à en 2017, soit le par habitant le plus élevé au monde. L'indice de Gini, qui mesure les inégalités, était calculé à 32,7 pour la France en 2015. Au premier trimestre 2012, l'INSEE dénombrait en France. En outre, n'ont pas de domicile personnel. Emploi. Si la France a connu durant les Trente Glorieuses une situation proche du plein emploi , elle fait face depuis la fin des années 1970 à une situation de chômage élevé, malgré des fluctuations qui ont fait espérer le retour du plein emploi. Le chômage touche particulièrement les jeunes, les moins diplômés et les étrangers. Les chômeurs de longue durée représentent un tiers de l'ensemble des chômeurs et sont ceux pour qui la réinsertion est souvent la plus difficile. Selon l'Insee, le taux de chômage français s'est établi en août 2019 à 8,5 % (son niveau le plus bas depuis 2009). Au deuxième trimestre de 2019, le taux de chômage longue durée était de 3,2 %. Selon l'économiste Éric Heyer, il y aurait eu non pourvus en France en 2017. En moyenne, en 2017, de personnes de 15 à en France (hors Mayotte) étaient actives, soit 71,5 % de cette tranche d'âge. Parmi elles, avaient un emploi et étaient au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) ; étaient inactives, c'est-à-dire ne travaillaient pas et ne recherchaient pas activement un emploi ou ne sont pas disponibles pour en occuper un. En 2017, le taux d'emploi en France était de 64,7 % et le taux d'activité était de 71,5 %. En 2017 comme en 2016, 18,8 % des personnes ayant un emploi travaillaient à temps partiel. À la fin de l'année 2017, le secteur privé en France employait de salariés (+1,3 % par rapport à l'année 2016). Les salariés représentaient 88,4 % des actifs occupés en France en 2017 : 84,6 % sont en contrat à durée indéterminée (CDI) ou fonctionnaires, 10,8 % en contrat à durée déterminée (CDD), 3,0 % en intérim et 1,6 % en apprentissage. En 2017, les professions intermédiaires et les cadres représentaient 43,7 % des actifs occupés, proportion en légère hausse sur un an. La part des ouvriers, qui avait baissé, de façon quasi ininterrompue, de près de depuis le début des années 1980, a augmenté légèrement en 2017 (, à 20,8 %) ; celle des employés (27,2 %) a reculé légèrement (), dans la lignée du repli observé depuis une dizaine d'années. Les ouvriers et employés non qualifiés représentaient en 2017, un actif occupé sur cinq. En 2017, de personnes travaillaient dans la fonction publique en France. 62,5 % des personnes travaillant dans la fonction publique sont des femmes et 37,5 % sont des hommes. Les statuts dans la fonction publique sont variés, il y a 67,8 % de fonctionnaires, 17,9 % de contractuels, 5,5 % de militaires et 2,5 % de contrats aidés (les 6,3 % restant ont un autre statut). En 2017, en France, selon l'OCDE, le temps de travail hebdomadaire moyen des hommes était de (soit un chiffre en légère baisse depuis les années 1980, il était de en 1983) et celui des femmes était de (également en légère baisse depuis les années 1980, il était de en 1983). En moyenne, les Français ont travaillé par semaine en 2017, un chiffre extrêmement stable depuis 1996 (il faut remonter à 1995 pour avoir un temps de travail hebdomadaire moyen supérieur à ). Principaux secteurs d'activité. L'économie française est largement tournée vers le secteur des services. Selon le "World Factbook" de la CIA, en 2017, les services composaient 78,8 % du PIB de la France, l'industrie 19,5 % et l'agriculture 1,7 %. Selon l'INSEE, en 2018, 76,1 % de la population en emploi travaillait dans le secteur tertiaire, 13,3 % dans le secteur de l'industrie, 6,7 % dans le secteur de la construction et 2,5 % dans le secteur de l'agriculture. Par branche d'activité, la production en euros courants en 2018 en France était, selon l'INSEE, de d'euros pour les services marchands ( d'euros en valeur ajoutée), d'euros pour l'industrie manufacturière ( d'euros en valeur ajoutée), d'euros pour les services non marchands ( d'euros en valeur ajoutée), d'euros pour la construction ( d'euros en valeur ajoutée) et d'euros pour l'agriculture ( d'euros en valeur ajoutée). Agriculture et agroalimentaire. La France a connu, comme d'autres pays industrialisés, des phénomènes d'exode rural et de chute de l'emploi agricole, même si ce dernier reste proportionnellement plus important que dans les autres pays d'Europe occidentale. L'agriculture française a été considérablement modernisée et mécanisée dans la seconde moitié du , notamment au moyen de la politique agricole commune (PAC). La spécialisation régionale de la France par type de production s'accentue, et certaines appellations d'origine de produits agricoles (transformés ou non) sont préservées grâce au système AOC, qui prend en considération un terroir, c'est-à-dire un savoir-faire agricole populaire et historique attaché à un territoire. La France se tourne progressivement vers l'agriculture biologique depuis la fin du . Le label Agriculture biologique est créée en 1985 ; depuis 2009, il est aligné sur les critères du label bio de l'Union européenne. La France compte sur son territoire métropolitain en 2013. Elle en comptait en 1988. La superficie moyenne des exploitations agricoles est de . Le nombre d'exploitations d'agriculture biologique était de en 2013. Il y a agricoles en France en 2015 (-8 % par rapport à 2010). L'âge moyen des chefs d'exploitation, coexploitants et associés est de . La part des femmes parmi les actifs permanents agricoles est de 30 %. La production agricole française se chiffre pour l'année 2017 à d'euros en incluant les services et les subventions sur les produits, soit 3,5 % du PIB français, contre quelque 7 % en 1980. La France a dégagé en 2016, un excédent commercial agroalimentaire (produits bruts et transformés) de d'euros. L'agriculture française est généreusement soutenue par l'Union européenne. Elle a bénéficié en 2015 de d'euros de financement de la part de la PAC, soit 21 % de son budget total. La France est le premier producteur agricole de l'Union européenne : elle représentait, en 2016, 17 % de la production totale de l'UE. La France est le premier producteur européen de viande bovine, d'œufs, de surimi, de céréales et de sucre de betteraves. Elle est le sixième producteur mondial de beurre et le premier exportateur mondial de pommes de terre. Elle est également le deuxième producteur mondial de vin, le deuxième producteur européen de lait et le troisième producteur européen de fruits et de légumes. Selon l'ONUAA (données 2018), la France est le mondial d'abricots, le mondial d'artichauts, le mondial de blé, le mondial de céréales mélangées, le mondial de céréales entières, le mondial de champignons et truffes, le mondial de chanvre, le mondial de fibres de chanvre, le mondial de choux-fleurs et brocolis, le mondial de colza, le mondial d'épinards, le mondial de fèves sèches, le producteur mondial de fruits à noyau, le mondial de graines de lin, le mondial de graines de tournesol, le mondial de haricots verts, le mondial de kiwis, le mondial de fibres et étoupes de lin, le mondial de maïs frais, le mondial de moutarde, le mondial de myrtilles, le mondial de noisettes, le mondial de noix, le mondial d'oeuillettes, le mondial d'orge, le mondial de poireaux, le producteur mondial de pois frais, le mondial de pois secs, le mondial de pommes, le producteur mondial de pommes de terre, le mondial de racines de chicorée, le mondial de raisins, le mondial de sarrasin, le mondial de betteraves à sucre et le mondial de triticales. Les émissions de gaz à effet de serre par l'agriculture française ont diminué au cours des dernières années, passant de équivalent en 1995 à équivalent en 2016, soit une baisse d'environ 10 %. Tourisme. Grâce à la richesse de ses paysages naturels et de son patrimoine culturel, la France est le pays le plus visité au monde par les touristes étrangers avec près de de visites en 2018. Près de des touristes internationaux venant en France sont en provenance d'Europe. Les recettes liées au tourisme international en France s'élèvent pour l'année 2017 à de dollars américains. Ainsi, la France est le deuxième pays aux recettes touristiques les plus élevées, derrière les États-Unis et devant l'Espagne et la Thaïlande. En 2015, la consommation touristique intérieure s'élève à d'euros, soit 7,2 % du PIB de la France. En 2017, Paris est la la plus visitée au monde, avec de touristes internationaux ; elle est devancée par Londres ( de touristes) et Bangkok ( de touristes). Cependant, si l'on considère Paris en tant qu'agglomération (comme c'est le cas pour Londres et Bangkok dans le classement car, dans leurs cas, la ville-centre se confond avec l'agglomération contrairement à Paris), le nombre de touristes internationaux monte à . Le musée du Louvre est le musée le plus visité au monde ( de visiteurs en 2018) et Notre-Dame de Paris est le monument le plus visité d'Europe ( de visiteurs en 2018). Les motifs de ce tourisme sont variés : il s'agit tout à la fois d'un tourisme culturel (notamment à Paris), balnéaire (notamment sur la Côte d'Azur), naturel, d'affaires (Paris est la première destination mondiale pour ce type de tourisme), de loisirs (Disneyland Paris est de loin le parc d'attractions le plus fréquenté d'Europe) et de sports d'hiver (dans les Alpes du Nord notamment). Les sites touristiques payants les plus fréquentés sont, dans leur majorité, situés en Île-de-France (Disneyland Paris, musée du Louvre, tour Eiffel, château de Versailles…) ; quelques sites de région attirent également de nombreux touristes, comme les châteaux de la Loire, le mont Saint-Michel, Rocamadour, le château du Haut-Koenigsbourg, le musée Unterlinden de Colmar, le centre Pompidou-Metz ou le parc du Futuroscope. Commerce et artisanat. Depuis les années 1970, le secteur du commerce a été bouleversé par l'irruption de la grande distribution, qui représente les deux tiers des dépenses alimentaires des Français en 2008. Par conséquent, de nombreux petits commerces ont disparu, même si l'on assiste en 2009 à une timide reprise, notamment dans les centres-villes. La puissance de quelques grandes entreprises de la grande distribution leur permet d'imposer, dans une certaine mesure, des prix bas aux producteurs. Malgré la concurrence des entreprises industrielles, l'artisanat de son côté est parvenu à conserver une place importante dans l'économie française. Industrie. La France est la quatrième puissance industrielle mondiale. Malgré la tertiarisation de l'économie française, les entreprises industrielles représentaient 12,6 % du PIB et 96,5 % des exportations françaises en 2014. Son industrie est caractérisée par des évolutions contrastées : à côté d'industries modernes et dynamiques, qui font de la France l'un des chefs de file mondiaux dans de nombreux domaines (automobile, aéronautique, aérospatiale, agroalimentaire, électronique, nucléaire civil, pharmacie, cosmétique, luxe…), de nombreuses industries traditionnelles (mines, textile, bois, chaussure, construction navale, sidérurgie…) voient leurs effectifs et leurs chiffres d'affaires chuter, obligeant des régions entières (Nord-Pas-de-Calais et Lorraine notamment) à une douloureuse reconversion. À la décentralisation industrielle des années 1960, qui a permis le développement de nombreuses villes de l'ouest et du sud du pays, a succédé une période de croissance faible de la production industrielle, qui s'explique parfois par des délocalisations vers des pays à la main-d'œuvre peu onéreuse. Même si la production se fait de plus en plus souvent à l'étranger, les entreprises françaises restent prédominantes dans de nombreux domaines, certaines occupent la première place du marché mondial dans leur domaine (par exemple L'Oréal dans les cosmétiques ou Michelin dans les pneumatiques). En 2018, françaises figurent dans le classement Global 500 du magazine "Fortune", ainsi la France est le cinquième pays avec le plus d'entreprises dans le classement, derrière les États-Unis, la Chine, l'Allemagne et le Japon. Les six entreprises françaises figurant dans le top 100 sont Axa (rang 27), Total (rang 28), BNP Paribas (rang 44), Carrefour (rang 68), Crédit agricole (rang 82) et EDF (rang 94). L'industrie française de l'armement représente en 2013. Elle couvre un large spectre avec notamment la construction navale (Naval Group), l'aviation militaire (Dassault Aviation, Airbus, Safran) et les systèmes d'armement (MBDA, Thales), la fabrication de véhicules blindés (Nexter, Arquus). L'ensemble du complexe militaro-industriel est coordonné par la direction générale de l'Armement (DGA). La France est en outre un acteur mondial majeur dans le secteur de la défense : les exportations d'armement de la France atteignaient d'euros en 2015 et plus de d'euros en 2016. Énergie. Après la disparition complète de la production française de charbon en 2005, le pétrole, le gaz et surtout l'électricité sont les principales énergies consommées en France. Si la France ne produit plus de pétrole brut que de façon marginale, les treize raffineries implantées sur le territoire permettent de satisfaire plus de 90 % de la demande nationale. Le groupe français Total, qui possède des concessions dans le monde entier, est la sixième entreprise mondiale et la cinquième du secteur. La part du gaz dans la consommation énergétique française a fortement augmenté depuis les années 1970, mais il s'agit à 97 % de gaz importé, notamment de Russie, d'Algérie et de la mer du Nord. En revanche, la France produit plus d'électricité qu'elle n'en consomme, notamment grâce à 56 réacteurs nucléaires en 2021 (le deuxième parc mondial après le parc américain) qui produisaient en 2013 près de 74 % de l'électricité du pays, permettant à l'électricité française d'être très peu carbonée, mais dont le bilan environnemental est l'objet de débats. La France possède la plus puissante centrale nucléaire d'Europe de l'Ouest à Gravelines, exploitée par EDF. Quant aux énergies renouvelables, leur part dans la production électrique française augmente et représente en 2019 17,2 % de la consommation finale brute d'énergie, en grande partie grâce à l'hydroélectrique. Une nation avec un programme spatial autonome dans un cadre européen. Outre l'aviation civile, le général de Gaulle fait de l'espace une priorité nationale pour préserver l'indépendance de la France. La plus importante agence spatiale en Europe, le CNES est créé en 1961, et permet à la France de devenir en 1965, la troisième nation, après l'Union soviétique ("Spoutnik 1", 1957) et les États-Unis ("", 1958), à envoyer un satellite dans l'espace par ses propres moyens ; la fusée Diamant A envoie le satellite "Astérix A1" depuis la base d'Hammaguir (Algérie). En 1973, la France propose aux pays européens un lanceur commun, Ariane, exploité par l'Agence spatiale européenne depuis 1975 depuis le sol français, au Centre spatial guyanais. Le programme continue depuis et constitue un important succès technologique et commercial. En 2011, le lanceur russe Soyouz décolle pour la première fois du sol français, marquant le début d'une collaboration très poussée avec le secteur spatial russe. Enfin, la France participe au projet Galiléo est le système européen de positionnement par satellite visant à concurrencer le système américain GPS, ainsi qu'à diverses sondes d'exploration interplanétaires ("Rosetta", "BepiColombo", "Mars Express"). Recherche. La France consacre une part moyennement élevée de son PIB à la recherche et développement (2,02 % en 2009), mais ces dépenses sont davantage financées par le secteur public (41 % en 2008) et consacrées à la recherche fondamentale que dans les autres pays de l'Union européenne et "a fortiori" de l'OCDE. Si la recherche française est à l'origine de nombreuses découvertes et a été récompensée à de multiples reprises (voir "infra"), le nombre de brevets déposés par des entreprises françaises est relativement faible, d'autant que les relations entre les entreprises privées et la recherche publique sont souvent jugées médiocres. En 2015, environ travaillaient en France, dont en entreprise et dans la fonction publique. Ces derniers sont regroupés dans des universités ou dans des établissements publics comme le CNRS (généraliste), le CEA (nucléaire), l'INRIA (informatique et mathématiques appliquées), l'INRA (agronomie). Parmi ces établissements, le LETI se positionne comme l'un des principaux laboratoires en microélectronique et nanotechnologies dans le monde, jouxtant le complexe Minatec, principal centre de recherche en Europe sur les nanotechnologies. La France accueille par ailleurs sur son territoire de grands instruments de recherche internationaux comme l'European Synchrotron Radiation Facility, l'Institut Laue-Langevin ou l'Institut de radioastronomie millimétrique et demeure un acteur majeur du CERN. Depuis 2002, la plupart de ces centres de recherche sont organisés en réseaux avec des universités et des entreprises, pour former des pôles de compétitivité (71 en 2007). Finance et assurance. Le secteur bancaire français a longtemps été caractérisé par sa faible concentration, par la ferme réglementation qui l'encadrait et par la part importante du secteur public, mais cette situation a changé au cours des années 1990 et 2000. Les banques françaises BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole se placent respectivement aux quatrième, neuvième et dixième places mondiales du secteur en 2009. Le secteur des assurances occupe également une place importante dans l'économie française, Axa étant la première compagnie d'assurance européenne. La bourse de Paris, filiale d'Euronext depuis 2000, est le marché officiel des actions en France. L'indice CAC 40 est un indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière flottante qui reflète la performance des les plus importantes et les plus activement échangées cotées sur Euronext Paris. Au 30 septembre 2020, la capitalisation boursière totale des composantes du CAC 40 était de d'euros. La capitalisation boursière médiane des composantes de l'indice était de d'euros, et LVMH, Sanofi et Total étaient les trois plus grosses entreprises de l'indice. Place de la France dans l'économie mondiale. En 2018, selon le FMI, le PIB nominal de la France s'élevait à de dollars ; selon ce critère, la France est la mondiale. Selon le Crédit suisse, la France disposait en 2018 d'une estimée à de dollars, faisant de la France le la plus riche du monde et le plus riche d'Europe selon ce critère. D'après le publié par le Forum économique mondial, la France est la (sur 140) économie la plus compétitive du monde (gain d'une place par rapport à l'année 2017). Le rapport salue la qualité des infrastructures françaises et le haut niveau de santé publique, mais il reproche à la France son nombre trop important de régulations, les faibles compétences numériques de sa main-d'œuvre, le nombre trop faible d'enseignants à l'école, le nombre trop élevé de barrières non tarifaires, le manque de flexibilité de son marché du travail et le niveau trop élevé d'imposition. Dans le "" de l'Heritage Foundation, qui mesure le degré de liberté économique de chaque pays dans le monde, la France obtient la (sur classés), à cause du niveau élevé de ses dépenses publiques, des régulations rigides de son marché du travail et de son important taux de prélèvements obligatoires. L'économie française est fortement extravertie, notamment vis-à-vis de ses partenaires européens (65 % des exportations françaises). Cette situation est en partie liée à l'épuisement ou à l'insuffisance des ressources minières et énergétiques du pays, qui l'obligent à importer, et à sa taille relativement réduite. Mais elle s'explique également par l'importance des exportations. Selon l'OMC, en 2017, la France est le ( de dollars d'exportations) et le ( de dollars d'importations) mondial de marchandises. En ce qui concerne les services, elle en est le exportateur ( de dollars d'exportations) et ( de dollars d'importations) mondial. Néanmoins, le commerce extérieur de la France connaît d'importantes difficultés. Depuis 2004, la France connaît un déficit de sa balance commerciale, de plus en plus creusé ( de dollars en 2009), une situation qui s'explique en partie par le niveau élevé de l'euro face au dollar. Entre 1990 et 2006, la part de marché mondiale de la France dans les exportations de marchandises est passée de 6,3 à 4,1 % ; la France n'est plus en 2009 que le cinquième importateur et le sixième exportateur mondial. Selon Eurostat, cette dégradation du commerce extérieur français serait en partie due à une augmentation des coûts salariaux horaires. Le solde commercial continue d'être déficitaire en 2017 : le solde des biens et services enregistre un déficit de 38,3 Md€ (26,8 Md€ en 2016). Cette dégradation reflète principalement la dynamique de la demande intérieure française portée par la reprise de la consommation des ménages et de l'investissement des entreprises qui ont soutenu les importations de biens : +6,8 % à 535,5 Md€ après +0,1 % en 2016. Par ailleurs, la facture énergétique (39 Md€) s'alourdit en 2017 et pèse fortement sur la balance commerciale, équivalant à 63 % du déficit total. En 2022, la France est classée en 12ème position pour l'indice mondial de l'innovation. Culture. Au fil du temps, la France a été un lieu pour le développement des arts et de la culture. Des nombreux artistes français importants, ainsi que des immigrés, ont trouvé refuge dans le pays ; ils participent à la reconnaissance en Occident et dans le monde entier de sa riche tradition culturelle. La création du ministère de la Culture en 1959 a aidé à préserver le patrimoine culturel du pays et à le rendre accessible au public. Le ministère de la Culture a été très actif dans l'octroi de subventions aux artistes, la promotion de la culture française dans le monde, le soutien aux festivals et événements culturels, la protection des monuments historiques. Le Gouvernement a également réussi à maintenir une exception culturelle pour défendre le cinéma français. Avec près de de visiteurs en 2018, la France est la première destination touristique dans le monde, en grande partie grâce aux nombreux établissements culturels et bâtiments historiques implantés sur tout le territoire. Elle compte accueillant plus de de personnes chaque année. Les sites culturels les plus importants sont gérés par le Gouvernement, par exemple, par l'intermédiaire du Centre des monuments nationaux, qui est responsable d'environ 85 monuments historiques nationaux. Architecture. La France possède un patrimoine architectural riche, témoin d'une longue histoire et de la rencontre de différents traits civilisationnels. Les protégés au titre des monuments historiques comprennent principalement des résidences (nombreux châteaux) et des édifices religieux (cathédrales, basiliques, églises), mais aussi des monuments et des jardins. Inscrits sur la liste du patrimoine mondial. L'UNESCO a inscrit 44 sites en France sur la liste du patrimoine mondial. Sur les 845 biens culturels inscrits sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO en , 39 sont français, ce qui fait de la France, avec l'Allemagne, le quatrième pays du monde en nombre de sites culturels bénéficiant de la reconnaissance mondiale. Le patrimoine architectural français inscrit sur la liste du patrimoine mondial comporte à la fois des édifices d'architecture religieuse (l'abbaye de Fontenay par exemple), civile (les châteaux de la Loire), industrielle (la saline royale d'Arc-et-Senans), militaire (les sites majeurs fortifiés par Vauban) et urbaine (la place Stanislas de Nancy, le centre historique de Strasbourg). Il comporte des exemples d'architecture de toutes les époques, de l'architecture romaine (le pont du Gard) à l'architecture d'après-guerre (le centre reconstruit du Havre), en passant par des chefs-d'œuvre de l'architecture romane (l'abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe), gothique (la cathédrale de Chartres) et classique (le canal du Midi). Bâtiments d'intérêt historique. En France, depuis 1840, les bâtiments d'intérêt historique, architectural, patrimonial ou culturel peuvent être inscrits ou classés au titre des monuments historiques par l'État, de même que certains biens mobiliers (cloches), ce qui leur assure une protection juridique, ainsi que des aides à la restauration et à l'entretien. Au , la France comptait inscrits ou classés. D'importants architectes français ont façonné le patrimoine architectural, en France et en Europe, à toutes les époques, avec des figures telles que Montreuil au Moyen Âge, Lescot, Delorme et Androuet du Cerceau à la Renaissance, Mansart, Le Vau, Hardouin-Mansart, Gabriel et Ledoux aux époques classique et néoclassique, Viollet-le-Duc, Garnier et Eiffel au , Auguste Perret, Le Corbusier et Jean Nouvel à l'époque contemporaine. Arts visuels et plastiques. Si des productions artistiques sont attestées dans l'espace correspondant à la France actuelle dès la Préhistoire, on ne peut parler d'« art français » avant le début du de notre ère, à l'époque où un État et une nation commencent à se former. À partir de cette époque, les Beaux-Arts français vont être en grande partie similaires à ceux du reste de l'Europe occidentale, voyant se succéder un art roman aux et un art gothique du ; la célébration de la puissance de la monarchie française, d'un (A. Chastel) et la représentation du sacré font partie des thèmes privilégiés d'un art principalement commandé par le pouvoir politique ou religieux. La Renaissance et le développement du classicisme au puis du néoclassicisme au sont l'expression à la fois d'une recherche de l'ordre et de l'apparat et d'influences antiques et italiennes ; c'est également à l'époque moderne qu'émergent des figures individuelles d'artistes, telles les peintres Fouquet, Poussin, La Tour, "le Lorrain", Watteau, Boucher, Chardin, Fragonard, Greuze, David, Gros et Ingres, ou les sculpteurs Goujon, Girardon, Coysevox, Puget et Houdon. Aux , la France joue un rôle majeur dans les grands courants et révolutions artistiques occidentaux : le romantisme (Delacroix et Géricault), le réalisme (Courbet), l'impressionnisme (Monet, Renoir, Manet, Degas) et le néo-impressionnisme (Seurat, Van Gogh, Cézanne, Gauguin), le fauvisme (Matisse, Derain, Vlaminck), le cubisme (Braque, Picasso, Léger) ou encore le surréalisme (Duchamp) comptent des artistes français parmi leurs principaux représentants. Rodin, de son côté, révolutionne la sculpture à la fin du . Littérature et poésie. Les lettres françaises comptent de nombreuses figures qui à toutes les époques ont contribué à la réputation culturelle du pays. Il serait vain de tenter d'en faire la liste, mais il est possible de citer, concernant le Moyen Âge les poètes Chrétien de Troyes et Villon ; au , le romancier Rabelais, l'essayiste Montaigne et les poètes Du Bellay et Ronsard marquent la Renaissance. Au , les dramaturges Corneille, Racine et Molière, le poète Boileau, le fabuliste La Fontaine et le philosophe Pascal s'attachent à maintenir ou rétablir l'ordre par la raison ; au , les auteurs des Lumières Voltaire, Diderot, Montesquieu et Rousseau, les romanciers Prévost, Laclos et Sade et les dramaturges Marivaux et Beaumarchais fustigent la société de leur époque tout en abordant des sujets jusque-là prohibés. Au , le roman connaît un apogée avec Stendhal, Balzac, Hugo, Dumas, Flaubert et Zola, mais les autres genres ne sont pas en reste, comme le montrent le mémorialiste Chateaubriand et les poètes Lamartine, Musset, Baudelaire, Vigny, Rimbaud et Mallarmé ; aussi les théoriciens Comte et Durkheim. Le marqué les problématiques qui ont suivi les productions contemporaines ; on peut citer les poètes Apollinaire, Éluard, Aragon, Char et Prévert ; les romanciers et essayistes Proust, Gide, Céline, Sartre, Beauvoir, Yourcenar, Duras, Saint-Exupéry, Vian, Camus, Duras, Sagan, Gracq, Sarraute, Deleuze, Derrida, Foucault, Guattari, Bourdieu, Ricœur, Lacan et Lévi-Strauss ; aussi les dramaturges Giraudoux, Cocteau et Ionesco. Au , des noms émergent, dont ceux de J.M.G. Le Clézio, Patrick Modiano, Virginie Despentes, Jacques Rancière, Alain Badiou, Didi-Huberman, Michel Houellebecq, Erik Orsenna, Éric-Emmanuel Schmitt, Pascal Quignard, Pierre Michon, Christine Angot, ou Eliette Abecassis. À ce jour, la France est le pays qui possède le plus de prix Nobel de littérature, soit seize lauréats. La France est le publiant le plus de livres au monde derrière la Chine, les États-Unis et le Royaume-Uni. Ainsi, en 2015, livres ont été édités en France. Arts du spectacle. Depuis une loi de 1999, la catégorie administrative de « spectacle vivant » a été inventée pour regrouper tous les spectacles publics se définissant par « la présence physique d'au moins un artiste du spectacle percevant une rémunération lors de la représentation en public d'une œuvre de l'esprit », c'est-à-dire les arts académiques du théâtre, de la danse, de la musique orchestrale et de l'opéra, avec des arts populaires comme le cirque, les arts de la rue, les arts de la marionnette, le théâtre musical, le spectacle de rue et la musique instrumentale. Théâtre. Les premiers vestiges du théâtre sur le territoire français actuel datent de la culture grecque antique. Il se développe ensuite dans toute la Gaule durant la période romaine, si bien qu'on retrouve nombre d'édifices de cette époque encore aujourd'hui. Il prend ensuite différentes formes au fil des époques. Au Moyen Âge, les drames liturgiques constituent le genre le plus populaire. Le genre s'enrichit davantage à la Renaissance : farces, comme "Pathelin" (1485) ; tragédies et comédies, avec des dramaturges humanistes comme Étienne Jodelle, Jacques Grevin ou Robert Garnier ; ou encore Commedia dell'arte, importée par des comédiens italiens. François Hédelin et Pierre Corneille met profondes réformes au métier, qui fait il s'impose du baroque au mouvement du classicisme dans le , puis Molière et Jean Racine, entre autres, s'achèvera à la fondation de la Comédie-Française en 1680, la plus ancienne compagnie au monde aujourd'hui en fonctions. L'apparition du théâtre néo-classique des Lumières, supposera une époque des grandes changes au , dominé par Regnard, Marivaux et Beaumarchais, l'affaire du "Mariage de Figaro" (1778) qui annonce l'avenir de la Révolution française, par exemple. L'ouvrage de François-Joseph Talma marque un début au ; le théâtre romantique est codifié par Victor Hugo dans la préface de "Cromwell" (1827), et son développement met diverses confrontations entre ses contemporains, Musset et Vigny, particulièrement à la Bataille d'Hernani. En contestation, il assimile les courants du réalisme avec Eugène Scribe et du naturalisme avec Émile Zola, qui vaut déclencher profondes réflexions au sujet de l'art dramatique, inspirant le travail de importantes figures telles que Chekhov, Ibsen et Stanislavski. En réponse, le symbolisme fait son apparition, avec Paul Fort, Lugné-Poe et Maeterlinck. Le début du et les apports d'Alfred Jarry, sont propices à des grands changements et réflexions sur le sujet. Le théâtre de l'absurde refuse les explications simples et abandonne des personnages trop traditionnels, son auteur le plus connu est Eugène Ionesco ; le théâtre d'avant-garde a été profondément marqué par le dadaïsme et le surréalisme, la technique s'accordant particulièrement bien au théâtre, notamment chez Antonin Artaud et Guillaume Apollinaire, cernait les routes du théâtre expérimental, la performance et beaucoup des mouvements et expressions de l'art contemporain. D'autres expériences de théâtre impliquaient la décentralisation, le théâtre régional, le « théâtre populaire » (destiné à amener la classe ouvrière au théâtre). Le Festival d'Avignon a été créé en 1947 par Jean Vilar, qui a également joué un rôle important dans la création du Théâtre national populaire. Après mai 1968, une grande partie de la création théâtrale provint des MJC, instaurées par André Malraux un peu partout en France ; parmi les principales figures théâtrales contemporaines, on compte Jacques Lecoq, Ariane Mnouchkine, Bernard-Marie Koltès, Jean-Luc Lagarce, Claude Régy, Christian Siméon ou encore Florian Zeller. La France s'exprime lors d'événements prestigieux tels que le grand prix de littérature dramatique, le prix SACD et la cérémonie des Molières, qui constitue la plus importante remise de prix pour le théâtre en France. Danse. La danse est un vecteur majeur de la culture française, particulièrement la danse classique ou ballet, mais également les danses de cour à la Renaissance. Thoinot Arbeau publie en 1589, le traité le plus complet des danses pratiquées au , l"Orchésographie", manuel pédagogique de danse et méthode de tambour. Au , le développement de la danse classique part des premiers ballets de cour organisés par Balthazar de Beaujoyeulx en commande de Catherine de Médicis, par exemple le "Ballet des Polonais" et le "Ballet comique de la reine". La danse conquiert alors la cour de Louis XIV qui fonde l'Académie royale de danse en 1661. Héritière de cette institution, la compagnie du ballet de l'Opéra national de Paris, la plus ancienne au monde, est considérée comme une des meilleures. Pierre Beauchamp codifie les cinq positions classiques et met au point un système de notation de la danse, favorisant ainsi le développement de la danse baroque qui s'intègre aux représentations des tragédies lyriques, des opéra-ballets de Lully et Rameau, et des comédies-ballets de Pierre Corneille et de Molière. Au , Jean-Georges Noverre continue cette codification avec ses "Lettres sur la danse", texte fondateur pour le nouveau ballet d'action (ou ballet-pantomime). À cette époque, les femmes, encombrées par les paniers, corsets, perruques et talons hauts, ne jouent qu'un rôle secondaire. Le tout premier ballet d'action du répertoire est le "Don Juan" de Gluck, écrit selon les indications de Noverre. Cette œuvre majeure est l'ancêtre direct des grands ballets romantiques du . Auguste Vestris développe une méthode dont se sont inspirés Marius Petipa ou Auguste Bournonville. Avec les apports de François Delsarte et Émile Jaques-Dalcroze, des grandes figures comme Isadora Duncan, Loïe Fuller et Rudolf Laban définissent des principes de danse moderne qui, au cours du , sont développés par Martha Graham, Merce Cunningham, Pina Bausch et Alwin Nikolais et le Centre national de danse contemporaine. La pratique de la danse en France est régulée par la Fédération française de danse, divisés en des danses de spectacle (le ballet, le cancan, la danse contemporaine...), de société (traditionnelle, la quadrille...) et de compétition (sportives, acrobatiques). Musique. Musique savante. Partagée au Moyen Âge entre deux voies différentes, l'art polyphonique ("ars antiqua", "ars nova") ancré sur le chant grégorien et l'art du chant profane monodique des troubadours et des trouvères, la musique française connaît un rayonnement certain en Europe. La période baroque est également très importante dans la France des , avec des compositeurs comme Lully, Charpentier, Rameau, Couperin. Romantisme et période moderne voient également de grands compositeurs comme Berlioz, Chopin, Gounod et Bizet au , ou Ravel, Fauré, Debussy au . La période contemporaine peut être représentée entre autres par Olivier Messiaen, Pierre Henry, Henri Dutilleux et plus récemment par Pierre Boulez, Iannis Xenakis, Jean-Claude Risset, François Bayle, Philippe Hersant ou encore Betsy Jolas. Chanson populaire et variétés. La chanson française avant le était souvent représentée par des chantres de villages ou des chanteurs de cabaret qui ont connu un certain succès jusqu'au début du , comme Mistinguett. Le développement de la musique en France a réellement commencé pendant l'entre-deux-guerres, notamment avec Jean Sablon, Charles Trénet, Édith Piaf ou encore Mireille, permettant au music-hall de se développer, avec des artistes comme Joséphine Baker et Maurice Chevalier. Des maisons de disques sont créées, et la chanson prend alors une vraie place dans la société et la culture française : alors que dans les années 1930 les ventes de disques étaient infimes (moins de de disques par an), le marché explose à partir des années 1960 ( de disques vendus par an), atteignant les de disques vendus par an à la fin des années 1970. La musique dite « populaire » prend son essor, mêlant des genres propres à la France, comme la chanson française, à des genres importés, comme le rock, la pop ou le rap. Au début des années 2000, la variété française demeure toujours présente, tandis que le rap poursuit son ascension. Cependant, la crise du disque commence à se faire ressentir : les ventes de disques s'effondrent d'année en année, passant de en 2002 à seulement en 2018, à cause notamment du téléchargement illégal et de l'arrivée du "". Parmi les chanteurs français les plus connus et ceux qui ont vendu le plus de disques, on peut noter : Cinéma. Le cinéma, inventé en 1895 à Lyon par les frères Lumière, reste une activité importante en France, malgré la concurrence hollywoodienne, et au monde entier. En 2005, la France est le sixième producteur mondial et le premier producteur européen de longs-métrages. Cette vitalité est soutenue par la politique d'exception culturelle de la France, qui se manifeste, par exemple, par l'imposition de quotas de films français diffusés à la télévision. Elle s'exprime lors d'événements prestigieux tels que les César, les Prix Lumières, et le Festival international du film, organisé chaque année à Cannes, qui est l'événement culturel le plus médiatisé au monde. Existant depuis une centaine d'années, le cinéma français se révèle très riche quant à la diversité de ses réalisateurs (Georges Méliès, Jean-Luc Godard, Luc Besson...) de ses acteurs (Jean Marais, Louis de Funès, Gérard Depardieu, Audrey Tautou...) et des films qu'il a produits ("Les Misérables", "La Grande Vadrouille", "Emmanuelle", "Le Grand Bleu", "Intouchables"...). Cependant, depuis les années 1980, une grande partie de la production est plus spécifiquement tournée vers les comédies ("Le Dîner de cons", "Les Visiteurs", "Bienvenue chez les Ch'tis"...) et les films d'auteurs ("La Haine", "Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain", "The Artist"...). Lors de la crise sanitaire en France, l'État a fait le plan de relance de d'euros pour soutenir les secteurs culturels. Le 28 août 2020, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que d'euros seraient utilisés pour soutenir la création cinématographique du planifié de d'euros. Par ailleurs, d'euros ont déjà été alloués pour aider le secteur du spectacle vivant. Mode. La mode est une industrie importante en France depuis le , et c'est encore aujourd'hui un vecteur majeur de la culture française à l'étranger. En ce début de , Paris se revendique comme la capitale mondiale de la mode, (de même que Londres, Milan et New York) et accueille les sièges de maisons de mode de premier plan. C'est durant le règne de Louis XIV, quand les industries de biens de luxe ont été mises sous le contrôle du roi, que la France a acquis une place prépondérante dans la mode. La cour royale française s'est alors progressivement érigée en arbitre du goût et du style en Europe, au . Dans les années 1860-1960 les grandes maisons de couture ont insufflé une dynamique nouvelle. L'expression « haute couture » est originaire de Paris et date des années 1860. C'est un nom protégé par la loi, qui garantit certaines normes de qualité et une exclusivité. Dans les années 1960, la haute couture, considérée comme trop élitiste, subit les critiques de la culture de la jeunesse. En 1966, le couturier Yves Saint Laurent rompt avec les normes établies par le lancement d'un prêt-à-porter, inaugurant l'expansion de la mode française dans la fabrication de masse. Dans les années 1970 et 1980, Sonia Rykiel, Thierry Mugler, Claude Montana, Jean-Paul Gaultier et Christian Lacroix établissent de nouvelles tendances, en mettant l'accent sur le marketing et la fabrication. Dans les années 1990, se constituent des conglomérats regroupant de nombreuses maisons de couture françaises, notamment les géants du luxe LVMH, Kering et L'Oréal. Au début des années 2020, le secteur de la parfumerie française, industrialisé au tout début du par François Coty, est un meneur mondial. Gastronomie. La cuisine française jouit d'une très grande renommée, notamment grâce à ses productions agricoles de qualité : nombreux vins (champagne, vins de Bordeaux, de Bourgogne ou d'Alsace) et fromages (roquefort, camembert), et grâce à la haute gastronomie qu'elle pratique depuis le . La cuisine française est extrêmement variée. Elle est essentiellement constituée de spécialités régionales, comme la choucroute alsacienne, la quiche lorraine, les rillettes du Mans, le bœuf bourguignon, le foie gras périgourdin, le cassoulet languedocien, la tapenade provençale ou les quenelles lyonnaises. On peut tracer de véritables frontières culinaires, entre un nord utilisant le beurre et l'échalote et un sud leur préférant l'huile et l'ail, et entre des régions à la cuisine terrienne (le Périgord par exemple) et d'autres à la cuisine résolument tournée vers la mer (la Provence). Néanmoins, ces différences ont tendance à s'estomper aujourd'hui, en raison de la jonction des modes de vie et de l'essor discuté de la malbouffe ainsi que d'une mode de la cuisine mondialisée. En plus de sa forte tradition viticole, la France est également un important producteur de bière. Les trois principales régions brassicoles françaises sont l'Alsace (60 % de la production nationale), le Nord-Pas-de-Calais et la Lorraine. Le repas gastronomique des Français a été inscrit en 2010 à la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO. Il se compose généralement d'une entrée, d'un plat garni et d'un dessert (parfois complété par du fromage, servi avant). Le soir, l'entrée est souvent remplacée par un potage ou une soupe (d'où l'appellation de « souper » pour ce repas). Le repas dominical est plus élaboré : deux entrées (une froide, une chaude), rôti de bœuf ou volaille (le plus couramment), salade, plateau de fromages et dessert. Les heures de repas vont de midi (Nord et Est), à (la moyenne), dans le Sud ; le soir, de (Flandres) à (moyenne) et (Sud). Philosophie et science. La France est depuis le Moyen Âge un foyer de connaissances et de découvertes majeur. L'université de Paris, créée en 1200, a été dès son origine et jusqu'à l'époque contemporaine l'une des plus importantes d'Occident. Au , René Descartes définit une méthode pour l'acquisition d'un savoir scientifique, tandis que Blaise Pascal resta célèbre pour son travail sur les probabilités et la mécanique des fluides. Le fut marqué par les travaux du biologiste Buffon et du chimiste Lavoisier, qui découvrit le rôle de l'oxygène dans la combustion, tandis que Diderot et D'Alembert publiaient l"Encyclopédie". Au , Augustin Fresnel fut le fondateur de l'optique moderne, Sadi Carnot posa les bases de la thermodynamique, et Louis Pasteur fut un pionnier de la microbiologie. Au , on peut citer le mathématicien et physicien Henri Poincaré, les physiciens Henri Becquerel, Pierre et Marie Curie (elle-même d'origine polonaise), restés célèbres pour leurs travaux sur la radioactivité, le physicien Paul Langevin ou encore le virologue Luc Montagnier, codécouvreur du virus du sida. En 2018, avec 62 prix Nobel remportés, la France est le le plus récompensé, derrière l'Allemagne (83 prix), le Royaume-Uni (113 prix) et les États-Unis (376 prix). Dans le domaine des mathématiques, les mathématiciens français ont remporté 4 prix Abel et 12 médailles Fields, faisant de la France la la plus primée pour ces deux récompenses. La France est également pionnière dans le domaine spatial avec sur son territoire le pas de tir du lanceur Ariane en Guyane française et avec un corps de dix astronautes français dont le dernier en date est Thomas Pesquet. Influence internationale. Depuis le Moyen Âge, la France joue un rôle majeur dans l'histoire artistique, culturelle, intellectuelle et politique du monde. En particulier, beaucoup de ses anciennes colonies utilisent encore aujourd'hui sa langue, son droit, ses institutions politiques ou encore son système fiscal. La politique culturelle est depuis le milieu du un aspect majeur de la politique étrangère de la France. Depuis la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, la France est souvent appelée « le pays (ou la patrie) des droits de l'Homme », en raison de la vocation universelle de cette première déclaration des droits humains. Elle a également joué un rôle important dans l'élaboration du droit international des droits de l'Homme. L'influence culturelle mondiale de la France passe notamment par le français, langue de l'élite européenne et de la diplomatie jusqu'au début du . La France est le deuxième pays francophone du monde, après la république démocratique du Congo, mais premier en nombre de locuteurs. Le français, parlé par quelque de locuteurs dans le monde, est une des deux langues de travail de l'Organisation des Nations unies et de ses agences, une des trois principales langues de travail de la Commission européenne et de l'Union africaine. La France est un membre fondateur de l'Organisation internationale de la francophonie, qui regroupe en 2011 et promeut la langue française ainsi que les valeurs démocratiques et les droits de l'homme. La présence culturelle de la France à l'étranger est entretenue par ses représentations diplomatiques, par le réseau étendu de l'Alliance française et par les plus de 400 établissements scolaires français à l'étranger. De plus, la France est à l'origine de la création de médias à vocation internationale, tels que la radio RFI ou les chaînes de télévision TV5 Monde (communes à plusieurs pays) et France 24. Codes pays. La France a pour codes : |
Fusion thermonucléaire |
Franche-Comté La Franche-Comté ( ) est une région culturelle et historique de l'Est de la France métropolitaine qui correspond approximativement à l'ancienne Séquanie, puis l'ancien comté de Bourgogne (aussi appelée "Franche Comté de Bourgogne"). Son histoire est, à l'instar de ses voisines Lorraine et Alsace, très liée au monde germanique à travers le Saint-Empire romain germanique, dont elle a fait partie durant près de . Elle y était intégrée au sein du cercle de Bourgogne ("Burgundischer Reichskreis"). Située au cœur de l'Europe élargie, la Franche-Comté est frontalière avec la Suisse et très proche de l'Allemagne, vers laquelle la trouée de Belfort amène directement, ce qui a de très longue date permis des liens directs entre monde germain à l'Est et Royaume de France à l'ouest. Depuis 1676, la Franche-Comté a pour capitale Besançon, qui est aussi la ville la plus importante de la région. Ses habitants sont appelés les "Francs-Comtois" et les "Franc-Comtoises". Le terme "Comtois" est également utilisé, comme dans la devise régionale "Comtois, rends-toi ! Nenni ma foi !" ou pour désigner des symboles de la région tels que le cheval comtois, le clocher comtois ou l'horloge comtoise. Le partage du royaume de Bourgogne, à la suite du traité de Verdun de 843, aboutit progressivement à la création de la Franche Comté de Bourgogne en 986. Passée par mariage à la maison de Valois puis à la maison de Habsbourg (Saint-Empire romain germanique), elle devint brièvement possession du roi d'Espagne tout en restant dans le Saint-Empire germanique, avant d'être annexée par la France en 1678 par le traité de Nimègue. Elle fut placée sous administration du parlement de Besançon. Cette unité historique, marquée par l'autonomie importante dont a bénéficié la région (notamment sous les Habsbourg), explique aujourd'hui la forte identité de la Franche-Comté. En 1790, l'ancienne province de Franche-Comté est divisée en trois départements : le Doubs, le Jura et la Haute-Saône. Le territoire de l'ancienne principauté de Montbéliard, qui faisait alors partie du Haut-Rhin, est rattaché au département du Doubs en 1816. En 1960, le Territoire de Belfort est rattaché à la "circonscription d'action régionale de Franche-Comté :" il correspond à la partie de l'Alsace restée française après la défaite de 1871 et devenue département en 1922. En 1986, ces quatre départements sont réunis au sein d'une même collectivité territoriale décentralisée : la région Franche-Comté, avec pour préfecture Besançon. Le , la Franche-Comté a fusionné avec la région Bourgogne voisine pour former la région Bourgogne-Franche-Comté. Toponymie. Le nom de la région vient de l'expression "franche comté de Bourgogne", dans laquelle comté est féminin en ancien français . Le nom de Franche-Comté n'apparut officiellement qu'en 1478 ; auparavant, on parlait de la comté de Bourgogne. La tradition rapporte que le comte de Bourgogne Renaud III (1126-1148) aurait refusé de prêter l’hommage à l’empereur germanique Conrad III (1093-1152), ce qui lui aurait valu le surnom de « Franc-Comte », lequel serait peut-être à l’origine du nom Franche-Comté. Cependant, l'historien Auguste Castan montre qu'il faut attendre 1366 pour qu’un document officiel mentionne cette dénomination, qui plus est sous la forme « France-Comté », un terme utilisé pour la première fois par la comtesse Marguerite III de Flandre. Au , les actes officiels étaient signés dans les Flandres, où le « c » se prononçait « ch », ce qui expliquerait alors la genèse du terme « Franche-Comté ». Une autre origine est peut-être le fait que la région était une terre franche, c'est-à-dire exempte de taxes douanières envers l'Empire germanique, après qu'elle y a été rattachée en 1026. Aujourd'hui, le nom commun « comté » est masculin, mais on dit toujours la Franche-Comté ou, en abrégé, la Comté. Dans son lointain passé, le territoire de l'actuelle Franche-Comté a connu de nombreux noms et appellations selon les époques. Séquanie dans l'Antiquité, Haute-Bourgogne, Bourgogne Transjurane voire Bourgogne supérieure, puis comté de Bourgogne au Moyen Âge. Ces désignations subsistent durant la Renaissance et évoluent encore avec le terme de franche comté de Bourgogne au pour ne devenir plus que Franche-Comté après l'annexion française en 1678 Géographie. Situation. La Franche-Comté est une région culturelle et historique de la région Bourgogne-Franche-Comté dont elle occupe la partie est. Elle est constituée de trois territoires qui ont fusionné au cours de l'histoire : le comté de Bourgogne (Franche-Comté « historique »), le pays de Montbéliard (la principauté de Montbéliard) et une partie de l'Alsace historique (Territoire de Belfort). De par sa position au centre de l'Europe, et à l'est de la France, la Franche-Comté est un passage obligé des mouvements à la fois humains et économiques. En effet, la région, qui dispose d'une frontière longue de avec la Suisse, est aussi très proche de deux grands pays européens : l'Allemagne et l'Italie. Topographie. Le territoire franc-comtois offre une grande variété d'ensembles topographiques et de paysages naturels. L'est de la région est montagneux. Il abrite le massif du Jura pour l'essentiel, en bordure avec la Suisse, et une petite partie de celui des Vosges sur sa pointe nord (une partie du Ballon d'Alsace se trouve en Franche-Comté). En allant vers l'ouest, le relief s'atténue par étages formant deux plateaux menant aux vallées du Doubs puis de la Saône. Les trois principaux sommets sont le Crêt Pela à dans le Jura, le mont d'Or culminant à dans le département du Doubs et le Ballon d'Alsace culminant à dans le Territoire de Belfort. Les sommets les plus élevés du massif du Jura se situent en Suisse ou dans l'Ain. Géologie. Le nord-est de la région est marqué par la chaîne hercynienne des Vosges et toute la partie nord est occupée par des plaines épivarisques où le sous-sol est riche en argile et en grès. La partie sud-est est marquée par des plaines et des plateaux datés du Jurassique riches en grès, marne irisée, dolomies et gypse. Des dépressions du Tertiaire et du Quaternaire marquent la partie centre-ouest de la région et la partie est du Territoire de Belfort. Plusieurs ressources y sont exploitées par l'Homme. Du sel est extrait dans un bassin salifère qui s'étend sous le département du Jura, du Doubs et de la Haute-Saône. Des mines métalliques sont exploitées dans les quatre départements. Enfin, la région repose sur trois gisements de houille : le bassin houiller du Jura au sud et les bassins houillers keupériens et stéphanien sous-vosgien au nord ; qui sont restés en grande partie inexploités. Des mines voient le jour en Haute-Saône, dans le Doubs et dans le Territoire de Belfort entre le et le , les plus importantes étant les houillères de Ronchamp. Le sous-sol de la Haute-Saône recèle également un gisement de schiste bitumineux de Haute-Saône daté du Toarcien. Hydrographie. La région possède de cours d'eau dont où la pêche est possible et de voies navigables. Les principales rivières de la région sont la Saône, l'Ain, la Cuisance, le Doubs, la Loue, l'Ognon, la Bienne, la Valouse, le Suran, la Seille, le Hérisson, la Savoureuse, l'Autruche, l'Allaine ou l'Allan (en France), le Lison. On y dénombre pas moins de quatre-vingts lacs, comme le lac des Rousses, lac de Chalain, lac du Vernois, lac de Lamoura, lac de Vesoul-Vaivre, lac de Saint-Point ( grand lac naturel de France), lac de Remoray, lac de Bonlieu, lac de Narlay et le fameux lac de Vouglans qui est la troisième retenue artificielle française avec 605 millions de mètres cubes. Dans les Vosges saônoises se trouve le Plateau des Mille étangs. Environnement et écologie. Sur 43 % de son territoire régional, soit , on trouve des grandes forêts de hêtres, de chênes et de sapins dont certains peuvent se dresser jusqu'à . L'épicéa commun et le sapin blanc sont les arbres emblématiques du massif du Jura et leurs massifs résineux en font la plus grande sapinière européenne. Avec plus de de forêt, elle est la plus grande sapinière d'Europe, et possède aussi la seconde forêt de feuillus de France sur , la forêt de Chaux. Deux grands types d'écosystèmes dominent en Franche-Comté : forestiers et aquatiques (lacs/étangs/tourbières), qui offrent un refuge à une biodiversité élevée, dont de nombreux oiseaux, cerfs, sangliers, écureuils, chats sauvages. Le Grand Tétras, le milan royal, le lynx et enfin le retour du chamois sont emblématiques de la protection et de la restauration des habitats naturels dans la région. Certaines parties du territoire sont parfois confrontées au pullulement de campagnols des champs. La fragmentation forestière et le morcellement écologique des milieux y sont moindres que dans d'autres régions, mais y existent. La Franche-Comté est majoritairement une région de collines et de plateaux avec peu de secteurs vraiment plats en dehors de la vallée de la Saône ou de la plaine doloise et peu de secteurs vraiment accidentés en dehors des grands versants forestiers des Vosges, des sommets bien marqués du Haut-jura ou des gorges du Doubs et de la Loue. L'occupation humaine et l'exploitation des sols ont, comme partout, contribué à façonner ces paysages : prés-bois du Jura, habitat dispersé des mille étangs, habitat bien groupé de la plaine de Gray ou des plateaux calcaires de Vesoul... Les conseils d'Architecture d'Urbanisme et de l'Environnement de Haute-Saône, du Doubs et du Jura ont recensé, pour ces 3 départements, les différentes unités paysagères en s'inspirant de la méthode préconisée par le Ministère de l’Équipement (méthode pour des atlas de paysages - DAUE 1994) et le travail de l'Observatoire photographique du paysage du Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement. Les unités paysagères correspondent à des entités géographiques cohérentes prenant en compte différentes réalités du paysage et notamment l’ensemble des caractères de relief, d’hydrographie et d’occupation du sol. Ce travail a abouti à l'identification de 27 unités paysagères et même 139 sous-unités. La Franche-Comté est par ailleurs composée de 15 régions naturelles : les pays de Besançon, Gray, Vesoul, Lure, Belfort, Montbéliard, Dole, les Vosges saônoises, les Vignobles du Jura, les Lacs et la Petite montagne (partiellement), le Revermont (partiellement), la Bresse (partiellement), le Pays horloger, le Haut-Doubs et le Haut-Jura. Axes de communication et transports. En raison de sa situation géographique au cœur de l'Europe, sur l'axe Rhin-Rhône, de sa position frontalière avec la Suisse et de sa proximité avec deux grands pays européens, l'Allemagne et l'Italie, la Franche-Comté est une région de passage. Son réseau routier est assez développé, l'A36 (la Comtoise) est sur l'axe reliant l'Allemagne et l'Alsace avec Lyon et plus loin Marseille. Cette autoroute dessert Belfort, Montbéliard, Besançon et Dole, les villes les plus importantes de la région. L'A39 relie Dijon à Bourg-en-Bresse via Lons-le-Saunier. Des routes départementales maillent l'ensemble du territoire comtois. La Franche-Comté est couverte par le réseau ferré TER Bourgogne-Franche-Comté. Le réseau ferré est également structuré suivant un axe comparable (ligne Mulhouse - Dijon ou Strasbourg - Lyon). Le reste du territoire bénéficie d'une offre de transport en commun plus faible ou parfois inexistante. Avec l'arrivée en 2011 de la LGV Rhin-Rhône en Franche-Comté, deux nouvelles gares ont été construites dans la région, la gare de Besançon Franche-Comté TGV et la gare de Belfort - Montbéliard TGV. La mise en service de la première phase de la branche Est de la LGV Rhin-Rhône en 2011 a permis de raccourcir significativement les temps de parcours. La durée du trajet entre Belfort et Paris (gare de Lyon) est ainsi passée de à , entre Besançon et Paris de à , entre Besançon et Lyon de à et entre Besançon et Strasbourg, de à . Dans le même temps, les liaisons entre Besançon et Belfort ont également été raccourcies, passant d’un trajet de à . En tout, ce sont six gares qui sont desservies par le TGV dans la région. Le réseau fluvial est lui aussi orienté sur un axe comparable (du nord-est à l'ouest de la région) avec le canal Rhin-Rhône. La région est desservie par le seul aéroport de Dole-Jura, qui accueille plus de par an. L'absence de grande structures aéroportuaires s'explique par la concurrence avec le TGV pour le trafic national et par la proximité d'aéroports internationaux, aisément accessibles depuis la région. En effet, le nord de la région jouit de la proximité de l'aéroport international de Bâle-Mulhouse-Fribourg, situé à environ 65 kilomètres de Belfort, tandis que le sud de la région bénéfice de la proximité de l'aéroport international de Genève, qui n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres de Morez. Histoire. Habité au paléolithique inférieur, le territoire de l'actuelle Franche-Comté fut relativement uni dès l'Antiquité. À l'origine territoire des Séquanes, il passa sous domination romaine après la chute de Vercingétorix. Occupé brièvement par les Burgondes après les Grandes invasions, il fut annexé par les Francs en 534. Après la mort de Charlemagne, il changea plusieurs fois de souverain, faisant partie, selon l'époque, du royaume de Bourgogne, du Saint-Empire romain germanique, des États Bourguignons ou du royaume de France, il fut une possession des rois d'Espagne de la maison de Habsbourg. Les terres bourguignonnes (à l'exception de l'actuel pays de Montbéliard) sont regroupées par Otte-Guillaume de Bourgogne qui devient le premier comte de Bourgogne vers 981. C'est l'acte de naissance de la Franche-Comté mais ce n'est qu'en 1678 par le traité de Nimègue que la Franche-Comté devient définitivement française, après une première tentative d'annexion, menée par Louis XIII, la terrible « guerre de Dix Ans » (1635-1644), au cours de laquelle périrent plus de la moitié des Comtois de l'époque. Préhistoire, Protohistoire et Antiquité. Des signes d'occupation humaine datant d'environ ont été retrouvés dans la vallée supérieure de la Saône, le versant sud des Vosges, la Trouée de Belfort, la bordure occidentale et les premiers plateaux du Jura. Ces hommes taillaient des pierres, confectionnaient des armes en silex ou en os et vivaient dans des cavernes. Une dent d'enfant datant de a également été découverte à Vergranne, près de Baume-les-Dames. Ces découvertes attestent de la présence de l'Homme sur le territoire de l'actuelle Franche-Comté au paléolithique inférieur. Moyen Âge. Les guerres au Moyen Âge en Franche-Comté. L'éphémère réunion au royaume de France. À sa mort, Charles le Téméraire ne laisse qu’une fille : Marie de Bourgogne âgée de vingt ans. Cette dernière devient donc, en partie, l’héritière du puissant État bourguignon. Son père lui lègue un État qui s’étend sur les Pays-Bas et les deux Bourgognes (duché et comté) mais un État en guerre et surtout un territoire sans unité. Le roi de France Louis XI prononce la réunion du duché au royaume, dont il était un apanage réservé aux héritiers mâles, et profite de l’occasion pour occuper les deux Bourgognes. Il propose aussi le mariage de Marie de Bourgogne avec son fils le dauphin Charles. Mais Marie refuse de s’unir avec le fils du plus grand ennemi de son père et de treize ans plus jeune qu'elle. Elle préfère un mari plus puissant : Maximilien d’Autriche héritier des États des Habsbourg et futur empereur romain germanique. Par cette union célébrée le 19 août 1477, Marie trouve un bon protecteur pour ses États. Mais Louis XI n’entend pas abandonner ses conquêtes si facilement. Il annexe d’abord légalement le duché de Bourgogne car c’était un apanage royal et il ne pouvait être transmis aux femmes ; il revenait donc tout naturellement à la couronne de France. Cependant, il n’a pas de droit sur la Franche-Comté, fief d'Empire. Suivis par le peuple, les nobles comtois se soulèvent : les troupes royales sont contraintes de repasser la Saône. Furieux, Louis XI repasse à l'attaque. Il incendie Dole. D'autres villes comtoises subissent le même sort et près de cent châteaux sont rasés. En 1482, Marie de Bourgogne décède dans un accident de chasse. Elle laisse pour ses États (Comté de Bourgogne et Pays-Bas) deux héritiers: son fils Philippe le Beau, qui devait hériter de l’empire des Habsbourg et sa fille Marguerite. Pour mieux assurer son dessein, Louis XI obtient l’union entre son fils, le futur roi Charles VIII et la jeune Marguerite. La promesse de mariage est entérinée par le traité d'Arras qui donne une Franche-Comté vaincue à la France. Mais, après la mort de son père, Charles VIII préfère épouser Anne de Bretagne l’héritière du duché du même nom (1491). Outré par cet affront fait à sa fille, alors âgée de 11 ans, Maximilien de Habsbourg, que ce mariage prive de la Bretagne qu'il convoitait en projetant d'épouser Anne, entreprend de reconquérir la Franche-Comté. Charles VIII qui a alors des ambitions en Italie laisse faire. Il accepte même d'abandonner le comté par le traité de Senlis signé en 1493. De fait, les troupes royales sont chassées du sol comtois par les milices de Salins et d'Arbois notamment. La province en sort renforcée. Ancien régime. Rattachée au royaume de France par le Traité de Nimègue en 1678, la Franche-Comté devint vis-à-vis de l'administration fiscale une « province réputée étrangère ». Pays de production de sel et de tabac, elle forma une plaque tournante de la contrebande de nombreuses denrées et marchandises entre l'Alsace, la Suisse et l'intérieur du royaume. Premier Empire. À la chute du Premier Empire, la Franche-Comté est érigée, avec le département des Vosges les principautés de Montbéliard et de Porrentruy, en État tampon : l'État de Franche-Comté. Dirigé par le baron d'Andlaw, un Badois, ancien officier dans l'armée française, ce petit État fut brièvement créé (du 27 janvier au 6 juin 1814), par les troupes coalisées et avait pour capitale Vesoul. et. De 1941 à 1946 et de 1956 à 2015, la région Franche-Comté fut une région administrative française composée des quatre départements du Doubs, du Jura, de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort. Au la région administrative Franche-Comté fusionne avec la région administrative Bourgogne pour devenir la nouvelle région administrative Bourgogne-Franche-Comté. Population et société. Démographie. La Franche-Comté est divisée en quatre départements, le Doubs étant le plus peuplé et le Territoire de Belfort le plus dense. La population totale de ces quatre départements était de en 2019. La croissance démographique est d'environ 0,20 % par an entre 1990 et 1999 et 0,45 % par an entre 1999 et 2009. D'un point de vue démographique, la Franche-Comté est relativement concentrée, qui comprend d'un côté des hauts plateaux et des bassins relativement « vides » parsemés de quelques villages et petites villes clairsemés, de l'autre côté, de grands bassins démographiques. Au nord, les aires d'attraction de Belfort et de Montbéliard totalisent , et l'aire d'attraction de Besançon , ce qui représente en tout la moitié de la population régionale. Besançon est la première agglomération franc-comtoise, par ses , suivie de Montbéliard () et de Belfort (). Le tableau ci-dessous liste les principales villes de la région en 2018, classées par défaut en fonction de la population de leur aire d'attraction. Immigration. En 1999, la Franche-Comté comptait où 1/3 étaient français par acquisition. 5,9 % de la population franc-comtoise est immigrée contre 7,4 % au niveau national. Bien que la part des immigrés soit stable depuis 1975 en France métropolitaine, elle a diminué de 1,4 point dans la région. Bien que le Territoire de Belfort soit le département le moins peuplé, il reste néanmoins le seul où la moyenne d'immigrés est comparable à celle de la France. Les immigrés sont surtout présents dans les grandes villes telles Besançon, Belfort et Montbéliard. Les 5 pays d'origine les plus représentés sont le Maroc (15,7 %), l'Algérie (14,1 %), le Portugal (13,9 %), l'Italie (12 %) et la Turquie (10,6 %). Ils représentent à eux seuls près des 2/3 des immigrés francs-comtois. On décèle aussi une importante proportion d'immigrés originaires de l'ex-Yougoslavie : 4,8 % alors qu'ils ne sont que 1,7 % au niveau national. Les premières vagues d'immigration, au début du , sont d'origine européenne : les Italiens seraient les premiers à arriver dans la région dès les années 1920, puis arrivent les Polonais. Les Portugais sont arrivés plus tardivement, dès la fin des années 1950 seulement, mais leur nombre augmente nettement jusqu'aux années 1970. Les Maghrébins sont arrivés à fin de la Seconde Guerre mondiale, composés quasiment que d'Algériens ; les Marocains n'arrivent qu'en petit nombre, cela jusqu'en 1969 où on enregistre cette année plus d'arrivées marocaines que d'algériennes. L'immigration maghrébine n'a ensuite cessé de diminuer. Les Turcs ont maintenu leurs arrivées soutenues dès les années 1970 jusqu'au début des années 1980. Entre 1975 et 1999, la population immigrée a diminué de 14 % alors que la population franc-comtoise progressait de 5,7 %. Ainsi, le nombre d'immigrés est de 5,9 %, alors qu'il était de 7,3 % avant. Éducation. étaient scolarisés en Franche-Comté à la rentrée 2018. La région possède un potentiel dans le secteur de la recherche. On trouve à Besançon l'École nationale supérieure de mécanique et des microtechniques (ENSMM) ou encore l'UTBM, l'Université de technologie de Belfort-Montbéliard à Belfort et à Montbéliard. L'université de Franche-Comté est principalement située à Besançon. Elle compte répartis sur six unités de formation et de recherche (UFR), dont cinq à Besançon et un à Belfort et Montbéliard, deux instituts universitaires de technologie (IUT) (Besançon-Vesoul et Belfort-Montbéliard), ingénieurs à l'ENSMM et à l'UTBM. Sports. La Région possède l'Académie de Football de Besançon, destinée aux jeunes joueurs de 4 à , et labellisée par la Fédération française de football. Personnalités franc-comtoises. Jacques de Molay, Cadet Rousselle, Guillaume de Vaudrey, Simon de Quingey Victor Hugo, le Pape Calixte II, Félix Gaffiot, Georges Cuvier, Tristan Bernard, Pierre Vernier, Jean de Watteville, Jean d'Andelot, Simon Renard, Raymond Blanc, Rouget de Lisle, Claude-Nicolas Ledoux, Bernard Clavel, Désiré Dalloz , Jeanne-Antide Thouret. Louis et Auguste Lumière. Économie. L'économie de la Franche-Comté est une économie très orientée vers les secteurs de l'industrie, le secteur industriel représentant le cinquième du produit intérieur brut (PIB) régional. La Franche-Comté compte sur son sol quelques grands fleurons de l'industrie française comme Peugeot et Alstom. La présence de ces établissements et sa spécialisation industrielle lui valent de bénéficier de trois pôles de compétitivité (microtechniques, véhicules du futur et plasturgie), dont deux sont partagés avec des régions voisines. Le taux de survie des entreprises de la région, cinq ans après leur création, est plus élevé que la moyenne française, et son taux de chômage, jusqu'à l'arrivée de la crise, était inférieur depuis plus de vingt ans au taux national. Sur le plan de la formation, la Franche-Comté compte une des trois universités technologiques de France ainsi que de nombreux étudiants en école d'ingénieurs, en synergie avec une forte présence de l'industrie dans le tissu économique local. En matière d'environnement, l'importance de l'industrie n'empêche pas la Franche-Comté de présenter l'image d'une région verte. Son taux de boisement de 44 % la place au deuxième rang des régions métropolitaines, derrière l'Aquitaine. Agriculture et agroalimentaire. La production agricole s’appuie sur l’élevage bovin (montbéliarde) et la production de fromages (le comté, le mont d'Or, le morbier, le bleu de Gex, la cancoillotte). Parmi ces fromages, quatre sont des AOC. La culture de céréales (144 380 ha) et d’oléagineux (38 450 ha) est significative. La région possède également des vignobles qui produisent des vins d’exception. La Franche-Comté est la seule région viticole du monde à produire cinq sortes de vins bien distinctes : les rouges, les blancs, les rosés, les jaunes et les vins de paille. Industrie. Le PIB par habitant en 2002 était de . En 2003, le PIB franc-comtois s'élevait à 25,6 milliards d'euros soit 1,6 % du PIB national. Le PIB de la région croît à un rythme moyen de 2 % par an. Le pôle urbain Belfort-Montbéliard est un pôle d'excellence véhicule du futur en lien avec la région Alsace. Il s'agit du centre industriel de la région Franche-Comté, essentiellement destiné à l'automobile et au TGV. Le site industriel Peugeot - Citroën Sochaux est le premier de France avec en septembre 2006. Il est aussi le premier employeur de la région. L'automobile se voit être le fleuron de l'industrie, Peugeot et ses autres filiales y représentent jusqu'à 10 % de la production de France. À Belfort se situent les usines Alstom spécialisées dans la production ferroviaire, notamment pour les TGV, ainsi que dans les alternateurs et turbines industriels, ainsi que General Electric (GE Energy Products Europe) pour les turbines à gaz. Alstom est également présent à Ornans, où l'usine du groupe conçoit et fabrique les moteurs de traction expédiés ensuite dans les autres sites, comme à Belfort ou Reichshoffen, où sont fabriqués les Régiolis. La ville de Besançon est un véritable centre pour les secteurs de la mécanique. Elle est un pôle d'excellence historique des microtechniques, du temps-fréquence et du génie biomédical, ainsi que le premier centre européen du découpage de haute précision. En juin 2005, la ville s'est vu décerner un label « pôle de compétitivité » national dans le domaine des microtechniques. Tourisme. Durant la saison hivernale, les séjours se concentrent dans les massifs montagneux (stations des Rousses et de Métabief principalement). La place du ski alpin est assez réduite ; en revanche, le ski de fond est pratiqué en de nombreux endroits. Le marché de Noël de Montbéliard prend également une grande place touristique pendant le mois de décembre. L’été, la Franche-Comté offre aux amateurs de randonnées, de cyclisme sur route (notamment grâce au ballon d'Alsace) et de VTT de nombreuses activités. On pratique également la pêche au bord des rivières et des lacs de la région, ainsi que le tourisme fluvial dans la vallée de la Saône. L’hôtellerie de plein air concentre près de 40 % de ses nuitées dans le Pays des Lacs avec la présence de campings de taille relativement importante. Tous hébergements confondus, près des deux tiers de la consommation touristique est faite d'avril à septembre. Malgré la position frontalière de la région, la Franche-Comté accueille environ 1,7 % des séjours français, aussi bien pour les séjours courts que les longs. Sites et monuments. Monuments. Héritière d'une histoire mouvementée, la Franche-Comté conserve de nombreux monuments : Patrimoine culturel. Langues. La Franche-Comté est composée historiquement de deux aires linguistiques. Franc-comtois. Le franc-comtois est une langue romane appartenant à la famille des langues d'oïl qui se parle notamment en Franche-Comté, mais aussi dans le canton du Jura en Suisse. Le franc-comtois fait partie d'un groupe linguistique qui comprend le picard, le wallon ainsi que le lorrain. Ces langues ont en effet un certain nombre de caractéristiques en commun, notamment une influence germanique. La langue se retrouve sur les départements de la Haute-Saône, du Territoire de Belfort, dans la partie nord du Doubs et dans la partie nord du Jura, ainsi que dans le canton du Jura et dans le Jura bernois (Suisse).Elle est également parlée dans une petite partie du département du Haut-Rhin alsacien. Son domaine est limité au sud par les zones des parlers francoprovençaux, à l'ouest par les parlers bourguignons et champenois et au nord par le lorrain. En franc-comtois, Franche-Comté se dit « "Fraintche-Comtè" ». Voir : Littérature de langue comtoise. Francoprovençal. Le sud de la Franche-Comté (sud des départements du Jura et du Doubs) fait partie du domaine linguistique de l'arpitan ou « francoprovençal ». Deux dialectes arpitans sont propres à la Franche-Comté : Le jurassien est parlé dans les deux tiers sud du département du Jura tandis que la moitié sud du Doubs et autour de Pontarlier se parle le burgondan. Le francoprovençal ou arpitan constitue l'une des trois grandes langues romanes avec l'occitan (langue d'oc) et le groupe des langues d'oïl. Cette langue possède de nombreuses variations locales et se décline en de nombreux dialectes. À mi-chemin entre le groupe des langues d'oïl et la langue d'oc, il constitue un groupe linguistique roman distinct. Le francoprovençal comtois connait depuis 2012 un regain d'intérêt grâce à la sélection de l'artiste salinois Billy Fumey pour la demi-finale du LIET International. Dans cette langue, Franche-Comté se dit "Franche-Comtât" (écrit en graphie ORB). Gastronomie. La cuisine traditionnelle franc-comtoise repose sur les spécialités du terroir : Emblèmes et devise. Il existe un certain nombre d'emblèmes francs-comtois dont beaucoup sont tirés des diverses racines historico-culturelles de la région (Bourgogne, Empire Germanique, etc.) : |
