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v9-829-0
LANDERNEAU, Landernacum
LANDERNEAU, Landernacum, (Géogr.)​ petite ville de France dans la basse Bretagne, sur la riviere d’Elhorn, à 8 lieues E. de Brest. Long. 13. 22. latit. 48. 25. (D. J.)​
[ [ "48 25' N 13 22' E" ] ]
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v9-830-0
LANDFOCTIE
LANDFOCTIE, (Géog.)​ ce mot d’origine allemande, land-vochtey, & travesti à la françoise, peut se rendre autrement par bailliage ou préfecture, & en latin par præfectura. On dit cependant la landfoctie de Haguenau, pour signifier une partie de l’Alsace, dont Haguenau est le chef-lieu. (D. J.)​
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v9-832-1
Landi stato di
Landi stato di (Géog.)​ nom d’un district assez considérable d’Italie, sur les frontieres des états de la république de Gènes, dépendant du duché de Plaisance.
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v9-836-0
LANDRECI
LANDRECI, (Géograph.)​ dans les titres latins Landericiacum, Landericia, petite & forte ville de France dans le Hainault. François I. s’en étant rendu maître, Charles V. la reprit en 1543. Louis XIV. la prit en 1655. Elle fut cédée à la France par le traité des Pyrénées. Ses fortifications sont du chevalier de Ville & du maréchal de Vauban. Elle est dans une plaine sur la Sambre, à 6 lieues N. E. de Maubeuge, 7 S. E. de Cambrai, 11 S. O. de Mons, 35 N. E. de Paris, Long. 21. 28. lat. 50. 4. (D. J.)​
[ [ "50 4' N 21 28' E" ] ]
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v9-838-0
LANDSBERG
LANDSBERG, (Géogr.)​ nom de plusieurs villes d’Allemagne, l’une dans la Baviere sur la Leck, une autre dans la nouvelle Marche de Brandebourg, une troisieme dans la province de Natangen en Prusse, sur la Stein ; enfin une quatrieme en Misnie dans l’Osteriand.
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v9-839-0
LANDSCROON
LANDSCROON, (Géogr.)​ fort de France en haute Alsace, dans le Suntgau, à une lieue de Bâle, sur une hauteur. Long. 25. 7. lat. 47. 36.
[ [ "47 36' N 25 7' E" ] ]
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v9-84-0
JURA
JURA, (Géog.)​ haute montagne qui sépare la Suisse de la Franche-Comté : les anciens l’ont nommé Jurassus, & les Allemans l’appellent Leberberg. Cette chaîne de montagnes commence un peu au-delà de Genève, où elle fait le célebre pas de l’Ecluse, ne laissant qu’un chemin étroit entre le Rhône & la montagne ; & ce chemin est fermé par une forteresse qui appartient à la France ; de-là le mont Jura court du sud-ouest au nord-ouest, couvrant le pays de Vaud, celui de Neuf Châtel & le canton de Soleurre, jusqu’au Botzberg, appellé Vocatius par Tacite. (D. J.)​
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v9-84-1
Jura, l'ile de
Jura, l’ile de (Géog.)​ petite île d’Ecosse, l’une des Westernes, de huit lieues de long sur deux de large ; elle abonde en pâturages, & on y pêche de bons saumons. Long. 11 deg. 12 min. 50 sec. lat. 56 deg. 15 min. 53. sec. (D. J.)​
[ [ "56 15' 53\" N 11 12' 50\" E" ] ]
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v9-840-0
LANDSHUT
LANDSHUT, (Géogr.)​ en latin moderne Landsavia Bavarorum, ville forte d’Allemagne dans la basse Baviere, avec un château sur une côte voisine. Elle est sur l’Iser, à 14 lieues S. de Ratisbonne, 14 N. E. de Munich. Long. 29. 50. lat. 48. 53. Landshut est encore le nom d’un petite ville de Bohême en Silésie, au duché de Schwednitz, sur le ruisseau de Zieder. C’est à Landshut en Baviere que nâquit Ziegler (Jacques) théologien, cosmographe & mathématicien qui fleurissoit dans le xvj. siecle. Sa description latine de la Palestine, Argent. 1536, in-folio, est très-estimée. Paul Jove parle avec grands éloges de l’élégance du tableau qu’il a fait des cruautés de Christiern II. roi de Danemark. Son ouvrage de la Scandinavie est aussi fort instructif. Enfin, ce qu’il a donné sur l’Astronomie, de constructione solidæ sphæræ, Basil. 1536, in-4°. n’est point mauvais, non plus que son Commentaire latin sur le second livre de Pline, qui parut à Basle en 1531. La lecture de quelques-uns de ses ouvrages a été interdite par l’inquisition, sans qu’on en puisse trouver d’autres causes​que l’ignorance des juges de ce tribunal. Ziegler mourut en 1549, âgé de 56 ans.
[ [ "48 53' N 29 50' E" ] ]
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v9-841-0
LANDSKROON
LANDSKROON, (Géogr.)​ Corona, petite mais forte ville de Suede dans la province de Schon. Elle fut cédée à la Suede par le roi de Danemark en 1658, en conséquence du traité de Roschild. Elle est sur le détroit du Sund, à 5 lieues N. O. de Lunden, 5 N. E. de Copenhague. Long. 30. 45. lat. 55. 50.
[ [ "55 50' N 30 45' E" ] ]
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v9-842-0
LANDSTEIN
LANDSTEIN, (Géog.)​ ville & château de Bohême dans le cercle de Bechin, sur les frontieres de la Moravie & de l’Autriche.
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v9-843-0
LANDSTUL
LANDSTUL, (Géogr.)​ bourg d’Allemagne avec un fort château sur un rocher dans le Wasgow, entre Deux-Ponts & Keysers-Lautern. Long. 26. 20. lat. 49. 25.
[ [ "49 25' N 26 20' E" ] ]
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v9-844-0
LANEBOURG
LANEBOURG, (Géog.)​ petite ville de Savoie dans le comté de Maurienne, sur la riviere d’Are, près du mont Cenis. (D. J.)​
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v9-846-0
LANERK
LANERK, (Géog.)​ ville de l’Ecosse méridionale, capitale de la province de Clydsdale, avec titre de vicomté. Elle est près de la Clyd, à 3 lieues S. O. d’Hamilton, 7 de Glasgow, 9 d’Edimbourg, 116 N. O. de Londres. Long. 44. 4. lat. 56. 10. (D. J.)​
[ [ "56 10' N 44 4' E" ] ]
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v9-849-0
LANGEAC
LANGEAC, (Géog.)​ Langiacum, petite ville de France dans la basse Auvergne, diocese de Clermont, élection de Riom, proche l’Allier, entre des montagnes, à 8 lieues N. E. de Saint-Flour, 17 S. E. de Clermont. Long. 21. 10. lat. 45. 3.
[ [ "45 3' N 21 10' E" ] ]
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v9-850-0
LANGELAND
LANGELAND, (Géog.)​ Langelandia, petite île de Danemark dans la mer Baltique. Elle produit du blé, a des paturages & du poisson en abondance. Le nom de Langeland, c’est-à-dire long-pays, marque la figure de l’île, qui a 6 à 7 milles dans sa longueur, & 1 mille dans sa largeur. Il n’y a dans cette île qu’un bourg nommé Rutcoping, un château & six villages. Long. 28. 45. lat. 54. 52. 55.
[ [ "54 52' 55\" N 28 45' E" ] ]
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v9-851-0
LANGENSALTZA
LANGENSALTZA, (Géogr.)​ ville & château d’Allemagne en Thuringe, dans les états de Saxe-Weissenfels.
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v9-852-0
LANGESTRAAT
LANGESTRAAT, (Géog.)​ petit pays de la Hollande méridionale qui se trouve entre les villes de Heusden & la Mayerie de Bois-le-duc.
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v9-853-0
LANGETS, ou plûtôt LANGEAY, LANGEY
LANGETS, ou plûtôt LANGEAY, LANGEY, (Géog.)​ en latin Alingavia, Lingia, Langiacum, ancienne petite ville de France en Touraine sur la Loire, à 4 lieues O. de Tours. Long. 17. 58. lat. 47. 20. (D. J.)​
[ [ "47 20' N 17 58' E" ] ]
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v9-855-0
LANGIONE
LANGIONE, (Géogr.)​ ville d’Asie, capitale du royaume de Lar, avec un grand palais où le roi fait sa résidence. Les Talapoins seuls ont le droit de bâtir leurs couvens & leurs maisons de pierres & de briques ; cette ville est sur une petite riviere à 54 lieues N. E. d’Ava. Long. 116. 20. lat. 18. 38.
[ [ "18 38' N 116 20' E" ] ]
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v9-856-0
LANGO
LANGO, (Géog.)​ nom que les Grecs & les Italiens donnent à l’île de Cos des anciens. Les Turcs l’appellent Stanchio, Stango ou Stancou : c’est une des sporades, à 20 milles de la terre ferme de Natolie. Voyez Cos & Stancou.
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v9-856-1
Lango
Lango, (Géogr.)​ une des îles de l’Archipel, avec une ville de même nom vers les côtes de la Natolie.
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v9-857-0
LANGON
LANGON, (Géogr.)​ petite ville ou bourg de France en Gascogne dans le Bazadois, sur la Garonne, près de Cadillac, à 5 lieues au-dessus de Bordeaux. Long. 16. 46. lat. 44. 51.
