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Liste des pays du monde Cette page recense les pays du monde, quel que soit leur statut : reconnus par l'ONU, par un ou plusieurs autres pays, ou même auto-proclamés. Pays listés. De nombreuses publications donnent une liste des pays du monde, mais elles n'utilisent pas toutes les mêmes critères pour inclure ou non un pays. Un critère courant mais flou est la reconnaissance du pays par la communauté internationale, notamment sa reconnaissance par l'Organisation des Nations unies qui compte membres et reconnaît quatre États non membres (dont deux avec le statut d’observateurs permanents). Ces quatre États non membres sont le Vatican (observateur permanent depuis 1964), l'État de Palestine (observateur permanent depuis 2012), et les Îles Cook et Niue, deux territoires insulaires en libre association avec la Nouvelle-Zélande. Six pays sont reconnus par au moins un État membre de l'ONU sans être reconnus par l'ONU : le Kosovo, la république arabe sahraouie démocratique, la république de Chine (Taïwan), l'Abkhazie, l'Ossétie du Sud, la république turque de Chypre du Nord. En outre, la république moldave de Transnistrie et la république du Haut-Karabagh se reconnaissent mutuellement, et sont reconnues par l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie. La guerre russo-ukrainienne a donné lieu à l'apparition de deux entités non reconnues, la république populaire de Donetsk et la république populaire de Lougansk. Enfin, un territoire indépendant depuis 1990 n'est également reconnu par aucun pays, la république du Somaliland. Lorsque Taïwan est inclus dans une liste, c'est souvent accompagné d'un avertissement sur le caractère non officiel de la liste ou sur le fait que Taïwan n'est pas reconnu. En effet, le statut de Taïwan est particulier du fait que la république populaire de Chine exige la reconnaissance du principe d'une seule Chine de la part des pays qui veulent avoir des rapports diplomatiques avec elle. États dont la souveraineté est contestée. N'apparaissent ici que des États répondant aux critères de la convention de Montevideo de 1933 sur les droits et les devoirs des États. Autres États indépendants de fait. Ces territoires sont indépendants mais ils ne sont reconnus indépendants ni par l’ONU, ni par aucun État membre de l’ONU, ni par aucun État reconnu par un État membre de l’ONU : la souveraineté sur les territoires contrôlées n’est reconnue que par eux-mêmes la plupart du temps ou par d’autres territoires dans la même configuration. Ils échappent largement au contrôle du pays qui exerce officiellement sa souveraineté et disposent d'une autonomie de fait avec leurs propres institutions et symboles. Toponymie : noms de forme courte et longue. La plupart des pays ont deux noms : un nom de « forme courte » et un de « forme longue ». La forme courte est le nom usuel, par exemple « Belgique ». Elle est utilisée dans la vie courante, l'enseignement et la cartographie. La forme longue donne généralement une indication sur la forme de gouvernement de l'État, par exemple « le royaume de Belgique ». Elle est utilisée dans les actes officiels des États : constitution, législation, traités, procès-verbaux, actes notariés etc. Elle est également utilisée dans les publications et discours formels. Il se peut que la forme longue repose uniquement sur des fondements historiques. C'est le cas de la Suisse qui conserve le nom officiel de « Confédération suisse » bien qu'elle ait abandonné le statut de confédération en 1848 pour devenir un État fédéral. Il arrive également qu'un nom de forme longue soit davantage usité que la forme courte dans la langue courante. Cela a notamment été le cas de la République tchèque, dont le nom sous forme courte, Tchéquie, est resté longtemps peu usité. Quelques pays n'ont qu'une seule forme de nom, soit courte comme le Canada, soit longue comme la République dominicaine. Liste des pays. Liste principale. Cette liste comprend les 197 États reconnus par l’Organisation des Nations unies : Pour les abréviations utilisées dans la liste suivante, consulter la section correspondante. Dépendances et territoires à souveraineté spéciale. Les dépendances et territoires à souveraineté spéciale sont des dépendances, possessions, territoires autonomes, collectivités et territoires d'outre-mer non souverains, y compris les Îles Cook et Niue reconnus comme États non-membres par l'ONU. Certaines de ces dépendances, comme Gibraltar et la Nouvelle-Calédonie, sont sur la liste officielle des territoires à décoloniser selon l'ONU. Cette liste est elle-même contestée. Territoires contestés. Cette section est fondée sur l'entrée "Entities" de la page "Notes and Definitions" du CIA World Factbook. Apparaissent ici les territoires sur lesquels la communauté internationale ne reconnaît la souveraineté d'aucun État indépendant (pour une liste de territoires contestés entre plusieurs pays, mais sur lesquels la souveraineté de l'un ou l'autre est généralement reconnue, voir la liste des territoires contestés ou occupés). Évolution du nombre d'États dans le monde. Avant 1914. Le nombre d'États souverains en Europe, qui s'élevait à plus de trois cents en 1789, était encore d'une soixantaine en 1815, au lendemain du congrès de Vienne. Après l'unification de l’Italie et de l’Allemagne, ce nombre était tombé à 19 en 1871 (20 avec la Turquie, qui contrôlait encore la majeure partie de la péninsule des Balkans). Il passa à 22 en 1878, lorsque le congrès de Berlin reconnut l'indépendance de la Roumanie, de la Serbie et du Monténégro. Après l'accession à l'indépendance de la Norvège (1905), de la Bulgarie (1908) et de l’Albanie (1912), l'Europe comptait 25 États indépendants en 1914, non compris le Saint-Siège et le territoire neutre de Moresnet. En Amérique, le nombre d’États s’élevait à 11 en 1825, à l'issue des guerres d'indépendance. Il connut ensuite quelques fluctuations avant de se stabiliser à 19 en 1865. Après l’accession à l’indépendance de Cuba (1902) et du Panama (1903), il était passé à 21 en 1914, compte non tenu des deux dominions du Canada (1867) et de Terre-Neuve (1907). En Asie occidentale, la péninsule arabique était occupée par une multitude de tribus et de principautés, dont la plupart étaient plus ou moins vassales du Royaume-Uni ou de la Turquie. En Asie centrale, la Russie avait conquis les derniers khanats indépendants entre 1865 et 1876. L’empire britannique des Indes, qui englobait la Birmanie depuis 1886 et le Baloutchistan depuis 1887, exerçait de fait son emprise sur l’Afghanistan, le Népal et le Bhoutan. En Indochine, la France avait établi sa domination sur l'Annam (actuel Viêt Nam), le Cambodge et le Laos entre 1858 et 1893, tandis que les États malais étaient passés sous protectorat britannique entre 1874 et 1909. La « pacification » des Indes néerlandaises s’était achevée entre 1903 et 1908 avec l’annexion des derniers royaumes indépendants d’Aceh et de Bali. Enfin, après l’annexion de la Corée par le Japon en 1910, l’Asie ne comptait plus que cinq États officiellement indépendants : la Chine (où plusieurs régions, dont la Mongolie et le Tibet, échappaient de fait à l'autorité du gouvernement central), le Japon, la Perse, le Siam et la Turquie. Plusieurs de ces pays étaient néanmoins sous protectorat de fait. Cette section ne fournit pas de nomenclature de tous les royaumes existant en Afrique avant la pénétration européenne et leur nombre n’est donc pas encore documenté ici même. En revanche, après l’établissement du protectorat franco-espagnol sur le Maroc en 1912, le continent africain ne comptait plus que deux États souverains : l’empire d'Éthiopie et le Liberia. Il convient de mentionner le cas particulier de l’État indépendant du Congo, propriété personnelle du roi des Belges de 1885 à 1908, et celui de l’Union sud-africaine, constituée dès 1910 en tant que dominion britannique. En Océanie, les derniers royaumes de quelque importance (Hawaii, Samoa, Tonga) avaient perdu leur indépendance entre 1889 et 1900. En revanche, l’Australie avait accédé au statut de dominion en 1901, ainsi que la Nouvelle-Zélande en 1907. De 1914 à 1945. En 1914, le nombre total d'États généralement reconnus comme indépendants s'élevait donc à 53, non compris les dominions (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Terre-Neuve, Union sud-africaine), qui ne deviendront pleinement souverains qu'en 1931, et quelques pays au statut mal défini (Asir, Nejd, Yémen, Mongolie, Tibet) ou placés de fait sous protectorat britannique (Mascate et Oman, Afghanistan, Népal). Ces 53 États se répartissaient comme suit : À la fin de l'année 1932, le nombre d'États était passé à 76 (ou 77 si l'on inclut le Mandchoukouo, non reconnu par la majorité des États) : Entre 1920 et 1937, 63 États (y compris l'Inde britannique) avaient adhéré à la Société des Nations (SDN), qui fut officiellement dissoute en 1946 pour laisser la place à l'Organisation des Nations unies (ONU). Depuis 1945. À la fin de l'année 1945, le nombre d'États était retombé à 72, répartis comme suit : À la même date, le nombre d'États membres des Nations unies s'élevait à 51, y compris la Biélorussie, l'Ukraine, l'Inde et les Philippines qui n'avaient pourtant pas encore accédé juridiquement à l'indépendance. Par la suite, le nombre d'États indépendants n'a cessé d'augmenter, notamment sous l'effet de la décolonisation et de l'effondrement du bloc soviétique. Il est ainsi passé de 72 en 1945 à 197 en 2012 (date de la reconnaissance de l'État de Palestine comme « État non membre » de l'ONU) : Notes et références. Références. Références toponymiques utilisées. Les dénominations de la liste principale des pays proviennent des documents suivants :
Luxembourg Le Luxembourg, en forme longue Grand-Duché de Luxembourg ou grand-duché de Luxembourg (en luxembourgeois : et , en allemand : et ), est un pays d'Europe de l'Ouest sans accès à la mer. Il est bordé par la Belgique à l'ouest et au nord, l'Allemagne à l'est, et la France au sud. Il comprend deux régions principales : l'Oesling ("Éislek" en luxembourgeois) au nord, qui est une partie du massif de l'Ardenne, et le Gutland au sud, prolongement de la Lorraine au sens géologique du terme. Le Luxembourg compte au , et s'étend sur , faisant de lui l'une des plus petites nations souveraines d'Europe. Le Luxembourg est une démocratie représentative et une monarchie constitutionnelle avec un grand-duc pour chef d'État, faisant du pays le seul grand-duché encore existant en tant qu'État souverain au monde. Son économie dynamique en fait un des pays les plus riches et des plus prospères du monde, avec l'un des produits intérieurs bruts par habitant les plus élevés du monde. L'économie est principalement centrée sur les activités financières (environ la moitié du produit intérieur brut), favorisée par une fiscalité très avantageuse dans certains domaines (quasi-exonération d'impôts pour les bénéfices issus de l'exploitation de brevets ou de logiciels). Selon l'ONG Oxfam (chiffres de 2017), le Luxembourg figurait parmi , situation qui a quelque peu évolué depuis. La localisation centrale du territoire luxembourgeois en Europe a historiquement fait de lui un lieu d'une grande importance stratégique pour de nombreuses puissances, depuis ses débuts en tant qu'arrière-pays de la Rhénanie romaine, et la construction, sur les ruines d'un ancien fortin romain, d'un château féodal, dans le contexte post-carolingien au Haut Moyen Âge, puis sa situation stratégique au sud-est des grands Pays-Bas, successivement bourguignons et espagnols entre les . Le Luxembourg est le plus petit membre fondateur de l'Union européenne, de la zone euro, de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies (ONU), de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et du Benelux, reflétant son consensus politique en faveur de l'intégration économique, politique et militaire. La ville de Luxembourg, sa capitale et sa plus grande ville, est le siège de plusieurs établissements et institutions de l'Union européenne. En 2012, le Luxembourg a été élu pour la première fois de son histoire à un siège temporaire au Conseil de sécurité des Nations unies. En raison de sa position géographique, la culture luxembourgeoise relève à la fois du domaine germanique et de la sphère romane. Le luxembourgeois est la seule langue nationale des Luxembourgeois. Cependant, en plus du luxembourgeois, le français et l'allemand sont aussi utilisés dans toutes les affaires administratives et judiciaires, faisant d'eux des langues administratives du Luxembourg. De ce fait, le Luxembourg est considéré comme un pays trilingue. Géographie. Localisation. Le Grand-Duché de Luxembourg est situé au cœur de l'Europe occidentale, entre la Belgique, l'Allemagne et la France. Le Grand-Duché présente deux régions naturelles : l'Oesling (Éislek en luxembourgeois) au nord, et le Gutland, comprenant la vallée de la Moselle à l'est ainsi que le bassin minier au sud. La superficie totale du pays est de , l'Oesling occupant et le Gutland . Ses points culminants sont le Burrigplatz () et le Kneiff (). Luxembourg est située à une altitude de . La capitale surprend par le contraste entre les quartiers modernes, comme Kirchberg, perchés sur un plateau rocheux découpé à pic, et les trois quartiers bas (anciens faubourgs) que sont le Grund, Clausen et le Pfaffenthal. Depuis les années 1960, le nouveau quartier né petit à petit sur le plateau de Kirchberg, au nord-est de la ville, est le lieu où se sont implantées diverses institutions communautaires, une partie de l'Université du Luxembourg, la Banque Européenne d'Investissement, la Bibliothèque Nationale, la Chambre de Commerce Luxembourgeoise, certaines directions de la Commission UE, la Cour de Justice de l'Union Européenne, la Cour des comptes européenne, Hôtel et piscine d'Coque, Luxexpo The Box, un hémicycle européen, le bâtiment de la Philharmonie de Luxembourg, le groupe de radio-télévision RTL, de nombreuses sociétés bancaires, des sociétés commerciales et diverses institutions scolaires et culturelles. Géologie et relief. La variété des paysages constitue l'un des grands attraits du Luxembourg, qui se divise en deux régions principales, l"'Oesling (Éislek)" et le "Gutland". Hydrographie. Le pays est presque totalement inclus dans le bassin versant de la Moselle, donc du Rhin. Les quatre rivières les plus importantes du Grand-Duché sont la Moselle, la Sûre, l'Our et l'Alzette. Les autres sont la Mess, la Mamer, l'Eisch, l'Attert et la Wark à l'ouest ; la Wiltz, la Clerve et la Blees au nord ; l'Ernz blanche, l'Ernz noire, la Syre et la Gander à l'est. La Pétrusse est un cours d'eau mineur qui traverse la ville de Luxembourg, avant de se jeter dans l'Alzette. Mis à part la Chiers, qui quitte le sud-ouest du pays pour le bassin de la Meuse, ainsi que la Fooschtbaach, qui quitte le nord du pays près de Hautbellain également pour le bassin de la Meuse, les rivières du Luxembourg sont tributaires du bassin du Rhin par l'intermédiaire de la Moselle. Découpage territorial. Le territoire du Grand-Duché est actuellement divisé en 102 communes, dont douze ont le statut de ville établi par la loi. Les communes sont regroupées en douze cantons qui ne correspondent plus à un découpage à but administratif comme naguère, mais ne servent plus qu'à définir les quatre circonscriptions électorales et les deux arrondissements judiciaires (Luxembourg et Diekirch). Les trois anciens districts de Diekirch, de Grevenmacher et de Luxembourg ont, pour leur part, été supprimés en 2015. Leurs compétences, dont notamment la surveillance de la gestion des administrations communales, ont été reprises par l'État au sein du ministère de l'Intérieur. Les douze cantons sont : Sur le plan électoral, le Grand-Duché est subdivisé en quatre circonscriptions électorales : Nord, Est, Sud et Centre. Sur le plan judiciaire, le Grand-Duché est subdivisé en deux arrondissements, celui de Luxembourg et celui de Diekirch. L'arrondissement de Luxembourg possède deux centres de justice de paix (Luxembourg et Esch-sur-Alzette), l'arrondissement de Diekirch n'en possède qu'un (Diekirch). Voies de communication et transports. Le réseau autoroutier luxembourgeois est très dense, en grande partie éclairé, et totalement gratuit. Généralement, le tapis sur autoroutes est un tapis spécial anti-aquaplanage. De larges ponts naturalisés servant uniquement comme passages à gibier sont régulièrement installés et tout le réseau autoroutier est surveillé par des caméras. Les routes nationales et les chemins repris, eux aussi gérés par l'État, sont généralement en très bon état. Les autres routes relèvent de la compétence communale. Depuis le , les transports en commun coordonnés par l'État, en dehors de la première classe des trains et des trajets transfrontaliers, sont gratuits. Le Luxembourg bénéficie d'un réseau ferroviaire très développé bien qu' fermé progressivement après la Seconde Guerre mondiale ; le développement de son réseau est dû à son industrie métallurgique et à la nécessité de transporter les travailleurs frontaliers venant de Belgique, de France et d'Allemagne vers Luxembourg-Ville et Esch-Belval. Il est géré par la Société nationale des chemins de fer luxembourgeois (CFL). Le Luxembourg est desservi par le TGV Est qui rejoint Paris par Thionville et Metz en depuis le . Une ligne de tramway et un funiculaire desservent la capitale. Cette dernière dispose aussi d'un réseau d'autobus, les autobus de la ville de Luxembourg ; de son côté le canton d'Esch-sur-Alzette est desservi par le transport intercommunal de personnes dans le canton d'Esch-sur-Alzette, réseau d'autobus intercommunal desservant les Terres rouges. Le Régime général des transports routiers constitue le réseau d'autobus et d'autocars interurbain quadrillant l'ensemble du pays et en desservant quasiment toutes les localités. Enfin, et en dehors des services de transport coordonnés par l'État, on retrouve des services communaux dans plusieurs communes comme à Differdange, Remich ou Wiltz allant du simple service de transport à la demande à un réseau constitué de plusieurs lignes. Malgré sa petite taille, le Grand-Duché dispose d'un aéroport international, l'aéroport de Luxembourg-Findel et même deux compagnies nationales d'aviation, la Luxair (lignes régulières intra-européennes) et Cargolux, la compagnie de fret aérien (cinquième plus importante au monde). Le pays exploite aussi un port fluvial de marchandises, à Mertert sur la Moselle. Environnement. Le jour du dépassement (date de l'année, calculée par l'ONG américaine Global Footprint Network, à partir de laquelle l'humanité est supposée avoir consommé l'ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an) du pays est en 2019 le . Le Luxembourg est le pays de l'UE dont la consommation dépasse le plus les capacités de la planète. Réseau européen Natura 2000. Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent. En , le Luxembourg comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 27 % de la surface terrestre du territoire du Luxembourg. Toponymie. La plus ancienne forme du nom est "Lucilinburhuc" , dans une charte en latin datée de 963. En 1056, on trouve "Lucelenburc" ; en 1261, on rencontre "Lucembour" ; en 1244, déjà, on avait "Luxemburgum" dans un texte rédigé en latin ; et au bas Moyen Âge, on trouve "Luxemburg" (1377) en allemand et "Luxembourg" (1446) en français. La forme orale "Lëtzebuerg", que ce soit en francique mosellan ou en luxembourgeois contemporain, a pu, dans le passé, être transcrite "Lützelburg" en allemand de chancellerie ou dans des ouvrages publiés par des auteurs allemands ; on trouve aussi "Lützenburg" au ( Topographie de Matthäus Merian), voire d'autres graphies. Histoire. Sur un territoire habité par le peuple celto-germanique des Trévires, envahi successivement par les Romains et les Francs ripuaires, le château-fort de Luxembourg, noyau de la future ville de Luxembourg et du comté du même nom, est fondé en 963. C'est du moins la date qui figure sur la charte d'échange signée par Sigefroid, comte d'Ardenne, et l'abbaye Saint-Maximin de Trèves. Le premier cède un domaine sis à Feulen, près d'Ettelbruck, en échange d'un promontoire rocheux surplombant l'Alzette où se trouvent les ruines d'un ancien castel datant de la fin de l'époque romaine et appelé "Lucilinburhuc" (= petite forteresse). Ce castel en ruines, bientôt remplacé par un nouveau "castrum" ou château fort, laissera son nom à ce dernier, à la ville qui ne tardera pas à naître autour et au futur comté : Luxembourg, en luxembourgeois "Lëtzebuerg". Ce n'est que peu avant le milieu du qu'apparaît le titre de comte de Luxembourg. Le premier à l'avoir porté était Giselbert (1047-1059). Au cours du Moyen Âge, les comtes sont souvent en guerre contre leurs voisins, notamment l'évêché de Metz et la cité de Metz, qui en sont créanciers, et le puissant archevêque de Trèves, qui a des biens dans l'espace luxembourgeois, cherche à contrôler seul la vallée de la Moselle (commerce entre Nancy et le Rhin) et à limiter l'expansionnisme des comtes de Luxembourg. En fait, les comtes de Luxembourg successifs cherchent à arrondir leur territoire tous azimuts. Finalement, le comté de Luxembourg trouvera ses limites là où des évêques solidement installés (Trèves, Liège, Metz…) et de puissantes abbayes (Stavelot-Malmedy, Prüm, Mettlach, Saint-Hubert…) sauront lui barrer la route. Le comte Henri est élu empereur du Saint-Empire romain germanique en 1312. Son fils Jean épouse l'héritière du royaume de Bohême. Les Luxembourg régneront sur l'Empire et la Bohême jusqu'en 1437 (sauf pendant le règne de Louis IV de Bavière). En 1354, Charles du Saint-Empire élève le comté et ses « dépendances » (les comtés de Durbuy et de La Roche ainsi que le marquisat d'Arlon, notamment) au rang de duché. La Bohême et l'Empire passeront par mariage à la maison de Habsbourg. La dernière duchesse « engagiste » de Luxembourg, Élisabeth de Goerlitz, très endettée, vend en 1441 le duché à son parent le duc Philippe III de Bourgogne, puissant seigneur qui poursuit l'édification d'une nouvelle Lotharingie à cheval sur la frontière séparant en principe le royaume de France et l'espace germanique. Par après, à la suite du décès en 1477 de Charles le Téméraire qui n'avait qu'une fille, Marie de Bourgogne, le duché passe par mariage à la maison de Habsbourg. Au milieu du , l'empereur Charles Quint, arrière-petit-fils du Téméraire, le donne en héritage, avec l'ensemble des Pays-Bas espagnols, la Franche-Comté et le vaste domaine colonial à son fils Philippe II d'Espagne. Le comte de Mansfeld, gouverneur du duché de Luxembourg, construit dans la basse-ville (faubourg de Clausen) un palais dans le style espagnol. Ce palais a pratiquement entièrement disparu, encore sous l'Ancien Régime. L'actuel palais grand-ducal dans la ville haute, pour sa part, remonte en partie au : sa partie la plus ancienne avait été construite en remplacement de l'hôtel de ville qui avait brûlé. Dans le cadre de sa politique des Réunions, le roi de France , dont les troupes occupent déjà le Barrois et la Lorraine, annexe le duché en 1684 mais celui-ci est ensuite rendu au roi d'Espagne, son possesseur légitime, en 1697 tandis que le Barrois et la Lorraine voisins retrouvent leur indépendance. Il est, à la suite de la guerre de succession d'Espagne transmis en 1714/1715 à la branche autrichienne de la maison de Habsbourg et forme désormais, avec les provinces "belgiques", les Pays-Bas autrichiens. Il y a, à Vienne, une secrétairerie chargée des Pays-Bas autrichiens. Par mariage, la maison de Habsbourg devient maison de Habsbourg-Lorraine en 1736. À Bruxelles, un gouverneur général (ou une gouvernante générale, le cas échéant) représente l'empereur (ou l'impératrice, à l'époque de Marie-Thérèse d'Autriche). L'impératrice nomme gouverneur son beau-frère, le prince Charles Alexandre de Lorraine. D'abord battues, les armées autrichiennes reviennent puis sont chassées par les armées de la République française. Tout le territoire « autrichien », duché de Luxembourg compris, est alors annexé à la France en 1795 et bien vite transformé en neuf départements « réunis à la France ». La plus grande partie du ci-devant duché de Luxembourg forme le département des Forêts. Le traité de Campo-Formio, en 1797, réglera cette question en droit. Après la défaite française de 1815, le traité de Vienne intègre huit des neuf départements réunis au royaume des Pays-Bas sous le roi Guillaume (1815-1830). Le département des Forêts, pour sa part, bientôt augmenté à l'ouest et au nord-ouest de terres anciennement luxembourgeoises mais amputé de tout son territoire à l'est des rivières Moselle, Sûre et Our, sert à reconstituer un État luxembourgeois, intitulé « grand-duché » et donné en possession personnelle au désormais roi grand-duc Guillaume . Simultanément, le nouvel État est intégré comme État-membre à la Confédération germanique. Ceci permet d'accorder à la Prusse, qui s'est étendue jusqu'en Rhénanie, un droit de garnison dans la forteresse (désormais fédérale) de Luxembourg. En 1830, le gros du grand-duché de Luxembourg, mécontent - pour des raisons essentiellement matérielles ou fiscales - du gouvernement du royaume uni des Pays-Bas, participe à la révolution belge qui éclate à Bruxelles, se propage aux villes et campagnes et aboutit à l'indépendance de la Belgique. Guillaume n'étant pas parvenu, par la suite, à reprendre ses provinces méridionales, formant désormais la Belgique, finit par reconnaître l'indépendance de la Belgique après neuf ans de conflit, mais obtient de conserver la partie Est (germanophone au sens large) du Luxembourg avec la forteresse. La partie Ouest, elle, principalement romane (wallon et gaumais, à l'exception du Pays d'Arlon ("Areler Land"), où règne un patois luxembourgeois, devient une province du jeune État belge. Le grand-duché, réduit en 1839 de plus de la moitié de son territoire de 1815, conserve son statut compliqué : union personnelle avec le royaume des Pays-Bas, membre de la Confédération germanique, avec la présence d'une garnison prussienne dans les murs de la forteresse fédérale de Luxembourg. Luxembourg est alors la place forte la plus importante d'Europe, située à au nord de Metz, la plus importante place-forte française. En 1866, à la suite de la guerre austro-prussienne remportée par la Prusse (bataille de Sadowa), la Confédération germanique est dissoute. Le Luxembourg se trouve désormais en dehors du monde allemand que la Prusse cherche à dominer. Mais il est vrai que le Luxembourg a été intégré au Zollverein dès 1842 ; et la Prusse «oublie» de retirer sa garnison de Luxembourg dès 1866. La crise luxembourgeoise en 1867, due à la volonté du roi grand-duc Guillaume des Pays-Bas de vendre son grand-duché à Napoléon III, ce que l'Allemagne en voie d'unification (sous Otto von Bismarck) ne veut pas tolérer, a pour conséquence la reconnaissance internationale de l'indépendance du Grand-Duché et son statut de pays neutre, garanti par les pays signataires hormis la Belgique elle-même neutre. Bien sûr, la Prusse doit, à cette occasion, évacuer sa garnison, ce qui permet à Napoléon III de sauver au moins un peu la face. Metz devient alors la plus importante place-forte d'Europe, ce qui explique la volonté de l'état-major allemand de l'annexer en 1871. Le Luxembourg – neutre sur les plans politique et militaire – est alors, "Zollverein" oblige, pour ainsi dire une province économique de l'Empire allemand. Vu l'annexion de l'Alsace-Lorraine à l'Empire allemand, le Grand-Duché de Luxembourg n'a plus qu'une toute petite frontière commune avec la France, dans le nord du département nouvellement créé de Meurthe-et-Moselle entre les communes françaises de Mont-Saint-Martin et Hussigny-Godbrange soit environ . En 1890, à la mort du roi et grand-duc Guillaume III, qui n'avait pas d'héritier mâle alors que la loi luxembourgeoise ne permettait pas encore à une femme d'hériter de la couronne, le Grand-Duché passe à la maison de Nassau-Weilburg, branche de la maison de Nassau qui avait régné sur le duché de Nassau jusqu'à l'annexion de celui-ci par la Prusse en 1866 : c'est la fin de l'union personnelle, le Luxembourg et les Pays-Bas ont désormais des souverains différents bien que de la même maison. Le premier souverain de Luxembourg issu de la famille Nassau-Weilbourg n'est autre que le vieux duc de Nassau Adolphe, ancien allié de l'Autriche et, donc, déchu de son trône nassovien en 1866 au profit de la Prusse. À sa mort, son fils Guillaume hérite du trône grand-ducal. Cependant, Guillaume IV et son épouse Marie-Anne de Bragance n'ayant pas de descendance mâle mais six filles, la loi salique est abandonnée en 1907 au profit de la princesse Marie-Adélaïde, née en 1894, qui succède donc à Guillaume IV à la mort de ce dernier en 1912, la grande-duchesse ayant exercé la régence pendant la maladie de son mari. Pendant la Première Guerre mondiale, le Luxembourg est occupé par les Allemands, en violation de la neutralité, jusqu'en 1918. La grande-duchesse Marie-Adélaïde, contestée par une grande partie de la population du fait de certaines maladresses, voire erreurs politiques, choisit de se retirer dans un couvent et abdique au profit de sa sœur Charlotte qui, malgré certaines oppositions, épouse le prince Félix de Bourbon-Parme (beau-frère du dernier empereur d'Autriche et prince français). Après la Première Guerre mondiale de multiples aspirations annexionnistes surgissent en France et surtout en Belgique pour annexer le Luxembourg. Mais les négociations du traité de Versailles en 1919 confirment finalement l'indépendance du pays tandis qu'un référendum populaire (en ) consolide l'indépendance du pays et la monarchie. En , les Allemands violent à nouveau la neutralité luxembourgeoise et occupent le grand-duché. La famille grand-ducale et le gouvernement, afin d'écarter tout risque d'être pris en otages par les nazis, s'exilent à Londres, ancrant l'autorité légitime luxembourgeoise dans le camp des Alliés. À l'instar de l'Alsace-Moselle française, le régime nazi considère le Luxembourg comme un territoire allemand (tout comme leurs voisins Mosellans, les jeunes seront ainsi enrôlés de force dans la "Wehrmacht"). Le pays est libéré en par les troupes américaines mais subit d'énormes pertes et destructions lors de la contre-offensive von Rundstedt en décembre de la même année. Dès 1944, l'union du Benelux est conclue avec la Belgique et les Pays-Bas. Désormais, le pays s'inscrit dans le processus de la construction européenne. En 1948, le Luxembourg est membre fondateur du traité de Bruxelles et de l'OTAN. En 1952, Luxembourg-ville devient le siège de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). L'adhésion à la Communauté économique européenne est le point de départ d'une expansion économique et d'une augmentation toujours plus forte de l'immigration. Politique et administration. Le Grand-Duché de Luxembourg, État souverain et indépendant depuis le traité de Londres du 19 avril 1839, est une démocratie parlementaire sous le régime d'une monarchie constitutionnelle, dont la couronne est héréditaire dans la maison de Nassau. Par le mariage de la grande-duchesse Charlotte, elle est passée à la maison de Bourbon-Parme lors de l'accession au trône de son fils Jean en 1964. Comme dans toute démocratie parlementaire, la séparation des pouvoirs est souple au Luxembourg : il existe de nombreux liens entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif. Seul le pouvoir judiciaire est totalement indépendant. Pouvoir législatif. La Chambre des députés, le gouvernement et le Conseil d'État interviennent dans le cadre de la procédure législative. La Chambre des députés (Parlement), composée de élus au suffrage universel tous les cinq ans, détient seule le pouvoir législatif. Elle a pour principale fonction de voter les projets et propositions de loi. Les députés possèdent un droit d'initiative parlementaire, qui s'exerce par la présentation de propositions de loi. Ses membres sont répartis dans plusieurs groupes politiques : le Parti populaire chrétien-social (CSV), le Parti démocratique (DP), le Parti ouvrier socialiste luxembourgeois (LSAP), Les Verts, le Parti réformiste d'alternative démocratique (ADR), le Parti pirate (PPL) et La Gauche. Le grand-duc possède également un droit d'initiative en matière législative mais ce dernier est, de fait, exercé par le gouvernement. Ce droit d'initiative, appelé initiative gouvernementale, permet au gouvernement de présenter des projets de loi à la Chambre des députés , ceci étant le cas de figure courant. Les lois votées par la Chambre des députés sont promulguées et publiées par le grand-duc. C'est à la suite de sa publication dans le recueil de législation appelé "Mémorial" qu'un texte de loi acquiert force obligatoire. Le Conseil d'État est un organe consultatif de l'exécutif composé de 21 conseillers, nommés et démis par le grand-duc. En matière législative, le Conseil d'État est obligatoirement appelé à émettre son avis sur l'ensemble des projets et propositions de loi présentés à la Chambre des députés, et ce, préalablement au vote des députés. Les lois sont soumises deux fois au vote de la Chambre, le second vote intervenant au plus tôt trois mois après le premier. Si la Chambre des députés, en accord avec le Conseil d'État, en décide autrement, il y a dispense du second vote, ce qui est devenu la pratique usuelle. En matière réglementaire, tout projet de règlement grand-ducal doit être soumis à l'avis du Conseil d'État, sauf le cas d'urgence à apprécier par le grand-duc. Le Conseil d'État est par ailleurs appelé à émettre un avis sur tous les amendements apportés aux projets et propositions de loi ainsi qu'aux projets de règlements grand-ducaux. Dans le cadre de son avis, le Conseil d'État est tenu de contrôler "a priori" la conformité des textes de loi par rapport aux normes de droit supérieur que sont la Constitution, les conventions et les traités internationaux ainsi que les principes généraux du droit. Pouvoir exécutif. Le pouvoir exécutif est exercé par le grand-duc et les membres du gouvernement, qui le secondent dans l'exercice de ses pouvoirs constitutionnels. Le grand-duc est le chef d'État. Sa personne est inviolable, ce qui signifie que sa responsabilité ne peut être engagée : il ne peut être accusé ni poursuivi. L'irresponsabilité du grand-duc a pour corollaire la responsabilité ministérielle. Pour qu'un acte du grand-duc puisse produire ses effets, il doit être contresigné par un membre du gouvernement, qui en assume l'entière responsabilité. Cette responsabilité est générale en ce qui concerne les actes en rapport direct ou indirect avec les fonctions ministérielles. Elle peut être aussi bien juridique, c'est-à-dire pénale ou civile, que politique. En principe, tout acte portant la signature du grand-duc doit au préalable avoir été soumis à la délibération du Conseil de gouvernement. Formellement, la Constitution accorde au grand-duc le droit d'organiser librement son gouvernement, c'est-à-dire de créer les ministères, de répartir les départements ministériels et d'en nommer les membres. Dans la pratique, le grand-duc choisit, sur base des résultats des élections législatives ayant lieu tous les cinq ans, l'informateur et/ou le formateur du gouvernement, ce dernier devenant en général Premier ministre. Le formateur présente l'équipe des membres du gouvernement au Grand-Duc, qui procède à leur nomination et assermentation. Le nombre des départements ministériels dépasse fort souvent le nombre des membres du gouvernement appelés à en être titulaires : un même ministre gère donc fréquemment plusieurs portefeuilles. Le gouvernement nommé présente son programme politique devant la Chambre des députés qui, par un vote en sa faveur, lui exprime sa confiance. Le gouvernement dispose ainsi d'une majorité à la Chambre des députés sur laquelle il peut s'appuyer. Le gouvernement dans son ensemble et les ministres à titre individuel sont politiquement responsables de leurs actes devant la Chambre des députés. La sanction de la responsabilité politique des ministres consiste en l'obligation de cesser leurs fonctions lorsque la Chambre des députés leur refuse sa confiance (motion de censure). Il est d'usage que les ministres démissionnent au premier vote hostile de la Chambre des députés. En vertu de la Constitution, le grand-duc a le droit de révoquer à tout moment un membre du gouvernement mais, en pratique, la démission d'un ministre ou du gouvernement entier est présentée par le Premier ministre au grand-duc. Pouvoir judiciaire. Les cours et tribunaux sont chargés par la Constitution d'exercer le pouvoir judiciaire. Ils sont indépendants dans l'exercice de leurs fonctions. À la Cour constitutionnelle s'ajoutent deux ordres de juridictions : celles relevant de l'ordre judiciaire (Cour supérieure de justice, tribunaux d'arrondissement, justices de paix) et celles relevant de l'ordre administratif (Cour administrative, Tribunal administratif). La Cour de justice de l'Union européenne siégeant à Luxembourg n'est pas une institution du Grand-duché mais de l'Union européenne. Élections. Les citoyens luxembourgeois sont appelés à voter à trois types d'élections (sans compter les référendums) : Pour les élections européennes, les ressortissants de l'Union européenne domiciliés depuis au moins deux ans au Luxembourg peuvent choisir d'élire soit les députés européens luxembourgeois, soit les députés européens du pays dont ils sont ressortissants. Pour les élections communales, le vote est ouvert aux citoyens de l'Union européenne domiciliés dans leur commune depuis au moins cinq ans. En ce qui concerne les élections législatives (), le Grand-Duché est subdivisé en quatre circonscriptions électorales : Pour tous les électeurs inscrits sur une liste électorale, le vote est obligatoire et secret, quelle que soit l'élection. Il est prévu une amende comprise entre 100 et pour un absentéiste, pouvant être majorée entre 500 et en cas de récidive. Défense. Le Luxembourg, membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), a supprimé en 1967 le service militaire obligatoire et entretient une armée de , y compris du personnel civil. La gendarmerie et la force de police ont fusionné en 2000 pour former la police grand-ducale. Si le chef de l'armée est le grand-duc de Luxembourg, selon les termes de la Constitution, le contrôle effectif revient au ministre de la défense. En pratique, le chef de l'armée luxembourgeoise est un colonel habilité à porter le titre de "général". L'armée est impliquée dans de nombreuses missions de paix, notamment en Bosnie-Herzégovine et en Afghanistan dans le cadre des missions internationales de l'ONU et de l'OTAN. Les dix-sept avions AWACS E-3 de l'OTAN sont officiellement enregistrés comme avions de guerre du Luxembourg tant pour des raisons politiques que pratiques. Ils sont basés à Geilenkirchen, en Allemagne. Depuis 2020, le Luxembourg dispose de son propre avion de transport militaire A400 basé toutefois sur l'aéroport de Melsbroek près de Bruxelles, ceci pour des raisons de formation des pilotes et, aussi, de coûts d'entretien. Les dépenses de défense représentaient 1,2 % du produit intérieur brut en 1997 et on estimait que cette proportion valait 0,9 % en 2005. Symboles nationaux. Drapeau national. Les premières couleurs connues remontent au comte Guillaume de Luxembourg en 1123 dont les armes étaient burelées, donc dotées de rayures horizontales, probablement jaune et rouge. Par la suite, on trouve les armes du comte Henri V "le Blondel", fils de l'illustre comtesse Ermesinde et de son époux Valéran, issu de la maison de Limbourg; ces armes présentent un lion rouge à queue fourchue posé sur fond argenté "burelé" de bandes horizontales azur. Les trois couleurs, rouge, blanc (argenté) et bleu azur semblent bien être à l'origine du drapeau national actuel. Le drapeau luxembourgeois se compose aujourd'hui de trois bandes rouge, blanc et bleu ciel, disposées horizontalement. Même si les drapeaux du Luxembourg et des Pays-Bas se ressemblent beaucoup, le signe distinctif du drapeau néerlandais est la bande bleu outremer. La majorité des drapeaux tricolores modernes est plus ou moins dérivée de la tricolore de la République française. Même le très ancien drapeau néerlandais ne fut officiellement fixé aux couleurs rouge, blanc et bleu qu'en 1795, sous influence française, du temps de la République batave. Le drapeau luxembourgeois ainsi que les armoiries de l'État sont protégés par la loi du sur les emblèmes nationaux. Le rouge du drapeau correspond à la couleur Pantone 032C, le bleu à la couleur Pantone 299C (règlement grand-ducal du ). Hymne national. L'hymne national est constitué de la première et de la dernière strophes du chant "Ons Heemecht" ("Notre Patrie" en français) de 1859, un texte du poète Michel Lentz, mis en musique par . Il fut joué pour la première fois en public lors d'une grande cérémonie à Ettelbruck en 1864. L'hymne national luxembourgeois lance un appel à la paix. Il exprime toute la joie du pays d'être parvenu à trouver son indépendance en 1839, dans la quiétude et la prospérité. Hymne de la maison grand-ducale. Inspiré d'une sonnerie de trompette ou d'une fanfare de cavalerie, dont il n'existe pas de trace écrite avant le , le Wilhelmus est entonné lorsqu'un des membres de la famille grand-ducale arrive à une cérémonie officielle et au moment où il prend congé. Fête nationale. Depuis la fin du , il est de coutume de célébrer l'anniversaire de la naissance du souverain. Sous le long règne de la grande-duchesse Charlotte (1919-1964), cette célébration avait lieu en plein hiver, le 23 janvier, le jour de l'anniversaire de la souveraine. Par arrêté grand-ducal du , la date de la célébration publique de l'anniversaire du souverain et, par là même, la fête nationale, a été fixée au de chaque année, notamment pour des raisons météorologiques. Les festivités commencent la veille au soir. Le terme de « fête nationale » ne figure pas dans les textes de loi. Elle y est décrite comme « jour de la célébration publique de l'anniversaire du Grand-Duc ». Armoiries. L'origine des armoiries de l'État luxembourgeois remonte au Moyen Âge. Elles furent fixées autour de l'année 1235 par le comte Henri V de Luxembourg. Dès 1123, le comte Guillaume de Luxembourg portait une bannière burelée sur son sceau équestre. La majeure partie des descendants de la première maison de Luxembourg ont porté un burelé, alors que les descendants de la maison de Namur ont porté un lion. Les armoiries du Grand-Duché de Luxembourg sont à trois échelons : les petites armoiries, les moyennes armoiries et les grandes armoiries. Elles sont essentiellement composées d'un burelé d'argent et d'azur de dix pièces au lion rampant de gueules, couronné, armé et lampassé d'or, la queue fourchue et passée en sautoir. Les armoiries sont protégées par la loi du sur les emblèmes nationaux. La loi du a modifié et complété celle de 1972. Économie. Le Luxembourg était, après avoir recouvré son indépendance en 1867, un des pays les plus pauvres et sous-développés d'Europe, de façon qu'un tiers de la population a dû, au , s'expatrier outre-mer (surtout aux États-Unis, au Canada et au Brésil) pour des raisons de famine et de misère générale. Le Luxembourg doit sa prospérité à la découverte du minerai de fer dans le sud du pays dans les années 1840. Cette découverte allait donner son nom à toute une région, le "Minett" , et marquer le passage d'un État agraire à un État industriel. De ce fait, dans les décennies suivantes, une industrie sidérurgique de plus en plus importante, allant de pair avec l'exploitation minière sous terre, a vu le jour. À une certaine époque, presque la moitié de la population masculine active était employée en l'industrie lourde, soutenue par une communauté assez importante d'immigrants italiens venus en vagues au Luxembourg dès la fin du pour y chercher du travail. Les diverses usines sidérurgiques indépendantes de l'époque se sont finalement unies sous une même enseigne, l'ARBED, dès lors le groupe sidérurgique national, groupe qui par la suite a vu une large expansion jusqu'à fonder même des usines par exemple au Brésil. De son meilleur temps sidérurgique, le Luxembourg, malgré sa petite taille, était devenu le septième producteur d'acier le plus important du monde. Cependant, malgré la subsistance d'entreprises spécialisées de sidérurgie, l'industrie lourde a globalement disparu du pays et le dernier haut-fourneau a fermé en 1997. En , le ministère de la santé a annoncé que le Grand-Duché allait légaliser la culture, la vente, et la consommation de cannabis. Cette annonce fait du Luxembourg le premier pays européen à légaliser le cannabis. Le marché de l’emploi luxembourgeois représente occupés par , étrangers et . Ces derniers payent leurs impôts à la source au Luxembourg, mais leur formation et leurs droits sociaux sont à la charge de leur pays de résidence. De même pour les retraités. Le gouvernement luxembourgeois a toujours refusé de partager une part de ses revenus fiscaux avec les collectivités locales frontalières françaises. Ce système est considéré comme l'une des clés de la croissance économique du Luxembourg, mais au détriment des pays frontaliers. Industrie. Les débuts de l'industrie luxembourgeoise, qui remontent au milieu du , sont dominés par la sidérurgie, ayant connu un essor considérable à partir de 1950. À cette époque-là, le Luxembourg a également attiré les premières entreprises américaines comme Goodyear (production de pneumatiques), DuPont (production de polyester) ou encore Monsanto (production de fil en nylon), tout en développant le secteur financier. Au cours des années 1970, les crises sidérurgique et pétrolière ont eu un impact considérable sur l'industrie sidérurgique, qui était encore le principal pilier de l'économie luxembourgeoise. La diversification industrielle s'est exprimée à partir de 1980 par la création de la Société nationale de crédit et d'investissement , de zones industrielles et d'une centaine de nouvelles entreprises. Ceci a eu comme conséquence une baisse de la part de la sidérurgie et une hausse de celle des autres industries sur le plan du produit intérieur brut (PIB) luxembourgeois. En 2002, l'Arbed (Aciéries réunies de Burbach, Eich, Dudelange) a fusionné avec deux autres groupes sidérurgiques, Usinor et Aceralia, pour devenir Arcelor, leader dans la production mondiale de l'acier. La fusion d'Arcelor avec Mittal Steel Company en 2006 a donné naissance au groupe ArcelorMittal, le numéro un mondial de l'acier. À partir de 2004, le gouvernement a mis en place une nouvelle politique de diversification économique dans une optique de spécialisation multisectorielle : technologies de l'information et de la communication, logistique, sciences et technologies de la santé, écotechnologies... Place financière. Spécialisée à l'origine dans les activités liées à l'euromarché dans les années 1960 et 1970, la place financière s'est ensuite tournée vers la gestion privée et, à partir des années 1980, vers la domiciliation et l'administration de fonds d'investissement. Ce développement a été avantagé par une vie politique et sociale favorable ainsi que par un cadre légal et réglementaire ouvert aux évolutions des marchés. Les évolutions ont été favorisées par l'entente entre les gouvernements, le législateur et le secteur privé. Ce cadre législatif et réglementaire a attiré des banques, des compagnies d'assurance, des promoteurs de fonds d'investissement et des prestataires de services spécialisés du monde entier du fait d'une politique fiscale très favorable aux entreprises. La place financière du Luxembourg est le deuxième centre mondial de fonds d'investissement après les États-Unis, le plus grand centre européen pour les captives de réassurance, le premier centre pour la distribution transfrontalière de l'assurance-vie dans l'Union européenne et le premier centre de banque privée pour les clients internationaux dans la zone euro. Par ailleurs, le Luxembourg est le plus grand domicile pour les fonds islamiques en Europe et le principal centre européen d'affaires en monnaie chinoise pour plusieurs activités. Le Luxembourg est devenu la place la plus importante d'Europe sur le marché des fonds d'investissement. 46 % du produit intérieur brut du pays dépendent de son rôle de place financière. La croissance de la place financière luxembourgeoise fait que fin , on comptait présentes sur le territoire, totalisant plus de . Paradis fiscal. Le Luxembourg figurait, jusqu'au début des années 2010, sur une liste mondiale des paradis fiscaux, ce en raison d'un secret bancaire entre-temps aboli en grande partie, d'avantages extrêmes pour grandes holdings Depuis, le Grand-Duché ne fait actuellement plus partie d'aucune liste noire et ses efforts ont été reconnus au niveau international. Le Luxembourg a adopté, par exemple, l'ensemble des dispositions de l'OCDE pour combattre l'évasion fiscale. Cependant, le pays est toujours considéré au début des années 2020 comme l'un des principaux paradis fiscaux au monde par de nombreux chercheurs. Rescrits fiscaux. Les rescrits fiscaux sont des accords très avantageux consentis aux grandes sociétés multinationales. Ils furent réformés après les « LuxLeaks » de 2014. Lux Leaks (2014). En 2014, éclate le scandale financier Luxembourg Leaks, révélant le contenu de centaines d'accords fiscaux très avantageux conclus par des cabinets conseils pour le compte de nombreux clients internationaux avec le fisc luxembourgeois. Les révélations ont un retentissement international, mettant en lumière les pratiques d'évitement fiscal mises en œuvre au Luxembourg. Selon l'ONG Oxfam, en 2017, le Luxembourg figure parmi . En , le Luxembourg est rappelé à l'ordre par la Commission européenne pour ne pas avoir légiféré sur les règlements européens concernant la lutte contre le blanchiment d'argent. OpenLux (2021). Selon l'enquête OpenLux conduite par internationaux en 2020, le Luxembourg abrite immatriculées au Luxembourg (sociétés, fondations, fonds), dont dont les actifs se montent à d’euros. Près de 90 % de ces sociétés extraterritoriales sont la propriété de non-Luxembourgeois issus de . Plus de sont contrôlées par des Français ou des sociétés françaises comme Yves Rocher, Hermès, JCDecaux et Decathlon. Parmi les identifiés par OpenLux, on trouve 279 des plus de mondiaux répertoriés par le magazine Forbes et les sociétés holdings de 37 des françaises les plus fortunées, telles les Mulliez, les Guerrand-Hermès ou les Arnault. Le registre du commerce luxembourgeois, qui s'assure de l’obligation légale de déclarer les bénéficiaires effectifs de plus de et doit contrôler leurs déclarations, n'emploie que . Ils sont 900 à travailler pour la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF), qui surveille un quart de l’économie luxembourgeoise. Cette Commission est un établissement public qui assure la surveillance des professionnels et des produits du secteur financier luxembourgeois . En 2018, à la suite des Panama Papers de 2016, l’Union européenne a exigé la création de registres publics des propriétaires réels des sociétés dans tous ses États membres. Le Luxembourg a rendu public son registre en 2019. Place financière - Lutte contre le blanchiment (Loi du 12 novembre 2004). La direction "Lutte contre le blanchiment et contre le financement du terrorisme" est un département du ministère de la Justice, qui assure la représentation du Luxembourg auprès du Groupe d'action financière (GAFI). Elle participe notamment aux travaux du GAFI pour l'élaboration des normes internationales sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et de la prolifération et coordonne la préparation de l'évaluation du Luxembourg dans le cadre du cycle d'évaluations mutuelles du GAFI. Au niveau de l'Union européenne, elle participe au groupe "Expert group on money laundering and terrorist financing" (EGMLTF) . Économie numérique, médias, technologies de l'espace et production audiovisuelle. Le Luxembourg a joué un rôle pionnier sur la scène médiatique en Europe. Deux géants des médias et des communications sont nés au Luxembourg et continuent aujourd'hui leur développement à partir du Grand-Duché : RTL Group, premier diffuseur européen de télévision et de radio, et SES SA grâce à une flotte de plus de 50 satellites. Ce dernier est une entreprise créée par le gouvernement luxembourgeois dans les années 1980, en prévision de la future société numérique. Après la chute du mur de Berlin et grâce à une grande demande d'alors de la part des Allemands de l'Est au niveau de la télévision numérique, l'entreprise "SES SA" a pu percer grâce à ses premiers satellites "ASTRA" pour devenir, à ce jour, le groupe détenteur de satellites de télécommunication le plus important du monde. L'État luxembourgeois détient à part égales avec l'entreprise "SES SA" la société LuxGovSat. Depuis, de nombreuses autres sociétés actives dans les domaines convergents des médias et des technologies de l'information et de la communication se sont établies autour de ces deux piliers au Luxembourg. En 2005, le Grand-Duché adhère à l'Agence spatiale européenne. Le Luxembourg affiche également un des taux de spécialistes en informatique les plus élevés au monde. Par ailleurs, la sécurité de l'information et les réseaux de télécommunications de haute performance constituent une priorité du gouvernement en matière de recherche et développement. En plus de nombreuses petites et moyennes entreprises (PME), des multinationales de l'économie numérique comme Amazon, eBay, PayPal, iTunes ou encore Vodafone sont désormais présentes au Grand-Duché. Parallèlement, diverses entreprises de haute technologie s'y sont implantées, à l'image du fabricant de scanners en trois dimensions Artec 3D. Le domaine de la production audiovisuelle bénéficie également de la politique du gouvernement par le biais de plusieurs schémas d'accompagnement public destinés à encourager son développement. Recherche et innovation. Le gouvernement a procédé ces dernières années à des investissements importants en matière de recherche et d'innovation, et a mis en place toute une série d'instruments directs et indirects pour promouvoir ce domaine. Ainsi, un cadre légal relatif à la promotion de la recherche, du développement et de l'innovation a été créé en afin de stimuler la capacité d'innovation des entreprises et organismes de recherche privés. Le gouvernement a su mobiliser le montant de d'euros en vue d'assurer la construction et l'équipement des bâtiments de l'université du Luxembourg ainsi que des institutions de recherche et d'innovation dans la Cité des sciences à Esch-Belval. Il a procédé au cours de ces dernières années à un investissement substantiel de l'ordre de d'euros dans le développement du secteur des technologies de la santé, afin de favoriser la diversification économique dans un secteur de pointe en pleine croissance. Afin de consolider et de structurer davantage le système de recherche luxembourgeois, le gouvernement a regroupé en 2015 le Centre de recherche public Gabriel Lippmann et le Centre de recherche public Henri-Tudor au sein du Luxembourg Institute of Science and Technology, et a réuni l'Integrated Biobank of Luxembourg et le Centre de recherche public de la Santé au sein du Luxembourg Institute of Health. La recherche et l'innovation demeurent une priorité du gouvernement, ce dont témoigne l'enveloppe financière de d'euros pour la période 2014-2017, consacrée au contrat d'établissement de l'université du Luxembourg et aux contrats de performance des institutions de recherche publiques et du Fonds national de la recherche. En 2022, le Luxembourg est classée en pour l'indice mondial de l'innovation. Logistique. De par sa position géographique au cœur des marchés européens et à une distance raisonnable des grands ports de fret européens tels qu'Anvers ou Rotterdam, le Luxembourg est une plateforme idéale pour les activités relevant du domaine de la logistique. Les activités ne se limitent cependant pas au simple transport de marchandises, mais le but est de fournir un service à valeur ajoutée (conditionnement, préparation, expédition et facturation des marchandises). Le Grand-Duché est ainsi une base opérationnelle pour de nombreux acteurs d'envergure mondiale dans le domaine de la logistique, tels que Cargolux, China Airlines, Cobelfret ou DB Schenker. L'aéroport international du Luxembourg occupe une des premières places sur le plan européen pour ce qui est du fret. Ce secteur est renforcé par la présence du Freeport Luxembourg, zone de libre-échange établie en 2014 à proximité de l'aéroport. Sur une surface de sont définis de nouveaux standards en matière de préservation, d'entreposage ainsi que de gestion d'œuvres d'art et d'objets de valeur. Par ailleurs, le gouvernement promeut le développement des écotechnologies visant à repenser toutes les activités produisant des biens et des services dans une perspective de développement économique durable. La Société nationale de crédit et d'investissement compte parmi ses nombreux instruments un prêt spécifique destiné à soutenir la recherche, le développement et l'innovation. Autres activités. Avec ses paysages bien diversifiés (surtout le Nord et l'Est), la vieille ville de Luxembourg et ses vestiges de la forteresse, classée à l'UNESCO, ses 80 châteaux forts et châteaux, ses multiples trésors culturels, ses nombreux musées (en partie de niveau international), le tourisme joue lui aussi un rôle non négligeable dans l'économie luxembourgeoise. Luxembourg est également connu comme haut-lieu de la gastronomie, le grand-duché détenant, à ce jour, le plus de restaurants et des chefs étoilés par habitant au monde. Les vins et 'champagnes' (appelés crémants au Luxembourg), développés le long de la Moselle luxembourgeoise, vins qui, il y a moins de encore réputés être d'une qualité assez moyenne, ont connu un développement fulgurant, remportant ainsi à l'heure actuelle régulièrement de nombreux prix dans le cadre de foires ou concours internationaux. En 2015, le PIB par habitant du Luxembourg est le plus élevé au monde. Ce chiffre est toutefois biaisé par le fait que les travailleurs frontaliers des trois pays voisins qui contribuent à générer une grande partie de ce PIB ne sont pas pris en compte lors du calcul du PIB/tête d'habitant. Leur nombre est en effet assez important pour fausser substantiellement les statistiques : en 2009, ils étaient près de (environ 50 % de Français, 26 % de Belges et 24 % d'Allemands). En 2019, ce sont plus de résidant en France et travaillant au Grand-Duché qui sont recensés. La dette publique de l'État luxembourgeois est une des plus faibles au monde. Le salaire minimum du Luxembourg est le plus élevé de l'Union européenne : plus de brut par mois en 2022 soit environ net. Population et société. Démographie. Le Luxembourg comptait le avec une croissance de la population de 68 % en , croissance démographique plutôt exceptionnelle en comparaison avec les pays proches. Cette croissance démographique est principalement le fait de l'immigration. En effet, le solde migratoire, en moyenne annuelle, au Luxembourg était de 7,7 % sur la période 1960-2011, alors qu'il n'était que de 1,1 % dans l'UE-27 sur la même période. Dans les années 1990, le solde migratoire s'établit même à environ 10 % en moyenne annuelle. Ainsi, 47,2 % de la population est de nationalité étrangère en 2021. Sur les , on estime à environ le nombre de Luxembourgeois, à le nombre de Portugais devant les Français, qui représentent avec le deuxième plus grand groupe d'étrangers. Éducation. La Constitution luxembourgeoise permet à l'État d'organiser et de réglementer l'enseignement, obligatoire pour les enfants âgés de 4 à . Ainsi, la majorité des écoles sont publiques et gratuites. Il existe cependant quelques écoles privées qui enseignent les mêmes programmes scolaires et préparent aux mêmes diplômes, mais elles sont payantes. À côté des écoles publiques et privées, quelques écoles étrangères payantes proposent un programme différent et ne délivrent par conséquent pas les mêmes diplômes. Les neuf premières années de scolarité, dont la première est facultative, sont regroupées sous l'appellation d'« enseignement fondamental », découpée en quatre cycles : le premier est constitué d'une année d'éducation précoce (facultative) et deux années d'éducation préscolaire (obligatoires), les trois autres constituent l'enseignement primaire. Les sept années suivantes constituent l'« enseignement secondaire », qui prépare aux études universitaires ou les six à huit années suivantes en ce qui concerne l'« enseignement secondaire technique », qui est orienté vers la vie professionnelle, en fonction de l'orientation choisie, bien qu'il permette aussi d'accéder à l'enseignement supérieur. Ensuite, l'enseignement supérieur est proposé soit : Le système scolaire luxembourgeois est marqué lui aussi par le multilinguisme, les trois langues officielles y sont pratiquées en fonction du cycle et des matières. Sport. Le Luxembourg est connu pour ses cyclistes, notamment grâce aux frères Fränk et Andy Schleck, ainsi que Kim Kirchen, tous les trois porteurs d'un maillot distinctif sur le Tour de France 2008, ainsi que pour la deuxième place d'Andy Schleck aux classements généraux des Tours de France 2009 et 2011 et sa victoire "a posteriori" au Tour de France 2010 à la suite de l'affaire de dopage impliquant Alberto Contador. Le cycliste Jempy Drucker est lui onze fois champion du Luxembourg, toutes catégories confondues en Cyclo-cross (de 2000 à 2011). Quatre champions luxembourgeois ont remporté la Grande Boucle : François Faber en 1909 et Nicolas Frantz en 1927 et 1928, Charly Gaul en 1958 et enfin Andy Schleck en 2010. Le , en cyclisme, le jeune Bob Jungels () a remporté le Championnat du monde juniors du contre-la-montre. En athlétisme, Joseph Barthel a été champion olympique sur à Helsinki en 1952, et David Fiegen a été vice-champion d'Europe sur à Göteborg en 2006. En tennis féminin, Anne Kremer et Claudine Schaul se sont illustrées dans ce sport en remportant plusieurs tournois WTA et ITF, notamment Anne Kremer qui fut la première joueuse de tennis luxembourgeoise à atteindre le ( le ). Gilles Müller, le du tennis luxembourgeois, a battu Rafael Nadal, au de Wimbledon en 2005. Gilles Müller mérite par ailleurs d'être reconnu pour la qualité de son service. Il réussit des aces sans nécessairement s'appuyer sur une qualité de vitesse extraordinaire – ses premières balles sont régulièrement frappées entre 190 et , et très rarement au-dessus de . En 2008, il est le premier Luxembourgeois à atteindre les quarts de finale de l'US Open. Plus jeune, il a remporté le tournoi junior de l'US Open en 2001, année où il termine champion du monde junior. Bien que né en Autriche, le skieur Marc Girardelli a rapporté au Luxembourg, dont il a pris la nationalité, de nombreux titres mondiaux et médailles olympiques. Médias. Le Luxembourg peut se prévaloir d'un paysage médiatique étoffé et pluraliste. À côté d'une presse nationale dont les principaux quotidiens se qualifient volontiers d'opinion, les titres étrangers, les médias audiovisuels et les nouveaux supports sont abondants. Face à une population parfaitement polyglotte, l'utilisation des trois langues usuelles du pays est une des particularités les plus frappantes de la presse luxembourgeoise. Certains d'entre eux accueillent aussi des articles dans l'autre langue et en luxembourgeois. Les titres les plus lus du pays sont le « Luxemburger Wort » et le journal gratuit « L’essentiel », qui ne cesse de se développer depuis son lancement en 2007. Dans l'audiovisuel, ce n'est qu'au début des années 1990 que le monopole en place depuis les premiers pas de la radio dans les années 1920 tombe avec la libéralisation des ondes. Une grande partie de la population est abonnée à la télévision par câble. En outre, la télévision numérique terrestre est disponible au Luxembourg depuis 2006. Le secteur cinématographique se développe de plus en plus ces dernières années, avec des sociétés comme Samsa Film, Tarantula, ou encore Invictus Company Productions. Dans la presse écrite, du moins avant l'apparition d'organes de presse exclusivement francophones au début des années 2000, il est usuel de trouver côte à côte sur une même page des articles en langue allemande et en langue française. Le Luxembourg ne connaît par contre ni le phénomène de groupes de médias à capitaux familiaux, ni celui de médias dominés par des capitaux industriels. Quatre groupes de médias dominent le marché : RTL Group du côté de l'audiovisuel, Mediahuis Luxembourg, Editpress et Maison Moderne du côté de la presse écrite. Langues. Son histoire, sa situation au sein d'un carrefour géographique et sa petite taille font du Luxembourg un pays largement multilingue. Comme déterminé par la loi du 24 février 1984, le Luxembourg n'a qu'une seule langue nationale, qui est le luxembourgeois. Elle est définie comme la langue maternelle ou « langue du cœur » des Luxembourgeois et est la langue qu'ils utilisent généralement pour se parler ou s'écrire. Le luxembourgeois est la langue propre à la population locale et en faisant partie des langues franciques mosellanes elle est partiellement intelligible avec l'allemand standard voisin. Cependant le luxembourgeois comprend également plus de mots d'origine française. Sa connaissance est un important critère de naturalisation. En plus du luxembourgeois, le français et l'allemand sont également utilisés dans les affaires administratives et judiciaires, ce qui en fait les trois langues administratives du Luxembourg. Comme par l'article 4 de la loi promulguée en 1984, si un citoyen pose une question en luxembourgeois, allemand ou français, l'administration doit répondre, dans la mesure du possible, dans la langue dans laquelle la question a été posée. Le Luxembourg est largement multilingue : en 2012, 52 % des citoyens déclarent le luxembourgeois comme langue maternelle, 16,4 % le portugais, 16 % le français, 2 % l'allemand et 13,6 % de langues différentes (principalement l'anglais, l'italien ou l'espagnol). Même si le français n'est la langue maternelle que de 16 % des résidents luxembourgeois (arrivant en position), 98 % de ses citoyens sont capables de le parler à un niveau plus ou moins élevé. Ceci est principalement dû au fait que la grande majorité des Luxembourgeois ainsi que des citoyens portugais peuvent la revendiquer comme deuxième ou troisième langue. En 2018, une grande partie de la population locale était capable de parler plusieurs autres langues et, à ce titre, 80 % des citoyens ont aussi déclaré pouvoir tenir une conversation en anglais, 78 % en allemand et 77 % en luxembourgeois, revendiquant ces langues comme leur respectivement deuxième, troisième ou quatrième langue. Chacune de ces trois langues est utilisée comme langue principale dans certaines sphères de la vie quotidienne, sans être exclusive. Bien que le luxembourgeois soit la langue nationale du Grand-Duché et soit considéré comme la langue que les Luxembourgeois utilisent généralement pour se parler et s'écrire (avec une augmentation récente de la production de romans et de films dans cette langue), les nombreux travailleurs expatriés (environ 44 % de la population) ne l'utilisent généralement pas pour se parler. La plupart des communications commerciales et écrites officielles se font en français, qui est également la langue la plus utilisée pour la communication publique, les déclarations officielles écrites, les affichages publicitaires et les panneaux de signalisation étant généralement en français. En raison de l'influence historique du Code Napoléon sur l'ordre juridique du Grand-Duché, le français est également la seule langue de la législation et généralement la langue préférée du gouvernement, de l'administration et de la justice. Les débats parlementaires sont cependant principalement menés en luxembourgeois, tandis que les communications écrites du gouvernement et les documents officiels (par exemple, décisions administratives ou judiciaires, passeports, etc.) sont rédigés principalement en français et en allemand. Bien que la vie professionnelle soit largement multilingue, le français est décrit par les chefs d'entreprise du secteur privé comme la principale langue de travail de leurs entreprises (56 %), suivi du luxembourgeois (20 %), de l'anglais (18 %) et de l'allemand (6 %). L'allemand est très souvent utilisé dans la plupart des médias avec le français et est considéré par la plupart des Luxembourgeois comme leur deuxième langue. Cela est principalement dû à la grande similitude de l'allemand avec le luxembourgeois, mais aussi parce qu'il s'agit de la première langue enseignée aux enfants à l'école primaire (langue d'alphabétisation). Le français est enseigné à l'école seulement dès l'âge de sept ans, cependant l'enseignement secondaire se fait majoritairement en français. Du fait de l'importante communauté d'origine portugaise, la langue portugaise est de facto assez présente au Luxembourg, bien qu'elle reste limitée aux relations au sein de cette communauté ; bien que le portugais n'ait aucun statut officiel, l'administration détient parfois certains documents informatifs disponibles en portugais. Illustration du multilinguisme : il est fréquent que les journaux ou sites internet institutionnels fassent s'alterner des articles en français, en allemand et en luxembourgeois, sans que chaque article ne soit traduit dans les deux autres langues. L'anglais est rarement utilisé dans la vie quotidienne mais vivement requis dans certains domaines de la vie socio-économique (secteur bancaire, compagnies aériennes, ) et étudié par tous les lycéens. La langue des signes allemande est la langue des signes officiellement reconnue depuis 2018 et était déjà utilisée dans le système éducatif. Religions. L'article 19 de la Constitution luxembourgeoise garantit la liberté des cultes, celle de leur exercice public, ainsi que la liberté de manifester ses opinions religieuses. Au Luxembourg, on considère que les communautés religieuses exercent un rôle public. Dans ce contexte, et comme le dispose l'article 22 de la Constitution, les sphères qui requièrent la coopération entre l'Église et l'État sont réglées par des conventions. Un accord signé en entre le gouvernement et les communautés religieuses établies au Luxembourg réformera les relations entre l'État et ces mêmes communautés. Les relations entre l'État et les cultes seront adaptées aux réalités sociétales, un cours commun « éducation aux valeurs » sera introduit dans l'enseignement public et les relations entre les communes et les cultes seront réformées en ce qui concerne les fabriques d'église. Il ressort de plusieurs enquêtes sur les valeurs au Luxembourg que le pays connaît, malgré des certitudes morales affichées, un véritable effondrement de l'importance accordée à la religion. Parmi les grands événements religieux du Grand-Duché, on peut compter l'Oktav, la procession dansante d'Echternach et le pèlerinage à Notre-Dame de Fátima à Wiltz. Selon le Pew Research Center, en 2010, 70,4 % des habitants du Luxembourg sont chrétiens, principalement catholiques (65,9 %) et dans une moindre mesure protestants (3,2 %), alors que 26,8 % de la population n'est pas affilié à une religion et que 2,3 % sont musulmans et 0,5 % pratiquent une autre religion. Culture. Littérature. Une des principales caractéristiques de la littérature luxembourgeoise est due à l'environnement linguistique né de la situation géographique et de l'histoire du Luxembourg, qui se trouve à la croisée des cultures romane et germanique. C'est ainsi que s'est développé au fil des siècles un environnement linguistique unique, caractérisé par l'association et la coexistence au quotidien de trois langues : le luxembourgeois, l'allemand et le français. Le multilinguisme sous-tend la littérature luxembourgeoise et influence le parcours des écrivains luxembourgeois. D'un point de vue purement linguistique, il n'existe pas une littérature luxembourgeoise, mais à proprement parler, des littératures luxembourgeoises s'exprimant en trois, voire en quatre langues si l'on y compte les auteurs anglophones. Cette production polyphone est répertoriée sous le terme collectif de Luxemburgensia qui englobe toutes les œuvres littéraires et documents imprimés soit rédigés par des Luxembourgeois, soit produits au Luxembourg, soit ayant pour sujet le Luxembourg, et ce quelle qu'en soit la langue. La littérature de langue allemande est la plus accessible et la plus répandue au Luxembourg, même si, depuis quelques années, des talents en langue luxembourgeoise se dévoilent de plus en plus. La littérature luxembourgeoise d'expression française est plus modeste en nombre de publications, mais très remarquée à l'étranger. Théâtre et danse. La Fédération luxembourgeoise des théâtres professionnels rassemble de nombreuses salles dont le Grand Théâtre de Luxembourg, le Théâtre des Capucins ou encore le Théâtre d'Esch. À côté du théâtre, du ballet ou de l'opéra traditionnels, le spectacle s'est diversifié, pour présenter de la danse contemporaine, des spectacles jeune public, de l'improvisation, du théâtre de rue, etc. Les spectacles pour enfants et jeunes trouvent également une place de plus en plus importante dans le paysage culturel luxembourgeois. Plusieurs compagnies se consacrent à la création de spectacles déstinés aux publics plus jeunes et des événements comme le festival international de théâtre de marionnettes (festival bisannuel) ou Traffo, le programme Jeunes Publics du CarréRotondes, contribuent à faire du spectacle jeune public un élément supplémentaire des scènes luxembourgeoises. Musique. La musique est sans doute la discipline culturelle la plus présente dans la vie quotidienne des Luxembourgeois. De la pratique amateur dans les chorales, harmonies et fanfares locales à la prolifération de groupes de rock, en passant par les classes des écoles de musique et conservatoires, nombreux sont les citoyens qui ont, du moins à un certain moment de leur vie, fait de la musique. De plus, les Luxembourgeois se rendent volontiers à des concerts de tous styles et participent en masse à des festivals de musique en plein air telles que le Blues'n Jazz Rallye, le Zeltik, le Rock-A-Field ou encore la Fête de la musique. À part quelques artistes dans les années 1980 comme Jimmy Martin, peu de musiciens professionnels se sont fait connaître au Luxembourg. Cependant, de nombreux groupes semi-professionnels se sont créés dans les années 1990 comme les groupes T42, Moof ou encore No Name. Aujourd'hui, plus de existent au Luxembourg, ils sont soutenus par la Rockhal, un lieu culturel réputé au Grand-Duché. Certains groupes parviennent même à dépasser les frontières luxembourgeoises, comme , Inborn ou Rome (Jerome Reuter). Le Luxembourg s'est également fait connaître sur la scène internationale pour sa participation au Concours Eurovision de la Chanson. Il a participé dès la première édition du Concours Eurovision de la Chanson en 1956, mais il participe pour la dernière fois en 1993 et n'est toujours pas revenu dans le concours. Il détient cependant cinq victoires à son actif. Avec l'inauguration de deux salles de concert majeures en 2005, la Philharmonie Luxembourg, Salle de concert Grande-Duchesse Joséphine-Charlotte, et la Rockhal, Centre de musiques amplifiées, la scène musicale du Luxembourg a gagné encore davantage en dimension. Cinéma. À la fin des années 1980, le législateur luxembourgeois a mis en place un cadre légal et réglementaire visant le soutien à la production audiovisuelle. Le Fonds national de soutien à la production audiovisuelle (abrégé en Fonspa) est créé par la loi du . Cette loi a notamment pour but de soutenir, par un mécanisme d'avances sur recettes, la production, la coproduction et la distribution des œuvres d'origine luxembourgeoise. Le pays (co)produit annuellement une quinzaine de longs métrages, sans oublier les multiples documentaires et courts métrages. La professionnalisation du cinéma luxembourgeois a commencé dans les années 1990. Depuis lors, le Luxembourg dispose de plusieurs sites de tournage (Studio 352 à Contern et Filmland à Kehlen), d'une académie du film (D'Filmakadémie) et d'un prix de cinéma (""). La quasi-totalité des films est diffusée au Luxembourg en version originale, accompagnée de sous-titres. Rares sont les versions synchronisées, mis à part pour les films destinés aux enfants. L'ensemble des salles de cinéma luxembourgeoises projette les films en format numérique. Architecture. Un musée de Ieoh Ming Pei contre un manoir datant du Moyen Âge, une place de l'Europe signée Ricardo Bofill contre les fortifications militaires de Vauban : l'architecture au Luxembourg, c'est avant tout une histoire de coexistence, de mélange entre les vestiges d'antan bien conservés et d'étonnantes créations modernes. Plus encore, cette architecture est révélatrice d'une histoire tumultueuse, d'un passé industriel marquant et d'un développement économique impressionnant. On trouve la forteresse millénaire au cœur du quartier de la vieille ville à Luxembourg, patrimoine mondial : il s'agit des vestiges d'une époque où Luxembourg était surnommé « le Gibraltar du Nord », justement à cause de son imposante forteresse, qui fut démantelée dès 1867. Or, des constructions résolument modernes, signées notamment Perrault, de Portzamparc, Meier et Böhm, viennent se mêler aux témoins du passé, seulement quelques pas plus loin, sur le plateau de Kirchberg. Simple champ aux alentours des années 1950, cette surface s'est rapidement transformée en centre européen, financier et culturel du pays. Au sud, les vestiges de la sidérurgie, autrefois pilier de l'économie luxembourgeoise, côtoient aujourd'hui des laboratoires de recherche ultramodernes, ainsi que les bureaux branchés de l'industrie créative. Un peu partout au pays, des architectes de renommée internationale ont marqué ce mélange aisé du passé, du présent et du futur de leurs idées et de leur savoir-faire. En même temps, la scène architecturale luxembourgeoise est extrêmement vivante : en 2013 quelque 900 architectes sont inscrits à l'Ordre des architectes et ingénieurs-conseils (OAI), s'y ajoutent 450 ingénieurs-conseils et une quarantaine d'architectes d'intérieur. Que ce soit au niveau des bâtiments publics (musées, centres culturels, Cité judiciaire) aux résidences privées, les architectes luxembourgeois savent imposer leur style, aussi à l'étranger. Codes pays. Le Luxembourg a pour codes :
Lisp Lisp est la plus ancienne famille de langages de programmation à la fois impératifs et fonctionnels. Développé initialement en tant que modèle "pratique" pour représenter des programmes (par contraste avec la notion théorique de machine de Turing), il est devenu, dans les années 1970 et 80, un des langages de choix (comme le langage Prolog) pour la recherche en intelligence artificielle. Les langages Lisp sont aujourd'hui utilisés dans de nombreux domaines, de la programmation Web à la finance, et dans certains cursus de formation en informatique. Le terme Lisp a été forgé à partir de l'anglais « "" » (« traitement de listes »). Tous les dialectes de Lisp partagent les mêmes opérateurs de manipulation de listes chaînées simples. Lisp se distingue en outre par une syntaxe simple en notation préfixée, son typage dynamique des données, le support pour la programmation fonctionnelle, sa gestion automatique de la mémoire et la faculté de manipuler le code source en tant que structure de données. Les langages Lisp sont reconnaissables immédiatement à leur apparence. Le code source des programmes est écrit en utilisant la même syntaxe que celle des listes — la syntaxe parenthésée des S-expressions. Chaque sous-expression d'un programme (ou structure de données) est délimitée par des parenthèses. Cela simplifie grandement l'analyse syntaxique des programmes Lisp et rend simple la métaprogrammation — la création de programmes qui créent d'autres programmes ou modifient le programme courant. Si l'on excepte le langage machine et le langage d'assemblage (ou plus communément « assembleur »), Lisp est le deuxième langage le plus ancien (juste après Fortran) parmi les langages qui se sont largement diffusés. Lisp a beaucoup évolué depuis le début des années 1960 et a ainsi donné naissance à de nombreux dialectes. Histoire. Le langage Lisp fut inventé par John McCarthy en 1958 alors qu'il était au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Il publia un article intitulé « Recursive Functions of Symbolic Expressions and Their Computation by Machine, Part I » (soit « Fonctions Récursives d'expressions symboliques et leur évaluation par une Machine, partie I ») dans la revue CACM en 1960 ; la partie II ne fut jamais publiée. Le premier interpréteur fonctionnait sur un ordinateur IBM 704 et deux instructions de cette machine devinrent les deux opérations primitives de Lisp pour décomposer les listes : L'opération qui consiste à fabriquer une liste à partir d'un premier élément et d'une liste est notée codice_3. Dans son article, John McCarthy introduit deux syntaxes : les S-expressions (expressions symboliques, parfois appelées « codice_4 ») et les (méta-expressions permettant l'homoïconicité pour exprimer les fonctions manipulant des S-expressions autrement dit pour mettre en œuvre la réflexion ). Les M-expressions n'ont jamais été très appréciées et la plupart des Lisps de nos jours utilisent des S-expressions pour les programmes comme pour les données. C'est la syntaxe des S-expressions qui fait reprocher à Lisp son abondance de parenthèses, mais c'est aussi une des raisons de la puissance et de la souplesse du langage. En raison de son expressivité et de sa flexibilité, Lisp eut beaucoup de succès dans la communauté de l'intelligence artificielle (cf. Apports). Dans les années 1970, on créa des ordinateurs spécialisés dans l'exécution de programmes Lisp : les machines Lisp. Durant les années 1980 et 1990, on fit de grands efforts pour unifier les nombreux dialectes de Lisp qui étaient apparus. Le résultat fut la normalisation de Common Lisp dont la norme ANSI fut publiée en 1994 sous la référence « ANSI X3.226-1994 ». L'ISO publia de son côté en 1997 la norme ISO/IEC 13816:1997(E), révisée en 2007 par la norme ISO/IEC 13816:2007(E). À ce moment, Lisp était bien moins florissant qu'à sa grande époque. Bien qu'éclipsé par des langages proches de la machine (C, C++) ou des langages plus structurés et typés (Haskell), Lisp reste un langage relativement utilisé, en particulier en tant que langage embarqué dans des applications, où il sert de langage d'extension. Les cas les plus connus d'utilisation embarquée de Lisp sont l'éditeur de texte Emacs et le langage d'AutoCAD. On notera par ailleurs que Lisp vient en quatrième position en termes de lignes de codes utilisées pour implémenter les paquets sources disponibles dans le système d'exploitation Debian publié en . Les huit premiers langages se distribuent ainsi : C (57 %), C++ (16,8 %), Shell (9 %), Lisp (3 %), Perl (2,8 %), Python (1,8 %), Java (1,6 %), Fortran (1,2 %). En , Lisp se place en 15 position de l'index TIOBE. En juillet 2020, il est classé 34. Syntaxe. Les listes sont délimitées par des parenthèses et leurs éléments sont séparés par des espaces : (1 2 ""). Un programme Lisp est un arbre de syntaxe composé avec des listes. Cette utilisation des parenthèses donne lieu à des moqueries utilisant l'acronyme LISP : « ' » (« Des tas de parenthèses irritantes et idiotes »), ou « ' » (« Des tas de parenthèses insipides et stupides »), ou « Langage Informatique Stupidement Parenthésé », ou « Langage Insipide Saturé de Parenthèses ». Lisp est un langage orienté expression : il ne fait pas de distinction entre « expressions » et « instructions » comme le font de nombreux langages (par exemple Pascal) ; tout est expression et retourne une valeur ou un ensemble de valeurs. La plupart des expressions Lisp sont des applications de fonction. Ce que d'autres langages écrivent f(a,b,c) Lisp l'écrit (f a b c) Ainsi une somme ne se note pas 1+2+3+4 ni somme(1,2,3,4) mais On utilise la même notation préfixée (dite notation polonaise) pour les « formes spéciales » et les « macros » : le premier élément dans la liste, dans ces cas, détermine comment les éléments suivants seront traités. Une expression peut être une application de fonction, une forme spéciale ou une application de macro suivant la nature du premier élément. Syntaxe en notation EBNF. Le langage Lisp dispose d'une syntaxe très simple et élégante, utilisant un minimum de concepts. Cette économie de concepts mène Gregory Chaitin à qualifier cette syntaxe de . À contrario, elle ne permet pas la détection d'erreur. L'essentiel du langage Lisp est défini par seulement trois règles EBNF : list -> '(' expression* ')' expression -> atom | list atom -> number | name | string | operator Ces règles peuvent se traduire de la manière suivante en français : Exemples. Les programmes suivants ne sont pas typiques des vrais programmes Lisp. Ils sont typiques de la présentation que l'on fait de Lisp dans les cours d'informatique. Les exemples sont donnés en syntaxe Common Lisp. La factorielle est un grand classique : "Calcule la factorielle de l'entier n." (if (<= n 1) 1 (* n (factorial (- n 1))))) On peut aussi écrire plus efficacement (voir récursion terminale) : "Calcule la factorielle de l'entier n." (if (<= n 1) acc (factorial (- n 1) (* acc n)))) Un autre exemple typique est cette fonction qui renverse une liste (Lisp a une fonction intégrée reverse à cet effet) : "Renverse la liste l." (if (null l) acc (reverse (cdr l) (cons (car l) acc)))) Apports. Par opposition à la programmation numérique développée jusqu'alors, Lisp qui travaille sur des symboles plutôt que des nombres a permis de créer un style de programmation différent, D'où, par exemple, des dialogues pseudo-naturels (cf Eliza, test de Turing). De plus, ses fonctions et programmes ont la même forme que ses données (propriété d'homoiconicité). On peut donc en Lisp "passer à travers le miroir". Ainsi, Une particularité du langage Lisp, qui pendant longtemps resta uniquement un langage interprété, est que contrairement aux autres langages interprétés des années 1960 et 1970 son exécution était aussi — voire parfois plus — rapide que celle des langages compilés. Cette particularité provient de sa syntaxe qui fait que la place de chaque type d'objet (fonction, opérateur, donnée) est prévisible et ne requiert pas l'analyse préalable d'une séquence de code source avant de construire la séquence de code d'exécution. Ce langage comportait un ramasse-miettes dès sa première version. Extension : Lisp et les objets. Sous l'influence de Simula, divers systèmes à objets ont été construits à partir de Lisp, notamment : CLOS offre de l'héritage multiple, la sélection multiple et un puissant système de combinaison de méthodes. Common Lisp (dont CLOS fait partie) fut le premier langage orienté-objet standardisé. Citations. Aujourd'hui, certains diraient que Scheme est le dérivé de Lisp atteignant la beauté décrite par Chaitin ; et il est certain que Common Lisp, le descendant en ligne droite des grandes cuvées des dialectes passés de LISP (Maclisp, Interlisp, Zetalisp) penche plus du côté de la "boîte à outils géante", bien qu'ayant conservé intact son cœur conceptuel. G. Chaitin a utilisé ce Lisp idéalisé pour ses recherches : ".
Linus Torvalds Linus Benedict Torvalds, né le à Helsinki en Finlande, est un informaticien américano-finlandais connu notamment pour avoir créé le noyau Linux en 1991 (à ). Il continue d'en diriger le développement, étant considéré comme le « dictateur bienveillant à vie » ("Benevolent Dictator for Life") de celui-ci. Il a également créé le logiciel de gestion de versions décentralisée Git et le logiciel d'enregistrement et de planification des plongées . En 2012, il reçoit le prix Millennium Technology, décerné par la pour son travail sur Linux. Il est également lauréat en 2014 du Computer Pioneer Award, décerné par l'IEEE Computer Society. Biographie. Jeunesse. Linus Torvalds fait partie de la communauté des Finlandais suédophones "(Finlandssvensk)", une population représentant des habitants de la Finlande. Son père, Nils Torvalds, est journaliste de télévision et de radio et aussi membre actif du Parti populaire suédois (le parti des suédophones finlandais), élu député européen en 2012. Sa mère, Anna, est également journaliste, et il compte parmi ses grands-parents le statisticien Leo Törnqvist et le poète Ole Torvalds. Le prénom de Linus lui vient de Linus Pauling, chimiste américain récipiendaire du prix Nobel, mais Torvalds lui-même explique qu’il , ce qui le rend . Il découvre l'informatique vers l’âge de grâce à l'ordinateur de son grand-père, un Commodore VIC-20. Études. Torvalds étudie à l’université d’Helsinki entre 1988 et 1996, où il obtient un diplôme de master en informatique, auprès du groupe de recherche NODES. Sa carrière académique connaît une interruption lorsqu’il part effectuer son service militaire (obligatoire en Finlande). Il rejoint la brigade d’Uusimaa de l’armée finlandaise à l’été 1989, et sert onze mois, au rang de sous-lieutenant, chargé des calculs balistiques. En reprenant ses études en 1990, il est amené à travailler avec un ordinateur DEC MicroVax sous Ultrix, ce qui constitue ses premiers contacts avec Unix. Après le Commodore VIC-20, il utilise un ordinateur Sinclair QL, dont il modifie le système d’exploitation ; il écrit un éditeur, un assembleur, et quelques jeux (ainsi que des bibliothèques graphiques pour Pac-Man). Inspiré par le système Minix développé par Andrew S. Tanenbaum, il développe un noyau de système d'exploitation pour tirer pleinement parti des fonctionnalités de son nouvel ordinateur personnel, un compatible PC doté d'un microprocesseur Intel 80386. Ce noyau est celui du système d'exploitation GNU/Linux, sous licence GPL, et constitue sa thèse de master, intitulée "Linux: A Portable Operating System". Carrière. Après avoir quitté l'Université d'Helsinki, il travaille de à chez Transmeta, une société de la Silicon Valley qui fabrique des microprocesseurs à faible consommation électrique. Chez Transmeta, il est autorisé à consacrer une partie de son temps au développement du noyau Linux. Il entre en 2003 aux Open Source Development Labs (intégrés en 2007 à la Fondation Linux) et s'installe à Beaverton dans l'Oregon (États-Unis) avec sa famille. Depuis, il se consacre principalement à diriger l'équipe de développement du noyau de Linux, en tant que « dictateur bienveillant ». Son comportement notoirement intransigeant, franc et direct, s'il est évoqué comme une raison de la qualité du projet, le conduit toutefois à présenter des excuses publiques et à faire une pause en 2018. Contrairement à la majorité des adeptes du logiciel libre, Linus Torvalds reste relativement discret et refuse généralement de commenter les avantages et inconvénients des autres systèmes d'exploitation, comme le système Windows de Microsoft. Il réagit en revanche avec vigueur lorsque l'on remet en cause les qualités techniques du noyau Linux. Sa discussion houleuse avec Andrew S. Tanenbaum, opposant les noyaux Minix et Linux sur un choix de conception central (micro-noyau contre noyau monolithique), est d'ailleurs restée un exemple célèbre. Il a également créé en le logiciel de gestion de versions Git, initialement prévu pour le développement du noyau Linux. En , évoquant lors d'une intervention à la le développement du noyau Linux, il déclare : . En 2017, lors de l'Open Source Leadership Summit organisé par Jim Zemlin, le dirigeant de la Fondation Linux, il affirme que . Vie personnelle. Linus Torvalds est marié à Tove Torvalds (née Monni), sextuple championne nationale finlandaise de karaté, qu'il a rencontrée pour la première fois à l'automne 1993. Linus faisait des exercices préliminaires en laboratoire informatique pour les étudiants et demandait aux participants du cours de lui envoyer un courriel comme test, auquel Tove répondit par un courriel demandant un rendez-vous. Tove et Linus se marient plus tard et ont trois filles, Patricia Miranda (née en 1996), Daniela Yolanda (née en 1998) et Céleste Amanda (née en 2000), dont deux sont nées aux États-Unis. L'appel système de redémarrage du noyau Linux accepte leurs dates de naissance (écrites en hexadécimal) comme des valeurs magiques. En , il obtient la nationalité américaine. Travail sur le noyau Linux. Débuts du développement. Le développement du noyau Linux trouve son origine au début des . Linus Torvalds était alors étudiant à l'université d'Helsinki, et par pur plaisir, s'était procuré une machine dotée d'un processeur Intel 80386, l'un des premiers à avoir un jeu d'instruction 32 bits accessible au grand public. Il se procura la documentation relative à ce processeur et le système d'exploitation Minix avec le livre d'Andrew Tanenbaum sur les systèmes d'exploitation pour profiter des performances de sa machine et acquérir de nouvelles compétences sur les systèmes Unix. Cependant, Linus Torvalds trouvait l'émulateur de terminal de Minix trop rudimentaire, comme d'autres choses dans ce système. Il décida donc d'écrire un émulateur de terminal, notamment pour accéder aux machines de l'université. Cet émulateur de terminal prit de l'importance et commença peu à peu à remplacer Minix au sein de son ordinateur. Cependant, à la suite d'une erreur de manipulation, il détruisit la partition contenant Minix et prit la décision de tout continuer sur cet émulateur de terminal. Au bout de quelques mois, ce logiciel devint un véritable noyau de système d'exploitation. Il décida de l'appeler "Freax" : freak pour sa bizarrerie et x pour Unix. Il diffusa le code de son travail à quelques privilégiés au début, dont Ari Lemmke, qui lui ouvrit un compte FTP sur le site de l'université pour diffuser quand il voudrait son travail. Cependant, ce dossier de stockage fut nommé « Linux » et ce nom a été conservé depuis. Torvalds publia les premiers prototypes de Linux en 1991, et diffusa le un message sur Usenet, désormais célèbre, annonçant la naissance d'un OS de sa part, et indiquant qu'il souhaitait à terme des contributions. À la diffusion quelques semaines plus tard, le noyau Linux n'était pas un logiciel libre, juste un logiciel dont Linus Torvalds permettait la distribution gratuite et le report de bogues. Ce n'est que quelques années plus tard que Linus Torvalds rendit Linux libre, quand il sentit que la popularité du noyau Linux le rendait indissociable de son créateur et qu'il ne courrait pas le risque de « perdre » son bébé. Les rapports de bogues donnèrent à Linus une raison de poursuivre le développement du noyau Linux jusqu'à aujourd'hui car il aime les énigmes posées par le développement logiciel. Mais au début du développement, il monopolisait la partie de Usenet dédiée à Minix, ce qui irrita son concepteur Andrew S. Tanenbaum, d'autant qu'il trouvait le noyau Linux techniquement obsolète. En effet, ce professeur de l'université d'Amsterdam était spécialisé dans la conception de systèmes d'exploitation. Minix était prévu pour permettre à un étudiant de comprendre rapidement son fonctionnement, et pour Tanenbaum, les noyaux des systèmes d'exploitation devaient être du type micro-noyau, à l'opposé du noyau dit monolithique autour duquel fut développé Linux à l'origine. Ce débat technique donna lieu à de nombreuses réponses houleuses des deux créateurs et est resté célèbre. À la suite d'un dépôt de nom par un particulier, qui menaça les entreprises utilisant le nom « Linux » de reverser des royalties, un accord à l'amiable fut trouvé, dont Linus dit ignorer les détails, et déclare que même s'il les connaissait il ne pourrait pas légalement les révéler. Soucieuse d'éviter qu'une telle mésaventure ne se reproduise, la communauté Linux se tourna vers son créateur d'origine afin qu'il endosse lui-même la responsabilité légale du nom du système d'exploitation . En 1996, la communauté voulait une mascotte pour identifier Linux. Après des semaines de réflexion, Linus proposa un concours de dessin mettant en scène un manchot car c'est un animal qu'il appréciait et qui était vif et robuste (expérience qu'il a faite après avoir été mordu par un manchot dans un zoo en Australie). Le vainqueur fut Larry Ewing qui a fait le dessin à l'aide du logiciel libre GIMP. Le manchot prit le nom de Tux. Tux fut remplacé une seule fois pour le noyau 2.6.29 par Tuz qui est un diable de Tasmanie en guise de soutien financier (lié à une campagne de dons) pour sauver ces animaux d'une épidémie. Essor de GNU/Linux. Au milieu des , la popularité de Linux fut exponentielle parmi les hackers. Les batailles juridiques entre BSD et AT&T et les retards de HURD firent de Linux le noyau libre le plus connu et le plus utilisé. Par la même occasion, le succès inattendu de Linux rendit Linus célèbre dans le mouvement des logiciels libres. Ce fut l'une des preuves de la réussite de ce mouvement. Pourtant, contrairement à Richard Stallman, Linus ne met pas en avant les bénéfices « politiques » (en termes de liberté) du logiciel libre, mais les avantages pratiques de cette liberté, à savoir la communauté de développeurs pour produire le meilleur logiciel possible, cela rendant les dialogues avec Richard Stallman très difficiles car ils ne voient pas les choses sous le même angle. Cependant, en 1998, le terme OpenSource popularisé par Eric Raymond convint parfaitement à Linus. La libération du code de Netscape pour donner Mozilla, le support de GNU/Linux par IBM et Oracle, et l'introduction en bourse des entreprises vendant du support pour GNU/Linux en pleine bulle Internet firent de Linus un millionnaire potentiel mais aussi un véritable gourou pour un nouveau système économique et un adversaire des entreprises comme Microsoft. Il fit ainsi la une des journaux économiques comme "Forbes". Durant cette période, en 1997, il déménagea de son pays natal vers la Californie dans la Silicon Valley pour prendre un emploi chez Transmeta. Peu avant le déménagement, il finit ses études à l'université d'Helsinki à l'aide de sa thèse de master qu'il avait écrite rapidement concernant la portabilité de Linux. Ce changement d'employeur, à savoir d'une université à une entreprise dont on ignorait à l'époque les projets, faisait planer le doute sur l'avenir du développement de Linux au sein de la communauté et sur le rapport de Linus avec l'argent. Il refusa les postes des entreprises développant Linux comme Red Hat pour ne pas favoriser le développement de certaines technologies dans le noyau ou une distribution par rapport à d'autres. En , il rejoignit la Linux Fondation pour se consacrer à Linux à plein temps. Longtemps contre l'utilisation de logiciel de gestion de version, il utilisa en 2002, pour Linux, le logiciel BitKeeper, qui est propriétaire. La communauté, par exemple Richard Stallman ou Alan Cox pour les plus emblématiques, réagit négativement car cela remettait en cause l'éthique du logiciel libre au sein du projet. En 2005, la société qui fournissait BitKeeper ayant retiré la version gratuite, Linus fut forcé de développer un logiciel maison pour le remplacer rapidement et l'adapter aux besoins du projet. Conflits. Torvalds est connu pour être en désaccord avec les autres développeurs sur la liste de diffusion du noyau Linux. Se qualifiant de « personne vraiment désagréable », il a expliqué : « J'aimerais être une personne sympathique et jurer moins et encourager les gens à se développer plutôt que de leur dire qu'ils sont des idiots. Je suis désolé - j'ai essayé, mais ce n'est pas en moi ». Son attitude, qu'il juge nécessaire pour faire valoir ses arguments, a suscité des critiques de la part de Sage Sharp, programmeur chez Intel, et de Lennart Poettering, développeur de systemd, entre autres. Le dimanche 16 septembre 2018, le code de conflit du noyau Linux a été soudainement remplacé par un nouveau code de conduite basé sur le contributor covenant. Peu après, dans les notes de publication de Linux 4.19-rc4, Torvalds s'est excusé pour son comportement, qualifiant ses attaques personnelles du passé de «non professionnelles et injustifiées» et a annoncé une période de congé pour «obtenir de l'aide sur la façon de comprendre les émotions des gens et de répondre de manière appropriée». Il est rapidement apparu que ces événements faisaient suite à une série de questions critiques sur la conduite de Torvalds, posées par le New Yorker. Après la publication de Linux 4.19 le 22 octobre 2018, Linus a repris la maintenance du noyau.
Tourin Le tourin, torrin en occitan, parfois appelé ouliat (), est une soupe à l'ail, à l'oignon ou à la tomate. C'est un mets connu dans le grand Sud-Ouest, du Périgord et du Bordelais au midi toulousain. Préparation. Les eaux de cuisson de certains légumes peuvent servir de base au tourin, comme les asperges, le chou-fleur, et même le lait. Tourin périgourdin. Cette soupe nécessite : Dans les recettes anciennes de Dordogne, l'huile d'olive n'était pas utilisée. À l'époque, on se servait de saindoux, de graisse de canard ou d'oie pour la cuisson. Le (cuit avec une cuisse d'oie confite), le (oignon revenu à la graisse d'oie et roussi avec la farine) et le (chou-rave émincé revenu dans le saindoux), sont cuisinés dans le Quercy. Tourin toulousain. Le tourin toulousain et tarnais est lié à l'œuf. Le blanc est battu en neige et inclus dans la soupe bouillante pour faire des petits grumeaux, puis le jaune est délayé en remuant pour épaissir le liquide. Il se sert très chaud avec des croutons. La recette tarnaise se fait à l'ail rose de Lautrec. Usage traditionnel. La tradition veut que lors d'une soirée bien arrosée (mariage, fêtes), les derniers encore debout réveillent les moins courageux pour leur servir du tourin à des heures improbables. Le tourin est souvent servi aux jeunes mariés, tôt le matin suivant la noce. Tourin à l'ivrogne. Le tourin toulousain possède la vertu prétendue de faire partir la gueule de bois après un banquet arrosé. C'est une soupe qui se déguste traditionnellement le lendemain des repas arrosés ou des fêtes (d'où son nom de tourin à l'ivrogne). La présence de l'ail est censée permettre une meilleure digestion. Elle se sert accompagnée d'œufs pochés et de tranches de pain rassis, frottées d'ail, ou de croutons revenus dans de la graisse de canard ou de l'huile d'olive. Dénommé tourin blanchi à l'ivrogne, dans le département de la Gironde, où cette soupe à l'ail est devenue une institution, ce tourin est une spécialité gastronomique qui est généralement consommée d'octobre à mars. Il se consomme avec un vin de la même région, un moulis, un bordeaux-supérieur rouge ou encore un bordeaux rouge. Les anciens ajoutaient un peu de vin rouge au tourin, pour faire chabrot, ou chabrol. C'est une pratique qui reprend vie depuis une décennie, quels que soient le milieu et le lieu (repas de famille, festivités locales, banquets, réunions associatives, etc.). Accord mets/vin. Traditionnellement, on sert avec cette soupe du vin rouge du Sud-Ouest, tel qu'un côtes-du-marmandais, un madiran, un buzet ou un bergerac. À la fin du , pour accompagner une soupe à l'ail (ail, œuf, vinaigre, vermicelle…), le sommelier d'une conseille un .
Langue japonaise
Languedoc-Roussillon Le Languedoc-Roussillon est une ancienne région administrative française dans le sud-ouest de la France qui correspond approximativement à l'ancien Bas-Languedoc. La région est subdivisée en cinq départements : l'Aude, le Gard, l'Hérault, la Lozère et les Pyrénées-Orientales. Elle est bordée au sud par l'Espagne, l'Andorre et la mer Méditerranée (le golfe du Lion), et par les régions françaises suivantes : Provence-Alpes-Côte d'Azur, Rhône-Alpes, Auvergne, Midi-Pyrénées. Ses habitants sont appelés les "Languedociens-Roussillonnais". Plusieurs éléments naturels la limitaient : les Pyrénées, puis le seuil du Lauragais, désormais nommé seuil de Naurouze, les Cévennes et le fleuve Rhône. Plusieurs géographes ont parlé d'un amphithéâtre tourné vers la mer en parlant des montagnes et des plaines languedociennes et roussillonnaises. Deux langues régionales sont historiquement présentes en Languedoc-Roussillon : l'occitan (languedocien, auvergnat, provençal) et le catalan. Le nom de la région se dit en occitan "Lengadòc-Rosselhon" et en catalan "Llenguadoc-Rosselló" . Dans le cadre de la réforme territoriale, la région Languedoc-Roussillon fusionne avec la région Midi-Pyrénées. Cette fusion est entrée en vigueur au janvier 2016. Le nom officiel de la nouvelle région est Occitanie. Le Languedoc-Roussillon fait partie du Grand Sud-Est français. Étymologie et appellations. La province du Languedoc tient son nom de la langue parlée dans le Sud de la France, « la langue d'oc ». Septimanie et Languedoc-Roussillon. Après son élection à la tête du conseil régional du Languedoc-Roussillon en 2004, Georges Frêche lance l'idée de changer le nom de la région en « Septimanie », terme qu'il estimait plus judicieux que sa désignation première, issue des travaux de la DATAR. Le conseil régional commence à largement utiliser ce nom. Il rencontre toutefois une franche opposition d'une large population, surtout chez les Catalans dans les Pyrénées-Orientales qui estimaient que le nom « Septimanie » pourrait nuire à l'identité catalane et nier la double identité culturelle présente dans la dénomination même de Languedoc-Roussillon. De plus, l'ancienne Septimanie ne recouvrait pas exactement les limites du Languedoc-Roussillon actuel, spécialement le Gévaudan qui est aujourd'hui le département de la Lozère. Cette opposition, cristallisée par plus de signatures recueillies par les Catalans et une manifestation rassemblant personnes à Perpignan, le 8 octobre 2005, ont conduit Georges Frêche à renoncer à ce changement de nom. Sud de France. Depuis 2010, le conseil régional lance des campagnes de communication où apparaît le nom « Sud de France » pour désigner la région en lieu et place de Languedoc-Roussillon. À partir d'août 2012, Sud de France est d'ailleurs la marque utilisée par le conseil régional pour sponsoriser le club du Montpellier HSC et pour promouvoir les produits agricoles de la région. Histoire. La région est incluse dans la Celtique méditerranéenne. Vers la fin du un peuple celtique, les Volques, prend ses quartiers dans la région du Rhône à la Garonne, des Cévennes aux Pyrénées. Ils ont pour capitales Toulouse et Nîmes. On assiste à une première structuration du territoire. Ils pactisent avec les Romains dès le Narbonne est créé pour pacifier la province en - 118 et devient la capitale de la Narbonnaise. Au début du , les Vandales envahissent la province puis les Wisigoths s'y installent. La région de Narbonne comme la péninsule ibérique reste wisigothe jusqu'à sa conquête par les Maures entre 719 (chute de Narbonne) et 725 (chute de Carcassonne et de Nîmes). Narbonne devient alors la capitale d'une des cinq provinces d'Al-Andalus dirigées par un "wâli" pendant près de quarante ans. La région est conquise par Pépin le Bref (chute de Narbonne en 759), qui en fait le marquisat de Gothie, incluse dans le royaume d'Aquitaine créé en 778. Ce vaste territoire englobe tout le sud du Rhône jusqu'à l'Atlantique et est légué par Charlemagne à son fils Louis le Pieux en 781. L'administration est confiée aux comtes de Toulouse. À l'époque féodale a lieu une grande fragmentation politique : les comtés de Roussillon et de Cerdagne passent dans l'orbite du royaume d'Aragon, alors que le Bas-Languedoc passe sous la domination de la maison Trencavel et leurs rivaux les comtes de Toulouse. Raimond IV dit Raimond de Saint Gilles (1042-1115) atteint par mariage l'objectif de réunification en agrandissant son état au comté de Rouergue, de Nîmes, de Narbonne, du Gévaudan, d'Agde, de Béziers et d'Uzès. La lutte contre le catharisme et la croisade des albigeois entraîne l'extinction de la dynastie des comtes de Toulouse. La province est réunie au royaume de France en 1271, à l'exception de Montpellier restée sous l'influence de la Maison d'Aragon puis de Majorque, et qui ne sera rattachée au Royaume de France qu'en 1349. De là est né le Languedoc royal qui va persister jusqu'à la Révolution française. Le traité de Corbeil a entériné en 1258 la division avec les territoires du Sud de la région. Les Corbières formèrent la frontière entre le royaume de France et le royaume d'Aragon. En 1659, le traité des Pyrénées entraine l'annexion du Roussillon et le Nord de la Cerdagne au royaume de France. Aujourd'hui encore, le découpage régional est parfois contesté : l'appellation "Languedoc" rappelle encore la province dont la capitale était Toulouse, ville qui maintient d'ailleurs une certaine influence sur la partie nord-ouest de l'Aude. "", ce découpage ne prend pas en compte l'influence de la ville de Montpellier sur la partie sud de l'Aveyron, notamment sur la région millavoise. Emblèmes. Logotypes. Sept soleils réunis en un seul composent le logotype de la région. Ils symbolisent son rayonnement, son mouvement, son avenir. Le logotype est constitué d'un fond rouge, du motif des sept soleils, et de l'appellation « la Région Languedoc Roussillon ». Les couleurs or et rouge sont empruntées aux blasons des comtes de Toulouse et des comtes de Barcelone, symbolisant la fusion des identités occitane et catalane de la Région Administration. Découpage administratif. La région Languedoc-Roussillon comportait cinq départements : l'Aude, le Gard, l'Hérault, la Lozère et les Pyrénées-Orientales. Elle a pour chef-lieu Montpellier, qui est également chef-lieu de l'Hérault. Celui-ci compte deux chefs-lieux d'arrondissement, Béziers et Lodève. Le département de l'Aude a pour chef-lieu Carcassonne et pour chefs-lieux d'arrondissement Limoux et Narbonne. Le département du Gard, dont le chef-lieu est Nîmes, a deux chefs-lieux d'arrondissement : Alès et Le Vigan. Le département de la Lozère a pour chef-lieu Mende et pour seul chef-lieu d'arrondissement Florac. Enfin, les Pyrénées-Orientales ont Perpignan pour chef-lieu, Céret et Prades pour chefs-lieux d'arrondissement. Languedoc-Roussillon Extrêmes géographiques. La commune la plus peuplée est Montpellier dans l'Hérault ( habitants) et la moins peuplée est Caunette-sur-Lauquet dans l'Aude (4 habitants). La commune la plus vaste en superficie est Narbonne dans l'Aude ( hectares) et la plus petite est Mont-Louis dans les Pyrénées-Orientales (39 hectares). Le point culminant est le Pic Carlit dans les Pyrénées-Orientales (). Politique. La politique en Languedoc-Roussillon est longtemps dominée par l'opposition entre deux personnages : Jacques Blanc (président du conseil régional pendant dix-huit ans) et Georges Frêche, son adversaire socialiste qui lui succède en mars 2004. Les ministres Claude Allègre et Jean-Claude Gayssot sont originaires de la région. Maires des principales villes : Géographie. La région Languedoc-Roussillon s'étend sur des ensembles naturels distincts et se trouve être le résultat d'un découpage administratif qui fait abstraction de l'histoire du Languedoc, jadis composé de deux sous-ensembles, le Haut-Languedoc qui correspond dans les grandes lignes à la région Midi-Pyrénées et le Bas-Languedoc qui correspond à la région Languedoc-Roussillon actuelle. La plaine littorale contraste avec les zones montagneuses de la moyenne montagne cévenole aux Pyrénées en passant par les Grands Causses. Les côtes rocheuses des Pyrénées alternent avec les longues plages de sable protégeant de vastes étangs (étang de Thau, de Vendres, du Méjean, etc.). Climat. L'unité de la région Languedoc-Roussillon est davantage climatique que géographique, malgré des nuances sensibles. La région relève majoritairement du climat méditerranéen. La principale nuance de climat méditerranéen est constituée par les Causses de Lozère, où l'hiver est très rigoureux, ponctué même quelquefois de véritables tempêtes de neige. Les températures d'été elles-mêmes ne sont pas excessives, sauf dans le fond des gorges. Le prolongement naturel de ces reliefs, les Cévennes, est, quant à lui, fortement arrosé. Cette barrière montagneuse est la première rencontrée par les pluies méditerranéennes, qui s'y déversent. Ainsi, le massif de l'Aigoual, qui reçoit plus de d'eau par an (avec un record européen de en 24h), reste même frais en été. L'Aubrac et la Margeride présentent respectivement des influences océaniques et semi-continentales. Le climat de l'Aubrac n'apparaît pas méditerranéen mais plutôt océanique de montagne à influence méditerranéenne (comme la Planèze de Saint-Flour). En revanche, le bas Languedoc-Roussillon ont en commun des étés très chauds. La moyenne des températures des mois d'été est la plus élevée de France à Perpignan (), mais Montpellier n'est pas en reste avec en juillet et des records allant jusqu'à . Le nombre d'heures d'ensoleillement est exceptionnel avec un record à Montpellier de 369 heures d'insolation en juillet. À l'inverse, les hivers sont doux (Perpignan : en janvier, Montpellier : ), même si la violence des vents continentaux (mistral (à l'est de Montpellier) et tramontane (à l'ouest de Montpellier)), desséchants et froids, peut brutalement faire varier les températures d'hiver et des intersaisons. Les précipitations sont caractéristiques elles aussi du climat méditerranéen puisqu'elles se produisent pour l'essentiel aux intersaisons et sous forme d'averses violentes; il pleut davantage à Montpellier qu'à Paris et à peine moins qu'à Brest, mais ces pluies sont concentrées sur un nombre de jours inférieurs de moitié ( en 90 jours à Montpellier; annuels à Salses, en Roussillon). Ces pluies brutales peuvent être dramatiques pour les sols après une longue période de sécheresse, ravinant la terre et provoquant des inondations. Le Vidourle déborde régulièrement à Sommières. Ces caractéristiques méditerranéennes sont même largement partagées par les reliefs pyrénéens du sud de la région, où elles pénètrent par les vallées. Ainsi la Cerdagne ou le Vallespir bénéficient, elles aussi, d'un ensoleillement remarquable. Les hautes montagnes ne connaissent qu'un enneigement tardif. Transport. La plupart des agglomérations ou communautés de communes ont fédéré leur transport de personnes. Économie. L'économie du Languedoc-Roussillon repose sur plusieurs secteurs : Outre les universités, la région Languedoc-Roussillon dispose de structures de soutien à l'innovation (Languedoc Roussillon incubation, Innov'up, NRCT Technopole…). Le vignoble du Languedoc-Roussillon est la première région viticole de France, même si la part des emplois y diminue. On admet que la vigne existe dans le sud de la France depuis le Pliocène. De plus le premier vignoble gaulois se développa autour des 2 villes : Béziers et Narbonne. L'oliveraie de la région cultive la Lucques. Le chômage est l'un des taux les plus élevés de France avec 14,3 % - selon l'INSEE en janvier 2015. Population. Démographie. La région connaît la plus forte croissance démographique de France, et pourrait compter environ habitants en 2030, soit une hausse de 36 % par rapport à 2000. Cette hausse est surtout due aux migrations internes, l'accroissement naturel étant plutôt faible. Avec l’allongement de l’espérance de vie et l’arrivée aux âges élevés des générations nombreuses du baby-boom, d’après les estimations de population de l’Insee pour 2013, soit 10,42 % (vs 9,15 % en France métropolitaine). Ce sont les Pyrénées-Orientales qui comptent la plus grande part de personnes âgées (12,10 % de plus de 75 ans). Le Gard et l’Hérault sont les départements « les moins âgés », mais ils ont vocation à « vieillir » fortement dans les prochaines années. D’ici à 2020, le nombre de personnes âgées de plus de 75 ans devrait augmenter de 12 % dans l’ensemble de la région. Les résidences secondaires. Ce tableau indique les communes de Languedoc-Roussillon qui comptaient en 2008 plus de résidences secondaires. Médias. Télévision et radio Presse écrite Presse en ligne Culture. De nouvelles pratiques culturelles mettent en valeur les traditions locales, les lieux, terroirs, pratiques locales (sports, langue d'oc…) telles les joutes ou bien la course camarguaise. Elles contribuent à animer et perpétuer les fêtes votives et à développer l'aménagement du territoire. On trouve aussi de nouvelles formules telles les randonnées vigneronnes, ou des festivals de sports et arts de la rue (fanfares, théâtre). Plusieurs festivals de cinéma, de musique, arts vivants, issus de la décentralisation et créés depuis les années 1980, animent la région. Plus traditionnels, de nombreux musées, opéras et autres lieux culturels, répartis sur le territoire ont été créés ou rénovés. Nouvelles pratiques culturelles. Les randonnées ou festivals faisant parcourir et découvrir un terroir associé à un territoire, illustrent ces nouvelles pratiques culturelles Les festivals dans la région. Cinéma. Louis Feuillade est un réalisateur français du début du , il est né à Lunel en 1873. L'inventaire du patrimoine culturel. L'inventaire du Canal du Midi, des vitraux, des objets, du patrimoine industriel, des caves coopératives vinicoles et des châteaux viticoles de la région a été réalisé en partenariat avec la Région Languedoc Roussillon. L'inventaire des hôtels particuliers de Montpellier. Une partie des vitraux de la région présentée. Personnages régionaux célèbres. Littérature. Un événement annuel réunit écrivains, éditeurs à la rencontre de leur public : la Comédie du Livre. La lecture publique bénéficie de soutiens tel que le Centre national du livre|, avec le développement de l'intercommunalité de nombreux réseaux de Médiathèques sont apparus. Autrefois bibliothèques nous observons de nombreuses constructions, depuis les années 1990, dans et autour des principales villes de la région. Le Centre inter-régional de développement de l'occitan se veut à la fois une Médiathèque et une vitrine de l’identité occitane, Nîmes Métropole et son réseau, Perpignan, Montpellier Méditerranée Métrolpole - Réseau des Médiathèques et Bibliothèques. Écrivains de la région. Outre les nombreuses créations littéraires d'écrivains de la région dans les maisons d'éditions nationales, il existe une pépinière de maisons d'éditions implantées dans la région-même. Citons les Éditions Verdier, créées dans l'Aude puis développées à Paris, Indigène éditions ayant publié entre autres Indignez-vous ! de Stéphane Hessel, les Éditions Jacques Brémond, l'Atelier du Gué, Au Diable Vauvert, Les temps d'art graphique, Lirabelle (éditions), 6 Pieds sous terre, etc. Spectacles et festivals. Dans l'Hérault : Dans l'Aude : Dans le Gard : le "festival de cinéma d'Alès Itinérances "au mois de mars' Dans les Pyrénées-Orientales : Danses régionales. Le Balèti se danse en Provence et en Languedoc. Langues régionales. Dans le Languedoc, on parle le languedocien, dialecte de l'occitan. Dans le Roussillon, la langue régionale est le catalan, langue commune avec la principauté d'Andorre et les régions espagnoles de Catalogne, Valence et Baléares. La ville de Béziers abrite le CIRDOC, plus grand centre de documentation et de recherche sur la langue et la culture occitane. Religion. Le catholicisme est la religion la plus représentée dans la région, notamment au niveau des monuments historiques et des associations. La Province ecclésiastique de Montpellier correspond à la région administrative. La région est riche de 16 cathédrales ou anciennes cathédrales (Agde, Alès, Alet-les-Bains, Béziers, Carcassonne, Elne, Lodève, Mende, Montpellier, Narbonne, Nîmes, Perpignan, Saint-Papoul, Saint-Pons-de-Thomières, Uzès, Villeneuve-lès-Maguelone). Le protestantisme est bien représenté dans la région, notamment dans le bastion huguenot des Cévennes. La région "Cévennes-Languedoc-Roussillon" de l'Église protestante unie regroupe le Gard, la Lozère, l’Hérault, l’Aude, les Pyrénées-Orientales ainsi que la partie est de l’Aveyron. C'est une région importante par sa population protestante (environ 20 000 foyers), mais l’une des moins étendues de l’Église protestante unie de France. Outre cette église majoritaire, la région compte depuis le une variété d'Églises libres, réformées évangéliques, baptistes, méthodistes et pentecôtistes. Fidèle à une longue tradition de diaconat, le protestantisme régional entretient de multiples œuvres et institutions : maisons de santé, maisons de retraite, de repos et de vacances, lieux de rencontre et de réflexion comme le Centre de Rencontre Étudiants "665 route de Mende à Montpellier, le Centre Animation Rencontre Tourisme à Sommières, la Maison du Protestantisme à Nîmes. Le riche historique protestant régional est accessible au Musée du Désert à Mialet, près d'Anduze (Gard) et à la Tour de Constance à Aigues-Mortes. Enfin, c'est à la Faculté de théologie protestante de Montpellier que les pasteurs de l'Église protestante unie terminent leur formation avec l'obtention du master en théologie protestante. Le judaïsme est présent depuis le Moyen Âge avec des communautés importantes fuyant les Almohades, à Narbonne, Béziers. Les juifs sont ainsi cités dans le testament de Guilhem V de Montpellier. L’islam est également présent à la même époque. Il est à nouveau présent après une longue interruption. Le catharisme est apparu dans la région au milieu du , dans l’Aude. Sports. La région Languedoc-Roussillon a organisé les jeux méditerranéens de 1993. Sports extrêmes. La région accueille chaque année depuis 1997 le FISE, Festival international des sports extrêmes. Handball. Le club, devenu « Montpellier Agglomération Handball » en 2007, puis MHB, a le même entraîneur, Patrice Canayer, depuis une vingtaine d'années. Rugby à XV. Plusieurs joueurs de la région jouent en équipe de France : Nicolas Mas, Fulgence Ouedraogo et François Trinh-Duc du Montpellier HR. Volley-ball. L'Arago de Sète a remporté une coupe de France, le Montpellier Université Club a remporté 7 titres de Champions de France. Narbonne Volley (les Centurions) évolue également en Ligue A. Equipe de Nerf. L'équipe Sonic ICE est l'équipe de nerf la plus puissante de cette région Sports régionaux traditionnels. Le festival des sports traditionnels couvre la région. Course camarguaise. La course camarguaise est un jeu sportif pratiqué dans le Gard, l'Hérault, les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse de mai à septembre. Une centaine d'arènes fixes proposent un programme sportif et un millier de compétitions ont lieu chaque année, tous niveaux confondus. C'est le thème principal de nombreuses fêtes votives. Joute nautique de méthode languedocienne. La Joute nautique de méthode languedocienne est pratiquée dans huit villes de l’Hérault (Béziers, Agde, Marseillan, Mèze, Balaruc, Frontignan, Sète, Palavas) et dans une ville du Gard (Le Grau-du-Roi). L'épreuve reine est le fameux tournoi de joutes de la Saint-Louis à Sète autour du 25 août, un championnat de France et une Coupe de France existent également dans quatre catégories de poids et d'âge : lourds, moyens, seniors et juniors. Les jouteurs languedociens représentent un quart des licenciés en France. Balle au tambourin. Le jeu de balle au tambourin est un sport collectif impliquant deux équipes de cinq joueurs. Il est essentiellement pratiqué dans les villages à l'ouest de Montpellier. Il fut sport de démonstration aux Jeux méditerranéens de 1993. Abbayes de la région. Voir aussi : Art roman languedocien, Gothique méridional Dans l'Hérault il y a sept abbayes. Commençons par la plus célèbre, l'Abbaye d'Aniane ou Abbaye de Gellone est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France : Les Pyrénées-Orientales et ses sept abbayes. Très isolées, parfois inaccessibles, les abbayes retracent l'évolution de la sculpture romane du Roussillon :
Limousin (ancienne région administrative) Le Limousin ("Lemosin" en occitan) est une ancienne région administrative, issue d'une région historique et culturelle française et qui était composée des trois départements de la Corrèze (19), de la Creuse (23) et de la Haute-Vienne (87). Elle est située en totalité dans la partie nord-ouest du Massif central. Ses habitants sont appelés les "Limousins." Le Limousin était l'une des quelques régions administratives françaises (avec la Franche-Comté et l'Auvergne) à posséder une cohérence culturelle et territoriale bimillénaire. Ses frontières sont à peu de chose près les mêmes que celles de la cité gallo-romaine des Lémovices. Faisant intégralement partie de l'Occitanie historique dont elle constitue une bordure septentrionale, la région administrative Limousin était principalement issue du regroupement des anciennes provinces du Limousin et de la Marche, mais elle correspondait surtout à l'ancien diocèse de Limoges, lui-même issu, avec quelques modifications sur les marges, de la cité des Lémovices. Le comté carolingien de Limoges occupait aussi le même espace. La province fut, de l'Antiquité au , une composante essentielle du duché d'Aquitaine. Région rurale, de tradition agricole (élevage et sylviculture) et industrielle, le Limousin appartient au Grand Sud-Ouest français. Il est bordé au nord par le Berry, à l'ouest par l'Angoumois et le Poitou, au sud par le Quercy et le Périgord et à l'est par l'Auvergne. Comptant habitants répartis sur près de , c'était la deuxième région la moins peuplée de France métropolitaine après la Corse. Sa démographie, dominée par le poids de son chef-lieu, Limoges, dont l'aire urbaine regroupe environ 37,7 % de la population régionale, était caractérisée par une hausse de la population significative ces dernières années, en particulier le long des axes principaux, et un solde migratoire positif. En revanche, le taux de fécondité est faible et le taux de personnes de plus de est le plus élevé de France. Dans le cadre de la réforme territoriale, le Limousin a fusionné au avec les régions Poitou-Charentes et Aquitaine. Le nom de cette région est Nouvelle-Aquitaine, nom définitif en remplacement du nom provisoire « Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes ». Étymologie. Le terme "Limousin" est le résultat moderne de l’occitan ", "lui-même issu de "Lemovices", nom du peuple gaulois installé depuis le , au moins, dans cette région. Le nom "Lemo" (« orme ») et "vices" (« qui vainquent »), signifie « vainqueurs avec l’orme » (du bois de leurs lances). Au Bas-Empire, ce peuple donnera aussi son nom à sa métropole, , rebaptisée "" et qui donnera Limoges. Géographie. Situation. Formant la partie nord-ouest du Massif central, le Limousin était bordé par cinq régions (Poitou-Charentes, Centre-Val de Loire, Auvergne, Midi-Pyrénées, Aquitaine) et neuf départements (Charente, Vienne, Indre, Cher, Allier, Puy-de-Dôme, Cantal, Lot, Dordogne). La région appartenait au Grand Sud-Ouest français et était en relation avec les deux pôles majeurs que sont Bordeaux et Toulouse. La capitale régionale, Limoges, se situe à environ au sud de Paris, au nord de Toulouse, au nord-est de Bordeaux et à l'ouest de Clermont-Ferrand. La station balnéaire la plus proche, Royan, sur la côte de Beauté, se situe à en distance orthodromique à l'ouest de Limoges, tandis que les premiers sommets de plus de d'altitude, en Auvergne, sont éloignés de moins de de la limite du Limousin. Hydrographie. Le Limousin est parfois surnommé territoire « château d'eau », car de nombreux cours d'eau y prennent leur source. Parmi ceux-ci, une partie appartient au bassin versant de la Loire (Vienne, qui est le seul cours d'eau à arroser les trois départements, Gartempe, Briance, Creuse, Petite Creuse, Cher, Taurion, Maulde), une autre au bassin versant de la Dordogne (Corrèze, Vézère, Auvézère, Diège, Luzège, Isle, Dronne). La Charente qui prend sa source à Chéronnac en Haute-Vienne et la Dordogne sont les deux fleuves passant dans la région. La région possède un grand nombre d'étendues d'eau. La plus vaste d'entre elles est le lac de Vassivière, qui s'étend sur environ hectares à cheval sur la Haute-Vienne et la Creuse. Les autres principaux lacs sont en général formés par des barrages, dont certains sont parmi les plus importants de France (lac de Saint-Pardoux, lac de Bort-les-Orgues, lac de Lavaud-Gelade, lac de Lavaud). En tout, la région abrite hectares de plans d'eau, et 39 retenues de barrage. Géologie. Sur le plan géologique, le Limousin appartient presque en totalité au Massif central, dont il constitue, à l'ouest de la faille du sillon houiller (accident géologique majeur de plus de de long), la partie occidentale. Le Limousin est donc une toute petite partie de la vieille chaîne hercynienne. Celle-ci englobe le Massif central, le Massif armoricain, les massifs des Vosges et la Forêt Noire, le massif des Ardennes, ainsi que ceux du Harz (Allemagne) et de l'Oural (Russie). À ces minéralisations métalliques s'ajoutent deux petits gisements de houille en Creuse, à Ahun et à Bosmoreau-les-Mines. Une première lecture rapide de la carte géologique de la région permet de découvrir qu'une faille, dite « faille d'Argentat », orientée approximativement nord-sud, le divise en deux parties de surface analogue (d'autres failles existent dont celles de la Marche au nord de la région, d'Arrènes…), et de constater que granites, schistes, gneiss dominent largement ce paysage géologique. Le bassin de Brive (Corrèze) échappe à ce constat étant de structure sédimentaire, dans la continuité des régions voisines du Périgord et des Causses du Quercy. Il existe également dans le nord de la région, en Creuse, d'autres bassins sédimentaires plus petits dont celui de Gouzon. À l'est, prédominent des roches magmatiques, granites et leucogranites. Ces roches constituent, entre autres, le plateau de Millevaches, d'orientation nord-sud et d'environ de long, et le massif granitique de Guéret. Toutefois, elles apparaissent également à l'ouest de la faille au sein de massifs plus modestes tels que celui d'Ambazac (Haute-Vienne), de Blond, d'Aureil (Haute-Vienne). L'extrémité orientale du Limousin, qui jouxte l'Auvergne, abrite de rares mais imposants affleurements volcaniques, dont l'exemple principal correspond aux orgues de Bort, structure de phonolite dominant la vallée de la Dordogne. À l'ouest, les roches métamorphiques sont majoritaires. De telles roches apparaissent également à l'est de la faille autour d'Egletons (Corrèze) et de Ussel (Corrèze), de La Courtine (Creuse) et de Felletin (Creuse). Relief et géomorphologie. Le Limousin est situé sur la bordure nord-ouest du Massif central. Il est occupé en son centre et à l'est par le plateau de Millevaches, vaste région humide peu peuplée dont l'altitude varie globalement entre 600 et . Ses points les plus élevés sont le point culminant du Mont Bessou () puis le Puy Pendu () et le Signal d'Audouze (). Le reste de la région est partagé entre vallées bocagères et verdoyantes (vallées de la Vienne, de la Creuse, de la Vézère…), gorges boisées (Dordogne, Diège, Luzège…), bas plateaux semi-bocagers (Marche, plateau limousin, plateau d'Uzerche) et plaines maraîchères (bassin de Brive et Yssandonnais). Plusieurs petits massifs, reliés entre eux par des plateaux et des vallées, composent ce qu'on appelle couramment les Monts du Limousin au sud, et Monts de la Marche au nord, qui se présentent de la Charente limousine aux Combrailles. Le relief général de la région est celui d'un plateau complexe et doucement vallonné. Ce relief plutôt plan est le fruit de l'usure du socle hercynien par les bouleversements climatiques de l'ère tertiaire puis de l'ère quaternaire. Épargné par le volcanisme auvergnat, exception faite des Orgues de Bort et du puy de Manzagol à l'extrême-est, mais fortement soumis à l'érosion dont en témoigne le modelé alvéolaire typique du plateau de Millevaches, « le vrai caractère du paysage limousin, c'est celui des formes d'échelle moyenne, […] : collines, vallons et vallées ». Paysages. Les paysages du Limousin sont caractéristiques du milieu soumis à la fois à l'influence océanique et à celle de l'altitude. L'étagement progressif de la région d'ouest en est et l'histoire agricole et forestière du Limousin ont produit des paysages de semi-bocage, appelé « campagne-parc ». Constitué aux , le bocage est encore relativement dense dans le secteur de Gouzon, en Creuse, ou encore sur le plateau limousin, dans le sud de la Haute-Vienne. Il est bien plus altéré au nord de la région. La partie la plus élevée du Limousin (Montagne limousine) se partage entre herbages, forêt plantée de conifères, et quelques secteurs de landes à bruyères et tourbières. Si le paysage limousin est largement le fruit des activités économiques (bocage lié à l'élevage, forêts consécutives au reboisement artificiel après l'abandon des terres exploitées avec l'exode rural), le sol granitique sur l'essentiel du territoire, et calcaire à son extrémité méridionale, ont un rôle dans cette définition. Flore. Le Limousin abrite 4 % de la totalité des forêts françaises. La région est occupée par plusieurs zones humides et tourbières (tourbière du Longéroux en Corrèze notamment), dont une des plus importantes, la tourbière des Dauges, est classée réserve naturelle nationale. Le châtaignier est l'arbre symbole du Limousin, qui se retrouve dans le logo du Conseil régional. Faune. La loutre, autrefois très présente, a disparu de beaucoup d'endroits de France. Les dernières populations ont trouvé refuge dans les eaux pures du plateau de Millevaches. Aujourd'hui, grâce aux mesures de protection juridique et à l'action d'associations de préservation de la nature, on observe un début de repeuplement naturel des cours d'eau de la région. Couvrant une partie importante de la région, les forêts sont principalement peuplées de sangliers, de chevreuils et de renards. Les rapaces restent abondants (buses et éperviers), tout comme les hérons, grenouilles, rongeurs (en particulier les lapins et les ragondins). Le Limousin se situe également dans un important couloir de migration, notamment pour les grues cendrées dont le passage dans un sens puis dans l'autre marque le début de l'hiver puis le retour du printemps. Le Limousin est connu comme la région des derniers loups de souche française. En 1923, le loup n'occupe plus qu'un petit pour cent du territoire français, contre environ 50 % à la fin du . Les loups quittent la Creuse vraisemblablement avec la construction du chemin de fer. Les derniers spécimens sont vus en 1914 près d'Aubusson. En Corrèze, c'est en 1910. Les derniers loups de France s'abritent, outre le plateau de Langres, dans une zone allant approximativement de Montmorillon au nord à Sarlat-la-Canéda au sud, et de Limoges à l'est à Angoulême à l'ouest. Puis l'occupation des animaux se resserre sur l'actuel territoire du parc naturel régional Périgord Limousin ainsi que la Charente limousine. Officiellement le dernier loup limousin est tué à Sussac en 1926. Mais de nombreux témoignages font état de loups vus voire tués dans la région, dans les années 1930 et années 1940. Climat. Le relief module les aspects océaniques du climat limousin. La montagne subit les rudesses du climat en hiver avec une longue période enneigée et des gels persistant tard au printemps. Les plateaux connaissent un climat plus tempéré malgré des hivers froids, les printemps sont doux et les étés chauds. C'est un climat de transition entre la montagne limousine et le bassin de Brive qui subit, quant à lui, l'influence océanique de l'Atlantique. les hivers sont doux, les étés chauds et secs. Les températures moyennes sur l'année sont de avec un minimum de l'hiver et un maximum de en été, pouvant atteindre en pointe dans le bassin. Le soleil brille sur la région en moyenne par an. Histoire. Au , la région passa sous la domination des Francs, puis fut désintégrée en plusieurs vicomtés qui ont régné pendant des siècles par la maison d'Anjou-Plantagenet. En 1607, elle est tombée sous le contrôle direct de la couronne française. La partie nord de l'ex-région administrative correspond en vérité à l'entité historique de la Marche. La région Limousin fut recréée en 1960 lors de la mise en place des nouvelles régions administratives françaises. En 1972, la région devient un établissement public dirigé par un préfet de région. Les lois de décentralisation de 1982 ont conféré aux régions des pouvoirs plus étendus. En 1986, les conseils régionaux ont été élus au suffrage direct pour la première fois. Au , la région administrative Limousin cesse d'exister. Regroupée avec les régions Aquitaine et Poitou-Charentes, une région élargie, au nom provisoire d'Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, les remplace au . Période gallo-romaine. Selon Jules César dans la "Guerre des Gaules", l'actuelle région était habitée avant la conquête romaine par la tribu des Lémovices qui joua un grand rôle dans la résistance gauloise. La capitale de cette tribu à la fin de l'indépendance gauloise était probablement le très vaste oppidum de Villejoubert recouvrant environ au confluent de la Vienne et de la Maulde. Conservant une partie importante de ses remparts ("murus gallicus"), il est situé sur la commune de Saint-Denis-des-Murs dans la Haute-Vienne. Cette place était le point de rencontre de nombreux itinéraires économiques : en effet, les Lémovices étaient connus pour leur production d'or et d'autres minerais extraits des mines à ciel ouvert qui étaient nombreuses dans la région. D'autres sites avaient leur importance comme le puy d'Yssandon, Ahun, Uzerche ou encore Saint-Gence qui paraît avoir été un grand centre de commerce ; l'un de leurs principaux lieux de culte correspondrait au site de Tintignac où ont été retrouvés des objets uniques dans le monde celte et notamment un ensemble exceptionnel de carnyx et de casques à ornements. César conquit le territoire des Lémovices en 52 av. J.-C. ; dès lors commença la romanisation du territoire qui ne bouleversa pas l'économie du pays. Seules les villes furent déplacées afin de faciliter le parcours des marchandises et le contrôle des autochtones par l'autorité romaine. Ainsi, la capitale des Lémovices fut transférée à Augustoritum, la future Limoges. La ville entièrement créée par les Romains vers 10 av. J.-C. fut installée sur un site neuf bien exposé près d'une plate-forme guéable afin de faciliter la traversée de la Vienne par un nouveau pont (Pont Saint-Martial). La nouvelle capitale fut organisée selon un plan orthonormé strict et entourée d'un fossé rituel de fondation ("pomerium" ?). En son centre fut installé un lieu de culte de tradition indigène correspondant sans doute au transfert des divinités de l'ancienne capitale des Lémovices. Elle fut rapidement dotée de monuments grandioses (amphithéâtre, théâtre, thermes, forum, etc.), attributs habituels des grands chefs-lieux de cité et d'un système de voirie imposant. Le Limousin possédait des cités secondaires comme "Briva Curretia" (Brive-la-Gaillarde) sur la route Lyon-Bordeaux, Acitodunum (Ahun) sur la route Bourges-Clermont. D'autres sites plus religieux, dont nous conservons les vestiges, furent créés ou romanisés comme Cassinomagus (Chassenon) et Évaux-les-Bains célèbres pour leurs thermes, Tintignac sur la commune de Naves avec un sanctuaire qui regroupe notamment un temple et un théâtre mais aussi Les Cars sur la commune de Saint-Merd-les-Oussines. Ce dernier site présente les vestiges de mausolées des , installés non loin d'une "villa". Ces "villae" étaient au centre de grands domaines agricoles qui étaient les principales entités sociales et économiques des campagnes limousines gallo-romaines. Ce maillage était très resserré à tel point qu'il était courant de rencontrer en moyenne une "villa" tous les un à deux kilomètres. Aucune terre n'était laissée en friche. Les campagnes du Limousin étaient ainsi exploitées par de riches propriétaires qui vivaient dans des "villae". Ces propriétaires étaient bien souvent issus de l'ancienne aristocratie gauloise. Ils adoptèrent très tôt la culture et le confort romains. Leurs demeures en témoignent puisque les fouilles archéologiques ont parfois révélé un luxe et un faste que l'on ne soupçonnerait pas dans un premier temps. La toponymie a gardé le souvenir de ces exploitations agricoles et parfois de leur propriétaire. De nombreux villages dont le nom finit en -ac sont d'anciennes "villae" comme Flavignac (« "villa" de Flavinius »), Solignac ou Solemniacum (« "villa" de Solemnius »). On retrouve régulièrement des vestiges de cette occupation antique dans ces bourgs. Des ensembles plus importants et parfois relativement bien conservés ont été aussi découverts lorsque ces "villae" ont été précocement délaissées et n'ont pas donné naissance à un nouveau pôle de peuplement comme les Couvents sur la commune de La Chapelle-Montbrandeix, la "villa" d'Antone à Pierre-Buffière, ou la "villa" de Brachaud, au nord de Limoges. Des invasions barbares aux Carolingiens. Le Limousin fut touché par les premières invasions germaniques du comme l'ensemble de la Gaule. Certains sites furent progressivement abandonnés comme les "villae" de la Montagne limousine. Augustoritum se rétracta sur le puy Saint-Étienne, autour de l'une des premières églises chrétiennes du Limousin. La région mais surtout Augustoritum aurait été évangélisée dès le par saint Martial qui, selon la légende, aurait été envoyé par l'évêque de Rome. La cité de Brive aurait reçu l'Évangile de la bouche de saint Martin de Brive. Le reste de la région demeura vraisemblablement païen assez longtemps et ne fut complètement christianisé qu'à la fin du . À la fin du , le Limousin, comme l'ensemble de l'Aquitaine, était soumis au pouvoir des Wisigoths, barbares romanisés convertis au christianisme mais professant l'hérésie arienne. Ce n'est qu'en 507, après la victoire de Clovis sur les Wisigoths à Vouillé, que la région passa sous la coupe des rois francs. C'est ainsi qu'au , un duc gérait au nom des rois francs l'Aquitaine. Le Limousin, contrairement à l'ouest du duché d'Aquitaine, ne semble pas avoir eu à subir les incursions arabo-berbères. Les temps mérovingiens furent marqués en Limousin par l'essor de l'érémitisme. En effet, de nombreux hommes venus du nord de la Gaule et parfois des îles Britanniques vinrent s'installer en Limousin pour vivre seuls et en prière. Leur réputation de sainteté attira des gens, formant ainsi des noyaux de bourgs : Saint-Junien, Saint-Victurnien, Saint-Marien (Évaux-les-Bains), Saint-Léobon (Le Grand-Bourg). D'autres clercs fondèrent des abbayes comme Aredius à Attane vers 570, Éloi à Solignac vers 638, avec l'appui du roi Dagobert ou encore Pardoux à Guéret. La cité de Limoges paraît avoir joué un rôle important sous les ducs indépendants du , puis sous les rois d'Aquitaine. Le duc Waïfre sera vigoureusement combattu dans la décennie 760 par le nouveau roi franc Pépin le Bref. Après la mort de Waïfre, la région pacifiée est entièrement soumise au pouvoir carolingien. En 781, Charlemagne crée le nouveau royaume d'Aquitaine au profit de son fils Louis le Pieux âgé de trois ans seulement. Louis le Pieux, roi d'Aquitaine, puis son fils Pépin d'Aquitaine utilisent une série de palais dont celui de Jocondiac, près de Limoges, attesté dès 794. Les souverains carolingiens, Louis le Pieux devenu empereur, puis son fils Charles le Chauve, marquent un intérêt certain pour le Limousin et notamment l'abbaye Saint-Martial de Limoges. En 855, Charles l'Enfant, fils de Charles le Chauve, est couronné et sacré roi d'Aquitaine à Limoges. Limousin des moines et des vicomtes. Au , le Limousin se divise en un grand nombre de seigneuries dont les plus importantes sont les vicomtés de Limoges, Comborn, Ventadour et Turenne, ces trois dernières se partageant le Bas-Limousin alors qu'à la fin du siècle apparaît sur les franges septentrionales de la région le comté de la Marche. L'évêque de Limoges est lui aussi un grand seigneur terrien qui domine une bonne partie du cœur de l'actuelle Haute-Vienne, d'autres petits seigneurs se battent pour le reste comme le seigneur de Lastours, ou le vicomte de Rochechouart. Un tel morcellement du territoire voit fleurir un grand nombre de châteaux et de tours au cœur de la campagne limousine dont la société féodale est à l'image de celle de toute l'Europe occidentale à la même époque. Les ruines de Lastours, de Ventadour, de Comborn mais aussi d'Excideuil sont encore là pour rappeler le souvenir de ces divisions. Au de nombreuses abbayes sont fondées : les chanoines de l'abbaye Saint-Martial de Limoges adoptèrent la règle bénédictine en 848, comme l'abbaye féminine de la Règle à la même époque. Sur les tombeaux des saints ermites comme Saint-Junien, Eymoutiers (Saint-Psalmet), Saint-Léonard furent créés des collèges de chanoines chargés du culte de leurs saints patrons. Avec la naissance de seigneuries indépendantes du pouvoir ducal, de nombreuses abbayes furent fondées : Beaulieu en 860 par Rodolphe de Turenne, Chambon par l'abbé de Saint-Martial, Moutier-d'Ahun par le comte Boson de la Marche vers l'an mil, Le Chalard à la fin du par saint Geoffroi et Gouffier de Lastours. : temps de l'apogée. Avec l'essor économique de la fin du et le développement des flux humains et notamment des pèlerinages, les nombreuses abbayes limousines déjà existantes s'agrandissent et de nouveaux ordres religieux s'implantent dans la région. Ainsi sont construites les splendides églises abbatiales et collégiales romanes de Beaulieu-sur-Dordogne, de Solignac, Le Dorat et de Saint-Léonard-de-Noblat. La plus importante de ces implantations religieuses est sans conteste l'abbaye Saint-Martial de Limoges. En effet, le pèlerinage à saint Martial (apôtre d'Aquitaine) draine de nombreux pèlerins dont en premier lieu les seigneurs d'Aquitaine et comtes de Poitiers. Son influence politique et religieuse lui garantit richesse et pouvoir. La renommée de l'abbaye doit son origine à ses créations musicales polyphoniques dès le et qui prendront l'appellation d'École de Saint-Martial. Au cette fois c'est le développement de la fabrication des émaux dits champlevés ornant les châsses et les objets liturgiques qui prennent le relais et donne aux ateliers limousins une reconnaissance dans l'Europe chrétienne. On conserve aujourd'hui encore de cette orfèvrerie émaillée dans les plus grands musées du monde, et l'historienne Marie-Madeleine Gauthier a estimé à plus de produites et diffusées entre le et . Le Limousin passe aux mains des Plantagenêts en 1152 par le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II, futur roi d'Angleterre. Dès lors, la région est soumise à l'autorité anglaise qui participe pour sa part à l'essor artistique et religieux du Limousin. Ainsi, le jeune ordre de Grandmont fondé par Étienne de Muret se propage dans tout le domaine des Plantagenêts depuis le royaume d'Angleterre jusqu'aux Pyrénées. D'autres ordres religieux sont créés ou s'installent en Limousin : l'abbaye d'Aubazine fondé par un ermite est affilié à l'ordre de Cîteaux alors que près de Saint-Léonard-de-Noblat est fondé un ordre érémitique, dont le cœur est le prieuré de L'Artige. Marie de Limoges (1260 - 1290 ou 1291), vicomtesse de Limoges (1263-1290/1291) est la fille unique et héritière du vicomte Guy VI le Preux. Dernière représentante de la famille vicomtale de Limoges, son mariage avec le futur duc Arthur II de Bretagne fait passer en 1275 la vicomté de Limoges dans la maison de Bretagne. C'est depuis cette époque que le Limousin porte comme blason , une brisure du blason des ducs de Bretagne. Avec la guerre de Cent Ans, le Limousin connaît une crise profonde qui fit entrer la région dans une période de déclin économique grave. De nombreuses cités et d'innombrables villages sont pillés par les bandes de routiers ou les soldats des armées française et anglaise. Ainsi, la cité épiscopale de Limoges, qui s'était ralliée au roi de France, fut saccagée en septembre 1370 par les troupes du Prince Noir. Entre Moyen Âge et Révolution : la période moderne. La vicomté de Limoges fut rattachée au domaine royal français en 1607. Dans "Le Curé de village" (1839), Honoré de Balzac donne cette description du Limousin : . Les limites du Limousin. ont mis en évidence la relative continuité historique des limites des structures territoriales ayant porté le nom et l'identité du Limousin. Le territoire du peuple gaulois des Lémovices s'étendait sur l'ensemble de la région actuelle, à laquelle on pouvait ajouter une frange nord de l'actuelle Dordogne et le quart nord-est de la Charente. C'est approximativement sur ces mêmes limites que s'est appuyé le diocèse de Limoges durant l'Ancien Régime. S'appuyant sur quelques considérations déterministes, la mise en avant de la coïncidence entre le socle hercynien du Massif central et les différents découpages du Limousin (province, aire linguistique, entité religieuse, politique) a néanmoins servi l'idée d'un Limousin à la profondeur à la fois historique, culturelle et naturelle. Cette relation a été évoquée par plusieurs écrivains et historiens. Le "pagus lemovicinus" (« pays des Lémovices ») durant le haut Moyen Âge correspondait à l'ancienne cité des Lémovices, base de l'ancien diocèse de Limoges et du comté carolingien du Limousin. À compter du , l'entité limousine se désagrège en vicomtés et finit par se répartir en deux provinces dans la fin du , avec la constitution du Comté de la Marche au nord de Limoges. Au sein de la province, la Vicomté de Limoges est rattachée au domaine royal au début du , avec l'avènement d'Henri IV, plus d'un siècle avant que l'ensemble des possessions limousines n'y soient réunies avec la fin de l'autonomie de la Vicomté de Turenne. Il faut néanmoins attendre le (« régions Clémentel » en 1919, régions des « programmes d'action régionale » en 1955, circonscriptions d'action régionale en 1960, collectivités territoriales de 1982) pour que le Limousin retrouve une certaine unité territoriale avec la réunion de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne, même si la création des départements en 1790 a amputé le territoire limousin historique de ses franges aquitaine et charentaise. Si l'appartenance commune au monde occitan n'est pas remise en cause, les auteurs de l'ouvrage discutent néanmoins l'idée d'une identité régionale uniforme compte tenu des sorts démographiques, culturels différents. Disparition de la région. La réforme territoriale engagée en 2014 sous le quinquennat de François Hollande soulève des débats quant au devenir du Limousin en tant que territoire certes administratif, mais aussi culturel, social et environnemental. La région disparaît au , intégrant le nouvel ensemble régional Nouvelle-Aquitaine. Héraldique et emblèmes. Le blason originel de la vicomté de Limoges était : "d'or à trois lions d'azur, armés et lampassés de gueules". Mais il fut remplacé par le blason de la Maison de Comborn en 1139. En 1290, le blason de la Maison de Dreux-Bretagne, dont sont issus les vicomtes de Limoges jusqu'en 1384, est adopté. Ce blason est encore visible sur une partie du blason de la Corrèze. Le blason du Limousin utilise l'hermine héraldique. En effet, le blason de la province du Limousin est issu de celui d'une Maison de Bretagne, celle des Penthièvre : « d'hermine, à la bordure de gueules », depuis Guy VII, vicomte de Limoges, fils d'Arthur II, duc de Bretagne et de Marie de Comborn. Héritière de la vicomté, sa mère (nommée également Marie de Limoges) avait épousé en 1275 l'héritier des ducs de Bretagne. La troisième famille des vicomtes de Limoges porta donc, dans ses armes, l'hermine de Bretagne. Les unités de la du Limousin portent ces armes d'hermine à la bordure de gueules. Selon d'Hozier, la province de Limousin se voit attribuer en 1696 « "d'argent parti de gueules, chapé de l'un et de l'autre" ». Ces armes n'ont jamais été utilisées. En 2010, une pièce de en argent, gravée par Joaquin Jimenez, a été mise en circulation en Limousin. Elle représente la carte et le drapeau armorié de la région. Elle a cours légal en France. Politique et administration. Divisions administratives. La région du Limousin est divisée en 3 départements : la Creuse, la Corrèze et la Haute-Vienne. La région est divisée en 8 arrondissements, 55 cantons et 747 communes. Justice. Le Limousin comptait 4 tribunaux de grande instance (Limoges, Tulle, Guéret, Brive), auxquels s'ajoutent 6 tribunaux d'instance simples (Bellac, Rochechouart, Saint-Yrieix, Bourganeuf, Aubusson, Ussel). La région comptait trois tribunaux de commerce, à Limoges, Tulle et Brive. La réforme de la carte judiciaire de Rachida Dati a conduit à la suppression du TGI et du tribunal de commerce de Tulle, ainsi que des TI de Bellac, Rochechouart, Saint-Yrieix, Bourganeuf, Aubusson et Ussel. Politique. Tradition politique. Le Limousin est une région marquée par des mouvements de révolte populaire qui lui donnent une coloration politique « à gauche » encore visible aujourd'hui en filigrane. Conseil régional. Le conseil régional était installé depuis 1988 dans un bâtiment situé boulevard de la Corderie, conçu par l'architecte Christian Langlois. Le président était Gérard Vandenbroucke (PS). Le conseil a mis en place en 2005 un conseil régional des jeunes du Limousin, dont les membres âgés de 15 à 20 ans sont élus par les jeunes de la région. Circonscriptions législatives. Le Limousin comptait au total 6 députés : 3 dans la Haute-Vienne, 2 en Corrèze et 1 en Creuse. Terre de gauche, la « vague bleue » de 2002 avait entraîné l'élection de 4 députés de droite (UMP) contre seulement 2 en 1997. Le « ressac rose » de 2007 permet à 2 de ces circonscriptions (les mêmes qu'en 1997), de repasser à gauche. Ainsi, le Limousin est représenté à l'Assemblée nationale par 7 députés socialistes et 2 députés UMP. En 2012, le redécoupage des circonscriptions fait perdre trois sièges de députés au Limousin (un par département). Les six députés élus étaient socialistes. Transports. Réseau routier. Le Limousin, par sa position dans le Massif central, est resté longtemps à l'écart des axes principaux de communication (Paris-Bordeaux ou Paris-Lyon). La situation s'est très nettement améliorée sur le plan routier avec la mise en service de l'autoroute A20 reliant Paris à Toulouse et gratuite de Vierzon à Brive, l'ouverture de l'autoroute A89 transversale Bordeaux-Clermont-Ferrand et les progrès dans la réalisation de la Route Centre-Europe Atlantique. La ville de Limoges est l'une des trois villes de France (avec Lyon et Saint-Étienne) à utiliser partiellement comme transport en commun le trolleybus. Réseau ferroviaire. Sur le plan ferroviaire, après l'abandon de l'aménagement de l'ancienne ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, la réalisation de lignes à grande vitesse comme la LGV Poitiers-Limoges est lancée. Selon certains, cela pourrait constituer la première amorce d'un second projet ferroviaire d'orientation Est-Ouest Transline. On peut également signaler la mise en service en décembre 2007 d'une première liaison TGV entre Brive et Lille qui utilise la ligne classique jusqu'en banlieue parisienne en assurant notamment la desserte de Limoges, Orléans, différentes gares des régions Centre et Île-de-France ainsi que l'Aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. Le TER Limousin est le réseau de lignes TER de la région administrative Limousin. Transport aérien. La dernière décennie s'est caractérisée par un important développement du trafic aérien avec la création de plusieurs lignes vers l'Angleterre et la Belgique au départ de l'aéroport de Limoges. Par ailleurs, le nouvel aéroport de Brive est entré en service à l'été 2010. Économie. Avec un PIB par habitant de en 2008, le Limousin se classe au national, juste derrière la Basse-Normandie, et devant la Lorraine, la Corse, la Picardie et le Languedoc-Roussillon. La région possède le taux de chômage le plus bas de France métropolitaine, devant la Bretagne. Au premier trimestre 2010, il était de 8,1 %. Agriculture et sylviculture. Son agriculture, bien que dynamique, reste fragile : en 15 ans, 36 % des exploitations ont disparu, et les emplois agricoles régressent. La taille des exploitations a augmenté mais cela ne suffit pas à expliquer ces chiffres. On note l'arrivée d’exploitants étrangers (britanniques ou néerlandais) qui viennent redynamiser la région. La tendance est à la spécialisation dans l’élevage bovin (86 % des exploitations) au détriment des brebis allaitantes et des systèmes mixtes de culture-élevage. En 2005, la région compte plus de bovins (1,1 million) que d'habitants. La région développe des stratégies de labellisation des produits du terroir (comme le veau du Limousin et la pomme du Limousin). On ressent également la primauté de l'agriculture dans l'économie de la région par l'importance du secteur de l'industrie agroalimentaire, premier employeur industriel de la région. Par exemple, on peut mentionner les charcuteries Madrange à Limoges ou les aliments pour bébés Blédina à Brive. La récolte du bois représente une part importante de l'activité du secteur primaire. La superficie boisée régionale est de , soit 34 % de la superficie régionale. Exploitations minières. Les exploitations les plus importantes ont été celles de l'or, du kaolin et de l'uranium. Dès l'époque gauloise, le métal jaune était recherché dans la région, puisqu'on a retrouvé la présence de 230 sites miniers dans le sud de la Haute-Vienne et le nord de la Corrèze, dont pas moins de 26 exploitations distinctes sur la seule commune de Saint-Yrieix-la-Perche. De nouveaux sites ont été exploités entre les deux guerres mondiales, notamment au Châtelet, sur la commune de Budelière (Creuse), de 1905 à 1955, et sur le site de Bourneix, près de Saint-Yrieix-la-Perche, qui a été utilisé jusqu'en 2001. La fermeture des mines a posé des problèmes de pollution, liés aux matières dangereuses utilisées dans l'industrie de l'or. Nécessaire à l'industrie de la porcelaine, le kaolin a été découvert en 1768, toujours près de Saint-Yrieix. L'uranium limousin a quant à lui été exploité dès les années 1950, un gros gisement ayant été découvert dans les monts d'Ambazac. Néanmoins, l'exploitation des sites par la Cogema a créé d'importantes pollutions radioactives. Ainsi, en 2008, le lac de Saint-Pardoux a dû être curé, afin d'évacuer les boues contaminées. La diffusion en 2009 d'une émission sur France 3 consacrée aux déchets radioactifs a relancé une polémique sur la qualité de l'eau de la ville de Limoges, sur l'état des anciennes mines et sur de supposées graves fautes lors du nettoyage du lac de Saint-Pardoux. À Travassac, les ardoisières sont depuis quelques années ouvertes au public, et continuent à produire. En Dordogne, mais toujours au sein du Limousin géologique, existait à Saint-Paul-la-Roche un bloc de quartz d'une trentaine de mètres de haut. Exploité par les porcelainiers au puis au siècle dernier par l'industrie optique, électronique et spatiale, le gisement est aujourd'hui épuisé. Industrie. Le tissu de PME est très dense mais il existe très peu de grandes entreprises. Le niveau technologique est très inégal, les créations d’emplois sont limitées, le sous-encadrement reste trop important, et il n'y a que très peu d'exportations. Les secteurs traditionnels connaissent de grandes difficultés : les secteurs du textile et du cuir ont perdu 50 % de leurs effectifs en dix ans. L'industrie de la porcelaine elle-même a des difficultés (en témoignent les déboires de Royal Limoges, la plus vieille entreprise porcelainière de la ville), certaines entreprises se tournent vers le luxe. Mais la région connaît aussi des réussites industrielles comme la société Legrand, dont le siège social est resté à Limoges, alors que l'entreprise compte dans les premiers rangs mondiaux du petit appareillage électrique. Dans le secteur automobile, on note la présence de Renault Trucks (poids lourds) et de Valeo (équipements). La région conserve tout de même une certaine autonomie décisionnelle : seuls ¼ des sièges sociaux sont externes à la région. Mais la mondialisation se fait sentir par l'acquisition de firmes régionales par des investisseurs étrangers (International Paper, Electrolux, Smurfit, Degussa…). Les entreprises régionales les plus dynamiques, quant à elles, s’éloignent de plus en plus de la région. La restructuration de l’industrie de l’armement qui représentait 20 % des emplois en Corrèze affaiblit aussi le secteur secondaire de la région. Services. Les services représentent 63 % des emplois. Les emplois dans la fonction publique et dans les services aux ménages ont permis de rattraper le retard de la région. Mais il existe un grave déficit pour les services aux entreprises. La région souffre du faible niveau de qualification, des salaires les plus bas (après la Basse-Normandie), d'une valeur ajoutée insuffisante, de capacités d’innovation restreintes, et d'un sous-encadrement (8 % de cadres seulement). Le Limousin reste une région relativement pauvre même si elle est soutenue par les régions les plus riches dans le cadre de l'aménagement du territoire national. L'ouverture en 1992 de la Technopole ESTER, la création du pôle de Lanaud, et celle en 2005 de deux pôles de compétitivité à Limoges (Pôle européen de la céramique et Elopsys) montrent néanmoins l'intérêt et la volonté croissante d'inscrire la région au cœur des échanges intellectuels et physiques nationaux et internationaux. Tourisme. La région Limousin n'est initialement pas connue comme étant une région vivant essentiellement du tourisme. Situé plutôt en retrait des grands axes de communication, ou simplement traversées par les voies utilisées par les vacanciers pour se rendre à la montagne (Paris-Toulouse ou Atlantique-Massif central) et à la mer (Est-Ouest), le Limousin n'a jamais connu l'arrivée de grandes vagues de touristes. Cette particularité est vraisemblablement due à l'isolement géographique, à la méconnaissance occasionnée par un siècle de difficultés démographiques et économiques, qui a elle-même engendré une connotation péjorative du lieu, et aussi au fait que contrairement aux régions voisines, il n'y ait pas de « grands sites » fédérateurs de masses de visiteurs, des vestiges gallo-romains (contrairement au Languedoc-Roussillon ou à Provence-Alpes-Côte d'Azur par exemple), des curiosités géologiques majeures (contrairement à Midi-Pyrénées par exemple), ou des manifestations médiatisées nationalement (contrairement à l'Auvergne et à Poitou-Charentes). Ainsi le Limousin a continué de vivre de clichés (porcelaine, absence d'urbanisme…), et a pâti de sa situation particulière entre régions très touristiques, dont les espaces les plus dynamiques sont souvent très proches des frontières régionales (par exemple, la « Vallée de l'Homme » et la grotte de Lascaux ne sont qu'à une vingtaine de kilomètres de la Corrèze, et les volcans d'Auvergne à une quarantaine de kilomètres de la Creuse). Ces critères sont cependant depuis une quinzaine d'années mis à mal par la construction d'axes de transports (en particulier l'A20 et l'A89, et prochainement la LGV Poitiers-Limoges. L'arrivée de britanniques a permis de moderniser et de relancer la croissance de l'aéroport de Limoges-Bellegarde et de lancer la construction de l'aéroport de Brive - Souillac. Le Limousin se construit une image plus juste et plus moderne, tout en conservant et mettant en valeur ses caractéristiques. La démographie s'en est trouvée relancée, depuis l'an 2000, avec un gain d'habitants constant, chaque année. Le tourisme se développe, concentré autour de deux intérêts majeurs : L'activité touristique a également profité de la création assez récente de deux parcs naturels régionaux : le parc naturel régional Périgord Limousin, créé en 1998, à cheval sur les départements de Dordogne et de Haute-Vienne, et le parc naturel régional de Millevaches en Limousin, créé en 2004, dont le territoire est situé sur les 3 départements de la région. Le Limousin est par ailleurs le territoire de création de deux labels touristiques majeurs que sont Les Plus Beaux Villages de France et les villages étapes. En 2005, il y a eu 18,2 millions de nuitées sur la région, et la consommation touristique s'est élevée à 924 millions d'euros. Classement des 20 sites payants par nombre de visiteurs en 2007 : Patrimoine de l'humanité dans le Limousin : Principaux employeurs de la région. Chiffres 2009 Démographie. Le Limousin est la la moins peuplée de France métropolitaine, après la Corse. Au , et plus sérieusement depuis les années 1960, les campagnes limousines, et même les villes, se dépeuplent et la moyenne d'âge augmente sans arrêt. Mais au début du , et contrairement à toutes les prévisions, la région connaît une certaine repopulation. Certes, c'est un phénomène limité, mais historique : en douze ans, le Limousin a gagné quelque . Cette tendance se confirme en 2006, ce qui a fait la une du journal régional "Le Populaire du Centre", daté du mercredi 31 mai 2006 : « Nouveau baby-boom » Les causes principales de ce regain sont la venue de Britanniques et de Néerlandais attirés par des prix de maison attractifs, de retraités en quête de nature et d'étudiants ayant fini leurs études. Depuis maintenant une dizaine d'années, le phénomène touche aussi les zones rurales, surtout celles qui promeuvent un tourisme dit « vert » et/ou situées le long des grands axes de circulation (par exemple l'A20 en Limousin et l'A75). Notons par ailleurs que 38 % de la population régionale est rurale, taux nettement supérieur à la moyenne nationale (22 %). Les habitants n'hésitent plus à s'installer dans des zones situées de 15 à des centres-villes, alors qu'ils se limitaient à au début des années 1990. Les résultats 2006 du recensement publiés en 2009 permettent encore de vérifier ce phénomène, qui a vu la région gagner par rapport à 1999. De nombreuses communes voient leur population augmenter, les zones rurales se repeuplent. La Corrèze a réussi à enrayer sa déprise démographique, et si de nombreux espaces restent touchés de manière critique par un exode et un vieillissement continu, la Creuse parvient à limiter la baisse de population. Les quatre principales villes sont Limoges, Brive-la-Gaillarde, Guéret et Tulle qui concentrent à elles quatre le tiers de la population de la région. Liste des villes peuplées de plus de (chiffres de 2010) : La région possède 6 aires urbaines (chiffres 1999) : Le canton le plus peuplé du Limousin est le canton de Limoges-Panazol, qui rassemble (chiffres 2006). Le canton le moins peuplé est le celui de Gentioux-Pigerolles, qui rassemble (chiffres 2006). Lien externe : Culture régionale. Langue. La langue vernaculaire est l'occitan (ou langue d'oc) sous quatre formes dialectales : le limousin, dialecte largement dominant de la région (Haute-Vienne, deux tiers ouest de la Creuse et Corrèze dans sa quasi-totalité), le languedocien (partie quercynoise de la Corrèze), l'auvergnat (tiers est de la Creuse et petite partie est de la Corrèze) et le marchois (dialecte intermédiaire entre occitan et langues d'oïl, extrême nord de la région). En occitan, le nom de la région est "Lemosin" (). L'occitan devient dès le la langue des troubadours ("trobadors" en occitan, de "trobar" = trouver -le thème, la rime, la mélodie…-) les plus célèbres, comme Guillaume IX, duc d'Aquitaine ("Guilhem Nòu"), Bertran de Born, Bernard de Ventadour ("Bernat de Ventador") ou encore Gui d'Ussel. À certaines époques du Moyen Âge, le terme "langue limousine" a pu désigner l'ensemble des dialectes occitans ainsi que la langue catalane. Il est resté la langue parlée dominante jusqu'au début du , époque à partir de laquelle le français a pris le dessus, notamment par l'interdiction formelle de parler l'occitan à l'école. La langue est donc dès les années 1930 peu à peu reléguée aux zones les plus rurales, où elle est encore parlée quotidiennement aujourd'hui (surtout dans le cercle familial), majoritairement par les natifs limousins nés avant 1940. Un mouvement culturel promeut le limousin dans la vie quotidienne (enseignement, utilisation publique) ainsi qu'à travers la littérature. Au , le Limousin a offert de grands noms à la littérature occitane, comme Paul-Louis Grenier et Marcelle Delpastre. La création musicale contemporaine en occitan existe, bien qu'en recul. On trouve également une signification occitane dans de nombreux patronymes et dans la majorité des toponymes limousins. Ainsi de plus en plus de communes limousines optent pour une signalisation bilingue, afin que la spécificité culturelle de la région ne soit pas oubliée. La langue a surtout laissé sa trace dans les tournures de phrases (limousinismes) des Limousins, ainsi que dans leur accent. L'accent du Limousin est un accent occitan (ou « accent du sud » comme disent les gens du nord) naturellement moins marqué qu'à Toulouse ou Pau. Mais il suit la plupart des marques de ces accents. Il rend la langue française plus chantante. Il consiste entre autres à allonger certaines syllabes, à prononcer les "è" comme des "é", les "o" comme des "au" et à prononcer les lettres finales muettes en français du Nord. Il est bien sûr plus marqué chez les personnes ayant parlé, parlant ou étant en contact avec la langue occitane limousine, ainsi donc plutôt en milieu rural. Littérature. L'ouvrage "Du Pays et de l'exil ", publié en 2008, est consacré à la littérature du Limousin, de l'Antiquité à nos jours. Il ressence la plupart des écrivains, poètes, dramaturges originaires de la région ou s'y étant installés. Cinéma. Les paysages et l'histoire de la région ont attiré divers tournages cinéma en Limousin. Ainsi, en 2007, 21 films ont été tournés. Parmi les plus célèbres, "Tous les matins du monde" (1991), d'Alain Corneau, "Ceux qui m'aiment prendront le train" (1998), de Patrice Chéreau ou "Lady Chatterley" (2006), de Pascale Ferran. Traditions. Si le Limousin n'est pas connu comme étant une des régions les plus religieuses de France, la tradition de pèlerinage et de culte des saints est encore extrêmement présente à l'état traditionnel. En témoignent les ostensions limousines, fêtes traditionnelles religieuses ayant lieu tous les sept ans dans quinze communes de Haute-Vienne et de Charente, lors desquelles sont organisées des processions avec les reliques des saints. Cette fête remonte à l’an 994, alors que le Limousin, comme une grande partie de l’Aquitaine, se trouvait aux prises avec une terrible épidémie : le mal des ardents. La littérature orale limousine, contes et légendes, a été bien étudiée, notamment par Coissac dans "Mon Limousin", par la revue "Lemouzi" et, plus récemment, par le folkloriste Roger Maudhuy dans "Le Limousin des légendes". Musique. La pratique de la musique traditionnelle reste très vivace. En témoigne par exemple la création en 1971 d'une des premières associations de formation mutualiste en musique et danses traditionnelles, l'Association des ménétriers du Massif central, toujours active, puis en 1987 du premier Département de musique et danse traditionnelles au sein d'un CRR en France, à Limoges, et de très nombreux groupes traditionnels et folkloriques qui animent chaque semaine les bals et fêtes de la région. Les autres musiques ne sont pas en reste. Les manifestations sont souvent remarquées, tant du point de vue des programmations et des festivals (Festival des francophonies en Limousin, le Festival 1001 Notes…), que des structures culturelles (Opéra-théâtre de Limoges, centres culturels municipaux, ferme de Villefavard, château de la Borie qui a été le siège de l'Ensemble baroque de Limoges, Zénith de Limoges, Pôle de la mégisserie de Saint-Junien, Centre Fabrègue de Saint-Yrieix-la-Perche…) Les musiques actuelles sont de plus en plus représentées, par la mise en place de sites spécialisés (bars, salles, festivals comme les Veyracomusies ou Catalacum) et d'associations organisatrices, telles la Fédération Hiero de Limoges. Gastronomie. Le Limousin, dès l'aube des Temps modernes, a été victime d'une « image noire », conçue et colportée, le plus souvent, par les élites parisiennes. Rabelais, par exemple, aussi bien que Molière, La Fontaine, Balzac, et quelques autres, ont largement conspué ses paysages, ses coutumes et ses habitants. Sa gastronomie, bien entendu, n'a pas échappé à la caricature. Au point que des sobriquets tels que « mâcheraves » ou « mangeurs de châtaignes » semblent résumer à eux seuls l'imagination culinaire des marmitons du cru. Les autochtones se sont montrés, peu à peu, honteux de sentir l'ail, l'huile de noix, la chèvre et le saindoux. Aussi semblent-ils s'être résignés à ne produire qu'une nourriture de paysans, dont les préparations, peu nombreuses et condamnées aux moyens du bord, étaient, à leurs propres yeux, tout le contraire du bon goût, du cultivé, du distingué, et n'auraient su, par conséquent, rivaliser avec celles de l'Auvergne ou du Périgord. Cette image dépréciative a néanmoins contribué à forger une identité régionale, et, en fin de compte, à modeler des attitudes gastronomiques. Aujourd'hui, beaucoup s’y pressent, au nom d'une nostalgie du « bon vieux temps », pour goûter enfin ces aliments naturels, produits par la ferme voisine tels que la soupe au lard, milliassous et tourtous, la bréjaude, les boudins et les pommes de terre fricassées, des plats qui au auraient été jugés grossiers. Il ne faut toutefois pas oublier que l'ordinaire de la plupart des gens du début du n'était encore que la lutte pour acquérir un pain chichement attribué. En effet, les limousins avaient généralement, pour reprendre l'expression de Chamfort, « plus d'appétits que de dîners ». Ils apprenaient dès la petite enfance à économiser, ne jetaient rien. Une mentalité parcimonieuse, empreinte du désir d'épargner les plus petites choses et de ne rien perdre, se retrouvaient dans les gestes, les histoires et les proverbes. Il fallait faire économie de ce pain qu'on ne gaspillait pas, de ces tartes qu'on mangeait même moisies, de ce saindoux, trop peu abondant dans les pommes de terre, si sèches qu'elles étouffaient l'honnête homme. Économie de la soupe, que l'on devait manger puisque le père l'avait trouvée bonne. Économie de la viande, lorsqu'on l'achetait chez le boucher… . La vérité, si elle est moins simple, moins caricaturale, n'en est que plus touchante. Elle se trouve, par exemple, dans ces familles de manœuvres agricoles, qui mangeaient le soir la soupe de midi réchauffée, alternaient avec le pain, le fromage ou la pomme de terre, mais chez qui l'on ne trouvait jamais les quatre choses ensemble… Dans ce bambin, qui faisait la grimace devant son assiettée de soupe au lard, dont la recette ne changeait guère… Dans ces hommes, qui se délectaient, chaque jour, de pommes de terre et de châtaignes, et comme disait Saint-Just, « ne se plaignaient pas »… Ou bien encore dans ce vieil ouvrier agricole qui évoquait avec émotion son temps de service militaire, lorsqu'aide-cuisinier au mess des sous-officiers, il avait de la viande tant qu'il en voulait… Dès lors, pour mieux comprendre ce qu'est la véritable spécificité de la gastronomie limousine, il faut tenter de comprendre comment, à partir de certaines données géographiques (pauvreté des sols, hivers rigoureux…), sociales (ruralité, émigration, misère…) et culturelles (illettrisme, survivance des superstitions…), les limousins ont su donner le jour à de nombreuses spécialités, originales et variées. Art. La programmation culturelle de la ville de Limoges est souvent remarquée , ne serait-ce que par le nombre et la qualité des installations : ensemble de centres culturels municipaux, opéra-théâtre municipal, Zénith… Plusieurs centres d'accueil ont été installés ces dernières décennies : ferme de Villefavard, théâtre des 7 collines à Tulle, pôle de la Mégisserie de Saint-Junien, château de Sédières, château de la Borie… Particularité de la région : l'existence de plusieurs centres d'art contemporain : le Centre international d'art et du paysage de Vassivière, le Centre d'art contemporain de Meymac, le musée départemental d'art contemporain de Rochechouart, le Fonds régional d'art contemporain de Limoges, l'Espace Paul Rebeyrolle d'Eymoutiers, le centre d'art Le Garage de Brive-la-Gaillarde. Patrimoine écrit. Conçu avec le logiciel Omeka, le projet BIBLIM qui intègre une bibliothèque numérique, met en ligne les trésors du patrimoine écrit des bibliothèques du Limousin. La bibliothèque francophone multimédia (BFM) de Limoges, qui est dotée depuis 2011 d'un numériseur, alimente au quotidien le site. La bibliothèque numérique du Limousin est organisée en six collections : manuscrits, livres anciens, estampes, presse ancienne, langue occitane, dessins. Elle est moissonnée dans son intégralité par Gallica et, pour la langue occitane, par Occitanica, la médiathèque numérique portée par le Cirdoc de Béziers. Les documents proposées en pdf haute définition sont feuilletables et téléchargeables quand leur statut juridique le permet. Des trésors d'intérêt national et des pièces remarquables et intéressantes pour l'histoire régionale y figurent, conservés dans les bibliothèques du Limousin : manuscrits médiévaux, incunables, imprimés d'histoire locale, gravures, photographies… Le document le plus remarquable qui a été numérisé est le graduel de Fontevraud (conservé à la BFM de Limoges), ainsi que d'autres documents tout aussi prestigieux. Loisirs et sports. Football. Étoile Sportive Aiglons Briviste connu pour ses exploits en Coupe de France et le Limoges Football Club qui a passé plus de vingt saisons en D2. Clubs sportifs. À l'exception du club de rugby à XV de Brive, le CA Brive, le Limousin, malgré de nombreux licenciés dans divers sports, est marqué par l'absence de grands clubs sportifs de haut niveau, notamment depuis les déboires du mythique Limoges CSP. Le club de basket, champion d'Europe en 1993, est reparti en 2004 sous le nom de Limoges CSP, redevenu champion de France de Pro A au terme de la saison 2013/2014 puis 2014-2015, il retrouve l'Europe Euroligue l'année suivante dans son antre du Palais des sports de Beaublanc. Cyclisme. Le Limousin est le théâtre chaque année d'une course cycliste professionnelle par étapes, le Tour du Limousin. La s'est déroulée en août 2012 et a été remportée par le coureur Japonais de l'équipe française Europcar, Yukiya Arashiro, Pierrick Fédrigo vainqueur 2 fois comme Bernard Hinault, Patrice Halgand, Charly Mottet. Le Tour de France a fait étape à de nombreuses reprises en Limousin. Manifestations. Liste non exhaustive des festivals du Limousin : Plusieurs vide-greniers ou brocantes ont lieu dans l'année en Limousin. Les plus fréquentés et ceux où se rendent le plus d'exposants sont ceux des Puces de la Cité à Limoges (180 exposants), Larche (220 exp.), Allassac (270 exp.), Argentat-sur-Dordogne (300 exp.) en Corrèze, Panazol (230 exp.), Ambazac (300 exp.), Le Palais-sur-Vienne (220 exp.), Royères (160 exp.) (Haute-Vienne), La Courtine, Ahun, Évaux-les-Bains, Cheniers (200 exp.), Marsac en Creuse (160 exp.).