Finistère Le Finistère ( ; en breton : "", ) est un département français situé en région Bretagne. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 29. Quimper, la deuxième agglomération du Finistère, en est le chef-lieu, et Brest (première agglomération), Morlaix et Châteaulin, respectivement premier, troisième et quatrième arrondissements, en sont les sous-préfectures. Toponymie. Le Finistère tire son nom (littéralement "fin de la terre") de sa localisation géographique ; selon l"'Annuaire statistique du département du Finistère pour l'an XII de la République", le département doit son nom à l'abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre, dite en latin « "Sanctus Mattheus finis terræ" » ou « "in finibus terræ" » (soit "Saint-Mathieu du bout du monde") ; ceci est confirmé par Pol de Courcy qui précise que la suppression d'un "r" dans le mot est liée à la volonté d'éviter une confusion avec le Cap Finisterre. Le Finistère est totalement inclus dans la Basse Bretagne, qui comprend aussi les parties occidentales et de tradition bretonnante des Côtes-d'Armor et du Morbihan. Cette expression a pris au fil du temps une connotation péjorative qu'elle n'avait pas à l'origine. En breton, on nomme ce département "Penn-ar-Bed", qui signifie " tête, ou début, du Monde). Pour contrebalancer l'impression de "Bout du monde" que le nom français peut susciter, et se rapprocher du nom breton, un slogan a été inventé en 2011, devenu une marque commerciale : "Tout commence en Finistère". Géographie. Le Finistère est situé à l'extrémité ouest de la Bretagne. Il est bordé au nord, à l'ouest et au sud par la Manche, la mer Celtique (intégrant la mer d'Iroise) et l'océan Atlantique. Premier département côtier de France, il compte littorales sur 282, soit plus d'un dixième des communes littorales françaises, et de côtes, selon une mesure réalisée en 2022 par le SHOM en 2022 conclut même, grâce à de nouveaux appareils de mesure d'une précision de 5 mètres. soit plus de 10% , soit 10% du littoral français. La côte est en effet très découpée et se divise en caps : cap Sizun ; en baies : rade de Brest, baie de Douarnenez, baie d'Audierne, baie de Concarneau, en presqu'îles : presqu'île de Crozon et en rias : Laïta, Aven, Bélon, Odet, Aber Wrac'h, rivière de Morlaix. Selon la base de données topographique de l'IGN (BD TOPO (C)), la longueur de côte du département s'établit à avec les îles, sans les îles, et sa limite terrestre à . L'estran, particulièrement étendu, présente une surface de entre les laisses de basse et haute mer comme définies par la BD TOPO. La zone marine à l'ouest du Finistère se nomme mer d'Iroise. Elle inclut plusieurs îles ou îlots dont : Ouessant et l'archipel de Molène, l'île de Batz, l'île de Sein au large de la pointe du Raz et l'archipel des Glénan au sud. Climat. Le climat du Finistère présente les caractéristiques d'un climat tempéré océanique sous l'influence du Gulf Stream et des perturbations atlantiques. Il se caractérise généralement par des hivers doux et des étés frais. Les précipitations sont assez abondantes et étalées sur toute l'année, avec un maximum durant les mois d'hiver. Elles augmentent sensiblement à l'intérieur des terres et sur le relief. Alors que l'île d'Ouessant reçoit moins de de précipitations par an, les sommets des monts d'Arrée reçoivent plus de . Les gelées ainsi que la neige sont rares, surtout dans les îles. La présence du vent est une autre caractéristique de ce climat. Relief et géologie. Les roches les plus résistantes à l'érosion, le grès, le quartzite et le granite ont donné naissance aux principaux reliefs du Finistère. Malgré leur faible altitude, ceux-ci ne dépassent en effet jamais les , la vigueur de leurs pentes et l'aspect le plus souvent désolé de leurs sommets, leur a valu le qualificatif de montagnes. Au sud du plateau léonard et au nord du bassin de Châteaulin, s'étend la chaîne des monts d'Arrée (point culminant : le Roc'h Ruz : ) et au sud du bassin de Châteaulin et au nord de la vallée de l'Odet, celle des montagnes Noires (point culminant : le Roc Toullaëron : ). Se détachant des montagnes Noires, à l'ouest, le lourd dôme du Ménez-Hom () et la montagne de Locronan (), forment quant à eux des reliefs isolés. Hydrographie. Le département du Finistère est drainé par de nombreux fleuves côtiers qu'alimente un réseau dense de petites rivières et de ruisseaux. L'Aulne, le plus important d'entre eux, draine une large zone centrale du département enserrée entre les monts d'Arrée au nord et les montagnes Noires au sud, et formant une dépression appelée communément le bassin de Châteaulin. Le sud du département est drainé par l'Ellé, l'Aven, le Bélon, le Moros, l'Odet, la rivière de Pont-l'Abbé et le Goyen. Le nord du département est drainé par l'Élorn, l'Aber-Benoît, la Penzé, le Douron. Ces cours d'eau, bien que de taille modeste, ont creusé de profondes vallées. Celles-ci ont été envahies dans leur partie basse par la mer à la suite de la transgression marine survenue à la fin du pléistocène et forment de pittoresques vallées maritimes s'enfonçant profondément dans les terres. Dans la région léonarde, on emploie communément le terme local « aber » pour les désigner : aber Wrac'h, aber Benoît. Il en résulte que la côte finistérienne est très découpée. La tranche d'eau écoulée annuellement par les cours d'eau finistériens présente toujours une valeur élevée ( par an pour l'Odet à Quimper et par an pour l'Élorn à Plouédern) en raison de l'abondance des précipitations et de la vigueur des pentes moyennes. Histoire. Préhistoire. Les découvertes archéologiques concernant le paléolithique ont toutes été faites le long du littoral. Le Finistère est habité depuis les âges les plus reculés : l'ancienne grotte marine de Menez Dregan, en Plouhinec est habitée dès le paléolithique inférieur. Des outils (des bifaces) datant de l'acheuléen ou du moustérien ont été trouvés par exemple sur la plage de Treisseny en Kerlouan, mais aussi à Kervouster en Guengat L'acidité des sols explique qu'aucun reste humain n'ait été conservé. Au mésolithique des sites où des traces de la présence humaine ont été trouvées sont plus nombreux, par exemple à la Pointe de la Torche en Plomeur, à Kergalan et Kervoyen en Plovan, à la Pointe Saint-Michel en Plouguerneau, etc..; l'intérieur commence à être fréquenté, parfois lié à un habitat troglodytique datant de l'époque azilienne (environ avant J.-C.) comme dans la grotte de Roc'h Toul en Guiclan, mais aussi à Brennilis et ailleurs. Au néolithique se répand la civilisation mégalithique :de grands cairns dolméniques comme celui de Barnenez en Plouezoc'h et celui de Gosseac'h en Carhaix datent du début du néolithique ; plus de menhirs (celui de Plouarzel est le plus haut) et dolmens (par exemple celui du Mougau en Commana) sont recensés dans le département, sans compter tous ceux qui ont été détruits. Des alignements mégalithiques imposants, mais en partie détruits (les Alignements de Lagatjar à Camaret comptaient plus de 600 menhirs), voire presque totalement (Alignements de la Madeleine en Plomeur). L'Âge du bronze voit éclore la civilisation des tumulus, dénommée ainsi en raison des sépultures individuelles sous tumulus pratiquées. L'essor de la métallurgie est illustré par les nombreux dépôts de haches (haches à rebords, haches à douille, etc.), de lances, d'épées, de poignards, retrouvés. À l'Âge du fer l'agriculture sur brûlis est pratiquée, comme l'illustre les souterrains retrouvés, des chambres creusées dans le sol, servant probablement de refuge pour les hommes et la conservation des denrées, comme celui de Tréglonou. Antiquité. À l'époque antique, le Finistère était habité par le peuple gaulois armoricain des Osismes (Celtes). Après la conquête romaine le territoire relevait de la province de Gaule lyonnaise. Le chef-lieu des Osismes fut installé à "Vorgium" (l'actuelle Carhaix). Pendant l'époque gallo-romaine l'actuel Finistère fut en bonne partie défriché, des voies romaines construites (reliant notamment les principales cités comme "Vorgium", "Vorganium", "Gesocribate", "Civitas Aquilonia", Douarnenez, etc..), des "villæ" construites, certaines luxueuses (par exemple le site antique du Pérennou en Plomelin ou celui de Keradennec en Saint-Frégant), d'autres plus modestes (par exemple Valy-Cloistre en La Roche-Maurice), des centres de fabrication du "garum" aménagés (par exemple aux Plomarc'h en Douarnenez, ainsi qu'en plusieurs autres endroits du littoral de la Baie de Douarnenez). Des gisements miniers étaient aussi exploités comme l'étain à Saint-Renan, le plomb argentifère au Huelgoat et à Poullaouen, l'or dans la forêt du Névet ou encore le fer en divers endroits, notamment à Kermoysan en Quimper. Au cours du la plupart des villas gallo-romaines furent détruites en raison de l'instabilité politique ; les pièces les plus récentes trouvées dans les nombreux trésors monétaires enfouis datent des environs de 280 (de 273 pour celui trouvé à Morgat) ; un "castrum" fut construit à Brest à la fin du pour se protéger des pirates scots, saxons et frisons. Un siècle plus tard, il fera partie du système de défense et de contrôle de la Manche mis en place par le gouvernement impérial, le "Tractus Armoricanus et Nervicanus". La fin de l'administration romaine date, selon l'historien Zosime, du début du et est consécutive à de nouvelles invasions germaniques, mais était déjà en fort déclin avant (l'aqueduc de Carhaix par exemple n'est plus entretenu à partir du milieu du ). Haut Moyen Âge. Le territoire des Osismes, dénommé alors Armorique, aurait été concédé aux Bretons par l'empereur Maximus à la fin du . Le premier témoignage de la présence de Bretons en Armorique est une lettre de l'évêque de Tours écrite entre 511 et 520. Conan Meriadec et Gradlon sont les plus célèbres des rois semi-légendaires d'Armorique. À partir de la fin du , et pendant les deux siècles suivants, les Bretons, fuyant l'invasion des Angles et des Saxons, quittèrent la Grande-Bretagne pour venir s'installer en Armorique où vivaient déjà des populations celtes. Ces immigrés arrivaient avec à leur tête des évêques ou des moines, dont la tradition a fait des saints (par exemple saint Guénolé, saint Pol et saint Hervé) qui étaient à la fois leurs chefs religieux et politiques. Des villages se constituèrent, dénommés pour leur première syllabe "plou" (paroisse) ou parfois "gwik", "lan" ou "loc" (ermitage) ou "tre" (trève), suivi du nom d'un saint ou d'un chef (par exemple Plougastel, Guipavas, Landerneau, Locronan, Treffiagat). Augmenté de celui des Coriosolites, l'ancien territoire des Osismes forme alors la "Létavie", bientôt appelée "Nouvelle Bretagne" ou "Petite Bretagne". Ce berceau de la Bretagne continentale fut divisé en deux royaumes, la Cornouaille et la Domnonée (Conomor en est le roi le plus connu) qui avaient leurs correspondants insulaires. Ces royaumes doubles d'un côté à l'autre de la Manche étaient vraisemblablement régis par les mêmes dynasties à l'origine. Le Broërec (l'actuel département du Morbihan) se détacha de la Cornouaille et le Léon se détacha du royaume de Domnonée. Le Léon était subdivisé en 3 "pagi " : le pays d'Ach à l'ouest, le pays de Léon au centre et le Pougastel "(pagus Castelli)" à l'est (dont le chef-lieu était la forteresse de Castel-Dinan en Plouigneau) ; la Cornouaille comprenait le pays du Faou, le "pagus" autour de Brithiac (Briec, devenu plus tard le pays Glazik), le Porzay , le Poher (dénommé initialement "Poucaer"), le Pou Trégunc, le Pou Carnoët, d'autres "pagi" dans le Cap Sizun, le Cap Caval et le "pagus" de "Konk" (de l'Odet à la Baie de La Forêt, autour de "Konk Kerné" (Concarneau), sans compter ceux situés dans l'actuel Morbihan. Aux et , l'Armorique fut pillée à plusieurs reprises par les Normands, qui ravagèrent les côtes et remontèrent les estuaires pour piller villes (par exemple Saint-Pol-de-Léon et Quimper), villages, monastères (par exemple l'abbaye de Landévennec) et châteaux (par exemple le château de Carnoët). Les chefs bretons créèrent des principautés autonomes : le comté de Léon (le premier vicomte de Léon connu est Guiomarch, cité en 1021) la Cornouaille succède au royaume de Cornouaille (Budic, décédé en 1008, est le premier comte de Cornouaille connu) et le Poher pour l'actuel Finistère. La dynastie comtale accède au trône ducal de Bretagne en 1066. Le Léon reste sous l'autorité de ses vicomtes , quoique fort écornée par les ducs de Bretagne Pierre Mauclerc et Jean le Roux. Les Rohan héritent du Léon par mariage. Le titre de prince de Léon est encore porté aujourd'hui par le fils de l'actuel duc Josselin de Rohan (c'est bien sûr un titre de courtoisie). À partir du survient un renouveau de la vie monastique avec la création de l'abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre, puis au de l'abbaye de Daoulas, de l'abbaye du Relec, de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, du couvent des Jacobins de Morlaix, de l'abbaye Saint-Maurice de Carnoët et de l'abbaye de Locmaria, etc.. et de nombreux prieurés en dépendaient. Les premières seigneuries s'implantent sur des mottes féodales (plus d'une centaine ont été identifiées dans le Finistère). Le reste du Moyen-Âge. Les ducs de Bretagne parviennent progressivement dans le courant des et à imposer leur autorité, réduisant progressivement l'influence des vicomtes de Léon. Pendant la Guerre de succession de Bretagne, Charles de Blois assiégea et prit Quimper en 1344, qui resta sous sa domination jusqu'en 1364, année où elle fut reprise par le fils de Jean de Montfort. Les Anglais, alliés de ce dernier, prirent Brest, Morlaix, Saint-Pol-de-Léon (brûlant la chapelle du Kreisker). Les grandes familles seigneuriales construisent des châteaux puissamment fortifiés comme à La Roche-Maurice (maison de Rohan), Trémazan, Penhoët, Kérouzéré, Quimerc'h (en Bannalec), Pont-l'Abbé (barons du Pont) Les villes aussi s'entourent de fortifications ou renforcent les murailles existantes comme à Brest, Concarneau (Ville close), Quimper, Morlaix, etc.. Au l'activité textile, attestée antérieurement, connaît un essor important : crées du Léon, toiles et "olonnes" de Locronan, .. La longueur du littoral est propice à l'essor de nombreuses sècheries de poisson, de ports de commerce très actifs comme Morlaix, Pouldavid, Penmarc'h et Brest. La fin du Moyen-Âge voit aussi l'implantation des ordres mendiants, par exemple les Franciscains à Quimperlé, les Carmes à Saint-Pol et Pont-l'Abbé, les Augustins à Carhaix, etc.. Temps modernes. Les Guerres de la Ligue ont concerné la Cornouaille plus que le Léon. Le maréchal d'Aumont, pour le compte d'Henri de Navarre, assiégea et prit Morlaix et Quimper, et chassa les Espagnols, auxquels le duc de Mercœur, gouverneur de la Bretagne, avait fait appel, de la Presqu'île de Crozon et qui tenaient le Pointe des Espagnols. Des soldats brigands comme Guy Éder de La Fontenelle (un temps basé dans l'Île Tristan) et Anne de Sanzay de la Magnane ravagèrent la Cornouaille, notamment Penmarc'h. Pendant le règne de Louis XIV, l'augmentation des impôts, notamment sur le tabac et le papier timbré, provoqua la Révolte des Bonnets Rouges : de graves désordres éclatèrent dans les régions de Pont-l'Abbé, Combrit, Carhaix (Sébastien Le Balp, de Kergloff, fut l'un des meneurs), Châteaulin ; une répression féroce fut menée par le duc de Chaulnes (des rebelles furent pendus par centaines) et sept églises du Pays Bigouden eurent leurs clochers décapités (car les rebelles accouraient au son du tocsin). Au principalement, la région a connu une période de grande prospérité grâce à l'activité toilière (Locronan). Le lin a enrichi les juloded, ce qui suscita la création des enclos paroissiaux (par exemple ceux de Saint-Thégonnec et de Guimiliau). Cette prospérité décline à la fin du en raison des dévastation liées aux Guerres de religion et au brigandage (Guy Éder de la Fontenelle, Anne de Sanzay de la Magnane, ..) et à la peste et ce déclin se poursuit au en raison de la perte du marché anglais lié au protectionnisme croissant et aux guerres, la plupart contre les Anglais, ainsi qu'à des épidémies propagées le plus souvent à partir des ports, par exemple l'épidémie de typhus de 1757 surnommée « le mal de Brest ». Par contre l'activité minière prospère (mines de plomb argentifère de Poullaouen et du Huelgoat, carrières de granite et d'ardoises), de même que les papeteries (en 1729 le futur Finistère compte 50 moulins à papier, principalement dans l'arrière-pays de Morlaix), de nombreuses tanneries (par exemple à Lampaul-Guimiliau) sans oublier l'arsenal de Brest et la Manufacture Royale de Tabacs de Morlaix. La majeure partie des paysans dépendent des seigneurs qui ont la propriété de la plupart des terres et louent les terres en fermage ou en métayage, ou par des systèmes plus originaux comme le domaine congéable ou la quévaise. Le clergé, qui dépendait de l'un ou l'autre des deux évêchés de Léon et de Cornouaille (quelques paroisses dépendant de l'évêché de Tréguier dans le Nord-Est du futur département), était très nombreux : Alain Croix recense 61 prêtres pour 4 paroisses du Léon en 1665, chacune ayant recteur, curé, vicaires et prêtres habitués. Une terre de marins et d'explorateurs. La partie occidentale de la Bretagne, en raison de sa situation péninsulaire et de ses îles a été de tous temps une terre de marins, des marchands de Penmarc'h naviguant sur leurs carvelles aux corsaires de Morlaix, des "Johnnies" de Roscoff aux pêcheurs de Douarnenez, Audierne, Concarneau, Le Guilvinec, Camaret, des marins basés à Brest de la "Royale" à ceux de la Marine nationale, y compris les équipages des sous-marins nucléaires basés à l'Île Longue. La marine de commerce du futur Finistère a connu son âge d'or aux et , les marins naviguant de la mer Baltique jusqu'à la mer Méditerranée et les Canaries ; par exemple en 1589-1590, sur 234 navires bretons fréquentant le port de Bordeaux, 198 sont « finistériens » (80 d'Audierne, 55 de Penmarc'h, 18 de l'Aber-Ildut, 12 de Brest, 10 du Conquet, etc.) ; presque un siècle plus tard, en 1661, parmi les navires fréquentant le même port, 194 venaient d'Audierne, 122 de l'Aber-Ildut, 24 de Landerneau, 20 de Brest, 18 de Roscoff, etc.). Vers le Nord, par exemple 50 navires de Pempoul (le port de Saint-Pol-de-Léon) et de Roscoff sont enregistrés à Arnemuiden (un des avant-ports d'Anvers) en 1533-1534 et des navires de ces ports vont jusqu'au Brésil en 1527 et jusqu'au détroit du Sund à partir de 1583. Mais cette prospérité prend fin à la fin du en raison des ravages des Guerres de la Ligue, puis de la concurrence hollandaise, même si certains ports, Morlaix notamment, restent prospères pendant le . Le déclin s'accentue au en raison des guerres avec l'Angleterre, alors « maîtresse des mers », même si des navires corsaires et d'autres faisant de la contrebande maintiennent une activité maritime. Les corsaires furent nombreux, dès la fin du (Jean Coatanlem), au (Nicolas Coatanlem), surtout au , principalement à Morlaix (Charles Cornic, Nicolas Authon), à Saint-Pol-de-Léon (Jean Sioc'han de Kersabiec). Nombreux ont été les explorateurs partis de Brest (l'Expédition de La Pérouse est la plus célèbre), beaucoup étant originaires du futur Finistère comme Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec, Louis Aleno de Saint-Aloüarn, et de nombreux autres. Certains trouvèrent gloire et fortune, notamment le quimpérois René Madec aux Indes. Plus récemment la vogue de la navigation de plaisance et de la course au large a rendu célèbre l'École de voile des Glénans, des marins finistériens comme Éric Tabarly, Olivier de Kersauson (même s'il n'est pas né dans le Finistère, il y a de nombreuses attaches), Jean Le Cam, le centre nautique de Port-la-Forêt ; le Finistère possède de nombreux ports de plaisance dont ceux du Moulin-Blanc et du Château à Brest. Les sports de glisse ont aussi de nombreux "spots" dans le Finistère, le plus connu étant celui de la Pointe de la Torche. Le Finistère possède des centres de recherche liés à la mer : la Station de biologie marine de Concarneau, la Station biologique de Roscoff, IFREMER, l'Institut polaire français Paul-Émile-Victor, le CEDRE, etc.. La Préfecture maritime de Brest est compétente pour toute la façade Atlantique de la France et le CROSS Corsen surveille la navigation de la Pointe de Penmarch à la Baie du Mont-Saint-Michel, notamment le Rail d'Ouessant. Révolution française. La création du département. Le département est créé lors de la Révolution française, le en application du décret du 22 décembre 1789, à partir de la partie la plus occidentale de l'ancienne province de Bretagne (il est d'ailleurs provisoirement nommé "Côtes-de-l'Ouest"). Renommé "Finistère", il portait le dans la liste des départements, les Alpes-Maritimes n'étant pas encore un département français. Il comprend l'ouest de l'Évêché de Cornouaille, l'intégralité du Léon et le tiers ouest du Trégor (le Trégor finistérien), ainsi qu'un petit bout du Broërec ou Vannetais : communes de Rédené, Arzano et Guilligomarc'h situées à l'est de Quimperlé. Par ailleurs le département s'est agrandi en 1857, aux dépens du département voisin du Morbihan, en annexant la commune de Locunolé. Ce sera l'unique modification territoriale du département, après sa création, bien que d'autres communes réclameront en vain leur rattachement au Finistère pour des raisons à la fois géographiques, linguistiques et historiques. Ce sera notamment le cas des communes de l'ancienne sénéchaussée de Gourin : Gourin, Le Faouët, Guiscriff, etc., qui dépendaient sous l'Ancien Régime de l'évêché de Cornouaille. La création du département ne s'est pas fait sans heurts, notamment pour le choix du chef-lieu, les trois villes de Landerneau, Quimper et Carhaix s'étant portées candidates. Si la candidature de Carhaix fut rapidement éliminée (ville trop petite et trop excentrée), Landerneau fut choisie dans un premier temps le en raison du poids économique du Léon (la Cornouaille était alors beaucoup plus pauvre) et de sa proximité avec Brest (laquelle, choisie comme préfecture maritime ne pouvait pas être choisie comme préfecture départementale), mais Quimper finit par l'emporter, sous la pression notamment du député du clergé Denis Bérardier. Les limites choisies pour le département défavorisèrent le Poher, partagé entre trois départements, et sa capitale traditionnelle, Carhaix, coupée notamment de Gourin et du Faouët. Le Finistère fut divisé en 9 districts : Brest, Morlaix, Châteaulin, Quimper, Quimperlé, Lesneven, Carhaix et Pont-Croix. Les districts furent supprimés en 1800 et remplacés par les arrondissements (Brest, Quimper, Morlaix, Châteaulin, Quimperlé furent chefs-lieux d'arrondissement ; l'arrondissement de Quimperlé fut supprimé en 1926). Les principaux événements survenus. Les cahiers de doléances des communes rurales réclament principalement l'égalité devant l'impôt et devant la justice, ainsi que la suppression des servitudes féodales, mais montrent un grand attachement au Roi et à la religion catholique. Les députés bretons du tiers-état aux États généraux furent parmi les plus acharnés à refuser le vote par ordre ; leur dynamisme fut à l'origine du premier « club patriote », le « club breton », futur « club des Jacobins » ; Le Guen de Kerangal, riche marchand de Landivisiau, joua un rôle décisif pour l'abolition des privilèges seigneuriaux. En 1789 si les villes de Brest, Quimper et Morlaix furent favorables à la Révolution, du moins à ses débuts, les campagnes se déclarèrent rapidement contre le nouveau gouvernement, surtout après les décrets concernant les prêtres réfractaires et la levée en masse ; des révoltes sanglantes se produisirent, principalement dans le Léon (bataille de Kerguidu notamment) et la région de Fouesnant. L'émigration des nobles et des membres du haut clergé (par exemple Jean-François de La Marche, évêque de Léon) fut importante dans le département.Par contre, Louis-Alexandre Expilly, député du clergé, joua un rôle notable sans l'élaboration de la Constitution civile du clergé et devint le premier évêque constutionnel de Quimper et Léon. Le département fut représenté à la Fête de la Fédération ; une compagnie de volontaires, dite la "Division du Finistère", participa à la chute de Louis XVI en participant à la Prise des Tuileries le . Ces "fédérés du Finistère", qui étaient en tout 154 (dont 97 brestois et 29 quimpérois), furent 140, intégrés à la section des Gobelins (laquelle prit ensuite le nom de "section du Finistère"), à y participer. Le le Directoire du département, qui soutient les Girondins, décide d'envoyer une force armée de 600 hommes (en fait 279 hommes partiront) à Paris pour maintenir l'ordre et s'opposer aux menées des Enragés et des Sans-culottes. En juin 1793, une troupe de près de finistériens part pour soutenir la Convention nationale et les Fédéralistes face aux assauts des Montagnards, mais revient sans avoir combattu, mais en ramenant des députés girondins proscrits comme Barbaroux, Pétion, Buzot et Kervélégan. À partir de septembre 1793 les représentants en mission envoyés par la Convention montagnarde (le plus connu étant Jean Bon Saint-André) se succèdent dans le département. Les personnes arrêtées sont emprisonnées au château de Brest (dit "Fort-la-Loi") ou au château du Taureau. Un tribunal révolutionnaire siégea à Brest et y commis de nombreux excès, envoyant notamment à la guillotine les 26 administrateurs du Finistère accusés d' « entreprises contre-révolutionnaires » le (3 prairial an II), mais aussi des royalistes, des prêtres réfractaires (86 prêtres âgés ou infirmes sont emprisonnés aux Capucins à Landerneau et 29 envoyés sur les pontons de Rochefort, etc.. (en tout 70 exécutions eurent lieu dans le département). La cathédrale de Quimper est mise à sac et incendiée le ; de nombreux autres édifices religieux et des châteaux sont détruits ou gravement endommagés, ou vendus comme biens nationaux (château de Quimerc'h en Bannalec, église du couvent des Cordeliers à Quimper, collégiale de Notre-Dame du Mur à Morlaix, abbaye de Landévennec, etc.). Jacques Cambry a publié "Le Catalogue des objets échappés au vandalisme", ainsi que "Voyage dans le Finistère ou État de ce département en 1794 et 1795". Le général Moreau et La Tour d'Auvergne (ce dernier surnommé le « premier grenadier de la République ») sont les deux Finistériens les plus célèbres à avoir servi la Révolution. La chouannerie fut moins importante dans le Finistère que dans d'autres départements de l'ouest. Quelques faits marquants toutefois : le Georges Cadoudal, à la tête de , fit une expédition audacieuse pour prendre des munitions et des armes en attaquant la poudrerie de Pont-de-Buis. La région de Quimperlé fut attaquée par des Chouans venus du Morbihan en juillet 1795, avec parmi leurs chefs Alexandre de Poulpiquet, dit "Sans-Quartier", réputé particulièrement cruel. La bande de Chouans de Edme Le Paige de Bar commit aussi de nombreuses exactions dans le département. D'autres chefs chouans sont aussi d'origine finistérienne comme le chevalier de Tinténiac, Marie-Hyacinthe de Geslin, ou encore Claude-René Guezno de Penanster. Le , Yves Marie Audrein, évêque de Quimper et ancien député de la Convention, fut assassiné par des Chouans. Le. Les difficultés économiques. Le Blocus continental aggrave les difficultés économiques du Finistère : la ruine de l'industrie textile aggrave la misère, par exemple à Locronan ; le port de Brest est en crise en raison du blocus anglais, comme l'illustre l'épitaphe de l'amiral Ganteaume, bloqué dans Brest en 1805 : <poem> </poem> Une grave crise des subsistances frappa la plupart des Finistériens pendant toute la première moitié du , pendant l'Empire (en raison du blocus continental), mais elle se prolongé entre 1816 et 1818 en raison d'une météo calamiteuse ; la période 1845-1848 fut aussi catastrophique en raison du mauvais temps qui entraîna de mauvaises récoltes de céréales et de pommes de terre, seul le blé noir obtenant une récolte acceptable ; la misère entraîna une augmentation de la mortalité et de la mendicité. La mendicité représentait alors un caractère quasi institutionnel ; on a parlé de "mendiantisme" : « Aucune humiliation ne s'attache à la position de mendiant (…). Le mendiant est sacré pour la famille (…) [ce] qui lui assure une place au foyer domestique (…). L'aumône est presque toujours donnée en nature » écrit le Conseil général du Finistère en 1840. Le maintien des traditions. Au début du la pratique de la langue bretonne reste généralisée dans les campagnes et assez courante dans les villes. L'analphabétisme reste dominant : l'annuaire statistique du département du Finistère pour l'an XII de la République, écrit : « L'instruction à fait si peu de progrès parmi [les Finistériens] qu'on trouve des communes entières dans lesquelles il n'y a pas quatre cultivateurs qui sachent lire et écrire ; ils sont à cet égard de plusieurs siècles en arrière du reste des Français. On peut en trouver la cause dans leur attachement opiniâtre à leurs anciens usages et surtout à leur langage. Il y en a beaucoup qui entendent le français, mais il en est peu qui sachent ou veuillent le parler ». En 1827 le préfet du département écrit : « Les habitants du Finistère doivent être divisés en deux peuples, celui des campagnes et celui des villes. Le premier forme à peu près les 6/7 de la population générale. Son caractère apathique et insouciant le rend insensible aux améliorations (…). Il a conservé (…) les routines de ses pères. Il est ignorant. (…) Il cultive peu et cultive mal, vit dans la pauvreté, habite l'étable de ses animaux, se livre aux pratiques minutieuses d'une dévotion exagérée et passe dans l'ivresse le temps qu'il ne donne pas à ses travaux ». En 1848, sur les 59 communes de l'Arrondissement de Châteaulin, 30 sont sans école des garçons et 51 sans école des filles. Le Finistère fut l'un des 4 départements français à ne pas voter majoritairement en faveur de Louis-Napoléon Bonaparte lors des élections présidentielles de décembre 1848, lui préférant le général Cavaignac qui apparût aux yeux des électeurs comme le candidat du parti de l'ordre ; de même lors des élections législatives de 1849 c'est la liste légitimistes qui l'emporta ; par contre le coup d'État du 2 décembre 1851 de Napoléon III fut largement soutenu dans le Finistère, département catholique, conservateur et monarchiste ; il fait même partie des quatre départements où aucun opposant ne fut arrêté. En août 1858, l'empereur Napoléon III remporte un réel succès populaire en visitant la Bretagne, notamment dans le Finistère. Lors de la Guerre de 1870, les bijoux de la couronne impériale et les trésors du Louvre, dont "La Joconde" furent entreposés à Brest par mesure de sécurité. Des Finistériens plutôt légitimistes et défenseurs du Pape. Les campagnes de l’Ouest étaient alors « pénétrées du sentiment des hiérarchies sociales » et « persistaient à considérer le prêtre et le noble, le plus souvent le grand propriétaire, symboles de la puissance spirituelle et matérielle, comme leurs défenseurs et leurs guides naturels ». Marie-Thérèse Cloître estime que dans le Finistère les légitimistes y sont en général riches et considérés. Jean-Marie-Dominique de Poulpiquet de Brescanvel, troisième évêque concordataire de Quimper et de Léon entre 1824 et 1840, fut un propagateur actif de l'Ordre moral, faisant et défaisant préfets et maires, organisant maintes missions, développa le rayonnement du Petit Séminaire de Pont-Croix, du Grand Séminaire de Quimper et du collège du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon, contribuant à développer le rigorisme du clergé finistérien. Plusieurs finistériens furent zouaves pontificaux dans le but de défendre les États de l'Église ; lors de la Guerre de 1870, beaucoup d'entre eux devinrent membres de la Légion des Volontaires de l'Ouest. Pendant cette même guerre, cinquante à soixante mille mobiles bretons (dont des Finistériens), formant l'Armée de Bretagne furent parqués à la fin de l'année 1870 dans le camp de Conlie dans des conditions indignes par la volonté du nouveau gouvernement républicain qui craignait une nouvelle chouanneie. Les soldats bretons, épuisés par deux mois de privations, mal armés, presque pas préparés, sont taillés en pièces dans la nuit du 11 au par la 20e division prussienne du général von Krautz-Koschlau, lors de la bataille du Mans. En 1881 le préfet du Finistère écrit que selon les recensements de 1872 et 1876, plus de Finistériens, sur une population totale de habitants, ne savent ni lire ni écrire le français ». Toutefois plusieurs scrutins législatifs donnèrent dans le département une majorité aux républicains : ce fut le cas en 1876, 1877 et 1881 et à nouveau en 1889, la droite ne l'emportant alors qu'en 1885 ; par contre à la fin du plusieurs des députés élus sont favorables au Ralliement comme Albert de Mun et l'abbé Gayraud, mais d'autres y sont hostiles comme Charles Freppel. Les progrès de la seconde moitié du. Le Finistère, excentré dans l'ensemble français, est longtemps resté de plus très enclavé, notamment les campagnes accessibles par des chemins vicinaux dans un état tel que les charrois étaient impossibles l'hiver, sauf sur les routes royales ; cette situation était aggravée par l'habitat dispersé, les écarts étant pour la plupart d'accès très difficile, les chemins ruraux, fréquemment des chemins creux, étant souvent de véritables bourbiers. Ce n'est qu'à partir du Second Empire que, progressivement, se développe un réseau de chemins de grande communication et que les communes commencent à améliorer l'entretien de leur réseau vicinal. L'arrivée du chemin de fer à Quimper en 1863 et à Brest en 1865, complétée les décennies suivantes par des lignes supplémentaires, la plupart à voie métrique (notamment celles du réseau breton, améliora nettement les conditions de transport, même si la plupart fermèrent en raison de la concurrence de la route dès L'Entre-deux-guerres. Le canal de Nantes à Brest joue aussi le même rôle de désenclavement pour la partie centrale du département. Le port de commerce de Brest est aménagé sous le Second Empire. Les progrès agricoles sont nets, favorisés par l'action d'hommes comme Théophile de Pompéry et Louis Monjaret de Kerjégu, l'utilisation croissante des engrais et amendements, la création de l'Office central de Landerneau, ce qui entraîne l'essor des élevages chevalin, bovin et porcin, l'extension des prairies naturelles et artificielles ainsi que des cultures fourragères. Les cultures maraîchères de la Ceinture dorée se développent, de même que, dans la partie littorale sud du département, les cultures légumières de plein champ, qui fournissent les conserveries. La surface agricole utile finistérienne connaît son maximum d'extension vers 1900. Par contre l'activité industrielle décline : l'industrie textile achève de disparaître ainsi que les papeteries du pays de Morlaix (supplantées par celles de Scaër, Ergué-Gabéric et Quimperlé), les mines du Huelgoat et de Poullaouen ferment, l'extraction ardoisière décline, ce qui entraîne une émigration ouvrière vers les carrières de Trélazé. Les activités maritimes sont irrégulières : la pêche, notamment à la sardine, et les conserveries dans les ports de la moitié sud du département (Douarnenez, Audierne, Guilvinec, Concarneau, etc.), mais aussi le port de guerre de Brest qui reste, arsenal y compris, la principale entreprise du département (entre et emplois selon les années. Le tourisme reste embryonnaire, mais le tropisme balnéaire profite à des stations comme Roscoff, Le Pouldu, Beg Meil, Morgat, etc., voire à des localités de l'intérieur (Huelgoat). Pont-Aven et les autres villes de Cornouaille attirent les peintres. L'émigration est notable ( finistériens auraient quitté le département entre 1851 et 1901 selon une estimation de Michel Phlipponneau, sans être forte (elle le fut davantage pendant L'Entre-deux-guerres) ; le maximum de population rurale dans le département est atteint en 1906 avec personnes. Le. L'hostilité à la République radicale. La Basse Bretagne, constituée principalement du Finistère, étrangère à l'espace linguistique national et restée en partie royaliste et très cléricale (notamment le Léon), se retrouve en état de sécession morale à l'encontre de la politique anticléricale des gouvernements radicaux de la Belle Époque ; l'interdiction du catéchisme et du prône en breton décidée par Émile Combes soulève de nombreuses protestations ; la résistance à la fermeture des écoles congréganistes, en vertu de la Loi de séparation des Églises et de l'État, puis la Querelle des inventaires exaspère ; par exemple le journal "La Lanterne" écrit le : « La Bretagne cléricale prétend se mettre au-dessus des lois et braver la France républicaine. (…) La révolte a assez duré ». Le Finistère pendant la Première Guerre mondiale. Jamais envahi par l'ennemi pendant la Première Guerre mondiale, le Finistère fut une terre de refuge pour des habitants de la Belgique et du Nord de la France dès 1914. Plusieurs hôpitaux militaires temporaires furent installés dans des villes finistériennes, par exemple à Brest, Quimper, Landerneau, Pont-l'Abbé, etc. Les régiments de l'armée de terre composés principalement de Finistériens (les régiments étant à recrutement principalement local au début de la guerre) sont le 118e régiment d'infanterie (Quimper), le 19e régiment d'infanterie (Brest) et en partie le 116e régiment d'infanterie (Vannes et Morlaix), ainsi que leurs régiments de réserve, respectivement le 318e régiment d'infanterie, le 219e régiment d'infanterie et le 316e régiment d'infanterie. Les fusiliers marins, commandés par l'amiral Ronarc'h, s'illustrèrent lors de la bataille de l'Yser, notamment lors des combats de Maissin. Mais de nombreux Finistériens, en particulier les inscrits maritimes, servirent dans la Marine nationale, participant notamment aux combats des Dardanelles et à l'expédition de Salonique ; les marins finistériens furent nombreux à périr noyés à bord de navires coulés par les marines ennemies, à bord des croiseurs cuirassés "Léon-Gambetta" et "Amiral-Charner" et du cuirassé "Bouvet" parmi bien d'autres exemples possibles. Le port de Brest fut le principal port d'entrée des troupes américaines en France en 1917 et 1918 ; le camp de Pontanézen fut aménagé pour ces troupes. Des bases d'hydravions furent créés par les Américains, notamment la base de Laninon à Brest, celle de l'île Terch en Plouguerneau, celle de l'Île-Tudy dans le but de combattre les bateaux allemands qui menaçaient les convois de ravitaillement venant des États-Unis. Les paysans et l'agriculture décrits au début du. Louis Ogès décrit ainsi les paysans finistériens vers 1920 : En 1919, la production agricole globale a baissé d'environ 10 % par rapport à avant la guerre ; le Finistère a produit quintaux de blé quintaux d'avoine, de sarrasin, de seigle et méteil, et autant d'orge. Les plantes fourragères (trèfles, choux, betteraves, panais, rutabagas) suffisent à la consommation du bétail ; légumes, primeurs et pommes de terre sont exportés. La production annuelle de cidre est d'environ hectolitres. L'ajonc broyé est utilisé pour la nourriture des chevaux. On compte dans le département chevaux (principalement des postiers bretons), vaches et bœufs (souvent encore de race pie noire), porcs et les moutons sont encore nombreux dans les monts de l'intérieur. Les méfaits dus à la misère, l'alcool et les ravages de la tuberculose. Lors de la mission de Trégunc de 1670, le prédicateur Julien Maunoir s'étonne de trouver un prêtre ne s'étant jamais enivré « ce qui parût admirable dans un païs où, mesme parmi les prêtres, la sobriété estoit une vertu héroïque ». La malnutrion explique la petite taille des Finistériens d'alors : par exemple en 1842, sur 97 hommes appelés pour le tirage au sort des conscrits dans le canton de Plogastel-Saint-Germain, de 16 à 20 étaient de 12 à 15 cm au-dessous de la taille requise pour pouvoir être retenus. En 1842 la durée moyenne de vie dans le Finistère n'était encore que de 27 ans (contre 39 ans dans les Hautes-Pyrénées) en raison de la mauvaise nourriture et de l'alcoolisme. Camille Vallaux écrit en 1905 : L'alcoolisme a augmenté dans le cours du et du début du dans le département. Selon Louis Ogès, la consommation d'alcool pur par habitant (donc enfants inclus) et par an est passée de 1,6 litre en 1824 à 4,9 litres en 1880 et 5,5 litres en 1920, ce qui correspond à cette date à l'équivalent de 35 litres d'eau-de-vie par adulte et par an. En 1920 le Finistère est le département français où les procès pour ivresse sont les plus nombreux ; l'alcoolisme y fait des ravages dans toutes les classes sociales, mais principalement chez les pêcheurs et les ouvriers. Le nombre des débits de boisson dans le département est passé de en 1824 à en 1850, à en 1880 et à en 1913 (soit à cette date un débit de boisson pour 74 habitants (enfants inclus). La tuberculose exerce aussi ses ravages au début du (56 % des cas de tuberculose sont liés à l'alcool). Un sanatorium départemental est fondé à Plougonven en 1917. L'habitat reste sommaire : la pièce unique et le lit clos restent dominants, même si des cloisons et même des maisons à étage commencent à se répandre, notamment dans le Léon. Les vêtements s'améliorent, notent avec la mode des costumes ruraux caractéristiques d'un « pays », par exemple ceux du Pays Bigouden du Pays Glazik, du Pays Chelgen, etc.. Le déclin des traditions et les progrès de l'instruction dans les premières décennies du. En 1920 la proportion des conscrits illettrés est encore de 6 % dans le Finistère (2,65 % pour l'ensemble de la France), mais des écoles existent désormais dans toutes les communes. Sous l'influence de l'enseignement et du service militaire obligatoires, les mentalités évoluent : les superstitions, le recours aux guérisseurs et sorciers, la croyance dans les vieilles légendes, reculent ; l'hygiène commence à progresser ; les pardons sont toujours très fréquentés, mais alors qu'ils étaient essentiellement religieux, ils sont de plus en plus aussi des fêtes profanes. La jeunesse reste fidèle aux danses bretonnes , mais l'emploi de la langue bretonne commence son déclin. Les progrès de l'instruction furent ensuite très rapide, le Finistère devenant en quelques décennies une pépinière de diplômés, comme l'illustre l'exemple de Plozévet. L'émigration agricole de l'Entre-deux-guerres. Le "moratorium" décidé par la loi du , et renouvelé tous les ans pendant la Première Guerre mondiale, prévoyait le prolongement des baux agricoles parvenant à échéance au profit des mobilisés et de leur famille ; il provoqua par contre-coup un manque de terres à louer lors de sa suppression en 1921, provoquant un exode rural important, notamment en Bretagne. Hervé Budes de Guébriant, alors président de l'"Union des syndicats agricoles de Landerneau", charge alors François Tinevez, agriculteur à Plabennec, soutenu entre autres par Vincent Inizan, agriculteur, maire de Kernoues et député du Finistère, d'organiser l'émigration. Vincent Inizan déclare le à l'Assemblée nationale : « Dans maintes régions de France des terres agricoles sont en friche. (…) Les campagnes se dépeuplent et la terre meurt, faute de bras. Dans une région cependant, la Bretagne, (…) le phénomène inverse se produit, causant une menace sociale des plus inquiétantes (…) ». Une étude alors lancée à travers toute la France par Auguste Puis, sous-secrétaire d'état à l'agriculture, et une autre effectuée par l'union des syndicats agricoles du Finistère, montrèrent que des terres étaient disponibles, notamment en Dordogne, dans le Gers et le Tarn-et-Garonne. Les premiers paysans bretons à émigrer, à l'instigation d'Hervé Budes de Guébriant, vers le sud-ouest de la France, et qui souvent ne parlaient que le breton, partirent le des gares de Landerneau, Châteaulin, Quimper et Quimperlé et parvinrent le lendemain à Périgueux. Ils étaient accompagnés de trois "pilotes" : François Tinevez (alors maire de Plabennec), Pierre Le Bihan (du hameau de Gwarem-Vraz en Scaër) et l'abbé François Lanchès, vicaire au Relecq-Kerhuon. Les Léonards partirent s'installer dans le nord-est du département de la Dordogne, particulièrement dans le canton de Lanouaille ; ceux du sud du Finistère se dirigèrent vers le nord-ouest du même département, entre Nontron et Ribérac ; ceux du centre du Finistère allèrent dans le centre-ouest, dans la région de Saint-Astier ; certains des paysans étaient contraints de prendre des terres en métayage à leur corps défendant, car ils auraient préféré le fermage auquel ils étaient habitués. Trois autres convois de paysans bretons partirent successivement les , et en direction de la Dordogne. Par exemple le couplé Yves Cadalen - Marie-Jeanne Jaouen (mariés le à Lampaul-Ploudalmézeau), qui exploitaient précédemment une petite exploitation de , au lieu-dit "Pen ar Guéar" en Lampaul-Ploudalmézeau, trop petite pour nourrir leur famille qui comptait alors 9 enfants, partit le ; ils louèrent d'abord une ferme de 30 ha, appartenant au comté de la Verrie de Vivans, à Gageac-et-Rouillac, puis en 1927 à Beylive et en 1932 au Vaudou, dans les deux cas dans la commune de Bergerac. Le l'abbé François Lanchès est nommé "aumônier des Bretons du Périgord". Une autre colonie bretonne s'installa dans le Lot-et-Garonne, des familles originaires entre autres de Plabennec et Guipavas s'installèrent dès 1921 dans la région de Marmande et, en 1926, 11 familles originaires du Cloître-Pleyben s'installèrent dans les environs de Gontaud, Saint-Pierre-de-Nogaret, Verteuil-d'Agenais et Hautesvignes ; d'autres les années suivantes dans les environs de Seyches, Clairac et Lévignac-de-Guyenne. Dans la deuxième moitié de la décennie 1920, 21 familles de Gouézec, 8 familles de Pleyben, 8 de Brasparts et 6 de Lennon, ainsi que d'autres familles venant des Côtes-du-Nord (notamment de Locarn), s'installent dans le canton de Seyches ; d'autres familles bretonnes s'installent dans la région de Monflanquin ; des familles venant de Guiscriff, du Faouët, des environs de Châteauneuf-du-Faou, de Theix, etc. s'installèrent dans la région de Nérac et des familles cornouaillaises autour de Lévignac ; certaines familles émigrèrent dans le Gers. Des paysans du Pays glazik s'installèrent pendant la décennie 1930 autour de Lanouaille en Dordogne ; d'autres, de la région de Quimperlé, dans la région de Mussidan ; un groupe de la région d'Elliant-Saint-Évarzec-Saint-Yvi entre Beaumont-du-Périgord et Villaréal (Lot-et-Garonne) ; etc. En Dordogne en 1934, sur familles bretonnes immigrées, 350 sont propriétaires de leur exploitation agricole, 500 fermiers et 350 métayers. Le premier Congrès des Bretons d'Aquitaine se tint le à Bergerac en présence d'Hervé Budes de Guébriant. Un second congrès se tint le à Bergerac et un autre à Tonneins en 1955. Le journal "Breiz Nevez" (Nouvelle Bretagne) est distribué en 1950 à 522 familles de Dordogne, 761 du Lot-et-Garonne et 385 d'autres départements du sud-ouest français (Tarn-et-Garonne, Gers, Gironde, Charente, Haute-Vienne, Creuse, Corrèze). Mais l'émigration finistériene a en fait commencé dès le milieu du , notamment vers la région parisienne (Bécassine !), beaucoup de Bas-Bretons s'installant à proximité de la gare Montparnasse), et n'est pas seulement agricole ; des pêcheurs et ouvrières de conserverie partent vers les ports de la côte atlantique au sud de la Loire, ou du littoral normand ou nordiste ; on compte plus de 35 000 immigrés bretons (dont beaucoup viennent de la région de Morlaix) au Havre en 1938. Certains sont partis à l'étranger, notamment en Amérique du Nord, par exemple au Canada. Les clivages politiques de l'Entre-deux-guerres. La gauche radicale domine en Cornouaille (notamment avec Georges Le Bail, hostile à toute compromission avec les cléricaux ; Albert Louppe et Maurice Bouilloux-Lafont sont plus modérés) et dans le Trégor finistérien ; les socialistes sont influents à Brest (Émile Goude) et dans les ports de pêche cornouaillais, parfois sensibles à l'influence communiste (par exemple Douarnenez). À droite Adolphe Duparc, évêque de Quimper et Léon, apparaît comme le chef de file, organisant la résistance à la politique anticléricale du Cartel des gauches, faisant ouvrir plus de 100 écoles confessionnelles dans son diocèse ; son influence est particulièrement forte dans le Léon et la plupart des campagnes (sauf dans les Monts d'Arrée). Ces clivages se retrouvent dans la presse locale : "L'Ouest-Éclair" soutient les conservateurs et les sillonnistes alors que "La Dépêche de Brest et de l'Ouest" soutient les républicains, voire les radicaux. "Le Courrier du Finistère" représente le point de vue de l'évêché. Le militantisme culturel et la tentation autonomiste. Déjà au des hommes comme François-Marie Luzel et Théodore Hersart de La Villemarqué (dans le "Barzaz Breiz") se préoccupent de transcrire le patrimoine oral en langue bretonne des contes et "gwerziou". Seul département totalement de tradition bretonnante, le Finistère joue un rôle important dans le renouveau culturel breton grâce à des associations ou manifestations comme le "Bleun Brug" fondé en 1905, le mouvement artistique "Seiz Breur", les organisations de danses celtiques ("Kendalc'h" et "War'l Leur "), les "écoles Diwan", la mode des "festou-noz", les fêtes folkloriques (Fêtes de Cornouaille, Fête des Fleurs d'Ajoncs à Pont-Aven, Fête des Brodeuses à Pont-l'Abbé, etc.) ou maritimes comme les Fêtes maritimes de Brest, des chanteurs comme Glenmor, Alan Stivell, Louise Ebrel, Dan ar Braz, etc.), des écrivains comme Pierre-Jakez Hélias, Xavier Grall, etc., des festivals comme les Vieilles Charrues et le Festival du Bout du Monde. La tentation autonomiste a aussi séduit certains Finistériens qui se sont engagés pendant l'Entre-deux-guerres dans des mouvements nationalistes bretons comme le Second Emsav, Parti national breton, le Parti autonomiste breton, etc.. ; certains de leurs membres, comme Olier Mordrel, se compromettant en collaborant avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Après cette guerre, la création de l'Union démocratique bretonne illustre la persistance chez certains du rêve autonomiste ; d'autres succombent à la tentation terroriste : le Front de libération de la Bretagne commet notamment l'attentat de l'émetteur de Roc'h Trédudon en 1974. La création de l'Université de Bretagne Occidentale en 1971 (mais un enseignement supérieur dépendant des facultés de Rennes existait antérieurement) et du Centre de recherche bretonne et celtique en 1969 ont contribué au dynamisme de la vie culturelle dans le Finistère, à laquelle contribuent aussi des musées comme le Musée des Beaux-Arts de Brest, le Musée des Beaux-Arts de Quimper, le Musée de Pont-Aven, le Musée départemental breton de Quimper, le Musée de la Marine de Brest, etc.. Le Finistère pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Finistère, principalement le port de guerre de Brest, et y compris les îles, est zone occupée par les Allemands dès juin 1940. La "Kriegsmarine" aménage la base sous-marine de Brest. Brest devient pour ces raisons une cible privilégiée pour la "Royal Air Force" et L"'US Air Force", les bombardements détruisant hélas également la ville de Brest. D'autres localités furent aussi victimes des bombardements, par exemple Guipavas et Scrignac. La bande littorale du département devient zone interdite. L'organisation Todt construit le Mur de l'Atlantique, notamment en prélevant des galets de l"'Ero Vili", concassés grâce à l'usine de concassage de galets de Tréguennec. Le village de Trédudon-le-Moine (en Berrien) revendique le titre de « premier village résistant de France ». De nombreux hommes de l'Île de Sein rejoignent la France libre dès les jours suivant l'appel du 18 juin. Le groupe Élie est le premier réseau de résistants brestois. Des réseaux de résistance naissent un peu partout, faisant de l'espionnage (comme le réseau Johnny et le réseau Vengeance) ou organisant des filières d'évasion (par exemple la filière Sibiril depuis Carantec ou les départs vers l'Angleterre depuis Douarnenez). Des maquis naissent principalement à partir de 1943 (maquis de , de Saint-Laurent (en Plouégat-Guérand), de Pen-ar-Pont (près de Châteaulin), etc. Pour le seul arrondissement de Brest un site Internet recense plus de 800 résistants. De nombreux résistants sont arrêtés, torturés, exécutés (par exemple 20 résistants fusillés à Kerfany le , les 35 fusillés du Poulguen en Penmarch, les 44 résistants de Saint-Pol-de-Léon entre la fin juin et le , les martyrs de Plounévézel, etc..) ou déportés dans les camps de concentration où beaucoup perdirent la vie. Pierre Brossolette, arrêté à Plouhinec, alors qu'il venait de débarquer à Plogoff, torturé par le SD et la Gestapo, préféra se suicider. Des Finistériens ont aussi collaboré avec les Allemands, notamment le kommando de Landerneau, qui muliplia les exactions. L'abbé Jean-Marie Perrot, suspecté d'être un collaborateur, fut assassiné le . La libération commence le , les troupes américaines arrivant en premier via Le Moustoir et Huelgoat. Le siège de Brest dure du au , achevant la destruction de la ville. Les troupes allemandes se réfugient dans la presqu'île de Crozon où le général Ramcke se rend le . Les derniers combats dans le département concernent le "front de la Laïta" dans le cadre de la poche de Lorient. Selon le décompte effectué par Georges-Michel Thomas 926 Finistériens (398 résistants exécutés, 384 autres personnes victimes de représailles et 74 disparus) auraient été tués par les Allemands ; 286 FFI auraient été tués lors des combats de la Libération dans le département (il faut y ajouter 52 Finistériens tués lors du siège de Lorient) ; Finistériens auraient été déportés dont 549 seraient morts dans les camps nazis ; plus de 500 Finistériens auraient été internés pendant au moins 90 jours. De plus la guerre aurait fait victimes civiles ( victimes de bombardements, d'explosion de mines, etc..) dans le département. Deux méprises de l'armée américaine provoquèrent la mort de 6 résistants (plus 5 blessés) à Lesven en Beuzec-Cap-Sizun le et de 25 FFI à Telgruc le . Le Finistère après la Seconde Guerre mondiale. L'essor du modèle agricole breton pendant les Trente Glorieuses a concerné le Finistère avec l'essor des élevages hors-sol, notamment avicole et porcin, et de la production laitière, ainsi que des productions maraîchères de la Ceinture dorée (SICA de Saint-Pol-de-Léon, Savéol, etc..) ; le syndicalisme agricole y est puissant (FDSEA du Finistère et CDJA du Finistère principalement, le syndicaliste le plus connu étant Alexis Gourvennec) ; mais ce modèle est en crise (déjà en mai 1972 se produit une "grève du lait" avec séquestration de quatre dirigeants de la Coopérative de Landerneau et blocage généralisé des camions de collecte), à la fois en raison de la concurrence étrangère accrue et des pollutions engendrées par les intrants agricoles, notamment les nitrates à l'origine des marées vertes. Des entreprises agro-alimentaires, par exemple Tilly à Guerlesquin, ont disparu, d'autres ont connu de graves crises (Doux à Châteaulin par exemple), certaines ont mieux résisté (comme Bigard à Quimperlé). Le désenclavement du Finistère, particulièrement excentré au sein de la France et de l'Union européenne, a été entrepris grâce au Plan routier breton, à la création du port en eau profonde de Roscoff et "Brittany Ferries", et à la LGV Bretagne-Pays de la Loire (mise en service en 2017), même si celle-ci s'arrête à Rennes pour sa branche bretonne, les TGV Atlantique poursuivant ensuite leur chemin en empruntant les lignes traditionnelles jusqu'à Brest et Quimper. L'aéroport de Brest-Bretagne participe aussi au désenclavement du département ; celui de Quimper-Bretagne est en difficulté et même menacé de fermeture. Les manifestations contre le projet de centrale nucléaire de Plogoff entre 1978 et 1981 aboutirent à l'abandon du projet. Mais le Finistère reste très dépendant du reste de la France pour son approvisionnement électrique, en dépit des "autoroutes électriques" (lignes à volts) venant du site nucléaire de Flamanville et des sites nucléaires de la vallée de la Loire et de la centrale thermique de Cordemais, en raison de la faiblesse de ses sites de production : la Centrale nucléaire de Brennilis est fermée depuis 1985 (non encore démantelée) ; la production hydroélectrique est négligeable en dépit de l'usine de Saint-Herbot ; les énergies nouvelles restent de modeste importance (en 2019 le département comptait 175 éoliennes réparties sur 40 sites pour une puissance installée de 257,6 MW et installations solaires pour une puissance installée de 44 MW). Pour faire face aux pointes de consommation électrique, le Finistère dispose des turbines à gaz de Brennilis et de Dirinon, auxquelles s'ajoute en 2022 la Centrale à cycle combiné gaz de Landivisiau. Le projet Celtic Interconnector (liaison électrique entre l'Irlande et la Bretagne), censé être opérationnel en 2027, devrait sécuriser l'approvisionnement électrique de la pointe de la Bretagne. La marée noire provoquée par le naufrage du pétrolier "Amoco Cadiz" le à Portsall a durablement marqué les esprits. Celles engendrées par les naufrages du "Torrey Canyon" (en 1967) et de l"'Erika" (en 1999) ont moins concerné le Finistère que les départements voisins, Côtes-d'Armor dans le premier cas, Morbihan dans le second. Héraldique. Le département est doté d'un blason : Le Finistère ne dispose cependant pas de drapeau spécifique. Le conseil départemental utilise généralement un drapeau chargé du logotype, reprenant lui-même le blason du département. Politique et administration. Les personnalités exerçant une fonction élective dont le mandat est en cours et en lien direct avec le territoire du département du Finistère sont les suivantes : Découpage administratif. Le département du Finistère est divisé en , et . Son chef-lieu est Quimper. La commune la plus peuplée est Brest et la plus étendue Scaër. Quatre communes sont des îles tandis que l'archipel des Glénan est administré par la commune de Fouesnant. La commune de l'Île-Tudy n'est pas une île, malgré son nom. Les quatre arrondissements sont les suivants : Un cinquième arrondissement, celui de Quimperlé, a été supprimé en 1926. La division historique entre le nord et le sud du département est toujours apparente dans l'organisation de différentes entités publiques (Assurance maladie, Allocations familiales, Assurance chômage, etc.), mixtes ou privées. Vers 1960, il était d'usage de libeller son courrier « Brest 29 N » (N pour nord, correspondant au centre de tri postal de Brest) et « Quimper 29 S » (S pour sud, correspondant au centre de tri postal de Quimper), au lieu des codes postaux 29200 Brest et 29000 Quimper. Il s'agissait d'une spécificité de la Poste, et le « 29 » (sans N ni S) figurait déjà sur les plaques d'immatriculation. Économie. Le département représente 50 % de la pêche bretonne en termes d’effectifs et de navires. Tourisme. Les résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du , 13,5 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes du Finistère dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Démographie. Les habitants du Finistère sont les Finistériens. Le Finistère était déjà peuplé au néolithique comme en atteste la présence de nombreux mégalithes et menhirs. Entre le , il y eut plusieurs vagues migratrices des Bretons insulaires vers l'Armorique à la suite de la désorganisation de l'Empire romain et aux invasions des Saxons et des Angles. Ils se mêlèrent aux populations locales présentes sur place. Par la suite, la population du Finistère demeura isolée des autres populations à cause de son particularisme linguistique et de la position du Finistère à l'extrémité d'une péninsule. La francisation des Finistériens et le désenclavement de la péninsule grâce aux moyens modernes de transport contribueront à faciliter le brassage ethnique avec les habitants d'autres régions. Beaucoup de Finistériens ont été obligés de s'expatrier pour trouver un travail à partir des années 1850. La région parisienne ainsi que les grandes villes de l'ouest de Rennes et de Nantes et les ports du Havre et Toulon ont constitué les destinations favorites. Aujourd'hui les Finistériens tendent à vouloir revenir de plus en plus souvent dans leur département d'origine. La région parisienne où les prix de l'immobilier sont élevés attire de moins en moins. La majeure partie de la population vit dans les villes. Le taux d'urbanisation de la population atteint en effet 73 %. Brest compte environ pour son agglomération et Quimper environ . La population se concentre dans les zones proches du littoral tandis que l'intérieur des terres (régions des monts d'Arrée et des montagnes Noires) est largement sous-peuplée et a vu sa population fortement décliner au cours de la première moitié du en raison d'un important exode rural. Le département compte au . Il est l'un des plus peuplés de France et se classe à la pour le nombre d'habitants. Culture. Cercles Celtiques et Bagadoù du Finistère. Adhérents aux Confédérations Kenleur (cercles) et Confédération Sonerion (Bagad) Korollerien Benodet de Bénodet, Ahès de Carhaix, Alc’houederien Kastellin de Châteaulin, Korollerien Laëta de Clohars-Carnoët, Avel dro Gwiseni de Guissény, Eostiged ar Stangala de Kerfeunteun-Quimper, Eskell an Elorn de Landerneau, Danserien Lann Tivizio de Landivisiau, Strollad Bro Landi de Landivisiau, Bro ar Ster Goz du Faou, Korollerien Montroulez de Morlaix, Sparfelled Plogoneg de Plogonnec, Milinerien Ploveilh de Plomelin, Pleon Pavenn de Plonéour-Lanvern, Bleunioù Sivi de Plougastel-Daoulas, Les amis danses bretonnes de Plouigneau, Kizhier Pluguen de Pluguffan. Bro Goz ar Milinou de Pont-Aven. Kañfarded Sant Evarzeg de Saint-Evarzec, Krog Mad de Guiclan, Cercle Celtique de Guimaëc, Danserien Brest de Brest, Danserien Sant Martin de Saint-Martin-des-Champs, Molan Douar Ar Mor de Moëlan-sur-Mer, Lapouzed ar Menez de Sizun, Brug ar Menez de Spézet, Ar Banal Aour de Bannalec, Groupe des Bruyères de Beuzec-Cap-Sizun, Cercle Celtique de Combrit. Ar Rouedoù Glas de Concarneau, Korollerien Kraon de Crozon, Ar Vro Melenig d'Elliant, Ar Pintiged Foen de Fouesnant, Ar Bleunioù Kignez de La Forêt-Fouesnant, Ar Vro Vigoudenn de Pont-L'Abbé, Giz'Kalon de Quimperlé, Gwen Ha Du de Landrévarzec, Danserien Kemper de Quimper (Ergué-Armel), Mederien Penhars de Quimper (Penhars), Korriganed Ar Meilhoù Glas de Quimper (Moulin-Vert), Livioù Kerien de Querrien, Bleunioù Lann An Aven de Riec-sur-Bélon, Ensemble Bleuniadur de Saint-Pol-de-Léon, Beg An Douar de Saint-Renan, Dañserien An Aberioù de Lannilis, Kalon Sant Yann de Saint-Jean-Trolimon, Bagad Ar Meilhoù Glaz (Moulin Vert), Bagad Beuzec Ar C’hap (Beuzec Cap Sizun), Bagad Brieg (Briec), Bagad Bro Kemperlé (Quimperlé), Bagad Cap Caval (Plomeur), Bagad Kemper (Quimper), Bagad Konk Kerne (Concarneau), Bagad Plougastel Daoulas, Bagad Bro An Aberiou (Plabennec), Bagad Bro Landerne (Landerneau), Bagad Glaziked Pouldregad (Pouldergat), Bagad Karaez (Carhaix), Bagad Kombrid (Combrit), Bagad Landi (Landivisiau), Bagad Penhars (Quimper), Bagad Brest St Mark, Bagadig Brieg, Bagad Eostiged Ar Mene, (Plomodiern), Bagad Glazik kemper, Bagad Bro Montroulez (Morlaix), Bagad An Eor Du (Ploudalmezeau), Bagad An Erge Vihan (Ergué Armel), Bagad Ar Banal Aour (Bannalec), Bagad Avel Dro (Pagan Guisseny), Bagad Bro Foen (Fouesnant), Bagad Kevrenn Kastell (St Pol de Leon), Bagad Ergué Vraz (Ergué Gabéric), Bagad Osismi Speied (Spezet), Bagadig Cap Caval (Plomeur), Bagadig Plougastell, Bagadig Penhars, Bagadig Moulin Vert, Bagad An Arvorig, Bagad An Dreizherien, Bagad Ar Vro Vigoudenn Uhel, Bagad Bro Skaër (Scaer), Bagad Kerhor (Kerhuon), Bagad Loctudy, Bagad Ribl An Elorn, Bagad St Patrick, Bagadig Beuzec Ar C’hap (Beuzec Cap SIzun), Bagadig Bro An Aberiou (Plabennec), Bagadig Bro Kemperle (Quimperlé), Bagadig Bro Landerne (Landerne), Bagadig Bro Montroulez (Morlaix) Bagadig Karaez (Carhaix), Bagadig Kemper (Quimper), Bagadig Konk Kerne, Bagadig Landi (Landivisiau), Bagadig Pouldregad (Pouldergat), Yaouankiz CAP CAVAL Plomeur, Bagad Ar Re Goz, Skolaj Skaer et Skolaj Penn ar Bed Langue. Autrefois, avant l'unification KLT en 1908, plusieurs dialectes de la langue bretonne étaient en usage dans le Finistère. Les deux principaux étaient le léonard parlé dans le tiers nord du département et le cornouaillais dans les deux tiers sud. Le trégorrois et le vannetais étaient parlés dans de petites zones situées à l'est de Morlaix pour le premier et à l'est de Quimperlé pour le second. Il n'existait pas de véritable frontière linguistique entre ces différents dialectes. Il s'agissait plutôt de petites variations à l'échelon local, au niveau de chaque paroisse, si bien que plus on s'écartait de sa paroisse d'origine, plus l'intercompréhension linguistique était rendue difficile. Il existait aussi des formes locales de français parlées uniquement dans les villes. Ainsi à Quimper, les habitants parlaient le quimpertin. Aujourd'hui, la population est largement francophone. Le Finistère ( en breton, ce qui signifie « bout du monde ») est néanmoins le département le plus bretonnant de Bretagne. Les effectifs pondérés que fournit l'enquête "Étude de l'histoire familiale" menée par l'INSEE en 1999 sont de plus de de plus de pour ce seul département. S'y ajoutent notamment les effectifs des écoles bilingues qui se montent à à la rentrée 2005, ou encore les élèves suivant des cours de breton dans les établissements publics du primaire (plus de en 2002/2003) ou du secondaire (plus de en 2002/2003). La signalisation routière bilingue est utilisée dans le département. Patrimoine religieux. Le paysage du Finistère est profondément marqué par son patrimoine religieux. Ainsi, on y trouve deux cathédrales à Quimper et à Saint-Pol-de-Léon. Les bourgs possèdent des églises renfermant bien souvent des trésors : calvaires, retables, baptistères... Ce patrimoine religieux est marqué spécifiquement par la présence d'enclos paroissiaux notamment autour de la vallée de l'Elorn (La Roche Maurice, La Martyre, Bodilis...) mais aussi Saint-Thégonnec, Guimiliau ou encore Pleyben. Enfin, la campagne est parsemée de calvaires et de chapelles situées dans des hameaux voire totalement isolées. Parcs et jardins. Bateaux. Plusieurs bateaux ont porté le nom "Finistère", dont : |
Liste de fromages français En France, les producteurs fermiers, les artisans et les industriels fabriquent, au début du , plus d'un millier de variétés de fromages. En 2015, le Centre national interprofessionnel de l'économie laitière en répertorie et le "Guide 2015" des fromages au lait cru publié par le magazine "Profession fromager", pas moins de classés par région et par grande famille technologique. Cette versatilité s'explique par les très nombreuses variations dans l’espace et dans le temps que connaissent les fromages « fermiers » mais aussi d’un producteur à l’autre, et par des produits relevant d’une même recette mais qui peuvent être commercialisés sous des noms différents au sein des fromages industriels. Cette diversité a inspiré au général de Gaulle une phrase restée célèbre : . Le nombre de fromage varie selon la transcription de cette citation : 227, 258, 324 voire 365. Cette diversité provient probablement de la confusion faite avec le nombre de fromages qui a donné naissance à une locution désignant la France : le « pays des 300 fromages » (le nombre varie). On dit aussi qu'il existe un fromage différent pour chaque jour de l'année (au nombre de 365). Le colonel Rémy rapporte également dans ses mémoires qu'un de ses amis anglais, Kay Harrison, lui aurait déclaré, pendant la Seconde Guerre mondiale et l'occupation de la France par l'Allemagne, qu' (on trouve aussi cette citation attribuée sous différentes formes à Winston Churchill). Plusieurs appellations d'origine de fromage bénéficient de préservations quant à leur utilisation commerciale, celles-ci encadrant la production du lait et sa transformation en fromage : 45 appellations de fromages bénéficient de l'appellation d'origine contrôlée (AOC) au niveau français et de l'appellation d'origine protégée (AOP) au niveau de l'Union européenne ; 6 appellations de fromages bénéficient de l'indication géographique protégée (IGP) et 6 appellations de fromages bénéficient de la marque Label rouge. Depuis 2001, l'association Fromages de terroir organise tous les ans, à la fin du mois de mars, une journée nationale du fromage. C. Crème d'Albert (Crème de Munster) Vosges |
Fidji Les Fidji ou les îles Fidji, en forme longue la république des Fidji (en fidjien et , en anglais et , en hindi des Fidji , et , ), est un pays d'Océanie situé dans l'Ouest de l'océan Pacifique sud. L'archipel, qui fait partie de la Mélanésie, se trouve à à l'ouest-nord-ouest des Tonga, à au sud-ouest de Wallis-et-Futuna et à au sud des Tuvalu. À la suite du coup d'État du de Frank Bainimarama et de la non-tenue d'élections en 2009, le pays a été exclu du Commonwealth et suspendu du Forum des îles du Pacifique. La tenue d'élections démocratiques en septembre 2014, puis en 2018 et 2022, saluées par ces deux organisations, a mené à la pleine réintégration des Fidji dans le Commonwealth. Étymologie. Fidji, écrit "Fiji" en anglais, est la prononciation tongienne du nom de l'île de Viti Levu (« grande Viti »). Le terme de "viti" n'a pas de sens connu. Gentilé. En langue anglaise, avant le coup d'État de 2006, la population des Fidji opérait une distinction entre les termes "Fijian" (« Fidjien ») désignant selon le droit du sang un "iTaukei" autochtone et "Fiji Islander" (« habitant des îles Fidji ») désignant selon le droit du sol un citoyen de l'État des Fidji, toutes origines confondues. Cette terminologie était sujette à controverses car les autochtones employaient le terme « Fidjien » uniquement pour se désigner eux-mêmes et récusaient le droit des Indo-Fidjien d'en faire autant de sorte que beaucoup d'Indo-Fidjiens préféraient se désigner eux-mêmes comme "Indians" (« Indiens ») ou "Indo-Fijians" (« Indo-Fidjiens »). Le terme "Fiji Islanders" a été créé en 1997 pour que tous les habitants des Fidji puissent disposer d'un terme de citoyenneté commun, les « Fidjiens » étant les autochtones et les « Indo-Fidjiens », « Sino-Fidgiens » ou autres étant citoyens des Fidji mais pas "Fidjiens" aux yeux de la loi. Frank Bainimarama, auteur du coup d'État de 2006, s'est évertué à consolider un sentiment d'appartenance nationale commune. La Constitution de 2013 dispose ainsi dans son article 5 que « [t]ous les citoyens des Fidji sont Fidjiens », consolidant un décret de 2010 à cet effet. Le terme désigne désormais la citoyenneté, tandis que la population autochtone est désignée par le terme autochtone "iTaukei". Histoire. Les premiers habitants des îles Fidji, des Austronésiens, sont arrivés du Sud-Est asiatique longtemps avant que les îles fussent découvertes par l'explorateur Abel Tasman au . En 3000 av. J.-C., des habitants du littoral de la Chine du Sud, cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour s'installer à Taïwan. Vers 2000 av. J.-C., des migrations ont lieu de Taïwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Sulawesi et Timor et, de là, vers les autres îles de l'archipel indonésien. Vers 1500 av. J.-C., un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et au-delà, les îles du Pacifique. Les Austronésiens sont probablement les premiers navigateurs de l'histoire de l'humanité. Cependant ce n'est qu'au que les Européens colonisèrent ces îles pour les occuper de manière permanente. En 1874, à l'initiative du roi Seru Epenisa Cakobau, les îles sont cédées au Royaume-Uni avec la signature de l'Acte de Cession. La production de café est stoppée en 1879 à cause de la propagation d'une maladie venue de Ceylan et des colonies anglaises et néerlandaises. L'indépendance fut accordée en 1970. Le régime démocratique fut interrompu par deux coups d'État militaires en 1987, car le gouvernement issu des élections de cette année là était perçu comme dominé par la communauté indienne. La Constitution de 1990 favorisa le contrôle par les indigènes mélanésiens des Fidji mais provoqua une émigration importante de la population indienne. La perte de population eut comme conséquence des difficultés économiques, mais assura la majorité aux Mélanésiens. Les amendements décrétés en 1997 rendirent la constitution plus équitable. Les élections libres et paisibles de 1999 permirent de constituer un gouvernement mené par un Indo-Fidjien, Mahendra Chaudhry, mais celui-ci fut renversé en 2000 lors d'un troisième coup d'État mené par George Speight, un homme d'affaires qui s'appuya sur une rhétorique nationaliste indigène. Speight, soutenu par une milice privée, prit Chaudhry en otage et réclama de nouvelles institutions qui établiraient la suprématie politique des indigènes, et interdiraient à nouveau (comme l'avait fait la Constitution de 1990) l'accès au sommet de l'État à tout Indo-Fidjien. La crise fut désamorcée à travers les efforts de médiation menés par le chef des armées, Frank Bainimarama. Speight fut finalement arrêté et condamné à la prison à perpétuité. Chaudhry demeura néanmoins écarté du pouvoir ; le banquier et homme politique indigène Laisenia Qarase dirigea un gouvernement de transition, avant d'être élu par la voie démocratique en 2001. Il fut réélu en 2006. Les forces militaires de la République des Fidji ont été à plusieurs reprises un membre important des missions de maintien de la paix de l'Organisation des Nations unies dans diverses régions du monde. Un nouveau coup d'État militaire, le 5 décembre 2006, voit l'accession au pouvoir du chef des forces armées, le commodore Frank Bainimarama, et le renversement du gouvernement Qarase, jugé coupable par Bainimarama d'avoir attisé les tensions entre les deux principales communautés ethniques (Fidjiens indigènes et Indo-Fidjiens). Le gouvernement de Qarase avait mené une politique de « discrimination positive » favorisant les indigènes, et certains membres du gouvernement avaient tenu des propos racistes et incendiaires à l'encontre des Indo-Fidjiens. La ministre des Femmes, Asenaca Caucau, avait ainsi annoncé devant le Parlement : . Bainimarama, lui-même indigène, reproche également à Qarase d'être corrompu et d'avoir préparé une législation qui faciliterait l'amnistie pour les complices de Speight. Qarase dément toute accusation de corruption (mais est condamné en 2012 à un an de prison pour corruption), et dénonce le refus de Bainimarama de désamorcer la crise par le dialogue plutôt que par un coup d’État. Les élections de septembre 2014 sont remportées par Bainimarama, lui conférant un mandat démocratique de quatre ans, tandis que les anciens partisans de Qarase (le Sodelpa) constituent la principale force d'opposition au nouveau Parlement. Politique. Jusqu'en mars 2012, le président de la République était élu par le Grand Conseil des Chefs pour une durée de cinq ans. Il nommait un Premier ministre et un cabinet issu de la Chambre des représentants, qui comprenait : 25 élus au suffrage universel, 23 élus uniquement par les électeurs indigènes, 19 par les électeurs « indo-fidjiens », 1 par les indigènes de Rotuma, 3 par l'ensemble des électeurs appartenant aux autres catégories ethniques (« Européens », « Chinois »…). La Chambre haute du Parlement, le Sénat, avait . Les sénateurs étaient nommés par le président de la République. En pratique, les 14 conseils provinciaux nommaient chacun un sénateur. Le Premier ministre en désignait neuf, et le chef de l'opposition huit. Le trente-deuxième siège revenait à un représentant du Conseil de Rotuma. Le Sénat possédait le droit de retarder et d'amender la législation issue de la Chambre des représentants, et pouvait mettre son veto à toute modification de la Constitution. Le président de la République des Fidji est Wiliame Katonivere depuis le . Les institutions politiques ont été réformées à la suite du coup d'État de décembre 2006 réalisé par le responsable des armées Frank Bainimarama. En 2013, le gouvernement civil appuyé par l'armée et dirigé par le contre-amiral Frank Bainimarama introduit une nouvelle Constitution. Celle-ci, visant à mettre fin aux politiques fondées sur les clivages inter-ethniques, remplace les listes électorales communautaires par des listes sans aucune distinction ethnique. Le Parlement, désormais monocaméral, élu avec un mandat de quatre ans, élit le Premier ministre, qui lui demeure redevable, selon le principe de gouvernement responsable. Le Président de la République est également élu par le Parlement, avec un mandat de trois ans reconductible une fois ; ses fonctions sont purement cérémonielles. Les élections qui se tiennent en 2014 sur la base de cette nouvelle Constitution fournissent une majorité absolue des sièges au parti Fidji d'abord de Frank Bainimarama, et lui permettent de conserver le pouvoir avec le soutien d'une assemblée démocratiquement élue. Le risque d’attentat aux Fidji est considéré comme élevé par la France au . Subdivisions. Les Fidji sont divisées en quatre parties, appelées "divisions". Celles-ci sont simplement appelées "division du centre", "division du nord", "division orientale" et "division occidentale". L'île de Rotuma, au nord de l'archipel principal, a le statut de dépendance. Géographie. Les Fidji se composent de , dont environ un tiers sont habitées. Les deux îles les plus importantes sont Viti Levu et Vanua Levu. Viti Levu accueille la capitale Suva et presque les trois quarts de la population y habite. D'autres villes importantes sont Lautoka et Nausori. L'aéroport international principal est situé à Nadi (prononcé Nandi), du côté occidental de Viti Levu, à l'opposé de Suva. Les îles sont montagneuses, avec des sommets s'élevant jusqu'à , et couvertes de forêts tropicales. Le pays a une superficie de et une densité de population de . Son littoral mesure de longueur. Le point le plus haut est situé à une altitude de . Économie. Les Fidji, dotées de forêts, de minerais et ressources en poissons, possèdent l'une des économies les plus développées des îles du Pacifique, malgré un secteur d'économie de subsistance toujours important. Les exportations de sucre et une industrie du tourisme en croissance (plus de annuellement) sont les principales sources de devises étrangères. Le traitement du sucre compose un tiers de l'activité industrielle. Les îles Fidji sont également l'un des tout premiers pays exportateur de coraux vivants menacés d'extinction, et ont rejoint la convention CITES en 1998. Les problèmes à long terme sont, entre autres, les faibles taux d'investissement et des droits de propriété assez incertains. L'agitation politique aux Fidji a eu un impact grave : son économie diminua de 2,8 % en 2000 et ne s'accrut que de 1 % en 2001. Le bureau du tourisme des Fidji s'attend à ce que les arrivées de visiteurs atteignent un niveau comparable voire supérieur à celui d'avant le coup d'État en 2002. La capacité du gouvernement à contrôler son budget (prévision d'un déficit net de 6 % pour 2002) dépendra du retour de la stabilité politique et de la confiance des épargnants. Un aéroport international dessert les Fidji, à Nadi. Démographie. Groupes ethniques. La population autochtone a été définie comme mélanésienne par Jules Dumont d'Urville, en raison de la couleur noire de sa peau. Cette catégorisation a subsisté, bien que ces Mélanésiens soient proches parents des autres populations austronésiennes, comme les Polynésiens. Le 30 juin 2010, le gouvernement a approuvé le "Fijian Affairs Decree 2010" et de ce fait remplace les mots "Fidjien", "indigène" ou "indigène fidjien" par "iTaukei" dans toutes les lois et documents officiels. Les émigrés indiens sont venus dans les îles au , à la demande des autorités britanniques, pour travailler dans les champs de canne à sucre. Les individus d'origine indienne furent longtemps victimes de discriminations, soutenues ou tolérées par certains gouvernements ayant limité leurs droits civiques. Ces discriminations persistent encore aujourd'hui. Le recensement de 2007 dénombre (56,82 %), (37,48 %) et personnes (5,7 %) pour un total de . Les événements politiques récents ont provoqué le départ de près de fidjiens, à la suite des discriminations dont ils ont fait l'objet. En 2020, l'espérance de vie des femmes est de et celle des hommes de , le taux de croissance de la population est de 0,5 %, avec un taux de natalité de , un taux de mortalité de , un taux de mortalité infantile de , un taux de fécondité de /femme et un taux de migration de -6,2 ‰. La population est composée à 26,86 % de , à 65,80 % de et à 7,34 % de ou plus. Langues. Les langues officielles du pays sont l'anglais, le fidjien et le hindi des Fidji, parlées respectivement par les deux principaux groupes ethniques. Religions. Selon le Pew Research Center, en 2010, 64,4 % des habitants des Fidji sont chrétiens, principalement protestants (52,9 %) et dans une bien moindre mesure catholiques (9,1 %). De plus, 27,9 % de la population est hindoue et 6,3 % est musulmane. La religion aborigène des Fidji peut être distinguée comme animiste ou chamanique. Sport. Le sport national est le rugby. Rugby à. L'équipe des Fidji de rugby à XV a participé à sept reprises à la coupe du monde, la première en 1987 où l'équipe a réalisé sa meilleure performance en arrivant en quart de finale, tout comme en 2007. Pour la première fois de son histoire, le 24 novembre 2018, l'équipe des Fidji a battu le XV de France (21-14). Rugby à. Le rugby à a fait son apparition dans les îles Fidji en 1991/92. L'équipe nationale des Fidji de rugby à a participé à trois reprises à la coupe du monde, la première fois en 1995, puis en 2000 et 2008, où elle fut demi-finaliste. Elle s'est aussi qualifiée pour les demi-finales de la coupe du monde 2013. En parallèle, son sponsor historique a renouvelé sa participation pour les trois prochaines années et versera quatre millions de dollars américains. Lors de l'édition de 2017 organisée en Australie et en Nouvelle-Zélande, les « Fiji Bati » se sont hissés pour la troisième fois consécutive en demi-finale. Pour cela, ils ont remporté en phase de poule la plus large victoire de leur histoire (72-6 face au Pays de Galles), puis, en quart de finale, ils ont réalisé l'exploit de battre la Nouvelle-Zélande à Wellington. Les Fidjiens l'ont emporté 4 à 2 en inscrivant deux pénalités contre une seule pour les Kiwis néo-zélandais. Ce match de haute intensité est historique puisqu'il représente la première victoire des Fidjiens face aux Néo-Zélandais. L'équipe néo-zélandaise était pourtant une des deux grandes favorites (avec l'Australie) pour remporter la compétition. Pour la troisième fois consécutive en coupe du monde, les Fidjiens retrouvaient les Australiens en demi-finale. Le miracle attendu par tout un peuple ne se produisit pas, et comme lors de deux éditions précédentes, les Australiens l'emportèrent largement, 54 à 6, mettant ainsi un terme au beau parcours des valeureux « Fiji Bati ». Rugby à. L'équipe de rugby à sept des Fidji est l'une des meilleures au monde et a remporté deux fois la coupe du monde en 1997 et en 2005, en faisant des Fidji le pays le plus titré de ce sport avec la Nouvelle-Zélande. Ils deviennent champions olympiques le en battant la Grande-Bretagne (43-7), offrant la première médaille d'or olympique au pays lors de l'édition de Rio puis conservent leur titre cinq ans plus tard lors des Jeux olympiques 2020 à Tokyo en battant la Nouvelle-Zélande (27-12). Football. L'équipe des Fidji de football dispute son premier match international masculin en 1951 et adhère à la FIFA en 1964. Elle participe à la Coupe d'Océanie et la Coupe de Mélanésie. Jusqu'à présent, les Fidji n'ont jamais participé à une Coupe du monde de football. En 2015, la fédération fidjienne de football annonce environ et joueuses participant aux compétitions dans l'archipel. Codes. Les îles Fidji ont pour codes : |