[ [ "44 51' N 16 46' E" ] ]
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v9-862-0
LANGRES
LANGRES, (Géog.)​ ancienne ville de France, en Champagne, capitale du Bassigny. Du tems de Jules César, elle étoit aussi la métropole du peuple, appellé Lingones, dont nous parlerons sous ce mot, & se nommoit Andematunum ou Audumatunum. Dans le même tems, cette ville appartenoit à la Celtique, mais elle devint une cité de la Belgique sous Auguste, & y demeura jointe jusqu’à ce que Dioclétien la rendit à la Lyonnoise. Langres, comme tant d’autres villes de France, a été exposée à diverses révolutions. Elle fut prise & brûlée dans le passage d’Atila, se rétablit & éprouva le même sort, lors de l’irruption des Vandales, qui massacrerent S. Didier son évêque l’an de​ J. C. 407. Après que les Barbares eurent envahi l’empire romain, Langres tomba sous le pouvoir des Bourguignons, & continua de faire partie de ce royaume sous les Francs, vainqueurs des Bourguignons. Elle échut à Charles le chauve par le partage des enfans de Louis le débonnaire. Elle eut ensuite ses comtes particuliers jusqu’à ce qu’Hugues III. duc de Bourgogne, ayant acquis ce comté d’Henri duc de Bar, le donna, vers l’an 1179, à Gautier son oncle, évêque de Langres, en échange du domaine de Dijon ; & dans la suite, le roi Louis VII. érigea ce comté en duché, en annexant la ville à la couronne. C’est de cette maniere que les évêques de Langres réunirent Langres au domaine de leur église, & devinrent très-puissans en qualité de seigneurs féodaux, dans toute l’étendue de leur diocese. Odon, comte de Nevers & de Champagne, leur fit hommage pour le comté de Tonnerre ; & cet hommage leur fut renouvellé par Marguerite, reine de Suede & femme du roi Charles. Les rois de Navarre, les ducs de Bourgogne pour leurs terres de la montagne, & les comtes de Champagne pour plusieurs villes & seigneuries se virent aussi leurs feudataires, de sorte qu’ils comptoient parmi leurs vassaux non seulement des ducs, mais encore des rois. Il n’est donc pas étonnant que l’évêque de Langres ait obtenu de Charles le chauve le droit de battre monnoie, & que ce privilege lui ait été confirmé par Charles le gros. Enfin, quoique la face des affaires ait bien changé, ces prélats ont toujours eu l’honneur, depuis Philippes le bel, d’être ducs & pairs de France, jusqu’à nos jours. L’évêque de Langres est resté, comme autrefois, suffragant de l’archevêché de Lyon. Son diocese, qui comprend la ville de Tonnerre, est en tout composé de cent quarante-cinq cures sous six archidiacres. Venons aux antiquités de la ville de Langres, qui nous intéressent plus que l’évêché. Lorsqu’on travailloit dans cette ville, en 1670, 1671 & 1672, à faire des chemins couverts sur la contrescarpe, on y trouva trente-six pieces curieuses, consistant en statues, pyramides, piédestaux, vases, tombeaux, urnes & autres antiquités romaines, qui passerent entre les mains de M. Colbert. On a encore trouvé depuis, en fouillant les terres voisines, quantité de médailles antiques, d’or, d’argent, & de bronze ; plusieurs vases & instrumens qu’on employoit dans les sacrifices, comme un couteau de cuivre, servant à écorcher les victimes ; un autre couteau, appelle secespita, servant à les égorger ; un chauderon, pour en contenir les entrailles ; deux paterres, pour en recevoir le sang ; deux préféricules ; un manche d’aspersoir, pour jetter l’eau lustrale ; une boëte couverte pour l’encens ; trois petites cueilleres d’argent pour le prendre ; deux coins ; & un morceau de succin jaune, substance qui entroit, comme à présent, dans les parfums. Enfin, on a trouvé à Langres ou dans son voisinage, pendant les deux derniers siecles, plusieurs inscriptions antiques, bas-reliefs, statues, fragmens de colonnes, ruines d’édifices, & autres monumens propres à illustrer l’histoire de cette ville. Dans le nombre de ceux qui y subsistent encore, les uns sont enchâssés d’espace en espace dans le corps des murs, qui lui tiennent lieu de remparts ; les autres se voient dans des jardins particuliers, & dans des villages circonvoisins. Il y en a même que certaines familles regardent comme le palladium de leurs maisons. Mais comme le sort de la plûpart de ces morceaux antiques est d’être enlevés de leur pays natal, s’il est permis de se servir de ce terme, pour aller grossir le recueil qu’en font les curieux étrangers, les magistrats de la ville de Langres se sont​depuis long-tems précautionnés contre ces pertes, en marquant dans les registres publics non seulement l’époque & les circonstances de toutes les décourvertes, mais encore en y ajoutant le dessein des bas-relief & des statues, & la copie des inscriptions qu’on a successivement déterrées. Un pareil plan devroit être suivi dans toutes les villes de l’Europe, qui se vantent de quelque antiquité, ou qui peuvent tirer quelque avantage de ces sortes de monumens. Gruter, Reynesius, le P. Vignier jésuite, & Gautherot dans son histoire de la ville de Langres, qu’il a intitulé, l’Anastase de Langres, tirée du tombeau de son antiquité, ont, à la vérité, rassemblé plusieurs inscriptions de cette ville, mais ils ne les ont pas toujours lues ni rapportées avec exactitude ; & pour Gautherot en particulier, ses recherches sont aussi mal digérées que peu judicieuses. L’academie royale des belles-lettres de Paris a expliqué quelques-unes des inscriptions, dont nous parlons, dans le tome V. de son histoire, & cela d’après des copies fideles qu’elle en a reçues de M. l’évêque de Langres. On desireroit seulement qu’elle eût étendu ses explications sur un plus grand nombre de monumens de cette cité. En effet, une de ces inscriptions nous apprend qu’il y eut dans cette ville une colonie romaine ; une autre nous confirme ce que César dit de la vénération que les Gaulois avoient pour Pluton, & de leur usage de compter par nuits, au lieu de compter par jours ; une troisieme nous instruit qu’il y a eu pendant long-tems dans cette ville un théâtre public, & par conséquent des spectacles réglés ; une quatrieme nous fait connoître que la famille des Jules avoit de grande possessions à Langres, ou aux environs ; une cinquieme nous certifie qu’il partoit de cette capitale des peuples de la Gaule celtique, appellés Lingones, beaucoup de chemins pavés, & construits en forme de levées, qui conduisoient à Lyon, à Toul, à Besançon, pour aller de celle-ci aux Alpes. De tels monumens ne sont pas indignes d’être observés ; mais il faut dire un mot de la position de Langres. Elle est située sur une haute montagne, près de la Marne, aux confins des deux Bourgognes, à 14 lieues N. O. de Dijon, 25 S. E. de Troyes, 40 S. E. de Reims, 63 N. E. de Paris. Long. suivant Cassini, 22d. 51′. 30″. lat. 47. 51. Julius Sabinus, si connu par sa revolte contre Vespasien, & plus encore par la beauté, le courage, la tendresse, la fidélité & l’amour conjugal de sa femme Epponina, étoit natif de Langres. Il faut lire dans les Mémoires de l’acad. des insc. t. IX. les aventures également singulieres & attendrissantes de cette illustre dame & de son mari. M. Secousse en a tiré toute l’histoire de Tacite & de Plutarque ; c’est un des plus beaux morceaux de celle des Gaules, par les exemples de vertus qu’elle présente, & par la singularité des évenemens. Il a été écrit ce morceau peu de tems après la mort tragique de Sabinus & d’Epponina, par les deux anciens auteurs que nous venons de nommer, par Tacite, Hist. l. IV. n°. 55. & par Plutarque, In amator, p. 770. leur témoignage, dont on prise la fidélité, ne doit laisser aucun doute sur les circonstances mêmes qui paroissent les plus extraordinaires. Langres moderne a produit plusieurs gens de lettres célebres, & tous heureusement ne sont pas morts ; mais je n’en nommerai qu’un seul du siecle passé, M. Barbier d’Aucourt, parce que c’est un des meilleurs sujets que l’academie francoise ait jamais eu. Barbier d’Aucourt (Jean) étoit d’une famille pauvre, qui ne put lui donner aucun secours pour ses​ études ; mais son génie & son application y suppléerent. Il est connu par ses malheurs, par sa défense du nommé le Brun, accusé faussement d’avoir assasiné la dame Mazel, dont il étoit domestique, & par les sentimens de Cléanthe sur les entretiens d’Ariste & d’Eugene, critique vive, ingénieuse, délicate & solide ; le P. Bouhours tenta de la faire supprimer, & ses démarches en multiplierent les éditions. Barbier d’Aucourt fut ami de Mrs de Port royal, & composa plusieurs écrits contre les Jésuites qu’il haïssoit. Il mourut fort pauvre on 1694, dans sa 53e année. « Ma consolation, (dit-il aux députés de l’academie, qui vinrent le visiter dans sa derniere maladie, & qui lui parurent attendris de le trouver si mal logé,) « Ma consolation, répéta-t-il, & ma très-grande consolation, c’est que je ne laisse point d’héritiers de ma misere ».