Lorraine La Lorraine (en allemand : "Lothringen") est une région historique et culturelle de l'est de la France à la frontière avec la Belgique, le Luxembourg et l'Allemagne. Elle est constituée des départements de Meurthe-et-Moselle, de la Meuse, de la Moselle et des Vosges. Son nom est hérité de Lothaire II de Lotharingie et ses habitants sont appelés les "Lorrains". De 1956 à 2015, la région Lorraine était aussi une région administrative française qui a fusionné le avec les régions d'Alsace et de Champagne-Ardenne pour former la région Grand Est. De 1974 à 2015, la préfecture de région était Metz. Les sièges des directions régionales de l'État étaient répartis entre Metz, Nancy et Épinal. La région comptait au , répartis dans . La superficie de la Lorraine est de , chaque département ayant approximativement la même superficie (environ ). Son point culminant est le Hohneck à ; son point le plus bas est à d'altitude au niveau de la rivière Saulx. Son territoire correspond à peu près à celui de l'ancien Gouvernement de Lorraine-et-Barrois , augmenté de celui dit "des trois évêchés" (Metz-Toul-Verdun), incorporé antérieurement au Royaume, entités administratives supprimées en 1790. Par la suite, c'est au que la Lorraine contemporaine est définie, en tant que territoire formant quatre départements. La région a été formée entre autres à partir des anciens duchés de Lorraine et de Bar ; des Trois-Évêchés de Metz, de Toul et de Verdun ; des comtés de Vaudémont, de Dabo et de Créhange ; des principautés de Salm et de Commercy et de la partie sud du duché de Luxembourg. Le comté de Sarrewerden, d'abord rattaché aux districts de la Moselle et de la Meurthe, a finalement été attribué au département du Bas-Rhin sous le nom d'Alsace Bossue (pour différencier ce petit territoire du plateau lorrain du reste de l'Alsace historique étant constitué essentiellement de plaines et du massif des Vosges); en car sa population était en majorité protestante. La Lorraine culturelle s'étend également en Belgique, avec la Lorraine belge, composée de la Gaume (patois : gaumais) et du pays d'Arlon (patois : arlonais). L'histoire de la Lorraine est liée de très près a celle de sa voisine l'Alsace, toutes deux partagent une histoire commune et une influence franco-germanique forte. Les deux régions ont appartenu au Saint-Empire romain germanique durant près de 8 siècles. Appellation. La Lorraine est appelée : Géographie. La Lorraine est la seule région française à partager ses frontières avec trois autres pays : la Belgique (Région wallonne), le Luxembourg et l'Allemagne (länder de la Sarre et de Rhénanie-Palatinat). Elle fait partie de la région administrative du Grand Est. Cette situation est un atout stratégique pour cette région située de ce fait à proximité du centre de la mégalopole européenne, cette conurbation qui traverse l'Europe du Lancashire (Angleterre) à la Toscane (Italie), en passant par le couloir rhénan. Cet avantage n'a pas toujours été exploité : comme le notait François Reitel, . Son code ISO 3166-2 est FR-M. Géologie. La Lorraine est formée de plusieurs entités géologiques : Au nord de la région sont situés le bassin houiller lorrain et le bassin ferrifère lorrain. Ils ne sont plus exploités, de même que les gisements de charbon de Sarre (la mine d'Ensdorf a été fermée en 2012). De Sarralbe jusque dans le Lunévillois se trouvent les gisements de sel. Au sud, on trouve également des sous-sols constitués de bans de grès (roches sédimentaires de l'ère primaire) : forêt de Darney, vallée de l'Ourche. Un gisement de lignite du Keuper se situe près de Vittel. Les lagunes sursalées du Keuper conduisent à la précipitation du sel gemme, que l'on rencontre à Varangéville et Château-Salins. Des dents de mammifères ont été trouvées à Saint-Nicolas-de-Port. Elles figurent parmi les plus vieux restes de mammifères connus au monde. Hydrographie. Le réseau hydrographique lorrain est essentiellement tributaire de la mer du Nord, s'articulant autour de la Moselle et de ses affluents, Madon, Meurthe, Seille, Sarre, et de la Meuse. La Saône et ses affluents (Gras, Ourche, Côney) fait exception (bassin rhodanien), ainsi qu'un peu moins de la moitié ouest du département de la Meuse qui fait partie du bassin hydrographique de la Seine (Aire, Ornain, Saulx…) Les lacs naturels les plus importants sont le lac de Gérardmer, le lac de Longemer, le lac de Retournemer et le lac des Corbeaux. Ils sont moins étendus que les trois retenues utilitaires, le réservoir de Bouzey, le lac de Madine et le lac de Pierre-Percée (appelé également lac du Vieux Pré). Deux vallées principales traversent la région du sud jusqu'au nord : celle de la Moselle et celle de la Meuse. Climat. Le climat lorrain est qualifié d'océanique dégradé à influence continentale sur sa partie ouest, et de plus en plus continentalisé à mesure que l'on avance vers l'est avec une influence montagnarde à l'extrême Est sur le Massif des Vosges. Les saisons sont contrastées et bien marquées mais, en fonction des vents dominants, peuvent se succéder du jour au lendemain des périodes de précipitations (influence océanique) ou de forte amplitude thermique (influence continentale). Par exemple pour la ville de Nancy : la température moyenne au mois de janvier est de (Nice : , Brest : ) tandis qu'elle atteint en juillet (Nice : , Brest : ).<br> Les précipitations sont dans la moyenne nationale : /an sur , Nice : en , Brest : en ). Le massif des Vosges est beaucoup plus frais et plus humide ( à Gérardmer), ce qui provoque un fort enneigement en hiver. Il arrive régulièrement que cet enneigement s'étende à toute la région pendant une période plus ou moins longue de l'hiver. La partie alsacienne du Massif des Vosges est concernée par le même climat, alors que la plaine bénéficie d'un très fort effet de foehn, ce qui la rend beaucoup plus sèche et chaude. La Lorraine est globalement une région fraîche du nord-est de la France. L'ensoleillement est légèrement plus important au sud qu'au nord : Metz (Nord Lorraine) totalise , Nancy (Centre Lorraine) , Épinal (Sud Lorraine) . Toutefois, le contraste Ouest-Est avec la plaine d'Alsace est beaucoup plus saisissant en beaucoup moins de kilomètres, cela étant principalement dû à un fort effet de foehn et à la perte brutale d'altitude. Le réchauffement climatique global, confirmé à l’échelon régional, a permis de constater que la température mesurée a augmenté de sur la période 1899-2007, ce qui équivaut pour le climat lorrain à un glissement de 200 à vers le sud. Il apparaît que l’évolution possible des températures moyennes en Lorraine serait de + en 2080 (par rapport à la période 1971-2000), avec des contrastes saisonniers importants. La température moyenne estivale pourrait connaître une hausse de + en 2080. En Lorraine, cela pourrait se traduire par une baisse de fréquentation des domaines skiables (en raison d'une diminution de l’enneigement) et une augmentation de la fréquentation des lieux de vacances (campings par exemple) en été. Faune et flore. Avec de forêts, et un taux de boisement de 36 %, la Lorraine est l'une des régions les plus boisées de France métropolitaine. Elle compte 42 % de forêts des collectivités (), 32 % de forêts privées et militaires et 26 % de forêts domaniales (). La surface des forêts affectées au ministère de la Défense est de Le département des Vosges est le troisième département français le plus boisé après les Landes et le Var avec un taux de 48 %. La Meuse 36 % ; la Meurthe-et-Moselle 31 % ; la Moselle 28 % (source IFN). Certaines forêts comme la forêt de Darney sont réputées nationalement pour la qualité de leurs chênes et de leurs hêtres. Peut-être pour partie à cause de la Première Guerre mondiale, et pour des raisons pédogéologiques, c'est aussi la région où le sol est en France métropolitaine le plus riche en ADN selon l'inventaire national de la biodiversité microbienne des sols. L'Office des données naturalistes du Grand Est (ODONAT Grand Est) s'est donné pour objectif de recenser la biodiversité de la région. Régions naturelles de la Lorraine. Cette variété fait sa richesse : forêts de plaine ou forêts de montagne, pelouses sèches, lacs et zones humides sont des écosystèmes qui additionnent leurs richesses. D'autre part, entre 1995 et 2010, plusieurs pays administratifs se sont créés au sein de la région, qui étaient au nombre de 15 en janvier 2014. Faune. Les forêts de plaine abritent des cerfs, des chevreuils et des sangliers, parfois en trop grand nombre. Le milieu agricole voit une plus petite faune : lièvres, renards, perdrix, corbeaux… et les villages accueillent des hirondelles et des martinets. Les étangs de Moselle et de Meuse sont un lieu de passage pour les animaux migrateurs et le refuge de nombreuses espèces : canards, hérons, cincles, crapauds, le cormoran. Le castor a été réintroduit en 1983. La montagne vosgienne est traditionnellement associée au grand Tétras, menacé par les activités humaines. On y rencontre aussi des cervidés et des sangliers. Le chamois, introduit en 1956, a conquis les chaumes des Vosges alors que le lynx boréal, réintroduit en 1983, reste discret. Pouvant mesurer jusqu'à au garrot, le lynx boréal est la plus grande espèce de lynx. Le loup gris avait disparu de la région au début du . En 1994 un loup a été abattu dans les Vosges, il s'agissait vraisemblablement d'un loup apprivoisé, abandonné par la suite. Le loup est toutefois revenu naturellement dans le canton du Jura en Suisse, il y est présent depuis 2004 et a été aperçu à plusieurs reprises aux alentours de Montavon et de Coeuve à quelques kilomètres de la frontière alsacienne. On s'attendait ainsi à une confirmation rapide de sa réapparition naturelle dans le Jura alsacien et les forêts sundgauviennes, ce qui devait ouvrir la possibilité de son retour ultérieur dans le massif vosgien. Il fallut attendre sept ans pour que le loup fasse officiellement son retour dans les Vosges, le , dans le secteur du Ventron et du col du Bonhomme. Le suivi hivernal 2011-2012 a confirmé l'existence de la "Zone de Présence Permanente des Hautes-Vosges" s'étendant sur les départements du Haut-Rhin, des Vosges et de la Haute-Saône. Toponymie. Étymologie. D'abord "Lotharii regnum" « royaume de Lothaire », terme devenu au « Lotharingia ». La Lorraine tient son nom de son premier roi : Lothaire II ("Lothar" en allemand ; "Lotharius" en latin). Ce qui a donné Loth(a)r+ingen en allemand et Lotharing+ia en latin. C'est ce même « Lotharingen » qui a, au fil du temps, donné l'actuel « Lorraine » en français. Le terme Lotharingie, plus proche de l'orthographe originelle, est utilisé en français pour désigner la Lorraine primitive. Anciennes mentions. Attestée sous les formes "ducem Lothoringiae" (1187) ; "de Lorenne, de Lorainne" (1214) ; "Loheregne" (1230) ; "de Lohereigne" (1250) ; "de Lohorranne" (1259) ; "de Loyierengne" (1267) ; "Lorraine" en 1302. Histoire. De l'âge du fer à la Lotharingie. Durant l'âge du fer, l'actuelle Lorraine est occupée par les Trévires au nord, les Médiomatriques dans la Basse-Moselle, les Leuques dans la Haute-Moselle, les Lingons à l'extrême sud-ouest et les Séquanes à l'extrême sud-est. C'est ensuite l'un des foyers d'apparition des Celtes (Civilisation de Hallstatt) dont on retrouve de nombreux sites archéologiques (Camp celtique de la Bure, Colline de Sion…) Lors de la conquête romaine de la Gaule, la Lorraine est incluse dans la Gaule belgique. Lors de la paix gallo-romaine les principales cités sont : Metz ("Divodurum Mediomatricorum"), Verdun ("Verodunum"), Toul ("Tullum Leucorum"). Après le déferlement des Huns d'Attila, les Francs conquièrent la Gaule belgique. Ils créent en particulier un royaume, l'Austrasie, dont les capitales seront Metz et Reims. Ce royaume est apparu en 511 à la mort de Clovis, lorsque le territoire de celui-ci a été partagé entre ses fils. Cependant, le nom dAustrasie" n'est mentionné pour la première fois que pendant le règne de Childebert II ; il fut d'abord désigné comme Royaume de Reims, puis Royaume de Metz"', du nom de ses capitales. La Lorraine telle que nous la connaissons aujourd'hui est un vestige du royaume créé par le Traité de Prüm (855) pour le Carolingien Lothaire II, la Lotharingie, alors que ses frères recevaient les royaumes d'Italie et de Provence. Terre du Saint-Empire romain germanique. En 880, la Lotharingie sera intégrée à la Francie orientale, royaume le plus important et noyau du futur Saint-Empire romain germanique (fondé en 962 par Otton Ier). Initialement, le Duché de Haute-Lotharingie s'étend autour du bassin de la Moselle dont les villes épiscopales que sont Metz et Toul et sur la Meuse Verdun, héritières des privilèges carolingiens, s’octroient immédiatement une indépendance de fait. Ainsi l'autorité ducale se retrouve à la tête de vastes possessions, sans véritable ville importante. Rapidement les Ducs établissent un château au centre de leurs possessions, autour duquel un bourg, puis enfin une cité, Nancy deviendra la capitale politique et administrative de leur duché. Tout en étant très liés, les sorts des Trois-Évêchés, et des Duchés de Lorraine et de Bar seront désormais très différents. État membre du Saint-Empire romain germanique, la Lorraine est au contact direct du Royaume de France (la frontière linguistique partage le duché de Lorraine entre le domaine roman et le domaine germanique), elle bénéficie ainsi d'une double influence culturelle. Au fil des siècles, le royaume de France n'aura de cesse de prendre le contrôle des territoires lorrains. Déjà en 1301 le comte de Bar voisin a été contraint de prêter hommage au souverain français pour la rive gauche de la Meuse. Le comté de Bar comme celui de Luxembourg sera élevé au rang de duché en 1354 par l'empereur Charles IV du Saint-Empire, lequel promulguera deux ans plus tard à Metz la Bulle d'or qui réglementera jusqu'en 1806 les modalités de l'élection de ses successeurs à l'empire. En 1420, Charles II de Lorraine consacre la paix en mariant sa fille et héritière Isabelle Ire de Lorraine à l'héritier du Duché de Bar, son voisin et ennemi, un prince français René Ier d'Anjou. Le traité de Foug stipule que les deux duchés seront désormais gouvernés par le même souverain mais conserveront leurs droits, coutumes et indépendance respectives. Quelques années plus tard, il reçoit à Nancy une jeune fille qui souhaite « bouter les Anglais hors de France », Jeanne d'Arc, qui lui conseille de renvoyer sa maîtresse et de reprendre son épouse légitime. René II de Lorraine restera dans l'histoire comme celui qui a préservé l'indépendance des duchés. Enclavée dans les territoires du duc de Bourgogne, la Lorraine était le maillon manquant de la continuité territoriale entre Bourgogne et Flandres. Envahie en 1475, elle fut vaillamment défendue par son jeune duc. Charles le Téméraire trouva la mort et la défaite lors de la bataille de Nancy le . C'est la fin de l'État bourguignon, qui profite surtout au roi de France, Louis XI, et l'un des événements qui clôt le Moyen Âge. Entre Saint-Empire et royaume de France. Au , à la rivalité France-Bourgogne succède la rivalité France-Autriche. Le duc Antoine de Lorraine cherche à conserver la neutralité de ses duchés et de bonnes relations avec ses voisins. Son frère François de Guise combat pour la France tandis que son fils François, filleul de François, épouse une nièce de Charles Quint. Peu avant sa mort, par le traité de Nuremberg, la Lorraine est déclarée « État libre et non incorporable » par l'empereur. Son successeur François meurt après de règne. Il laisse un fils de Charles III de Lorraine et la régence partagée entre son épouse Christine de Danemark, favorable à l'empereur et son frère Nicolas de Lorraine, francophile. En 1552, après avoir passé un accord avec les protestants allemands, le roi Henri II de France, au cours de son « voyage d'Allemagne », annexe successivement les trois villes épiscopales de la région Metz, Toul, Verdun qui seront unies sous le vocable « Trois-Évêchés ». À cette occasion, il séjourne à Nancy. Il donne la régence au seul prince Nicolas et soustrait l'éducation du jeune duc à sa mère en l'emmenant à Paris. Le jeune duc ne reviendra en Lorraine que plus tard nanti d'une épouse française, Claude de France, fille cadette du roi. Les Trois-Évêchés ne seront officiellement réunis à la France qu'en 1648 par les traités de Westphalie qui mettent fin à la Guerre de Trente Ans, qui fut très durement vécue par les Lorrains. En effet, en Lorraine, le commence par un conflit de succession. Le duc Henri II de Lorraine meurt en 1624 en ne laissant que deux filles. D'abord promise à Louis XIII, l'aînée, Nicole de Lorraine, a été mariée à son cousin Charles de Lorraine-Vaudémont. Le testament du duc stipule que les époux régneront conjointement, Charles tenant son pouvoir de Nicole. Charles réussit à évincer Nicole du pouvoir mais sa politique fantasque et son opposition ouverte à la France causeront le malheur de ses États et de ses sujets. En 1661, La Lorraine cède plusieurs localités à la France dans le cadre du Traité de Vincennes. Le duché de Lorraine est occupé par la France sous Louis XIII et Louis XIV mais retrouve son indépendance (surveillée) en 1697 avec le duc Léopold, qui entreprend de restaurer ses États. Pour bien montrer sa détermination, il fait construire le château-résidence de Lunéville. Estimé de tous, le duc meurt en 1729 laissant le trône à son fils François III qui, élevé à Vienne, est le fiancé potentiel de l'héritière de l'empereur. La France ne saurait accepter que l'influence de l'Autriche, qui possède alors l'actuelle Belgique et le Luxembourg, s'étende jusqu'à Bar-le-Duc. En 1738 l'empereur Charles VI obtint l'acceptation par la France de la Pragmatique sanction en échange des duchés de Lorraine et de Bar. Ces deux duchés appartenaient à celui qui deviendra en 1745, l'empereur romain du saint empire, François Ier du Saint-Empire. Les duchés seront donnés, à titre viager, au roi déchu de Pologne, Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV qui avait épousé sa fille Marie Lesczynska. À la mort de Stanislas en 1766, la France reçut les duchés qui devinrent des provinces du Royaume de France « à l'instar de l'étranger », ce qui signifiait que les taxes douanières sur les produits passant de Lorraine en France étaient maintenues. Le duc de Lorraine, François Ier du Saint-Empire, recevait la Toscane et épousait la fille de l'empereur. Il sera le père de Marie-Antoinette d'Autriche qui, devenue reine de France, sera condamnée à mort lors de la Révolution française. Stanislas Leszczyński, homme affable, placé deux fois sur le trône de Pologne par des puissances étrangères et chassé deux fois par son rival Frédéric-Auguste de Saxe, abandonna immédiatement la réalité du pouvoir à un intendant nommé par la France et s'appropria le Château de Lunéville dont il fit sa résidence favorite. Il fut à Nancy un acteur important des Lumières. Souverain fantoche, après les destructions ayant suivi les guerres de Louis XIII et Louis XIV, il dota la ville d'un ensemble architectural exceptionnel, la Place Royale conçue à la gloire de son gendre Louis XV. Cet ensemble urbain est inscrit depuis 1983 au titre du patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco. Il se distingua par des initiatives sociales en avance sur son temps : écoles, hôpitaux et bibliothèques publiques, greniers collectifs, secours aux plus démunis, et obtint le surnom de « Bienfaisant » tandis que l'intendant français Chaumont de La Galaizière remplaçait les administrateurs lorrains par des Français, imposait la langue française dans les actes de justice (alors qu'une partie de la Lorraine était de langue germanique) et envoyait les récalcitrants aux galères royales. Province française de l'Est. En 1769, l'université fondée en 1572 à Pont-à-Mousson est transférée à Nancy par édit royal de Louis XV. En 1777, Nancy devient le siège d'un nouvel évêché. La même année, Saint-Dié - où résidait le primat de Lorraine avant l'annexion - devient une ville épiscopale. Le premier évêque du diocèse de Saint-Dié est un des fils de l'intendant haï. En 1790, durant la Révolution, quatre départements sont créés : Meuse, Meurthe, Moselle et Vosges. Les derniers territoires sont rattachés à la France : Salm, Dabo et Créhange en 1793, Lixing en 1795, Hundling et Rouhling en 1797-98. À cette même époque (1790), des députés lorrains ont demandé la création d'un département de « Lorraine allemande », cela par exemple pour que les citoyens germanophones ne soient pas administrativement obligés d'aller dans les communes francophones, mais cette proposition fut refusée. Puis l'histoire de la Lorraine se confond avec celle de la France jusqu'en 1871. Entre Empire allemand et France. En 1871, le traité de Francfort attribue à l'Empire allemand les territoires lorrains correspondant à une partie du département de la Moselle et du département de la Meurthe : géographiquement cela recouvre la Moselle actuelle qui forme avec l'Alsace le Reichsland d'Alsace-Lorraine jusqu'en 1918 ; l'arrondissement de Saint-Dié dans le département des Vosges est également amputé des parties anciennement rattachées à l'Alsace, c'est-à-dire des cantons de Saales et Schirmeck, dès lors rattachées au Bas-Rhin. Les habitants des territoires annexés sont contraints de choisir entre la nationalité française ou allemande, avant le 1er octobre 1872. Ceux qui souhaitent garder la nationalité française, les« optants », sont expulsés vers la France, alors que le traité de paix n'avait pas mentionné cela. Près de messins quittent leur ville et beaucoup d'optants émigrent vers Nancy, dont la population double rapidement. La Première Guerre mondiale marque profondément la Lorraine qui voit ses habitants s'affronter sur son sol sous des uniformes ennemis. La majorité des Mosellans, sujets loyaux de l’Empire allemand, se battent pour l'Empereur. Entre 1914 et 1918, si et Mosellans s'engagent dans l'Armée française, , soit plus de 95 % des conscrits, se battent pour l'Empire jusqu’à la fin de la guerre, souvent jusqu'à l'ultime sacrifice. Leurs tombes sont entretenues par le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge. La bataille de Verdun, l'une des plus longues et les plus meurtrières, se déroule en 1916 dans la Meuse. Plusieurs villages, entièrement détruits par les combats, ne seront jamais reconstruits. Cette région dévastée, appelée zone rouge, comporte d'importants mémoriaux, dont le plus fameux est l'ossuaire de Douaumont. Le traité de Versailles de 1919 restitue l'Alsace-Lorraine à la France. Le droit local en Alsace et en Moselle, contenant notamment le régime concordataire abrogé en France en 1905 et le régime de sécurité sociale Bismarkien, fut maintenu dans ces territoires après 1918. Durant l'entre-deux-guerres, la Lorraine voit l'édification de la ligne Maginot, qui va se révéler stratégiquement inutile. La Moselle est de nouveau annexée en 1940. À partir d', cette annexion de fait permet à l'Allemagne nazie d'incorporer de force les jeunes Mosellans dans les armées du Troisième Reich. La libération de la Lorraine se fait par étapes à partir du et se termine le . La première phase de la campagne de Lorraine, menée par la IIIe armée américaine, se termine par la victoire des Alliés dans les secteurs de Nancy, Lunéville, Épinal, Saint-Dié, Thionville, Sarrebourg et Metz, où les opérations durent trois mois. La seconde phase de la campagne, menée par la VIIe armée américaine, voit la libération des territoires mosellans encore occupés après . L'opération Undertone marque la fin des combats dans cette zone du front, permettant la libération de Forbach le , de Bitche le , et de Sturzelbronn le . Lorraine, région européenne. L'après-guerre se révèle une période prospère pour la région disposant de réserves de matières premières quasi intactes. De nombreux immigrants, principalement d'Italie et de Pologne, viennent s'y installer. Ceci a pour conséquence un accroissement de la population et fait progresser la Lorraine au rang de économique français. Depuis la fin des Trente Glorieuses, la Lorraine, comme d'autres régions industrielles qui ont fait la richesse nationale, est touchée par d'importantes restructurations. Économie. La Lorraine a été une région fortement marquée par l'activité industrielle. Avec le déclin de l'activité minière, une réorientation est en cours et on assiste à l'implantation de sociétés dans des domaines des nouvelles technologies (énergie, électronique…). La région profite des échanges frontaliers avec le Luxembourg, la Belgique et l'Allemagne. Avec 44 milliards d'euros, l'économie de la Lorraine produit 3,4 % du PIB français, ce qui situe la région Lorraine à la des régions françaises (avant la réforme territoriale). Administration. En 2015, la région Lorraine comprenait 4 départements, 19 arrondissements, 157 cantons et communes. Région. Le siège du Conseil régional ainsi que du Conseil économique social et environnemental de Lorraine se trouvaient à Metz. Dans l'histoire, Metz et Nancy ont tour à tour assumé des rôles prédominants en Lorraine, rôles parfois complémentaires ou parfois antagonistes. Il en a résulté une répartition des sièges des directions régionales de l'État entre les deux villes ainsi qu'une certaine rivalité, aujourd'hui avec le développement harmonieux du « Sillon lorrain » (dit aussi « sillon mosellan » les deux villes se développant dans le bassin versant de cette rivière). Par ailleurs, la chambre régionale des comptes de Champagne-Ardenne et de Lorraine était située à Épinal. Avec la création de la nouvelle entité administrative Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, le siège de cette institution responsable du nouveau territoire a été transféré à Strasbourg, au grand dam des élus lorrains. Le poids de l'histoire se fait également sentir, la Moselle actuelle (obtenue en démembrant les anciens départements de la Moselle et de la Meurthe), ayant été annexée entre 1871 et 1918 et de nouveau de 1940 à 1944 voire 1945 pour certains villages, la Meurthe absorbant alors la quasi-totalité du Pays-Haut (partie de l'ancienne Moselle non annexée) pour devenir la Meurthe-et-Moselle. De nombreux Mosellans ont eu ainsi le choix à l'époque de résister en restant en Moselle et devenir allemands (pour maintenir une présence française dans ce département annexé) ou bien de partir dans un autre département français pour marquer leur opposition à l'annexion et rester français. Il en subsiste des particularités, comme le droit local, dans le régime des cultes ou le fonctionnement de la Sécurité sociale et des associations. Dans le domaine de l'éducation, la Moselle fait partie de l'académie de Strasbourg entre 1919 et 1971, puis est intégrée à l'académie de Nancy-Metz en 1972. Il en est de même pour les universités, réunies en Pôle universitaire européen. Au premier janvier 2012, l’Institut national polytechnique de Lorraine, les universités de Metz, Nancy-I et Nancy-II fusionnent pour créer l’université de Lorraine. Dans le cadre de la loi de réforme territoriale promulguée le , la Lorraine a fusionné le avec les régions Alsace et Champagne-Ardenne pour former une nouvelle collectivité territoriale qui sera ultérieurement dénommée « région Grand Est ». Au niveau européen. La région Lorraine est également membre de la coopération inter-régionale transfrontalière « Saar-Lor-Lux » qui regroupe outre la Lorraine, le Luxembourg, le Land allemand de la Sarre auxquels sont associés au sein de la Grande Région, la Rhénanie-Palatinat et la Région wallonne en Belgique. Le département de la Moselle fait partiellement partie de l'Eurodistrict SaarMoselle (GECT). La Lorraine gaumaise est née dans le cadre d'un projet interreg IV-A Grande Région en 2012. Elle rappelle qu'historiquement la Lorraine s'étendait au-delà des frontières nationales actuelles. Transports. Les axes de transport de Lorraine se sont structurés sur une direction nord-sud, suivant le cours de la Moselle. Elle est traversée par la route de l'ambre vers l'Ouest méditerranéen, puis la voie romaine Lyon-Cologne. S'y ajoutaient des perpendiculaires, permettant de relier Seine et Rhin comme les voies romaines Reims-Toul ou Verdun-Metz. Encore aujourd'hui, l'axe majeur de transport en Lorraine est le sillon mosellan, appelé également « sillon lorrain » (Épinal, Nancy, Metz, Thionville) qui traverse la partie est de la région, en provenance du massif Vosgien au sud et s'ouvre au nord sur le Luxembourg, la Belgique et l'Allemagne. Sur la majeure partie de cet axe se côtoient l'autoroute A31 (Dijon-Luxembourg), les canaux à grand gabarit et les voies ferrées. Il est complété par la Magistrale européenne Paris-Budapest, emprunté par la LGV Est, l'autoroute A4 et la RN4. Réseau routier et autoroutier. L'autoroute A31 traverse la région du nord au sud. Elle pose aujourd'hui des problèmes de saturation et il a été envisagé de la délester en construisant l'autoroute A32 ; ce projet a été abandonné au profit d'aménagements de l'A31 en juillet 2010. Des élus lorrains voient d'un mauvais œil la possibilité laissée à l'Alsace de taxer les poids-lourds : cette mesure risque de déporter une partie du trafic vers l'autoroute lorraine. Les axes transversaux principaux sont l'autoroute A4 reliant Paris à Strasbourg en passant par Metz et la route nationale 4 qui relie Paris à Strasbourg via Nancy. L'autoroute A4 permet une liaison avec Sarrebruck en Allemagne (par l'A320) et avec Strasbourg. La RN4 est l'axe le plus court entre Paris et Strasbourg ; elle n'est cependant pas à deux fois deux voies sur toute sa longueur et permet donc une liaison Paris-Strasbourg moins directe que via Metz par l'autoroute A4. Les liaisons avec l'Alsace sont moins aisées dans le sud de la région, malgré le col de Bussang et la réouverture du tunnel Maurice-Lemaire qui améliorera le trafic. Les liaisons avec la Franche-Comté et le Territoire de Belfort sont relativement bonnes via les Routes Nationales 57 (actuellement - 2012 - en travaux pour un passage en 2x2, et dont la mise en service est prévue à l'été 2013) et 66. Le Laboratoire lorrain en informatique et ses applications (LORIA) travaille en collaboration avec Padam Mobility pour offrir une solution d'intelligence artificielle aux services de transport à la demande : les trajets font alors l'objet d'une optimisation par le logiciel d'itinéraire. Cet algorithme est utilisé par exemple par Flex'Hop de la Compagnie des transports strasbourgeois. Transport ferroviaire. Le premier train de l'histoire de la Lorraine relia Metz à Nancy le 10 juillet 1850 en 2h15. Cette première ligne fut prolongée en 1852 vers la Prusse. En Alsace et en Moselle, les trains circulent à droite sur les lignes à double voies, héritage de la période du "Reichsland", alors qu'ils circulent à gauche dans le reste de la région comme sur l'ensemble du réseau ferré national. La Lorraine est traversée, d'ouest en est, par la LGV Est européenne. Cette ligne a grande vitesse, ouverte en deux phases en juin 2007 et juillet 2016, a été en partie financée par l'ancienne région Lorraine. Elle relie Paris à Strasbourg en desservant Metz et Nancy ainsi que deux nouvelles gares TGV : gare de Meuse TGV et la gare de Lorraine TGV. La région dispose aussi de bonnes liaisons par le train via le réseau TER Lorraine dont l'appellation commerciale est Métrolor. Pour le trafic voyageurs, ce sont les liaisons vers le sud qui sont les plus difficiles. La ligne Luxembourg - Dijon présente un tracé peu favorable et est fortement utilisée par les convois de fret. La coopérative d’intérêt collectif Railcoop étudie une relation Thionville-Lyon, qui desservirait Metz et Nancy. Par ailleurs la quasi absence de liaisons ferroviaires vers la Franche-Comté est à déplorer. Dans le cadre de la mise en service du TGV Rhin-Rhône, il est donc envisagé de poursuivre l'électrification de la ligne Blainville-Damelevières - Lure au-delà d'Épinal pour améliorer les liaisons ferroviaires vers Belfort. Les autres projets sont l'amélioration de la ligne Lérouville - Sarrebruck utilisée par les TGV reliant Paris à Francfort, ainsi que le probable déplacement de la gare de Lorraine TGV à Vandières. Un Réseau express métropolitain (REM) pourrait voir le jour dans le sillon lorrain en 2028, et intéresserait également Luxembourg-Ville. La Lorraine est également traversée par plusieurs grands axes de fret. La plus importante gare de triage de France est située à Woippy, au nord de Metz. Le trafic fret concernait 44 % des circulations en 2002, contre 29 % pour le TER, 20 % pour les acheminement de matériel et 7 % pour les grandes lignes. Au milieu des années 2000, la Lorraine représentait ainsi a elle seule 22 % du chiffre d'affaires fret de la SNCF. La réhabilitation de la ligne de Nançois - Tronville à Neufchâteau est une condition "sine qua non" de la réalisation du projet de stockage des déchets radioactifs en couche géologique profonde Cigéo. Aussi la Commission nationale du débat public (CNDP), dans une décision du 13 janvier 2021, nomme-t-elle Jean-Daniel Vazelle et Luc Martin garants de la concertation préalable sur le . Transport fluvial. Le transport fluvial est aussi très présent à la fois par la Moselle canalisée et avec un réseau relativement dense de canaux. La Lorraine est en effet traversée par de nombreux canaux : le canal des Salines de l'Est (inachevé), le canal de la Marne au Rhin, créé en 1853, relie d'importantes villes de Lorraine comme Bar-le-Duc, Toul et Nancy, et permet de rallier la région parisienne à une extrémité et l'Alsace et le Rhin par l'autre. Le canal de l'Est comprend deux branches : l'une appelée branche Nord permet de rallier le Benelux et les ports de la mer du Nord, tandis que la branche Sud permet la communication avec la Saône et le Rhône. Enfin, par le canal des houillères de la Sarre qui draine l'est mosellan, on peut réaliser la jonction avec Sarrebruck. Tous ces canaux sont, contrairement à la Moselle canalisée, au gabarit Freycinet (péniche de chargeant au maximum à d'enfoncement). 25 % des échanges internationaux de la Lorraine passent par voie d’eau. La Moselle canalisée accueille déjà un trafic très important : 10 millions de tonnes par an de marchandises sont chargées et déchargées sur ses ports soit plus de 95 % du trafic fluvial en Lorraine. L’augmentation de la hauteur libre entre Metz et la frontière franco-luxembourgeoise par le rehaussement des ponts a été réalisée par le Conseil régional afin de garantir le passage de bateaux chargés de trois couches de conteneurs. Au total, la région compte de voies navigables et quatre grands ports fluviaux commerciaux : le nouveau port de Metz (premier port céréalier de France et le sixième port fluvial français), le port de Nancy-Frouard, le port de Metz-Mazerolle et le port d'Illange (à proximité de Thionville). La région présente également de nombreux ports de plaisance. Un canal à grand gabarit entre la Moselle et la Saône est en projet. D'une longueur d'environ , il irait de Neuves-Maisons jusqu'à Saint-Jean-de-Losne en Bourgogne. Transport aérien. L'aéroport de Metz-Nancy-Lorraine est ouvert depuis 1991. Situé en Moselle, à au sud de Metz et au nord de Nancy, il n'a pas eu le succès escompté. Des vols réguliers directs desservent Lyon, Nice, Marseille, Toulouse, Ajaccio et Bastia, ainsi qu'Alger et Constantine. En période estivale seuls des vols internationaux desservent l'Italie, le Maghreb, l'Égypte, la Grèce. Avant l’ouverture de Metz-Nancy-Lorraine les liaisons civiles étaient assurées par les aéroports de Nancy-Essey et de Metz-Frescaty. Les premières études datent de 1974, quand la région choisit le site de Louvigny dans le cadre de la préparation du Plan. Ce projet est accepté par l’État l’année suivante, avec, chose inédite, un financement exclusivement local et une mise en service programmée pour 1983-1985. Des implémentations alternative comme Phalsbourg ou Toul-Rosières sont proposées, puis finalement le projet sombre dans l’oubli. La construction débuta le et s’acheva officieusement durant l’été de 1991 par l’envol de plus de à partir de la nouvelle plate-forme aéroportuaire. L’inauguration a eu lieu le à . Le premier avion d’une ligne régulière décolla le à à destination de Marseille. L’aéroport aura coûté en francs actualisés (valeur 1992); financé à 35 % par l’État, 35 % par la Région, 18 % par l’Europe, à 7 % par le département de Meurthe-et-Moselle, 3 % la ville de Metz et 3 % par la ville de Nancy. Le département de la Moselle n’a pas souhaité contribuer au financement. L'aéroport est géré directement par la région administrative Grand Est. Tourisme. Le tourisme en Lorraine est une activité déjà très ancienne et qui connait actuellement un regain. Axés autrefois principalement sur le thermalisme (Plombières, Contrexéville), les pèlerinages (basilique de Saint-Nicolas-de-Port, basilique du Bois-Chenu de Domrémy, Basilique Saint-Pierre-Fourier de Mattaincourt, Basilique Notre-Dame de Sion et basilique Notre-Dame-de-Bon-Secours de Saint-Avold…) et le tourisme militaire (Verdun, la ligne Maginot), la région tente de diversifier ses atouts. La Lorraine n'est que la en termes de part de marché sur l’ensemble des séjours touristiques. Cependant la région a su mettre en valeur un patrimoine riche, mais aussi divers et varié. Les principaux centres touristiques sont les parcs naturels, les musées, les sites militaires, les monuments ( et sites historiques), la gastronomie et les métiers d'art. S'y rajoute le tourisme industriel, secteur en plein développement. La région, grâce au massif des Vosges dont une partie est classée réserve mondiale de biosphère par l'UNESCO, bénéficie aussi de visites touristiques sportives hivernales, l'été étant plutôt consacré à la visite des espaces naturels et historiques, des édifices religieux des principales villes et du développement de l'artisanat notamment en Meurthe-et-Moselle et en Moselle. Le pays du Verre et du Cristal regroupe plusieurs communes qui ont accueilli l'art verrier. On peut noter les villages de Meisenthal (qui abrite aujourd'hui encore le Musée du verre et du cristal ainsi que la Halle Verrière de Meisenthal réhabilitée en un lieu de création et de diffusion culturelle), Goetzenbruck (où l'art des vitraux et l'industrie du verre à lunette sont encore présents), Lemberg ou encore Saint-Louis-lès-Bitche et Baccarat (où les célèbres cristaux sont toujours fabriqués). La lutherie d'art reste quant à elle liée à la région de Mirecourt dans le département des Vosges. D'autres manufactures prestigieuses continuent d'exercer. Ces manufactures séculaires travaillent pour le monde du luxe et fabriquent pour Pierre Frey textile, Kenzo, Sir Elton John, Tiffany & Co de New York, The American Friends of Versailles… et produisent des collections propres que l'on retrouve aux quatre coins du monde. Toutes ces entreprises sont accessibles aux visiteurs sur rendez-vous, et le siège de l'une d'entre elles, la faïencerie de Niderviller fondée en 1735 en Moselle est classée à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Vous pouvez aussi découvrir la cristallerie de Portieux fondée en 1705 dans les Vosges, la cristallerie de Vallérysthal fondée en 1707 en Moselle et les manufactures Royales de Faïence de Lunéville & Saint-Clément fondées en 1730 & 1758 en Meurthe-et-Moselle. Depuis le début de la fermeture des mines de Lorraine, le tourisme industriel est en plein développement. Le musée de la mine à Neufchef présente les différentes installations du début jusqu'à la fermeture des mines de fer de Lorraine. Il en va de même pour le parc du haut fourneau U4 à Uckange. Symbole fort du patrimoine industriel de la vallée de la Fensch sauvegardé grâce à son inscription à l’inventaire des monuments historiques, le U4 est le dernier des six hauts-fourneaux de l’usine d’Uckange ; il est aujourd’hui l’un des rares vestiges de la sidérurgie du conservé en France. Dans l'ancien Bassin Houiller à Petite-Rosselle, le Musée du carreau Wendel est le seul site minier français invitant à partir à la découverte des différentes techniques d'exploitation du charbon, utilisées jusqu'à la fermeture de la dernière mine française en 2004. Nancy jouit de nombreux atouts culturels qui en font une ville d'art et d'histoire remarquable. Le classement sur la liste du patrimoine mondial l'UNESCO de l'ensemble architectural du de la Place Stanislas, place d'Alliance et place de la Carrière en font une destination de premier choix. Nancy connait également un fleurissement des arts à la Renaissance (palais des ducs de Lorraine, hôtels particuliers de la Ville Vieille, George De La Tour…). Nancy fut également la capitale française de l'Art Nouveau au début du avec la création de l'École de Nancy (Gallé, Daum, Majorelle…) et la construction de plus de et maisons art nouveau désormais classés. À Metz, le Centre Pompidou-Metz, musée d'art moderne, est devenu une attraction nationale et même internationale depuis sa construction (exposition Sol Lewitt inaugurée en mars 2012). Son célèbre Marché-aux-Puces est le second de France. Depuis 2007, la ville de Metz a engagé une démarche visant l'inscription au Patrimoine mondial par l'UNESCO de son quartier impérial. La ville s'enorgueillit aussi de sa célèbre cathédrale Saint-Étienne de Metz non seulement la cathédrale de France ayant la plus grande surface vitrée (près de ) mais également celle qui présente les plus grandes verrières gothiques d’Europe. Amnéville-les-Thermes a développé un centre touristique et de loisirs dans le bois de Coulange, doté d'une cité thermale et d'un casino. De nombreux équipements permettent des divertissements variés, notamment avec un zoo et une piste de "", le « snow hall d'Amnéville », un aquarium, un musée de la moto et du vélo, ainsi qu'une piscine-patinoire. Verdun, haut lieu historique et capitale mondiale de la Paix depuis 1966, ainsi que ses champs de bataille, proposent aux touristes des parcours diversifiés. Depuis 1994, son ancien palais épiscopal abrite le Centre mondial de la paix. La reconnaissance de ce patrimoine militaire à Verdun, mais aussi à Toul, Metz et Épinal, devrait générer des opportunités nouvelles pour le développement touristique. Labellisée « Ville d'art et d'histoire », Bar-le-Duc est située au cœur de la Lorraine Champenoise. Sa ville haute constitue un des ensembles urbains de style et d'époque Renaissance les plus remarquables de France. La Lorraine gaumaise est un espace culturel et touristique transfrontalier formé par le pays de Montmédy (Meuse) et la partie méridionale de la Gaume (territoires de Florenville et de Virton). Au niveau architectural, les sites majeurs de la Lorraine gaumaise sont la Citadelle de Montmédy, la Basilique d'Avioth, la Cité renaissance de Marville, le château de Louppy-sur-Loison, l'abbaye d'Orval, le château d’Herbeumont et le château de Montquintin. Sa situation géographique, entre le massif ardennais et les côtes lorraines, explique la diversité de ses paysages. Population et société. Démographie. Entre 2006 et 2012, la population lorraine a augmenté en moyenne de 0,1 % par an. La population légale de la Lorraine est de au janvier 2012. Depuis 1999, la population de la région augmente, après trente ans de stabilité. À la fin des années 1980, l’excédent naturel a pris le dessus sur le déficit migratoire. La croissance démographique se concentre dans le sillon lorrain, et plus particulièrement dans les territoires périurbains. À l’inverse, le sud de la région souffre d’une baisse importante de sa population sauf la communauté de communes de Dompaire. Villes et métropoles lorraines. Les deux principales aires urbaines de Lorraine sont respectivement celle de Nancy, première aire urbaine régionale regroupant en 2010, et celle de Metz, qui comptait la même année. Ces deux agglomérations sont suivies par celle de Thionville avec . Si la conurbation de celle de Forbach ne compte que en Moselle, elle se prolonge dans la Sarre pour former Sarrebruck-Forbach qui totalise plus de . Épinal est la principale ville des Vosges avec et Verdun celle de la Meuse avec . Malgré les conséquences de l'histoire récente sur le découpage départemental et les enjeux de pouvoir entre Metz et Nancy, les outils de la statistique comme de la sémantique peinent à résoudre les contradictions de définition et de hiérarchisation des aires géographiques à travers les modèles territoriaux existants de « métropole », « agglomération », « zone d'emploi » sur lesquels toute politique nationale ou européenne puisse opérer. Dans les années 1970, l'OREAM-Lorraine a tenté de promouvoir la réalisation d'une métropole lorraine bipolaire continue (Metz-Nancy), restée à l'état d'utopie tant le développement urbain en Lorraine (pôles anciens, importantes conurbations des bassins industriels, dynamiques transfrontalières, etc.) est un phénomène complexe et multipolaire. Metz. Au confluent de la Moselle et de la Seille, préfecture du département de la Moselle et anciennement de la région Lorraine, Metz, la Divodorum gallo-romaine, au passé trois fois millénaire, possède un riche patrimoine urbain allant des époques antique (musées de la Cour d'Or), médiévale (place Saint-Louis), Renaissance (maison des Têtes) et classique (place d'Armes, Opéra-théâtre) à l'époque actuelle (église sainte Thérèse, centre Pompidou-Metz). La cathédrale Saint-Étienne est la troisième de France en hauteur de nef (après Amiens et Beauvais), et possède la plus grande surface de vitraux de France (près de de vitraux). L'une de ses tours appelée « tour de la Mutte » abrite une imposante cloche d'origine médiévale pesant onze tonnes et mesurant de diamètre. La cathédrale Saint-Étienne fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le . Le quartier impérial, édifié au cours de l'annexion de l'Alsace-Lorraine, a été proposé pour classement au Patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO. Metz est surnommée « ville jardin » du fait de la présence continue de l’eau et de jardins intégrés à la ville. Le Centre Pompidou-Metz ouvert en 2010 est une annexe décentralisée du centre national d'art et de culture Georges-Pompidou de Paris. C'est un musée consacré à l’art moderne et contemporain, qui a pour projet culturel la présentation d’expositions temporaires et la programmation de spectacles vivants, de séances de cinéma et de conférences dans deux salles spéciales, le Studio et l’Auditorium Wendel. Des ateliers permanents sont destinés à l’initiation artistique des enfants et des adolescents et complétés par des temps forts destinés à valoriser la créativité des jeunes publics. La ville de Metz abrite un pôle universitaire créé en 1970 et qui aujourd'hui fait partie du grand établissement Université de Lorraine. Elle porte depuis 2005 le nom de Paul Verlaine, poète né à Metz en 1844. Elle accueille, en 2010, plus de et en formation continue. Nancy. Ancienne capitale des ducs de Lorraine, située sur la Meurthe, aujourd'hui chef-lieu du département de Meurthe-et-Moselle, Nancy possède un riche patrimoine urbanistique, d'une part via la ville médiévale et la ville Renaissance, mais surtout par les célèbres place Stanislas et ses places voisines de la Carrière et d'Alliance, toutes les trois classées au patrimoine mondial de l'UNESCO. Un vaste secteur sauvegardé de englobe le centre historique, et notamment le palais ducal et les hôtels particuliers de la Renaissance ou de la période Classique. En effet, l'urbanisation de Nancy est originale : au cœur initial de la ville édifiée au Moyen Âge fut jouxtée, à la Renaissance, la ville-neuve, un projet urbanistique particulièrement innovant pour l'époque. Ces deux villes étaient fortifiées, ainsi la ville conserve huit portes fortifiées dont la plus ancienne est la fameuse porte de la Craffe, datant du . L'ensemble fut relié ensemble au par le complexe urbanistique édifié sous le règne de Stanislas. Le palais des Ducs de Lorraine ainsi que l'église des Cordeliers, lieu de sépulture des ducs de Lorraine furent classés dès 1840, sur la première liste des Monuments Historiques. La ville est également connue comme un centre important de l'Art nouveau grâce au mouvement artistique de l'école de Nancy, dont la ville conserve de nombreux bâtiments classés. Ce riche passé artistique et historique a fait de Nancy une ville de musées avec le Musée Lorrain, le Musée des Beaux-Arts, le Museum-Aquarium, le Musée de l'école de Nancy et le Musée de l'histoire du fer. Avec étudiants, Nancy est aussi la universitaire de France. En effet, peu après être devenue française, l'ancienne capitale des ducs a obtenu le transfert en ses murs de l'Université de Pont-à-Mousson, créée en 1572, dont et, après l'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Allemagne, celui de l'université de Strasbourg. La ville possède ainsi de nombreuses facultés et écoles d'ingénieurs qui font partie du grand établissement Université de Lorraine. L’Université de Lorraine promeut la mutualisation des savoirs. Des sciences fondamentales aux sciences humaines, elle crée des éco-systèmes trans-disciplinaires au service de l’innovation, qui accélèrent le passage de la connaissance aux applications. Elle est actrice du développement économique et social du territoire. Elle développe des liens interculturels et intergénérationnels au cœur de la région campus, mène une politique scientifique coordonnée à l’échelle régionale et favorise l’accès du plus grand nombre à l’enseignement supérieur. Épinal. Préfecture du département des Vosges, située sur la Moselle, Épinal possède un intéressant quartier historique situé sur la rive droite de la Moselle, de nombreux édifices religieux, publiques et places le composent. Le château d'Épinal et les ruines de l'ancienne forteresse dominent la ville à d'altitude avec un parc animalier en plein air gratuit. La cité vosgienne est aussi connue pour son imagerie que l'on peut redécouvrir à travers un musée. Pistes de ski de Gérardmer et La Bresse, etc. Bar-le-Duc. Préfecture du département de la Meuse, ancienne capitale du duché de Bar, la ville se situe sur l'Ornain et est divisée en deux parties : Verdun. Siège d'un diocèse épiscopal, la ville est riche en édifices historiques et religieux divers et malheureusement méconnus. Sa cathédrale Notre-Dame de Verdun, à la fois romane, gothique et Classique est classée monument historique par arrêté du 30 octobre 1906. Le cloître est classé monument historique par arrêté du 13 juillet 1907. Sa synagogue ainsi que l'ancienne maison du rabbin, font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 7 octobre 2002. Verdun abrite le Centre mondial de la paix depuis 1994. Son Mémorial de la Paix accueillait à lui seul environ touristes en 2005. Près des trois-quarts de l'armée française a combattu à Verdun en 1916. Bataille franco-allemande, des forces coloniales y furent également engagées. De par son ampleur et la violence des combats menés, la bataille de 1916 marque un des temps forts de la Première Guerre mondiale. Elle est ainsi devenue, dans la conscience collective, le symbole de la Grande Guerre dont elle représente le paroxysme des combats. Elle résume à elle seule la Grande Guerre dans toutes ses composantes et fait de Verdun son lieu de mémoire emblématique. Vie militaire. La Lorraine est une région de tradition militaire. Elle a cependant été particulièrement touchée par les diverses restructurations de l'armée française au cours des années 1990 et 2000 avec la dissolution des garnisons de Commercy et de Morhange, la fermeture de la base hélicoptères de Nancy-Essey et des bases aériennes de Metz-Frescaty et Toul-Rosières. Malgré tout, la présence militaire en Lorraine demeure particulièrement importante avec notamment : Culture. De par sa position géographique, et de par son bilinguisme - on y parle le Lorrain roman et le francique lorrain - la Lorraine fut un lieu d'échanges privilégiés entre la culture romane puis française et les cultures germaniques. En effet, Augustin Calmet cite comme suit : . C'est ainsi que de nombreuses innovations ont fait leur entrée en Lorraine avant de se répandre dans le reste de la France (musique, gastronomie, etc.) ou inversement vers l'Allemagne et l'Europe centrale. Un des exemples peut être l'armoire lorraine, en France les armoires n'ont pas de rangements horizontaux en bas de l'armoire, en Allemagne, il y en a généralement un assez gros, en Lorraine, il y en a deux petits. À l’époque mérovingienne la Lorraine a été un centre politique mais aussi un foyer culturel important. Ses nombreux monastères et leurs scriptoriums jouèrent un grand rôle dans la conservation du savoir et le développement des enluminures (École de Metz). La Lorraine, au cœur de l'empire fondé par Charlemagne fut également l'un des centres de la renaissance carolingienne avec des personnalités majeures comme Chrodegang qui introduisit entre autres le chant grégorien par l'intermédiaire des moines de l'abbaye de Gorze. Le Moyen Âge fut également marqué par l'édification d'églises et de cathédrales audacieuses : à la période romane, la cathédrale de Verdun deviendra la source d'inspiration des cathédrales rhénanes, tandis qu'au , la Cathédrale de Toul, également héritière d'un plan carolingien, fera la synthèse des influences Françaises et Impériales. Quant à la cathédrale de Metz, elle devient l'un des fleurons du gothique avec son impressionnante élévation et son importante surface vitrée. L'Europe se pacifie considérablement après la bataille de Nancy, en 1477, qui éradique la possibilité d'émergence d'un d'état puissant entre Royaume de France et Saint-Empire. Cette période de paix est favorable à la création artistique, c'est à ce moment qu'apparait une première Renaissance Lorraine (Palais Ducal de Nancy...) dont l'âge d'or sera le règne du Duc Charles III de Lorraine avec la création de l'Université de Pont-à-Mousson ainsi que l'édification de la ville-neuve de Nancy, œuvre urbanistique étonnante puisqu'elle établi une nouvelle-ville à côté de la ville médiévale. La Renaissance Lorraine prendra fin avec la guerre de Trente Ans (1618). Le rayonnement culturel lorrain à la Renaissance voit la reconnaissance d'artistes majeurs comme Ligier Richier pour la sculpture, Georges de La Tour en peinture, Jacques Callot pour la gravure. Après la guerre de Trente Ans, un nouvel âge d'or artistique eut également lieu à la période classique, avant d'être le berceau de courants culturels originaux dont le plus fameux est assurément l'art nouveau, porté en France par l"École de Nancy". La Lorraine est également riche de nombreux artistes et musiciens professionnels. Ainsi la Région Lorraine célèbre chaque année une grande Fête de la Musique le 21 juin en invitant des musiciens de toute la Région ainsi que des facteurs d'instruments qui ont fait la valeur de la région (luthiers, facteurs d'orgues, etc.). Depuis 2007, une Fête de l'Excellence est organisée tous les ans dans différents villages de Lorraine : à Bruley en 2007, à Marly en 2008 et à Gérardmer en 2009. La manifestation rassemble au cours d'un week-end les artisans régionaux en métiers d'art et gastronomie, qui viennent présenter leurs savoir-faire au grand public. Emblèmes. La plupart de ces symboles sont représentés sur la flèche du palais ducal de Nancy (ci-dessus), notamment les célèbres Alérions du Blason, le tout étant surmonté de la couronne princière. En 2010, une pièce de en argent, gravée par Joaquin Jimenez, a été mise en circulation en Lorraine. Elle représente le drapeau armorié et la carte de la région. Elle a cours légal dans toute la France. Gastronomie. Comme dans beaucoup de régions de France, la gastronomie tient une place importante. Réputée pour sa quiche lorraine, la Lorraine a également une cuisine riche en plats traditionnels. La région propose des spécialités culinaires de haute réputation. La Moselle, le Bayonnais et le Xaintois sont connus pour leurs recettes à base de mirabelle (tarte, eau de vie, crème, liqueur…). La vallée de la Fensch a aussi sa spécialité, la wagotine. Nancy est réputée pour son boudin, ses macarons, ses bergamotes, ses florentines de sœurs et ses chocolats, mais est aussi la ville où furent inventés le baba au rhum et la bouchée à la reine, le Lunévillois pour le pâté lorrain et l'oriquette (brioche), le Toulois pour sa tarte aux pavots, Boulay-Moselle également pour ses macarons, Verdun pour ses dragées et ses chocolats, Saint-Mihel pour ses rochers et ses croquets, Stenay pour ses "biscuits cochon", Metz pour sa tarte au me'gin, ses macarons Paris-Metz et ses chocolats, Commercy et Liverdun pour leurs madeleines, Bar-le-Duc pour son caviar lorrain (confiture), Rambervillers pour sa tête de veau, Vittel pour ses grenouilles, Saint-Dié pour son pain gallu, Remiremont pour ses nonettes de pain d'épice fourré et son Bras de Vénus, La Bresse pour ses confiseries et le miel de sapin des Vosges, la vallée de Clefey pour ses conottes, Le Val d'Ajol pour son andouille. La potée lorraine est un plat paysan à base de pommes de terre, de chou et de viande de porc provenant des milieux agricoles de la région. Autres spécialités et produits du terroir: petit salé, choucroute lorraine, tourte lorraine, tarte aux oignons, pankoufes, kneppes, houds, fuseau lorrain, gros lorrain, gras-double lorrain, foie gras, perche à la Savigny, brochet à la lorraine, lapereau en gelée, cochon de lait en gelée, ragout d'anguilles à la meusienne, soupe de poissons, soupe à l'oignon, fricassée de volaille, échine de porc à la lorraine, vautes (crêpes), perle de lorraine (pâte de fruit), fraise de Woippy, myrtille des Vosges, groseille, rhubarbe, pommes, quetsches, fruits au sirop, géromé (fromage), brouère (fromage), cidre fermier, vins des côtes-de-toul, des côtes-de-moselle, des côtes-de-meuse, eaux-de-vie de framboise, de poire, de quetsche, de cerise. La Mirabelle de Lorraine détient même une IGP étendue aux mirabelles surgelées depuis 2009. La Lorraine est la troisième région brassicole de France après l'Alsace et le Nord-Pas-de-Calais. Au début du , la région comptait . Aujourd'hui, la Brasserie de Champigneulles est la dernière grande brasserie lorraine encore en activité mais il existe de nombreuses brasseries artisanales (ou microbrasseries). La culture de la bière en Lorraine est toujours vivante grâce notamment à plusieurs musées : le Musée Européen de la Bière de Stenay dans la Meuse, le Musée français de la brasserie de Saint-Nicolas-de-Port en Meurthe-et-Moselle et l'Écomusée vosgien de la brasserie de Ville-sur-Illon dans les Vosges. Personnalités lorraines. De très nombreuses personnalités sont originaires de Lorraine ou ont marqué la Lorraine de leur empreinte. La liste de ces personnalités étant trop longue, nous ne retiendrons qu'un seul nom : Saint Nicolas, personnage emblématique de la région, patron de la Lorraine et des Lorrains. L'église Saint-Nicolas-des-Lorrains de Rome lui est dédiée. Jumelages. La région Lorraine est jumelée avec la Sarre et la Rhénanie-Palatinat. La Lorraine a entamé très tôt une collaboration avec les Länder frontaliers, afin de parvenir à une plus grande intégration transfrontalière. Ce processus a abouti en 1995 à la création de la Grande Région, qui associe la Lorraine et ses deux partenaires allemands à leurs voisins belges et luxembourgeois. De nombreux projets de coopération ont depuis été mis en œuvre, dans tous les domaines (transports, santé, culture, éducation, recherche, etc.).
Landes (département) Les Landes ( ; en occitan : "Las Lanas" ) sont un département du Sud-Ouest de la France, relevant géographiquement du « Midi atlantique ». Rattaché administrativement à la région Nouvelle-Aquitaine, il est divisé en deux arrondissements et porte le numéro 40 dans la numérotation départementale française. Sa préfecture est Mont-de-Marsan. Histoire. Le département des Landes été créé à la Révolution française le en application de la loi du , à partir d'une partie de la province de Guyenne et Gascogne. Plus précisément, diverses entités territoriales héritées de l'Ancien Régime ont alors été réunies, ce qui confère à ce territoire administratif une certaine hétérogénéité entre la Chalosse agricole, plutôt tournée vers le Béarn, et la forêt plus proche de la Gironde. À l'orée de l'époque contemporaine (1789-1850), le département était en partie couvert de landes mal drainées (sur environ 60 % à 70 % de l'espace), landes qui lui ont paradoxalement donné son nom, alors que la frange sud était constituée de coteaux aux sols riches, cultivés et boisés. Cette lande était entretenue par écobuage afin de pourvoir en nourriture les grands troupeaux de moutons (entre et 1 million de bêtes en 1850), surveillés par des bergers montés sur des échasses ; l'usage de ces dernières permettait d'accomplir plus facilement de grandes distances (15 à 20 kilomètres par jour), tout en surveillant le troupeau, du fait d'une quasi absence de relief. Avant la loi relative à l'assainissement et de mise en culture des Landes de Gascogne du 19 juin 1857, le régime agropastoral est généralisé : il puise sa force dans le libre usage des communaux majoritaires. Puis la systématisation des plantations de pins (exploités pour leur résine et leur bois), accompagnée de la vente des communaux durant la deuxième moitié du , a complètement modifié le paysage et l'économie des deux tiers du département, tout en contribuant à son enrichissement rapide. Jusqu'au le département des Landes faisait partie de l'ancienne région Aquitaine. Géographie. Le département des Landes fait partie de la région Nouvelle-Aquitaine. Il est limitrophe des départements de la Gironde, du Lot-et-Garonne, du Gers et des Pyrénées-Atlantiques, et est baigné par l'océan Atlantique le long d'une côte sableuse de bordée de hautes dunes (portion de la côte d'Argent). C'est le deuxième département le plus vaste de France métropolitaine après la Gironde. Il est principalement divisé en deux parties : les Landes de Gascogne et le Pays de l'Adour. La forêt des Landes est la plus grande forêt de France. Elle couvrait environ 67 % du département avant la tempête Klaus de , dans sa partie nord, et couvre également une grande partie de la Gironde et du Lot-et-Garonne (arrondissement de Nérac). La principale essence est le pin maritime. Mais la forêt des Landes n'occupe pas toute la superficie. Au sud du département, au-delà de l'Adour, se trouve la Chalosse, pays plus vallonné et verdoyant, terre agricole partagée entre les élevages de bœufs et de canards et la culture du maïs, ainsi que le vignoble du Tursan à l'est. Les points extrêmes du département : La ville ayant le plus grand nombre d'habitants est Mont-de-Marsan (30 629 hab.) et Baudignan (53 hab.) est la ville comptant le moins d'habitants. Territoires et pays. Sous l'Ancien Régime, le territoire des Landes actuelles faisait partie de la province de Gascogne et comprenait plusieurs pays naturels, dont la forme, la taille, les frontières et les appellations ont pu changer au cours du temps. Au moment de la création des départements, un grand ensemble homogène a été divisé de la façon suivante : Climat. Le climat est de type océanique, marqué par des hivers doux et des températures estivales plutôt chaudes. Les pluies sont réparties en toutes saisons, rarement violentes mais plus importantes en automne et hiver. Les vents océaniques soufflant du nord–ouest au sud–ouest dominent largement et soufflent parfois en tempête dévastatrice, comme en 2009, avec Klaus qui a frappé les Landes de plein fouet. Des vents de plus de sont enregistrés. Démographie. Les habitants des Landes sont les "Landais". D'après l'Insee, la population des Landes passera de habitants (1999) à habitants (2030) soit la croissance de population de l'ancienne région Aquitaine (après la Gironde). Culture. Langues. Le français, langue officielle nationale, est parlé et compris par l'ensemble de la population. La langue autochtone, l'occitan, est parlée dans le département sous son dialecte gascon, dans les variétés occidentale et orientale. Le dialecte occidental est usité dans la majeure partie du territoire landais : Aguais, Pays de Born, Chalosse (en partie), Grande Lande, Maremne, Marensin et Seignanx. Le dialecte oriental est parlé dans le sud-est du département. Le gascon est enseigné à ce jour dans l'Enseignement public via le système de la parité horaire dans cinq communes du département : Dax, Montfort, Morcenx, Saint-Martin-de-Seignanx et Vieux-Boucau. Gastronomie. Les Landes est le département français comptant le plus grand nombre de produits agricoles reconnus avec un label de qualité. On en dénombre sept : La défense et la promotion de la gastronomie landaise sont effectuées par une association départementale nommée Qualité Landes, fondée par la volonté du conseil général des Landes et de la Chambre d'Agriculture des Landes, C'est principalement à partir de ces produits que sont préparés les mets qui font la renommée de la cuisine landaise. Le canard demeure l'animal roi : nombreux sont les Landais qui en élèvent ou qui les achètent entiers chaque année pour en faire des conserves. Les marchés au gras sont légion, les plus importants étant sans doute ceux d'Amou, de Dax, de Peyrehorade et de Mont-de-Marsan. Tous les morceaux du canard (mais aussi de l'oie) sont consommés. Les préparations les plus appréciées restent toutefois : Qu'il s'agisse du canard, du poulet ou du bœuf, la manière la plus répandue d'accommoder les viandes est de les accompagner de pommes de terre cuites dans la graisse de canard, voire de cèpes. L'un des plats les plus fameux de la cuisine départementale reste l'assiette landaise, composée d'asperges, de maïs, de pignons de pin, de jambon de Bayonne (trois produits incontournables dans les Landes), de tranches de magret fumé ou séché, de gésiers confits et de foie gras. Enfin, en matière de pâtisserie, les Landes sont le berceau du pastis landais et de la tourtière (nature, aux pommes, aux pruneaux). D'autre part, le département compte plusieurs grandes tables, parmi lesquelles celle de Michel Guérard à Eugénie-les-Bains (3 étoiles au guide Michelin) et de Jean Coussau, installé à Magescq (2 étoiles au Guide Michelin). Les grands chef-cuisiniers étoilés Alain Ducasse (deux fois 3 étoiles au guide Michelin) et Hélène Darroze (2 étoiles au guide Michelin) sont originaires des Landes. L'animatrice de télévision Maïté a par ailleurs contribué à populariser la cuisine gasconne, dans son émission quotidienne "La Cuisine des mousquetaires". Tourisme. Le tourisme est une ressource majeure du département. Il se concentre très majoritairement sur les zones côtières (Biscarrosse, Mimizan, Contis, Vielle-Saint-Girons, Moliets, Messanges, Vieux-Boucau-les-Bains, Soustons, Seignosse, Hossegor, Capbreton, Labenne, Tarnos…) où la renommée des conditions de surf a fait le tour du monde (plusieurs épreuves par an). Il ne faut pas non plus oublier de citer le tourisme « gastronomique », car les Landes sont réputées culinairement au travers du foie gras, des magrets, des poulets de Saint-Sever, des vins AOC Tursan à Geaune. Le tourisme thermal attire de nombreux curistes avec les stations de Dax, Saint-Paul-lès-Dax, Saubusse-les-Bains, Préchacq-les-Bains ou encore Eugénie-les-Bains. Trois des quatre chemins historiques du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle traversaient le territoire du département actuel des Landes : S'ajoute également le tracé de la voie de Soulac Littoral Aquitain. Le balisage récent de ces chemins médiévaux tend à dynamiser une nouvelle forme de tourisme. Les résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du , 22,6 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes des Landes dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Sources : Politique. Depuis le début des grandes luttes sociales qui ont agité le département au cours des , le département des Landes se caractérise par un fort ancrage à gauche. Les partis de doctrines socialiste et communiste ont trouvé sur ces terres marquées par de fortes et douloureuses tensions entre classes dominantes et dominées, un terreau fertile. Cette adhésion massive aux valeurs de gauche s'explique également par la population, essentiellement composée durant longtemps par les ouvriers agricoles (fermiers et métayers, gemmeurs,…) et de l'industrie ("Forges de l'Adour" au Boucau et à Tarnos, industries papetières…). En dépit des progrès sociaux et de l'évolution de la population, les idées libérales et de droite ne parviennent toujours pas à s'implanter dans les Landes, qui représentent encore à ce jour un des hauts lieux du socialisme français. Ainsi, en 2007, sur les trente cantons que compte le département, seuls deux sont représentés au conseil général par des élus de droite : Michel Herrero pour le canton de Gabarret et Pierre Dufourcq pour le canton de Grenade-sur-l'Adour. En 2008 cependant, malgré un contexte national défavorable, la droite remporte un canton supplémentaire : le canton de Parentis-en-Born (Alain Dudon, UMP).. En outre, la gauche perd la mairie de Mont-de-Marsan au profit de la liste MoDem/UMP. Le PS perd également le canton de Sore en raison d'une péripétie administrative, dont profite la communiste Nicole Bippus. La répartition actuelle des sièges est la suivante: Les députés : Boris Vallaud est membre du Parti socialiste. Lionel Causse membre de La République en Marche. Fabien Lainé membre de l'Union des Démocrates et Indépendants.
Loir-et-Cher Le Loir-et-Cher () est un département français situé dans la région Centre-Val de Loire. Son nom provient de deux rivières le traversant, le Loir au nord et le Cher au sud. Sa préfecture est Blois. L’Insee et la Poste lui attribuent le code 41. Histoire. Femmes et hommes célèbres. On peut citer parmi les personnages célèbres liés à l’histoire du département : Géographie. Le département de Loir-et-Cher fait partie de la région Centre-Val de Loire. Limitrophe des départements d’Eure-et-Loir, du Loiret, du Cher, de l’Indre, d’Indre-et-Loire et de la Sarthe, il est situé au centre-ouest de la France . Le département de Loir-et-Cher a une superficie de qui le place au national. Il bénéficie d’une situation géographique privilégiée, au cœur de la région Centre-Val de Loire et au sud du Bassin parisien. L’axe ligérien, vivant et dynamique, rapproche Blois, préfecture du département, des deux grandes agglomérations voisines, Orléans (capitale régionale et préfecture du Loiret) et Tours (préfecture d’Indre-et-Loire). Situé aux confins du Perche, de la Beauce, de la Sologne et de la Touraine, le Loir-et-Cher trouve son identité territoriale dans la diversité de ses paysages. Parcouru en son centre par la Loire, il est aussi traversé par deux rivières importantes qui lui donnent son nom, le Loir au nord-ouest et le Cher au sud, qui constituent des foyers majeurs de population hors de l’agglomération blésoise. Le département se caractérise aussi par de nombreux étangs principalement localisés en Sologne. Paysages. Contrasté dans ses paysages de par sa géodiversité, le Loir-et-Cher possède également une remarquable biodiversité et un réseau hydrographique cumulant plus de de cours d’eau. Relief. Le Loir-et-Cher est un département de plaine dont le point culminant () est à Bouffry (la table d’orientation est à la sortie du bourg de Fontaine Raoul sur un domaine appartenant à Bouffry). Les principales vallées du département se concentrent le long du fleuve Loire (entre Rilly-sur-Loire et Avaray, en passant par Blois ou Chaumont-sur-Loire), du Loir (entre Montoire-sur-le-Loir et Morée en passant par Vendôme), et du Cher (entre Saint-Georges-sur-Cher et Mennetou-sur-Cher, en passant par Montrichard). Le reste du département est relativement plat, en Sologne ou en Beauce. Géologie. Le sous-sol du Loir-et-Cher est uniquement constitué de roches sédimentaires âgées du Mésozoïque (Crétacé), du Cénozoïque (Paléocène au Pliocène) et du Quaternaire. Le Loir-et-Cher occupe une partie du Bassin parisien, l’un des trois bassins sédimentaires en France. Les régions naturelles du Loir-et-Cher sont largement liées à la nature du sous-sol. Ainsi, le Val de Loire est occupé par les alluvions quaternaires déposées par le fleuve éponyme. La forêt de Sologne repose sur un sous-sol argilo-sableux formé du Miocène au Pliocène (formation des Sables et argiles de Sologne), ainsi que sur des alluvions quaternaires des hautes terrasses. À Pontlevoy et Contres, des sables fossilifères marins, les Faluns du Blésois, se sont formés au cours du Langhien. La Beauce, vaste région agricole, voit affleurer les formations lacustres du Calcaire de Beauce (Aquitanien), du Calcaire d’Etampes (Rupélien) et du Calcaire de Touraine (Lutétien-Priabonien). La fertilité du grenier de la France est assurée par une mince couche de lœss (jusqu’à 1 m) déposée lors des différentes périodes glaciaires/interglaciaires du Quaternaire. Le sous-sol de la Gâtine beauceronne est composé de sables, d’argiles et de conglomérats, des roches siliceuses et argilo-siliceuses formées par l’altération de roches plus anciennes au cours du Paléocène et de l’Eocène. Ces roches, peu propices à la culture, affleurent aussi dans les Gâtines tourangelle et berrichonne et dans le Perche. Le long des vallées du Loir et du Cher, des calcaires crayeux et des calcaires plus ou moins siliceux (tuffeau) âgés du Turonien au Campanien affleurent et ont largement été exploités en carrières (ex. tuffeau blanc de Bourré). Au sud de Mennetou-sur-Cher et dans le Perche (ex. vers Sargé-sur-Braye), les sables des formations des Sables du Perche et des Sables de Vierzon affleurent difficilement. Ces roches d’origine marine datent du Cénomanien. Les roches les plus anciennes du Loir-et-Cher sont des argiles sableuses et des marnes formées au cours de l’Albien, qui affleurent sur la commune de Maray. Occupation du sol. Le Loir-et-Cher est recouvert pour un tiers de sa superficie de forêts et milieux semi-naturels (arbustes, espaces ouverts). Il est le département le plus boisé de la région. Avec 4,1 % d’artificialisation, le département est proche de la moyenne régionale (4,4 %), le Centre-Val de Loire restant une des régions les moins artificialisées de France en 2018. Sur la période 2012 - 2018, l’artificialisation s’est stabilisée sur le département. Néanmoins, d’après les fichiers fonciers, une des 6 communes de la région concernées par des flux de plus de 100 hectares sur la période 2009-2018 est située sur le département : Le Controis-en-Sologne. Communes. Les principales communes de Loir-et-Cher sont : Économie. Agriculture. Le Loir-et-Cher regroupe traditionnellement les dix petites régions agricoles du département en quatre sous-ensembles : La diminution continue du nombre des actifs agricoles depuis se traduit à la fois par un accroissement progressif de la taille des exploitations, notamment dans les zones d’élevage et de grandes cultures du Perche et de la Beauce et, au sud de la Loire, par une tendance à la désertification. Dans ce cadre, les principales caractéristiques de l’agriculture de Loir-et-Cher sont les suivantes : Industrie. Le secteur secondaire s’appuie sur des filières privilégiées : Tertiaire. Le Loir-et-Cher possède plusieurs branches du tertiaire développées : Démographie. Densité. En , la densité de la population dans le Loir-et-Cher () est très inférieure à la moyenne nationale (). L’armature urbaine s’appuie sur trois villes moyennes (Blois = , Vendôme = et Romorantin-Lanthenay = en ) et sur un maillage de pôles secondaires et de bourgs centres qui structurent la vie locale. Les aires de population stable ou croissante correspondent à ces trois centres urbains. Population active. Le département est avant tout tertiaire, mais encore agricole et très industrialisé. La répartition de l’emploi salarié est la suivante (source INSEE, 31/12/1997) : Le secteur tertiaire continue à progresser sans pour autant atteindre les valeurs régionales et nationales. Le secteur secondaire reste sensiblement supérieur à la moyenne nationale et se situe au deuxième rang de la région Centre. L’agriculture représente toujours une part significative de l’économie. Les habitants de Loir-et-Cher sont les « Loir-et-Chériens ». Culture. Femmes et hommes célèbres. Le poète Pierre de Ronsard, l’inventeur Denis Papin et l’historien Augustin Thierry sont originaires du département. Sur le plan artistique, peut également être cité le compositeur Antoine Boësset (1587-1643), musicien à la cour de Louis, qui fut surintendant de la Musique de la Chambre du roi de 1623 à 1643. Dans la culture populaire. Le département de Loir-et-Cher est connu en France notamment grâce à la chanson de Michel Delpech écrite en 1977 « Le Loir-et-Cher » qui a connu un succès fulgurant à cette époque, et qui décrit les rapports du chanteur avec sa famille, qui habite ce département. On le retrouve également cité dans la chanson John de Desireless comme symbole d’espace rural banal. Tourisme. Le "Cœur Val de Loire", nom de destination touristique de Loir-et-Cher, a la plus forte spécificité touristique de la région Centre. Le département abrite ainsi plus d’un millier d’établissements touristiques. En plus d’un patrimoine naturel important, le Loir-et-Cher compte : Le ZooParc de Beauval à Saint-Aignan avec en 2012 est le lieu le plus visité de la région devant les châteaux de Chenonceau et de Chambord ( en 2012). Les résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du , 8,8 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes de Loir-et-Cher dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Sources : Politique et administration. Politique. Le Loir-et-Cher est divisé en 3 circonscriptions électorales envoyant un député à l’Assemblée nationale :
Loire (homonymie)
Loire-Atlantique La Loire-Atlantique () est un département français, situé dans la région Pays de la Loire. Elle doit son nom à la présence de la Loire, important fleuve qui la traverse, et de l'océan Atlantique, qui borde sa côte, à l'ouest, où l'embouchure de la Loire forme un estuaire. Le département a été créé en 1790 par démembrement de la province de Bretagne, sous le nom de Loire-Inférieure, et a conservé cette appellation jusqu'en 1957. Il porte le numéro 44 dans la numérotation départementale française. Il constitue une collectivité territoriale administrée par le conseil départemental de la Loire-Atlantique, dont le président est Michel Ménard. Le chef-lieu du département est Nantes, également préfecture de la région Pays de la Loire. Il compte actuellement trois arrondissements, dont les chefs-lieux sont Nantes, Saint-Nazaire et Châteaubriant. Le territoire de Loire-Atlantique est proche de la région administrative Bretagne culturellement et historiquement depuis l'Ancien Régime. La question d'un éventuel rattachement à la région Bretagne fait l'objet d'un débat récurrent. Comme dans le reste de la Haute-Bretagne, la langue vernaculaire y fut, jusque dans la seconde moitié du , le gallo, sauf dans la presqu'île guérandaise, où le breton était prédominant et a été parlé jusqu'au début du . Histoire. Le département de la Loire-Atlantique a été créé en 1790, à partir du démembrement de la province de Bretagne, au début de la Révolution française, en application du décret du 22 décembre 1789. Nom du département. À sa création en 1790, le département porte le nom de "Loire-Inférieure". Le , il prend son nom actuel de "Loire-Atlantique", préféré à "Loire-Océan" et "Loire-Maritime". Formation du territoire départemental. La création des départements vise à faire disparaître les provinces de l'Ancien régime, et entraîne la mise en place de nouvelles entités. Le découpage territorial a fait l'objet de négociations. Rennes ayant obtenu que Redon soit rattachée au département dont elle va devenir le chef-lieu, Vannes exige en échange La Roche-Bernard et six paroisses rurales. En contrepartie, l'Assemblée concède aux Nantais la baronnie de Châteaubriant et la vicomté de Fercé, qui contiennent onze paroisses. Les « frontières » des « pays » sont imprécises à l'est. La Remaudière et La Boissière-du-Doré sont englobées dans le même département que Nantes sans raison historique, et sans consultation des habitants. Finalement, le département reprenait la quasi-totalité de la partie bretonne du territoire de l'ancien évêché de Nantes, recevant une petite partie du Sud de l'évêché de Rennes, et perdant une partie du pays Mitau, au nord-ouest, le canton de La Roche-Bernard rattaché au Morbihan et celui du Grand-Fougeray rattaché à l'Ille-et-Vilaine. Il a été constitué à partir de : Districts et arrondissements. La Loire-Inférieure fut d'abord divisée en neuf districts qui étaient ceux de : Ancenis, Blain, Châteaubriant, Clisson, Guérande, Machecoul, Nantes, Paimbœuf et Savenay. En 1800, les districts furent remplacés par de nouvelles circonscriptions administratives : les arrondissements. Cinq furent établis dans le département : Ancenis, Châteaubriant, Nantes, Paimbœuf et Savenay. En 1868, la sous-préfecture de Savenay fut transférée à Saint-Nazaire. En 1926, les arrondissements d'Ancenis et de Paimbœuf furent supprimés au bénéfice respectifs de ceux de Nantes et de Saint-Nazaire. Celui d'Ancenis fut rétabli en 1943, tandis que celui de Paimbœuf constitue toujours la partie sud de l'arrondissement nazairien. Le , les arrondissements d'Ancenis et de Châteaubriant fusionnent en un seul : l'arrondissement de Châteaubriant-Ancenis, avec pour sous-préfecture Châteaubriant. Aujourd'hui, le département de Loire-Atlantique est divisée en trois arrondissements: Nantes, Saint-Nazaire et Châteaubriant-Ancenis. Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (), la partie Nord du département est occupée par les troupes prussiennes de à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire). Au , le territoire de la commune du Fresne-sur-Loire (Loire-Atlantique) est rattaché au département de Maine-et-Loire, décision préalable à la création de la commune nouvelle Ingrandes-Le Fresne sur Loire, située en Maine-et-Loire. Au , le territoire de la commune de Freigné (Maine-et-Loire) est rattaché au département de la Loire-Atlantique, décision préalable à la création de la commune nouvelle Vallons-de-l'Erdre, située dans la Loire-Atlantique. Entre Bretagne et pays de la Loire. Peut-être dans la filiation vidalienne des « régions Clémentel » de 1919, une loi du gouvernement de Vichy du créa des "préfectures de région" à compétence supradépartementale. La Loire-Inférieure ne fut pas intégrée à la région de Rennes (qui correspondait à l'actuelle région Bretagne), mais à celle d'Angers (dont les limites étaient différentes de l'actuelle région des Pays de la Loire puisqu’elle incluait l'Indre-et-Loire (partie occupée), mais pas la Vendée, rattachée à la région de Poitiers. Un autre découpage, celui de la France en « provinces » défini par le Conseil national en établit une province de Bretagne en cinq départements, dont les limites auront suscité un arbitrage du maréchal Pétain lui-même, mais qui n'aura guère d'existence effective. L'institution des préfectures de région ne fut pas mise en cause dès la chute du régime de Vichy, puisque l'ordonnance du général de Gaulle du , créant des « régions administratives », allait dans le même sens. Mais celles-ci furent dissoutes après son départ en 1946. Le décret Pflimlin du créa les régions de programme qui avaient pour objectif d'optimiser l'aménagement du territoire : selon des considérations économiques, la Loire-Atlantique est placée dans la région Pays de la Loire. La création des "préfets de région" en 1964, des "établissements publics régionaux" en 1972 et des "régions" en 1982 entérina ce découpage et lui donna une légitimité. Mais, dans cette même période, l'identité bretonne s'affirma et l'attribution de la Loire-Atlantique aux Pays de la Loire se trouva contestée. En 1972, le conseil général du département émit le vœu d'être rattaché à une région incluant les cinq départements bretons, mais en y associant les départements voisins. À l'heure actuelle, il semble qu'un assez grand nombre d'habitants de la Loire-Atlantique souhaite le rattachement à la région Bretagne, selon différents sondages (de 44 % en 1986 à 75 % en 2001). Les inscriptions "44 = BZH" sont visibles et le sujet anime parfois des discussions. Les principales associations, groupes de pression et partis politiques militant pour la réunification sont Bretagne réunie (ex "CUAB"), l'Union démocratique bretonne (UDB), le Parti breton, Les Verts et le Modem (dont les élus au conseil régional de Bretagne se sont exprimés en faveur de la réunification), tout comme certains élus ou responsables FN, UMP, PS, PRG et PCF qui se sont prononcés favorablement. En revanche, des petits partis politiques comme le Mouvement républicain et citoyen (MRC) et le Parti des travailleurs, une association comme le CUAR (Comité pour l'unité administrative de la république) se sont prononcés contre la séparation de la Loire-Atlantique des Pays de Loire. Selon un sondage (2011), la Loire-Atlantique est, malgré le découpage régional officiel, associé à l'image de la Bretagne pour 3 % des Français, à égalité avec l'Ille-et-Vilaine. En 2014, dans la commune de Saint-Viaud a été organisée une votation sur la question du rattachement à la Bretagne. Avec une participation de 20 % des inscrits sur les listes, 76 % de la population a voté « oui ». Politique. Comme une grande partie du reste de l'Ouest de la France, la Loire-Atlantique a la réputation d'être un département conservateur. En effet, de tradition catholique (à l'exception de la région ouvrière de Saint-Nazaire), le département vota à droite tout au long de la République, en opposition à la gauche anticléricale. Dans le "Tableau politique de la France de l'Ouest sous la Troisième République", André Siegfried oppose le couloir républicain de la Basse-Loire au reste du département (les quatre cinquièmes), catholique conservateur. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l'électorat du département s'est tourné vers le MRP, de sensibilité démocrate-chrétienne, confirmant son ancrage à droite de l'échiquier politique. Cependant, la déchristianisation a commencé à toucher le département à partir des années 1960, et la gauche progresse de façon continue depuis. Ainsi, Nantes est passé à une gestion socialiste lors des municipales de 1977, avant de revenir à droite 6 ans plus tard, puis à nouveau vers le PS depuis 1989. À la suite de la débâcle nationale de la droite aux cantonales de 2004, cette dernière a perdu le contrôle du département pour la première fois depuis la Révolution française. L'évolution de la Loire-Atlantique vers la gauche correspond à un mouvement de fond qui caractérise la Bretagne et quelques territoires du « Grand Ouest », alors qu'a contrario la droite a conquis durablement des départements de la partie Est de la France (Nord-Est, Provence, etc.). À la suite de la débâcle nationale de la gauche aux municipales 2014, la gauche perd de nombreuses communes du département (Blain, Clisson, Donges, Trignac, Thouaré-sur-Loire, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, etc.) et la droite redevient majoritaire en nombre de communes (34 communes à droite contre 18 à gauche), même si la gauche socialiste reste majoritaire dans les 2 villes les plus peuplées du département (Nantes et Saint-Nazaire). Les départementales 2015 confirment ce reflux de la gauche, puisque la majorité sortante (socialistes et alliés) est reconduite d'extrême justesse (en sièges) à la faveur d'un binôme sans-étiquette, en cédant des bastions historiques comme le canton de Guémené-Penfao et conserve le département en étant minoritaire en voix (48,60 % des voix pour la majorité sortante). Géographie. Située sur la côte atlantique française, la Loire-Atlantique est limitrophe des départements du Morbihan au Nord-Ouest, d'Ille-et-Vilaine au Nord, de Maine-et-Loire à l'Est et de Vendée au Sud. La côte ouest est bordée par l'océan Atlantique. Le département est traversé par la Loire qui, à partir de Nantes constitue un estuaire et se jette dans l'océan au niveau de Saint-Nazaire. La vallée de la Loire est ici appelée Basse-Loire. Géologie. Le département fait partie du Massif armoricain ; sa géologie est variée (schistes et grès primaires, faluns tertiaires). Le bassin houiller de Basse Loire s'étend dans l'est du département. Relief. Avec une altitude moyenne de seulement , la Loire-Atlantique présente la particularité d'être le département le plus plat de France. Le relief de la Loire-Atlantique est donc globalement très peu marqué. Au nord-est de la Loire, on trouve le Bocage angevin, qui correspond approximativement aux Pays de Châteaubriant et d’Ancenis, et qui fait partie d’une région forestière nationale portant le même nom et qui s’étend également sur les départements de Maine-et-Loire et de la Mayenne. Il s’agit d’un ensemble de plateaux d’altitude voisine de : le point culminant du département est la colline de la Bretèche, près de Châteaubriant, haute de , située sur la commune de Fercé. La Loire-Atlantique est le département qui possède l'altitude maximale la moins élevée de France. Au sud du fleuve, vers le pays de Retz, le paysage se caractérise plutôt par une succession de collines atteignant . Tandis qu’au nord-ouest du fleuve, le sillon de Bretagne, une suite de collines, traverse le département selon une direction nord-ouest/sud-est. Hydrographie. D'une manière générale, la Loire-Atlantique comporte énormément de zones humides. Elle recèle de nombreux marais, comme la Brière au nord de Saint-Nazaire, les marais salants de Guérande, les marais de Couëron en aval de Nantes, ceux de Goulaine au sud-est et le marais Breton au sud-Ouest. Au sud, le département possède l'un des plus grands lacs de France, le lac de Grand-lieu. Sa très faible profondeur (moins de ) combinée à une pente extrêmement faible rendent sa superficie très variable. La Loire constitue un élément géographique majeur ; on considère généralement que son estuaire commence en aval de la ville, et les variations de niveau liées à l'influence océanique des marées y sont perceptibles (l'Acheneau, un de ses affluents situé au sud de l’estuaire, voit parfois son cours s'inverser lors de fortes marées). Le Nord du département est traversé d’est en ouest par les vallées de la Chère, du Don et de l’Erdre, de la Chézine, du Gesvres, au sud par celle de la Sèvre Nantaise. Littoral. La Loire-Atlantique possède plus de de côtes le long de l'océan Atlantique : la côte d’Amour au nord de l’estuaire, et la côte de Jade au sud de celui-ci. Climat. Avec sa façade océanique orientée vers l'ouest et un relief peu accentué, le climat de la Loire-Atlantique est de type tempéré océanique, humide, doux et change peu d'un endroit à l'autre du département. La température moyenne annuelle est de l'ordre de . Les hivers y sont doux (températures moyennes de à ) et pluvieux, les étés moyennement chauds ( en moyenne) et ensoleillés. Le brouillard est fréquent, surtout l'hiver. Les précipitations, dont la moyenne annuelle varie entre 650 et , sont fréquentes (surtout en hiver et au printemps) mais rarement violentes ; le chiffre moyen de de pluie par an masque par ailleurs une irrégularité des précipitations d'une année sur l'autre. Le crachin est fréquent durant l'hiver. L'ensoleillement de la Loire-Atlantique est d'environ par an. Sur la côte, l'ensoleillement est plus élevé qu'à l'intérieur du département. Sous l'influence majeure de l'océan Atlantique, la météo peut être très variable au fil des heures dans une journée, surtout sur la côte du département. Économie. L'économie de la Loire-Atlantique est la quinzième en France en termes de produit intérieur brut par habitant. Grandes entreprises. Au , le département compte 396 entreprises publiant un chiffre d'affaires annuel de plus de 20 millions d'euros. Tourisme. La Loire-Atlantique est la touristique des Français avec de nuitées, et fournit de l'emploi à . Démographie. Sa densité moyenne est de , mais ce nombre masque des disparités importantes. Les agglomérations de Nantes et de Saint-Nazaire concentrent à elles seules 55 % de la population de Loire-Atlantique, sur seulement 12% du territoire du département. La métropole Nantes Saint-Nazaire compte selon l'Agence urbanisme de l'agglomération nantaise (AURAN), et représente ainsi la française derrière Paris, Marseille-Aix-en-Provence, Lyon, et Lille (hors partie belge). De fait, les trois-quarts des Ligériens résident le long de la Loire (principalement sur la rive droite), depuis Ancenis jusqu'à l'estuaire. Les deux aires urbaines les plus importantes qui n'appartiennent pas à cet ensemble, celle de Nantes et celle de Saint-Nazaire, sont l'aire urbaine de Châteaubriant ( répartis dans dix communes en 2013), l'unité urbaine de Clisson ( répartis sur quatre communes en 2012), et l'aire urbaine de Varades ( répartis dans deux communes en 2013). Saint-Mars-la-Jaille est également considéré comme une aire urbaine monocommunale par l'INSEE. Entre 1990 et 1999, le département a gagné plus de (soit une progression annuelle de 0,84 %), l'un des plus forts accroissements en France pendant cette période, autant dû au solde naturel qu'au solde migratoire. Avec près de , l'agglomération de Nantes se situe au national ; la population de son aire urbaine est estimée en 2009 à . Entre 1999 et 2009, le département croît de , soit une progression annuelle de 1,06 %. Entre 2008 et 2018, la population du département croît de , soit une progression annuelle moyenne de 1,32 % (5ème plus forte croissance de France Métropolitaine); la population de l'aire urbaine de Nantes est estimée en 2018 à . Culture. Le conseil départemental est le propriétaire et le gestionnaire d'un patrimoine architectural classé qui comprend le musée Dobrée, les châteaux de Châteaubriant et de Clisson, le domaine de la Garenne Lemot (Gétigné), dû à François-Frédéric Lemot et Mathurin Crucy, et l'église du Vieux-Bourg de Saint-Sulpice-des-Landes, remarquable pour son ensemble peint de l'époque gothique. Par ailleurs, Le Grand T, auparavant connu sous le nom de Maison de la culture de Loire-Atlantique (MCLA), est une scène conventionnée missionnée par le conseil général et qui accueille des pièces de théâtre et des spectacles de danse et de chant. Située rue du Général-Buat, la salle de spectacle propose tandis que la chapelle peut accueillir . Langues. En plus du français, plusieurs langues sont ou étaient traditionnellement parlées en Loire-Atlantique :
Loiret (département) Le département du Loiret ( ) est un département français de la région Centre-Val de Loire. L'Insee et la Poste lui attribuent le . Sa préfecture est Orléans et c'est aussi le chef-lieu de la région. Situé à une centaine de kilomètres au sud de Paris, il tire son nom de la rivière du Loiret. Histoire. L'histoire du Loiret, en tant qu'entité administrative, commence le par un décret de l'Assemblée constituante, qui entre en vigueur quelques mois plus tard, le . Il est constitué à partir d'une partie des anciennes provinces de l'Orléanais et du Berry. Mais l'histoire du territoire du département du Loiret est bien plus ancienne. De nombreux sites attestent un peuplement très ancien de l'actuel territoire loirétain, où des hommes ont vécu dès le Paléolithique. Les peuples celtes des Carnutes et des Éduens s'installent dans la région au cours de la Tène, développant artisanat et commerce. La romanisation consécutive à la guerre des Gaules est rapide et permet notamment le développement d'un réseau de voies de communication autour de Cenabum, d'agglomérations secondaires et notamment de villes d'eaux comme Sceaux-du-Gâtinais et de fermes et "" dans les campagnes. Vers 451, les Huns envahissent la région mais sont repoussés devant Orléans. Puis les Francs arrivent jusqu'à la Loire. Clovis, devenu chrétien, entre à Orléans qui devient, à sa mort, capitale d'un royaume franc dont le premier roi est Clodomir. Une période de paix et de prospérité suit sous le règne de Charlemagne. Jusqu'à , Orléans fait figure de capitale. Peu à peu les rois agrandissent leur domaine. Successivement le Gâtinais, la seigneurie de Montargis, le comté de Gien, la seigneurie de Beaugency sont réunis à la couronne. Quatre sacres ont ainsi lieu dans la région en 848, 879, 987 et 1108. Aux , la guerre de Cent Ans dépeuple et ruine les campagnes ; elle prend fin dans la région par le siège d'Orléans et la victoire de Patay grâce à l'intervention de Jeanne d'Arc. Le est quant à lui marqué par une renaissance architecturale et des lettres mais aussi par la Réforme qui voit Orléans s'ériger en capitale du protestantisme puis le massacre de la Saint-Barthélemy en 1572. Au sont réalisés de grands travaux comme le canal de Briare, le canal d'Orléans, les premières levées de Loire. Ils sont suivis au par d'autres comme le pont George-V à Orléans. Le territoire de l'actuel département du Loiret fait alors partie de la généralité d'Orléans, créée en 1558. Après les disettes de la fin du , la Révolution est l'occasion de grands espoirs, avec la création d'un nouveau cadre administratif, le département. Le est marqué par une succession de régimes politiques et, à partir du Second Empire, par une période de prospérité économique reposant sur la production agricole - céréales en Beauce, vigne en val de Loire - l'évolution des moyens de transport, à savoir la marine de Loire ; viennent ensuite le chemin de fer et de nouvelles industries. La Première Guerre mondiale puis la Seconde Guerre mondiale meurtrissent durement le département qui, occupé, est aussi le siège d'une résistance vive. Cinq villes subissent d'importants dommages : Orléans, Gien, Sully-sur-Loire, Châteauneuf-sur-Loire et Saint-Denis-de-l'Hôtel. Après la période de reconstruction, le Loiret, situé aux portes de Paris, est un des départements qui bénéficient le plus des grands changements des Trente Glorieuses. Sa population augmente de 19 %. Grâce au développement d'un maillage de voies de communication modernes et aux bénéfices de la décentralisation, le Loiret connaît l'installation de nombreuses entreprises utilisant notamment des techniques de pointe avant de subir les effets de la crise économique du début du . Géographie. Le département du Loiret appartient, avec le Loir-et-Cher et l'Eure-et-Loir, à l'ancienne province historique de l'Orléanais. Il est aujourd'hui un des départements de la région Centre-Val de Loire. Il est limitrophe des départements de l'Essonne, de Seine-et-Marne, de l'Yonne, de la Nièvre, du Cher, de Loir-et-Cher et d'Eure-et-Loir. Il comprend quatre aires urbaines : Gien, Montargis, Orléans et Pithiviers. Relief. Le Loiret est un département plat d'une altitude voisine de , situé dans la moitié sud du Bassin parisien. L'altitude maximale est de et la minimale de . Géologie du Loiret. Le sous-sol loirétain est uniquement constitué de roches sédimentaires âgées du Mésozoïque (Crétacé), du Cénozoïque (Paléocène au Pliocène) et du Quaternaire. Le Loiret occupe une partie du Bassin parisien, l'un des trois bassins sédimentaires en France. Les régions naturelles du Loiret sont largement liées à la nature du sous-sol. Ainsi, le Val de Loire est occupé par les alluvions quaternaires déposées par le fleuve éponyme. Les forêts de Sologne et d'Orléans reposent sur un sous-sol argilo-sableux formé du Miocène au Pliocène (formation des Sables et argiles de Sologne). La Beauce, vaste région agricole, voit affleurer la formation du Calcaire de Beauce (Aquitanien), ainsi que celle des Marnes, calcaires et sables de l'Orléanais (Burdigalien). La formation du Calcaire de Beauce affleure aussi à l'ouest du Gâtinais. La fertilité du grenier de la France est assurée par une mince couche de lœss (jusqu'à 1 m) déposée lors des différentes périodes glaciaires/interglaciaires du Quaternaire. Le Pays Fort et l'est du Gâtinais (aussi connu sous l'appellation "Gâtinais pauvre") sont quant à eux synonymes de roches siliceuses à argilo-siliceuses formées au cours du Paléocène et de l'Eocène, sous l'action de l'altération. Il s'agit de silcrètes et d'argiles à silex développés aux dépens des calcaires crayeux du Crétacé supérieur. Dans la région de Briare, des marnes et des calcaires lacustres se sont formés entre l'Eocène moyen et l'Oligocène. Près de Malesherbes et Augerville-la-Rivière, des formations sableuses d'origine marine et âgées du Rupélien (partiellement silicifiées en grès au cours du Cénozoïque et du Quaternaire) affleurent le long de la vallée de l'Essonne. Il s'agit de la formation des Sables de Fontainebeau. Le Rupélien est aussi la période de dépôt du calcaire lacustre d'Etampes qui affleure à l'ouest de la vallée du Loing. Les vallées du Loing et de l'Ouanne voient affleurer des calcaires crayeux à silex âgés du Crétacé supérieur (Turonien à Campanien). Les roches les plus anciennes du Loiret sont les Sables de la Puisaye (Albien-Cénomanien), le long de la vallée de la Notreure, mais elles affleurent très mal. Hydrographie. La Loire traverse le département du sud-est vers l'ouest. Son débit aux environs d'Orléans est essentiellement souterrain et provoque parfois des effondrements circulaires du lit, les "bimes". Les bancs de sable y sont instables, ce qui explique partiellement la relative mauvaise réputation du fleuve dans ce secteur. Le fleuve arrose les villes de Briare, Gien, Sully-sur-Loire, Châteauneuf-sur-Loire, l'agglomération orléanaise, Meung-sur-Loire, Beaugency. Le Loiret, résurgence de la Loire, donne son nom au département et ne fait que de long. Il rejaillit dans le parc Floral de la Source dans le quartier d'Orléans La Source. La région entre "Loire" et "Loiret" est classée « zone inondable » même si la dernière crue importante remonte au . Le Cosson, l'Essonne et le Loing empruntent également le territoire du département. Le département du Loiret est hydrologiquement coupé en deux : le nord et le nord-est appartiennent au bassin hydrographique de la Seine, le sud et le sud-est appartiennent à celui de la Loire. Quatre canaux traversent le département, il s'agit des canaux d'Orléans, de Briare, latéral à la Loire et du Loing. Régions naturelles. Le Loiret est constitué de sept régions naturelles : le Val de Loire composé de la dizaine de kilomètres d'alluvions située de part et d'autre de la Loire, il est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis Sully-sur-Loire ; la Beauce située au nord-ouest du fleuve, est un plateau calcaire ; le Gâtinais situé à l'est, autour de Montargis, est plus vallonné et plutôt calcaire dans sa partie ouest et argileux vers l'est ; la Puisaye se situe entre le Berry et le Gâtinais ; la forêt d'Orléans, au nord de la Loire et au sud de la Beauce ; la Sologne, constituant l'essentiel du sud du département, est une vaste forêt marécageuse ; le Berry à l'extrême sud-est. Le département compte une réserve naturelle régionale, la réserve naturelle régionale des Grandes Bruyères ainsi qu'une réserve naturelle nationale, la réserve naturelle nationale de Saint-Mesmin. On note aussi habituellement l'Orléanais comme région regroupant le Val de Loire autour d'Orléans, ainsi que la forêt d'Orléans. Démographie. Les habitants du Loiret sont les Loirétain(e)s. Tourisme. Le tourisme dans le Loiret connaît un très faible développement par rapport aux autres régions françaises. Toutefois, depuis 2017, des actions politiques locales sont menées pour attirer des touristes étrangers et notamment chinois en travaillant sur l'offre touristique dans son ensemble, à savoir les hôtels, les principaux lieux historiques des villes comme Orléans, Gien, Malesherbes, La Ferté-Saint-Aubin, Meung-sur-Loire, et plus généralement créer un circuit touristique privilégié pour les touristes chinois, comme une route de la soie, version route des châteaux de la Loire. Sous l'action de plusieurs ministères, des offices du tourisme, et des actions locales de traduction en chinois opérées par des élèves du collège Saint-Charles et Jean-Rostand à Orléans, l'internationalisation de l'offre s'avère toutefois rencontrer des obstacles idéologiques importants, difficulté de faire fonctionner des synergies entre le département du Loiret et les municipalités qui ne partagent pas le même bord politique. Les résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du , 5,5 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes du Loiret dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Sources : Enseignement. Le Loiret compte 632 établissements de l'enseignement public et privé en 2008, dont 581 de publics. Les effectifs de ces établissements totalisent , dont écoliers, ou lycéens et . Au , l'effectif du personnel de l'enseignement était de . L'enseignement supérieur du département est pour l'essentiel rassemblé sur le site de l'Université d'Orléans, à Orléans-la-Source. Il compte également plusieurs écoles spécialisées. Sport. Plusieurs clubs sportifs du Loiret évoluent au niveau national : Labélise Terre de Jeux 2024, le label des territoires de Paris 2024, le Département accueillera le passage du Relais de la Flamme.
Lot-et-Garonne Le Lot-et-Garonne (, ou localement) est un département français. Il se trouve en région Nouvelle-Aquitaine, en Guyenne, pour la rive droite de la Garonne et en Gascogne pour la rive gauche. Son nom vient de deux cours d'eau : le Lot et la Garonne. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 47. Sa préfecture est Agen. Histoire. Le département de Lot-et-Garonne est formé en 1790. Le chef-lieu est partagé entre les communes d'Aiguillon et d'Agen, avant de revenir définitivement à cette dernière. Pour créer le nouveau département de Tarn-et-Garonne en 1808, le département est amputé des cantons de Montaigu-de-Quercy, de Bourg-de-Visa, de Valence d'Agen et d'Auvillar. Jusqu'au , le Lot-et-Garonne faisait partie de l'ancienne région Aquitaine ; il fait désormais partie de la région Nouvelle-Aquitaine. Géographie. Le département de Lot-et-Garonne fait partie de la région Nouvelle-Aquitaine. Il est limitrophe des départements du Lot, de Tarn-et-Garonne, du Gers, des Landes, de la Gironde et de la Dordogne. Relief. Dans l'ensemble, le milieu naturel lot-et-garonnais présente des modelés assez doux en raison de la nature des terrains géologiques qui le constituent. La vaste zone de plateaux qui couvre moins de est composée de terrains d'origine marneuse ou mollassique et de coteaux calcaires ou argilo-calcaires. La partie septentrionale du Lot-et-Garonne, entre Garonne, Lot et Dropt, est plutôt constituée de collines calcaires aux formes vallonnées. Sur les buttes se placent quelques gros bourgs comme ceux de Monflanquin, Monclar, Cancon ou Castillonnès. Le paysage est ouvert avec de grands champs céréaliers et des prairies. Les régions proches de la bordure nord orientale, dans le Fumélois, présentent des formes plus contrastées, en raison de l'existence de calcaires jurassiques dans le Quercy et crétacés en Périgord. Il s’agit du « pays au bois », ainsi dénommé en raison du maintien d’un couvert forestier important. Cette région a également fourni du minerai de fer qui a permis de fixer l’activité métallurgique le long des rivières et sur le Lot. Entre Garonne et Lot se place le Pays de Serres. Il est formé de coteaux calcaires aplatis souvent bordés de petites falaises (d'où la présence de grottes), séparées en lanières par des vallons assez encaissés qui se succèdent. Cette forme a fait que ces coteaux ont été surnommés "serres" et constitue un plateau qui domine de manière marquée (parfois de plus de ) les deux vallées fluviales. La platitude n’est pas absolue en raison de l’entaille des cours d’eau qui descendent rapidement vers les deux grandes vallées (Séoune, Masse de Prayssas) et de l’existence de buttes, les « puechs », au sommet desquels sont parfois placés de gros villages comme Tournon-d'Agenais ou Puymirol. Au Sud et à l'Ouest d’Agen, les collines du Néracais se développent sur la mollasse et annoncent les paysages gersois. Des paysages très vallonnés portent une agriculture céréalière et viticole. Les sables du massif landais recouvrent le quart sud-ouest sur environ. Les Landes de Lot-et-Garonne sont partie intégrante des Landes de Gascogne : formes moutonnées, pins maritimes, routes rectilignes, traditions et populations (gascons de la lande). Entre Casteljaloux et le Marmandais s’ouvre un espace de transition de plus en plus marqué par une agriculture intensive en s’approchant de la vallée de la Garonne. Les plaines tiennent une grande place (plus de ), principalement celles de la Garonne et du Lot, qui s'élargissent en certains endroits sur plusieurs kilomètres. Les divagations de la Garonne dans sa vallée ont obligé les villes à se fixer sur sa rive droite : Agen, Aiguillon, Tonneins, Marmande. Les voies de communication modernes, sauf l’autoroute, ont fait de même. Les zones inondables ou humides sont souvent occupées de champs de maïs et de peupleraies dont la production est utilisée dans l’industrie du bois pour la fabrication de cagettes. Sur ces riches terres domine cependant une agriculture fruitière et légumière. Hydrographie. Trois raisons expliquent principalement la fréquence et la gravité des crues en Lot-et-Garonne. Ce phénomène tient d'abord à la concentration exceptionnelle des cours d'eau dans cette région. Outre les grands émissaires que sont le Tarn, en amont d'Agen, et le Lot dans sa partie centrale, tous deux amenant les eaux tombées dans le sud du Massif central, une multitude de rivières plus ou moins longues, rejoignent la Garonne sur la rive gauche : le Gers et la Baïse pour les plus importantes. Ce rassemblement, allié à l'étroitesse du lit de la Garonne, qui même en période de débordement est encombré de nombreux obstacles, rendent catastrophiques les crues provoquées, suivant le cas, par les précipitations et la fonte des neiges. En outre, la plupart des cours d'eau ont une faible hydraulicité du fait de leur modeste pente ; celle-ci est inférieure à 0,5 pour mille sur la Garonne à partir de Malause en amont d’Agen. Les données climatiques jouent également un rôle déterminant dans la montée des eaux. La moyenne Garonne est sensible à toutes sortes d’influences : pluies d'origine méditerranéenne, dites encore cévenoles affectant principalement le bassin supérieur du Tarn ; celles, océaniques, frappant les Pyrénées et Lannemezan associées à la fonte des neiges ; celles, enfin, liées aux perturbations touchant la partie occidentale du bassin. La grande crue de mars 1930 est du premier type, tandis qu’une des plus récentes, celle de , relève plutôt de la dernière influence. Enfin, il ne faut pas négliger les violentes ondées orageuses, qui dans le meilleur des cas ne touchent qu'une petite région, mais peuvent aussi atteindre une ampleur exceptionnelle. Pour un débit moyen de au Mas-d'Agenais ( aux hautes eaux et à l'étiage pendant les mois d'été), on atteint des valeurs exceptionnelles lors des grandes crues des cent dernières années : en , en et en . Ces paroxysmes s'accompagnent de cotes maximales dépassant régulièrement de le niveau normal à Tonneins, Marmande et La Réole. Le record est de à Tonneins en 1930 ( en 1981), de à Marmande en 1875, (10,56 en 1981). Agen faisant exception, les dégâts affectent davantage les campagnes que les villes. Lors de la catastrophe la plus récente, celle de , aucune perte en vie humaine n'a été déplorée, ce qui n'avait pas été le cas en 1875 où l'on dénombra et en 1930 ( pour tout le bassin). En 1981, les dégâts matériels furent estimés à près de d’euros pour l'ensemble du bassin. Près de la moitié représente les pertes causées par la submersion de plus de dans la plaine de la Garonne, valeur nettement plus élevée lorsque la montée des eaux a lieu au printemps, au moment où les champs sont ensemencés. On conçoit, dans ces conditions, que les responsables politiques et économiques soient intéressés par la mise en application d'un certain nombre de mesures visant à éliminer les risques de crues. Les solutions sont connues depuis fort longtemps : construire de grands réservoirs sur la Garonne et ses principaux affluents, renforcer les endiguements et rationaliser leurs implantations, libérer le lit mineur de tous les obstacles qui entravent la circulation rapide des eaux au moment de leur montée. Certaines de ces propositions sont toutefois inapplicables et le coût de ces opérations prohibitif. D’importants travaux ont été entrepris pour protéger l’agglomération agenaise. Il est vrai aussi qu’en relation avec le probable changement climatique, l’intérêt pour ces grands projets se relâche car il n’y a pas eu de crues importantes au cours de ces dernières années. La troisième raison, et non la moindre, est la conversion en masse par drainage (surtout depuis les années cinquante) des zones humides (elles servaient de pâture au bétail) en terres céréalières ou maraichères, cela pour nourrir la population d'après-guerre. C'était une volonté politique de l'Union européenne. Climat. Le Lot-et-Garonne se situe dans la zone climatique océanique. Mais, il s'agit d'un climat océanique dégradé avec une amplitude thermique annuelle plus marquée et des précipitations moins abondantes que sur le littoral aquitain. De plus, à la différence du littoral, le printemps (surtout à sa fin) y est plus arrosé que l'hiver. Les vents dominants sont d'ouest sans être exclusifs. Démographie. Si le Lot-et-Garonne compte en selon les derniers résultats de l'Insee, il demeure moins peuplé qu’au milieu du car il a connu un déclin démographique prononcé sur près d’un siècle. Après avoir enregistré une nette reprise démographique après la Seconde Guerre mondiale, sa population ne progresse plus de manière régulière au cours des 25 dernières années. La dépopulation du Lot-et-Garonne entre 1841 et 1921. La dépopulation est le fait marquant de l'histoire démographique du département au cours d’une centaine d’années. Il est possible de distinguer trois grandes phases. D'abord une période de croissance continue, depuis la fin du jusque vers 1836-1841, suivie d'une baisse de la population, révélée par le recensement de 1846. Désormais le Lot-et-Garonne, tout comme les départements voisins, perd des habitants et ce mouvement se poursuit jusqu'à l'entre-deux-guerres. Le Lot-et-Garonne a gagné en quarante ans, soit en moyenne tous les cinq ans ; la progression fut la plus forte entre 1821 et 1836 avec un gain supérieur à sur quinze ans. Si le maximum fut effectivement atteint en 1841 avec un peu plus de , il faut considérer que la période de croissance était interrompue dès 1831. Pendant , d'un recensement à l'autre, le Lot-et-Garonne a perdu des habitants. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le Lot-et-Garonne ne comptait plus que contre en 1841, soit une perte de . L’inquiétude liée à cette situation est perceptible à travers la réflexion amère de l'archiviste départemental, commentant les résultats de 1911 : « la race agenaise, pourtant si gracieuse et si alerte, tend de plus en plus à s'éliminer du sol français. Tous les jours elle fond sous nos yeux ». Entre 1841 et 1921, seules douze communes dont les trois chefs-lieux d’arrondissement : Agen, siège de préfecture, Marmande, et Villeneuve-sur-Lot ainsi que quelques cités industrielles (Tonneins, Casteljaloux, Miramont-de-Guyenne, Lavardac, Fumel) ne perdent pas d’habitants. À l’opposé, près de 30 % des communes ont perdu plus de la moitié de leur population. Toutes les autres communes enregistrent de forts taux de recul de leur population, la moitié d’entre elles perdant près de 50 % de leurs habitants. Seules les communes rurales proches des vallées connaissent des diminutions moins fortes. La réduction du nombre des naissances est la principale cause du dépeuplement du Lot-et-Garonne. En un siècle, de 1846 à 1946, il a perdu plus de du fait de décès trop nombreux par rapport aux naissances, déficit en partie compensé, seulement, par un apport migratoire de plus de , principalement entre les deux guerres et durant la Seconde Guerre mondiale en raison de l’accueil de réfugiés. C’est entre 1901 et 1921 que le recul de la population est le plus prononcé en raison d’un déficit naturel qui frôle (déficit des naissances et pertes humaines pendant la première guerre mondiale) alors que les apports migratoires sont négligeables. Il est difficile de cerner les causes de la dénatalité. Deux choses au moins sont acquises : la baisse de la fécondité, que l'on peut mesurer à partir des années 1850, et le vieillissement de la population qui interdit ensuite toute reprise. La faible fécondité témoignait d'une limitation volontaire des naissances de la part des habitants. Il n'y a pas eu d'études précises sur les moyens utilisés pour parvenir à ce résultat. Un médecin, bon connaisseur des campagnes, a écrit que la répression sévère des avortements, relèverait la natalité d'un quart. La baisse de la fécondité aurait débuté très tôt au sein de la bourgeoisie, puis aurait gagné les propriétaires ruraux vivant de la polyculture. La relative richesse de la plaine de la Garonne permettait de vivre largement ou même de s'enrichir, à condition de restreindre les dimensions du ménage. Du fait de son solde migratoire positif, le Lot-et-Garonne a gagné quelque entre 1821 et 1901, ce qui est peu, si l'on songe que cela représentait un peu moins de . Entre 1821 et 1851, l'absence de grands bouleversements explique l'importance des excédents pendant cette période, ceux-ci étant d'ailleurs plus élevés durant les deux premières décennies que pendant la dernière. De 1851 à 1861, au contraire, les départs l'emportèrent sur les arrivées, du fait des dérèglements apparus dans plusieurs domaines d'activités : crise de l'ancien système de production agricole, repli de certaines activités industrielles, déclin de la batellerie, sur la Garonne et ses affluents, consécutif à la concurrence de nouveaux modes de transport. Le Lot-et-Garonne offrait pourtant l'originalité d'être l'un des rares départements ruraux français, ayant connu un excédent des arrivées sur les départs sur la période qui court jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Périgourdins, Caussenards, Limousins, Pyrénéens ou encore Aveyronnais, se sont dirigés vers cette région ; de nombreux toponymes dans le Marmandais évoquent en effet aujourd’hui l’Auvergne, les Auvergnats, Aurillac, les Rouergats, Landais de la côte (Marensin) venus pour le gemmage des pins maritimes dans les Landes de Lot-et-Garonne. Tout autre fut l'arrivée des paysans de l'Ouest, qui débuta seulement à la fin du ; la plus importante, la migration des Vendéens, commença vers 1890, culminant au début du et s'éteignit un peu avant la Première Guerre mondiale. Bien que modeste, l'apport des étrangers ne peut être négligé. Avant 1850 on en comptait moins de en Lot-et-Garonne. Ce nombre s'accroît fortement après 1860, le maximum étant atteint en 1881 avec . Plus de 90 % de ces étrangers étaient Espagnols. Une petite minorité d'entre eux venaient comme saisonniers agricoles ; certains se fixèrent progressivement en prenant en bail des métairies. La plupart s'installèrent dans les principales villes de l'Agenais, occupant en majorité des emplois industriels, comme ouvriers et manœuvres ; ils se regroupèrent dans quelques quartiers, tel à Agen celui de la Porte du Pin où ils étaient plus de ou encore dans le Néracais et Casteljaloux pour répondre au besoin de main-d’œuvre de l'industrie et la construction des lignes de chemin de fer. Entre les deux guerres, l'arrivée massive des Italiens, originaires pour la plupart de la région de Venise, a été à l'origine du gonflement de la population étrangère en Lot-et-Garonne, si bien qu'en 1936 les Italiens représentaient environ 60 % des étrangers. Aucune autre tentative de peuplement n'a rencontré autant de succès, les Polonais étant peu nombreux (moins de ) malgré une progression régulière de leurs effectifs, l'intérêt des Suisses très limité et la proportion d'Espagnols toujours assez stable. Cette population étrangère était beaucoup plus jeune que les autochtones, la moitié des individus ayant moins de et 2,5 % seulement plus de (contre 9 % pour l'ensemble de Lot-et-Garonne). Arrivèrent en effet une majorité de jeunes adultes, pour la plupart à la tête d'une famille nombreuse. De plus, ces Italiens conservèrent une fécondité beaucoup plus forte pendant quelques années, ce qui expliquait la proportion des enfants de moins de , de l'ordre de 30 % contre 23 % dans les pays garonnais. Toutefois ces immigrés, plus particulièrement les Italiens, se sont si parfaitement intégrés dans leur nouveau territoire, qu'ils ont très vite adopté les habitudes locales en matière de fécondité. Cet apport migratoire entre les deux guerres a donc été un élément plutôt favorable pour le Lot-et-Garonne durement touché par la dénatalité et par les pertes liées aux combats de la guerre de 1914-1918. Mais, contrairement à d'autres régions qui ont servi d'exutoire aux migrations parce qu'elles avaient besoin d'une main-d’œuvre industrielle, il s'agissait dans ce cas de mouvements de repeuplement des campagnes. Les nouvelles formes de l’évolution démographique après 1945. De l’entre-deux-guerres aux années 1980, le Lot-et-Garonne a gagné plus de . Par rapport à la période précédente, il s'agit d'un changement fondamental qui s'explique, en grande partie, par la place prise désormais par les villes dans le processus général de croissance de la population de cette région : les centres urbains ont connu, depuis 1936, une progression soutenue, au rythme de 5 à 10 % entre chaque recensement, alors que le monde rural enregistrait un recul continu. Cependant, si la population s'accroît régulièrement c'est presque toujours à un rythme plus lent que celui de la France et cette croissance est surtout le fait des villes les plus importantes. Cette croissance repose plus sur les apports migratoires que sur le solde naturel régulièrement déficitaire depuis le milieu des années 1970. Après la stagnation des années 1990, la population de Lot-et-Garonne augmente de nouveau, de manière nette pour atteindre près de selon les estimations de 2005. Cette nouvelle croissance est à mettre en rapport avec l’attractivité de l’Aquitaine auprès des migrants venus des régions au nord de la Loire. Pour autant, le Lot-et-Garonne attire moins que le littoral, il compte moins d’habitants qu’au début du et reste le département le moins peuplé d’Aquitaine. Après plus d'un siècle de dénatalité, l'Agenais est entré dans une nouvelle phase démographique à partir de la Seconde Guerre mondiale. Les naissances plus nombreuses que les décès ont permis une croissance régulière de la population jusqu'au début des années 1970. Puis, du fait du départ des plus jeunes vers la région parisienne et les deux métropoles régionales, Bordeaux et Toulouse, le solde naturel est redevenu négatif. Les conséquences du vieillissement de la population se font nettement sentir à la fin du , avec un déficit de plus de dans la dernière décennie. Le vieillissement de la population (l'âge moyen est passé de 40 à entre 1990 et 1999) n'augure rien de bon, en ce qui concerne le dynamisme démographique, pour les années à venir, d'autant que les jeunes adultes continuent de quitter le département alors que ce dernier attire des adultes déjà mariés, avec des enfants. Ainsi, entre 1990 et 1999, plus de 40 % des nouveaux venus ont entre 30 et et un tiers d'entre eux ont plus de . Heureusement, ils ont des enfants, les moins de représentant plus de 20 % des nouveaux arrivants depuis 1990. Ces éléments expliquent que les inactifs rassemblent 40 % (enfants, épouses…) de ces récents migrants vers le Lot-et-Garonne et il faudrait y ajouter les 13 % de retraités. Les employés et les professions intermédiaires, puis les ouvriers, sont les plus nombreux parmi les actifs. Durant la seconde moitié du , le Lot-et-Garonne a connu le plus formidable exode rural de son histoire. Les communes rurales ont perdu, en moyenne, près de 1 % de leurs habitants par an entre 1954 et 1962, mais certaines nettement plus : dans 35 d'entre elles on enregistre une perte annuelle supérieure à 3 %. Leur apparente dispersion sur l'ensemble du département ne doit pas faire illusion, elle souligne au contraire les espaces les plus frappés par ce phénomène de désertion des campagnes. Il en est ainsi dans le Pays de Serres, parfaitement limitées entre le Lot et la Garonne, où les seuls cas de croissance s'observent dans les vallées autour de grandes cités. Même les bourgs, chefs-lieux de cantons, comme Montaigu-de-Quercy, Laroque-Timbaut ou Prayssas ont été incapables de s'opposer à cet exode qui s'ajoutait à une longue dénatalité. L'attraction d'Agen et de Villeneuve-sur-Lot s'exerce ici pleinement. Les départs sont tout aussi fréquents dans les Landes et leur bordure sauf dans quelques bourgs ou villes, ainsi que dans les collines du Gers, si bien que toute la frange méridionale de l'Agenais a été affectée par cet exode. Là se trouvent quelques-unes unes des communes les moins peuplées de Lot-et-Garonne. Sous un titre choc, , le maire de cette bourgade résume l'évolution récente : Dans les coteaux nord de la Garonne, plus particulièrement au contact du Périgord, la situation n'est pas plus enviable, et, de Duras à Villeréal, les pertes sont considérables, les départs mettant en difficulté les rares commerces ou services restants, qui à leur tour, au moment de leur fermeture pour cause de retraite, peuvent provoquer une nouvelle vague de migrants. Toujours présents, en Lot-et-Garonne, les étrangers pèsent cependant moins lourds au sein de la population totale. D'un peu plus de au sortir de la dernière guerre, leur nombre est passé à vers 1975, chiffre encore en diminution aujourd’hui puisqu’ils sont moins de en 1999. En même temps, leur part est en recul, tombant de 12 % de l'effectif total à moins de 5 % actuellement. Si l'on est bien informé sur leur arrivée, on manque par contre de précisions sur les départs et la naturalisation, ce qui rend difficile toute explication de cette évolution. Un certain nombre d'entre eux ont regagné leur pays, Italiens, et surtout Espagnols, qui pour une part, étaient des réfugiés de la guerre civile de 1936. Quelques-uns ont demandé à être naturalisés parce que, s'étant assimilés sans difficulté, ils ont préféré faire souche en Agenais. Les Italiens sont remplacés par des personnes originaires de la Péninsule ibérique, surtout des Portugais, dont l'effectif approche 15 % de la population étrangère, et par des Maghrébins, Marocains principalement. Si certains demeurent des salariés de l'agriculture, l’industrie en a accueilli le plus grand nombre, plus particulièrement dans le Fumélois. Au moment de la période difficile de la décolonisation, la France a dû accueillir plusieurs milliers de rapatriés, tous français de nationalité, certains appartenant cependant à des cultures différentes. Le Lot-et-Garonne a, bien entendu, bénéficié de cet apport. Un camp avait été construit, sur le territoire de la commune de Sainte-Livrade-sur-Lot, pour recevoir des prisonniers Vietnamiens, dont le nombre atteignait en 1946. Par la suite, ce camp servit pour d'autres réfugiés d'Indochine, après la défaite de 1954 ; ceux-ci formèrent une véritable communauté autour d'une Pagode bouddhiste, avec leurs propres commerces et activités, en marge du bourg. À peu de distance de là, à Bias, aux portes de Villeneuve-sur-Lot, fut créé un centre d'accueil pour les musulmans français d'Algérie, expulsés après l'indépendance de ce pays. Dans des structures provisoires, mais toujours fonctionnelles dans les années 1980, ont été hébergés jusqu'à Harkis à partir de 1962. Contrairement aux Indochinois qui se sont peu fixés dans l'Agenais, les Harkis ont essaimé en direction des principales villes. Tout autre est la venue des rapatriés d'Afrique du Nord de souche européenne qui arrivèrent en masse, et furent dirigés principalement vers des exploitations agricoles qu'ils achetèrent. La première vague de 1954 à 1960 est constituée de gens fortunés qui prennent possession des domaines de vastes dimensions dans les vallées ainsi que dans les coteaux gersois. Leur arrivée fit une forte impression sur les agriculteurs locaux, en raison des moyens financiers dont ils disposaient et des techniques ou méthodes commerciales qu'ils mirent en pratique, marquant de leur empreinte les productions locales et amenant quelques paysans locaux à les imiter. Bien que le nombre de ces premiers « colons » soit imprécis, leur effectif était modeste comparé à la venue massive des « rapatriés » à la suite des accords d'Évian, en 1962. En Lot-et-Garonne, il en fut décompté près de , entre 1962 et 1966, dont 83 % d'origine européenne, la très grande majorité ayant abandonné l'Algérie. Tous cependant ne se sont pas acclimatés dans cette région et seuls une dizaine de milliers sont restés. Leur dispersion est assez forte en Lot-et-Garonne ; quatre cantons, ceux de Duras, Marmande, Monclar et Villeneuve-sur-Lot ont accueilli plus de de « Pieds-noirs » ; ceux-ci préférèrent dans les autres cas, les vallées de la Garonne et du Lot, mais délaissèrent les Landes, les Serres de l'Agenais et le nord du département. Avec le temps, un petit nombre seulement (moins de ) ont continué de travailler la terre, non sans succès, notamment dans le domaine de la production et de la commercialisation. Mais la grande majorité des rapatriés ont maintenant des emplois dans les autres branches de l'activité économique, résidant dans les villes et les bourgs de la région. L’accroissement de la population de Lot-et-Garonne ne profite pas à l’ensemble des communes du département. La dynamique la plus favorable s’observe autour des trois principales agglomérations en raison de leur capacité à créer des emplois et à fixer les migrants qu’ils viennent des autres communes du département, des régions voisines ou du reste de la France. L’évolution récente indique cependant, que seule l’agglomération d’Agen demeure attractive. Sa part dans la population totale s’accroît sans cesse en raison de la stagnation de la population de Villeneuve-sur-Lot et Marmande. Dans les limites de l’aire urbaine, c'est-à-dire de la zone au sein de laquelle au moins 40 % des actifs travaillent dans l’agglomération, Agen regroupe 30 % de la population de Lot-et-Garonne en 1999 contre 27 % en 1982. En outre, sa capacité à fournir des emplois aux jeunes ménages permet à Agen de disposer d’un solde naturel toujours positif alors que ce n’est plus le cas du département et de la plupart des autres villes. Ainsi, se vérifie, en Lot-et-Garonne comme dans le reste de la France, la polarisation au profit d’un pôle majeur concentrant les fonctions de direction entre Bordeaux et Toulouse. Économie. La pointe extrême de la forêt landaise couvre le sud-ouest du département : les landes de Lot-et-Garonne. Au sud-est, la viticulture domine (armagnac), ainsi qu'à l'extrême nord où notamment les côtes-de-Duras sont le prolongement du vignoble du Bordelais. Au nord de la Garonne, cultures et élevage sont associés. Les vallées sont le domaine du maraîchage et des cultures fruitières (pruneaux d'Agen). Les principaux sites industriels sont Marmande, Tonneins, Fumel et Agen. Leurs industries sont diversifiées et de taille modeste. L'axe de transport Bordeaux-Toulouse traverse le département (canal, TGV, autoroute). Le Lot-et-Garonne est le premier producteur de France de kiwis, noisettes et fraises. Outre les vins de Duras -patrie de Marguerite- on trouve le Buzet, les côtes du Marmandais, les côtes du Brulhois ainsi que le vin du Tsar et le vin de Pays de l'Agenais. Agriculture. L'agriculture occupe une position dominante en Lot-et-Garonne tant par le nombre des actifs que par les revenus tirés de cette activité. Cela tient à d'incontestables avantages climatiques et pédologiques, qui font que la vallée de la Garonne apparaît plus spécialisée dans les cultures de produits frais que toute autre région du Sud-Ouest, même si la céréaliculture y occupe toujours une grande place. Cela résulte aussi du travail des hommes et des choix qu’ils ont opérés. Cette spécialisation vers le marché a obligé le Lot-et-Garonne à vivre très tôt en économie ouverte afin de pouvoir écouler ses productions vers les autres régions françaises et à l’international. On cultive dans le département beaucoup de céréales telle que le maïs, le blé, l'orge, etc. Les héritages. Quelques études ont souligné que les pays de la Garonne appartenaient, au , aux régions riches, associant productions agricoles et industrielles. Même si d'autres recherches plus récentes ont mis en doute cette réalité, il est probable que la vallée de la Garonne a effectivement connu une période très favorable au . Le a été moins favorable, ce qui n’a pas empêché l'agriculture d’enregistrer des mutations importantes du fait de la disparition de quelques productions ou du développement de nouvelles. En 1806, 53 % des terres utiles étaient consacrées aux labours, 11 % aux vignes et moins de 6 % aux herbages. Pour cette même date : sur de francs, les productions végétales représentaient et les productions animales quatre millions de francs seulement. À lui seul, le blé totalisait 45 % de ces revenus, et, avec les autres céréales, demeurait la culture la plus répandue dans les pays de la Moyenne Garonne. Cette céréaliculture prédominait sur les collines calcaires et molassiques, situées de part et d'autre de la Garonne et du Lot, ainsi qu'entre ces deux cours d'eau. Grande richesse d'exportation () pour les propriétaires, le froment a été la grande préoccupation de ces derniers, qui ont encouragé son extension au détriment des autres productions, à l'exception du maïs qui devait nourrir les travailleurs des champs. La vigne enregistra un fort développement. Pourtant les vins de qualité étaient alors peu nombreux, installés sur les coteaux qui produisaient dans la majorité des cas, des vins blancs liquoreux, appelés aussi « vins pourris » parce que la vendange intervenait le plus tard possible, comme actuellement pour les Sauternes. Connu de longue date, le prunier greffé (prunier d’Ente) s'étendit largement au autour de Clairac, Tonneins et Villeneuve-sur-Lot. Planté dans les vignes, il fournissait un fruit très savoureux, se conservant parfaitement et pouvant être exporté. Quelques plantes industrielles faisaient, elles aussi la réputation de l'Agenais. Le chanvre que les paysans travaillaient en association avec le blé dans les terres de vallée servait notamment à l’habillement et à des manufactures de cordages. Dès la fin du , le chanvre reculait devant le tabac, en raison de la perte des débouchés dans l'industrie, et de la fin du monopole de la Compagnie des Indes. Introduit en 1637 dans la région de Clairac, le tabac, très vite sous le contrôle de l’État, devait acquérir très rapidement une grande notoriété et provoquer un véritable engouement chez les agriculteurs tout autour de Tonneins. Les mutations de l'agriculture au cours du et du début du. En 1856, le secteur agricole faisait vivre 68 % de la population de Lot-et-Garonne et occupait plus de 70 % des actifs. En 1946, plus de la moitié des habitants de Lot-et-Garonne dépendaient encore des activités agricoles et un nombre plus élevé (57 %) trouvait toujours un emploi dans cette branche. Entre ces deux dates, l’essor du faire-valoir direct permit à la majorité des exploitants d’être maître de leurs choix culturaux. Le métayage, très répandu au disparaît complètement après la Seconde Guerre mondiale. Cette transformation des structures d’exploitation s’accompagne de changement dans les pratiques culturales. Après avoir augmenté durant tout le pour atteindre 58,7 % en 1897, la part des terres labourables régresse au profit des prairies et des cultures spécialisées, alors que le vignoble voit les surfaces plantées réduites de moitié ( en 1936) en relation avec la crise du phylloxera et l’exclusion de la zone d’appellation « bordeaux ». Occupant moins de dans la première moitié du , fruits et légumes ont, somme toute, une importance très modeste. Pourtant leur apparition est capitale, car présents depuis longtemps, leur essor dans le nouveau système agricole correspondait à une influence plus grande des villes, à un développement du réseau de chemin de fer qui ouvrait des horizons commerciaux plus larges de même qu'une extension déjà soulignée de la polyculture. Ainsi, la tomate s'est imposée dans la moitié occidentale et vers 1930, tous les cantons de l'arrondissement de Marmande produisaient plus de 1000 quintaux de tomates. Le développement était lié à des exportations de tomates fraîches vers la capitale ou des pays étrangers, ainsi qu'à une demande accrue des conserveurs. Dans la vallée du Lot et dans celle de la Garonne, au gré de la demande nationale, on cultivait les oignons, les asperges puis les choux-fleurs d'hiver, les carottes, le céleri, le salsifis, les petits pois, les haricots verts et enfin le melon. Durant la même période, le Lot-et-Garonne est devenu une région fruitière. Le prunier d’Ente était plus particulièrement récolté dans le Villeneuvois. Les maladies qui affectèrent l'arbre, les conditions climatiques provoquèrent trop de variations dans les récoltes pour résister à la concurrence des pruneaux de Californie. Le chasselas a constitué une grande nouveauté lors de son introduction vers 1880-1885 à Port-Sainte-Marie et Prayssas. S’y ajoutent le développement des plantations de pommiers, pêchers, cerisiers, poiriers et abricotiers dans les coteaux puis dans les deux grandes vallées. Des agriculteurs de moins en moins nombreux. Majoritaires dans la population de Lot-et-Garonne au moment de la Seconde Guerre mondiale, les agriculteurs ne le sont plus dès le début des années 1960. La diminution de la population active agricole s’est amplifiée ensuite : un peu plus de en 1962, en 1982, moins de selon les estimations de 2005 (plus en intégrant les emplois saisonniers). La réduction de la population des ménages agricoles est un peu plus forte en raison de la diminution du nombre des personnes dans la cellule familiale. Malgré cela le Lot-et-Garonne compte encore une proportion d’actifs agricoles supérieurs à la moyenne française. Cela tient en grande partie à la résistance des petites exploitations orientées dans des productions spécialisées qui utilisent une importante main-d’œuvre. Le nombre d’exploitations a diminué de moitié entre 1979 et 2005, passant de plus de à . Parallèlement, la taille moyenne des exploitations n’a pas cessé de croître entre ces mêmes dates pour atteindre 36 ha en 2005 contre à peine 20 ha en 1979. Curieusement, la part des exploitations de moins de cinq ha reste stable (proche de 25 %), soit en raison de l’intensité de la production agricole quand il s’agit de légumes, notamment sous serres, soit plus sûrement par poursuite d’une activité dans des fermes en voie de cessation d’activité. Ce sont les exploitations qui comptent entre 5 et 50 ha qui reculent en pourcentage et en nombre, au profit de celle de plus de 50 ha qui sont désormais plus de . Si cette évolution affecte les exploitations pratiquant polyculture et élevage, elle concerne surtout celles qui se sont orientées vers la céréaliculture et les oléagineux ainsi que celles qui se consacrent presque uniquement à l’élevage. Ce sont les coteaux qui sont surtout touchés par cette évolution. Celle-ci devrait se poursuivre de manière inexorable en raison de la part importante des agriculteurs âgés : 1/3 ont entre 50 et , près de 25 % ont plus de . Cette situation influence les modes de faire-valoir et les structures des exploitations agricoles. Alors que le faire-valoir direct, caractéristique de la dimension familiale de l’agriculture en Lot-et-Garonne, occupait 80 % de la surface agricole utile (SAU) en 1980, sa part est tombée à moins de 50 % d’après les estimations de 2005, au seul profit du fermage qui est aujourd’hui le mode dominant. Le métayage, longtemps très représenté, notamment dans le Marmandais, à l’origine de revendications nombreuses sur lesquelles le parti communiste a assis sa représentation, a quasiment disparu. Il est de plus en plus difficile d’entrer dans la profession d’agriculteur ou de prendre la suite d’une exploitation familiale, car le seuil de rentabilité s'est régulièrement élevé. Ainsi la surface minimum pour permettre l’installation d’un jeune agriculteur est de 17 ha dans la plaine et de 23 ha dans les coteaux. Or, l’hectare de terre labourable dans les plaines de la Garonne et du Lot vaut en 2005, dans les coteaux sud de la Garonne, moins de dans la partie orientale des Serres ou le Fumélois. Même si la valeur vénale ne progresse plus depuis quelques années, ces montants sont élevés et cela explique en partie le succès du fermage. Ces changements s’accompagnent d’une progression de l’agriculture de groupe. On compte ainsi 421 GAEC (Groupement agricole d'exploitation en commun). Les agriculteurs lot-et-garonnais, comme leurs homologues des autres régions agricoles françaises, ont profité de la politique agricole commune. Certes, cette dernière jouait peu dans le domaine des fruits et légumes, traversé pourtant par des crises nombreuses et parfois sévères en relation avec la chute des prix, la surproduction et la concurrence des pays du sud de l’Europe. Jusqu’aux années 1990, la FNSEA et le MODEF étaient les deux syndicats les plus influents en Lot-et-Garonne, le premier à la tête de la Chambre d'agriculture quand le second se cantonnait dans un rôle d’opposition dans la défense des petites exploitations. La réforme de la PAC au début des années 1990 a profondément modifié les rapports de force entre syndicats avec la montée en puissance de la Confédération paysanne et surtout de la Coordination rurale. Dans les campagnes, des pancartes ou d’autres symboles dénonçaient la mort programmée de la petite agriculture familiale. Cette phase d’intense colère paysanne a profité un peu à la Confédération paysanne et plus encore à la Coordination Rurale qui a pris la présidence de la Chambre d’agriculture. Le récent scrutin, en 2007, a confirmé le poids la Coordination Rurale, plutôt de droite, dont la liste revendiquait « nourrir des hommes mérite un digne revenu ». Elle garde donc la Chambre d’Agriculture sans être majoritaire. La FNSEA regroupe un tiers des membres des différents collèges, le MODEF reste stable à 11 % et la Confédération paysanne s’effondre à 9 %. La production agricole au début du. Si le Lot-et-Garonne demeure une région de polycultures en relation avec la petite dimension des exploitations de type familial et la volonté de répartir le risque en pratiquant plusieurs cultures sur des terres suffisamment riches pour supporter une production intensive, la spécialisation dans les cultures végétales s’impose et progresse au cours des cinquante dernières années. La force de ces changements a été analysée pour les exploitations des coteaux sud au cours du dernier demi-siècle. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’exploitation type partageait ses surfaces et tirait ses revenus en trois grands tiers : élevage, céréales, vigne associée à des arbres fruitiers. En 2000, la répartition est fondamentalement différente, surtout les revenus ne sont plus liés directement à la superficie occupée. La vigne et l’élevage se sont effondrés. Les grandes cultures, céréales et oléagineux occupent plus de la moitié des terres mais contribuent plus modestement au chiffre d’affaires de la ferme. Les cultures légumières et celles de semences de betteraves ont accru leur importance en superficie et ce sont elles qui assurent les rentrées financières les plus importantes. C’est le résultat des progrès de l’organisation en matière de commercialisation ainsi que l’influence des grandes firmes pour les semences de betterave. À l’opposé, une grande partie des coteaux nord a choisi de se spécialiser dans les grandes cultures et l’élevage. Ces mutations se retrouvent dans la valeur totale de la production agricole en Lot-et-Garonne dont la valeur en 2005 était presque six fois plus élevée qu’en 1960, et deux fois plus qu’en 1980. Après avoir légèrement régressé au profit de l’élevage entre 1960 et 1970, la part des productions végétales dans cette valeur finale atteint 73 % en 2005. Si les céréales y contribuent pour un peu plus de 10 %, le poids des cultures légumières et fruitières est important, de l’ordre de 30 %. Ceci constitue une des particularités fortes de l’agriculture lot-et-garonnaise. L’élevage est en repli, orienté plus vers la production de viande que de lait dont la régression s'accélère. La production céréalière arrive nettement en tête des superficies occupées, pour un chiffre d’affaires de d’euros en 2005. La culture du blé est ancienne, présente dans toutes les régions agricoles de Lot-et-Garonne. Ce n’était pas le cas du maïs dont la culture a progressé de manière très spectaculaire en raison des prix attractifs et des investissements considérables réalisés par les collectivités publiques, notamment le Conseil départemental de Lot-et-Garonne, pour multiplier les capacités d’irrigation. En 2005, 38 % de la Surface agricole utile est irriguée, soit plus de . Dans un premier temps le maïs a pu se développer dans les plaines de la Garonne et du Lot, puis il a gagné les coteaux au rythme de la construction de retenues d’eau dans les régions collinaires. On recense aujourd’hui plus de 3000 lacs dont la capacité théorique est proche de de m3. Parmi les oléagineux, le tournesol, cultivé en sec, profite du recul du maïs sur les terres difficilement irrigables. Il occupe en 2005, , soit 6000 de plus qu’en 2004. Le tournesol s’est répandu dans les coteaux sud et nord de Lot-et-Garonne où il occupe en moyenne de 10 à 35 % de la SAU. Il est particulièrement présent dans le Néracais où sa diffusion doit beaucoup à l’influence des exploitants voisins du Gers. Le colza est toujours devancé par le soja qui couvre près de , en zone irriguée à plus de 90 %. Le chiffre d’affaires des oléagineux est de d’euros. Le poids de la filière fruitière et légumière se mesure plus au chiffre d’affaires réalisé qu’aux superficies cultivées. Trois productions se détachent nettement : d’euros pour la prune à pruneaux, d’euros chacun pour la fraise et la tomate. Ces valeurs recouvrent l’ensemble des activités de la filière et pas seulement le chiffre d’affaires des agriculteurs. Le Lot-et-Garonne compte en effet une vingtaine d’établissements de transformation des pruneaux et une trentaine de stations de conditionnement pour les fruits et légumes. Il existe aussi un marché d'intérêt national à Agen et des négociants privés très actifs à Agen, Marmande et Villeneuve-sur-Lot. Le verger de prune à pruneau (prunier d’Ente) couvre plus de et a livré près de en 2005 (il faut ensuite trois kilogrammes de prunes d’Ente pour obtenir un kilogramme de pruneaux d’Agen). Son dynamisme tient au contrôle des opérations par la filière organisée autour du bureau interprofessionnel du pruneau (BIP) qui a pour objectif de réguler le marché et d’assurer la promotion et la commercialisation du « pruneau d’Agen ». Le BIP (créé en 1963) a su passer le mauvais cap des années 1970 (mauvaises récoltes et prix trop bas) et obtenir le soutien de Bruxelles. Les producteurs ont obtenu l’inscription des 118 cantons de l’aire de production dans une IGP (Identification géographique protégée) qui garantit l’origine et la traçabilité des pruneaux d’Agen. La filière demeure toutefois très sensible aux aléas climatiques et aux variations de la demande. La culture de la fraise couvre près de pour une production toujours supérieure à , ce qui place le Lot-et-Garonne au premier rang en Aquitaine (avec la Dordogne) et en France. La fraise est économiquement importante pour le département de Lot-et-Garonne où elle représente 20 % du chiffre d’affaires des fruits et légumes et environ 10 % du chiffre d’affaires agricole du département. La culture de la fraise fait vivre environ un millier d’exploitations et livre près du quart des fraises françaises, notamment la variété gariguette qui arrive à maturité dès le début du mois d’avril. Cette précocité permet aux producteurs de fraises du département de Lot-et-Garonne de devancer les producteurs des autres départements français et d’occuper seuls le marché pendant les trois semaines situées entre la fin des importations espagnoles et marocaines, et l’arrivée sur le marché de la production d’autres départements. La très forte concurrence provoque un recul régulier de la part de la production lot-et-garonnaise depuis une dizaine d’années. Jusqu’alors cultivées en « plein champ » les différentes variétés de fraise sont aujourd’hui placées sous abri de plastique et de plus en plus font l’objet d’une culture hors sol pour reprendre l’initiative face à la concurrence. C’est en Lot-et-Garonne, que la fraise hors sol gagne le plus de terrain, avec aujourd’hui . La production de fraise est présente tout au long des deux vallées de la Garonne et du Lot, elle a également gagné les coteaux proches surtout à proximité des principaux centres de négoce : Marmande, Nérac et Agen. La tomate est une production destinée à la fois au marché du frais et à l’industrie de transformation. Pendant très longtemps, le département était resté en tête en France pour le volume de tomate, ne perdant sa position qu’au cours des années 1980. Le Lot-et-Garonne réalise encore 10 % environ de la production française. La production de tomate de conserve se fait en plein champ et est contractuelle, c’est-à-dire qu’avant la saison des accords sont passés entre producteurs et conservateurs, portant sur un prix et les tonnages à livrer. Cette production est beaucoup moins intensive que celle des tomates d’expédition qui est beaucoup plus soignée et spéculative. Ceci explique que la tomate de conserve couvre encore plus de (deux fois moins pourtant qu’en 1980) pour une production de près de . La tomate destinée au marché de produits frais ne cesse de reculer en surface, en 2005, car la culture en plein champ cède le pas aux cultures sous serres, hors sol de plus en plus. La production de tomates pour le marché du frais est de en 2005, soit sensiblement moins que la tomate de conserve. Le Marmandais, berceau d’origine de l’introduction de cette culture, fournit à lui seul environ . C’est dans cette ville que s’est développée l'une des plus importantes exploitations en hors sol de France, sur une quinzaine d’hectares. Il s’agissait de répondre à la menace espagnole avec l’entrée de ce pays dans l’Union européenne et d’étaler la livraison sur une plus longue période. Très organisés au sein de différentes coopératives pour mieux contrôler les prix et la mise en marché, les producteurs restent soumis à une vive concurrence, source de divisions entre les organisations, et ils doivent entrer désormais dans des réseaux de commercialisation dominés par les agriculteurs du sud et de l’ouest de la France. La vigne couvre plus de , livre près de ce qui représente près de 5 % du chiffre d’affaires de l’agriculture départementale, soit sensiblement la même chose que le blé. Grâce aux efforts des viticulteurs locaux la vigne et le vin entrent dans une production de qualité bénéficiant du label AOC (Appellation d’origine contrôlée). Trois zones dominent tant pour les superficies que pour les quantités : le pays de Duras, les côtes du Marmandais (Beaupuy et Cocumont) et, surtout, le vignoble de Buzet. Toutes ont en commun d’être animées par des caves coopératives qui ont su faire progresser la qualité, ouvrir de nouveaux débouchés, mais sont soumises à une vive concurrence. Ainsi, celles de Cocumont et Marmande ont dû fusionner et opérer des restructurations douloureuses. Dernières arrivées en tant qu'AOC (depuis le ) : les côtes de Brulhois, cette appellation étant partagée avec le Tarn-et-Garonne et une petite partie du Gers. Les grandes régions de production agricole. Les plaines alluviales regroupent les terres les plus riches, des exploitants orientés vers le marché, et l'essentiel des cultures spécialisées de Lot-et-Garonne. Elles sont suivies par des voies de communication rapides, récentes, permettant une expédition accélérée des produits, grâce à la présence de nombreuses villes qui apportent de multiples services. Dans l'ensemble, les petites exploitations sont inférieures à 15 ha, souvent même beaucoup moins. L'irrigation est presque partout la règle, avec une prépondérance des pompages individuels dans la nappe ou directement dans les deux cours d'eau. Ne pouvant faire face avec sa famille au travail demandé au moment de la collecte des fruits ou des légumes, en plein été, l'exploitant fait appel à des saisonniers. La MSA recense en 2005 plus de dans l’agriculture. La majeure partie de ces salariés sont des saisonniers. Ils venaient d'Espagne, plus particulièrement des provinces du Sud, ou encore du Portugal. Ils arrivent désormais du Maroc : près de 1000 en 2005 contre moins de 100 cinq ans plus tôt. De nouveaux courants se dessinent actuellement en provenance des pays de l’Europe de l’Est récemment entrés dans l’UE. Dans la région de Marmande, céréales, cultures légumières, tabac (en recul prononcé à la suite la fermeture de la Manufacture de Tonneins) et vigne dominent nettement. Même si les céréales entrent dans les rotations culturales, la vocation légumière et fruitière (notamment les pruniers) de la vallée du Lot est plus marquée avec des livraisons plus orientées vers la conserve. Le secteur d'Agen, de la confluence du Lot à celle du Tarn avec la Garonne, tout en donnant beaucoup de place aux cultures légumières et fruitières, est peut-être le moins spécialisé des trois. Coteaux et collines se développent largement dès qu'on quitte les plaines et terrasses des grandes vallées, exception faite des espaces densément boisés des quarts sud-ouest et nord-est. En effet, dans les Landes et le Fumélois, où plus de 40 % de la surface cadastrée est boisée, l'exploitation forestière domine, l'agriculture restant une activité secondaire dans le cadre de petites unités de moins de 10 ha dont les propriétaires occupaient un emploi complémentaire dans des établissements industriels assez nombreux à Casteljaloux ou à Fumel. Malgré un certain nombre de nuances, on observe nombre de similitudes dans les conditions de production des collines et coteaux de Lot-et-Garonne. Les terres y sont concentrées dans les mains de quelques paysans : les unités y dépassent fréquemment 50 ha et la dimension s'accroît au fur et à mesure que l'on s'éloigne des vallées. La situation à l'écart des grandes infrastructures de transport influence les types de cultures possibles dans les coteaux et les collines et, par suite, la quantité de terre nécessaire à un ménage agricole pour vivre sur l'exploitation. Élevage et cultures fourragères sont les principales activités agricoles des coteaux situés au nord de la vallée de la Garonne et du Lot. Les surfaces toujours en herbe y sont très répandues, occupant 30 % de la SAU et donnant lieu à une exploitation sous forme de foin, complétée par des fourrages où l'orge occupe une place prépondérante. Ceci explique l'existence d'un important troupeau de bovins, environ 45 % de l'effectif départemental, part qui est encore en accroissement. Entre le Lot et la Garonne, dans les Serres de l’Agenais, on retrouve le même dualisme : céréaliculture traditionnelle, oléagineux, fourrages, prairies naturelles et terrains de parcours pour le bétail, l'élevage prenant parfois un caractère extensif. Au sud de la Garonne, le Néracais est marqué par l'association céréaliculture et oléagineux, le tournesol progressant le plus. Les cultures légumières existent dans les communes les plus proches d’Agen. La vigne se maintient à proximité de la coopérative viticole de Buzet, mais aussi en allant vers le Condomois (armagnac). Enfin entre Casteljaloux et Marmande règne la polyculture associant céréales (place importante donné au maïs), cultures spécialisées et élevage. Entreprises. Le département compte 27 entreprises publiant un chiffre d'affaires supérieur à d'euros hors taxes. Tourisme. Tourisme rural et fluvial ( de voies navigables), bastides, châteaux, grottes, gastronomie, golfs, fêtes estivales. Voie verte (piste cyclable) de le long du canal de Garonne. Véloroute (itinéraire cycliste) le long de la vallée du Lot. Canoë-kayak sur les différents plans d'eau du département. Téleski nautique sur le lac du Moulineau à Damazan. Les résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du , 5,9 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes du Lot-et-Garonne dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Administration. En , le président du Conseil départemental Pierre Camani (Parti socialiste) constatant la mauvaise situation financière du département affirme que l’exercice budgétaire est impossible et annonce refuser de payer cinq versements pour le Revenu de solidarité active (RSA) correspondant à une vingtaine de millions d’euros. En mai, la Chambre régionale des comptes est saisie pour se pencher sur la situation budgétaire du département. En juin, la Chambre régionale des comptes préconise une hausse d'au moins 20 % de la part départementale de la taxe foncière et plus de 5 millions d’économie.
