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twg_000012927300 | toujours enchane. Des papillons s'en vont comme des messagers De la pelouse l'arbre et de l'arbre la nue, Et leur vol oscillant tche de s'allger De l'importune ardeur leurs flancs retenue. Tout est heureux parmi ce ploiement des rameaux; Dans le lointain, un chien imptueux aboie; Un train coule, rapide et lisse comme une eau; Et partout c'est la joie: | 60 | gutenberg |
twg_000012927301 | antique et neuve joie! --Ah! puisque vous n'tiez, Dieu des cieux enivrs, Qu'un Sultan amoureux des jardins et des arbres, Qui, la nuit, contemplez les bleus poissons nacrs Que la lune nourrit dans son bassin de marbre, Puisque, Dieu d'Orient, opulent et cruel, Vous n'aimiez du sol noir o les hommes expirent Que ces tapis de fleurs, ces chles sensuels | 60 | gutenberg |
twg_000012927302 | Bariols ainsi que de lourds cachemires, Pourquoi nous avez-vous placs dans ces jardins O, l'esprit enfivr de nave puissance, Ignorant votre immense et nonchalant ddain Nous cherchons goter votre invisible essence? --Pauvres gladiateurs qui n'ont droit qu' la mort, La splendeur de l'espoir nous entrane et nous broie; Quel but assignez-vous au courage, l'effort, Puisque l'homme n'est pas dsign pour | 60 | gutenberg |
twg_000012927303 | la joie? Du haut de vos balcons, sur les divans des cieux, Le bras tranant au bord des pompeuses nues, Vous regardez, Sultan d'Asie aux cheveux bleus, La sombre arme humaine, avide et dnue. Vous savez que l'homme est l'esclave rvolt, Celui dont le dsir a dpass vos rgles, Et dont l'esprit, plus haut que la srnit, A le frmissement | 60 | gutenberg |
twg_000012927304 | des prunelles de l'aigle. Et vous vous dtournez de son sublime orgueil: Qu'il souffre, qu'il s'obstine ou dfaille, qu'importe? Son passage ne fait pas d'ombre sur votre oeil Qu'enchantent des jets d'eau sous les arceaux des portes. Vous dites: Que me veut ce lutteur irrit, Qui, par moi introduit dans la royale arne Pour servir de spectacle mon oisivet, Pense | 60 | gutenberg |
twg_000012927305 | pouvoir flchir ma langueur souveraine? Que les chaleurs, les eaux, les tigres des forts Le dtruisent, qu'il aille en ces mtamorphoses O toujours ma puissance invincible apparat; Je ne distingue pas l'homme d'avec les choses... --Que vos jardins sont beaux, que vos vergers sont clairs, Seigneur! Pre des flots, des saisons, des contres; Des cymbales d'argent semblent frapper les airs, | 60 | gutenberg |
twg_000012927306 | Et soulvent aux cieux des trombes azures! Non, nous n'avions pas droit vos soins vigilants, Notre grandeur n'est pas le fruit d'or de votre oeuvre; Vous nous aviez crs d'un coeur indiffrent, Comme le rossignol et la verte couleuvre. Vous ne pouviez savoir que de vos frais matins, De vos nuits, que les vents transportent d'allgresse, Nous ferions, nous, rveurs | 60 | gutenberg |
twg_000012927307 | exigeants et hautains, Le temple de notre pre et frntique ivresse; Que toujours dsirant et jamais satisfaits, Aux flches du dsir ajoutant le reproche, Nous emplirions l'ther insensible et parfait, D'un chant plus remuant que l'orage et les cloches; Que l'amour et la mort, dont vous aviez li Les mains, dans une sage et suave harmonie, Seraient pour nous, hros | 60 | gutenberg |
twg_000012927308 | toujours l'agonie, Le mystique portail avec ses deux piliers; Que nous appellerions amour, splendeur, dsastre, Ce qui n'est vos yeux que la pente du sort. Et qu'avec nos orgueils, nos dfis, nos transports, Nous viendrions,--Bouddha qui rvez dans les astres, Prs de la lune, blanc lotus mort demi, Ecoutant la musique parse et frmissante Que font les sphres d'or en | 60 | gutenberg |
twg_000012927309 | leur course dansante,-- Troubler par nos sanglots votre rire endormi... IV LES TOMBEAUX Grandeur, gloire, nant! calme de la nature! V. HUGO. LES MORTS Si belle qu'ait t la Comdie en tout le reste... PASCAL. Seigneur, j'ai vu la face inerte de vos morts, J'ai vu leur blanc visage et leurs mains engourdies; J'ai cherch, le front bas devant ces | 60 | gutenberg |
twg_000012927310 | calmes corps, Ce qui reste autour d'eux d'une me ivre et hardie. Leur triste bouche, hlas! hors du bien et du mal A conquis la suprme et vaine sauvegarde; Comme un remous secret, hsitant, ingal, Un flottant inconnu sous leurs traits se hasarde. Rien en leurs membres las n'a gard la tideur De la haute aventure, humaine, ample et vivace; | 60 | gutenberg |
twg_000012927311 | Ils sont emplis d'oubli, d'abme, de lourdeur; On sent s'loigner d'eux l'atmosphre et l'espace. Barques la drive, ils ont quitt nos ports; Ainsi qu'une momie au fil d'un flot funbre, Ils vont, fardeau tran vers d'tranges tnbres Par la complicit du temps rapide et fort. Nos dfrents regards humblement les contemplent: Soldats anantis, victimes sans splendeur! --J'coute s'crouler les colonnes | 60 | gutenberg |