[ [ "47 51' N 22 51' 30\" E" ] ]
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v9-864-17
Langues, les
Langues, les, (Géog.)​ petit pays d’Italie, dans la partie méridionale du Piémont & du Montserrat, entre l’Apennin & les rivieres de Tanare, d’Orbe, & de Sture, jusqu’aux frontieres de l’état de Gènes. Il est divisé en langues hautes, dont Albe est la capitale, & en basses, qui sont au sud de la ville d’Asti en Piémont. Ce petit pays est très-fertile & peuplé. (D. J.)​
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v9-866-0
LANGUEDOC, le
LANGUEDOC, le, Occitania, (Géog.)​ province maritime de France, dans sa partie méridionale. Elle est bornée au nord par le Quercy & le Rouergue ; à l’orient, le Rhône la distingue du Dauphiné, de la Provence, & de l’état d’Avignon ; à l’occident la Garonne la sépare de la Gascogne ; elle se termine au midi, par la Méditerranée, & par les comtés de Foix & de Roussillon. On lui donne environ 40 lieues dans sa plus grande largeur, & 90 depuis la partie sa plus septentrionale, jusqu’à sa partie la plus méridionale. Les principales rivieres qui l’arrosent, sont le Rhône, la Garonne, le Tarn, l’Allier, & la Loire ; Toulouse en est la capitale. Je ne dirai qu’un mot des révolutions de cette province, quoique son histoire soit très-intéressante ; mais elle a été faite dans le dernier siecle par Catel, & dans celui-ci, par Dom Joseph Vaistet, & Dom Claude de Vic, en 2 vol. in-fol. dont le premier fut mis au jour à Paris en 1730, & le second en 1733. Le Languedoc est de plus grande étendue que n’étoit la seconde Narbonnoise ; & les peuples qui l’habitoient autrefois, s’appelloient Volsques, Volcæ. Les Romains conquirent cette province, sous le consulat de Quintus Fabius Maximus, 636 ans après la fondation de Rome. Mais quand l’empire vint à s’affaisser sous Honorius, les Goths s’emparerent de ce pays, qui fut nommé Gothie, ou Septimanie, dès le v. siecle ; & les Goths en jouirent sous 30 rois, pendant près de 300 ans. La Gothie ou Septimanie, après la ruine des Wi-​sigoths, tomba sous la domination des Maures, Arabes ou Sarrazins, Mahométans, comme on voudra les appeller, qui venoient d’asservir presque toute l’Espagne. Fiers de leurs conquêtes, ils s’avancerent jusqu’à Tours ; mais ils furent entierement défaits par Charles Martel, en 725. Cette victoire suivie des heureux succès de son fils, soumit la Septimanie à la puissance des rois de France. Charlemagne y nomma dans les principales villes, des ducs, comtes, ou marquis, titres qui ne désignoient que la qualité de chef ou de gouverneur. Louis le Debonnaire continua l’établissement que son pere avoit formé. Les ducs de Septimanie régirent ce pays jusqu’en 936, que Pons Raimond, comte de Toulouse, prit tantôt cette qualité, & tantôt celle de duc de Narbonne ; enfin, Amaury de Montfort céda cette province en 1223, à Louis VIII. roi de France. Cette cession lui fut confirmée par le traité. de 1228 ; en sorte que sur la fin du même siecle, Philippe le Hardi prit possession du comté de Toulouse, & reçut le serment des habitans, avec promesse de conserver les privileges, usages, libertés, & coutumes des lieux. On ne trouve point qu’on ait donné le nom de Languedoc à cette province, avant ce tems-là. On appella d’abord Languedoc, tous les pays où l’on parloit la langue toulousaine, pays bien plus étendus que la province de Languedoc ; car on comprenoit dans les pays de Languedoc, la Guyenne, le Limousin, & l’Auvergne. Ce nom de Languedoc vient du mot oc, dont on se servoit en ces pays-là pour dire oui. C’est pour cette raison qu’on avoit divisé dans le xjv. siecle toute la France en deux langues ; la langue d’oui, dont Paris étoit la premiere ville, & la langue d’oc, dont Toulouse étoit la capitale. Le pays de cette langue d’oc est nommé en latin dans les anciens monumens, pairia occitana ; & dans d’autres vieux actes, la province de Languedoc est appellée lingua d’oc. Il est vrai cependant qu’on continua de la nommer Septimanie, à cause qu’elle comprenoit sept cités ; savoir, Toulouse, Beziers, Nismes, Agde, Maguelone aujourd’hui Montpellier, Lodeve, & Usez. Enfin en 1361 le Languedoc fut expressément réuni à la couronne, par lettres-patentes du roi Jean. Ainsi le Languedoc appartient au roi de France par droit de conquête, par la cession d’Amaury de Montfort en 1223, & par le traité de 1228. C’est un pays d’états, & en même tems la province du royaume où le clergé est le plus nombreux & le plus riche. En effet on y compte trois archevêchés, & vingt évêchés. Ce pays est généralement fertile en grains, en fruits, & en excellens vins. Son histoire naturelle est très-curieuse par ses eaux minérales, ses plantes, ses pétrifications, ses carrieres de marbre, ses mines de turquoises, & autres singularités. Le commerce de cette province, qui consiste principalement en denrées, & en manufactures de soie, de draps, & de petites étoffes de laine, est un commerce considérable, mais qu’il importe de rendre plus florissant, en faisant cesser ces regles arbitraires établies sous les noms de traite-foraine & traite-domaniale ; ces regles forment une jurisprudence très-compliquée, qui déroute le commerce, décourage le négociant, occasionne sans cesse des procès, des saisies, des confiscations, & je ne sais combien d’autres sortes d’usurpations. D’ailleurs, la traite-foraine du Languedoc, sur les frontieres de Provence, est abusive, puisqu’elle est établie en Provence. La traite domaniale est destructive du commerce étranger, & principalement de l’agriculture. Il est, selon la remarque judicieuse de l’auteur moderne des considérations sur les finances, il est​ un autre vice intérieur en Languedoc, dont les riches gardent le secret, & qui doit à la longue porter un grand préjudice à cette belle province. Les biens y ont augmenté de valeur, à mesure que les progrès du commerce, soit intérieur ou extérieur, ont haussé le prix des denrées. Les impôts n’y ont pas augmenté de valeur intrinseque, dans la même progression, ni en proportion des dépenses nécessaires de l’état. Cependant les manœuvriers, fermiers, ouvriers, laboureurs, y sont dans une position moins heureuse que dans d’autres provinces qui payent davantage. La raison d’un fait si extraordinaire en apparence, vient de ce que le prix des journées, des corvées, n’y a point haussé proportionnellement à celui des denrées. Il n’est en beaucoup d’endroits de cette province, que de six sols, comme il y a cent ans. Les propriétaires des terres, par l’effet d’un intérêt personnel mal-entendu, ne veulent pas concevoir que la consommation du peuple leur reviendroit avec bénéfice ; que d’ailleurs sans aisance il ne peut y avoir d’émulation ni de progrès dans la culture, & dans les arts ; mais s’il arrive un jour que dans les autres provinces on vienne à corriger l’arbitraire, le Languedoc sera vraissemblablement desert, ou changera de principe. (D. J.)​
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v9-872-0
LANHOSO
LANHOSO, (Géog.)​ ville de Portugal, avec château dans la province, entre Minho & Duro, à trois lieues de Brague.
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v9-877-0
LANION
LANION, (Géogr.)​ petite ville de France, en basse Bretagne, vers la côte de la Manche, au diocèse de Treguier, à trois lieues de cette ville, en allant à Morlaix. Long. 14. 20. lat. 48. 42. (D. J.)​
[ [ "48 42' N 14 20' E" ] ]
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v9-879-0
LANKAN
LANKAN, (Géogr.)​ grande riviere d’Asie, qui a sa source dans la Tartarie, au royaume de Lassa ou de Boutan, & qui après un long cours, se perd dans le golfe de la Cochinchine, vis-à-vis l’île de Hainau. Le P. Gaubil détermine le lac que fait cette riviere, à 29d50′ de latitude. (D. J.)​
[ [ "29 50' N" ] ]
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v9-880-0
LANNOY, Alnetum
LANNOY, Alnetum, (Géograph.)​ petite ville de France, avec titre de comté, dans la Flandre Wallonne, à deux lieues de Lille & trois de Tournay. Elle fut cédée à la France en 1667. Long. 20. 55. lat. 50. 40. Rapheling (François) naquit dans la petite ville de Lannoy, & lui fit honneur, non par sa fortune, ou la noblesse de son extraction, présens du hasard, mais par sa conduite & son savoir. De correcteur de l’imprimerie des Plantins, il devint professeur en langues orientales, dans l’université de Leyde. Le dictionnaire chaldaïque, le dictionnaire arabe, le dictionnaire persique, & autres ouvrages de ce genre qu’il avoit faits auparavant, lui valurent cette charge honorable ; mais le chagrin de la perte de sa femme abrégea ses jours, qui finirent en 1597, à l’âge de cinquante-huit ans. (D. J.)​
[ [ "50 40' N 20 55' E" ] ]
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v9-892-0
LANUGI
LANUGI, (Géogr.)​ marquisat d’Italie dépendant du grand duché de Toscane.
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v9-895-0
LANUVIUM
LANUVIUM, (Géogr. anc.)​ aujourd’hui Civita-Indovina ; petite ville d’Italie dans le Latium, à 15 milles de Rome, sur la voie Appienne. Il y avoit un temple à Lanuvium dédié à Junon Conservatrice. Tite-Live, liv. XXII. ch. j. fait mention des sacrifices qui y furent décernés ; mais les anciens auteurs parlent encore davantage du champ de divination, nommé solonius campus, qui se trouvoit dans le territoire de cette ville. Ce champ servoit d’asyle à un vieux & redoutable serpent, qui toutes les années dans la saison du printems, lorsque la terre reprend une nouvelle vie, venoit demander de la nourriture à certain jour fixe. Une fille du lieu, encore vierge, étoit chargée de la lui offrir ; cependant avec quelle crainte ne devoit-elle pas approcher du serpent terrible, & quelle épreuve pour son honneur ! Ce reptile ne vouloit recevoir d’aliment que d’une main pure & chaste. Malheur aux jeunes filles qui lui en auroient offert après avoir eu des foiblesses ! Pour les autres, elles étoient rendues à leurs parens ; elles étoient comblées de caresses, & l’air retentissoit de cris de joie qui sur ce favorable augure annonçoient au pays la récolte la plus abondante. Properce, Eleg. 8. liv. IV. a décrit cette cérémonie, & le roi de France possede dans son cabinet une belle pierre gravée qui en donne la représentation. Un jeune homme, dit M. Mariette, se baisse pour prendre la corbeille mystérieuse dans laquelle est le serpent : cet animal va paroître ; & la fille aussi modeste que timide, s’avance tenant une paterre & un vase rempli de lait ou de miel. Son pere & sa mere qui l’accompagnent, semblent implorer sur elle l’assistance des dieux ; & le satyre qui les suit & qui leve le bras en signe d’acclamation, nous apprend le succès de l’épreuve, & les avantages que les habitans de la campagne en vont retirer. Je trouve dans les Annales historiques que Quirinus (Publius Sulpicius), consul romain, mort l’an 22 de Jesus-Christ, naquit à Lanuvium ; il acheva le dénombrement de la Judée qu’avoit commencé Sentius Saturnius ; du-moins nous avons lieu de présumer que c’est le même qui est appellé Cyrénius dans l’évangile de saint Luc. Il mérita l’honneur du triomphe par ses victoires, & devint gouverneur de Caïus, petit-fils d’Auguste. Mais Lanuvium avoit encore plus sujet de se glorifier d’avoir donné la naissance à l’empereur Marc Antonin, ce prince admirable, qui par sa sagesse & sa modération s’attira l’amour de ses sujets & les hommages des barbares. Il mourut dans le sein du​repos l’an 161 de l’ere chrétienne, comblé d’années & regrété de l’univers. Les tyrans inhumains périssent dans la rage ; Mais Antonin, Trajan, Marc-Aurele, Titus, Ont eu des jours serains sans nuit & sans orage, Purs comme leurs vertus. (D. J.)​
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v9-896-0
LANZO, Axima
LANZO, Axima, (Géogr.)​ ville d’Italie au Piémont, sur la Sture, à 8 lieues de Suze, 5 N. O. de Turin. Long. 25. 8. lat. 45. 2.