Liévin Liévin est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. La commune fait partie de la communauté d'agglomération de Lens-Liévin qui regroupe communes et compte en . Petit village agricole à l'origine, la commune a connu un essor important avec le développement de l'industrie minière dans la région. Encore aujourd'hui, la ville est marquée économiquement, socialement, paysagèrement et culturellement par cette exploitation. Avec ses en , Liévin est la ville du département et la de la région. Malgré cette importance, Liévin dépend directement de l'agglomération lensoise, dont le centre, la ville de Lens, abrite une population similaire (cela est dû à son statut de sous-préfecture et de chef-lieu d'arrondissement, aux nombreux services qu'elle propose et du fait qu'elle historiquement plus peuplée). Géographie. Localisation. Liévin est située dans le nord de la France, dans la plaine de l'Artois, limitrophe de Lens, à environ au nord d'Arras, au sud-est de Béthune, à l'ouest de Douai, au sud-ouest de Lille et au nord de Paris à vol d'oiseau. Elle fait partie de la communauté d'agglomération de Lens-Liévin, de l'arrondissement de Lens et de l'aire urbaine de Douai-Lens (quinzième de France avec en 2013). Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de huit communes : Géologie, hydrographie et reliefs. Liévin, située sur les bords de la rivière Souchez qui est le cours amont de la Deûle, est la principale ville de la Gohelle. Au , la richesse de son sol en houille en a fait la principale ville de l'ouest du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Climat. Le climat de Liévin est de type océanique. Du fait de l'éloignement de la mer (), le caractère océanique est moins marqué que sur les côtes. La température est fraîche en hiver ( de moyenne) et doux en été (). Des records de chaleurs de ont plusieurs fois été enregistrés. Les précipitations sont moindres mais plus réparties sur tous les mois de l'année. Milieux naturels et biodiversité. La commune est située, pour partie, sur un site classé en zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) : le "terril 75 d'Avion (de Pinchonvalles)" qui, avec , est le deuxième terril d'Europe pour la surface occupée. Urbanisme. Typologie. Liévin est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee. Elle appartient à l'unité urbaine de Douai-Lens, une agglomération inter-départementale regroupant et en 2017, dont elle est ville-centre. L'agglomération de Douai-Lens est la dixième plus importante de la France en termes de population, derrière celles de Paris, Lyon, Marseille-Aix-en-Provence, Lille (partie française), Toulouse, Bordeaux, Nice, Nantes et Toulon. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lens - Liévin, dont elle est une commune du pôle principal. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de . Occupation des sols. L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (85,1 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (80,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (66,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (12,6 %), terres arables (7,4 %), zones agricoles hétérogènes (5,2 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (4,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2 %), mines, décharges et chantiers (1,2 %), forêts (0,3 %). L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Habitat et logement. En 2019, le nombre total de logements dans la commune était de , alors qu'il était de en 2014 et de en 2009. Parmi ces logements, 93,8 % étaient des résidences principales, 0,3 % des résidences secondaires et 5,8 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 74,2 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 25,1 % des appartements. Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Liévin en 2019 en comparaison avec celle du Pas-de-Calais et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (0,3 %) inférieure à celle du département (6,4 %) mais supérieure à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation de ces logements, 38,6 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (36,3 % en 2014), contre 57,8 % pour le Pas-de-Calais et 57,5 pour la France entière. Voies de communications et transport. Voies de communication. Liévin est traversée par l'A21 (Lens-Douai-Valenciennes) et la . Cette dernière, dite aussi "pénétrante", fréquentée par , est l'une des voies d'accès au Louvre-Lens qui a ouvert en 2012 ; des structures jalonnent cet itinéraire (hypercubes, pyramides, sphère métallique, etc). La commune est également située à proximité de l'A26 (Calais-Arras-Reims) et de l'A211- (Lens - Arras). Liévin est traversée par l'EuroVelo 5, reliant Canterbury en Angleterre à Brindisi en Italie. Transports en commun. La gare de Liévin, la ligne d'Arras à Dunkerque-Locale, est une halte desservie par des trains TER Nord-Pas-de-Calais qui effectuent des missions entre les gares : d'Arras et de Béthune ; d'Arras et de Dunkerque. La commune était desservie, de 1895 à 1948, par la ligne de chemin de fer Lens - Frévent, une ancienne ligne de chemin de fer qui reliait les communes de Lens et de Frévent. Liévin est desservie par 6 lignes régulières et 3 bus à la demande du réseau d'autobus Tadao: Toponymie. Le nom de la localité est attesté sous les formes "Laivin (1104) ; Laivign (1213) ; Lyevin (1282) ; Leving (XIVe siècle) ; Leuvin (1437) ; Levin (1466)". Le nom de Liévin est un hagiotoponyme caché, le nom provient très probablement de Saint Liévin de Gand, évêque irlandais, qui fut un grand évangélisateur des Flandres au et qui fut beaucoup vénéré dans le Nord de la France. Liévin vient de "Lieven" en flamand. Histoire. Préhistoire et Antiquité. Des fouilles archéologiques sur la butte de Riaumont, point culminant de la ville, ont mis au jour des traces des époques néolithique et gallo-romaine, ainsi que 752 tombes qui attestent que Liévin a été une nécropole mérovingienne. Du Moyen Âge à la Révolution. Allard François de Blocquel, chevalier, est au seigneur de Wismes, Lambry, Angre (Angre? Angres?), Liévin. Il a été enterré dans l'abbaye Notre Dame de Loos, près de Lille, où étaient visibles son épitaphe, ses armoiries et celle de ses ascendants paternels et maternels. Il est d'une ancienne famille noble qui a pris ses alliances dans des familles nobles (famille de René de Vos de Stenvich, chevalier, conseiller du roi d'Espagne; famille de Pierre Ignace de Beauffort (famille de Beauffort), écuyer , seigneur de Warnicamp; famille d'Aumale) et a de ce fait des parentés avec la maison de Montmorency, la maison de Nesle, la maison de Schombert (famille von Schönberg). Adrien Antoine de Blocquel de Croix, petit-fils d'Allard François, écuyer, seigneur de Wismes, Liévin, Lambry, mayeur héréditaire de Naves et de Marcoing, reçoit en juin 1720, des lettres de chevalerie données à Paris. En mai 1724, des lettres données à Versailles l'autorisent lui et ses descendants légitimes à décorer l'écusson de leurs armes d'une couronne de cinq fleurons et de prendre deux griffons pour support. Au Moyen Âge, Liévin est un petit village agricole. En 1414, on recense à Liévin à peine . Des recensements ultérieurs font état de en 1759, en 1789 et en 1820. De l'industrialisation à la Première Guerre mondiale. La découverte d'un gisement de houille en 1857 bouleverse l'économie locale et Liévin devient une cité minière. Sa population explose et atteint en 1914. La Compagnie des mines de Lens y a ouvert sa fosse , la Société d'Aix sa fosse d'Aix, devenue dix ans plus tard le 2 de Liévin, et la Compagnie des mines de Liévin sa fosse , et ce dès 1858, les puits secondaires ayant été ouverts plus tard. Cette dernière ouvre à partir de 1899 sa fosse . Au , la Compagnie de Lens ouvre ses puits d'aérage , 11 bis et . Les derniers puits sont remblayés en 1979, les installations détruites, à l'exception des chevalements des puits . En 2017, sur la baie de la plage de Fundy au Canada, est retrouvée une bouteille dans laquelle un message apparemment signée de la main de Mathilde Lefebvre dit « Je jette cette bouteille à la mer au milieu de l'Atlantique. Nous devons arriver à New York dans quelques jours. Si quelqu'un la trouve prévenez la famille Lefebvre à Liévin ». La lettre est déchirée en deux pour être mieux glissée dans la bouteille et est datée du 13 avril 1912, soit la veille du naufrage du Titanic. Mathilde Lefebvre était à bord du Titanic, aurait jeté la bouteille à la mer avant d'être retrouvée 105 ans plus tard. En mars 2022, Coraline Hausenblas, une psychomotricienne, qui a étudié de près la lettre de Mathilde, affirme dans un rapport de 51 pages, que le document, retrouvé 105 ans après le naufrage du Titanic dans une bouteille à la mer, est « un canular, jusqu’à preuve du contraire ». Si la lettre est un faux, elle a toutefois permis de remettre en avant l'histoire de cette famille. La ville de Liévin a rendu hommage à la jeune fille ainsi qu'à sa famille dès 2002 en disposant une stèle à leur mémoire. En 1911, Franck Lefebvre, père de Mathilde, âgé de quarante-ans, travaille dans l'industrie minière en tant que mineur, et décide grâce à une amie qui souhaite elle aussi quitter la France et qui lui offre le voyage, de s'installer aux États-Unis. Franck arrive aux États-Unis en mars 1911 avec un de ses fils, Anselme, né en 1901, et s'installe dans l'Iowa où il travaille dans les mines de Lodwick. Le temps d'y faire fortune, il laisse dans un premier temps le reste de sa famille à Liévin. Pendant une année, il fait des économies et les envoie à Liévin pour permettre à sa famille de le rejoindre. En avril 1912, Marie Lefebvre, née Daumont (1872-1912), sa femme, ainsi que leurs quatre enfants, Mathilde (1899-1912), 12 ans, Jeanne (1903-1912), 8 ans, Henri (1906-1912), 5 ans et Ida (1908-1912), 3 ans, quittent Liévin pour le rejoindre. Ils embarquent à Southampton le mercredi 10 avril 1912 à bord du Titanic, en troisième classe. Toute la famille va mourir dans le naufrage. Les corps de la famille ne seront jamais retrouvés. Aux États-Unis, Franck les recherche. L'administration américaine se rend compte alors qu'il est entré illégalement sur le territoire et expulsé. Il revient à Liévin, redevient mineur et il mourra en 1948 à Haillicourt. L'entre-deux-guerres. La Première Guerre mondiale vient rompre brutalement cette progression. La ville est en ruine, les églises et les châteaux sont détruits. Au total, et ont été tués parmi la population de Liévin. La ville reçoit la Croix de guerre en 1920. Dès la fin de la guerre, la reconstruction de la ville est entreprise, début , les Pays-Bas offrant des maisons de bois à 200 familles de Liévin (ainsi qu'à 300 familles de la ville voisine de Lens), et l'extraction minière reprend. Liévin a accueilli, comme de nombreux autres communes du reste du bassin minier régional, des mineurs et leurs familles venus dans le cadre de l'immigration polonaise dans le Nord de la France dans les années 1920. Seconde Guerre mondiale. La Seconde Guerre mondiale viendra de nouveau stopper la progression de la ville. En 1940, Liévin est évacuée et les Allemands s'y installent et englobent le département dans une zone interdite. La Résistance dans la région s'organise autour, notamment, du journal "La Voix du Nord", aujourd'hui premier quotidien régional du Nord-Pas-de-Calais. . C'est aussi dans le Pas-de-Calais, dans la commune proche de Montigny-en-Gohelle, à la fosse 7 de la Compagnie des mines de Dourges, que la grève a démarré, avec Emilienne Mopty et Michel Brulé (1912-1942), privant les Allemands de 93.000 tonnes de charbon pendant près de 2 semaines. C'est l'un des premiers actes de résistance collective à l'occupation nazie en France et le plus important en nombre, qui se solda par 414 arrestations en 3 vagues, la déportation de , 130 mineurs étant par ailleurs fusillés à la Citadelle d'Arras. de 1948. Pendant quatre années la ville est sous la férule d'Alexander Von Falkenhausen, général qui gouverne la Belgique à laquelle Lievin est rattachée. Liévin est libérée le par la britannique. Devant l'avancée des alliés, les Allemands lancent un appel pour réunir les mineurs à la fosse 3. Alors que tout le monde est réuni, l'occupant s'enfuit, les Résistants l'accompagnent. Les anglais traversent la ville en passant par la rue Defernez, d'Angres jusqu'à Lens. Pendant ce temps, la mairie échoit aux communistes, en tête de la Résistance. De nouveau, la fin de la guerre marque la reprise de l'activité minière, particulièrement sollicitée pour répondre aux besoins de la reconstruction. La silicose, qui tuera de nombreux mineurs, fait son apparition. Après-guerre, la commune est encore au centre de trois événements nationaux, la "bataille du charbon" (1945-1947), suivie des grève des mineurs de 1947 et celles de 1948. La fin de l'industrie minière. Les mines de Liévin connaissent six accidents mortels au cours de leur histoire : Parallèlement, la récession de l'industrie minière s'amorce. De 1960 à 1980, 60 des 67 puits ferment. La fermeture du dernier puits fait suite à l'accident de la fosse dite « Saint-Amé ». Cet événement marque l'arrêt définitif de l'activité minière à Liévin. L'entrée dans le. La fin de l'industrie minière prive la ville de sa principale activité économique. En 1999, la ville reste fortement touchée par le chômage avec un taux de 26,6% contre 12,9 % de moyenne nationale. Les ouvriers représentent la première classe socio-professionnelle (40,8 % des actifs, contre 27,1 % de moyenne nationale). Cependant, de grands investissements sont mis en place dans les années 2010 afin de donner une nouvelle image à la ville et au bassin minier. La ville de Liévin est pleinement touchée par la crise des gilets jaunes et par la crise du CoVid-19. Outre, l'investissement dans les industries du tertiaire, Liévin muse également activement sur le domaine du sport avec notamment la création de Vivalley, une technopole "sport, santé et bien être". Politique et administration. Rattachements administratifs et électoraux. Rattachements administratifs. La commune se trouve depuis 1962 dans l'arrondissement de Lens du département du Pas-de-Calais. Elle faisait partie de 1801 à 1904 du canton de Lens, année où est créé le canton de Lens-Ouest renommé en 1949 canton de Liévin. En 1962, la ville devient le chef-lieu des cantons de Liévin-Nord-Ouest (renommé en 1975 canton de Bully-les-Mines) et de Liévin-Nord. Un nouveau découpage intervient en 1982, avec les cantons de Bully-les-Mines, Liévin-Nord et Liévin-Sud. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, cette circonscription administrative territoriale a disparu, et le canton n'est plus qu'une circonscription électorale. Rattachements électoraux. Pour les élections départementales, la commune est depuis 2014 le bureau centralisateur d'un nouveau canton de Liévin Pour l'élection des députés, elle fait partie de la douzième circonscription du Pas-de-Calais. Intercommunalité. Liévin est membre de la communauté d'agglomération de Lens-Liévin dite « Communaupole », un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé en 2000 et auquel la commune a transféré un certain nombre de ses compétences, dans les conditions déterminées par le code général des collectivités territoriales. Tendances politiques et résultats. Élections municipales. Lors du premier tour des élections municipales de 2014 dans le Pas-de-Calais, la liste PS-PCF-EELV menée par le maire sortant Laurent Duporge obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, avec (54,74 %, 31 conseillers municipaux élus dont 9 communautaires), devançant très largement les listes menées respectivement par : - Roger Fruchart (FN, , 26,86 %, 5 conseillers municipaux élus dont 1 communautaire) ; - Frédéric Lamand (UMP , , 9,40 %, 2 conseillers municipaux élus) ; - Daniel Ludwikowski (écologiste, 623 voix, 5,18 %, 1 conseiller municipal élu) ; - Régis Scheenaerts (LO, 458 voix, 3,80, pas d'élu). Lors de ce scrutin, 44,49 % des électeurs se sont abstenus Lors du premier tour des élections municipales de 2020 dans le Pas-de-Calais, la liste PS menée par le maire sortant Laurent Duporge obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, avec (73,51 %, 35 conseillers municipaux élus dont 9 communautaires), devançant très largement les listes menées respectivement par : - Louis Mompeu (RN, , 15,97 %, 3 conseillers municipaux élus dont 1 communautaire) - Daniel Ludwikowski (EÉLV, 446 voix, 6,19 %, 1 conseiller municipal élu) - Guillaume Kaznowski (DVD, 197 voix, 2,72 %) et Régis Scheenaerts (LO, 117 voix, 1,61 %), qui n'ont pas eu d'élu. Lors de ce scrutin marqué par la pandémie de Covid-19 en France, 64,66 % des électeurs se sont abstenus. Autres élections. Référendums 2016 et 2021 au sujet de la police municipale. Le a eu lieu un référendum d'initiative locale. Les habitants de la ville de Liévin ont été appelés à se prononcer sur la création d'une police municipale. Avec 62,5% des voix, c'est le "oui" qui l'emporte mais en raison de la faible participation (18,1%), le référendum n'a qu'une valeur consultative. Cependant à l'été 2018, la Police Municipale est mise en place à Liévin en remplacement de l'Agence de Surveillance de la Voie Publique qui était alors peu active et bénéficiait de peu de moyens. Du lundi 13 septembre au lundi 4 octobre 2021, les Liévinois ont participé à une consultation concernant l'armement de la police municipale. 3 % des Lievinois se sont déplacés et ont votés a 56% pour le droit a l'armement de la police municipale . Au total, 15 500 bulletins de vote numérotés et infalsifiables ont été distribués du 13 au 15 septembre 2021 dans l’ensemble des foyers liévinois. Ces derniers étaient invités à s’exprimer en glissant leur bulletin dans l’une des six urnes mises à leur disposition dans tous les quartiers de la ville. À l'issue de cette consultation, le conseil municipal a décidé l'armement de la police municipale. Jumelages. La commune allemande de Limbourg-sur-la-Lenne est intégrée, depuis le , à la commune de Hagen. Équipements et services publics. Espaces publics. Au concours des villes et villages fleuris, Liévin a obtenu le niveau « deux fleurs ». Population et société. Démographie. Pyramide des âges. La population de la commune est relativement jeune. En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à s'élève à 39,5 %, soit au-dessus de la moyenne départementale (36,7 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à est de 23,8 % la même année, alors qu'il est de 24,9 % au niveau départemental. En 2018, la commune comptait pour , soit un taux de 52,16 % de femmes, légèrement supérieur au taux départemental (51,50 %). Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit. Sports. Équipements sportifs : Dès l’été 2011, un vélodrome avec piste de et assises et un dojo avec huit tapis pour tous types de sport de combat et et sont aussi prévus sur le site un pôle de médecine sportive et une zone de développement de l’économie du sport. On évoque même la création d’un grand parcours de golf. Cyclo-cross L'Arena stade couvert de Liévin Liévin abrite l'Arena stade couvert Liévin qui accueille tous les ans le "Meeting Gaz de France". Il sert aussi de salle de spectacles (Mylène Farmer, Johnny Hallyday, Tina Turner, AC/DC, Depeche Mode, Tryo, WWE Raw, Muse... ) Il a accueilli en 2009 le salon du Mariage et Les Folies du textile du Nord. Entre 2007 et 2009, le stade couvert régional a bénéficié de travaux d'agrandissement, pour atteindre finalement une capacité de (en configuration "spectacle") et (pour les compétitions d'athlétisme). La superficie totale du complexe sportif international est de . Le projet en chiffres : Autres installations sportives Le Liévin a accueilli l'avant-dernière manche de la Coupe du monde de cyclo-cross. Avec les équipements voisins, le stade régional couvert de Liévin constitue un Pôle d’excellence sportive. Un golf pourrait prendre place près du terril de Pinchonvalle à Liévin. Économie. Plus d’un millier d’entreprises, de commerces à caractère libéral ou artisanal ont choisi Liévin. La ville compte de nombreuses zones commerciales et zones d’activités. Grâce à d’excellentes infrastructures routières, les entreprises et grands groupes internationaux s’y implantent et permettent de redynamiser l’économie locale. Liévin est une ville qui possède un grand atout grâce à son centre commercial et à plusieurs zones d'activités, Saint-Amé, ZAL 1/1 "bis", Abregain, An 2000, Quadraparc et Alouette (l'agrandissement de la zone est programmé). L'arrivée du Louvre-Lens devrait stimuler l'économie locale. Prévu pour être livré au printemps 2009, le futur centre d'affaires de m² de bureaux, dans la ZAC de l'An 2000 à Liévin, mise sur sa situation stratégique et sur les énergies renouvelables. Proche du site d'implantation du Louvre-Lens, dans une zone d'activités où passent véhicules par jour, le centre sera équipé de de panneaux photovoltaïques. Culture locale et patrimoine. Lieux et monuments. Patrimoine mondial. Depuis le , la valeur universelle et historique du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est reconnue et inscrite sur la liste du patrimoine mondial l’UNESCO. Parmi les , répartis sur inclus dans le périmètre du bassin minier, le site de Liévin est composé de la cité pavillonnaire Saint-Albert à Liévin et Loos-en-Gohelle, de l'école, de la cité pavillonnaire 11, de la maison d'ingénieur ; le site 70 est formé par le chevalement du puits 3 bis de la fosse 3 - 3 bis des mines de Lens ; le site 71 est formé par le chevalement du puits 1 bis de la Fosse 1 - 1 bis - 1 ter des mines de Liévin ; le site 72 est formé par le temple protestant de Liévin ; le site 73 est constitué par les grands bureaux de la Compagnie des mines de Liévin et la cité pavillonnaire des bureaux ouest ; le site 74 est composé du terril 80, Abattoir Pont Ampère, et de la cité pavillonnaire des Garennes et le site 75 est constitué par la cité pavillonnaire des Petits Bois, à Liévin, liée à la fosse 3 - 3 bis - 3 ter. Monuments historiques. La commune est riche de trois monuments historiques : Liévin dans les arts et la culture. Les films suivants ont été tournés au moins en partie dans la ville : Pour approfondir. Bibliographie. Livres faisant référence à la ville de Liévin où ayant été écrits sur les lieux de la commune :
Logo (langage) Logo est à la fois une philosophie de l'éducation et une famille de langages de programmation en constante évolution qui aident à la mettre en pratique. Le projet est né à la fin des années 1960 de la rencontre entre le courant cognitiviste en intelligence artificielle et des théories sur l’apprentissage issues de travaux de Jean Piaget et de ses conceptions en matière d’éducation. Ces deux volets sont respectivement représentés par ses promoteurs, Marvin Minsky et Seymour Papert — qui sera le moteur du projet —, au sein du MIT Computer Science and Artificial Intelligence Laboratory (Laboratoire d'intelligence artificielle et d'informatique). L‘appellation, inspirée du grec Logos « parole, discours, intelligence », recouvre, donc, deux concepts étroitement liés quoique distincts : un mode d’apprentissage inspiré des travaux de Jean Piaget sur le développement cognitif de l’enfant et un type d’environnement informatique, à partir d'un langage adapté du LISP spécialement conçu dans une démarche de pédagogie active inspirée des travaux de celui-ci. Il s'inscrit en réaction à une introduction de l'ordinateur dans l'éducation inspirée de l'enseignement programmé. Sur le plan informatique, Logo est un langage de programmation orientée objet réflexif. Plus lisible que le Lisp, il en est une adaptation, ce qui lui a valu le surnom de « Lisp sans parenthèses ». Essentiellement connu pour la fameuse tortue graphique, mais est également capable de manipuler des listes, des fichiers et des entrées/sorties… ce qui en fait un langage adapté à l'approche des concepts de l'algorithmique, ce dont on pourra trouver un exemple dans les ouvrages "Computer Science Logo Style" de Brian Harvey, professeur à l'Université de Californie à Berkeley. Bien que langage complet de haut niveau, Logo a été paradoxalement victime de sa tortue qui l'a cantonnée à une image faussement puérile, ses fonctionnalités de base étaient supérieures aux divers BASIC des années 1980. Il était, à l'époque, un bon marchepied vers la programmation structurée et modulaire et connaît toujours des développements dans le cadre de recherches en intelligence artificielle. Philosophie du projet. Logo propose une approche de l’utilisation de l’informatique délibérément constructiviste. C’est l’apprenant, enfant ou adulte expérimenté, qui est le principal acteur de son apprentissage, et l’ordinateur n’est présent que pour lui permettre de construire des réalités dans des environnements divers : les Micromondes, à l’aide d’un langage informatique spécialement conçu à cet effet (la géométrie Tortue en est un exemple). Il n’est nullement question ici de simulation informatique. « C’est en créant qu’on apprend », telle est la thèse piagétienne que Papert défendra dans la poursuite du projet Logo. L’objectif va, en effet, au-delà de l’acquisition de concepts qui seraient présents à ces micromondes. Piaget distingue quatre stades dans le développement individuel dont les apprentissages sont acquis par l’interaction entre l’enfant et son environnement. Il note, toutefois, que, faute de trouver un environnement adéquat , celui-ci n’atteint pas toujours le dernier stade, celui des opérations formelles. Il émet d’ailleurs cette constatation que nombre d’adultes n'y sont, en réalité, jamais arrivés. Et c’est ici que l’ordinateur entre en jeu. Papert y voit l’opportunité de créer des environnements propices au développement de ces facultés logiques, à condition qu’il soit correctement adapté à cette fin. Ce sera le cas grâce au langage informatique Logo proprement dit. L’environnement Logo se veut, donc, imprégné de la pensée de Piaget : il offre à l’apprenant la possibilité de se représenter et de décrire les phénomènes ainsi que le déroulement de sa démarche entreprise : saisie des moyens utilisés, justification de leur choix et/ou ajustements en cours de tâche. L’objectif poursuivi est d’amener, in fine, l’apprenant à dégager lui-même les caractéristiques de ses actions et de ses propres processus cognitifs. En un mot, qu’il apprenne comment il apprend. Dans son ouvrage, Papert va même plus loin : l’environnement de Logo pourrait amener l’enfant à adopter de lui-même un mode de pensée procédural, mode de pensée qu’il décrit comment étant plus efficace que tout autre. Encore faut-il une porte d’entrée qui soit à la portée de cet enfant. Ce sera le rôle de la tortue graphique, un robot dont l’enfant pourra commander les déplacements en s’appuyant sur la connaissance de la manière dont lui-même se déplace. Paradoxalement, le langage a été victime de cette tortue qui l'a cantonné à une image puérile ainsi également que d'un succès commercial qui a fait se multiplier des versions incomplètes, non conformes aux exigences fonctionnelles sur lesquelles insiste pourtant son propre concepteur, et parfois limitées à cette tortue graphique. Or, celle-ci n'est pas l'apanage de Logo : elle existe également dans Pascal 7.0. Dans le développement du projet, l’intelligence artificielle contribuera à différents titres comme celui d’offrir un milieu propice à la recherche fondamentale, avec le Lisp, un substrat au développement du langage informatique proprement dit, un premier robot d’expérimentation : la tortue de sol, le développement de la géométrie tortue… sans oublier l’infrastructure informatique, une ressource rare et chère à l’époque. Il inspire également la notion d'émergence pour comprendre ce que pourrait entraîner l'usage de Logo dans l'apprentissage. Histoire. Un projet tel que celui porté par Logo relève d’un long processus au cours duquel, tant sous l’influence de l’évolution de la pensée de ses concepteurs que des rapides progrès dans le domaine du matériel informatique. Bien que projet et langage informatique évoluent de pair, il y a néanmoins parfois lieu d’effectuer une distinction dans l’évocation de leur histoire respective. La période d’incubation : (1966 à 1980) : une tortue à petits pas. En tant que langage informatique proprement dit, Logo a été créé chez Bolt Beranek et Newman (BBN). Le concept initial émergea d’intenses discussions en 1966 entre Seymour Papert, Dan Bobrow et . Papert conçut les spécificités fonctionnelles essentielles du nouveau langage et Bobrow contribua à son concept et en réalisa sa première implémentation. Par la suite, contribuèrent également à son développement Richard Grant, Cynthia Solomon, Frank Frazier et Paul Wexelblat. Il succédait à une première tentative de créer un langage de programmation conçu pour les enfants, TELCOMP, basé sur le FORTRAN. À ce stade, le projet restait très orienté vers l’apprentissage des mathématiques et une familiarisation avec l’algorithmique, tout en insistant pour qu'il soit accessible aux jeunes élèves sans grande préparation. La première version de LOGO fut, d'ailleurs, une version pilote testée en 1967 avec des étudiants en mathématique de grades 5 et 6 à l’école Hanscom Field School de Lincoln, Massachusetts, sous la responsabilité de l’U.S. Office of Naval Research. À l'issue des quatre années de recherche nécessaires aux chercheurs du BBN, il reçut de nombreuses interfaces de simulation différentes, dont la tortue graphique, qui apparut cependant relativement tard par rapport à la première version du Logo. Les premiers utilisateurs en milieu scolaire, eux, l'ont testé à Muzzy Jr High, Lexington, Massachusetts. La première version est sortie, sur un PDP-1, en Lisp. Il était alors appelé Ghost, et était destiné à la résolution de problèmes de base : les bugs pouvaient être mis en valeur immédiatement grâce à la tortue. Le langage n'était pas particulièrement puissant, et la conception avait plutôt été axée sur la simplicité d'utilisation pour des débutants en informatique (qui devaient alors utiliser un Teletype). La possibilité de fournir un commentaire détaillé des erreurs était également déterminante. En 1970, Seymour Papert fonda le laboratoire LOGO au M.I.T. L’année suivante vit apparaître les premières expérimentations avec les tortues LOGO (de sol ou d'écran), considérées à tort par beaucoup pour être essentielles au projet LOGO alors qu’elles n’en représentent qu’un sous-ensemble. Plusieurs implémentations sur différents matériels et des expériences pédagogiques suivirent au cours de la décennie des années 1970 au M.I.T. mais aussi ailleurs comme à l’Université d’Edimbourgh ou à celle de Tasmanie, en Australie (c’est, d’ailleurs, par cette dernière que se diffusa la première tortue graphique sur Apple II sous le nom de Tasmania Logo). Cette phase de réflexion et d'expérimentation est marquée par des recherches ponctuelles au sein d’écoles voisines (dont la Brookline Public Schools) et donna lieu à des publications à diffusion restreinte (« "papers" »), les Logo Memos, relatant les enseignements tirés de ces expériences. Apogée et désillusion (1980 à 1990) : du lièvre à la tortue. LOGO va quitter le laboratoire et connaître sa période faste au début des années 1980. Deux facteurs vont contribuer à cet engouement : L’horizon de la tortue s’élargit, en effet, avec l’apparition des micro-ordinateurs. Fin des années 1970, le MIT Logo Group s’attelle à développer des versions de Logo pour le Texas Instruments TI-99/4A et Apple II, tous deux sortis en 1977. Si la base du langage est commune, les interfaces graphiques sont différentes eu égard aux spécificités des deux machines : du fait de son interface de type « jeux vidéo », la version pour le TI 99/4A privilégie les projets orientés vers le mouvement (les dyna-turtles ou lutins), tandis que celle pour l’Apple II donne la préférence au graphique tortue bien connu et à la manipulation de mots et de listes - bien moins connue. En 1980 est lancé un projet pilote à la Lamplighter School de Dallas où 50 TI 99/4A sont mis à la disposition des 450 élèves. Dans la foulée est lancé un autre projet à New York avec 12 TI 99/4A auxquels s’ajouteront un peu plus tard quelques Apple II. De ces deux projets naîtront des produits commercialisés par la société Terrapin Softwares (qui commercialise également des tortues de sols depuis 1977) : le TILOGO sur le TI 99/4A et le Terrapin Logo, devenu par la suite (cf Memo LOGO publié par le MIT) Logo PLUS, sur Apple II. En 1980, une nouvelle entreprise est formée, la Logo Computer System Inc. (LCSI) qui va regrouper sous l’égide et la présidence de Papert nombre de chercheurs, enseignants, développeurs et autres programmeurs embarqués dans l’aventure qu’a été le développement du projet. Dans les années qui suivent, LCSI implémentera sur la plupart des nouveaux micro-ordinateurs le langage avec ses caractéristiques fonctionnelles réclamées par son initiateur. Ainsi naquirent APPLE LOGO, Commodore LOGO, Atari LOGO, ensuite IBM LOGO, et enfin, Mac LOGO, tous construits sur les mêmes fondements, mais enrichis en fonction de l’évolution technique des matériels. Des versions pour une douzaine de langues furent développées, chose en soi très facile puisque l’architecture permettait de redéfinir aisément les primitives du langage (de même qu’il est toujours possible de « doubler » une primitive par une procédure construite avec celle-ci). En réalité, la vraie difficulté dans les traductions a résidé dans le choix des termes qui doivent être tirés du langage naturel et ne revêtir aucune ambiguïté. C’est ainsi, par exemple que Papert, après avoir longtemps hésité, donna sa préférence à la traduction canadienne DROITE ou GAUCHE plutôt qu’aux TOURNEDROITE ou TOURNEGAUCHE devenus usuels par la suite sous l’influence française. Petit détail amusant, c’est pourtant au Centre mondial informatique et ressource humaine que Papert, qui en était devenu le directeur scientifique, mettra la dernière main à la version française de l'Apple Logo. Le plus digne successeur de cette série est certainement le UCBLogo développé par Brian Harvey qui ne cessera d’enrichir le langage informatique dans le strict respect du métalangage, tout en indiquant explicitement comment changer ou traduire les primitives et les messages. D’une manière ou une autre, les nombreuses versions de Logo s’inspireront avec plus ou moins de rigueur des versions LCSI, y compris un Logo de qualité discutable pour les ordinateurs MSX qui domineront de plus en plus le marché de l’éducation, sauf aux États-Unis où Apple reste le favori. Une domination renforcée par l’échec du lancement du PC Junior d’IBM qui pouvait supporter un Logo de qualité et le choix politique en France de privilégier Thomson MO5 dans le Plan informatique pour tous. Les développeurs se tourneront alors vers ce matériel en ajoutant, par exemple, les tortues dynamiques développées sur le TI 99/4A, le tout fonctionnant avec des cartouches à insérer. À la même période, va se manifester un certain intérêt pour utiliser Logo en tant que langage de programmation proprement dit comme ce sera le cas avec le MacLogo de LCSI et Object Logo de Coral Software, une autre version pour le MacIntosh qui comprenait notamment un compilateur et même un débuggeur. Mais Logo ne parvint jamais à intéresser les programmeurs professionnels, sans doute à cause de l'étiquette « pour enfant » qui lui collait à la peau. En 1985, LCSI lance LogoWriter qui, outre une interface simplifiée et plus intuitive, comprend un traitement de texte et réintroduit les « lutins » (sprite), des tortues qui peuvent prendre des formes et des couleurs différentes. Parallèlement, Mitchel Resnick et Steve Ocko vont développer LEGO Logo une interface entre Logo et des moteurs, lumières et autres détecteurs utilisables dans des montages avec les fameuses briques Lego. Cette idée d’utiliser des robots n’était pas neuve mais recueillit néanmoins un succès commercial. Alors que LCSI marque le pas avec Logowriter, Terrapin Softwares et Harvard Associates, les premiers pour Macintosh, les seconds pour DOS et ensuite Windows, vont continuer à développer des versions qui, bien que bénéficiant des progrès du matériel, se cantonneront à la géométrie Tortue et à la manipulation de mots et de listes. Par contre, même si les initiatives d'introduction de Logo se multiplient durant cette décennie, il faut bien reconnaître que le volet « projet d'apprentissage » du projet marque le pas dans un monde de l'éducation qui se révélera très vite frileux (cf supra). Les expériences s'arrêtent souvent à une ou deux semaines, c'est-à-dire le temps de découvrir et de s'amuser avec la tortue graphique comme telle que celle menée par l'INRP en France, sauf dans des ateliers privés ou des écoles privilégiées par un projet pédagogique qui favorise une approche active de la part de l'apprenant. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Logo reçoit un accueil privilégié en Argentine où l'éducation est fortement imprégnée de la pensée piagétienne. Après 1990, de Logo au constructionnisme ; les métamorphoses de la tortue. Au début des années 1990, Logo est considéré comme un produit vieillot et obsolète en Amérique du Nord. Logowriter n’a plus guère évolué depuis sa sortie. Quant au Logo classique, il n’a pas intégré les apports de la rapide évolution des ressources informatiques. En Europe, l’engouement des premiers temps a fait long feu après l’échec des plans informatiques visant à introduire les nouvelles technologies de l’information dans l’enseignement. À l’exception de la Grande-Bretagne qui l’utilise comme un outil pédagogique sans rapport avec le projet d’apprentissage sous-jacent, son usage est devenu anecdotique dès le milieu des années 1980 dans un contexte pédagogique largement défavorable à sa philosophie. Ce n’est pas nécessairement le cas partout. Par exemple, un ambitieux programme est lancé au Costa Rica par une « ancienne du MIT», Clotilde Fonseca, qui va faire école dans une douzaine de pays d’Amérique Latine. Au Japon, Logowriter va également faire son chemin au début des années 1990. Un regain d’intérêt se manifestera vers le milieu de la décennie où l’on verra s’effacer Logo, tel qu’il était défini au début des années 1980, au profit du développement de nouveaux produits et d’un nouveau concept : le . En fait, si le nom de Logo va peu à peu disparaître, les idées qui en formaient le substrat, subsistent dans les grandes lignes. Même si elles intègrent de nouvelles fonctionnalités, les conceptions à la base du langage informatique restent les mêmes : un langage « naturel » avec des mots « de tous les jours », que l’on peut combiner et enrichir de nouveaux mots ; Par contre, le projet éducatif, lui, s’est affiné. D’abord plutôt vague sur son option pédagogique dans sa description du « facilitateur » en milieu Logo, Papert opte résolument pour une pédagogie active, en insistant sur l’importance de créer des choses () lorsqu’on apprend ainsi que sur celle de la verbalisation dans la construction de nouvelles connaissances. Plus tard, Resnick, le concepteur des nouveaux micromondes, va encore compléter le concept en y ajoutant une dimension de travail de groupe. Sur le plan informatique, MicroWorlds Logo va ajouter dès 1993 de nouvelles fonctions à l’environnement Logo en se basant sur l’interface MacIntosh : de nouveaux outils de dessins, un éditeur de formes, un générateur de musique et la possibilité d’importer des images ou des sons. De même, il prend en charge les tâches multiples de sorte que des objets peuvent être animés ou créés de manière indépendante : la tortue n’est plus toute seule. Au MIT, une brique programmable apparaît dans le cadre de Lego Logo qui rend inutile une liaison avec un ordinateur. Par ailleurs, Brian Harvey va continuer à enrichir le langage de base : sur le plan purement informatique UCBLogo, dans sa version distribuée librement, comprend 344 primitives. À l’autre extrémité, dans le domaine de la recherche, Mitchel Resnick va développer avec StarLogo des environnements où des milliers de « tortues » peuvent interagir. Plus récemment, le même Resnick proposera avec Scratch un nouveau projet de type Logo intégrant une implémentation visuelle et dynamique du langage de programmation Smalltalk basé sur Squeak. Squeak est l'héritier du Logo dans l'approche qu'il propose de l'interaction informatique-éducation. Il s'inscrit dans les cadres théoriques de la psychologie du développement et des idées de gens comme Baldwin, Piaget ou Vygotski. Implémentations. Il existe plus de 130 implémentations du Logo, aux caractéristiques variées. Et, faut-il le dire, de qualités variables tant au niveau informatique que par rapport au projet éducatif. Certains ne sont, d'ailleurs pas des langages informatiques, même simplifiés, mais seulement des programmes informatiques. Ainsi, Papert s'insurgera contre les versions simplifiées comme le « Logo instantané » où les instructions sont facilitées par des touches fonctions, celles limitées au graphisme Tortue ou encore celles où la tortue ne tourne que par des multiples de 10 ou de 30° : "Comment peut-on découvrir à quoi ressemble un angle à 45 degrés quand on peut tourner la tortue seulement dans les multiples de 10 ou 30 degrés à chaque fois ?" Berkeley Logo. UCBLogo est l'implémentation la plus populaire, un logiciel libre réalisé par Brian Harvey de l'université de Californie à Berkeley. Il existe plusieurs implémentations de" UCBLogo", parmi lesquelles "MSWLogo", une version pour MS Windows très utilisée dans les écoles britanniques. Implémentations propriétaires. D'autres implémentations ont ou ont eu une importance qui mérite d'être signalée : le P_Logo, des éditions Profil ; le jLogo et le XLogo et sa révision XLogo4Schools, qui se base sur des interpréteurs écrit en Java. Il n'existe aucune norme de Logo, mais uniquement une tradition. Ainsi, on constate des différences importantes entre les différentes évolutions du Logo. Les exemples de code donnés ci-dessous sont censés fonctionner dans la plupart des dialectes du Logo. Logo, langage informatique. Aperçu du Métalangage. LOGO fait partie de la famille des langages de programmation orientée objet. Ses règles de syntaxe sont réduites au minimum et le vocabulaire se rapproche le plus possible du langage « naturel », des mots de tous les jours. C'est évident pour les commandes de la tortue graphique, mais également pour le traitement de mots ou de listes. Par exemple, il comprend des termes comme SAUFPREMIER, PREMIER… aujourd'hui largement utilisés dans les bases de données. À l'origine n'existe que 2 types d'objets : les MOTS et les LISTES. Les "MOTS" sont des chaînes de caractères. Formellement, les nombres ne sont que des mots particuliers reconnus et évalués automatiquement par leur valeur. Les "LISTES" sont des suites ordonnées d'objets. Un mot est signalé par un guillemet, une liste par des crochets. Si un mot n'est pas précédé d'un guillemet, il est interprété comme une procédure (voir ci-dessous). Ces objets peuvent servir d'entrées à des OPÉRATIONS ou des COMMANDES. Une OPÉRATION sert à créer un nouvel objet à partir des objets entrant (formellement des ARGUMENTS), qu'elle "retourne" à une autre opération ou à une COMMANDE. Une COMMANDE dit ce qu'il (l'ordinateur ou le robot) doit faire de cet objet. Une ligne de programmation est et ne peut être formulée qu'en termes d'INSTRUCTION. Une instruction se compose impérativement d'une - et d'une seule - COMMANDE, suivie d'un objet, d'une ou de plusieurs OPÉRATIONS qui retournent l'objet qu'elles créent à l'éventuelle opération qui la précède, ou à la commande. C'est pourquoi taper simplement 5 + 5 (ou, plus formellement, SOMME 5 5) entraîne un message d'erreur du type « Ne sait que faire avec 10 », puisque l'instruction est incomplète du fait de l'absence de commande. De même ECRIS "tout seul" fera apparaître un message « Pas assez d'entrée pour… » puisque, cette fois-ci l'instruction est incomplète du fait de l'absence d'objet. Par contre, l'instruction ECRIS 5 + 5 affiche 10, l'opération d'addition sur des mots directement évalués comme des nombres retournant son résultat à la commande d'affichage, De même, dans le micromonde « Tortue », AVANCE 5 + 5, fera se mouvoir le robot tortue de 10 pas. Par contre, ECRIS [5 + 5] produira un affichage du texte 5 + 5 puisqu'il s'agit d'afficher le contenu d'une liste signalée par les […]. Un groupe d'instructions peut toutefois être écrit sur une même ligne. Sera, donc, licite : AVANCE SOMME [5 5] DROITE 360/10 La seule exception à la règle de commande unique réside dans l'emploi de la primitive REPETE qui accepte comme entrée une liste d'instructions. REPETE 360 [AV 1 TD 1] (formule du cercle en géométrie LOGO). Soit une instruction qui commande de répéter, 360 fois, deux instructions. Les mots prédéfinis dans le langage sont appelés "PRIMITIVES" du langage. Ce langage de base peut s'enrichir de PROCÉDURES créées par l'utilisateur. Une fois définie, ces procédures vont faire partie intégrante du langage et obéissent aux mêmes règles d'écriture. Leurs définitions sont écrites et corrigée dans l'éditeur "ED" ou, dans certaines versions, définies directement à l'aide de la commande POUR, suivie du nom de la procédure (ce qui facilite le passage de la commande directe vers la programmation) Une procédure comprend trois parties : son nom, les commandes et opérations que son activation déclenchera et le mot FIN. Elle peut être définie comme nécessitant une ou plusieurs entrées qui sont, en réalité, des variables pouvant stocker localement des objets. Dans ce cas, leur utilisation exigera impérativement l'introduction d'objets. Taper un mot qui n'est pas une procédure ou une primitive sera signalé comme une erreur « ne sait comment… » LOGO se présente comme un langage évolutif : les « primitives » ne sont, en réalité que des procédures "built-in". Dès lors, en toute logique, une procédure doit pouvoir comprendre des procédures, "y compris elle-même", ce qui confère à LOGO la puissance d'un langage récursif. POUR RECURSION RECURSION FIN est donc licite et crée une boucle sans fin. De même, une procédure peut être construite de manière à nécessiter un ou plusieurs arguments. POUR CERCLE :TAILLE REPETE 360 [AV :TAILLE DR 1] FIN crée une procédure qui permet de dessiner des cercles de taille variable : par exemple CERCLE 0,5 ou CERCLE 1 , mais toujours à partir d’un point de la circonférence (ici situé à 180°) puisque la tortue dessine le contour d’un objet graphique et part, dès lors, d’un point sur ce contour. "PS : rien n’est plus difficile que de dessiner un cercle à partir de son centre : par exemple, au point d’origine (0,0) de la tortue, au centre de l’écran, pour ne rien dire du dessin de cercles concentriques !" Toujours aussi logiquement, une procédure peut être une opération en utilisant la primitive RETOURNE. Ainsi si on définit la procédure suivante : POUR MULTIPLICATION :X :Y RETOURNE PRODUIT [:X :Y] FIN ECRIS MULTIPLICATION 5 6 affichera 30 "Force est de reconnaître qu'en réalité, peu de versions de Logo intègrent ces aspects." L'interprétation se fait de la gauche vers la droite. Par exemple, ECRIS SOMME 7 PRODUIT 5 2 affiche 17 après interprétation par Logo de la manière suivante : Les variables ne doivent pas être déclarées au préalable. Elles ne nécessitent aucune notation particulière et peuvent être nommées par n'importe quel mot, même par le nom d’une procédure existante, et il est d’ailleurs chaudement recommandé de choisir des termes explicites. Leur contenu étant un objet, il peut être un MOT ou une LISTE. Par défaut, les variables sont globales. Dans des versions complètes, elles peuvent éventuellement être déclarées comme locales. Lorsqu’elles servent d’arguments à une procédure, elles sont toujours locales et leur contenu ne conserve leur valeur que durant l’exécution de la procédure. Il est néanmoins possible de créer des variables globales à l’intérieur d’une procédure. Exemple : DONNE "Nomdelavariable 4 ECRIS SOMME 7 PRODUIT 5 CHOSE "Nomdelavariable affiche 27. En notation simplifiée et plus courante, on peut également écrire : ECRIS SOMME 7 PRODUIT 5 :Nomdelavariable De même, Logo comprend également des notations mathématiques préfixes ou infixes. Exemple : Formellement, seule la forme préfixe répond aux exigences de syntaxe comme quoi les objets suivent une opération à laquelle ils servent d'arguments. Tout comme l'interprétation directe d'un nombre, la forme infixe n'existe que parce que cette notation est familière. Enfin, par défaut, Logo sauvegarde dans un seul fichier tout l'espace de travail et le restaure en une seule instruction. Interface graphique : la tortue. Le terme « Tortue » relève d'une tradition née vers 1950 avec les premiers robots construits par le neurophysiologiste William Grey Walter, pionnier de la cybernétique avec ce qu'il appellera ses « tortoises ». Description. À l'origine un robot de sol, la « tortue » est un robot sur l'écran, prêt à explorer son espace. Dans ce cas, le plus connu, elle se présente la plupart du temps sous la forme d’un triangle orienté dans la direction qu’elle va prendre. Elle traîne à l’arrière – "et non derrière elle, la nuance est d’importance d’un point de vue pédagogique" – un crayon qui lui permet de laisser des traces de son passage. Ce crayon peut être levé (LC) ou remplacé par une gomme. Avec l’évolution du matériel informatique, il pourra également prendre des couleurs différentes. Au départ, ce robot occupe une position et une orientation précises. Au départ, ce seront le milieu (position 0,0) et le haut de l’écran, c’est-à-dire vers le « Nord », au cap de 0°. On travaille, donc, en coordonnées polaires et non pas en coordonnées cartésiennes, même si le langage comprend la possibilité d’utiliser ces dernières. La Tortue se déplace comme un navire, c’est-à-dire en prenant une direction relative et en parcourant une distance à partir d’un point et d’une orientation de départ. Mieux, elle se déplace, en réalité sur un tore, ce qui explique qu’en position normale, elle « ENROULE », c’est-à-dire que si elle disparaît par un côté de l’écran, elle réapparait à son opposé. Le concept de la « géométrie Tortue » est issu des travaux du Logo Group du MIT et permet à l’apprenant d’explorer un univers géométrique en s’identifiant à la tortue. Ce que Papert appellera la « syntonie avec le corps ». Au départ, l’utilisateur lui donne des ordres simples, « militaires » : AVANCE, RECULE, DROITE, GAUCHE pour la faire se déplacer. Elle se déplace pas à pas et s’oriente par degré ; à chaque 360°, elle fait, donc, un tour complet sur elle-même (théorème du tour complet de la tortue). Du fait de son crayon, elle laisse une trace de son passage sur l’écran (sauf, bien sûr, si on lui a donné l’ordre de le lever). Par la suite, ces ordres pourront être rassemblés dans des PROCÉDURES qui enrichiront le langage informatique et pourront, par conséquent, elles-mêmes être appelées dans d’autres procédures. Dans un grand nombre d'interfaces graphique de Logo, l'écran est divisé en 2 parties afin de permettre de visualiser à la fois les instructions qui lui sont données et leurs résultats : Quelques exemples. Exemple de définition de procédure : la procédure CARRE devra tracer un carré à l'écran. Le texte est tapé dans l'éditeur du LOGO, puis sauvé. ou plus simplement Emploi de CARRE dans une autre procédure : Dans cet exemple, Pour employer PLCARRE, il suffit de taper dans la zone de commande PLCARRE. Le passage de paramètres à une procédure est possible. Utilisation : CARRE 50 trace un carré de 50 pas de TORTUE. Pour faire un CERCLE, il suffit de décrire le périmètre de celui-ci "En réalité, il s'agira d'un polygone régulier à 36 côtés, cette formule ne s'applique qu'au versions LOGO où la Tortue ne peut tourner que par des angles de 10°." La rosace présentée en illustration peut donc s'écrire (KTurtle) pour un hexagone REPETE 6[AV 100 TG 60] Logo, philosophie de l'éducation. Il faut le dire tout de go : dès l’abord, Papert n’envisage pas Logo – et l’informatique en général - comme un outil pédagogique, ni, a fortiori, son usage scolaire, mais comme le moyen de créer un nouvel environnement d’apprentissage. Dans "Jaillissement de l'esprit" (op. cit.), il oppose l'apprentissage syntone à l'apprentissage dissocié que présente traditionnellement l’école, dans laquelle ce qui est enseigné ne s’accorde pas avec les enfants (cf infra). Néanmoins, passé les premiers pas en laboratoire, force est de constater que les premières utilisations de Logo se passeront dans des écoles, lieux institutionnels – institutionnalisés – des apprentissages. Dès lors, sauf à réserver Logo à quelques clubs ou ateliers fréquentés par quelques privilégiés, le problème de son introduction dans le milieu scolaire va vite se révéler incontournable et, dans son sillage, apparaîtront les questionnements pédagogiques. Le temps passant, Papert montrera de plus en plus de réticence vis-à-vis de l’école : « "Une réforme (de l’enseignement) vise à modifier l'école, mais, in fine, c’est l'école qui change la réforme. On peut voir au premier abord une tautologie dans cette proposition d'expliquer les échecs d’une réforme. Mais dire que l'école change de la réforme est très différent de dire tout simplement que l'école résiste ou rejette la réforme. Elle résiste à la réforme d'une manière particulière - en s'appropriant ou en l'assimilant à ses propres structures. Ce faisant, elle désamorce l’action des réformateurs et parvient parfois à prendre dans quelque chose de ce qu'ils proposent" » . Selon lui, les ordinateurs ont plutôt la vocation de substituer une autre structure à l’école, pas de l’améliorer. Cadre théorique : les hypothèses de Papert. Dans le sillage de Piaget. Avec le projet Logo, Papert veut mettre en pratique les idées constructivistes de Piaget grâce à l'informatique. Il ajoute, toutefois, une dimension aux notions d’assimilation et d’accommodation développées par ce dernier : l’importance de l’affectif dans le processus d’apprentissage (NB : Piaget n’a pas étudié cet aspect par manque d’éléments théoriques à ce sujet). Une autre différence porte sur les raisons d’une difficulté de l’apprenant à assimiler certains concepts. Selon Piaget, certains concepts ne pourront être assimilés qu’à partir d’un certain âge et après l’assimilation d’autres concepts (les prérequis). Ces stades de développement de l’intelligence sont communs à tous les enfants et ont un caractère universel, indépendant de la culture au sein de laquelle se passe l’apprentissage. Par contre, pour Papert, si l’acquisition d’un concept pose problème, c’est par manque de matériau à disposition de l’apprenant pour l’aider à l’assimiler dans sa culture. Autrement dit, l’ordre dans lequel sont acquises les connaissances n’a pas ce caractère universel, mais dépend de l’abondance ou de pénurie de matériaux permettant leur acquisition dans une culture donnée (cf ). Partant de là, Papert propose de créer de nouveaux matériaux à manipuler par l’enfant, qui soient propres à aider l’acquisition de notions comme les mathématiques et la physique et cela, au travers d’environnements construits à cet effet à partir de cette nouvelle venue qu’est l’informatique. Apprentissage syntone versus apprentissage dissocié. Encore faut-il pour cela que ce support informatique réponde aux exigences d’un tel matériau pour que l’enfant puisse s’en emparer et le manipuler comme les autres. Pour ce faire, il part d’un constat : l’apprentissage le plus répandu et qui réussit le mieux, est celui de l’apprentissage de la langue. Or, cet apprentissage se produit naturellement, sans intervention d’enseignant désigné. Il se construit, point barre. Le Logo group va s’inspirer de ce modèle d’apprentissage de la langue (en dehors de l’école) pour tenter de l’appliquer à d’autres domaines. Pour cela, il faut que l’enfant continue à trouver un sens à ce qu’il fait, que ceci s’accorde avec sa perception et ce qu’il connaît déjà. C’est tout le contraire, selon lui, d’un apprentissage scolaire dominé par une conception disciplinaire et transmissive de l’enseignement et le suivi d’un « programme d’enseignement » pour chaque niveau qui ne s’accorde pas avec l’enfant, mais qui lui est imposé. Dès lors, prenant le contre pied des didacticiels qui, créés pour enseigner à l’élève une discipline, ne font que reproduire l’enseignement classique avec un ordinateur, il veut que ce soit l’enfant qui apprenne à l’ordinateur à réaliser des tâches et non l’inverse et, donc, à l’instar de Dwyer avec le BASIC, l’apprenant sera programmeur et non programmé. Par contre, contrairement à ce dernier qui, même simplifié, reste un langage d’informaticien, LOGO sera conçu dans une langue proche du langage naturel et, donc, facile à assimiler. Apprendre les mathématiques en « mathématie ». Tout à l’opposé de cet apprentissage naturel du langage est, pour le mathématicien qu’est Papert, celui des mathématiques. En effet, pour nombre (la plupart ?) des personnes ayant suivi une scolarité traditionnelle, les mathématiques restent un sujet de dégoût. Or, pour lui, la distinction entre « sciences » et « lettres » comme deux groupes de disciplines n’est que culturelle : tout le monde est naturellement mathématicien de par les besoins de la vie courante, ce qui n’empêche pas certaines personnes de refuser les mathématiques dès qu’elles sont identifiées comme telles. Si beaucoup de personnes sont mathophobes, c’est à cause de l’enseignement scolaire des mathématiques qui se caractérise par une dissociation du vécu des enfants et se résume souvent pour eux à des recettes à apprendre. Ces mathématiques scolaires sont une construction faisant suite à des accidents, ou plus généralement, une histoire, mais n’ont pas été réfléchies selon des critères objectifs. L’habitude est devenue la seule raison du contenu de ces programmes scolaires en mathématiques. Pour remplacer cela, Papert propose de plonger les enfants en « mathématie ». Les enfants vont découvrir naturellement des notions de mathématiques dans un micromonde de la même manière qu’ils apprennent naturellement une langue ou d’autres concepts, telle que décrite par Piaget. Ce micromonde, où les mathématiques pourraient être appropriées par les enfants, doit reposer sur trois principes : Si ce dernier principe démontre l’intérêt que Papert porte au champ socio-cognitif de l’apprentissage, il implique que l’enfant ne se retrouve pas seul devant l’ordinateur. Et la problématique de cet accompagnement constituera sans doute LA pierre d’achoppement pour Logo. La tortue, objet de transition. Pour que l’enfant entre dans ce micromonde de la « mathématie », Logo comprend une voie d’accès qui lui propose un apprentissage syntone, c'est-à-dire qu’il lui permette de relier la manipulation du nouveau matériau proposé avec ses apprentissages passés tout en restant attractif et motivant : d’où la partie graphique du langage consacrée à la Tortue. La Tortue – quelle que soit sa forme : robot ou forme sur l’écran - est un objet anthropomorphique (au début, beaucoup d’enfants lui prêtent toutes sortes d’intentions !) dont les déplacements dans l’espace peuvent être commandés par des mots concrets, issus du langage familier. L’exécution des dessins par des commandes simples crée ainsi un seuil de communication avec l’ordinateur qui reste très proche du quotidien. Apprendre à contrôler la Tortue met à contribution chez l’enfant son désir de communiquer, son plaisir de donner des ordres et son goût pour le mouvement. L’activité de programmation consiste, donc, à apprendre à l’ordinateur (la Tortue, en l’occurrence) ce qu’il veut lui voir faire. De la sorte, si l'enfant peut s'appuyer sur la connaissance intuitive qu'il a des mouvements de son compte (sur ses schèmes sensori-moteurs), en s'identifiant avec la Tortue ("jouer Tortue" avec son corps), il doit traduire son intuition sous une forme qui soit compréhensible à celle-ci. Or « "traduire une intuition sous forme de programme, c'est la concrétiser, la rendre plus palpable et plus accessible à la réflexion" » (Papert, 1981, o. c., ). La Tortue est, donc, un objet de transition entre l’acquis de l’enfant, qui est la connaissance de son corps et de ses mouvements, et le langage simple qui les commande ou les décrit. Cette appropriation est facilitée par trois éléments qui, mutatis mutandis, correspondent aux principes directeurs décrits plus haut : Un autre aspect du langage Tortue réside dans une nouvelle approche de la géométrie en proposant un micromonde que l’enfant peut explorer et dans lequel il peut construire selon son mode d’apprentissage naturel et non sur une approche formelle et propositionnelle de cette partie des mathématiques : une nouvelle pierre d’achoppement pour Logo. L'erreur n'est pas une faute. Traditionnellement, lorsqu’un élève fait une erreur en mathématiques , il s’empresse de l’oublier. Cette réaction est encouragée par la sanction scolaire qui dit c’est soit « faux », soit « bon ». En LOGO, l’erreur n’est pas qualifiée de cette façon. Ce n’est qu’un défaut partiel et momentané dans un programme (« un simple bug informatique »). On ne jette pas la totalité d’un programme - ou d’une liste d’instructions dans les premiers temps - parce que tout ne se passe pas comme prévu. L’élaboration d’un dessin, puis d’un programme, se fait par une suite d’essais, d’erreurs et de corrections. Les enfants prennent conscience qu’il n’y a pas que du « tout bon » et du « tout faux » puisqu’ils peuvent s’approcher peu à peu, pas à pas, de la solution pour un projet initialement imaginé. Papert développe longuement cet aspect de suites d’essai-erreur ainsi que le jugement de valeur porté sur l’erreur, car cette question est cruciale à ses yeux. LOGO ne peut pas pénaliser l’erreur de la même manière que l’enseignement classique qui décourage les enfants à se construire des théories. L’objectif à poursuivre dans cet esprit était de trouver le moyen de fournir à l’enfant un contexte lui permettant d’élaborer des « théories de transitions ». Ces théories de transitions sont communément qualifiées de « fausses », sans plus. Or, dans leur processus d’apprentissage, les enfants se construisent des modèles qui leur permettent de se faire la main avant de les abandonner s'ils se révèlent inadéquats. Papert s’appuie ici sur les travaux de Piaget qui démontrent que ces fausses théories qu’élaborent les enfants sont nécessaires pour apprendre à penser. Les théories non orthodoxes des jeunes enfants ne résultent pas d’une faiblesse, mais sont un moyen pour eux d’assouplir leurs facultés cognitives, de développer en s’entraînant leur aptitude à la construction de théories plus orthodoxes. Les micromondes procureront, donc, aux enfants l’occasion de se construire des théories à eux et de les confronter à la réalité des choses en les testant sur l’ordinateur. De la sorte, ils entrent sans le savoir dans une démarche scientifique classique, mais ce nouveau statut de l'erreur sera une fois encore une autre pierre d’achoppement pour Logo. La programmation structurée comme modèle de pensée. Piaget s'est interrogé sur une certaine convergence entre les résultats de ses recherches sur la genèse des opérations logiques et mathématiques et un certain nombre de résultats mathématiques atteints dans leurs recherches des structures-mères (Structure_) par les Bourbaki. Chez ces derniers, une structure complexe est une combinaison de structures plus simples, dont les plus importantes sont des structures mères qui constituent des éléments fondamentaux. Or, Piaget va observer que les enfants développent des structures intellectuelles proches de ces dernières : Il existerait, donc, une similitude entre le parcours de l’enfant construisant l’arithmétique élémentaire et l’histoire de la mathématique, mais également entre les mécanismes qui permettent aux deux de construire une nouvelle connaissance plus complexe à partir d’anciennes plus simples. En bref, l’acquisition d’une structure facilite l’acquisition des autres. Papert étend cette similitude à l’informatique par une autre correspondance avec la programmation : des procédures simples, en s’assemblant, peuvent former des résultats complexes. Alors que Piaget cherchait à comprendre comment se développe l’enfant "hinc et nunc", Papert cherche à agir sur le développement via le nouvel environnement culturel permis par l’ordinateur. La culture informatique peut « "grandement renforcer, chez les enfants, leur capacité à concevoir les structures en place sous des aspects qui mobiliseront leur potentiel conceptuel" ». Mais cela n’est possible que lorsque le langage informatique dispose de procédures pures (autonomes et mobilisables de manière modulaire) comme c’est le cas en Logo. En effet, dans son emploi, la programmation structurée devient assez vite indispensable. Elle consiste à découper un tout en petites parties indépendantes qui, une fois au point, peuvent entrer une ou plusieurs fois dans le tout. Dès qu’un enfant a un projet un peu ambitieux, il est confronté au handicap de répétition et à la difficulté de débogage. Or, ce dernier est largement facilité lorsque le projet est découpé en petites procédures (modules). L’hypothèse de Papert est que la pratique de la programmation structurée aura des conséquences sur le raisonnement de l’enfant face à certaines autres tâches complexes dans la mesure où il y aura transfert de cette manière de décrire et d’aborder un problème, lorsqu’il sera confronté à d’autres situations situées dans un autre champ d’action, au nouveau problème qui se pose à lui. Mais encore faut-il pour cela que l’enfant accède à cette programmation structurée ! Encore une pierre d'achoppement. La Tortue à l’épreuve de la pédagogie. Dans un premier temps, les enseignants, sans y être forcément favorables, ont bien accueilli l’alternative que leur apportait Logo comme un moindre mal à l’introduction de l’ordinateur à l’école face à l’enseignement assisté (EAO) ou à l’enseignement programmé par l’ordinateur (EPO). Rares furent toutefois ceux qui adhéraient à la vision de Papert en connaissance de cause tant sur le plan de l’apprentissage que sur celui de l'impact possible du nouvel outil informatique sur l'enseignement. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que les conceptions des mises en œuvre de Logo divergent rapidement entre un monde pédagogique centré sur le « comment produire un "enseignement" efficace ? » et Papert, centré comme Piaget sur le « quelles sont les conditions propices à un "apprentissage" efficace ? ». Mais, par ailleurs, on ne peut nier que certains aspects de Logo faisaient problème (cf infra). Il reste que, comme le constate Jean-Michel Chevalier, « "L'intensité des critiques (des pédagogues) est à la hauteur de l'engouement qu'il suscite dans les années 80" ». Ceux-ci sont, en effet, guidés avant toute chose par un souci de rentabilité et de gain de temps en contexte scolaire, tout à l'opposé de Papert. Sur le plan expérimental, Logo avait d’abord été utilisé dans une approche surtout individualiste propre au contexte américain. En France, Gérard Bossuet va rapidement le présenter comme n’étant pas seulement un objet structurant, mais également comme un prétexte à la communication avec les autres, enfants ou adultes, au même titre que, par exemple, l’imprimerie chez Célestin Freinet . Partant de l’idée que la classe forme une micro-société englobant enfants, enseignants mais aussi parents et s’inspirant des travaux de Doise et Mugny sur l’importance de l’interaction sociale dans le développement cognitif, Pierre Biernaux franchit encore un pas en expérimentant l’introduction des ateliers à l’intérieur même de cet autre entité sociale qu’est l’école - démarche qui impliquait nécessairement l’inclusion de l’équipe de chercheurs dans ses observations. Plus tard, Resnick intégrera cette dimension de travail en groupe dans l’idée de « constructionnisme ». Apprendre en « Mathématie » peut être déconcertant… pour l’enseignant. Très tôt, souvent dans le cadre de thèses de doctorat, des chercheurs se sont intéressés aux apport de Logo dans leur domaine - celui de l’enseignement des mathématiques - soit pour faciliter l’accession de certains concepts : géométrie, variable, récursion… soit pour étudier l’opportunité de l’intégrer dans le cursus d’algèbre ou de géométrie. Le plus souvent, ceci s’adressait à des élèves plus âgés et Papert de rappeler dans la préface de l’ouvrage précité que le but de Logo était aussi, sinon avant tout, de donner aux jeunes enfants la possibilité de se familiariser très tôt avec des notions proches, d’y « toucher » (to feel) sans pour autant forcément déjà en comprendre la signification, mais de sorte que soit facilitée leur acquisition plus tard. Si pour ces spécialistes, l’enjeu était palpable, il en allait bien autrement dans l’enseignement proprement dit auprès de jeunes enfants, qui œuvre dans un cadre d’objectifs à atteindre au travers d’un programme bien établi. En effet, la géométrie tortue ne correspond pas toujours à celle enseignée dans les écoles dans la mesure où la tortue se déplace comme le fait de manière naturelle – et dont il peut en prendre conscience - l’enfant qui la commande : partir d’où on est, prendre une direction et avancer dans celle-ci d’un certain nombre de pas (""jouer « tortue" »"). Ainsi en va-t-il, par exemple, de la famille des polygones réguliers et, plus précisément, du triangle. Dans l’enseignement, les polygones convexes réguliers sont définis par des angles et des côtés égaux. En Logo, ils se construisent par la formule générale qui obéit au Théorème du Tour complet de la Tortue (TTT) en 360° : En considérant que le polygone se dessine par la droite et où nbr est un nombre quelconque et N est le nombre d’angles et de côtés, compris entre 3 et l’infini (note : Si N = 1, on obtient un point et si N= 2, un segment de droite). Or, le problème se pose pour le triangle dont on enseigne que la somme de ses angles est toujours égale à 180°. Ce qui n’est pas le cas en Logo puisque l’on fait tourner la tortue 3 fois à 120°. En fait, dans son exploration de l’espace, le robot tortue contourne l’objet géométrique. Tout comme l’enfant qui la commande parcourrait un triangle sur le sol, elle le dessine sans en avoir une connaissance (ou une définition) préétablie. En conséquence de quoi, ses rotations doivent se penser en termes d’angles supplémentaires et non d’angles « internes ». En effet, la tortue s’arrêtant avant de tourner « regarde » devant elle, c’est-à-dire, dans le sens du segment de droite qu’elle vient de dessiner, puis tourne dans celui où elle va dessiner ensuite. Ceci, comme d'autres aspects, ne va pas manquer d'être très déconcertant pour certains enseignants. « "Est-ce que Logo marche ? Nous constatons que oui, il marche à condition de lui donner des jambes pédagogiques."". Plus tard vont apparaître d’autres recherches dans un champ plus large que l’apport mathématique de Logo et, plus particulièrement, sur son apport possible dans l’enseignement en général. Ici, l’optique est, donc, claire : en quoi Logo peut aider l'enseignant dans la poursuite de ses objectifs : « En éducation, l’informatique peut être d’abord considérée comme une technologie éducative, c’est-à-dire un ensemble de moyens pouvant faciliter l’enseignement et l’apprentissage des disciplines scolaires traditionnelles. » Mais force est de constater que les phases expérimentales de ces recherches vont se révéler souvent bien courtes pour évaluer les effets à terme de son usage comme le regrette, par exemple, Valke qui, bien que n’observant pas de différences significatives entre son groupe expérimental et son groupe témoin, croit toutefois pouvoir déceler une tendance très claire : si la période de recherche avait été plus longue, un effet aurait pu apparaître . Or, de leur côté, Verchaffen, De Corte et Schrooten font remarquer l’importance d’un quota minimum d’heures de pratiques qui devrait, effectivement, avoir un impact sur les aptitudes cognitives des élèves des écoles élémentaires... mais à condition que cette pratique soit conduite dans un environnement didactique vigoureux et orienté. Ils estiment ce quota à une cinquantaine d’heures. Cette inquiétude de ne pas voir apparaître des résultats qui soient à la fois rapides et tangibles peut s’observer d’une autre manière comme chez Noss et Hoyles qui s’interrogent sur le plaisir d’utiliser REPETE ou le retour au mode pilotage, c’est-à-dire que l’élève ne prend pas appui sur le mode procédural pourtant déjà employé. Ils en tirent les conclusions qu’ils n’ont pas réfléchi sur les structures mathématiques et n’ont pas intégré la compréhension de l’outil . Ce à quoi Papert avait déjà répondu dans la préface de l’ouvrage précité de Hoyles et Noss, en soulignant que le plaisir de l'exploitation de cette commande magique par les enfants constitue, en fait, une approche de la récursivité. D’autre part, l’intérêt que constitue la commande REPETE n fois en tant qu’approche intuitive de la multiplication ; même si elle n’est pas évidente de premier abord. Somme toute, l’apport de ces recherches expérimentales peut se comprendre à la lumière de l'aphorisme suivant : « "S’il faut neuf mois à une femme pour concevoir un enfant, suffit-il d’en réunir neuf pendant un mois pour arriver au même résultat ?" ». Or, Papert inscrit l’apport de l’informatique (et de Logo) dans une perspective de changement culturel, c’est-à-dire à long terme. Mais, par ailleurs, il faut bien avouer combien il est difficile de trouver les moyens pour mener une recherche sur un si long terme. Ainsi, Biernaux va s'y atteler en suivant des enfants de 4 classes pendant 7 années mais ne pourra exploiter les observations obtenues faute de moyens, mais aussi de la perte d'engouement pour Logo après un aussi long laps de temps et l'évolution rapide de l'informatique ludique. L’accompagnement : problème central de l’environnement Logo. S’ils saluent sa relative simplicité et son caractère ludique qui rendent les premiers pas facile, Retschitzki et Gurtner insisteront plus tard sur le fait que Logo n'est ni aussi simple qu’il n’y paraît, ni véritablement limité dans ses possibilités. Par conséquent, pour que sa pratique soit profitable, un accompagnement est nécessaire mais il importe non seulement que celui-ci se fasse de manière continue mais surtout qu’il soit de qualité et, donc, opéré par des personnes disposant en la matière d’un sérieuse compétence. Observation plus que pertinente, mais qui reste à définir : par exemple, comment répondre à une équipe avec une pratique d’une heure par semaine pendant 6 ans qui demande à son enseignante comment écrire un programme en Logo qui compte le nombre de matchs à organiser pour un tournoi de ping-pong ? Que faire si une équipe de deux enfants de 6 ans, avec un an de logo dans les mêmes conditions, décide de construire une échelle centrée sur l’écran ? À cet égard, il faut bien reconnaître que Papert reste sans doute par trop dans le vague à l’instar, d’ailleurs, de son maître à penser Piaget qui n’a jamais fourni (ou voulu fournir) d’indications claires en la matière (pour peu que cela soit possible). Mais, des travaux de l’un et de l’autre, on peut imaginer une pédagogie qui ne céderait ni au romantisme rousseauiste, ni à l’empirisme de l’éducation traditionnelle qui conçoit l’esprit de l’enfant comme entièrement – et exclusivement – formé par les interventions des adultes ou, éventuellement, d’enfants plus avancés. Mais, par contre, qui soulignerait l’importance d’un modèle d’éducation qui s’appuie sur l’activité constructrice et créative de l’enfant sans pour autant nier les rôles de la transmission culturelle et de l’interaction sociale. Bref, il n’existe pas de recettes toutes faites en la matière. C’est ainsi que put s’observer un large éventail de modalités d’accompagnement allant de la non-directivité complète aux manuels avec exercices préétablis de Christina Gaillard. L'approche pédagogique ou scolaire. Comme il fallait s’y attendre, à coup d’expérimentations contrôlées et de tests statistiques, les pédagogues se sont appliqués à proposer leurs recettes pour un bon usage de Logo, avec en vue l’optimisation de son efficacité dans un usage scolaire. Par exemple, Tamara Lemerisie et d’autres vont proposer une classification hiérarchisée en fonction d’une efficacité croissante : En conséquence de quoi, s'appuyant sur les études précitées, Olivier De Marcellus proposera une sorte de vade-mecum du bon animateur Logo : « On est loin, très loin, des principes directeurs à la base du projet tels qu’énoncés par Papert (notamment sur le concept socio-cognitif) et, à la lecture de ce qui précède, on comprend mieux ses déclarations de 1997 citées en début de partie. D’une manière plus générale, on est, en effet, frappé de l’absence d’autonomie laissée à l’enfant (devenu ici l’élève) dans la démarche ainsi que du gommage de l’aspect affectif dans son apprentissage et, dès lors, on peut s’interroger sur les démarches ou concepts réellement acquis. En vertu de quoi, il devenait légitime de se poser la question de l’utilité de Logo dans un tel contexte surtout eu égard aux coûts non négligeables tant en termes d’investissements personnels que matériels. L'approche « facilitation ». Aux antipodes de ces démarches visant à « scolariser » Logo qui leur sont postérieures, les premiers usages de Logo étaient fortement teintés de cette non-directivité telle que décrite par Lemerise comme les « projets libres » où la passivité de l’accompagnateur est la règle. De fait, si l’attitude passive peut fonctionner lors de la découverte de Logo, durant la phase de « pilotage » de la tortue durant laquelle peut-être même est-elle souhaitable, elle montre vite ses limites. Mais celle-ci reflétait-elle bien la pensée de Papert et de Piaget ? L’utilisation du terme « facilitateur » par Papert et, à sa suite, par Bossuet, semble avoir, en effet, induit chez certain l’idée d’une référence implicite à Carl Rogers qui n’est pourtant jamais cité par ces auteurs. Avant toute chose, il convient de rappeler que celui-ci, primo-auteur de la formule n’a, en définitive, jamais été non-directif. Lui-même est revenu d’ailleurs sur ce terme en lui préférant celui d’Approche Centrée sur la Personne. La non-directivité n’est pas le laisser-faire ou le laxisme comme aiment à le faire croire autant ses détracteurs que parfois ses apologistes. Par ailleurs, Papert parle en réalité de « "facilitateur d’apprentissage" ». Tant dans les vidéos disponibles que dans « Jaillissement de l’esprit », il ne se confine nullement dans une attitude passive où il se bornerait à attendre les demandes des enfants, mais intervient, suggérant ici une solution, soulignant là une situation qu’il estime exploitable : « "une situation riche" ». La question reste comment et quand intervenir à bon escient ? Forte d’une expérience de sept années de facilitateur dans un atelier Logo inséré dans une école, Mirelle Daubresse considérera comme essentielle le respect de l’autonomie de l’apprentissage chez les enfants si l’on veut que leur intérêt reste constant et qu’ils puissent trouver dans leurs activités en Logo les matériaux dont ils ont, personnellement, besoin et/ou qui leur seraient utiles. De l’approche centrée sur la personne (en l’occurrence, l’enfant) de Rogers, elle retient que le rôle du facilitateur d’apprentissage est d’aider à choisir et à clarifier les projets des enfants de l’atelier, et de prendre en compte le désir de chacun de réaliser les projets, seul ou en équipe, qui ont une signification pour lui car c’est là que se niche la force motivante qui va soutenir un apprentissage significatif. Mais, dans le cadre spécifique de Logo, d’autres exigences sont requises : Quant aux principes d’intervention proprement dits, notamment en vue d’aider les enfants à franchir un pas de plus, elle considère qu’un principe doit toujours guider le facilitateur : garder constamment en tête la notion d’équilibration développée par Piaget, selon laquelle, pour être efficace, le déséquilibre, ici provoqué, ne doit jamais être ni insuffisant, ni excessif, et s’appuyer sur les acquis . Quand on sait que cette formation, appuyée par des longs extraits vidéo in situ et des analyses de projets réels, s’adressait à de petits groupes sur 20 jours répartis sur une année, on mesure combien l’accompagnement en Logo implique d’engagement personnel. Y compris, d'ailleurs, dans son usage plus « scolaire » Une tortue prétexte : la dimension affective. Comme signalé plus haut, Papert insiste sur le rôle de l’affectivité dans l’apprentissage. Si cet aspect est bien présent dans la dernière approche décrite ci-dessus, il l’est beaucoup moins dans l’approche pédagogique qui semble l’avoir gommée dans ses expérimentations. Mais force est de reconnaître avec Piaget que les outils pour la valider ou simplement l’étudier n’existent pas en dehors d’une observation forcément individuelle et, donc, peu propice à une généralisation. En annexe, on trouvera quelques exemples tirés d’expériences en atelier dans lesquelles les praticiens de Logo se retrouveront certainement. Ils peuvent apporter un éclairage sur les événements affectifs susceptibles d’exercer une influence sur les apprentissages tels qu’ils peuvent survenir dans un environnement Logo. Soulignons au passage que la tortue, cet animal emblème, même si son choix doit beaucoup au hasard, présente des caractéristiques relativement neutres d’un point de vue affectif : un animal sympathique mais sans plus. Pas vraiment à chouchouter. À leur lecture, on ne peut que regretter l’absence de publications relatives à l’utilisation de Logo en matière de remédiation et, plus généralement, sur la manière dont les enfants se saisissent de Logo pour régler certains obstacles à leur apprentissage. Ni, en miroir, comment son usage permet de détecter ces derniers. Par exemple, plusieurs mémoires de fin d’études ont été rédigés sur ce sujet à l’Université de Lille 2 ou à l’Institut Marie Haps à Bruxelles selon lesquels de bons résultats avaient été obtenus en orthophonie/logopédie. Or, d’une manière générale c’est, semble-t-il avec les enfants présentant des difficultés d’apprentissage que Logo et sa tortue se sont révélés particulièrement prometteur dans la mesure, entre autres, qu’il ne demandait qu’un investissement limité à un personnel aguerri en la matière. Épilogue. Logo a marqué le passage d’une conception de l’emploi de l’ordinateur dans l’enseignement reposant sur un usage tutorial vers sa maîtrise que l’on jugeait devenir indispensable. L’enjeu, à cette époque, n’était pas nécessairement de favoriser l’apprentissage comme le concevait Papert, mais celui d’une véritable acculturation passant par sa programmation : la question était déjà posée au début des années 70 de savoir combien de temps quelqu’un qui ne connaît rien à l’ordinateur pourra être considéré comme instruit. Lorsqu’il apparaît dans le paysage informatique, une autre question commençait à se poser : est-ce que l’alternative se limite bien à ce seul choix ou n’existe-t-il pas une troisième voie : celle d’un outil. En effet, à cette époque sortiront les premiers logiciels bureautiques comme sur l’Apple II, Visicalc (tableur), Visidex (Gestion de fiches), Visifile (base de données) ou Visi On (générateur de graphiques) développés par Visicorp, ou encore Apple Plot (générateur de graphiques) et Apple Pie (Traitement de texte). Commentant son texte 30 ans plus tard, Luehrmann concédait que, dans la trichotomie exposée par Taylor, c’est seulement l’utilisation comme outil qui a eu véritablement un impact dans les écoles et, plus particulièrement, les tableurs . Tout comme Papert, il concluait en regrettant le monopole de l’école sur l’éducation qui empêche les innovations. Prônant le développement des cours sur Internet, rejoignant ainsi le point de vue de plusieurs auteurs qui, pensant que les systèmes éducatifs actuels ne peuvent pas sérieusement intégrer les technologies informatiques, prévoient des changements très profonds des modes de scolarisation. Mais, même s’il a joué un grand rôle, l’abandon de Logo ne doit pas seulement se comprendre au travers de son rejet par un monde pédagogique orienté sur l’enseignement plus que sur l’apprentissage et en définitive plus soucieux de l’enseignant que de l’apprenant. L'essor de ce qu’on appelait alors les microordinateurs a d’abord profité à Logo mais celui-ci a souffert ensuite de leur succès et de l’accélération de l’innovation en la matière qui allait lui retirer plusieurs de ses principaux atouts : En outre, il faut le rappeler, personne à l’époque n’avait vu venir l’Internet. Papert a-t-il vraiment cru que Logo allait changer l’école ? Vraisemblablement pas, mais jusqu’à son accident de 2006, qui a mis fin à sa carrière de chercheur, il est resté convaincu, plus encore que d’autres, que l’informatique – et plus spécifiquement l’ordinateur personnel – allait modifier les conditions des apprentissages, entraînant de manière inéluctable des changements dans l’enseignement et, par voie de conséquence, dans l’école appelée, selon lui, à devenir obsolète à moyen terme. Dans cette perspective, il s’intéressera, notamment vers les conceptions de pédagogies actives de Montessori ou de Dewey. En l'occurrence, Logo doit être considéré a posteriori comme un premier pas dans cette dynamique qui a bousculé le paradigme univoque de l’utilisation tutoriale de l’informatique. Pour Papert, il a été certainement l’occasion d’une mise en pratique de ce qu’il avait appris auprès de Piaget. Extrait d'un entretien avec Papert : Annexes. Liens externes. Custom logo Designs Logo Zeal Logo design Dubai UAE
Le Fleix Le Fleix est une commune du Sud-Ouest de la France située dans le département de la Dordogne, en région Nouvelle-Aquitaine. Elle est connue pour la paix du Fleix qui y fut signée le , au cours des guerres de Religion, et aussi pour être le berceau de la famille de Jacques Reclus. Géographie. Généralités. Commune située dans l'unité urbaine de Bergerac, Le Fleix se trouve sur le bord de la Dordogne en un lieu où la rivière fait une inflexion prononcée. C'est probablement à cette caractéristique qu'il doit son nom qui viendrait du latin « flexus ». Elle est implantée dans une plaine alluviale, bordée au nord et à l'ouest par des collines argilo-calcaires. Ces dernières obligent la Dordogne à effectuer un quasi demi-tour. En amont de ce méandre, le lit de la rivière, large et peu profond, permettait le passage à gué en période de basses eaux. Ses coteaux ensoleillés se prêtent particulièrement bien à la culture de la vigne. Le Fleix se trouve à l'intersection des routes départementales D20 (de Libourne à Bergerac) et D32 (de Sainte-Foy-la-Grande à Mussidan). Communes limitrophes. Le Fleix est limitrophe de quatre autres communes, dont une en Gironde. Géologie et relief. Géologie. Situé sur la plaque nord du Bassin aquitain et bordé à son extrémité nord-est par une frange du Massif central, le département de la Dordogne présente une grande diversité géologique. Les terrains sont disposés en profondeur en strates régulières, témoins d'une sédimentation sur cette ancienne plate-forme marine. Le département peut ainsi être découpé sur le plan géologique en quatre gradins différenciés selon leur âge géologique. Le Fleix est située dans le quatrième gradin à partir du nord-est, un plateau formé de dépôts siliceux-gréseux et de calcaires lacustres de l'ère tertiaire. Les couches affleurantes sur le territoire communal sont constituées de formations superficielles du Quaternaire et de roches sédimentaires datant du Cénozoïque. La formation la plus ancienne, notée e6-7, se compose d'argiles à Palaeotherium, des argiles carbonatées silteuses versicolores à niveaux sableux (Bartonien supérieur à Priabonien inférieur continental). La formation la plus récente, notée CFp, fait partie des formations superficielles de type colluvions indifférenciées de versant, de vallon et plateaux issues d'alluvions, molasses, altérites. Le descriptif de ces couches est détaillé dans la feuille « - Sainte-Foy-la-Grande » de la carte géologique au 1/ de la France métropolitaine et sa notice associée. Relief et paysages. Le département de la Dordogne se présente comme un vaste plateau incliné du nord-est (, à la forêt de Vieillecour dans le Nontronnais, à Saint-Pierre-de-Frugie) au sud-ouest ( à Lamothe-Montravel). L'altitude du territoire communal varie quant à elle entre et . Dans le cadre de la Convention européenne du paysage entrée en vigueur en France le , renforcée par la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, un atlas des paysages de la Dordogne a été élaboré sous maîtrise d’ouvrage de l’État et publié en . Les paysages du département s'organisent en huit unités paysagères et 14 sous-unités. La commune est dans le Bergeracois, une région naturelle présentant un relief contrasté, avec les deux grandes vallées de la Dordogne et du Dropt séparées par un plateau plus ou moins vallonné, dont la pente générale s’incline doucement d’est en ouest. Ce territoire offre des paysages ouverts qui tranchent avec les paysages périgourdins. Il est composé de vignes, vergers et cultures. La superficie cadastrale de la commune publiée par l'Insee, qui sert de référence dans toutes les statistiques, est de . La superficie géographique, issue de la BD Topo, composante du Référentiel à grande échelle produit par l'IGN, est quant à elle de . Hydrographie. Réseau hydrographique. La commune est située dans le bassin de la Dordogne au sein du Bassin Adour-Garonne. Elle est drainée par la Dordogne, la Gouyne, le Barailler, la Charente, la Gane, la Patiole, la Rode, le ruisseau du Bigounin, le ruisseau du Cluzeau, le ruisseau du Peytavit, la Vieille Gouyne et par divers petits cours d'eau, qui constituent un réseau hydrographique de de longueur totale. La Dordogne, d'une longueur totale de , prend naissance sur les flancs du puy de Sancy (), dans la chaîne des monts Dore, traverse six départements dont la Dordogne dans sa partie sud, et conflue avec la Garonne à Bayon-sur-Gironde, pour former l'estuaire de la Gironde. Elle borde la commune au sud sur près de six kilomètres, face à Saint-Avit-Saint-Nazaire. Défluent de l'Eyraud et affluent de rive droite de la Dordogne, le Barailler, sert de limite naturelle à la commune à l'extrême sud-est sur environ , face à Saint-Pierre-d'Eyraud. Son affluent de rive droite, la Gouyne, ainsi que son bras occidental appelé la Vielle Gouyne, servent également de limite naturelle au nord-est et à l'est sur cinq kilomètres, face à la même commune. Au nord-est, le ruisseau du Cluzeau forme la limite communale sur près de , face à Monfaucon. Son affluent de rive droite le ruisseau du Bigounin sert de limite territoriale au sud avec Monfaucon sur deux kilomètres et demi. Quatre autres affluents de rive droite de la Dordogne prennent leur source sur la commune qu'ils baignent : Gestion et qualité des eaux. Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Dordogne Atlantique ». Ce document de planification, dont le territoire correspond au sous‐bassin le plus aval du bassin versant de la Dordogne (aval de la confluence Dordogne - Vézère)., d'une superficie de est en cours d'élaboration. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est l'établissement public territorial de bassin de la Dordogne (EPIDOR). Il définit sur son territoire les objectifs généraux d’utilisation, de mise en valeur et de protection quantitative et qualitative des ressources en eau superficielle et souterraine, en respect des objectifs de qualité définis dans le troisième SDAGE du Bassin Adour-Garonne qui couvre la période 2022-2027, approuvé le . La qualité des eaux de baignade et des cours d’eau peut être consultée sur un site dédié géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité. Climat. Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat du Bassin du Sud-Ouest », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole. En 2020, la commune ressort du type « climat océanique altéré » dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Il s’agit d’une zone de transition entre le climat océanique, le climat de montagne et le climat semi-continental. Les écarts de température entre hiver et été augmentent avec l'éloignement de la mer. La pluviométrie est plus faible qu'en bord de mer, sauf aux abords des reliefs. Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent à la normale 1971-2000. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après. Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat complétée par des études régionales prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Port Ste Foy », sur la commune de Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt, mise en service en 1956 et qui se trouve à à vol d'oiseau, où la température moyenne annuelle est de et la hauteur de précipitations de pour la période 1981-2010. Sur la station météorologique historique la plus proche, « Bergerac », sur la commune de Bergerac, mise en service en 1988 et à , la température moyenne annuelle évolue de pour la période 1971-2000, à pour 1981-2010, puis à pour 1991-2020. Milieux naturels et biodiversité. Natura 2000. La Dordogne est un site du réseau Natura 2000 limité aux départements de la Dordogne et de la Gironde, et qui concerne les riveraines de la Dordogne, dont Le Fleix. Seize espèces animales et une espèce végétale inscrites à de la directive 92/43/CEE de l'Union européenne y ont été répertoriées. ZNIEFF. Le Fleix fait partie des concernées par la zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de « La Dordogne », dans laquelle ont été répertoriées huit espèces animales déterminantes et cinquante-sept espèces végétales déterminantes, ainsi que quarante-trois autres espèces animales et trente-neuf autres espèces végétales. Urbanisme. Typologie. Le Fleix est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee. Elle appartient à l'unité urbaine de Bergerac, une agglomération inter-départementale regroupant et en , dont elle est une commune de la banlieue. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bergerac, dont elle est une commune de la couronne. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de . Occupation des sols. L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (61,2 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (64 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (28,3 %), zones agricoles hétérogènes (26,5 %), cultures permanentes (20,5 %), terres arables (11 %), zones urbanisées (6,3 %), eaux continentales (4,3 %), prairies (3,2 %). L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Prévention des risques. Le territoire de la commune du Fleix est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, feux de forêts, mouvements de terrains et séisme (sismicité très faible). Il est également exposé à un risque technologique, la rupture d'un barrage. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle. Risques naturels. La commune fait partie du territoire à risques importants d'inondation (TRI) de Bergerac, regroupant les (15 en Dordogne et 7 en Gironde) concernées par un risque de débordement de la Dordogne, un des qui ont été arrêtés fin 2012 sur le bassin Adour-Garonne. Les événements significatifs antérieurs à 2014 sont la crue de 1843 ( à Bergerac, la crue de référence historique de période de retour au moins centennale), les crues de 1912, 1944 et 1952 (période de retour de ) et les crues de 1982 et 1994 (période de retour de ). Des cartes des surfaces inondables ont été établies pour trois scénarios : fréquent (crue de temps de retour de à ), moyen (temps de retour de à ) et extrême (temps de retour de l'ordre de , qui met en défaut tout système de protection). La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1993, 1999, 2000 et 2008. Le risque inondation est pris en compte dans l'aménagement du territoire de la commune par le biais du plan de prévention des risques inondation (PPRI) de la « vallée de la Dordogne », couvrant et approuvé le , pour les crues de la Dordogne. Le Fleix est exposée au risque de feu de forêt. L’arrêté préfectoral du fixe les conditions de pratique des incinérations et de brûlage dans un objectif de réduire le risque de départs d’incendie. À ce titre, des périodes sont déterminées : interdiction totale du 15 février au 15 mai et du 15 juin au 15 octobre, utilisation réglementée du 16 mai au 14 juin et du 16 octobre au 14 février. En septembre 2020, un plan inter-départemental de protection des forêts contre les incendies (PidPFCI) a été adopté pour la période 2019-2029. Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des tassements différentiels. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 96,8 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (58,6 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national métropolitain). Depuis le , en application de la loi ÉLAN, différentes contraintes s'imposent aux vendeurs, maîtres d'ouvrages ou constructeurs de biens situés dans une zone classée en aléa moyen ou fort. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 1989, 1992, 1997, 2005, 2009, 2011 et 2015 et par des mouvements de terrain en 1999. Risque technologique. La commune est en outre située en aval du barrage de Bort-les-Orgues, un ouvrage de classe A situé dans le département de la Corrèze et faisant l'objet d'un PPI depuis 2009. À ce titre elle est susceptible d’être touchée par l’onde de submersion consécutive à la rupture de cet ouvrage. Toponymie. En occitan, la commune porte le nom de "". Histoire. Préhistoire. À l’époque mésolithique, atelier magdalénien sur les coteaux de Gabastou et de Malivert. À l’âge du fer : tumulus au sommet du coteau de l'Ermitage. Antiquité. Castrum (l'Ermitage) et plusieurs villas (traces à Malivert, la Brûlerie, etc.). Époques moderne et contemporaine. Le , six Juifs de Sainte-Foy-la-Grande sont arrêtés par des Français portant un uniforme allemand, puis assassinés le lendemain au Fleix, dans le bois de Souléiou. Politique et administration. Intercommunalité. Fin 2001, Le Fleix intègre dès sa création la communauté de communes Dordogne-Eyraud-Lidoire. Celle-ci est dissoute au et remplacée au par la communauté d'agglomération bergeracoise. Celle-ci fusionne avec la communauté de communes des Coteaux de Sigoulès au pour former la nouvelle communauté d'agglomération bergeracoise. Administration municipale. La population de la commune étant comprise entre 500 et au recensement de 2017, quinze conseillers municipaux ont été élus en 2020. Juridictions. Dans le domaine judiciaire, Le Fleix relève : Population et société. Enseignement. Le Fleix compte deux écoles : Sports. Le village compte un certain nombre d'associations sportives : Parmi les infrastructures, on trouve un stade municipal et des terrains de tennis. Santé. Le Fleix présente une offre de soins importante grâce à son Pôle médical et paramédical du Vignoble. Depuis , ce dernier réunit une vingtaine de professionnels de santé : médecins généralistes, kinésithérapeutes, pharmacien, ostéopathe, chirurgien-dentiste, psychologue, pédicure podologue… Économie. Le port fut très actif avec le transport du vin et du bois. Autrefois tournée vers la rivière, l'économie est maintenant surtout vinicole. On compte notamment la Cave coopérative de l’Union vinicole de Bergerac, ainsi que des exploitations de fruits et légumes. Commerces et services. Nombreux commerces et services de proximité : alimentation générale, pharmacie, boulangerie, boucherie, restaurant, bar-tabac-presse-loto, électroménager, coiffeur, motoculture, garage auto… La ville peut aussi compter sur la présence d'artisans : maçon, électricien, chauffagiste, peintre, entreprise de nettoyage, artificier. Un marché a lieu chaque jeudi matin. Emploi. En 2015, parmi la population communale comprise entre 15 et 64 ans, les actifs représentent , soit 40,3 % de la population municipale. Le nombre de chômeurs (74) a augmenté par rapport à 2010 (57) et le taux de chômage de cette population active s'établit à 12,2 %. Établissements. Au , la commune compte , dont 72 au niveau des commerces, transports ou services, vingt-sept relatifs au secteur administratif, à l'enseignement, à la santé ou à l'action sociale, dix-sept dans l'agriculture, la sylviculture ou la pêche, douze dans la construction, et onze dans l'industrie. Culture locale et patrimoine. Lieux et monuments. Il y eut deux châteaux, le château médiéval « dit château vieux » qui fut détruit après 1591, dont il reste un vestige de la muraille, et le château « neuf » construit au et qui fut la demeure occasionnelle de Frédéric de Foix. Il fut vendu à la Révolution française, servit un temps de carrière de pierre et finalement en 1805 devint le temple protestant, inscrit au titre des monuments historiques en 1968 (dans le pavillon principal du second château) . Consacré en 1805. Son état actuel date de 1899. La commune compte plusieurs autres monuments ou lieux d'intérêt : Distinctions culturelles. Le Fleix fait partie des communes ayant reçu l’étoile verte espérantiste, distinction remise aux maires de communes recensant des locuteurs de la langue construite espéranto.
Littérature La littérature est l’ensemble des œuvres écrites ou orales auxquelles on reconnaît une valeur esthétique ; c'est un art exprimant un idéal de beauté. Grâce aux productions littéraires, elle permet de manifester des émotions et de révéler aux lecteurs ou aux auditeurs ce qu'une personne a dans le cœur. La littérature vise à éduquer, à communiquer des pensées, à influencer et même à séduire. La littérature constitue un héritage patrimonial et peut concourir à la préservation du patrimoine d'un pays, lorsqu'elle en souligne les valeurs, la culture et la civilisation. Le mot littérature, issu du latin "" dérivé de "littera" (la lettre), apparaît souvent au début du avec un sens technique de « chose écrite » puis évolue à la fin du Moyen Âge vers le sens de « savoir tiré des livres ». Aux il prend son sens principal actuel, à savoir l'ensemble des œuvres écrites ou orales comportant une dimension esthétique (ex. : « C'est avec les beaux sentiments que l'on fait de la mauvaise littérature », André Gide) ou l'activité participant à leur élaboration (ex. : « Se consacrer à la littérature »). La littérature se définit en effet comme un aspect particulier de la communication verbale qui met en jeu une exploitation des ressources de la langue pour multiplier les effets sur le destinataire, qu'il soit lecteur ou auditeur. La littérature se caractérise donc, non par ses supports et ses genres, mais par sa fonction esthétique : la mise en forme du message l'emporte sur le contenu, dépassant ainsi la communication utilitaire limitée à la transmission d'informations même complexes. Aujourd'hui, la littérature est associée à la civilisation des livres par lesquels nous parlent à distance les auteurs, mais elle concerne aussi les formes diverses de l'expression orale comme le conte (en plein renouveau dans les pays occidentaux), la poésie traditionnelle des peuples sans écriture — dont nos chansons sont les lointaines cousines — ou le théâtre, destiné à être reçu à travers la voix et le corps des comédiens. La technologie numérique est cependant peut-être en train de transformer le support traditionnel de la littérature ainsi que sa nature. Le concept de littérature a été régulièrement remis en question par les écrivains comme par les critiques et les théoriciens : c'est particulièrement vrai depuis la fin du où l'on a cherché à redéfinir — comme pour l'art — les fonctions de la littérature (par exemple avec la notion d'engagement pour Sartre, "Qu'est-ce que la littérature ?") et sa nature (réflexion sur l'écriture et la lecture de Roland Barthes ou études des linguistes comme Roman Jakobson) et à renouveler les critères esthétiques (du « Il faut être absolument moderne » de Rimbaud au nouveau roman en passant par le surréalisme, par exemple). Il reste que, riche de sa diversité formelle sans limites autant que de ses sujets sans cesse revivifiés qui disent l'humaine condition, la littérature est d'abord la rencontre entre celui qui, par ses mots, dit lui-même et son monde, et celui qui reçoit et partage ce dévoilement. La littérature apparaît donc comme une profération nécessaire, une mise en mots où se perçoit l'exigence profonde de l'auteur qui le conduit à dire et se dire. Définitions et étymologie. Étymologie latine. Le mot français « littérature » provient d'un mot latin ' dérivé de ', « lettre », au sens de signe graphique servant à transcrire une langue. Le dictionnaire latin-français Gaffiot expose l'évolution du sens du mot latin : celui-ci désigne d'abord (exemple de Cicéron, ) un ensemble de lettres constituant le fait d'écrire ou un ensemble de lettres constituées en alphabet (Tacite) ; le sens s'élargit ensuite au ap. J.-C. (ex. de Quintilien et Sénèque) à celui de grammaire, de philologie, c'est-à-dire à l'étude technique et érudite des textes écrits, pour aboutir avec Tertullien au début du au sens de savoir, d'érudition dans le domaine des textes écrits. Premières attestations en français. Selon le Trésor de la langue française informatisé (TLFi), le mot « littérature » est attesté au début du (en 1121) avec le sens premier latin de « ce qui est écrit ». Le mot ne retrouve le sens du latin tardif « érudition, connaissance (acquise dans l'étude des livres) » qu'à la fin du : le TLFi cite en exemples J. de Vignay et Philippe de Commynes. En France, on trouve des femmes de lettres pendant tout le Moyen Âge comme Dhuoda (805-845), Héloïse (1101-1164), Beatritz de Dia (ca 1140-1175), Marie de France (1160-1210), Christine de Pisan (1364-1430), Catherine d'Amboise (1481-1549), Marguerite de Navarre (1492-1549), Hélisenne de Crenne (1510-1560). Évolution du sens aux. Selon Philippe Caron, le mot « littérature » garde l'acception générale de « connaissance obtenue par les livres » jusqu'au : on dit alors « avoir de la littérature » comme on dit aujourd'hui « avoir de la culture », le terme recouvrant tous les domaines du savoir général ; ainsi, en 1699, Fontenelle présente les mathématiques comme « un genre de littérature ». Mais dans la seconde moitié du siècle, parallèlement à l'acception généraliste, le mot s'applique de plus en plus à une catégorie de savoir spécifique, celle des « belles-lettres » liées au beau langage. Ce glissement s'explique par l'évolution sociale des élites sous Louis XIV où s'instaure la notion de l'honnête homme, apte à une vie sociale raffinée faite de pratiques culturelles valorisées comme la connaissance des œuvres littéraires, particulièrement celles de l'Antiquité qui nourrissent le théâtre classique, tandis que les poètes exploitent les genres définis par Aristote comme la poésie épique. Au , le mot « littérature » est devenu un parfait synonyme de « belles-lettres », c'est-à-dire d'œuvres reconnues par les gens de goût et constituant la culture mondaine de l'époque formée par une meilleure éducation et par le monde des salons littéraires et des académies ; ainsi, pour Voltaire, « [l]a littérature désigne dans toute l'Europe une connaissance des ouvrages de goût ». Un autre exemple montre que le mot « littérature », avec le sens commun qu'il possède aujourd'hui, est désormais bien installé au milieu du siècle des Lumières : en 1753, Charles Batteux intitule son ouvrage "Cours de belles-lettres, ou Principes de la littérature" et en 1764, il le réédite en gardant pour seul titre "Principes de la littérature". La même année paraît "L'école de littérature" de l'abbé Laporte dont le sous-titre de la « Des règles particulières de chaque genre de Littérature en Prose et en Vers », est sans ambiguïté. La signification du mot évolue encore lentement à partir de 1750 vers le sens plus large de « création langagière écrite », laissant une place grandissante au jugement subjectif libéré de critères esthétiques contraignants : telle sera plus tard la conception romantique du poète créateur libre même s'il doit être un poète maudit, conception que préfigurait déjà Jean Le Rond d'Alembert dans son "Discours préliminaire de l'Encyclopédie" lorsqu'il affirmait que les œuvres d'art relèvent principalement « de l'invention qui ne prend guère ses Lois que du génie ». Paul-Louis Courier définit de la même façon, dans les années 1820, une œuvre littéraire comme « produite par l'instinct et le sentiment du beau » donc par le sentiment de l'auteur et pas nécessairement celui de l'ordre établi. Sens moderne. Vers 1800, le sens moderne est devenu le sens commun : le mot « littérature » s'applique à des textes auxquels « on » accorde une qualité esthétique que l'on peut discuter, qu'il s'agisse du jugement d'une institution de doctes exprimant le goût commun mais aussi de l'auteur ou du lecteur individuel : c'est l'emploi qu'en fait Madame de Staël dans son ouvrage emblématique "De la littérature" en 1799. Au milieu du , le grammairien Bernard Jullien distingue encore « littérature » et « grammaire » : pour lui, la pointe ultime de la « haute grammaire » dépasse depuis l'Antiquité la description des mécanismes de la langue pour aborder les critères du beau dans l'aspect formel et stylistique des textes. La littérature qui « classe et étudie les ouvrages (présentant un intérêt de style) » va au-delà : elle prend en charge l'étude et le questionnement sur le fond, sur le contenu des œuvres, par exemple les thèmes abordés et les points de vue choisis par les auteurs, ce qui n'exclut évidemment jamais les interférences avec la morale comme le démontrent les procès faits à la même époque, en 1857, à Baudelaire et Flaubert pour atteinte aux bonnes mœurs. Bientôt la « grammaire » se limitera à la description de la langue, devenant un outil pour la littérature qui s'occupera de l'observation et à l'appréciation des aspects formels comme des contenus des œuvres. On peut noter que des « sciences » nouvelles comme la stylistique ou la linguistique reprendront dans la seconde moitié du le rôle qui était dévolu à la haute grammaire dans l'étude des textes. Finalement, le champ de la « littérature » s'élargit au à toutes les productions écrites, non sans débats sur les canons littéraires : on discute aussi bien les contenus (sentimentalisme des romans de gare, pornographie et érotisme) que la forme (roman sans ponctuation, vers libre, écriture automatique). On utilise donc de plus en plus des catégories affinées comme roman historique, littérature de science-fiction ou paralittérature, sans que disparaissent les désaccords sur la qualification littéraire de certains types d'œuvres comme le roman de gare, le roman-photo ou la bande dessinée. On remet également en cause les notions de « genre littéraire » et de « types de texte » ainsi que leur hiérarchisation comme on réévalue les œuvres du passé (voir, à titre d'exemple récent, Charles Dantzig, "Dictionnaire égoïste de la littérature française", 2005). Inversement, l'historien et écrivain Ivan Jablonka propose de replacer certains textes de sciences humaines et sociales dans la littérature, définie selon six critères (forme, imagination, polysémie, voix singulière, institutionnalisation, recherche du vrai). Sens, annexes et famille de mots. Parmi les mots de la même famille, on distingue : Nature de la littérature. La littérarité : questions à la littérature. Les débats esthétiques et moraux ne seront jamais clos d'autant que les ambitions des auteurs ne correspondent pas nécessairement aux attentes des lecteurs, ce qui pose ainsi la question des avant-gardes qui apparaissent à chaque génération ou presque depuis 1830 et que reflètent les mouvements littéraires qui se sont succédé comme le romantisme, le naturalisme, le décadentisme, le dadaïsme... Le découpage en périodes historiques ou en aires linguistiques fait aussi débat et se conjugue avec d'autres éclairages : distinction des auteurs selon le genre (littérature féminine avec Marguerite Yourcenar et féministe avec Simone de Beauvoir, L'Invitée et Virginia Woolf, "Orlando" et "Une chambre à soi"), l'orientation sexuelle (littérature « gay » et lesbienne avec Monique Wittig), des approches politiques (littérature communiste), etc. Bien que la plupart des prix Nobel de littérature aient été attribués à des hommes (en 2021 101 hommes pour 16 femmes), plusieurs femmes l'ont obtenu : Selma Lagerlöf, Grazia Deledda, Sigrid Undset, Pearl S. Buck, Gabriela Mistral, Nelly Sachs, Nadine Gordimer, Toni Morrison, Wisława Szymborska, Elfriede Jelinek, Doris Lessing, Herta Müller, Alice Munro, Svetlana Alexievich, Olga Tokarczuk, Louise Glück, Annie Ernaux. La littérature s'interroge aussi sur sa nature et sur son rôle depuis la fin du dans la pratique (ex. Lautréamont, Mallarmé, Camus) comme dans la théorisation (ex. Valéry, Sartre). D'abord surtout centrée sur la poésie par les « modernes » (surréalistes, lettristes, Oulipo), la réflexion s'est portée sur le roman avec le Nouveau Roman dans les années 1950-1970 et "L'Ère du soupçon" qui remet en cause la notion de personnage, sur la chronologie (ex. Claude Simon, Jean Ricardou) ou sur des genres nouveaux comme l'autofiction aujourd'hui, et également sur le théâtre (Antonin Artaud - théâtre éclaté de Beckett ou Ionesco). Des débats se sont ainsi ouverts, portés par les créateurs comme par les universitaires et les critiques, par exemple à propos du lien entre l'œuvre et l'auteur récusé par Proust contre Sainte-Beuve, ou de « la mort de l'auteur » que proclame Roland Barthes pour qui la place majeure revient au lecteur qui réécrit le texte pour lui-même. En fait, la « littérarité d'un texte », c'est-à-dire ce qui en fait un texte littéraire, ce qui fait qu'il appartient à la littérature, est toujours la question centrale : des approches comme le structuralisme avec Roland Barthes, la narratologie de Gérard Genette, la stylistique, définie comme une « linguistique des effets de l'énoncé » par Michael Riffaterre ou l'analyse du schéma de la communication et des fonctions du langage de Roman Jakobson cherchent à bâtir une approche technique et plus objective des textes qui se heurte néanmoins à des oppositions fortes, par exemple celle d'Henri Meschonnic. Histoire. Le premier texte littéraire connu est daté de 2300 avant J.-C.. Il est l'œuvre d'Enheduanna, une grande prêtresse mésopotamienne. Antiquité. Littérature grecque antique. Les premières œuvres littéraires connues composées en grec ancien sont des épopées mythologiques ("Iliade" et "Odyssée" d’Homère, "Théogonie" d’Hésiode, etc.). On doit aussi aux Grecs la tragédie (représentée par Eschyle, Sophocle et Euripide), la comédie (dont seules les pièces d'Aristophane nous sont parvenues) et le récit historique, qui naît avec Hérodote puis se poursuit avec Thucydide et Xénophon. La fiction romanesque n’y occupe qu’une part minime. La philosophie et la littérature didactique (études, traités) tiennent aussi une place prépondérante, notamment par les écrits de Platon et d'Aristote. En poésie l'œuvre de Sappho est aussi connue que celle d'Homère dans l'antiquité. Principales formes. On distingue traditionnellement trois grands domaines littéraires : On notera qu'aucun de ces grands domaines ne peut se définir simplement par la présence ou l'absence de vers : par exemple, les romans de Chrétien de Troyes étaient écrits en vers, ce qui ne les empêche pas d'appartenir à la littérature narrative, et non à la poésie. Le théâtre peut s'écrire en vers comme en prose. Et la modernité a démontré que la poésie n'est pas nécessairement définie par la présence de vers, comme l'ont montré des poètes tels que Aloysius Bertrand, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud ou encore Saint-John Perse. Ces grands domaines se déclinent en sous-domaines et en genres littéraires. Leurs frontières ne sont pas absolument étanches, en particulier si l'on s'intéresse à des œuvres contemporaines qui remettent en question les catégorisations traditionnelles. Le roman et les genres narratifs. L'un des trois grands domaines de la littérature est celui du roman et plus largement de l'ensemble des genres narratifs qui s'y apparentent. Le point commun de ces différents genres est la place prédominante qu'y occupe le récit. Les œuvres littéraires concernées sont pour la plupart écrites en prose, mais il existe aussi des romans en vers. Le roman. Le roman est défini par Michel Raimond comme un « genre sans loi », qui a « grandi un peu au hasard ». En effet, il n'a pas été d'emblée théorisé ni accompagné de règles, ce qui lui a valu, au départ, un certain « discrédit ». Cela ne l'a pas empêché de connaître un grand succès : le roman « a assuré son hégémonie sur les autres genres ». De fait, le roman s'est arrogé « tous les procédés qui lui convenaient » et peut adopter de multiples formes. La diversité du genre romanesque est perceptible grâce au grand nombre de sous-genres en lesquels il se subdivise, parmi lesquels on peut citer, de façon non exhaustive : L'autobiographie et les genres autobiographiques. L'autobiographie est un récit dans lequel l'auteur raconte sa propre existence. On peut parler de « genres autobiographiques » au pluriel, dans la mesure où plusieurs genres s'apparentent à l'autobiographie tout en présentant des traits distincts, tels le roman autobiographique ou l'autofiction. Le genre autobiographique a notamment été théorisé par Philippe Lejeune. Poésie. La poésie est un vaste ensemble d’œuvres littéraires, orales ou écrites, ayant ou non recours au vers. Elle ne peut guère se définir par l'emploi de formes ou le traitement de thèmes particuliers. Si elle se caractérise souvent par l'importance accordée par l'écrivain au langage lui-même, le souci de perfection formelle n'est pas nécessairement premier. Théâtre. Les œuvres théâtrales sont des œuvres littéraires destinées à être représentées sur la scène d'un théâtre. Le texte théâtral trouve donc son aboutissement dans une représentation. Ainsi, comme l'écrit Martine David, le théâtre « appartient à la littérature par ses œuvres dramatiques, au spectacle par ses techniques du jeu et de la scène, à l'histoire par ses rites et ses traditions ». Il existe de nombreux genres théâtraux, parmi lesquels on peut citer la tragédie, la comédie, la tragi-comédie, le drame et le vaudeville. Genres littéraires. Un genre littéraire est une notion permettant de définir un ensemble d’œuvres littéraires comme présentant des caractéristiques communes, qui les distinguent d'autres œuvres littéraires. Par exemple, la comédie, la tragédie, l'ode, l'élégie, le roman historique, le roman policier sont des genres littéraires. Il existe des genres littéraires, de la même façon qu'il existe des genres picturaux (la nature morte, la marine, le portrait…), des genres musicaux (l'opéra, le concerto…), des genres cinématographiques, etc. Toutefois, certaines œuvres littéraires peuvent remettre en question la typologie des genres littéraires. La littérature comme discipline d'enseignement et de recherche. Si le mot « littérature » désigne avant tout l'ensemble des œuvres littéraires, il s'applique aussi au champ du savoir constitué par l'étude de ces œuvres littéraires. En ce sens, la littérature est une discipline d'enseignement et de recherche, qui se subdivise elle-même en plusieurs champs disciplinaires. Histoire littéraire. L'histoire littéraire est la discipline qui s'intéresse à l'évolution historique de la littérature et des œuvres littéraires, en relation avec le contexte donné d'une époque, avec l'histoire des idées, des courants et des mouvements littéraires. Par exemple, un ouvrage tel que "Le roman jusqu'à la Révolution" de Henri Coulet peut être considéré comme un ouvrage d'histoire littéraire, puisqu'il étudie l'évolution d'un genre (le roman) sur une période donnée (du Moyen Âge à la Révolution) et dans un espace donné (la France). Littérature comparée. La littérature comparée est la discipline qui s'intéresse à la comparaison d'œuvres différentes, issues ou non de milieux culturels ou d'époques différents. Littérature contemporaine. Depuis 2006, le Collège de France possède une chaire « Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie ». Statut de la littérature et de l'écrivain. Le statut de la littérature peut être interrogé face à la concurrence du cinéma et de la télévision et face à l'usage récent des technologies de l'information et de la communication et de l'informatique dans la production et la diffusion des textes, ces éléments posant la question plus générale de la place de l'écrit dans le monde post-moderne. Cependant, nul doute concernant l'avenir de la littérature : celle-ci dérive de l'Écriture, et on ne peut effacer le rôle de l'Écriture, elle remplace ce qui est dit, parlé, de voie orale. Enfin, les littérateurs (mis à part les dramaturges ou les auteurs de chansons qui affrontent le monde de la scène et de la diffusion musicale) n'existent traditionnellement qu'à travers l'édition de leurs textes en ouvrage ou dans les journaux. Les rapports avec le monde de l'édition sont donc cruciaux pour la littérature et pour les écrivains qui ont eu à imposer la notion d'auteur garant de l'œuvre et l'existence de droits d'auteur (droits patrimoniaux et moraux) à la suite de Beaumarchais, à l’initiative de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, en 1777, et d'Honoré de Balzac avec sa « Lettre aux écrivains du » parue dans la "Revue de Paris" en 1834 qui a abouti en 1838 à la création de la Société des gens de lettres. Cependant, seul un nombre très limité de créateurs de littérature peut vivre de sa plume, ce qui continue à poser la question du statut de l'écrivain.
Langue Une langue est un système évolutif de signes linguistiques, vocaux, graphiques ou gestuels, qui permet la communication entre les individus. Selon le linguiste André Martinet, . Définition : langue et langage. Langue et dialecte. Il n'existe pas de critère strictement linguistique permettant de distinguer une langue d'un dialecte. Dans une perspective sociolinguistique (étude des langues dans leur rapport aux sociétés), le terme « langue » définit tout idiome remplissant deux fonctions sociales fondamentales : la « communication » (c'est au moyen de la langue que les acteurs sociaux échangent et mettent en commun leurs idées, sentiments, pensées, etc.) et l'« identification » (par son double aspect individuel et collectif, la langue sert de marqueur identitaire quant aux caractéristiques de l'individu et de ses appartenances sociales). Par conséquent, les « langues » sont des objets vivants, soumis à multiples phénomènes de variations et les frontières entre les langues sont considérées comme "non hermétiques", car elles relèvent d'abord des "pratiques sociales". Langue naturelle et langue construite. On appelle langue naturelle une langue qui s'est formée au cours du temps par la pratique de ses locuteurs, à partir d'états de langues antérieurs et/ou d'emprunts à d'autres langues. C'est le cas d'une grande majorité des langues parlées dans le monde. Au contraire, on appelle langue construite, parfois improprement langue artificielle, une langue qui résulte d'une création normative consciente d'un ou de plusieurs individus. C'est notamment le cas de l'espéranto, seule langue construite comptant un nombre significatif de locuteurs, parlée dans plus de 120 pays du monde. Parmi les autres langues construites qui ont au mieux cent fois moins de locuteurs et qui ont dépassé le stade du simple projet on peut citer son dérivé ido, le volapük qu’elle a supplanté, l'interlingua, et plus récemment le lojban, le pandunia, le toki pona, ou des projets de langues imaginaires utilisées dans les œuvres de fiction : klingon ("Star Trek"), na'vi ("Avatar"), elfiques ("Seigneur des Anneaux") Certaines langues ont également été créées historiquement pour permettre l'intercompréhension entre des locuteurs à l'occasion d'échanges commerciaux, comme le kiswahili, mélange de grammaire bantoue et de vocabulaire arabe, développé après la Renaissance par les marchands sur la côte est-africaine. Langue vivante et langue morte. On appelle langue vivante une langue qui est utilisée oralement par des personnes dont elle est la langue maternelle (ou par une communauté suffisamment nombreuse) de façon suffisamment intensive pour permettre une évolution spontanée de la langue (grammaticale, phonétique, etc.). On appelle langue morte ou "éteinte" une langue qui n'est plus pratiquée oralement comme langue maternelle mais qui peut être encore utilisée dans certains domaines (tels que la religion, comme le latin ou le copte). C'est pourquoi certains préfèrent parler de "langue ancienne". La connaissance des langues mortes, en permettant l'étude des textes anciens, est utile notamment à la linguistique historique ainsi qu'à l'histoire et à ses disciplines annexes. Les deux langues mortes les plus importantes de la culture occidentale sont le latin et le grec ancien. Celle des cultures indiennes ou influencées par l'Inde est le sanskrit. Il est possible de « ressusciter » et de reconstruire des langues mortes, comme le montre l'exemple de l'hébreu moderne. Une langue vivante est rarement un système uniforme et rigide, elle varie généralement selon le lieu géographique (dialectes), le milieu social (sociolectes) et les individus (idiolectes) et, bien sûr, selon le temps (diachroniquement), ce qui fait que, considérée à un moment donné, une langue est toujours en évolution et contient plusieurs états. Par exemple, le système phonologique des langues évolue, ce qu'étudie la phonétique historique. Une langue vivante est définie dans une géographie linguistique internationalement reconnue et se définit par sa frontière linguistique. Si cette aire linguistique est traversée par une frontière, c'est une langue transfrontalière, par exemple le basque. Langue parentale. On appelle langue maternelle ou langue parentale d'une personne, une langue que cette personne a apprise dans son enfance au cours de son apprentissage du langage. Dénominations linguistiques ou politiques. Une même langue définie par la linguistique, par la sociolinguistique et par la typologie sociolinguistique des langues, dont les locuteurs se comprennent spontanément, complètement et sans avoir besoin de traducteur ni de dictionnaire, peut avoir plusieurs dénominations et s'écrire avec plusieurs alphabets pour des raisons historiques, politiques, religieuses et identitaires : c'est par exemple le cas du hindi/ourdou, du moldave/roumain ou encore du serbo-croate appelé désormais BCMS pour Bosnien-Croate-Monténégrin-Serbe. Histoire : origine des langues. La question de l'origine des langues a été abordée dans des mythes très anciens, dont le plus connu est le récit biblique de la Tour de Babel qui présente la diversité des langues comme le résultat d'une punition divine. Dans "Les Travaux et les Jours", Hésiode présente l'invention du langage comme un des cadeaux que les dieux firent à Pandore. Dans ses "Histoires", Hérodote rapporte l'anecdote selon laquelle le pharaon Psammétique Ier (663-609) avait voulu déterminer de façon expérimentale la langue innée en faisant élever par un berger pendant deux ans deux nourrissons sans aucune interaction verbale avec la personne qui s'en occupait. Il en a conclu que cette langue serait le phrygien. Une expérience similaire sera reprise par Jacques IV d’Écosse au début du et par Frédéric le Grand au . Dans l'Europe médiévale, l'hébreu a souvent été reconnu comme la langue originelle de l'humanité, notamment chez le théologien Juda Halevi (). Par la suite, les savants juifs furent nombreux à hésiter entre l'hébreu, le grec, le latin et l'arabe. Les travaux récents en anthropologie, en archéologie, en génétique et en linguistique suggèrent l'hypothèse d'une langue originelle commune. En se basant sur des ressemblances lexicales, les linguistes avaient déjà pu établir depuis plus d'un siècle l'arbre généalogique approximatif de la grande famille de langues issues de l'indo-européen. En 2003, Russell D. Gray et Quentin Atkinson ont proposé d'appliquer à provenant de 87 langues de cette famille de langues une méthode phylogénétique informatisée comme celle qu'utilise la biologie pour construire des arbres généalogiques à partir de l'ADN. Cette méthode prend comme unité de base non pas les lexèmes mais les phonèmes présents dans les différentes langues. Considérant que le nombre de phonèmes d'une langue augmente en fonction du nombre de locuteurs qui la parlent, mais diminue lorsqu'un sous-groupe émigre loin de la famille mère, ils ont ainsi pu établir que l'expansion des langues indo-européennes correspond au développement de l'agriculture à partir du plateau anatolien entre et ans avant notre époque. En 2011, Atkinson applique son modèle à un plus grand nombre de langues. Dans une base de 504 langues, il observe que certaines langues africaines comptent plus de 100 phonèmes, alors que le hawaïen, qui est la langue la plus éloignée du berceau africain, n'en compte que 13, contre 45 en anglais et 36 en français. Cette diminution de la diversité des phonèmes en fonction de la distance, comparable à celle qu'on observe dans les caractéristiques génétiques, impliquerait selon Atkinson que le langage humain aurait pris naissance dans le sud-ouest africain il y a entre et . Classification. Nombre de langues. Il est impossible de déterminer avec précision le nombre de langues parlées dans le monde, en raison de la difficulté qu'il y a à tracer des frontières précises entre les langues, notamment à différencier les langues des dialectes. Selon les estimations, il existerait aujourd'hui entre et langues vivantes. L'ONU reconnaît 141 langues officielles. Des estimations indiquent que la moitié des langues existantes (en prenant en compte l'estimation de langues dans le monde en 2011) pourrait disparaître durant le . Familles de langues. Quelques grandes familles de langues sont les plus importantes en nombre de locuteurs. Les langues flexionnelles de la famille indo-européenne sont parlées en première langue par un peu plus de 40 % de l'humanité : Asie du Sud, Europe, Amériques, Océanie. L'anglais, le français et le portugais sont souvent aussi langues officielles en Afrique subsaharienne, donc pour plus de 10 % de la population mondiale. Depuis le début du vingtième siècle, et surtout après 1945, l'anglais est devenu la principale langue de communication internationale. Les langues isolantes et à tons de la famille sino-tibétaine sont parlées par plus de 20 % de la population mondiale, la plus importante étant le mandarin. Quelques autres groupes de langues sont parlés par environ 5% de la population mondiale avec une parenté souvent plus difficile à établir : langues ouralo-altaïques majoritairement agglutinantes (japonais, coréen, turc...), langues austronésiennes (dont l'indonésien-malais) ; langues dravidiennes (dont le tamoul) ; langues afro-asiatiques (dont l'arabe) ; langues nigéro-congolaises. Les autres groupes de langues repérés sont beaucoup moins importants démographiquement. Nombre de locuteurs par langue. L'estimation du nombre de locuteurs d'une langue (en première et en seconde langue) peut donner d'importantes divergences pour certaines langues. C'est notamment le cas du français ; Ethnologue.com estime le nombre de locuteurs du français à 128 millions en 1999, dont seulement 77 millions en première langue, alors que dans le même temps pour d'autres, la francophonie représenterait un ensemble de 600 millions de personnes vers 2050. Treize langues sont parlées par plus de 100 millions de personnes en tant que langue maternelle et langue seconde. En tête, vient l'anglais (1,5 milliard), puis le mandarin (1 milliard), l'espagnol (567 millions), l'arabe (568 millions), le hindi (381 millions), le français (274 millions), le russe (268 millions), le bengali (267 millions), le portugais (240 millions), le malais et l'indonésien (198 millions) l'ourdou (162 millions), l'allemand (143 millions) et le japonais (130 millions). Ces langues sont pour certaines en correspondance avec un territoire national, tandis que d'autres se retrouvent à différents endroits dans le monde du fait des migrations historiques. De très nombreuses autres langues sont parlées par un nombre réduit de personnes. Dénominations. Les noms de chaque langue sont multiples et ne doivent pas être confondus avec ceux des peuples, eux-mêmes variables, évolutifs et multiples. D'une part, il existe des différences entre endonymes et exonymes, par exemple pour la langue appelée inuit par ses locuteurs, mais "eskimo" par les Amérindiens. D'autre part, il existe des langues très proches et en grande partie intercompréhensibles, mais néanmoins différentes et désignées par des noms différents, comme dans les cas du tchèque et du slovaque d'un côté, du macédonien et du bulgare de l'autre. Par ailleurs, pour une même langue totalement intercompréhensible, il peut exister des alphabets, une histoire et des noms différents, comme dans les cas du croate et du serbe, ou encore du hindi et de l'ourdou. Enfin, une même langue parfaitement compréhensible par tous ses locuteurs, usant du même alphabet et ayant la même histoire, peut néanmoins changer de nom selon les pays où elle est parlée, comme c'est le cas pour le moldave-roumain. C'est pourquoi les linguistes préfèrent utiliser des dénominations scientifiques marquées par le suffixe "phone", comme lorsque l'on parle d’"anglophones" ou de "francophones" nonobstant leurs nationalité, origine ou histoire. Évolutions et comparaisons. Disparition des langues. Il est généralement estimé qu'environ 50 % des langues encore parlées aujourd'hui - dont plus de la moitié proviennent de Papouasie Nouvelle Guinée, Indonésie, Nigeria, Zaïre, Inde, Chine et Mexique - auront disparu d'ici 2100 . Dans certaines régions où les langues sont diverses mais les locuteurs de chacune peu nombreux, cela pourrait être de l'ordre de 90 % (comme en Australie et en Amérique). Début 2008, l'ONG Survival International estimait qu'une langue indigène disparaît . Cette estimation est confirmée par un rapport de l'UNESCO qui classe comme « menacées » de disparition : en moyenne, une langue disparaissant tous les quinze jours. Colette Grinevald estime qu'en 2100 les langues majoritaires seront : Le français est utilisé comme langue de la diplomatie internationale, des « pays non alignés », des organisations internationales, des Jeux olympiques. La francophonie devrait donc bien se porter, notamment à travers son développement au sein de la communauté des pays francophones, son expansion en Afrique et au Maghreb et le concours du dynamisme linguistique des francophones canadiens, belges et suisses. Ainsi, selon le démographe et sociologue Richard Marcoux, le français pourrait en 2050 compter 600 millions de locuteurs. Une langue est considérée comme menacée si elle risque de ne plus avoir de locuteurs d'ici la fin du . Une langue qui paraît solide, car utilisée par plusieurs millions de personnes, peut être en danger. C'est notamment le cas des langues quechua en Amérique du Sud, car très peu de jeunes les apprennent. Depuis que la majorité de l'humanité vit dans des milieux urbains, cette disparition s'accélère. Une des causes est l'exode rural, qui conduit à l'absence de transmission des traditions et des langues associées. Souvent, la pression sociale fait que les locuteurs de langues minoritaires (comme les Amérindiens mais aussi de nombre de langues dites régionales, comme en France avec les Bretons durant les années 1950 ou la langue corse, déclarée « en danger » par l'Unesco en 2009) considèrent que parler une langue traditionnelle est un handicap pour l'intégration dans la société et pour trouver du travail. La pression exercée par certains États, qui considèrent que la langue est un des ciments de la société, est également un facteur de disparition de la diversité linguistique. La disparition de ces langues entraîne avec elle la disparition de pans entiers de la culture traditionnelle de certains groupes. La disparition d'une langue traditionnelle et le mauvais apprentissage de la langue dominante occasionnent un malaise chez certaines personnes, par manque d'intégration, celles-ci ne pouvant se reconnaître dans aucune culture. Internet joue un rôle ambivalent. C’est d'un côté un accélérateur de la disparition des langues, par l'uniformisation des moyens de communications, mais c’est aussi un moyen de préserver ces langues, par l'établissement de communautés parlant des langues traditionnelles. L'ONG Terralingua estime que 20 % des langues se sont éteintes entre 1970 et 2005 et prévoit que seuls 10 % des idiomes aujourd'hui menacés passeront le cap du . Création de langues. Certaines langues disparaissent, mais il arrive aussi que des langues soient créées. En général, cela se produit suivant trois axes : Il existe également un cas plus marginal, avec ce que l'on appelle les langues imaginaires ou de fiction (schtroumpf, novlangue, kobaien, quenya, sindarin ou encore klingon, Na'vi). Cette dernière catégorie tient plus du plaisir ludique et littéraire que de la véritable fonctionnalité linguistique (bien que les langues créées dans cette catégorie puissent être fonctionnelles). Certaines langues construites sont devenues langue d'État, par exemple le chinois mandarin qui fut créé en 1956 par le gouvernement communiste chinois afin de créer une langue commune pour la Chine. Comparaison entre les langues. L'existence des Indo-Européens est établie sur la base d'une comparaison entre les langues. Aucun vestige historique (monuments funéraires, œuvres d'art, artisanat, etc.) ne l'atteste par ailleurs de façon sûre. L'existence des Indo-Européens n'est pas une donnée de l'histoire, mais une hypothèse formulée à partir de la comparaison entre des milliers de mots. Par exemple, le mot mère se dit "mater" en latin, "mothar" en gothique, "mathir" en vieil irlandais, "matar" en sanskrit Le terme indo-européen a été introduit en 1816 par l'Allemand Franz Bopp pour désigner un ensemble de langues d'Europe et d'Asie dont la parenté structurale s'est révélée remarquable. Le sanskrit, le grec, le latin, le hittite, le vieil irlandais, le gothique, le vieux bulgare, le vieux prussien, présentent des liens communs. Transmission de l'information. Les langues se valent-elles dans leur capacité à former des pensées, à communiquer des informations ou à fédérer les hommes dans leurs actions ? Une étude menée en 2012 par des chercheurs du laboratoire Dynamique du langage, à l'Institut des sciences de l'homme, a mesuré la densité d'information transmise par syllabe dans sept langues (japonais, espagnol, italien, français, allemand, anglais et mandarin). Les auteurs observent que le débit d'information varie entre les langues (par exemple, le débit d'un hispanophone est supérieur de 26 % à celui d'un anglophone). Cependant, un autre facteur est à prendre en compte : la quantité d'information transmise par chaque syllabe. La densité d'information transmise par syllabe est inversement proportionnelle au débit. Par conséquent, les chercheurs concluent qu'en moyenne, les sept langues transmettent l'information à vitesse égale. Esthétique des langues. Certaines langues du monde sont souvent préférées et considérées plus « belles » que d’autres. L'allemand, par exemple, est souvent perçu comme étant une langue abrupte et désagréable, tandis que le français est, quant à lui, considéré comme sophistiqué et mélodieux. Il existe trois dimensions d’évaluation esthétique d’une langue : 1. La structure : la dimension de la structure représente entre autres le caractère plus ou moins logique de la langue. 2. La sonorité : la sonorité touche aux caractéristiques sonores d’une langue telles que sa fluidité ou sa mélodie à l’oral. 3. La valeur : la dimension de la valeur est quant à elle reliée à des facteurs socio-culturels, ainsi qu’à la sonorité et à la structure. Les préférences individuelles basées sur des aspects tels que la beauté ou la plaisance d'une langue relèvent de la valeur qu’un individu attribue à une langue. L’origine de telles préférences esthétiques fait débat entre les linguistes et deux hypothèses à caractères opposés ont été suggérées. Hypothèse de la valeur inhérente. La première, axée sur les aspects sonores du langage, est appelée hypothèse de la valeur inhérente (en anglais, ""). Elle prétend que certaines langues, variétés, dialectes ou encore accents sont intrinsèquement plus attrayants que d’autres. Elle affirme que l’être humain peut être biologiquement attiré par certains sons ou manières de parler propres à une langue. Dire qu’une langue est plus belle qu’une autre insinue une notion de prestige et de supériorité. Par exemple, les locuteurs d’une langue dite moins belle peuvent se sentir gênés de parler librement dans leur langue. La beauté perçue d’une langue peut aussi avoir des impacts sociaux importants. Ainsi certains locuteurs d’une langue auront plus de chance ou non dans la vie professionnelle (par exemple entretiens d’embauche) ou seront plus pris au sérieux dans certains contextes institutionnels (audience au tribunal, accès à des soins dans les hôpitaux, recherche de logement). Hypothèse de la norme imposée. La deuxième hypothèse, centrée sur des aspects socio-culturels, est appelée hypothèse de la norme imposée (en anglais, ""). Contrairement à la première, celle-ci défend que la préférence pour une langue, variété, dialecte ou accent dépend des connotations sociales qui leur sont attachées, telles que le statut social ou le prestige de ses locuteurs. Validation des hypothèses. Diverses études ont été menées afin de prouver ou de réfuter ces hypothèses. Dans une étude de 2016, il est mentionné que la langue suédoise serait plus belle que le danois. Pour confirmer ou contester cette idée, des locuteurs allemands et chinois n’ayant aucune connaissance des deux langues scandinaves devaient les juger. Même sans idée préconçue sur la langue et la culture, le suédois est préféré par les participants allemands et chinois. Cette étude argumente ainsi en faveur de l'hypothèse de la valeur inhérente. Plusieurs autres études semblent soutenir la validité de l'hypothèse de la norme imposée. Les résultats d’une recherche de 2015 sur les dialectes suisse allemands bernois et thurgovien suggèrent que les anglophones et les francophones qui ne sont pas familiers avec les différents dialectes et connotations sociales qui leur sont attachées ne préfèrent pas un dialecte à l’autre. Cependant, les Zurichois ont montré une préférence nettement plus grande pour le dialecte bernois. L’étude a démontré ainsi que le jugement esthétique dépend uniquement de facteurs extralinguistiques qui se basent sur des connotations et stéréotypes sociaux déjà ancrés dans la société. De façon générale, les linguistes penchent en faveur de l'hypothèse de la norme imposée. En d’autres termes, il n’existe pas réellement de langues plus belles que d’autres, mais l’individu est faussé dans son jugement par les connotations sociales auxquelles les langues sont rattachées. Néanmoins, quelques études démontrent la pertinence de l'hypothèse de la valeur inhérente, selon laquelle les individus seraient plus attirés par certains sons. La difficulté à prouver ou à réfuter ces hypothèses provient du manque d'études « neutres », c’est-à-dire, des études où les participants ne sont en aucun cas capables d’identifier la langue en question. Dans ce cas-là, l’individu serait dépourvu de toute connotation sociale liée à cette langue, et pourrait ainsi avoir un avis plus objectif fondé uniquement sur la sonorité. Enjeux géopolitiques, stratégiques, économiques. Différentes organisations internationales existantes peuvent être reliées au fait que leurs membres ont une même langue en commun ; ce sont ainsi le Commonwealth, l'Organisation des États ibéro-américains (OEI), la Ligue des États arabes, la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), et l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Ces membres de ces organisations peuvent partager également d'autres caractéristiques communes, mais aussi avoir des enjeux internationaux tels qu'économiques, stratégiques ou politiques. Droit. Les langues peuvent avoir différents statuts dans les organisations internationales, particulièrement, la langue officielle et la langue de travail. Langues et informatique. Sur la Toile, la langue est gérée dans les langages de balisage qui manipulent du texte en langage naturel dans des documents. Il existe de nombreux besoins, de nombreuses dispositions juridiques, de nombreuses pratiques qui demandent de gérer la langue d'une certaine manière : Il existe deux usages de la langue dans les langages HTML et XML : la langue Étranger et la langue de traitement. L'arrivée des nouvelles technologies comme l'informatique, Internet et les téléphones cellulaires avec messages textos ont mené à la création d'une nouvelle façon d'écrire les langues, comme le langage SMS ou l'alphabet de tchat arabe. Toutes les langues ne sont pas égales sur internet : certaines bénéficient d'une présence beaucoup plus importantes (comme l'anglais) tandis que d'autres, bien qu'ayant de nombreux locuteurs, sont quasiment absentes du net. Sur les plus de 6000 langues dans le monde, environ 280 sont présentes sur Wikipédia et seulement 500 ont une présence numérique.
Yacc (logiciel) Yacc est un outil de génération d'analyseurs syntaxiques en langage C. "Yacc" est l'acronyme de ' (« Encore un autre compilateur de compilateur »).<br>Yacc est notamment utilisé dans la construction des jeux d'instructions en langage machine pour les microprocesseurs. Du point de vue de la classification des langages, Yacc fournit le code nécessaire à l'analyse de langages de type 2 (non contextuels). Il est fréquemment utilisé en association avec Lex, générateur d'analyseur lexical. Équivalents. Lex et Yacc ont pour équivalents respectifs :
Liban Le Liban (en arabe : / '), en forme longue la République libanaise (en arabe : / '), est un État du Proche-Orient. En grande partie montagneux, il partage ses frontières avec la Syrie au nord et à l'est sur , Israël au sud sur et Chypre à l'ouest, au large de ses de côtes dans le bassin Levantin (partie orientale de la mer Méditerranée). Beyrouth est la capitale et la plus grande ville. La langue officielle est l'arabe. Le français, ayant perdu ce statut, reste tout de même mentionné dans la Constitution : c'est une langue secondaire, toujours employée au niveau officiel, comme sur la monnaie nationale et sur les bâtiments officiels, ainsi que dans l'éducation. La monnaie officielle est la livre libanaise. La constitution du Liban n'est pas laïque mais pluriconfessionnelle : le pays est doté d'un système politique fondé sur une répartition du pouvoir proportionnelle au poids démographique de chaque confession, prise en compte comme communauté constitutive à l'image de l'ancien système ottoman des « nations religieuses » ou « millets ». Comme entité géopolitique et tel qu'il existe dans ses frontières actuelles, l'État libanais est créé en 1920 sous le nom de « Grand Liban » par la France (le haut commissaire français au Liban est alors le général Gouraud) par adjonction au territoire du "moutassarifat" du Mont-Liban (entité autonome de l'Empire ottoman) de territoires qui appartenaient aux deux "wilayets" ottomans de Beyrouth et de Damas. La France avait été alors, à la suite du démantèlement de l'Empire ottoman, mandatée par la Société des Nations pour administrer et organiser certains territoires ex-ottomans. En 1926, le Liban adopte sa première constitution, devient officiellement une république, prend le nom de « République libanaise » et crée les postes de président de la République et de président du Conseil des ministres. Son histoire, son système politique et la variété de sa culture, de sa démographie religieuse et de sa géographie en font un pays à part et original au Proche-Orient. Le Liban, au cours des siècles, a fait partie de diverses civilisations. Il est aussi réputé pour sa gastronomie, son histoire et sa musique. Entre son indépendance et le début de la guerre civile interconfessionnelle qui le ravage de 1975 à 1990, le pays connaît une période de relative prospérité économique et de stabilité politique, permises par la forte croissance des secteurs du tourisme, de l'agriculture, ainsi que des finances et des services (banque, assurances…). Dans cette période, le pays est, de ce fait, considéré comme le « coffre-fort du Levant » et comme la « Suisse du Moyen-Orient », en raison de sa puissance financière. Immédiatement après la fin de la guerre civile, de grands efforts sont faits pour reconstruire les infrastructures du pays et une économie viable, par le biais d'investissements colossaux de l'État, de l'Arabie saoudite, de l'Union européenne et de quelques pays du golfe Persique. Ainsi, l'indice de développement humain du Liban passe de 0,677 en 1990 à 0,803 en 2008. En outre, au début 2006, le pays atteint un niveau de stabilité relativement élevé et la reconstruction de Beyrouth est entrée dans sa phase intensive. La capitale est alors connue comme le « Paris du Moyen-Orient ». En 2009, Beyrouth relevée de ses ruines est classée comme « première ville à visiter » par "". Cependant, la guerre israélo-libanaise de 2006 met un terme à l'afflux touristique et cause des dommages estimés à environ trois milliards de dollars américains, sans compter le ralentissement économique qui s'ensuit. Le Liban reste aussi un pays très inégalitaire, où les 1 % les plus riches détiennent 40 % des richesses. Étymologie. Le nom "Liban" vient de la racine sémitique "lbn" (en phénicien ) signifiant « blanc » ou « lait », en référence au manteau neigeux qui recouvre les montagnes libanaises en hiver, un véritable trésor dans cette région aride et déficitaire en eau qu'est le Proche-Orient. Le nom du pays est mentionné dans trois des douze tablettes de l"Épopée de Gilgamesh" (), dans des textes de la bibliothèque d'Ebla (), ainsi que dans la Bible, où il est attesté . . Ce pays a reçu successivement les noms de « Liban » ( ), qualifiant la blancheur de ses montagnes enneigées toute l’année, puis « Phénicie » (vers 1200 ), à cause du trafic de la pourpre qui a fait sa grande richesse (« phoinix » signifie « rouge » en grec), ensuite de « Syrie » (vers 330 ), à cause de l’importante richesse de la ville de Tyr (de l’arabe صور, Sour) et de son influence sur toute la région, et enfin de nouveau « Liban » en 1920 lors de l’instauration du mandat de la France sur le pays et de la création de l'État libanais. Drapeau. Le drapeau du Liban est composé de trois bandes horizontales, deux rouges sur les parties supérieures et inférieures et une blanche au milieu faisant le double d'une rouge. Selon le programme scolaire officiel d'instruction civique, les bandes rouges représentent le prix du sang pour l'indépendance et la bande blanche représente la neige qui recouvre les montagnes du Liban ainsi que la pureté et la paix. Le drapeau est frappé en son centre d'un cèdre vert, le cèdre du Liban ("Cedrus libani" Pinacées), qui est l'emblème du pays : selon la légende, son bois, imputrescible et très léger, aurait servi à la construction du Temple de Salomon à Jérusalem et les épaves étudiées par les archéologues montrent que les Phéniciens s'en servaient pour construire leurs navires. La forme actuelle du drapeau date de 1943. Histoire. L'ADN d'ossements de Cananéens (datant du Néolithique) retrouvés dans des fouilles a été comparé à celui d’un groupe de habitant Sidon, dans le cadre d'une étude du Wellcome Trust Sanger Institute britannique en 2017. Les chercheurs en déduisent que Situé en bordure de la mer Méditerranée, le Liban est dès l'époque phénicienne un carrefour culturel et commercial. Tout au long de son histoire et jusqu'à son indépendance en 1943, le pays connaît diverses influences culturelles et dominations politiques : Perses, Assyriens, Macédoniens, Romains, Arméniens, Grecs byzantins, Arabes, Seldjoukides, Mamelouks, croisés, Empire ottoman et enfin Français. Ces influences expliquent que sur le territoire libanais coexistent des communautés de confessions diverses dès les premiers siècles de l'ère chrétienne. Au Proche-Orient, le Liban présente ainsi un visage original d'État pluriconfessionnel, dont le développement est longtemps assuré par un système bancaire parmi les plus performants au monde, ce qui lui vaut, après la Seconde Guerre mondiale, le titre de « Suisse du Proche-Orient ». Néanmoins, le Liban connaît plusieurs guerres civiles et régionales, notamment entre 1975 et 1990 où principalement Israël et la Syrie essaient de tirer profit de la situation intercommunautaire désastreuse en s'ingérant dans les affaires internes du pays. Antiquité. Les premières traces de peuplement du Liban remontent à entre Le territoire est décrit dans la Bible comme « la terre du lait et du miel», et c'est donc en raison de l'abondance de ces richesses que le pays a toujours attiré les conquérants tout au long des siècles. Les archéologues ont découvert à Byblos, qui est considéré comme étant « le plus vieux village du monde », des restes de huttes préhistoriques, des armes primitives, ainsi que plusieurs jarres d'argile, qui semblent dater des époques Néolithique et Chalcolithique, durant lesquelles vivaient, sur les bordures de la Méditerranée, plusieurs communautés de pêcheurs. Le Liban fut la mère patrie des Phéniciens, ce peuple marin aventureux, rameau du peuple cananéen, qui a dominé pendant des siècles le commerce méditerranéen et fondé des comptoirs et des cités sur tout le pourtour de la Méditerranée dont Carthage, Palerme, Cadix, Tanger, Palma, la Sardaigne, la Sicile, les îles de Chypre et Ibiza Il s'ensuivit l'avènement de Cyrus le Grand, un grand empereur perse. Après de domination perse, les Grecs, sous l'égide d'Alexandre le Grand, attaquent et assiègent Tyr en 332 , alors la plus grande ville phénicienne, durant sept mois. Moyen Âge. Les croisés qui avaient pris goût au climat du Liban et y avaient fait souche, dès le , apprirent vite que le Coran interdisait le prêt à intérêt. Le christianisme oriental ne s'y opposant pas de son côté, et les besoins de financement existant dans tous les pays du monde, ils développèrent donc des activités de banque et de finance. Au , le Liban fut pris dans le conflit Turquie-Égypte, auquel se mêlent les puissances occidentales : le la flotte anglaise anéantit la ville de Beyrouth. L'Église maronite étant rattachée à Rome depuis ses origines qui remontent au , les maronites ont beaucoup contribué à l'importation de la culture occidentale au Liban. À partir de 1860, ils se sont établis dans les villes où sunnites et grecs orthodoxes cohabitaient déjà. La culture libanaise s'est ainsi enrichie, au gré du rapprochement géographique des communautés religieuses, des apports de l'immigration et des influences françaises et américaines. La clef de voûte de la culture libanaise a longtemps été le développement de villes cosmopolites et tolérantes. Entre 1915 et 1918, de (soit un tiers de la population) meurent d'une famine provoquée par une invasion de sauterelles, par le blocus imposé au Liban par la Triple-Entente et surtout par le blocus terrestre imposé par Jamal Pacha, le gouverneur ottoman. Le pays déclare son indépendance le 22 novembre 1943, en gardant les frontières du Grand Liban de 1926, après des manifestations durant plusieurs mois, dont émergent notamment les figures de Béchara el-Khoury et Riad El Solh et l'idée d'un Pacte national qui vise à consacrer un fonctionnement communautaire du système politique, où notamment la présidence de la République serait laissée aux chrétiens, et le poste de Premier ministre aux musulmans. Présenté pendant les années 1950 à 1970 comme la « Suisse du Moyen-Orient », du fait de la présence de nombreuses banques notamment, le Liban connaît alors un fort développement de son économie, de ses infrastructures et de son État, particulièrement sous les présidences de Camille Chamoun et Fouad Chéhab. Mais dans le même temps le pays est confronté à ses propres tensions sociales, communautaires, et aux effets de la création d'Israël. Celle-ci provoque dès 1948 l'afflux de . Le Liban est dès lors graduellement impliqué dans le conflit israélo-palestinien, à plus forte raison à partir des Accords du Caire de 1969 et après Septembre noir (1970-1971). Ces accords sont souvent présentés comme un basculement qui ouvre la voie à la longue guerre civile (1975-1990) où se mêlent aspects politiques, religieux et quasi-mafieux. La guerre civile voit s'affronter diverses milices confessionnelles, souvent soutenues par des États proches (Syrie et Israël notamment). En 1982, le pays est envahi par Israël. L'accord de Taëf, signé en 1989, met officiellement fin à la guerre civile. En 2005, la Deuxième république libanaise s'appuie sur une classe politique d'anciens « seigneurs de la guerre », et connaît une grande instabilité de ses trois pouvoirs qui lui fait traverser de nombreuses crises politiques (notamment la crise de 2008, ou en 2014-2016 avant l'élection du président Michel Aoun). Dans le même temps, le pays reste confronté à des enjeux régionaux de taille, que ce soit la confrontation avec Israël (conflit israélo-libanais de 2006) ou bien le conflit syrien. Le , deux violentes explosions surviennent dans le port de Beyrouth, faisant plus de deux cents morts et et . Des quartiers entiers ont été détruits. Le , le premier ministre propose des élections anticipées. Le 10 août 2020, le gouvernement de Hassan Diab démissionne sous la pression de la population. . Le Liban subit depuis 2018 une crise économique d'une ampleur telle qu'elle est considérée par la Banque mondiale comme la pire au monde depuis 1850. Plus de 80 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté en 2022, la livre libanaise a perdu 95 % de sa valeur en trois ans, et le PIB a diminué de 6,7 % en 2019, de 20,3 % en 2020 et de 9,5 % en 2021. Politique. Régime politique. Le Liban est une démocratie parlementaire. Son fonctionnement est confessionnel. Le fonctionnement institutionnel est régi par la constitution du 23 mai 1926 et la pratique (non-écrite) du Pacte national, qui a été modifiée six fois depuis, la modification la plus importante étant l'accord de Taëf qui réorganise le partage du pouvoir entre les différentes communautés religieuses. Jusqu'en 1975, l'ONG considérait le Liban comme un des deux seuls pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (avec Israël) à être un pays libre. Le pays perdit ce statut au cours de sa guerre civile (1975-1990) et ne l'a jamais regagné depuis. En 2013, le Liban est considéré comme « un pays partiellement libre ». La Constitution énonce que le Président, usuellement un chrétien maronite, est élu par le Parlement (Majlis Al Nuwab ou Chambre des députés) à la majorité des deux-tiers et pour six ans. Il n'est pas directement rééligible (sauf si l'article 49 de la Constitution venait à être modifié). Par l'accord de Taëf, ses pouvoirs ont été réduits au profit du Conseil des ministres réunis. Le Premier ministre doit être musulman sunnite et il est responsable devant les députés ainsi que le président de l'Assemblée nationale, qui lui doit être musulman chiite. Le vice-premier ministre et le porte-parole du gouvernement sont des chrétiens orthodoxes. L'Assemblée nationale comporte , répartis entre chrétiens et musulmans, qui sont élus au suffrage universel direct selon un système électoral complexe et « segmenté par la religion ». C'est le confessionalisme, dont la Constitution prévoit l’abolition . Dans ses mémoires, le président français Jacques Chirac a admis avoir proposé à Damas cinq noms pour que la Syrie choisisse l'un d'eux comme chef de l'État libanais : ce fut, en 1998, Émile Lahoud. Ceci illustre, au travers de la diplomatie, l'influence des deux puissances sur le Liban. Classe politique. Les composantes de la classe politique libanaise sont étroitement liées aux influences régionales qui profitent de la porosité et des divisions confessionnelles du Liban. Les dirigeants libanais sont issus de grandes familles qui règnent depuis des décennies sur la scène politique libanaise, et qui tiendraient plus à leurs alliances à l'extérieur qu'à leurs positionnements programmatiques. La division en deux camps est avant tout celle des élites engagées dans une lutte effrénée pour le pouvoir et les avantages qu'il procure. La classe politique libanaise est divisée principalement entre l'Alliance du 14-Mars et la majorité présidée par Saad Hariri. L'Alliance du 14 mars représente la minorité parlementaire appuyée par l'Occident ; elle comprend le Courant du futur, dirigé par le député sunnite Saad Hariri, le parti des Forces libanaises dirigé par Samir Geagea, chrétien maronite, ainsi que les Phalanges libanaises (Kataeb) dirigées par Amine Gemayel, chrétien maronite. La majorité actuelle est regroupée autour du Bloc du changement et de la réforme (10 ministres et ) présidé par le général chrétien Michel Aoun, du tandem chiite Hezbollah-Amal (six ministres et ) et de la coalition Mikati-Sleiman-Joumblatt (12 ministres et autant de députés). Le Bloc aouniste et le tandem chiite constituent, avec quelques autres partis, ce que les médias nationaux appellent communément le « Mouvement du 8 Mars », en référence à une manifestation du Hezbollah en 2005. Tensions entre les communautés. Le Liban est composé d'une dizaine de communautés religieuses et les tensions entre les communautés ont marqué l'histoire du Liban contemporain. Depuis l'indépendance de 1943, le fonctionnement de la vie politique libanaise repose sur le Pacte national de 1943, un compromis communautaire non écrit entre les trois communautés majoritaires : sunnites, chiites et maronites. Les sunnites acceptent l'indépendance du Liban et ne cherchent pas à unifier le pays avec la Syrie. Les maronites reconnaissent le caractère arabe du pays et ne demandent plus l'aide des pays occidentaux. Les plus hautes fonctions de l'État sont réparties entre les communautés : les maronites obtiennent la présidence de la République et de ce fait le commandement de l'Armée, les sunnites obtiennent le poste de premier ministre et les chiites, le poste de président de l'Assemblée nationale. La question de la naturalisation des réfugiés palestiniens est aussi une source de tensions intercommunautaires. Les réfugiés palestiniens sont regroupés dans une quarantaine de camps. Les réfugiés attendent le droit au retour en Palestine ou une naturalisation, ainsi qu'une amélioration de leurs conditions de vie. La naturalisation des réfugiés créerait un changement démographique très important dans un pays de d'habitants. Les réfugiés sont en grande partie sunnites et les chrétiens et musulmans chiites s'opposent à leur naturalisation craignant d'être affaiblis, tandis que les sunnites y sont favorables et défendent la « cause » palestinienne. L'intégration des réfugiés dans l'économie libanaise inquiète aussi les Libanais, le taux de chômage et la dette étant déjà élevés. C’est de cette divergence d’intérêts que naît en 1975 la guerre du Liban qui déchire le pays pendant . Pendant la guerre civile, le parti chiite représenté par le mouvement Amal se scinde en deux avec la création du Hezbollah, défendant notamment le droit au retour des Palestiniens. Le nouvel afflux massif ( de personnes) de réfugiés, majoritairement sunnites, venus de Syrie depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011, vient doubler ces tensions, en particulier dans la ville de Tripoli avec des affrontements armés entre sunnites libanais et alaouites libanais. Dès le début des années 1980, le Liban du Sud est envahi par l’armée israélienne (opération Litani) dans le but de miner l’assise territoriale de l’Organisation de libération de la Palestine. Les chiites qui sont majoritaires dans cette région, sont les principales victimes de l’occupation et des conflits. Or, l'État libanais les a longtemps laissés en marge du développement et n'a pas cherché à les protéger de cette occupation, l'essentiel du pouvoir étant partagé entre les chrétiens et les sunnites en vertu du Pacte national de 1943. L’histoire d’un chiite du Sud est radicalement différente de celle d’un chrétien ou d'un sunnite du Nord du Liban. Israël est un acteur central dans l’histoire de la communauté chiite du Sud-Liban. Ainsi, dès le début des années 1980, les chiites adoptent une conscience politique qui leur est propre : la lutte contre le manque de développement, incarnée par le parti Amal, et la lutte pour la résistance à Israël, incarnée par le Hezbollah . Par ailleurs, le Courant patriotique libre, un parti chrétien, a signé un protocole d'entente mutuelle avec le Hezbollah le 6 février 2006. Toutefois, l'armement militaire du Hezbollah et celui de plus faible envergure d'Amal suscitent les craintes de l'Alliance du 14-Mars, regroupant une majorité des musulmans sunnites et une partie des druzes et des chrétiens. Ces tensions se sont manifestées pendant les incidents du 7 mai 2008 qui ont opposé d'une part le Hezbollah, Amal et le Parti social nationaliste syrien (PSNS), et d'autre part des milices sunnites de Beyrouth, majoritairement partisanes du Courant du futur, et la milice druze de Walid Joumblatt. Le Hezbollah justifie son armement par la nécessité de pouvoir riposter aux attaques israéliennes contre le Liban, faire pression pour demander le retrait israélien du secteur des fermes de Chebaa, le retour des Libanais prisonniers en Israël et le droit au retour des réfugiés palestiniens. Les partisans du désarmement du Hezbollah craignent qu'il importe d’Iran au Liban l’idéologie islamique de la révolution iranienne pour former un croissant chiite dans la région, tel que revendiqué par le Hezbollah lors de sa création. Depuis 2009, cette revendication ne figure plus dans la charte politique du Hezbollah. Téhéran ne revendique toutefois qu'une partie de ce soutien et compare ses relations avec le Hezbollah à celles qu'entretiennent les États-Unis avec Israël et les partis pro-occidentaux. Aujourd’hui, le Hezbollah . Par ailleurs, la composition de la diaspora libanaise dans le monde met en corrélation la destination et la religion : les chrétiens ont majoritairement émigré vers l’Europe, les États-Unis ou le Brésil, les musulmans se regroupant plutôt en Afrique, et notamment en Afrique de l'Ouest. En revanche, tous se retrouvent dans les pays du Golfe. Quant à l’influence politique des émigrés dans leur pays d’accueil, elle est contrastée : au Brésil les descendants de Libanais occupent de nombreux postes politiques très haut placés. Si les tensions entre communautés prennent des formes extrêmes, c'est en partie parce que les traditions locales n'offrent pas des régulateurs, ou des médiateurs, reconnus par tous. Aussi, nombre de personnalités politiques encouragent le dialogue inter-religieux, en mettant en avant la figure de la Vierge Marie, personnalité majeure chez les chrétiens comme chez les musulmans : , dit-on en ces pays. Les factions en présence utilisent cette figure aussi bien dans leur intérêt , ou pour promouvoir le "dialogue", le "vivre ensemble", thèmes qui deviennent des causes nationales. Cette approche correspond bien à l'effort d'équilibre de gouvernance entre religions, et le gouvernement n'hésite pas à prendre en charge les infrastructures pour développer les pèlerinages, comme vers Béchouate pour Notre-Dame de Béchouate ou vers Harissa pour Notre-Dame du Liban. Forces militaires. Les Forces armées libanaises comprennent dont dans les forces aériennes et dans les forces navales. Les principales missions de l'armée sont la défense du pays et de sa population contre les agressions extérieures, maintenir la stabilité et la sécurité intérieure, se confronter aux menaces visant les intérêts vitaux du pays, s'engager dans des activités sociales et assurer la coordinations entre les institutions humanitaires publiques et privées. Le Liban est l'un des principaux bénéficiaires d'aides financières étrangères pour son armée. Depuis 2005, recevant de dollars, l'armée libanaise est la deuxième armée la plus subventionnée derrière Israël par les États-Unis. Subdivisions. Depuis 2003, le Liban est divisé en huit "mohafazat" (gouvernorats), elles-mêmes constituées de (districts), eux-mêmes divisés en "baladia" (municipalités). En 2015, on comptait . Géographie. Le Liban, pays du Levant (Proche-Orient), est une étroite bande de terre bordée par la mer Méditerranée sur de côtes. Long de et large de 25 à , il a une frontière avec la Syrie sur et avec Israël, au Sud, sur . Sa superficie est officiellement de , bien que cette mesure, qui revêt une symbolique politique importante au Liban, soit techniquement sujette à débat. Relief. Le relief est très varié : sur les de largeur du pays, le relief va de d'altitude jusqu'au niveau de la mer. La montagne occupe la plus grande partie du territoire. On distingue, d'ouest en est, quatre zones successives, orientées parallèlement au rivage : Climat. Le climat est de type tempéré méditerranéen (Csa suivant la classification de Köppen) doux à chaud et plus humide sur la côte, plus rude dans les montagnes et plus sec par effet de foehn sur le versant nord-est des monts du Liban dans la plaine de la Békaa. Le massif de l’Anti-Liban est semi-aride et balayé en mars par le Khamsin un vent brûlant et sablonneux du désert, venu de Syrie. Étant donné la diversité topographique du Liban, le climat varie considérablement d'une région à l'autre et l'amplitude thermique est importante selon l’altitude. En montagne, les températures moyennes sont de en été et proches de en hiver avec une abondance de chutes de neige généralement au-dessus de . Les températures maximales dépassent sur la plaine côtière en été. Le piémont des monts du Liban est planté de cyprès et de cèdres. Les précipitations sont rares de juin à août. La saison des pluies se situe d'octobre à mars. Les pluies peuvent être diluviennes par effet orographique, un record de ayant été atteint à Beyrouth en . La moyenne annuelle des précipitations est de unité| à Beyrouth et de à Tripoli. Les saisons les plus agréables sont d'avril à juin et de septembre à novembre. La température de la mer varie d'environ en été à environ en hiver. Économie. La population urbaine au Liban se fait remarquer pour son esprit d'entrepreneuriat commercial. L'émigration a créé une importante diaspora libanaise qui compte entre de personnes hors du Liban en 2015. L'envoi de devises des Libanais de l'étranger au pays avoisine les dollars et compte pour 1/ des rentrées de devises du pays en 2009. Sur la côte, on cultive les agrumes ; sur les pentes en terrasse des montagnes (Mont Liban...) poussent des arbres fruitiers, de la vigne, des forêts de pins. La Bekaa est le domaine des cultures irriguées. À la suite des coupes excessives, la garrigue et le pâture ont supplanté les forêts de cèdres. Quinze années de guerre (1975-1990) ont ruiné le pays, qui doit importer 85 % des produits de première nécessité, vit d'une économie souterraine et doit supporter le fardeau d'une dette et d'un déficit budgétaire considérables. La guerre de juillet 2006 a eu de lourdes conséquences sur l'économie libanaise, dont tous les chiffres ont dû être revus à la baisse. Le coût de la guerre et de la reconstruction a augmenté l'endettement du pays. En 2006, la croissance, qui aurait dû atteindre 6 %, n'a atteint que 0,6 % et le secteur touristique a de nouveau fléchi. Le magazine britannique Euromoney sur le risque "pays" a classé le "Liban" 170 sur 174". (13 juillet 2022)" https://www.lorientlejour.com/article/1305502/170.html La dette publique libanaise s'élève en 2019 à environ , soit 150 % du produit intérieur brut (PIB) du pays. Payer les intérêts chaque année exige d’y consacrer près de 10 % du PIB, soit plus de Le journaliste Jean-Pierre Séréni, ancien rédacteur en chef de "L'Express", relève que « la dette libanaise a une originalité : elle est pour l’essentiel détenue par des Libanais, banques et particuliers. Les étrangers y tiennent un rôle mineur. Cette mainmise des riches Libanais sur « leur » dette ne doit rien à leur patriotisme, mais tout à l’esprit de lucre qui les anime. Les rendements y sont élevés et surtout sans risque, en raison de la parité de la monnaie nationale avec le dollar américain ( pour ) qui est fixe. Prêter des livres ou des dollars revient au même, le créancier ne court aucun danger de change. » Les principaux secteurs d'activités dans le PIB sont à 75 % pour les services et le commerce, à 20 % l'industrie, et à 5 % l'agriculture. La corruption ronge l'économie du pays dans les différents secteurs. En 2019, le Liban est classé à la 138 place dans le classement de l’ONG qui évalue la perception de la corruption dans un pays. Une étude du Laboratoire sur les inégalités mondiales constate de fortes inégalités de revenus au Liban : 0,1 % des Libanais les plus fortunés – environ – gagnent autant que les 50 % les plus pauvres, qui touchent 10 % du revenu national. La fortune des milliardaires libanais représente près d’un quart du revenu national selon les classements des magazines "Forbes" et "Arabian Business". Le pays connait depuis 2019 la plus grave récession économique de son histoire, accompagnée d'une dépréciation de 90 % de la livre libanaise par rapport au dollar américain et d'une inflation record qui pousse 80 % de la population sous le seul de pauvreté. En 2020 et 2021, l'économie du Liban s'est effondrée, entraînant un approvisionnement erratique de carburant, des coupures quotidiennes d'électricité, un exode massif des jeunes diplômés, un accès difficile aux soins, à l'alimentation et au logement et une dégradation des infrastructures. Agriculture. Le Liban dispose d'une situation très enviable pour l'agriculture, vis-à-vis de ses voisins, sur le plan de la disponibilité en eau et de la fertilité des terres. De fait, le Liban a la plus grande proportion de terres arables de tous les pays arabes, ce qui lui permet une variété de cultures. Les principales cultures sont les fruits et légumes, le tabac, les olives et le blé. Dans les années 1970, l'agriculture contribuait approximativement à 30 % du PIB libanais, en 2017, elle n'y contribuait qu'à hauteur de 5,7 % (soit environ de $ USD), la production agricole a même reculé de 12 % entre 1970 et 2008, là où celle de l'Union européenne sur la même période a par exemple augmenté de 562 %). Cette baisse est probablement imputable à la guerre civile libanaise sur la période 1975-1990 et à un manque de compétitivité de l'agriculture du pays, faute de financement suffisant de la part de l'État pour l'être (l'agriculture reçoit moins d'1 % du budget national en 2015). Tourisme. En 2009, le Liban a accueilli plus de deux millions de touristes et le "" a classé le pays comme destination touristique de l'année. Selon le ministère du Tourisme le secteur représentait environ 20 % du PIB, les visiteurs viendraient majoritairement des pays du Golfe et d'Europe. Toutefois, depuis la fin de la guerre civile, le secteur touristique souffre d'instabilité régionale, d'un environnement en constante dégradation et d'un manque d'encadrement public et juridique. Les principaux sites touristiques sont, par ordre alphabétique : Écologie et recyclage. Plusieurs organisations non gouvernementales libanaises (dont Bahr Loubnan), avec l'appui grandissant du Ministère de l'écologie national, œuvrent à la préservation de la biodiversité, à la lutte contre la pollution et à la promotion d'une gestion durable du littoral et de la mer, toutefois, la société libanaise ne prend pas vraiment action pour une vie plus écologique et durable. Démographie. Son emplacement géographique, sa richesse en eau, ses montagnes dominant le Proche-Orient, son ouverture sur la Méditerranée et son climat tempéré, lui donnent une importance stratégique, économique, politique et militaire. C’est pour cela qu’il a été le lieu d’un brassage d’une multitude de civilisations et de cultures. La population du Liban est estimée à d'habitants en 2016 d'après "" publié par la CIA, d’habitants en 2018 selon l'Organisation des Nations unies, puis en 2022. Il est à noter que ces chiffres sont des estimations car aucun recensement n'a eu lieu depuis le mandat français en 1932. Selon le "" publié par le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants, le Liban abritait environ et demandeurs d'asile en 2007. De ce nombre, étaient des Palestiniens arrivés après leur expulsion de l'État d'Israël en 1948, étaient des Irakiens ayant fui la violence en Irak et la situation d'insécurité en Syrie et étaient des Soudanais pour la plupart non reconnus. L'Union européenne estime en 2020 que le Liban a accueilli plus de de réfugiés depuis que la guerre a éclaté en Syrie en 2011, ce qui représenterait environ 30 % de la population du pays Religions. La liberté de culte est reconnue pour toutes les religions. Il est difficile d'établir des statistiques sur la répartition des religions du fait de l'absence de recensement depuis 1932. À l'époque, les maronites (catholiques au Liban) étaient majoritaires. En 2020, selon "The World Factbook" publié par la CIA, la répartition confessionnelle nationale serait de 34 % de chrétiens, 61 % de musulmans (dont 30,6 % de sunnites et 30,5 % de chiites) et 5,2 % de druzes, 18 confessions étant reconnues par l'État. Selon le recensement électoral de 2005, la répartition était de 60 % de musulmans (dont environ 31 % de chiites et 29 % de sunnites), 35 % de chrétiens (dont environ 20 % de chrétiens maronites, 12 % de grecs orthodoxes, 3 % de chrétiens apostoliques et autres catholiques) et 5 % de druzes. Les communautés confessionnelles sont : Au Moyen Âge, beaucoup de chrétiens se seraient mélangés avec les croisés. Des historiens ont remis en question ou critiqué ces vues. Cependant, des études génétiques effectuées par Pierre Zalloua en 2006 sous le patronage de la ont démontré que c'est plus globalement les habitants des côtes (à l'ouest du pays) qui descendent des Phéniciens. Ces recherches se sont basées sur des tests ADN prélevés sur un échantillon de Libanais de toutes confessions et comparés à des prélèvements faits sur des momies phéniciennes. Ces tests ADN prouveraient aussi qu'il y a bien eu un mélange des populations locales avec les croisés, et que les populations côtières descendent majoritairement des Phéniciens, qu'ils soient musulmans ou chrétiens, ainsi c'est à Tyr, région côtière majoritairement musulmane que l'on retrouve le plus grand nombre de descendants de Phéniciens. Inversement les chrétiens ne résidant pas à l'Ouest du pays possèdent des ADN remontant aux Arabes. Il reste au Liban une petite communauté juive composée d'environ ; la plupart des Libanais juifs ont choisi de quitter le pays en raison de la guerre civile. Les chiites sont concentrés au Sud et au Nord-Est de la Bekaa, tandis que les plupart des sunnites sont à Beyrouth et au Nord. Les chrétiens sont éparpillés un peu partout au Liban, alors que les Druzes se partagent le Chouf avec les chrétiens, vers Beit-ed-Dine. Langues. L’arabe, langue officielle parlée au Liban appartient à un groupe de dialectes appelé syro-libano-palestinien. Relativement proche de l’arabe standard moderne, il en diffère cependant par certains points, ayant reçu des influences diverses dont des différents dialectes arabes orientaux, du turc et du syriaque mais aussi du français. La loi autorise l’utilisation du français pour certains documents officiels. Le français, introduit par les congrégations religieuses au a été déclaré langue officielle au même titre que l'arabe par la Constitution de 1926, avant de perdre ce statut. L'emploi de la langue française est conditionné par l'article 11 de la Constitution du Liban du 9 septembre 1943 : « L'arabe est la langue nationale officielle. Une loi spéciale déterminera les cas où il sera fait usage de la langue française. » Les influences régionales et les différentes occupations au cours des siècles pourraient expliquer pourquoi tant de langues différentes sont parlées au Liban. De plus, en raison de l’importante communauté libanaise expatriée et de la place du Liban dans le monde des affaires, la maîtrise de langues étrangères autres que l’arabe a toujours été de première importance. C'est pourquoi beaucoup de Libanais parlent couramment le français et/ou l’anglais. Cependant, les dernières décennies ont vu par ailleurs un développement significatif de l’anglais. Les principales langues d’enseignement au primaire sont le français (68 %) et l’anglais (32 %), tandis qu’au secondaire, les pourcentages sont inversés. Dans le cycle supérieur, le français occupe 55 % de l’enseignement ; l’anglais et l’arabe se partagent le reste. Première langue « étrangère » en usage au Liban, le français est à la fois langue de culture, d'enseignement et de communication. 45 % de la population libanaise est entièrement ou partiellement francophone et 55 % des Libanais ignorent totalement cette langue. Le Liban compte 30 % d’anglophones. À la suite d'accords linguistiques successifs entre la France et le ministère de l'Éducation, deux tiers des élèves de l'enseignement primaire sont scolarisés dans des établissements, publics ou privés, dont la langue d'enseignement des sciences et des mathématiques est le français. La connaissance et le niveau de français au Liban ne sont pas homogènes entre les différentes institutions scolaires, et la scolarisation dans des écoles bilingues ne garantit pas un bilinguisme à l'âge adulte. L’avenir de la langue française au Liban dépend du renforcement de nombreux facteurs, dont le niveau de formation des enseignants, . Culture. La culture libanaise est issue du croisement de nombreuses cultures à travers les milliers d'années que compte son histoire. Influencé à l'origine par les Phéniciens, le Liban est conquis et occupé, par ordre chronologique, par les Assyriens, les Perses, les Grecs, les Romains, les Arabes, les Croisés, les Turcs ottomans et plus récemment par les Français. La culture libanaise a emprunté à travers les millénaires de son histoire des éléments culturels de chaque occupant. La diversité de la population libanaise, composée de différents groupes ethniques et religieux, a contribué au développement de festivals, de styles de musique et de littérature aussi bien que de la cuisine. Identité libanaise. Au-delà des différences liées à l'importance institutionnelle et politique des communautés, un ensemble de traits structurants communs aux Libanais sont identifiables : l’arabité linguistique, l’autonomie politique, l'histoire commune et, pour nombre d'entre eux, la francophonie. Ainsi, l’entité libanaise trouve-t-elle toute sa raison d’être à travers l’expérience du dialogue des religions. À l’heure de la mondialisation, elle peut offrir un lieu privilégié de rencontre entre l’Occident et l’Orient et de pluralisme culturel constituant un patrimoine commun. La quête millénaire de l’identité libanaise doit donc transcender des éléments disparates relevant d’un même ensemble cohérent pour assurer cette fonction d’être un espace de communication, d’autonomie, d’ouverture, de rayonnement, de solidarité et de «résistance culturelle». L’écrivain libanais Amin Maalouf a d’ailleurs fait de l' le thème de prédilection de son essai "Les Identités meurtrières". Il y décrit l’identité comme une panthère qu’il faut apprivoiser par le principe de réciprocité. Enfin, il relate les dangers du dans une démocratie, qui ne ferait qu’encourager la ségrégation entre races et communautés, et invite les citoyens et politiciens à faire coexister pacifiquement les identités dans un contexte riche et un patrimoine commun. Par ailleurs, quelle que soit leur confession, les Libanais de l'étranger ont davantage conscience des liens qui les unissent et de leur identité commune. La diaspora, active et influente, conserve des liens privilégiés avec ses origines en injectant de l’argent et son savoir-faire, et est avide de culture libanaise. Gastronomie. Le taboulé est la salade la plus populaire de la cuisine libanaise, à base de persil et de tomate. Le kibbeh, fait de boulghour et de farce de viande hachée et épicée grillée, est aussi populaire. Le Mankouche libanais est composé de pâte similaire à la celle de la pizza, garnie de fromages ou de Zaa'tar ou viande. Littérature. Le Liban est le pays de naissance d'un des plus grands écrivains de la littérature arabe, Gibran Khalil Gibran (1883-1931), également poète d'expression anglaise, son ouvrage le plus populaire est "Le Prophète", un ouvrage écrit en anglais composé de poétiques. Mikhail Naimy (1889-1988), est un écrivain, poète et philosophe, célèbre pour ses écrits religieux, notamment "Le Livre de Mirdad", et sa poésie "La Rivière Gelée" ("Al Naher Al Motajamed"). Elia Abu Madi (1890-1957), est un poète libano-américain, Son poème le plus célèbre est « Je ne sais pas d'où, mais je suis venu ». L'écrivain et poète (1886-1962) est surnommé le Voltaire libanais par le journal L'Orient-Le Jour, Son œuvre la plus célèbre est "Conversations villageoises". Elias Abou Chabaki (1903-1947) est l'un des poètes les plus en vue de la première moitié du . May Ziadé (1886-1941) est une écrivaine libanaise avec plusieurs ouvrages en arabe et en anglais. Elle est devenue plus célèbre aussi pour la relation platonique qui la liait à Gibran Khalil Gibran. Amin Maalouf (né en 1949) est un écrivain franco-libanais. Dans son œuvre, il compare et confronte les points de vue de l'Orient et de l'Occident. Sport. La géographie du Liban se prête à la pratique des sports en été comme en hiver. En automne et printemps, il est possible d'aller skier le matin puis de nager dans la mer Méditerranée l'après-midi. Dans les compétitions domestiques, le basket-ball et le football sont de loin les deux sports les plus populaires. Le Liban a accueilli les Jeux panarabes de 1997, la coupe d'Asie de football en 2000 ou encore les Jeux de la Francophonie de 2009. Le Liban dispose de six stations de sports d'hiver comprenant des pistes de ski alpin, ski de fond, des circuits de raquettes à neige ou de motoneige (le fait de pouvoir y skier à la lumière du coucher de soleil sur la mer est un des éléments lui valant son nom de "pays des contrastes"). En été, il est possible de pratiquer du canoë, du cyclisme, du rafting, de la natation, voile ou spéléologie, tout comme la pratique de sports extrêmes est possible à travers le pays. Enfin, un marathon est organisé chaque année à Beyrouth. Le basket-ball est le sport le plus populaire où la sélection masculine obtient de bons résultats, capable dans les années 2000 de défaire le Canada ou la France et de se qualifier aux championnats du monde en 2002, 2006 et 2010. Par ailleurs par trois fois la sélection est vice-championne d'Asie (2001, 2005 et 2007). Le joueur le plus connu est Fady El Khatib. En football, la sélection masculine est parvenue à disputer la dernière phase de qualification pour la coupe du monde 2014. Concernant les Jeux olympiques, le pays a eu une présence régulière. Il totalise quatre médailles (en lutte et en haltérophilie) mais aucune en or. Médias. Journaux. Les principaux journaux libanais sont les suivants : Codes. Le Liban a pour codes :
Politique en France La politique en France s'exerce aujourd’hui dans le cadre d'un régime semi-présidentiel, déterminé par la Constitution de la Cinquième République. Institutions. La Constitution française du est l'actuelle constitution de la France et régit ainsi la République française. Norme juridique suprême du pays, c'est l'une des plus stables qu'il ait connues. En pleine guerre d'Algérie, elle a été rédigée dans l'objectif affiché de mettre un terme à l'instabilité gouvernementale et au risque de coup d'État militaire ; elle est marquée par le retour d'un exécutif fort. Deux hommes y ont notamment imprimé leurs idées : Michel Debré, inspiré du modèle britannique et de son Premier ministre fort, et le Général de Gaulle, entendant ériger le président de la République en garant des institutions conformément aux principes énoncés dans ses discours de Bayeux, le , et d'Épinal, le . Elle instaure un système politique à géométrie variable selon que l'on soit en période de concordance des majorités présidentielle et législative ou, au contraire, de cohabitation. En période de concordance, l'Assemblée nationale, le Premier ministre et son gouvernement ainsi que le président de la République sont du même bord politique : le président de la République exerce une autorité qui limite l'exercice des attributions constitutionnelles du Premier ministre. À l'inverse, en période de cohabitation, la lettre de la Constitution est mieux respectée. Son préambule renvoie à deux textes fondamentaux la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du et le Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 (la Charte de l'environnement de 2004 leur a, par la suite, été jointe). Ces textes ainsi que les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République forment ce qu'il est convenu d'appeler le bloc de constitutionnalité. Pouvoir exécutif. Le Président de la République. Le président de la République française exerce la plus haute fonction du pouvoir exécutif de la République française. Depuis 1962, le président de la République est élu au suffrage universel direct. Il s'agit de la fonction politique la plus prestigieuse en France, de par l'ordre protocolaire, mais aussi en tant qu'incarnation de l'autorité de l'État. Le président est le chef de l'État en France, le chef des armées, le coprince d'Andorre, chanoine d'honneur de la basilique Saint-Jean-de-Latran. Il est garant de la constitution de la République. Le président de la République a un poids prépondérant au sein de l'exécutif. Il a un rôle déterminant en politique étrangère et oriente en général la politique du gouvernement. Le Président de la République nomme un Premier Ministre, et sur proposition de ce dernier, les autres membres du gouvernement. Il préside le Conseil des ministres ou il signe les décrets et les ordonnances et promulgue les lois. Les autres fonctions, attributions et modes de nomination ont beaucoup évolué dans le temps selon les régimes, mais aussi en fonction des circonstances et des hommes appelés à remplir cette charge. Sous la République, en place depuis 1958, son pouvoir est bien plus étendu que sous les et républiques, à l'instar de la République. Le mandat du président de la République était de sept années de 1873 à 2002, il est depuis lors de cinq années. Gouvernement. Le gouvernement de la République française sous la Cinquième République constitue la seconde tête d'un pouvoir exécutif bicéphale. Il détermine et conduit la politique de la France, selon l’article 20, alinéa 1, de la Constitution de 1958, mais en réalité, c'est le Président de la République, qui, en dehors des périodes de cohabitation, assure ce rôle. Le gouvernement est nommé par le président de la République et est placé sous l'autorité politique du Premier ministre, qui est le chef du gouvernement. Pouvoir législatif. Le Parlement français exerce une grande partie du pouvoir législatif et peut en partie contrôler l’activité gouvernementale, selon la Constitution du 4 octobre 1958. Il est bicaméral, c'est-à-dire composé de deux chambres. Avant 1962, le Parlement était le détenteur unique de la souveraineté populaire. Depuis cette date, le pouvoir est partagé entre le Parlement et le chef de l'État, choisi lors de l’élection présidentielle au suffrage universel. Tout-puissant sous les et Républiques, il a vu son pouvoir diminuer sous la République. Les évolutions actuelles des institutions françaises tendent à lui redonner quelques nouvelles prérogatives (cf: réforme de 1995 et du ). Cependant, la montée en puissance des pouvoirs des institutions européennes tend à limiter son influence, environ 70 % de son activité étant consacrée à la mise en œuvre du droit communautaire. Assemblée nationale. L’Assemblée nationale forme, avec le Sénat, le Parlement de la Cinquième République française. Son rôle principal est de débattre, d’amender et de voter les lois. De plus, cette institution a, contrairement au Sénat, le pouvoir de renverser le gouvernement, ce qui implique que celui-ci ne devrait pas être en désaccord avec elle. Elle siège au palais Bourbon à Paris. En 2012, l’Assemblée compte appelés « députés », élus ou réélus aux élections législatives de 2012 au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour une durée de cinq ans, qui forment la législature, où le groupe Socialiste, écologiste et républicain détient la majorité absolue, si l'on inclut ses apparentés, avec . Sénat. Le Sénat constitue la chambre haute du Parlement français selon le système du bicamérisme et détient le pouvoir législatif avec l'Assemblée nationale. En vertu de l'article 24 de la Constitution de la République, il est le représentant des collectivités territoriales. Il siège au palais du Luxembourg. Lors du vote d'une loi, en cas de positions divergentes du Sénat et de l'Assemblée nationale, le Premier ministre peut donner le dernier mot à l'Assemblée. Cette dernière ne peut donc légiférer qu'avec l'accord de l'Assemblée ou du Premier ministre, mais jamais seule. Le Sénat, qui compte depuis le renouvellement de 2011, a subi plusieurs réformes de son mode d'élection. Depuis l'adoption de la loi du , le mandat des sénateurs est de six ans, et le renouvellement s'effectue par moitié, tous les trois ans depuis 2011. Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect, par grands électeurs. Le scrutin est soit proportionnel (52 %), soit uninominal à deux tours (48 %) au niveau départemental. La chambre haute a été dominée par la droite et le centre du début de la jusqu’à aujourd’hui, la gauche n’ayant détenu la majorité qu’entre 2011 et 2014. Conseil, économique, social et environnemental. Le Conseil économique, social et environnemental) est une assemblée constitutionnelle française composée de représentants sociaux (patronat, syndicats, associations). En vertu de l'article 69 de la Constitution de la République, le CESE a une fonction consultative, optionnelle ou obligatoire dans le cadre du processus législatif, cette assemblée permet la représentation au niveau national des organisations professionnelles et la communication entre les différents acteurs de l’économie. Son siège est situé au palais d'Iéna à Paris. Pouvoir judiciaire. Cour de cassation. La Cour de cassation est la juridiction la plus élevée de l'ordre judiciaire français. C'est une juridiction permanente, qui siège au palais de justice de Paris, au . La Cour de cassation comprend six chambres. Cette Cour prononce la cassation et l'annulation des décisions de justice qui ont été rendues au prix d'une méconnaissance de la loi. Il n'y a qu'une seule Cour de cassation pour toute la France : elle est, en effet, une cour régulatrice ; son office est de faire en sorte que le droit soit appliqué de la même façon sur l'ensemble du territoire français : . Conseil d'État. Le Conseil d'État est une institution publique française créée en 1799 par Napoléon Bonaparte, dans le cadre de la constitution de l'an VIII (Consulat), sur l'héritage d'anciennes institutions ayant porté ce nom sous la Monarchie. Il siège au Palais-Royal à Paris depuis 1875. Dans les institutions de la Cinquième République, son premier rôle est celui de conseiller le gouvernement. À cette fin, le Conseil d'État doit être consulté par le gouvernement pour un certain nombre d'actes, notamment les projets de lois. Son second rôle est celui de plus haute des juridictions de l'ordre administratif. La présidence du Conseil d'État est assurée par son vice-président. Son assemblée générale peut être présidée par le Premier ministre ou bien le ministre de la Justice, ce qui n'a lieu que de manière exceptionnelle. Conseil constitutionnel. Le Conseil constitutionnel est une institution française créée par la Constitution de la Cinquième République du . Il veille à la régularité des élections nationales et référendums. Il se prononce sur la conformité à la Constitution des lois et de certains règlements dont il est saisi. Il intervient également dans certaines circonstances de la vie parlementaire et publique. Contrairement à d'autres tribunaux compétents en matière constitutionnelle tels que la Cour suprême des États-Unis, le Conseil constitutionnel français ne se situe au sommet d'aucune hiérarchie de tribunaux, ni judiciaires ni administratifs. Ces deux hiérarchies sont dominées respectivement par la Cour de cassation (droit privé) et le Conseil d'État (droit administratif). Ses décisions s'imposent toutefois « aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles ». Le Conseil constitutionnel français a donc une grande autorité sur l'ensemble des institutions françaises, mais cette autorité est limitée au champ du contrôle de constitutionnalité. Politiques publiques. Politique étrangère. Le 27 février 2023, le président français Emmanuel Macron annonce que les effectifs militaires français en Afrique seront visiblement réduits à l'avenir. Il déclare également un nouveau modèle de partenariat impliquant une plus grande participation des Africains, qui permettra leur montée en puissance. Politique culturelle. La France a une longue tradition de politiques culturelles. Dès le , impose le français comme langue officielle. Dans la période contemporaine, la politique culturelle est marquée par la création en 1959 du ministre de la Culture. Politique économique. Politiques industrielles. En France, la politique industrielle commence au avec la création des manufactures royales comme la manufacture des Gobelins ou la manufacture royale de glaces de miroirs. Politique de la ville. Initiée dans les années 1980, la politique de la ville est une spécificité française qui conjugue des aspects sociaux, économiques, culturels et urbains visant à revaloriser les quartiers sensibles et réduire les inégalités territoriales. Politiques environnementales. Climat. La politique climatique de la France vise conjointement deux objectifs : l'atténuation du changement climatique et l'adaptation au changement climatique afin d'atteindre les objectifs fixés dans l'Accord de Paris (2015), à savoir le maintien de l'augmentation de la température moyenne de la planète bien en dessous de par rapport aux niveaux préindustriels, et de préférence de limiter l'augmentation à .