twg_000012927312 | du temple Que mon orgueil avait lev sur mon coeur. Hlas! nul Dieu, nul Dieu ne parle par leur ombre; Aucun tragique jet de flamme et de fiert N'mane de ces corps, qui, dtachs des nombres, Sont tombs dans le gouffre o rien n'est plus compt... Ainsi je m'en irai, cendre parmi les cendres; Mon regard qui marquait son sceau | 60 | gutenberg |
twg_000012927313 | sur le soleil, Mes pas qui, s'levant, voyaient les monts descendre, Subiront ce destin singulier et pareil. Je serai ce nant sans volont, sans geste, Ce dormeur inclin qui, si on l'insultait, Garderait le silence absorb qui lui reste, N'opposerait qu'un front qui consent et se tait. --Ah! quand j'tais si jeune et que j'aimais les heures Par besoin d'puiser | 60 | gutenberg |
twg_000012927314 | mon courage infini, Je songeais en tremblant la sombre demeure Qu'on creuse dans le sol granuleux et bruni; Mais rien n'irritera l'pave solitaire; La peur est aux vivants, mais les morts sont exclus. Quoi! rien n'est donc pour eux? Quoi! pas mme la terre Ne se fera connatre leurs sens rvolus? Rien! voil donc ton sort, me altire et rgnante; | 60 | gutenberg |
twg_000012927315 | Voil ton sort, coeur ivre et brlant de dsir; Regard! voil ton sort. Douleur retentissante, Voil votre tonnerre et votre long loisir! Rien! oui, j'ai bien compris, mon esprit s'agenouille; Je jette mon amour sur cette humanit Qui, toujours encercle et prise par la rouille, Transmet l'ardent flambeau de son inanit... Ainsi, je sais, je sais! Accordez-moi la grce De | 60 | gutenberg |
twg_000012927316 | souffrir l'cart, de laisser mon coeur Le temps de regarder les univers en face Et de ne pas faiblir de honte et de stupeur: --Ainsi je n'tais rien, et mon esprit qui songe Avait bien parcouru les espaces, les temps; Comme l'aigle qui monte et le dauphin qui plonge Je revenais portant les riants lments! La fiert, la piti, les | 60 | gutenberg |
twg_000012927317 | pardons, le courage, En possdant mon coeur se l'taient partag; Sans rpit, sans repos, je luttais dans l'orage Comme un vaisseau qu'un flot fougueux rend plus lger! C'est bien, j'accepte cet croulement du rve, Ce suprme rpons mon esprit dress Comme une tour puissante et guerrire o se lvent L'Attente imptueuse et l'Espoir offens! Mais avant d'accepter, sans plus jamais | 60 | gutenberg |
twg_000012927318 | me plaindre, Ce lot o vont prir l'esprance et la foi, Hlas! avant d'aller m'apaiser et m'teindre, Amour, je vous bnis une dernire fois: Je vous bnis, Amour, archange pathtique, Sublime combattant contre l'ombre et la mort, Lucide conducteur d'un monde nigmatique, Exigeant conseiller que consulte le sort; Par vos terribles soins, comme de grandes fresques, L'Histoire des humains suspend | 60 | gutenberg |
twg_000012927319 | au long des jours Des figures en feu, pourpres et romanesques, Dont la flamme et le sang ont trac les contours. --Seigneur, l'me est l'lan, la dpense infinie, Seigneur, tout ce qui est, est amour ou n'est rien. Au centre d'une ardente et plaintive agonie J'ai possd les jours futurs, les temps anciens; Vienne prsent la mort et son atroce | 60 | gutenberg |
twg_000012927320 | calme, Mer o les vaisseaux n'ont ni voiles ni hauban, Contre o nul zphyr ne fait bouger les palmes, Arne o nul couteau ne trouve un coeur sanglant! Vienne la mort, mon me a dpass les bornes, Mon esprit, comme un astre, aux cieux s'est projet, J'ignorerai l'abme humiliant et morne, Mon coeur dans la douleur eut son ternit! AINSI | 60 | gutenberg |
twg_000012927321 | LES JOURS LEGERS... Ainsi les jours lgers, et qui te ressemblaient Par la coloration chaleureuse des heures, Ont de toi fait un mort, la nuit, dans ta demeure, Et l'aube, lentement, a blanchi tes volets... Et tu fus l, dormant, jamais insensible, Laissant monter sur ceux que tu privais de toi Ces grands fardeaux du temps aux contours inflexibles; J'ai | 60 | gutenberg |
twg_000012927322 | l'ge de ce jour o je t'ai vu sans voix: Sans regard et sans voix, achevant ma jeunesse Par ce spectacle affreux de faiblesse et de paix, Que mes yeux arrts puisaient avec dtresse Sur ton front assombri, si pauvre et si parfait. Les fleurs, entre tes mains et contre ton doux tre, Parfumaient froidement ton ternel rpit; Jamais je | 60 | gutenberg |
twg_000012927323 | ne verrai l't sans reconnatre Ce jardin qui mourait sur ton coeur assoupi! Et tu n'tais plus l, malgr ton fin visage, Le dernier de toi-mme et qui me plat le plus; O visage accabl, suprme paysage D'un jour de fin du monde, et qu'on ne verra plus! Les vivants ont repris leurs errantes coutumes; Ils sont un autre peuple, | 60 | gutenberg |
twg_000012927324 | et tu ne peux toujours Hanter de ta suave et potique brume Ces malheureux, guids par d'alertes amours. Mais leur vague existence est par l'ombre absorbe, Ils meurent chaque jour, sans enfoncer en nous Ces pointes du malheur, que ta main drobe Fixe encor dans mon coeur comme de sombres clous... L'ABIME Je vais partir, mon coeur se brise, puisque | 60 | gutenberg |