[ [ "45 2' N 25 8' E" ] ]
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v9-897-0
LAO ou LAOS
LAO ou LAOS, (Géogr.)​ grand royaume d’Asie au-delà du Gange. Il est situé sous le même climat que Tonquin, & séparé des états voisins par des forêts & par des deserts : aussi trouve-t-on de grandes difficultés à y aller par terre, à cause des hautes montagnes ; & par eau, à cause des rochers & des cataractes dont la riviere est pleine. Ce royaume est borné au nord par la province chinoise nommée Yunnam ; à l’orient, par des monts élevés, par le Tonquin & par la Cochinchine ; au midi, par Cambodia ; & au couchant, par de nouvelles montagnes qui le séparent des royaumes de Siam & d’Ava. Un bras du Gange traverse le pays, qu’il rend navigable : de sorte que les habitans de Cambodia y vont tous les ans dans leurs proues ou bateaux pour trafiquer. La capitale est nommée Lanchang par M. de Lisle, & Landjam par Kœmpfer. Le pays de Lao produit en abondance la meilleure espece de riz, de musc, de benjoin & de gomme laque qu’on connoisse ; il procure quantité d’ivoire par le grand nombre d’éléphans qui s’y trouvent ; il fournit aussi beaucoup de sel, quelques perles & quelques rubis. Les rivieres y sont remplies de poisson. Le roi de Lao est le prince le plus absolu qu’il y ait au monde ; car son pouvoir est despotique dans les affaires religieuses & civiles : non-seulement toutes les charges, honneurs & emplois dépendent de lui, mais les terres, les maisons, les héritages, les meubles, l’or & l’argent de tous les particuliers lui appartiennent, sans que personne en puisse disposer par testament. Il ne se montre à son peuple que deux fois l’année ; & quand il lui fait cette grace, ses sujets par reconnoissance tâchent de le divertir de leur mieux par des combats de lutteurs & d’éléphans. Il n’y a que sept grandes dignités ou vice-royautés dans ses états, parce que son royaume n’est divisé qu’en sept provinces : mais il y a un viceroi général pour premier ministre, auquel tous les autres vicerois obéissent : ceux-ci commandent à leur tour aux mandarins ou seigneurs du pays de leur district. La religion des Langiens, c’est ainsi qu’on appelle les peuples de Lao, est la même que celle des Siamois, une parfaite idolatrie, accompagnée de sortileges & de mille superstitions. Leurs prêtres, nommés talapoins, sont des misérables, tirés d’ordinaire de la lie du peuple ; leurs livres de cérémoies religieuses sont écrits comme ceux des Pégans & des Malabariens, sur des feuilles de palmier, avec des touches de terre. La polygamie regne dans ce pays-là, & les jeunes garçons & filles y vivent dans la plus grande incontinence. Lorsqu’une femme est nouvellement accouchée, toute la famille se rend chez elle & y passe un mois en repas, en festins & en jeux, pour écarter de sa maison les magiciens, les empêcher de faire perdre le lait à la mere & d’ensorceler l’enfant. Ces peuples font encore une autre fête pendant trente jours au décès de leurs parens. D’abord ils mettent le mort dans un cercueil bien enduit partout de bitume ; il y a festin tous les jours pour les talapoins, qui emploient une partie du tems à conduire, par des chansons particulieres, l’ame du mort dans le chemin du ciel. Le mois expiré, ils éle-​vent un bucher, y posent le cercueil, le brûlent & ramassent les cendres du mort, qu’ils transportent dans le temple des idoles. Après cela, on ne se souvient plus du défunt, parce que son ame est passée, par la transmigration, au lieu qui lui étoit destiné. Les Langiens ressemblent aux Siamois de figure, avec cette seule différence qu’ils sont plus déliés & plus basannés ; ils ont de longues oreilles comme les Pégouans & les habitans des côtes de la mer ; mais le roi de Lao se distingue personnellement par le vuide des trous de ses oreilles. On commence à les lui percer dès la premiere enfance, & l’on augmente chaque mois l’ouverture, en employant toûjours de plus grosses cannules, jusqu’à ce qu’enfin les oreilles trouées de sa majesté aient atteint la plus grande longueur qu’on puisse leur procurer. Les femmes qui ne sont pas mariées portent à leurs oreilles des pieces de métal ; les hommes se font peindre les jambes depuis la cheville du pié jusqu’au genou, avec des fleurs inéffaçables à la maniere des bras peints des Siamois : c’est-là la marque distinctive de leur religion & de leur courage ; c’est à-peu-près celle que quelques fermiers d’Angleterre mettent à leurs moutons qu’ils font parquer dans des communes. (D. J.)​
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v9-899-0
LAODICÉE
LAODICÉE, (Géog. anc.)​ λαοδίκεια, Laodicea ; les Géographes nomment sept villes de ce nom, qu’il importe de distinguer ici. 1°. Laodicée sur le Lycus, Laodicea ad Lycum, & les habitans Laodiceni dans Tacite, est une ville célebre d’Asie, dans la Carie, située près du fleuve Lycus, qui se perd dans le Méandre, à dix lieues de la ville de Colosse au N. E. & à deux lieues d’Hiéra-​polis au S. Pline assure que ses murs étoient baignés par l’Asopus & le Caprus. Il ajoute qu’elle fut d’abord appellée Diospolis, & ensuite Rhoas. L’origine du nom Laodicée, vient de ce qu’elle avoit été établie par Antiochus fils de Stratonice, dont la femme s’appelloit Laodicée. S. Paul en parle dans son épître aux Colossiens, & l’auteur de l’Apocalypse la nomme entre les sept églises, auxquelles l’Esprit-Saint adresse ses reproches. Ciceron, liv. II. ép. 17. liv. III. ép. 5. & 20. la représente comme une ville fameuse & de grand commerce, où l’on changeoit son argent, & Tacite dit quelque part : « la même année, Laodicée, l’une des villes illustres de l’Asie, étant presque abîmée par un tremblement de terre, se releva sans nous, & par ses propres forces ». Il y a une médaille de l’empereur Commode, où Laodicée & les deux rivieres, le Lycus & le Caprus, sont spécifiées λαοδίκεια, λύκος, κάπρος. On voit encore aujourd’hui par ses décombres, que c’étoit une fort grande ville ; il y avoit trois théatres de marbre, dont il subsiste même de beaux restes. Près d’un de ces théatres, on lit une inscription greque à l’honneur de Tite-Vespasien. Les Turcs appellent les ruines de cette ville eskihissar, c’est-à-dire vieux château : elle étoit archiépiscopale. On y a tenu divers conciles, dont le plus considérable fut en 314, selon Baronius, & selon d’autres auteurs, en 352. Suivant Ptolomée, sa longitude est 59. 15. latitude 38. 40.
[ [ "38 40' N 59 15' E" ] ]
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v9-899-1
Laodicée
Laodicée, près du Liban, ville d’Asie en Syrie, dans un pays qui en prenoit le nom de Laodicene, selon Ptolomée, l. V. c. xv. qui la distingue par le nom de Cabiosa Laodicea. Elle étoit sur l’Oronte, entre Emese & Paradisus, peu loin du Liban. Elle est nommée sur les médailles d’Antonin, de Caracalla, & de Severe, Δαοδικ. προς. Λιβαν ; elle est aussi nommée dans le Digeste, lege I. de Censibus, §. 3. où il est dit, qu’elle étoit dans la Cælésyrie, & que l’empereur Severe lui avoit accordé les droits attachés aux villes d’Italie, à cause des services qu’elle avoit rendus pendant la guerre civile. Long. selon Ptolomée, 69. 40. lat. 33. 45.
[ [ "33 45' N 69 40' E" ] ]
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v9-899-2
Laodicée sur la mer
Laodicée sur la mer, ville de Syrie, située au bord de la mer : elle est bien bâtie, dit Strabon, avec un bon port, & jouit d’un territoire fertile en grains, & en bons vignobles, qui lui produisent beaucoup de vin. Lentulus le fils, mande dans une lettre à Ciceron, lib. XII. epist. xiv, que Dolabella exclus d’Antioche, n’avoit point trouvé de ville plus sûre pour s’y retirer, que Laodicée en Syrie sur la mer. Il y a des médailles expresses de cette Laodicée, & sur lesquelles on lit Λαοδικείων πρὸς Θάλασσαν, Laodicensium qui sunt ad mare. Pline, l. V. c. xxj. nous désigne sa situation sur une pointe de terre, & l’appelle Laodicée libre, promontorium in quo Laodicea libera. Ammien Marcellin la met du nombre des quatre villes qui faisoient l’ornement de la Syrie, Antioche, Laodicée, Apamée, & Séleucie. Elle avoit ainsi que les trois autres, reçu son nom de Seleucus ; il nomma la premiere du nom de son pere, la seconde de celui de sa mere, la troisieme de celui de sa femme, & la quatrieme du sien propre. Le P. Hardouin croit que c’est présentement Latakie. La long. selon Ptolomée, 68. 30. lat. 35. 6.
[ [ "35 6' N 68 30' E" ] ]
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v9-899-3
Laodicée
Laodicée, surnommée la Brûlée, Laodicea combusta, Λαοδίκεια Κατακεκαυμένη, ville d’Asie, que les uns mettent dans la Pisidie, d’autres en Phrygie ; d’autres enfin dans la Lycaonie, parce qu’elle étoit aux confins de ces différens pays. Son surnom lui vient de la nature de son terrein, qui paroissoit brûlé, & qui étoit fort sujet aux tremblemens de terre. Ptolomée fixe sa long. à 62. 40. sa lat. à 39. 40.
[ [ "39 40' N 62 40' E" ] ]
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v9-899-4
Laodicée
Laodicée, ville d’Asie, aux confins de la Mé-​die & de la Perse propre. Strabon & Etienne le géographe placent cette ville en Médie.