Liste de partis politiques en France Cet article présente la liste des partis en France actuellement en activité, ainsi que leur représentation dans les différentes chambres de la République française. La liste des partis politiques ayant disparu (ou qui sont dans un état d'inactivité complet) fait l'objet d'un autre article. Principaux blocs politiques en France en 2022. Cette section a été mise à jour après le remaniement de juillet 2022. Partis régionaux et locaux métropolitains. Cette section liste les formations politiques à rayonnement régional ou local. Parmi ces formations se trouvent des partis régionalistes, autonomistes et/ou indépendantistes. Fédération Régions et peuples solidaires. Fondée en 1995, la fédération Régions et peuples solidaires (R&PS) est l’une des tentatives les plus achevées de regroupement des forces « régionalistes » en France. Elle rassemble actuellement les douze formations politiques suivantes :
Liste des États du monde par continent La liste des États du monde par continent donne pour chaque continent du monde, la liste des États qui s’y trouvent. Quelques pays font partie de plusieurs continents, ils sont classés d’après la localisation de leurs capitale. Les territoires non compris officiellement dans les 197 pays mais dont l’indépendance est généralement reconnue (à savoir les 193 pays membres de l'ONU et le Vatican, Niue, les Îles Cook et la Palestine) sont indiqués dans cette page (rubriques spéciales), y compris les 3 possessions européennes de la Couronne britannique listées ici (car la Couronne n’est pas reconnue comme un pays indépendant, et ces territoires ne font pas partie du Royaume-Uni). Les variantes concernant la dénomination des pays peuvent se trouver dans la liste des pays du monde.
Lynx (homonymie) Lynx peut avoir plusieurs significations :
Liste d'écrivains de langue espagnole Ceci est une liste d'auteurs ayant écrit tout ou une partie de leur œuvre en langue espagnole, classés par pays, et dans chaque pays par ordre alphabétique. Voir également : Liste d'écrivains espagnols
Linguistique La linguistique est une discipline scientifique s’intéressant à l’étude du langage. Elle n'est pas prescriptive mais descriptive. La prescription correspond à la norme, c'est-à-dire ce qui est jugé correct linguistiquement par les grammairiens. À l'inverse, la linguistique se contente de décrire la langue telle qu'elle est et non telle qu'elle devrait être. On trouve des témoignages de réflexions sur le langage dès l'Antiquité avec des philosophes comme Platon. Cependant il faut attendre le pour voir se dégager une approche scientifique autour des faits de langues. Ferdinand de Saussure a grandement contribué à la description du langage et des langues, notamment avec son influent "Cours de linguistique générale" (1916) qui est devenu un classique dans ce domaine et a imposé la conception structurale du langage qui domine largement la linguistique contemporaine en dépit des conflits d'écoles. André Martinet a aussi contribué à cette discipline avec son ouvrage "Éléments de linguistique générale" présentant les divers faits de langues. On peut également citer Noam Chomsky, qui a posé les bases de la linguistique générative, qui est un modèle parmi d'autres. Le travail descriptif de la linguistique peut se faire selon trois axes principaux : Domaines de la linguistique théorique. La linguistique théorique est souvent divisée en domaines séparés et plus ou moins indépendants, qui correspondent à différents niveaux d'analyse du signal linguistique : Synchronie et diachronie. Alors que la linguistique synchronique s'attache à décrire les langues à un moment donné de leur histoire (le plus souvent le présent), la linguistique diachronique examine comment les langues évoluent au cours du temps — que ces changements concernent la prononciation (on parle alors de phonétique historique), le sens et l'histoire des mots (c'est là l'étymologie qui est concernée), voire plusieurs aspects — parfois à travers plusieurs siècles. Le premier à avoir distingué ces deux types d'études est Ferdinand de Saussure. La linguistique historique jouit d'une longue et riche histoire. C'est d'ailleurs de cette branche de la linguistique que sont nées les autres approches. Elle repose sur des postulats théoriques jugés solides (comme les lois phonétiques). Une discipline comme la linguistique comparée repose principalement sur une optique historique. Linguistique des langues. La linguistique peut évidemment s'attacher à une langue en particulier (par exemple au français, et on parle alors de linguistique française) ou à un groupe de langues (exemples : linguistique romane, linguistique germanique, linguistique finno-ougrienne, linguistique indo-européenne) ou à des langues géographiquement groupées (exemples : linguistique balkanique, linguistique africaine). Au contraire de la linguistique théorique, qui cherche à décrire, de manière générale, une langue donnée ou le langage humain, la linguistique appliquée se sert de ces recherches pour les appliquer à d'autres domaines comme la didactique des langues, la pathologie du langage, la lexicographie (ou dictionnairique), la synthèse ou la reconnaissance vocale (ces deux dernières approches étant ensuite utilisées en informatique pour fournir des interfaces vocales, par exemple), l'intelligence artificielle. Locuteur individuel, communautés linguistiques et caractéristiques universelles du langage. Plusieurs approches linguistiques sont possibles selon l'étendue de l'objet d'étude : certains analysent la langue d'un locuteur donné, d'autres des développements généraux sur la langue. On peut aussi étudier la langue d'une communauté bien précise, comme l'argot des banlieues ou bien rechercher les caractéristiques universelles du langage partagées par tous les hommes. C'est cette dernière approche, la linguistique générale, dont le pionnier a été Ferdinand de Saussure, qui a été retenue par Noam Chomsky et qui trouve des échos en psycholinguistique et dans les sciences cognitives. On peut penser que ces caractéristiques universelles sont susceptibles de révéler des éléments importants concernant la pensée humaine en général. Voir par exemple les fonctions du langage. Linguistique contextuelle. La linguistique contextuelle est un domaine dans lequel la linguistique interagit avec d'autres disciplines. Elle étudie par exemple comment le langage interagit avec le reste du monde. La sociolinguistique, la linguistique anthropologique et l'anthropologie linguistique sont des domaines ressortissant à la linguistique contextuelle dans lesquels on étudie les liens entre le langage et la société. Dans le contexte juridique, la jurilinguistique examine les signes et énoncés linguistiques que le droit emploie et produit. De même, l'analyse critique du discours est un point de rencontre entre la rhétorique, la philosophie et la linguistique. Il est ainsi possible de parler d'une philosophie du langage. D'autre part, l'étude médicale du langage conduit à des approches psycholinguistique et neurolinguistique. Enfin, appartiennent aussi à la linguistique contextuelle des domaines de recherches comme l'acquisition du langage, la linguistique évolutionniste, la linguistique stratificationnelle ainsi que les sciences cognitives. Domaines de recherches de la linguistique. Phonétique, phonologie, diglossie, syntaxe, sémantique, pragmatique, étymologie, lexicologie, lexicographie, linguistique théorique, linguistique comparée, sociolinguistique, dialectologie, linguistique descriptive, psycholinguistique, typologie linguistique, linguistique informatique, sémiotique, écriture, cohérence du langage naturel, etc., sont parmi les domaines les plus courants. Recherches interdisciplinaires. Linguistique appliquée, linguistique cognitive, linguistique historique, orthographe, grammatologie, cryptanalyse, déchiffrement, anthropologie linguistique, linguistique anthropologique, analyse critique du discours, psycholinguistique, acquisition du langage, traitement automatique des langues, reconnaissance vocale, reconnaissance du locuteur, synthèse vocale et, plus généralement, traitement de la parole, sont de telles disciplines. Il est visible que la linguistique comprend divers chantiers de recherche. La créolistique qui s’est donnée la tâche d’étudier les langues issues du colonialisme (exemples : papiamentu de Curazao, la langue de Cap-vert) devient de plus en plus importante. Démarche descriptive, démarche prescriptive. Les linguistes utilisent une démarche purement descriptive lors de leurs recherches. Ceux-ci cherchent à décrire la langue telle qu’elle est utilisée et expliquer la nature du langage, sans porter de jugements. Les dimensions pour décrire la linguistique incluent la phonétique, la phonologie, la syntaxe, la lexicologie et la sémantique. C’est ce qui est utilisé pour déterminer les différences entre les accents et dialectes régionaux d’une même langue. La démarche prescriptive ou normative cherche à décrire comment une langue doit être utilisée, son . Cela inclut l’application des règles et conventions linguistiques et grammaticales pour déterminer si une langue est bien utilisée ou non. La linguistique prescriptive/normative est la langue qui est enseignée lorsqu’une personne apprend une langue, c'est considéré comme le « standard » de la langue. La prescription est souvent appliquée à l’écriture, mais peut aussi être utilisée pour la parole. La linguistique prescriptive pourrait aussi analyser un accent ou dialecte régional et le comparer à la langue « standard », pour déterminer ce que le locuteur fait d’incorrect dans la parole. Lorsqu’il y a une correction d’un texte écrit, ces corrections sont aussi un exemple de linguistique prescriptive. Par exemple, avec la phrase « il veux pas que tu va rendre visite lui », la linguistique descriptive décrira cette phrase avec les sons, les terminaisons , les mots et la structure de la phrase utilisée. Les grammairiens descriptifs décriront la démarche mentale lorsqu’une personne écrit cette phrase. La linguistique prescriptive aurait plus de jugements, en indiquant qu'il y a plusieurs erreurs grammaticales et syntaxiques présentes. Les grammairiens prescriptifs diraient que la phrase est agrammaticale et donneraient probablement la version corrigée de la phrase « il ne veut pas que tu ailles lui rendre visite ». La plus grande différence entre les deux démarches est que l’une observe une langue de façon objective et sans jugements pendant que l’autre observe une langue de façon subjective, en déterminant ce qui est bien écrit ou non. Parole et écriture. La plupart des travaux en linguistique, à l'heure actuelle, partent du principe que la langue parlée est première, et que la langue écrite n'en est qu'un reflet secondaire. Plusieurs raisons sont évoquées : Bien sûr, les linguistes reconnaissent que l'étude de la langue écrite est loin d'être inutile. L'étude de corpus écrits, à cet égard, est primordiale en linguistique informatique, les corpus oraux étant difficiles à créer et à trouver. D'autre part, l'étude des systèmes d'écriture, ou grammatologie, ressortit pleinement à la linguistique. Enfin, les langues dotées d'une tradition écrite ancienne ne sont pas imperméables à des effets rétroactifs de l'écrit sur l'oral : le mot français "legs", par exemple, dans lequel le "g" n'est pas étymologique, est le plus souvent prononcé /lεg/, par influence de la graphie, alors qu'à l'origine on disait /le/. Représentation écrite de la parole. Il existe de nombreuses méthodes utilisées pour transcrire par écrit la parole, comme l'Alphabet phonétique international de l'Association phonétique internationale, ou "API", méthode la plus commune actuellement. Celles-ci peuvent tendre à une extrême précision (on parle de "transcription fine") et tenter de représenter les particularités phonétiques d'un locuteur précis, ou bien ne décrire que très généralement les oppositions fondamentales entre phonèmes d'une langue ; il s'agit là de transcription phonologique (ou "phonétique large"). En France, d'autres systèmes existent, comme la notation de Bourciez, propre à la phonétique historique du français et, plus généralement, des langues romanes. Chaque pays doté d'une tradition linguistique a pu développer ses systèmes de transcription. C'est pourtant l'API qui, aujourd'hui, prédomine dans la recherche. Lorsqu'il n'est pas possible d'utiliser l'API pour des raisons techniques, il existe plusieurs méthodes permettant de transcrire l'API dans un système n'utilisant que des caractères présents dans tous les jeux de caractères, comme le SAMPA. Consulter aussi . Langage et genre. Les recherches linguistiques sur le genre recouvrent une grande diversité de travaux en sciences humaines et sociales et en sciences du langage. Le foisonnement des travaux sur le langage, la langue, le discours, le genre, le sexe et les sexualités donne une visibilité et une légitimité à ce champ de recherche : langage et genre. Les études sur le genre et le langage se sont développés dans le sillage des sociolinguistiques américaines. Les premiers travaux étudient la pratique de la langue par les femmes ; leur vocabulaire serait moins important que celui des hommes, les hommes et les femmes ne parleraient pas la même langue. La langue des hommes serait la langue de référence et celle des femmes la langue dite «faible», les femmes présentant un déficit cognitif et linguistique. Ce paradigme sexiste perdure jusque dans les années 1970. Il est remis en cause par l'anthropologie linguistique et culturelle qui s'intéresse à la domination exercée par les hommes sur les femmes à travers le langage. L'étude des genres et des styles discursifs dans des sociétés non occidentales permet de souligner que les parlers masculin et féminin relèvent de stéréotype sexistes. De même, dès les années 1940, des recherches ont tenté d'identifier un parler gai et lesbien. Ces recherches présupposaient l'existence d'une identité homosexuelle universelle. Déborah Cameron et Don Kulick en font une critique sévère dans leur ouvrage "The language and sexuality reader" publié en 2006. C'est finalement l'ouvrage de Robin Lakoff, "Language and women's place", publié en 1975 qui marque la naissance des études sur le genre et le langage aux États-Unis. Il appréhende les pratiques linguistiques des femmes comme effets de la domination masculine. Les recherches linguistiques sur les styles de communication et interactionnels attribuent les différences à des socialisations différenciées. Les compétences communicationnelles féminines sont valorisées. Ce paradigme rencontre un large public avec le succès de l'ouvrage "Décidément, tu ne me comprends pas!" de Déborah Tannen publié en 1993. Dans le même temps, de nombreux travaux francophones analysent le sexisme de la langue française. Des travaux féministes questionnent les liens entre langue, sexage, sexisme et sexualité. En 1978, Marina Yaguello étudie l'aliénation des femmes dans et par la langue, dans son essai "Essai d'approche sociolinguistique de la condition féminine". Au Québec, puis en Suisse et en Belgique les premières recommandations pour la féminisation des noms de métiers et fonctions sont publiées. En France, le débat se cristallise, dès les années 1980. "Parlers masculins, parlers féminins", publié en 1983, par Véréna Aebischer et Claire Forel interroge les stéréotypes linguistiques et les stratégies conversationnelles et propose de dépasser la perspective différentialiste. Des travaux de sémiologie, de sémantique, de lexicologie mettent au jour les dissymétries lexicales, les désignations péjorantes des femmes, l'occultation des femmes par le masculin dit «générique». Ces travaux font le parallèle entre la dévalorisation et l'invisibilisation du féminin dans la langue et les femmes dans la société. Trois ouvrages marquent une étape importante pour la recherche linguistique sur le genre en France. Il s'agit de "Langage, genre et sexualité" sous la direction d'Alexandre DuChêne et Claudine Moïse, publié en 2001, "Intersexion : langues romanes, langues et genre" de Fabienne Baider en 2011 et de "La face cachée du genre. Langage et pouvoir des normes" de Natacha Chetcuti et Luca Gréco en 2012. Ces recherches rejoignent parfois la linguistique queer qui remet en cause la binarité de sexe et les systèmes de catégorisations. Il ne s'agit plus d'étudier le parler des hommes, des femmes, des gays, des lesbiennes mais comment les normes sont construites et inscrites dans la langue et comment les personnes les construisent ou les déconstruisent dans le discours. La recherche linguistique sur le genre en montrant l'inscription des normes dans la langue et en remettant en cause leur immuabilité participent à la déstabilisation de ces normes. Linguistes importants et écoles de pensée. Parmi les premiers linguistes d'importance, il convient de compter Jacob Grimm, qui, en 1822, a compris et décrit la nature des modifications phonétiques touchant les consonnes dans les langues germaniques (modifications décrites dans la loi de Grimm). À sa suite, Karl Verner, inventeur de la loi portant son nom, August Schleicher, créateur de la "Stammbaumtheorie" et Johannes Schmidt, qui a développé la "Wellentheorie" (modèle par vagues) en 1872. Ferdinand de Saussure peut être considéré comme le fondateur de la linguistique structuraliste (ce terme lui étant postérieur) et, pendant longtemps, comme le père de la linguistique moderne. Il s'est opposé au behaviorisme. Edward Sapir, linguiste et anthropologue américain, contemporain de F. de Saussure, développa, au début du , sa théorie dite du relativisme linguistique. Celle-ci démontre que le langage n'est pas qu'un moyen de communication. Il peut aussi servir de représentation symbolique des objets. Sapir, par ce biais, donne au langage une fonction expressive et symbolique. Dans les années 1920, Roman Jakobson fut l'un des chefs de file du formalisme russe et du Cercle linguistique de Prague (invention de la phonologie). Gustave Guillaume, s'opposant à Saussure, étudie la langue d'un point de vue plus phénoménologique ("Temps et verbe", 1929). De nombreux adeptes perpétuent ou redécouvrent aujourd'hui sa théorie. Le modèle formel du langage développé par Noam Chomsky, ou grammaire générative et transformationnelle, s'est développé sous l'influence de son maître distributionnaliste, Zellig Harris, lequel suivait déjà fortement les préceptes distributionalistes de Leonard Bloomfield. Ce modèle s'est imposé depuis les années 1960 dans le domaine de la linguistique cognitive (compétence et performance). En France, les travaux du linguiste André Martinet, chef de file du fonctionnalisme, sont notables, ainsi que ceux de Gustave Guillaume, d'Antoine Culioli et de Lucien Tesnière. La linguistique n'exclut pas forcément le grand public, pas plus que la sémiotique : témoins les ouvrages de vulgarisation d'Henriette Walter, d'Umberto Eco ou de Jean-Marie Klinkenberg. Sur les applications en communication, il faut noter les travaux de Roman Jakobson, qui a établi un modèle linguistique de communication, composé de six fonctions associées à des agents de communication.
Liste de linguistes Un linguiste est un scientifique dont le champ d'études est la linguistique.
Code et signe L'opposition fondatrice de Ferdinand de Saussure, langue / parole, valable en linguistique, l'est aussi en sémiologie : c'est la différence entre le domaine de code, et l'actualisation individuelle (unique), ou si on veut la différence en une compétence (lexicale, par exemple) sans référence et une actualisation de celle-ci (ou performance), par l'introduction d'une référence. « Le cheval » en langue et « le cheval » que je perçois à tel instant. Pour Émile Benveniste, la signification est articulée en langue / discours, la langue ayant une existence sémiotique, ayant pour objet des signes, tandis que le discours a une existence sémantique, avec pour objet une référence, actualisée dans une situation de communication, et pour sujet une instance de l'énonciation. L'énonciation est le passage de la langue au discours, ou, pour Louis Hjelmslev, du système au procès, c'est-à-dire de la structure sémio-narrative au discursif (c.f. sémio des textes, Greimas et Courtès pour l'école de Paris). Le Groupe μ ("Traité du Signe Visuel", Seuil, 1992) situe son analyse au niveau de l'image et opère la distinction type / occurrence. Un exemple d'actualisation : dans « la rue où j'habite », la rue est une occurrence, tandis que dans « j'aime me promener dans la rue », cette dernière n'est qu'une idée de la rue : un concept, une classe, un signifié, un type qui n'est pas actualisé.
Français Le français est une langue indo-européenne de la famille des langues romanes dont les locuteurs sont appelés francophones. Elle est parfois surnommée la langue de Molière. Le français est parlé, en 2023, sur tous les continents par environ de personnes : l'emploient quotidiennement et en sont des locuteurs natifs. En 2018, d'élèves et étudiants s'instruisent en français dans le monde. Selon l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), il pourrait y avoir de francophones sur Terre en 2050. Le français est la cinquième langue la plus parlée au monde après l'anglais, le mandarin, le hindi et l'espagnol. Elle est également la deuxième langue la plus apprise sur le globe, la troisième langue des affaires et du commerce, la quatrième langue employée sur Internet. Dans le monde, 29 États ont le français comme langue officielle. C'est une des six langues officielles ainsi qu'une des deux langues de travail de l'Organisation des Nations unies. Le français est une langue officielle ou de travail de nombreuses organisations gouvernementales internationales, parmi lesquelles l'Union postale universelle ou les trois autorités mondiales de régulation du système métrique. Il est aussi langue officielle ou de travail de nombreuses organisations gouvernementales régionales, telles que l'Union africaine ou l’Union européenne, et est aussi langue officielle ou de travail de nombreuses organisations non gouvernementales internationales, comme le Comité international olympique ou le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. L'histoire du français et des francophones est celle de la rencontre et de l'échange entre de nombreux peuples. Le français est une variété de la langue d'oïl, un groupe de langues romanes parlées originellement dans la partie septentrionale du domaine gallo-roman, sur le territoire des actuelles France, Suisse et Belgique. Les langues gallo-romanes résultent de l'évolution, sous l'influence de langues germaniques, tel que le vieux-francique des Francs, du latin populaire parlé en Gaule par les Gallo-Romains. Ces derniers formaient un ensemble de peuples d'origines principalement celtes qui furent progressivement romanisés à la suite de la conquête romaine de la région, terminée aux alentours de En 843, l'historien franc Nithard, petit-fils de Charlemagne, produit ce qui est considéré comme le premier texte connu en langue française. Il s'agit d'une chronique qui retranscrit les serments d'alliance, prononcés à Strasbourg l'année précédente, par Louis le Germanique, premier souverain allemand. Durant le Moyen Âge européen, en particulier entre le , alors que le système de déclinaisons de l'ancien français s'effondre, les langues d'oïl commencent à se diffuser hors de leur domaine d'origine du fait des des îles Britanniques, du sud de l'Italie ou bien des croisades qui, en établissant des États latins au Levant, font du français une base de la "lingua franca" méditerranéenne. En 1539, par l’ordonnance de Villers-Cotterêts, le moyen français, langue maternelle des dynasties capétiennes, devient une langue juridique et administrative en France. À la même période, il commence à se diffuser plus massivement hors d'Europe, d'abord en Amérique, puis en Afrique, en Asie et en Océanie, sous l'effet de l'expansion des empires coloniaux français puis belges. À partir du , dans les océans Atlantique, Indien et Pacifique, les déportations de populations pratiquées par les empires européens vers leurs colonies amènent, dans un contexte principalement d'esclavage, à la formation de nombreux créoles à base lexicale française. En 1794, par le décret révolutionnaire du 2 thermidor an II et malgré le fait qu'il ait été, sous l'Ancien Régime, la langue des cours royales et princières européennes, le français classique, langue des Lumières, devient la seule langue officielle de la Première République française. Une des particularités du français se trouve dans le fait que son développement et sa codification ont été en partie l'œuvre de groupes intellectuels, comme la Pléiade, ou d'institutions, comme l'Académie française. Le français est ainsi souvent considéré comme une langue « académique ». À partir du , et malgré quelques réformes au cours des siècles suivants, son orthographe codifiée commence à se figer. Elle est considérée comme transparente dans le sens de la lecture, mais opaque dans le sens de l'écriture. Au cours du , le français devient une langue d'envergure mondiale en même temps qu'il s'émancipe de l'Europe : à partir de ce siècle le nombre de francophones vivant hors d'Europe dépasse le nombre de locuteurs sur le continent d'origine de la langue. Entre le et le et sous l'impulsion de ceux qui deviendront les « cinq pères fondateurs de la Francophonie » a lieu, dans la salle des séances de l'Assemblée nationale du Niger, la conférence de Niamey. Celle-ci, une des premières conférences réunissant les gouvernements des états francophones, établit l'Agence de coopération culturelle et technique, le premier organisme intergouvernemental francophone, et jette ainsi les bases pour la création d'une Organisation internationale de la francophonie (OIF) qui réunirait les peuples partageant la langue française. En commémoration de cet évènement, les états membres de l'Organisation font en 1988 du 20 mars la Journée internationale de la francophonie. En 1989, ont lieu au Maroc les premiers jeux de la Francophonie qui réunissent pour la première fois les athlètes de la communauté francophone autour de la langue qu'ils partagent. En 1997, à Hanoï, capitale du Viêt Nam, les États francophones adoptent la Charte institutionnelle de la Francophonie qui sera complétée en 2005 à Antananarivo, capitale de Madagascar, par la Charte de la Francophonie. Ces deux chartes présentent l'importance du multilinguisme pour le monde francophone, les valeurs de solidarité, d'égalité et de fraternité entre les peuples qui doivent être véhiculées par la langue française, vecteur de progrès et de modernité, ainsi que le rôle actif que doivent exercer les francophones pour la préservation de la diversité linguistique et culturelle. En 2010, l'Organisation des Nations unies déclare que le 20 mars de chaque année sera observée à travers le monde la Journée de la langue française en souvenir de la conférence de Niamey. Les organisations francophones proposent autour de cette date des semaines d'échanges et de discussions souvent appelées semaines de la langue française et de la francophonie. La langue française est un attribut culturel souverain pour de nombreux peuples et États comme en France où depuis 1992 « la langue de la République est le français » ou au Québec où depuis 1977 elle « permet au peuple québécois d’exprimer son identité ». Elle est également le principal véhicule des cultures francophones dans le monde et le moyen principal d'expression de leurs pensées. La langue, parfois surnommée « langue de Molière », ne cesse de s'enrichir que ce soit de façon formelle, par des décrets par exemple, mais aussi de façon informelle. Le français est la deuxième langue parmi les langues étrangères les plus fréquemment enseignées à travers le monde, y compris aux États-Unis. Il est également la quatrième langue la plus utilisée sur internet après l'espagnol, le mandarin et l'anglais, langue dont le vocabulaire a été fortement enrichi par le français. L'édition francophone de Wikipédia est la au monde en nombre d'articles et la en nombre d'utilisateurs. Origines : vocabulaire et étymologie. Formation du français. La majorité du fonds lexical français provient du latin (en tant que langue-mère) ou bien est construit à partir des racines gréco-latines. De nombreux termes possèdent un "doublon" de même étymologie, l'un ayant évolué à travers les siècles à partir du latin populaire tandis que l’autre est emprunté directement au latin classique : "métier/ministère, façon/faction, raide/rigide, froid/frigide, frêle/fragile, rançon/rédemption, raison/ration, poison/potion, chance/cadence", etc. Souvent l'invention de mots à partir d'un mot "bien français" passe par un emprunt à sa forme en latin classique : "mère/maternel, frère/fraternel, cheveu/capillaire, foi/fidèle, œil/oculaire, sûr/sécurité, siècle/séculaire" Un changement de paradigme en étymologie romane remplace la méthode traditionnelle fondée sur les données du latin écrit par celle de la méthode comparative, dans le but de rebâtir l'étymologie proto-romane du noyau commun du lexique héréditaire roman, nuançant ainsi l'idée selon laquelle . On ignore jusqu'à quel point la langue gauloise a pu influencer le français. Son apport lexical se réduirait à une centaine de mots, tels que "char/charrue, mouton, crème", dont une partie proviendrait d'emprunts du latin au gaulois. L'étymologie de ces expressions n'est d'ailleurs pas toujours assurée. Quant à son influence sur la syntaxe et la prononciation, elle est également indéterminée. Le francique, en tant que substrat, a laissé également quelques mots importants ("gris, blanc, blond, bleu", etc.) et aurait fortement influencé la prononciation du "protofrançais" puis des langues d'oïl. Les termes utilisés au Moyen Âge pour désigner les langues d'oïl dans leur ensemble sont "franceis" (dès le ) puis "françois" et "roman" (essentiellement jusqu'au )"." Il est notable que les termes normand, picard, lorrain, bourguignon n'apparaissent jamais dans les textes médiévaux avant le pour désigner les variantes l'ancien français, attestant du sentiment d'unité linguistique du Nord du royaume durant la période médiévale. Ainsi, l'historien normand Wace, dans son "Roman de Rou", utilise concurremment les termes de "franceis" et "rumanz", mais pas celui de « normand » ; de même, le romancier médiéval Chrétien de Troyes, d'origine champenoise, désigne sa langue comme la « langue françoise ». Le terme de « français » n'est donc nullement limité à la langue du seul domaine royal. De la même façon, si le terme de « Français » désigne essentiellement les habitants des terres situées sous le contrôle direct du roi par opposition aux Normands, Bourguignons ou Picards, cet usage n'est pas exclusif ; ainsi, la Tapisserie de Bayeux désigne les troupes du duc de Normandie parties conquérir l'Angleterre en 1066 sous le terme latin générique de "Franci" (les Français) et non de "Normanni", ces troupes étant originaires de tout le Nord du royaume. L'emploi de ces usages concurrents n'est pas sans créer des ambiguïtés dans les textes médiévaux ; ainsi, Roger Bacon, désignant le français sous le terme latin de "lingua Gallicana" (traduisible par « "langue française" »), indique qu'elle est parlée à la fois par les Picards, les Bourguignons, et les Français "purs" ("puros Gallicos"), c'est-à-dire les Français du domaine royal, par opposition à un terme plus générique de "Gallicos", Français, comprenant l'ensemble de la zone linguistique d'oïl, ou plus généralement tous les habitants du royaume. Il indique que les mots des uns « horrifie » les autres, donnant une idée des divergences entre les différents dialectes de l'ancien français. Le français parlé aujourd'hui tire son nom de cet ancien "franceis", langue-toit regroupant l'ensemble des dialectes d'Oïl ("franceis" [frãntsëé] → "françoys"/"françois" [frãswé] → français [frãsé]). Le terme de « langues d'oïl », apparu au (l'une de ses premières occurrences figure chez Dante) ne se répand véritablement qu'au , époque ou la variante d'Île-de-France l'emporte sur les variantes régionales au point que le terme de français finit par ne désigner que celle-ci. Cette variante francilienne est parfois désignée par le terme "francien", inventé en 1889 par Gaston Paris, un linguiste français, pour le distinguer des autres variantes de la langue d'oïl. Ces autres variantes se sont progressivement affaiblies au fur et à mesure que le français prenait du prestige, en grande partie également en raison de leur proximité avec celle-ci. À l'inverse, malgré un recul encore constaté, les langues ou dialectes romans non d'oïl (variétés de l'occitan, franco-provençal/arpitan, royasque, ligure, corse) et les langues non romanes (breton, flamand, francique lorrain, alsacien, basque) persistent ou résistent mieux en raison de leur plus grand éloignement avec le français. Aujourd'hui, la plupart des langues d'oïl autres que le français sont en voie de disparition. Le français s'est enrichi du contact avec les autres langues d'oïl (notamment du normand pour ce qui est des termes maritimes), mais aussi des autres langues parlées sur le territoire français, en particulier de l'occitan. L'influence d'autres langues, dont l'arabe, l'italien, le turc, les langues autochtones et créoles d'outremer et des anciennes colonies françaises a été déterminante dans l'évolution du français, de même que le sont aujourd'hui les apports venus de l'anglais et des langues natives des immigrants des pays voisins ou plus lointains, mais aussi des pays francophones. Emprunts plus récents, néologismes et évolution de l'orthographe. Les emprunts plus récents à d'autres langues sont assez nombreux : d'abord à l'anglais (même anciens : "nord, sud"), puis à l'italien, aux autres langues romanes, aux langues germaniques tels que l'allemand ou le néerlandais (ainsi "boulevard" vient du hollandais ou du flamand "bolwerk"). L'arabe a fourni, et fournit encore quelques mots : chiffre, coton, amalgame, amiral, sucre, alcool, algèbre, toubib, bled, etc.. La linguiste Henriette Walter estime à moins de 13 % (soit ) la part des mots d'origine étrangère dans la langue française courante parmi les que comporte un petit dictionnaire d'usage. Ces mots viennent pour d'entre eux de l'anglais, 698 de l'italien, 544 du proto-germanique, 481 des anciennes langues gallo-romanes, 215 de l'arabe, 164 de l'allemand, 160 du protoceltique, 159 de l'espagnol, 153 du néerlandais, 112 du perse (ancien persan) et du sanskrit, 101 des langues amérindiennes, 89 de diverses langues asiatiques orientales (dont le chinois ou le japonais, mais aussi certaines langues môn-khmer), 56 de diverses langues chamito-sémitiques, 55 de langues slaves ou baltes et 144 d'autres langues diverses (dont les langues malayo-polynésiennes ou langues nigéro-congolaises). Toutefois, cette proportion relativement faible d'emprunts dans le vocabulaire courant ne rend pas compte de la pénétration de termes en anglo-américain dans le domaine des affaires, où les États-Unis exercent une forte domination, domaine par ailleurs très stratégique. De nombreux néologismes ont également été formés à partir de mots grecs ou latins. Peuvent être cités "mètre", "gramme", "phobie" et leurs dérivés ("kilomètre", "milligramme"), ainsi que des mots plus récents comme "cinéma", "logiciel", "domotique", etc. D'autres sont des "calques" ou des adaptations de l'anglais, par exemple baladeur inventé pour remplacer l'anglais "walkman" et "discman". De nombreux néologismes ont également été inventés pour se substituer aux mots anglais, comme : Certains néologismes proviennent d'Amérique du Nord, où l'Office québécois de la langue française est très actif : Certains néologismes sont plutôt utilisés dans les provinces francophones du Canada et leur diffusion en France ou ailleurs peut être plus ou moins grande. Histoire. À l'époque de la conquête de la Gaule par les armées romaines de Jules César en , excepté l'Aquitaine de langue proto-basque, la Gaule était majoritairement peuplée de tribus gauloises qui parlaient des langues celtiques certainement apparentées et probablement mutuellement compréhensibles. Il n'existait donc pas "une" mais plusieurs langues gauloises (exemples : le belge, le gaulois transalpin, le gaulois cisalpin), qui n'étaient que très rarement écrites. La langue des Romains, le latin, connaissait l'écriture, et en tant que langue de l'autorité et langue de prestige, le latin vulgaire proche des Gaulois fut peu à peu adopté par tous au cours des siècles qui suivirent la conquête du pays en La version romane des "Serments de Strasbourg" de 842 est le premier texte écrit en langue d'oïl, dérivée du Bas latin et remodelée à la suite de l'établissement des Germains, principalement des Francs (d'où l'appellation du français), dans le nord de la Gaule. La première mention de l'existence d'une langue romane date de 813, lors du Concile de Tours, qui la nomme "lingua romana rustica", . Il faut attendre vers 880 pour voir apparaitre le premier texte littéraire en langue française (dans une variante vraisemblablement picarde), la "Séquence de sainte Eulalie". La situation linguistique de la France est par ailleurs mal connue avant le . À partir de cette période cependant, le morcellement linguistique du territoire est bien attesté, avec différentes langues régionales suivantes : La période qui s'étend de la fin du au début du correspond à une période de rayonnement du français médiéval. Le français devient une langue internationale, parlée dans toutes les cours d'Europe, ce qui influença toutes les langues européennes. Elle devient une « lingua franca », les lois sont rédigées en français, la langue de la diplomatie est le français. Le français, sous sa forme dialectale normande, est introduit en Angleterre dans le sillage de la conquête de ce pays par Guillaume le Conquérant en 1066, et son usage y durera plus de trois cents ans. Le vocabulaire anglais en conserve un important héritage : 50 % à 60 % du contenu lexical anglais provient de langues d'oïl de façon générale, principalement des dialectes de Normandie et d'Île-de-France. On dit qu'à cette époque le français était plus utilisé en Angleterre qu'en France. Dès le , le français a une influence dans la littérature médiévale italienne. La langue française commence à prendre de l'importance dès 1250, lorsque Saint Louis commande une traduction de la Bible en français. À la fin du , c'est en langue d'oïl que le chroniqueur vénitien Martino Canal rédige sa "Chronique des Vénitiens" et assure, que Vers 1256, le célèbre philosophe et chancelier florentin Brunetto Latini (1220-1294) écrit en langue française son "Livre du Trésor" et s'en explique en déclarant que c'est là « la parlure plus délictable et commune à toutes gens. » C'est au qu'apparurent des œuvres littéraires en français. En 1296 ou 1298, Marco Polo dicte ses récits de voyages en français dans la prison de Gênes. Au Moyen Âge, les devises royales étaient le plus souvent en français, par exemple celle du prestigieux Ordre de la Jarretière : « Honi soit qui mal y pense » et celle de la monarchie britannique : « "Dieu et mon droit" ». La devise des Pays-Bas est « "Je maintiendrai" ». En 1346, pendant la guerre de Cent Ans, à Crécy, Édouard III roi d'Angleterre ne connaît pas d'autre langue que le français, comme son adversaire le roi de France. En 1362, l'anglais remplace le "Law French" en tant que langue officielle des tribunaux via l'Acte des tribunaux anglais de 1362. Le discours judiciaire peut désormais être compris de tous et non la seule noblesse. La même année, l'anglais commence à être utilisé au Grand Conseil. C'est en 1385 que l'anglais remplace officiellement le français dans les "grammar schools". Le français laisse ainsi l'anglais reprendre sa place en Angleterre. Le "Catholicon" (du grec , universel) est le premier dictionnaire trilingue rédigé en breton, français et latin. Il est ainsi l'un des premiers dictionnaires de breton et de français. Ses six mille entrées furent rédigées en 1464 par Jehan Lagadeuc et imprimées par Jehan Calvez le à Tréguier à l'initiative de Maitre Auffret Quoatqueveran, chanoine de Tréguier. À Aoste est rédigé en 1532 le premier acte notarié en français. Dans le contexte des États de Savoie, les procès-verbaux officiels de l'Assemblée des États, puis du Conseil des Commis, passent du latin au français dès 1536, soit trois ans avant la France. C'est en 1539 que débute officiellement la francisation de la France avec la proclamation de l'ordonnance de Villers-Cotterêts, signée par François : elle impose le français comme langue du droit et de l'administration en France, en remplacement du latin. Cependant, il ne faut pas en conclure que tous les Français parlent cette langue : les historiens estiment que 10 % à 20 % de la population parle la langue du roi au . Bien que l'ordonnance soit relativement longue avec ses 192 articles, seuls les articles 110 et 111 concernaient la langue : Texte original : En français moderne : En 1549, Joachim Du Bellay écrit "La Défense et illustration de la langue française". Au long du , le français s’impose comme langue scientifique et comme langue d'enseignement. En 1606, publication post mortem du premier dictionnaire de la langue française « "Trésor de la langue française tant ancienne que moderne" » de Jean Nicot. Le "Discours de la méthode" (1637) de René Descartes constitue une étape importante car il s'agit d'un des premiers essais philosophiques écrits en français et non en latin comme les "Méditations sur la philosophie première". En réalité, René Descartes avait été censuré dans ses "Méditations métaphysiques" ; il avait donc réécrit son livre et l’avait publié sous le nom "Discours de la méthode", en français, sachant que les élites ne liraient pas son livre car écrit en langue vernaculaire tandis que les lettrés ouverts à ses idées pourraient le lire sans craindre la menace de la censure. Enfant du latin, le français le remplace en tant que langue internationale au avant de laisser à son tour sa place à l'anglais depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La cause principale de cette hégémonie française tient à la puissance de l'État français à l'époque. En 1685, Pierre Bayle peut ainsi écrire que le français est « le point de communication de tous les peuples de l'Europe ». Le , le traité de Rastatt marquant la fin de la guerre de Succession d'Espagne est rédigé uniquement en français. Le célèbre philosophe et savant allemand, Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716), écrivait le plus souvent en français. À Saint-Pétersbourg, Catherine II impératrice de Russie (1762-1796) fait rédiger tous les mémoires de l'Académie en français. Frédéric II de Prusse (1740-1786) est un grand amateur de la langue française, il correspond en français avec Voltaire et écrit son autobiographie en français, il ira jusqu'à remplacer le latin par le français à l'Académie de Berlin. En 1777, le marquis de Caraccioli publie un livre intitulé "L’Europe française ou Paris, le modèle des nations étrangères". En 1783, l'Académie de Berlin proposait, comme thème de concours aux écrivains, le sujet suivant : « Qu'est-ce qui a rendu la langue française universelle ? ». En 1892, le premier journal communautaire au monde est inventé en Australie, il est appelé "Le Courrier australien". En 1911, Jacques Novicow rédige un article nommé "Le Français, langue auxiliaire de l'Europe". Cet article explique pourquoi le français devrait devenir la langue véhiculaire de toute l'Europe. La maintenance de la langue française est suivie par : l'Académie française, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), le Service de la langue française (Belgique), l'Office québécois de la langue française (OQLF), les Conseils supérieurs de la langue française de France, de Belgique et du Québec. En 1985, la chaine francophone internationale TV5 Monde est fondée. Malgré des débuts très humbles, la chaîne grossit très rapidement et devient dans les années 2000 l'un des trois plus grands réseaux mondiaux de télévision, aux côtés de MTV et de CNN. En 2010, elle est surnommée « la plus grande classe de français du monde ». Français dans le monde. En Europe, le français est la principale langue maternelle en France (pays avec la plus grande population ayant cette langue pour langue maternelle), en Belgique (en Wallonie et dans la région de Bruxelles-Capitale), à Monaco, au Luxembourg (où il est l'une des trois langues officielles du pays), en Suisse romande (le français est l'une des quatre langues officielles de la Suisse) et en Vallée d'Aoste (Italie). En Amérique, le français est langue maternelle dans plusieurs provinces et territoires du Canada (principalement dans la province de Québec, dans une grande partie du Nouveau-Brunswick, mais aussi en Ontario, en Nouvelle-Écosse, à l'Île-du-Prince-Édouard, au Manitoba, au Yukon…), à Saint-Pierre-et-Miquelon (France), aux États-Unis (notamment en Louisiane et au Maine), en Guyane française, et, avec le créole, en Haïti et aux Petites Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélemy, Saint-Martin). En Afrique, dans les pays dont il est langue officielle, il est parlé comme première langue surtout dans les milieux urbains. Ainsi, il existe des villes où les francophones natifs sont majoritaires en Côte d'Ivoire (Abidjan/Yamoussoukro), au Gabon (Libreville), au Cameroun et au Congo. Dans de nombreux pays d'Afrique du Nord, d'Afrique de l'Ouest, et d'Afrique centrale, le français est souvent parlé comme deuxième langue, comme en République démocratique du Congo, pays francophone le plus peuplé du monde (le français y est toutefois maitrisé à des degrés très divers par la population), l'un des 29 pays ayant le français pour langue officielle ou co-officielle. Les pays africains francophones totalisent de personnes en 2020, soit 33,0 % la population du continent africain. Leur population devrait atteindre entre et d'habitants en 2050 pour une population totale du continent africain de 2,5 milliards d'habitants, soit 34,0 % à 34,8 % de la population du continent. D'ores et déjà, il y a plus de francophones en Afrique qu'en Europe. Ces pays ont pour la plupart fait partie des anciens empires coloniaux de la France et de la Belgique. Le français est également langue officielle à Djibouti. Dans l'Océan Indien, le français et des créoles français sont parlés à La Réunion, aux Seychelles et à l'île Maurice, et est langue officielle à Mayotte, aux Comores et à Madagascar. Il est aussi la langue des Terres australes et antarctiques françaises (bien que celles-ci soient inhabitées, elles reçoivent la présence de scientifiques et de militaires), où s'est développé un dialecte dit Taafien. En Océanie, le français est langue maternelle en Nouvelle-Calédonie, avec les langues kanak, et est parlé en Polynésie française, à Wallis-et-Futuna et au Vanuatu. En Asie, le français est encore présent à Pondichéry (Inde), ainsi qu'au Liban. Le nombre de francophones (dans sa définition « sachant lire et écrire le français » incluant ceux qui parlent le français comme langue étrangère mais excluant arbitrairement ceux sachant juste le parler car ces statistiques sont difficiles à obtenir) dans le monde ne cesse d'augmenter passant de en 1985 à en 1997, en 2005 et en 2018. Dès 2015 « l'espace francophone » dépassera en population l'espace hispanophone et deviendra le au monde après l'anglophone et le sinophone. De plus, les prévisions augurent une évolution exponentielle du nombre de francophones en fonction de l'éducation en Afrique, le nombre de francophones devrait atteindre en 2025 puis en 2050, c'est-à-dire être multiplié par quatre, alors que la population mondiale ne croitrait que de 1,5. Divers scénarios possibles ont été étudiés et le nombre de francophones en 2060 pourrait varier de 368 millions pour le plus pessimiste à 1,2 milliard pour le plus optimiste. La population francophone en explosion démographique devrait donc passer de 3 % en 2000 à plus de 8 % de la population mondiale en 2050. La francisation dans le monde se fait aussi ressentir dans le fait que de plus en plus de pays rejoignent l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Alors que l'OIF ne comptait que 21 pays à sa fondation en 1967 (appelée anciennement Assemblée parlementaire de la francophonie), elle en compte 75 en 2010 (les derniers étant les Émirats arabes unis, la République dominicaine, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine et l'Estonie en 2010), ce qui en fait la plus grande organisation linguistique mondiale. Dans les années 2000-2010, le français est appris comme langue étrangère dans de nombreux pays. Il semble même être la langue dont le nombre de locuteurs augmente le plus rapidement (en pourcentage) dans le monde, grâce au rayonnement international du français mais aussi au fait que les populations des pays composant la francophonie ne parlent pas toutes français, sans oublier que le français est la seule langue parlée sur tous les continents, avec l'anglais. Le français est aussi la langue étrangère la plus apprise après l'anglais. Les personnes apprenant le français sont aussi en forte augmentation, près de 30 % entre 1994 et 2004 tous continents confondus, l'Afrique étant en tête avec une augmentation de 60,37 % de 1994 à 2002, passant de en 1994 à en 2002 et de 62 % de 1994 à 2004, suivie de l'Asie avec une augmentation de 48,8 % de 1994 à 2004. En 2008, l'espace francophone représentait 20 % du commerce mondial des marchandises, en augmentation par rapport à 2005. En 2008, les soixante-dix États et gouvernements de l'OIF totalisent d'habitants, soit 13 % de la population mondiale. En 2005, le nombre de personnes en contact avec la langue française était estimé à 250-300 millions ; ce nombre était censé atteindre en 2010. Le français est la langue officielle de nombreux pays. Il est largement utilisé dans un certain nombre d'autres pays. Une partie des nations utilisant cette langue est regroupée au sein de la « francophonie ». Dépassant le seul cadre linguistique, le Haut Conseil de la francophonie est une plateforme d'échanges impliquant un tiers des pays de la planète. Ce mouvement confirme une redéfinition de la place du français dans le monde. En 2010, une estimation du ministère français des affaires étrangères évalue à environ le nombre de personnes capables de parler en français dans le monde. En 1998, le Haut Conseil de la francophonie estimait les francophones « réels » à auxquels il convient d'ajouter de francophones qualifiés de « partiels » ou « occasionnels », soit de francophones. De plus, 100 à de « francisants », qui, d'après le rapport officiel, « ont appris le français pendant plusieurs années et en ont gardé une maitrise variable ou qui sont amenés à le pratiquer, même partiellement, pour leur métier. » Le même type d'étude avait été mené par ce même organisme en 1989 (rapport publié en 1990) avec de francophones « réels » recensés et de « partiels », soit de francophones. La progression enregistrée est importante avec un gain de en . Deux millions de ces « nouveaux » francophones sont des Français, mais la majeure partie est localisée sur le continent africain. La République démocratique du Congo est d'ailleurs le premier pays francophone du monde. En extrapolant ces chiffres, le nombre des locuteurs « francophones natifs » peut être estimé à en 2010 et ceux qui ont appris le français, soit un total de de personnes aptes à s'exprimer en français. Bien qu'il soit difficile de mesurer avec précision le nombre total de locuteurs d'une langue donnée, le français figure parmi les 10 langues les plus parlées du monde et la deuxième langue la plus rayonnante après l'anglais ainsi que la langue la plus enseignée après l'anglais. La version française de l'encyclopédie Wikipédia est la en nombre de pages et la en nombre de consultation. Les projections des Nations unies ont développé plusieurs scénarios afin d'évaluer différentes hypothèses sur l'avenir de la francophonie. Les deux plus plausibles sont la plus optimiste et la plus pessimiste. L'avenir de la langue dépendant énormément du développement de l'éducation en Afrique, le nombre de locuteurs peut donc sensiblement varier. Selon le scénario le plus pessimiste, se basant simplement sur les chiffres actuels et les changements démographiques, les francophones seraient de personnes dans le monde. Selon le scénario le plus optimiste, les chiffres seraient totalement différents. Avec l'éducation pour tous et l'importante croissance démographique de l'Afrique, on estimerait le nombre de locuteurs francophones à plus de . Bien sûr, cela ne se fera pas sans l'aide des pays francophones du nord. Le poids démographique des francophones dans le monde prendrait alors une tout autre mesure : 8 % de la population mondiale serait francophone en 2050 contre 2,9 % aujourd'hui. Dans la perspective d'une scolarisation des pays du sud, les Africains représenteraient plus de 80 % du nombre total des francophones, tandis que les Européens n'en représenteraient plus que 11 %. Cela démontre l'importance et le poids de l'Afrique dans la francophonie, ainsi que l'importance de l'éducation dans ce même continent. Le français est enseigné dans de nombreuses universités partout à travers le monde et il jouit d'un rayonnement notamment dans les mondes diplomatique, journalistique, judiciaire et universitaire. Dans trois pays anglophones que sont le Canada anglais, le Royaume-Uni et l'Irlande, le français conserve le privilège d'être la première langue étrangère enseignée et loin devant les autres langues. Aux États-Unis, le français est la deuxième langue étrangère apprise, mais loin derrière l'espagnol. En Australie, dont le Japon est le deuxième partenaire économique, il est devancé de peu par le japonais. Savoir si l'apprentissage du français est encore pertinent aujourd'hui ou déterminer s'il sera une langue importante dans le futur sont des questions présentes dans l'actualité. À titre d'exemple, on peut citer le débat médiatique récent à New York. Le 30 janvier 2014, le "New York Times" publiait un article qui mentionnait une hausse de l'enseignement du français dans la ville, notamment au sein de programmes bilingues où seulement l'espagnol et le mandarin sont plus importants. Quelques jours plus tard, le linguiste attaquait frontalement l'article du "New York Times" sur son blog New Republic. Selon lui, l'apprentissage du français par les Américains est une caractéristique sociale qui s'ancre dans une vision dépassée où le français était encore la langue la plus parlée en Europe et où l'immigration n'avait pas encore explosé aux États-Unis. Pour McWhorter, il est aujourd'hui beaucoup plus cohérent que les jeunes Américains apprennent des langues comme le mandarin, l'espagnol, l'arabe ou encore le hindi. Pour autant, dans une étude parue en mars 2014 et reprise par le magazine "Forbes", la banque d'investissement Natixis affirme que le français pourrait être d'ici à 2050 la langue la plus parlée au monde, notamment en raison de sa propagation rapide dans certaines zones où la population augmente très vite, particulièrement au sud du Sahara. Proportion de francophones dans diverses grandes villes. Pourcentage de personnes sachant lire, écrire et parler le français dans les grandes villes de la francophonie : Langue officielle et langue de travail. En 2016, le français est langue officielle "de jure" de 29 États et territoires dans le monde. Diffusion dans les relations internationales. Le français est la deuxième langue la plus fréquemment utilisée dans les rencontres internationales. Influence dans d'autres langues. Du jusqu'aux années 1920, le français était la langue la plus utilisée dans des contextes de communication internationale (surtout la diplomatie), d'abord en Europe puis dans le monde entier à partir du . C'est pour cela que l'on retrouve des mots français dans beaucoup de langues. La langue qui a été la plus francisée est sans aucun doute la langue anglaise, dont le lexique est composé de près de 30 % de mots français (principalement du vieux français et de l’anglo-normand, Hervé Lavenir de Buffon donne même 70 % à 72 %. On trouve de nombreuses expressions françaises utilisées en anglais. Particularités dialectales du français de France. Le français est la langue officielle de la République française selon l'article 2 de la Constitution de 1958, qui précise : , dans l'article 87 de la Constitution. Le français parlé de Paris a remplacé chez la presque totalité des locuteurs de la zone d'oïl les variétés locales de francilien. Les différences entre le français d’un jeune Normand et d’un jeune Parisien, par exemple, seront dans la plupart des cas minimes au regard de la diversité qui a existé historiquement en France dans le francilien même. Le français d'Île-de-France, choisi pour codifier la langue, a constitué pendant longtemps la norme du français pour l'ensemble des francophones dans le monde, et continue d'exercer une influence sans pareille sur la langue française prise en son entier. C'est pour cette raison que les francophones débutants le prennent souvent comme point de référence auquel d'autres variétés de français peuvent être comparées. Toutefois, certaines évolutions récentes du français de France par rapport à la norme traditionnelle du français, qui sont acceptées en France et même entérinées dans les dictionnaires (dont la quasi-totalité est publiée en France), ne passent pas inaperçues au Canada. Pour ce qui est de la prononciation, on peut penser par exemple à la suppression du "l" géminé dans « collègue », la prononciation du mot « août », ou l'homophonie des mots « brin » et « brun ». Un régionalisme caractéristique du français de France est appelé « francisme ». Voir aussi le débat sur la norme du français québécois. La variation régionale du français peut être abordée de deux manières : Certains néologismes peuvent également être empruntés au vocabulaire du français régional. Les mots ou les expressions employés seulement dans certaines régions de la francophonie sont nommés « français régional », mais ils ne sont pas retenus par les dictionnaires académiques du français. Il ne s'agit pas de langue familière, mais bien du français qui a évolué de façon différente. Dans une partie de la moitié nord de la France par exemple, le repas du matin s'appelle « petit déjeuner », celui du midi le « déjeuner » et celui du soir le « diner », le « souper » désignant la collation prise le soir après le spectacle : dans le Nord, en Normandie, Picardie, en Lorraine. En Franche-Comté, en Occitanie, au Québec, dans le reste du Canada, en Belgique et en Suisse, on dit « déjeuner », « diner » et « souper ». En Belgique, en Vallée d'Aoste et en Suisse, on dit « septante » (70) et « nonante » (90) ; en Suisse, plus précisément dans les cantons de Vaud, du Valais et de Fribourg, et en Vallée d'Aoste, on dit « huitante » (80) (la forme ancienne et de nos jours désuète de « huitante » étant « octante »). Au Québec, dans le reste du Canada, en Suisse, en Vallée d'Aoste, en Belgique et dans certaines régions françaises, on dit « tantôt » là où le français de Paris et le français africain utilisent « tout à l’heure », et en Normandie et en Anjou, il signifiera « cet après-midi » ; au Québec, également, « magasiner » pour « faire des courses » ou « faire les magasins », alors que ce mot est perçu comme un barbarisme en France. Au Sénégal et en Afrique francophone, on parle parfois d'« essencerie » par analogie avec les autres noms de lieux d'achat ("boulangerie", "pâtisserie", "épicerie", etc.), alors que ce mot est également perçu comme un barbarisme en France. Au Québec et souvent dans le reste du Canada, on dit aussi « avoir une blonde » pour « avoir une petite amie » ou « avoir une copine », « avoir un chum » au lieu d'« avoir un petit ami » ou d'« avoir un copain », etc. Les exemples de variations dialectales, comme dans beaucoup d'aires linguistiques, sont fort nombreux en français. Perception, représentation et identification des accents français. Les accents, de manière générale, sont caractérisés par une certaine prosodie et sont un véhicule d’informations sur les origines et le milieu socio-économique des individus. La diversité des accents, notamment en français, pose donc la question de la perception de ceux-ci et ce que cette perception implique. Effectivement, les accents, qu’ils soient natifs ou non natifs francophones, font l’objet d’un certain nombre de stéréotypes dans la mesure où la perception de ceux-ci est profondément subjective. Ainsi, selon une étude menée par la linguiste allemande Elissa Pustka, l’accent toulousain est par exemple perçu comme “chantant” par les Parisiens mais également comme “comique”. De ce fait, l’accent toulousain est dévalué par les Parisiens sur la base d’un stéréotype : ils émettent un certain jugement de valeur qui révèle une forme de hiérarchisation et qui souligne une certaine dimension sociale et identitaire au sein de la perception de l’accent. De plus, la perception, tout comme la variation, de l’accent diffère en fonction de l’origine géographique des locuteurs et locutrices. Par exemple, si en France un seul accent africain peut être perçu - car les stéréotypes qui entourent cet accent ne semblent pas prendre en compte la diversité ethnique africaine - en Afrique les accents sont bien distingués en fonction de leur région d’origine. Ainsi, cette découverte permet de rejeter l’idée d’un accent “panafricain”, comme le montrent Philippe Boula de Mareüil et Béatrice Akissi Boutin dans une étude conduite en Afrique de l’Ouest. Par ailleurs, selon une étude de 2014, les auditeurs français et suisses n’ont pas la même perception des diverses variétés d’accents. Les auditeurs français considèrent en effet que les locuteurs de Paris et de Genève présentent moins d’accent que les locuteurs des autres variétés suisses. À l’inverse, pour les auditeurs suisses, la plupart des accents suisses romands ne sont pas trop marqués et seuls les locuteurs de Nyon sont perçus comme ayant un accent plus prononcé. La perception des accents est également le lieu d’une forme de hiérarchisation. En effet, certains accents sont valorisés socialement tandis que d’autres non, et ceci en fonction d’un certain nombre de stéréotypes et de croyances qui s’y rapportent. Ainsi, dans le cadre d’une expérience menée par Marion Didelot et lors de laquelle des personnes dont le français est la langue première devaient évaluer l’adéquation de certaines personnes à certains postes de travail, en fonction de leur accent, ce phénomène de hiérarchisation a été confirmé. Les résultats de l’étude montrent que la hiérarchisation ne se fait pas en fonction d’accent natif ou non natif mais bien par rapport à une certaine valeur sociale accordée à tel ou tel accent. Ainsi, un accent français non natif germanophone est mieux évalué qu’un accent natif ivoirien, montrant que c’est bien une certaine représentation sociale que l’on a de l’origine géographique de l’accent qui motive notre jugement. De ce fait, les discriminations en lien avec la prononciation restent une composante importante des discriminations sociales. La valorisation, ou dévalorisation, des accents des autres se fait donc par rapport à une certaine représentation sociale que l’on a de l’origine géographique que l’on assigne aux accents. Il en va de même dans le cas des représentations qu’ont les personnes de leur propre accent et dans lesquelles on peut retrouver ces mêmes dynamiques de hiérarchisations et de valorisations. En effet, une personne décrivant son accent régional aura tendance à le valoriser en le comparant à d’autres accents régionaux, notamment par rapport à une idée de ce que devrait être le ‘vrai’ français. Ainsi, certains Marseillais décrivent leur accent en l’opposant à l’accent parisien et en insistant sur le fait qu’ils seraient garants d’une prononciation plus juste, valorisant de ce fait leur accent en fonction d’un certain idéal de la langue française. Grammaire. Une des caractéristiques de la grammaire française vis-à-vis de nombreuses langues vivantes est la richesse de ses temps et modes. Toutefois, cette richesse tend à se réduire à l'oral. Par exemple, certains temps, tel le passé simple, ne se trouvent guère plus qu'à l'écrit et le passé antérieur se réduit le plus souvent à un simple jeu de « style » oratoire avec des expressions diverses mais toutes construites autour du seul verbe "être" (j’eus été…, il eut été…). Également, une partie non négligeable de la grammaire française (pluriels, personnes dans la conjugaison), n'est notable qu'à l'écrit (exemple : ils jouent, il joue). La langue française est illustrée par de grands grammairiens comme Claude Favre de Vaugelas (première moitié du ) et Maurice Grevisse (1895-1980), grammairien belge, auteur de la grammaire de référence "Le Bon Usage". Orthographe et graphie du français. Le français est écrit (principalement) avec l'alphabet latin de base (26 lettres) étendu par quelques signes diacritiques (obligatoires) et ligatures (utilisées conventionnellement mais selon une convention moins respectée). L'écriture du français en écriture latine fait l'objet depuis plusieurs siècles de normes orthographiques assez précises, publiées, enseignées, généralement reconnues et acceptées mais pas toujours très bien respectées (ces normes ont évolué et se sont plus ou moins bien adaptées avec le temps). D'autres écritures sont possibles pour écrire le français, notamment avec l'alphabet Braille (qui nécessite une adaptation de l'orthographe française existante, car le Braille est plus limitatif et apporte des contraintes propres à son utilisation). Les transcriptions purement phonétiques utilisent l'alphabet phonétique international (API), mais elles sont utilisées uniquement pour préciser la prononciation (généralement uniquement sur le plan phonologique pour permettre une intercompréhension suffisante, et non la transcription phonétique exacte qui dépend de l'accent régional du locuteur). La transcription est assez facile aussi dans les alphabets grec et cyrillique grâce à l'existence de normes (utilisées pour la transcription officielle des toponymes et noms français), mais plus délicate et imprécise avec les écritures sémitiques (dans les langues qui utilisent ces écritures, l'écriture française normalisée est le plus souvent conservée.) Orthographe latine normalisée. L'Académie française et des institutions analogues d'autres pays francophones ont approuvé une série de rectifications orthographiques proposées en 1990 par un rapport du Conseil supérieur de la langue française. Ces rectifications portent sur moins de 3 % du vocabulaire. En outre, l'Académie française souligne que ces rectifications n'ont pas de caractère obligatoire, mais qu'elles sont recommandées. De tous temps, l'orthographe du français a subi de nombreuses rectifications, mais l'habitude littéraire d'adapter les ouvrages dans l'orthographe officielle du moment donne une impression de continuité que la langue française écrite, en fait, n'a jamais eue. Ces rectifications orthographiques du français ont pour objectif de rendre le français plus « logique » et plus moderne tout en respectant l'étymologie, mais aussi d'influer des règles précises pour l'invention de nouveaux termes. Ainsi les rectifications orthographiques de 1990 recommandent, par exemple, l'orthographe « chaine » plutôt que « chaîne » où le « î » ne sert à rien et ne se justifie nullement par l'étymologie. Dans les faits, ces rectifications ne sont pas toujours suivies. La plupart des francophones s'en tiennent encore à l'orthographe traditionnelle. Cependant, bien que très contestées, de nouvelles pratiques d'orthographes alternatives et non officielles (comportant moins de lettres muettes, par exemple) et surtout plus facile à apprendre. Les nouvelles technologies de communication (sur des téléphones portables, notamment) ont vu le développement de nouvelles méthodes orthographiques (surtout par les jeunes), tentant à minimiser le nombre de lettres écrites dans un message SMS (Service de messagerie court des téléphones, limitant comme le télégramme la longueur des messages) initialement pour gagner en rapidité et surtout minimiser le coût de l'envoi mais cela n'est plus d'actualité avec les offres « SMS illimité » de nombreux opérateurs et l'apparition de la saisie intuitive même si nombreux sont encore les gens à l'utiliser surtout par ignorance de l'orthographe et par habitude plus que par réelle utilité. Ordre alphabétique. Le français, à quelques exceptions près, utilise l'alphabet latin. Voici comment il est en français : A a, B b, C c, D d, E e, F f, G g, H h, I i, J j, K k, L l, M m, N n, O o, P p, Q q, R r, S s, T t, U u, V v, W w, X x, Y y, Z z. La lettre V u du latin, qui était une semi-voyelle ([u] ou [w]) en latin, s'est divisée en V v et U u, comme dans tous les alphabets dérivés de l'alphabet latin d'aujourd'hui. Le K k et le W w ne sont utilisés que pour les mots d'origine étrangère ou dialectaux, ainsi que pour certaines unités et préfixes du Système international d'unités, par exemple le kilowatt. Le Q q est théoriquement toujours suivi du U u alors muet mais pas en position finale. Dans "les coqs" il est même suivi d'un s, muet il est vrai. Le I i latin a donné naissance au J j. Le H h ne se prononce pas seul, à l'initiale il est totalement muet dans les mots d'origine gréco-latine "(l'heure, l'Hadès)", il interdit l'élision et la liaison dans les mots d'origine germanique "(la haine)", tandis que précédé de C c et/ou de S s (sauf dans certains mots souvent d'origine grecque comme "chaos, chlamyde", ou s'il fait partie d'un préfixe) représente le []. Précédé de P p il représente le "phi" grec et se prononce [f], ailleurs il est muet. Le A a, le C c, le E e, le I i, le O o, le U u et le Y y peuvent recevoir des diacritiques, comme dans le tableau ci-dessous. Il existe également des lettres, qui sont en fait des fusions de lettres, qui ne comptent pas dans l'alphabet, comme les lettres diacritées. "Suite de la table :" "Suite de la table :" "Suite de la table :" "Suite de la table :" L'algorithme de tri est multiniveau, conformément à la spécification des algorithmes d'ordonnancement normalisés "UCA" (d'Unicode) : L'orthographe française utilise l'ensemble des lettres de base de l'alphabet latin (sur fond vert ci-dessous) et leurs variantes (sur fond blanc) et les séparateurs orthographiques (en jaune, dont l'espace ; les autres symboles de ponctuation sont traités comme l'espace) ; les symboles mathématiques et monétaires (sur fond orange) sont classés avant les chiffres. Les nombres sont écrits avec les chiffres décimaux arabo-européens (sur fond bleu). La table ci-dessous (conforme à la table d'ordonnancement par défaut d'Unicode ("DUCET"), seulement adaptée pour l'alphabet de base français et le cas particulier de ligature "œ" qui n'est pas considérée comme une lettre de l'alphabet français mais une forme typographique recommandée ; l'ordonnancement par défaut d'Unicode classe déjà la ligature spécifiquement française "œ" comme deux lettres) ne liste aucune autre lettre empruntée à une autre langue : d'autres caractères spécifiques peuvent être aussi employés tels que des ligatures purement typographiques non différenciées sur les plans alphabétique et orthographique, différents symboles techniques, des signes de ponctuation supplémentaires, et des lettres empruntées à d'autres langues que le français. Les caractères ignorés durant les premiers niveaux de tri (ou traités pour ce niveau comme s'ils étaient d'autres caractères indiqués en italique et traités pour cette phase comme ces caractères séparés) sont marqués d'un fond gris pour ces phases. Spécificités typographiques. Plusieurs conventions typographiques ont souvent la force de convention orthographique en français, et font l'objet de corrections fréquentes, destinées à préciser le texte écrit. Espaces et tirets séparant les paragraphes, phrases et mots. Au sein d'un même paragraphe, les phrases doivent être terminées par des ponctuations finales (qui sont le point, le point d'exclamation, le point d'interrogation et les points de suspension). Deux paragraphes de même niveau ne sont normalement pas séparés si ceux-ci se terminent par une virgule, un point-virgule ou un signe deux points ; ces signes lient ensemble deux phrases qui se complètent mutuellement, et une espace simple et sécable suit ces ponctuations séparatrices mais non finales. À l'exception des paragraphes de titres, quand ils ne forment pas une phrase complète, et des paragraphes introduisant une liste (devant être terminés par une ponctuation non finale, c'est-à-dire le plus souvent un signe deux points, parfois un point-virgule), tous les paragraphes doivent être terminés par une ponctuation finale. Une même phrase ne doit pas être coupée en deux paragraphes distincts. Cependant, dans les listes à puces ou numérotées, les sous-paragraphes constituant les éléments de la liste et terminés sont séparés par une virgule ou un point-virgule, si la liste entière complète la phrase commencée dans un paragraphe précédant cette liste énumérative. Les listes, qu'elles soient énumératives ou non, ne devraient comporter aucun élément non terminé par une ponctuation, ne serait-ce qu'une virgule ou un point-virgule ; le dernier élément de la liste se terminera toujours par un point (sauf si la phrase se poursuit dans le paragraphe suivant après la liste elle-même, qui n'en est qu'une partie et qui devrait se limiter à une simple énumération). Entre deux phrases d'un même paragraphe, l'espace qui sépare la première phrase (terminée par une ponctuation finale) de la phrase suivante est préférablement une espace simple et sécable ("contrairement aux conventions typographiques anglaises qui préfèrent une espace agrandie, ou bien deux espaces simples dans les textes dactylographiés"). Si une séparation sémantique est vraiment nécessaire en français, on préférera séparer les phrases dans deux paragraphes distincts ; dans les autres cas, une séparation par une espace élargie n'est pas nécessaire dans les textes en français. Entre les mots d'une même phrase, ou après une virgule, avant ou après une citation au sein d'une phrase, un espace simple sécable est utilisé. Aucun espace ne doit être mis entre un mot et une ponctuation simple (virgule en milieu de phrase ou point en fin de phrase), les deux éléments étant inséparables même en cas de césure. Les seules ponctuations qui peuvent être précédées d'une espace simple sont les ponctuations ouvrantes (de parenthèses, crochets, accolades, guillemets, ou tiret cadratin d'aparté) ; cette espace simple est même nécessaire si cette ponctuation n'est pas en tête de paragraphe mais introduit et sépare un sous-paragraphe au milieu ou à la fin d'une autre phrase. Aucune espace ne sépare le trait d'union reliant les mots d'un même mot composé ; il en est de même pour le tiret demi-cadratin séparant les deux bornes d'un intervalle (de date, ou de lieux distincts). Espace fine insécable française. Cette espace fine insécable française devrait toujours être placée avant tous les signes de ponctuation comportant deux glyphes séparés (à l'intérieur des guillemets doubles, et avant le point-virgule, les deux points, le point d'exclamation et le point d'interrogation). L'espace fine insécable devrait aussi être utilisée comme séparateur de groupement de chiffres, tels que les milliers dans les nombres cardinaux ou les numéros de téléphone ou d'identification (au lieu de l'espace simple souvent jugée trop large car elle peut permettre l'insertion d'un chiffre dans l'espace laissé vide, voire d'une virgule décimale si le nombre est initialement écrit sans décimales, mais surtout car l'espace simple est sécable et la césure des nombres est généralement indésirable sauf là où elle est explicitement utilisée pour les très grands nombres). Les années sont des nombres ordinaux (non cardinaux, car ils n'indiquent pas une quantité mais un rang exact) et on ne doit donc pas y séparer le chiffre des milliers par une espace (cette convention n'est pas requise pour les années préhistoriques ou futures très lointaines car ce sont des estimations scientifiques quantitatives). Règles de césure françaises. La césure d'un texte long peut se faire partout où figure une espace sécable entre deux mots. Elle laisse cette espace en fin de ligne, et commence la ligne suivante directement avec le mot qui suit cette espace. Il est donc permis de couper les phrases. Si cela n'est pas suffisant, la césure française au milieu d'un mot s'écrit avec un petit tiret de césure (semblable au trait d'union des mots composés) uniquement après la première partie du mot coupé, et aucun tiret au début de la ligne suivante où le mot se poursuit. Les conventions typographiques déconseillent fortement la césure si celle-ci laisse une syllabe de seulement une lettre ou deux séparée du reste du mot (que cette syllabe soit au début du mot et en fin de ligne, ou en fin de mot et en début de ligne), car cela rend la lecture plus difficile. Certains éditeurs permettent d'imposer d'autres contraintes typographiques, en augmentant le nombre de lettres suffisantes pour détacher une syllabe d'un mot. Les règles de césure semblent assez intuitives en français pour les locuteurs natifs qui savent reconnaître les syllabes : une césure peut être uniquement effectuée entre deux syllabes. Cependant cela doit correspondre aux syllabes morphologiques et non aux syllabes phonétiques qui peuvent attacher deux morphèmes distincts composant le même mot. De plus des césures sont jugées indésirables si le mot ainsi coupé peut être interprété comme deux mots composés prenant un autre sens (par exemple « consacré » ne peut être coupé en « con-sacré »). Cela nécessite donc un dictionnaire de césures ou la connaissance de la langue pour trouver les nombreuses exceptions à la règle phonétique simple. De même, une césure peut être effectuée après le trait d'union reliant les mots d'un mot composé, ou après le tiret demi-cadratin séparant les bornes d'un intervalle (sans ajouter aucun tiret supplémentaire pour la césure elle-même). La césure est interdite avant ou après une apostrophe d'élision placée entre deux mots attachés ensemble et dont les lettres avant et après l'apostrophe forment une même syllabe phonétique. Apostrophe française. Le français ne différencie normalement pas (orthographiquement) les trois formes typographiques différentes de l'apostrophe ; cependant, la forme typographique hautement recommandée est orientée et non verticale, utilisant le même signe (généralement en forme de petit 9 plein en exposant, parfois aussi en forme de coin fin orienté vers la base du caractère à sa gauche, c'est-à-dire comme une virgule haute) que le signe simple de ponctuation à droite d'une citation courte. Toutefois, les claviers français ne permettent souvent pas de la saisir : l'apostrophe dactylographique (en forme de coin vertical orienté vers le bas) est donc très souvent présente dans les textes français.. L'apostrophe française marque l'élision grammaticale des dernières lettres muettes de mots très courants dont le "e" final n'est normalement pas muet (mais le devient avant le mot suivant dont l'initiale est une voyelle ou un "h" muet non aspiré) : cette élision contextuelle est obligatoire à la fin des mots « ce », « de », « jusque », « le », « lorsque », « me », « ne », « puisque », « que », « se », « te » et supprime non seulement leur "e" final, mais aussi l'espace qui le sépare du mot suivant, remplacée par cette apostrophe d'élision (on observe une règle similaire d'élision marquée par l'apostrophe en italien). L'élision est utilisée aussi dans certains mots composés comme « grand'rue » ou le mot autrefois composé « aujourd'hui » (devenu inséparable et un mot unique, le terme « hui » du vieux français ayant totalement disparu partout ailleurs en français moderne). Citations et guillemets. Pour encadrer les citations, le français utilise les guillemets doubles (en chevrons « … » pour la citation principale, en forme de doubles apostrophes hautes “…” pour les citations internes) qui devraient être séparés du texte cité par une espace fine insécable française (dont la largeur devrait être d'au moins un sixième de "em", contrairement à la typographie anglaise où cette fine n'excède pas un huitième de "em", et peut donc être omis si la fine anglaise n'est pas supportée : c'est souvent le cas car les signes de ponctuation qui nécessitent cet espace fine incluent déjà cette espace suffisante dans le glyphe présent dans les polices de caractères utilisées). Cependant, il est admis d'utiliser en français une espace insécable normale. Écriture des nombres simples dans les textes français. Pour les petits nombres entiers positifs ou nuls (exprimables par un seul mot), il est d'usage de les écrire en toutes lettres plutôt qu'en chiffres dans les textes (de « zéro » à « seize », « vingt », « cent » et « mille », voire « mil » pour le nombre ordinal uniquement) ; cependant les nombres romains (en lettres latines capitales) sont systématiquement utilisés pour les nombres ordinaux représentant un ordre de règne, et souvent aussi pour un numéro de volume, de tome, ou de chapitre. Excepté les nombres qui doivent être écrits en chiffres romains, les dates qui peuvent être écrites en chiffres et les quelques cas particuliers, comme les citations d'un texte où un nombre est écrit en chiffres, écrire un nombre en chiffres est une faute de français. Lettres majuscules et lettres en capitales. La distinction entre lettre minuscule (bas de casse) et lettre capitale (ou petite capitale ou majuscule) n'est pas sémantique mais typographique selon des conventions très strictes en français dictées par la grammaire (contrairement à l'anglais où ces conventions typographiques varient suivant les pays et les sources). La distinction sémantique entre lettre majuscule et lettre minuscule revêt un caractère obligatoire et unique en français (mais aussi en anglais) ; elle est utilisée comme distinction significative dans les dictionnaires français dont les entrées principales écrivent toutes les lettres minuscules (sémantiques) en lettres minuscules (typographiques) et toutes les lettres majuscules (sémantiques) en lettres capitales (typographiques) : Les lettres minuscules (sémantiques) s'écrivent normalement en minuscules (typographiques) partout où c'est possible en français (mais peuvent s'écrire aussi en petites capitales pour certains paragraphes utilisant ce style), et seulement dans certains cas très précis en capitales : une lettre minuscule (sémantique) s'écrira en capitale si, et seulement si, c'est l'initiale du premier mot d'une phrase (ou d'un titre principal) et dans ce cas on ne doit pas l'écrire non plus en petite capitale. L'anglais est beaucoup plus permissif et autorise la capitalisation de toutes les minuscules initiales de tous les mots ou seulement de certains mots, voire aucun. Les lettres majuscules (sémantiques) s'écrivent toujours en lettres capitales, jamais en lettres minuscules typographiques (c'est alors une erreur orthographique en français), et normalement jamais en petites capitales (sauf parfois si tout le paragraphe est écrit en petites capitales, mais il est hautement recommandé même dans ce cas de conserver l'écriture capitale de toutes les majuscules). Enseignement et défense de la langue française. De façon générale, le français demeure une des langues les plus enseignées dans le monde. Enseignement du français en France. Jusqu'à la fin du , les élèves de France apprennent toujours à lire en latin, qui a toujours le statut de langue de transmission du savoir. Le français est enseigné de manière rudimentaire : simples notions d'orthographe et de grammaire. De plus, les classes se déroulent toujours en dialecte local afin de se faire comprendre des élèves, car ces dialectes sont toujours utilisés comme langue courante en France. Dans son rapport de juin 1794, l'abbé Grégoire révéla que le français était uniquement et « exclusivement » parlé dans « environ 15 départements » (sur 83). Il lui paraissait paradoxal, et pour le moins insupportable, de constater que moins de de Français sur 28 parlaient la langue nationale, alors que sur le territoire de la Nouvelle-France, celle-ci était utilisée et unifiée depuis plus de de Bâton-Rouge à Montréal. La francisation du territoire s'est faite au détriment des autres langues de France, causant notamment des séquelles psychologiques et des tensions. Mais c'est la Révolution française qui va marquer une amplification considérable de la francisation du territoire avec le « plan Talleyrand », qui prévoit de n'enseigner que le français afin de chasser cette . Pour la première fois, sont associées langue et nation, le français est alors considéré comme le ciment de l'unité nationale. Le 17 novembre 1794, en vue d'accélérer la francisation dans les campagnes, la Convention nationale adopte le décret de Joseph Lakanal et, le lendemain, toujours sur proposition de Lakanal, est décidée la création de primaires (une école par ). Le gouvernement veut que le français s'impose là où il y a des écoles. Le décret du 27 janvier 1794 ordonne aux instituteurs de n'enseigner qu'en français En Europe, au , le français devient une langue diplomatique de premier plan ; en plus d'être appris par l'aristocratie, il s'exporte dans les colonies. La Seconde Guerre mondiale constitue un tournant, tant par le massacre d'élites francophiles en Europe de l'Est, que par la montée en puissance de l'anglais comme langue véhiculaire internationale. Au début du , le ministère de l'éducation nationale trouvait que la francisation était trop lente, les autorités décidèrent donc de nommer des professeurs hors de leur région d'origine pour les rendre incapables de communiquer en langue régionale avec les habitants et donc les forcer à utiliser le français. Les dialectes cèdent donc progressivement la place à un enseignement du français, la loi Guizot de 1833 amplifie le phénomène de francisation : En 1831 les lois visant à la francisation continuent à être votées, par exemple cette directive de monsieur Auguste Romieu, sous-préfet de Quimper : Dans toutes les écoles, l'enseignement doit être fait en français, comme il est remarqué dans les règlements locaux par exemple le règlement pour les écoles primaires élémentaires de l'arrondissement de Lorient, adopté par le Comité supérieur de l'arrondissement en 1836 et approuvé par le recteur en 1842. En 1863, d'après une enquête lancée par Victor Duruy, communes sur , environ le quart de la population rurale ne parlait pas français. Vers 1880 le ministre de l'Instruction publique Jules Ferry et Jules Simon introduisent la notion de rédaction et de composition, puis l'étude de la littérature afin d'évoquer la dimension culturelle de la langue française. L'article 19 ordonne que . L'article 21 édicte qu' Mais c'est la loi Ferry qui en 1881 institue la gratuité de l'école primaire et en 1882 la rend obligatoire, imposant finalement la langue nationale sur tout le territoire français et la démocratisant. Pourtant en 1863, sur de Français, ne connaissaient pas la « langue nationale ». D'après les témoignages de l'époque, les enfants des villages ne retenaient presque rien du français appris à l'école, celui-ci « ne laisse pas plus de trace que le latin n'en laisse à la plupart des élèves sortis des collèges ». Les élèves reparlent leur patois à la maison. Au cours du et jusque dans les années 1960, les gouvernements ont adopté pas moins de quarante lois concernant surtout l'enseignement, la presse, l'administration et l'orthographe. La Grande Guerre a aussi participé à la francisation de la France, des hommes de toutes les régions se retrouvant ensemble à combattre avec comme seule langue commune le français. En 1925, Anatole de Monzie, ministre de l'Instruction publique proclame : « Pour l'unité linguistique de la France, il faut que la langue bretonne disparaisse. » En 1926, le grammairien Ferdinand Brunot écrit dans son "Histoire de la langue française" que les patois sont encore bien vivants dans les campagnes. Au , comme de nos jours, le patois était chez lui partout où […]. À l'heure actuelle, le français est la langue des villes, le patois, la langue des campagnes. En 1972, Georges Pompidou, alors président de la République, déclare au sujet des langues régionales : . C'est entre 1981 et 1995 que les premières mesures pour conserver les langues régionales en voie de disparition vont être prises comme l'annonce le discours de François Mitterrand de 1981, à Lorient : Pourtant, en mai 1997, l'inspecteur de l'Éducation nationale Daniel Gauchon déclarait qu'il fallait privilégier la culture et la langue françaises et non pas les langues régionales. Le , le gouvernement français promulgue le décret relatif à l'enrichissement de la langue française, prévoyant l'institution de commissions ministérielles de terminologie pour l'enrichissement du vocabulaire français. La révision constitutionnelle du insère à l'article 2 de la constitution française la phrase : « La langue de la République est le français. » Contrairement à d'autres pays, la France a instauré beaucoup d'organismes chargés d'inventer une terminologie française et d'assurer « la défense et l'expansion de la langue », comme l'Académie française, qui rend obligatoires certains mots nouveaux, mais encore l'Association française de terminologie, qui travaille en collaboration avec l'Office québécois de la langue française (OQLF) et le Service de la langue française de la Communauté française de Belgique, la délégation générale à la langue française et aux langues de France, ou même l'OIF, l'Organisation internationale de la francophonie, qui est chargée de protéger la francophonie mondiale et de participer à son expansion (la France est un des 70 membres). Une autre date importante pour la francisation de la France est la loi 94-665 du 4 août 1994 ou « Loi Toubon », qui est la première loi en France, à l'instar de la loi « loi 101 » au Québec, à imposer clairement le français comme seule langue de la République française. Son but est de défendre la langue française en France, non pas contre les langues régionales et leurs dialectes, mais principalement contre l'américanisation de la France. L'emploi du français dans l'affichage, la publicité, la consommation, le droit du travail et les organismes publics est soumis aux dispositions de la loi Toubon. Un dispositif public d'enrichissement de la langue française a été mis en place dans le cadre de l'application du décret du 3 juillet 1996 relatif à l'enrichissement de la langue française, qui a fait suite à la loi Toubon. Il s'appuie sur l'Académie française et sur la Délégation générale à la langue française et aux langues de France. En particulier l'usage des termes en français recommandés par la Commission d'enrichissement de la langue française, publiés au "Journal officiel" de la République française, et disponibles depuis 2008 sur le site internet FranceTerme, est obligatoire dans les services publics de l'État. Le décret d'application du 3 juillet 1996 a mis en place un dispositif d'enrichissement de la langue française. Il impose l'usage des termes en français dans les services et établissements publics de l'État (articles 11 et 12 du décret) : En 2004, le sénateur Philippe Marini (UMP) fait une proposition de loi destinée à renforcer la loi Toubon. En 2005, cette proposition est finalement adoptée à l'unanimité par le Sénat. Elle comporte des dispositions visant les entreprises : l'obligation faite aux chefs d'entreprises de soumettre au personnel un rapport sur l'utilisation de la langue française dans l'entreprise, la rédaction en français de l'ordre du jour du comité d'entreprise, ainsi que du procès-verbal consignant les délibérations. Cette proposition de loi vise également les techniques de l'information et de la communication, les messages d'erreur par exemple. En 2006, à la suite de l'application de la loi Toubon, des entreprises ont été condamnées en France pour usage illégal de l'anglais. Par exemple la société américaine GEMS, condamnée à d'amende pour avoir transmis des documents en anglais sans traduction à ses salariés français. Il en va de même des sociétés NextiraOne et Europ Assistance, elles aussi condamnées pour avoir voulu imposer à leurs salariés des logiciels en anglais sans traduction. Enseignement de la langue française comme langue étrangère : Alliance française. La Fondation Alliance française est une fondation française de droit privé reconnue d'utilité publique et dont la mission est la promotion de la langue et de la culture française à l’étranger. Son siège se situe au 101, boulevard Raspail à Paris où se trouve également l'Alliance française Paris Île-de-France. Elle est liée au ministère français des Affaires étrangères et européennes par une convention annuelle spécifiant que l'Alliance française forme avec les centres et instituts culturels français à l'étranger « un réseau unique » et « situe son action et son développement dans le cadre de la politique linguistique et culturelle définie par le gouvernement français et mise en place par le ministère ». Les Alliances françaises installées dans les pays étrangers sont généralement nées d'initiatives locales et sont très intégrées dans la vie des pays. Régies par le droit local (le plus souvent sous une forme associative), elles sont indépendantes de l'Alliance française de Paris, tant statutairement que financièrement, et fonctionnent vis-à-vis du siège parisien comme des franchises. La Fondation Alliance française est propriétaire de la marque « Alliance française » et accorde le droit de l'utiliser après examen des statuts et des objectifs annoncés. Il n'y a pas de relations financières entre le siège et les Alliances installées à l'étranger qui doivent pourvoir elles-mêmes à leur financement. Ainsi à New York, le "French Institute Alliance Française" recourt au mécénat tel qu'il est pratiqué aux États-Unis. Le ministère français des Affaires étrangères a depuis 2001 une politique de signature de conventions-cadres de coopération entre les Alliances françaises et les services de coopération et d'action culturelle des ambassades, qui peuvent aller jusqu'à confier la gestion de l'action culturelle à l'Alliance française locale. Ces conventions peuvent prévoir des subventions publiques et la mise à disposition de personnels français détachés pour des fonctions de direction. Seules les plus grandes antennes, soit environ 20 % des implantations. Fin 2010, le réseau des Alliances françaises représente dans 135 pays : En France. Il existe 27 Alliances françaises en France. Celles-ci ont pour mission l'enseignement de la langue française ainsi que la diffusion des cultures francophones. À Paris. L'Alliance française Paris Île-de-France (anciennement "Alliance française de Paris" dont l'institution remonte à 1883) propose des cours de français à Paris depuis 1894. Elle accueille aujourd'hui plus de de 160 nationalités différentes chaque année, désireux d'apprendre le français dans la capitale française. Sont ainsi proposés des cours de français général, des ateliers de français oral ou écrit, culturels et professionnels, des cours en entreprise et des formules personnalisées toute l'année pour tous les niveaux. Tous sont alignés sur les niveaux du CECRL (Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues). L'Alliance française est aussi centre de passation pour tous les diplômes délivrés par le ministère français de l'Éducation nationale pour certifier des compétences en français : DELF (Diplôme d'Études en Langue Française), DALF (Diplôme Approfondi de Langue Française), et TCF (Test de connaissance en Français). Elle est aussi centre d'examens agréé par la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris (CCIP) pour le TEF (Test d'évaluation de français) et le DFP (Diplôme de Français Professionnel). L'Alliance française Paris Île-de-France est aussi "centre de formation pour les professeurs de français langue étrangère". Chaque année, près de du monde entier sont formés, sur place ou à distance en formation initiale ou continue via différents programmes : stages d'été, formations à la carte, stage d'observation… Elle délivre ainsi des diplômes spécifiques pour les professeurs, tel que le DAEFLE (Diplôme d'Aptitude à l'Enseignement du Français Langue Étrangère), qu'elle a inventé en collaboration avec le Centre national d'enseignement à distance (Cned), ou encore un diplôme qui lui est propre : le DPAFP (Diplôme Professionnel de l'Alliance française Paris Île-de-France en Français Langue Étrangère), anciennement le Professorat (inventé en 1948). Défense de la langue française. La défense de la langue française a été le fait d'hommes d'État, comme Charles de Gaulle, qui a réussi à imposer le français comme langue de travail aux Nations unies à la conférence de San Francisco en 1945, et Georges Pompidou, qui déclarait : « Si nous reculons sur notre langue, nous serons emportés purement et simplement ». Associations de défense et de promotion de la langue française. Étant donné l'hégémonie de l'anglais dans les relations internationales, et le risque de multiplication des anglicismes dans la langue française, de nombreuses associations se sont fondées pour défendre la langue française. Peuvent notamment être cités : Voir aussi les sites relatifs à la défense et à la promotion de la langue française Défense de la langue française dans l'audiovisuel. En France, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) est chargé, en application de l'article 3-1 de la loi du 30 septembre 1986, de veiller « à la défense et à l'illustration de la langue française » dans la communication audiovisuelle, ainsi qu'au respect des dispositions de la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française (dite loi Toubon). En particulier, l'Arcom veille au respect des obligations concernant la langue française inscrites aux cahiers des charges des sociétés nationales de programme et dans les conventions annexées aux décisions d'autorisation des diffuseurs privés. L'Arcom doit être attentif à la qualité de la langue employée dans les programmes de télévision et de radio. Pour ce faire, l'Arcom est amené à prendre des initiatives, telles que l'organisation du colloque « Quel avenir pour la langue française dans les médias audiovisuels ? », le 9 décembre 2013. Étude de la langue française. La discipline ayant pour objet l'étude de la langue française est une subdivision de la linguistique romane : la linguistique française. Les principales revues s'occupant de linguistique française sont, en France, "Le Français moderne" et "Langue française". Règlementation de l'usage de la langue française. Dans certains pays, le législateur a règlementé l'usage de la langue. Ainsi au Québec, les principales législations sur l'usage de la langue française sont consignées dans la Charte de la langue française. En France, le gouvernement reconnaît depuis 2016 qu'il revient à l'Académie française de déterminer les règles en vigueur dans la langue française. La loi Toubon, qui date du , vise à la protéger et à garantir son usage dans l'administration, auprès des consommateurs comme des salariés. Voir aussi. Bibliographie. Classement par ordre chronologique de date de dernière édition
Péché capital Les péchés capitaux sont dans la religion chrétienne les sept péchés ou « vices » qui entrainent tous les autres. Cette nomenclature, qui est distincte de la désobéissance aux prescriptions du Décalogue, apparaît au et a été systématisée au par Thomas d'Aquin. La liste évolue selon les auteurs. Ce sont l'orgueil, la gourmandise (ou addiction), la paresse (ou acédie, la négligence spirituelle), la luxure, l’avarice, la colère et l’envie. Ils sont « capitaux » au sens où ils sont la cause, donc à la tête, d'autres péchés ; ce sont des mobiles pour commettre tous les crimes. Historique. La tradition orientale. Le premier à reconnaître un certain nombre de ce qu'il appelait des "passions" fut Évagre le Pontique, moine et théologien ascétique (345-399), élève de Grégoire de Naziance, . Évagre divise l'âme en trois parties : partie concupiscible, partie irascible, et l'intellect. De ces trois parties découlent toutes les pensées et passions. Évagre identifia huit passions ou pensées mauvaises ( / en grec), sources de toutes les paroles, pensées, actes impropres : Les « irascibles », ou privations, frustrations. Exemple de développement sur ce sujet (noter l'absence d'acédie et de luxure, et à la place la rancune et l'égoïsme) : La tradition occidentale. Cette liste a été revue par Jean Cassien au , puis par le pape Grégoire le Grand (590-604), qui, dans les "Moralia", supprime la vaine gloire (qu'il identifie à l'orgueil) et l'acédie (qu'il identifie à la tristesse), mais rajoute l'envie, ramenant ainsi les passions capitales à sept. La liste est définitivement fixée au quatrième concile du Latran en 1215 et consignée par Thomas d'Aquin au dans sa "Somme théologique". La liste de « sept péchés capitaux » sera répandue par la Contre-Réforme (). Doctrine de l'Église catholique. Péchés capitaux. La liste actuelle (toujours de sept) est citée par le "Catéchisme de l'Église catholique" dont la dernière version date de 1997. Cette liste a été influencée par Thomas d'Aquin dans sa "Somme théologique" (question 84, "Prima secundae") au . Il y mentionne que certains d'entre eux ne sont pas en eux-mêmes à proprement parler des péchés, mais plutôt des vices, c'est-à-dire des "tendances" à commettre certains péchés. Thomas d'Aquin précise en tête de sa conclusion à la "Somme" : . Péchés capitaux et péchés mortels ou véniels. Les péchés capitaux sont des péchés de « tête » ("capita"), cela ne signifie pas qu'ils sont plus graves que d'autres, mais plutôt qu'ils sont à même d'en entraîner bien d'autres. Les péchés capitaux/non-capitaux ne sont donc pas à confondre avec les péchés mortels/véniels, cette dernière distinction portant sur l'importance réelle du péché, sa capacité à nous couper ou non de l'amour et de Dieu. Les sept vertus. Les sept vertus catholiques comprennent, les trois vertus théologales (d'origine divine), que sont : Complétées par les quatre vertus cardinales (d'origine humaine), déjà reconnues par les philosophes, que sont : Doctrine de l'Église Protestante. « Le péché qui se trouve dans l’Église est le péché purement humain, car l’Église est contingente. Contrairement aux catholiques, les protestants ne croient pas que l’Église soit une institution d’origine divine. Certes, la Parole qui est dite dans l’Église est d’origine divine, mais l’Église elle-même n’a rien de sacré. Nous sommes tous pécheurs, y compris le pasteur. » « Dès le , le protestantisme est atteint par les mouvements du Réveil, qui cherchent à transformer une foi intellectuelle en une piété plus existentielle » Vices et péchés dans les représentations. Littérature. Les vices ou les péchés ont été très tôt traités sous forme d'allégorie par les auteurs chrétiens, qui s'inspiraient des allégories antiques (la Discorde telle qu'exprimée chez Homère, la Fortune, la Rumeur) décrites par les poètes grecs ou latins. L’"Éthique à Nicomaque" d'Aristote met en jeu la philosophie morale, ce texte fondamental circule abondamment dans l'Empire d'Alexandre, puis la République romaine et enfin aux premiers temps de l'Empire romain. Tertullien est un des premiers à opérer cette conversion de la culture antique, suivi par Prudence, dont la "Psychomachia" sera longtemps une référence en la matière. La littérature allégorique médiévale non seulement reprend ces archétypes des péchés, mais les multiplie à plaisir, dans des œuvres comme le "Livre du cœur d'amour épris", 1457) de René d'Anjou, ou le "Livre de la Cité des Dames" de Christine de Pizan. La "Divine Comédie" de Dante elle non plus ne se contente pas des sept péchés mais en décline de nombreuses variations dans la première partie, "Le Purgatoire". Chaucer charge un curé de les énumérer et de les commenter (« The Parson's Prologue and Tale ») dans "Les Contes de Canterbury". Au milieu du , Eugène Sue les traite en feuilleton dans "Les Sept Péchés capitaux" (1847-1852). En 1926, l'écrivain espagnol Wenceslao Fernández Flórez publie "Las siete columnas (Les sept colonnes)", roman dans lequel le diable, prenant au mot un anachorète, supprime les sept péchés capitaux, provoquant ainsi l'effondrement de la civilisation. Au , Alcante dans la série de bande dessinée "Pandora Box" imagine un lien entre les Sept Péchés Capitaux, la mythologie grecque et les technologies contemporaines ou à venir. Le manga Seven Deadly Sins (七つの大罪, Nanatsu no taizai), commencé en 2012 par Nakaba Suzuki, utilise également les péchés capitaux. Chacun des protagonistes est représenté par un péché associé à un animal : Dragon de la Colère, Serpent de l'Envie, Renard de l'Avarice, Grizzli de la Paresse, Bélier de la Luxure, Sanglier de la Gourmandise et Lion de l'Orgueil. Dans un autre manga, Fullmetal Alchemist, les principaux antagonistes (les Homoncules) portent les noms des sept péchés capitaux traduits de l'anglais : Gluttony, Lust, Envy, Wrath, Pride, Greed, & Sloth. Le manga Trinity Seven, écrit en 2010 par Kenji Saitõ, traite également des péchés capitaux. Les protagonistes représentent les péchés sous forme de magie mais aussi les sept vertus Dans le light-novel , des évêques appartiennent au culte de la Sorcière et sont chargés d'un péché capital. La revue de cinéma "La Septième Obsession" s'empare des sept péchés capitaux, par le prisme du septième art, dans son numéro d'été 2019. Points de vue d'écrivains. Paul Valéry. Paul Valéry fait remarquer que ces péchés capitaux se neutralisent entre eux dans une certaine mesure. Ainsi l'envie – qui implique jalousie de la position d'autrui – serait relativement incompatible avec l'orgueil. Un orgueilleux estime rarement la position d'autrui comme aussi enviable que la sienne propre (mais il peut jouir de l'abaissement ou du malheur d’autrui). De même l’avarice s'opposerait dans les faits à la pratique de la luxure, etc. Il en arrive à la conclusion que « la perfection du juste est formée de la bonne composition des sept péchés capitaux, comme la lumière blanche de la composition des sept couleurs traditionnelles ». Georges Bernanos. Georges Bernanos estime que le système économique rendra toujours plus rentable le fait de spéculer sur les "vices" de l'homme que sur ses "besoins". Il voit donc la « société marchande » comme un facteur de corruption s'il n'est pas équilibré d'une manière ou d'une autre par une sorte d'idéal. La publicité utiliserait la propension de l'homme aux péchés capitaux ; ceux-ci seraient donc utilisés afin de « servir les ventes ». Il est possible à titre d'exercice de prendre une série de publicités et de voir quel est le (ou quels sont les) péchés capitaux sollicités par chacune : déculpabiliser la paresse (« oubliez vos soucis »), justifier l'orgueil (« parce que je le vaux bien »), exciter la luxure (en général par l'image), réveiller la cupidité (placements financiers ou immobiliers), susciter l'envie (« tous les autres en ont »). Wenceslao Fernández Flórez. L'écrivain espagnol Wenceslao Fernández Flórez estime qu'au contraire, les sept péchés capitaux sont la base de la civilisation, et que sans eux le monde ne pourrait pas tourner, nous reviendrons tous à une sorte de passivité indolente qui nous mènerait au chaos, thèse qu'il expose avec un sens de l'humour raffiné dans son roman "Las siete columnas" ("Les sept colonnes", 1926). Arts plastiques. Les sept péchés capitaux ont été une source d'inspiration inépuisable pour les artistes tout au long du Moyen Âge et à la Renaissance. On les trouve dans la sculpture et les peintures qui ornent les églises. On les trouve par exemple sur les chapiteaux des colonnes du Palais des Doges de Venise, sur les fresques de Giotto di Bondone (1267-1337), pour la chapelle des Scrovegni de Padoue, (ca. 1305-1306). Aux , ils inspirent encore des artistes tels que Jérôme Bosch, Pieter Brueghel l'Ancien, Jacques Callot, Albrecht Dürer, Andrea Mantegna, Veronese. Les sept péchés ou vices ne cessent ensuite d'inspirer les artistes modernes : Adriaen Brouwer, Peter Paul Rubens, Francisco Goya, Gustave Courbet, offrent, sous la forme de peintures allégoriques, leurs interprétations. Des artistes plus contemporains ayant traité ce sujet sont également fort nombreux, citons : Otto Dix, Marc Chagall, Paul Cadmus, Salvador Dali, Gilbert & George, Cindy Sherman, Andy Warhol... Arts vivants. Le théâtre médiéval représente les tentations auxquelles sont soumis les héros. Dans "" (Le château de persévérance), écrit en anglais entre 1425 et 1440, on trouve notamment le groupe des sept péchés capitaux. Jusqu'au , le théâtre populaire anglais met en scène les sept péchés qui font une dernière apparition dans la version remaniée du Faust de Christopher Marlowe, "La Tragique Histoire du docteur Faust", dont le texte est publié en 1604. En 1933, Kurt Weill et son compère Bertolt Brecht produisent "Die sieben Todsünden", un ballet chanté pour cinq voix (une femme et un quatuor masculin) et orchestre. Arts audiovisuels. Dès 1910, le cinématographe exploite ce thème. Peu avant la Seconde Guerre mondiale, sous la forme d'un dessin animé, apparaît un des avatars édulcoré de la série dans "Blanche-Neige et les Sept Nains" de Walt Disney Pictures. Après guerre, le thème est traité sous la forme de films à sketch : "Les Sept Péchés capitaux" en 1952, dont chaque épisode est réalisé par un cinéaste différent, puis en 1962 "Les Sept Péchés capitaux", film à sketchs de Philippe de Broca, et de nouveau en 1992 un film à sketchs du même titre de Beatriz Flores. En 1995, le film "Seven" suit les traces d'un tueur en série qui utilise le paradigme des sept péchés capitaux pour commettre une série de meurtres effroyables. Le film montre un inspecteur de police lettré se plonger dans la lecture de Dante pour remonter jusqu'à l'assassin. Il en est également ainsi dans la série télévisée américaine Slasherqui parle aussi d'une série de meurtres qui se déroulent dans une petite ville où le tueur en série tue en fonction des péchés capitaux. En 2001, la série "Charmed" consacre l'épisode 18 de sa troisième saison au Sept Péchés capitaux. Prue hérite de l'orgueil, Piper de la gourmandise, Phoebe de la luxure et Léo de la paresse. Les sept péchés capitaux peuvent être vus comme représentés par certains personnages de la série "" dans la première saison : l'orgueil par Jack, l'envie par Jin, la paresse par Shannon, l'avarice par Sawyer, la gourmandise par Hurley, la luxure par Boone et la colère par les personnages mentionnés (à l'exception de Hurley) et par Charlie et Sayid. En 2007, la série "Les Sept Péchés capitaux", diffusée sur la chaîne Historia, illustre chacun des péchés sur des éléments de l'histoire québécoise. Le groupe musical Pet Shop Boys illustre les Sept Péchés capitaux dans le clip "It's a Sin" en 1987. Le manga Seven Deadly Sins met en avant un groupe de sept Chevaliers Sacrés légendaires, chacun étant associé à l'un des sept péchés capitaux. Les sept péchés capitaux sont aussi représentés dans le jeu vidéo "" sous forme d'arme avec chacun son type : l'arme de la colère, de la paresse, de la gourmandise, de l'orgueil, de l'avarice, de l'envie et de la luxure. Le film "Shazam!" de 2019 met également en scène les sept péchés capitaux, sous la forme de monstres. Dans le manga Fullmetal Achemist, les antagonistes ont pour nom les Sept Péchés capitaux. Le producteur canadien Deadmau5 sort en 2013 sept musiques représentant chacune un des péchés capitaux (Superbia, Avaritia, Luxuria, Invidia, Gula, Ira, Acedia). Dans Far Cry 5 le joueur représente la colère (d'après John Seed) ou l'orgueil (d'après Joseph Seed). Polémiques récentes. Une liste remaniée par le Vatican ? En , des articles publiés font croire à une mise à jour de la liste des péchés capitaux, mais le prélat interviewé, monseigneur Gianfranco Girotti, régent de la Pénitencerie apostolique, parlait de la notion moderne du péché et non de nouveaux "péchés capitaux". La nouvelle liste proposée comporterait : la pollution, la manipulation génétique, le trafic de drogue, les injustices économiques et sociales ; ces éléments constituant des "conséquences" et non des "causes" à proprement parler, ils relèvent en conséquence soit d'une autre classification, soit d'un changement de la terminologie même. "One nation, seven sins" (États-Unis). En , l'Association des géographes américains a présenté un travail intitulé "One nation, seven sins (Une nation, 7 péchés)", à ses auditeurs lors de son assemblée annuelle. Il s'agissait d'un rendu, sous forme de cartographie SIG, d'une étude des zones géographiques (par comtés) les plus touchées par les « 7 péchés capitaux » aux États-Unis. Ces « péchés » ont été évalués selon des indices calculés d'après les statistiques nationales officielles disponibles. La "cupidité" a été évaluée par les statistiques d'inégalités de revenu par habitant d'une région par rapport au nombre d'habitants vivant sous le seuil de pauvreté. Un indice d’"envie" a été calculé sur la base du nombre de vols (dont cambriolage, larcin et vols de véhicule à moteur) par habitant. La "colère" a été évaluée "via" le nombre de meurtres, agressions et viols par habitant (données probablement sous-estimées, par sous déclaration dans certaines populations vulnérables et victimes). Le nombre de restaurants, service de livraison ou restauration rapide disponibles par tête d'habitant a servi à évaluer la gourmandise. La "luxure" a été évaluée par la prévalence des chlamydioses et gonorrhées, de la syphilis et du VIH/SIDA dans chaque comté (indices particulièrement discutables car notamment influencés par les conditions d'hygiène, la pauvreté, la culture, le risque de viol, la drogue et les pratiques sexuelles… mais la prostitution ou le commerce du sexe restent des sujets souvent pudiquement traités et culturellement difficiles aux États-Unis). La "paresse" a été évaluée en comparant les dépenses faites par individu (pour les arts, spectacles et loisirs) avec le taux d'emploi. L"'orgueil", en tant que racine de tous les péchés, a été calculé et cartographié en agrégeant les indices précédents. La part du sérieux statistique, de l'arbitraire dénoncé, et de l'humour ou de l' de cette approche a été laissée à l'appréciation des utilisateurs de ces statistiques. Ce travail a été présenté devant une assemblée d'environ venus traiter de questions lourdes. C'est une a commenté Abigail Goldman dans le journal. Les auteurs, qui ont aussi classé les grands casinos des États-Unis au regard de ces critères, disent y avoir pris tant de plaisir, qu'ils envisagent de poursuivre cette approche.
Sept Merveilles du monde Les Sept Merveilles du monde constituent l'ensemble des sept œuvres architecturales et artistiques considérées comme les plus extraordinaires du monde antique. L'origine de la liste est méconnue, mais ces œuvres correspondent toutes à des réalisations qui excèdent largement les proportions communes, montrant qu'architectes et bâtisseurs d'époques très anciennes étaient capables, à force de labeur et d'ingéniosité, d'ouvrages monumentaux exceptionnels (en grec : ""). La popularité des monuments a suivi l'influence politique et économique des cités, et la construction d'un élément architectural imposant a vu consacrer cette prédominance (Memphis, Éphèse, Halicarnasse, Rhodes, Babylone, Olympie et Alexandrie). Ces sept œuvres sont : la pyramide de Khéops à Gizeh en Égypte, les jardins suspendus de Babylone, la statue de Zeus à Olympie, le temple d'Artémis à Éphèse, le mausolée d'Halicarnasse, le colosse de Rhodes et le phare d'Alexandrie. De ces sept réalisations ne subsiste aujourd'hui que la pyramide de Khéops. La liste des Sept Merveilles du monde antique. Seules trois merveilles n'appartiennent pas au monde hellénique (deux en Égypte et une à Babylone) et deux d'entre elles se situent en Grèce au sens contemporain du terme (celles d'Olympie et de Rhodes). Elles sont toutes autour du bassin méditerranéen, comprises dans les territoires conquis par Alexandre le Grand, et les plus orientales ne sont pas situées très loin d'Alexandrie. Comme ces ouvrages ont été édifiés près de la mer, la liste a probablement été constituée à partir de récits de grands voyageurs, souvent des érudits. Ce sont des ouvrages particuliers et non des villes ou des sites naturels. Par rapport aux réalisations grecques, de taille modeste mais très élaborées, elles sont gigantesques et laissent une forte impression. L'historien grec Hérodote () est le premier à décrire des réalisations qui lui avaient paru extraordinaires, et l'une d'elles au moins s'est trouvée, par la suite, rangée au nombre des merveilles, la pyramide de Khéops. Mais il ne la mentionne pas comme associée à d'autres « merveilles », ce qui laisse supposer qu'aucune liste canonique n'était encore constituée. La liste canonique. Leurs dates de construction, approximatives pour la plupart, s'étendent sur plusieurs siècles, entre environ pour la pyramide de Khéops et le début du pour le phare d'Alexandrie, considéré comme le plus récent. De nos jours, la merveille de Memphis existe encore, alors que toutes les autres ont disparu, après avoir souffert des incendies, des intempéries, des séismes, et aussi par la main de l'homme. Leur existence est attestée par des témoins archéologiques, exception faite des jardins suspendus de Babylone, dont il ne subsiste aucune trace et dont la réalité historique est mise en doute. La liste de Philon. Le fonds commun le plus ancien a été transmis par Philon de Byzance, différent de son célèbre homonyme. Cependant, la liste ne s'est pas imposée tout de suite et a subi au fil du temps de multiples modifications. Jean-Pierre Adam n'en dénombre pas moins de dix-neuf variantes entre le et le . Ce dont on est le mieux assuré, c'est que la liste qui nous intéresse n'a pu être établie définitivement avant l'érection du colosse de Rhodes, merveille régulièrement citée, ce qui implique qu'elle n'est pas antérieure au début du D'un autre côté, Antipater de Sidon, poète grec dont on situe la mort à la fin du , a écrit une épigramme contenant la mention la plus ancienne d'une liste complète. La composition de la liste doit donc se situer entre ces deux dates. La liste d'Antipater est l'une des trois qui concordent avec celle de Philon : <poem>« "J'ai contemplé" "le rempart de la superbe Babylone où peuvent courir les chars", "le Zeus des bords de l’Alphée", "les jardins suspendus", "le colosse d’Hélios", "l'énorme travail des hautes pyramides", "l’opulent tombeau de Mausole" ; "mais quand je vis la maison d’Artémis qui s’élance jusqu'aux nues, tout le reste fut éclipsé, et je dis : « Hormis le sublime Olympe, l’œil d’Hélios vit-il jamais une chose semblable !" »</poem> Les plus anciens témoignages écrits. Entre la période d'Hérodote et la liste de Philon, quelques auteurs ont mentionné ou décrit des réalisations étonnantes comme étant des « Merveilles du monde ». Callimaque de Cyrène. Callimaque, poète et polygraphe grec de la fin du , est célèbre en son temps et s'est fixé à Alexandrie où il tient un rôle important à la Bibliothèque. De son œuvre comportant, selon la "Souda", près de — dont un catalogue de la Bibliothèque constitué de , les Tableaux ("Pinakes") — ne nous sont parvenus, entiers, que et . Nous ne disposons pour le reste que de rares fragments de poésies diverses — principalement des iambes — et de quelques citations par des auteurs anciens. La Bibliothèque alexandrine et le Musée sont alors un centre culturel en effervescence. Des érudits y passent au crible les manuscrits dont ils assurent la conservation, les commentaires, la diffusion et la correction des copies. On les considère comme de . Nous connaissons ainsi leur goût des codex, des bibliographies, des catalogues, des listes, des scholies… Une épigramme fragmentaire trouvée sur un papyrus d'Oxyrhynchos nous apprend que le poète aurait bien parlé du Zeus de Phidias et indique la hauteur du trône. Strabon connaissait ce poème et y fait allusion : . Il dit aussi : ce qui pourrait faire allusion au même poète, qu'il admirait. S'il n'est pas possible de prouver qu'il est le créateur de la liste des Merveilles — selon Jean-Pierre Adam, —, Callimaque connaissait de nombreux monuments célèbres et les a chantés dans une poésie qui s'est perdue. Autres documents. Un papyrus du , de la même époque qu'Antipater, parmi les manuscrits grecs trouvés au Fayoum, région archéologique au sud-ouest du Caire, laisse voir parmi d'autres textes un bref fragment intitulé "Ta hepta the [amata]" (le titre est tronqué) où sont cités les Pyramides, le temple d'Éphèse et le tombeau d'Halicarnasse. Diodore de Sicile, historien compilateur grec du , nous parle des deux endroits décrits par Hérodote, à savoir les pyramides de Memphis et la ville de Babylone, et écrit une vingtaine de lignes sur son « jardin suspendu ». On trouve chez les Anciens soit le pluriel, soit le singulier, pour désigner les Jardins ["kremastos kèpos" ou "paradeisos" (qui a donné « paradis »)] ; mais sans doute que le pluriel est simplement une conséquence des terrasses élevées l'une au-dessus de l'autre. Vitruve, architecte romain du , auteur d'une somme considérable sur l'architecture, apparaît avoir entendu parler des Sept Merveilles puisque, dans un paragraphe qui lui est consacré, il rappelle que le Mausolée en fait partie : . Cependant, ce spécialiste évoque à peine l'Artémision et les murailles de Babylone, dont les jardins suspendus sont ignorés. Quand il évoque Rhodes et le siège fait par Démétrios Poliorcète, il ne mentionne pas le colosse. Ce Romain semble méconnaître, voire dédaigner les réalisations du monde grec. On peut même . Strabon, géographe grec de la fin du , confirme que, de son temps, une liste existait déjà, proche de celle que reprend Philon de Byzance. Ainsi, il parle du Mausolée : ; puis du rempart de Babylone : . Quinte-Curce, qui vécut pendant le règne de l'empereur Claude, eut l'occasion en écrivant sa "Vie d'Alexandre", au moment de l'évocation du séjour du jeune conquérant à Babylone, de décrire ses célèbres jardins, ce qui constitue, avec celui de Diodore, un des deux documents les plus importants sur cet ensemble botanique. Pline l'Ancien, qui vécut lui aussi au , sous Claude puis sous Néron, est l'auteur d'une "Histoire naturelle" monumentale. Esprit curieux et universel, il n'a pas hésité à s'intéresser à tout ce qui pouvait instruire ses contemporains et les étonner . Il nous parle, dans son consacré aux pierres, de cinq des sept ouvrages canoniques, cette fois avec le Phare, mais sans rien de Babylone et peu de Rhodes. C'est au que Pline nous renseigne sur la statue rhodienne mais pour la décrire sous la forme d'un géant abandonné à terre et désarticulé. Pausanias, géographe grec du , dit le Périégète, est l'auteur d'un panorama de la Grèce, . Ce grand voyageur s'est limité aux « merveilles » de la Grèce continentale et nous n'avons pu récupérer que sa description, heureusement très instructive, du "Zeus olympien". Philon de Byzance. Philon de Byzance est le seul auteur ancien qui a écrit un texte entièrement consacré aux Sept Merveilles du Monde. Si on ne trouve pas chez lui la description du Phare, c'est que ce dernier n'avait pas encore supplanté le rempart babylonien qui, en contrepartie, est inclus. Il est à l'origine de la popularité de ces monuments. L'auteur. Il n'y a plus, aujourd'hui, de philologues qui croient encore que le « Philon de Byzance de la Liste » soit l'ingénieur grec, auteur d'un ouvrage essentiel pour nos connaissances sur les techniques anciennes. C'est à la fin du qu'un nommé Fabricius mit le premier en doute la personnalité de Philon, argumentant que ses descriptions techniques sommaires n'avaient aucune affinité avec les connaissances du mécanicien renommé. Dans l'Antiquité, le nom de « Philon » était courant, comme était bien connue la ville de Byzance. Selon Jean-Pierre Adam, il a été dénombré pas moins d'une soixantaine de Philon, dont dix-neuf ont écrit, et parmi eux, Philon d'Héraclée qui fit un traité sur les Merveilles de Scythie, au . Le document n'ayant aucun repère chronologique, les spécialistes qui se sont penchés successivement sur le texte, ont tout de suite été persuadés que cet auteur était loin du style du « vrai Philon » et qu'il était d'une façon certaine un rhéteur appartenant à une école byzantine que ces philologues ont pu dater entre le tout au plus, particulièrement en raison d'habitudes d'écriture spécifiques à des écoles de période bien définie. L'histoire du document. Il n'en existe qu'une copie unique, datant du , selon l'examen du manuscrit et de la calligraphie, mais pas plus loin que la première moitié de ce siècle. Sa présence a été attestée dans un monastère du mont Athos et il devait s'y trouver encore entre le , à peu près l'époque où on suppose qu'il est entré à l'université de Heidelberg, peut-être par l'intermédiaire de l'abbaye de Sponheim, fournisseur habituel de ses manuscrits. En 1623, lors de la guerre du Palatinat, la ville de Heidelberg, foyer protestant, fut prise par Maximilien de Bavière, chef de la Ligue catholique. Le Pape en profita pour se faire transporter à grands frais la Bibliothèque palatine à Rome. Leo Allatius qui veilla au convoi, eut, en qualité de bibliothécaire de la Vaticane, la tâche de procéder à un catalogue détaillé. Il était donc bien placé pour être le premier à découvrir l'intérêt du document de Philon, texte inscrit sous l'intitulé "Palatinus 398". En 1640, philologue de formation, Allatius, pour avoir l'honneur de l""', le fait publier dans la hâte avec sa propre traduction latine, une édition que finalement les spécialistes jugent médiocre. Un Français, Boessius, helléniste averti qui, au cours d'une mission diplomatique auprès du Saint-Siège, avait repéré le texte vingt-huit ans plus tôt et y avait travaillé pour son loisir, pense alors que sa traduction est bien meilleure et la fait éditer en 1661 parmi un recueil de miscellanées. Mais son texte est trahi par un nombre déplorable de fautes d'impression qui le rendent inintelligible. En 1797, la France révolutionnaire défait l'armée pontificale et emporte en butin cinq cents manuscrits. Le "Palatinus 398" arrive ainsi à Paris. Un érudit nommé F.J. Bast, qui parcourt le codex, tombe lui aussi sur le fameux texte de Philon et publie en 1805, sans le texte de fond, des notes critiques. En 1816, après l'exil de Napoléon, le Saint-Siège réclame ses œuvres d'art et la partie de sa bibliothèque. De son côté, l'université de Heidelberg n'a pas oublié non plus et demande la restitution des volumes qui lui furent jadis prélevés par le Vatican. Finalement, le "Palatinus 398" fit son retour à l'université allemande, où il est encore aujourd'hui. Le texte. Le texte a pour titre « "Péri tôn hépta théamatôn" » ["À propos des sept merveilles"] et représente un ensemble de six feuillets : un prologue et, pour chaque Merveille, un paragraphe. La dernière phrase du sixième paragraphe, pas tout à fait terminé, sur l'Artémision, est tronquée : elle marque d'ailleurs la fin du document et, ainsi, le texte du Mausolée, le septième annoncé, manque et n'a pas été retrouvé. Chaque description, de longueur inégale, ne dépasse pas quelques dizaines de lignes. Comme les deux premières éditions avaient été boudées, un certain Orelli, à Leipzig, procéda, en 1816, à une édition enrichie et enfin apte à la consultation. Elle contient la transcription grecque de Boessius et sa traduction latine, quelque peu corrigées et abondamment annotées. Mais, de nos jours, c'est l'édition Hercher de 1863 qui prévaut, car elle a été établie en respectant les critères scientifiques. Cette édition comporte toujours une seule traduction, faite en latin. Le jugement de Jean-Pierre Adam est sévère : . Si les contemporains de Philon ont pu rêver, ses descriptions sont pour nous, en effet, dépourvues d'attrait et ne s'éloignent pas de ce que nous lisons habituellement dans une brochure touristique. De toute manière, on ne pouvait guère s'attendre, de la part d'un simple compilateur, à un récit de grand voyageur ou à un reportage vécu. Il s'agit simplement d'un exercice de style d'une inspiration courte, puisée çà et là chez divers auteurs. Philon nous apparaît donc comme un rhéteur habile mais un écrivain peu captivé par son sujet, lequel est prétexte à développer, sous un style châtié et de belles envolées lyriques, des lieux communs et des préceptes moraux. À propos des Sept Merveilles. Le Phare d'Alexandrie. Ouvrage pratiquement contemporain du Colosse, cette tour-fanal apparaît seulement dans les listes tardives, généralement en remplacement du rempart de Babylone, et termine la liste canonique adoptée jusqu'à nos jours. Sa renommée semble due à son rôle utilitaire et au style singulier de sa construction et elle est érigée pour honorer la mémoire de Ptolémée Sôter qui développe Alexandrie. La cité, alors centre culturel avec son musée et sa bibliothèque, n'est certainement pas étrangère à la popularité de cet édifice. Mais il a fallu attendre un hasard de l'époque de la Renaissance pour retrouver cet ouvrage définitivement intégré à la liste des Merveilles. Le Temple d'Artémis. L'Artémision d'Éphèse du , qui est incendié en -356 par Érostrate, n'a jamais fait partie d'une quelconque sélection de monuments privilégiés car à cette époque, si ce temple était déjà universellement admiré, aucun texte ne parlait de listes de merveilles ; et lorsqu'une d'entre elles devint populaire, ce premier temple avait depuis longtemps disparu pour faire place à un second, rehaussé mais construit à l'identique. Pline l'Ancien, qui ne peut avoir vu que le dernier des deux, a lui-même, dans son récit, confondu l'un et l'autre : L'architecte construit bien le premier temple mais le sculpteur ne travaille au second qu'au moins deux siècles plus tard. Les Pyramides. Les Pyramides, pour la plupart des auteurs principaux, Hérodote, Diodore de Sicile, Strabon, Pline l'Ancien et aussi Philon, forment une merveille dans leur ensemble. Pline écrivait : . Ces trois sœurs qui ont toutes leur angle sud-est parfaitement aligné et leur porte d'entrée sur le côté nord ont autrefois paru indissociables. La liste définitive a consacré la pyramide de Khéops, parce qu'elle est évidemment la plus ancienne, la plus complexe, voire la plus ésotérique, mais surtout parce que, aux yeux de l'arpenteur, elle dépasse — mais de très peu — celle de Khephren. Curieusement, pour un visiteur arrivant de tous côtés — excepté du nord —, c'est cette dernière qui semble, grâce à une légère élévation du terrain, la plus haute ; à tel point que les chroniques arabes les ont parfois confondues. Khéops est le premier essai tâtonnant — et par imitation de celle de Snefrou, à Meidoum — d'une architecture poussée à l'extrême et, aussi, selon certains spécialistes d'architecture, la pyramide qui présente le plus d'anomalies de structure interne. Khephren, qui a le mieux résisté, a conservé son revêtement sommital et fait pour ainsi dire figure de « pyramide générique ». Sa silhouette plus élancée a été inspirée directement par l'équerre égyptienne : deux triangles rectangles — de côtés en proportion 3,4 et 5 — accolés verticalement par leur base lui donnent sa pente. De son côté, Mykérinos, la plus soignée, est généralement dédaignée. Cette dernière pyramide, selon Strabon, , mais, en contrepartie, selon Diodore, elle séduit davantage car elle . Il y a enfin le Sphinx, dont aucun visiteur, à l'exception de Pline l'Ancien, n'a noté la présence : . Un couple inséparable. Selon la légende la mieux suivie, Artémise II aurait elle-même décidé de construire pour son époux et frère le splendide monument qui aurait consacré son amour conjugal. L'assertion de Pline que l'on trouve dans sa fameuse description du Mausolée a généralement prévalu. Cette version n'a jamais fait l'unanimité. Déjà, Vitruve avait écrit que c'est Mausole lui-même qui entreprit cette construction à sa propre gloire posthume. Ce prince suivait en cela une tradition de vanité très répandue à son époque chez les souverains. On ne compte plus, en effet, les tombeaux monumentaux érigés en Asie Mineure et notamment en Lycie. De son côté, Lucien consacre à Mausole un chapitre de son "Dialogue des morts", le peignant comme un homme orgueilleux et très fier de s'être fait construire le plus beau tombeau de la terre. André Coutin écrit : , et Jean-Pierre Adam, d'autre part, écrit : . Chacun dans son ouvrage respectif accrédite donc spontanément cette seconde opinion mais sans toutefois en donner une plus longue explication. L'historien Sainte-Croix avait auparavant nettement tranché : . Une réalisation d'un tel raffinement et d'un tel gigantisme n'a pas pu s'improviser juste après un décès, surtout que la veuve, durant les deux courtes années de son autorité, dépensa du temps et de l'argent à défendre sa cité contre Rhodes et à contre-attaquer et punir les insulaires. Les artistes renommés choisis pour l'ouvrage, dispersés et venus de fort loin, ont dû être retenus longtemps à l'avance pour être réunis. Comme il est peu commun, d'autre part, qu'une épouse soit à ce point exaltée qu'elle ait songé à la manière d'enterrer son conjoint encore en vie, il est plus vraisemblable que Mausole, lui-même un grand bâtisseur, ait désiré contempler « de ses yeux » le reflet de sa puissance. Cependant, il reste possible que les époux inséparables eussent tous deux souhaité être réunis dans la mort. Dans l'hypogée, on retrouva un reliquaire et un sarcophage qui pouvait être celui de la reine, l'usage carien imposant alors aux hommes l'incinération. En admettant même la légende qui veut que l'achèvement de la statuaire se soit fait tardivement et au compte des artistes, on peut avancer qu'Artémise eût pu très bien en avoir été maître d'ouvrage quand son époux était très occupé, et qu'elle le fût naturellement pendant son veuvage pour la continuation des travaux. C'est peut-être une des raisons de la persistance de ce point de vue. Une ville mythique. Babylone, dont il ne reste presque rien, a livré, avec les Jardins, la Merveille la plus énigmatique. Si la tour colossale, peut-être celle dénoncée par les récits bibliques et considérée longtemps comme mythique, est bien décrite sur place par Hérodote, les Jardins, célébrés par plusieurs chroniqueurs, restèrent invisibles aux yeux de cet historien ; tandis que Ctésias au , capable de passer en revue toutes les curiosités babyloniennes, construites ou relevées un siècle et demi à peine auparavant, les ignore complètement. Leur trace n'a pas été non plus retrouvée par les archéologues qui avaient pourtant mis au jour l'enceinte et la base de cette même tour appelée « Etemenanki ». Pas davantage de jardins sur les tablettes mésopotamiennes où l'on voit des plans de la ville et de ses principaux monuments. Les compilateurs latins, Ampelius du , qui a pourtant écrit sur Sémiramis et le rempart de Babylone, et Hygin du , dans son "Septem opera mirabilia", ont donné le palais de Cyrus en lieu et place des Jardins suspendus. Les seules représentations qui nous en suggèrent une idée viennent des bas-reliefs de Ninive avec des terrasses à végétation, soutenues généralement par des colonnes à chapiteau. Nous sommes donc loin des voûtes nécessaires pour supporter un étagement important. Et si aucun auteur ne paraît avoir vu ces jardins, aucun n'indique le nombre de terrasses ; et tous ne sont pas d'accord sur la description de leur système hydraulique, leur emplacement et le maître d'ouvrage. Le cellier voûté de la porte d'Ishtar, dégagé par l'Allemand Koldewey à la fin du , n'a pu, par ses trop modestes dimensions, représenter la plateforme d'un jardin royal important. Il est en tout cas difficile de concevoir que l'espace de verdure aussi réduit du « véritable » jardin (un carré de de côté) ait été l'élément qui accrochât l'œil, adossé à un rempart lui-même célébré comme une merveille, imposant et interminable, dont la longueur était, si l'on en croit les Anciens, plus d'une fois et demie le tour de la ville de Paris. Cependant, le tracé retrouvé de la dernière cité fit état, lors des récentes fouilles, d'une enceinte extérieure de pour une intérieure de . Le savoir-faire des jardiniers et des fontainiers de la Mésopotamie n'étant plus à démontrer, il fait peu de doute que les jardins-oasis ont proliféré dans cette région pendant des siècles, se sont améliorés, montrant des aspects multiples, au gré des souverains et des modes. Quoi qu'il en soit, au fil du temps, s'est probablement imprégnée dans la mémoire des voyageurs parvenus au terme d'un parcours harassant à travers une contrée désertique, la fantastique vision de chevelures de forêts et de vergers flottant au-dessus des murailles, et les imaginations ont ensuite échafaudé le mythe. Enfin, tous les écrits réunis à son sujet montrent une seule chose qui soit certaine : cette ville dont on a constamment vanté, avec les plus flatteurs superlatifs, les murailles, les portes d'airain, le pont sur le fleuve, la galerie sous le fleuve, les quais, les deux palais, le temple de Marduk, les statues, la ziggourat, la citerne, les jardins fut assurément à elle seule une vraie merveille : , écrivait Hérodote (I, 178). Un flou artistique. Le principal obstacle pour figurer les Sept Merveilles est l'insuffisance des informations qui nous sont parvenues. Les Jardins suspendus de Babylone, qui sont tout à la fois aisés et impossibles à reconstituer, en sont l'exemple le plus significatif. On peut, d'autre part, facilement concevoir qu'à l'époque de Pline les secrets de la construction de la pyramide de Khéops aient été perdus après tant de siècles. Parmi tous les auteurs qui ont parlé des pyramides, aucun n'en a donné une hauteur approchante. Jean-Pierre Adam remarque que les Anciens sont en défaut sur toutes les mesures de points inaccessibles. Pour les pyramides, une illusion d'optique — créée probablement par la course des arêtes — fait généralement apparaître la hauteur très proche d'un des côtés de la base, lequel la représente en réalité une fois et demie. Pline, qui croyait sans doute la méthode de Thalès de Milet connue depuis le , a entériné de bonne foi les dimensions qu'on lui a transmises. Si cet auteur était soucieux de donner des mesures, il doit parfois s'en passer : le tombeau de Mausole est légèrement plus court d'un côté que de l'autre et la hauteur de son dernier étage est sensiblement égale à celle de l'étage en dessous. Les imprécisions des hauteurs du Phare sont encore plus déroutantes. De simplement « haut » pour Strabon à « très élevé » chez Jules César, son premier étage, aux yeux des chroniqueurs arabes, gagne une dizaine de mètres en un siècle, de Massoudi () à Ibn al-Dayg (1165), alors que le deuxième étage les gagne sur le même Massoudi avec El-Makrisi au . La hauteur totale du Phare varie en absolu entre (Massoudi) et (Ibn Joubère). Les effondrements et les réparations ou reconstructions des parties hautes à différentes périodes ont encore mieux embrouillé les dimensions originales. Chez Pline, il n'y a aucune indication sur les sculptures ornementales du mausolée d'Halicarnasse et leur implantation, tout comme celles de l'Artémision pour lesquelles il avoue son désintérêt : . Cela a mis et met toujours dans l'embarras tous les essais de restitution. L'attitude du colosse de Rhodes tant de fois contemplé n'a jamais fait l'objet d'une description. Et ainsi retrouve-t-on une multitude de dessins le représentant dans des positions les plus singulières, dont le spectaculaire et impossible enjambement qui a eu du succès jusqu'au cinéma. À l'inverse, Pausanias, qui est pratiquement le seul à s'absorber dans une ekphrasis, dépeint le Zeus d'Olympie et sa décoration avec minutie, mais sans jamais donner une seule dimension : . En revanche, la science archéologique donne de meilleures précisions. Le chiffre 7. La liste des Merveilles doit probablement une part de sa célébrité à ce chiffre mystique. Cette notion, qui ne s'est pas formée bien sûr avec ces seuls monuments, aurait été transmise, selon Jean-Pierre Adam, par le courant philosophique pythagoricien. Les séries et les nombres premiers ont toujours fait l'objet d'une attention particulière. L'École pythagoricienne qui s'adonna aux spéculations ésotériques fut fermement critiquée par les tenants d'Aristote qui l'avait lui-même combattue dans son ouvrage "La métaphysique", mais elle revint à la mode à l'époque de Cicéron avec l'école néo-pythagoricienne. Cependant, la superstition du chiffre magique serait plutôt venue d'Asie mineure, comme semblerait le confirmer un traité ionien "De hebdomadis" qui lui est consacré. Ceci pourrait expliquer dans la « liste des Merveilles » le nombre supérieur de réalisations d'Asie mineure, donc extérieures à la Grèce proprement dite. Par la suite, le chiffre « 7 » eut un succès qui ne se démentit jamais dans tous les domaines et on ne compte plus les groupes de sept éléments. Même Isaac Newton ne repoussait pas l'irrationnel et, quand il eut découvert la décomposition de la lumière blanche, trouva l'idée de faire d'une infinité de teintes un ensemble de sept couleurs qu'on trouve dans l'arc-en-ciel. La réaction romaine. En dehors du monde gréco-romain, Babylone, Thèbes et Ecbatane eurent droit à quelques nominations. Le monde romain devait déjà beaucoup à la culture hellénique, dont il avait copié des œuvres essentielles, et réagit diversement aux monuments grecs qui suscitaient une admiration universelle. H. Schott, qui consacra en 1891 une thèse sur les « Merveilles », constitua trois catégories et classa dans la deuxième toutes les réalisations romaines en y englobant des listes allant jusqu'à la trentaine de monuments. . D'abord, Pline l'Ancien admet les merveilles grecques et les décrit sans réticence. D'un goût éclectique et d'un jugement avisé, il y mêle aussi des monuments peu cités : les obélisques et le Sphinx égyptiens ; le temple de Cyzique et, à considérer ses vestiges, il fut le plus colossal jamais érigé ; les labyrinthes d'Égypte, de Crète, de Lemnos, d'Étrurie, et aussi les Jardins suspendus de Thèbes. Un sursaut de chauvinisme bien compréhensible lui fait dire à propos de Rome, ville bien pourvue en monuments spectaculaires : [là aussi, elle a vaincu le monde entier]. Et comme les Romains, dans le domaine de la construction gigantesque, demeurent inégalables, il ne lui a pas été difficile d'ajouter dix-huit merveilles de la ville éternelle, où le Capitole et le Colisée ont une place de choix. Parmi ceux qui ont pu diffuser la liste chez les Latins, Varron, écrivain polygraphe, respecté des Anciens, apparaît le plus vraisemblable. S'il ne reste rien de ses écrits, ceux-ci ont été abondamment commentés. Il écrivit un ouvrage avec le chiffre « 7 » comme sujet principal : "Hebdomades", où pratiquement toutes les catégories étaient représentées, y compris les Sept Merveilles du monde, puisque Aulu-Gelle, auteur du , juge, non sans une pointe de jalousie, cette énumération : .