twg_000012927325 | toi Tu ne peux plus choisir l'arrt ou le voyage, Et que la sombre mort me cache ton visage Sous le bois et le plomb de ton infime toit. Je viens, dans la cit pierreuse du silence, Rver prs de ta tombe, interroger encor La place aride et creuse o l'on a mis ton corps, Et connatre par toi ta | 60 | gutenberg |
twg_000012927326 | triste indiffrence. Ainsi je vois les cieux, limpides, arrondis; Le feuillage lger des tombeaux est vivace; Lampe exaltante et gaie, l'heure de midi Le soleil vient chauffer ton troite terrasse. Et tu dors jamais! Le pass, l'avenir De leurs fortes parois te pressent et t'enclavent, Tu ne te dfends plus, mon timide esclave, Et tu n'as pas t, puisque tu | 60 | gutenberg |
twg_000012927327 | peux finir. Tu vivais. Et, moi qui, ds ma pensive enfance, N'avais pas accept les durs dfis du sort, J'ai d te voir entrer, craintif et sans dfense, Dans le sombre accident quotidien de la mort; Tu dors, mon emmur, et mon regard qui plonge Jusqu' ton front dtruit, jamais cher pour moi, Ne peut plus t'apporter cette part de | 60 | gutenberg |
twg_000012927328 | mes songes Qui te plaisait ainsi qu'un mutuel exploit. --Puisque je n'ai pas pu empcher ces dsastres, Nature! moi qui fus leur conseil et leur soeur, Puisque je ne peux pas rveiller la torpeur Des jeunes corps dormant dans l'trange moiteur De vos froids souterrains aux tnbreux pilastres, Que du moins ma tristesse et son tonnement, Comme un reproche ardent, | 60 | gutenberg |
twg_000012927329 | flotte ternellement Entre les tombeaux et les astres! HELAS, IL PLEUT SUR TOI... Hlas, il pleut sur toi par del les faubourgs, O ceux qui t'aimaient t'ont laiss, la mort venue, Dans le froid cimetire o languit tout amour... Et le fleuve effil qui coule de la nue Abat sur toi son bruit tambourinant et sourd! Il pleut; moi je | 60 | gutenberg |
twg_000012927330 | suis l, sous un abri de toile, Dans mon jardin d't, auprs de ma maison; Je ne t'aperois plus au bout de l'horizon, O jeune mort dormant sous de funbres voiles! --Le bruit que fait la pluie en touchant les gazons Semble, dans cette verte et sereine saison, Un frais fourmillement qui tombe des toiles... Et le ddain que j'ai | 60 | gutenberg |
twg_000012927331 | pour la vie usuelle, Alors que ton esprit lumineux s'est enfui, M'emplit d'un si lucide et pathtique ennui, Que le monde mystique mes sens se rvle, Avec un vident et tnbreux coup d'aile, Comme par ses parfums un jardin dans la nuit... PUISQUE J'AI SU PAR TOI... Puisque j'ai su par toi que vraiment on mourait, Visage troit et froid, | 60 | gutenberg |
twg_000012927332 | toi qui fus la vie, Je suivrai d'un regard sans peur et sans envie, Ce qui commence ainsi que ce qui disparat. C'est toi le premier front que j'ai vu sombre et ple, Aprs avoir connu ton rire illumin, Et tu m'as rvl l'inanit finale Qu'on rejoint et qu'on fuit depuis que l'on est n. Quels que soient dsormais tous | 60 | gutenberg |
twg_000012927333 | les deuils qui m'accablent, Ces fantmes nouveaux n'enfonceront leurs pas Que dans tes pas lgers imprims sur le sable, Et leur cruel dpart ne me surprendra pas. Mais je meurs en songeant ces futurs trpas, Tout mon tre est li des souffles instables, C'est par vous, mes humains, que je suis prissable! IL PARAIT QUE LA MORT... Il parat que | 60 | gutenberg |
twg_000012927334 | la mort est naturelle et juste, Que l'esprit s'y soumet, que des tres, heureux, Rient aprs avoir vu ces pleurs auprs d'eux, Et qu'ils ont accept la loi sombre et vtuste. Mais moi, portant la vie infinie en mon corps, Je n'ai pas vraiment cru cet invitable, J'ignorais que l'on pt subir l'inacceptable, Je ne le saurais pas si vous | 60 | gutenberg |
twg_000012927335 | n'tiez pas mort. Ainsi ce soir est doux, l'ombre s'tend, respire, Les arbres humects savourent qu'il ait plu; Un train siffle, on entend des persiennes qu'on tire, Tout l'air est bruissant, et tu ne l'entends plus! Ai-je vraiment bien su, ds ma sensible enfance, Que tout est vie et mort, change fraternel? Je me sens tout coup atteinte d'une offense | 60 | gutenberg |
twg_000012927336 | Dont je demande compte au destin ternel. L'espace est bienveillant, les astres brillent, l'air Rpand de frais parfums que les arbres changent; Mais je n'accepte pas cet horrible mlange D'un soir panoui et des morts recouverts. --O mes jeunes amis, qui faisiez mes jours clairs, Pourquoi sont-ce vos mains inertes qui drangent L'ordre imposant de l'univers? LES VIVANTS SE SONT | 60 | gutenberg |
twg_000012927337 | TUS... Les vivants se sont tus, mais les morts m'ont parl, Leur silence infini m'enseigne le durable. Loin du coeur des humains, vaniteux et troubl, J'ai bti ma maison pensive sur leur sable. --Votre sommeil, morts dus et srieux, Me jette, les yeux clos, un long regard farouche; Le vent de la parole emplit encor ma bouche, L'univers fugitif s'insre | 60 | gutenberg |