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v9-899-5
Laodicée
Laodicée, ville de la Mésopotamie, bâtie par Seleucus, & à laquelle il avoit donné le nom de sa mere.
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v9-899-6
Laodicée
Laodicée, cette septieme Laodicée étoit au Péloponnese, dans la Mégapolitide, selon Polybe, l. II, ou dans l’Orestide, selon Thucydide, l. IV. c’est la même que la Ladoncea de Pautanias. (D. J.)​
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v9-90-0
IVRÉE
IVRÉE, (Géog.)​ ville d’Italie en Piémont, capitale du Canavez, avec une forteresse, un évêché suffragant de Turin, & titre de marquisat qui commença sous Charlemagne, & qui ne subsiste plus. Cette ville est très-ancienne : Velleius Paterculus, l. I. c. xvj. rapporte que sous le consulat de Marius & de Valerius Flaccus, les Romains y envoyerent une colonie. Brutus en parle dans ses lettres à Ciceron, & Antonin en fait mention dans son itinéraire ; elle appartient au roi de Sardaigne, & est plus remarquable par son ancienneté que par sa beauté & par sa grandeur, ne contenant que cinq ou six mille ames. La Doria qui l’arrose, y est fort rapide ; on la passe sur un pont qui n’a qu’une arche. Le nom latin d’Eporedia qu’avoit cette ville, s’est changé avec le tems en Eborcia, Ivorcia, jusque-là qu’on est parvenu à dire Ivrée. Les Romains lui donnerent le nom d’Eporedia, parce qu’au témoignage de Pline, les Gaulois appelloient Eporedicos, ceux qui s’entendoient à dompter & à dresser les chevaux, soit que les habitans d’Ivrée s’occupassent de ce métier, soit que les Romains entretinssent dans ce pays-là un grand nombre de chevaux aux dépens du public, & les y fissent exercer. Dans le théatre du Piémont on écrit Ivrée : elle est située en partie dans la plaine, en partie sur une colline d’une montée douce, à 8 lieues N. E. de Turin, 13 S. E. de Suze, 10 S. O. de Ver-​ceil. Long. 25. 23. lat. 45. 12. (D. J.)​
[ [ "45 12' N 25 23' E" ] ]
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v9-901-0
LAON
LAON, (Géog.)​ prononcez Lan, en latin Laodunum, ou Lodunum ; mais on voit que les plus anciens l’appelloient Lugdunum, qui étoit surnommée Clavatum, ville de France en Picardie, capitale du Laonois, petit pays auquel elle donne son nom, avec un évéché suffragant de Reims ; son commerce consiste en blé. Laon a été le siége des rois de la seconde race dans le x. siecle ; il est situé fort avantageusement sur une montagne, à 12 lieues N. O. de Reims, 9 N. E. de Soissons, 31 N. E. de Paris. Long. 21d17′29″. lat. 49d33′52″. Laon fut, dit-on, érigé en évéché l’an 496, sous le regne de Clovis ; il faisoit auparavant une partie du diocèse de Reims. Au-bas de Laon est une abbaye de filles, appellée Montreuil-les-Dames : cette abbaye est principalement connue par la Véronique ou sainte Face de Jesus-Christ, que l’on y conserve avec soin, & qui​ y attire en tout tems un grand concours de peuple ; l’original de cette image est à Rome ; celle-ci n’est qu’une copie, qui fut envoyée aux religieuses en 1249, par Urbain IV, qui n’étoit alors qu’archidiacre de Laon, & chapelain d’Innocent IV. Au bas du cadre où cette image est enchâssée, on voit une inscription, qui dans ces derniers tems, a donné de l’exercice à nos érudits, & a fait voir combien ils doivent se défier de leurs conjectures ingénieuses. Le P. Mabillon avoua cependant que les caracteres lui étoient inconnus ; mais le P. Hardouin y découvrit un vers grec héxametre, & publia pour preuve une savante dissertation, qui eût entraîné tous les suffrages, sans un carme déchaussé, appellé le P. Honoré de sainte Catherine, lequel dit naturellement que l’inscription n’étoit point en grec, mais en sclavon. On méprisa le bon homme, son ignorance, & celle des Moscovites, de l’autorité desquels il s’appuyoit. Le Czar vint à Paris avec le prince Kourakin, & les princes Narisquin : on leur demanda par pure curiosité, s’ils connoissoient la langue de l’inscription ; ils répondirent tous, que l’inscription portoit en caracteres sclavons, les trois mots obras gospoden naoubrons, qui signifient en latin, imago Domini in limen, « l’image de notre Seigneur est ici encadrée ». On fut bien surpris de voir que le bon carme avoit eu raison contre tous les Savans du royaume, & on finit par se moquer d’eux. Charles I. duc de Lorraine, fils de Louis d’Outremer, naquit à Laon en 953. On sait que Hugues Capet trouva le secret de se faire nommer à sa place roi de France en 987. Charles tenta vainement de soutenir son droit par les armes ; il y réussit si mal, qu’il fut arrêté, pris, & enfermé dans une étroite prison à Orléans, où il finit sa carriere trois ans après, c’est-à dire en 994. (D. J.)​
[ [ "49 33' 52\" N 21 17' 29\" E" ] ]
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v9-902-0
LAONNOIS
LAONNOIS, (Géog.)​ petit pays de France en Picardie : il est borné au Nord par la Thiérache, au Levant par la Champagne, au Couchant & au Midi par le Soissonnois. La capitale de ce petit pays est Laon. Les autres lieux principaux sont Corbigny, Liesse, Coussi, Follenbray, Novion le Vineux. Ce dernier endroit n’est aujourd’hui qu’un village, dont les habitans doivent à leur seigneur une espece de taille de plusieurs muids de vin par an. Il intervint arrêt du parlement de Paris en 1505, confirmatif d’une sentence qui déboute les habitans de Novion-le-Vineux de leur demande, à ce que cette rente annuelle de vin fût fixée en argent. La fin de cet arrêt qui est en latin, mérite d’être remarquée : « Sauf toutefois à l’intimé, de faire aux appellans telle grace qu’il avisera bon être, à cause de la misere & calamité du tems ». Cette clause, qui sembleroit de nos jours inutile & ridicule, étoit alors sans doute de quelque poids, pour insinuer à un homme de qualité des considérations d’équité que le parlement n’osoit prescrire lui-même. (D. J.)​
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v9-908-0
LAPHISTIUS MONS
LAPHISTIUS MONS, (Géog. anc.)​ montagne de Grece en Béotie : Pausanias, l. V. c. xxxiv. en parle ainsi. « Il y a vingt stades, c’est-à-dire deux milles & demi, de Coronée au mont Laphistius, & à l’aire de Jupiter Laphistien ; la statue du dieu est de pierre. Lorsque Athamas étoit sur le point d’immoler Hellé & Phrixus en cet endroit, on dit que Jupiter fit paroître tout-à-coup un bélier à toison d’or, sur lequel ces deux enfans monterent, & se sauverent. Plus haut est l’Hercule nommé Charops, c’est-à-dire aux yeux bleus. Les Béotiens prétendent qu’Hercule monta par-là, lorsqu’il traînoit Cerbère, le chien de Pluton. A l’endroit par où l’on descend le mont Laphistius, pour aller à la chapelle de Minerve Itonienne, est le Phalare, qui se dégorge dans le lac de Céphise ; au-delà du mont Laphistius, est Orchomene, ville célebre, &c. (D. J.)​ »
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v9-917-0
LAPITHES, les
LAPITHES, les, (Géog. anc.)​ Lapithæ, ancien peuple de Macédoine, près du mont Olympe selon Diodore de Sicile, l. IV. c. 71. mais il n’en dit rien que ce que la Fable en a publié. Ce peuple excelloit à faire des mords, des caparaçons, & à bien manier un cheval ; c’est Virgile qui nous l’apprend en très beaux vers, au III liv. de ses Géorgiques. Frana Pelethronii Lapithæ gyrosque dedêre Impositi dorso ; atque equitem docuêre sub armis Insultare solo, & gressus glomerare superbos. Ils étoient assez courageux, mais si vains, qu’au rapport de Plutarque & d’Eustathius, pour signifier un homme bouffi de vanité, on disoit en proverbe, il est plus orgueilleux qu’un Lapithe. (D. J.)​
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v9-918-0
LAPONIE, la ou LAPPONIE
LAPONIE, la ou LAPPONIE, (Géog.)​ grand pays au nord de l’Europe & de la Scandinavie, entre ​la mer Glaciale​, la Russie, la Norwege & la Suede. Comme il est partagé entre ces trois couronnes, on le divise en Laponie russienne, danoise & suédoise : cependant cette derniere est la seule qui soit​un peu peuplée, du-moins relativement au climat rigoureux. ​​Saxon le grammairien​ qui fleurissoit sur la fin du xij siecle, est le premier qui ait parlé de ce pays & de ses habitans​ ; mais ​comme le dit M. de Voltaire​ (dont le lecteur aimera mieux trouver ici les réflexions, que l’extrait de l’histoire mal digérée de Scheffer​), ​ce n’est que dans le xvj siecle qu’on commença de connoître grossierement la Laponie​, dont les Russes, les Danois & les Suédois même n’avoient que de foibles notions. Ce vaste pays voisin du pole avoit été seulement désigné par les anciens géographes sous le nom de la contrée des ​Cynocéphales​, des ​Himantopodes​, des ​Troglotites​ & des Pygmées. En effet ​nous apprîmes par les relations des écrivains de Suede & de Dannemark, que la race des pygmées n’est point une fable​, & qu’ils les avoient retrouvés sous le pole dans un pays idolâtre, couvert de neige, de montagnes & de rochers, rempli de loups, d’élans, d’ours, d’hermines & de rennes. Les Lapons, continue M. de Voltaire (d’après le témoignage de tous les voyageurs), ​ne paroissent point tenir des Finois dont on les fait sortir​, ni d’aucun autre peuple de leurs voisins. Les hommes en Finlande, en Norwege, en Suede, en Russie, sont blonds, grands & bienfaits ; la Laponie ne produit que des hommes de trois ​coudées​ de haut, pâles, basanés, avec des cheveux courts, durs & noirs ; leur tête, leurs yeux, leurs oreilles, leur nez, leur ventre, leurs cuisses & leurs piés menus, les différentient encore de tous les peuples qui entourrent leurs déserts. Ils paroissent une espece particuliere faite pour le climat qu’ils habitent, qu’ils aiment, & qu’eux seuls peuvent aimer. La nature qui n’a mis les rennes que dans cette contrée, semble y avoir produit les Lapons ; & comme leurs rennes ne sont point venues d’ailleurs, ce n’est pas non plus d’un autre pays que les Lapons y paroissent venus. Il n’est pas vraissemblable que les habitans d’une terre moins sauvage, ayent franchi les glaces & les déserts pour se transplanter dans des terres si stériles, si ténébreuses, qu’on n’y voit pas clair trois mois de l’année, & qu’il faut changer sans cesse de canton pour y trouver dequoi subsister. Une famille peut être jettée par la tempête dans une île déserte, & la peupler ; mais on ne quitte point dans le continent des habitations qui produisent quelque nourriture, pour aller s’établir au loin sur des rochers couverts de mousse, au milieu des frimats, des précipices, des neiges & des glaces, où l’on ne peut se nourrir que de lait de rennes & de poissons secs, sans avoir aucun commerce avec le reste du monde. De plus, si des Finois, des Norwingiens, des Russes, des Suédois, des Islandois, peuples aussi septentrionaux que les Lapons, s’étoient transplantés en Laponie, y auroient-ils absolument changé de figure ? Il semble donc que les Lapons sont une nouvelle espece d’hommes qui se sont présentés pour la premiere fois à nos regards & à nos observations dans le seizieme siecle, tandis que l’Asie & l’Amérique nous faisoient voir tant d’autres peuples, dont nous n’avions pas plus de connoissance. Dès-lors la sphere de la nature s’est aggrandie pour nous de tous côtés, & c’est par-là véritablement que la Laponie mérite notre attention. Essai sur l’Histoire universelle, tome III​. (D. J.)​