Littérature espérantophone La littérature espérantophone comprend l’ensemble des œuvres écrites par des auteurs de nationalités variées parlant espéranto. Son histoire commence le avec la publication de l'ouvrage "Langue Internationale" par Louis-Lazare Zamenhof, initiateur de la langue. On recense aujourd'hui plus de en espéranto, originaux ou traductions. Ils sont essentiellement disponibles auprès de librairies gérées par le mouvement espérantophone. L’une des plus importantes est le "libro-servo" de l’association mondiale d’espéranto qui compte plus de . L’Esperanta PEN-Centro a été admis en 1993 au sein du PEN-Club International (Poètes, Écrivains, Nouvellistes), la seule organisation d’écrivains admise au sein de l'UNESCO. William Auld, poète écossais, fut proposé de 1999 à 2006 comme candidat au prix Nobel de littérature par l'association des écrivains espérantophones. Depuis 2007, le poète islandais Baldur Ragnarsson est proposé. Histoire de la littérature espérantophone. La littérature espérantophone possède différentes grandes périodes dans son histoire. Leurs nombres varient selon les auteurs : les analyses traditionnelles en considèrent trois. Toutefois, d’autres analyses en donnent plus : Jukka Pietiläinen en considère quatre, Geoffrey Sutton, dans son ', cinq ou encore six dans l’' de Carlo Minnaja et Giorgio Silfer. Le découpage en trois parties est d’abord formulé par William Auld en 1958, dans la préface de son '. Toutefois, le découpage d’Auld est restreint à l’histoire de la poésie originale. Ce même découpage est élargi à toute l’histoire de la littérature, et utilisé en tant que tel par en 1993 dans ' et par en 2000 dans "." Cette division est basée sur des évènements externes à l’histoire de l’espéranto : les Première et Seconde Guerre mondiale. Toutefois, estime que la division en trois périodes n’est pas scientifique, mais pratique. Il estime que ce découpage est clairement visible pour la poésie originale, mais qu’il incertain pour la prose et les nouvelles, et inexistant pour les romans et les drames. Carlevaro constate également que pour la poésie, il y a des zones de flou : certains poètes identifiés comme appartenant à une période continue à produire durant d’autres périodes. Son dernier constat est que la littérature espérantophone étant encore relativement jeune ( en 1974, au moment du constat), il s’agit d’un temps trop court pour permettre une division correcte. 1887-1920 le premier romantisme et la quête du style. Le premier roman en espéranto date de 1907, c'est-à-dire vingt ans après les premiers poèmes de Zamenhof. Durant ces vingt ans, les auteurs se sont principalement essayés sur des traductions et, en ce qui concerne la littérature originale, ont produit de la poésie. C’est au docteur Henri Vallienne, un médecin français, que l’on doit le premier roman originellement écrit en espéranto "Kastelo De Prelongo" (1907) ; il traite des relations entre les membres d’une famille française noble et ses domestiques. L’année suivante, Vallienne, qui dut abandonner sa carrière professionnelle à cause de son état de santé, écrivit un second roman ' Les deux ouvrages sont intéressants même s’il ne faut pas faire trop attention aux imperfections linguistiques ; Vallienne étant un auteur pionnier à une époque où la pratique de l’espéranto n’en était qu’à ses débuts. Après les romans de Vallienne, ont suivi deux ouvrages de Heinrich August Luyken, "Paŭlo Debenham" (1911) et ' (1913). Pendant la Première Guerre mondiale paraît un roman philosophique, "" de Tagulo (nom de plume de ). Il s’agit d’une utopie où l’auteur expose sa philosophie de vie qui relève des idées socialistes et végétariennes. 1921–1930 : romantisme mature et éclosion littéraire. Après la Première Guerre mondiale, Luyken va de nouveau enrichir la littérature espérantophone de deux romans : ' (1922) et "Pro Iŝtar" (1924). Le néerlandais Hendrik Bulthuis écrit trois romans "Idoj de Orfeo" (1923), ' (1926) et ' (1928). Jean Forge, scénariste polonais livre ' en 1923 et "" en 1924 puis "Mr. Tot aĉetas mil okulojn" en 1931. Mais le roman en espéranto le plus important de l’entre-deux guerres est sans doute celui de Julio Baghy, un auteur déjà connu pour ses poésies. "Viktimoj" (1925) le premier roman de cet acteur dramatique hongrois s’inspire de son expérience de prisonnier de guerre en Sibérie. Ce livre devient particulièrement populaire auprès des espérantophones. Baghy livrera un deuxième roman " en 1930, d’un style différent puisqu’il le qualifiera lui-même de « grimace ». 1931–1951 : mouvement parnassien. En 1931 parait le troisième roman de Baghy, ", où il montre tout son romantisme. En 1933, il se montre assez critique vis-à-vis du cliché de l’espérantophone dans "Paŭlo Paal (Verdaj Donkiĥotoj)". La même année, il livre la suite de "Viktimoj" dans "Sur sanga tero" qui porte toujours sur son expérience sibérienne. Le premier roman en espéranto important de l'après-guerre est "Kredu Min, Sinjorino!" du Suisse Cezaro Rossetti. En partie autobiographique, l’auteur nous livre avec beaucoup d’humour toutes les ficelles du métier d’exposant de foire. 1952-1974 : du post-parnasse au modernisme. C’est en 1958 que le livre de , "" est édité en espéranto. Une traduction hongroise était déjà parue en 1941. Là encore nous sommes face à l’un des romans les plus importants de la littérature espérantophone. Il s’agit d’une contre-utopie sur le modèle des "Voyages de Gulliver". En 1963, c’est Raymond Schwartz, célèbre chansonnier espérantophone qui livre "Kiel akvo de l' rivero", son second roman (le premier " (1930) décrit l’expérience d’une jeune Allemande à Paris). Ce livre a pour protagoniste un jeune Lorrain partagé entre la France et l'Allemagne qui s’engagent sans cesse un peu plus sur la voie de la guerre. 1975–1991 : poésie expérimentale et romans. Ces deux décennies sont celles où parurent le plus de romans en espéranto. Avec Claude Piron, , et István Nemere le roman policier s’impose. depuis 1991 : post-modernisme. Pendant cette période, des pièces de théâtre ont été rédigées et servent de base à des exercices de manuels d’apprentissage. On peut citer " et "Nemave Edifi" de Stefan MacGill, ouvrages dans lesquels apparaissent l’agent secret 005, parodie de James Bond. On trouve également davantage de livres pour enfants, comme "Arne, La Ĉefido", lequel a reçu un prix en 2006. Dans le thème des romans policiers, "Skabio" parait en 2015 sous la plume de l’écrivain suédois Sten Johansson. Certains romans écrits à cette période sont devenus des incontournables, tel "La Ŝtona Urbo" de Anna Löwenstein (1999), œuvre de fiction historique entre personnages celtes et romains. Dernière décennie. Depuis 2010, l’auteur australien Trevor Steele est assez prolifique. Après avoir livré deux romans concernant l’histoire des aborigènes et des colons australiens, "Flugi kun kakatuoj" et "Paradizo ŝtelita", il a également écrit d’autres romans reconnus à l’international : "Konvinka Kamuflaĵo", "Dio ne havas eklezion" et "Amo inter ruinoj". À la même époque, André Cherpillod, quant à lui, publie divers ouvrages sur des thèmes scientifiques, linguistiques ou historiques. Une certaine volonté existe désormais de proposer des histoires aisées à aborder pour de nouveaux apprenants d’espéranto. Ainsi, des recueils de nouvelles apparaissent sous la forme de revues, comme "Beletra Almanako", ou comme ouvrages uniques. Parmi eux, citons "" de , publié sous licence CC-BY-NC-ND 3.0 et disponible en format numérique sur un site dédié. Des livres à portée politique ont également fait leur apparition. Citons notamment "Homoj de Putin" (2014), "Krimeo estas nia" (2015) et "Idoj de la imperioj" (2016) de , relatifs à la popularité de Vladimir Poutine en Russie, à la crise de Crimée et à la situation des russophones dans les pays baltes. Genres. Œuvres originales en espéranto. À côté des traductions, les œuvres originales de Julio Baghy, Kálmán Kalocsay, , , Jean Forge, Edmond Privat, Raymond Schwartz sont devenues des classiques de la littérature en espéranto. L'influence de l'École hongroise est déjà perceptible : les quatre premiers sont hongrois. Les genres se diversifient avec Marjorie Boulton, John Francis, William Auld, Ivo Lapenna (rhétorique), Tibor Sekelj (récits d'exploration), de même que la situation géographique des auteurs : Masao Miyamoto (Japon-Chine), (Afrique du Sud-USA), Sylla Chaves (Brésil), et (Nouvelle-Zélande). Le travail accompli par Gaston Waringhien (essais, grammaire complète, lexicographie, traductions) est prodigieux. Durant ces dernières années, de nouveaux noms se sont imposés : István Nemere (écrivain hongrois qui a commencé à écrire aussi en espéranto) et Johán Valano. La présence de la poésie a toujours été très importante en espéranto. Zamenhof fut d'ailleurs le premier poète espérantiste, puisqu'il s'exerça à cette forme d'expression à l'aide d'une langue encore "embryonnaire" et "rudimentaire", qu'il lui fallait éprouver. Parmi ses poésies célèbres figurent "La Espero", devenu l'hymne de la collectivité espérantophone ou encore sa ' lue lors du congrès mondial d’espéranto de Boulogne-sur-Mer en 1905. De nos jours, l'ouvrage le plus représentatif est l’' qui, sur les 888 pages de sa seconde édition (1887-1981) présente écrites par originaires de . La première revue en espéranto, "La Revuo", fut éditée par Hachette, à Paris. Elle parut de 1906 jusqu'à la Première Guerre mondiale. Le vide créé par sa disparition se combla grâce à d'autres publications comme "Literatura Mondo" (Budapest), "Norda Prismo" (Stockholm), ' (Nice), et de nos jours par ' (Brésil, 1980-2006), "Literatura Foiro" (Milan, fondée en 1970) "" (Portugal, fondée en 2007) et "Beletra Almanako" (New York, fondée également en 2007). Œuvres traduites vers l’espéranto. Par la traduction, l'espéranto s'est enrichi et adapté aux besoins. Le s'attela à des traductions aussitôt après avoir établi les principes de base de cette langue, notamment : "Hamlet", "Iphigénie en Tauride", "L'Inspecteur général", "Les Brigands", "George Dandin", les "Contes" d'Andersen, "Marta" et l'Ancien Testament. Zamenhof fonda la Bibliothèque de la Langue Internationale en 1894 et fut ensuite très vite rejoint par des hommes de grand talent, parmi lesquels Antoni Grabowski, Kazimierz Bein (Kabe), Jozef Wasniewski, dont la créativité et l'apport se révélèrent considérables. Ingénieur de son état, Grabowski était aussi un amoureux de la poésie et un grand polyglotte. À part son épouse, c'est avec lui que le eut sa première conversation en espéranto. Kabe fut le premier littérateur espérantiste et sans doute l'un des plus brillants. On lui doit "Le Fin-fond de la misère" de Sieroszewski, "Le Pharaon" de Boleslaw Prus, ainsi que "Pères et fils" de Tourgueniev. Des traductions d'une grande variété apparurent : Virgile, Homère, Molière, Voltaire, Shakespeare, Goethe, Dante, Tolstoï, Ibsen, Tolkien, Tagore, Omar Khayyam, Jean-Paul Sartre, Albert Camus et bien d'autres. À cela se sont ajoutées des anthologies ainsi que des textes philosophiques, religieux ou politiques. Parmi les œuvres de la littérature francophone traduites figurent entre autres "Andromaque", "Les Fleurs du mal", les "Lettres persanes", "Un Cœur simple", "Le Petit Prince" ou encore "L'Étranger". Bandes dessinées. L'adoption de cette langue dans la bande dessinée est récente. Si "Astérix" () et "Les Aventures de Tintin" () existent dans des dizaines de langues dont l'espéranto, "Nudpieda Gen" ("Gen d'Hiroshima") n'existe en revanche qu'en japonais et en traductions allemande, anglaise, française et espéranto. On trouve aussi une adaptation BD du "Pharaon" de Boleslaw Prus, un album de "Gaston Lagaffe" et des traductions d’"Anselme Lanturlu". Les auteurs de BD originales en espéranto sont assez rares. Parmi les plus prolifiques citons Arnau, auteur catalan de plusieurs albums ; , auteur français qu'on retrouve plus ou moins régulièrement dans une dizaine de revues, en particulier ', revue qui depuis son numéro 1 en 1977, publie régulièrement des bandes dessinées originales. Notons aussi le magazine ' spécialisé dans la bande dessinée, initialement réservé à l'Internet et qui sort en son premier numéro papier. Récemment en 2012, la série de comics américaine "Saga" de Brian K. Vaughan et Fiona Staples utilise l'espéranto comme base pour les incantations de ses personnages en « langage bleu ». Analyse des écrits. Littérature et associations. La contribution de SAT, organisation socio-culturelle à vocation émancipatrice, fut importante surtout entre les deux guerres dans le domaine de l'édition : œuvres traduites de Jack London, Voltaire, œuvres originales de Lanti (Eugène Adam), Barthelmess, Sándor Szathmári; biographies (Rosa Luxembourg), lettres de Zamenhof, ouvrages de vulgarisation scientifique, etc. Après la Seconde Guerre mondiale, les efforts de cette organisation se sont portés essentiellement sur l'édition de dictionnaires d'espéranto, notamment le Plena Ilustrita Vortaro de Esperanto (PIV) qui fait autorité dans le monde entier et de la revue annuelle Sennacieca Revuo. Depuis 2007, SAT a recréé sa coopérative d'édition (SAT eldona fako kooperativa) et tente une diversification de ses éditions. Femmes espérantophones. Il convient de souligner le rôle des femmes dans le fait que l'espéranto est la seule langue construite qui soit passée de l'état de "projet" à celui de "langue vivante". La plus jeune des filles du Zamenhof, Lydia, qui mourut avec sa sœur Sofia dans le camp nazi de Treblinka, traduisit "Quo vadis ?" de Sienkiewicz. Marie Hankel fut la première femme poète. Simple télégraphiste, l'Estonienne Hilda Dresen devint un grand talent de la poésie par sa description de la nature nordique, alors que l'Anglaise Marjorie Boulton, professeur de littérature anglaise diplômée d'Oxford, excellait tant dans l'histoire de l'espéranto que dans une poésie et une prose non dépourvues d'originalité et d'humour. On peut certes regretter que l'activité et la sensibilité féminines soient encore sous-représentées au sein de l'Académie d'Espéranto.
Liste d'écrivains hongrois Q. x U. x X. x Y. x
Langues régionales ou minoritaires d'Allemagne L'Allemagne a ratifié le la charte européenne des langues régionales ou minoritaires et reconnaît dans ce cadre les langues suivantes : Langue régionale : Langues minoritaires :
Liste de jeux vidéo Cette page référence l'ensemble des articles listant des jeux vidéo sur Wikipédia
Loi d'Ohm La loi d'Ohm est une loi physique empirique qui lie l'intensité du courant électrique traversant un dipôle électrique à la tension à ses bornes. Cette loi permet de déterminer la valeur d'une résistance. La loi d'Ohm a été ainsi nommée en référence au physicien allemand Georg Simon Ohm qui la publie en 1827, dans son œuvre "". Énoncé de la loi d'Ohm. On note : La loi d'Ohm établit que (en convention récepteur) :formula_1 Un conducteur ohmique est un dipôle vérifiant la loi d'Ohm. Unités. Dans la loi d'Ohm, la tension est exprimée en volts (), la résistance en ohms () et l’intensité en ampères (). Interprétation de la loi d'Ohm. La loi d’Ohm indique que la tension aux bornes d’une résistance est proportionnelle à l’intensité du courant qui la traverse. Ce coefficient de proportionnalité est la valeur de la résistance. La valeur de la résistance est une constante et ne varie donc pas lorsque l'on modifie la tension ou l'intensité. Utilisation de la loi. Selon son expression et les grandeurs connues, la loi d’Ohm permet d’obtenir différentes grandeurs : Caractéristique d'un conducteur ohmique. Lorsqu'on trace la caractéristique d'un conducteur ohmique (c'est-à-dire le graphique de la tension en fonction de l'intensité), on obtient une droite passant par l'origine. La pente de cette droite est la valeur de la résistance. Point de vue macroscopique. En courant continu et en régime établi. La différence de potentiel ou tension (en volts) aux bornes d'un résistor de résistance (en ohms) est proportionnelle à l'intensité du courant électrique (en ampères) qui la traverse, ou la d'un dipôle est égale au quotient de sa par l' du courant : avec et orientées en sens opposés (dipôle en convention récepteur). N.B. : si et sont orientées dans le même sens (dipôle en convention générateur), la loi devient alors : On peut en déduire : Cette loi porte le nom de Georg Ohm qui a travaillé sur le comportement des conducteurs métalliques. Elle s'applique de manière satisfaisante aux conducteurs métalliques "thermostatés". Lorsque la température varie, la valeur de la résistance varie également de manière plus ou moins simple, ce qui impose d'introduire des termes correctifs. Par convention, on conserve la loi et on introduit les termes correctifs dans la valeur de la résistance du conducteur. En courant alternatif. La loi précédente se généralise au cas des courants sinusoïdaux en utilisant les notations complexes. On note et respectivement la tension et le courant complexes. La loi d'Ohm s'écrit alors : où est l'impédance complexe du dipôle considéré, qui peut être constitué de dipôles linéaires (résistances, condensateurs et inductances). Dans un circuit RLC série. Par application de la loi des mailles, Avec : Point de vue local (mésoscopique). Énoncé de la loi d'Ohm locale. D'un point de vue local, c'est-à-dire mésoscopique, la loi (locale) d'Ohm s'énonce en disant que la mobilité des porteurs de charge est indépendante de formula_8. À noter que la loi d'Ohm doit respecter certaines conditions : Si on note la mobilité des porteurs de charge, leur vitesse s'écrit alors formula_9 (la direction du mouvement dépend du signe des porteurs) ; la densité de courant formula_10 associée à une densité de porteurs vaut quant à elle : où est la charge électrique du porteur (en valeur absolue). On note la conductivité électrique du matériau (pour un seul type de porteur). On a alors la loi locale d'Ohm pour un seul type de porteur : Si on a plusieurs types de porteurs, comme les électrons et les trous dans un semi-conducteur ou des ions différents dans un électrolyte, la densité de courant devient : avec formula_14, donc formula_15. On a alors la conductivité totale : "Voir aussi Loi de Nernst-Einstein." Rapport avec la loi d'Ohm macroscopique : définition de la résistance. Considérons une portion de conducteur d'un point "A" à un point "B" et de section droite "S", on a alors la différence de potentiel qui vaut : et l'intensité : Multiplions par une constante la différence de potentiel , alors les conditions aux limites sont inchangées ainsi que les lignes de champ de formula_19, et l'expression formula_20 est multipliée par la même constante. Par conséquent le rapport est indépendant de cette constante, c'est une « constante » (il dépend quand même de divers paramètres tels la température) appelée "résistance électrique" et notée . Elle se calcule comme suit : Cette formule permet de calculer la résistance de diverses géométries de matériaux (filiforme, cylindrique, sphérique).
Livres sibyllins Les livres sibyllins sont un recueil d'oracles grecs conservé à Rome durant l'Antiquité. Selon une tradition ancienne, ils furent achetés à une sibylle par le roi Tarquin le Superbe. Les dirigeants romains chargeaient des prêtres spécialisés de leur consultation, pour déterminer la conduite à tenir lors de phénomènes extraordinaires, qualifiés de prodiges. Histoire. Sous la République, les livres dans leur forme finale étaient au nombre de trois, et se composaient d'environ trois mille hexamètres grecs, déposés au temple de Jupiter capitolin, maître des signes. Pendant la guerre sociale (entre 91 et 89 av. J.-C.), un incendie au Capitole détruisit les exemplaires des livres sibyllins. Pour les reconstituer, on fit rechercher les prophéties de la sibylle enregistrées à Samos, à Ilion, à Érythrée, dans les colonies grecques d’Italie, en Afrique et en Sicile. Un millier de vers grecs furent rapportés. Les prêtres firent ensuite un tri pour ne retenir que les prophéties qui leur paraissaient véritables. Sur l'ordre d'Auguste, les livres sibyllins furent à nouveau contrôlés et expurgés, et transférés au temple d'Apollon Palatin. Ce tri se comprend aisément vu les précédents d'influence politique fâcheuse de certaines prédictions. À la fin de l’Empire romain d'Occident, probablement lors des mesures antipaïennes promulguées par Honorius à partir de 404, les chrétiens s’emparèrent des livres sibyllins et les brûlèrent. Rutilius Namatianus, préfet de Rome en 417, dénonce Stilicon comme l’instigateur de cette action sacrilège. Cependant aucun autre auteur antique n'accuse Stilicon, y compris les auteurs les plus hostiles au christianisme tels que Zosime. Procédure de consultation. La procédure de consultation des livres sibyllins est assez mal connue. Celle en vigueur à la fin de la République est reconstituée à partir de deux passages de Cicéron et de Denys d'Halicarnasse, et confirmées par deux oracles tirés du "Livre des merveilles" de Phlégon. La consultation fut d’abord confiée à un collège de deux prêtres, nombre qui s’accrut par la suite pour atteindre quinze membres sous l’Empire, qu'on appela alors les "quindecemviri sacris faciundis". Les livres sibyllins ne sont consultés qu'à la suite d'un prodige (ou présage) grave. Convoqué par un magistrat, le Sénat charge les prêtres de la consultation des livres, qu'ils effectuent à huis-clos, assistés de deux esclaves publics. Cicéron évoque la formation d'acrostiches en prenant les initiales de chaque vers sibyllin, l'un après l'autre. Développant l'indication de Cicéron, le philologue allemand suppose que les prêtres construisaient un acrostiche à partir du mot grec désignant le prodige, par exemple , traduction de (épidémie de peste), en sélectionnant soit les vers commençant par les lettres du prodige, soit un vers dont les initiales de mots formaient les lettres de ce prodige. Selon Hermann Diels, suivi par Georg Wissowa, les deux exemples donnés par Phlégon de Tralles corroborent ce procédé d'acrostiche associant des vers sibyllins au mot grec désignant le prodige. Les vers retenus, associés au prodige par cette lecture, servent ensuite à élaborer une recommandation particulière. Les prêtres retranscrivent l'oracle identifié sous la forme d'un édit qu'ils transmettent au Sénat. Cette réponse est lue au Sénat, qui statue ensuite sur l'opportunité de sa publication. Le cas échéant, le Sénat charge les consuls d'appliquer les recommandations de l'oracle. Elles suggèrent des expiations extrêmement diverses, sur lesquels statuent les pontifes. Il s'agit de savoir quels sacrifices, quelles cérémonies ou quelles offrandes doivent être exécutés, et par qui, magistrats, quindecemvirs, matrones ou jeunes filles. Exceptionnellement, de nouveaux dieux étaient ajoutés aux cultes romains, comme celui de la Magna Mater. Bibliographie. numéro=
LCR LCR est un sigle qui peut désigner :
Ligue communiste révolutionnaire La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) est un parti politique français d'extrême gauche, section française de la Internationale - Secrétariat unifié. Elle a d'abord été connue sous le nom de Ligue communiste (LC) de 1969 à 1973, puis de Front communiste révolutionnaire (FCR) en 1974, avant de devenir la LCR la même année. Le parti se dissout dans le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) en 2009. Activités. La LCR participe à toutes les élections nationales à partir de 1997 et s'investit dans le mouvement social ; ses membres militent activement dans les organisations syndicales (en particulier les syndicats CGT, FSU et SUD), dans diverses associations du mouvement ouvrier, dans le mouvement altermondialiste et sont actifs dans maintes autres activités considérées comme liées à la lutte des classes (mouvement des sans-papiers, grèves, comités Palestine, mouvement féministe, luttes LGBT). Histoire. Origines. Jusqu'en mai 1968 : le PCI et la JCR. La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) est issue du mouvement communiste trotskiste, anti-stalinien. Elle a succédé en 1974 à la Ligue communiste qui a rassemblé en 1969 des militants de deux entités déjà existantes : le Parti communiste internationaliste (PCI), créé en 1944, dirigé par Pierre Frank, et la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), également « frankiste », créée en 1966 à partir d'une scission, en 1965, de l'Union des étudiants communistes (UEC), à la suite du ralliement au PCI d'un certain nombre de ses militants de l'« opposition de gauche », en particulier Alain Krivine, Henri Weber, Charles Michaloux, Janette Habel. Elle est rattachée à la famille « frankiste » du trotskisme français, opposée à ce titre au lambertisme et au pablisme, tour à tour exclus de la Internationale, et à Lutte ouvrière (LO), qui s'était constituée, après la Seconde Guerre mondiale, en marge de la Internationale. Section française de la Internationale, le Parti communiste internationaliste (PCI) s'était distingué par son soutien aux luttes de libération nationale en Indochine et en Algérie (soutien au Front de libération nationale organisé par Michel Pablo) ainsi que par son soutien critique à Tito lors de la rupture de la Yougoslavie avec l'URSS. La Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), créée à l'instigation de Pierre Frank par Alain Krivine, Charles Michaloux, Daniel Bensaïd et Henri Weber, était une organisation de jeunesse trotskiste, qui agissait dans les « trois secteurs de la révolution mondiale » : révolutions anti-coloniales au Viêt Nam et en Amérique latine, mouvements étudiants et luttes ouvrières en Europe, luttes anti-bureaucratiques à l’Est (Tchécoslovaquie). La JCR a abordé Mai 68 dopée par ses activités dans la lutte contre la guerre du Viêt Nam — ayant fondé le Comité Vietnam national (auquel les maoïstes de l'UJC(ml) opposent les Comités Vietnam de base) — et son soutien aux mouvements anti-coloniaux. L'activité de la JCR et du PCI pendant Mai 68 est arrêtée par le leur dissolution par décret gouvernemental, le , dont sont également victimes dix autres organisations d'extrême-gauche coïncidant avec la création d'un Comité pour la liberté et contre la répression. C'est cette dissolution qui donnera indirectement naissance à la Ligue communiste, lors d'un congrès clandestin début à Mannheim. Une « commission très spéciale » (CTS) est « créée du temps de la JCR » par Henri Weber « se réunissant toujours en sa présence » comme une « petite armée privée ». Henri Weber explique avoir mis au point un système d'organisation de manifestations clandestines basé sur les « rendez-vous secondaires ». Pour déjouer l'intervention de la police, le lieu de rassemblement n'était communiqué qu'à nos militants qui ensuite le divulguaient aux autres à des « rendez-vous secondaires » convergeant ensuite vers la manifestation. Dès le , deux lycéens de Mai 68, Romain Goupil et Michel Recanati sont associés, en compagnie de Daniel Bensaïd, à une opération-spectacle, asperger de peinture blanche le général Kye, vice-président du Sud-Vietnam en visite officielle à Paris, depuis le toit de l'école Polytechique. 1968-1973 : la ligne guévariste de la Quatrième Internationale. Mai 1968 a modifié les données de l'ensemble de l'échiquier politique en France, comme ailleurs dans le monde. Charles de Gaulle se retire après le référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation, tandis que la gauche cherche à définir une nouvelle politique : pendant les événements de Mai 68, elle est en effet soit débordée (Parti communiste français), soit disloquée (Parti socialiste) et doit donc se reconstruire. Au congrès d'Épinay dit « de l'unification des socialistes » en juin 1971, François Mitterrand s'allie à Pierre Mauroy et au CERES de Jean-Pierre Chevènement pour proposer ce qu'ils appellent un « Front de classe », à savoir une alliance entre le Parti communiste français, le Parti socialiste et le Mouvement des radicaux de gauche à travers un Programme commun de gouvernement. Signé en 1972 et prônant la rupture avec le capitalisme, celui-ci inclut notamment les nationalisations de certains secteurs industriels et le droit de veto des comités d'entreprise. Bien que très orienté à gauche, la Ligue communiste considère que ce programme est « vidé de sa substance », le jugeant, certes, comme un programme radical, anticapitaliste, mais pas sur la question centrale qui détermine le reste : l'État. Elle considère également que c'est un programme de « collaboration de classe ». Amenée de fait à se déterminer, la Ligue soutient cependant l'initiative sans soutenir le programme, dans le cadre d'une stratégie dite « unité, action, débordement ». Une minorité se constitue progressivement autour de Gérard Filoche (alias Matti) et Daniel Gluckstein (alias Michael), puis Dominique Losay (alias Letourneau), pour porter l'orientation vers un « Front unique ouvrier ». À l'élection présidentielle de 1969, la Ligue communiste décide de présenter Alain Krivine, qui, après avoir été libéré de prison après l'été 1969, est en train de terminer son service militaire. Soutenu par certains mouvements d'extrême-gauche dont Lutte ouvrière et les maoïstes de Vive le communisme, il obtient près de (1,06 %), Jacques Duclos (PCF) obtenant 21,3 % des suffrages. Georges Pompidou est élu président de la République. Après sa fondation en , par fusion des militants du Parti communiste internationaliste et de la Jeunesse communiste révolutionnaire à la suite de la dissolution des deux organisations par le gouvernement, la Ligue communiste devient la section française de la Internationale. Le groupe « spontanéiste et mouvementiste » de Guy Hocquenghem, André Glucksmann et Françoise Renberg, compagne de Glucksmann et fille de Jeannette Colombel, s'y oppose et quitte la Ligue. Deux ans plus tard, en , le groupe Révolution ! (Isaac Johsua, Henri Maler et Christian Picquet) fait scission en contestant la ligne suivie par la LC au sein du Secours rouge (France), fondé à l'instigation de Jeannette Colombel. Le même mois, la LCR s'est jointe à la Gauche prolétarienne pour l'attaque violente du 9 mars 1971 contre un meeting d'Ordre nouveau au Palais de Sorts de Paris, préparée par un tract affirmant n'avoir « pas oublié le massacre de nos frères algériens par les successeurs des nazis lors de la guerre pour l’indépendance de l’Algérie » ni le « mot d’ordre du poète de la Résistance : Par les armes et par le sang, délivrez-nous du fascisme » Une partie des médias estime que la violence a démasqué des « fascistes de gauche » et réclame la dissolution tant de la Ligue communiste que d'Ordre nouveau, chez qui une tonne de barres de fer est ensuite saisie lors d'une perquisition. Le , une violente bagarre oppose trotskistes armés et casqués venus de Paris au syndicat patronal CFT de Citroën Rennes, bagarre à l'issue de laquelle trois militants de la Ligue Communiste sont interpellés par les forces de l'ordre. Ils seront en janvier 1973 reconnus coupables de « violences aggravées » et condamnés à des peines de prison avec sursis. Après les contre le meeting des néofascistes d'Ordre nouveau, menés sous la direction d'Henri Weber et à l'instigation de ses membres, parmi lesquels Romain Goupil, Olivier Martin, Xavier Langlade ou les faux jumeaux Cyroulnik, la « commission très spéciale » (CTS) créée en 1968 avait été « substantiellement renforcée et réorganisée » et prenait dorénavant pour cibles les groupes d'extrême-droite et les syndicats patronaux, selon Henri Weber qui en cède le leadership en 1972 à Daniel Bensaïd. Considérant que avait été une « répétition générale » par analogie avec la révolution russe (1905/1917), la Ligue communiste cherche à intervenir sur tous les fronts de la lutte et à multiplier les secteurs d'intervention (« dialectique des secteurs d'intervention ») pour que s'en dégage le parti d'avant-garde qui mènera la révolution. Daniel Bensaïd soutient alors la « violence révolutionnaire » et critique l'« électoralisme stalinien », tandis que Gérard Filoche préconise le « travail syndical » et l'entrisme dans les partis ouvriers. Janette Habel et Pierre Rousset proposent quant à eux une position intermédiaire, entre activisme de rue et action syndicale et politique. La Ligue communiste signe par ailleurs un protocole d'union avec Lutte ouvrière en 1970, mais le groupe de Hardy annule celui-ci deux ans plus tard. La ligne politique est finalement arrêtée dans "Le Manifeste de la Ligue communiste", qui considère que la France est entrée dans la phase de « préparation à un affrontement généralisé pour la conquête du pouvoir », et qu'il faut donc créer une « organisation centralisée de la violence » pour guider le prolétariat. Alors que la Quatrième Internationale - Secrétariat unifié, au sein duquel siègent Alain Krivine et Pierre Frank, a adopté depuis 1969 une ligne guévariste de soutien aux "focos" révolutionnaires, la Ligue communiste est alors sur une position proche de thèses insurrectionnelles, n'hésitant pas à défendre, malgré quelques tergiversations, la légitimité de la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich de 1972, s'opposant sur ce point à la Gauche prolétarienne (maoïste). La Ligue communiste soutient alors certaines actions de guérillas, notamment celles de l'ERP en Argentine (Jean-Pierre Beauvais et Hubert Krivine alias Sandor se rendent sur place et participent à sa fondation), du FPLP-CG au Proche Orient ou de l'ETA en Espagne. Contrairement au groupuscule pabliste de l'Alliance marxiste révolutionnaire (AMR), qui a officialisé sa rupture avec la Internationale en 1972, la Ligue communiste est alors relativement hermétique aux nouveaux mouvements sociaux, bien que Françoise Filoche monte dès le début des années 1970 une tendance révolutionnaire (« les pétroleuses») au sein du Mouvement de libération des femmes (MLF), et qui sera très active au sein du Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC) : elle critique en particulier le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR), considérant qu'il fait le jeu de la bourgeoisie. En , la LCR publie dans son périodique "Rouge" : . Par ailleurs, après la signature du Programme commun en entre le Parti socialiste (PS), le Parti communiste français (PCF) et le Mouvement des radicaux de gauche (MRG), la Ligue communiste se divise à nouveau en tendances : La Ligue communiste joue un rôle central lors des mobilisations du printemps 1973 contre la loi Debré réformant le sursis militaire pour les étudiants, mais bien moindre à Lip et au Larzac, où le PSU est au contraire très actif. La cause vietnamienne. Pas moins de trente unes de "Rouge", le journal de la Ligue communiste, avaient été consacrées à l’Indochine entre et (sur un total de 218 numéros). La des États-Unis est dénoncée. À deux reprises la une assimile les États-Unis à l’Allemagne nazie et Nixon à Hitler. Le () un dessin emprunté à Siné figure une croix gammée dont les 4 branches correspondent aux membres d’un pantin coiffé d’un haut de forme aux couleurs américaines et tenant des missiles. Sur la une du numéro 186 () apparaît la mention « Nixon, Hitler assassins » sur un charnier de victimes vietnamiennes. En , ils arrivent à envahir l'hôtel Hilton de Paris où se déroule une grande soirée pour l'élection présidentielle américaine. Les groupes gauchistes ont replacé leur action sur le contexte français, après les accords de Paris signant la fin de la Guerre du Viet Nam, précédés par le rapprochement sino-américain de 1972, qui coïncide avec un moindre activisme des maoïstes de la Gauche prolétarienne. Le , Mao Zedong, président du Parti communiste chinois. accueille à Pékin le président des États-Unis Richard Nixon, pour une visite de huit jours. C'est le retour en grâce de la Chine, qui vient d'être admise à l'ONU. Manifestation du 21 juin 1973 et dissolution de la Ligue communiste. Deux mois et demie après les Élections législatives françaises de 1973 des 4 et , qui ont vu l'Union de la Gauche gagner dans les urnes et l'extrême-gauche plafonner à 1,3% a lieu le au Quartier latin l'attaque d'un meeting du mouvement d'extrême-droite Ordre nouveau (mouvement) à la Mutualité, sur le thème de « l'immigration sauvage », le , par les militants de la Ligue communiste et ceux de la Gauche prolétarienne, armés de bâtons et de casques, qui vont au contact des policiers interposés entre les deux parties. Entre le et le l’organisation d'extrême-droite avait été impliquée dans 82 actes de violence publique Dans ce climat politique tendu, la Ligue communiste juge la situation favorable pour affronter l'extrême droite (et « l'État qui la protège »). Le cortège gauchiste aligne deux mille membres dont un millier est casqué et armé de matraques. Les jours précédents, les militants d’Ordre nouveau (mouvement) se sont promenés avec matraques et barres de fer dans le Quartier latin, provoquant des rixes. Henri Weber se porte en tête de la manifestation, avec Michel Recanati, lorsqu'elle commence, selon ses mémoires. Tous deux constatent que les manifestants sont plus nombreux que le seul service d'ordre habituel, en raison d'un appel public à s'y joindre. Privée de communication radios, la police est désorganisée, enfoncée à diverses reprises, soumise à une pluie de centaines de cocktails Molotov. Deux camions de Police Secours ont été pris d’assaut et incendiés, cinq cars de police endommagés. Environ sont surpris à attaquer l'un des cars de police, mais les meneurs de la manifestation protègent les policiers, arrêtent une voiture et font transporter le brûlé et le policier en difficulté cardiaque à l'hôpital Sainte-Anne, selon le rapport du commissaire de police du arrondissement. Un total de 76 policiers sont blessés, dont 16 hospitalisés dans un état grave, 9 sérieusement brûlés, deux policiers gravement brûlés selon le compte-rendu de la réunion des chefs de service au ministère de l'Intérieur et un dans un état préoccupant. Le meeting se vide, le service d'ordre d’ON est accompagné jusqu’à son siège par les policiers. La fouille du siège de la LC y dévoile « deux fusils de guerre avec des munitions, des revolvers et des pistolets d’alarme avec leurs munitions, 20 cocktails Molotov , une centaine de matraques et une centaine de casques, selon le rapport de Marcellin à Pompidou. ont été interpellées durant les événements ; 18 gauchistes et 6 nationalistes sont inculpés, 2 gauchistes et 5 nationalistes sont condamnés. Dès le mois de , une enquête de la direction centrale de la police judiciaire avait été faite sur la LC à la suite du mouvement des lycéens et des comités de soldat. L'attaque avait été lancée sans que Gérard Filoche, qui siégeait pourtant au bureau national, n'en soit informé. Gérard Filoche, dans ses mémoires, déplora « une action minoritaire, étrangère, et incompréhensible pour des millions de gens ». De même, les responsables du « travail ouvrier », Jeannette Pienkny (Janette Habel) et André Grimaldi (Radot) critiquèrent dès le lendemain une action contradictoire, selon eux, avec le patient travail d’implantation dans les entreprises et les syndicats. Le surlendemain, plusieurs cafés fréquentés par des immigrés sont attaqués au cocktail Molotov, par l'extrême droite, dans la nuit du 23 au , à Ivry, Vitry et dans le . Organisée par la Commission technique (CT) de la Ligue communiste, animée par Michel Recanati et Romain Goupil, et chargée des « opérations spéciales », l'attaque a été décidée par le bureau politique, dirigé par Alain Krivine, et Daniel Bensaïd, où siège Michel Recanati. Après ces incidents, le ministre de l'Intérieur, Raymond Marcellin, décide de procéder à la dissolution de la Ligue communiste et d'Ordre nouveau le , ce qui pousse ses militants à rentrer dans la clandestinité sous le nom de « Front communiste révolutionnaire » (FCR) à partir d'. La Ligue communiste se reformera officiellement sous le nom de « Ligue communiste révolutionnaire » en . Alain Krivine, qui était dans le sud lors de la manifestation afin d'éviter de se faire incriminer en vertu de la loi « anti-casseurs » de 1970 est arrêté, après avoir posé devant les photographes en compagnie de François Mitterrand, Edmond Maire, Claude Estier et Charles Hernu, tandis que Michel Recanati s'enfuit en Belgique sur ordre de la Ligue communiste. Même Jacques Duclos, secrétaire général du PCF, accepte de se rendre à un meeting de soutien au Cirque d'Hiver, à condition que les leaders de la LC ne s'y expriment pas. Selon l'historien François Dosse, en s'opposant ainsi par deux fois aux meeting d'Ordre nouveau, en 1971 et 1973, la LC a vécu "un moment de tentation militariste" et une "dérive militariste assumée" par Michel Recanati qui en subit les conséquences et purge une peine de plusieurs mois de prison à la Santé Michel Recanati. Il avait déjà été inculpé une première fois, avec Alain Krivine, après perquisition, en à la suite des actions contre les consulats américains ou sud-vietnamiens (slogans peints sur la façade, drapeau américain brûlé) . De nombreux débats parcourent la Ligue communiste/FCR après cet événement, portant notamment sur la stratégie révolutionnaire, le rôle de la violence ou la notion d'« avant-garde ouvrière large », sévèrement critiquée par Gérard Filoche, Henri Weber et Janette Habel, qui prône un retour à l'usine. Ces débats entraînent un changement de stratégie politique de la Ligue communiste/FCR et la fin de la période dite « gauchiste », d'autant plus qu'en 1974 le droit de tendance est accordé, à la demande de Gérard Filoche, chaque mouvance de la Ligue communiste/FCR ayant alors le droit de se réunir à part. Après le coup d'État du 11 septembre 1973 au Chili contre Salvador Allende, Alain Krivine avait signé un article critiquant le réformisme et prônant l'armement du prolétariat ("¡El pueblo armado jamás será vencido!"). Mais la même année, sous l'influence du "Socialist Workers Party" américain, la Internationale abandonne la ligne de soutien aux guérillas, constatant leur échec (mis à part en Argentine, qui sort d'une dictature en 1973 avec le retour de Perón, tous les pays du Cône Sud ont basculé sous des régimes dictatoriaux qui s'allient au sein de l'opération Condor). Par ailleurs, réfléchissant sur la situation française, la Ligue communiste/FCR conclut que le temps de l'horizon insurrectionnel est mythique ; elle se réoriente alors vers le travail dans les usines, opérant un tournant « ouvriériste ». Tout comme pour la Gauche prolétarienne, la Ligue communiste/FCR recule juste avant de basculer dans la lutte armée. 1974-1981 : années Giscard. Progressivement la LCR s'éloigne du gauchisme prôné par les anciens de la JCR Alain Krivine, Henri Weber, Daniel Bensaïd, etc. Pierre Rousset alias Sterne, Gérard de Verbizier la Treille alias Vergeat, Yves Salesse alias Boris, Charles Michaloux alias Garcin, Janette Habel alias Habel, François Sabado et d'autres recentrent la Ligue communiste vers des positions plus centrées sur le mouvement social (gauche de la CFDT notamment) qui laissent envisager à certains un éventuel rapprochement avec l'OCI lambertiste (voir par exemple les écrits d'Edwy Plenel, alias Krasny). Les anciens dirigeants de la JCR (Alain Krivine, Henri Weber, Daniel Bensaïd) sont progressivement affaiblis depuis qu'un groupe du PSU, mené par Jacques Kergoat et Jean-Marie Vincent (auteur de "La théorie critique et l'école de Francfort", 1976) a rejoint la Ligue communiste en 1972. Lors de la campagne électorale de 1974, Alain Krivine se dit prêt à soutenir la candidature, dès le premier tour, du syndicaliste Charles Piaget, militant de la CFDT célèbre pour son activité à Lip, qui est membre du PSU et poussé par une partie des militants autogestionnaires du PSU. Mais le , un mois avant le premier tour, Michel Rocard convainc le PSU de soutenir Mitterrand. Alain Krivine se présente donc pour le « Front communiste révolutionnaire», obtenant 0,36 % des suffrages, trois fois moins qu'en 1969 et six fois moins qu'Arlette Laguiller (LO). Les années Giscard commencent. Diverses tendances officielles voient le jour en 1974 : L'année suivante, des négociations sont menées avec le Parti socialiste unifié (PSU) afin d'opérer une fusion, les rocardiens ayant quitté ce dernier après les Assises du socialisme. La fusion échoue cependant (en revanche, l'AMR, pabliste, fusionne dans le PSU). La même année 1975, la « tendance bolchevik-léniniste » de la Ligue rejette l'« électoralisme » de l'organisation, ainsi que son analyse de l'URSS, et scissionne pour créer l'Union ouvrière, qui évoluera vers l'ultragauche. D'autres rejoignent au contraire le Parti socialiste (Martine Lignières-Cassou, qui sera élue maire de Pau dans les années 2000, etc.). Des négociations sont ensuite menées, en 1977, avec l'Organisation communiste libertaire (OCL) en vue d'une fusion : nouvel échec. La Ligue compte alors (l'OCI lambertiste ), et dans les Cercles rouges. Afin de concurrencer les maos de "Libération", "Rouge" devient quotidien. De 1975 à 1978, la majorité de la LCR perd tout contrôle sur son secteur étudiant, pourtant formellement dirigé par François Sabado (expérience qui se répète en 1996-98...). Fort de son poids dans le mouvement étudiant de 1976, Dominique Losay alias Letourneau prend le contrôle du secteur étudiant et commence à imposer un tournant vers le syndicalisme. Lui et François Cortes alias Ulysse, ont avec eux la majorité absolue des étudiants de la Ligue. Derrière, avec Gilles Casanova alias Swanee, Robi Morder et Didier Leschi, une minorité plus polarisée sur les mouvements sociétaux échappe aussi au contrôle de la direction, rejoignant en 1977 les Comités communistes pour l'autogestion (CCA) où sont présents des pablistes. Dominique Losay alias Letourneau ainsi que Gluckstein mettent Gérard Filoche en minorité et prennent la tête de la T1 qu'ils font fusionner avec la T4 de Christian Leucate alias Némo et François Cortes alias Ulysse, prônant l'union PS-PC et l'alliance avec les lambertistes. La T2 de Alain Krivine s'oriente aussi vers l'idée du front unique PS-PC. De 1977 à 1981, la LCR dénonce la « politique de division » du PCF qui voit l'union se faire à son détriment. La LCR défend le maintien de « l'unité des organisations ouvrières ». Aux législatives de mars 1978, la LCR constitue des listes communes avec les CCA et l'Organisation communiste des travailleurs (OCT), intitulées « Pour le Socialisme, le Pouvoir aux travailleurs ». Celles-ci sont cependant un échec, et peu après, "Rouge" est confronté à d'importantes difficultés financières: 110 journalistes doivent être licenciés, Gérard Filoche étant chargé du plan social. Alors que Lambert propose à la Quatrième Internationale - Secrétariat unifié d'organiser des négociations en vue de l'union des trotskistes, Alain Krivine, réticent mais contesté en interne, accepte, en tentant de convaincre LO de s'y associer afin de ne pas se retrouver seul face à Pierre Lambert. LO est réticent. la LCR l'y pousse en acceptant l'union lors des élections européennes de juin 1979. La liste commune ne fait que 3,08 % (aucun élu). En , la direction de la LCR est mise en minorité concernant sa volonté d'appuyer l'intervention soviétique en Afghanistan (Jean-Marie Vincent, qui devient philosophe à Nanterre, fait partie de ceux qui s'y opposent). Dans le même temps, exclusion de la « tendance léniniste-trotskyste » (TLT), produit du regroupement de partisans français du Socialist Workers Party américain (SWP) (Dominique Losay alias Letourneau, et Daniel Gluckstein alias Seldjouk), de pro-lambertistes (Christian Leucate alias Némo, François Cortes alias Ulysse) ainsi que de la « tendance bolchévique », pro-Nahuel Moreno (PST Argentin) lors du congrès de L'Haÿ-les-Roses. Dans son intervention de réponse à Daniel Bensaïd porte-parole de la majorité, Dominique Losay alias Letourneau, au nom de la TLT, appelle au regroupement avec l'OCI dans le cadre d'une « conférence mondiale ouverte ». Les dissidents exclus en au congrès de L'Haÿ-les-Roses, qui représentent 20 % de l'organisation fondent la Ligue communiste internationaliste (LCI), qui refuse notamment l'appui au Front sandiniste de libération nationale en raison de la présence d'éléments « bourgeois ». La LCI fusionne en avec l'Organisation communiste internationaliste (OCI) « lambertiste ». Dominique Losay alias Letourneau et Christian Leucate alias Némo ne font qu'un très bref passage à l'OCI alors que Daniel Gluckstein en devient le principal dirigeant. L'OCI profite de ce coup pour marginaliser Julien Dray et Sylvia Zappi (LCR, 15 % des voix) lors du Congrès UNEF-ID de Nanterre de 1980 : les lambertistes mettent la main sur le syndicat étudiant, alors que la LCR avait réussi à être présente, les années précédentes, aussi bien au sein de l'UNEF-US que du Mouvement d'action syndicale, contrôlé par la LCR depuis 1977. Le départ de Daniel Gluckstein permet à Alain Krivine et Daniel Bensaïd de reprendre la majorité, n'ayant plus besoin d'une alliance avec Gérard Filoche. L'Union de la gauche est dénoncée et la LCR appuie le « virage à gauche » de Georges Marchais et soutient la guerre en Afghanistan. C'est lors du même congrès que deux des courants de l'O.C.T (organisation résultant de la fusion entre Révolution ! et la GOP), entrent dans la LCR à la suite d'un processus de fusion qui dure depuis une année. Pour certains des dirigeants de ces deux courants comme Isaac Johsua ou Christian Picquet, il s'agit d'un retour après la scission de 1971, mais d'autres comme son frère Samuel Johsua ou Hélène Adam (Maroussia) n'ont jamais appartenu à la LCR. Alors que Gérard Filoche est à 20 % et que la T3 de Michel Lequenne, Jean-René Chauvin, Samuel Johsua est à 27 %, Alain Krivine obtient alors 40 % des votes des militants : la LCR s'engage dans l'ouvriérisme, les militants devant aller s'établir à l'usine (« ligne de prolétarisation industrielle »). En 1977, la LCR créé une commission nationale sur l'homosexualité (CNH). La question des mœurs demeure cependant rigide : en 1979, trois membre de la commission quittent le parti, critiquant sa négligence sur l'homosexualité. Ils écrivent dans "Rouge", notant qu'aucun texte concernant l'homosexualité n'ait été porté lors du congrès : . En 2011, dans le magazine "Manière de voir", Benoît Bréville note que cela se lit dans un contexte où . 1981-1988 : premier septennat de Mitterrand. Forte de vers 1977, la LCR ne compte plus en 1980 que quelque (contre à l’OCI et 650 à LO) et en 1981 que ( et ) selon Jean-René Chauvin, alors au bureau politique, soit à peu près autant qu'en 1966. Affaiblie, elle n'obtient pas le nombre de d'élus pour pouvoir présenter un candidat à l'élection présidentielle de mai 1981. Elle appelle à voter pour Arlette Laguiller (LO) ou Georges Marchais (PCF) au premier tour et pour François Mitterrand au second, tandis que l'OCI appelle à voter Mitterrand dès le premier tour. Fin 1981, plusieurs personnalités quittent le parti, notamment Julien Dray, Jean-Christophe Cambadélis, Harlem Désir, Laurence Rossignol, qui rejoindront le Parti socialiste, et Jean-Marie Vincent. La LCR considère que la victoire de François Mitterrand en 1981 est un effet différé de Mai 68. Elle compare cette élection à celle du Front populaire de 1936 et considère que la dynamique de l'élection doit déboucher sur un nouveau « » (grève générale). Cette analyse de la situation l'amène à une stratégie politique qu'elle nomme « tournant ouvrier ». En effet, prévoyant la possibilité de la grève générale, elle veut être « là où ça se passe », c'est-à-dire dans les usines. La LCR veut « changer sa composition sociale par effet mécanique d'implantation ». Environ sont impliqués dans ce « Tournant ouvrier ». Mais, selon le bilan fait plus tard par la LCR, « le tournant ouvrier fut une mauvaise réponse à un vrai problème : sa faiblesse d'implantation dans les concentrations ouvrières, mais une mauvaise réponse car on ne peut se fabriquer une implantation ouvrière en transformant intellectuels, étudiants et employés en ouvriers ». Les maoïstes expérimentent cette politique dès les années 1960-1970 et font les mêmes constats. Plus tard, à la suite de la grève de 1995, un groupe d'étudiants appartenant à la Tendance minoritaire « R! » décide à nouveau d'abandonner ses études pour se consacrer au militantisme ouvrier, dont Olivier Besancenot. En 1983, la situation politique change brusquement avec la « tournant de la rigueur » du gouvernement Fabius pour maintenir la France dans le système monétaire européen : suppression de l’indexation des salaires, report des , blocage des salaires des fonctionnaires. La LCR juge que le gouvernement adhère aux thèses capitalistes et considère que cela accélère le « déclin du PCF » et la transformation « social-libérale » du Parti socialiste. Puis vient la défaite électorale de la gauche en 1986, et l'arrivée de Jacques Chirac comme premier ministre. La LCR amorce alors un déclin, ayant surestimé les possibilités révolutionnaires de 1981. De plus, le virage brusque de la politique de François Mitterrand ne leur profite pas. Au contraire, tous les mouvements d'extrême gauche décroissent durant cette période (beaucoup d'électeurs se tournant vers le Front national). La LCR perd beaucoup de militants et donc de visibilité. Elle s'est cependant investie dans des conflits sociaux de l'époque, notamment dans les mouvements des ouvriers de l'automobile (Peugeot, Talbot) ou de la sidérurgie. Elle s'implique aussi dans la création et le développement de SOS Racisme, dans les mouvements de grèves étudiantes de 1986 contre la loi Devaquet ou le mouvement de grève à la SNCF la même année. Selon Christophe Nick, elle n'a au contraire aucune « prise ni le plus petit début d'influence » sur SOS Racisme et les grèves étudiantes de 1986, qui ont comme porte-parole David Assouline, alors militant à la Ligue ouvrière révolutionnaire (LOR), suggéré par Cambadélis dirigeant de l'UNEF-ID et passé au PS. Au niveau international, elle soutient le Front sandiniste de libération nationale au Nicaragua et le Front de libération nationale kanak et socialiste en Nouvelle-Calédonie. La LCR commence à se remettre en cause à partir de 1984, élaborant un "aggiornamento" à l'initiative de Christian Picquet. Elle se rapproche alors du Parti pour une alternative communiste (PAC « est le nouveau nom donné en 1985 au Parti Communiste Marxiste-Léniniste (PCML) afin d'officialiser sa rupture avec le maoïsme »), de la Fédération pour une gauche alternative (FGA) -, où s'activent des pablistes - et du PSU. Pour l'élection présidentielle de 1988, la LCR décide de soutenir et de s'investir dans la campagne de Pierre Juquin, candidat dissident du Parti communiste français. Sa candidature reçoit également le soutien du Parti socialiste unifié et de groupes pablistes (Maurice Najman et Gilbert Marquis jouent un rôle important dans la campagne). Jean-Paul Deléage (LCR) devient directeur de campagne de Pierre Juquin, assisté de Christophe Aguiton. Pierre Juquin obtient 2,10 % des voix. La même année, après la grève des infirmières, dans laquelle Françoise Filoche et Pascal Dias se sont impliqués, Edmond Maire expulse les trotskistes de la LCR de la CFDT, Pierre Héritier étant exclu de la direction: Christophe Aguiton fonde alors Sud-PTT. 1989-1995 : chute du mur de Berlin et conséquences. En 1989, le mur de Berlin s'effondre, puis en 1991 l'URSS. L'économie de marché s'installe dans tous les pays de l'Est. Cela provoque un profond changement politique à l'échelle internationale. Les partis communistes s'effondrent, les partis socialistes de toute l'Europe abandonnent l'anticapitalisme et acceptent l'économie de marché. Une vague d'optimisme souffle sur les pays occidentaux durant les années 1990 (croissance économique, révolution numérique). La LCR s'oriente alors vers la création d'un nouveau parti. Elle fait une analyse de la situation : « Nouvelle époque, nouveau programme, nouveau parti ». En juin 1994 intervient une scission des militants de Démocratie et Révolution (Gérard Filoche). Démocratie et Révolution rejoint le Parti socialiste (PS) en et devient sous le nom de "Démocratie et Socialisme" le mensuel de la Gauche socialiste, courant du PS où se retrouvent notamment les anciens de Questions socialistes. Il y a une scission de militants du Mouvement d'action syndicale (MAS), qui fondent Questions socialistes. En 1992, Questions socialistes rejoint le Parti socialiste (PS). 1995-2000 : phase de transition. En 1995, la LCR ne présente pas de candidat à l'élection présidentielle, et appelle à voter pour Robert Hue, Arlette Laguiller ou Dominique Voynet. La LCR se revigore à partir du mouvement de novembre-décembre 1995 contre le plan Juppé. La LCR considère que ce fut la « première révolte anti-libérale ». Par la suite, la LCR s'immerge dans le mouvement altermondialiste, né à la suite des manifestations de Seattle en 1999 ou Gênes en 2001. En même temps, se met en place la « gauche plurielle » rassemblant le Parti socialiste, le Parti communiste, le PRG, le MRC ou encore les Verts, cette fois-ci sans programme commun. La LCR ne participe pas à cette nouvelle union de la gauche, qui ne s'inscrit pas dans une lutte contre le capitalisme. Lors des élections européennes de 1999, la LCR se présente derrière une candidature commune avec Lutte ouvrière. Pour la première fois lors de cette élection, l'extrême-gauche obtient cinq députés dont deux sont de la LCR (Alain Krivine et Roseline Vachetta). Le , les eurodéputés de la LCR s'abstiennent sur une initiative du parlement européen sur la taxe Tobin, ce qui est critiqué par des députés français comme Alain Lipietz. La LCR confirme cette abstention car il s'agissait d'établir une commission sur la question dirigée par Charles Pasqua. 2002-2009 : pointe de popularité. Lors de l’élection présidentielle de 2002, après le refus de Lutte ouvrière de continuer l'aventure des listes communes de 1999, la LCR décide de présenter un candidat LCR pour la première fois depuis 1974 et la candidature d'Alain Krivine. Il s'agit d'Olivier Besancenot un jeune facteur de inconnu dans le monde politique qui a été un an assistant parlementaire d'Alain Krivine au Parlement européen (1999-2000) Sa personnalité connaît un réel succès médiatique et il remporte 4,25 % des voix soit plus que le PCF, qui obtient 3,37 % des voix. À la suite de cette élection, la LCR connaît une augmentation du nombre de ses adhérents (environ ) et de sa popularité. Entre les deux tours, la LCR appelle à « battre Le Pen dans la rue et dans les urnes », ce qui est interprété comme un appel à voter Chirac, au contraire de Lutte ouvrière et du Parti des travailleurs. Pour les élections régionales et européennes de 2003 et 2004, Lutte ouvrière ayant proposé de faire liste commune, la LCR accepte pour créer un pôle « à gauche de la gauche plurielle » mais malgré un résultat supérieur à celui des élections régionales de 1998, elle n'arrive pas à profiter de sa popularité avec l'effet « vote utile » en faveur du PS. En 2005, la LCR s'engage dans la campagne pour le « non » à la Constitution européenne à travers les collectifs unitaires de la Fondation Copernic auxquels participent certains militants du « non » de gauche (PC, PS, Verts, etc.). Grâce à cette campagne, la LCR et son porte parole, Olivier Besancenot connaissent un regain de popularité. Alain Krivine n'a pas souhaité se représenter pour être élu au bureau politique en . La suite de la campagne pour le Non à la Constitution européenne amène d'importants remous au sein de la LCR. De nombreux débats animent l'organisation quant à l'attitude à adopter à propos du projet de candidatures unitaires de la gauche antilibérale. Lors d'une conférence nationale en la LCR déclare la candidature d'Olivier Besancenot. Les tendances partisanes du processus unitaire antilibéral maintiennent leur participation aux collectifs antilibéraux. Une minorité de la LCR avec Christian Picquet et Léonce Aguirre cherche à poursuivre l'objectif d'une candidature unitaire antilibérale. La conférence nationale ayant déclaré la possibilité d'un retrait de la candidature d'Olivier Besancenot en cas d'accord avec les autres composantes et les collectifs. La majorité, avec François Sabado, Alain Krivine, Daniel Bensaïd, Ivan Lemaitre, appuie essentiellement la nécessité de refuser tout accord avec le Parti socialiste. Le Parti communiste français ne semble pas répondre aux critères d'indépendance vis-à-vis du Parti socialiste. Toutes les tendances de la LCR estiment indispensable l'affirmation de l'indépendance vis-à-vis du PS. Le désaccord à l'origine de cette forte polémique dans la LCR est de nature stratégique : la minorité pensant qu'il est possible de mener une bataille politique dans les collectifs pour obtenir une amélioration du programme et affirmer l'indépendance face au PS et la majorité pensant qu'il n'est plus possible de gagner des avancées positives dans les collectifs antilibéraux. Le 22 avril, la LCR, par la candidature d'Olivier Besancenot, recueille , soit 4,08 %, à l'élection présidentielle, ce qui représente une baisse en pourcentage (4,24 % des suffrages en 2002) mais une augmentation numérique de par rapport à l'élection de 2002. La LCR se hisse alors à la et devient la deuxième force de gauche après le PS. À la suite du qui oppose Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, Olivier Besancenot appelle ses électeurs à manifester le mai pour les qu'il a défendues durant la campagne, avant d'appeler à dans ce qui lui semble un . Au premier tour des élections législatives, la LCR décide de présenter pour la première fois 492 candidats sur tout le territoire français. Avec un total d'un peu moins de , la LCR progresse de par rapport à 2002 (elle avait alors totalisé dans ). La LCR échappe donc au recul qui touche l'ensemble des autres composantes de la gauche en dehors du PS. La majorité des militants estiment qu'il s'agit d'une « victoire » qui cautionne la ligne politique de critique ferme de la social-démocratie et du social-libéralisme (PS, PCF, Verts, etc.) ; d'autres, très minoritaires, pensent que la présence de la LCR lors de ce cycle électoral a pu participer à l'échec des autres partis de la gauche du « non ». 2009 : disparition dans le NPA. À l'issue des élections de 2007, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) annonce la volonté de créer un nouveau parti anticapitaliste implanté dans la jeunesse, les entreprises, les services publics, les quartiers populaires. Elle propose ainsi à tous les anticapitalistes de se rassembler pour construire les mobilisations qui, pour elle, doivent préparer un changement radical, révolutionnaire, de la société. Cette voie la conduit à s'auto-dissoudre dans le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) lors de son congrès de dissolution le . Dans la même période, le chef de file de la tendance minoritaire avec Christian Surmonne et Michelle Ernis, Christian Picquet perd son statut de permanent en , puis décide en de lancer son propre mouvement, Gauche unitaire afin de participer au Front de gauche avec le PCF et le PG pour les élections européennes de 2009. Résultats électoraux. À l'élection présidentielle de 2002, la LCR était représentée par Olivier Besancenot, le plus jeune candidat à ce poste (4,25 % des voix). Aux élections régionales de 2004, l'alliance Lutte ouvrière (LO)-LCR a obtenu un score national de 4,97 % alors que les scores additionnés des candidats de Lutte ouvrière et de la LCR à l'élection présidentielle de 2002 approchaient les 10 %. Elle n'enregistre cependant qu'un léger recul par rapport aux élections européennes, où la candidate de l'alliance, Arlette Laguiller avait totalisé 5,18 % des voix, et améliore même les scores globaux de l'extrême gauche aux élections régionales de 1998. Idées. La Ligue communiste révolutionnaire lutte pour une démocratie ouvrière, le « pouvoir des travailleurs » sur l'économie. Cette société serait mise en place par la révolution socialiste ainsi que l'abolition du capitalisme. Elle soutient activement et participe à tous les mouvements sociaux et défend sur le plan électoral la mise en place d'un « plan d'urgence sociale », qui compte parmi lui des mesures telles que la hausse du SMIC à net par mois, l'interdiction des licenciements, l'abrogation de tous les contrats dits précaires, l'élection d'une Assemblée constituante pour une nouvelle république. Cette démarche s'inscrit dans l'optique d'un « programme de transition » défendu par Trotski dans son ouvrage du même nom. Elle se bat aussi entre autres pour l'écologie, la liberté de circulation, l'internationalisme, le féminisme et une démocratie autogestionnaire. La Ligue communiste révolutionnaire se réclame du « marxisme révolutionnaire ». Elle défend donc l'idée de lutte des classes et analyse la société et ses mouvements en utilisant les outils d'analyses marxistes que sont le matérialisme dialectique et le matérialisme historique. Vie interne. La LCR est caractérisée par le droit de tendance offrant aux minorités en son sein, en désaccord ou non avec les stratégies de la majorité de l'organisation, d'exprimer leurs idées. Lors d'un congrès, les différents courants de pensée se cristallisent en plateformes (on utilise de façon alternée des lettres et des chiffres pour désigner les plateformes — ainsi les plateformes du congrès de s'appellent A, B et C, là où lors du congrès précédent elles s'appelaient 1, 2, 3, 4 et 5). Chaque plateforme a le droit à un financement de ses activités de préparation du congrès, à la publication de tribunes dans le journal hebdomadaire, etc. La direction nationale, élue par le congrès, d'une centaine de membres, comprend des représentants de chaque plateforme au prorata des votes lors du congrès. Entre les congrès également, différents courants ont le droit de produire des publications. Ainsi, par exemple, les courants Avanti, Unir, Démocratie révolutionnaire, "Que faire ?" (Socialisme par en bas) et Socialisme international, produisent des bulletins électroniques ou des revues. Autre élément important, la direction nationale est paritaire — moitié hommes, moitié femmes. L'ordre du jour d'une réunion de la direction nationale peut également comprendre un temps réservé pour des réunions non-mixte, permettant aux membres femmes de discuter des questions concernant l'oppression des femmes et pour s'assurer que ces problématiques sont suffisamment prises en compte par la direction nationale. Jeunes. La LCR est dotée d'un mouvement de jeunes : les Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR). Ils sont essentiellement présents dans les lycées et les universités, mais aussi dans plusieurs centres de formations d'apprentis (CFA). Ils disposent de plusieurs sections « Jeunes travailleurs ». Les JCR sont autonomes de leur organisation mère, leur permettant entre autres une plus ample liberté d'action et de décisions tout en restant étroitement liées à la LCR. Les JCR éditent un journal mensuel nommé "Red". Le débat continue au sein de la LCR sur la meilleure façon de coordonner les deux organisations. Les JCR ont décidé de participer à la construction du Nouveau Parti Anticapitaliste. Leur approche souligne leur avis qu'il faudrait qu'il s'agisse d'un parti révolutionnaire en plus d'être anticapitaliste (ainsi les affiches « Pour construire un parti anticapitaliste et révolutionnaire »). Les JCR viennent de se dissoudre, à l'occasion de leur dernier congrès, et préparent leur entrée dans le NPA d'ici un mois Il existe aussi des sections jeunes de la LCR. Ce sont des sections à part entière qui ont des activités globalement similaires à celles des JCR. Les sections jeunes sont généralement implantées dans les villes où les JCR n'existent pas, soit par manque d'implantation, soit par volonté des jeunes concernés d'être partie prenante du Parti, posant alors le problème de l'autonomie politique avec les militants « adultes ». La plupart de ces sections jeunes ont été fondées à la suite d'un désaccord avec la ligne politique majoritaire des . Publications. La LCR éditait un journal hebdomadaire, "Rouge", et une revue théorique trimestrielle, "Critique communiste". "Rouge" a publié son dernier numéro le , et "Critique Communiste" a cessé sa parution en février également, fusionnant avec la revue "Contretemps". Les deux journaux laissant la place au système de presse du Nouveau Parti Anticapitaliste.
LO Lo ou Lô ou LO peut faire référence à : Sigle. LO est un sigle, qui signifie : Code. LO est un code, qui signifie :
Lutte ouvrière Lutte ouvrière (LO) est un parti politique français trotskiste situé à l'extrême gauche. Il s'agit du nom d'usage de l'Union communiste (trotskyste), principale organisation du regroupement international Union communiste internationaliste. Communiste, révolutionnaire et internationaliste, LO défend les idées du trotskisme en France et met l'accent sur le rôle central de la classe ouvrière. Arlette Laguiller est la porte-parole du parti pendant . Elle est la première femme à se présenter à une élection présidentielle en France, en 1974, et brigue la présidence de la République jusqu’en 2007 . Elle réalise son meilleur score en 2002, arrivant en cinquième position avec 5,72 % des suffrages exprimés. Les actuels porte-paroles de LO sont Nathalie Arthaud, candidate aux élections présidentielles de 2012, 2017 et 2022, et Jean-Pierre Mercier. Historique. Mouvements antérieurs. Premières initiatives de Barta. Lutte ouvrière prend ses origines en la personne de David Korner, plus communément appelé « Barta ». D’origine roumaine, celui-ci commence son activité politique en Roumanie au sein du Parti communiste roumain, au tout début des années 1930. Il part en 1933 étudier à Paris, où il découvre le trotskisme. En 1935, en Roumanie, il fonde une première formation, le Groupe bolchévik-léniniste, avant de partir définitivement de son pays d'origine en 1936 avec trois autres militants roumains : Klara Feigenbaum, alias Irène, Marcoux et la compagne de ce dernier. Le projet des quatre militants est initialement de participer à la révolution sociale espagnole de 1936, mais ils s'installent finalement en France car Léon Trotski a de l'espoir quant à l'évolution de la situation politique et sociale dans ce pays. Ils rejoignent le Parti ouvrier internationaliste (POI), qui vient d'être fondé par des trotskistes exclus de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO). Ils vont ensuite, sur les conseils de Trotski, rejoindre le Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) de Marceau Pivert, où il existe une tendance défendant des positions internationalistes. La signature du Pacte germano-soviétique, puis l'entrée en guerre de la France à la suite de l'invasion de la Pologne, font que tous les partis politiques communistes sont officiellement interdits et doivent continuer dans la clandestinité. Déjà indisposé par l’état d’esprit « petit-bourgeois » qui règne dans la Internationale à ce moment où éclate la Seconde Guerre mondiale, Barta se retire du PSOP à la suite d'un désaccord personnel lors d'une réunion du comité central du parti. Avec Irène, il fonde alors un journal, baptisé "L'Ouvrier", qui connaît trois numéros et dont la publication est stoppée lorsque Irène est enfermée trois mois à la prison de la Petite Roquette en raison de son militantisme. En détention, Irène rencontre Lucienne, puis, quelques mois plus tard, Barta et Irène font la connaissance de Jacques Ramboz, un militant des Jeunesses communistes, déçu du chauvinisme du Parti communiste. Groupe "Lutte de classe" ou groupe Barta. Barta rédige en novembre 1940 un manifeste trotskiste et internationaliste au sujet de la guerre, "La Lutte contre la deuxième Guerre impérialiste mondiale". Il y exprime l’intention d’établir et sa volonté de se consacrer à la propagande contre la . Ce texte est considéré comme l'élément fondateur de la tendance politique qui naît à la suite de Barta. Constitué de Barta, Irène, Lucienne et Ramboz, le groupe se renforce avec l’arrivée de Mathieu Bucholz, un camarade de classe de Ramboz au lycée Michelet de Vanves. Bucholz est en contact avec la résistance et aide le groupe à obtenir de faux papiers. Il apporte également d'autres militants, comme son propre petit frère ou d'anciens camarades de classe membres des Jeunesses communistes, à l’instar de Pierre Bois et son frère Jean. Après la rupture du Pacte germano-soviétique le et l'invasion de l'Union soviétique par les troupes allemandes, le groupe tire à un tract, titré « Vive l'Armée rouge ! », qui appelle à la mobilisation aux côtés de l'armée soviétique afin de défendre l’héritage de la révolution d'Octobre en URSS face à l'impérialisme, et ce bien que l'URSS soit sous la coupe de la bureaucratie stalinienne. Sous l’Occupation, usant de faux papiers pour nombre de ses activités, le groupe démarre la diffusion des premiers numéros de "La Lutte de classe" en octobre 1942. On se réfère dorénavant à la petite organisation comme le groupe "Lutte de classe", également appelé groupe Barta. En 1944, deux organisations trotskistes, le POI et le Comité communiste internationaliste, négocient pour se réunir au sein du nouveau Parti communiste internationaliste mais le groupe "Lutte de classe" refuse d'y prendre part. Quelque temps après la Libération, Mathieu Bucholz est assassiné par des membres du Parti communiste français et des FFI qui l’accusent en façade d’être un nazi mais lui reprochent surtout ses activités militantes oppositionnelles à la politique du Parti communiste. C'est ce crime qui conduit Robert Barcia alias Hardy, ami de Bucholz, à intégrer le mouvement trotskiste. Militantisme en entreprise et crise. Dans les premières années d'après-guerre, le groupe décide de commencer un travail de militantisme en entreprise, au côté de la classe ouvrière. L'organisation fait en sorte que plusieurs de ses militants soient embauchés chez Renault au sein de l'usine de l'île Seguin. Comptant alors une dizaine de militants, le groupe se fait désormais appeler « Union communiste ». Le travail d'agitation démarre avec la publication d'un bulletin d'entreprise, "La Voix des travailleurs de chez Renault". Finalement, une grève très suivie commence chez Renault en 1947 : l'une de ses principales figures est Pierre Bois, militant du groupe et employé dans l’entreprise depuis 1946. Cette grève est décidée et menée par les ouvriers indépendamment des consignes de la CGT, Bois en devenant le dirigeant pratique et Barta le dirigeant politique. Une attaque de tuberculose empêche Hardy d'y participer. Le mouvement social entraîne une série d'autres grèves en France et la démission du gouvernement Ramadier des ministres appartenant au Parti communiste français. À la suite de la grève, ne pouvant continuer à militer au sein de la CGT, le groupe organise son propre syndicat, le Syndicat démocratique Renault (SDR). Bien que cette formation ait de 1947 à 1949 de l'influence au sein de l'usine, des tensions apparaissent : Bois et Barta s’opposent sur l’orientation du groupe et, à la suite d'un conflit au sujet de la rédaction d'un tract du SDR, le groupe se scinde en deux fractions à la fin de l’année 1949. La lassitude s’empare de la plupart des militants, qui cessent peu à peu toute activité, et la scission entre le groupe constitué autour de Bois et celui de Barta est consommée en 1950, entraînant la disparition du SDR et de l’Union communiste. Voix ouvrière. Constitution d'une nouvelle organisation. Démissionnaire à l'été 1948, Hardy reparaît en 1950. En compagnie de Pierre Bois, toujours actif chez Renault, et d’Irène, il tente pendant cinq ans de reconstituer un groupe. Des étudiants, sympathisants et militants du PCF et de la SFIO, ainsi que des pionniers du mouvement de jeunesse sioniste de gauche Hashomer Hatzaïr, viennent renforcer les rangs. En 1954, Pierre Bois est contacté par l’organisation révolutionnaire Socialisme ou Barbarie pour lancer un bulletin d'information ouvrière au sein de l'usine Renault : c'est la naissance de "Tribune ouvrière". Rapidement, le groupe décide d'un changement de format avec un bulletin recto-verso comportant un éditorial politique au recto et de courtes brèves sur le quotidien des conditions de travail au sein de l'entreprise au verso. Ce format est alors généralisé à l'ensemble des différentes entreprises où les militants du groupe se trouvent. La feuille prend le nom de "Voix ouvrière" en . À ce moment, cette presse militante existe dans plus de groupes industriels français : en plus de Renault, c’est le cas notamment chez Citroën, la Société des usines Chausson ou la SNCF. À la même période, Barta consent à aider à la rédaction de onze numéros du nouveau "La Lutte des classes", avant de couper définitivement contact début 1957, entraînant la fin de la parution de cet organe militant. Développement et extension. C'est aussi en qu'a lieu l'assemblée générale actant de la création de l'organisation Voix ouvrière, rue Serpente à Paris. À l'occasion des élections législatives de 1962, l'organisation recommande de voter pour les candidats du PCF afin que la classe ouvrière puisse exprimer . De 1959 à 1961, des bulletins de "Voix ouvrière" sont aussi édités par des militants du PCI lambertiste dans leurs entreprises respectives, en collaboration et en accord avec l'organisation. Le , l'organisation lance un journal bimesuel "Voix ouvrière" de quatre pages, contenant une sélection des différentes brèves des bulletins "Voix ouvrière" ainsi que l'édito national. En , la parution devient hebdomadaire et quatre pages d'analyse politique sont ajoutées au journal. En , les militants de l'organisation éditent désormais d'entreprises. La charge de travail étant plus grande pour Voix ouvrière, il est décidé d'abandonner les locaux situés à Corbeil-Essonnes et place Jacques-Bonsergent () pour de nouveau locaux rue du Château-Landon (également ). Cette période de croissance de l'organisation fait aussi que sont ouvertes dans . Aux élections législatives de 1967, un appel à l’abstention est lancé aux militants et sympathisants. Mai 68 et dissolution. À la suite du meeting de Charléty tenu à l'issue de Mai 68, Hardy constate un engouement pour les idées révolutionnaires aussi bien au sein de la jeunesse étudiante que chez les ouvriers. Il propose alors une union avec les deux autres principaux groupes trotskistes, le Parti communiste internationaliste (PCI) et la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), dans le but de fonder un parti révolutionnaire commun, mais cette proposition est refusée. Après Mai 68, comme tous les mouvements se réclamant du trotskisme et d'autres formations d'extrême gauche en France, Voix ouvrière est interdite et dissoute par décret du président de la République, en application de la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées. Par ailleurs, le responsable de publication du journal, Maurice Schrœdt, est enfermé neuf jours au fort de Vincennes. Débuts de Lutte ouvrière. En continuité de Voix ouvrière. Malgré la dissolution de Voix ouvrière, le mouvement se reforme une semaine plus tard sous un nouveau nom, Lutte ouvrière (LO). Cette réactivité est due au fait que la direction de l'organisation a toujours envisagé la possibilité d'une dissolution depuis la guerre d'Algérie. Les bulletins dans les entreprises et le journal continuent de paraître sous le nouveau nom. Parallèlement, plusieurs militants rejoignent le Parti socialiste unifié (PSU) pour obtenir une couverture au cas où la répression politique envers Lutte ouvrière reprendrait. Pour l’élection présidentielle de 1969, la Ligue communiste présente Alain Krivine et refuse aux autres organisations d'extrême gauche de s'associer à sa candidature. Néanmoins, Lutte ouvrière prend la décision de mener une campagne de soutien à Krivine. Celui-ci arrive en septième et dernière position du premier tour avec 1,06 % des suffrages exprimés. Lutte ouvrière continue sa croissance et organise en 1971 la première « fête de Lutte ouvrière » sur un champ de la commune de Presles, en banlieue parisienne. Premières participations électorales. Après la campagne présidentielle de 1969 d’Alain Krivine, que Lutte ouvrière juge catastrophique, une première participation aux élections législatives est décidée par le parti en 1973. À cette occasion, comme LO se voit offrir du temps de parole à la télévision et à la radio, il est nécessaire de choisir un porte-parole pour représenter médiatiquement l'organisation. Le parti décide alors de choisir une femme. Alors que deux militantes sont initialement pressenties pour cette fonction, c’est finalement Arlette Laguiller, une employée de banque à la tête de la grève alors en cours au Crédit lyonnais, qui est choisie. Présente dans sur 490, Lutte ouvrière obtient une moyenne de 2,29 % des voix dans celles-ci et 0,82 % au niveau national. L’année suivante, Lutte ouvrière devient le premier groupe politique à présenter une femme à une élection présidentielle avec la candidature d'Arlette Laguiller, qui commence son premier passage télévisé de la campagne en déclarant : Avec 2,33 % des voix exprimées, l'organisation considère cette candidature comme un premier succès modeste : Arlette Laguiller arrive ainsi en cinquième position sur douze candidats, devant notamment Alain Krivine (0,37 %). À la suite de cette élection, la direction du parti décide de présenter dorénavant systématiquement des candidats aux différentes élections. Installation dans le paysage politique. Lutte ouvrière décide de s'investir pleinement lors des élections législatives de 1978 en présentant des candidats dans chacune des de la France métropolitaine, le parti obtenant 1,70 % des suffrages exprimés. Pour les élections européennes de l’année suivante, sur demande de Lutte ouvrière, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) consent à se présenter avec LO au sein de la liste « Pour les États unis socialistes d'Europe », qui réunit 3,08 % des voix. Arlette Laguiller est de nouveau la candidate du parti pour les présidentielles de 1981 et 1988, recueillant respectivement 2,30 % et 1,99 % des voix exprimées. Lutte ouvrière propose au PCF un accord électoral en vue des législatives de 1988, afin de constituer une plate-forme défendant des mesures communes : augmentation du SMIC, augmentation générale et uniforme des salaires, interdiction des licenciements. L'accord est envisagé de telle manière que des candidats LO seraient présents dans 75 circonscriptions. La demande reste lettre morte et Lutte ouvrière décide de ne présenter aucun candidat, l'organisation considérant l'élection comme . Aux municipales de 1989, Christian Driano, ouvrier chez Peugeot, et Roland Szpirko, ouvrier chez Chausson AP, deviennent les premiers élus Lutte ouvrière. Ils sont élus à Montbéliard et Creil. Jusqu'en 1995, Lutte ouvrière connaît une forte croissance dans ses effectifs militants et chez ses sympathisants. Succès et déclin électoral. Élus locaux. Lors du scrutin présidentiel de 1995, Arlette Laguiller dépasse pour la première fois, avec 5,30 %, le seuil de 5 % des suffrages exprimés, qui permet le remboursement des frais de campagne. Avec , Lutte ouvrière gagne un million de voix supplémentaires par rapport à l'élection de 1988. Au soir du premier tour, Arlette Laguiller appelle à la constitution d'un . Cet appel est considéré tantôt comme un ballon d'essai, tantôt comme de la : la direction de Lutte ouvrière considère alors que le vote en faveur de sa candidate est surtout la conséquence d'un rejet de la gauche gouvernementale plutôt que’un vote d'adhésion aux idées centrales défendues par la formation. Aux élections municipales ayant lieu quelques mois après la présidentielle, Lutte ouvrière présente 52 listes et obtient 2,81 % des voix au niveau national. Trois listes additionnelles sont menées avec le PCF. Lutte ouvrière obtient sept conseillers municipaux, dont Arlette Laguiller aux Lilas. À l'instar des élections régionales de 1986 et 1992, LO s'associe à la LCR dans quelques circonscriptions lors des élections de 1998. La dynamique électorale de Lutte ouvrière lors de la présidentielle précédente se confirme et les 4,5 % de voix obtenus permettent à l'organisation d'avoir 20 élus dans neuf régions. L'année suivante, l'union avec la LCR est renouvelée à l'occasion des élections européennes. Avec quasiment un million de voix, cinq candidats de la liste sont élus, dont trois de Lutte ouvrière : Arlette Laguiller, Armonia Bordes et Chantal Cauquil. En 2001, 128 listes sont présentées dans 109 villes à l'occasion des municipales. Recueillant 4,37 % des suffrages, LO obtient 33 élus, dont onze femmes, dans 22 villes différentes, sans fusionner ses listes au second tour avec celles des partis de la gauche plurielle. Élection présidentielle de 2002. En vue de la campagne présidentielle de 2002, les sondages créditent un temps Arlette Laguiller de 10 % d'intentions de vote. Cette dernière se satisfait alors de devancer le candidat du PCF, Robert Hue. Mais, contrairement à 1995, une autre candidature communiste révolutionnaire trotskiste est présente à cette élection, en la personne d'Olivier Besancenot, qui représente la LCR. Arlette Laguiller estime que, comme en 1995, un bon score ne reflétera pas nécessairement la volonté au sein de la population de construire un et que le projet pourrait être envisagé si son score de 1995 est doublé (ce qui équivaut à 3,2 millions de voix en sa faveur). Au cours de la campagne, une tribune est publiée par Daniel et Gabriel Cohn-Bendit dans "Libération", où ils accusent l'organisation d'être une secte. Avec et 5,72 % des voix, Arlette Laguiller se classe en cinquième position de l'élection. Elle refuse de donner explicitement une consigne de vote au second tour, qui voit s’affronter Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac. Dans un communiqué, l'organisation refuse aussi de participer à un et précise ne pas appeler à l'abstention. Ces prises de position sont alors considérées comme , ou par la presse. Vote utile et résultats en baisse. L'après 2002 marque la fin de la période d'ascension électorale de Lutte ouvrière, une étude faisant état du fait que 78,5 % des électeurs de LO ou de la LCR voteront dorénavant pour un des partis de la gauche plurielle. Un constat pressenti par Lutte ouvrière à l'occasion de son congrès annuel de décembre 2003, où il est décidé d'une union avec la LCR aux élections régionales de 2004 pour limiter les conséquences du vote utile qui pourrait pousser . Malgré ces craintes, leur résultat de 4,95 % représente une légère augmentation par rapport au résultat des élections régionales de 1998 (4,83 %). Mais en raison d'une réforme du mode de scrutin, Lutte ouvrière perd tous ses élus dans les conseils régionaux. Quelques mois plus tard, aux élections européennes de 2004, LO perd aussi tous ses élus. Après une campagne pour le « non » au référendum sur la constitution européenne de 2005, Arlette Laguiller réalise à la présidentielle de 2007 un score (1,34 %) en net déclin comparé à 2002. Ce score peut être analysé comme la conséquence du vote utile ainsi que de la défection d'une partie de l'électorat traditionnel d'Arlette Laguiller vers la candidature d'Olivier Besancenot. Transition. Municipales de 2008. La campagne des élections municipales de 2008 est la dernière d'Arlette Laguiller en tant que porte-parole. Lors du congrès annuel de décembre 2007, la majorité décide d'autoriser la participation locale des militants à des listes unitaires avec les anciens partis de la gauche plurielle. Cette stratégie est dénoncée et critiquée par une tendance minoritaire de l'organisation, représentant de 3 à 10 % des membres, la fraction l'Étincelle. Cette stratégie est expliquée par Alain Krivine, dirigeant de la LCR, et qui souhaitait constituer des listes avec LO, par une volonté de Lutte ouvrière d'avoir . Quand Georges Kaldy, membre de la direction de Lutte ouvrière, justifie cette décision par et la possibilité d'avoir . Finalement, dans , les militants participent à des listes d'union, principalement conduites par le PCF (38 listes) ou le PS (26 listes). Par ailleurs des listes indépendantes sont présentées dans . Au premier tour, Lutte ouvrière obtient 36 élus dont 14 sur des listes indépendantes et 22 sur des listes d'union. Au deuxième tour, 43 candidats sont élus sur des listes d'union. Les militants se retirent entre les deux tours des listes de gauche de Marseille et de Perpignan parce qu'elles ont fusionné avec le Modem. Le fait que la fraction Étincelle a soutenu des listes de la LCR contre des listes d'union LO-PS, ainsi que l'implication de la fraction dans la constitution du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) entraîne l'exclusion de l'Étincelle du parti. Nouvelle porte-parole. Au congrès de 2008, Nathalie Arthaud, tout juste élue conseillère aux municipales, devient la nouvelle porte-parole de Lutte ouvrière, en remplacement d'Arlette Laguiller qui garde néanmoins sa place dans la direction de l'organisation. La première mission de Nathalie Arthaud est de mener la campagne pour les élections européennes de 2009, première campagne électorale du parti sans Arlette Laguiller. Aux élections régionales de 2010, Lutte ouvrière annonce présenter des listes indépendantes dans toutes les régions, refusant de prendre part au Front de gauche, considéré comme et qui mènerait "in fine", selon LO, à la même politique que celle de la gauche plurielle. De présidentielle en présidentielle. À la présidentielle de 2012, Nathalie Arthaud réalise un score faible (0,56 %), souffrant tout au long de la campagne de la comparaison avec sa prédécesseur selon la presse. Cette élection correspond aussi au début du mouvement social qui agite l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois, où Jean-Pierre Mercier est l'un des négociateurs de la CGT. Une vingtaine de militants Lutte ouvrière présents notamment au sein de la CGT vont participer à l'animation de la contestation. La médiatisation de ce mouvement installe Jean-Pierre Mercier aux devants de Lutte ouvrière dans les années qui suivent. Après avoir fait 1,17 % aux européennes de 2014 et 1,47 % aux régionales de 2015, la candidature de Nathalie Arthaud à la présidentielle de 2017 est en hausse par rapport à 2012 avec 0,64 %. Alors qu'une étude démontre que jusqu'à deux tiers des électeurs de Nathalie Arthaud ou de Philippe Poutou ont préféré le vote utile en optant pour Jean-Luc Mélenchon à cette élection. Les deux élections suivantes présentent des scores faibles : 0,7 % aux élections législatives de 2017, puis 0,78 % des suffrages lors des élections européennes de 2019. Mais à l'occasion des régionales de 2021, la stabilisation du nombre de voix par rapport à 2015, dans un contexte de très forte abstention, est perçue par la direction de LO comme le signe de la persistance d'un courant au sein de la population qui vise . En 2022, Nathalie Arthaud, candidate pour la troisième fois à une élection présidentielle, obtient le même pourcentage qu'en 2012, soit 0,56 %. Pour la première fois de l'histoire du parti dans cette élection, moins de 200 000 voix se sont portées sur leur candidature, ce qui peut s'expliquer par l'effet d'un vote utile très important en direction de la candidature de Jean-Luc Mélenchon parmi l'électorat habituel de Lutte ouvrière. C'est la première fois qu'une candidate LO termine à la dernière position à cette élection. Aux législatives, deux mois plus tard, Lutte ouvrière réalise un score en hausse par rapport aux élections de 2017, avec 229 119 voix et 1,04 % des suffrages. Dénomination. « Lutte ouvrière » est le nom d'usage de l'Union communiste (trotskyste). Le nom « Lutte ouvrière », qui vient de l'hebdomadaire édité par l'Union communiste, s'est, par métonymie, généralisé avec l'accord de la direction du parti, qui présente ses candidats aux élections sous cette dénomination. Le nom peut donc être considéré comme commun au parti et à son organe de presse officiel. Presse et média. "Lutte ouvrière". "Lutte ouvrière" est un hebdomadaire politique communiste. Le journal prend le la succession de "Voix ouvrière", fondé en 1962 et disparu, avec la dissolution de l'organisation, le . Il est constitué de seize pages traitant des actualités politiques nationale et internationale, ainsi que des extraits des différents bulletins d'entreprises écrits et distribués chaque semaine par les militants de LO. Sa devise est : . "Lutte de classe". "Lutte de classe", abrégé "LDC", est un mensuel politique communiste. Le premier numéro de "La Lutte de classe" sort le , sous l'impulsion du groupe constitué autour de Barta puis cesse de paraître après . La parution de la revue est ensuite relancée à partir de novembre 1956, avec la participation de Barta, avant de cesser début 1957. Publication relancée depuis , la présentation actuelle ainsi que la numérotation datent de 1993. Cette revue est considérée comme l'organe théorique de l'organisation. Il paraît avec une fréquence de huit numéros par an. Chaque année, un numéro spécial est publié avec les textes du congrès annuel de Lutte ouvrière. De 1995 à sa suspension en , la Fraction L'Étincelle s'est exprimée par une tribune régulière dans la revue. Radio La Bulle. En mai 1981, lors de l'essor des radios libres, LO créé Radio La Bulle sur la fréquence . La fréquence émet six heures par jour jusque fin 1981. Le thème musical est le "Boléro" de Maurice Ravel et le slogan est . Principes et activités. Lutte ouvrière considère que tous les problèmes auxquels fait face l'humanité découlent de l’organisation capitaliste de la société et de la course au profit. L'organisation et ses militants œuvrent à la création d’un parti communiste révolutionnaire. Ce parti, qui serait dirigé par et pour la classe ouvrière, défendrait les intérêts des travailleurs à court terme (licenciements, chômage, salaires, conditions de travail et de logement) et à long terme (inégalités entre hommes et femmes, pollution, guerres, famines). Cette formation permettrait d'aider, dans un contexte révolutionnaire, à combattre et renverser l'« État bourgeois » afin de faire advenir une nouvelle organisation de la société, le communisme. Fondements programmatiques. Lutte ouvrière estime que l’écart croissant entre les moyens techniques de plus en plus perfectionnés dont dispose l’humanité et la persistance, voire dans certaines régions l’aggravation, de la misère et des inégalités, rend possible et nécessaire le remplacement de la société capitaliste par une société communiste, c'est-à-dire par la mise en commun et le contrôle démocratique par l’ensemble de la population des capacités de production et d’échange dont dispose l’humanité pour assurer tous ses besoins. Pour Lutte ouvrière, une société communiste serait bien éloignée de la caricature qu’en ont donnée les pays de l’Est et l’URSS, mais serait au contraire une société plus libre, plus démocratique que le capitalisme actuel, en donnant à l’ensemble de la population des moyens d’agir sur des choix qui seraient pris actuellement dans les conseils d’administration de banques ou de multinationales. Selon LO, les possibilités matérielles pour une telle société existent d’ores et déjà, ce qui n’était pas le cas dans la Russie de 1917. Lutte ouvrière voit par ailleurs dans la classe ouvrière la seule force sociale qui ait à la fois la force et l’intérêt de prendre en main une telle réorganisation des mécanismes de production et de redistribution des richesses. LO estime qu’une telle transformation de la société ne pourra que résulter d’une confrontation entre « ceux qui n’ont que leur travail à vendre » et ceux qui détiennent les grands moyens de production. C’est pourquoi LO se dit révolutionnaire. Lutte ouvrière revendique son héritage politique de Karl Marx et Friedrich Engels, qui ont analysé les rouages et contradictions internes du capitalisme naissant (valeur des marchandises, rôle de la classe ouvrière dans le processus de production), de Rosa Luxemburg, de Lénine, qui a conduit la révolution russe de 1917 et de Léon Trotski, qui a analysé les raisons de la dégénérescence de la révolution russe en bureaucratie stalinienne, l'échec des révolutions chinoises (25-27) et espagnole (36) ainsi que l'incapacité du mouvement ouvrier allemand à s'opposer à la montée du nazisme. Dans la continuité de ces militants, Lutte ouvrière estime qu’il est nécessaire au prolétariat de disposer d’un parti qui défende ses intérêts. C’est ce parti, ouvrier, communiste, révolutionnaire, que LO cherche à construire. Lutte ouvrière fait également sienne la formule de Marx « les prolétaires n’ont pas de patrie ». Pour Lutte ouvrière, l’internationalisme découle de l’organisation même de la société capitaliste, qui est déjà mondiale et met en relations tous les peuples de la planète. De ce fait, Lutte ouvrière estime qu’un bouleversement de l’ordre social actuel ne pourra être que mondial, et qu’il est de ce fait nécessaire aux militants qui travaillent à ce bouleversement de créer une nouvelle Internationale. Pour LO, aucun des regroupements internationaux existants ne peut prétendre à un tel titre, n’ayant ni le crédit, ni l’expérience, ni la force militante pour jouer un rôle véritable à l’échelle Internationale. Liens internationaux. Lutte ouvrière est membre de l'Union communiste internationaliste (UCI), dont sont membres plusieurs groupes et partis politiques dans le monde. Lutte ouvrière se réclame du trotskisme, qui est à ses yeux le seul courant communiste révolutionnaire à avoir toujours combattu le stalinisme, et à exister à l'échelle internationale. Cependant, contrairement à la plupart des autres groupes trotskistes, Lutte ouvrière estime qu'aucune des organisations internationales qui se nomment elles-mêmes "Quatrième Internationale" ne constitue une véritable internationale. De même que Lutte ouvrière milite en France pour la création d'un parti ouvrier communiste révolutionnaire, elle milite pour la construction d'une véritable internationale. Propositions. Dans les élections, Lutte ouvrière défend les revendications dont elle estime qu’elles pourraient mettre un coup d’arrêt à la dégradation des conditions de vie de toute une partie pauvre de la population. Elle affirme qu'il faut prendre sur les profits des grandes entreprises pour résoudre les trois problèmes principaux du monde du travail : Lors de l’élection présidentielle de 2007, Arlette Laguiller mit l'accent sur la nécessité que la population puisse contrôler les choix économiques des grandes entreprises, insistant sur le fait que (Arlette Laguiller, Presles, ). Lutte ouvrière défend depuis plusieurs années un « plan d'urgence » : Concernant toutes ces propositions, Lutte ouvrière affirme à chaque élection, dans les professions de foi, ses tracts, son journal, qu'elles ne constituent pas un programme électoral au sens où il suffirait d’élire un représentant pour qu’il soit appliqué, mais que par contre de telles revendications devraient être mises en avant lors d’une mobilisation des travailleurs (). Activités politiques. Selon Nathalie Arthaud, Tournés principalement en direction des travailleurs et de la classe ouvrière, les militants de Lutte ouvrière cherchent donc à y mener un . Activité dans les entreprises. La principale activité de Lutte ouvrière consiste en l’organisation des travailleurs dans les entreprises. Cette implication se fait notamment au travers du militantisme au sein des syndicats. Apparus en 1956 du temps de Voix ouvrière, les bulletins d'entreprises sont le principe d'action le plus notable de Lutte ouvrière sur les lieux de travail. Ils sont constitués d'un édito national et au verso de brèves sur les conditions de travail au sein de l'entreprise, écrites par le groupe local d'entreprise. Avec ces bulletins, les militants cherchent à faire vivre la lutte de classe en parlant des auxquels sont confrontés les travailleurs. Prenant une position proche de la base, il y est souvent fait état des conflits avec la maîtrise, les cadres et les managers. La ligne des bulletins contredit généralement la stratégie des organisations syndicales, comme celle de la CGT. Ces bulletins sont distribués toutes les deux semaines aux portes des entreprises où l'organisation est présente, traditionnellement par de jeunes militants. En 2020, environ peuvent lire tous les cette presse d’entreprise. Autres activités politiques. Lutte ouvrière entend également être présente , en diffusant sa presse et discutant avec eux. Lutte ouvrière soutient également de nombreux combats particuliers comme celui des , d'associations comme Droit au logement, les mouvements féministes et de défense du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Concernant les discriminations à l'égard des homosexuels, Arlette Laguiller déclara en 2007 que ». Toutefois, en 1975, l'organisation affirma dans sa presse : . Lutte ouvrière a aussi critiqué le Front homosexuel d'action révolutionnaire (1971-1974), considérant que ses publications sont , reflétant l'. Mais, depuis, LO prend systématiquement position pour défendre les libertés et les choix sexuels de chacun, dénonçant au contraire qui était la doctrine des partis staliniens. Dans l'émission "Mots croisés" d'Arlette Chabot diffusée le , Hardy déclarait : Lutte ouvrière réclame la libération de Georges Ibrahim Abdallah, détenu en France depuis 1984. Participation aux élections. Dans la tradition du mouvement communiste international, Lutte ouvrière participe aux élections dans la mesure de ses forces. À cette occasion, elle cherche à faire de la propagande pour ses idées, et notamment pour des mesures immédiates de défense des intérêts des travailleurs (voir les propositions ci-dessus). Elle cherche de plus à mesurer par-là son influence, et à estimer le moral et la combativité des travailleurs. Quand LO dispose d'élus (conseillers municipaux, conseillers régionaux, députés européens), son principe affiché est de soutenir les mesures qui lui semblent aller dans le sens des intérêts des travailleurs, et de voter contre celles qui dégradent leurs conditions de vie. Des comptes rendus des votes des élus sont par ailleurs rendus publics sur le site Internet de LO. Fêtes et conférences. Fête de Lutte ouvrière. Lutte ouvrière organise également annuellement différentes fêtes politiques locales, dont la fête principale au niveau national est la fête de Lutte ouvrière, organisée tous les ans lors du week-end de la Pentecôte à Presles, une petite ville du Val-d'Oise située à au nord de Paris. Cette grande fête rassemble de dans le grand parc boisé de plusieurs hectares du château de Bellevue. Dans les fêtes locales mais aussi pour la fête nationale, une grande place est faite à la culture, à la littérature et à la science. Des écrivains, intellectuels ou scientifiques viennent partager leurs connaissances avec les militants et sympathisants à l'occasion de conférences et d'interventions. Lutte ouvrière accueille de nombreuses organisations d'extrême-gauche à ses fêtes et particulièrement lors de la fête nationale. Lors de cette fête, les groupes politiques venus de France, d'Europe, d'Afrique ou des États-Unis peuvent présenter et confronter leurs idées, et animer des débats dans un stand. Le stand le plus important revenant généralement à la Ligue communiste révolutionnaire puis au Nouveau parti anticapitaliste. Cercle Léon Trotsky. Par ailleurs, Lutte ouvrière organise plusieurs fois par an des conférences sur des sujets de politique générale, d'actualité ou d'histoire. Ces conférences du cercle Léon Trotsky (CLT) ont lieu à la Maison de la Mutualité et rassemblent environ un millier de personnes. Elles sont ensuite éditées sous forme de brochures, vendues par l'organisation et ses militants. Scissions de Lutte ouvrière. Durant les années 1970, Lutte ouvrière connaît des ruptures d'importances variables. Une première rupture est celle, en 1973, d'un militant parisien, « Bérard », qui signera la brochure (). Cette brochure influence d'autres militants, comme ceux qui publient peu de temps après le texte . Union ouvrière. En 1974, une tendance oppositionnelle se constitue dans Lutte ouvrière, en particulier sur Bordeaux et Angoulême, à partir de la critique de la caractérisation de l'État soviétique comme « État ouvrier », considérant qu’il s’agissait en réalité d’un capitalisme d'État. Cette tendance publie plusieurs textes sur la nature du capitalisme, sur l'impérialisme, sur la Chine, fortement influencés par la lecture des « "Grundrisse" » ("Fondements de la critique de l'économie politique"), texte de Marx qui ne réduit pas le capitalisme à un système fondé uniquement sur la propriété privée. Cela conduit à un dialogue de sourds entre la majorité (qui demande à la minorité de dévoiler quelles sont les « conséquences pratiques » de ses positions) et la minorité (qui veut approfondir ses réflexions théoriques et refuse de fournir un contre-programme immédiat). Cela aboutit, le , à la diffusion au sein de l'organisation d'un texte intitulé . À la suite de cette diffusion, la section de Lutte ouvrière de Bordeaux est dissoute le , et les oppositionnels se constituent en fraction indépendante qui publiera à partir de le journal « Union ouvrière, pour l'abolition de l'esclavage salarié ». L'Union ouvrière évolue ensuite vers des positions « ultragauches ». Union ouvrière disparaîtra en 1977, les militants se tournant vers le courant de l’autonomie ouvrière, certains créant le groupe Combat Pour l’Autonomie Ouvrière. Combat communiste. Parallèlement, en , quatre sympathisants parisiens de l'opposition « capitaliste d'État » (dont un avait été exclu quelques mois auparavant pour avoir pris contact avec la maison d'édition du futur SWP britannique afin de traduire le livre de Tony Cliff, "Le capitalisme d'État en Russie") se rendirent à Bordeaux mais ne purent rencontrer que deux « dirigeants » de la toute nouvelle Union ouvrière, ceux-ci se refusant non seulement à leur présenter les autres membres de leur tendance, mais surtout à indiquer sur quelles bases politiques précises ils comptaient constituer un nouveau groupe. Contraints de créer une nouvelle « organisation » et un nouveau journal, les quatre fondateurs de CC recrutèrent progressivement une vingtaine de militants à Paris, Bordeaux et quelques autres villes, constituant le groupe Combat communiste qui publiera le journal mensuel du même nom. Combat communiste nouera des liens avec plusieurs organisations révolutionnaires étrangères, contribuera à la formation d'un groupe minuscule, l'OCRIA (Organisation des communistes révolutionnaires internationalistes d'Algérie), et publiera une demi-douzaine de bulletins d'entreprise, avant de disparaître en 1990. Il fut reproché à Combat communiste par les groupuscules « ultragauches » de l'époque d'être un « mini Lutte ouvrière » reproduisant les mêmes méthodes d'organisation (cellules d'entreprises, cercles sympathisants, bulletins d'entreprises, stages et cours de formation, adhésion au léninisme, etc.) et aussi les mêmes idées — à part sur la question de l'URSS. À sa décharge, on peut dire que le groupe tenta notamment une critique plus radicale de la fonction des syndicats et du stalinisme que LO ; qu'il essaya de donner une formation politique beaucoup moins dogmatique ; et qu'il essaya aussi dans sa presse et ses bulletins d'entreprise (du moins les premières années) de réintroduire la propagande socialiste de façon plus systématique et vivante. À la disparition du groupe, ou au fil des années précédant sa disparition, certains de ses militants rejoindront Lutte ouvrière, d'autres la LCR et d'autres mouvements communistes. Fraction l'Étincelle. De 1996 à 2008, Lutte ouvrière comprend une petite fraction, nommée L’Étincelle. Cette fraction est née d'un désaccord sur l'évolution de l'ex-URSS à partir de 1989. D'autres désaccords sont apparus ensuite, notamment une critique des relations entretenues par la majorité avec les autres organisations de gauche et d'analyse des émeutes de 2005 dans les banlieues françaises. Elle obtient environ 3 % des voix lors du congrès annuel de l'organisation. En 2008, la fraction conteste certains accords locaux entre Lutte ouvrière et le Parti socialiste. Elle élabore sa propre liste, à Wattrelos, dans le Nord, alors même que LO y constitue la sienne. Cet acte entraîne la suspension de l'ensemble de la fraction. S'ajoute aux griefs contre la fraction L'Étincelle sa participation au lancement du NPA aux côtés de la LCR. Réunis en conférence nationale le , les militants de LO votent une motion entérinant . Accusations de sectarisme. Comme les autres organisations d'extrême gauche, Lutte ouvrière est parfois accusée de sectarisme, c'est-à-dire de ne pas se tourner suffisamment vers les autres courants aux idées proches et de fonctionner repliée sur elle-même. Les accusations se portent également sur le fonctionnement même de Lutte ouvrière, extrêmement centralisé, occulte, imposant le secret des membres et l'usage des pseudonymes. Externes. Parmi les critiques externes ayant accusé Lutte ouvrière, on peut citer : Internes. Formulent aussi des critiques sur le sectarisme de Lutte ouvrière : Réponses à ces accusations. Selon Christophe Bourseiller, journaliste spécialiste des mouvements, organisations et partis d'extrême gauche : Selon l'ethnologue Maurice Duval, « dire que ce mouvement de la gauche radicale est « une secte », ce n'est pas argumenter légitimement contre ses idées, mais c'est suggérer qu'il est malfaisant, malsain et que sa disparition serait souhaitable ». Pour lui, la qualification des groupes contestataires radicaux de « sectes » est un support de l'idéologie néolibérale, et il souligne que « le procédé qui consiste à utiliser le discours sur les « sectes » pour créer de la peur et du consensus est très français ». Le principal dirigeant de Lutte ouvrière, Robert Barcia, "alias" Hardy, a publié un livre d'entretiens : "La Véritable Histoire de Lutte ouvrière", qui contient des réponses à ces accusations. Il affirme : Notes et références. Références. Références extraites d'ouvrages Autres références
Les Verts (France) Les Verts (parfois abrégé en LV), fondés sous le nom Les Verts, Confédération écologiste - Parti écologiste, sont un parti politique écologiste français ayant existé entre 1984 et 2010. Le parti conclut des accords à partir de 1994 avec le Parti socialiste. Il disparaît pour donner naissance à Europe Écologie Les Verts. Historique. Origines. La participation des écologistes à la vie politique française remonte aux années 1970. Si de premières candidatures écologistes isolées ont lieu lors d'élections cantonales en Alsace, puis lors des élections législatives de 1973, la date symbolique est la candidature de l'agronome René Dumont, choisi et poussé par les militants de base, à l'élection présidentielle de 1974. En novembre de la même année, le Mouvement écologique est fondé. Par la suite, les écologistes participent à tous les scrutins : élections municipales de 1977, élections législatives de 1978 (sous l'intitulé « Écologie 78 »), élections européennes de 1979 (« Europe Écologie »), élection présidentielle de 1981 (Brice Lalonde est le candidat de « Aujourd'hui l'écologie »). L'émergence d'un parti vert en France est considérée comme compliquée pour plusieurs raisons. Le système majoritaire à deux tours en vigueur aux élections législatives rend difficile l'élection de députés de petits partis. De plus, et de manière plus spécifique pour les écologistes, trois autres facteurs peuvent être relevés : l'existence d'un large consensus national favorable à l'énergie nucléaire, le fait que l'environnement a moins souffert lors de l'industrialisation que dans d'autres pays et . Le mouvement Les Verts trouve son origine à l'automne 1982, à l'assemblée générale de Saint-Prix (Val-d'Oise) : le Mouvement d'écologie politique (MEP) devient Verts, Parti écologiste. Le , d'autres écologistes issus du Réseau des amis de la Terre (RAT) fondent à Besançon la Confédération écologiste, qui est renommé Les Verts - Confédération écologiste le . Les 28 et , à l'assemblée générale de Clichy (Hauts-de-Seine), les deux mouvements fusionnent, prenant le nom Les Verts-Confédération écologiste-Parti écologiste ; Les Amis de la Terre de Brice Lalonde ne s'y joignent pas, se recentrant sur le domaine associatif. L'aile gauche des Verts participe alors à la réflexion engagée au sein de la Fédération pour une gauche alternative (FGA). Débuts. En 1986, Antoine Waechter est élu comme le principal porte-parole du nouveau parti et de sa ligne politique majoritaire : « l'écologie politique n'est pas à marier » (dont on a retenu la formule : « ni droite, ni gauche ») — les Verts considèrent que l'écologie est un nouveau courant de pensée politique différent de la droite et de la gauche. Antoine Waechter et ses proches en déduisent, ce qui n'est pas le cas de tous les Verts attachés à l'indépendance du paradigme de l'Écologie politique, que les écologistes peuvent aussi bien s'allier avec la droite que la gauche selon les circonstances. En pratique, les Verts ont surtout conclu des alliances locales et régionales avec la gauche, . Les élections législatives de 1986 sont le premier scrutin auquel participe le parti, alors que celles-ci se tiennent pour la première fois au scrutin proportionnel. Les Verts n’obtiennent cependant aucun député. Lors de l’assemblée générale du parti en , la motion déposée par Yves Cochet, intitulée « Entrons en politique », a pour principale proposition d’instaurer « une relation "contractuelle" avec le Parti socialiste » ; elle n'obtient que 14 % des voix des adhérents. Le , Antoine Waechter, candidat des Verts à l'élection présidentielle française, recueille 3,8 % des suffrages exprimés () : peu, certes, mais plus que la candidature du communiste dissident Pierre Juquin et d'autres mouvements d'extrême gauche (LO et PT). En 1989, les élections européennes marquent une forte poussée verte avec Antoine Waechter comme tête de liste. Les Verts, alliés à des partis régionaux, dont le leader autonomiste corse Max Siméoni qui fut élu, obtiennent le meilleur résultat de leur histoire pour ce type de scrutin avec 10,6 % des voix. Au premier tour des élections municipales, le score national des Verts est peu élevé (1,47 %), mais la barre des 10 % est dépassée dans plusieurs grandes villes : 12,76 % à Strasbourg, 14,11 % à Colmar, 13,98 % à Quimper, 12,9 % à Besançon, etc.. À Paris, les élections sont marquées par l'élection de Jean-Louis Vidal, premier conseiller municipal Vert de l'histoire (remplacé en 1992, dans le cadre de l'application du tourniquet, par Jean-François Ségard) avec 17,05 % des suffrages au second tour dans le arrondissement. Lors des élections régionales de 1992, la région Nord-Pas-de-Calais voit élue à la Présidence de son conseil régional une femme – la première en France – adhérente des Verts - Marie-Christine Blandin, après un accord avec le P.S qui avait une majorité relative en nombre de conseillers régionaux. Pour le référendum sur le traité de Maastricht, qui se tient la même année, le parti est divisé en deux camps et n’officialise pas de positionnement en faveur du « oui » ou du « non ». Tandis que le dirigeant Antoine Waechter prend part à des meetings du « oui », Dominique Voynet, future dirigeante et première responsables des Verts à occuper un poste de ministre en 1997, fait campagne pour le « non » et participe à des événements avec Jean-Pierre Chevènement. Selon les chercheurs Rémi Lauwerier et Théo Verdier, , et . En 1993, Les Verts passent un accord avec Génération écologie de Brice Lalonde pour présenter des candidats uniques aux législatives sous la bannière « Entente des écologistes ». Sur la profession de foi des candidats, la photo regroupe : Antoine Waechter, Dominique Voynet, Yves Cochet, Brice Lalonde, Andrée Buchmann, Noël Mamère. Selon l'universitaire Sébastien Repaire, . 1994 : basculement à gauche. Cette ligne politique est abandonnée en 1994 à l'Assemblée générale de Lille : les Verts décident alors d'accepter de passer des alliances dès le premier tour pour les élections législatives et les élections à scrutin majoritaire. C'est la fin du « ni, ni » (« ni droite, ni gauche »). Mais il n'est pas pourtant question officiellement d'ancrage à gauche : Dominique Voynet, favorable aux alliances avec la gauche, notamment le Parti socialiste, déclare pendant sa campagne présidentielle de 1995 qu'elle n'est « ni catho ni de gauche » mais écologiste. En novembre 1995 au Mans, l'assemblée générale des Verts voit gagner avec 75 % des voix la motion de synthèse portée par Dominique Voynet, « Rassembler pour agir » : il y est notamment question d' en vue des échéances de 1998 ; des alliances ne seront donc possibles qu'avec la gauche. En raison de sa mise en minorité et des conflits internes assez durs qui suivent, Antoine Waechter quitte les Verts pour fonder le Mouvement écologiste indépendant en 1994. Auparavant, des écologistes opposés à un positionnement à gauche ont quitté les Verts en 1993 et fondé la Confédération des écologistes indépendants. Le , Dominique Voynet, candidate des Verts à l'élection présidentielle française, recueille 3,32 % des suffrages exprimés (). En 1998, le mouvement Convergences écologie solidarité de Noël Mamère (créé en 1994 et auparavant passé chez Génération écologie) ainsi qu'une partie des adhérents de l'Alternative rouge et verte (Arev) et de la Convention pour une alternative progressiste (CAP) s'intègrent aux Verts. 1997-2010. Participation au gouvernement Jospin. Après la victoire de la gauche et des Verts aux législatives de 1997, Dominique Voynet entre au gouvernement de Lionel Jospin comme ministre de l'Environnement et de l'aménagement du territoire (remplacée par Yves Cochet en 2001). Un deuxième élu Vert rejoint le gouvernement en 2000 : Guy Hascoët comme secrétaire d'État à l'Économie solidaire (voir Ministres du gouvernement de Lionel Jospin). À l'Assemblée nationale, les Verts constituent avec le Parti radical-socialiste et le Mouvement des citoyens un groupe parlementaire commun, le Groupe radical, citoyen et vert (qui n'est pas reconduit en 2002 faute de pouvoir réunir les nécessaires). En , la liste des Verts aux élections européennes, conduite par Daniel Cohn-Bendit, obtient 9,72 % des voix, les Verts envoient neuf députés européens à Strasbourg. En , la gauche perd les élections municipales, mais cette défaite est compensée par la conquête de grandes villes comme Lyon et Paris obtenue grâce à l'appui des Verts qui apparaissent comme les grands gagnants des élections. À Paris, le nouveau maire Bertrand Delanoë doit donner à ceux-ci, après de dures négociations dans l'entre deux tours, un nombre d'adjoints proportionnel à leurs résultats dans les urnes. C'est ainsi que six Verts deviennent adjoints au maire de Paris, dont certains sur les plus importantes délégations (Danielle Aufray, Denis Baupin, Yves Contassot, Christophe Girard, Pénélope Komitès, Mylène Stambouli). À Lyon, quatre adjoints sont membres des Verts (Gilles Buna, Étienne Tête). Présidentielle et législatives de 2002. Le , Noël Mamère, candidat des Verts à l'élection présidentielle française, recueille 5,25 % des suffrages exprimés (). Il s'agit là du score le plus important réalisé par un candidat Vert au premier tour d'une élection présidentielle. En revanche, les élections législatives sont une catastrophe, les Verts payent leur participation trop docile à la majorité du Gouvernement de Lionel Jospin et sont entraînés dans la chute de la gauche (4,51 % des voix au premier tour sur le plan national). La victoire de la droite ainsi que le mode de scrutin ne leur laissent que trois élus à l'Assemblée nationale (contre six pour le précédent mandat). La leçon est tirée lors de leur Assemblée fédérale de Nantes qui a lieu fin 2002 et où les Verts font leur autocritique. Ils estiment qu'ils auraient dû sortir du gouvernement dès 2000 quand le contrat qu'ils avaient passé avec le Parti socialiste avait cessé d'être respecté, et réaffirmer leur radicalité politique. Le courant incarné par Dominique Voynet, qui avait en juin précédent évoqué la possibilité d'un grand parti unique de la gauche dans lequel se fondrait les Verts, est mis en minorité. En janvier 2003, Gilles Lemaire devient secrétaire national, succédant à Dominique Voynet. Les régionales de 2004. Les années 2003 et 2004 sont parmi les plus difficiles pour le mouvement. En raison de leurs faibles scores aux élections législatives, peu de candidats sont remboursés de leurs frais de campagne par l'État. Les Verts doivent donc régler eux-mêmes la plupart des factures, grevant ainsi lourdement leur budget. Par ailleurs, la direction peine à se faire entendre par les militants et ne peut s'opposer au jeu des tendances. La frange du mouvement qui réclame une alliance institutionnalisée avec le Parti socialiste accepte mal sa défaite de 2002, et mène une véritable guérilla contre les orientations votées à Nantes. Certaines personnalités comme Marie-Hélène Aubert n'interviennent dans les médias quasiment que pour critiquer la direction et Dominique Voynet s'attaque même publiquement à la légitimité de certaines listes autonomes des Verts lors des régionales de 2004. Celles-ci, grâce aux bons résultats réalisés par les listes autonomes et la victoire des listes de la gauche et des Verts dans toutes les régions de France, sauf l'Alsace, au soir du second tour, semblent stopper la série noire. Les Verts font leur entrée dans la majorité d'une vingtaine de régions. À l'Assemblée fédérale de Reims fin 2004, une motion de synthèse - qui reprend en fait l'essentiel des orientations de l'Assemblée de Nantes - est votée à 92 %, les proches de Dominique Voynet et de Noël Mamère s'étant ralliés à la majorité. Le , le secrétaire national Gilles Lemaire est remplacé par l'ancien porte-parole Yann Wehrling. Le vote massif de la synthèse de Reims lui permet d'animer un mouvement apaisé. L'Assemblée générale de Bordeaux en confirmera ce rassemblement du mouvement et le CNIR de pour la première fois depuis élira le collège exécutif dès le premier tour de vote, Cécile Duflot devenant la nouvelle secrétaire nationale. Le référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen. À l'issue d'un référendum interne organisé en , les Verts optent majoritairement pour un « oui de raison » au référendum par 53 % des voix pour, 42 % contre et 5 % de bulletins blancs. Ils critiquent sévèrement le texte, notamment sa troisième partie jugée très libérale, mais préfèrent engranger ce qu'ils considèrent comme des avancées institutionnelles en faveur de la construction européenne. Une partie des militants fait campagne pour le « non », et le vote au sein du mouvement suit l'évolution de celui des électeurs. La plupart des ténors du parti appellent clairement à voter « oui » et si une partie des partisans du « non » se sont faits très discrets dans les médias, d'autres, en revanche, regroupés au sein du mouvement « Les écologistes pour le Non », font ouvertement campagne aux côtés des collectifs contre le TCE. Au soir du d'après les sondages, la majorité des électeurs Verts (60 %) s'est prononcée pour le « non ». Le CNIR de qui suit le référendum acte ses résultats, sur lesquels il ne marque aucun regret, et considère qu'il faut prendre en compte le message envoyé par les électeurs le pour relancer la construction d'une Europe plus sociale et plus démocratique. En il adopte à l'unanimité une motion sur la demande d'une nouvelle constitution européenne qui ne serait pas sujette aux critiques faites au TCE. Pour le traité modificatif européen, le Conseil national inter-régional du a voté que : . Élection présidentielle de 2007. Au printemps 2006, une primaire interne est organisée pour désigner le candidat des Verts à l'élection présidentielle de 2007. Les 5 candidats à départager sont Yves Cochet, Jean Desessard, Cécile Duflot, Alain Uguen et Dominique Voynet. Le , Dominique Voynet arrive en tête du premier tour, sans toutefois obtenir assez de votes pour être désignée candidate du parti. Les deux candidats arrivés en tête sont Dominique Voynet et Yves Cochet (tous les deux clairement partisans du « Oui » au référendum de 2005). Le second tour du donne une quasi-égalité de voix entre eux, avec seulement deux voix d'écart (en faveur de Yves Cochet) sur un total de 5181 bulletins. Le compte des bulletins étant en plus contesté, il est donc décidé de refaire ce deuxième tour le . Dominique Voynet est donc la candidate des Verts à l'élection présidentielle. Elle n'obtient cependant que 1,57 % des suffrages (soit ), ce qui est le plus mauvais résultat de écologistes depuis la candidature de René Dumont en 1974. Au second tour, elle appelle à voter pour la candidate socialiste : Ségolène Royal. L'avenir du parti en question après les élections de 2007. Après le faible score obtenu par Dominique Voynet, beaucoup s'interrogent sur l'avenir des Verts. Ainsi, dans un sondage paru dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France", 48 % des sondés estimaient que la présidentielle 2007 avait signé l'arrêt de mort du parti. Cependant, si les Verts doivent faire face à quelques défections dont l'ancien secrétaire national Jean-Luc Bennahmias qui a rejoint le Mouvement démocrate de François Bayrou, les départs sont peu nombreux et les Verts n'ont aucune difficulté à aligner plus de candidats pour les élections municipales de 2008 qu'en 2001, et . Élections municipales et cantonales de 2008. Cécile Duflot, secrétaire nationale du parti, a vu « une petite renaissance » dans les élections municipales et cantonales de 2008. Aux cantonales, les Verts obtiennent 11,54 % des voix au premier tour. Trente-quatre candidats (cinquante-deux en 2001), dont cinq sortants, peuvent se maintenir au second tour et onze sont élus (contre douze en 2001), portant ainsi à dix-huit le nombre de conseillers généraux du parti (sept élus en 2004). Aux municipales, les Verts déposent des listes autonomes dans un tiers des trente-neuf villes de plus de et dans trente-deux villes de plus de . Ils réunissent en moyenne 8,7 % des suffrages au premier tour et . Après ce scrutin, le parti compte quarante-et-un maires (dont vingt-trois sortants). Dès le premier tour, Noël Mamère est réélu à Bègles (Gironde), tout comme Jean-François Caron à Loos-en-Gohelle avec 82 % des voix. Au second tour à Montreuil (Seine-Saint-Denis), Dominique Voynet l'emporte face au maire sortant apparenté PCF, Jean-Pierre Brard. Mais à Paris, si dans le de la capitale, Jacques Boutault, seul maire d'arrondissement Vert depuis 2001, est réélu à 68 % des voix, les listes Vertes obtiennent en moyenne 6,7 % des voix au premier tour (contre 12,3 % en 2001), avant de fusionner pour le second tour avec les listes de la gauche de Bertrand Delanoë. . Ainsi Denis Baupin reste adjoint au maire de Paris mais avec une délégation de moindre importance : adjoint aux transports de 2001 à 2008, il devient adjoint chargé du développement durable, de l'environnement et du plan climat. Élections européennes de 2009. En , le CNIR autorise le collège exécutif à prendre des contacts afin de constituer pour les élections européennes de 2009 une liste allant de "Hulot à Bové". Après une mise en scène de ce rassemblement aux Journée d'été des Verts où est projeté une vidéo spécialement tournée par Nicolas Hulot accompagnée d'interventions de ses proches et de José Bové, le CNIR de valide à l'unanimité une motion sur le cadre programmatique et organisationnel de la future campagne. La campagne des Européennes est officiellement lancée le par un appel au "Rassemblement de l'écologie" intitulé Europe Écologie de Jean-Paul Besset, Daniel Cohn-Bendit (coprésident du groupe Vert au parlement de l'Union européenne), Eva Joly, Cécile Duflot (Secrétaire nationale des Verts), José Bové, Yannick Jadot, Monica Frassoni (coprésidente du groupe Vert au parlement de l'Union européenne) et Antoine Waechter (Président du Mouvement écologiste indépendant). Tous sont signataires d'un manifeste et sont présents à la conférence de presse de lancement. Les têtes de listes d'Europe Écologie sont annoncées en . Le au soir, les listes Europe Écologie obtiennent 16,28 % des voix au niveau national et au parlement européen, autant que le PS. C'est le meilleur score national des Verts à ce jour. Le , la députée de Paris Martine Billard, ne se reconnaissant plus dans cette « évolution au centre que subissent les Verts avec Europe Écologie », annonce qu'elle quitte les Verts pour rejoindre le Parti de gauche. Intégration des militants venus avec Europe Écologie. Après les bons résultats électoraux obtenus par le rassemblement Europe Écologie, Daniel Cohn-Bendit appelle, au lendemain des élections régionales de 2010, à la dissolution des Verts au sein d'« une nouvelle formation politique à inventer ». De même, son frère Gabriel souhaite qu'Europe Écologie « devienne une force qui ne dépende plus de l'appareil des Verts », mais cette hypothèse reçoit un accueil mitigé chez les Verts, à l'image du numéro deux du parti, Jean-Vincent Placé. Lors de l'université d'été d', alors que la candidature d'Eva Joly à l'élection présidentielle de 2012 semble faire consensus, Cécile Duflot s'exprime « peut-être pour la dernière fois comme secrétaire nationale des Verts » et donne « rendez-vous » pour « une autre histoire qui verra la fin de nos deux logos ». L'intégration au sein du parti des Verts des militants venus avec Europe Écologie a eu lieu à la mi-, lors des Assises nationales de Lyon. De nombreuses questions restent néanmoins à trancher, la présidente de Cap21 Corinne Lepage accusant par exemple les Verts de vouloir obtenir la haute main sur la future structure. Le , lors de leur Conseil national inter régional, les Verts décident de la tenue d'un référendum « qui validera la transmutation des Verts ». Le , Les Verts officialisent le changement de leurs statuts et la modification de leur nom, qui permettent l'adhésion des adhérents venus avec Europe Écologie mais qui étaient réticents à intégrer une structure déjà existante sans aucun changement de celle-ci, et s'appellent désormais Europe Écologie Les Verts. Idéologie. Les Verts défendent les idées de l'écologie politique, ce qui est souvent confondu avec la défense de l'environnement. Cela va en fait bien au-delà : les Verts militent pour que la société s'achemine progressivement vers un mode de vie durable en résolvant par l'action politique ses déséquilibres sociaux et environnementaux. Les Verts considèrent qu'une transition vers un mode de vie soutenable, loin de ne reposer que sur un changement des comportements individuels, doit demander des efforts à tout le monde, et doit donc faire appel à une action politique forte et à des modifications législatives. Idées en matière économique et sociale. Les Verts considèrent qu'un monde dans lequel subsistent de profondes inégalités sociales n'est pas durable. Ils dénoncent régulièrement le fait que les plus pauvres sont les toutes premières victimes de la dégradation de l'environnement alors même qu'ils en sont souvent les derniers responsables. Les Verts pensent que l'économie non-marchande (associations, SELs, etc.) joue un rôle fondamental dans la société qu'il convient de favoriser, par exemple en réduisant le temps de travail. Ils défendent le principe d'une réduction de l'empreinte écologique, ce qui suppose une décroissance (au sens économique cette fois) sélective, concernant certains secteurs tels l'automobile, l'énergie, l'industrie de l'armement. D'un point de vue plus général, les Verts considèrent que les revenus d'une personne devraient représenter ce qu'elle apporte à la société en général et non uniquement ce qu'elle apporte à l'économie marchande comme c'est le cas actuellement. Ils militent donc pour une déconnexion plus importante des notions de revenus et de travail marchand, certains soutenant l'idée d'un revenu universel. Questions de société. Les Verts sont considérés comme progressistes sur les questions de société. Le principe de base est l'autonomie de l'individu c’est-à-dire qu'aucun droit supérieur ne peut décider de la vie de chacun d'entre nous (morale religieuse, raison d'État, etc.). Ils soutiennent en particulier : Politique énergétique. Cette question est centrale dans la politique des Verts, puisque l'énergie est l'un des domaines où la surconsommation de ressources a le plus d'impact sur la qualité de vie des générations à venir. Les Verts critiquent en particulier : D'un point de vue général, les Verts militent pour anticiper la transition (qu'ils pensent de toute façon inéluctable) de notre modèle de production énergétique vers le tout renouvelable. Considérant que la production de l'énergie est presque toujours destructrice pour l'environnement, les Verts militent pour une société énergétiquement plus sobre. Idées sur les institutions. Les Verts sont opposés à une trop grande personnalisation de la politique, et sont dans l'ensemble favorables à un régime beaucoup plus parlementaire. Ils militent pour l'introduction de la proportionnelle pour les élections législatives. Ils sont favorables à la suppression des conseils généraux. Ils estiment également que la démocratie représentative et un droit d'expression des citoyens tous les cinq ou six ans ne peuvent suffire et réclament donc l'instauration de formes de démocratie participative telles que les référendums nationaux ou locaux d'initiative populaire, les conseils de quartier, les consultations de citoyens. Les Verts réclament aussi une qui soit fédérale, parlementaire, et plus démocratique que la Cinquième République d'aujourd'hui, qu'ils trouvent trop « usée ». Les Verts sont favorables à un pouvoir élargi des institutions européennes incluant des compétences en matière sociale. Conflit au Proche-Orient. Les Verts ont dans le cadre du Collectif national pour une paix juste et durable au Moyen-Orient rejoint l'initiative « Boycott, désinvestissement et sanctions » (BDS) contre Israël. Le mouvement jeune des Verts. Le parti des Verts a aussi un mouvement de jeunesse appelé les Jeunes Verts / la Souris verte. Il a été créé en 2001 à Strasbourg à partir de groupes locaux de Chiche !, l'ancien mouvement de référence des jeunes écologistes et des Jeunes progressistes. Il est présent dans la plupart des grandes villes de France. Le , les Jeunes Verts ont changé de statuts pour devenir les Jeunes écologistes et s'inscrire dans la dynamique d'Europe Écologie. Instances. Structures nationales. Conseil national inter régional. Le Conseil national inter régional (CNIR), est l'instance la plus importante des Verts français, après les assemblés générales et fédérales. Le CNIR est à la fois l'organe législatif et décisionnel du mouvement, le collège exécutif n'étant statutairement qu'un strict exécutif. Il est composé de titulaires et suppléants ; 75 % sont élus par les régions et 25 % par l'assemblée générale fédérale (le « quart national »), à la proportionnelle des motions et de façon paritaire. Lors de la mandature 2005-2007, il est dirigé par un bureau de quatre personnes : Franck Contat (motion « Rassembler »), Laurence Guedet (motion « Écolo »), Albert Peirano (motion « AOC ») et Nicole Seris (motion « RDV »). Membres. Dirigeants. Secrétaires nationaux. - Guy Cambot - Jean-Marie Vidal (...-1993) Représentations parlementaires. Députés européens. En 2010, les Verts sont représentés dans les différentes chambres parlementaires de la manière suivante :
Lionel Jospin Lionel Jospin, né le à Meudon (Seine-et-Oise, aujourd'hui Hauts-de-Seine), est un homme d'État français. Figure du Parti socialiste (PS), il est Premier ministre du au . Après avoir étudié à l'IEP de Paris et à l'ENA, il mène une carrière dans la diplomatie. D'abord membre de l'Organisation communiste internationaliste, il rejoint le Parti socialiste en 1971. Élu député de la Haute-Garonne en 1981, il occupe la fonction de premier secrétaire du PS au cours du premier septennat présidentiel de François Mitterrand (1981-1988). Il est ensuite, de 1988 à 1992, au sein des gouvernements Michel Rocard et Édith Cresson, ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale. Désigné candidat à l'élection présidentielle de 1995 lors de la primaire de son parti, il est battu au second tour par Jacques Chirac. Alors qu’il a retrouvé le premier secrétariat du PS, la victoire de la « gauche plurielle » aux élections législatives de 1997 lui permet de devenir Premier ministre, inaugurant ainsi la troisième cohabitation. À la tête d'un gouvernement de coalition (« majorité plurielle »), il contribue à la mise en place des 35 heures et des emplois-jeunes. Le gouvernement Jospin est à ce jour le plus long de la . À nouveau candidat à l'élection présidentielle de 2002, il est éliminé au premier tour, devancé par le président sortant, Jacques Chirac, et par le candidat du Front national, Jean-Marie Le Pen. Il annonce son retrait de la vie politique et démissionne de sa fonction de chef du gouvernement. Présenté comme un possible candidat du PS en vue de l’élection présidentielle de 2007, il est concurrencé par Ségolène Royal, dont la popularité le conduit à renoncer à se présenter à la primaire présidentielle socialiste de 2006. Nommé par Claude Bartolone, il est membre du Conseil constitutionnel de 2015 à 2019. Biographie. Origines familiales. Né dans une famille protestante et militante de gauche, Lionel Jospin est issu du second mariage de Robert Jospin, enseignant pacifiste membre de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), et de Mireille Dandieu, sage-femme. En décembre 1999, Lionel Jospin affirme une forme d'athéisme en se définissant comme . « Munichois » et proche de Marcel Déat, Robert Jospin est exclu de la SFIO en 1945 en raison de son attitude sous l'Occupation. De son premier mariage, Robert Jospin a eu deux enfants : un fils, Maurice (1924-2003), futur journaliste et jazzman, ami de Claude Luter, et une fille, Hélène. De l'union de Robert et Mireille Jospin naissent quatre enfants : Agnès, Lionel, Olivier et Noëlle, qui épouse le philosophe François Châtelet et devient romancière. De Meudon, où elle occupe un appartement, puis une villa avec jardin, la famille vient en 1948 s’installer à Paris, dans le quartier de la Bastille, boulevard Richard-Lenoir. Deux ans plus tard, Robert Jospin prend la direction d’un centre d’enfants difficiles, à La Ferté-sous-Jouarre, en Seine-et-Marne. Formation et militantisme. Adolescent, Lionel Jospin a intégré sous le nom de les Éclaireurs unionistes de France (protestants) dans la troupe de Paris-Saint-Marcel et à quinze ans, lors d’un camp dans le Jura, jumelé avec la troupe de Paris-Luxembourg, a eu pour chef de camp Michel Rocard, "alias" . En 1954, il obtient son baccalauréat au lycée Janson-de-Sailly. De 1956 à 1959, il est étudiant à l'Institut d’études politiques de Paris et résident à la cité universitaire Jean-Zay à Antony, où il est le colocataire de Jean Picollec. Il réussit le concours de l'École nationale d'administration (ENA) en . De 1961 à 1963, il effectue son service militaire comme élève-officier à l’école de cavalerie de Saumur (comme Jacques Chirac avant lui), puis comme officier de chars, chef de peloton d’instruction à Trêves (Allemagne). Il y retrouve le soldat Guy Roux, entraîneur de l’AJ Auxerre, et le soldat Jean-Loup Dabadie, futur scénariste et parolier à succès, ainsi que ses copains d’alors : Josselin de Rohan, Jean-Bernard Mérimée et Jean Vidal. Issu d’une famille de gauche, mais rebuté par le stalinisme et la politique coloniale de la SFIO, il s'engage à la fin des années 1950 à l’UGS avant d’adhérer, à la suite de son organisation, au PSU en 1960. S’éloignant de l’activité politique lors de son service militaire puis de sa formation à l'ENA, il rejoint le mouvement trotskiste au début de 1965 sous l’influence d’une rencontre avec Boris Fraenkel. Il milite à l’UNEF contre la guerre d'Algérie. Sous l’influence d’un ami éducateur, Michel Lautrec (1937-2000), il fait partie du groupe Lambert, l’Organisation communiste internationaliste (OCI), où avec l’historien Benjamin Stora il milite sous le pseudonyme de « Michel », en hommage à son initiateur. Vie privée. De son premier mariage avec Élisabeth Dannenmuller, il a eu deux enfants (Hugo, né en 1973, et Eva, née en 1975, artiste). Divorcé, il épouse en 1994 la philosophe Sylviane Agacinski. Ascension politique. De 1963 à 1965, il est élève de l'ENA, dans la promotion Stendhal, dans laquelle se trouvent entre autres : Yves Cannac, Ernest-Antoine Seillière, Jean-Pierre Chevènement, Josselin de Rohan, Alain Gomez, Jacques Toubon, Jean Vidal, Jean-Bernard Mérimée, Tristan d'Albis et Christian Aubin. Il effectue son stage à la préfecture de Bourges et son stage « ouvrier » dans les houillères du Nord. À sa sortie de l'ENA, en 1965, il entre au Quai d'Orsay comme secrétaire des Affaires étrangères où il est affecté à la direction de la coopération économique et où il travaille avec Ernest-Antoine Seillière. En 1970, Lionel Jospin abandonne sa carrière de diplomate pour devenir professeur d'économie à l'IUT de Sceaux de l'Université de Paris. Après le congrès d'Épinay, il rejoint le Parti socialiste en 1971, à la demande de l'OCI, dont il rencontre régulièrement les responsables, en particulier Pierre Lambert. Lionel Jospin n'en mène pas moins une carrière rapide au PS, devenant un protégé de François Mitterrand. D'abord membre d'un groupe d'experts chargé des relations internationales où il s'occupe des relations Est-Ouest, il entre en 1973 au Bureau exécutif et devient Secrétaire national à la formation. En 1975, il est chargé de rédiger le rapport qui sera adopté à l'occasion de la Convention nationale sur les relations avec le PC et devient secrétaire national au tiers monde. En 1977, Lionel Jospin est élu au Conseil de Paris, dans le . Dans le cadre de ses fonctions de secrétaire national au tiers monde, il représente François Mitterrand, au Liban, à l'occasion des funérailles de Kamal Joumblatt. C'est l'occasion pour lui de rencontrer discrètement Yasser Arafat alors pleinement impliqué dans la guerre civile libanaise. En 1979, au congrès de Metz du Parti socialiste, il déclare . Il devient secrétaire national aux relations internationales, chargé de la coordination au Parti socialiste. En 1980, à l'occasion des 60 ans du congrès de Tours, il débat avec Georges Marchais sur le plateau de l'émission "Les Dossiers de l'écran". On retiendra de ce face à face, préparé avec une équipe comprenant Philippe Robrieux, sa réplique au dirigeant communiste : . En janvier 1981, à l'occasion du congrès de Créteil qui désigne François Mitterrand comme candidat à l'élection présidentielle, Lionel Jospin est élu Premier secrétaire du parti conformément au souhait de son prédécesseur qui lui avait proposé le poste en en cas de victoire. Selon certains, il quitte l'OCI durant cette période, rompant ses contacts avec le lambertisme autour de 1981. L'intéressé lui-même, sans démentir, donne une vision différente de ses relations avec les lambertistes : Présidence de François Mitterrand. Après la victoire de François Mitterrand à l’élection présidentielle de 1981, Lionel Jospin exerce la fonction de premier secrétaire du Parti socialiste. Aux élections législatives de 1981, il est élu député dans la de Paris (quartiers de la Chapelle - Goutte-d’Or), avec Daniel Vaillant comme suppléant. Alors que Pierre Mauroy discute avec Georges Marchais du nombre et des attributions des futurs ministres communistes, Lionel Jospin est chargé des négociations de l’accord de gouvernement. Lionel Jospin participe durant la première législature de François Mitterrand aux « petits déjeuners du mardi », une réunion non officielle qui réunit chaque semaine autour du président, le Premier ministre, le premier secrétaire du Parti socialiste, le secrétaire général de l’Élysée et plus tard le conseiller spécial du président, pour aborder les questions politiques en cours. Lionel Jospin connaît son « baptême du feu » au congrès de Valence, en . Si sur le fond le congrès adopte une position modérée prônant le changement graduel, dans la forme, les excès verbaux, à l’exemple d’un Paul Quilès déclarant que des , laisseront le sentiment d’un processus mal maîtrisé par le nouveau secrétaire du Parti socialiste. À l’occasion du tournant de la rigueur, Lionel Jospin cherche à renouveler la thématique de la « pause » employée par les socialistes à l’occasion du Front populaire, en utilisant, en mars 1983, la notion de « parenthèse ». Aux élections législatives de 1986 (ces élections sont à la proportionnelle départementale), il est à la tête d'une liste PS-MRG à Paris. Il est élu, avec sept autres députés socialistes, soit autant que le RPR. Sollicité par la fédération PS de Haute-Garonne lors d’une élection législative partielle, il se présente et est élu député dans la Haute-Garonne en (et se démet de son mandat de député élu à Paris, qui échoit à un autre candidat sur sa liste). Entretemps, il prend Jean-Marie Cambacérès comme directeur de cabinet. Après la réélection de François Mitterrand en 1988, il est élu député dans la de la Haute-Garonne, siège qu’il abandonne pour entrer au gouvernement. Devenu ministre de l’Éducation nationale, il quitte le poste de premier secrétaire du PS, mais reste membre du bureau national et du conseil national du PS jusqu’en 1997. Il se présente alors aux élections régionales françaises de 1992 en vue de briguer la présidence de la région Midi-Pyrénées mais il est battu par la liste menée par Marc Censi, le président sortant. Comme ministre, il redessine la carte universitaire, notamment par le plan « Universités 2000 » et fait adopter la loi Jospin qui, entre autres mesures, réforme la formation des enseignants. Mais la contestation lycéenne l’affaiblit en 1990. Son éternelle rivalité avec Laurent Fabius, exacerbée lors du congrès de Rennes en 1990, déchire le Parti socialiste. Lionel Jospin s’éloigne de François Mitterrand et doit quitter le gouvernement démissionnaire d’Édith Cresson en 1992. Battu lors des élections législatives de 1993 du fait du raz-de-marée RPR–UDF, et n’ayant plus pour seul mandat que celui de conseiller général de Cintegabelle, il quitte ses fonctions au PS et songe à se retirer de la vie politique ; il demande notamment un poste d’ambassadeur, ce à quoi s'opposera Alain Juppé alors ministre des Affaires étrangères. Campagne présidentielle de 1995. Après le désistement de Jacques Delors, favori des sondages, il est désigné candidat du Parti socialiste à l'élection présidentielle lors d'une primaire, le , face au premier secrétaire du parti, Henri Emmanuelli. Après s'être montré critique sur le passé de François Mitterrand (il déclare en ), il réclame un sur le bilan de Mitterrand. Le soutien timide apporté par le président sortant à Lionel Jospin s'expliquerait par cette déclaration. Donné perdant dès le début de l'élection, Lionel Jospin crée la surprise en arrivant en tête au premier tour, avec 23,3 %, devant ses rivaux RPR, Jacques Chirac (20,8 %) et Édouard Balladur (18,6 %). Il déclare avoir pendant la campagne. Pour autant, l'usure du Parti socialiste après 14 années de présidence Mitterrand et un report de voix assez défavorable à la gauche en vue du second tour lui laissent peu d'espoir de l'emporter. Le débat de l'entre-deux-tours est considéré comme timide, chacun campant sur ses positions sans faire de déclaration choc, si ce n'est la réplique de Lionel Jospin au sujet du quinquennat, auquel s'opposait son adversaire : . Lors du second tour, Lionel Jospin obtient 47,36 % des suffrages face à Jacques Chirac. De juin à , il préside la commission de rénovation du Parti socialiste. Il redevient premier secrétaire du PS le et dirige de fait l'opposition. Il fait alliance avec le Parti communiste, les Verts, le Parti radical-socialiste et le Mouvement des Citoyens, pour créer la gauche plurielle, coalition politique qui remporte les élections législatives de 1997, à la suite de la décision de Jacques Chirac de dissoudre l'Assemblée nationale. Premier ministre. Le le président Jacques Chirac le nomme Premier ministre : c'est le début de la troisième cohabitation. Il forme un gouvernement de coalition dit de majorité plurielle, où Lionel Jospin se dit de compter des ministres communistes, centré sur quelques proches : Dominique Strauss-Kahn, Claude Allègre et Martine Aubry. Cette dernière met en place la principale promesse de campagne : les 35 heures. Au cours de la législature, il doit se séparer du « noyau dur » de son gouvernement : contesté par les syndicats enseignants, Claude Allègre abandonne l'Éducation nationale, tandis que Dominique Strauss-Kahn, mis en examen, choisit de démissionner. Lors du vaste remaniement ministériel de 2000, il fait alors entrer les « éléphants » du PS, dont Jack Lang, rue de Grenelle, et son rival historique au sein du PS, Laurent Fabius, à Bercy. Sur le plan économique, jusqu'en 2001, Lionel Jospin bénéficie d'une période de forte croissance mondiale, qui se traduit notamment par l'envol des nouvelles technologies. Sa part de responsabilité dans cette situation est source de débat, mais la croissance du PIB français est durant cette période constamment supérieure de 1 % à la moyenne de la croissance dans l'Union européenne. Cette phase de haute conjoncture profite aux recettes de l'État, notamment du fait de la progressivité de certains impôts. Il met en œuvre une politique ciblée sur l'emploi (emplois-jeunes, prime pour l'emploi, baisse de la TVA, soutien à la consommation, allègements de charges, réforme sur l'annualisation du temps de travail en contrepartie des ) ; entre 1997 et 2001, le chômage passe du taux record de 12,2 % à un plancher de 8,6 %, mais il repasse la barre des 9 % en 2002. Les lois Aubry auraient permis de créer environ . On observe une baisse sans précédent du chômage malgré l'augmentation de la population active jusqu'en 2005, date du début du départ à la retraite des premiers enfants du "baby-boom". Le lien avec la mesure est toutefois contesté, dans la mesure où l'emploi progresse au même moment dans d'autres pays. De 1997 à 2001, le déficit public de la France est réduit en moyenne de 0,2 % par an en pourcentage du PIB. En 2001, la conjoncture mondiale se retourne brutalement à la suite des attentats du World Trade Center, puis de l'explosion de la bulle Internet. Sur le plan social, il met en place la couverture maladie universelle et l'allocation personnalisée d'autonomie pour les personnes âgées, et fait adopter la loi Kouchner sur les droits des malades (). Il instaure le PACS (pacte civil, qui permet l'union des couples sans passer par le mariage, qu'ils soient hétérosexuels ou homosexuels), qui voit l'opposition frontale de l'Église et de la droite catholique. Il fait également adopter la loi Besson sur les gens du voyage. Sur le plan de la sécurité, il met en place la police de proximité, chargée d', crée la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), et fait voter la loi Guigou sur la présomption d'innocence. Toutefois, après le 11 septembre 2001, il s'engage pour la loi sur la sécurité quotidienne (LSQ), qui oblige notamment les fournisseurs d'accès à Internet à conserver les données de connexion de leurs clients, réprime l'occupation des cages d'escaliers ainsi que les rave-parties non autorisées. Au niveau institutionnel, il soutient l'organisation du référendum de 2000 sur la réduction du mandat présidentiel de sept à cinq ans. Le « oui » recueille 73,21 % des suffrages, mais l'abstention s'élève à 69,81 %. Sur le plan sanitaire, il est confronté à la crise de la vache folle, lors de laquelle son gouvernement est accusé de prendre un certain retard dans la prise de décision en comparaison de la législation britannique. Le , Jacques Chirac réclame l'interdiction immédiate des farines animales, position que rejoint le Premier ministre quelques jours plus tard. De 1997 à 2001, malgré une PS-PC du qui promettait , Lionel Jospin entreprend, une fois Premier ministre, une série de privatisations ou d'ouverture aux capitaux privés : France Telecom, Thomson Multimédia, le GAN, le CIC, les AGF, Société marseillaise de crédit, RMC, Air France, Crédit lyonnais, Eramet, Aérospatiale-Matra, EADS Banque Hervet. Il déçoit également de nombreux sympathisants de la gauche à propos de l'usine Renault de Vilvorde en Belgique : bien que s'étant engagé lors de la campagne des législatives de 1997 à remettre en cause la décision de fermeture, il ne peut arrêter le processus. Dans son discours du à Craonne où il a inauguré la sculpture de Haïm Kern, à l'occasion du de l'armistice de 1918, le Premier ministre Lionel Jospin a souhaité que les soldats « fusillés pour l’exemple », , qui , victimes . Dans le contexte de cohabitation, cette initiative est critiquée par le président de la République Jacques Chirac, qui la juge . En 2000, il s'avoue impuissant à empêcher des licenciements dans l'usine Michelin, déclarant . Cette phrase est souvent analysée comme lui ayant coûté cher sur le plan politique, notamment au moment de l'élection présidentielle de 2002. En 2001, son militantisme passé à l'Organisation communiste internationaliste (trotskiste) est révélé dans des articles de presse ("Le Monde", "L'Express", "Le Nouvel Observateur"), puis dans deux biographies. Le Premier ministre reconnaît la véracité de ces informations, bien qu'ayant jusque-là toujours démenti la rumeur, affirmant avoir été confondu avec son frère Olivier Jospin, lui-même militant avoué de l'organisation trotskiste. Lionel Jospin déclare, quelques années après la fin de la cohabitation, que sa relation avec le président Jacques Chirac fut , mais qu'il lui a . Il fait partie des Premiers ministres les plus populaires de la . La Sofres indique qu'il atteint son record de popularité en , dans un contexte d'allégresse après la victoire de la France à la coupe du monde de football. Sa cote décroît par la suite pour atteindre 40 % en . Campagne présidentielle de 2002. Lionel Jospin annonce sa candidature à l'élection présidentielle par fax le . Il gère mal une campagne marquée par le thème de l'insécurité et ne rassemble pas sur sa candidature les composantes de sa majorité plurielle, qui présentent chacune un candidat. Son positionnement politique est, en outre, sujet à controverse : il affirme au début de la campagne que son , nuançant par la suite ce propos avec des drapeaux rouges lors des meetings. D'autre part, ses attaques personnelles contre le président Chirac (« un président vieux, usé, fatigué ») ont un effet mitigé. Par ailleurs, il s'aliène une partie de l'électorat enseignant, pourtant traditionnellement acquis à la gauche, en raison des réformes Allègre. Enfin, l'opposition de droite lui reproche de ne pas avoir profité des années de croissance économique solide pour mener des réformes importantes, comme celle des retraites. Le 17 avril, quatre jours avant le premier tour, alors qu'il est donné au coude-à-coude avec Jacques Chirac dans les sondages, il juge peu sérieuse l'hypothèse de son absence au second tour. Il est pourtant éliminé au premier tour, lors d'un scrutin marqué par une abstention de 28,40 % des inscrits, en obtenant 16,18 % des suffrages exprimés, derrière Jean-Marie Le Pen (16,86 %, soit voix de plus que Jospin) et Jacques Chirac (19,88 %). Apprenant cet échec, il annonce le soir du premier tour son retrait de la vie politique, en déclarant : . Les commentateurs politiques critiquent cette retraite anticipée, jugée comme étant le résultat d'un orgueil excessif, alors que de l'avis général il aurait pu éviter au Parti socialiste une déroute lors des élections législatives de juin 2002 s'il avait décidé de rester le dirigeant de la gauche plurielle. Jacques Chirac est très largement réélu après une campagne d'entre-deux tours marquée par d'importantes mobilisations contre l'extrême droite. Lionel Jospin quitte ses fonctions de Premier ministre le ; Jean-Pierre Raffarin lui succède. Plusieurs raisons expliquent l'échec de Lionel Jospin : campagne considérée comme médiocre, gauche divisée, insécurité comme thème de campagne et (les Premiers ministres finissent souvent impopulaires). Dans le film autobiographique "Lionel raconte Jospin", diffusé en 2010, Lionel Jospin déclare de nouveau assumer l'entière responsabilité de la défaite électorale de la gauche, indiquant avoir sous-estimé les risques d’une élimination au premier tour, mais accuse également la droite d'avoir usé de thématiques ayant renforcé le Front national ainsi que les candidatures dissidentes de gauche, notamment de Jean-Pierre Chevènement et de Christiane Taubira. Cependant, il n’avait alors rien fait pour empêcher ces candidatures, selon des journalistes politiques. Retrait de la vie politique. Le sort son livre, "Le Monde comme je le vois", qui relance les spéculations autour d'un éventuel retour en politique. Il laisse entendre, à plusieurs reprises, qu'il serait prêt à se présenter à l'élection présidentielle de 2007 si les socialistes le lui demandaient. Le , Lionel Jospin intervient à l'université d'été du PS et déclare, le 4 septembre, être . Mais les sondages indiquent qu'une majorité de Français et de sympathisants socialistes ne souhaite pas sa candidature et que le niveau d'intentions de vote en sa faveur est beaucoup plus faible que celui de Ségolène Royal en cas de duel face à Nicolas Sarkozy. Le 28 septembre, il annonce, dans une lettre adressée aux militants socialistes, qu'il ne sera pas candidat à la primaire socialiste. Le , au cours du vote de désignation du candidat à la présidentielle, il affirme ne pas avoir voté blanc et révélera plus tard avoir voté pour Dominique Strauss-Kahn. Le , Lionel Jospin rejoint l'équipe de campagne de Ségolène Royal, aux côtés notamment des deux anciens rivaux de cette dernière, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Dans son livre "L'Impasse", publié en , Lionel Jospin estime que Ségolène Royal nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et . Après avoir signé la motion présentée par Bertrand Delanoë au congrès de Reims, il vote, le , lors de l'élection du premier secrétaire du Parti socialiste, pour Martine Aubry. Il affirme, à propos de Ségolène Royal : ; ce commentaire, qui trace un parallèle avec la tendance de Marcel Déat, passé ensuite à la collaboration, entraîne un début de polémique. Le , le président de la République, François Hollande, annonce la nomination de Lionel Jospin à la tête d'une Commission sur la rénovation et la déontologie de la vie publique, qui formule des propositions visant notamment à réduire le cumul des mandats et les conflits d'intérêts. Membre du Conseil constitutionnel. En , il accepte la proposition du président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, de le nommer membre du Conseil constitutionnel en remplacement de Jacques Barrot, décédé quelques jours auparavant. Le suivant, la commission des Lois de l'Assemblée nationale valide sa nomination. Il prend ses fonctions le . Alors qu'il est pressenti pour devenir président du Conseil constitutionnel en , François Hollande lui préfère Laurent Fabius. Il quitte le Conseil constitutionnel le , Alain Juppé lui succédant. Distinctions. Honneurs. Il a obtenu plusieurs doctorats "honoris causa" : Cinéma. Lionel Jospin a fait une apparition de quelques minutes à l'écran dans son propre rôle dans le film "Le Nom des gens" de Michel Leclerc sorti le ; une de ses répliques, non dépourvue d'autodérision puisqu'il l'a lui-même écrite, est : . En 2011, il apparaît aussi dans le film de Julie Delpy, "Le Skylab", lors d'un reportage télévisé présenté par Patrick Poivre d'Arvor et ayant pour sujet l'écrasement prochain du Skylab. Publications. Lionel Jospin est l'auteur de plusieurs ouvrages à caractère politique, certains étant conçus pour préparer une campagne électorale, c'est le cas du "Temps de répondre", sous forme d'entretien avec Alain Duhamel ou "Le Monde comme je le vois", sous forme de manifeste, dans le cadre de son éventuel retour à la vie politique, bien qu'il en nie l'intention. D'autres écrits sont conçus pour l'analyse politique, c'est le cas de "L'Impasse" où il décrypte la campagne et l'échec de Ségolène Royal lors de l'élection présidentielle française de 2007. En 2014, il compose un essai de critique historique sur Napoléon, selon lui un despote, léguant un bilan en forme d'échec, surtout aux affaires étrangères et que le bonapartisme inspire le populisme moderne. En 2020, avec "Un temps troublé", rédigé après son départ du Conseil constitutionnel , il traite de la politique contemporaine. En 2010, un entretien autobiographique avec Pierre Favier et Patrick Rotman est organisé, l'interview est diffusée en parallèle dans un documentaire homonyme sur France 2. Annexes. Liens externes.
Technique photographique La technique photographique recouvre les procédés, méthodes et pratiques visant à l'obtention d'une photographie. Ces procédés se divisent en deux grandes familles ; les techniques analogiques (désignées par le terme de photographie argentique) élaborées au et améliorées par la suite, et les techniques numériques, mises au point à partir des années 1970 et dont l'utilisation massive commence à la fin des années 1990. En argentique comme en numérique, la technique photographique fait référence à trois domaines : Photographie traditionnelle. Les trois étapes de la photographie argentique (prise de vue, développement et tirage) peuvent être traitées comme trois ensembles distincts, le sous-produit d'un des ensembles servant d"'input" à l'ensemble suivant, ou comme les trois sous-ensembles d'un processus continu, maîtrisable de bout en bout. L'approche de l'ensemble du processus dans sa continuité par le photographe permet de garder le contrôle de chaque étape et éventuellement de corriger les sous-produits d'une étape par des traitements spécifiques lors de l'étape suivante. Une tentative de formalisation de cette approche, appelée le "Zone system", a été menée par le photographe américain Ansel Adams. Il existe plusieurs variantes, plus ou moins contraignantes et rigoureuses, du "Zone system". Une telle approche présente un certain nombre de contraintes, à la fois en coût matériel, en espace de stockage et en temps, ce qui la rend difficilement praticable. Même de très grands photographes, comme Henri Cartier-Bresson, ont renoncé au développement et au tirage de leurs clichés. Certains prennent en charge les trois étapes, mais sans vraiment les lier de manière rigoureuse ; par exemple, il est courant de corriger des erreurs de développement lors du tirage, mais peu nombreux sont ceux qui lient la prise de vue et le développement. Ce modèle de travail reste un peu théorique et connaît de multiples variations dans la pratique. Le principe de base de cette approche est de chercher à obtenir un produit fini correspondant précisément aux attentes du photographe lors de la prise de vue, c'est le contraire de la photographie « presse-bouton ». Pour atteindre ce but, le photographe sera amené à modifier un certain nombre de variables dans chacune des trois étapes. On peut citer comme variables sur lesquelles le photographe pourra intervenir : le choix de l'objectif, le choix de l'émulsion, la durée d'exposition, l'ouverture du diaphragme, le choix du révélateur, la durée et la température de développement, le format du tirage, le choix du papier, le contraste du papier (ou le filtrage pour les papiers à contraste variable), la durée de traitement dans les bains, les virages éventuels…
Prise de vue photographique La prise de vue photographique est la première étape de la pratique photographique. Elle commence par un certain nombre de choix sur lesquels le photographe ne peut plus revenir une fois qu’il a appuyé sur le déclencheur. Choix du sujet. Tout ce que l'on voit peut être à considérer comme sujet de photo. Aperçu succinct des principaux thèmes photographiques : L’humain. Ce sujet regroupe les images où l’élément humain prédomine. On trouve sous cette définition : la photo de famille, le portrait, le charme, le nu, la mode, le sport… Le reportage photo entre également, en partie, dans cette catégorie. La nature morte. Comme en peinture, elle regroupe tout ce qui a trait aux choses et aux objets. Le paysage. Le paysage regroupe aussi bien des éléments naturels que des structures urbaines. A ce propos, l’aspect graphique de l’image est prédominant. La nature. La photo de nature présente des images dans lesquelles toute influence humaine est exclue. Les adeptes de ce genre de clichés sont exigeants. Une déontologie et un respect de la nature prédominent en cette matière. Lors de concours photographiques, certaines prises de vue sont rejetées pour ce qu'elles "mettent en péril" le sujet vivant (ainsi : un faon dans sa cache, une nichée d'oisillons...). Choix du matériel photographique. Chaque type d’appareil correspond à un besoin ou une sensibilité d’un photographe. Les grands formats. Les chambres photographiques, ou "techniques", de grand format se distinguent par la taille des "plans-films" employés : de 10,2 x 12,7 cm (4 × 5 pouces) à 20 x 25 cm (8 x 10 pouces) pour les standards contemporains, jusqu’à 30 × 40 cm pour les appareils anciens nécessitant de préparer soi-même les surfaces sensibles (expl. : collodion humide sur plaque de verre). La plupart de ces appareils sont constitués d’un rail qui supporte deux platines reliées par un soufflet souple. Une de ces platines supporte l’objectif et l’autre le dispositif de visée de type "verre dépoli", qui est remplacé au moment de la prise de vue par un châssis contenant le plan-film. Ces équipements permettent tous types de réglages photographiques, notamment ceux non présents sur les appareils rigides (bascule avant ou arrière, afin d'incliner le plan de mise au point, décentrements verticaux et latéraux pour éviter une perspective fuyante en photo d'architecture, grande extension du tirage pour une mise au point fortement rapprochée). Ces chambres font appel à divers objectifs interchangeables à focale fixe. Il est également possible, en option, d'adapter des dos interchangeables de moyens formats, plus petits quant à la surface sensible utilisée. La mise en œuvre nécessite des connaissances techniques et des manipulations longues avant chaque déclenchement. Donc ces appareils lourds et fragiles sortent rarement des studios de prise de vue et sont destinés à un usage essentiellement professionnel. Lorsque l'objectif est de bonne qualité, et si la prise de vue est mise en œuvre avec compétence, un appareil de grand format peut fournir une image de haute qualité notamment pour les fins détails et pour les dégradés de valeurs. Ces images se prêtent à des agrandissements sur papier de très grand format. Les plans-films des plus grands formats peuvent aussi être exploités directement à leur taille d'origine, négatifs tirés par contact ou diapositives présentées sur un caisson lumineux. Les moyens formats. Dans cette gamme, les appareils utilisent des rouleaux de film où la taille des images est d'environ 4,5 × 9 cm jusqu’à 6 × 9 cm (formats les plus répandus : 6 × 7 cm, 6 × 6 cm, 4,5 × 6 cm). Ils sont destinés à des photos plus spontanées mais de très grande qualité supportant de forts agrandissements. Ces appareils ont été conçus sous des formes très diverses, compact bon marché, boîtier télémétrique, réflex mono-objectif, réflex bi-objectifs, chambre monobloc... Ils proposent souvent de nombreux réglages manuels. Les plus perfectionnés ont les mêmes automatismes que les reflex 24 × 36 (voir ci-dessous). Les plus sophistiqués disposent également de dos-magasins interchangeables (avantage indéniable en argentique) dont le principe permettra aussi de convertir un appareil argentique en numérique, s'il existe un dos pour cela. Ces appareils, pour la plupart destinés au professionnel ou à l’amateur expert, peuvent sortir du studio pour aller sur le terrain et même faire du reportage. Les petits formats (24 × 36, etc.). Cette famille d'appareils emploie des pellicules ou des capteurs alors que chaque image réalisée est inférieure ou égale au format 24 × 36 mm (en argentique ce dispositif utilise des pellicules identiques au film cinéma 35 mm, dans ce cas, disposées à la verticale. Ce format est généralement réservé à la photo d'action, prise sur le vif ("tout-terrain"). Les compacts polyvalents. Ce sont des appareils de très grande diffusion. Généralement équipés d’un zoom, pouvant aller jusqu’à 12×, d’un flash intégré, d’une mise au point et d’une exposition automatique, ils ne se distinguent souvent que par leur marketing et leurs dates de sortie. Pour motiver le renouvellement des appareils numériques, et se démarquer de la concurrence, les fabricants augmentent régulièrement la définition des capteurs et le nombre des fonctionnalités annexes. Qu’ils soient argentiques ou numériques, on retrouve dans cette catégorie les mêmes caractéristiques (dont certains défauts en numérique : durée de mise en route, latence au déclenchement, malgré un développement constant, on reste loin du reflex). Ils sont surtout destinés à une utilisation familiale sans soucis. Les télémétriques. Ces appareils ont une construction similaire aux compacts, mais ils proposent un viseur optique et disposent d’objectifs interchangeables (généralement de à ), les plus appréciés étant les grands-angulaires, le et des courts téléobjectifs comme le . Le premier appareil argentique grand public de ce type a été le Kodak 3A Autographic Special avec télémètre, produit de 1916 à 1934. Certains modèles bénéficient d’automatismes. Les plus réputés, en argentique puis désormais en numérique, restent les Leica M, l’offre s’est élargie ces dernières années. C’est le type même d’appareil destiné au reportage et souvent le choix préféré de nombreux photographes réputés (Henri Cartier-Bresson, Sebastião Salgado, etc.). Les reflex. Le boîtier reflex, argentique ou numérique, est le plus répandu parmi les amateurs exigeants et les professionnels. Grâce à la visée, la mesure de lumière et la mise au point à travers l’objectif, il offre un confort d’utilisation inégalé dans toutes les situations. Sa popularité a permis de disposer d’une gamme d'objectifs de bonne qualité et très variée, du fisheye (« œil de poisson ») au super téléobjectif de , sans équivalence dans les autres formats. La plupart des boîtiers numériques acceptent également les objectifs de la marque conçus au temps de l’argentique. Dans les faits, la grande diversité des capteurs nécessite de tester, pour chaque boîtier, les objectifs qui donneront de bons résultats, les "bons" objectifs des années 70 étant généralement très décevants sur un reflex numérique. D’une manière générale, plus la densité de pixels du capteur est élevée, plus les objectifs devront être d’excellente qualité. Les boîtiers numériques professionnels ont un capteur au traditionnel format , identique à celui des pellicules photographiques dites « format 35mm ». Les boîtiers numériques d’entrée et de milieu de gamme disposent pour la plupart de capteurs de format (APS-C). Si on y monte un objectif prévu pour le 24 x 36, ces capteurs n'enregistrent qu'une portion recadrée au centre de l'image formée par l'objectif, ils fournissent donc un angle de champ plus étroit. La longueur focale semble multipliée par environ 1,5 (avec un Nikon) ou 1,6 (avec Canon) par rapport au format . Ainsi, un objectif normal de donne une vision qui correspondrait à un 24 x 36 équipé d'un petit téléobjectif de ou . Cela est pénalisant notamment pour un grand-angulaire, mais à l'inverse intéressant pour un téléobjectif. Un capteur plus petit présente une plus forte densité de pixels par unité de surface, ce qui se traduit par une plus forte sensibilité au bruit (grain plus marqué), et une plus grande exigence par rapport à la qualité de l’objectif (voir pouvoir séparateur). Les "bridges". Ces appareils se positionnent sur un marché constituant un "pont" entre les catégories reflex et compact. Dotés d'un zoom non-interchangeable et d'une visée électronique, ce type d’appareil n’a eu qu’un succès moyen en argentique mais s’est répandu largement avec le numérique en étant souvent associé avec un zoom d’ampleur importante, jusqu'à 26× (26× optique + 4× numérique =130×) sur le récent Olympus 590UZ par exemple, et un système de stabilisation d’image. La visée aussi a été simplifiée en remplaçant le pentaprisme par un viseur électronique. L'appellation « "bridge" » est un anglicisme de sens critiqué. Les numériques "hybrides". Cette catégorie d'appareils désigne des appareils de milieu ou de haut de gamme, intermédiaires en ergonomie aux reflex et compacts. Les hybrides peuvent posséder divers objectifs interchangeables mais sont équipés d'une visée électronique, voir optique (par déclenchement mécanique du dispositif électronique de visée). Ces outils bénéficient de réglages et d'automatismes (souvent débrayables) intermédiaires entre les compacts et les reflex. Tout comme les compacts, ils soient destinés à un usage essentiellement amateur, certains professionnels les utilisent en second boîtier. Le Panasonic G1 est le premier appareil hybride sorti. Ce genre d'appareil possède plusieurs types de formats de capteurs (4/3, APS-C, plus petits ou plus grands). Les panoramiques. Ce type d’appareil permet d’obtenir directement des images de type panoramique, souvent grâce à un objectif rotatif. La largeur de l'image est très importante par rapport à sa hauteur (par exemple 24 x 58 mm ou 50 x 122 mm pour les Widelux) et couvre un angle important, jusqu'à 360° pour certains appareils rotatifs. Ce sont uniquement des appareils argentiques. Les appareils numériques possèdent aujourd'hui une fonction permettant de reconstituer un panorama à partir de plusieurs prises de vue. Il est aussi possible de faire cette reconstitution grâce à un logiciel sur l'ordinateur. Les objectifs fixes. L’objectif grand-angulaire couvre un grand format et on ne prend qu'une petite bande dans le milieu (Hasselblad, Fuji). Les objectifs sont souvent interchangeables. Pour la petite histoire, les appareils argentiques APS pouvaient aussi faire des photos « panoramiques » : deux volets cachaient simplement les tiers supérieur et inférieur de l’image. Les objectifs mobiles. Ici, c’est l’objectif qui tourne et expose le film en le balayant par une fine bande verticale. Le sujet doit être relativement statique pour éviter les déformations. La zone d’appui du film est incurvée pour que l’objectif garde une distance fixe par rapport au film. Pour des balayages encore plus étendus, jusqu'à 360°, on utilise un autre type d'appareil, rotatif. Dans ce cas, le film défile aussi, motorisé en synchronisme avec la rotation de l'appareil sur sa plateforme. Autres formats. Souvent par le passé, des groupes de fabricants ont voulu, pour des raisons diverses, remplacer le par un autre format. On peut citer : Certains formats, comme le Disc et l'APS se sont révélés des échecs commerciaux parfois très coûteux. Le 126, introduit par Kodak en 1963, et le 110 lui aussi introduit par Kodak en 1972, tous deux pour la gamme d'appareils Instamatic, ont eu de longues carrières. Paramètres d’exposition. La prise d’une photographie demande à doser la lumière que doit recevoir la pellicule pour être correctement exposée (ni trop sombre, ni trop claire). Trois paramètres sont essentiels pour doser la lumière reçue par la pellicule : la sensibilité du film, l’ouverture, le temps de pose. Dans certains cas où la lumière éclairant la scène n’est pas suffisante, il peut devenir nécessaire d’ajouter une source lumineuse telle que flash, ampoule tungstène, halogène, etc. Sensibilité de la pellicule ou du capteur numérique. La sensibilité d’un film ou capteur est quantifiée par son indice ISO : ISO 100, ISO 200, ISO 400, etc.Un ISO 200 est deux fois plus sensible à la lumière qu’un ISO 100, il permettra donc de prendre plus facilement des scènes d’intérieur, ou des scènes d’extérieur par un temps pluvieux ou maussade. Cependant un film très sensible (ISO 400 par exemple) produit des images contenant plus de grain et donc une perte de finesse dans les détails. Le standard est le film ISO 100 qui convient pour les scènes d’extérieur correctement ensoleillées. Temps de pose. Le temps de pose, aussi appelé vitesse d'obturation, représente la durée pendant laquelle l’obturateur de l’appareil reste « ouvert », soit le temps pendant lequel le film ou capteur reçoit la lumière émise par la scène photographiée. Plus cette durée est longue, plus la surface sensible reçoit de lumière. Cette durée est comptée en secondes et fractions de secondes. Les temps de pose les plus courants sont , , , , . Si le temps de pose est de , cela signifie que l’obturateur restera ouvert pendant une durée d’un soixantième de seconde. Le choix d’un temps de pose de laissera entrer beaucoup moins de lumière puisque l’appareil restera ouvert seulement 1/500 de seconde. Par exemple, si le temps de pose passe de à , la lumière reçue par le film est diminuée de moitié. Les vitesses élevées (, , ) sont appelées vitesses rapides, les vitesses plus basses (, , ) sont appelées vitesses lentes. Ouverture relative du diaphragme. Le diaphragme est un système de contrôle de la profondeur de champ, donc de l'étendue de la zone de netteté, et pas seulement comme on le croit trop souvent un moyen de contrôler le flux de lumière entrant dans la « chambre » de l’appareil. En le fermant, on agrandit la zone de netteté en même temps on diminue le flux lumineux qui entre dans le boîtier, ce qui constitue généralement un inconvénient. L'iris de l’œil et le diaphragme de l’appareil photographique peuvent tous deux s’ouvrir ou se fermer, laissant donc entrer plus ou moins de lumière, mais on ne peut pas les comparer sans précaution car leurs fonctions sont différentes. L'ouverture est dite « relative » parce que, contrôlé par le diaphragme, le flux de lumière entrant dans la chambre de l’appareil est « projeté » sur la surface sensible (film, capteur…) placée à une distance fonction de la distance focale de l’objectif. Une image intuitive résume cela : le mur de fond (surface sensible) d’une pièce (chambre de l’appareil) éclairée par une fenêtre (diaphragme) qui lui fait face, reçoit d’autant moins de lumière que la pièce est profonde (distance focale). Exemple : pour un objectif dont la distance focale (f) est de et un diaphragme dont l’ouverture a un diamètre (D) de , le rapport f:D est de 8 : son ouverture relative ( = « relativement à la focale ») est donc f:8 ou f/8. Cela revient à dire que l’ouverture relative exprime combien de fois le diamètre du diaphragme est contenu dans la distance focale. Ouvertures relatives normalisées : Pour calculer l’ouverture relative intermédiaire entre deux ouvertures telles que f:1 et f:2, on serait tenté de prendre la valeur moyenne : 1,5. Or il faut appliquer le facteur 1,414 (soit racine carrée de 2, qu'on approxime en 1,4) en raison du fait que la surface de l'ouverture du diaphragme varie comme le carré du rayon de celui-ci. Sur les appareils et posemètres de grande précision, ce sont deux valeurs intermédiaires qui sont calculées, faisant intervenir le facteur racine cubique de 2. Pour les objectifs, ce degré d'ouverture a été quantifié. Ce sont les valeurs f/2, f/2,8, f/4, f/5,6, f/8, f/11, f/16... indiquées en général sur la bague d'objectif. Un petit nombre (f/2 par exemple) correspond à une grande ouverture ; laissant passer beaucoup de lumière. Un grand nombre (f/16) correspond à une toute petite ouverture et donc le passage de très peu de lumière. Quand on passe d'une valeur de diaphragme à la suivante, dans le sens croissant, on diminue par deux la quantité de lumière reçue par le film. Par exemple, en passant de f/8 à f/11, sans changer les autres paramètres (temps de pose, sensibilité), le film (ou capteur numérique) reçoit deux fois moins de lumière. Inversement, en passant de f/8 à f/5,6, le film (ou capteur numérique) recevra deux fois plus de lumière. Équivalence des couples ouvertures-temps de pose. Pour la même scène photographiée, et la même sensibilité, plusieurs combinaisons ouverture-temps de pose sont possibles pour obtenir une exposition identique (correcte ou non). Soit on laisse entrer la lumière longtemps (1/30 s par exemple) mais avec une faible ouverture (f/16 par exemple), soit on laisse entrer la lumière très peu de temps (1/500 s) mais avec une grande ouverture (f/4). Toutes les combinaisons suivantes permettent d’obtenir exactement la même quantité de lumière : 1/15 s à f/22 ; 1/30 s à f/16 ; 1/60 s à f/11 ; 1/125 s à f/8 ; 1/250 s à f/5,6 ; 1/500 s à f/4. Cependant ces réglages entraînent des résultats différents quant aux images obtenues (cf. paragraphe suivant). Cette « règle d’équivalence » est connue sous le nom de « Loi de réciprocité » : elle a été établie, vers 1865 (?), par Bunsen et Roscoe (Robert Wilhelm Bunsen : 1812-1894 (?) et Sir Henry Enfield Roscoe : 1833-1915), mais en argentique elle ne se vérifie que pour des durées d'expositions limitées (typiquement : quelques secondes à quelques millièmes de seconde, approximativement), en raison de l'effet Schwartzschild. L’« effet Schwartzschild », du nom de son découvreur, Karl Schwarzschild (1873-1916), ne se manifeste, en fait, que pour les durées d’expositions extrêmes (très longues ou très courtes) appliquées aux émulsions photographiques. C’est la raison pour laquelle les fabricants de ces émulsions argentiques précisent le domaine temporel utilisable et, éventuellement, les corrections de durées d’exposition nécessaires, au moyen de tables ou formules. Ces corrections consistent toujours en une augmentation de la durée théorique, augmentation qui, elle-même, entraîne une autre correction, etc. ce qui se traduit par une correction globale surproportionnelle : c’est pourquoi les fonctions qui les représentent sont de forme générale plus ou moins exponentielle. L’effet Schwartzschild peut être représenté (très grossièrement) par l’analogie hydraulique des « justes débits » pour l’arrosage d’un gazon : l’évaporation immédiate et directe d’une imperceptible brumisation annihile partiellement l’arrosage et, à très fort débit, c’est l’eau perdue en ruissellements inutiles qui le ruine.. Conséquences des paramètres d’exposition choisis. Une « vitesse lente » (ou temps de pose long) entraîne un risque de flou dû au mouvement soit de l’appareil photo, soit du sujet s’il est mobile, pendant la pose. Dans les vitesses encore plus lentes, la « pose B » expose la photo pendant un temps choisi par le photographe, qui peut atteindre plusieurs minutes voire plusieurs heures. Le temps de pose est alors commandé par un minuteur ou en laissant le déclencheur pressé pendant la durée d'exposition voulue. Les applications sont nombreuses, pour la photo d'astronomie ou le "light painting". Le choix de l’ouverture a une influence directe sur la profondeur de champ de l’image (la zone nette de l’image, en profondeur). Une grande ouverture (soit un petit chiffre de diaphragme f/2, f/2,8, f/4, f/5,6) va avoir pour conséquence une petite profondeur de champ. L’objet et le plan sur lequel la mise au point est faite seront nets, mais les autres plans de l’image seront flous. Une petite ouverture (f/16, f/22) va entraîner au contraire une très grande profondeur de champ et permettra d’obtenir une netteté sur plusieurs plans de l’image.