twg_000012927338 | dans mes yeux. Morts austres, lgers, vous ne sauriez prtendre A toujours occuper, par vos muets soupirs, La race des vivants, qui cherche se dfendre Contre le temps, qu'on voit dj se rtrcir; Mais mon coeur, chaque soir, vient contempler vos cendres. Je ressemble au pass et vous l'avenir. On ne possde bien que ce qu'on peut attendre: Je suis | 60 | gutenberg |
twg_000012927339 | morte dj, puisque je dois mourir... LE SOUVENIR DES MORTS Des nuages, du froid, de la pluie et du vent Le printemps est sorti sur toute la nature; Les arbres ont repris leur verdoyante enflure, Et semblent protger les rapides vivants. Ils vont, ces affranchis, qui la Destine Accorde encor un jour de dlice ou de paix, Et leur aveuglement | 60 | gutenberg |
twg_000012927340 | candide se repat De ce sursis de vie, humble et momentane. Ainsi vont les humains tolrs par le Temps! --Tel un chanon lger la chane des ges, Il tinte clair et frais, le vaniteux printemps, Et comme un vif grelot excite leur courage! Mais je ne louerai pas le hardi renouveau: Le printemps vient des morts, et je le leur | 60 | gutenberg |
twg_000012927341 | ddie. Tout est vaine, bruyante ou morne comdie, Puisque tout est dtresse accdant au repos. --Multitude endormie en la cit des pierres Ils ont l'ternit que nous n'obtenons pas, L'espace est concentr sous leur faible paupire, L'obsdant mouvement s'arrte sous leurs pas. Aligns cte cte, austre compagnie, Ils sont des trangers, que seul drangera Le convive nouveau, en funbre apparat, | 60 | gutenberg |
twg_000012927342 | Qu'on descend au sjour de la monotonie. En vain les yeux vivants, penchs sur leur nant, Tentent de rveiller ces puissantes paresses, Et d'absorber les corps force de caresses Ainsi que le soleil aspire l'ocan! Anantis, ferms et froids comme les astres, Ils restent. Ni les voix, ni le chant des clairons, Ni le sublime amour flamboyant n'interrompt Le silence | 60 | gutenberg |
twg_000012927343 | infini de leur calme dsastre. Ah! les rires, l'espoir, les projets, les ts Sont d'incertains signaux qui mon coeur rsiste; La vie est sans aspects puisque la mort existe. Je vous salue, Morts! Constance, Fixit! --On btit: des maons debout sur les tranches Font vibrer dans l'azur le bruit vaillant du fer, Mais mes yeux vont, emplis d'un songe pre | 60 | gutenberg |
twg_000012927344 | et dsert, De nos maisons debout vos maisons couches. Je laisse les oiseaux, dans le laiteux azur, Acclamer la saison insinuante et tendre; Je pense aux froids jardins enferms dans les murs O les morts patients rvent nous attendre. Je m'loigne de tout ce qui vit et qui sert; Je pense vous: mon but, mes frres, mon exemple. La Mort | 60 | gutenberg |
twg_000012927345 | vous a groups dans son grave concert, Et sa sombre unit, nous la chantons ensemble!... TON ABSENCE EST PARTOUT... Ton absence est partout une obscure vidence, Vaste comme la foule, et comme elle encombrant La route o je m'avance, errante, et respirant Le souvenir diffus de ta sainte prsence... Partout o tu tais, coeur jamais enfui, Tu te dresses pour | 60 | gutenberg |
twg_000012927346 | moi, fantme tendre et triste, Et ta compassion inefficace assiste A tout l'tonnement qui porte mon ennui... Puiss-je demeurer toujours grave, inquite, Et n'accueillir jamais, au calme instant du soir, Cette paix sans bonheur qui lentement nous guette Quand l'me est dlivre, enfin, de tout espoir... LA NUIT RAPPROCHE MIEUX... Et nous nous regardons tous les deux fixement, Elle qui | 60 | gutenberg |
twg_000012927347 | brille et moi qui souffre. V. HUGO. La nuit rapproche mieux les vivants et les morts; Dans l'ombre unie et calme o la fracheur s'lance Voici l'heure du rve pars et du silence. A l'horizon s'installe, exacte et sans effort, La lune demi-ronde, amenant autour d'elle Son cortge glac, scintillant et fidle, Semblable aux feux lgers disperss dans les ports. | 60 | gutenberg |
twg_000012927348 | Comme une blanche algbre, nigmatique et triste, Cette gomtrie insondable persiste, Et fait des cieux du soir un problme ternel... Mais rien ne vient rpondre nos pressants appels; Tout trompe nos regards assurs et dbiles, Les cieux prcipits qui semblent immobiles, L'ombre qui, sur nos fronts, met sa protection, Le silence propice aux nobles passions. --O lune aux flancs briss, | 60 | gutenberg |
twg_000012927349 | mlancolique amphore D'o ne coule aucun vin pour les coeurs altrs, Sur Tarente, Amalfi, sur les rochers sacrs, Baignant l'oeillet marin, les vertes ellbores, Vous sembliez parfois, d'un regard thr, Secourir notre amre et plaintive indigence, Mais ce soir je ne sens que votre froid ddain. --Excitant du dsir et de l'intelligence, O lune, accueillez-vous dans vos ples jardins L'immense | 60 | gutenberg |