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v9-919-0
LAPPA
LAPPA, (Géog. anc.)​ Λαππα, ville de l’île de Crete dans les terres, entre Artacine & Subrita, selon Ptolomée, l. III. cap. 17. Dion nous dit que Metellus la prit d’assaut. Hieroclès nomme cette ville Lamiple, & la met entre les siéges épiscopaux de l’île. (D. J.)​
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v9-923-0
LAPURDUM
LAPURDUM, (Géog. anc.)​ ancienne ville de la Gaule, dans la Novempopulanie. Sidonius Apollinaris, l. VIII. epist. xij. appelle lapurdenas locustas une sorte de poisson qui est fort commun dans ce pays-là, qu’on nomme langouste. Il paroît que Bayonne est sûrement le Lapurdum des anciens : au treizieme siecle cette ville s’appelloit encore Lapurdum, & ses évêques & ses vicomtes étoient nommés plus souvent en latin Lapurdenses, que Bayonenses. Oyhenart, écrivain gascon, pense que Lapurdum étoit un nom gascon ou basque, donné à ce pays-là à cause des brigandages des habitans & de leurs pirateries, dont il est parlé dans la vie de S. Léon, évêque de Lapurdum au commencement du ve siecle. Le canton où est Bayonne s’appelle encore aujourd’hui le pays de Labourd ; de-là vient que dans les anciens monumens les évêques de Bayonne sont appellés Lapurdenses, parce que Lapurdum & Bayonne sont deux noms d’une même ville. Il est arrivé à celle-ci la même chose qu’à Daramasia & à Ruscino, villes qui ont cédé leurs noms aux pays dont elles étoient les capitales, & en ont pris d’autres. Ainsi Tarantaise, Roussillon & Labourd, qui étoient des noms de villes, sont devenus des noms de pays ; & au contraire, Paris, Tours, Reims, Arras, &c. qui étoient des noms de peuples, sont devenus les noms de leurs capitales. Voyez de plus grands détails dans Oyhenart, notice de Gascogne ; Pierre de Marca, hist. de Béarn, & Longuerue, description de la France. (D. J.)​
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v9-928-0
LAQUEDIVES
LAQUEDIVES, (Géog.)​ cet amas prodigieux de petites îles connues sous le nom de Maldives & de Laquedives, s’étend sur plus de 200 lieues de longueur nord & sud ; plus de 50 ou 60 lieues en deçà de Malabar & du cap Comorin ; on en a distribué la position sur presque toutes nos cartes géographiques, confusément & au hasard. (D. J.)​
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v9-929-0
LAQUIA
LAQUIA, (Géogr.)​ grande riviere de l’Inde, au-delà du Gange. Elle sort du lac de Chiamai, coule au royaume d’Acham ou Azem, le traverse d’orient en occident, passe ensuite au royaume de Bengale, se divise en trois branches qui forment deux îles, dans l’une desquelles est située la ville de Daca sur le Gange, & c’est là que se perd cette riviere. (D. J.)​
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v9-930-0
LAR
LAR, (Géogr.)​ ville de Perse, capitale d’un royaume particulier qu’on nommoit Laristan ; elle faisoit le lieu de la résidence du roi, lorsque les Guebres, adorateurs du feu, étoient maîtres de ce pays-là. Le grand Schach Abas leur ôta cette ville, & maintenant il y a un kham qui y réside, & commande à toute la province que l’on nomme Ghermés, & qui s’étend jusqu’aux portes de Gommeron. Lar en est situé à quatre journées, à mi-chemin de Schiras à Mina, sur un rocher, dans un terroir couvert de palmiers, d’orangers, de citroniers, & de tamarisques ; elle est sans murailles, & n’a rien qui mérite d’être vû, que la maison du khan, la place, les bazars, & le chàteau ; cependant Thevenot, Gemelli Careri, Lebrun, Tavernier, & Chardin, ont tous décrit cette petite ville. Les uns ortographient Laar, d’autres Laer, d’autres Lar, & d’autres Lara. Corneille en fait trois articles, aux mots Laar, Lar, & Lara. La Martiniere en parle deux fois sous le mot Laar & Lar ; mais le second article contient des détails qui ne sont pas dans le premier. Long. de cette ville 72. 20. lat. 27. 17. (D. J.)​
[ [ "27 17' N 72 20' E" ] ]
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v9-931-0
LAKA
LAKA, (Géog.)​ ville d’Espagne, dans la Castille vieille, sur la riviere d’Arianza.
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v9-932-0
LARACHE
LARACHE, (Géogr.)​ ancienne & forte ville d’Afrique, au royaume de Fez, à l’embouchure de la riviere de même nom, nommée Lusso par quelques voyageurs, avec un bon port. Muley Xec, gouverneur de la place, la livra aux Espagnols en 1610 ; mais les Maures l’ont reprise. Larache est un mot corrompu de l’Arays-Beni Aroz, qui est le nom que les habitans lui donnent. Grammaye s’est follement persuadé que la ville de Larache est le jardin des hespérides des anciens ; & Sanut prétend que c’est le palais d’Antée, & le lieu où Hercule lutta contre ce géant ; mais c’est vraissemblablement la Lixa de Ptolomée, & le Lixos de Pline. Voyez Lixa (D. J.)​
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v9-934-0
LARANDA
LARANDA, (Géogr. anc.)​ Laranda, génit. orum. ancienne ville d’Asie en Cappadoce, dans l’Antiochiana, selon Ptolomée, l. V. c. vj. lequel joint ce canton à la Lycaonie ; en effet, cette ville étoit aux confins de la Lycaonie, de la Pisidie, & de l’Isaurie. Delà vient que les anciens la donnent à ces diverses provinces. Elle conserve encore son nom, si l’on en croit M. Baudrand ; car il dit que Larande est une petite ville de la Turquie asiatique, en Natolie, dans la province de Cogni, assez avant dans le pays, sur les frontieres de la Caramanie, & à la source de la riviere du Cydne, ou du Carason, avec un évêché du rit grec. (D. J.)​
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v9-941-0
LAREDO
LAREDO, (Géog.)​ petite ville maritime d’Espagne, dans la Biscaie, avec un port, à 25 lieues N. O. de Burgos, 10 O. de Bilbao. Long. 13. 55. lat. 33. 22. (D. J.)​
[ [ "33 22' N 13 55' E" ] ]
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v9-953-0
LARINO
LARINO, (Géogr.)​ petite ville d’Italie au royaume de Naples, dans la Capitanate, avec un évêché suffragant de Bénevent, dont elle est à 15 lieues. Elle étoit de l’ancien Samnium. C’est le Larinum de Ciceron & de Méla. Les habitans sont nommés Larinas au singulier, & par Pline au pluriel Larinates. Le territoire de la ville, Larinas ager par Tite-Live, & Larinus ager par Cicéron. Longitude 32. 35. lat. 41. 48. (D. J.)​
[ [ "41 48' N 32 35' E" ] ]
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v9-954-0
LARISSE
LARISSE, (Géogr. anc.)​ La seule Grece avoit plusieurs villes de ce nom ; une dans la Méonie, aux confins de l’Eolide, sur l’Hermus ; une dans la Troade au bord de la mer ; une dans la Lydie sur le Caïstre, au-dessus de Sardes, remarquable par un temple d’Apollon ; une dans l’île de Crete, une autre dans la Carie, une autre près d’Argos, &c. Mais la fameuse Larisse, la capitale de Thessalie, mérite seule de nous arrêter ici. Elle étoit située sur la rive droite du fleuve Pénée, dans la Pélasgiotide, dixmilles au-dessus d’Astrax ; elle est nommée Larissa dans Lucain, & Larissæ dans Horace. Les Latins ont dit également Larissei & Larissenses, pour en désigner les habitans. Jupiter y étoit particulierement honoré, d’où il fut surnommé Larissus. Elle a pour symbole dans ses médailles un cheval qui court ou qui paît. Philippe, pere d’Alexandre, ayant résolu de tourner ses armes contre les Grecs, après avoir fait une paix captieuse avec les Illyriens & les Pannoniens, choisit sa demeure dans notre Larisse, & par ce moyen gagna l’affection des Thessaliens, qui contribuerent tant par leur excellente cavalerie au succès de ses projets ambitieux. César rapporte qu’avant la bataille de Pharsale, Scipion occupoit Larisse avec une légion ; ce fut aussi la premiere place où Pompée se rendit après sa défaite : cependant il ne voulut point s’y arrêter ; il vint sur le bord de la riviere & prit un petit bateau pour aller du côté de la mer, où il trouva un navire prêt à lever l’ancre qui le reçut volontiers. Mais ce qui immortalise encore davantage la Larisse de Thessalie, c’est d’avoir été la patrie d’Achille. Voilà pourquoi Racine fait dire à ce héros, dans Iphigénie, act. jv. sc. 6. Jamais vaisseaux partis des rives du Scamandre, Aux champs thessaliens oserent-ils descendre ? Et jamais dans Larisse un lâche ravisseur Me vint-il enlever ou ma femme ou ma sœur ? Larisse subit le sort du pays dont elle étoit la métropole ; elle perdit sa splendeur & son lustre, atque​olim Larisse potens ! s’écrioit Lucain, en considérant les vicissitudes des choses humaines. Cependant Larisse subsiste encore présentement, & conserve, sous l’empire turc, le nom de ville dans la province de Janna. On la nomme aujourd’hui Larze. Le sieur Paul Lucas, qui y étoit en 1706, dit que Larze est située assez avantageusement dans une plaine fertile, & arrosée d’une belle riviere qui passe au pié de ses maisons. Cette riviere, le Pénée des anciens, est nommée par les Grecs modernes, Salembria, & par les Turcs Licouston. Elle a un pont de pierre fort bien construit ; Larze est habitée par des Turcs, des Grecs, & principalement des Juifs, qui y font un commerce assez considérable. Il n’y a qu’une seule église pour les chrétiens grecs, & cette seule église porte le nom d’évêché. (D. J.)​
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v9-954-1
Larisse
Larisse, (Géog.)​ montagne de l’Arabie pétrée, le long de la mer Méditerranée. Il ne faut pas croire Thevel, qui prétend que c’est-là le mont Casius ou Cassius des anciens, lieu célebre, dit Strabon, parce que c’est sur cette montagne que repose le corps du grand Pompée, & qu’on voit le temple de Jupiter Cassius.