Fortran Fortran ("") est un langage de programmation généraliste dont le domaine de prédilection est le calcul scientifique et le calcul numérique. Il est utilisé aussi bien sur ordinateur personnel que sur les superordinateurs, où il sert d'ailleurs à tester leurs performances dans le cadre du classement TOP500 des superordinateurs les plus puissants au monde, entre autres grâce à la bibliothèque LINPACK. Le nombre de bibliothèques scientifiques écrites en Fortran, éprouvées et améliorées pendant de longues années, et les efforts continus consacrés aux compilateurs pour exploiter au fil des décennies les nouvelles possibilités des calculateurs (vectorisation, coprocesseurs, parallélisme) ont maintenu l'usage de ce langage qui ne cesse d'évoluer. Parmi les fonctionnalités ajoutées ces dernières décennies, on citera le calcul sur les tableaux (qui peuvent comporter jusqu'à quinze dimensions), la programmation modulaire, la programmation générique (Fortran 90), le calcul haute performance (Fortran 95), la programmation orientée objet et l'interopérabilité avec les bibliothèques du langage C (Fortran 2003), la programmation concurrente et le calcul parallèle à l'aide des cotableaux (Fortran 2008), des équipes, des évènements et des sous-routines collectives (Fortran 2018), en plus des interfaces OpenMP, OpenACC et de la bibliothèque Message Passing Interface. La prochaine norme sera Fortran 2023. Les discussions sur le contenu de la suivante, Fortran 202y, ont commencé. Historique et versions. Projet lancé en 1954 et aboutissant à une première version en 1957, Fortran est le premier langage de programmation de haut niveau, suivi notamment par Lisp (1958), Algol (1958) et COBOL (1959). Il est le premier langage à être normalisé, au milieu des années 60, et est devenu une norme ISO depuis Fortran 90. Le nom du langage est généralement écrit en majuscules (FORTRAN) pour désigner les versions du langage antérieures à la norme Fortran 90 car à l'époque les lettres minuscules ne font pas partie du jeu de caractères du langage. Par contre, il est toujours écrit avec une majuscule à partir de Fortran 90. Enfin, depuis environ 2010 les titres des livres en anglais utilisent souvent l'expression "modern Fortran" (Fortran moderne) pour distinguer la forme actuelle du langage de ses formes historiques. Gouvernance et communauté. Gouvernance. Fortran fait partie des langages normalisés depuis 1965 et est devenu une norme ISO depuis Fortran 90. La norme Fortran est gérée par le groupe de travail ISO/IEC JTC1/SC22/WG5, généralement simplement appelé WG5 (pour "Working Group 5"), qui charge le comité Fortran US INCITS PL22.3 (généralement appelé J3, en référence à son ancien nom ANSI X3J3) de développer le langage. Le WG5 est composé d'experts chargés de faire des recommandations pour faire évoluer le langage. Le J3 est composé de fabricants de matériel, d'éditeurs de compilateurs, d'utilisateurs issus aussi bien de l'industrie que du monde académique. Chaque révision de la norme peut ajouter de nouveaux paradigmes ou fonctionnalités, éventuellement déjà implémentées par les compilateurs sous forme d'extensions au langage, clarifier des points restés ambigus, mais aussi rendre obsolescentes d'anciennes fonctionnalités. En effet, depuis Fortran 90, les normes comportent systématiquement en annexes une liste des fonctionnalités supprimées et une liste des fonctionnalités obsolètes et donc susceptibles d'être supprimées dans une prochaine révision de la norme. Les compilateurs continuent néanmoins généralement de supporter ces fonctionnalités pour assurer la pérennité des codes déjà développés. Enfin, il s'écoule généralement plusieurs années entre la publication d'une nouvelle norme et la prise en charge intégrale de ses nouvelles fonctionnalités dans les compilateurs. En 1995, le WG5 met en place des "rapports techniques de type 2" pour travailler sur des fonctionnalités importantes qui n'auront pas le temps d'être intégrées à la norme en cours de rédaction, mais en constitueront une extension qui pourra être intégrée dans la norme suivante. En 2019, un dépôt GitHub est créé afin que tous les utilisateurs du langage puissent proposer facilement au comité J3 des évolutions pour les normes futures. Il sert actuellement à proposer des nouveautés pour la norme Fortran 202Y qui succédera à Fortran 2023, comme par exemple l'amélioration de la programmation générique, des valeurs par défaut pour les arguments optionnels, etc. Communauté. En 1955, IBM crée le groupe d'utilisateurs SHARE afin que ses clients puissent échanger entre eux. John Backus y fait des présentations régulières durant le développement du premier compilateur FORTRAN. En avril 1957, des ingénieurs de Westinghouse y rapportent la compilation du premier programme FORTRAN en dehors d'IBM. Alors que le langage se diffuse, un sous-groupe SHARE y est dédié : le "FORTRAN Standard Commitee." En 1970, la British Computer Society crée le "Fortran Specialist Group", toujours en activité en 2023, afin de promouvoir le langage, participer à ses évolutions et organiser des échanges entre utilisateurs. Créé en juillet 1982, le bulletin mensuel "FORTRAN Forum" a été publié par le SIGPLan "(Special Interest Group in Programming Languages)" de l'ACM "(Association for Computing Machinery)" trois fois par an, jusqu'en avril 2020. Le 29 novembre 1983, un groupe de discussion codice_54 est créé sur Usenet. Le 7 novembre 1986, il est renommé codice_55 et est toujours l'un des principaux canaux de communication de la communauté Fortran. La liste de diffusion comp-fortran-90 est dédiée aux questions concernant le Fortran à partir de la norme Fortran 90. On peut en consulter les archives jusque 1997, mais l'activité y est désormais très réduite avec seulement six messages postés en 2020. Un groupe "Fortran Programmers" est créé sur LinkedIn en juillet 2008 et comporte plus de 4700 membres en 2022. Le site Fortran Wiki est créé en octobre 2008. Il est édité par les utilisateurs du langage et propose de nombreuses ressources. Début 2020, une nouvelle communauté d'utilisateurs fortran-lang.org est créée afin de fédérer les efforts dans l'écosystème Fortran, sur le modèle de langages plus jeunes. En s'appuyant sur GitHub, elle développe en particulier une bibliothèque standard Fortran (stdlib) similaire à celle du C, un gestionnaire de paquets Fortran (fpm) faisant également office de système de compilation, le compilateur interactif LFortran, ainsi que des tutoriels pour apprendre le Fortran moderne. Certaines pages sont traduites en français. La communauté édite une lettre mensuelle résumant ses activités en cours et diffuse des informations sur Twitter. Une visioconférence mensuelle permet à ses membres de discuter des projets à mener. Son forum Fortran Discourse est devenu un lieu central de discussion pour la communauté Fortran. Les projets de la communauté ont reçu l'aide de cinq étudiants lors du "Google Summer of Code 2021 (GSoC 2021)", et de même pour le "GSoC 2022." L"'International Fortran Conference (FortranCon)" est créée en 2020. Initialement prévue à Zurich début juillet 2020, elle a lieu en visioconférence à cause de la pandémie de Covid-19. La seconde édition, FortranCon 2021, a également lieu en visioconférence les 23 et 24 septembre 2021. Les vidéos des conférences sont disponibles sur la chaîne YouTube FortranCon. La prochaine édition est prévue pour 2023, un rythme d'environ dix-huit mois ayant été choisi. Applications. Fortran est toujours l'un des langages les plus utilisés pour le calcul intensif, que ce soit pour l'astronomie, la modélisation climatique, la modélisation chimique, la modélisation en économie, la mécanique des fluides numérique, la physique numérique, l'analyse de données, la modélisation hydrologique, l'algèbre linéaire numérique et les bibliothèques numériques (LAPACK, IMSL et NAG), l'optimisation, la simulation de satellites, l'ingénierie des structures et les prévisions météorologiques. Les calculs peuvent aussi bien être réalisés sur des ordinateurs de bureau que sur des supercalculateurs. De nombreux tests de performance (benchmarks) destinés à évaluer les performances des nouveaux microprocesseurs sont écrits en Fortran. Les logiciels des sondes Voyager 1 et Voyager 2 de la NASA ont été écrits à l'origine en FORTRAN 5, puis portés en FORTRAN 77. Depuis le 25 septembre 2013, certains logiciels sont encore écrits en Fortran et d'autres ont été portés en C. Code source : format et syntaxe. Ancien format fixe. Avant la norme Fortran 90, le FORTRAN, créé à l'époque des cartes perforées (en particulier avec le système FMS), utilise une mise en page adaptée à ces supports : Les extensions de fichiers les plus courantes pour le format fixe sont codice_59 et codice_60, mais ce n'est qu'une convention adoptée par la plupart des compilateurs. Rien n'empêche de les utiliser avec le format libre à condition d'en avertir le compilateur à l'aide de l'option adéquate. Fortran moderne. Depuis la norme Fortran 90, le code source est écrit suivant un format dit libre : il n'y a plus de colonne particulière, les lignes font au maximum 132 caractères (mais elles peuvent être continuées à l'aide du caractère codice_61), les commentaires sont introduits par un point d'exclamation (éventuellement disposé à la suite d'une instruction Fortran). L'extension de nom de fichier la plus courante est alors codice_62, même si le programme utilise des fonctionnalités de normes plus récentes telles que Fortran 2018. program degrad ! Imprime une table de conversion degrés -> radians ! avec 32 chiffres significatifs (réels 128 bits) use, intrinsic :: iso_fortran_env, only: wp=>real128 implicit none ! Déclaration des variables integer :: deg real(wp) :: radians(0:90) ! Déclaration des constantes real(wp), parameter :: pi = 4.0_wp * atan(1.0_wp) real(wp), parameter :: coeff = (2.0_wp * pi) / 360.0_wp character(*), parameter :: ligne_horizontale = "(49('-'))" ! Remplissage du tableau : radians = [ (coeff * deg, deg=0,90) ] ! En-tête de la table write (*, ligne_horizontale) write (*, "('| Degrés |', 15(' '), 'Radians', 16(' '), '|')") write (*, ligne_horizontale) ! Affichage formaté do deg = 0, 90 write (*, "('| ', I2,' | ', F34.32,' |')") deg, radians(deg) end do ! Fin de la table write (*, ligne_horizontale) end program degrad Notes : Compilateurs. De nombreux compilateurs commerciaux ou libres sont disponibles. Compilateurs actuels. Compilateurs libres. Avant sa version 4.0, le compilateur libre GCC incluait le compilateur g77 pour le FORTRAN 77, qui a été remplacé en 2005 par le compilateur GFortran, issu d'un fork de G95 réalisé en 2003. En décembre 2022, GFortran prend en charge quasiment intégralement Fortran 2003 et Fortran 2008 et environ 40 % de Fortran 2018. Contrairement aux compilateurs Intel et Cray, il ne gère pas encore de façon native la programmation parallèle avec les co-tableaux mais nécessite l'installation de la bibliothèque OpenCoarrays. Omni Compiler est un méta-compilateur C et Fortran destiné à transformer du code contenant des directives XcalableMP et OpenACC en code parallèle natif. Compilateurs propriétaires. On trouve de nombreux compilateurs commerciaux : (filiale de NVidia), NAG, etc. La plupart des fabricants de stations de travail ou d'ordinateurs destinés au calcul intensif proposent également un compilateur Fortran : Intel, IBM, Oracle (à la suite du rachat de Sun Microsystems), HPE Cray (Cray a été racheté par HP en 2019), etc. Certains de ces compilateurs commerciaux ont des versions gratuites pour une utilisation non commerciale : c'est le cas d'Oracle, Portland Group. On peut télécharger le compilateur BiSheng que Huawei a développé pour sa plateforme Kunpeng : pour le Fortran, il utilise Flang en frontal. Quant aux compilateurs Intel, ils sont depuis janvier 2021 gratuits pour tous les développeurs : le nouveau compilateur ifx, basé sur LLVM, implémente depuis sa version 2023.0.0 l'intégralité de la norme Fortran 2018 et offre désormais les mêmes fonctionnalités que le compilateur classique ifort, qu'il remplacera progressivement. Le compilateur Intel Visual Fortran est l'héritier de DEC Visual Fortran, devenu Compaq Visual Fortran puis HP Visual Fortran. Compilateurs en cours de développement. De nouveaux compilateurs Fortran basés sur LLVM sont en développement : LFortran qui vise à permettre de tester du code de façon interactive et Flang. Compilateurs en ligne. Le Fortran fait partie des langages proposés par certains compilateurs en ligne, tels que codingground, OnlineGDB, JDOODLE, godbolt Compiler Explorer et le Fortran Playground de la communauté Fortran-lang. Certains proposent le choix entre plusieurs compilateurs Fortran ou plusieurs versions d'un compilateur, ou permettent d'analyser le code avec un débogueur et de voir le langage machine généré. Ces outils permettent donc d'apprendre le langage sans installer de compilateur sur sa machine, ils permettent également de collaborer en ligne sur un projet. Outils de développement. Éditeurs et environnements de développement intégrés. La plupart des éditeurs de texte offrent une coloration syntaxique pour le Fortran : Emacs, Notepad++, Sublime Text, Vim, Neovim, Visual Studio Code... Parmi les environnements de développement intégrés, il existe une version de Code::Blocks dédiée au développement en Fortran. Il existe également une version d'Eclipse dédiée au Fortran, nommée Photran, mais dont la dernière version date de 2015. Sous Windows, le compilateur Intel Fortran est intégré à Visual Studio. Gestionnaire de paquets et systèmes de construction. Les systèmes de construction de projet tels que CMake et Meson gèrent généralement le Fortran. L'utilitaire makedepf90 permet de générer des fichiers Make pour un projet Fortran. Mais Fortran dispose depuis fin 2020 du gestionnaire de paquets fpm "(Fortran Package Manager)", qui fait office également de système de construction de projet. Il est inspiré par l'outil Cargo du langage Rust. Il permet en particulier de gérer les dépendances, qu'il peut télécharger automatiquement depuis GitHub. Et il est lui-même écrit en Fortran. Vérification et analyse de code. fpt est un outil d'analyse de code Fortran. On peut également citer CamFort, un projet universitaire libre, ftncheck, qui est limité au FORTRAN 77 et qui n'est plus développé depuis 2005. findent est un indenteur de code source qui peut également transformer l'ancien format fixe du Fortran en format libre. Plusieurs analyseurs de type lint sont disponibles : Flint et fortran-linter, logiciels libres écrits en Python, et FortranLint, produit commercial. Lizard est un analyseur de complexité cyclomatique qui prend en charge une vingtaine de langages, dont le Fortran. Débogage et profilage. Pour le débogage, on peut par exemple utiliser les débogueurs GNU gdb ou idb "(Intel Debugger)". Pour le profilage sous système de type UNIX, on peut utiliser gprof et Valgrind. La couverture de code peut être évaluée avec . Préprocesseurs. Fypp est un préprocesseur Python qui peut être utilisé avec n'importe quel langage, tout en étant avant tout destiné au langage Fortran. Il utilise la syntaxe du Python. Tests unitaires. est un framework de tests unitaires, libre et initialement développé par la NASA. Le framework test-drive est utilisé dans les projets fpm et stdlib, et il prend en charge Meson, CMake et fpm. On peut également citer vegetables et FRUIT. Générateurs de documentation. Parmi les générateurs de documentation gérant le Fortran, on peut citer Doxygen, FORD et ROBODoc. Outils spécifiques pour Windows. Quickstart Fortran permet d'installer facilement sous Microsoft Windows, sans nécessiter les droits d’administration, les outils essentiels pour développer en Fortran : GCC-GFortran, Fortran Package Manager, Git for Windows, OpenBLAS (BLAS/LAPACK), GNU make. Il peut également faciliter l'installation d'Intel OneAPI et de la librairie stdlib en cours de développement. Bibliothèques. Bibliothèques de calcul scientifique. De nombreuses bibliothèques de calcul ont été développées en Fortran. Certaines sont développées, utilisées, testées et donc déboguées depuis des décennies, ce qui leur assure une très grande fiabilité. Bibliothèques graphiques. Les normes Fortran n'incluant pas d'instructions graphiques ou d'instructions pour construire des interfaces graphiques, la visualisation peut se faire après exécution avec des outils externes tels que ParaView, ou en appelant des outils de tracé tels que Gnuplot via l'instruction codice_94, ou enfin à l'aide de bibliothèques : Début 2021, les bibliothèques suivantes ne sont plus maintenues depuis au moins 10 ans : Interopérabilité avec les autres langages. Depuis Fortran 2003, l'interopérabilité du Fortran avec le langage C est normalisée. Le module intrinsèque ISO_C_BINDING définit des constantes de types telle que codice_95 ou codice_96, des procédures et constantes permettant en particulier de gérer l'interopérabilité des pointeurs C et Fortran, ainsi que des constantes pour les caractères telles que codice_97 pour gérer l'échange des chaînes de caractères. Cette partie du langage a reçu des améliorations avec la norme Fortran 2018. Cette interopérabilité normalisée facilite d'une part l'appel des innombrables bibliothèques écrites en C, et d'autre part l'utilisation par d'autres langages de bibliothèques écrites en Fortran. Julia sait ainsi appeler des fonctions Fortran de manière native avec la function codice_98. Python peut utiliser des bibliothèques Fortran grâce à F2PY "(Fortran to Python interface generator)," qui fait partie de NumPy. Autres langages pour le calcul scientifique. Le Fortran côtoie désormais de nombreux autres langages et logiciels pour le calcul scientifique, en particulier : Par ailleurs, d'autres langages ont été développés dans les années 2000 pour faciliter la programmation parallèle sur les superordinateurs, avant la parution de la norme Fortran 2008. On peut citer X10, développé par IBM depuis 2004, et Chapel, développé par Cray depuis 2009. Un autre langage, Fortress, apparu en 2006 et développé par Sun Microsystems, a été abandonné en 2012. Ces trois langages font partie du projet "" de la DARPA. |
Ferdinand de Saussure Ferdinand de Saussure, né à Genève le et mort à Vufflens-le-Château le , est un linguiste suisse. Reconnu comme le précurseur du structuralisme en linguistique, il s'est aussi distingué par ses travaux sur les langues indo-européennes. On estime (surtout en Europe) qu'il a fondé la linguistique moderne et établi les bases de la sémiologie. Dans son "Cours de linguistique générale" (1916), publié après sa mort par ses élèves, il définit certains concepts fondamentaux (distinction entre langage, langue et parole, entre synchronie et diachronie, caractère arbitraire du signe linguistique, etc.) qui inspireront non seulement la linguistique ultérieure mais aussi d'autres secteurs des sciences humaines comme l'ethnologie, l'analyse littéraire, la philosophie et la psychanalyse lacanienne. Biographie. Issu d'une famille genevoise d'illustres savants, Ferdinand de Saussure est né en 1857. Il est le fils de Henri de Saussure, entomologiste et de Louise de Pourtalès, le frère de Léopold de Saussure et de René de Saussure, espérantophone. On peut également noter dans sa généalogie Horace-Bénédict de Saussure, naturaliste et géologue, son arrière-grand-père, considéré comme l'un des fondateurs de l'alpinisme, et le fils de ce dernier Nicolas Théodore de Saussure, chimiste et botaniste. Il se marie avec Marie Faesch (1867-1950). Ils ont trois enfants, Jacques de Saussure, Raymond de Saussure, médecin et psychanalyste, et André de Saussure. Après avoir achevé ses études secondaires au collège de Genève, il se rend en 1875 à Leipzig où se trouvait la plus célèbre université de philologie de l'époque, puis un semestre à Berlin avec Heinrich Zimmer et à Paris. En 1877, Ferdinand de Saussure communique à la Société de Linguistique de Paris son premier article qu'il développera dans son "Mémoire sur le système primitif des voyelles dans les langues indo-européennes" paru à Leipzig. Deux ans plus tard, il présente également à Leipzig sa thèse de doctorat : "De l'emploi du génitif absolu en sanscrit". La carrière française de Ferdinand de Saussure a commencé à Paris, avec l'enseignement de grammaire comparée qu'il a donné à l'École Pratique des Hautes Études de 1881 à 1891, entre ses vingt-quatre et trente-quatre ans, et qui a eu pour le développement de la linguistique française une importance décisive. Il y enseigna la linguistique indo-européenne, avant de retourner en Suisse. Il enseigna à l'université de Genève jusqu’à sa mort, le sanskrit, le lituanien et la linguistique générale entre autres. Le cours de linguistique générale qu'il donna à l'Université de Genève en 1907, 1908 et 1910, deviendra, grâce au concours de ses élèves, le célèbre "Cours de linguistique générale". Ferdinand de Saussure mourut en 1913 à Vufflens-le-Château dans le canton de Vaud d’une maladie pulmonaire, probablement un cancer du poumon. Ferdinand de Saussure est l'un des linguistes les plus cités au monde, ce qui est remarquable car il n'a guère publié de son vivant. Même ses quelques articles scientifiques ne sont pas sans problème. Ainsi, par exemple, sa publication sur la phonétique lituanienne est prise en gros d'après les études du chercheur lituanien Friedrich Kurschat, avec qui Saussure a voyagé, en en Lituanie pendant deux semaines et dont Saussure avait lu les livres en langue allemande. Saussure, qui avait étudié la grammaire de base de la langue lituanienne à Leipzig pendant un semestre était néanmoins incapable de parler la langue, et était donc dépendant de Kurschat. On peut également se demander dans quelle mesure le Cours lui-même est dû à Saussure (seulement). Des études ont signalé qu'au moins la version actuelle et son contenu trouvent plus probablement leur origine chez les éditeurs Charles Bally et Albert Sechehaye. Les travaux de Ferdinand de Saussure et ses successeurs Bally et Sechehaye, pris comme un ensemble forment l'école linguistique de Genève, ou simplement, "l'école de Genève". Travaux. Les "Anagrammes". Avant de travailler au "Cours de linguistique générale", Saussure se livre à des études sur la poésie antique (vers saturnien, poésie homérique, poésie latine, métrique védique). Il cherche à montrer l'existence de contraintes phoniques particulières en plus des règles de métriques et de quantité. Son intuition est qu'un mot sous-jacent (hypogramme) détermine la configuration des sons dans les poèmes. Chaque vers doit reprendre les phonèmes présents dans le mot déterminant. Par exemple, le vers oraculaire « Ad mea templa portato », rapporté par Tite-Live, contient l'anagramme d'Apollon (Apolo). "Apo" se lit dans « templ"a po"rtato », le "l" dans « temp"l"a », le "o" long dans « portat"o" ». Le premier éditeur de ce texte, Jean Starobinski, n'a pas manqué de signaler le caractère douteux d'une telle méthode, qui peut mener à trouver partout des « hypogrammes », en les projetant dans le texte. Saussure émet également l'hypothèse que la métrique védique a recours aux anagrammes pour insérer, sous toutes ses formes grammaticales, le nom du dieu auquel les vers sont consacrés. La poésie védique serait ainsi liée selon lui aux premiers linéaments de la science du langage indienne. Sources. Le "Cours de linguistique générale" constitue le document le plus important dont le dispose pour connaître la pensée de Saussure. Cependant ce texte n'est pas rédigé par Saussure, mais par deux disciples, Charles Bally et Albert Sechehaye, qui, en se fondant sur les notes des étudiants, rédigèrent un texte censé rendre compte de sa pensée. Ce n'est que dans les années 1960 que commence à se développer une étude plus précise des sources, visant à identifier, à partir de ses propres manuscrits, les idées appartenant à Saussure. Langage, langue et parole. La fin ultime de Saussure est de proposer une théorie cohérente du langage, qui sera à même de saisir son objet avec la plus grande rigueur et netteté possibles, en distinguant le phénomène linguistique de tout phénomène connexe. Cela amène Saussure à distinguer le langage des langues. Par "langage", Saussure entend la faculté générale de pouvoir s'exprimer au moyen de signes. Cette faculté n'est pas propre aux langages naturels mais elle caractérise toute forme de communication humaine. Par "langue", Saussure entend en revanche un ensemble de signes utilisés par une communauté pour communiquer : le français, l'anglais ou l'allemand, pour ne citer que quelques exemples. Mais au-delà de cette distinction, Saussure différencie en outre la langue et la parole. "La parole" est, pour lui, l'utilisation concrète des signes linguistiques dans un contexte précis. Par ce concept de parole, Saussure tente de distinguer l'usage concret du langage de la langue elle-même, entendu comme ensemble de signes. Synchronie et diachronie. La langue a une dimension "diachronique" (évolution des signes au cours du temps) et une dimension "synchronique" (rapports entre les signes à un instant donné). C'est dans l'étude de ce second aspect que Saussure a particulièrement innové. Selon lui, la perspective diachronique doit être étudiée, certes, mais elle ne permet pas de rendre compte du fait que la langue est un système. Elle prend en effet uniquement en compte les modifications au cours du temps ; l'approche synchronique montre, elle, que la signification des signes dépend de la structure de l'ensemble de la langue. La langue comme système. La théorie linguistique de Saussure est nettement sémiotique dans la mesure où elle interprète la langue comme un ensemble de signes. Le linguiste distingue dans le signe deux éléments : le signifié et le signifiant. Ainsi que l'écrit Saussure : « Le signifié et le signifiant contractent un lien ». Pierre Legendre, qui analyse la « facture institutionnelle du langage » relève à ce propos que le rapport entre le signifié et le signifiant est un « rapport d'obligation », il s'agit d'un « lien de légalité ». Est posée la nécessité logique d'un garant, autrement dit d'une instance tierce, qui vienne accréditer le rapport signifié–signifiant. Signifié. Le "signifié" désigne le concept, c'est-à-dire la représentation mentale d'une chose. Contrairement à une idée répandue, la langue n'est pas un répertoire de mots qui refléteraient les choses ou des concepts préexistants en y apposant des étiquettes. Si c'était le cas, les mots d'une langue, mais aussi ses catégories grammaticales auraient toujours leur correspondant exact dans une autre. Cette observation conduit Saussure à distinguer "signification" et "valeur" : « mouton » et « sheep » ont le même sens, mais non la même valeur, puisque l'anglais pour sa part distingue "sheep", l'animal, de sa viande, "mutton" ; il en est aussi ainsi de l'opposition passé défini (simple)–passé, et indéfini (composé)-passé qui expriment une opposition d'aspect en anglais ou en castillan et une valeur d'usage (écrit–oral) en français contemporain. Ainsi le contenu (le signifié) est un concept défini négativement du fait de l'existence ou de l'absence dans une langue d'autres concepts qui lui sont opposables. Signifiant. Le "signifiant" désigne l'image acoustique d'un mot. Ce qui importe dans un mot, ce n'est pas sa sonorité en elle-même, mais les différences phoniques qui le distinguent des autres. Sa valeur découle de ces différenciations. Chaque langue construit son lexique à partir d'un nombre limité de phonèmes, caractérisés comme les signifiés, non par leur qualité propre et positive, mais par ce qui les oppose : rouler un « r » en français est sans conséquence pour la compréhension ; ne pas le faire en arabe conduit à des confusions, puisque cette langue comporte à la fois une apicale vibrante [r] (« r » roulé) et une fricative vélaire sonore [ġ] (proche du « r » grasseyé français). Les mots "rasīl" (messager) et "ġasīl" (lessive) ne se distinguent que par l'opposition "r"–"ġ". Le signe pris dans sa totalité. L'idée fondamentale de Saussure est que la langue est un système clos de signes. Tout signe est défini par rapport aux autres, par pure différence (négativement), et non par ses caractéristiques propres (positivement) : c'est pourquoi Saussure parle de « système ». Nommé pourtant (après sa mort) « père du structuralisme », il n'a jamais, à aucun moment, et c'est notable, utilisé le terme de « structure » : il a toujours parlé de « système ». Arbitraire du signe. Le langage découpe simultanément un signifiant dans la masse informe des sons et un signifié dans la masse informe des concepts. Le rapport entre le signifiant et le signifié est arbitraire et immotivé : rien, "a priori", ne justifie, en français par exemple, qu'à la suite de phonèmes [a-R-b-R] (le signifiant, en l'occurrence, du signe « arbre ») on associe le concept d'« arbre » (le signifié). Aucun raisonnement ne peut conduire à préférer [bœf] à [ɒks] pour signifier le concept de « bœuf ». Saussure se situe, du point de vue épistémologique, dans le nominalisme. Deux axes : rapports syntagmatiques et rapports associatifs. Unité linguistique. Un discours étant composé d'une succession de signes, Saussure pose la question de la délimitation du signe, indispensable à la compréhension de la chaîne parlée (l'oreille ne peut le distinguer s'il relève d'une langue inconnue). Il est ainsi amené à définir l"'unité linguistique" comme une tranche de sonorités qui est, à l'exclusion de ce qui précède et de ce qui suit, le signifiant d'un certain concept (le signifié). Ainsi le segment sonore : [ʒ(ə)lapʁɑ̃] (en alphabet phonétique international) est analysé par un francophone en trois unités linguistiques : « je/la/prends/ », ou « je/l/apprends » (le choix entre ces découpages se faisant en fonction du contexte). Pour parvenir à cette analyse, la langue établit entre les unités de sens deux sortes de rapports, indispensables l'un à l'autre. Rapports syntagmatiques. Les unités linguistiques s'enchaînent l'une à l'autre dans le déroulement de la chaîne parlée et dépendent l'une de l'autre. Toute combinaison de deux ou plusieurs signes linguistiques constitue un "syntagme". Tout signe placé dans un syntagme tire sa valeur de son opposition à ce qui précède, à ce qui suit ou aux deux : « re-lire », « contre tous », « s'il fait beau » sont des syntagmes composés de deux unités linguistiques ou davantage. On parle de "rapports syntagmatiques". Rapports associatifs (ou paradigmatiques, dénomination post-saussurienne). Les éléments ainsi combinés sont par ailleurs associés chez le locuteur à d'autres qui appartiennent à des groupes multiformes : « enseignement » est relié aussi bien à « enseignant » par parenté qu'à « armement », « chargement »… par suffixation identique ou qu'à « apprentissage », « éducation »… par analogie des signifiés. Alors que les rapports syntagmatiques sont directement observables ("in praesentia"), les "rapports associatifs" sont virtuels, sous-jacents ("in absentia"). Ces deux types de rapports coopèrent ; la coordination dans l'espace (rapports syntagmatiques) contribue à créer des associations (rapports associatifs) et celles-ci sont nécessaires au repérage et à l'analyse d'un syntagme. Dans le segment sonore [kevuditil] (Que vous dit-il ?), [vu] (vous) est analysé comme unité de sens parce qu'il s'associe à « me », « te », « lui »… qui lui sont opposables : ils pourraient se substituer à [vu] et s'excluent mutuellement. Mais sans la présence de ce qui précède et suit (rapport syntagmatique), [vu] ne peut être perçu comme unité linguistique : c'est le cas dans le syntagme [jəlevu] parce que la combinaison [levu] ne constitue pas un syntagme. Linguistique et sémiologie. Ferdinand de Saussure a toujours insisté sur les rapports entre linguistique et sémiologie. Par "sémiologie", il entend la science sociale qui étudie les signes de manière générale. La linguistique n'était aux yeux de Saussure qu'une branche de la sémiologie. Cependant la linguistique en constitue la branche la plus développée, et la plus importante, en raison de la complexité du langage humain. Postérité. La postérité de Saussure fut immense et on reconnaît en lui, généralement, le fondateur du structuralisme, bien que ce mot lui soit postérieur (il parle de la langue comme "système"). Le structuralisme fut un mouvement de pensée représenté dans différentes branches des sciences humaines : Claude Lévi-Strauss, en ethnologie, Louis Hjelmslev, en linguistique, Tzvetan Todorov, en analyse littéraire, Jacques Lacan, en psychanalyse et Michel Foucault et Jacques Derrida en philosophie, s'y illustrèrent. Dans le cadre de l'anthropologie dogmatique, Pierre Legendre élabore son analyse du langage à partir des apports de Saussure : Bibliographie. Les publications de Saussure de son vivant sont le "Mémoire sur le système primitif des voyelles dans les langues indo-européennes", sa thèse "De l'emploi du génitif absolu en sanscrit", et de nombreux articles réunis dans le "Recueil des publications scientifiques". Le "Cours de linguistique générale" a en fait été rédigé après sa mort, par deux de ses collègues sur la base des notes des étudiants, prises aux cours de linguistique générale donnés par Saussure. Toutefois, il existe un important fonds de manuscrits saussuriens à la Bibliothèque de Genève et la famille a donné en particulier un ensemble de documents tout récemment, en 1996 et en 2008. Ces manuscrits ont été publiés depuis 1958 par plusieurs auteurs, notamment Rudolf Engler, qui publia également une toute petite partie des nouveaux documents en collaboration avec Simon Bouquet dans le livre "Écrits de linguistique générale" chez Gallimard en 2002. En 2020, François Vincent retrouve et distingue les varias du cours I de ceux du cours II, ce qui permet d'étudier en dans tous les détails possible l'évolution de l'exposé du maître de cours en cours ("La trilogie achevée"). La revue "Langage" (édition Larousse) a proposé un ensemble de contributions importantes sous la direction de Jean-Louis Chiss et Gérard Dessons (Daniel Delas, Claire Joubert, Henri Meschonnic, Christian Puech et Jürgen Trabant) à propos de cette publication dans numéro 159 (« Linguistique et poétique du discours à partir de Saussure ») en septembre 2005. Poèmes et contes écrits par Saussure dans son adolescence, ainsi qu'un ensemble de lettres de jeunesse ont paru dans la biographie réalisée par C. Mejia Quijano en 2008. Auparavant, Jean Starobinski a publié des inédits de Saussure se rapportant à sa passion pour la littérature latine : Archives. Certains documents sont numérisés et consultables en ligne dans la base de données des manuscrits et archives privées de la Bibliothèque de Genève. |
Fusajirō Yamauchi est le fondateur de la société Nintendo. Il habitait à Kyōto au Japon et n'a eu qu'une seule fille, Tei Yamauchi qui épousa Sekiryo Kaneda. Il est l’arrière grand-père de Hiroshi Yamauchi. En 1889, il crée la société "Nintendo Koppai" dont le but est de produire un jeu de cartes, les Hanafuda. Ces cartes rencontrèrent très vite un grand succès et Fusajiro ouvrit deux boutiques de ventes à Kyōto et une à Ōsaka. En 1907, Fusajirō agrandit sa société en exportant ses cartes à l'étranger. Fusajirō prit sa retraite en 1929 et fut remplacé par son gendre, Sekiryo Kaneda. Il meurt d'un AVC le jour de l'an, le 1940, à l'âge de 80 ans. |
Famicom La , abréviation de , est une console de jeux vidéo créée par Nintendo en 1983. En Europe, au Canada et aux États-Unis, la console est complètement réétudiée. Elle adopte un nouveau "design" et des caractéristiques légèrement différentes. Elle est rebaptisée Nintendo Entertainment System ou NES. En Inde, la Famicom prend le nom de Tata Famicom et en Corée du Sud celui de Hyundai Comboy. Historique. À sa sortie au Japon, la Family Computer se vend à en deux mois. Son succès vient de sa supériorité technique par rapport à la concurrence et de son prix de , deux fois moins chère que la moyenne des autres consoles présentes sur le marché japonais en 1983. Cependant, imitant Nintendo, Sega sort la Sega Mark III (Master System en Europe et aux États-Unis). Nintendo élargit sa clientèle en exportant la console en 1985 aux États‑Unis, rebaptisée Nintendo Entertainment System. Nintendo, et son patron Hiroshi Yamauchi, sont persuadés qu'un bon catalogue de jeux est le principal argument de vente. Cette console est un succès commercial, Nintendo estimant en avoir vendu 62 millions. À la fin des années 1980, au Japon et aux États-Unis, un foyer sur trois était équipé de Famicom. À l'époque, Nintendo fut l'entreprise japonaise la plus rentable, devant Toyota. Plus de furent développés pour cette console. Il existe plusieurs versions de la console : la Family Computer au Japon, la Nintendo Entertainment System en Europe, au Canada, aux États‑Unis et en Australie, la Famicom AV qui est une version relookée et la Twin Famicom qui regroupe la console et le Famicom Disk System en une seule machine. Spécifications techniques. Le processeur (6502) est américain, utilisé par Apple Computer pour les Apple 2. La définition : 256 × 240 pixels est énorme pour l'époque. La différence entre les versions Famicom et NES se situe surtout au niveau du design, pas au niveau de l'architecture, quasiment identique. Les cartouches. La Famicom bénéficia de 6 modèles de cartouches, qui se différencient au niveau de la capacité de stockage, mais pas seulement. La puce évolue aussi selon les évolutions des techniques de développement. La première génération est la cartouche MMC1, utilisée notamment pour "The Legend of Zelda". Elle utilise la technique dite du "bankswitching", qui permet de jongler entre plusieurs mémoires, comme toutes ses remplaçantes. Elle contient une mémoire RAM pour les sauvegardes et une mémoire totale de . La deuxième génération est la MMC2 avec une mémoire de 32 × 16 kbit, et permet des sprites plus grands. La MMC3, permet l'affichage de deux écrans séparés, comme dans "Super Mario Bros. 3". La MMC4 est plus anodine. En revanche, la MMC5 porte la mémoire à 1 Mbit, améliore le système de sauvegarde et offre de meilleurs graphismes. Konami a aussi développé sa puce, la LSI, qui améliore le son. Accessoires. En premier lieu, une invention révolutionnaire pour l'époque, le Famicom Disk System. Celui-ci se branche sur le port cartouche, afin d'utiliser des disquettes , effaçables et ré-inscriptibles. Il connut un fort succès au Japon. De plus Nintendo mettait à disposition des joueurs les bornes Disk Writer, pour enregistrer des jeux sur les disquettes à bas prix. Plus étonnant, le Robotic Operation Buddy (communément appelé R.O.B.) développé par Gunpei Yokoi et son équipe, un robot qui se dirigeait par rapport à la lumière émise par la télé. Plus classique, le Zapper, un pistolet optique. Celui-ci réagit à des couleurs envoyées par la télé. La console pouvait être pourvue de quatre manettes grâce au pad Satellite, mais aussi d'un clavier nommé Miracle, d'une manette sans fil Double Play Acclaim, sans oublier le Power Glove. D'autres accessoires développés par Nintendo ont vu le jour exclusivement au Japon, permettant d'étendre les fonctionnalités de la console, comme le Family BASIC, fourni avec un clavier et une cartouche permettant les sauvegardes ou encore le Famicom Modem, permettant de se connecter à un réseau propriétaire proposant des services d'information basiques (bourse, météo, paris équestres, etc.). Les accessoires les plus anecdotiques : Family Fun Fitness (tapis de jeu électronique), U‑Force (détection infra‑rouge des mouvements de la main), et surtout le Teleplay System, pour les jeux en réseaux (à deux) via la ligne téléphonique. Autres médias. La Famicom fait une courte apparition au début du film japonais "" où Mario y joue plusieurs heures à un jeu, on distingue la manette et la console sous la TV. |
Federal Bureau of Investigation Le ' (qui est littéralement traduit par « Bureau fédéral d'enquête »), ou très couramment nommé par son sigle ' (), est, aux États-Unis, le principal service fédéral de et un service de renseignement intérieur. En 2010, la juridiction du FBI recouvre plus de deux cents catégories de crimes fédéraux, faisant du FBI l'organisme d'enquête majeur du gouvernement américain. Ses attributions incluent l'antiterrorisme, le contre-espionnage, le crime informatique et la médecine légale. Établi en 1908, comme (, littéralement « Bureau d'enquête »), ce service est rebaptisé en 1935. Son siège est situé au J. Edgar Hoover Building sur Pennsylvania Avenue à Washington, tandis que ses bureaux sont disséminés dans plus de quatre cents villes américaines et cinquante ambassades dans le monde. Le sceau du FBI est créé par le chef illustrateur Leo Joseph Gauthier et est utilisé pour la première fois en 1941. Sur le listel situé sous le blason est inscrit en anglais la devise du service qui est : "Fidelity, Bravery, and Integrity", . Depuis 2017, le directeur du Federal Bureau of Investigation, nommé par le président des États-Unis et confirmé par le Sénat, est Christopher A. Wray. Présentation. Le FBI est sous la tutelle du département de la Justice des États-Unis qui lui accorde son budget et définit ses priorités. Les activités du FBI portent notamment sur : Son siège est dans l'immeuble J. Edgar Hoover Building à Washington et son centre de formation est à Quantico en Virginie. Sa devise officielle est . En 1918, au sortir de la Première Guerre mondiale, le Bureau dispose d'environ . Seuls , en 2005, étaient affectés à la surveillance des fraudes sur les hypothèques (l'une des causes de la crise des subprimes). Elle dispose aujourd'hui, concernant la délinquance en col blanc, de centaines d'agents de moins que pendant la crise des Savings & Loans des années 1980-1990. De ce fait, l'agence se fait parfois assister, concernant cette délinquance, par des entreprises de sécurité privées (dont Kroll). Au , le FBI employait ( spéciaux et de soutien) et son budget était de de dollars américains. Le FBI disposait de régionaux et de locales aux États-Unis, ainsi que de en dehors des États-Unis au sein des ambassades ou des consulats. Émergence. L'ancêtre du FBI, le « Bureau of Investigation » (BOI), a été créé le par Charles Joseph Bonaparte-Patterson, petit-neveu de et procureur général des États-Unis sous la présidence de Theodore Roosevelt, pour lutter contre le crime organisé à partir d'un groupe d'agents du United States Secret Service. Son siège était alors installé dans l'immeuble du département de la Justice, à Washington. L'origine même du BOI remonte à la décision de la Cour suprême de 1886, Wabash, St. Louis & Pacific Railroad Company v. Illinois (1886), qui décréta alors que les États fédérés n'avaient pas le droit de réguler le commerce inter-étatique. L'année suivante, le Congrès passa l"Interstate Commerce Act" (« Loi sur le commerce inter-étatique », 1887), rendant l'État fédéral responsable de l'application de la loi dans les cas inter-étatiques. Mais jusqu'à l'arrivée de Charles J. Bonaparte-Patterson en tant que secrétaire de la Justice, le département de la Justice se contentait d'effectifs limités pour assurer cette fonction. Bonaparte-Patterson fit alors appel à diverses autres agences, dont le Service secret, afin d'obtenir des enquêteurs, mais, en 1908, le congrès vota une loi interdisant au département de la Justice de faire appel à des employés du Trésor. C'est alors que le secrétaire de la Justice Bonaparte-Patterson créa le BOI en y intégrant ses propres agents spéciaux, issus des Services secrets (lesquels acceptèrent de transférer douze de leurs agents au BOI). Ainsi, les agents du FBI étaient originellement des agents des Services secrets, et dépendaient, juridiquement, de l'Interstate Commerce Act de 1887. La première mission officielle du BOI fut de visiter les maisons de tolérance et d'établir des registres de celles-ci, afin de préparer l'application du Mann Act du (ou "", « loi sur la traite des blanches »). Le BOI a pour principal rôle original de lutter contre la corruption et contre les « voleurs de terres » qui, dans l’Ouest américain, s’étaient appropriés , avec la complicité de membres du Congrès et de fonctionnaires, de dizaines de milliers d’hectares appartenant à l’État. Ère Hoover (1924-1972). J. Edgar Hoover fut nommé directeur du BOI le , et demeura en poste pendant près de , jusqu’à sa mort en 1972. Hoover s'impliquait de près dans la plupart des enquêtes et projets du FBI. En 1932, le BOI fut renommé "United States Bureau of Investigation", tandis que le Scientific Crime Detection Laboratory (ou FBI Laboratory, la division de police scientifique du FBI) fut ouverte la même année, en grande partie grâce aux efforts de Hoover. L'année suivante, il fusionna avec le Bureau of Prohibition, chargé d'appliquer les lois sur la prohibition de l'alcool, et prit le nom de "Division of Investigation" (service enquête) (DOI), avant d'adopter finalement son nom actuel de « Federal Bureau of Investigation » (FBI) en 1935. Durant l'entre-deux-guerres, ses pouvoirs s'étendent à la suite des difficultés des forces de police locale à faire respecter la loi. Les règlements de compte brutaux à Chicago sont monnaie courante ainsi que le trafic d'alcool. Le service se fit alors rapidement connaître grâce à une excellente politique de relations publiques. Lors de la « guerre contre le crime » des années 1930, le FBI arrêta ou tua un certain nombre de criminels célèbres, tels que John Dillinger, "Baby Face" Nelson, Kate "Ma" Barker, Alvin "Creepy" Karpis, et George "Machine Gun" Kelly. Durant cette période, le FBI était aussi chargé de lutter contre l'influence du Ku Klux Klan, dont les activités racistes étaient en recrudescence notable. Par ailleurs, grâce au travail d'Edwin Atherton, le FBI arrêta un certain nombre de néo-révolutionnaires mexicains, près de la frontière de Californie, dans les années 1920. Mais le FBI s'intéressa aussi, dès cette période, aux activistes politiques, mettant en œuvre une surveillance des mouvements politiques les plus divers. La « "red scare" » (« peur rouge ») affectait en effet les États-Unis à ce moment. Il fallut que le président Franklin D. Roosevelt intervienne pour mettre un terme (temporaire) à ces enquêtes, qui visaient des écrivains tels que Truman Capote ou William Faulkner. Jusqu’à la création de l'OSS lors de la Seconde Guerre mondiale, le FBI qui compte alors fut le seul grand service américain qui faisait du renseignement humain à l'étranger, essentiellement grâce à ses bureaux en Amérique Latine. Lors de la création de la CIA, successeur de l'OSS, le FBI fut cantonné aux activités de surveillance intérieure. À partir des années 1940, le FBI se chargea de nombreuses enquêtes de contre-espionnage, qui continuèrent tout au long de son existence. Lors de la Seconde Guerre mondiale, huit agents de l'Allemagne nazie furent arrêtés, accusés d'avoir préparé des opérations de sabotage. Six d'entre eux furent exécutés (voir l'arrêt de la Cour suprême, "Ex parte Quirin"). Aux côtés de la NSA (National Security Agency), le FBI participa aussi de façon importante au projet Venona, un projet de décodage cryptographique des codes utilisés par l'URSS, mené conjointement avec le Royaume-Uni. Le projet Venona était sous la supervision de Hoover, qui n'en informa la CIA qu'en 1952. Après l'attaque de l'armée japonaise contre la base américaine de Pearl Harbor, le FBI procède à l'arrestation des personnes d'origine japonaise vivant aux États-Unis. Bientôt les camps d'internement furent établis dans le nord et à l’est de la Californie (Arizona, Arkansas, Colorado, Idaho, Utah et Wyoming), et dans lesquels furent enfermées . Après la guerre. Lors de la guerre froide, la cible prioritaire officielle du FBI fut les réseaux du bloc de l'Est (arrestation de l'espion Rudolph Abel en 1957). Toutefois, l'agence ciblait aussi tous les mouvements « dissidents » des États-Unis, du Ku Klux Klan au Parti communiste USA et aux divers groupes du mouvement des droits civiques. Ainsi, lors de l'opération secrète de renseignement COINTELPRO, programme en œuvre de 1956 à 1971, le FBI surveillait, avec l'aide de la National Security Agency (NSA), beaucoup de mouvements d'opposition. Révélé par la Commission citoyenne d'enquête sur le FBI, un groupe de gauche qui avait cambriolé des bâtiments du FBI pour récupérer des dossiers classifiés, le programme COINTELPRO a été sévèrement critiqué par la Commission Church de 1975. La surveillance du FBI s'étendait aussi aux membres du gouvernement. Ainsi, Hoover ordonne à ses agents d'effectuer une enquête à propos de Jack Valenti, nommé conseiller spécial du président Lyndon Johnson juste après l'assassinat de Kennedy le . L'enquête visait notamment à déterminer si Valenti était homosexuel, une accusation qui suffisait alors à briser une carrière (le conseiller de Johnson Walter Jenkins dut ainsi démissionner peu de temps avant l'élection présidentielle de 1964 pour cette raison) . Hoover (qui n'était pas marié, fut pendant le compagnon de son « bras droit » Clyde Tolson et a, de ce fait, été soupçonné par certains historiens d'être lui-même homosexuel) utilisait en effet les informations sur les élites obtenues par ses agents dans le cadre de ses tractations avec la Maison-Blanche. Pendant les années 1950 et 1960, les dirigeants du FBI étaient de plus en plus préoccupés par l'influence des leaders des droits civiques. En 1956 par exemple, Hoover prit la rare décision d'envoyer une lettre ouverte dénonçant le , un leader des droits civiques, chirurgien et riche entrepreneur du Mississippi qui a critiqué l'inaction du FBI pour résoudre les meurtres récents de George W. Lee, Emmett Till et d'autres Afro-Américains dans le sud. COINTELPRO servait à enquêter sur et stopper des organisations politiques dissidentes aux États-Unis, y compris les organisations non violentes et militantes, dont le Southern Christian Leadership Conference, leader dans les droits civiques. Martin Luther King, Jr. était une cible fréquente des enquêtes. Le FBI n'a trouvé aucune preuve de crime, mais a tenté d'utiliser des enregistrements d'actes sexuels de King pour l'intimider. Dans ses mémoires de 1991, le journaliste du "Washington Post" Carl Rowan affirme que le FBI a envoyé au moins une lettre anonyme à King l'encourageant à se suicider. Quand le président John F. Kennedy est abattu, c'est sous la juridiction de la police locale que sont faites les investigations, jusqu'à ce que le président Lyndon B. Johnson ordonne au FBI de prendre en charge l'enquête. Pour s'assurer qu'il n'y aura plus de confusion sur les homicides au niveau fédéral, le Congrès fait passer une loi qui en donne la charge au FBI. Après que RICO, la loi sur le racket, prend effet, le FBI commence à enquêter sur d'anciens groupes anti-prohibition, qui sont depuis devenus des façades pour le crime dans les principales villes et même des villes moyennes. Tout le travail du FBI est fait sous couverture et depuis ces groupes en utilisant les ressources financières de RICO pour les démanteler. Bien que Hoover ait initialement nié l'existence d'un réseau criminel organisé aux États-Unis, le Bureau a plus tard mené des opérations contre des syndicats du crime bien connus et des familles, incluant celles menées par Sam Giancana et John Gotti. La loi RICO est encore utilisée aujourd'hui pour tout crime organisé ou individu qui tomberait sous cette loi. Sous la présidence Reagan, cette loi fut utilisée pour condamner à de lourdes peines de prison des militants politiques d’extrême gauche impliqués dans le braquage de la Brink's de 1981. En 1967, le FBI réoriente le programme COINTELPRO en direction des mouvements noirs et notamment les Blacks Panthers. Dans une note interne, le FBI définit son objectif comme étant de « démasquer, briser, fourvoyer, discréditer, ou au moins neutraliser les activités des organisations nationalistes noires qui prêchent la haine ». Outre les méthodes de répression classiques (filatures, écoutes téléphoniques, lettres anonymes, agents doubles, etc), le FBI se livre à de la propagation de fausses nouvelles, comme dans le cas de Jean Seberg et réalise des assassinats. Pour la seule année 1970, 38 militants sont tués lors de raids organisés contre les bureaux du BPP. Le , le leader des Panthères de Chicago, Fred Hampton, est exécuté dans son lit par un agent du FBI infiltré. Après Hoover. En 1975, après la mort de Hoover, le FBI s'installe dans son nouveau quartier général, baptisé « John Edgar Hoover FBI Building » en la mémoire de son inamovible directeur. Le Congrès vote aussi une loi limitant la durée de fonction des directeurs du FBI à un maximum de dix années. Au moins deux de ses agents étaient en poste en Amérique latine : Dan Mitrione, qui est enlevé et assassiné en 1970 par les Tupamaros uruguayens, et Robert Scherrer, qui fut l'un des premiers Américains informé de l'existence de l'opération Condor et transmis des renseignements obtenus via celle-ci afin que le FBI interroge aux États-Unis des militants présumés exilés. D'après Manuel Contreras, le chef des services de renseignement chilien qui supervisait l'opération Condor, la CIA et le FBI étaient informés de la base de données utilisée dans le cadre de l’opération, lui ont fourni des informations et l'ont elles-mêmes utilisées. Le Hostage Rescue Team (« équipe de secours des otages »), une unité d'élite du FBI, chargée en particulier de la lutte antiterroriste et des crimes majeurs, fut créée en 1984 afin de préparer l'organisation des Jeux olympiques de 1984. Comme dans d'autres pays (dont l'Europe, avec la création de TREVI), la création de cette unité, qui travaille avec le SWAT, fut influencée par la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich en 1972. Elle comporte en janvier 2020. La même année, le CART ("Computer Analysis and Response Team") est créée pour s'occuper des problèmes de sécurité informatique. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, la guerre froide prenant fin avec la chute du Mur de Berlin en 1989, du FBI consacrés au contre-espionnage ont été ré-assignés dans des missions de prévention des crimes violents, désignés comme sixième priorité nationale des services de police. Le budget du FBI est alors amoindri, et le FBI se charge de plus en plus de missions d'assistance aux forces de police locales dans la traque des suspects franchissant les frontières des États fédérés. Le FBI poursuivit aussi le développement de ses activités de police scientifique, initiées dès 1924 avec un système de dactyloscopie (empreintes digitales), en analysant l'ADN. À la suite de l'attentat du World Trade Center en 1993, le FBI se concentre à nouveau, entre 1993 et 1996, sur la lutte antiterroriste. En 1993, il gère aussi les négociations avec les Davidiens lors du siège de Waco, qui aboutit à la mort de . Il enquête ainsi sur l'attentat d'Oklahoma City (1995), et arrête en 1996 Timothy McVeigh. Par ailleurs, depuis 1994, en cas de bavure policière aux États-Unis, le FBI peut être chargé de l'enquête. En 1998, le FBI crée le CITAC ("Computer Investigations and Infrastructure Threat Assessment Center" pour le Centre d'enquêtes informatiques des risques de menace des infrastructures) et le NIPC ("National Infrastructure Protection Center" pour le Centre national de la protection des infrastructures) afin d'augmenter ses capacités en matière de sécurité informatique et de lutte contre le cybercrime. L'agence fédérale augmente aussi ses capacités de surveillance électronique, s'adaptant aux évolutions des télécommunications. Après que le Congrès a fait passer les lois "Communications Assistance for Law Enforcement Act" (CALEA, 1994), "Health Insurance Portability and Accountability Act" (HIPA, 1996), et "Economic Espionage Act" (EEA, 1996), le FBI a donné suite en améliorant sa technologie en 1998, comme il l'avait fait avec le CART en 1991. Depuis le 11 septembre 2001. Lettres de sécurité nationale et autres. Le "USA Patriot Act" donna un pouvoir accru au FBI, notamment via l'usage des lettres de sécurité nationale (NSL), obligeant toute personne, physique ou morale, à lui transférer toute donnée personnelle intéressant le FBI, sans avertir la personne concernée par cette surveillance. Le FBI a ainsi utilisé de façon exponentielle ces NSL, en en délivrant entre 2003 et 2006. Par ailleurs, le FBI a procédé entre 2002 et 2006 à la récolte illégale de données concernant plus de appels téléphoniques, faites sans NSL, visant entre autres des journalistes du "Washington Post" (Ellen Nakashima, qui était basée à Djakarta) et du "New York Times" (Raymond Bonner et Jane Perlez, également basés dans la capitale indonésienne). Fin 2003, Bush et John Ashcroft, le ministre de la Justice, ont autorisé les agences à conserver les données acquises via les NSL, alors qu'elles étaient auparavant détruites si elles concernaient des personnes innocentées par la suite. Il a même ordonné que ces données soient enregistrées sur des systèmes de traitement de données, à des fins d'exploration de données ("data mining") tandis que l' ("Further Strengthening the Sharing of Terrorism Information To Protect Americans") étendit l'accès à ces bases de données aux gouvernements locaux, étatiques et tribaux, ainsi qu'aux , entités non définies. Fin décembre 2003, la "Proactive Data Exploitation Unit" (unité proactive d'exploitation de données), dirigée par Gurvais Grigg, fut envoyée à Las Vegas, placé sous alerte orange, afin d'analyser les données concernant tous les visiteurs de la ville, à la recherche de liens éventuels (coups de téléphone, etc.) à des personnes soupçonnées de terrorisme. En janvier 2004, le FBI a mis sur pied l', fondée sur le même logiciel d'Oracle utilisé par la CIA, afin d'exploiter ces données. Les instructions ministérielles d'Ashcroft permettaient aussi, pour la première fois, au FBI d'intégrer les données provenant des deux filiales de Reed Elsevier, LexisNexis et , qui combinent des données personnelles provenant du secteur privé et public, à ses systèmes de traitement (les précédents ministres de la Justice considéraient que cela violerait le ) . "Sneak and peek warrant". Le "Patriot Act" instaurait aussi les ' (), c'est-à-dire des perquisitions menées en l'absence de la personne concernée par la perquisition, qui peuvent être utilisées dans le cadre de toute enquête judiciaire (y compris pour des simples délits, ou '). Ces mandats ont dû être amendés à la suite de la décision d'un juge les déclarant anticonstitutionnels, en raison de la violation du de la Constitution, dans l'affaire , un avocat de Portland victime d'une telle perquisition et accusé de terrorisme parce que le FBI prétendait avoir identifié ses empreintes digitales sur des explosifs trouvés à Madrid après les attentats du — Mayfield a été par la suite innocenté, le FBI s'étant trompé. 763 mandats de ce genre avaient été accordés en 2008, dont seulement trois concernaient des affaires de terrorisme : les deux tiers (65 %) concernaient des affaires de stupéfiants . Réorganisation du FBI par Robert Mueller. Robert Mueller est nommé directeur du FBI sept jours avant les attentats du 11 septembre 2001. Quelques mois plus tard, en réponse à ces attentats et dans le contexte de la « guerre contre le terrorisme » proclamée par l'administration Bush, Mueller appelle à une réforme du mode de fonctionnement de l'agence. C’est ainsi qu’un tiers des agents du FBI (soit plus de ) sont réaffectés au renseignement et au contre-terrorisme. L'agence, à court de personnel pour lutter contre la délinquance en col blanc, peine à mener les enquêtes dans les milieux financiers à la suite de la crise des subprimes et à la crise financière de 2008. Le FBI est alors chargé notamment des enquêtes sur Fannie Mae, Freddie Mac, l'American International Group et la banque en faillite Lehman Brothers. Création du Terrorist Screening Center et "watchlist". En novembre 2003, l'administration Bush crée le Terrorist Screening Center, une agence fédérale dépendante du FBI, consacrée à l'identification et au stockage des données concernant les personnes suspectées d’être terroristes par une ou plusieurs agences gouvernementales américaines, ou par des organisations alliées étrangères. L'agence, dotée d'une base de données informatisée ("Terrorist Screening Database", TSDB), est chargée de centraliser les informations issues des différents organismes publics, fédéraux ou locaux. En 2005, son budget s'élevait à de dollars, tandis que le centre employait environ . Le TSDB comportait des fiches sur à peu près en avril 2007, avec une progression mensuelle moyenne de fichées. Outre la base de données TSDB, le FBI maintient une "watchlist" des personnes soupçonnées d'implication éventuelle dans le terrorisme, qui comportait en septembre 2008 ; d'entre eux n'auraient pas du être inscrits sur cette liste selon un rapport du département de la Justice de mai 2009. Divers. Le , le FBI annonça publiquement le succès de son opération d'infiltration du forum DarkMarket, une opération contre la cybercriminalité qui dura deux ans et qui a abouti à l'arrestation de dans le monde, empêchant, selon l'agence, la perte de de dollars. Dix agents "illégaux" du SVR (neuf Russes et une Américano-péruvienne) ont été arrêtés le par le FBI et échangés le à l'aéroport de Vienne contre quatre Russes accusés d'espionnage au profit des États-Unis et du Royaume-Uni. Un onzième homme a réussi à s'échapper à Chypre. En juillet 2010, le FBI a lancé une polémique à propos de l'utilisation de son sceau par le projet Wikipédia. Le bureau fédéral a demandé le retrait de son logo des pages de Wikipédia, qui a rejeté la requête. En effet, Wikipédia juge que l’image qu’elle héberge n’est ni un faux badge, ni une fausse carte d’identification, ni un faux insigne. « De fait, nous devons appliquer ce que dit la loi, et non pas l'interprétation de celle-ci que vous appelez de vos vœux », ironise Mike Godwin, l'avocat de Wikipedia, s'adressant au FBI. Depuis cette réponse de l'encyclopédie en ligne, aucun commentaire n'a été formulé par le FBI. Le au soir, le FBI ferme les du groupe Mega, dont le service de téléchargement direct Megaupload, ainsi que le service de streaming Megavideo. En septembre 2012, le FBI annonce la mise en place, au coût d'un milliard de $ US, d'un système de reconnaissance faciale, la ' ('). Il s'agit d'une base de données nationale comprenant des photos d'identité judiciaire, des images de l'iris, des enregistrements d'ADN, des échantillons de voix et d'autres informations biométriques. En juin 2021, les médias annoncent une vague d'arrestation dues à l'opération Trojan Shield plus communément connue du public sous le nom d'ANOM, nom d'un smartphone équipé d'un logiciel de messagerie qui a été utilisé par divers criminels pensant le système sûr. En fait, ce smartphone était fourni par le FBI. Cela permit l'arrestation de plus de dans le milieu de la drogue notamment. Formation des agents. À titre d'exemple, au début de l'année 2005, le « Bureau » a reçu environ pour n'en retenir que . Les postulants au poste d'agents sont formés dans la "FBI Academy" sur le campus de Quantico en Virginie, qu'elle partage avec la "FBI National Academy", qui s'occupe, elle, des cours de perfectionnement pour des policiers américains et étrangers chevronnés. Pour être admis au FBI, il faut un diplôme universitaire et être âgé de 23 à , la moyenne d'âge est de , car on exige des recrues qu'elles aient acquis de l'expérience professionnelle. Environ un tiers des nouveaux agents viennent des forces armées, mais les candidats proviennent désormais de toutes les couches sociales et groupes ethniques du pays après avoir eu, jusqu'aux années 1960 sous la direction d'Hoover, la réputation d'être réservé à la majorité WASP ("White Anglo-Saxon Protestant"). Ils arrivent à Quantico par groupes de cinquante et s'entraînent pendant dix-sept semaines aux techniques de filature, au tir () et à l'utilisation des sciences pour le recueil d'indices. Ce premier entraînement est suivi de deux années de formation sur le terrain. Les agents fédéraux sont souvent surnommés les « G-men » ("Government men"). En 2003, ont été formés, ce qui est un record dans l'histoire du FBI. . Sanctions disciplinaires. Début 2011, le FBI déclare qu'entre 325 et sont la cible d'une action disciplinaire par an, depuis la simple réprimande jusqu'à la mise à pied, et qu'environ sont licenciées chaque année, sur un total de . Directeurs. Après la disparition de Hoover le mandat des directeurs du FBI est fixé à une période de dix années et ils ne peuvent en principe être démis qu'en raison d'une faute grave, ce qui fut le cas en 1993 de William Sessions sous la présidence de Bill Clinton. En revanche, le limogeage surprise de James Comey par Donald Trump le , alors qu'il enquêtait sur les liens possibles entre des responsables de la campagne présidentielle de Trump et la Russie, suscite beaucoup de questions sur les raisons réelles de cette décision. Directeur adjoint. Deuxième dans la hiérarchie du FBI, le directeur adjoint est Paul Abbate depuis février 2021. |
FPS Anglais. FPS est un sigle qui peut désigner : Français. FPS est un sigle qui peut désigner : |
Fléau d'armes Le fléau d'armes est une arme blanche contondante utilisée au Moyen Âge européen. Bien qu'il désigne un objet bien spécifique, de nombreuses inexactitudes qui se sont perpétuées au fil du temps ont conduit à une confusion avec des armes proches. Par exemple, au début du , le sculpteur Simon Guillain utilisait un fléau dans les rues dangereuses de Paris : "Quand il marchoit dans les rues, il cachoit sous son habit un fléau. Il s'en servoit avec une dextérité et une vigueur sans pareilles""." Description. Le fléau est une arme offensive composée d'une masse de fer retenue par un bout de chaîne, par une bande de cuir ou une bielle à l'extrémité d'un bâton. La masse de fer est habituellement une sphère armée de têtes de clous, suspendue par un bout de chaîne à un bâton d'environ de longueur. Pour les combattants à pied, le bâton était plus long afin qu'ils puissent atteindre les cavaliers. Spécifications. La configuration singulière du fléau en tant qu'arme articulée lui conférait les spécificités suivantes : Usage. Ces armes terribles étaient surtout utilisées en Allemagne et en Suisse ; en revanche il semblerait qu'elles n'étaient pas souvent employées en France. Il en est rarement question dans les romans et chroniques. En effet, les manuscrits des , et s ne figurent qu'exceptionnellement des fléaux dans leurs vignettes. La dénomination de ces armes a dérivé au fil des siècles. Le morgenstern désignait jusqu'au une masse d'armes dont la masse était sphérique ou cylindrique et hérissée de pointes, tandis que l'actuel morgenstern était considéré comme une variante du fléau d'armes. |
FTP FTP est un sigle qui peut désigner : en français en anglais |
Fournisseur d'accès réseau |
Fournisseur d'accès à Internet Un fournisseur d'accès à Internet ou FAI (aussi appelé fournisseur de services Internet ou FSI) est un organisme (généralement une entreprise mais parfois aussi une association) offrant une connexion à Internet, le réseau informatique mondial. Histoire. Beaucoup d'entreprises de télécommunications sont également des FAI. Avec l'explosion de la bulle Internet au début des années 2000, de nombreux FAI ont fait faillite, ou ont dû s'adapter pour survivre (restructuration, fusion, rachat). Le sigle « FAI » peut se décliner en deux sous-catégories : Équipement et technique (fournisseur). Les équipements d'un FAI forment un ou plusieurs réseaux autonomes (on parle d'ailleurs d'Autonomous System) ; les FAI ont la maîtrise complète de l'architecture, du dimensionnement et de l'organisation de leurs liaisons. Raccordement de l'utilisateur au FAI. Le raccordement de l'utilisateur au FAI se fait généralement au travers d'une boucle locale : en cuivre (xDSL), en câble coaxial (Docsis), en fibre optique (FTTx), par radio (Wimax ou hot-spot Wi-Fi) ou par satellite (Internet par satellite). La boucle locale est généralement gérée par un opérateur spécifique : opérateur FTTH dans le cas de la fibre optique en France, opérateur de télécommunications dans le cas des réseaux historiques en cuivre ou en fibre, mais elle peut aussi être gérée par l'utilisateur lui-même. Dans le cadre du développement du marché des smartphones et des clé 4G, l’accès à Internet peut aussi se faire à travers les réseaux de téléphonie mobile (notamment UMTS, LTE) et 5G ; les opérateurs de réseau mobile font alors fonction de FAI. Raccordement du FAI à Internet. À la différence d'un abonné, qui se raccorde à Internet via un prestataire de services (le fournisseur d'accès), le fournisseur d'accès lui-même procède de manière différente. Dans le cas général, il est un maillon du réseau, transportant ses propres données (pour simplifier, le trafic de ses abonnés), mais aussi potentiellement les données d'autres opérateurs. Raccordement à tout Internet (Transit IP). Le raccordement qui relie deux opérateurs est fondamentalement différent de celui qui relie un abonné à son fournisseur d'accès. En général, les routeurs des deux opérateurs vont en effet échanger, non pas une seule route (qui se résume à « la sortie, c'est par là ») mais plusieurs centaines de milliers de routes, indiquant comment joindre tous les autres opérateurs, en utilisant le protocole d'échange de routes BGP. Ainsi, quand un opérateur est relié à 3 autres, il a appris, de 3 sources différentes, toutes les routes que chacun de ces opérateurs connaissait. Il pourra alors choisir la route qu'il jugera la plus efficace. Ce mode de raccordement entre opérateur, est appelé du transit. Le plus fréquemment, les fournisseurs de transit permettent ainsi à leurs clients d'accéder à la totalité d'Internet (cas général) dans le cadre d'un service contractuel et payant (la plupart du temps). Échange de trafic (peering). Une alternative au mode de connexion via le transit est, sur la même base technique, de n'échanger que quelques routes (typiquement celles menant à son propre réseau et ses propres clients). On parle alors d'accord de "peering" (échange entre pairs). Ce procédé technique de raccordement, sensiblement plus complexe que celui utilisé pour raccorder un abonné à son fournisseur, permet à l'opérateur de changer à tout moment ses accords de "peering", ou ses contrats de transit, sans impact notable pour les utilisateurs finaux. Des opérateurs qui ont des points de présence voisins préféreront généralement échanger directement leur flux sans passer par leur opérateur de transit. Cette approche offre deux avantages : elle limite les coûts de revient (ces échanges ne sont pas facturés), et améliore les performances (les échanges prennent une route plus courte). Il est alors question d'échange de trafic ("peering") et l'endroit où il se produit est appelé point d'échange de trafic ("point de peering"). Cet échange est souvent gracieux mais lorsque l'échange entre deux FAI est déséquilibré ou que l'un des opérateurs se sent lésé, un dédommagement peut être mis en œuvre. Mix Transit/Peering. Un opérateur, même de faible envergure, dispose en général de plusieurs contrats de transit (au moins deux, pour la redondance), et de plusieurs dizaines, voire centaines, d'accord de peering. C'est l'ensemble des opérateurs, échangeant entre eux des centaines de milliers de routes, qui forment Internet. Certains opérateurs ne s'occupent quasiment que de transport de données (par exemple de transit IP). D'autres proposent, contre paiement, un raccordement à des utilisateurs finaux, ce sont les fournisseurs d'accès à Internet. Niveaux des opérateurs ("tiers"). Il existe 3 niveaux ("tiers") d'opérateurs internet : Indépendamment de son niveau ("tier"), tout opérateur Internet est susceptible de proposer à son tour une offre de transit à d'autres opérateurs. Les opérateurs de niveau 1 ("") imposent des contraintes fortes aux opérateurs qui souhaitent négocier un accord de peering. En effet, un tel opérateur (client potentiel d'une offre de transit) deviendrait alors concurrent. Services (client). Les différences entre les offres se font sur les tarifs, la bande passante (montante et descendante) offerte, et le support clientèle mais aussi sur les services ajoutés tel que l'hébergement de site web, l'accès à des boîtes de courrier électronique, l'accès à Usenet. Le particulier néophyte s'intéressera surtout à la facilité d'utilisation et à la documentation et se méfiera de la qualité souvent variable du support, les plus avancés lorgneront du côté de meilleur rapport prestations techniques/prix, le professionnel s'intéressera surtout à la tolérance aux pannes et demandera des garanties de service (les SLA : Service Level Agreement). Par ailleurs, d'autres différences techniques peuvent exister, notamment la disponibilité d'adresse IPv6 ou IPv4 fixes. Trois types de services débits sont actuellement commercialisés : Offres "triple play". Les offres d'accès internet par ADSL françaises s'accompagnent maintenant la plupart du temps d'un accès à la télévision et du téléphone gratuit vers les fixes en France. Il s'agit des offres "triple play". C'est par la prise téléphonique que les données arrivent chez l'abonné. Un boîtier fourni par le FAI sépare alors les flux et les redirige vers la télévision, le téléphone ou l'ordinateur. L'inconvénient majeur des offres "triple play" se révèle en cas de panne : l'abonné est alors privé de télévision, de téléphone, et d'internet. La qualité du téléphone n'est pas toujours parfaite, "idem" pour la télévision. Mais le principal avantage est bien évidemment le prix. Au lieu de payer séparément trois fournisseurs, l'abonné reçoit tout en même temps et pour un prix peu élevé (qui dépend des fournisseurs). Offres "quadruplay ". Avec l'intégration du téléphone mobile dans les offres triple play, l'offre globale, appelée quadruplay devient très pratique pour le particulier. Tous les FAI n'offrent pas encore cette offre début 2010. Ils restent encore généralement sur l'offre triple play. Fin 2010, la situation des offres change : Bouygues Telecom (le lundi 25 mai 2009, sous le nom d'offre "Ideo") fut le premier FAI à inaugurer son offre quadruple play, suivi par SFR (25 août 2010 sous le nom de "Multi-Packs"), Orange (le 19 août 2010 sous le nom d"'Orange Open"), et Free à la sortie de sa Freebox V6 Revolution (le 14 décembre 2010 sous le nom de l'offre "Révolution") et annonce le réseau Free Mobile pour le 12 janvier 2012. Le prix devient plus élevé avec le rajout du téléphone mobile, en plus de la télévision, de la téléphonie fixe, et d'internet en illimité. Technologies de connexion. Plusieurs types d'accès sont possibles, par exemple un accès via le réseau téléphonique commuté (RTC) repose sur un système de modulation-démodulation (un modem) qui permet de convertir les informations numériques binaires de l'ordinateur en signal pseudo analogique transitant sur les lignes de télécommunications (paire de cuivre, satellite, fibre optique). Il existe de nombreux types d'accès à Internet, usuellement ordonnés par l'ancienneté de la technologie et la vitesse atteignable : Itinérance. Certains fournisseurs proposent un service d'itinérance ("") permettant à leurs clients de se connecter n'importe où dans le monde via d'autres fournisseurs d'accès. Il est alors possible de se connecter pratiquement partout dans le monde via une ligne téléphonique au prix d'une communication locale ou nationale (et non internationale), ou via des points d'accès Wi-Fi. Courrier électronique. La plupart des fournisseurs proposent un accès à des boîtes de courrier électronique. L'accès au courrier électronique est parfois impossible si le point d'accès n'est pas celui du fournisseur ; ceci est notamment vrai pour le SMTP (courrier sortant), mais pas forcément pour le courrier entrant. Hébergement de sites web. Un fournisseur d'accès peut parfois également proposer des offres d'hébergement, allant d'un compte disposant d'une capacité de stockage de quelques mégaoctets, à un serveur dédié ou un hébergement en salle (l'utilisateur déposant alors sa machine dans une salle sécurisée et climatisée et profitant ainsi d'un accès permanent et à très large bande). Obligations légales. Les FAI fournissent également, dans le cadre des obligations légales, et suivant les pays, des accès aux communications des clients aux services autorisés. Satisfaction client. Les FAI sont la cible de nombreuses critiques de la part des utilisateurs et sont régulièrement montrés du doigt par les associations de consommateurs pour leurs pratiques. Les fournisseurs d'accès connaissent ainsi des taux de satisfaction parfois critiques. Les aléas des hotlines et du service après-vente ont encouragé le développement de comportements de consommation alternatifs tel que le piratage de réseaux WIFI ou le partage de celui-ci entre plusieurs foyers. Enjeux politiques et sociétaux. Les FAI ont une place stratégique dans l'accès à Internet. De ce fait, ils sont au cœur d'enjeux politiques et juridiques, qui débouchent sur de vives polémiques. Cela concerne particulièrement la Loi pour la confiance dans l'économie numérique, en France (2004). |
