text stringlengths 1 443 |
|---|
puis sur le mets qu'on lui donne, |
délicat, il souffle aussi. |
le satyre s'en étonne : |
notre hôte, à quoi bon ceci ? |
l'un refroidit mon potage; |
l'autre réchauffe ma main. |
vous pouvez, dit le sauvage, |
reprendre votre chemin . |
ne plaise aux dieux que je couche |
avec vous sous même toit ! |
arrière ceux dont la bouche |
souffle le chaud et le froid!" |
<|sep|> |
<|titre|>la ligue des rats<|titre|> |
une souris craignait un chat |
qui dès longtemps la guettait au passage. |
que faire en cet état ? elle, prudente et sage, |
consulte son voisin : c'était un maître rat, |
dont la rateuse seigneurie |
s'était logée en bonne hôtellerie, |
et qui cent fois s'était vanté, dit-on, |
de ne craindre de chat ou chatte |
ni coup de dent, ni coup de patte. |
dame souris, lui dit ce fanfaron, |
ma foi, quoi que je fasse, |
seul, je ne puis chasser le chat qui vous menace ; |
mais assemblant tous les rats d'alentour, |
je lui pourrai jouer d'un mauvais tour. |
la souris fait une humble révérence ; |
et le rat court en diligence |
a l'office, qu'on nomme autrement la dépense, |
où maints rats assemblés |
faisaient, aux frais de l'hôte, une entière bombance. |
il arrive les sens troublés, |
et les poumons tout essoufflés. |
qu'avez-vous donc ? lui dit un de ces rats. parlez. |
en deux mots, répond-il, ce qui fait mon voyage, |
c'est qu'il faut promptement secourir la souris, |
car raminagrobis |
fait en tous lieux un étrange ravage. |
ce chat, le plus diable des chats, |
s'il manque de souris, voudra manger des rats. |
chacun dit : il est vrai. sus, sus, courons aux armes. |
quelques rates, dit-on, répandirent des larmes. |
n'importe, rien n'arrête un si noble projet ; |
chacun se met en équipage; |
chacun met dans son sac un morceau de fromage, |
chacun promet enfin de risquer le paquet. |
ils allaient tous comme à la fête, |
l'esprit content, le coeur joyeux. |
cependant le chat, plus fin qu'eux, |
tenait déjà la souris par la tête. |
ils s'avancèrent à grands pas |
pour secourir leur bonne amie. |
mais le chat, qui n'en démord pas, |
gronde et marche au-devant de la troupe ennemie. |
.......... |
a ce bruit, nos très prudents rats, |
craignant mauvaise destinée, |
font, sans pousser plus loin leur prétendu fracas, |
une retraite fortunée. |
chaque rat rentre dans son trou ; |
et si quelqu'un en sort, gare encor le matou. |
<|sep|> |
<|titre|>la poule aux œufs d'or<|titre|> |
l'avarice perd tout en voulant tout gagner. |
je ne veux pour le témoigner |
que celui dont la poule, à ce que dit la fable, |
pondait tous les jours un œuf d'or. |
il crut que dans son corps elle avait un trésor. |
il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable |
a celles dont les œufs ne lui rapportaient rien, |
s'étant lui-même ôté le plus beau de son bien. |
belle leçon pour les gens chiches : |
pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus |
qui du soir au matin sont pauvres devenus |
pour vouloir trop tôt être riches ? |
sources |
: ésope |
textes de " ésope, fables" traduction de d. loayza, gf flammarion, p. 89 et 111 |
la femme et la poule. |
une veuve avait une poule qui lui pondait un oeuf par jour. elle se dit que si elle lui donnait plus de grain, sa poule pondrait deux fois par jour : aussi accrut-elle sa ration. mais la poule devenue grasse ne put même plus pondre son œuf quotidien. |
la fable fait voir qu'à convoiter plus que ce que l'on a, l'on perd même ce que l'on possède. |
l'oie aux œufs d'or |
hermès avait un adorateur très zélé, qu'il gratifia d'une oie aux œufs d'or. mais l'homme ne sut se contenter de cette rente trop modeste ; croyant que son oie avait des entrailles toutes d'or, il n'hésita pas à l'immoler. c'est ainsi qu'il ne fut pas seulement trompé dans son attente, mais privé de ses œufs, car dans ... |
de même, il arrive souvent que les gens cupides, à vouloir toujours plus, perdent même ce qu'ils possèdent. |
<|sep|> |
<|titre|>le cheval s'etant voulu venger du cerf<|titre|> |
de tout temps les chevaux ne sont nés pour les hommes. |
lorsque le genre humain de gland se contentait, |
âne, cheval, et mule, aux forêts habitait ; |
et l'on ne voyait point, comme au siècle où nous sommes, |
tant de selles et tant de bâts, |
tant de harnois pour les combats, |
tant de chaises, tant de carrosses, |
comme aussi ne voyait-on pas |
tant de festins et tant de noces. |
or un cheval eut alors différend |
avec un cerf plein de vitesse, |
et ne pouvant l'attraper en courant, |
Subsets and Splits
No community queries yet
The top public SQL queries from the community will appear here once available.