Langages de programmation
Détermination de la sensibilité ISO
Langue flexionnelle En typologie morphologique, on appelle langue flexionnelle une langue dans laquelle de nombreux mots ("lemmes") sont "variables" : ils changent de forme selon le contexte d'usage ou leur rapport grammatical aux autres mots dans une phrase. L'opposé d'une langue flexionnelle est une "langue isolante", où les mots sont invariables et les rapports grammaticaux exprimés par l'usage de mots-outils ou l'ordre des mots. On dit des mots d'une telle langue qu'ils subissent le jeu de la "flexion", et leurs formes sont dites "fléchies". La flexion du nom est souvent nommée "déclinaison" tandis que celle du verbe est la "conjugaison". Les flexions se font par ajout de codes grammaticaux appelés "affixes" au radical (ou "racine") du mot, parfois aussi par modification de ce radical ; les affixes en terminaison du mot sont appelés "désinences". L'ensemble des "formes" fléchies différentes d'un même mot constitue ce qu'on nomme son "paradigme". Les différentes formes (et donc les affixes) transmettent les traits grammaticaux : genre, nombre, fonction syntaxique, classe lexicale, temps, mode. Le fonctionnement des affixes permet de distinguer deux sous-catégories de langues flexionnelles : Les caractères "flexionnelle", "isolante", "agglutinante" ou "synthétique", sont des catégories idéales d'analyse des langues, auxquelles les langues réelles ne correspondent pas parfaitement. Ainsi, par exemple, une langue classée comme "agglutinante" peut présenter des traits "synthétique". Flexion externe. Ce type de flexion consiste à ajouter un affixe (désinence, affixe de classe) à signifiant variable à une base (radical, thème), le plus souvent invariable. Cet ensemble rassemble les langues agglutinantes et fusionnelles. Radical et désinences. Les affixes flexionnels, dits le plus souvent "désinences", s'ajoutent à un radical (ou un thème quand le radical est déjà modifié). Par exemple, dans le mot "dansons" /dɑ̃sõ/, on reconnaît un radical "dans-" /dɑ̃s/ et une désinence "-ons" /ɔ̃/. Ce qui permet de distinguer le radical de la désinence, c'est que ce même radical peut être retrouvé dans d'autres mots : "dans-er" /dɑ̃se/, "danse" /dɑ̃s/, "dansions" /dɑ̃sjɔ̃/ De même pour la désinence : "mangeons" /mɑ̃ʒɔ̃/, "lançons" /lɑ̃sɔ̃/, "citons" /sitɔ̃/ Le radical n'est pas toujours utilisé nu dans la langue sans être ajouté d'au moins un des morphèmes grammaticaux ajouté. Il n'est donc pas forcément autonome. C'est le cas par exemple dans les langues bantoues d'Afrique, où le radical nu ne se rencontre jamais. S'il est souvent invariable, certaines évolutions phonétiques peuvent donner des formes dans lesquelles le radical est modifié au contact de la désinence : Affixes de classe. Parfois, la désinence n'indique pas seulement un rapport grammatical mais aussi l'appartenance du radical à un ensemble d'éléments liés à un même champ lexical, dit « classe » (ainsi la classe des humains, la classe des langues, des émotions, des couleurs). Dans les langues bantoues, ces morphèmes sont dits préfixes de classes. Enfin, si l'information transmise par la désinence peut se résumer à un seul trait (souvent pour des raisons explicables par la phonétique historique) : l'ajout d'un "e caduc" en fin de mot dans "plat-e" n'indique que le féminin de "plat". À l'oral, la forme peut être singulière ou plurielle : "plate" et "plates" se prononcent de même. Flexion interne (ou introflexion ou brisure interne). Dans d'autres cas, la flexion ne fonctionne pas par ajout ou changement d'un morphème mais par changement phonétique du radical lui-même (pour certains linguistes, il s'agit de l'effet d'un affixe nommé « simulfixe »). Le plus souvent, c'est le timbre des voyelles du radical qui varie. En arabe, par exemple, le pluriel interne suit ce procédé : « livre » au singulier se dit mais au pluriel (dit "brisé"). Parfois, la répartition des voyelles par rapport aux consonnes du radical change aussi : « cheval », « chevaux » ; on passe d'une structure syllabique CVCVCVC à VCCVCVC. Le nombre total de phonèmes, cependant, n'a pas changé. Ce procédé est fréquent dans les langues sémitiques et fournit, outre des paradigmes flexionnels (dont les « pluriels brisés »), un procédé important de dérivation. Les langues indo-européennes anciennes (et parfois modernes) utilisent fréquemment ce procédé, désigné pour le coup sous le nom d'alternance vocalique. Cette alternance vocalique, qui concerne aussi des suffixes de dérivation et qui sert, comme dans les langues sémitiques, de procédé dérivationnel) explique nombre d"'irrégularités" dans les langues modernes. Ainsi, les verbes irréguliers anglais cachent d'anciennes alternances vocaliques : c'est le cas pour « chanter » dont le prétérit est et le participe passé . En grec ancien ou en sanskrit, le procédé est encore plus visible. Par exemple, si le verbe grec pour « laisser » est (le radical est en gras), son aoriste fait et son parfait (avec redoublement). Le radical indo-européen est "*likʷ-", qui se vocalise ainsi selon le thème morphologique voulu : De plus, dans des langues indo-européennes modernes comme le français (rarement), le breton (parfois), l'anglais ou l'allemand, des évolutions phonétiques ont pu conduire certains mots à adopter un type proche du pluriel interne : l'anglais « homme » fait au pluriel (par métaphonie), le breton "louarn" « renard » devient "lern", le français "cheval" devient "chevaux" (ʃǝval/, /ʃǝvo/ ; la modification phonétique est ici une ancienne vocalisation suivie d'une monophtongaison). En allemand, de nombreux substantifs subissent une inflexion (ou ) faisant varier le timbre d'une voyelle en plus de l'adjonction éventuelle d'une désinence : « livre » fait « livres » au pluriel. C'est, historiquement, le même procédé qui fait passer l'anglais « pied » à , (ainsi que  / ,  / ,  / , termes qui constituent une liste fermée, avec peu d'éléments). Ces alternances introflexionnelles sont plus récentes que l'alternance vocalique et toujours secondaires car résultant d'évolutions postérieures (en anglais et en allemand, c'est une métaphonie, en français une vocalisation et une monophtongaison). Si, le plus souvent, la variation est vocalique (qualité, quantité ou placement) dans la flexion interne, dans une langue comme le basque, la flexion interne peut être consonantique : on palatalise certaines consonnes pour obtenir un terme dérivé hypocoristique : /s̺agu/ « souris » mais /ʃagu/ « petite souris », /tanta/ « goutte » mais /tʲantʲa/ « petite goutte ». D'autres modifications, de nature suprasegmentale, peuvent intervenir comme des variations dans l'accentuation, le tonème, la quantité vocalique : Supplétisme. Il arrive dans les langues synthétiques que telle ou telle forme attendue n'existe pas, auquel cas on lui substitue une autre forme tirée souvent d'un autre radical. On nomme ce procédé "supplétisme". Par exemple, en latin, le pronom indéfini « rien » n'a pas de génitif : on lui supplée le génitif d'une périphrase, soit « aucune chose ». En grec classique, le verbe /trekhô/ « je cours » n'utilise le radical /trekh/ qu'au thème de présent. Aux autres thèmes (futur, aoriste et parfait), on le remplace par le radical /dram/, comme dans l'aoriste /e-dram-on/ « j'ai couru ». Enfin, en français, les différentes formes que prennent les verbes irréguliers sont parfois dues à d'anciens supplétismes : le fait que la première personne du singulier d"'aller" est "(je) vais" et celle du futur "(j')irai", s'explique si l'on sait que les formes en "all-" sont bâties sur le radical latin vulgaire (classique ), que celles en "va-" proviennent de tandis que celles en "ir-" viennent du verbe .C'est exactement le même principe pour l'anglais , , et . Dans le cas du supplétisme, la flexion ne consiste donc plus seulement en une modification du signifiant mais en son remplacement par un autre. Dans les langues indo-européennes, le cas le plus fréquent du supplétisme réside dans les formes de gradation de l'adjectif (positif, comparatif et superlatif), illustré par le positif latin "bonus", comparatif "melior", superlatif "optimus", en parallèle du grec qui possède de multiples comparatifs selon la nuance qu'on lui accorde. Distinction entre langues synthétiques et langues agglutinantes. Il faut distinguer, tâche parfois difficile, une langue fusionnelle d'une langue agglutinante. Dans les langues agglutinantes, les morphèmes s'ajoutent à un radical qui peut exister à la forme nue. Ces morphèmes s'adjoignent aussi les uns aux autres et n'apportent généralement qu'un seul trait grammatical chacun. Ce sont plutôt des affixes que des désinences : alors que ceux-là sont invariants et toujours discernables du radical, les désinences ont tendance à être bien plus nombreuses et de formes variées pour un même indice grammatical ; il n'est parfois pas possible de distinguer les limites entre le radical et la désinence ; enfin, une même forme ne peut recevoir qu'une seule désinence à la fois. C'est pourquoi les langues synthétiques peuvent posséder de nombreux paradigmes et être riches en irrégularités pour une même nature de mots, mais les langues agglutinantes offrent plutôt un jeu universel d'affixes toujours identiques quel que soit le mot. Ainsi, en turc, langue très agglutinante, le mot « maison » peut être complété, entre autres nombreuses possibilités, par les suffixes suivants, qui ne s'excluent que si les informations dénotées sont incompatibles (un mot ne peut être à la fois singulier et pluriel) et se placent, le cas échéant, dans un ordre précis : permettent de construire : mais pas , Le radical nu, , reste autonome. Si on compare au latin, langue hautement fusionnelle (ou synthétique), toujours dans le domaine nominal, les faits sont bien différents : Différents degrés de types fusionnels. Enfin, les langues fusionnelles le sont à différents degrés. Premièrement, de manière interne, les langues fusionnelles peuvent rendre les mots d'une même nature plus ou moins variables. Le français, dans sa flexion nominale, par exemple, n'indique que les différences de genre et, rarement (si ce n'est à l'écrit) de nombre : alors que les deux formes "cheval" /ʃǝval/ et "chevaux" /ʃǝvo/ se distinguent bien, ce n'est pas le cas de "rose" / "roses", qui se prononcent toutes deux /ʁoz/, à moins de se trouver en situation de liaison ("roses empourprées "pourra se prononcer au choix /ʁozǝz‿ɑ̃puʁpʁe/ ou /ʁozz‿ɑ̃puʁpʁe/). La flexion verbale, quant à elle, confond sous un même signifiant plusieurs formes (syncrétisme) : "(je) mange", "(tu) manges", " (il) mange", "(ils) mangent" et "mange" (impératif) se prononcent tous de la même façon, soit /mɑ̃ʒ/ (bien sûr, ce n'était pas le cas dans des états plus anciens de la langue, comme en ancien français. L'évolution phonétique, ici l'amuïssement des consonnes finales, explique ces homophonies — l'orthographe reste souvent bloquée sur un état ancien). Seul le contexte grammatical et la graphie permettent de lever l'ambiguïté. Parfois même, les mots restent invariables, ce que la graphie peut cacher. Un adjectif comme "sage" se prononce /saʒ/ au singulier, pluriel, masculin et féminin. En français, tous les mots d'une même classe lexicale fléchissable ne subissent pas forcément la flexion, du moins oralement. Deuxièmement, les langues, comparées les unes aux autres, offrent des possibilités de flexion très différentes : en règle générale, plus une langue vivante fusionnelle est écrite depuis longtemps, plus elle a simplifié ses différentes flexions au cours du temps. Ainsi, le grec ancien, le latin ou le sanskrit sont fortement fléchis, possèdent de nombreux paradigmes différents et de nombreux cas, tandis que le grec moderne, l'ancien français et le hindi (langues issues des premières) sont plus limités en nombre de formes et plus réguliers. Le français actuel, descendant de l'ancien français, est encore plus limité : il n'a, si ce n'est dans certaines formes pronominales, plus de flexion nominale réelle et limite ses modifications au genre et au nombre. Le verbe, bien qu'encore fléchi, offre cependant nombre de formes réduit, comme on l'a vu. Enfin, on ne doit pas perdre de vue qu'il n'existe pour ainsi dire aucune langue qui soit entièrement d'un seul type. Plus une langue est flexionnelle, plus sa syntaxe est souple : l'ordre des groupes de mots, en latin, grec ou sanskrit, espéranto, russe n'a, pour ainsi dire, qu'une valeur stylistique ; qu'on écrive , ou , l'énoncé garde un sens global identique : « Paul frappe Pierre ». Liste ouverte de langues flexionnelles. Les langues flexionnelles-fusionnelles. Toutes les langues indo-européennes sont fusionnelles, à divers degrés (l'anglais, par exemple, est très faiblement fléchi par rapport à l'islandais ; le français est bien plus fléchi à l'écrit qu'à l'oral puisqu'un grand nombre de désinences sont muettes), à l'exception de l'arménien. Toutes les langues anciennes de cette famille sont fusionnelles (sanskrit, latin, albanais, grec ancien, hittite). Les langues flexionnelles à brisure interne. Dans de cette famille, on trouve les langues sémitiques, qui sont flexionnelles à des degrés divers (l'arabe standard moderne se fléchit davantage que la plupart des arabes dialectaux, par exemple). Comme on l'a vu ci-dessus ("Flexion interne") La notion de « brisure interne » vient du pluriel de certains mots qui a été qualifié par les grammairiens arabes de pluriel brisé (jamʿ al-taksīr - جمع التكسير) — et cette notion vaut aussi, sous une appellation différente, pour l'hébreu: Ce nom est dû au fait que « ce type de pluriel conduit à un total changement de base par rapport au singulier qui se trouve en quelque sorte "brisé" ». Ainsi, en arabe, le mot "MaKTaBa" (bibliothèque) devient au pluriel MaKâTiB ; en hébreu, on peut prendre "bayit" (maison), pl. "buyût". En arabe, un pluriel non brisé serait par exemple "MuDaRRiS" (enseignant), pl. "MuDaRRiSîn" (ajout d'un suffixe au mot). Les langues flexionnelles-agglutinantes. Dans cette famille, on trouve les langues bantoues, de nombreuses langues construites, comme l'espéranto. Dans les langues finno-ougriennes, comme le finnois ou le hongrois et les langues turques, on rencontre le phénomène d'harmonie vocalique, qui engendre une mutation des affixes.
Lapon Lapon peut désigner :
LaTeX LaTeX (dont le logo est ) est un langage et un système de composition de documents. Il s'agit d'une collection de macrocommandes destinées à faciliter l'utilisation du « processeur de texte » TeX de Donald Knuth. LaTeX permet de rédiger des documents dont la mise en page est réalisée automatiquement en se conformant du mieux possible à des normes typographiques. Une fonctionnalité distinctive de LaTeX est son "mode mathématique", qui permet de composer des formules complexes. LaTeX est particulièrement utilisé dans les domaines techniques et scientifiques pour la production de documents de taille moyenne (tels que des articles) ou importante (thèses ou livres, par exemple). Néanmoins, il peut être employé pour générer des documents de types très variés (lettres ou transparents, par exemple). Enfin, de nombreux sites Internet emploient un sous-ensemble de LaTeX pour composer notamment leurs formules mathématiques. Il a été développé par Leslie Lamport au début des années 1980. Depuis 1989, il est maintenu par une équipe de bénévoles au sein du projet LaTeX3. Exemple. Le code ci-dessous : En~1735, Leonhard Euler résout le \textbf{problème de Bâle} en établissant la formule suivante: Cependant, il ne démontrera rigoureusement son résultat qu’en~1741. produit un document minimal contenant les deux phrases et la formule mathématique qui suivent : }=\frac{\pi^{2}}{6}</math> Les commandes débutent par le caractère barre oblique inversée (« codice_1 »). Une commande peut avoir des paramètres. Les paramètres facultatifs sont à mettre entre crochets. Les paramètres obligatoires doivent être encadrés par des accolades. Cependant, si le paramètre en question ne fait qu'un caractère de long ou s'il s'agit d'une autre commande, les accolades peuvent être omises. La commande codice_2 est la première de tout document LaTeX : elle définit l'apparence générale du document. Outre codice_3, de nombreuses "classes" sont disponibles, telles que codice_4 (pour des articles), codice_5 (pour des rapports plus longs), codice_6 (pour des livres entiers, voire des thèses), codice_7 ou codice_8 (pour des lettres), codice_9 (pour des transparents à projeter), codice_10 (pour des présentations sur écran). La commande codice_11 permet de charger un "paquet", en l’occurrence le paquet codice_12 avec l’option codice_13, qui applique au document les règles de typographie spécifiques à la langue française . La paire de commandes codice_14 et codice_15 encadre le contenu du document. Le texte est essentiellement écrit tel quel. La commande codice_16 produit du texte gras. La paire de commandes codice_17 et codice_18 contient une formule mathématique. Fonctionnement. LaTeX se présente sous la forme d’un langage informatique de balisage. On compose donc un document LaTeX en écrivant son code source au moyen d’un éditeur de texte. Ce code source est ensuite traité par le compilateur de LaTeX pour produire le document mis en forme. Le résultat est fourni dans un format de description de page propre à TeX, le format DVI (sigle de l’anglais ", signifiant « indépendant du périphérique »). Ce format peut alors être imprimé, ou traduit dans l’un des formats PostScript ou PDF. De nombreux langages de balisage léger (tels txt2tags, reST ou POD) peuvent s’exporter vers le langage LaTeX. Il est ainsi possible de rédiger ses documents dans l’un de ces langages, plus simples et plus lisibles que le langage LaTeX, pour le même rendu final. En contrepartie, les possibilités de mise en forme sont en général fortement restreintes. LaTeX réalise le principe de séparation du fond et de la forme. Il encourage le rédacteur à se concentrer sur la structure logique et le contenu de son document, tandis que sa mise en page (pagination, césure des mots, alinéas, insertion d’en-têtes et de pieds-de-pages…) est laissée au compilateur. Interfaces de saisie. Son mode de saisie distingue LaTeX des logiciels de type , tels LibreOffice Writer ou Microsoft Word, où la forme est immédiatement visible à l'écran. Certains logiciels, comme LyX, donnent cependant une interface de ce type à LaTeX. Dans ce cas, le logiciel affiche en temps réel un rendu approximatif qui souligne la structure du document, tandis que le compilateur LaTeX produit le document final en tâche de fond. Le langage. L’utilisateur peut adapter LaTeX à ses besoins spécifiques en créant ou modifiant des macrocommandes. Paquets. Pour complémenter les fonctions de LaTeX, l’utilisateur peut charger des paquets tiers. Ceux-ci, à l'instar des bibliothèques logicielles, fournissent des commandes supplémentaires, qui vont de simples symboles jusqu’à des fonctionnalités complexes, pouvant impliquer une modification du processus de compilation du document. Voici quelques exemples de paquets parmi les plus communs : Il existe un très grand nombre de paquets TeX, que la communauté rassemble au sein du dépôt CTAN (sigle de l’anglais "). Qualités. LaTeX requiert un apprentissage initial plus important que celui qui est nécessaire pour les logiciels de type WYSIWYG, du moins pour la mise en page de petits documents simples. En contrepartie, le système permet de composer une très grande variété de formules mathématiques, le document produit présente une grande qualité typographique, les références bibliographiques sont aisées à insérer et à regrouper (grâce à BibTeX), les titres sont numérotés et les tables des matières générées automatiquement. Communautés. L'évolution de LaTeX est assurée par une communauté structurée en groupes d'utilisateurs. Il existe de nombreux groupes d'utilisateurs de TeX/LaTeX de par le monde, qui sont généralement liés à une langue : GUTenberg (francophone), TUG (États-Unis, avec des sous-groupes dans de nombreux pays), DANTE (germanophone), CervanTeX (hispanophone), GUIT (italophone), NTG (néerlandophone)… Certains de ces groupes publient des journaux (les "Cahiers GUTenberg", la "Lettre GUTenberg", "PracTeX", "TUGboat"…), organisent aussi des conférences, parfois de façon conjointe ("EuroTeX"…) et proposent de l'aide en ligne, comme texnique.fr dans le monde francophone. Usage. Ces qualités, outre la gratuité du logiciel, en font l'outil de rédaction privilégié des mondes universitaire et scientifique dans certaines disciplines. C’est surtout vrai des sciences exactes, qui recourent abondamment aux formules mathématiques. Il est en effet courant en mathématiques, informatique ou physique que des éditeurs proposent des gabarits LaTeX, et déclarent préférer ce format à celui de Microsoft Word. Certains n’acceptent les soumissions qu’en LaTeX. Dans le monde de la recherche, LaTeX est la norme pour la rédaction d'articles scientifiques, de thèses, d'exercices de mathématiques Dans le monde de l'entreprise, l'utilisation de LaTeX est minoritaire mais existante. Quand il faut gérer un grand volume de documentation complexe, la possibilité de versionner le code source des documents LaTeX avec des outils habituels constitue un avantage décisif. D'autres avantages reconnus incluent la mutualisation des bases de terminologie et de références bibliographiques, et enfin la haute productivité que permet LaTeX. LaTeX est souvent utilisé par des personnes devant produire un contenu parfois complexe (équations) ayant une mise en forme "standard", c'est-à-dire ne nécessitant pas de mise en forme particulière. Pour cette raison, il est particulièrement utilisé par des étudiants, éditeurs, professeurs de mathématiques et de physique, scientifiques, principalement en informatique, en ingénierie, en mathématiques et en physique. Il est également utilisé par les musiciens. Il est également intégré dans d'autres logiciels : LaTeX est capable de produire de nombreux types de document différents (par défaut ou bien en employant des extensions), notamment des articles, cours, livres, présentations, diagrammes, partitions de musique ("via" LilyPond), rapports, lettres, étiquettes, pochettes de disque compact, posters, cartes de visite. Toutefois, la rédaction d'un document à la mise en page particulière (comme un journal ou un magazine) peut être plus facile à réaliser avec d'autres types de logiciel (voir publication assistée par ordinateur). Certains logiciels de calcul génèrent des notes de calcul au format LaTeX. LaTeX est distribué sous LPPL. Cette licence, bien que libre, est incompatible avec la GPL. Support d’Unicode. LaTeX a été créé à une époque où Unicode n'existait pas encore. Pour cette raison, tout document texte LaTeX peut être écrit en ASCII, ce qui à une époque où Unicode n'existait pas encore, garantissait l'interopérabilité : les diacritiques sont indiqués par une commande, par exemple codice_19 pour « é ». Toutefois, avec les configurations modernes, il est possible de taper directement des caractères accentués dans le document source. Il faut pour cela utiliser le paquetage codice_20 avec l'option codice_21 conjointement avec codice_22 avec l'option codice_23. Cependant, le mode mathématique et certains environnements (en particulier les environnements de l'extension codice_24) ne gèrent pas encore l'Unicode. L'option codice_25 du package codice_24 permet désormais de corriger ce problème, sauf pour les morceaux de codes importés depuis des fichiers encodés en ASCII avec codice_27. Par exemple, en mode mathématique, l'instruction codice_28 est un opérateur qui gère les espaces avant et après de la même manière que pour un caractère classique ; par contre, le caractère Unicode codice_29 qui lui correspond n'est pas considéré comme un opérateur. Par ailleurs, une limitation de LaTeX interdit l'utilisation de l'indicateur d'encodage en début de fichier. LuaTeX ou LuaLaTeX reconnaît Unicode et utilise le langage de script bas niveau Lua, ce qui offre des perspectives de développement et de pérennité. En contrepartie, le moteur très au point PdfTeX, qui produit directement du format PDF à partir de TeX ou LaTeX, n'est plus développé mais reste toujours distribué. Logiciels. Éditeurs pour LaTeX. Bien qu’il soit en principe possible d’éditer du code source LaTeX avec n’importe quel éditeur de texte, de nombreux logiciels spécialisés ont été développés, ainsi que des modules pour un grand nombre d’éditeurs généralistes. Parmi les logiciels multiplateformes, on peut citer Texmaker, TeXworks et le module AUCTeX pour l’éditeur Emacs. Les logiciels spécifiques à un système d’exploitation incluent : Des applications web permettent également d’éditer du LaTeX, à l'exemple d'Overleaf. Distributions TeX. Par ailleurs, indépendamment d’éditer du code source LaTeX, la traduction de ce code source pour obtenir le document final requiert un compilateur LaTeX et un ensemble de paquets utiles. Fournir ces outils est le but des "distributions TeX", dont les principales sont TeX Live (pour GNU/Linux et Windows), MacTeX (dérivée de TeX Live pour macOS) et MiKTeX (pour Windows). Bibliothèques. Voici quelques bibliothèques pour l’affichage des formules écrites en LaTeX : Générateur de Polices. Une des fonctionnalités puissante de TeX est sa capacité de travailler avec une très large variété de types de fontes typographiques. Cependant, la qualité typographique des documents exigée très tôt dans son histoire a impliqué Donald Knuth pour le développement d'un générateur de polices de haute qualité basé sur une description mathématique des caractères : Metafont. Ce compilateur est intégré dans la plupart des distributions TeX et LaTeX. En tant que module d'impression. Certains logiciels, comme Grisbi, utilisent LaTeX en tant que module portable d'impression. Cette approche a cependant le défaut d'être relativement lourde à la fois lors de l'installation et lors de l'utilisation. Lors de l'installation, il faut déterminer s'il est possible de choisir l'imprimante, et la prévisualisation. Lors de l'utilisation, la même problématique reste posée. Développement. La première version largement utilisée, , est sortie en 1985. Une révision majeure nommée LaTeX2ε est sortie en 1994. La prochaine version majeure, nommée LaTeX3, est en développement lent depuis le début des années 1990. Étymologie, prononciation et typographie. « LaTeX » est la contraction de "Lamport TeX", du nom de son créateur Leslie Lamport et du système TeX sur lequel il est basé. Le nom TeX lui vient du Grec ancien : τέχνη (art manuel, habilité à faire quelque chose, moyen), et les lettres "T", "E" et "X" proviennent donc des lettres capitales grecques tau, epsilon et chi. Le nom se prononce donc comme suivi d’une des prononciations possibles de « TeX », soit (ressemblant à « latèhr », ce qui correspond à la prononciation moderne de chi) ou (« latèk »). Bien que la première prononciation soit privilégiée par le créateur de TeX, le créateur de LaTeX indique qu'il n’encourage ni ne décourage aucune prononciation (dont latex prononcé comme latex, ). De nombreux locuteurs francophones et anglophones, ignorant le son , emploient la seconde prononciation. Le nom est généralement présent sous forme du logo typographique : . Dans les cas où cela n'est pas possible, le nom est écrit avec la capitalisation LaTeX. Annexes. Bibliographie. Classée par ordre chronologique puis par ordre alphabétique d'auteur. Liens externes. Certains livres sont téléchargeables partiellement ou totalement. Ils sont le cas échéant signalés dans la bibliographie.
Liste de logiciels libres Les logiciels libres présents sur cette page le sont selon la définition de l'article « logiciel libre ». La plupart des programmes cités ici sont disponibles sous licence GNU GPL ou BSD. Système d'exploitation. Le système d’exploitation ("SE", en anglais ou "OS") est un ensemble de programmes responsables de la liaison entre les ressources matérielles d’un ordinateur et les logiciels de l’utilisateur, tels que traitement de texte, jeu vidéo... Il fournit aux programmes applicatifs des points d’entrée génériques pour les périphériques. Famille des GNU/Linux. Les distributions de Linux plus répandues sont Il existe des versions moins répandues Bureautique. Une application bureautique est un logiciel (programme ou ensemble de programme) qui permet l'automatisation des tâches de bureau. Il traite essentiellement la communication de la parole, de l'écrit et de l'image. On trouve dans cette catégorie d'application des suites bureautiques qui rassemble un traitement de texte pour taper des lettres et mettre en forme du texte; un tableur pour organiser et travailler avec des chiffres dans des tableaux; un créateur de bases de données pour réaliser des formulaires imprimables afin de faciliter des tâches comme la facturation, la gestion des contacts ou les éléments d'une collection; et enfin un logiciel de présentation. Celui-ci permet de fabriquer des « diapositives numériques » qui sont projetables sur un écran. Cela est utile à la réalisation de bornes interactives et à la présentation de projets. Manipulation de fichier. Un logiciel de manipulation de fichier est un logiciel qui opère avec un ou plusieurs systèmes de fichiers. Ce type de logiciel travail sur le fichier, un groupe de fichiers ou directement sur l'ensemble du système de fichiers. Réseau, télécommunication et internet. Un logiciel réseau est un programme ou un ensemble de programme qui autorise le traitement de l'information à l'échelle d'un réseau informatique. Ce type de logiciel fonctionne le plus souvent en environnement réseau client-serveur. On peut aussi trouver ces programmes dans une architecture de réseau centralisée appelée mainframe. Serveur. Un "serveur" est un ordinateur et un logiciel qui permettent de centraliser des services pour des ordinateurs "clients" via un réseau. Exemple : serveur de bases de données, serveur de messagerie (courriel), serveur web... Serveurs de Moteur de recherche. Il y a eu plusieurs autres logiciels de ce type, mais ils n'ont pas évolué depuis plusieurs années : mnogosearch, DataparkSearch, Opensearchserver...etc. Transfert de fichier. Client de partage des fichiers. Un client de partage des fichiers est un logiciel qui fait le lien entre un ordinateur personnel et un serveur de fichiers situé à distance et connecté à un réseau local ou public comme internet. En effet, ce logiciel permet d'envoyer des requêtes interactives afin de communiquer à un ordinateur distant (serveur) quelles actions doivent être effectuées par le serveur sur un fichier ou un ensemble de fichier. Ces actions vont de l'ajout au renommage en passant par l'effacement ou la création de dossiers et de fichiers. Un logiciel client de fichiers peut être doté ou non d'une interface graphique. Courrier électronique. Client de messagerie instantanée. La messagerie instantanée permet à deux personnes munies d'un logiciel client compatible de "discuter" principalement par écrit en système temps réel. Les modèles les plus perfectionnés permettent de jouer tout en discutant par oral en se voyant grâce à une webcam. Salon de discussion et IRC. L'IRC est un réseau orienté discussion. En effet, les serveurs rendent disponibles aux clients des salons de discussions de groupe. Web. Un logiciel Web est un ensemble de programme réseau qui fonctionnent sur le principe des hyperliens et qui sont prévus pour fonctionner sur un réseau inter-connecté comme Internet. Ces logiciels utilisent les technologies et les protocoles normalisés édictés par l'IETF et le W3C comme le HTTP, le HTML, le XML, le CSS le PNG pour citer les plus connus. Sécurité informatique. La sécurité informatique regroupe toutes les applications physiques ou informatiques qui empêchent des tiers ou des éléments mal intentionnés d'attenter à l'intégrité des données ou au confort d'utilisation de la machine. Il s'agit par exemple de lutter contre les virus, les attaques de ports, les logiciels publicitaires... Même si elles ne sont pas détaillées ici, les méthodes physiques regroupent autant la sécurisation des locaux que la pose de dispositifs d'identification biométrique. Multimédia. Logiciel de télévision. Logiciels permettant d'afficher les chaînes de télévision au moyen d'une carte télé.
Littérature anglaise La littérature anglaise est la littérature qui a été écrite en Angleterre et, en majeure partie en anglais, à la différence de la littérature écossaise (en anglais, mais aussi en gaélique écossais ou en scots), de la littérature galloise (en anglais mais aussi en gallois), de la littérature irlandaise (en anglais, en irlandais ou en scots) et de la littérature américaine. Dans le terme anglophone "English literature" (littérature anglaise), l'adjectif "english" (anglaise) se réfère à la langue d'écriture employée (l'anglais) et non à la nation dans laquelle cette littérature a été produite (l'Angleterre) et indique par conséquent toute littérature anglophone, quelle que soit son origine géographique. La littérature spécifique de l'Angleterre est dénommée en anglais : "literature of England"). Courants littéraires. Le premier monument littéraire anglais est le Beowulf qui raconte la lutte entre un guerrier d'une tribu germanique et des êtres monstrueux. L'introduction de la langue normande en Angleterre au a apporté l'influence de la chanson de geste et la littérature romane. Enrichie par ces modèles, la littérature anglaise a repris son essor au . "Les Contes de Canterbury" de Geoffrey Chaucer est le premier chef-d'œuvre de la langue anglaise. Au , Philip Sidney a popularisé le sonnet et Christopher Marlowe, William Shakespeare et leurs contemporains ont fondé le théâtre anglais, tradition reprise en 1660 à la restauration des Stuarts. Parmi les premiers romans anglais : "Pilgrim's Progress" de John Bunyan et "Robinson Crusoé" de Daniel Defoe. La Restauration anglaise, avec l'avènement de Charles II d'Angleterre, est propice à un foisonnement littéraire sans précédent ("Voir Littérature de la Restauration anglaise"). Période gothique. Ce mouvement littéraire né au en Angleterre dans un contexte littéraire dominé par le néoclassicisme. Alors que l’art était tourné sur la beauté du monde greco-romain soit l’inspiration issue de la Renaissance, le gothique complètement opposé à ce style provoque un effet de mode en Angleterre et devient très populaire. En effet il vient de la naissance en Angleterre d’une sorte d’admiration pour l’époque médiévale et tous les détails « esthétiques » auxquels nous renvoie cette époque. Ce genre littéraire est un genre centré plus sur l’esthétisme de ce que nous renvoie le gothique plutôt qu’un genre littéraire à proprement parler. En effet la notion du sublime (notion exprimée par Edmund Burke dans "Recherche philosophique sur l’origine de nos idées du sublime et du beau)" est clé de ce mouvement. C’est ce qu’on peut qualifier de réaction culturelle suivie donc d’un intérêt soudain et intense des sites gothiques soit les lieux plongés dans une atmosphère sombre, ténébreuse, mystérieuse et inquiétante tel que des lieux en ruines ou des vestiges macabres ect… Ces derniers inspirent alors des sentiments très spéciaux tel que la peur, l’angoisse, le mystère et surtout plus généralement une sorte de fascination. Ce mouvement littéraire est assez important dans la construction générale de la littérature anglaise car il va être à l’origine de nombreuses modes romanesques pour ne pas parler de genre littéraire à proprement parler. En effet ce genre littéraire en soit ne fut pas énormément populaire, on trouve difficilement des œuvres typiquement gothique, cependant ses caractéristiques ont été énormément reprises dans d’autres genres littéraires déviants tel que le fantastique, le romantisme etc… jusqu’à se propager sur d’autres arts tel que le cinéma. Ce mouvement est tout d’abord retranscrit dans la poésie avec l’apparition en Angleterre des « poèmes de la nuit » qui retranscrivent le gothique par le biais d’un imaginaire onirique et fantastique, tel que le poète David Mullet. Ce n’est seulement que dans la deuxième partie du que ce style de poésie va être transposé aux romans, qualifiés alors de « gothic story » dont la première réelle œuvre sera celle d’Horace Walpole, "Le Château d’Otrante", aristocrate décidément fasciné par le gothique. À la suite de ces deux nouveaux types littéraires fondateurs du style gothique, va s’ensuivre de nombreuses déviations qui vont prendre une place primaire au cœur de la littérature anglaise. Horace Walpole sera pris comme modèle pour nombreux des aspirateurs du style gothique cependant de cet unique modèle en naîtra deux principales branches qui vont devenir typique de la littérature anglo-saxonne. Romantiques. En Angleterre, les romantiques se divisent en deux écoles. Les premiers, qui comptent entre autres Samuel Taylor Coleridge (1772–1834) et William Wordsworth (1770–1850) sont surnommés les Lakistes. Leur surnom vient de leur passion à chanter les louanges des paysages de l'Angleterre du nord, particulièrement ceux du District des Lacs. Les seconds ou les Poètes Maudits s'affirment contre la société. Ils comptent non seulement des poètes tels John Keats (1795–1821) ou Lord Byron (1788–1824) mais également des écrivains prosateurs comme Mary Shelley (1797–1851) et les sœurs Brontë. Les Poètes Maudits sont à rapprocher de la , à l'exemple de Manfred, le héros de Lord Byron dans le roman du même nom en 1817, un romantique au destin maudit. Postmodernistes. Période très pessimiste après la Seconde Guerre mondiale
Links (navigateur web) Links est un navigateur Web en mode texte tout comme Lynx mais qui gère les tableaux. Il fonctionne sous Unix, GNU/Linux, Minix, OS/2, BeOS, MacOSX et MorphOS. C'est un logiciel libre diffusé selon les termes de la licence GNU GPL. Le développement de Links fut initié par le développeur Tchèque Mikuláš Patočka en 1999. Links fournit :
Los Angeles Los Angeles ( ou ; ; "" ), souvent abrégé en L.A., est la deuxième ville des États-Unis en nombre d'habitants après New York. Située dans le Sud de l'État de Californie, sur la côte du Pacifique, la ville est le siège du comté de Los Angeles. Selon le recensement fédéral de 2020, la population de la ville est de , alors qu'elle n'est que de en 1887. Le comté rassemble (en ) tandis que l'aire métropolitaine de Los Angeles compte environ d'habitants et la région du Grand Los Angeles se chiffre à d'habitants, ce qui en fait la deuxième agglomération des États-Unis après celle de New York. La commune de Los Angeles est cependant relativement restreinte face à son agglomération, même si elle est plus grande que New York ou Chicago. Los Angeles est une ville olympique : elle accueille les Jeux olympiques d'été à deux reprises et les accueillera de nouveau en 2028. Mondialement connue pour son activité culturelle, notamment via la production cinématographique à Hollywood, elle a un statut de ville-région mondiale (""). Cosmopolite, elle demeure l'un des points d'entrée d'immigrants les plus importants aux États-Unis, l'aéroport international de Los Angeles étant le plus grand aéroport de l'Ouest américain en nombre de passagers. Le grand Los Angeles est la troisième ville au monde par son PIB après New York et Tokyo. Toponymie. La ville est fondée le par Felipe de Neve, le gouverneur espagnol de Californie, sous le nom de "El Pueblo de la Reina de Los Ángeles", (« Le village de la Reine des Anges »). Auparavant se tenait à cet endroit un village d'amérindiens tongvas qui s'appelait "Iyáangaʼ" ou "Yangna", c'est-à-dire « là où pousse le sumac de l'Ouest » en gabrielino. Contrairement à la légende populaire, le nom original n'est donc pas , c'est-à-dire . Ce nom allongé faisait référence au fleuve Porciúncula lui-même nommé d'après le Portioncule, une chapelle située dans la basilique Sainte-Marie-des-Anges d'Assise en Italie, où est mort François d'Assise ; celui-ci étant le fondateur de l'ordre auquel appartenait des missionnaires pendant la colonisation de l'Amérique. Los Angeles, en espagnol, signifie . En anglais, ses habitants sont appelés (quelquefois ) . Ses surnoms anglophones incluent son diminutif, "" , ainsi que "City of Angels", "La La Land", "Tinseltown" ou "The Big Orange". Géographie. Située dans l'Ouest des États-Unis, plus précisément en Californie, bordée au nord-est par les monts San Gabriel, à l'ouest-sud-ouest et au sud par l'océan Pacifique (situation favorable permettant aux Angelinos de faire du ski et se baigner dans la même journée), Los Angeles offre une grande variété de paysages. Elle se trouve à à l'ouest de New York, à à l'ouest de Chicago, à au sud-ouest de Salt Lake City, à à l'ouest de Phoenix et à au sud-est de San Francisco. Le rivage est constitué des longues plages de sable blanc des baies de Santa Monica et de San Pedro, qui font de Los Angeles l’une des plus grandes métropoles établies sur le littoral, avec Perth et Rio de Janeiro. La ville occupe une partie du bassin de Los Angeles, une plaine côtière accidentée, et une grande partie de la vallée de San Fernando dont elle est séparée au nord par de hautes collines, les monts Santa Monica. Le principal cours d'eau de Los Angeles est la Los Angeles River, un petit fleuve qui prend sa source dans la vallée de San Fernando et traverse la ville jusqu'à l'océan. La ville s'étend sur (dont de plans d'eau, soit 5,86 % du total). La distance nord-sud la plus grande est de , la distance est-ouest de ; le périmètre total est de . Selon le Bureau du recensement des États-Unis, Los Angeles est à la septième place nationale des villes de plus de pour la superficie. L'altitude maximale sur la commune est de au "Sister Elsie Peak". Le territoire de la ville de Los Angeles est si vaste qu'elle est généralement divisée en plusieurs grands secteurs : Downtown Los Angeles ("Central L.A"), Eastside, Wilshire, Hollywood, Northwest, South Los Angeles (anciennement "South Central"), Westside, la vallée de San Fernando ("San Fernando Valley"), et Harbor Area (zone portuaire). Ces secteurs constituent les plus grandes divisions géographiques de la ville et sont eux-mêmes découpés en de nombreux quartiers. La région de Los Angeles comprend un nombre remarquable d'espèces de plantes indigènes : le pavot de Californie, le "matilija poppy", le "toyon", et des centaines d'autres. Avec ses plages, ses dunes, ses collines, ses montagnes et ses rivières, elle est riche en écosystèmes divers. Mais certaines espèces sont rares et menacées, comme la "Los Angeles sunflower". La ville compte également 379 parcs dont la superficie totale est de . Avec , Griffith Park est l'un des plus grands parcs urbains d'Amérique du Nord. Le plus vieux parc de la ville a été créé en 1781 et se trouve dans le "", près de Union Station. Climat. Selon Köppen, le climat de Los Angeles est méditerranéen ("Csa") avec juste assez de précipitations annuelles pour éviter le classement climat semi-aride. Ce climat se caractérise par des hivers doux et humides et des étés chauds, voire caniculaires et secs. Elle profite de d'ensoleillement annuel et fait partie de la "Sun Belt" (). Les étés sont chauds, la température moyenne du mois le plus chaud étant de . La partie côtière de Los Angeles profite des vents venant de l'océan Pacifique qui tendent à rafraîchir la côte en été et à la réchauffer en hiver. La partie de la ville se trouvant à l'intérieur des terres est plus contrastée. Les influences maritimes se font moins sentir, si bien que l'amplitude thermique s'accroît. Les températures peuvent ainsi varier de plusieurs degrés dans les quartiers les plus éloignés du littoral. Les plus hautes températures enregistrées sont de en 2006 à Woodland Hills (source Woodland Hills (Los Angeles) ) et en ; le record de froid s'établit à en 1989 à Canoga Park. Les pluies tombent surtout en hiver (les mois de janvier et février sont les plus humides) et au printemps avec plus de 60 % des précipitations annuelles (80 % si on y ajoute le mois de novembre). Durant cette période de l'année il pleut en moyenne un jour sur quatre. Les moyennes annuelles sont de pour les précipitations (pour un total annuel de ) et de pour les températures. Le brouillard est assez récurrent au printemps et beaucoup plus résistant sur les zones balnéaires qu'à l'intérieur des terres où l'ensoleillement est plus présent. Les canicules se produisent beaucoup au mois de septembre lorsqu'un vent catabatique nommé souffle sur la Californie du Sud, pouvant faire monter la température au-dessus de pendant deux à trois jours comme le , où on enregistra dans le centre-ville de Los Angeles. Voies de communication et transports. Réseau routier. Les rues de la ville forment un plan en damier important, dont les axes principaux sont les autoroutes et les "surface streets", aussi appelées boulevards. Parmi les principales rues est-ouest, on peut citer Ventura, Hollywood, Sunset, Wilshire, Santa Monica et Beverly. Il existe d'autres rues célèbres dans la ville qui n'ont pas le titre de boulevards, bien que ce soient aussi des axes importants. On peut citer pour exemple : Mulholland Drive, Pacific Coast Highway, Melrose Avenue, Florence Avenue, Normandie Avenue, Vermont Avenue, La Brea Avenue, Figueroa Street, Grand Avenue, Central Avenue et Alameda Street. Los Angeles est connue pour ses nombreux nids-de-poule qui sont la cause d'accidents. Les fonds concernant la voirie sont en effet insuffisants pour maintenir le gigantesque réseau routier de la ville. Ce problème a été la cause principale de la tentative de sécession de la vallée de San Fernando en 2002. En , une opération visant à reboucher ces nids-de-poule a eu lieu dans la vallée, mais le problème n'est pas encore résolu à l'heure actuelle. La ville est aussi le théâtre de nombreuses courses poursuite qui peuvent durer des heures tant le système routier et autoroutier est vaste et complexe, et qui sont souvent relayées par les chaînes de télévision locales. Contrairement à l'assertion d'une chanson populaire, qui dit que (), plusieurs lieux de la ville sont très fréquentés par les piétons, surtout dans le centre-ville et dans les nombreux quartiers commerciaux. Il y est alors souvent plus rapide de marcher que de conduire, à cause du manque de parcs de stationnement et du très grand nombre d'automobiles. Tout au long des quelque de la plage de sable Venice Beach, on circule sans voiture entre la plage et les maisons : deux voies bitumées sont réservées l'une aux piétons, l'autre (une sorte de piste cyclable à deux voies), à toutes sortes de véhicules « propres » : vélos, planches à roulettes, trottinettes. Cependant les moyens de transports électriques tels que les trottinettes ou vélos électriques ne sont plus autorisés sur cette piste cyclable. Autoroutes urbaines. Los Angeles est le nœud central d'un réseau d'autoroutes ("freeways") très important : plus de dans toute l'agglomération. La ville est en effet considérée comme une sorte de des embouteillages et de la voiture. Ses autoroutes totalisent un nombre de déplacements quotidiens estimé à quelque de kilomètres. La qualité du réseau est reconnue, mais l'augmentation croissante des embouteillages depuis plusieurs années pousse les autorités à développer d'autres moyens de transport. Les principales autoroutes sont la Golden State (I-5) (nord-sud), la San Diego (405), l'U.S. Route 101, la California State Route 1, la Santa Monica (I-10). Transport aérien. Los Angeles est aussi la métropole qui possède le plus d'aéroports au monde. L'aéroport principal de la ville et de sa région, l'aéroport international de Los Angeles, est choisi par la plupart des visiteurs internationaux. Il se place au cinquième rang mondial avec de passagers qui y transitent chaque année. Les autres aéroports notables sont l'aéroport international d'Ontario, l'aéroport Hollywood Burbank, l'aéroport municipal de Long Beach et l'aéroport John-Wayne. Los Angeles World Airports, un département de la municipalité de Los Angeles, est chargé d'administrer ceux de Los Angeles (LAX), Ontario (ONT), Van Nuys (VNY) et (PMD). Los Angeles possède aussi un héliport ("", code AITA : CCD). Transport maritime. Les ports de Los Angeles et de Long Beach forment ensemble le "Los Angeles-Long Beach Port", le troisième du monde pour le trafic de conteneurs. Des ports de tailles moyennes et de plaisance jalonnent le reste de la côte, comme celui de Marina Del Rey ou de Redondo Beach, qui accueillent de nombreux yachts. Il existe aussi un système de ferries permettant de rejoindre la ville d'Avalon, située sur l'île Santa Catalina, au large de la ville. Transport ferroviaire. L'Union Station est la principale gare de voyageurs de Los Angeles. La compagnie nationale des chemins de fer américains, l'Amtrak, dessert l'ensemble du pays : Le transport ferroviaire des marchandises est assuré par les compagnies Union Pacific, Santa Fe et le "BNSF Railway". Transports en commun. La Los Angeles County Metropolitan Transportation Authority, connue sous l'acronyme « MTA », ainsi que d'autres sociétés publiques dirigent le système étendu de lignes d'autobus et de métro utilisé par environ un million de personnes chaque jour. Le réseau de métro se compose de six lignes, soit les lignes de métro B et D et les lignes de métro léger A, C, E et L. À cela s'ajoutent les lignes et qui constituent des lignes d'autobus à haut niveau de service (ces dernières sont en effet desservies par des autobus désignés sous le nom de , facilement reconnaissables à leur apparence originale et leur longueur). La première ligne a vu le jour en 1990 par la remise en état d'une ligne de chemin de fer qui relie le centre-ville à la ville de Long Beach, située au sud. Puis, les quartiers de Hollywood et de Mid-Wilshire ont été reliés au centre-ville par métro au tournant du nouveau millénaire. De nombreux projets visant à améliorer et à allonger ces lignes sont à l'étude ou en cours de réalisation, comme la ligne Crenshaw dans l'ouest de la ville, le prolongement des lignes D vers Westwood et L vers Montclair et la construction du Regional Connector, un tunnel situé au centre-ville de Los Angeles visant à relier les lignes A, E et L. Par ailleurs, une navette par autobus permet de rejoindre le centre-ville depuis Union Station jusqu'à l'aéroport. Cependant, à peine plus de 10 % des moyens de transport utilisés sont en commun, contre 50 % à New York, ce qui montre que Los Angeles reste la ville de l'automobile. Urbanisme. La ville de Los Angeles est aujourd'hui considérée par les urbanistes et les géographes comme le modèle et la préfiguration du développement des métropoles américaines. Elle éclipse le modèle de Chicago qui prévaut depuis la fin du avec la célèbre école de Chicago. Si l'on considère les études récentes, la apparaît pour beaucoup de spécialistes comme le laboratoire du . Tout d'abord, Los Angeles se caractérise par l'absence d'un véritable quartier central. En effet, même si pour les Angelins le cœur historique de la ville se situe à "La Plaza", endroit où Los Angeles est fondée, et si le centre de la ville est Downtown Los Angeles, les différentes fonctions de commandement sont en fait réparties dans plusieurs quartiers distincts et éloignés. Cette situation trouve son origine dans l'histoire de la ville. À leur arrivée, les nouvelles populations anglo-saxonnes et protestantes tiennent à se démarquer des populations hispanophones déjà présentes et de la marque que ces dernières ont imprimé à la ville historique. Motivées par un idéal caractéristique de l'idéologie WASP, ces nouveaux habitants construisent les quartiers de la ville avec une faible densité, afin de garder une proximité avec les espaces naturels et de centrer la vie sociale sur la cellule familiale dotée d'un espace domestique important. À la fin du , les Angelins choisirent la maison individuelle avec jardin comme forme d'habitat privilégiée. Cette conception de l'organisation urbaine ancra une logique de croissance illimitée de l'agglomération, qui fut rendue possible à mesure que les moyens de transports se multiplièrent et s'améliorèrent : l'urbanisation suivit d'abord les grands axes de transport public (trains et tramways), puis les possibilités d'extension furent accrues par l'automobile, ce qui a donné à l'agglomération sa configuration actuelle de "tache d'huile" s'étendant sur plus de du nord au sud. Cet étalement urbain ("urban sprawl" en anglais) poussé à l'extrême a pour conséquence, aujourd'hui, d'aller à l'encontre d'une proximité véritable avec la nature, les espaces naturels n'étant accessibles qu'après une longue traversée des vastes lotissements pavillonnaires constituant l'immense périphérie de l'agglomération. Celle-ci possède en effet le moins bon score en ce qui concerne le rapport entre les espaces naturels et la superficie totale de toute la côte ouest. Les déplacements urbains sont également devenus un problème central. Les transports en commun ne peuvent avoir aucune efficacité du fait de l'absence de densité. L'usage de l'automobile détient par conséquent un quasi-monopole des déplacements, entraînant une saturation du réseau routier, malgré la création d'un très grand nombre d'autoroutes urbaines reliant les différents quartiers de l'agglomération. La faible proportion d'espaces publics engendre quant à elle l'exclusion sociale et le repli des nombreuses communautés ethniques entre elles, favorisant la présence lors des élections de . L'architecte Frank Lloyd Wright disait à propos de la ville elle-même : . Cette particularité fait la singularité de Los Angeles par rapport aux autres villes occidentales. Entre 2009 et 2019, les loyers ont augmenté de 75 % à Los Angeles. Face à la crise du logement, certains habitants font le choix de dormir dans des « capsules » de , dont le loyer s’élève à environ . Morphologie urbaine. La superficie de la ville étant importante, Los Angeles est divisée en un grand nombre de quartiers. La plupart de leurs noms ont pour origine des zones rurales qui furent annexées par Los Angeles au fil du temps, la géographie, les rues principales ou le nom de propriétaires fonciers. Ces divisions n'ont pas de statut légal, mais ont une grande importance aux yeux des habitants pour des raisons culturelles et financières. Parmi ces quartiers, Hollywood est célèbre dans le monde entier pour ses studios de cinéma. De nombreux noms de quartiers témoignent de l'origine de leurs habitants, comme Chinatown (quartier chinois), Little Armenia (quartier arménien), Thai Town (quartier thaïlandais), Historic Filipinotown (quartier philippin), Little Ethiopia (quartier éthiopien) et Little Persia (quartier iranien). L'ensemble reflète la diversité et la richesse démographique de la région. Les nombreuses communes qui bordent Los Angeles ou y sont enclavées (par exemple Beverly Hills et Santa Monica) sont la plupart du temps culturellement confondues avec elle. On assiste cependant depuis quelques années à une grande renaissance du centre de la ville. Dans les années 1970, on éleva des gratte-ciel dans ce quartier, qui se vidait dès la fermeture des bureaux. Au début du , la municipalité décide de transformer le centre, en coopération avec des institutions privées. Les objectifs sont de diversifier les fonctions du centre, de revaloriser le patrimoine et de créer des espaces publics. Il s'agit de développer les lieux consacrés au divertissement et à la culture, de former un "arts district", d'attirer la population et les touristes, de renforcer l'importance de Los Angeles et de son centre par rapport à la vaste agglomération qui n'en a plus vraiment. L'ambition est de mettre en place un . Pour cela, de nombreux projets ont vu le jour, notamment sur l'axe de la Grand Avenue, achevé en 2009 et qui a coûté de dollars, que le maire veut transformer en Champs-Élysées de la côte ouest. Un programme de restauration a vu le jour pour Broadway (vieux cinémas de l'entre-deux-guerres) et pour de nouveaux lofts sur Spring Street. La bibliothèque centrale, érigée dans les années 1920 en style Art déco a été réhabilitée. De nouveaux bâtiments sont sortis de terre : le Walt Disney Concert Hall signé Frank Gehry (2003), le building de la MTA, la cathédrale Notre-Dame des anges conçue par Rafael Moneo (2002). La concentration d'institutions culturelles (musée d'Art contemporain de Los Angeles, la "Colburn School of Performing Arts") doivent redonner de l'intérêt pour le centre. Les résultats de cette politique de reconquête du centre sont regardés avec attention par les urbanistes du monde entier : beaucoup d'Angelins choisissent de revenir vivre dans le centre de la ville où plus de sont actuellement en construction. La redensification urbaine et la création de nouveaux parcs vont donc changer le visage de la ville d'ici quelques années. Ce phénomène nouveau, qui remet en cause les représentations de la population (encore majoritairement attachée au modèle de la maison jardin et à la faible densité), n'est encore qu'à ses débuts ; et, s'il entraîne la gentrification de certains secteurs, tels que Grand Avenue, il ne remédie pas forcément au problème des ghettos. Ainsi l'urbanisme angelin hésite-t-il, en ce début de , entre deux tendances tout en penchant plutôt vers la première. Risques environnementaux. En raison de l'étalement urbain, des trop faibles densités de l'agglomération, de sa situation limitrophe de hautes montagnes et de l'utilisation extensive de la voiture, Los Angeles subit une importante pollution de l'air. Le "smog", qui y est particulièrement intense, est un nuage de pollution provoqué par les gaz d'échappement et les rejets industriels. Il est occasionné par un phénomène météorologique appelé inversion thermique. Elle se produit lorsqu'une couche d'air froid se glisse sous une strate d'air plus chaud. Ces inversions se produisent fréquemment au large de Los Angeles avec l'influence océanique. Dès qu'un certain seuil est dépassé, un avis d'alerte est lancé par les autorités de la ville ; les déplacements en voiture y sont alors limités au strict nécessaire, et les usines doivent cesser de brûler des hydrocarbures. La mauvaise qualité de l'air a occupé les autorités depuis la fin des années 1940, date à laquelle le comté a créé une agence publique chargée de ce problème. Actuellement, de nouvelles mesures sont à l'étude pour améliorer la qualité de l'air dans les années à venir. Le lancement, le , par les ports de Los Angeles et de Long Beach, d'un plan visant à réduire la pollution de l'air d'au moins 45 % en cinq ans dans la baie de San Pedro et au niveau de tous les transports et équipements, montre que la lutte contre la pollution est une priorité. En outre, la municipalité encourage le développement des transports en commun (qui sont moins utilisés qu'à San Francisco ou New York) ainsi qu'un système de covoiturage, mais ces mesures n'atteignent pas le succès escompté. Un réseau de pistes cyclables a été développé ainsi qu'un réseau de lignes de bus express, pour tenter de proposer une alternative à l'automobile. Le maire de Los Angeles a signé l’U.S. Mayors Climate Protection Agreement (), visant à atteindre ou à dépasser les objectifs de réduction de GES fixé par le protocole de Kyoto. Los Angeles possède déjà de pistes cyclables et de bandes cyclables. À Los Angeles, des mesures fiscales encouragent les entreprises et les particuliers à installer des panneaux solaires qui, depuis 1999, représentent une capacité totale de . 10 % de l’énergie consommée dans la ville est déjà d’origine renouvelable : l’objectif de la cité des anges est d’atteindre 40 % en 2020. Le programme "Trees for a Green LA" encourage les habitants à planter des arbres pour réduire le smog et améliorer le cadre de vie. Antonio Villaraigosa a annoncé qu'il fera planter un million d'arbres dans sa ville et qu'il encouragera les carburants avant la fin de son mandat. Los Angeles a un taux de recyclage de 65 %. En , le maire a annoncé que la municipalité remplacera des lampadaires et feux de signalisation par des diodes électroluminescentes. Risques du cadre physique. La ville est située sur la faille de San Andreas et le risque de séisme y est très élevé. Le tremblement de terre majeur le plus récent est celui de Northridge en 1994 dont l'épicentre se situait dans la vallée de San Fernando. Les dommages qu'il a causés ont coûté plus de de dollars. D'autres tremblements de terre importants ont affecté l'agglomération : celui de Whittier Narrows en 1987 qui s'est produit dans la vallée de San Gabriel ou encore ceux de Sylmar en 1971 et de Long Beach en 1933. Néanmoins, la plupart des nombreux séismes qui ont lieu dans la région sont mineurs, les habitants en perçoivent souvent un ou deux par an, sans que des dégâts soient occasionnés ; beaucoup d'autres séismes ne sont relevés que par les sismographes. De nombreux spécialistes, notamment l'Institut de géophysique américain (USGS), attendent un séisme majeur dans l’avenir. "The Big One" est le terme employé par les Californiens pour désigner cette catastrophe éventuelle. En outre, Los Angeles est régulièrement menacée par des incendies (par exemple en et en -), qui touchent surtout les quartiers périphériques riches les plus récents, construits sur les pentes des collines, au contact avec la végétation naturelle. Enfin, la ville, malgré le faible volume de précipitations, n'est pas à l'abri d'inondations, qui, à l'instar de celles de 1938 et de 1969, peuvent se révéler catastrophiques. Afin de limiter le risque, plusieurs bassins ont été construits, et la Los Angeles River a été bétonnée sur presque toute sa longueur. Histoire. Après avoir été habitée pendant un millier d'années par les tribus amérindiennes Tongvas et Chumash, la baie de Los Angeles est repérée en 1542 par l'explorateur João Rodrigues Cabrilho. Ce sont deux missions espagnoles venues du sud qui s'y implantent en 1771 et 1797. Los Angeles est fondée en 1781 en tant que "pueblo" (village) ; elle compte alors quarante personnes (douze familles). La Californie est annexée en 1822 par le Mexique, devenu indépendant de l'Espagne, et, quelques années après, des concessions sont offertes par le gouverneur. En 1848, la région passe sous le contrôle des États-Unis, à la suite de leur victoire dans la guerre contre le Mexique. C'est en 1850 que la ville devient la capitale du comté du même nom. La petite commune n'est alors qu'une simple bourgade de l'Ouest américain, avec ses saloons, ses salles de jeux et ses routes encore en terre. Les Américains colonisent la région et transforment profondèment la bourgade qui devient une véritable ville. Pendant la ruée vers l'or dans le nord de la Californie, Los Angeles devient la « reine des comtés de vaches » pour son rôle dans l'approvisionnement en bœuf et autres denrées alimentaires destinées aux mineurs du nord. Parmi les comtés de vaches, le comté de Los Angeles possède les plus grands troupeaux de l'État, suivi de près par les comtés de Santa Barbara et de Monterey. Le , des immeubles du quartier chinois sont pillés et 20 de leurs habitants sont abattus par balles ou pendus. Le chemin de fer arrive en 1876 et la liaison directe avec la côte Est est réalisée en 1885. La culture des agrumes, en particulier des oranges, fonde la renommée de la cité jusqu'à New York. Elle passe alors de en 1860 à plus de en 1890 et atteint les en 1900. La découverte de gisements de pétrole au début du provoque un nouvel afflux de population. La ville s'agrandit rapidement en annexant les municipalités voisines. L'industrie aéronautique y prend son essor à la même époque grâce à Lockheed et Douglas, tandis que le cinéma se transforme en véritable industrie, avec comme épicentre le quartier d'Hollywood. Après la Seconde Guerre mondiale, l'étalement urbain gagne la vallée de San Fernando. À partir des années 1950, l'économie de la ville connaît un important déclin à la suite de la délocalisation de nombreuses de ses industries. Beaucoup d'entre elles (secteurs agricole, agroalimentaire, automobile...) se sont déplacées dans les comtés et les États voisins car les salaires y sont plus bas. Le sud de la ville est touché par des émeutes du 11 au . Le bilan est de , plus de et près de . En 1992, Los Angeles est secouée par de sanglantes émeutes déclenchées par l'affaire Rodney King, qui voit un automobiliste noir être agressé par quatre policiers blancs du Los Angeles Police Department (LAPD). Cette bavure majeure est filmée par un riverain, ce qui provoque la tenue d'un procès sous haute pression et très médiatisé, procès qui s'est déroulé à Simi Valley, ville située au nord-ouest de L.A. L'acquittement des policiers prononcé par un jury à majorité blanche soulève une vague de colère dans le quartier populaire et pauvre de South Central. Six jours d'affrontements inter-raciaux aboutissent à l'intervention de la Garde nationale. Le bilan officiel des violences avance le chiffre de et plus de . Les forces de l'ordre ont procédé à plus de , et les incendies et les pillages ont été estimés à un milliard de dollars de 1992, pour des affrontements tels que les États-Unis n'en avaient plus connu depuis les années 1960. Quelques années plus tard, en 1994, la ville subit un important tremblement de terre à Northridge et voit plusieurs tentatives de sécession de certaines de ses régions, comme la vallée de San Fernando et Hollywood en 2002, sans succès. Aujourd'hui ce sont l'immigration, la montée en importance des minorités et le redéveloppement urbain qui dominent l'actualité de Los Angeles. Politique et administration. La ville a un système de . La maire actuelle est Karen Bass qui a succédé en décembre 2022 à Eric Garcetti. Le maire gouverne avec le conseil municipal de Los Angeles, lui-même dirigé par un président élu par le conseil. En 2001, Alex Padilla a été le premier hispanique élu à ce poste. Il y a municipaux (') dans le conseil municipal. Les autres officiels élus sont la procureure de la ville, Hydee Feldstein Soto, qui poursuit les délits mineurs commis à l'intérieur de la ville, et le ', Kenneth Mejia, tous deux en fonction depuis décembre 2022. Le ", élu par les électeurs du comté, poursuit les crimes majeurs. Pour rendre le gouvernement municipal plus attentif aux attentes des citoyens et pour améliorer la gestion des différents quartiers, le conseil municipal a institué des conseils de voisinage. Ces conseils consultatifs, proposés pour la première fois par le conseiller Joel Wachs en 1996, ont été délimités dans la " de 1999. Le territoire géré par chaque conseil n'est pas forcément identique à celui du quartier tel qu'il est traditionnellement perçu par la population. Plus de 90 conseils ont ainsi été formés et chaque habitant peut voter pour la composition du conseil de son quartier. Bien qu'ils n'aient en réalité que peu de pouvoir, ils ont déjà fait pression sur le conseil municipal lors d'affaires importantes, par exemple lors de leur opposition à un projet, dirigé par la ville, consistant à augmenter le prix de l'eau. Sur le plan judiciaire, la ' a juridiction sur les procès sérieux () répondant à la loi de l'État, tandis que la cour de district des États-Unis pour le district central de Californie s'occupe de tous les procès fédéraux. Les deux institutions occupent plusieurs vastes bâtiments situés dans le quartier ' du centre-ville. Toute la ville de Los Angeles et ses plus importantes banlieues étant situées dans le même comté, la cour supérieure du comté et la cour fédérale de district sont toutes les deux les plus importantes des États-Unis. Le Grand Los Angeles regroupe un peu plus du tiers des membres de l'Assemblée de l'État de Californie, qui ont tendance à travailler en partie depuis leurs districts d'origine. Depuis le début des années 1990, Los Angeles apparaît de plus en plus comme la de l'État. Tendances politiques. Los Angeles est une ville californienne plus conservatrice que sa rivale du nord San Francisco, mais plus libérale que San Diego, sa voisine du sud. Les élections municipales étant non partisanes en Californie, les candidats ne sont donc pas élus en fonction de leur étiquette politique, mais en fonction de leur charisme ou de leur capacité à constituer une coalition autour d'eux-mêmes, même si la tendance politique de chaque candidat n'est pas anodine. En 1973, les Angelenos choisissent leur premier maire noir, le démocrate Tom Bradley, réélu à cinq reprises. En 1993, c'est le républicain Richard Riordan qui prend les rênes de la municipalité pour deux mandats. En 2001, non rééligible, Riordan laisse la place à James Hahn, un démocrate. En , les habitants de Los Angeles élisent leur premier maire hispanique depuis 1872. Soutenu par une vaste coalition englobant Juifs, Noirs, Hispaniques, Richard Riordan ou Barbara Boxer, le démocrate Antonio Villaraigosa est élu avec 59 % des voix contre 41 % au maire sortant. L'élection de Villaraigosa est la première grande consécration du poids politique des hispaniques dans l'État, d'autant plus qu'ils représentent 46 % des habitants de Los Angeles. Ce dernier s'est engagé dans une politique de protection de l'environnement et de lutte contre les gaz à effet de serre : il a par exemple annoncé en 2006 qu'il fera planter un million d'arbres à Los Angeles et qu'il encouragera les carburants avant la fin de son mandat. Après les deux mandats d'Eric Garcetti (2013-2022), Karen Bass devient la première femme élue maire de la ville en novembre 2022. Jumelages. Los Angeles est jumelée avec : Elle a par ailleurs conclu des partenariats avec trois autres villes : Population et société. Démographie. Plus de sont représentées à Los Angeles, où l'on parle au moins : c'est l'un des principaux foyers d'immigration du pays ("gateway city"). Les populations hispaniques et asiatiques y croissent particulièrement rapidement : en 1970, on pouvait recenser 18,4 % de latinos, contre 40 % en 1990. Certains Hispaniques parlent souvent le spanglish ou l'espagnol dans leurs quartiers (les "barrios") ; la communauté asiatique est la seconde plus importante aux États-Unis et celle des Japonais aussi. Les Persans de Los Angeles sont la communauté la plus grande de la ville : les Irano-américains de Californie se concentrent dans le quartier de Westwood et dans la ville de Beverly Hills. Des centaines de milliers d’Iraniens sont arrivés dans cette région à partir de 1979. Aujourd’hui, le bassin de Los Angeles abrite la plus importante concentration d'Iraniens hors d'Iran, si bien que l'on parle de . La ville accueille les plus grandes populations d'Arméniens, Cambodgiens, Philippins, Guatémaltèques, Israéliens, Coréens, Mexicains et Hongrois en dehors de leurs pays respectifs. Estimation de la population des dix villes de Californie les plus peuplées (2015) Recensement de 2000. Au recensement de 2000, il y avait et dans la ville. La densité de population était de . Ce chiffre peut sembler faible par rapport aux densités des métropoles européennes ou même américaines. Mais il s'agit d'une moyenne qui cache des disparités de peuplement importantes entre les zones peu habitées comme les monts Santa Monica et les secteurs très urbanisés situés plus au sud. Certains quartiers seraient à la deuxième place après New York pour ce qui est de la densité, s'ils étaient indépendants de la ville de Los Angeles. En 2000, 26 % de la population avait moins de , 11,1 % avait de , 34,1 % de , 18,6 % de , et 9,7 % de personnes âgées de plus de . L'âge moyen était de . Comme les autres métropoles américaines, les contrastes de richesse sont fortement marqués à Los Angeles. Certains des quartiers les plus riches comme ceux de Bel Air et Hollywood jouxtent les zones noires et hispaniques qui sont souvent des poches d'indigence. 30,3 % des personnes ayant moins de et 12,6 % de ceux âgés de ou plus étaient en situation de pauvreté au début du . Concernant les origines des habitants, le recensement de 2000 montre que : sur nées aux États-Unis dans la ville, sont nées en Californie, viennent d'un autre État de l'Union, et sont nées dans un territoire comme Porto Rico, Guam… Sur les nés à l'étranger, viennent d'Europe, d'Asie, d'Afrique, d'Océanie, d'Amérique latine et des autres pays d'Amérique du Nord. Los Angeles continue d'attirer de nombreux migrants. Los Angeles est une ville multiethnique. En comparaison avec les autres cités californiennes, elle compte une proportion plus importante d'Hispaniques, qui sont aujourd'hui majoritaires dans le comté de Los Angeles. La part des Noirs est relativement élevée, par rapport au niveau de l'État, mais comparable à celui observé au niveau national. La ville de San Francisco compte davantage d'Asio-Américains dans sa population totale (30,7 %). Recensements de 2010 et 2020. D'après le recensement de 2020, 5,9 % des Angelins avaient moins de , 20,7 % moins de , 12,4 % plus de . La répartition ethnique est la suivante : 52,1 % se déclarent "blancs", 48,5 % "hispaniques ou latinos", 11,6 % "asiatiques", 8,9 % "noirs", 3,8 % métis. 36,9 % des habitants sont nés à l'étranger et 58,9 % des personnes parlent une autre langue que l'anglais à la maison. Le taux de pauvreté est de 18 %. Sans-abri. Les personnes sans-abri atteignent le nombre record de dans le comté de Los Angeles en 2017 et en 2018 ( intramuros). L'augmentation des loyers et le manque de lois protégeant les locataires contre les propriétaires sont des facteurs importants de l'augmentation du nombre de sans-abri à Los Angeles. Enseignement. Les écoles de la ville sont gérées par le "Los Angeles Unified School District" (LAUSD), le deuxième système des États-Unis pour ce qui est du nombre d'élèves (plus de en 2006). Il existe aussi deux lycées français réputés dans la ville : le lycée international de Los Angeles, et le lycée Français de Los Angeles. Parmi les universités présentes dans la ville, on peut citer les prestigieuses université de Californie à Los Angeles (UCLA, publique) et université de Californie du Sud (USC, privée) qui sont considérées comme faisant partie des meilleures universités de la Côte Ouest et du monde. On peut aussi citer de nombreuses autres universités, comme l'université d'État de Californie à Los Angeles (CSULA, publique), l'université d'État de Californie à Northridge (CSUN, publique), la "Loyola Marymount University" (LMU) (privée), l’"Occidental College" (Oxy) (privée), la "Southwestern University School of Law" (privée) et la "Southern California Institute of Architecture" (SCI-Arc) (privée). En plus de ces universités, la ville contient un nombre élevé de "community colleges". La région du Grand Los Angeles accueille d'autres universités de premier rang, comme le California Institute of Technology à Pasadena. Sports. La région de Los Angeles offre un environnement diversifié, favorable aux activités sportives et aux loisirs de plein air. Des milliers de kilomètres de pistes traversent la ville et ses environs, que l'on peut emprunter à pied, à vélo ou à cheval. Il est possible de pratiquer une grande variété d'activités dans le comté, dont le ski, l'escalade, le beach-volley et la planche à voile. Ces deux derniers sports ont d'ailleurs été inventés dans la région (même si leurs prédécesseurs ont été inventés par Duke Kahanamoku à Hawaï). Los Angeles reste célèbre pour la glorieuse époque du des Lakers de Magic Johnson pendant les années 1980, mais aussi grâce à l'époque Shaquille O'Neal & Kobe Bryant. En outre, les Trojans de l'USC et les Bruins de l'UCLA figurent parmi les meilleures formations sportives universitaires américaines. Los Angeles accueille les Jeux olympiques d'été de 1932 et ceux de 1984. Elle est candidate pour obtenir les Jeux d'été de 2016 mais le Comité olympique des États-Unis lui préfère la candidature de Chicago. Après le retrait de Boston de la course pour l'obtention des Jeux olympiques d'été de 2024, la candidature de Los Angeles est proposée. En concurrence avec la candidature de Paris, le Comité international olympique décide de désigner les deux villes hôtes des deux prochaines éditions des JO, 2024 et 2028, assurant ainsi à chacune d'organiser une édition afin de ne pas perdre une de ces candidatures jugées comme solides. Ainsi, en , Los Angeles décide de retirer sa candidature pour 2024 et de se concentrer sur 2028. Le lors de la session du Comité international olympique à Lima, au Pérou, elle obtient l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2028 tandis que Paris organisera ceux de 2024. Los Angeles sera la troisième ville après Londres et Paris à organiser à trois reprises les Jeux olympiques d'été. Criminalité. Selon la "Compstat Unit" du Los Angeles Police Department (LAPD), chargée d'établir des statistiques sur la ville, Los Angeles a vu décliner de manière importante les actes de violence depuis le milieu des années 1990 ; l'année 2005 a été un record à ce niveau, avec de violence, dont . On peut comparer avec l'année 1992 durant laquelle et délits ont été recensés dont . La baisse de la criminalité violente s'est poursuivie en 2006. Malgré les clichés négatifs (Los Angeles est appelée "gangland"), les statistiques montrent que, en comparaison avec d'autres grandes villes, Los Angeles se porte relativement bien : elle a un indice de criminalité inférieur à celui de Chicago, Houston et Détroit. Parmi les plus grandes villes du pays, seule New York avait un taux de criminalité inférieur. En 2021, la ville de Los Angeles a enregistré 397 meurtres (environ 800 meurtres enregistrés à Chicago la même année, d'après les sources du "Chicago Tribune"). Selon une étude de 2001 effectuée par le "National Drug Intelligence Center", le comté de Los Angeles abrite qui regroupent . Si les poursuites en voiture se produisent plus souvent que dans les autres villes, c'est en partie à cause de la complexité et de la taille du réseau autoroutier de la ville. L'insécurité est très variable en fonction du quartier dans lequel on se trouve. Généralement, il est peu recommandé aux touristes de se rendre dans les quartiers au sud, sud-est et à l'est du centre-ville (Inglewood, Florence, Compton, East Los Angeles). Le centre-ville lui-même est déconseillé dès la tombée de la nuit. À l'inverse les zones sûres se situent au nord, nord-ouest et à l'ouest du centre-ville (Santa Monica, Beverly Hills, Venice, Cheviot Hills, Hollywood Boulevard). Langues. Selon l’"", en 2017, 42,51 % de la population âgée de plus de déclare parler l'espagnol à la maison, 40,98 % déclare parler l'anglais, 2,54 % le tagalog, 2,46 % le coréen, 1,84 % l'arménien, 1,50 % une langue chinoise, 1,37 % le persan, 0,95 % le russe, 0,60 % le français, 0,52 % le japonais et 4,26 % une autre langue. Médias. Le journal quotidien le plus important de la région est le "Los Angeles Times". "La Opinión" est lu par la communauté hispanophone. Il existe aussi une grande variété de journaux régionaux et d'information locale, de magazines et d'hebdomadaires, dont le "Daily News", du Los Angeles Newspaper Group, que l'on trouve surtout dans la vallée de San Fernando, "L.A. Weekly", "L.A. City Beat", "Los Angeles magazine", "Los Angeles Business Journal", "Los Angeles Daily Journal", le "Hollywood Reporter". S'y ajoutent de nombreux périodiques locaux servant les différentes communautés dans leur langue maternelle, et quelques journaux issus d'autres municipalités, comme le "Daily Breeze" (Torrance) et le "Press-Telegram" (Long Beach). Le public du Grand Los Angeles a accès à un grand nombre de chaînes locales de radio et de la télévision. Les chaînes majeures sont KABC-TV 7 (American Broadcast Company), KCBS 2 (CBS), KNBC 4 (NBC), KTTV 11 (FOX), KTLA 5 (The WB Television Network), et KCOP 13 (UPN). Il y a aussi de nombreuses chaînes espagnoles ou indépendantes dans la région. Cultes. Catholicisme. La composition de la population et les flux migratoires expliquent en partie la répartition des religions à Los Angeles. Les catholiques sont majoritaires étant donné l'importance de la population hispanique : le diocèse de Los Angeles, le plus important du pays, dirigé par José Gómez, regroupe plus de de croyants. La cathédrale Notre-Dame des anges est aussi haute qu'un immeuble de et peut accueillir plus de . Protestantisme. À l'échelle de la Californie, le protestantisme, y compris les Églises évangéliques, devance le catholicisme. La ville a une longue tradition liée au protestantisme. Le Réveil d'Azusa Street est une manifestation de Réveil qui a eu lieu à Los Angeles en 1906 et qui est à l'origine du mouvement pentecôtiste, un mouvement religieux devenu global qui regroupe quelque de croyants. La Foursquare Church y est fondée en 1923. Judaïsme. Avec en 2000, la population juive est la deuxième du pays après celle de New York, et la ville abrite de nombreuses synagogues, dont la plupart sont situées dans la vallée de San Fernando et à West Los Angeles (la plus ancienne, la Breed Street Shul, située à East Los Angeles, qui a été jusqu'en 1951 la plus grande synagogue à l'ouest de Chicago, est devenue un musée historique). Diversité religieuse. Toutes les religions du monde sont représentées : l'islam, le bouddhisme, l'hindouisme, le zoroastrisme, le sikhisme, l'Église orthodoxe, etc. L'Église de scientologie est présente dans la ville depuis le , et le "Celebrity Center" fait partie de ses nombreux musées, églises et lieux de recrutement. On note aussi la présence historique des mormons : le temple mormon de Los Angeles, situé à West Los Angeles sur le Santa Monica Boulevard, est le deuxième plus important temple de leur culte. Économie. Le poids économique de l'agglomération angeline est considérable : en 2002, le PNB de la métropole était de de dollars, c'est-à-dire qu'elle produit plus de richesses que les Pays-Bas (voir l'article économie des Pays-Bas) par exemple. Le PNB de l'agglomération représente plus de 3,3 % du PIB américain. Los Angeles est célèbre pour être le principal centre de production cinématographique aux États-Unis, le plus rentable au monde, mais devancé par le nombre des productions de Bollywood, en Inde. Le nom d'Hollywood, le quartier dans lequel cette production a lieu, est devenu synonyme de cette industrie. On remarque cependant ces dernières années une augmentation de la concurrence à ce niveau, et de plus en plus de productions sont réalisées dans d'autres villes des États-Unis, ou au Canada, dont Vancouver (surnommée la ) et Toronto. Autrefois, l'aéronautique et le pétrole étaient les domaines économiques dominants de la ville, mais sont remplacés par les finances, les télécommunications, la loi, la santé et les transports. La ville dispose d'un important port avec un trafic cargo de de tonnes métriques en 2008. Quant à son activité conteneurs, elle atteignait en 2009 un total de ce qui plaçait le port au premier rang des ports d'Amérique du Nord pour cette catégorie de trafic. Plus de 60 % des entreprises californiennes ont installé leur siège social à Los Angeles, et, bien que la ville soit le siège de nombreuses sociétés (dont trois font partie du classement "Fortune 500"), ce nombre quadruple si l'on considère son agglomération ; la plupart des compagnies ayant préféré s'installer dans les zones où les impôts sont moins importants. Le bassin de Los Angeles, en particulier sa partie occidentale, est exploité pour son pétrole : depuis le début du , ont été creusés ; aujourd'hui, environ sont toujours exploités. La ville abrite de nombreux immigrants mexicains, dont un grand nombre d'illégaux, qui se trouvent souvent relégués aux plus basses tâches de l'économie de la ville, comme le personnel d'entretien. Tourisme. L'industrie touristique est très développée à Los Angeles. Les touristes s'orientent généralement vers les nombreux parcs à thèmes de la région tels que Disneyland ou Universal Studios Hollywood. Le parcours touristique classique inclut aussi généralement un tour dans les artères célèbres telles que Sunset Boulevard, Santa Monica Boulevard, Melrose Avenue, la California State Route 1 ou le célèbre Rodeo Drive à Beverly Hills qui abrite de nombreuses boutiques de luxe. Venice Beach, au sud-ouest de la ville, est un site proposant de nombreuses activités. Outre une plage très large et surveillée, les touristes visitent les nombreuses petites boutiques de souvenirs, de vêtements, de gadgets, etc., font du roller ou du vélo sur les pistes cyclables longeant la plage, ou regardent les quelques peintres ou musiciens s'y produisant quotidiennement. Quelques kilomètres plus à l'ouest, Malibu est célèbre pour ses plages et ses villas de luxe. Los Angeles est, avec son quartier d'Hollywood, un des hauts lieux de l'industrie cinématographique. Outre le panneau Hollywood, symbole du quartier, le Grauman's Chinese Theatre sur Hollywood Boulevard (où se situe le célèbre "Hollywood Walk of Fame"), diffusant tous les "blockbusters" en avant-première mondiale, et un tour des maisons de stars (depuis la rue) à Beverly Hills à l'aide d'un "Star Mansion map" sont les activités courantes des touristes amateurs de cinéma. Culture locale et patrimoine. Los Angeles est souvent désignée comme la capitale mondiale du divertissement à travers ses imposantes industries cinématographiques et télévisuelles, ainsi que musicales et artistiques. Architecture. Sur le plan architectural, on peut relever plusieurs bâtiments remarquables, comme la "Los Angeles Central Library" (1926) de Bertram Grosvenor Goodhue dont l'apparence évoque les bâtiments de l'ancienne Égypte et d'autres civilisations antiques, la gare centrale Union Station (1939) mêlant les styles renouveau colonial espagnol et "mission revival" et l'hôtel de ville (1928) dont le sommet évoque le mausolée d'Halicarnasse. L'observatoire Griffith (1933-1935), sur les hauteurs de Griffith Park, est un exemple de l'architecture Art déco. Le Bradbury Building (1893) est un bâtiment remarquable pour sa façade de style Renaissance italienne de brique brune, sa cour intérieure, ses nombreux escaliers, ascenseurs, et pour les centaines de motifs végétaux qui ornent leurs balustrades de fer. De construction récente, le bâtiment de la "Metropolitan Transit Authority" incorpore certains éléments faisant référence au style Art déco, que l'on peut retrouver sur certains immeubles du centre-ville comme l'Eastern Columbia construit en 1930 et transformé en lofts au début du . L'architecture moderne apparaît à travers les travaux de , l'architecte du Shrine Auditorium et du Theme Building, le bâtiment représentatif de l'Aéroport international de Los Angeles (avec Welton Becket), de la "Los Angeles County Courthouse", du "Los Angeles County Hall of Administration", et de bâtiments situés à Beverly Hills ; et de ceux de Frank Gehry, comme le Walt Disney Concert Hall, le California Aerospace Museum, la Loyola Law School. Gehry est actuellement chargé de la supervision du Grand Avenue Project. Parmi les principaux gratte-ciel de Los Angeles qui dominent la ville, on peut citer le Wilshire Grand Center (), la U.S. Bank Tower (), le Aon Center (), la Two California Plaza (), la Gas Company Tower (), l'ARCO Center (), la 777 Tower (), la Wells Fargo Tower (), la Figueroa at Wilshire (), la Bank of America Tower () et la Paul Hastings Tower (). Inauguré en , le Wilshire Grand Center est devenu, avec ses , le plus haut gratte-ciel de la ville, détrônant ainsi la U.S. Bank Tower qui fut à la première place depuis 1989. Patrimoine culturel. Plusieurs institutions culturelles sont présentes dans la ville, les plus importantes étant le musée d'Art du comté de Los Angeles ("Los Angeles County Museum of Art" ou LACMA), le Getty Center, le musée d'Art contemporain de Los Angeles (MOCA), le Museum of Neon Art (MONA), le Norton Simon Museum, le Museum of Tolerance, le Skirball Cultural Center, le Latino Museum of History, Art, and Culture, le George C. Page Museum, le musée national des Nippo-Américains, le California Science Center, ainsi que le musée d'histoire naturelle du comté de Los Angeles. Los Angeles compte par ailleurs de très nombreuses galeries d'art, comme la Culver City gallery Blum & Poe ouverte en sur . La bibliothèque Huntington, ouverte au public en 1928 et créée par Henry Edwards Huntington, propose une bibliothèque de plus de neuf millions d'ouvrages, dont de nombreux livres anciens (imprimés et manuscrits), un musée d'art et un jardin botanique très réputé entre autres pour son "cactus garden". La bibliothèque principale de la ville est la "Los Angeles Public Library" (LAPL), dont le siège, situé dans Downtown, a été reconnu "National Historic Site". Établi en 1912, le "County of Los Angeles Public Library" est un réseau de 87 bibliothèques mise en service et administré par le comté de Los Angeles qui sert plus de de personnes vivants dans les zones non-incorporées et dans les 88 municipalités du comté, dont Los Angeles. Il existe de nombreux lieux de représentation théâtrale à Los Angeles : le "Music Center" (composé du "Dorothy Chandler Pavilion", siège de l'Opéra de Los Angeles et de l'Ahmanson Theater, où sont jouées les grosses productions de Broadway), le Ford Amphitheater, le Greek Theater, le Hollywood Bowl, le , et le Théâtre Dolby. L'orchestre philharmonique de Los Angeles se produit au Walt Disney Concert Hall. Los Angeles est aussi un véritable musée à l'air libre de peintures murales, dont certaines de Diego Rivera, David Alfaro Siqueiros et Jose Clemente Orozco ; elle serait la ville à en contenir le plus grand nombre. Elle abrite quelques-uns des graffiti les plus connus du monde, par exemple ceux du Belmont Tunnel. On peut aussi trouver de nombreuses sculptures dans les parcs de la ville, dont ceux de l'université du Judaïsme et de l'université de Californie à Los Angeles. Littérature. Los Angeles entre en littérature dans les années 1920, avec le satirique "Merton of the movies" d'Harry Leon Wilson sur l'industrie du cinéma à Hollywood (thème qui a, depuis, été repris dans de nombreux romans), et "The Boosters" (1924) de Mark Lee Luther qui décrit le boom immobilier de l'époque, "Angel's Flight" (1927) de Don Rian et "Oil!" d'Upton Sinclair qui décrit la ruée vers le pétrole de Signal Hill. Depuis, la ville et sa région, appréciées des auteurs (le grand Los Angeles accueille, après New York et San Francisco, le plus grand nombre d'écrivains publiés, à l'échelle nationale) sont un territoire fertile pour les écrivains. Deux genres en particulier sont liés à la ville : le et le roman noir. Le s'attache à dépeindre les mauvais côtés du rêve hollywoodien, à montrer la confusion entre réalité et illusion, entre commerce et art, qu'il entraîne, et les conséquences qu'elle provoque dans la vie des personnages : le livre de Nathaniel West, "The Day of the Locust" (1939), est un modèle du genre, qui comprend, entre autres, "The Loved One" (1947) d'Evelyn Waugh et "Hollywood" (1989) de Charles Bukowski. En outre le monde de la littérature a très vite rejoint celui du cinéma à Los Angeles, à travers l'écriture de scénario, et l'industrie cinématographique a très vite attiré un grand nombre d'auteurs comme F. Scott Fitzgerald, Aldous Huxley, Tennessee Williams et William Faulkner. Le roman noir est, depuis les années 1930, bien représenté, à travers les œuvres d'écrivains comme Raymond Chandler ("Le Grand Sommeil" ("The Big Sleep", 1939), "Adieu ma jolie" ("Farewell My Lovely", 1940) ; "The Long Goodbye", 1953) ; Ross Macdonald (qui écrit dans la lignée de ce dernier tout en donnant à ses personnages une plus grande profondeur psychologique) ; Walter Mosley ; James Ellroy avec "Le Dahlia noir" ("Black Dahlia", 1987), "Le Grand Nulle part" ("The Big Nowhere", 1988), "L.A. Confidential" (1990) ; Joseph Hansen et Michael Connelly ("Les Égouts de Los Angeles" (1992) et "L'Envol des anges" (1999). Los Angeles est un objet de fascination paradoxal pour de nombreux auteurs. La plupart des textes publiés au sujet de Los Angeles brossent le portrait d'une ville complexe et soulignent les différences qui existent entre sa réputation publique et une réalité souvent noire et teintée de pessimisme, faisant de Los Angeles une allégorie d'une condition moderne marquée par l'angoisse. Dans ses romans semi-autobiographiques (le premier est "Bandini" en 1938), John Fante décrit le Los Angeles de la Grande Dépression, où son alter ego Arturo Bandini cherche à vivre de l'écriture. "Maria avec et sans rien" ("Play it as it Lays", 1971) de Joan Didion dresse de la ville un portrait négatif, à l'instar de "Moins que zéro" ("Less Than Zero", 1985) de Bret Easton Ellis, qui décrit l'aliénation d'un étudiant de la jeunesse dorée qui ne sortira d'une plongée dans les bas-fonds de la société angeline qu'en quittant la ville. Dans son autobiographie "Always Running" (1993), Luis J. Rodriguez raconte son expérience des gangs et du trafic de drogues. La science-fiction porte à l'extrême les côtés dystopiques de la métropole, lieu de cauchemar dans, par exemple, "Je suis une légende" (1954) de Richard Matheson et lieu propice au désastre, dans les très nombreux romans et films catastrophes qui s'y déroulent. Cependant la figure littéraire de Los Angeles n'exclut pas l'optimisme ; elle est, à l'image de la ville réelle, diverse et multiple. Le village de Los Angeles du début du est également le théâtre des aventures du justicier masqué Zorro, créé en 1919 par Johnston McCulley. Ses exploits se déroulant alors en Californie espagnole ont inspiré un grand nombre de films, de séries télévisées et de bandes dessinées. Cinéma. Berceau du mythe hollywoodien, Los Angeles a logiquement fasciné une multitude de réalisateurs américains, dont Michael Mann. Deux de ses films prennent place à Los Angeles : Plusieurs films de Quentin Tarantino se déroulent à Los Angeles : David Lynch, qui habite la ville de Los Angeles, y a tourné beaucoup de ses films : D'autres films célèbres voient leurs scénarios se dérouler à Los Angeles : Séries télévisées. De nombreuses séries télévisées se déroulent à Los Angeles. La plupart appartiennent au genre policier : "Badge 714" (1951-1959), "Mannix" (1967-1975), "Columbo" (1968-2003), "Cannon" (1971-1976), "Police Story" (1973-1978), "Drôles de dames" (1976-1981), "Quincy" (1976-1983), "CHiPs" (1977-1983), "Pour l'amour du risque" (1979-1984), (La maison des Hart se situe au sur les hauteurs du quartier de Brentwood, dans les collines d'Amber Hills. Elle fait jonction avec le Sunset Bd. Cette maison fût utilisée pour son cadre lors des tournages, notamment sa façade, son jardin et ses dépendances. L'intérieur du décor étant réalisé en studio d'après les plans de cette maison), "Matt Houston" (1982-1985), "Rick Hunter" (1984-1991), les six premières saisons de "24 Heures chrono" (2001-2010), "The Shield" (2002-2008), ' (2005-2012), "Numb3rs" (2005-2010), ' (depuis 2009) ("" y est aussi tourné), "Los Angeles, police judiciaire" (2010-2011), "Major Crimes" (2012-2018). Plusieurs feuilletons évoquent l'installation et l'adaptation de nouveaux habitants ("Beverly Hills 90210", "Le Prince de Bel-Air", "", "Newport Beach") ou reflètent la diversité ethnique de la ville : "Moesha", "Le Prince de Bel-Air" ou encore "Black-ish" qui racontent le quotidien d'Afro-Américains ou "Devious Maids" le quotidien d'Hispaniques. L'univers de la mode, des stars et du cinéma apparaît dans "Amour, Gloire et Beauté" (depuis 1987), "Les Girls de Playboy" ("The Girls Next Door") (2005-2009), "Fashion House" (2006), "Dirt" (2007-2008) ou "Entourage" (2004). "La Loi de Los Angeles" (1986-1994) ou "Shark" (2006-2008) mettent en scène des avocats. Certains quartiers sont mis à l'honneur comme Bel-Air ("Le Prince de Bel-Air"). Enfin, Los Angeles sert de cadre à des séries dérivées telles que "Fame L.A." ou encore "Joey" (2004-2006). "Six Feet Under" (2001-2005) se déroule à Los Angeles et aborde des sujets aussi divers que la drogue, la mort, l'homosexualité. La série dérivée "Angel" (2000-2003) a également été tournée dans cette ville, tout comme "Scorpion" (depuis 2014). L'aéroport de la ville est aussi mis en scène dans la série "LAX" avec Heather Locklear, série en une saison de qui relate l'histoire des codirecteurs de l'aéroport et les problèmes quotidiens qu'ils rencontrent dans la gestion de cette à part entière. Il y a aussi la téléréalité tel que "Les Anges" pour les saisons 1 et 10. Jeux vidéo. La société Rockstar Games a édité un certain nombre de jeux vidéo se déroulant à ou dans une ville inspirée de Los Angeles, parmi lesquels on peut citer ' et "Grand Theft Auto V" (deux jeux de la célèbre série de jeux vidéo "Grand Theft Auto", dont l'action se déroule à Los Santos), le jeu vidéo de course ', ou plus récemment "L.A. Noire", qui se déroule dans le Los Angeles des années 1940. Le jeu vidéo "" (édité par Activision) s'est aussi basé sur la ville. Chaque année se déroule à Los Angeles l'un des plus grands salons de jeux vidéo au monde : l'Electronic Entertainment Expo, souvent abrégé E3. Musique. Plus que des morceaux consacrés à la ville, Los Angeles a vu naître et abrite toujours de nombreux artistes particulièrement attachés, en bien ou en mal, à la mégalopole et qui en parlent régulièrement dans leurs chansons. Les genres les plus représentatifs sont le rap (west coast), certains sous-genres du heavy metal (glam metal, thrash metal) et le punk rock (sous-genre "californien"), notamment : Voir aussi. Bibliographie. Ouvrages et articles en français : Ouvrages et articles en anglais :
Le Pianiste Le Pianiste ("") est un drame historique franco-polono-germano-britannique réalisé par Roman Polanski, sorti en 2002. Ce film est tiré d'une histoire vraie ; il est adapté du roman autobiographique homonyme de Władysław Szpilman, censuré pendant des décennies par les autorités communistes, dans lequel celui-ci raconte la façon dont il a survécu dans le ghetto de Varsovie, puis après sa liquidation, jusqu'à l'insurrection de la résistance polonaise, et l'invasion soviétique. Le film obtient la Palme d'or du Festival de Cannes 2002 ainsi que, notamment, sept César et trois Oscars en 2003. Synopsis. Le film raconte l'histoire du pianiste polonais juif Władysław Szpilman, dit aussi Wladek. L'histoire se déroule à Varsovie en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale. W. Szpilman est alors le pianiste officiel de la Radio polonaise et une figure connue du milieu culturel polonais. Lorsque les nazis s'emparent de la ville, ils suppriment progressivement les droits des Juifs, puis les parquent dans le ghetto créé pour les regrouper en vue de leur extermination. Tandis que sa famille est déportée au camp d’extermination de Treblinka, dont elle ne reviendra pas, W. Szpilman parvient à s'échapper de justesse du ghetto et est caché par des résistants polonais qui lui apportent régulièrement de quoi survivre. Ensuite, la ville étant devenue une zone de combat, il doit quitter sa cachette et trouve quelque temps refuge dans un hôpital déserté, puis dans une maison en ruine, peu avant l'arrivée de l'Armée rouge. Souffrant de faim et de soif, vivotant comme un des Robinson Crusoé de Varsovie, W. Szpilman se cache ensuite des Allemands dans un petit grenier, mais finit par être découvert par Wilm Hosenfeld, un officier allemand mélomane. Ce dernier, apprenant que W. Szpilman est pianiste, et convaincu de bientôt perdre la guerre puisque l'entrée des troupes soviétiques dans Varsovie semble inéluctable, va lui procurer chaque jour, secrètement, la nourriture nécessaire à sa survie. À la fin des combats, W. Szpilman manque de peu d'être abattu par les insurgés polonais, parce qu'il porte, en raison du froid, le manteau d'officier allemand que lui a laissé son protecteur. Après la guerre, W. Szpilman reprendra le cours normal de sa vie et son métier de pianiste après avoir cherché à retrouver, en vain, l'officier allemand dont il avait appris l'arrestation. On apprendra bien plus tard qu'il était mort en 1952 alors qu'il était interné dans un camp de prisonniers en URSS. Władysław Szpilman, lui est mort à Varsovie le , à l'âge de 88 ans. Fiche technique. Titre français : "Le Pianiste" Production. À l'origine, Steven Spielberg, grand ami de Polanski, lui proposa de filmer "La Liste de Schindler", Polanski refuse, trouvant la blessure trop forte, près de Cracovie où il vécut un traumatisme. Il rencontra Władysław Szpilman et trouva que c'était la bonne occasion pour aborder cette période. Le récit autobiographique est publié vers les années 2000 alors que l'ouvrage est écrit en 1946. Le pianiste meurt en 2000, durant l'écriture du scénario. Distinctions. Le film est un triomphe critique et commercial, le meilleur pour Polanski depuis "Tess". Aux Oscars, il obtient la première statuette de sa carrière. Elle lui est remise par Harrison Ford, au Festival du Film de Deauville en , puisque Polanski ne pouvait se rendre aux État-Unis. Musiques utilisées dans le film. La musique est dans ce film un élément central. Les pièces classiques interprétées sont presque toutes du compositeur Frédéric Chopin. En voici la liste (non exhaustive, sans ordre chronologique) : Quelques autres pièces que l'on peut aussi entendre, de différents compositeurs : Les morceaux au piano sont des enregistrements du pianiste polonais Janusz Olejniczak (né en 1952). On peut aussi entendre de la musique traditionnelle juive, dite « klezmer » et plus précisément le morceau le plus populaire de ce registre "Gasn Nign", qui est traditionnellement joué lors de mariages. Adaptation théâtrale. "Le Pianiste" a été joué en pièce de théâtre pour la première fois au « Manchester International Festival » en 2007. Cette pièce de théâtre rappelle les expériences d'un musicien juif, sans nom, piégé à Varsovie pendant l'occupation nazie. ll commence la guerre en tant que membre d'une famille juive heureuse, vivant avec ses deux parents et ses deux sœurs ; à la fin, il perd toute sa famille, mais a été forcé à vivre comme un animal, enfermé dans le grenier d'une maison abandonnée. La pièce est constituée de nombreux monologues (lus par Peter Guinness) intercalés avec des morceaux de Chopin au piano joués par le Français Mikhail Rudy. L'acteur (Peter Guinness) raconte la vie de Wladyslaw Spzilman en décrivant les horreurs de la Seconde Guerre mondiale dans les monologues.
Levi-Strauss
Logiciel libre Un logiciel libre est un logiciel dont l'utilisation, l'étude, la modification et la duplication par autrui en vue de sa diffusion sont permises, techniquement et juridiquement, ceci afin de garantir certaines libertés induites, dont le contrôle du programme par l'utilisateur et la possibilité de partage entre individus. Ces droits peuvent être simplement disponibles ou bien établis par une licence, dite « libre », basée sur le droit d'auteur. Les « licences copyleft » garantissent le maintien de ces droits aux utilisateurs même pour les travaux dérivés. Les logiciels libres constituent une alternative à ceux qui ne le sont pas, qualifiés de « propriétaires » ou de « privateurs ». Ces derniers sont alors considérés par une partie de la communauté du logiciel libre comme étant l'instrument d'un pouvoir injuste, en permettant au développeur de contrôler l'utilisateur. Le logiciel libre est souvent confondu à tort avec : Définition. Premières ébauches. La notion de logiciel libre est décrite pour la première fois dans la première moitié des années 1980 par Richard Stallman qui l'a ensuite formalisée et popularisée avec le projet GNU (GNU signifiant « Gnu is Not Unix ») et la (FSF). Une première ébauche de définition du logiciel libre est ainsi proposée en 1986 par la FSF ; un logiciel est alors dit libre s'il confère à son utilisateur les libertés suivantes : Premièrement, la liberté de copier un programme et de le redistribuer à vos voisins, qu'ils puissent ainsi l'utiliser aussi bien que vous. Deuxièmement, la liberté de modifier un programme, que vous puissiez le contrôler plutôt qu'il vous contrôle ; pour cela, le code doit vous être accessible. Définition de la (FSF). Aujourd'hui, un logiciel est considéré comme libre, au sens de la , s'il confère à son utilisateur quatre libertés (numérotées de 0 à 3) : L'accès au code source est une condition d'exercice des libertés 1 et 3. La FSF précise quelques points. D'abord ces libertés doivent être irrévocables. Chacun doit avoir la possibilité d'en jouir sans devoir prévenir un tiers. La redistribution du programme doit pouvoir se faire sous toute forme, notamment compilée, éventuellement à la condition de rendre disponible le code source correspondant. L'utilisateur doit pouvoir fusionner des logiciels libres dont il n'est pas lui-même l'auteur. La FSF accepte toutefois des restrictions mineures quant à la façon dont un logiciel modifié doit être présenté lorsqu'il est redistribué. Définition du projet Debian. Le projet Debian, commencé en 1993 avec le soutien de la , a développé "Les principes du logiciel libre selon Debian" également connus sous l'acronyme DFSG (pour '). Proposé en 1997 par Bruce Perens, le côté pratique y est mis en évidence en , en précisant par exemple : la non-discrimination des utilisateurs et des usages ; les restrictions acceptables en matière de préservation du code source de l'auteur original ; ou encore l'acceptation explicite du changement du nom d'un logiciel dont on redistribue une évolution. On peut noter à ce propos que les noms de plusieurs logiciels libres (et de leurs éditeurs) ont des marques déposées : par exemple Linux, Mozilla ou Apache. Cette définition établie pour Debian a été reprise dans le cadre de l' (OSI) pour établir l', en 1998. La terminologie FLOSS (Free/Libre Open Source Software) est ensuite apparue pour tenter de réunir les notions de logiciel libre et logiciel open source. « Logiciel libre » et « open source ». Littéralement, ' signifie « code source ouvert ». Toutefois, on utilise généralement "open source" en référence à l’' introduite par l’' (OSI) en 1998, qui souhaitait une autre terminologie pour les logiciels libres, qui se voulait en anglais moins ambigüe et plus adaptée au monde des affaires que '. Le mouvement pour le logiciel libre a défini des règles sur des principes éthiques, celui pour l'open source (qui en découle) a proposé une traduction fonctionnelle. Cela a déclenché des différends relatifs au respect de ces principes. Les défenseurs du logiciel libre considèrent que le logiciel libre est une affaire de philosophie, tandis que les partisans de l'open source rejettent toute philosophie. Cette initiative a causé une controverse avec Richard Stallman et la "Free Software Foundation" qui regrettaient la mise en avant des principes techniques aux dépens de l'éthique. Richard Stallman explique aussi pourquoi le logiciel libre est meilleur que l'open source et pourquoi l'« open source » passe à côté du problème que soulève le logiciel libre. S'il persiste des désaccords entre ces mouvements, il reste qu'un travail conjoint d'harmonisation fait que les définitions officielles du logiciel libre par la ' et de l'open source par l’' renvoient dans la pratique à des licences ayant pour point communs les quatre libertés d'exécuter, d'étudier, de modifier et de redistribuer – la FSF ayant défini ces libertés en quatre points, là où l'OSI a utilisé une définition sur dix points mais en synthèse les quatre libertés de la FSF sont bien présentes. Par exemple, la FSF dira de la licence APSL (une licence Open Source selon l'OSI), en la comparant à la licence GPL (une des licences libres selon la FSF mais avec la restriction de devoir conserver les droits lors d'une redistribution, restriction appelée un copyleft) : (versions 1.x de l’"" par exemple). Histoire du logiciel libre. À l'époque des premiers ordinateurs, c'était le matériel informatique qui était censé constituer la source de revenus, le logiciel n'étant qu'un moyen d'en faciliter la vente. L'accès au code source était normal, car nul n'achetait un ordinateur sans disposer d'une équipe de programmeurs. Bien avant même la création d'Unix, les milieux professionnels et universitaires s'échangeaient volontiers logiciels et codes sources, et les constructeurs cédaient le leur pour rien jusqu'à ce que les lois antitrust ne le leur interdisent afin de permettre l'exercice d'une concurrence dans ce domaine. En outre, jusqu'aux années 1970, il n'était pas encore tout à fait clair que le droit d'auteur s'applique aux logiciels. , les constructeurs sont contraints de facturer séparément leurs logiciels au début des années 1970 ; en quinze ans, l'avènement de la micro-informatique va généraliser ce modèle et donner un essor aux éditeurs de logiciels qui s'orientent vers la vente de licences d'utilisation. Un exemple souvent cité pour illustrer ce tournant est une lettre ouverte de Bill Gates aux hobbyistes, leur enjoignant de cesser de copier illicitement les logiciels. Les constructeurs ont parallèlement restreint l'accès au code source des programmes, comme en atteste la stratégie OCO, "object-code only" d'IBM à partir du début des années 1980. Il devient impossible, et dans certains cas interdit, d'étudier, de corriger ou d'améliorer les logiciels acquis. Non seulement l'utilisateur ne peut plus adapter le logiciel à ses souhaits, mais en cas de bug, il se retrouve dépendant du bon vouloir de l'éditeur du logiciel. Enfin, la copie, une opération naturelle pour un ordinateur, devient en règle générale interdite (par défaut, le droit d'auteur interdit la copie non explicitement autorisée). Les logiciels disponibles uniquement sous ces conditions restrictives deviennent alors la règle et les logiciels jusqu'alors librement échangés se retrouvent souvent intégrés dans des produits commerciaux figés et non partageables. Richard Stallman, alors chercheur au laboratoire d'intelligence artificielle du Massachusetts Institute of Technology, ressent profondément ce changement lorsque les collègues, avec qui il travaillait et échangeait des logiciels jusqu'ici, sont engagés à leur tour pour utiliser et produire des logiciels qu'ils ne pourront plus étudier et partager. Stallman commença à constater ces restrictions en présence de programmes sur lesquels il ne pouvait intervenir, un pilote d'imprimante notamment. Robert Sproull aurait refusé de lui fournir le code source en raison d'un contrat de non-divulgation que Xerox avait passé avec lui, pratique encore peu courante à l'époque. En 1984 il crée donc le projet GNU, qui a pour objectif de construire un système d'exploitation compatible avec Unix, et dont la totalité des logiciels est libre. Parallèlement aux travaux de développement engagés, Richard Stallman fonde la Free Software Foundation. Afin de donner une assise solide à son projet, Richard Stallman définit précisément la notion de "logiciel libre" et il rédige la licence publique générale GNU (GPL) qui utilise le droit d'auteur pour garantir la pérennité des libertés accordées aux utilisateurs (et donc interdire la possibilité qu'une évolution ne soit plus libre). Il publie également le manifeste GNU afin de marquer le début du projet GNU, puis les bulletins GNU périodiquement. Le projet débute par le développement de GNU emacs un éditeur de texte. Au début des années 1990 la majorité du système GNU était fonctionnelle, seul le noyau manquait. Le noyau est la partie d'un système d'exploitation qui communique avec le matériel et alloue les ressources aux autres programmes. Le projet GNU Hurd dont les spécifications avaient été définies par Stallman lui-même avait pour but de développer un noyau libre. Cependant le projet prenait du retard et la conception choisie pour celui-ci paraissait difficile à mettre en œuvre. En 1991, Linus Torvalds, un étudiant finlandais, écrit son propre noyau, puis le publie un peu plus tard sous licence GPL. Son noyau, nommé Linux, associé aux logiciels GNU précédemment développés, permettait alors de former un système d'exploitation complètement libre et pleinement utilisable. Les années suivantes ont vu un nombre considérable de projets de logiciel libre se lancer. La FSF référence actuellement plus de de logiciel libre. Depuis la fin des années 1990, le succès des logiciels libres, notamment de GNU/Linux, suscite un vif intérêt dans l'industrie informatique et les médias. Caractéristiques des logiciels libres. Accès aux sources. Les libertés d'étudier et modifier un logiciel supposent un accès au code source du logiciel. L'accès au code source est important car les logiciels sont généralement distribués sous une forme compilée en langage machine, prêts à être exécutés par un ordinateur. Mais le langage machine est très peu lisible par l'homme et rend l'étude du logiciel extrêmement pénible, voire impossible. L'accès au code source est donc une condition nécessaire pour permettre à l'utilisateur de savoir ce que le programme fait réellement. Contrôle par l'utilisateur. Un des objectifs principaux du logiciel libre est de permettre à l’utilisateur d'avoir le contrôle de son ordinateur et des logiciels qu'il utilise. Ce contrôle est donné individuellement : chacun peut étudier en détail ce que fait le logiciel et le modifier s'il le souhaite. Mais les utilisateurs ont aussi le contrôle de manière collective sur leur ordinateur : on ne peut étudier personnellement l'ensemble des logiciels que l'on utilise, mais la relecture collective du code source par la communauté des développeurs, rend peu probable la possibilité qu'une fonctionnalité cachée ou malveillante puisse rester secrète longtemps. Si une telle fonctionnalité est découverte une version modifiée l'évinçant du logiciel peut rapidement être réalisée, discréditant ainsi la version originale. Ceci a pour effet de dissuader, la plupart du temps, les développeurs d'ajouter de telles fonctionnalités dans les logiciels libres. Cependant, cette idée est très largement contestée par les créateurs de logiciels non libres. Richard Stallman pense qu'en utilisant des logiciels propriétaires, les utilisateurs perdent la possibilité de contrôler une partie de leur propre vie. Les propriétaires de logiciels propriétaires (les développeurs ou l'entreprise pour laquelle ils travaillent) ont selon lui le pouvoir d'espionner ou de restreindre les utilisateurs. La définition du logiciel libre par la FSF précise : Quand les utilisateurs ne contrôlent pas le programme, c'est le programme qui contrôle les utilisateurs. Le développeur contrôle le programme, et par ce biais, contrôle les utilisateurs. Ce programme non libre, ou « privateur », devient donc l'instrument d'un pouvoir injuste. Le , dans l'émission "Ce soir (ou jamais !)", cette notion de contrôle fait débat entre Jacques Attali et Jérémie Zimmermann. Jacques Attali affirme « Le mot libre est très mal adapté car les logiciels dit libres sont souvent attachés à une seule entreprise ». Selon Jérémie Zimmermann, « la liberté pour les logiciels c'est un vrai concept […] ce que ça veut dire c'est contrôler la machine plutôt que de se laisser contrôler par elle », ce à quoi Attali répond que « Si vous laissez chacun avoir la possibilité de contrôler sa confidentialité alors vous rendez impossible l'État de droit ». Communautés. La qualité du logiciel est souvent proportionnelle au nombre de développeurs. Plus la communauté de développement s'étend, plus elle devient un gage de qualité et de réactivité. De la même manière, la communauté des utilisateurs, ayant comme rôle principal de faire remonter des dysfonctionnements et des suggestions, a une influence proportionnelle à sa taille. Les développeurs et utilisateurs de logiciels libres sont généralement indépendants, sans tendance politique particulière, et leurs motivations sont diverses. Ils réalisent ou utilisent des outils fondés sur un mode de production reposant sur la collaboration, l'entraide, le partage et la mutualisation. À ce titre, Bill Gates a comparé les communautés du libre à des « communistes d'un nouveau genre », bien que Richard Stallman démente être ou avoir été communiste. En France, les communautés Ubuntu et Mozilla comptent parmi les plus actives. Il existe également des associations de défense et promotion du logiciel libre telles que l'April, l'AFUL ou le réseau Framasoft. Formats ouverts. Les logiciels libres ont, dans leur grande majorité, tendance à respecter les formats standards ouverts, ce qui favorise l'interopérabilité. Par exemple, le développement du navigateur web Mozilla Firefox s'applique à respecter autant que possible les recommandations émises par le World Wide Web Consortium. De même, LibreOffice et Apache OpenOffice utilisent le format OpenDocument, aux spécifications publiques définies à l'origine par le comité technique d'OASIS et certifié comme norme ISO, incarnant ainsi une valeur pérenne pour les applications bureautiques. L'utilisation de formats ouverts dont l'ensemble des spécifications techniques sont connues, garantit l'accès aux documents numériques archivés. Toutefois, la préférence pour les formats ouverts, si elle est effectivement constatée, n'est pas un élément de la définition du logiciel libre. L'adhésion à une politique de formats ouverts touche à présent largement le monde de l'industrie informatique. À titre d'exemple, les spécifications du langage C#, une création de Microsoft fortement inspirée par le langage Java de Sun Microsystems, ont été publiées et rendues exploitables par d'autres acteurs de l'informatique avant même celles de Java. Commercialisation. La commercialisation des logiciels libres est possible mais la liberté en interdit l'exclusivité. Cette caractéristique rend délicat le retour sur investissement financier pour les développeurs du logiciel par la vente du logiciel. Autrement dit : les logiciels libres ne permettent pas de rétribution directe des auteurs. Ceux-ci doivent se limiter à la vente de services associés à l'utilisation du logiciel (voir l'article consacré aux sociétés de services en logiciels libres et l'article Modèles d'affaires des logiciels open source). Les licences libres les plus « contraignantes » imposent que tout projet qui réutilise le code source du logiciel libre devienne lui-même un logiciel libre. Les éditeurs traditionnels s'y refusant catégoriquement, cette disposition les enferme dans le monde du « non-libre » (l'univers des logiciels propriétaires). Il se crée alors un fossé entre les deux mondes, qui est dommageable du point de vue de l'interopérabilité et de l'harmonie entre des systèmes libres et propriétaires qui sont amenés à « cohabiter ». Il existe aussi une forme de distribution mixte : il s'agit d'un système de double licence selon lequel l'éditeur propose d'une part une distribution libre (et généralement gratuite) et, en parallèle, une distribution fermée et payante, assortie des conditions commerciales classiques des logiciels non-libres (et parfois de fonctionnalités supplémentaires). La politique controversée des grands comptes. Certains partisans du logiciel libre voient une incohérence dans la politique de certaines entreprises ayant affiché une adhésion aux principes de l’"open source" mais étant favorables à l'extension du logiciel au champ du brevetable. Pour eux, le logiciel libre ("via" la Free Software Foundation) lutte ouvertement contre la brevetabilité des logiciels et, conséquemment, contre l’exclusivité d’exploitation d’une idée par une seule personne ou entreprise. Ils craignent qu'à terme, certains membres de l’"open source" détiennent des portefeuilles de brevets sur "des idées", leur permettant de réclamer des redevances sur chaque portion de code source. IBM, par exemple, déposa en Europe et aux États-Unis certains algorithmes cruciaux dans le fonctionnement général du noyau ou du système d’exploitation GNU/Linux et porta devant des tribunaux des affaires afin que les brevets logiciels soient institués et reconnus en Europe. Pourtant, cette même entreprise autorise l'usage de 500 de ces brevets aux développeurs de logiciels libres et "open source". Dans la pratique, tout procès en propriété intellectuelle coûte en temps et en argent. Il est donc difficile pour la communauté "open source" de faire valoir ses droits face aux multinationales. Certains de ses détracteurs l'accusent de recevoir parfois d'une multinationale des "coups de pouce" l'aidant à lutter contre l'influence d'une autre (. IBM finance également la communauté des logiciels libres . Le système "no win, no fee" autorisé aux États-Unis (et qui fut utilisé pour défendre les victimes pauvres de Bhopal) peut éventuellement permettre à la communauté du libre de défendre ses droits, bien que les dossiers soient par nature plus complexes, demandant parfois d'examiner des centaines de milliers de lignes de code. Sécurité. La sécurité relative des logiciels libres et propriétaires est sujette à débat. Innovation. L'effet du logiciel libre sur l'innovation est sujet à débat. Les partisans du logiciel libre considèrent qu'il permet de garantir une activité innovante. Parce qu'un large panel de contributeurs peut y apporter de nouvelles fonctionnalités. Ce dynamisme accélérerait les échanges et favoriserait l'innovation alors que le principe de « verrouillage » nuirait à ce dynamisme. Enfin l'accès à l'intégralité du code source ne permet pas de garder longtemps un avantage concurrentiel ce qui pousserait à l'innovation. Certains innovateurs comme Pranav Mistry du Media lab (MIT, États-Unis) proposent de mettre à la fois les innovations matérielles et les innovations logicielles en licence libre pour tous. De l'autre côté certains acteurs du monde du logiciel propriétaire considèrent au contraire que le logiciel libre peut avoir un effet négatif sur l'innovation en décourageant l'investissement d'acteurs privés. Financement. Il existe une grande disparité à l'intérieur des logiciels sous « licence libre » en ce qui concerne leur financement. D'une part, une grande majorité de petits logiciels non financés (bénévolat) et d'autre part, des logiciels majeurs du marché, financés principalement par les grands acteurs de l'industrie informatique – ainsi, Linux est financé entre autres par Red Hat, IBM et Intel, Firefox par Google. En France, les entreprises consacrent . Licences. Base légale. Les logiciels libres sont soumis, comme tout logiciel publié hors du domaine public, au droit d'auteur. Dans ce cadre, le droit d'auteur est exercé par le biais d'une licence libre qui énumère les droits que l'auteur choisit d'octroyer à l'utilisateur. Eben Moglen, contributeur à la conception de la licence GNU GPL (notamment la version 3), insiste sur la distinction entre licence et contrat qui existe en droit américain : une licence est une autorisation unilatérale tandis qu'un contrat suppose des obligations réciproques. Les logiciels libres sont distribués avec de simples licences. Généralement, ils sont également distribués sans la moindre garantie. Certaines licences, dont la plus connue et utilisée pour les logiciels libres, la licence publique générale GNU, sont relativement complexes. Ainsi, la GPL ne donne le droit de redistribuer un logiciel que si l'ensemble du logiciel, y compris toutes les éventuelles modifications, est redistribué selon les termes exacts de la GPL. Cette licence a un caractère héréditaire car la fusion d'un logiciel sous GPL avec un logiciel non GPL n'autorise la redistribution du logiciel fusionné que sous GPL. Licences libres. Les licences des logiciels libres sont souvent réparties en trois catégories, selon le degré de liberté qu'elles accordent en matière de redistribution. La Fondation pour le logiciel libre ou Free Software Foundation, catégorise les licences d'après quelques questions clés : Domaine public. En langage courant : . C'est une caractéristique juridique qui n'a pas besoin de licence du fait que le logiciel n'a aucun ayant droit. Les droits patrimoniaux concernant ce logiciel disparaissant, il peut alors être utilisé encore plus librement, sous réserve que soient respectés les droits extra-patrimoniaux de ses auteurs. Théoriquement, tout logiciel tombe dans le domaine public une fois les droits d'auteur échus. Toutefois, la durée de protection des droits d'auteur est bien plus longue que le plus ancien des logiciels, par exemple après la mort de l'auteur dans tous les pays de l'Union européenne. On ne trouve donc dans le domaine public que des logiciels qui y ont été placés à la suite d'une renonciation aux droits. Licences de type BSD. Il s'agit d'un type de licence imposant peu de contraintes ; cependant, ce type de licence ne protège pas contre les restrictions. En général, seule la citation des auteurs originaux est demandée. En particulier, ces licences permettent de redistribuer un logiciel libre sous une forme non libre. Ces licences permettent donc à tout acteur de changer la licence sous laquelle le logiciel est distribué. Un cas de changement de licence courant est l'intégration de logiciel sous licence BSD dans un logiciel sous "copyleft" (licence GPL). Un autre cas courant est l'intégration de logiciel sous licence BSD dans les logiciels propriétaires. Ces licences sont notamment utilisées par la "Berkeley software distribution" (licence BSD), X Window (licence MIT) et "Apache Software Foundation" (licence Apache). "Copyleft", licences de type GPL. « GPL » est l'acronyme de « General Public License » (Licence Publique Générale). La plus répandue des licences de ce type est la licence publique générale GNU (GNU General Public License), ou GNU GPL pour faire court. On peut réduire encore plus en « GPL », s'il est entendu qu'il s'agit de la GNU GPL. La Free Software Foundation ou FSF se réfère à la catégorie de licence « copyleft ». La GPL contient des « contraintes contre les contraintes ». Par exemple, l'article deux de la GPL permet d'apporter des modifications et de la distribution d'une œuvre sous licence GPL si le licencié fait tout le travail soit concédé comme un tout, sans frais à toute tierce partie suivant les termes de la GPL. Autrement dit, cette licence interdit la redistribution hors des principes du copyleft, car . Les licences du projet GNU sont les plus célèbres. Une telle licence permet d'intégrer du logiciel sous licence BSD et de le redistribuer sous licence GPL. L'inverse est impossible. La licence GPL est critiquée puisqu'elle empêche les fournisseurs de logiciels propriétaires de censurer le code. La contrainte en aval contre les restrictions est intentionnelle. Les auteurs de la GPL soutiennent également que tous les logiciels doivent être sous licence libre parce qu'il est moralement inacceptable de faire autrement. La GPL entretient l'effort de rendre le plus de logiciels libres possible et ce unidirectionnellement. Il s'agit d'une licence qui protège inconditionnellement les développements logiciels appartenant au domaine public. D'importants programmes libres sous licence comme le compilateur GNU C++, le noyau Linux et la suite de bureautique LibreOffice n'existeraient pas sans cela. En somme, la licence GPL est conçue pour protéger les libertés des utilisateurs tout en facilitant la coopération avec la communauté du logiciel libre. Licences non libres. Un logiciel non libre est appelé logiciel propriétaire ou logiciel privateur. Cette première appellation peut apparaître trompeuse, car à l'exception de logiciels du domaine public, les logiciels libres n'ont pas moins de propriétaires que les autres, encore que le terme "auteurs" soit plus approprié. Les auteurs de logiciels libres conservent certains droits dépendants du type de licence libre employée. Quelques exemples de types de logiciels non libres : Offre en logiciels libres. Typologies de services rendus. Des logiciels libres sont aujourd'hui disponibles pour des besoins aussi variés que la gestion de projets, de temps, gestion d'établissements scolaires ou universitaires, incluant des modules de comptabilité, finances, ressources humaines, cursus et scolarité, documentation, communication, formation, pédagogie, travail collaboratif, gestion de données et de contenu, gestion de contenu web, gestion de l'apprentissage, gestion des droits numériques, créativité (arbres heuristiques…). Portails et plates-formes numériques de travail ou d'enseignement (TICE dont formation en ligne), services numériques divers, etc. Leur maintenance et développement peuvent être externalisés ou coopératifs. Quelques exemples. Parmi les logiciels libres les plus connus du grand public figurent : Les logiciels libres ont aussi un rôle important dans le fonctionnement d'Internet : Le réseau Framasoft, dont le slogan est « la route est longue mais la voie est libre », référence dans son annuaire plus de mille six cents logiciels libres. Le logiciel libre dans le marché du logiciel. Le logiciel libre s'impose de plus en plus comme une solution de remplacement moins coûteuse que les logiciels propriétaires. Il devient également un produit de plus en plus mis en avant par des revendeurs, soit pour sa fiabilité (cas de fournisseurs de serveurs), soit pour son coût de licence nul, permettant au client d’investir la différence dans des services associés. Ses spécificités ont également abouti à ce que les acteurs de l'écosystème inventent des modèles d'affaires spécifiques afin de se financer. Le tableau suivant reprend les données disponibles pour la France : Du côté des administrations, on peut citer les gouvernements brésilien, sud-africain, d'Andalousie et d'Estrémadure en Espagne, qui ont officiellement affiché leur orientation vers le logiciel libre. En France, on peut noter, après la gendarmerie nationale, le passage de secteurs l'administration centrale à LibreOffice via MIMO. En France, le chiffre d'affaires du logiciel libre en 2007 est de d'euros. Rapportés aux du marché du logiciel, cela représente 2,4 % de part de marché (contre 1,5 % en 2006). En outre, l'AFUL a édité un dossier et l'April un livre blanc sur les modèles économiques liés au logiciel libre. La position officielle de la France pour « l'usage du logiciel libre dans l'administration » est précisée en septembre 2012 dans un document du même nom appelé aussi circulaire Ayrault sur le logiciel libre car adressé par ce dernier à l'ensemble de ses ministres. Ainsi, chaque année, le Socle interministériel de logiciels libres présente près de 200 logiciels libres mis en avant pour leur efficacité dans différentes administrations de l’État français. Promotion du logiciel libre. Des conférences et ateliers sont organisés régulièrement pour promouvoir le logiciel libre avec découvertes, démonstrations et évolutions des logiciels entrant dans la définition du libre. Ce sont des événements organisés à des niveaux scolaires comme le Capitole du Libre, régionaux, nationaux et internationaux comme le FOSDEM.
Format de pellicule photographique Le format de pellicule photographique est une taille standardisée qui permet de différencier les types de pellicule photographique argentique existants. Son utilisation est fonction du format de l'appareil photo ; la plupart des appareils ne fonctionnent qu'avec un seul format d'émulsion. Il faut différencier le « format de film » du « format de prise de vue », même si certains formats de film sont standardisés de façon à imposer un format de prise de vue (d'où la confusion fréquente). Par exemple, un film 135 peut servir aussi bien à prendre des images classiques de comme des images panoramiques de mais aussi des demi-format de . Vue d'ensemble. Les formats commercialisés vont du petit format 110, au grand format () et même (). Le format le plus utilisé depuis la deuxième moitié du est le (aussi appelé format , le plus souvent commercialisé en cartouche de type 135). Le format APS-C de de taille d'image a été conçu pour remplacer le format , avec un succès mitigé. Les émulsions se trouvent soit en bobines de plusieurs vues (le film étant enroulé autour d'un axe, souvent à l'intérieur d'une gaine), soit en plan-film qui correspond à un cliché unique. On distingue généralement trois catégories de format : le petit format (110, APS et 135), le moyen format (, , , et ) et le grand format. Les deux premiers viennent généralement en bobines (sauf pour les Polaroid), le dernier en plan-film. Ces formats ont été standardisés par la norme ANSI PHI.51 1983 (Photography Film Micrographic Sheet and Roll Film Dimensions, redéfinie en 1997 par la norme ANSI IT1.51 ; Photography (Films) - Micrographic Films, Spools, Cores - Dimensions) puis la norme ISO 1012:1998 (Photographie - Films en feuilles et pellicules à usage général - Dimensions). Formats de films en bande. Le tableau ci-dessous donne un récapitulatif des formats les plus courants des films en bande (c'est-à-dire contenant plusieurs vues) et certaines de leurs caractéristiques associées : Formats de plans-films. "Un pouce (noté par ") = " Influence du format. Comme généralement l'ensemble des films bénéficient des dernières évolutions sensitométriques (contrairement à ce qu'avaient prétendu les promoteurs du format APS), la définition des images augmente avec le format. En effet, si on reste en dessous de la limite optique, une même image est « décrite » par d'autant plus de grains d'argent que la surface de l'image latente est grande pour une résolution donnée d'émulsion. Il y a donc davantage d'information dans un négatif que dans un négatif , pour un même sujet et des conditions identiques de prise de vue. On voit dans le tableau ci-dessus que les bobines 120 et 220 se déclinent en formats , , et . Ainsi pour une largeur de bobine donnée, c'est l'appareil photographique qui détermine la largeur de l'image, et dans le cas du moyen format, il existe quatre largeurs standard pour une même largeur de bobine. Le même phénomène existe pour le format 135 puisque certains appareils panoramiques doublent la largeur d'image et utilisent le format (c'est néanmoins assez rare, voir en exemple l'Hasselblad XPAN commercialisé en 1998 ou l'Horizon soviétique plus ancien). Une grande partie des formats ci-dessus existe ou a existé en couleur ou noir et blanc, négatif ou inversible (diapositive), et en diverses sensibilités.
Matériel photographique Le matériel photographique est l'ensemble des équipements permettant de réaliser des photographies. Il comprend le ou les appareils photographiques, les objectifs, le matériel d'éclairage (flash ou incandescence), le trépied, etc. On peut y inclure, dans le cas de l'argentique, les consommables comme les surfaces sensibles (films) et le matériel de laboratoire. L"équipement est très variable en fonction du type de photographie pratiquée et du photographe. Par exemple, Henri Cartier-Bresson n'utilisait le plus souvent qu'un seul appareil avec un seul objectif alors que W. Eugene Smith a utilisé jusqu'à six appareils de marques différentes sur un reportage. Le choix du matériel photographique de base comprend le choix d'un boîtier ou d'une chambre et le choix des objectifs. Choix du boîtier ou de la chambre. Ce sont deux problèmes différents que nous regrouperons malgré tout. Technologie. Actuellement, on peut choisir entre deux technologies : le numérique et l'argentique. Format. Une fois la technologie choisie, on choisit le format. Le format correspond à la taille de la surface sensible utilisée (la pellicule en argentique, le capteur en numérique). En argentique, le format le plus répandu est le . Mais il existe également des formats plus grands ou plus petit (format APS). On distingue les moyens formats (, , , et ) et les grands formats (, , , voire ) qui sont des chambres grand format lourdes et encombrantes. En numérique, de nombreux formats plus petits ont été inventés, pour de réduire les coûts ou la taille (pour les smartphones ou tablettes par exemple). En général, plus l'appareil est petit plus le capteur est petit, ce qui engendre des problèmes de qualité d'image. L'utilisation des grands et moyens formats, bien que plus coûteuse et moins pratique, est encore d'actualité, que ce soit par passion (faire une photo avec de tels appareils est bien différent d'utiliser un appareil reflex) ou par souci de qualité (les moyens et grands formats offrent des possibilités d'agrandissements ou de recadrage bien supérieures). On trouve également des dos numériques qui s'adaptent sur ces matériels (dos Leaf, PhaseOne, Imacon, ...). Mise au point. Le dernier point à développer concernant l'appareil photo est le système de mise au point. On en distingue essentiellement trois différents : Choix du fabricant. Les appareils à objectifs interchangeables utilisent la gamme d'objectifs proposés par le fabricant du boîtier. Quelques fabricants d'optiques (comme le japonais Sigma) proposent des objectifs compatibles avec les grandes marques. On trouve aussi, dans certains cas, des bagues d'adaptation permettant d'utiliser des objectifs d'autres fabricants, souvent en perdant des fonctions telles que la mise au point automatique et/ou la mesure TTL de l'exposition. Ceci concerne également la plupart des accessoires. Choix d'un ou des objectif(s). L'objectif est la partie primordiale d'un ensemble photographique. Il est caractérisé par trois informations importantes : La notion de diaphragme apparaît également dans le choix du film (un film est deux fois moins sensible qu'un , soit une perte d'un diaphragme de luminosité).
Sensitomètre
Le Barp Le Barp est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Gironde, en région Nouvelle-Aquitaine. Géographie. Le Barp est une commune de l'aire d'attraction de Bordeaux située dans le Pays de Buch, sur la route nationale RN10 à environ 30 kilomètres au sud de Bordeaux. Elle se trouve dans la Forêt des Landes, sur le territoire du Parc naturel régional des Landes de Gascogne. Communes limitrophes. Les communes limitrophes en sont Cestas au nord, Saucats au nord-est, Saint-Magne au sud-est, Belin-Béliet au sud, Salles au sud-ouest et Mios à l'ouest. Climat. Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique altéré », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole. En 2020, la commune ressort du même type de climat dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Il s’agit d’une zone de transition entre le climat océanique, le climat de montagne et le climat semi-continental. Les écarts de température entre hiver et été augmentent avec l'éloignement de la mer. La pluviométrie est plus faible qu'en bord de mer, sauf aux abords des reliefs. Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent à la normale 1971-2000. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après. Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat complétée par des études régionales prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. La station météorologique de Météo-France installée sur la commune et mise en service en 1992 permet de connaître l'évolution des indicateurs météorologiques. Le tableau détaillé pour la période 1981-2010 est présenté ci-après. Urbanisme. Typologie. Le Barp est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee. Elle appartient à l'unité urbaine du Barp, une unité urbaine monocommunale de en , constituant une ville isolée. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bordeaux, dont elle est une commune de la couronne. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris). Occupation des sols. L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (69,3 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (73,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (41,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (27,8 %), terres arables (19,8 %), zones agricoles hétérogènes (3,8 %), zones urbanisées (3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3 %), eaux continentales (1,1 %). L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Risques majeurs. Le territoire de la commune du Barp est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, feux de forêts, mouvements de terrains et séisme (sismicité très faible). Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1990, 1993, 1999, 2009 et 2020. Le Barp est exposée au risque de feu de forêt. Depuis le , les départements de la Gironde, des Landes et de Lot-et-Garonne disposent d’un règlement interdépartemental de protection de la forêt contre les incendies. Ce règlement vise à mieux prévenir les incendies de forêt, à faciliter les interventions des services et à limiter les conséquences, que ce soit par le débroussaillement, la limitation de l’apport du feu ou la réglementation des activités en forêt. Il définit en particulier cinq niveaux de vigilance croissants auxquels sont associés différentes mesures. Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des tassements différentiels. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 42,8 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (67,4 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, sont en en aléa moyen ou fort, soit 91 %, à comparer aux 84 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM. Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune. Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 1989 et 2003 et par des mouvements de terrain en 1999. Toponymie. Le toponyme est attesté dès le sous les formes latine "Barbo" (ablatif de "Barbus"), languedocienne ("del") "Barbe" (1263) et gasconne ("deu") "Barp" (donc "lo Barp", 1220) : la transformation de "Barbo" à "Barp" est régulière en gascon. Albert Dauzat et Ernest Nègre expliquent le toponyme par l'anthroponyme "Barbus", l'article étant dû à une confusion avec le nom commun du barbeau, homonyme en gascon. Bénédicte Boyrie-Fénié pense au contraire qu'il s'agit bien d'un nom commun, basé sur la racine hydronymique *"barb"- signifiant lieu humide (on relève au la mention « "in palude de Barba" » signalant un marais du nom de "Barbe" ; noter aussi les rivières voisines dénommées Barbouse et Barbanne). En gascon, le nom de la commune est "Lo Barp". Histoire. François Jouannet signale le passage de la voie romaine vers Dax en provenance de Cestas, qui porte le nom local de "Lébade" ou "Camin Rouman". Des vestiges antiques y ont été repérés par la suite, par entre autres Camille Jullian. Le village a été fondé autour de l'hôpital qui existait dès le à la place de l'église actuelle et qui n'a pas survécu à l'abandon du pèlerinage car, comme le remarque irrévérencieusement Baurein, "Qui peregrinantur, raro santificantur". Important relais de poste sur la route d'Espagne qui traversait la paroisse du nord au midi : c'est la quatrième station de la poste à chevaux après Gradignan, "Les Taules" et "Le Puch de Lagubath". Pour l'état de la commune au , voir l'ouvrage de Jacques Baurein. Les bouviers de la Lande transportant des denrées à vendre y faisaient halte avant d'arriver à Bordeaux. Par extrapolation, l'abbé Baurein, faute de renseignements directs, suggère qu'on y "élève des pins et bois-taillis, qu'on s'y occupe de terres labourables et de la garde des troupeaux, et de faire du charbon pour le vendre à Bordeaux". D'après Baurein, il existe à l'époque un lieu très apprécié des pasteurs qui y mènent leurs troupeaux, "Les Sotiates" qui doit peut-être son nom à la tribu mentionnée par Jules César. À la Révolution française, la paroisse Saint-Jacques du Barp forme la commune du Barp. Démographie. Les habitants sont appelés les "Barpais". Économie. Agriculture. L'essentiel de l'activité primaire est tournée vers l'exploitation de la forêt qui couvre une très grande part du territoire communal. Darbonne Pépinière produit des fraisiers et petits fruits rouges, exporte et commercialise des plantes. Le Barp est célèbre pour sa production d'asperges des sables des Landes et ses recettes. Industrie. Dans le nord du territoire communal, est implanté le Cesta, centre d'études scientifiques et techniques d'Aquitaine, du Commissariat à l'énergie atomique qui abrite en particulier le laser Mégajoule. Une entreprise d'exploitation d'un gisement d'argile de qualité s'adapte régulièrement depuis plus d'un siècle à l'évolution de la demande et du marché international. Elle porte actuellement le nom "Les Grés de Gascogne" et produit des pavés et des carrelages en céramique, lisses ou antidérapants, dans les teintes beige rosé. Elle participe également aux journées patrimoniales girondines. C'est une des dernières entreprises traditionnelles du parc naturel régional des Landes de Gascogne.