Felidae Les () ou sont une famille de mammifères placentaires de l'ordre des carnivores et du sous-ordre des féliformes. Si on exclut le taxon fossile des Proailurinae, qui ne possède qu'un seul et unique genre connu, on y distingue trois sous-familles : les « petits félins » (Felinae), les « grands félins » (Pantherinae) et les félins dit « à dents de sabre » (Machairodontinae), aujourd'hui éteints. Parmi leurs traits caractéristiques figurent leur tête ronde au crâne raccourci, leur mâchoire dotée d’environ trente dents, et leurs griffes rétractiles, exception faite du chat viverrin et du chat à tête plate (semi-rétractiles) et du guépard (non rétractiles). Les félins sont digitigrades, c’est-à-dire qu’ils marchent en appuyant sur leurs doigts (la plante du pied ne se pose pas sur le sol). "Proailurus", qui vivait en Eurasie il y a environ d’années dans la période de l’Oligocène, est à l'heure actuelle considéré comme le plus vieux fossile de félidé. On considère "Pseudaelurus" comme le dernier ancêtre commun des félins modernes. Origine et évolution des Félidés. Premiers félins. Les carnivores actuels partagent un ancêtre commun dont ils ont tous hérité et qui serait probablement rattaché aux miacidés. Ces petits carnivores forestiers seraient apparus il y a environ d'années (Ma) et avaient l'allure et la taille des genettes actuelles, avec un corps allongé et une longue queue. Il n'en reste que de rares fossiles dans l'hémisphère nord. L'origine des félins est mal documentée dans le registre des fossiles car les ancêtres des félidés vivaient en général dans les milieux tropicaux, qui n'offrent pas de bonnes conditions de fossilisation. Les espèces disparues considérées comme les plus proches de l'ancêtre des félins seraient "Proailurus" (un petit carnassier européen et arboricole apparu il y a ) puis "Pseudaelurus" qui vivait il y a en Europe et en Asie et dont les félins actuels ont divergé il y a . Dispersion des félins dans le monde. Selon étude de l'ADN mitochondrial des espèces actuelles, publiée en 2006 dans "Science", les félins auraient effectué deux vagues de migrations : il y a neuf millions d’années, les félins d’Asie se répandirent en Afrique et en Amérique à la faveur d’une baisse du niveau des océans ; puis, il y a un à quatre millions d’années les félins d’Amérique revinrent sur le vieux continent, notamment les lynx et les guépards. Félins à dents de sabre. Les félins dits « à dents de sabre » (Machairodontinae) forment l'une des plus anciennes sous-familles de félidés, les plus vieux fossiles datent d'il y a plus de 16 millions d'années. Ce groupe, partageant un ancêtre commun avec les ancêtres des félinés et des panthérinés, se caractérise par une élongation plus ou moins grande des canines et se répartit en quatre tribus de rang inférieur : Metailurini, Smilodontini, Machairodontini et Homotherini. À noter que des caractéristiques similaires chez d'autres familles éteintes de mammifères carnivores féliformes sont visibles : les Nimravidae et les Barbourofelidae (ce groupe partage un ancêtre commun avec les félins). Il s’agit d’un phénomène de convergence évolutive qui apparaît aussi chez les animaux de toute période comme les sparassodontes (des proches parents éteints des marsupiaux), tels les "Thylacosmilus", ou encore les gorgonopsiens (des thérapsides prédateurs appartenant à un groupe comprenant des ancêtres de mammifères), tel "Inostrancevia". Les Machairodontinae, comme les genres "Smilodon" ou "Homotherium" dont les derniers représentants se sont éteints il y a environ , probablement en raison de leur hyper-spécialisation : l’étude de leur squelette révèle des lésions dues à l’extension ou à la flexion des attaches des muscles et des ligaments. Anatomie et caractéristiques physiques. Les différentes espèces de félins ont des poids et tailles variés qui vont de pour le chat à pattes noires à plus de pour le tigre. Pourtant, malgré leurs différences, les félins partagent de nombreux points communs. Squelette et musculature en général. Qu’ils soient grands ou petits, l’une des principales caractéristiques communes aux félins est leur squelette flexible, plus particulièrement au niveau de la colonne vertébrale, offrant une grande souplesse, aidée aussi par des muscles du dos eux aussi très souples. Les omoplates et les clavicules sont assez libres de mouvement, retenues par très peu de ligaments, et permettent une grande diversité de mouvements. Les muscles les plus développés sont ceux des pattes arrière, pour que les félins puissent faire de grands sauts et courir vite (jusqu’à pour le guépard). La morphologie des félins est donc parfaitement adaptée à la chasse, ce qui est inévitable pour leur survie. Mais chaque félin est différent, et, selon le type de proie qu’ils convoitent, ils s’adaptent physiologiquement. Crâne. La mâchoire raccourcie constitue une innovation de la famille des "Felidae". Le crâne est donc plus court que celui des autres carnivores, et possède en général moins de dents, mais cette forme augmente considérablement la force des morsures car permettant un puissant mouvement vertical de la mâchoire. L’articulation de la mâchoire ne permet pas les mastications horizontales, comme chez les ruminants par exemple. L’élasticité de la chaîne hyoïde, au-dessus du larynx, permet traditionnellement de séparer les grands félins (Pantherinae) des petits (Felinae). Les vibrisses (plus communément appelées "moustaches") sont un élément important pour le sens du toucher. Autour du museau, sur le menton, les joues et les sourcils, elles sont implantées à des endroits stratégiques pour une plus grande sensibilité. Comme les poils, elles tombent et repoussent au fur et à mesure de la vie du félin. L’orientation de certaines d’entre elles peut être modifiée sous l’action de muscles faciaux. Yeux. Les yeux sont positionnés vers l’avant, ce qui permet la vision binoculaire, très importante chez les prédateurs. L’angle de vision binoculaire est de 130°, pour un champ de vision total de 287°, contre seulement 180° chez l’homme. Leur pupille peut se contracter, devenant selon les espèces, petite et ronde ou en forme de fine fente verticale en pleine lumière, et grosse et ronde en l’absence de luminosité. Le , qui tapisse le fond de la rétine, permet la réflexion de la lumière et favorise la vision dans la pénombre : l’œil du félin est six fois plus sensible dans l’obscurité que l’œil humain. Les félins possèdent un grand nombre de bâtonnets mais très peu de cônes, comparativement à l’œil humain qui en possède six fois plus. De plus, ces cônes absorbent principalement la lumière verte et très peu le bleu et le rouge : les félins voient principalement leur environnement en nuance de gris. Mais, pour les prédateurs, percevoir les couleurs est moins important que de percevoir les mouvements, et cela ne handicape pas leur vision. Du fait de l’emplacement de leur fovéa, où se concentre la majorité de leurs cellules photosensibles, un félin tourne la tête plusieurs fois avant de sauter sur une proie, afin de gagner en précision. Oreilles. Les oreilles des félins sont très sensibles et nombre d’entre eux repèrent leur proie à l’ouïe, tel le serval. D’une grande mobilité, elles sont en outre un organe de communication corporelle important. Les facultés de l’oreille féline étant bien supérieures à celle de l’humain. Les oreilles sont sensibles à la température et sont un lieu de déperdition de chaleur. C’est pourquoi les félins qui vivent dans des milieux froids ont de petites oreilles, comme l’once, au contraire du chat des sables qui a de larges pavillons pour évacuer la chaleur. Elles peuvent aussi dépendre des proies convoitées, plus grandes pour un animal qui fera peu de bruit et "vice versa", car un large pavillon d’oreille répercute les sons et vibrations les plus ténus, permettant une grande précision pour la localisation des proies, par exemple si elles se cachent sous le sable. Certains félins comme le lynx et le caracal voient leurs oreilles surmontées de « plumets », touffes de poils fins d’environ . Organe de Jacobson. L’organe voméronasal ou organe de Jacobson, situé près du palais, permet de « goûter » certaines odeurs bien spécifiques, comme les marques olfactives des autres félins. L’utilisation de cet organe se caractérise par le flehmen, une grimace qui consiste chez les félins à ouvrir la gueule et découvrir les gencives. Il complète efficacement l’odorat, sens des félins le plus complexe à étudier. Langue. La langue des félins est tapissée de papilles cornées orientées vers l’arrière qui lui permettent de faire la toilette, d’enlever en partie les poils de ses proies et de mieux racler leur chair. Les félidés, à l’instar du lapement du chat, ont pour s'abreuver une technique différente du reste des mammifères. On a longtemps pensé que leurs papilles cornées servaient à retenir l’eau, mais il en va tout autrement. Alors que l’homme boit par la technique de succion et que le chien, comme beaucoup d’autres vertébrés, plonge le museau et plie sa langue comme une cuillère, ce qui amène le liquide vers sa gueule, les félidés plient la pointe de la langue vers le bas et vers sa face dorsale pour effleurer le liquide, puis la retirent aussitôt, ce qui crée une colonne de liquide. Au moment où la gravité reprend le pas sur la force d’inertie et va faire retomber la colonne, ils referment leur mâchoire et aspirent alors une partie de cette colonne. Cette technique de lapement (en moyenne par seconde pour le chat, moins pour les félidés plus gros) a été modélisée mathématiquement et reproduite par un robot (disque de verre rond remontant par un piston à la même vitesse que la langue féline, soit ). Une hypothèse expliquant cette technique sophistiquée met en cause la région extrêmement sensible du nez et des moustaches des félidés, ces derniers lapant en cherchant à maintenir cette région la plus sèche possible. Denture. Les félins possèdent 28 à . Leurs quatre canines sont plus longues que celles des loups et sont utilisées pour la mise à mort. Leur taille a même atteint au temps des tigres à dents de sabre. Les dents de devant, ou incisives, servent à arracher les poils ou les plumes et la viande des os. Sur les côtés des mâchoires se trouvent les prémolaires et les molaires, également appelées dents jugales ; elles sont moins utiles pour les félins mâchant peu leur nourriture. Les dernières prémolaires supérieures et les premières molaires inférieures des félins sont aiguës et tranchantes et faites pour déchiqueter la viande. Ces dents particulières sont appelées les carnassières. Membres. Le squelette des félins est caractérisé par une clavicule « flottante », reliée au sternum par un unique ligament, ce qui confère aux félidés une grande souplesse des pattes antérieures : les félins peuvent par exemple déplacer leurs épaules en alternance, ce qui n’est pas le cas pour tous les carnivores. Les membres antérieurs sont par ailleurs très souples (sauf pour le guépard qui a toutefois une plus grande souplesse de l’échine), ce qui permet d’avoir une grande précision. On peut aussi noter que les félins peuvent écarter latéralement les pattes avant ce qui permet d’attraper les proies ou de monter aux arbres. Les membres postérieurs sont, eux plus longs que les membres antérieurs, permettant aux félins de capturer des proies plus grandes qu’eux et augmentent leurs capacités d’accélération. Pattes. Les félins sont digitigrades, ils marchent sur leurs doigts. Ils en ont cinq aux pattes antérieures et quatre aux pattes postérieures, le cinquième doigt des pattes antérieures ne touchant pas le sol et celui des pattes postérieures ayant disparu au cours de l’évolution. La plante de leurs pieds est recouverte d’une sorte de semelle (coussinets pour les chats) permettant d’accroître leur souplesse et d’être silencieux en marchant. Les coussinets de ceux qui vivent et se déplacent sur le sol brûlant des déserts est recouvert de poils. La petitesse des pattes et leur résistance améliorent elles aussi leur course. Griffes. Les félins, en dehors du guépard, du chat viverrin et du chat à tête plate, ont les griffes rétractiles. Ce dernier point n’est pas caractéristique des félins, puisque d’autres animaux en possèdent, comme les geckos. Les griffes sont un élément important du sens du toucher. La sortie des griffes dépend de la contraction volontaire des muscles fléchisseurs des doigts. Au repos, de nombreux tendons gardent les griffes à l’intérieur de la gaine protectrice et permettent aux félins de faire « patte de velours ». Comportement et vie sociale. Bien que presque tous soient des solitaires, la vie sociale des félins dépend de leur comportement, ainsi que de leur habitat (il arrivera plus facilement que des félins s’associent pour chasser si la proie est grosse ou si on est en période de disette par exemple). Communication. Il existe différents modes de communication chez les félins. En tant que mammifères, ils sont peu bavards, mais peuvent communiquer par des vocalises. Tout comme les humains, ils émettent des sons avec leurs cordes vocales pendant l’expiration. La fréquence de ces cris va de 50 à , et leur répertoire est très varié, allant du chuintement au rugissement, et certains cris sont propres à une espèce. Pour les félins solitaires, les vocalises servent surtout en période de reproduction, pour appeler les femelles ou pour avertir les autres félins que le territoire est occupé. Ces vocalises peuvent être complétées par des marquages olfactifs, au moyen de diverses substances (phéromones, urine, etc.), et visuels (griffures sur les arbres, etc.). Mais chez les félins sociables, la communication est primordiale pour une bonne entente. Chez eux, les vocalises sont plus nombreuses et plus complexes. Le miaulement d’appel est l’un des plus communs, et peut être utilisé dans beaucoup de situations par exemple quand les mères communiquent avec leurs petits. Quand ils veulent se faire agressifs, les félins crachent et grondent, tandis que lors d’approches amicales, ils émettent des gargouillements et s’ébrouent, signe d’apaisement. Très connu grâce à nos chats domestiques, le ronronnement est aussi employé par les autres félins pour exprimer le contentement. Les félins utilisent aussi entre eux des postures significatives, par exemple pour signaler à leurs congénères un danger, pour inviter un partenaire à l’accouplement, pour menacer un adversaire ou, à l’inverse, pour montrer sa soumission. Ces attitudes accompagnent et complètent les vocalises. Vie en solitaire. Les félins solitaires sont généralement nocturnes, ils vivent la nuit et voient assez bien dans l’obscurité. Ils vivent sur des territoires de forme et de taille variées, divisés en zones d’activités stratégiquement placées (zone d’alimentation, de repos, point d’eau, etc.). Pour se nourrir, ils doivent chasser des proies, différentes selon leur espèce et l’endroit où ils vivent. Mais malgré leurs aptitudes, le succès d’une chasse n’est pas toujours garanti, et les félins ne mangent que tous les 3 à en moyenne (cela diffère selon la saison, l’habitat et le régime alimentaire). Chez le guépard par exemple, on estime que la chasse est fructueuse seulement une fois sur trois. Et même si la proie est attrapée, il suffit que le félin ait mal assuré sa prise pour qu’elle s’échappe. En dehors de la chasse, les félins passent le plus clair de leur temps à dormir (jusqu’à par jour) ou juste à se prélasser dans leur abri. Le régime carnivore des félins explique ce comportement : la viande se digère rapidement, ce qui leur permet de se nourrir moins souvent, et la chasse les épuise fortement (chez le guépard, l’énergie dépensée dans la course est telle qu’il ne peut généralement pas rattraper sa proie si elle s’enfuit par la suite, et ne peut pas non plus la récupérer si d’autres prédateurs la lui volent). Exceptions. Durant la période des chaleurs, quand un mâle trouve une femelle prête à s’accoupler, il la suit durant plusieurs jours, jusqu’à l’accouplement. Il arrive parfois qu’il reste plus longtemps en compagnie de la femelle, s’occupant même de ses petits. En dehors de cette période, rares sont les rencontres, les femelles s’évitant entre elles, et les autres mâles préférant rester à distance grâce aux odeurs qui marquent les limites des territoires. Il arrive pourtant des exceptions, par exemple quand un mâle abat une grande proie, il accepte parfois de la partager avec les femelles cohabitant avec lui. Tous ces cas prouvent que les solitaires peuvent être sociables, mais l’exemple le plus flagrant est celui des jeunes mâles, venant de quitter leur mère, qui s’associent pour un temps avant de trouver leur propre territoire. C’est très souvent le cas chez les guépards, dont l’organisation sociale reste néanmoins assez méconnue, car ils ne sont ni des félins sociaux, ni de véritables félins solitaires. En s’associant ainsi, ils bénéficient de l’avantage du nombre, très utile pour la chasse. Cependant, même s’il arrive à des guépards mâles adultes d’avoir des territoires se chevauchant, et en dépit de ces associations spontanées, on ne peut parler de véritable organisation sociale. Il arrive aussi à de jeunes lions ou de jeunes tigres de suivre ce genre de comportement. Cas particulier : le lion. Les lions sont, à la différence des autres félins, des animaux très sociables, vivant dans une troupe d’une vingtaine d’individus, composée d’une famille très soudée avec des mâles (un à sept), des femelles (une dizaine généralement) et leurs petits. Le nombre d’individus est cependant limité par le nombre de proies disponibles dans le territoire, qui peut atteindre , c’est pourquoi les jeunes mâles quittent le groupe pour former leur propre famille quand ils atteignent leur maturité sexuelle. Ce sont les lionnes qui sont chargées de la chasse, les mâles s’occupant plutôt de tenir à distance les intrus, maintenant ainsi la sécurité des jeunes. Mais un mâle reste rarement plus de à la tête d’un groupe, remplacé par de plus jeunes lions qui auraient gagné un combat contre l’autre. Ces changements de dominants sont bénéfiques aux clans, leur apportant un sang neuf. Répartition et habitat. Les habitats sont variés, bien que près des trois-quarts des espèces vivent dans les forêts. Les félins ont colonisé tous les continents, sauf l’Australie et l’Antarctique (exception faite du chat domestique). Classifications. Classification classique. Depuis l’avènement des études moléculaires de l’ADN des espèces, la classification des félins subit de nombreux changements. De nombreuses espèces « apparaissent » tandis que d’autres se fondent. On classe traditionnellement les félins actuels en deux ou trois sous-familles : À celles-ci, on peut rajouter deux sous-familles éteintes : Espèces actuelles. Liste des espèces actuelles selon ITIS: La classification des félins est en perpétuelle évolution, notamment grâce aux récentes analyses génétiques. Les différents changement de classification ont récemment été résumés dans le rapport final de la "Cat Classification Task Force" en 2017 : Une partie des félins actuels, y compris de genres distincts, sont capables d'hybridations naturelles ou forcées. Phylogénie des genres actuels. La taxonomie des félins est difficile à étudier car peu de fossiles sont arrivés jusqu’à nous, et ceux-ci sont également difficilement différentiables : même de nos jours, reconnaître un squelette de tigre de celui d’un lion est complexe. Les travaux de phylogénie se tournent à présent vers la génétique, ce qui permet à la fois de différencier les diverses lignées de félins, mais également de dater leur divergence. Cependant, une difficulté vient s’ajouter à ces analyses : pour certaines espèces, les échantillons d’ADN sont difficilement ostensibles. Les travaux menés en 2006 par Warren Johnson et Stephen O’Brien ont porté sur trente gènes différents situés sur les mitochondries et les chromosomes sexuels. En s’appuyant sur des fossiles et sur la séquence intégrale du chat abyssin « Cannelle » (""), il a été possible de dater les embranchements de l’arbre phylogénétique. Ces recherches génétiques donnent une classification différentes des espèces vivantes de félidés. Voici par ordre chronologique les dates de divergences des différentes lignées estimées par cette étude: La phylogénie des espèces actuelles est paradoxale car on n'obtient pas le même cladogramme avec différentes parties du génome (ADN mitochondrial, chromosomes sexuels, autres chromosomes), comme l'indique l'étude de Johnson (2006), et même avec différentes zones d'un même ADN, comme l'indique l'étude de Li (2019). On retrouve généralement les mêmes huit clades, mais pas dans le même ordre chronologique des séparations. L'originalité de l'étude de 2019 est de séparer les séquences de gènes selon leur taux de recombinaison ; les régions du génome riches en recombinaisons donnent des arbres phylogénétiques différents et en désaccord avec les données paléontologiques (comme d'ailleurs aussi l'étude de 2006) ; les régions pauvres permettent de reconstruire un arbre unique et cohérent avec la paléontologie (ci-dessous). L'abondance des recombinaisons et leur décryptage révèle une étonnante capacité des félins à s'interféconder tout au long de leur histoire. |
FS L'abréviation FS peut désigner : |
François Bayrou François Bayrou ( ), né le à Bordères (Basses-Pyrénées, aujourd'hui Pyrénées-Atlantiques), est un homme politique et essayiste français. Conseiller de personnalités politiques à partir de 1979, il exerce plusieurs mandats électifs, notamment ceux de député des Pyrénées-Atlantiques entre 1986 et 2012, de président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques de 1992 à 2001, de député européen de 1999 à 2002 et de maire de Pau depuis 2014. Entre 1993 et 1997, sous trois gouvernements de droite (Balladur, Juppé I et Juppé II), il est ministre de l'Éducation nationale. En parallèle, il préside plusieurs formations centristes : le Centre des démocrates sociaux (CDS) de 1994 à 1995 et Force démocrate (FD) de 1995 à 1998, l'Union pour la démocratie française (UDF) de 1998 à 2007 et le Mouvement démocrate (MoDem) depuis 2007. Il est candidat à trois reprises à une élection présidentielle. Investi par l'UDF, il arrive en quatrième position au premier tour du scrutin de 2002, avec 6,8 % des suffrages exprimés. En 2007, il est un temps donné en mesure de se qualifier au second tour mais finit troisième avec 18,6 % des voix, après quoi il fonde le MoDem, qu'il ancre au centre alors que l'UDF était traditionnellement classée au centre droit. Lors de l'élection présidentielle de 2012, il recueille 9,1 %, terminant en cinquième position. Ayant renoncé à concurrir à l'élection présidentielle de 2017, il soutient Emmanuel Macron, qui l'emporte face à Marine Le Pen. Le nouveau président le nomme alors ministre d'État, garde des Sceaux, ministre de la Justice. Mais, cité dans l'affaire des assistants parlementaires du MoDem au Parlement européen, François Bayrou renonce un mois plus tard à intégrer le second gouvernement Philippe. En 2020, il est nommé haut-commissaire au plan par Emmanuel Macron. En 2023, quatre ans après avoir été mis en examen, il est renvoyé en correctionnelle pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires du MoDem. Biographie. Origines. François René Jean Lucien Bayrou naît le à Bordères (Basses-Pyrénées). Il est le fils de Jean Calixte Bayrou (1909-1974), propriétaire agriculteur, maire de Bordères et d'Emma Jeanne Eugénie Sarthou (1918-2009), originaire de Serres-Morlaàs. Ses ascendants sont béarnais. François Bayrou parle couramment le béarnais et milite pour la sauvegarde des langues régionales. Enfance et études. Vers l'âge de six ou sept ans, il commence à souffrir de bégaiement. Il lui faut plusieurs années pour maîtriser ce problème. Après des études à l'école primaire de Bordères, il est en 1968 bachelier en lettres classiques (français, latin, grec) au lycée public de Nay-Bourdettes. Il poursuit des études dans une classe préparatoire littéraire (hypokhâgne et khâgne) à Bordeaux puis à l'université Bordeaux-III. Carrière professionnelle. Il obtient l'agrégation de lettres classiques en 1974 à . Vie privée et familiale. Marié en 1971 avec Élisabeth Perlant dite , il est le père de six enfants : Hélène, Marie, Dominique, Calixte (travaillant actuellement à l'université de Liège en Belgique), Agnès, André et grand-père de vingt-et-un petits-enfants, comme il le révèle le 6 novembre 2016 dans l'émission de Karine Le Marchand "Une ambition intime". Il est auteur d'une biographie de Henri IV, "Le Roi libre", vendue à . Parcours politique. Débuts (1982-1993). Jeune, François Bayrou est proche des mouvements non violents, notamment de la communauté de Lanza del Vasto et s'inspire de Gandhi. À , en 1982, il est élu conseiller général des Pyrénées-Atlantiques dans le canton de Pau-Sud. Quatre ans plus tard, il devient député des Pyrénées-Atlantiques sous les couleurs de l'Union pour la démocratie française (UDF), se faisant élire à la proportionnelle sur une liste d'union avec les néo-gaullistes du RPR, aux côtés de Jean Gougy et de Michèle Alliot-Marie. Après le retour à un scrutin uninominal en 1988, il est à partir de cette date et jusqu'en 2012 sans cesse élu dans la des Pyrénées-Atlantiques. Enseignant dans l'école publique, laïque convaincu, c'est aussi un catholique pratiquant, d'inspiration politique démocrate-chrétienne et membre au sein de l'UDF du Centre des démocrates sociaux (CDS) — son père avait été maire de son village de Bordères sous l'étiquette du Mouvement républicain populaire (MRP). En 1989, il perd l'élection municipale de Pau face à André Labarrère en obtenant 48 % des voix au second tour. À la suite de ce scrutin et en prévision des élections européennes, il fait partie d'un groupe de douze trentenaires ou quadragénaires, figures montantes du centre-droit (Philippe Séguin, Michel Noir, Alain Carignon, Étienne Pinte, Michel Barnier, François Fillon, Charles Millon, Dominique Baudis, François d'Aubert, Philippe de Villiers, Bernard Bosson) demandant un renouvellement de l'appareil politique au RPR et à l'UDF, critiquant fortement les figures historiques de ces deux mouvements qu'ils considèrent comme vieillissantes (Jacques Chirac, Valéry Giscard d'Estaing, Raymond Barre) et appelant à la formation d'un nouveau grand parti unique de droite. Surnommés les « rénovateurs », ils occupent alors le devant de la scène médiatique durant le printemps de l'année 1989. Avec Bernard Bosson et Dominique Baudis, ainsi que la direction du CDS, François Bayrou décide également de soutenir la liste dissidente « Le Centre pour l'Europe » emmenée par Simone Veil contre celle d'union RPR-UDF tirée par Valéry Giscard d'Estaing aux européennes de 1989. Cependant, de profondes divergences idéologiques (notamment sur le projet européen) ainsi que leur intégration progressive dans les équipes dirigeantes de leurs partis respectifs met rapidement un terme à l'expérience des rénovateurs. François Bayrou ne rejoint pas les néo-rénovateurs en 1990 et est lui-même choisi par Valéry Giscard d'Estaing pour être secrétaire général de l'UDF en 1991. Ministre de l'Éducation nationale (1993-1997). En 1993, il est nommé ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement de cohabitation d'Édouard Balladur. Il propose une réforme de la loi Falloux visant à déplafonner la possibilité pour les collectivités locales de subventionner les investissements des établissements d’enseignement privé. Le , le Conseil constitutionnel prive la loi de son article 2, ce qui la vide d'une partie de son contenu. Le suivant, quelque manifestent contre ce projet, pour défendre l'école laïque. Bien qu'il ait soutenu Édouard Balladur lors de l'élection présidentielle française de 1995, qu'il ait fait partie de son comité politique aux côtés de Nicolas Sarkozy et François Léotard et qu'il se soit opposé au projet de référendum sur l'éducation proposé par le candidat Jacques Chirac, il obtient dans le premier gouvernement d'Alain Juppé un portefeuille élargi à l'enseignement supérieur, à la recherche et à la formation professionnelle. Il perd la responsabilité de la Formation professionnelle dans le deuxième gouvernement Juppé, mais reste à l'Éducation nationale jusqu'à la dissolution de l'Assemblée nationale par Jacques Chirac en 1997 ; l'élection qui la suit est remportée par la gauche plurielle. Durant son ministère, François Bayrou dirige une réflexion approfondie sur la condition des professeurs et des élèves. Il conduit une réforme du collège, réforme les études supérieures (« semestrialisation » des études, semestre d'orientation en première année, création d’universités de professionnalisation technologique), met en place le baccalauréat « filièrisé » (filières S, ES, L, STT, STL et STI) , introduit les langues vivantes à l’école primaire. L'opinion retient de la présence de François Bayrou à ce ministère sa méthode de réforme prudente et concertée avec les organisations syndicales, ce qui lui a valu des accusations d'immobilisme. Roger Fauroux, qu'il avait chargé de présider une commission sur la réforme de l'école se montre critique, déclarant que François Bayrou gouvernait « avec le sondoscope en bandoulière ». Sous la troisième cohabitation (1997-2002). Rédacteur en chef de "Démocratie moderne", le journal du Centre des Démocrates Sociaux, il devient en 1991 secrétaire général de l'UDF en tant que représentant de son parti, le CDS, qui est l'une des principales composantes de cette fédération de partis de droite non gaulliste qu'est l'UDF. Un temps vice-président du CDS (1991-1994), il en est élu président en 1994. Au congrès de Lyon en 1995, il fusionne ce parti avec le Parti social-démocrate, parti de tradition laïque également adhérent de l'UDF (et comptant dans ses membres André Santini notamment), créant ainsi Force démocrate (FD). Il est élu en 1998 à la tête de l'UDF malgré l'opposition de Démocratie libérale (DL). Après les élections régionales de 1998, Alain Madelin et d'autres leaders de DL approuvent les présidents de région réélus grâce au soutien des élus Front national, alors que François Bayrou rejette toute alliance avec l'extrême droite. DL quitte alors l'UDF, dont les autres composantes fusionnent la même année pour créer un parti unifié, la Nouvelle UDF. Lors des élections européennes de juin 1999, François Bayrou conduit la liste UDF qui recueille 9,28 % des voix; il tient — contrairement à ses concurrents têtes de liste François Hollande et Nicolas Sarkozy — son engagement de siéger à Strasbourg et entre donc au Parlement européen, dont sa seconde de liste Nicole Fontaine obtient la présidence. Candidature à l'élection présidentielle de 2002. François Bayrou se présente comme candidat de l'UDF à l'élection présidentielle de 2002. Sa campagne connaît des débuts difficiles ; les sondages le créditant longtemps d'environ 5 % des intentions de vote. Plusieurs dirigeants de l'UDF appellent à voter pour Jacques Chirac dès le premier tour. Lors de la campagne présidentielle, à Strasbourg, et pendant une altercation avec des jeunes qui avaient insulté le maire de Strasbourg, Fabienne Keller, avec laquelle il se trouvait, il gifle un jeune garçon d'une dizaine d'années qui essayait de lui faire les poches. Il estime quelques jours après que c'est . Il arrive en quatrième position du premier tour de scrutin, avec 6,84 % des voix, derrière Lionel Jospin. Il appelle Jacques Chirac, opposé au second tour à Jean-Marie Le Pen, à constituer une large coalition à partir de sa majorité de second tour. Le président sortant tente au contraire, avec Alain Juppé, de fusionner la droite et le centre dans un unique parti, l'Union pour la majorité présidentielle (UMP). La majorité des parlementaires UDF, emmenés par Philippe Douste-Blazy, quittent l'UDF pour l'UMP. Cependant, UDF et apparentés sont élus aux élections législatives de juin et constituent un groupe parlementaire pour la législature (2002-2007). Parmi eux François Bayrou, qui revient à l'Assemblée nationale, est élu dans la des Pyrénées-Atlantiques et quitte donc le Parlement européen (remplacé par Jean-Thomas Nordmann). Sous le second mandat présidentiel de Jacques Chirac (2002-2007). S'affirmant opposé à « l'État-UMP » dès la première question de confiance posée par le gouvernement Jean-Pierre Raffarin, François Bayrou annonce son intention de se prononcer librement sur chacun des actes du gouvernement. L'UDF obtient 12 % des voix aux élections régionales et aux élections européennes de 2004 où progresse le nombre de ses élus conseillers régionaux et députés européens ; aux cantonales de la même année, le nombre de ses conseillers généraux et présidents de conseils généraux progresse également. Aux régionales en Aquitaine, ses listes arrivent, avec 16 % des voix, en troisième position derrière la liste PS du président Alain Rousset qui sera réélu et celle de l'UMP Xavier Darcos, ministre délégué à l'Enseignement scolaire. Devancée dans toutes les régions par l'UMP, les listes UDF fusionnent avec celles de l'UMP au second tour. Au Parlement européen élu en 2004, l'UDF quitte le groupe parlementaire de droite du PPE-DE auquel appartient l'UMP pour rejoindre, avec ses alliés du Parti démocrate européen, le groupe de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe. En 2005 et 2006, il s'oppose de plus en plus à la politique du gouvernement de Dominique de Villepin, sur son contenu et sur ses modalités — en particulier le mépris dans lequel est, selon lui, tenu le Parlement (sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, la privatisation des autoroutes, l'instauration par ordonnance du CNE). Sa ligne politique est contestée par l'unique ministre UDF du gouvernement, le ministre de l'Éducation nationale Gilles de Robien, favorable à une alliance avec l'UMP. D'ailleurs Gilles de Robien demande fin 2005 que les militants soient appelés à se prononcer : la motion de défense d'une UDF « libre et indépendante » présentée par François Bayrou est approuvée à 92 % (Congrès de Lyon, janvier 2006). Lorsque le Parti socialiste dépose une motion de censure le , dans le cadre de l'affaire Clearstream 2, contre le Gouvernement Dominique de Villepin, François Bayrou et dix députés de son groupe (sur trente) votent ce que le leader qualifie de « censure franche » par opposition à la censure « des couloirs » (plusieurs dizaines de députés UMP partisans de Nicolas Sarkozy s'étaient rassemblés à la buvette de l'Assemblée nationale). C'est la première censure votée par François Bayrou contre un gouvernement de droite depuis son accession à la tête de l'UDF en 1998. Le président de l’UDF n'écarte pas pour autant de soutenir des membres de l'UMP « au cas par cas » : il apporte par exemple son soutien à la liste du candidat Alain Juppé à la municipale partielle de Bordeaux en août 2006. Candidature à l'élection présidentielle de 2007. En , lors d'un conseil national statutaire de l'UDF à Issy-les-Moulineaux, François Bayrou jette les grandes lignes de ses ambitions présidentielles en proposant une « révolution civique » et affirme vouloir rassembler des personnalités venant de droite, de gauche et du centre. Le congrès voit Gilles de Robien, partisan d’une alliance avec la droite, être sifflé par des militants dans la salle. François Bayrou annonce sa candidature à l'élection présidentielle du printemps 2007 le à Serres-Castet dans sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques. Il est crédité par les instituts de sondage d’environ 8 % d’intentions de vote en décembre, de 10 % mi-janvier 2007, de 12 % fin janvier, de 13 % mi-février, de 19 % fin février, de 22 % dans la première quinzaine de mars. L’hypothèse d'une qualification pour le second tour au détriment de la socialiste Ségolène Royal est alors évoquée. En février-mars 2007, plusieurs candidats potentiels et d’autres personnalités se rallient à François Bayrou : le président du Parti fédéraliste Christian Chavrier ; la présidente du parti écologiste Cap21 Corinne Lepage ; Édouard Fillias d'Alternative libérale ; Antoine Waechter, président du Mouvement écologiste indépendant ; Nicolas Miguet du Rassemblement des contribuables français ; les ministres délégués du gouvernement Villepin, tous deux UMP, Azouz Begag et François Goulard. En mars 2007, François Bayrou publie chez Plon son "Projet d'espoir", qui est le livre politique le plus vendu au cours de la période ( en deux mois). Cependant, en mars et avril, le candidat de l'UMP et favori du scrutin, Nicolas Sarkozy, reçoit le soutien de plusieurs membres ou figures historiquement proches de l'UDF : Valéry Giscard d'Estaing, fondateur du parti en 1978, qui accuse François Bayrou ; Simone Veil, qui déclare que Bayrou est « le pire de tous » et que sa candidature est « une imposture » ; Gilles de Robien ; André Santini Le candidat centriste réagit à ces défections en dénonçant une « collection d'élus épuisés ». Le , quelques jours avant le premier tour, Michel Rocard, dont des proches avaient déjà appelé à voter Bayrou (collectifs « Spartacus » et « les Gracques ») demande une alliance entre l'UDF, le PS et Les Verts. Il est suivi par Bernard Kouchner, puis par Claude Allègre et Daniel Cohn-Bendit. Ségolène Royal juge la proposition « baroque » et François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, la considère comme inconcevable. En février-mars 2007, les sondages le donnent en forte progression, au coude-à-coude avec Ségolène Royal, avec plus de 20 % d’intentions de vote. Dans le même temps, il déclare qu’il condamne des médias et que . Le livre-enquête du journaliste d'investigation Jean-Baptiste Rivoire ("L’Élysée et les oligarques contre l’info", 2022) va dans ce sens. François Bayrou obtient 18,57 % au premier tour de l'élection présidentielle, ce qui le place en troisième position derrière Nicolas Sarkozy (31,18 %) et Ségolène Royal (25,87 %) qui sont tous deux qualifiés pour le second tour. Le , il annonce qu'il ne donne aucune consigne de vote en vue du second tour, mais déclare accepter le débat public que lui a proposé Ségolène Royal, ajoutant qu'il était prêt à en faire autant avec Nicolas Sarkozy, une proposition que celui-ci décline. Le débat proposé par Ségolène Royal sur les convergences et divergences entre leurs projets politiques est le premier débat public réunissant, entre les deux tours d'une élection présidentielle, deux personnalités dont l'une est présente au second tour et l'autre non. La presse quotidienne régionale, puis Canal+, refusent d'organiser ce débat (indiquant vouloir respecter les consignes du CSA sur l'égalité des temps de parole des deux finalistes). François Bayrou parle à cet égard de pressions exercées par le candidat UMP et son entourage sur les médias dans le but d'empêcher ce débat. La confrontation a finalement lieu le , retransmise par BFM TV et RMC. La semaine suivante, au lendemain du débat télévisé entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, François Bayrou confirme qu’il ne votera pas pour Nicolas Sarkozy le , sans pour autant dire s'il choisira Ségolène Royal, s'il votera blanc ou s'il s'abstiendra. Trois ans plus tard, en , il confiera avoir voté blanc. Selon les instituts de sondage TNS Sofres et Ipsos, au second tour de l'élection, 40 % de ses électeurs auraient voté pour Nicolas Sarkozy, 40 % pour Ségolène Royal et 20 % ont voté blanc, nul ou se sont abstenus. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy (2007-2012). Dans la lignée de l’annonce de François Bayrou durant la campagne présidentielle, le conseil national de l'UDF vote, le à la Mutualité, une motion pour la création du Mouvement démocrate (MoDem), à la quasi-unanimité. Le MoDem apparaît alors comme le successeur du mort-né « Parti démocrate » (PD), dont François Bayrou avait annoncé la naissance le 25 avril. Le nouveau mouvement se revendique clairement comme un parti d'opposition au pouvoir du nouveau président Nicolas Sarkozy et fait valoir ce positionnement pour les élections législatives de juin 2007. Nombre de députés UDF sortants réprouvent cette nouvelle stratégie et se rapprochent de la majorité présidentielle à l'occasion de cette élection. Rassemblés par le nouveau Ministre de la Défense Hervé Morin, ancien président du groupe UDF à l'Assemblée, ils fondent le Nouveau Centre, formation qui se réclame du centre droit et de la tradition de l'UDF. François Bayrou, réélu député des Pyrénées-Atlantiques, voit l'essentiel de ses anciens compagnons le quitter pour le Nouveau Centre : seuls trois autres députés sortants se présentent sous l'étiquette UDF-MoDem, mais deux d'entre eux (Gilles Artigues et Anne-Marie Comparini) sont battus. Jean Lassalle est réélu à l'issue de la seule triangulaire du pays et le MoDem compte également un nouvel élu à Mayotte (Abdoulatifou Aly). Juste avant la création officielle du MoDem, en décembre 2007, il enregistre la médiatique désaffection de Jean-Marie Cavada, jusque-là considéré comme un de ses principaux lieutenants. Celui-ci, en obtenant la tête de liste pour le de Paris, rejoint en effet la liste de la candidate UMP à la mairie de Paris Françoise de Panafieu. Bayrou est élu président du MoDem le , avec 96,8 %. Le , il annonce sa volonté de conduire une liste pour l'élection municipale à Pau. Il rate de peu son élection à la mairie de Pau en obtenant 38,81 % des suffrages au second tour le , perdant de face à la candidate socialiste Martine Lignières-Cassou (39,76 %) sur un total de plus de . Le candidat investi par l'UMP Yves Urieta, maire sortant (ex-PS) qui s'est maintenu au second tour obtient quant à lui 21,42 % des suffrages (contre 27,8 % au premier tour), causant en partie la défaite du président du MoDem. Les défections ont continué, ainsi que les critiques sur sa façon de gérer le MoDem, accusé de n'être qu'un marchepied pour ses ambitions présidentielles. Ainsi Jean Arthuis, en , déclare à propos de François Bayrou qu'. Le député européen Thierry Cornillet avait pour sa part qualifié de « suicidaire » la politique du président du MoDem et ajouté que ce dernier « sacrifiait ses élus pour une chimère présidentielle ». Soucieux de démontrer la marginalité de ces défections et de réaffirmer son autorité face aux critiques internes, François Bayrou proposa de soumettre au vote des adhérents une contribution, c'est-à-dire une déclaration de principes sur l'orientation politique du MoDem, dans laquelle il défend sa stratégie d'indépendance. Thierry Cornillet (soutenu par les sénateurs Yves Détraigne, Françoise Férat, Philippe Nogrix et Catherine Morin-Desailly) ayant renoncé à soumettre une contribution, seul le texte du président du MoDem fut proposé aux adhérents lors de la dernière semaine de juin 2008 : il obtint l'approbation de 98 % des votants. Lors des élections européennes de 2009, il fait notamment campagne contre les orientations de José Manuel Durão Barroso, qu'il considère . Dans cette optique, il soutient les candidatures de Guy Verhofstadt ou de Mario Monti à la présidence de la commission européenne. Lors d'un débat télévisé le jeudi l'opposant à la tête de liste des Verts Daniel Cohn-Bendit, il a des échanges houleux avec ce dernier. Trois jours plus tard, le , les listes « Démocrates pour l'Europe » obtiennent 8,46 % ( derrière Europe Écologie, crédité de 16,28 %, le Parti socialiste, à 16,48 %, et l'UMP, à 27,88 %) et six sièges au Parlement européen, score bien en deçà de celui réalisé par l'UDF en 2004. Peu avant les élections régionales de 2010, le Mouvement démocrate doit faire face à plusieurs défections et critiques de ses membres. Dans le même temps, les intentions de vote en faveur du MoDem s'effondrent. Les listes du parti recueillent finalement 4,20 % au niveau de la France entière. Il est réélu président du MoDem le , avec 94,69 % des voix, puis le , avec 86,98 % des voix. Candidature à l'élection présidentielle de 2012. François Bayrou annonce le sa candidature à l'élection présidentielle de 2012, déclarant se présenter en « homme libre ». Fin 2011 et début 2012, plusieurs anciens ministres chiraquiens et personnalités de centre-droit se rallient à lui, comme les anciens UDF Jean Arthuis, Alain Lambert, Anne-Marie Idrac, Bernard Bosson, Pierre Albertini ou Philippe Douste-Blazy. François Bayrou reçoit également le soutien d'une vingtaine de sénateurs divers droite et de plusieurs parlementaires villepinistes au tournant de l'année 2012, tel Yves Pozzo di Borgo. L'ex-responsable de la campagne web de Nicolas Sarkozy en 2007 membre du Parti Libéral Arnaud Dassier annonce également son soutien. Le , il reçoit en outre le soutien d'une quarantaine de personnalités gaullistes et villepinistes. Il met l'accent sur ce qu'il appelle « produire en France et consommer français », la réduction de la dette par le contrôle des dépenses, l'éducation en voulant faire un effort particulier sur les « fondamentaux » au primaire (lire, écrire, compter), défendant notamment l'usage du calcul mental, et de nouveau la réforme des institutions, promettant l'organisation d'un référendum sur la question en même temps que le premier tour des élections législatives de . Après une entrée en campagne lors de laquelle le candidat voit un doublement des intentions de vote en sa faveur, il retrouve le dans un sondage sa troisième place de 2007, à égalité avec Marine Le Pen à 15 %, avant de voir progressivement refluer les intentions de vote en sa faveur. Totalisant 9,13 % des voix () au premier tour, il termine cinquième de cette élection présidentielle derrière Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, un score bien inférieur à celui de 2007 (18,57 %) mais au-dessus de celui de 2002 (6,84 %). Après son élimination, il écrit une lettre publique aux deux candidats du second tour, Nicolas Sarkozy et François Hollande, les interrogeant sur leurs programmes afin d'éventuellement se prononcer pour un soutien ou une prise de position pour le deuxième tour. Le , il annonce qu'il votera personnellement pour François Hollande sans donner toutefois de consigne de vote à ses électeurs. Cette décision lui vaut les critiques de la droite et de plusieurs centristes. Sous la présidence de François Hollande (2012-2017). Candidat à sa réélection aux législatives de juin 2012 dans la deuxième circonscription des Pyrénées-Atlantiques, François Bayrou arrive en deuxième position au premier tour avec 23,63 % des suffrages exprimés. Dans une triangulaire qui l'oppose à la candidate socialiste Nathalie Chabanne (34,90 % au premier tour) et au candidat de l'UMP Éric Saubatte (21,72 % au premier tour), il n'obtient que 30,17 % des suffrages exprimés contre 42,78 % à Nathalie Chabanne, élue, 27,04 % pour Éric Saubatte. Le , en tant que président du MoDem, il signe avec Jean-Louis Borloo, président de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), une charte qui unit leurs deux partis au sein d'une plate-forme politique commune, L'Alternative, avec l'ambition de conduire des listes communes aux élections nationales, européennes et régionales ainsi que d'organiser une primaire commune aux partis centristes en vue de l'élection présidentielle de 2017. Ce projet semble toutefois mis en suspens par le retrait de Jean-Louis Borloo de la vie politique ; son successeur, Jean-Christophe Lagarde, privilégiant plutôt les alliances avec la droite de Nicolas Sarkozy. La plupart du temps, le MoDem finit par rejoindre à son tour ces alliances avec la droite. Dès septembre 2013, il annonce son intention d'être à nouveau candidat à la mairie de Pau en 2014. Il bénéficie du soutien de l'UMP, qui ne présente pas de candidat contre lui. La liste qu'il constituera inclura certains représentants de l'UMP dont Eric Saubatte, son ancien adversaire aux élections législatives de 2012. Le , sa liste obtient 41,9 % des suffrages au premier tour puis, le 30 mars, 62,6 % des voix contre 37,4 % à celle conduite par le député socialiste David Habib. Il est élu maire de Pau le . Le 14 avril suivant, il est élu président de la communauté d'agglomération Pau-Pyrénées avec (2 nuls et 21 blancs) par les 65 élus inscrits représentant les 14 communes de l'agglomération. Grand lecteur de Charles Péguy, il intervient, en janvier 2014, au colloque sur « L’actualité de la pensée politique de Charles Péguy ». Alliance avec Emmanuel Macron et éphémère ministre de la Justice (2017). Peu après l'annonce de la candidature d'Alain Juppé à la primaire de la droite et du centre en vue de la présidentielle de 2017, François Bayrou annonce son soutien au maire de Bordeaux, tout en refusant de faire participer officiellement le MoDem à la primaire, afin de pouvoir faire barrage à Nicolas Sarkozy si celui-ci était finalement désigné candidat. Après la large victoire de François Fillon, qui devient ainsi le candidat des Républicains et de leurs alliés dans la course à l'Élysée, Bayrou dément avoir conclu un accord avec ce dernier. Interrogé sur la candidature d'Emmanuel Macron, président du mouvement En marche qui souhaite dépasser le clivage droite-gauche comme lui, le , il estime que celle-ci s'inscrit dans la lignée de celle de Sarkozy en 2007 et de Dominique Strauss-Kahn en 2012, accusant « le monde des grands intérêts et celui de l'argent » d'être derrière sa candidature. Cette relation lui semble « incompatible avec l'impartialité exigée par la fonction politique » et il annonce qu'il « mènera la bataille pour qu'il n'en soit pas ainsi ». Cependant, lors d'une déclaration à la presse le concernant sa décision en vue de la prochaine échéance électorale, François Bayrou estime que la France est et il propose une alliance à Emmanuel Macron pour ne pas prendre le risque de dispersion des voix. Il pose quatre exigences pour cette proposition (à savoir une véritable alternance dans les pratiques politiques, une loi sur la moralisation de la vie publique, l'amélioration de la rémunération du travail et l'introduction de la proportionnelle pour les élections législatives) ; Emmanuel Macron accepte aussitôt sa proposition. La décision du président du MoDem est toutefois critiquée par des élus de droite et de gauche, en raison notamment de l'incohérence avec ses déclarations passées à l'égard de l'ancien ministre de l'Économie. Durant l'entre-deux tours de l'élection présidentielle, il critique le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan au FN de Marine Le Pen, elle-même adversaire d'Emmanuel Macron au second tour de l'élection. Le , il qualifie cette alliance d', mettant en cause le gaullisme du président de Debout la France. Après la publication par La République en marche de la liste de ses candidats aux élections législatives, il fait part de son désappointement et déclare qu'elle « n'est en aucun cas celle à laquelle le MoDem a donné son assentiment ». Il avait été convenu avec Emmanuel Macron, en échange de son soutien pour l’élection présidentielle, que 120 circonscriptions seraient réservées à des membres du Modem, mais seules 30 leur seront proposées après l’élection. Le , François Bayrou est nommé ministre d'État, garde des Sceaux, ministre de la Justice dans le gouvernement Philippe I. Visé depuis décembre 2015 par une plainte en diffamation, une audience le fixe la date de son procès au . En effet, à la suite d'un dépôt de plainte d'El Sistema France concernant des propos tenus lors d'un conseil municipal et dénoncés comme diffamatoires, il avait été mis en examen en pour « diffamation publique » à l'encontre de cette association. Selon des informations du "Canard enchaîné", l'assistante parlementaire de Marielle de Sarnez aurait en réalité été la secrétaire particulière de François Bayrou et était donc rémunérée par le Parlement européen pour un emploi fictif. Si François Bayrou dément et promet des preuves, des témoignages cités par le "Canard enchaîné" et Corinne Lepage confirment le caractère fictif de cet emploi et mettent en cause un système d'emplois fictifs créé par le MoDem au Parlement européen pour faire rémunérer son personnel avec de l'argent public. Une enquête de France Info cite une dizaine d’employés du Modem rémunérés comme assistants parlementaires. François Bayrou appelle personnellement un responsable de la radio pour se plaindre de l’enquête mais est ensuite recadré par le Premier ministre Édouard Philippe. Dans ces conditions, il annonce le qu'il ne fera pas partie du gouvernement Philippe II. Il est remplacé par Nicole Belloubet, après seulement passés à la chancellerie. Après le gouvernement (depuis 2017). Seul candidat à sa succession à la présidence du MoDem, François Bayrou est réélu le 15 décembre 2017, avec 93,8 % des voix. Un temps envisagé comme tête de liste LREM-MoDem pour les élections européennes de 2019, il refuse d’être candidat à ce scrutin, affirmant souhaiter le . Le , à l’issue d’une audition de près de dix heures au tribunal de Paris, François Bayrou est mis en examen pour « complicité de détournement de fonds publics » dans l’affaire des assistants parlementaires européens du parti centriste. Plusieurs cadres du MoDem sont également mis en examen, dont Sylvie Goulard, Michel Mercier et Marielle de Sarnez. Fragilisé alors qu’il prônait de longue date l’éthique en politique, François Bayrou exclut de démissionner de la mairie de Pau. Au premier tour des élections municipales de 2020, la liste qu'il conduit à Pau arrive en tête avec 45,8 % des voix. Il l'emporte pour un second mandat le avec 55,5 % des suffrages exprimés, contre 44,5 % pour le divers gauche Jérôme Marbot. Dans la foulée, il est réélu président de la communauté d'agglomération Pau Béarn Pyrénées. En , il est nommé haut-commissaire au plan, exerçant ses fonctions à titre gratuit. Selon "Le Monde," ce poste l'occupe peu, mais lui permet principalement de conserver de l’influence dans l'environnement d'Emmanuel Macron. Trois mois plus tard, en décembre, il est réélu président du MoDem avec 96 % des suffrages exprimés. Le il annonce qu'il va parrainer Marine Le Pen à la présidentielle . Le 3 mai 2022, il considère que l'accord trouvé par la Nouvelle Union populaire écologique et sociale est ; il pointe notamment du doigt le principe de désobéissance à l'Union européenne envisagé dans l'accord, qui conduirait selon lui à , ainsi que la volonté de Jean-Luc Mélenchon de . Prises de position. Politique économique. Sur la réforme des retraites, François Bayrou est favorable à un passage de 60 à progressif, qu'il dit être raisonnable compte tenu de l'augmentation de l'espérance de vie. Néanmoins, il n'a pas voté pour la réforme qu'il conditionnait à l'adoption d'un amendement qu'il a présenté à l'Assemblée nationale et auquel il n'a manqué que quelques voix pour être adopté : il proposait de maintenir le seuil de l'âge de départ sans décote à au lieu des proposés par le gouvernement, ce qui lui semble inacceptable, car cela fait payer les frais de cette réforme aux personnes ayant eu les carrières les plus hachées. Son objectif est la mise en place comme en Italie, et comme défendu par la CFDT, d'un système de retraite par répartition mais individualisé, également appelé système de retraite par points, comme le système des retraites complémentaires mais étendu à la retraite de base, et unifié à terme entre les 35 systèmes existants qui créent en particulier le problème des calculs pour les retraités polypensionnés. Institutions et régionalisme. Dans son projet de modernisation du système politique français, François Bayrou propose le renforcement du rôle du Parlement de façon à constituer un contre-pouvoir effectif face à l'exécutif. Il a déclaré à plusieurs reprises souhaiter le passage à une République. François Bayrou, qui parle couramment béarnais, défend le « trésor » que constituent selon lui les cultures et identités régionales de France. Il appelle à ratifier la "Charte européenne des langues régionales ou minoritaires", que la France a signée en 1999. Il s'est notamment prononcé pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la région Bretagne, conformément au vœu des collectivités locales, ainsi que pour la « réunification de la Normandie », ce qui fut permis par la réforme territoriale mise en place durant le quinquennat de François Hollande. Sujets de société. Défenseur de la laïcité dans l'espace public, François Bayrou est un catholique pratiquant ayant fréquenté par exemple la Communauté des Béatitudes. Il s'est déclaré opposé dans sa forme au projet d'ouverture du mariage aux personnes de même sexe ayant défendu durant la campagne présidentielle 2012 le principe d'une « union civile » fondée sur l'essentiel des dispositions du Code civil en matière de mariage (reconnaissance, droits, fiscalité et succession), mais s'attachant à distinguer d'un point de vue lexical le terme d'« union » de celui de « mariage ». Médias et culture. En mai 2009, il vote contre la loi Hadopi. Se présentant comme , il considère que . François Bayrou a souvent mis en cause l’objectivité des médias français appartenant à de grands groupes industriels, arguant de leur forte tendance à la bipolarisation de la vie politique française, autour de LR et du PS. Il accuse ces médias d’une surexposition de ces partis et de leurs candidats voire de connivence avec certains de ces candidats. Il propose à cet effet de rendre impossible la détention des groupes de médias par des groupes industriels et financiers dépendant des commandes de l’État. Politique de défense. En 2009, il s'oppose à la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN, et réclame un référendum sur le sujet en marge des élections européennes. Union européenne. François Bayrou et le MoDem s'inscrivent dans la tradition europhile du centre français. L'Union européenne a donc une place centrale dans son projet politique : . « Sans Europe, sans union politique et sans démocratie, la marche du monde devient une fatalité sur laquelle les peuples de notre continent auront perdu le pouvoir de peser. Chaque fois qu’il s’agit de peser sur l’avenir du monde, on retrouve « le besoin d’Europe ». Il est député européen de 1999 à 2002. Il affirme, en décembre 2004, son opposition à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne et demande, en vain, un vote de l'Assemblée nationale sur cette question. Depuis, sa position a légèrement changé concernant cette question. Lors du meeting de Reims le , il affirme que des arguments importants pour l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne n'ont pas été pris en considération. Pour sa part, il maintient son opposition mais affirme : « il y avait des arguments pour [et] des gens qui avaient une autre vision de l'Europe que la sienne ». En 2005, il fait campagne en faveur du Traité établissant une constitution pour l'Europe, que les électeurs français consultés par référendum rejettent le . Son programme pour la présidentielle de 2007 milite pour la ratification d’ qui devrait, en France, être accepté par un nouveau référendum. Le 4 février 2008, il vote au congrès pour la loi constitutionnelle qui permettra la ratification du traité de Lisbonne modifiant le traité sur l'Union européenne. Affaire des assistants parlementaires du MoDem au Parlement européen. L'affaire des assistants parlementaires du MoDem au Parlement européen porte sur des soupçons d'emplois fictifs concernant les assistants parlementaires des députés européens du Mouvement démocrate (MoDem) siégeant au Parlement européen. Le , le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour « abus de confiance » et « recel » de ce délit. Par ailleurs, dans le cadre de l'enquête administrative menée en parallèle par l'Office européen de lutte anti-fraude (OLAF), Jean-Luc Bennhamias et Nathalie Griesbeck, anciens députés européens MoDem, sont sommés de rembourser respectivement et euros au Parlement européen. Le , à l’issue d’une audition de près de dix heures au tribunal de Paris, le président du MoDem, François Bayrou, est mis en examen pour « complicité de détournement de fonds publics ». Plusieurs cadres du parti centriste avaient été mis en examen quelques jours avant lui : les anciennes ministres Sylvie Goulard et Marielle de Sarnez, l’ancien trésorier du parti Michel Mercier, l’ancien directeur financier Alexandre Nardella. La justice décide en 2023 son renvoi en tribunal correctionnel. Selon l'ordonnance, François Bayrou « apparaît comme le décideur et le responsable de la mise en place et du fonctionnement du système frauduleux ». Dans la fiction. Dans son roman d'anticipation "Soumission" (2015) se déroulant en 2022, Michel Houellebecq fait de François Bayrou le Premier ministre de la France. Dans l'émission satirique "Les Guignols de l'info", François Bayrou est représenté comme un benêt ; celui-ci affirme, ayant tardivement pris connaissance du personnage, qu'il a été tenté d'arrêter sa carrière politique. Œuvres. Correspondance. Une grande partie de la correspondance de François Bayrou est conservée aux Archives nationales sous la cote 692AP. |
FN FN est l'abréviation de : |
Rassemblement national Le Rassemblement national (RN) est un parti politique français d'extrême droite présidé par Jean-Marie Le Pen (1972-2011), Marine Le Pen (2011-2021) puis Jordan Bardella (depuis 2021). Le Front national émerge dans le paysage politique français au cours des années 1980, notamment lors des élections législatives de 1986. Candidat à l'élection présidentielle à cinq reprises, Jean-Marie Le Pen parvient à accéder au second tour du scrutin de 2002 face à Jacques Chirac, à la surprise générale dans un régime où domine le bipartisme. En 2017 puis en 2022, Marine Le Pen parvient également au second tour de l'élection présidentielle. La même année, avec à l'Assemblée nationale, le RN obtient le meilleur résultat de son histoire. La plupart des observateurs politiques situent le RN à l'extrême droite de l'échiquier politique, mais ses représentants récusent en général cette appartenance pour lui préférer d'autres qualificatifs ou proposer d'autres façons d'envisager l'axe gauche-droite. Ce débat est récurrent depuis la du parti dans les années 2010 à 2020 sous la présidence de Marine Le Pen. Au niveau européen, il est membre du Parti Identité et démocratie. Souvent rattaché au courant national-populiste, il se distingue notamment par son opposition à l'immigration et la défense du principe de priorité nationale. Relativement peu représenté dans les institutions du fait d'un mode de scrutin à deux tours défavorable (phénomène du ), il obtient régulièrement la majorité relative à différentes élections. En 2021, le parti revendique , mais ses effectifs réels sont estimés à . Histoire. Origines. Le Front national pour l'unité française (FNUF, ou son acronyme raccourci par commodité dès l'origine, FN) est lancé le , lors d'une réunion privée tenue devant quelque à la salle des Horticulteurs, rue de Grenelle à Paris, sous les auspices du mouvement Ordre nouveau. Le logotype du Front national est choisi lors de ce congrès fondateur. La constitution légale du parti date du , jour du dépôt à la préfecture de Paris de ses statuts par Pierre Bousquet, ancien Waffen-SS au sein de la Division Charlemagne et de Jean-Marie Le Pen. Bousquet deviendra le premier trésorier du FN. Ces statuts confirment la nomination de Jean-Marie Le Pen comme président du FN par Ordre nouveau, qui cherche dans le choix de cette personnalité à se donner une façade respectable pour entrer dans l’arène électorale. Durant une dizaine d'années, le Front national reste un mouvement marginal, au cours de ce qui est communément désigné comme une par les historiens aussi bien que par les militants du parti. La préoccupation majeure semblait être de conserver le maigre capital de militants nécessaires à la survie du parti. François Duprat, ancien d'Ordre nouveau, joue un rôle moteur durant toute cette période. La version « officielle » de la naissance du parti privilégie le rôle fondateur unique de Jean-Marie Le Pen. Ce dernier n'a cependant joué qu'un rôle limité dans la fondation proprement dite du Front national, l'initiative en revenant au mouvement Ordre nouveau, ce que le dirigeant historique ne conteste toutefois pas. Comme le montre notamment le politologue Alexandre Dézé : Rôle fondateur d'Ordre nouveau. Dans la perspective des élections législatives de 1973, le mouvement Ordre nouveau entreprend, à partir de la fin 1971, de constituer un « rassemblement de la droite nationale » allant des anciens poujadistes aux franges pétainistes ou néo-nazies les plus extrêmes. Le nouveau parti, baptisé Front national pour l'unité française, puis plus simplement Front national, est officiellement fondé le . Ses statuts sont déposés le 27 octobre de la même année. Selon l'analyse d'Alexandre Dézé, la création du Front national obéit à une quadruple logique de la part du mouvement Ordre nouveau à l'aube des années 1970. Il s'agit, en premier lieu, dans une « logique de compétition », d'occuper l'espace politique de l'extrême droite et de s'affirmer comme la . Puis, dans une « logique de conversion » et particulièrement sous l'impulsion de François Duprat, Ordre nouveau redéfinit progressivement ses modes d'actions au bénéfice de la participation au système électoral, après un tout premier test en juin 1970 lors de législatives partielles suivi d'une participation aux municipales de mars 1971 : il s'agit alors en large partie de trouver des débouchés politiques aux jeunes cadres du mouvement. S'y ajoute une « logique de collaboration » avec les notables de la frange « nationale », afin d'élargir les moyens politiques d'Ordre nouveau au-delà de ce seul mouvement. On voit enfin à l'œuvre une « logique de rationalisation » dans le discours adressé aux militants, visant à montrer les limites de l'activisme et à convaincre du bien-fondé d'un mode d'action désormais strictement légaliste. Les dirigeants d'Ordre nouveau, particulièrement François Duprat et Alain Robert, s'inspirent alors essentiellement du modèle du MSI, parti néofasciste italien fondé en 1946 par des proches de Mussolini, qui vient alors de fusionner avec les monarchistes et d'adopter une ligne de « droite nationale » ("Destra nazionale") : le MSI est à cette époque le plus puissant parti d'extrême droite européen. Comme le note Erwan Lecœur, Ordre nouveau « veut faire du rassemblement qui prend forme à la fin de cette année [1972] le pendant français de la réussite du Movimente Sociale Italiano (MSI) » ; de fait, . Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard soulignent de même que « le logotype de la flamme tricolore […] témoigne à la fois du parallélisme modernisateur avec l'Italie (chacun sait qu'il s'agit du symbole du MSI, avec le code couleur idoine bien sûr), de , mais y ajoutent « la tradition historique avec le Rassemblement national populaire de Déat (dont les trois flambeaux ressemblaient fort à cette flamme) ». D'après l'historienne Valérie Igounet, , mais s'explique aussi . Le MSI est aussi le premier imprimeur du Front national, fournissant gratuitement ses premières affiches alors que le parti manque de moyens. Selon Zvonimir Novak, spécialiste de l’imagerie des supports politiques, . Alain Robert joue dans la genèse de ce mouvement unitaire un rôle clé grâce à la mobilisation de ses réseaux personnels issus de ses multiples engagements successifs (au sein de la Fédération des étudiants nationalistes, des Comités Tixier-Vignancour, d'Occident, du Groupe Union Droit). L'initiative d'Ordre nouveau intervient à un moment où, après l'échec des « ultras de l'Algérie française » et le déclin qui s'est ensuivi, l'extrême droite française est particulièrement fragmentée entre des groupuscules épars. Outre Ordre nouveau, où l'on retrouve en particulier François Duprat, Alain Robert et François Brigneau et qui est le mouvement dominant par le nombre, les groupes étroitement impliqués dans la création du Front national et dont différents membres y occuperont des postes clés sont Jeunesses patriotes et sociales (JPS) de Roger Holeindre, la revue "Militant" de Pierre Bousquet (ancien membre du Parti franciste puis de la division SS Charlemagne dans les années 1940) et le Groupe union défense (GUD) d'Alain Robert (tendance nationaliste-révolutionnaire). Alexandre Dézé souligne le caractère alors « hautement improbable » dans ce contexte de la création d'un parti regroupant ces diverses tendances en vue d'une participation à la compétition politique dans le cadre des institutions. De fait, certains autres groupuscules préfèrent alors ignorer cette initiative : le GRECE, qui poursuit depuis 1968 son entreprise de refondation idéologique, ainsi que les monarchistes de Restauration nationale. Enfin, Georges Bidault, qui, avec son Mouvement pour la justice et la liberté, aurait apporté avec lui la caution d'un ancien président du Conseil national de la Résistance et d'un ancien président du Conseil de la République, ne participe que brièvement aux tractations qui se déroulent à l'été 1972. Jean-Marie Le Pen, « caution électorale ». Après le refus de Dominique Venner et de Jean-Jacques Susini d'assumer la fonction de président du nouveau front, et notamment par l'intermédiaire de Roger Holeindre et François Brigneau, les responsables d'Ordre nouveau se tournent vers Jean-Marie Le Pen, avec lequel des contacts ont lieu depuis décembre 1971 ; celui-ci est alors en retrait de la vie politique après sa participation à la campagne de Jean-Louis Tixier-Vignancour. Après que le second congrès national d'Ordre nouveau les 10 et 11 juin 1972 a acté le lancement du FN, les tractations entre l'ancien député poujadiste et Ordre nouveau s'avèrent si difficiles que le mouvement constitue, le , un premier bureau politique provisoire du FN sans lui. Finalement, face au risque d'avoir deux FN en lice, Jean-Marie Le Pen obtient un premier accord mettant en place une présidence à trois têtes représentant les trois principales tendances : lui-même, François Brigneau pour Ordre nouveau et Guy Ribeaud, un proche de Georges Bidault. Après le retrait de ce dernier, il obtient pour ses partisans une majorité des sièges au bureau politique, Ordre nouveau n'en occupant qu'un tiers et chaque responsable de la tendance Ordre nouveau y étant doublé d'un adjoint « lepéniste ». Le bureau initial du Front national est ainsi composé, outre Jean-Marie Le Pen (président) et Brigneau (Ordre nouveau, vice-président), d'Alain Robert (Ordre nouveau, secrétaire général) et Roger Holeindre (secrétaire général adjoint) et de Pierre Bousquet (trésorier) et Pierre Durand (trésorier adjoint). Décrit par les dirigeants d'Ordre nouveau comme « une personnalité de premier plan, non seulement par son passé militant et combattant, notamment le fait d'avoir été député à deux reprises, mais surtout par son intelligence et sa clairvoyance politique », Jean-Marie Le Pen . Pour Jean-Yves Camus, il s'agit de tirer profit de ses atouts de . Il relève également . Par choix tactique, la quasi exclusivité de la représentation du nouveau parti est laissée à Jean-Marie Le Pen, désigné président du nouveau parti : outre le bénéfice recherché en termes de crédibilité, Ordre nouveau choisit de s'effacer publiquement pour permettre, le temps de la campagne des législatives, l'expression d'un discours unitaire. Premier programme du parti. Se réclamant d'une « droite sociale, populaire, nationale », le nouveau parti se place explicitement au sein du jeu politique : l'opposition au régime « prend désormais plutôt la forme d'une critique populiste du système politique et des principales forces qui le composent » (« contre la majorité usée, corrompue, impuissante », « contre le communisme ruineux, utopique, oppresseur » sont deux des mots d'ordre de la campagne électorale de 1973). Sous le titre « Défendre les Français », le programme publié le 11 novembre 1973 dans "Le National" et dont la partie économique a été rédigée par Gérard Longuet, aborde dans une optique conservatrice modérée, à la tonalité antilibertaire, anticapitaliste et antimarxiste, la plupart des thèmes sociétaux du moment (agriculture, économie, enseignement, service public, santé). Le nouveau parti, aux thèmes déjà national-populistes, se veut être une . Loin de reprendre les idées économiques interventionnistes d'Ordre nouveau, il s'affiche comme une défense des intérêts corporatistes tout en . Jean-Yves Camus souligne les ambiguïtés de ce programme sur les questions de l'immigration, où le lien avec le chômage n'est pas encore établi, ainsi que la position sur la natalité où il « réclame la révision de la loi de 1920 sur l'avortement, alors que la même mesure, prise par S. Veil, ouvrira la campagne frontiste sur le prétendu “génocide des enfants français” ». Paru en 1978, "Doctrine économique et sociale du Front national", de Pierre Gérard, qui selon Valérie Igounet, prolongera le programme économique rédigé par Gérard Longuet et constituera la référence du parti sur les questions économiques jusqu'au début des années 1990. Tensions au sein du groupuscule. Cette nouvelle orientation stratégique ne fait cependant pas l'unanimité, comme en témoignent les désaccords dès le congrès fondateur de juin 1972 entre les tenants « radicaux » du maintien de la référence à Ordre nouveau sous l'appellation « Front national pour un Ordre nouveau » (minorité menée par les membres du GUD) et les « pragmatiques » qui insistent « sur la nécessité de jouer à fond la stratégie d'ouverture et de changement d'« image » » et soutiennent le choix du nom de « Front national pour l'unité française » (motion conduite par François Brigneau). Le discours tenu en interne sur la distinction maintenue entre les programmes respectifs des deux mouvements en est une autre illustration. De même, lors du congrès de 1972, alors qu'« [une] minorité « pose clairement la question : « Ne peut-on craindre de voir, éventuellement, ce Front national échapper au contrôle d'Ordre nouveau ? », [il] leur est répondu qu'ON continue à revendiquer le rôle dirigeant au sein du Front, qu'il doit en rester l'élément moteur, « l'ossature autour de laquelle s'ordonne tout le reste » ». La multiplication des emprunts à Ordre nouveau dissimulés dans l'imagerie et les slogans du nouveau Front national est encore un moyen de « rassurer les militants sur les référents identitaires originels du parti », ce qui n'empêche pas la scission menée par Patrice Janeau qui fonde par la suite le Groupe action jeunesse. Jean-Yves Camus souligne que la difficulté, à l'époque, réside dans . La création du nouveau parti se fait « dans une ambiance réciproque de parfaite méfiance », lepénistes et Ordre nouveau mettant concurremment en place des sections locales et annonçant des meetings de lancement distincts ; les statuts du mouvement doivent être rédigés sans aucune référence idéologique ou politique, afin d'éviter les conflits. Pour Grégoire Kauffmann, « le FN naît ainsi d'un malentendu . D'autant que Le Pen avait promis le renfort de nombreux militants rencontrés à l'époque du poujadisme et des Comités Tixier-Vignancour. Or la moisson s'avère très décevante. Ne répondent à l'appel que les maigres troupes du Front uni de soutien au Sud-Vietnam dirigé par Roger Holeindre et celles, non moins dérisoires, de Justice et Liberté, le groupuscule de Georges Bidault . Dans les faits, c'est bien Ordre nouveau qui, incitant tous ses adhérents à rejoindre la nouvelle formation, fournit au FN le gros de ses effectifs » ; à Paris, 20 des 31 candidats du Front aux élections législatives viennent ainsi d'Ordre nouveau. Ces tensions s'avivent après l'échec aux législatives de 1973. Jean-Marie Le Pen avait annoncé 400 candidats, mais le parti ne parvient à en présenter que 105. Alors que l'objectif et le seuil de viabilité du mouvement avaient été fixés à 3 % des voix, le nouveau parti n'obtient que , soit 1,3 % des suffrages exprimés au niveau national et 2,3 % dans les circonscriptions où il était présent. Seul Jean-Marie Le Pen dépasse les 5 % à Paris. Lors du troisième congrès d'Ordre nouveau en avril 1973, puis du premier congrès du Front national en juin, les dirigeants d'Ordre nouveau affirment une double stratégie : d'une part de maintien des objectifs nationalistes révolutionnaires du mouvement afin de conserver sa base militante, et d'autre part d'engagement maintenu dans la voie légaliste, c'est-à-dire dans le Front national où Ordre nouveau revendique cependant son autonomie politique. Prise de contrôle par Jean-Marie Le Pen. La reprise de l'action militante et violente lors des congrès de juin 1973 conduit finalement à la dissolution d'Ordre nouveau par le gouvernement le 28 juin, en même temps que celle de la Ligue communiste, à la suite d'une nuit d'affrontement dans les rues parisiennes le 21 juin. Alain Robert tente alors de conserver le capital politique et organisationnel acquis grâce à la création du Front national, tout d'abord en exigeant la majorité des sièges au bureau politique du parti, puis au travers d'une revue baptisée "Faire front" lancée en octobre 1973 et sous-titrée « Journal du Front national », amorce d'un « Front national "bis" ». Mais cette tentative se solde par un échec : Jean-Marie Le Pen désigne Victor Barthélemy, ancien collaborateur passé du Parti communiste français au Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot, au poste de secrétaire administratif, et Dominique Chaboche au poste de secrétaire général, puis obtient par décision de justice « non seulement l'interdiction pour "Faire front" d'utiliser la mention « Front national » mais aussi l'usage exclusif du sigle frontiste » Il peut alors . Tandis qu'Alain Robert va fonder le Parti des forces nouvelles qui sera le principal concurrent du Front national tout au long des années 1970, Jean-Marie Le Pen se retrouve cependant alors « à la tête d'une organisation non seulement endettée mais également amputée d'une partie substantielle de sa base militante » : la scission de "Faire front" entraîne la perte d'un tiers des dirigeants et de la majorité des cadres et militants. Le Front national ne compte plus que quelques centaines d'adhérents. Pour Alexandre Dézé, cette première scission illustre une constante de l'histoire du Front national, partagé entre « une logique électorale de conquête du pouvoir et une logique doctrinale d'affirmation identitaire. » Présidence de Jean-Marie Le Pen. Difficiles débuts des années 1970. Jusqu'au début des années 1980, le parti, alors fortement concurrencé par le Parti des forces nouvelles, ne décolle pas tant du point de vue du nombre d'adhérents (270 en 1980) que des résultats électoraux. Cependant, comme le soulignent Nicolas Lebourg et Jonathan Preda, « plus jamais le néo-fascisme français ne parviendra à tenir la rue et faire l'actualité comme au temps d'Ordre nouveau. Alors que les nationalistes [révolutionnaires] étaient persuadés qu'il fallait un parti monolithique de révolutionnaires professionnels pour ressusciter l'extrême droite française, c'est finalement le national Jean-Marie Le Pen, qui sera en position de relever ce défi. » Malgré le très faible score réalisé par Jean-Marie Le Pen lors de l'élection présidentielle de 1974 (0,75 %), sa candidature lui confère le statut de chef de file de l’extrême droite française et suscite une vague d'adhésions. Alors que le FN est en grande difficulté sur les plans électoral, logistique, structurel et financier, le comité central du parti décide, à l'initiative de Franck Timmermans et en l'absence de Jean-Marie Le Pen, la tenue d'une séance extraordinaire à l'été 1979 qui lui permet de se réorganiser : l'historienne Valérie Igounet considère que . Jean-Marie Le Pen ne parvient pas à réunir les 500 signatures de maires nécessaires pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle de 1981 : il appelle à voter au second tour pour Jeanne d'Arc. Lors des élections législatives qui suivent, le FN obtient 0,18 % des voix, soit son plus mauvais résultat depuis sa création. Succès électoraux des années 1980-1990. Pour Pascal Perrineau, la réussite électorale de Jean-Marie Le Pen dans les années 1980 . Il met aussi en avant . Les élections cantonales de mars 1982 voient la première percée du Front national, dont certains candidats parviennent à approcher ou dépasser les 10 % des suffrages exprimés comme à Grande-Synthe, dans le Nord (13,3 %), à Dreux-Ouest, en Eure-et-Loir (12,6 %), à Pont-de-Chéruy, dans l'Isère (10,3 %), et à Dreux-Est (19,6 %). D'après Gilles Vergnon, . Pour Valérie Igounet, . Le Front national réalise une nouvelle percée sur le plan national le avec 10,95 % des suffrages exprimés lors des élections européennes. Ce score lui permet d'avoir dix élus au Parlement européen. Pour Pascal Perrineau, ces élections marquent . Pour Jérôme Fourquet, la percée électorale du FN en 1983-1984 ainsi que la création de SOS Racisme en 1984 sont la matérialisation immédiate de l'accès à la visibilité toute récente de la population issue de l’immigration maghrébine avec les grèves de l'industrie automobile française de 1982 à 1984, la Marche pour l'égalité et contre le racisme de 1983, différents faits divers, films et chansons, et conséquemment de la nouvelle place prise dans le débat public par les thèmes , alors que jusqu'alors. Le 16 mars 1986, après le passage au scrutin proportionnel pour les législatives, promesse de campagne de François Mitterrand permettant opportunément d'atténuer une défaite programmée, le Front national entre à l'Assemblée nationale et constitue le groupe Front national – Rassemblement national composé de . Décrit par Bruno Mégret comme un « parti artisanal », « sans cohérence politique ni idéologique », et « constitué de multiples chapelles issues de l'extrême droite et d'une masse de militants et de cadres nouveaux, venus pour beaucoup du RPR », le Front national rassemble des personnalités hétéroclites et des courants parfois antagonistes. Alors que le nombre de militants progresse, Valérie Igounet relève que « les responsables FN nomment le premier venu dans les nouvelles sections. L'urgence se fait sentir : il faut reprendre la formation. Début 1985, 95 % des fonctions de l'appareil sont remplies par des bénévoles, « souvent admirables de dévouement, mais pas toujours disponibles ou compétents » d'après un document interne. En 1988, Bruno Mégret devient le délégué général du FN, devenant ainsi le rival de Jean-Pierre Stirbois au sein du FN, d'autant plus qu'il devient l'un des dirigeants du FN dans la région PACA. Après la mort accidentelle de Jean-Pierre Stirbois en 1988, l'exécutif du FN voit arriver de nouvelles têtes autour de Bruno Mégret, comme Carl Lang ou Bruno Gollnisch. Aux élections municipales de 1989, le FN voit élire le premier maire de l'histoire du parti, Charles de Chambrun, à Saint-Gilles (Gard). Entre 1989 et 1993, Marie-France Stirbois est la seule élue frontiste à siéger à l'Assemblée nationale. Le congrès de 1990 est, selon Sylvain Crépon et Nicolas Lebourg, le premier . Après la chute du mur de Berlin, le FN, jusque-là d'orientation atlantiste, européiste et libérale, opère une mue qui le conduit notamment à choisir, selon les termes de Bruno Mégret, le camp du contre celui du . Le parti s'oppose ainsi à la guerre contre l'Irak, une position incomprise par une partie de son électorat (par réflexe anti-arabe, remarque l'historien Nicolas Lebourg, 50 % des sympathisants FN déclarent soutenir l'attitude de François Mitterrand). L’hebdomadaire du parti décrit désormais l’atlantisme comme un . Dans les années 1990, le FN prend une place de plus en plus importante dans la vie politique française. Ses campagnes s'axent sur la dénonciation de la corruption qui toucherait les grands partis français comme le PS ou le RPR. Le FN vise ainsi les déçus des partis ayant gouvernés les décennies précédentes. Succédant à une campagne présidentielle où Jean-Marie Le Pen dépasse les 15 % de suffrages exprimés ( des électeurs) et réalise une percée dans l'électorat populaire qui ouvre la voie à la thèse du , les élections municipales des 11 et 18 juin 1995 donnent au Front national ses premiers maires dans plusieurs grandes villes de Provence-Alpes-Côte d'Azur : à Marignane, avec Daniel Simonpieri, à Orange, avec Jacques Bompard, et à Toulon, avec Jean-Marie Le Chevallier. Cette progression du frontisme municipal est suivie, en février 1997, par l'élection de Catherine Mégret à la municipalité de Vitrolles, contre un adversaire socialiste, dans le cadre d'une élection partielle. Cette victoire supplémentaire marque la progression, au sein du FN, de son mari, alors numéro deux du mouvement : Bruno Mégret. Jean-Marie Le Pen affiche un enthousiasme pour le moins mesuré face à ces victoires, craignant . Lors des élections législatives de 1997, le FN est présent au second tour dans 124 circonscriptions, un record dans son histoire. Scission de 1998, un frein à la progression du parti. Lors des élections régionales de 1998, le bon score réalisé par le Front national complique l'élection des présidents de région et la question de l'alliance entre l'extrême droite et la droite parlementaire se pose. La portée du succès électoral des élections régionales est rapidement éclipsée par les tensions qui éclatent publiquement au sein du parti frontiste. Lors du conseil national du , à Paris, Jean-Marie Le Pen est hué par les partisans du numéro deux, Bruno Mégret, pour avoir suspendu deux proches de celui-ci. Le président du Front national se voit reprocher son caractère autoritaire et ses polémiques, qui empêcheraient le parti d'accéder au pouvoir ; de son côté, Bruno Mégret apparaît plus consensuel et idéologiquement plus enclin à des alliances avec la droite que Jean-Marie Le Pen. Mais ce dernier refuse tout compromis avec Mégret, qu'il qualifie de « félon ». Le suivant, anticipant leur exclusion du parti, les proches de Bruno Mégret essayent de prendre la maîtrise du FN lors d'un conseil national extraordinaire s'appuyant sur un mouvement de pétitions de militants ; mais, saisie par Jean-Marie Le Pen, la justice constatera plus tard que les formes légales de convocation d'un congrès du mouvement n'étaient pas réunies. Bruno Mégret est suivi dans sa démarche par une majorité d'élus et cadres du Front national (140 conseillers régionaux, 60 secrétaires départementaux, du comité central), dont Marie-Caroline Le Pen. Le congrès extraordinaire dissident des 23 et , qui se déroule à Marignane, réunit . Bruno Mégret y est élu « président du Front national » et fonde le Front national-Mouvement national (FN-MN), qui reprend à son compte la flamme symbolique et le programme de gouvernement du Front national. Le FN-MN, devenu « Mouvement national » à la suite de l'action en justice de Jean-Marie Le Pen, est rebaptisé Mouvement national républicain (MNR) le . Aux élections européennes de juin 1999, le score obtenu par l'extrême droite est relativement faible : la liste conduite par Bruno Mégret obtient 3,28 % des voix contre 5,69 % pour celle du Front national. À l'issue des municipales de 2001, le maire MNR de Marignane, Daniel Simonpieri, est largement réélu, tandis que Catherine Mégret l'emporte à Vitrolles, avant de voir son élection invalidée. Les médias considèrent alors que Jean-Marie Le Pen arrive au terme de sa carrière politique. Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002. À la surprise générale, le , alors que le Front national est encore affaibli par la scission intervenue en 1998, Jean-Marie Le Pen accède au second tour de l'élection présidentielle avec 16,86 % et , devançant le Premier ministre et candidat socialiste, Lionel Jospin. C'est la première fois qu'un candidat d'extrême droite accède au second tour d'une élection présidentielle. De son côté, Bruno Mégret obtient 2,34 % des suffrages. Dans l'entre-deux tours, des manifestations anti-FN se déroulent dans plusieurs villes de France et Jacques Chirac refuse de débattre avec lui dans le cadre du traditionnel débat télévisé du second tour. La quasi-totalité des candidats éliminés au premier tour appellent à voter pour Jacques Chirac, à l'exception de Bruno Mégret, qui se prononce pour Jean-Marie Le Pen, et de partis d'extrême gauche, dont Lutte ouvrière, qui ne donnent aucune consigne. Le , Jean-Marie Le Pen recueille (17,79 %), soit le plus faible score obtenu par un candidat au second tour d'une élection présidentielle sous la République. Au premier tour des élections législatives de juin suivant, le Front national obtient 11,3 % des voix et le MNR 1,1 %. En 2005, des opposants à Jean-Marie Le Pen au sein du bureau national, comme Jacques Bompard et Marie-France Stirbois, sont mis à l'écart, tandis que Louis Aliot devient secrétaire général du parti en remplacement de Carl Lang. Le , Bruno Mégret se rallie à la candidature de Jean-Marie Le Pen en vue de l'élection présidentielle de 2007. Érosion électorale et difficultés financières de 2007-2010. À partir de 2007, le FN subit une importante baisse de son influence électorale. Jean-Marie Le Pen n'obtient que 10,44 % des suffrages exprimés lors de l'élection présidentielle de 2007 (soit de moins qu'en 2002), arrivant en quatrième position derrière Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou. Le FN s'effondre ensuite à 4,3 % lors des élections législatives ayant eu lieu dans la foulée (moins par rapport au scrutin précédent). Une seule candidate, Marine Le Pen, se maintient au second tour dans sa circonscription et est battue. Ce sont les plus mauvais résultats du FN lors d'élections nationales depuis la fin des années 1980. Cet effondrement est confirmé l'année suivante, lors des élections municipales, au cours desquelles les candidats du FN, qui éprouvent souvent des difficultés financières à constituer des listes, obtiennent des résultats extrêmement faibles (0,93 % des suffrages exprimés au premier tour, 0,28 % au second et seulement une soixantaine de conseillers municipaux). Le FN ne conserve une présence que dans trois conseils municipaux de villes de plus de : Mulhouse, Perpignan et Toulon. Le bilan des cantonales ayant eu lieu simultanément apparaît moins désastreux mais confirme lui aussi une nette tendance à la baisse (4,85 % des suffrages exprimés au niveau national au premier tour, contre 12,13 % lors du scrutin précédent, en 2004). Cette baisse d'influence s'accompagne de problèmes financiers importants qui ont notamment conduit à la vente du siège du Front national à Saint-Cloud. Le Front national doit par ailleurs faire face à la concurrence que lui oppose le MPF de Philippe de Villiers, qui défend des idées proches et qui a vu le rejoindre quelques anciens membres du FN, notamment les deux seuls maires affiliés au parti, tels Jacques Bompard, maire d'Orange, mais dont les deux fédérations corses ont rejoint le FN. Après avoir revendiqué adhérents à l'automne 2005 , Jean-Marie Le Pen n'en revendique plus que à l'occasion du congrès de Bordeaux de novembre 2007, qui voit sa réélection pour trois ans, pour la première fois par le vote des militants. Fin 2008, le parti se retrouve en difficulté financière avec une dette de huit millions d'euros et en grande perte de vitesse électorale sur fond de succession difficile à sa tête. En octobre 2008, le parlementaire européen Jean-Claude Martinez, vice-président du Front national, fait dissidence : il annonce sa décision de présenter en dans la circonscription Sud-Ouest sa propre liste « MVL-Maison de la vie et de la liberté » face à celle du FN et de présenter une liste MVL dans toutes les autres circonscriptions. Un autre parlementaire européen, Fernand Le Rachinel, se rallie aussitôt à cette initiative. Le , le député européen Carl Lang annonce qu'il monte sa propre liste dans la circonscription Nord-Ouest face à Marine Le Pen investie par le parti. Carl Lang crée le Parti de la France. L'historienne Valérie Igounet présente le départ fin 2008 de Martine Lehideux et Martial Bild, après ceux de Michel Bayvet, Fernand Le Rachinel, Myriam et Christian Baeckeroot et Michel de Rostolan, comme , qui prépare l'avènement de Marine Le Pen. Regains électoraux et succession de Jean-Marie Le Pen. Lors des élections régionales de 2010, où l'abstention n'a jamais été aussi forte, le parti rebondit. Avec 11,42 % des voix au premier tour, il se maintient au second tour dans douze régions, dont quatre seront remportées par la gauche sans majorité absolue des suffrages exprimés. Comparativement aux régionales de 2004, le parti perd des voix globalement, mais progresse dans toutes les régions où ses listes restent en lice et atteint 17,5 % des voix au second tour, avec notamment 18,4 % pour la liste conduite par Thierry Gourlot en Lorraine, 19,3 % pour Michel Guiniot en Picardie, 19,4 % pour France Jamet en Languedoc-Roussillon, 22,2 % pour Marine Le Pen dans le Nord-Pas-de-Calais et 22,9 % pour Jean-Marie Le Pen en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le , le bureau politique désigne les 15 et pour le prochain congrès du Front national. Celui-ci doit avoir pour but de désigner le nouveau président du parti puisque Jean-Marie Le Pen a indiqué qu'il ne serait pas candidat à sa succession. Deux candidats sont déclarés : Marine Le Pen et Bruno Gollnisch, tous deux vice-présidents exécutifs du parti et députés européens. Marine Le Pen est, parmi les deux candidats, celle recueillant le plus de signatures de secrétaires départementaux : soixante-huit (contre trente pour son concurrent, Bruno Gollnisch) Une campagne interne en préalable au se tient, du au , chacun des deux candidats en lice se déplaçant dans les différentes fédérations départementales. Les réunions de soutien à Marine Le Pen sont, le plus souvent, celles recueillant le plus de participants (jusqu'à huit cents à Paris en novembre 2010). Lors du congrès de Tours, le , Marine Le Pen devient la présidente du parti, avec un taux de participation de 76,45 %, recueillant 67,65 % des voix. Jean-Marie Le Pen devient lui président d'honneur du parti. À l'issue du scrutin interne pour désigner son nouveau président, le parti compte . Présidence de Marine Le Pen. L'arrivée de Marine le Pen à la tête du parti est accompagnée pour le Front national par des scores importants sur plusieurs élections de suite, au point qu'elle affirme avoir bouleversé le paysage politique français en un « tripartisme ». Cette analyse est partagée par d'autres responsables politiques, de droite comme de gauche. Notamment, le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, estime que . Pour d'autres observateurs, sous la présidence de Marine Le Pen, le parti est devenu un parti attrape-tout. Lancement d'une stratégie de « normalisation » du parti. Une « dédiabolisation » revendiquée. Depuis son arrivée à la tête du Front national, Marine Le Pen a rapidement progressé dans les enquêtes d'opinion. Selon plusieurs universitaires, ceci s'explique par une stratégie de crédibilisation et normalisation (ou pour reprendre le terme du Front national, de « dédiabolisation ») poursuivie par Marine Le Pen. Celle-ci consiste à adopter un discours plus « respectable » en s'éloignant des positions et déclarations les plus controversées de Jean-Marie Le Pen concernant l'antisémitisme, l'immigration ou l'avortement, au profit de problématiques plus sociales. Cela passe également par l'exclusion de membres parmi les plus radicaux. En février 2013, un article du quotidien "Le Monde" constate que le Front national d'après les résultats d'un sondage réalisé à intervalles réguliers par l'institut TNS Sofres, ce qui attesterait de la . L'universitaire Alexandre Dézé indique cependant que ces résultats sont à manier avec précaution car, selon lui, . Le 20 août 2015, le bureau exécutif du Front national se réunit pour sanctionner un nouveau dérapage de Jean-Marie le Pen, datant du 4 avril 2015. Après délibération, ce bureau exécutif choisit à la majorité d'exclure le cofondateur du parti. Cette décision suscite la réprobation de plusieurs cadres du parti. Louis Aliot et Florian Philippot exercent un rôle central dans la stratégie de dédiabolisation, le premier en excluant des cadres considérés comme trop radicaux, le second en portant selon les chercheurs Antoine Bristielle, Tristan Guerra et Max-Valentin Robert. En 2012, le sociologue Sylvain Crépon montre, pour ce qui est du militantisme au sein de ce mouvement dans les années 2000 et 2010, la permanence du « vieux fond nationaliste de l'extrême droite française, dont l'une des principales caractéristiques idéologiques consiste à se montrer hermétique aux valeurs universalistes des droits de l'homme », et surtout celle de la question identitaire qui « constitue, aujourd'hui encore, la pierre angulaire de l'idéologie du nouveau lepénisme ». Virage économique à gauche. Le programme économique du Front national a été décalé sur la gauche pour favoriser une approche beaucoup plus opposée à la mondialisation et étatiste du protectionnisme social. Par cette évolution, le Front national souhaite adopter une position plus classique et crédible et répondre plus directement aux inquiétudes économiques des classes populaires. Le sociologue Sylvain Crépon fait cependant remonter ce tournant plus avant, aux années 1990 et à la thématique « ni droite ni gauche… Français » : il s'agirait, selon cet auteur, d'un renouement avec les fondements de la doctrine de l'extrême droite des années 1930, incarnée alors en partie par le Parti populaire français de Jacques Doriot. Alors que Jean-Marie Le Pen défendait un programme issu du poujadisme de défense des classes moyennes et des artisans opposés à l'État, Marine Le Pen, dans le contexte de mondialisation a « gauchi » le discours libéral de son père, proposant notamment une augmentation de pour les rémunérations en dessous de 1,4 SMIC ou encore le maintien de la retraite à , s'adressant par ce biais à la France des « petits », victimes, selon elle, de l'ultralibéralisme et de l'Europe. Concurrençant le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon, elle projette de prélever 15 % des profits des 50 plus grands groupes économiques, une taxe de 33 % sur les délocalisations et la nationalisation temporaire des banques. Le politologue Christophe de Voogd, professeur à l'IEP de Paris, note que le discours économique de Marine Le Pen a permis l', sinon l' du FN sur les ouvriers, les jeunes sans emploi, les retraités modestes, ainsi que les agents publics paupérisés. Il relève ainsi un double phénomène depuis plusieurs années : . Le Front national attaque l'Union européenne notamment sur trois points : La critique de la mondialisation devient le cheval de bataille de Marine Le Pen. Question sociétales. En réponse à l'évolution des mœurs et afin de ne pas se couper radicalement de la nouvelle génération militante, le discours sur l'interruption volontaire de grossesse rompt avec la ligne idéologique historique du parti. Cette adaptation s'inscrit dans une logique idéologique propre où l'ethnocentrisme et la question identitaire jouent toujours un rôle majeur : tandis que les anciennes générations du parti rejetaient le féminisme comme une atteinte aux valeurs françaises « traditionnelles », c'est au nom de celles-ci et en opposition aux cultures supposées « archaïques » et « patriarcales » de l'islam que les nouvelles générations opèrent ce retournement. Laurent de Boissieu relève : Pour les couples de même sexe, le FN entend remplacer la possibilité de se marier par un « PACS amélioré » ou une « union civile », sans effet rétroactif. Selon le Cevipof, 32,5 % des couples gay mariés ont voté pour le FN au premier tour des élections régionales de 2015, contre 27,7 % chez l’ensemble des électeurs. Formation des candidats et des cadres. La normalisation passe également par la formation des cadres du parti et une présence locale accrue, avec la création, en septembre 2012, d'une délégation nationale aux actions de proximité, confiée au conseiller régional du Languedoc-Roussillon Julien Sanchez, et sur la ruralité, l'agriculture et l'environnement, questions désormais gérées par Leif Blanc, ancien journaliste au "Figaro Magazine" et "Paris Match". D'autre part, le Front national relance une dynamique de formation interne interrompue depuis la scission mégrétiste, avec la mise en place de la formation Campus bleu Marine (CBM) en janvier 2013, sous la direction de Louis Aliot. Celle-ci propose des modules consacrés aux élections municipales (avec l'objectif de réaliser plus de 600 formations de candidats et de constituer 500 listes pour le printemps 2014), à la communication et aux actions de terrain, prolongés par des ressources en ligne. Si les contenus ne diffèrent pas fondamentalement de ceux mis en place par Carl Lang via le Secrétariat général du Front dans les années 1990, cette nouvelle stratégie de formation s'en distingue par l'origine des formateurs eux-mêmes, le plus souvent étrangers à l'extrême droite radicale. Cependant, il existe une tension entre d'une part ce souci de formation des cadres à une culture de gouvernement qui fait défaut, associé au nouveau courant technocratique représenté par Florian Philippot, contesté au sein du parti, et d'autre part le discours populiste sur le thème « nous sommes composés de gens populaires ancrés dans la vraie vie » qui est l'une des particularités du Front national. Relations avec la nébuleuse des droites extrêmes. À partir de 2011, sous l'entreprise de normalisation de Marine Le Pen, le Front national rompt plus ouvertement avec les mouvances des droites extrêmes qui poursuivent avec lui de longue date des stratégies d'alliance ou d'entrisme, au moins dans la mesure où il s'agit des plus voyantes dans les médias. On voit ainsi les Jeunesses nationalistes révolutionnaires de Serge Ayoub ou d'une manière générale « toute personne ayant un look crâne rasé » être exclues du défilé emblématique du , notamment via des instructions adressées aux secrétaires départementaux du Front. Limites de l'évolution idéologique. Plusieurs analystes et chercheurs estiment que cette évolution idéologique est limitée. Nicolas Lebourg, historien et chercheur à l'université de Perpignan, estime que . Pour l'historien Stéphane François, . Le politologue Jean-Yves Camus souligne pour sa part que . Le magazine "Marianne" recense ainsi nombre de déclarations antisémites après 2010 qui n'ont fait l'objet d'aucune sanction par le parti. Des candidats investis par le FN aux élections départementales de 2015 sont également mis en cause pour des propos haineux. De même que Sylvain Crépon, Jean-Yves Camus considère que cette stratégie de normalisation se heurte au besoin du Front national de rester une force « anti-système » pour conserver sa crédibilité auprès de ses militants : à trop se normaliser, le Front national courrait le risque de se couper de sa base historique. De fait, dans une étude comparée des discours électoraux de Jean-Marie et Marine Le Pen, Marion Ballet, chercheuse en sciences politiques à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, montre que : loin de se rapprocher du discours des partis de gouvernement, celui du Front national reste caractéristique d'un parti hors système, les thèmes de l'indignation et de la peur y étant toujours les plus présents et . Plusieurs politologues estiment qu'il y a deux Front national : le FN « philippiste » (du nom du vice-président Florian Philippot, dont la ligne est suivie par Marine Le Pen) ou FN « du Nord » (en référence à son implantation géographique), aux positions souverainistes et protectionnistes, et le FN « lépeniste » (du nom de l'ancien président Jean-Marie Le Pen) ou FN « du Sud », moins étatiste et plus sensible aux questions identitaires. Marine Le Pen à 17,9 % et retour à l'Assemblée en 2012. Aux élections cantonales de 2011, le FN parvient à se maintenir dans 402 cantons, sous le slogan « Contre le système UMPS : la vague bleu Marine ». La tactique du « front républicain » permet de contenir la performance du Front national, qui obtient seulement deux conseillers généraux (dans le Var et le Vaucluse). Deux mois plus tard, le , la candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2012 est validée à l'unanimité par le bureau politique du FN. Dans le même temps, les intentions de vote en sa faveur diminuent et elle est à nouveau donnée troisième dans l'optique du premier tour. Dans son projet présidentiel, Marine Le Pen déclare souhaiter redonner à la France son indépendance dans tous les domaines, fermer la parenthèse de l'« hyper-libéralisme » et du , renverser le mouvement de désindustrialisation et de délocalisation. Du côté des recettes budgétaires, elle prône le retour à une monnaie nationale, l'instauration de taxes à l'importation, une baisse de la contribution française au budget de l’UE, une réduction importante de l'immigration et le rapatriement de tous les clandestins, la lutte contre la fraude fiscale et sociale ; du côté des dépenses, elle se prononce pour une augmentation des budgets de la fonction publique de l'État et de la formation professionnelle, l'augmentation de net de tous les salaires inférieurs à le Smic par une exonération des cotisations sociales, l'augmentation de la prise en charge de santé pour les plus pauvres et les zones rurales. Selon ses partisans, Marine Le Pen peine à obtenir les d'élus nécessaires pour être candidate à l'élection présidentielle. En décembre 2011, elle saisit le Conseil d'État afin d'obtenir l'anonymat des parrainages, invoquant le fait que les élus sont soumis à des pressions ; le Conseil constitutionnel, saisi d'une QPC dans le cadre de cette procédure, ne déclare pas contraire à la Constitution la disposition législative qu'elle contestait. Les déclarations de Marine Le Pen sur ses difficultés à recueillir ses parrainages sont parfois présentées comme un « bluff » ayant pour objectif de faire parler d'elle dans les médias. Elle obtient finalement les parrainages nécessaires. Durant sa campagne présidentielle, Marine Le Pen adopte un rythme hebdomadaire de meetings qui s'accélère après l'entrée en campagne officielle du président sortant, Nicolas Sarkozy. La candidate FN, qui donne parfois la parole aux participants, y est écoutée par un public généralement moins nombreux que pour ses concurrents (entre ). Des difficultés de financement de sa campagne l'empêchent de tenir plusieurs rassemblements. Au premier tour, totalisant de voix, soit 17,9 % des suffrages exprimés, Marine Le Pen termine troisième. Elle réalise un résultat supérieur à ceux de son père Jean-Marie Le Pen, qui avait obtenu son meilleur score en 2002, avec 16,9 % des suffrages au premier tour. Alors que certains membres de son parti sont tentés d'appeler à voter pour Nicolas Sarkozy au second tour, elle ne donne pas de consigne de vote et indique qu'elle votera blanc. Dans la revue "Le Débat", Marcel Gauchet et Jean-François Kahn notent, qu'après cette élection, le FN est devenu l'opposant universel à la gauche, mais aussi à la droite. Le remplacement du discours plutôt libéral de Jean-Marie Le Pen par celui, étatiste et social de sa fille, , sans toutefois que le parti puisse pour l'instant participer au pouvoir, les auteurs concluant : . En vue du scrutin législatif de juin 2012, Marine Le Pen lance la coalition du Rassemblement bleu Marine (RBM), qui comprend le Front national, d'autres structures (Souveraineté, indépendance et libertés, Entente républicaine) et des personnalités politiques comme l'avocat médiatique Gilbert Collard. Au premier tour, les candidats FN obtiennent de voix, soit 13,6 % des suffrages exprimés au niveau national, en net recul par rapport à l'élection présidentielle mais en forte progression par rapport au premier tour des élections législatives de 2007. Au second tour, 61 candidats FN se maintiennent. Deux sont élus députés à l'occasion de triangulaires face à des candidats PS et UMP : ainsi, émerge sur la scène politique nationale la petite-fille du fondateur et la nièce de la présidente, Marion Maréchal, qui l'emporte dans la du Vaucluse, tandis que Gilbert Collard, membre du RBM, est élu dans la du Gard. C'est le retour du FN à l'Assemblée nationale, après la période 1986-1988 (l'élection remportée en 1997 ayant été invalidée). En revanche, dans la onzième circonscription du Pas-de-Calais, Marine Le Pen arrive largement en tête du premier tour mais s'incline de peu au second tour face au PS Philippe Kemel. Le porte-parole de la campagne présidentielle, Florian Philippot, échoue quant à lui en Moselle. Succès aux élections municipales et européennes de 2014. Le , Florian Philippot et Jean-François Jalkh deviennent vice-présidents du parti, chargé de la stratégie et de la communication pour le premier (qui fait également pour la première fois son entrée au bureau exécutif), et chargé des affaires juridiques et des élections pour le second. Le FN compte désormais cinq vice-présidents au total avec Louis Aliot, Marie-Christine Arnautu et Alain Jamet. À cette occasion, la délégation générale est supprimée, et Louis Aliot passe de la vice-présidence chargée du projet à celle chargée de la formation et des manifestations. L'historien Nicolas Lebourg et le documentariste Joseph Beauregard notent que Florian Philippot a « peu ou prou obtenu ce que n'avait eu aucun numéro deux, la fusion sous son autorité de prérogatives relevant de la présidence, du secrétariat général et de la délégation générale ». Le Front national annonce en octobre 2012 la constitution de listes « Bleu Marine » - listes d'union dans le cadre du Rassemblement bleu Marine dans plusieurs villes ; plusieurs centaines de têtes de listes FN et/ou RBM sont d'ores et déjà investies par la commission nationale d'investiture du mouvement : Les sondages à l'approche du scrutin des élections municipales de 2014 prédisent une percée du parti. Pour "Le Figaro", cela s'explique par la nouvelle stratégie du FN visant à nationaliser son implantation et présenter le maximum de candidats, ce qui n'était pas le cas auparavant ; d'autre part, cela se conjugue avec l'évolution de la sociologie de ses électeurs, conquérant des parts dans les milieux populaires, ruraux et, fait nouveau, dans les zones périurbaines. Toujours distancé par le PS et l'UMP, il ambitionne en 2014 de se maintenir au second tour dans de grandes villes en provoquant des triangulaires. Si le FN se fixe l'objectif de présenter autant de listes que possibles ( candidats au total), l'expérience limitée de ses effectifs en comparaison des autres principaux partis le conduit à mobiliser les réseaux familiaux. Au bilan, il obtient de conseillers municipaux, et plusieurs communes dont Hénin-Beaumont (Steeve Briois) dès le premier tour, Fréjus (David Rachline), le Septième secteur de Marseille (Stéphane Ravier), Beaucaire (Julien Sanchez), Villers-Cotterêts, Hayange, Le Pontet, Le Luc, Cogolin, Mantes-la-Ville. À Béziers, la liste de Robert Ménard, soutenue par le FN, emporte le second tour, de même qu'à Camaret-sur-Aigues. En vue de constituer un groupe au Parlement européen à la suite des élections européennes de 2014, le Front national lance un certain nombre de négociations avec des partis politiques des États membres de l'Union susceptibles de partager ses positions. En janvier 2014, une alliance est ainsi conclue avec la Ligue du Nord. À l'issue du scrutin, le FN arrive en tête, avec 24,86 % des voix, et remporte (nombre ensuite réduit à 23 après que Joëlle Bergeron a quitté le FN). Il s'agit dans son histoire de la première élection nationale où le FN arrive en première position. En réaction à sa victoire, quelques manifestations d'étudiants ont lieu, mais elles mobilisent bien moins qu'après le premier tour de l'élection présidentielle de 2002, qui avait vu Jean-Marie le Pen se qualifier pour le second tour. Entrée du parti au Sénat pour la première fois, en 2014. À l'issue des élections sénatoriales de 2014, le FN fait pour la première fois son entrée au Sénat, avec deux élus : Stéphane Ravier, dans les Bouches-du-Rhône, et David Rachline, dans le Var. Ce dernier, en tant que benjamin, comme l'est Marion Maréchal à l'Assemblée nationale, tient l'urne de l'élection du président. Enracinement du FN aux élections locales de 2015. Durant la campagne des élections départementales de 2015, plusieurs sondages donnent le FN en tête du scrutin ou talonnant l'alliance UMP-UDI. Lors du premier tour, le FN arrive en deuxième position au niveau national, derrière le bloc de droite. Il est le premier parti de France si l'on considère les résultats par partis, ce qui témoigne de son « enracinement » sur le territoire alors que ce type d'élections ne lui est généralement pas favorable. Le parti frontiste réalise de bons scores dans ses fiefs électoraux, notamment dans les villes gagnées aux municipales. Il gagne plusieurs cantons dès le premier tour et se qualifie à de nombreux endroits pour le second tour, notamment dans 37 des 41 cantons du Nord. Tandis que le Premier ministre, Manuel Valls, se félicite de la victoire des « formations républicaines », le FN réalise un score jamais atteint jusque-là lors d'élections locales ( en sa faveur), le record précédent ayant été établi aux régionales de 2004 (). À l'issue du second tour, le Front national obtient finalement 62 conseillers départementaux, mais échoue à être majoritaire dans les départements de Vaucluse et de l'Aisne, qu'il convoitait. Il remporte 31 cantons en une seule session électorale, alors qu'il n’avait remporté que 22 élections au scrutin majoritaire avant 2014 (17 cantons et 5 circonscriptions législatives). Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2017. À l'issue du premier tour, Marine Le Pen se qualifie pour le second tour avec Emmanuel Macron, en arrivant en deuxième position, avec 21,3 % des suffrages exprimés. Dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017, Marine Le Pen, qualifiée pour le second tour, se met de la présidence du FN, conduisant Jean-François Jalkh à prendre les rênes du parti par intérim en tant que premier vice-président du parti, selon l'article 16 des statuts du FN. Il se retire trois jours après devant la polémique suscitée par des propos négationnistes tenus en 2000. Il est alors remplacé par Steeve Briois. Après une deuxième semaine de campagne d'entre-deux-tours jugée médiocre, notamment lors du traditionnel débat télévisé, Marine Le Pen recueille 33,90 % des voix face à Emmanuel Macron. Ce score est inférieur aux prévisions, ce qui lui attire des critiques au sein même du Front national et conduit à l'exclusion de plusieurs membres du parti. Lors des élections législatives de 2017, huit députés du FN ou soutenus par le FN sont élus : Marine Le Pen, Louis Aliot, Gilbert Collard, Emmanuelle Ménard, Bruno Bilde, Sébastien Chenu, Ludovic Pajot et José Évrard. Restructuration et processus de renommage du parti. Scission de Florian Philippot. Le résultat obtenu par Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2017, en deçà des attentes, suscite des débats internes sur la ligne du parti, qui doit être définie lors de son , repoussé à mars 2018. La rivalité entre Marion Maréchal et Florian Philippot ne s'éteint pas avec le retrait de la première de la vie politique. Deux camps défendent deux lignes antagonistes : le premier, plutôt identitaire et conservateur quant à l'histoire du parti, est représenté par Louis Aliot et Nicolas Bay ; le second, tenté par la remise à plat de l'identité du FN, a pour meneur Florian Philippot et comme principal soutien Sophie Montel. Ces derniers, avec plusieurs autres élus, finissent par quitter le parti, le 21 septembre 2017, formant Les Patriotes. Cette scission est sans commune mesure avec celle de 1998-1999, qui avait conduit au départ de plus de 60 % des cadres du parti. Le nombre d'adhérents du parti est également en baisse en décembre 2017, et il est annoncé que Marine Le Pen ne dirigera pas la liste FN aux élections européennes de 2019. Congrès de Lille de 2018. En novembre 2017, Marine Le Pen lance une consultation des adhérents sous la forme de 80 questions portant sur les évolutions à apporter à la ligne (notamment sur une éventuelle sortie de la zone euro) et à l'organisation interne du parti. Lors du congrès de Lille, en , 79 % des adhérents approuvent les nouveaux statuts du parti, qui transforment notamment le comité central en conseil national et suppriment la fonction de président d'honneur, jusqu'alors occupée par Jean-Marie Le Pen. À nouveau seule candidate, Marine Le Pen est élue à la tête du parti pour un troisième mandat. Elle propose alors « Rassemblement national » comme nouveau nom du parti et indique que l'option sera soumise au vote des militants. Changement de nom. Le nom, , rappelle celui du groupe FN-RN, présent à l'Assemblée nationale de 1986 à 1988, qui est une référence pour Marine Le Pen. Pour l’historienne Valérie Igounet, les termes et ont : elle mentionne le Rassemblement national populaire (RNP), un mouvement politique français fasciste et collaborationniste qui espérait devenir le parti unique sous le régime de Vichy. En 1954, Jean-Louis Tixier-Vignancour, avocat et homme politique d'extrême droite, était à l’origine du Rassemblement national français (RNF). La flamme tricolore stylisée, adoptée en 1972 et inspirée de celle du mouvement néo-fasciste italien MSI, reste le symbole graphique du parti. L’annonce de ce nouveau nom donne lieu à des contestations. En effet, le logotype « Rassemblement national » reprenant la flamme du FN (sur fond de croix de Lorraine) a été déposé à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) en 2013 par Frédérick Bigrat, qui se revendique comme président de l'association . D’autre part, Igor Kurek, gaulliste anti-FN et ancien proche de Charles Pasqua, qui se présente également comme président du Rassemblement national, revendique la propriété de la marque et promet de faire appel à la justice si le nouveau nom est adopté. Marine Le Pen et Nicolas Bay annoncent alors des poursuites pour de la flamme et du nom qui aurait été déposé dès 1986 par le FN. La consultation des adhérents a lieu par courrier à partir du . Avec 53 % de participation et 80 % des votes en faveur du changement de nom, le Front national annonce, le , que sa nouvelle dénomination est . Élections européennes de 2019. Les élections européennes de 2019, qui se tiennent à nouveau au niveau national et non plus par circonscription interrégionale, sont les premières élections du parti sous sa nouvelle appellation. Marine Le Pen choisit Jordan Bardella, porte-parole du RN et directeur national de Génération nation âgé de seulement , pour conduire la liste du parti. Pour Lucie Soullier "(Le Monde)", . Dans la foulée, Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud annoncent quitter Les Républicains pour rejoindre la liste du RN. Sur le programme présenté par le parti, dénommé , le site "Toute l'Europe" relève : . À l’issue d'un scrutin marqué par une hausse de la participation comparé au précédent, le Rassemblement national arrive en tête de justesse, moins d'un point devant la liste de la majorité présidentielle, avec des suffrages exprimés (– par rapport à 2014) et au Parlement européen (– 1). Reflux électoral commencé en 2020. Lors de sa campagne pour les élections municipales de 2020, Marine Le Pen met toujours l'accent sur l'immigration et l'insécurité, selon Jérôme Fourquet, mais s'appuie également sur les concepts de et de pour mieux lutter contre le et : selon "Le Point", . Première personnalité politique à avoir déclaré sa candidature à l'élection présidentielle de 2022, elle présente les élections locales comme un instrument de conquête du pouvoir présidentiel. Cependant, selon un décompte de "L'Opinion", le RN dépose moins de 400 listes lors de ces élections, contre environ 600 lors des municipales de 2014, se donnant pour objectif de présenter des listes moins nombreuses mais plus solides. Le RN conserve huit des dix villes remportées en 2014, avec des victoires nettes et souvent acquises dès le premier tour, mais voit ses scores reculer par rapport à 2014, perd Mantes-la-Ville (Yvelines), Le Luc (Var) ainsi que le secteur de Marseille (défaite de Stéphane Ravier) ; le parti remporte quelques nouvelles mairies, dont surtout Perpignan avec Louis Aliot, ainsi que trois plus petites villes dans le Vaucluse (Morières-lès-Avignon, Bédarrides et Mazan), Moissac en Tarn-et-Garonne et Bruay-la-Buissière dans le Pas-de-Calais. Le RN perd un peu plus de 40 % de ses effectifs dans les conseils municipaux, passant d'environ en 2014, à environ 850 élus, au lieu de plusieurs milliers escomptés. Les élections régionales et départementales de 2021 se soldent également par un échec important du Rassemblement national. À la surprise générale, et notamment des sondeurs, le parti n’arrive en tête du premier tour qu’en Provence-Alpes-Côte d'Azur, contre six régions en 2015. Le parti recule partout en France, et parfois de façon très significative, ce qui conduit ses dirigeants à appeler son électorat à aller voter au second tour, dans un contexte d’abstention record (près de 67 %). À l’issue d'un second tour qui n’est pas marqué par un regain de mobilisation, en PACA, la seule région où l’extrême droite pouvait espérer l’emporter, l’alternance n’a pas lieu, notamment en raison d'un front républicain. Au total, le parti perd près d’un tiers de ses élus régionaux par rapport à 2015. Les départementales sont également marquées par un recul, notamment dans les Hauts-de-France et le Sud ; alors que le parti avait en 2015 manqué de peu de remporter le Vaucluse, fief de Marion Maréchal, les espoirs se portaient cette fois dans les Pyrénées-Orientales dans la lignée de l’élection de Louis Aliot à la mairie de Perpignan, mais aucun canton n’est remporté. Le RN perd 17 cantons, soit plus de la moitié du total remporté en 2015, et n’en gagne que trois (Moissac, Bruay-la-Buissière et Marseille-6). Le du parti se tient quelques jours après cet échec, à Perpignan. À nouveau seule candidate, Marine Le Pen est élue pour un quatrième mandat à la présidence, sans que ne soient communiqués les chiffres de la participation dans un contexte de reflux du nombre d’adhérents. À cette occasion, elle préfère Jordan Bardella à Louis Aliot pour la première vice-présidence du RN, ce qui permettra au premier d’assurer l’intérim à la tête du mouvement lors de la campagne présidentielle de 2022. Le « clan d’Hénin-Beaumont » parvient à accroître son influence au sein des instances du parti, d’où sont évincés ou non-reconduits des élus comme Stéphane Ravier, Philippe Vardon et Andréa Kotarac. Malgré des doutes sur le maintien de la stratégie de dédiabolisation et de recentrage adoptée depuis de nombreuses années par Marine Le Pen, peu de cadres se montrent critiques en public, à l’exception notable de Romain Lopez, proche de Marion Maréchal. Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2022. Marine Le Pen est une nouvelle fois opposée à Emmanuel Macron au second tour. Malgré la concurrence du polémiste Éric Zemmour, elle progresse en pourcentage et en nombre de voix. Elle ne parvient pas à être élue au second tour mais améliore son score de 8%. Selon l'institut Ipsos, le second tour marque . Succès aux élections législatives de 2022. À la suite des élections législatives de 2022, le RN réalise une percée historique, avec élus qui font leur entrée à l’Assemblée nationale. Le RN devient ainsi le premier parti d’opposition. Il peut désormais former un groupe parlementaire ou déposer à lui seul une motion de censure. Avec son score réalisé au premier tour, l'État versera chaque année pendant cinq ans au parti près de sept millions d'euros, permettant au parti de combler sa dette. En raison de la position de groupe d'opposition le plus important, Marine Le Pen revendique pour son parti la présidence de la commission des Finances, au motif que la NUPES, pourtant nettement supérieure en sièges, est composée de quatre groupes dont aucun ne dépasse en taille celui du RN. Si Jean-Philippe Tanguy échoue à obtenir cette présidence, le RN obtient néanmoins deux postes à la vice-présidence de l'Assemblée. Présidence de Jordan Bardella. Le 5 novembre 2022, Jordan Bardella devient président du Rassemblement national, dans le contexte de l'exclusion temporaire du parlement du député RN de Fournas à la suite de propos racistes en séance quelques jours plus tôt . 50 ans après la création du parti (alors appelé Front national), il est le premier président à ne pas être issu de la famille Le Pen ; il est cependant en couple avec une nièce de Marine Le Pen : Nolwenn Olivier. Son adversaire dans la course à la présidence du RN, Louis Aliot, est nommé vice-président par Jordan Bardella. Programme et orientations. Immigration. Le rejet de l'immigration n'est que brièvement évoqué dans les premiers documents et meetings du FN, associé au besoin de maintenir l'unicité raciale des Français. Jean-Marie Le Pen reconnait néanmoins auprès d'Ordre nouveau, qui le critiquait sur ce point, que « l’immigration constitue un thème de propagande exceptionnel dans les milieux travailleurs ». François Duprat, alors membre du bureau politique, préconise d'insister sur le thème de l'anti-immigration afin de rallier davantage de sympathisants, auxquels il conviendrait ensuite d'expliquer le « vrai problème » que constituerait les juifs. Évoquant la thématique anti-immigration, Valérie Igounet souligne que . Dès lors, l'opposition à l'immigration devient du programme du FN », selon Valérie Igounet, notamment à travers des propositions comme la suppression du droit du sol et de l’aide médicale d'État. En 2012, il n'est plus question d'arrêter toute immigration. Il apparait un chiffrage avec un objectif de réduire les entrées par an à au lieu de . En 2015, le Front national modifie son objectif chiffré, il apparaît la notion de solde migratoire. En 2016, le programme économique du FN mis à jour évoque de nouveau une réduction de l’immigration à entrées légales annuelles. Pascal Perrineau relève en 2014 que . Alors que le FN souhaite , Jean-Yves Camus souligne qu'. Au cours de sa campagne pour l'élection présidentielle de 2022, Marine Le Pen déclare qu’elle ne s’opposerait pas à l’arrivée de nouveaux immigrés s’il manquait de la main-d’œuvre en France et abandonne la suppression de la double nationalité, qui figurait en bonne place sur ses programmes présidentiels de 2012 et 2017 et constitue, selon "Libération", un . Priorité nationale. L'un des éléments majeurs du programme du Front national est le concept de la « préférence nationale » (devenue « priorité nationale » sous la présidence de Marine Le Pen), qui peut se résumer dans l'idée que toute personne de nationalité française (indépendamment de son origine) doit avoir la priorité sur les logements, les aides sociales et les emplois (à compétences égales) par rapport aux étrangers. Parmi les exemples d'application de la priorité nationale : Pour Jean-Yves Camus, la notion de préférence nationale induit une orientation nativiste, plutôt que raciste ou xénophobe. Selon "Libération", , d'où la volonté de Marine Le Pen de modifier celui-ci par référendum ; néanmoins, le principe serait également en contradiction avec la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne à laquelle la France est tenue en tant qu’État membre. Lors des élections nationales de 2012, l'universitaire Gilles Ivaldi relève chez le FN . Nicolas Lebourg relève lors de la campagne présidentielle de 2017 que et s'avère ; cependant, la proposition de l'inscription dans la Constitution de la « priorité nationale » prônée par ailleurs par le FN pour l’emploi des salariés étrangers. Économie. Si l'économie demeure un sujet secondaire pour le FN comme pour les autres mouvements de droite radicale populiste en Europe qui privilégient , le programme du parti a accordé une plus grande importance à ce sujet à l'occasion des élections législatives de 1993 et présidentielle de 2012, sous l'impulsion respective de Bruno Mégret et Marine Le Pen, avec pour objectif de renforcer sa crédibilité. Par une analyse empirique, l'universitaire Gilles Ivaldi remarque que sur le plan économique, le FN est passé , avec . Il souligne cependant que le parti conserve . Le projet présidentiel de Marine Le Pen en 2022 amplifie cette trajectoire, les mesures de redistribution et de protection sociale représentant alors les deux tiers des propositions économiques et sociales de Marine Le Pen, soit la proportion la plus élevée depuis l’irruption du FN sur la scène politique française : Gilles Ivaldi évoque ainsi un . Cependant, Gilles Ivaldi observe également, en 2017 comme en 2022, . Le Front national se montre hostile au , aux excès de la mondialisation, qu'il qualifie de « sauvage », et entend la réguler par un protectionnisme « intelligent ». Il souhaite renforcer certains droits de douane et mettre en place un « patriotisme économique » en privilégiant les entreprises établies en France, notamment lors des appels d'offres publics. En 2016, le FN promet d'entrer en négociation avec l'Union européenne et, en cas d'échec, d'organiser un référendum sur la sortie de l'euro comme monnaie unique. S’il envisage un temps de passer à un euro-franc sur le modèle d'une monnaie commune, le parti exclut finalement à partir de 2019 la sortie de la France de la zone euro. En 2007, le programme de Jean-Marie Le Pen propose de repousser l'âge de départ à la retraite de 60 à . En 2012, Marine Le Pen déclare : En 2015, Nicolas Bay retient un seul élément du programme : le principe de 40 annuités et non le départ légal à . De même, Wallerand de Saint-Just considère que le programme évoque la retraite au bout de 40 annuités de travail et pas une retraite à . En 2022, Marine Le Pen propose la revalorisation des pensions et du minimum vieillesse, et le refus de tout report de l’âge de départ (alors à ), alors que le retour à la retraite à constituait une pierre angulaire du programme du parti depuis 2012. Outre la retraite à , le programme présidentiel de 2022 abandonne plusieurs propositions qui figuraient encore au programme de 2017 : la promesse de préserver le statut de la fonction publique, l’engagement de refuser toute hausse de la contribution sociale généralisée (CSG), la baisse de 10 % de l'impôt sur le revenu sur les trois premières tranches, le retrait de la loi Travail de 2016 ou le maintien des . Par ailleurs, après avoir prévu le maintien de l'impôt de solidarité sur la fortune en 2017, le programme du RN propose en 2022 de transformer l’impôt sur la fortune immobilière en impôt sur la seule fortune financière. Rétablissement de la peine de mort. L'historienne Valérie Igounet relève en 2016 que jusqu'à ce que Marine Le Pen propose un référendum sur le sujet (et non plus le rétablissement lui-même) en novembre 2011, dans le cadre de la campagne présidentielle de 2012, tout en se prononçant pour le rétablissement à titre personnel. D'après Valérie Igounet, ce changement peut s'expliquer par le fait que Florian Philippot, Marion Maréchal et Gilbert Collard y sont quant à eux opposés. D'après une enquête menée au lendemain des élections régionales de 2015, les sympathisants du FN sont les seuls à droite à être majoritairement favorables au rétablissement de la peine de mort. En 2017, le rétablissement de la peine capitale disparaît des propositions du Front national, au profit de la « perpétuité réelle », même si Marine Le Pen laisse aux Français la possibilité de rétablir la peine de mort par référendum d'initiative populaire. Institutions. L'instauration du référendum d'initiative populaire figure dans tous les programmes du Front national depuis que Jean-Marie Le Pen a déposé une proposition de loi en ce sens à l’Assemblée nationale, le 21 octobre 1987. Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen ont également tous deux demandé l'instauration d'un septennat présidentiel non renouvelable et celle du scrutin proportionnel à toutes les élections. Lors de sa campagne présidentielle de 1995, le FN défend l'avènement d'une qui serait une , approuvée par référendum et prévoyant, selon les termes de Jean-Marie Le Pen, . Environnement et énergie. En 1985, le FN lance un « cercle national pour la défense de la vie, de la nature et de l'animal », chargé d'investir la thématique montante de l'environnement. D'après l'historienne Valérie Igounet, le FN intègre pour la première fois l'écologie à son programme à l'occasion du congrès de Nice de 1990, comme gage de crédibilité : il indique alors que l'écologie est . Ce thème est alors porté au FN par Bruno Mégret, jusqu'à sa tentative ratée de prendre le contrôle du parti en 1998. La thématique de l'environnement est ensuite abandonnée au RN jusqu'à ce que Marine Le Pen en prenne la présidence. Le parti lance en décembre 2014 le collectif « Nouvelle écologie » qui a pour slogan : « pour une écologie patriote ». Pour Stéphane François, le programme écologiste du FN demeure , . Marine Le Pen estime que . En vue de l'élection présidentielle de 2017, le FN rejette l'abandon du nucléaire, prône la réduction de moitié de la part des énergies fossiles en vingt ans, soutient le maintien de l’interdiction de l’exploitation des gaz de schiste et défend le développement des énergies renouvelables. Il défend par ailleurs la taxation des grandes entreprises étrangères telles que Coca-Cola pour économiser sur les frais de transport et les bouteilles en plastique. En 2018, "Mediapart" estime que si , en fait . "L'Humanité" observe également que les votes des députés européens du RN contredisent l'engagement écologiste du parti : « que ce soit la limitation des pesticides à proximité des écoles et des hôpitaux, l’interdiction des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles ou du glyphosate, ils ont systématiquement voté contre ». Lors de la campagne pour les élections européennes de 2019, la tête de liste du RN, Jordan Bardella, définit le point fort du projet écologique du parti comme étant le « localisme ». Pour lui, l'État ne pratique que « l'écologie punitive », qui « criminalise les Français ». Il ajoute que l'on « pénalise toujours les mêmes : ceux qui ont besoin de prendre leur voiture pour aller au travail ». Afin de répondre à « l'urgence climatique », la meilleure solution est selon lui de cesser les « traités de libre-échange ». Considérant que ce sont les « "super tankers" » qui « traversent l'océan » qui polluent, il préfère favoriser « l'agriculture locale ». Ainsi, le RN se veut, durant cette campagne, le parti du « bon sens », qui défend le « localisme » avant le « mondialisme ». "Regards" considère le localisme défendu par le RN comme la et . "Regards" estime en 2021 que la réorientation du RN sur l'environnement, manifeste lors de campagne présidentielle de 2017, semble : . Dans son livret de campagne pour l'élection présidentielle de 2022, Marine Le Pen exprime sa volonté de prononcer , ainsi que le démantèlement progressif des sites éoliens et la suspension des subventions allouées à la promotion de l'éolien. Elle se prononce en revanche en faveur de la relance du nucléaire ainsi que du développement d'autres énergies renouvelables comme l'hydroélectricité, la géothermie et la filière hydrogène. Selon "Mediapart", le RN défend ainsi une « écologie populiste et identitaire ». Relations internationales. Jean-Yves Camus souligne que le programme de politique étrangère du FN se rattache au courant réaliste et se caractérise par Le positionnement du FN au sujet de l'OTAN a varié au cours de son histoire. Lors de sa campagne présidentielle de 1974, Jean-Marie Le Pen prône la réintégration de la France dans le commandement intégré. En 2007, il propose la sortie de l'OTAN. Sous sa présidence, Marine Le Pen prône la sortie du commandement intégré de l'OTAN. Sur le conflit israélo-palestinien, le Front national est divisé entre les soutiens du nationalisme palestinien et les partisans d’Israël. Les pro-palestiniens sont tout d'abord rassemblés autour de François Duprat. Après la guerre froide, Jean-Marie Le Pen commence à soutenir la Palestine. Après l'accession de Marine Le Pen à la présidence du parti, celui-ci adopte une ligne davantage pro-israélienne. Dans les années 2020, le RN commence à entretenir des relations avec le Parti communiste chinois, notamment via Hervé Juvin et Thierry Mariani. Entre 2020 et 2022, au Parlement européen, les eurodéputés RN votent contre une résolution condamnant les violations des libertés fondamentales à Hong Kong, s'abstiennent lors du vote d'une résolution condamnant la Chine pour ses exercices militaires et intimidations envers Taïwan et s'abstiennent également lors du vote d'une résolution sur le travail forcé des Ouïghours, que la Chine est accusée de génocider. Union européenne. Dans son premier programme présidentiel, en 1974, Jean-Marie Le Pen défend une face à la . En 1978, le programme économique du FN appelle à la formation d'. L'universitaire Emmanuelle Reungoat souligne qu'au milieu des années 1980, et notamment lors des élections européennes de 1984, le FN met en avant une , sur laquelle il revient en raison du renforcement du processus d'intégration et de l'arrivée en son sein de , dans un contexte où le RPR est quant à lui et . Le FN a ainsi . Jusqu'en 2017, Marine Le Pen se montre favorable à la tenue d'un référendum sur une sortie de la France de l'Union européenne. Emmanuelle Reungoat indique en 2015 : ; il s'inscrit également dans le contexte d'une banalisation de la critique de l'Union européenne au sein des partis de gouvernement depuis le référendum de 2005. Dans son programme pour les élections européennes de 2019, le RN affirme son refus des frais de pré-adhésion et entend supprimer la Commission européenne, accorder au Conseil européen l'exclusivité de l'initiative législative, et faire primer le droit national sur les décisions de la Cour de justice de l'Union européenne et de la Cour européenne des droits de l'homme : l'historien Nicolas Lebourg en conclut qu'. En 2021, le RN signe avec 15 autres partis européens de droite et d’extrême droite un texte sur « l’avenir de l’Union européenne » : pour la première fois, il fait ainsi cause commune avec des partis au pouvoir, dont le Fidesz (Hongrie), Droit et justice (Pologne) et la Ligue italienne. Un tel positionnement montre . Russie. Le FN entend promouvoir une , qui s'appuierait sur . Jean-Marie Le Pen soutient Vladimir Jirinovski, candidat de l'extrême droite russe à l'élection présidentielle de 1996, et en appelle, lors d'une visite à Moscou en 2005, à la création d’un , de l’Europe de l’Ouest à la Russie et à la Biélorussie. Dans son programme pour l'élection présidentielle de 2012, Marine Le Pen reprend le projet d’une « Union paneuropéenne des États souverains incluant la Russie et la Suisse ». Le positionnement pro-russe du FN s'accentue à partir de 2012, avec des visites régulières de Marine Le Pen et de cadres à Moscou, et en particulier avec l'annexion de la Crimée en 2014. Il s'agit du seul parti européen dont il a été prouvé qu'il a bénéficié d'aide financière russe, à partir de 2014. En 2020 et 2021, les députés européens RN votent contre une résolution condamnant la tentative d’assassinat d’Alexeï Navalny, refusent de condamner les violations de droits humains commis par des sociétés privées dont le groupe Wagner, et votent contre une résolution condamnant la répression de la société civile en Russie. En décembre 2021, ils s’opposent à une résolution qui « soutient l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale » de l’Ukraine et « condamne le large déploiement militaire actuel de la Russie le long de la frontière avec l’Ukraine ». En février 2022, opposée à l’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN, qu’elle juge en partie responsable de la montée des tensions menant à l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, Marine Le Pen prône l’organisation d’une « grande conférence » afin de « négocier une solution sur la base de l’accord de Minsk ». Le mars 2022, la quasi-totalité de la délégation RN au Parlement européen vote pour la résolution qui condamne l’agression russe en Ukraine. En février 2023, Jordan Bardella estime que Vladimir Poutine mène une guerre contre l'Occident et que l'issue de l'invasion de l'Ukraine ne peut se faire . Interrogé par "Libération", l'entourage de Bardella assure toutefois que ces propos ne concernent pas la Crimée et les autres territoires contrôlés par les sécessionistes depuis la guerre du Donbass, que le RN reconnaît toujours comme des territoires russes. Marine Le Pen publie peu de temps après une lettre dans laquelle elle se distancie des positions plus critiques de la Russie émises par Jordan Bardella. Droits des femmes et natalité. Le FN s'oppose dans son premier programme de 1973 à et appelle à ; il voit à la fois dans l'IVG une et une menace contre l'. Il fait campagne contre la loi Veil, qu'il présente comme un . Valérie Igounet souligne que pour le FN de l'époque, . L'abrogation de l'IVG figure dans ses programmes jusqu'en 2002 : . Peu après son accession à la présidence du FN, Marine Le Pen juge , et entend ; durant sa première campagne présidentielle, selon Valérie Igounet, entre la défense dans le programme et le positionnement pour le par ailleurs, en cas de besoins budgétaires. Le programme de Marine Le Pen pour l'élection présidentielle de 2017 n'évoque pas ce sujet, alors que Marion Maréchal-Le Pen et Florian Philippot s'invectivent sur la ligne du parti. Au Parlement européen, les députés FN puis RN votent contre de nombreux textes favorables aux droits des femmes et à l'égalité des sexes : Dans son programme présidentiel de 2022, Marine Le Pen défend la « natalité française » et propose un prêt à taux zéro de euros aux couples de moins de , qui se transformera en don à condition qu’ils fassent un troisième enfant. Droits LGBT. "Mediapart" indique que . En 2021, les députés RN s'opposent à l'unanimité, en seconde lecture, au projet de loi bioéthique qui prévoit notamment l'autorisation de la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes. Au Parlement européen, entre 2019 et 2021, les députés RN votent plusieurs fois de façon défavorable aux personnes LGBT : Positionnement. Sur l'axe gauche-droite. Une part importante des historiens, des philosophes et des politologues classent le Front national comme un parti d'extrême droite ou le situent à la « droite de la droite ». Est également évoqué le rattachement à une famille particulière de « l'extrême droite » ; le qualificatif de « national-populisme » ayant été utilisé. Michel Winock et Pascal Perrineau le classent sous cette appellation dans "Histoire de l'extrême droite en France" (1994), en distinguant le FN des mouvements habituellement classés sous cette catégorie (GUD, Jeunesses identitaires, "etc".). Dans "La France politique : s" (1999), Michel Winock définit le FN comme la conjonction de toutes les familles de l'extrême droite française : contre-révolutionnaire, pétainiste, fasciste, OAS. À l'inverse de René Rémond, Michel Winock, s'appuyant sur diverses déclarations, considère que le FN est radicalement hostile à l'essentiel de l'héritage légué par la Révolution française et à ses valeurs (exprimées par le droit-de-l'hommisme, qui était violemment dénoncé par Jean-Marie Le Pen). En 2014, l'universitaire français Grégoire Kauffmann, enseignant à Institut d'études politiques de Paris et spécialiste des droites radicales, rejette la classification du Front national à l'extrême droite, distinguant plusieurs différences entre ce parti et les mouvements d'extrême droite historique : le FN, contrairement aux ligues des années 1930, refuse l'usage de la violence politique ; l'extrême droite s'« autodiabolise », tout au contraire du FN qui cherche son intégration pleine et entière dans le paysage politique français. Il affirme également que le FN a politiquement évolué, notamment sur la question de l'antisémitisme, Marine le Pen se distinguant profondément de l'héritage laissé par Jean-Marie le Pen, connu pour ses « saillies » dans ce domaine. Grégoire Kauffmann classe quant à lui le FN comme étant de « droite radicale ». Dès les débuts du parti, la classification à l'extrême droite est contestée par les dirigeants du Front national. En 1996, Jean-Marie Le Pen rejette le qualificatif d'extrême droite car . En octobre 2013, Marine Le Pen affirme que et qu'il s'agit d'. Elle annonce aussi son intention de poursuivre en justice ceux qui continueraient à utiliser cette expression pour qualifier le FN. À la suite de ces déclarations, un sondage de l'institut YouGov indique que 57 % des interrogées considèrent que le FN est un parti d'extrême droite et que 32 % des sympathisants du FN sont d'accord avec ce qualificatif. Jean-Marie Le Pen a défini son parti comme appartenant à ce qu'il appelle la ou la . C'est dans cette logique que sa première délégation au Parlement européen était celle du Groupe des droites européennes. Dans ses discours, en revanche, Jean-Marie Le Pen prétend que le FN n'est ou encore qu'il est . Marine Le Pen affirme elle aussi que le Front national n'est . Les membres du FN ont par ailleurs tendance à remettre en cause l'axe gauche-droite, notamment en critiquant la proximité et l'interchangeabilité des partis de gouvernement, à travers des expressions comme « la », « UMPS » ou « RPS ». Selon le politologue Laurent Bouvet, le FN reprend certaines thématiques morales et économiques de la gauche, comme la lutte contre la mondialisation, la sortie de l'Europe libérale ou l'égalité des sexes, pour continuer un combat d'extrême droite. Néanmoins, les alliances ou volontés d'alliance du FN ou de ses membres avec d'autres partis ou personnalités politiques concernent, à quelques exceptions près, des partis ou personnalités issus de la droite. De la même manière, les personnalités du FN laissent souvent entendre qu'ils sont prêts à accueillir les déçus de partis de droite (par exemple lors de la crise de la présidence de l'UMP entre Jean-François Copé et François Fillon en 2012). On donne parfois au RN le qualificatif de parti attrape-tout. L'essayiste Christophe Guilluy, tout comme le sociologue Sylvain Crépon, mettent en avant le rôle déterminant des effets négatifs de la mondialisation sur le vote des milieux populaires, où, selon eux, la bipolarisation droite-gauche n'existerait plus. Si Christophe Guilly souligne que , il relève cependant que . Selon le politologue Jean-Yves Camus, « compte tenu des idéologies auxquelles le terme « extrême droite » renvoie, dans l'histoire, le terme est à utiliser avec précaution : le FN n'est pas fasciste. Il reste qu'il est perçu, sur un axe politique représenté de manière linéaire (de gauche à droite), comme la formation la plus « à droite » du spectre politique français. La proportion cumulée de ses sympathisants qui le classent « à droite » ou « à l'extrême droite » suffit à démolir le discours frontiste du « ni droite, ni gauche ». S'il est incontestable que les racines historiques du FN se trouvent à l'extrême droite, il serait plus juste de parler aujourd'hui de parti national-populiste et identitaire ». Dans des sondages de 2013 et 2015, 78 % des Français considèrent le Front national comme un parti d'extrême droite alors que 32 % des sympathisants frontistes le considèrent d'extrême droite, et 32 % « à droite ». En 2021, les chercheurs Antoine Bristielle, Tristan Guerra et Max-Valentin Robert observent un rapprochement constant au cours des années 2010 entre les programmes de l'UMP/LR et du FN/RN, ainsi qu' entre leurs électorats respectifs sur les enjeux culturels, tandis que s'agissant des enjeux économiques, , avec toutefois . Sur le rapport à la République. L'historien Nicolas Lebourg indique que le FN a , et s'est présenté dès lors comme un parti républicain en invoquant son respect de l’article 4 de la Constitution qui définit le rôle des partis, ainsi qu'en présentant la « préférence nationale » comme un principe républicain conforme à des dispositions législatives de la Troisième République et au statut de la fonction publique. Nicolas Lebourg relève également que , et . Estimant que Marine Le Pen a poursuivi dans sa lignée sur ce sujet, il résume leur conception commune de la République comme et souligne leur adhésion à . En 2014, Grégoire Kauffmann estime que le FN est une force politique républicaine, car participant aux élections et respectant les institutions démocratiques. En 2015, le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite, indique ne pas avoir ; il estime en revanche qu', dont le droit du sol. Selon Joël Gombin, . Selon Nicolas Lebourg, le programme du RN, à travers le projet d’, , et qu'il définit comme . Autres qualificatifs. Le qualificatif « populiste » est assez unanimement utilisé par les historiens et politologues de l'Institut d'études politiques de Paris, mais est critiqué par les membres du laboratoire de Michel Dobry, professeur à l'université Paris-I. Ainsi dès 1984, Pierre-André Taguieff parle de « national-populisme » pour qualifier le Front national. En 1988, René Rémond reprend ce qualificatif et parle de . Néanmoins, dans l'actualisation de son œuvre de référence "Les Droites en France", il reprend l'expression pour dire qu'elle est en France principalement représentée électoralement par le Front national qui se présente , reprochant aux autres d'avoir trahi leurs valeurs, trompé leurs électeurs, et d'être de connivence avec la gauche (la « bande des quatre ») Dans son interview donnée le au journal "Le Figaro", René Rémond confirme que le Front national , , qualifiant au passage Jean-Marie Le Pen de et réaffirme que car . Quant à l'épithète de « tribunitienne », René Rémond rappelle qu'elle est aussi appropriée, car il s'agit là d'une . Il note par ailleurs que cette épithète a été introduite dans le vocabulaire politique par Georges Lavau à propos du Parti communiste français. Les représentants du Front national définissent leur mouvement en utilisant des qualificatifs comme patriote, populiste ou encore souverainiste. Rapport au fascisme. L'historien Pierre Milza, spécialiste du fascisme, et Guy Antonetti, professeur d'histoire contemporaine à Paris II, ne classent pas le FN parmi les partis fascistes. Michel Dobry, professeur à Paris I, est plus enclin à qualifier le FN de parti « fascisant » que de parti fasciste. En 2005, le philosophe politique Pierre Manent écrit : . En 2007, l'ancien Premier ministre Lionel Jospin déclare : En 2013, le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, fait écho à ces considérations en rejetant le qualificatif de « Fasciste » pour le Front national. Au contraire, Jean-Luc Mélenchon n'a pas hésité à qualifier de « fasciste » Marine le Pen, celle-ci l'ayant attaqué en justice pour injure, une procédure déboutée par le tribunal correctionnel de Paris. Marine Le Pen fait appel mais perd à nouveau. Son avocat prévoit de former un pourvoi de cassation. Pour le politologue Pierre-André Taguieff, cette accusation tient du . Organisation interne. Instances. Les principales instances du RN sont les suivantes : Les cofondateurs du parti se sont inspirés de l'organigramme du Parti communiste français (« comité central », « bureau politique », « bureau exécutif »). En 1998, Ariane Chebel d'Appollonia remarque que . Les instances sont revues lors du congrès de Lille de 2018. Le « comité central » devient le « conseil national », et le « bureau politique » le « bureau national ». Le bureau exécutif ne change pas de nom, mais le secrétariat général disparaît, un seul poste de vice-président est conservé et la fonction de président d'honneur est supprimée. Bureau exécutif. Le bureau exécutif du parti (quinze membres) est considéré comme le « gouvernement resserré » du bureau national (une quarantaine de membres). Composition actuelle (depuis le 5 novembre 2022) Du 4 juillet 2021 au 5 septembre 2022 Du 11 mars 2018 au 4 juillet 2021 Du 21 septembre 2017 au 11 mars 2018 Du 30 novembre 2014 au 21 septembre 2017 En janvier 2016, Jean-Lin Lacapelle, conseiller régional d'Ile-de-France, est promu secrétaire général adjoint auprès de Nicolas Bay. En avril 2016, Alexandre Dézé, dans la revue "Pouvoirs", observe qu'. Du 12 juillet 2012 au 30 novembre 2014 Pascal Perrineau relève que . Alexandre Dézé relève la disparition en 2012 de la délégation nationale, . Du 20 janvier 2011 au 12 juillet 2012 Bureau national. Le bureau national se réunit sur convocation du président et a le rôle de conseil d'administration. Ses membres sont désignés par le président sur validation du conseil national. Conseil national. Formé de élues par les adhérents et de 20 personnalités cooptées par le président du parti, le conseil national débat de l'orientation générale du parti. Autres instances. D’autres instances existent : commission des conflits, commission d'investiture, conseil des élus locaux ou encore l'équipe administrative.Composition en date du 9 novembre 2022 : Jordan Bardella, Louis Aliot, Franck Allisio, Sébastien Chenu, Wallerand de Saint-Just, Edwige Gay, Laurent Jacobelli, Jean-Lin Lacapelle, Hélène Laporte, Marine Le Pen, Julien Odoul, Philippe Olivier, Gilles Pennelle, Kévin Pfeffer, David Rachline, Julien Sanchez. Composition en date du 9 novembre 2022 : Wallerand de Saint-Just , Jean-Lin Lacapelle, Eric Domard, Mathilde Androuët, Frédéric Boccaletti. Composition en date du 9 novembre 2022 : Congrès. Composé de centaines de cadres et militants, un congrès se tient en général tous les trois ans. Il élit le conseil national et le président du parti. Il élabore également les plates-formes électorales du parti. Seize congrès se tiennent entre 1973 et 2018. Fédérations locales. Il existe trois types de fédérations locales du parti : Les fédérations métropolitaines et DOM-TOM ont un délégué départemental à leur tête et celle des Français de l'étranger un secrétaire national chargé des Français de l'étranger. Place dans le paysage politique français. Du milieu des années 1980 à 2007, selon les types d'élections, le Front national représentait entre 11 et 18 % de l'électorat français au niveau national, dépassant 30 % dans certaines villes et régions, ce qui en a souvent fait le troisième parti de France. À plusieurs reprises, le Front national a été annoncé comme déclinant (scission des mégrétistes en 1998, mauvais score à l'élection présidentielle de 2007), mais a pu rebondir (présence au second tour de l'élection présidentielle de 2002, bon score aux élections cantonales de 2011, à l'élection présidentielle de 2012 et aux élections législatives de 2012-2013, et nouvelle présence au second tour d'une élection présidentielle en 2017 et en 2022). Dans un système politique où prédominent les scrutins à deux tours, le fait qu'il demeure à la fois minoritaire en voix et isolé sur l'échiquier politique l'empêche néanmoins d'accéder à l'exercice du pouvoir. Élus. Du fait du mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours lors des élections législatives et du faible nombre d'élus locaux pour les élections sénatoriales, le Front national a rarement été représenté au Parlement. Lorsqu'un candidat du Front national se qualifie pour le second tour d'une élection, les électeurs de gauche ou de droite dont le candidat a été battu au premier tour, ont tendance à reporter leurs voix sur l'adversaire du candidat du Front national ou à s'abstenir. Le Front national n'a eu des députés à l'Assemblée nationale qu'à l'issue des élections législatives de 1986, alors que le mode de scrutin a été ponctuellement modifié. Le mode de scrutin proportionnel a alors permis au Front national d'avoir , dont Jean-Marie Le Pen, Jacques Bompard, Bruno Gollnisch, Roger Holeindre, Jean-Claude Martinez, Bruno Mégret, Jacques Peyrat, Yann Piat et Jean-Pierre Stirbois. Lors des élections législatives de 1997, le Front national a réalisé son meilleur score (14,94 %) dans une élection de ce genre, mais seul un de ses candidats, Jean-Marie Le Chevallier, à Toulon, a finalement été élu. Son élection a toutefois été invalidée en février 1998 pour des infractions à la législation sur le financement des campagnes électorales, et il n'a pu se faire réélire. Au niveau municipal, le FN/RN manque d'implantation. Il présente 192 listes aux élections municipales de 1989, 233 en 1995, 369 en 2014 et 262 en 2020. Cependant, le parti a cogéré la ville de Dreux avec la droite (RPR) de 1983 à 1989. Il dirige seul pour la première fois, la ville de Saint-Gilles, de 1989 à 1992. En 1995, il réalise une percée remarquée en remportant trois villes en Provence. Jean-Marie Le Chevallier devient le maire de Toulon, Jacques Bompard celui d'Orange, et Daniel Simonpieri celui de Marignane. Depuis, Le Chevallier a été battu en 2001, Bompard a quitté le FN pour le MPF, puis la Ligue du Sud, et Simonpieri a lui aussi quitté le Front, d'abord pour le MNR, puis pour l'UMP. Jacques Peyrat, ex-député du FN en 1986, a été par la suite maire de Nice, mais après avoir quitté le FN, sous l'étiquette RPR puis UMP. Lors des municipales de 2014, 15 mairies sont remportées par le FN, sans compter les cinq villes où le FN a accordé son soutien au candidat sorti vainqueur. Steeve Briois remporte la mairie de Hénin-Beaumont dès le premier tour, David Rachline celle de Fréjus, Cyril Nauth celle de Mantes-la-Ville. Le FN a eu plusieurs conseillers généraux élus lors des élections cantonales. C'est le cas en 1985 à Marseille-Notre-Dame-du-Mont (réélu en 1991) ; en 1988 à Canisy (réélu en 1994) ; en 1989 à Salon-de-Provence ; en 1992 à Nice-14 ; en 1994 à Dreux-Ouest et Toulon-6 ; en 1997 à Mulhouse-Nord ; en 1998 à Toulon-5, Noyon et Marignane ; en 2002 à Orange-Ouest en 2004 à Orange-Est ; et en 2011 à Carpentras-Nord et à Brignoles. Du fait du mode de scrutin proportionnel pour les élections régionales, le Front national a eu un nombre significatif d'élus dans plusieurs conseils régionaux. Aux élections régionales de 1986, 137 candidats du FN deviennent conseillers régionaux dans 21 régions. Le soutien de ces élus permet à la droite d'obtenir la présidence de six régions (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Franche-Comté, Picardie, Haute-Normandie). Le Front national obtient, lui, des postes de vice-présidents de Région en Provence-Alpes-Côte d'Azur où il détient la majorité relative, en Languedoc-Roussillon, Picardie et Haute-Normandie. Aux élections régionales de 1992, le Front national fait élire 239 conseillers régionaux dans les 22 régions métropolitaines. Aux élections régionales de 1998, 275 candidats du FN sont élus. Le Front national fait élire des présidents de droite en Picardie, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes et Bourgogne. En 2004, le nombre d'élus régionaux du FN décroit pour la première fois, puisqu'ils ne sont plus que 156 dans 17 régions. Cette tendance se poursuit en 2010, 118 conseillers FN étant élus dans seulement 12 régions. En 2015, le FN inverse la tendance et envoie plus de 358 conseillers régionaux dans les 13 nouvelles régions, il triple donc le nombre de ses élus par rapport aux dernières élections régionales ; plus d'un quart de ces élus ont cependant quitté le parti à l’approche des élections régionales de 2021. Les élections européennes sont également propices à l'élection de membres du Front national. En 1984, 10 d'entre eux entrent au Parlement européen. En 1989, ils obtiennent le même nombre. En 1994, ils sont européens. En 1999, seuls 5 candidats frontistes font leur entrée à Strasbourg. En 2004, ils sont crédités de sept sièges de députés. En 2009, le FN ne conserve que trois députés au Parlement européen : Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen et Bruno Gollnisch. En 2014 et 2019, le parti arrive en tête, avec 24 puis européens. Élus ayant changé de parti politique en cours de mandat. Liste des personnes ayant été élues sous l'étiquette RN mais ayant changé de parti politique au cours de leur mandat. Nombre d'adhérents revendiqués. En décembre 2019, "Le Point" indique que le nombre d'adhérents du RN est de , soit une baisse significative malgré des résultats électoraux historiques. En 2020, "L'Opinion" évalue le nombre d'adhérents à entre et . Géographie et sociologie électorales. Le vote FN semble plus répandu dans l'est du pays, notamment à l'est d'une ligne Le Havre-Valence-Perpignan, d'après une étude de l'Ipsos de 2013. Depuis les années 1980, le Front national réalise ses meilleurs scores dans le nord-est, l'est et le sud-est de la France. En 2002, les 20 départements dans lesquels Jean-Marie Le Pen dépasse les 20 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle sont situés dans dix régions : Alsace (Bas-Rhin, Haut-Rhin), Bourgogne (Yonne), Champagne-Ardenne (Aube, Haute-Marne, Ardennes), Franche-Comté (Haute-Saône, Territoire de Belfort), Languedoc-Roussillon (Pyrénées-Orientales, Hérault, Gard), Lorraine (Moselle, Vosges, Meuse), Midi-Pyrénées (Tarn-et-Garonne), Picardie (Oise), Provence-Alpes-Côte d'Azur (Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-Maritimes, Vaucluse), Rhône-Alpes (Ain, Haute-Savoie). La proportion de votants pour le Front national décroit à mesure que le niveau de diplôme augmente. Au sein de l'électorat du FN, les écarts entre les publics les plus diplômés et les populations les moins diplômées se sont creusés très significativement au gré des élections présidentielles successives : Jérôme Fourquet relève que . Il estime que . Ainsi, lors du premier tour de l'élection présidentielle de 2012, 45,5 % des votants pour Marine Le Pen n'avaient pas le niveau baccalauréat, tandis que 7 % étaient diplômés du supérieur (> bac+2). Jérôme Fourquet observe également du FN/RN auprès des ouvriers et des employés, en particulier sous la présidence de Marine Le Pen, : en 2021, la candidate RN recueille ainsi dans ces catégories plus de 40 % d’intentions de vote en vue du premier tour de l'élection présidentielle de 2022. Lors de l'élection présidentielle de 2012, les ouvriers votent davantage au premier tour pour Marine le Pen que pour tout autre candidat. Entre 2012 et 2015, les études montrent « une désaffection pour la gauche et un ralliement massif au Front national » des ouvriers les plus précaires qui, lors du premier tour des régionales de décembre 2015, ont voté à 64 % pour lui. Les élections départementales de 2015 confirment que le vote FN touche massivement les ouvriers − 49 % de ceux-ci votent FN −, mais touche également une grande partie des employés − 38 % − (contre respectivement 15 % et 18 % pour le Parti socialiste). Les retraités − 24 % − et les membres de la fonction publique (notamment les enseignants) restent globalement les plus réfractaires au vote FN, même si les élections régionales de 2015 semblent montrer une forte percée du FN dans la fonction publique. Durant ces élections, hors éducation nationale, 30,5 % des fonctionnaires d'État ont voté pour le FN. Le politologue Joël Gombin observe un lien entre le coefficient de Gini (mesure de l'inégalité de la répartition des richesses sur un territoire) et le vote FN. Pour l'historien Nicolas Lebourg, . Pour Guillaume Perrault, . Globalement, les zones de forte présence électorale du FN recouvrent des régions touchées par la désindustrialisation, à fortes proportions de population d'origine immigrée, d'implantation des rapatriés Pieds-noirs et confrontées à des changements démographiques importants (héliotropisme ou périurbanisation). En 2016, une étude de l'Ifop montre que le vote en faveur du Front national est plus élevé dans les communes dont les petits commerces et les services sont absents. Le politologue Joël Gombin tire une conclusion identique à Marseille. Dans une note publiée en 2013, Jérôme Fourquet distingue deux familles parmi l'électorat frontiste : celle du nord et du nord-est, plutôt populaire et attaché à des valeurs de gauche, et celle de la vallée de la côte méditerranéenne et du Rhône, davantage sensible aux questions fiscales et aux valeurs de droite. Au nord, les électeurs frontistes sont plus sensibles au discours social du Front national, alors qu'au sud, le FN rassemble un électorat moins populaire. Le politologue Joël Gombin contredit l'analyse de Jérôme Fourquet : relevant que la géographie électorale du FN en opposant , il identifie plutôt : , à savoir , mais aussi ; où ; et le , avec , où . L'évolution de l'électorat du Front national dans les années 2010 semble également montrer une proportion beaucoup plus élevé de femmes qu'en comparaison des années 1990. Jérôme Fourquet observe également le basculement d'une partie de l'électorat catholique vers le FN alors qu', ce qui s'explique par . Il relève également (25-), en particulier à partir de l’élection présidentielle de 2012, ce qui s'explique par et chez les ménages avec enfants à charge : . À l'occasion des élections régionales de 2015, une étude CEVIPOF-SciencesPo montre que le FN est, lors du premier tour, le premier parti pour lequel ont voté les hommes homosexuels mariés (le troisième pour les lesbiennes mariées), de même que les hommes hétérosexuels mariés (le deuxième chez les femmes hétérosexuelles mariées). Il réalise également ses plus forts scores parmi l’électorat des 18-. Cette importance du FN dans les classes les plus jeunes est confirmée par un sondage de décembre 2016, montrant qu'il est le parti dont les jeunes se sentent « le plus proche, ou disons le moins éloigné ». Alliances électorales. Des arrangements locaux entre droite et FN ont eu lieu entre 1977 et 2004. Le RPR a condamné les alliances en septembre 1988, le Parti républicain a fait de même en 1991. Des sanctions internes ont été prises contre des élus de droite s'alliant au FN à partir de 1992. Aux élections cantonales de 1994, Ernest Chénière, député RPR de l'Oise, battu au premier tour à Creil, s'allie au candidat FN encore en lice, avec l'accord de Jean-François Mancel, secrétaire général du RPR, et la bénédiction de Jean-Marie Le Pen. En 1998, Philippe Séguin démet de ses fonctions partisanes Jean-François Mancel, qui a passé une alliance avec le FN pour conserver la présidence du conseil général de l'Oise. De même, en Bourgogne, Jean-Pierre Soisson remporte la région au troisième tour de scrutin après une alliance avec le Front national. Marine Le Pen refuse l'idée d'une alliance avec l'UMP, estimant que « nous ne pouvons pas faire d'accords électoraux, d'alliances politiciennes, alors que nous avons des divergences si profondes avec l'UMP. Ce n'est pas une différence de degré que nous avons avec l'UMP, c'est une différence de nature ». Résultats électoraux. Élections cantonales et départementales. NB : Jusqu'en 2011, les élections se déroulaient sur la moitié des cantons. Le nombre de suffrages était donc divisé par deux. De plus, le département de Paris n'a jamais été concerné par ce type d'élection. Élections municipales. Lors des élections municipales de 2020, le parti remporte la ville de Perpignan qui compte plus de . Controverses et affaires. Jean-Marie Le Pen. Un scandale éclate le , lorsque le président du FN, Jean-Marie Le Pen, déclare au "Grand Jury RTL-Le Monde", en réponse à une question sur la contestation, par des négationnistes, de l'utilisation par les nazis de chambres à gaz homicides : . Face à la réaction du journaliste, il répond : . Son argumentation reposera plus tard, notamment lors de la conférence de presse du 18 septembre à l'Assemblée nationale, sur le fait que ces chambres à gaz ne sont pas le seul lieu où des gens ont perdu la vie pendant la Seconde Guerre mondiale et, qui plus est, ne sont pas mentionnées dans les "Mémoires sur la Seconde Guerre mondiale" de Winston Churchill (Plon, 1953). Plus tard, à l'occasion du cinquantième anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, il exprimera ses regrets pour avoir blessé lors de sa précédente déclaration, puis, le , il fit, à la demande de Florence Belkacem, un instant de silence à la mémoire des victimes juives du nazisme. Ces propos seront pourtant réitérés en 1997 en Bavière (pour lesquels il sera à nouveau condamné), en 2008 dans le magazine "Bretons", puis en séance du Parlement européen le qui avait antérieurement levé son immunité parlementaire le 6 octobre 1998 pour les propos de 1997. Provocations à la haine raciale. Au cours de son histoire, des membres et les personnes ayant partagé l'étiquette du FN ont été de nombreuses fois condamné pour incitation à la haine raciale. En 1997, après que son mari a été déclaré inéligible car il avait dépassé le plafond autorisé des dépenses de campagne, Catherine Mégret est élue maire de Vitrolles sous l'étiquette Front National. Le 9 mars 1998, elle est condamnée à trois mois de prison avec sursis et d'amende pour "complicité de provocation à la haine raciale". Catherine Mégret avait notamment déclaré à un quotidien allemand que "les immigrés (...) font des gamins pour toucher les allocations, ils ne les élèvent même pas". Le 4 avril 1991, Jean-Yves Le Gallou, président du groupe FN au conseil régional d'Ile-de-France, est condamné à d'amende pour "provocation à la haine raciale". Lors d'une municipale partielle à Colombes, le FN avait diffusé un tract affirmant que les logements HLM de la ville étaient réservés aux Africains et musulmans, et accusant le maire communiste de la ville de faire de Colombes "une république musulmane soviétique". Micro-parti Jeanne. Le , dans le cadre des enquêtes autour du micro-parti "Jeanne" et de l'agence de communication "Riwal", le Front national est mis en examen en tant que personne morale. Le , le parti est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour . Neuf autres personnalités physiques ou morales sont également appelées à comparaître. Le procès se tient en novembre 2019 devant la correctionnelle du tribunal de Paris. Le parquet fait état d’ et réclament des condamnations pour plusieurs personnalités du parti, dont Frédéric Chatillon, Jean-François Jalkh, Axel Loustau et Wallerand de Saint-Just, ainsi qu’une amende pour le RN. Par jugement rendu le , seul Axel Loustau est relaxé et le tribunal condamne les neuf autres personnalités physiques ou morales à différentes peines. L'ex-Front national est, pour sa part, condamné à une amende de pour , le tribunal ne retenant pas l'accusation d'escroquerie. Les parties disposent d'un délai de vingt jours pour faire appel. Emplois présumés fictifs. L'affaire des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen est une affaire politique et judiciaire portant sur des soupçons d'emplois fictifs concernant les assistants parlementaires des députés européens du parti français Front national (dénommé Le Rassemblement national (RN) depuis le juin 2018) siégeant au Parlement européen entre 2012 et 2017. Cette affaire commence en 2014. Les députés sont soupçonnés d'avoir employé ces assistants pour servir les intérêts de leur parti sans travailler réellement sur les dossiers européens. Dans le cas où ces accusations seraient fondées, cela correspondrait à des emplois fictifs financés par le contribuable européen, constituant un délit représentant un préjudice évalué entre d'euros (entre 2012 et 2017) et (entre 2010 et 2016). En décembre 2017, le Front national, en tant que personne morale, a été mis en examen pour complicité et recel d’abus de confiance, dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaire européens. Parmi les personnalités mises en examen par la justice française pour détournement de fonds publics ou complicité pour ce délit, figurent notamment Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen, Wallerand de Saint-Just, Nicolas Bay et Louis Aliot. Meurtres et violences impliquant des militants FN. En , après un non-lieu rendu trois ans auparavant, Émilien Bonnal, un ancien policier municipal, candidat aux élections cantonales de 1985 puis tête de liste du Front national aux municipales de 1989 à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var), est inculpé d'homicide volontaire. En , il collait des affiches à Pourrières lorsqu’il fut interpellé par Abdallah Mokhtari, un homme de d'origine algérienne et naturalisé français ; Émilien Bonnal se serait alors saisi d’un fusil à pompe caché dans son véhicule et aurait tiré une fois, blessant mortellement à la poitrine Abdallah Mokhtari. Il est condamné à de prison pour meurtre en 1993. Le , trois militants du Front national collent des affiches dans le quartier de la Savine, au nord de Marseille, dans le cadre de la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen. Les colleurs croisent Ibrahim Ali, un jeune Marseillais d'origine comorienne, et l'abattent d'une balle dans le dos. Le procès, qui a lieu en à la cour d’assises d’Aix-en-Provence, établit que deux des trois militants du parti d’extrême droite étaient armés. Robert Lagier, auteur du coup de feu mortel, écope de quinze ans de prison, tandis que Marc d’Ambrosio est condamné à dix ans d’emprisonnement et Pierre Gigilo à deux ans, dont un avec sursis. Les parties civiles obtiennent la qualification de crime raciste et la désignation du FN comme le protagoniste de cet assassinat. En mai 1995, en marge du défilé annuel du FN, un manifestant pousse dans la Seine Brahim Bouarram qui meurt noyé. En 1997, lors d'une manifestation de jeunes opposants au Front national dans la banlieue de Strasbourg, quatre « frontistes », se faisant passer pour des policiers, plaquent certains d’entre eux sur leur voiture et les fouillent. Ces militants sont reconnus coupables par le tribunal correctionnel de Strasbourg d'« arrestation arbitraire » et d'« usurpation de fonction d'officier de police judiciaire », et condamnés à un an de prison avec sursis accompagné d'une interdiction de leurs droits civiques, civils, et de famille pendant deux ans. Entrave de la liberté de presse. À partir de 2013, les journalistes du Petit Journal (Canal+), devenu Quotidien (TMC) et de Médiapart ne sont plus accrédités aux conférences de presse et meetings du Front national qui leur reproche le "traitement militant" de l'actualité. Dans le cadre de l'élection présidentielle de 2017, les sociétés de journalistes de 36 médias français annoncent leur soutien aux journalistes de Mediapart et TMC et dénoncent la décision du Front national de « choisir les médias autorisés à suivre Marine Le Pen ». Lors du second tour de l'élection, dix autres médias sont concernés par le refus d'accréditation : Buzzfeed, Les Jours, Rue89, StreetPress, Politico, le Bondy Blog, Explicite, Brut, Konbini, et Politis. En 2019, un journaliste de Libération se voit refuser son accréditation à l'université d’été du Rassemblement National à Fréjus à la suite de la publication du portrait de David Rachline, maire de la ville. Finances. Sous Jean-Marie Le Pen. Financement par la secte Moon. La secte Moon cherchait à contrer l'idéologie communiste. Aux États-Unis, elle soutenait financièrement l'aile droite du Parti républicain. En France, dans les années 1980, elle décide de miser sur le Front national, et demande à l'un de ses membres, Pierre Ceyrac, d'intégrer le Front. En 1985, le colonel coréen Bo Hi Pak, un membre prestigieux de la secte Moon, rencontre Jean-Marie Le Pen à Saint-Cloud. Le courant passe. Bo Hi Pak a combattu le communisme en Corée, Jean-Marie Le Pen en Indochine. En 1986, Pierre Ceyrac devient député FN. Plusieurs moonistes deviendront des élus FN. Le Front aurait bénéficié à cette époque du soutien financier de la secte Moon, qui se chiffrerait en dizaines de millions de Francs. Jean-Marie Le Pen nie ces financements. Il reconnaît juste que la secte Moon lui a apporté un soutien logistique, les adeptes français de la secte s'étant notamment mobilisés pour le collage d'affiches. Accusation de financement par Omar Bongo. L'avocat franco-libanais controversé Robert Bourgi affirme que la campagne présidentielle de 1988 de Jean-Marie Le Pen a été financée par Omar Bongo, président de la République gabonaise de 1967 à 2009. Jean-Marie Le Pen reconnaît avoir rencontré Omar Bongo, mais nie tout financement de la part de celui-ci. Sous Marine Le Pen. Prêt par une banque russe. En novembre 2014, "Mediapart" revèle que Marine Le Pen a obtenu en septembre un prêt de d'euros de la First Czech Russian Bank (FCRB), dont d'ores et déjà versés. Fondé en Tchéquie et aujourd'hui basé à Moscou, l'établissement est dirigé par Roman Yakubovich Popov, un ancien chef du département financier de Stroytransgaz, leader dans la construction de gazoducs. Le député européen Jean-Luc Schaffhauser (Rassemblement bleu Marine) et le député russe Alexandre Babakov ont servi d'intermédiaires pour l'obtention de ce prêt. Marine Le Pen et Wallerand de Saint-Just, trésorier du FN, avaient précédemment expliqué que le Front national s'était tourné à contrecœur vers les banques étrangères après avoir essuyé un refus systématique des banques françaises, dans le contexte du rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle de 2012. Jean-Luc Schaffhauser indique qu' a reçu pour ce rôle d'intermédiaire. "Mediapart" considère que cette opération pose , dans la mesure où cette banque est russe. Marine Le Pen a confirmé l'information mais affirme qu'il ne s'agit en aucun cas d'un geste du Kremlin : . Au contraire, le journaliste Abel Mestre indique : . Fin décembre 2018, un article de "The Washington Post" révèle que la banque russe ayant accordé le prêt au FN est en liquidation depuis la fin de 2016. Toutefois avant d'être mise en liquidation la banque a cédé certaines de ses créances, dont celle sur le FN, qui aurait fini dans les mains de Aviazapchast, une société russe vendant des pièces de rechange aux acheteurs d'avions de combat d'origine russe et dont trois des quatre dirigeants seraient des anciens de l'armée rouge et de l'armée russe. La vente de cette créance est toutefois contestée devant les tribunaux russes par l'agence chargée de garantir les dépôts bancaires. Situation financière dégradée. Selon André Murawski, élu régional du FN ayant quitté le parti, l'endettement du RN a connu un accroissement de 785 % depuis l'arrivée de Marine Le Pen à sa tête. Il affirme qu'en 2017, , et estime que son importance empêchera le RN de rembourser l'emprunt de d’euros consenti par une banque russe qui vient à échéance en septembre 2019. D'après une enquête de Marine Turchi ("Mediapart") réalisée en janvier 2020, les finances du Rassemblement national sont menacées par de mauvaises nouvelles : Selon les informations de "Mediapart", le RN <ref name="media21/01/20">.