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qui tout seul déconcerte une ligue à cent têtes. |
ce qu'il n'entreprend pas, et ce qu'il entreprend, |
n'est d'abord qu'un secret, puis devient des conquêtes. |
en vain l'on a les yeux sur ce qu'il veut cacher ; |
ce sont arrêts du sort qu'on ne peut empêcher, |
le torrent à la fin, devient insurmontable. |
cent dieux sont impuissants contre un seul jupiter. |
louis et le destin me semblent de concert |
entraîner l'univers. venons à notre fable. |
mère écrevisse un jour à sa fille disait : |
comme tu vas, bon dieu ! ne peux-tu marcher droit ? |
et comme vous allez vous-même ! dit la fille. |
puis-je autrement marcher que ne fait ma famille ? |
veut-on que j'aille droit quand on y va tortu ? |
elle avait raison ; la vertu |
de tout exemple domestique |
est universelle, et s'applique |
en bien, en mal, en tout ; fait des sages, des sots : |
beaucoup plus de ceux-ci. quant à tourner le dos |
a son but, j'y reviens ; la méthode en est bonne, |
surtout au métier de bellone ; |
mais il faut le faire à propos. |
<|sep|> |
<|titre|>le héron<|titre|> |
un jour sur ses longs pieds allait je ne sais où |
le héron au long bec emmanché d’un long cou. |
il côtoyait une rivière. |
l’onde était transparente ainsi qu’aux plus beaux jours ; |
ma commère la carpe y faisait mille tours |
avec le brochet son compère. |
le héron en eût fait aisément son profit : |
tous approchaient du bord, l’oiseau n’avait qu’à prendre ; |
mais il crut mieux faire d’attendre |
qu’il eût un peu plus d’appétit. |
il vivait de régime, et mangeait à ses heures. |
après quelques moments l’appétit vint ; l’oiseau |
s’approchant du bord vit sur l’eau |
des tanches qui sortaient du fond de ces demeures. |
le mets ne lui plut pas ; il s’attendait à mieux, |
et montrait un goût dédaigneux |
comme le rat du bon horace. |
moi des tanches ? dit-il, moi héron que je fasse |
une si pauvre chère ? et pour qui me prend-on ? |
la tanche rebutée, il trouva du goujon. |
du goujon ! c’est bien là le dîné d’un héron ! |
j’ouvrirais pour si peu le bec ! aux dieux ne plaise ! |
il l’ouvrit pour bien moins : tout alla de façon |
qu’il ne vit plus aucun poisson. |
la faim le prit ; il fut tout heureux et tout aise |
de rencontrer un limaçon. |
ne soyons pas si difficiles : |
les plus accommodants, ce sont les plus habiles : |
on hasarde de perdre en voulant trop gagner. |
gardez-vous de rien dédaigner ; |
surtout quand vous avez à peu près votre compte. |
bien des gens y sont pris ; ce n’est pas aux hérons |
que je parle ; écoutez, humains, un autre conte ; |
vous verrez que chez vous j’ai puisé ces leçons. |
la fille |
certaine fille, un peu trop fière |
prétendait trouver un mari |
jeune, bien fait, et beau, d'agréable manière, |
point froid et point jaloux ; notez ces deux points-ci. |
cette fille voulait aussi |
qu'il eût du bien, de la naissance, |
de l'esprit, enfin tout ; mais qui peut tout avoir ? |
le destin se montra soigneux de la pourvoir : |
il vint des partis d'importance. |
la belle les trouva trop chétifs de moitié : |
quoi moi ? quoi ces gens-là ? l'on radote, je pense. |
a moi les proposer ! hélas ils font pitié . |
voyez un peu la belle espèce ! |
l'un n'avait en l'esprit nulle délicatesse ; |
l'autre avait le nez fait de cette façon-là ; |
c'était ceci, c'était cela, |
c'était tout ; car les précieuses |
font dessus tout les dédaigneuses. |
après les bons partis les médiocres gens |
vinrent se mettre sur les rangs. |
elle de se moquer. ah vraiment, je suis bonne |
de leur ouvrir la porte : ils pensent que je suis |
fort en peine de ma personne. |
grâce à dieu je passe les nuits |
sans chagrin, quoique en solitude. |
la belle se sut gré de tous ces sentiments. |
l'âge la fit déchoir ; adieu tous les amants. |
un an se passe et deux avec inquiétude. |
le chagrin vient ensuite : elle sent chaque jour |
déloger quelques ris, quelques jeux, puis l'amour ; |
puis ses traits choquer et déplaire ; |
puis cent sortes de fards. ses soins ne purent faire |
qu'elle échappât au temps, cet insigne larron : |
les ruines d'une maison |
se peuvent réparer : que n'est cet avantage |
pour les ruines du visage ! |
sa préciosité changea lors de langage. |
son miroir lui disait : prenez vite un mari. |
je ne sais quel désir le lui disait aussi ; |
le désir peut loger chez une précieuse. |
celle-ci fit un choix qu'on n'aurait jamais cru, |
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