twg_000012927350 | posie aile et taciturne Qui mne les esprits par del les instincts, Et que nous confions aux espaces nocturnes, A l'heure o, quand tout bruit et tout clat s'teint, Notre coeur vous choisit comme un appui lointain?... Mais en vain mon esprit qui souffre et qui rclame Interroge.--La brise, alerte et tide, trame Un tissu dli o les parfums se | 60 | gutenberg |
twg_000012927351 | pment. Et je respire avec un coeur extnu La douce odeur des nuits, qui vient attnuer Le vide sans espoir o ne sont pas les mes... PUISQU'IL FAUT QUE L'ON VIVE... Puisqu'il faut que l'on vive, ayant de tout souffert: Puisqu'on est, sous les coups du muet univers, Le stoque marin d'un persistant naufrage; Puisque c'est la fois l'instinct et | 60 | gutenberg |
twg_000012927352 | le courage D'avancer, en laissant tomber ses cts Tous les lambeaux du rve et de la volupt, Et, qu'ayant moins de force, on se prtend plus sage; Puisque, sans accepter, il faut pourtant subir, Et que, songeur aveugle, on dpasse l'obstacle Comme des morts vivants glissant vers l'avenir; Puisqu'on est tout coup surpris par le miracle Du printemps qui revient | 60 | gutenberg |
twg_000012927353 | comme un apaisement: Arc-en-ciel jaillissant des sombres fondements; Puisqu'on sent circuler de la terre la nue L'entrain mystrieux par qui tout continue, Et qu'on voit, sur l'azur, les lilas lourds d'odeur Balancer mollement des archipels de fleurs, Je pourrais croire encor que la vie est auguste, Qu'un sr pressentiment, obscur et solennel, Fixe au coeur des humains le sens de | 60 | gutenberg |
twg_000012927354 | l'ternel, Que le labeur est bon, que la souffrance est juste, Malgr l'essor sans but des mditations, Malgr l'inerte espace o les soleils fourmillent, Malgr les calmes nuits o froidement scintille Le blanc squelette pars des constellations, Malgr les mornes jours, dont chaque instant ajoute A la somme des pleurs, des regrets et des doutes Rus contre nos coeurs comme | 60 | gutenberg |
twg_000012927355 | des ennemis, Si je n'avais pas vu leur visage endormi... JE NE VEUX PAS SAVOIR S'IL FAIT CLAIR... Je ne veux pas savoir s'il fait clair, s'il fait triste, Si le printemps, exact, va reverdir encor, Si l'orgueilleux soleil jette son cerceau d'or Sur les chemins lgers de la bleutre piste, Ni si le vif matin a son joyeux ressort, | 60 | gutenberg |
twg_000012927356 | Et le soir ses couleurs de lin et d'amthyste, Je sais que pour les morts plus aucun temps n'existe: Je suis jalouse pour les morts. JE RESPIRE ET TU DORS, A PRESENT... Je respire et tu dors, prsent sans limite, Ayant l'ge du monde et de l'ternit, Et moi, mle encore l'incessante fuite, Je vais regarder luire un phmre t. | 60 | gutenberg |
twg_000012927357 | --Je vous verrai, montagne o le jour bleu ruisselle, Villas au bord des lacs, qui font croire au bonheur, Rivages o la barque en forme de tonnelle Berce un couple alangui entre l'onde et les fleurs. Je vous verrai, mouvante et rieuse prairie O l'herbage lger, par les frelons press, Ondoie et luit ainsi qu'une cendre fleurie, Mlant ce qui | 60 | gutenberg |
twg_000012927358 | renat ce qui a cess, Et vous, molle fume au-dessus des villages, De tout ce qui finit phmre contour, Qui, sur l'air de cristal, dployez vos sillages, Pesante et calme ainsi qu'un confiant amour. --Mais je n'coute plus vos voix lysennes O liquides tyrans des prs verts et des flots, Sirnes! taisez-vous, mensongres sirnes! Je djoue jamais vos attrayants complots! | 60 | gutenberg |
twg_000012927359 | Moi qui suis la vigie ardente du voyage, Je sais que tout est vain et sombre atterrissage; Que pourrais-je esprer ou dsirer encor, Puisque tout l'univers est pos sur des morts?... MALGRE MES BRAS TENDUS... Il est humiliant d'expirer... V. HUGO. Malgr mes bras tendus, malgr mon coeur tenace, Vous entrez avant moi, compagnons de mes jours, Dans l'attirante terre, | 60 | gutenberg |
twg_000012927360 | exclusive et vorace, Qui resserre sur vous ses humides contours. Voil donc l'avenir, c'est donc cela qui dure: La tombe, le caveau, le clotre souterrain! Et nous, vantant toujours la trompeuse Nature, Avec les yeux ravis du ptre et du marin Nous bnissions le jour luisant, le soir serein; --Vous seule tes fidle, secrte ossature! Autrefois, je voyais se drouler | 60 | gutenberg |
twg_000012927361 | le temps Comme une route blanche entourant la montagne, Et que gravit, dans l'ombre o l'aigle l'accompagne, Une foule au coeur gai, aux espoirs exultants; Mais cette sinueuse et noble perspective, Ce haut plerinage au but ambitieux Etaient un enfantin mirage de mes yeux. L'humanit chantante, hroque et pensive Retombe dans la terre ayant rv des cieux! --Hlas, mes disparus, | 60 | gutenberg |