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v9-954-2
Larisse
Larisse, (Géograph.)​ riviere de la Turquie européenne dans la Romanie. Elle a sa source entre Andrinople & Chiourlick, & se jette dans l’Archipel.
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v9-955-0
LARISSUS
LARISSUS, (Geogr. anc.)​ fleuve du Péloponnese qui séparoit l’Achaïe proprement dite d’avec l’Elide. Près du bord de cette riviere étoit un temple à Minerve Larissienne.
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v9-956-0
LARISTAN
LARISTAN, (Géog.)​ contrée de Perse aux environs de la ville de Lar ; cette contrée appartenoit autrefois aux princes des Guebres, qui faisoient profession de la religion des Mages. Les Arabes les en dépouillerent sans abolir le culte du pays : ceux-ci furent chassés par les Curdes l’an 500 de l’hégire ; & ces derniers s’y maintinrent jusqu’au regne de Schach-Abas. Le Laristan s’étend depuis le 25d de latit. jusqu’au 27. (D. J.)​
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v9-961-0
LARNUM
LARNUM, (Géogr. anc.)​ riviere de l’Espagne Tarragonoise, selon Pline, l. III. c. iij. Cette riviere se nomme présentement Tornera. (D. J.)​
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v9-962-3
Larrons les îles des
Larrons les îles des, (Géogr.)​ voyez Marianes îles.
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v9-964-0
LARYMNA
LARYMNA, (Géogr. anc.)​ ville maritime de Grece dans la Béotie, à l’embouchure du Céphise, selon Pausanias. Comme elle étoit aux confins de la Locride & de la Béotie, Strabon en a fait deux villes au bord de la mer, l’une en Locride, & l’autre en Béotie. Il est vrai cependant qu’il y avoit deux Larymnes, mais l’une étoit dans les terres près du lac Copaïde, & l’autre au bord de la mer. (D. J.)​
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v9-968-0
LARYSIUS
LARYSIUS, (Géog. anc.)​ Λαρυσιος, montagne du Péloponnese dans la Laconie, au-dessus de Migonium, contrée qui est vis-à-vis de Cranaé. Il y avoit sur cette montagne un temple dédié à Bacchus, à l’honneur de qui on y célébroit une fête tous les printems. (D. J.)​
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v9-973-0
LASKO
LASKO, (Géog.)​ ville de Pologne dans le palatinat de Siradie.
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v9-974-0
LAS NAVES DEL MARQUES
LAS NAVES DEL MARQUES, (Géog.)​ ville d’Espagne dans la nouvelle Castille, fameuse par les draps qu’on y fabrique.
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v9-975-0
LASSA
LASSA, (Géog.)​ ville de l’île de Candie, dans le territoire de Retimo.
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v9-975-1
Lassa, le
Lassa, le, (Géog.)​ pays d’Asie dans la Tartarie, entre la Chine à l’orient, les états du roi d’Ava au midi, ceux du grand-mogol au couchant, & le royaume de Tangut au nord. On le considere comme faisant partie de ce dernier. Lassa ou Baratola, située selon les PP. Gerbillon & Dorville, par le 106d41′ de longitude, & 29d6′ de latitude, en est la capitale. Poutola, forteresse qui fait la résidence du dalai-lama, chef de la religion des Lamas, Couti & Tachelinbou en sont les principaux lieux. Le Lassa se nomme autrement le royaume de Bontan, dont nous n’avons presque aucune connoissance. (D. J.)​
[ [ "29 6' N 106 41' E" ] ]
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v9-976-0
LASSAN
LASSAN, (Géog.)​ ville de Poméranie sur la riviere de Péene ; entre Anclam & Wolgast.
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v9-983-0
LATAKIÉ, ou LATAQUIE, & LATICHEZ, selon Maundrell
LATAKIÉ, ou LATAQUIE, & LATICHEZ, selon Maundrell, (Géog.)​ ville de Syrie, sur la côte, à 15 lieues de Tortose, & 30 d’Alep. C’est un reste de l’ancienne Laodicée sur la mer. Voyez Laodicée, num. 3. Le sieur Paul Lucas dit y avoir trouvé par-tout des colonnes sortant de terre presqu’à moitié, & de toutes sortes de marbre ; il ajoute que tous les lieux des environs ne sont que plaines & collines plantées​ d’oliviers, de mûriers, de figuiers, & arbres semblables. Il y passe un bras de l’Oronte, qui arrose en serpentant une bonne partie du pays. Cette ville a été rétablie par Coplan-Aga, homme riche & amateur du commerce, qui en a fait l’endroit le plus florissant de la côte. Long. 54. 25. lat. 35. 30. (D. J.)​
[ [ "35 30' N 54 25' E" ] ]
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v9-992-0
LATICZOW
LATICZOW, (Géog.)​ ville de Pologne dans la Podolie, sur la riviere de Bug, avec une châtellenie.
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v9-995-0
LATITUDE
LATITUDE, s. f. (Géogr.)​ la latitude marque la distance d’un lieu à l’équateur, ou l’arc du méridien, compris entre le zénith de ce lieu & l’équateur. La latitude peut donc être ou septentrionale ou méridionale, selon que le lieu, dont il est question, est situé en-deçà ou au-delà de l’équateur ; savoir en-deçà, dans la partie septentrionale que nous habitons, & au-delà, dans la partie méridionale. On dit, par exemple, que Paris est situé à 48 degrés 50 minutes de latitude septentrionale. Les cercles paralleles à l’équateur sont nommés paralleles de latitude, parce qu’ils font connoître les latitudes des lieux au moyen de leur intersection avec le méridien. Voyez Parallele. Si l’on conçoit un nombre infini de grands cercles qui passent tous par les poles du monde, ces cercles seront autant de méridiens ; & par leur moyen on pourra déterminer, soit sur la terre, soit dans le ciel, la position de chaque point par rapport au cercle équinoxial, c’est-à-dire la latitude de ce point. Celui de ces cercles qui passe par un lieu marqué de la terre, est nommé le méridien de ce lieu, & c’est sur lui qu’on mesure la latitude du lieu. Voyez Méridien. La latitude d’un lieu & l’élévation du pole sur l’horison de ce lieu sont des termes dont on se sert indifféremment l’un pour l’autre, parce que les deux arcs qu’ils désignent, sont toujours égaux. Voyez Pole & Élévation. Ceci paroîtra facilement par la Pl. d’Astron. fig. 5. où le cercle HZQ représente le méridien, HO l’horison, AQ l’équateur, Z le zénith, & P le pole. La latitude du lieu, ou sa distance de l’équateur, est ici l’arc ZA, & l’élévation du pole ou la distance du pole à l’horison est l’arc PO ; mais l’arc PA, compris entre le pole & l’équateur, est un quart de cercle, & l’arc ZO, compris entre le zénith & l’horison, en est aussi un. Ce deux arcs PA, ZO, sont donc égaux, & ainsi ôtant de chacun d’eux la partie ZP qui leur est commune, il restera l’arc ZA, égale l’arc PO, c’est-à-dire la latitude du lieu égale à l’élévation du pole sur l’horison de ce lieu. On tire de-là une méthode pour mesurer la circonférence de la terre, ou pour déterminer au moins la quantité d’un degré sur sa surface en la supposant sphérique. En effet, il n’y qu’à aller directement du sud au nord, ou du nord au sud, jusqu’à ce que le pole se soit élevé ou abaissé d’un degré, & mesurant alors l’intervalle compris entre le terme d’où on sera parti, & celui où on sera arrivé, on aura le nombre de milles, de toises &c. que contient un degré du grand cercle de la terre. C’est ainsi que Fernel, médecin de Henri II, mesura un degré de la terre ; il alla de Paris vers le nord en voiture, en mesurant le chemin par le nombre des tours de roue, & retranchant de la quantité de ce chemin une certaine portion, à cause des détours de la voiture & des chemins ; il détermina par cette opération le degré à environ 57000 toises, & ce calcul grossier est celui qui s’approche le plus du calcul exact fait par l’Académie. Au reste, comme la terre n’est pas sphérique, il est bon de remarquer que tous les degrés de latitude ne sont​pas égaux, & la comparaison exacte de quelques-uns de ces degrés peut servir à déterminer la figure de la terre. Voyez Degré & Figure de la Terre. Il s’agit maintenant de savoir comment on détermine la latitude, ou, ce qui revient au même, la hauteur ou l’élévation du pole. Cette connoissance est de la plus grande conséquence en Géographie, en Navigation & en Astronomie ; voici les moyens de la déterminer tant sur terre que sur mer. Comme le pole est un point mathématique, & qui ne peut être observé par les sens, sa hauteur ne sauroit non plus être déterminée de la même maniere que celle du soleil & des étoiles, & c’est pourquoi on a imaginé un autre moyen pour en venir à bout. On commence par tirer une méridienne. Voyez au mot Méridienne, la méthode qu’il faut suivre pour cela. On place un quart de cercle sur cette ligne, de façon que son plan soit exactement dans celui du méridien : on prend alors quelque étoile voisine du pole, & qui ne se couche point, par exemple, l’étoile polaire, & on en observe la plus grande & la plus petite hauteur. Voyez Quart de cercle. Supposons, par exemple, que la plus grande hauteur fût désignée par SO, & que