Dinosauria Les (parfois dinosauriens), de leur nom scientifique (du grec ancien « terrible » et « lézard »), forment un super-ordre ainsi qu'un clade extrêmement diversifié de sauropsides de la sous-classe des diapsides et dont les uniques représentants actuels sont les oiseaux. Ce sont des archosauriens ovipares, ayant en commun une posture érigée et partageant un certain nombre de synapomorphies telles que la présence d'une crête deltopectorale allongée au niveau de l'humérus et un acetabulum perforant le bassin. Présents dès le milieu du Ladinien (deuxième étage du Trias moyen), il y a environ , la branche non avienne des dinosaures disparaît entièrement lors de l'extinction Crétacé-Paléogène il y a . Les oiseaux, la branche avienne des dinosaures, a émergé de petits dinosaures théropodes du Jurassique supérieur et est la seule à avoir survécu à cette extinction, ce qui a permis leur diversification considérable à partir du Cénozoïque. Ce groupe de vertébrés majoritairement terrestres connut un succès évolutif considérable au Mésozoïque, dominant les faunes continentales entre le Trias supérieur et le Crétacé supérieur pendant plus de . Présents sur l'ensemble des continents dès la fin du Trias, ils comprennent des formes très diverses d'animaux terrestres et volants, bipèdes et quadrupèdes, carnivores et herbivores, ayant développé toute une série d'innovations squelettiques et tégumentaires telles que des cornes, des crêtes, des plaques et des plumes. Les dinosaures non aviens comptent parmi eux les animaux les plus grands et les plus lourds ayant existé sur la terre ferme. Néanmoins, un grand nombre de dinosaures ne dépassait pas la taille d'un être humain et certains d'entre eux étaient plus petits qu'une poule. La classification standard des dinosaures distingue deux grands clades selon la morphologie de leur bassin : les Ornithischia et les Saurischia. Les Ornithischia (ou Ornithischiens) ne comprennent que des dinosaures herbivores que les paléontologues divisent en trois groupes majeurs : les Ornithopoda qui regroupent des dinosaures majoritairement bipèdes dont les fameux dinosaures à « bec de canard » (ou Hadrosauridae), les Marginocephalia qui incluent des dinosaures à collerette et à dôme osseux sur le haut de la tête (respectivement les Ceratopsia et les Pachycephalosauria), et enfin les Thyreophora qui englobent des dinosaures quadrupèdes surmontés d'armures, de piques et de plaques osseuses sur le dos et la queue (les Ankylosauria et les Stegosauria). Les Saurischia (ou Saurischiens) sont divisés en deux clades bien distincts, les Theropoda qui comprennent des dinosaures bipèdes et l'entièreté des dinosaures carnivores et piscivores ainsi que les dinosaures à plumes et les dinosaures volants (les oiseaux dans leur grande majorité), et les Sauropodomorpha, des animaux généralement quadrupèdes et de très grande taille munis d'un long cou, d'une petite tête et d'une longue queue. En 2017, une révision de cette classification est proposée par Matthew Baron et ses collègues, en regroupant d'une part les théropodes et les ornithischiens au sein d'un même clade (les ornithoscélidés) et d'autre part les sauropodomorphes et les herrérasauridés au sein du clade des saurischiens (qui n'inclut donc plus les théropodes). Le terme "Dinosauria" fut proposé par le paléontologue anglais Richard Owen en avril 1842, qui donna l'étymologie de « lézard terriblement grand », même s'il est souvent affirmé que « dinosaure » signifie « terrible lézard » (Éric Buffetaut). Dès le milieu du et jusqu'à la fin des années 1960, les dinosaures non aviens furent considérés par les scientifiques comme des lézards géants, des reptiles (groupe aujourd'hui reconnu comme paraphylétique) à sang froid, patauds et lents, ayant disparu à la fin du Mésozoïque victimes de leur stupidité. Amorcée par le paléontologue américain John Ostrom, en 1969, la « renaissance des dinosaures » se caractérise par un regain d'intérêt pour l'étude des dinosaures disparus, qui furent dès lors reconnus comme des animaux actifs, probablement endothermes même si toutes les études ne sont pas d'accord, et ayant des comportements sociaux complexes. Les restes des dinosaures non aviens suscitèrent dès leur découverte un grand intérêt auprès du public et les reconstitutions de squelettes dévoilées à l'occasion des expositions ont toujours été des attractions majeures dans les musées du monde entier. Les grands dinosaures disparus sont d'ailleurs devenus partie intégrante de la culture populaire aux , figurant dans une pléthore de livres et des films à succès tels que "Jurassic Park" et "". Aujourd'hui, si une « dinomania » touche notamment certains enfants, la curiosité populaire ne s'est jamais démentie et les nouvelles découvertes régulièrement rapportées par les médias entretiennent une certaine fascination pour ces animaux. Le mot « dinosaure » est largement passé dans le langage courant et son usage souvent inconsidéré tend à attribuer faussement ce terme à d'autres animaux disparus comme les ptérosaures, les mosasaures, les plésiosaures voire certains synapsides comme "Dimetrodon" ou "Edaphosaurus" qui étaient très éloignés des dinosaures. Historique et étymologie. Étymologie. Le substantif masculin "dinosaure" est emprunté, par l'intermédiaire de l'anglais ', au latin scientifique moderne '. Le taxon Dinosauria a été introduit et défini par le paléontologue britannique Richard Owen en 1842 afin de regrouper une . Le terme dérive de deux racines grecques "δεινός", "deinos", signifiant, selon Owen, , et "σαύρα", "sauros", voulant dire « reptile » ou « lézard ». Dès l'apparition du nom, la première racine "deinos" fut incorrectement traduite par « terrible » ou « effrayant », bien qu'Owen n'utilisât pas cette racine comme un adjectif mais bien sa forme superlative, comme l'eût employée Homère dans l'Iliade, afin de révéler la nature impressionnante de ces animaux. Le paléontologue anglais incluait alors dans ce nouveau groupe de reptiles au moins trois genres, "Megalosaurus", "Iguanodon" et "Hylaeosaurus", tous trois caractérisés, entre autres, par un large bassin (sacrum) formé de cinq vertèbres ankylosées, la grande hauteur des épines neurales des vertèbres dorsales et la double articulation des côtes des vertèbres. Trois autres dinosaures préalablement nommés, le sauropode "Cetiosaurus", le théropode "Poekilopleuron" et le sauropodomorphe basal "Thecodontosaurus", ne furent cependant pas classés parmi les "Dinosauria" par Owen qui les considérait alors comme des reptiles indéterminés. Histoire des découvertes. Interprétations mythologiques et courses aux ossements. Les fossiles de grands animaux mésozoïques sont connus depuis l'aube de l'humanité, mais leurs véritables identifications n'ont émergé qu'après des millénaires d'interprétations mythologiques, et après plusieurs décennies de postulats fantaisistes même au sein d'une géologie et d'une paléontologie scientifiques, mais manquant, aux débuts, d'un nombre suffisant de données. Pour les Chinois c'étaient des os de dragons, pour les Européens des restes des Géants bibliques et d'autres créatures tuées par le Déluge. Georges Cuvier décrit un lézard marin, le mosasaure (contemporain des dinosaures, mais qui n'en était pas un), dès 1808. Les premières espèces identifiées et baptisées sont l’iguanodon, découvert en 1822 par le géologue anglais Gideon Mantell, qui a remarqué des similitudes entre ses fossiles et les os de l’iguane contemporain. Le premier article scientifique sur les dinosaures paraît deux ans plus tard. Il est publié par le révérend William Buckland, professeur de géologie à l'université d’Oxford, et concerne "Megalosaurus bucklandii", dont un fossile avait été découvert près d’Oxford. L'étude de ces « grands lézards fossiles » fait l'objet d'un grand intérêt dans les cercles scientifiques européens et américains, et le paléontologue anglais Richard Owen invente le terme « dinosaure » en 1842. Il remarque que les restes précédemment trouvés ("Iguanodon", "Megalosaurus" et "Hylaeosaurus") ont de nombreux caractères en commun, et décide de créer un nouveau groupe taxonomique. Avec l'aide du prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, mari de la reine Victoria, il crée le musée d'histoire naturelle de Londres, à South Kensington (Natural History Museum), pour exposer la collection nationale de fossiles de dinosaures, ainsi que quelques autres objets d'intérêt botanique et géologique. Vulgarisateur bénéficiant de gros budgets pour faire voir et faire toucher ce qu'il croit être une reconstitution exacte, Richard Owen rend populaire sa dénomination qui atteint un apogée dans les foules curieuses vers 1890. Le naturaliste Thomas Henry Huxley propose ornithoscélidés, littéralement « à la cuisse d'oiseaux ». Hermann de Meyer préfère "pachypodes" c'est-à-dire « aux pieds épais ». Ces dénominations ne quittent pas le cercle de lecteurs savants. Mais, après 1887, les spécialistes de sciences naturelles lassés du spectacle d'Owen, ordonnent avec rigueur les différentes familles de Saurischiens et d'Ornithischiens. En 1858 le premier fossile de dinosaure américain est découvert, dans des marnières près de la petite ville de Haddonfield, dans le New Jersey (ce n'est pas le premier fossile de dinosaure trouvé en Amérique, mais le premier identifié comme tel). L’animal est nommé "Hadrosaurus foulkii", du nom de la ville et de son découvreur : William Parker Foulke. Cette découverte est capitale car il s'agissait du premier squelette presque complet découvert, et Joseph Leidy met en évidence sans doute possible que l'animal était bipède. Jusqu’alors la plupart des scientifiques croyaient que les dinosaures marchaient à quatre pattes comme les lézards. La découverte de l"'Hadrosaurus bipède" marque le début effervescent d'une chasse aux fossiles de dinosaures aux États-Unis. La lutte acharnée entre Edward Drinker Cope, amateur fortuné de géologie et de paléontologie, natif de Philadelphie et Othniel Charles Marsh, heureux new-yorkais héritier de George Peabody à 21 ans et prospecteur infatigable, est connue sous le nom de « guerre des os » ("Bone Wars"), ou « ruée vers l'os », expression qui fait référence à la ruée vers l'or au . Leur querelle irrémédiable après 1870, née d'une rivalité dans la "chasse aux dinosaures" démultipliée par de nombreuses brouilles dont Como Bluff, gisement mis au jour par deux ouvriers de l'Union Pacific et finalement exploité par O.C. Marsh, dure presque 30 ans, et finit en 1879 quand Cope mourut après avoir dépensé toute sa fortune dans cette quête. Marsh qui lui survécut vingt années sortit vainqueur, mais n'évita la ruine que grâce à l’aide financière inespérée de l’Organisation Géologique des États-Unis (United States Geological Survey). La collection d'Edward Cope, auteur prolifique de plus de 1800 articles scientifiques depuis ses dix-huit ans, ce qui ne l'empêcha pas de placer la tête sur la queue d'un plésiosaure, se trouve aujourd'hui au Musée américain d'histoire naturelle, à New York, celle de Marsh au musée Peabody d'histoire naturelle, à l'université Yale. L'assistant de Cope, Charles Hazelius Sternberg aidé de ses trois fils, reprend le flambeau en entreprenant, au début du siècle suivant, des missions en Alberta, au Kansas, dans le Montana et le Wyoming. Dans ce dernier État, il relève en 1908 la première empreinte de peau momifiée de ce qui s'avère être un "Anatosaurus". Une seconde découverte similaire est faite en 1910. Une partie de son équipe rejoint en 1913 Barnum Brown, qui, parfois avec son ami Henry Fairfield Osborn, prospecte depuis 1910 les berges de la Red Deer river entre l'Alberta et le Montana. Les barges des chercheurs, perturbés dans leur repérage au fil de l'eau par d'agaçants moustiques, dérivent avec le courant. Mais la moisson de trouvailles en vaut la peine : squelettes de théropodes, cératopsiens, hadrosaures... Les chercheurs de l'Empire allemand annoncent la généralisation de la chasse lointaine et systématique, par leurs succès dans les colonies allemandes d'Afrique occidentale allemande et orientale. Dans l'actuelle Tanzanie, le site de Tendaguru livre des grands sauropodes de la famille des Brachiosauridés ("Giraffatitan") et des petits stégosauriens genre "Kentrosaurus" aux paléontologues allemands. Werner Janensch supervise la collection rapatriée au Musée d'histoire naturelle de Berlin. Edwin Hennig poursuit les investigations en Afrique entre 1908 et 1912. Si les chasseurs de dinosaures Cope et Marsh sont les véritables héros de la « guerre des os », cette bataille se poursuit de 1870 à 1910 avec plusieurs pays émergents comme les États-Unis et l'Allemagne qui veulent se mesurer aux grandes nations de l'époque, en finançant des expéditions dans le monde entier pour découvrir les dinosaures les plus spectaculaires par leur taille et leur étrangeté. Le temps de l'analyse scientifique en Chine et dans le reste du monde. C'est grâce à une exploration asiatique à la quête de l'origine de l'homme que la Smithsonian Institution, par l'intermédiaire de son musée d'histoire naturelle, le Musée national d'histoire naturelle des États-Unis, cumule les trouvailles décisives dans le désert de Gobi entre 1922 et 1925. La mission du Musée américain d'histoire naturelle, à la suite d'une initiative d'Osborn et de Granger et commandée par Roy Chapman Andrews, découvre des œufs et des nids de "Protoceratops andrewsi". La Chine et ses confins avaient déjà attiré une expédition russe entre 1915 et 1917. Les missions russes, source de prestige, reprennent en 1946 et 1948. Les Chinois rentrent tôt dans la course et lancent leurs propres missions scientifiques après 1933. Après le refroidissement des relations sino-soviétiques, elles se cantonnent à la Mongolie. Les missions russo-mongoles et polono-mongoles se succèdent dans les années 1960 et 1970. Le Gobi est alors l'éden des chasseurs de dinosaures. Plus que les rares revues spécialisées, journaux et radio relatent les péripéties aventureuses. La Chine investit avec force la spécialité de la paléontologie des vertébrés. Le temps du terrible dragon Kong-Hong reconnu dans les entrailles de la terre et vénéré laisse la place à l'analyse scientifique. Des spécialistes de renom émergent tels C. C. Young alias Yang Zhongjian et le professeur Dong Zhiming qui découvrent plus de cent espèces inconnues en Chine : Sauropode "Mamenchisaurus", Hadrosaure "Tsintaosaurus", Prosauropode "Lufengosaurus", Stegosaure "Tuojiangosaurus"… La connaissance de la faune du Mésozoïque s'accroît aussi avec l'expédition franco-norvégienne du Spitzberg en 1968, les paléontologues français y sont avantagés par la connaissance préalable de cette période géologique au Sahara et en Afrique du Nord. La recherche de fossiles s'est étendue à toute la surface du globe, y compris en Antarctique, où un ankylosaure, "Antarctopelta", est découvert en 1986 sur l'île James-Ross, mais dont la description n'intervient que vingt ans après. C'est cependant en 1994 qu'un dinosaure habitant réellement l'Antarctique, "Cryolophosaurus ellioti", est décrit dans un journal scientifique. Définition. Définition phylogénétique. Afin de distinguer les dinosaures de leurs plus proches cousins (les dinosauromorphes), les scientifiques cladistes, qui définissent des groupes d'organismes sur base de leurs ancêtres plutôt que sur la possession des caractères anatomiques particuliers, ont défini les dinosaures comme étant les « membres du clade le moins inclusif comprenant "Triceratops horridus" et "Passer domesticus" » (le moineau domestique). Cette définition, dite phylogénétique ou cladiste, a besoin d'un contexte phylogénétique et ne peut être comprise qu'en utilisant un cladogramme, ou arbre phylogénétique, un arbre schématique illustrant les liens de parentés entre les êtres vivants et les groupes au sein desquels ils se classent. Ainsi, un animal est un dinosaure s'il se positionne, dans un cladogramme, dans ce groupe d'organismes comprenant à la fois le "Triceratops", le moineau, et l'ensemble des descendants de leur ancêtre commun. En d'autres termes, toute espèce descendant de cet ancêtre particulier est par définition un dinosaure. Cet ancêtre peut être positionné dans le cladogramme en trouvant le "Triceratops" et le moineau ("Passer") puis en suivant leurs branches jusqu'à ce qu'elles se rejoignent en un nœud particulier correspondant au nœud du clade des dinosaures. Des variantes de cette définition phylogénétique des dinosaures existent dans la littérature. Fernando Novas fut le premier à donner une définition du taxon Dinosauria, un clade incluant l'ancêtre commun des Herrerasauridae et des Saurischia + Ornithischia, nommant le clade comprenant les Saurischia et Ornithischia Eudinosauria, un taxon qui n'a jamais été repris par la suite. Un an plus tard, Kevin Padian et Cathleen May définirent le clade des Dinosauria comme étant l'ensemble des descendants du plus récent ancêtre commun des oiseaux et de "Triceratops", la définition actuellement reconnue des dinosaures, reprise parfois de manière légèrement différente par d'autres auteurs comme le célèbre paléontologue américain Paul Sereno ("Triceratops", Neornithes, leur plus récent ancêtre commun et l'ensemble de ses descendants), George Olshevsky, qui souhaitait faire honneur à l'inventeur des dinosaures Richard Owen (le plus récent ancêtre commun de "Megalosaurus" et "Iguanodon" et l'ensemble de ses descendants) et Fraser et ses collègues ("Triceratops" (représentant les Ornithischia) plus Aves (représentant les Saurischia) et l'ensemble des descendants de leur dernier ancêtre commun). L'ensemble de ces définitions permet de regrouper des animaux définis comme étant des dinosaures (Dinosauria = Saurischia + Ornithischia) et comprenant les théropodes (dinosaures bipèdes, parfois carnivores, incluant les oiseaux), les sauropodomorphes (dinosaures herbivores majoritairement quadrupèdes munis d'un long cou), les ornithopodes (dinosaures herbivores majoritairement bipèdes comprenant les dinosaures à « bec de canard »), les ankylosauriens (dinosaures herbivores quadrupèdes munis d'armures osseuses sur le dos), les stégosauriens (dinosaures herbivores quadrupèdes portant des plaques osseuses et parfois des épines sur le dos), les cératopsiens (dinosaures herbivores majoritairement quadrupèdes possédant une crête osseuse à l'arrière du crâne et parfois des cornes sur le haut de la tête) et les pachycéphalosauridés (dinosaures herbivores bipèdes au crâne épaissi). Il y a un consensus presque total chez les paléontologues sur le fait que les oiseaux sont les descendants des dinosaures, et plus précisément des dinosaures théropodes appartenant au clade des Maniraptora. Suivant la définition phylogénétique (aussi appelée cladiste), les oiseaux sont donc des dinosaures et les dinosaures n'ont par conséquent pas disparu. Néanmoins, dans le langage courant, ainsi que pour les systématiciens de l'école évolutionniste, le mot « dinosaure » n'inclut pas les oiseaux. Par souci de clarté, cet article utilise ainsi le mot « dinosaure » comme synonyme de « dinosaure non avien ». Caractères anatomiques identifiant les dinosaures. Les premiers scientifiques qui étudièrent les dinosaures ne leur avaient pas donné une telle définition puisque la théorie de l'évolution, impliquant la notion d'ancêtre commun, était vue à leur époque comme une hérésie. Ainsi, suivant la coutume de son époque, Richard Owen définit les dinosaures comme étant des animaux possédant un certain nombre de caractères anatomiques particuliers. Ces derniers sont actuellement nommés synapomorphies, des caractères dérivés, ou nouveautés évolutives, hérités d'un ancêtre commun et unissant l'ensemble des membres d'un clade. Les dinosaures possèdent plusieurs synapomorphies listées ci-dessous. Ces caractères dérivés partagés par l'ensemble des dinosaures permettent, non pas de définir les dinosaures, mais de les identifier, comme un médecin utiliserait une liste de symptômes pour diagnostiquer une maladie particulière. Et selon Nesbitt (2011) : D'autres caractères ostéologiques ne se retrouvent que chez les dinosaures, mais puisque leur présence est incertaine chez leurs cousins les plus proches (dinosauromorphes), ils ne peuvent être utilisés avec certitude afin d'identifier un dinosaure d'un autre archosaure. De même, les caractères suivants semblent ne pas se retrouver parmi les taxons les plus proches des dinosaures mais leur distribution au sein du clade des dinosaures est complexe et, bien qu'ils puissent représenter des synapomorphies identifiant les dinosaures, leur présence doit être étudiée plus en profondeur. Plusieurs caractères anatomiques avaient été utilisés par plusieurs auteurs afin d'identifier les dinosaures. Cependant, avec la découverte de dinosaures basaux et de nouveau taxons proches des dinosaures, certains de ces caractères se sont révélés être partagés par des proches cousins des dinosaures, ou absent chez certains dinosaures basaux. Description. Généralités. Bien que nécessaire, la liste des traits anatomiques énoncée ci-dessus et permettant de différencier un dinosaure d'un autre animal est rébarbative et emploie un grand nombre de termes anatomiques complexes et peu intéressants pour un public non spécialisé. Ainsi, un animal d'origine archosaurienne ayant vécu au Mésozoïque, ne volant pas et se différenciant des reptiles par une posture « érigée en contrefort » est très souvent, un dinosaure (non avien). Puisque les dinosaures sont des archosaures, les mammifères disparus tels le Mammouth ne sont pas des dinosaures, de même que tout animal ayant vécu avant le Trias comme le "Dimetrodon", un synapside non mammalien datant du Permien. Les dinosaures furent des animaux majoritairement terrestres et seuls quelques dinosaures à plumes proches de la lignée avienne comme "Microraptor" étaient capables de voler et d'occuper ainsi la niche écologique des airs. Par conséquent, les animaux aquatiques ayant vécu à la même époque que les dinosaures, comme les plésiosaures, les ichtyosaures et les mosasaures, n'étaient pas des dinosaures. De la même manière, et bien qu'ayant également vécu uniquement au Mésozoïque également, les ptérosaures, des proches cousins des dinosaures, exclusivement volants et dont l'aile est formée par une voile de peau soutenue par le quatrième doigt de la main qui s'est considérablement allongé, ne sont pas des dinosaures. Puisque les dinosaures possédaient des membres dressés, maintenus sous le corps, les animaux proches des dinosaures à posture semi-dressée ou rampante comme les reptiles, tels les crocodiles ou les lézards, ne sont pas non plus des dinosaures. La posture dressée n'est pas une exclusivité dinosaurienne au sein de la lignée archosaurienne puisqu'elle est également partagée, en plus des proches cousins des dinosaures les dinosauromophes, par d'autres archosaures contemporains des premiers dinosaures : les Rauisuchia. La posture érigée de ces archosaures est néanmoins différente de celle des dinosaures (et des mammifères) dans la configuration anatomique du bassin. Chez les dinosaures (et les ornithodires d'une manière générale), la stature dressée fut acquise en gardant une position verticale des os du bassin et en tournant la tête du fémur médialement afin qu'elle s'articule dans la cavité de l'acetabulum qui s'ouvre latéralement, une posture dite « érigée en contrefort » ('buttress-erect' posture). Chez les rauisuchiens, la stature érigée, qui est apparue indépendamment de celle des dinosaures, s'est développée grâce à une rotation de l'ilion vers une position horizontale, orientant ainsi l'acetabulum presque ventralement. Cette configuration est connue sous le nom de posture « érigée en pilier » ('pillar-erect' posture). Il est nettement plus difficile de différencier les tout premiers dinosaures de leur proches cousins les dinosauromorphes puisque ces derniers sont également des archosaures bipèdes à posture « érigée en contrefort » ayant vécu à la même époque que les premiers dinosaures. Comme le montre la liste de caractères anatomiques propre aux dinosaures donnée ci-dessus, les dinosaures ne se différencient véritablement de leurs proches cousins que par une posture dressée plus rapide et plus effective, où les muscles du cou et des membres antérieurs et postérieurs furent plus développés et plus puissants, permettant aux premiers dinosaures d'avoir une bipédie effective et un mode de vie très actif. Seule une posture dressée et des membres antérieurs et postérieurs pourvus de muscles puissants permettent de caractériser l'ensemble des dinosaures, qui furent de taille et de morphologie extrêmement diverses. En effet, les dinosaures, comprennent des animaux bipèdes et quadrupèdes, carnivores et herbivores, avec ou sans dents, à écaille, à poils (des proto-plumes) ou à plumes, aux membres antérieurs très développés ou très courts, des cous démesurément longs ou presque absents, et munis ou non de becs, collerettes, armures osseuses, plaques, cornes, épines, voiles, crêtes et dômes osseux. Crâne et mâchoire. Le crâne et la mâchoire des dinosaures sont certainement les parties du squelette dont la forme est la plus variée. En effet, la morphologie de la tête, que ces deux entités anatomiques constituent, est directement liée au régime alimentaire, si bien que les dinosaures qui se nourrissaient de plantes coriaces, de feuilles, de viandes, de poissons ou filtraient les eaux pour se sustenter avaient des crânes et des mâchoires de forme très différente. Ainsi, les dinosaures théropodes qui comprennent des prédateurs puissants comme "Tyrannosaurus", "Acrocanthosaurus" et "Torvosaurus" avaient des crânes massifs et robustes munis de dents tranchantes dentelées, alors que leur proches cousins piscivores les Spinosauridae comme "Irritator" et "Spinosaurus" avaient un crâne étroit et allongé portant de dents coniques dépourvues de denticules. Beaucoup de théropodes étaient également exclusivement herbivores et possédaient des têtes à bec édenté comme certains Oviraptoridae tel que "Citipati" ou des mâchoires à bec munies de petites dents triangulaires comme les Therizinosauroidea tel "Erlikosaurus". Parmi les dinosaures ornithischiens, qui furent exclusivement herbivores, le crâne était également souvent muni de becs osseux comme la plupart des cératopsiens et des hadrosaures dont les mâchoires portaient de véritables batteries dentaires. Néanmoins, la forme du crâne des ornithischiens, en plus d'être liée au régime alimentaire, variait également fortement suivant les attributs de protections ou de parades comme les cornes, les dômes osseux, les crêtes et les collerettes qu'il portait. Ainsi, la tête des cératopsiens comme "Styracosaurus", "Pachyrhinosaurus" et "Triceratops", qui fut munie d'une collerette (courte ou longue) et parfois de cornes nasales, frontales ou encore de cornes à l'extrémité de la collerette, se distinguait fortement de la tête épaisse et étroite des pachycéphalosauridés comme "Stegoceras" ou "Pachycephalosaurus" dont le crâne était épaissi et parfois bombé à son sommet. De même, la tête des hadrosaures, souvent pourvue de longues crêtes osseuses à l'extrémité du crâne comme chez "Corythosaurus" et "Parasaurolophus", ne pouvait être confondue avec la tête épaisse et courte des ankylosauridés comme "Ankylosaurus" et "Euoplocephalus" dont le sommet était protégé de protubérances osseuses et parfois rehaussé de courtes épines. Malgré cette large variabilité de forme que déploie la tête des dinosaures, le crâne et la mâchoire sont toujours constitués des mêmes os et montrent toujours les mêmes ouvertures. En effet, les dinosaures sont des reptiles diapsides, des animaux dont le crâne est perforé par deux ouvertures crâniennes, ou fenêtres (également appelées fosses), dans la partie postérieure du crâne, la fenêtre temporale inférieure et la fenêtre temporale supérieure. De même, comme la majorité des vertébrés, les dinosaures possèdent une ouverture à l'emplacement de l’œil nommée orbite au milieu duquel se trouve l'anneau sclérotique permettant le support de l’œil, ainsi qu'une ouverture au niveau des narines, la fosse nasale d'où se terminaient les conduits respiratoires jusqu'aux narines. L'entièreté des saurischiens, et certains ornithischiens, montrent enfin une dernière fenêtre, généralement large, au niveau du crâne et située entre l'orbite et la fosse nasale. Cette ouverture, appelée fenêtre antéorbitaire, ce qui signifie "en avant de l'orbite", permettait le passage de plusieurs muscles reliant le toit du crâne aux mâchoires supérieures et inférieures. La mandibule est également pourvue d'une ouverture nommée fenêtre mandibulaire externe, présente chez la plupart des dinosaures. Les os formant le crâne et la mâchoire, en grande majorité double (présents du côté gauche et droit) puisque la tête est symétrique, sont nombreux et leur morphologie est également très diverse au sein des différents groupes de dinosaures. Seuls les plus caractéristiques sont ici exposés. Le prémaxillaire se situe à l'extrémité antérieure du crâne et porte des dents ou un bec corné appelé ramphothèque, ou les deux. Néanmoins, chez les hadrosaures, il existe deux prémaxillaires qui contribuent à la crête osseuse portée par bon nombre d'entre eux. Le maxillaire est également, chez les dinosaures dentés, un os porteur de dents qui constitue la majeure partie de la mâchoire supérieure. Les os formant le toit du crâne sont l'os nasal (délimitant en partie la fosse nasale et formant parfois des crêtes osseuses de toutes sortes), l'os frontal, et l'os pariétal et squamosal qui se trouvent à l'arrière de la tête. Ces deux derniers sont extrêmement développés chez la plupart des cératopsiens puisqu'ils forment la large crête permettant de protéger le cou de ces animaux. La mandibule est majoritairement constituée de l'os dentaire qui est le seul à porter des dents au niveau de la mâchoire inférieure. Chez les dinosaures à bec comme les cératopsiens, les stégosauridés et les hadrosauridés, l'extrémité antérieure de la mâchoire se termine par un os supplémentaire directement relié au dentaire, l'os prédentaire, qui est également renforcé par une ramphothèque chez ces animaux à bec. De la même manière, chez les cératopsiens le prémaxillaire de la mâchoire supérieure est prolongé par un os supplémentaire portant le bec corné et appelé os rostral. Squelette post-crânien. Si le squelette post-crânien (le squelette mis à part la tête) des dinosaures est moins différencié que le crâne et la mandibule, il n'en reste pas moins que sa morphologie est très variable au sein des différents clades de dinosaures. Directement lié à la locomotion et à l'alimentation, le squelette des dinosaures pouvait également déployer toute une série d'innovations squelettiques jouant des rôles de protection, de défense et de parade. Les dinosaures carnivores étaient ainsi exclusivement bipèdes, ce qui leur permettait de se déplacer avec agilité et rapidité pour attraper des proies. Leurs membres postérieurs furent nettement plus développés et robustes que les membres antérieurs, et les doigts de ces animaux se terminaient par des griffes acérées et parfois rétractiles. Au contraire, une majorité de dinosaures herbivores fut quadrupède et beaucoup d'entre eux étaient dotés de protubérances osseuses qui les protégeaient. Si la tête de certains Ceratopsidae déployaient des cornes, le corps des Stegosauridae portait des plaques osseuses triangulaires ou losangiques sur le haut du dos et parfois de longues épines à l'extrémité de la queue et sur les bas côté du ventre. Les ankylosauriens adoptèrent une autre stratégie pour se prémunir des prédateurs. Chez ces animaux quadrupèdes, le corps était recouvert d'un bouclier osseux fait d'une imbrications de nodules, de piques et parfois de larges épines pointant vers les côtés. La queue de ces herbivores se terminait parfois également par une massue osseuse que l'animal était capable de balancer pour repousser les assaillants les plus téméraires. Un autre moyen de se protéger des prédateurs et vers lequel les Sauropodomorpha évoluèrent fut l'accroissement démesuré du corps, où le cou et la queue prirent des longueurs gigantesques. La grande dimension du cou permit à ces dinosaures quadrupèdes d'atteindre la cime des arbres les plus hauts pour se nourrir alors qu'une queue excessivement longue aida à contrebalancer le reste du corps et parfois également à jouer un rôle de fouet supersonique capable de claquer face aux carnassiers qui les attaquaient. Des nodules et épines osseuses se trouvaient également sur le dos de certains sauropodes titanosaures tels qu"'Agustinia" et "Ampelosaurus", de même que certains théropodes carnivores comme "Ceratosaurus". La longue queue de certains sauropodes se terminait également par une massue, comme le montre "Shunosaurus" et "Omeisaurus", et parfois même de courtes épines telle la queue de "Spinophorosaurus". Les dinosaures herbivores bipèdes, comme la plupart des Ornithopoda, des Pachycephalosauridae et un grand nombre de théropodes maniraptoriformes, comptèrent surtout sur la robustesse et la vélocité de leurs membres postérieurs pour échapper aux prédateurs, mais certains herbivores comme "Iguanodon" portèrent également de larges éperons au niveau des pouces afin de poinçonner le cou des prédateurs. Bien que la plupart des théropodes comprenaient trois à quatre doigts à chaque main, quelques-uns d'entre eux comme "Tyrannosaurus" n'étaient pourvus que de deux doigts développés et un troisième doigt vestigial totalement réduit. Par ailleurs, les membres antérieurs de certains théropodes Alvarezsauridae ne furent terminés que par un doigt unique muni d'une large griffe. Les membres antérieurs des théropodes furent généralement bien développés, parfois même robustes comme chez les Spinosauridae, mais certains d'entre eux au sein de la lignée des Abelisauridae, Tyrannosauridae et Alvarezsauridae montraient des membres antérieurs extrêmement courts, leur réduction au cours du temps témoignant parfois d'une absence d'utilité. Dinosaures herbivores et carnivores pouvaient également déployer une voile osseuse sous-tendue par des épines neurales hypertrophiées sur le haut du dos. C'est le cas des dinosaures ornithopodes "Ouranosaurus" et "Hypacrosaurus" ainsi que les dinosaures théropodes "Acrocanthosaurus", "Concavenator" et "Spinosaurus". Une fois encore, cette large variabilité de forme du corps des dinosaures ne dérive que de la transformation d'un certain nombre d'os, et la toute grande majorité des os du squelette des dinosaures fut partagée par l'ensemble d'entre eux et configurée de la même manière. Ainsi, la colonne vertébrale comprend toujours un nombre (parfois variable) de vertèbres cervicales (vertèbres du cou), dorsales (du dos), sacrales (du bassin) et caudales (de la queue). La cage thoracique est protégée par les côtes (cervicales et dorsales) et des os fins et parallèles nommés gastralias au niveau du bas-ventre, et les petits os situés sous les vertèbres caudales et permettant aux muscles de la queue de s'y attacher sont appelés chevrons ou arcs hémaux. Les membres antérieurs incluent un humérus (partie proximale de l'avant-bras), un radius et une ulna (partie distale de l'avant-bras) et enfin les os de la main que sont les carpes, métacarpes et phalanges. De même, les membres postérieurs se divisent en fémur (partie proximale de la jambe), tibia et fibula (partie distale de la jambe) et enfin des os du pied, à savoir les tarses, métatarses et phalanges. Le complexe scapulaire formant l'épaule comprend la scapula et le coracoïde ainsi que deux petits os, le sternum et la clavicule (cette dernière étant fusionnée chez les théropodes pour former un os en forme de 'V' nommé furcula) et le bassin se constitue d'un ilion, d'un ischion et d'un pubis. Les piques, plaques et nodules que portent certains dinosaures sont enfin des ostéodermes, des protubérances osseuses dérivant de l'ossification de certaines parties du derme. Organes internes. Si l'anatomie osseuse des dinosaures est relativement bien connue grâce à la découverte de leurs os fossilisés, il en est tout à fait autrement de leur anatomie interne. En effet, les organes internes que sont par exemple le cerveau, les organes respiratoires et digestifs (poumons, estomacs, intestins, etc.) et les muscles, se dégradent rapidement une fois l'animal mort et seuls des cas exceptionnels de dépôt rapide et de fossilisations permettent à ces parties molles du corps d'être préservées dans la roche. Un des plus beaux exemples est donné par le théropode juvénile "Scipionyx" dont les organes et tissus mous ont été particulièrement bien conservés. La préservation unique des ligaments, des cartilages et des muscles du corps, des vaisseaux sanguins et de la totalité des organes digestifs chez ce petit coelurosaure a permis la découverte d'éléments cruciaux sur l'anatomie générale des dinosaures, qui semble se rapprocher beaucoup plus de celle des oiseaux que des reptiles contemporains. Bien qu'à un degré inférieur de préservation, des restes de viscères et de muscles fossilisés d'autres dinosaures ont été mis au jour : "Mirischia" préservant des traces d'intestins, "Santanaraptor" et "Pelecanimimus" montrant des restes de peau et de muscles, ainsi que plusieurs exemples d'hadrosauridés momifiés comme "Brachylophosaurus" (nommé «Leonardo») et "Edmontosaurus" (nommé «Dakota») chez lesquels on a retrouvé des restes tégumentaires, ligamentaires et viscéraux. La découverte d'un cœur fossilisé de "Thescelosaurus", un petit dinosaure appartenant au sous-ordre des ornithopodes, a fait l'objet d'un article dans "Science" en avril 2000. Après une étude par tomodensitométrie, il semblerait que le cœur de "Thescelosaurus" était divisé en quatre chambres , comme celui des mammifères et des oiseaux. Un examen minutieux de ce cœur pétrifié, qui aurait été conservé par saponification et transformation en goethite selon certains, a révélé qu'il s'agit-là plus vraisemblablement d'une concrétion rocheuse. Muscles. La musculature des dinosaures a été particulièrement étudiée ces dernières années et les reconstitutions musculaires se basent moins sur les tissus musculaires préservés, qui restent très rares dans le registre fossile, mais sur les attaches musculaires visibles sur les os et une comparaison minutieuse avec l'anatomie musculaire des proches parents des dinosaures vivants de nos jours, à savoir les oiseaux et les crocodiles. Ainsi, les muscles du crâne et de la mâchoire, qui comprennent les muscles orbito-temporaux , palataux , temporaux et mandibulaires , ont été récemment reconstitués chez "Edmontosaurus", "Diplodocus" et "Majungasaurus". Quant aux muscles du cou, une reconstitution de leur anatomie a pu être donnée chez certains théropodes, marginocéphales et sauropodes. De la même manière, des données nouvelles sur la musculature des membres antérieurs et postérieurs chez les dinosaures ont été récemment apportées, par exemple chez "Tyrannosaurus" et les Dromaeosauridae, contribuant à développer de manière importante les connaissances sur la locomotion des dinosaures. Cerveau. Du fait de sa complexité, la boîte crânienne (ou neurocrâne) renfermant le cerveau a été pendant longtemps une des régions du squelette des dinosaures les moins connues. Néanmoins, les connaissances relativement faibles de son anatomie aux siècles derniers se sont considérablement améliorées au avec l'avènement du CT-scan. Cet outil utilisé dans les hôpitaux a permis de scanner avec précision et dans les moindres détails la cavité céphalique des boîtes crâniennes relativement bien conservées de nombreux dinosaures. Des reconstructions en 3 dimensions des hémisphères cérébraux, des bulbes olfactifs et des organes de l'oreille interne ont pu être ainsi faites chez plusieurs dinosaures comme "Majungasaurus", "Tyrannosaurus", "Alioramus", "Hypacrosaurus", "Pachyrhinosaurus", "Diplodocus", "Camarasaurus" et "Nigersaurus". Ces études ont permis de comprendre beaucoup mieux l'anatomie du cerveau des dinosaures, mais également d'avoir une idée de leur intelligence et de leurs facultés sensorielles (ouïe, odorat, vue). L'on sait à présent que la morphologie du cerveau est très variable au sein du groupe des dinosaures et les ornithischiens, les sauropodomorphes et les théropodes basaux possédèrent généralement un cerveau proche des reptiles actuels dans sa configuration anatomique, alors que les théropodes dérivés avaient un cerveau ressemblant beaucoup plus à celui des oiseaux. Le cerveau des dinosaures peut se diviser en deux parties, le bulbe olfactif antérieurement et les hémisphères cérébraux au centre, auxquels s'ajoutent, de part et d'autre du cerveau, les 12 nerfs majeurs du cerveau (notés de I à XII), les veines cérébrales et enfin l'oreille interne, constitué du labyrinthe osseux. L'évolution du cerveau chez les théropodes correspond ainsi a un accroissement important du volume cérébral chez les coelurosaures, de même qu'un alignement du bulbe olfactif, des hémisphères cérébraux (télencéphale) et du rhombencéphale sur un même plan. La découverte exceptionnelle d'un cerveau fossilisé qui aurait appartenu à un iguanodonte a permis de constater que la structure de celui était proche des oiseaux modernes et des crocodiliens. En outre, l'étude associée, publiée en 2016, a permis de suggérer que la boîte crânienne et le cerveau chez ces animaux étaient en contact l'un avec l'autre et non pas séparés par un système sanguin. Cette hypothèse indiquerait une taille plus importante du cerveau que celle qui était considérée jusqu'alors. Peaux, poils et plumes. Les dinosaures furent classés pendant longtemps comme des reptiles couverts d'écailles tels nos crocodiles et lézards actuels. Cette vision a fortement changé de nos jours depuis la découverte de structures osseuses typiques des animaux homéothermes (à sang chaud) chez de nombreux dinosaures, et depuis que la province du Liaoning, en Chine, a livré dans les années 1990 et 2000 un grand nombre de fossiles de dinosaures couverts de poils et de plumes. Si certains dinosaures portaient ce genre de téguments filamenteux, d'autres semblent avoir eu la peau lisse, et d'autres encore avoir été couverts d'écailles ; plusieurs types de phanères ont pu coexister, comme chez les oiseaux actuels. En effet, des traces d'écailles ont été découvertes chez de nombreux groupes de dinosaures comme les hadrosauridés (par exemple, "Saurolophus", "Brachylophosaurus", "Edmontosaurus"), les cératopsidés (p. ex. "Centrosaurus", "Chasmosaurus"), les stégosauridés (p. ex., "Gigantspinosaurus", "Hesperosaurus"), les ankylosauridés (p. ex. "Scelidosaurus", "Tarchia"), les sauropodes (p. ex., "Saltasaurus", "Tehuelchesaurus") et les théropodes (p. ex., "Carnotaurus", "Juravenator"). Il s'agit dans la plupart des cas d'impressions de peau dans le sédiment mais il existe des cas exceptionnels de peaux fossilisées dont la structure moléculaire a été préservée, comme les momies de dinosaures dont la plupart sont des hadrosaures. La très grande majorité des paléontologues s'accorde à présent à dire que les dinosaures, et plus exactement les théropodes, furent les ancêtres directs des oiseaux, et les preuves de plumes chez certains théropodes non aviens ont grandement conforté cette théorie. En effet, l'évolution de la plume se suit très bien tout au long du clade des dinosaures, depuis les dinosaures relativement basaux portant un duvet pileux, jusqu'aux théropodes dérivés déployant de véritables rémiges. La présence de poils est avérée chez aux moins deux ornithischiens, l'Heterodontosauridae "Tianyulong" et le Psittacosauridae "Psittacosaurus", et un certain nombre de théropodes dont le Megalosauridae "Sciurumimus", le Tyrannosauroidea "Dilong", les Compsognathidae "Sinosauropteryx" et "Juravenator", et l'Alvarezsauridae "Shuvuuia". Ces poils de structures très simples se différencient déjà des téguments filamenteux plus larges et plus longs du Therizinosauroidea "Beipiaosaurus". L'Oviraptoridae "Caudipteryx" et le Dromaeosauridae "Sinornithosaurus" portent quant à eux des proto-plumes, des structures tégumentaires branchues comprenant une tige centrale à laquelle se joignent des filaments latéraux. Finalement, plusieurs coelurosaures dérivés dont les Oviraptoridae "Caudipteryx" et "Similicaudipteryx", les Dromaeosauridae "Microraptor" et les Troodontidae "Anchiornis" furent couverts de plumes de type pennes tout à fait homologues à celles de nos oiseaux actuels. Des plumes asymétriques, caractéristiques des oiseaux modernes pouvant voler, ont été découvertes chez "Jianianhualong", cette découverte n'impliquant toutefois pas nécessairement la capacité de ce troodontidé au vol. Bien qu'aucun fossile de "Velociraptor" n'ait conservé des empreintes de plumes, les os des membres antérieurs, et plus spécifiquement l'ulna, montrent de petites protubérances alignées de manière régulière le long de l'os et interprétées comme étant le lieu de fixation de plumes modernes (formée de rachis, vannes et barbules). Des structures similaires ont également été découvertes le long de l'ulna du Carcharodontosauridae "Concavenator", un théropode beaucoup plus primitif que les maniraptoriformes à plumes, démontrant, s'il ne s'agit pas là de lieux d'attachement des muscles, la présence de rémiges le long des bras déjà chez ces théropodes relativement primitifs. En 2016 un article publié dans "Current Biology" annonce la découverte en Birmanie un bloc d'ambre daté de d'années contenant un fragment de queue attribué à un coelurosauria et où apparaissent clairement des plumes. Ces plumes pouvaient servir comme moyen de thermorégulation, de camouflage ou comme ornement pour les parades sexuelles. Bien que la plupart des dinosaures semble avoir porté uniquement des écailles, il n'est pas impossible que ceux-ci aient perdu la pilosité de leur ancêtres. En effet, les dinosaures à poils les plus primitifs appartiennent au groupe des Heterodontosauridae, des ornithischiens primitifs de petite taille, néanmoins la présence de poils est également avérée chez certains ptérosaures comme "Sordes", des reptiles volants proches parents des dinosaures. Il n'est pas encore certain que les structures filamenteuses des ptérosaures et des dinosaures soient homologues mais si cela devait être le cas, cela signifierait que les ancêtres communs des ptérosaures et des dinosaures portaient des poils, et donc que les dinosaures les plus basaux furent déjà à fourrure. Couleurs. La découverte des dinosaures à plumes en Chine à la fin du siècle dernier et de ce siècle-ci a révolutionné nos connaissances des dinosaures et de l'évolution de leur descendants actuels les oiseaux. Mais leur découverte a permis d'amorcer une tout autre révolution dans le domaine de la paléontologie des dinosaures, celle de leurs couleurs. Depuis leur naissance au milieu jusqu'au début du , il était impossible de fournir des informations concrètes sur la couleur des dinosaures. En effet, les pigments de couleur ne se préservent pas à l'état fossile, et l'entièreté des fossiles de peau, de poils et de plumes des dinosaures ont perdu leur coloration à jamais. Néanmoins, grâce à un examen minutieux des poils et des plumes extrêmement bien préservés des dinosaures du Liaoning à l'aide d'un microscope électronique à balayage (SEM), les paléontologues ont découvert dans les années 2010 la présence de mélanosomes fossilisés, ces organites de cellules pigmentées comprenant la mélanine et responsables, entre autres, des couleurs arborées par les poils et les plumes. La découverte de ces mélanosomes a permis avant tout de démontrer la nature épidermique des plumes des dinosaures, qui furent vues par quelques rares paléontologues comme des fibres de collagènes. La combinaison de forme, taille, densité et distribution des mélanosomes a également permis de reconstituer les motifs de couleurs déployés par les plumes. Les mélanosomes qui produisent des couleurs noires et grises sont ainsi longs et étroits alors que ceux donnant des couleurs brun-rouge et marron sont courts et larges. Cette technique a jusqu'ici été appliquée à trois dinosaures, au Compsognathidae "Sinosauropteryx", au Troodontidae "Anchiornis" et au Dromaeosauridae "Microraptor". Les résultats de cette technique ont ainsi révélé, pour "Sinosauropteryx", un pelage de la queue fait d'une alternance de bandes de couleurs claires et foncées, ces dernières déployant des tons plutôt brun-rouge. Chez "Anchiornis", le plumage qui couvrait le corps et le cou était généralement grisé. Les ailes des membres antérieurs portaient des bandes de couleurs blanches et noires, alors que les ailes des membres postérieurs étaient blanches à leur base et noires à leur extrémité. Enfin, le plumage de la tête fut généralement grisé et tacheté de couleurs brun-rouge, tout comme les plumes de la crête qui semblent avoir été colorées plus largement de brun-rouge. Quant à "Microraptor", la présence de mélanosomes de forme allongée et étroite au niveau des plumes a permis de révéler un plumage de couleur noire majoritairement iridescent. Puisque la couleur des dinosaures fut totalement inconnue jusqu'il y a peu, et reste encore ignorée pour un grand nombre de dinosaures, les artistes de la première moitié du dépeignaient les dinosaures dans des tons de brun, vert et gris, basant leur interprétation sur les animaux actuels comme les reptiles (crocodiles, dragons de Komodo, etc.) et les gros mammifères (éléphants, hippopotames, etc.). La palette des artistes actuels s'est néanmoins fortement élargie. Les dinosaures sont de nos jours représentés avec des couleurs vives, portant un large éventail de couleurs comme beaucoup d'oiseaux, de reptiles et de mammifères actuels, reflétant ainsi leur activité sociale complexe, une idée qui a émergé dans les années 1960. Taille et poids. Si les dinosaures fascinent une grande partie du public, c'est surtout en raison de la taille gigantesque que certains d'entre eux ont atteinte. Une majorité de personnes voient d'ailleurs les dinosaures comme des animaux uniformément grands et imposants, oubliant souvent que beaucoup d'entre eux furent aussi très petits comme le montrent beaucoup de dinosaures à plumes d'une trentaine de centimètres de longueur seulement. Néanmoins, les dinosaures furent les géants de leur époque, surpassant en taille tout autre animal contemporain. Ils restent de nos jours les animaux terrestres les plus grands et les plus lourds à avoir foulé notre planète, tant au niveau des herbivores, dont les sauropodes ont les records de poids et de taille, que des carnivores, dont les plus grands dépassaient les de longueur"." La taille des dinosaures a fluctué durant le Trias, le Jurassique et le Crétacé; néanmoins les dinosaures ont, dès leur apparition, augmenté de taille tout au long du Mésozoïque, et atteint une taille particulièrement grande dès la fin du Trias, en témoigne le prosauropode "Plateosaurus" dont la taille fut estimée à 8 à pour un poids oscillant de 600 à 900 kilogrammes. Cette augmentation de taille s'observe chez tous les groupes de dinosaures mis à part les sauropodes Macronaria et les théropodes coelurosaures. Ces derniers ont donné naissance aux oiseaux qui furent particulièrement petits au début de leur histoire évolutive. La réduction de taille est ainsi une tendance évolutive rare chez les dinosaures. La distribution de taille des dinosaures est également unique parmi les vertébrés, la courbe de taille des dinosaures étant positionnée au niveau d'animaux de grande taille au contraire des poissons, reptiles, mammifères et oiseaux actuels, démontrant ainsi une stratégie évolutive différente entre dinosaures et vertébrés actuels. Ceci s'observe également entre les dinosaures herbivores (sauropodomorphes et ornithopodes) et les carnivores (théropodes), ces derniers ayant autant d'individus de petite, moyenne et grande taille alors que les dinosaures herbivores comptent surtout des animaux de grande taille. Cette divergence s'explique par le fait que les dinosaures herbivores ont très vite augmenté leur taille afin d'échapper aux prédateurs et de maximiser leur efficacité digestive, au contraire des carnivores qui avaient des ressources en nourriture suffisantes parmi les dinosaures juvéniles et d'autres proies de petites tailles. En 1990, avant la découverte d'un grand nombre de très petits dinosaures à plumes, une étude portant sur 63 genres de dinosaures évalua le poids moyen d'un dinosaure à , un poids comparable à celui d'un grizzly, et un poids médian (qui devait osciller entre et ) de près de deux tonnes, alors que le poids moyen des mammifères est de , soit celui d'un gros rongeur. Plus grands et plus petits dinosaures. Les paléontologues ont de tous temps essayé d'estimer la taille et le poids des dinosaures, particulièrement des plus grands comme "Brachiosaurus" et des plus féroces tel "Tyrannosaurus". La première méthode quantitative sérieuse fut proposée par Gregory en 1905 afin d'évaluer le poids d"'Apatosaurus" (alors nommé "Brontosaurus"). Sur base d'un modèle rigoureux de l'animal en argile et en plastique sculpté à la main, il put extrapoler le volume de l'animal en l'immergeant dans un liquide et en mesurant le volume de liquide déplacé, puis en le multipliant par la densité présumée du dinosaure (à savoir celle de l'eau) et par le facteur d'échelle du modèle. Cette technique fut suivie par d'autres auteurs jusque dans les années 1980 avant l'avènement de techniques informatiques plus robustes. Colbert, en 1962, estima ainsi le poids de "Tyrannosaurus" à , pour "Triceratops", pour "Apatosaurus" et pour "Brachiosaurus". Seule une petite fraction des animaux morts se fossilisent et seuls quelques spécimens découverts sont des fossiles complets ; les impressions de peaux et de tissus mous sont rares. La reconstruction d'un squelette d'une espèce en comparant la taille et la morphologie des os avec ceux d'une autre espèce similaire mieux connue est un art inexact ; faire la recomposition des muscles et des autres organes d'un spécimen est scientifiquement difficile. On ne sera donc jamais vraiment certain de la taille des plus grands et plus petits dinosaures. Parmi les dinosaures, les sauropodes étaient gigantesques, les plus grands étaient d'un ordre de grandeur plus massif que tous les animaux ayant marché depuis sur la Terre. Des mammifères préhistoriques comme l"'Indricotherium" et le mammouth colombien étaient des nains comparés aux sauropodes. Seule une poignée d'animaux aquatiques contemporains les approchent ou les surpassent en taille, telle la baleine bleue, qui pèse et atteint de long au maximum. Le plus grand et plus lourd dinosaure connu à partir de squelettes complets ou presque est le "Giraffatitan" (autrefois connu sous le nom de "Brachiosaurus brancai"). Il mesurait de haut, de long, et aurait pesé entre 30 et (pour mémoire un éléphant de savane d'Afrique, le plus grand animal terrestre du monde, pèse en moyenne ). Le plus long dinosaure issu d'un fossile complet est le "Diplodocus" qui faisait (Pittsburgh, musée Carnegie d'histoire naturelle, 1907). Il y avait de plus grands dinosaures mais les données connues sont estimées sur quelques fossiles fragmentaires. La plupart sont des herbivores découverts dans les années 1970 ou après, parmi lesquels l'énorme "Argentinosaurus", qui pourrait avoir pesé entre 80 et ; le plus long de tous, le "Supersaurus" de ; et le plus grand, le "Sauroposeidon" de , qui aurait pu atteindre une fenêtre au . Un dinosaure encore plus grand, le "Amphicoelias fragillimus", connu seulement de quelques vertèbres découvertes en 1878, pourrait avoir atteint de long et un poids de . Le plus lourd aurait pu être le peu connu et encore débattu "Bruhathkayosaurus", qui pourrait avoir atteint de 175 à . On admet actuellement que "Bruhathkayosaurus matleyi" ne devait pas dépasser , pour environ de long. Le plus grand carnivore était le "Spinosaurus", qui atteignait une taille de 16 à et pesait . D'autres grands carnivores incluaient les "Giganotosaurus", "Mapusaurus", "Tyrannosaurus rex" et "Carcharodontosaurus". Sans inclure les oiseaux contemporains comme les oiseaux-mouches, les plus petits dinosaures avaient la taille d'un corbeau ou d'un poulet. Les théropodes "Microraptor" et "Parvicursor" faisaient moins de de long. Biologie. Comportements. L'interprétation du comportement des dinosaures non aviens est généralement établie sur la disposition des fossiles découverts, leur habitat, les simulations par ordinateur de leurs biomécaniques (basées sur les pistes fossiles et sur des comparaisons avec des animaux actuels situés dans la même niche écologique, ainsi que l'étude des représentants actuels des dinosaures : les oiseaux). On a aussi insufflé de l'air dans les moulages de crânes de certains hadrosaures à crête pour entendre les sons que cette expérience produisit (sans que cela donne la moindre indication sur leurs rythmes et modulations). Comme telle, la compréhension actuelle du comportement des dinosaures fossiles repose donc en grande partie, comme leurs coloris, sur des spéculations, dont certaines resteront probablement controversées pendant encore longtemps. Cependant, il y a un consensus sur le fait que certaines caractéristiques qui sont communes chez les oiseaux et les crocodiles (le groupe le plus proche des dinosaures), telle que la nidification, aient été courantes chez l'ensemble des dinosaures disparus (et ce d'autant plus que des nids fossiles ont été découverts en nombre : voir plus bas). Troupeaux. La première preuve de l'existence de troupeaux de dinosaures fut découverte en 1878 en Belgique à Bernissart. 31 "Iguanodons" semblaient avoir péri ensemble après être tombés dans une doline profonde et inondée ; au vu des dernières analyses, ces squelettes semblent s'être déposés lors de trois événements distincts. D'autres sites de morts massives furent découverts. Ceux-ci, avec de nombreuses traces fossiles suggérèrent que les troupeaux ou les hordes étaient communes dans beaucoup d'espèces. Les pistes de centaines, voire de milliers d'herbivores, indiquent que les dinosaures à bec de canard pouvaient se déplacer en grands troupeaux, tel le bison ou le springbok. Des traces de sauropodes permirent de voir que ces animaux voyageaient en groupes composés de plusieurs espèces différentes, et d'autres gardaient les jeunes au milieu du troupeau afin de les protéger, d'après les traces au Davenport Ranch au Texas. Soins parentaux. La découverte en 1978 par Jack Horner du nid du "Maiasaura" (« dinosaure bonne mère ») au Montana démontra que les soins parentaux duraient bien après l'éclosion chez les ornithopodes. Il y a aussi des preuves que d'autres dinosaures du Crétacé comme le sauropode "Saltasaurus" (découvert en 1997 en Patagonie) avaient des comportements similaires, et que ces animaux se regroupaient en immenses colonies nidificatrices comme celles des manchots. Ce comportement de nidification groupée et de protection des œufs est confirmé en 2019, avec la découverte en Mongolie de (et plus de , dont environ 60 % d'œufs éclos) vieux d'environ et clairement issus de la même saison de nidification. "L'Oviraptor" de Mongolie a été découvert (1993) dans une position de couvaison comme celle de la poule, ce qui signifie qu'il était recouvert d'une couche de plumes isolantes qui gardait l'œuf au chaud. Des pistes fossiles ont aussi confirmé le comportement maternel parmi les sauropodes et les ornithopodes de l'île de Skye. Des nids et des œufs fossilisés ont été trouvés pour la plupart des principaux groupes de dinosaures, et il apparaît probable que les dinosaures non aviens communiquaient avec leurs petits d'une manière similaire aux dinosaures actuels (oiseaux) et aux crocodiles. Certains dinosaures installaient leurs nids sur des sites hydrothermaux, ce qui permettait aux œufs de bénéficier d'une température idéale et régulière. Une étude de 2017 basée sur les lignes de croissance incrémentielle de dents fossiles de certains dinosaures ornithischiens ("Protoceratops andrewsi" et "Hypacrosaurus stebingeri") a conclu que l'incubation des œufs était longue ( avant l'éclosion), au moins chez plusieurs espèces. Ce long délai pourrait avoir contribué à la disparition des dinosaures non aviens face aux oiseaux et mammifères après l'évènement du Crétacé-Paléogène, la question restant de savoir si les théropodes avaient la même physiologie, notamment ceux proches des oiseaux tel "Velociraptor". Accouplement et communication. Les crêtes de certains dinosaures, comme les marginocéphales, les théropodes et les hadrosauridae, pourraient avoir été trop fragiles pour une défense active et donc auraient probablement été utilisées pour les parades sexuelles ou à des fins d'intimidation, bien qu'il existe peu d'éléments sur le territorialisme et l'accouplement des dinosaures. La nature des communications entre dinosaures reste également énigmatique, mais des découvertes récentes suggèrent que la crête creuse des lambeosaurines pourrait avoir fonctionné comme une caisse de résonance utilisée pour une grande variété de vocalisations. Alimentation. La morphologie et la dentition des dinosaures permettent de distinguer les herbivores des carnivores (ces derniers, munis de dents comprimées en forme de lame, pouvaient être charognards, chasseurs, piscivores ou insectivores) et des omnivores. Les gisements de fossiles montrent souvent une surabondance des carnivores. Les coprolithes permettent de préciser le régime alimentaire, de même que l'analyse isotopique (Ca/Ca et C/C) des dents, qui peut indiquer quels types de plantes étaient consommés. Par exemple, vers BP en Afrique du Nord, les abélisauridés et les carcharodontosauridés (des théropodes) chassaient préférentiellement des proies terrestres (dont des dinosaures herbivores), alors que les spinosaures étaient piscivores (tandis que les crocodiles géants comme "Sarcosuchus" avaient un régime mixte). Certains dinosaures herbivores comme "Argentinosaurus" ingurgitaient avec la végétation des cailloux, gastrolithes qu'ils gardaient dans leur estomac pour faciliter la digestion. Chasse. D'un point de vue comportemental, l'un des fossiles les plus importants de dinosaure a été découvert dans le désert de Gobi en 1971. Il incluait un "Velociraptor" attaquant un "Protoceratops", prouvant physiquement que les dinosaures s'attaquaient et se mangeaient entre eux. Cannibalisme. Bien que le cannibalisme parmi les théropodes ne constitue nullement une surprise, il a été confirmé par des traces de dents sur un fossile de Majungasaurus à Madagascar en 2003. Déplacement. Basé sur les preuves fossiles existantes, il n'y avait aucune espèce de dinosaure fouisseur et peu de dinosaures grimpeurs. Puisque l'expansion des mammifères au cénozoïque vit l'apparition de nombreuses espèces fouisseuses et grimpantes, le manque de preuves pour des espèces de dinosaures similaires est quelque peu surprenant. Une bonne compréhension de la façon dont les dinosaures se déplaçaient est la clef des modèles de comportements des espèces. La biomécanique en particulier a fourni de nombreux éléments comme la détermination de la vitesse de course des dinosaures d'après l'étude des forces exercées par leurs muscles et la gravité sur la structure de leur squelette, savoir si les diplodocides pouvaient créer un bang supersonique en balayant l'air avec leur queue en forme de fouet, déterminer si les théropodes géants devaient ralentir quand ils poursuivaient leurs proies pour éviter des blessures mortelles, et si les sauropodes pouvaient flotter. Cycle d'activité. La théorie scientifique qui prévalait jusqu'ici est que les dinosaures avaient des modes de vie diurnes, alors que les premiers mammifères apparus étaient crépusculaires ou nocturnes. Une étude paléontologique en 2011 de la structure oculaire (longueur de l’orbite et diamètre de l’anneau scléreux) sur 33 espèces d'archosauriens, comparée à celle de 164 espèces actuelles (dont des reptiles, des oiseaux et des mammifères), montre que les dinosaures carnivores étaient partiellement nocturnes, les dinosaures volants et ptérosaures principalement diurnes et les dinosaures herbivores surtout cathéméraux (actifs de jour comme de nuit). Métabolisme. Une étude française sur la composition isotopique en oxygène des dents et os de du Crétacé (théropodes, sauropodes, ornithopodes et cératopsiens) provenant de gisements d'Amérique du Nord, d'Europe, d'Afrique et d'Asie, a montré que ceux-ci devaient être homéothermes. Le rapport O/O — qui dépend de la température interne de l'animal vivant — est identique à celui des mammifères et oiseaux, homéothermes, et diffère nettement de celui des reptiles actuels, ectothermes, et des chéloniens et crocodiliens fossiles du Crétacé. La présence de structures de Havers (micro-canaux entourés d'une couche d'os concentrique au sein des squelettes) dans les os fossilisés serait également un élément en faveur du caractère endotherme. En 2006, une étude a estimé que la température était proportionnelle à la masse et au taux de croissance, allant de pour les petits dinosaures jusqu’à pour les plus grands. Un modèle numérique, permettant d'estimer la température corporelle en fonction de la taille et du rythme de croissance, a été appliqué à huit espèces, du psittacosaure ("Psittacosaurus mongoliensis", ) à l'apatosaure ("Apatosaurus excelsus", ). D'après cette étude, la température interne de "Sauroposeidon proteles", le plus lourd des dinosaures connus (), devait atteindre . Ce modèle tendant à prouver que les gros dinosaures étaient chauffés par « homéothermie inertielle », a été remis en cause par R. Eagle et ses collègues. Ces derniers ont en effet estimé la température corporelle de grands sauropodes du Jurassique, tels "Camarasaurus" et "Brachiosaurus", entre 36 et , équivalente à celles de mammifères actuels. Cependant, en 2014 une nouvelle étude comparative sur plus de 400 espèces éteintes et vivantes conclut que les dinosaures devaient avoir le sang tiède, dit mésotherme. Une étude en 2015 basée sur la température interne corrélée à la composition chimique des œufs fossilisés estime la température des sauropodes à environ contre pour celle des oviraptoridés. Histoire évolutive. Phylogénie au sein des archosaures. Parmi les amniotes (eux-mêmes issus des reptiliomorphes), les dinosaures sont apparus au sein du super-ordre des archosauriens, un groupe de petits diapsides de la fin du Permien et surtout du début du Trias, qualifiés de reptiles. L'extinction radicale de la fin du Permien — l'extinction Permien-Trias, il y a environ 251 millions d'années, a balayé de 80 à 96 % des espèces marines, et 70 % des familles de vertébrés terrestres de l'époque, permettant à des groupes d'animaux ou de plantes de prendre leur essor par radiations évolutives, notamment les amniotes, parmi lesquels on trouve les reptiles, les ancêtres des dinosaures, et ceux des mammifères anciens et actuels. De nombreux évènements géologiques sont contemporains de cette crise. Les petits diapsides, c'est-à-dire dont le crâne a deux paires de fosses en arrière des orbites, possèdent des os pré-dentaires à l'avant de la mandibule et des membres transversaux ou semi-dressés. Ils partent à la conquête des écosystèmes et ils divergent en trois grandes familles : L'analyse de la structure du bassin, comportant trois os pairs, ilion, pubis, ischion permet de retrouver ces différences. Ainsi le paléontologue Harry Govier Seeley a fondé dès 1887 la distinction capitale entre : Premiers dinosaures. Les premiers dinosaures sont apparus au début du Trias il y a environ 245 millions d'années, ou selon les plus récentes découvertes, il y a 250 millions d'années ; ils étaient peu nombreux cependant, avant le Trias supérieur il y a environ 232 millions d'années, moment où débute l'expansion qui leur confèrera une domination écologique. Les traces de pas fossiles les plus anciennes, et attribuées à des dinosaures, datent de 248 millions d'années environ et concernent « de petits reptiles quadrupèdes, de la taille d’un chat, [qui] ont laissé leurs empreintes dans l’argile il y a environ 250 millions d’années […]. Ces pas ont été découverts dans le sud-ouest [de la] Pologne, dans les Monts Sainte-Croix. […] Les empreintes […] ont été laissées il y a 248 millions d‘années par des reptiles du genre "Prorotodactylus", quadrupèdes dotés de pattes à cinq doigts, dont les trois doigts centraux sont les plus fortement imprimés dans le sol. Proches les unes des autres, ces traces se distinguent de celles d’autres reptiles du groupe des crocodiles et des lézards ». Des « traces […] plus récentes découvertes par l’équipe de Grzegorz Niedzwiedzki de l’université de Varsovie datent de 246 millions d’années. Plus grosses – une quinzaine de centimètres – elles auraient été laissées par des dinosaures du genre "Sphingopus", bipèdes ». Ces traces font probablement remonter la toute première espèce de dinosaures encore indifférenciée entre ornithischiens et saurischiens quelques millions d'années plus tôt, soit dès la fin du permien. Le plus ancien dinosaure connu par des fossiles est "Nyasasaurus" âgé de 243 millions d'années, découvert en Tanzanie. Ensuite viennent des fossiles de carnivores âgés de 225 à 230 millions d'années, "Eoraptor" et "Herrerasaurus", découverts dans la Formation d'Ischigualasto en Argentine. Tous deux montrent déjà une certaine spécialisation, puisque ce sont des saurischiens, datant d'après la divergence entre les dinosaures ornithischiens et saurischiens. Notons que tous les dinosaures ont une denture homodonte comme les autres reptiles. "Herrerasaurus" est non seulement un saurischien, mais peut-être même un théropode déjà affirmé. Expansion des dinosaures. Les dinosaures ont commencé à connaître une diversification rapide dès le Carnien (Trias supérieur), il y a environ 232 millions d'années, et sont sortis triomphants écologiquement du Trias supérieur, après avoir supplanté les rhynchosaures en tant qu'herbivores, et les archosaures basaux en tant que carnivores. Plusieurs causes ont été avancées pour expliquer cette explosion radiative. Selon une première opinion, les dinosaures étaient plus compétitifs que d'autres espèces, du fait de leur posture droite, de leur habileté prédatrice et de leur sang chaud. Selon un autre modèle explicatif, dit "opportuniste", les dinosaures auraient bénéficié d'un changement floral majeur, au cours duquel les flores de conifères ont remplacé les flores dominées par la fougère , changement qui aurait entraîné l'extinction des herbivores auparavant dominants. Enfin selon l'explication la plus récente (2018), un changement climatique mondial, associé à l'épisode pluvial du Carnien, avec passage d'un climat sec à un climat humide, et retour au climat sec, dans un intervalle court, a favorisé la diversification rapide des dinosaures. Extinction de la plupart des espèces. La disparition de la plupart des espèces des dinosaures donna naissance à de nombreuses théories, certaines farfelues comme la destruction des dinosaures par des extraterrestres, et d'autres plus probables et scientifiquement testables. Il convient toutefois de noter que l'extinction des dinosaures est un problème sémantique : les dinosaures ne sont pas éteints puisqu'il subsiste des oiseaux. En revanche, il y a bien eu une crise à la fin du Crétacé, il y a d'années. Bien que cette dernière ait eu un impact moyen sur la biodiversité en général (si on la compare à la crise Permo-Triasique ou même à celle de l'Ordovicien) et qu'elle ait surtout décimé des organismes marins tels les foraminifères et non des organismes terrestres dont l'extinction relative est beaucoup moins élevée, elle est devenue très célèbre en raison de la surmédiatisation relative aux dinosaures. La comparaison du taux d'extinction, taxon par taxon, montre que certains des clades contemporains des dinosaures ont été très affectés (tels les plésiosaures et les ptérosaures) et d'autres beaucoup moins (crocodiliens et chéloniens par exemple). Cette crise a éliminé les dinosaures non aviens vivant à cette époque. Les causes les plus probables ayant induit la crise K-T sont : Ces trois théories sont basées sur des faits et la crise K-T pourrait être la conséquence de la quasi-simultanéité de ces trois événements. Les avis divergent en ce qui concerne l'importance relative de chacun d'eux : Représentants actuels. Le premier fossile d'oiseau, l"'Archaeopteryx", du Jurassique supérieur, a été découvert en Bavière en 1861. Sa grande ressemblance avec certains petits dinosaures carnivores bipèdes, comme les "Compsognathus", a immédiatement fait apparaître la théorie selon laquelle les oiseaux descendraient d'un groupe de dinosaures au sein des Cœlurosauriens. Pendant un siècle, cette théorie est restée très controversée, voire rejetée. En effet, les oiseaux ont des clavicules, alors que les cœlurosauriens n'en avaient pas. Depuis les années 1970, cependant, des Cœlurosauriens dotés de clavicules ont été découverts (et même dans des groupes moins dérivés) et la théorie dinosaurienne sur l'origine des oiseaux est redevenue dominante. Dans les années 1990, de nombreux fossiles de dinosaures à plumes ont été découverts, principalement dans la région du Liaoning, en Chine et ont contribué à réactiver cette théorie. Il s'agit dans certains cas d'oiseaux primitifs, et dans d'autres de dinosaures non aviens à plumes ou proto-plumes. L'interprétation qui est faite de ces découvertes est qu'une ou plusieurs espèces de dinosaure cœlurosaurien (voire l'ancêtre des Cœlurosauriens lui-même) a développé le caractère « plume », semble-t-il sans l'utiliser pour le vol, et a donné naissance à des espèces assez nombreuses de dinosaures à plumes. Une de ces espèces de dinosaures à plume aurait, des millions d'années plus tard, donné naissance à l'ancêtre commun à tous les oiseaux. En 2011, au Canada, onze plumes de dinosaures, colorées (du marron au noir) ont été retrouvées dans de l'ambre, datant de 78 à 79 millions d'années (fin du Crétacé) avec barbes et barbules visibles, semblables à ceux d'oiseaux contemporains, avec des indices d'imperméabilité pouvant laisser penser qu'il s'agissait (dans ce cas) d'animaux semi-aquatiques. Divers indices laissent penser que les plumes de dinosaures étaient souvent colorées. Bien que cette théorie faisant des oiseaux un sous-groupe des dinosaures soit très largement dominante, il reste des contestataires, regroupés sous l'acronyme « "BAND "» : "Birds Are Not Dinosaurs". Reptiles contemporains des dinosaures. De nombreuses lignées qualifiées de reptiliennes vivaient aux mêmes périodes géologiques que les dinosaures, et ont parfois été confondues avec les dinosaures par le cinéma ou la littérature. Les plus connues sont : Aucune de ces lignées n'est scientifiquement classée comme dinosaurienne. Classification. Il n'y a pas encore si longtemps, on classait dans les dinosaures : les ichthyosaures, les pliosaures, les plésiosaures (trois groupes de reptiles aquatiques) et les ptérosaures (reptiles volants) qui, aujourd'hui, sont considérés comme des lignées évolutives indépendantes des dinosaures parmi les reptiles ayant vécu au Mésozoïque. Les dinosaures étaient un groupe d'animaux extrêmement divers ; selon une étude de 2006, 527 genres de dinosaures ont été décrits avec certitude, et plus de genres sont encore à classer. Certains d'entre eux étaient herbivores, d'autres carnivores. Certains dinosaures étaient bipèdes, d'autres étaient quadrupèdes et certains, tels Ammosaurus et Iguanodon, pouvaient marcher aussi bien sur deux ou quatre pattes. Les dinosaures sont nommés de façon précise selon leur genre et leur espèce. Souvent, ce nom d'espèce est donné en fonction du nom du lieu de sa découverte comme "Iguanodo bernissartensis" du nom de la localité de Bernissart, en Belgique, où fut découvert un troupeau de 31 iguanodons, ou bien "Saltasaurus", le dinosaure de la rivière Salta en Argentine. Une particularité anatomique peut servir de base pour baptiser une espèce, comme c'est le cas pour le "Triceratops", la face à trois cornes. Ou c'est le nom d'un paléontologue connu qui est utilisé, comme pour "Othnielia" du nom d'Othniel Charles Marsh. Avec l'essor de la paléontologie, les noms d'espèces s'internationalisent. Les racines grecques et latines sont remplacées parfois par des racines chinoises, mongoles ou africaines comme "Nqwebasaurus" venant du xhosa, une langue d'Afrique du Sud. Tableau récapitulatif. Sur la base du code international de nomenclature zoologique, on peut reconnaitre de 630 à 650 genres de dinosaures, rassemblant plusieurs milliers d'espèces de dinosaures (une trentaine de nouvelles espèces sont décrites tous les ans). Un peu plus de la moitié de ces espèces ne sont représentées que par un seul spécimen (souvent incomplet) et moins de 20 % des espèces sont connues par plus de cinq spécimens. Ce tableau général fournit des liens entre les principaux groupes de dinosaures. On trouvera à droite quelques genres illustrant les ordres et les familles représentés. "Voir aussi liste des dinosaures." ─o Dinosauria ├─o Ornithischia │ ├─o "Lesothosaurus" │ └─o Genasauria │ ├─o Thyreophora │ │ ├─o "Scutellosaurus" │ │ └─o │ │ ├─o "Scelidosaurus" │ │ └─o Eurypoda │ │ ├─o Stegosauria │ │ └─o Ankylosauria │ └─o Neornithischia │ ├─o Marginocephalia │ │ ├─o Pachycephalosauria │ │ └─o Ceratopsia │ └─o Ornithopoda └─o Saurischia ├─o Sauropodomorpha │ ├─o Prosauropoda "(paraphylétique)" │ └─o Sauropoda └─o Theropoda ├─o Herrerasauridae └─o Neotheropoda └─o Coelophysoidea └─o Averostra ├─o Ceratosauria │ ├─o Ceratosauridae │ └─o Abelisauroidea │ ├─o Noasauridae │ └─o Abelisauridae └─o Tetanurae ├─o Megalosauroidea │ ├─o Piatnitzkysauridae │ └─o Megalosauria │ ├─o Megalosauridae │ └─o Spinosauridae └─o Avetheropoda ├─o Allosauroidea │ ├─o Metriacanthosauridae │ └─o Allosauria │ ├─o Allosauridae │ └─o Carcharodontosauria │ ├─o Neovenatoridae │ └─o Carcharodontosauridae └─o Coelurosauria ├─o Tyrannosauroidea │ ├─o Proceratosauridae │ └─o │ ├─o Megaraptora │ └─o Tyrannosauridae └─o ├─o Compsognathidae └─o Maniraptoriformes ├─o Ornithomimosauria │ ├─o Deinocheiridae │ └─o Ornithomimidae └─o Maniraptora ├─o Alvarezsauroidea │ └─o Alvarezsauridae └─o ├─o Therizinosauria │ └─o Therzinosauroidea │ └─o Therizinosauridae └─o Pennaraptora ├─o Oviraptorosauria │ ├─o Caudipteridae │ └─o Caenagnathoidea │ ├─o Caenagnathidae │ └─o Oviraptoridae └─o Paraves ├─o Dromaeosauridae │ ├─o Unenlagiinae │ └─o │ ├─o Microraptorinae │ └─o Eudromaeosauria │ ├─o Dromaeosaurinae │ └─o Velociraptorinae └─o ├─o Troodontidae └─o Avialae └─o Aves Chronologie des grands groupes. Chronologie des principaux groupes de dinosaures par Holtz (2007). Parc à dinosaures. De très nombreux parcs à dinosaures existent dans le monde. Voici une liste non exhaustive des parcs à thème dans le monde : Musées. De très nombreux musées accueillent des squelettes ou des reconstitutions de dinosaures. Voici une liste non exhaustive des musées les plus importants pour quelques pays du globe : Dans la culture. Jeux vidéo. Les dinosaures sont omniprésents dans les jeux vidéo. Ci-dessous les listes sont non exhaustives. Voir aussi. Cryptozoologie. En cryptozoologie, certains cryptides sont présentés comme des dinosaures survivants, par exemple le Mokele-mbembe ou le Ngoubou, deux cryptides d'Afrique centrale qui seraient respectivement un sauropode et un cératopsien. Cependant, l'immense majorité des paléontologues et des zoologistes réfutent cette hypothèse, notamment parce qu'il n'y a aucune preuve et qu'aucun fossile de dinosaure non avien postérieur à l'extinction K/T n'a été découvert.
Lycée en France Dans le système éducatif français, le lycée correspond au second cycle des études secondaires. Le nom vient du "Lycée", un gymnase d'Athènes près duquel Aristote enseignait. L'origine de cette appellation serait due à la proximité d'un sanctuaire dédié à Apollon Lykeios. Ce second cycle peut être général, technologique ou professionnel. Il correspond principalement aux trois dernières années de l'enseignement secondaire (seconde, première et terminale), pour des adolescents âgés, généralement, de 15 à 18 ans (du début de la seconde à la fin de la terminale). Par extension, le lycée est l'établissement scolaire de cet enseignement. Les enseignements au lycée aboutissent à des examens finaux et nationaux : le baccalauréat, le BEP ou le CAP. Pourtant, un certain nombre de filières relevant de l'enseignement supérieur, comme les BTS, les CPGE et les classes préparatoires au DCG, sont en partie prises en charge par les lycées. En 2013, il y avait : Jusqu'en 1959, le terme « lycée » désignait des établissements financés par l'État couvrant l'ensemble de l'enseignement secondaire long (de la sixième à la terminale). L'organisation des cursus au sein des lycées français a été partiellement modifiée lors de la « réforme du lycée » créée par les ministères Darcos et Chatel de 2007 à 2009, et dont l'application a commencé à la rentrée 2010 pour les secondes, 2011 pour les premières et 2012 pour les terminales. En 2018, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer présente une réforme afin de faire du lycée un véritable « tremplin vers la réussite » dans l'enseignement supérieur. Les dispositions entrent en vigueur au fur et à mesure, à la rentrée 2019 pour les secondes et les premières et à la rentrée 2020 pour les terminales. Les nouvelles épreuves du baccalauréat sont déployées pour la première fois lors de la session 2021. Histoire. Des lycées napoléoniens masculins pour former une élite. Créé à l'origine par Napoléon Bonaparte par la loi du 11 floréal de l'an X () pour former « l'élite de la nation », le lycée, selon l'expression de Napoléon, fait partie avec le Code civil ou encore la Légion d'honneur, des « masses de granit ». Les lycées de garçons ont été créés en 1802 à partir des plus importantes écoles centrales. Le lycée assure une formation en lettres (français, latin, grec ancien (3 professeurs)) et en sciences (3 professeurs). L'article 5 du en fixe ainsi le programme : « Les langues anciennes, l'histoire, la rhétorique, la logique, et les éléments des sciences mathématiques et physiques ». Le régime usuel est l'internat ; les lycées sont marqués par un encadrement de type militaire et les élèves portent un uniforme. Peu nombreux (il était prévu en théorie un lycée par département), les lycées sont entièrement pris en charge par l'État. Le fonctionnement est assuré par un proviseur, aidé par un censeur et un économe ; l'enseignement est fait par des professeurs agrégés dont la fonction apparaît dans l'enseignement, après l'institution des « agrégés » créés par le roi Louis XV, en 1766, afin de compléter alors les professeurs déjà recrutés dans les collèges royaux. L'accès au lycée se fait après passage d'un examen de contrôle des connaissances apprises auparavant et la scolarité est aussi payante, même s'il est prévu d'accorder des bourses aux élèves qui en auraient besoin, vu les revenus de leurs parents. Les douze premiers lycées créés en l'an XI sont ceux de Bruxelles, Moulins, Marseille, Mayenne, Mayence, Besançon, Rennes, Douai, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Rouen et Paris (ancien collège de Paris du Prytanée français). Le lycée impérial de Montpellier, actuel lycée Joffre, est considéré comme l'un des plus anciens lycées de France (avec le lycée Henri-IV de Béziers, datant de 1598) car directement issu de l'enseignement médiéval et, par la suite, universitaire. Avec la Restauration, les lycées prennent le nom de « collèges royaux ». Ils reprennent le nom de lycée sous la Deuxième République, ce que confirme la loi Falloux (). Les lycées comprenaient également des « petites classes », dont l'enseignement se rapprochait du primaire, classes connues sous le nom de petit lycée. Les lycées de jeunes filles voient le jour avec la loi proposée par Camille Sée et votée le . Cette loi instaure un enseignement secondaire féminin qui peut se dérouler dans des lycées de jeunes filles qui sont au nombre de 36 dès 1896. Le premier lycée de jeunes filles en France fut créée à Montpellier en 1881 : c'est l'actuel lycée Georges-Clemenceau. Les lycées et collèges publics deviennent gratuits (sauf pour les élèves internes) entre 1926 et 1930 et certains sont restés non-mixtes (essentiellement dans le privé) jusqu'à une époque récente. L'émergence de deux filières : classique et moderne. Originellement, l'enseignement dans les lycées et collèges était uniquement classique, dans le sens où les langues latine et grecque étaient enseignées. Cependant, dans un contexte de Révolution industrielle et afin de former aux métiers du commerce et de l'industrie intermédiaires c'est-à-dire compris entre le cadre et le manœuvre, l'idée d'un enseignement intermédiaire situé entre le primaire et le classique, semblable à la Realschule en Allemagne, prit forme. Le , le ministre Victor Duruy institua l'enseignement spécial, prenant place dans les collèges afin de répondre à ces besoins ; cet enseignement était organisé en trois années et son programme était concentrique (l'on partait du programme de l'année précédente et on approfondissait) et plus tourné vers la pratique, comportant du dessin et de la menuiserie. Les professeurs étaient formés à l’École normale de Cluny. L'enseignement spécial se rapproche de plus en plus de l'enseignement classique : sa durée s'allonge de trois, quatre et six, la nomenclature des classes est reprise et les débouchés se rapprochent de ceux du classique : Saint-Cyr, Polytechnique, etc. En 1891, l'enseignement spécial devient l'enseignement moderne. L'enseignement secondaire est réformé en 1902 : dans les enseignements classique et moderne, quatre années de tronc commun (-) sont suivies par deux années de préparation du premier bac, dont il existe quatre formes : A : latin-grec, B : latin-langues, C : latin-sciences, D : langues-sciences. A, B et C sont de l'enseignement classique alors que D est de l'enseignement moderne. Dans l'enseignement classique, le grec pouvait être commencé en . Ce premier bac donnait droit à pouvoir préparer, en une année, la seconde partie du bac (Mathématiques élémentaires et Philosophie). L'enseignement moderne accède ainsi à une forme d'égalité avec le classique, bien que perçu comme d'un niveau inférieur. Le primaire supérieur reprit le flambeau et les élèves issus du moderne. Vers la démocratisation du cycle secondaire. De 1802 à 1959, le terme « lycée » désignait des établissements financés par l'État couvrant l'ensemble de l'enseignement secondaire long (de la sixième à la terminale), par opposition aux « collèges », qui pouvaient également couvrir l'ensemble du cycle secondaire long, mais étaient financés par la municipalité ou par le département. De 1959 à 1963, l'ensemble des collèges et lycées couvrant l'intégralité de l'enseignement secondaire long prirent la dénomination de « lycée ». À partir de 1963, le terme prend sa signification actuelle, le premier cycle de l'enseignement secondaire (de la à la ) se transformant progressivement en « collège d'enseignement secondaire ». Le décret 59-57 du établit des « lycées classiques, modernes et techniques » ; les anciens collèges techniques et les écoles nationales professionnelles sont transformés en lycées techniques. En 1963, les petites classes des lycées sont supprimées et assimilées au primaire. En 1977 sont institués, par le décret 76-1304 du , les lycées d'enseignement professionnel, devenus lycées professionnels en 1985 par le décret 85-1267 du . Les lycées généraux et les lycées techniques sont alors regroupés sous le nom de lycée d'enseignement général et technologique. Très souvent, les sections générales, technologiques et professionnelles de lycée coexistant dans ce qu'on appelle des lycées polyvalents. En 1985, Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l'Éducation nationale lance le mot d'ordre : « 80 % d'une classe d'âge au baccalauréat », objectif repris de manière presque identique par son successeur, René Monory et repris par la loi d'orientation scolaire de 1989 de Lionel Jospin, alors ministre de l'Éducation Nationale. S'ensuit une décennie de fort développement des lycées et des premiers cycles universitaires. L'innovation la plus marquante de la période est la création du baccalauréat professionnel en 1985. Il permet aux titulaires d'un BEP ou d'un CAP de compléter leurs études secondaires et même d'envisager des classes post-bac. De 1987 à 1995, le nombre de bacheliers passe de à . 40 % de cet accroissement s'explique par le succès des bacs professionnels. Une myriade de réformes au. Jusqu'en 1994, les filières du lycée s'appelaient A (littérature, philosophie, langues), B (économique et sociale), C (mathématiques), D (biologie), E (mathématiques & technique), F1, F2, F3, F4… F12 (regroupe les sections technologiques actuelles parmi lesquelles musique et danse, STI, SMS), G1, G2, G3 (tertiaire : secrétariat, commerce, comptabilité) et H (Techniques informatiques). La réforme initiée en 2019 par Jean-Michel Blanquer, alors ministre de l'Éducation nationale, a modifié en profondeur le parcours au sein du lycée général et technologique comme suit. Les différents lycées. Lycée général et technologique. Le lycée général et technologique prépare aux baccalauréats général et technologique. Seconde générale et technologique. La classe de "seconde générale et technologique" est dite "indifférenciée" : indépendamment de la filière à laquelle ils se destinent, les élèves suivent le même enseignement de "tronc commun", complété s'ils le souhaitent par des enseignements optionnels généraux ou technologiques : À la fin de l'année de seconde, l'élève choisit de continuer en voie générale ou en voie technologique. Lycée général. Première générale. À son entrée en première, l'élève dispose d'un tronc commun auquel s'ajoutent trois enseignements de spécialité qu'il a choisis. À ces enseignements peuvent s'ajouter des enseignements optionnels. 3 enseignements de spécialité au choix parmi : 1 enseignement optionnel au choix parmi : Terminale générale. La classe de terminale est celle du baccalauréat. L'élève dispose d'un tronc commun auquel s'ajoute 2 des 3 enseignements de spécialité choisis en première. À ces enseignements peuvent s'ajouter des enseignements optionnels : 2 enseignements de spécialité au choix parmi : Un premier enseignement optionnel au choix parmi : Un deuxième enseignement optionnel au choix parmi : Au terme de ces 3 années, l'élève obtient un baccalauréat général annoté des deux spécialités suivies en terminale. Lycée technologique. Première technologique. Pour accéder aux séries Sciences et technologies de l'hôtellerie et de la restauration et Techniques de la musique et de la danse, l'élève doit effectuer une classe de seconde spécifique indépendante de la classe générale et technologique. La classe de première technologique s'organise comme son homologue générale. Les élèves suivent un tronc commun auquel s'ajoute 3 enseignements de spécialité. Ils peuvent également compléter leur formation par des enseignements optionnels. La seule différence est le choix des enseignements de spécialité. Contrairement à la voie générale, ils sont directement déterminés par la série choisie. L'élève ne choisit donc pas ses enseignements de spécialité mais la série dans laquelle il veut évoluer. À noter que pour certaines séries, des enseignements spécifiques sont au choix de l'élève. La série TMD n'est pour l'instant pas encore concernée par la réforme Blanquer, elle possède donc de dispositions spéciales. Séries technologiques proposées : Pour chaque série, peut être choisi un enseignement optionnel au choix parmi : Terminale technologique. La classe de terminale technologique s'organise comme son homologue générale. Les élèves suivent un tronc commun auquel s'ajoute 2 enseignements de spécialité. Ils peuvent également compléter leur formation par des enseignements optionnels. De la même manière que la classe de première, les enseignements de spécialité sont définis par la série choisie. À noter que pour certaines séries, des enseignements spécifiques sont au choix de l'élève. La série TMD n'est pour l'instant pas encore concernée par la réforme Blanquer, elle possède donc de dispositions spéciales. Séries technologiques proposées : Pour chaque série, peut être choisi un enseignement optionnel au choix parmi : Au terme de ces 3 années, l'élève obtient un baccalauréat technologique de la série choisie (STAV-STD2A-STHR-STI2D-STL-STMG-ST2S-TMD). Lycée professionnel. La voie professionnelle est la troisième possibilité offerte après le collège. L'enseignement est dispensé en "lycée professionnel" et débouche sur un CAP, un bac professionnel en trois ans, un BT (brevet technique) voire un bac technologique (qui se faisait par le biais d'une classe de première d'adaptation maintenant supprimée). Le BEP (Brevet d'études professionnelles) est un diplôme intermédiaire, obtenu avec la validation de la première de baccalauréat professionnel. En général les lycées professionnels regroupent des sections cohérentes entre elles au niveau des formations. Ainsi certains LP (Lycée professionnel) concentrent des sections tertiaires, d'autres des sections industrielles, etc. Les lycées des métiers sont des établissements dont l'identité et la formation sont construites autour d'un ensemble cohérent de métiers. Ces lycées s'engagent à se conformer pendant 5 ans renouvelables à un cahier des charges. Les filières d'enseignement supérieur. Certains lycées comprennent aussi des sections de techniciens supérieurs ; des classes préparatoires aux grandes écoles ; des classes préparant au diplôme de comptabilité et de gestion. Le lycée en tant qu’établissement. Il existe environ lycées en France (dont professionnels). Les lycées publics. Les lycées publics sont des établissements de type EPLE. Les bâtiments appartiennent à la région, qui assure l'entretien, le fonctionnement, la restauration scolaire, l'internat, ainsi que la maintenance informatique. Le budget lycées des régions représente chaque année 5 milliards d'euros. De nouveaux établissements voient le jour, en particulier en région Occitanie, du fait du développement démographique croissant. Aussi, certains nouveaux lycées publics du sud du pays sont une vitrine avant-gardiste de ce qui se fait de mieux en matière architecturale et environnementale dans la construction hi-tech d'établissements de grande qualité. Ainsi, le Lycée Marc Bloch de Sérignan (Hérault), se situant entre Béziers et la station balnéaire très fréquentée de Valras plage, symbolise ce qui se fait de mieux au niveau régional (d'aucuns diraient national) en matière d'établissement scolaire de haute qualité (matériaux de construction nobles tel que le granit bleu et la pierre, la géothermie comme moyen économique de climatisation, jardins intérieurs et extérieurs à thème, nombreux plans d'eau...). Les nouveaux lycées publics, en fonction de l'engagement des régions, peuvent devenir un pôle attractif alliant beauté et performance afin de tendre à l'excellence. L’équipe de direction du lycée est constituée du proviseur, d'un ou plusieurs adjoints pédagogiques, ainsi qu'un adjoint gestionnaire. Ce dernier pouvant également être à la fois adjoint gestionnaire et agent comptable. On parlera alors de gestionnaire-comptable. Elle est complétée le cas échéant d'un chef de travaux pour le pilotage des enseignements technologiques et professionnels. Le conseil d’administration est composé de 30 membres et règle les affaires de l’établissement (projet, budget…). Les lycées agricoles (218 en France), ou, pour les établissements publics, établissements publics locaux d’enseignement et de formation professionnelle agricoles (EPLEFPA), dépendent du ministère de l'Agriculture. Au niveau régional, la Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt est responsable de l’enseignement agricole public. Ce service est l’équivalent du rectorat de l’Éducation nationale. Les lycées professionnels maritimes (12 en France) dépendent du ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie. Au niveau inter régional, la Direction inter régionale de la mer est responsable de l’enseignement maritime public. Il existe en France six lycées de la Défense, autrefois nommés « lycées militaires », répartis entre les trois armées. Réservés prioritairement aux enfants de militaires dans le but de leur offrir une scolarité stable et de haut niveau, ils accueillent, chaque année, environ élèves en internat, de la classe de jusqu’aux classes préparatoires militaires. La démocratisation de l'enseignement secondaire s'est appuyée sur un accroissement considérable des ressources allouées à cet enseignement. La dépense a crû de 5 % par an de 1987 à 1993, soit 5 fois plus vite que dans les périodes antérieures et postérieures. Le coût annuel moyen d'un lycéen est d'environ , et les dépenses ont augmenté de 50 % entre 1990 et 2004. Palmarès des lycées d'enseignement général et technologique. Les différents classements d'établissements publiés par les médias utilisent les taux de réussite et/ou de mentions au baccalauréat publiés par le ministère de l'éducation nationale ainsi que sur des indicateurs propres.
Courant politique Les mouvements et partis politiques sont des associations de personnes librement constituées en vue d'une action politique. Les mouvements politiques visent une action politique (de portée générale ou spécifique selon les cas) qui ne passe pas forcément par une représentation électorale dans le cadre du parlement. Par contre, les partis politiques exercent une action politique dans laquelle l'existence d'une représentation électorale au parlement représente un élément important pour la promotion de leur programme d'action et la conquête ou le soutien revendiqué du pouvoir. L'existence et la structuration des partis est, selon les pays, fonction de l'État et du degré de politisation de l'opinion, ainsi que du nombre des adhérents inscrits ou sympathisants. Elle dépend aussi de l'état des libertés publiques et en particulier de la loi électorale en vigueur. Origine de l'appellation « Droite-Gauche ». La distinction gauche/droite fut établie au de façon empirique. On a pris l’habitude de parler de partis de droite et de partis de gauche dans les pays où les assemblées nationales élues siègent en hémicycle, c’est-à-dire dans une salle en demi-cercle analogue à la forme d’un théâtre grec (telle la Pnyx à Athènes ou le théâtre d’Épidaure). En prenant comme référence le président d'une Assemblée parlementaire, (quand il regarde la salle) : Les grands courants parlementaires. Les mouvements parlementaires visent la conquête ou le soutien du pouvoir, dans le cadre des mécanismes électoraux et parlementaires. La « Gauche parlementaire ». L’extrême gauche. L'extrême gauche parlementaire se compose de courants révolutionnaires se situant à gauche de la social-démocratie. Soit des partis se réclamant le plus souvent du marxisme et de ses différentes interprétations. La Gauche dite « réformiste ». Le terme de gauche désigne les mouvements qui se qualifient de réformistes, qui désirent réformer la société sans pour autant mettre en œuvre un processus révolutionnaire. Historiquement issus du socialisme, ils plaident - en général de manière unanime - en faveur d'une politique économique à vocation sociale, sous la houlette d'un État fort, promouvant une intervention active dans les champs de l'économique et du social, une place importante dévolue à l'action syndicale et associative, l’adoption de mesures sociales, dites « progressistes ». Cependant, l'expérience de leur passage au pouvoir et la confrontation entre idéaux affichés et les réalités politico-économiques montre que le mouvement de la Gauche dite réformiste est traversé par des « courants » divers : Les coordinations et autres mouvements se rassemblant autour d’un problème précis auquel s’agrègent d’autres questions, tels le mouvement altermondialiste, dont fait partie ATTAC, les mouvements de soutien aux sans-papiers, le mouvement « Droit au logement »… Ces formes nouvelles de contestation politique, assez diverses, sont quelquefois regroupées sous l’expression « mouvement social ». Un nouveau courant apparaît à la fin des années 1960, autour des mouvements contestant l’implantation de l’énergie nucléaire, celui de l’écologisme puis de l’écologie politique. Ce courant doit être classé dans les « partis du mouvement » en cela que les réformes qu’ils proposent supposent une profonde remise en cause de la société de consommation. L’émergence de mouvements écologistes puissants et organisés à gauche fut pour certains une surprise. Les écologistes en politique, aujourd'hui notamment incarnés par Europe Écologie Les Verts, proposent face aux différentes crises actuelles (économiques, sociales et écologiques) une voie nouvelle qui vise à construire une société durable qui puisse exister tout en préservant les ressources naturelles et garantir la justice sociale, la démocratie et les libertés individuelles. Ils prônent une décentralisation de la France, la transition vers un régime parlementaire, et défendent la construction européenne pour aller vers une Europe fédérale et unie. En effet ils considèrent l'Europe comme le garant de la paix sur le vieux continent et le nouveau niveau d'action pour mettre en œuvre des politiques favorables à la justice sociale et la protection de l'environnement. Bien que les écologistes soient héritiers des valeurs de la gauche comme l'égalité, la solidarité ou le partage des richesses, ils se démarquent néanmoins de la gauche traditionnelle par leur opposition à l'énergie nucléaire, leur critique de la société de consommation et leur remise en question du productivisme et de la croissance économique comme condition de développement et de bonheur. Le courant social-démocrate, représenté en Europe par : Ces sept partis sont membres de L’Internationale ouvrière (Internationale), mouvement socialiste dont s’est détaché en 1918 l’Internationale communiste de Lénine. La Internationale et les partis sociaux-démocrates se sont longtemps réclamé de l’héritage de Karl Marx et Friedrich Engels, et sont donc issus de la même histoire que les PC ou que l’extrême-gauche. Aujourd'hui, certains partis sociaux-démocrates (SPD allemand, Democratici di Sinistra italiens, Labour Party en Grande-Bretagne) tendent à évoluer vers l'idéologie dite néo-démocrate. Ligne politique développée aux États-Unis par Bill Clinton et les New Democrats américain. Selon eux, le problème de la redistribution des richesses ne doit plus être la préoccupation centrale des partis de gauche, et la considération pour les individus doit remplacer celle des groupes et des classes sociales. Ainsi, le Labour Party anglais devient le New Labour. Le Parti Socialiste belge flamand devient Alternative sociale progressiste (SPa). Les DSistes italiens sont en passe de fusionner avec les centristes ex-démocrates-chrétiens de la tendance Prodi dans un grand Parti démocrate. En France, la mutation fut notamment portée par Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal lors de l'élection présidentielle de 2007 et François Hollande à la tête du Parti socialiste, puis à la tête de l'État. Plus largement, cette transformation touche l'ensemble des partis socialistes et sociaux-démocrates européens, et crée au sein de ces organisations des tensions entre démocrates, sociaux-démocrates traditionnels, voire socialistes. Des débats s'ensuivent (en France par exemple, mais également en Espagne et en Italie), qui peuvent aller jusqu'à la scission : Voir aussi : Mouvement ouvrier. Le radicalisme, courant situé à l’extrême gauche de l'échiquier politique lors de son apparition au , est surtout connu pour sa défense intransigeante de la laïcité et son anticléricalisme. Aujourd'hui en France, en Suisse et au Danemark, la tendance générale serait un « recentrement ». Mais ici ou là, il peut demeurer un parti fort remuant comme en Italie, où les Radicali italiani se sont faits les promoteurs d'actions de désobéissance civile. Courant progressiste fondé par Louis Vallon, René Capitant et Philippe Dechartre, soutenu par le Général de Gaulle au sein des mouvements gaullistes des différentes époques, le gaullisme de gauche estime que la consolidation institutionnelle et démocratique de la République doit aboutir à l'émergence d'une société de participation. Remettant en cause le capitalisme et se définissant à partir des idées sociales de De Gaulle comme une forme de travaillisme français, ce mouvement postule l'association du capital et du travail dans l'entreprise par l'instauration d'une égalité dans la répartition des pouvoirs, des responsabilités et des bénéfices entre ces deux facteurs de production. Cette position a pour pendant dans la vie publique une exigence de démocratisation par un dialogue social systématique et institutionnalisé avec les forces vives du pays, tel que le prévoyait le référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation du 27 avril 1969. Le « Centre parlementaire ». Le Centre. Le centre désigne les mouvements se situant à mi-chemin entre la gauche et la droite. Pour faire aboutir les politiques réformistes qu'ils approuvent, ils n'hésitent pas - de manière pragmatique - à soutenir tantôt la gauche, tantôt la droite. Souvent, les mouvements et partis centristes sont historiquement issus de l’aile droite des anciens et puissants partis radicaux. Électoralement, ils sont plutôt soutenus par les professions libérales et commerciales. En appliquant une stratégie de soutien conditionnel, les partis du centre mettent leur cohésion à rude épreuve et vivent des tensions -sinon des scissions- entre l'aile gauche et l'aile droite du parti. Les fédéralistes. Ils sont à la fois pour une plus grande autonomie régionale accrue et pour une Europe fonctionnant sur un mode fédéral. La « Droite parlementaire ». La droite. "Voir l'article détaillé" Droite (politique). Certains mouvements et partis de droite militent en faveur d'une optique économique libérale, sur la défense et le respect des valeurs traditionnelles des peuples et sur le respect et la conservation, dans la mesure du possible, de l'existant, ce qui n'empêche pas la mise en œuvre d'évolutions et de modernisations importantes. Le courant conservateur est marqué par une plus forte volonté de respecter et de conserver les valeurs traditionnelles des peuples, alors que les libéraux de Droite(qui ne partagent pas forcément la philosophie libérale), ont plutôt une forte vision économique et prônent la protection des intérêts privés et la plus grande liberté à donner aux entrepreneurs. Conservateurs ou libéraux, ils sont depuis toujours soutenus électoralement par la bourgeoisie industrielle et commerciale, et par le petit peuple des artisans et paysans. Les partis conservateurs ou libéraux, siègent traditionnellement à droite du président dans les assemblées nationales. Parmi eux, on trouve : Les Républicains en France, conservateurs au Royaume-Uni, conservateurs au Canada, Parti Républicain aux États-Unis et les partis démocrates-chrétiens. L'extrême droite. "Voir l'article détaillé Extrême droite" Le terme d'extrême droite peut désigner usuellement des mouvements qualifiés de « réactionnaires » c’est-à-dire présumés partisans d'un retour à un présupposé « ordre ancien ». D'autres définissent plus simplement l'extrême droite comme l'ensemble des mouvements et des partis siégeant à l'extrême droite de l'hémicycle (à droite et en haut des gradins). Ainsi, sous le qualificatif courant d'« extrême droite » est usuellement rangé un grand nombre de mouvements, de courants et de partis qui ont relativement peu de choses en commun, et qui sont souvent, d'ailleurs, antinomiques, adversaires, voire ennemis. Ainsi, les différents courants de philosophie politique qui ont été définis comme inhérents à ces mouvements et ces partis, et classés arbitrairement à l'extrême droite, renvoient soit au nationalisme, au populisme, au royalisme (en partie), au fascisme, ou parfois même aux religions. Courants politiques non parlementaires. À la différence des mouvements conservateurs, libéraux ou socialistes, qu’ils soient de droite, de gauche, ou même extrémistes, ces mouvements n’usent pas du parlementarisme comme moyen de changement social, soit ils ignorent le parlement, soit n’y ont pas encore accès, soit le combattent pour instaurer une organisation sociale et politique autre, fédérale ou étatique, selon les mouvements en question. Les « Alternatifs » et « Indépendants ». Ces initiatives personnelles sont plus des groupes de discussion politisés. Il s'agit essentiellement de mouvements sur Internet qui peuvent avoir les formes suivantes : Mais il peut aussi s'agir d'associations ou de syndicats. Ces mouvements dont le statut officiel n'est pas parti politique ont tous en commun qu'ils se déclarent comme tel. Les « Libertaires ». Projet politique d’émancipation de l’individu et d’émancipation sociale par des moyens politiques libertaires, tels le mandatement impératif, l’autonomie des groupes (l’autonomie ouvrière…), le fédéralisme, etc. Ils usent de différents moyens d’autonomisation, dont le projet de rupture révolutionnaire (ou non) avec le système capitaliste ou étatique qui dépossède l’individu de sa liberté politique. Tous les mouvements libertaires sont en liaison plus ou moins étroite avec l'anarchisme. Les « Anarchistes ». L’anarchisme se divise en plusieurs tendances dont : Les partisans de la démocratie directe sont parfois affiliés aux mouvements anarchistes. Les « Fédéralistes ». Organisations politique visant à promouvoir la construction d'une Europe fédérale par une action non-partisane. Voir Fédéralisme européen. Les « Autoritaires ». Extrême-gauche non parlementaire. Partis ou organisations ne désirant pas participer au parlementarisme, mais désirant l’instauration de la dictature du prolétariat. Les Monarchistes non parlementaires. Partis ou organisations ne désirant pas participer au parlementarisme, mais désirant l’instauration d’une monarchie. Le maurrassisme d’Action française défend l’idée d’une monarchie traditionnelle, c’est-à-dire héréditaire Les Anti-industriels. Le courant anti-industriel est l'un des rares courants politiques à transcender le clivage gauche-droite. Il existe en effet aussi bien des courants anti-industriels d'extrême gauche que des courants anti-industriels d'extrême droite. Les courants anti-industriels se distinguent par un refus radical de toutes les technologies issues des révolutions industrielles des . Situation en France. Courants politiques parlementaires en France. Au centre. Les mouvements et partis centristes avec : Union du centre et de la droite. Les mouvements et partis d'union de divers courants avec : Courants gaullistes. Les mouvements et partis gaullistes avec :
Photographie numérique La photographie numérique recouvre l'ensemble des techniques permettant l'obtention d'une photographie via l'utilisation d'un capteur électronique comme surface photosensible, ainsi que les techniques de traitement et de diffusion qui en découlent. On l'oppose à la photographie argentique. Prise de vue numérique. Capture. Les systèmes optiques (objectif, viseur optique, chambre reflex), de ces appareils sont voisins des solutions argentiques. L'obturateur mécanique n'est nécessaire que dans les appareils reflex ; dans les autres appareils numériques, il est le plus souvent remplacé par un « obturateur électronique » intégré au capteur. Ce composant électronique, sensible à la lumière, est équivalent à l'émulsion d'un film en argentique (en réalité, ce n'est pas tout à fait l'équivalent d'un film comme on le dit souvent, car un film ne se composait pas uniquement de couches photosensibles, mais également d'un support permettant de stocker l'image). En numérique, le capteur transforme les informations lumineuses en signaux électriques. Le signal électrique de l'image est traduit en une matrice de valeurs de luminance lors de la quantification, l'image numérique qui sera, après traitement, stockée dans un dispositif de mémoire électronique, généralement une carte mémoire flash de petit format. En fonction de l'appareil et des réglages, les points (pixels) de l'image sont traités de manière à améliorer le rendu : interpolation pour reconstituer les couleurs, filtrage pour augmenter le rapport signal sur bruit, accentuation pour augmenter la netteté, correction des couleurs (balance des blancs), etc. Ensuite, leur nombre peut être réduit pour prendre moins de place, en diminuant la définition où la zone centrale est étendue par interpolation pour obtenir un effet de zoom numérique. Dans ce cas, les pixels supplémentaires sont interpolés, c'est-à-dire calculé par des fonctions mathématiques, ce qui entraîne une dégradation de la qualité globale de l'image. Le même traitement peut être effectué "a posteriori" par un logiciel de retouche d'image. Le capteur est de type CCD, CMOS. Depuis la forme primaire, plusieurs améliorations ont vu le jour. Ainsi, les modèles : Commande à distance par prise USB. Cette fonction permet des prises de vues commandées depuis un ordinateur pour des applications variées : image par image pour animation en volume, fonction webcam, etc. C'est une des possibilités qui existent souvent mais qui figurent rarement sur les publicités ou même les spécifications des fabricants. De plus, même si cela est possible, le logiciel n'est pas toujours fourni avec l'appareil. Au sein d'une même marque tous les appareils ne sont pas commandables à distance. La prise de vue dite « connectée » est cependant très utilisée en photographie professionnelle, car elle permet une vérification en temps réel du cadre et de la prise de vue. Elle facilite aussi le transfert des images souvent volumineuses vers l'ordinateur de commande. Les boîtiers de prise de vue en moyen format (Hasselblad, Phaseone, etc.) utilisent des prises « Firewire », mais les boîtiers de haut de gamme de Nikon et Canon restent au standard USB pour cette fonction, très utilisée en studio et pour les reproductions en séries. Transfert et stockage. Ces informations résultantes sont groupées dans un fichier informatique. On rencontre quatre grandes familles de fichiers : En plus de l'image proprement dite, ces fichiers contiennent des informations sur les conditions de prises de vue (en-tête Exif), qui peuvent être lues totalement ou partiellement par de nombreux logiciels. Cet en-tête peut disparaître lors du traitement de retouche si ce format n'est pas supporté par le logiciel utilisé. Les photographies sont stockées soit dans la mémoire de l'appareil lui-même (en règle générale, de l'ordre de quelques images en définition maximale), soit sur une carte mémoire extractible. Le transfert des données peut être fait par un câble (USB en général), par extraction et lecture de la carte mémoire sur un ordinateur. Certains appareils peuvent transférer les images par un système sans fil (Bluetooth ou Wi-Fi). Le transfert peut être fait vers : Les appareils photo numériques embarqués sur les téléphones cellulaires ou photophones permettent de pratiquer la phonéographie, mais avec des usages orientés vers la communication. Les images peuvent ainsi être transférées vers les équipements précédents mais aussi directement vers : Retouche photographique. Un intérêt essentiel de la photographie numérique réside dans l'existence de logiciels de retouche tels que GIMP ou Adobe Photoshop qui permettent d'améliorer une photographie jugée imparfaite beaucoup plus facilement qu'à l'agrandisseur. La retouche numérique autorise autant d'essais qu'on le désire sans dépense en papier photographique. De tels logiciels donnent accès à des fonctions de plus en plus nombreuses et sophistiquées, telles que : Les filtres les plus utilisés sont souvent des traductions numériques de techniques inventées pour la photographie argentique. Parmi ceux-ci, l'un des plus célèbres est le masque flou qui permet d'améliorer la netteté apparente d'une photographie. Impression d'une photographie numérique. L'image numérique devient une photographie au sens commun du terme quand elle prend la forme d'une épreuve permanente sur papier. Le passage du fichier image issu de l'appareil photo numérique ou du scanner (éventuellement retravaillée sur ordinateur) à cette épreuve finale se fait via une imprimante. Une chaîne ne valant que ce que vaut son maillon le plus faible, le développement de la photo numérique a longtemps été freiné par les médiocres performances (coût élevé, qualité médiocre des images produites) de ces périphériques. Ce problème a heureusement été réglé depuis, et l'on trouve maintenant des modèles abordables, capables d'atteindre la fameuse « qualité photo ». Il existe aujourd'hui deux grands types d'imprimantes utilisés pour la photo numérique : celles dites à sublimation thermique et celles à jet d'encre (voir le label de qualité digigraphie). Le prix d'achat de l'imprimante et la définition maximale des images qu'elle fournit constituent des critères de choix importants, mais le rapport qualité/prix de chaque modèle dépend également du coût des consommables, notamment des cartouches d'encre noire ou couleur, qu'il nécessite. À noter en outre que, si les imprimantes à jet d'encre peuvent fonctionner avec du papier ordinaire, elles ne donnent leur pleine mesure qu'avec du papier dit « qualité photo », qui n'est pas vraiment bon marché, même si l'augmentation de la consommation tire les prix vers le bas. Côté professionnels, la pictographie est un des premiers procédés d'impression permettant d'obtenir une image similaire aux tirages argentiques. Il reste encore utilisé aujourd'hui dans certains studios car son rendu est bien supérieur aux impressions par jet d'encre qui ne peuvent reproduire la totalité du spectre rouge vert bleu (RVB), ne pouvant se limiter techniquement qu'au CMJN (voir aussi : gamut). Le meilleur rendu actuellement au point reste le traitement de l'image numérique sur papier argentique. La numérisation de film. Quand on n'utilise pas un appareil photo numérique, on peut tout de même pratiquer la photographie numérique. Plusieurs chemins s'offrent à l'amateur et au professionnel. Cette approche très répandue avant que les appareils photo numériques soient disponibles avec la qualité actuelle repose sur la numérisation d'une prise de vue argentique traditionnelle soit au niveau du film (négatif ou diapositive) soit de l'image sur papier (scan de reproduction). On utilise alors un scanner à haute résolution (de à pour les scanners amateurs, bien plus pour les scanners professionnels) qui analyse directement le négatif ou la diapositive et fournit une image numérique. Certains scanners de film sont munis de dispositifs capables de corriger automatiquement les défauts du film : poussières, rayures. En effet, étant donné la petite taille du document initial () les égratignures et les poussières collées sur le film prennent des proportions souvent gênantes. Les premiers utilisateurs étaient obligés de faire un "nettoyage" manuel dans leur logiciel de retouche d'image. Les scanners les plus performants offrent une détection automatique de la présence des poussières par une analyse parallèle utilisant un canal infrarouge qui sert ensuite à appliquer un filtrage automatique localisé. Le marché se partage entre des scanners plutôt orientés grand public et des scanners tournés vers les besoins des professionnels (rapidité, très haute résolution, possibilité de traiter en quantité des rouleaux entiers de pellicules, etc.). Le scan de reproduction. Cette autre approche est dérivée de la précédente (scan de film), mais il s'agit de numériser des tirages papier. On utilise donc un scanner de documents plats tout à fait traditionnel. Le photographe peut simplement demander des tirages papier de son film (ou utiliser des documents de toute autre origine) et a la possibilité de travailler ou modifier ces images.
Live (langue) Le live (ou livonien) est une langue appartenant à la branche fennique de la famille des langues finno-ougriennes. Autrefois largement parlé en Livonie, le live est aujourd'hui éteint. Le live était une langue très similaire à l'estonien et proche du finnois. Derniers locuteurs. En 2001, le nombre total de locuteurs était évalué à une quarantaine de personnes, mais seules huit d'entre elles avaient le live comme langue maternelle, la plus jeune étant née en 1926. Le nombre de personnes se considérant comme Lives, sans forcément parler la langue, est d'environ 230. Les locuteurs étaient concentrés dans quelques villages situés à la pointe nord de la péninsule de Courlande (en Lettonie). Les autres personnes se considérant comme Lives résident en majorité dans les villes de Riga et Ventspils. Viktors Bertholds, probablement le dernier locuteur live (ou livonien) de la génération qui a appris le live comme première langue au sein d'une famille et d'une communauté livophones, est mort le , ironie du sort le (jour du "Kalevala", jour de la culture finlandaise). L'ultime locutrice du live, Grizelda Kristiņa, est morte au Canada à le . Quelques Lives apprennent ou ont appris cette langue dans le but de la faire revivre bien que son utilisation soit peu fréquente. Le live est enseigné dans des universités en Lettonie, en Estonie et en Finlande, ce qui permet à son nombre de locuteurs (comme seconde langue) de croître chaque année. Alphabet. Le live utilise l'alphabet suivant :
Las Vegas Parano Las Vegas Parano ou Peur et dégoût à Las Vegas au Québec ("") est un film américain réalisé par Terry Gilliam et sorti en 1998. Il s'agit d'une adaptation du roman du même nom de Hunter S. Thompson, publié en 1972. Il relate le voyage à Las Vegas d'un journaliste et de son avocat qui se livrent à une frénétique consommation de drogues diverses. Le projet du film était envisagé depuis de nombreuses années mais les tentatives faites par différents réalisateurs avaient toutes échoué. Johnny Depp et Benicio del Toro sont les deux interprètes principaux de ce film, leurs personnages étant basés respectivement sur Hunter S. Thompson lui-même et Oscar Zeta Acosta, et se sont préparés intensivement pour leurs rôles. "Las Vegas Parano" est présenté au festival de Cannes. C'est un échec aussi bien commercial que critique lors de sa sortie au cinéma mais il devient par la suite un film culte. Résumé. En 1971, le journaliste Raoul Duke, accompagné de son avocat, maître Gonzo, est en route pour Las Vegas. Il a été chargé d'y couvrir un événement sportif majeur, les de Las Vegas, une course de motos aux allures de kermesse populaire. Mais ce reportage n'est qu'un prétexte car Duke et Gonzo ont emmené avec eux toute une panoplie des drogues les plus diverses (mescaline, LSD, cocaïne, marijuana, poppers, et même de l'éther), et comptent bien s'adonner à leur consommation tout au long de leur séjour, cherchant à échapper à la cynique réalité des années 1970 et à retrouver le véritable esprit du « rêve américain » qui animait les années 1960. Ils prennent en route un auto-stoppeur mais celui-ci est rapidement effrayé par leur comportement irrationnel et prend la fuite. À leur arrivée à l'hôtel, Duke est en pleine montée d'acide et ses hallucinations attirent l'attention sur lui. Le lendemain, Duke se rend au départ de la course pour y faire son reportage avec le photographe Lacerda. Mais Duke a encore des hallucinations, renvoie Lacerda et retourne à l'hôtel. Duke et Gonzo prennent de la mescaline et de l'éther et vont au casino "Bazooka Circus". L'état de Gonzo les pousse cependant à en partir assez vite. Duke raccompagne Gonzo à leur suite d'hôtel et l'y laisse seul un moment mais, quand il revient, Gonzo a absorbé du LSD et a saccagé la chambre. Duke parvient finalement à calmer Gonzo et s'endort après avoir écrit une partie de son article. Le lendemain matin, il découvre que Gonzo a pris l'avion pour Los Angeles. Devant les dégâts et la note faramineuse du service aux chambres, Duke prend la fuite en voiture. Un policier arrête Duke près de Baker mais le laisse repartir. Duke appelle Gonzo et celui-ci l'informe qu'il a réservé pour eux une suite à l'hôtel Flamingo afin de couvrir un congrès de la police sur les stupéfiants. Duke revient donc à Las Vegas et découvre Gonzo en compagnie de Lucy, une jeune fille qu'il a rencontrée dans l'avion et à qui il a fait prendre du LSD. Pressentant que cela risque de leur créer de gros ennuis, Duke persuade Gonzo de réserver une chambre pour Lucy dans un autre hôtel et de se débarrasser de la jeune fille avant qu'elle ne retrouve ses sens. Duke et Gonzo se rendent ensuite à la convention mais ne peuvent soutenir cette épreuve très longtemps. Ils retournent à leur suite et Gonzo fait essayer à Duke de l'adrénochrome. Les deux hommes se livrent ensuite pendant un laps de temps indéterminé à une véritable frénésie de drogues diverses, Duke ne se rappelant que de souvenirs épars, dont une confrontation entre Gonzo et une serveuse que l'avocat a menacée d'un couteau. Duke emmène Gonzo à l'aéroport et retourne à l'hôtel pour y finir son article. Il rentre ensuite à son tour à Los Angeles. Production. Développement du projet. L'idée de faire un film du roman de Hunter S. Thompson a longtemps été en projet avant d'aboutir enfin. Martin Scorsese et Oliver Stone ont tous deux essayé de développer ce projet mais ont fini par renoncer. À l'origine du développement du projet, Jack Nicholson et Marlon Brando avaient été envisagés pour jouer les rôles de Raoul Duke et de Gonzo, puis ce fut le tour de Dan Aykroyd et John Belushi. John Cusack, qui avait déjà dirigé la version théâtrale du roman, fut ensuite sur le point d'être engagé pour le rôle principal, mais Hunter S. Thompson avait entretemps rencontré Johnny Depp et était devenu persuadé que personne d'autre que lui ne pourrait jouer le rôle. Ralph Bakshi essaya ensuite de convaincre la petite amie de Hunter S. Thompson, à qui ce dernier avait donné les droits d'adaptation du roman, de le laisser réaliser un film d'animation dans le style des illustrations du livre de Ralph Steadman, pensant qu'une version animée serait plus réaliste qu'un film, mais échoua dans son entreprise. Rhino Films commença à travailler sur sa version du projet dès 1992. Le producteur Stephen Nemeth voulait que le film soit réalisé par Lee Tamahori mais celui-ci n'était pas disponible jusqu'à la date limite () à laquelle la production du film devait débuter avant l'expiration des droits. Devant le refus de Thompson de prolonger les droits d'adaptation, Rhino Films donna alors le feu vert pour faire le film et engagea Alex Cox pour le réaliser. Alex Cox commença à écrire le scénario en collaboration avec Tod Davies, une universitaire d'UCLA spécialiste de l'œuvre de Thompson, et Johnny Depp et Benicio del Toro furent engagés pour tenir les deux rôles principaux. Mais, au cours de la phase de pré-production, Cox eut des différends avec la productrice Laila Nabulsi et celle-ci força Rhino Films à choisir entre eux deux. Le studio renvoya alors Cox, lui donnant pour les droits du script. Ce renvoi causa plus tard un conflit avec la pour qui, selon son règlement, Terry Gilliam et Tony Grisoni devaient prouver qu'ils avaient écrit au moins 60 % du script, ce qui était impossible car les scènes étaient tirées du roman et donc similaires. Il apparut durant un temps que seuls Cox et Davies allaient être crédités pour le scénario du film mais la WGA revint sur sa décision initiale et les quatre scénaristes furent finalement crédités au générique. Néanmoins, Terry Gilliam brûla publiquement sa carte de membre de la WGA en signe de protestation. Préproduction. À la suite du renvoi d'Alex Cox, Rhino Films engagea Terry Gilliam et se vit accorder une extension des droits d'adaptation de la part de Thompson, mais à la condition expresse que Gilliam mène le projet à bien. Thompson pensait en effet que Rhino Films cherchait à gagner du temps afin de repousser encore le projet et, inquiet, commença donc à poser plus de conditions. Rhino Films ne tenait pas à s'engager autant, dans le cas où Gilliam ne réussirait pas à mener le projet à bien, et menaça de faire le film avec Cox et sans Johnny Depp et Benicio del Toro, au grand désarroi de ces deux acteurs. Universal Pictures intervint alors pour assurer la distribution du film et paya une avance de chacun à Depp et Gilliam, mais le réalisateur n'avait toujours pas un contrat définitif. En représailles de tous les ennuis que la société leur avaient causé, Depp et Gilliam interdirent l'accès au plateau aux représentants de Rhino Films durant tout le tournage. La décision fut finalement prise de ne pas utiliser le script de Cox et Davies, ce qui laissait seulement dix jours à Terry Gilliam pour en écrire un autre. Le réalisateur fit alors appel à Tony Grisoni pour l'aider, et tous deux écrivirent un nouveau script au domicile de Gilliam durant le mois de . Un nouveau scénario fut écrit par les deux hommes en huit jours de travail intensif, puis retravaillé pendant les deux jours qui restaient. L'une des scènes les plus importantes du livre que Terry Gilliam tenait absolument à mettre dans le film était la confrontation entre Duke et Gonzo et la serveuse du , car c'était pour lui le moment où ces deux hommes dépassent les bornes et où leur comportement devient vraiment inexcusable et il voulait faire de cette scène le point le plus bas de leur parcours. Johnny Depp et Benicio del Toro entreprirent tous deux une extraordinaire préparation en vue de leurs rôles respectifs dans le film. Del Toro prit une vingtaine de kilos en neuf semaines et se lança dans des recherches approfondies sur la vie de Oscar Zeta Acosta, le véritable Gonzo. Durant le printemps 1997, Johnny Depp s'installa dans la cave du domicile de Hunter S. Thompson et y vécut pendant quatre mois, effectuant des recherches sur son rôle et étudiant les habitudes et les tics de comportement de Thompson. L'acteur éplucha à fond le manuscrit original, mais également les carnets de notes et les souvenirs que Thompson avaient gardés de son voyage. À ce sujet, Depp se souvient : . Depp échangea également sa voiture contre la Chevrolet Caprice cabriolet rouge de Thompson, connue par les fans sous le nom de « Grand requin rouge » (""), et la conduisit sur les routes californiennes pendant sa préparation pour le rôle. L'acteur a emprunté à Thompson de nombreux vêtements qu'il porte dans le film (notamment les chemises hawaïennes et la veste en patchwork), et l'écrivain a lui-même rasé le crâne de Johnny Depp pour reproduire sa propre forme de calvitie. D'autres objets que l'on peut voir dans le film, tels que le porte-cigarettes, les couvre-chefs, le médaillon d'argent (qui lui avait été donné par Acosta) et la pièce d'identité ont également été empruntés à Thompson. À l'origine, les studios avaient demandé à Terry Gilliam de transposer l'action dans les années 1990, mais, après y avoir réfléchi, le réalisateur rejeta cette demande car il considérait que ce serait comme présenter des excuses pour le livre et qu'il ne voulait pas cela, estimant que le film devait être . Tournage. D'après Terry Gilliam, il n'y avait pas de budget définitif bien établi quand le tournage a démarré. Le directeur de la photographie Nicola Pecorini fut engagé sur la base d'une bobine d'audition qu'il avait envoyé à Gilliam, lequel s'était amusé du fait qu'il était borgne (ayant perdu l'autre œil à cause d'un cancer rétinien). Selon Pecorini, l'imagerie du film a été influencée par les peintures de Robert Yarber, qu'il qualifie d' et qui . Terry Gilliam estime qu'ils ont employé ces peintures comme un guide . Le tournage à Las Vegas commença le et dura 56 jours. La production connut des problèmes pour le tournage dans un casino, l'équipe étant autorisée à tourner seulement entre deux heures et six heures du matin, avec seulement six tables leur étant accordées pour les figurants, lesquels devaient en plus jouer réellement de l'argent. Les extérieurs du "Bazooka Circus" furent tournés devant le , et les intérieurs construits dans un studio d'enregistrement sonore de la Warner Bros. à Hollywood. Pour donner à Las Vegas l'aspect que la ville avait dans les années 1970, Gilliam et Pecorini utilisèrent des images en projection arrière (technique consistant à projeter un film sur un écran situé derrière les acteurs pour faire croire que les acteurs sont devant le décor filmé) provenant de la série télévisée "Vegas". Pour les scènes se déroulant dans le désert, Pecorini désirait une qualité d'image spécifique et non définie sans véritable horizon, pour évoquer la notion que le paysage était sans fin et afin de souligner . Pour la scène où Raoul Duke a des hallucinations d'une pièce remplie de lézards géants, l'équipe était censée disposer de 25 reptiles animatroniques mais en avait reçu seulement sept ou huit. Elle dut alors employer des techniques de mouvement programmé sur ordinateur et fit de multiples prises en habillant les reptiles avec des costumes différents à chaque fois afin de donner l'illusion d'une pièce remplie de ces lézards géants. Dès le début du tournage, il était dans l'intention de Terry Gilliam de faire en sorte de donner l'impression d'un trip de drogue du début à la fin, tout en étant conscient que cela donnerait un film qui semblerait chaotique et désordonné. Le réalisateur a dit dans une interview que le but était que le film démarre pied au plancher comme une folle et irrespectueuse comédie mais que, petit à petit, les murs se referment sur les personnages sans qu'il n'y ait aucune échappatoire possible pour eux de sortir de leur cauchemar. Pour évoquer les effets des différentes drogues, Gilliam et Pecorini établirent une liste de « phases » en détaillant les qualités cinématographiques de chaque drogue consommée. Pour l'éther, Pecorini dit qu'ils ont employé , pour l'adrénochrome , les effets de la mescaline étaient simulés par , et pour le LSD . Hunter S. Thompson fait un bref caméo dans le film, apparaissant à l'écran lors d'une scène de flashback se déroulant dans un club de San Francisco. Flea, le bassiste des Red Hot Chili Peppers, apparaît un peu plus tard dans le même flashback dans le rôle d'un hippie. Bande originale. La bande originale comporte les morceaux utilisés pour le film ainsi que des extraits de dialogues entre chaque titre. Les chansons datent pour la plupart de la fin des années 1960 et du début des années 1970, à l'exception de la reprise par les Dead Kennedys de "Viva Las Vegas", de "Tammy" de Debbie Reynolds et de ' de Perry Como. On peut aussi entendre à la fin du film, quand Raoul Duke quitte Las Vegas, la chanson ' des . "", également des Stones, joue un rôle important dans le livre mais Terry Gilliam n'était pas prêt à payer les exigés par leur manager, ce qui aurait représenté la moitié du budget consacré à la musique du film, pour en obtenir les droits. Sortie et accueil. Date de sortie et présentation à Cannes. "Las Vegas Parano" dut subir des projections tests avant sa sortie, un processus que Terry Gilliam n'apprécie pas : . Le réalisateur dit aussi qu'il était important pour lui que Hunter S. Thompson apprécie le film et se remémore la réaction de l'écrivain lors de la séance : . Thompson lui-même commenta : . Le film a été présenté pour la première fois en compétition officielle lors du festival de Cannes 1998, Terry Gilliam disant à ce sujet . La sortie nationale aux États-Unis a eu lieu le dans salles et, lors du premier week-end, le film a rapporté . Accueil critique. Le film a reçu des critiques assez mitigées. Il recueille 49 % de critiques positives, avec une note moyenne de et sur la base de 69 critiques collectées, sur le site internet Rotten Tomatoes. Sur le site Metacritic, il obtient un score de , sur la base de 19 critiques collectées. Parmi les critiques positives, Michael Sullivan, du "Washington Post", pense que . Kent Jones écrit dans les "Cahiers du cinéma", que la sert à merveille et que le film restitue avec une l'extrême polarisation des forces à cette époque. Gene Siskel, du "Chicago Tribune", note que le film a réussi à saisir les thèmes du livre, ajoutant que . Luc Honorez, du "Soir", évoque , qui , bien que bénéficiant de l'interprétation d'un Johnny Depp , et affirme en conclusion que . Laurent Rigoulet, de "Libération", est plus partagé, estimant que Gilliam règle et que le film est ce qui donne une portée par deux acteurs fantastiques . Pour Joshua Klein, de "The A.V. Club", le film est au récit et les deux acteurs principaux accomplissent un mais l'attrait commence à s'estomper à mi-parcours . Parmi les critiques négatives, Jean-Pierre Dufreigne, de "L'Express", estime que Terry Gilliam avec les cadrages et les éclairages et que le film est politiquement incorrect mais ennuyeux malgré une interprétation parfaite de Johnny Depp et Benicio del Toro. Stephen Holden écrit dans le "New York Times" que . Pour François Gorin, de "Télérama", adapter le roman de Hunter S. Thompson au grand écran était . Stephen Hunter, du "Washington Post" estime quant à lui qu'. Michel Pascal, du "Point", loue la performance des deux acteurs principaux mais trouve que le film est un . Mike Clark, de "USA Today" trouve le film . Pour Michel Cieutat, de "Positif", le film est par son et sa malgré . Box-office. Le film est un échec commercial, ne rapportant au box-office que dans le monde entier (dont aux États-Unis). Il a attiré dans les salles de cinéma spectateurs en France, spectateurs en Suisse et spectateurs en Belgique. Mais avec le temps, et surtout avec la sortie du film en vidéo, "Las Vegas Parano" est apparu de plus en plus comme un film culte, particulièrement dans le milieu de la '. Le film apparaît dans la liste des 500 meilleurs films de tous les temps du magazine ' (à la ). Il faut aussi noter que Hunter S. Thompson a toujours soutenu le film, montrant son approbation non seulement en y faisant une apparition, mais aussi en enregistrant son propre commentaire audio dans l'édition spéciale du DVD et en participant à plusieurs documentaires sur les bonus du même DVD. Distinctions. Johnny Depp, pour sa performance dans le rôle de Raoul Duke, a reçu le Golden Aries du meilleur acteur étranger 1998, remis par la Russian Guild of Film Critics. Le film a été présenté en compétition pour la Palme d'or au Festival de Cannes. Sortie vidéo. "Las Vegas Parano" est sorti en DVD chez Criterion Collection le en région 1 et le en région 2. Une édition collector du film, comprenant trois commentaires audio différents et de nombreux autres bonus, est disponible depuis le en région 1. La version du film en disque Blu-ray, comprenant une interview de Terry Gilliam, des scènes coupées et le making-of du film, est sortie le en région 2.
Ludwig Wittgenstein Ludwig Josef Johann Wittgenstein, né à Vienne en Autriche le et mort à Cambridge au Royaume-Uni le , est un philosophe, mathématicien, ingénieur, pédagogue et architecte de nationalité autrichienne, puis, à partir de 1939, britannique, ayant exploré de manière décisive certains domaines fondamentaux de la connaissance tels que la logique, les fondements des mathématiques et la philosophie du langage. Ludwig Wittgenstein ne publie de son vivant qu'une œuvre majeure : le "Tractatus logico-philosophicus", dont une première version en langue allemande paraît en 1921 à Vienne et dans laquelle Wittgenstein traite des limites du langage et de la faculté de connaître de l'être humain. Ce texte a donné lieu à de nombreuses interprétations, parfois difficilement conciliables. Pour Wittgenstein, sa signification primaire est surtout éthique et esthétique, tandis que la plupart des lectures ont d'abord mis en avant son intérêt en logique et en philosophie du langage. Pièce majeure de la philosophie de Wittgenstein, il est inspiré par un logicisme anti-psychologiste, une position que l'auteur abandonne par la suite, tandis que les commentateurs commencent à considérer l'aspect mystique de l'œuvre comme central. Wittgenstein pense alors avoir apporté une solution à tous les problèmes philosophiques auxquels il était envisageable de répondre ; il quitte l'Angleterre et se détourne de la philosophie jusqu'en 1929. À cette date, il revient à Cambridge, sur l'insistance de Bertrand Russell et de George Moore et critique les principes de son premier traité. Il développe alors une nouvelle méthode philosophique et propose une nouvelle manière d'appréhender le langage, étudiée dans sa seconde grande œuvre, "Investigations philosophiques", publiée, comme nombre de ses travaux, après sa mort. Cette remise en question de son propre système fait de Wittgenstein l'un des rares penseurs de la philosophie occidentale à s'infliger une autocritique aussi radicale. Son œuvre a eu une influence majeure sur le courant de la philosophie analytique et plus récemment en anthropologie, en ethnométhodologie et en philosophie postanalytique. Il est parfois considéré comme ayant dissous la tradition analytique de l'intérieur, de manière préemptive. Dans un premier temps, le "Tractatus" a influencé son ancien professeur Bertrand Russell, mais surtout les néopositivistes du Cercle de Vienne, même si Wittgenstein considérait que ceux-ci commettaient de graves contresens sur la signification de sa pensée. Les deux « époques » de sa pensée ont profondément marqué nombre de ses élèves et de philosophes. Biographie de Ludwig Wittgenstein. Grâce aux archives conservées par la sœur de Ludwig Wittgenstein et aux biographies rédigées par William Warren Bartley III, Brian McGuinness et Ray Monk, la vie du philosophe est relativement bien documentée. Contexte familial et enfance de Wittgenstein. Les Wittgenstein. Branche paternelle. Selon une généalogie établie à Jérusalem après la seconde Guerre mondiale, l'arrière-arrière-grand-père paternel de Wittgenstein, Moses Meier est un agent foncier juif ayant vécu avec sa femme, Brendel Simon, à Bad Laasphe dans l'arrondissement de Siegen-Wittgenstein, en Westphalie où se trouve également le château de Wittgenstein. En juillet 1808, Napoléon publie un décret fixant les règles selon lesquelles les Juifs portant des noms uniquement issus de la culture hébraïque (Ancien Testament) doivent désormais modifier leur nom de famille, si bien que le fils de Meier ajoute à son propre nom le nom de famille de ses employeurs, les Sayn-Wittgenstein (nom d'un ancien comté du Saint-Empire romain germanique), et devient Moses Meier Wittgenstein. Son fils, Hermann Christian Wittgenstein — qui a choisi comme deuxième prénom « Christian » pour se distancier de ses origines juives — épouse Fanny Figdor, également juive, convertie au protestantisme juste avant leur mariage. Venus de Saxe (Allemagne) où ils fondent une entreprise prospère de commerce de laine à Leipzig, ils s'installent en Autriche-Hongrie. Ils ont , dont le père de Wittgenstein. La grand-mère de Ludwig, Fanny, est une cousine germaine du violoniste Joseph Joachim. Karl Wittgenstein (1847-1913), le père de Ludwig, élevé dans la religion luthérienne, fait fortune dans l'industrie sidérurgique : il est l'un des principaux « maîtres de forges » de l'Empire austro-hongrois. Grâce à Karl, les Wittgenstein sont devenus la deuxième famille la plus riche de l'Empire austro-hongrois, derrière la famille Rothschild. Grâce à la décision de Karl, en 1898, d'investir massivement aux Pays-Bas et en Suisse ainsi qu'à l'étranger, notamment aux États-Unis, la famille est, dans une certaine mesure, protégée de l'hyperinflation qui frappe l'Autriche en 1922. Cependant, leur capital est atteint en raison de l'hyperinflation qui suit 1918 et de la Grande Dépression. Branche maternelle. Sa mère, Léopoldine Maria Josefa Kalmus, est de confession catholique. Son père est un Juif tchèque et sa mère une Autrichienne-Slovène catholique – elle est la seule aïeule de Ludwig Wittgenstein qui n'est pas juive. Elle est la tante du « prix Nobel d'économie » 1974 Friedrich Hayek. Karl et Léopoldine ont neuf enfants — quatre filles : Margarethe (dite "Gretl"), Hermine, Hélène et une quatrième fille Dora mort-née ; cinq garçons : Johannes ("Hans"), Kurt, Rudolf ("Rudi"), Paul et Ludwig, le benjamin. Enfance de Ludwig. Ludwig Josef Johann Wittgenstein est né à Vienne le . Ludwig est baptisé dans l'Église catholique ; devenu adulte, il souhaitera pour lui-même un enterrement catholique, bien qu'il soit plutôt agnostique et non pratiquant dans la seconde période de sa vie, après 1929. La fratrie grandit dans un milieu d'un haut niveau intellectuel, créatif et cultivé. Le chef d'orchestre Bruno Walter décrit la vie chez les Wittgenstein comme baignant dans une « atmosphère omniprésente d'humanité et de culture ». Le père, protecteur des arts, reçoit nombre d'artistes remarquables, en particulier des musiciens, tels que Johannes Brahms ou Gustav Mahler. Paul Wittgenstein, l'un des frères de Ludwig, mène une carrière de pianiste virtuose, notamment après la perte de son bras droit pendant la Première Guerre mondiale. C'est pour Paul Wittgenstein et à sa demande que Maurice Ravel compose le "Concerto pour la main gauche". Sergueï Prokofiev, Paul Hindemith, Benjamin Britten et Richard Strauss, qu'il avait également sollicités, composent également pour lui. Le futur philosophe lui-même, certainement doué, mais sans talent exceptionnel d'interprète, a une mémoire musicale étonnante : il a l'oreille absolue. Il porte toute sa vie à la musique une dévotion quasi mystique, notamment à celle de Franz Schubert. C'est l'un des éléments essentiels qui permettent de mieux saisir sa personnalité et sa pensée ; il aime à se référer à des exemples musicaux, tant dans sa conversation que dans ses écrits. Mais c’est seulement à l’âge de trente ans, lors de sa formation pour devenir enseignant, qu’il apprend à jouer d’un instrument : la clarinette. Un fragment de musique (trois mesures), composé par Wittgenstein, a été découvert dans un de ses carnets de 1931. Par ailleurs, le dessin, la peinture, la sculpture l’intéressent. Entouré du suicide. Dans la famille Wittgenstein, la sévérité du regard sur les autres, l’exigence intellectuelle, de sincérité et d’éthique constante ont pour pendant un regard sans pitié ni concession sur soi, une horreur profonde de l’approximation et de la médiocrité. Personnalité emplie de doutes, Wittgenstein se questionne très tôt dans son enfance sur le concept de vérité. Le psychiatre Michael Fitzgerald soutient que Karl était perfectionniste et sévère, et que son manque d'empathie ne pouvait être contrebalancé par la mère de Wittgenstein qui était anxieuse et peu sûre d'elle. La dépression et le suicide entourent fidèlement Ludwig ; trois de ses frères se suicident. Seul, Paul, de deux ans l’aîné de Ludwig, meurt de mort naturelle, en , dans le village de Manhasset, près de New York. Le frère aîné, Hans — remarqué par ses dons en musique — meurt dans des circonstances mystérieuses en mai 1902, lorsqu'il s'enfuit en Amérique et disparaît d'un bateau dans la baie de Chesapeake, s'étant vraisemblablement suicidé. Deux ans plus tard, alors âgé de et étudiant la chimie à l'Académie des sciences de Berlin, Rudi se suicide dans un bar de Berlin. Il a laissé plusieurs lettres de suicide, dont une adressée à ses parents, dans laquelle il explique qu'il est en deuil après la mort d'un ami. Il avait alors demandé conseil au Comité scientifique humanitaire, une organisation qui faisait campagne contre le paragraphe 175 du Code pénal allemand, qui prohibait les relations homosexuelles. Son père interdit à la famille de mentionner à nouveau son nom. Son autre frère Kurt, officier et chef d'entreprise, s'est suicidé le 27 octobre 1918 juste avant la fin de la Première Guerre mondiale, lorsque les troupes autrichiennes qu'il commandait ont refusé d'obéir à ses ordres et ont déserté. Éducation et adolescence. 1903-1906 : la "Realschule" de Linz. Jusqu'en 1903, Ludwig reçoit une instruction élémentaire à domicile. Après la mort de Hans et Rudi, Karl permet à Paul et Ludwig d'être envoyés à l'école. Il étudie trois ans à la "Realschule" de Linz, une école orientée vers les disciplines techniques. L'historienne Brigitte Hamann écrit qu'il se distinguait des autres garçons : il avait une diction inhabituellement pure de haut allemand avec un bégaiement, s'habillait avec élégance, était sensible, peu sociable et mal traité par ses camarades. De nombreux commentateurs ont remarqué la coïncidence de la scolarisation simultanée, quoique dans deux classes différentes, de Wittgenstein et d'Adolf Hitler à la "Realschule". Une photographie de groupe durant l'année scolaire 1904-1905 a fait soulever l'hypothèse selon laquelle les deux élèves figureraient en même temps sur le cliché. Cependant, Hitler ayant été renvoyé pour indiscipline, il ne peut terminer son année. La découverte d'Otto Weininger. C'est dans son adolescence que Ludwig Wittgenstein lit "Geschlecht und Charakter" ("Sexe et Caractère") publié en 1903 par le philosophe autrichien Otto Weininger. Ce dernier soutient que les concepts de « mâle » et de « femelle » n'existeraient qu'en tant que formes platoniciennes et que dans ce cadre, les Juifs incarneraient la féminité platonicienne. Alors que les hommes seraient fondamentalement rationnels, l'idiosyncrasie féminine, toujours selon Weininger serait émotionnelle et pulsionnelle. Or, l'amour et le désir sexuel sont en contradiction et l'amour hétérosexuel est donc voué à la misère ou à l'immoralité. La seule vie qui vaille la peine d'être vécue est la vie spirituelle ; le choix est le génie ou la mort. Weininger se suicide par balle en 1903, peu de temps après la publication de son livre et Wittgenstein, âgé de , assiste à ses funérailles. Plusieurs années plus tard, devenu professeur à l'Université de Cambridge, Wittgenstein distribuera des exemplaires du livre de Weininger à ses collègues universitaires, perplexes. Ludwig estime les arguments de Weininger faux, mais pour des raisons intéressantes. Dans une lettre datée du 23 août 1931, Wittgenstein écrit à G. E. Moore : 1906-1911 : études d'ingénierie à Berlin et Manchester. Ludwig acquiert une formation d'ingénieur en mécanique à l'école technique supérieure de Berlin-Charlottenburg, où il s'inscrit en 1906 et dont il sort diplômé après 3 semestres en 1908. Ayant conçu un vif intérêt pour les problèmes posés par la discipline naissante de l'aéronautique, il décide de compléter sa formation dans ce domaine avec un projet de doctorat à l'université de Manchester. C'est dans ce but qu'il intègre un laboratoire d'ingénierie spécialisé où il consacre d'abord ses recherches au comportement des cerfs-volants en haute atmosphère. Il oriente ensuite ses effort sur la réalisation d'une hélice mue par réaction au bout des pales. Mais la conception des hélices à cette époque n'est pas assez avancée pour mettre en pratique les idées de Wittgenstein et il faudra encore des années avant qu'un modèle de pale capable de soutenir la conception innovante de Wittgenstein soit créé. Le travail sur l'hélice à réaction s'avère frustrant pour Wittgenstein en raison de son manque d'expérience technique. Un ingénieur de Manchester, William Eccles, avec lequel il s'est lié d'amitié, le voit se tourner ensuite vers des travaux plus théoriques, se concentrant sur la conception de l'hélice – un problème nécessitant des outils mathématiques sophistiqués. C'est alors que, profondément marqué par sa lecture de deux ouvrages parus simultanément quelques années plus tôt, "The Principles of Mathematics" de Bertrand Russell et "Grundgesetze der Arithmetik" de Gottlob Frege, il se plonge dans l'étude de la logique et des bases fondamentales des mathématiques. Sa sœur Hermine se souvient qu'il devient à cette époque véritablement obsédé par les mathématiques, délaissant l'aéronautique, se décrivant lui-même comme étant dans un . Il se rend en Allemagne pour rencontrer Gottlob Frege, qui avait au cours de la décennie précédente posé les fondations de la logique moderne et des mathématiques logiques. Frege lui conseille vivement de lire les travaux de Bertrand Russell qui a découvert quelques incohérences fondamentales dans son travail. Arrivée à Cambridge. Rencontre de Russell et de la philosophie des mathématiques. Suivant les conseils de Frege, Wittgenstein se rend à Cambridge rencontrer Bertrand Russell. Dans sa correspondance avec Ottoline Morrell, Russell fait part de ses impressions et ses sentiments, rapporte leurs échanges et ce dès le premier jour. Le , il écrit : Wittgenstein assiste avec assiduité aux cours de Russell qui sont habituellement peu suivis. Russell est d'abord partagé, il est intéressé, parfois exaspéré, il écrit, par exemple, (2.11.11), (16.11.11). Le 27 novembre Wittgenstein hésite encore sur son choix de carrière et se tourne vers Russell pour être conseillé : De retour de vacances, Wittgenstein fait lire à Russell un manuscrit qu’il juge « très bon, bien meilleur que ceux de [ses] élèves anglais » (23.01.12), très vite suivi d’un autre qui finit par convaincre Russell. Wittgenstein est admis au Trinity College le février 1912. Pendant ce trimestre, Wittgenstein travaille intensivement sur les fondements de la logique et la logique mathématique. Le 22 mars, Russell exprime son admiration : Il déclare plus tard à David Pinsent que les encouragements de Russell l'ont sauvé et ont mis fin à neuf années de solitude et de souffrance, pendant lesquelles le suicide l'avait constamment suivi. Club des sciences morales et apôtres de Cambridge. En 1912, Wittgenstein rejoint le Club des sciences morales de Cambridge, dont il prend rapidement la direction ; il cesse un temps de s'y rendre au début des années 1930 après des plaintes selon lesquelles il ne laisse à personne d'autre la possibilité de s'exprimer. Le club est devenu légendaire parmi les philosophes, en raison d'une réunion tenue le 25 octobre 1946 au King's College, où Karl Popper prononce un discours intitulé « Existe-t-il des problèmes philosophiques ? », prenant alors position contre Wittgenstein. Il existe selon Popper des problèmes en philosophie qui sont plus que des clarifications logiques et linguistiques, comme le soutenait Wittgenstein. Ce dernier aurait commencé à agiter un tisonnier brûlant, exigeant que Popper lui donne un exemple de règle morale. Popper lui en propose un – « Ne pas menacer les conférenciers de passage avec des tisonniers » – Russell dit alors à Wittgenstein qu'il avait mal compris et Wittgenstein quitte la réunion « en trombe ». L'économiste John Maynard Keynes l'a également invité à rejoindre les Apôtres de Cambridge, une société secrète formée en 1820, à laquelle Bertrand Russell et G. E. Moore avaient adhéré en tant qu'étudiants ; Wittgenstein ne s'y est pas beaucoup plu et n'y a participé que rarement. Russell craignait que Wittgenstein n'appréciât pas le style tapageur et humoristique des débats intellectuels et le fait que les mœurs sentimentales y fussent libres. Alors qu'il y est admis en 1912, Wittgenstein donne sa démission presque immédiatement. Néanmoins, les apôtres de Cambridge ont permis à Wittgenstein de participer à nouveau aux réunions dans les années 1920, lorsqu'il est revenu à Cambridge. Il semblerait que Wittgenstein ait également eu du mal à tolérer son propre comportement lors des discussions du club des sciences morales de Cambridge. Wittgenstein n'a pas hésité à rendre compte de sa dépression pendant ses années à Cambridge. Russell écoute à maintes reprises ses angoisses qui semblaient provenir de deux sources : son travail et sa vie personnelle. Ce dernier rapporte que : Wittgenstein a déclaré à Russell qu'il « ressentait la malédiction de ceux qui n'ont que la moitié d'un talent ». Le tempérament de Ludwig a également été décrit dans le journal de David Pinsent, comme connaissant de grandes fluctuations émotionnelles. Bertrand Russell le présente à Pinsent au cours de l'été 1912. Leur relation s'est déroulée durant une période intellectuellement formatrice. Pinsent est un étudiant en mathématiques et parent de David Hume ; Wittgenstein et lui deviennent rapidement proches. 1913-1920 : Première Guerre mondiale et "Tractatus". Travail sur la "Logique" et premier exil en Norvège. En 1913, Wittgenstein hérite d'une fabuleuse fortune après la mort de son père. Il en fait partiellement don à des artistes et auteurs autrichiens tels que Rainer Maria Rilke et Georg Trakl. En 1914, il manque de rencontrer Trakl, celui-ci s'étant suicidé deux jours avant l'arrivée de Wittgenstein. Bien que stimulé par ses études à Cambridge et ses conversations avec Russell, Wittgenstein parvient à la conclusion qu'il ne pourrait pas parvenir à faire le tour des questions fondamentales qui l'intéressent dans un environnement universitaire. Il rédige son premier travail philosophique, les "Notes sur la logique." Celles-ci sont un développement de la remarque de Russell à propos de sa théorie des types qui devait selon lui « être rendue superflue par une bonne théorie du symbolisme ». Les détails de ces notes, assez subtils, se résument dans l'apparent truisme suivant : « « A » est la même lettre que « A » ». On entrevoit la distinction fondamentale que reprendra le "Tractatus logico-philosophicus", celle du "dire" et du "montrer." Ce que "dit" la théorie des types, celle-ci ne peut le dire mais peut seulement être "montré" par le symbolisme. Partant, Wittgenstein soutient que les propositions logiques expriment leur véracité ou fausseté dans leur significations elles-mêmes, idée que l'on retrouve dans le "Tractatus" : En 1913, il se retire dans le village norvégien de Skjolden. Il y demeure chez l'habitant, puis s'y fait construire une maison qui domine le Sognefjord. Cet exil volontaire lui permet de se consacrer entièrement à sa recherche et il dira plus tard de cet épisode qu'il fut l'une des périodes les plus passionnées et productives de son existence. Wittgenstein y apprend le norvégien pour converser avec les villageois locaux et le danois pour lire les œuvres du philosophe danois Søren Kierkegaard. Ne se sentant pas assez seul au sein du village, il conçoit et construit une petite maison en bois sur un rocher éloigné surplombant le lac Eidsvatnet à l'extérieur du village. L'endroit est nommé « Østerrike » (Autriche) par les habitants. Il y séjourne à plusieurs reprises jusqu'aux années 1930. Sur l'insistance de Wittgenstein, G. E. Moore, alors professeur à Cambridge, lui rend visite en Norvège en 1914, aidant à la rédaction de "Logik", soumis à la rigueur et la colère de Wittgenstein en cas d'erreur. Engagement dans l'armée. Vivant en ermite, Wittgenstein est surpris par l'avènement de la Première Guerre mondiale. Il s'engage dans l'armée austro-hongroise espérant que le fait de côtoyer la mort lui permettrait de s'améliorer. Il sert d'abord sur un navire, puis dans une usine d'artillerie. Il est blessé lors d'une explosion accidentelle et hospitalisé à Cracovie. En 1916, il est envoyé sur le front russe dans un régiment d'artillerie où il gagne plusieurs médailles pour son courage. Les pages de son journal d'alors reflètent néanmoins son mépris pour la médiocrité de ses camarades soldats. Cependant, il contracte une amitié philosophique avec un médecin militaire, Bieler. Tout au long de la guerre, Wittgenstein tient un journal dans lequel il couche des réflexions philosophiques et religieuses avec des remarques personnelles. Au moment de son engagement en , Wittgenstein achète l’"Abrégé de l’Évangile de" Léon Tolstoï, dont il recommandera la lecture à toute personne en détresse, et devient un chrétien convaincu, bien que troublé et plein de doutes. La mesure dans laquelle l"'Abrégé de l'Évangile" a influencé Wittgenstein peut être vue dans la numérotation du "Tractatus". En 1916, Wittgenstein a lu "Les Frères Karamazov" de Dostoïevski en profondeur et en connaît des passages entiers par cœur, notamment les discours du Starets Zosime, qui représente pour lui l'idéal chrétien, le saint homme qui « lisait directement dans l'âme d'autrui ». Son travail sur ses "Notes sur la logique" commence à prendre un sens éthique et religieux. C’est en associant son nouvel intérêt pour l’éthique, avec la logique et les réflexions personnelles qu’il développe pendant la guerre, que son travail effectué à Cambridge et en Norvège prend la forme du "Tractatus". Rédaction du "Tractatus logico-philosophicus". Au cours de l'été 1918, Wittgenstein prend un congé militaire et séjourne dans l'une des maisons d'été de sa famille à Vienne. Il y achève en août 1918 le "Tractatus logico-philosophicus" qu'il soumet sous le titre "Der Satz" (en allemand : proposition, phrase, expression, ensemble, mais aussi « jeu ») aux éditeurs Jahoda and Siegel. Une série d'événements survenus à cette époque le bouleversent profondément. Le , son oncle Paul meurt. Le , il apprend que les éditions Jahoda and Siegel refusent de publier le "Tractatus" et le son frère Kurt se suicide. C'est à peu près à cette époque qu'il reçoit une lettre de la mère de David Pinsent lui annonçant que ce dernier est décédé dans un accident d'avion le 8 mai Wittgenstein est désemparé au point de penser au suicide. Après son retour sur le Front italien, Wittgenstein est fait prisonnier en novembre dans le nord de l'Italie par l'armée italienne. Celle-ci trouve dans ses affaires un manuscrit rédigé en allemand nommé "Logische-Philosophische Abhandlung". Grâce à l'intervention de ses amis de Cambridge, Wittgenstein peut avoir accès à des livres et préparer son manuscrit du "Tractatus". Il l'envoie en Angleterre à Russell qui le considère comme un travail philosophique d'une grande importance. Après la libération de Wittgenstein en 1919, ils travaillent ensemble pour le faire publier. La traduction anglaise est assurée dans un premier temps par Frank Ramsey, puis par C. K. Ogden, avec l'aide de Wittgenstein. Il paraît d'abord en allemand en 1921 sous le titre "Logisch-philosophische Abhandlung", puis sur les "suggestions" de George Edward Moore, en anglais, un an plus tard avec le titre latin actuel "Tractatus logico-philosophicus", par analogie avec le "Tractatus theologico-philosophicus" de Spinoza. Russell rédige une introduction afin que le livre bénéficie de la réputation de l'un des plus grands philosophes du moment. Les difficultés perdurent néanmoins, Wittgenstein se défiant de Russell, n’appréciant pas son introduction qui, selon lui, évince les problématiques fondamentales du "Tractatus". Cet épisode obscurcit l’amitié qui les liait depuis leur première rencontre (1912-1913). Wittgenstein s'oppose à ce que l'introduction soit publiée dans la version allemande. Dans une lettre à Russell du , il s'exprime ainsi : Wittgenstein connaît la frustration devant ses difficultés à trouver un éditeur intéressé et plus encore en réalisant que les quelques personnes susceptibles d’éditer son livre sont plus intéressées par l'introduction de Russell que par le contenu de l'ouvrage. Ce dernier est finalement publié par le journal de Wilhelm Ostwald "Annalen der Naturphilosophie", qui imprime une version en allemand en 1921, et par Routledge (éditeur), qui imprime une version bilingue avec l'introduction de Russell, le titre de Moore et la traduction de Ramsey et Ogden en 1922. Wittgenstein retourne à Vienne en août 1919, épuisé physiquement et mentalement. Il décide deux choses : s'inscrire à l'école normale pour devenir instituteur ; et se débarrasser de sa fortune. Au regret de sa famille, il divise l'argent entre ses frères et sœurs, en insistant pour que cet argent ne soit pas détenu par fiducie pour lui. Ces bouleversements dans la vie de Wittgenstein, à la fin de sa première période et au commencement de sa seconde, le mènent à vivre une vie d'ascète. Son geste le plus spectaculaire est de laisser sa part d'héritage à des artistes autrichiens et allemands d'avant-garde dont Rainer Maria Rilke et surtout Georg Trakl (qu'il préfère au premier), ainsi qu'à ses frères et sœurs, en insistant pour qu'ils promettent de ne jamais le lui rendre. Il a le sentiment que donner de l'argent aux pauvres ne pourrait que les corrompre, alors qu'il ne ferait pas de mal aux riches. 1920-1928 : la vie après le "Tractatus". Considérant à l'époque avoir achevé son travail de clarification avec le "Tractatus", Wittgenstein retourne en Autriche et devient instituteur. Il est façonné aux méthodes du mouvement de réforme scolaire autrichien dont la conception de l'éducation est essentiellement liée à des motifs sociaux et politiques. Cette réforme repose sur la stimulation de la curiosité naturelle des enfants et le développement de leur autonomie de jugement, plutôt que sur la sollicitation de leur seule mémoire. Ces principes d'éducation l'enthousiasment, cependant Emmanuel Halais explique que Wittgenstein n’en était pas moins en désaccord pour des raisons de caractère, et pour des raisons morales ; que pour Wittgenstein ; il doit affronter de nombreuses difficultés à leur mise en pratique dans sa classe des villages de Trattenbach, Puchberg am Schneeberg et Otterthal. Postes d'enseignant en Autriche. Au cours de l'été , Wittgenstein travaille comme jardinier dans un monastère. Il postule d'abord, sous un faux nom, à un poste d'enseignant à Reichenau, obtient le poste, mais le refuse lorsque son identité est découverte. Il souhaite ne pas être reconnu comme un membre de la famille Wittgenstein mais en tant qu'enseignant. À cela, son frère Paul écrit : En 1920, Wittgenstein obtient son premier poste d'instituteur à Trattenbach, sous son vrai nom, dans un village isolé de quelques centaines d'habitants. Ses premières lettres le décrivent comme magnifique, mais en , il écrit à Russell : « Je suis toujours à Trattenbach, entouré, comme toujours, d'odieux et de bassesse. Je sais que les êtres humains, en moyenne, ne valent pas grand-chose n'importe où, mais ici, ils sont bien plus bons à rien et irresponsables qu'ailleurs ». Il est rapidement l'objet de rumeurs parmi les villageois, qui le trouvent pour le moins excentrique, d'autant plus qu'il ne s'entend pas bien avec les autres enseignants. Les élèves en difficulté sont chez Wittgenstein d'autant plus soumis à sa sévérité. Les deux premières heures de chaque journée étaient consacrées aux mathématiques, des heures dont Monk écrit que certains élèves se souvenaient des années plus tard avec horreur. En septembre 1922, il s'installe dans une école secondaire dans une commune voisine, Hassbach, mais considère que les gens y sont tout aussi mauvais et part au bout d'un mois. En novembre, il commence à travailler dans une autre école primaire, cette fois à Puchberg dans les montagnes du Schneeberg. Là-bas, dit-il à Russell, les villageois y sont « un quart animal et trois quarts humains ». Le philosophe et logicien Frank Ramsey lui rend visite en pour discuter du "Tractatus", dont il a accepté d'écrire une critique pour "Mind". Il rapporte dans une lettre que Wittgenstein vit frugalement dans une minuscule chambre blanchie à la chaux qui ne peut contenir qu'un lit, un lavabo, une petite table et une petite chaise dure. Ramsey partage avec lui un repas du soir composé de pain grossier, de beurre et de cacao. Les heures de cours de Wittgenstein étaient de huit heures à midi ou une heure et il avait les après-midi libres. Après le retour de Ramsey à Cambridge, de vaines tentatives émergent parmi les amis de Wittgenstein pour le persuader de revenir à Cambridge. Il n'accepte par ailleurs aucune aide, même de la part de sa famille. Ramsey écrit à John Maynard Keynes : L'incident Haidbauer à Otterthal. Il change à nouveau d'école en septembre 1924, cette fois à Otterthal, près de Trattenbach. Wittgenstein y écrit alors un dictionnaire de prononciation et d'orthographe de 42 pages pour enfants, "Wörterbuch für Volksschulen", publié à Vienne en 1926, le seul de ses livres en dehors du "Tractatus" qui a été publié de son vivant. Un incident, dit d"'Haidbauer", se produit en avril 1926. Josef Haidbauer est un élève de dont le père est décédé et dont la mère travaille comme femme de ménage. Il apprenait selon Wittgenstein trop lentement, ce qui l'a un jour amené à le frapper deux ou trois fois à la tête, provoquant l'effondrement du jeune Josef. Wittgenstein l'a porté jusqu'au bureau du directeur, puis a rapidement quitté l'école. Un villageois qui était alors présent a essayé de faire arrêter Wittgenstein le jour même, mais le poste de police était vide. Wittgenstein a disparu le lendemain. Des poursuites ont été engagées en mai et le juge a ordonné une expertise psychiatrique. Dix ans plus tard, en 1936, Wittgenstein s'est présenté sans prévenir au village voulant se confesser personnellement et demander pardon aux enfants qu'il avait frappés. Particulièrement déprimé tout au long de cette période, il démissionne en avril 1926 et retourne à Vienne avec un sentiment d'échec. Maison Wittgenstein. En , il travaille ensuite comme assistant-jardinier d'un monastère près de Vienne. Il envisage de se faire moine et va jusqu'à se renseigner sur la façon de se joindre à l'ordre. Au cours d'un entretien, on lui indique qu'il ne trouverait pas ce qu'il cherchait dans la vie monastique. Un premier événement contribue à sortir Wittgenstein de sa dépression ; c'est l'invitation en de sa sœur Margaret ("Gretl") Stoneborough à travailler avec l'architecte Paul Engelmann (qui était devenu un ami proche de Wittgenstein pendant la guerre) sur la conception et la construction de sa nouvelle maison. Ils construisent un bâtiment dans un style moderniste, inspiré des travaux d'Adolf Loos qu'ils admirent tous les deux beaucoup. Wittgenstein trouve le travail intellectuellement captivant et exténuant. Il se donne corps et âme dans l'absolue perfection de détails comme les poignées de portes et les radiateurs qui doivent être positionnés avec une parfaite exactitude pour assurer la symétrie des pièces. Cette œuvre de l'architecture moderniste évoque quelques commentaires inspirés selon G. H. von Wright : ce dernier déclare que la maison possède la même que le "Tractatus". Selon le biographe et philosophe Ray Monk, l'intransigeance de Wittgenstein à atteindre à nouveau la perfection, non plus en logique, mais en architecture, comme il la cherchait aussi en reproduisant des bustes de la statuaire grecque, lui redonne le goût de la recherche et de la pensée pure. La Haus Wittgenstein est vendue par la famille en 1968 et est aujourd'hui le centre culturel de Bulgarie. Wittgenstein précise que « ma maison pour Gretl est le produit d'une finesse d'oreille incontestable, de "bonnes manières", l'expression d'une grande "compréhension"... Mais la vie "originaire", la vie "sauvage", qui voudrait se déchaîner, est absente. On pourrait donc dire également qu'il lui manque la "santé" ». Monk commente que l'on pourrait dire la même chose de la sculpture en terre cuite, techniquement excellente mais austère, que Wittgenstein a modelée sur Marguerite Respinger en et que, comme Russell l'a remarqué, cette « vie sauvage qui s'efforce d'éclater » est précisément la substance de l'œuvre philosophique de Wittgenstein. Le Cercle de Vienne. Le second événement, qui contribue à sortir Wittgenstein de sa dépression, survient vers la fin de son travail sur la maison, quand il est contacté par Moritz Schlick, l'un des chefs de file du tout nouveau Cercle de Vienne. Le néopositivisme viennois était considérablement influencé par le "Tractatus" et bien que Schlick ne parvînt pas à y traîner Wittgenstein, ils eurent un certain nombre de discussions philosophiques avec la participation d'autres membres du cercle, notamment Friedrich Waismann. Wittgenstein se sentait souvent gêné par ces rencontres. Il avait le sentiment que Schlick et ses collègues faisaient des contresens fondamentaux à propos du "Tractatus" et il finit par refuser toute discussion sur le sujet. La majorité des désaccords concernaient l'importance de la vie religieuse et mystique, Wittgenstein considérant ces questions comme une sorte de foi inexprimable, tandis que les positivistes les trouvaient inutiles. Durant certaines de ces rencontres, Wittgenstein leur tourne le dos et leur lit de la poésie, notamment des poèmes de Rabindranath Tagore, peut-être pour bien leur faire comprendre que, pour lui, ce qui n’est pas dans le "Tractatus" est plus important que ce qui y est. Quoi qu'il en soit, les contacts avec le Cercle de Vienne stimulent l'intellect de Wittgenstein et réveillent son intérêt pour la philosophie. Il rencontre également Frank Ramsey, un jeune philosophe des mathématiques qui vient plusieurs fois de Cambridge pour rencontrer Wittgenstein et le Cercle de Vienne. Au cours de ses discussions avec Ramsey et le Cercle de Vienne, Wittgenstein commence à s’interroger sur son travail et envisage la possibilité que le "Tractatus" comporte une grave erreur, ce qui marque le début de sa seconde carrière de philosophe et l'occupe pour le reste de sa vie. Dans son autobiographie, Rudolf Carnap décrit Wittgenstein comme le penseur l'ayant le plus influencé : 1929-1941 : retour à Cambridge. En 1929, Wittgenstein décide, sur les conseils de Frank Ramsey, ainsi que l'insistance de Russell et Moore, de retourner à Cambridge. Il est accueilli à la gare par une foule composée de quelques-uns des plus grands intellectuels d'Angleterre et réalise avec horreur qu'il est l'un des philosophes les plus célèbres au monde. Keynes écrit dans une lettre du 18 janvier 1929 à Lydia Lopokova : « Eh bien, Dieu est arrivé. Je suis allé le chercher au train de cinq heures et quart. » Faute de diplôme et malgré sa notoriété, il ne peut travailler immédiatement à Cambridge et s'inscrit d'abord comme simple étudiant. Russell reconnaît rapidement son premier séjour comme suffisant et le presse d'utiliser le "Tractatus" comme thèse de doctorat, ce qu'il fait dans l'année. Russell et Moore font office de jury pour sa soutenance à l'issue de laquelle il leur tape familièrement sur l'épaule en déclarant : « Ne vous en faites pas, je sais que vous ne le comprendrez jamais. » Moore écrit dans son rapport de jury : « Mon avis personnel est que la thèse de M. Wittgenstein est une œuvre de génie, mais, ceci mis à part, elle atteint certainement le niveau requis pour l'obtention du grade de docteur en philosophie de Cambridge » . Wittgenstein est embauché comme assistant et devient membre du Trinity College. Les sympathies politiques de Wittgenstein sont à cette époque plutôt à gauche et lorsqu'on l'interroge sur la théorie marxiste, il se déclare « communiste de cœur » et idéalise la vie des travailleurs. Rejoindre un parti politique est cependant contraire selon Wittgenstein aux devoirs du philosophe, il dissuade par exemple son ami Rhees à rejoindre le Parti communiste révolutionnaire. Pratiquer la philosophie, précise-t-il, implique de pouvoir changer de direction et de penser le communisme indifféremment des autres idéologies. Attiré par la description de la Russie soviétique dans l'ouvrage "" de Keynes, à la suite du voyage de ce dernier en 1925 dans ce pays, il envisage en 1934 d'émigrer en Union soviétique avec son meilleur ami et amant Francis Skinner. Ils prennent des leçons de russe et en 1935, Wittgenstein se rend à Saint-Pétersbourg (alors Leningrad) et Moscou, afin de voir s'il peut y trouver du travail. Un poste d'enseignant lui est proposé, mais il préfère un travail manuel et rentre trois semaines plus tard. Vie sentimentale. Bien que Wittgenstein soit impliqué dans une relation avec Marguerite Respinger (1904-2000), jeune femme suisse amie de la famille, leur projet de mariage échoue en 1931 et il ne se marie jamais. Il existe un débat considérable sur l'intensité de la vie homosexuelle de Wittgenstein, inspiré par W.W. Bartley, III, qui affirme avoir trouvé des preuves de plusieurs liaisons passagères du philosophe quand il habitait Vienne. Quoi qu'il en soit, il reste clair que Wittgenstein a eu plusieurs relations homosexuelles durables, comprenant une passion platonique intense pour son ami de jeunesse David Pinsent et à l'âge mûr des relations stables avec Francis Skinner et Ben Richards, beaucoup plus jeunes, ainsi que quelques coups de foudre non partagés. "Anschluss". De 1936 à 1937, Wittgenstein vit à nouveau en Norvège, laissant Skinner derrière lui. Il travaille sur les "Investigations philosophiques". Au cours de l'hiver 1936-1937, il écrit une série de « confessions » à des amis proches, pour la plupart concernant de petites incartades sans gravité, afin de libérer sa conscience. En 1938, il se rend en Irlande pour rendre visite à son ami Drury devenu psychiatre et envisage lui-même une telle formation, avec l'intention d'abandonner la philosophie pour celle-ci. La visite en Irlande est en même temps une réponse à l'invitation du Taoiseach irlandais de l'époque, Éamon de Valera, lui-même ancien professeur de mathématiques. De Valera espère que la présence de Wittgenstein contribue à la création du Dublin Institute for Advanced Studies. Pendant son séjour, l'Allemagne procède à l'annexion de l'Autriche (l'Anschluss) ; le citoyen viennois Wittgenstein devient alors citoyen allemand et un Mischling du degré, statut bâtard d'aryen/juif (du fait des origines juives de sa famille paternelle), dont le traitement était moins brutal que celui réservé aux Juifs. Il est « aryennisé » au terme d'une procédure spéciale. Cette reclassification de « Befreiung » a nécessité l'accord d'Hitler ; en 1939, il n'y eut que douze reclassifications pour candidatures. Après l'Anschluss, son frère Paul part presque immédiatement pour l'Angleterre, puis pour les États-Unis. Les nazis ont découvert sa relation avec Hilde Schania, une fille de brasseur avec laquelle il avait eu deux enfants sans l'avoir épousée – bien qu'il l'ait fait plus tard. Parce qu'elle n'est pas juive, il reçoit une assignation pour « Rassenschande » ("honte raciale"), en raison de l'interdiction d'union entre une personne juive et une non juive alors en vigueur. Son départ est si soudain et discret qu'on a cru un temps qu'il était le quatrième frère Wittgenstein à s'être suicidé. Après la guerre, en raison d'un conflit d'argent, Paul coupe tout contact avec Ludwig et ses sœurs. Il ne rend pas visite à Hermine qui est mourante à Vienne lorsqu'il y donne un récital et il n'a plus aucun contact avec Ludwig et Gretl. Professeur de philosophie. En 1939, G. E. Moore démissionne et Wittgenstein obtient la chaire de philosophie de Cambridge. Il est naturalisé sujet britannique peu de temps après, le 12 avril 1939. Norman Malcolm, alors chargé de recherche à Cambridge, décrit ses premières impressions ainsi que le programme de conférences de Wittgenstein : Après ses cours ou lors de périodes d'intenses réflexions philosophiques, Wittgenstein aime aller voir des westerns ou lire des romans policiers. Il les considère comme des "". Ce goût pour les récits populaires contraste avec ses préférences musicales, domaine où il considère toute musique postérieure à Brahms comme un symptôme de la décadence de la société. À ce moment de sa vie, son point de vue sur les fondements des mathématiques a considérablement évolué. Plus tôt, il aurait considéré que la logique offrait un fondement solide. Il avait même envisagé de mettre à jour l'ouvrage de Russell et Whitehead, les "Principia Mathematica". Désormais, il nie qu'il puisse y avoir un quelconque fait mathématique à découvrir ou que les énoncés mathématiques fussent vrais dans un sens réel. Les mathématiques expriment simplement le sens conventionnel de certains symboles. Il nie également que la contradiction puisse être fatale à un système mathématique. Il donne une série de conférences auxquelles Alan Turing assiste et qui sont le théâtre de débats vigoureux sur le sujet. 1941-1947 : Guy's Hospital. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Wittgenstein quitte Cambridge et se porte volontaire pour servir dans un hôpital de Londres ainsi qu'au laboratoire de l’infirmerie royale Victoria. En septembre 1941, il demande à John Ryle, frère du philosophe Gilbert Ryle, s'il peut obtenir un emploi manuel au Guy's Hospital de Londres – John Ryle est professeur de médecine à Cambridge et a participé à la préparation de l'hôpital Guy's contre la blitzkrieg. Wittgenstein commence à travailler à l'hôpital en tant que brancardier et dispense des médicaments dans les salles de soins, où il conseille d'ailleurs aux patients de ne pas les prendre. Le personnel de l'hôpital n'est pas informé qu'il s'agit de l'un des philosophes les plus célèbres du monde, bien que certains membres du personnel médical l'aient reconnu et restent discrets. « Bon Dieu, ne dites à personne qui je suis ! » supplie Wittgenstein à l'un d'entre eux. Wittgenstein y rencontre ensuite les Docteurs Grant et Reeve qui travaillaient dans une unité dédiée au choc traumatique. Wittgenstein se joint à eux à la Royal Victoria Infirmary comme technicien et fait usage de ses compétences d’ingénierie en améliorant la préparation fine des pièces d’histochimie fixées par la paraffine. Il invente également un nouveau dispositif qui permet l'enregistrement de la pression pulsée et la recherche du pouls paradoxal. Il enseigne par intermittence à Cambridge jusqu’en 1949 puis, désireux de se consacrer à l'écriture, il démissionne « avec un soulagement manifeste ». N'aimant pas la vie intellectuelle de Cambridge, il encourage plusieurs de ses étudiants à poursuivre des carrières non académiques. Wittgenstein reste néanmoins en contact avec le philosophe finlandais Georg Henrik von Wright, qui lui succède au poste de professeur à l'université de Cambridge. . Il écrit le avril 1942 : 1947-1951 : dernières années. Après sa démission de Cambridge, la majeure partie des travaux de Wittgenstein est écrite dans l'isolement de la campagne et notamment sur la côte ouest de l'Irlande. Il a écrit l'essentiel de ce qui sera publié après sa mort sous le titre "Philosophische Untersuchungen", les "Recherches philosophiques", quand en 1949 on lui diagnostique un cancer de la prostate. Cet ouvrage demeure la part la plus importante de son œuvre. Il passe les deux dernières années de sa vie entre Vienne, Oxford et Cambridge tout en effectuant des voyages aux États-Unis et en Norvège. Son travail de l'époque s'inspire de ses conversations avec son ami et ancien étudiant Norman Malcolm pendant leurs longues vacances dans la maison de Malcolm aux États-Unis. Ils parlent du travail de Malcolm qui étudiait la réponse de G. E. Moore au scepticisme sur la question des objets de l'expérience sensible (""). Ce travail est publié après la mort de Wittgenstein dans "De la certitude". Mort. Wittgenstein meurt à Cambridge en avril 1951. Treize jours avant de mourir, il écrit à Malcolm : Ses dernières paroles rapportées furent les suivantes : Chronologie de l'œuvre. Dans le monde francophone, l'œuvre de Wittgenstein traduite par Gilles Gaston Granger ainsi que Jean-Pierre Cometti a principalement été étudiée par les Français Pierre Hadot, Jacques Bouveresse et Christiane Chauviré. Les travaux de Wittgenstein sont couramment scindés en deux parties par ses commentateurs : le « premier Wittgenstein », qui correspond au "Tractatus" et le « second Wittgenstein », pour ses écrits philosophiques postérieurs à 1929. La distinction conceptuelle des deux Wittgenstein, que l'on pensait à l'origine être clairement délimitée, a été revue et débattue à plusieurs reprises. La tendance étant, chez les auteurs francophones comme chez les anglo-saxons (avec par exemple James F. Conant et Cora Diamond), à une vision qui tend à la continuité plutôt qu'à une nette rupture philosophique. Il n'est de même pas clairement établi de période qui correspondrait à un « entre-deux » . Les travaux portant sur le Wittgenstein du milieu sont de plus en plus nombreux dans la mesure où les relations entre la pensée du Wittgenstein du début et celui de la fin prennent de l'ampleur dans la recherche sur Wittgenstein. Le "Tractatus logico-philosophicus". La première philosophie de Wittgenstein, incarnée dans les propositions du "Tractatus logico-philosophicus", naît dans un contexte historiquement bouleversé et intellectuellement intense et difficile. Sa rédaction s'étale sur plusieurs années, de 1914 à 1922, année de sa publication ; et en grande partie pendant son engagement militaire volontaire sur le front. Le milieu intellectuel autrichien et allemand dans lequel évolua le jeune Wittgenstein a une influence sur sa pensée. L'auteur résume l'entreprise de son ouvrage dans son "avant-propos" : montrer que . La place que tient l'ineffable dans la première philosophie de Wittgenstein apparaît notamment dans la dernière proposition : et ainsi de l"'avant-propos" . C'est en cela que Wittgenstein écrit dans la préface du "Tractatus" qu'il croit avoir . Toutes les propositions du "Tractatus" sont numérotées, les nombres décimaux qui y sont attachés indiquant leur poids logique ou leur importance dans l'exposition selon la seule note de Wittgenstein dans l'ouvrage. Les sept propositions principales du traité, au sens où elles ont un numéro à un seul chiffre, sont les suivantes : McGuinness rapproche la structure du traité, divisé en sept sections, de celle de la création du monde en sept jours et Christiane Chauviré observe que l'ouvrage commence par la Genèse ( ) et se termine sur ce que Wittgenstein appelle le naissant de l'ineffable ( ). Le Wittgenstein du milieu. Après la guerre et la profonde influence qu'elle eut sur Wittgenstein, ce dernier quitte le palais familial et ses conceptions philosophiques changent de nature : il procède à une sévère autocritique de sa première philosophie. Il passe alors quelques années, de 1920 à 1926 à instruire dans trois villages autrichiens de montagne. Après cet épisode dont le seul document écrit est un traité de vocabulaire, le "", Wittgenstein rentre à Vienne et fréquente à quelques reprises le Cercle de Vienne à la demande de Moritz Schlick. Les travaux ayant permis de situer le Wittgenstein du milieu sont les "Quelques remarques sur la forme logique" (1929), "Conférence sur l'éthique" (1929), les "Remarques philosophiques" (1929-1930), la "Grammaire philosophique" (1932-1933), le "Grand Cahier" (1933) et les "Cahiers bleu" et "brun" en 1933-1935. Les thèmes qui peuplent ces textes du milieu sont vastes et variés, certains renvoient à des sujets des première et seconde philosophies de Wittgenstein, d'autres semblent ne jamais réapparaitre. La phénoménologie, par exemple, est une préoccupation constante de Wittgenstein dans le "Grand Cahier", bien que son rapport au Wittgenstein du "Tractatus" ou des "Investigations" soit discuté. Les mathématiques peuvent être considérées comme un autre point d'ancrage de l'investigation du Wittgenstein du milieu. En effet, bien qu'il soit clair que les mathématiques sont au centre du "Tractatus", leurs considérations deviennent plus énigmatiques précisément dans la période intermédiaire. "Recherches philosophiques". Wittgenstein retrouve définitivement Cambridge en 1929, devient docteur en philosophie avec pour thèse son "Tractatus logico-philosophicus" et élabore à cette époque les prémisses d'une pensée neuve, couramment désignée comme sa « seconde philosophie ». La majeure partie de cette philosophie est exprimée dans les quelques livres publiés après sa mort, tels que ses "Recherches philosophiques", les "Cahiers bleu et brun", les cours donnés à Cambridge. Les principales thèses développées lors de son retour à la philosophie doivent donc se comprendre comme des correctifs et compléments aux thèses du "Tractatus". Wittgenstein lui-même, s'il a été très critique de sa première philosophie, voulait qu'il soit publié conjointement au "Tractatus" lors de l'essai de parution avorté des "Recherches philosophiques""." Dans le cas contraire, sa deuxième philosophie serait, comme le fut la première, incomprise. Les oppositions philosophiques principales du "Tractatus logico-philosophicus" sont laissées intactes par le tournant grammatical que prend sa philosophie : d'une part s'opposent le "dire" et le "montrer" ; la "volonté" et la "représentation" d'autre part. Ces rapports se voient renforcés et développés dans l'ajout d'une grammaire à la syntaxe purement logique du "Tractatus." L'opposition se perçoit à présent entre les règles qui dictent à cette grammaire les propositions usuelles. Cependant, Wittgenstein sera très critique de son « dogmatisme » (notamment dans son essai "De la certitude"), alors que c'était selon lui une des principales erreurs que pouvait commettre un philosophe. Le "Tractatus" se fondait sur l'hypothèse que le but de l'analyse logique était de découvrir les formes que peuvent prendre les propositions exprimées dans le langage. Le second Wittgenstein rejette l'idée d'un langage « unitaire et uniforme » : le déplacement majeur s'effectue donc du champ de la logique à la grammaire du langage ordinaire. Tout cela dans un style d'écriture philosophique toujours plus aphorique. Les styles. Wittgenstein cite Kürnberger en exergue du "Tractatus" :Cette devise, que Wittgenstein a probablement lu chez Karl Kraus, est à l'image du caractère « bref » et « cadencé » du "Tractatus logico-philosophicus". Comme voulu par Wittgenstein, le "Tractatus" est aussi une œuvre d’art frappante par la concision incisive du langage, voire "laconique", mais dont le rythme, la « cadence » elle-même lui donnent un style poétique. Ce qui importe pour Ludwig Wittgenstein est autant l'apport de « vérités définitives » que la manière de les apporter. Le "style" dans l'œuvre Wittgenstein prendra une importance philosophique croissante avec le temps. La pensée de Wittgenstein. De par sa conception et sa pratique de la philosophie, Wittgenstein s'est distingué des usages académiques de son temps. Le "Tractatus" est la seule œuvre philosophique publiée de son vivant et ce fait s'explique selon Christiane Chauviré par son rapport à l'institution universitaire qui lui sert . Dans le cas de Wittgenstein, il est délicat de dissocier l'homme du philosophe, « la vie "fait partie" de l'œuvre », note Chauviré. Pour lui, la philosophie n'est pas une discipline élaborant des thèses, des doctrines, mais une activité de critique du langage et de clarification des pensées. Il déclinera cette activité de deux manières différentes généralement associées à deux périodes séparées par plusieurs années d'éloignement des milieux académiques. Wittgenstein hérite de son travail avec Russell et se considère d'abord comme un logicien. De par sa conception de la logique du langage, le discours philosophique se trouve dépouillé de son contenu . En effet, pour lui, le domaine des propositions ayant un sens correspond à une logique des faits représentant le monde et donc, soit on a un discours factuel et on est dans le registre des sciences de la nature, pas de la philosophie, soit on est dans des propositions non-factuelles telles que les jugements de valeur (éthique ou esthétique) ou de métaphysique (Dieu, le « Mystique ») et on a quitté le domaine du sens. La conséquence éthique en est qu'on ne peut "énoncer" de solution aux « problèmes de la vie » qui sont pourtant toujours là. Il s'éloigne alors de la philosophie tandis que son œuvre est prise comme une redéfinition importante de celle-ci, invitant à la poursuivre dans la direction des questions de langage ou comme auxiliaire des sciences de la nature (positivisme logique). Les oppositions philosophiques principales du "Tractatus logico-philosophicus" sont laissées intactes par le tournant grammatical que prend sa philosophie : d'une part s'opposent le "dire" et le "montrer" ; la "volonté" et la "représentation" d'autre part. Ces rapports se voient renforcés et développés dans l'ajout d'une grammaire à la syntaxe purement logique du "Tractatus." L'opposition se perçoit à présent entre les règles qui dictent à cette grammaire les propositions usuelles. Le second Wittgenstein reste donc dans les limites qu'il a fixées mais abandonne l'examen du langage idéal de la logique pour se pencher sur les réalités humaines communes Le sens que portent les propositions est déterminé par leurs conditions de formation et d'énonciation, l'objet même de la philosophie devient plus pragmatiste avec une étude des constructions du sens par les usages dans la vie ordinaire, ce qui inspirera le courant de la philosophie du langage ordinaire. Ontologie : le monde et au-delà. Wittgenstein I : monde, faits, états de choses, objets, Je. Le premier aphorisme du "Tractatus" énonce le monde comme la totalité des faits. Le n'est pas un ensemble d'entité disjointes mais le système des faits, « ce qui a lieu », comme l'énoncera le deuxième aphorisme. Le monde lui-même n'est pas un fait, ni un objet, mais une "totalité" transcendante : un pseudo-concept qui se manifeste, et n'existe pas en fait. L'aphorisme 2 précise la nature du fait et de l'entité (ou chose). La forme nécessaire du monde, unique lieu de nécessité, apparaît dans l'aphorisme 2.012 : . C'est donc les connexions internes entre faits qui sont nécessaires. Le "Tractatus" opère une distinction ontologique entre les objets et les faits : on peut se référer aux objets ou les nommer, décrire les faits ou les énoncer, mais non décrire ou énoncer les objets, ni se référer aux faits ou les énoncer. Les faits sont, avec la deuxième proposition principale du "Tractatus" des "états de choses". Enfin, les faits sont constitués des composantes irréductibles de la proposition : les "objets". Un objet est en dernière analyse seulement défini par son existence : L'introduction des faits permet une distinction fondamentale concernant le lieu du sens, qui ne peut dès lors s’exprimer que dans les faits : . Ainsi le rôle de la logique est de donner une représentation de ces objets, leur donner une "forme logique". Ils sont en eux-mêmes . Cependant, en regard notamment de ses "Carnets" de l'époque de rédaction du "Tractatus", les questions qu'il souhaite résoudre ne pourront avoir pour seul outil la critique du langage : Je ou "mon" monde. Doter de sens une proposition nécessite un sujet qui pense, ou du moins qui se la représente. Si le statut de la proposition et les conditions de son expression sont largement traitées dans le "Tractatus", ce que Wittgenstein dit de la place du sujet dans le monde et de sa nature n'est jamais systématique. Les interprétations des commentateurs à ce sujet sont variées. Wittgenstein se contente de montrer que le sujet (psychologique) ne "peut" pas exister en un certain sens, et "doit" exister en un autre (métaphysique). Ces deux conceptions sont exposées dans le "Tractatus" : Wittgenstein note dès 1916 dans ses "Carnets" que et nécessite un traitement autre qu'objectif. S'il est correct que mes pensées, mes volitions, mes états physiologiques existent dans le monde, il est faux pour l'auteur du "Tractatus" qu'un sujet de mes pensées et représentations existe. Cependant face au , Wittgenstein avance l'existence du sujet : Sans lien avec la psychologie, le moi de Wittgenstein apparaît comme un point à la limite de "mon" monde. Il semble la condition de possibilité "a priori" de mes représentations d'où s’effectue la projection de la réalité dans le langage : le sujet ne pense pas mais "voit". Pour prendre l'analogie anatomique de Wittgenstein, le sujet n'est pas plus dans le monde que l'œil n’est dans le champ visuel. Savoir dans quelle mesure un tel sujet existe ou n'existe pas n'a pour Wittgenstein aucun sens : s'il existe, ce dernier est hors des frontières du pensable et donc inatteignable. Conjointement au rôle du moi, se pose la question du solipsisme, problématique difficile à saisir car selon le philosophe. De fait, la définition du concept par Wittgenstein n'est pas arrêtée, et le philosophe David Favrholdt note que sa discussion dans le "Tractatus" porte plus sur ce que « le solipsisme veut dire » plutôt que sur son contenu. Le solipsisme est au même titre que la nature du sujet une question hors d'atteinte par le langage. Le sujet métaphysique est solipsiste () : jamais je ne peux exprimer autre chose que "mon" monde, « les limites de mon langage sont les limites de mon monde » (). Mais, paradoxalement, ce solipsisme « coïncide avec le réalisme pur » () dès lors que le sujet métaphysique est sans extension, sans intériorité, sans pensées : ce monde dont il est condition nécessaire n'est pas en lui, n'est pas une idée dans un esprit, il est extériorité conditionnée, réalité coordonnée à partir de ce point qu'est le sujet métaphysique (), point à partir duquel s'effectue la « projection » de la réalité dans le langage
Liste d'États disparus Cette liste de pays ou d'États disparus prend en compte les formations étatiques qui, à un moment ou un autre de leur histoire, ont été souveraines, mais ont cessé de l'être depuis. Les raisons provoquant la disparition d'un État indépendant sont multiples : conquête par un autre État, vassalisation, colonisation, intégration pacifique, fusion, effondrement, dislocation, scission, démembrement, changement de constitution, de régime politique et de nom.