twg_000012927362 | mes archanges sans ailes, Vous marchez devant moi pour m'viter la peur; Et par vous je sens crotre et brler dans mon coeur, Au milieu d'une calme et stupfaite horreur, Le sombre amour qu'on doit la mort ternelle! Dj combien de mains ont dlaiss mes mains... --Du moins, battez plus fort, coeur empli de courage! Entranez avec vous vos morts | 60 | gutenberg |
twg_000012927363 | sur les chemins. Que leurs regards nombreux brlent dans mon visage, Que mon me abondante abreuve les humains, Et que je meure enfin comme on vit davantage!... PUISQU'IL FAUT QUE LA MORT... Puisqu'il faut que la mort spare enfin les tres, Quel que soit le constant et volontaire amour, O toi qui vis encor, je bnirai le jour O le | 60 | gutenberg |
twg_000012927364 | destin, murant ma porte et mes fentres, M'enferma brusquement dans son austre tour O jamais l'Esprance au doux chant ne pntre. J'ai souffert, mais du moins n'aurai-je point par toi Connu cette ruse et lugubre victoire De demeurer vivante, alors qu'un brick troit Entrane un passager vers les rives sans gloire... --Vivre quand ils sont morts! Respirer les saisons! Voir | 60 | gutenberg |
twg_000012927365 | que le temps sur eux s'paissit et s'tire! Commettre chaque jour cette ample trahison, Ne pouvoir changer nos maux contre leur pire, Et, relayant parfois leur inerte martyre, Nous tendre le soir en leur froide prison, Tandis que leurs doux corps rentrent dans les maisons... JE VIVAIS. MON REGARD, COMME UN PEUPLE... Je vivais. Mon regard, comme un peuple d'abeilles, | 60 | gutenberg |
twg_000012927366 | Amenait mon coeur le miel de l'univers. Anxieuse, la nuit, quand toute me sommeille, Je dormais, l'esprit entr'ouvert! La joie et le tourment, l'effort et l'agonie, De leur mme tumulte tourdissaient mes jours. J'abordais sans vertige aux choses infinies, Franchissant la mort par l'amour! Vivante, et toujours plus vivante au sein des larmes, Faisant de tous mes maux un exaltant | 60 | gutenberg |
twg_000012927367 | emploi, J'tais comme un guerrier transperc par des armes, Qui s'enivre du sang qu'il voit! La justice, la paix, les moissons, les batailles, Toute l'activit fougueuse des humains, Contractait avec moi d'augustes fianailles, Et mettait son feu dans ma main. Comme le prtre en proie de sublimes transes, J'apercevais le monde travers des flambeaux; Je possdais l'ardente et fconde ignorance, | 60 | gutenberg |
twg_000012927368 | Parfois, je parlais des tombeaux. Je parlais des tombeaux, et ma voix abuse Chantait le sol fcond, l'arbuste renaissant, La nature immortelle, et sa force puise Au fond des gouffres languissants! J'ignorais, je niais les robustes attaques Que livrent aux humains le destin et le temps; Et quand le ciel du soir a la douceur opaque Et triste des tangs, | 60 | gutenberg |
twg_000012927369 | Je cherchais poursuivre travers les espaces Ces routes de l'esprit que prennent les regards, Et, dans cet infini, mon me, jamais lasse, Traait son sillon comme un char. Tout m'tait turbulence ou tristesse attentive; La mort faisait partie heureuse des vivants, Dans ces sphres du rve o mon me inventive S'enivrait d'azur et de vent! Ainsi, sans rien connatre, ainsi, | 60 | gutenberg |
twg_000012927370 | sans rien comprendre, Maintenant l'univers comme sur un brasier, Je contemplais la flamme et j'ignorais les cendres, O nature! que vous faisiez. Je vivais, je disais les choses phmres; Les sicles renaissaient dans mon verbe assur, Et, vaillante, en dpit d'un coeur dsespr, Je marchais, en dansant, au bord des eaux amres. A prsent, sans dtour, s'est prsente moi La | 60 | gutenberg |
twg_000012927371 | vrit certaine, acheve, immobile; J'ai vu tes yeux ferms et tes lvres striles. Ce jour est arriv, je n'ai rien dit, je vois. Je m'emplis d'une vaste et rude connaissance, Que j'acquiers d'heure en heure, ainsi qu'un noir trsor Qui me dispense une pre et totale science: Je sais que tu es mort... _1907-._ TABLE I--LES PASSIONS Pages Tu vis, | 60 | gutenberg |
twg_000012927372 | je bois l'azur J'ai tant rv par vous L'Amiti Tu t'loignes, cher tre J'espre de mourir Que m'importe aujourd'hui Je dormais, je m'veille On ne peut rien vouloir Un jour, on avait tant souffert Je me dfends de toi La Douleur Seigneur, pourquoi l'amour Le Chant du Printemps Je vous avais donn O mon ami, souffrez Nous n'avions plus besoin | 60 | gutenberg |
twg_000012927373 | de parler J'ai vu ta confuse Je marchais prs de vous Tel l'arbre de corail T'aimer. Et quand le jour timide Cantique Avoir tout accueilli La Musique de Chopin Tu ressembles la musique Je t'aime et cependant En coutant Schumann Qu'ai-je faire de vous Bnissez cette nuit Tout semble libr Les soldats sur la route La Tempte La Nue est | 60 | gutenberg |
twg_000012927374 | radieuse La Passion Je ne puis pas comprendre Tendresse Le Monde intrieur Je ne me rjouis de rien Destin imprvisible Comme le temps est court Vous emplissez ma vie Ainsi les jours ont fui Soir sur la terrasse O mon ami, sois mon tombeau Un abondant amour La Musique et la Nuit La Constance II--LES CLIMATS Syracuse Les Soirs du | 60 | gutenberg |