la plus petite fût sO ; la moitié PS ou Ps de la différence de ces deux arcs étant ôtée de la plus grande hauteur SO, ou ajoutée à la plus petite sO, donneroit PO la hauteur du pole sur l’horison, qui est, comme on l’a dit, égale à la latitude du lieu. On peut aussi trouver la latitude en prenant avec un quart de cercle, ou un astrolabe, ou une arbalestrille, &c. voyez ces mots, la hauteur méridienne du soleil ou d’une étoile. En voici la méthode. Il faut d’abord observer la distance méridienne du soleil au zénith, laquelle est toujours le complément de la hauteur méridienne du soleil : & cela fait, il pourra arriver deux cas, ou bien que le soleil & le zénith du lieu se trouvent placés de différens côtés de l’équateur ; en ce cas pour avoir la latitude, il faudra toujours soustraire la déclinaison connue du soleil de sa distance au zénith : ou bien le soleil & le zénith se trouveront placés du même côté de l’équateur, & alors il pourroit arriver encore que la déclinaison du soleil doive être ou plus grande ou plus petite que la latitude, ce qu’on reconnoîtra en remarquant si le soleil à midi se trouve plus près ou plus loin que le zénith du pole qui est élevé sur l’horison. Si la déclinaison est plus grande, comme il arrive souvent dans la zone-torride, alors il faudra pour avoir la latitude soustraire de la déclinaison du soleil la distance de cet astre au zénith du lieu ; mais si la déclinaison du soleil doit être plus petite que la latitude, (le soleil & le zénith étant toûjours supposés d’un même côté de l’équateur) dans ce dernier cas, pour avoir la latitude, il faudra ajouter la déclinaison du soleil à la distance de cet astre au zénith. Si le soleil ou l’étoile n’ont point de déclinaison, ou, s’agissant du soleil, si l’observation se fait un jour où cet astre se meuve dans l’équateur, c’est-à-dire le jour de l’équinoxe, alors l’élévation de l’équateur deviendra égale à la hauteur méridienne de l’astre, & par conséquent cette hauteur sera nécessairement le complément de la latitude. Cette derniere méthode est plus propre aux usages de la navigation, parce qu’elle est plus praticable en mer ; mais la premiere est préférable sur terre. La connoissance de la latitude donne le moyen de monter le globe horisontalement pour un lieu, c’est-à-dire de terminer l’horison de ce lieu, pour répon-​dre aux questions qu’on peut faire sur l’heure actuelle, sur le lever ou le coucher du soleil dans cet horison un tel jour de l’année ; sur la durée des jours, des nuits, des crépuscules. On demande, par exemple, quelle heure il est à Tornéo de Laponie, lorsqu’il est midi à Paris le 10 Mai. Après avoir attaché sur le méridien le petit cercle horaire avec son aiguille, j’amene Tornéo sous le méridien, le trouvant à $\scriptstyle 66 \frac{1}{2}$ d. de latitude, je donne au pole autant d’élévation : je cherche dans le calendrier de l’horison le 10 Mai, & j’apperçois qu’il répond au 19 degré du lion. J’amene sous le méridien ce point du ciel, que je remarque avec soin, & sous lequel est actuellement le soleil. Si après avoir appliqué l’aiguille horaire sur midi, c’est-à-dire sur la plus élevée des deux figures marquées XII. je fais remonter le globe à l’orient ; au moment que le 19 degré de l’écliptique joindra l’horison, l’aiguille horaire montrera deux $\scriptstyle \frac{1}{2}$ heures pour le lever du soleil sur cet horison. Le même point conduit de-là au méridien, & du méridien au bord occidental de l’horison, exprimera la trace ou l’arc diurne du soleil sur l’horison de Tornéo : l’aiguille horaire marquera $\scriptstyle 9 \frac{1}{2}$ heures au moment que le 19 degré du taureau descendra sous l’horison. J’apprens ainsi sur le champ, que la durée du jour le 10 Mai, est de 19 heures à Tornéo, & la nuit de cinq. La connoissance de la latitude d’un lieu donne encore celle de l’élévation de l’équateur pour l’horison de ce lieu. Le globe monté horisontalement pour Paris, vous avez 49 degrés de distance entre le pole & l’horison, comme vous les avez en latitude entre l’équateur & le zénith ; or du zénith à l’horison, il n’y a que 90 degrés de part & d’autre. Si de ces 90 vous retranchez les 49 de latitude, il reste 41, nombre qui exprime la hauteur de l’équateur sur l’horison de Paris. La hauteur de l’équateur sur l’horison est donc ce qui reste depuis la hauteur du pole jusqu’à 90. Spectacle de la Nature, tome IV. page 400. Voyez Globe.
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v9-997-0
LATIUM le
LATIUM le, (Géog. anc.)​ c’est-à-dire le pays des Latins ; mais heureusement nous avons plus accoutumé nos yeux & nos oreilles au mot même qu’à​ la périphrase. Le Latium est une contrée de l’ancienne Italie, située au levant du Tibre, & au midi du Teverone, aujourd’hui Anio. Ovide nous dit d’après la Fable, que Saturne ayant été chassé du ciel par son fils Jupiter, se tint caché quelque tems dans cette contrée d’Italie, & que du mot latere, se cacher, étoit venu le nom de Latium, & celui de Latini, que prirent le pays & les habitans. Mais Varron aime mieux tirer l’origine du mot Latium, de ce que ce pays est en quelque façon caché entre les précipices des Alpes & de l’Apennin ; & quant aux Latins, ils dérivent leur nom du roi Latinus, que Virgile a ingénieusement supposé beau-pere d’Enée, pour lui faire jouer un grand rôle dans son Enéide. Rien n’est plus obscur ni plus incertain que l’ancienne histoire du Latium, quoique Denis d’Halicarnasse ait fait tous ses efforts pour la débrouiller, & réduire les fables ainsi que les traditions populaires à des vérités historiques. Strabon prétend que l’ancien Latium renfermoit un très-petit pays, qui s’accrut insensiblement par les premieres victoires de Rome contre ses voisins ; de sorte que de son tems le Latium comprenoit plusieurs peuples qui n’appartenoient point à l’ancien Latium, comme les Rutules, les Volsques, les Eques, les Herniques, les Aurunces ou Ausones, jusqu’à Sinuesse, c’est-à-dire une partie de la terre de Labour, jusqu’au couchant du golfe de Gaëte. Il faut donc distinguer le Latium ancien du Latium nouveau ou augmenté. Les Rutules, les Volsques, les Eques, les Herniques, les Aurunces exclus de l’ancien Latium, sont compris dans le second ; & ni l’un ni l’autre Latium ne quadre exactement avec ce que nous appellons la campagne de Rome, quoi qu’en disent Ortelius & les modernes qui l’ont copié. L’ancien Latium est trop petit pour y répondre, & le second est trop grand, puisque le Liris aujourd’hui le Garillan, y naissoit & n’en sortoit point depuis ses sources jusqu’à son embouchure. On juge bien que dans l’Enéide il n’est question que de l’ancien Latium pris dans sa plus petite étendue. Virgile le surnomme Hesperium, mais Horace l’appelle ferox, féroce. Il faut convenir que jamais épithete n’a mieux peint l’ancien Latium que celle d’Horace, s’il est vrai qu’autrefois on y sacrifioit tous les ans deux hommes à Saturne, & qu’on les précipitoit dans le Tibre de la même maniere que les Leucadiens précipitoient un criminel dans la mer. C’est Ovide qui nous rapporte cette tradition ; ensuite il ajoûte qu’Hercule ayant été témoin de ce sacrifice en passant par le Latium, n’en put soutenir la cruauté, & qu’il fit substituer des hommes de paille à de véritables hommes. (D. J.)​
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v9-998-0
LATMICUS SINUS
LATMICUS SINUS, (Géog. anc.)​ golfe de la mer Méditerranée sur la côte d’Asie, aux confins de l’Ionie & de la Carie ; on le nomme à présent le golfe de Palatchia. (D. J.)​
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v9-999-0
LATMOS
LATMOS, (Géog. anc.)​ ancienne ville de l’Ionie dans l’Asie mineure. Elle fut du nombre de celles qui brisa ses chaînes lors de la défaite de Xercès par les Grecs sous les ordres de Miltiade ; mais Artémise, reine de Carie, s’en rendit maîtresse par un de ces stratagèmes que la politique autorise, & que l’honneur & la probité condamnent très justement. La mort de cette reine & les mauvais succès des Grecs dans l’Asie, fournirent à la ville de Latmos les moyens de recouvrer son ancienne liberté. Elle la maintint quelque tems par son courage, & ne la perdit une seconde fois, qu’en se laissant tromper par les artifices de Mausole. (D. J.)​
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v9-999-1
Latmos ou Latmus
Latmos ou Latmus, (Géog. anc.)​ montagne d’Asie, partie dans l’Ionie, & partie dans la Carie. Pomponius Mela, l. I. c. xvij, dit qu’elle étoit cé-​lebre par l’avanture fabuleuse d’Endymion, pour qui la Lune eut de l’amour. De là vient qu’il est nommé latmius heros par Ovide, Trist. l. II. v. 299. & latmius venator, par Valerius Flaccus, l. VIII. v. 28. Le nom moderne de cette montagne est Palatchia selon M. Baudrand. (D. J.)​
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