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] page 273 (page blanche) page 274 (page blanche) page 456 NOTES SUR L'ION J'AI eu sous les yeux l'édition générale de Bekker, les éditions particulières de Mùller et de Nitzsch (Leips
1822); Ficin, Sydenham et Schleiermacher, ainsi que les deux traductions françaises de Grou et de l'abbé Arnaud (Mémoires de l'académie des inscriptions, tom
XXXIX), Arnaud, dans sa traduction et dans toutes ses remarques, suit et copie Sydenham sans jamais le citer, et se moque à tort de la traduction de Grou, moins élégante que la sienne, il est vrai, mais plus exacte
J'ai pris cette dernière comme base de la mienne
Bekker, Schleiermacher et Ast rejettent l'authenticité de l'Ion ; Socher et Nitzsch la défendent
Sydenham, et d'après lui Arnaud, Morgenstern (dans son Traité sur la République de Platon, pag
296 ), Socher et Nitzsch ont très bien vu que l'ironie de Platon page 457 s'étend des rapsodes aux poètes : Müller et Ast le nient et ne reconnaissent à l'Ion d'autre but que la critique des rapsodes, et ce point de vue étroit devient pour Ast un argument contre l'authenticité de ce dialogue
Après avoir un peu hésité dans une première édition, Schleiermacher dans la seconde déclare se ranger tout-à-fait à l'avis de Ast
L'édition de Nitzsch est le dernier mot et selon nous le plus sage de la critique allemande sur l'Ion
Dans ses Prolégomènes, Nitzsch examine les opinions de ses devanciers sur l'authenticité ou la non-authenticité de l'Ion, et dans les notes qu'il a jointes au texte il combat en détail les assertions particulières de Ast et de Schleiermacher et conclut en faveur de l'authenticité
Presque partout il nous a persuadé, et nous y renvoyons avec confiance
Tant de mains habiles en passant sur l'Ion en ont aplani toutes les difficultés; et nous avouons que, malgré toute notre attention, nous n'avons trouvé à glaner, après tant de savants hommes, aucune remarque nouvelle qui méritât la peine d'être ici mentionnée
PLATON LA RÉPUBLIQUE Traduction : Victor Cousin
artyuiop PLATON LA RÉPUBLIQUE La scène de ce dialogue, que Socrate raconte, est au Pirée, dans la maison de Céphale
Personnages : Socrate, Glaucon, Polémarque, Thrasymaque, Adimante, Céphale
Traduction : Victor Cousin
LIVRE I LIVRE II LIVRE III LIVRE IV LIVRE V LIVRE VI LIVRE VII LIVRE VIII LIVRE IX LIVRE X PLATON LA RÉPUBLIQUE LIVRE I 2 livre 1 J’étais descendu hier au Pirée avec Glaucon(1), fils d’Ariston, pour faire notre prière à la déesse et voir aussi comment se passerait la fête(2), car c’était la première fois qu'on la célébrait
La pompe(3), formée par nos compatriotes, me parut belle, et celle des Thraces ne l’était pas moins
Après avoir fait notre prière et vu la cérémonie, nous regagnâmes le chemin de la ville
Comme nous nous dirigions de ce côté, Polémarque, fils de 1 - Glaucon et Adimante, fils d’Ariston et de Perictione, étaient frères de Platon
2 - En l’honneur de la déesse, la Diane de Thrace, appelée Bendis, et qui avait un autel au Pirée
Introduite pour la première fois à Athènes, à l’époque où cet entretien est supposé avoir eu lieu, cette fête se célébrait le vingtième jour du mois Thargélion, et deux jours avant les petites Panathénées
Voyez la fin de ce premier livre, p
62, où la fête est appelée les Bendidées ; Proclus, Comment
sur la République, p
353, et aussiComment
sur le Timée, p
9 ; Ruhnken, ad Tim
Glossar
, p
62 ; Hesychius, au motΒενδίδεια   ; Meursius, Feriat
Græc
, p
57, et Creuzer, Symbolik, t
II, p
129, seconde édition
3 - La pompe était une cérémonie où l’on portait en procession les statues des dieux
Voyez Spanheim, sur Callimaque, Hymn
in Del
, v
279
3 livre 1 Céphale(4), nous aperçut de loin, et dit à son esclave de courir après nous et de nous prier de l’attendre
Celui-ci m’arrêtant par derrière par mon manteau  : Polémarque, dit-il, vous prie de l’attendre
Je me retourne et lui demande où est son maître  : Le voilà qui me suit, attendez-le un moment
Eh bien, dit Glaucon, nous l’attendrons
Bientôt arrivent Polémarque avec Adimante, frère de Glaucon, Nicérate, fils de Nicias(5), et quelques autres qui se trouvaient là s’en revenant de la pompe