twg_000012927375 | Monde Dans l'Azur antique Palerme s'endormait Le Dsert des Soirs Le Port de Palerme Les Soirs de Catane A Palerme, au Jardin Tasca Agrigente L'Auberge d'Agrigente L'Enchantement de la Sicile L'air brle, la chaude magie Les Journes Romaines Musique pour les jardins de Lombardie Un Soir Vrone Un Automne Venise Va prier dans Saint-Marc La Messe de L'Aurore Venise Nuit | 60 | gutenberg |
twg_000012927376 | Vnitienne Cloches Vnitiennes Siroco Venise L'Ile des Folles Venise Midi sonne au Clocher de la Tour Sarrasine Je n'ai vu qu'un instant Ainsi les jours s'en vont Le Retour au Lac Lman Octobre et son odeur Les Rives romanesques Au pays de Rousseau Un Soir en Flandre Bont de l'Univers que je croyais teinte Automne Chaleur des Nuits d't Arles | 60 | gutenberg |
twg_000012927377 | La Nuit flotte L'Evasion Ceux qui n'ont respir Le Ciel bleu du milieu du jour La Langueur des voyages La Terre Rivages contempls Un Soir Londres Le Printemps du Rhin Ce Matin clair et vif Les Nuits de Baden Henri Heine III--LES ELEVATIONS La Prire O Monde! Nous passons Mon Dieu, je ne sais rien La Solitude Si vous parliez, | 60 | gutenberg |
twg_000012927378 | Seigneur Mon Dieu, je sais qu'il faut Comme vous accablez vos prfrs Je suis fire de tout J'ai revu la nature On touffait d'angoisse atroce L'Espace nocturne Je vis, je pense, et l'ombre Je sais que rien n'est plus Le Destin du Pote Elvation En ces jours dchirants A Mistral Vers crits sur les Champs de bataille d'Alsace-Lorraine Les Mnes | 60 | gutenberg |
twg_000012927379 | de Napolon O Dieu mystrieux IV--LES TOMBEAUX Les Morts Ainsi les jours lgers L'Abme Hlas, il pleut sur toi Puisque j'ai su par toi Il parat que la mort Les vivants se sont tus Le Souvenir des Morts Ton absence est partout La nuit rapproche mieux Puisqu'il faut que l'on vive Je ne veux pas savoir s'il fait clair Je | 60 | gutenberg |
twg_000012927380 | respire et tu dors, prsent Malgr mes bras tendus Puisqu'il faut que la mort Je vivais. Mon regard, comme un peuple End of Project Gutenberg's Les vivants et les morts, by Anna de Noailles | 34 | gutenberg |
twg_000012927381 | Produced by David Edwards, Jacqueline Jeremy and the Online Distributed Proofreading Team at https://www.pgdp.net (This file was produced from images generously made available by The University of Florida, The Internet Archive/Children's Library) UNCLE TOBY'S SERIES. DAME DUCK'S FIRST LECTURE ON EDUCATION. * * * * * Old Mother Duck has hatched a brood Of ducklings, small and callow: Their little | 60 | gutenberg |
twg_000012927382 | wings are short, their down Is mottled gray and yellow. There is a quiet little stream, That runs into the moat, Where tall green sedges spread their leaves, And water-lilies float. Close by the margin of the brook, The old duck made her nest, Of straw, and leaves, and withered grass, And down from her own breast. [Illustration] And there | 60 | gutenberg |
twg_000012927383 | she sat for four long weeks, In rainy days and fine, Until the ducklings all came out-- Four, five, six, seven, eight, nine. One peeped out from beneath her wing, One scrambled on her back: "That's very rude," said old Dame Duck, "Get off! quack, quack, quack, quack!" "'Tis close," said Dame Duck, shoving out The egg shells with her | 60 | gutenberg |
twg_000012927384 | bill, "Besides, it never suits young ducks To keep them sitting still." So, rising from her nest, she said, "Now, children, look at me: A well-bred duck should waddle so, From side to side--d'ye see?" [Illustration] [Illustration] "Yes," said the little ones, and then She went on to explain: "A well-bred duck turns in its toes As I do--try again." | 60 | gutenberg |
twg_000012927385 | "Yes," said the ducklings, waddling on: "That's better," said their mother; "But well-bred ducks walk in a row. Straight--one behind another." "Yes," said the little ducks again, All waddling in a row: "Now to the pond," said old Dame Duck-- Splash, splash, and in they go. "Let me swim first," said old Dame Duck, "To this side, now to that; | 60 | gutenberg |
twg_000012927386 | There, snap at those great brown-winged flies, They make young ducklings fat. [Illustration] "Now, when you reach the poultry-yard, The hen-wife, Molly Head, Will feed you, with the other fowls, On bran and mashed-up bread; "The hens will peck and fight, but mind, I hope that all of you, Will gobble up the food as fast As well-bred ducks should | 60 | gutenberg |
twg_000012927387 | do. "You had better get into the dish, Unless it is too small; In that case, I should use my foot, And overturn it all." The ducklings did as they were bid, And found the plan so good, That, from that day, the other fowls Got hardly any food. * * * * * NEW PICTURE BOOKS FOR LITTLE CHILDREN. | 60 | gutenberg |