</ref>. Le niveau de l'endettement varie selon les sources de presse : environ vingt millions d'euros selon "Mediapart", pour "L'Opinion" et près de trente millions pour "Le Figaro" ; des chiffres contestés par Wallerand de Saint-Just qui avance une somme . En février 2020, la Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP) constate finalement une dette de , ce qui, selon "Libération", fait du RN . En avril 2020, le Rassemblement national lance , un prévoyant une participation individuelle à hauteur d'. La somme espérée de devant en principe être utilisée pour financer les campagnes suivant les municipales de 2020 (départementales, régionales, présidentielle et législatives). Avec le score réalisé par le RN au premier tour des élections législatives de 2022, l'État versera chaque année pendant cinq ans au parti près de sept millions d'euros. Relations internationales. Groupe parlementaire européen. Au Parlement européen, jusqu'en 2015, les députés européens FN n'appartiennent à aucun groupe et siègent parmi les non-inscrits, à l'instar, lors de la septième législature (2009-2014), des partis nationalistes et d'extrême droite Vlaams Belang (Belgique), Parti de la Grande Roumanie, Parti national britannique, Parti de la liberté d'Autriche, Jobbik (Hongrie), et Parti pour la liberté (Pays-Bas). En juin 2015, le Front national participe à la création du groupe politique du Parlement européen Europe des nations et des libertés, qui se transforme en 2019 en Identité et démocratie. Alliances internationales. Du 11 au , Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch et Thibaut de La Tocnaye, prennent part à Tokyo pour le Front national à la première Conférence internationale des mouvements patriotiques, rassemblement euro-japonais des droites radicales initié par l'association extraparlementaire japonaise "Issuikai". Une délégation de mouvements nationalistes du continent européen, pays membres de l'Alliance européenne des mouvements nationaux (fondée fin 2009 par Bruno Gollnisch) les y accompagne afin de renforcer des liens politiques éventuels et préfigurer une alliance internationale future face au « Nouvel ordre mondial américanisé » : des représentants de Belgique, du Royaume-Uni ("British National Party"), d'Autriche ("Freiheitliche Partei Österreichs"), d'Italie, d'Espagne, du Portugal ("PNR"), de Bulgarie ("Union nationale Attaque"), de Hongrie ("Jobbik") et d'Ukraine. Le 7 novembre 2013, Jean-Marie Le Pen déclare que Bruno Gollnisch et lui ont quitté l'AEMN fin octobre, expliquant : « Nous obéissons à Marine Le Pen » ; cela, notamment pour ne plus être associé à des partis que la présidente du FN juge extrémistes. En , ayant décidé une nouvelle approche concernant les relations extérieures et les affaires européennes et internationales du mouvement, Marine Le Pen était membre à titre individuel de l'Alliance européenne pour la liberté (AEL). L'AEL, qui faisait campagne pour une Union européenne non-centralisée, transparente et sous contrôle démocratique et qui rejetait tout développement menant à un super-État fédéraliste, avait pour but d'être un lieu de contact, de réflexion et de dialogue . À partir de 2014, le parti est membre du Mouvement pour une Europe des nations et des libertés (MENL), devenu Parti Identité et démocratie en 2019. Manifestations traditionnelles. Défilé du. Le parti a longtemps organisé un défilé fêtant Jeanne d'Arc et les travailleurs français chaque à Paris, avec un discours du/de la président(e) du FN sur la place de l'Opéra. Le premier défilé du FN a lieu en 1979 avec d’autres mouvances d’extrême droite, le dimanche qui suit le , jour où Jeanne d’Arc a libéré Orléans en 1429. À partir de 1988, le FN défile seul et le : le parti indique alors que ce changement de date vise à . D'après l'historienne Valérie Igounet, le changement de date a trois raisons : fixer une date entre les deux tours de l'élection présidentielle de 1988, Jean-Marie Le Pen espérant se qualifier pour le second tour ; se distinguer de l'extrême droite radicale ; et . En 1988, le FN revendique , selon Valérie Igounet. Le nombre de participants décline à partir des années 1990 jusqu'à atteindre un peu plus de dans les années 2010. Avec le changement de date, la direction du parti cherche également à éviter la participation d'individus trop extrémistes au défilé, notamment après l'affaire Brahim Bouarram en 1995 et en particulier sous la présidence de Marine Le Pen. En 2016, le défilé est remplacé par un conservant l'hommage à Jeanne d'Arc ; Florian Philippot explique ce changement pour des , dans le contexte de l'état d'urgence et de menaces proférées par l'État islamique contre le FN. Jean-Marie Le Pen déplore et appelle à un rassemblement le devant la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides. Selon Valérie Igounet, la sécurité n'est pas la seule raison de l'arrêt du défilé : le parti entend également ainsi que d'une manifestation à la fois peu mobilisatrice, difficile à organiser et présentant des risques de débordements, comme ce fut le cas en 2015. Universités d'été. Les universités d'été (ou de rentrée), appelées familièrement « UDT », sont organisées annuellement à la fin de l'été. Après l'échec de la campagne présidentielle de 2007, le Front national n'organise pas cette année-là d'université d'été les années suivantes, sauf en 2008, à Evian-les-Bains. Dans le cadre de la campagne présidentielle de 2012, cette manifestation est remplacée par les « Journées d'été de Marine Le Pen », organisées en septembre 2011 à Nice, fortement personnalisées autour de la candidate et présidente du mouvement. La dernière université d'été du Front national en date s'est tenue les 22 et à La Baule, où le FN avait déjà tenu une manifestation similaire, en 1994. Nom et symboles. Nom. Le Front national, fondé en 1972 sous le nom de « Front national pour l'unité française » (FNUF), a immédiatement cessé de faire usage de ce nom officiel pour se désigner comme « Front national » (affiches électorales dès 1973). Selon Valérie Igounet, le nom du parti est statutairement devenu « Front national » en 1995. Selon Nicolas Lebourg, il s'agit toujours de . Lors de la crise « mégrétiste », la veille du jour () où Bruno Mégret, délégué général exclu du parti, allait faire déposer, en sous-préfecture de Boulogne-Billancourt, une déclaration de changement d'intitulé d'association, visant à renommer le parti en « Front national-Mouvement national » (déclaration considérée comme nulle par la justice en ), Jean-Marie Le Pen, président du parti, faisait déposer, le , une déclaration de création d'association « Front national pour l'unité française », peut-être par précaution contre la volonté du camp mégrétiste de s'emparer du parti. Parallèlement, les services du FN restés au « Paquebot » (surnom courant du siège du FN au 8 parc de Montretout à Saint-Cloud) avaient commencé à faire usage, pour leurs envois postaux, d'un cachet « FNUF » (sigle de la nouvelle association) avec l'adresse du FN (même bâtiment mais avec des entrées dans deux rues différentes). Le cachet « FNUF » a continué de rester en usage (même à la fin de l'année 2005) après que la justice française, en , eut déclaré nuls et non avenus le « congrès de Marignane » (23-) et les réunions ayant abouti à sa convocation (« conseil national » du FN du ). L'usage continu du cachet « FNUF » a contribué à faire croire que le FN avait sinon conservé, du moins retrouvé son intitulé complet d'origine. D'autre part, les militants et les électeurs du Front national sont usuellement appelés « frontistes ». Lors du congrès de, , Marine Le Pen propose de rebaptiser le mouvement . Le changement de nom est soumis à l’approbation des adhérents qui sont consultés par courrier à partir du . Le , avec 53 % de participation et 80 % de votes favorables, le parti adopte cette nouvelle appellation. Ce changement de nom suscite des comparaisons avec le Rassemblement national populaire, parti collaborationniste pendant la Seconde Guerre mondiale dont faisait partie un des cofondateurs du RN, Roland Gaucher. Symboles. Depuis sa création, le symbole du FN est une flamme avec les couleurs du drapeau français. La croix celtique d'ordre nouveau n'est donc pas reprise. La flamme est déclinée au fur et à mesure de l'histoire du parti, connaissant une évolution en plusieurs logotypes successifs dont certains coexistants sur une même période. Dès , le FN possède un logo très inspiré de la flamme du parti néofasciste italien, le Movimento sociale italiano (MSI). En 1977, Jean-Pierre Stirbois obtient gain de cause auprès de Jean-Marie Le Pen pour un changement de logo. Dite première « flamme Stirbois » apparaît plus enveloppée et stable. Début 1980, une seconde flamme Stirbois prend forme et reste officiellement, en vigueur jusqu’à sa mort en novembre 1988. Bruno Mégret, dès novembre 1988, s’affranchir de la flamme originelle du FN et modifie l’emblème du parti. La « flamme Mégret » ou « fer de lance » possède des lignes géométriques et fines. Elle provoque la controverse entre militants. Début 1990, une nouvelle flamme remplace donc la flamme ; Mégret revient à un symbole plus consensuel et ancien, elle reprend l'aspect du premier modèle mais les lettres bâtons généralement de couleur bleue se substituent à l'ancien socle rouge. Depuis sa création, plusieurs mouvements semblent avoir repris à leurs compte certains éléments de la flamme du front (La Droite populaire) ou l'ont repris dans sa totalité comme le Front national belge jusqu'en 2012 ainsi que le Rassemblement national d'Igor Kurek qui revendique l'appellation et le logo. S'ensuit une bataille judiciaire où les deux partis s’assignent mutuellement pour « contrefaçon ». Au début de la présidence de Marine Le Pen, le logotype change. Mouvement de jeunesse. Le Front national de la jeunesse (FNJ) est le mouvement de jeunesse du Front national. Créé en 1973 par Jean-Marie Le Pen, sa présidente statutaire est actuellement Marine Le Pen. Organisations liées. Des membres du Front national ont créé des cercles de réflexion ; un certain nombre d'organisations ou associations y sont liées ou en sont directement une émanation. C'est notamment le cas de l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (AGRIF) et SOS Enfants d'Irak. Le Département protection sécurité (DPS) est le service d'ordre du Front national. Le FN tente également de pénétrer l'univers du syndicalisme, notamment avec les syndicats Front national dans les années 1990 puis la présentation aux élections de 2011 de quelques candidats issus de syndicats. Devant les difficultés rencontrées dans ce domaine, le Cercle national de défense des travailleurs syndiqués (CNDTS) a été créé. Il tente aussi de pénétrer le syndicalisme étudiant avec la création du Renouveau étudiant en 1990, qui finira par disparaitre dans les années 2000. Depuis l'opération de « dédiabolisation » entreprise par le FN sous la présidence de Marine Le Pen, le parti frontiste engrange le soutien de plusieurs personnalités publiques, comme l'acteur Alain Delon, l'actrice Brigitte Bardot, l'humoriste Jean Roucas, le groupe Les Forbans, le pilote Pierre Lartigue, le jet setter Massimo Gargia, l'écrivain Denis Seznec, l'avocat Gilbert Collard, ou encore le géopolitologue Aymeric Chauprade. En 2019, Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud relancent La Droite populaire, ancien courant de l'UMP, comme mouvement « satellite » du RN. Ils sont élus députés européens sur la liste menée par Jordan Bardella la même année. Le , Jean-Philippe Tanguy ex-numéro 2 de Debout la France fonde "L'Avenir français" avec 130 cadres de ce parti. Ce mouvement gaulliste souverainiste, opposé à la stratégie de Nicolas Dupont-Aignan, souhaite s'allier avec le RN lors des élections régionales (il y obtiendra 14 élus) et soutenir Marine Le Pen dès le tour de l'élection présidentielle de 2022. Communication. Le Front national recourt depuis les années 1980 à divers moyens de « communication directe » avec l'opinion, de manière à court-circuiter les médias de la part desquels il se dit victime de désinformation et de censure : téléphonie avec les services audiotel Le Pen infos et radio Le Pen, minitel avec les 3615 FN et 3615 LEPEN, puis enfin site web avec front-nat.net à partir de 1994, et par la suite frontnational.com. Parmi les partis politiques français, le Front national est un précurseur sur le Web : il est le premier à ouvrir son site en 1994 (et également le premier à créer en 2006 un bureau virtuel sur "Second Life"). Il est aussi l'un des premiers partis français à ouvrir un compte sur Facebook, en 2006. En 2011, le groupe Facebook de Jean-Marie Le Pen compte et celui de Marine Le Pen , ce qui les place respectivement à la et à la parmi les personnalités politiques sur ce réseau virtuel, après Nicolas Sarkozy, Rama Yade, Ségolène Royal et Jacques Chirac. L'historien spécialiste de la communication politique Christian Delporte souligne le rôle de l'activisme de militants du Front national qui investissent les sites d'information générale ouverts aux commentaires, réagissent rapidement via ceux-ci sans pour autant mettre en avant leur étiquette politique, de manière à « avancer sans l'étiquette FN, qui peut faire fuir, et […] prétendre traduire un bon sens populaire en train de monter », afin de susciter l'adhésion des internautes indécis et créer ainsi une dynamique. Au lendemain de l'élection à la présidence du FN de Marine Le Pen, le , la coordination de la présence du Front national sur les réseaux sociaux, et, plus généralement sur Internet, est assurée par une délégation spéciale du mouvement : le secrétariat national à la communication numérique (SNCN). Il compte deux secrétaires nationaux : Julien Sanchez, qui est également sollicité pour les éditions hebdomadaires du « Journal de bord » de Jean-Marie Le Pen, et David Rachline. Le , le Front national lance discrètement, sans communiqué de presse, son premier réseau social : "Lespatriotes.net." Pour le chercheur Julien Boyadjian, Internet est à la fois du FN. Il observe que la communication sur les sites internet nationaux du FN et les comptes Facebook et Twitter des principaux dirigeants est ; et que lors des élections départementales de 2015, le FN a instauré une vérification des profils de ses candidats sur les réseaux sociaux : une commission d’enquête a entamé une procédure d’exclusion pour certains d’entre eux ayant tenu des propos xénophobes, antisémites ou homophobes. Siège. Entre 1972 et 1980, le siège du FN se trouve 7 rue de Surène (arrondissement de Paris), entre 1981 et 1984 rue Bernoulli () puis au 130 rue de Courcelles () jusqu'en 1985. Jusqu'en 1994, il a ses locaux 8 rue du Général-Clergerie (). Après cette date, il est situé à Saint-Cloud dans un bâtiment surnommé « le Paquebot ». Il se trouve ensuite à Nanterre, dans un bâtiment surnommé « le Carré », de 2008 à 2021. En , devenu RN, le parti emménage dans un nouveau bâtiment, surnommé « la Capitainerie », au 114 bis rue Michel-Ange dans le de Paris. Ce déménagement est justifié par la proximité du lieu avec les transports en commun, les lieux de pouvoirs et les plateaux des médias. Annexes. Filmographie. Films dont tout ou partie du sujet concerne le Front national : Chansons. Chansons centrées sur le Front national : |
François Roelants du Vivier François Marie Gabriel André Charles-Ferdinand Roelants du Vivier est un homme politique belge né le à Etterbeek. Il est membre du parti DéFI. Biographie. Il est licencié en archéologie et histoire de l'art. Député européen écologiste de 1984 à 1989, il crée en 1988 le mouvement ERE (Europe-Régions-Environnement). Il est élu en 1989 député bruxellois sur la liste FDF-ERE, et réélu à cette fonction en 1995, 1999 et 2004. Il a été de novembre 2000 à membre du Parlement de la Communauté française et sénateur de Communauté. Il a notamment été président de la commission des relations extérieures et de la défense du Sénat. Il ne s'est plus représenté au parlement bruxellois en 2009. Il a été nommé sénateur honoraire en . François Roelants du Vivier est Officier de l'Ordre de Léopold. |
François Mitterrand François Mitterrand , né le à Jarnac (Charente) et mort le à Paris, est un homme d'État français, président de la République du au . Avocat de formation, évadé de guerre, agent contractuel sous le régime de Vichy puis résistant, il s'engage en politique après la Seconde Guerre mondiale au sein de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance. Député de 1946 à 1958, puis sénateur de 1959 à 1962 et à nouveau député de 1962 à 1981, il est onze fois ministre sous la , notamment ministre des Anciens Combattants et des Victimes de guerre, ministre de la France d'Outre-mer, ministre de l'Intérieur et garde des Sceaux, ministre de la Justice. Défavorable au retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958, il passe plus de vingt ans dans l'opposition. Le faux attentat de l'Observatoire menace pour un temps son ascension politique. Après avoir fondé son propre parti, la Convention des institutions républicaines, il est candidat de l'union de la gauche en vue de l'élection présidentielle de 1965, qu'il perd au second tour face au président sortant, Charles de Gaulle. Devenu premier secrétaire du Parti socialiste en 1971, il est à nouveau candidat de l'union de la gauche à la présidentielle de 1974, lors de laquelle il est battu au second tour par Valéry Giscard d'Estaing. Candidat du Parti socialiste à l'élection présidentielle de 1981, il est élu au second tour face à Valéry Giscard d'Estaing. Premier chef d'État issu de la gauche sous la République, il fait notamment voter l'abolition de la peine de mort et un certain nombre de mesures sociales inspirées du programme commun, puis décide du « tournant de la rigueur ». Il se présente en Européen convaincu, maintient la France dans l'alliance atlantique ainsi que la « Françafrique ». Avec la « doctrine Mitterrand », il s'engage à ne pas extrader les anciens terroristes d'extrême gauche. Après la défaite de la gauche aux élections législatives de 1986, il nomme Jacques Chirac à la tête du gouvernement, inaugurant la première cohabitation. En 1988, il est réélu président de la République face à Jacques Chirac. Son second mandat est marqué par l'engagement militaire de la France dans la guerre du Golfe, par l'adoption du traité de Maastricht, par la deuxième cohabitation (avec Édouard Balladur), par le déclin de sa popularité, par des révélations sur son passé et son état de santé déclinant. Seul président à avoir effectué deux septennats complets, François Mitterrand détient le record de longévité à la présidence de la République française. Atteint d'un cancer de la prostate diagnostiqué dès 1981, il meurt quelques mois après son départ de l'Élysée. Situation personnelle. Enfance et études. François Maurice Adrien Marie Mitterrand est né le dans la ville de Jarnac (Charente), au sein d'une famille bourgeoise catholique et conservatrice. Son grand-père paternel était chef de gare à Jarnac, fils d'un éclusier du canal de Berry (à Audes dans le département de l'Allier), et un catholique pratiquant. Sa grand-mère paternelle était limousine, d'une famille de petits fonctionnaires originaires de Séreilhac près de Limoges. Son père Joseph, né à Limoges, était ingénieur de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans puis, en 1919, s'installa à Jarnac pour reprendre la direction de la vinaigrerie de son beau-père, devenant plus tard président de la fédération nationale des syndicats de fabricants de vinaigre. Sa mère, Yvonne Lorrain, issue d'une famille de tradition républicaine, était la fille de Jules Lorrain, producteur vinaigrier, négociant en vins et eaux de vie et conseiller municipal de Jarnac (et petit-neveu par alliance du ministre Léon Faucher). François est le cinquième d'une fratrie de huit enfants. Il a trois frères : Robert (1915-2002), polytechnicien, administrateur de sociétés ; Jacques (1918-2009), général d'armée aérienne ; Philippe (1921-1992), exploitant agricole et ancien maire de Saint-Simon en Charente, et quatre sœurs : Marie-Antoinette (1909-1999) épouse Fernand Ivaldi, puis Pierre de Renoult, puis Pierre Gabriel Signard ; Marie-Josèphe (1912-1997) épouse Charles, marquis de Corlieu, puis Jean Wegmann ; Colette (1914-2004), épouse du capitaine Pierre Landry ; et Geneviève (1919-2006), épouse d'Eugène Delachenal, polytechnicien et banquier. François est baptisé le en l'église Saint-Pierre de Jarnac. Il grandit dans une famille fortunée, ayant l'électricité dès 1922. Il fréquente l'école privée Sainte-Marie de Jarnac avec son frère Robert jusqu'en 1925. Cette année-là, François entre comme pensionnaire au collège privé d'enseignement catholique Saint-Paul d'Angoulême pour entamer des études secondaires. Il se révèle excellent en histoire, en géographie, en latin et en philosophie, et prend goût pour la littérature ; il répugne aux mathématiques, à la physique et à l'anglais. Il devient membre de la JEC, structure étudiante de l'Action catholique. En 1933, un discours lui vaut de remporter le championnat de l'éloquence de son école ; il échoue au championnat régional. Il est admissible au « premier bac » en classe de première, mais échoue à l'oral. Il redouble, est admis et obtient son baccalauréat littéraire en 1934. Il choisit de s'inscrire aux facultés des lettres et de droit de Paris. À son arrivée dans la capitale, il s'installe au 104, rue de Vaugirard, pension où se trouve un foyer de pères maristes, la Réunion des étudiants, où il se forme intellectuellement auprès de ses premiers amis, Claude Roy, Pierre Bénouville et André Bettencourt. Après une première année de droit, il s'inscrit parallèlement à l'École libre des sciences politiques, de laquelle il sort diplômé en juin 1937. La même année, il obtient un diplôme d'études supérieures de droit public avec mention bien, à la suite de l'obtention d'une licence en lettres l'année précédente. À partir de , François Mitterrand milite pendant plus d'un an aux Volontaires nationaux, mouvement de jeunesse de la droite nationaliste des Croix-de-Feu du colonel de La Rocque. Porté par un courant très anticommuniste, il adhère à ce mouvement jusqu'à la dissolution des ligues factieuses. Il participe aux manifestations contre en février 1935 puis à celles contre le professeur de droit Gaston Jèze, après la nomination de ce dernier comme conseiller juridique du Négus d'Éthiopie, en . Il cultive par la suite des relations d'amitiés ou de famille avec des membres de la Cagoule, mais ces liens ne traduisent pas une connivence idéologique selon Henry Rousso et Pierre Péan. Mitterrand, un temps critique littéraire, écrit sur la société contemporaine et la politique dans la "Revue Montalembert" et dans le quotidien "L'Écho de Paris" d'Henri de Kérillis, proche du Parti social français. Il y écrit notamment un article regrettant que le Quartier latin se soit laissé envahir par le « dehors ». Il publie également, le , un compte rendu de la conférence donnée par Marcel Griaule sur l'Éthiopie, concluant notamment qu' Il se serait aussi inquiété de l'expansionnisme nazi lors de l'Anschluss dans l'un de ses articles. En 1937, il obtient son diplôme de l'École libre des sciences politiques et s'inscrit pour le service militaire dans l'infanterie coloniale. Il y rencontre Georges Dayan (juif et socialiste) après l'avoir sauvé d'agressions d'antisémites de l'Action française et devient son meilleur ami. Il passe le concours de l'École nationale de la Marine marchande en janvier 1938, où il se classe cinquième. Il décide de ne pas s'y inscrire ; il réussit le concours du rédactorat de la préfecture de la Seine, mais décline également. Il prépare une thèse de sociologie politique sur la Tchécoslovaquie mais l'abandonne. En septembre, il est incorporé pour son service militaire dans le régiment d'infanterie coloniale. En , lors de l'engagement de la France dans la Seconde Guerre mondiale et terminant ses études d'avocat à Paris, il est envoyé sur la ligne Maginot avec le grade de sergent-chef, à proximité de Montmédy au régiment d'infanterie coloniale compagnie du capitaine Xavier Louis. En , quelques jours avant l'invasion allemande, il se fiance avec Marie-Louise Terrasse (future Catherine Langeais, elle rompt en pour épouser peu après un comte polonais). Fin , dans le train de prisonniers qui le conduit en Allemagne, François Mitterrand médite sur les causes du désastre, qu'en lecteur attentif de Jacques Bainville, il fait remonter à la Révolution française : . Familles et liaisons. Pendant la Seconde Guerre mondiale, François Mitterrand rencontre une jeune résistante bourguignonne, Danielle Gouze, et l'épouse le 28 octobre 1944. Avec elle (présidente, de 1986 à 2011, de la fondation France Libertés fondée en 1986), il a eu trois fils : Pascal, né le 10 juillet 1945 et mort à deux mois et vingt jours, le 30 septembre 1945 ; Jean-Christophe, né le , qui a été conseiller aux affaires africaines du président Mitterrand ; Gilbert, né le , maire de Libourne (Gironde) de 1989 à 2011 et député de la Gironde entre 1981 et 2002. D'une relation extra-conjugale avec Anne Pingeot, conservatrice de musée, François Mitterrand a eu une fille : Mazarine Pingeot, née le , à Avignon, qu'il reconnaît le devant notaire. Après avoir obtenu son agrégation de philosophie, elle a commencé une carrière d'enseignante puis est devenue écrivaine et chroniqueuse de télévision. Par ailleurs, Hravn Forsne, un militant politique suédois né en 1988, affirme, dans un entretien publié dans un journal suédois le 8 août 2014, être le fils biologique de François Mitterrand. Sa mère, la journaliste suédoise Christina Forsne, avait évoqué, dans un livre paru en 1997, la liaison qu'elle aurait eue avec l'ancien chef de l'État français. À partir de 1988, François Mitterrand entretient une liaison avec une étudiante en droit et militante socialiste, qu'il reçoit de nombreuses fois à l'Élysée. Relations avec le régime de Vichy et Résistance. À la suite de la déclaration de guerre du , François Mitterrand est mobilisé sur la ligne Maginot. Le , en tant que sergent-chef, il est blessé à l'omoplate droite ; après avoir été soigné, il est fait prisonnier par les Allemands le 18 juin. Après dix-huit mois dans les stalags IX A de Ziegenhain-Trutzhain et IX C de Schaala et deux tentatives infructueuses, il s'évade en décembre 1941 et rentre en France. En janvier 1942, bien que recherché par les Allemands en tant qu'évadé, après un séjour chez les Sarrazin à Mantry, puis chez les Levy-Despas à Saint-Tropez, il travaille à la Légion française des combattants et des volontaires de la révolution nationale en tant que contractuel du gouvernement de Vichy puis, à partir de juin, au Commissariat au reclassement des prisonniers de guerre, où il est chargé des relations avec la presse et où il favorise la fourniture de faux papiers pour aider les évasions. En juin 1942, il participe à des réunions au château de Montmaur, où sont jetées les premières bases de son réseau de Résistance. C’est Antoine Mauduit, ancien prisonnier de guerre arrivé à Vichy en mai, qui est à l’origine de ce rassemblement de Montmaur baptisé « la Chaîne », ouvert à des résistants de tendances et origines diverses. Le , François Mitterrand est reçu par le maréchal Pétain, avec plusieurs responsables du Comité d'entraide aux prisonniers rapatriés de l'Allier. Le , en représailles à l’invasion par les Alliés de l’Afrique du Nord trois jours plus tôt, les Allemands envahissent la zone libre : le mythe de Pétain, « le bouclier » protégeant la France, vole en éclats, seule « l'épée » (la Résistance) demeurait. Cet événement va inciter Mitterrand à s’engager plus fermement dans la Résistance aux dépens du gouvernement de Vichy. En janvier 1943, Mitterrand démissionne du Commissariat, à la suite du remplacement du vichysto-résistant Maurice Pinot par André Masson, un partisan de la collaboration. Il conserve cependant un poste à la tête des centres d'entraides. Il se met également en relation avec les Chantiers de jeunesse, une organisation de service national créée par Vichy après l’armistice, et avec les Compagnons de France, une association essentiellement destinée aux adolescents. Au cours des réunions de février 1943 à Montmaur avec les membres de « la Chaîne », Mitterrand fait valoir ses arguments donnant priorité aux anciens prisonniers, en l’occurrence empêcher leur récupération par Pierre Laval, s’opposant ainsi à Michel Cailliau (le neveu du général de Gaulle), partisan d’une lutte armée immédiate. Le conflit entre les deux hommes persistera. En février 1943, puis plus tard au printemps, il se rapproche de la puissante Organisation de résistance de l'armée (ORA), en cours de formation. Il commence à prendre Morland comme pseudonyme, nom emprunté à la station de métro Sully-Morland, technique utilisée par les cagoulards. Il utilisera aussi les noms de code Purgon, Monnier, Laroche, capitaine François, Arnaud et Albre. Il cofonde le Rassemblement national des prisonniers de guerre avec Maurice Pinot financé par l'ORA. Plusieurs membres du réseau Mitterrand-Pinot sont, en pratique, membres de l'ORA. François Mitterrand lui-même est considéré par le service Action de l'organisation comme un de ses membres. Plusieurs actions sont décidées en commun entre des dirigeants de l'ORA et des dirigeants du RNPG et exécutées par des militants des deux mouvements. En mars 1943, Mitterrand rencontre Henri Frenay et le convainc de travailler avec lui. Grâce à Frenay, la Résistance intérieure soutient François Mitterrand contre Michel Cailliau. Mitterrand se retrouve ainsi au cœur d’un réseau d’influence qui comprenait l’ORA, Maurice Pinot et ses partisans, les Chantiers, les Compagnons, et les centres d’entraide, tandis que Michel Cailliau, en rupture avec « la Chaîne » de Montmaur, lance son propre réseau appelé le "Mouvement de résistance des prisonniers de guerre et des déportés" (MRPGD). Cependant, la date du , lors de sa rencontre avec le gaulliste Philippe Dechartre, a été considérée comme le moment de sa rupture définitive avec ses anciens protecteurs de Vichy. Selon Philippe Dechartre, la rencontre du fut organisée, car : En février ou mars 1943, parrainé par deux anciens « cagoulards » (Gabriel Jeantet, membre du cabinet du maréchal Pétain, et Simon Arbellot), et après l'instruction de son dossier par Paul Racine, il est décoré de l'ordre de la Francisque par le maréchal Pétain : il est le récipiendaire , délégué du Service national des prisonniers de guerre. Pour obtenir cette décoration, il a dû en faire la demande en remplissant un formulaire indiquant : « Je fais don de ma personne au maréchal Pétain, comme il a fait don de la sienne à la France. Je m'engage à servir ses disciples et à rester fidèle à sa personne et à son œuvre ». Selon Jean Pierre-Bloch, chef de la section non militaire du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) à l'époque, Pour lui comme d'autres résistants qui travaillent pour Vichy, comme Bernard de Chalvron, Raymond Marcellin ou encore Maurice Couve de Murville, accepter cette distinction constitue une couverture idéale. L'activité du RNPG se déplace, au cours de l'année 1943, de la fourniture de faux papiers vers la fourniture de renseignements à la France libre. Selon Pierre de Bénouville, Philippe Dechartre a aussi confirmé l'importance du RNPG comme réseau de renseignement. Le 10 juillet 1943, François Mitterrand et le militant communiste Piatzook sont les auteurs d'un coup d'éclat lors d'une grande réunion publique à Paris, salle Wagram, consacrée à la « relève » des prisonniers par les ouvriers. Au moment où André Masson flétrit la « trahison des gaullistes », François Mitterrand l'interpelle de la salle et lui dénie le droit de parler au nom des prisonniers de guerre, qualifiant la relève d'escroquerie. François Mitterrand n'est pas arrêté, sa fuite ayant été facilitée par Piatzook. C'est au mois de novembre 1943 que François Mitterrand passe à la clandestinité, après que son appartement rue Nationale à Vichy a fait l'objet d'une descente de la Gestapo qui perquisitionne son domicile en son absence et y interpelle deux membres du réseau "Mitterrand"-"Pinot" qui sont envoyés en déportation dont l'un, le logeur M. Renaud, ne reviendra pas. Un peu plus tard dans la journée, prévenue par un membre du réseau qui a pu s'échapper, l'épouse du colonel Pfister, dirigeant de l'Organisation de résistance de l'armée, repousse Mitterrand, de retour de Paris, dans le wagon dont il sort en gare de Vichy où la Gestapo l'attend. En novembre 1943, il se rend clandestinement par avion le 15 à Londres puis à Alger, où il rencontre le général de Gaulle, le général Giraud et Pierre Mendès France. La rencontre fut âpre, de Gaulle demande que les organisations de prisonniers fusionnent sous l'égide de MRPGD, seule condition pour recevoir matériel et argent. . Le , Henri Frenay écrit à Michel Cailliau qu'il se de François Mitterrand, et que le général de Gaulle partage son point de vue. Suivant Philippe Dechartre, c'est alors qu'il est toujours en Angleterre que le fonctionnaire vichyste Jean-Paul Martin, en accord avec René Bousquet, le fait prévenir des risques imminents d'arrestation qui pèsent sur lui à son retour, la Gestapo l'ayant repéré. Ascension politique. Ascension et glissement vers la gauche (1944-1954). De retour en France, François Mitterrand participe au gouvernement des secrétaires généraux voulu par le général de Gaulle avant l'installation du gouvernement provisoire à Paris : à partir de , il dirige le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (MNPGD) qui unifie tous les réseaux de résistance de prisonniers de guerre. En , il est nommé au sein du gouvernement provisoire secrétaire général aux Prisonniers, Déportés et Réfugiés (PDR), correspondant du ministre Henri Frenay dans l'attente de son retour de Londres. En août 1944, Mitterrand participe à la libération de Paris, où il participe à la prise du Commissariat général aux prisonniers de guerre et refuse le poste de secrétaire général PDR lorsque Frenay prend la tête du ministère le 2 septembre. Il est alors élu Président du MRPGD. et, le , il épouse Danielle Gouze à l'église Saint-Séverin, avec Jean Munier, Roger-Patrice Pelat, Henri Frenay et Christine Gouze comme témoins. À son poste de secrétaire général des Prisonniers et des Victimes de guerre, il intervient en faveur de l'écrivain Robert Gaillard, qu'il a connu en captivité. En , François Mitterrand accompagne le général Lewis comme représentant de la France pour la libération des camps de Kaufering et de Dachau, à la demande du général de Gaulle. C'est là, en compagnie de Pierre Bugeaud, qu'il découvre, , Robert Antelme, mari de son amie Marguerite Duras, à l'agonie, atteint du typhus. Les mesures sanitaires interdisant de l'évacuer, il organise l"'évasion" de cet ancien membre de son réseau. Rétabli, celui-ci sera l'auteur d'un livre important sur la déportation : "L'Espèce humaine". En 1945, François Mitterrand et André Bettencourt apportent un témoignage en faveur du fondateur du groupe L'Oréal, mais aussi collaborateur et ancien financier de la Cagoule, Eugène Schueller. François Mitterrand est alors brièvement engagé comme président-directeur général des Éditions du Rond-Point et directeur du magazine "Votre Beauté" appartenant au groupe fondé par Schueller. En , François Mitterrand adhère à l'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR), qu'il préside ensuite de 1953 à 1965 et qui lui offre un premier laboratoire politique. Candidat aux élections de la seconde Assemblée constituante, le , dans la circonscription de la Seine, il ne recueille que 6 % des voix. Par la suite, François Mitterrand hésite entre s'implanter politiquement dans la Vienne ou dans la Nièvre. Eugène Schueller le convainc alors de se présenter dans la Nièvre sous l'étiquette du Rassemblement des gauches républicaines. Pour sa campagne, il bénéficie du soutien d'Edmond Barrachin et de financements du marquis de Roualle, patron du jambon Olida. Avec l'aide du clergé et des notables nivernais, François Mitterrand est élu, le , député de la Nièvre, à la tête d'une liste « Unité et action républicaine », au programme anticommuniste. François Mitterrand abandonne alors ses fonctions aux éditions du Rond-Point. François Mitterrand devient en 1947 l'un des plus jeunes ministres de France avec le portefeuille des Anciens Combattants et des Victimes de guerre dans le gouvernement du socialiste Paul Ramadier. Dans les années qui suivent, il détient plusieurs portefeuilles ministériels, dont ceux de l'Information, de la France d'Outre-mer, et le ministère délégué au Conseil de l'Europe. En , parmi 800 délégués (dont Konrad Adenauer, Léon Blum, Winston Churchill, Harold Macmillan, Paul-Henri Spaak et Altiero Spinelli), il participe au congrès de La Haye, à l'origine du Mouvement européen, auquel il adhère. À l'issue des élections cantonales de 1949, il est élu conseiller général de la Nièvre dans le canton de Montsauche-les-Settons. Il est réélu en 1955, 1961, 1967, 1973 et 1979. En 1950, René Pleven le nomme ministre de l'Outre-Mer. Il est partisan de l'instauration d'une union franco-africaine où les territoires d'outre-mer jouiraient d'une autonomie négociée et librement consentie et s'efforce d'améliorer le sort des Africains, encore soumis à un régime très dur. Il est alors traité de « bradeur d'empire » : il s'attire dès cette époque une vive hostilité de la part des colons et du RPF, le parti gaulliste de l'époque, qui s'exprime notamment par la voix de Jacques Foccart, Édouard Frédéric-Dupont et Maurice Bayrou. Missionné par René Pléven, il négocie avec Félix Houphouët-Boigny pour le convaincre de détacher son parti le Rassemblement démocratique africain du parti communiste auquel il est apparenté et détendre ainsi les rapports avec l'administration française. Lors des élections législatives de 1951, le RDA présente une liste commune avec l'UDSR. Afin de consolider cette politique libérale, François Mitterrand relève le gouverneur Laurent Péchoux, qui avait été nommé par son prédécesseur Paul Coste-Floret pour démanteler le RDA. François Mitterrand s'aliène alors le MRP. En août 1951, le Mouvement républicain populaire obtient de René Pleven que François Mitterrand quitte le ministère de l'Outre-Mer. Ne faisant plus partie du gouvernement, François Mitterrand, réélu à l'Assemblée le , devient président du groupe parlementaire et renforce son influence sur l'UDSR, et obtient l'élection, au poste de secrétaire général, d'un de ses partisans, Joseph Perrin. Pour autant, il conserve sa loyauté à René Pleven, resté président du Conseil. En 1952, François Mitterrand devient ministre d'État sous le gouvernement d'Edgar Faure. Il prend en charge le dossier tunisien et esquisse un plan d'autonomie interne. Mais le gouvernement Faure est renversé six semaines seulement après sa formation. Les libéraux en matière coloniale (c'est-à-dire ceux qui refusent la répression systématique et prônent l'égalité des droits entre colons et colonisés, puis l'autonomie, voire l'indépendance si elle est réclamée avec force par la population et un interlocuteur crédible) sont provisoirement écartés du pouvoir. Après la formation du gouvernement d'Antoine Pinay, François Mitterrand critique la participation systématique de l'UDSR aux gouvernements et demande un recentrage à gauche. Il dénonce à l'Assemblée la politique répressive du gouvernement et défend avec vigueur le droit des Tunisiens à l'autonomie. En 1953, il devient ministre délégué au Conseil de l'Europe, mais démissionne rapidement en raison de son hostilité à la répression menée au Maroc et en Tunisie ; il préconise vis-à-vis de ces pays, ainsi que pour l'Indochine, une politique plus libérale. Il signe, avec des personnalités comme Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Alain Savary ou Louis Vallon, le « manifeste France-Maghreb », demandant que . Le , il est élu président de l'UDSR par le comité directeur. Il soutient alors une ligne libérale (mais déjà commune à cette époque) pour l'outre-mer : arrêt de la guerre d'Indochine, constitution d'un ensemble franco-africain, fédéral puis confédéral (ce qui revient à accorder l'autonomie, voire l'indépendance-association aux territoires colonisés). Il publie au même moment "Aux frontières de l'Union française. Indochine-Tunisie", préfacé par Pierre Mendès France. Il se prononce pour l'indépendance de l'Indochine (avec, si possible, une association) et pour une refonte des liens avec les pays africains : la défense, la monnaie et la politique étrangère doivent relever de l'Union française, avec une pleine association des Africains aux décisions ; les autres domaines doivent relever de l'autonomie des populations locales. Plus généralement, l'élection de François Mitterrand marque une évolution de l'UDSR vers des positions plus à gauche, cependant que le nouveau président du parti . Dans la tourmente de la guerre d'Algérie (1954-1958). En 1954, il est nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Pierre Mendès France, formé en juin, qui met fin à la guerre d'Indochine par les accords de Genève du 21 juillet et reconnaît l'autonomie interne de la Tunisie par le discours de Carthage du 31 juillet. François Mitterrand est alors opposé à l'indépendance de l'Algérie. Ses tentatives de muter le gouverneur général Léonard et le directeur de la mosquée de Paris, puis d'augmenter le SMIG d'Algérie, rencontrent l'hostilité des colons et de l'administration. En septembre, il est l'objet de rumeurs malveillantes dans le cadre de l'affaire des fuites. Il s'avère que Mendès France a fait faire depuis deux mois une enquête discrète par son directeur de cabinet, André Pélabon, sur des fuites ayant eu lieu au Comité supérieur de la Défense nationale ; le président du Conseil n'en a informé ni son ministre de l'Intérieur ni son ministre de la Défense nationale. Deux hauts fonctionnaires seront condamnés pour trahison. Du 19 au , il se rend en Algérie, où il rencontre une nette hostilité de la part des partisans de l'Algérie française. Le 12 novembre de cette même année, à la tribune de l'Assemblée nationale, alors que les premiers conflits de la guerre d'Algérie éclatent, il déclare : , puis En , le gouvernement annonce une forte augmentation des investissements sociaux en Algérie dans l'agriculture et l'éducation, et entend préparer François Mitterrand, ministre de l'Intérieur, autorise alors Germaine Tillion à mener une enquête dans la zone d'insurrection, afin, entre autres, de signaler les éventuelles exactions policières. En accord avec le président du Conseil, il fusionne la police d'Alger avec celle de Paris. Les décrets du , qui mettent fin à l'autonomie de la police d'Algérie, contribuent à permettre la mutation de deux cents agents soupçonnés d'actes de torture ou de l'avoir encouragée. Parmi eux, le directeur des Renseignements généraux d'Alger. Les députés conservateurs en matière coloniale critiquent fermement cette décision. D'après François Mitterrand, la suppression de ce est à l'origine de la chute du gouvernement Mendès France, un mois plus tard (lettre à Pierre Mendès France, ). En tout état de cause, le sénateur Henri Borgeaud, porte-parole des pieds-noirs, avait ainsi menacé : François Mitterrand assiste Pierre Mendès France dans les négociations qui aboutissent à l'autonomie de la Tunisie et du Maroc. L'Assemblée nationale ayant été une nouvelle fois dissoute, il mène campagne dans la Nièvre et conserve son siège lors des élections du. Un mois plus tard, il est nommé garde des Sceaux dans le gouvernement Guy Mollet. François Mitterrand participe aux travaux du gouvernement, qui accorde l'indépendance à la Tunisie et au Maroc, l'autonomie à l'Afrique noire. Sur la question algérienne, il critique fermement (en privé) la dérive répressive qui suit l'échec de la tentative de libéralisation, en février 1956. Toutefois, c'est lui qui est chargé par le Conseil des ministres de défendre le projet de loi remettant les pouvoirs spéciaux à l'armée. Il donne systématiquement son aval, en tant que garde des Sceaux, aux nombreuses sentences de mort prononcées par les tribunaux d'Alger contre des militants de la lutte pour l'indépendance, notamment Fernand Iveton, membre du Parti communiste algérien (PCA), guillotiné à Alger le . Sous son ministère, quarante-cinq militants algériens sont condamnés à mort de manière souvent expéditive pour lesquels Mitterrand ne donne que sept avis favorables à la grâce, refusant de gracier dans 80 % des cas connus, six avis étant manquants. Les témoins cités par son biographe Jean Lacouture décrivent un homme profondément hésitant. Cependant, au risque de s'exposer à l'accusation d'avoir couvert, voire encouragé des pratiques renouvelées de celles de la Gestapo et relevant pour le moins du crime de guerre, il reste au gouvernement, car il veut accéder à la présidence du Conseil, où ses pouvoirs seraient plus importants. D'autre part, comme garde des Sceaux du gouvernement Guy Mollet (de février 1956 à juin 1957), en rédigeant et faisant adopter la loi de mars 1956 qui donnait tous pouvoirs aux militaires "en matière de justice" sur le sol algérien, François Mitterrand a créé les conditions légales de la torture en Algérie, dans le temps où Bourgès-Maunoury, son collègue au ministère de la Défense nationale, ferme partisan d'une solution militaire, faisait instituer les techniques contre-insurrectionnelles inspirées par Lacheroy et Hogard qui permirent au général Massu, assisté du colonel Trinquier, de gagner la bataille d'Alger (janvier à octobre 1957). Dans un tout autre domaine, il fait adopter le statut de l'Agence France-Presse (AFP). Après la démission de Guy Mollet, François Mitterrand refuse de participer à un gouvernement, à moins de le diriger. Il n'y parvient pas, bien que le président René Coty ait sérieusement envisagé de faire appel à lui. Le , il refuse de voter la confiance à Charles de Gaulle, expliquant ainsi son vote : En septembre 1958, il appelle à voter "non" au référendum sur la Constitution, qui est néanmoins adoptée à une très large majorité, puis promulguée le . Dans la circonscription de la Nièvre, François Mitterrand est battu aux élections législatives de 1958 rétablissant le scrutin uninominal à deux tours. Arrivé troisième au premier tour le , il se maintient face au socialiste Daniel Benoist, conseiller général du canton de Luzy, contribuant à faire élire le le candidat républicain indépendant Jehan Faulquier, conseiller général du canton de Corbigny. Survie politique et premières tentatives d'union de la gauche (1959-1971). En mars 1959, il est élu maire de Château-Chinon (il le reste jusqu'à mai 1981) et, un mois plus tard, sénateur de la Nièvre. Il s'inscrit au groupe de la Gauche démocratique. En octobre 1959, a lieu l'attentat simulé de l'Observatoire dans lequel François Mitterrand est mis en cause et qui le mène, après la levée de son immunité parlementaire, à être inculpé le 9 décembre pour outrage à magistrat au motif d'avoir caché à la justice ses rencontres avec Robert Pesquet et après que, dans une nouvelle version qu'il donne au juge d’instruction, il révèle que Pesquet, devant participer directement à l'attentat, lui aurait suggéré un attentat manqué. La loi d'amnistie de 1966 met fin à la procédure. Il effectue en 1961 un voyage en Chine où il rencontre Mao Zedong. Le , François Mitterrand est appelé à témoigner à décharge au procès du général Salan par Jean-Louis Tixier-Vignancour. Le témoignage de Mitterrand porta sur l'« affaire du bazooka », tentative d'assassinat perpétrée contre le général Salan le et qui avait fait un mort, le colonel Rodier. Mitterrand appuya la thèse de Salan à propos du complot gaulliste fomenté (plus ou moins indirectement, c'est selon) par Michel Debré (d'autres personnalités comme Roger Frey et Alain Griotteray furent aussi citées comme prenant aussi plus ou moins part au complot). Cette thèse du complot gaulliste fomenté directement par Debré fut reprise par Mitterrand dans un éditorial du "Courrier de la Nièvre". Les auteurs et commanditaires de l'attentat, Philippe Castille, Michel Fechoz et René Kovacs notamment, avaient motivé leur action par la nécessité de remplacer le général Salan, considéré avec Pierre Mendès France comme le liquidateur de l'Indochine, par un général authentiquement favorable à l'Algérie française. Pour François Mitterrand, . Une partie de la gauche s'en prit alors à Mitterrand, lui reprochant d'être intervenu dans un règlement de comptes au sein de la droite française, d'avoir été jusqu'à saluer Salan dans son box et d'avoir pris place au milieu de ses partisans. Le , Mitterrand retrouve son siège de député de la Nièvre et abandonne celui de sénateur. A l'Assemblée nationale, il appartient au Rassemblement démocratique, groupe de centre-gauche proche du Parti radical et présidé par Maurice Faure. Lors du référendum de 1962 sur l'élection au suffrage universel du président de la République, il appelle à voter « non », alors que le « oui » l'emporte avec 62,25 % des suffrages exprimés. En 1964, il devient président du conseil général de la Nièvre. Il prend la tête de la Convention des institutions républicaines (CIR) et publie "Le Coup d'État permanent", qui renforce sa position d'opposant de gauche à Charles de Gaulle. Conscient des divisions de la gauche et de la difficulté de se placer en chef de file ("Paris égaré par ses intellectuels de gauche"), François Mitterrand décide de concentrer ses attaques contre l'image même du général de Gaulle, image renforcée, en particulier, par son célèbre appel du 18 Juin. En effet, François Mitterrand craignait que l'image de De Gaulle, bien ancrée dans l'opinion, réduise ses chances dans une élection au suffrage direct, même avec une gauche rénovée. En outre, la séparation des pouvoirs et les domaines réservés prévus par la Constitution en cas de cohabitation conduisent François Mitterrand à radicaliser sa position. D'où l'agressivité qu'il manifeste en 1964, il précise : Candidature à l'élection présidentielle de 1965. En 1965, bien que représentant d'une petite formation politique (la CIR), il est le candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle. Il axe sa campagne sur le changement comme l'indique son slogan de campagne : . Son résultat est inespéré (en seconde position avec 31,78 % des suffrages), tout comme celui du candidat centriste Jean Lecanuet (15 % des suffrages). François Mitterrand reçoit alors l'appui pour le second tour de toute la gauche, mais aussi du conservateur modéré Paul Reynaud et d'une partie de l'extrême droite : Jean-Louis Tixier-Vignancour et des partisans de l'OAS. Au soir du second tour, Mitterrand est battu avec le score de 44,80 % des suffrages contre 55,20 % au général de Gaulle. Président de la Fédération de gauche (1965-1968). Fort de ce résultat (peu de gens pensaient initialement que de Gaulle pouvait être mis en ballottage), il prend la tête de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), qui regroupe la gauche non communiste (essentiellement la SFIO, le Parti radical, la CIR et divers clubs). Il forme également le premier contre-gouvernement en France, en 1966, expérience qui ne dure qu'un an. Aux élections législatives de mars 1967, le scrutin uninominal à deux tours et la nouvelle disposition qui relève le seuil et élimine du second tour tous les candidats n'ayant pas obtenu au premier tour au moins 10 % des inscrits, favorisent la majorité sortante face à une opposition hétéroclite (PC, PS et centristes de Jacques Duhamel) et désunie. Mais avec , l'ensemble des partis de gauche (FGDS, Parti communiste) parvient à gagner , le Parti communiste restant la principale force de gauche avec 22,5 % des suffrages. Néanmoins, la coalition gouvernementale est reconduite avec une majorité réduite à un seul siège à l'Assemblée nationale ( sur 487, dont en métropole). En Métropole, au premier tour, l'ensemble de la gauche (FGDS, PSU, PC) obtient même plus de voix que les seuls partis gouvernementaux gaullistes et giscardiens (46 % contre 42,6 %), alors que le Centre démocrate de Duhamel recule de trois points à 7 % des voix. Mais avec le taux exceptionnel en France de 38 % des suffrages (en hausse de deux points par rapport au précédent scrutin), l'Union pour la République reste le premier parti de France. Le , il déclare : Cette déclaration est faite la veille du départ du général de Gaulle, parti consulter le général Massu en Allemagne. Il propose le nom de Mendès France pour former le gouvernement provisoire et annonce qu'il est candidat à la présidence de la République, au cas où une élection anticipée aurait lieu. De Gaulle a en effet annoncé qu'il organiserait un référendum, et qu'il démissionnerait si le « non » l'emportait (une idée à laquelle le général a finalement renoncé). Le "discours du 30 mai" de De Gaulle réplique de façon sèche. Les élections législatives anticipées de juin 1968 se soldent par un raz-de-marée gaulliste ( pour la seule UNR et aux républicains indépendants) et une majorité à droite jamais vue depuis le Bloc national de 1919, alors que la gauche s'effondre de . François Mitterrand parvient toutefois à sauver son siège de député. En 1969, Mitterrand ne se présente pas à la présidence de la République, car il a perdu le soutien de Guy Mollet, qui refuse de lui accorder le soutien de la SFIO. La gauche, représentée par Gaston Defferre pour les socialistes, Jacques Duclos pour les communistes, et Michel Rocard pour le PSU, est éliminée du second tour de l'élection présidentielle, qui voit la victoire de Georges Pompidou face au centriste Alain Poher. Premier secrétaire du Parti socialiste (1971-1981). Lors du congrès d'Épinay de 1971, la Convention des institutions républicaines se fond dans le Parti socialiste (créé en 1969 en remplacement de la SFIO). François Mitterrand est élu premier secrétaire du PS, avec l'appui de l'aile gauche du parti, le CERES mené par Jean-Pierre Chevènement, et celui de deux puissantes fédérations, celles du Nord de Pierre Mauroy et des Bouches-du-Rhône de Gaston Defferre. Comme l'a rapporté Pierre Mauroy dans ses Mémoires, François Mitterrand n'envisageait pas initialement de devenir premier secrétaire : cette tâche devait revenir au dirigeant du Nord, et François Mitterrand lui-même devait exercer un rôle comparable à celui de Léon Blum entre 1921 et 1938. Mais Augustin Laurent aurait réclamé que Pierre Mauroy fût son successeur à la mairie de Lille sans exercer de responsabilités nationales. En juin 1972, il signe le Programme commun de gouvernement avec le Parti communiste de Georges Marchais et le Mouvement des radicaux de gauche de Robert Fabre. Aux élections législatives de 1973, le Parti socialiste obtient presque autant de voix que le Parti communiste au premier tour et davantage au second, mettant fin à une supériorité qui remontait à 1946. Les élections cantonales qui ont lieu en septembre de la même année confirment cette évolution. Par ailleurs, le PSU chute de 4 à 2 % par rapport à 1968. Au congrès du PS tenu à Grenoble la même année, la motion finale de François Mitterrand obtient 96 % des voix. Le , le président de la République, Georges Pompidou, meurt des suites d'une longue maladie. François Mitterrand est désigné candidat du Parti socialiste le 8 avril, puis devient le candidat unique de la gauche. Le , lors du second tour de l'élection présidentielle, François Mitterrand perd face à Valéry Giscard d'Estaing, avec 49,19 % des voix au second tour. Aux élections cantonales 1976 et aux élections municipales 1977, le PS devance nettement le PCF. En septembre 1977 a lieu la rupture de l'union de la gauche alors que les communistes, se sentant menacés, posaient de nouvelles conditions à l'actualisation du Programme commun. À l'issue du second tour des élections législatives de 1978, la gauche, majoritaire au premier tour, est battue par la droite (UDF-RPR), qui obtient contre 200 à la gauche. Michel Rocard remet alors en cause François Mitterrand et la direction du Parti socialiste. En avril 1979, François Mitterrand s'allie avec le CERES de Jean-Pierre Chevènement contre Michel Rocard (la « deuxième gauche ») pour remporter le congrès de Metz du Parti socialiste. Victoire à l’élection présidentielle de 1981. Au cours de l'année 1980, il annonce sa candidature à l'occasion d'une entrevue avec Luce Perrot pour la promotion de son "Ici et maintenant". Lors du congrès extraordinaire de Créteil, qui se déroule en janvier 1981, il est désigné candidat du PS avec 83,64 % des voix. Il adopte les « 110 propositions pour la France » comme programme, recyclant bon nombre de propositions du Programme commun. En même temps, il dévoile son slogan pour cette élection, « La force tranquille »"." Le , au premier tour de l'élection présidentielle, il recueille 25,85 % des voix, contre 28,32 % pour Valéry Giscard d'Estaing. Jacques Chirac obtient 18,00 % des suffrages et Georges Marchais 15,35 %. Durant l'entre-deux-tours, François Mitterrand bénéficie du ralliement des communistes à sa candidature et de la mauvaise campagne de Valéry Giscard d'Estaing. Son élection est également facilitée par l'attitude de Jacques Chirac, qui se montre réticent à soutenir le président sortant. Déclarant son intention de voter pour Valéry Giscard d'Estaing « à titre personnel », Jacques Chirac refuse de donner une consigne de vote, tandis que plusieurs permanences du RPR appellent leurs militants à voter en faveur du candidat socialiste. En fait, dès 1980, un accord secret avait été trouvé, au domicile d'Édith Cresson, entre François Mitterrand et Jacques Chirac, ce dernier promettant de faire en sorte que son électorat se porte au second tour sur le candidat du PS, en espérant profiter du désenchantement de l'alternance. Alors que Jacques Chirac a toujours publiquement démenti l'existence d'un tel accord, François Mitterrand en a révélé l'existence à Valéry Giscard d'Estaing en décembre 1995, estimant que sans cet accord, avec à la clé, il ne pouvait être élu. Plusieurs personnalités politiques, dont Édith Cresson, confirment par la suite cet accord secret. Au soir du , François Mitterrand est élu président de la République avec 51,76 % des suffrages exprimés contre 48,24 % à Valéry Giscard d'Estaing. Président de la République. Premier septennat (1981-1988). Le , le septennat du nouveau président s'ouvre par une cérémonie au Panthéon. Puis il nomme son premier gouvernement dirigé par Pierre Mauroy. Le lendemain, il dissout l'Assemblée nationale. Les élections qui suivent, les 14 et , lui donnent la majorité absolue au Parlement. Un deuxième gouvernement de Pierre Mauroy fait entrer quatre ministres communistes. De nombreuses réformes sociales sont alors adoptées. Sur le plan économique, le septennat est marqué dans un premier temps par une vague de nationalisations (loi du) et par une politique de maîtrise de l'inflation, infléchie vers l'austérité à partir du , vu comme un passage à une par les partisans de la deuxième gauche. Le septennat s'achève en 1988 sous la première cohabitation de la . Gouvernements Mauroy. Les deux premières années des gouvernements Mauroy se caractérisent par une série de mesures économiques à rebours des autres pays qui diminuent leurs dépenses publiques et par des relances keynésiennes qui fonctionnent mal. Mesure phare du « programme commun de gouvernement » signé en 1972 entre le PS et le PCF, la loi du 13 février 1982 entraîne la nationalisation de banques (les banques de dépôt, ainsi que Paribas et Suez) et de grands groupes industriels (Compagnie générale des eaux, Pechiney, Rhône-Poulenc, Saint-Gobain, Technicolor). Le gouvernement octroie une augmentation du SMIC de 10 %, des allocations familiales et logement de 25 %, handicapés de 20 %, procède à des mesures symboliques telles que la création de l'impôt sur les grandes fortunes (supprimé en 1987, rétabli en 1988 sous le nom d'ISF, impôt de solidarité sur la fortune). Suit une série de mesures touchant le travail telles que la semaine de (durée légale du travail), la de congés payés, ainsi que des ordonnances sur le cumul emploi-retraite, le travail à temps partiel, et l'insertion professionnelle des jeunes de . Le gouvernement accorde la retraite à . Les lois Auroux sur le droit du travail transforment profondément les relations de travail en France. Enfin, la loi Quilliot modifie les droits et les devoirs des bailleurs et locataires. Toutes ces mesures sont accompagnées par un premier blocage des prix, par la fin de l'indexation des salaires sur les prix et par un durcissement du contrôle des changes. La relance de l'économie et les lois sociales amènent le Premier ministre à décider une augmentation de 27,5 % des dépenses publiques. Il en résulte au cours de , le triplement du déficit budgétaire, un accroissement de la dette publique de à de francs, un déficit de la balance extérieure de de francs au lieu de , un important écart d'inflation avec les partenaires européens, la dette extérieure étant multipliée par quatre en . Il apparut, après la chute du franc, la nécessité de trois dévaluations : , et . Confronté à une forte hausse de la dette et à une importante dégradation des comptes publics intérieurs et extérieurs, le gouvernement doit changer de politique : c’est le « tournant de la rigueur ». La France doit alors traiter avec des partenaires commerciaux (États-Unis, Royaume-Uni, Canada) qui effectuent une « révolution conservatrice » en adoptant une vision économique plus libérale, proche de l'austérité. Les gouvernements réalisent d'importantes réformes juridiques : suppression de la Cour de sûreté de l'État, abolition de la peine de mort, abrogation de la loi dite « anticasseurs », qui établissait notamment le principe d'une responsabilité pénale collective. Ils font adopter une loi d'amnistie, qui inclut les « délits homosexuels ». Différentes mesures sont prises concernant la vie culturelle et les médias telles l'autorisation des radios locales privées et la première fête de la musique, créée par Jack Lang, ministre de la Culture. Est créée la Haute Autorité pour la communication audiovisuelle (ancêtre de l'actuel CSA). Plusieurs mesures sociétales sont entérinées comme la dépénalisation officielle de l'homosexualité. Le ministre de l’Intérieur Gaston Defferre fait cesser le fichage des homosexuel, et le communiste Jack Ralite, ministre de la Santé, retire l’homosexualité des troubles mentaux. Le gouvernement introduit par ailleurs passage de la majorité sexuelle à pour tous, abolissant la distinction, introduite en 1942 et confirmée en 1945, dans l'âge de consentement entre rapports homosexuels et hétérosexuels. Le mode de vie homosexuel cesse d'être une clause d'annulation du bail d'habitation. Un mois après l’élection de François Mitterrand, des gestes avaient déjà été effectués : Le gouvernement procède enfin à une régularisation des étrangers en situation irrégulière qui exercent un travail et peuvent le prouver. La loi-cadre Defferre sur la décentralisation élève la région en une collectivité territoriale de plein exercice. En matière d'éducation sont créées les zones d'éducation prioritaire (ZEP). François Mitterrand met en place la cellule antiterroriste de l'Élysée dont le fonctionnement sera dévoilé par l'affaire des écoutes de l'Élysée. La politique étrangère est marquée par le discours dit « de Cancún » prononcé à Mexico en marge de la conférence Nord-Sud de Cancún, et la première visite d'un chef d'État français en Israël : le président Mitterrand prononce à la Knesset (parlement israélien) un discours dans lequel il déclare qu’il existe un pour Israël tout en appelant au respect des droits des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie. Dans ses premiers vœux présidentiels, Mitterrand appelle à la gestion d'une Europe post-Yalta, un souhait qu’il réaffirme à plusieurs reprises. Le changement de politique économique dit « tournant de la rigueur », sujet à débat, ne fut pas accepté par une partie de l'électorat de gauche. En , on ne compte plus en effet que 32 % de satisfaits, un record pour un président de la République à l'époque. C'est pire encore pour Mauroy qui ne recueille plus que 28 %. Gouvernement Fabius. En , malgré la bonne cote de Laurent Fabius, celle du président Mitterrand selon l'IFOP n'est plus que de 28 % de satisfaits contre 55 % de mécontents. Élection présidentielle de 1988. Bien qu'il se sache atteint d'un cancer de la prostate depuis le , il annonce sa candidature pour un second septennat le au journal d'Antenne 2. L'information concernant ce cancer ne sera dévoilée que lors de son hospitalisation au Val-de-Grâce en . Le , François Mitterrand arrive nettement en tête du premier tour de l'élection présidentielle avec 34,10 % des suffrages face à son Premier ministre et chef de la majorité Jacques Chirac (19,94 %). Le , François Mitterrand est réélu avec 54,02 % des voix. Second septennat (1988-1995). Le second septennat de François Mitterrand est marqué par l'instauration du RMI et de la CSG, les célébrations du bicentenaire de la Révolution, la chute du mur de Berlin, la réunification allemande (pour laquelle il était réticent), l'engagement dans la première guerre d'Irak, le référendum sur le traité de Maastricht, mais aussi par les affaires politiques, la maladie du président, la révélation publique de l'existence de sa fille adultérine Mazarine Pingeot (dont il a tenté de cacher l'existence, notamment en l'installant à Gordes) et les polémiques sur ses activités et ses amitiés nouées dans les puis sous le régime de Vichy. Gouvernement Rocard. Il nomme Premier ministre Michel Rocard, qu'il déteste et qu'il humiliera à plusieurs reprises. Après la dissolution de l'Assemblée nationale, les socialistes et apparentés remportent une majorité relative. Mais les communistes refusent une alliance gouvernementale. Les gouvernements socialistes sont ainsi contraints à un jeu de bascule entre le groupe communiste et les éléments modérés de l'opposition, surtout l'Union du centre. Michel Rocard utilise à plusieurs reprises l'de la Constitution pour faire adopter ses réformes. Gouvernement Cresson. En , Michel Rocard est remplacé par Édith Cresson qui altère rapidement son image par des propos maladroits sur les Anglais () et les Japonais (). Sa remarque effrite encore davantage sa crédibilité. Elle cède la place dix mois plus tard à Pierre Bérégovoy. Pour ce qui est de la politique étrangère, le pays est témoin de l'étape finale de la dislocation de l'URSS, dont l'épisode déterminant est le putsch de Moscou d’août 1991, lors duquel Mikhaïl Gorbatchev est séquestré. Le président Mitterrand déclare alors vouloir attendre les intentions des « nouveaux dirigeants » soviétiques et, afin de ménager les putschistes, refuse de rencontrer Boris Eltsine. Cette attitude initiale plutôt conciliante envers les putschistes fait controverse. Gouvernement Bérégovoy. Le , Pierre Bérégovoy se donne la mort après que la presse a largement commenté le prêt dont il avait bénéficié de Patrice Pelat sans remboursement établi et pour acheter un appartement. Le , lors de ses obsèques, François Mitterrand déclare : , visant les médias en général. Gouvernement Balladur. François Mitterrand, dont la cote personnelle ne dépasse pas 22 % de satisfaits (IFOP) alors que le PIB baisse de 0,8 %, ne peut empêcher la droite de remporter très largement les élections législatives en 1993 : le groupe socialiste et apparentés ne compte plus que 67 députés sur 577. Le président nomme alors Édouard Balladur à la tête du gouvernement : il va être son dernier Premier ministre. Fin de mandat et retrait de la politique. Durant les derniers mois de sa présidence, François Mitterrand, diminué par la maladie, est contraint de rester la plupart du temps allongé. Ne se présentant pas à l'élection présidentielle de 1995, il pousse Jack Lang à briguer la présidence de la République et entretient des relations tendues avec le candidat du Parti socialiste, Lionel Jospin, qui se montre critique envers son passé et le bilan de sa présidence, en utilisant l'expression du . Arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle, Jospin est battu par Jacques Chirac au second tour le . Le , le président élu, Jacques Chirac, et François Mitterrand, encore en fonction, célèbrent à Paris la victoire de 1945 et affichent une bonne entente. Pour la première fois deux présidents de la République française se retrouvent côte à côte dans ce genre de cérémonie. Le , deux heures avant sa passation de pouvoir avec Jacques Chirac, François Mitterrand prend le petit-déjeuner avec l'écrivain et académicien Jean d'Ormesson qui est ainsi la dernière personnalité reçue par Mitterrand à l'Élysée. Après un entretien privé, Jacques Chirac est officiellement investi et François Mitterrand lui transmet ses pouvoirs, au cours d'une cérémonie officielle au palais de l'Élysée. Après la passation de pouvoirs, François Mitterrand se rend au siège du Parti socialiste, rue de Solférino, où il prononce son dernier discours public. Bilan de ses mandats présidentiels. François Mitterrand reste le seul président de la République française à avoir exercé deux septennats complets. Du point de vue économique, sa présidence est marquée par la valorisation des minima sociaux (augmentation du salaire minimum interprofessionnel de croissance, création du revenu minimum d’insertion) et la création de l’impôt sur les grandes fortunes, remplacé depuis par l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Le début du premier septennat consacre également les nationalisations, suivies en du tournant de la rigueur puis des privatisations. Le chômage qui était en 1981 de de personnes (soit 6 % de la population) dépasse en les de chômeurs (soit 11,3 % de la population). La dette publique suit cette tendance haussière puisqu’elle est multipliée par six : de d’euros en 1981 à en 1995. Sur le plan international, François Mitterrand parachève la doctrine qui sera qualifiée de « gaullo-mitterrandisme ». Il défend la possession par la France de la bombe atomique française, que les Américains voulaient voir incluse dans les accords de dénucléarisation avec l'URSS. Il souhaite faire avancer l'Europe de la défense pour que l'OTAN, dirigée implicitement par les États-Unis, ne soit plus le protecteur de l'Europe. François Mitterrand s'allie avec les États-Unis, notamment dans la guerre du Golfe, en faisant état d’ et envoyant un détachement de combattre l'Irak. Henry Kissinger dit de lui qu'il a été « un très bon allié, le meilleur de tous les présidents français » pour son alignement sur Washington. Peu avant d'achever son deuxième mandat, Mitterrand décrit les relations franco-américaines comme étant beaucoup plus belliqueuses qu'elles n'y paraissent : . Sur le plan de l’Union européenne, les deux septennats sont marqués par la signature des accords de Schengen et du traité de Maastricht, qui ouvre la voie de l'adoption de l’euro. Il se montre hostile à la réunification de l’Allemagne. La société est aussi marquée avec l’abolition de la peine de mort, votée sous la houlette de Robert Badinter. L’âge légal de départ à la retraite est avancé à , au lieu de 65 depuis 1910 et la cinquième semaine de congés payés est généralisée. Édith Cresson est la première femme en France à accéder au poste de Premier ministre. La libéralisation des mœurs se poursuit : l’article 331, alinéa 2 du Code pénal est abrogé, mettant un terme à la discrimination légale contre les homosexuels. Ce texte, hérité du maréchal Pétain, permettait de punir « d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d‘une amende de à toute