Lexicologie La lexicologie est la discipline de la linguistique consacrée à l'étude des mots. Elle s'intéresse à leur nature, à leur étymologie mais aussi aux relations systémiques (notamment sémantiques) qui les caractérisent. Spécifiquement, c'est l'étude de la signification des unités qui constituent le lexique d'une langue. Le lexique contient tous les lexèmes (une unité de sens et son qui relie les formes différentes) d’une langue qu’on connaît ou qui apparaissent dans un dictionnaire. L'étude comprendrait leur nature et leur fonction comme symbole, leur signification, la relation de leur sens à l'épistémologie en général et les règles de leur composition à partir d'éléments plus petits (morphèmes et phonèmes). Cela impliquerait également des relations entre les mots, pouvant par exemple concerner la sémantique (l'amour et affection) la dérivation (exactement et inexactement) ou la distinction sociolinguistique (chair et viande). En bref, cela pourrait impliquer tous les processus impliqués dans l'analyse de l'ensemble du lexique d'une langue spécifique. Le terme a été inventé dans les années 1970. Auparavant, il existait déjà des lexicologues, mais pas officiellement. La lexicologie informatique est un domaine connexe (au même titre que la linguistique informatique est liée à la linguistique) qui traite de l’étude informatique des dictionnaires et de leur contenu. Une discipline apparentée à la lexicologie est la lexicographie : elle étudie les mots, mais en relation avec les dictionnaires et plus précisément, l'inclusion des mots dans les dictionnaires. Parfois, la lexicographie est considérée comme une partie ou une branche de la lexicologie. La différence entre lexicologie et lexicographie peut être considérée comme une différence entre la théorie et la pratique. L'approche structuraliste décompose les unités en sèmes et pratique l'analyse componentielle (ou sémique), c'est-à-dire l'analyse des unités de sens. La lexicométrie, ou statistique lexicale est l'étude quantitative du vocabulaire. Sémantique lexicale. Domaine. Il existe de nombreux types de relations sémantiques entre les mots, par exemple, l'homonymie. La sémantique invoquée spécifiquement en lexicologie s'appelle la sémantique lexicale. La sémantique lexicale est différente de la sémantique d'unités plus grandes (phrases, phrases et textes complets (ou discours)). Cela n'implique pas le même degré de complexité que la sémantique compositionnelle ; cependant, la notion de « mot » peut être extrêmement complexe, en particulier dans les langues agglutinantes. Différents champs d’études, mais toujours liés à la linguistique, incluent d'autres formes de sémantique, comme la sémantique culturelle et la sémantique informatique. La sémantique de calcul peut faire référence à la lexicologie computationnelle ou à la logique mathématique. Approches conceptuelles. De par son nom, elle semble consister en l'étude du lexique d'une langue. Le concept de lexique, ensemble virtuel de tous les mots d'une langue, oriente la lexicologie dans une direction qu'exprime bien la définition de Ferdinand de Saussure quand il parle de « la "lexicologie" ou science des mots », avant de préciser que la lexicologie étudie les mots « tels qu'ils sont enregistrés dans le dictionnaire ». Au concept de lexique, les lexicologues préfèrent la réalité des "vocabulaires". De ce point de vue, la définition donnée par Georges Matoré : « étude analytique des faits de vocabulaire », ramène en quelque sorte la lexicologie dans le champ des usages réels, dans la contingence des pratiques linguistiques ordinaires. C'est ce que montrent bien les grandes thèses de lexicologie citées en bibliographie. C'est ce que montre aussi le programme de recherche exprimé par Robert-Léon Wagner : « Comprendre comment et pourquoi — les deux questions sont solidaires — dans un domaine du lexique donné, à une époque donnée, un mot remplit les fonctions qu'on attend de lui ». Étude des vocabulaires, la lexicologie croise donc l'ensemble de la langue, les interlocuteurs, les sociétés et leurs histoires respectives. Comme l'écrit Roland Eluerd : « Une telle complexité, qui ne peut être enfermée dans des structures trop formelles, relève de l'usage au sens où l'entendent Peirce et Wittgenstein ». La question « Comment parlons-nous ? » est inséparable de la question : « De quoi parlons-nous ? » Structuration lexicologique. Dans ce cadre, deux versants apparaissent. D'un côté la structuration en partie formalisable des unités étudiées par la phonologie, la morphologie et la sémantique lexicales. Pour cette dernière, le travail de systématisation porte sur les combinatoires syntagmatiques et paradigmatiques dont participent l'homonymie, la polysémie et la monosémie, la superordination (hyperonymie et hyponymie), la synonymie et l'antonymie. Description lexicologique. L'autre versant, intrinsèquement rebelle à toute systématisation ou formalisation est celui de la description des occurrences ordinaires et attestées (ce point est capital) dans leurs dimensions historiques et sociales, anthropologiques et individuelles. Champs d'étude. Dans ce travail, la lexicologie dispose d'un horizon largement commun avec les historiens qui donnent à l'échange langagier sa dimension collective et recoupent ainsi la prise en compte de l'usage (Régine Robin, Jacques Guilhaumou, Denise Maldidier).
Lexicographie La lexicographie est la science qui consiste à recenser les mots, les classer, les définir et les illustrer, par des exemples ou des expressions, pour rendre compte de l'ensemble de leurs significations et de leurs acceptions au sein d'une langue, afin de constituer un dictionnaire. Elle se distingue de la lexicologie, de la sémantique et de l'étymologie. Dictionnaires. Pierre Larousse (1817-1875) mourut avant même de voir son dictionnaire achevé. Alain Rey (1928-2020) dirigea et fut aussi le rédacteur de plusieurs types de dictionnaires dont le Dictionnaire historique de la langue française. Lexicographie et dictionnairique. En 1987, Bernard Quemada propose de distinguer deux concepts essentiels dans la conception d'un dictionnaire. La lexicographie, d'une part, correspond à l'ensemble des activités de recherche, d'analyse lexicologique et de compilation qui participent à l'élaboration d'un dictionnaire, qu'il y ait publication du dictionnaire ou non. La dictionnairique, d'autre part, désigne la discipline dont le principal objectif est la commercialisation d'un dictionnaire. Informatique. La lexicographie va aujourd'hui de pair avec l'informatique. L'informatique accélère et facilite grandement la tâche du lexicographe attaché à la rédaction d'un dictionnaire. De nombreuses langues qui auraient été jadis condamnées à disparaître, principalement à cause de la rareté de leurs locuteurs et du coût de la création d'un dictionnaire papier, peuvent être sauvées : Toute personne ayant la double compétence lexicographique et informatique, qui se fixe comme objectif la collecte des mots et des expressions constituant toute langue, et en réalise le corpus, peut créer un dictionnaire pour une langue en voie de disparition ou en conserver les derniers vestiges.
Hindi Le hindi (autonyme : "") est une langue indo-européenne, issue d'une standardisation des langues hindoustanies, utilisant les caractères et du vocabulaire sanskrit. Parlée essentiellement dans le nord et le centre de l'Inde, c'est une langue indo-européenne de la branche des langues indo-aryennes, qui en est la plus vaste famille, dérivée du sanskrit et de divers prâkrits, écrite la plupart du temps au moyen de l'alphasyllabaire devanagari, qui se lit et s'écrit de gauche à droite. Le hindi, une des principales langues en Inde, est une des deux langues utilisées par le gouvernement fédéral avec l'anglais. Officiellement, le hindi devrait servir de lingua franca dans le pays, ce qui, dans les faits, n'est pas toujours le cas. En 2001, 41 % de la population indienne a déclaré avoir le hindi (ou un de ses dialectes) comme langue maternelle. Le hindi serait parlé en langue seconde par 20 à 25 % des Indiens, et son importance continue d'évoluer, car il est enseigné dans tous les États de l'Inde. Avant la partition de 1947 entre l'Inde et le Pakistan, le hindi, langue officielle de l'Inde, et l'ourdou, langue officielle du Pakistan, constituaient une seule et même langue dans leur version "familière" appelée hindoustani. Cette version familière est toujours utilisée dans le cinéma indien en langue hindi dont fait partie Bollywood. Dans leurs versions courante et soutenue le hindi s'écrit officiellement avec l'alphasyllabaire devanāgarī (de gauche à droite) et son vocabulaire provient essentiellement du sanskrit, alors que l'ourdou s'écrit au moyen de l'alphabet arabe (de droite à gauche), avec un vocabulaire dérivé du persan. La syntaxe et les verbes des deux langues sont issus du sanskrit, ce qui rend les deux langues mutuellement compréhensibles à l'oral dans leur version familière où elles partagent une partie de leurs vocabulaires. Néanmoins, la sanskritisation du hindi et la persianisation de l'ourdou depuis la partition de 1947 dans les écoles et institutions respectives des deux pays ne permettent plus une aussi grande compréhension entre les locuteurs des deux langues. De nos jours, le hindi et ses dialectes tels que le bhojpuri sont parlés par au moins un milliard d'habitants dans le monde, principalement en Inde, au Népal et par la diaspora nord-indienne, comme à Maurice. Aussi, un locuteur du hindi communique aisément avec un locuteur de l'ourdou, lequel est presque la même langue : les différences sont dans les accents et les mots à caractères religieux ; à propos de l'islam pour l'ourdou et de l'hindouisme pour le hindi. Cependant, les alphabets sont différents pour lire. Phonologie et écriture. L'écriture devanāgarī, de type alphasyllabaire, est constituée de signes consonantiques comportant une voyelle inhérente, susceptible d'être modifiée ou supprimée par des signes annexes. Le tableau ci-dessous récapitule les voyelles en forme pleine et avec leur forme abrégée (signe diacritique ou mātrā, मात्रा) accolée à la consonne . Le tableau ci-dessous indique l'ordre traditionnel du sanscrit et du hindi avec les équivalents en français. Chaque consonne indiquée ci-dessous est considérée comme suivie de sa voyelle inhérente « neutre » schwa (), et est nommée comme telle. La prononciation est indiquée à l'aide de l'alphabet phonétique international (API). Lexique. Le lexique de hindi comporte les mots natifs qui sont dérivés du sanskrit au moyen des prâkrits, les emprunts sanskrits, les emprunts persans et arabes, et les emprunts anglais. Généralement, les mots persans et arabes non techniques sont plus familiers et plus connus que les mots empruntés directement au sanskrit. Cependant depuis la partition, on note une réelle sanskritisation de la langue écrite, particulièrement dans la presse et dans les ouvrages savants. Adjectifs numéraux cardinaux. Le hindi présente la particularité d'avoir des adjectifs numéraux cardinaux (chiffres et nombres) tous différents de 0 à 100. Même si certains éléments sont récurrents, 45, par exemple, ne pourra se déduire ni de 5, ni de 40, ni de 25 ou 35. En d'autres termes, il faut les apprendre individuellement. La nasalisation se marque soit par un point au-dessus de la voyelle : anusvāra exemple पंद्रह pandrah ou par un signe ँ au-dessus de la lettre : candrabindu (चन्द्रबिन्दु)(exemple : पँ prononcé « pan »). L'anusvara peut être remplacé par un demi N दन्त dant ou दंत dant : dent 0:० - 1:१ - 2:२ - 3:३ - 4:४ - 5:५ - 6:६ - 7:७ - 8:८ - 9:९ 1: एक - 2: दो - 3: तीन - 4: चार - 5: पाँच - 6:छ - 7: सात 8: आठ - 9: नौ - 10: दस - 11: ग्यारह - 12: बारह - 13: तेरह 14: चैदह - 15: पंद्रह - 16: सोलह - 17: सत्रह - 18: अठारह 19: उन्नीस - 20: बीस - 21: इक्कीस - 22: बाईस - 23: तेईस 24: चौबीस - 25: पच्चीस - 26: छब्बीस - 27: सत्ताईस 28: अट्ठाईस - 29: उनतीस - 30: तीस - 31: इकत्तीस - 32:बत्तीस 33: तैंतीस - 34: चौंतीस - 35: पैंतीस - 36: छत्तीस - 37: सैंतीस 38: अड़तीस - 39: उनतालीस - 40: चालीस - 41: इकतालीस 42: बयालीस - 43: तैंतालीस - 44: चवालीस - 45: पैंतालीस 46: छयालीस - 47: सैंतालीस - 48: अड़तालीस - 49: उनचास 50: पचास - 51:इक्यावन - 52: बावन - 53: तिरपन 54: चौवन - 55: पचपन - 56: छप्पन - 57: सत्तवन 58: अट्ठावन - 59: उनसठ - 60: साठ - 61: इकसठ - 62: बासठ 63: तिरसठ - 64: चौसठ - 65: पैंसठ - 66: छियासठ - 67: सड़स 68: अड़सठ - 69: उनहत्तर - 70: सत्तर - 71: इकहत्तर - 72: बहत्तर 73: तिहत्तर - 74: चौहत्तर - 75: पचहत्तर - 76: छिहत्तर 77: सतहत्तर - 78: अठहत्तर - 79: उनासी - 80: अस्सी 81: इक्यासी - 82: बयासी - 83: तिरासी - 84: चौरासी 85: पचासी - 86: छियासी - 87: सतासी - 88: अठासी 89: नवासी - 90: नब्बे - 91: इक्यानवे - 92: बानवे 93: तिरानवे - 94: चौरानवे - 95: पचानवे - 96: छियानवे 97: सत्तानवे - 98: अट्ठानवे - 99: निन्यानवे - 100: सौ 101: एक सौ एक - 1000: हज़ार - 100 000: लाख 10 000 000: करोड़ Ressemblances lexicales avec le français. Malgré la distance qui sépare la France du sous-continent indien, certains mots en hindi ressemblent beaucoup au français, car ces deux langues, la première (surtout issue du sanskrit), et la seconde (surtout issue du latin), sont indo-européennes et ont donc des origines linguistiques communes. « Je », « moi » se dit "mai" (mè), « lèvre » "lab", « tu » "tū", « meurs » "mar", « mère » "mā", « quoi » "kyā", « deux » "do", « sept » "sāt", « neuf » "nau", « dix » "das", « donner » "dena", « nez » "nak", « nom » "nam", « divin » "déva", « jalouse » "jale". Emprunts en français. On trouve en français quelques mots issus du hindi, notamment « bégum », « bungalow », « », « jungle », « punch », « pyjama », « shampooing », « calicot », « palanquin », « bonduc », « », « véranda », « », « », « chutney », « achards » (à l'île de la Réunion). La plupart ont été introduits par l'intermédiaire de l'anglais, du portugais ou de l'arabe, comme « avatar ». Certains mots, plus anciens, remontent à la colonisation française en Inde, avant 1757, quand la France était influente sur de vastes territoires indiens. Locuteurs. Le hindi est parlé dans plusieurs États du Nord. Ces derniers forment un ensemble régional que l’on appelle la « "Hindi Belt" » (ceinture hindi) et dans lequel le hindi peut être considéré comme la langue maternelle de la grande majorité des habitants. C'est la langue officiellement adoptée dans la Constitution pour les îles Andaman et Nicobar, pour le Bihar, le Chandigarh, le Chhattisgarh, Delhi, le Haryana, le Himachal Pradesh, le Jharkhand, le Madhya Pradesh, le Rajasthan, l'Uttar Pradesh et l'Uttarakhand. C'est l'une des vingt-deux langues de la Constitution indienne (assamais, bengali, bodo, dogri, gujarati, hindi, kannada, cachemiri, konkani, maïthili, malayalam, manipuri (meitei), marathi, népalais, oriya, pendjabi, sanskrit, santali, sindhi, tamoul, télougou, et ourdou). Le hindi, associé à l'anglais, est aujourd'hui la langue officielle de l'Union indienne. Après la partition en 1947, l'anglais devait demeurer la langue officielle à titre provisoire durant et être progressivement remplacé par le seul hindi. Rencontrant une forte opposition des États dravidophones (dans le sud du pays), particulièrement au Tamil Nadu et handicapé par sa difficulté à moderniser son lexique et sa syntaxe, le hindi n'a pu se substituer à l'anglais et n'a pu se diffuser dans tous les États de l'Union indienne. Bien que n’étant plus à parité avec le hindi depuis 1965, l’anglais a retrouvé aujourd’hui une place essentielle. En effet, l'ouverture de l'industrie indienne vers le monde extérieur depuis les années 1990 et la mondialisation de l'économie rendent les projets de son élimination inenvisageables. L'intercompréhension entre un locuteur du hindi et de l'ourdou se passe généralement très bien, et globalement, il n'y a pas de problème de compréhension entre les deux locuteurs, sinon des accents régionaux souvent très prononcés. La principale différence est que l'ourdou a dans son vocabulaire de nombreux mots issus de la religion islamique, dont des mots d'origine arabe, qui ne concernent pas les locuteurs non musulmans du hindi. À l'inverse, en hindi, de nombreux mots de vocabulaire concernent la religion et les pratiques hindoues, et ne concernent donc pas les locuteurs de l'ourdou. La différence la plus notable est l'écriture des deux langues avec deux alphabets différents (alphabet arabe pour l'ourdou et devanagari pour le hindi). Donc, les deux langues sont intercompréhensibles par plus d'un milliard d'individus, ce qui la rapproche du chinois mandarin et ses multiples dialectes, parlés par plus de de personnes (mais le chinois et ses dialectes s'écrivent de manière unique). Avec l'enseignement du hindi qui se développe, surtout dans les états du sud de l'Inde, cette langue pourrait être comprise, et parlée à des degrés divers par environ 80 à 85 % de la population Indienne, en 2050. En 2013, le hindi était déjà la langue maternelle de d'Indiens, et parlée en seconde langue entre environ de personnes, et jusqu'à de personnes, ce qui signifierait que déjà, en 2013, entre et de personnes, pourraient parler à des degrés divers le hindi, soit entre 30 % de la population pour le taux le plus bas, et plus de 50 % de la population, pour le taux le plus haut (sans compter les locuteurs du ourdou). Globalement, d'ici à 2025, au moins un citoyen Indien sur deux serait en mesure de parler à des degrés divers le hindi, ce qui en ferait donc la première langue véhiculaire de l'Inde, loin devant l'anglais, parlé par 1 % des Indiens, et compris ou parlé à des degrés divers par environ 9 % de la population. Il n'y a en Inde que de langue maternelle anglaise.
Land Rover Land Rover est un constructeur automobile britannique fondé à Solihull (Angleterre) et spécialisé dans la fabrication des véhicules tout-terrain et SUV de luxe. Présentation. L'entreprise a été fondée à Solihull en 1948 par les frères Wilks, Spencer et Maurice. Les premiers véhicules nommés "Land Rover" ont été construits pendant l'été 1947. Le Land Rover est de conception simple et robuste, apte à rouler dans des environnements exigeants. Ce véhicule a été nommé pendant plusieurs années comme étant « La reine des 4X4 ». La meilleure marque appartient au constructeur indien Tata Motors depuis mars 2008 au sein de Jaguar Land Rover, après avoir été rachetée par BMW en 1994 puis par le groupe Ford en 2000. Les ventes du constructeur en 2013 atteignent , en croissance de 15 % par rapport à 2012. En 2017, les ventes atteignent commercialisés (en progression de 2 %). En , Ralf Speth devient le nouveau directeur de Jaguar et Land Rover. En , Gerd Mäuser est nommé au poste de directeur marketing en remplacement de Phil Popham parti chez Sunseeker. Le , l'allemand Felix Brautingam succède à Gerd Mäuser au poste de responsable marketing. Le , le français Thierry Bolloré remplace Ralf Speth à la direction de Jaguar Land Rover. Le , le néerlandais Lennard Hoornik devient le nouveau directeur marketing et remplace Felix Brautingam. Histoire. Le mythe du "Land" est né après la Seconde Guerre mondiale, lorsque le gouvernement britannique encourageait ses industriels à trouver de nouvelles idées pour relancer ses exportations. Chez Rover, Maurice Wilks, ingénieur en chef, et son frère Spencer directeur général, avaient remarqué en effet que la Jeep Willys s'était rendue indispensable auprès des populations civiles. Maurice Wilks et son frère Spencer décident de lancer une étude. Les frères Wilks proposèrent alors un véhicule utilitaire inspiré de la Jeep Willys, à l'aise dans tous les terrains et peu onéreux parce que sa conception était simple : châssis en échelle, ponts rigides et carrosserie boulonnée. La pénurie d'acier interdisant la production d'une telle carrosserie à grande échelle, Spencer et Maurice Wilks ont eu l'idée de se tourner vers l'aluminium aéronautique pour habiller ses châssis. Le , le premier "Land" est présenté au Salon de l'automobile d'Amsterdam. En de production, le véhicule aux lignes carrées bien connues des lionceaux et éléphanteaux du monde entier a fortement évolué, tout en conservant son aspect unique : panneaux de carrosserie en aluminium sur ossature en acier, châssis court ou long, bâché, tôlé, vitré ou Station Wagon. Il a connu jusqu'à présent cinq générations : le Série I (1949-1958), le Série II (1958-1973), le Série III (1973-1983), et les Land Rover 90 et 110, appelés Defender depuis 1989 (1983-2016). Le Defender II est quant à lui commercialisé depuis 2020, après une interruption de quatre ans. Séries I. C'est un engin polyvalent dont la robustesse est mise à l'épreuve dans le monde entier. Le mécanisme des moyeux débrayables ("free wheeling hubs") peut s'ajouter en accessoire à la sélection manuelle deux ou quatre roues motrices, dès 1950. Puis le châssis s'allonge, la cylindrée passe à et la puissance à à partir de 1953, tandis que la carrosserie à flancs plats demeure inchangée. Le concept et la ligne générale du Land étaient fixés pour toujours. Séries II. En 1958, le dixième anniversaire de la marque est célébré par l'arrivée du Série II. Quoique très semblables à leur prédécesseur, le 88 et le 109 apparaissent mieux finis que les premiers. On note l'apparition de la carrosserie actuelle, plus volumineuse que la précédente, avec un renflement latéral sur toute la longueur de la caisse et une calandre en grillage métallique. Ils sont, en outre, dotés du en version à essence ou Diesel, dernière évolution du précédent . En 1959, le 250 000 Land Rover sort des chaînes de l'usine de Solihull et en 1966, c'est au tour du 500 000 Land d'être fêté. En 1967, British Leyland, possédant une très grande gamme de fabricants de voitures anglaises, devient propriétaire de la marque. Cette même année, le Land 109 est équipé (en option) d'un de et en 1968, les phares, jusqu'alors placés devant le radiateur, migrent vers les extrémités d'ailes pour suivre la législation américaine. Séries II à la télévision. De 1966 à 1969, des modèles de cette série sont utilisés lors des épisodes TV de la série américaine d'aventures animalières Daktari. De 2003 à 2007, un Land Rover séries II est utilisé par Rosemary Boxer et Laura Thyme dans la série TV, Rosemary and Thyme. Séries III. En 1971, le flambeau est repris par le Série III et la 750 000 unité est produite. Ce n'est pas vraiment une révolution, mais une sensible évolution avec une nouvelle calandre en plastique, des charnières plates, une nouvelle planche de bord (les instruments sont face au conducteur), une nouvelle suspension, boîte de vitesses synchronisée et un moteur de à qui apporte un réel agrément (moins de vibrations et moins de bruit) à partir de la fin 1980. Lorsque la production du Série III cesse, en 1983, plus d'un million de véhicules sont sortis des ateliers de Solihull depuis l'apparition du Série I en 1948. Le Santana PS10 Anibal, puis l'Iveco Massif/Campagnola, produit par le constructeur espagnol Santana Motor est un dérivé du "Land Rover Série III", qui avait été produit sous licence en Espagne, par cette firme. Land Rover 90 et 110 ("Ninety" et "One Ten"), puis "Defender". C'est la quatrième génération des Land Rover, apparue en 1983-1984, pour remplacer les valeureux modèles Série III. L'évolution est remarquable par rapport aux Séries III : des ressorts hélicoïdaux offrent un meilleur confort et une capacité de franchissement accrue, des freins à disques sont installés à l'avant et une direction assistée est fournie de série. Esthétiquement, ce modèle se différencie par la calandre, un pare-brise en une seule pièce et des élargisseurs d'ailes à l'avant et à l'arrière. La ligne générale demeure identique au Series II de 1958 et le choix de carrosserie reste le même : bâchée, tôlée, pick-up et station wagon. Le premier modèle de la gamme fut le châssis long "110" (1983), suivi du châssis court "90" (1984), mais la motorisation conserve les archaïques à essence ou Diesel et le V8 . En , le Diesel évolue vers un bloc de , toutefois, sa cylindrée supérieure ne lui permettait pas de développer plus que les de la version , il fournissait en revanche légèrement plus de couple. Il a servi de base au turbo Diesel, installé en . La greffe de ce turbocompresseur (Garret AiResearch T2) fait passer la puissance du moteur de . Le tout nouveau moteur 200 TDi ayant fait ses preuves sur le Discovery à partir de 1989, il fut implanté avec succès sur le Land en 1990. Le véhicule en fut métamorphosé et baptisé « Defender ». La souplesse s'ajoutait à ses qualités de reprises. En adoptant (en 1994) l'ultime évolution du moteur 200 TDi appelé 300 Tdi, ainsi que la nouvelle boîte de vitesses R380, le Defender a acquis les qualités d'un véhicule moderne tout en gardant une forte personnalité. Le moteur est devenu nerveux, la boîte précise et rapide et la silhouette reste celle du Land, inimitable. 2000 : Land Rover dans le groupe Ford. Le , le groupe Ford rachète Land Rover au constructeur allemand BMW pour de dollars soit d'euros et l'intègre dans sa division Premier Automotive Group. Ce rachat permet à l'américain de se développer sur le marché des . Defender I. Tout en gardant son esthétique inimitable, un nouveau modèle est sorti en : le nouveau Defender, avec un nouveau moteur d'origine Ford – un turbo Diesel à rampe commune – une boîte six vitesses, et un nouvel intérieur avec des sièges face à la route bien plus confortables que les banquettes latérales. Defender II. Land Rover commercialise depuis 2020 la seconde génération de son Defender, mais avec une apparence moderne tout en restant cubique. Land Rover LRX. Land Rover a dévoilé au salon de Détroit 2008, le Land Rover LRX, qui en fait un SUV compact, une sorte de Freelander 2 en version trois portes. Ce concept est une réponse au très agressif BMW X6. Le concept est une évolution du Range Stormer qui était présenté à ce même salon quatre ans plus tôt. Le LRX est légèrement plus court que le Freelander 2, mais Land Rover s'inspirera fortement des dimensions du LRX pour son sixième modèle, un SUV trois portes. Le modèle de série sur base du concept LRX sortira dans la seconde partie 2011 et sera vendu dans sous le nom de Evoque. Le Evoque sera le plus petit modèle de la gamme Range Rover et sera le premier modèle disponible en motrices, mais une version motrices sera toujours disponible. La présentation se fera lors du salon de l'auto de Paris 2010. Le , Ford informe le gouvernement britannique du souhait de vendre Jaguar et Land Rover. L'année précédente, le constructeur américain a perdu plus de d'euros, non pas à cause de Land Rover, car cette marque a affiché des ventes records en 2006, mais plutôt à cause de Jaguar et d'elle-même. En effet, la concurrence du luxe est rude (Bentley du groupe allemand Volkswagen AG et Aston Martin appartenant à David Richards, un ancien pilote anglais) et les produits Ford en Amérique se vendaient plus difficilement. C'est pourquoi Ford a décidé de se débarrasser de Jaguar et de Land Rover, car cette marque dépend de Jaguar pour la partie motorisation (moteur V8). Tata Motors a racheté Land Rover et Jaguar à Ford pour la somme de de dollars le . Après ce rachat, Tata Motors transfère Land Rover et Jaguar dans Jaguar Land Rover. Lieux de production. Jaguar Land Rover fabrique des voitures Land Rover dans des usines situées dans cinq pays.  Au Royaume-Uni, le Range Rover , le Range Rover Sport et le Range Rover Velar sont construits dans leur usine de Solihull près de Birmingham et les Discovery Sport et Evoque sont construits dans leur usine de Halewood près de Liverpool. En octobre 2018, JLR a ouvert une nouvelle usine à Nitra , en Slovaquie , pour construire le Discovery , et y construit également le new Defender. Au Brésil, la société construit à la fois le Discovery Sport et l'Evoque dans son usine d' Itatiaia qui a été ouverte en juin 2016.  JLR construit des voitures depuis 2011 à Pune , en Inde, et y construit actuellement le Discovery Sport et l'Evoque. Dans le cadre d'une joint-venture 50/50 avec Chery à Changshu en Chine, Discovery Sports et Evoques sont également construits. Historiquement, les Land Rover étaient fabriqués principalement à l' usine de Solihull jusqu'à ce que la production du Freelander soit transférée à l' usine de Halewood. Le Freelander a également été assemblé sous forme CKD dans les installations de Land Rover à Pune, en Inde. À partir de 2015, la société a continué à se développer en construisant localement en Inde et en augmentant le nombre de modèles fabriqués dans l'usine JLR de Chikhali près de Pune pour inclure le Discovery Sport et l'Evoque. Les modèles Defender ont été assemblés sous licence dans plusieurs endroits du monde, notamment en Espagne (Santana Motors), en Iran (Pazhan Morattab), au Brésil (Karmann) et en Turquie (Otokar). Modèles. Modèles Historiques Modèles Actuelles
Louis-Lazare Zamenhof Lazare Markovitch Zamenhof, plus connu sous le nom de Louis-Lazare Zamenhof, est un médecin ophtalmologiste né le à Białystok dans l'Empire russe et mort le à Varsovie. Né dans une famille juive, ses langues d’usage sont le yiddish, le russe et le polonais. Il est connu pour avoir élaboré la langue construite espéranto dans son ouvrage "Langue Internationale", publié en russe le sous le pseudonyme Doktoro Esperanto (« le docteur qui espère »). Il fut nommé une douzaine de fois au prix Nobel de la paix. Biographie. Białystok au. La ville cosmopolite de Białystok faisait alors partie de l'Empire russe (gouvernement de Grodno) et était habitée par des Polonais, des Allemands et des Russes de religions diverses. Ville de , Białystok héberge quatre communautés et quatre langues qui forment des barrières sociales : le russe (), polonais (), allemand () et yiddish (). Enfance à Białystok. Louis-Lazare Zamenhof nait le dans une famille d’origine israélite, à Białystok. Markus Zamenhof, son père, né en 1837, est instituteur d’allemand et de français et fonde une école à Białystok. Rigoureux et travailleur, il rejette la pratique du judaïsme. Rosalia Zamenhof, née Sofer en 1839, sa mère, éduque ses enfants dans l’amour de Dieu et de son prochain. Zamenhof est l’ainé d’une fratrie de onze enfants, dont trois meurent jeunes. Zamenhof apprend rapidement plusieurs langues. À dix ans, il parle quatre langues. Ses parents l’élèvent en utilisant le russe et le polonais. Il apprend également le yiddish dans son quartier et l’hébreu par la pratique religieuse. Son père lui enseigne également l’allemand, avec lequel il a des facilités, et le français, avec lequel il a plus de difficultés. Son intérêt pour les langues réside dans le soupçon qu’il a que leur grand nombre est source de désunion. Ce soupçon apparait tôt chez Zamenhof, qui se rend souvent sur la place de Białystok, où il constate que les différents groupes de la ville se comprennent difficilement. Dans sa lettre de 1896, il confie à Nikolaï Afrikanovitch Borovko les propos suivants : Varsovie. En 1873, Markus Zamenhof accepte un poste d’enseignant d’allemand au gymnasium royal et à l’institut vétérinaire de Varsovie. La famille y déménage. Le premier projet de langue internationale. Alors qu’il aime la langue russe, , à l’échelle du monde, à travers une langue n’appartenant à aucun pays dominant, sans lien avec quelque nation que ce soit. Il s’attèle donc sans tarder à la tâche. Il n’a que lorsqu’il présente un projet baptisé "Lingwe Uniwersala" à ses camarades de lycée. Études. À Moscou, les études de médecine n’empêchent pas Louis-Lazare de toujours s’intéresser aux langues. À , il rédige la première grammaire yiddish, restée non publiée. Après deux ans d’études, il revient à Varsovie, certain que son père, homme scrupuleux, a conservé ses manuscrits en lieu sûr et qu’il pourra enfin reprendre ses travaux linguistiques. Mais sa mère lui révèle alors que son père a tout détruit. L’amertume et la rancœur cèdent vite la place à la détermination. Quoi qu’il en soit, Louis-Lazare se sent désormais libre et se remet à l’ouvrage. Sa mémoire lui permet de reconstituer l’essentiel de sa langue. Il lui apporte des modifications et des améliorations. On sait qu’il effectua ses observations de linguistique comparée lors de ses études de médecine à Moscou, ceci grâce aux contacts directs qu’il avait avec des étudiants venus de toutes les régions linguistiques du vaste empire russe. 1887 : année de la chance. Le , après bien des difficultés, parmi lesquelles la censure et les obstacles financiers, résolus grâce à son futur beau-père, Louis-Lazare parvient à publier un premier manuel en russe sous le titre Langue Internationale. Il adopte alors le pseudonyme de « Doktoro Esperanto ». C’est par le biais de ce pseudonyme que nait le nom sous lequel la Langue Internationale se fera peu à peu connaître du grand public. Il travaille toujours intensivement, malgré bien des épreuves. Il écrit en prose et en vers et réalise de nombreuses traductions, afin que la "Langue Internationale" soit éprouvée, rodée, qu’elle n’ait rien à envier aux autres sur les plans de l’expression, de la précision, de l’esthétique. Des avis favorables se manifestent peu à peu : American Philosophical Society en 1889, Max Müller, l’un des plus éminents linguistes de l’époque, et Léon Tolstoï en 1894. En 1889 paraît la première liste de mille adresses ; il y en aura en 1900, en 1905. Falsifications. En 2008, Árpád Rátkai compile les informations de 97 encyclopédies dans 19 langues différentes. Il identifie 34 formes de prénoms de Zamenhof différents. Hommages et postérité. La maison de Białystok. La maison dans laquelle est né Zamenhof était située au 6 rue Zielona. En 1919, la rue est renommée rue Zamenhof. En 1958, à cause de l’élargissement de la rue, la maison est rasée malgré les protestations des espérantistes polonais. L’année suivante, pour le centenaire de la naissance de Zamenhof, une plaque commémorative est apposée sur un immeuble proche. Autres. Un peu après la fondation de la Société des Nations (SDN), 13 pays incluant ensemble environ la moitié de la population mondiale, dont la Chine, l'Inde et le Japon recommandent, en , d'utiliser l'espéranto comme langue de travail additionnelle de l'institution. Cette recommandation se heurte au véto de la France dominée alors par une majorité conservatrice qui pense maintenir ainsi le statut du français comme première langue diplomatique. Néanmoins l'espéranto devient, particulièrement à partir de ce moment, la langue internationale auxiliaire de référence. À partir des années 30 les espérantistes vont être fortement réprimés par les dictatures, particulièrement hitlérienne et stalinienne. Le 15 décembre est considéré comme le Jour de Zamenhof par de nombreux espérantistes. Il s'agit de l'anniversaire de Zamenhof, mais aussi le jour où à 19 ans il présenta à ses amis les ébauches de ce qui allait devenir l'espéranto. Les espérantistes profitent généralement de l'occasion pour se réunir. De nombreux objets à travers le monde portent le nom de Zamenhof ou de l'Espéranto. Ces objets sont appelés ZEO (Zamenhof/Esperanto objektoj) et sont généralement des rues, mais peuvent être des bateaux, des bustes, des monuments, voire des astéroïdes. Une liste sur la version Espéranto de Wikipédia compte notamment (en ) pour la France, 95 rues, places, ponts, squares…... portant le nom de Zamenhof, ainsi que cinq monuments lui étant dédiés. À cela s'ajoutent les rues, monuments, arbres dédiés à l'Espéranto ainsi que le musée national de l'espéranto à Gray (Haute-Saône), unique en France. Parmi les bustes, on cite celui qui fut réalisé par l'artiste-peintre espérantiste Ludovic-Rodo Pissarro et exposé au Salon des indépendants de 1935. Parmi les adeptes de l'Ōmoto, issue du shintoïsme, il est considéré comme un dieu. Cette religion reconnait de nombreux dieux ("kamis") mais qui seraient les différents aspects d’un seul. Jusqu'à son décès en 2005, le Japonais Itō Kanji a continué de réunir les écrits et discours de Zamenhof (, soit plus de ) sous le pseudonyme de Ludovikito. Le centenaire de la mort de Zamenhof est marqué le , par la clôture de l'année Zamenhof au siège de l'UNESCO. Enfants. Louis-Lazare Zamenhof et sa femme Klara ont eu trois enfants : un fils Adam et deux filles Sofia et Lidia. Lidia Zamenhof devient enseignante de l'espéranto, voyageant en Europe et aux États-Unis et devient baha'ie. Les trois enfants de Louis-Lazare Zamenhof sont assassinés lors de l'Holocauste. Louis-Christophe Zaleski-Zamenhof, fils de Adam Zamenhof et seul petit-enfant de Louis-Lazare Zamenhof sera le seul survivant de la famille. Adolf Hitler avait écrit dans "Mein Kampf" : Si bien qu'après l'invasion de la Pologne, la Gestapo de Varsovie reçoit l'ordre de « prendre soin » de la famille Zamenhof. Adam est donc tué dans un camp en 1940 et les deux sœurs sont assassinées dans le camp d'extermination de Treblinka en 1942.
Causes de la Réforme
Septante La Septante (LXX, latin : "Septuaginta") est une traduction de la Bible hébraïque en grec koinè. Par extension, on appelle Septante la traduction en grec de l'Ancien Testament (ou Écritures hébraïques). Le judaïsme n'a pas adopté la Septante, choisissant plutôt le texte hébreu et des traductions grecques ou araméennes ("Targoum") plus proches selon leurs autorités dudit texte. Selon une tradition rapportée dans la "Lettre d'Aristée" (), la traduction de la Torah aurait été réalisée par 72 (septante-deux) traducteurs à Alexandrie, vers 270 av. J.-C., à la demande de Ptolémée II. Selon Philon d'Alexandrie, ces 72 érudits auraient traduit séparément l'intégralité du texte mais, au moment de comparer leurs travaux, auraient constaté avec émerveillement que les 72 traductions étaient toutes identiques. Légende sur l'origine de la Septante. La légende prétend que très vite après la fondation d'Alexandrie par Alexandre le Grand en -331, une diaspora juive s'y développe fortement, en particulier autour du Palais royal, à tel point que deux des cinq quartiers de la cité sont réservés aux « descendants d'Abraham ». Les Juifs continuent à étudier l'hébreu et les textes de l'Ancien Testament. Le culte synagogal est public et les Grecs se montrent curieux des « sagesses barbares ». Quelques-uns gagnent le statut reconnu de « Craignant-Dieu » (signalés dans les Actes des Apôtres) en cela qu'ils suivent les préceptes du judaïsme, au moins les 7 lois des fils de Noé, sans aller jusqu'à une conversion qui implique la circoncision. Selon la légende relatée dans la lettre d'Aristée (), la Septante serait due à l'initiative du fondateur de la Bibliothèque d'Alexandrie, Démétrios de Phalère, ancien oligarque d'Athènes. Vers 270 av. J-C., celui-ci aurait en effet suggéré à Ptolémée (au pharaon selon Aristée) d'ordonner la traduction en grec de tous les livres israélites, textes sacrés et narrations profanes, écrits en hébreu. Le Lagide, souverain hellénistique le plus cultivé de son temps, apparaît également soucieux de connaître les règles des divers peuples qui lui sont assujettis dans le cadre d'une réorganisation de son royaume. Les savants juifs au nombre de 72 (six de chacune des douze tribus d'Israël) auraient été chargés de ce travail qui, en leur honneur, porte le nom de "Version des" Septante. La tradition prétend que le souverain sacrificateur de Jérusalem, Éléazar, n'aurait accédé à la demande de Ptolémée qu'à une condition : l'affranchissement des Juifs de Judée, que Ptolémée avait fait prisonniers et réduits à l'esclavage en Égypte. Une légende similaire est relatée par Philon d'Alexandrie. Dans son récit, qui n'est pas nécessairement historiquement fiable, Flavius Josèphe arrondit le nombre de traducteurs à 70, d'où le nom retenu par la postérité. Dans le judaïsme. La découverte des manuscrits hébreux et grecs de Qumrân en 1947 permet de montrer que la Septante (dite LXX) a été acceptée comme texte biblique, à côté des textes hébreux, et n'est pas un document isolé. Elle se situe dans l'ensemble des textes juifs produits juste avant l'ère chrétienne. Ainsi, Qumrân a révélé des formes qui expliquent la traduction des LXX : certains passages, jusqu'à présent considérés comme des erreurs ou des amplifications dues aux traducteurs, reçoivent désormais l'appui d'un support hébreu prémassorétique. Des similitudes d'interprétation sont également relevées entre certains écrits de la secte des Esséniens et la LXX. L'attention est maintenant attirée sur l'ensemble des écrits juifs post-bibliques, commodément regroupés sous le nom d'écrits intertestamentaires. Enjeux de la Septante. Nombre de juifs qui ont migré en Égypte ne connaissaient plus l'hébreu et souhaitaient lire leurs textes sacrés dans leur langue quotidienne, l'araméen. que la traduction de la Septante a été précédée de "targoumim" (pluriel de targoum) grecs, c'est-à-dire la traduction souvent paraphrastique de la Bible hébraïque dans la langue vernaculaire (le plus souvent en araméen), parfois accompagnée d'un commentaire et d'une prédication. Toutefois, seul le grec pouvait être considéré une langue sacrée à côté de l'hébreu, tant était grand le prestige des philosophies et sciences grecques. Une traduction unifiée a donc été lancée, très probablement à la demande du souverain lagide Ptolémée II. La Septante fut ainsi un élément de sauvegarde, mais aussi d'évolution, de l'identité juive dans la culture grecque. Ce double aspect est mis en évidence par la célèbre allusion du Talmud : La tradition du miracle de la traduction unique par les 72 anciens a naturellement permis de défendre la sacralité préservée du texte traduit. Ce n'est qu'au de l'ère chrétienne, après l'extermination des communautés juives révoltées d'Égypte et de Cyrénaïque par Hadrien, que la Bible en grec est devenue exclusivement celle des chrétiens. Manuscrits de la Septante. Notons que ces trois manuscrits, datant des et siècles comportent aussi le texte du Nouveau Testament en grec. Il existe aussi d'autres codex en onciale, ainsi que de nombreux autres manuscrits, plus tardifs, en minuscules. Difficultés de traduction. On peut remarquer que le grec utilisé dans la Septante renferme de nombreuses tournures sémitiques et présente le phénomène de l'attraction. Diversité des conceptions de Dieu. Les problèmes de traduction posés par le passage d'une langue sémitique à la langue grecque sont divers. La diversité des désignations du divin dans la Bible hébraïque : El, Eloah, Elohim, El Shadday, Sabaoth dont certaines ne trouvent aucune solution satisfaisante ou qui sont banalisés lors du passage en grec par "theos", « dieu » (au risque de croire qu'il s'agit de n'importe lequel), "kyrios", « seigneur », ou "pantokrâtor", « tout-puissant » (mais les majuscules grecques permettent de lever cette ambiguïté). Le chaos initial, « vide et désert » ("tohu va bohu") devient la matière « invisible et inorganisée » des philosophes grecs ; le « souffle divin » devient "pneuma", qui, dans un autre contexte, peut également désigner le « vent », comme aussi une composante de l'âme humaine, le « souffle vital ». Divergences culturelles et les difficultés du texte. Les divergences avec l'hébreu ne sont pas toutes des lectures particulières ni des fautes de traduction. Elles s'expliquent aussi : Ces divergences ont été telles qu'au début de l'ère chrétienne plusieurs érudits se lancèrent dans des révisions du texte de la Septante afin d'obtenir une version grecque plus conforme aux textes hébreux alors en cours de fixation. Les trois révisions les plus célèbres sont celles de Symmaque, d'Aquila et de Théodotion. Traductions postérieures. Initialement la Septante est constituée des rouleaux de la Loi de Moïse (Torah ou Pentateuque du grec "Pentateuchos" : « cinq rouleaux ») qui ont été traduits de l'hébreu au début du les Prophètes (Josué, Juges, Samuel, livre des Rois, Esaïe, Jérémie, etc.) et ce que les Juifs ont appelé les Ketouvim (Chroniques, Job, Psaumes, Proverbes, etc.). Puis au cours des trois siècles suivants et jusqu'au début de l'ère chrétienne, d'autres œuvres juives, écrites directement en grec ou préservées seulement dans leur version grecque, y ont été ajoutées. Ainsi, la traduction en grec se poursuit pendant deux ou trois siècles. Une école de traducteurs s'est occupée du Livre des Psaumes à Alexandrie vers 185 Ceux-ci entreprennent ensuite le Livre d'Ézéchiel, les douze « petits prophètes » et le Livre de Jérémie, puis traduisent enfin des livres historiques (Livre de Josué, Livre des Juges, Livres des Rois) ainsi que le Livre d'Isaïe. Les derniers livres (Daniel, Job, et Siracide) ont été traduits vers 150 et l'on hésite encore sur le lieu de traduction. On situe en Israël, au de l'ère chrétienne, la traduction du Cantique des Cantiques, des Lamentations, du Livre de Ruth et d'Esther, puis celle de l'Ecclésiaste probablement par Aquila. On étend alors le nom de "Septante" à des livres non reçus dans le judaïsme en terre d’Israël ou composés directement en grec, comme la Sagesse, les compléments à Esther, à Jérémie ou à Daniel. Les premiers traducteurs grecs disposent de textes hébreux purement consonantiques et multiples ; ce qui explique, en partie, les différences entre la Septante et les multiples versions des textes originaux. Finalement, la Septante contient donc davantage de livres que ceux de la liste canonique du judaïsme et du protestantisme qui ont, eux, pour référence la Bible hébraïque issue du texte massorétique compilé, publié et distribué par un groupe de Juifs appelés les Massorètes, entre le et le . Cependant ces livres supplémentaires (deutérocanoniques, apocryphes d'après le protestantisme), n'en sont pas moins importants dans l'histoire du judaïsme et utiles pour comprendre les idées juives à l'époque de Jésus de Nazareth. Listes des livres « deutérocanoniques » (ou « apocryphes »). Ces livres figuraient dans l'Ancien Testament des Bibles orthodoxes et latines, et au concile de Trente (1545 - 1563) l'Église catholique les a encore confirmés dans le Canon des Écritures. Traductions de la Septante en français. Les traductions de la Bible en français ont d'abord été réalisées à partir de la Vulgate latine, puis du texte hébreu massorétique pour l'Ancien Testament et du texte grec pour le Nouveau Testament. Toutefois, le texte de la Septante a aussi été traduit en français :
La Cime La Cime, en arabe "Al-Qurn", en égyptien ancien "Ta Dehent", littéralement « le sommet » en français, est une montagne d'Égypte dans le gouvernorat de Louxor surplombant la vallée des Rois et les sites de Deir el-Bahari et de Deir el-Médineh. Géographie. La Cime se trouve sur la rive occidentale du Nil. Culminant à d'altitude, elle constitue un des sommets de la chaîne Libyque. La montagne s'avance entre la vallée des Rois située au nord et le reste de la nécropole thébaine, dont le site de Deir el-Bahari situé à l'est, ainsi que Deir el-Médineh, l'ancien village des artisans et la vallée des Reines situés au sud. Vue de la vallée des Rois, elle présente une face triangulaire, presque pyramidale, ce qui aurait pu être pour les pharaons du Nouvel Empire un facteur dans le choix du lieu de creusement de leurs . Ascension. La Cime est accessible à pied depuis deux itinéraires différents, en partant de la vallée des Rois ou des environs de Deir el-Médineh. L'ascension nécessite une heure à une heure et demie et autant pour la descente. L'itinéraire par Deir el-Médineh est plus aisée du fait que les trois quarts de la montée sont faits de marches en béton, bien que le quart restant soit légèrement plus difficile et nécessite parfois l'utilisation des mains. Deux postes de gardiennage jalonnent cet itinéraire ce qui renforce sa sécurité. La formation rocheuse à l'aspect de cobra y est également située mais est aisément accessible depuis la vallée des Rois. Culture. Pour les anciens Égyptiens, la Cime était un des lieux de résidence de la déesse Mertseger, protectrice des artisans de Deir el-Médineh et des représentée sous la forme d'un cobra.
Livre pour sortir dans la lumière
Linguistique informatique La linguistique informatique est un champ interdisciplinaire basé sur une modélisation symbolique (à base de règles) ou statistique du langage naturel établie dans une perspective informatique. Introduction. Les langues humaines sont des systèmes sémiotiques où tout se tient et dont le sens est négociable, ce qui permet leur évolution. Le langage est véhiculé par plusieurs modalités sensorielles : le son (la parole), les traces graphiques (l’écriture), les gestes (langue des signes, gestuelle co-verbale). Les humains construisent des chaînes suivant des conventions syntaxiques pour produire du sens : raconter des histoires, enseigner des connaissances, négocier, argumenter. La chaîne parlée ou écrite prend sens du fait de ses composants, du fait de sa structure et du fait du contexte (le lieu, le temps, les rôles des présents, leur histoire commune). Le langage humain permet de parler des choses en leur absence, de se rappeler notre histoire, de créer de choses imaginaires comme des mythes, des histoires et de faire des projets. C’est le seul mode de communication avec lequel on peut paraphraser toutes les autres langues, celles des mathématiques, de la logique, de l'informatique, de la musique ou de la danse. Les hommes parlent depuis des millions d’années et écrivent depuis environ . Beaucoup de disciplines étudient le langage : la philosophie du langage, la linguistique, la psycholinguistique, la sociolinguistique, l’anthropologie et l’informatique. La linguistique informatique est un champ de recherches et de pratiques technologiques qui s'enracine à la fois dans l'informatique et dans la linguistique, tout en faisant parfois appel à d'autres disciplines. La linguistique informatique fait partie intégrante des techniques informatiques et intervient également dans des sous-domaines de l'intelligence artificielle. Avec l'évolution rapide des technologies informatiques, le besoin de s'appuyer sur les techniques linguistiques s'est rapidement fait sentir, pour faciliter la communication homme-machine. Parallèlement, la linguistique a pu profiter de la puissance des ordinateurs pour acquérir une nouvelle dimension et ouvrir la voie à de nouveaux domaines de recherche. La linguistique informatique regroupe : Débuts. Les premiers travaux de recherche sur les langues utilisant les moyens informatiques ont eu lieu dès 1950, en vue de la traduction automatique, financés par l’armée américaine, sur la base des bons résultats obtenus en utilisant des machines pour le décryptage des messages codés. Mais traduire était beaucoup plus difficile que décoder les messages cryptés de l’époque. Dans les années 1960, les chercheurs en intelligence artificielle pensaient que la maîtrise des langues par les machines était un objectif à court terme. À cette époque, les informaticiens croyaient connaître les langues parce qu’ils les utilisaient depuis leur enfance. Ils connaissaient de la grammaire les règles de bon usage, qui ne relèvent pas d’une description scientifique de la langue, d’où l’idée qu’un bon dictionnaire bilingue et des outils statistiques suffiraient pour obtenir des résultats en traduction automatique. Faute de résultats suffisants, en 1960, les crédits ont été coupés (rapport ALPAC). Il a fallu repartir sur de nouvelles bases dans les années 1970, en formalisant la grammaire. Le modèle des grammaires formelles a été très productif pour les langages informatiques. Les interprètes ou les compilateurs sont constitués par une chaine de traitements : analyse lexicale, syntaxique, sémantique. Les travaux de Noam Chomsky ont fait l'hypothèse d'une similitude entre les langues naturelles et les langages informatiques. Les propositions de modèles formels de la langue par Zellig Harris puis Chomsky ont orienté la recherche de solutions sur la formalisation de la syntaxe. Les grammaires génératives de Chomsky décrivent des systèmes de règles de production pour engendrer toutes les phrases admissibles. Des automates inverses devraient permettre la reconnaissance des phrases bien construites. Avec cette hypothèse, l'interprétation d'un texte est constituée par une chaîne de traitements analogue à celle qu'effectuent les compilateurs. Le système SHUDLU, présenté dans l'introduction du TAL en est un exemple. Mais les grammaires formelles ont buté sur de nombreuses difficultés pour le langage humain. Parallèlement, les premiers travaux sur le dialogue homme-machine ont commencé dans les années 1960 avec Eliza, qui peut maintenir un dialogue par reconnaissance de mots clés. C'est une première tentative de modèle interactif. Les modèles basés sur la connaissance ont pris le relais dans les années 1980. Ils incitent à construire une base de connaissances très importante pour compléter les méthodes formelles. Ils supposent que la clé de la compréhension des langues est dans les connaissances partagées. Mais s’il en était ainsi, comment les enfants apprendraient-ils à parler ? Là aussi, les résultats furent beaucoup moins rapides qu’on ne le croyait. C'est aussi dans les années 1980 que l’enregistrement de la parole et le traitement automatique du signal enregistré, ainsi que la synthèse de la parole, ont fait entrer l'oral dans les technologies du langage. Après des espoirs déçus de maîtrise des langues par les ordinateurs, les informaticiens ont pu prendre la mesure de la difficulté des problèmes. Les méthodes ont beaucoup évolué et combinent méthodes statistiques, formalismes et connaissances. C'était la condition pour la construction de technologies des langues efficaces et utiles, comme celles qui sont montrées sur le blog de Jean Véronis. Les objectifs se sont diversifiés. Depuis quelques années, la dimension gestuelle est prise en compte avec les enregistrements vidéo, les personnages animés et les robots. Le dialogue entre humains à travers les machines invente des formes nouvelles de pratiques sociales : mail, chats, forums, qui transforment le rapport oral/écrit en dehors d'une présence effective des locuteurs. Champ d'étude. Il y a trois domaines principaux de recherche et d’ingénierie des langues basés sur l'informatique : le traitement de la parole, le traitement automatique des langues écrites ou TAL et le dialogue homme/machine. Mais d'autres aspects du langage peuvent être étudiés grâce à l'informatique. Par exemple, l’anthropologie étudie l’apparition et le développement du langage oral et de l’écriture au cours de l’évolution humaine et de sa dispersion dans le monde. Les études sur l’origine du langage ont pris une nouvelle jeunesse avec les simulations informatiques. Modèles théoriques. Les modèles théoriques cherchent à construire une formalisation du fonctionnement de la langue permettant la reproduction par un système artificiel des compétences langagières humaines. On distingue les approches empiriques (basées sur des modèles statistiques construits à partir d'observations), les approches logico-grammaticales (basées sur des modèles logiques ou algébriques, construits à partir d'exemples, qui peuvent être descriptifs ou génératifs) et les approches interactives (basées sur des modèles multi-agents, ou sur l'observation des interactions humaines ou des interactions humains-machines). Approches empiriques. Les modèles statistiques sont très fréquemment utilisés pour l'étude des langues. Les calculs de fréquences, de moyenne, de dispersion donnent des résultats parfois étonnants. Les modèles de Markov sont les plus utilisés pour l'analyse de la parole comme pour des analyses lexicales et syntaxiques. Les tentatives pour utiliser les réseaux de neurones sont plus rares. Loi de Zipf. Dans les années 1930, un scientifique de l'université de Harvard, G.K. Zipf, a montré qu'en classant les mots d'un texte par fréquence décroissante, alors, on observe que la fréquence d'utilisation d'un mot est inversement proportionnelle à son rang. La loi de Zipf stipule que la fréquence du second mot le plus fréquent est la moitié de celle du premier, la fréquence du troisième mot le plus fréquent, son tiers, etc. Cette loi peut s'exprimer de la manière suivante : Fréquence d'un mot de rang N = (Fréquence du mot de rang 1) / N Si l'on dresse une table de l'ensemble des mots différents d'un texte quelconque, classés par ordre de fréquences décroissantes, on constate que la fréquence d'un mot est inversement proportionnelle à son rang dans la liste, ou, autrement dit, que le produit de la fréquence de n'importe quel mot par son rang est constant : ce que traduit la formule f * r = C, où f est la fréquence et r le rang. Cette égalité, qui n'est vraie qu'en approximation, est indépendante des locuteurs, des types de textes et des langues. Il semble ainsi qu'il s'agisse véritablement d'un trait général des énoncés linguistiques. Cette constatation n'est pas isolée, mais n'est que la première de toute une série d'autres que l'on peut résumer ainsi : En traçant pour chaque mot le couple rang/effectif dans un repère logarithmique, alors le nuage de points paraît linéaire. Il est d'ailleurs possible de calculer l'équation de la droite de régression linéaire sur ce nuage. La répartition des points autour de cette droite montre que la linéarité n'est qu'approximative. En étudiant la liste des fréquences, on peut noter que les mots les plus fréquents sont les mots grammaticaux, et que leur ordre d'apparition dans la liste est stable d'un texte à l'autre à partir du moment où le texte est de longueur significative (c’est une loi tendancielle). Les mots lexicaux apparaissent ensuite, en commençant par les mots thématisant le document. Modèles de Markov cachés. Une phrase ou un texte peut être vu comme une séquence de mots. Supposons qu’on ait un vocabulaire exhaustif où les mots sont numérotés de 1 à M et ajoutons un mot noté # comme séparateur. Le petit chat est mort. va être récrit w0 w42 w817 w67 w76 w543 w0 (par exemple) en remplaçant chaque mot par son entrée dans le vocabulaire. Appelons W1 le fait d’observer le premier mot et en général Wi le fait d’observer le ième mot. P (# le petit chat est mort #) = P (W0=0, W1=42, W2=817…) Un modèle de Markov cherche à prédire l’apparition d’un mot en fonction du mot qui le précède (modèle bigramme) ou des deux mots qui le précèdent (modèle trigramme). Le modèle bigramme suppose que le modèle de Markov sous-jacent au langage est stationnaire. Un modèle de Markov est dit stationnaire si l’observation de l’état actuel permet de prédire les états suivants. Il y a un lien direct entre l'état où se trouve le processus et les probabilités des états suivants. La reconnaissance automatique de la parole fait un grand usage des modèles de Markov pour aider la reconnaissance des mots dans un signal de parole continu. Pour apprendre les probabilités conditionnelles des bigrammes ou de trigrammes, il faut une grande quantité de corpus annoté. Le même principe peut être utilisé pour d’autres tâches, comme l'étiquetage (attribution des parties du discours aux mots). Dans ce cas, on observe les mots, pas leur étiquette, et on parle de modèle de Markov caché. est basé sur ce principe. Il s’agit d’attribuer des tags aux mots de façon à maximiser la probabilité de bonne réponse sur l’ensemble des tags. Réseaux de neurones. Les réseaux de neurones formels ont été utilisés pour modéliser la sémantique des langues et permettre la construction dynamique du sens des phrases. Approches logico-grammaticales. Les traités de Noam Chomsky sur la syntaxe des langues naturelles furent une source d'inspiration pour traiter les phrases comme des expressions d'un langage formel. Mais alors que le modèle de Chomsky est génératif, les modèles de grammaires formelles doivent comporter les deux volets de l'analyse et de la génération. Mais la compétence linguistique est peu de chose pour un système ne sachant pas de quoi on lui parle. En 1972, SHRDLU de Terry Winograd, s'appuie sur une modélisation d'un micro-monde parfaitement circonscrit (quelques cubes et pyramides de couleurs diverses, entassés sur une table) en vue de réaliser une conversation à propos des situations concrètes que l'on peut rencontrer dans cet univers restreint. Munis de deux clés : grammaire formelle pour la morpho-syntaxe et réseaux d'associations sémantiques pour le sens, les expérimentateurs du milieu et de la fin des années 1960 réalisèrent une foule de systèmes. Pour passer du dialogue dans un micro-monde au monde humain, la grande question des années 1970 fut celle de la représentation des connaissances. En 1974, dans un recueil sur la vision artificielle, Marvin Minsky, un des fondateurs de l'IA, exposa la notion de stéréotypes (en anglais : frames). Un stéréotype est une description des caractéristiques d'un élément du monde associé aux mots correspondants. les stéréotypes fonctionnent en réseaux, appelés réseaux sémantiques. Les liens de ce réseau sont les relations généralisation spécialisation et les relations tout parties. Mais il ne suffit pas de décrire le monde pour comprendre les histoires, Roger Schank pose la question des comportements en termes de scénarios prédéfinis. Le cours de Jean Véronis répertorie les modèles morpho-syntaxiques et sémantiques courants. Pour aller plus loin, un bilan a été fait en 1991 montrant les forces et les faiblesses de cette approche. Approches interactives. Le dialogue est la matrice de nos langues, de notre pensée, de notre mémoire et du dialogue lui-même. Il est la matrice de nos institutions et de nos sociétés. Il nous constitue en tant qu’humains. Le dialogue est un état premier de l'activité langagière, si on le compare à l'écrit bien sûr, mais aussi à d'autres formes de langage oral, comme raconter une histoire ou faire un discours. Le petit enfant apprend à parler par la parole et le dialogue. Les approches interactives de la modélisation du langage ont été développées pour le dialogue entre les humains et les machines, pour le dialogue entre agents logiciels ou pour améliorer les interfaces graphiques. Interactions humaines, interactions homme-machine. Entre humains, l’interaction passe principalement par l’action conjointe (jouer au foot), les mouvements, les gestes, les expressions du corps et du visage, la voix (cris, parole) et secondairement par l’écriture. Elle s’inscrit dans un monde partagé et construit un monde social. Elle met en jeu des objets intermédiaires comme ressources, comme enjeux ou comme manifestation d’un accord. Dans les dialogues, chaque participant prend tour à tour les rôles de locuteur, d’interlocuteur ou d’observateur. L’interaction entre humains est donc symétrique du point de vue des modalités comme du point de vue des rôles. L’interaction des usagers avec les ordinateurs est seulement une interaction par signes. Elle n’est pas symétrique ni du point de vue des modalités, ni du point de vue des rôles. La plupart du temps, la machine présente des pages sur un écran comportant des textes et des images et envoie des messages auditifs (mode visuel et auditif). L’usager agit principalement par l’écriture (mode textuel) et avec la souris (mode gestuel). Cette interaction ne met en jeu que le monde de l’ordinateur, son monde interne et les flux arrivants par ses capteurs, pas celui de son interlocuteur. Pour toutes les applications informatiques simples, où l’ensemble des ordres à donner à la machine est facile à énumérer et à mémoriser, les interfaces à boutons ou à menus déroulants, qui restent dans le paradigme compositionnel et exhaustif sont certainement supérieures au dialogue en langue naturelle. Mais les limites à leurs usages, les appréhensions et difficultés des usagers, tiennent souvent aux difficultés de l’interaction. On peut par exemple observer les difficultés des usagers à comprendre les messages d’erreur, ou à utiliser des formules logiques d’interrogation de bases de données documentaires. C’est à suite de tentatives infructueuses pour formaliser les langues, comme on l’avait fait efficacement pour les langages de programmation dans les années 1960, qu’un autre point de vue a pu être développé, le point de vue de l'interaction comme source et enjeu de la constitution des langues. Les humains peuvent interagir entre eux par des signes selon plusieurs modes. Ils peuvent par exemple communiquer par des signaux routiers ou de navigation dont le sens n’est pas négociable. Ils peuvent aussi utiliser des codes, analysables terme à terme de manière compositionnelle, comme les notations mathématiques et les langages de programmation. Ces codes ont une sémantique compositionnelle et non ambiguë qui fixe le sens des messages indépendamment du contexte dans lequel il a lieu. Un code nécessite un accord préalable entre les parties sur le sens des éléments et le sens de leurs combinaisons. Les humains utilisent principalement pour communiquer les langues naturelles qui ne fonctionnent pas selon le modèle du code mais selon le modèle du transfert. Les langues sont un préalable pour créer les systèmes de signaux, de formules et de codes et pour les faire évoluer. Sémantique interprétative. La sémantique interprétative de François Rastier décrit comment le sens est construit de manière rhétorique et herméneutique, c'est-à-dire dans un processus d'interprétation dans le contexte et dans l'histoire des interactions. Elle s'attache à décrire les textes (ou les dialogues) dans leur entier. Elle sert de base pour des études et projets informatiques. Pertinence. Jean-Louis Dessalles propose un modèle de la pertinence et de ses origines cognitives qui éclaire le fonctionnement du langage dans l'interaction. L'inattendu, les coïncidences, la banalisation sont les principaux ressorts des conversations. Aides aux linguistes. La linguistique a d’abord été descriptive, et elle a décrit l’évolution des langues, leurs racines communes. La linguistique peut être prescriptive, établir des normes pour une langue déterminée. On l’appelle alors la grammaire. Elle fixe les normes pour l’enseignement des langues et des conventions pour l’imprimerie. La linguistique peut être théorique, proposer des théories du langage, de la production ou de l’interprétation des langues : Saussure (système de signes, linguistique structurale), Chomsky (système de règles, linguistique générative), Langaker (grammaire cognitive). On distingue plusieurs champs d'étude dans les théories linguistiques : L’informatique peut aider les linguistes pour : La linguistique de corpus résulte de cet apport technique de l’informatique aux études linguistiques. Un autre point de vue des rapports en linguistique et informatique est de faire des modèles calculatoires des théories linguistiques et éprouver ces modèles en les implantant sur une machine. Par exemple, la syntaxe de Lucien Tesnière utilisée par Jacques Vergne pour construire un analyseur syntaxique sans dictionnaire. Linguistique de corpus. Les corpus sont à la fois la matière première de l’étude des langues et des textes et le moyen de tester les modèles qui sont proposés. L'informatique permet l’utilisation de grands corpus de textes pour l’étude des langues. Elle facilite leur recueil, leur constitution, leur annotation. La diffusion des corpus présente des problèmes scientifiques, techniques et juridiques : Qu’est-ce qu’un corpus ? Un corpus est une grande quantité de matériaux linguistiques attesté : livres, journaux, devoirs d’étudiants, enregistrements de radio, de télévision, de réunions de famille, de discussions de café… Les corpus numérisés sont les plus utiles pour les linguistes, les littéraires, comme pour les chercheurs en TAL. Les sources de corpus écrits sont nombreuses, tant par le Web que du fait que l'édition est numérisée depuis les années 1980. Pour certaines tâches, un corpus doit être représentatif : représentatif d’un état de langue dans un pays, un milieu social, à une époque déterminée. Il faut donc prélever soigneusement des échantillons dans ce but et ces choix doivent être documentés (exemple Frantext pour le TLFI). Les corpus « patrimoniaux » sont recueillis pour servir de base à des comparaisons ultérieures sur les états de langues, ou pour conserver des témoignages sur les langues en voie de disparition. Pour réaliser un système automatique de réservation de billets de train, il faut enregistrer des dialogues aux guichets de la SNCF, dans des lieux variés, avec de nombreux interlocuteurs. Les autres dialogues apporteront peu d’informations, la radio encore moins. Un corpus respecte le contexte de l’énonciation et du recueil des textes. Il comporte donc des métadonnées : auteur, date, édition… Il est organisé en vue d’une exploitation scientifique ou technique. La question des formats est incontournable : codage de caractères, jeu de caractères, mise en forme matérielle, format du fichier (HTML, Word, pdf…). Si un corpus est annoté, chaque élément du corpus est décrit par des annotations et le jeu d’annotations doit être le même pour tous les éléments du corpus. Un corpus peut être monolingue ou multilingue. Une catégorie particulière de corpus concerne les textes traduits dans plusieurs langues, alignés par le sens, comme les textes de la communauté européenne. Ils sont très utilisés en traduction automatique. Histoire des corpus. L’idée d’utiliser des corpus pour la recherche linguistique précède l’informatique. Zellig Harris a posé les bases de recherches distributionnelles sur la syntaxe qu’il n’a pas pu réaliser. Sous leur forme numérique, les corpus ont commencé à être constitués vers 1950, mais c’est seulement dans les années 1980 que les machines ont été suffisamment disponibles pour que de grands corpus soient constitués. Ils ont été d’abord constitués sur l’anglais aux États-Unis (Brown Corpus 1979 Francis) et en Angleterre (British National Corpus, Bank of English). Dans les années 1990, on commence à trouver des corpus oraux et des corpus multilingues. Les corpus écrits sont en général disponibles pour la recherche scientifique. Par contre, il y a peu de corpus oraux disponibles, très peu en français, pour des raisons juridiques et pour des raisons de propriété industrielle. Annotation de corpus. Un corpus annoté est un corpus accompagné d’informations complémentaires aux métadonnées qui le décrivent. Les annotations peuvent être manuelles ou automatiques. Elles évitent de refaire plusieurs fois le même travail et ouvrent des possibilités de recherche automatique sur les éléments annotés. Les principales annotations sont des annotations lexicales, morphologiques ou syntaxiques. Elles se réfèrent à des dictionnaires ou à des théories grammaticales (parties du discours, fonctions sujet, verbe, complément…). Elles peuvent être systématiques ou partielles, pour les besoins d’un travail particulier (signaler les adverbes par exemple, ou les verbes au futur…). Elles posent la question de l’objectivité de ces annotations, les linguistiques pouvant discuter longtemps de certains choix sans se mettre d'accord. Elles sont donc des interprétations du corpus et les conditions de cette interprétation doivent être clairement décrites dans les métadonnées afin de rendre publics et explicites les principes sur lesquels l'annotation a été faite. Les annotations manuelles sur de grands corpus sont faites par des équipes de linguistes et la consistance entre leurs annotations est difficile à obtenir. Toutefois, des expériences faites avec des linguistes bien entraînés et bien coordonnés n’ont pas montré de véritable problème de consistance pour l’anglais, le français et l’espagnol. Les annotations automatiques sont obtenues en construisant un modèle à partir d'annotations manuelles d'une partie du corpus. Elles ne sont pas parfaites (3 % d’erreurs pour l'annotation des parties du discours) mais elles rendent de grands services si ce taux d’erreur est acceptable. Elles peuvent être reprises manuellement par des experts, ce qui est moins lourd qu’une première annotation. Actuellement, l’annotation de corpus se diversifie. On trouve des corpus annotés sémantiquement (recherche des entités nommées). Il existe aussi des annotations d’analyse du discours, de pragmatique et de stylistique. Les annotations stylistiques servent en particulier dans les langues anciennes pour attribuer des auteurs aux œuvres anonymes, ou pour étudier les influences des auteurs les uns sur les autres. Une normalisation de ses annotations est proposée par la TEI (Text Encoding Initiative). Exploitation des corpus en TAL. L’utilisation de corpus annotés permet d’évaluation des nouveaux systèmes, qui peuvent se comparer sur des corpus attestés et dont les annotations sont validées. Elle permet de travailler sur d’autres niveaux d’analyse du langage en disposant de ressources ou les analyses de bas niveau sont déjà réalisées et donc d’expérimenter des analyses pragmatiques ou rhétoriques sans réaliser les analyseurs syntaxiques qui sont un préalable à l’analyse de haut niveau. Technologie des langues. La linguistique informatique prend place dans l’histoire de l'instrumentation du langage. Les technologies des langues commencent avec l’écriture, il y a environ . Elles se poursuivent avec la constitution de dictionnaires et de grammaires. Puis l’imprimerie est née en Chine au et est attribuée en Europe à l'Allemand Gutenberg en 1440. Elle a permis la diffusion des textes et des dictionnaires au . La machine à écrire est inventée en 1868. L’informatique reprend, transforme et développe toutes ces technologies : elle se sert de la machine à écrire, elle met les techniques de l’imprimerie à la disposition de tous, et propose des dictionnaires en ligne. Elle ouvre de nouveaux champs d'application de l’instrumentation informatique du langage humain. Les informaticiens cherchent à instrumenter les divers aspects du langage : reconnaissance et synthèse de la parole, génération de la parole, dialogue homme-machine, traitement des textes (analyse morphologique et syntaxique, études sémantiques et stylistiques, résumés). En retour, l’informatique a besoin du langage pour son propre compte, par exemple dans les interfaces homme-machine, dans les systèmes d’aides, pour la recherche d’information dans des bases de données de documents textuels. Technologies de l'écrit. Citons : Les moteurs de recherche sur le Web considèrent les textes comme des sacs de mots. Les analyses ne dépendent pas de la place des mots, seulement du nombre d’occurrences d’un mot dans un texte. Les fonctions de modification d'un texte dans les traitements de texte, comme « rechercher » et « remplacer » considèrent le texte comme une chaîne de caractères. Les blancs, les caractères alphabétiques ou numériques, les signes de ponctuation et les signes de mise en forme sont considérés de la même manière que les caractères alphabétiques. Elles utilisent des expressions régulières. Les correcteurs orthographiques comparent les mots du texte à tous les mots d'un dictionnaire de formes fléchies, c'est-à-dire où il y a le singulier, le pluriel, le masculin et le féminin pour les noms et les adjectifs et toutes les formes conjuguées des verbes. Ils pointent les formes qui n'existent pas, mais pas celles qui sont utilisées à tort. Pour la traduction automatique ou pour résumer des textes, le texte est considéré comme la manifestation d’une langue, et il faut tenir compte de connaissances linguistiques pour l’analyser, car un texte lu à l’envers n’est plus un texte, juste une chaîne de caractères. Technologies de l'oral. Transcrire manuellement la parole pour obtenir une forme écrite équivalente est un travail très difficile. Le "Transcriber" est un outil pour segmenter, étiqueter et transcrire la parole. Il est utilisé en linguistique de corpus et pour aider à l'acquisition des données pour la reconnaissance et la synthèse de la parole. La reconnaissance de la parole prend en entrée un flux de signal de parole et produit un texte écrit en sortie. Elle utilise des modèles de Markov cachés. Ce qui fait la différence entre les différents systèmes, c’est : Les logiciels de dictée vocale ont de bons résultats lorsque les tâches sont répétitives, comme la dictée de lettres administratives ou les comptes rendus médicaux. La synthèse de parole est le point de vue inverse de la reconnaissance. Elle transforme un texte écrit en flux de parole. Deux niveaux de production sont requis, la phonologie (phonèmes, syllabes) et la prosodie : pauses, accentuations, rythme, changement de ton, montant ou descendant. Les serveurs vocaux par téléphone sont un bon exemple d’application de ces techniques. Applications. Avec les développements récents dans les domaines de l'internet, de grandes masses de données ont ouvert de larges portes à d'innombrables applications de la linguistique informatique qui connaît une nouvelle montée en puissance.
Letton Le letton, ou lette, (en letton : ) est une langue qui appartient au groupe balte oriental de la famille indo-européenne. Environ deux millions de personnes parlent letton. Histoire. Étroitement apparenté au lituanien, le letton s'est formé jusqu'au à partir des dialectes lette, curonien, le sémigalien et le sélonien maintenant disparus. Ces dialectes semblent avoir émergé au cours du haut Moyen Âge avec l'affirmation des tribus du même nom et les contacts et influences mutuelles importantes avec les tribus finno-ougriennes voisines (Estoniens, Oeseliens, Lives à partir du ). On trouve ainsi de nombreux fennicismes dans le letton ainsi qu'à l'inverse dans l'estonien un certain nombre de mots empruntés aux langues baltes. Plutôt qu'une hypothétique langue balto-slave, les chercheurs s'accordent à penser que ce sont aussi les multiples contacts avec les Slaves durant cette même période ainsi que la slavisation des territoires baltes plus à l'Est durant le Moyen Âge qui expliquent la présence cependant limitée d'un vocabulaire d'origine slave dans la langue lettonne (comme lituanienne). De manière ainsi caractéristique de nombreux mots lettons concernant le christianisme semblent d'origine slave, attestant des premiers contacts établis entre les tribus baltes et des missionnaires ou populations slaves christianisés dès le . Avec les croisades allemandes et la conquête des territoires lettons, les dialectes lettons restent cantonnés au monde paysan et à partir du aux serfs, l'allemand étant la langue des élites. Cette christianisation par le fer et cette domination politique et culturelle des élites allemandes aboutiront à une influence importante de l'allemand sur le letton. Il faudra attendre la Réforme et le souci d'utiliser les langues locales pour effectuer le travail évangélique pour voir apparaître les premiers textes écrits en letton, souvent à l'usage des pasteurs allemands envoyés dans les campagnes. La disparition des anciennes tribus et la vie sous un même régime politique et social, les différentes migrations liées à celui-ci et aux différents conflits ont abouti à l'unification progressive de la nation lettonne et au rapprochement progressivement des dialectes, avec la mise au point progressive d'une langue commune qui va devenir le letton. Seul le latgalien va connaître une évolution originale en raison du rattachement du territoire de Latgale (Livonie Polonaise) à la Pologne en 1629 et donc à une influence catholique et polonaise prolongée qui vont dissocier l'évolution de la région du reste du pays. De ce fait se maintiendra jusqu'à nos jours ce dialecte particulier. Les plus anciens textes écrits en letton sont des hymnes traduits par Nicholas Ramm, un pasteur allemand à Rīga, recueil qui date de 1530. Le passage sous domination russe au a renforcé l'influence de la langue russe même si le mouvement de renouveau national a permis la codification d'une langue écrite et l’essor d'un mouvement littéraire qui vont profiter de la création de l’État letton en 1918. Pendant l'occupation soviétique dans la seconde moitié du , des Russes ont immigré dans le pays sans apprendre le letton. Le russe dominait dans pratiquement toutes les sphères de la société, et le letton devenait de plus en plus marginalisé dans le pays. Cependant, le letton ne perdit pas pour autant son statut de langue officielle. , le letton est la langue maternelle de près de 60 % de la population du pays et de moins de 50 % dans les villes principales. Dans le processus pour l'indépendance du début des , la Lettonie, tout comme l'Estonie, proposa des lois pour prévenir l'extinction de la langue. Dialectes. Le letton se divise en deux dialectes principaux : le haut letton (latgalien) et le letton occidental, qui représente la forme littéraire actuelle. Répartition géographique. Le letton est la langue maternelle de de personnes en Lettonie où c'est la langue officielle et d'environ à l'étranger. Écriture. Le letton utilise l'alphabet latin enrichi de signes diacritiques (macron, háček, cédille). Son alphabet de ne contient pas "q", "w", "x" ni "y" (sauf dans des mots étrangers), mais y ajoute les lettres diacritées "ā", "č", "ē", "ģ", "ī", "ķ", "ļ", "ņ", "ŗ", "š", "ū" et "ž". Le phonème noté par "ŗ" s'étant amuï, la lettre est de nos jours généralement ignorée, du moins dans les publications de Lettonie propre. Le digraphe "ch" [x] a disparu également. Le "ō" n'est utilisé que dans le dialecte latgalien et on a cessé son utilisation au début des . Avant 1921, les cédilles sous les lettres ģ, ķ, ņ, ŗ pouvaient être rendues par des barres obliques avec les lettres ꞡ, ꞣ, ꞥ, ꞧ. Les diphtongues "ai", "au", "ei", "ia", "iu", "ui" et "uo" s'écrivent respectivement /ai/, /au/, /ei/, /ie/, /iu/, /ui/ et /o/. Phonétique. Chaque phonème est noté par une lettre propre, à l'exception de "dz" et "dž", des deux sons écrits par les lettres "e" et "ē" (ouvert et fermé), et la voyelle orale "o" (longue ou brève) des mots étrangers n'est pas distinguée graphiquement de la diphtongue proprement lettonne "o" – laquelle peut être notée dans des ouvrages didactiques "uo". Il est donc facile de deviner la prononciation d'un mot en le lisant. L'accent de hauteur n'est pas mobile comme en lituanien, mais se place sur la première syllabe, à quelques exceptions près. Décrire l'alphabet letton sans y intégrer les digrammes ("dz", "dž" et le "ch" aujourd'hui abandonné, ainsi que les diphtongues) montre la grande confusion qui règne dans les ouvrages et les esprits. À l'exception parfois de "ie" , les diphtongues ne sont pas distinguées dans les listes alphabétiques. On les trouve donc dans l'ordre purement alphabétique latin. Grammaire. Noms et adjectifs. Le Letton possède deux genres (masculin et féminin) ainsi que grammaticaux. Les adjectifs épithètes précèdent généralement le nom qu'ils modifient et s'accordent en genre, en nombre et en cas. De même, les adjectifs prennent un suffixe différent pour indiquer une interprétation définie ou indéfinie : Viņa nopirka vecu māju. « Elle a acheté une vieille maison. » Viņa nopirka veco māju. « Elle a acheté la vieille maison. » Adjectifs démonstratifs. Déclinaison de « tas » : celui-là, ce...là Déclinaison de « šis » : celui-ci, ce Déclinaisons. La déclinaison du letton concerne les substantifs, les adjectifs, les adjectifs numéraux et les pronoms. Elle varie selon sept cas : nominatif, génitif, datif, accusatif, instrumental, locatif et vocatif. Les noms. Les noms peuvent être classés comme étant soit déclinables soit indéclinables. La plupart d'entre eux sont déclinables et appartiennent à l'une des six classes de déclinaison (trois pour les noms masculins et trois pour les noms féminins). Le cas instrumental est toujours identique à l'accusatif au singulier et au datif au pluriel. Il est utilisé en tant que cas indépendant ( sans utiliser de préposition) seulement dans des contextes très particuliers en Letton moderne. Déclinaisons du masculin. Les trois déclinaisons du masculin se distinguent selon les propriétés suivantes : Le paradigme complet des terminaisons pour ces trois déclinaisons est donné dans le tableau suivant : La décrit une palatalisation de la consonne radicale finale au génitif singulier ainsi qu'au pluriel (p → pj dans l'exemple ci-dessus). Les noms composés et les noms propres terminés par "-dis" ou "-tis" font exception à cette règle ( , gen. sing. ). Une petite partie de ces noms de la possède un nominatif singulier identique au génitif (la plupart d'entre eux se termine en "-ens"). Ceux-ci font partie de qu'on appelle les noms à consonne radicale ( ' « pierre », ' « lame », ' « lune », ' « automne », ' « sel », ' « eau » et ' « éclair ». La du nom ' « chien » possède le génitif singulier régulier "suņa".
Liste de langues Cette liste de langues rassemble les langues naturelles et langues construites, qu'elles soient vivantes ou mortes. Elle est arbitrairement limitée aux langues possédant un code ISO 639-3. La propose une liste plus complète mais moins détaillée.
Légende Une légende (de l'adjectif verbal latin "", « qui doit être lue ») est, à l’origine, un récit mis par écrit pour être lu publiquement : généralement il s'agit d'une hagiographie lue dans les monastères, pendant les repas ; dans les églises, pour l’édification des fidèles lors de la fête d’un saint. Au s'opère un glissement de sens, la légende devenant un récit à caractère merveilleux où les faits historiques sont transformés par l'imagination populaire ou l'invention poétique. Cette évolution . Dans ce genre de littérature, la précision historique passe ainsi au second plan par rapport à l’intention spirituelle. Le légendaire désigne l'auteur, le compilateur de légendes mais aussi le recueil de légendes. Le légendier est un recueil de vies de saints sous forme de légendes hagiographiques qui ont plus un rôle liturgique et commémoratif que biographique. Légende et mythe. La "légende" diffère du "mythe" en ce qu'une légende tient de faits réels ; une histoire est racontée puis est transmise par oral d'où les modifications. On peut la définir comme un récit qui mêle le vrai et le faux. Le récit fictif dans les légendes, mythes, contes et fables, est le plus souvent d'origine orale et fait appel au merveilleux. Une légende est fortement liée à un élément clé, ceci est précisé et se concentre sur un lieu, un objet, un personnage, une histoire, etc. Au fil du temps, la légende peut évoluer en mythe pour les sociétés futures, car elle perd en précision et gagne en fantaisie et en amplification, et s'oriente vers du mystique. Ainsi, dans une légende, il peut y avoir une partie mythe, comme pour ce qui est d'Héraclès, le héros Grec, l'Hercule des Romains. Dans le langage courant, les notions de mythe, de légende, de conte et de fable sont souvent confondues. Néanmoins, le "mythe" renvoie à une histoire inventée pour fonder des croyances dans un monde divin. Origines des légendes. Jean-Pierre Bayard, dans son "Histoire des légendes", énumère une dizaine de théories relatives aux origines des légendes. La théorie anthropologique, soutenue par Henri Gaidoz, Wilhelm Mannhardt et Edward Tylor, postule que les légendes proviendraient de pensées humaines primitives, de restes de religions et cultures élémentaires. La théorie astrale ou naturaliste considère les contes et les légendes étiologiques comme divinisant les grandes manifestations de la nature. La théorie mythologique est avancée par Grimm qui attribue la création des contes à l'enfance préhistorique de la patrie, Angelo De Gubernatis, à un naturalisme enfantin, Schelling, à la conscience individuelle du peuple qui ajoute aux légendes créées une signification religieuse. La théorie linguistique considère que les légendes sont issues de la transmission de récits entre plusieurs peuples qui empruntent les mots à d'autres cultures, les déforme, ce qui obscurcit le sens primitif originel et donne naissance à de nouveaux récits.
Langues par famille Une famille de langues est un groupe de langues, descendantes d’une langue-ancêtre commune (appelée proto-langue). Le classement traditionnel ci-après combine cette logique « généalogique » avec un classement géographique (par exemple pour les langues caucasiennes ou le castillan). Par ailleurs : Liste de langues. Ceci est une liste des langues naturelles ou construites, vivantes ou mortes, classées par familles et par groupes. La notion de "famille génétique" de langues est décrite plus en détail dans l'article consacré à la linguistique comparée. Les tentatives de certains linguistes, fréquentes depuis la deuxième moitié du , proposant de rassembler certaines familles de langue dans des super familles de langues (par exemple considérer que les langues altaïques et ouraliennes font partie d'une même famille dite « ouralo-altaïque ») n'ayant pas donné de résultats probants jusqu'à présent, seules les super familles dont la reconnaissance fait l'objet d'un large consensus, telles que les langues indo-européennes (qui ont été mises en évidence dès le) ou les langues austronésiennes, sont répertoriées. Pour trouver rapidement une langue dans cette liste, faites Ctrl+F (ou "Édition > Rechercher" dans la barre d'outils de votre navigateur), et tapez le nom de la langue que vous cherchez. Liste abrégée. Les groupes suivants sont classés à part : Liste. "Cette liste n'est pas exhaustive." Langues dravidiennes. Ce sont des langues en Inde autres que celles d'origine indo-européenne. Langues indo-européennes. Les langues indo-européennes sont les plus répandues. Elles sont parlées en Europe, en Asie du Nord (Russie), en Iran, en Arménie, en Afghanistan, au Tadjikistan, au Pakistan et dans de nombreuses région de l'Inde, ainsi qu'en Amérique, Afrique et Océanie où leur apparition est toutefois plus récente. Langues paléo-balkaniques †. Ce regroupement surtout géographique comprend un vaste ensemble de langues antiques parlées dans les Balkans et les régions limitrophes. On y rattache l'Albanais, seule langue vivante issue du groupe (du carpien selon les linguistes, mais politiquement, le régime d'Enver Hoxha a promu la théorie protochroniste d'une origine illyrienne, formulée par Zacharie Mayani). Plusieurs langues classées comme paléo-balkaniques auparavant ont été reclassées depuis dans d'autres familles ; restent les suivantes : Langues italiques. Certains linguistes rattachent le vénète à ce groupe. Langues celtiques. Le ligure ancien † est vu par certains linguistes comme proche des langues celtiques. Langues balto-slaves. Ce regroupement ne fait pas l'unanimité, certains linguistes considérant les langues baltes et slaves comme deux familles de langues bien distinctes. Langues chamito-sémitiques. Les langues chamito-sémitiques (nommées aussi "afro-asiatiques") sont parlées en Afrique septentrionale et saharienne ainsi qu'au Proche-Orient et au Moyen-Orient. Langues berbères. Langues berbères de l'Est. Le groupe des langues berbères de l'Est, incluses par Kossmann au sein des langues berbères du Nord dans le cadre d'un continuum dialectal, comprend deux sous-groupes : Langues touarègues. Le groupe des langues touarègues comprend plusieurs parlers généralement proches et mutuellement intelligibles : Langues berbères de l'Ouest. Le zenaga (parlé par les Zenagas en Mauritanie et au Sénégal) et le tetserret (parlé au Niger par les Kel Aghlal et les ) constituent, malgré la distance qui les sépare, un groupe distinct de parlers berbères. Les deux langues, avec quelques milliers de locuteurs pour chacune, sont considérées comme menacées. Guanche. Le guanche, langue éteinte au et autrefois parlée aux îles Canaries, contient un grand nombre d'éléments berbères et y est souvent apparentée. Cette langue demeure toutefois peu documentée et le lien de parenté avec les langues berbères n'est pas établi. Langues omotiques. Le positionnement de ces langues est discuté. Elles sont vues, soit comme une sixième branche des langues afro-asiatiques, soit comme le groupe occidental des langues couchitiques. Langues nilo-sahariennes. Elles sont parlées en Afrique sub-saharienne : au Tchad, au Soudan, au Niger, au Mali, dans le Nord du Cameroun, en République centrafricaine, au Ghana, au Kenya, en Éthiopie et en Tanzanie. Langues khoïsan. Elles sont parlées en Afrique australe, notamment par les Bochimans et les Khoïkhoïs. Les langues tuu ont fait partie de cette catégorie, mais cette classification est aujourd'hui obsolète. Langues caucasiennes. Le Caucase est une zone de très grande diversité linguistique, et le foyer de trois familles indépendantes de langues non représentées ailleurs et appelées langues caucasiennes au sens strict. Cette appellation n'implique pas de parenté génétique. Par ailleurs, des langues indo-européennes et altaïques sont également parlées dans le Caucase. Langues ouraliennes. Elles sont parlées en Europe et en Asie du Nord. Langues ienisseïennes. Elles étaient parlées dans l'est de la Sibérie. Seul subsiste encore le ket. Langues tchoukotko-kamtchatkiennes. Elles sont parlées dans le nord-est de la Sibérie et dans la presqu'île du Kamtchatka, dans l'extrême est de la Russie. Langues altaïques. L'hypothèse de la famille altaïque reste très largement débattue et non consensuelle. Elles regrouperaient un total de 558 millions de locuteurs de par le monde et sont essentiellement parlées au Proche et au Moyen-Orient, en Asie centrale et de l'Est et du Nord. Certains linguistes contestent qu'il s'agisse d'un groupe génétique. Depuis les années 1960 des chercheurs y rattachent généralement les langues coréaniques et les langues japoniques. Certains réfutaient auparavant la filiation, d'une part par manque de fiabilité des relations dans le vocabulaire de base—mais celles-ci furent consolidées en 2004—et d'autre part à cause de la plus grande simplicité du japonais—fait qui a reçu une explication en 2008. Langues japoniques. Parlées dans l'archipel japonais et les îles Ryūkyū. Certains linguistes les rapprochent des langues altaïques et les indices sont de plus en plus nombreux (voir l'entête de langues Altaïques). Langues sino-tibétaines. Elles sont essentiellement parlées en Asie de l'Est et du Sud-Est. Selon les linguistes Joseph Greenberg et Merritt Ruhlen, elles constituent le groupe de langues parlées par le plus grand nombre de locuteurs au sein de la macro-famille linguistique des langues dené-caucasiennes. Le terme de "langues sino-tibétaines" est sujet à controverse. L'origine de l'écriture tibétaine remonte à Songtsen Gampo (né vers 609-613~mort en 650) qui fut le du Tibet. Songtsen Gampo envoya en Inde des Tibétains pour y étudier le sanskrit. Le ministre Thonmi Sambhota créée l’écriture tibétaine à partir d'un alphabet de l'Inde du nord, probablement le Brahmi, ancêtre d'un certain nombre d'alphabets comme le devanāgarī, le Gujarati ou le Bengali. Langues taïes-kadaïes. Les langues taïes-kadaïes sont classées en trois branches selon Edmondson et Solnit (1988) (les branches proposées sont indiquées à l'aide d'un "?") : Langues hmong-mien. Également appelées miao-yao, elles sont parlées essentiellement en Asie du Sud-Est. On distingue trois groupes : Dans la classification chinoise établie par les linguistes Wang, Mao, Meng et Zheng, le hmong se répartit en branches : Dans la classification chinoise établie par les linguistes Wang, Mao, Meng et Zheng, le mien se répartit en trois branches : Langues austroasiatiques. Elles sont parlées essentiellement en Asie du Sud-Est. Langues asliennes. Il s'agit des langues parlées par une partie des populations aborigènes de la péninsule malaise, appelées officiellement "Orang Asli" (« gens des origines » en malais). Langues austronésiennes. Elles sont parlées à Taïwan, en Asie du Sud-Est, dans l'océan Pacifique et à Madagascar et Mayotte. Langues formosanes (polyphylétique). Il s'agit des langues des aborigènes de Taïwan. Cet ensemble est géographique. Langues papoues. Ces langues, très nombreuses, sont parlées en Nouvelle-Guinée et dans les îles proches. Leur classification interne, encore mal établie, ne fait pas l'objet d'un consensus. Une hypothèse propose de rassembler nombre de familles de langues papoues dans une famille de trans-nouvelle-guinée, mais l'inclusion de plusieurs familles reste controversée. Plusieurs langues papoues restent des langues isolées ou non classées. Langues eskimo-aléoutes ou eskaléoutes. Elles sont parlées dans les régions arctiques de l'Amérique du Nord et de la péninsule tchouktche. Langues amérindiennes. Langues na-dené. Elles sont parlées en Amérique du Nord. Langues uto-aztèques. Elles sont parlées dans l'Ouest des États-Unis et au Mexique. Langues kiowa-tanoanes. Elles sont parlées dans le Sud-Ouest des États-Unis, notamment par les peuples pueblos. Une hypothèse les relie aux langues uto-aztèques. Langues algiques. Elles sont parlées en Amérique du Nord. Le wiyot et yurok sont parfois rassemblés dans un groupe "ritwain". Cette hypothèse est contestée. Langues caddoanes. Elles sont parlées en Amérique du Nord. Langues siouanes. Elles sont parlées en Amérique du Nord. Langues iroquoiennes. Elles sont parlées en Amérique du Nord. Langues hokanes. L'appartenance des différentes familles de langues au groupe hokan n'est pas parfaitement prouvée. Langues pénutiennes. L'appartenance des différentes familles de langues au groupe pénutien n'est pas parfaitement prouvée. Langues barbacoanes. guambiano, totoro, awa pit, tsafiqui, cayapa Langues tupi. Elles sont parlées en Amérique du Sud, en Amazonie et rassemblent dix familles de langues. Langues tupari. Autres, à classer : Langues des signes. Ce sont des langues gestuelles dont la structure iconique et spatiale les distingue des langues orales sur le plan grammatical. La plupart sont utilisées pour la communication avec les personnes sourdes ou malentendantes, ces langues ont été classées par familles selon la langue des signes qui est leur « ancêtre » principal (il existe de nombreux cas de métissage avec les langues utilisées dans les mêmes régions géographiques et des phénomènes de créolisation, faisant évoluer les langues des signes). Une classification a été établie par Anderson et Peterson en 1979, qui a été reprise par Henri Wittmann en 1991. Cette dernière propose la liste de familles suivante : On peut ajouter à cette liste la famille de la langue des signes arabe dont les langues n'ont pas été traitées par Wittmann. Il existe aussi plusieurs langues des signes « auxiliaires », qui sont utilisées par des personnes entendantes lorsque l'usage du langage parlé n'est pas possible (utilisation de mots tabous, vœu de silence, signaux militaires) ou même dans un but artistique et symbolique (mudrā).
Langage de programmation de haut niveau En programmation informatique, un langage de programmation à haut niveau d'abstraction généralement appelé langage de haut niveau est un langage de programmation orienté autour du problème à résoudre, qui permet d'écrire des programmes en utilisant des mots usuels des langues naturelles (très souvent de l'anglais) et des symboles mathématiques familiers. Un langage de haut niveau fait abstraction des caractéristiques techniques du matériel utilisé pour exécuter le programme, tels que les registres et les drapeaux du processeur. Les langages de haut niveau sont plus proches des langues naturelles, ce qui facilite et vulgarise l'écriture des programmes. Ils sont généralement indépendants de la machine : le même programme pourra être utilisé tel quel sur plusieurs types d'ordinateurs — quoique les programmes puissent également être conçus pour un système d'exploitation en particulier. Les langages de haut niveau sont apparus dans la seconde moitié des années 1950 (Fortran en 1954, Lisp et Algol en 1958, COBOL en 1959). Ils ont permis d'écrire des programmes d'une manière plus familière, proche de l'anglais, et qui ne dépend pas du processeur qui sera utilisé. En 2010, il existe plus de 200 langages de programmation de haut niveau. Caractéristiques. Le langage de haut niveau a un plus haut niveau d'abstraction que les langages machines ou d'assemblages qui contiennent directement les instructions lues par le processeur et notamment la manière explicite dont le programme va gérer la mémoire de la machine. Plutôt que de s'occuper des registres, des accès mémoires et des piles, les langages de haut niveau s'occupent de concepts plus élaborés tels que les processus légers, verrous, objets, variables, tableaux, arithmétique complexe et expressions booléennes. De plus, ils n'ont en général pas la possibilité de s'occuper des détails liés à la machine tels que la gestion mémoire contrairement aux langages de bas niveau ou alors ces langages font appel à des fonctions préprogrammées (comme les opérateurs new et delete en C++). D'autres caractéristiques telles que des routines de manipulation de chaîne de caractères ou les concepts des langages objets peuvent être présentes. Le langage C présente la particularité d'être à la fois un langage de haut niveau et de bas-niveau. Cependant cette notion a tendance à évoluer dans le temps; le langage C qui était généralement considéré comme de haut niveau s'est vu progressivement rapprocher du bas niveau. Coût de cette abstraction. De façon stéréotypée, les langages de haut niveau simplifient le travail du programmeur là où les langages de bas niveau permettent de produire un code plus efficace. La limite d'utilisation des langages haut niveau correspond aux situations où les ressources matérielles sont limitées. Les concepts de programmation de haut niveau tels que les structures de données génériques, de l'interprétation à l'exécution, sont souvent lents à l'exécution et grands consommateurs mémoire. Pour cette raison, les codes qui ont besoin de s'exécuter rapidement et efficacement devraient être écrits en langage de bas niveau, même si la programmation en langage de haut niveau se ferait plus facilement. Néanmoins, avec l'augmentation en complexité des architectures des microprocesseurs modernes et l'amélioration des compilateurs, on observe que fréquemment les langages de haut niveau produisent du code aussi efficace que ce qui peut être fait à la main par la plupart des programmeurs. De plus, une abstraction plus haute peut permettre des techniques plus puissantes produisant généralement de meilleurs résultats que leurs équivalents de bas niveau. Avantages. Les avantages des langages de haut niveau (comme le Python) sont les suivants:
Langage machine Le langage machine, ou code machine, est la suite de bits qui est interprétée par le processeur d'un ordinateur exécutant un programme informatique. C'est le langage "natif" d'un processeur, c'est-à-dire le seul qu'il puisse traiter. Il est composé d'instructions et de données à traiter codées en binaire. Chaque processeur possède son propre langage machine, dont un code machine qui ne peut s'exécuter que sur la machine pour laquelle il a été préparé. Si un processeur "A" est capable d'exécuter toutes les instructions du processeur "B", on dit que "A" est compatible avec "B". L'inverse n'est pas forcément vrai : "A" peut avoir des instructions supplémentaires que "B" ne connaît pas. Le code machine est aujourd'hui généré automatiquement, généralement par le compilateur d'un langage de programmation ou par l'intermédiaire d'un bytecode. Instructions du langage. Les « mots » d'un langage machine sont appelés "instructions". Chacune d'elles déclenche une commande de la part du processeur (par exemple : chercher une valeur dans la mémoire pour charger un registre, additionner deux registres, etc.). Un processeur à architecture RISC ne reconnaît que peu d'instructions différentes, alors qu'un processeur à architecture CISC en possède un large éventail. Néanmoins certains processeurs CISC récents transforment en interne les instructions complexes en une suite d'instructions simples, qui sont alors exécutées. Un programme n'est qu'une longue séquence d'instructions qui sont exécutées par le processeur. Elles sont exécutées séquentiellement sauf quand une instruction de "saut" transfère l'exécution à une autre instruction que celle qui suit. Il existe également des sauts conditionnels qui sont soit exécutés (l'exécution continue à une autre adresse), soit ignorés (l'exécution continue à l'instruction suivante) selon certaines conditions. Opcode. Chaque instruction commence par un nombre appelé opcode (ou "code opération") qui détermine la nature de l'instruction. Par exemple, pour les ordinateurs d'architecture x86, l'opcode codice_1 (en binaire codice_2) correspond à l'instruction "push" (ajouter une valeur en haut de la pile). Par conséquent, l'instruction codice_3 (codice_4) correspond à "push 0x14" (ajouter la valeur hexadécimale codice_5 , ou 20 en décimal, en haut de la pile). Longueur des instructions. Certains processeurs codent toutes leurs instructions avec le même nombre de bits (par exemple : ARM, MIPS, PowerPC), tandis que chez d'autres la longueur de l'instruction dépend de l'opcode (exemple : x86). L'organisation des combinaisons de bits dépend largement du processeur. Le plus commun est la division en "champs". Un ou plusieurs champs spécifient l'opération exacte (par exemple "une addition"). Les autres champs indiquent le type des opérandes, leur localisation, ou une valeur littérale (les opérandes contenus dans une instruction sont appelés "immédiat"). Avantages et inconvénients. Lorsque toutes les instructions ont la même taille elles sont également alignées en mémoire. Par exemple si toutes les instructions sont alignées sur 32 bits (), alors les deux bits de poids faibles de l'adresse mémoire de n'importe quelle instruction sont à zéro. Cela permet notamment une implémentation plus aisée du cache des prédictions de branchement bimodales. En revanche le code machine prend moins de place en mémoire s'il ne possède pas de taille minimum, étant donné qu'on élimine les champs non utilisés. Écriture du code. Alors que le langage machine était le seul disponible à l'aube des ordinateurs, il est aujourd'hui très long et fastidieux de développer en binaire : il faut passer par au moins un langage intermédiaire. De très nombreux langages de programmation sont transformés en langage machine lors de la compilation. Tous les programmes exécutables contiennent au moins une petite partie en langage machine. Le langage le plus facile à convertir en code machine est l'assembleur car il possède quasiment les mêmes instructions. L'assembleur (ou langage assembleur) diffère d'une machine à une autre, bien que les instructions soient au bout du compte très semblables. Les langages de plus haut niveau sont convertis en assembleur pendant la compilation. Les langages utilisant une machine virtuelle passent par un bytecode qui est converti à la volée par la machine virtuelle. Exemples. Processeur MIPS. Comme exemple spécifique, regardons l'architecture MIPS. Ses instructions ont toujours une longueur de 32 bits. Le type général de l'instruction est donné par les 6 bits de poids les plus forts (dans une représentation sur 32 bits, les 6 de gauche), qu'on appelle le champ "op". Les instructions de type-J et de type-I sont pleinement spécifiées par le champ "op". Les instructions de type-R ont un champ supplémentaire, "fonct", pour déterminer la nature exacte de l'opération. Les champs de ces 3 types d'instructions sont : 6 5 5 5 5 6 bits [ op | rs | rt | rd |shamt| fonct] type-R [ op | rs | rt | adresse/immédiat ] type-I [ op | adresse cible ] type-J "rs", "rt", et "rd" indiquent des opérandes de type registre ; "shamt" indique un décalage ("") ; et le champ "adresse" ou "immédiat" contient un opérande sous forme de valeur. Par exemple, ajouter les registres 1 et 2 et placer le résultat dans le registre 6 est codé : [ op | rs | rt | rd |shamt| fonct] 0 1 2 6 0 32 décimal 000000 00001 00010 00110 00000 100000 binaire Charger une valeur depuis la cellule mémoire 68 cellules après celle pointée par le registre 3 dans le registre 8 : [ op | rs | rt | adresse/immédiat ] 35 3 8 68 décimal 100011 00011 01000 0000000001000100 binaire "Sauter" à l'adresse codice_6 (la prochaine instruction à exécuter se trouve à l'adresse codice_6) : [ op | adresse cible ] 2 1025 décimal 000010 00000000000000010000000001 binaire Processeur ARM. Les processeurs de l'architecture ARM sont un cas particulier dans la mesure où toutes les instructions sont conditionnelles. Elles sont toutes d'une longueur de 32 bits, et leurs quatre premiers bits indiquent dans quelles conditions l'instruction doit être exécutée.
L'Ultime Commandement
La Guerre du Bacta
La Bataille des Jedi
L'Héritier de l'Empire
Liste de diffusion Une liste de diffusion ou liste de distribution ("" en anglais, abrégée en ML) est une utilisation spécifique du courrier électronique qui permet le publipostage d'informations aux utilisateurs qui y sont inscrits. Celle-ci est gérée par un logiciel installé sur un serveur. On différencie les listes d'annonces destinées à envoyer des informations aux abonnés sans retour de leur part et les listes de discussion où toute personne inscrite peut envoyer un message ou y répondre. Utilisation. Le principe est que l'auteur d'un courrier électronique envoie un message à une seule adresse, celle de la liste de diffusion, et que le serveur distribue celui-ci à tous les abonnés. Souvent, l'inscription à une liste de diffusion impose un enregistrement et celui-ci limite les consultations des archives par des opérations techniques plus ou moins contraignantes et peut poser des questions liées au respect de la vie privée. C'est par exemple le cas des listes gérées par Yahoo! Groups (qui ferme ce service en cette fin d'année 2020 ) ou Google Groups. Difficultés: l'utilisation de ces listes nécessite la mise en place d'identifiants de validation SPF et DKIM, dans les entrées DNS du gestionnaire du nom de domaine utilisé, pour réduire le risque d'être interprété comme SPAM. Fonctionnement. Une liste de diffusion est gérée par un ou plusieurs administrateurs qui fixent les règles d'utilisation du service : Ce fonctionnement est celui de la liste de distribution classique. Types. Il existe deux types principaux de listes : L'utilisation du mot diffusion au lieu de distribution, n'est pas généralisé.
Le Spectre du passé (roman)
Langue espagnole
Lejzer Ludwik Zamenhof
Les Trois Lois de la sexualité robotique Les Trois Lois de la sexualité robotique est une nouvelle de Roland C. Wagner datant de 1982 et pastichant les trois lois de la robotique d'Isaac Asimov.
Trois lois de la robotique Les Trois lois de la robotique, formulées en 1942 par les écrivains de science-fiction Isaac Asimov et John W. Campbell, sont des règles auxquelles tous les robots positroniques qui apparaissent dans leurs romans doivent obéir. Énoncé. Exposées pour la première fois dans sa nouvelle "Cercle vicieux" ("Runaround", 1942) puis également dans son "Cycle de Fondation", tome 4, mais annoncées dans quelques histoires plus anciennes, les lois sont : Au cours du cycle des livres sur les robots, une loi zéro, qui prend une importance considérable, est instituée par deux robots, R. Giskard Reventlov et R. Daneel Olivaw, dans la nouvelle "Les Robots et l'Empire". Cette Loi zéro place ou tente de placer la sécurité de l'humanité avant celle d'un individu. Elle n'est pas codée au niveau matériel des cerveaux positroniques, à la différence des trois premières, mais est de type logiciel, puisque « déduite » par le robot R. Giskard Reventlov. D'après l’"Oxford English Dictionary", le premier passage dans la nouvelle d'Asimov nommée "Menteur !" qui mentionne la première loi est la plus ancienne mention enregistrée du mot « robotique » ; selon Asimov, la première apparition se trouve dans sa nouvelle "Cercle vicieux" (1942). Asimov n'en était pas conscient initialement ; il a supposé que le mot existait déjà, par analogie avec « mécanique » (comme positronique avec « électronique ») et d'autres termes similaires désignant des branches de science appliquée. Les trois lois forment un principe d'organisation et un thème unifiant l'œuvre de fiction d'Asimov, apparaissant dans son "Cycle des robots" et d'autres histoires reliées à celui-ci, comme dans son cycle de "Lucky Starr", fiction scientifiquement orientée pour jeunes adultes. D'autres auteurs travaillant dans l'univers fictif d'Asimov les ont adoptées et des références (souvent parodiques) apparaissent dans une bonne part de la science-fiction et dans d'autres genres. Asimov considérait que ses lois devaient être universelles pour les robots. Aussi, assistant à la projection de "2001, l'Odyssée de l'espace", il quitta avec bruit la salle lorsque l'ordinateur HAL 9000 viola sa première loi en s'attaquant à des humains. Historique. Dans la science-fiction des années 1930, la majorité des intelligences artificielles suivent le modèle de la créature de Frankenstein, ce qu'Asimov trouve pénible, voire insupportable : « des robots étaient créés et détruisaient leur créateur ; des robots étaient créés et détruisaient leur créateur ; des robots… etc. » Asimov nomme « » cette tendance à considérer les machines comme des créatures mortellement dangereuses. Des récits de science-fiction suivent cependant la même inspiration qu'Asimov. En , Lester del Rey publie "Helen O'Loy", l'histoire d'un robot si semblable à une personne qu'elle tombe amoureuse de son créateur et devient sa femme idéale. Le mois suivant, Otto Binder publie une nouvelle nommée "I, Robot", mettant en scène un robot sympathique nommé Adam Link, une créature incomprise motivée par l'amour et l'honneur. C'est la première d'une série de dix histoires ; l'année d'après, "Adam Link's Vengeance" (1940) montre Adam pensant : « Un robot ne doit jamais tuer un être humain selon son propre libre arbitre. » Le , Asimov assiste à un rassemblement de la Queens Science Fiction Society, où il rencontre Binder, dont Asimov a admiré l'histoire. Trois jours plus tard, Asimov commence à écrire , sa quatorzième histoire. Treize jours après, il propose "Robbie" à John W. Campbell, éditeur d"Astounding Science-Fiction". Campbell la rejette, disant qu'elle était trop ressemblante à "Helen O'Loy" de Del Rey. Frederik Pohl, éditeur du magazine "Astounding Stories", la publie dans son périodique l'année suivante. Asimov attribue les lois à John W. Campbell, au cours d'une conversation tenue le . Cependant, Campbell affirme qu'Asimov avait déjà les lois dans son esprit, et qu'elles avaient simplement besoin d'être formulées explicitement. Plusieurs années plus tard, un ami d'Asimov nommé Randall Garrett attribue les lois à une collaboration symbiotique entre les deux hommes, une suggestion qu'Asimov adopte avec enthousiasme : D'après ses écrits autobiographiques, Asimov inclut l'inaction à la première loi à cause d'un poème d'Arthur Hugh Clough nommé "Le Dernier Décalogue", qui contient les vers satiriques : « Tu ne tueras point, mais ne t'acharneras point non plus, légalement, à garder en vie. » Même si Asimov colle la création des Lois sur une seule date, leurs interventions dans sa littérature sont présentes sur une certaine période. Il écrit deux histoires de robots sans mention explicite des lois, "Robbie" et "Reason". Il y suppose cependant que les robots ont des garde-fous inhérents à leur nature. "Menteur !", sa troisième nouvelle sur les robots, fait pour la première fois mention de la première loi, mais pas des deux autres. Toutes les trois apparaissent finalement ensemble dans "Runaround". Quand ces histoires et plusieurs autres sont compilées dans l'anthologie "Les Robots", "Reason" et "Robbie" sont mises à jour pour que les Trois lois y apparaissent, bien que le matériel ajouté à "Reason" ne soit pas entièrement cohérent avec les lois telles que décrites ailleurs. En particulier, l'idée d'un robot protégeant les vies humaines sans même croire en l'existence des Êtres Humains est en désaccord avec le raisonnement d'Elijah Baley, décrit ci-après. Pendant les années 1950, Asimov écrit une série de nouvelles de science-fiction expressément créée pour un public de jeunes adultes. Originellement, son éditeur attend des nouvelles qu'elles puissent être adaptées dans une série télévisée long métrage, quelque chose comme ce qu'avait été "The Lone Ranger" pour la radio. Ayant peur que ses histoires soient adaptées dans le programme « généralement déplorable » qu'il a vu inonder les canaux télévisés, Asimov décide de publier son cycle de "Lucky Starr" sous le pseudonyme Paul French. Quand les plans pour la télévision furent abandonnés, il décide d'abandonner ce nom ; il apporte les lois dans "Lucky Starr et les Lunes de Jupiter", . Dans sa nouvelle "La Preuve" (""), Asimov expose, par le personnage Susan Calvin, une base morale derrière les lois. Calvin précise qu'il est naturel d'attendre des êtres humains qu'ils se restreignent de blesser d'autres humains (excepté dans des temps d'extrême coercition comme la guerre, ou pour sauver un plus grand nombre d'humains). Cela équivaut à la Première Loi pour un robot. De même, d'après Calvin, la société attend des individus qu'ils obéissent aux instructions des autorités reconnues : docteurs, enseignants, et ainsi de suite, ce qui est équivalent à la Seconde Loi de la robotique. Enfin, les humains sont en général enclins à éviter de se voir blessés eux-mêmes, ce qui est la Troisième Loi pour un robot. L'intrigue de "La Preuve" tourne autour de la question de la définition d'un être humain par rapport à un robot conçu spécialement pour sembler humain ; Calvin pense que si un tel individu obéit aux Lois, il serait un robot, ou . Un autre personnage demande alors à Calvin si, après tout, les robots sont si différents des êtres humains. Elle répond : . Dans un essai plus tardif, Asimov précise que les analogies des lois sont implicites dans la création de presque tous les outils : Débat et modifications des Lois par Asimov lui-même. Les histoires d'Asimov testent ses Lois dans une large variété de circonstances, proposant et rejetant des modifications. Un disciple de la Science-Fiction, James Gunn, écrit : « Les histoires de robots d'Asimov dans leur entier répondent de la meilleure manière à une analyse sur cette base : l'ambiguïté dans les Trois Lois et les manières par lesquelles Asimov a joué vingt et une variations sur le thème » (le nombre est précis depuis 1980). Tandis que l'ensemble des Lois procurait de l'inspiration à beaucoup d'histoires, Asimov introduisait de temps en temps des versions modifiées dans son œuvre. Comme l'exemple suivant le démontre, les Lois servent une fonction conceptuelle analogue au test de Turing, replaçant des questions brouillées comme « Qu'est-ce qui est humain ? » par des problèmes permettant une réflexion plus fructueuse. Imperfection de la Première Loi. Dans "Face aux feux du soleil", Asimov établit que la première loi était incomplète : il y montre qu'un robot est pleinement capable de blesser un être humain tant qu'il ignore que ses actions entraîneront une telle conséquence. L'exemple suivant est utilisé : un robot met du poison dans un verre de lait, car on lui a dit que le lait sera jeté plus tard ; ensuite, un second robot sert le lait à un homme, ne sachant pas qu'il est empoisonné. Modification de la Première Loi. Dans "Le Petit Robot perdu", plusieurs robots NS-2 ou « Nestor » sont créés avec seulement une partie de la Première Loi. On lit : Cette modification est motivée par une difficulté pratique : des robots et des êtres humains travaillent au milieu de radiations fatales aux robots, mais supportables pour les hommes. Or les robots s'acharnent à aller « secourir » les humains au cœur des radiations, même en l'absence de danger immédiat ; ce faisant, ils nuisent au travail et se détruisent eux-mêmes. Enlever la clause d'« inaction » de la Première Loi résout le problème, mais crée la possibilité d'un problème encore plus grand : un robot peut commencer une action dangereuse en sachant qu'il peut l'interrompre, puis décider de ne pas aller jusqu'au bout (lâcher une lourde charge sans la rattraper est l'exemple donné dans le texte). Correction des imperfections. La plupart du temps les défauts des lois sont corrigés par le fait que leur application dépend de la définition d'un humain ou de ce qu'est « faire du mal ». Ainsi, une situation où un robot empêcherait un humain de partir en guerre peut être empêchée si on n'apprend pas à un robot ce qu'est la guerre. Ainsi, la plupart des robots des nouvelles d'Asimov sont si basiques qu'ils ne réagissent selon la Première Loi que si le mal infligé aux êtres humains est vraiment évident et se passe devant leurs yeux. De plus, toujours dans les nouvelles d'Asimov, un roboticien doué sait donner à ses ordres (et donc à la Deuxième Loi) une importance si forte qu'elle atténue légèrement l'influence de la Première Loi, et peut même la dépasser. Définitions alternatives de la notion d'« humain ». Dans son du cycle de David Starr (cycle destiné à un public plus jeune et publié sous le pseudonyme "Paul French"), intervient la définition de la notion d'« humain ». Un des protagonistes du livre désirant tuer un des compagnons de David Starr tente de faire effectuer cet acte par des robots en argumentant que l'autre (décrit généralement comme étant peu avantagé par la nature) n'est pas « humain » et y parvient presque (il ne sera arrêté que par l'intervention d'un autre protagoniste et non par les robots qui, eux, se laissent convaincre). Cette notion est reprise plus profondément dans le roman "Les Robots et l'Empire" où les Solariens ont créé des robots régis par les Trois Lois de manière normale, mais pour lesquels le sens du mot « humain » est déformé. Selon leur programmation, seules les personnes parlant avec l'accent solarien sont humaines. De cette manière, ces robots n'auront aucun problème à agresser des humains non solariens (et certains sont même programmés spécifiquement pour cela). Au temps où se déroule "Terre et Fondation", les Solariens se sont modifiés génétiquement au point de devenir une espèce distincte de l'humanité, devenant hermaphrodites et capables de contrôler et de transformer diverses formes d'énergie (cinétique, chimique, thermique, lumineuse, électrique) au point d'alimenter en énergie tous les robots et machines de leurs immenses domaines. Les robots de Solaria continuent de respecter les Trois Lois en considérant les Solariens comme seuls humains, plutôt que les hommes normaux du reste de la Galaxie. Asimov traite le problème des robots humanoïdes à plusieurs reprises. Le roman "Les Robots et l'Empire" et les nouvelles "Evidence" et "L'Incident du tricentenaire" décrivent des robots fabriqués pour tromper les hommes en leur faisant croire que les robots sont humains. D'un autre côté, "L'Homme bicentenaire" et "Pour que tu t'y intéresses" explorent la manière dont les robots peuvent changer leur interprétation des Trois lois à mesure qu'ils deviennent plus sophistiqués. (Gwendoline Butler écrit dans "Un cercueil pour le canari" : « Peut-être sommes-nous des robots. Des robots vivant la dernière Loi de la Robotique… Pour tendre à devenir des humains. ») "Pour que tu t'y intéresses" ("That Thou art Mindful of Mind"), qui devait être pour Asimov l'« ultime » sonde dans les subtilités des lois, utilise finalement les trois lois pour conjurer le scénario à la « Frankenstein » que les hommes devaient résoudre. La nouvelle prend comme concept le développement grandissant des robots qui imitent les êtres vivants non humains, et sont par conséquent programmés pour agir selon les comportements de simples animaux qui ne nécessitent pas les Trois Lois. La présence d'une large palette de vie robotique qui sert le même but que la vie organique se termine avec deux robots humanoïdes concluant que la vie organique est une condition non nécessaire pour une vraie logique et une définition cohérente par elle-même d'« humanité », que comme ils sont les êtres pensants les plus avancés sur leur planète, ils sont les seuls vrais humains en vie, et que les Trois Lois s'appliquent seulement à eux-mêmes. L'histoire se termine sur une note sinistre : les robots hibernent et attendent le moment où ils vont conquérir la Terre et soumettre les humains biologiques s'y trouvant, une conséquence qu'ils considèrent comme le résultat inévitable des « Trois Lois de L'Humanique ». Ajout de la Loi Zéro. Asimov arrive finalement à la conclusion qu'il faut ajouter aux Trois Lois une « Loi Zéro ». Le personnage robotique R. Daneel Olivaw est le premier à donner un nom à cette Loi, dans le roman "Les Robots et l'Empire" ; cependant, Susan Calvin articule ce concept dans la nouvelle "Conflit évitable". Dans les scènes finales du roman "Les Robots et l'Empire", R. Giskard Reventlov est le premier robot à agir selon la Loi Zéro, cependant cela s'avère destructeur pour son cerveau positronique, car il n'est pas certain que son acte oriente l'humanité vers son bien absolu ou non. Giskard est télépathe, comme le robot Herbie dans la nouvelle "Menteur !", et il en vient à comprendre la Loi Zéro à travers sa compréhension d'un concept plus subtil de la "blessure" que la plupart des robots peuvent saisir. Cependant, à l'inverse de Herbie, Giskard saisit le concept philosophique de la Loi Zéro, ce qui lui permet de blesser des êtres humains si cela peut en quoi que ce soit l'aider dans son service du concept abstrait d'humanité. La Loi Zéro n'est jamais programmée dans le cerveau de Giskard, c'est en fait une règle qu'il tente de rationaliser par pure réflexion métaphysique ; il échoue, et donne ses capacités télépathiques à son successeur, R. Daneel Olivaw. Durant des milliers d'années, Daneel s'adapte lui-même pour être capable d'obéir pleinement à la Loi Zéro. Telle qu'il la formule, dans les livres "Terre et Fondation" et "Prélude à Fondation", la Loi Zéro se lit : Les Trois Lois sont donc modifiées de cette manière : Le traducteur français Jacques Brécard incorpora le concept de Loi Zéro dans une des nouvelles d'Asimov avant même qu'Asimov lui-même ne l'explicite. Vers l'apogée des "Cavernes d'acier", Elijah Baley se fait un commentaire amer à lui-même, pensant que la Première Loi interdit à un robot de blesser un être humain, sauf si le robot en question est assez intelligent pour réaliser que ses actions sont faites pour le bien, à long terme, de l'homme (ce qui veut dire ici que dans "Les Cavernes d'acier" les pensées de Baley émergent dans une voie légèrement différente : « Un robot ne doit faire aucun tort à un homme, à moins qu'il trouve un moyen de prouver qu'en fin de compte le tort qu'il aura causé profite à l'humanité en général ! »). Les conséquences de la Loi Zéro sont considérables : elle donne le droit aux robots de s’attaquer à des hommes si ceux-ci mettent l’humanité en danger. C'est justement le thème principal du film "I, Robot", où l'I.A. VIKI (mémoire centrale de la firme U.S. Robots) arrive à la conclusion logique que la plus grande menace pour l'homme est l'homme lui-même et décide d'enfreindre la Première Loi pour protéger l'humanité. Cependant, dans les romans, même programmés avec la Loi Zéro, les robots ne tueront aucun humain, essayant toujours de trouver le moyen de l'appliquer en intervenant le plus légèrement possible. Conclusion sur la viabilité des Lois. Les romans d'Asimov "Les Cavernes d'acier", "Face aux feux du soleil", "Les Robots de l'aube" et "Les Robots et l'Empire" montrent que des robots trop basiques et surtout sans Loi Zéro finissent par avoir des effets néfastes sur l'humanité (et plus précisément sur les Spaciens) en empêchant toute forme de souffrance, la poussant ainsi à l'inaction et étouffant toute pensée artistique. Ainsi, la conclusion du roman "Les Robots et l'Empire" en particulier est que seuls des robots très intelligents pour pouvoir correctement appliquer la Loi Zéro (en l'occurrence R. Daneel Olivaw et R. Giskard Reventlov) seront bénéfiques pour l'humanité, car ils ont connaissance de toutes les subtilités de l'esprit humain et du fait que tout n'y est pas bon ou mauvais. Ces robots peuvent comprendre des notions telles que le sacrifice (dont le but est censé être positif) ou la punition ("idem"). Première Loi dérivée par d'autres cultures. Gaïa, la planète dotée d'une intelligence collective dans les nouvelles de "Fondation", adopte, comme philosophie, une loi similaire à la Première : Les histoires d'Asimov sans les Trois Lois. Par trois fois dans sa carrière d'écrivain de fiction, Asimov a fait le portrait de robots qui négligeaient complètement le système de valeur des Trois Lois, à l'inverse des robots Daneel et Giskard, qui avaient pour but de l'augmenter. Le premier cas, une histoire courte nommée "Première Loi", est souvent considérée comme insignifiante, invraisemblable ou même apocryphe. D'un autre côté, l'histoire courte nommée "Cal" (intégrée dans "Gold"), racontée à la première personne par un narrateur robotique, met en scène un robot qui néglige les Lois parce qu'il a trouvé quelque chose de bien plus important : il veut être écrivain. Humoristique, en partie autobiographique, et dans un style expérimental inhabituel, "Cal" a été vu comme une des histoires les plus fortes de "Gold". La troisième est une histoire courte dont le titre est "Sally", dans laquelle des voitures équipées de cerveaux positroniques sont apparemment capables de blesser et de tuer des humains, désobéissant à la Première Loi. Cependant, mis à part le concept de cerveau positronique, cette histoire ne se réfère pas aux autres histoires de robots, et ne peut donc pas vraiment être incluse dans la même continuité. La nouvelle "Le Robot qui rêvait", reprise dans le recueil de même titre, dépeint un robot, LVX-1 ou « Elvex », qui entre dans un état d'inconscience et de rêve, dû à la structure fractale inhabituelle de son cerveau positronique. Dans son rêve, les deux premières Lois sont absentes, et la Troisième Loi dit : « Un robot doit protéger sa propre existence ». La position d'Asimov sur la profondeur de l'empreinte des Lois évolua dans la chronologie de ses histoires : bien que dans ses premiers écrits elles n'aient été que des garde-fous précautionneusement conçus, dans les histoires plus récentes Asimov indiqua qu'elles étaient une partie inaliénable de la fondation mathématique soutenant le cerveau positronique : sans la théorie de base des Trois Lois, les scientifiques fictifs de l'univers d'Asimov seraient incapables de créer une unité cérébrale viable . Dans "Le Petit Robot perdu", Susan Calvin considère que modifier les Lois est une idée terrible, mais faisable, tandis que, des siècles plus tard, le Gerrigel, dans "Les Cavernes d'acier", croit que c'est impossible. Le Gerrigel utilise le mot « Asenion » pour décrire des robots programmés avec les Trois Lois. Dans les histoires d'Asimov, les robots étant des robots Asenion sont incapables de violer consciemment les Trois Lois, mais en principe un robot dans la science-fiction ou dans le monde réel pourrait être un non-Asenion. (. Asimov utilisa cette variation obscure de son nom pour s'insérer lui-même dans "Les Cavernes d'acier", d'une manière semblable à celle de Vladimir Nabokov apparaissant dans "Lolita" déguisé par l'anagramme « Vivian Darkbloom ».) Comme les personnages dans les histoires le font souvent remarquer, les Lois telles qu'elles existent dans l'esprit d'un robot ne correspondent pas à la version écrite ou verbale habituellement citée par les humains, mais sont des concepts mathématiques abstraits sur lesquels l'entière conscience développante d'un robot est basée. Ainsi, les Lois sont comparables aux instincts basiques de l'homme sur la famille ou l'accouplement, et sont conséquemment plus proches de former la base d'une conscience propre d'un robot — un sens dont le but est basé sur le service à l'humanité, l'obéissance aux ordres des hommes et l'existence continue dans — plus que des limitations arbitraires de l'entourage d'un esprit indépendant sans cela. Ce concept est largement brouillé et peu clair dans les histoires les plus anciennes qui décrivent des robots très rudimentaires qui sont seulement programmés pour accomplir des tâches physiques sommaires, avec les Lois implantées comme des protections. Mais dans l'ère des "Cavernes d'acier", où l'on voit des robots avec une intelligence de niveau humain, les Trois Lois sont devenues une vue éthique du monde sous-tendant les actions de tous les robots. Les applications technologiques à venir. De la possibilité d'appliquer des lois à une intelligence. Les mouvances technophile et transhumaniste voient parfois les trois lois comme un idéal à venir. Des avancées significatives en matière d'intelligence artificielle seraient nécessaires pour que les robots obtiennent une intelligence. Toutefois, la complexité des robots a augmenté et l'avancée de la technologie suit une courbe exponentielle selon la singularité technologique. L'humanité a donc intérêt à élaborer des directives et des garanties pour leur fonctionnement. Roger Clarke a écrit des analyses sur les complications dans l'application de ces lois, dans l'hypothèse que les systèmes soient un jour capables de les employer. Il a fait valoir que les lois de la robotique d'Asimov ont été un procédé littéraire très réussi. Peut-être ironiquement, ou peut-être parce que c'était approprié dans le domaine artistique, la somme des récits d'Asimov réfutent eux-mêmes l'affirmation avec laquelle il commence ces récits, c'est pourquoi Clarke conclut : . En 2004, l'Institut Singularity a lancé une campagne Internet appelée 3 Lois dangereuses : "3 Laws Unsafe" (les 3 lois d'Asimov) pour sensibiliser aux questions de la problématique de l'intelligence artificielle et l'insuffisance des lois d'Asimov en particulier. L'auteur de science-fiction Robert Sawyer déclare quant à lui : Il convient de noter que l'Essai de Sawyer néglige les questions de dommage involontaire ou inconscient, sujet traité dans des livres comme "Face aux feux du soleil". À noter que les trois lois ne sont pas applicables pour les robots militaires qui peuvent avoir pour objectif de tuer des personnes humaines. Dans un tel cas, il est proposé que les robots puissent prendre des décisions éthiques.
Littérature française La littérature française comprend l'ensemble des œuvres écrites ou orales par des auteurs de nationalité française ou de langue française, elle peut également se référer aux littératures écrites par des citoyens français qui écrivent dans des langues de France telles que le basque, le breton, etc.. La littérature écrite en langue française par les personnes d'autres pays tels que la Belgique, la Suisse, le Canada, le Sénégal, l'Algérie, le Maroc, etc. se réfère à la littérature francophone. Son histoire commence en ancien français au Moyen Âge et se perpétue aujourd'hui. Histoire de la littérature française. Au Moyen Âge. Un des "Serments de Strasbourg" (842) est le premier texte complet connu rédigé en roman, l' « ancêtre » du français. Le premier texte conservé dans cette langue que l'on considère aujourd'hui comme « littéraire » est le "Séquence ou Cantilène de sainte Eulalie", probablement écrite entre 881 et 882 ; c'est une simple adaptation en d'un poème latin à vocation religieuse et pédagogique. Les premiers grands textes de la littérature française datent eux du milieu du Moyen Âge (), époque de développement de l'agriculture et d'expansion démographique après des périodes d'invasions, d'anarchie et d'épidémies. Les chansons de geste sont de longs poèmes comportant des milliers de vers qui sont destinées à être chantées en public, geste signifiant ici exploits guerriers. Elles relatent, sous une forme épique mêlant légendes et faits historiques, des exploits guerriers passés, et mettent en valeur l'idéal chevaleresque. La plus ancienne et la plus connue est la "Chanson de Roland" qui a été écrite au ; elle raconte, en les idéalisant, les exploits de l'armée de Charlemagne. La littérature courtoise, apparue au , a pour thème principal le culte de l'amour unique, parfait et souvent malheureux. Elle trouve son origine dans l'Antiquité, intègre des influences orientales dues au retour des Croisés, et s'inspire de légendes celtiques. Ainsi, la légende de Tristan et Iseult raconte l'histoire d'un amour absolu et impossible qui se termine par la mort tragique des amants ; ces poèmes étaient chantés à la cour des princes par les trouvères et les troubadours. Chrétien de Troyes (1135 ?–1190 ?) est sans doute le premier romancier de la littérature française ; ses romans comme "Yvain ou le Chevalier au lion", "Lancelot ou le Chevalier de la charrette" et "Perceval ou le Conte du Graal" sont typiques de ce genre littéraire. Le long poème "Le Roman de la Rose", "best-seller" datant du début du est l'un des derniers écrits portant sur le thème de l'amour courtois, et cela seulement dans son court début écrit par Guillaume de Lorris. Le reste du poème, continué par Jean de Meung contient au contraire des passages (dont celui de "La vieille") d'une étonnante misogynie, mêlée par ailleurs à des arguments articulés de "critique sociale". Vers la même époque, le "Roman de Renart" est un ensemble de poèmes qui relatent les aventures d'animaux doués de raison. Le renard, l'ours, le loup, le coq, le chat, etc. ont chacun un trait de caractère humain : malhonnête, naïf, rusé… Les auteurs anonymes raillent dans ces poèmes les valeurs féodales et la morale courtoise. Le poète parisien du Rutebeuf se fait gravement l'écho de la faiblesse humaine, de l'incertitude et de la pauvreté à l'opposé des valeurs courtoises. Les premières chroniques historiques écrites en français sont des récits des croisades datant du . Certains de ces récits, comme ceux de Joinville retraçant la vie de saint Louis, ont aussi un but moral et idéalisent quelque peu les faits relatés. Ensuite la guerre de Cent Ans (1337–1453) est racontée par Jean Froissart (1337–1410 ?) dans deux livres appelés "Chroniques". Eustache Deschamps, le poète, témoigne de la société et des mentalités pendant la guerre de Cent Ans. Après la guerre de Cent Ans, le poète François Villon (1431–1463 ?) traduit le trouble et la violence de cette époque. Orphelin d'origine noble et bon étudiant, il est ensuite condamné pour vol et meurtre. Son œuvre à la fois savante et populaire exprime une révolte contre les injustices de son temps. Le théâtre religieux se développe tout au long du Moyen Âge, il met en scène les Mystères, c'est-à-dire les fêtes religieuses comme Noël, Pâques et l'Ascension ; au contraire des genres littéraires précédents plutôt aristocratiques, il s'adresse au plus grand nombre. À côté de ce théâtre religieux, un théâtre comique appelé farce apparaît au où il est durement combattu par les autorités religieuses. Au. Les principes de l'humanisme vont marquer profondément la littérature : retour aux textes anciens (grecs, latins et hébreux), désir de connaissance, épicurisme indiscutable, renouvellement des formes et des thèmes en se distinguant de la littérature médiévale. La poésie compte comme auteurs importants Clément Marot, Jean de Sponde, Agrippa d'Aubigné, et les poètes de la Pléiade parmi lesquels figurent Ronsard et Du Bellay. Les romans les plus marquants sont ceux de Rabelais et de Marguerite de Navarre. Les "Essais" de Montaigne sont un important ouvrage situé entre la philosophie et l'autobiographie. Les "Essais" sont d'ailleurs une des premières autobiographies françaises et ouvrent ainsi la porte à Rousseau et tant d'autres. Le projet même des "Essais", à savoir se découvrir, mais aussi découvrir l'Homme, peut être rapproché de celui des "Confessions" de Jean-Jacques Rousseau qui cherche à peindre l'homme, avec ses qualités, mais aussi ses défauts. Au. Dès le début du , Honoré d'Urfé connaît un grand succès avec son roman précieux L'Astrée, roman d'aventures en partie autobiographique paru entre 1607 et 1633. C'est l'un des plus considérables succès du siècle, qui n'aura pas de postérité véritable dans le genre du roman pastoral, mais une influence considérable sur le roman, le théâtre (Molière), l'opéra et les mentalités. Le compte deux grands courants littéraires tout à la fois concurrents mais aussi complémentaires : le classicisme et la littérature baroque. Concurrents car le classicisme en littérature s'imposera face au baroque mais aussi complémentaires car certains auteurs ont été influencés par les deux courants à la fois (comme Pierre Corneille). Mais dès la fin du siècle se dessine en littérature un courant de pensée qui annonce déjà les Lumières (avec La Bruyère par exemple). Les grands noms de la littérature de cette époque sont : Corneille, Jean Racine, Molière, Pascal, La Rochefoucauld, La Fontaine, Nicolas Boileau, La Bruyère, Mme de La Fayette, Madame de Sévigné, Le Cardinal de Retz. Au. Le est appelé . Par cette métaphore le siècle cherche à consacrer, à travers l'esprit de la Renaissance et le cartésianisme du siècle précédent, le triomphe de la Raison sur les Ténèbres (l'obscurantisme et les préjugés). Les Lumières sont un phénomène européen, mais les philosophes français cristallisent le mieux les idées du siècle et donnent du relief à des nouvelles valeurs qui, au-delà de la Révolution française, marqueront durablement l'Europe et le monde. Les principaux philosophes francophones des Lumières sont Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Denis Diderot et Montesquieu. Au. Si le est important par le nombre de chefs-d’œuvre que la littérature française a engendrés, cette ère, remarquable dans l'histoire de la littérature française, reste difficile à appréhender ; et ce, en dépit de son caractère relativement récent. Pour de nombreux historiens de la littérature, le littéraire français demeure celui du romantisme, d'abord avec Chateaubriand, puis avec Victor Hugo, du réalisme avec Stendhal, Honoré de Balzac, Gustave Flaubert, Guy de Maupassant et du naturalisme avec Émile Zola. Le romantisme et son foisonnement peuvent trouver partiellement leur cause dans certains points de vue. Certains mettent l’accent sur l’élan de liberté qu’a suscité la Révolution française, élan de liberté suivi d'un désordre, d’une confusion entraînée par l’instabilité, l’incertitude politique qui émane de la première moitié du siècle. Dans cette optique, on voit l'écrivain avec ses idéaux, manifestant son opposition à l’ordre politique et social. Pour d’autres, la place de la Révolution française et des troubles politiques qui s’ensuivront n’explique pas ou pas entièrement l’efflorescence du romantisme français, prenant pour preuve la naissance antérieure des romantismes anglais et allemand dans des pays qui ne furent pas secoués par la moindre révolution. Ils insistent plutôt sur l'influence qu’ont exercé l’étude et la lecture des littératures anglaise et allemande par les hommes de lettres français. Le réalisme est une étiquette plus vague, accolée postérieurement aux écrivains à partir des définitions de Champfleury, Stendhal et Balzac se situant entre le romantisme et le réalisme. Gustave Lanson dont "l'Histoire de la littérature française" (1894) a longtemps fait autorité, a consacré de très importantes pages à Balzac où il définit la part de réalisme de son œuvre et la part de romantisme « Ainsi, par ses impuissances et par sa puissance, Balzac opérait dans le roman la séparation du romantisme et du réalisme. Il reste cependant dans son œuvre quelque chose d'énorme, une surabondance et une outrance qui en trahissent l'origine romantique. » Le naturalisme, en revanche, procède d'une véritable démarche qu'Émile Zola a longuement explicitée. Au. La littérature française du a été profondément marquée par les crises historiques, politiques, morales et artistiques. Le courant littéraire qui a caractérisé ce siècle est le surréalisme, qui est surtout un renouveau de la poésie (André Breton, Robert Desnos, Paul Éluard...), mais aussi l'existentialisme (Gabriel Marcel, Jean-Paul Sartre), qui représente également une nouvelle philosophie ("L'existentialisme est un humanisme" de Jean-Paul Sartre). La source première chez les artistes de ce siècle est en rapport avec les conflits politiques de l'époque. La guerre est ainsi présente aussi bien dans la poésie que dans les romans. Pour ce siècle, Marcel Proust apparaît comme le dernier grand auteur français. La seule comparaison est à chercher du côté d'Albert Camus, ou de Louis-Ferdinand Céline, dans le rôle non négligeable qu'ils ont joué dans la remise en cause d'une narration trop policée et loin de la vie. Par une approche syntaxique au plus proche de la réalité de la rue, la création d'une novlangue mêlée à un argot fantaisiste, il s'est également illustré comme l'un des plus grands écrivains français de ce siècle et a marqué nombre d'écrivains, du père de San-Antonio en passant par les écrivains anglo-saxons (Burroughs, Miller, etc.). En France, le Nouveau Roman, théorisé par Alain Robbe-Grillet dans "Pour un nouveau roman", ne concerne initialement que peu d'écrivains mais a inspiré ensuite toute une génération d'écrivains regroupés aujourd'hui dans les Éditions de Minuit, dont Jean Echenoz, Jean-Philippe Toussaint, Tanguy Viel, Christian Oster, Laurent Mauvignier ou Christian Gailly. Après cela, plus aucun mouvement au sens strict ne réussit à émerger. L'Oulipo, Ouvroir de littérature potentielle, auquel ont appartenu Queneau ou Perec (et aujourd'hui des auteurs comme Roubaud, Fournel, Jouet et Le Tellier) ne se conçoit en effet pas comme un mouvement, mais comme un groupe de travail. Il en va de même pour la Nouvelle fiction regroupant des romanciers tels que Hubert Haddad, Frédérick Tristan ou Georges-Olivier Châteaureynaud. Aujourd'hui on a cru pouvoir rapprocher un certain nombre d'écrivains autour de la notion d'autofiction créée par Serge Doubrovsky. Pour autant, il est parfois difficile de rassembler sous une même étiquette une palette d'écrivains aux sensibilités, aux démarches artistiques et aux univers parfois antagonistes. Cette définition est aussi un argument mis en avant par les détracteurs d'une littérature trop nombriliste, germanopratine et qui, d'un point de vue strictement commercial, semble trouver peu d'échos à l'étranger. Dans la continuité des romans de terroir du , dont l'une des représentante fut George Sand, la littérature de terroir français a continué de s'illustrer avec des auteurs comme Pierre-Jakez Hélias ("Le Cheval d'orgueil") et Henri Vincenot dans la seconde moitié du . Ce genre continue de se développer avec des auteurs comme Jean Anglade ou Jean-Paul Malaval. Les mouvements littéraires les plus importants ont été : Au. La littérature française, en ce début , revient à des formes plus traditionnelles, contrastant avec le foisonnement et l'innovation formelles du . Même s'il est aujourd'hui malaisé de dégager ce que l'on pourrait appeler des courants littéraires, nous pouvons tout de même repérer des tendances. Nous ne prétendons pas à l'exhaustivité. L'autofiction : Serge Doubrovsky, créateur de ce néologisme, considère Colette comme la pionnière de cette autofiction qui a connu, en ce début de siècle, un succès public et critique certain. Mais cette notion d'autofiction est loin d'être homogène « car la nature exacte de la synthèse [de l'autobiographie et de la fiction] est sujette à interprétation » pourtant il nous est possible de distinguer quelques types : Le réalisme magique se distingue en ce début de , porté par des auteurs tels que Marie N'Diaye, Véronique Ovaldé ou Sylvie Germain. La notion de minimalisme ou de roman ludique : « Au cours des années 1980, le terme de minimalisme est apparu puis s’est rapidement répandu pour désigner des auteurs ayant en partage un héritage (le Nouveau Roman). » Toute une génération d'écrivains regroupés aujourd'hui autour des Éditions de Minuit dont Jean Echenoz, Jean-Philippe Toussaint, Laurent Mauvignier ou Eric Chevillard. Même si l'idée de minimalisme fait encore débat, la notion de minimalisme se caractérise, selon Marc Dambre, par un « jeu citationnel », un « réenchantement sans illusion du monde », la « recherche d’un nouvel ordre narratif », la présence accrue du ludique, une mise à distance de l’incongru et une manière de prendre le mot au mot. Des caractéristiques, communes, qui ont poussé Olivier Bessard-Banquy à proposer la dénomination de Roman ludique pour regrouper ces auteurs, l'occasion de séparer minimalisme et littérature ludique : « Le goût du jeu est en effet chez eux bien plus marqué que la tentation du peu. […] C’est pourquoi l’étiquette du minimalisme doit être réservée à des ouvrages de peu, revendiquant à l’évidence une indigence absolue » L'hypothèse du minimalisme positif : notion créée par Rémi Bertrand, dans son essai "Philippe Delerm et le minimalisme positif", désigne une « littérature articulée sur le bonheur au quotidien ». Une vision de l’écriture et de la vie apparaît, dès lors, de façon cohérente. Il s’agit de « préciser les conditions de possibilité d’une écriture du quotidien », de débarrasser « le quotidien et le bonheur des oripeaux de l’espérance » tout en fondant spontanément une éthique holistique du banal ; et ce, dans « une forme brève ». Sous cette bannière du minimalisme positif, Bertrand rassemble plusieurs auteurs : Philippe Delerm, Bobin, Jean-Pierre Ostende, Pierre Michon, Visage, tous « chantres des plaisirs simples ». Il faut tout de même noter que cette notion de minimalisme positif est contestée par une partie de la profession notamment Pierre Jourde : « réunir les auteurs du même type que Delerm en une sorte d’école, bref ériger cela en phénomène littéraire revient à encourager le développement actuel de la littérature de confort. ». Littérature francophone. La littérature écrite en langue française se retrouve dans de nombreux pays sur plusieurs continents. Islam et Orient dans la littérature française. La Renaissance et l'ouverture aux nouvelles cultures, conséquence directe des grandes découvertes, ne marquera absolument pas un virage dans la vision de l'Occident sur l'Orient et les musulmans. L'évêque de Chalon-sur-Saône Jean Germain, contemporain de la prise de Constantinople, ne dérogera pas aux règles médiévales des débats inter-religieux. Dans son livre "Débat du chrétien et du Sarrasin" il oppose un musulman et un chrétien dans un débat où chaque partie défend sa foi. De par ses textes, Jean Germain tente de fournir les arguments théologiques pour justifier une nouvelle croisade contre les Turcs. Dans le même ordre d'idées Jean de Ségovie, cardinal retiré dans un prieuré de Savoie, tente une nouvelle traduction du Coran en trois langues, arabe, castillan et latin, et cela deux siècles après celle de Pierre le Vénérable. Bien que son œuvre soit aujourd'hui perdue, elle ne laisse pas douter que, contrairement à beaucoup d'auteurs de son époque qui réalisaient des œuvres clairement anti-islamiques, le but premier de Jean de Ségovie était là encore la conversion des Turcs. En 1486, le chanoine Bernhard von Breydenbach publiera des récits encourageant aux croisades, exaltant les précédents rois et annonçant diverses prophéties sur un retour des chrétiens en Orient, et c'est aussi une des premières fois qu'un auteur latin publie un cours sur l'alphabet arabe, montrant par là un attrait timide en Occident pour la langue arabe. Des nobles comme le roi René d'Anjou est un exemple d'homme issu des milieux favorisés qui s’intéressera à la culture arabe. Un siècle plus tard l'alliance franco-ottomane mais aussi les guerres de Religion laisseront des traces au niveau de la littérature. Les protestants au lendemain du massacre de la Saint-Barthélemy n'hésiteront à comparer la monarchie française à l'empire ottoman, modèle de tyrannie par excellence dans l'imaginaire collectif. Du côté catholique on accusera les protestants d'avoir adopté une forme proche de l'islam, de par leur refus du culte des saints et des images religieuses ou sur la question de la prédestination. En 1576 un ouvrage issu d'un mouvement regroupant des nobles des deux confessions (catholique et protestante) vont même jusqu'à laisser présager qu'avec l'alliance franco-ottomane, la France pourrait devenir une province de l'empire ottoman. Le Turc y est sans cesse décrit comme mauvais, cruel et intolérant et que son projet par cette alliance est d'importer sa loi en France, de supprimer toute noblesse et la soumission entière au sultan de l'ensemble des Français. Les missionnaires catholiques envoyés dans le monde rapporteront eux aussi de nombreux récits tout aussi sombres. Le musulman est considéré comme la torture du chrétien et tout en reprenant la littérature du Moyen Âge ils considèrent que l'islam est tout entier dirigé contre le christianisme, même les rares qualités qu'on leur attribue sont tournées dans une optique de lutte contre le christianisme. Cependant il est aussi des hommes qui ont essayé de donner un autre point de vue. Ce fut le cas des explorateurs, des riches hommes d'affaires qui partiront en Orient et en rapporteront des récits totalement différents. En 1655 Jean de Thévenot part durant deux ans en Turquie, en Terre Sainte et parcourt la Syrie et l'Éthiopie. Il décrit les Turcs comme des ignorants et le sultan comme un tyran mais admet qu'ils sont plus tolérants et plus généreux que les chrétiens et en arrive à la conclusion qu'en cas de conversion un Turc pourrait être un très bon chrétien. De même Tavernier, un commerçant protestant réfugié en Suisse à la suite de la révocation de l'édit de Nantes, entreprend de nombreux voyages en Orient et dont les récits réunis dans le livre "Les Six voyages…en Turquie, en Perse et en Inde" seront publiés durant près de trois siècles. L'attrait pour l'Orient poussera Antoine Galland à traduire de 1704 à 1717 les récits des Les Mille et Une Nuits encore publiés de nos jours et qui auraient probablement totalement disparu sans sa traduction. Tous les récits ont toutefois un point commun, la critique du système politique turc ou perse. Le sultan est un chef qui a droit de vie et de mort sur ses sujets qui lui doivent une totale obéissance. Dans ce contexte de quasi esclavage, les peuples ne peuvent se libérer eux-mêmes, et aux grandes heures de la Révolution française et à la veille de la colonisation des auteurs comme Volney dans les "Ruines" appelleront à la chute du sultan symbole de roi absolu qu'il faut aller abattre. Français lauréats du prix Nobel. Le prix Nobel de littérature a été désigné pour la première fois en 1901. En 2023, seize écrivains français l'ont reçu :