twg_000012927388 | * * * * * Particular attention is called to the following UNRIVALLED "THREE CENT BOOKS." _UNCLE TOBY'S SERIES--New._ Twelve kinds. A happy collection of enjoyable, childish stories. Four full-page illustrations, elegantly printed in colors. 16mo. pages. Old Mother Bantry. Dame Duck's First Lecture. The Three Tiny Pigs. The Naughty Puppies. The Little Dog Trusty. Whittington and his Cat. The | 60 | gutenberg |
twg_000012927389 | Enraged Miller. Jack and Jill. Tommy Tatter. Queen and Princess of Dolly-Land. Chattering Jack. Little Totty. _DR. WATTS' DIVINE AND MORAL SONGS._ Six kinds. Some of the best that have ever been written, embracing those recommended by Dr. Watts, as standards for the guidance of other writers. pages. Well printed, with four elegant illustrations in colors. Showy pictorial covers, printed | 60 | gutenberg |
twg_000012927390 | in colors. Against Faults. Good Resolutions. Good Examples. Praises for Good. Against Evil. Early Religion. _PLEASURE BOOKS._ Six kinds. Standard stories, with full-page showy illustrations. 16mo. pages. Pictorial covers, printed in colors. The House that Jack Built. Fox and Geese. The Three Bears. Old Dame and her Silver Sixpence. Life and Death of Jenny Wren. Little Man and Little Maid. | 60 | gutenberg |
twg_000012927391 | --> Many novelties in preparation, which will be superior to anything heretofore published. For a complete list of our popular Publications, send for Catalogue to McLOUGHLIN BROS., & DUANE STREET, N. Y. | 32 | gutenberg |
twg_000012927392 | Produced by Audrey Longhurst, Christine P. Travers and the Online Distributed Proofreading Team at https://www.pgdp.net [Transcriber's note: Obvious printer's errors have been corrected, all other inconsistencies are as in the original. Author's spelling has been maintained. Probable typo: Pages named by the author are under the format (p. xx). Original pagination of the book have been kept under the format | 60 | gutenberg |
twg_000012927393 | {p.xxx}. Missing page numbers correspond to blank pages. Page numbers corresponding to full page illustrations (which have been inserted in the caption of the illustration) may seem out of order; the illustration having been moved out of the paragraph. The illustrations of the page and share their captions with the illustration above them.] THE MOUNTAIN THAT WAS "GOD" BEING A | 60 | gutenberg |
twg_000012927394 | LITTLE BOOK ABOUT THE GREAT PEAK WHICH THE INDIANS NAMED "TACOMA" BUT WHICH IS OFFICIALLY CALLED "RAINIER" By JOHN H. WILLIAMS _O, rarest miracle of mountain heights, Thou hast the sky for thy imperial dome, And dwell'st among the stars all days and nights, In the far heavens familiarly at home._ --William Hillis Wynn: "Mt. Tacoma; an Apotheosis." Second Edition | 60 | gutenberg |
twg_000012927395 | revised and greatly enlarged, with illustrations, including eight colored halftones. TACOMA: JOHN H. WILLIAMS NEW YORK: G. P. PUTNAM'S SONS: LONDON [Illustration: Copyright, , By Kiser Photo Co. Great Crevasses in the upper part of Cowlitz Glacier.] Copyright, , , by John H. Williams. {p.} [Illustration: On the summit of Eagle Rock in winter. Boys looking over an -foot precipice.] | 60 | gutenberg |
twg_000012927396 | FOREWORD. Every summer there is demand for illustrated literature describing the mountain variously called "Rainier" or "Tacoma." Hitherto, we have had only small collections of pictures, without text, and confined to the familiar south and southwest sides. The little book which I now offer aims to show the grandest and most accessible of our extinct volcanoes from all points of | 60 | gutenberg |
twg_000012927397 | view. Like the glacial rivers, its text will be found a narrow stream flowing swiftly amidst great mountain scenery. Its abundant illustrations cover not only the giants' fairyland south of the peak, but also the equally stupendous scenes that await the adventurer who penetrates the harder trails and climbs the greater glaciers of the north and east slopes. * * | 60 | gutenberg |
twg_000012927398 | * * The title adopted for the book has reference, of course, to the Indian nature worship, of which something is said in the opening chapter. Both the title and a small part of the matter are reprinted from an article which I contributed last year to the _New York Evening Post_. Attention is called to the tangle in the | 60 | gutenberg |
twg_000012927399 | names of glaciers and the need of a definitive nomenclature. As to the name of the Mountain itself, that famous bone of contention between two cities, I greatly prefer "Tacoma," one of the several authentic forms of the Indian name used by different tribes; but I believe that "Tahoma," proposed by the Rotary Club of Seattle, would be a justifiable | 60 | gutenberg |
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