personne qui aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu "mineur" du même sexe » ; cette disposition n’existait pas pour les actes hétérosexuels. Sur le plan politique, François Mitterrand fait accepter par la gauche les institutions de la République, qu'elle critiquait jusqu’alors ainsi que les concepts de social-démocratie, de gauche de gouvernement. On assiste également à la pratique de la cohabitation avec un gouvernement de droite à deux reprises, sans difficulté majeure. Enfin, la Corse bénéficie d’un statut particulier. Culturellement, la présidence de François Mitterrand voit comme mesure phare la libéralisation des ondes (développement de « radios libres »). Il met en œuvre une politique de Grands Travaux, tels que l'édification de certains monuments comme le nouveau musée du Louvre et sa pyramide, la construction de l'arche de la Défense, de l'opéra Bastille et l'inauguration de la Bibliothèque nationale de France. Ses septennats sont également marqués par un grand nombre d'affaires : "Rainbow Warrior", sang contaminé, Irlandais de Vincennes, écoutes de l'Élysée, Urba, Péchiney, ELF, Tapie, révélation de son amitié avec René Bousquet, suicides suspects de son ex-Premier ministre Pierre Bérégovoy et de son conseiller à l’Élysée François de Grossouvre, celui-ci dans les locaux du palais Selon Danielle Mitterrand, son épouse, il aurait déclaré au sujet de ses renoncements : . Après la présidence de la République. En retrait de la vie publique. En tant qu'ancien président de la République, il devient membre de droit du Conseil constitutionnel, mais refuse d'y siéger. Il se consacre dès lors principalement à la lecture, à l'écriture et effectue de nombreux déplacements (familiaux, politiques), bien qu'étant très affaibli. Il reçoit chez lui des hommes politiques comme Henri Emmanuelli, Michel Charasse, Michel Barnier, Édouard Balladur ou l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing, à qui il déclare que sa victoire de 1981 face à lui est due à la « trahison » du RPR et de Chirac. Devant ses visiteurs, il désapprouve deux décisions prises par Jacques Chirac au début de son mandat : la reprise des essais nucléaires français et la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la déportation vers l'Allemagne de Juifs français sous l'Occupation. En privé, il critique également la montée en puissance de Lionel Jospin au sein du Parti socialiste. Chirac affirme dans ses mémoires qu'il ne revit pas Mitterrand après son départ de l’Élysée, mais qu'ils se téléphonèrent régulièrement. François Mitterrand interprète pendant quelques secondes, en , son propre rôle dans le film à sketches "Lumière et Compagnie", dans le segment de Régis Wargnier, un film documentaire réalisé par . Le mois suivant, il participe à un colloque d'anciens chefs d'État et de gouvernement organisé par l'ancien président des États-Unis George H. W. Bush à Colorado Springs. Dégradation de son état de santé. Le , il passe Noël à Assouan en Égypte. Ce voyage lui avait été fortement déconseillé en raison de son état de santé. Le , il passe le réveillon en famille dans sa propriété à Latche, dans les Landes. Le , il rentre à Paris pour effectuer des examens médicaux importants et subir un nouveau traitement. Son cerveau étant atteint par des métastases, il prend la décision de ne pratiquement plus s'alimenter pour accélérer la fin. Le psychanalyste Gérard Bonnet cite cette phrase prêtée à François Mitterrand dans des propos rapportés par "Le Point" du 7 juillet 2005 : . Mort, funérailles et hommages. François Mitterrand meurt le à l'âge de des suites d'un cancer de la prostate, dans son appartement de fonction du Frédéric-Le-Play, dans le arrondissement de Paris, immeuble où réside également Anne Pingeot. Des chefs d'État et des personnalités politiques se rendent très vite sur les lieux. L'hommage de la classe politique est unanime, y compris chez ses détracteurs, à l'exception notable d'Arlette Laguiller. Jacques Chirac fit une déclaration le soir même, qui surprit beaucoup par sa bienveillance. Sa mort est à la une de toute la presse, sauf "Présent". En avril 2012, deux journalistes, Laurent Léger et Denis Demonpion affirment que François Mitterrand : selon eux, , l'historien Philip Short évoquant l'intervention du spécialiste de la lutte contre la douleur, le médecin Jean-Pierre Tarot. Toutefois, les auteurs ne parlent pas d'euthanasie. "Paris Match" publie, le , un second numéro hommage avec une photographie, volée, de l'ancien président sur son lit de mort, accompagné de la mention : . L'hebdomadaire charge la tâche à Pascal Rostain et Bruno Mouron, qui avaient révélé la fille cachée du président. L'hebdomadaire est condamné, mais refuse de dévoiler l'auteur du cliché. Alors que près de se sont recueillies devant sa dépouille, trois personnes sont soupçonnées : Claude Azoulay, le photographe, Patrick Amory, un intime de la famille, et Ali Baddou, le compagnon de Mazarine Pingeot. Les accusations ont été importantes contre Azoulay, mais une enquête du journal "Le Monde" montre que ce serait Amory qui aurait pris la photographie le 9 janvier. Ses proches ne font pas preuve de rancune : Danielle Mitterrand fait plusieurs reportages pour le magazine la même année, tandis que la famille est satisfaite de la qualité du cliché ; Mitterrand lui-même ne trouvait pas l'idée déplaisante. Ses obsèques, le , donneront l'occasion d'apercevoir côte à côte ses deux familles, officielle et officieuse. Une messe privée se déroule en l'église Saint-Pierre de Jarnac, Charente (durant cette cérémonie, son labrador nommé Baltique reste à l'extérieur de l'église, tenu en laisse par Michel Charasse). Une messe officielle se déroule au même moment en la cathédrale Notre-Dame de Paris célébrée par le cardinal Lustiger en présence de la classe politique française et de 200 personnalités étrangères dont plusieurs dizaines de chefs d'État et de gouvernement : Rainier III, la reine Margrethe, Fidel Castro, Yasser Arafat, le Prince Charles, John Major, Helmut Kohl (ému), Al Gore, Boris Eltsine, Albert II, Juan Carlos, Shimon Peres Le est déclaré jour de deuil national. François Mitterrand repose au cimetière de Jarnac, en Charente, dans le caveau familial. Il avait initialement décidé de se faire inhumer au sommet du mont Beuvray, mais avait dû y renoncer en 1995, face à la polémique suscitée par cette annonce. Principales affaires et controverses. Attentat de l'Observatoire. L'attentat de l'Observatoire est un attentat mené contre François Mitterrand en 1959. Dans les jours qui précèdent, Robert Pesquet approche François Mitterrand et l'informe qu'un attentat contre lui est en préparation, et donne conseil à celui qui est alors sénateur de se prémunir d'une attaque terroriste. Mitterrand revoit Pesquet plusieurs fois, jusqu'au jour qui doit être celui de l'attentat. Mitterrand échappe de peu à des coups de mitraillette. Peu de temps plus tard, Pesquet avoue dans les colonnes de "Rivarol" avoir organisé l'attentat, et soutient que Mitterrand l'aurait machiné avec lui afin de gagner en visibilité auprès de l'opinion publique. Mitterrand est traduit en justice une fois son immunité parlementaire levée. François Mitterrand est inculpé pour « outrage à magistrat », avant qu'une loi d'amnistie prise par le gouvernement Pompidou ne close les poursuites en 1966, empêchant un jugement d'avoir lieu. La responsabilité du futur président est aujourd'hui inconnue. L'historien Michel Winock soutient qu'il s'agissait d'un coup monté et que Mitterrand n'était pas un comploteur dans l'attentat. Affaire des écoutes de l'Élysée. Entre 1983 et 1986, François Mitterrand fait écouter illégalement par la cellule antiterroriste de l'Élysée plusieurs dizaines de personnalités, notamment certaines bien informées sur sa vie privée. L'écrivain Jean-Edern Hallier, qui menaçait d'enlever sa fille Mazarine Pingeot, et le journaliste Edwy Plenel, qui avait révélé l'affaire du Rainbow Warrior, sont notamment placés sur écoute. Affaire du "Rainbow Warrior". L'affaire du Rainbow Warrior est une affaire liée au monde du renseignement. François Mitterrand demande au ministre de la Défense, Charles Hernu, de s'assurer que le Rainbow Warrior I, un bateau de l'association Greenpeace, n'empêche des essais nucléaires français dans l'océan Pacifique. La Direction générale de la sécurité extérieure fait exploser le navire dans la baie d'Auckland, tuant un photographe. La responsabilité de François Mitterrand est aujourd'hui floue quant à savoir si François Mitterrand aurait donné son « autorisation personnelle » à l'amiral Pierre Lacoste, pour mener une opération de neutralisation, sans que le détail ne lui soit donné. Cancer caché. François Mitterrand apprend à la fin de l'année 1981 qu'il souffre d'un cancer de la prostate. Si la maladie se résorbe à partir de 1984, elle se réveille à nouveau en 1990. Ce cancer est gardé secret jusqu'à son opération chirurgicale en 1992, et la date réelle à laquelle il a appris l'existence de son cancer est révélée une dizaine de jours après sa mort en 1996 dans un livre de son ancien médecin, Claude Gubler, qui indique que le chef de l’État lui ordonnait de falsifier ses bulletins de santé. Affaire Urba et financement du PS et des campagnes présidentielles. En 1990, la mort de deux ouvriers d'un chantier de construction révèle un système de financement occulte du Parti socialiste mis en place en 1973. Le système reposait sur la facturation de prestations fictives, en contrepartie d'attributions de marchés publics. L'argent était reversé au PS et à des personnalités politiques et aurait financé les deux campagnes présidentielles de François Mitterrand. L'ancien trésorier du parti, Henri Emmanuelli, sera notamment condamné en 1997. Rapports avec l'extrême droite. Les relations entre François Mitterrand et l'extrême droite ont défrayé la chronique en particulier dans les années 1990, notamment avec la parution en 1994 du livre de Pierre Péan, "Une jeunesse française", qui évoque la jeunesse du futur président durant les années 1930 et les années 1940, en revenant notamment sur sa relation avec René Bousquet. Avant lui, Franz-Olivier Giesbert, dans son livre "François Mitterrand ou la tentation de l'histoire" (1977) avait décrit, entre autres, le parcours de Mitterrand à l'époque de Vichy. Plusieurs observateurs ont analysé que Mitterrand favorisa (« institutionnalisa » selon Edwy Plenel) le Front national dans les années 1980, afin de contrer le RPR et d'empêcher ainsi la défaite de la gauche aux élections de 1986. Il utilisa le moyen de la proportionnelle intégrale, une des de son programme électoral, appliquée dès 1985, au lendemain des élections cantonales ratées pour la gauche. Ce calcul est même assumé, y compris par le PS, le chef de l'État ayant déclaré préférer quelques députés FN que le retour de la droite. Action lors du génocide au Rwanda. Le rôle du pouvoir français et notamment de François Mitterrand dans le génocide de 1994 a été longtemps controversé. Les archives liées à cet événement (documents émanant de conseillers de l’Élysée ou comptes rendus de réunion) ont été progressivement rendues accessibles aux chercheurs, notamment par l'action du chercheur François Graner, physicien et directeur de recherche au CNRS, qui lance une bataille judiciaire pour avoir accès à l’intégralité des documents. Le Conseil d’État lui accorde finalement ce droit d'accès en juin 2020. Pour François Graner, après analyses, des dirigeants français (et en particulier le président François Mitterrand) se sont rendus complices du génocide, même si la motivation qui les guidait n'était pas une intention génocidaire. Ils ont été informés de la situation, ont laissé faire des livraisons d'armes, ainsi que la constitution d'un gouvernement intérimaire dominé par des extrémistes hutus après la mort du président rwandais Juvénal Habyarimana. François Mitterrand considérait ce sujet comme étant dans son pré carré : aidé de son état-major particulier, il a pesé sur les actions de la France. Des ordres, dont la trace écrite a été retrouvée, ont également été donnés pour faciliter la fuite de responsables associés au génocide. Des zones d'ombre subsistent, telles que l'implication de la France ou de baroudeurs français dans l'assassinat du président Habyarimana. La commission française d’historiens sur le rôle de la France au Rwanda, ou « commission Duclert », mise en place par Emmanuel Macron, remet son rapport final le 26 mars 2021. Les conclusions sont similaires à celles de François Graner, même si cette commission refuse le terme de complicité de génocide : Décorations et titres honorifiques. Prix. En 1988, il est lauréat du prix International Charlemagne, avec Helmut Kohl. Honneurs. Il obtient une multitude de doctorats "honoris causa", dont 6 pendant ses de mandat : Informations complémentaires. Religion. Le président se déclara agnostique dans la tête, mais croyant dans le cœur. Il dit néanmoins pour l'organisation de ses obsèques une phrase ambiguë . On cite aussi sa grande passion pour les cimetières. Le président peut se définir comme mystique à travers la fameuse phrase prononcée lors de ses ultimes vœux présidentiels : . Interrogé sur sa croyance en l'existence de Dieu, il répond qu'il admet . Il reste longuement les yeux clos, comme en prière, dans différents lieux sacrés comme la synagogue de la rue Copernic en 1982 et dans un temple shintoïste de Kyoto. Selon son frère Robert, François Mitterrand s'est désintéressé de la foi catholique à partir de sa trentaine tout en conservant une réflexion dans le domaine du spirituel. Il aurait déclaré à sa maîtresse Claire, en 1991 : Rapport à la culture. François Mitterrand est reconnu comme un homme lettré, amoureux de la littérature et bibliophile assidu, y compris d'éditions rares, avec de nombreux écrivains parmi ses conseillers ou amis, certains même identifiés à droite. Des journalistes analysent également qu'il est un écrivain frustré, qui aurait pu pratiquer sa passion en cas d'échec en politique. Il est cinéphile, citant parmi ses films fétiches "Mort à Venise", "Vivement dimanche !", "Reds", "Les Ailes du désir", "Ragtime", "Molière" et "Un petit carrousel de fête". Ses performances favorites sont Charles Laughton dans "Les Révoltés du Bounty" et Henry Fonda dans "Guerre et Paix". Pratique sportive. Il pratiqua le tennis et le golf à partir de 1958, surtout à celui de Saint-Cloud, mais arrête la pratique de ce sport à partir de 1971, la jugeant incompatible avec son image affichée de « candidat des travailleurs » ; il reprend ce sport en 1985. Il est également grand amateur de cyclisme. Emblème présidentiel. François Mitterrand fit créer son emblème personnel de président de la République en 1981. Il représente un arbre composé d'un chêne et d'un olivier, symboles de force et de paix. Cette création est l'œuvre du designer français Michel Disle. Voir aussi. Archives et documentation. L'institut François-Mitterrand conserve des archives privées et des fonds de documentations. Les archives de la présidence de François Mitterrand et de ses conseillers (cabinet présidentiel, archives du secrétariat particulier, du secrétariat général et des services de l'Élysée comme le service photographique et le service du protocole) forment une documentation considérable et sont conservées aux Archives nationales dans la sous-série 5/AG(4). Elles furent versées suivant un protocole spécial propre à Mitterrand et à son prédécesseur. Les archives ne seront communicables de plein droit qu'en 2055, soit après leur production. Dominique Bertinotti fut désignée comme mandataire sur le fonds et a donc la possibilité d'accorder des dérogations pour la consultation, au moins jusqu'en 2022. Les archives concernant le génocide du Rwanda furent celles qui suscitèrent le plus de controverse pour une consultation anticipée. |
Festival de Cannes 2002 La du Festival de Cannes a lieu du 15 au . La maîtresse de cérémonie est l'actrice française Virginie Ledoyen. Déroulement et faits marquants. Le Festival de Cannes commence à la mi-mai du fait des élections présidentielles. La sélection officielle fut dévoilée le . Le comité de sélection visionna 2 281 films pour n'en retenir que 55. Pour la première fois, le Festival projette en numérique. En tant qu'édition anniversaire, le Festival organise une rétrospective de films qui auraient dû être projetés au Festival 1939 qui fut annulé. Un jury présidé par Jean d'Ormesson se charge de remettre la Palme d'or. Le cinéma de la plage est inauguré, avec "Un éléphant ça trompe énormément", en hommage à Yves Robert, trois films de Jacques Tati, tous les courts métrages en compétition et un hommage à Billy Wilder. Comme chaque année se déroule à Cannes le festival international du film. Pour cette , le festival a l'honneur de la présence exceptionnelle de Woody Allen qui reçoit la Palme d'honneur. "" de George Lucas est présenté hors compétition, en séance de minuit. Le film "Irréversible" de Gaspar Noé sème l'effroi pendant sa projection. Sa longue scène de viol de douze minutes pousse plus de 200 spectateurs à quitter la salle obscure de 2400 places. Le public et la critique reprochent au réalisateur d’avoir banalisé le viol tourné cette scène à des fins et scandaleuses. Sélections. Sélection officielle. Compétition. La sélection officielle en compétition se compose de 22 films : Un certain regard. La section Un certain regard comprend 22 films : Palmarès. Prix FIPRESCI. Le prix FIPRESCI du Festival de Cannes est remis à 3 films. |
Festival de Cannes Le Festival de Cannes (appelé Festival international du film de 1946 à 2002) est un festival de cinéma international se déroulant chaque année à Cannes (Alpes-Maritimes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, France) durant douze jours pendant la seconde quinzaine du mois de mai. Les principales projections ont lieu au Palais des festivals situé à l'entrée de la promenade de la Croisette. Il est fondé le d'après une idée de Philippe Erlanger soumise à Jean Zay, ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-arts du Front populaire et Albert Sarraut, ministre de l'Intérieur. La première édition prévue, fixée au , est annulée en raison de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale. Parallèlement à la sélection officielle du Festival (films en et hors compétition), plusieurs sections sont créées au fil des ans dont la Quinzaine des réalisateurs, la Cinéfondation, la Semaine de la critique ou Un certain regard. Le Marché du film de Cannes attire . Le festival est à l'origine créé pour récompenser le meilleur film (grand prix), le meilleur réalisateur (prix de la mise en scène), le meilleur acteur et la meilleure actrice (prix d'interprétation masculine et prix d'interprétation féminine) de la compétition internationale. D'autres prix décernés par un jury de professionnels, d'artistes et d'intellectuels, apparaissent plus tard comme le prix du jury et surtout, récompense suprême, la Palme d'or. Le Festival de Cannes fait partie des trois principaux festivals cinématographiques internationaux avec la Mostra de Venise et la Berlinale. Ces trois festivals reconnus pour leur prestige du point de vue de la critique cinématographique ont tendance à être opposés aux Oscars du cinéma américains. Il est également désigné, localement, sous l'acronyme (Festival international du film), notamment par les professionnels de l'hôtellerie. Depuis le 23 mars 2022, le Conseil d’Administration de l’Association Française du Festival International du Film a nommé comme Présidente du Festival de Cannes Iris Knobloch. Elle succède à Pierre Lescure. Histoire. Genèse et première édition annulée (1939). La France ressent dès l'exposition universelle de 1937 le désir de consolider son prestige culturel en organisant une compétition internationale de films. À la fin des années 1930, choqués par l’ingérence des gouvernements fascistes allemand et italien dans la sélection des films de la Mostra de Venise — inaugurée en août par le docteur Joseph Goebbels —, Philippe Erlanger (directeur de l'Association française d'action artistique) et les critiques de cinéma Émile Vuillermoz et René Jeanne (tous trois membres du jury international de la Mostra) soumettent à Jean Zay, ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-arts du Front populaire et Albert Sarraut, ministre de l'Intérieur, l'idée d'un festival international de cinéma, politiquement indépendant, en France. Jean Zay, intéressé par la proposition, donne une réponse favorable le et est encouragé par les Américains et les Britanniques qui ont boycotté la Mostra de Venise : Harold Smith, représentant à Paris de la Motion Picture Association of America et Neville Kearney, délégué officiel du cinéma britannique en France, s'engagent à soutenir ce « festival du monde libre » et à y amener des vedettes. Le festival se veut un partenariat franco-américain qui crée le plus grand marché du film mondial. Plusieurs villes sont candidates, notamment Aix-les-Bains, Alger, Biarritz, Lucerne, Ostende, Vichy et finalement Cannes, dont Henri-Georges Clouzot apprécie l’agrément et l’ensoleillement. Le comité de coordination composé des représentants des différents ministères concernés par le festival, après avoir étudié les atouts de chaque ville et envoyé ses représentants sur place, retient finalement Cannes. Deux personnalités cannoises, les directeurs de palaces Henri Gendre, propriétaire du "Grand Hôtel", et Jean Fillioux, propriétaire du "Palm Beach", ont en effet mis en avant leurs chambres, leurs équipements ainsi que la salle de projection du Casino municipal de Cannes pouvant accueillir un millier de spectateurs. De plus, la ville de Cannes s'est engagée à augmenter sa participation financière à , à mettre à la disposition du comité ses salles de réception et a promis de construire un palais spécialement destiné au festival. Philippe Erlanger qui forma l'idée du Festival dans le wagon-lit lors de son retour de la Mostra de Venise en 1938 est le premier délégué général du Festival. En juin 1939, Louis Lumière accepte d'être le président de la première édition du Festival qui doit se dérouler du au 20 septembre. Il avait alors déclaré vouloir « encourager le développement de l’art cinématographique sous toutes ses formes et créer entre les pays producteurs de films un esprit de collaboration ». La sélection française est arrêtée et comprend "L'Enfer des anges" de Christian-Jaque, "La Charrette fantôme" de Julien Duvivier, "La Piste du nord" de Jacques Feyder et "L'Homme du Niger" de Jacques de Baroncelli. Parmi les films étrangers, on retrouve "Le Magicien d'Oz" de Victor Fleming, "Pacific Express" ("Union Pacific") de Cecil B. DeMille, "Au revoir Mr. Chips" ("Goodbye Mr Chips") de Sam Wood et "Les Quatre Plumes blanches" ("The Four Feathers") de Zoltan Korda. Le peintre Jean-Gabriel Domergue, cannois d'adoption — dont la villa, léguée après le décès de sa femme à la municipalité de Cannes, est mise, depuis les années 1990, à la disposition du comité pour les délibérations du jury — crée la célèbre affiche du Festival qui montre une femme applaudissant, le dos nu, la chevelure luxuriante, aux côtés d'un homme en habit, les deux premiers spectateurs du Festival. La « Coupe Lumière », du nom du président d'honneur du « festival du monde libre », ainsi nommée pour s'opposer à la coupe Mussolini de la Mostra de Venise, doit récompenser le meilleur film. Dès le mois d'août, les vedettes affluent et la Metro-Goldwyn-Mayer affrète un paquebot transatlantique pour amener les stars d'Hollywood : Tyrone Power, Gary Cooper, Annabella, Norma Shearer et George Raft. On prévoit des fêtes ; inspirés par le film "Quasimodo", les Américains projettent de construire une réplique de Notre-Dame de Paris sur la plage de Cannes. Le septembre, jour de l'ouverture, les troupes allemandes pénètrent en Pologne, et le Festival est annulé. Débuts du Festival. La première édition du Festival se déroule après la guerre, du au , dans les salles du Casino municipal de Cannes, sur les volontés de Philippe Erlanger, chef du service des Échanges artistiques au ministère des Affaires étrangères, et de la confédération générale du travail (CGT) dont le réalisateur Louis Daquin est membre. Le Ministère des Affaires étrangères et la ville de Cannes prennent en charge le financement. Il est un temps question que le Festival de Cannes et la Mostra de Venise aient lieu chaque année en alternance. La France et les professionnels du cinéma ignorent cet accord. En 1946, le Festival est un succès et les cinéastes attendent une nouvelle édition en 1947. Lorsque l'accord est dévoilé, il est vivement critiqué : certains parlent d'une , d'après le magazine "La Technique française". Le gouvernement refuse de financer un festival annuel et le Palais des Festivals est construit dans la précipitation par le syndicat pour accueillir l'édition de 1947. Encore aujourd'hui, la Fédération CGT des syndicats du spectacle siège au conseil d'administration du Festival. Cette année, les organisateurs du Festival décident que le jury se compose d'un représentant par pays. Le Palais des Festivals (également appelé Palais Croisette), construit grâce au maire de Cannes, le Docteur Raymond Picaud (fils du Docteur André Picaud et de Marthe Pabot du Chatelard) est inauguré le soir du (le Festival dura du 12 au 25). La toiture, inachevée, s'envole lors d'un orage à la fin du Festival. Le bal de clôture et la remise des prix ont lieu au Casino municipal de Cannes. Robert Favre Le Bret rejoint la direction du Festival en 1947 et instaure le principe de la "Commission de sélection" : le Centre national de la cinématographie doit donner à la commission de sélection les dates et règlements des autres festivals internationaux en précisant les délais de l'envoi des films. Les producteurs sont ensuite informés et peuvent envoyer leur(s) film(s) à la Commission, qui établit ensuite la sélection. Ces films doivent alors être conformes aux règles de censure de l'époque. Pendant la Guerre froide, la liste est validée par le ministère chargé de la Cinématographie et celui des Affaires étrangères. Ainsi, durant l'année 1947, le Festival s'institutionnalise et trouve ses marques au sein de l'Europe, où les festivals de cinéma se multiplient. Le Festival n'a pas eu lieu en 1948 et en 1950 officiellement en raison de problèmes budgétaires, et peut-être à cause d'un contrat avec la Mostra de Venise qui les faisait se dérouler en alternance un an sur deux. Depuis 1951, le Festival a lieu durant le printemps, et abandonne une date proche de celles de la Mostra de Venise et du Festival de Locarno. La Palme d'or est créée en 1955, à l'initiative de Robert Favre Le Bret, pour remplacer le « grand prix du Festival international du film » que l'on décerne au réalisateur du meilleur film de la compétition. Le délégué général réunit le conseil d'administration et invite des joailliers de toute l'Europe présenter le trophée de la Palme d'or. Le conseil opte pour un dessin de Lucienne Lazon. La première Palme est remise cette même année à Delbert Mann pour "Marty". Le grand prix reprend sa place de 1964 à 1974 puis disparaît à jamais au profit de la Palme d'or. À partir des années 1950, Cannes devient le plus grand événement du cinéma mondial. Peu à peu, comme le souhaite le critique André Bazin, le festival s'occupe plus de cinéma, et moins de mondanités, de patriotisme et de diplomatie (jusque dans les années 1970, les ambassades présentaient les films choisis par leur gouvernement). De grands cinéastes y présentent des œuvres majeures : Roberto Rossellini, Federico Fellini, Ingmar Bergman, Elia Kazan, Joseph L. Mankiewicz, Robert Wise, William Wyler, Michelangelo Antonioni, Vittorio De Sica, Andrzej Wajda, Satyajit Ray, Luis Buñuel et Akira Kurosawa. Nouvelles ambitions. En 1959, le prix de la mise en scène récompense François Truffaut pour "Les Quatre Cents Coups", qui fustigeait quelques années auparavant un festival de promotion et de théâtre politique condamné à disparaître. Alain Resnais présente en parallèle "Hiroshima mon amour" qui choque, trois ans après le scandale de son documentaire sur les camps de concentration "Nuit et Brouillard". La nouvelle vague est lancée. Cette même année a lieu le premier marché du film, qui facilite les échanges entre vendeurs et acheteurs de l'industrie du cinéma, et est devenu la première plate-forme mondiale pour le commerce international du film. En 2007, il a accueilli plus de provenant de . Dans les années 1960, la notion de « film de festival » fait débat mais on découvre des réalisateurs dont le talent est immédiatement reconnu et le travail largement récompensé : Andreï Tarkovski, Miklós Jancsó, István Szabó ou encore Glauber Rocha. En 1962 a lieu la première Semaine internationale de la critique, créée afin . La Semaine internationale de la critique visionne d'autres films que les sept courts et sept longs métrages en compétition. Ainsi François Ozon, Alejandro González Iñárritu, Julie Bertuccelli et Éléonore Faucher y ont été découverts. En 1965, le Festival rend hommage à Jean Cocteau, décédé le , en le nommant président d'honneur du Festival à vie. L'année suivante, Olivia de Havilland est la première femme à présider le jury. Le Festival de Cannes 1968 est interrompu le . Les séances de projections officielles du Festival sont annulées à cause de manifestants étudiants. Dès le 13 mai, les étudiants envahissent le Palais des Festivals. Le 18 mai, François Truffaut, Jean-Luc Godard, Claude Lelouch, Claude Berri, Roman Polanski, Louis Malle et Jean-Pierre Léaud se mêlent au mouvement étudiant qui agite Cannes. Ils se révoltent aussi contre le ministre de la culture André Malraux qui démet alors Henri Langlois de son poste de directeur de la Cinémathèque française. Pour aider ces célébrités, Alain Resnais, Carlos Saura et Miloš Forman retirent leur film de la compétition. Le Festival est pris d'assaut et devient le théâtre d'affrontements politiques. Le 19 mai, les organisateurs annulent le Festival. Changements majeurs. En 1969, Pierre-Henri Deleau crée la Quinzaine des réalisateurs qu'il dirige trente ans. Cet événement est créé pour présenter des films étrangers réalisés par des cinéastes méconnus, qui ne font pas partie de la sélection. La maxime de la Quinzaine est . Pour sa première édition, l'événement est organisé en à peine deux mois, pas assez pour sélectionner les films : 62 longs métrages et 26 courts métrages sont projetés gratuitement, accessible à tous. "La Première charge", du cubain Manuel Octavio Gómez, qui ouvre la première édition de la Quinzaine, reçoit immédiatement après sa projection une attention médiatique remarquée. En 1977, la Quinzaine des réalisateurs met Henri Langlois, décédé le , au premier plan sur l'affiche du Festival. De 1981 à 1983, la Quinzaine lance la section "Super 8", sans grand succès. En 1972, Robert Favre Le Bret est nommé président et Maurice Bessy est élu délégué général. Avant cette date, les films présentés au Festival sont choisis par les États. Maurice Bessy instaure un comité de sélection pour la France et un pour le cinéma international. Ce système pose problème pour la sélection du Festival de Cannes 1972. L'année suivante, est inaugurée la section Perspectives du cinéma français, aujourd'hui disparue. Les plus grandes modifications ont lieu en 1978. Gilles Jacob arrive alors au poste de délégué général du Festival et crée la Caméra d'or qui récompense le meilleur premier film de toutes les sections par l'intermédiaire d'un jury indépendant. Le gagnant se voit alors offrir un réseau d'affichage publicitaire grâce à un partenariat établit avec les affichages Dauphin, partenaire officiel du festival. Il met également sur pied une nouvelle section de la sélection officielle : le Certain regard qui aide les films en marge de la distribution. Un film en ressort gagnant parmi . Le Cinéma de genre est souvent mis à l'honneur dans cette section. De plus, Gilles Jacob réduit la durée du Festival de (il passe plus tard à onze jours) et diminue le nombre de films sélectionnés. Sous son impulsion, le festival défend la liberté d'expression et de création contre la volonté de régimes autoritaires d'imposer leurs films officiels. Il prend aussi partie contre la censure et les pressions internationales. De fait, les réalisateurs Carlos Saura, Luis García Berlanga et Juan Antonio Bardem luttent mieux contre les prescriptions de la dictature franquiste, et le Géorgien Otar Iosseliani, bien accueilli par les festivaliers, évite les foudres de Moscou. Des cinéastes issus de pays en voie de développement comme le Malien Souleymane Cissé peuvent trouver une audience internationale, et le financement et la diffusion de leurs œuvres peuvent être facilités. Le festival devient une manifestation autonome. D'autres modifications surviennent, surtout dans la constitution des jurys. Depuis ses débuts, le jury est en grande partie composé de membres de l'Académie française et est désormais essentiellement constitué de célébrités de l'industrie du cinéma. Cette orientation est prise dès les années 1960 : après que Georges Simenon, président du jury en 1960, couronne "La dolce vita" de Federico Fellini sous les huées du public ; Fritz Lang est le premier grand cinéaste à présider le jury en 1964 et consacre Jacques Demy avec "Les Parapluies de Cherbourg". Même si les jurés sont parfois des artistes n'appartenant pas au monde du ou des intellectuels (journalistes, écrivains, critiques, historiens du cinéma…), le président du jury est aujourd'hui obligatoirement une personnalité du cinéma internationalement reconnue. Le dernier non-professionnel à avoir présidé le jury est l'auteur américain William Styron en 1983. À la télévision, le Festival est couvert par Antenne 2 dans les années 1970 et 1980, puis Canal+ depuis les années 1990. Depuis 1993, les cérémonies d'ouverture et de clôture, pendant lesquelles un maître (ou une maîtresse) de cérémonie appelle sur scène les jurys et célébrités qui remettent les prix, sont télédiffusées en clair et en direct. En 1983, le Palais des Festivals est remplacé par ce que les festivaliers appellent un de , plus confortable et spacieux, qui est critiqué. Les travaux, pris en charge trop tard, manquent de provoquer l'arrêt du festival. Les prix de l'édition 1983 sont remis dans la poussière. Pierre Viot est élu président du Festival en 1984, en remplacement de Robert Favre Le Bret. Gilles Jacob lui succède ensuite en 2001 et nomme Thierry Frémaux à son ancien poste de délégué général. En 2014, Pierre Lescure devient président du Festival à la suite du départ à la retraite de Gilles Jacob après la . 2016 sonne un changement pour les affiches du Festival : jusqu'à présent, elles représentaient une figure du cinéma. Cette année, c'est un film qui illustre la du Festival, "Le Mépris", de Jean-Luc Godard, où Michel Piccoli monte des marches avec la Méditerranée en fond. Cinéfondation. En 1998, Gilles Jacob a créé la Cinéfondation pour soutenir la création d'œuvres de cinéma dans le monde et permettre aux nouveaux cinéastes de côtoyer des célébrités. Chaque année, on accueille à Cannes une dizaine de réalisateurs ayant réalisé un ou deux courts métrages de fiction. Depuis sa création jusqu'en 2007, d'une quarantaine de pays ont ainsi participé au Festival. La Cinéfondation met à disposition des réalisateurs une résidence à Paris et une aide à l'écriture d'un scénario. De plus, elle leur offre par mois, et un accès gratuit à plusieurs salles parisiennes. Depuis les années 2000 on a projeté plus de mille films d'étudiants, qui reflètent la diversité et le dynamisme des jeunes cinéastes. L'Atelier est une section de la Cinéfondation, créée en 2005 afin de mettre en contact les jeunes réalisateurs avec des célébrités pour la production ou la distribution de leur film. En 2002, le Festival international du film prend officiellement le nom de "Festival de Cannes", qui le désignait couramment. Parité. En 2018, le festival est, avec la Quinzaine des réalisateurs et la Semaine de la critique, le premier à signer la "Charte pour la parité et la diversité dans les festivals de cinéma" portée par le Collectif 50/50. Il s'engage ainsi à fournir des statistiques genrées, en particulier sur le nombre de films soumis à sélection, de publier la liste des membres des comités de sélection et programmateurs et enfin de s'engager sur un calendrier de transformation des instances dirigeantes pour parvenir à la parfaite parité. Sur les soixante-quatorze éditions du festival, onze femmes à peine ont exercé la fonction de présidente du Jury : Olivia de Havilland, Sophia Loren, Michèle Morgan, Ingrid Bergman, Jeanne Moreau, Françoise Sagan, Isabelle Adjani, Liv Ullmann, Isabelle Huppert, Jane Campion et Cate Blanchett. La situation est à peu près semblable concernant les sélections puisque sur la vingtaine de films choisis chaque année, il n'y a jamais eu plus de quatre femmes en compétition, 2021 étant un record absolu avec vingt hommes et quatre femmes concourant pour la Palme d'or. Concernant les lauréates, le constat est sans appel : seules deux réalisatrices ont reçu la Palme d'or. Ce sont la néo-zélandaise Jane Campion, pour "La Leçon de piano" en 1993 − en la partageant avec le cinéaste chinois Chen Kaige qui l'a obtenue ex-aequo la même année pour "Adieu ma concubine"− et la française Julia Ducournau, pour "Titane" en 2021. Un festival toujours d'actualité. Au départ simple manifestation touristique et mondaine, le Festival de Cannes est devenu, au fil des années, le festival de cinéma le plus médiatisé au monde, notamment lors de la cérémonie d'ouverture et la montée des marches : le tapis rouge et ses vingt-quatre « marches de la gloire ». Le Festival est aussi beaucoup critiqué, et fut à l'origine de plusieurs scandales ou controverses relayées par la presse française et étrangère. Chaque année, durant la seconde quinzaine de mai, des cinéastes, des vedettes, des professionnels de l'industrie cinématographique (producteurs, distributeurs, vendeurs internationaux…) et des milliers de journalistes se déplacent à Cannes. Les principales projections ont lieu au palais des festivals et des congrès situé sur la promenade de la Croisette. Depuis l'explosion mondiale du phénomène festivalier dans les années 2000, le Festival de Cannes, qui prévaut sur ceux de Venise et de Berlin, est concurrencé par le Festival de Toronto, qui a une approche plus commerciale et moins culturelle que Cannes. Néanmoins, le festival de Toronto se déroule en septembre et empiète plus sur la Mostra. En 2007, pour la (mais soixante et une années après sa première édition en 1946), le Festival fête ses soixante ans, et évoque son histoire en invitant Bernard Thibault, qui salue la volonté de « marquer sa fidélité à l'histoire d'un festival où la CGT est presque chez elle, même s'il a beaucoup changé ». Un film à sketch, "Chacun son cinéma", est organisé à cette occasion, mettent en scène des courts métrages sur la salle de cinéma. Le Festival projette à cette occasion son film le plus long, "" de Ken Burns, un documentaire sur la Seconde Guerre mondiale de , battant "Parsifal" () et "Nos meilleures années" (). De plus, Luc Besson, ancien président du Festival de Cannes 2000, crée le "Festival Cannes et Banlieues", dont le slogan est : "Si tu ne peux pas aller à Cannes, c'est Cannes qui viendra à toi !", afin d'organiser dans plusieurs villes de banlieue parisienne des projections de films de la sélection officielle, accompagnées d'un court métrage retraçant les du Festival de Cannes. En , le Festival de Cannes a promu de nouveaux réalisateurs et cinématographies. Le numérique fut récemment installé dans les salles cannoises, et les cinémas de genre et d'animation font maintenant partie de la sélection. En 2014, nouvelle ère pour le Festival, Gilles Jacob devient président d'honneur après 38 ans de direction du Festival, son successeur est Pierre Lescure. Ce dernier est réélu en 2017, puis en 2020. En 2017, le festival fête sa édition, en invitant des cinéastes palmés, des projections de séries de grands cinéastes. L'édition 2022 est la dernière pour Pierre Lescure qui passera le relais de la présidence du Festival de Cannes à Iris Knobloch le . Aujourd'hui, la sélection officielle se veut le reflet de la production cinématographique mondiale. La compétition met généralement en exergue le cinéma d'auteur ou de recherche. La question se pose de la création d'un prix de la musique originale. Organisation. Sections. Le Festival projette au total au moins répartis dans différentes sections. Sections parallèles. D'autres organismes créèrent leurs propres sections qui ne sont pas rattachées avec l'institution officielle du festival mais qui se déroulent durant celui-ci. Semaine de la critique. La Semaine de la critique fut créée en 1962 par le Syndicat français de la critique de cinéma. Ce syndicat rassemble des centaines de critiques et remet chaque année ses prix dans divers domaines cinématographiques. La particularité de cette section est de ne sélectionner que des premiers et seconds films de cinéastes, afin de les faire découvrir aux festivaliers, et bien souvent d'être ensuite sélectionné en compétition officielle. Plusieurs grands cinéastes furent découverts même s'ils ne peuvent plus concourir dans cette section. En 1988 apparut la sélection des courts métrages (qui ne sont pas obligatoirement les premiers films de leurs auteurs). Seuls une dizaine de longs métrages et une dizaine de courts sont sélectionnés afin que chacun ait une plus grande visibilité. Un grand prix est attribué au meilleur film de la section. Jusqu'en 2009, il était décerné par les journalistes conviés, depuis 2010, un jury composé de cinéastes et critiques récompense le film. D'autres récompenses sont apparues dans les années 2000 mais il s'agit de prix remis avec des partenaires ou des organismes extérieurs. Quinzaine des réalisateurs. La section, non compétitive, quinzaine des réalisateurs, fut créée en 1969 par la société des réalisateurs de films. Il s'agit d'un désir de marginalisation après mai 68 qui entraîna l'interruption du festival la même année. La quinzaine sélectionne une vingtaine de longs métrages et une dizaine de courts, sans restrictions, de différents milieux. À l'exception de la Caméra d'or et des prix décernés par un jury et des partenaires indépendants (tel le CICAE et l'Europa cinema award), la section est non compétitive. La seule récompense remise par la société des réalisateurs de films est le Carrosse d'or, une distinction honorifique pour un réalisateur. Programmation ACID. La section non compétitive « Programmation ACID » fut créée en 1993 par l'Association pour le cinéma indépendant et sa diffusion. Rassemblant une dizaine de longs métrages et quelques courts, la section sélectionne souvent des œuvres de cinéastes débutants, dont beaucoup n'ont pas de distributeurs. La section est plus en marge que les autres : les premiers films ne sont pas éligibles à la Caméra d'or et il est rare que les prix multi-sélections prennent en compte l'ACID. Sélection d'un film. Le public découvre la sélection finale, qui comprend une vingtaine de longs métrages en compétition, un mois avant le Festival : certains films sont choisis tardivement, et d'autres sont réservés officieusement depuis plusieurs mois pour que le Festival ait l'exclusivité de diffusion. Un long métrage a la possibilité d'être sélectionné sans que le montage final soit achevé et une version intermédiaire ("work in progress") est présentée. Un film ne peut être sélectionné à Cannes s'il a participé à un autre festival international, s'il a été diffusé sur Internet, s'il a été projeté en salles ou distribué ailleurs que dans son pays d'origine et si son tournage s'est achevé plus d'un an avant le début du Festival. La durée maximum d'un film court, sélectionnable pour la compétition du court métrage, est de quinze minutes. Une œuvre dont la durée varie entre quinze et soixante minutes ne peut être sélectionnée. L'ancien délégué du Festival, Gilles Jacob, instaure dès sa première année à ce poste le principe du film surprise avec "L'Homme de marbre" de Andrzej Wajda. Le film, interdit en Pologne, a passé la frontière sous un faux titre. "L'Homme de fer", du même Andrzej Wajda, a été sélectionné après le début de la compétition, alors que le festival suivait son cours. Gilles Jacob a dit dans une interview pour "Studio magazine" qu'il s'agit du « seul cas de figure où un autre candidat aurait pu protester ». Depuis plusieurs années, il existe des compléments de sélection, si le film est fini de manière plus tardive, ou s'il y eut des hésitations, après la conférence de presse d'annonce de la sélection à la mi-avril. Les Palmes d'or de 2008 et 2017, "Entre les murs" et "The Square", furent concernées par ce dispositif. Avant la création de la « Détente » en 1972, le comité de sélection indépendant du Festival, les films de la compétition sont choisis par les États qui tentent ensuite de faire pression sur le jury. Actuellement, il existe deux comités de sélection. L'un, créé par Gilles Jacob, visionne les films étrangers. Ce comité, qui reçoit les conseils de correspondants à l'international, est composé de quatre membres : un journaliste, un réalisateur, un cinéphile et Laurent Jacob, le fils de Gilles Jacob. Le deuxième comité, dont les membres ne sont ni nommés ni connus, prend en charge les films français. Normalement, le règlement impose une limite de trois longs métrages français à la compétition mais par deux fois, une dérogation est prise à titre exceptionnel : lors du Festival 2011, "The Artist" est basculé en compétition à la dernière minute et devient le quatrième film français à y prendre part et, lors de l'édition 2013, l'organisation annonce que six productions françaises concourent pour la Palme d'or. La même chose se reproduit en 2015, mais des polémiques ont fréquemment lieu sur la qualité de certains films et leur légitimité à être sélectionnés en compétition. Les deux comités, soumis au secret professionnel et encadrés par Thierry Frémaux, visionnent plus de six films par jour. Avec l'introduction des documentaires, des films d'animation et des films de genre, le comité a visionné en 2005, et en 2007. L'avis des membres du comité est consultatif et le délégué général a toujours la décision finale sur la sélection. Selon Thierry Frémaux, il existe un comité de présélection pour faire un tri large avant la sélection. Et que la sélection commence dès la fin du précédent festival de Cannes, en prenant en compte le planning des tournages pour l'année suivante. Même si cette méthode est aussi décortiquée par "Paris Match" pour élaborer un pré-programme qui vise souvent juste ainsi que par les journalistes pour faire des pronostics sur la sélection, en basant sur les films prêts pour le festival et sur le statut du réalisateur qui peut être un « habitué », en sachant que certains films annoncés ne sont pas finis, voire pas tournés. Prix décernés. Alors qu'en 1946, un grand prix est remis à un film sans mention particulière au genre, un prix du meilleur film est attribué, en 1947, par catégories : on retrouve celle des films d’aventure et policiers, des dessins animés, des films psychologiques ou d’amour, des films sociaux et des comédies musicales. C’est d'ailleurs la seule année où ce système de récompenses est utilisé. Dès le début, des prix pour la meilleure interprétation et la meilleure réalisation sont décernés. Dans les premières années, la compétition n'a pas d'importance réelle : le Festival cherche surtout à briller par son prestige mondain, touristique et diplomatique et la grande majorité des films sélectionnés est assurée de repartir avec un prix. Il faut attendre la décennie suivante pour que le palmarès cannois soit considéré par le monde culturel et valorise un nombre d’œuvres restreint. Dans les années 1950, et particulièrement sous la présidence de Jean Cocteau, plusieurs prix à l'appellation fantaisiste sont décernés tels que le prix du film lyrique (1952), le prix international du film de la bonne humeur (1953) ou encore le prix International du film le mieux raconté par l'image (1953). Néanmoins, le prix du jury s'impose comme un classique et devient la seconde récompense majeure après le grand prix du Festival. Avec l'arrivée de la Palme d'or en 1955, le titre des prix octroyés s'homogénéise même si l'on trouve encore un prix de l'humour poétique en 1957, décerné à Ingmar Bergman pour "Sourires d'une nuit d'été". Dans les années 1960, le prix spécial du jury apparaît en complément du prix du jury et change régulièrement d'intitulé, entre « grand prix spécial du jury » et « grand prix du jury » avant d'être finalement « grand prix ». À l'origine il a la même valeur que la Palme, le premier allant au meilleur film dans la catégorie « Art et Essai » et la seconde au meilleur film destiné au grand public. Mais cette définition n'a jamais été comprise, ni vraiment appliquée par les jurys successifs et cette distinction est aujourd'hui définitivement perçue comme inférieure à la Palme d'or, même si elle reste l'honneur le plus important après celle-ci. Par la suite, il est de nouveau créé des prix-fantaisie pour récompenser des films n'ayant pas obtenu de récompenses « officielles » mais méritant tout de même, selon le jury, d'être mentionnés au palmarès. Ainsi, sont distribués le prix de la meilleure évocation d’une épopée révolutionnaire en 1963 à "La Tragédie optimiste" de Samson Samsonov, le prix du Festival en 1966 à "Falstaff" d'Orson Welles et le prix de l'audace artistique pour "Crash" de David Cronenberg en 1996. Ces prix sont, la plupart du temps, décernés de manière occasionnelle car le règlement du Festival n'interdit pas au jury de créer des récompenses alternatives. Ainsi, pour que "Mort à Venise" de Luchino Visconti, ne reparte pas bredouille en 1971, on lui attribue le prix du . Le réalisateur dira : « celui-là, au moins, personne d'autre ne l'aura ! ». Cette idée originale fait aujourd'hui partie de l'institution. Depuis, les membres du jury peuvent, s'ils le souhaitent, attribuer un prix spécial en l'honneur des grandes dates anniversaires du festival tous les cinq ans. Généralement, cette distinction couronne l'œuvre d'un grand metteur en scène présent dans la compétition : Michelangelo Antonioni (prix du ), Federico Fellini (prix du ), James Ivory (prix du ), Youssef Chahine (prix du ) et Gus Van Sant (prix du ) ont eu droit à cet honneur. Pour récompenser la carrière de Clint Eastwood et de Catherine Deneuve, le jury présidé par Sean Penn a eu, dans cet esprit, l'autorisation de créer un prix spécial pour le en 2008. De même, la présidente du jury Isabelle Huppert a pu décerner un prix exceptionnel à Alain Resnais en 2009 pour souligner sa contribution majeure à l'histoire du cinéma. Ce dernier s'est déclaré surpris et ravi d'obtenir « un prix non attendu dans une catégorie tout à fait surprenante ». À noter que les jurés peuvent par moments innover sur l'attribution des récompenses conventionnelles : en 1983, le prix de la meilleure réalisation est remplacé par le grand prix du cinéma de création et est remis à l'unanimité à Robert Bresson et Andreï Tarkovski pour leurs films "L'Argent" et "Nostalghia" et l'ensemble de leurs carrières car le jury n'arrivait pas à les départager. En 2006, les prix d'interprétation féminine et masculine, normalement décernés chacun à une seule personne, reviennent respectivement à toute la distribution de "Volver" de Pedro Almodóvar et "Indigènes" de Rachid Bouchareb. Depuis 1955, le plus prestigieux des prix décernés à Cannes reste la Palme d'or, remise au meilleur film de la compétition. Le deuxième prix le plus prestigieux est donc le grand prix. Le trophée de la Palme d'or est actuellement fabriqué par Chopard. Il est basé sur un rectangle de diamant. Des versions miniatures - dites « mini-palmes » - sont données pour les prix d'interprétation depuis 2000 et pour les autres prix depuis 2018. Les autres prix de la compétition officielle étaient alors sous forme de diplômes (tout comme les prix du certain regard et de la cinéfondation). Il n'y a pas de « Palme d'argent », contrairement à l'Ours d'argent de la Berlinale et au Lion d'argent de la Mostra. La Caméra d'or a aussi droit à un trophée stylisé. Prix officiels. Ceci est la liste des prix remis par l’institution officielle. Tous sont remis durant la cérémonie de clôture (sauf les prix du certain regard et de la cinéfondation qui sont remis à part). Autres prix. Sauf les prix de la semaine de la critique, les autres prix sont remis par des organismes extérieurs au festival et aux sections parallèles. Ainsi le prix FIPRESCI ou le prix ACID consacrent le meilleur film selon un jury (ou vote des adhérents) à part. Certains de ces prix ne concernent qu'une seule sélection quand d’autres prennent en compte tous les films projetés. Et certains de ces prix consacrent des films selon des thématiques précises (l'altersexualité pour la Queer Palm, le journalisme pour le prix François Chalais…). Constitution du jury. L'organisation du Festival compose les jurys de la compétition, du Certain Regard, de la caméra d'or et un jury s'occupant de la Cinéfondation et du court métrage. Les jurés du long métrage attribuent les sept récompenses majeures : Palme d'or, grand prix, prix de la mise en scène, prix d'interprétation féminine et masculine, prix du scénario et prix du jury. Le choix du président du jury se fait sur la légitimité : les réalisateurs de la compétition doivent être rassurés sur le fait qu'ils seront jugés par une personnalité de renommée mondiale, dotée d'une excellente connaissance du cinéma et d'un bon discernement. Selon Thierry Frémaux, délégué général, le président doit également avoir le niveau et la crédibilité de mener un jury, conduire des débats et élaborer un palmarès. Il se doit par ailleurs de tenir compte de l'avis de ses collègues et de se mettre à leur place. La nomination du président est faite à la suite de plusieurs propositions annuelles de la direction, formulées à l'automne puis soumises au conseil d'administration du festival qui les valide. À noter qu'en 2015, la direction innove avec une double présidence du jury, sans précédent dans l'histoire du Festival, tenue par les frères-cinéastes américains Joel et Ethan Coen. Les autres jurés, majoritairement issus de l'industrie du cinéma international, sont choisis ultérieurement selon leur degré de notoriété ou le niveau de reconnaissance par leurs pairs. De manière générale, un jury se compose selon plusieurs critères diplomatiques et artistiques : il doit être le reflet d'une certaine diversité, tant sur le plan des nationalités, des horizons (écrivains, critiques, artistes, historiens du cinéma…) que des sensibilités esthétiques. S'y côtoient alors aussi bien des vedettes que des personnes apparentées au cinéma de recherche. Les personnalités françaises et étrangères appelées à composer le jury sont donc nommées par le président et le délégué général et leur choix est validé par le conseil d'administration. Ne peut en faire partie quiconque a participé ou est lié à la production, la distribution et la promotion d'un film en compétition. Règlement et délibérations. Le règlement concernant les délibérations a évolué avec le temps afin de pallier les excès. Après que "Barton Fink", en plus de la Palme d'or, obtint les prix de la meilleure réalisation et de la meilleure interprétation masculine en 1991, les jurés n’eurent alors plus le droit de donner plusieurs prix à un même film. Seul l'un des deux prix d’interprétation pouvait s’ajouter à une autre récompense. Par trois fois, les membres du jury ont toutefois dérogé à la règle, à savoir en 1999 et en 2001 avec le grand prix et les deux prix d'interprétation attribués respectivement à "L'humanité" de Bruno Dumont et à "La Pianiste" de Michael Haneke puis en 2003, année où quatre films seulement ont été récompensés. Le président du jury Patrice Chéreau avait en effet, à ce moment-là, réclamé une « violation exceptionnelle du règlement » qu'il s'était vu accorder et trois films étaient repartis avec deux trophées chacun dont "Elephant" de Gus Van Sant, auréolé de la Palme d'or et du prix de la mise en scène. Depuis, pour assurer un certain équilibre du palmarès, le règlement s'est durci : le jury n'a droit qu'à une seule mention "ex æquo" pour un prix et cette disposition ne peut plus s'appliquer à la Palme d'or. De plus, une œuvre ne peut obtenir qu'une seule récompense au palmarès même si le film lauréat du prix du jury ou du prix du scénario peut éventuellement, et uniquement sur la délivrance d'une dérogation spéciale par le président du festival, recevoir l'un des deux prix d'interprétation en complément. Le contenu des discussions du jury n'est pas révélé à la presse. Il n'est pas interdit aux jurés de lire les journaux ou de regarder la télévision mais cela leur est fortement déconseillé. Ils arrivent à Cannes la veille de l'ouverture afin que leur soit expliqué le règlement. Il leur est défendu de révéler leur opinion à d'autres qu'eux ou de la rendre publique. La discrétion est la règle d'or et le secret des débats doit être gardé à jamais. Plusieurs mesures sont prises pour permettre aux délibérations de se dérouler dans une sérénité optimale et une extrême confidentialité. Les membres du jury choisissent l'horaire de la séance du film en compétition à laquelle ils souhaitent assister et sont amenés à la dernière minute dans la salle de projection. Ils sont ensuite raccompagnés avant que les lumières se rallument afin d'éviter rumeurs et conjectures. Néanmoins la presse émet, chaque année, de nombreuses hypothèses sur les préférences du jury. Il appartient au président du jury d'organiser les réunions préliminaires. En clôture des débats, les jurés procèdent à un vote à scrutin secret pour désigner les gagnants. La décision des votants est prise à la majorité absolue aux deux premiers tours de scrutin et à la majorité relative aux deux tours suivants. Le président du festival et le délégué général assistent aux délibérations mais n'y participent pas. Ils veillent malgré tout à leur bon déroulement. Il est interdit au jury de prendre ses décisions avant le dimanche de la cérémonie de clôture et celles-ci ne sont révélées qu'au soir, lors de la proclamation du palmarès par le président du jury. Ce dernier n'a pas de double voix même s'il lui appartient de trancher en cas d'égalité. Toutefois, le choix du nombre impair de jurés (neuf au total) depuis les années 2000 évite ce problème. Le lieu de la délibération finale a longtemps été gardé secret pour éviter les fuites et les tentatives d'espionnage. À partir des années 1980, sauf rares exceptions, elle se déroulait dans la villa Domergue, ancienne demeure du peintre Jean-Gabriel Domergue et actuelle propriété de la mairie de Cannes, située sur les hauteurs de la ville. Le dernier jour du festival, le quartier était bouclé par la police et interdit aux photographes, aux badauds ou aux curieux. Le jury y passait la journée coupé du monde, privé d'Internet et de téléphones portables. Néanmoins, depuis 2013, les organisateurs changent une nouvelle fois de point de réunion et la nouvelle villa est à nouveau tenue secrète. Depuis 2004, les jurés ont la possibilité de s'exprimer sur leurs choix lors d'une conférence de presse suivant la remise des trophées, sans toutefois être autorisés à évoquer le contenu de leurs délibérations ni les longs métrages écartés du palmarès. D'un point de vue logistique, le président et le délégué général du festival assistent aux délibérations afin de prendre connaissance tout au long de la journée des noms des vainqueurs, et de les contacter immédiatement pour leur faire savoir que leur présence est souhaitée le soir-même, lors de la cérémonie de clôture. Pour certaines vedettes, il est en effet de coutume qu'elles ne soient que de passage au festival, lors d'un aménagement fait dans leur calendrier de tournage pour qu'elles puissent y présenter leurs autres films ; il s'agit donc pour elles de revenir à Cannes au plus vite afin de recevoir leur prix en propre. Cette tradition amène à de nombreuses spéculations lors de la dernière journée du festival, certains guettant les allées et venues à l'aéroport pour établir des pronostics sur les heureux élus. Direction du Festival. Le Festival de Cannes est dirigé par plusieurs personnes, aux postes très différents. Les diverses fonctions qu'exige Cannes s'expliquent par l'évolution et de la croissance du Festival. Jusqu'en 2000, deux personnes se chargent de la direction : le président et le délégué général qui occupe à la fois les places de directeur général et de délégué artistique. Le secrétaire général est placé à l'intendance. Le président est élu par le conseil d'administration du Festival, officiellement nommé « Association française du Festival international du film ». Cette instance repose sur un équilibre entre le monde du cinéma et les pouvoirs publics. Elle comprend 28 membres dont deux représentants de l'exécutif : un délégué du Ministère de la Culture et de la Communication et un du Ministère des Affaires étrangères puis des représentants de l'Assemblée nationale et du Sénat et enfin des professionnels du cinéma : producteurs et distributeurs mais aussi des membres de sociétés d'auteurs comme l'ARP (société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs) ou la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) et de syndicats influents dans le monde du spectacle tels que la CGT. Le président bénéficie d'un mandat de trois ans renouvelable. Il nomme les membres de son équipe, dont le Délégué général, avec l'aval du conseil d'administration qui décide, ou non, de les reconduire dans leurs fonctions. Le tableau ci-dessus présente les personnes qui ont occupé ces fonctions depuis la création du Festival jusqu'à aujourd'hui. En 2001, lorsque Gilles Jacob est promu président, deux personnes sont employées pour le remplacer à son ancien poste de délégué général : une directrice générale (Véronique Cayla) est chargée de l'organisation de l'événement et un délégué artistique (Thierry Frémaux) s'occupe, quant à lui, uniquement de la sélection des films. Un contrôleur financier entre également dans le cercle de la direction du Festival. Avec le départ de Véronique Cayla au poste de directrice générale, Thierry Frémaux devient en 2007 délégué général et retrouve les fonctions que Gilles Jacob avait auparavant divisées. Aujourd'hui, le délégué général a des responsabilités administratives, financières et comptables accrues. Il est à la fois celui qui décide du contenu artistique du Festival et gère les ressources humaines, la logistique et l'intendance. Pour fonctionner, le Festival a un budget annuel de 20 millions d'euros dont la moitié provient de fonds publics (ministère de la Culture et le CNC pour majorité, collectivités territoriales et ministère des Affaires étrangères), l'autre moitié de fonds privés tels que les contrats avec des sponsors ou la vente des droits télévisuels. Le cinéma français au Festival. Bien qu'organisé en France, le Festival de Cannes ne privilégie pas pour autant le cinéma français. En effet les lauréats français de la Palme d'or sont rares : on remarque Claude Lelouch (avec "Un homme et une femme") en 1966 et Maurice Pialat (avec "Sous le soleil de satan") en 1987, mais, plus récemment, Laurent Cantet (avec "Entre les murs") en 2008, Abdellatif Kechiche (avec "") en 2013, et Julia Ducournau (avec "Titane") en 2021. En 2007, trois films français sur vingt-deux étaient en compétition. Depuis 1966, c'est donc tous les vingt ans qu'un Français est récompensé par le prix suprême. Les organisateurs se justifient en disant que le Festival n'est pas seulement national mais international. D'ailleurs la France est le quatrième pays dans le classement du nombre de lauréats de la Palme. Par ailleurs, le cinéma français, est soumis à un comité de sélection spécifique, et fournit généralement trois des vingt-deux candidats de la sélection officielle. Jusque dans les années 1980, le Comité de sélection français, composé de quatre à vingt personnes selon les années, était nommé par le ministre de la Culture. En 1983, Daniel Toscan du Plantier et Alain Terzian persuadent le ministre de laisser le Festival sélectionner les films français. Pour éviter une surcharge de travail, Gilles Jacob crée la même année un comité de sélection consacré aux films français dont il choisit lui-même les conseillers et dont le nombre n’est pas prédéfini. Depuis 1946, les lauréats français du grand prix ou de la Palme d'or, le prix principal du Festival, selon la date, sont au nombre de onze : Jean Delannoy avec "La symphonie pastorale" en 1946, Henri-Georges Clouzot avec "Le Salaire de la peur" en 1953, Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle avec "Le Monde du silence" en 1956, Henri Colpi avec "Une aussi longue absence" en 1961, Jacques Demy avec "Les Parapluies de Cherbourg" en 1964, Claude Lelouch avec "Un homme et une femme" en 1966, Maurice Pialat avec "Sous le soleil de Satan" en 1987, Laurent Cantet avec "Entre les murs" en 2008, Abdellatif Kechiche, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos avec "" en 2013, Jacques Audiard avec "Dheepan" en 2015, et Julia Ducournau avec "Titane" en 2021. Les leçons. Le Festival de Cannes inaugure en 1991 "La leçon de cinéma". Cette leçon est dirigée par un célèbre cinéaste. On remarque notamment Nanni Moretti, Oliver Stone, Stephen Frears, Francesco Rosi, Wong Kar-wai, Martin Scorsese, Quentin Tarantino et Sydney Pollack. Ainsi, de par leur style, ils illustrent leurs moments forts, leur parcours d'artiste dans le monde du cinéma et leurs visions du film idéal. Ces leçons ont été conçues pour faire aimer et découvrir le cinéma dans un esprit de dialogue créatif et ouvert. Les admirateurs de célébrités pourront ainsi les découvrir plus concrètement qu'à la montée des marches, par exemple. Le public pourra par ailleurs apprendre à connaître le métier de réalisateur, et découvrir la cinématographie. Des leçons de cinéma de cette envergure n'ont jamais été présentées dans des festivals internationaux auparavant, comme à la Mostra de Venise ou durant la Berlinale, il aura fallu attendre l'idée de Gilles Jacob pour pouvoir y participer. En 2003, "La leçon de musique" est créée sur le modèle des Leçons de cinéma. C'est ici qu'un grand compositeur de musiques de film partagera sa carrière musicale avec le public. Se sont succédé Nicola Piovani, Howard Shore et Alexandre Desplat par exemple. Puis, en 2004, c'est au tour de la "Leçon d'acteur" d'être innovée. On a déjà retrouvé Catherine Deneuve, Max Von Sydow et Gena Rowlands. Le public, qui a rarement accès aux projections officielles, peut alors avoir un contact direct avec les célébrités devenues « professeurs ». C'est sur le ton de la confession intime qu'un échange unique dans le monde a été mis en place par Gilles Jacob. C'est un partage concret où chaque professionnel se livre aux questions des plus curieux, en racontant ses expériences vécues. Protocole cannois. Pendant une douzaine de jours, la ville de Cannes est phagocytée par le Festival. Le centre-ville est quadrillé par la police, la circulation automobile est bouleversée et le parcours des transports en commun modifié. La Promenade de la Croisette et son Palais des festivals et des congrès sont assaillis par plus de et les abords des palaces par les curieux de tous horizons quand les vedettes sortent pour se rendre au Palais des Festivals. Durant les deux premières semaines de mai, Cannes monte en puissance. Face aux marches, une zone est mise à disposition des chasseurs d'autographes et des photographes amateurs en quête du cliché exclusif, équipés d'échelles et d'escabeaux cadenassés au mobilier urbain et aux barrières de sécurité durant la période du Festival. Les quelque professionnels sont situés en bas et de part et d'autre des marches répartis sur des estrades à trois niveaux, aux places numérotées, afin d'immortaliser les stars sous les projecteurs et les caméras de télévision. Outre les traditionnelles photos prises à leur arrivée au Palais des Festivals, les vedettes et personnalités du cinéma sont astreintes à un "photocall", séance de photos individuelle ou de groupe rassemblant sur le toit du Palais acteurs, réalisateur d'un film, etc. Ces personnalités sont également conviées à participer à la "conférence de presse" à l'intérieur du Palais, face à un parterre de journalistes et de professionnels de l'industrie du film français et étrangers venus les interroger sur certains aspects du film présenté. Pour cet évènement, le secteur du Palais des Festivals et de la Croisette est métamorphosé : les plages privées installent des structures démontables qui augmentent leur capacité d'accueil, les toits et terrasses des palaces sont transformés en sites destinés aux réceptions, cocktails ou zones de presse et d'interviews. Les façades des résidences sont parées de banderoles au nom des sociétés de production qui louent des appartements sur la Croisette ou des yachts. Le boulevard de la Croisette et, plus généralement, le quartier du Centre - Croisette sont pavoisés avec des oriflammes sur le thème du festival ou des affiches qui retracent l'histoire de l'industrie cinématographique. La plage publique Macé est aménagée en salle de projection à ciel ouvert le temps du Festival. Les navettes d'hélicoptères se multiplient entre Cannes et l'aéroport de Nice-Côte d'Azur qui vit également au rythme des arrivées des vedettes du cinéma. Un protocole de rigueur est mis en place. Le tout premier soir a lieu la cérémonie d'ouverture pendant laquelle le maître ou la maîtresse de cérémonie présente les membres du jury et invite sur scène l'équipe du film choisi pour ouvrir les festivités. Le choix du film d'ouverture s'axe sur une œuvre destinée à attirer le maximum d'attention de la part des médias et du public. Il ne préfigure en rien la sélection officielle. La projection est suivie d'un dîner protocolaire dont le coût est traditionnellement partagé entre le festival et les producteurs ou distributeurs du film. Le dernier jour, la cérémonie de clôture met fin au suspense de la compétition et le président du jury annonce le nom des lauréats. Ces derniers se font remettre leur récompense par une célébrité du cinéma et ont droit à un discours de remerciements. Un film de clôture en présence de l'équipe est projeté et un dîner, pris en charge en partie par les producteurs et distributeurs, clôt les festivités. À noter qu'en 2014, la direction fait le choix de projeter un film de répertoire en clôture, "Pour une poignée de dollars" de Sergio Leone, dont la séance est présentée par Quentin Tarantino en l'honneur du cinquantenaire du western spaghetti. Quotidiennement, les activités se déroulent selon un rituel bien établi. Pour tous les films de la sélection (en et hors compétition, Un certain regard et Cannes Classics), l'équipe présente est invitée à participer à une conférence de presse et un photo-call avant d'assister à une projection officielle où les invités foulent le tapis rouge, posent devant les photographes et montent les 24 marches du Palais surnommées les . La montée des marches et du tapis rouge est une idée du journaliste Yves Mourousi, chargé en 1984 par le délégué général Gilles Jacob de mettre un peu d'ordre à l'entrée du Palais des Festivals. La mythique montée des marches est filmée et ses images sont diffusées dans le monde entier. Elle est aussi l'occasion pour les couturiers de faire connaître leurs dernières créations. Plusieurs centaines de badauds se massent derrière les barrières de sécurité et attendent des heures pour apercevoir des stars et réclamer un autographe ou un selfie. Quelques Cannois évoquent le Festival d'antan avec nostalgie, au moment où ceux-ci participaient pleinement à la manifestation et recevaient facilement des invitations. La comédienne Marina Vlady avoue dans le documentaire "Cannes, 60 ans d'histoire" qu'avant les starlettes venaient à Cannes pour un rendez-vous d'amour et d'amitié, que les célébrités pouvaient parler aux passants dans la rue. Tandis que maintenant, elle blâme les voitures blindées, les gardes du corps… L'actrice dit de plus que le Festival de Cannes vient de perdre un rapport social. L'ancien président du Festival Gilles Jacob exprime lui-même, en 2012, un regret face à la monumentalité de l’événement qui aurait perdu de son humanité face au temps où Kirk Douglas jouait au football avec des journalistes et que les stars se rendaient à pied sur la plage : . En général, deux films de la compétition sont projetés chaque jour. Sauf exception pour certaines œuvres n'ayant qu'une projection unique, deux à trois séances quotidiennes pour chaque long métrage sont prévues. Une seule projection est désignée comme l'officielle. Cette dernière se déroule en fin d'après-midi ou en soirée dans le Grand Auditorium Lumière du Palais des Festivals où ont également lieu les cérémonies d'ouverture et de clôture. À noter que des séances de rattrapage sont organisées le lendemain pour les festivaliers retardataires. La presse est conviée la veille pour la projection de ces mêmes films ou bien aux séances du matin ouvertes aux personnes possédant une invitation officielle et aux médias. Les projections officielles, de l'après-midi et du soir, se font en présence de l'équipe du film et se déroulent après la célèbre montée des marches. Plusieurs invités s'y pressent : vedettes, notables, professionnels, personnalités politiques, représentants des groupes-partenaires de l'événement et dirigeants d'organismes influents. Quelques festivaliers amateurs, ne pouvant recevoir d'invitations officielles, attendent au pied des marches pour que quelques privilégiés daignent bien leur en offrir mais rares sont les chanceux. De plus, une priorité d'entrée aux projections est accordée à la presse. Les accréditations des milliers de journalistes, photographes ou rédacteurs présents sont réparties selon cinq niveaux stricts qui déterminent l'ordre d'entrée dans la salle. L'attribution des niveaux d'accréditation est décidée par le service de presse qui tranche en fonction de l'importance des tirages, de l'ampleur de la couverture par le titre, de la fréquence de parution et du nombre d'accréditations demandées. Il y a également différents niveaux d'accréditation pour les professionnels du cinéma. Les accréditations considérées comme les « moins importantes » sont les « Cannes Cinéphiles », réservées aux membres d’associations vouées à la promotion du cinéma, aux personnes exerçant une activité cinéphile régulière et à des groupes scolaires de section Cinéma et Audiovisuel en lycées ou universités. Ceux-ci ont plus de difficultés à assister aux projections car les autorisations qui leur sont conférées varient en fonction du quota de places disponibles. Au cours de l'édition 2009, la réglementation change subitement et les « Cannes Cinéphiles », même munis d'un billet pour les projections, n'ont plus eu la possibilité d'entrer dans le Palais. Aucune explication n'est donnée à cette interdiction impromptue mais il semble simplement que les dirigeants du Festival de Cannes ne considèrent pas les « Cannes Cinéphiles » comme assez importants pour bénéficier d'un droit d'entrée. Nombre de festivaliers jugent cette décision comme étant un grave coup porté à la culture, puisque le Festival se prive ainsi brutalement de milliers de cinéphiles. Une tenue stricte est exigée lors de la montée des marches. Les hommes sont tenus traditionnellement de porter un smoking et un nœud papillon (des hôtesses au bas des marches en vendant pour les oublieux ou les récalcitrants) et les femmes une robe de soirée, souvent signée par des couturiers de renommée mondiale. Néanmoins, Pablo Picasso se permet, dans un geste de désinvolture, de monter les marches avec une veste en peau de mouton lors du Festival 1953. Depuis le début des années 2000, le Festival a tendance à s'ouvrir plus largement au public, les dirigeants ont créé des soirées de projections de longs métrages divers hors-compétition gratuites où tout le monde peut entrer. De plus, les cinémas de la ville de Cannes, à l'instar de La Licorne situé à La Bocca, sont invités à participer à la manifestation et ouvrent leurs salles aux films de la sélection officielle. Pendant le Festival, plusieurs soirées, dîners et galas sont organisés dans lesquels se mêlent VIP et privilégiés munis d'une invitation. Musique. Pendant toute la durée du festival, on entend le même extrait musical avant la diffusion de chaque film dans la salle du Palais des Festivals : il s'agit d"Aquarium", l'une des pièces musicales de la suite "Le Carnaval des animaux" de Camille Saint-Saëns. L'organisation du festival a essayé d'en changer, mais elle a dû faire marche arrière tant cet extrait est dorénavant une « marque auditive » du festival. Depuis quelques années, lors de chaque remise de prix à la cérémonie de clôture, on entend un extrait d'une musique de film comme lors du festival (2010), pour la remise du grand prix on entend la musique "I Rise, You Fall" de Steve Jablonsky qui est une musique du film "". La bande originale du film "Le Petit Dinosaure et la Vallée des merveilles" ("The Land Before Time") de Don Bluth, composée par James Horner, est aussi utilisé de manière récurrente pour le générique des cérémonies du festival. Cannes fait le mur. Rendez-vous annuel depuis 2004, « Cannes fait le mur » est une exposition de diverses photographies grandeurs nature de cinéastes, exposées entre les maisons, ou sur des monuments. Ces photos sont imprimées sur des "kakémonos", de grandes bâches perforées pour ne pas se balancer avec la pression du vent. Attaché au projet, c'est Denis Rouvre, photographe professionnel, qui s'occupe du choix des images, et des lieux où elles seront suspendues. On les retrouve notamment sur l'espace Ranguin, l'immeuble Alexandra à La Bocca, sur le lycée Jules Ferry, la mairie de Cannes, ou encore sur l'hôtel Renoir. Pour ce faire, Corbis-Outline place ses œuvres dans le domaine public et Multiplast fournit gratuitement les bâches. Malgré ce volontariat, ce sont dépensés pour le montage et le démontage des toiles. Cet évènement est organisé en collaboration entre la mairie de Cannes et le Festival de Cannes. Loin des photographes et des touristes, le studio montable n'est en fait qu'un photomaton, et seul, le cinéaste photographié est totalement libre de faire ses photographies, comme il l'entend. Dévoilés au cannois, sept artistes sont exposés durant le Festival de Cannes dans toute la ville. Parmi les célébrités exposées, on retrouve Samuel L. Jackson, Elijah Wood, Rossy de Palma, Kevin Bacon ou encore Maïwenn. Portée et influence du Festival. Marché du film. Créé en 1959, le Marché du film est une des facettes commerciales du Festival international du film de Cannes. Son objectif est de promouvoir des films en chantier et de faire découvrir aux producteurs et distributeurs du monde entier de nouveaux projets. Il est l'un des rendez-vous les plus importants au monde en ce qui concerne les rencontres, négociations et transactions de l'industrie du cinéma, notamment au niveau des ventes internationales. Chaque année, il offre un aperçu de la production actuelle en projetant plus de quatre mille films, du cinéma d'auteur aux grosses productions. Le Marché est devenu très important, il comptait dix-mille participants de quatre-vingt-onze pays en 2000. Les producteurs et distributeurs y trouvent des partenaires pour le financement de leurs projets de films, et vendent les œuvres déjà tournées aux distributeurs et télévisions du monde entier. Il se déroule sur douze jours pendant le Festival de Cannes. Pour les producteurs, ce marché est très significatif, puisque porter son badge revient à pouvoir participer à toutes les projections officielles. Il se démarque des projets parallèles en étant le premier et le seul à proposer trente salles équipées en matériel numérique. En 2004, le Marché crée le "Producers Network", sous-section de ce dernier, qui aura un succès dès sa première édition. Cette section est réservée aux producteurs d'au moins un film sorti en salles au cours des trois années précédentes. Le "Producers Network" aide à la coproduction internationale, par le biais de dialogues entre professionnels. Pour ce faire, les producteurs possèdent chacun vingt minutes pour présenter leur projet à d'autres producteurs plus importants. Chaque année, il accueille cinq cents producteurs étrangers. Pour faciliter ces échanges de vingt minutes, et la production, le "Producers Network" a inauguré en 2004 une salle où sont disposées des tables rondes, où tous les matins, pendant le Festival, les producteurs viendront déjeuner, et discuter de leurs projets. Le "Producers Network" se déroule au cœur du Village International. Il a aussi créé en 2007 le "Speed