« Socrate, me dit Polémarque, il paraît que vous retournez à la ville ? — Tu ne te trompes pas, lui dis-je
— Vois-tu combien nous sommes ? — Oui
4 - Céphale, rhéteur de Syracuse, d’autres disent de Thurium, avait pour fils Polémarque, Euthydème, Brachylle et le célèbre orateur Lysias
Il était venu à Athènes sous le gouvernement et à la sollicitation de Périclès
Polémarque fut condamné à mort par les trente tyrans
Voyez Plutarque, Vie de Lysias, dans les Vies des dix Orateurs,édit
de Reiske, t
II, p
835
5 - Général athénien qui périt au siège de Syracuse
Voyez Thucydide et Plutarque
Il est question du père et du fils à la fin du Lachès
Ce Nicérate fut aussi mis à mort par les Trente
4 livre 1 — Vous serez les plus forts ou vous resterez ici
— Mais il y a un milieu ; c’est de vous persuader de nous laisser aller
— Comment nous persuaderez-vous, si nous ne voulons pas vous entendre ? — En effet, dit Glaucon, cela n’est pas facile
— Hé bien ! reprit Polémarque, soyez sûrs que nous ne vous écouterons pas
— Ne savez-vous pas, dit Adimante, que ce soir la course des flambeaux(6), en l’honneur de la déesse, se fera à cheval ? — À cheval  ! m’écriai-je  ; cela est nouveau
Comment, c’est à cheval qu’on se passera les flambeaux et qu’on disputera le prix ! — Oui, dit Polémarque ; et de plus il y aura une veillée(7) qui vaudra la peine d’être vue
Nous sortirons après souper pour l’aller voir
Nous trouverons là plusieurs jeunes gens, et nous causerons ensemble
Ainsi restez, je vous prie
— Je vois bien qu’il faudra rester, dit Glaucon
6 - Voyez la note à la fin du volume
7 - Le pervigilium des Latins
5 livre 1 — Si c’est ton avis, lui dis-je, nous resterons
» Nous nous rendîmes donc tous ensemble chez Polémarque, où nous trouvâmes ses deux frères Lysias(8) et Euthydème(9), avec Thrasymaque de Chalcédoine(10), Charmantide(11) du bourg de Péanée, et Clitophon(12), fils d’Aristonyme
Céphale, père de Polémarque, y était aussi
Je ne l’avais pas vu depuis long-temps, et il me parut bien vieilli
Il était assis, la tête appuyée sur un coussin, et portait une couronne : car il avait fait ce jour-là un sacrifice domestique
Nous nous assîmes auprès de lui sur des sièges qui se trouvaient disposés en cercle
8 - Le célèbre orateur de ce nom
9 - Celui qui a donné son nom à un dialogue de Platon
10 - Ville de Bithynie
Sur Thrasymaque, voyez le Phèdre, ainsi que Cicéron, Orat
52, deOrat
III, 12, 16, 32 ; Quintilien, III, 1, 10 ; Philostrate, Vies des Sophistes, I, 14
11 - Personnage inconnu
12 - Disciple de Thrasymaque, qui a donné aussi son nom à un dialogue attribué faussement à Platon
L’Aristonyme ici mentionné est-il celui que Platon envoya aux Arcadiens pour leur donner des lois en son nom, au rapport de Plutarque, contre Colotès, édit
de Reiske, t
X, p
629 ? 6 livre 1 Dès que Céphale m’aperçut, il me salua et me dit : « Ô Socrate, tu ne viens guère souvent au Pirée ; tu as tort
Si je pouvais encore aller sans fatigue à la ville, je t’épargnerais la peine de venir ; nous irions te voir  ; mais maintenant, c’est à toi de venir ici plus souvent
Car tu sauras que plus je perds le goût des autres plaisirs, plus ceux de la conversation ont pour moi de charme
Fais-moi donc la grâce, sans renoncer à la compagnie de ces jeunes gens, de ne pas oublier non plus un ami qui t’est bien dévoué
—  Et moi, Céphale, lui répondis-je, j’aime à converser avec les vieillards
Comme ils nous ont devancés dans une route que peut-être il nous faudra parcourir, je regarde comme un devoir de nous informer auprès d’eux si elle est rude et pénible ou d’un trajet agréable et facile
J’apprendrais avec plaisir ce que tu en penses, car tu arrives à l’âge que les poètes appellent le seuil de la vieillesse(13)
Hé bien, est-ce une partie si pénible de la vie ? comment la trouves-tu ? 13 - Homère, Iliade, chant XXIV, v
486 et passim ; Hésiode, Les œuvres et les jours,v
326
7 livre 1 —  Socrate, me dit-il, je te dirai ce que j’en pense
Nous nous réunissons souvent un certain nombre de gens du même âge, selon l’ancien proverbe(14)