dating", soirée thématique, réalisé en collaboration avec la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) et le Centre national de la cinématographie (CNC). Sponsors et médias. Si le Festival de Cannes est le deuxième événement le plus médiatisé au monde, c'est grâce aux trois cents chaînes de télévision présentes sur place, comme récemment Orange Télévision mais surtout Canal+ qui a déboursé six millions et demi d'euros pour l'édition 2007 par exemple, et aux multiples parraineurs. On remarque en particulier Kerry Washington, Gong Li et Andie MacDowell lors de la montée des marches 2007, représentant L'Oréal, groupe industriel français spécialisé dans les cosmétiques et la beauté. D'ailleurs, Penélope Cruz qui avait remporté le prix d'interprétation féminine pour "Volver" avait été critiquée pour son parrainage avec ce groupe industriel. La collaboration entre le Festival et L'Oréal a fêté ses dix ans en 2007 et ses vingt ans en 2017. De multiples journaux de presse écrite sont aussi présents sur la Croisette, comme Paris Match, ou Le Monde. On retrouve de même des magazines de cinéma avec Première, ou Ciné Live. Le transport des célébrités dans Cannes est très prisé. Renault est le transporteur officiel des célébrités jusqu'au Palais des Festivals et des Congrès, et sa Vel Satis fête, en 2007, ses vingt-cinq ans de collaboration. Par ailleurs, Audi a signé un contrat avec Jean-Roch, directeur du VIP Room, pour trois ans. À partir de 2022, BMW remplace Renault comme transporteur officiel des célébrités, alors que cela faisait environ 40 ans que Renault occupait ce rôle. Aussi, les maîtres de cérémonie sont-ils habillés par des « grands de la mode », qui en profitent pour être vus du public et des médias : Diane Kruger, maîtresse de cérémonie de l'édition 2007, a porté une robe drapée en satin bleu nuit de Chanel, firme de la haute couture. Cette robe avait été spécialement créée pour elle par Karl Lagerfeld. C'est ici une autre manière de se faire remarquer par les foules. Des cinéphiles critiquent d'ailleurs la présence qu'ils jugent trop imposante des médias et des grands groupes industriels et financiers, notamment liés au luxe et la mode. Ils soulignent le fait que les prix remis dans les différentes sections sont aussi touchés par les sponsors : la Palme d'or a été redessinée et refondue en 1997 par le joaillier suisse Chopard. Mercedes-Benz s'occupe de la remise du prix de la Semaine de la critique et la Fondation Gan sponsorise les prix du Certain Regard. Depuis 2015, Kering est partenaire officiel du Festival. Le Festival cherche ainsi à être multi-sponsorisé. Les médias retransmettent l’événement dans le monde entier et les sponsors se servent du Festival pour faire leur publicité. Les marques attirent les foules. Le phénomène « événement mondial et mondain » marche ainsi : les publicitaires se battent pour devenir partenaire officiel du Festival et ainsi être vus de tous. Voici les propos du groupe Maxell : . Voici en quelques chiffres la présence des médias (en 2017) : Influence du Festival. Le Festival de Cannes est devenu au long des années l'une des plus importantes cérémonies de cinéma au monde. Il est l'un des premiers événements médiatiques et culturels internationaux. Ce même Festival est reconnu d"utilité publique" et comme "Première grande manifestation culturelle internationale de l'Après-guerre" en 1972 par le Ministère de la Culture. Dans le livre "European Cinema : An Introduction", Jill Forbes et Sarah Street affirment que « Cannes est devenue extrêmement important pour les intérêts de la critique et du commerce, de plus les cinéastes peuvent y promouvoir leurs films… ». Le Festival a acquis une notoriété qui se fonde sur l'équilibre entre la qualité artistique des films et leur impact commercial. De nombreuses célébrités du cinéma mondial souhaitent venir assister à la montée des marches afin de se créer une image de marque auprès des différents médias présents pour l’événement. La presse attaque parfois le Festival, mais celui-ci garde son image. De plus, son influence tend à augmenter d'année en année, avec un nombre toujours plus grand de visiteurs venus de l'étranger. Selon "L'Express", être sélectionné à Cannes correspond à ou . La présentation d'un long métrage en sélection officielle ou dans les sections parallèles (Semaine de la Critique, Quinzaine des réalisateurs, ACID) revêt une importance capitale pour sa promotion française et internationale. Sa valeur au Marché du film en dépend. Si la réception de la critique et des festivaliers est positive, les enchères montent : son prix de vente croît soudainement. Pour plusieurs distributeurs, les séances cannoises servent de projections-tests. Sur le plan marketing, certains profitent depuis quelques années de l' « effet Cannes » en sortant le film en salles le jour-même de sa présentation au Festival. Producteurs, distributeurs et artistes rêvent également d'une récompense qui est la « cerise sur le gâteau ». Un prix décerné par le jury officiel est un label pour la presse, les cinéphiles et le monde du spectacle. La Palme d'or est notamment considérée comme l'une des récompenses cinématographiques les plus prestigieuses : gage de qualité pour le public français et international, elle assure à son récipiendaire d'obtenir une renommée mondiale, de trouver facilement un distributeur et de multiplier par dix, voire par cent, le nombre de spectateurs en salles. Il n'est pas rare de voir des films primés à Cannes recevoir, l'année suivante, plusieurs prix et nominations lors des cérémonies de récompenses les plus importantes dont les Oscars du cinéma ("La Leçon de piano", "Le Pianiste", "The Artist", "Amour"…). Le Festival a, de plus, un impact local : durant les deux semaines de Festival, la ville de Cannes voit sa population tripler, de , le chiffre d'affaires des commerces, hôtels, restaurants de Cannes augmente énormément. Dans les heures précédant l'ouverture du Festival, l'aéroport et la gare de Cannes sont bouleversés. La ville est entièrement "rénovée" pour le Festival international du film qui rend Cannes rayonnante. Personnalités les plus récompensées. Cannes se veut la célébration des plus grands cinéastes internationaux. Parmi tous les réalisateurs en compétition à Cannes, nombre d'entre eux ont été privilégiés pour leur art, leur style ou leur genre. Leur cinéma leur a valu d'être récompensés plusieurs fois. D'ailleurs, sur l'affiche officielle du Festival de Cannes 2007, mémoire des du Festival, ont été rassemblées neuf célébrités "chouchous" du Festival. On retrouve Souleymane Cissé, Penélope Cruz, Wong Kar-Wai, Juliette Binoche, Jane Campion, Gérard Depardieu, Bruce Willis, Samuel L. Jackson, et Pedro Almodóvar. Neuf réalisateurs ont obtenu deux fois la Palme d'or : Francis Ford Coppola (avec "Conversation secrète" et "Apocalypse Now" — partagé avec un autre film dans le deuxième cas) ; Bille August (avec "Pelle le Conquérant" et "Les Meilleures Intentions" — accompagné du prix d'interprétation féminine pour Pernilla August dans le second cas) ; Shōhei Imamura (avec "La Ballade de Narayama" et "L'Anguille" — partagé avec un autre film dans le deuxième cas) ; Emir Kusturica (avec "Papa est en voyage d'affaires" et "Underground") ; Luc et Jean-Pierre Dardenne (avec "Rosetta" et "L'Enfant") ; Michael Haneke (avec "Le Ruban blanc" et "Amour") ; Ken Loach (avec "Le vent se lève" et "Moi, Daniel Blake") et Ruben Östlund (avec "The Square" et "Sans filtre"). Le cinéaste suédois Alf Sjöberg avait aussi reçu la récompense suprême du festival à deux reprises mais il ne s'agissait pas encore de la Palme d'or. Notons qu'en plus de ses deux palmes, Emir Kusturica a obtenu à Cannes le prix de la mise en scène (meilleur réalisateur) pour "Le Temps des Gitans" et le prix de l'Éducation nationale pour "La vie est un miracle". Les frères belges Jean-Pierre et Luc Dardenne ont quant à eux reçu en complément un grand prix pour "Le Gamin au vélo", un prix du scénario pour "Le Silence de Lorna" et leurs comédiens Émilie Dequenne et Olivier Gourmet se sont vu décerner un prix d'interprétation chacun, respectivement pour "Rosetta" et "Le Fils". Michael Haneke a, lui, été auréolé d'un grand prix pour "La Pianiste" (également lauréat d'un double prix d'interprétation pour Isabelle Huppert et Benoît Magimel) et d'un prix de la mise en scène pour "Caché". Avec 13 films en compétition, Ken Loach a lui aussi été plusieurs fois récompensé en dehors de la palme avec trois prix du jury ("Secret défense", "Raining Stones et La Part des Anges"), un prix d'interprétation masculine décerné à Peter Mullan (pour "My Name Is Joe") et un prix du scénario pour son scénariste attitré Paul Laverty ("Sweet Sixteen"). Beaucoup d'autres cinéastes ont été récompensés à plusieurs reprises : les frères Coen, lauréats d'une Palme d'or (pour "Barton Fink"), ont gagné le grand prix du jury en 2013 pour "Inside Llewyn Davis" et le prix de la meilleure réalisation à trois reprises : pour "Barton Fink" en 1991, "Fargo" en 1996 et "The Barber" en 2001. L'un de leurs comédiens fétiches, John Turturro, a par ailleurs reçu le prix du meilleur acteur pour "Barton Fink" en 1991 et Irma P. Hall, comédienne principale de "Ladykillers", le prix du jury en 2004. Wim Wenders, lui aussi récipiendaire d'une Palme en 1984 pour "Paris, Texas", est reparti avec le prix du meilleur réalisateur pour "Les Ailes du désir" trois ans plus tard ainsi qu'avec le grand prix en 1993 pour "Si loin, si proche !". Michelangelo Antonioni a également obtenu plusieurs fois les faveurs du jury avec la Palme d'or pour "Blow-Up", le prix Spécial du jury pour "L'avventura" et "L'Éclipse" puis le prix du pour "Identification d'une femme". Plus récemment, on note que le Roumain Cristian Mungiu a été systématiquement honoré : Palme ("4 mois, 3 semaines, 2 jours"), prix du scénario et prix de la meilleure actrice "ex-æquo" pour Cosmina Stratan et Cristina Flutur ("Au-delà des collines") ou encore prix de la meilleure mise en scène ("Bacalaureat"). Avant d'être palmés, plusieurs réalisateurs sont passés par de nombreuses récompenses intermédiaires comme Lars von Trier, détenteur de deux prix de la Commission supérieure technique (pour "Element of Crime" et "Europa"), d'un prix du jury (pour "Europa") et d'un grand prix (pour "Breaking the Waves") avant de triompher avec "Dancer in the Dark" et de permettre à trois de ses actrices de remporter le prix d'interprétation féminine (Björk, Charlotte Gainsbourg et Kirsten Dunst). Theo Angelopoulos a reçu le prix du scénario et le prix FIPRESCI de la Critique internationale pour "Voyage à Cythère" et "Le Regard d'Ulysse" et le grand prix (pour "Le Regard d'Ulysse") avant la Palme décernée à "L'Éternité et Un Jour". Costa-Gavras a, de son côté, gagné le prix du jury pour "Z" (qui a également valu le prix d'interprétation à Jean-Louis Trintignant) et le prix de la mise en scène pour "Section spéciale" avant de remporter la Palme d'or pour "Missing" qui permet de plus à Jack Lemmon d'être élu « meilleur acteur ». Par ailleurs, Nuri Bilge Ceylan a obtenu deux grand prix (pour "Uzak", également récompensé d'un double prix d'interprétation masculine et "Il était une fois en Anatolie") ainsi qu'un prix de la mise en scène (pour "Les Trois Singes") avant que la Palme d'or lui soit attribuée pour "Winter Sleep" ("Kış Uykusu"). Enfin, Jacques Audiard a reçu le prix du scénario pour "Un héros très discret" et le grand prix pour "Un prophète" avant d'être palmé avec "Dheepan". En outre, plusieurs cinéastes sont des habitués du palmarès même s'ils n'ont jamais gagné la Palme d'or comme Robert Bresson ou encore Andreï Tarkovski qui a obtenu trois fois le grand prix, à savoir pour "Solaris", "Nostalghia" et "Le Sacrifice". Xavier Dolan a remporté de nombreux prix à Cannes, dont le prix du jury pour "Mommy" et le grand prix pour "Juste la fin du monde", mais n'a pas remporté de Palme d'Or. Bruno Dumont, lui, a remporté deux fois le grand prix du jury : pour "L'humanité" (qui a de plus permis à Séverine Caneele et Emmanuel Schotté, acteurs non professionnels, de gagner le prix d'interprétation) et pour "Flandres". Il a également reçu une mention spéciale Caméra d'or pour "la Vie de Jésus", son premier long métrage. On note aussi la présence répétée dans les palmarès du Français René Clément et du Japonais Masaki Kobayashi. Peu d'acteurs ont obtenu deux prix d'interprétation masculine : Marcello Mastroianni (pour son rôle dans "Drame de la jalousie" et "Les Yeux noirs") ; Dean Stockwell (pour son rôle dans "Le Génie du mal" et "Long voyage vers la nuit" — à chaque fois partagé avec deux autres acteurs) ; Jack Lemmon (pour son rôle dans "Missing" et "Le Syndrome chinois"). Quatre actrices ont également obtenu deux prix d'interprétation féminine : Isabelle Huppert (pour son rôle dans "Violette Nozière" et "La Pianiste" — partagé avec une autre actrice dans le premier cas) ; Helen Mirren (pour son rôle dans "Cal" et "La Folie du roi George") ; Barbara Hershey (pour son rôle dans "Le Bayou" et "Un monde à part" — partagé avec deux autres actrices dans le deuxième cas) ; Vanessa Redgrave (pour son rôle dans "Morgan" et "Isadora"). En 1981, Isabelle Adjani reçoit un double prix d'interprétation pour deux films présentés en compétition : "Possession" et "Quartet"; un cas sans précédent qui ne s'est encore jamais reproduit. À noter qu'Isabelle Huppert détient le record absolu de films en sélection officielle pour un acteur, hommes et femmes réunis (20 au total). Certains cinéastes ont souvent vu leurs films sélectionnés par le Festival de Cannes. Le record absolu est détenu par Ken Loach, avec 17 sélections au festival de Cannes (dont 12 films en compétition). On peut citer Federico Fellini et Carlos Saura (avec 11 films sélectionnés) ; Ingmar Bergman et André Téchiné (avec 10 films sélectionnés) ; Wim Wenders, Luis Buñuel, Michael Cacoyannis, Ettore Scola et Andrzej Wajda (avec 9 films sélectionnés) et enfin Claude Lelouch (avec 7 films sélectionnés). Autour du Festival. Cannes et le Festival. Dans le monde, Cannes est connue par son Festival, et évoque les célébrités du monde du cinéma et la montée des marches. Le Festival de Venise ou le Festival de Berlin se déroulent dans des villes célèbres par ailleurs. Il y a peu de chansons sur Cannes, hormis "Cannes la braguette" de Léo Ferré et "Cannes" des VRP, qui en donnent une image négative. Certains considèrent que le Festival est fameux sans être populaire, car seuls les professionnels peuvent accéder aux sélections officielles. Fêtes du Festival. À ses débuts, le Festival était surtout un événement mondain et les films étaient un prétexte pour se rencontrer, lors de réceptions et de fêtes dans les villas de la Côte d'Azur. Ces fêtes organisées pour la plupart par La Begum, la femme de l'Agha Khan, dans sa villa Yakimour ont fait la réputation de Cannes. Aujourd'hui, le Festival est considéré comme un lieu de promotion unique à l'international pour les films et les acteurs. En dehors des conférences de presse habituelles, la tradition s'est imposée de donner une fête pour les grosses productions. Ces fêtes ont un thème qui est lié aux films, et leur organisation donne lieu à une surenchère de moyens pour marquer les esprits. Il est aussi difficile d'y entrer que dans les projections de la compétition officielle. De nombreuses célébrités assistent à des soirées privées avec, aux platines, des discs jockey de réputation internationale. C'est l'occasion pour beaucoup de se montrer. Les soirées organisées depuis le début des années 2000 dans les franchises éphémères des plus grandes discothèques du monde ont néanmoins donné un sérieux coup de frein à l'esprit des fêtes organisées dans des villas sur les collines environnantes de Cannes. Pour des raisons économiques, mais aussi par facilité, de plus en plus de sociétés font appel à ces grandes discothèques (ou sont démarchées par celles-ci plusieurs mois à l'avance) afin d'y organiser leur soirée annuelle, au détriment des soirées en villa. De l'avis général (festivaliers et journalistes), les soirées dans ces discothèques conventionnelles sont très loin d'être aussi exceptionnelles que celles en villa, et servent surtout à promouvoir des marques n'ayant aucun rapport avec le cinéma Le Grand Prix automobile de Monaco, l'une des plus célèbres épreuves de compétition automobile, se déroule tous les ans en pleine période de festival et beaucoup de célébrités du cinéma s'y rendent parfois, du fait de la proximité entre Cannes et la principauté, à quelques minutes en hélicoptère. L'association des deux événements sur une période de week-ends et jours fériés entraîne un pic de fréquentation de la bande littorale des Alpes-Maritimes et une offre hôtelière particulièrement réduite et à des tarifs prohibitifs. La CCAS sur l’esplanade de la Pantiero. Depuis 1995, la Caisse centrale d'activités sociales des électriciens et gaziers s'installe sur la promenade de la Pantiero, lors du Festival de Cannes. Sur une superficie de , l'espace offre près de aux Cannois et touristes. L'entrée est libre et gratuite. Les films projetés proviennent de pays peu présentés pendant la cérémonie. En 1998, le cinéma algérien avait été présenté. Puis en 1999, c'est le cinéma africain qui a été présenté ainsi que le cinéma noir américain. On y a projeté le film de Jacques Kébadian sur les "Sans papiers", celui de Paul Vecchiali sur Victor Schœlcher et l'abolition de l'esclavage. Le but de ce projet était à la base de se ré-approprier ce qui, au départ, leur appartenait, la CGT et le mouvement ouvrier ayant joué un rôle prépondérant lors de la création du Festival en 1946. Lors de ce rendez-vous, le Soleil d'or est remis par les organisateurs de la CCAS à un film de la Quinzaine des réalisateurs. Critiques adressées au festival. Le Festival de Cannes est souvent attaqué par la presse. Critiques sur le choix des œuvres et des auteurs. Certains grands réalisateurs n'ont jamais remporté la Palme d'or, malgré le talent dont ils ont pu faire preuve et la place majeure qu'ils occupent dans l'histoire du . On peut citer le cas d'Ingmar Bergman, qui n'a jamais remporté de Palme mais plusieurs prix subsidiaires : un prix du jury pour "Le Septième Sceau", une Mention spéciale pour "La Source", un prix de la mise en scène pour "Au seuil de la vie" et même un prix de l'humour poétique pour "Sourires d'une nuit d'été". Mais le jury du Festival de Cannes 1992 a attribué la Palme d'or aux "Meilleures Intentions" du Danois Bille August que le réalisateur avait choisi pour raconter l'histoire de ses parents et pour lequel il avait signé le scénario. Le cinéaste suédois s'est d'ailleurs vu offrir la Palme des palmes pour le cinquantenaire du Festival en 1997. Woody Allen, qui rejette catégoriquement la mise en concurrence des artistes a, lui, toujours refusé les égards de la compétition cannoise. Mais il est lui aussi venu plusieurs fois présenter ses films hors compétition et a également accepté une Palme d'honneur en 2002. On peut aussi citer, dans la liste des non palmés, Jean Renoir, Alfred Hitchcock, Stanley Kubrick, Andreï Tarkovski, Michael Powell, Clint Eastwood, Steven Spielberg, Satyajit Ray, Sergio Leone, John Cassavetes, Douglas Sirk, Manoel de Oliveira, Claude Sautet, Bertrand Tavernier, André Téchiné, François Truffaut, Alain Resnais ou encore Pedro Almodóvar qui, malgré plusieurs sélections et un statut de favori, n'est reparti qu'avec des prix mineurs (mise en scène, scénario…). Il est d'ailleurs surnommé « le Poulidor de la Croisette » par la presse. Jean-Luc Godard non plus n'a jamais eu droit à cet honneur, certainement parce que ses films ont été sélectionnés tardivement en compétition, à savoir seulement à partir des années 1980 avec "Sauve qui peut (la vie)", "Passion" et plus tard avec "Détective" et "Nouvelle Vague". En 2014, Godard reçoit à sa première récompense cannoise après huit sélections infructueuses : le prix du jury pour "Adieu au langage". Si l'on met de côté l'année 1959, on remarque que le festival est resté assez distant face au phénomène « nouvelle vague » puisque les films de réalisateurs tels qu'Éric Rohmer, Jacques Rivette ou encore Claude Chabrol ont été assez peu sélectionnés. Ce n'est qu'en 1993 qu'une femme obtient la Palme d'or, en la personne de Jane Campion avec "La Leçon de piano", une Palme qu'elle doit d'ailleurs partager avec Chen Kaige pour "Adieu ma concubine". Le Festival est aussi critiqué pour ses largesses vis-à-vis de l'industrie cinématographique occidentale : en 2011, la presse note que, depuis sa création, américains, et ont été présentés en sélection officielle au détriment d'œuvres venues d'Asie, du Moyen-Orient et d'Afrique. D'ailleurs, sur les d'or décernées, 51 sont revenues à des longs métrages nord-américains ou européens (à savoir plus de 73 %). Le cinéma américain se taille la part du lion dans ce classement avec d'or remportées depuis 1955 (environ 23 %) contre 9 pour l'Italie et 9 pour la France (moins de 13 %). Le bilan s'aggrave pour le jury, exclusivement présidé par des personnalités occidentales. Il faut attendre 2006 pour qu'un réalisateur asiatique, à savoir le Chinois Wong Kar-wai, accède à cet honneur. De même, peu de femmes ont exercé cette fonction. Sur 69 éditions, seules dix personnalités féminines ont eu cette chance : Olivia de Havilland, Sophia Loren, Michèle Morgan, Ingrid Bergman, Jeanne Moreau, Françoise Sagan, Isabelle Adjani, Liv Ullmann, Isabelle Huppert, Jane Campion qui reste à ce jour la seule réalisatrice à avoir présidé le jury et Cate Blanchett. Catherine Deneuve, qui n'a jamais accepté la présidence du jury, fut vice-présidente en 1994. Certains notent par ailleurs que les films de genre sont très peu représentés à Cannes : peu ou pas de films d'horreur, de kung-fu, etc. ont été sélectionnés en compétition officielle. Depuis quelque temps, le cinéma de genre est entré dans le cercle fermé des projections officielles. Un journal écrira même : à propos de ce nouveau style. Les organisateurs répondront qu'. Avec l'émergence du cinéma d'animation, ou du documentaire, le Festival de Cannes devait se mettre à jour. 2009 semble avoir marqué un renouveau puisque la sélection a fait la part belle aux films de genre revisités. Cannes donne avant tout aux auteurs une crédibilité artistique. À l'étranger, Cannes est idéalisée. Apichatpong Weerasethakul, réalisateur thaïlandais, a été connu grâce, en partie, au Festival de Cannes, il déclare d'ailleurs : à Thierry Frémaux. Ainsi, beaucoup de réalisateurs encore méconnus ont pu bénéficier d'une audience internationale grâce à Cannes et jouir d'une reconnaissance de leur travail. Le festival joue le rôle de tremplin et a lancé plusieurs carrières dont celle de Quentin Tarantino avec la sélection en 1992 de son premier long-métrage "Reservoir Dogs" en séance spéciale puis avec la Palme d'or décernée à "Pulp Fiction" deux ans plus tard. Très reconnaissant, le réalisateur déclare d'ailleurs : . La presse est un pilier central du Festival de Cannes et elle s'attend à voir les chefs-d'œuvre qui font vibrer le monde. Si Cannes la déçoit, elle "attaque". Critiques d'un festival commercial. Depuis les années 2000, certains reprochent au Festival de Cannes un mélange des genres contre-productif, à savoir de mettre sur un même plan les paillettes et le cinéma d'auteur. D'autres déplorent le fait qu'il n'invite que des personnalités internationales dont la renommée est acquise et qui n'ont fondamentalement pas besoin des lumières de la sélection officielle. Ainsi, il lui est reproché de se décinéphiliser progressivement sous l'emprise d'un marketing efficace et surpuissant. La presse lui donne même le nom de « Festival désuet » et le compare aux grandes marques, dont la nécessité n'est pas évidente, mais dont l'intérêt commercial est mis en valeur. Certains lui accordent le rang de plate-forme publicitaire pour les films à succès américains, par exemple avec la sélection d'un film de la saga "Star Wars" en 2005 ("") et en 2006 avec la présentation en ouverture du "Da Vinci Code", adapté du best-seller homonyme de Dan Brown. Après sa projection à Cannes, "Da Vinci Code" sort dans . Au box-office, il génère en un week-end. Il s'agit du second meilleur démarrage financier de l'histoire du cinéma. Pourtant, lors de l'ouverture du Festival, cette superproduction reçoit un accueil des moins chaleureux de la part des présents pour l'occasion. Elle essuie en effet lazzi, rires glaciaux, huées et papiers assassins, à l'opposé de l'engouement public en salles. L'intérêt pour les super-productions des journalistes est aussi déçu par le nombre d'entrées des films ayant reçu la Palme d'or : depuis vingt ans, seuls cinq lauréats de la palme ont dépassé le million d'entrées en France. D'après certains journalistes, être sélectionné dans la compétition cannoise signifie une sortie dans les salles françaises. En ce qui concerne les autres sections, les films bénéficieront d'une vente prononcée à l'étranger. Effectivement, la présence de plus de offre une perspective formidable pour les producteurs. Cannes est devenu depuis quelques années un festival pour les "grands auteurs". En compétition, on retrouve beaucoup de célébrités du monde du cinéma, qui ont déjà concouru en sélection officielle. David Lynch, Clint Eastwood ou David Cronenberg sont des habitués du Festival (mais l'on remarquera, en 2007, que treize films sur vingt-deux sont de réalisateurs encore jamais venus à Cannes). En 2009, la comédienne Sandrine Bonnaire a par ailleurs exprimé sa déception face à ce qu'elle estime être un de la part des sélectionneurs, ajoutant : . On lui reproche ainsi de n'inviter que des stars confirmées. Pourtant, lorsque des amateurs sont récompensés, la salle les siffle. Effectivement, en 1999, le prix d'interprétation masculine revient à Emmanuel Schotté, celui de l'interprétation féminine à Séverine Caneele et Émilie Dequenne. Lors de leur discours de remerciements, les deux jeunes femmes essuient les huées du public. Certains festivaliers confient à des journalistes : . D'autres expliquent avoir souhaité des longs métrages plus glamour et grand public au palmarès. David Cronenberg, qui préside la , défend les choix de son jury : . Le journal "Le Monde diplomatique" écrira que des réalisateurs ne réalisent des films que pour être sélectionnés au Festival et utilisent ainsi cette sélection officielle comme une justification de leur travail dans leur pays, malgré le peu de succès commercial qu’ils y rencontrent. Une partie de la presse regrette également une quasi-absence de prise de risques chez les sélectionneurs et une sous-représentation des cinémas du Sud avec oubli systématique de films venus d'Afrique ou d'Inde. En effet, pour certains, si quelques films de pays en voie de développement sont sélectionnés, c'est qu'ils bénéficient de crédits internationaux et qu'ils imposent une lecture simple ou schématique des problèmes, de la culture ou du mode de pensée de leur pays, faite uniquement pour toucher le public occidental. Cannes, en ce sens, sous couvert de défendre une forme cinématographique originale et avant-gardiste, deviendrait le temple des nouveaux académismes. Les organisateurs du Festival international seront aussi accablés d'avoir oublié que le cinéma était un art populaire plutôt qu'une industrie. Scandales et controverses célèbres. Le Festival de Cannes a souvent été animé par des scandales et des controverses, impliquant indifféremment des journalistes, des célébrités ou le monde politique. D'autres festivals internationaux comme la Mostra de Venise ou la Berlinale semblent moins exposés à ce phénomène, peut-être en partie parce qu'ils sont moins médiatisés. En effet, si certains professionnels du cinéma essaient ostensiblement d'éviter les photographes, il n'est pas impensable que d'autres cherchent à faire évènement, sinon scandale, pour tirer profit de la grande concentration de médias durant le Festival de Cannes. À cause du public. Le public s'est quelquefois manifesté contre les professionnels du cinéma durant la remise des prix. En 1960, le long métrage "L'avventura", premier volet d'une trilogie aussi composée de "L'Éclipse" et "La Nuit", de Michelangelo Antonioni reçut un accueil très froid à Cannes. Ce film fut hué par le public lors de sa projection car l'absence d'éclaircissement sur la disparition d'Anna avait été mal comprise. De plus, le public lança des tomates sur le réalisateur et l'actrice lors de la remise du prix du jury. Une réaction plus isolée mais non moins radicale eut lieu durant le Festival de 1987. Cette année-là, le film "Yeelen" de Souleymane Cissé représentait le cinéma africain à Cannes et remporta le prix du jury. Lors de la remise du prix, un homme s'empara du micro et cria : . Le réalisateur lui arracha le micro et le lui lança au visage. Maurice Pialat, qui avait été encouragé par Souleymane Cissé lorsque le public huait son film, s'interposa. Ce fut la première fois que deux réalisateurs présents au Festival de Cannes s'unissaient contre un membre du public. Les séances de remises de Palmes d'or ne furent pas épargnées par les réactions hostiles du public, notamment durant l'édition 1987, lorsque Maurice Pialat fut récompensé pour "Sous le soleil de Satan", ou encore en 1994 lors de la remise du prix à Quentin Tarantino pour son "Pulp Fiction". Les deux réalisateurs réagirent vivement : Pialat répondit au public , et leva le poing au ciel ; Tarantino répondit par un doigt d'honneur. À propos du jury. Les décisions du jury ont à plusieurs reprises suscité des polémiques, et furent souvent mal accueillies par la presse et le public. Les présidents du jury, en particulier, furent impliqués dans de nombreuses controverses, notamment pour leur népotisme supposé, leur point de vue jugé hasardeux ou leur parti pris censé outrepasser le simple jugement artistique. L'écrivain Françoise Sagan fut l'actrice d'un des plus grands scandales ayant éclaboussé la manifestation. Sept mois après avoir présidé l'édition 1979, elle dénonça le fonctionnement de l'institution dans "Le Matin de Paris". Selon Sagan, la direction du Festival aurait tenté d'influencer le jury (qui penchait plutôt pour "Le Tambour" de Volker Schlöndorff) en faveur d"Apocalypse Now" de Francis Ford Coppola. Normalement, les membres du jury sont tenus de garder le secret à vie sur les délibérations conduisant au choix des gagnants. Françoise Sagan ne tint donc pas promesse. Finalement, les deux films partagèrent la Palme d'or "ex æquo". Cette révélation provoqua un mouvement de révolte dans les magazines qui critiquèrent largement le Festival. Ce dernier répondit à ces provocations en rendant publiques les notes de frais faramineuses laissées par Sagan dont d'hôtel. Il n'était pas rare de voir l'organisation faire preuve d'ingérence dans les choix des jurés. Ces derniers ne jouirent d'une entière souveraineté que dans les années 1980, ce qui fut l'objet de nombreuses discordes. Par exemple, lorsque Roberto Rossellini accepta de présider le jury du à condition qu'on l'autorise à animer un colloque sur l'avenir du cinéma, la préférence du président du festival Robert Favre Le Bret pour la Palme allait à "Une journée particulière" d'Ettore Scola. Pour éviter toute prescription, Rossellini rusa pour ne pas dévoiler son opinion et chercha à réunir son jury sans jamais prévenir la direction. Un conflit éclata lorsque les jurés refusèrent que les organisateurs assistent aux ultimes délibérations et la décision finale fut prise en toute hâte. La Palme d'or revint à "Padre padrone" des frères Taviani et le film de Scola repartit bredouille ce qui déclencha la colère de Favre Le Bret qui boycotta la cérémonie de clôture et menaça de supprimer la compétition ou du moins de ne plus nommer au jury des « amateurs éclairés ». Rossellini mourut d'une crise cardiaque une semaine après la fin du festival. Il arriva aussi que les controverses prennent origine dans les désaccords, les conflits ou les coups d'éclat au sein du jury. Lors du Festival de Cannes 1987, le long métrage "Les Yeux noirs" de Nikita Mikhalkov était largement favori. Mais le réalisateur soviétique Elem Klimov aurait déclaré : . Ses camarades auraient cédé à cette exigence impérieuse et décernèrent la Palme d'or à Maurice Pialat pour "Sous le soleil de Satan", hué, lors de la cérémonie de clôture, par l'assistance dont les faveurs allaient au film de Mikhalkov et aux "Ailes du désir" de Wim Wenders. Néanmoins, Yves Montand, qui présidait l'édition, justifia fièrement ce choix en affirmant que la Palme avait été attribuée à l'unanimité : . En 2009, l'ancien président du festival Gilles Jacob rompt le silence et dévoile les coulisses de la manifestation. Il révèle le secret de délibérations et met au jour l'autoritarisme de certains présidents du jury. Kirk Douglas, par exemple, imposa un "ex æquo" en 1980 pour la Palme d'or et put ainsi voir triompher "Que le spectacle commence" de Bob Fosse. Il prétexta ensuite une maladie pour ne pas rejoindre ses camarades qui souhaitaient revoter le prix pour le seul Akira Kurosawa avec "Kagemusha, l'ombre du guerrier". En 1989, Wim Wenders qui remplaçait Francis Ford Coppola, démissionnaire de la présidence du jury, fit attribuer d'autorité la Palme d'or à "Sexe, Mensonges et Vidéo", le premier long métrage de Steven Soderbergh et le prix d'interprétation masculine à James Spader, souhaitant même accorder au film tous les prix. En 1991, Roman Polanski n'aimait aucun film et privait ses jurés de toute parole jusqu'à ce qu'arrive "Barton Fink" des frères Coen. Ce fut la seule œuvre qu'il apprécia, étant par ailleurs très proche de son propre cinéma. Il n'hésita pas à désorganiser le vote et à multiplier les entorses au règlement : la veille des délibérations, il fit voter la Palme d'or à ses collègues après les avoir fait boire et refusa toute remise en cause du prix le lendemain. Polanski œuvra ensuite pour que deux nouveaux trophées (ceux de la meilleure mise en scène et du meilleur acteur) soient décernés aux frères Coen à défaut de toutes les récompenses du palmarès comme le fut son souhait. Le cas ne s'était jamais produit et "Barton Fink" devint le film le plus primé de l'histoire du festival. Gilles Jacob dut prendre des mesures pour éviter qu'un film ne puisse, à l'avenir, gagner trop de prix. En 1997, la présidence d'Isabelle Adjani fut aussi émaillée d'incidents. La comédienne régenta d'une main de fer l'emploi du temps de ses collègues, les forçant notamment à assister aux séances du matin et à suivre son régime alimentaire. En conséquence, elle déclencha une fronde au sein du jury et ne sut affirmer son choix pour la Palme qu'elle souhaitait attribuer, sans en faire mystère, à "De beaux lendemains" d'Atom Egoyan. À la suite d'une proposition manœuvrière du cinéaste italien Nanni Moretti, elle accepta que la récompense suprême soit attribuée "ex æquo" à deux films, sans s'assurer au préalable que son film favori soit l'un d'entre eux. Le vote fut sans appel : "L'Anguille" de Shōhei Imamura et "Le Goût de la cerise" d'Abbas Kiarostami furent palmés et "De beaux lendemains" se contenta du grand prix. Récemment, les critiques ont accueilli avec circonspection la décision des présidents Quentin Tarantino (en 2004) et Isabelle Huppert (en 2009), soupçonnés de partialité et de favoritisme dans l'attribution de la Palme d'or. Le premier récompensa Michael Moore pour "Fahrenheit 9/11" (les deux cinéastes étaient produits par Bob et Harvey Weinstein et Moore dénonçait violemment la politique de George W. Bush avant les élections présidentielles de 2004). La seconde honora Michael Haneke pour "Le Ruban blanc", un cinéaste qui compte parmi ses amis et avec qui elle a tourné quatre films dont "La Pianiste" qui lui avait d'ailleurs valu son second prix d'interprétation cannois. Lors de la , Nanni Moretti, qui préside le jury, se voit soupçonné d'avoir cédé à un conflit d'intérêts en privilégiant son producteur et distributeur français historique Jean Labadie et des amis cinéastes comme Ken Loach et Matteo Garrone. Néanmoins, Thierry Frémaux rappelle que les délibérations sont soumises à un règlement strict dans la mesure où les gagnants sont désignés par un vote où chaque juré, président compris, n'a qu'une seule voix. Imprévus et coups d'éclat. Les cérémonies et les conférences de presse sont retransmises en direct et sont donc émaillées d'incidents ou doivent faire face à des imprévus de taille. En 1999, Sophie Marceau, qui remettait la Palme d'or, suscita les huées et sifflets du public pour ses hésitations et achoppements verbaux durant son discours sur scène. Kristin Scott-Thomas, maîtresse de cérémonie, dut intervenir. Coupant la parole à Sophie Marceau, elle demanda directement à David Cronenberg, président du jury, d'annoncer le nom des deux gagnants (Jean-Pierre et Luc Dardenne, pour "Rosetta"). Le discours erratique de Sophie Marceau pourrait être transcrit ainsi : . L'incident ne mit pas fin à la carrière de l'actrice (qui tourna une vingtaine de films depuis lors), et le Festival se poursuivit normalement par un discours des frères Dardenne. Les célébrités elles-mêmes provoquèrent parfois volontairement des polémiques durant les cérémonies, en dépit de la pression médiatique, sinon contre elle. En 2007, pour les 60 ans du Festival, trente-cinq réalisateurs avaient participé au film à sketches "Chacun son cinéma". L'un d'entre eux, Roman Polanski, critiqua les journalistes lors de la conférence de presse qui les réunissait après la projection officielle, jugeant que les questions posées n'étaient pas à la hauteur. Il évoqua, pour la presse, , gâchée selon lui par . Le réalisateur franco-polonais décida ensuite qu'il était temps d'aller manger et quitta la salle. Affaire Lars von Trier. Après avoir fait souffler un vent de scandale sur la Croisette en 2009 avec son film "Antichrist", le cinéaste danois multi-récompensé Lars von Trier multiplie les provocations, lors du Festival 2011, à l'occasion de la projection de "Melancholia". Lors de la conférence de presse, lorsqu'une journaliste du "Times" revient sur des propos tenus dans une interview pour un magazine danois dans laquelle il avoue son , notamment pour Albert Speer, il revient sur ses origines qu'il a longtemps cru juives avant de découvrir que son père était allemand, affirmant, tout en faisant volontairement l'amalgame : . Il poursuit sa provocation en parlant d'Hitler : , , . Il complète ensuite ses dires avec un commentaire sur la situation actuelle : . Prenant conscience de l'ambiguïté de sa déclaration, il annonce : avant de conclure . Il revient également sur la question de départ de la journaliste en expliquant à propos de Speer : . Le soir même, sur la demande de la direction du festival, von Trier publie un communiqué d'excuses : . La direction cannoise fait savoir, dans un autre communiqué, que le cinéaste s'est et . La presse s'empare rapidement des propos polémiques du réalisateur et en diffuse des extraits sans toujours les contextualiser ni en retranscrire la tonalité générale. Malgré les excuses de Lars von Trier, la direction du festival, à l'issue d'un conseil d'administration extraordinaire, le déclare « "persona non grata" » mais laisse son film "Melancholia" en compétition, cherchant à dissocier clairement . Tout en réitérant ses excuses, von Trier accepte cette décision, se disant et soulignant le fait qu'il s'agisse de , ce que confirme Gilles Jacob. Par la suite, le réalisateur s'explique longuement sur cette affaire, affirmant avoir seulement souhaité faire preuve d'un humour volontairement choquant et regrettant que celui-ci ait été mal interprété. Il confesse : . Il réitère par ailleurs ses excuses et son respect envers la direction du festival et sa décision tout en soulignant le fait qu'il considère la Shoah comme et rappelant que son goût pour l'esthétique nazie n'est en rien lié à ses convictions politiques. Toutefois, il estime que son exclusion du festival s'explique ainsi : . Scandales politiques et censure. La sélection des films au Festival, qui impliquait initialement la participation des États fut parfois l'objet de rapports de force diplomatiques et politiques pouvant, dans un cas extrême, conduire à la censure d'un film. Le règlement du Festival stipulait que les films projetés ne devaient pas heurter la sensibilité des autres pays présents à Cannes (article 5 du règlement). Ainsi en 1956 la France accéda à la demande de l'Allemagne (Jacques Mandelbaum montre que la France "anticipa" cette demande), qui souhaitait le retrait de la sélection officielle d'un documentaire d'Alain Resnais, "Nuit et Brouillard", qui traitait de la Shoah, des camps de concentration et des camps d’extermination. Cette censure suscita de vives protestations en France et outre-Rhin. La délégation allemande finit d'ailleurs par claquer la porte en raison de la non-sélection du film d'Helmut Kaütner "Ciel sans étoiles", décision prise pour ne pas choquer la délégation russe. Ce mouvement ne restera pas sans effet, car depuis cette édition du Festival, aucun film n'a été retiré d'une sélection déjà communiquée au public pour des motifs similaires. François Guérif affirme cependant qu'en 1966, "La Guerre est finie" d'Alain Resnais fut radié de la compétition « après opposition du gouvernement espagnol ». Le réalisateur Claude Pinoteau explique quant à lui que son film "Le Silencieux" (1973) avait été sélectionné à Cannes mais qu'il fut retiré quand le réalisateur soviétique Sergueï Bondartchouk fut nommé président du jury ; cette affirmation est sujette à caution dans la mesure où Bondartchouk ne figurait pas dans le jury de 1973. En 2007, la Fondation du cinéma Farabi, rattachée au ministère de la culture iranien, adressa une critique par courrier à l'attaché culturel de l'ambassade de France de Téhéran, estimant que la sélection du film "Persepolis" de Marjane Satrapi était qui présentait . Le Festival de Cannes a donc beaucoup évolué depuis 1956, la censure ayant apparemment disparu bien que les pressions diplomatiques demeurent. Et d'autres fois, malgré une pression de l'État, des acteurs, ou réalisateurs, viendront présenter leurs films à Cannes. On remarque notamment Jiang Wen qui, pour "Les Démons à ma porte" ("Guizi lai le") sélectionné en compétition et récompensé par le grand prix du jury en 2000, a été interdit de tournage durant plus de cinq ans en Chine. Les autorités de Pékin trouvent alors son film antipatriotique, notamment pour sa représentation, jugée dégradante, de villageois veules et opportunistes durant l'occupation japonaise dans les années 1940. Il est de plus reproché à l'auteur d'avoir présenté son film à Cannes sans visa officiel. Certaines personnalités médiatiques sont également à l'origine de vives polémiques. Lorsque la Palme d'or est attribuée à "Underground" d'Emir Kusturica en 1995, au lendemain du massacre de Tuzla, Alain Finkielkraut publie une tribune dans "Le Monde" intitulée « L'imposture Kusturica ». L'auteur y accuse le cinéaste de capitaliser sur la souffrance des martyrs de Sarajevo et de se livrer à une propagande pro-serbe honteuse sous couvert d'exprimer sa nostalgie de l'ancienne Yougoslavie. Bernard-Henri Lévy renchérit dans "Le Point" et reproche au réalisateur d'avoir lors des guerres yougoslaves et de faire d"'Underground" une arme idéologique au service des nationalistes serbes. Kusturica exerce son droit de réponse dans la tribune « Mon imposture » où il récuse les accusations proférées à son encontre. Il affirme également que ni Finkielkraut ni Lévy n'ont vu le film, ce que les intéressés confirment tout en maintenant leurs déclarations. Malgré le prestige mondial et l'entière autonomie dont jouit le Festival aujourd'hui, on remarque ainsi que des nombreux scandales politiques éclatent encore en raison la sélection de certains films. En 2010 par exemple, Sandro Bondi le ministre italien de la Culture décide de boycotter le festival en raison de la projection hors-compétition du film "Draquila - L'Italie qui tremble" de Sabina Guzzanti traitant de la manière dont le gouvernement Berlusconi a géré les conséquences du séisme de 2009 à L'Aquila. Cette même année, est organisée à l'initiative du député Lionnel Luca, une manifestation pour protester contre la présentation en compétition du film "Hors-la-loi" de Rachid Bouchareb, taxé de révisionnisme, de falsification de l'histoire franco-algérienne et de dégradation volontaire de l'image des Français lors du massacre de Sétif en 1945. Quelques jours plus tard, c'est la présentation du film "Soleil trompeur 2" qui s'accompagne d'une polémique touchant son metteur en scène Nikita Mikhalkov, accusé, par 97 réalisateurs russes pétitionnaires, de despotisme, de détournement des aides publiques et de trop grande proximité avec le premier ministre d'alors, Vladimir Poutine, dans sa gestion de l'Union des cinéastes russes. Le , une tribune publiée dans "Le Monde" à l'initiative du groupe féministe La Barbe est largement reprise par les médias, en France et à l'étranger. Elle dénonce le fait que les vingt-deux films de la sélection officielle du Festival ont tous été réalisés par des hommes. Le lendemain, Thierry Frémaux se défend de sexisme dans l'hebdomadaire "L'Express". Gilles Jacob met fin à la polémique en affirmant que Thierry Frémaux et son équipe seraient à l'avenir plus à la sélection de films de femmes. Église et sélection. Il est rare que l'Église s'immisce dans le monde du cinéma et celui du Festival de Cannes. Il lui est toutefois arrivé de condamner certains films. En 1960, l'Osservatore Romano, journal du Vatican, publia sept virulents articles contre le film italien "La dolce vita" de Federico Fellini qui venait d'obtenir la Palme d'or. Les catholiques étaient menacés d'excommunication s'ils voyaient le film, et ce n'est qu'en 1994, quelques mois après la mort du réalisateur Federico Fellini, que l'Église leva son interdiction. En revanche, les Jésuites défendirent le film. Le Ministère de la Culture censurera des parties du film. En 1961, le film "Viridiana" de Luis Buñuel fut interdit dans son pays, l'Espagne, alors sous dictature franquiste et condamné fermement par l'Église catholique qui le jugeait blasphématoire. Cela n'empêcha pas le jury du Festival de lui décerner la Palme d'or. Les différends entre Cannes et l'Église catholique se poursuivent de nos jours, par exemple en 2006, pour le "Da Vinci Code" de Ron Howard. Ce long métrage ouvrit le Festival de Cannes 2006, bien qu'il fût critiqué dans le monde religieux. Des associations catholiques ont dénoncé ce film, même si le Vatican condamnait tout boycott et action contre ce long métrage : il disait qu'. Controverses. Le Festival de Cannes a souvent eu des imprévus, des controverses. Des starlettes qui se font photographier, à une partie de la poitrine qui sort de la robe, souvent ce sont des imprévus qui créaient du mouvement à la montée des marches. En 1946, première vraie édition du Festival, les organisateurs proposaient des projections gratuites au public et aux professionnels. Mais, les commerçants ne l'entendirent pas de la même oreille, et feront grève durant la totalité du Festival : ils pensaient que cela nuirait à leurs activités économiques. Cette même année, lors de la première projection, celle du film d'Alfred Hitchcock "Les Enchaînés", les techniciens mélangèrent les bobines de pellicule et la projection fut une vraie catastrophe. Il n'y eut pas de nouvelle séance et le film repartit bredouille. On remarque aussi l'édition 1967 : Gunther Sachs, le mari de Brigitte Bardot, qui aurait marchandé la venue de sa conjointe en échange de la projection du documentaire "Batouk" qu'il produisait. Autre controverse majeure en 1975 avec l'explosion du Palais des Festivals. Cet attentat avait été provoqué par Le Comité de lutte populaire contre la perversion du peuple, fort heureusement pour la direction du Festival, personne ne fut blessé, et la cérémonie put continuer. Photographes et célébrités féminines. Les photographes ont parfois provoqué une médiatisation alternative du Festival à cause de quelques célébrités féminines, notamment pour des raisons plus ou moins érotiques. Lors du Festival de Cannes 1954, alors que le festival n'en était qu'à sa , Simone Silva posait au bord de l'eau avec Robert Mitchum pour des photographes. Alors que le soleil chauffait, les photographes demandaient une pose sexy à l'actrice qui finit par enlever son soutien-gorge, l'acteur pressant alors ses seins contre lui. Le cliché fit le tour du monde, provoquant un scandale énorme autour du Festival et de l'actrice. Simone Silva fut contrainte de quitter le festival. En 1983, alors que les travaux inachevés du nouveau Palais des Festivals menacent de mettre fin à la , Isabelle Adjani refuse de participer à la conférence de presse et au photocall du film "L'Été meurtrier" et provoque la première, et unique, grève des photographes : ils déposèrent leurs appareils au pied des marches et tournèrent le dos à la star lors de sa montée des marches pour protester contre son attitude. Un autre événement fit le tour du monde en 2005 : alors qu'elle montait les marches, une bretelle de la robe de Sophie Marceau se détacha et un de ses seins fut accidentellement mis à nu. Sans le vouloir, elle devint l'un des événements du Festival de Cannes 2005 et celui de 2015. En 2008, l'actrice porno Yasmine provoqua quant à elle un scandale volontaire en soulevant sa robe sur les marches alors qu'elle n'avait pas de culotte en dessous. Autre événement, l'actrice Bella Hadid fait parler d'elle en robe ultrasexy ultrafendue lors du Festival de Cannes 2017 Critique et journalistes. Le Festival de Cannes a souvent été critiqué. Mais il n'est pas le seul à avoir été touché, quelques films ont aussi dû subir les commentaires de certains magazines. Lors du Festival de Cannes 1973, une partie des critiques présents, accompagnés par le public, se déchaîneront contre le long métrage "La Grande Bouffe" de Marco Ferreri : « Immonde et scatologique » pour "Télé 7 jours", « cinéma de pot de chambre » pour "Minute", « l'enfer et l'ordure, le cauchemar et la complaisance, l'ennui et les latrines » pour Jean Cau dans "Paris Match". Mais l'équipe du film n'en tiendra pas compte et ripostera : Philippe Noiret dira : . On verra aussi le réalisateur, Marco Ferreri, du haut d'un balcon, envoyer des baisers aux gens qui le huent, avec la braguette ouverte. Cette même année, "La Maman et la Putain" de Jean Eustache provoque également une forte polémique du fait de ses dialogues crus et la réception par le réalisateur du prix spécial du jury, lors de la cérémonie de clôture, sera accompagnée de sifflets. En 1985, ce n'est pas la critique qui se déchaînera, mais le journaliste Noël Godin qui avait alors décidé d'entarter Jean-Luc Godard venu présenter son film "Détective". Pannes techniques. Les pannes techniques, essentiellement causées par des prestataires, peuvent perturber les projections du festival comme cela fut le cas, dans le Grand Théâtre Lumière du Palais du Festival, pour le film "Okja" du Sud-Coréen Bong Joon-ho, en lice pour la Palme d'or, avec une interruption de 7 à 8 minutes pour un problème technique. Quelques beaux moments. En 1955, le Prince Rainier de Monaco rencontra Grace Kelly alors qu'il venait voir "La Main au collet" d'Alfred Hitchcock en projection officielle. Ils se marièrent l'année suivante. De même, en 1980, Kirk Douglas rencontra sa future épouse Anne Buydens. Peu de temps après la mort de François Truffaut, lors du Festival de Cannes 1985, ses comédiens principaux se réunissent sur scène pour un dernier hommage et une photo. Quelques années plus tard, en 1989, les enfants et petits enfants de Charlie Chaplin montent sur scène pour le centenaire de sa naissance. En l'honneur de Jeanne Moreau, présidente du jury en 1995, la chanteuse et actrice Vanessa Paradis a interprété "Le Tourbillon de la vie", chanson du film "Jules et Jim". Les cinq acteurs principaux du film "Indigènes", Samy Naceri, Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Bernard Blancan, ont chanté "Le Chant des tirailleurs" lors de la remise du prix d'interprétation masculine en 2006. En 1998, Roberto Benigni était en sélection officielle avec son long métrage "La Vie est belle". Lorsque Martin Scorsese, le président de cérémonie, lui remit le grand prix, il sursauta sur son siège en entendant son nom et baisa les pieds du président. En 2002, Thierry Frémaux inaugure avec "Pépé le Moko" la projection cinéma numérique de films classiques restaurés. Le Festival en chiffres. De 1946 à 2009, des milliers de films ont été projetés. Voici en bref les chiffres les plus marquants du Festival : La palme d'or a fait son apparition en 1955 et a été remplacée entre 1964 et 1974 par le terme grand prix du festival. Le Festival au cinéma et à la télévision. Le Festival de Cannes a été le décor, voire le sujet, de tout ou partie des films suivants : |
Ford Ford (officiellement Ford Motor Company ou FMC) est un constructeur automobile américain, basé à Dearborn, une banlieue de la ville de Détroit, dans l'état du Michigan. Histoire. Débuts. C'est le , qu'Henry Ford crée la Ford Motor Company avec le soutien de onze investisseurs ayant réuni un capital de en espèces (soit 797 000 dollars en 2019). Les premières voitures furent livrées le 23 juillet 1903. L'usine est installée dans une ancienne fabrique de fiacres de Détroit, elle connaît des débuts difficiles. Mais Henry Ford fourmille d'idées : en cinq ans, il crée dix-neuf modèles différents. L'entreprise importe du caoutchouc du Congo léopoldien pour la fabrication de pneus et pièces de moteurs. Le succès vient en 1908 avec l'arrivée de la célèbre Ford T le . Ce modèle fut vendu à plus de quinze millions d'exemplaires dans le monde. Le succès de la Ford T fut tel que la demande dépassera l'offre. Ford n'eut même pas besoin de faire de publicité de 1917 à 1923. En 1922, Ford rachète le constructeur américain Lincoln à Cadillac. Pour produire la Ford T, Henry Ford dut mettre en place une nouvelle méthode de travail, appelée plus tard le « fordisme », inspirée directement du taylorisme, lui-même nommé O.S.T. (organisation scientifique du travail). Cette méthode se répandit rapidement au sein de l'ensemble des industries de transformation. Pour faire face à une relative saturation du marché résultant d'une diffusion très large de la Ford T, Henry Ford élabore le principe du renouvellement des versions pour ses automobiles. De nouvelles versions de la Ford T apparaissent, parfois avec des modifications mineures par rapport aux versions précédentes, afin que le marché soit régulièrement stimulé par cet effet de mode. Critiqué pour son importation de caoutchouc congolais (travaux forcés), Ford se tourne vers des productions brésiliennes et indonésiennes. Le succès du Modèle T permet à Ford de s'agrandir considérablement aux États-Unis, mais également en Asie (1909), en Amérique du Sud, en Europe (1911) et en Australie (1925), de nouveaux sites de production et d'assemblage voient le jour. Ce développement fulgurant s'accompagne d'un système de rémunération unique pour l'époque : pour huit heures de travail par jour en 1914. Il permet de produire les volumes suffisants pour faire face à l'engouement pour la voiture des "années folles". Il met en place la première chaîne d'assemblage le . Pendant la Première Guerre mondiale, Ford produit des sous-marins, des chars, des avions et des ambulances pour les Alliés. La société se lance par la suite dans la production de camions et de tracteurs (Fordson) en 1917. Suivit la production aéronautique en 1925 (avion Tri-Motor), rapidement stoppée par la dépression économique qui sévira aux États-Unis après la crise de 1929. En 1919, Henry Ford prend sa retraite et transmet les pouvoirs à son unique fils, Edsel, tout en continuant à s'intéresser de très près à la société. Dans les années 1920, le fordisme et ses corollaires – la mécanisation, l’amélioration des conditions de travail et le développement de l’économie – font d’Henry Ford un héros populaire en URSS et les ventes de véhicules Ford décuplent entre 1922 et 1925. Après la Première Guerre mondiale Ford inspire d'autres industriels, en Europe, tel que et devient le constructeur mondial, derrière Ford, en 1929. À la même époque, Ford achète le journal "The Dearborn Independant" qu'il transforme en tribune antisémite. Il compilera plus tard ses articles dans le livre "Le Juif international", traduit en plusieurs langues, et qui inspira les écrits d'Adolf Hitler. Ainsi, Henry Ford est le seul américain cité dans "Mein Kampf" et fut le seul à avoir son portrait dans le bureau d'Hitler. Le , Ford sort sa dix-millionième voiture. Dans les années 1930, Ford se constitue, selon l'expression du quotidien "The New York Times", . L'entreprise s'associe à la pègre de Détroit notamment afin de recruter des mercenaires capables d'intimider les syndicalistes et de mener des actions punitives contre les ouvriers grévistes. Dès 1927, la direction de Ford passe un accord avec le « Al Capone de Détroit », Chester LaMare, puis s'associe à Joe Adonis, l'un des chefs de la mafia new-yorkaise. Après un accident de la route survenu à Henry Ford, en 1927, Harry Bennett, le « directeur du personnel » et véritable de l'entreprise, se dit en mesure de rassurer le public quant à l'hypothèse que son patron aurait été victime d'un attentat : . L'affrontement le plus violent entre des recrues de la milice patronale et des syndicalistes eut lieu le , devant l'usine de River Rouge où des dizaines d'ouvriers syndiqués à la United Auto Workers s’apprêtant à distribuer des tracts sont attaqués. D'après les témoignages réunis par la Commission nationale des relations industrielles en juillet 1937, cinq miliciens étaient affectés pour chaque syndicaliste. En raison de la violence de ses pratiques anti-syndicales, le "New York Times" dit de Ford qu'il était . En 1927, Ford décide de remplacer la mythique Ford T et lance la Ford A. Ford s'implante de manière plus importante en Europe, notamment à Bordeaux, France en 1925, à Dagenham, Angleterre en 1929, puis à Cologne en Allemagne en 1930. Le site de Cologne devint le quartier général de Ford Europe. En 1932, Ford fut le premier constructeur à commercialiser un moteur V8, tandis que l'entreprise soviétique GAZ fonde son usine la même année, grâce à l'aide technique complète de Ford (chaîne d'assemblage, fourniture de moteurs, organisation, introduction du fordisme, envoi de coopérants, formation du personnel, etc.), trois ans après la signature de l'accord entre la société de Détroit et le gouvernement soviétique. À l'origine, l'usine Ford se situait à Berlin et a été vendue à l'URSS. La GAZ-A est la première voiture de la nouvelle société, réplique de la Ford A et le GAZ-AA, réplique du Ford AA assemblé son premier camion, dont la durée de vie ira au-delà de la Seconde Guerre mondiale. Ces modèles sont produits sous licence Ford. Les relations entre Henry Ford et Serguei Dyakanov, premier directeur de GAZ, étaient étroites et bonnes, professionnelles et personnelles. Cette amitié valut au soviétique de la part des autorités de son pays des soupçons d'intelligence avec l'étranger et de dérive droitière (à l'époque des Grandes Purges), et d'être arrêté, accusé, jugé et tué le par le NKVD pour espionnage au profit de gouvernements étrangers. Le , Ford sort sa 25 millionième voiture. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Ford se consacre à l'effort de guerre « allié » en construisant des bombardiers, des jeeps, des moteurs d'avions, des chars de combat pour le complexe militaro-industriel des États-Unis. En 1939, Edsel, le fils d'Henry Ford fonde la marque de voitures de luxe Mercury. Les usines de Ford en URSS produisent un très grand nombre de camions et autres véhicules pour l'Armée rouge, tandis que l'usine allemande (Fordwerke) et l'usine de Poissy en France ont produit un grand nombre de véhicules militaires utilisés par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. General Motors et Ford deviennent les principaux fournisseurs de la Wehrmacht en véhicules de transport de troupes. Ford a nié ces allégations, toutefois il est prouvé que la société avait commencé à exploiter la main-d'œuvre de travailleurs forcés et de prisonniers de guerre avant même l'institution de cette exploitation très rentable par le gouvernement allemand. Des accusations identiques ont été portées contre de nombreuses entreprises américaines ayant des activités en Europe au moment du conflit. Mais aucune n'aura à ce point inspiré le national-socialisme. Après-guerre, l'entreprise recevra, des compensations de l’État américain pour les bombardements subis. Toutefois, elle versera en 2001, deux millions de dollars destinés à indemniser les victimes du travail forcé. Le président de la société, Edsel Ford, meurt prématurément en mai 1943. Ce sera Henry Ford qui le remplacera jusqu’à ce que l'aîné de ses petits-enfants, Henry Ford II, lui succède en septembre 1945. Henry Ford ne verra pas le renouveau de sa marque, il meurt le à l'âge de . Étonnamment, le passé nazi et antisémite de Henry Ford a été occulté dans beaucoup de ses biographies. Henry Ford incarne un tel modèle de réussite industrielle que certains préfèrent masquer les aspérités les plus grossières d'un homme qui resta un des contributeurs à l'antisémitisme américain. Après la Seconde Guerre mondiale, la Ford Motor Company est dans une situation critique : les modèles sont vieux, la société perd plusieurs millions de dollars chaque mois. Henry Ford II entreprend alors de réorganiser et de décentraliser la compagnie, pour lui permettre de faire face à une concurrence féroce. Quarante-quatre usines de fabrication, dix-huit usines d'assemblage, trente-deux centres de distribution de pièces détachées et treize centres de recherche/développement sont construits. La Ford Credit Company (service de financement) est créée en 1959, Motorcraft (pièces détachées) en 1961. C'est en 1963 que Ford ouvre sa première usine africaine, en montant des moteurs à Port Elizabeth. Avec le site d'assemblage de véhicules à Pretoria ouvert en 1968, l'Afrique du Sud demeure le seul pays d'implantation du constructeur sur le continent. En janvier 1956, Ford Motor Company ouvre son capital au public. Les actionnaires sont à aujourd'hui. Entre 1950 et 1970, la société va connaître une nouvelle phase mondiale de développement. La fameuse Ford Mustang sort en 1964 sur le marché américain. Sur le plan européen, de nombreuses infrastructures sont mises en place, avec, après la création de Ford France, celle de Ford Europe en 1967. En 1978, des plaintes sont déposées pour homicide après que trois personnes soient mortes brulées dans des Ford « Pinto ». Divers indices rassemblés par des journalistes indiquent que les dirigeants de la compagnie avaient, en toute connaissance de cause, choisi de mettre en vente le modèle alors qu'un défaut du réservoir à essence la menaçait d'explosion en cas de collision par l'arrière. Il s'agit de la première affaire de l'histoire judiciaire des États-Unis où une grande entreprise est accusée de meurtre. Cette même année, des responsables de Ford Motor Company sont présentés devant la justice pour avoir versé un million de dollars à un général indonésien afin d'obtenir un contrat d'une trentaine de millions de dollars. Histoire récente. En 1979, Ford entre dans le capital du japonais Mazda, en prenant 24,5 %. En , Ford se renforce et porte sa participation à 33,4 % pour de dollars. Ford est alors le premier actionnaire de Mazda. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, Ford rachète les marques de luxe Aston Martin (1987), Jaguar (1990) ainsi que Volvo Cars (branche automobile de Volvo) au groupe Volvo AB pour de dollars en 1999. Le , Ford rachète Land Rover au constructeur allemand BMW. Le , Ford finalise le rachat de Land Rover pour un montant de de dollars soit environ trois milliards d'euros. En , en difficulté financière, Ford cède Aston Martin à un groupe d'investisseurs britanniques pour une somme avoisinant le milliard d'euros. Aston Martin venait pourtant de réaliser un bénéfice d'environ d'euros pour la première fois depuis plusieurs années. Le , Ford cède Jaguar et Land Rover à l'indien Tata Motors. Puis, en , Ford revend 20,4 % du capital de Mazda pour de yens, soit d'euros. Ford ne possède plus que 11 % du japonais. Le , le groupe Ford vend la marque automobile suédoise Volvo au constructeur chinois Geely pour de dollars. Cette vente a été signée au siège de Volvo Cars en Suède par le directeur financier de Ford et le président de Geely ce même jour. À la suite de la vente de Volvo Cars, la division Ford Premier Automotive Group disparait. En , Ford décide d'abandonner la marque américaine Mercury. La production doit être définitivement arrêtée fin 2010. En , Ford ramène sa participation dans Mazda Motor à 3,5 % et n'est plus le premier actionnaire du constructeur automobile japonais. En 2006, Ford détient un portefeuille de huit marques : Ford, Aston Martin, Land Rover, Lincoln, Mercury, Jaguar, Volvo et Mazda. En 2010, ce portefeuille est ramené à deux marques, la marque historique Ford et la marque de voitures de luxe Lincoln. Les autres marques ont été soit arrêtées, soit cédées. Le groupe annonce en 2021 un investissement de 11,4 milliards de dollars pour développer des modèles électriques. Marché mondial. Longtemps deuxième constructeur mondial, derrière General Motors, Ford est passé troisième en 2004 après avoir été dépassé par Toyota, puis quatrième derrière le groupe Volkswagen en 2011. Il emploie environ dans le monde. En janvier 2006, face à des pertes considérables et à l'érosion de ses parts de marché sur le marché américain (de 25 % en 1998 à 18,6 % en 2006), la société annonce un vaste plan de restructuration et la suppression de dans la division nord-américaine. Pendant la crise économique de 2008, Ford, qui affiche des pertes, revend plusieurs marques afin de dégager des liquidités. En 2010, la marque affiche un résultat net de de dollars, contre en 2009 et après avoir cumulé de dollars de pertes entre 2006 et 2008. Le chiffre d'affaires s'établit en 2010 à de dollars (environ ), et les volumes de ventes atteignent de véhicules. Ford est bénéficiaire partout : en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe et en Asie-Pacifique-Afrique. En octobre 2012, Ford restructure sa division européenne en annonçant la fermeture en 2014 de l'usine de Genk en Belgique, où travaillaient encore ; en plus de l'annonce de la fermeture de l'usine de Southampton en Grande-Bretagne, où travaillaient . En 2013, Ford a vu ses ventes progresser de 49 % en Chine avec véhicules écoulés. En mai 2017, annonce de la suppression de dans des postes administratifs. En août 2018, Ford célèbre le 10 millionième exemplaire produit de la Mustang. Le 9 septembre 2021, le constructeur annonce se retirer d'Inde et y fermer ses usines, implantées depuis la fin des années 1990, d'ici à la fin 2022. En Europe. La branche européenne de Ford est un des six grands constructeurs automobiles européens. Elle collabore avec Peugeot-Citroën, avec qui elle produit en commun ses moteurs Diesel. Basée en Allemagne, Ford Europe possède des usines dans les pays suivants : Le 10 janvier 2019, Ford annonce la suppression d'un certain nombre d'emplois et la fermeture de plusieurs sites en Europe en raison d'une perte de parts de marché importante sur les vingt dernières années (chute de plus de 11 %). En février 2023, Ford annonce la suppression de 3800 postes, principalement en Allemagne et au Royaume-Uni. Modèles d'automobiles Ford. "Listes non-exhaustives" Modèles européens. 2030 : Les futurs modèles tous électriques. En 2021, Ford annonce vouloir opérer une transition vers le tout électrique d'ici à 2030. Le groupe annonce à cet effet un investissement d'un milliard de dollars pour son site de Cologne en Allemagne afin d'"accélérer la production de ses véhicules électriques et développer et électrifier de manière substantielle sa gamme de véhicules utilitaires". Conduite automatisée. En 2020, Ford est également partie prenant du programme de véhicule automatisés d'Argo AI. Co-entreprises. En 1995, Ford s'allie avec JiangLing pour construire les utilitaires Ford Transit puis avec ChangAn pour les berlines. Compétition automobile. Lors de ses débuts, le constructeur américain a engagé ses voitures dans la compétition automobile, lui permettant de gagner en notoriété. Aujourd'hui, Ford participe toujours au SportsCar Championship et aux NASCAR Cup Series aux États-Unis. En Europe, Ford participe, entre autres, aux 24 Heures du Mans (une épreuve qu'elle a remportée à quatre reprises au général avec sa Ford GT40, en 1966, 1967, 1968, et 1969) dans les catégories GTE Pro et GTE Am. La Formule Ford est une catégorie de monoplaces en existence depuis les années 1960. Ford va rentrer officiellement en F1 en tant que motoriste à partir de 2026 pour l'écurie Redbull. Controverses. Argentine. En 2017, d'anciens cadres de la branche argentine de Ford sont jugés à Buenos Aires pour complicité dans les tortures et exécutions de sous la dictature militaire. En 1976, après le coup d’État contre le gouvernement d'Isabel Perón, une unité de l'armée avait investi l'usine Ford et avait fait peu à peu disparaitre 24 délégués syndicaux. Les cadres de l'entreprise Ford de Buenos Aires sont accusés d'avoir autorisé la mise en service d'un centre de torture clandestin au sein de l'usine et d'avoir désigné les leaders syndicaux à éliminer. L'entreprise a bénéficié de ce climat de terreur pour augmenter les cadences de productivité de l'usine et supprimer toute revendication sociale. États-Unis d'Amérique. À la suite de la mort d'un couple en 2014, Ford a été condamné le vendredi 19 août à verser 1,7 milliard de dollars, ce qui équivaut à 1,69 milliard d'euros de dommages et intérêts pour un défaut de fabrication sur l'un de ses modèles de pick-up. Le F-250 Super Duty des victimes a effectué un tonneau après une crevaison alors qu'il circulait sur une route non loin d'Americus, dans l'état de Géorgie. Le toit du véhicule retourné avait cédé, écrasant le couple dans l'habitacle. France. Le 13 décembre 2018, Ford est accusé de « trahison » par le ministre de l'économie et des finances français, Bruno Le Maire. Un communiqué de Ford indique son refus d'accepter l'offre de reprise du Franco-Belge Punch Powerglide pour son site de Blanquefort. Cette décision, qui a pour conséquence d'engendrer un plan social et la perte de 850 emplois, provoque une réaction de colère de la part du ministre qui reproche à Ford de ne pas avoir tenu ses promesses et ne pas avoir tenu compte de la catastrophe humaine et sociale qui naîtra de sa décision. Il reproche aussi à Ford de ne pas avoir daigné lui répondre au téléphone, bien qu'il tente de joindre la direction de l'entreprise américaine : Le 21 décembre 2018, la métropole de Bordeaux annonce vouloir demander à Ford de lui rendre l'argent qu'elle avait alloué afin de tenter de sauver le site de Ford Blanquefort. Une motion est votée qui demande le remboursement d' d'euros versés par la collectivité selon un contrat-cadre datant de 2013. Les élus, qui qualifient de « scandaleuse » la décision de Ford de ne pas avoir accepté l'offre de reprise de Punch Porwerglide, justifient cette demande de remboursement afin que ces sommes . Le 7 janvier 2019, l'administration révèle qu'elle a vingt-et-un jours, soit jusqu'au 28 janvier, pour valider le plan social proposé par Ford pour son site de Blanquefort. L'État espère toujours convaincre l'entreprise américaine de revendre son usine de Blanquefort au Belge Punch. Le 7 février 2019, les salariés de l'usine de Blanquefort refusent le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) proposé par Ford. Le 4 juin, la CGT décide d'assigner le constructeur devant le TGI de Bordeaux pour tenter de bloquer la fermeture de l’usine. Le syndicat conteste, en effet, le motif économique avancé pour justifier cette fermeture, et reproche à Ford un abus de droit de refuser un repreneur. Le 24 juillet, sans préavis, la production est stoppée par la direction du site. La direction France confirme la fin de la production. Gilles Lambersend, secrétaire CGT du comité d'entreprise, affirme que la direction a profité de l'absence d'une partie des syndicalistes pour vider les chaines de montage. |
Liste des fleuves de France Ces tableaux présentent le classement non exhaustif des fleuves de France, selon leur longueur sur le territoire national. Les rivières du pays sont traitées dans un article séparé. France métropolitaine. Sans être exhaustive, cette liste des cours d'eau métropolitains est classée, par défaut, en ordre alphabétique croissant. Il est indiqué la longueur du cours d'eau et le nom de la mer ou océan dans lequel il se déverse. Guyane. Liste des fleuves de Guyane, ordonnée par longueur décroissante. Tous ces fleuves se jettent dans l'océan Atlantique. La Réunion. Liste des fleuves de La Réunion, ordonnée par ordre alphabétique. Tous ces fleuves se jettent dans l'océan Indien. Guadeloupe. Liste des fleuves de la Guadeloupe de plus de de longueur, ordonnée par longueur décroissante. Tous ces fleuves sont situés sur l'île de Basse-Terre. |
Frank Herbert Frank Herbert, né Frank Patrick Herbert, Jr. le à Tacoma dans l'État de Washington et mort le à Madison dans le Wisconsin, est un écrivain américain, auteur de romans de science-fiction. Ses œuvres connurent un succès critique et commercial. Il doit principalement sa célébrité au roman "Dune" et à la série de cinq romans qui s'ensuivit. La saga de "Dune" aborde des thèmes tels que la survie de l'espèce humaine et son évolution, l'écologie, ou encore les interactions entre la religion, la politique et le pouvoir. Elle est considérée par beaucoup comme un classique dans le domaine de la science-fiction. Biographie. Frank Herbert est né le à Tacoma dans l'État de Washington, de Frank Herbert et Eileen McCarthy Herbert. Il décide très tôt de devenir écrivain. Il termine ses études secondaires en , et en , il ment sur son âge afin d'obtenir son premier emploi pour le journal "Glendale Star". Pendant la Seconde Guerre mondiale, sa carrière d'écrivain est momentanément suspendue lorsqu'il sert les Seabees de l'US Navy pendant six mois en tant que photographe, avant de devoir arrêter cette activité pour raisons médicales. En , il épouse Flora Parkinson à San Pedro en Californie. Il divorce en après la naissance de sa fille, Penny. Après la guerre, il s’inscrit à l'université de Washington, où il rencontre Beverly Ann Stuart en lors d'un cours d'écriture créative. Ils sont les seuls à réussir à vendre et faire publier une partie de leur travail : Herbert parvient à vendre deux histoires d'aventure à un "pulp magazine" et Beverly une au magazine "Modern Romance". Herbert n'obtient cependant pas de diplôme universitaire, car il ne veut étudier que les sujets qui l'intéressent. Après l'université, il se remet au journalisme en travaillant pour le "Seattle Star", l"Oregon Statesman" et le "San Francisco Examiner's California Living Magazine". Frank et Beverly se marient en à Seattle. Ils auront deux fils, Brian, né en , et Bruce, né en . En , Herbert vend son premier récit de science-fiction, "Looking for Something", au magazine "Startling Stories". La même année, il publie sa première nouvelle de science-fiction dans "Astounding" et devient "psychanalyste jungien", et analyste. Dans les années qui suivent, il fait paraître près de vingt nouvelles de ce genre. Mais sa carrière d’écrivain débute véritablement avec la publication du "Dragon sous la mer" ("The Dragon in the Sea") en , inspiré par sa longue étude de la psychologie des profondeurs. Il utilise l’environnement d'un sous-marin du pour explorer les rouages de la folie. Le livre prédit des conflits mondiaux autour de la consommation et de la production de pétrole. Il est très bien accueilli par la critique mais ne devient pas pour autant un succès commercial. En , alors qu’il est censé rédiger un article sur les dunes de Florence (de l'Oregon Dunes National Recreation Area) dans l'Oregon, Herbert se retrouve captivé par le sujet et accumule beaucoup plus d'informations qu'il ne lui en faut pour un simple article. Ce dernier ne sera d'ailleurs jamais écrit, mais il marque le début de l'écriture de la saga de "Dune". Dans les années 1960, Herbert peut se consacrer entièrement à sa carrière d'écrivain grâce à sa femme, qui reprend alors un travail à temps plein comme publicitaire. Après six ans d'écriture et de recherche, Herbert achève enfin "Dune". Le roman, bien plus long que les histoires de science-fiction de l'époque, est d'abord publié dans la revue "analog" en deux parties, en et , mais est ensuite rejeté par près de vingt éditeurs avant d'être finalement accepté par Chilton, une petite maison d'édition de Philadelphie, qui lui offre une avance de . "Dune" reçoit bientôt les faveurs de la critique, puis remporte le prix Nebula en et le prix Hugo en 1966. Il s'agit du premier roman de science-fiction accordant une grande place à l'écologie, mais qui fait également intervenir des thèmes tels que la politique, la religion, ou encore la survie de l'espèce humaine. Herbert utilise également des points de vue multiples à l'aide de ses différents personnages, une approche que l'on retrouve par la suite dans toutes ses œuvres . Le livre ne devient cependant pas immédiatement un "best-seller". Jusqu'en 1968, Herbert en tire bien plus que la plupart des romans de science-fiction de l'époque (), mais pas suffisamment pour lui permettre de devenir écrivain à plein temps. La publication de "Dune" lui ouvre néanmoins de nouvelles portes. De à , il travaille comme rédacteur pour la section éducation du journal "Seattle Post-Intelligencer" et comme maître de conférences en études générales et interdisciplinaires à l'université de Washington. En 1972, il travaille au Viêt Nam et au Pakistan comme consultant en écologie. En 1973, il est directeur-photographe pour le show télévisé "The Tillers". En , il cesse d'écrire pour les journaux et devient un écrivain à plein temps. Pendant les années 1970 et 1980, il profite d'un succès commercial considérable en tant qu'auteur. Il partage son temps entre ses deux résidences, l'une à Hawaï et l'autre dans l'État de Washington, et écrit de nombreux livres où il met en avant ses idées écologiques et philosophiques. Sa maison de l'État de Washington est un « projet de démonstration écologique ». Il poursuit le cycle de Dune qui comportera finalement six volumes. Il publie également d'autres livres, tels que "Et l'homme créa un dieu", le "Cycle des Saboteurs" ou encore le "Cycle du Programme Conscience" en coopération avec Bill Ransom. Mais, en , sa femme Beverly est victime d'un cancer. Elle subit une opération qui lui permet de survivre mais qui affecte sa santé. Elle meurt en , l'année où est publié "Les Hérétiques de Dune". 1984 est une année tumultueuse pour Herbert, qui assiste également à l'adaptation au cinéma de "Dune" par David Lynch. Malgré de fortes attentes, une production à gros budget et une distribution incluant plusieurs stars hollywoodiennes, le film est dans l'ensemble mal accueilli par la critique aux États-Unis. En revanche, il connaît le succès en Europe et au Japon . Après la mort de sa femme, Herbert épouse Theresa Schackleford en et publie "La Maison des mères", dernier volume du "cycle de Dune" qu'il écrira, bien qu'une suite ait été prévue. La postface de l'ouvrage contient un hommage à sa défunte femme Beverly. Le , il décède d'une embolie pulmonaire survenue à la suite d'une opération pour soigner son cancer du pancréas, à l'âge de 65 ans. Thèmes et idées. En explorant dans ses romans de science-fiction des thèmes variés tels que la philosophie, la religion, la psychologie, la politique ou encore l'écologie, Frank Herbert a conduit bon nombre de ses lecteurs à s'intéresser eux-mêmes à ces domaines. Cet engouement s'est révélé tel chez certains lecteurs que ces derniers se sont mis à lire tout ce qu'avait pu écrire Herbert, le considérant comme une référence sur les sujets abordés dans ses œuvres. Mais lorsqu'on lui demanda à plusieurs reprises s'il était en train de créer un nouveau culte, Herbert déclara clairement qu'il y était fermement opposé. Il veillait également soigneusement à ne pas donner de réponses précises aux questions qu'il soulevait dans ses romans. Parmi les idées importantes évoquées dans ses livres, on peut citer : Pour certains lecteurs, Beverly Herbert est l’inspiratrice du personnage de dame Jessica (de la même manière qu’Edith Tolkien avait inspiré à son mari celui de Lúthien Tinúviel dans "Le Silmarillion"). Œuvres. Recueils de nouvelles. Frank Herbert a également publié de nombreuses nouvelles, des essais et de la poésie (sans traduction française). De nombreux livres lui ont été consacrés. |
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